voici une chronologie encyclopédique

- chronologie: parce que sont rassemblées plusieurs chronologies différentes trouvées sur internet, (événements, art, littérature, religion, médias, inventions, ...). Centrée sur la France, elle traite le monde et commence au big-bang et finit début XXème.

- encyclopédique: parce qu'y sont ajoutées des explications à chaque nom de personnes, de villes, de thèmes, etc. Grâce notamment aux sites e-chronologie, wikipedia, memo, evene...


contact

Guide d'utilisation
code couleurs

religion
rome antique
peinture - sculpture - architecture
littérature - pensées
musique
médias - écriture - langues
inventions

ATTENTION : ATTENDRE QUELQUES MINUTES LE CHARGEMENT DE LA PAGE

utilisez la chronologie avec la fonction rechercher "CTRL F" ou "POMME F"
pour y trouver: un événement, une date, une ville, un nom, une œuvre, etc.
ou un personnage historique, religieux, artistique, philosophique, etc.

-15 000 000 000         LA PRÉHISTOIRE

-15 000 000 000         La préhistoire étudie l'homme et son environnement depuis les origines de l'espèce jusqu'à l'apparition de l'écriture: son champ est donc très variable selon les parties du globe. Si l'on y distingue trois périodes de la Préhistoire, les divisions chronologiques perdent leur valeur universelle dès lors que l'on identifie, dans des aires et à des époques différentes, des stades culturels similaires. La préhistoire, selon la définition généralement retenue, la préhistoire est la période qui s'étend de l'apparition de l'homme jusqu'à l'apparition des premiers documents écrits ou premières sources historiques. S'agissant d'une civilisation particulière, la préhistoire s'achève dès lors que des sources historiques, même postérieures, sont disponibles sur cette civilisation. Ainsi, en Égypte, la préhistoire s'achève vers -3500, alors qu'en Nouvelle-Guinée, elle se termine vers 1900. La transition avec l'Histoire se fait avec la protohistoire, période durant laquelle les sources historiques existent, mais sont soit postérieures, soit extérieures. Le terme de préhistoire montre aussi l'importance de l'écrit dans la civilisation occidentale. S'il peut paraître inconcevable de découper l'Histoire, que ce soit celle de l'humanité ou de l'univers, par rapport à l'apparition de l'écriture, c'est pourtant ce que trahit l'usage du terme de préhistoire en attendant une nouvelle façon de concevoir l'Histoire.

-15 000 000 000         Big-bang, naissance de l'univers. Le Big-Bang, est un terme cosmologique désignant le phénomène initial qui serait responsable de la création de l'Univers. Cette théorie est née de l'observation de l'éloignement mutuel des galaxies. L'utilisation d'une théorie physique (relativité générale) pour extrapoler l'expansion de l'univers et retracer l'histoire de l'univers, conduit à l'idée que plus l'univers était jeune, plus celui-ci était chaud et dense, les calculs aboutissant à une singularité gravitationnelle : toutes les distances sont réduites à zéro tandis que la température et la pression sont infinies. Cette théorie rend bien compte des observations cosmologiques qui l'ont fondée, et elle a permis de prédire dans les années 1940 l'existence d'un rayonnement cosmologique de fond (interprété comme la conséquence de l'opacité initiale de l'univers : la matière de l'univers aurait été suffisamment dense et chaude pour être opaque, empêchant la lumière de se propager dans l'espace). La découverte de ce rayonnement dans les années 1960 fit basculer la majorité des scientifiques en faveur du modèle du Big-Bang, au détriment de la théorie de l'univers stationnaire qui prévalait jusqu'alors. L'univers serait donc dynamique.

-4 500 000 000         Naissance du Système solaire. Le système solaire est le nom donné au système planétaire composé du Soleil et des objets célestes gravitant autour de lui. Notre système solaire, constitué du Soleil et de neuf planètes, dont la Terre, avec leurs satellites, ainsi que d'astéroïdes et de comètes, est resté le seul connu jusqu'à la fin du XXe siècle. C'est pourquoi le terme système solaire suffit à le désigner.

-4 500 000 000         Précambrien - naissance de la Terre.

-4 500 000 000         Le Précambrien désigne de façon informelle une période géologique regroupant les trois éons avant celui du Phanérozoïque, c'est-à-dire la très longue période de la formation de la Terre, il y a plus de 4,5 milliard d'années, jusqu'à -542 millions d'années (début de l'ancienne ère Primaire, première partie du Phanérozoïque qui débute avec la période dite du Cambrien). Les trois éons composants le Précambrien sont l'Hadéen, l'Archéen et le Protérozoïque, dans l'ordre chronologique. Cette désignation était commode autrefois (et le reste aujourd'hui) alors que très peu de choses étaient connues sur cette période ancienne de la Terre ; la plupart des connaissances sur le Précambrien proviennent en effet de découvertes réalisées au cours des cinquantes dernières années. Un éon est une très longue période de temps.

-4 500 000 000         Début de l'Hadéen. L'Hadéen correspond au premier éon géologique de l'histoire de la Terre. Il commence avec la formation de la Terre, vers -4 600 millions d'années, et se termine au moment de l'apparition de la vie, vers -3 800 millions d'années. Ensuite, on parle d'Archéen, dont la première ère est l'Éoarchéen. L'Hadéen est donc la "petite enfance" de la Terre, mais représente tout de même 700 millions d'années dans le Précambrien, le Précambrien représentant les 86 premiers pourcents du temps d'existence de la Terre (soit 4 milliards d'années). Compte-tenu de l'étendue temporelle de cette période et de son "âge" sur l'échelle des temps géologiques, les connaissances des géologues sont minces comparativement aux dernières périodes géologiques. Toutefois, les spécialistes distinguent parfois plusieurs divisions dans l'Hadéen, d'après quelques grands évènements certains ou potentiels (dont on a également les traces via l'étude la Lune toute proche).

-3 800 000 000         Apparition des premières formes de vie (bactéries).

-3 800 000 000         Début de l'Archéen (Période la plus ancienne des temps géologiques). L'archéen est un éon géologique comprenant 4 ères ; il suit l'Hadéen et précède le Protérozoïque. Bien que quelques fragments de roche plus anciens soient connus, les premières formations rocheuses datent de cette époque. Ces formations se rencontrent au Groenland, dans le Bouclier canadien, au nord-ouest de l'Australie et au sud de l'Afrique.

-3 250 000 000         Impact d'une météorite géante (Fig Tree) - 1ère extinction.

-3 200 000 000         Apparition des algues bleues et de la photosynthèse. Photosynthèse, à la base de la grande majorité des chaînes alimentaires se situe le règne végétal. Cette position d'interface entre les mondes minéral et animal est due en particulier à un processus extraordinaire : la photosynthèse. Cette suite de réactions permet dans un premier temps de récupérer l'énergie lumineuse afin de former des molécules riches en énergie ATP et NADPH+H+ utilisables pour le métabolisme du végétal chlorophyllien. C'est la phase claire de la photosynthèse. Dans un deuxième temps, l'énergie chimique contenue dans ces deux molécules permet de fixer le carbone contenu dans le gaz carbonique atmosphérique en le liant aux atomes d'hydrogène des molécules d'eau. C'est la phase obscure ou cycle de Calvin. En résumé, la photosynthèse, c'est la fabrication de matière organique à partir de matière minérale en présence de lumière. Une conséquence importante est la libération de molécules de dioxygène.

-2 680 000 000         Apparition des Eucaryotes (cellules présentant un Noyau). Les eucaryotes constituent un groupe d'organismes unicellulaires ou pluricellulaires définis par leur structure cellulaire. C'est l'un des trois domaines du vivant (avec les archéobactéries et les eubactéries).

-2 500 000 000         Début du Protérozoïque, développement des stromatolites (Fossile du précambrien supérieur). Le Protérozoïque est un éon précédant l'apparition de formes de vie complexe sur terre.

-2 330 000 000         Apparition de bactéries coccoïdes (ancêtres du phytoplancton)

-2 330 000 000         Glaciation huronienne 2nde extinction.

-2 100 000 000         Apparition des premiers métazoaires (êtres pluricellulaires). Les métazoaires est le nom moderne du taxon (un ordre) constitué par les animaux (membres du règne animal) multicellulaires.

-2 000 000 000         Début du Règne des Acritarches (Algues Vertes) (Jusque vers -1 000 000). Les Acritarches sont des microfossiles à parois organique, c'est-à-dire des palynomorphes, auxquels il n'est pas possible d'attribuer une affinité biologique avec certitude.

-760 000 000         Glaciation (jusqu'en -700 000 000).

-620 000 000         Nouvelle glaciation (jusqu'en -590 000 000).

-580 000 000         Apparition des premiers vers.

-565 000 000         Nouvelle extinction massive.

-540 000 000         Paléozoïque (Ère Primaire)

-540 000 000         Le Paléozoïque est une ère géologique qui s'étend de -540 à -250 millions d'années. Cette ère est parfois appelé ère Primaire. Son début correspond classiquement à l'apparition de nombreux fossiles à coquilles dures, bien que l'on sache maintenant que de tels animaux existent depuis l'ère précédente. Au début de cette ère les formes de vie se limitent à des bactéries, des algues, des éponges et une variété de forme encore mal connue apparue durant l'Édiacarien. La diversité et le nombre d'organismes explose durant le Cambrien. On pense que les premiers organismes terrestres apparaissent durant le Paléozoïque mais ce phénomène reste mineur avant le Silurien et le Dévonien. Bien que des vertébrés primitifs soient présent dès le début de cette ère les invertébrés restent dominants jusqu'à la moitié du Paléozoïque. La population de poissons explose durant le Dévonien. Pendant la seconde moitié de cette ère de grandes forêts de plantes primitives forment ce qui deviendra les couches de charbon modernes. À la fin du Paléozoïque les premiers reptiles sophistiqués et les premières plantes modernes (conifères) se sont développés. Le Paléozoïque démarre peu après la fragmentation du supercontinent Rodinia en au moins huit masses continentales. Au cours de cette ère ces continents se rassemblent à nouveau pour former Pangée. Rodinia est le nom d'un supercontinent qui a fini de se former puis s'est fragmenté durant le Néoprotérozoïque. Ce supercontinent contient la plupart ou toutes les masses continentales de cette époque. Les mouvements continentaux avant sa formation sont mal connus. Il y a 750 millions d'années il se scinde en huit continents dont la dérive formera le super-continent Pangée. Pangée (du grec toutes les terres) est le nom donné par Alfred Wegener au supercontinent qui se forme durant l'ère Mésozoïque. Lors de sa formation, des montagnes se sont érigées, certaines existent encore tels l'Oural et les Appalaches. Le vaste océan entourant Pangée se nomme Panthalassa. La Pangée commence à se fragmenter il y a 200 millions d'années pour former deux nouveaux supercontinents : le Gondwana et la Laurasia.

-540 000 000         Début du Cambrien, apparition des éponges, des mollusques, des trilobites, des échinodermes... (explosion cambrienne). Le Cambrien est la première des six périodes du Paléozoïque. La vie dans les mers fut marquée par la multiplication d'animaux à parties dures. Les premiers phylums comme les arthropodes (trilobites), les brachiopodes, les mollusques, les pelmatozoaires, les spongiaires et les chordés apparurent et augmentèrent en modifiant la composition des communautés des fonds marins.

-500 000 000         Début de l'Ordovicien, apparition des premiers poissons et des mollusques céphalopodes. L'Ordovicien est le second des six systèmes géologiques (sept en Amérique du Nord) constituant le Paléozoïque. Il s'étend de 500 à 435 millions d'années avant l'ère chrétienne. Il est suivi par le Silurien et précédé par le Cambrien.

-435 000 000         Début du Silurien, apparition des poissons cuirassés. Le Silurien est un système géologique qui s'étend de 443,7 à 416 millions d'années avant l'ère chrétienne. La datation de début et de fin, bien que définie avec précision par les couches stratigraphiques de référence, est connu à seulement quelques millions d'années près. Il est suivi par le Dévonien et est précédé par l'Ordovicien. Le début du Silurien est marqué par une extinction massive ou près de 60% des espèces marines ont disparu.

-408 000 000         Début du Dévonien, apparition des fougères, des premiers insectes et des amphibiens. Le Dévonien est un système géologique s'étendant de 408 à 365 millions d'années avant notre ère. Il est suivi par le Carbonifère et précédé par le Silurien. La datation de début et de fin de cette période sont approximatives de 5 à 15 millions d'années bien que les couches stratigraphiques de référence soient connues avec précision. Le dévonien est nommé d'après le Devonshire en Angleterre ou les affleurements de couche datant de cette époque sont communs.

-355 000 000         Début du Carbonifère, apparition des conifères, des insectes ailés, des arachnides, des myriapodes des premiers reptiles. Le Carbonifère est un système géologique s'étendant de 355 à 295 millions d'années avant notre ère. Bien que les couches stratigraphiques de référence soient bien identifiées, il demeure une incertitude de 5 à 10 millions d'années quant à la datation. Il est nommé ainsi d'après les vastes couches de charbon, datant de cet âge, présentes en Angleterre et en Europe de l'Ouest. Le Carbonifère suit le Dévonien et précède le Permien.

-299 000 000         Début du Permien, extinctions massives de végétaux et d'animaux. Le Permien est un système géologique qui s'étend de 299 à 251 millions d'années avant l'ère chrétienne. Le Permien a été nommé d'après la ville de Perm en Russie. Le Permien est précédé par le Carbonifère et suivi par le Trias. Le niveau moyen de la mer est resté assez bas durant le Permien et la vie maritime côtière est resté limitée par le rassemblement de toutes les masses continentales majeures en un seul supercontinent, la Pangée : un seul continent - même un très grand continent - a moins de longueur de côte que six à huit continents plus petits. Le Permien se termine par la plus massive des extinctions d'espèces enregistrée par les paléontologues : l'extinction du Permien. 90 à 95% de la vie marine s'est éteinte ainsi que près de 70% pour cent des espèces terrestres. Il y a quelques indices laissant penser que cette extinction a pu être causée par un changement climatique dû à l'impact d'une météorite.

-251 000 000         Mésozoïque (Ère Secondaire)

-251 000 000         Le Mésozoïque est une ère géologique qui s'étend de -251 à -65,5 millions d'années, et au cours de laquelle apparaissent des espèces de Mammifères et de dinosaures. Sa limite supérieure correspond à l'extinction du Crétacé. Géologiquement, au début du Mésozoïque, la totalité des terres émergées était rassemblée dans un supercontinent, la Pangée. Pendant cette ère, la Pangée se divise en deux ensembles continentaux, Laurasia et Gondwana. Laurasia se divise à son tour en Amérique du Nord et Eurasie tandis que Gondwana se sépare en quatre continents : Amérique du Sud, Afrique, Australie et Antarctique. Le Mésozoïque est connu sous le nom plus familier d'âge des dinosaures. Il a vu aussi le développement des premiers oiseaux, des Mammifères et des plantes Angiospermes. A la fin de cette ère, toutes les formes de vie modernes existent ; bien que, dans certains cas, en particulier celui des Mammifères, ce sont des formes primitives.

-251 000 000         Début du Trias, apparition des dinosaures et des mammifères. Le Trias est un système géologique, subdivision de l'ère Mésozoïque comprise entre -251 et -199,6 millions d'années. Le Trias est remarquable pour son calme tectonique, notamment en France. C'est d'ailleurs à partir de dépôts du Trias que les sédimentologues ont pu mettre en évidence les principes de stratigraphie. Les premiers dinosaures, Ptérosaures et Mammifères apparaissent au cours de cette période. Les dinosaures sont des reptiles ayant vécu durant l'ère mésozoïque (ou ère secondaire). Ils ont disparu il y a 65 millions d'années. Ils font partie du groupe des Sauropsides, dont les représentants actuels sont les reptiles communs et probablement les oiseaux. Ils ont vécu de -235 à -65 millions d'années : du Trias au Crétacé en passant par le Jurassique. La disparition des dinosaures engendra des milliers de théories, certaines farfelues comme la destruction des dinosaures par des extraterrestres; et d'autres plus probables. Parmi les groupes qui ont disparu à tout jamais de la surface de la Terre, on trouve des Reptiles (Dinosaures, ptérosaures, mosasaures, plésiosaures), mais aussi et surtout des invertébrés (les célèbres ammonites, bélemnites, rudistes). Les causes les plus problables de l'extinction de ces dernières espèces du crétacé pour les scientifiques sont: Chute d'une météorite de plusieurs kilomètres de diamètre provoquant une catastrophe majeure qui plongea la terre dans une obscurité et un froid pendant plusieurs mois (hypothèse la plus admise). Ces animaux seraient arrivés à une impasse évolutive. Pour preuve, certaines disproportions ou des aberrations anatomiques (gigantisme, cornes disproportionnées). Les mammifères auraient fait disparaître les dinosaures en s'attaquant à leurs oeufs (très peu crédible). Un changement climatique auquel ils n'auraient pas pu s'adapter, étant des animaux à sang froid (ce point fait l'objet de discussions parmi les paléontologues) alors que la température influence le développement des oeufs ainsi que le sexe de l'animal à naître (comme pour nos crocodiles actuels). Maladies, virus, épidémies ou empoisonnemments par de nouvelles espèces de plantes (très peu crédible). Éruption d'un supervolcan ou déroulement à la fin du crétacé d'un volcanisme exceptionnel sur le continent indien provoquant un cataclysme planétaire (possible mais pas suffisant). Montées du niveau de la mer.

-199 600 000         Début du Jurassique, apparition des dinosaures aériens et marins et de la famille des palmiers. Le Jurassique est un système géologique qui s'étend de -199,6 à -145,5 millions d'années. Les couches stratigraphiques qui définissent le début et la fin du jurassique sont bien connues, mais les dates exactes sont incertaines de 5 à 10 millions d'années près. Le Jurassique a été nommé ainsi par Alexandre Brongniart d'après les calcaires trouvés dans le Jura. Cette période de l'ère Mésozoïque suit le Trias et précède le Crétacé. Le début du Jurassique a été marqué par une extinction massive d'espèces. Cette période se subdivise en Lias, Dogger et Malm aussi connus sous le nom de Jurassique inférieur, Jurassique moyen et Jurassique supérieur. Au début du Jurassique le supercontinent Pangée a commencé à se scinder en Amérique du Nord, Eurasie et Gondwana. Pendant le Jurassique supérieur le Gondwana se scinda à son tour en Afrique, Amérique du Sud et antarctique. À l'instar du Trias il ne semble pas y avoir eu de terre proche des pôles ; le climat était chaud : il n'existe pas d'indices d'une période glaciaire pendant cette période. Durant le Jurassique les formes de vie les plus évoluées dans les mers sont les poissons et des reptiles marins. De nouveaux groupes tel que le plancton apparaissent. Les Ammonites sont très communes. Sur terre, les reptiles restent dominants. Les premiers oiseaux ont probablement évolué durant l'époque Malm.

-145 500 000         Début du Crétacé, apparition des oiseaux et des marsupiaux. Le Crétacé est une période géologique qui s'étend de -145,5 à -65,5 millions d'années. Elle se termine avec la disparition des dinosaures et d'un grande nombre d'autres formes de vie. Cette période est le troisième et dernièr système de l'ère Mésozoïque ; elle précède le Paléogène et suit le Jurassique. Les couches stratigraphiques qui définissent le début et la fin du Crétacé sont bien connues, mais la date exacte de début est incertaine à 4 millions d'années près. La fin est plus précisément marquée par un stratotype, riche en iridium que l'on pense associé à l'impact d'une météorite dans le Yucatan. Cette collision est probablement responsable de l'extinction massive dont a fait partie la disparition des dinosaures.

-65 500 000         Nouvelle extinction massive marquant la fin des dinosaures.

-65 500 000         Cénozoïque (Ère Tertiaire & Quaternaire)

-65 500 000         Le Cénozoïque est une ère géologique qui débute il y a 65,5 millions d'années, soit juste après la disparition des dinosaures à la fin du Crétacé. Il est précédé du Mésozoïque et se poursuit de nos jours. Le Cénozoïque se divise en deux systèmes : le Paléogène (comprenant les 3 époques du Paléocène, de l'Éocène et de l'Oligocène) et le Néogène (comprenant les 4 époques du Miocène, du Pliocène, du Pléistocène et de l'Holocène. Le Paléogène est un système du Cénozoïque, suivant le Crétacé et précédant le Néogène ; il regroupe les époques de l'Oligocène, de l'Éocène et du Paléocène depuis 65,5 jusqu'à 23,03 millions d'années avant l'ère chrétienne. La limite avec le Crétacé correspond aux extinctions du Crétacé. Les mammifères ont évolué depuis des formes simples en des espèces plus complexes. Certains d'entre eux se sont spécialisés dans des formes géantes qui ont conquis la terre et les océans. Les oiseaux ont eux aussi évolué considérablement durant cette période. La plupart des autres branches du vivant sont restées relativement inchangées. Le climat s'est refroidi quelque peu, les mers intérieures d'Amérique du Nord se sont rétrécies. La dérive des continents s'est poursuivie sans changements notables par rapport a la période précédente. Le Néogène est le dernier système de l'ère Cénozoïque ; il suit le Paléogène, et se subdivise en Miocène, Pliocène, Pléistocène et Holocène. D'un point de vue géologique les continents avaient déjà approximativement leurs emplacements actuels, le changement le plus notable étant la jonction de l'Amérique du Nord et de l'Amérique du Sud. Le climat s'est sensiblement refroidi durant cette période ; cette tendance culmine pendant les glaciations du Pléistocène. Pendant ces 23 millions d'années les mammifères et les oiseaux ont évolué considérablement. La plupart des autres formes de vies sont restées relativement stables.

-65 500 000         Début de l'ère Tertiaire et du Paléocène, apparition des insectivores et des plantes à fleurs. Le Paléocène est la première époque de l'ère Cénozoïque. Cette dernière est la plus courte de l'histoire terrestre. C'est dans cette dernière étape avant la période actuelle que se mettent en place les masses continentales ainsi que les courants océaniques que l'on connaît. Du côté de la biosphère, c'est l'émergence des mammifères, des oiseaux, des angiospermes et, tardivement de l'homme qui caractérisent cette époque. Le Miocène constituera par la suite, le principal tournant dans cette longue évolution vers le monde moderne. Le Paléocène consiste principalement en une période de transition entre deux ères. Il est précédé du Crétacé et suivi de l'Éocène. Il débute par un événement bien connu : la limite Crétacé-Tertiaire, il y a 65 millions d'années.

-55 800 000         Début de l'Éocène, apparition des premiers primates, explosion des mammifères. L'Éocène est la deuxième époque du Paléogène et aussi la deuxième de l'ère Cénozoïque. Il suit le Paléocène et précède l'Oligocène. Il s'étend de 55,8 à 33,9 millions d'années avant l'ère chrétienne. Le début de l'Éocène est marqué par l'émergence des premiers Mammifères modernes, sa fin par une extinction massive qui peut être liée à l'impact d'un météorite en Sibérie dans la baie de Chesapeake. Son nom se réfère aux nouvelles espèces de mammifères apparaissant durant cette époque. Au début de l'Éocène se produit un réchauffement global, le plus extrême identifié de nos jours. Cet événement se produit assez rapidement et dure environ 200 000 ans. La température moyenne augmente d'au moins 7°C, voir jusqu'à 15°C pour la température de surface des océans. Cet événement provoqua une extinction massive qui permet de distinguer nettement la faune du Paléocène et de l'Éocène. Le climat reste globalement chaud durant toute cette période bien que se refroidissant lentement. Les continents ont continué leurs mouvements, les rapprochant de leur position moderne. Les montagnes présentes en Amérique du Nord-Ouest commencent leur formation. En Europe la mer Téthys finit de disparaître tandis que la montée des Alpes crée la mer Méditerranée. Une mer peu profonde couvre l'Europe du nord. Bien que l'Atlantique nord soit en train de s'ouvrir, il semble qu'une connexion entre l'Europe et l'Amérique du Nord existe, leur faune restant très similaire.

-33 900 000         Début de l'Oligocène, apparitions des rhinocéridés. L'Oligocène est une époque géologique qui s'étend de 33,9 à 23,03 millions d'années avant l'ère chrétienne. Elle suit l'Éocène et précède le Miocène. C'est la troisième époque de l'ère Cénozoïque et aussi la troisième du Paléogène. Son nom se réfère à la rareté d'apparitions de nouveaux mammifères modernes en comparaison de leurs rapides apparitions durant l'éocène. Le début de l'Oligocène est marqué par une extinction massive qui est peut être reliée à l'impact d'un météorite dans la baie de Chesapeake en Sibérie. Sa limite supérieure avec le Miocène est moins précisément définie par un événement global, mais plutôt par le climat relativement plus froid durant le Miocène. La dérive des continents continue à les rapprocher de leurs positions actuelles. Le climat est chaud bien qu'ayant tendance à se refroidir lentement, tendance qui va se poursuivre durant le Néogène pour probablement conduire à la glaciation du Pléistocène. Les montagnes présentes en Amérique du Nord-Ouest continuent leur formation ainsi que les Alpes. Une incursion brève de la mer a marqué le début de l'Oligocène en Europe. Les faunes d'Europe et d'Amérique du Nord étant très similaires, ces deux continents étaient probablement reliés au début de cette époque.

-23 000 000         Début du Miocène (Division stratigraphique de l'ère tertiaire, subdivisée généralement aujourd'hui en Miocène inférieur (Aquitanien et Burdigalien), moyen (Langhien et Serravallien), et supérieur (Tortonien et Messinien)). Le Miocène est la première époque du Néogène et la quatrième de l'ère Cénozoïque. Elle s'étend de 23,0 à 5,3 millions d'années avant l'ère chrétienne, est suivie par le Pliocène et précédée par l'Oligocène. Elle a été nommée ainsi par Charles Lyell et signifie approximativement moins récent en référence aux Mammifères déjà essentiellement modernes. Les continents ont poursuivi leur mise en place. La principale différence avec la géographie actelle est la séparation de l'Amérique du Nord avec l'Amérique du Sud. Le climat est relativement chaud tout en continuant à se refroidir. Les montagnes jeunes du nord-ouest de l'Amérique et en Europe ont continué leur formation. Les dépôts datant du miocène sont communs partout dans le monde. Les affleurements marins se retrouvent dans des zones proches des côtes modernes. Les faunes marine et terrestre sont quasiment modernes : on peut reconnaître des loups, chevaux, castors, cerfs, chameaux, corbeaux, canards, hiboux, baleines vivant à cette époque. Seules l'Amérique du Sud et l'Australie présentent des faunes différenciées.

-20 000 000         Apparition du Proconsul. Le proconsul est peut être l'un de nos ancêtres, mais plutôt un ancêtre des singes. Il ressemble à un gorille ou à un chimpanzé. Il a été découvert en Afrique.

-15 000 000         Apparition du Kenyapithèque. Le Kenyapithèque est un primate fossile trouvé au Kenya datant du Miocène. Il peut avoir été un ancêtre de l'homme.

-8 000 000         Séparation de la lignée des Primates et de Hominidés, début de l'"East Side Story". Primates, d'une manière simpliste, le terme primate désigne les hommes, les singes et les lémuriens. Les primates forment un taxon (un ordre) des mammifères placentaires, caractérisés par une vie en général arboricole, des ongles aux doigts et orteils, la préhension par opposition du pouce, une prédominance de la vision sur l'olfaction. On aime y ajouter un cerveau plus développé que chez les autres mammifères, mais cela ne s'applique qu'aux hominoïdes, et tient la comparaison avec les dauphins. À ces évolutions s'ajoute chez l'homme le passage de la marche quadrupède à la bipédie. Les hominidés sont les primates les plus grands, leur poids variant de 50 à 250 kg. Ils sont caractérisés par une marche bipède (parfois imparfaite), une musculature robuste, un gros cerveau et une face prognathe (sauf chez l'homme moderne). Tous sont d'excellents grimpeurs, mais seul l'orang-outan est réellement arboricole. Leur régime alimentaire est omnivore, principalement frugivore, mais la viande n'est pas absente. La théorie de l'East Side Story interprétait les découvertes d'Australopithèques faites dans l'Est de l'Afrique (en Tanzanie, au Kenya, en Éthiopie) par l'apparition isolée de ces Hominidés à la suite de la formation du rift africain, qui a entraîné des changements climatiques et environnementaux dans cette région de l'Afrique. Un rift est une zone où la lithosphère continentale est en extension, ce qui provoque son affaissement (graben), une zone de volcanisme et une importante sédimentation continentale. L'expression morphologique de cette extension est un long fossé d'effondrement (un graben) abruptement bordé de régions élevées (les épaules, soulevées par effet thermique). Les bordures abruptes sont la trace de grandes failles normales, parallèles, le long desquelles le fossé central s'est effondré. Des plateaux relativement élevés, bordés par des failles normales subsidiaires, peuvent apparaître dans le graben ; ce sont des horsts. Rift africain (ou la vallée du grand rift, ou grand rift est-africain) est un élément géologique majeur, qui s'étend du Sud de la mer Rouge (au nord) au Zambèze (au Sud) sur plus de 6000 km de longueur, 40 à 60 km de largeur et quelques centaines à quelques milliers de mètres de profondeur. C'est une zone d'extension intracontinentale qui rejoint, au Nord, deux structures extensives (des anciens rifts océanisés): la mer Rouge et le golfe d'Aden, qui limitent la plaque arabique. Le point triple de l'Afar qui relie ces trois structures est zone volcanique majeure découpée par de nombreuses failles normales. Le rifting débute au Miocene, et l'éffondrement provoque une importante sédimentation lacustres (jusqu'à 8000m). De nombreux lacs occupent actuellement le rift (lac Kiwu, lac Tanganyika, lac Malawi). La vitesse d'ouverture est de l'ordre de 10mm/an et diminue vers le Sud. Les deux branches du rift sont reliées par une zone de fracturation importante, le linéament d'Assoua. Le Kilimandjaro et le mont Kenya sont situés a l'intersection entre la branche orientale et ce linéament. La poursuite de cette extension intracontinental peut aboutir, dans les prochains milions d'années a une océanisation et l'individualisation d'une plaque somalienne.

-6 000 000         Millenium Ancestor, ancêtre probable de l'homme moderne. Millenium Ancestor est le nom donné au premier specimen découvert de l'hominidé Orrorin tugenensis. Ce nom fut choisi car il détenait alors le record du plus vieil (et supposé) ancêtre connu de l'homme (jusqu'à l'arrivée de Toumaï). Orrorin tugenensis est le nom donné à un hominidé âgé d'environ 6 millions d'années. Il a été officiellement découvert en octobre et novembre 2000 dans la Formation de Lukeino des collines de Tugen, nord-ouest Kenya, par le chasseur de fossiles Ezra Kiptalam Cheboi. 'Orrorin' est le nom local d'un personnage mythique, "L'Homme Originel". Il a justifié son surnom de Millennium Man, ou Homme du Millénaire, en usurpant la place de meneur parmi les prétendants au titre de premier bipède ou hominidé, tenue depuis 1993 par Ardipithecus ramidus (4 à 5 M. d'années) suivi de près par Australopithecus afarensis (Lucy, 3,2 M. d'années). Il a cependant été évincé en 2002 par Toumaï (Sahelanthropus tchadensis), âgé de 6 à 7 millions d'années. Toumaï (Sahelanthropus tchadensis) est le nom donné à un supposé hominidé dont le crâne quasi complet a été mis à jour dans le désert du Djourab au Tchad, à 800 km au nord de Ndjamena. Cinq fragments de mâchoire et quelques dents ayant pu appartenir à neuf individus ont été découverts sur trois sites proches de juillet 2001 à mars 2002. Toumaï n'a pu être daté de manière absolue mais des méthodes de datations biogéochronologiques permettent de penser que Toumaï vivait voici 7 millions d'années.

-6 000 000         La fabuleuse aventure des pré-humains est en route. Bientôt ils seront parfaitement bipèdes. Leur cerveau grandit, leur conscience se développe. lis fabriquent des outils, domestiquent le feu, inventent le langage articulé, découvrent les sentiments, deviennent artistes. Organisés en clans, nos lointains ancêtres partent vaillamment à la conquête du monde. Cinq cent mille générations nous séparent de ces origines. Si certaines espèces, tels les Australopithèques ou les Néandertaliens, se sont éteintes, d'autres ont évolué pour finalement donner naissance, il y a 50 000 ans, aux Homo sapiens, nos grands-parents directs. Tout a commencé en Afrique, là où ont été retrouvées les traces de lointains ancêtres de l'homme. En 2000, au Kenya, l'équipe de paléontologues dirigée par Martin Pickford et Brigitte Senut découvre les ossements d'un préhumain. Baptisé Orrorin, ce préhumain grimpait aux arbres, marchait sur deux pieds et mesurait 1,50 mètre de hauteur. Il serait mort sous les griffes d'un léopard. Son âge : 6 millions d'années. Sa découverte exceptionnelle a été le point de départ d'une remise en cause des théories sur l'évolution de l'homme. On suppose que la première divergence entre les grands singes et l'homme remonte à 8 millions d'années…

-5 332 000         Début du Pliocène. Le Pliocène est la seconde époque du Néogène et la cinquième de l'ère Cénozoïque. Elle s'étend de 5,332 à 1,806 millions d'années avant l'ère chrétienne, est suivie par le Pléistocène et précédée par le Miocène. Au début de cette époque les continents sont à moins de 250 km de leur position actuelle pour se situer à moins de 70 km vers la fin. Le principal changement est la connexion de l'Amérique du Nord et de l'Amérique du Sud conduisant à une extinction presque complète des marsupiaux distinctifs de l'Amérique du Sud. L'Antarctique se recouvre de glace, des glaciers apparaissent probablement aux latitudes moyennes vers la fin du Pliocène. On trouve des terrains de cette époque en Méditerranée, Inde et Chine. On en trouve aussi ailleurs non loin des côtes actuelles.

-5 000 000         Premiers Australopithèques. Un australopithèque est une espèce du taxon hominidé, ayant vécu entre 5 millions et 1 million d'années avant notre ère. Il présente des caractères simiens, ne maîtrise pas parfaitement la station debout, mais appartient tout de même à la lignée humaine. Les découvertes successives d'ossements fossiles dans plusieurs régions d'Afrique, les progrès réalisés dans la lecture des formules chromosomiques et la biologie du développement, qui relie le programme génétique aux modifications de formes des espèces au cours de leur évolution, permettent une meilleure compréhension de l'évolution des singes supérieurs et de l'homme. Les origines de l'homme. Les premiers primates bipèdes connus, les australopithèques apparaissent vers environ 5 millions d'années. Diversifiés en plusieurs espèces selon leurs anatomies et leur mode de vie, ce sont des chimpanzés qui marchent debout comme Ramidus (-4,4) et Lucy (-3,1). Ils grimpent encore aux arbres. Les premiers humains "homo habilis" (homme habile) semblent dater de -3 millions, mais leurs premiers outils connus datent de -2,5 millions, armés de haches et de couteaux de pierre rudimentaires ils chassent collectivement les animaux et établissent des camps. Vers -1,6 millions d'années, les "homo erectus" (homme debout) sortent d'Afrique pour poursuivre les troupeaux au Proche-Orient, en Europe, en Chine et en Indonésie. Ils sont de plus grande taille, mais conservent les mêmes outils. Il y a environ -600 000 ans, la Terre entre dans la première d'une série de périodes glaciaires exigeant de toutes les espèces un effort accru d'adaptation. Pour se protéger l'homo erectus se vêt de fourrures, il se bâtit des huttes et s'installe dans des cavernes. Vers -500 000 ans, il domestique le feu, depuis cette époque la maîtrise de l'énergie est devenue l'un des problèmes dominants de l'évolution de la civilisation et de ses relations avec l'environnement. Elle le demeure du reste encore aujourd'hui.

-5 000 000         Apparition de l'Australopithecus Anamensis. Australopithecus anamensis est le nom d'un hominidé bipède. Le premier Australopithecus anamensis a été découvert en 1965 par une expédition de l'université Harvard. Yonas Beyene, Directeur du patrimoine en Éthiopie et membre de l'équipe d'Henry de Lumley (Institut de paléontologie humaine) a découvert les restes d'un très ancien Hominidé dans la vallée de l'Omo, rivière qui se jette dans le Lac Turkana. C'est sur le site FxJj-50 que les restes du fossile ont été retrouvés : un morceau de crâne, un autre de mandibule et une molaire. Ces quelques éléments ont permis de définir l'espèce Australopithecus anamensis. C'est le plus vieil hominidé fossile retrouvé en Éthiopie. Ce sont les couches de tuf volcaniques, dont le fossile a été libéré, qui ont permis de dater les ossements. Les premières estimations font remonter la découverte à une période comprise entre 4,2 et 5 millions d'années. Cet hominidé est donc plus ancien que son congénère retrouvé au Kenya ainsi que la célèbre Lucy, un Australopithecus afarensis trouvé dans la région de l'Afar en Éthiopie également.

-4 000 000         Présence de l'Australopithecus Ramidus dans la vallée de L'awash. Ardipithecus ramidus est le nom donné au plus vieil hominidé bipède découvert à ce jour, âgé de 3,8 à 4 millions d'années (certains hominidés sont plus âgés, mais soit leur bipédie n'est pas avérée, soit ils sont manifestement quadrupèdes).

-3 700 000         Première présence de l'Australopithecus Afarensis près de Laetoli. Australopithecus afarensis est le nom d'un hominidé bipède découvert dans l'est de l'Afrique (principalement au Kenya et en Tanzanie). Son nom provient de l'Afar, région du nord-est de l'Éthiopie, considérée par certains scientifiques comme "le berceau de l'humanité" ; c'est en effet là qu'avait été découvert le squelette de Lucy en 1974.

-3 180 000         Présence de l'Australopithecus Afarensis (Lucy) près de Hadar. Lucy est un primate hominidé dont le squelette fut découvert en Éthiopie, le 24 novembre 1974, par un groupe de chercheurs de différentes nationalités dont Yves Coppens, Donald Johanson et Maurice Taïeb. Elle a vécu il y a 3,18 millions d'années. Elle a longtemps été considérée comme la grand-mère de l'humanité. Depuis, d'autres primates plus anciens ont été découverts. Lucy appartient donc à la famille des primates et fait partie des australopithèques. Plus précisément, il s'agit d'un Australopithecus afarensis (australopithèque de l'Afar). Les découvertes les plus récentes nous font pencher pour l'hypothèse selon laquelle Lucy serait une cousine éloignée, plutôt que la fondatrice du genre Homo.

-3 000 000         Paléolithique (Âge de la pierre ancienne), (-650 000 à -10 000)

-3 000 000         Paléolithique vient du grec lithos (pierre), littéralement par "âge de la pierre ancienne". Ce terme a été inventé en 1865 par le préhistorien John Lubbock par opposition au Néolithique, "âge de la pierre nouvelle". Dans les faits, le Paléolithique est la période culturelle la plus longue de la préhistoire et commence avec l'apparition de l'homme. Durant toute cette période la technologie principale des hommes est celle des outils en pierre taillée. Le Paléolithique est contemporain de la période géologique du Pléistocène soit à peu près depuis 2 millions d'années jusqu'à 10 000 ans avant le présent. Le Paléolithique a été divisé en trois grandes périodes, qui traduisent une évolution culturelle et technologique: le Paléolithique inférieur; le Paléolithique moyen; le Paléolithique supérieur. Le paléolithique. Au paléolithique l'apparition des premiers hominidés, dont le cerveau avait les mêmes dimensions que le nôtre, remonte à -300 000 ans, les "homo erectus" sont relayés par deux lignées d'homo sapiens qui ont déjà des outillages sophistiqués et des rites funéraires. D'une part, les Néandertaliens se limitent à l'Europe et au Proche-Orient, ils s'adaptent aux climats glaciaires. D'autre part, les hommes modernes (les Homo sapiens) sont originaires d'Afrique et n'ont conquis les régions froides que plus tard, arrivent en Europe vers -40 000 (Cro-Magnon). Leur passage en Australie commence vers -50 000, après la Chine. L'arrivée en Amérique semble antérieure à -40 000. Vers -40 000 au Paléolithique se manifestent les premières gravures et les sculptures de l'âge de la pierre taillée. Il faudra attendre -31 000 ans pour voir apparaître des peintures (grottes Chauvet, Lascaux, Altamira) et des indices plus précis de rites, de superstitions et de religions : c'est le début d'une vision relationnelle du monde. Entre -15 000 et -9 000 les chasseurs passent de la récolte à la culture à la fois au Proche-Orient (blé, orge), en Afrique (sorgho), en Asie (riz et millet) et en Amérique (maïs). Les premiers animaux à être domestiqués sont les chiens, puis vers -12 000 ans les chèvres dont ils obtiennent le lait et font du fromage. Les effectifs des populations croissent considérablement. L'Âge de la pierre est la période de la Préhistoire durant laquelle les humains créèrent des outils en pierre. Le bois et les os étaient aussi utilisés mais la pierre, et notamment le silex, était travaillée pour créer des outils coupants et des armes. "Âge de la pierre" est désormais une expression légèrement désuète et on lui préfère l'une de ses subdivisions : Paléolithique, Mésolithique ou Néolithique; ces périodes sont elles-mêmes souvent subdivisées. Les limites chronologiques de cette période varient selon la région concernée et selon les critères que l'on retient. Bien qu'il soit possible de parler d'un Âge de la pierre global pour toute l'humanité, certains groupes n'ont jamais développé de technologies métallurgiques et restèrent donc dans un âge de la pierre jusqu'à ce qu'ils rencontrent des cultures technologiquement plus développées. Néanmoins, on considère en général que cette période débute il y a environ 3 Millions d'années lorsque les premiers humains commencèrent à fabriquer des outils. Elle fut suivie par l'Âge de bronze, durant lequel les outils en bronze devinrent communs.

-3 000 000         Histoire des sciences de la préhistoire, historiquement la technique précède la science. En s'appuyant sur une démarche empirique, l'homme invente très tôt des outils et découvre le feu, c'est la période du paléolithique (qui commence il y a environ 2,5 millions d'années et s'achève vers 10 000 ans avant notre ère). Aucune science à proprement parler n'existe à cette époque. La science et la magie ont été durant plusieurs millénaires très liées l'une à l'autre. Cela peut être à première vue très surprenant, principalement au vu de nos connaissances actuelles. La magie se base sur des croyances, contrairement à la science qui elle repose sur une démarche expérimentale, autrement dit les faits. Mais les deux partagent le but d'une "explication du monde". Au vu des connaissances de l'époque, attribuer des événements naturels comme la foudre, les tremblements de terre ou encore les maladies, à une colère divine est tout à fait compréhensible et cohérent avec une vision animiste, où tout est d'essence divine. Cette démarche purement intellectuelle, car ne se basant sur aucun fait, n'était pas la seule forme de "science". Lorsque l'homme se sédentarise et entre ainsi dans le néolithique, il change radicalement son mode de vie. Il se rassemble pour former des groupes de plus en plus nombreux (qui deviendront avec le temps les premières civilisations), ce qui pousse à plus d'échanges et à l'établissement de règles pour la vie en communauté. Cette sédentarisation oblige le chasseur-cueilleur qu'est l'homme à trouver un moyen de nourrir une population importante, dans un minimum d'espace. Pour cela, il ne peut plus se contenter de ce que lui offre la Nature. C'est ainsi que l'agriculture et l'élevage apparaissent. Ces deux activités nécessitent d'amasser une somme de connaissances sur le mode vie des animaux, leurs entretiens, sur l'utilité de telle ou telle plante, la meilleure façon de la cultiver et de l'utiliser, etc. Toutes ces connaissances ont bien sûr un usage purement pratique, mais cela marque le début de l'accumulation du savoir, qui est une des bases de toute démarche scientifique. Le développement de l'agriculture et de l'élevage entraîne un nouveau besoin, celui de compter. Il faut en effet compter les animaux, le nombre de végétaux que l'on produit, déterminer quand il faut mettre en graine et récolter (ce dernier point est plus du domaine de l'astronomie, mais les mathématiques sont utilisées)… C'est à cette époque qu'apparaît le calcul.

-3 000 000         Début du Paléolithique inférieur. Le Paléolithique inférieur est la première période de la Préhistoire, marquée par l'apparition de l'Homme en Afrique. Selon les points de vue et les critères retenus, elle débute entre 3 et 2,5 Millions d'années avant le présent. Elle se termine il y a environ 300 000 ans, lorsque des changements au niveau de l'outillage et de l'évolution humaine annoncent le début du Paléolithique moyen. Les industries lithiques associées au paléolithique inférieur sont l'Oldowayen (dans le cas de l'Europe, on parle aussi de Chelléen et d'Abbevillien) et l'Acheuléen. Les principales découvertes concernant les débuts de l'aventure humaine ont pour cadre le continent africain, et tout particulièrement l'afrique orientale et australe. C'est de ces régions que proviennent les plus anciens fossiles attribués à la famille des Hominidés : parmi ces ancêtres - ou proches parents - de l'homme on trouve les Australopithèques (dont Australopithecus afarensis et la fameuse Lucy, puis Australopithecus africanus et Paranthropus robustus) et les premiers représentants du genre humain proprement dit (Homo rudolfensis puis Homo habilis, le premier à avoir une capacité crânienne de plus de 600 cm³). C'est de là également que proviennent les plus anciens outils taillés connus à ce jour.

-3 000 000         Première présence de l'Australopithecus Africanus. Australopithecus africanus est le nom d'un hominidé bipède découvert dans l'est de l'Afrique (principalement au Kenya et en Tanzanie).

-2 500 000         Apparition de l'Homo Habilis et des premiers outils. Homo est le genre qui réunit les humains et les espèces qui leur sont proches. On estime que le genre a entre 1,5 et 2,5 millions d'années. Toutes les espèces sauf Homo sapiens sont éteintes ; les dernières espèces apparentées, Homo floresiensis et Homo neanderthalensis, ont disparu respectivement il y a 18 000 et 30 000 ans, bien que des éléments récemment découverts suggèrent que Homo floresiensis ait pu survivre jusqu'il y a 12 000 ans. L'Homo habilis une espèce du genre homo, qui vivait il y a approximativement 2,5 à 2,0 millions d'années. L'Homo habilis maîtrisait parfaitement la posture érigée. En revanche, ses membres postérieurs courts n'en faisaient pas un aussi grand marcheur que l'Homo ergaster, apparu ultérieurement. Son aspect restait très archaïque. L'espèce présentait un fort dimorphisme sexuel, les femelles étant beaucoup plus petites que les mâles.

-2 500 000         Début de l'âge de la pierre.

-2 500 000         L'Âge de la pierre est la période de la Préhistoire durant laquelle les humains créèrent des outils en pierre. Le bois et les os étaient aussi utilisés mais la pierre, et notamment le silex, était travaillée pour créer des outils coupants et des armes. "Âge de la pierre" est désormais une expression légèrement désuète et on lui préfère l'une de ses subdivisions : Paléolithique, Mésolithique ou Néolithique; ces périodes sont elles-mêmes souvent subdivisées. Les limites chronologiques de cette période varient selon la région concernée et selon les critères que l'on retient. Bien qu'il soit possible de parler d'un Âge de la pierre global pour toute l'humanité, certains groupes n'ont jamais développé de technologies métallurgiques et restèrent donc dans un âge de la pierre jusqu'à ce qu'ils rencontrent des cultures technologiquement plus développées. Néanmoins, on considère en général que cette période débute il y a environ 2,5 Millions d'années lorsque les premiers humains commencèrent à fabriquer des outils.

-2 500 000         Elle fut suivie par l'Âge de bronze, durant lequel les outils en bronze devinrent communs, il y a environ 8000 à 4500 ans.

-2 200 000         Première présence de l'Australopithecus Robustus. Australopithecus robustus est le nom d'un hominidé âgé de 2,2 à 1 million d'années.

-2 200 000         Apparition de l'Homo ergaster. Homo ergaster est un représentant disparu du genre Homo. La plupart des fossiles aujourd'hui attribués à ce taxon étaient anciennement attribués à Homo erectus mais celui-ci est désormais considéré comme exclusivement eurasiatique. Homo ergaster vivait en Afrique, entre 2,2 millions d'années et 1 million d'années avant notre ère. Il descendrait directement d'Homo habilis. Son cerveau atteint 850 cm³, ce qui implique une consommation régulière de viande. On peut supposer qu'il devient plus chasseur que charognard. Les spécimens découverts mesuraient entre 1,55 m et 1,70 m, pour un poids de 50 à 65 kg. Le dimorphisme sexuel de cette espèce est plus réduit que chez Homo habilis. L'Homo ergaster reste cependant très archaïque de faciès, avec un nez absent et une mâchoire très prognathe. D'après l'hypothèse la plus couramment acceptée actuellement, Homo ergaster est l'ancêtre d'Homo erectus. Il est probable qu'il soit aussi l'ancêtre d'Homo antecessor.

-2 000 000         Nous voilà arrivés à moins deux millions d'années. L'homme va quitter sa terre natale : l'Afrique tropicale, berceau de l'humanité. Son corps s'est adapté à la marche et aux longs voyages, ses outils se perfectionnent. Homo ergaster se met en route et commence à peupler la Terre, et plus précisément le reste de l'Afrique, le Proche-Orient, l'Europe et l'Asie. Au fil du temps, il s'adapte à de nouvelles conditions climatiques. Il devient Homo erectus, l'homme dressé, celui qui va soumettre encore un peu plus la nature, qui invente l'outil symétrique, le percuteur tendre, et qui maîtrise le feu. L'évolution se poursuit, graduelle et continue. Et voilà qu'apparaît, au Proche-Orient et en Europe, un homme robuste au cerveau impressionnant : Homo sapiens neandertalis, l'Homme de Neandertal...

-1 806 000         Début de l'ère Quaternaire et du Pléistocène. Le Pléistocène est une époque du système Néogène. Il a débuté entre 1,806 millions d'années avant l'ère chrétienne et se finit en -10 000 ans. Il couvre la plupart des récentes glaciations incluant le Dryas récent qui interrompit momentanément la dernière déglaciation. La couche stratigraphique de référence se situe à Vrica en Calabre (Italie). Le Pléistocène est précédé du Pliocène et suivi de l'Holocène. Comme pour les autres périodes géologiques les couches stratigraphiques de début et de fin du Pléistocène sont bien définies mais leur datation est approximative. À l'origine le Pléistocène couvrait toutes les récentes glaciations mais son début a été placé trop tard si bien que certaines de ses glaciations sont placées au Pliocène. Certains scientifiques pensent pour cette raison qu'il faudrait placer le départ du Pléistocène vers 2,5 millions d'années avant l'ère chrétienne. Les continents ont dérivé probablement de moins à 100 km par rapport à la position qu'ils occupaient au début du Pléistocène, pour occuper des emplacements très proches de leur position actuelle. Le climat est caractérisé par les cycles de glaciation pendant lesquels des glaciers continentaux sont descendu jusqu'au 40ème parallèle. Il y a eu quatre glaciations majeures : Günz / Nebraska ; Mindel / Kansas ; Riss / Illinois ; Würm / Wisconsin. Il peut y avoir eu quatorze autres avancées des glaces qui n'ont pas été nommées et dont les traces ont été largement érodées par les glaciations suivantes. Chaque glaciation a produit des glaciers continentaux de grandes tailles dont l'épaisseur a pu aller jusqu'à 3 km résultant en des changements du niveau de la mer de 100 m ou plus. Les faunes marine et continentale étaient essentiellement modernes et c'est durant cette période que l'homme a évolué dans sa forme moderne. Plusieurs espèces de grands mammifères telles que les mammouths, les mastodontes et les tigres à dents de sabre, ont disparu durant le pléistocène. Les extinctions ont été plus nombreuses en Amérique du Nord où, par exemple, les chevaux et les chameaux ont été éliminés. Les dépôts continentaux de cette période sont trouvés principalement dans les grottes et le fonds des lacs ainsi que dans les grandes quantités de matériaux déplacés par les glaciers. Les dépôts marins sont localisés dans une zone de quelques dizaines de kilomètres des côtes actuelles. Dans quelques zones géologiques actives comme la côte sud de la Californie ces dépôts marins peuvent se retrouver à une altitude de plusieurs centaines de mètres. La fin du Pléistocène correspond à la fin du Paléolithique utilisé en archéologie.

-1 800 000         Première présence d'outils (Galets) en France (Chilhac, Haute-Loire).

-1 800 000         Apparition des premiers outils symétriques (bifaces) (Lac de Turkana, Kenya).

-1 600 000         Apparition de l'Homo Erectus. Homo erectus est un homme préhistorique. On retrouve ses restes sur une période qui va de moins 2 Ma à moins 250 000 ans. Il s'agit du premier être terrestre à avoir domestiqué le feu, il y a de ça un million d'années. Il a amélioré les techniques de frappe, étendu la gamme des outils : il a réalisé les premiers bifaces et créé une hache (hachereau), dont on a trouvé de nombreux spécimens en Afrique et en Eurasie. Les outils façonnés par Homo erectus révèlent l'existence de comportements nouveaux dans la lignée humaine: l'élaboration d'outils symétriques et une forte adaptation des outils aux conditions locales et aux besoins humains.

-1 300 000         Disparition de l'Homo Habilis.

-1 200 000         Apparition de l'Homo Erectus dans le sud de la France.

-1 200 000         Disparition de l'Australopithecus Robustus.

-950 000         Début du pré paléolithique, début de la glaciation de Günz (Première glaciation du Quaternaire dans les régions alpines)

-500 000         Domestication du feu. Domestiqué par Homo erectus il y a environs 500 000 ans, le feu est à la fois un bienfait et un terrible ennemi. Il permet de se chauffer, cuire la nourriture — ce qui entre autre tue les microbes et rend comestible certaines plantes —, transformer les matériaux (métallurgie), éclairer la nuit. Il peut aussi tuer, ravager et détruire (incendie).

-400 000         Début de la glaciation de Mindel (deuxième épisode de glaciation du Quaternaire dans les régions alpines)

-300 000         Début de la glaciation de Riss (Troisième épisode de glaciation du Quaternaire dans les régions alpines)

-300 000         Début du Paléolithique moyen. Le Paléolithique moyen est une période de la Préhistoire qui s'inscrit dans la continuité du Paléolithique inférieur. En Europe, il débute autour de 300 000 ans avant le présent avec la généralisation du débitage Levallois et s'achève autour de 30 000 ans avec la disparition de l'homme de Néandertal et l'arrivée des Humains anatomiquement modernes (Homo sapiens) venus du Proche-Orient. Cette période est marquée par l'apparition d'un ensemble de traits culturels nouveaux : elle voit par exemple se généraliser et se diversifier l'utilisation des outils retouchés (racloirs, denticulés, etc.). Ces outils sont réalisés à partir d'éclats débités aux dépens de blocs de matière première préparés, appelés nucléus. L'une des méthodes de débitage d'éclats, identifiée dès le XIXe siècle et relativement bien connue, est la méthode Levallois : elle est caractérisée par la possibilité de débiter de façon répétée des éclats dont la forme a été déterminée avant leur détachement lors de la préparation du nucléus. En Europe, la principale manifestation culturelle du Paléolithique moyen est le Moustérien. Le principal artisan du Moustérien est l'homo neanderthalensis, ou Homme de Néandertal : ce cousin sans descendance de l'homme moderne (Homo sapiens) présentait un crâne volumineux au front fuyant, au torus sus-orbitaire marqué, et au menton pratiquement absent. La méthode Levallois est l'une des méthodes de taille de la pierre employées au cours de la Préhistoire, surtout au Paléolithique moyen. Il s'agit d'une méthode de débitage basée sur une préparation particulière du nucléus.

-300 000         Apparition des premiers Hommes de Néandertal (Atapuerca, Espagne). L'homme de Néandertal est un homme préhistorique, dit aussi néandertalien. Cette appellation signifie "vallée de Neander" en allemand. Il s'agit d'un lieu proche de Düsseldorf où des fragments de squelettes furent découverts en 1856. Les premières traces de peuplement néandertalien en Europe remontent à 300 000 ans. Cette espèce humaine, très spécialisée, semble n'avoir existé qu'en Europe et au Proche-Orient. Elle a disparu, il y a près de 35 000 ans, après avoir cohabité durant leurs derniers millénaires avec l'Homo sapiens.

-300 000         L'homme de Neandertal conçoit les premières sépultures, ce qui laisse supposer qu'il croit déjà en un au-delà. L'odyssée de notre espèce est pourtant loin d'être achevée, car voici qu'intervient un nouvel arrivant qui se révélera être un redoutable concurrent pour les neandertaliens : Homo sapiens sapiens. C'est l'homme qui sait qu'il sait, c'est-à-dire l'homme moderne. Nous sommes à moins 300 000 ans. Homo sapiens sapiens, représenté en Europe par le célèbre Homme de Cro-Magnon, a évincé son cousin neandertalien. Désormais, seul représentant du genre humain, il se lance dans une nouvelle expansion planétaire, conquiert les Amériques et atteint l'Australie. Il fabrique de nouveaux outils, invente de nouveaux rites et, pour finir, découvre le beau et crée l'art. Cette conquête du monde imaginaire et spirituel le mènera, il y a maintenant 10 000 ans, à la sédentarisation, l'élevage, l'agriculture puis à l'écriture... bref à la civilisation et à la fin de la préhistoire. Commence alors l'histoire…    

-200 000         Apparition des premiers Homo Sapiens. Homo sapiens est une espèce de primate et le seul membre actuel du genre Homo. On désigne l'espèce entière sous le nom humanité et on peut aussi employer Homme (avec une majuscule) pour parler des caractères généraux des êtres humains. En 2003 la deuxième sous-espèce Homo sapiens, qu'était Homo sapiens neanderthalensis, a été relevée au rang d'espèce à part entière, Homo neanderthalensis, ce qui a entraîné l'abandon de la subdivision de l'espèce Homo sapiens en sous-espèce, et donc l'abandon de la classification de l'homme moderne et de ses ancêtres comme sous-espèce Homo sapiens sapiens.

-130 000         Fin de la glaciation de Riss.

-80 000         Début de la glaciation de Würm (Quatrième et dernière glaciation du Quaternaire dans les régions alpines)

-80 000         Premières sépultures.

-75 000         Dotés d'armes et de techniques de chasses perfectionnées les chasseurs s'attaquent à de grands mammifères comme le mammouth.

-70 000         Civilisation Moustérienne (jusqu'à -35 000). (Le nom de cette civilisation est tirée du site situé dans la vallée de la Vézère, non loin des Eyzies, sur la commune de Peyzac-le-Moustier où le surplomb de la falaise protège deux abris superposés). Le Moustérien est la principale manifestation culturelle du Paléolithique moyen en Eurasie (environ -300 000 à -30 000 avant le présent). Il est principalement l'oeuvre de l'Homme de Néandertal. Il a été défini en 1872 par G. de Mortillet à partir de l'industrie lithique de l'abri du Moustier, situé dans la vallée de la Vézère en Dordogne. Il succède à l'acheuléen et précède le Châtelperronien.

-50 000         Apparition des premières peintures rupestres. Art préhistorique, si les premières manifestations discrètes de l'art préhistorique datent de la fin du Paléolithique moyen, celui-ci ne prend une réelle ampleur qu'au début du Paléolithique supérieur (-30 000 à -12 000 ans avant J.-C.). Il est alors très diversifié dans ses thématiques, ses techniques et ses supports. Il inclut des représentations figuratives animales, des représentations anthropomorphes souvent schématiques, ainsi que de nombreux signes. Au Mésolithique (-12 000 à -8 000 avant J.-C.), les manifestations artistiques figuratives sont rares. De cette époque sont connus des galets peints ou gravés de figures géométriques. Au Néolithique (-8 000 /à- 3 000 avant J.-C.), l'art rupestre se développe, incluant des éléments figuratifs et notamment des animaux domestiques. Il se développe également sur de nouveaux supports, par exemple lors du décor de poteries en céramique.

-50 000         Origine des langues

-40 000         Arrivée de l'Homo Sapiens (l'homme de Cro-Magnon) en Europe. L'homme de Cro-Magnon est un homme préhistorique. C'est en fait une ancienne dénomination dépréciée pour les représentants de l'espèce Homo sapiens ou "Hommes modernes" arrivés en Europe au Paléolithique supérieur entre 35 000 et 10 000 ans avant le présent. Le nom de "Cro-Magnon" vient de l'abri de Cro-Magnon, un petit abri sous roche situé dans la commune des Eyzies-de-Tayac (Dordogne, France) où Louis Lartet a découvert cinq squelettes de cette espèce en 1868. Actuellement, la communauté scientifique a pratiquement abandonné l'expression vieillissante d'"homme de Cro-Magnon" au profit de celles d'"hommes anatomiquement modernes" et d'Homo sapiens.

-35 000         Début du Paléolithique supérieur. Le Paléolithique supérieur est la période de la Préhistoire qui est caractérisée par l'arrivée de l'Homme moderne en Europe, le développement de nouvelles techniques (lames, industrie osseuse, propulseur, etc.) et l'explosion de l'art préhistorique. Il se situe entre 35 000 et 10 000 ans avant notre ère et correspond à la fin de la dernière période glaciaire. Il est précédé par le Paléolithique moyen et est suivi du Mésolithique. Le Paléolithique supérieur débute à l'arrivée en Europe de l'Homme moderne (Homo Sapiens). Venu de l'Est (Proche-Orient, Asie ou Afrique ?), il a profité d'une amélioration temporaire du climat vers -35 000 pour coloniser l'Europe. Il cohabite avec l'Homme de Néandertal jusqu'à l'extinction de ce dernier vers -30 000 en Espagne. L'existence de métissages entre les deux espèces a été évoquée mais n'a pas été réellement démontrée. Les raisons de l'extinction de l'Homme de Néandertal ne sont pas connues précisément.

-30 000         Premiers signes arbitraires. Ils sont destinés à compter ou à identifier des objets. Le plus souvent pictographiques, ces signes ne composent pas des systèmes complets d'écriture. L'écriture réelle remonte à 4000 ans, selon les épigraphistes. L'homme aurait donc vécu longtemps avant de songer à consigner son savoir pour les générations futures...

-30 000         L'homme prend progressivement conscience de lui-même. A la naissance du conscient correspond celle de l'inconscient : La partie du cerveau que l'homme utilise et ressent mais à laquelle il n'a pas un accès direct. Elle ne lui est pas accessible et pourtant elle est en lui, elle pèse en permanence dans sa vie, elle est là dans ses rêves, dans ses intuitions, dans ses souvenirs refoulés. Cette partie inconsciente de la raison, ajoutée à son ignorance du lendemain, de la nature et ses phénomènes, a rapidement créé chez l'humain un malaise diffus, un besoin que l'on pourrait peut-être appeler aujourd'hui "un mal existentiel". Qu'a-t-il fait ? Il s'est posé des questions sur l'au-delà et les puissances supérieures et il a essayé de les dessiner ou de les sculpter. Ainsi sont nées les premières religions... C'est l'époque des premières sépultures, des premières peintures et expressions artistiques. La plupart de ces dessins ont une vocation religieuse.

-25 000         Disparition de l'Homme de Néandertal.

-20 000         Fin de la glaciation de Würm.

-19 000         Civilisation Magdalénienne (jusqu'à -11 000). La civilisation magdalénienne, en Europe occidentale domine la civilisation magdalénienne, qui s'est répandue ensuite dans l'Europe de l'Est et, dans sa phase finale, à travers les plaines du Nord. L'art paléolithique trouve alors son apogée; une grande variété de techniques existe: gravure, dans les grottes, sur plaquette en pierre, sur os ou sur bois de cervidés; peinture; modelage d'argile. On connaît plus de 150 grottes ornées. Elles sont toutes situées en France et en Espagne (Lascaux, Fond-de-Gaume, Les Combarelles, Rouffignac, en Dordogne, Niaux dans les Pyrénées, Altamira en Espagne), alors que l'art mobilier se rencontre dans toute l'Europe. L'outillage lithique magdalénien est caractérisé par l'abondance de burins, de grattoirs, de perçoirs, de lames et de lamelles à dos. Mais c'est l'industrie osseuse qui est particulièrement remarquable, par ses sagaies de différents types, ses propulseurs et ses harpons.

-17 000         Peintures rupestres de la Grotte de Lascaux en Dordogne. La grotte de Lascaux est l'une des plus importantes grottes ornées paléolithiques par le nombre et la qualité esthétique de ses oeuvres. Les peintures et les gravures qu'elle renferme n'ont pas pu faire l'objet de datations directes précises : leur âge est estimé entre environ 18 000 et 15 000 ans avant le présent à partir de datations et d'études réalisées sur les objets découverts dans la grotte. Elles ont longtemps été associées au Magdalénien ancien, mais les dernières études montrent qu'elles pourraient dater du Solutréen qui le précède.

-13 500         à -10 000 Fin du dernier âge glaciaire.

-10 800         Apparition des Natoufiens. Le Natoufien est le nom donné à une culture de l'Épipaléolithique final, attestée au Levant entre 10 800 et 8 200 av. J.-C. et caractérisée par les premières expériences de sédentarisation. La Natoufien est une culture du Proche-Orient dont les sites ont été découverts dans les régions bordant la côte méditerranéenne de l'Asie (notamment près du Mont Carmel et dans le Néguev). Les Natoufiens semblent avoir été à l'origine des premiers villages occupés de manière permanente. On y trouvaient de petites maisons de plan circulaire ou ovale (de 3 à 4 mètres de diamètre), plus ou moins creusées dans le sol et généralement construites en bois et en terre. Cet habitat édifié en dur paraît témoigner d'une volonté de continuité dans l'installation incompatible avec le nomadisme permanent (mais pas forcément avec le semi-nomadisme). La présence de lames de faucilles en assez grand nombre montre que les Natoufiens avaient coutume de couper des plantes. On a donc longtemps pensé qu'ils avaient été les premiers agriculteurs du Proche-Orient. On perçoit plutôt aujourd'hui les Natoufiens comme des chasseurs-cueilleurs pratiquant abondamment la récolte de céréales sauvages comme l'amidonnier (ou blé emmer). Outre ces céréales, les Natoufiens se nourrissaient aussi des produits de la chasse (gazelles, boeufs, sangliers) et de la pêche (les villages étaient souvent proche de plans d'eau).

-10 000         Début de Holocène (Partie supérieure de l'ère quaternaire). L'Holocène est la dernière époque géologique s'étendant sur les 10 000 dernières années. Le nom est dérivé du grec holos, "entier(ement)" et ceno, "nouveau". Le début de l'Holocène correspond à la fin d'une brève période froide (fin du Pléistocène) marquant le retrait des grands glaciers, aux alentours de 9 600 av. J.-C. Cela marque aussi le début du Mésolithique en archéologie. L'Holocène est la quatrième et dernière époque du Néogène.

-10 000         Mésolithique (-10 000 à -7 500)

-10 000         Le Mésolithique est une période de transition de la Préhistoire qui succède, à la fin du Paléolithique et qui dure jusqu'au Néolithique. Le Mésolithique est surtout caractérisé par des innovations techniques qui concernent les "armatures microlithiques" en silex. C'est-à-dire que de petits éclats de silex sont de plus en plus employés pour réaliser les outils. Ces éclats sont fixés sur de l'os ou du bois. Le Mésolithique connaît, entre autres, un développement des armes de jet. L'emploi de l'arc et de la flèche, en particulier, se généralise sur le continent européen. Cela correspond à des changements importants dans la nature du gibier (disparition des grands migrateurs), changements qui s'expliquent par un climat en réchauffement. L'Europe devient au Mésolithique une région tempérée dans laquelle l'Homme, adapté à un nouvel environnement de forêts, connaît une croissance démographique sans précédent.

-10 000         On commence à domestiquer les chiens.

-8000         Fondation de Jéricho. Dès le début du millénaire, la ville de Er Riha (Jéricho), constitue une des plus anciennes cités du monde. Dans la région, le blé, l'orge et divers légumes sont cultivés, et leurs cultures s'étendent en moins d'un millénaire depuis l'asie mineure jusqu'au Pakistan, le mouton et la chèvre sont complètement domestiqués dès 8 000 av. J.-C., et leurs élevages s'étendent aussi en moins d'un millénaire depuis l'asie mineure jusqu'au Pakistan. Jéricho est une ville de Cisjordanie (Moyen-Orient), située sur la rive ouest du Jourdain ; c'est la ville la plus basse du monde avec une altitude proche de -240 m. Jéricho est une des plus anciennes cités du monde, dont la fondation remonterait au VIIIe millénaire avant JC, donc à une période où le niveau de la Mer Morte était vraisemblablement beaucoup plus élevé qu'aujourd'hui.

-8000         La fin de l'époque glaciaire change complètement le climat et le paysage, la raréfaction de la faune oblige les chasseurs à s'installer sur les rivages des lacs et sur les littoraux, et à vivre de la pêche. C'est aussi l'époque de la domestication du mouton, puis du bouc, du porc et du chien. Au Proche-Orient, c'est le début de l'agriculture néolithique. L'agriculture a fixé les nomades, elle est devenue autant religieuse qu'économique, ce sont les récurrences annuelles des phases de la vie laborieuse qui ont engendré les dates des fêtes religieuses. Création de la ville de Jéricho, sans doute la première (4000 ans avant la création de l'Univers, de la Terre et de l'homme selon les créationnistes).

-8000         Pyramide de Cuicuilco. Cette pyramide est située au Mexique à proximité du mont Xitli, un volcan qui est entré en éruption maintes fois dans le passé, et dont la lave a recouvert trois des faces de l'édifice. A l'heure actuelle, nous ne savons toujours pas qui a construit cette pyramide. Elle a été découverte en 1920, par l'archéologue américain Byron S. Cummins. Celui-ci découvrit la base de la pyramide enterrée sous 4,50 m à 6 m de débris, qui avaient été à leur tour recouverts par trois coulées successives de lave qui n'ont pas endommagé la pyramide, puisque déjà à l'époque de la première éruption du volcan, elle était si profondément ensevelie sous les débris, que la lave ne parvint jamais jusqu'à elle. Cuicuilco est un site archéologique précolombien situé dans le sud du district fédéral de Mexico, au sud de la réserve écologique du Pedregal. Ce fut la première cité à s'installer sur les rives du lac Texcoco et fut aussi, pendant Ier millénaire av. J.-C., la plus importante ville de la vallée de Mexico.

-7500         Néolithique (Âge de la pierre polie ou Âge de la pierre nouvelle), (-7500 à -5800)

-7500         Le néolithique. L'aurore des civilisations commence en Mésopotamie, en particulier dans la région de Djeziré en Syrie. Après la maîtrise du feu, c'est la domestication des plantes : apprendre à cultiver le blé et l'orge. L'homme fait ainsi un bond considérable dans son évolution, l'agriculture provoque la sédentarisation, les tribus s'installent près des côtes et des lacs. La miniaturisation de l'outillage permet la fabrication des premiers tissus. Au Néolitique la guerre fait son entrée dans la vie de l'humanité. Obligés de combattre la convoitise des nomades, les cultivateurs doivent se défendre et se regroupent en bourgades bâties sur des hauteurs. Les villages deviennent des villes, la société se structure, ainsi apparaissent des artisans, des soldats, des marchands et des gouvernants. Jéricho en Jordanie et Jarmo en Iraq sont les plus vieilles cités du monde. Dès -7000 l'humanité étend son emprise dans la région de la Mésopotamie, le long de trois fleuves : l'Euphrate, le Tigre et le Nil. Les agriculteurs creusent des canaux d'irrigation pour cultiver des régions inhospitalières. Autour de -6000 la pratique de l'agriculture s'est étendue vers le sud-est de l'Europe et l'Asie Mineure, la culture du riz est l'un des principaux aliments. L'invention de la poterie répond au besoin qu'avaient les hommes de pouvoir transporter la nourriture et les objets et de cuire les aliments. En tressant les fibres de lin, on obtient un fil continu qui révolutionne l'habillement. La maîtrise de la navigation est un nouveau moyen d'accroître le pouvoir de l'homme. Les peuplades sont devenues étrangères les unes aux autres par la distance, la diversité des langages, des croyances et des moeurs. Mais dès le début de l'humanité, l'homme s'est comporté comme un être cohérent, logique, total et complet. Au -IVe millénaire, la population mondiale est de 7 millions. Le Néolithique (Âge de la pierre polie ou Âge de la pierre nouvelle), terme inventé en 1865 par le préhistorien John Lubbock, est la dernière période de la préhistoire et la plus courte. Il succède au Mésolithique, dont il est séparé par la révolution néolithique, qui introduit de nombreux changements dans les modes de vie humains: sédentarisation le plus souvent, introduction de l'élevage et de l'agriculture. Selon les régions, le néolithique débute à des périodes différentes; dans les premières régions touchées, il commence il y a 10 000 ans et coïncide avec la fin des glaciations. Il se termine avec la protohistoire, soit au moment de l'invention de la métallurgie pour les premiers peuples avant l'invention de l'écriture, ou avec la description des peuples néolithiques par des cultures connaissant l'écriture. On peut donc dire que le néolithique est fini partout actuellement. La Mésopotamie (désigne le pays "entre des fleuves") est une région du Moyen-Orient située entre le Tigre et l'Euphrate. Elle correspond pour sa plus grande part à l'Iraq actuel. Elle comprend au nord une région de plateaux, qui est une zone de cultures pluviales, et au sud, une région de plaines où l'on pratique une agriculture qui repose exclusivement sur l'irrigation. Le Croissant fertile est une région du Moyen-Orient comprenant les actuels Israël, Cisjordanie, et Liban ainsi que des parties de la Jordanie, de la Syrie, de l'Irak, de l'Égypte et le sud-est de la Turquie. Irriguée par le Jourdain, l'Euphrate, le Tigre et le Nil (quatre fleuves du Moyen-Orient), couvrant quelques 400 000 à 500 000 km², et peuplée de 40 à 50 million d'individus, la région s'étend des plaines alluviales du Nil, continuant sur la rive est de la Méditerranée, autour du nord du Désert syrien et à travers la Péninsule arabique et la Mésopotamie, jusqu'au Golfe Persique. Mode de vie sédentaire, d'un point de vue culturel et historique, le mode de vie sédentaire caractérise les civilisations modernes (particulièrement dans les civilisations occidentales). Lorsqu'elle ne se rapporte pas à l'individu mais aux peuples, l'expression "mode de vie sédentaire" a une acception opposée à "nomadisme" : avoir un mode de vie sédentaire signifie avoir un habitat fixe. Ce mode de vie est apparu avec le Néolithique, il y a environ 10 000 ans. Il est caractérisé par une diminution progressive de l'importance de la chasse, de la cueillette et de la pêche au profit de la production de nourriture par l'agriculture et l'élevage,ce qui à pour effet de stabiliser la population en un lieu fixe. Il est à noter toutefois que certaines sociétés dont la subsistance est basée sur le pastoralisme sont également nomades.

-5000         Les premiers habitants de l'Europe se déplaçaient avec les saisons. Pour se nourrir, ils cueillaient des plantes et chassaient les animaux sauvages. Quand ils n'avaient plus de nourriture, ils se déplaçaient d'un campement à l'autre. Cependant, 5000 ans av. J.C., ils ont découvert qu'ils pouvaient planter des graines et que ça poussait. Ils ont également commencé à apprivoiser certains animaux. Donc, ils n'étaient plus obligés de changer de place. C'est ainsi que l'homme a commencé à rester au même endroit, c'est-à-dire à devenir sédentaire.

-5000         Apparition des sépultures mégalithiques (Dolmens). Un dolmen est une sépulture mégalithique préhistorique (entre la fin du Ve millénaire av. J.-C. et la fin du IIIe millénaire av. J.-C. en Europe, au Ier millénaire av. J.-C. en Extrême-Orient) constituée d'une ou plusieurs grosses dalles (tables) posées sur des pierres verticales qui lui servent de pieds (les orthostates). Le tout étant originellement recouvert, maintenu et protégé par un tumulus. Les plus petits dolmens ressemblent, en l'état actuel, à des tables, mais les plus gros peuvent abriter plusieurs personnes entre leurs pieds. Il s'agit de chambres et galeries de tumulus (buttes artificielles), dont la partie meuble (remblais) a été érodée au cours des siècles. Leur architecture comporte parfois un couloir d'accès qui peut être construit en dalles et/ou en pierre sèche. La chambre sépulcrale peut aussi être précédée par une "antichambre". Dans certains dolmens l'entrée présente une porte taillée dans une ou plusieurs dalles verticales.

-5000         à -3500 - en Égypte - Époque prédynastique. Les cultures identifiées pour cette époque sont le Gerzéen (El-Girza), le Badarien (Badari) et l'Amratien (El-Amrat). Le site le plus important demeure cependant celui de Nagada qui, au sud d'Abydos, en Haute-Égypte, voit augmenter la densité du peuplement et se mettre en place l'utilisation de la crue du Nil. Déjà les tombes livrent un matériel destiné à permettre la survie du défunt, ce qui signifie que l'une des croyances caractéristiques de la civilisation égyptienne ultérieure est déjà établie. Au cours de la seconde moitié du IVe millénaire avant J.-C., cette culture d'éleveurs devenus agriculteurs est capable d'exploiter méthodiquement et régulièrement la crue du Nil, grâce à la réalisation de travaux d'irrigation, même s'ils demeurent primitifs ; elle va se répandre dans l'ensemble de la vallée entre la première cataracte et le Delta. La période prédynastique égyptienne est la période, encore assez peu connue, qui précéda l'unification du pays et la centralisation des pouvoirs aux mains des dynasties pharaoniques. Cette période est aussi nommée période protodynastique. Elle s'étend sur une période de 2000 ans, approximativement entre -5000 et -3000, et est subdivisée en trois époques distinctes : L'époque badarienne (-5000 à -4000); L'époque amratienne (-4000 à -3500); L'époque gerzéenne (-3500 à -3000). Haute-Égypte, contrairement à ce que son nom laisse penser, la Haute-Égypte n'est pas la région située au haut des cartes modernes de l'Égypte (orienté sud-nord). De tout temps, le Nil ayant été l'axe de préoccupation principale des égyptiens, c'est donc a lui que fait référence le haut. Le Nil prenant sa source au sud de l'Égypte, et se jetant dans la Méditerranée dans le Delta au nord, il est logique (selon la loi de l'écoulement des fleuves) que le sud du pays soit plus haut (en altitude) que le nord. C'est pourquoi la Haute-Égypte correspond a la partie sud de l'Égypte, de la nécropole thébaine jusqu'au haut barrage d'Assouan et le début de la Nubie.

-4241         Apparition du calendrier de l'Égypte antique. Le calendrier de l'Égypte antique, (également appelé calendrier nilotique) était axé sur les fluctuations annuelles du Nil et avait comme but premier la régulation des travaux agricoles au cours de l'année. Les Égyptiens définissaient d'ailleurs l'année comme "le temps nécessaire pour une récolte" et le hiéroglyphe qui la désigne est une jeune pousse avec un bourgeon (renpet). Le calendrier égyptien était basé sur les cycles lunaires (30 jours à peu près) et la récurrence annuelle du lever héliaque de l'étoile Sothis (Sirius), vers le 19 juillet de notre calendrier. L'année était divisée en 3 saisons en fonction de la crue du Nil et de son impact sur l'environnement : Akhet (Akhit) "Inondation". Peret (Perit) "Émergence (des terres)" (décrue du Nil, germination, saison fraîche). Chemou (Shemou) "Chaleur" (été, saison des récoltes et de leur taxation). Chaque saison comprenait 4 mois de 30 jours chacun. Les cinq jours restants (six à partir de l'époque romaine) étaient appelés jours additionnels ou épagomènes. Ils étaient ajoutés à la fin du calendrier, entre le dernier jour de la saison Shemou et le premier jour de la saison Akhet. Les jours épagomènes étaient considérés comme jours de naissance des grands dieux d'État qu'étaient, dans l'ordre, Osiris, Isis, Horus, Seth et Nephthys. Chaque mois était découpé en trois périodes de dix jours, les décades. Les journées avaient une durée de vingt-quatre heures. Le premier jour de la saison Akhet correspondait approximativement au début de l'inondation. Pour les Égyptiens, la montée des eaux était un événement majeur à plus d'un titre : d'une part, elle mettait fin à la saison sèche, et d'autre part, de son importance dépendait la qualité des récoltes, une crue trop faible pouvant entraîner une famine alors qu'une crue trop forte pouvait causer des inondations dévastatrices. La montée des eaux intervenait peu de temps après le lever héliaque de l'étoile Sothis (Sirius) dans le ciel égyptien. L'apparition de l'étoile constituait un repère indispensable au paysan égyptien, qui ne pouvait se fier au calendrier civil en raison d'un décalage de plus en plus important entre l'année civile de 365 jours et l'année solaire, année de 365 jours et 6 heures à peu près.

-4000         Entre le Tigre et l'Euphrate, des hommes venus de l'Est fonde la civilisation de Sumer (Akkad). Les Sumériens inventent l'écriture, les bateaux, l'art de bâtir en briques, la roue, l'école, la démocratie, la justice, la monnaie, les impôts et la médecine. Ils fondent des cités avec un prêtre-roi. Ce sont eux qui ont inventé le système sexagésimal de l'heure, la minute et la seconde.

-3500         Apparition des menhirs. Un menhir est une pierre dressée, plantée en terre à la préhistoire récente (environ 3500 à 2000 av. J.-C.) ou beaucoup plus rarement à la protohistoire (en France par ex.: menhir d'Ensérune, Hérault & menhirs gaulois de l'Âge de fer en Bretagne). Elle peut être implantée en isolée ou en alignement, parfois, plus rarement plusieurs menhirs peuvent être disposés en cercle, on parle alors de "cercle de pierres" ou de "cromlech". Cette pierre peut être taillée (colonne, amande, dalle anthropomorphe, etc.) ou avoir été plantée plus ou moins brute; dans ce dernier cas on parle plutôt de "pierre levée" que de menhir.

-3500         à -3200 - en Égypte - Période dite gerzéenne. Elle est dite aussi phase de Nagada II et précède directement l'unification pharaonique. Les villages se multiplient en Haute-Égypte, de la région d'Assiout aux frontières de la Nubie. L'époque gerzéenne. Avant son unification, la Haute-Égypte (Sud) était divisée entre trois confédérations, ou protoroyaumes : Thinis (Abydos), Noubt (Nagada IIb, c et d) et Nékhen (Hiérakonpolis). Elles luttèrent entre elles pour la suprématie et ce fut la confédération de Nékhen qui prit le dessus et put partir ainsi à la conquête progressive de l'ensemble de l'Égypte. Les rois de la dynastie 0 étaient ceux de Hiérakonpolis, et se firent enterrer en Abydos. Durant la fin de la période prédynastique, l'Égypte se trouve divisée en deux royaumes : un roi pour le Nord (Basse-Égypte) et un pour le Sud (Haute-Égypte). Nagada II, à partir de -3500 commence la culture de Nagada II : les traits culturels de Nagada évoluent et s'étendent progressivement au nord de la vallée (Maadi). Apparaît une céramique de décors sombre sur une pâte claire, représentant toujours la chasse de la steppe savanicole, mais développant surtout le thème de la navigation soulignant l'intensité de la vie de relation par le fleuve, thème essentiel que l'on retrouve dans les fresques de la grande tombe de Hiérakonpolis. L'architecture de terre et brique crue se développe (nécropoles des Nagada II et III). Nubie, région du nord-est de l'Afrique située entre le confluent du Nil et la Haute-Égypte près de Khartoum, et entre le désert de Libye et la mer rouge. La Nubie, désignée sous le nom d'Éthiopie ou de Koush dans l'antiquité fut conquise par les pharaons, attirés par ses richesses minières et par la route vers le reste de l'Afrique. Pendant longtemps elle subira l'influence égyptienne. Hiérakonpolis, depuis plus d'un siècle, les fouilles de Hiérakonpolis, l'ancienne Nekhen, à 100 km au Sud de Louxor ont fait reculer les limites de l'Histoire et modifier les opinions sur l'Époque prédynastique. Le site reste surtout connu pour avoir livré la Palette de Narmer. Or ce merveilleux objet représente en fait l'aboutissement d'une extraordinaire évolution qui a commencé au moins 500 ans avant la naissance de Narmer.

-3500         Apparition des Sumériens, premières villes (cités-États : Uruk, Lagash, Umma, Larsa, Eridou). Le sud de la Mésopotamie est peuplé de Sumériens entre Nippur et le golfe persique, de Sémites entre Nippur et Bagdad (Akkad) et d'un autre peuple dont nous ignorons le nom. Ces populations partagent les mêmes institutions, le même mode de vie, les mêmes techniques et certaines croyances mais parlent des langues différentes. Sumer ou Shumer désigne une région de la basse Mésopotamie antique (actuellement la partie Sud de l'Irak) en bordure du golfe Persique (situé à cette époque au nord-ouest de l'actuel golfe). Il a donné son nom aux Sumériens, peuple non sémitique d'origine mal connue, qui y était établi au IVe millénaire av. J.-C.. Elle constitue la première civilisation véritablement urbaine et marque la fin de la préhistoire au Moyen-Orient, la plupart des cultures de cette région seront plus ou moins influencées pendant toute la haute antiquité et la moyenne antiquité.

-3500         invention de l'écriture cunéiforme par les Sumériens. (Il y a environ 5500 ans naissaient, quelque part entre le Tigre et l'Euphrate, les germes de ce qui allait devenir la première forme d'écriture de l'humanité. Devenus agriculteurs, les Sumériens durent en effet concevoir un système de comptabilité et d'inventaire durable afin de gérer les surplus de nourriture. Ils se servirent donc de l'argile, matériau abondant dans ce territoire fluvial, pour garder des traces de leurs récoltes et troupeaux). Le cunéiforme est une des plus anciennes formes d'écriture. Il a été inventé dans l'ancien Sumer aux environs de la moitié du IVe millénaire avant l'ère chrétienne. Le système était à l'origine pictographique, mais en s'adaptant aux autres langues de la région, il a évolué vers un système phonétique. Le nom cunéiforme signifie "en forme en coins" (latin cuneus), à cause de la forme du stylet utilisé. Le cunéiforme était principalement écrit avec un calame en roseau sur des tablettes d'argile. L'écriture sumérienne originale fut adaptée à l'akkadien, à l'élamite, au hittite et au louvite. Considérablement simplifiée, elle a inspiré le syllabaire vieux perse et, au moins en ce qui concerne la technique du calame, si ce n'est pour la forme de certains signes, elle a influencé l'alphabet ougaritique.

-3500         Histoire des sciences mésopotamienne et babylonienne, C'est le sumérien qui devient pour la première fois une langue écrite, vers 3300 av J.-C. Cette écriture fut utilisée au début pour le commerce. Des pictogrammes représentaient des objets et petit à petit, le besoin s'est fait sentir d'étendre le système. L'étape suivante, qui fut le début de l'établissement d'une véritable langue écrite, fut d'associer les sons à des pictogrammes et enfin de ne les associer qu'à des sons, offrant ainsi l'équivalent écrit d'une langue parlée. L'invention de l'écriture est une chose très importante pour la préservation et la transmission des idées. Le support d'écriture en Mésopotamie était l'argile présente sous de nombreuses formes, en tablette bien sûr, mais aussi en forme de cylindres ou de prismes. C'est sur des tablettes d'argile babyloniennes qu'on trouve la trace des premières mathématiques. Les quatre opérations de base se faisaient à l'aide de tables et la résolution de problèmes pratiques à l'aide de mots détaillant toutes les étapes. Bien que ces méthodes n'étaient pas pratiques à l'usage, elles avaient le mérite de fonctionner et de permettre de résoudre des équations allant jusqu'au troisième degré. Pas plus qu'en Égypte il ne semble y avoir eu de théorisation de ces algorithmes. On ne donnait que des exemples empiriquement constitués, certainement répétés par les élèves et les scribes. À ce titre, il s'agit donc d'un savoir-faire empirique, transmis comme tel, et non d'une science mathématique rationnelle. Cependant, cet algèbre ne sera pas étendu et il faudra attendre les travaux des mathématiciens musulmans pour développer cet aspect des mathématiques. Toujours pour le commerce, il était nécessaire de nommer les animaux et les plantes. Mais ils ne se limitèrent pas à une simple énumération, ils les classifièrent et cela dépassait le domaine simplement marchand. C'est ainsi que des centaines d'animaux et plantes sont classifiés en "règnes" (les poissons, les crustacés, les serpents, les oiseaux ou encore les quadrupèdes). Les mésopotamiens connaissaient plusieurs maladies et avaient des remèdes pour chacune d'entre elles. Des textes et manuels médicaux avaient même été écrits, mais il semblerait que l'expérience du médecin était la plus importante. Les remèdes, à base de drogues végétales comme des racines mais aussi de minéraux comme le sel, côtoyaient la magie. À cette époque, on pensait par exemple que certaines plantes devaient être cueillies à certaines dates, administrées un certain nombre de fois (des chiffres comme le 3, le 7 et leurs multiples étaient très prisés). La récitation d'incantations faisait aussi partie du remède. Tout cela s'explique très logiquement par le fait qu'en ces temps, on pensait que les maladies étaient d'origine divine. Ainsi, si l'on désirait soigner le malade, il fallait apaiser les dieux. Des cartes géographiques sont également réalisées, comme celle de la ville de Nippour (qui fut même utilisée par les archéologues explorant les vestiges de la cité). Une carte du monde fut même retrouvée, plaçant Babylone au centre et les distances représentées par la durée du voyage et non par les distances réelles.

-3500         invention de la roue par les sumériens. La roue est un organe ou pièce mécanique de forme circulaire tournant autour d'un axe passant par son centre. Cette invention très ancienne constitue un des fondements de nos technologies des transports. Elle permet de déplacer sur terre des charges importantes, en réduisant les forces de friction. Elle est employée dans la plupart des moyens de transport terrestres. On situe généralement l'invention de la roue vers 3500 avant J.-C. à Sumer en basse Mésopotamie. Son usage est inconnu dans l'Amérique précolombienne, bien que l'on y ait retrouvé des objets en pierre en forme de roue et considérés comme des jouets (datés de 1500 ans avant J.-C.) mais pas d'engins utilisant la roue. Ce paradoxe est retenu comme exemple par le Alain Gras pour illustrer le refus d'engagement dans des trajectoires technologiques données bien qu'accessibles en terme de faisabilité. La roue était également inconnue en Afrique sub-saharienne, Amerique Latine (les civilisations Incas, Maya...) et en Océanie jusqu'à une époque récente. Les premières roues étaient pleines, en pierre d'une seule pièce, ou en bois souvent constituées de trois à quatre pièces assemblées. Les roues à rayons et à jantes, plus légères, seraient apparues environ 2000 ans av. J.-C. Ces roues étaient solidaires de l'essieu dans un premier temps, celui-ci constituant alors un axe reliant deux roues situées de part et d'autre de la caisse. Pour réduire le frottement entre l'axe et le châssis reposant sur lui divers procédés ont été mis au point, dont notamment un trou dans un madrier faisant office de membrure, ce trou étant garni de galets lubrifiés avec de l'huile (l'ancêtre du roulement à billes). Désormais les roues sont montées sur leur axe à l'aide de roulements à billes, à rouleaux ou de palier hydraulique. Ces derniers assurent une liaison mécanique fiable, avec un minimum de frottements.

-3500         La Préhistoire et la haute Antiquité. Triomphe de la cité. En l'espace de quelques millénaires, nos ancêtres ont successivement découvert l'art (Lascaux), l'agriculture puis l'écriture,... L'anthropologie récente montre que nos ancêtres ont très tôt goûté l'avantage de vivre en société, dans des villages, plutôt qu'isolés. L'agriculture est venue plus tard, comme une conséquence naturelle de la première urbanisation. Il y a 5000 ans, après les premiers villages et l'agriculture, apparaissaient à Sumer les premières cités-États, en corrélation avec l'invention de l'écriture. L'Histoire témoigne ainsi d'une progression constante des cités et des villes, jusqu'à nos métropoles géantes.

-3200         en Égypte, le pharaon Ménès (premier pharaon d'Égypte) unifie les royaumes du Nord et du Sud. Ménès est un pharaon considéré comme le fondateur de la Ière dynastie thinite vers -3190. Son règne se perd dans l'origine des mythes égyptiens qui font de lui le premier homme à avoir régné sur l'Égypte après le dieu Horus et les demi-dieux. Ménès serait à l'origine de l'unification des royaumes de Haute et de Basse-Égypte. Il est parfois assimilé au roi Narmer (son prédécesseur). Narmer est le nom d'un roi égyptien de la période prédynastique qui passe pour être l'unificateur des deux royaumes d'Égypte (le Nord et le Sud) au début du IIIe millénaire avant notre ère. Narmer est incontestablement le souverain qui à donné à l'Égypte une pulsion de prospérité et de puissance. Par contre, on connaît peu de chose sur la personnalité du pharaon. Horus est l'appellation grecque d'une des plus anciennes divinités égyptiennes, le dieu faucon, dont le nom signifie probablement Celui qui est au-dessus ou Celui qui est lointain. Le culte d'Horus remonte sans doute à la préhistoire, car la liste royale du papyrus de Turin qualifie de Suivants d'Horus les rois légendaires qui gouvernèrent l'Égypte après le règne des dieux. Aux débuts de l'époque historique, le faucon sacré est figuré sur la palette du roi Narmer et dès lors il sera constamment associé à la monarchie pharaonique.

-3200         à -3100 - en Égypte - Période archaïque ou de Nagada III. Dans la dernière partie du IVe millénaire, trois proto-royaumes sont en compétition pour faire l'unité de la Haute-Égypte. Ils sont organisés autour de Hiérakonpolis, de Nagada et d'Abydos. C'est à cette époque que l'on place "la dynastie zéro" identifiée par les chercheurs au cours des deux dernières décennies. On ignore le nombre précis de souverains qui l'ont constituée dans la mesure où elle précède ceux qui sont mentionnés dans l'Histoire de Manéthon mais quatre sont incontestables: Scorpion, Iry Hor (ou Ro Hor), Ka (ou Zekhen) et Ménès qui est à la fois le dernier souverain de la dynastie zéro et le premier pharaon de la première dynastie. Dès cette époque, l'existence d'un territoire défini, d'une autorité unique, d'une idéologie royale, d'une écriture, d'un artisanat de luxe et d'échanges commerciaux avec des pays assez lointains tels que la Palestine, d'un système fiscal et d'une administration hiérarchisée conduit à conclure que l'Égypte est bien entrée dans l'histoire durant cette période de transition qui sépare, entre -3200 et -3100, la culture de Nagada II et la première dynastie. C'est par la soumission du Delta - obtenue sans doute par la force, ce que semble confirmer la palette de Narmer - que s'est réalisée l'unité. Nagada III, la culture de Nagada III (-3300 / -3150) voit l'unification des traits culturels dans la vallée du Nil et le delta. A la fin de Nagada III, la structure du schéma décoratif se modifie, les scènes s'organisent en registres, les premières notations hiéroglyphiques apparaissent. Les thèmes évoluent l'affirmation de la prééminence d'un chef incarnant le groupe entier, dont la force et la puissance peuvent être exprimées à travers l'image du lion ou du taureau.

-3200         Égypte antique, bien que l'on puisse définir temporellement l'Égypte antique comme la période de l'histoire égyptienne allant de l'invention de l'écriture à la fin de l'Antiquité, cette notion se rapporte plus particulièrement à la civilisation qui vécut sur les bords du Nil durant cette période de près de quatre mille ans d'Histoire. Du rassemblement des tribus égyptiennes pour la création du premier empire pharaonique jusqu'à son effondrement au début de l'ère chrétienne, l'Égypte antique a été le théâtre d'événements majeurs qui ont profondément influencé la culture d'une grande partie des peuples d'Afrique, de la Méditerranée et du Moyen Orient. C'est vers la fin du Néolithique que des tribus commencent à se rassembler dans la fertile vallée du Nil, pour aboutir à la constitution de deux royaumes distincts politiquement mais étroitement liés par une culture commune : la Haute-Égypte, au Sud, et la Basse-Égypte, au Nord. La tradition attribue au royaume du Sud l'unification du pays (qui devient ainsi le premier état du monde) et l'établissement des premières institutions pharaoniques (par le Pharaon Narmer, pensent de nombreux spécialistes). C'est vers la fin du Néolithique que des tribus commencent à se rassembler dans la fertile vallée du Nil, pour aboutir à la constitution de deux royaumes politiquement distincts mais étroitement liés par une culture commune : la Haute-Égypte, au Sud, et la Basse-Égypte, au Nord (le Nil coule du Sud vers le Nord, d'où ces appellations). La tradition attribue au royaume du Sud l'unification du pays (qui devient ainsi le premier état du monde) et l'établissement des premières institutions pharaoniques (par le pharaon Narmer, pensent de nombreux spécialistes). Le découpage de l'histoire de l'Égypte en grandes périodes et en trente et une dynasties est hérité du prêtre-historien Manéthon IIIe siècle av. J.-C., même si les Égyptiens antérieurs ne faisaient pas cette distinction : pour eux la monarchie était continuelle. Période prédynastique : période précédant l'unification du pays ; Période thinite : les premières dynasties pharaoniques (capitale This, près d'Abydos) ; Ancien Empire : considéré par les anciens Égyptiens eux-mêmes comme l'Âge d'or de leur civilisation avec, entre autre, la construction des plus grandes pyramides ; Ière période intermédiaire : période d'instabilité politique et de morcellement du pays en deux royaumes rivaux ; Moyen Empire : période faste, stable et de grande activité artistique ; IIe période intermédiaire : période de troubles graves, occupation du pays par les Hyksôs, libération du pays par Amosis ; Nouvel Empire : période la plus prospère de toute l'histoire égyptienne ; elle se caractérise par un renouveau culturel et artistique dont l'apogée est atteinte avec les XVIIIe et XIXe dynasties ; c'est l'époque des Thoutmôsis, des Amenhotep (en grec : Aménophis) et des Ramessides (dont Ramsès II) ; IIIe période intermédiaire : période de guerre civile, les rois-prêtres, domination libyenne puis éthiopienne (royaume de Koush), invasion assyrienne ; Basse époque : dynastie saïte, occupation perse, dernières dynasties autochtones puis domination hellénistique (Alexandre, les Ptolémées). La fin de l'histoire égyptienne antique varie en fonction du point de vue adopté. Elle s'achève : d'un point de vue ethnologique, à la mort du dernier pharaon autochtone, Nectanébo II en -343 ; d'un point de vue politique, à la mort du dernier souverain autonome, Ptolémée XV Césarion en -30 ; d'un point de vue culturel, lors de la conversion du dernier temple égyptien en église copte, le temple d'Isis à Philae en 535 (fermeture en 551).

-3200         Les sciences égyptiennes, l'Égypte ancienne, tout comme la Mésopotamie, est issue de la lointaine civilisation du Néolithique. Son existence et son maintien s'étendent sur plus de 3 000 ans. La civilisation égyptienne est liée à un lieu géographique unique qui la fonde entièrement : la vallée du Nil. C'est le Nil qui, par sa crue, apporte l'eau et le limon, c'est-à-dire la vie. L'irrigation/ drainage, technologie sophistiquée pensée à l'échelle du pays tout entier, permet le contrôle de l'inondation. L'existence d'une alternance entre années de bonnes et de mauvaises crues nécessite le stockage et la redistribution à l'échelle du pays, donc, dès -3000, l'écriture. L'État s'organise à partir de nombreux fonctionnaires (scribes, prêtres, militaires) formés dans des écoles (l'école d'élite du kep fournit même un enseignement de haut niveau). Certains fonctionnaires, dans les Maisons de Vie, sont de véritables chercheurs pluridisciplinaires, en mathématiques, en astronomie, en médecine. Les scribes ne se cantonnent pas à l'empirisme, ils procèdent à une certaine conceptualisation des problèmes. En mathématiques, le nombre pi est utilisé, depuis le Moyen Empire et probablement bien avant sous l'Ancien Empire, pour calculer le périmètre du cercle et sa surface : on lui attribue la valeur de 4 × (8 / 9) × (8 / 9), soit 3,16, ce qui donne sur pi une précision de 0,6%. Les pyramides sont orientées par rapport à la course du Soleil (équinoxe) avec une précision de quelques minutes d'arc. C'est à Alexandrie, justement, que viendront se former les scientifiques grecs, et Euclide passera sa vie en Égypte, Thalès et Pythagore y étaient venus, Platon aussi semble-t-il. Certes, ce n'est qu'avec les Grecs qu'apparaîtront les démonstrations. Mais, s'il est vrai que les Égyptiens valorisent l'abord pratique des problèmes (construction architecturale, administration), l'examen attentif des papyri mathématiques (Papyrus Rhind, Papyrus de Moscou, Papyri Kahun, Papyrus d'Akhmim) montre qu'ils connaissaient les lois fondamentales des mathématiques et les utilisaient couramment. Les équations ne sont pas écrites, mais elles sous-tendent les explications données. L'ingénierie égyptienne atteint une impressionnante efficacité : les Égyptiens ne mettent que trente ans à construire chacune des grandes pyramides. Le nombre d'ouvriers nécessaires, le volume de pierre à amener, le transport depuis les carrières, l'infrastructure nécessaire à la réalisation (rampes), la quantité de nourriture à apporter aux ouvriers, tout est calculé. La précision de la technique de taille des pierres, aussi, est réellement impressionnante et on ne comprend toujours pas comment les 20 000 ouvriers de la pyramide de Khéphren (que nous connaissons désormais par les fouilles) sont parvenus à rendre parfaitement jointifs des blocs aussi énormes en les montant là où ils se trouvent. Les temples, les obélisques et les tombeaux sont tout aussi impressionnants. Les scribes calculaient vite et bien, les ouvriers travaillaient vite et bien. Contrairement à une croyance tenace, l'esclavage n'existait pas en Égypte : ces ouvriers, détenteurs d'une haute technicité, sont particulièrement choyés par les pharaons. Du fait de la pratique de l'embaumement, les médecins égyptiens ont une connaissance approfondie de l'intérieur du corps humain. Ils ont identifié et ont décrit un grand nombre de maladies dont ils ont trouvé ainsi les traces. Ils sont compétents en médecine cardiologique, gynécologique, des yeux, des voies intestinales et urinaires. Ils pratiquent avec succès des opérations. Ils sont les plus réputés de leur époque et on fait largement appel à eux, y compris depuis l'étranger. Comme pour les mathématiques, ils ont enseigné leur savoir oralement et au moyen d'un certain nombre de papyri (Papyrus Ebers, Papyrus Edwin Smith, Papyrus Carlsberg). Ce n'est pas un hasard si les médecins grecs, comme leurs collègues mathématiciens ou astronomes, sont venus se former dans la Maison de Vie de la célèbre bibliothèque d'Alexandrie. L'astronomie égyptienne, outre la cartographie du ciel, maîtrise la description précise du mouvement du Soleil et le calcul exact des éphémérides. Le zodiaque, dont nous avons hérité, n'est autre que le calendrier des saisons égyptiennes. Le calendrier pratique de 365 jours 1/4 est différent du calendrier administratif civil de 365 jours, le moment le plus important en est le lever héliaque de Sothis (Sirius), qui coïncide avec le début de la crue du Nil (le Verseau). Il s'agit bien d'astronomie, sans aucune arrière-pensée liée à l'astrologie, pratique qui sera introduite sur le tard par les Grecs. On sous-estime encore trop souvent la science égyptienne, alors que c'est elle qui a nourri la science grecque à Alexandrie. Les Égyptiens, doués d'un esprit scientifique aussi bien théorique que pratique, sont, via les Grecs, une source essentielle de la science moderne.

-3200         invention du papyrus et de l'écriture en hiéroglyphes en Égypte. Le papyrus (Cyperus papyrus) est une plante qui pousse notamment sur les rives du Nil et de son delta. Il est constitué d'une tige ligneuse de section triangulaire supportant des feuilles disposées en étoile à son sommet. Le papyrus a été utilisé pendant longtemps comme matière première pour fabriquer une forme de papier. Le papier de papyrus fut probablement inventé il y a 5000 ans, en utilisant la tige de la plante Cyperus papyrus, et fut largement utilisé en Égypte et dans d'autres régions voisines pour fabriquer les rouleaux manuscrits. Plus tard, lors de l'invention du codex et du livre, on a commencé à en faire des feuilles de papier. Le principe de fabrication du papier de papyrus réside dans la superposition de fines tranches de la tige de la plante, humidifiées, placées en couches et positionnées perpendiculairement les unes sur les autres et compressées. Seul un côté du papier était utilisé, sur lequel un traitement à base de colle (fabriquée à partir de la sève elle-même de la plante) était appliqué afin d'éviter que l'encre ne coule. Chaque morceau ne dépassait pas un demi-mètre de longueur, mais on pouvait assembler de nombreuses feuilles les unes aux autres, pour former de longs rouleaux (comme le papyrus Harris, qui mesure 40 mètres de long). Un hiéroglyphe est la représentation graphique d'un caractère du système d'écriture de l'Égypte antique servant à noter la langue égyptienne. L'écriture hiéroglyphique est attestée dès la fin du IVe millénaire av. J.-C. À l'époque de l'Ancien, du Moyen et du Nouvel Empire, il existait environ 700 hiéroglyphes, alors qu'à l'époque gréco-romaine on en dénombrait plus de 5000. Les hiéroglyphes sont des pictogrammes : ils représentent quelque chose de tangible, souvent facilement reconnaissable, même pour quelqu'un qui ignore le sens du signe. Pour le dessin des hiéroglyphes, les Égyptiens s'inspirèrent de leur environnement : objets de la vie quotidienne, animaux, plantes, parties du corps. L'écriture hiéroglyphique fut employée pendant plus de 3000 ans. L'utilisation des hiéroglyphes gravés se limitait aux domaines où l'esthétique et/ou la valeur magique des mots avaient de l'importance : formules d'offrandes et fresques funéraires, textes religieux, inscriptions officielles. L'écriture hiératique en est la forme cursive. Réservée aux documents administratifs et aux documents privés, elle avait pour support le papyrus, les ostraca (tessons de poterie ou de calcaire), le parchemin ou encore des tablettes de bois. Écriture hiératique, dans l'Égypte antique, l'écriture hiératique permettait aux scribes d'écrire rapidement en simplifiant les hiéroglyphes et était utilisée dans l'administration. L'écriture hiératique est en fait le deuxième niveau de simplification des hiéroglyphes, le premier étant les hiéroglyphes linéaires, qui sont des versions simplifiées des hiéroglyphes, mais qui gardent leur valeur représentative. Les caractères hiératiques, eux, ne représentent plus des objets, mais uniquement des signes arbitraires à la manière des lettres d'un alphabet.

-3100         en Égypte - L'unité est faite de la Méditerranée. L'unification des Deux Terres. Narmer (également appelé Ménès) unifie la Haute et la Basse Égypte. Il donne ainsi naissance à la première dynastie des pharaons, la dynastie thinite. Durant cette période, l'écriture hiéroglyphique se développera. On découvrira bien plus tard une palette de schiste sur laquelle Ménès porte le pschent, la fameuse couronne symbolisant l'union des Deux Terres. C'est à cette époque qu'apparaissent les premiers documents écrits et les palettes sculptées telles que celle de Narmer. Cette phase correspondrait à la Ière dynastie, qui aurait régné de -3100 à -2900 et aurait compté huit souverains. Aha et Djer, les descendants supposés de Narmer, longtemps présenté comme l'unificateur du pays - l'unité est en fait antérieure à son règne -, auraient conduit des expéditions contre les Libyens et les Nubiens et auraient entretenu des relations avec le Proche-Orient. La première dynastie égyptienne marque le début de près de trois millénaires d'institution pharaonique, bien que le terme pharaon, utilisé avant le Nouvel Empire soit en réalité anachronique. Elle débute avec l'unification de l'Égypte, autrefois divisée en deux royaumes distincts, celui du Nord et celui du Sud et dure des alentours de -3150 (Grimal) à -2926 (Grimal) ou -2850 (Krauss) ou -2828 (von Beckerath) ou -2793 (Malek). On attribue au roi Narmer cette réunification, même s'il ne fait pas partie de la Ière dynastie, et est généralement classé dans la période prédynastique. La première dynastie ouvre la Période thinite, du nom Grec de la capitale des pharaons des deux premières dynasties, Thinis (Tjene en égyptien).

-3000         Début de l'Âge de cuivre.

-3000         L'âge de cuivre, correspond dans un sens plus restrictif et dans une acception culturelle au chalcolithique des préhistoriens français. Il désigne souvent - abusivement - une période intermédiaire de la préhistoire, étape de transition entre les industries lithiques et osseuses caractéristiques du néolithique final et l'industrie métallurgique naissante qui les supplante ensuite à l'âge de bronze. En réalité, dans les cultures du chalcolithique, des minerais tels que l'or, l'argent et le cuivre sont exploités dans le cadre d'un artisanat secondaire, l'essentiel de la production demeurant en pierre et en os. Le nom Chalcolithique a été forgé par les préhistoriens à partir des racines grecques khalkos (cuivre) et lithos (pierre). Ainsi, le chalcolithique désigne la "période où un outillage principalement en pierre peut être complété par des objets en cuivre", ce qui est caractéristique, en archéologie, de certaines cultures ayant existé à la fin du Néolithique ou au début de l'Âge de bronze (vers -2300 à -1800 en Europe occidentale). Cuivre, métal de couleur rougeâtre, il possède une haute conductivité thermique et électrique (à température ambiante, le seul métal pur ayant une meilleure conductivité électrique est l'argent). Le cuivre pourrait bien être le premier métal à avoir été utilisé, étant donné que des pièces datant de 8700 avant J.-C. ont été trouvées. Le cuivre est un des rares métaux qui existe à l'état natif. Ce fait d'ailleurs expliquant probablement qu'il fut le premier métal utilisé par les hommes.

-3000         Civilisation cananéenne (La civilisation cananéenne a duré pendant environ 6000 ans. Elle était très avancée sur le plan administratif, artistique, et de la langue). Canaan, ancien nom de la Palestine, avant que celle-ci ne fût occupée par les Hébreux vers -1200 et territoire qui s'étendait de l'Égypte aux montagnes du Liban. Les habitants de Canaan, en majorité des Sémites installés dans le pays vers -3000 étaient organisés en petites communautés ayant chacune son propre souverain. De grandes cités ont malgré tout vu le jour dès le néolithique, la plus ancienne de toutes étant Jéricho. Sémites, le mot sémite a été créé au XVIIIe siècle pour regrouper, non des races, mais des langues qui avaient une origine commune. Le mot vient du nom propre Sem (en hébreu "Nom, renommée, prospérité") désignant un des fils de Noé, duquel, selon la Bible, seraient issus plusieurs peuples (Hébreux, Arabes, Elamites, Araméens, Assyriens et Phéniciens) et dont les représentants modernes sont les Arabes, les Juifs, les Assyro-Chaldéens, les Syriaques...

-3000         Un cataclysme est relaté par de nombreuses civilisations du bassin méditerranéen. Se pourrait-il que ce soit l'ouverture brutale du détroit de la Mer Noire? Des civilisations disparaissent... Le mythe du déluge naît chez les Sumériens, repris par les Babyloniens : Dieu prévient Utnapishtim et lui conseille de construire un bateau pour sauver un certain nombre d'animaux. Puis vient une pluie torrentielle pendant sept jours, puis le bateau débarque sur le mont Nishir. Utnapishtim lâche une colombe et, peu après, une hirondelle mais les oiseaux reviennent. Finalement il lâche un corbeau qui ne revient plus. Le Veda indien reprend le mythe, puis les Grecs et les chrétiens qui recopie cette légende dans la bible.

-3000         La population mondiale atteint 14 millions.

-2900         à -2700 - en Égypte - Deuxième dynastie. Elle aurait compté neuf souverains. La IIe dynastie pharaonique s'étant de vers : -2850 (Krauss, Redford) ou -2828 (von Beckerath) ou -2793 (Malek) à : -2687 (Redford) ou -2740 (Krauss) ou -2682 (von Beckerath) ou -2663 (Dodson) ou -2647 (Malek). Elle est reportée sur les colonnes deux et trois du papyrus de Turin. Les noms, le nombre et l'ordre des Rois sont incertains car les sources se contredisent et nous manquons de documentation. Seuls les quatre premiers souverains et le dernier sont sûrs pour leurs noms et leurs ordres. Aucune tombe royale n'a été formellement identifiée. Cette dynastie marque un renforcement d'un pouvoir absolu qui repose sur une organisation centralisée et l'utilisation plus intensive de l'écriture. Memphis devient la capitale du royaume du Nord sous Ouneg (Ouadjenes) et Senedj. Il n'y a pas coupure nette entre la première et la deuxième dynastie. Certains indices laissent supposer des troubles entre les deux Égypte, comme par exemple les noms très "rassembleurs" du premier de ses rois, Khâsekhemoui ("Les deux puissances sont en paix"). La stèle de Peribsen au "nom de Seth" remplaçant le "nom d'Horus", témoigne d'une crise mettant en concurrence This-Abydos et Memphis. Les rois de la deuxième dynastie doivent lutter contre les Nubiens et achever la pacification du Nord. Cette pacification et réunification du pays se fera à la fin de la dynastie par Khâsekhemoui. La deuxième dynastie clôture la Période thinite, du nom grec de la capitale des Rois des deux premières dynasties, Thinis (Tjene en égyptien). Khâsekhemoui serait le dernier souverain de la IIe dynastie thinite. Il aurait succédé à Péribsen. Manéthon le nomme Kheneres. Le papyrus de Turin lui compte vingt-sept ans, deux mois, et un jour de règne. Le papyrus de Turin, appelé également Canon royal de Turin, est un papyrus écrit en hiératique qui est exposé au musée égyptologique de Turin. Le texte date du règne de Ramsès II et mentionne le nom de tous les pharaons qui l'ont précédé. Lorsqu'il fut découvert en 1822 à Thèbes par l'aventurier Bernardino Drovetti, il semble avoir été en bon état. Malheureusement de mauvaises conditions de conservation l'ont beaucoup détérioré, l'émiettant en près de 160 fragments. Memphis est le nom grec de la ville antique, capitale du premier nome de Basse-Égypte (Ineb Hedj : "La muraille blanche"). Le site se trouve aujourd'hui près de la ville de Mit-Rahineh au sud du Caire. Le nom Memphis est la déformation grecque du nom égyptien de la pyramide de Pépi Ier (VIe dynastie), Men-nefer. La ville fut fondée par le roi Ménès vers -3000 et fut la capitale de l'Égypte durant tout l'Ancien Empire. Memphis est sous la protection du dieu Ptah, le patron des artisans, dont le temple était l'Hout-ka-Ptah, le "château du ka de Ptah". C'est de ce terme qui qualifie la maison du dieu, que serait dérivé en grec le mot aegyptos prototype du nom du pays en latin.

-2700         Gilgamesh, récit du roi légendaire d'Uruk et héros de poèmes épiques suméro-akkadiens dont la quête d'immortalité traverse le récit. L'épopée de Gilgamesh se situe vers 2700 avant notre ère. C'est la plus ancienne oeuvre littéraire connue. Les cultures sumérienne, babylonienne, assyrienne, hittite et hourrite nous en ont laissé des épisodes. Ce sont des tablettes d'écriture cunéiforme du XIIIe siècle av. J.-C. trouvées dans les fouilles de la bibliothèque de Ninive qui l'ont dévoilée au monde dans les années 1870. Gilgamesh, prince sumérien de la ville d'Ourouk est dur et intransigeant. À la demande de ses sujets, la déesse Ishtar lui confectionne avec de l'argile un double hirsute mais bon, Enkidu, qu'il rencontre en duel. Au terme du combat, tous deux comprennent leur complémentarité et s'allient pour accomplir de grands exploits. Mais Enkidu meurt et Gilgamesh, au comble de la tristesse, part à la recherche d'une plante de jouvence auprès d'Uta-Napishtim, qui lui fait l'étrange récit d'un déluge. À peine a-t-il pu se procurer la plante qu'il se la fait dérober par un serpent et comprend qu'il n'est pas dans la nature de l'homme de vivre immortel. Une telle quête est vaine et l'on doit profiter des plaisirs qu'offre la vie présente. La beauté et la richesse symbolique du récit firent d'autant plus sensation lors de leur révélation devant la Société d'Archéologie Biblique de Londres en 1872, que l'épisode relatant le déluge ressemblait beaucoup, mais en plus étoffé, à l'épisode de Noé dans la Bible. Gilgamesh, d'après la Liste royale sumérienne, rédigée au début du IIe millénaire, Gilgamesh (aussi Gilgames), fils de Lugalbanda, fut le cinquième roi d'Uruk (période dynastique ancienne, première dynastie qui aurait détenu l'autorité à Uruk après le Déluge). La Liste lui attribue cent vingt-six ans de règne. Lugalbanda (en sumérien "Roi furieux") est lui même au centre d'une ou deux légendes héroïques de quelques quatre cent vers. On le disait époux d'une déesse de second rang, Nin.suna (Ninsun), "Dame" et Patronne "des bovidés sauvages" (buffles). La Liste ignore cette parenté et lui attribue, pour père un démon -lillu, autrement dit "inconnu", ce qui en fait tout de même déjà un être en partie surnaturel.

-2660         à -2180 - en Égypte - ancien empire. L'Ancien Empire égyptien est considéré par beaucoup, et même par les égyptiens des périodes antiques plus tardives, comme l'âge d'or de la civilisation pharaonique. La centralisation amorcée sous les dynasties thinites, va permettre des développements artistiques et architecturaux, tandis que se sont regroupées autour du roi toutes les ressources du pays. L'Ancien empire couvre une période allant des environs de -2700 à -2200 avant l'ère chrétienne et est formé de quatre dynasties : IIIe dynastie (-2700 à -2620). IVe dynastie (-2620 à -2508). Ve dynastie (-2508 à -2350). VIe dynastie (-2350 à -2200). C'est l'époque des premières pyramides. D'abord de la pyramide à degrés à Saqquarah sous le règne Djoser, puis des trois pyramides monumentales du plateau de Gizeh (celle de Khéops, Khéphren et Mykérinos). Il s'agit aussi d'une période d'expansion territoriale avec vers 2650 avant l'ère chrétienne la conquête du Sinaï par Djoser et vers -2300, la conquête de la Nubie par Pépi Ier. On considère cette période comme une période de fermeture sur l'extérieur mais qui n'empêchera pas les égyptiens de se développer d'eux-mêmes. Les nobles et les notables sont enterrés dans des mastabas, et l'on y voit un art raffiné, sans toutefois égaler celui du Nouvel Empire égyptien. La capitale est à Memphis et le dieu impérial est Ptah, mais aussi le dieu soleil Rê, auquel les pharaons s'identifient lors de sa course quotidienne et son combat contre les forces destructrices de la nuit. Les rois sont enterrés surtout à Saqqarah et en Abydos, cité sainte d'Ounnéfer-Osiris. Des temples solaires, "les demeures des millions d'années", sont édifiés pour rendre hommage aux rois en adorant son Ka durant et après sa vie. Vers 2350 avant l'ère chrétienne, apparaissent les premières traces des textes des pyramides à Saqqarah sous le règne du roi Ounas. Cette période est marquée par la montée en puissance des nomarques et princes locaux par rapport au pouvoir central usé, entre autres, par le long règne de Pépi II. Commence alors une période de décadence qui mènera l'Égypte, après le règne de la mystérieuse pharaonne Nitokris, à la Ière période intermédiaire. L'invasion du Delta par un peuple asiatique marquera la fin de l'Ancien Empire. Un mastaba est une construction funéraire rectangulaire utilisée dans l'Égypte antique pour enterrer les pharaons, les nobles et les notables. Nomarque, dans l'antiquité égyptienne, les nomarques étaient les fonctionnaires qui administraient les nomes (provinces) au nom du pharaon. Bien que les nomarques fussent normalement nommés par le pharaon, l'affaiblissement du pouvoir central conduisit souvent à la création de dynasties locales ; la fonction se transmettait alors héréditairement. Durant les "périodes intermédiaires" (périodes de troubles profonds) les nomarques devenaient de véritables petits roitelets qui allaient parfois jusqu'à utiliser les attributs du pharaon sur les décors de leurs sépultures. Les Nomes sont les divisions territoriales qui permettaient, dans l'antiquité, de découper l'Égypte en provinces. La première division territoriale était la limite qui séparait le nord du sud, la Haute et la Basse-Égypte. Les nomes, au nombre de trente-huit à quarante-deux (selon les époques) avaient leur capitale et leur propre emblème. Aux époques ptolémaïque et romaine, les nomes devinrent des régions administratives. Les nomes étaient administrés au nom de pharaon par des gouverneurs appelés les Nomarques.

-2660         en Égypte - IIIe dynastie. Règnes des pharaons Djoser, Horus Sekhemkhet, Horus Sanakht, Horus Khaba, Neferka et Houni. Le personnage le plus marquant de cette époque est le vizir Imhotep, architecte du roi Djoser, à qui l'on doit la pyramide à degrés de Saqqarah. C'est à la fin de cette dynastie qu'est édifiée la pyramide de Meïdoum. La capitale de l'État pharaonique est alors établie à Memphis. La pierre remplace la brique et le modèle du tombeau-mastaba s'impose. La religion égyptienne ancienne se met alors en place, le panthéon est constitué et les rituels sont établis en même temps que s'impose la prépondérance du culte solaire de Rê honoré à Héliopolis. La IIIe dynastie égyptienne couvre la période de vers : -2740 (Krauss) ou -2688 (Redford) ou -2686 (Shaw) ou -2682 (von Beckerath) ou -2649 (Allen) ou -2647 (Malek) à : -2649 (Redford) ou -2613 (Shaw) ou -2575 (Allen) ou -2573 (Malek). Elle est principalement connue par le célèbre Djoser. Les avis divergent quant aux premiers rois de cette dynastie. Nous connaissons un Horus nommé "sA" découvert sur des vases en pierre de la pyramide de Djoser. Quelques égyptologues (Kaplony, Wildung, Von Beckerath) assignent ce nom à Sanakht. La théorie la plus raisonnable semble être celle de J. Vercoutter, qui identifie Horus Sanakht avec le Roi Nebka. On pourrait donc lui attribuer aussi le nom d'Horus "sA". Héliopolis (la ville du Soleil) est le nom donné par les Grecs à la ville antique de Onou (ou Onou-Iounou), capitale du treizième nome de Basse-Égypte. Ville solaire, on y adorait des divinités liées au Soleil. Mythe de la création héliopolitaine, la grande diversité du culte de l'Égypte antique se retrouve également dans les mythes de la création qui varient en fonction des régions. Issu du Noun, l'océan primordial, émerge Rê qui est à la fois le soleil, Atoum l'être achevé ou encore khepri le dieu à tête de scarabée. En se masturbant, il met au monde Chou le sec. De son crachat naît Tefnout, l'humide. De ce couple en naît un autre, Nout le ciel et Geb la terre. Viennent ensuite Osiris et Isis, Seth et Nephtys. Le premier couple symbolise le renouveau végétal et avec eux vient la légende d'Osiris, alors que le second est stérile. Djoser, ou Djéser est un roi de la IIIe dynastie (Ancien Empire). Il succède à Senakht. Manéthon l'appelle Tosorthros (Sesorthos) et lui compte vingt-neuf ans de règne alors que le papyrus de Turin lui en compte dix-neuf ans et un mois. Rê ou Ra est le dieu Soleil dans la mythologie égyptienne. Il devient la divinité principale sous l'Ancien Empire. Il est souvent représenté avec une tête de faucon sur laquelle est posée le disque solaire protégé par le cobra dressé. Assimilé à Atoum, le dieu d'Héliopolis, il est le créateur de l'univers. Le panthéon égyptien est l'un des plus imposants du monde. Il y a en théorie une quasi infinité de dieux, puisqu'une divinité peut être créée en fusionnant deux ou plusieurs dieux. Pour les anciens Égyptiens, les dieux habitaient sur terre (dans les temples), et il fallait les honorer pour qu'ils continuent à y résider. Pour cela, ils priaient, dansaient, chantaient et leur apportaient des offrandes de nourriture et d'objets précieux. Akhénaton, connu sous le nom de pharaon hérétique, imposa, durant son court règne, une religion plus monothéiste et exclusive du disque solaire Aton. Durant les cinq mille ans de l'histoire de l'Égypte pharaonique, la religion n'a que peu évolué. Cependant, selon les périodes, certains dieux sont devenus prédominants alors que d'autres passaient au second plan. De plus, chaque culte étant originaire d'une région différente, la place de chaque dieu variait aussi selon la région. Les dieux étaient des êtres à la fois invisibles (Amon) et représentés dans des hypostases tangibles (comme le taureau Apis). Les dieux ne faisaient parfois qu'un. Le divin était à la fois multiple et Unique. Les dieux les plus importants du Nouvel Empire sont : Ptah, Amon et Rê.

-2600         Saqqarah: Imhotep construit la première pyramide en pierre. Saqqarah, vaste nécropole de la région de Memphis, Saqqarah (ou Saqqara ou Sakkarah) connut une occupation ininterrompue tout au long de l'histoire de l'Égypte antique. Dès les premières dynasties les rois y firent bâtir leur mastaba et c'est là que la première pyramide fut édifiée par l'architecte de Djoser (IIIe dynastie), Imhotep. Il est convenu de dire qu'il s'agit là du premier édifice en pierre que l'Égypte connut. Vaste enceinte enfermant des cours et répliques de temples de l'époque nous laissant un témoignage pétrifié inestimable des sanctuaires des premiers temps. Imhotep, dont le nom signifie "celui qui vient en paix", est un personnage historique emblématique de l'Égypte antique. Il vécut entre -2800 et -2700 et fut un homme aux multiples facettes. Vizir et architecte du roi Djéser (IIIe dynastie), on le dit également médecin et philosophe. Son oeuvre architecturale la plus connue est sans conteste le complexe funéraire qu'il édifie à Saqqarah (près du Caire) pour Djéser et plus particulièrement la plus ancienne pyramide à degrés du monde.

-2600         en Égypte - IVe dynastie. Elle correspond aux règnes de Snéfrou, Khéops, Djedefrê, Khéphren, Mykérinos et Chepseskaf. Durant cette époque, les pharaons organisent des expéditions en direction du Sinaï et de la Nubie. Après les premières expériences contemporaines de la IIIe dynastie, la IVe correspond à l'apogée du "temps des pyramides". S'élèvent en effet alors, après celle de Dashour, celles de Gizeh et d'Abou Roash, alors que les mastabas reçoivent de brillants décors funéraires. La IVe dynastie égyptienne faisant parti de l'Ancien Empire, est la dynastie qui a laissé les plus célèbres de tous les monuments : les pyramides de Gizeh, sans oublier le Sphinx. Elle couvre la période de vers : -2670 à -2500 (Krauss) ou -2649 à -2513 (Redford) ou -2614 à -2477 (von Beckerath) ou -2613 à -2498 (Shaw) ou -2600 à -2450 (Arnold) ou -2597 à -2471 (Dodson) ou -2575 à -2465 (Allen) ou -2573 à -2454 (Malek) et débute sous le règne de Snéfrou, père de Khéops. Snéfrou, est le premier roi de la IVe dynastie égyptienne. Manéthon l'appelle Sôris et lui donne vingt-neuf ans de règne. Le papyrus de Turin lui en compte vingt-quatre ans. Il est le fils d'Houni et d'une concubine Meresânkh Ière. Khéops, deuxième pharaon de la IVe dynastie, Khéops (ou Khoufou). Manéthon l'appelle Souphis Ier et lui compte soixante-trois ans de règne. Le papyrus de Turin a une lacune pour son nom, mais lui en compte vingt-trois ans. Le règne de Khéops, en égyptien Khoufou, abréviation de Khnoum-koue-foui est assez mal connu. Il est le fils du roi Snéfrou et de la reine Hétep-Hérès Ière, et est considéré par certains comme l'un des plus grands de l'histoire de l'Égypte antique. Sa réputation nous vient surtout par ses réalisations architecturales, entre autre pour avoir fait construire la grande pyramide de Gizeh, dont la construction prit vingt années, nécessitant 20 000 ouvriers, et considérée de nos jours comme la perfection en terme de technique de construction et d'architecture des pyramides égyptiennes. Djédefrê (ou djidoufrâ) est un pharaon de la IVe dynastie de l'Ancien Empire égyptien qui aurait régné de -2565 à -2558. Il n'a laissé que peu de traces de son court règne, d'autant plus éclipsé que placé entre les trois rois illustres de la dynastie, Khéops, Khéphren et Mykérinos. Khéphren est le nom grec d'un pharaon de l'Ancien Empire égyptien (IVe dynastie). Sur le Papyrus de Turin, il est appelé Khâef Rê. Il aurait régné approximativement de -2558 à -2533. Kaouâb, le prince héritier, meurt avant son frère et c'est Khéphren, le demi-frère de Djédefrê qui prend la succession. Il conserve le titre de fils de Rê en développant l'affirmation de l'importance d'Atoum face à Rê, et laissera derrière lui le grand Sphinx de Gizeh non loin du temple bas de son complexe funéraire. Il fit construire la seconde grande pyramide du plateau de Gizeh. Mykérinos est le nom grec du pharaon Menkaouré de l'Ancien Empire égyptien (IVe dynastie). Il aurait régné approximativement de -2532 à -2515 et aurait succédé à Khéphren et précédé Chepseskaf. Le nom de Mykérinos, comme celui de son père Khéphren et celui de son grand père Khéops, reste attaché à l'édification d'une des trois grandes pyramides de Gizeh. Chepseskaf fut un pharaon de la IVe dynastie, entre -2515 et -2508. Si ce petit-fils de Khéphren est beaucoup moins connu que lui, c'est d'une part à cause de la relative brièveté de son règne et, d'autre part, parce qu'on ne lui connaît pas beaucoup de vestiges archéologiques aussi importants que, par exemple, la pyramide de Mykérinos, son propre père. Cependant Chepseskaf se fit aménager un complexe funéraire à Saqqarah sud dont le périmètre assez grand laisse supposer qu'initialement une pyramide avait été projetée mais que du fait du décès prématuré du souverain, Khentkaous Ière, sa reine, acheva sous la forme d'un gigantesque mastaba.

-2600         en Grèce - Début de la civilisation Minoenne en Crète. La civilisation minoenne se développe en Crète de 2700 à 1200 av. J.-C. Les premiers témoignages de la présence humaine en Crète remontent au VIe millénaire av. J.-C. L'île ne paraît pas avoir été habitée avant le néolithique. On retrouve principalement des traces d'une présence humaine dans les grottes de l'île. Des niveaux stratigraphiques d'occupation humaine existent cependant à Cnossos et à Phaistos. L'usage des métaux y apparaît plus tard que sur le continent, vers 2500 av. J.-C. La civilisation minoenne s'est développée en Crète pendant l'âge de bronze, avant l'arrivée de la culture de la Grèce classique. Les Minoens furent principalement un peuple commerçant qui s'engagea dans le commerce d'outre-mer. Beaucoup d'historiens et d'archéologues croient que les Minoens étaient très impliqués dans le commerce de l'étain qui était très important lors de l'âge de bronze (l'étain étant utilisé pour la production de bronze). Le déclin de la civilisation minoenne semble correspondre à celui de l'utilisation des outils en bronze. L'absence de déchiffrement de l'écriture minoenne, le linéaire A, restreint considérablement la connaissance que nous avons de cette brillante civilisation.

-2600         à 650 - le Volumen, dont le nom est dérivé du verbe latin "volvere - rouler, dérouler", désigna la forme principale qu'a connue le livre dans l'Antiquité classique. Les Égyptiens, disposant de papyrus, une plante poussant dans le delta du Nil, développèrent l'ancêtre de nos livres actuels, le livre en rouleau. Cette forme s'est imposée tout au long des époques qu'elle a traversées. Pour constituer ce livre en rouleau, les tiges de papyrus étaient débitées en lamelles étroites, disposées perpendiculairement les unes sur les autres puis compressées, martelées et polies. Ensuite les feuilles obtenues étaient collées les unes aux autres pour former un rouleau dont la longueur pouvait atteindre entre 6 et 15 mètres sur 30 à 40 centimètres de hauteur. Jusqu'au VIIe siècle de notre ère, l'Égypte fournira le bassin méditerranéen en matière première sous forme de rouleau vierge. Le volumen est une bande de matière support d'une écriture –le plus souvent à base de papyrus– qui s'enroule naturellement. La longueur d'un rouleau peut être de quelques mètres tandis que sa largeur/hauteur est de 30 à 40 centimètres. Si l'écriture est verticale, le lecteur tient la partie du rouleau qui correspond au début du texte dans la main gauche, la fin dans la main droite. Si l'écriture est horizontale, le début est dans le rouleau supérieur, la fin dans le rouleau inférieur. La source quasi unique de roseau produisant le papyrus étant la vallée du Nil, elle s'est tarie pour l'Europe à l'invasion des Arabes au VIIIe siècle, après une trentaine de siècles d'usage du volumen.

-2550         Khéops fait construire la plus grande des trois pyramides (Gizeh). La grande pyramide de Gizeh, construite pour le pharaon Khéops, est une pyramide à faces lisses, située à Gizeh, à proximité du Caire, en Égypte. Elle est considérée, depuis au moins 2 000 ans, comme la première des sept merveilles du monde. La grande pyramide de Khéops fait partie d'un complexe plus large, constitué de : Un temple funéraire en deux parties : une partie basse appelée "temple de la vallée" et une partie haute situé à proximité de la pyramide. Ces deux parties sont reliées par une galerie de communication ; Un sous-complexe composé de la pyramide de Khéops, et d'une pyramide satellite, était ceint d'une muraille. Ce sous-complexe était relié à la galerie de communication par l'intermédiaire de la partie haute du temple ; Un mastaba. La pyramide de Khéops est entourée de deux autres pyramides à faces lisses que sont les pyramides de Khéphren et de Mykérinos. Ces trois pyramides, qui figurent parmi les pyramides les plus connues de nos jours, ont été construites pendant la IVe dynastie (ancien Empire) suite aux initiatives du pharaon Djoser puis Snéfrou (père de Khéops) de construire des pyramides à degrés puis des pyramides à faces lisses, qui sont l'évolution des mastabas de la IIIe dynastie (ancien Empire). Ces pyramides furent construites à l'aide de pierres de calcaire polies pour le revêtement des faces, leur donnant cette couleur blanche typique (on retrouve encore une partie du revêtement d'origine de la pyramide de Képhren). Au sein de la pyramide furent construites deux chambres funéraires, la chambre de la reine, et la chambre du roi, reliées par une grande galerie. La Barque solaire du pharaon Khéops était située autrefois au sein de la pyramide, mais elle fut découverte en pièces détachées au fond d'une fosse. Elle a été ré-assemblée et est actuellement conservée au "Musée de la barque solaire" à proximité de la pyramide. Gizeh, est une ville d'Égypte, située sur la rive gauche du Nil, face à la vieille ville du Caire. La renommée internationale de Gizeh est due aux célèbres grandes pyramides, de Khéops, Khéphren et Mykérinos, ainsi qu'au Sphinx, témoins de la civilisation égyptienne antique, situés sur le plateau à quelques kilomètres de la ville. Le sphinx de Gizeh est la statue qui se dresse devant les grandes pyramides du plateau de Gizeh, plateau qui se trouve juste en amont du delta du Nil, dans la basse-Égypte. Il est aussi surnommé par les Arabes Abou al-Hôl ("père de la terreur"). Longtemps identifié au pharaon Khéphren, fils de Khéops, il pourrait en fait être Khéops lui-même. Ce serait Djédefrê, fils de Khéops, et donc également frère de Khéphren qui aurait fait bâtir le sphinx, à la gloire de son père. Par ailleurs, des inscriptions indiquent que c'est Djédefrê qui aurait également fait démonter et enfouir les barques solaires dans des fosses côté sud de la pyramide de son père Khéops pour que celui-ci puisse voyager dans l'autre monde.

-2500         Début de l'Âge de bronze.

-2500         L'âge de bronze désigne une période de la préhistoire ou de la protohistoire européenne caractérisée par l'usage de la métallurgie du bronze. L'invention d'un "âge de bronze" est due au chercheur danois C.J. Thomsen qui eut en 1816 l'intuition de l'emploi successif par l'humanité de la pierre, du bronze et du fer, alors qu'il devait classer les antiquités nationales. Aujourd'hui, il est admis que cette période succède à l'âge de cuivre et précède l'âge de fer. Par convention, il est admis que l'âge de bronze s'étend de -2500 à -1000. Toutefois, comme pour les autres périodes de la préhistoire, les limites chronologiques de l'âge de bronze varient considérablement selon l'aire culturelle et selon l'aire géographique considérées. Ainsi, dans le sud de la France, l'âge de bronze débute il y a 4000 ans, lorsque les communautés paysannes intègrent un mouvement d'unification européenne, et dure jusque vers -800, alors que des bouleversements sociaux venus de l'Est amènent la montée en puissance d'une aristocratie guerrière. La production d'outils et d'autres objets à l'aide de bronze permet aux archéologues d'individualiser les groupes humains d'alors, à côté du reste de la culture matérielle (essentiellement constituée par les céramiques). La production en bronze permet également d'établir des chronologies et des délimitations de populations, à défaut d'autres indices. La Protohistoire s'insère entre la Préhistoire et l'Histoire. C'est la période pendant laquelle une civilisation ne possède pas encore d'écriture mais apparaît déjà dans les écrits d'autres civilisations. Par exemple, en Europe, les Celtes et les Germains sont ainsi considérés comme protohistoriques dès lors que les auteurs grecs et romains parlent d'eux. Les limites entre la Protohistoire, la Préhistoire et l'Histoire sont alors assez facile à différencier : l'Histoire est le fait d'écrire ; lorsque un peuple n'écrit pas mais que l'on parle de lui, c'est la Protohistoire... Le bronze est le nom générique des alliages de cuivre et d'étain. Leurs caractéristiques principales sont une bonne résistance à l'usure et à la corrosion et une bonne conductivité électrique. On les utilise souvent comme matériau de frottement en face de l'acier. Ces alliages ont été pour la première fois utilisés pendant l'Âge de bronze pour fabriquer des outils, des armes, des instruments de musique et des armures plus robustes et résistants que leurs prédécesseurs en cuivre ou en pierre. Pendant l'âge de bronze, de l'arsenic était souvent ajouté au bronze (principalement sous forme d'impuretés) ce qui en augmentait la dureté.

-2500         Domestication du cheval en Asie centrale.

-2500         Entre 2500 et 1800 av. J.-C., une civilisation s'est développée dans la vallée de l'Indus (aujourd'hui dans l'ouest de l'Inde et au Pakistan). Les vestiges des cités de Mohenjo-Daro et Harappa ont révélés que cette civilisation maîtrisait de nombreuses techniques : maisons à étages, réseaux d'égouts, systèmes d'irrigation, connaissance de l'écriture et du calcul. La civilisation de la vallée de l'Indus (-5000 - -1900), était une civilisation de l'Antiquité dont l'aire géographique s'étendait principalement le long du fleuve Sarasvati, rivière assèchée aux alentours de -2200, qui se situait entre le Pakistan, le Pendjab, le Rajasthan, et le Sind c'est-à-dire dans la zone de l'Indus actuel. Bien que probable, l'influence qu'elle a pu avoir sur la culture hindoue contemporaine n'est pas clairement établie.

-2480         en Égypte - Ve dynastie. Elle correspond aux règnes des pharaons Ouserkaf, Sahouré, Neferirkaré, Shepseskaré, Menkaouhor, Isei-Djedkaré et Ounas. Cette période voit les pharaons tenir à distance les Libyens et établir des contacts, sur la côte de la future Phénicie, avec le port de Byblos avec lequel l'Égypte ancienne entretiendra des relations commerciales régulières. Le culte du dieu Osiris se développe à Abydos. La pyramide d'Abousir, le temple solaire d'Abu Gourab, 'le scribe accroupi' du Louvre et le cheikh-el-Beled datent de cette période. La Ve dynastie égyptienne couvre la période de vers : -2513 à -2374 (Redford) ou -2500 à -2350 (Krauss) ou -2494 à -2345 (Shaw) ou -2479 à -2322 (von Beckerath) ou -2471 à -2355 (Dodson) ou -2465 à -2323 (Allen) ou -2454 à -2311 (Malek). Cette dynastie va abandonner les pyramides monumentales pour des pyramides de dimension plus modestes, car le pays n'a plus besoin de grands projets pour l'unifier. Le plus connus des souverains de cette dynastie est Ounas, en raison des Textes des pyramides que Gaston Maspero a trouvé dans son monument et qui donne une idée des croyances des anciens Égyptiens sous l'Ancien Empire. Sous cette dynastie un nouvel emplacement est choisi pour la nécropole royale à Abousir au nord de Saqqarah. Cinq pharaons parmi neuf s'y firent édifier leur sépulture avec celles des reines, et plus au nord édifièrent au moins deux temples solaires à Abou Ghorab (Ouserkaf et Niouserré). Une légende fait référence à une prophétie qui aurait été annoncée par un vieux mage à Khéops, selon laquelle le dieu Ré en personne choisirait une prêtresse d'Héliopolis afin de mettre au monde les princes qui règneront à la suite de la IVe dynastie. Ouserkaf est le premier souverain de la Ve dynastie (Ancien Empire). Il succéda à Chepseskaf et précéda Sahourê. Ouserkaf est surtout connu pour avoir édifié pour la première fois un temple solaire à Abousir, site situé au nord de Saqqarah inaugurant ainsi une série de sanctuaires dédié au dieu Rê que l'on croit conçus sur le modèle du grand temple du dieu à Héliopolis sur ce site qui sera choisi par ses successeurs comme nécropole royale. Sahourê est le second souverain de la Ve dynastie (Ancien Empire). Il succéda à Ouserkaf et précéda Neferirfarê. Le roi Sahourê lancera des expéditions militaires contre les Libyens et obtiendra la suzeraineté de l'Égypte sur Byblos. Il aurait épousé une princesse phénicienne. Néferirkarê est le troisième souverain de la Ve dynastie (Ancien Empire). Il succéda à Sahourê et précéda Chepseskarê. Chepseskarê est un souverain de la Ve dynastie pharaonique. Il régna des alentours de -2425 à -2418 et aurait succédé à Néferirfarê et précédé Néferefrê. Néferefrê est un souverain de la Ve dynastie pharaonique. Niouserrê est un souverain de la Ve dynastie pharaonique. Il règna des alentours de -2408 à -2377. Il succéda à Néferefrê et précéda Menkaouhor. Menkaouhor est un souverain de la Ve dynastie pharaonique. Il régna des alentours de -2377 à -2369 et aurait succédé à Niouserrê et précédé Djedkarê Isési. Djedkarê Isési est un souverain de la Ve dynastie pharaonique. Il régna des alentours de -2369 à -2340 et aurait succédé à Menkaouhor et précédé Ounas. Ounas est le dernier souverain de la Ve dynastie pharaonique. Il régna des alentours de -2369 à -2340 et aurait succédé à Djedkarê Isési et précédé Téti. Byblos, la ville était située sur un promontoire à 37 km au nord de ce qui est aujourd'hui Beyrouth. Pour les cananéens Byblos avait été créée par le dieu El lui-même, et les fouilles ont révélé des fondations datant du VIIème millénaire. Ancien port phénicien, c'est l'une des plus anciennes villes du monde : elle est habitée de manière continue depuis plus de 7000 ans. Des traces du premier village de pêcheurs du Néolithique dateraient de 7000 avant J.-C. Dès le IVe millénaire av. J.-C., Byblos est un port actif qui envoie les bois du Liban vers l'Égypte et inversement, distribue le papyrus égyptien vers le reste de la Méditerranée. C'est également un important site religieux où l'on vénère Osiris et Isis. C'est de la ville de Byblos que provient le nom Bible : très vite, les Grecs appellent le papyrus byblos, en raison de sa provenance. En dérive ensuite le mot biblion, "livre", auquel les traducteurs grecs de la Bible hébraïque recourent pour rendre le mot hébreu sepher, employé par exemple dans les expressions "livre de l'Alliance" ou "livre de la Loi" — d'où la "Bible" moderne. Phénicie, le territoire de la Phénicie correspond au Liban auquel il faudrait ajouter certaines portions de la Syrie et de la Palestine. D'origine cananéenne, les Phéniciens étaient un peuple antique d'habiles navigateurs et commerçants. Partis de leurs cité-états en Phénicie, ils fondèrent dès 3000 avant Jésus-Christ de nombreux comptoirs en bordure de la Méditerranée orientale, notamment Carthage (en 814 avant Jésus-Christ). Rivaux des Mycéniens pour la navigation en méditerranée à l'époque archaïque, les anciens s'accordèrent cependant à dire qu'ils furent les meilleurs navigateurs de l'antiquité. Le phénicien est une langue sémitique aujourd'hui disparue. Elle est apparue en Phénicie puis s'est répandue dans le monde méditerranéen, notamment à Carthage. Elle a constitué le substrat de plusieurs langues issues de l'arabe. Le phénicien s'écrivait au moyen de l'alphabet phénicien, qui a évolué pour donner notamment les alphabets grec et araméen. Abydos est une ancienne ville sainte d'Égypte vouée au culte du dieu Osiris, et située à 70 km au nord-ouest de Thèbes. Aujourd'hui sur le territoire de l'antique Abydos s'élève l'actuelle ville de Madfounek. Les prêtres d'Abydos prétendaient posséder une relique de toute première importance : la tête du dieu Osiris. On y a découvert les tables d'Abydos qui mentionnent deux séries de noms de pharaons allant jusqu'à la XVIIIe dynastie. Des temples y furent érigés en l'honneur de ce dieu de la résurrection ; Sésostris III y entreprit la construction d'édifices et de temples funéraires, qui seront poursuivis, entre autres, par Séthi Ier et son fils Ramsès II. Osiris est le nom grec d'un dieu de la mythologie égyptienne. La traduction de ce nom présente des difficultés et plusieurs hypothèses sont proposées. Ainsi "Ousir", ou "Iousiris", selon une ancienne graphie, a été traduit par "Siège de l'Oeil" (du soleil ?), "L'oeil puissant", "Celui qui fait son trône" (par allusion à son siège), "Le siège de la puissante" (par référence à la couronne), "Celui qu'elle a remis en fonction" (se rapportant à sa résurrection et à sa nouvelle puissance créatrice, grâce à la magie d'Isis). Son nom égyptien est Ousir ou Asir ; on l'appelait aussi Ounen-Néfer ("L'éternellement beau") et Khenty-Imentyou ("Celui qui est à la tête des Occidentaux", c'est-à-dire des défunts). Il fait partie de la grande Ennéade d'Iounou (Héliopolis). C'est le dieu des morts et le garant de la survie du défunt dans le monde souterrain. Son symbole est le pilier Djed, ses attributs sont la barbe postiche, la crosse Heka, le flagellum Nekhekh et la couronne Atef. Dans les textes des Pyramides, le roi défunt est identifié à Osiris. Au Moyen Empire, l'immortalité n'est plus le privilège du souverain : chaque défunt pouvait accéder à la vie éternelle, devenant lui-même pareil à Osiris.

-2330         en Égypte - VIe dynastie. Règnes de Téti, Ouserkaré, Pépi Ier, Merenrê et Pépi II. Les pharaons s'efforcent de soumettre la basse Nubie. L'autonomie qu'ils laissent aux nomarques, c'est-à-dire aux pouvoirs locaux, ne peut qu'affaiblir à terme leur pouvoir. La VIe dynastie égyptienne couvre la période de vers : -2374 à -2197 (Redford) ou -2345 à -2181(Shaw) ou -2323 à -2150 (Allen) ou -2322 à -2191 (von Beckerath) ou -2318 à -2180 (Krauss & Franke) ou -2311 à -2140(Malek). Elle est la dernière de l'Ancien Empire. La toute puissance du Roi sans être remise en cause, est perçue différemment. Il faut sans doute y voir également un changement dans les aspirations religieuses, ainsi que dans l'organisation de l'état. Cette période va être marquée par le règne très long de Pépi II (on lui prête la bagatelle de 96 années d'exercice du pouvoir, ce qui paraît sans doute exagéré). C'est à cette époque que l'on assiste à un morcellement du pouvoir central au profit des Nomarques, tendance déjà amorcée à la Ve dynastie égyptienne. La charge se transmet de père en fils formant ainsi de véritable dynasties locales sans pour autant usurper le pouvoir royal. Les prérogatives royales sont peu à peu "empruntées" par ces Nomarques, comme en attestent les tombes des nécropoles d'Assouan et également la pratique de la momification.

-2300         Sargon d'Akkad unifie les cités-États de Mésopotamie, et forme un premier empire. Sargon d'Akkad dit aussi Sargon l'Ancien, fondateur de l'empire d'Akkad. Il règne de 2334 à 2279 av. J.-C. Son nom, Sharru-kin, signifie "le roi (est) stable/fidèle", plutôt que "Roi légitime" comme on a tendance à le considérer. L'empire d'Akkad (ou empire akkadien) est un grand État fondé par Sargon d'Akkad (2334–2279 av. J.-C.) qui domina la Mésopotamie de la fin du XXIVe au début du XXIIe siècle. Akkad, les akkadiens sont un très ancien peuple de basse-Mésopotamie qui se fixa au nord de Sumer sur les rives de l'Euphrate. Leur premier roi fut Sargon d'Akkad, succédé par Sargon Ier (vers -2350) qui conquit toute la Mésopotamie, Elam, une partie de la Syrie et de l'Asie Mineure créant ainsi le premier grand empire sémitique de l'histoire. Akkad devint la cité la plus puissante et la plus prospère de la région, mais pour peu de temps car environ 200 ans plus tard, il semble qu'une invasion d'un peuple originaire du Zagros, les Guti, provoqua la chute du royaume. L'akkadien, s'est malgré tout maintenu près du sumérien en tant que langue écrite, notariée, et religieuse.

-2300         Stèle de Naram-Sin, roi d'Akkad: première évocation d'un paysage. Cette stèle de victoire d'époque d'Akkad a été apportée de la ville de Sippar à Suse en butin de guerre. Naram-Sin ("aîné de Sîn") est roi d'Akkad de 2254 à 2218 av. J.-C. Sîn, Nanna ou Sîn sont les noms les plus courants du dieu mésopotamien de la Lune. Il s'agit d'une des plus importantes divinités des panthéons du Proche-orient ancien.

-2205         à -1767 - Chine - dynastie Xia. Dynastie Xia, selon l'historiographie traditionnelle chinoise, la dynastie Xia a été la première de l'histoire de la Chine. Elle aurait régné de -2205 à -1767. On peut toutefois avoir quelques doutes sur cette tradition, car la première mention des Xia se trouve dans le Shujing ("Livre des Documents"), ouvrage qui date du début du Ier millénaire av. J.-C. selon la plupart des spécialistes, et qui est donc très postérieur au règne supposé des Xia. Le document en question s'appelle le "Serment de Tang". C'est le discours que Tang, le fondateur de la Dynastie Shang, aurait prononcé devant ses troupes pour les encourager à se battre contre le dernier souverain des Xia. Tang expliquait pourquoi ce roi devait être renversé. Ce document a été rédigé par des annalistes de la dynastie Zhou, qui a remplacé celle des Shang vers -1046. Il s'agit sûrement d'une oeuvre de propagande: les Zhou expliquaient qu'ils avaient renversé les Shang pour la même raison que les Shang avaient renversé les Xia. Ils disaient avoir été eux-mêmes d'anciens vassaux des Xia. L'un de leurs ancêtres avait dû se réfugier chez les Barbares parce qu'un mauvais souverain des Xia avait supprimé sa charge. Plus grave, dans aucune des sources écrites antérieures au Shujing, on ne trouve de mention des Xia. Il s'agit des inscriptions sur bronze et des inscriptions sur os et écaille de tortues, qui remontent à la fin du IIe millénaire av. J.-C. et ont été rédigées par les Shang. Elles forment un corpus pourtant immense. On remarque aussi que Yu le Grand, le fondateur de la dynastie Xia, est présenté par les textes chinois comme un souverain de l'âge de bronze, puisqu'il aurait fondu des chaudrons en bronze, or l'âge de bronze ne commence en Chine qu'après -1700.

-2180         en Égypte - VIIe et VIIIe dynasties. Début de la première période intermédiaire. Autrefois immense et rayonnant, le royaume est morcelé par des guerres de pouvoir entre nomarques. C'est le début de ce que l'on nommera plus tard la Première période intermédiaire. Elle s'achèvera avec le règne de Montouhotep II qui parviendra à réunifier les Terres et à conquérir la Nubie et la Syrie. Il mourra vers 1982 av. J.-C. et reposera pendant des millénaires dans le grand temple de Deir el-Bahari. VIIe dynastie égyptienne, selon Manéthon, la VIIe dynastie pharaonique voit soixante-dix rois gouverner l'Égypte en soixante-dix jours. Il ne faut pas y voir une réalité historique, mais plutôt le reflet d'une période trouble, connue sous le nom de Première période intermédiaire, dont la postérité n'a gardé que très peu de traces. Durant la VIe dynastie le contrôle du Roi est de plus en plus amoindri et certaines institutions : villes de pyramides, temples régionaux, obtiennent un statut d'immunité, les exemptant d'impôts. Les nomarques s'érigent en potentats locaux, s'attribuant des titres au détriment du Roi qui est obligé de composer avec eux et va perdre son pouvoir. La VIIIe dynastie des pharaons d'Égypte antique se situe au commencement de la première période intermédiaire. Elle surgit des luttes de succession dynastique à la mort de Nitokris. La liste royale du papyrus de Turin mentionne dix sept noms, d'autres documents vingt-cinq. Elle couvre la période de vers -2181 ou -2165 à vers -2160 ou -2150 ou -2140 ou -2130. La liste des Rois de la VIIIe dynastie est donc très incertaine. Les Souverains ne peuvent rétablir l'ordre, car ils exercent leur pouvoir le plus souvent de manière éphémère. Ils règnent à Memphis, peut-être en même temps que ceux de la VIIe dynastie, exerçant semble-t-il un pouvoir limité, tandis qu'abydos fonctionne comme centre administratif de la Haute-Égypte. Les Rois essaient tout de même de perpétuer les traditions de l'ancien Empire. Ils doivent composer avec de puissantes familles, comme celle de Coptos, du Vizir Chemay (ou Shemay), gouverneur de Haute-Égypte qui épouse Neber la fille du Roi Néferkaouhor. La Première période intermédiaire (environ de 2180/2150/2140 à 2022 avant J.-C.) est cette partie de l'histoire de l'Égypte antique se situant entre l'Ancien Empire et le Moyen Empire. On lui attribue généralement les Dynasties VII à X. Cette période est caractérisée par l'effacement de l'importance du roi sur la scène politique au profit des nomarques, chefs de provinces (nomes), originalement désignés par le souverain, mais devenus héréditaires avec le temps. Ce gain de pouvoir de ces élites locales se serait surtout fait sous le long règne du roi Pépi II, dont la vieillesse l'empêchait de contrôler le pays adéquatement. Vint ensuite le règne de son fils Mérenrê II, qui dura à peine un an, vite remplacé par la femme de celui-ci, la reine Nitokris. Ce règne d'une femme a sûrement porté un coup à la crédibilité du divin roi, permettant aux dynasties solidement implantées dans les nomes de diriger personnellement leurs régions. Le Moyen Empire est une période de l'histoire antique de l'Égypte qui suit la Ière période intermédiaire et précède la IIe période intermédiaire. Le Moyen Empire couvre une période allant des environs de -2033 à -1786 et est formé de deux dynasties : XIe dynastie (-2106 à -1963) Ce n'est que sous Montouhotep II, vers -2033, lorsque le pays est réunifié, qu'on considère que la première période intermédiaire prend fin et, par voie de conséquence, que débute le Moyen Empire. XIIe dynastie (-1963 à -1786). C'est une période prospère. La capitale principale est souvent Thèbes (puis à Itshtaouy), d'où sont originaires les rois, dont Montouhotep II, qui réunifia le pays. Le dieu impérial de l'époque est Montou, le faucon belliqueux adoré à Erment et à Thèbes, mais aussi Amon. La première construction thébaine à lieu sur la rive ouest de Thèbes, avec le temple funéraire de Montouhotep II qui bâtit son temple funéraire dans le cirque rocheux de Deir el-Bahari.

-2140         à -2040 - en Égypte - IXe et Xe dynasties, installées à Hérakléopolis en Moyenne Égypte. Ces périodes troublées et mal connues voient une évolution religieuse marquée par le succès grandissant du culte d'Osiris. Les derniers souverains héracléopolitains, Ouakharé et Merikaré, sont contemporains de la XIe dynastie thébaine (de la ville de Thèbes). La IXe dynastie égyptienne des pharaons d'Égypte antique se situe pendant une époque appelée première période intermédiaire, une période d'instabilité politique dans le pays. Les IXe et Xe dynasties sont souvent fusionnées. La IXe dynastie couvrirait la période -2160/-2140 à -2040. Il est très difficile d'attribuer les Rois avec précision à une dynastie ou à une autre. Elles ont comme capitale Héracléopolis (ou Hérakléopolis) au Sud du Fayoum, qui est la capitale du 20ème Nome de Haute-Égypte. La IXe dynastie est fondée par Khéty Ier ; outre ce dernier la dynastie comprend six autres Rois relativement connus, dont un Néferkarê VII, mentionné par le Nomarque Ankhtyfy. La dynastie semble s'étendre sur plusieurs générations à en juger d'après les généalogies des Hauts Dignitaires, mais son pouvoir ne s'étend pas sur toute l'Égypte. Elle sera sans cesse en lute, ainsi que la Xe dynastie contre les Princes et Rois Thébains de la XIe dynastie. La Xe dynastie pharaonique est la dernière dynastie de l'époque que l'on nomme la première période intermédiaire, période d'instabilité politique dans le pays. Les IXe et Xe dynastie égyptiennes sont souvent fusionnées. La Xe dynastie couvrirait la période de vers : -2100 ou -2090 à -2040 ou -2022 ou -2017. Il est très difficile d'attribuer un ordre chronologique aux rois avec précision sur une dynastie ou sur une autre, encore moins de les dater. Ils sont ignorés dans les tables d'Abydos et de Saqqarah. Ces dynasties ont comme capitale Héracléopolis (ou Hérakléopolis) au Sud du Fayoum, qui est la capitale du 20ème Nome de Haute-Égypte.

-2105         Babylone, cité principale de Sumer et d'Orient. Babylone, ancienne ville de Mésopotamie fondée au IIIème millénaire sur l'Euphrate par les Akkadiens, même si ce n'est que vers -1750 qu'elle prend une réelle importance sous le règne d'Hammourabi. Centre de la civilisation assyro-babylonienne, elle fut la ville la plus peuplée et la plus riche du monde ancien avant de voir ensuite s'installer de nombreux envahisseurs successifs: Hittites, Kassites, Elamites, Assyriens. Détruite puis reconstruite par les Chaldéens, il faudra attendre le règne de Nabuchodonosor II vers -650 pour qu'elle retrouve de sa splendeur passée. La religion babylonienne est l'héritage des anciennes traditions sumériennes et Akkadiennes mais une divinité propre à Babylone va peu à peu dominer: "Marduk". Aujourd'hui, Babylone serait située au sud de l'Iraq. Marduk ou Mardouk, il est le dieu de la ville de Babylone, où il siégeait dans son temple "au pinacle surélevé" (Esagil), auquel était adjoint la ziggourat Etemenanki, passée à la postérité comme la Tour de babel. en Sa parèdre était Zarpanîtu, ou Sapanîtu. Les mésopotamiens en faisaient le fils aîné d'Ea et de la déesse Damkina. Dieu agraire d'importance secondaire à l'origine, il acquiert toute son importance sous le règne de Nabuchodonosor (XIIe siècle av. J.-C.). Une ziggourat, ou ziggurat, est un édifice religieux mésopotamien en forme de pyramide à étages, dont le sommet pouvait servir à l'observation des astres, et comportait un sanctuaire. Ces grands temples urbains de Babylonie furent érigés dans la plupart des grandes villes, depuis Sippar au nord, siège du sanctuaire du dieu du soleil, Shamash, jusqu'à Ur au sud, où résidait le dieu de la lune, Sîn, sans oublier Uruk et son temple dédié à la déesse Ishtar. Le plus ambitieux fut sans doute celui de Babylone dédié au dieu Mardouk. Tour de Babel, le mythe de la tour de Babel a probablement pour origine un édifice qui a réellement existé. Il s'agirait d'Etemenanki ("la maison-fondement du ciel et de la terre"), une ziggourat dédiée au dieu Mardouk à Babylone. Édifiée par la première dynastie babylonnienne (-1894 à -1595 av. J.-C.), elle devait mesurer 90m. de hauteur. Cependant sa forme n'était pas circulaire. Les fouilles archéologiques du site de Babylone ont prouvé que cette ziggourat avait une base rectangulaire commune à la majorité de ces ziggourats. Cependant on peut se poser la question : "Pourquoi est-elle représentée comme une tour ?" La réponse la plus plausible reste celle de la confusion des peintres de l'époque : en effet, se trouve non loin du site une mosquée de forme très originale qui n'est ni plus ni moins celle que l'on peut admirer dans la majorité des représentations de la "tour" de Babylone. Cependant cette mosquée date du XVIIIe siècle, donc elle n'a vraisemblablement aucun lien avec Babylone.

-2040         à -1780 - en Égypte - moyen empire. Le Moyen empire est une période de l'histoire antique de l'Égypte qui suit la Ière période intermédiaire et précéde la IIe période intermédiaire. Le Moyen empire couvre une période allant des environs de 2033 à 1786 avant notre ère et est formé de deux dynasties : XIe dynastie (2106 à 1963 avant notre ère). Ce n'est que sous Montouhotep II, vers 2033 av. J.-C., lorsque le pays est réunifié, qu'on considère que la première période intermédiaire prend fin et, par voie de conséquence, que débute le Moyen Empire. XIIe dynastie (1963 à 1786 avant notre ère). C'est une période prospère. La capitale principale est souvent Thèbes (puis à Itshtaouy), d'où sont originaires les rois, dont Montouhotep II, qui réunifia le pays. Le dieu impérial de l'époque est Montou, le faucon belliqueux adoré à Erment et à Thèbes, mais aussi Amon. La première construction thébaine à lieu sur la rive ouest de Thèbes, avec le temple funéraire de Montouhotep II qui bâtit son temple funéraire dans le cirque rocheux de Deir el-Bahari. C'est une période ouverte sur le Moyen-Orient, et de nombreuses expéditions y sont envoyées. Les principaux souverains sont les Sésostris et les Amenemhat. Dans cette époque sont construites les fondations de Karnak, par Sésostris. Mais les rois du Nouvel empire détruiront celles-ci pour construire la Karnak actuelle. La XIe dynastie égyptienne est une lignée de Rois originaires de Thèbes (Ouaset) ayant régnés sur l'Égypte de vers -2160 à -1994 (Dodson avec Antef Ier) ou -2125 à -1985 (Shaw) ou -2124 à -1980 (Malek avec Antef Ier) ou -2119 à -1973 (von Beckerath) ou -2077 à -1938 (Franke). Elle fait partie de la Première période intermédiaire, jusqu'à la prise de la capitale de la Xe dynastie en -2022, elle est ensuite classée comme la première dynastie du Moyen Empire.

-2040         en Égypte - Thèbes impose son hégémonie à l'ensemble de l'Égypte. Le pharaon bat le royaume héliopolitain (de la ville de Héliopolis) et reconstitue l'unité égyptienne. Règnes des rois Antef et Montouhotep. Essor du culte d'Amon. Thèbes, capitale de Haute-Égypte est la plus ancienne cité égyptienne, et les villes modernes de Karnak, et Louqsor (à l'emplacement de Thèbes), abritent l'ensemble architectural le plus gigantesque de l'Égypte pharaonique. Selon Homère, la ville comptait cent portes qui chacune laissait passer 200 chars.

-2000         Apparition de l'écriture crétoise, linéaire A. Le linéaire A est une écriture qui fut utilisée dans la Crète ancienne. On suppose qu'il transcrit le langage des Minoéens. Deux écritures en sont dérivées: le linéaire B, utilisée en Crète et en Grèce, qui a été déchiffré dans les années 1950 et qui transcrit un dialecte grec et le cypro-minoéen, en usage à Chypre, également non-déchiffré, lequel aurait donné le syllabaire cypriote, qui est, lui parfaitement lisible et note une langue grecque. Le linéaire A remonte à l'époque minoéenne, une période et une civilisation de la Crète antérieure aux invasions grecques, vers -2000 à -1400. Il est généralement écrit de gauche à droite, bien que certaines inscriptions le soient dans le sens opposé. La civilisation minoenne se développe en Crète de -2700 à -1200. Les Minoens ont créé une civilisation ancienne sur ce qui est actuellement la Crète (en Méditerranée), pendant l'âge de bronze, avant l'arrivée de la culture de la Grèce classique. Les Minoens furent principalement un peuple commerçant qui s'engagea dans le commerce d'outre-mer. Beaucoup d'historiens et d'archéologues croient que les Minoens étaient très impliqués dans le commerce de l'étain qui était très important lors de l'âge de bronze (l'étain étant utilisé pour la production de bronze). Le déclin de la civilisation minoenne semble correspondre à celui de l'utilisation des outils en bronze. L'absence de déchiffrement de l'écriture minoenne, le linéaire A, restreint considérablement la connaissance que nous avons de cette brillante civilisation.

-2000         ANTIQUITÉ     

-2000         On nomme Antiquité la première période de l'Histoire, c'est-à-dire la période qui suit la Préhistoire. Pour une civilisation donnée, l'antiquité commence avec l'écriture, alors que les civilisations ne connaissant pas l'écriture mais étant contemporaines des civilisations antiques sont dites, quant à elles, "protohistoriques". En Europe, l'Antiquité commence avec la civilisation minoenne, en Crète entre -2000 et -1400. Cette dernière, connue pour ses palais, inventa l'écriture linéaire A d'où dériva le linéaire B. Cette dernière forme d'écriture est la première attestée sur le continent : l'écriture grecque en dérive. La lettre grecque alpha d'où dérive le A latin vient probablement de la représentation d'une tête de bétail qui, répétée rapidement de gauche à droite, s'inclina vers la droite jusqu'à prendre sa forme actuelle. La fin de l'Antiquité - dont les civilisations de référence pour l'Europe sont la Grèce antique et la Rome antique - est traditionnellement fixée à la chute de l'Empire romain d'Occident, en 476. La période des invasions barbares est donc à la charnière de l'Antiquité et de la période suivante : le Moyen Âge. Antiquité, en histoire européenne, l'Antiquité désigne la période des civilisations de l'écriture autour de la Méditerranée, après la Préhistoire, avant le Moyen Âge. La majorité des historiens estiment que l'Antiquité commence au IVe millénaire av. J.-C. (-3500, -3000) avec l'invention de l'écriture, et voit sa fin durant les grandes migrations eurasiennes autour du Ve siècle (300 à 600). La date symbolique est relative à une civilisation ou une nation, la déposition du dernier empereur romain d'Occident en 476 est un repère conventionnel pour l'Europe occidentale, mais d'autres bornes peuvent être significatives de la fin du monde antique.

-1990         en Égypte - XIIe dynastie. Règnes d'Amenhemat Ier, Sésostris Ier, Amenhemat II, Sésostris II, Sésostris III, Amenhemat III et Amenhemat IV. Au cours des deux siècles de la XIIe dynastie, l'Égypte conquiert la Nubie jusqu'à la deuxième cataracte, au contact du royaume de Koush, renoue des relations avec Byblos et pousse des expéditions en Palestine et en Libye. Les nomarques perdent leur autonomie au profit de la centralisation monarchique. L'oasis du Fayoum est mise en valeur et le sanctuaire osirien d'Abydos attire des foules de pèlerins. XIIe dynastie égyptienne, les Rois de la XIIe dynastie règnent de -1991 à -1786/-1785/-1783 (Redford, Grimal, Arnold). Cette dynastie marque le retour à une période de puissance et d'équilibre qui va culminer avec les règnes de Sésostris III et d'Amenemhat III. Les campagnes militaires et les expéditions minières à l'extérieur des frontières renforcent l'emprise de l'Égypte. Cette période de presque deux siècles est marquée par le développement du Fayoum, une prospérité économique retrouvée et l'émergence d'un courant artistique qui donnera naissance à une période dite classique. Cette dynastie est originaire de Thèbes. Le royaume de Koush est l'appellation que les égyptiens antiques donnèrent au royaume qui s'établit au sud de leur pays dès l'Ancien Empire égyptien. Ce royaume eut une longévité peu commune et trouve ses origines dans les cultures néolithiques qui se développèrent dans le couloir nilotique du Soudan actuel et de la Nubie égyptienne. On a longtemps considéré cette culture à l'aune de la civilisation égyptienne et de ce fait peu d'études eurent lieu à son sujet, la reléguant alors soit au stade d'une principauté dépendante du royaume des Pharaons ou encore à celui d'un avatar de cette civilisation, ne lui reconnaissant donc aucune spécificité voire une valeur relative. Depuis les années 1950, et notamment la campagne de sauvetage des monuments nubiens menacés par la mise en eau de la région comprise entre la première et la seconde cataracte suite à l'édification du Haut barrage d'Assouan, un regain d'intérêt des égyptologues pour cette région nous permet aujourd'hui d'affirmer que ce royaume tant à ses débuts au troisième millénaire avant notre ère que jusqu'aux conquêtes chrétiennes du IVe siècle était une culture et une civilisation indépendante et qui réussit la synthèse des différents apports culturels de ses voisins, y compris ceux de l'Égypte, dont il représentera l'ultime évolution aux alentours de l'ère chrétienne alors que Rome dominait l'ensemble des cultures de l'antiquité.

-1900         Un séisme détruit les villes de Sodome et Gomorrhe sur les bords de la mer morte. Sodome et Gomorrhe, villes de la Palestine près de la mer morte; célébre par son opulence et pour les moeurs dissolues de ses habitants, elle fut selon la bible détruite par les feux du ciel. Cette destruction suit le grand déluge évoqué dans la bible.

-1900         en Grèce - Apparition des premiers palais en Crète ; période paléopalatiale (jusqu'en -1 600). La Crète atteint une position prééminente en mer Méditerranée.

-1900         Naissance d'une civilisation Assyrienne, spécialisée dans le commerce grâce à la mise en place de comptoirs et de banques dans tout le bassin méditerranéen. L'Assyrie est un ancien empire du nord de la Mésopotamie, dont la capitale fut d'abord la ville d'Assur, puis en 879, Kalkhu, et en 745, Ninive, sur le Tigre. L'Assyrie contrôlait des territoires qui s'étendent sur quatre pays actuels : Syrie, Turquie, Iran et Irak. L'origine des assyriens est inconnue mais dès le XXVe siècle ils formaient déjà un peuple distinct même s'ils subissaient l'influence des suméro-akkadiens. Assur domina épisodiquement l'Orient d'environ -2300 jusqu'en -600, mais c'est entre -721 et -705 sous le règne de Sargon II que l'Assyrie connait le faîte de sa puissance en élaborant un véritable empire d'une superficie sans précédent dans l'histoire du proche-orient incluant Mésopotamie, Anatolie, Syrie, bassin méditerranéen, Égypte et Iran occidental. Elle va pourtant s'éteindre rapidement puisque presque un siècle plus tard, en -610, vaincue par l'alliance des Mèdes et des babyloniens l'Assyrie laisse la place à l'empire néo-babylonien. Actuellement il s'agit du territoire de l'Iraq. Assur est une ancienne ville, capitale de l'Assyrie jusqu'en -879, située sur la rive droite du Tigre. Ses ruines se trouvent actuellement à Qalaat Shergat. En 2003, l'UNESCO a inscit Assur au patrimoine mondial de l'humanité. Le site fut occupé dès la période Obeid. Assur fit partie de l'empire d'Akkad avant de former un petit état à la fin du IIIe millénaire av. J.-C.. Le commerce avec l'Anatolie enrichie la ville vers 2000 av. J.-C. Elle perdit son rang de capitale en 879 av. J.-C. au profit de Kalkhu. La ville fut détruite en 614 av. J.-C. par les Mèdes puis fut réoccupée sous les Parthes.

-1850         Abraham fonde la religion monothéisme. Abraham est un personnage de la Torah, de l'Ancien Testament et du Coran. Il est considéré comme le père du monothéisme. Selon la Genèse, le premier livre de la Bible, "Il avait quatre-vingt-dix-neuf ans quand le Seigneur lui apparut et lui dit: "C'est moi le Dieu Puissant. Marche en ma présence et sois intègre. Je veux te faire don de mon alliance entre toi et moi, je te ferai proliférer à l'extrême" (Genèse 17). Dieu est désigné par la Bible sous le nom de Yahvé (YHWH en écriture hébraïque), que l'on peut traduire par "Celui qui suis" ou plus simplement par "Je suis celui qui es". Yahvé engage Abraham à quitter sa contrée et à partir vers la terre de Canaan, ainsi nommée d'après Cham, l'un des fils de Noé. Abraham part donc avec son peuple, qu'on dénomme les Hébreux, d'un mot qui signifie "ceux qui passent". Après une longue errance, la petite troupe s'établit enfin sur la terre de Canaan, qui n'est autre que l'actuelle Palestine (au sens géographique et non politique). Abraham, qui désespère d'avoir un fils de son épouse Sara, en obtient un de sa servante Agar. Il est appelé Ismaël. Mais près d'un quart de siècle après le départ d'Ur, Dieu annonce à Abraham que Sara aura de lui un fils, Isaac, et qu'il sera le père d'une multitude de nations ! À la naissance du fils tant attendu, Ismaël et sa mère doivent s'enfuir dans le désert égyptien pour échapper à la haine de Sara. Jacob, fils d'Isaac, prend le nom d'Israël (fort comme Dieu) après avoir combattu toute une nuit contre un homme qui se révèle être un ange. Ses douze fils vont former les douze tribus d'Israël. Abraham est considéré comme le fondateur de la nation hébraïque. Les trois grandes religions monothéistes (judaïsme, christianisme et islam) se réclament de lui. Tandis que les Hébreux se considèrent comme de la descendance d'Isaac, les Arabes revendiquent Ismaël pour ancêtre. Le judaïsme est la plus ancienne des religions du Livre ("Livre" se dit en grec "Biblos") ou "abrahamiques", et la moins importante en nombre de fidèles, principalement du fait de nombreux massacres, conversions forcées et assimilations survenus au cours de l'histoire de ses membres. Il est né selon la tradition au sein d'un clan d'Hébreux, les Israélites, descendants d'Abraham, Isaac et Jacob, renommé Israël. Ce nom deviendra plus tard celui de leur terre. Lorsqu'ils en seront déportés, d'abord par le roi de Babylone, Nabuchodonosor II, puis par l'empereur de Rome, Titus, ils n'auront de cesse d'y revenir un jour, et affirment qu'un descendant du Roi David les délivrera de l'exil et les y ramènera. Ils se basent sur la Torah (Loi), qui débute par la création du monde et se termine avec la mort de Moïse, le prophète auquel la Loi fut donnée sur le Mont Sinaï par un Être Suprême, YHWH, qui au vu de l'ineffabilité de Son Nom, est nommé Elohim (en Français, Dieu). La Torah est à l'origine du concept du 'Dieu Un, Unique, omniscient, omnipotent, juste, charitable, miséricordieux et transcendant, qui a créé le monde, et continue de S'impliquer dans sa destinée' auquel croient les chrétiens et les musulmans et auquel font référence les philosophes (à l'exception peut-être de Plotin qui y arrive par son cheminement propre). Recueil d'histoires, d'éthique et de prescriptions, la Torah sert de base au mode de vie juif et à la pratique du Judaïsme. Le courant majoritaire du judaïsme est le judaïsme rabbinique. Il considère, outre la Torah, comme saints les livres des Prophètes et quelques autres Écrits, dont certains furent rédigés après l'exil de Babylone. Il a par ailleurs élaboré sur base d'une Loi orale parallèle et satellite de la Loi écrite, la Mishna puis le Talmud, à caractère législatif.

-1800         Installation des Ligures en Europe occidentale. Ligures, ancien peuple d'Europe, établi sur la portion de côte méditerranéenne comprise entre le delta du Rhône et La Spezia, actuellement en Italie. Alliés des Carthaginois durant la deuxième guerre punique, ils furent plusieurs fois vaincus par les Romains aux IIIe et IIe siècle av. J.-C., mais ne furent définitivement soumis que sous Auguste.

-1800         à -1600 - Domination de Babylone (Mésopotamie)

-1800         Apparition des Vedas. Les Vedas (en sanskrit : connaissance), sont un ensemble de textes de la religion indo-aryenne constituant les shruti à l'origine du védisme, religion mère de l'hindouisme. Les hindous pensent que les Vedas existent depuis la création du monde et les considèrent comme la "connaissance révélée". La partie la plus ancienne, le Rig-Veda, daterait de 1800 à 1500 av. J.-C. (mais la transmission orale serait bien plus ancienne). La compilation de ces textes est attribuée au sage Vyasa. Les parties les plus récentes des Vedas dateraient de 500 av. J.-C. Les Vedas constituent sans doute le corpus de connaissance le plus ancien que l'on connaisse et sont la base de littérature indienne. Ils traitent d'astrologie, d'astronomie, de rituel, et comment ceux-ci se relient à la vie spirituelle de l'humanité. Ils ont été écrit dans un langage nommé par abus de langage, "sanskrit védique", qui a ensuite évolué vers le Sanskrit. Le Védisme est la plus vieille religion de l'Inde, apparue dans le Nord-Ouest du pays avec l'arrivée des Aryens, il y a plus de 3 000 ans. L'âme et la morale de l'Hindou sont imprégnées de ses théories fondamentales. Les Veda sont les sources fondamentales du védisme. Il reste très peu d'informations sur l'hindouisme primitif. Les documents connus les plus anciens sont les Veda, qui sont généralement censés avoir été codifiés sous leur forme actuelle des siècles avant les premières versions écrites, puis transmis avec exactitude par la tradition orale. Les textes les plus anciens sont composés dans une forme antique du sanskrit, une langue indo-européenne, et comporte des similitudes avec les textes du Zoroastrisme. En fait, le sanskrit des Veda et l'avestan, la langue du Zoroastrisme, sont considérés comme des langues quasiment identiques. L'âge des Veda et l'origine de leurs auteurs sont des sujets controversés. Une théorie professe qu'ils proviennent des premières sociétés d'Asie du sud, un espace qui aurait été peuplé pour la première fois vers le VIIe millénaire av. J.-C.. La théorie alternative, dite théorie de l'invasion aryenne, soutient qu'elles sont dérivées d'idées importées par des migrants du IIe millénaire av. J.-C.. Les Aryens sont un ancien peuple qui vivait autrefois en Asie centrale, de langue indo-européenne. Sans doute vers la fin du IIIe millénaire av. J.-C., ils se sont scindés en (au moins) deux branches, qualifiées d'indo-aryenne et d'iranienne. L'hindouisme est la plus vieille des principales religions du monde. Le mot hindouisme a été introduit au début de l'ère chrétienne, désignant les pratiques brahmaniques des populations vivant sur les bords du fleuve Indus, puis, par extension, au pays tout entier. L'hindouisme provient du brahmanisme, issu lui-même du védisme. On y trouve les notions fondamentales : de renaissances successives, samsara, associées au poids des actes accomplis dans les existences antérieures, karma, l'identité du soi individuel Atman à l'absolu ou Soi universel ou Esprit Universel, Brahman. Dans l'hindouisme, trois divinités sont associées à l'univers : Brahma, associé à la création, Vishnu, associé à la conservation, Shiva, associé à la destruction. Le sanskrit est une langue indo-européenne, de la famille indo-iranienne, autrefois parlée dans le sous-continent indien. Elle est encore pratiquée par certaines familles de brahmanes et certaines sectes hindouistes. Il faut considérer le sanskrit, non comme la langue d'un peuple, mais comme une langue de culture qui a toujours été l'apanage d'une élite sociale. C'est notamment celle des textes religieux hindous et, à ce titre, elle continue d'être utilisée, à la manière du latin aux siècles passés en Occident, comme langue cultuelle, et véhiculaire. C'est d'ailleurs l'une des langues officielles de l'Inde. Le sanskrit est une langue hautement flexionnelle et très archaïsante, dont l'étude est fondamentale dans le cadre de la linguistique comparée. Brahmanisme, la religion brahmanique correspond à la deuxième des trois phases historiques qu'on distingue habituellement dans le développement de la spiritualité indienne. Elle se situe après le védisme (env. 1500-900 av. J.C.). Le terme "brahmanique" est dérivé de "brahmane", tout comme celui de "christianisme" est dérivé de "chrétien", c'est-à-dire à celui qui professe la foi en Jésus Christ. Toutefois, le parallèle ne présente pas le même degré d'équivalence. En effet, est brahmane celui qui dispose du brahman (mot neutre), c'est-à-dire d'une formule qui possède à la fois un pouvoir religieux et un caractère magique, d'une formule qui agrandit, valorise et amplifie. Ainsi le terme "brahmane" n'indique pas le fidèle qui vénère le dieu Brahmâ - tardive personnification védique - mais plutôt celui qui appartient à la caste des prêtres. De plus le brahmanisme est un terme dont se servent certains indianistes pour distinguer différents aspects de l'hindouisme. Le terme brahmanisme est aussi utilisé : dans un sens historique, le védisme désignant la culture védique proprement dite, le brahmanisme se référant au système rituel formalisé qui en est issu ; dans un sens doctrinal, le brahmanisme constituant l'un des multiples courants de l'hindouisme, parmi lesquels il en existe beaucoup d'autres comme par exemple le shivaïsme ou le tantrisme. Le Brahman est le Soi suprême de l'Hindouisme. C'est l'âme cosmique présente en toute chose, l'Absolu éternel surplombant toutes les dualités, opposé, bien qu'étant intimement lié, aux âmes individuelles qui se réincarnent à cause de l'illusion. Il ne peut se définir qu'en énonçant ce qu'Il n'est pas (neti-neti, en sanskrit : ni ceci, ni ceci ). Brahman (au mieux) est décrit comme la réalité infinie, omniprésente, omnipotente, incorporelle, transcendante et immanente qui est la base divine de toute l'existence. Il est grammaticalement neutre, mais peut être exceptionnellement traité comme masculin. Il est vérité infinie, conscience infinie et bonheur infini. Dans les Vedas, Brahman existe depuis toujours et existera à jamais. Il est en toute chose mais transcende toute chose, il est la source divine de toute Vie. C'est l'Absolu divin : tous les dieux de la religion hindoue ne sont que des facettes, des incarnations de Brahman. Brahmâ est le dieu créateur de l'hindouisme, le premier membre de la Trimurti, la trinité des déités hindoues majeures (toutes écloses d'un oeuf), les autres membres étant Vishnou et Shiva. Sarasvatî est sa shakti, son énergie, son épouse. Sa monture vâhana est un hamsa, une oie ou un cygne. Sa couleur est le rouge. Il n'est pas mentionné dans les Veda, ni dans les Brâhmana, mais il est cependant très présent dans le Mahâbhârata, le Râmâyana et les Purâna. Brahmâ intervient seulement de façon occasionnelle dans les affaires des dieux, et encore plus rarement dans celles des mortels. Il est considéré comme le père de Dharma et Atri. Brahmâ vit à Brahmapura, une cité située sur le mont Meru. Sa vie dure cent de ses années, chacune d'elle valant 2 160 millions d'années des mortels. Brahmâ est un agent du Brahman, le « Soi Suprême » de l'hindouisme. Ce dieu est un deus otiosus : bien qu'étant le créateur de toutes choses, il n'y a qu'un seul temple lui étant totalement dédié, à Pushkar au Rajasthan.

-1780         à -1560 - en Égypte - Deuxième Période intermédiaire. La Deuxième période intermédiaire est une période d'instabilité dans l'histoire de l'Égypte antique qui se situe entre le Moyen Empire et le Nouvel Empire. Bien que la tradition véhiculée par Manéthon en fasse une coupure nette avec le Moyen Empire en raison de l'invasion de la Basse-Égypte par les Hyksôs, les études tendent à montrer qu'il n'en est rien. En effet, le passage entre la reine-pharaon Néférousébek (dernier souverain de la XIIe dynastie) et Sékhemrê-Khoutaoui (le premier pharaon de la XIIIe) semble se faire sans heurt. De plus, jusqu'au roi Ougaf, les pharaons de cette dynastie semblent régner sur l'ensemble du territoire (Delta et Nubie compris). Ce n'est que progressivement, avec l'affaiblissement du pouvoir central, que les pharaons perdront du terrain. C'est sous le règne de Néferhotep Ier, qu'apparaît dans le Delta, la XIVe dynastie qui se créé dans le sixième nome de Basse-Égypte et dont la capitale est Xoïs. Peu de temps après, une autre dynastie prendra naissance à Avaris, à l'est du Delta. Cette dynastie, la XVe, est formée par les Hyksos (qui signifie "chefs des pays étrangers") dont on ignore l'origine exacte mais qui devaient être, soit un peuple du moyen orient, soit une coalition des peuples qui avaient immigré dans le Delta depuis le Moyen Empire. Les pharaons de la XIIIe dynastie gouvernent sur le reste du pays jusqu'à Dédoumésiou Ier. À cette époque, le souverain Hyksos Salitis s'empare d'une grande partie du pays, grâce notamment à leur avance technologique en matière d'armement que représente la cavalerie, la charrie, les cuirasses ou encore, les cimeterres.

-1780         à -1660 - en Égypte - XIIIe et XIVe dynasties caractérisées par une succession confuse de souverains et par un retour de la capitale à Memphis. Le pays est alors victime des envahisseurs Hyksôs venus de Palestine qui s'installent dans le Delta oriental et y établissent leur capitale Avaris. La XIIIe dynastie est la première de la IIe période intermédiaire. Elle couvrirait la période de vers -1801 ou -1786 (Redford) ou -1766 (Ryholt) ou -1759 (Franke) à v.-1650 ou -1634 (-1750 Altemüller). Les Rois parvenus au pouvoir, souvent par voie d'usurpation, n'arrivent que rarement à régner sur tout le pays, leur autorité étant contestée par d'autres usurpateurs locaux. C'est évidemment le principe même de succession qui est en cause. Sous la XIIIe dynastie on distingue deux lignées de Rois, qui ont résidés respectivement à Thèbes et à Ithet-Taoui aux environs de Licht, capitale administrative. XIVe dynastie égyptienne, deux royaumes se formèrent sous Sobekhotep IV (1734-1725 de la XIIIe dynastie égyptienne) à la suite d'une révolte dans le Delta. Ces deux monarchies parallèles formèrent ensemble la XIVe dynastie contemporaine donc de la XIIIe dynastie. Le premier de ces royaumes indépendants se créa à Xoïs, dans la partie nord-ouest du Delta. On ne sait pratiquement rien de ses souverains qui sont peut-être d'origine Cananéenne. Le deuxième royaume, situé dans la partie nord-est du Delta, fut fondé par Néhési, "Le Noi, le Nubien", vers -1705 à Avaris (Hout-Ouaret “Le château du terrain en pente”). Cette cité est un port fluvial à forte densité asiatique, voué au commerce avec Byblos. Les Hyksôs formaient autrefois un groupe pluriethnique vivant dans l'Asie de l'ouest, et qui arriva à l'est du delta du Nil au cours de la seconde période intermédiaire. Ils chassèrent les dirigeants de la XIIIe dynastie, qui siégaient à Memphis, et fondèrent la XVe et la XVIe dynastie d'Égypte (entre -1674 et -1548), régnant sur la Basse et la Moyenne Égypte durant plus d'un siècle. Avaris est le site de l'ancienne capitale des Hyksôs qui régnèrent sur l'Égypte à la fin de la seconde période intermédiaire (XVe dynastie). La cité a été retrouvée à Tell el-Dab'a dans le Delta oriental.

-1767         à -1122 - Chine - dynastie des Shang. Dynastie Shang, suivant la dynastie Xia et précédant la dynastie Zhou, la dynastie Shang, de -1767 à -1122 selon la chronologie traditionnelle, ou de -1570 à -1045 selon la sinologie moderne, ce qui correspond à l'Âge de bronze en Chine marque une transition entre l'histoire légendaire et les faits archéologiques. C'est en effet la première dynastie qui ait laissé des témoignages écrits (Sinogramme) et dont l'existence soit par conséquent prouvée. Ces témoignages ne proviennent toutefois que de ses derniers souverains, à partir de Wu Ding. Les sinogrammes, ou caractères chinois, sont les caractères de l'écriture logographique chinoise. Contrairement à une idée reçue courante en Occident, les sinogrammes ne sont pas tous des idéogrammes, encore moins des hiéroglyphes ou des dessins.

-1760         Le code de Hammourabi (fondateur du premier empire babylonien) le plus ancien code de loi connu (Peu de monuments nous sont parvenus de l'époque d'Hammourabi, qui représente pourtant un sommet dans la civilisation de l'Asie occidentale. A bien des égards, le plus remarquable est le code d'Hammourabi (musée du Louvre), bloc de diorite noire gravé, en forme de stèle, arrondi au sommet, et d'une hauteur totale de 2,25 m, qui fut découvert en 1901 à Suse par l'équipe de J. de Morgan.). Le Code d'Hammurabi est l'une des plus anciennes lois écrites trouvées. Elle fut réalisée sur l'initiative du roi de Babylone, Hammurabi, vers 1730 avant Jésus Christ. Ce texte ne répond pas à l'acception légaliste du droit (Code civil français), mais correspond plutôt au droit jurisprudentiel (Common law) : il recense, sous une forme impersonnelle, les décisions de justice du roi. Le Code d'Hammurabi fut gravé dans un bloc de basalte et fut placé dans le temple de Sippar, plusieurs autres exemplaires furent également placés à travers tout le royaume. Le but de cela était d'homogénéiser le royaume d'Hammurabi. De cette manière, il pouvait garder plus facilement le contrôle de son royaume en faisant en sorte que toutes les parties aient une culture commune. Durant les différentes invasions de Babylone, le Code fut déplacé vers 1200 avant Jésus-Christ dans la ville de Suse, en Iran. C'est dans cette ville qu'il fut découvert par l'expédition dirigée par Jacques de Morgan, en décembre 1901. Le père Jean-Vincent Scheil traduisit l'intégralité du Code, de retour à Paris, en France. Depuis, le Code est exposé au Musée du Louvre, à Paris. Une copie est également exposée au musée archéologique de Téhéran. Hammourabi fut le sixième roi de Babylone, il règne de 1792 avant Jésus-Christ, jusqu'à sa mort, vers 1750 avant Jésus-Christ. Son règne est l'un des plus long de l'antiquité du Proche-Orient. Il a achevé la conquête de Sumer et d'Akkad, à supprimer la dernière dynastie sumérienne des Isin. Il a été le premier roi de l'Empire babylonien et a été le premier à assurer l'hégémonie de Babylone sur la mésopotamie.

-1680         à -1200 - Règne de Labarnas Ier, roi des Hittites (fin vers -1650 ?). Ancien empire Hittite : Labarnas Ier fonde un royaume en Anatolie centrale (jusqu'à la plaine de Konya avec un débouché sur le Taurus) avec Kussar (non identifiée) pour capitale. Les Hittites sont un peuple rattaché aux Indo-européens, ils envahirent l'Asie Mineure et soumirent le peuple autochtone, les Hattis, au XXVIe siècle av. J.-C.. Ils empruntèrent, à ces derniers différents dieux, mythes et rites. De ce mélange naquit une civilisation florissante, qui perdurera jusqu'au VIIIe siècle av. J.-C.. Outre sa grande puissance militaire, la civilisation hittite, semble avoir été très marquée par une grande tolérance, aussi bien religieuse, que sociale. De nouvelles migrations indo-européennes, comme celle des Phrygiens, puis la montée en puissance de l'Assyrie, sonnèrent néanmoins le glas de cet empire.

-1660         à -1560 - en Égypte - XVe, XVIe et XVIIe dynasties. Occupant l'Égypte depuis quelques années, les Hyksos fondent la XVe dynastie. Ils s'emparent de la ville de Memphis sans toutefois exercer leur autorité sur le sud du pays, régi par une dynastie thébaine. Les Hyksos seront finalement chassés par Ahmosis, dernier roi thébain de la XVIIe dynastie. Il réunifiera le pays avant de fonder la dynastie suivante. Des souverains Hyksôs gouvernent le nord du pays et recherchent l'alliance des souverains nubiens de Koush alors qu'une dynastie indépendante se reconstitue autour de Thèbes. La XVe dynastie égyptienne de l'Égypte antique fut la première dirigée par les Hyksôs, qui contrôlaient le nord du pays. Selon Manéthon six rois auraient régnés. Elle est reportée sur la colonne neuf du papyrus de Turin. Elle couvre la période -1663 à -1550, ou -1650 à -1530, ou encore -1630 à -1524 selon les historiens. L'afflux continu de main-d'oeuvre asiatique, particulièrement sous Amenemhat III, bouleverse les équilibres démographiques dans le nord du pays. Ce sont des étrangers, les Hyksôs "heqa khâsout, chefs des pays étrangers", population d'origine asiatique implantée dans le Delta depuis plusieurs générations, qui mettent à profit l'arrivée de nouveaux migrants en provenance du Proche-Orient pour étendre leur influence et s'emparer progressivement du nord de l'Égypte. Les souverains Hyksôs au contact de la civilisation égyptienne, beaucoup plus avancé que la leur, adoptent le protocole et les titres de la cour royale. Dans le gouvernement de l'Égypte, ils conservent l'organisation administrative existante. Pour se faire, ils utilisent un personnel de fonctionnaires égyptiens. Ces derniers, momentanément soumis aux étrangers gardent quand même intact leur orgueil national et leur profond attachement à leurs Dieux. La XVIe dynastie égyptienne d'Égypte antique est une dynastie mineure (ou parallele) de l'Égypte, sur laquelle nous avons peu d'informations. Cette dynastie s'étend de vers -1650 ou -1620 à -1540. Sous le nom de XVIe dynastie on désigne : Les Chefferies asiatiques qui sont vassales des Rois Hyksos et qui se partagent des territoires, en dehors de l'Est du Delta contrôlé directement par les Rois de la XVe dynastie et aussi les petits royaumes en Moyenne Égypte que tiennent des Égyptiens collaborateurs des Hyksos. Cette dynastie est parallèle aux XVe dynastie et XVIIe dynastie. Des Rois Kouch (Soudan) régnant en Basse Nubie profitent de cette confusion et annexent des provinces de Haute-Égypte. Ils installent leur capitale à Bouhen, et règnent d'Eléphantine à la Deuxième Cataracte. XVIIe dynastie égyptienne, cette dynastie succède pratiquement à la XIIIe dynastie égyptienne d'ou elle semble issue d'une branche locale. Elle ne contrôle que la Haute-Égypte. Elle est reportée sur la colonne treize du papyrus de Turin.

-1650         en Grèce - Installation des Achéens, début de la civilisation mycénienne. Les Achéens sont l'un des premiers peuples indo-européens à avoir envahi la Grèce, au IIe millénaire av. J.-C., chassant les premiers habitants, les Pélasges grâce à leur suprématie militaire (usage de l'épée au lieu du poignard, usage du bronze). La civilisation mycénienne est une civilisation préhellénique de l'Helladique récent (fin de l'Âge de bronze). Elle tire son nom de la ville de Mycènes, située dans le Péloponnèse. Mycènes était une très ancienne cité grecque située sur une colline au nord-est de la plaine d'Argos, dans le Péloponnèse. Mycènes était une très ancienne cité grecque située sur une colline au nord-est de la plaine d'Argos, dans le Péloponnèse.

-1625         Formidable explosion de l'île de Théra (Santorin) en mer Egée. Raz de marée, nuages de cendres qui, poussés vers l'est par le vent, atteignent les côtes de l'Asie Mineure. Cette catastrophe est peut être à l'origine du mythe de l'Atlantide. Théra, Santorin ou Thira est un petit archipel d'îles volcaniques situé dans la mer Égée à 75 km au sud-est de la Grèce continentale, Santorin est aussi connue sous le nom de son île principale, Théra. La date exacte de l'éruption volcanique fournit un point de référence pour étalonner l'entière chronologie du IIe millénaire av. J.-C. dans le monde Egéen car l'on retrouve ses répercussions à travers toute la région. Après une série de tremblement de terre précurseurs assez puissants pour effrayer la population et l'inciter à évacuer l'île (les archéologues ne retrouvèrent aucun corps et presque aucun objet de valeur), l'éruption provoqua un important raz-de-marée qui dévasta la côte nord de la Crète distante de 70 km et qui détruisit certainement une grande partie de la flotte minoenne. La physionomie de l'île fut profondément modifiée suite à l'effondrement d'une partie de ses falaises et les retombées de cendres volcaniques ensevelirent Akrotiri, stérilisant le sol de l'île pour de nombreuses années et provoquant la fin de la société qui s'était développée sur Santorin. Marinatos et de nombreux savants à sa suite virent dans le cataclysme survenu à Santorin, l'événement ayant inspiré Platon pour sa parabole sur la disparition de l'Atlantide. Marinatos suggéra également que l'éruption volcanique et ses conséquences fussent la cause de la disparition de la civilisation minoenne en Crète, ce qui est partiellement remis en question par le fait qu'un certain nombre de sites minoens qui se situaient sur le Sud de la Crète furent épargnés par le raz de marée. Un épais nuage s'est installé sur l'hémisphère nord, plus précisément en Amérique du Nord, ce qui causa un refroidissement climatique sans équivalent depuis. Cet événement força les habitants des lieux à émigrer vers le sud pour échapper au climat glaciaire.

-1600         en Grèce - Période néopalatiale (jusqu'en -1400). Suite à des catastrophes naturelles, vraisemblablement séismes et raz-de-marée liés à l'explosion du Santorin, la construction de sites plus grands est relancée à l'image de Cnossos. Cnossos ou Knossos fut la capitale de la Crète lors de la période minoenne. La cité abritait le palais de Minos, le plus important des palais minoens et sans doute le plus connu des sites crétois depuis sa découverte en 1878. Cnossos est aujourd'hui le plus grand site minoen qui peut être visité. Son aspect et sa taille en font un endroit remarquable et incontournable des civilisations de l'Europe archaïque.

-1600         En Angleterre, construction de Stonehenge. Stonehenge est un site archéologique situé à 13 km de Salisbury (comté du Wiltshire, Angleterre), remontant au Néolithique pour son premier état, et sur lequel se trouve une construction mégalithique circulaire. Son premier état est une simple levée de terre circulaire de 98 mètres de diamètre, à l'intérieur de laquelle se trouvaient plusieurs dizaines de sépultures, datant de -1900 environ. Dans un deuxième état, édifié entre -1700 et -1550, on trouve un monument consistant en un double cercle concentrique de 76 pierres dressées. Enfin, le troisième état, celui qui subsiste actuellement, consiste en un cercle de 30 m. diamètre. Celui-ci est constitué de 30 pierres dressées dans la première moitié du XVe siècle av. J.-C.. Ces pierres font jusqu'à 5 m. de haut et pèsent jusqu'à 50 tonnes.

-1552         à -1070 - en Égypte - nouvel empire. Le Nouvel Empire est la période la plus prospère de toute l'histoire égyptienne. C'est une période de raffinement et d'évolutions qui s'étale sur un peu plus de cinq siècles. L'initiateur est Iâh-mosis (né de la lune), premier roi de cette époque. Chasseur des Hyksôs (Indo-européens), il va mettre en place les fondations du Nouvel Empire en compagnie de sa mère Iâh-Hotep (la lune est en sagesse) et de son épouse Ahmès-Néfertari (La belle entre les belles). Le Nouvel Empire couvre une période allant des environs de environ 1500 à 1000 avant notre ère et est formé de trois dynasties : XVIIIe dynastie (1552 à 1292 avant notre ère) ; XIXe dynastie (1292 à 1186 avant notre ère) ; XXe dynastie (1186 à 1069 avant notre ère) ;     

-1552         en Égypte - Avènement de la XVIIIe dynastie. La XVIIIe dynastie égyptienne est souvent assimilée à l'apogée de la civilisation égyptienne antique. Elle vient clore une longue période intermédiaire (la seconde) et ouvre le Nouvel Empire avec l'expulsion des Hyksôs, peuplade asiatique qui occupait le pays jusqu'à Abydos et dont la capitale était Avaris. Ahmosis, issu d'une famille thébaine, entreprit de marcher contre les Hyksôs afin de réunir les Deux Terres, comme ses prédécesseurs Sequenenré et Kamosis l'avaient tenté avant lui. Son expédition fut couronnée de succès et, après la prise d'Avaris, les fuyards furent poursuivis jusque dans leur citadelle de Sherouhen, en Palestine. Ces événements sont documentés par l'autobiographie qu'un compagnon d'armes du roi, Ahmosis fils d'Abana, fit graver sur les parois de sa tombe à El Kab. On retrouva également dans la tombe de la mère du roi, la reine Iâhhetep, des armes de parade, dons du roi à sa mère et signe des temps. À dater de cette victoire, la politique des pharaons de la XVIIIe dynastie fut d'étendre la domination de la Double Couronne au-delà des limites du pays.

-1552         à -1527 - en Égypte - Règne d'Ahmosis. Fin de la domination Hyksôs. Ahmosis (ou Ahmès Ier, Iâhmes Ier ou encore Ahmosis Ier, Amosis Ier), dont le nom signifie "Né de Iâh", un dieu lunaire, fut le fondateur de la XVIIIe dynastie, inaugurant ainsi la brillante période appelée Nouvel Empire. Il fut roi à Thèbes de -1550/1549 à -1540, puis, après l'expulsion des Hyksôs, maître du Double Pays jusqu'à sa mort en -1525/1524. Il était le fils d'Ahhotep, "épouse royale et soeur de roi, fille de roi et mère du Prince (ity)". Son lien avec Kamosé, son prédécesseur, n'est pas établi avec certitude, mais la majorité des historiens considèrent qu'il s'agit de son frère. Il serait par conséquent le fils de Séqénenrê Taâ II. Il eut comme "Grande épouse royale" sa soeur Ahmès-Néfertary, qui fut la première reine à assumer la fonction sacerdotale d'"Épouse du dieu". Des deux fils qu'on lui connaît, le cadet, frère et époux de Mérytamon, lui succèdera sous le nom d'Amenhotep Ier.

-1527         à -1506 - en Égypte - Règne d'Aménophis Ier. Expansion égyptienne en Canaan et vers l'Euphrate. Aménophis Ier monte sur le trône du Nouvel Empire égyptien. Il règnera quelques années en compagnie de sa mère, Ahmès-Nefertari, épouse d'Ahmosis. Son influence et son autorité s'étendront par la suite en Nubie et en Syrie. Lorsqu'il parviendra à assurer une paix durable, il ajoutera un édifice au temple de Karnak et restaurera quelques monuments. Afin de préserver sa sépulture des pilleurs, il préférera ne pas être inhumé dans son temple funéraire. Amenophis Ier (ou Amen-hotep, "Amon est en paix" ou "Paix d'Amon") fut le second souverain de la XVIIIe dynastie (Nouvel Empire), fils d'Ahmosis (Ahmosé) et de la reine Ahmès-Néfertary. Amon est l'une des principales divinités du panthéon égyptien. Son nom Imen, "le Caché" ou "l'Inconnaissable", traduit l'impossibilité de connaître sa "vraie" forme, car il se révèle sous de nombreux aspects. Il est Imen achâ renou, "Amon aux noms multiples". Les Textes des Pyramides le mentionnent parmi les divinités protectrices du roi défunt et, au Moyen Empire, il prend une place prépondérante dans la région de Thèbes, où il finit par supplanter Montou. Les théologiens thébains lui assignent une nouvelle parèdre, Mout, et un fils, le dieu lunaire Khonsou, avec lesquels il forme la triade thébaine. À partir de la XIe dynastie, il s'impose comme dieu dynastique, et l'avènement des Amenemhat ("Imen est en tête") de la XIIe dynastie fera de lui le roi des dieux, "seigneur des trônes du Double Pays". Pendant la XVIIIe dynastie, Amon devient la divinité nationale par excellence, l'unificateur de l'Égypte qui a permis la victoire d'Ahmosis sur les envahisseurs Hyksôs. Il est alors associé à Rê, dieu Soleil d'Héliopolis, et devient le dieu cosmique Amon-Rê, "l'éternel, le seigneur de Karnak, créateur de ce qui existe, maître de tout, établi durablement en toutes choses". Le temple Karnak situé près de Thèbes, la capitale religieuse, est le plus grand et le plus riche centre religieux d'Égypte. Son nom égyptien est Ipet Sout, traduit généralement par "Celle qui recense les Places". Karnak est le nom arabe d'un village égyptien proche de l'antique cité de Thèbes. Il est situé à 3 km au nord du temple de Louxor, près des rives du Nil. Il est connu pour abriter le plus important centre religieux de l'Égypte antique, le temple de Karnak. Les visiteurs, notamment les touristes étrangers, ne font souvent pas la distinction entre Karnak et Louxor.

-1506         à -1494 - en Égypte - Règne de Thoutmosis Ier. Expansion vers l'Orient. Victoire sur le Mitanni. Conquête de la Nubie. Apparition du char de combat, construction du temple d'Amon-Rê à Karnak. Thoutmosis Ier (mort vers -1492) est le troisième pharaon de la XVIIIe dynastie égyptienne. Il monta sur le trône d'Égypte vers 1504 av. J.-C. au décès d'Aménophis Ier et régna jusqu'à sa mort. Amon-Rê est le dieu le plus important de la mythologie égyptienne. Malgré son nom, sa véritable forme est celle d'Amon. Il prend les titres d'Amon-Rê lorsqu'il est dans toute sa gloire. Son lieu de culte principal est dans la ville antique d'Ouaset, ou Louxor (Thèbes) mais surtout à Karnak, le temple le plus riche du pays. Son nom dépassa vite la ville et le pays l'adora. Amon le caché apparaît comme un dieu souverain. Certaines légendes racontent que par sa semence, il fertilisa le cosmos. Il avait la peau bleue car sa chair était constituée de lapis-lazuli, pierre magique par excellence. Sous la VIe dynastie, il fut associé à Rê, dieu solaire d'Héliopolis.

-1500         Domestication du bétail et des chèvres en Afrique.

-1500         Installation de civilisation protoceltes en Gaule. Entre -1800 et -1600, se forme en Allemagne du Sud un peuplement protoceltique, et son rameau "gaélique" commence à envahir la Grande-Bretagne (la langue des Gaëls (ou Goïdels) est celle qui est encore parlée en Irlande). Vers -1500, en Allemagne du Sud et de l'Ouest, ainsi que dans la Gaule du Nord-Est, apparaît la civilisation protoceltique du bronze moyen. Entre -1500 et -1200, les Proto-Celtes essaiment vers le centre et le sud-ouest de la Gaule... Les Gaëls sont un peuple celte qui envahit les îles britanniques et s'établit surtout au Pays de Galles et en Irlande. Les langues gaéliques forment une famille de langues celtiques, distincte du groupe des langues brittoniques. Elles comprennent : l'irlandais (ainsi que le vieil irlandais); l'écossais; le mannois.

-1500         Écriture chinoise. Après les écritures sumérienne et égyptienne, l'écriture chinoise est la troisième écriture importante à avoir découpé les messages en mots. Mais elle n'a pas évolué comme les deux autres, car, à la différence de tous les systèmes d'écriture, qui sont parvenus, à des degrés divers, à exprimer la pensée par la transcription du langage oral, l'écriture chinoise note une langue conçue en vue de l'expression écrite exclusivement, et appelée pour cette raison "langue graphique".

-1500         Construction du palais de Cnossos en Crète. Cnossos ou Knossos fut la capitale de la Crète lors de la période minoenne. La cité abritait le palais de Minos, le plus important des palais minoens et sans doute le plus connu des sites crétois depuis sa découverte en 1878. Le palais de Cnossos, l'âge de Bronze en Crète est divisé en trois périodes : le Bronze ancien dit Minoen ancien ou Pré-palatial. (-2700) Ensuite le Bronze moyen dit Minoen moyen ou Proto-palatial. (-2000) Et enfin le Bronze récent dit Minoen récent ou Néo-palatial. (-1700) Le palais de Cnossos découvert par Sir Arthur Evans (1851-1941) en 1905 est le dernier des palais qui date du Minoen récent et qui fut détruit en –1375 ce qui mit fin à l'existence du système palatial en Crète suite à l'invasion des Mycéniens dans l'île. Les palais sont les symboles de la grande influence de la Crète sur la méditerranée, on retrouve ainsi des vases fabriqués à Cnossos et des fragments de linéaire A en Syrie, en Égypte, à Cythère, à Rhodes, dans les Cyclades et sur toutes les routes maritimes égéennes. La Crète disposait d'une flotte importante qui servait aussi bien pour le commerce que pour la protection de l'île et c'est pour cela que les palais ne sont pas fortifiés. Ce palais est le signe de la grande floraison palatiale de Cnossos, ville dont l'influence politico-culturelle dominait toute l'île.

-1500         en Égypte - Vallée des Rois et vallée des Reines, tombeaux royaux. La vallée des Rois est une région d'Égypte située sur la rive occidentale du Nil à la hauteur de Thèbes (aujourd'hui la ville moderne de Louxor). La vallée est formée d'une faille dans la chaîne libyque qui débouche sur la vallée du Nil. Elle est connue pour abriter les tombes (hypogées) de nombreux pharaons du Nouvel Empire. La plus ancienne tombe connue sur le site est celle de Thoutmosis Ier et, à partir de Thoutmosis III, à l'exception d'Akhénaton, tous les pharaons des XVIIIe, XIXe et XXe dynasties y seront enterrés (approximativement de 1539 à 1075 avant l'ère chrétienne). La dernière tombe connue étant celle de Ramsès XI. La vallée des Rois abrite également les tombeaux de certaines épouses et enfants de pharaons, ainsi que celles de nobles dont les pharaons ont voulu récompenser la valeur.

-1493         à -1490 - en Égypte - Règne de Thoutmosis II. Thoutmosis II (mort en -1479) a été le quatrième Pharaon de la XVIIIe dynastie d'Égypte (période du Nouvel Empire), de -1492 à -1479.

-1490         à -1468 - en Égypte - Règne de la reine Hatshepsout. Régente au nom de Thoutmosis III, elle exerce en fait un pouvoir sans limites jusqu'à sa mort. Construction du temple de Deir-el-Bahari. Expédition vers le pays de Pount - sans doute les côtes d'Erythrée. Les tombes des souverains sont aménagées dans la Vallée des Rois, dans la montagne thébaine. Hatshepsout prend le pouvoir. Épouse de son demi-frère Thoutmosis II, Hatshepsout assure la régence de l'Égypte. Son époux mourra prématurément, laissant le trône à son gendre, Thoutmosis III. Considérant le nouveau souverain comme trop jeune, la reine s'arrogera les pouvoirs et se fera proclamer pharaon. Elle règnera sur une terre prospère et influente et édifiera le vaste temple funéraire de Deir el-Bahari. Hatchepsout est la fille de Thoutmôsis Ier et de la Grande épouse royale Ahmès (fille d'Amenhotep Ier et de la reine Ahmès-Néfertary). Son demi-frère, Thoutmôsis II, qu'elle avait épousé pour assurer la légitimité de ce dernier, monte sur le trône après le décès de son père ; mais, sans doute d'une santé fragile, il disparaît jeune. Manéthon l'appelle Amessis ou Amensis.

-1490         à -1436 - en Égypte - Règne de Thoutmosis III, fils d'Hatshepsout et de Thoutmosis II. À l'issue de dix-sept campagnes victorieuses, il impose son protectorat à la Palestine, la Syrie et la Phénicie. Thoutmosis III prend le pouvoir des Deux Terres. Thoutmosis III monte sur le trône. Sa belle-mère Hatshepsout, qui exerçait déjà son autorité sur le pays, usurpe le pouvoir. Lorsqu'elle mourra, Thoutmosis III anéantira toute trace artistique de son règne et se lancera dans une conquête militaire remarquable. Il s'emparera de la Syrie et de la Palestine avant de dominer la Nubie. Des siècles plus tard, sa tombe sera mise au jour à Deir el-Bahari et ses constructions au temple de Karnak perdureront. Thoutmosis III est le cinquième pharaon de la XVIIIe dynastie. Il régna pendant 53 ans, de -1478 à -1426, d'abord en corégence avec la veuve de son père, Hatchepsout, puis seul à partir de la 22ème année de son règne.

-1450         à -1200 - en Grèce - Période postpalatiale : La culture minoenne décline rapidement. Chute de Cnossos. Les Mycéniens envahissent la Crète.

-1450         Écriture crétoise, linéaire B. Le linéaire B était un syllabaire utilisé pour l'écriture du mycénien, une forme archaïque du grec ancien. Il se compose de 90 signes. Les nombres sont décimaux, les poids et mesures sont d'inspiration babylonienne. Elle apparaît en Crète à Cnossos aux environs de -1375. Il y a été découvert, avec le linéaire A, en 1900 par Sir Arthur Evans sur des tablettes d'argile cuites accidentellement par un incendie. Des tablettes ont également été retrouvées à Pylos, Mycènes, Thèbes et Tirynthe. Le linéaire B se trouve également sur des vases, trouvés à Éleusis, Kreusis, Orchomène, Chania et au Ménélaion, à Thérapné. Les styles d'écriture permettent d'identifier une centaine de scribes différents à Cnossos, et une cinquantaine à Pylos.

-1436         à -1412 en Égypte - Règne d'Aménophis II. Aménophis II est pharaon de la XVIIIe dynastie (Nouvel Empire). Il est le fils de son prédécesseur, Thoutmosis III et de la reine Hatasou.

-1412         à -1402 - en Égypte - Règne de Thoutmosis IV. Le mariage du pharaon avec la fille du roi mitannien Artatama Ier ouvre la période d'alliance avec le royaume indo-européen établi au nord de la Mésopotamie. Thoutmosis IV est le huitième pharaon de la XVIIIe dynastie (Nouvel Empire). Il est le fils de son prédécesseur, Aménophis II. Manéthon lui attribut un règne de 9 ans, ce que confirment les monuments retrouvés qui n'excèdent pas l'an 9. Mitanni était un royaume au nord de la Syrie actuelle. Le nom fut utilisé plus tard pour désigner la région entre les rivières Khabur et Euphrate à l'époque néo-assyrienne. Mitanni était un état féodal dirigé par une noblesse d'origine guerrière. La population était composée de Hourrites (indigène) et d'Amurru (peuple parlant l'Amorrite). Le royaume de Mitanni s'étendait, à l'est, de Nuzi (aujourd'hui Kirkouk en Iraq) et du Tigre, jusqu'à Alep et à la région Nuhashshe (au milieu de la Syrie) à l'ouest. Son centre était la vallée Khabur, avec deux capitales : Taidu (ou Taite) et Washshukanni, appellée Ushshukana dans les textes assyriens (Vasu-khani qui voulait dire "mine de richesse" en Sanskrit, mais pourrait venir du Louvite vasu "good"). La région permettait l'agriculture sans irrigation artificielle, l'élevage du bétail, des moutons et des chèvres. Le climat était très similaire à celui de l'Assyrie.

-1408         à -1364 - en Égypte - Règne d'Aménophis III. Construction du temple d'Amon Rê à Louxor et du temple de Montou à Karnak. Aménophis III (Amenhotep III) fut le neuvième pharaon de la XVIIIe dynastie (période du Nouvel Empire). Il régna durant 38 ans, de -1408 à vers -1370. Son père était le Pharaon Thoutmosis IV. Il prit sa place à sa mort en -1408. Son fils Aménophis IV (Akhénaton), qu'il a eu avec la reine Tiyi, lui succédera aux environs de -1375.

-1408         Aménophis III bâti Louxor. Aménophis III prend le pouvoir des Deux Terres et édifie le temple de Louxor. Plusieurs statues de sphinx veillent sur le chemin qui le relie au vaste temple d'Amon, à Karnak. Il fera également ériger devant son temple funéraire les impressionnants colosses de Memnon, qui traverseront les siècles sans trop de dommages.

-1400         1ère alphabet ougaritique (elle fut découverte dans les fouilles archéologiques de Ras Shamra en Syrie, aux alentours de 1930. Bien que l'écriture soit de type cunéiforme, elle note de manière alphabétique la langue sémitique dite proto-phénicien). Ougarit est une ancienne cité du Levant, l'actuelle Ras Shamra (la colline du fenouil), près de Lattaquié dans l'actuelle Syrie. Cette capitale de l'ancien royaume éponyme est située au croisement et au débouché d'une route qui joint la Méditerranée au bassin mésopotamien, à la jonction de l'Empire hittite au Nord et de la sphère d'influence égyptienne au Sud et dont l'apogée se situe au tournant du IIe millénaire avant J.-C. Alphabet ougaritique, alors que la plupart des tablettes sont écrites en cunéiforme syllabique notant la langue akkadienne (langue sémitique) ou hittite (langue indo-européenne), quelques-unes le sont dans une nouvelle écriture cunéiforme, dite "alphabet ougaritique", servant à noter une langue sémitique cananéenne (ainsi que des textes hourrites). Cette écriture est en fait, historiquement, le premier abjad (alphabet écrivant surtout les consonnes). Il atteste pour la première fois de l'ordre des lettres encore utilisé de nos jours dans la plupart des alphabets modernes (alphabet latin, alphabet grec, alphabet étrusque mais aussi alphabets sémitiques comme les alphabets phénicien et hébreu), l'ordre dit "levantin".

-1400         Louqsor et Karnak: début de la construction des temples. Louxor (ou Louqsor) est une ville située sur la rive droite du Nil, en Haute-Égypte. Il s'agit de l'antique cité égyptienne de Thèbes. Le Temple de Louxor est un temple égyptien construit à Thèbes sous la XVIIIe dynastie. Il n'en reste aujourd'hui que le grand pylône et des colonnades. La construction du temple fut commandé par Aménophis III à son architecte Amenhotep. Délaissé durant le règne du pharaon réformateur Akhénaton, les travaux seront repris sous Toutankhamon et usurpés par Horemheb. Ramsès II fera ajouter le grand pylône, deux obélisques, et une nouvelle salle hypostyle. Les pharaons nubiens du VIIIe siècle av. J.-C. lui ajouteront le mur d'enceinte. Dans sa version finale, il faisait 260 mètres de longueur pour environ 50 mètres de largeur. Karnak est le nom arabe d'un village égyptien proche de l'antique cité de Thèbes. Il est situé à 3 km au nord du temple de Louxor, près des rives du Nil. Il est connu pour abriter le plus important centre religieux de l'Égypte antique, le temple de Karnak.

-1400         Porte des Lions et double rempart autour de la capitale Hattusa. Hattusa, aujourd'hui Bogazkale en Turquie, fut la capitale de l'empire hittite. Située en Anatolie, sur une boucle du fleuve Halys, elle succéda à Nesa sous le règne de Labarnas II qui prit le nom de Hattushili Ier pour marquer l'événement, vers 1650 av. J.-C..

-1364         à -1347 - en Égypte - Règne d'Aménophis IV-Akhénaton. Marié à la princesse mitannienne Néfertiti, il tente d'imposer une révolution religieuse monothéiste fondée sur le culte d'Aton. Il se heurte pour cette raison au clergé d'Amon et installe une nouvelle capitale à Tell-el-Amarna où un art naturaliste d'un style nouveau supplante les modèles traditionnels. = période amarnienne (de la ville d'Amarna). Akhénaton est un pharaon de la XVIIIe dynastie (Nouvel Empire égyptien). Fils d'Aménophis III et de la reine Tiyi, il a imposé la première religion monothéiste connue de l'histoire, le culte du disque solaire Aton. Aton est un dieu éphémère de la mythologie égyptienne du Nouvel Empire. Amenophis III (le bâtisseur) donna à Aton un rôle prédominant durant son règne. Mais c'est son fils, Amenophis IV, qui fera de la personnification du disque solaire, Aton, le dieu unique de l'Égypte. Amenophis IV prendra le nom de Akhénaton (celui qui est utile à Aton) et construira pour lui une nouvelle capitale : Akhetaton, l'Horizon d'Aton, (Tell el-Amarna en arabe). Amon (Le caché) est un dieu de la mythologie égyptienne. Époux de Mout et père du dieu Khonsou dans la triade thébaine, Amon est un dieu presque inconnu dans les périodes reculées de l'histoire de l'Égypte pharaonique. Il prendra une place de plus en plus prépondérante à mesure que les princes de Thèbes vont gagner en pouvoir. C'est à partir de la XIe dynastie, qu'il commence à s'imposer et la montée aux pouvoirs des Amenemhat sera déterminante pour le rôle joué par Amon, le dieu des dieux, le véritable Jupiter égyptien. Pendant le Nouvel Empire, Amon devient le dieu dynastique, universel et créateur de l'Égypte, grâce à la victoire des Thébains sur les envahisseurs Hyksôs. Il est alors associé à Rê, dieu Soleil d'Héliopolis et devient le dieu cosmique Amon-Rê.

-1364         Aménophis IV, vers le monothéisme. Aménophis IV règne sur l'Égypte et bouleverse les croyances religieuses pratiquées jusqu'alors. En compagnie de sa belle Néfertiti, il interdira le culte du Dieu Amon afin que chacun se consacre exclusivement au Dieu soleil, Aton. Thèbes étant la capitale des pharaons et des prêtres d'Amon, il la transfèrera à Tell al-Amarna et prendra le nom d'Akhenaton.

-1360         Buste de Néfertiti. Néfertiti était une grande reine de la XVIIIe dynastie d'Égypte antique, grande épouse royale d'Akhénaton et mère de ses filles. Son nom égyptien, nfrt. y, se traduit généralement en "la belle est venue". Sa beauté est légendaire, mais derrière son image sublime, il semble que son rôle politique et religieux soit important dans le déroulement de l'expérience amarnienne.

-1352         Néfertiti disparaît. Alors qu'elle régnait étroitement avec son époux, Akhenaton, Néfertiti quitte le pouvoir mystérieusement. Maintes fois représentée dans l'art égyptien, cette reine à la beauté époustouflante ne sera désormais plus jamais citée et sa tombe ne sera jamais découverte. Des millénaires plus tard, les spécialistes s'interrogeront encore sur cette disparition. Certains penseront qu'elle s'est simplement recluse dans un temple et d'autres qu'elle est morte subitement.

-1347         en Égypte - Le règne éphémère de Semenkhkaré marque la fin de "l'hérésie" amarnienne. Smenkhkarê, Fils d'Akhénaton ou d'Aménophis III, Smenkhkarê est considéré comme un pharaon mineur de la XVIIIe dynastie (Nouvel Empire). On connaît peu de choses sur lui car son règne fut très court, allant de un à deux ans et demi selon les sources.

-1347         à -1338 - en Égypte - Règne de Toutankhamon. Restauration du culte d'Amon. Abandon de Tell-el-Amarna. Thèbes redevient capitale. Le trésor funéraire du pharaon révèle l'apogée alors atteint par l'art égyptien. Toutânkhaton (son nom de naissance) serait né à Thèbes ou à Amarna où il grandit. Son nom signifie "L'image vivante du dieu Aton", c'est-à-dire une réincarnation terrestre d'Aton. Il grandit dans le cercle de la famille royale, et peut-être était-il le frère du roi Smenkhkarê, un prince thébain (si ce n'est pas Néfertiti) ou le neveu ou un cousin d'Akhénaton. Ses origines restent cependant obscures car durant le règne de Horemheb, son nom et celui des souverains amarniens précédents sont effacés.

-1347         Le règne du jeune Toutankhamon. Toutankhamon entre dans la lignée des pharaons égyptiens. Très jeune, il n'est pas en mesure d'exercer le pouvoir, ce qui profite au général Horemheb. Ce dernier poussera le Roi à restaurer le culte d'Amon et à réintégrer la capitale de Thèbes. Toutankhamon épousera sa soeur et mourra prématurément sans héritier. Son règne est insignifiant pour l'époque mais lorsque Howard Carter découvrira son tombeau en 1922, son nom se gravera dans toutes les mémoires.

-1340         Toutankhamon est enterré dans la vallée des Rois.

-1337         à -1333 en Égypte - Règne de Ay qui, co-régent sous le règne de Toutankhamon, a épousé sa veuve. Ay est l'un des derniers pharaons de la XVIIIe dynastie (Nouvel Empire) égyptienne (~1326 ~1323).

-1333         à -1306 - en Égypte - Règne de Horemheb, un général qui rétablit l'ordre après la période de confusion qui a suivi la révolution amarnienne. Horemheb "Horus en fête" (-1340 à -1314), ancien général et ami d'Akhénaton. Ce souverain, comme Ramsès II plus tard, tente de faire disparaître toute trace de l'époque "monothéiste". Il renie son ancienne religion atonienne et tente d'en effacer les traces.

-1306         à -1186 - en Égypte - XIXe dynastie. XIXe dynastie égyptienne, c'est le fils de Ramsès Ier, Séthi Ier qui sera le fondateur officiel de la XIXe dynastie pharaonique. Il va installer sa capitale à Tanis, dans le Delta du Nil, construite avec les restes d'Avaris, capitale des Hyksôs. Il reprend le cours de l'expansion avec des campagnes, en Libye et au Levant. Ramsès II règne de 1290 à 1224 avant l'ère chrétienne. Il va rendre à l'Égypte une position dominante. Il se fait à plusieurs reprises représenter combattant en personne sur son char. Après avoir contenu les Hittites, il signe un traité d'alliance et épouse une princesse hittite pour faire face aux Assyriens. Il fait édifier de nombreux bâtiments à Thèbes (Louxor et Karnak). Le successeur de Ramsès II est Mineptah. Il va devoir faire face à des envahisseurs indo-européens parmi lesquels des Aquaiwasha ou Achéens (Grecs). C'est aussi de son règne que date l'époque de l'exode des Hébreux.

-1306         à -1304 - en Égypte - Règne de Ramsès Ier, un ancien compagnon d'armes d'Horemheb, fondateur de la dynastie. Ramsès Ier a été le pharaon de l'Égypte antique, fondateur de la XIXe dynastie.

-1304         à -1290 - en Égypte - Règne de Séthi Ier. Construction de son temple à Abydos. Construction à Karnak de la grande salle hypostyle du temple d'Amon-Rê. Séthi Ier a été un Pharaon d'Égypte, qui régna de -1291 à -1278. Fils du Pharaon Ramsès Ier, il fut le père du Pharaon Ramsès II.

-1304         Début du règne de Séthi Ier. Séthi Ier prend le pouvoir et lance des expéditions militaires au Proche-Orient. Il s'emparera de la Palestine et combattra les Hittites. Il laissera dans son sillage le vaste temple d'Abydos ainsi qu'un remarquable tombeau dans la Vallée des Rois. Sa sépulture sera d'ailleurs la toute première découverte archéologique de la Vallée.

-1290         à -1224 - en Égypte - Règne de Ramsès II. Il livre aux Hittites du roi Muwatalli, la bataille indécise de Qadesh que la propagande royale présentera ensuite comme une grande victoire. Le traité conclu ensuite avec les Hittites prévoit le mariage du pharaon avec la fille du roi Hattusil III. Le règne est marqué par de nombreuses campagnes victorieuses en Syrie et en Phénicie. C'est sous Ramsès II que sont construits le Ramesseum et les sanctuaires d'Abou Simbel édifiés au nom du roi et de son épouse Nefertari. Ramsès II, aussi appelé "Ramsès le Grand", était un pharaon d'Égypte. Ramsès II est né aux alentours de 1320 av. J.-C. et son long règne dura de 1290 jusqu'à sa mort en 1224 av. J.-C, soit 66 ans. Il est le fils de Séthi Ier et le petit-fils de Ramsès Ier et fait partie de la XIXe dynastie manéthonienne. Il a lutté contre les Hittites et construit un série de temples en Nubie dont les plus célèbres sont ceux d'Abou Simbel.

-1280         Ramsès II commence la construction du temple d'Abou Simbel. Ramsès II ordonne la construction des temples d'Abou Simbel, dans la vallée du Nil. Creusés directement dans le grès de la falaise, les deux monuments symbolisent le règne sacré du couple royal. Ramsès édifie le plus petit d'entre eux en hommage à son épouse favorite et à la déesse Hathor. À cinquante mètres, le grand temple, gardé par quatre colosses à l'effigie du souverain, est dédié aux dieux Amon, Rê et Ptah. Il fait ériger au fond du temple les statues des trois dieux et la sienne qui le divinise. Le grand temple est conçu de manière à toujours laisser la statue de Ptah, dieu des morts, dans l'obscurité. Ce trésor architectural traversera les siècles et sera entièrement démonté blocs par blocs, puis rebâti à l'identique plus loin lors de la construction du barrage d'Assouan. Abou Simbel, en Égypte, à environ soixante-dix kilomètres de la deuxième cataracte du Nil se trouve le temple d'Abou Simbel. Sauvé de l'inondation par l'UNESCO, le chef d'oeuvre nubien de Ramsès II, situé à l'origine sur les collines sacrées de Méha et d'Ibshek, a été démonté entièrement et reconstruit sur une colline factice à l'abri de monté des eaux du lac Nasser.

-1274         La bataille de Qadesh. Monté sur le trône quelques années plus tôt, le jeune Ramsès II livre une bataille mémorable à Qadesh, contre les envahisseurs hittites. Il souhaitait ainsi récupérer les terres d'Afrique et d'Asie Mineure. Au lendemain de l'affrontement, il fera sculpter les différentes scènes de sa victoire sur les murs de son temple d'Abou Simbel. Ces fresques montrent le souverain du haut de son char, exterminant à lui seul des centaines de Hittites enragés. Il signera finalement un traité de paix avec le roi hittite et épousera l'une de ses filles pour sceller leurs accords. Qadesh est une ville de la Syrie antique. Elle correspond au site actuel de Tell Nebi Mend, situé dans la vallée de l'Oronte, à 24 km au sud-ouest d'Homs. On écrit aussi Kadesh. Elle fut le lieu de batailles dont la plus célèbre eut lieu aux environs de 1274 avant l'ère chrétienne et qui opposa deux grandes puissances de l'époque : les armées de l'empire hittite menées par Muwattali et de l'Égypte ramesside menées par Ramsès II lui-même. La bataille de Qadesh est une bataille qui eut lieu aux environs de 1274 avant notre ère et qui opposa les deux plus grandes puissances du Proche-Orient : l'empire hittite, dont le centre était en Anatolie, et l'Égypte ramesside. C'est durant la quatrième année de son règne (vers 1275 avant notre ère) que Ramsès II entame son rêve de reconquête des territoires soumis par son illustre ancêtre Thoutmosis III et perdus lors du règne du pharaon réformateur Akhénaton. La forteresse de Qadesh est l'un des symboles de la présence hittite au Proche-Orient et malgré sa réputation d'être imprenable, elle est l'objectif final de la campagne qui s'engage.

-1250         Des Israélites nomades de Palestine, sous l'effet d'une famine, migrent vers l'Égypte où ils sont traités en esclaves. Moïse s'est alors levé pour qu'ils retournent rejoindre leurs frères. Il s'était longtemps réfugié au nord de la mer Rouge et y avait appris l'existence d'un dieu qui portait le nom de Yahvé. Impressionné, il retourne en Égypte annoncer sa découverte. Moïse invente le dieu unique, brisant le polythéisme (plusieurs dieux) et l'anthropomorphisme (représentation humaine) de l'époque. Il interdit les offrandes et les sacrifices. Yahvé n'a besoin de rien. On ne s'attache à Lui qu'en obéissant à ses volontés. Il faut tout consacrer à une conduite droite, en conformité avec un code éthique et social. Moïse n'a pas enseigné le monothéisme, idée trop difficile à faire admettre d'emblée, mais l'hénothéisme (divers dieux, un seul prioritaire). Moïse est un personnage clef de la Torah et de l'Ancien Testament. C'est lui qui, inspiré par Dieu, aurait écrit le Pentateuque (les cinq premiers livres de la Bible) et aurait raconté sa propre histoire dans le livre de l'Exode, le Lévitique, le livre des Nombres et le Deutéronome. C'est en quelque sorte le premier prophète puisque "l'ange de l'Éternel lui apparut au milieu d'un buisson alors qu'il faisait paître les moutons de son beau père". Cette page se base sur les informations contenues dans la Bible et la Torah, mais Moïse est également cité dans le Coran sous le nom de Moussa comme prophète et messager d'Allah.

-1225         Au printemps, les Bénê-Israël, sous la direction de Josué, franchissent le Jourdain, pénètrent en Cisjordanie, occupent Jéricho (épisode des trompettes qui font s'écrouler les murs de la ville), puis Aï (alors déjà ruinée) et Béthel (effectivement brûlée à l'époque). A leur approche, les notables de la tétrapole gabaonite (villes de Gabaôn, Kesphira, Béérôt et Qityat-Yearîm) proposent une alliance aux Israélites. Josué accepte, en leur accordant un statut de vassaux. Cette alliance menace directement Jérusalem, dont le roi (Adonisédeq ?) réagit en provoquant une coalition des rois cananéens de la Shephélah. La contre-attaque est repoussée par Josué à la bataille de la montée de Beth-Horon. Les cinq rois coalisés sont empalés. Les Israélites se tournent ensuite vers le nord et occupent la montagne d'Ephraïm. Ils se heurtent alors au groupe des benê-Jacob, installé au nord-est de Sichem. La rencontre aboutit à une alliance : chaque groupe conserve son territoire (nahalâh) et son autonomie. Une confédération religieuse se forme sous l'égide des fils d'Israël. Josué promulgue un ensemble de règles, le Décalogue, qui forme la constitution de la confédération. A partir de la montagne d'Ephraïm, certaines tribus avancent vers le Nord et prennent une partie de la Galilée jusqu'à Galaad. La tribu de Juda, rejoint par celle de Gédéon, traverse le Jourdain au Nord de Jéricho. Juda prend Jérusalem, puis l'abandonne et la ville tombe aux mains des Jébuséens. Au Nord, parallèlement à la victoire de Josué à la montée de Beth-Horon, deux groupes hébreux de Galilée, Nephtali et Zabulon battent le roi Cananéen de Hazor, Yabin, à la bataille des eaux de Mérom. Ils prennent et brûlent la ville d'Hazor. Le peuple d'Israël serait issu de la fusion de deux groupes, la tribu dirigée par Moïse originaire du sud de Canaan et d'un groupe d'origine araméenne venu du nord (Harran). Le groupe de Canaan, venu d'Égypte sous la direction de Josué, impose à l'autre son dieu, Yahvé, et sa religion. Ils s'établissent en Cisjordanie centrale, dans une région peu peuplée au nord de Jérusalem. Peu nombreux au départ (quelques milliers ?), ce peuple se développe par accroissement démographique et en faisant alliance avec des groupes de la Transjordanie et de Galilée. Josué est un personnage biblique du livre de l'Exode et surtout du livre de Josué dont les textes appartiennent au Tanakh des Israélites et à l'Ancien Testament des Chrétiens. Josué est le successeur de Moïse dans la conduite du peuple juif vers la Terre Promise. Il mène la conquête du pays de Canaan puis installe les tribus d'Israël.

-1224         à -1204 - en Égypte - Règne de Mérenptah qui doit faire face à la menace nouvelle que constituent alors les "Peuples de la Mer". Mérenptah, fils de Ramsès II, il est probable qu'il soit le pharaon opposé à Moïse lors de l'Exode.

-1204         à -1194 - en Égypte - Règne de Séthi II qui renverse Mérenptah et épouse sa veuve. Séthi II, fils aîné de Mérenptah, Séthi-Mérenptah, succéda à son père. Ses six ans de règne (-1201 à -1196) furent très troublés car un an après son couronnement, un usurpateur, Amenmes, prit le pouvoir pendant un épisode de 4 ans (-1200 à -1197) assez mystérieux ; après cette parenthèse Séthi II revint aux affaires et régna encore un an.

-1200         à -600 - Art Assyrien (Influencé à ses débuts par les cultures sumérienne, babylonienne puis mitannienne, l'art assyrien s'affirme seulement à partir du Ixe siècle, au moment où l'Assyrie, en quête d'un empire universel, s'impose comme la grande puissance proche-orientale. Dès lors, collant à l'idéologie guerrière des rois, il exprime leur prétention à la grandeur et traduit leur amour de la gloire).

-1200         Les Olmèques, peuple de la région côtière du golfe du Mexique, forment la plus ancienne civilisation en Méso-Amérique. Les Olmèques, la culture olmèque demeure inconnue jusqu'à la deuxième moitié du XIXe siècle. Les spécialistes s'accordent pour fixer les débuts de l'olmécologie en 1862 avec la découverte fortuite de la première tête colossale à Hueyapan (Veracruz) par José Maria Melgar y Serrano. Aujourd'hui, selon l'école française promue par Christine Niederberger et reprise notamment par Caterina Magni, la culture olmèque apparaît comme un ensemble multi-ethnique et pluri-linguistique qui s'étend à partir de 1200 avant J. C. jusqu'à 500 avant J. C. sur une vaste partie de la Méso-Amérique. Sa présence est attestée à des niveaux d'occupation anciens sur la Côte du Golfe, dans le Bassin de Mexico et le long de la côte Pacifique dans les États du Guerrero, Oaxaca et Chiapas. Au-delà des frontières mexicaines, on recense des vestiges olmèques jusqu'au sud du Costa Rica. Parmi les sites majeurs, on peut citer : San Lorenzo (Veracruz), La Venta (Tabasco), Chalcatzingo (Morelos), Teopantecuanitlan (Guerrero) et Abaj Takalik (ou Takalik Abaj) au Guatemala.

-1200         en Grèce - Début de l'invasion dorienne entraînant une crise de la civilisation mycénienne. Les Doriens, la tradition historique désigne ainsi le peuple qui aurait envahit la Grèce au détriment des Achéens. Ils naissent d'un mythe politique au temps de la guerre du Péloponnèse. Les Anciens distinguaient les tribus (phylai) ioniennes et les tribus doriennes. Les tribus doriennes se retrouvaient surtout dans le Péloponnèse, en Crète et dans certaines îles tandis que les tribus ioniennes comprenaient les Athéniens, la majeure partie des îles de l'Egée et les cités des côtes de l'Asie Mineure. Les différences entre Doriens et Achéens sont peu marquées mais deux usages nouveaux se répandirent, lentement et incomplètement, cependant à partir de l'époque supposée de leur arrivée : la métallurgie du fer et la pratique de l'incinération des défunts. La métallurgie du fer se propage en Grèce le long des routes qui ont contribuées à l'invasion dorienne. Ioniens, Peuple indo-européen venu du Nord, et qui envahit la Grèce au début du IIème millénaire. Considérés comme les premiers Grecs, ils sont refoulés par les Doriens en Attique et dans le nord du Péloponnèse, où ils se fixent en Béotie et fusionnent avec les Pélasges. Puis ils gagnent l'Eubée, les Cyclades, et colonisent la côte lydienne de l'Asie Mineure, qui devient ainsi l'Ionie. La plus grande partie de la littérature grecque est écrite en dialecte ionien. Athènes est la métropole du monde ionien. La Lydie est un ancien pays d'Asie mineure, situé sur la mer Égée et dont la capitale était Sardes. Elle était connue par Homère sous le nom de Méonie. La Lydie est évoquée dans les légendes d'Hercule et Omphale, ou de Tantale et Pélops (ancêtres des Atrides). Un roi connu de Lydie: Crésus.

-1194         à -1188 - en Égypte - Règne de Siptah. Siptah, fils de Séthi II régna de 1194 à 1188 av JC. Sa belle mère Taousert devint régente à cause de son jeune âge.

-1190         Après un siège de dix ans, la ville de Troie tombe aux mains des Grecs. (elle nous est connue uniquement par des poèmes épiques qui n'ont pas été composés à la même époque que la guerre mais beaucoup plus tard, pour célébrer les exploits des héros du passé et aider à former la conscience collective des auditeurs aux vertus de courage et d'entreprise. Ce sont, chez les Grecs, l'Iliade (la guerre elle-même) et l'Odyssée (le retour d'Ulysse, Odysseus en grec), dues à un poète nommé Homère et, chez les Latins, une partie de l'Enéide (livre II) due à Virgile, et qui raconte la chute de Troie). La guerre de Troie est un événement légendaire, élément essentiel de la culture grecque antique. Il a donné lieu à de nombreuses oeuvres artistiques, littéraires notamment. Une partie en est racontée dans l'Iliade d'Homère ; le poème porte ce nom car le nom grec de la ville de Troie est Ilion : il s'agit de la première épopée écrite en grec et elle a une valeur fondatrice. La guerre de Troie est entreprise suite à l'enlèvement d'Hélène, épouse du roi de Sparte, Ménélas, par le troyen Pâris. En effet, Hélène lui avait été promise par Aphrodite, en remerciement pour le jugement du mont Ida, lui attribuant la pomme d'or. Les rois grecs, descendants de Pélops, se réunissent alors. Liés entre eux par le serment de Tyndare, ils décident de mener la guerre contre Troie avec un contingent très important. Après avoir vainement assiégé Troie pendant dix ans, les Grecs ont l'idée d'une ruse pour prendre la ville : Épéios construit un cheval géant en bois creux, dans lequel se cache un groupe de soldats menés par Ulysse ; l'animal est ensuite abandonné comme offrande aux dieux alors que le reste de l'armée grecque fait mine de partir. Un espion grec, Sinon, réussit à convaincre les Troyens d'accepter l'offrande, malgré les avertissements de Laocoon et de Cassandre. La cité fait alors une grande fête, et lorsque les Grecs sortent du cheval, les habitants sont pris par la torpeur de l'alcool. Les Grecs ouvrent alors les portes, permettant au reste de l'armée d'entrer et de piller la ville : tous les hommes sont tués, les femmes et les enfants emmenés comme esclaves. Hélène est un personnage de la mythologie grecque, enjeu majeur de la guerre de Troie. Elle fut l'objet d'un culte héroïque important dans la ville de Sparte. Ménélas est l'un des héros grecs de la guerre de Troie et le roi de Sparte. Fils d'Atrée, jeune frère d'Agamemnon, il est l'époux d'Hélène, que Pâris enlève vers Troie, entraînant ainsi l'expédition des chefs grecs pour la reprendre. Pâris, dans la mythologie grecque, Pâris est un prince troyen, le second fils du roi Priam et d'Hécube.

-1188         à -1186 - en Égypte - Règne de la reine Taousert, suivi de celui d'un certain Iarsou, usurpateur d'origine palestinienne. Une situation plus ou moins anarchique marque la fin de la XIXe dynastie. Taousert est une femme pharaon dont le nom signifie "la Puissante". Elle est l'épouse de Séthi II. Dernière représentante de la XIXe dynastie, elle laisse la place à Sethnakht.

-1186         à -1070 - en Égypte - XXe dynastie. XXe dynastie égyptienne, la XXe dynastie pharaonique est à nouveau une dynastie "thébaine" dans le sens où la transition avec la XIXe dynastie s'est jouée au coeur de la cité du dieu Amon. Sethnakht, alors général des armées du pays rend le pouvoir évinçant les derniers prétendants au trône de la famille de Ramsès II dont les dernières années avaient particulièrement été troublées. Sans doute l'anarchie menaçait l'équilibre des pouvoirs et déjà de véritables dynasties de courtisans avaient embolisé le fonctionnement de l'état. Les prêtres avaient acquis encore une fois un pouvoir considérable, gérant à leur profit d'immenses terres qui étaient rattachées aux grands domaines divins. Une caste militaire s'était formée avec l'intégration progressive dans cette société impériale, notamment, de mercenaires comme les fameux medjaï déjà enrôlés à la XVIIIe dynastie, mais également les shardanes depuis Ramsès II puis des lybiens à partir de Mérenptah.

-1186         à -1184 - en Égypte - Sethnakht renverse Taousert et fonde la nouvelle dynastie. Sethnakht est un phraon de la XXe dynastie. Père de Ramsès III, il est déjà âgé quand il monte sur le trône d'Égypte.

-1184         à -1153 - en Égypte - Règne de Ramsès III, qui remporte une grande victoire sur les Peuples de la Mer, fait campagne contre les Libyens et rétablit l'autorité égyptienne sur la Palestine (actuelle). Construction de son temple à Médinet Habou. Ramsès III (Ramsès Ousermaâtrê-Méryamon : Né de Râ, la justice de Rê est puissante, apprécié d'Amon) est le dernier grand souverain du Nouvel Empire. Pendant son règne, qui dura un peu plus de trente ans, le souverain n'aura de cesse de lutter contre la corruption qui gangrène le pays ; il devra également repousser les peuples de la mer, des envahisseurs ralliés.

-1153         à -1075 - en Égypte - Fin des Ramessides - règnes des pharaons allant de Ramsès IV à Ramsès XI. Nouvelles périodes de troubles. Ruine de Pi-Ramsès. Le grand prêtre Hérihor prend le pouvoir en Haute-Égypte. C'est la fin du Nouvel Empire. Ramsès IV est le troisième pharaon de la XXe dynastie du Nouvel Empire de l'Égypte antique. Bien qu'on considère généralement que Ramsès IV était le fils de Ramsès III, on n'a pas de certitude permettant d'affirmer qu'il était l'aîné. Il devient pharaon à l'âge de 14 ans, et régna des environs de -1153 à -1146 avant notre ère. Ramsès V fut le cinquième Pharaon de la XXe dynastie d'Égypte antique. Il régna de -1150 à -1145. Ramsès VI, fut le cinquième pharaon de la XXe dynastie d'Égypte antique. Il régna de -1145 à -1137. Ramsès VII, (-1135 à -1128), sixième pharaon de la XXe dynastie, fils de Ramsès VI. Ramsès VIII fut le septième pharaon de la XXe dynastie du Nouvel Empire d'Égypte antique. Il a peut être été le fils de Ramsès III. Il régna, apparemment, moins d'une année et mourut en -1129. Ramsès IX (1126 à 1108, ou vers 1129 à 1111 ou encore 1140 à 1121 av. J.-C.) est le huitième pharaon de la XXe dynastie. Ramsès X est l'un des plus méconnus parmi les pharaons de la XXe dynastie. Ramsès XI est le dixième et dernier pharaon de la XXe dynastie. Il régna environ 27 ans de 1104 jusqu'à sa mort vers l'an 1075 avant notre ère. Il succéda à Ramsès X et précéda Smendès. Ramsès vit la décadence totale de son royaume et de son pouvoir. Le chaos régnait en maître, et le grand prêtre d'Amon, Amenhotep, fut destitué et sa tombe pillée.

-1100         Début de l'Âge de fer.

-1100         L'Âge de fer désigne à l'origine une période de la protohistoire européenne caractérisée par l'usage de la métallurgie du fer. L'invention d'un "Âge de fer" est due au chercheur danois C.J. Thomsen qui eut en 1816 l'intuition de l'emploi successif par l'humanité de la pierre, de bronze et de fer, alors qu'il devait classer les antiquités nationales. Aujourd'hui, il est admis que cette période succède, en Europe et au Proche-Orient, à l'Âge de bronze et précède l'entrée des civilisations concernées dans l'histoire. L'Âge de fer débute vers 1100 av. J.-C dans le monde méditerranéen et vers -800 à 700 av. J.-C dans le nord de l'Europe. Toutefois, comme pour les autres périodes de la préhistoire, les limites chronologiques de l'âge de fer varient considérablement selon l'aire culturelle et selon l'aire géographiques considérées. De plus, certaines civilisations n'ont jamais connu d'Âge de fer tout en connaissant très tôt certaines caractéristiques d'un développement social et/ou technique important. C'est par exemple le cas des civilisations précolombiennes. Aussi, la notion d'Âge de fer ne doit pas s'entendre aujourd'hui comme une notion chronologique ou comme un stade d'évolution, mais simplement comme l'indice d'une technique qui influença durablement et en profondeur certaines sociétés, en particulier en Europe continentale. Notamment, les Achéens (dans la Grèce archaïque), les Celtes (dont les sites de Hallstatt et La Tène servent de référence à la chronologie de l'Âge de fer) ou les Germains entrent parmi les civilisations qui ont connu un Âge de fer. Le fer est un métal qui, en fonction de la température, se présente sous plusieurs formes allotropiques. Dans la nature, les minerais de fer exploitables sont essentiellement des oxydes : notamment l'hématite Fe2O3, la magnétite Fe3O4 et la limonite HFeO2. L'oxyde magnétique ou magnétite Fe3O4 est connu depuis l'Antiquité grecque. Il tire son nom du mont Magnetos (le grand mont), une montagne grecque particulièrement riche en ce minéral.

-1100         Les Phéniciens installent des comptoirs en Tunisie. Grands commerçants maritimes, les Phéniciens fondent le comptoir d'Utique, non loin de Tunis. Durant cette période, ils se sont installés et s'installeront encore sur une grande partie des côtes africaines.

-1080         Sous le règne de Ramsès XI, le clergé d'Amon, devenu une véritable dynastie, prend le pouvoir en Haute-Égypte. C'est la fin du Nouvel Empire. L'Égypte, en déclin. Le grand prêtre d'Amon Hérihor prend le contrôle de Thèbes tandis qu'au nord règne encore Ramsès XI. Il signe alors définitivement l'acte de décès de l'empire uni et rayonnant de Ramsès II. Le pays tombera dans une succession d'invasions qui jamais ne lui donneront la prospérité d'autrefois. Hérihor était Grand prêtre d'Amon à Karnak de -1080 à -1074. Premier roi-prêtre, Manéthon l'appelle Hérihor. Il crée un nouveau système chronologique, la dynastie des Grands prêtres d'Amon à Thèbes, dynastie parallèle aux XXIe et XXIIe dynasties. Quatorze autres Grands prêtres lui succèdent à la tête de cette dynastie.

-1075         à -945 - en Égypte - XXIe dynastie. Troisième période intermédiaire égyptienne. L'Égypte est divisée en deux parties. On voit s'établir en Haute-Égypte un "État du Dieu Amon" contrôlé par des grands prêtres tels que Hérihor et Pinoudjem, qui prennent parfois le titre royal. En Basse-Égypte, les pharaons établissent leur capitale à Tanis. La période est marquée par les règnes de Smendès (-1075 -1044), Psousennès Ier (-1040 -990) et Siamon (-978 -960). Troisième période intermédiaire égyptienne, à la fin de la XXe dynastie, Ramsès XI (1098-1069) a perdu tout pouvoir et le pays se divise : à partir de 1080 environ, Hérihor, grand prêtre d'Amon à Thèbes, devient une sorte de pseudo-pharaon, à Thèbes alors que Ramsès XI dirige le nord du pays. À sa mort, Smendès, un inconnu peut-être apparenté à Hérihor, fonde la XXIe dynastie, qui ne règne que sur la Basse-Égypte, il installe sa capitale dans le Nord-Est du delta, à Tanis. Le clergé d'Amon continue de régner sur la Thébaïde, dans une vassalité toute théorique à l'égard du pharaon. Ainsi se déroule la dynastie. A noter que le seul pharaon digne d'intérêt est Psousennès Ier (vers 1040-993), dont la tombe est la seule a avoir été découverte totalement inviolée. Pendant ce XIe siècle, des tribus libyennes, les "Machaouach", s'infiltrent en Égypte et forment des chefferies dans l'ouest du delta. Vers -950, un pharaon d'origine libyenne, Chechonq Ier, monte sur le trône de Tanis après avoir épousé la fille du dernier pharaon de la XXIe dynastie. Il fonde ce qu'on appellera la XXIIe dynastie, dite dynastie libyenne. Une partie du clergé d'Amon se réfugie alors en Haute Nubie, plus précisément à Napata. Parmi les pharaons de cette dynastie, on citera Osorkon II, connu en particulier grâce à la magnifique "triade" qui figure au musée du Louvre. Vers 818, un autre pharaon libyen fonde la XXIIe dynastie, et installe sa capitale à Bubastis, également située dans la partie est du delta. Ainsi deux pouvoirs se partagent le delta; ils s'ajoutent au pouvoir thébain au sud et à celui de Napata en Haute Nubie, plongeant ainsi le pays dans la division et l'anarchie. Osorkon III (XXIIe dynastie) essaie d'affaiblir le pouvoir du grand prêtre en confiant la charge de "divine adoratrice d'Amon" à une princesse de sang royal pour réconcilier sa dynastie et le clergé : ce sera en vain. Venant du sud cette fois, Piânki, nubien et roi de Napata, conquiert la Haute-Égypte et cherche à s'emparer du delta pour finir la réunification : c'est aussi un échec. À cette époque cohabitent les XXIVe dynastie "libyenne" dans le delta et la XXVe dynastie "kouchite" ou "éthiopienne" dans le sud. Ces guerres intestines, affaiblissent profondément l'Égypte. Les Assyriens en profitent et, en -667, Assurbanipal impose sa suzeraineté aux roitelets égyptiens. C'est hélas le début d'une longue série d'invasions qui se poursuivront, après la fin de la "troisième période intermédiaire", tout au long de la Basse Époque. XXIe dynastie égyptienne, après la fin du règne de Ramsès III, l'Égypte déclina progressivement, un déclin long et profond de son pouvoir et de son influence Les pharaons de la XXIe dynastie d'Égypte dirigaient depuis Tanais et n'avaient de pouvoir qu'au nord du pays, en Basse-Égypte : ce sont les Tanites. Smendès se proclame roi à la mort de Ramsès XI et fonde une nouvelle dynastie dans le Nord du pays. Il est probable qu'il épouse l'une des filles du pharaon défunt pour justifier son appartenance à la maison royale. Il transfère la capitale de Pi-Ramsès à Tanis, ville dans laquelle il sera enterré au terme d'un règne d'un quart de siècle. Amenemnesout, à la mort du pharaon Smendès, le pouvoir sur l'Égypte est réparti entre deux corégents : Néferkarê Amenemnesout, "Amon est le roi", probablement fils de Hérihor, grand prêtre d'Amon et Psousennès qui lui succède. Psousennès est le troisième pharaon de la XXIe dynastie. Aménémopé est un pharaon égyptien de la XXIe dynastie (de Tanis). Il est connu pour son masque retrouvé à Tanis, la capitale de sa dynastie. Osorkon l'ancien, souverain oscur de la XXIe dynastie, Osorkon l'ancien est le premier pharaon d'origine libyenne. Il préfigure la période libyenne de la XXIIe dynastie. Siamon est l'une des figures illustres de la XXIe dynastie même si c'est sous son règne que se produit le dernier grand pillage de la nécropole thébaine qui conduisit le Grand Prêtre d'Amon à ensevelir les momies royales dans la tombe d'Inhâpy. Sous son règne, l'Égypte retrouve une politique extérieure plus dynamique. Les Philistins menaçant le trafic avec la Phénicie, l'Égypte doit intervenir en prenant et ravageant Gezer. Une nouvelle alliance avec le royaume de Jérusalem est consacré par le mariage d'une princesse égyptienne avec le roi Salomon. Psousennès II est le dernier pharaon de la XXIe dynastie. Contrairement à son successeur et à son prédécesseur, il a laissé très peu de traces de son règne.

-1066         à -221 - Chine - dynastie des Zhou. La dynastie Zhou fut la dynastie la plus longue de l'empire chinois, elle dura presque un millénaire. Elle succèda peu avant l'an -1000 à la dynastie Shang qui, d'après les chroniques chinoises, était devenue tyrannique. Son fondateur fut le roi Wu (Wu Wang). Le prédécesseur de celui-ci, qui n'avait eu que le rang de duc, reçut le titre posthume de "roi Wen". La première capitale fut la cité de Hao, sur la rivière Wei, dans l'actuelle province du Shenxi. Après avoir renversé les Shang, Wu Wang essaya d'administrer le pays avec Zhougong, son oncle. Parallèlement, il souhaite mettre par écrit tout le cérémonial de la vie quotidienne et la vie de la cour des Zhou. A la mort du roi Wu, des querelles de successions voient le jour, mais Zhougong organise la régence et stabilise l'Empire.

-1050         Les Phéniciens (Confronté à la rudesse du relief (chaînes du Liban et de l'Anti-Liban), les Phéniciens s'installèrent sur le littoral. Leurs cités furent fondées sur des emplacements toujours dotés d'un port naturel (Ougarit, Byblos, Beyrouth, Sidon) ou sur des îles proches de la côte (Arwad, Tyr). Ces sites, dans la mère patrie, et plus tard dans les colonies (Carthage, Chypre, Sicile...), ont toujours été des points de contacts entre terre et mer). Phénicie, région d'Asie aujourd'hui partagée entre Israël, le Liban et la Syrie. Dans l'antiquité la Phénicie, cernée par de grands empires (Égypte au sud, Hittites au nord et Mésopotamie à l'est, a dû sa survie à sa frontière naturelle ouest, la méditerranée, et les phéniciens, dès le IIIème millénaire, furent de brillants navigateurs et d'actifs commerçants. Ils créèrent des ports et des colonies, dont Carthage, établirent les cités-états de Tyr, Byblos, Sidon, Ougarit) dès -1500 ayant chacune leurs rois et dieux mais unifiées par la langue et surtout par leur écriture alphabétique qui se répandit dans tout le monde méditérranéen. Dominée par les Assyriens, les Babyloniens, puis les Perses, la Phénicie fut ensuite conquise par Alexandre Le Grand avant de devenir une province romaine vers 64 ap. J.C.

-1050         Écriture phénicienne. C'est le premier système d'écriture alphabétique. C'est à dire que chaque mot et décomposé en sons. Il n'est composé que de consonnes. Les langues sémitiques ont cette particularité de ne comporter que peu de voyelles. L'alphabet phénicien a donné sa base à l'alphabet grec qui apportera les voyelles. Il sera également à la base de l'alphabet araméen qui donnera naissance à l'hébreu et à l'arabe. Écriture Phénicienne, contrairement à ce qu'affirmaient les grecs, si les phéniciens n'ont pas inventé le principe de l'alphabet (l'écriture cunéïforme est apparue vers -2500) on peut cependant dire que leur alphabet est l'ancêtre de presque tous les systèmes alphabétiques actuellement en vigueur. L'alphabet phénicien qui comporte 22 signes, pouvait transcrire les principales langues du Proche-orient, raison pour laquelle il a été adopté et adapté par des langues très diverses, qu'elles soient indo-européennes ou sémitiques. Une branche linguistique a donné l'hébreu, puis à partir de l'hébreu, l'araméen; tandis qu'une seconde branche du phénicien est à l'origine du grec, lui-même à l'origine de l'étrusque, qui a donné nos caractères latins. A l'origine, le Phénicien est un système consonantique, chaque signe représentant une consonne précise. Les voyelles n'existent pas car les racines sémitiques sont généralement composées de 3 consonnes et les consonnes étant elle-mêmes très nombreuses, les combinaisons différentes sont extrêmement nombreuses ce qui supprime les risques d'erreur de lecture. L'alphabet phénicien est un ancien alphabet de type abjad utilisé par les Phéniciens pour noter leur langue. Il été emprunté par plusieurs peuples méditerranéens pour donner notamment l'alphabet grec. Il est probable que l'alphabet phénicien soit issu d'un modèle dit alphabet linéaire et utilisé pour noter des idiomes proto-cananéens, lequel proviendrait de simplifications des hiéroglyphes égyptiens. Les plus vieilles inscriptions datent vraisemblablement du XIIIe siècle avant l'ère chrétienne mais on les considère encore comme du linéaire. Au XIe siècle, l'alphabet est parfaitement établi (ce qui permet de poser la date de séparation, somme toute artificielle, de 1050 avant l'ère chrétienne, entre le modèle linéaire et le modèle phénicien). L'alphabet phénicien est un ancien alphabet de type abjad utilisé par les Phéniciens pour noter leur langue. Il a été emprunté par plusieurs peuples méditerranéens pour donner notamment : L'alphabet paléo-hébraïque, dont est issu : L'alphabet samaritain, toujours utilisé par les Samaritains. L'alphabet grec, duquel sont à leur tour issus : l'alphabet étrusque, qui a donné l'alphabet latin ; l'alphabet cyrillique ; l'alphabet gotique ; l'alphabet copte. L'alphabet araméen, duquel sont issus : l'alphabet hébreu ; l'alphabet syriaque ; l'alphabet arabe ; l'alphabet mandéen.

-1004         David roi d'Israël, successeur de Saül, a épousé la fille de Saül. David choisit Jérusalem comme capitale du nouveau royaume. Il y fait déposer l'Arche d'Alliance. David est un personnage de l'Ancien Testament. Son histoire est racontée dans le premier livre de Samuel et sa vie en tant que roi dans le deuxième livre de Samuel et partiellement dans le Premier livre des Rois. Il aurait tué Goliath à coup de fronde. Il eut Abigaïl pour seconde épouse. David devient roi sur tout le peuple d'Israël. A la tête de ses armées, David parvient à vaincre définitivement toutes les nations alentours. En établissant l'influence d'Israël depuis l'Égypte jusqu'à l'Euphrate, David ouvre ainsi une ère de prospérité et de paix pour son peuple. Il fait de Jérusalem la capitale de son royaume et il y installe le coffre sacré qui marque le lieu de la présence de Dieu. Goliath est un personnage de l'Ancien Testament. Ce guerrier n'était pas philistin mais un Rephaïm faisant partie de l'armée des philistin; il est célèbre pour avoir été battu par le jeune David. Le récit apparaît dans le premier livre de Samuel. Arche d'alliance, également appelée l'arche de Jéhovah et l'arche du témoignage, l'arche de l'alliance était un coffre oblong de bois recouvert d'or. C'était le plus ancien et le plus sacré des symboles religieux des Israélites. Le propitiatoire, qui en formait le couvercle, était considéré comme la résidence terrestre de Jéhovah (Exode 25:22). Lorsque le tabernacle fut terminé, l'arche fut mise dans le Saint-des-Saints, le lieu le plus saint de l'édifice (1 Rois 8:1–8). Selon les écrits bibliques, l'Arche d'alliance, également connue sous le nom d'Arche perdue, aurait contenu les tables de la Loi (Dix Commandements) données à Moïse sur le mont Sinaï.

-968         à -928 - Règne de Salomon en Israël fils de David, stabilise le royaume et mène de grands travaux architecturaux: le Temple de Jérusalem (qui sera détruit par Nabuchodonosor II en -587). Salomon a imposé sa justice proverbiale. Après sa mort le pays s'est coupé en deux: royaume du nord ou Israël (Jéroboam) et, royaume du sud ou de Juda (Roboam). Salomon naît des unions du Roi David et de sa femme préférée, Bethsabée, pour laquelle il n'a pas hésité à sacrifier le mari, Urie, en l'envoyant en première ligne. Il fonde le premier Temple de Jérusalem et compose (au moins en partie) le Cantique des cantiques. Le Cantique des cantiques, dit aussi Cantique de Salomon, est un livre de la Bible. Bien qu'inclus dans la Septante, il n'est admis dans le canon biblique qu'au Ier siècle, suite à l'interprétation allégorique d'Akiba, qui voit dans le Cantique des cantiques une déclaration symbolique de l'amour entre Dieu (Jéhovah/YHWH) et son peuple, Israël. Pour cette raison, il est récité lors de Pessah, la Pâque juive. Il fait partie de Ketouvim (autres écrits) dans la Tanakh — la Bible hébraïque — et de l'Ancien Testament pour les chrétiens, qui tous incluent ce livre dans leur canon. Le Temple de Jérusalem est, selon la Torah, le bâtiment religieux construit par les Israélites pour abriter l'arche d'alliance. Il fut détruit et reconstruit plusieurs fois. Le Premier Temple ou Temple de Salomon aurait été construit, d'après la Bible, par le roi Salomon (au Xe siècle av. J.-C.). Il a été entièrement détruit par Nabuchodonosor II en -586. Le Second Temple fut construit au retour de la captivité des Juifs à Babylone, vers -536. Il fut terminé le 12 mars -515. Le Temple d'Hérode fut une extension massive du second Temple, y compris une rénovation du Mont du Temple. Elle fut initiée par Hérode Ier le Grand vers -19. Ce Temple fut détruit par Titus en 70, il n'en reste aujourd'hui comme vestige que le Mur des lamentations.

-945         à -715 - en Égypte - XXIIe dynastie "libyenne". Les souverains sont des chefs militaires d'origine libyenne qui établissent leur capitale à Bubastis. On voit régner successivement Sheshonq Ier (-945 -924), Osorkon Ier (-924 -887), Osorkon II (-862 -833), Takelot II (-833 -814), Sheshonq III (-814 -763), Sheshonq V (-758 -715). La XXIIe dynastie pharaonique est une dynastie d'origine libyenne (berbère) qui gouverna l'Égypte des environs de 945 à 715 avant l'ère chrétienne. Les Libyens, de la tribu des Ma(chaouach) (ou Ma), sont déjà bien implantés dans le Delta lorsque, à la chute de Psousennès II, Sheshonq Ier prend le pouvoir et se fait proclamer pharaon. Les rois de cette dynastie se placeront sous la protection du dieu Amon (visible notamment dans leur titulature avec de nombreux Méry-Amon, "l'aimé d'Amon") et délégueront une partie de leurs pouvoirs aux Grands prêtres d'Amon à Thèbes. Mais ils font également référence au passé glorieux représenté par Ramsès II, car de nombreux rois portent son nom de couronnement, Ousermaâtrê, "puissante est la justice (Maât) de Rê", à commencer par Sheshonq Ier. Ces libyens ne perdront jamais totalement leurs moeurs d'origines : ils installent notamment des fiefs, sortes de chefferies, à travers le delta pour les membres de la famille royale. Le delta s'émiette ainsi jusqu'à ce qu'un membre de la famille fonde une dynastie parallèle, la XXIIIe. Le Pharaon Sheshonq Ier est le fondateur de la XXIIe dynastie, qui occupe le pouvoir jusque vers -715. Il accède au trône après avoir épousé la fille du dernier pharaon de la XXIe dynastie, Psousennès II. Il était auparavant "le chef des Ma(chaouach)", une des tribus libyennes (proches des berbères) installées dans le delta, autour de Bubastis, vers l'an 1000. Osorkon Ier a été pharaon d'Égypte antique de -924 à -889, succédant à Sheshonq Ier. Sheshonq II, vers la fin de son règne Osorkon Ier fait de son fils Sheshonq un grand prêtre d'Amon et son co-régent. Mais peu après son accession au trône Sheshonq II meurt ; son corps retrouvé à Tanis montre qu'il est décédé d'une septicémie dûe à une blessure à la tête. Takélot Ier, il succède à son père Osorkon Ier qui meurt peu après le co-régent Sheshonq II. Osorkon II (874 à 850 av. J.-C.) est un pharaon de la XXIIe dynastie, dont la capitale est à Tanis, dans le nord-est du delta du Nil ; elle est l'une des deux dynasties d'origine libyenne (l'autre est la XXIIIe installée à Bubastis). Takélot II a été le sixième pharaon de la XXIIe dynastie entre -850 et -825. Sheshonq III est un pharaon de la XXIIe dynastie, dite lybienne. Pimay, est un pharaon de la XXIIe dynastie, dite lybienne. Sheshonq V, est un pharaon de la XXIIe dynastie, dite lybienne. Les Berbères sont une ethnie d'Afrique du Nord. Le nom de "berbère" est issu de barbarus, donné par les gréco-romains à tout ce qui n'était pas de coutumes et de civilisation gréco-romaine. Les Romains n'ont jamais réussi à soumettre ces peuples même après la prise de Carthage au Ve siècle, d'où leur nom.

-931         mort du roi Salomon. A la mort de Salomon, son fils Roboam, âgé de 41 ans, se rend à Sichem pour y être proclamé roi d'israël par l'assemblée du peuple. Cette assemblée exige un allégement des charges (corvée, impôts) que Roboam refuse brutalement. Elle proclame alors l'indépendance d'israël et lapide le chef de la corvée. Roboam s'enfuit à Jérusalem tandis que l'assemblée fait appel à Jéroboam, fils de Nebat, réfugié en Égypte et l'acclame roi d'israël. Devant la menace égyptienne, Roboam renonce à intervenir et devient roi de Juda (l'ancienne maison de Juda et la préfecture de Benjamin) avec Jérusalem pour capitale. Jéroboam installe sa capitale à Sichem et institue un temple royal à Dan, au nord et à Béthel, au sud.

-931         Scission du royaume d'Israël, à la mort de Salomon, en deux. Au sud le royaume de Juda, dirigé par Roboam, le fils de Salomon, et au nord le royaume d'Israël, avec l'usurpateur Jéroboam Ier. Règne de Roboam, roi de Juda (fin en -913). Règne de Jéroboam, roi d'Israël (fin en -910).

-923         Les Grecs adoptent l'alphabet phénicien - l'alpabet grecque est le père de nos alphabets occidentaux: tous les alphabets en usage en Europe lui sont apparentés. Les Grecs, même s'ils n'ont pas à proprement parler inventé l'alphabet, ont donc joué un rôle capital dans le développement de la civilisation occidentale.

-900         Naissance de Romulus et Remus, abandonnés sur le Tibre, recueilli et élevés par une louve.

-900         vers - NAISSANCE DE ROME (vers -900 à -753)

-900         Installation des Étrusques en Italie. Étrusques, peuple apparu à la fin du VIIIe siècle av. JC. Ils installèrent leur domination à Rome en -575 avant d'être soumis à l'Empire romain, qui s'empara de la Toscane. Leur influence artistique, religieuse et institutionnelle sur l'Empire romain sera déterminante. Les Étrusques sont un peuple qui vivait en Étrurie, territoire correspondant en gros à l'actuelle Toscane et au nord du Latium, soit le centre de la péninsule italienne, avant la période de la royauté romaine. Leurs voisins Grecs les appelaient Tyrsenoi, c'est-à-dire Tyrrhéniens, mais ils s'appelaient eux-memes Rasna. Leur alphabet d'origine grecque (Alphabet étrusque), légèrement modifié, a donné naissance à l'alphabet latin que vous êtes en train de lire. Le Latium, ou Lazio en italien, est une région d'Italie centrale peuplée d'environ 5 millions d'habitants, et a comme capitale Rome. Elle est délimitée par la Toscane, l'Ombrie, les Abruzzes, la Molise, la Campanie et la mer Tyrrhénienne. Le Latium est habité depuis le IIe millénaire par les Latins qui subissent la domination étrusque. Pour lutter contre celle-ci, ils ont formé la Ligue latine, qui comprenait une trentaine de cités, dont Albe. Au IVe siècle av. J.-C., le Latium fut soumis par Rome et ses habitants devinrent des citoyens romains.

-900         à -200 - Civilisation de Nok (Nigéria). Civilisation Nok, l'extraordinaire civilisation Nok apparaît au Nigeria 6000 ans avant J.C. et s'éteint mystérieusement à la fin du premier millénaire pour une raison obscure, sans doute à la suite d'une épidémie ou d'une famine dévastatrice. Elle apparait aujourd'hui avoir été une civilisation très avancée tant sur le plan de son organisation sociale que de son raffinement, à une époque où le reste de l'Afrique méridionale entre dans l'ère néolithique, l'âge de pierre lorsque chasseurs et cultivateurs ne pouvaient s'aider que d'outils lithiques. On a, à l'occasion, parlé d'une descendance immédiate avec l'Égypte ancienne, ce qui expliquerait une partie de la mâturité de cette civilisation, considérée comme la plus ancienne productrice de terres cuites d'Afrique subsaharienne. Les pièces d'art que le temps nous a conservées, à travers de fastueuses terres cuites, expriment l'avance technologique de potiers maitrisant l'art du feu et de la cuisson ainsi que la grande qualité des sculpteurs et artistes. Les sujets de leurs représentations sont principalement des dignitaires, des animaux, des reliquaires, conservés pour la plupart des pièces, sous forme de fragments épars. C'est pourquoi l'art Nok n'est principalement connu aujourd'hui qu'à travers des têtes de personnages aussi bien masculins que féminins dont les coiffures sont particulièrement détaillées et raffinées. La raison de ces fragments de statues en est que la découverte de ces terres cuites se fait généralement en creusant la boue alluvionnaire, dans des terrains résultant de l'érosion des eaux. Les statues de terre cuite s'y sont trouvées enfouies, roulées, polies, cassées. Rares sont donc les oeuvres de grande taille conservées intactes, ce qui en explique la valeur actuelle sur le marché de l'art noir.

-900         Naissance de l'écriture hébraïque proprement dite. Elle descend de l'écriture phénicienne. Comme l'écriture chinoise, elle a su traverser les siècles et est toujours utilisée. Elle fut très peu modifiée au cours des siècles. L'alphabet hébreu est un abjad qui s'est développé à partir de l'alphabet araméen. Les Hébreux appellent leur alphabet aleph-beth (aleph et beth en étant les deux premières lettres). Il sert principalement à noter l'hébreu et le yiddish. Écriture hébraïque, l'archéologie montre que l'écriture hébraïque ancienne est proche de l'écriture phénicienne qui s'est répandue au Moyen-Orient à la fin du IIe millénaire avant l'ère chrétienne. Pendant l'exil au VIe siècle avant l'ère chrétienne, les juifs en ont emprunté une forme plus moderne aux Juifs babyloniens qui en avaient hérité eux-mêmes des Juifs assyriens. C'était l'alphabet carré qui est encore utilisé aujourd'hui. Selon la tradition juive, leur écriture était formée à l'époque de Moïse, bien que le rôle d'Esdras soit reconnu pour sa contribution à l'écriture carrée. L'hypothèse midrachique postule que l'ordre alphabétique des 22 lettres de l'alphabet hébreu fut fixé en même temps que le texte de la Bible hébraïque, ce qui, via les règles de la guématrie, expliquerait sa conservation.

-814         Création de Carthage par les Phéniciens. D'après la légende, la reine de Tyr, Élissa, fonde la ville de Carthage. Déjà comptoir phénicien, la ville connaît un développement très rapide et domine peu à peu la totalité de la côte tunisienne et d'Afrique du Nord. Carthage, ville située près de Tunis, fondée par les Phéniciens en 814 et qui devint un empire maritime très puissant possédant de nombreuses colonies. (Sidon, Tyr, Byblos). Le gouvernement de Carthage est de forme républicaine avec un sénat qui regroupe des hommes libres et élit chaque année, 2 rois appelés "suffètes", eux-mêmes assistés par un conseil des Anciens recrutés parmi les sénateurs. En fait, il s'agit plutôt d'une oligarchie, les sénateurs étant les riches marchands de la cité. Les carthaginois adorent Baal, dieu auquel ils offrent des enfants en sacrifice au cours d'une cérémonie appelée "Molek". Les jeunes victimes sont jetés dans un brasier et leurs cendres conservées. L'empire carthaginois est d'abord opposé à la Grèce, avant de devenir rival de Rome, leur objectif étant identique: conquérir tout le bassin méditerranéen. Les 2 empires s'affronteront au cours des guerres puniques (-264-146) mais malgré les efforts d'Hannibal, Carthage sera détruite par Scipion l'Africain et rebâtie comme colonie romaine au Ier siècle av. J.-C. La civilisation carthaginoise ou punique fut à l'origine d'une des plus grandes puissances commerciales et militaires du monde antique. Fondée par les Phéniciens sur les rives du golfe de Tunis, la cité de Carthage développa une civilisation remarquable, bien que moins connue que celle de sa rivale romaine en raison de la destruction de la cité à la fin de la troisième guerre punique. Elle fut le produit du mélange de la culture indigène berbère et de la civilisation qu'apportèrent les colons phéniciens.

-800         Début de l'invasion des Celtes qui vont remplacer peu à peu les Ligures. Les Celtes constituent une civilisation protohistorique européenne (qui survécut au Moyen Âge en Irlande, jusqu'à l'évangélisation de l'île par Saint Patrick au Ve siècle). Les Celtes appartiennent à la famille des Indo-européens. Ne connaissant pas d'unité politique, ceux que l'on désigne ainsi étaient une myriade de peuples possédant des lois, des coutumes, des rites différents, surtout connus dans les sources antiques grecques et romaines pour leur valeur guerrière, leur caractère emporté, leurs sempiternelles luttes intestines et pour les mystères de la religion druidique. Ils ne constituèrent pas une civilisation sanguinaire et destructrice comme les auteurs anciens l'ont souvent écrit (ils sont connus pour avoir pratiqué les sacrifices humains et pour avoir voué un culte aux têtes coupées, notamment chez Diodore de Sicile), mais bien une culture riche, unique durant l'Antiquité, qui sut s'épanouir et notamment, développer un art tendant à l'abstraction dont la valeur est aujourd'hui reconnue. C'est certainement leur incapacité à s'unir et à fonder des entités politiques plus vastes que la cité ou la confédération de peuples qui les a perdus : il semble qu'à l'instar des Grecs archaïques, les Celtes eussent horreur du centralisme et ne connussent que des alliances temporaires, fondées sur le clientélisme. L'histoire des Celtes est marquée par une succession de conquêtes spectaculaires (jusqu'au IIe siècle av. J.-C.) qui les menèrent jusqu'en Asie Mineure, puis par une suite de revers militaires qui les cantonna aux seules îles britanniques et à l'Irlande, après la guerre des Gaules de -58 à -51.

-800         à -500 - Grèce archaïque. L'Histoire de la Grèce antique se compose de plusieurs parties, dont les principales sont la période archaïque (VIIe siècle av. J.-C. et VIe siècle av. J.-C.), la période classique (du Ve siècle av. J.-C. à la mort d'Alexandre le Grand en -323) et la période hellénistique. Sous l'appellation "Grèce archaïque", on regroupe les différentes civilisations égéenne, minoenne et mycénienne (soit de -2700 à -1200). La période de transition entre la chute de la civilisation mycénienne et l'époque archaïque, caractérisée par une stagnation voire une régression culturelle - et donc appelée "siècles obscurs" par certains historiens - s'étend ainsi du XIIIe siècle av. J.-C. au XIe siècle av. J.-C.. L'époque classique émerge des cadres politiques et sociaux de l'époque archaïque. On ne connait cette période que partiellement à travers les différentes sources. On trouve tout d'abord les poètes, avec Homère et l'Iliade et l'Odyssée, qui constitue notre seule source sur le IIe millénaire. On trouve aussi Hésiode, qui est plus récent qu'Homère, et qui passe pour avoir mis en ordre les mythes et les personnalités divines avec ses poèmes dont 'Les travaux et les jours'. Il n'y a pas de dates universellement reconnues concernant le début et la fin de la période grecque antique. Généralement, cette appellation fait référence à toute l'histoire Grecque antérieure à la conquête par l'Empire romain, mais les historiens apportent davantage de précision. Certains auteurs incluent la période mycénienne, hellénophone, qui s'est terminée aux alentours du XIIe siècle av. J.-C., mais la majorité estime que l'influence minoenne était trop importante et trop différente de la culture grecque en devenir et que ces deux périodes doivent être considérées séparément. Ce qu'on appelle l'antiquité grecque est une période d'un millénaire s'étendant de la fin de la civilisation mycénienne à la conquête de la Grèce par la République Romaine, qui est partagée entre quatre sous-périodes, définies d'après l'art aussi bien que la culture et la politique. La première d'entre elles est appelée "siècles obscurs" (XIe siècle av. J.-C.– IXe siècle av. J.-C.). Durant cette époque, les artistes emploient des motifs géométriques tels que carrés, cercles et lignes pour orner les amphores et autres poteries. L'époque archaïque (VIIIe siècle av. J.-C.–VIe siècle av. J.-C.) est illustrée par de grandes sculptures, dressées dans des poses hiératiques et au fameux "sourire archaïque" rêveur. À l'époque classique (-500– -323) les artistes perfectionnent le style "classique", qui reste exemplaire, par exemple dans le Parthénon. Après les conquêtes d'Alexandre le Grand, durant l'époque hellénistique (-323– -146), aussi appelée alexandrine, la civilisation grecque s'étendra de l'Égypte à la Bactriane. Traditionnellement, la période de la Grèce antique commence avec la date des premiers jeux Olympiques en -776, mais beaucoup d'historiens datent le début de cette période à -1000. La date couramment admise pour la fin de la Grèce antique est celle de la mort d'Alexandre le Grand en -323. La période suivante est nommée l'Époque hellénistique et dure jusqu'à l'intégration de la Grèce dans la République romaine en -146. Ces dates sont des conventions d'historiens et certains écrivains considèrent la civilisation grecque ancienne comme un continuum jusqu'à l'avènement du christianisme au IIIeme siècle de notre ère. La Grèce antique est une civilisation ayant fleuri durant l'Antiquité en Grèce et dans une partie du bassin méditerranéen. Si des cultures préhelliniques élaborées ont existé en mer Égée puis en Grèce dès le IVe millénaire av. J.-C., la civilisation grecque proprement dite se développe et s'étend progressivement à partir de la fin du IIe milléraire, et jusqu'à la conquête par Rome des royaumes hellénistiques. La zone géographique balayée est vaste, allant de la Méditerranée occidentale (Marseille) et orientale (Asie Mineure et Grande Grèce) jusqu'aux confins du Moyen-Orient et à l'Égypte ptolémaïque, dont la chute au Ier siècle av. J.-C. marque la fin du dernier état hellénistique indépendant. La civilisation grecque a réalisé de nombreuses innovations politiques et culturelles qui ont influencé durablement la société occidentale. L'expression Grèce antique renvoie à la civilisation des peuples de langue et de culture grecs durant l'Antiquité. On entend parfois plus précisément par Grèce Antique la Grèce classique, en particulier l'Athènes du Ve siècle av. J.-C., celle de Périclès et de la tragédie, et celle du IVe siècle av. J.-C. , de Platon et d'Aristote. Toutefois, la culture grecque s'est développée plus tôt: les épopées de l'Illiade et de l'Odyssée remontent sans doute au IXe siècle av. J.-C.. Elle a aussi conservé un réel dynamisme aux siècles suivant, pendant lesquelles elle s'est étendue dans de nombreuses autres régions. En Orient, après les conquêtes d'Alexandre, la culture grecque s'est mêlée aux cultures antérieures pour donner naissance à la civilisation originale des royaumes hellénistiques. Dans le bassin méditerranéen, la culture grecque a joué un rôle décisif, notamment du fait de l'influence qu'elle eut à Rome où le grec devint la langue du savoir couramment utilisée par les élites. Certaines productions politiques et culturelles du monde grec ont eu un rôle majeur dans le développement de la civilisation occidentale. On estime souvent que les grecs sont à l'origine d'une nouvelle manière d'appréhender le monde affranchissant la pensée des dogmes religieux et mettant l'homme au coeur de leurs réflexion. On les considère comme les fondateurs de la philosophie (les présocratiques, Socrate, Platon), et des précurseurs de l'investigation scientifiques (physique, mathématiques, astronomie). La littérature grecque eut sans doute longtemps moins d'influence que celle de ses imitateurs romains. L'art grec reste considéré comme un modèle de l'équilibre classique.

-800         Les sciences grecques, les sciences grecques héritent du savoir babylonien et, directement à Alexandrie, des connaissances scientifiques égyptiennes. Elles s'organisent autour des centres d'échanges que sont les grandes villes des colonies grecques, qui entourent alors le bassin méditerranéen. Les sciences grecques entretiennent un lien étroit avec la spéculation philosophique : la logique est née de la question de la cohérence du discours ; la physique de celle du principe de toutes choses. Il n'y a d'ailleurs pas de frontière nette entre la science et la philosophie. La plupart des savants sont à la fois scientifiques et philosophes, pour la simple raison que la science n'est pas encore formalisée. Tout comme la philosophie, elle utilise exclusivement la langue naturelle pour s'exprimer. Ce n'est que plusieurs siècles plus tard avec Galilée que la science se formalisera, et commencera à se détacher de la philosophie. Cependant, on distingue deux grands mouvements de pensées, engendrés par deux écoles dont les influences s'entrecroisent : le monisme, ou idée de l'unité du monde pris dans sa totalité, historiquement introduit par les milésiens, propose une vision d'un monde s'organisant à partir d'un principe générateur (en découlent quelques aspects de la pensée atomiste et du matérialisme). le formalisme, historiquement introduit par l'école pythagoricienne, propose une vision mathématique d'un Cosmos ordonné par les nombres, où la composante mystique est bien plus explicite puisque le nombre est une sorte d'idée du dieu (l'atomisme découlerait également du pythagorisme, dès lors que le nombre devient une entité corporelle). Les deux courants portent en eux un attachement très fort à l'expérience. On parle de science "contemplative" pour désigner l'attitude antique des scientifiques grecs. L'astronomie en est l'exemple parfait. Les Grecs sont considérés comme les fondateurs des mathématiques, car ils ont inventé ce qui en fait l'essence même : la démonstration. Thalès est parfois considéré comme le premier philosophe qui eut l'idée de raisonner sur les êtres mathématiques en eux-mêmes, sans plus s'aider de figures empiriques. L'arrivée de la preuve mathématique est certainement liée à l'installation de la démocratie et à la nécessité de démontrer la véracité de son discours, mais c'est avec Euclide qu'elle apparaît comme une composante intrinsèque de la pensée mathématique. On notera aussi que les mathématiques grecques sont avant tout de la géométrie et de l'arithmétique. Sur les treize livres des Éléments d'Euclide, qui constituent une somme des connaissances mathématiques du IIIe siècle av. J.-C., neuf sont consacrés à la géométrie et quatre à l'arithmétique. Il est donc essentiel de comprendre que, pour les Grecs, le calcul ne fait pas partie des mathématiques. C'est l'affaire des comptables — les "logisticiens" suivant le mot grec — et les Grecs sont d'ailleurs de très piètres calculateurs. Le calcul sera avec l'algèbre l'une des grandes avancées des mathématiques arabes. On peut retenir parmi les savants Grecs les plus connus, dans l'ordre chronologique, Thalès, Pythagore, Hippocrate, Aristote, Euclide et Archimède.

-800         en Égypte - Alors qu'une dynastie puissante se constitue à Napata, au Soudan, l'Égypte est menacée de morcellement, en particulier dans le Delta.

-776         Les premiers Jeux Olympiques ont lieu en Grèce. On sait que les premiers jeux olympiques nous sont venus de Grèce. Déjà en 776 av. J.C, les jeux olympiques se déroulaient tous les quatre ans. Ils duraient cinq jours et avaient lieu en été. Des personnes de toute la Grèce y assistaient. La fête débutait avec des prières et des cérémonies. Les jeux Olympiques antiques sont un ensemble de compétitions sportives organisées tous les quatre ans (une olympiade est une période de quatre ans) sur une durée de 7 jours. Les olympiades servaient usuellement à désigner les années dans le temps, à compter de la Ière olympiade en 776 av. J.-C. (exemple : né la 2e année de la XXXIIIe olympiade...). Ils ont été interdits par l'empereur romain (et chrétien), Théodose en 393 ap. J.-C.

-753         FONDATION LÉGENDAIRE DE ROME (-753 à -616)

-753         L'histoire légendaire de Romulus et Remus fait partie de la mythologie romaine. Il faut toutefois signaler que les historiens romains eux-mêmes, à commencer par Tite-Live (historien de la Rome antique.), ne sont pas dupes du caractère arrangé et légendaire de ce récit fondateur.

-753         Romulus et son frère jumeau Remus sont les fils de la vestale Rhéa Silvia et - prétend la jeune fille - du dieu Mars. Rhéa Silvia est la fille de Numitor, roi de la légendaire ville latine d'Alba Longa (fondée par Ascagne, fils d'Enée) et dépossédé du trône par son frère Amulius. Celui-ci, craignant que ses petits-neveux ne réclament leur dû en grandissant, les fait jeter dans le Tibre en crue. Mais l'ordre est mal exécuté, les nouveaux-nés sont abandonnés dans une fondrière du fleuve et survivent miraculeusement. Ils sont nourris par une louve et par un pivert, l'oiseau de Mars (Ovide, Fasti III), puis découverts par le berger Faustulus et sa femme Larentia (selon Tite-Live, une prostituée que les bergers surnommaient Lupa, la Louve, d'où l'histoire) qui les élèvent. Plus tard, les jumeaux, à qui est révélé le secret de leur naissance, tueront Amulius (égorgé par Remus selon certains, transpercé par l'épée de Romulus selon d'autres) et restaureront leur grand-père Numitor sur le trône d'Albe. Ensemble, ils décident alors de fonder une ville et choisissent "l'endroit où ils avaient été abandonnés et où ils avaient passé leur enfance". Selon Tite-Live, c'est le droit de nommer la ville et donc celui de la gouverner qui serait à l'origine du conflit fratricide. Pour se départager, les jumeaux consultent les auspices; Romulus se place sur le Palatin, Remus sur l'Aventin. L'interprétation du présage est problématique: Remus a le premier aperçu six vautours, mais Romulus a fini par en observer douze. L'historien rapporte deux versions de la mort de Remus (Histoire romaine, Livre I, 6). Selon la première, Remus tombe (victime d'un coup de pelle du centurion Celer) pendant la bagarre qui suit le décompte des auspices; selon l'autre, il franchit par dérision le sillon sacré (pomoerium) que vient de tracer Romulus qui le tue sous le coup de la colère. Une légende tardive veut que Remus n'ait pas été tué, mais simplement chassé et soit parti fonder Reims; le nom de la ville et son rôle historique dans le sacre des rois de France ont pu lui donner naissance. Romulus et Rémus, l'histoire légendaire de Romulus et Rémus fait partie de la mythologie romaine. Il faut toutefois signaler que les historiens romains eux-mêmes, à commencer par Tite-Live, ne sont pas dupes du caractère arrangé et légendaire de ce récit fondateur.

-753         ROMULUS (-753 à -715)

-753         Romulus continue la construction de sa ville, qu'il nomme Rome d'après son propre nom. Mais la Ville, lieu de refuge pour les esclaves en fuite et les hommes libres souhaitant changer d'existence, manque singulièrement de femmes. Comme les tentatives de mariage dans les "villes" avoisinantes trouvent toutes de méprisantes fins de non-recevoir, il décide de voler des femmes. Il instaure la fête de "Consualia" en l'honneur de Neptune et y convie les Sabins et les peuples de plusieurs "villes" alentour: Caenina, Crustumerium, Antemnae. Tandis que l'attention des hommes est détournée, les femmes sont enlevées par surprise. Furieux, les peuples outragés forment une coalition dirigée par le roi de Cures Titus Tatius et déclarent la guerre. Romulus commence par écraser les soldats de Caenina, tue leur chef Acron et prend leur ville d'assaut. Attaqué par surprise par les Antemnates, il les écrase également et prend leur ville. Mais à la demande de sa femme Hersilia, Romulus les épargne, accorde son pardon et le droit de cité à Antemnae. Grâce à la trahison de la jeune Tarpéia, les Sabins parviennent à s'introduire dans la ville et à s'emparer de la citadelle. D'abord bousculé, Romulus, après une invocation à Jupiter, parvient à relancer ses troupes à l'assaut. Le combat est très indécis. À tel point que ce sont les épouses sabines des Romains qui s'interposent entre les deux camps. Ainsi la bataille prend fin. Romains et Sabins fusionnent, le gouvernement est concentré à Rome qui double sa taille et les Romains prennent le nom de Quirites (de Cures) en l'honneur des Sabins. Romulus répartit alors la population romaine en trente curies et donne à celles-ci le nom de femmes sabines.

-753         Rome naît en -753, date attribuée à sa fondation et transmise par la tradition. Elle est plus ou moins confirmée par l'archéologie. C'est une période fortement légendaire: ce que l'on en sait et très transformé par la mémoire et le discours. Elle est connue grâce à trois auteurs de la fin du Ier siècle av. J-C, entre 40 et 15. - Le premier est Tite-Live (64-17) ; il a écrit une histoire de Rome en 142 livres. Beaucoup sont perdus, mais pour les origines de Rome, 6 livres ont été conservés. - Le second est un poète: Virgile (70-19) avec en particulier l'Enéide, poème en douze chants où il fait le récit de la venue d'Enée dans la région de Rome du Tibre. C'est le héros d'identification de Jules César. - Le troisième est un homme de lettre grec Denys d'Halicarnasse (60-?). Il est venu résider à Rome. Il est l'auteur des Antiquités romaines dont les volumes 1 et 2 sont accessibles dans la collection la Roue à livres (Belles Lettres). Ils ont donc vécu bien après les évènements qu'ils rapportent. Après examen, il apparaît que ces récits sont destinés à masquer que Rome à été soumise à ses voisins: les Sabins et les Étrusques de Toscane. Ces deux peuples ont exercé une domination sur les fondateurs de Rome. La période voit l'exercice du pouvoir de Sept rois légendaires: Romulus, héros fondateur de l'Urbs, Numa Pompilius qui a donné son organisation politique à Rome, Tullus hostilius et Ancus Martius. Puis trois rois étrusques: Tarquin l'Ancien, Servius Tullius qui donne son organisation administrative et sociale à la ville, finalement, Tarquin le Superbe, le roi qui sera chassé par les Romains en -509. Il est remplacé par deux personnages, les consuls, qui proclament la république. Cet épisode a provoqué chez les romains une haine récurrente de la monarchie. Voilà pourquoi les romains n'y reviendront jamais. L'Urbs est un mot latin qui signifie "la ville". Ce terme, ayant une connotation d'excellence, sera utilisé durant l'antiquité romaine pour symboliser "la ville d'entre toutes les villes", Rome. L'Urbs, jusque vers 350 après J.C, désignera la partie intra-muros, espace de décision politique, siège du gouvernement et centre de spiritualité de l'Empire. Autour de l'Urbs, à mille pas, se trouvaient les continentia, les faubourgs.

-753         Les Sabins reconnurent pour roi Romulus (-753 à -717) après la réconcialiation des Sabins et des Romains. Il disparut un jour au cours d'un orage en passant en revue son armée, et fut dès lors adoré comme le dieu Quirinus. Sabins, peuple d'Italie établi au nord-est de Rome à l'époque archaïque, les Sabins sont célèbres pour leur bravoure, la simplicité de leurs moeurs et leur grand respect de la religion. Quantité de traditions romaines, relatives en particulier aux institutions religieuses, indiquent qu'un élément sabin est présent aux premiers temps de Rome, dû sans doute à l'assimiliation plutôt qu'à la conquête. Selon une tradtition familiale, la gens Claudia était une famille sabine qui, à une époque reculée, s'était installée à Rome avec l'accord des Romains.

-750         Présence d'habitations sur le site de Rome.

-750         à -700 - naissance et mort de Homère. Poète épique grec. On attribue à Homère, poète grec d'Asie Mineure, 'L'Iliade' et 'L'odyssée', récits épiques en vers. Le mythe veut qu'il fut un vieux poète, misérable et aveugle. Si l'on reste incertain quand à sa réelle identité et à la paternité unique de l'oeuvre, les deux poèmes n'en détiennent pas moins une structure propre et une immense valeur: ils représenteraient la mémoire poétique de quatre ou cinq siècles d'histoire antique. Homère est réputé avoir été un aède (poète) de la fin du VIIIe siècle av. J.-C. C'est le premier poète grec dont les oeuvres nous sont parvenues. Il était surnommé simplement "le Poète" par les Anciens. Victor Hugo écrivit à son propos dans William Shakespeare : "Le monde naît, Homère chante. C'est l'oiseau de cette aurore".

-740         Fondation d'une colonie grecque à Cumes. Cumes est la seconde colonie grecque de la Magna Graecia (la Grande Grèce) fondée au VIIIe siècle av. J.-C. par les Grecs de la colonie de Pithécusses (actuelle île d'Ischia habitée par des Chaldiciens de l'île d'Eubée). La Grande Grèce est le nom que les Grecs de l'Antiquité utilisaient pour désigner le sud de la péninsule italienne ainsi que la Sicile.

-740         en Grèce - Guerre lélantine. Guerre lélantine opposant Chalcis et Erétrie. Chalcis est la principale ville de l'Eubée, en Grèce, située sur le détroit de l'Euripe. Dès le IXe siècle av. J.-C. c'est une cité puissante et dont partent de nombreux colons lesquels fondent des cités à Rhégion, Catane, Léontinoï en Sicile, Cumes en Italie du sud, et en Chalcidique dans le nord de la mer Égée où elle fonde plus de trente cités. Elle s'impose face à sa rivale Érétrie au VIIe siècle av. J.-C. et domine toute l'Eubée mais est vaincue en 506 av. J.-C. par Athènes et demeure dans l'orbite de la cité attique pendant plusieurs siècles. Érétrie est une cité de la Grèce antique, située sur l'ile d'Eubée sur la côte occidentale au sud est de sa grande rivale Chalcis. Dès l'époque archaïque c'est une cité prospère qui fabrique une céramique raffinée et reconnue. Bien que défaite par Chalcis vers 700 av. J.-C. lors de la guerre lélantine elle continue de prospérer. Alliée de la cité de Milet elle est la seule cité de Grèce, avec Athènes, à venir au secours des Ioniens lors de la révolte de l'Ionie contre le roi des Perses Darius Ier. En représailles, elle est détruite par les généraux perses Datis et Artapherne en 490 av. J.-C. peu avant la bataille de Marathon.

-737         en Grèce - Première guerre de Sparte contre la Messénie (jusqu'en -716), (Guerres de Messénie). Les guerres de Messénie sont un ensemble de trois guerres menées par Sparte contre les Messéniens, puis contre les hilotes. Première guerre de Messénie, elle date de la fin du VIIIe siècle av. J.-C. et naît de griefs réciproques entre Sparte et la Messénie. Surtout, Sparte recherche des terres supplémentaires pour assurer sa croissance. Comme le note Tyrtée, la Messénie est "bonne à labourer, bonne à planter", et le roi Polydore affirme s'attaquer à la partie de ce territoire qui n'est pas encore allotie. La guerre est en fait une série de coups de main ou de sièges, sans grande bataille décisive. Il faut dire que l'armement des soldats n'est pas encore l'équipement hoplitique, et que la phalange n'est pas encore pratiquée. Sparte est assistée par des mercenaires de Crète et de Corinthe, tandis que la Messénie bénéficie du soutien arcadien et des troupes d'Argos et de Sicyone. Le conflit dure 19 ans, selon Tyrtée (élégie 4 Diehl), à l'issue desquels Sparte remporte la victoire. La forteresse de l'Ithômé, dernier bastion messénien, est détruit. L'aristocratie messénienne s'enfuit dans les cités alentour, tandis que le peuple est obligé de verser la moitié de sa production agricole à ses nouveaux maîtres.

-733         Fondation d'une colonie grecque à Syracuse (Sicile). Syracuse est une ville italienne située sur la côte, au Sud-Est de la Sicile. elle imposa son hégémonie sur la Sicile en refoulant les Carthaginois; puis son influence s'étendit aux cités grecques de l'Italie méridionale. Elle fut conquise par Rome au cours de la seconde guerre punique.

-730         à -715 - en Égypte - XXIIIe dynastie. La XXIIIe dynastie d'Égypte antique a été marquée par l'arrivée au pouvoir de rois berbères Meshwesh. On ne connaît pas avec certitude la capitale de cette dynastie, probablement Hérakléopolis Magna, Hermopolis Magna, Thèbes ou Léontopolis. Osorkon III (env. 787 à 757), pharaon d'Égypte de la XXIIIe dynastie, il ne gouverne que la Haute-Égypte au sud d'Héracléopolis.

-730         en Égypte - Invasion nubienne conduite par Piankhy, un roi de Napata qui, fervent adorateur d'Amon, veut faire valoir des droits sur l'Égypte. Piankhy est le premier pharaon de la XXVe dynastie (Basse époque), dite koushite. Il envahit et soumit l'Égypte mettant fin à la dynastie des rois de Tanis. Sa tombe en forme de mastaba est située dans sa capitale, Napata, en Nubie. Napata, capitale de la XXVe dynastie égyptienne, aussi appelée Royaume de Napata, en aval de la quatrième cataracte du Nil. Ancienne limite de l'expansion égyptienne, comme en témoigne la stèle du Pharaon Thoutmosis III. La basse époque est une période de l'histoire de l'Égypte antique allant des environs de 750 à 30 avant l'ère chrétienne. Elle début par la réunification du pays par un roi d'origine Koushite, Piankhy, et se termine traditionnellement par l'assassinat de Ptolémée XV, dit Césarion, fils de Jules César et de Cléopâtre VII. On y trouve les six dernières dynasties décrites par Manéthon, qui est lui-même un contemporain des premiers Ptolémées.

-727         à -720 - en Égypte - XXIVe dynastie dont les souverains s'établissent à Saïs dans le Delta. Règnes de Tefnakht (-725 -718) et de Bocchoris (-718 -713). Tefnakht, pharaon d'environ 724 à 717. Il était chef des Libou et prince de Saïs depuis 740 environ. Vers 724, devant la montée en puissance des Nubiens (XXVe dynastie) et l'impuissance des roitelets du delta (XXIIe et XXIIIe dynasties), il fonde la XXIVe dynastie, s'installe à Memphis, prend la tête des dynastes du nord et affronte le nubien Piye. Vaincu, il se réfugie à Saïs, reconnait sa défaite mais continue à régner dans l'ouest du delta jusque vers 717. Son fils Bakenranef lui succède. Bakenranef (717 à 712), pharaon d'Égypte de la XXIVe dynastie, plus connu sous son nom grec (erroné) de Bocchoris. Nom de roi Ouahkarê {Le ka de Rê est endurant}. Il est le fils de Tefnakht et poursuit son oeuvre politique. Il hérite du contrôle absolu sur tout le Nord du pays et s'impose comme le pharaon à Saïs. Il est reconnu aussi par Memphis, Tanis et Héracléopolis.

-725         Homère écrit 'l'Iliade' et 'l'Odyssée'. 'L'Iliade' est une épopée attribuée à l'aède Homère. Son nom provient du grec Iλιον / Ilion, qui signifie Troie. Elle est composée de 15 337 hexamètres dactyliques et, depuis l'époque hellénistique, divisée en 24 chants. Le texte a probablement été rédigé entre 850 et 750 av. J.-C. (dates déjà mentionnées par Hérodote), soit quatre siècles après les événements qu'il relate. 'L'Odyssée' est une épopée attribuée à Homère, comptant 12 109 hexamètres dactyliques, répartis en 24 chants. On pense qu'elle a été écrite après l'Iliade, vers la fin du VIIIe siècle av. J.-C.

-723         Palais de Sargon II à Khorsabad (Dur-Sharrukin) - Sargon II, roi assyrien (721-705), fondateur de la dynastie des Sargonides. Issu vraisemblablement d'une branche collatérale de la famille royale, son avènement au trône, en 722, est contesté. Dur-Sharrukin "la forteresse de Sargon" (l'actuelle Khorsabad en Irak) fut une des capitales de l'ancien Empire assyrien. Inaugurée en -707 par le roi Sargon II, la ville sera délaissée, en partie inachevée, à sa mort en -705.

-720         à -672 - en Égypte - XXVe dynastie "éthiopienne". Règnes de Shabaka (-713 -698), Chabataka (-698 -690), Taharqa (-690 -664), Tanoutamon (-664 -656). La XXVe dynastie pharaonique a la particularité d'être uniquement nubienne, originaire du royaume de Napata. Ces rois sont de grands adorateurs du dieu Amon de Napata. Leur origine les fera surnommer "pharaons noirs", "pharaons éthiopiens" ou encore "pharaons koushites". Cette dynastie marque la fin de la IIIe période intermédiaire. Les Nubiens adoptent pleinement et revendiquent la culture égyptienne et la tradition pharaonique en Égypte comme en Nubie. Des artisans égyptiens participent à la construction de temples nubiens, notamment à Napata et à Kawa. Pour leurs tombes, les rois koushites adoptent la pyramide (nécropoles de Kourrou et Nouri). En Égypte, ils respectent scrupuleusement les coutumes et les institutions, s'affirmant pleinement égyptiens, tout en gardant leurs caractères de noirs africains dans leurs portraits. On remarque ainsi des scènes traditionnelles de triomphe royal, où le roi koushite maîtrise des Nubiens ! Ils savent cependant assurer leur contrôle sur les clergés locaux en y associant des Nubiens. A Thèbes, la "divine adoratrice" en place doit adopter pour lui succéder une fille de Kachta, Aménardis, et des princes koushites sont intégrés au clergé d'Amon à côté des grandes familles thébaines. Dès cette période se manifeste une intense activité intellectuelle et artistique, cherchant ses références dans les formes anciennes du passé, notamment dans l'Ancien Empire. Le pouvoir koushite, désireux de s'intégrer aux moule institutionnel pharaonique, de composer avec les élites égyptiennes, reprend une politique active en faveur des temples. Piankhy est le premier pharaon de la XXVe dynastie (Basse époque), dite koushite. Il envahit et soumit l'Égypte vers 740 av. J.-C. mettant fin à la dynastie des rois de Tanis. Sa tombe en forme de mastaba est située dans sa capitale, Napata, en Nubie. Shabaka, frère de Piânkhy, Shabaka est à Memphis dès sa deuxième année de règne. Il met fin au règne de Bakenranef et prend le contrôle de tout le Nord. Il est possible qu'il ait conclu un accord de paix avec l'Assyrie. Shabataka est le fils de Piânkhy. Il poursuit les travaux de son oncle à Memphis, Louxor et Karnak. Il vient en aide aux rois de Phénicie et de Palestine qui se soulèvent contre l'Assyrie et envoie sur place un corps expéditionnaire commandé par son frère Taharqa. Taharqa, frère et successeur de Shabataka, marque brillamment la période des pharaons soudanais. Il est généralement représenté avec la calotte propre aux rois koushites, sur laquelle se dressent les deux uraeus, insignes de la double royauté de la Nubie et de l'Égypte. Tanoutamon, fils de Shabataka, le dernier pharaon de la XXVe dynastie est couronné dans le temple d'Amon du Gebel Barkal et s'engage immédiatement dans une campagne militaire contre les souverains rebelles du Nord, les futurs pharaons de la XXVIe dynastie.

-715         Numa POMPILIUS (-715 à -673)

-715         Numa Pompilius. Deuxième roi légendaire de Rome (-715, -673). Après la disparition de Romulus et un interrègne de plus d'un an, les Romains appellent au pouvoir le gendre du roi Tatius, un Sabin réputé pour ses vertus: Numa Pompilius. Pieux et pacifique, Numa (qui se prétend inspiré par la nymphe Égérie) organise la vie religieuse et sacerdotale des Romains (temple de Vesta et Vestales, flamine de Jupiter, prêtres saliens, pontife, temple de Janus ouvert en temps de guerre, fermé en temps de paix, division de l'année en 12 mois, jours fastes et néfastes). À sa mort s'ensuit un nouvel interrègne, puis le peuple romain choisit Tullus Hostilius pour roi.

-715         Fondation du temple de Janus à Rome. Janus, divinité romaine à une tête mais deux visages opposés, est le gardien des passages et des croisements, la divinité du changement, de la transition. Le mois de janvier lui est consacré. Ce dernier n'étant d'ailleurs pas considéré comme un mois du calendrier, mais comme une transition entre deux années, un passage entre deux époques.

-715         Création de la fonction de Grand Pontife. Les pontifes, à Rome, les pontifes sont chargés de l'entretien du pont sacré (pont Sublicius) et de surveiller la bonne observance des pratiques religieuses. Les pontifes s'occupent aussi des temples ne disposant pas de clergé propre. De plus ils tiennent les archives de l'Empire : Ils notent les faits notables dans les Grandes Annales, ainsi que divers choses comme les cultes, les précédents en matière de droit. Leur chef, le "grand Pontife" (pontifex maximus) portait le titre le plus élevé de la religion romaine. Il établissait le calendrier des jours fastes (jours ouvrables) et néfastes (jours fériés); il présidait aussi au culte national des dieux capitolins, et désignait les Vestales. La charge de pontife était exercée à vie. Une vestale était une prêtresse dédiée à Vesta, déesse du foyer à Rome. Vesta est une divinité italique dont le culte est probablement originaire de Lavinium et qui fut ensuite assimilée à la déesse grecque Hestia.

-713         en Égypte - L'Éthiopien Shabaka - un Nubien - conquiert l'Égypte et fait éxécuter Bocchoris.

-700         en Grèce - Les Grecs, de Chalcis en particulier, colonisent la Chalcidique, constituée des trois presqu'îles de Cassandra, Sithonia et Athos. Chalcidique désigne la presqu'île de la Macédoine, en Grèce, située entre le golfe Thermaïque et l'embouchure du Strymon, qui se termine en trois péninsules plus petites : Cassandre, Sithonie et Athos. Elle fut colonisée par Chalcis au VIIIe siècle av. J.-C.

-700         mort d'Homère

-683         en Grèce - Chute de la monarchie à Athènes à la mort de Codros. Abolition de la royauté par les Eupatrides. Aristocratie. Premières magistratures annuelles : début de la liste des archontes. Codros ou Codrus, fils de Mélanthos, est le dix-septième et dernier roi légendaire d'Athènes. Il eut de nombreux fils, qui entreprirent de coloniser la région ionienne : Nélée (Milet), Androclos (Éphèse), Prométhos et Damasichthon (Colophon), Cyarétos (Myonte),... Ayant appris d'un oracle que dans la guerre faite par les Doriens aux Athéniens, l'avantage resterait à celui des deux peuples dont le chef serait tué, il se dévoua volontairement pour les siens, en se jetant au milieu de la mêlée. Son fils Médon lui succéda en tant qu'"archonte perpétuel" (dans la pratique, la monarchie se poursuivit par la suite). Les Eupatrides sont les familles nobles d'Athènes. Les archontes sont les titulaires des charges les plus élevées, qui avaient d'importantes fonctions judiciaires et politiques.

-673         Tullus HOSTILIUS (-673 à -641)

-673         Tullus Hostilius est le troisième roi légendaire de Rome. Plus fougueux et plus belliqueux encore que Romulus, Tullus, troisième roi de Rome, est d'origine romaine (selon Tite-Live I-22, c'est le petit-fils d'Hostilius, héros romain de la première guerre contre les Sabins). Il succède au Sabin Numa mais ne lui ressemble pas. Son règne est marqué par la lutte de Rome contre Albe, sa métropole, qui va devenir sa vassale (épisode des Horaces et des Curiaces). À la fin du règne de Tullus, Albe rebelle est rasée et ses habitants déportés à Rome. Il bat également les Véiens et les Fidénates, et agrandit la ville par l'incorporation du mont Célius. Tullus s'étant brouillé avec les dieux, à la suite d'une inexactitude dans le rituel de sacrifice, Jupiter jette la foudre sur sa maison. À sa mort et selon la tradition, on nomme d'abord un interroi, puis le peuple élit Ancus Martius (-640), petit-fils du roi Numa Pompilius par sa mère selon Tite-Live (petit-fils de Numa Marcius, premier pontife désigné par Numa).

-673         Guerre contre les Sabins. (ancienne population d'Italie, rapidement romanisée)

-673         Rome déclara la guerre à Albe la Longue qui, jusque-là, avait été la plus grande ville latine. Le roi ennemi était Mettus Fuffetius. Il adressa aux Romains ce sage discours: "Nous savons tous que nos voisins, les Étrusques, guettent le moment propice pour nous soumettre, nous, peuples latins; cependant, nous sommes en train de nous disputer. Les Étrusques vont assister à notre combat comme à un beau spectacle et, quand ils nous verront affaiblis, ils se jetteront sur nous et nous écraseront sans peine. Pourquoi ne pas vider notre querelle en faisant combattre trois guerriers albains contre trois guerriers romains?" Ce raisonnement judicieux fut accepté. Rome désigna les trois frères Horace pour la représenter et Albe choisit les trois Curiaces. Dès les premiers coups échangés, deux des trois Horaces tombèrent, frappés à mort. Des cris de victoire s'élevèrent du camp albain. Les Romains, atterrés, voyaient venir la défaite car les trois Curiaces n'étaient que blessés. Pour ne pas se battre contre les trois hommes à la fois, le dernier Romain fit mine de s'enfuir. Ses ennemis le poursuivirent mais leur course les sépara. Alors le Romain fit volte-face et les affronta les uns après les autres. Au troisième, il lui donna le coup de grâce en disant: "J'ai immolé les deux premiers aux mânes de mes frères, j'abats maintenant le troisième pour que Rome prévale sur Albe la Longue".

-673         Conquête d'Albe par Rome. Albe la Longue, cité antique du Latium, Albe la Longue était l'une des plus anciennes cités d'Italie. Alors que la puissnce de Rome augmentait, les deux cités entrèrent en conflit, et finalement sous le roi Tullus Hostilius (vers le milieu du VIIe siècle av. J.-C.), une guerre entre elles fut provoquée par le célèbre combat des Horaces et des Curiaces ; Albe fut détruite, pour ne jamais être reconstruite, et ses habitants furent déplacés à Rome, où la colline de Caelius leur fut offerte.

-672         à -525 - en Égypte - XXVIe dynastie "saïte". Nékao, pharaon de la XXVIe dynastie, régnant de 672 à 664 av. J.-C. XXVIe dynastie égyptienne, profitant des ennuis des Assyriens, un des gouverneurs, Psammétique (663-609) réussit à les expulser grâce à des mercenaires lydiens et grecs. Psammétique refait l'unité du pays. Son règne et ceux de ses successeurs sont marqués par la "renaissance saïte" : ils vont imiter le Moyen Empire et même l'Ancien Empire. Néchao va tenter de soumettre le royaume de Juda, ce qui l'amène à se heurter aux Babyloniens qui le battent à Karkemish. Il a été un précurseur du canal de Suez. Il a fait creuser un canal reliant le Nil à la mer Rouge et qui a fonctionné avant d'être ensablé. Il a aussi demandé à des marins phéniciens de partir du Delta et de faire un périple le long de la côte africaine. Le dernier grand roi de cette dynastie s'appelle Amasis (568-525) qui doit faire face aux réactions xénophobes de la population. Il va édifier dans le Delta la ville de Naucratis, réservée aux Grecs. Il va installer, sur l'île d'Éléphantine, une sorte de ghetto pour les Juifs. Mais il sent monter le danger perse, c'est pourquoi il resserre ses relations avec les Grecs, les Lydiens (546) et les Babyloniens (539). Il est aussi le plus philhellène des rois d'Égypte ; il paye, par exemple, la reconstruction du temple d'Apollon. Cambyse II le roi perse, vainc les Lydiens et s'empare de l'Égypte en 525 av. J.-C. Psammétique Ier est un pharaon de la XXVIe dynastie ayant régné de 664 à 610 av. J.-C. Nékao II, pharaon de la XXVIe dynastie, régnant de 610 à 595 av. J.-C. Psammétique II, pharaon de la XXVIe dynastie, régnant de 595 à 589 av. J.-C. Apriès, pharaon de la XXVIe dynastie, régnant de 589 à 570 av. J.-C. Amasis fut un pharaon de la XXVIe dynastie de la basse époque égyptienne, régnant de 571 à 526. Psammétique III, pharaon de la XXVIe dynastie, régnant de 526 à 525 av. J.-C. La Lydie est un ancien pays d'Asie mineure, situé sur la mer Égée et dont la capitale était Sardes. Elle était connue par Homère sous le nom de Méonie. La Lydie est évoquée dans les légendes d'Héraclès et Omphale, ou de Tantale et Pélops (ancêtres des Atrides). Les Lydiens sont un peuple indo-européen qui a d'abord été sous domination phrygienne. Selon Homère, leur nom vient de Lydos, fils d'Attis. Après la chute de la Phrygie, ils repoussent les Cimmériens au VIe siècle av. J.-C. C'est le début de l'empire lydien, qui culmine avec le règne de Crésus. La Lydie s'étend alors sur toute l'Asie mineure, Lycie exceptée. Les guerres de Crésus laissent pourtant la Lydie en piteux état, et elle est conquise par Cyrus le Grand (546 av. J.-C.) et annexée à la Perse. Après les conquêtes d'Alexandre le Grand, elle fait partie du royaume des Séleucides, puis de celui de Pergame (260), et enfin de l'Empire romain en 129 av. J.-C. Héraclès, de son premier nom Alcide, fils de Zeus et d'une mortelle, est un des héros les plus vénérés de la Grèce antique. La mythologie grecque lui prête un très grand nombre d'aventures qui le voient voyager à travers toute la Méditerranée et jusqu'aux Enfers, et dont les plus célèbres sont les douze travaux, qui ne représentent pourtant qu'une petite part de sa geste héroïque. Il correspond à l'Hercule romain, avec qui il est souvent confondu, bien qu'Hercule se montre parfois moins violent que son alter ego grec et connaisse quelques aventures spécifiques en Italie.

-671         à -663 - en Égypte - Les Assyriens envahissent la Basse-Égypte et pillent Thèbes en -667. L'Assyrie est un ancien empire du nord de la Mésopotamie, dont la capitale est la ville d'Assur, puis en -879, Kalkhu, et en -745, Ninive, sur le Tigre. L'Assyrie contrôlait des territoires qui s'étendent sur quatre pays actuels : Syrie, Turquie, Iran et Iraq.

-670         en Grèce - Orthagoras, tyran de Sicyone. Orthagoras devient tyran de Sicyone, cité de l'Arcadie, voisine de Corinthe, en profitant des dissenssions entre les quatre tribus qui composaient sa population. Il fonde la dynastie des Orthagorides, qui régna pendant un siècle et dont le plus digne représentant fut Clisthène. Sicyone était une cité grecque du Péloponnèse, située sur un plateau, non loin du golfe de Corinthe. Corinthe est l'une des plus importantes cités de la Grèce antique. Elle demeure une ville importante de la Grèce moderne, en abritant 36 555 habitants et en étant capitale du nome de Corinthie. Elle est mentionnée dans l'Iliade, où elle porte aussi le nom d'Éphyre. Occupant une position stratégique sur l'isthme qui relie la Grèce du Nord au Péloponnèse et sépare deux mers importantes (la mer Ionienne et la mer Egée), elle était destinée à devenir une grande puissance maritime. Elle était également située au carrefour des deux axes commerciaux, l'axe nord-sud et surtout l'axe est-ouest, par lequel arrivaient les marchandises de luxe d'Orient et les produits des colonies occidentales. Il était plus facile de tirer les petits navires à travers l'isthme ou de décharger les marchandises d'un côté pour les recharger sur d'autres navires de l'autre côté, plutôt que d'entreprendre un voyage long et périlleux autour du Péloponnèse. Son port est Léchée (gr. Léchaion ou Lékhaion) : éloigné de la ville, il a été comme Le Pirée, relié à la ville par la construction de Longs murs.

-669         en Grèce - Victoire d'Argos contre Sparte à la bataille d'Hysiai pour la riche Thyréatide. Bataille d'Hysiai, en 669 av. J.-C. l'expansionnisme spartiate se heurte à l'ouest à Argos : Sparte est vaincue par Phidon à la bataille d'Hysiai. Argos est une cité grecque du Péloponnèse, située près de Nafplio. Son nom vient de la racine grecque arg-, qui signifie "quelque chose de brillant". La région d'Argos est encore ajourd'hui appelée l'Argolide. Sparte est une ancienne ville grecque du Péloponnèse. Elle est située sur l'Eurotas, dans la plaine de Laconie, entre le Taygète et le Parnon. Elle était la capitale de la Laconie et l'une des cités-États les plus puissantes de la Grèce antique, avec Athènes et Thèbes.

-668         en Grèce - Seconde guerre de Sparte contre la Messénie (jusqu'en -654). Deuxième guerre de Messénie, la deuxième guerre naît du désir de revanche des Messéniens, dû à une domination encore partielle de Sparte. Selon Tyrtée (4D), elle a lieu deux générations après la première. Pausanias, lui, donne des dates, mais s'emmêle dans sa chronologie. et donne en fait trois périodes possibles. La troisième, qui borne la guerre de 670 à 657 av. J.-C., paraît la plus vraisemblable. L'une des grandes nouveautés de cette guerre est l'apparition de la phalange, qui favorise d'abord les Messéniens appuyés par les Argiens. C'est une terrible nouveauté pour Sparte qui est défaite à Hysiai vers 669 av. J.-C. — nouveauté décrite par Tyrtée, dont les élégies semblent avoir été écrites pour aider les combattants à supporter le choc hoplitique. Finalement, Sparte l'emporte par la bataille du Grand Fossé, et la guerre devient ensuite une série de raids et de coups de main, comme lors de la première guerre. À l'issue de la guerre, la Messénie est annexée. Une partie des habitants, ceux de la plaine, est réduite à l'état d'Hilotes, tandis que ceux des cités côtières prennent le statut de cités périèques.

-667         en Grèce - Fondation de Byzance par les Mégariens. Mégare fonde Byzance qui supplante Chalcédoine. Mégare est une cité grecque de l'Attique, capitale de la Mégaride. Située à l'extrémité est de l'isthme de Corinthe, à mi-chemin entre Corinthe et Athènes, elle est connue à l'origine sous le nom de Nisée, d'après le roi éponyme légendaire Nisos. Chalcédoine est une cité grecque de Bithynie (actuellement en Turquie), située sur l'entrée orientale du Pont-Euxin, face à Byzance et au sud de Chrysopolis (Scutari, actuellement Üsküdar).

-664         en Grèce - Défaite navale de Corinthe face aux Corcyréens pour le contrôle commercial de l'isthme. Il s'agit du plus ancien combat naval connu selon l'historien Thucydide. Corcyre, aujourd'hui Corfou, est une île de la mer Ionienne au nord-ouest de la Grèce. Identifiée par Thucydide à la Schérie des Phéaciens de l'Odyssée, Corcyre est une colonie d'Érétrie. En 733, elle est conquise par Corinthe, qui devient sa métropole. La révolte des Corcyréens, en 664, provoque la chute des Bacchiades à Corinthe et la prise de pouvoir du tyran Cypsélos. Corcyre reste cependant sous la tutelle corinthienne. Thucydide, homme politique et historien athénien, né en 471 dans le dème d'Halimunte (Attique), mort vers 400 av. J.-C. Il est l'auteur de l'Histoire de la guerre du Péloponnèse, qui raconte la guerre du Ve siècle av. J.-C. entre Sparte et Athènes. Cette oeuvre est considérée comme un classique, la première du genre.

-664         à -610 - en Égypte - Règne de Psammétique Ier. L'Égypte se libère de l'occupation assyrienne.

-657         en Grèce - Fin de la dynastie des Bacchiades à Corinthe (747-657 av. J.-C.). Cypsélos devient tyran de Corinthe (jusqu'en -627). Corinthe est alors la principale puissance économique et commerciale en Grèce et un grand centre artistique. Les Bacchiades étaient une famille de la noblesse dorienne de Corinthe, issus de Bacchis, fils de Prumnis. Cypsélos ou Kupselos, parfois francisé en Cypsèle, premier tyran de Corinthe. Il régna de 655 à environ 625.

-650         à -583 - naissance et mort de Zoroastre, fondateur de la religion zoroastrisme. Zoroastre a été un instructeur spirituel iranien de haut niveau, avant Bouddha, Confucius et Lao-Tseu. Il est connu comme Zoroastre, nom grec signifiant astre d'or utilisé par Platon qui l'a fait connaître en occident; il est aussi connu sous le nom de Zarathoustra ou Zarathustra ou encore Zarathushtra c'est-à-dire celui à la lumière brillante. La religion des Mèdes était chargée de pratiques superstitieuses: Zoroastre entreprit de la réformer. Selon les traditions des Perses, il passa la première partie de sa vie à voyager pour conférer avec les sages les plus illustres, Puis il s'enferma dans une grotte pour méditer, fut enlevé au ciel, vit Ormuzd face à face, et reçut de lui mission d'aller prêcher à l'Iran (Perse) une doctrine nouvelle. Le zoroastrisme est la religion professée par Zoroastre aussi connu sous le nom de Zarathoustra (comme dans 'Ainsi parlait Zarathoustra' de Friedrich Nietzsche) et fondée vers -550 en Iran. Le zoroastrisme est la principale religion du plateau iranien jusqu'à ce que la conquète arabe importe l'islam au VIe siècle. Le zoroastrisme fut l'une des premières religions à proclamer le monothéisme. Les zoroastristes vénèrent le feu les flammes éternelles symbole de Dieu. Zoroastre préchait le dualisme et la bataille entre le Bien et le Mal, Lumière et Ténébres (ce dualisme présent dans l'islam chiite duodécimain). Le principe de Zoroastre est qu'il existe un saint esprit (Vohu Mano) et un mauvais esprit (Ahem Nano) à l'origine du jour et de la nuit, de la vie et la mort. Ces deux esprits coexistent dans Ahura Mazda, l'Être suprême et dans chacun des êtres vivants. Le mazdéisme (du nom du prophète Ahura Mazda) est aussi une autre dénomination du zoroastrisme. Les representants sont des mages (anciens prètres).

-650         au VIIe siècle. L'alphabet arrive en Italie. L'alphabet grec inspira les civilisations voisines. C'est ainsi que les Etrusques dont la civilisation apparue dans l'actuelle Toscane au VIIe siècle avant J.-C. reprirent l'alphabet grec pour transcrire leur langue, langue qui malgré les 13 000 inscriptions en notre possession, nous reste toujours inconnue. Des rois étrusques régnèrent sur Rome jusqu'au IVe siècle avant J.-C. date à laquelle les peuplades originaires du Latium les chassèrent. Ces Latins, les futurs Romains, empruntèrent l'alphabet étrusque pour transcrire leur langue. C'est ainsi que vers le IIIe siècle avant J.-C., fut établi un alphabet de dix-neuf lettres, le 'X', le 'Y' et le 'Z' ayant dû être réintroduits dans l'alphabet (les Etrusques avaient renoncés à ces lettres qui ne correspondaient à aucun son dans leur langue) vers le Ier siècle avant J.-C. à l'époque de Cicéron. L'alphabet étrusque était l'alphabet utilisé par les Étrusques. Il comporte 26 lettres (dans le modèle d'alphabet) dont quatre ne sont jamais utilisées en étrusque (B C D O).

-641         Ancus MARTIUS (-641 à -616)

-641         Ancus Martius est le quatrième des sept rois légendaires de la Rome antique. Son règne nous est présenté principalement par les historiens Tite-Live et Denys d'Halicarnasse. Comme ses prédécesseurs, après un bref interrègne, Ancus est élu par le peuple romain, une élection ratifiée par le Sénat. Il est le petit-fils de Numa Marcus, gendre de Numa Pompilius et premier pontife romain, donc lui aussi un Sabin. Ancus Martius était donc le petit-fils ou l'arrière-petit-fils de Numa Pompilius. Dès le début de son règne, Ancus charge le grand pontife de mettre par écrit les révélations des Commentaires de Numa, il agrandit le temple de Jupiter Férétrien et instaure le collège des fétiaux. Surtout, Ancus restaure les pratiques religieuses négligées pendant le règne de son prédécesseur, le belliqueux Tullus Hostilius. Car, selon la tradition, Tullus, superstitieux et négligeant le rituel, avait été foudroyé pendant un sacrifice mal exécuté. Denys d'Halicarnasse rapporte cependant un autre récit auquel, dit-il, il n'accorde aucune foi, et selon lequel Ancus Martius aurait en fait profité d'une tempête pour assassiner le roi Tullus Hostilius en incendiant sa maison. Ancus agrandit la Ville: il jette le premier pont en bois sur le Tibre, le pont Sublicius et annexe le Janicule. Il étend l'influence de Rome vers la mer en créant le port d'Ostie et en construisant des salines. La construction d'Ostie est d'ailleurs le point le plus contesté du récit traditionnel. Aucune découverte archéologique n'est venue corroborer cette thèse et tous les éléments mis au jour montrent que la construction du port est beaucoup plus tardive. Construction du fossé des Quirites et de diverses autres fortifications (sur l'Aventin et le Janicule entre autres). Apparition de problèmes sociaux: la prison du Tullianum est creusée en pleine ville, au flanc du Capitole pour les délinquants. Le bonus Ancus est présenté comme un roi pacifique. Et Ancus est amené à faire souvent la guerre à ses voisins. Les Latins sont vaincus (guerres contre Politorium, Médullia, puis Tellènes et Ficana) et déportés en grand nombre autour du mont Aventin qui est intégré à la Ville. Il est ausi fait allusion à des batailles contre Fidènes (où Tarquin est cité comme lieutenant d'Ancus) et Veies. L'ambitieux Lucius Tarquin l'Ancien, d'origine corinthienne, se place dans l'entourage d'Ancus: il devient l'ami du roi et est nommé tuteur de ses deux fils. Par d'habiles manoeuvres politiques, il parvient à se faire élire comme successeur d'Ancus Martius en 616 avant J.-C. et devient le premier roi étrusque de Rome.

-632         en Grèce - Conspiration de Cylon à Athènes. Conspiration de Cylon, aristocrate athénien, qui voulait imposer une tyrannie à Athènes. Il est le neveu du tyran Théagène de Mégare. Assiégé dans l'Acropole il réussit à s'enfuir avec son frère et se réfugie dans le sanctuaire d'Athéna Polias. Il est massacré, selon Plutarque, sur ordre de l'archonte Mégaclès, de la famille des Alcméonides. Période d'agitation sociale. Cylon est un conspirateur athénien du début du VIe siècle av. J.-C.

-627         en Grèce - Périande succède à Cypsélos à la tête de Corinthe (jusqu'en -585). Périandre fut le second tyran de la cité de Corinthe, fils du tyran Cypsélos.

-625         à -547 - naissance et mort de Thalès. Mathématicien et philosophe grec. Penseur présocratique, Thalès de Milet est considéré comme le premier mathématicien grec. Lors de ses voyages en Égypte et en Mésopotamie, où il fait preuve d'un véritable génie du commerce, il récolte des connaissances en géométrie et en astronomie. De retour à Athènes, il fait part de ses découvertes qui lui vaudront d'être désigné comme l'un des Sept Sages de la Grèce. Connu pour l'énoncé de théorèmes mathématiques élémentaires, il a aussi ébauché une première philosophie de la Nature. Les Présocratiques sont des philosophes qui ont vécu du milieu du VIIe siècle av. J.-C. jusqu'à l'époque de Socrate. Les présocratiques sont, dans la Grèce antique, les philosophes qui participent aux origines de la philosophie. Certains présocratiques ne sont donc pas littéralement des présocratiques, comme les Sophistes, Démocrite, etc. Ils sont considérés comme les initiateurs de certains aspects de la spéculation philosophique (philosophie de la nature par exemple). Leurs doctrines et leur vie, du fait de l'état lacunaire de nos sources, ne sont pas très bien connues. De plus, d'après ce qui nous reste de leurs écrits provenant des oeuvres de philosophes ultérieurs, surtout Platon et Aristote, nous nous retrouvons face à des textes réinterprétés de manière parfois tendancieuse (par exemple Aristote, Métaphysique, livre A).

-621         en Grèce - Législation de Dracon à Athènes. Législation de Dracon qui sont les premières lois écrites d'Athènes. Ce code très sévère imposait le pouvoir judiciaire de l'État contre le droit coutumier du clan (genos) (sorte de vendetta) dominé par l'aristocratie des Eupatrides. Son code est d'une telle rigueur que l'orateur Démade put dire qu'il avait été écrit "avec du sang". Dracon est un législateur athénien du VIIe siècle av. J.-C., appartenant à la classe des Eupatrides. En 621, il rédige ses lois en tant qu'archonte éponyme, premières lois écrites de la cité, qui auraient été les premières lois constituantes de la cité. Et, pour que personne ne les ignore, elles sont affichées sur des panneaux de bois, conservés presque deux siècles, et sur des stèles de forme de bétyles. Elle apporte plusieurs innovations majeures : le droit est désormais écrit, et donc connaissable par tous ceux qui ont appris à lire, au lieu d'être oral, et connu et interprété par quelques uns ; la loi sur l'homicide fait la distinction entre le meurtre, volontaire, et l’homicide, involontaire. Les Eupatrides sont les familles nobles d'Athènes. Démade, orateur d'Athènes.

-616         DOMINATION ÉTRUSQUE (-616 à -509) les Étrusques fascinaient les Grecs et les Romains tant ils apparaissaient différents des autres peuples. Leur civilisation, la plus brillante de toutes celles qui naquirent en Italie antique, a su rayonner bien au-delà de son espace initial, délimité par la mer Tyrrhénienne, le Tibre et l'Arno, et s'enrichir du contact d'autres peuples de l'Antiquité.

-616         TARQUIN l'Ancien (-616 à -579)

-616         Tarquin l'Ancien est aussi le premier roi d'origine étrusque. La tradition annalistique et historique grecque et romaine est aujourd'hui fortement contredite par l'interprétation des historiens modernes. Selon Tite-Live, Tarquin l'Ancien s'appelait Lucumon, il était fils de Démarate, un Corinthien réfugié à Tarquinia, et était marié à l'ambitieuse Tanaquil, une Étrusque de souche. Mais, méprisé malgré sa fortune, le couple s'installe à Rome où Lucumon se rebaptise lui-même Lucius Tarquin l'Ancien (Lucius Tarquinius Priscus). Le nouveau venu réussira à s'imposer par son habileté politique et rhétorique et sans doute son immense richesse. Tite-Live rapporte qu'il fut le premier à faire campagne pour obtenir le pouvoir et à rechercher les suffrages de la plèbe par des discours. Tarquin insiste pour que l'élection du nouveau roi se déroule au plus vite et il manoeuvre pour éloigner les fils presque majeurs d'Ancus Marcius dont il est le tuteur pour se donner le champ libre. Il est élu en -616 à l'immense majorité du peuple pour succéder à Ancus Martius. Une fois roi, son sens politique ne l'abandonne pas: il nomme cent nouveaux sénateurs qui lui apportent un soutien inconditionnel, il distribue des terrains autour du forum à des particuliers. Plusieurs campagnes militaires marqueront son règne: d'abord une nouvelle guerre contre les Sabins. Surpris par l'attaque brutale des Sabins, Tarquin renforce sa cavalerie et finit par les écraser. Différentes batailles suivent contre les Anciens Latins: il enlève Corniculum, Ficula l'Ancienne, Caméria, Crustumérium, Amériola, Médullia et Nomentum avant de conclure la paix. Il construit le Forum et le Grand Cirque (Circus Maximus), les égouts (Cloaqua Maxima), assainit les bas quartiers, aménage le Capitole. Il meurt en -579, victime de la vengeance des fils dépossédés d'Ancus Martius. Mais ceux-ci ne pourront reprendre le pouvoir grâce à une habile manoeuvre de Tanaquil. Servius Tullius lui succède.

-616         Tarquin l'Ancien introduit les jeux à Rome, surtout les courses de chevaux qui se déroulent au Circus Maximus, entre le Palatin et l'Aventin. Le Circus maximus à Rome ou Cirque Maxime, ou simplement le Grand Cirque, est un circuit dédié aux courses de chars. Il reste à ce jour la plus vaste enceinte sportive que le monde ait connu. Il pouvait contenir au moins 100 000 personnes. Il fut construit par Tarquin l'Ancien, puis agrandi et transformé par Jules César. Les courses de chars constituent le sport vedette de l'antiquité. Tiré par un, deux, trois ou quatre chevaux, les chars de compétition étaient conduits par des auriges qui avaient un statut et des revenus à la hauteur de leur popularité, qui était considérable.

-612         L'Empire Assyrien s'effondre, vaincu par les Babyloniens et les Mèdes. Les villes de Nimrud et Ninive sont prises et mises à sac par l'alliance militaire entre les Médes et les Babyloniens. Début de l'hégémonie militaire de Babylone au Moyen-Orient. La coalition des Scythes, des Mèdes et des Chaldéens de Babylone prend Khalkhu puis Ninive, qui est pillée et détruite après trois mois de siège. L'empire assyrien n'est plus. Après la mort ou la fuite de Sîn-shar-ishkun, un de ses officiers prend le pouvoir sous le nom d'Ashur-ubalit. Il s'enferme dans Harran avec ce qui reste de l'armée et quelques troupes égyptiennes. Mèdes, peuple indo-européen. La Médie s'étendait géographiquement de la chaîne de l'Elbourg à celle des Zagros, à l'est et au sud dans l'Iran actuel. Les Scythes sont un ensemble de peuples nomades, ayant vécu entre le VIIe siècle et le IIIe siècle av. J.-C. dans les steppes eurasiennes. C'est une très vaste zone allant de l'Ukraine à l'Altaï, en passant par le Kazakhstan. Les Perses désignaient ces mêmes peuples par le nom de Saka, qui a été francisé en Saces. Les sources assyriennes mentionnent les Saces dès 641 ou 640 avant l'ère chrétienne.

-610         à -595 - en Égypte - Règne de Néchao II. Aménagement du canal des deux mers. Néchao II ou Nékao II, pharaon de la XXVIe dynastie, régnant de -610 à -595. Fils de Psammétique Ier, il parvient à étendre ses conquêtes jusqu'à l'Euphrate mais la défaite que lui inflige Nabuchodonosor II à Karkemish en 605 l'oblige à abandonner ses possessions asiatiques. Il se tourne alors vers le développement du commerce à la fois en Méditerranée et avec l'Afrique orientale et le pays de Pount. Il entreprend le creusement d'un canal destiné à relier le Nil à la Mer Rouge.

-605         Un nouveau Roi pour Babylone. Nabuchodonosor II est couronné roi de Babylone à la mort de son père, Nabopolassar. Peu avant son couronnement, il a vaincu les Égyptiens à Kharkémish, les chassant ainsi du Moyen-Orient. Huit ans plus tard, il s'emparera de Jérusalem et déportera l'ensemble de la famille royale de Juda à Babylone. Lorsque les habitants de Jérusalem se révoltent contre le roi babylonien, en -587, toute la population juive sera chassée du pays, constituant ainsi la première diaspora. Nabuchodonosor II règnera jusqu'en -562.

-605         à -562 - Nabuchodonosor II est couronné roi de Babylone. Il succède à son père, Nabopolassar. Le roi de Babylone se consacre à l'embellissement de sa capitale. Il fait rénover la ziggourat, qui a donné naissance au récit biblique de la "tour de Babel": elle s'élève à 90 mètres de haut et sa base a 90 mètres de côté. Enfin, le roi fait aménager les jardins suspendus. Une légende prétend qu'il aurait ainsi voulu faire une faveur à son épouse d'origine mède qui regrettait les montagnes verdoyantes de son enfance. Nabuchodonosor II, souverain de Babylone (-630, -561) doit sa renommée à la conquête de Jérusalem et du royaume de Juda dont la Bible se fait écho. Nabuchodonosor succède à son père Nabopolassar, qui redonna son indépendance à Babylone face aux Assyriens, en -605. Il venait, peu avant, de battre les Égyptiens à Kharkémish. Dès la première année de son règne il soumit Jérusalem et y établit un protectorat. Le roi de Juda, Joachim, ne supportant pas la situation, complota avec les Égyptiens. Nabuchodonosor réagit en soumettant de nouveau Jérusalem le 16 mars -597, en déportant la famille royale et une partie de la population, et en installant sur le trône Juda Sédécias. Mais ce dernier ne tarda pas à intriguer et Nabuchodonosor revint une troisième fois à Jérusalem, en -586, pour soumettre la ville. Le Temple de Salomon fut détruit et toute la population juive fut déportée, formant ainsi la première diaspora. Les jardins suspendus de Sémiramis à Babylone, dans l'Iraq actuel, sont la deuxième des sept merveilles du monde. Ils sont célébrés par Diodore de Sicile, Flavius Josèphe et Strabon, qui s'inspirent tous de sources plus anciennes. Ainsi Flavius Josèphe s'inspire des textes d'un prêtre du dieu Mardouk, Bérose qui vivait à Babylone une trentaine d'année après la conquête de la ville par Alexandre le Grand (fin du IVe siècle av. J.-C.). C'est à ce prêtre que l'on doit la probable légende de la construction de ces jardins par Nabuchodonosor II afin de rappeler à son épouse mède les montagnes boisées de son pays natal.

-605         en Égypte - Défaite de Néchao II à Karkémish.

-600         Le temps des prophètes (Ve siècle avant JC à 622). Prophètes et mysticisme. L'Antiquité classique est une période d'environ mille deux cents ans qui s'écoule entre l'an 600 avant JC (Jésus-Christ) et l'an 600 après JC. Elle coïncide avec la naissance de la plupart des grandes religions actuelles ainsi que des systèmes philosophiques qui guident aujourd'hui encore nos destinées. Cela commence au VIe siècle avant JC (entre l'an -600 et l'an -500) avec la naissance en Inde, au pied de l'Himalaya, d'un prince du nom de Siddharta Gautama. Il fut aussi appelé Cakyamouni (le sage du clan des Cakyas) et resta dans les mémoires sous le nom de Bouddha (l'Illuminé). En Chine, à la même époque, vivent Lao Tseu, le fondateur du taoïsme, et Confucius, dont les préceptes moraux régissent encore la vie des Chinois. En Perse, un prophète mystérieux appelé Zarathoustra (ou Zoroastre) énonce la doctrine du mazdéisme qui a inspiré les religions monothéistes. Les Hébreux exilés à Babylone enregistrent les textes de la Bible et écoutent la voix de leurs prophètes. Aux siècles suivants, la philosophie et la raison s'épanouissent au pied de l'Acropole d'Athènes, avec Socrate, Platon ou encore Aristote. Trois siècles plus tard, un juif se présente comme le Fils de Dieu. Il est à l'origine du christianisme, dont près d'un tiers de l'humanité est aujourd'hui l'héritière. Le temps des prophètes se clôt avec la prédication de Mahomet dans le désert d'Arabie. Sa religion s'est imposée dans une grande partie du Vieux Monde, de l'Atlantique au Pacifique, et guide aujourd'hui plus d'un homme sur cinq.

-598         Fondation de Marseille par les Grecs (Phocéens). Phocéen, grecs originaires d'Asie Mineure venus s'installer en Corse après l'invasion perse. Alliés à Massalia, ils tentent de chasser les Étrusques de la mer Tyrrhénienne et les phéniciens de Sardaigne. Après une bataille navale étrusco-phénicienne dans laquelle ils laissent les deux tiers de leur flotte, les phocéens quittent la Corse pour s'installer en Grande-Grèce.

-598         Fondation de Capoue par les Étrusques. Capoue est une ancienne ville d'Italie du sud, en Campanie, qui conserve de nombreux vestiges de l'époque romaine.

-595         à -589 - en Égypte - Règne de Psammétique II.

-594         en Grèce - Solon devient archonte à Athènes et début des réformes en direction de la démocratie. Héraclide de Pont dit Solon devient archonte à Athènes (594-593 av. J.-C.) et début des réformes en direction de la démocratie. Il fut l'un de sept sages de la Grèce. Quand ils ont voulu introduire les lois écrites, les Romains envoyèrent une délégation de sénateurs étudier les lois de Solon à Athènes. Crise agraire en Attique : les paysans désirant une réforme agraire poussent Solon à prendre le pouvoir. Réformes politique et sociales de Solon à Athènes : exonération des dettes, abolition de la contrainte par corps et de l'hypothèque, amnistie politique... Il divise la société en quatre classes en fonction de la fortune (pentacosiomédimnes, hippeis, zeugites, thètes). Création d'institutions démocratique : Boulê (conseil des quatre cents), Prytanée, tribunal de l'Héliée. Solon favorise le négoce, permet la venue de marchands étrangers et réforme la monnaie. Solon institue les premières maisons closes d'Athènes pour éviter les désordres familiaux. Solon, né vers 640 av. J-C., mort en 558 av. J.-C., homme d'État, législateur et poète athénien.

-593         Réformes de Solon. Alors qu'Athènes subit une grave crise agraire, Solon modifie en profondeur le fonctionnement de la cité. Il interdit la servitude pour dettes et efface ces dernières. Mais surtout il réforme le corps civique. L'accès au pouvoir était déterminé par l'appartenance à des classes, celles-ci ne seront plus simplement déterminées par le sang mais par la richesse. Un rôle militaire est également attribué à chaque classe. Surtout Solon donne un pouvoir à la Boulê, assemblée jusqu'ici purement consultative. Enfin la création de l'Héliée, tribunal populaire, permet à tous de participer à la justice de la cité.

-591         en Égypte - Campagne contre le royaume nubien de Kouch.

-590         en Égypte - Expédition victorieuse de Psammétique II en Palestine et en Syrie.

-589         à -570 - en Égypte - Règne d'Apriès. Apriès, pharaon de la XXVIe dynastie, règne de -589 à -570.

-587         Prise de Jérusalem par Nabuchodonosor II. Destruction du Temple de Jérusalem et exil du peuple à Babylone. Au début de l'année, l'avance d'une armée égyptienne provoque momentanément la levée du siège de Jérusalem. La libération promise aux esclaves au moment du danger est remise à plus tard et Jérémie est emprisonné. Mais l'armée d'Apriès est défaite et le siège de Jérusalem reprend, entraînant la famine et la peste. Le 29 juillet, une brèche est ouverte dans la muraille de la ville et le roi Sédécias tente une sortie de nuit vers le Jourdain et le territoire Ammonite. Les Babyloniens le font prisonnier à Jéricho. Il a les yeux crevés après avoir vu ses fils égorgés devant lui, puis et emmené prisonnier à Babylone. Le général de Nabuchodonosor II, Nebouzaradan, prend Jérusalem. Il détruit le Temple et le palais royal, fait démanteler la ville, annexe le royaume et déporte 20 000 personnes vers Babylone, soit le quart de la population en -586. Il place à la tête de Juda Godolias (Gedalyahu), ancien premier ministre du parti probabylonien et proche de Jérémie qui s'installe à Mizpa, au nord de Jérusalem. L'Exil à Babylone est le nom qu'on donne généralement à la déportation à Babylone des Juifs de Jérusalem et du Royaume de Juda sous Nabuchodonosor II.

-586         28 mai Nabuchodonosor profite d'une éclipse. Une éclipse de soleil interrompt un combat entre les Mèdes du roi Cyaxare et les Lydiens du roi Alyatte. Cet événement, considéré comme un signe divin, impose la paix entre les deux belligérants grâce à l'arbitrage du roi de Babylone Nabuchodonosor II, allié des Mèdes. Celui-ci en profite pour annexer la Cilicie, plaine littorale de Turquie. Conscient de la montée en puissance des Mèdes, Nabuchodonosor II protégera son Empire par la construction des murailles de Babylone, dont les jardins suspendus sont considérés par les auteurs antiques comme l'une des sept merveilles du monde.

-586         Juillet : Nabuchodonosor s'empare pour la troisième fois de Jérusalem et détruit le Temple de Salomon. Déportation de la population. Le Premier Temple ou Temple de Salomon aurait été construit, d'après la Bible, par le roi Salomon (au xe siècle av. J.-C.). Il a été entièrement détruit par Nabuchodonosor II en -586. Le Temple de Salomon, également connu comme sous la dénomination de Premier Temple, fut, selon la Bible, le premier Temple juif de Jérusalem. Il agissait comme un foyer la vie religieuse et cultuelle, étant le lieu des sacrifices décrits dans la Torah sous le nom de korbanot. La date supposée de sa complétion se situerait aux alentours du Xe siècle avant JC, celle de sa destruction par les Babyloniens. en -586.

-585         en Grèce - Psammétique Ier succède à Périandre à la tête de Corinthe (jusqu'en -584 ou -583).

-585         28 mai L'éclipse solaire prévue par Thalès a lieu. Le philosophe et astronome Thalès avait prédit une éclipse solaire pour l'année 585 av. J.-C. Lorsque celle-ci a lieu, il accède à une célébrité immédiate. Les moyens lui ayant permis de réaliser cette prédiction restent cependant inconnus : peut-être a-t-il réalisé des calculs sur le mouvement des astres. Une autre hypothèse serait qu'il ait eu la connaissance ou bien l'intuition du Saros, l'intervalle – régulier - entre deux éclipses. L'historien Hérodote racontera plus tard que cette éclipse aurait interrompu un combat entre le roi de Babylone Nabuchodonosor et les Lydiens.

-582         à -496 - naissance et mort de Pythagore de Samos. Mathématicien et philosophe grec. Après des voyages en Égypte, Pythagore revient à Samos, mais la tyrannie de Polycrate l'oblige à émigrer à Cratone, colonie grecque dans le sud de l'Italie. Il y fonde une communauté religieuse, politique et scientifique dont l'influence, malgré le caractère secret du mouvement, dura deux cents ans. C'est grâce à ses disciples que l'on connaît les travaux de mathématique et de géométrie de Pythagore, notamment son célèbre théorème, qui porte aujourd'hui son nom, sur les angles du triangle. Si le doute persiste sur la paternité de cette formule, Pythagore est le premier à en avoir fait la démonstration. Il a par ailleurs donné son caractère scientifique aux mathématiques en les séparant de la religion et en imposant la numération décimale. L'école pythagoricienne est une école philosophique de l'antiquité fondée par Pythagore. L'enseignement pythagoricien était divisé en deux parties : une partie pour les acousmaticiens, les non encore initiés, et une pour les initiés, les mathématiciens. Cet enseignement était oral et secret. La transmission du savoir entre disciples était indissociable du respect des règles morales de la secte dans son ensemble : règle du silence, respects du grade d'initiation des disciples. L'école pythagoricienne était ainsi une confrérie tant religieuse que scientifique.

-579         Assassinat de Tarquin par des descendants d'Ancus Martius.

-578         Servius TULLIUS (-578 à -534)

-578         Servius Tullius est le sixième roi légendaire (et parmi eux le deuxième des rois étrusques) de la Rome antique. Proche de Tarquin l'Ancien dont il épouse la fille, il accède à la royauté à la suite de l'assassinat de ce dernier. C'est le premier souverain à accéder au pouvoir sans consultation populaire. Après des campagnes militaires contre Veies et les Étrusques, il améliora l'organisation administrative et politique de la Ville. Il instaura le cens et répartit la population en cinq classes (elles-mêmes divisées en centuries) selon la fortune, et accomplit des travaux publics de grande importance. Il recensa la population romaine (quatre-vingt mille citoyens en âge de porter les armes, selon Fabius Pictor). Servius réforma l'armée et modifia les impôts en divisant la ville en quatre quartiers et en instaurant les tribus urbaines: regio Suburana, Esquillina, Collina, Palatina. Servius transforma ainsi la "constitution" romaine de façon radicale: le vote cessait d'être individuel et dépendait du cens: le pouvoir allait désormais appartenir totalement aux plus riches. Il déplaça le pomoerium et augmenta la superficie de la Ville, renfermant dans une nouvelle enceinte le Quirinal, le Viminal et aménagea l'Esquilin où il choisit de résider pour améliorer le prestige du quartier. À la longue, Servius exerça un pouvoir de plus en plus autoritaire et démagogique, favorisant les plus démunis aux dépens des plus aisés afin d'obtenir les faveurs de la plèbe, ce qui suscita une certaine opposition. Il mourut tragiquement, victime d'un complot organisé par sa propre fille et par son gendre, Tarquin le Superbe, le fils de Tarquin l'Ancien. Le cens désigne, à diverses époques historiques, l'impôt direct payé par les citoyens. Le censeur romain est un magistrat. Deux censeurs sont élus tous les cinq ans parmi les anciens consuls par les comices centuriates. Leur principale fonction est le cens, recensement quinquennal des citoyens par niveau de fortune, une pratique administrative qui remonte, selon la tradition, au roi Servius Tullius. Ils inscrivent les nouveaux citoyens romains dans les registres de leur centurie et de leur tribu, passent en revue les chevaliers (la recognicio equorum) et dressent l'album sénatorial par la lectio Senatum. À ce titre ils sont chargés de mettre à jour l'album, c'est-à-dire le registre des personnes admises au Sénat. Leur fonction les amène également à surveiller les moeurs. À cet effet il détient la cura morum qui leur permet de rayer de l'album sénatorial les sénateurs indignes, mais aussi de flétrir publiquement la réputation d'une personne par la nota censoria.

-577         Normalisation du latin à Rome.

-570         à -490 - naissance et mort de Lao-Tseu. Philosophe chinois Lao-Tseu, l'auteur présumé du Tao-te-king est une figure obscure de l'histoire universelle, et nous avons peu de renseignements sur sa vie. Il est considéré comme le fondateur du taoïsme, et l'un des personnages mythiques de la Chine ancienne, tout comme Confucius. Le tao vise à épurer l'homme et à le conduire vers la juste voie et la vertu. L'une de ses doctrines principales est celle du non-agir qui doit inciter l'humain à ne pas dépenser d'énergie inutilement, et à se détacher des désirs encombrants. La pensée taoïste est plus intuitive que réflexive, à l'inverse de la philosophie occidentale. Elle propose la méditation comme condition de l'ouverture au monde. Le taoïsme est à la fois une philosophie et une religion chinoise. Plongeant ses racines dans les profondeurs de la culture chinoise ancienne, ce courant de pensée multiforme a imprégné l'art, la philosophie et la spiritualité de l'Extrême-Orient. On en trouve des échos dans des écoles bouddhiques telles que le Chan (Zen en japonais), des variantes médicales, politiques, esthétiques, on le retrouve dans les arts martiaux et il résonne encore aujourd'hui jusqu'en Occident, en particulier avec des thèmes comme l'écologie et le développement personnel.

-570         à -526 - en Égypte - Règne d'Amasis. Amasis est un pharaon de la XXVIe dynastie de la basse époque égyptienne, régnant de -571 à -526.

-565         Les Phocéens créent une colonie à Alalia (Aléria). Aléria est une commune française, située dans le département de la Haute-Corse et la région Corse.

-563         à -483 - naissance et mort de Bouddha. Communément appelé Sakyamuni (le Sage du clan des Sakya), il est issu de la noblesse de la principauté de Kapilavastu, sur les confins indo-népalais et reçoit une éducation guerrière. À trente ans, prenant conscience des maux de l'humanité, il s'exile pour vivre sept années dans l'errance, l'ascèse, et le jeûne. À travers la vision de la totalité de l'univers il atteint la bodhi, l'éveil à la connaissance suprême. Dorénavant, il sera appelé Bouddha, "l'Éveillé", ou Siddartha, "Celui qui a atteint son but". Puis il découvrit une "Voie moyenne" entre la vaine jouissance et le renoncement. Cet éveil lui apporta la révélation du cycle des réincarnations et de sa dure causalité, mais aussi le moyen d'y échapper reposant sur quatre "nobles vérités", qui portent sur l'universalité de la souffrance, son origine, son anéantissement et le chemin spirituel pour y parvenir. Voulant faire partager ses découvertes, il partit en renonçant à son anéantissement suprême dans le nirvana. Le bouddhisme est l'un des grands systèmes de pensée et d'action orientaux, né en Inde au VIe siècle av. J.-C.. Il est fondé sur un triple socle appelé les Trois Joyaux : les bouddhistes déclarent prendre refuge dans le Bouddha (le fondateur du bouddhisme), dans le Dharma (la doctrine du Bouddha) et dans le Sangha (la communauté des fidèles pour certains, l'Ordre monastique pour d'autres).

-561         en Grèce - Crésus, roi de Lydie s'empare de l'Anatolie. Régne de Crésus, roi de Lydie (fin en -547), qui s'empare de l'Anatolie. Il est fabuleusement riche grâce aux sables aurifères du Pactole. Il soumet les cités grecques d'Ionie (v. -560). Crésus, né en -596, fils d'Alyatte II, est un roi de Lydie, ayant régné de -561 à -547. Dernier roi de Lydie, de la race des Mermnades, il est célèbre par ses richesses et partagea son règne entre les plaisirs, la guerre et les arts. Il conquit la Pamphylie, la Mysie et la Phrygie jusqu'à l'Halys.

-560         Construction du Temple d'Artémis à Éphèse. Le temple d'Artémis à Éphèse, appelé aussi Artémision, fut la quatrième des sept merveilles du monde. Sa construction débuta en 560 av. J.-C. et se termina en 440 av. J.-C.. Ses architectes sont Théodore de Samos, Ctésiphon et Metagenès. Artémis est la déesse grecque de la chasteté et de la chasse. Les ruines d'Éphèse se trouvent aujourd'hui près de la ville turque de Selçuk, à 50 kilomètres au sud d'Izmir.

-556         en Grèce - Chilon, éphore à Sparte. Chilon devient éphore de Sparte. Il est l'un des sept sages de la Grèce. Il fait confier aux éphores le droit de déposer les rois. Le régime politique spartiate est oligarchique si l'on considère l'ensemble de la population mais peut sembler démocratique si l'on s'arrête aux Homoioi (citoyens spartiates). Deux Rois sont choisis dans deux familles distinctes, les Agiades et les Eurypontides. Ils ont un pouvoir essentiellement militaire et religieux. La gérousie est une assemblée aristocratique constituée de 28 vieillards de plus de 60 ans, nommés à vie par acclamations. Ils exercent des pouvoirs judiciaires et ont un droit de veto sur les décisions de l'assemblée. Les éphores, au nombre de cinq, représentent le peuple. Ils forment un véritable gouvernement qui exercent un pouvoir judiciaire et exécutif. L'assemblée, qui vote les décisions, semble avoir un pouvoir limité. Les éphores sont un directoire de cinq magistrats annuels à Sparte, dont ils forment le véritable gouvernement.

-552         La Perse devient un royaume indépendant sous le roi Cyrus II. Cyrus II († 529 av. J.-C.), dit Cyrus le Grand, est le fondateur de l'Empire perse, successeur de l'Empire mède. Il appartient à la dynastie des Achéménides. L'Empire achéménide, est le premier des Empires perses à régner sur une grande partie du Moyen-Orient. Il s'étend alors au nord et à l'ouest en Asie Mineure, en Thrace et sur la plupart des régions côtières de la mer Noire; à l'est jusqu'en Afghanistan et sur une partie du Pakistan actuels, et au sud et au sud-ouest sur l'actuel Iraq, sur la Syrie, l'Égypte, le nord de l'Arabie saoudite, la Jordanie, Israël, le Liban et jusqu'au nord de la Libye. Le nom "Achéménide" se rapporte à la fois au clan fondateur et à l'État suzerain des Mèdes qui se libère de son joug vers 556 av. J.-C. pour donner naissance au grand empire. D'État suzerain et tributaire des Mèdes, les Achéménides fondent un empire qui menace par deux fois la Grèce antique, qui conquiert l'Égypte et qui prend fin face à Alexandre le Grand en 330 av. J.-C.. La Perse est le nom utilisé par les Grecs dans l'Antiquité pour désigner la province du Fars, berceau historique de l'Iran actuel, appelée Parsa- en vieux-persan et Pars en moyen-persan. Plus généralement, le nom de Perse reste utilisé hors de l'Iran jusqu'en 1934. Au IIIe siècle, sous la dynastie sassanide, apparaît le mot Eran ou Eransahr, qui signifie "pays des Aryens", c'est-à-dire "pays des Iraniens". Au VIIe siècle, après la chute des Sassanides, le pays reprend - en Occident - le nom de "Perse", qui est utilisé jusqu'en 1934, date à laquelle Reza Pahlavi demande aux représentations diplomatiques d'appeler le pays Iran, comme les iraniens ont toujours appelé leur pays. Durant l'Antiquité, le puissant Empire persan des Achéménides a livré plusieurs guerres aux Grecs. Plus tard, les Arabes conquièrent la région et y introduisent l'Islam. Les Iraniens continuent à parler persan, et se différencient des musulmans orthodoxes (sunnites), car ils sont chiites duodécimains (divergence provenant d'un problème de succession à la mort de Mahomet). La relation de la Perse au monde arabe n'est pas sans similitude avec celle de la Grèce vis à vis de Rome : conquise militairement, elle va elle aussi conquérir culturellement peu à peu son vainqueur.

-551         à -479 - naissance et mort de Confucius. Homme d'État et philosophe chinois. Les idées de Confucius - nom latinisé de Kong Fuzi - ont influencé toutes les civilisations d'Asie de l'Est. La croyance en la capacité de l'homme ordinaire à modifier son propre destin caractérise cet héritage. En contraste avec son incroyable influence, la vie de Confucius est d'une simplicité exemplaire. Instruit par sa mère, il se distingue par une infatigable envie d'apprendre. Sa maîtrise des arts lui permettent d'ailleurs de débuter une brillante carrière d'enseignant. Il s'implique en politique, souhaitant mettre ses idées humanistes en pratique auprès des gouvernements. Il devient magistrat puis Ministre de la Justice dans l'état de Lu. A 56 ans, il réalise finalement que ses supérieurs ne sont pas intéressés par ses idées et quitte le pays pour un exil de douze ans. Pendant ce temps sa réputation d'homme de vision se répand. A 67 ans, il retourne chez lui pour enseigner et écrire. Ses 'Entretiens' et ses théories, largement popularisés par ses disciples, constituent une doctrine de perfectionnement moral. Le confucianisme est une philosophie, une éthique et une politique, élaborée en Chine à partir des enseignements de Confucius. Après avoir été confrontée aux écoles de pensée concurrentes pendant la Période des Royaumes combattants, notamment le taoïsme, le mohisme et le légisme, et violemment combattue sous le règne de Qin Shi Huang, fondateur de la première dynastie Chinoise, elle fut imposée par Wudi, fondateur de la dynastie Han, en tant de doctrine d'État et l'est restée jusqu'à la fondation de la République de Chine, en 1911. Son influence sur la Chine, ainsi que le Japon, la Corée et le Vietnam, est telle qu'on peut la comparer à celles de Socrate et Jésus en Occident.

-550         en Grèce - Formation de la ligue Péloponnésienne par Sparte. La ligue du Péloponnèse est l'alliance grecque la plus ancienne et qui se maintint le plus longtemps. Elle date du VIe siècle av. J.-C., alors que Sparte négociait des traités avec les États du Péloponnèse. Sparte pouvait ainsi espérer le soutien de tous ses membres en cas de guerre, si une majorité de votes étaient favorables à une telle éventualité, chaque État ayant une voix.

-550         Cyrus II détruit l'Empire mède et fonde l'Empire perse, qui s'étendra à tout le Moyen-Orient, de la mer Égée à l'Inde, de l'Égypte à l'Afghanistan. Les Mèdes sont un peuple de l'Iran ancien, voisin des Perses, avec lesquels ils ont souvent été confondus. Ils occupaient un territoire qui recouvre le nord-ouest de l'actuel Iran, au sud de la mer Caspienne actuel Azerbaidjan, autour de leur capitale Hangmatana/Ecbatane au Ier millénaire av. J.-C. Les Mèdes formèrent un empire au début du VIIe siècle av. J.-C. qui dura jusqu'en 550 av. J.-C. Cet empire rivalisait avec le royaume de Lydie et Babylone.

-550         Naissance de Darius Ier, roi de Perse. † 486 av. J.-C. Darius Ier († -486; en vieux-persan Darayawus, en grec ancien Δαρεῖος / Dareios), dit Darius le Grand, est un grand roi de l'Empire perse ; il appartient à la dynastie des Achéménides.

-550         Pythagore démontre la relation entre les longueurs des côtés d'un triangle rectangle. Le théorème de Pythagore est un théorème de géométrie euclidienne qui énonce que dans un triangle rectangle (qui possède un angle droit) le carré de l'hypoténuse (côté opposé à l'angle droit) est égal à la somme des carrés des deux autres côtés. Ce théorème est nommé d'après Pythagore de Samos qui était un mathématicien, philosophe et astronome de la Grèce antique.

-550         vers - invention du cadran solaire par Anaximandre (Grèce). Anaximandre de Milet (611 av. J.-C., vers 547 av. J.-C.) est un philosophe grec présocratique, contemporain et "successeur" de Thalès. Élève de Thalès, il semble également qu'il fut l'un de ses parents (selon la Souda). À la mort de Thalès, Anaximandre lui succéda à la tête de l'école milésienne. Anaximandre aurait été le premier philosophe à consigner ses réflexions par écrit et par ce fait même, ses documents auraient été les premiers textes grecs écrits en prose. Du temps de Platon, sa philosophie était tombée dans l'oubli, et c'est à Aristote, à Théophraste et à quelques doxographes que l'on doit les fragments qui nous restent. Anaximandre fut le premier qui rédigea un traité de mathématiques intitulé Upotutôsis tês geometricas (Exposé sommaire de géométrie). Selon les maigres renseignements que l'on possède sur cet ouvrage, connu par simple mention dans la Souda, il est à croire qu'il comprenait un cours d'astronomie appliquée et de philosophie. On y trouvait aussi plusieurs propriétés des sphères ignorées avant lui. Anaximandre aurait fait la découverte de l'obliquité de l'écliptique, c'est-à-dire que l'écliptique forme un angle avec le plan de l'équateur céleste. On lui attribue l'introduction en Grèce du gnomon, ou cadran solaire, et l'invention de la cartographie par sa conception d'une des premières cartes du monde grec.

-550         à -350 - Art Achéménide (Perse). Les Achéménides avaient le goût de l'orfèvrerie fastueuse (vaisselle, bijoux, armes et meubles). Tous ces objets devaient avoir une signification au-delà de leur usage courant. Les scènes de la procession des peuples soumis à Persépolis représentent plusieurs fois des objets apportés en tribut. L'art achéménide traduit une habileté extrême, un certain sens de la plastique et un grand soin apporté à la finition des détails. Les Achéménides sont la première dynastie royale de Perse. Ils tirent leur nom du héros légendaire Achéménès (en perse Hakhamanish), le fondateur. C'est à cette famille qu'appartenaient Cyrus, Cambyse et Darius. La dynastie s'éteignit en -330 avec les conquêtes d'Alexandre le Grand.

-547         en Grèce - Pisistrate tyran d'Athènes. Pisistrate, tyran d'Athènes, né vers -600, mort en -527. Pisistrate s'empara du pouvoir par la ruse, en occupant l'Acropole (-561), et fut le premier tyran d'Athènes, ainsi que le fondateur de la dynastie des Pisistratides, dynastie qui ne lui survivra que dix-sept ans. Par son oeuvre d'homme politique et d'homme d'État, il a arraché définitivement Athènes à la domination de l'antique oligarchie aristocratique et préparé, par une politique extérieure nouvelle et audacieuse, la domination militaire et commerciale d'Athènes en mer Égée, condition préalable à l'instauration de la démocratie et à l'apogée de la puissance athénienne au Ve siècle, le "siècle de Périclès". La conquête du pouvoir par Pisistrate s'inscrit dans un mouvement général des cités grecques, où se généralise la tyrannie. À Corinthe, Milet, Sicyone, Samos, Mytilène, dans les colonies d'Asie Mineure, des tyrans et des dynasties de tyrans prestigieux liquident la domination oligarchique, enrichissent et renforcent leurs cités, mais aussi développent le commerce et son corollaire, les conquêtes.

-547         mort de Thalès.

-546         en Grèce - Cyrus, roi de Perse bat Crésus, roi de Lydie et s'empare du royaume. Prise de Sardes, capitale de Crésus, roi de Lydie. Les Perses de Cyrus le Grand soumettent l'Ionie, la Lydie et l'Eolide. Destruction de Magnésie, Colophon et Smyrne. Les Phocéens, dont la cité est détruite, doivent se réfugier dans leurs colonies de Méditerranée occidentale (Alalia). Seule, Milet bénéficie du statut privilégié d'alliée.

-540         à -460 - naissance et mort de Mahavira, fondateur de la religion jaïnisme (Une des plus anciennes religions et la seule qui respecte tous les êtres vivants) - L'emblème du jaïnisme est une main symbolisant le réconfort moral et la compassion, dans laquelle est inscrit "Ahimsa" c'est-à-dire non violence. La phrase en sanskrit sous la main veut dire: "Toutes les vies sont interdépendantes et donc se doivent un mutuel respect, une mutuelle assistance". Les quatre principes du jaïnisme sont les suivants: La personnalité de l'homme est matérielle et spirituelle, L'homme n'est pas parfait, L'homme est capable de vaincre sa nature matérielle, L'homme est seul responsable de son avenir. Le karma, résultat des pensées, paroles et actes, est une base fondamentale du jaïnisme. Le jaïnisme, ou jinisme, du sanskrit jina "victorieux", est une religion, un chemin spirituel qui insiste sur les concepts d'ahimsa (non-violence) et de karma et qui met l'accent sur l'ascétisme. Il commence, à l'image du bouddhisme, comme un mouvement de réforme à l'intérieur de l'hindouisme, puis devient une religion indépendante au cours du VIe siècle av. J.-C.. Avec seulement 6 millions de croyants, le jainisme est la plus petite des 10 religions principales du monde, mais en Inde, les jaïns sont surreprésentés dans les secteurs économique et politique. Les jaïns sont une force significative dans la culture de l'Inde, contribuant à la philosophie, à l'art, à l'architecture, aux sciences et aussi à la politique au travers de Gandhi et donc à l'indépendance de l'Inde.

-540         à -490 - naissance et mort de Hécatée de Milet. Il fut un des tous premiers écrivains d'histoire et de géographie grecque en prose. Il est né à Milet vers 550. Écrivain ionien, il écrivit des "histoires plaisantes et intéressantes" à propos de ses nombreux voyages. Il est aussi l'un des premiers logographes. Il aurait déssiné l'une des toutes premières cartes du monde, le représentant circulaire, la Méditerranée étant située au centre des terres entourées de toutes part de l'eau d'un fleuve qu'il avait appelé océan. Après de longs voyages en Égypte, en Asie, il essaya de prévenir Athènes que Darius Ier (le roi des rois, roi de Perse) avait envahi l'Anatolie et s'apprêtait à envahir la Grèce (les cités grecques de Ionie). Il déconseilla aux Ioniens de se révolter contre le gouvernement des Perses, connaissant bien l'étendue et les ressources de l'Empire perse. Mais les Athéniens ne voulurent pas écouter Hécatée de Milet et ne firent rien. Ce dernier est supposé avoir été tué dans sa cité lors de l'invasion de celle-ci par Darius, ou d'avoir été pris comme esclave. Il semble avoir survécu aux guerres contre les Perses et est mort vers 476-475.

-540         Les Étrusques s'allient aux Carthaginois contre les Phocéens.

-540         Les cités se couvrent de monuments, statues du couros (jeune athlète nu) et de la coré (femme). L'art grec archaïque, si l'on qualifie l'art grec des VIIe et VIe siècle av. JC. d'archaïque, ce n'est pas parce qu'il aurait quelque chose de primitif. Au contraire on assiste alors à une extraordinaire éclosion créatrice. L'essor de l'architecture religieuse offre aux sculpteurs grecs l'occasion d'orner les frontons des temples de scènes mythologiques, comme à Corfou où la gorgone Méduse y est représentée. La période archaïque correspond également à la naissance de la grande statuaire grecque sous influence de la statuaire égyptienne dont elle emprunte les caractéristiques : tête droite, bras collés au corps, jambe gauche en avant. C'est ainsi qu'aparaissent les deux types de statue emblématiques de cette période: le couros et la coré. Le couros est une statue colossale ou grandeur nature représentant un homme nu, athlétique, debout. La coré est le pendant féminin du couros. Cependant la coré est toujours habillée : le corps est caché par les plis et les drapés d'un péplos. Coré ou Perséphone, dans la mythologie grecque, Perséphone est une déesse, fille de Zeus et de Déméter. Elle est d'abord connue sous le simple nom de Coré "la jeune fille", ou encore "la fille", par opposition à Déméter, "la mère"    

-538         à -532 - Domination perse en Israël. L'édit du roi perse Cyrus autorise les Hébreux à retourner à Jérusalem. Reconstruction du Temple de Jérusalem. La Perse est le nom utilisé par les grécques dans l'antiquité pour désigner l'Iran. Le nom vient du province Parsa, la région méridionale de l'Iran et le centre de l'empire Achéménide. Ce nom est utilisé en Occident jusqu'en 1935, date à laquelle Reza Shah Pahlavi demande aux représentations diplomatiques d'appeler le pays l'Iran, comme les iraniens l'appellent depuis toujours. Durant l'Antiquité, le puissant Empire perse des Achéménides a livré plusieurs guerres aux Grecs. Plus tard, les Arabes conquirent la région et y introduisirent l'Islam. Les Iraniens continuent à parler persan, et se différencient des musulmans orthodoxes (sunnites), car ils sont chiites duodécimains (divergence provenant d'un problème de succession à la mort de Mahomet).

-536         Naissance de la tragédie. Thespis donne alors la première représentation tragique à Athènes. La foule des spectateurs est immense, le décor inexistant et l'éclairage impossible. De plus, les acteurs sont tous masculins et au nombre de trois. Il faut donc renforcer les effets théâtraux. Ils utilisent donc des masques et des longues robes de scène. La tragédie devient autre chose qu'une fête religieuse, tous y viennent, y compris les étrangers, les femmes et les esclaves. L'intérêt toujours actuel de la tragédie grecque réside dans la transformation du héros en un être humain qui souffre et affronte sa destinée. Thespis (°-580-† ?) poète et dramaturge de la grèce antique, est considéré comme le plus ancien tragique grec, et le premier acteur.

-535         Victoire d'Alalia, de Carthage et des Étrusques contre les Phocéens partis coloniser la Corse. Victoire d'Alalia des Étrusques (Caere) alliés aux Carthaginois contre des Grecs de Phocée et de Marseille tentant de coloniser la Corse. Les prisonniers sont lapidés par les Caerites. Les Marseillais se considèrent comme victorieux tandis que les Phocéens quittent Alalia pour fonder Vélia, en Lucanie. Début de l'occupation de la Sardaigne par Carthage.

-535         Servius Tullius est détrôné par son gendre Tarquin.

-535         en Grèce - Polycrate devient tyran de Samos. Samos domine l'Egée grâce à sa flotte et à son corps d'archers. Polycrate, fils d'Aiacès, est un tyran de Samos de 535 à 515 avant J.-C.. Samos est une île grecque de la mer Égée, proche de l'Asie mineure appartenant aujourd'hui à la Grèce.

-534         TARQUIN le Superbe (-534 à -509)

-534         Tarquin le Superbe (Lucius Tarquinius Superbus en latin) fut le septième et dernier roi légendaire de Rome, fils de Tarquin l'Ancien et beau-fils de Servius Tullius. Le dernier roi de Rome est un concentré de négativité: il fera figure de repoussoir, à la fois moral et politique. Fils ou petit-fils de Tarquin l'Ancien, Lucius Tarquinius (le Superbe) et son frère Arruns sont mariés aux filles de Servius Tullius, le roi pensant ainsi se prémunir contre les risques de complot dont avait été victime son prédécesseur, Tarquin l'Ancien. Or Tullia, l'ambitieuse épouse d'Arruns, ne tarde pas à tromper son paisible mari (et au mépris de sa propre soeur) avec Lucius, son beau-frère. Ce ménage dura quelque temps, Tullia communiquant sa folle ambition au jeune Tarquin, puis les deux époux encombrants disparurent opportunément. Devenus libres, les deux amants maudits purent donc s'épouser, malgré la désapprobation du père/beau-père. Poussé par sa femme, Tarquin entreprend alors de faire reconnaître ses droits sur le trône: il cherche appui auprès des sénateurs, puis forme une escorte de jeunes gens avec laquelle il envahit le forum. Il crée du tumulte; Servius intervient. Pris de court, Tarquin finit par l'empoigner et par le jeter dehors où le roi est achevé par les partisans du Superbe. Tite-Live raconte que, rentrant chez elle, Tullia aurait roulé sur le corps ensanglanté de son père... Maître du trône par un crime (-534), c'est par des violences sans fin qu'il prétend s'y maintenir. Il commence par interdire qu'on ensevelisse son beau-père et liquide les sénateurs qui avaient soutenu Servius Tullius. Il abolit la Constitution de son prédécesseur, mais termine les grands travaux (égouts, etc.), réorganise l'armée et construit sur le Capitole un temple dédié à Jupiter. Sans cesse en guerre contre les Latins, il élimine ses opposants par la ruse (Turnus Herdonius d'Aricie) il triomphe des Volsques en prenant Gabies sans coup férir, grâce à une trahison de son fils, Sextus Tarquin, et Suessa Pométia. Le roi fait alors la paix avec les Eques et renouvelle le traité avec les Étrusques. Sextus, aussi violent que son père, devient amoureux de Lucrèce, femme d'un de ses parents, Tarquin Collatin, et l'outrage. Lucrèce s'étant suicidée de honte, Tarquin Collatin soulève le peuple avec l'aide de son cousin Junius Brutus. Le roi et sa famille chassés de Rome se réfugient en Étrurie. La République est proclamée (-509). Sextus Tarquin sera assassiné à Gabies.

-528         En Inde, Siddhartha Gautama (le Bouddha) fonde le bouddhisme. Bouddhisme, religion et philosophie orientales issues des enseignements du Bouddha. Le bouddhisme, né d'une réforme du védisme (religion polythéisme riche, complexe et hiérarchisé, avec un univers composé de sphères d'existence où règnent des divinités.), s'est développé en Inde et à partir du IIIe siècle avant JC s'est étendu à toute l'Asie. Au début, le bouddhisme est plutôt une philosophie qui recherche une solution au problème de l'existence au sein de l'univers et une sagesse, une éthique passant par la renonciation et la recherche du salut. Son but est de sortir du cycle des réincarnations subies par l'homme du fait de son ignorance de l'homme et du poids de ses actes. Avec la suppression du désir tentateur et en recevant l'illumination parfaite, on peut atteindre le Nirvana (délivrance totale et vérité absolue) et finir par devenir Bouddha ("l'éveil", état de sainteté). Pour le bouddhisme, il n'existe ni âme éternelle, ni Dieu, ni dieux créateurs. L'absence de divinité n'est pas un postulat, mais la conséquence du principe de la production conditionnée: "rien n'est sans cause et rien n'est sa propre cause". Le bouddhisme peut donc être considéré, de ce point de vue-là, comme une philosophie athée.

-527         en Grèce - Mort de Pisistrate à Athènes, ses fils Hippias et Hipparque lui succède. Arrivée au pouvoir à Athènes d'Hippias et de son frère Hipparque qui succèdent à leur père Pisistrate (fin en -510). Hippias, († -490), tyran d'Athènes de -527 à -510, membre de la famille des Pisistratides. Hippias est le fils de Pisistrate, auquel il succède avec son frère Hipparque. En fait c'est Hippias qui exerce la direction principale de l'État et il est parfois difficile de distinguer ce qui, dans l'oeuvre de la tyrannie, revient à Pisistrate ou à ses enfants, du moins jusqu'à la mort d'Hipparque. Celui-ci est victime en effet d'une vengeance d'ordre privé et est assassiné par Harmodius et son amant Aristogiton en -514. Hippias applique alors un régime de terreur, se méfiant de tout et de tous et multipliant les vexations envers l'oligarchie. De plus le contexte international s'assombrit avec la disparition de deux tyrans alliés, Polycrate de Samos et Lygdamis de Naxos, la conquête perse qui ruine le premier empire maritime athénien fondé par Pisistrate et la brouille de Thèbes et d'Athènes suite à l'alliance de Platées avec cette dernière. Sparte, inquiète de l'expansion d'Athènes, hésite à intervenir directement. Elle ne s'y décide qu'en -511 sur les invitations de l'oracle de Delphes, soudoyé par les adversaires d'Hippias exilés tels les Alcméonides, et Cléomène Ier, roi de Sparte, contraint, par une intervention militaire, Hippias à l'exil en -510. Hippias se retire auprès de Darius Ier, le roi de Perse et le pousse à entreprendre la première Guerre médique. Il est tué à Lemnos au cours de celle-ci peu après la bataille de Marathon en -490. Hipparque, en grec ancien († Athènes, -514), l'un des Pisistratides, tyran d'Athènes.

-526         à -525 - en Égypte - Règne de Psammétique III.

-525         Prise de Bologne par les Étrusques qui s'installe dans la vallée du Pô. Bologne est une ville d'Italie située dans le nord du pays, entre le Pô et les Apennins.

-525         à -456 - naissance et mort de Eschyle. Poète tragique grec. Fils d'une famille noble, il se fit d'abord remarquer par son courage lors des batailles de Marathon, Salamine et Platées, avant de gagner de nombreux concours dramatiques et de recueillir les honneurs des Athéniens. Il resta à Syracuse jusqu'à la mort de Hiéron, tyran de la ville, auprès duquel il avait été appelé. Il rejoint la Sicile qu'il ne quittera qu'à soixante-dix ans, lors de sa mort. Son tombeau devint alors un lieu de pèlerinage pour de nombreuses générations de poètes. Aîné des trois grands tragiques athéniens avec Euripide et Sophocle, il fonde la véritable tragédie classique et donne, en imaginant un deuxième personnage sur scène, un rôle central au dialogue. Grand théologien, il mit en scène, notamment dans 'Prométhée enchaîné', les relations qui unissent, dans la violence et la peur sacrée, l'homme et les divinités. Dans une langue grandiose, Eschyle a fait de ce lien une complémentarité indépassable.

-525         Les Perses conquièrent l'Égypte. Affaibli par les diverses invasions et les guerres de succession, le pays passe aux mains des Perses. Le Roi Cambyse II domine alors la totalité des terres. Les Perses seront chassés par les derniers pharaons autochtones mais reprendront le contrôle quelques années plus tard.

-525         à -404 - en Égypte - XXVIIe dynastie. Elle correspond à la domination perse et aux règnes successifs de Cambyse (-525 -522) qui fait de l'Égypte une satrapie perse, de Darius (-522 -485), de Xerxès (-485 -464), d'Artaxerxès (-464 -424) et de Darius II (-424 -404). C'est à cette époque qu'est réalisé le canal reliant le Nil à la mer Rouge. XXVIIe dynastie égyptienne, peu après la défaite de Psammétique III à Péluse, le royaume d'Égypte passa aux mains des Perses (-525). Mais l'Égypte avait une vitalité et une originalité trop puissante pour tomber immédiatement au rang de simple province : elle forma dans l'empire perse un état à part dont le souverain achéménide fut le pharaon. Cambyse II, le chef de cette XXVIIe dynastie persane sous le nom de Mésoutirê, échoua dans ces entreprises sur l'Éthiopie et sur l'oasis d'Ammon, et maltraita ses nouveaux sujets dans un accès de folie (-525 -522). Au contraire, Darius Ier travailla de son mieux à se les attacher, mais sans pouvoir étoffer leur amour de l'indépendance. Ainsi, après plusieurs insurrections infructueuses, sous Artaxerxès II, en -404, Amyrtée, chassa les Perses. Celui-ci deviendra le seul pharaon de la XXVIIIe dynastie. Cambyse II, († -522), grand Roi achéménide de l'empire Perse de -529 à sa mort en -522, est surtout connu pour avoir conquis l'Égypte. Bardiya (-5?? - -525 ou -522), fils de Cyrus II, de la dynastie des achéménides, Grand Roi de l'empire perse pendant quelques mois en -522, à moins qu'il ne fût assassiné avant et qu'un usurpateur ait pris sa place à la tête de l'empire. Il est également connu sous les noms grecs de Smerdis, Mergis, Mardos, Tanyoxarkès. Darius Ier, roi de Perse de -521 à -486. Xerxès Ier, né vers -519, mort en -465, "Grand Roi" perse, membre de la dynastie des Achéménides. Artaxerxès Ier Longue-Main est le fils et successeur de Xerxès Ier sur le trône de Perse en -465. Xersès II, monarque de la dynastie des Achéménides. Fils d'Artaxerxès Ier, il lui succède sur le trône de Perse en 424 av. J.-C. mais est assassiné 45 jours plus tard par son demi-frère Sogdianos. Sogdianos est un fils naturel du roi Artaxerxès Ier et d'une concubine babylonienne, Alogune. En -424, il fait assassiner son demi-frère Xerxès II après 45 jours de règne et prend le pouvoir. Darius II, Ochos ou Nothos (le bâtard), souverain achéménide. Fils naturel d'Artaxerxès Ier, il parvient au pouvoir en éliminant son demi-frère Sogdianos, lui-même assassin du roi légitime, Xerxès II, en 424. Il élimine alors la totalité de ses frères, une quinzaine environ. Artaxerxès II, Mnémon, ("qui a de la mémoire"), roi de Perse de -404 à -358, soit le plus long règne d'un souverain de la famille des Achéménides. Le Canal de Suez est un canal long de 163 km qui relie Port-Saïd, port égyptien donnant sur la Méditerranée, et Suez qui donne sur la mer Rouge. Il est probable que durant la 12ème dynastie, le Pharaon Sésostris III (1878 av. JC - 1839 av. JC) ait fait creuser un canal dirigé d'ouest en est à travers le Wadi Tumilat, faisant se joindre le Nil et la mer rouge, afin de pouvoir commercer avec le Ta Netjer, permettant ainsi indirectement les échanges entre la mer rouge et la Méditerrannée. Des preuves indiquent son existence au moins au XIIe siècle av. J.-C. pendant le règne de Ramsès II. Il a ensuite été abandonné et d'après l'historien grec Hérodote, des travaux pour remettre le canal en état auraient été entrepris vers 600 av. JC par Nékao II, bien qu'il n'ait jamais terminé ce projet. Le canal fut finalement terminé par le roi Darius Ier, le conquérant perse de l'Égypte. Darius a commémoré sa réalisation par diverses stèles de granit disposées sur les rives du Nil, dont celle de Kabret, a 200 km de Pie. Le canal fut de nouveau restauré par Ptolémée II vers 250 av. JC. Au cours des mille années qui suivirent, il fut successivement modifié, détruit et reconstruit, jusqu'à ce qu'il soit finalement abandonné au VIIIe siècle par le calife Abbasside al-Mansour.

-520         en Grèce - Cléomène Ier roi de Sparte. Cléomène Ier devient roi de Sparte (-520/-487), succédant à son père Anaxandridas II et avec Démarate comme collègue (-520/-491). Cléomène Ier, roi de Sparte de -520 environ à -489.

-515         Achèvement du second Temple de Jérusalem (février-mars), qui est inauguré à l'occasion de la Pâque. Le Second Temple fut construit au retour de la captivité des Juifs à Babylone, vers -536. Il fut terminé le 12 mars -515. Second Temple de Jérusalem était le Temple de Jérusalem, reconstruit en -515 après la captivité de Babylone, comme rapporté dans le livre de Néhémie, et détruit en 70 par les Romains, au terme d'une révolte ayant duré quatre ans. Durant cette période, il fut le centre cultuel et spirituel du judaïsme, et le lieu des sacrifices rituels (korbanot). Il faisait suite au Premier Temple, également connu sous le nom de Temple de Salomon, détruit en -586.

-514         en Grèce - Les tyrannoctones poignardent Hipparque (tyran d'Athènes). Souhaitant renverser la tyrannie mise en place par Pisistrate en 546 avant J.-C., Aristogiton et Harmodius organisent une tentative de meurtre sur les détenteurs du pouvoir, Hippias et Hipparque. Finalement, seul Hipparque est poignardé. Les deux fils de Pisistrate se partagaient le pouvoir mais ne bénéficiaient pas de l'aura de leur père. La tyrannie, qui avait jusqu'ici fait prospérer Athènes, est de plus en plus impopulaire et les tueurs de tyrans, alors punis de morts, seront ensuite célébrés comme des héros de la démocratie sous le nom de Tyrannoctones. Le régime d'Hippias, de plus en plus autoritaire, sera renversé quelques années plus tard.

-510         Destruction de Sybaris disparut au terme d'un conflit avec Crotone. Sybaris déclare la guerre à Crotone qui refusait d'extrader les Sybarites, partisans de l'oligarchie et chassé par les démocrates. Crotone prend la tête d'une ligue de cités contre Sybaris. Sybaris, cité de la Grande Grèce, fut une colonie fondée par des Achéens de Milet, au sud de l'Italie (Basilicate actuelle), vers -720. Elle est située sur le golfe de Tarente, dans un site protégé par les embouchures de deux fleuves : le Crathis (actuel Crati) et le Sybaris (actuel Coscile). À leur arrivée, il existait une population d'indigènes qui furent massacrés par les belliqueux Achéens. Ce fut la cité la plus puissante de la Grande Grèce. Elle aurait regroupé jusqu'à 300 000 citoyens, ce qui était considérable à l'époque. Dynamique et expansionniste, elle fonda au début du VIIe siècle, les colonies de Marcellina et Skydros (Sciro). En -680, elle fonda Métaponte et en -675 Poseidonia (Paestum). Elle domina jusqu'à quatre peuples et vingt-cinq cités. En -511, elle déclara la guerre à Crotone qui avait refusé d'extrader et de lui remettre des sybarites qu'elle avait bannis. Crotone prit alors la tête d'une ligue de cités et vainquit Sybaris en -510. La ville fut prise, détruite et rasée par les Crotoniates, qui détournèrent le cours du fleuve Crati pour qu'il passe sur les ruines. Crotone est une cité située dans le Bruttium sur la côte occidentale du golfe de Tarente sur un promontoire qui s'avance dans la mer Ionienne. Elle est fondée en -710 par des Achéens et des Spartiates. Assez rapidement elle devient prospère et s'oppose à Sybaris la grande rivale dont les moeurs relâchées contrastent avec Crotone. En -530, Pythagore crée son école de sagesse et donne des lois aristocratiques à la cité. Cependant vers -450 le parti démocratique s'impose. En -510 Crotone s'empare de Sybaris qui est détruite de fond en comble. Plus tard, à une date incertaine, elle est ravagée par Pyrrhus II et devient en -194 une colonie romaine.

-510         en Grèce - Chute de la tyrannie à Athènes. Chute du tyran Hippias à Athènes, obtenue par la famille des Alcméonides avec l'aide des Spartiates. Il se réfugie en Perse où il sera le conseiller des Perses durant la bataille de Marathon. La famille des Alcméonides, exilée par Pisistrate, rentre à Athènes à la demande de l'oracle de Delphes. L'aristocratie triomphe. La chute d'Hippias voit ensuite s'opposer deux factions, celle d'Isagoras qui représente l'oligarchie, et qui l'emporte au départ (jusque vers 508 av. J-C., et la faction démocratique dirigée par Clisthène. Delphes est le site d'un important "sanctuaire panhellénique", c'est-à-dire d'un sanctuaire commun à toutes les cités de la Grèce antique. Il est dédié au dieu Apollon Pythien et caractérisé par la présence d'un oracle. Delphes se trouve en Phocide. Il est important de rappeler que les sanctuaires panhelléniques (de "Hellènes", synonyme de "Grecs") étaient des complexes architecturaux extérieurs aux cités : ils constituaient les seuls lieux où tous les anciens Grecs prenaient part à des célébrations à caractère religieux "communes". L'oracle d'Apollon Pythien, le sanctuaire de Delphes, en effet, est "oraculaire" : la parole du dieu y est transmise aux hommes par l'intermédiaire de la Pythie, dont la tradition antique fait une jeune vierge inculte, installée sur un trépied placé dans une fosse oraculaire (l'adyton) juste au-dessus d'une fissure d'où les Anciens pensaient qu'émanaient des gaz toxiques ; la Pythie tient une "phiale" (récipient plat et sans anses servant aux libations) et une branche de laurier (l'arbre du dieu Apollon).

-510         Renversement de la tyrannie athénienne. N'ayant pas reçu le soutien populaire dont a bénéficié son père, Hippias ne parvient pas à maintenir son autorité. Il est renversé deux ans après l'assassinat de son frère et fuit pour rejoindre la cour de Darius. Cet exil auprès des Perses, avant les guerres médiques, sera perçu comme une ultime et impardonnable trahison. Athènes, qui doit ce renversement à Sparte et aux grandes familles qui s'y étaient exilées, est alors en pleine crise politique. Ces dernières tenteront de rétablir l'oligarchie. L'oligarchie du grec oligos (peu nombreux) et arkhê (commandement) - est une forme de gouvernement dans laquelle la plupart des pouvoirs sont détenus par une petite partie de la société (typiquement la plus puissante, que ce soit par richesse, force militaire, cruauté ou influence politique).

-510         en Grèce - Époque classique (-510 à -323). L'époque classique correspond à la majeure partie des Ve et IVe siècles av. J.-C., c'est-à-dire depuis la chute de la tyrannie à Athènes en 510 jusqu'à la mort d'Alexandre le Grand en 323. L'expression d'"époque classique" est une dénomination postérieure à la période chronologique à laquelle elle renvoie. Les Grecs ont eu conscience que le monde qui existait avant l'épopée d'Alexandre le Grand et la dilatation du monde grec, pouvait être considéré comme un "âge d'or". De manière plus contemporaine, l'époque classique sert à désigner la période durant laquelle les valeurs et les institutions fondamentales du monde grec trouvèrent leur pleine expression et arrivèrent à maturité.

-510         Les relations entre Athènes et Sparte au Ve siècle (-510--404) sont, symptomatiquement, les relations pragmatiques entre 2 superpuissances locales. Car l'opposition n'est pas visérale et les 2 cités ne jouent pas une course à l'hégémonie sur le monde grec. Tout le début du Ve siècle, de -510 à -462/1, brille surtout par l'audacieuse et décisive alliance de 480 : la bataille de Thermopyle, par Léonidas de Sparte, et celle de Salamine, par la flotte athénienne de Thémistocle sont deux évènements qui sauveront la Grèce balkanique de la domination perse. De 462 à 431, des tensions ont beau apparaitre, la tolérance prévaut, sans doute du fait de l'accord implicite "La mer à Athènes, le Péloponèse à Sparte". Seul la remise en cause de ce statut quo entrainera Sparte, dos au mur, à la guerre du Péloponnèse, victoire remportée par Sparte en 404, mais qui laisse Sparte affaiblie, et Athènes soumise. L'on peut également traiter des oppositions institutionnelles : Athènes la démocrate, Sparte l'oligarche. Mais l'opposition est plus affichée que réelle. Dans les 2 cas, ce n'est qu'une fraction de la population locale qui se rassemble dans l'assemblée, Ekklésia à Athènes, Appela à Sparte. Et dans les 2 cas, ce n'est qu'une élite qui tient les rènes de la cité : l'aristocratie et la gérousie à Sparte, les orateurs de talent à Athènes. Mais c'est surtour les différences conceptuelles qui font l'opposition entre les 2 puissantes cités. Sparte, dominant une population d'esclaves hilotes agités qui est indispensable à l'exploitation de ses champs se doit -pour survivre- d'être militairement irréprochable, et présente dans le Péloponèse. Par nécessité de survis, Sparte ne peut prendre le risque de partir tenter l'aventure au loin. Au contraire, Athènes étant sûre d'elle chez elle, elle peut tenter l'aventure impérialiste, elle peut se montrer audacieuse, elle peut tolérer d'être guidée par la soif d'une démocratie aventureuse. Le fameux "dynamisme athénien" qui effrayait tant des Spartiates dont l'idéal était l'autarcie. Mais il ne faut pas exagérer non plus. Athéniens et Spartiates sont tous grec, ont des cultes et des sacrifices semblables, tandis que dans chaque cité, tel Cimon à Athènes, de nombreux citoyens sont admiratifs de l'autre cité, et oeuvrent à la concorde.

-509         Une révolte chasse Tarquin le superbe du trône, marquant le début de la république.

-509         LA RÉPUBLIQUE (-509 à -27)

-509         La république romaine est une période de développement de Rome avec l'accroissement de son indépendance, la mise en place des institutions, des structures sociales et économiques en liaison avec l'expansion territoriale de Rome en Italie, puis dans le bassin méditerranéen. Au cours de cette expansion, les romains entrent en contact avec la civilisation hellénistique, héritée de la synthèse entre la civilisation grecque classique et celles des régions conquises par Alexandre. Loin de la rejeter, les romains vont se dire les héritiers et les continuateurs de cette civilisation. Au Ier siècle avant JC, viennent sur la scène des généraux romains qui prétendent diriger seul les destins de Rome; c'est un retour à la tendance de domination personnelle: Sylla, Pompée, César, Marc-Antoine, Octave futur Auguste. En dépit des luttes pour le pouvoir, ce dernier siècle est marqué par un rayonnement de Rome sur tous les plans. Cette période a vu naître et vivre des hommes comme Cicéron, orateurs, poète, philosophe. Vivent alors les plus grands poètes (Lucrèce, Catulle, Proerce) Historien (Saluce, César, Varron né en 116, mort en 27). Varron à écrit une soixantaine d'ouvrages sur des thèmes fort variés. C'est donc une période riche et de transition.

-508         en Grèce - Clisthène, fils de Mégaclès de la famille des Alcméonides, et petit-fils de Clisthène, tyran de Sicyone, est élu archonte d'Athènes. Peu après le roi de Sparte, Cléomène Ier, s'empare d'Athènes avec l'aide d'Isagoras et du parti oligarchique et vraisemblablement avec l'appui des anciens partisans des Pisistratides. Isagoras fait exiler Clisthène et 700 familles qui lui étaient liées et tente d'imposer l'oligarchie restreinte des 300. Un peu plus tard (fin de l'année 508 ou début 507) un soulèvement populaire chasse les Spartiates et ramène Clisthène au pouvoir. Il va entreprendre alors les réformes qui entraînent la création de la démocratie à Athènes. Clisthène l'Athénien (v. 570-507 av. J.-C) fut un réformateur et un homme politique athénien, qui instaura les fondements de la démocratie athénienne. Après la fuite et l'exil d'Hippias en Asie Mineure, le jeu politique laissant plus de place aux grandes familles aristocratiques, Clisthène revint sur le devant de la scène. Il se posa alors en champion de l'isonomie et renversa les aristocrates.

-508         en Grèce - Naissance de la démocratie athénienne. Clisthène parvient à établir un régime qui évite le retour à l'oligarchie à Athènes. Il instaure alors une règle bien précise : tous les citoyens ont les mêmes droits et devoirs. Ce précepte, appelé isonomie, fait naître la démocratie. Le redécoupage du territoire en dix tribus au lieu de quatre, mais surtout en dèmes, équivalent de notre commune, permet de court-circuiter et de reléguer à des fonctions civiles le pouvoir des grandes familles. Démocratie athénienne, au VIe siècle av. J.-C. les cités du monde grec furent confrontées à une grave crise politique, résultant de deux phénomènes concomitants : d'une part l'esclavage pour dette, touchant principalement les paysans non propriétaires terriens, fit croître entre les citoyens l'inégalité politique, la liant à l'inégalité sociale ; et d'autre part le développement de la monnaie et des échanges commerciaux fit émerger les artisans et armateurs qui formèrent une nouvelle classe sociale aisée, revendiquant la fin du monopole des nobles sur la sphère politique. Pour répondre à cette double crise, de nombreuses cités modifièrent radicalement leur organisation politique. À Athènes un ensemble de réformes furent prises, ce qui amorça un processus débouchant au Ve siècle sur l'apparition d'un régime politique inédit : la démocratie.

-506         en Grèce - Échec de la coalition Spartiate contre Athènes. Sparte tente de nouer une coalition contre Athènes avec les Béotiens et les Chalcidiens. Ces coalisés sont battus par Athènes qui va implanter plusieurs milliers de colons en Chalcidique, sans doute près de 4 000.

-504         Prise de Rome par Porsenna (dirigeant étrusque qui prit momentanément le contrôle de Rome. La tradition littéraire trouve dans cet épisode l'occasion de faire apparaître plusieurs figures mythiques de l'histoire de Rome.).

-500         Début de la civilisation de La Tène (Deuxième Âge de fer). La Tène est le nom d'une période de l'Âge de fer. Les fouilles de la Tène (en Suisse), commencées en 1853 lors de la baisse du niveau des eaux, ont permis la découverte de nombreuses armes (épées) et parures. Deux ponts qui passaient sur l'antique rivière Thielle sont les points d'offrande d'un vaste sanctuaire de plein air. Le site, qui révéla une importante quantité d'objets du IIe âge de fer et plusieurs habitats préhistoriques, donna son nom à l'Âge de fer récent en 1872, lorsque l'archéologue suédois B.E. Hildebrand élabora sa chronologie, tandis que l'Âge de fer ancien était nommé Hallstatt.

-500         L'installation des Gaëls. Les premiers Celtes atteignent l'île irlandaise. Les tribus gaéliques envahissent peu à peu la totalité du territoire et le divisent en cinq grandes provinces : Ulster, Connacht, Leinster du Nord, Leinster du Sud et Munster. Durant plusieurs siècles, ils échapperont à l'influence romaine et conserveront leur culture originelle. Les Gaëls constituent un peuple celte qui a envahi les îles britanniques au Ve siècle avant J.C et s'est établi principalement en Écosse, en Irlande et sur l'île de Man. Il a ensuite donné son nom au différents peuples Gaëliques, cousins des autres peuples celtes, et peuples guerriers.

-500         vers - invention de l'abaque (Chine), instrument mécanique plan facilitant le calcul.

-500         Écriture chypriote. L'écriture Chypriote est une écriture syllabique dérivée du Linéaire A. L'écriture Chypriote survécut à l'invasion de l'écriture Grecque jusqu'au Ve siècle avant JC mais elle fut complètement abandonnée avec l'extension de l'empire d'Alexandre Le Grand.

-500         à 350 - Art romain. L'art romain est l'art produit dans les territoires de la Rome antique, depuis la fondation de Rome jusqu'à la chute de l'empire d'occident. Relativement pauvre à ses origines, il prend un véritable essor au contact de l'art grec qu'il se contente longtemps d'imiter, et trouve de nouvelles influences dans les régions soumises par l'Empire. Après la chute de l'Empire, l'art romain se prolonge dans l'art byzantin et l'art chrétien médiéval. Il a fortement influencé les artistes de la Renaissance puis du Classicisme, du néo-classicisme et enfin de l'art fasciste.

-500         Construction de Persépolis. Persépolis est l'une des anciennes capitales de l'Empire perse achéménide, bâtie par Darius Ier à la fin du VIe siècle, située à 70 km au nord-est de l'actuelle Chiraz, dans la province du Fars en Iran. Un palais était situé en plein désert. Il était supporté par une terrasse de 350 m sur 400 m. Sa construction, entamée en -520 dura jusqu'en -424. Ce palais était uniquement destiné à abriter les festivités du Norouz (nouvel an, le jour du printemps) et au versement du tribut annuel des peuples soumis au Roi des Rois. Il fut incendié par Alexandre le Grand en -323    

-500         On écrit dorénavant de gauche à droite en Grèce. Auparavant l'écriture était boustrophédon, c'est à dire que le sens de lecture était alterné d'une ligne à l'autre, comme en Égyptien. Puis le sens de lecture devint généralement de droite à gauche, comme en -1100 avec l'écriture phénicienne.

-500         env. - Écriture de la torah. La torah est le nom donné, par les juifs, aux cinq premiers livres de la bible, ou Pentateuque. Cela deviendra plus tard le nom de l'ensemble de la loi juive. La Torah ou Pentateuque (du grec Pentateuchos, cinq volumes), désigne les cinq premiers livres de la Bible, aussi appelés livres de Moïse. Ces cinq livres contiennent l'histoire du peuple d'Israël, depuis la création du monde jusqu'à la mort de Moïse. Ce texte est le fondement de la plus ancienne religion du monde encore pratiquée. Son essence spirituelle est la reconnaissance d'un Dieu unique. La Torah constitue donc le fondement des religions monothéistes, auxquelles se rattachent aujourd'hui la majorité des habitants de la planète. Les discussions sur la véracité ou non des éléments factuels de la Torah ont pour principal bénéfice de faire ressortir les enseignements symboliques qu'elle contient.

-499         Victoire des Romains sur les Latins au Lac de Régille. Les Latins, habitants de la région italienne du Latium pendant l'antiquité romaine. Le Latium est une région de l'Italie Centrale, et a comme capitale Rome. Le Latium est habité depuis le IIe millénaire par les Latins qui subissent la domination étrusque. Pour lutter contre celle-ci, ils ont formé la Ligue latine, qui comprenait une trentaine de cités, dont Albe. Au IVe siècle av. J.-C., le Latium fut soumis par Rome et ses habitants devinrent des citoyens romains.

-499         en Grèce - Début de la révolte de la Ligue Ionienne (jusqu'en -494). Révolte de l'Ionie à l'instigation du tyran de Milet, Aristagoras qui craint de tomber en disgrâce auprès de Darius Ier. Les tyrans protégés par les Perses, sont renversés et remplacés par des stratèges. L'isonomie (égale répartition du pouvoir) est proclamée. Coès, tyran de Mytilène, est lapidé par ses concitoyens. Les autres tyrans restent libres. Aristagoras se rend en Grèce (hiver -499/-498) pour obtenir des secours. Athènes et Érétrie vont envoyer quelques contingents. La révolte de l'Ionie représente un épisode décisif vers la confrontation entre Grecs et Perses. Elle a pour origine la volonté de Darius Ier de contrôler les sources d'approvisionnement en blé et en bois de construction navale de la Grèce. Pour cela il doit s'attaquer, avec l'aide de contingents grecs ioniens, dans un premier temps aux Scythes, qui avaient fondé un puissant empire en Russie méridionale et dont les relations commerciales avec les Grecs étaient fructueuses et actives. Il y a sans doute aussi la volonté de contrôler la route du commerce de l'or, extrait des monts Oural ou de Sibérie et dont les Scythes faisaient grand commerce. Certes l'expédition contre les Scythes est un échec, ceux-ci appliquant la technique de la terre brûlée devant l'armée perse. L'armée perse échappe même au désastre et à l'encerclement grâce à la loyauté du contingent grec qui garde le pont sur le Danube (Ister). Cependant Darius s'est assuré la maîtrise de la Thrace tandis que le roi Amyntas Ier de Macédoine reconnaît la suzeraineté de la Perse (513 av. J.-C.). En 508, c'est l'île de Samothrace qui tombe sous le joug perse. Même Athènes sollicite vers 508 l'alliance perse. De cette campagne Darius en tire la conclusion qu'il peut compter sur la fidélité des Grecs ioniens. Ceux-ci par contre estiment qu'ils peuvent sans risques excessifs se révolter contre la domination perse car l'expédition contre les Scythes a montré que l'empire achéménide n'est pas invulnérable.

-499         en Grèce - Le général perse Artapherne remporte la victoire contre les Grecs devant Éphèse. Artapherne est un général perse du début du Ve siècle. Neveu de Darius Ier, il est le fils du frère de Darius, le satrape de Lydie nommé lui aussi Artapherne, qui avait participé à la répression de la révolte d'Histiée de Milet. Il dirige l'armée perse lors de l'expédition de 490 contre la Grèce lors de la première guerre médique conjointement avec Datis qui dirige la flotte. Il participe à la prise d'Érétrie qui est entièrement détruite et dont la population est déportée en Perse. Cependant il est battu peu après par Miltiade à la bataille de Marathon et doit rebrousser chemin. Il participe en 480 à l'expédition menée par son cousin Xerxès Ier, mais à un rang visiblement subalterne.

-498         en Grèce - Prise de Sardes. Les Grecs tentent de se débarrasser de la domination de la Perse dans certaines citées et parviennent à investir Sardes en Asie mineure. Ils brûlent la ville basse mais la citadelle résiste. Les tyrans mis en place dans les citées ioniennes (autour de la mer Égée, notamment en actuelle Turquie) par les Perses sont dirigés par le gouverneur de Sardes. Mais cette demi victoire annonce une défaite à Éphèse et une politique de répression de Darius, le roi des Perses.

-496         mort de Pythagore.

-495         à -406 - naissance et mort de Sophocle. Poète et tragédien grec. Sophocle, sans doute le plus grand tragédien athénien, obtient un succès à l'image de la grandeur de la cité. A trente ans, il remporte un concours dramatique face à Eschyle et, dès lors, enchaîne les concours avec une régularité et un éclat jamais démenti. Avec cent vingt-trois tragédies dont seulement sept nous sont parvenues, tel 'Antigone' et 'Oedipe roi', Sophocle a donné sa forme définitive au genre tragique. Il poursuit l'oeuvre d'Eschyle en faisant passer le nombre de comédiens de deux à trois et a développé la trilogie libre où chaque épisode est indépendant des autres. Si la vie de Sophocle est placée sous le signe de la lumière, il n'en va pas de même pour ses personnages, écrasés par leur destin et sombrant toujours plus dans l'obscurité, à l'instar d'Oedipe, roi condamné par les dieux à la cécité.

-494         en Grèce - Prise de Millet par les armées perses. Défaite de la Ligue ionienne au large de l'île de Ladé par une flotte phénicienne aux ordres des Perses. Les Ioniens révoltés réunissent dans l'île de Ladè, face à Milet, 353 navires face aux Perses (dont 100 de Chios, 80 de Milet, 70 de Lesbos et 60 de Samos). Les anciens tyrans des cités ioniennes, ralliés aux Perses, envoient des émissaires pour transmettent une promesse d'amnistie aux révoltés, s'ils se soumettent et la menace de terribles représailles s'ils s'entêtent. Lors de la bataille, les Samiens font défection, puis les Lesbiens et la plupart des Ioniens s'enfuient. Seul Chios continue à lutter. Milet, assiégée par terre et par mer par les armées perses, tombe à l'automne et est détruite. Les hommes sont massacrés, les femmes et les enfants sont réduits en esclavage et déportés sur le Tigre. Les Perses achèvent la pacification de la Carie, tandis que leur flotte soumet la côte européenne de l'Hellespont et de la Chersonèse. Fin de la révolte de l'Ionie.

-494         Révolte des Plébéiens qui se constituent en "concilia plebis" et élisent deux tribuns issus de leurs rangs. Tribuns de la Plèbe étaient censés représenter le peuple de Rome. Auguste reprendra leur pouvoir.

-494         Sac de Milet. Point de départ de la révolte des citées ioniennes contre la domination Perse, Milet subit la vengeance du royaume. La citée est mise à sac tandis que ses habitants, femmes et enfants, sont emmenés vers l'Est en esclavage. Cette cruelle défaite, due au manque de cohésion des citées grecques, annonce d'une part la première guerre médique et d'autre part la future hégémonie d'Athènes, reposant sur cette volonté d'union.

-494         Les Patriciens acceptent de reconnaître les tribuns de la plèbe. Un patricien (du latin pater, père), est un citoyen romain qui appartient, de par sa naissance, à la classe supérieure (noblesse), jouissant de nombreuses prérogatives. la classe des patriciens s'opposait à celle des plébéiens. Selon la tradition romaine antique, les patriciens d'origine descendent des cent familles présentes à la fondation de Rome, dont les chefs, nommés patres, furent choisis par Romulus et ses successeurs pour former le Sénat. Les descendants de ces premiers sénateurs conservèrent le nom de patriciens, même sans être sénateurs. D'autres familles puissantes s'intallèrent à Rome, avec le rang de patriciens, tels les Claudii vers 504 av. J.C. Plèbe, classe populaire de la société romaine. La plèbe est une partie du peuple (populus) romain. La plèbe — les plébéiens — se définit par opposition aux patriciens : c'est la partie du peuple qui s'oppose à l'organisation oligarchique de la cité.

-493         Feodus Cassianum, alliance perpétuelle entre Latins et Romains.

-492         à -429 - naissance et mort de Périclès. Homme politique grec, homme d'État athénien, membre de la grande famille des Alcméonides, fils de Xanthippos et d'Agariste. Il acquit de bonne heure une grande renommée par son éloquence et devint, dès -459, le chef du parti démocratique, dont le principal adversaire était le stratège Cimon. Ayant réussi à éliminer tous ses rivaux, il demeura à la tête de l'État de -443 à -429 avec la seule fonction de stratège, renouvelée chaque année par des élections. Sa compagne Aspasie réunit autour d'eux les plus brillants esprits de l'Attique. Son administration fut marquée par d'importantes réformes démocratiques; ainsi, les charges, rétribuées, furent accessibles à tous les citoyens. A l'extérieur, Périclès porta à son apogée la puissance navale et coloniale d'Athènes en luttant sur un double front: contre les Perses et contre Sparte. En 454, il fit transférer le trésor de guerre de Délos sur l'Acropole; ainsi, responsable officiel des travaux publics, il put utiliser ce capital pour embellir la cité: construction du Parthénon (sous la responsabilité de Phidias), des nouveaux Propylées, du nouvel Erechthéion, etc. En fait, il personnifia si bien la gloire et la puissance athéniennes que la civilisation grecque de son époque prit le nom de "siècle de Périclès". Cependant, le destin historique de cet homme d'État se trouva lié aux erreurs qui entraînèrent Athènes et, avec elle, toute la Grèce dans les désastres d'une guerre sanglante et interminable, la guerre du Péloponnèse (-431-404): Athènes contre Sparte. Périclès, qui assista aux débuts malheureux du conflit, mourut de la peste après s'être vu graduellement discrédité. Sparte ou Lacédémone est une ancienne ville grecque du Péloponnèse, située sur l'Eurotas, dans la plaine de Laconie, entre le Taygète et le Parnon.

-490         Début des guerres médiques entre Grecs et Perses (fin en -449). L'ancien roi de Sparte, Démarate est exécuté par Darius Ier car apprenant les projets de roi envers les cités grecques il avait avertit ses compatriotes. Datis, le chef de la flotte perse s'empare de Naxos, qui est incendiée et dont la population est réduite en esclavage. Les autres îles des Cyclades se rallient aux Perses, qui débarquent à Carystos, au sud de l'Eubée, qui résiste, puis se soumet après le siège de la ville et le saccage de son territoire. Érétrie, menacée, demande l'aide d'Athènes qui envoie les 4000 clérouques (colons athéniens) de Chalcis. Les Erétriens, divisés, les renvoient finalement, et capitulent au bout de six jours de siège. La ville est pillée, ses temples incendiés et sa population emmenée en captivité. Datis débarque ensuite dans la baie de Marathon. Il semble qu'il compte sur l'aide des partisans de la tyrannie car l'ancien tyran Hippias, réfugié à Sigée, était devenu vassal de Darius Ier et avait encore des partisans dans Athènes. Miltiade décide Callimaque le Polémarque à voter pour la bataille alors que les stratèges hésitaient de la stratégie à suivre. 13 septembre : Miltiade, à la tête de dix mille Athéniens et 600 Platéens, rejette l'armée perse, supérieure en nombre (25 000 hommes), à la mer à la bataille de Marathon. 6400 combattants perses sont tués, pour 192 grecs. Hippias, qui participait à l'expédition avec les Perses, meurt à Lemnos pendant la retraite. L'amiral perse Datis rembarque ses troupes et tente le siège de Phalère mais une marche forcée de Miltiade l'oblige à se retirer. Darius Ier médite probablement une nouvelle offensive quand éclate une révolte en Égypte qui le force à remettre à plus tard ses projets contre la Grèce. Bataille de Marathon. Sous la direction du stratège Miltiade, les 10 000 hoplites athéniens lancent une attaque contres les troupes Perses débarquées sur la plaine de Marathon. Largement supérieurs en nombre, les Perses subiront pourtant une déroute radicale. La légende affirme que seulement 192 grecs sont morts contre 6400 Perses. Toujours selon la légende, un soldat du nom de Philippidès court alors jusqu'à Athènes annoncer la victoire et meurt d'épuisement immédiatement après. L'épreuve du Marathon fera honneur à cette course glorieuse. Tandis que la première guerre médique prend fin dans cette plaine, l'apogée d'Athènes et de la démocratie s'amorce. Marathon est un important dème (circonscription administrative) de la côte nord-est de l'Attique. Il contrôle une longue plaine fertile le long d'une baie profonde, protégée à son extrémité nord et reliée à Athènes par une route principale passant au sud du mont Pentélique. Ce fut le cadre d'une défaite infligée par les Athéniens et les Platéens, sous le commandement de Miltiade, aux envahisseurs perses en -490. Les guerres médiques ont opposé les Grecs aux Perses (confondus par les Grecs avec les Mèdes, autre peuple iranien) au début du Ve siècle av. J.-C.

-490         Darius détruit Byzance. Lors de la première guerre médique, les troupes du roi perse Darius le Grand envahissent la cité de Byzance, la pillent et la détruisent. Occupée par des Grecs depuis sa fondation, semble-t-il deux siècles plus tôt, Byzance est irrémédiablement devenue l'une des cibles du roi perse. D'une part, elle bénéficie d'une position stratégique, entre l'Asie et l'Europe, sur la côte du Bosphore. D'autre part, Darius cherche à punir les Athéniens d'avoir soutenu les révoltes à son encontre.

-490         mort de Lao-Tseu.

-486         Exécution du consul plébéien Spurius Cassius accusé de vouloir rétablir la monarchie. Spurius Cassius, consul plébéien en -502, -493 et -486. Il dédicaça en -493 le temple de la triade plébéienne sur l'Aventin. Il fait partie des consuls condamnés pour adfectatores regni (tentative de devenir roi), avec Spurius Maelius et M. Manlius Capitolinus. Consul est le titre donné aux deux magistrats principaux élus chaque année par les Romains sous la République. Après la chute de la monarchie romaine, des magistrats succèdent aux rois.

-486         Mort de Darius Ier. Alors qu'une expédition est en cours pour mater la rébellion égyptienne, le roi Perse Darius Ier s'éteint. Son fils, Xerxès Ier, lui succède et entend réussir là où son père a échoué : en Grèce. Rapidement, il lancera une grande offensive, connue sous le nom de deuxième guerre médique et cherchera à se venger d'Athènes, citée qui a sauvé les Grecs en 490 avant J.-C. L'empire Perse est alors immense et puissant, et, sous la domination de la dynastie Achéménide, il le restera jusqu'à l'avènement en Macédoine d'Alexandre le Grand.

-484         à -425 - naissance et mort de Hérodote. Historien grec. Né dans une famille riche, Hérodote a reçu une éducation poussée. De ses nombreux voyages en Asie Mineure, Égypte, Sicile, Babylonie, il a recueilli les mythes de chacune des civilisations avec un souci d'objectivité et de véracité tout à fait nouveau. Considéré comme "le père de l'Histoire" depuis Cicéron, il a construit ses oeuvres, 'Histoires' et 'Enquête' comme de véritables reportages mêlant données géographiques, ethnologiques et mythiques. Premiers textes en prose à nous parvenir, ils sont aussi, à l'instar des chroniques du Moyen Âge, écrites pour distraire.

-483         Découverte des mines de Laurion. Les Athéniens mettent à jour sur leur territoire les mines d'argent du Laurion. Cette découverte participe non seulement à l'enrichissement de la cité, mais elles vont surtout avoir un rôle essentiel dans la deuxième guerre médique. Thémistocle, profitant des conflits avec Egines, fait voter l'attribution des crédits de cette richesse à la construction de 200 trières. Mais il pressent que le danger est au-delà des voisins grecs : ainsi ces bateaux de guerre modernes et rapides seront essentiels lors de la bataille de Salamine. Le Laurion était célèbre dans l'Antiquité pour ses mines d'argent. Après la découverte d'un nouveau filon en 483 av. J.-C. près du bourg de Maronée, elles constituaient l'une des principales sources de revenu de la cité d'Athènes. Peu avant la deuxième guerre médique, les filons fournissaient cent talents par an. Thémistocle fit distribuer les revenus de la mine aux plus riches des Athéniens, à charge pour eux de faire construire des trières. En 480 av. J.-C., Athènes possédait ainsi 200 trières, ce qui en faisait la plus puissante flotte grecque. Ceci lui permit de remporter la bataille de Salamine, puis de constituer la ligue de Délos. Les filons s'épuisèrent peu à peu, devenant beaucoup moins importants au IVe siècle av. J.-C. Elle connut une reprise en 355 av. J.-C., mais au temps de l'occupation romaine, les revenus tirés étaient négligeables. Thémistocle (525–460), né d'une famille de petits commerçants sans fortune, fut un homme d'État et un fin stratège athénien. Il eut un rôle déterminant dans la victoire grecque lors de la deuxième guerre médique. Ayant participé à la bataille de Marathon, il lui parut évident que l'avenir de sa cité se jouerait désormais sur l'eau. Archonte d'Athènes en 493, stratège en -490 et chef du parti populaire des démocrates, à partir de 483, il fit utiliser les revenus des mines d'argent du Laurion pour construire des trirèmes de combat, et développer et fortifier le port du Pirée. Lorsque le danger d'une invasion des Perses se précisa, il réussit à convaincre les Grecs (Athéniens, Spartiates, Corinthiens, Péloponnésiens) de se regrouper dans la ligue panhellénique. Lors de la bataille de Salamine en 480, Athènes qui disposait de 200 navires, put fournir 150 trirèmes sur les 310 dont disposaient les Grecs. Thémistocle commandait cette flotte grecque, et grâce à sa ruse et à sa stratégie intelligente dans le combat naval, il écrasa la flotte perse.

-483         mort du Bouddha.

-480         en Grèce - Deuxième guerre médique entre les Grecs et les Perses.

-480         Victoire de Gélon de Syracuse, tyran de Syracuse à Himère contre les Carthaginois. Térillos, tyran d'Himère, chassé par Agrigente, avait fait appel à la fois au Carthaginois Hamilcar et à Anaxilas, tyran de Rhêgion, auquel la possession de Zancle (Messine), permettait de contrôler les détroits. Agrigente fait appel à Syracuse pour chasser les Carthaginois, qui cessent pendant 70 ans de s'intéresser à la Sicile et doivent se réfugier au sud de l'île, en particulier à Soloïs (Solonte).

-480         en Grèce - juillet Jonction des troupes Perses. Les troupes Perses opèrent leur jonction en Thessalonique, rassemblant une armée gigantesque comptant peut-être 150 000 hommes et 6 000 navires. Les navires vont alors longer la côte pour ne pas s'éloigner des troupes terrestres. Les Grecs, qui ont réussi à s'entendre lors du Congrès de Corinthe à l'été -481, se coordonnent et décident d'abandonner le nord de la Grèce. Ils attendront les Perses à la passe des Thermopyles, lieu étroit qui devrait réduire l'avantage du nombre.

-480         en Grèce - 11 août : Bataille des Thermopyles. La Grèce centrale et l'Attique sont envahies. Les Béotiens combattent alors du côté des Perses. Bataille navale du cap Artémision, situé au nord de l'ile d'Eubée, entre Perses et Grecs. La flotte grecque commandée par Eurybiade de Sparte y tint tête pendant environ 3 jours à la flotte perse. Elle se replie à Salamine à l'annonce de la mort de Léonidas. La bataille des Thermopyles en 480 av. J-C. oppose une alliance des cités grecques à l'empire achéménide. C'est l'un des plus célèbres faits d'armes de l'histoire antique. Voyant la bataille perdue, le roi Léonidas de Sparte et 1000 soldats grecs tiennent tête à l'ennemi, malgré une infériorité numérique prononcée. Le courage et le sacrifice des mille Spartiates, Thébains et Thespiens sont devenus légendaires et ont été repris maintes fois par la culture populaire.

-480         en Grèce - 17 septembre Début de la bataille du Cap d'Artémision. Trois cents trières grecques, dont une majorité athénienne, attendent l'immense flotte Perse au Cap d'Artémision. Les combats qui s'engagent seront alors indécis, mais le but pour les grecs est avant tout de retarder l'avancée des Perses. La flotte de ces derniers est trop imposante et force les grecs à se replier. Toutefois, un tournant s'opère quelques jours plus tard. Une partie de la flotte perse, s'étant éloignée de la côte, est décimée par une tempête.

-480         en Grèce - 19 septembre La population d'Athènes est, sur les conseils de Thémistocle et non sans mal, évacuée sur Phalère et dans l'île de Salamine. Prise par les Perses la ville est incendiée et les habitants qui sont restés massacrés. Défaite héroïque de Léonidas aux Thermopyles. Entouré de sept cents volontaires spartiates, thébains et platéens, Léonidas Ier, roi de Sparte, résiste héroïquement aux plusieurs milliers de Perses qui l'entourent. Le chef des Lacédémoniens et ses hommes luttent jusqu'à la mort pour couvrir le retrait du gros des troupes grecques. En effet, certainement suite à une trahison, les Perses avaient trouvé le moyen de prendre les Grecs à revers, contournant ainsi leur plan de défense. Les grecs se replient alors pour se concentrer sur l'isthme de Corinthe. Quant à Athènes, elle sera saccagée par les Perses et le Parthénon, alors en bois, sera incendié.

-480         en Grèce - 29 septembre Victoire grecque contre les navires perses à Salamine. Devant la supériorité numérique de la flotte perse qui s'apprête à faire débarquer les armées de Xerxès Ier sur le sol grec, les navires athéniens simulent une retraite. Ils entraînent les perses dans le détroit de Salamine. C'est un piège : le passage entre l'île et le continent est trop étroit. Les bateaux grecs, plus maniables et menés par le stratège athénien Thémistocle, détruisent les navires ennemis qui se sont engouffrés dans le chenal. Xerxès 1er assistera à la défaite de son armée du haut d'une colline de l'Attique. La bataille de Salamine est une bataille navale qui opposa en 480 av. J.-C. la flotte grecque menée par Eurybiade et Thémistocle à la flotte perse de Xerxès Ier.

-480         en Grèce - Victoire de Gélon de Syracuse, tyran de Syracuse à Himère contre les Carthaginois. Térillos, tyran d'Himère, chassé par Agrigente, avait fait appel à la fois au Carthaginois Hamilcar et à Anaxilas, tyran de Rhêgion, auquel la possession de Zancle (Messine), permettait de contrôler les détroits. Agrigente fait appel à Syracuse pour chasser les Carthaginois, qui cessent pendant 70 ans de s'intéresser à la Sicile et doivent se réfugier au sud de l'île, en particulier à Soloïs (Solonte).

-480         à -406 - naissance et mort de Euripide. Poète tragique grec. Euripide reçoit une très bonne éducation et fréquente les philosophes comme Socrate. Il n'a jamais participé à la vie politique et, à la suite de déboires conjugaux, il quitte Athènes pour la Macédoine où il finit sa vie. S'il a connu peu de succès de son vivant, ses pièces de théâtre ont traversé le temps et sont encore mises en scène par les plus grands. Contemporain de Sophocle et d'Eschyle, son style s'inspire aussi des mythes grecs mais il apporte un regard nouveau, réaliste et sceptique. Loin des épopées lyriques, ses drames, tels 'Andromaque' ou 'Médée', n'inspirent plus la terreur mais la pitié. Ses personnages, complexes et victimes non pas des dieux mais de leurs propres pulsions, sont la preuve de la grande intuition psychologique de leur créateur.

-479         mort de Confucius.

-479         en Grèce - Juin Mardonios (perse) lance une offensive sur l'Attique puis sur la Béotie. Mardonios, général perse, lance une offensive sur l'Attique puis sur la Béotie avec ses 300 000 soldats. Il reprend Athènes, une nouvelle fois désertée par ses habitants, et renouvelle ses offres de négociations. Athènes appelle à l'aide Sparte à qui il est reproché son inertie alors que Mardonios marchait sur l'Attique. Sparte hésite mais la perspective d'une alliance, entre les perses et Athènes, qui se retournerait contre elle la décide enfin à intervenir.

-479         Le Spartiate Pausanias prend Byzance. Régent de Sparte, Pausanias prend les rênes de l'armée grecque contre les Perses. Après s'être illustré lors de la bataille de Platée, il marche sur Chypre puis s'empare de la cité de Byzance. Détruite par Darius quelques années plus tôt, la ville sera alors reconstruite. Elle sera finalement prise par le général athénien Alcibiade, en -409.

-479         27 août Mort de Mardonios à Platées. Au cours d'un assaut contre une troupe lacédémonienne, le commandant Perse Mardonios est tué. Dirigées par Pausanias, les armées grecques mettent alors en déroute l'armée perse à Platées, au Nord-Ouest d'Athènes. Après Salamine, les deux camps étaient restés sur un statu quo pendant l'hiver tandis que Xerxès rentrait en Perse, abandonnant le comandement à Mardonios. Depuis le printemps, les combats ont fait rage mais ils s'avèrent payant pour les grecs. C'est le début du retrait des Perses qui finiront par quitter les citées Ioniennes qu'ils dominaient depuis la fin du siècle précédent.

-479         en Grèce - Défaite navale perse au cap Mycale (Ionie) devant les Grecs commandés par le roi spartiate Léotychidas II et par l'athénien Xanthippos. Cette victoire ruine l'influence perse sur l'Ionie.

-478         en Grèce - Formation de la ligue de Délos contre la menace Perse. Sous l'impulsion de Thémistocle et Aristide, quelques cités grecques s'associent en une ligue dont le commandement revient à Athènes. Cet accord est passé à Délos et en gardera le nom. Il ne concerne que la flotte et non l'armée de terre et a pour but de prévenir toute nouvelle attaque des Perses. Il annonce déjà un impérialisme naissant dans la cité encore auréolée de son succès à Salamine. Ligue de Délos, impérialisme athénien, suite à ses victoires sur les perses au cours des guerres médiques, Athènes devient la puissance dominante du monde grec durant tout le Ve siècle av. J.-C. En effet la Ligue de Délos, alliance militaire initialement créée pour repousser l'ennemi perse, évolue d'une coordination de forces armées grecques sous l'égide des Athéniens vers une confédération étatique soutenant militairement, financièrement, et culturellement Athènes. Les liens qu'entretient cette cité avec ses alliés sont donc à partir du milieu du siècle des rapports de cité mère à cités vassales. Ainsi en 454 le trésor de Délos est transféré à Athènes. L'union entre la nouvelle métropole et ses provinces est passée de mutuellement consentie à maintenue par la force. Cette nouvelle configuration se traduit par une large diffusion du modèle athénien, avec entre autres de 450-446 l'obligation pour les alliés d'utiliser les monnaies et unités de poids et de mesures athéniennes, ainsi qu'une centralisation du pouvoir, qui consiste notamment en un transfert de l'autorité judiciaire vers Athènes, les historiens parlent dès lors d'empire athénien.

-474         Défaite des Étrusques près de Cumes par Hiéron de Syracuse. Hiéron Ier (-478/-466), second tyran de Syracuse successeur de Gélon Ier, (-485/-478) et prédécesseur de Thrasybule (-466/-465). Défit la flotte étrusque en -474 au coté d'Aristodemos de Cumes à la Bataille navale de Cumes, marquant la fin de l'hégémonie étrusque pour contrôler le commerce de Campanie.

-473         en Grèce - Ostracisme de Thémistocle à Athènes. Ostracisme de Thémistocle. Malgré le prestige qu'il a pu obtenir lors de la bataille de Salamine, Thémistocle a subi dans les années -470 un déclin politique qui va de pair avec la montée en puissance de Cimon. Face à leur conflit de point de vue en politique extérieure, Cimon obtient l'ostracisme de Thémistocle, c'est-à-dire un exil de la cité pendant dix ans pour aspiration à la tyrannie. Ce dernier considère en effet que l'ennemi véritable d'Athènes est Sparte tandis que Cimon craint avant tout les Perses. L'ostracisme est alors un acte qui touche couramment les stratèges grecs, magistrats les plus importants d'Athènes. Thémistocle (525–460), né d'une famille de petits commerçants sans fortune, fut un homme d'État et un fin stratège athénien. Il eut un rôle déterminant dans la victoire grecque lors de la deuxième guerre médique. Doué, hardi, éloquent, avide de gloire et de richesses, fougueux, vaniteux et ambitieux, il avait une absence totale de scrupules (Aristide l'accusa de détournements d'argent public), mais avait toutes les qualités d'un grand homme d'État, avec la capacité de voir à long terme, et le courage de défendre et d'imposer ses idées. Il fut néanmoins banni de son pays, frappé d'ostracisme, il se réfugia dans un premier temps à Argos, où il fomenta des révoltes contre Sparte. En danger de mort, il se réfugia auprès du roi de Perse Artaxerxès Ier, fils de Xerxès, que Thémistocle avait vaincu à Salamine. Cependant il fut comblé d'honneurs et le roi lui confia le gouvernement de cités grecques d'Asie mineure, qu'il géra jusqu'à sa mort naturelle à Magnésie en 460 à l'âge de 65 ans. L'ostracisme est, à Athènes, au Ve siècle av. J.-C., une institution qui permet de bannir pendant dix ans un citoyen, sans que celui-ci perde ses biens. C'est un mécanisme d'auto-défense populaire, un simple vote de défiance politique : ce n'est pas une peine juridictionnelle, cette sanction n'est pas une condamnation pénale (pas de peine pécuniaire, conservation des droits civiques, etc.). Cette importante institution est marquée d'un grand esprit d'humanité tant dans la procédure suivie que dans la peine prononcée.

-473         en Grèce - Défaite de Tarente face aux armées autochtones. Tarente et Rhégion sont battues par les Iapyges, montagnards des Apennins. Tarente est une ville italienne d'environ 200 000 habitants, chef-lieu de la province de même nom dans les Pouilles. Tarente est un port du sud de l'Italie construit sur le golfe de Tarente. La vieille ville, la città Vecchia, héritière de la colonie spartiate qui fut, dans l'Antiquité, l'une des cités les plus riches de la Grande Grèce, a été bâtie sur une île. Les Iapyges, originaires d'Illyrie occupent le sud-est de l'Italie (Apulie). Les Iapyges sont à l'origine de grandes agglomérations et produisent une céramique originale à peinture mate, résistant à l'influence grecque jusqu'aux VIIIe – IVe siècles av. J.-C.

-472         en Grèce - Révolte contre Sparte dans le Péloponnèse (fin en 470 av. J.-C.). Le Péloponnèse est la partie méridionale de la Grèce reliée à la Grèce centrale par l'isthme de Corinthe à l'Est et par le pont Rion-Antirion au Nord. Il couvre 21 379 km² pour 3 millions d'habitants (2000).

-472         Dans sa tragédie 'Les Perses', Eschyle présente au public athénien la bataille de Salamine vue du côté perse. C'est la plus ancienne tragédie grecque dont le texte nous soit parvenu : elle évoque la seconde guerre médique et notamment la bataille de Salamine. Ayant lui-même combattu lors de ces guerres, Eschyle en fait des descriptions violentes et crues, mais surtout, cet auteur va révolutionner le genre en faisant apparaître plusieurs acteurs et non plus seulement un narrateur accompagné du choeur.

-470         en Grèce - Révolte des Naxiens (Naxos) contre Athènes et sont battus. Naxos est une île grecque de la mer Égée appartenant à l'archipel des Cyclades.

-470         à -399 - naissance et mort de Socrate. Philosophe grec. Fils d'un artisan sculpteur et d'une sage-femme, Socrate a très tôt été attiré par les questions morales. Citoyen exemplaire, il s'oppose à la démagogie qui règne alors à Athènes. Dans des discussions qu'il dirige en maître avec les habitants de la ville, il pousse chacun à dépasser le niveau des vérités de sens commun et à partir en quête de la connaissance vraie. De plus, puisque l'ignorance mène à l'injustice, il tente d'abolir la séparation entre la raison et la recherche du Bien, contrairement aux Sophistes et aux défenseurs de la Rhétorique. Insoumis au tyran Citrias, Socrate refuse de fuir la ville à la suite de son procès et boit lui-même la ciguë qui le condamne. De ses dialogues, il ne reste aucune trace écrite. C'est grâce à deux de ses élèves, Platon et Xénophon, que l'on connaît la pensée de Socrate, fondatrice de la réflexion philosophique. Socrate n'est pas le fondateur de la philosophie comme on le prétend parfois. Avant lui et comme le nom l'indique, il y eut les présocratiques. Certains sont très connus comme Pythagore, Thalès, Empédocle, Parménide et Héraclite d'Éphèse. Mais Socrate est le fondateur du logos (du discours), c'est à dire d'une pensée rationnelle, cohérente, qui se libère progressivement du mythe. Il se méfiait de l'écriture et son enseignement fut donc exclusivement oral. Tout ce que nous savons de lui nous vient donc des témoignages des autres, le plus important étant celui de son élève, Platon. La philosophie de Socrate : Les interprétations de la pensée de Socrate sont assez diverses. Nous le voyons par les yeux de ses proches, de ses biographes, de ceux qui en ont proposé une lecture, et des différents courants qui se sont réclamés de lui après sa mort. Le plus ancien de tous les témoignages sont Les Nuées d'Aristophane, qui date de -423, alors que Socrate avait 47 ans. Il avait plus de 60 ans quand il rencontra Platon. Comment Socrate lui-même se voyait-il, lui dont la devise était "Connais-toi toi-même", voilà une question difficile, souvent ensevelie sous la multitude des interprétations. Néanmoins, il est possible en confrontant ces interprétations de formuler quelques hypothèses relativement solides (ainsi, certains points sont connus par des témoignages d'une fiabilité relativement sûre) et de présenter les divers aspects de la philosophie de cet homme, tels qu'ils ont été compris, même s'ils paraissent contradictoires. Sophiste, les termes sophiste et sophistique ont trois sens différents qu'il ne faut pas confondre. Ainsi, ils peuvent désigner : - un ensemble de penseurs, d'orateurs et d'enseignants grecs du Ve siècle av. J.-C. (et du début du siècle suivant) ; - chez Platon et la plupart des philosophes jusqu'à nos jours, une perversion volontaire du raisonnement démonstratif à des fins le plus souvent immorales ; - le développement de la réflexion et de l'enseignement rhétorique, en principe à partir du IVe siècle av. J.-C., en pratique à partir du IIe siècle ap. J.-C. dans l'Empire romain. Les Grecs faisaient la différence entre la sophrôsuné (sagesse-mesure/modération) et la sophia (sagesse-savoir). Parmi ceux qui s'intéressaient à cette dernière, il y eut d'abord les sophoi (sages, en particulier des Sept Sages), puis les philosophoi (chercheurs de sophia, philosophes). Entre les deux, se situent les sophistai (spécialistes de sophia, les premiers emplois du mot portent surtout sur un savoir technique, par ex. la musique). Sans pour autant former une école en soi, les membres de ce groupe avaient en commun plusieurs idées nouvelles. Au cours du Ve siècle, un certain nombre de sophistes, issus pour la plupart de cités périphériques ou de petite taille, parcourent la Grèce pour donner des leçons de sophia. Ces leçons sont payantes et même très chères, mais les sophistes promettent à leurs élèves (le plus souvent, de jeunes aristocrates) une rapide réussite. Au contraire du sophos ou du philosophos qui tendent à transformer leurs disciples en sophoi et philosophoi à leur tour, les sophistes ne veulent pas former des sophistai, mais, concrètement, des gens aptes à réfléchir, à prendre des décisions, à argumenter et à gouverner. Ils détournèrent leur attention des sciences et de la philosophie pour la porter sur des études plus pratiques, principalement la rhétorique, la politique et la loi, des habilités dont avaient besoin les jeunes Grecs afin d'assurer leur succès. Une partie de leur idéal éducationnel survit encore dans la notion moderne de "sophistication". Ils encourageaient aussi une certaine connaissance des arts et métiers. Ils suscitent un grand engouement, mais aussi des réactions de la part de ceux qui estiment qu'ils sont des révolutionnaires. On ne possède que presque rien de leurs oeuvres, sans doute parce que leur enseignement était payant : ils n'avaient pas intérêt à l'offrir librement au public. Rhétorique, "technique/art oratoire", la rhétorique est au sens propre "l'art de bien parler" puis, par extension, les techniques à mettre en oeuvre pour ce faire. On s'est aperçu très tôt, en Grèce le plus clairement, que la manière de dire importe souvent autant sinon plus que ce qui est dit. Néanmoins, un scientifique doit connaître les limites de la persuasion. Mieux, la manière crée d'elle-même son objet et son objectif. La rhétorique en tant que science naquit vers 485 avant J.-C en Grèce antique lorsque deux tyrans siciliens, Gelon et Hiéron, exproprièrent et déportèrent les populations de l'île de Syracuse pour le peuple de mercenaires à leur solde. Les natifs de Syracuse se soulevèrent démocratiquement et voulurent revenir à l'état antérieur des choses, ce qui aboutit à d'innombrables procès de propriété. Ces procès mobilisèrent de grands jurys devant lesquels il fallait être éloquent. Cette éloquence devînt rapidement l'objet d'un enseignement dispensés par Empédocle d'Agrigente, Corax et Tisias (à qui est attribué le premier manuel), enseignement qui se transmit en Attique par les commerçants qui plaidaient conjointement à Syracuse et à Athènes. La rhétorique fut ensuite rendue populaire au Ve siècle avant Jésus-Christ par des professeurs itinérants connus sous le nom de sophistes, dont les plus connus se nomment Protagoras, Gorgias et Isocrate, et auxquels s'opposait farouchement Platon en distinguant deux types de rhétoriques.

-468         en Grèce - Victoire navale de la Ligue de Délos sur les Perses à l'Eurymédon. Victoire navale de la Ligue de Délos sur les Perses à l'Eurymédon, petit fleuve côtier de l'Asie Mineure (Pamphylie). Cimon d'Athènes anéantit la flotte perse. Cette victoire marque la fin des guerres médiques (début en -490).

-468         en Grèce - Construction du temple de Zeus Olympien. Début de la construction du temple de Zeus à Olympie (fin en -456). Il est l'oeuvre de l'architecte Eléen Libonet. Les frontons s'ornaient de compositions en marbre de Paros qui représentaient la première course de chars organisée à Olympie et qui vit la victoire de Pélops. Olympie était un centre religieux de la Grèce, dans le Péloponnèse, plus précisément dans une petite plaine de l'Élide, sur la rive droite de l'Alphée près de la cité de Pyrgos à environ 18 kilomètres de la mer Ionienne et au pied du Mont Cronion. À l'endroit du site était l'Altis, un bois sacré. Le stade lui-même était enfoui au beau milieu d'un bois d'oliviers sauvages. L'Autel de Zeus était aussi à cet emplacement. C'est le site traditionnel pour allumer la flamme olympique quelques mois avant la cérémonie d'ouverture de chaque Jeux Olympiques d'hiver comme d'été. L'Olympion, ou temple de Zeus olympien, est situé au pied de l'Acropole d'Athènes. C'est un temple très vaste de style Corinthien, dont il reste aujourd'hui 15 colonnes. Sa construction débuta au VIe siècle av. J.-C., et fut achevée par Hadrien en 131.

-465         en Grèce - Chute des Deinomédines à Syracuse. Le dernier tyran de Syracuse, Thrasybule, vaincu, est exilé à Locres. Il n'y a plus de tyrannie ni d'empire syracusain. Les syracusains doivent cependant lutter contre 7000 mercenaires qui avaient reçu la citoyenneté des tyrans et à qui ils ne veulent accorder que des droits restreints. Révoltés, ils se retranchent dans l'île d'ortygie et le quartier d'Achradina. A Géla, à Agrigente et à Himère s'affrontent également anciens et nouveaux citoyens, jusqu'en -461.

-465         en Grèce - Cimon d'Athènes essaye d'installer des colons athéniens en Thrace pour mettre la main sur les mines d'argent du Mont Pancée. Mais cette colonie est massacrée, et cet acte de vouloir fonder une colonie provoque la révolte de Thasos, qui exploitait avant ces mines de métaux précieux. Athènes mate cette révolte en deux ans comme elle l'a déjà fait à Naxos en -470. Son impérialisme commence à se faire sentir pesamment, ceux qui sont entrés dans la Ligue de Délos doivent y rester. Thasos doit détruire ses murs, livrer sa flotte, abandonner ses possessions en Thrace et payer des indemnités de guerre. Sa puissance est brisée. Cimon, né v. 510, mort v. 450–449 devant Citium, homme d'État et stratège athénien.

-464         en Grèce - Révolte des Hilotes et des Messéniens contre Sparte. Troisième guerre de Messénie, après les deux premières guerres, la Messénie n'est encore qu'imparfaitement soumise. La cité de Tégée, par exemple, aide toujours en sous-main une guérilla messénienne, malgré un traité avec Sparte. En -464, un grand tremblement de terre secoue la Laconie. Presque toutes les maisons de Sparte sont détruites, le gymnase s'effondre, tuant la majorité des éphèbes qui s'y entraînent. Alors que l'armée spartiate était en route vers Thasos pour l'aider dans sa révolte contre Athènes, les Messéniens se révoltent, à la fois les hilotes messéniens (ceux de Laconie participent, mais minoritairement) et les cités périèques de la côte (Thouria et Aithaia). La guerre est loin d'être évidente pour Sparte. Dès -499, Aristagoras avait prévenu les Spartiates de se méfier des Messéniens, presque aussi forts qu'eux (Hérodote, V, 49). De fait, Sparte doit faire appel à ses alliés, Égine, Platées, Mantinée et même Athènes. La bataille de Stényclaros à elle seule coûte la vie à 300 Égaux. La guerre s'achève en -354 sur un compromis. Ceux qui tiennent la forteresse de l'Ithômé doivent quitter le Péloponnèse — ils sont ensuite installés à Naupacte par les Athéniens. La troisième guerre de Messénie reste un traumatisme pour Sparte. La violence à l'égard des hilotes redouble ensuite, notamment dans le cadre de la kryptie.

-462         en Grèce - Une armée athénienne dirigée par Cimon d'Athènes va au secours de Sparte contre les Messéniens révoltés (-462/-461). Elle échoue et l'expédition athénienne est renvoyée par Sparte.

-462         en Grèce - Réformes démocratiques d'Éphialtès à Athènes. Éphialtès profite de l'absence de Cimon pour déconsidérer l'Aréopage, principal soutien de Cimon, et le priver d'un grand nombre de ses prérogatives politiques et judiciaires, au profit des Cinq-Cents, de l'assemblée et des tribunaux. Institution de la rétribution des fonctions publiques, à l'exception de celles comportant des responsabilités importantes. Éphialtès était un homme d'État athénien qui devint le chef du parti démocratique à partir de 465 av. J.-C. et qui s'opposa à l'aristocrate Cimon. Il ne faut pas le confondre avec le personnage qui trahit Léonidas aux Thermopyles. L'Aréopage était à Athènes la "colline d'Arès", située à l'ouest de l'Acropole ; c'était aussi le nom du conseil qui s'y réunissait.

-462         en Grèce - Le roi de Sparte Archidamos II met fin à la troisième guerre de Messénie en écrasant les Messéniens et les hilotes réfugiés sur le mont Ithome et repousse l'aide athénienne. Archidamos II, roi de Sparte. Roi de Sparte vers 469, de la famille royale des Eurypontides, Archidamos met fin à la troisième guerre de Messénie en 462 avec l'aide d'Athènes. Ami de Périclès, réputé pour sa prudence, Archidamos tente d'éviter la guerre du Péloponnèse, puis en 431 envahit l'Attique sans parvenir à bloquer sérieusement Athènes (à cette occasion, il interdit à ses soldats d'endommager les domaines de Périclès). Il s'empare de la ville de Platées en 427 après un siège de deux ans.

-462         en Grèce - Alliance entre Athènes et Argos contre Sparte.

-461         en Grèce - Alliance entre Athènes et Mégare. Alliance d'Athènes avec Argos puis Mégare qui abandonne la ligue du Péloponnèse; les Athéniens érigent des Longs Murs entre l'astu de Mégare et son port oriental de Nisaia. Cette dernière alliance provoque l'hostilité des Corinthiens contre les Athéniens.

-461         en Grèce - Révolte des hilotes à Spartes. Cité oligarchique gouvernée par les "Égaux", Sparte subit en 461 avant J.-C. une révolte des serfs, les hilotes. Dénués de tout droit civiques et affectés au travail de la terre des "Égaux", les hilotes diffèrent des esclaves des autres cités grecques par le mépris et les violences qu'ils subissent. Lorsqu'ils se révoltent, les "Égaux" sont en nombre bien inférieur et Athènes propose du renfort. Sparte refuse cette aide, ce qui provoque un sentiment d'humiliation chez les Athéniens. Cimon est ostracisé l'année suivante, laissant le champ libre à Périclès. La trêve entre les deux cités est considérée comme rompue.

-461         en Grèce - Ostracisme de Cimon d'Athènes par Périclès. C'est la rupture, entre Athènes et Sparte, de l'alliance de 481.

-461         en Grèce - Assassinat d'Éphialtès à Athènes.

-461         en Grèce - Périclès prend la tête d'Athènes (jusqu'en -429). Périclès devient le chef politique d'Athènes. C'est le début d'une phase d'entreprises politiques et impérialistes qui finiront par excéder les forces de la cité. Ainsi Athènes s'allie à Argos. Le réseau de ses alliances cerne Corinthe dans son golfe. Périclès, (495-429), parent de Clisthène, s'installe au pouvoir à Athènes. Il est désigné chef du parti démocratique avant d'être élu, puis réélu stratège pendant 15 ans.

-460         en Grèce - Athènes envoie une armée pour soutenir la révolte d'Inaros en Égypte contre les Perses, qui sont défaits. Memphis est prise aux Perses. Inaros était le fils d'un roi libyen, qui prit la tête d'un mouvement d'insurrection contre les Perses. Vers 460 av. J.-C., il demande l'aide des Athéniens, qui, déjà en guerre contre la Perse, dépêchent en Égypte des troupes.

-460         à -377 - naissance et mort de Hippocrate. Médecin grec. Né dans la confrérie médico-religieuse des Asclépiades, descendants présumés des dieux de la Médecine, Hippocrate est éduqué par sa famille avant de compléter sa formation à Athènes. Lors de nombreux voyages, à Thrace, Délos et Messalie, il parfait ses connaissances et donne des cours qui seront largement diffusés par ses disciples. Hippocrate a donné son caractère scientifique à la médecine qui jusqu'alors détenait un caractère profondément sacré. En effet, c'est le premier en Occident à voir dans tous les symptômes des causes uniquement naturelles et à définir le but de la médecine: seconder la nature et 'primun non nocere', avant tout ne pas nuire. Aujourd'hui encore, la profession médicale reste unie et fidèle aux devoirs édictés par Hippocrate dans son 'Serment'.

-460         à -395 - naissance et mort de Thucydide. Historien grec. Né dans une famille noble d'Athènes, Thucydide reçoit un commandement militaire en -424 mais ne peut empêcher la chute d'Amphipolis. Cet échec lui vaut d'être condamné à l'exil et commence alors pour lui sa carrière d'historien qui, elle, le couronnera par delà les siècles. Chassé d'Athènes, Thucydide voyage dans toute la Grèce et accumule de nombreux documents et témoignages des combattants des deux camps. Il s'attache à relater les faits avec rigueur et objectivité en cherchant à en expliquer les causes. En cela, il semble être le premier à avoir jeté les bases du travail historique, séparant désormais nettement le plan du merveilleux mythique de celui de la réalité historique. A la différence de son prédécesseur Hérodote, il donne aux faits économiques et sociaux leur importance véritable et est un témoin important de son temps. Homme d'une seule oeuvre, son 'Histoire de la guerre du Péloponnèse' est restée inachevée.

-458         Première de "l'Orestie". "L'Orestie", d'Eschyle, est présentée pour la première fois à Athènes. Seule trilogie complète de cette époque dont on a encore le texte, elle met en scène avec force les mystères de la destinée à travers la malédiction des Atrides. Les thèmes de la vengeance mais surtout de la justice et du droit traversent et donne à l'oeuvre toute sa signification. Les cycles mythologiques de la tragédie grecque traverseront les siècles et réapparaîtront dans le théâtre à partir de la Renaissance. L'Orestie est une trilogie dramatique d'Eschyle représentée en 458 av. J.-C. aux Grandes Dionysies d'Athènes, où elle remporte le premier prix. Elle est composée de trois tragédies centrées sur la geste des Atrides : Agamemnon, Les Choéphores et les Euménides ; un drame satyrique intitulé Protée (aujourd'hui perdu) était censé la complèter. C'est la seule trilogie liée conservée.

-457         en Grèce - Défaite des Athéniens faces aux armées Spartes et Béotiennes à Tanagra. Bataille de Tanagra : Sparte (la révolte des Hilotes est en partie terminée), Corinthe et la ligue béotienne, sont victorieux sur les Athéniens et les Argiens.

-457         en Grèce - Bataille d'oenophyta : Désastre de Thèbes devant Athènes, deux mois après Tanagra. Athènes envahit la Béotie, sauf Thèbes, et la Phocide. La ligue béotienne est dissoute par Athènes contraint les Béotiens à adopter des régimes démocratiques.

-456         en Grèce - Prise d'Égine par Athènes. Athènes s'empare d'Égine (hiver) et renforce ainsi sa prépondérance en Grèce centrale (ou 457 av. J-C.). Elle lance des expéditions autour du Péloponnèse : Tolmidès incendie les cales de Gythion et fait adhérer à la ligue Zacynthe et Céphalonie. Périclès, malgré sa victoire, ne réussit pas à prendre Sicyone mais obtient l'adhésion de l'Achaïe.

-456         mort d'Eschyle.

-454         en Grèce - Le trésor de la ligue de Délos est transféré au Parthénon. Athènes franchit le pas symbolique qui entérine son hégémonie en mer d'Egée : elle transfert le trésor de la ligue de Délos au Parthénon. Après plusieurs guerres destinées à maintenir de force des cités dans l'union, la ligue devient un empire, une "hégémonie" d'Athènes, sans pour autant être un État. En fait la domination est avant tout financière, Athènes décidant du tribu à apporter à la ligue et se l'attribuant en partie.

-451         Les décemvirs remplacent les Consuls. Decemviri désigne le collège de 10 anciens consuls auteurs de la Loi des XII tables (premier corpus de lois romaines écrites.)

-451         en Grèce - Trêve de cinq ans entre Athènes et Sparte. Retour de Cimon à Athènes. Il obtient un armistice de cinq ans entre Athéniens et la Ligue du Péloponnèse et contribue financièrement à la reconstruction d'Athènes.

-451         en Grèce - Réformes de Périclès sur le droit de cité qui impose que pour être citoyen il faut être de condition libre et de deux parents athéniens (le droit du sang en quelque sorte) et peut-être début de la misthophorie (indemnité journalière pour les jurés des tribunaux populaires). Réformes politiques à Athènes. Périclès émet son premier décret majeur tandis que le fonctionnement politique de la cité semble évoluer. Dorénavant, il faudra deux parents athéniens pour prétendre à la citoyenneté. Les assemblées deviennent plus rigoureusement fixées et les magistrats plus contrôlés. Issu d'une famille aristocratique, Périclès devient de plus en plus influent.

-450         Les celtes de la Tène s'installent en Champagne. Ils s'étendent peu à peu sur le territoire français jusqu'à la Garonne, formant ce que l'on appelle aujourd'hui la civilisation gauloise.

-450         Invention de l'arbalète en Chine. L'arbalète (du latin arcuballista) est une arme de jet, inventée par les Chinois, et dont la présence est attestée chez les Romains. Le gastrophète est l'ancêtre de l'arbalète : mais ce n'était alors qu'une arme de siège, trop lourde pour servir sur un champ de bataille. D'abord arme de chasse, l'arbalète est utilisée comme arme de guerre au Moyen Âge. Méprisée par la chevalerie, elle est considérée comme arme déloyale, car - tuant à distance - elle ne permet pas à l'adversaire de se défendre. Son usage est interdit par le pape Innocent III, qui menaçait les arbalétriers d'excommunication. — interdiction qui reste lettre morte auprès des princes d'Occident. Durant les guerres médiévales, la France fait souvent appel à des mercenaires arbalétriers étrangers (notamment italiens).

-449         Restauration des Consuls sous la pression des plébéiens.

-449         en Grèce - Paix de Callias entre la Grèce et l'Empire Perse (Artaxerxès II). La Paix de Callias, signée à Suse, met fin aux hostilités entre Grecs et Perses. Le roi Achéménide, Artaxerxès Ier, s'engage à ne pas envoyer d'armée à plus de trois jours de marche de la mer Égée. Il renonce à ses visées sur la mer Egée, l'Hellespont et le Bosphore et reconnaît l'indépendance politique des cités grecques d'Asie Mineure. La paix de Callias, du nom de l'homme politique athénien qui la négocia, met un terme définitif aux guerres médiques après la victoire d'Athènes à Salamine de Chypre la même année. Le souverain perse Artaxerxès Ier s'engageait à ne pas envoyer de troupes à plus de trois jours de marche des côtes de la mer Égée. La réalité de cette paix est cependant discutée. Artaxerxès Ier, Longue-Main est le fils et successeur de Xerxès Ier sur le trône de Perse en -465. Il commençe son règne par l'exécution d'Artaban, ministre et assassin de son père, puis en faisant tuer tous ses frères après la révolte de l'un d'entre eux, Satrape de Bactriane. Confronté à une révolte en Égypte initiée par Inaros et Amyrtée avec l'aide d'Athènes, il en triomphe non sans difficultés vers -456. Le corps expéditionnaire athénien, retranché sur une île du Nil, est massacré vers -456 tandis qu'une flotte de renfort est anéantie. Vers -449 il aurait signé la paix de Callias consacrant la renonciation des Perses aux villes grecques d'Ionie. La signature de cette paix reste cependant contestée.

-447         Création des Questeurs. Les questeurs sont des magistrats romains chargé des finances. Créés au nombre de 2 en -447, ils sont 4 en -267, 20 sous Sylla et 40 sous César. Ils sont les gardiens du Trésor, chargé des finances de l'armée et des provinces. L'âge minimum requis est de 28 ans pour les patriciens et 30 ans pour les plébéiens après la réforme de Sylla. C'est la première fonction qui doit être exercée dans le cursus honorum.

-447         en Grèce - Périclès fait construire le Parthénon. Sous la pression de Périclès qui menace de le faire construire avec sa propre fortune si la cité refuse de voter son financement, Athènes décide de la construction d'un nouveau temple en l'honneur de la déesse Athéna. Détruit par les Perses lors de la deuxième guerre médique, le temple sur l'Acropole n'avait été que partiellement reconstruit. La première étape consistera en la construction du Parthénon, temple entouré d'une frise retraçant les Panathénées, grande fête religieuse de la cité, puis ce sera les Propylées et l'Erechthéion. Le Parthénon, proprement dit le "local des vierges" est un édifice situé sur l'Acropole d'Athènes. Probablement le plus connu des monuments grecs classiques, il est aussi considéré depuis l'Antiquité comme le modèle achevé du temple dorien (grec).

-447         en Grèce - Victoire des Thébains sur Athènes à Coronée. Intervention d'Athènes en Béotie contre les oligarques de Chéronée et d'Orchomène proches de Sparte, qui font défection. Athènes réagit et réduit la population de Chéronée en esclavage. Défaite athénienne à Coronée (Nord-Ouest de Thèbes en Béotie) : retour de l'influence spartiate en Béotie et, avec elle, des régimes oligarchiques ; organisation fédérale autour de Thèbes (seule Platées reste fidèle à Athènes).

-446         Juin : Soulèvement général de l'Eubée (sauf Carystos) contre Athènes, suite à la défaite de Coronée. Au moment où Périclès intervient avec une armée importante une vaste coalition se forme pour soutenir la défection de Mégare et ravage la plaine d'Éleusis. Périclès réagit habilement en séparant les coalisés, certainement en achetant le roi de Sparte Plistoanax, puis retournant en Eubée en signant des traités avec les diverses cités précisant leurs droits et leurs obligations envers Athènes. Deux clérouquies sont créées à Chalcis et Oréos pour maintenir l'ile dans l'obéissance.

-446         Paix de Trente Ans, négociée par Callias, conclue entre Athéniens et Spartiates : reconnaissance de chaque système hégémonique par l'autre, mais au prix, pour les Athéniens, d'un retour en arrière (ils perdent l'Achaïe et Mégare et laissent l'hégémonie sur la Béotie à Thèbes). Sparte et Athènes s'interdisent mutuellement de débaucher leurs vassaux. Seules les cités encore indépendantes pouvent y être incluses. Cet accord, certe précaire (il durera en réalité 14 ans), porte, sous le gouvernement de Périclès, Athènes à son apogée.

-444         Les tribuns militaires remplacent les consuls. Tribun: officier supérieur. Une légion comprend généralement six tribuns qui la commandent chacun à tour de rôle.

-444         à -365 - naissance et mort de Antisthène. Philosophe grec, disciple de Socrate, qui fonda l'école de philosophie connue sous le nom de cynisme. Il considérait que le bonheur ne pouvait être atteint que par la vertu: c'est pourquoi il dénonça l'art et la littérature, condamna le luxe et le confort et exalta l'accomplissement des tâches les plus pénibles. Fondateur de l'école des Cyniques, il avait d'abord étudié sous le sophiste Gorgias, et avait enseigné la rhétorique avec succès; mais ayant un jour entendu Socrate, il ferma son école et se livra tout entier à l'étude de la philosophie. Antisthène professait la morale la plus austère; il pensait qu'il n'y a de beau que la vertu, de laid que le vice, et s'élevait au-dessus des bienséances sociales, qu'il regardait comme de vains préjugés. On l'a accusé d'être vertueux avec ostentation: Socrate disait de lui qu'on voyait son orgueil percer à travers les trous de son manteau. Le terme "cynisme" provient du grec ancien qui signifie "chien", en référence à l'attitude d'Antisthène, le fondateur du cynisme, puis de celle de Diogène de Sinope, qui souhaitait être enterré "comme un chien". Selon d'autres sources, le nom viendrait du gymnase dans lequel Antisthène enseignait, le Cynosarge (littéralement "chien agile"). Platon définissait Diogène de Sinope comme un Socrate furieux dont le but est de subvertir tout conformisme, tout modèle moral. Sa philosophie se traduit par des actes volontaires et provocateurs. Il transgresse tous les fondements mêmes de la culture, urine et aboie comme un chien, se masturbe en public ; il n'hésite pas à mendier, ne respecte aucune opinion et provoque même les puissants. La philosophie cynique a pour but ultime la sagesse, une éthique de vie. Selon Antisthène, aucun discours ne vaut, aucune étude ni savoir. Seules comptent la sagesse et la vertu, double finalité de la philosophie cynique. Une fois cette vertu atteinte, le philosophe peut se considérer comme libre, car vivant dans l'atuphia, l'"absence de vanité".

-443         en Grèce - Fondation de la colonie grecque de Thurium en Lucanie (Italie). Lucanie, la Région de Basilicate (anciennement Lucanie), est une région d'Italie méridionale. Elle est enclavée, malgré deux courtes façades maritimes, entre la Campanie, les Pouilles et la Calabre.

-443         Création du Collège des censeurs à Rome.

-443         Périclès (né en -495), élu stratège d'Athènes (fin en -429). Périclès accède à la plus haute magistrature de la cité d'Athènes en devenant stratège. Ce poste n'est pas unique puisqu'il y a dix stratèges, mais Périclès sera constamment réélu pendant quinze ans, longévité alors exceptionnelle. Personnalité originale, préférant la compagnie des intellectuels à celle des politiques, Périclès va accompagner l'apogée d'Athènes jusqu'à l'épidémie de peste qui le terrassera en 429 avant J.C. Défenseur de la démocratie Périclès a introduit les "misthoi", indemnités qui permettent à chaque citoyen de participer à la politique.

-440         en Grèce - Début de la révolte de Samos contre Athènes, provoquée par une rivalité avec Milet pour la possession de Priène. Milet, qui a le dessous, fait appel à Athènes. Périclès intervient avec 40 navires, renverse le gouvernement oligarchique de Samos, prend des otages et laisse une garnison. Aidés par le satrape perse Pissouthnès, les oligarques reviennent en force, libèrent leurs otages et livrent les Athéniens aux Perses. Byzance s'associe à la défection, tandis que Samos espère l'intervention de la flotte phénicienne et l'appui des Péloponnésiens. Athènes mettra huit mois à réduire la révolte. Elle envoie 200 navires. Après une victoire navale remportée sur des forces supérieures en nombre, Périclès assiège Samos. Il part avec près de la moitié de sa flotte pour surveiller l'arrivée d'une éventuelle escadre phénicienne. Les Samiens l'emportent alors sur les Athéniens, ce qui leur permet de se ravitailler pour soutenir un long siège. Priène est une cité grecque de Carie (Asie mineure), située sur l'embouchure du Méandre. Un satrape est le gouverneur d'une satrapie, c'est-à-dire une division administrative de l'Empire perse. Le satrape a pour rôle principal de faire régner l'ordre dans sa province, et d'agrandir le territoire de l'Empire. En effet, selon la titulature achéménide, le Grand Roi est "roi de l'univers" et "roi des quatre directions". Demander à un peuple "la terre et l'eau", signe de soumission, revient donc simplement à réclamer son dû. À la fin du VIe siècle, le satrape Oroitès se voit ainsi reprocher de n'avoir pas "su ajouter l'île de Samos aux domaines du roi" (Hérodote, III, 126).

-438         Prise de Capoue par les Samnites. Samnites, tribus sabelliennes (conforme à la doctrine de Sabellius) établies dans le Samnium (région montagneuse d'Italie centrale). Sabellien ancien peuple de l'Apennin issues des Sabins.

-438         Achèvement du Parthénon. Après onze ans de travaux, la cité a achevé le Parthénon. Le sculpteur Phidias a réalisé les statues et supervisé la construction de la frise. Au sein du Parthénon, trône une statue haute de quinze mètres d'Athéna Parthénos. Athéna est célébrée dans la ville qui porte son nom pour de multiples raisons. Elle est généralement nommée Athéna Polias, la protectrice de la cité. Mais les constructions à sa gloire ne s'arrêtent pas là : pendant cinq ans l'entrée du Parthénon, passage monumental, est construite : ce sont les Propylées. Le Parthénon est un édifice situé sur l'Acropole d'Athènes. Probablement le plus connu des monuments grecs classiques, il est aussi considéré depuis l'Antiquité comme le modèle achevé du temple dorien. Phidias, (Athènes, v. 490 – Olympie, ap. 430), est un sculpteur du premier classicisme grec.

-437         Construction de la statue de Zeus olympien. La statue chryséléphantine de Zeus olympien est la troisième des sept merveilles du monde. Le terme chryséléphantine signifie qu'elle était composée à la fois d'or (Chrysos) et d'ivoire (éléphantine). Elle fut sculptée par Phidias de 437 av. J.-C. à 433 av. J.-C. pour le temple de Zeus à Olympie (432 av. J.-C. selon certains archéologues grecs). Elle mesurait environ 12,75 mètres de haut (en incluant son socle). Les parties nues étaient sculptées en ivoire. Les cheveux, la barbe, les sandales, et la draperie étaient en or. Le trône était d'ébène et d'ivoire.

-435         en Grèce - Conflit entre Corinthe et Corcyre : Epidamne, colonie de Corcyre, fait appel à elle car les oligarques, chassés de la ville, se sont alliés aux Barbares du voisinage pour pratiquer un brigandage insupportable. Les oligarques corcyréens refusent d'intervenir et les démocrates d'Epidamne se tournent vers Corinthe, métropole de Corcyre, qui envoient des colons et des troupes. Les Corcyréens assiègent Epidamne. La guerre éclate entre Corinthe et Corcyre, laquelle réussit à vaincre la flotte corinthienne et à faire capituler Epidamne.

-433         en Grèce - Alliance entre Athènes et Corcyre. Corinthe prépare sa revanche contre Corcyre, qui fait appel à Athènes. Une alliance défensive est conclue, et dix navires Athéniens sont envoyés à Corcyre (ils seront suivis par 20 autres). Corinthe et ses alliés (150 navires) sont vainqueur de la flotte de Corcyre (110 navires) aux îles Sybota, ce qui entraîne l'intervention d'Athènes. Corinthe réussit à sauver sa flotte, mais perdra Céphalonie et Zante, clés du commerce avec l'occident, au profit d'Athènes. A l'automne, Athènes adresse un ultimatum à Potidée, ancienne colonie corinthienne faisant partie de la ligue de Délos. Elle doit raser ses murs, livrer des otages et expulser les magistrats corinthiens. Potidée envoi une ambassade à Athènes pour empêcher, sans succès, son intervention. Elle envoie également une ambassade secrète à Sparte, accompagnée de Corinthiens, qui aurait obtenu la promesse d'une invasion de l'Attique si les Athéniens attaquaient Potidée.

-432         en Grèce - Révolte de Potidée contre Athènes. Potidée, qui refuse de raser ses murailles, se révolte contre Athènes, suivie par les Chalcidiens, qui abandonnent leur cité pour se réunir à Olynthe à l'instigation de Perdiccas, et par les Bottiens. Corinthe envoie 2000 mercenaires, Athènes 70 navires et 3000 hoplites rejoint par 600 cavaliers macédoniens. Les Potidéates sont vaincus et la ville est assiégée par Athènes.

-432         Le savant grec Méton applique le cycle métonique en astronomie. Il permet l'établissement du calendrier luni-solaire, en particulier le calendrier attique. Cycle métonique, en astronomie et dans l'établissement des calendriers, le cycle de Méton ou cycle métonique est un commun multiple approximatif des périodes orbitales de la Terre et de la Lune. En effet, 19 années tropiques et 235 mois synodiques ne diffèrent que de 2 heures; donc après 19 ans, les même dates de l'année correspondent avec les même phases de la Lune. Le rang d'une année dans ce cycle s'appelle nombre d'or, peut-être parce qu'il était gravé chaque année sur les piliers d'un temple à Athènes et est utilisé pour le calcul de la date de Pâques. Le nom cycle métonique provient de l'astronome grec Méton qui avait déjà remarqué cette coïncidence aux environs de -432, comme le fit l'astronome chaldéen Kidinnu vers -380. Mais des écrits cunéiformes semblent indiquer que ce cycle était déjà connu en Mésopotamie dès le VIe siècle av. J.-C. et était utilisé pour prédire les éclipses. Le cycle de Méton est employé dans les calendriers luni-solaires. En effet, dans un calendrier luni-solaire typique, la plupart des années sont des années lunaires de 12 mois, mais 7 des 19 années possèdent un mois supplémentaire, connu sous le nom de mois intercalaire ou embolismique. Dans les calendriers babyloniens et hébreux antiques, les années: 3, 6, 8, 11, 14, 17 et 19, sont les années de treize mois du cycle métonique. Méton d'Athènes est un astronome natif d'Athènes, ayant vécu dans la seconde moitié du Ve siècle av. J.-C. Il appliqua en -432 le fameux cycle luni-solaire qui porte son nom. Ce cycle a pour base une somme de 235 lunaisons ou 6 940 jours, équivalant à 19 années solaires de 365 jours 5/19 (certes ce n'était pas tout à fait juste).

-432         en Grèce - Révolte de Mégare contre Athènes. Périclès interdit les ports de l'empire et les marchés d'Attique à Mégare, une des causes de la guerre du Péloponnèse. Mégare est une cité grecque de l'Attique, capitale de la Mégaride. Située à l'extrémité est de l'isthme de Corinthe, à mi-chemin entre Corinthe et Athènes, elle est connue à l'origine sous le nom de Nisée, d'après le roi éponyme légendaire Nisos.

-431         Début de la guerre du Péloponnèse entre Athènes et Sparte sous le prétexte qu'Athènes avait apporté son aide à Corcyre lors d'un conflit avec Corinthe (fin en 404 av. J.-C.) : Au printemps, les Thébains, appelés par les oligarques de Platées, s'emparent de la ville, mais sont massacrés ou fait prisonnier par le peuple. Le gros des forces thébaines envahit alors le territoire de Platée, puis se retire sous la promesse que les 180 prisonniers thébains auront la vie sauve. Ils sont massacrés, malgré Athènes, qui aurait voulu les épargner. Athènes installe une garnison à Platée, tandis que 60 000 hoplites péloponnésiens ou béotiens marchent sur l'Attique. Périclès fait venir à Athènes la population de l'Attique qui est ravagée par Sparte. Athènes, assiégée, est ravitaillée par la flotte (431/428 av. J.-C.). Guerre d'usure : Sparte envahit tous les ans l'Attique, détruisant les récoltes, jusqu'en 425 (sauf en 429 et 426). Les Athéniens, retranchés derrière leurs murs, utilisent leur flotte pour ravager les côtes du Péloponnèse et couper les communication avec la Grande Grèce. La flotte athénienne ravage l'Élide et s'empare de Céphalonie, ce qui permet aux Athéniens de contrôler la sortie du golfe de Corinthe. Athènes expulse tous les habitants d'Égine accusés d'avoir contribué au déclenchement de la guerre et repeuple l'île avec des clérouques. Les alliés de Sparte (ligue du Péloponnèse) : le Péloponnèse, sauf Argos et l'Achaïe, l'Isthme (Corinthe et Mégare), la Béotie, sauf Platées, la Phocide, la Locride, Leucade, Ambracie et la Macédoine (au début du conflit). Ils ont l'avantage sur terre. Athènes et la ligue de Délos dominent sur mer (300 trières, plus 150 à 200 trières de Chio, Lesbos et Corcyre) et ont des moyens financiers supérieurs (tribut des alliés et mines du Laurion). Athènes dispose de 13 000 hoplites d'active (de 20 à 49 ans). La guerre du Péloponnèse désigne le conflit qui dura de -431 à -404, opposant Athènes, qui avait transformé la ligue de Délos (destinée à l'origine à résister aux Perses) en un empire soumis à son pouvoir, et Sparte, puissance oligarchique et conservatrice, dont l'armée terrestre était la force militaire la plus puissante de l'époque, et qui dirigeait la Ligue du Péloponnèse ainsi que la Béotie. La guerre du Péloponnèse s'est terminée par la victoire de Sparte.

-431         mai Sparte envahit l'Attique. Les spartiates parviennent à l'Attique, territoire entourant la ville d'Athènes, et le dévastent. Face à la supériorité terrestre des spartiates, le stratège athénien Périclès a choisi de rapatrier tous les habitants dans l'enceinte de la ville. Celle-ci est protégée par un mur construit après les guerres médiques. Il compte ainsi profiter de la supériorité maritime d'Athènes pour attaquer les côtes de Sparte pendant que les armées de cette dernière sont dans l'Attique.

-430         Alliance entre les Romains et les Latins.

-430         Sophocle écrit "oedipe-roi", tragédie retraçant le destin sanglant d'oedipe, meurtrier involontaire de son père et coupable d'inceste avec sa mère. Digne successeur, mais aussi concurrent d'Eschyle, Sophocle innove dans la forme de la tragédie et donne une part plus grande à la volonté humaine. Mais celle-ci se heurte violemment à la fatalité : ainsi, malgré les précautions de ses parents et les siennes, oedipe ne peut échapper au destin formulé par l'Oracle. Outre l'influence considérable de cette tragédie dans la littérature et le théâtre, oedipe-roi est le support de la thèse du complexe d'oedipe. Toutefois, sans remettre en cause la valeur psychanalytique de la théorie de Freud, cette interprétation du texte est très controversée. 'Oedipe roi' est une tragédie grecque de Sophocle. Quelques maigres indices suggèrent qu'elle pourrait avoir été écrite dans les années immédiatement postérieures à 430 av. J.-C. La tétralogie dans laquelle elle est intégrée est censée n'avoir obtenu que la deuxième place au concours dramatique, bien qu'Oedipe roi lui-même soit considéré par beaucoup comme le chef-d'oeuvre de Sophocle et ait été particulièrement admiré par Aristote. C'est aussi cet épisode qu'évoquent les psychanalystes quand ils parlent de "complexe d'Oedipe" bien que la pertinence du rapprochement soit problématique.

-429         Thrace : Athènes (hiver -430/-429) prend Potidée. Bataille de Chalcis : en été, les hoplites Athéniens sont battus par l'infanterie légère de Spartolos assisté par la cavalerie Chalcidienne. La bataille de Chalcis opposa en 429 av. J.-C. Athènes aux Chalcidiens et leurs alliés, au début de la guerre du Péloponnèse. Les Athéniens, commandés par Xénophon, marchèrent en Thrace afin d'attaquer Chalcis. Ils détruirent les cultures aux alentours de Spartolus et commencèrent à négocier avec les factions pro-athéniennes de Chalcis. Les factions anti-athéniennes demandèrent de l'aide à Olynthus. Une armée de Chalcis, Spartolus et Olynthus livra bataille aux Athéniens. Leurs hoplites furent défaits et firent retraite vers Spartolus. Cependant, leur cavalerie battit les troupes athéniennes. Des renforts arrivèrent d'Olynthus et ils lancèrent une seconde attaque contre les Athéniens. Les Athéniens paniquèrent et furent défaits. Tous leurs généraux ainsi que 430 autres soldats furent tués.

-429         en Grèce - Archidamos II, roi de Sparte, commence le siège de Platées. (capitulation en 427). Platées est une cité de Béotie sur le versant nord du Cithéron, au sud-ouest de Thèbes, qui joue un rôle important lors des guerres médiques.

-429         en Grèce - septembre Mort de Périclès. Périclès succombe à l'épidémie de peste qui ravage Athènes. La guerre du Péloponnèse confine les athéniens à l'intérieur des murs et cette promiscuité a favorisé le développement de la maladie. La peste emportera certainement un tiers de la population. Mis à l'amende puis finalement réélu, Périclès n'était alors pas exempt de difficultés politiques. La guerre avec Sparte se prolongera jusqu'en 421 avant J.-C.

-428         en Grèce - Révolte contre Athènes de Mytilène (Lesbos), qui faillit déboucher sur une destruction totale. Athènes envoie 40 navires, qui devaient partir pour le Péloponnèse. Un armistice est conclue, et des envoyés de Mytilène vont demander l'aide de Sparte. Mytilène est admise dans la ligue du Péloponnèse réunie à Olympie. Les Athéniens exécuteront finalement plus de 1000 personnes et installeront 2700 clérouques sur l'île (-427). Lesbos (aujourd'hui appelée Lesvos) est la plus grande des îles grecques au large des côtes d'Asie mineure. Outre la richesse des souvenirs antiques et la beauté de ses plages, l'île de Mytilène se distingue de toutes les autres îles grecques et présente quatre centres d'intérêt culturel, géologique, gastronomique et religieux.

-428         à -347 - naissance et mort de Platon. Philosophe grec. Fils d'une famille de l'aristocratie athénienne, Platon semblait être destiné à occuper des responsabilités politiques de tout premier ordre. Mais sa rencontre avec Socrate bouleverse ces plans. A la mort du maître, il se consacre, via l'écriture et l'Académie qu'il fonde en -387, à la transmission de la pensée novatrice de Socrate. Dans la période troublée que vit Athènes à cette époque, Socrate avait mis en garde les Athéniens contre leur ignorance, l'injustice et l'amoralité de leur société. La première partie de l'oeuvre de Platon est constituée de dialogues sur le procès et les derniers jours de la vie de Socrate ('Apologie de Socrate', 'Criton'). Dans les dialogues socratiques, tel 'Phédon' on découvre la méthode dialectique de Socrate grâce à laquelle on se détache des idées reçues, de la certitude naïve et qu'on approche par la connaissance des Idées de la vertu. Si d'autres témoignages, de Xénophon ou Aristophane viennent parfois infirmer ceux de Platon, l'analyse platonicienne reste un pilier de toute la philosophie occidentale. Platon est le premier philosophe dont l'oeuvre nous soit parvenue à peu près intégralement. Élève de Socrate, dont il défendra la mémoire, il est aussi la première figure du philosophe engagé dans son siècle sur le plan politique. Les sources de sa pensée: Élève de Cratyle, disciple d'Héraclite, il réfléchit sur Parménide. Adversaire résolu des sophistes, il fut surtout l'élève de Socrate dont la rencontre fut l'événement capital de sa vie. Il reçoit aussi l'influence des pythagoriciens et des mathématiques de son époque comme en témoigne la devise "Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre" qu'il fit graver au fronton de l'Académie, l'école qu'il fonda. Philosophie Platonicienne ou Platonisme, Platon, disciple de Cratyle, puis de Socrate, initié par le premier à la doctrine d'Héraclite, dont le fond est que tout s'écoule perpétuellement, qu'il n'y a rien de fixe, partant point de science possible, chercha, dans la méthode du second, un correctif à ce scepticisme où la philosophie de l'école ionienne avait fini par se résoudre. Or, en quoi consistait la méthode de Socrate? En ceci principalement, qu'il laissait de côté la contemplation du monde physique, pour s'attacher de préférence à l'étude de l'humain intérieur; et que, dans tout sujet, il s'efforçait de dégager, sous forme de définitions, les idées générales. Du compromis et de la fusion de ces doctrines naquit une philosophie très détachée des faits et de l'expérience sensible, très spiritualiste, très élevée dans ses aspirations souvent chimériques, et ayant pour principal défaut de prendre pour des réalités, bien plus, pour la seule réalité, des conceptions abstraites de l'esprit, les idées, base du système, dont il faut, avant tout tâcher de bien comprendre la nature et le rôle, au sens où Platon les a entendues. Tout s'écoule, tout change perpétuellement, avait dit Héraclite. Cela est vrai, si l'on considère les êtres et les phénomènes dans leur individualité; mais comparez les individus, vous trouverez dans chacun d'eux des caractères qui lui sont propres, caractères mobiles et transitoires; et puis, à côté de cela, vous trouverez dans tous un certain nombre de caractères communs et immuables : chez les humains, par exemple, tel est grand, tel autre petit; l'un est en santé, l'autre est malade, Socrate est philosophe, Périclès homme d'État; mais tous ont certains caractères communs qui les font humains malgré leurs différences individuelles et malgré les transformations que chacun d'eux peut subir. Qu'est-ce que cela suppose? Une essence, une forme commune. Le platonisme après Platon, Platon marqua de façon durable la philosophie de l'Antiquité soit par l'influence qu'il exerça (par exemple sur Plotin) soit parce qu'on le considérait comme le philosophe par rapport auquel on devait se situer. Il fut aussi une source d'inspiration qu'une cible de biens des critiques. Aristote, Épicure ou les Stoïciens par exemple développèrent une critique plus ou moins systématique de l'éthique, de la théorie de la connaissance ou de la philosophie politique de Platon. Quant à Plotin ou aux Pères de l'Église ils n'ont manqué de voir en Platon un philosophe quasi divin (Plotin) ou en tout cas une source d'inspiration importante. La signification des oeuvres de Platon a fait l'objet de nombreuses controverses depuis l'Antiquité. Certains font de Platon un dogmatique ; d'autres un sceptique. Platon fut tantôt récupéré par des courants mystiques (élévation de l'âme vers le bien au-delà de l'être), tantôt par des philosophies purement rationalistes. La diversité de ses dialogues, leurs formes variées, les nombreuses apories qui y sont soulevées expliquent ces importantes divergences des interprétations. Dans l'Antiquité, l'ensemble des dialogues fut organisé d'après un ordre progressif de lecture, alors que les modernes, qui prétendent à un savoir plus critique, se sont surtout efforcés d'établir l'ordre réel de leur composition ainsi que leur authenticité. Ces essais d'organisation du corpus dépendent en fait toujours de l'idée que l'on se fait du platonisme, ce qui a conduit des critiques à exclure plus ou moins arbitrairement certains dialogues (et tous les dialogues ont pu ainsi être suspectés).

-427         en Grèce - Prise de Platées par le roi de Sparte Archidamos II.

-426         Prise de la ville de Fidènes par les Romains. Fidènes était une colonie étrusque qui fut occupée par les Romains. Elle fut définitivement soumise en -425.

-425         en Grèce - Défaite de Sparte à Sphactérie devant les troupes d'Athènes dirigés par le général Démosthène. La flotte Athénienne qui se rendait à Corcyre est contrainte par la tempête à faire relâche à Pylos, ou elle construit des fortifications. Démosthène est autorisé à y rester avec cinq trières, renfoncées par deux trières de Naupacte. Les Messéniens de Naupacte s'apprêtent à susciter des troubles en Messénie. Sparte intervient, échoue devant Pylos mais s'empare de l'île de Sphactérie qui commande le port. La flotte Athénienne, de retour de Corcyre, assiège les Spartiates dans l'île. Une trêve est signée, et les Spartiates sont obligés d'abandonner à Athènes leur flotte de 60 navires pendant la durée des négociations. Cléon provoque l'échec des négociations de paix et défait les spartiates à l'île Sphactérie. Les Athéniens menacent de tuer les 120 Spartiates prisonniers en cas de nouvelle invasion de l'Attique.

-425         Mort d'Hérodote, le père de l'histoire. Hérodote meurt dans la cité de Thourioi, après avoir certainement fait de nombreux voyages à travers la Grèce, l'Égypte et l'Asie mineure. Il laisse derrière lui une oeuvre fondamentale : "Enquêtes" (également appelée "Histoires"), considérée comme le livre fondateur de l'Histoire. Hérodote, expliquant les guerres médiques, ne se limite plus à une description mais recherche les causes dans les événements précédents chez les différents peuples engagés. Il associe la vertu des personnalités engagées au cours des événements, ouvrant la voie aux futurs historiens grecs tels que Thucydide, mais aussi aux Romains.

-424         en Grèce - Défaite des Athéniens à Délion contre les Béotiens. Les Athéniens ne réussissent pas à prendre Mégare, qui est secourue par Brasidas et où les oligarques s'emparent du pouvoir. Brasidas est victorieux à Délion, en Béotie. Athènes perd près de 1000 hoplites.

-423         en Grèce - Trêve entre Athènes et Sparte. Trêve d'un an entre Athènes et Sparte. Mais en Thrace, Skionè et Mendè font défection et Brasidas ne respecte pas l'armistice. Au nord de l'Attique, Panakton est livrée par trahison aux Béotiens.

-423         Aristophane s'attaque à Socrate. En 423 avant J.-C., Aristophane, connu pour ses comédies satiriques, compose "Les Nuées". Dans cette pièce, il s'attaque aux sophistes et plus particulièrement à Socrate, dont l'un des personnages porte le nom. Platon vengera son maître à penser en -385 dans "Le Banquet". Il y décrira un homme ridicule, du nom d'Aristophane, qui est pris de hoquet dès qu'il veut parler. Socrate n'est pas la seule victime d'Aristophane puisque ce dernier s'attaquera également à Euripide dans "Thesmophories" en -411 et les "Grenouilles" -405. Aristophane est un poète comique grec du Ve siècle av. J.-C., né dans le dème de Kydathénée vers 450–445 et mort vers 385 av. J.-C.

-421         en Grèce - Traité de Nicias instaurant la paix pour cinquante ans entre Sparte et Athènes. Athènes et Sparte mettent un terme à dix années de conflit en signant un accord instaurant une paix de cinquante ans. La paix de Nicias permet une pause dans la guerre du Péloponnèse. Née d'une rivalité entre la démocratie athénienne qui cherchait à répandre (voire à imposer) son modèle à travers la ligue de Délos, et le régime oligarchique de Sparte qui souhaitait conserver sa prédominance, cette guerre aboutit finalement au statu quo. Mais tandis que les alliés de Sparte refusent d'approuver cet accord, Athènes est exsangue et la ligue de Délos en pleine déliquescence. Athènes récupère les cités de Thrace et Panakton et doit rendre, entre autre, Pylos et Cythère. Les prisonniers de guerre seront rendus, l'accès aux sanctuaires panhellénique est libéré (indépendance de Delphes). Nicias, (470-413 av. J.-C.), fut un homme politique et général athénien. Après la mort de Périclès, au début de la guerre du Péloponnèse, il devint un des chefs politiques à Athènes, opposé à Cléon ; ses opinions sont modérées et il ne soutient pas l'impérialisme agressif de sa cité, préférant viser à une paix rapide avec Sparte. Il est en grande partie responsable de la paix de 421 qui porte son nom, et qui pour un temps suspend les hostilités.

-421         Construction de l'Erechthéion. Les Athéniens entreprennent la construction du monument le plus sacré de l'Acropole : l'Erechthéion. Construit à l'emplacement du temple d'Athéna, il parvient à un raffinement et une élégance parfaits tout en tenant compte du terrain accidenté. A aucun moment celui-ci ne doit être modifié : c'est le lieu mythique où Athéna et Poséidon se sont battus pour la possession de la cité, où Athéna a fait pousser son olivier et où le fondateur de la cité repose. Achevé vers 406, c'est la dernière grande construction sur l'Acropole. L'Érechthéion est un ancien temple grec d'ordre ionique situé sur l'Acropole d'Athènes, au nord du Parthénon. C'est le dernier monument érigé sur l'Acropole avant la fin du Ve siècle av. J.-C. et il est renommé pour son architecture à la fois élégante et inhabituelle. Son nom, qui signifie "celui qui ébranle (s. e. la Terre)", désigne le surnom attique de Poséidon.

-418         en Grèce - Reprise de la Guerre du Péloponnèse : Argos et Athènes sont vaincus en août à la bataille de Mantinée. La bataille de Mantinée eut lieu en 418 av. J.-C., au cours de la guerre du Péloponnèse dont elle est un des épisodes cruciaux. Cette bataille intervient après la rupture de la paix de Nicias. La cité athénienne mène une politique impérialiste et a étendu son influence dans le Péloponnèse fief de son rival Sparte. Athènes et ses alliés Argiens, Mantinéens, et Éléens contre Sparte et la Ligue du Péloponnèse. Une des plus grande batailles du monde grec antique, seule la bataille de Platées aligna des effectifs plus importants au Ve siècle av. J.-C.

-416         en Grèce - Prise de Mélos qui refusait tout retour au sein de la confédération par Athènes. Athènes prend Mélos, île dorienne qui refuse d'adhérer à la ligue de Délos. Après un an de siège, les hommes sont tués, femmes et enfants sont réduits en esclavage tandis que la terre est répartie entre 500 clérouques.

-415         en Grèce - Expédition athénienne contre Syracuse. Expédition de Sicile initiée par Alcibiade (fin en -413). L'expédition est motivée par la menace de Sélinonte et de Syracuse sur Ségeste : les Athéniens sont d'abord divisés entre partisans de la paix (Nicias) et de la guerre (Alcibiade). Ces derniers l'emportent, et 134 trières et 27 000 hommes, dirigés par Alcibiade, Lamachos et Nicias, quittent Athènes en juillet. Alcibiade impose son plan de conquête de la Sicile. Il tente de s'assurer des appuis auprès des cités siciliennes et des Sicèles. Mais les cités se méfient, devant l'ampleur de la flotte Athénienne. Seule Naxos se montre favorable, mais les athéniens s'emparent par surprise de Catane, qui leur servira de base. Dés -415, les Athéniens débarquent dans le port de Syracuse, mais ne profitent pas de leur victoire et se retirent à Catane pour attendre le printemps suivant, ce qui permet à Hermocrate d'organiser la résistance. L'expédition de Sicile est une opération montée par Athènes en 415 pour aider la cité sicilienne de Ségeste contre Sélinonte, soutenue par les Syracusains. L'épisode s'inscrit dans la guerre du Péloponnèse, conflit qui oppose de 431 à 404 Athènes et la ligue de Délos à Sparte et à la ligue du Péloponnèse. L'expédition se solde par un cuisant échec pour Athènes, qui mène en 411 à la révolution oligarchique des Quatre-Cents.

-415         mars Euripide présente "Les Troyennes". Symptôme d'une génération, Euripide présente une nouvelle oeuvre où sa foi dans les Dieux et les traditions s'avère critique. Ainsi, "Les Troyennes" évoque non plus la gloire des combats mais le malheur qui en résulte. Euripide intègre en effet dans ses pièces un facteur social, et explore les conflits intérieurs. Bien qu'il soit reconnu comme l'égal d'Eschyle et de Sophocle pour son talent, le scepticisme d'Euripide ne sera pas toujours du goût des Athéniens. 'Les Troyennes' est une tragédie d'Euripide. La scène se déroule juste après l'assaut de Troie. Les femmes délaissées de la ville se voient destinées à partir pour la Grèce en tant qu'esclaves. Hécube et les autres se retrouvent tristes et leurs malheurs s'accompagnent de la mort d'un des enfants qui avait survécu à la bataille.

-414         août Rupture de la paix de Nicias entre Athènes et Sparte. Face aux conflits qui se poursuivent entre les cités grecques et à l'expédition d'Athènes en Sicile contre Syracuse, Sparte annonce qu'elle rompt la paix de Nicias. Prévue pour durer cinquante ans, cette paix atteint péniblement les sept ans. La guerre du Péloponnèse, qui a pour belligérants de nombreuses cités grecques, reprend alors de la vigueur. Sparte occupe le port de Décélie en Attique, qu'elle fortifie. La paix de Nicias est rompue, et les spartiates envoient Gylippe en Sicile. Après avoir recruté des troupes en Italie, il parvient en août à Syracuse, qui n'est pas encore prise. En octobre, il gagne la bataille des retranchements, et enferme les Athéniens dans la rade, où ils sont éprouvés par une forme de paludisme inconnue en Grèce propre. Nicias demande de l'aide à Athènes. Démosthène et Eurymédon le rejoignent avec 73 navires, 5000 hoplites et de l'infanterie légère, soit 15000 hommes dont 3000 Athéniens. Les Syracusains reçoivent eux aussi des renforts et améliorent leur technique navale, en renforçant la proue de leur navires.

-414         16 novembre Désastre de l'Assinaros. Le stratège Nicias, qui conduit un des deux contingents de l'armée athénienne présente en Sicile, ne parvient pas à traverser l'Assinaros et se fait prendre au piège par l'armée de Syracuse. Ses troupes sont massacrées et lui exécuté. Quant à Démosthène, à la tête de l'autre contingent, il s'est fait encercler : exécuté lui aussi, ses soldats sont enfermés dans des carrières, les Latomies. Les conditions de captivité sont extrêmes et les survivants seront vendus comme esclaves. L'expédition à Syracuse est un désastre sur toute la ligne pour Athènes : la cité a perdu des milliers d'hommes, des dizaines de trières tandis que Sparte reprenait les armes et occupait à nouveau l'Attique.

-413         en Grèce - Échec de l'expédition athénienne contre Syracuse. Guerre du Péloponnèse : Désastre de l'expédition athénienne en Sicile. Mai : Défaite des Athéniens à Plemmyrion. Août : Les Athéniens, d'abord victorieux de nuit sur le plateau des Épipoles, se font refouler par Syracuse et le combat se termine en désastre. Nicias, redoutant la réaction des Athéniens, tarde à assurer sa retraite. Une éclipse de lune (27 août) l'incite à reculer son départ de 27 jours. Septembre : Quant Nicias s'efforce de partir, les Syracusains, victorieux sur mer, réussissent à bloquer l'entrée du port de Syracuse, en y emprisonnant la flotte Athénienne. Les Athéniens, supérieurs en nombre, tentent de forcer le blocus, mais disposant de peu de place pour manoeuvrer, ils sont harponnés et abordés par les navires syracusains, victorieux à nouveau. Les deux camps subissent de lourdes pertes, mais les Athéniens, démoralisés, refusent de reprendre la mer et la retraite se fait par voie de terre. 40 000 hommes épuisés sont répartis en deux corps. La guerre du Péloponnèse désigne le conflit qui dura de 431 à 404 (avec quelques périodes d'interruption), opposant Athènes, qui avait transformé la ligue de Délos (destinée à l'origine à résister aux Perses) en un empire soumis à son pouvoir, et Sparte, puissance oligarchique et conservatrice, dont l'armée terrestre était la force militaire la plus puissante de l'époque, et qui dirigeait la Ligue du Péloponnèse ainsi que la Béotie. La guerre du Péloponnèse s'est terminée par la victoire de Sparte.

-413         Démosthène se fait encercler et capitule, tandis que Nicias, vaincus dans l'Assinaros, doit se rendre à Gylippe. Nicias et Démosthène sont exécutés, et les soldats athéniens finissent comme esclaves dans les Latomies (carrières de pierre).

-413         à -327 - naissance et mort de Diogène. Philosophe grec. Élève d'Antisthène, fondateur de l'école cynique, Diogène devient par son mode de vie décalé et ses provocations, le plus célèbre des cyniques. Méprisant les richesses, il vécut de rien, ne respectant aucune convention sociale et recherchant l'harmonie avec la nature. L'homme vertueux se doit, selon lui, de réduire au maximum ses besoins matériels et s'affranchir de ses désirs. C'est grâce à des auteurs ultérieurs, notamment Diogène Laërce, que l'on connaît sa vie et sa pensée.

-412         en Grèce - Traité de Milet scellant l'alliance entre Sparte et la Perse.

-412         Révolte en Ionie contre Athènes : Alcibiade, allié à Sparte, soulève Chios que lui livrent les oligarques (été) et plusieurs ville d'Ionie, Erythrées, Clazomènes, Milet, Ténédos et Éphèse qui font défection à leur tour. Il compte sur l'aide de Sparte qui vient de conclure un accord à Milet avec le satrape Tissapherne (trois traités entre -412 et -411 : l'Ionie est abandonnée aux Perses contre une aide d'abord financière, puis financière et navale, qui au moins pour la flotte, ne sera pas fournie). Alcibiade, né à Athènes vers 450, mort à Melissa (Phrygie) en 404, homme d'État et général athénien.

-411         en Grèce - Révolution des Quatre-Cents et des Cinq-Mille à Athènes, mise en place d'une oligarchie. Instauration du régime des 400. Après l'échec de l'expédition de Sicile, Athènes subit une grave crise politique et financière. La démocratie est alors renversée pour être remplacée par un système oligarchique : le régime des Quatre cents. Mais l'armée qui s'est reconstituée à Samos n'est pas prête à l'accepter. De surcroît le régime échoue dans ses négociations de paix avec Sparte. Il sera remplacé par le régime des Cinq milles dès le mois de juin. Mais le peuple et l'armée le mettront en échec, et la démocratie sera restaurée. Ces événements permettent à Alcibiade de faire son retour. Révolution oligarchique des Quatre-Cents. Il s'agit d'une révolution oligarchique jouant sur la lassitude de la guerre des classes sociales les plus riches d'Athènes écrasées de charges financières. Alcibiade qui vient de se brouiller avec les spartiates (il aurait séduit la femme du roi Agis II) se réfugie auprès de Tissapherne. Il souhaite rentrer à Athènes et fait promettre aux hétairies, hostiles au régime démocratique, de l'or (perse) et la paix en échange du renversement du régime. Les hétairies passent aussitot à l'action, bien que Tissapherne se dérobe en n'envoie pas l'or promis, et l'Ecclésia vote sous la terreur l'abolition des principales dispositions fondatrices de la Démocratie. L'essentiel du pouvoir est confié en juin -411 à un corps de 5000 citoyens (les Cinq-Mille) qu'un conseil de 400 oligarques (les Quatre-Cents) est chargé de choisir. L'oligarchie, qui ne réussit ni à obtenir l'aide de la Perse ni à conclure une paix honorable avec Sparte, se divise entre modérés, influencés par Théramène, qui voulaient remettre le pouvoir aux Cinq-Mille et en extrémistes, menés par Antiphon, Phrynichos et Pisandre, près à trahir Athènes pour conserver le pouvoir. Après la perte de l'Eubée, les hoplites patriotes se révoltent. A la fin août, Thrasybule, chef de la mutinerie de l'armée athénienne de Samos, et Anytos, renversent les Quatre-Cents qui laissent la place aux Cinq-Mille. Le régime des Cinq-Mille ne dure pas, et avant la fin de l'année, le conseil des Cinq-Cents et la démocratie sont restaurés. Phrynichos est assassiné tandis que l'orateur Antiphon est condamné à boire la ciguë par Théramène. De nombreuses personnes ayant participé au coup d'état sont condamnés à mort ou privés de leurs droit civiques. Le conseil des Quatre-Cents est une institution créée après la révolution oligarchique de 411 av. J.-C., en pleine guerre du Péloponnèse, à Athènes.

-410         en Grèce - Alcibiade est victorieux de Sparte sur terre et sur mer à Cyzique. La flotte de Sparte (60 vaisseaux) est capturée par les 86 trières Athéniennes. Le navarque spartiate Mirandos meurt dans la bataille. Sparte propose alors une paix fondée sur le "statu quo post bellum", avec échange de Décélie contre Pylos. Athènes, qui devrait renoncer à une grande partie de l'empire, refuse. Retour de la démocratie à Athènes. Alcibiade est victorieux de Sparte sur terre et sur mer à Cyzique. La flotte de Sparte (60 vaisseaux) est capturée par les 86 trières Athéniennes. Le navarque spartiate Mirandos meurt dans la bataille. Sparte propose alors une paix fondée sur le "statu quo post bellum", avec échange de Décélie contre Pylos. Athènes, qui devrait renoncer à une grande partie de l'empire, refuse. Alcibiade, né à Athènes vers 450, mort à Melissa (Phrygie) en 404, homme d'État et général athénien.

-409         en Grèce - Prise d'Himère (Sicile) par les Carthaginois. Les carthaginois s'emparent de Sélinonte et d'Himère (>408 av. J-C. répondant à l'appel de la cité de Ségeste qui se croyait menaçée par Sélinonte. Les troupes du général Magonide Hannibal, recrutés en Espagne et en Libye, prennent rapidement Sélinonte et massacrent la population d'Himère, après le retrait des troupes syracusaines de Dioclès. Hannibal rembarque vers Carthage. Le stratège syracusain Hermocrate, banni pour ses sympathies avec l'oligarchie, se présente devant Syracuse avec 2000 mercenaires mais ne parvient pas à lever la sentence d'exil qui le frappe. Il part alors pour la Sicile occidentale, reconstruit les fortifications de Sélinonte et pille les cités puniques de Motyè et de Panormos (Palerme).

-407         en Grèce - Défaite des Athéniens face à la flotte Spartiate à Lysandre. Lysandre (Haliarte, Béotie, † 395), général spartiate qui met fin à la guerre du Péloponnèse.

-406         en Grèce - Victoire Athénienne sur Sparte aux îles Arginuses. Callicratidas remplace Lysandre à la tête des armées spartiates et bloque dans un premier temps Conon dans Mytilène. Mais il est défait et tué à la bataille navale des îles Arginuses. Les îles Arginuses sont des îles de la mer Égée, entre Lesbos et la côte de l'Asie Mineure, près d'Éphèse. La bataille navale des Arginuses est l'un des derniers épisodes de la guerre du Péloponnèse, un des dernier sursaut d'Athènes avant son écrasement final en -404. Lors de cette bataille, les Athéniens, commandés par Conon, défirent la flotte des Spartiates commandé par Callicratidas en -405, mais une tempête empêcha les Athéniens de recueillir leur cadavres : en rentrant à Athènes, tous les stratèges furent condamnés à mort.

-406         août Condamnation à mort des stratèges des Arginuses. De retour à Athènes, les stratèges victorieux lors de la bataille des Arginuses sont jugés et condamnés à mort. La victoire sur Sparte ne pardonne pas, aux yeux des Athéniens, l'abandon des naufragés en pleine mer suite à une tempête. Pour Athènes, cette victoire au cours de la guerre du Péloponnèse est la dernière. Alcibiade, condamné après une défaite, s'est exilé depuis un an.

-406         mort de Sophocle.

-406         mort de Euripide.

-405         Début de la guerre entre Rome et Veies. Veies était la plus riche et la plus puissante des cités étrusques. Elle fut prise en -396 à l'issue d'un siège de dix ans par l'armée romaine commandée par Camille. La guerre de Rome contre Véies provoqua plusieurs contestations graves: c'est la première fois que les Romains ne rentrent pas dans leurs foyers à l'automne (normalement la saison de la guerre prend fin en octobre): pour compenser le sacrifice demandé aux soldats qu'on maintient sous les enseignes pendant la mauvaise saison, le gouvernement romain crée la solde. La solde est payée grâce à un impôt que versent les civils romains qui ne participent pas au siège, ce qui les mécontente. Les soldats sont mécontents aussi de toutes façons: ils ne peuvent rentrer dans leurs foyers pour participer aux élections qui doivent avoir lieu à Rome même (pas de vote par correspondance). Deuxième sujet de discorde : le butin fait sur la ville est considérable; son partage suscite, avant la victoire même, des querelles très vives: on autorise les civils à se joindre aux soldats à la fin du siège: ils ont versé l'argent de la solde et ils exigent leur part de butin, c'est une décision étrange qui ne plaît pas à tout le monde. Troisième sujet de querelle : les patriciens veulent que le butin soit vendu et que l'argent soit versé dans le trésor public; les plébéiens veulent que chacun soit propriétaire de ce qu'il a conquis par l'épée, selon l'usage ancien. C'est à cette formule rétrograde qu'on se résigne. Quatrième sujet de mécontentement: les patriciens craignent que l'énormité du butin n'aboutisse à bouleverser la hiérarchie sociale. Ils se rappellent, un peu tard, que le général romain, Camille, a promis d'offrir au dieu Apollon la dîme du butin. Mais le butin a déjà été distribué. On demande donc aux bénéficiaires du butin d'en restituer le dixième pour l'offrande à Apollon: les citoyens sommés de reverser cette part s'exécutent de très mauvais gré et trichent tant qu'ils peuvent.

-405         en Grèce - septembre Lysandre détruit la flotte athénienne. Lysandre, à la tête d'une flotte de 180 navires spartiates, attaque par surprise et inflige une sévère défaite à la flotte athénienne postée à Aigos-Potamos. Constituée de 170 trirèmes et dirigée par Conon, cette flotte avait pour but de garantir le ravitaillement en blé d'Athènes. La cité se retrouve donc dans une situation intenable. Privée à la fois de sa puissance militaire et de sa capacité de ravitaillement, tout siège peut la mettre à genoux rapidement, et c'est ce qu'entreprendra Sparte.

-404         22 avril Chute d'Athènes. Assiégée, affamée et dénuée de ressources militaires navales, Athènes capitule et est contrainte d'accepter les conditions imposées par Sparte. Les longs murs qui l'entouraient, symbole de sa puissance, sont détruits tandis que l'Empire, existant à travers la ligue de Délos, est dissout. Mais surtout, la démocratie est remplacée par un régime oligarchique : le conseil des Trente. Sparte imposera ensuite à toutes les démocraties construites sur le modèle athénien des décarchies, oligarchies gouvernées par dix personnes. Ces régimes, autoritaires et violents, seront perçus comme une régression, notamment à Athènes qui l'interprète comme un retour à la tyrannie. Or Athènes s'est construite contre la tyrannie et le pouvoir d'un seul : cette courte expérience traumatisante sera perçue comme un régime de trente tyrans. Athènes, assiégée par Lysandre, affamée, capitule. Fin de la guerre du Péloponnèse : Sparte prend Athènes. C'est le début de l'hégémonie de Sparte en Grèce (fin en -371). Traité de Paix : Athènes est épargnée et conserve son enceinte (Sparte se méfie de Thèbes qui voulait, avec Corinthe, raser la ville). Seul les Longs Murs et les fortifications du Pirée sont détruits. Les vaisseaux qui restent sont livrés, sauf 12, les exilés sont autorisés à revenir. Athènes devient une alliée de Sparte, placé sous son hégémonie. Lysandre impose à Athènes le conseil oligarchique des Trente (Critias, Théramène, etc.). Ceux-ci désignent eux-mêmes les 500 membres du Conseil ainsi que les magistrats et s'entourent d'une garde de 300 "porte-fouet", complétée plus tard par une garnison spartiate. Les Trente commencent par massacrer les sycophantes et les "démagogues". Puis ils s'en prennent, en partie pour des raisons financières, aux métèques et aux citoyens riches (1500 personnes sont massacrées). Un corps civique de 3000 citoyens, seul autorisé à rester à Athènes et à jouir de garanties judiciaires, est créé. Théramène, qui avait négocié la reddition d'Athènes, s'oppose à Critias. Considéré comme trop modéré, il boit la ciguë.

-404         en Égypte - Soulèvement de l'Égypte contre l'occupant perse. Règne d'Amyrtée (XXVIIIe dynastie) de -404 à - 399. La XXVIIIe dynastie d'Égypte antique n'eut qu'un seul dirigeant : Amyrtaeus (Amyrthée). Amyrtaeus, descendant des Saites de la XXVIe dynastie, mena une révolte contre les Perses qu'il remporta à la mort du Roi Darius II. Aucun momument de son règne n'a été retrouvé, ce qui fait qu'on ne sait que peu de choses sur cette période. Amyrtée est un pharaon qui combattit contre les Perses et assurra l'indépendance de l'Égypte pour une courte période.

-403         en Grèce - Rétablissement de la démocratie à Athènes. Thrasybule, à la tête des démocrates révoltés retranchés au fort de Phylè, s'empare du Pirée. Critias est tué à la bataille de Munichie où les démocrates sont victorieux. Les Trente doivent se retirer à Éleusis, dont ils ont préalablement massacré la population. Les Dix, à qui ils ont laissé le pouvoir à Athènes, font appel en vain à Sparte. Le roi de Sparte Pausanias Ier intervient, et en désaccord avec Lysandre, incite les Athéniens à la réconciliation. La démocratie est restaurée, et les modérés prennent le pouvoir. Une loi d'amnistie est votée, et les Athéniens qui le souhaitent peuvent émigrer à Éleusis (août-septembre). La procédure législative est modifiée, pour éviter le retour de l'oligarchie. Thrasybule est un général et homme d'État athénien né vers 445 et mort en 388. Partisan du parti démocratique à Athènes, et proche semble-t-il d'Alcibiade, il est à l'origine du coup de force de Samos qui rappelle d'exil ce dernier et renverse le gouvernement oligarchique des Quatre-Cents (411). L'année suivante, sous la direction d'Alcibiade, il contribue à la victoire de Cyzique avec l'aide de Théramène, pourtant l'un des oligarques du régime précédent. Il soumet alors la côte de Thrace.

-403         en Grèce - Denys l'Ancien commence la conquête de la Sicile et s'attaque aux cités tenues par les Carthaginois. Denys de Syracuse entreprend le siège de la cité sicule d'Herbessos. Les citoyens syracusains se révoltent et s'allient aux cavaliers réfugiés à Etna. Denys s'enfuit précipitamment à Ortygie. Il recrute des mercenaires campaniens qui mettent en déroute ses adversaires. Denys, assuré de l'obéissance des Syracusains, se consacre à la restauration de son autorité sur la Sicile orientale. Catane et Naxos, livrés par trahison, sont rasées et leurs habitants vendus comme esclaves. Des mercenaires campaniens sont installés à Catane et des Sicules à Naxos. Léontinoi se soumet et sa population est déportée à Syracuse.

-401         en Grèce - Expédition des Dix milles. Révolte de Cyrus le Jeune : Cyrus recrute des mercenaires grecs démobilisés à la fin de la guerre du Péloponnèse. Il obtient l'appui de Sparte qui lui envoie 800 hoplites conduits par Cheirisophos, et le navarque Samios fournit à l'armée de Cyrus un appui maritime jusqu'en Cilicie. Cyrus cache à ses troupes le but de son expédition et prétend qu'il veut simplement pacifier la Cilicie. Mais une fois sur l'Euphrate, Cyrus ne peut plus dissimuler qu'il mène l'armée contre Artaxerxès II. Les mercenaires grecs protestent, puis se laissent convaincre. La rencontre a lieu à Cunaxa, près de Babylone. Les mercenaires grecs ont vite l'avantage, mais Cyrus est tué et ils se retrouvent isolés au sein de l'empire perse. Artaxerxès charge son général Tissapherne de reconduire les 13600 mercenaires grecs. Tissapherne fait égorger leurs chefs (Cléarque) lors d'un banquet, mais ils refusent de se laisser désarmer, et désignent de nouveaux stratèges (dont Xénophon, qui rapportera le récit de la fameuse « retraite des Dix Mille », l'Anabase). Ils empruntent la seule route qui ne soit pas bloquée, par les montagnes du Kurdistan et de l'Arménie vers la mer Noire. Les Dix Mille sont un contingent de mercenaires grecs venus assister Cyrus le Jeune dans sa révolte contre le souverain achéménide Artaxerxès II Mnèmon. L'expédition est rapportée par Xénophon dans son Anabase.

-400         en Grèce - Révolte de l'Ionie et intervention de Sparte. Le satrape Tissapherne exige la soumission des cités ioniennes et met le siège devant Kymè. Les Grecs d'Asie font appel à Sparte, qui envoie l'harmoste Thibron à la tête de 5000 hommes, renforcés par 5000 survivants de la retraite des Dix Mille commandés par Xénophon. Thibron, qui n'obtient pas de résultat jugés satisfaisant, est remplacé par le rusé Dercylidas qui joue sur les dissensions entre Tissapherne et Pharnabaze. Après avoir remporté quelques victoires, l'armée devra rentrer en Grèce en -395 lors de la guerre de Corinthe. Un satrape est le gouverneur d'une satrapie, c'est-à-dire une division administrative de l'Empire perse.

-399         en Grèce - Échec de la Conspiration de Cinadon à Sparte. La conspiration de Cinadon est une tentative de coup d'État survenue à Sparte au IVe siècle av. J.-C., dans les premières années du règne d'Agésilas II (398–358 av. J.-C.).

-399         à -380 - en Égypte - XXIXe dynastie, marquée par le règne d'Achoris (-393 -380). XXIXe dynastie égyptienne, Néphéritès, fonda la XXIXe dynastie d'Égypte en combattant Amyrtaeus et en l'achevant à Memphis. Il placa la capitale de son pouvoir à Mendès. A sa mort, deux factions rivales demandèrent le pouvoir : l'une défendant son fils, Muthis, l'autre défendant Psammouthis. Psammouthis, vainqueur, ne régna qu'une année. Il fut chassé du trône par Achôris, qui se prétendait petit-fils de Néphéritès. Il résista aux attaques de la Perse, s'allia à Athènes et au roi de Chypre, Evagoras. Son fils, Néphéritès II, lui succéda, incapable de maintenir l'unité du pays. Son règne marquera la fin de la XXIXe dynastie. Néphéritès Ier, était sans doute un militaire issu de la ville de Mendes. Psammouthis, à la mort du pharaon Néphéritès Ier (XXIXe dynastie), deux factions rivales demandèrent le pouvoir : l'une défendant son fils, Muthis, l'autre défendant Psammouthis. Psammouthis, vainqueur, ne régna qu'une année. Il fut chassé du trône par Achôris, qui se prétendait petit-fils de Néphéritès. Achôris accède au tröne d'Égypte en 392 avant Jésus-Christ et régna pendant 14 ans. Cette période fut un renouveau national qui se manifeste par la reprise de grands travaux dans les temples : à Louxor, Karnak, Médinet Habou, Elkab, Tôd, Médamoud, et Eléphantine. Néphéritès II est un pharaon de la XXIXe dynastie. Fils d'Achôris, il est rapidement détrôné par Nectanébo Ier.

-399         Expédition de Messine et de Rhégion contre Denys l'Ancien. La guerre tourne court : les soldats de Messine sont convaincus par les partisans de Denys de renoncer à une agression dangereuse et injustifiée. Denys tente vainement de rallier Rhêgion par la diplomatie. Il s'allie alors avec Locres pour prendre la ville à revers. Il épouse une aristocrate locrienne, Doris. Le même jour, il épouse une syracusaine, Aristomachè. Denys renforce les remparts de Syracuse et fait fabriquer de nombreuses armes pour son armée (invention de la catapulte). Il fait fabriquer une flotte importante. Denys l'Ancien, né en 431 av. J.-C. et mort en 367 av. J.-C., est un tyran de la colonie grecque de Syracuse. Les catapultes sont des engins capables de lancer des projectiles à une grande distance avec un dispositif relativement simple. Historiquement, elles ont été utilisées comme engin de siège. La catapulte fonctionne comme une arbalète géante. Son mécanisme de fonctionnement est basé sur l'accumulation d'énergie dans un cable tordu, afin d'envoyer un projectile en forme de flèche, assez lourd pour percer plusieurs hommes en file (d'où le nom grec kata peltes, perceur de bouclier). La tension de la corde détermine la force emmagasinée, et donc la portée de l'arme.

-399         Procès et mort de Socrate. Condamné pour impiété et corruption de la jeunesse, Socrate boit la ciguë après avoir passé ses dernières heures à disserter avec ses amis. Interdit d'enseignement sous le Régime des Trente, Socrate s'était attiré la haine en remettant en cause certaines traditions religieuses. Lors de sa condamnation, il eu la possibilité de proposer une peine alternative à la mort afin de laisser ses juges choisir laquelle serait la plus appropriée. Refusant de compromettre ses idées, il demanda à être honoré par la cité. De même, il n'acceptera pas de s'enfuir, jugeant la soumission à la loi comme un fondement de la justice. Considéré comme le père de la philosophie, Socrate sera rapidement réhabilité et honoré après sa mort tandis que ses accusateurs seront exilés. Sa pensée et son acceptation de la mort au nom de la loi marqueront les esprits pendant des siècles.

-398         en Grèce - Agésilas devient roi de Sparte. Règne d'Agésilas II (-444,-360), roi de Sparte. A la mort d'Agis II, sa succession est revendiquée à la fois par son frère Agésilas et par son fils Léotychidas (dont la légitimité est controversée, il serait le fils d'Alcibiade). Après l'intervention de Lysandre, Agésilas est désigné comme roi par la cité. Agésilas II, né en 444, mort en 358, roi eurypontide de Sparte de 398 à sa mort. Il fut l'un des plus grands chefs militaires de son époque et était réputé pour sa grandeur d'âme et son courage.

-396         Les Celtes envahissent le nord de l'Italie.

-396         Les Romains s'emparent de Veies.

-395         à 387 - en Grèce - guerre de Corinthe. Début de la Guerre de Corinthe entre Sparte et une coalition de cités rejettant sa domination. >(386 av. J.-C.) Lysandre envahit la Béotie mais est tué devant la cité d'Haliarte. Argos, Athènes, Corinthe, Thèbes et la Béotie luttent contre l'hégémonie spartiate. Au début de l'année, la faction thébaine d'Isménia, hostile à Sparte, s'arrange pour envenimer les habituelles querelles frontalières entre Locriens et Phocidiens. Les Locriens font appel aux Thébains qui envahissent la Phocide. Les Phocidiens font alors appel aux Spartiates. Thèbes demande l'alliance d'Athènes, qui décide à l'unanimité de lui porter secours. Lysandre, qui attaque la Béotie par le nord-ouest à la tête des Phocidiens est vaincu et tué à Haliarte, avant d'avoir fait sa jonction avec les forces péloponnésiennes du roi Pausanias Ier. Pausanias, arrivé après la bataille, conclue une trêve pour retirer les morts et accepte de rentrer dans le Péloponnèse. A son retour, il est accusé de trahison, destitué et condamné à mort par contumace. Les alliés établissent un conseil commun qui siège à Corinthe, et obtiennent de nombreux ralliements (Eubée, Leucade, Acarnanie, Chalcidique). La Guerre de Corinthe, de 395 à 386 avant J-C,, opposa aux Spartiates les cités d'Athènes, de Corinthe, d'Argos et de Thèbes, soutenues par la Perse. Succédant à la guerre du Péloponnèse, elle fut provoqué par l'exaspération des cités grecques soumises à la domination de Sparte, qui, dès 400, était entrée en conflit avec les Perses. Sur terre, les coalisés furent battus par les Spartiates à Némée et à Coronée (394). Sur mer, l'Athénien Conon, devenu le chef de la flotte perse, écrasa la flotte spartiate à Cnide (394), puis rentré à Athènes, il releva les Longs murs, qui avaient été abattus à la paix de 404. Mais les Perses, inquiets du redressement trop rapide d'Athènes et de l'appui qu'elle apportait aux Chypriotes révoltés, préférèrent conclure avec Sparte la paix du Roi ou paix d'Antalcidas (386), qui proclamait le principe de l'autonomie de toutes les cités et faisait revenir les villes grecques d'Asie sous la domination du roi des Perses. Corinthe est l'une des plus importantes cités de la Grèce antique. Elle demeure une ville importante de la Grèce moderne, en abritant 36 555 habitants et en étant capitale du nome de Corinthie. Elle est mentionnée dans l'Iliade, où elle porte aussi le nom d'Éphyre. Occupant une position stratégique sur l'isthme qui relie la Grèce du Nord au Péloponnèse et sépare deux mers importantes (la mer Ionienne et la mer Egée), elle était destinée à devenir une grande puissance maritime. Les Corinthiens furent parmi les plus farouches et les plus actifs adversaires d'Athènes pendant toute la guerre, bien qu'ils aient été très éprouvés par la perte de leur commerce, de leur flotte et de leurs colonies. Ils prirent part à la défense de Syracuse, attaquée par les Athéniens lors de l'expédition de Sicile. Plus tard cependant, Corinthe se joignit à Athènes, à Argos et à la Béotie pour lutter contre la domination tyrannique de Sparte (guerre de Corinthe). L'hostilité de Corinthe, renforcée par sa position à la base de l'isthme, représentait un grave danger pour Sparte, menaçant ses communications terrestres avec le Nord. La guerre se termina par la paix d'Antalcidas, conclue avec l'aide de la Perse.

-394         en Grèce - Victoire d'Agésilas, roi de Sparte contre une coalition autour d'Athène à Coroné. Victoire navale de Cnide remportée par la flotte perse dirigés par Conon, un athénien, et le satrape Pharnabaze, sur la flotte spartiate commandée par le navarque Pisandre. Cela va permettre aux Perses de rallier l'Ionie et de mettre une garnison à Cythère. De nombreuses cités dans les îles et sur la côte asiatique chassent les garnisons spartiates avec l'appui de Conon et de Pharnabaze.

-394         Victoire de Sparte à Némée, près de Corinthe. Agésilas de Sparte est rappelé d'Asie. Il arrive en Béotie par la Thrace, la Macédoine et la Thessalie et remporte une seconde victoire à Coronée contre Athènes, Thèbes, Argos et Corinthe (été).

-393         en Grèce - Siège de Corinthe par les Spartiates.

-390         Premier affrontement entre Celtes et Romains. Les Gaulois Sénons se présentent devant la ville étrusque de Clusium (Chiusi), qui est dans la sphère d'influence romaine. Rome envoie une ambassade, chargée d'offrir sa médiation. Mais les ambassadeurs violent la neutralité en intervenant les armes à la main contre les Gaulois, qui demandent réparation à Rome. Devant son refus, les Gaulois marchent sur la ville. L'armée romaine se porte à leur rencontre et prend position, en avant de Véies, près du ruisseau de l'Allia. Il n'y a pas de combat. Effrayées par les cris des Gaulois et déconcertées par leur impétuosité, les troupes romaines se débandent et cherchent précipitamment un abri à Rome ou dans les villes voisines. Les Senons assiègent Chiusi (Étrusques). Les Sénons (Senones) était un des peuples gaulois. Ils occupaient la région du Sénonais, correspondant aux département actuels de l'Yonne, de la Marne, de la Seine-et-Marne et de la Côte-d'Or. Ils donnèrent leur nom à la ville de Sens qui était leur capitale sous le nom d'Agendicum. Conduits par Camulogène, ils combattirent Labiénus le lieutenant de César. Une partie des Sénons, avait immigré en Italie au IVe siècle av. J.-C., et se trouva en conflit avec la cité étrusque de Clusium ainsi qu'avec Rome.

-390         juillet - Les Gaulois de Brennus s'emparent de Rome après 7 mois de siège et se retire contre une forte rançon. Brennus, chefs des Celtes de la période des "migrations celtiques". Il mena ses guerriers en Italie et s'illustra en rançonnant Rome, en -390 ; c'est lors de cet événement que ce Brennus aurait été l'auteur de la sentence "Malheur aux vaincus !" (latin vae victis), devenue célèbre par la suite : Tite-Live fut bien plus tard l'auteur de la formule contraire, gloria victis.

-388         Platon se rend auprès de Denys I'Ancien. Après la condamnation et la mort de Socrate, son plus fidèle élève décide de quitter Athènes pour parcourir la Grèce. Son parcours l'amène en Sicile, à Syracuse, où il entre dans la cour de Denys. Comme il le démontrera plus tard dans la "République", Platon est convaincu que seul le savoir et l'amour de la vérité doivent gouverner. Il espère alors former le tyran pour en faire l'équivalent de ce qu'on appela au XVIIIème un "despote éclairé". C'est la célèbre thèse du "philosophe-roi", dont la légitimité vient de sa connaissance et non de la force. Mais ce premier séjour à Syracuse est un échec, de même que les prochains séjours qu'il entreprendra dans cette cité. Pour Platon, seul la connaissance peut guider l'homme vers le bien, mais ce trajet est long et difficile, ce qu'évoque en partie la métaphore de la caverne. Mais la possibilité d'un "philosophe-roi" s'amenuise au fil de son expérience.

-387         Première école de philosophie fondée par Platon. Platon crée à Athènes ce qui semble être la toute première école philosophique, l'Académie. Elle est ainsi nommée car les élèves étaient réunis au coeur du jardin d'Académos, un héro mythique de l'Attique. "Que nul n'entre ici, s'il n'est géographe". Telle est la formule gravée à l'entrée de l'établissement. Les mathématiques y sont en effet enseignées, au même titre que la rhétorique. En 529, Justinien Ier ordonnera la fermeture de l'école, qu'il considèrera comme "païenne". C'est à l'Académie qu'Aristote reçu son enseignement. Lui-même fondera plus tard sa propre école, le Lycée. L'Académie est l'école philosophique fondée dans Athènes par Platon vers 388 av. J.-C. Elle tire son nom d'un jardin qui avait appartenu primitivement à un certain Académus, et dans lequel Platon donnait ses leçons. On compte trois Académies : la 1re, ou ancienne (Academia vetus), se composait des disciples purs (scholarques) de Platon, à savoir : Speusippe, Xénocrate, Polémon, Cratès d'Athènes, Crantor. Il ne nous reste rien des ouvrages de ces philosophes ; la 2de, ou moyenne, (Academia media), fondée vers 244 av. J.-C. par Arcésilas, prétendait que l'on ne peut rien savoir ; la 3e, ou nouvelle (Academia nova), fondée vers 160 av. J.-C. par Carnéade, sans tomber dans un scepticisme absolu, enseignait que l'on ne peut atteindre que le probable. Quelques-uns admettent une 4e et même une 5e Académie, dont les chefs seraient Philon et Antiochus. Ceux-ci se rapprochèrent de la véritable doctrine de Platon, et tâchèrent de la concilier avec le stoïcisme.

-386         en Grèce - Paix d'Antalcidas entre Sparte et les cités révoltées. Sparte et la Grèce signent un traité, la paix d'Antalcidas (du nom du général spartiate qui avait négocié la paix en 387 av. J-C. ou paix du Roi, reconnaissant les droits de la Perse d'Artaxerxès II sur l'Asie (sauf Milet) et Chypre et les droits d'Athènes sur les îles de Skyros, d'Imbros et de Lemnos. Cette paix revient pour Athènes à abandonner une grande partie de son empire cependant que les villes grecques d'Asie mineure retombent dans l'orbite des Achéménides. Les délégués des cités se réunissent à Sparte pour jurer de respecter la paix du Roi. Les délégués thébains demandent de prêter serment au nom de tous les Béotiens. Agésilas refuse en faisant valoir l'autonomie des cités, et rassemble des troupes pour faire pression sur Thèbes. Les Thébains s'inclinent et la confédération béotienne est dissoute. Agésilas invoque le même principe d'autonomie pour obliger les Argiens et les Corinthiens à renoncer à l'union des deux cités. Antalcidas fut un général spartiate du IVe siècle av. J.-C. Il conclut avec Artaxerxès II Mnémon, roi de Perse, en l'an 387 avant J.-C., une paix ignominieuse : par ce traité, Sparte, dans le but d'asservir la Grèce, achetait l'appui du grand roi en lui soumettant toutes les villes grecques de l'Asie Mineure. Poursuivi par le mépris général, Antalcidas se réfugia en Perse. Chassé par Artaxerxès lui-même, il revint en Grèce et s'y laissa, dit-on, mourir de faim.

-384         à -322 - naissance et mort de Aristote. Philosophe grec. Après la mort prématurée de son père médecin, Aristote intègre l'académie de Platon. A la mort du philosophe, il apprend les subtilités de l'art politique aux côtés du tyran Hermias d'Atarnée. En -343, l'élève Aristote, appelé par Philippe roi de macédoine, devient précepteur et responsable de l'éducation du jeune Alexandre le Grand. A son retour à Athènes, il fonde sa propre école, le lycée, où il enseigne pendant treize ans. Mais sa réputation de partisan de la Macédoine l'oblige, à la mort d'Alexandre, à quitter Athènes et à se réfugier dans une propriété héritée de sa mère, à Chalcis, où il meurt à l'âge de soixante trois ans. Son oeuvre est considérable et touche l'ensemble des domaines de la connaissance. Il oppose à la méthode platonicienne du dialogue et au concept de monde des idées, un empirisme moins élitiste qui réhabilite les données de l'expérience. Élaborant dans 'L'organon' le principe de déduction sous la forme du syllogisme, il travaille sur la signification de l'être en tant qu'être et établit les fondements de la théologie dans 'La métaphysique', qui restera un ouvrage de référence pour la pensée médiévale juive, chrétienne et musulmane. La cosmologie, la biologie et l'observation de la nature seront les thèmes de plusieurs traités. Le philosophe ne négligera pas pour autant la politique et la morale, où, développant une conception finaliste de l'essence de la cité, il se prononcera pour la recherche d'un bien suprême menant à la vertu : le Bonheur. Aristote est le fondateur de l'école péripatéticienne. Philosophe empiriste, il est avec Platon, une des deux grandes figures de la philosophie antique. Son importance dans la philosophie occidentale est immense. Redécouvert à l'époque féodale, la scolastique s'en inspirera. Le système aristotélicien dominera ainsi la pensée jusqu'au XVII° siècle, époque où la naissance des sciences expérimentales ruinera sa vision du monde. De Socrate et de Platon dont il fut l'élève, il retient l'idée que la connaissance est la recherche du nécessaire et de l'universel et non l'opinion. Mais il récuse la théorie platonicienne des idées. Il réfutera la sophistique en fondant la logique. Mais Aristote est surtout un encyclopédiste au sens où il va assurer la totalisation du savoir de l'époque. Philosophie d'aristote : Aristote a été l'un des premiers à procéder à des classifications hiérarchiques systématiques des connaissances et des concepts, s'inspirant peut-être des divisions utilisées pour l'organisation des armées (cette thèse serait à expliquer). Sa philosophie se divise en trois parties ; cette division est remarquable, car elle diffère de la division habituellement reçue (logique, physique, éthique) : la philosophie théorétique, la philosophie pratique et la philosophie poétique. La partie théorétique se divise à son tour en physique, mathématique et théologie ; la philosophie pratique en économique, éthique et politique ; la poétique comprend toutes les activités qui produisent une oeuvre. L'aristotélisme est le nom donné à la doctrine dérivée des oeuvres d'Aristote, progressivement adoptée aux XIIe et XIIIe siècle par la scolastique, grâce à la réconciliation de la philosophie d'Aristote et du christianisme par saint Thomas d'Aquin. Le terme aristotélisme est assez souvent employé au sujet de la controverse ptoléméo-copernicienne des XVIe et XVIIe siècles, qui commença bien avant que Galilée ne commence à faire des observations astronomiques avec sa lunette astronomique (vers 1609). Dans le dialogue sur les deux grands systèmes du monde (1632), Galilée mit en scène trois personnages, dont un partisan de la représentation du monde issue d'Aristote, Simplicio, qu'il ridiculisa, car il ne comprenait pas la nouvelle représentation héliocentrique. En effet, certains éléments contenus dans les ouvrages d'Aristote, regroupés dans la métaphysique, montraient beaucoup de limites par rapport aux découvertes astronomiques des XVIe et XVIIe siècles. On trouvait ainsi une représentation en monde sub-lunaire et supra-lunaire qui, dérivée des moyens d'observation du IVe siècle av JC, paraissait évidemment naïve par rapport au modèle héliocentrique. Descartes apprit la condamnation de Galilée en 1633, et renonça en 1634 à son ouvrage le traité du monde et de la lumière, pour se lancer dans un projet philosophique. Les ouvrages philosophiques de Descartes sont une critique de l'aristotélisme et de la scolastique. Ainsi, le terme aristotélisme a pris au XIXe siècle une signification souvent très péjorative. Il faut pourtant rappeler que l'oeuvre d'Aristote est considérable, et ne comprend pas seulement la métaphysique, la physique, le traité du ciel. Le découpage effectué au XIIIe siècle était très schématiquement le suivant : Éthique (éthique à Nicomaque); Logique (Organon); Politique; Poétique; Physique (au sens de l'étude de la nature, phusika); Métaphysique (Aristote);... Le terme "aristotélicien" a désigné tout partisan de la doctrine d'Aristote, c'est-à-dire grosso modo quelqu'un qui ne comprenait pas que la terre tournait autour du Soleil. Scolastique vient du latin schola, école. Il s'agit d'une philosophie développée et enseignée dans les universités du Moyen Âge, et visant à réconcilier la philosophie antique, et en particulier l'enseignement d'Aristote, avec la théologie chrétienne. Cette réconciliation passe en particulier par la tentative de résoudre les tensions entre philosophie première et théologie (selon Aristote), autrement dit entre une métaphysique générale (philosophie première appelée plus tard ontologie, ou ontosophie) et une science de l'être par excellence (plus tard, métaphysica specialis, la théologie). L'emprise de la scolastique se divise en trois grandes périodes, même si l'influence de celle-ci s'étend au-delà. Du début du XIe siècle à la fin du XIIe siècle : La première période est marquée par la querelle des universaux, opposant les réalistes, menés par Guillaume de Champeaux, aux nominalistes, représentés par Roscelin, et aux conceptualistes (Pierre Abélard). Du XIIe siècle à la fin du XIIIe siècle : La deuxième période voit l'entrée en force des oeuvres d'Aristote, introduites par les philosophes juifs et arabes, notamment Averroès, mais ensuite traduites du grec en latin par Albert le Grand et par Guillaume de Moerbeke, secrétaire de Thomas d'Aquin. Du XIVe siècle : La troisième période est une phase de repli. Guillaume d'Occam prend position pour les nominalistes, et fonde une via moderna qui s'oppose au Thomisme, distinguant la philosophie de la théologie. L'empirisme est une doctrine épistémologique (en philosophie et en psychologie) qui fait de toute connaissance le résultat de notre expérience sensible. A l'origine, l'empirisme pouvait se concevoir comme un matérialisme, dans la mesure où il fut l'une des formes d'opposition à la scolastique, lors de la naissance de la science moderne (Galilée). L'empirisme définissait ainsi des modes de connaissance dérivés de la méthode expérimentale, qui n'étaient pas propres à la Révélation. Enfin, il ne faut pas confondre l'empirisme avec le pragmatisme (William James). L'empirisme se fonde sur l'expérience, le pragmatisme sur l'action. Le pragmatisme, dénué de toute ambition métaphysique, peut ainsi entrer en conflit avec une véritable éthique, ce qui ne devrait pas être le cas pour l'empirisme. L'empirisme constitue la tradition philosophique dominante en Angleterre, le pragmatisme, l'une des traditions philosophiques américaines, qui ne sont pas les mêmes. Un observateur "continental" fait souvent la confusion. La philosophie Antique est le nom donné au philosophes qui ont vécu pendant l'essor Grec et Latin. Ils sont donc des pensées liés aux philosophes de l'antiquité comme Socrate, Aristote ou encore Ciceron, Platon. L'humanise est une forme de philosphie qui met l'homme et les valeurs de l'humain au coeur de ses fonctionnements. Cette pensée ce caractérise par les textes antiques qui réapparaissent et qui donneront à l'antiquité un air de déja vu. L'école péripatétique est une école philosophique fondée par Aristote en 335 av. J.-C. au Lycée d'Athènes. Elle désigne également par extension ses spectateurs, tant Juifs que Musulmans. Elle tire son nom du terme grec peripatein, marcher.

-384         à -322 - naissance et mort de Démosthène. Homme politique et orateur grec. La personnalité de Démosthène est réellement hors du commun; l'énergie lui est certes naturelle et les déboires de sa jeunesse ne firent que l'accentuer. Elle se précisa encore plus lorsqu'il joua un rôle de premier plan et eut des responsabilités politiques. Cette énergie se traduit d'abord par la façon dont il parle: à la tribune, il se déchaîne. Cette énergie procède aussi d'un patriotisme ardent et de la haute idée qu'il se fait du rôle que doit jouer un homme politique dans une démocratie: celui d'un “bon conseiller” (Démosthène, Discours sur la Chersonèse). Ce patriotisme s'accompagne d'idéalisme: Démosthène a toujours su élargir le débat, dépasser le sujet particulier pour s'élever aux grandes questions de politique générale. Il répète inlassablement que les intérêts particuliers doivent s'effacer devant l'intérêt général, que seul un effort collectif, fait de chaque effort particulier, peut sauver la situation. Mais cet idéalisme n'est pas mystique: Démosthène possède aussi la compétence, due à ses connaissances historiques, à sa réflexion sur les événements et à son estimation précise de la situation.

-380         à -343 - en Égypte - XXXe dynastie "sébennytique". Règnes de Nectanébo Ier (-380 -362), de Teos (Djedhor) (-362 -360), de Nectanébo II (-360 -343) qui ont installé leur capitale à Sebennytos dans le Delta. La XXXe dynastie égyptienne s'étend de -380 à -341 avant l'ère chrétienne. Nectanébo Ier développa le premier pylône du Temple de Karnak, le Temple de Philae et remporta une victoire contre l'envahisseur Perse. Téos (aussi appelé Tachos) développera le Tombeau de Petosiris. Nectanébo II ne parviendra pas à maintenir l'unité du pays qui sera envahi par les armées du perse Artaxerxès III. Cette dynastie est la dernière dirigée par des pharaons égyptiens. Nectanébo (Kheperka Rê) règna de -380 à -362 avant notre ère est un des dernier Égyptiens sur le trône de l'Égypte. Son règne marque une nouvelle période de prospérité pour le pays, de reprise du commerce avec le levant et la Grèce et il remporta une victoire contre l'envahisseur Perse. Il se montre très actif, restaurant les temples ruinés dans tout le pays: Louxor, Philae. Téos (Tachos), est associé au trône de son père Nectanébo depuis 365. C'est de son époque que date le développement du Tombeau de Petosiris à Tounah el-Gebel nécropole d'Hermopolis l'antique Khemenou "la ville des huit". Nectanébo II (360-343) se vit offrir la couronne qu'il accepta laissant Téos aux prises avec les Perses. Sous son règne l'Égypte vécut ses dernières années de paix et pendant 18 années il réussit à éloigner la menace toujours présente de l'invasion Perse en remportant une bataille en -351. Ce répit de courte durée permit à Nectanébo de continuer l'oeuvre de son grand-père.

-379         en Grèce - Révolte de Thèbes sous l'impulsion de Pélopidas. Pélopidas chasse les occupants spartiates de Thèbes et rétablit la Démocratie. Les démocrates thébains, dirigés par Pélopidas et Epaminondas, se révoltent. Appuyés par des stratèges athéniens, ils expulsent la garnison Lacédémonienne et le parti oligarchique de Thèbes et rétablissent la démocratie (hiver -379/-378). Désirant restaurer l'unité béotienne, les Thébains organisent une armée puissante. Pélopidas est un stratège thébain né vers 420 dans une famille de la noblesse. Il devient pourtant le chef du parti populaire et son nom est associé à celui d'Épaminondas qui fut son ami fidèle jusqu'à sa mort. Épaminondas, né à Thèbes v.418 av. J.-C., mort à Mantinée en 362 av. J.-C., homme d'État et général thébain.

-378         en Grèce - Guerre entre Athènes et Sparte. Coup de main manqué de Sphodrias contre le Pirée, qui déclenche la guerre entre Sparte et Athènes, qui s'allie à Thèbes. Athènes construit de nouveaux navires. Timothée, fils de Conon, Chabrias et Callistratos sont élus pour conduire la guerre. Des impôts exceptionnels sont levés.

-377         en Grèce - Reconstitution d'une confédération autour d'Athène contre Sparte. Athènes forme une nouvelle confédération maritime contre Sparte, accordant liberté et autonomie aux cités alliées parmi lesquelles Chios, Byzance et Lesbos (fin en -357).

-377         mort de Hippocrate.

-376         en Grèce - Victoire navale athénienne contre les Spartiates à Naxos. Sparte envoie le navarque Pollis avec 70 vaisseaux pour bloquer les convois de blé athéniens au cap Geraistos, au sud de l'Eubée. Le blocus est levé par la victoire de la flotte du stratège athénien Chabrias à Naxos. Athènes retrouve la maîtrise de la mer Egée (les Cyclades se rallient à la confédération).

-371         en Grèce - Paix entre Sparte et Athènes. Athènes reconnaît l'hégémonie de Sparte sur terre et Sparte reconnaît la prédominance d'Athènes sur mer. Thèbes s'exclut elle même de la paix en exigeant la reconnaissance de la réunification de la Béotie. Cléombrote reçoit alors l'ordre d'envahir la Béotie. Cléombrote Ier, roi des Lacédédémoniens de 480 à 479. Membre de la famille des Agiades, il est le fils d'Anaxandridas II et le frère de Cléomène Ier et de Léonidas. À la mort de ce dernier, il devient le tuteur de son neveu Pleistoarchos, fils de Léonidas, et dirige l'infanterie grecque au début de la deuxième guerre médique. Il est le père de Pausanias.

-371         en Grèce - Victoire de Thèbes contre Sparte à Leuctres. Épaminondas défait les Spartiates à Leuctres. Pour la première fois depuis très longtemps les spartiates sont vaincus en rase campagne. Cléombrote Ier, 400 Spartiates et 600 Péloponnésiens sont tués. Leuctres est un bourg de Béotie, situé au sud-ouest de Thèbes, non loin de Thespies. En juillet 371 av. J.-C., les Thébains conduits par le béotarque Épaminondas infligent une sévère défaite aux Spartiates du roi Cléombrote II. Épaminondas y fait une brillante démonstration de ses talents de stratège : il renforce son aile gauche et non la droite comme de coutume (les hoplites thébains sont répartis sur une profondeur de 50 rangs, contre 12 pour les troupes lacédémoniennes), le Bataillon sacré thébain, mené par Pélopidas, fait directement face aux hoplites spartiates. Lors de l'assaut, cette puissante formation, agissant comme la proue d'un navire, enfonce les lignes lacédémoniennes, anéantissant leur aile droite, précisément là où sont situées leurs meilleures troupes.

-370         Praxitèle sculpte 'Aphrodite de Thespies'. Praxitèle est l'un des plus grands sculpteurs grecs classiques. Sa période d'activité va de 375 à 335 avant J.C.. Il est reconnu comme le premier à avoir représenté le nu féminin. Il aurait vécu à Athènes de -400 approximativement à -330 av J.C. environ.

-368         Marcus Furius, homme d'état romain, repousse une incursion gauloise dans le Latium.

-367         Lois liciniennes restaurant le consulat assisté de 2 censeurs, 4 questeurs, 1 préteur et 2 édiles curules.

-367         en Grèce - Thèbes s'empare de la Thessalie. Alexandre de Phères, en lutte contre Thèbes, voit son influence se réduire à sa capitale et à la Thessalie méridionale. Alexandre de Phères, (IVe siècle) est un tyran de la ville de Phères en Thessalie, fameux par ses cruautés.

-362         en Grèce - Victoire de Thèbes et ses alliés contre Sparte et les siens à Mantinée. Nouvelle intervention thébaine destinée à remettre au pouvoir les amis de Thèbes en Arcadie et à restaurer l'autorité thébaine dans le Péloponnèse. Épaminondas est victorieux à Mantinée contre la nouvelle confédération spartiate, mais il trouve la mort et Thèbes perd le bénéfice de la victoire. Une paix commune, non garantie par le roi, est signée (-362/-361). Sparte, qui refuse de reconnaître l'indépendance des Messéniens qui participent à la paix, ne signe pas les accords. Elle est isolée diplomatiquement. Le roi Agésilas II est contraint de s'engager comme mercenaire en Égypte pour remplir les caisses. La Bataille de Mantinée oppose en 362 av. J.-C. les troupes thébaines et leurs alliés aux Mantinéens et Spartiates.

-361         Nouvelle incursion gauloise près de Rome.

-360         à -270 - naissance et mort de Pyrrhon. Philosophe sceptique originaire d'Élis. Il est considéré par les sceptiques anciens comme le fondateur de ce que l'on a appelé le pyrrhonisme. On suppose qu'il était devenu agnostique et s'abstenait de donner son opinion sur tout sujet. Il niait qu'une chose fût bonne ou mauvaise, vraie ou fausse en soi. Il doutait de l'existence de toute chose, disait que nos actions étaient dictées par les habitudes et les conventions et n'admettait pas qu'une chose soit, en elle-même, plutôt ceci que cela. Son attitude semblait ainsi résignée et pessimiste. Il est à ce titre considéré comme le créateur du scepticisme (ou plus exactement du pyrrhonisme), mais il ne semble pas avoir eu l'intention de créer un courant de pensée philosophique. Le scepticisme est, au sens large, une doctrine selon laquelle la pensée humaine ne peut parvenir à aucune certitude, ni sur la vérité d'une proposition, ni même sur sa probabilité. Dans l'Antiquité, l'école sceptique eut pour fondateur le philosophe Pyrrhon dont nous ne connaissons d'ailleurs pas avec certitude la doctrine ! En outre, nous ne possédons que quelques fragments de l'oeuvre de son disciple Timon de Phlionte. Le scepticisme antique est ainsi résumé par Victor Brochard : "Le scepticisme consiste à comparer et à opposer entre elles, de toutes les manières possibles, les choses que les sens perçoivent, et celles que l'intelligence conçoit. Trouvant que les raisons ainsi opposées ont un poids égal, le sceptique est conduit à la suspension du jugement et à l'ataraxie". Le scepticisme n'est pas orienté, il est neutre. De nos jours, cependant, le terme est galvaudé par des personnes, qui s'auto-proclament sceptiques mais sont en fait clairement orientées. Ce ne sont pas les arguments qui posent problème, mais le fait de s'étiquetter "sceptique" alors qu'on est en fait "convaincu". L'ataraxie apparaît d'abord chez Démocrite et désigne la tranquillité de l'âme résultant de la modération et de l'harmonie de l'existence. L'ataraxie devient ensuite le principe du bonheur (hêdonê) dans le stoïcisme, l'épicurisme et le scepticisme, et son sens se rapproche de l'apathie. Elle provient d'un état de profonde quiétude, découlant de l'absence de tout trouble ou douleur. Démocrite, né vers -470 - -460 à Abdère et mort vers -370 - -360, était un philosophe grec souvent considéré comme un Présocratique. philosophe grec, né à Abdère vers l'an 490, ou, selon d'autres, 470 av. J.-C., fut élevé par des mages qui étaient restés dans son pays après l'invasion de Xerxès; étudia sous Leucippe et voyagea en Égypte et en Asie pour augmenter son instruction. Pour Démocrite, comme pour Leucippe, la nature est composée dans son ensemble de deux principes : les atomes (ce qui est plein) et le vide (ou néant). L'existence des atomes peut être déduite de ce principe : "Rien ne vient du néant, et rien, après avoir été détruit, n'y retourne". Il y a ainsi toujours du plein, i.e. (abréviation de "id est", "c'est-à-dire") de l'être, et le non-être est le vide. Les atomes sont des corpuscules solides et indivisibles, séparés par des intervalles vides, et dont la taille fait qu'ils échappent à nos sens. Décrits comme lisses ou rudes, crochus, recourbés ou ronds (ils sont infinis par leur forme, figure et grandeur), ils ne peuvent être affectés ou modifiés à cause de leur dureté.

-359         en Grèce - Avènement de Philippe II de Macédoine. Début du règne de Philippe II de Macédoine (fin en -336) qui dépose son neveu et héritier légitime, Amyntas IV. Philippe II de Macédoine, né 382 et mort en 336 av. J.-C., roi de Macédoine de 360 à 336, père d'Alexandre le Grand.

-357         en Grèce - Philippe II de Macédoine s'empare d'Amphipolis. Pacte secret entre Athènes et Philippe II de Macédoine. Philippe conquiert Amphipolis et Pydna (automne). Il s'allie à Olynthe et aux Chalcidiens, puis reprend la guerre contre Athènes.

-357         en Grèce - Défection de Rhodes, Chios et Kos de l'alliance avec Athène ; début de la guerre des Alliés (jusqu'en 355). Guerre des Alliés ou guerre sociale : révolte des principaux alliés d'Athènes, Byzance, Rhodes, Cos et Chios. Ils obtiennent l'aide du satrape de Carie Mausole qui leur envoie cent navires. Un coup de main du stratège Chabrias contre le port de Chios échoue. Chabrias y trouve la mort. Les alliés ravagent les clérouquies athéniennes d'Imbros, de Lemnos et de Samos. Plus tard, les Athéniens sont défaits sur mer à Embata, près d'Erythrées. Charès impute la responsabilité de la défaite à Iphicrate et Timothée, qui doit s'exiler. Charès devient le seul chef de la flotte athénienne. Pour payer ses troupes, il doit participer à la révolte du satrape Artabaze contre le Grand Roi. Il remporte quelques victoires.

-357         Chute de Denys le Jeune à Syracuse et accès au pouvoir de son oncle maternel Dion de Syracuse. Expédition de Dion contre Denys II : au printemps, Dion rassemble 800 mercenaires à Zante. Il évite le canal d'Otrante, où l'attend la flotte de Philistos, et prend la haute mer. Il débarque à Héracleia Minoa, sur la côte méridionale de la Sicile, en territoire punique. Après une marche triomphale à travers la Sicile, Dion est accueilli à Syracuse en libérateur. La forteresse d'Ortygie reste aux mains de Denys. Mais l'arrogance de Dion le rend vite impopulaire parmi les Syracusains. Il se heurte à son ancien compagnon, Hérakleidès, qui a de plus en plus la faveur du peuple. Ortygie tombe aux mains de Dion, qui s'y installe. Il fait assassiner Hérakleidès, et on le soupçonne de vouloir à son tour exercer la tyrannie. Peu de temps après, Dion est assassiné par l'un de ses compagnons, l'Athénien Callippos, qui devient tyran. Puis Callippos est renversé par les fils de Denys l'Ancien et d'Aristomachè, Hipparinos et Nysaeos qui exercent la tyrannie jusqu'à ce que Denys le Jeune reprenne le pouvoir en -346. Dion de Syracuse, né en 408 et mort en 354, homme d'État syracusain. Il est le beau-frère de Denys l'Ancien, qui a épousé sa soeur Aristomaque, et l'oncle maternel de Denys le Jeune. Il possède la confiance de Denys l'Ancien quoiqu'il soit adepte d'un certain franc-parler envers le tyran. D'une grande sévérité de moeurs, il se lie d'amitié avec Platon lors de son séjour à Syracuse. Il est exilé par son neveu en 366, part vivre en Grèce et prend la tête de l'opposition. Il s'empare du pouvoir en 357 mais s'aliène rapidement la plupart de ses soutiens par sa sévérité et surtout en faisant exécuter le démagogue Héraclide. En 354, il est assassiné par un athénien nommé Calippe.

-356         Loi de Dullius et Menenius limitant les taux d'intérêt.

-356         Cauis Marcius Rutilus est le premier plébéien à accéder à la dictature. Le dictateur romain est un magistrat extraordinaire dans la République romaine antique, institué en 501 av. J.-C. Le titre original était magister populi ("maître du peuple"). Il est généralement nommé en cas de forts troubles, par l'un des consuls en exercice, parmi les anciens consuls, et pour une durée maximale de six mois. Il remplace les deux consuls de l'année. Il reçoit les pleins pouvoirs, les autres magistrats sont alors suspendus, exceptés les tribuns de la plèbe.

-356         Incendie du temple d'Artemis. Dans la nuit, Herostratus, un jeune homme de la cité antique d'Éphèse (Asie mineure) met le feu au temple d'Artémis, l'une des sept merveilles du monde. Herostratus commet ce geste dans le seul but de se rendre immortel. Il sera exécuté par les Ephisiens qui condamneront à mort toute personne de la cité qui prononcera son nom. Chef d'oeuvre de l'art ionien, le temple dédié à la déesse de la chasse a été construit vers 550 avant Jésus-Christ. Il était entouré de 127 colonnes.

-356         naissance d'Alexandre, fils de Philippe II de Macédoine, le jour de l'incendie du temple d'Artémis à Éphèse. Alexandre le Grand, roi de Macédoine. Alexandre III le Grand, maître de la Grèce, de l'Égypte et de l'Asie, est l'un des personnages les plus illustres de l'histoire universelle. Ses exploits, évoqués par la Bible et le Coran, sa gloire entretenue et célébrée en Orient comme en Occident en font un héros et une figure de légende. Alexandre le Grand ou Alexandre III de Macédoine est un grand conquérant de l'Antiquité. Fils de Philippe II de Macédoine, élève d'Aristote et roi de Macédoine en -336. Il fut l'un des plus grands conquérants de l'Antiquité et fonda notamment Alexandrie en -331. Le mythe d'Alexandre s'explique principalement par ses prétentions à la conquête universelle (du monde entier). Cette aspiration, à la fois impossible et presque réalisée avant qu'il ne soit foudroyé à l'âge de 33 ans, eut comme conséquence une unité politique jamais retrouvée ensuite entre l'Occident et l'Orient. L'héritage d'Alexandre, également marqué par les cultures grecque, occidentale, et orientale, fut partagé entre ses généraux : il s'agit des différents royaumes et dynasties de la période hellénistique. Alexandre est le fils de Philippe II de Macédoine et d'Olympias, princesse d'Épire, sa troisième femme. Par sa mère, il est le neveu d'Alexandre le Molosse, roi d'Épire, territoire qui se situe de nos jours entre la région grecque d'Épire et le sud de l'actuelle Albanie.

-355         Publication de 'Le Timée' de Platon. Le philosophe introduit le mythe de l'Atlantide dans le Timée, au cours d'un récit fait par Critias. L'Atlantide est une île légendaire qui aurait été engloutie dans la pré-Antiquité. Elle est mentionnée pour la première fois par Platon dans le Timée et le Critias. Lié symboliquement dans la mythologie grecque à ceux de Pandore et de Prométhée, le mythe de l'Atlantide résonne depuis près de 2350 ans comme un avertissement sur l'incroyable pérennité des connaissances humaines d'une histoire de plus de 11 600 ans. En effet, Platon le fît publier dans ses vieux jours vers 340 av JC et le géologue Jacques Collina-Girard a longuement étudié les possibilités d'une transmission orale de lointains évènements historiques et géologiques.

-350         Prise de Bologne par les Gaulois. Les Gaulois s'emparent de Felsina, qui devient Bononia, la ville des Boïens (Bologne).

-350         La Grèce adopte l'alphabet ionien.

-350         Les latins adoptent l'étrusque.

-350         Théophraste établit une première classification des plantes dans l'Histoire des plantes, arbres, arbustes, arbrisseaux et herbes. Théophraste, (Érésos, Lesbos v.372 av. J.-C.–Athènes v.287 av. J.-C.), philosophe grec de l'école du Lycée. D'origine lesbienne (de Lesbos, île grecque), il s'appelle d'abord Tyrtamos. Il part étudier, jeune, la philosophie à Athènes. Il est l'élève de Platon puis d'Aristote, qui le surnomme, "divin parleur". Aristote en fait également son successeur à la tête du Lycée. À ce poste, il a plus de deux mille élèves, si l'on suit la tradition, dont le poète Ménandre. Sa spécialité est les sciences naturelles, et plus spécialement la botanique, sujet de deux ouvrages, 'Histoire des plantes' et 'Causes des plantes'. C'est lui qui est à l'origine de la différenciation théorique entre règne animal et règne végétal, distinction qui permet la naissance d'une véritable nouvelle discipline : la botanique. Son 'Histoire des plantes' traite de la morphologie et de la classification des végétaux. Théophraste donne également des informations sur leur utilisation. Les 'Causes des plantes' aborde des problèmes sur la physiologie végétale notamment sur la croissance et la reproduction. Pour cela, il forge un vocabulaire descriptif spécifique qui lui permet de décrire les différentes parties d'une plante.

-350         à ? - naissance et mort de Aristoxène. Philosophe grec péripatéticien, et théoricien de la musique et du rythme. Il naquit à Tarente ville d'Italie. Il était fils du musicien Mnésias. Il s'appliqua également à la musique et à la philosophie. Il fut en premier lieu disciple de son père, puis du pythagoricien Xénophile, et enfin d'Aristote, sous lequel il eut Théophraste pour compagnon d'étude. Aristoxène vivait donc, comme on le voit, sous Alexandre Le Grand et sous ses premiers successeurs. Ses écrits, qui auraient été au nombre de quatre cent cinquante-trois, étaient dans le style d'Aristote, et traitaient de philosophie, d'éthique et de musique. La tendance à l'empirisme de sa pensée apparaît dans sa théorie que l'âme est reliée au corps comme l'harmonie aux éléments d'un instrument de musique. Nous ne savons pas par quelle raisonnement il a pu bâtir cette théorie.

-350         Construction du mausolée d'Halicarnasse. Le Mausolée d'Halicarnasse est le tombeau du roi de Carie (Asie mineure) Mausole (mort en 353 av. J.-C.). C'était la cinquième des sept merveilles du monde. Le monument était admiré dès l'Antiquité pour ses dimensions et sa décoration, si bien qu'on appelle "mausolée" tout tombeau de grande dimension, par exemple le mausolée de l'empereur Hadrien, actuel château Saint-Ange.

-349         Défaite gauloise dans le Pontine face à Camille (dictateur de Rome). Camille (Marcus Furius Camillus), général et homme d'État romain, né vers 446 av. J.-C., d'une famille patricienne, il est mort en 365 av. J.-C.. En 398-397, Camille est des hommes appelés à relever les commandants du siège infructueux de Veies. Il s'y fait remarquer en écrasant les habitants de Faléries et de Capène, alliés des Veiens, ce qui lui vaut la dictature en 396. Après la prise de la ville, Camille célébre son triomphe, puis part faire le siège de Faléries. Parce qu'il faillit à la promesse de verser à la cité dix pour cent du butin, Camille devient bientôt impopulaire à Rome. Il choisit donc l'exil. En 390 avant J.C., la victoire des Gaulois à la bataille de l'allia l'amène à prendre la direction des Ardéates et à marcher contre l'ennemi. Nommé dictateur pour la deuxième fois dans des circonstances rocambolesques, Camille arrive à la tête de ses troupes dans Rome au moment où Brennus, le chef gaulois, exigea des Romains réfugiés au Capitole qu'ils leur versent une somme d'or déterminée par une balance sur le contrepoids duquel il vient de poser son épée (Vae Victis !). Camille lui répondit que "les Romains ont appris de leurs pères à sauver la patrie par le fer, non par l'or", et l'oblige à la bataille, lors de laquelle les Gaulois sont vaincus.

-347         mort de Platon.

-345         en Égypte - Artaxerxès III reconquiert l'Égypte. Nectanébo II, dernier pharaon de la XXXe dynastie, se réfugie en Haute-Égypte, puis en Nubie. XXXIe dynastie égyptienne, certains égyptologues donnent le nom de XXXIe dynastie à la période de l'histoire de l'Égypte durant laquelle elle devint pour la seconde fois une satrape, c'est à dire une province de l'empire perse. Il désigne également la lignée d'empereur qui gouvernèrent durant cette période (aussi connu sous le nom de seconde dynastie Achéménide). Cette période s'étend de -341 à -332. C'est Artaxerxès III et ses armées qui mirent fin au règne de Nectanébo II, dernier roi de la XXXe dynastie en -341 et dernier souverain autochtone de l'Égypte. Alexandre le Grand mettra fin à cette dynastie en combattant les perses dirigés par Darius III. Il ouvra ainsi la voie à la période macédonienne. Artaxerxès III Ochos est un roi de Perse de la dynastie des Achéménides, mort en -338. Il est le quatrième fils d'Artaxerxès II Mnémon et parvient au pouvoir en -358, à la mort de son père, après le décès dramatique de ses frères aînés. L'une de ses premières actions est d'ailleurs de faire tuer tous ses frères survivants afin de s'assurer la totalité du pouvoir. Ce souverain énergique et impitoyable va restaurer provisoirement la puissance de l'empire achéménide passablement amenuisée sous le long règne de son père. Dans un premier temps, de -358 à -350 environ, il mate la rebellion des divers satrapes d'Asie Mineure qui s'étaient taillé des principautés quasi-indépendantes à partir de -365. Ainsi en -354 ses troupes battent les deux mercenaires Grecs Mentor et Memnon de Rhodes et chassent le satrape Artabaze en Macédoine. Il échoue une première fois contre l'Égypte et le pharaon Nectanébo II en -351. Cet échec entraine une révolte de Chypre, la Phénicie mais qui échoue du fait de la trahison du roi de Sidon. En -343 il lance une nouvelle offensive contre Nectanébo avec l'aide de Mentor de Rhodes qui maintenant combat pour le souverain perse depuis -346). Nectanébo, malgré l'aide de mercenaires grecs, est battu et doit se réfugier en Haute-Égypte ou il résiste encore deux ans. Adversaire attentif et inquiet des progrès de la Macédoine il aide Périnthe et Byzance assiégées par Philippe II de Macédoine et fait alliance avec Athènes. Mais en -338, il est assassiné par son ministre, l'eunuque égyptien Bagoas, qui le remplace provisoirement par Arsès puis par Darius III, ce qui plonge l'empire dans une grave crise laquelle détruit les aspects positifs du règne d'Artaxerxès III. Arsès est un souverain de la dynastie des Achéménides.

-343         Début de la première guerre Samnite (jusqu'en -340). Samnites étaient un des peuples "Sabelliens" qui habitaient l'Apennin central et se trouvaient à l'étroit dans leurs montagnes pauvres. Leur confédération solide constituait une redoutable force militaire, appuyée par un excellent armement que les Romains adoptèrent en partie (Javelots, bouclier long). Dans les guerres Samnites, les Romains essayèrent toujours de contourner le territoire Samnite tandis que les Samnites essayaient de trouver des alliés sur d'autres fronts. Sabellien ancien peuple de l'Apennin issues des Sabins. Les Apennins (ou l'Apennin) sont une chaîne montagneuse qui parcourt sur 1000 km l'Italie du nord au sud. Les guerres Samnites mettent aux prises deux puissances montantes de l'Italie, les Romains, maîtres du Latium, et les montagnards Samnites, qui cherchent à étendre leur territoire sur la riche Campanie et les villes grecques de la côte comme Naples. En 354, un traité passé entre Rome et la confédération Samnite délimite les zones d'influence respective et prévoit une coopération en cas d'agression extérieure, ce qui pourrait être le cas avec les incursions gauloises ces années-là. Première guerre samnite, déclenchant la première guerre Samnite les Romains interviennent en -343 pour protéger leur alliée Capoue menacée par les Samnites. et qui, selon les historiens romains, s'est mise sous la protection de Rome. Les Samnites sont vaincus en -341 par le tribun militaire Decius Mus. Mais Rome ne peut exploiter son succès et doit se replier à cause du soulèvement des Latins, qui menacent directement Rome. Cette guerre eut aussi pour conséquence l'établissement de liens privilégiés avec Capoue, qui devient alliée de Rome. La paix dure 14 ans, pendant lesquels les Romains matent la révolte de la Ligue latine et se débarrassent du péril gaulois. Ils fondent des colonies en territoire Samnite, dont Cales en 337 et Fregellae en -328 dans la région de la moyenne vallée du Liris qui contrôle le passage entre le Latium et la Campanie.

-343         à -332 - en Égypte - Deuxième domination perse. Alexandre y met un terme en remportant ses victoires du Granique et d'Issos sur le souverain achéménide Darius III et en réalisant la conquête de l'Égypte. Darius III ou Codoman (-380- -330), roi de Perse de -336 à sa mort en juillet -330. Il est membre d'une branche collatérale de la famille des Achéménides, fils d'Arsame, petit-fils d'Ostanès lui même fils de Darius II et frère d'Artaxerxès II. Il accède au trône à la suite des crimes de l'eunuque Bagoas qui assassine en -338 Artaxerxès III puis le fils ce celui-ci, Arsès en -336. Il envisage rapidement un sort identique pour Darius III, sans doute moins docile que prévu, mais celui-ci anticipe son empoisonnement en faisant boire à Bagoas la coupe fatale que celui-ci lui destinait. Darius imposa la domination perse et intégra la Phénicie dans la cinquième satrapie mais son règne est essentiellement marqué par la lutte contre Alexandre le Grand qui envahit la Perse en -334. Darius est battu au Granique en -334 puis à Issos en -333 enfin à Arbèles en -331. Il prend la fuite vers les montagnes de Médie mais il est assassiné par le satrape Bessos qui se proclame roi à sa place en juillet -330. Il est enseveli avec d'immenses honneurs par Alexandre, dans la nécropole royale de Pasargades - celui-ci se considère en effet comme son légitime successeur et épouse sa fille Statira. Les Achéménides sont la première dynastie royale de Perse. Ils tirent leur nom du héros légendaire Achéménès (en perse Hakhamanish), le fondateur. C'est à cette famille qu'appartenaient Cyrus, Cambyse et Darius. La dynastie s'éteignit en -330 avec les conquêtes d'Alexandre le Grand.

-343         Aristote est chargé de l'éducation d'Alexandre le Grand. Philippe II de Macédoine confie au philosophe Aristote l'éducation de son fils. Ce dernier accepte et s'attendrit pour le futur empereur. Cette mission lui portera préjudice à la mort d'Alexandre. Il sera en effet accusé d'être favorable aux Macédoniens et contraint de quitter Athènes pour Chalcis.

-342         Interdiction de cumul de magistrature la même année et d'une même magistrature à moins de dix ans d'intervalle.

-341         à -270 - naissance et mort de Épicure. Philosophe grec. Disciple de Démocrite, Épicure a prolongé sa pensée matérialiste atomiste qu'il a diffusé dans son école, 'Le jardin'. De son oeuvre, immense et très vaste, il ne reste que trois 'Lettres'. Si, aujourd'hui, être épicurien signifie jouir des plaisirs des sens sans limite, c'est que la pensée d'Épicure a été largement transformée. En effet, Épicure a défendu, comme clef du bonheur, une vie austère et simple, la patience face à la douleur et l'acceptation de la mort. L'homme doit, de plus, à la différence de Socrate ou Platon, se détourner de la vie publique et combattre les mauvais désirs que sont ceux du pouvoir, de la gloire et de la richesse. Épicure est la grande figure du matérialisme antique. De son oeuvre dont la tradition nous dit qu'elle comportait au moins 300 volumes ne nous sont malheureusement parvenu que trois lettres et quelques maximes. Heureusement, Épicure eut un brillant disciple, Lucrèce, qui constitue notre principale source de l'épicurisme. Épicure s'oppose à la fois à l'idéalisme platonicien et à la théorie aristotélicienne de la substance. Il s'inspire surtout de l'atomisme de Démocrite pour fonder son matérialisme. Selon Démocrite la réalité est composée d'atomes, fragments de matière insécables, et de vide. L'épicurisme, doctrine philosophique d'Épicure et de ses disciples, datant de l'Antiquité et en concurrence avec l'autre grande pensée de l'époque, le stoïcisme, est axée sur la recherche d'un bonheur et d'une sagesse austère dont le but ultime est l'atteinte de l'ataraxie. C'est une doctrine matérialiste et atomiste. Son héritage a été revendiqué par le matérialisme moderne (Marx notamment). L'épicurisme professe que pour éviter la souffrance il faut éviter les sources de plaisir qui ne sont ni naturelles ni nécessaires. Le matérialisme, désigne un ensemble de doctrines philosophiques qui, rejetant l'existence d'un principe spirituel, ramène toute réalité à la matière et à ses modifications. La philosophie classique a longtemps réduit le matérialisme des philosophes de l'Antiquité à des questions de physique sur la continuité de la matière (y a-t-il des grains de matière ? les atomes évoluent-ils dans le vide ? etc.). Toutefois, en consultant Diogène Laërce, on constate que les ouvrages écrits par les penseurs matérialistes de l'Antiquité sont pour la plupart des ouvrages d'éthique. Ainsi, dès l'Antiquité, les matérialistes prônent l'utilisation de la matière et du réel comme base fondamentale pour expliquer les phénomènes, philosopher et produire le savoir. Pour les matérialistes, il n'y a que de la matière et le fonctionnement du monde ne peut être compris qu'en partant de ce qui est observable ou le sera. C'est donc le principe fondamental du développement des connaissances en sciences (au sens large) que l'on retrouve au coeur du matérialisme. En cela, l'opposition est radicale avec Parménide, Platon, Aristote, les stoïciens, puis les pères de l'église chrétienne, pour lesquels le monde véritable et parfait, existe en dehors de toute matière et de toute réalité observable. La vérité du monde ne peut être atteinte que par la pensée, la réalité du monde et sa matière n'étant qu'une représentation et une approximation imparfaite de la vérité. L'atomisme est une théorie philosophique proposant une conception d'un univers composé de matière et de vide. Selon les atomistes, les atomes composant l'univers sont tous de même substance et ne diffèrent les uns des autres que par leurs formes et leurs positions. Leucippe et Démocrite sont les inventeurs de l'atomisme, doctrine plus tard reprise par Épicure, puis par Lucrèce.

-340         Début de la guerre Latine. Début d'un soulèvement infructueux des Latins contre Rome (fin en -338). La cité de Capoue participe à ce soulèvement. Les Guerres Latines (-340 à -338) opposèrent la République romaine à ses voisins, les peuples latins de la péninsule italienne. Elles se terminèrent par la victoire romaine, la dissolution de la Ligue Latine, et l'incorporation de ses territoires dans la sphère d'influence romaine. À cette occasion les latins obtinrent des droits partiels et différents niveaux de citoyenneté.

-340         Philippe II de Macédoine de Macédoine assiège Byzance et confie la régence à son fils Alexandre le Grand âgé de 16 ans. Philippe met le siège devant Périnthe au printemps et intervient en Chersonèse de Thrace. Périnthe reçoit des renforts de Byzance et l'aide des satrapes perses voisins. Siège de Byzance par Philippe. Il s'empare de 230 vaisseaux de la flotte marchande athénienne chargés du blé de Scythie grâce à une imprudence du stratège athénien Charès (violation de la paix de Philocrate). Guerre entre Athènes et Philippe.

-340         Aristote fonde le Lycée. Le philosophe rejoint Athènes après avoir accompli sa mission de précepteur auprès d'Alexandre le Grand. Il fonde le Lycée dès son retour et y accueille de nombreux disciples, appelés "péripatéticiens". Il y exposera ses théories sur les sciences et la logique ainsi que sur la métaphysique qu'il a lui-même fondée. Lors de la fermeture du Lycée, les oeuvres d'Aristote seront dispersées mais des notes de cours atteindront le troisième millénaire.

-339         en Grèce - Les troupes de Philippe II de Macédoine stationnées à Élatée menacent Athènes.

-338         Annexion du Latium mettant fin à la guerre Latine. La cité de Capoue est soumise par les Romains. Prise d'Antium, capitale des Volsques. La révolte des Latins et des Volsques est matée par Rome. La Ligue Latine est dissoute pour ne plus survivre que sous la forme religieuse des féries du mont Albain. Toute fédération ultérieure est interdite aux villes du Latium. La communauté des droits civils (mariage et propriété) leur est refusée. Cumes et le Latium reconnaissent la prépondérance romaine. Aricia, Lanuvinium, Novemtum, Pedum sont annexées par Rome qui leur confère le droit de cité inférieur (civitas sine suffragio) et une large autonomie. Elle signe des traités d'alliance sur un pied d'inégalité avec Tibur, Préneste et Cora, en leur enlevant une partie de leur territoire. Signia, Norba, Cirtei et Setia conservent leur statut antérieur. Les colonies nouvelles ou renforcées d'Antium (-338) et de Terracine (Anxur, -329) reçoivent la mission permanente de surveiller et de contenir les vaincus.

-338         Lois Publiliae Philonis, rendant souveraines les décisions des comices. Les Comices, dans la Rome antique, le peuple romain est assemblé selon différents cadres, qui diffèrent selon les occasions. Ces assemblées du peuple sont appelées comices et sont au nombre de trois : les Comices curiates; les Comices centuriates; les Comices tributes. Ces trois assemblées rassemblent les mêmes citoyens, mais répartis d'une façon différente, ce qui peut modifier sensiblement le résultat du vote. Les votes à Rome ont toujours lieu de la même façon. Ils sont oraux, publics ; ils répondent par oui ou non à une question posée.

-338         en Grèce - Victoire de Philippe II de Macédoine contre Athènes à Chéronée. Philippe II de Macédoine défait les armées alliées d'Athènes et de Thèbes à la bataille de Chéronée. Les Athéniens comptent 1000 morts et 2000 prisonniers, les Thébains plus de 2000 morts. Thèbes se rend et la Ligue béotienne est dissoute. La bataille de Chéronée, en 338 av. J.-C., est une victoire de Philippe II de Macédoine sur une coalition de cités grecques menée par Athènes.

-337         en Grèce - Formation de la ligue de Corinthe. Philippe II de Macédoine déclare la guerre à la Perse. Philippe II convoque un congrès panhellénique à Corinthe qui déclare la guerre à la Perse. Il impose son hégémonie en Grèce. La paix est établie entre les cités grecques qui conservent leur autonomie et leur système sociopolitique. Alliées à Philippe, elles doivent lui fournir hoplites et vaisseaux pour lutter contre les Barbares. Leur pouvoir devient cependant local et limité.

-336         Cauis Marcius Rutilus est le premier plébéien à accéder à la Censure (fonction de censeur).

-336         Quintus Publilius Philo est le premier plébéien à devenir préteur. Les préteurs sont des magistrats de la Rome antique. À l'origine il n'y avait qu'un seul préteur, le préteur urbain (praetor urbanus) auquel s'ajoutera le préteur pérégrins (en charge des étrangers, peregrini). Sous Sylla le nombre s'élevera à 8 et à 16 sous César. Les préteurs sont en charges des questions judiciaires: rendant ou faisant rendre la justice. À défaut de consuls les préteurs peuvent les suppléer - avant la création des consuls suffectes - on parle alors de préteurs consulaires. Sortis de charges les préteurs deviennent éligibles pour une propréture. Le lieu où le préteur exerce sa fonction est appelé prétoire et a donné leur nom à la garde prétorienne et à la fonction de préfet du prétoire.

-336         en Grèce - Assassinat de Philippe II de Macédoine au théâtre d'Aigai, en Macédoine, par Pausanias, un officier macédonien, lors des noces de sa fille Kléopatra avec Alexandre, roi d'Épire. Son fils Alexandre III (Alexandre le Grand) est nommé général de tous les Grecs (sauf Sparte) aux Jeux Isthmiques.

-336         Alexandre le Grand devient roi de Macédoine. A la mort de son père, Alexandre est proclamé roi par l'armée. Agé de vingt ans, Alexandre reprend à son compte le combat débuté par son père contre l'Empire perse. Il assoie également son autorité dans le royaume en tuant ses rivaux et en écrasant le soulèvement de la ville de Thèbes. Début du règne d'Alexandre le Grand, roi de Macédoine (fin en 323 av. J.-C.) Alexandre élimine tous ses opposants macédoniens : Il fait assassiner en -335 son cousin, Amyntas IV, renversé en 359 ou 357 av. J.-C. par son père Philippe II de Macédoine, afin d'éviter un compétiteur. Les princes de la famille royale sont assassinés. Attale (proche de Philippe II de Macédoine), accusé de trahison, est tué sur ordre d'Alexandre. Olympias (mère d'Alexandre) fait égorger Cléopâtre et son nouveau-né, fils de Philippe II de Macédoine.

-336         à -323 - Empire d'Alexandre le Grand. Roi de Macédoine (-336- -323 av. J.-C.). Alexandre le Grand, maître de la Grèce, de l'Égypte et de l'Asie, est l'un des personnages les plus illustres de l'histoire universelle. Ses exploits, évoqués par la Bible et le Coran, sa gloire entretenue et célébrée en Orient comme en Occident en font un héros et une figure de légende. Fils d'Olympias, princesse d'Épire, et de Philippe II de Macédoine, Alexandre le Grand reçoit une éducation princière et a pour précepteur Aristote. Adolescent, il donne toute la mesure de son talent militaire en assumant, en -340, la régence du royaume macédonien et en s'illustrant dans la guerre contre les Thébains (bataille de Chéronée en -338). Roi de Macédoine à vingt ans, il consolide les frontières du royaume, pousse jusqu'au Danube, soumet les Thraces et neutralise les Illyriens. En Grèce, il impose sa loi aux cités d'Athènes et de Thèbes et, en -335, reforme à son profit la ligue de Corinthe. La progression en territoires perses. Commence alors pour Alexandre une longue aventure qui, en un peu plus d'une décennie, va le mener sur les bords de l'Indus et de l'Oxus. Reprenant le projet formé par son père d'une "guerre de représailles" contre les Perses, il franchit l'Hellespont et débarque en Troade avec 30 000 fantassins et 5000 cavaliers. Des succès rapides lui permettent de libérer les cités grecques et de triompher des soldats du Grand Roi des Perses, Darius (bataille du Granique, juin -334). Depuis la cité de Gordion - où il tranche le légendaire noeud gordien, geste qui lui promet la possession de l'empire d'Asie -, Alexandre progresse à l'intérieur des territoires perses. En automne -333, il occupe les villes côtières de Syrie et de Phénicie. La "libération" de l'Égypte. La prise de Gaza lui ouvre la voie de l'Égypte, où il pénètre en décembre -332. Le pays des pharaons l'accueille en libérateur; en retour, Alexandre multiplie les gestes politiques: sacrifices au dieu Apis, pèlerinage au sanctuaire d'Amon, à Siouah, où les prêtres lui confèrent le titre de "fils d'Amon". En janvier -331, il fonde sa première ville coloniale, Alexandrie, qui va devenir pendant des siècles un brillant centre de l'hellénisme. D'Égypte, Alexandre gagne ensuite la Mésopotamie, où il triomphe définitivement de Darius dans la plaine de Gaugamèles (octobre -331). Le roi de l'Asie. Après les prises de Babylone, Suse, Persépolis, Pasargades et Ecbatane, il est consacré roi d'Asie et héritier des Achéménides. La "pacification" de l'Asie centrale, qui nécessite près de trois ans (-329- -327), s'étend à l'Hyrcanie, l'Arie, l'Arachosie, la Bactriane, la Sogdiane et porte Alexandre jusqu'aux "bornes de Bacchus", limites septentrionales de l'oikoumenê (terme grec qui désignait l'ensemble des terres habitées, et, dans ce cas précis, le Caucase). Le long de sa route, le conquérant crée de nombreuses Alexandries dont certaines portent aujourd'hui les noms de Harat, Kandahar, Samarkand. En -327, l'aventure se poursuit au-delà des passes de l'Hindou Kouch. Dévalant dans la plaine, Alexandre traverse l'Indus en -326 et, au terme d'une bataille contre l'armée du roi indien Paurava, occupe la région du Pendjab, où il crée les colonies grecques de Nicée et de Bucéphalie. Le retour, en juillet -326, se fait le long de la vallée de l'Indus. Arrivée à Pattala en -325, l'armée se scinde en trois fractions: l'amiral Néarque rentre par mer à travers le golfe Persique; Cratère ramène une deuxième partie des troupes par les passes du Bolan; Alexandre emprunte les déserts de Carmanie et de Gédrosie.

-336         en Grèce - Époque hellénistique (-336 à -31), (se dit de la période de la civilisation grecque allant de la conquète d'Alexandre à la conquète romaine). Époque hellénistique, si l'on excepte les figures d'Alexandre le Grand et de Cléopâtre, est relativement méconnue. Elle est souvent considérée comme une période de transition, parfois même de déclin ou de décadence, entre l'éclat de l'époque classique grecque et la puissance de l'Empire romain. Cependant la splendeur des villes, telles Alexandrie, Antioche, Pergame, l'importance des échanges économiques, des métissages culturels, le rôle dominant de la langue grecque et sa diffusion vont profondément modifier le visage du Moyen-Orient antique y compris plus tard sous la domination romaine. La disparition du royaume lagide d'Égypte en 30 av. J.-C., avec le suicide de sa dernière souveraine Cléopâtre, marque l'achèvement de la conquête par Rome du monde méditerranéen et clôt la période hellénistique.

-335         Fondation d'Ostie (port de commerce romain). Ostie, en italien Ostia ou Ostia Antica (du latin signifiant bouches), est une ancienne ville d'Italie, dans le Latium, située à l'embouchure du Tibre, à 35 km au sud-ouest de Rome. Ancien évêché, elle était réputée pour ses marais salants et pour son port, qui accueillait les cargaisons de céréales, d'huile, de vin et de garum en provenance de tout le monde romain, et notamment des provinces de Sicile, d'Égypte, d'Afrique ou de Sardaigne. Sa situation était d'autant plus avantageuse qu'à l'inverse des autres fleuves méditerranéens, le Tibre bénéficiait d'une régularité étonnante lui permettant d'être navigable toute l'année.

-335         en Grèce - Prise et destruction de Thèbes par Alexandre le Grand. Les exilés thébains rentrent dans leur cité, rétablissent la démocratie et assiègent la garnison macédonienne de la Cadmée. Athènes et un certain nombre de Péloponnésiens soutiennent la révolte thébaine. Alexandre, alerté, entre en Béotie. Thèbes, isolée, résiste, puis est prise. Alexandre remet le sort de la ville au Conseil de la ligue de Corinthe. La ville est rasée, sa population massacrée ou réduite en esclavage. Athènes se prépare à soutenir un siège et envoie une ambassade. Alexandre exige qu'on lui livre dix stratèges et orateurs antimacédoniens (dont Charidème, Lycurgue, Hypéride et Démosthène). A l'assemblée, Phocion demande aux hommes réclamés par Alexandre de se sacrifier. Sa suggestion est accueillie par des huées (fable des moutons qui livrent leurs chiens au loups, de Démosthène). Démade finit par obtenir d'Alexandre de se contenter de l'exil de Charidème (qui part servir les Perses) et de vagues engagements.

-335         à -264 - naissance et mort de Zénon de Citium. Philosophe, fondateur du stoïcisme. Zénon montre dès sa jeunesse un goût pour la philosophie. Son père lui achète, au cours de ses voyages, des traités socratiques. Il vient à Athènes en -312, et devient l'élève de Cratès de Thèbes, un cynique, de Stilpon, un mégarique, de Xénocrate et de Diodore Cronos. Après avoir étudié différents systèmes philosophiques, vers l'âge de 40 ans (300 av. J.-C.), il décide de fonder sa propre école qu'il installe au Pécile, le "portique peint". D'où le nom qu'on donne ensuite à ses disciples, les stoïciens (le portique). Zénon est également le premier anarchiste utopique de l'ancienne Grèce et aussi un précurseur important de l'anarchisme que nous connaissons aujourd'hui. Le stoïcisme est une école philosophique de l'Antiquité fondée par Zénon de Kition. C'est l'une des principales philosophies de la période hellénistique, avec l'épicurisme et le scepticisme, philosophie rationaliste qui se rattache notamment à Héraclite (idée d'un logos universel), au cynisme (Zénon de Kition fut élève d'un philosophe cynique), et qui reprend certains aspects de la pensée d'Aristote. On peut résumer cette doctrine à l'idée qu'il faut vivre en accord avec la nature et la raison pour atteindre la sagesse et le bonheur. La philosophie stoïcienne est un tout cohérent : c'est une philosophie de la totalité qui se veut consciemment systématique, ce qui est l'une des grandes originalités de cette doctrine. Elle procède à des divisions du discours philosophique, divisions qui servent à l'exposé de la doctrine, et à son enseignement. Il apparaît donc naturel de suivre ces divisions dans cet article. Comme les autres philosophes hellénistiques, les Stoïciens considèrent que la fin de la philosophie est éthique : pour eux, il faut "vivre en accord avec la nature".

-335         construction du théâtre d'Épidaure. Le théâtre d'Épidaure est un théâtre antique d'Argolide, édifié au IVe siècle av. J.-C. pour accueillir les Asclépéia, concours en l'honneur du dieu médecin Asclépios. Il est le modèle de nombreux théâtres grecs. Dès le début du Ve siècle av. J.-C., une fête panhellénique avait lieu tous les quatre ans à Épidaure, au sanctuaire d'Asclépios, les Asclépéia, qui combinait épreuves gymniques et musicales. Le théâtre est conçu par l'architecte Polyclète le Jeune qui le place à 500 mètres au sud-est du sanctuaire d'Asclépios, sur un site qui permet d'adosser le koilon (ensemble des gradins) à flanc de colline. Les travaux débutent vers 330 av. J.-C. L'acoustique du théâtre d'Épidaure est exceptionnelle, elle permet aux derniers spectateurs en haut des gradins d'entendre distinctement des acteurs parlant à voix basse. Des représentations y ont encore lieu aujourd'hui. L'édifice est devenu le symbole du théâtre grec antique.

-334         Printemps : Alexandre le Grand laisse la régence de Macédoine à Antipater et part de Pella à la conquête de l'Asie à la tête d'une puissante armée (30 000 soldats, 4500 cavaliers et 150 navires). Il laisse à Antipater 12000 fantassins et 1500 cavaliers pour contrôler son empire européen.

-334         Mai : Alexandre le Grand traverse l'Hellespont, débarque en Troade ou il bat Darius III à la bataille du Granique (mai ou juin). Il s'empare des deux capitales satrapiques de Daskyleion et de Sardes et de leurs richesses, puis soumet les cités ioniennes (prise de Milet et siège d'Halicarnasse). L'Hellespont est l'ancien nom du détroit des Dardanelles qui relie la mer Égée au nord-est à la Propontide (mer de Marmara) et sépare l'Europe de l'Asie mineure.

-333         Alexandre le Grand défait le roi perse Darius III Codoman à la bataille d'Issos. Darius III rassemble une immense armée à Babylone (100 000 hommes) et attend Alexandre en Syrie du Nord dans la plaine de Sochi. Ayant appris qu'Alexandre est engagé dans les défilés côtiers de Cilicie, il emprunte les défilés de l'Amanus qui mènent en Cilicie pour le prendre à revers. Alexandre, coupé de ses bases, rebrousse chemin et rencontre les Perses près d'Issos, sur le fleuve Pinaros. Vainqueur, il occupe la Syrie, la Phénicie, et met le siège devant Tyr (-332). Bataille d'Issos, lors de la bataille d'Issos en 333 av. J.-C. les hommes d'Alexandre le Grand de Macédoine obtinrent une victoire décisive sur l'armée commandée par Darius III de Perse.

-332         à -166 - Conquête du pays d'Israël par Alexandre le Grand. Janvier à septembre : Siège de Tyr par Alexandre le Grand qui s'empare de la ville qui est rasée et dont les habitants sont vendus. Alexandre prend possession de la Judée et de la Samarie. Pendant le siège de Tyr, le gouverneur de Samarie, Sanballât III, présente sa soumission à Alexandre. Il obtient la permission de construire un temple sur le mont Garizim en faveur de son gendre Manassé, frère du grand-prêtre juif de Jérusalem Yaddoua. En retour, 8000 Samaritains s'engagent dans l'armée macédonienne qui se dirige vers l'Égypte. En Judée, selon Flavius Josèphe, le grand-prêtre Yaddoua aurait rencontré Alexandre. Alexandre constitue une puissante flotte et l'amiral macédonien Amphotéros triomphe des Perses en mer Égée et reprend le contrôle de Chio et des cités de Lesbos. Antigone le Borgne, satrape macédonien installé par Alexandre en Phrygie, parvient à bloquer une contre-offensive perse en Anatolie centrale. Novembre/décembre : Siège et prise de Gaza par Alexandre (blessé deux fois) qui se dirige ensuite vers l'Égypte. Il laisse la direction de la Syrie-Palestine à son général Parménion. Il entre en Égypte en hiver où il est accueilli en libérateur.

-332         Prise de Gaza par Alexandre ; la Phénicie passe sous son contrôle. L'entrée d'Alexandre le Grand en Égypte. Alexandre le Grand pénètre en Égypte avec ses troupes. Il libère le pays de la domination perse puis se fait couronner Pharaon au temple d'Amon. Le pays passe ainsi sous la tutelle macédonienne. Le nouveau roi réalisera les plans et l'édification de la ville d'Alexandrie ainsi que de son remarquable phare. Il poursuivra ensuite sa conquête et mourra à Babylone en 323 avant J.-C. sans n'avoir jamais remis les pieds en Égypte.

-332         Alexandre le Grand, après avoir vaincu les Perses, fait la conquête du royaume de Judée, puis de l'Égypte où il entre en décembre. Après la victoire d'Issos, la satrapie d'Égypte se rallie sans combattre au conquérant macédonien, qui garde l'organisation administrative de la province perse, à la tête de laquelle il nomme un gouverneur. Alexandre se présente en Égypte comme un vrai Pharaon, se faisant même reconnaître comme fils d'Amon par l'oracle de l'oasis de Siwa (Siouah). Ses successeurs, Philippe Arrhidée et Alexandre Aigos adopteront la même attitude.

-331         en Grèce - Victoire grecque sur les Perses à Tyr. Alexandre le Grand, roi de Macédoine, quitte l'Égypte et gagne la ville de Tyr conquise un an plus tôt. Il y reçoit une délégation d'Athènes qui implore et obtient la libération des prisonniers athéniens qui avaient combattu dans les rangs perses lors de la bataille du Granique.

-331         1er octobre : Victoire d'Alexandre le Grand à Gaugamèles. Le roi de Macédoine bat le roi de Perse, Darius III, en Mésopotamie. Agé de 25 ans à peine, Alexandre le Grand a déjà vaincu les Perses par deux fois. Cette troisième victoire lui permet d'asseoir son pouvoir sur le Proche-Orient et l'Égypte. Après cette défaite définitive, Darius III, dit "le Roi des Rois" s'enfuit dans les montagnes tandis que son vainqueur entre à Persépolis et Ecbatane. Alexandre s'empare des trésors de la dynastie achéménide et se fait proclamer roi d'Asie. La bataille de Gaugamèles est un affrontement décisif entre les armées d'Alexandre et celles de Darius III. Elle est souvent nommée bataille d'Arbèles, compte tenu de son lieu de déroulement. Cette bataille eut en effet lieu près d'Erbil à 77 kilomètres à l'est de Mossoul dans le nord de l'Irak actuel. La Macédoine a vaincu la Perse avec cette bataille le 1er octobre 331 av. J.-C..

-331         en Égypte - Alexandre le Grand fonde Alexandrie puis va consulter l'oracle d'Amon à Siwah où il se fait reconnaître comme le fils du dieu et donc comme le maître de l'Égypte. L'administration du pays est confiée au Grec Cléomène de Naucratis.

-330         en Grèce - Mai. Prise et incendie de Persépolis par Alexandre. Défaite de Darius III devant Alexandre le Grand qui incendie Persépolis, selon la légende pour plaire à sa maîtresse Thaïs et pour venger la destruction de l'Acropole en 480 av. J.-C.

-330         en Grèce - Juillet. Assassinat de Darius III. Darius III, en fuite, est assassiné par Bessus, le satrape de Bactriane et de Sogdiane à Hécatompylos. Bessus prend le titre de Grand Roi. Alexandre célèbre des funérailles royales à Darius et déclare qu'il continue la guerre pour le venger.

-327         Début de la seconde Guerre Samnite (jusqu'en -304). Deuxième guerre samnite (-327 à -304), la fondation de Fregellae provoque une réaction hostile immédiate des Samnites. Le conflit durera 40 ans, la deuxième et troisième guerre samnite. Cette guerre permit aux Romains d'assurer sa domination sur toute l'Italie centrale. Comme à leur habitude, ils assurèrent leurs nouvelles conquêtes par la construction d'une route stratégique qui reliait Rome à l'Adriatique par l'Apennin central et en fondant de nouvelles colonies sur les nouveaux territoires acquis, à Minturnes, à Sinuessa et à Venusia..

-327         en Grèce - Campagne d'Alexandre le Grand en Inde (jusqu'en -325). Début de la campagne de l'Inde d'Alexandre le Grand (fin en -325). Partant de Bactriane en été, Alexandre vainc de farouches tribus de montagnards après l'assaut de leur forteresse d'Aornos (Afghanistan). Une partie de son armée franchit la passe de Khyber et prépare un pont de bateau près d'Attok sur l'Indus. Alexandre la rejoint avec l'autre partie des troupes à travers la région montagneuse située au Nord de Kaboul. Il passe l'Indus au début de -326 et s'allie au rajah de Taxila (Bhir).

-327         mort de Diogène.

-326         en Grèce - Victoire d'Alexandre le Grand sur l'Hydaspe (Inde) contre Pôros. Alexandre le Grand passe l'Hindu-Kush puis atteint l'Inde au printemps. Il franchi l'Indus sur un pont de bateaux près d'Attok, soumet sans coup férir le roi de Taxila, Omphis (sk. Ambhi). Il franchit l'Hydaspes (Jhelam) puis surprend Porus (Paurava), roi de Panjab, et son armée composée de 30 000 fantassins, 4000 cavaliers, 300 chars et 200 éléphants. Il lui laisse son royaume. Il marche jusqu'à l'Hyphasis (Beas) et s'apprête à envahir le royaume des Nanda dans la vallée du Gange. Plutarque mentionne qu'un certain Sandrocottus (Chandragupta Maurya) conseilla à Alexandre à attaquer le dernier Nanda, qui était impopulaire. Mais Alexandre se heurte au refus de son armée d'aller plus loin. En juillet, il repart, après avoir fondé deux colonies sur l'Hydaspes (Alexandrie Nicée près de l'actuelle Karachi et Bucephalia) puis décide de descendre le fleuve avec sa flotte. Durant l'hiver, il est blessé par une flèche et des bruits courent sur sa mort.

-326         Alexandre envahit le Pendjab. Poursuivant sa traversée vers l'Est, Alexandre le Grand atteint l'extrémité de la Perse et envahit le Pendjab. Le roi Poros lui a pourtant opposé une grande résistance, renforcée par des armes peu communes pour les Grecs : les éléphants. Alexandre tentera de continuer vers l'Inde mais l'épuisement de ses hommes l'en empêchera. Ce contact entre la civilisation grecque et le Magadha sera à l'origine d'un empire dirigé par les Séleucides jusqu'au Ier siècle avant J.-C. et de la civilisation Gandhara.

-325         Expédition de Pythéas de Marseille au delà des colonnes d'Hercule (Gibraltar). Pytheas est un navigateur et explorateur grec de Massilia (la Marseille antique, colonie grecque) qui aurait effectué vers 340 avant J.-C. un voyage dans les mers du nord de l'Europe. Parti avec un seul navire de Massilia, il franchit les colonnes d'Hercule (détroit de Gibraltar), remonta vers le nord en longeant les côtes de la Gaule, accosta en Bretagne (l'actuelle Angleterre), atteignit les îles Orcades et, poussant plus au nord, atteignit un pays nommé Thulé qu'il ne put dépasser. Il revint par la mer Baltique en descendant vers les côtes de la Germanie puis retourna à Massilia. Au point le plus septentrional de son périple, la durée de la nuit ne dépassait pas deux heures, ce qui fait situer Thulé aux environs de la Norvège ou de l'Islande. Il reconnut l'influence de la lune sur les marées. Il avait aussi établi à quatorze minutes près la latitude de Marseille à l'aide d'un gnomon. Pendant très longtemps, il fut considéré comme un menteur, un affabulateur. Puis la véracité de son périple fut reconnu, et il est considéré à présent comme un des premiers explorateurs scientifiques.

-325         Aristote dans son traité des plantes classait les arbres, les arbustes selon leur taille.

-325         mort de Antisthène.

-324         en Grèce - Sédition d'Opis (rébellion des vétérans Médoniens). Sédition d'Opis dans l'armée d'Alexandre le Grand contre l'incorporation de recrues perses : Alexandre libère les soldats macédoniens de toute obligation militaire, ce qui provoque des protestations et des quolibets. Alexandre arrête les principaux meneurs et les fait exécuter, reproche aux Macédoniens leur ingratitude, puis se retire dans son palais où il n'admet que des Perses. Les Macédoniens implorent son pardon. Alexandre donne un immense banquet (9000 convives) pour sceller la réconciliation et l'alliance entre les peuples.

-323         13 juin Mort d'Alexandre le Grand. Alexandre le Grand, maître de la Grèce, de l'Égypte et de l'Asie, meurt de la fièvre à 33 ans à Babylone. L'Empire qu'il a conquis en une décennie et qui s'étend de la Grèce aux bords de l'Indus, ne lui survivra pas : dès sa mort, il sera partagé entre ses généraux. Le mythe du conquérant Alexandre le Grand sera entretenu par les historiographes orientaux et occidentaux.

-323         Des troubles sanglants éclatent au lendemain de sa mort, mais peu après les généraux macédoniens, les Diadoques, décident de faire une trêve. Ils reconnaissent pour roi Philippe Arrhidée, un frère d'Alexandre presque idiot, et quelques mois plus tard associent à la couronne Alexandre Aigos, fils posthume d'Alexandre et de Roxane. La régence est confiée au général Perdiccas, qui devient vice-roi à Babylone. Les autres Diadoques sont nommés satrapes des provinces de l'empire. Ptolémée prend l'Égypte, Antipater gouverne en Occident, Lysimaque en Thrace, Antigone le Borgne prend une partie de l'Asie mineure. Antigone le Borgne ou Antigonos Monophtalmos, en grec ancien Ἀντίγονος Μονόφθαλμος (384–301), général macédonien, fondateur de la dynastie des Antigonides.

-323         Antipater reçoit le gouvernement de la Macédoine et Ptolémée l'Égypte. Antipater, (397–319 av. J.-C.), l'un des plus grand généraux de Philippe II de Macédoine, puis de son fils Alexandre le Grand. Pendant qu'Alexandre combat en Orient, il est gouverneur de Macédoine et des États grecs. Il remplit sa mission avec succès étouffant les rébellions de Sparte et de la Thrace. Cependant les intrigues d'Olympias, la mère du roi, entraînent son remplacement par Cratère. En 331 av. J.-C., il remporte à Megalopolis, la bataille qui l'opposait au roi de Sparte Agis III, au cours de laquelle celui-ci fut tué. Après la mort d'Alexandre, il reprend la direction de la Macédoine et de la Grèce et doit faire face à un soulèvement d'une ligue de cités grecques, appelé guerre lamiaque (323/322 av. J.-C.). Assiègé en 323 av. J.-C. dans la ville de Lamia il parvient, non sans difficultés, à se dégager et écrase la flotte grecque au printemps de 322 av. J.-C. à Amorgos imposant la paix à Athènes.

-323         à -282 - en Égypte - Règne de Ptolémée Ier Sôter - le Sauveur -. Ptolémée Ier, fils de Lagos et l'un des plus proches compagnons d'Alexandre, qui voit reconnaître ses droits sur l'Égypte par les Diadoques lors de l'accord de partage conclu en -321 à Triparadisos. En -321, Ptolémée Ier a détourné le convoi funéraire d'Alexandre pour faire inhumer le conquérant à Memphis. Diadoque veut dire "successeur". c'est-à-dire littéralement, "celui par qui le sceptre est transmis". C'est le nom donné aux généraux successeurs d'Alexandre le Grand, qui se partagèrent son empire à sa mort en -323.

-323         Guerre lamiaque (fin en -322) : rébellion d'Athènes et de ses alliés Étoliens, soulevés par Hypéride. Antipater est assiégé à Lamia par le général athénien Léostène. Le satrape de Phrygie Léonnat est tué en lui portant secours. La guerre lamiaque est un conflit qui se déclenche en Grèce à la mort d'Alexandre le Grand en juin 323 av. J.-C.. Les motifs au déclenchement de ce conflit sont les suivants : un édit d'Alexandre, pris à Suse peu avant sa mort, ordonnait le retour des bannis dans toutes les cités grecques. Cet édit avait été lu par Nicanor de Stagire, l'envoyé du roi aux Jeux Olympiques. Seule Athènes, ainsi que les Étoliens, avait refusé car cela signifiait pour elle de rendre la clérouquie de Samos dont elle avait chassé les habitants. Les Étoliens redoutent d'être contraints de rendre oeniades aux bouches de l'Achéloos dont ils s'étaient emparés vers 330 av. J.-C..

-322         Victoire des Macédoniens Antipater et Cratère à Armongos et à Crannon sur les Grecs révoltés. Fin de la guerre lamiaque.

-322         mort d'Aristote.

-322         mort de Démosthène.

-321         Défaite romaine aux Fourches Caudines contre les Samnites. Les "Fourches caudines" sont le nom d'un passage étroit entre deux montagnes près de Bénévent (Italie) où eut lieu, en 321 avant J.-C., une bataille féroce entre Romains et Samnites, au cours de la deuxième guerre samnite. Les Samnites de Caius Pontius encerclèrent et capturèrent une armée romaine entière de 40 000 hommes. L'armée romaine dut reconnaître qu'elle avait été défaite et passa sous le "joug" des lances des Samnites (fourches tendues à l'horizontale) tout en se tenant recourbé avec les mains ficelées dans le dos. Une des plus grandes hontes de l'histoire de Rome.

-321         en Grèce - Partage de Triparadisos sur la succession de l'empire macédonien. Partage de Triparadisos : Antipater (Macédoine), Ptolémée Ier (Égypte), Lysimaque (Thrace), Séleucos Ier (Babylonie) et Antigonos Monophtalmos, satrape de Phrygie, se partagent l'empire.

-319         en Grèce - Mort d'Antipater relançant le problème de succession macédonien. En Grèce, Polyperchon succède à Antipater comme régent de l'empire macédonien.

-315         en Égypte - Enquête sur l'Égypte d'Hécatée d'Abdère, rédigée à la demande de Ptolémée Ier. Hécatée d'Abdère, philosophe et historien grec.

-313         On invente le roseau taillé ou Calame pour écrire sur l'argile molle en Égypte. Calame, roseau taillé en pointe dont on peut se servir pour l'écriture sur des tablettes d'argile ou, trempé dans une encre, sur un papier. Il a donné sa forme caractéristique à l'écriture cunéiforme : de petits triangles fruits de l'enfoncement du calame dans l'argile tendre. Il est probable que d'abord utilisé comme instrument de gravure dans l'argile, son utilisation comme plume est postérieure et n'a donné lieu au développement de la plume d'écriture qu'ensuite.

-312         Censure de Appius Claudius Caecus à Rome.

-312         Construction de la via Appia. La Voie Appienne (Via Appia) est une voie romaine. C'est la première route à avoir été pavée. Construite par le censeur Appius Claudius Caecus en 312 av. J.-C. elle joignait alors Rome à Capoue, puis elle fut allongée pour rejoindre Brundisium (Brindisi).

-312         en Égypte - Ptolémée Ier s'empare de Chypre, annexée deux ans plus tard, et de la Syrie, puis il bat à Gaza Démétrios Poliorcète. Démétrios Poliorcète, fils d'un général d'Alexandre le Grand, Antigonos Monophtalmos et roi de Macédoine (-306/-287).

-311         en Grèce - Cassandre, fils d'Antipater reçoit le gouvernement de la partie européenne de l'empire jusqu'à la majorité d'Alexandre IV. Cassandre, roi de Macédoine (v. 358-297), l'un des diadoques. Cassandre est le fils aîné du général Antipater, qui aida Alexandre le Grand à monter sur le trône de Macédoine après la mort de son père Philippe. À la fin du printemps 324, Alexandre appelle Antipater (régent de Macédoine) à Babylone et le remplace par Cratère. Antipater refuse et envoie Cassandre plaider sa cause. Cassandre arrive à Babylone quelques mois avant la mort de celui-ci en 323. Après la mort d'Alexandre, il est mêlé aux luttes pour le pouvoir entre les diadoques. Allié à Antigone le Borgne et Ptolémée, il vainc Polyperchon, le régent de Macédoine, en 319. Il devient alors maître de toute la Grèce, et s'empare d'Athènes. Il conclut une alliance avec Eurydice, la femme de Philippe III Arrhidée, roi de Macédoine, mais peu après, celle-ci ainsi que son mari, et le frère de Cassandre, sont exécutés par Olympias, mère d'Alexandre. Cassandre engage aussitôt le combat contre elle et en -316, elle est exécutée à son tour. En 310, il fait tuer également Roxane, femme d'Alexandre, et Alexandre IV Aigos, son fils. Lui-même épouse Thessalonica, la demi-soeur d'Alexandre le Grand.

-310         en Grèce - Cassandre fait assassiner Alexandre IV de Macédoine. Alexandre IV de Macédoine, ou Alexandre Aigos, est le fils posthume d'Alexandre le Grand et Roxane, né en 323 et mort en 310. Il est proclamé roi quasiment in utero puisque le compromis de Babylone, le partage des responsabilités successorales sur lequel finissent par s'accorder les généraux d'Alexandre et la phalange, immédiatement après la mort d'Alexandre, en juin 323, prévoit qu'il doit devenir roi conjointement avec son oncle, Philippe III Arrhidée. Pendant les treize années qui suivent, l'enfant-roi est ballotté entre différents Diadoques, qui se disputent sa garde comme un gage sur la royauté macédonienne apportant une légitimité à leurs ambitions politiques. Il est sous la garde d'Olympias en 317, la reine-mère jalouse des intérêts du jeune prince qui en son nom fait assassiner son beau-fils Philippe III et son épouse intrigante Eurydice. Il meurt assassiné en 310 sur ordre de Cassandre : la paix de 311 entre les Diadoques prévoyait en effet que Cassandre ne resterait épimélète du roi — le seul survivant après l'assassinat de Arrhidée — que jusqu'à sa majorité. Cette clause scellait la mort du jeune roi, Cassandre ayant intérêt à le faire disparaître le plus rapidement possible : il n'attend ainsi qu'une année pour passer à l'acte.

-308         en Égypte - le souverain invite Clitarque, qui a entrepris d'écrire une Histoire d'Alexandre, à venir s'installer à Alexandrie.

-306         Traité entre Rome et Carthage.

-306         Épicure ouvre son école du Jardin. Le philosophe Épicure fonde à Athènes l'école du Jardin, où il enseigne ses théories. C'est au coeur de cet institut que naîtra l'épicurisme, l'un des principaux courants philosophiques de l'antiquité, qui fait naître l'hédonisme de l'ascèse. En effet, Epicure prône la limitation des désirs et des plaisirs pour atteindre le vrai plaisir d'exister. Le savoir a également une grande place puisqu'il doit permettre de supprimer les craintes et superstitions. L'Épicurisme, doctrine philosophique d'Épicure et de ses disciples, datant de l'Antiquité et en concurrence avec l'autre grande pensée de l'époque, le stoïcisme, est axée sur la recherche d'un bonheur et d'une sagesse dont le but ultime est l'atteinte de l'ataraxie. C'est une doctrine matérialiste et atomiste. Son héritage a été revendiqué par le matérialisme moderne (Marx notamment). L'épicurisme professe que pour éviter la souffrance il faut éviter les sources de plaisir qui ne sont ni naturelles ni nécessaires. L'hédonisme est une doctrine philosophique qui fait du plaisir le but de l'existence. Cependant, tout plaisir n'est pas hédoniste, certains devant être évincés afin d'éviter un déplaisir plus grand à soi ou pour quelqu'un d'autre. Une formule de Nicolas de Chamfort résume en quoi consiste l'idéal hédoniste : "Jouir et faire jouir sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà je crois le fondement de toute morale". L'hédonisme n'est pas qu'une philosophie centrée sur la finalité de sa propre existence; beaucoup de philosophes hédonistes, ou ayant une conception qui s'en rapprochait, ont tenu des postures athées ou agnostiques (Epicure), matérialistes (Démocrite), voire aussi libertaires, anarchistes (Michel Onfray, revendiquant l'anarchie comme la modalité politique de l'hédonisme).

-306         en Égypte - Cassandre (roi de Macédoine (-358/-297)), Séleucos Ier et Démétrios Poliorcète battent Ptolémée à Salamine de Chypre. Séleucos Ier: ancien général d'Alexandre le Grand, fondateur de la dynastie séleucide, royaume composé de la majeure partie de l'empire d'Alexandre, allant de la Méditerranée à l'Indus.

-305         En Égypte, début du règne de Ptolémée Ier (fin en -285). Ptolémée fonde la dynastie lagide (du nom de son père Lagos). Elle durera 275 ans. Ptolémée prend le titre de roi d'Égypte en réaction à la décision des différents diadoques de prendre eux-mêmes ce titre. Ptolémée succède à Alexandre le Grand et poursuit son oeuvre en édifiant la célèbre bibliothèque d'Alexandrie. La capitale deviendra alors un véritable centre culturel et intellectuel. Ptolémée est le premier de la dynastie lagide, qui règnera pendant près de trois siècles et s'éteindra avec le règne de Cléopâtre. La dynastie des Ptolémées (ou dynastie ptolémaïque) ou Lagides est une dynastie pharaonique qui naquit à l'effondrement de l'empire d'Alexandre le Grand en 305 avant l'ère chrétienne et qui dura jusqu'à l'an 30 avant l'ère chrétienne, suite au suicide de la dernière représentante de la dynastie, Cléopâtre VII. Cette période de l'histoire égyptienne est nommée "période lagide", du nom du père de Ptolémée Ier (fondateur de cette dynastie), Lagos, un des généraux d'Alexandre qui s'était approprié l'Égypte à la mort de celui-ci. Cette dynastie marqua un renouveau dans la culture égyptienne avec d'un côté une ouverture vers la civilisation grecque et d'un autre côté, la restauration des rites égyptiens ancestraux.

-304         Traité de paix avec les Samnites.

-301         en Égypte - La mort d'Antigone le borgne, survenue à la bataille d'Ipsos, à l'issue de la quatrième guerre des Diadoques, brise définitivement l'unité de l'Empire construit par le conquérant macédonien. Antigone, Antigonos, lieutenant d'Alexandre le grand, Apres la mort de ce dernier, il essaya de fonder un empire en Asie.

-300         à -280 - naissance et mort de Euclide. Mathématicien grec. On ne sait que peu de choses d'Euclide, hormis qu'il vécut à Alexandrie peu avant Archimède et qu'il y fonda l'École de Mathématiques qui rendit la cité antique célèbre. Son oeuvre, 'Les Éléments', rassemble toute la connaissance mathématique de l'époque mais a aussi jeté les bases de la pratique scientifique de la pensée. Connus et diffusés en Occident grâce aux traductions arabes, 'Les Éléments', composés de treize livres, regroupent des propositions à prouver, des problèmes à résoudre, et les définitions d'objets mathématiques, comme la ligne et le point. L'échec des résolutions d'un de ses postulats a donné naissance à la géométrie non-euclidienne. Son influence sur le monde scientifique a été considérable, on a ainsi pu retrouver le style et la structure des treize livres dans 'Principia' de Isaac Newton.

-300         Nouvelles incursions celtes en Italie du nord.

-300         Loi Valeria autorisant les citoyens à faire appel d'une sentence devant les Comices Centuriates.

-300         Écriture indienne brahmi. La brahmi est un terme qui fait référence aux membres pré-modernes de la famille des systèmes d'écriture brahmiques nées en Inde, dont on fait remonter l'existence jusqu'au IIIe siècle av. J.-C.. Les inscriptions les mieux connues et les plus anciennes en brahmi sont les édits gravés d'Ashoka. Ce système d'écriture est l'ancêtre de la plupart des écritures de l'Inde et de l'Asie du sud-est, du Tibet, et peut-être même du hangul coréen. Le système numéral de la brahmi est l'ancêtre des chiffres arabes, utilisés aujourd'hui dans le monde entier. Ashoka, Asoka ou Ashokavardhâna, 273 av. J.-C. - 232 av. J.-C., fils de Bindusâra, troisième empereur Maurya. Ashoka a régné sur la majeure partie du sous-continent indien, de l'actuel Afghanistan jusqu'au Bengale et aussi loin vers le sud que l'actuelle Mysore. Après un début de règne très autoritaire, frappé d'horreur suite à sa conquête sanglante du Kalinga, sur la côte Est de l'Inde - qui correspond aujourd'hui à l'état de l'Orissa - il aide à la diffusion du bouddhisme. Il en sera un fervent propagandiste et enverra des missionnaires aussi loin que l'île de Ceylan. La source de la plupart de notre connaissance sur Ashoka sont les nombreuses inscriptions qu'il a fait graver sur des piliers et des rochers dans tout son empire, majoritairement en langue mâgadhî (un prâkrit) dans l'écriture brâhmî (et parfois en caractères kharosthi), mais aussi en grec et en araméen. Outre que ces inscriptions représentent les premières attestations de la notation par écrit d'une langue indienne et que cette même écriture donnera naissance à tous les semi-syllabaires présents actuellement sur le sol indien (comme la devanâgarî), elles ont favorisé la propagation de l'éthique bouddhiste et ont encouragé la non violence et l'adhésion à la doctrine du dharma, le devoir ou comportement juste. On note aussi l'importance donnée à une langue vulgaire et vernaculaire, un prâkrit, au détriment de la langue "noble" et littéraire, le sanskrit, montrant là un souci d'être compris par le peuple.

-300         Stupa de Sanci symbolisant le nirvana (Inde). Un stupa (un mot sanskrit) est une structure architecturale bouddhiste que l'on trouve dans le sous-continent indien, dont il est originaire, mais aussi dans le reste de l'Asie où il a suivi l'expansion du bouddhisme. C'est à la fois une représentation aniconique du Bouddha et un monument commémorant sa mort ou parinirvâna.

-298         Défaite celte en Thrace face à Cassandre, roi de Macédoine. La Thrace est une région antique, correspondant à l'actuelle partie européenne de la Turquie, au sud de la Roumanie, la Bulgarie, et au nord-est de la Grèce. Elle est baignée par la mer Égée, la mer Noire et la mer de Marmara.

-298         Début de la troisième Guerre Samnite (jusqu'en -290). Au cours de laquelle Rome dut se battre sur plusieurs fronts contre tous ces voisins coalisés (Samnites, Étrusques, Gaulois...). Troisième guerre samnite (-298 à -290), en -298, les hostilités reprennent avec les Samnites. En -295, les Samnites réussirent à faire pénétrer une armée en Italie du Nord, secondés par leurs alliés étrusques et ombriens, qui étaient en guerre contre Rome depuis -302. De plus, ils profitèrent de la présence des Gaulois qui depuis -299 faisaient des incursions régulières en Italie du Nord. Les Romains écrasèrent cette coalition à la bataille de Sentinum en -295. Le territoire Samnite fut envahi et les Romains remportèrent la bataille d'Aquilonia en -293. Les Samnites capitulèrent en -290, Rome asservit leurs villes et annexa leur territoire.

-295         Défaite samnite à Sentinium face aux Romains.

-294         Écriture sur cire et sur plomb en Égypte. Cela permettait l'effacement et la réutilisation de la même tablette.

-292         Construction du Colosse de Rhodes. Le Colosse de Rhodes était une statue d'Hélios, en bronze, haute de 32 m, oeuvre de Chares. Souvenir de la résistance victorieuse à Démétrios Ier Poliorcète (305 à 304 av. J.-C.), érigée sur l'île de Rhodes vers 292 av. J.-C., cette gigantesque effigie fut renversée en 227 av. J.-C. par un tremblement de terre. C'était la sixième des sept merveilles du monde antique. La construction fut longue et laborieuse. Le colosse était intégralement constitué de bois et de cuivre. Il fallut d'abord constituer une âme en bois. Une fois le "squelette" mis en place, la structure fut recouverte avec d'immenses plaques de cuivre. La fonderie de l'île ne suffisant pas à assumer les besoins d'une telle entreprise, du cuivre fut importé en grande quantités.

-291         Fin de la troisième Guerre Samnite.

-290         Rome s'empare du territoire des Sabines. Les Sabins est un peuple d'Italie établi au nord-est de Rome à l'époque archaïque. Il sont célèbres pour leur bravoure, la simplicité de leurs moeurs et leur grand respect de la religion. De nombreuses traditions romaines, relatives en particulier aux institutions religieuses, indiquent qu'un élément sabin est présent aux premiers temps de Rome, dû sans doute à l'assimiliation plutôt qu'à la conquête. Selon une tradtition familiale, la gens Claudia était une famille sabine qui, à une époque reculée, s'était installée à Rome avec l'accord des Romains. Cependant, Tite-Live relate de nombreuses guerres entre Sabins et Romains, qui se terminent en -449 par une grande victoire romaine. En -290, M. Curtius Dentatus soumet définitivement les Sabins et conquiert leur territoire ; ils sont absorbés dans l'État romain, et gratifiés en -268 de la citoyenneté romaine pleine et entière.

-288         Fondation de la Bibliothèque d'Alexandrie. La bibliothèque d'Alexandrie était la plus célèbre bibliothèque de l'Antiquité. Alexandrie fut fondée en 332-331 av. J.-C., par Alexandre le Grand; elle devint dans l'antiquité le premier port d'Égypte. Elle fut à son époque l'un des plus grands foyers culturels de la Méditerranée, sa bibliothèque superbe étant sans conteste l'un des principaux fondements de sa notoriété. C'est l'un des généraux d'Alexandre, Ptolémée Ier, recevant l'Égypte en partage à la mort de l'empereur, qui donna l'impulsion intellectuelle et commerciale à la future grandeur d'Alexandrie. En -288, il fit construire un musée (museion : le palais des Muses) abritant une université, une académie et la bibliothèque (estimée à 700 000 volumes au temps de César). Ensuite il demanda dans chacun des pays connus à ce qu'on lui envoie les oeuvres de tous types d'auteurs, qu'il faisait traduire en grec. Comme la ville était un port, il demanda aussi à tous les navires qui faisaient escale à Alexandrie de permettre que les livres contenus à bord soient recopiés et traduits. La copie était remise au navire, et l'original conservé par la Bibliothèque !    

-287         Sécession de la plèbe romaine sur le Janicule, lois Hortensiennes (les décision de la plèbe ont valeur de loi). La plèbe se retire sur le Janicule (dernière sécession) pour obtenir l'assignation des terres sabines. Quintus Hortensius, nommé dictateur, soutenu par Curius Dentatus, promulgue les lois Hortensiennes qui favorisent la plèbe pour qu'elle revienne dans la cité. Elles amnistient et allégent les dettes et donnent aux plébiscites décidés par les comices tributes force de loi pour le peuple entier (suppression de la ratification sénatoriale traditionnelle, l'auctoritas patrum). La puissance de l'opposition démocratique se trouve augmentée.

-287         à -212 - naissance et mort de Archimède. Mathématicien grec. Archimède a suivi les enseignements d'Euclide en Égypte, avec qui il garda des contacts constants, avant de revenir à Syracuse où il fit des études approfondies. S'il est l'auteur d'études et de résolutions de problèmes de théorie pure, on le connaît surtout pour ses travaux d'ingénieur. Il a imaginé la théorie du levier qui eut des applications très larges notamment dans les transports mais c'est grâce au principe d'hydrostatique qu'il est considéré comme l'un des génies du monde antique.

-283         Victoire des romains sur les Étrusques et les Gaulois au Lac Vadimon.

-283         Les romains s'emparent du pays des Senons.

-283         Le médecin grec Hérophile dissèque des cadavres humains pour améliorer ses connaissance en anatomie. Hérophile d'Alexandrie, né en 331 et mort en 250, était un médecin grec né à Chalcédoine en Asie mineure. Il est connu en tant que premier anatomiste de l'histoire et considéré comme le plus grand. Avec Érasistrate, il est considéré comme un fondateur de la grande école médicale d'Alexandrie. Ses travaux ont été perdus mais ont été beaucoup cités par Galien au IIe siècle. Il fut le premier, avec Érasistrate, à fonder ses conclusions sur la dissection du corps humain. Il prêta une attention particulière au système nerveux ; distinguant les nerfs des vaisseaux sanguins, il semble qu'il fut le premier à distinguer les nerfs moteurs des nerfs sensoriels. Il distingua le cerveau du cervelet, le quatrième ventricule, le calamus scriptorius et le torcular, les méninges, le sinus veineux, ainsi que les nerfs rachidiens. Il étudia le cerveau et l'identifia comme le centre du système nerveux et l'emplacement de l'intelligence, et il fut aussi le premier à decouvrir que les artères transportaient du sang et non de l'air. Hérophile fut également le premier à démontrer le rôle du coeur dans les pulsations, et compara celles-ci à la respiration. Son étude anatomique concerne aussi l'oeil, le foie, le pancréas et l'appareil digestif ainsi que les organes salivaires et génitaux.

-282         à -246 - en Égypte - Règne de Ptolémée II Philadelphe qui a épousé sa soeur Arsinoë. Il embellit Alexandrie et fait construire le Phare et la Bibliothèque dont le premier responsable est Zénodote d'Éphèse. C'est à cette époque que la Bible est traduite en grec et que Manéthon rédige son 'Histoire de l'Égypte'. Les médecins Hérophile et Érasistrate pratiquent les premières dissections et Aristarque de Samos calcule la distance de la Terre à la Lune. Fondation de Bereniké au sud d'Assouan, en l'honneur de sa mère Bérénice, la deuxième épouse de Ptolémée Ier. Fondation de Myos Hormos (Quseir) et de Soterias Limen (Port Soudan) sur la côte occidentale de la mer Rouge. Au sud de Soterias Limen, création de Ptolemaïs des Chasses, à l'embouchure de la Baraka. Ptolémée II Philadelphe (-309 / -246) est un pharaon égyptien de la période lagide. Fils de Ptolémée Ier, il a été associé au trône vers -285 et à la mort de son père en -283 (ou -282 suivant les auteurs) il devient pharaon. De sa première femme, Arsinoé Ière, il aurait eu trois enfants dont Ptolémée III, son successeur.

-281         Guerre contre Pyrrhus, roi d'Épire. Épire, Partagé entre l'Albanie et la Grèce, l'Épire est une région montagneuse, une terre âpre, au climat rude, que les grands plissements préhistoriques ont profondément morcelée. On y trouve un haut plateau où s'étale un lac sans écoulement visible et, tout au sud, une plaine fertile qui borde le littoral. Le reste du pays est ingrat, aride, soumis à des hivers d'une extrême rigueur. Pyrrhus (319 - 272 avant JC), roi d'Épire de -295 à -272, remporta sur les romains les victoires d'Héraclée en -280 et d'Ausculum en -279. Ces batailles lui coûtèrent de telles pertes qu'il s'écria : "Encore une autre victoire comme celle-là et je rentrerais seul en Épire !". C'est de là que vient l'expression de victoire à la Pyrrhus.

-280         Victoire de Pyrrhus contre les Romains à Heraclée. Pyrrhus remporte une victoire à Héraclée contre P. Valerius Laevinius. Pyrrhus utilise des éléphants qui déconcertent les Romains mais perd 4000 de ses meilleurs hommes. L'armée romaine se retire. Les Grecs du Sud, les Bruttiens, Lucaniens, Samnites du sud et les Messapiens abandonnent la cause romaine et rallient l'armée de Pyrrhus. Pyrrhus, comptant sur la défection des alliés italiques de Rome, avance jusqu'à Anagni ou Préneste et menace Rome. Les armées romaines s'apprêtent à le couper de sa base et il doit battre en retraite vers la Campanie, puis vers Tarente à la fin de l'année. Il passe l'hiver à incorporer des éléments italiotes — Samnites, Lucaniens, Bruttiens, Apuliens — dans son armée.

-280         mort d'Euclide.

-280         Le premier phare connu est construit à Pharos, près d'Alexandrie en Égypte. Le Phare d'Alexandrie fut considéré comme la dernière des sept merveilles du monde antique et a servi de guide aux marins pendant près de dix-sept siècles (IIIe siècle av. J.-C. au XIVe siècle ap. J.-C.). On ignore la date précise de construction du Phare. Le début des travaux aurait eu lieu autour de -297 et le phare aurait été construit en une quinzaine d'années. Il avait été commencé par Ptolémée Ier mais il est mort avant que le chantier n'ait été terminé et c'est sous Ptolémée II que la construction fut achevée.

-279         Les Celtes envahissent l'Europe du sud-est (Thrace, Macédoine, Péronie...)

-279         mai - Bolgios (Celtes) bats l'armée de Ptolémé Keramos chef de l'expédition macédonienne, le capture et l'exécute. Bolgios, nom d'un roi celte de Macédoine, vers 280 av. J.C.

-279         L'armée celte se retire de Macédoine.

-279         Victoire de Pyrrhus contre les Romains à Ausculum. Défaite des Romains contre Pyrrhus à la bataille d'Ausculum. Après sa victoire à Ausculum, où il perd 3600 hommes de ses meilleures troupes, Pyrrhus marche jusqu'à Préneste d'où il menace Rome. Rentré à Tarente, il envoie par deux fois des envoyés à Rome pour négocier la paix et se consacrer à la création d'un empire grec du Couchant. Le Sénat hésite, mais le vieil Appius Claudius Caecus, chef du parti intransigeant, entraîne la majorité. Pyrrhus, à l'appel de Syracuse, passe en Sicile où il bat les Carthaginois sans pouvoir leur enlever leur base de Lilybée. La bataille d'Ausculum ou Asculum s'est déroulée en 280 av. J.C., et a vu s'affronter les troupes de la République romaine, commandées par le consul Publius Decius Mus, aux troupes coalisées d'Épire, de Tarente, d'Oscan, de samnites, sous le commandement du roi d'Épire Pyrrhus Ier. Cette bataille est un tournant majeur dans la guerre de Pyrrhus en Italie et dans le contrôle de la grande Grèce.

-279         en Grèce - Prise de Delphes par les troupes celtes. Les Celtes tentèrent alors une diversion, en envahissant l'Étolie de l'est et prirent Kallion qu'ils mirent à sac et détruisirent, avant d'être repoussés et écrasés par les Étoliens. Ces événements ont marqué le début de l'ascension de la Confédération Étolienne qui prend Delphes sous sont contrôle.

-278         L'armée gauloise de Brennus entre en Béotie, en Phocide et pille Delphes avant de se retirer. La Béotie est une région de Grèce centrale, qui borde l'Attique au nord-ouest. La Phocide est une petite région de Grèce centrale, à l'ouest de la Béotie, dont le rôle dans l'histoire grecque fut important, puisque Delphes s'y trouvait, dont elle perdit parfois le contrôle, en s'impliquant dans les guerres sacrées. Delphes est le site d'un important "sanctuaire panhellénique", c'est-à-dire d'un sanctuaire commun à toutes les cités de la Grèce antique. Il est dédié au dieu Apollon pythien et caractérisé par la présence d'un oracle. Delphes se trouve en Phocide.

-278         en Égypte - Célébration des premières Ptolemaia en l'honneur de Ptolémée Ier et de Bérénice, divinisés en tant que "dieux sauveurs"    

-275         L'armée galate sème la terreur à Troie, à Éphèse, à Millet. Galatie, région d'Asie Mineure en Anatolie. Troie, ancienne ville d'Asie mineure, située non loin de la mer Égée, à l'entrée de l'Hellespont. Éphèse, fut un des centres commerciaux, politiques et religieux les plus importants de l'antiquité. Elle est située près de l'embouchure du Caystre sur la mer Égée en Turquie moderne. Millet, cité grecque ionienne pourvue d'un bon port sur la côte d'Asie Mineure.

-275         Victoire des Romains contre les armées de Pyrrhus à Bénévent mettant fin à la guerre. Pyrrhus marche vers la Campanie. L'armée romaine de Curius Dentatus lui barre la route à Maleventum qui deviendra Bénévent en -268. Les troupes romaines font pleuvoir une pluie de trait sur les éléphants qui se retournent sur les bataillons de Pyrrhus. Pyrrhus, vaincu, regagne Tarente, puis sous prétexte d'aller chercher des renforts, l'Épire (il meurt à Argos en -272 lors d'un combat de rue). Son lieutenant, Milon, continue à occuper la citadelle de Tarente avec des forces importantes.

-275         Interdiction du renouvellement à la fonction de censeur.

-275         à -195 - naissance et mort de Ératosthène, géographe hors pair. Après avoir étudié 20 ans durant dans la célèbre Académie créée à Athènes par Platon, Ératosthène était devenu un touche-à-tout de génie: éditeur des oeuvres d'Archimède, philosophe, musicien, astronome, poète, géographe, il disposait de plusieurs cordes à son arc ! D'ailleurs, c'est même lui qui a inventé le mot "géographie" (géo = la Terre, graphein = dessiner en grec). On lui doit en particulier la première carte de géographie fiable de toute l'histoire de l'humanité. La réputation d'Eratosthènes était telle que le roi d'Égypte Ptolémée VIII Evergète lui confia vers 235 avant JC la direction de la plus célèbre bibliothèque du monde antique: la bibliothèque d'Alexandrie.

-274         à -271 - en Égypte - Première guerre de Syrie entre Ptolémée II et le Séleucide Antiochos Ier. Antiochos Ier Sôter (Sauveur), fils de Séleucos Ier Nicator, est le deuxième souverain de la dynastie des Séleucides et règne sur la Syrie de -280 à -261. Associé à son père en -293 il possède avec ce dernier d'excellentes relations, a tel point d'ailleurs que Séleucos Ier divorce de la belle Stratonice pour la céder à son fils qui en est amoureux (-293). Il devient le seul souverain après l'assassinat de son père en -280 par Ptolémée Kéraunos, le roi de Macédoine. Son règne amorce un premier déclin des Séleucides. En effet s'il est vainqueur des Galates vers -275- -275, il perd la Cilicie orientale et la Phénicie au profit du souverain lagide Ptolémée II Philadelphe lors de la première guerre de Syrie (-278- -272). Enfin c'est également sous son règne que les Attalides se rendent indépendants à Pergame. Il meurt en -261.

-272         Prise de Tarente par les armées romaines. Tarente, ville et un port du sud de l'Italie.

-270         Les Galates sont battus par Antiochos Sôter, roi de Syrie.

-270         Têtes de pierre géantes au Mexique.

-270         Apparition de l'orgue hydraulique du savant alexandrin Ctésibios. Ctésibios d'Alexandrie, parfois orthographié Ktésibios, était un ingénieur né au IIIe siècle av. J.-C. à Alexandrie. Il est considéré comme le fondateur de l'école des mécaniciens grecs d'Alexandrie dont la tradition se poursuivra avec Philon de Byzance, Héron d'Alexandrie et jusqu'à Vitruve. On ne connaît pas grand chose sur sa vie, ni les lieux et dates de sa naissance et de son décès. On sait juste qu'il a vécut à Alexandrie vers -270, car des documents parlent d'une corne d'abondance chantante qu'il créa pour une statue de la femme du pharaon Ptolémée II. Entre le piston, l'hydraule, le clavier, la soupape, le monte-charge, la clepsydre, l'horloge musicale, le canon-à-eau et bien d'autres inventions, Ctésibios était un authentique génie. Ses inventions ont eu un retentissement majeur sur la civilisation occidentale. Il a laissé un ouvrage aujourd'hui perdu : 'Les Commentaires'. On en connaît des bribes grâces à Héron d'Alexandrie, qui en a repris des fragments dans sa Pneumatique.

-270         en Égypte - Le poète syracusain Théocrite séjourne à Alexandrie. Poète grec, il a inventé la forme pastorale en donnant une image bucolique de la campagne et de la vie paysanne. Ses 'Idylles', que les citadins romains ont beaucoup appréciées, inspira Virgile grâce à qui le genre pastoral traversa les époques. Théocrite, né vers 315, poète bucolique.

-270         à -245 - en Égypte - Apollonios de Rhodes est responsable de la Bibliothèque d'Alexandrie. Ératosthène lui succède ensuite, jusque vers -205.

-270         mort d'Épicure.

-265         Prise de Volsinies, dernière ville étrusque, marquant la fin de la conquête de l'Italie.

-264         La ville de Messine, sous contrôle carthaginois, demande l'aide de Rome pour s'en affranchir. Messine est une ville de Sicile, en Italie. Elle est chef-lieu de la province éponyme, située sur le détroit de Messine, qui sépare la péninsule italienne de la Sicile. La prise de Messine par les Mamertins en -264 déclenche la Première guerre punique.

-264         Apparition à Rome des combats de gladiateurs. Gladiateur, les combats de gladiateurs venus d'Étrurie nous plongent dans un contexte de foule bruyante, massée sur les gradins où la passion s'empare du public. À Rome, le plus ancien combat de gladiateurs mentionné dans les textes se déroula en 264 avant JC, sur le Forum Boarium (le marché aux boeufs), espace à caractère utilitaire et sans prestige situé près de l'extrémité nord du Circus Maximus. Ce combat fut rapidement suivi par de nombreux autres. Ainsi en 105 avant JC, les jeux devinrent publics. Ils seront interdits au IVe siècle par l'empereur Constantin Ier, mesure sans effet réel avant la fin du IVe siècle.

-264         Carthage occupe la Sicile. Début de la première Guerre punique (fin en -241). Intervention romaine en Sicile à l'appel de Messine, qui provoque la première guerre punique. Les Mamertins, brigands d'origine italique qui se sont emparés de Messine, traqués à la fois par Hiéron II de Syracuse et par les Carthaginois, font appel à Rome. Le Sénat hésite, mais le peuple décide l'expédition. Siège de Messine par Rome (fin en -263). L'armée du consul Appius Claudius Caudex traverse le détroit, débloque Messine dont la garnison carthaginoise avait évacué la citadelle, et contraint Hiéron à signer un traité d'alliance avec elle. Après avoir pris pied en Sicile, Rome n'entend pas abandonner l'île et se retrouve face à Carthage. La première guerre punique met pour la première fois aux prises des armées et des flottes considérables regroupant jusqu'à 70 000 hommes. Pendant près d'un siècle, entre -264 et -146, deux cités de la Méditerranée, l'une et l'autre promises à un grand destin, Rome et Carthage, vont s'affronter impitoyablement. Les guerres puniques constituent une série de trois conflits qui opposèrent Rome à Carthage. Les Carthaginois sont appelés poeni en latin, c'est une déformation du nom des Phéniciens dont sont issus les Carthaginois. La cause de ces guerres est liée à l'expansion de Rome et de Carthage en Méditerranée occidentale. * La première guerre punique (264-241 av. J.-C.) fut un conflit essentiellement naval. Elle eut pour cadre essentiel la Sicile. * La deuxième guerre punique (218-202 av. J.-C.) eut principalement lieu en Italie qu'Hannibal Barca atteignit en franchissant les Alpes mais se résolut en Afrique. * La troisième guerre punique (149-146 av. J.-C.) se situa en Afrique et aboutit à la destruction de Carthage.

-263         Alliance entre Rome et Hiéron II, roi de Syracuse. Hiéron II est tyran de Syracuse entre -270 et -215. Il instaure son autorité en mettant en déroute les Mamertins, des brigands d'origine italiques qui se sont emparés de Messine. Il reçoit le titre de roi. Il s'allie avec Rome contre Carthage pendant la Première guerre punique et lui verse un tribut de -263 à -248. Son petit-fils Hiéronyme lui succède.

-262         Victoire romaine contre Carthage à Agrigente (ville d'Italie, située en Sicile)

-261         en Égypte - Victoire de Ptolémée II et d'Eumène Ier de Pergame sur Antiochos Ier près de Sardes. Ptolémée II mène ensuite une deuxième guerre de Syrie contre Antiochos II (-260 -253). Le retour de la paix est marqué par le mariage de Bérénice, la fille de Ptolémée avec Antiochos. (roi de Syrie). Pergame, ancienne ville d'Asie mineure, en Mysie. À l'heure actuelle, son nom est Bergama (Turquie, province d'Izmir).

-260         Victoire navale romaine contre Carthage, près de Myles (ville de Sicile).

-256         Nouvelle victoire navale romaine contre Carthage, près d'Ecnome, puis débarquement romain en Afrique.

-255         Défaite romaine en Afrique face aux mercenaires spartiates entraînant le retour des armées romaines.

-255         invention de parchemin ou papier de Pergame. Le parchemin désigne une peau de couleur claire apprêtée comme support à l'écriture. Des peaux préparées avaient déjà été utilisées pendant un où deux millénaires, mais le "parchemin" proprement dit (mot dérivé de pergamena, "peau de Pergame") a été perfectionné vers le IIe siècle avant J.-C. à la bibliothèque de Pergame en Asie Mineure. Le parchemin désigne une peau de couleur claire apprêtée comme support à l'écriture. Des peaux préparées avaient déjà été utilisées pendant un où deux millénaires, mais le "parchemin" proprement dit (mot dérivé de pergamena, "peau de Pergame") a été perfectionné vers le IIe siècle avant J.-C. à la bibliothèque de Pergame en Asie Mineure. Les peaux (de chèvre, de veau ou d'agneau) sont lavées et polies à l'aide d'un couteau puis d'une pierre ponce. Cette préparation permet ainsi l'écriture sur les deux faces du cuir. Les feuilles ainsi obtenues peuvent être assemblées sous différentes formes : le volumen est un rouleau (utilisé jusqu'au IVe-Ve siècle) ; le codex, ancêtre du livre moderne, se compose d'un ensemble de feuilles reliées (utilisé à partir du Ier-IIe siècle). Les parchemins en peau de veau mort-né, d'une structure très fine, sont appelés vélins.

-250         Nouvelles incursions celtes en Italie.

-250         Chroniques d'Égypte (Aiguptiaka), de l'historien égyptien Manéthon, prêtre d'Héliopolis, écrites en grec. Elles retraçaient l'histoire des souverains et pharaons égyptiens des origines à Alexandre le Grand. Manéthon y donnait le classement en trente dynasties conservé par les historiens modernes. Manéthon de Sebennytos (IIIe siècle av. J.-C.), prêtre égyptien a écrit en grec, à la demande de Ptolémée Ier Sôter, l'histoire de l'Égypte (Aegyptiaca) en trente volumes. Il était originaire de Sebennytos, ville du delta et dernière capitale pharaonique des Nectanébo. En tant que prêtre, il avait sans doute accès aux listes royales des bibiliothèques de temples, mais aussi aux contes populaires à propos de divers pharaons mythiques.

-250         Écriture indienne kharosti. L'alphabet kharosti aussi connu sous le nom d'alphabet gandhari est un ancient alphasyllabaire utilisé pour noter le gandhari et le sanskrit par les scribes du gandhara. Il fut utilisé du milieu du IIIe siècle av. J.-C. au IIIe siècle. On l'utilisait aussi le long de la route de la soie où il aurait survécu jusqu'au VIIe siècle dans les relais isolés de Khotan et de Niya.

-250         Au III° siècle av. J.-C., l'alphabet latin de 19 lettres est constitué. L'alphabet latin est l'alphabet qu'on utilise majoritairement pour écrire les langues d'Europe occidentale ainsi que dans certains des pays qui ont été colonisés par les Européens. C'est, en concurrence avec l'alphabet cyrillique et, dans une bien moindre part, l'alphabet grec, l'écriture occidentale par défaut et maintenant – en raison de l'importance économique et culturelle de pays l'utilisant (comme les États-Unis) une écriture internationale : on peut trouver des mots écrits en lettres latines dans les rues du Japon comme dans celles de l'Égypte. On nomme cet alphabet ainsi car c'était, à l'origine, celui des Romains et de leur langue, le latin.

-249         Défaite romaine près de Drépane, entraînant la quasi destruction de la flotte romaine.

-247         La bibliothèque d'Alexandrie contient 400 000 rouleaux de Papyrus.

-246         à -221 - en Égypte - Règne de Ptolémée III Evergète Ier. Fondation du port d'Adoulis.

-246         à -241 - en Égypte - Troisième guerre de Syrie entre Ptolémée III et Séleucos II.

-241         Mars - Rome remporte la victoire aux îles Egates contre Carthage. Victoire décisive de Rome (Lutatius Catulus) sur Carthage (Hannon le Grand) à la bataille des îles Égades mettant fin à la Première Guerre Punique. Carthage, chassé de la mer, ne peut plus soutenir Lilybée et Drepanum, qui assiégées depuis un an, sont à bout de force. Elle demande la paix. Elle perd la Sicile et les îles voisines au profit de Rome et doit payer en dix ans une indemnité de guerre de 3200 talents.

-241         Traité entre Rome et Hamilcar (chef carthagénois), marquant la fin de la Ière guerre punique et l'annexion de la Sicile par Rome. Hamilcar Barca, ou Barcas (~270 - 228 av. J.-C.) était un homme d'État et un général carthaginois. Il est le père d'Hannibal et le fondateur de la dynastie des Barcides. Il fit aussi réaliser les célèbres jardins d'Hamilcar qui se trouvaient "à Mégara, faubourg de Carthage".

-240         Le géographe grec Ératosthène calcule la taille de la terre...à 10% près !    

-238         en Égypte - Lors d'une assemblée tenue à Canope, le clergé égyptien accepte d'introduire dans ses temples le culte des "dieux évergètes", c'est-à-dire des souverains de la dynastie lagide. Lagide, dynastie des Ptolémées (ou dynastie ptolémaïque) est une dynastie pharaonique qui naquit à l'effondrement de l'empire d'Alexandre le Grand en 305 avant notre ère et qui durera jusqu'à l'an 30 avant notre ère, suite au suicide de la dernière représentante de la dynastie, Cléopâtre VII. Canope est une ancienne cité de l'Égypte antique, située près de l'actuelle Aboukir. Elle abritait le Temple de Sérapis, le dieu guérisseur et dieu des morts.

-237         Le temple d'Edfou consacré au dieu Horus en Égypte. Edfou (Behdet, Apollinopolis Magna) est le plus grand et important temple de la Dynastie des Ptolémées ; il est situé sur la rive gauche du Nil entre Assouan et Louxor. Le temple d'Edfou a été construit entre 237 à 57 av. J.-C. ; il est un des temples les mieux préservés en Égypte. Il est consacré au Dieu faucon Horus. Horus est l'appellation grecque d'une des plus anciennes divinités égyptiennes, le dieu faucon ḥr, dont le nom signifie probablement Celui qui est au-dessus ou Celui qui est lointain. Le culte d'Horus remonte sans doute à la préhistoire, car la liste royale du papyrus de Turin qualifie de Suivants d'Horus les rois légendaires qui gouvernèrent l'Égypte après le règne des dieux. Aux débuts de l'époque historique, le faucon sacré est figuré sur la palette du roi Narmer et dès lors il sera constamment associé à la monarchie pharaonique.

-235         Nouvelle défaite galate en Asie Mineure par Attale Ier. Attale Ier roi de Pergame (241-197 av. J.-C.) qui succéda à son oncle Eumène Ier. Avant même son accession au trône, Attale était très populaire à Pergame depuis qu'il avait gagné la cour de chars aux Jeux Olympiques.

-229         Intervention romaine en Illyrie. L'Illyrie romaine correspond géographiquement à peu près à l'ouest de la Croatie et de la Slovénie. Les descendants actuels des Illyriens de l'Antiquité sont les Albanais. Les Illyriens apparurent environ 1000 ans avant J.C., à une époque charnière entre l'âge de bronze et l'âge de fer. Ils sont les premiers, avec les Grecs, à s'installer dans les Balkans et constituèrent un immense Royaume englobant une grande partie de la région balkanique. Les archéologues les associent à la culture de Hallstatt. La langue albanaise actuelle trouverait ses origines indo-européennes dans la langue illyrienne mais cela reste encore en débat parmi les linguistes. Le royaume illyrien du IVe siècle av. J.-C. est vaincu en -355 par Philippe II de Macédoine, père d'Alexandre le Grand. L'Empire romain commencera la conquête de cette région au IVe siècle av. J.-C. et intégrera un partie de l'actuelle Albanie en créant la province d'Illyrie en -9. Après l'éclatement de l'empire romain en 395, elle deviendra province de l'Empire byzantin.

-227         Ralliement des mercenaires carthaginois de Sardaigne à Rome.

-227         Les armées romaines débarquent en Sardaigne provoquant la colère de Carthage.

-227         en Grèce - Tremblement de terre provoquant la destruction de Rhodes. Destruction du Colosse de Rhodes par un tremblement de terre. La ville détruite se relève immédiatement à l'aide de secours venus de tout le monde grec.

-225         L'armée gauloise des rois Concolitanus, Aneoestus et Britomartus passe les Alpes et entre en Étrurie avant d'être détruite par l'armée romaine commandée par Lucius Aemilius Papus. L'Étrurie était le territoire des Étrusques. Il correspond en gros à l'actuelle Toscane.

-225         Défaite romaine face aux armées celtes à Clusium.

-224         Victoire des armées romaines commandées par Lucius Aemilius Papus sur les Celtes à Telamon.

-224         Les Romains entrent en pays Boïen. Les Boïens sont un peuple gaulois, des Celtes de l'Europe centrale. Leur tribu semble avoir été nomades, puisque, outre qu'ils ayent donné leur nom à la Bohême actuelle, on les retrouve en Gaule dans la région de Sancerre et tout le bas-Allier, ainsi qu'aux alentours d'Arcachon. Au IVe siècle av. J.-C., une partie du peuple boïen émigre en Italie où ils s'installent dans la région de Bologne. Ils construisirent un ensemble de cités dont la capitale était Felsina.

-222         Claudius Marcellus remporte la bataille à Clastidium contre les armées Gauloises de Virdomar venue de Gaule transalpine.

-221         à -207 Dynastie Qin. La dynastie Qin régna sur la Chine de -221 à -207. L'unification de la Chine sous son premier empereur Qin Shi Huang (Che Houang-Ti) met fin à 280 années de guerre (à partir de -403), depuis l'émergeance de 7 royaumes au Ve siècle av. J.-C.. Le roi de Qin Zheng devient le premier empereur de Chine sous le nom de Qin Shi Huangdi. Son ministre Li Si lui conseille de diviser ses domaines en trente-six commanderies confiées à des gouverneurs afin d'éliminer les grands féodaux et d'accroître l'autorité centrale. La dynastie Qin qui régna sur la Chine de -221 à -207 avant notre ère, succéda à la dynastie Zhou et précéda la dynastie Han en Chine. Le mot Qin est écrit aussi Chin et il s'agit probablement de la source du mot Chine actuel.

-221         Construction de la Grande Muraille de Chine. Grande Muraille de Chine est la plus longue construction humaine au monde ; elle est censée parcourir environ 6400 km, de la frontière avec la Corée jusqu'au désert de Gobi. Dans la pratique, si elle est impressionnante sur les milliers de kilomètres proches de la capitale, elle se réduit au-delà de cette distance jusqu'à apparaître en certains endroits comme une imposante levée de terre. Sa construction a été entamée sous la dynastie Qin, au IIe siècle av. J.-C., lors de l'unification de la Chine par le Premier Empereur Qin Shi Huang, puis évolua à plusieurs reprises en fonction des besoins. Son but était d'empêcher les troupeaux des tribus voisines de se mélanger avec ceux de l'Empire Chinois, et ainsi d'éviter les conflits. En effet, la muraille est aisément franchissable par une armée en raison de sa faible hauteur. C'est sous la dynastie Qing, (au XVIIIe siècle), qu'elle prit sa forme actuelle. Des études par satellite ont montré que de nombreux segments (environ 1000 km) étaient enfouis sous terre.

-221         L'empereur Qin Shi Huang et son armée de terre cuite. Mausolée qui s'étend sur environ 56 km², un tumulus haut de 115 m à 1,5 kilomètre duquel une fosse contenant quelque huit mille statues de soldats et de chevaux en terre cuite ont été enterrées. Cette fosse, découverte en 1974, n'est qu'une parmi d'autres dans le mausolée: certaines ont été retrouvées à plusieurs kilomètres du monticule de sa tombe. Cette dernière n'est pas encore fouillée car les archéologues cherchent toujours un moyen d'entrer dans le tombeau en évitant les pièges et les trappes équipées d'arbalètes installées par l'empereur pour protéger sa dépouille des pillards. C'est également un choix de la part du gouvernement chinois qui souhaite attendre les moyens et technologies nécessaires pour notamment pouvoir protéger les objets à découvrir, mais surtout pour pouvoir conserver la dépouille de l'empereur intacte. Édifier cette nécropole nécessita plus de trente ans d'ouvrage et une main d'oeuvre de quelque 700 000 personnes.

-221         à -205 - en Égypte - Règne de Ptolémée IV Philopator. Le déclin de la dynastie lagide commence avec lui, marqué par la multiplication des intrigues de cour et par de sanglants règlements de comptes familiaux. Le nouveau souverain favorise l'essor du culte de Dionysos. Dionysos, dans la mythologie grecque, Dionysos est le dieu des jonctions des opposés et des ambiguïtés (mort-vie, homme-femme, vigne, vin et ses excès-lierre soporifique, dieu souterrain-dieu solaire, dieu étranger, barbare-dieu grec quasi maître de l'Olympe). Il est le fils de Zeus et de la mortelle Sémélé. Les Romains l'ont assimilé au pâle Bacchus. Selon les listes, il fait partie ou non des douze Olympiens, bien qu'il ne vive pas sur le mont Olympe (c'est essentiellement un dieu errant). Bacchus est l'équivalent romain du Dionysos grec, beaucoup plus ancien. Les romains l'ont adopté, comme beaucoup d'autres dieux étrangers dans la mythologie romaine, en l'assimilant avec le vieux dieu italique Liber Pater. C'est le dieu du vin, de l'ivresse, des débordements, notamment sexuels. Priape est un de ses compagnons favoris. Cependant, il est de nos jours perdu de vue que Bacchus est très cultivé et contre tout abus d'alcool. Ce sont les bacchannales qui, dégénérant en orgies, sont cause de cet oubli.

-219         Nouvelle intervention romaine en Illyrie contre Démétrios de Pharos.

-219         Hannibal (homme d'état de Carthage) s'empare de la ville de Sagonte (Ibère) alliée de Rome, puis franchi l'Èbre (ou plutôt le Jucar), violant les accords de -226. Début de la deuxième guerre punique. Ibères, ainsi appelés par les Grecs, étaient les premiers peuples de la péninsule hispanique. Ils forment probablement un groupe de peuples préceltiques et non pas une famille de peuples; en effet il est difficile d'établir leur parenté. Parmi les peuples ibères on dénombre les Cynésiens, les Turdétans, les Mastinis, les Vascons, les Aquitains, les Ibéro-Ligures, les Ligures; plus tard, après les migrations des peuples celtes, on trouvera les Celtibères. Hannibal Barca (ou Annibal -247 à -183), fils d'Hamilcar Barca, est un général carthaginois, qui s'est notamment illustré pendant la deuxième guerre punique où il dirigea les troupes carthaginoises à l'assaut de l'empire romain naissant. Il est surtout célèbre pour ses éléphants de guerre qu'il mena à travers l'Espagne et les Alpes jusqu'en Italie et pour ses qualités militaires (il étudia notamment les stratèges grecs).

-218         Les Romains déclarent la guerre à Hannibal.

-218         25 août - Hannibal traverse le Rhône.

-218         septembre - Hannibal traverse les Alpes par le mont Cenis perdant une grande partie de son armée.

-218         octobre - Hannibal remporte la victoire contre les romains au Tessin.

-218         décembre - Les Boïens et les Insubres s'allient à Hannibal contre les Romains. Insurbe, peuple celte d'Italie.

-218         décembre - Victoire d'Hannibal contre Scipio sur Le Tessin. Tessin, canton suisse. Son nom vient de l'affluent du Pô homonyme.

-218         21-22 décembre - Hannibal remporte la victoire contre les romains près de La Trébie. La Trébie (un affluent du Pô), à l'ouest de Plaisance en Italie du nord.

-217         Victoire navale de Cornelius Scipio contre Hasdrubal sur l'Èbre. L'Èbre est le plus puissant des fleuves espagnols. Hasdrubal Barca, né en 245 av. J.-C. et décédé en 207 av. J.-C., est le deuxième fils d'Hamilcar Barca et le frère d'Hannibal Barca et de Magon Barca. Il participe à la Deuxième Guerre punique et commande des troupes carthaginoises en Espagne en 218 av. J.-C.. Il y éprouve d'abord des revers puis, aidé par Massinissa, roi des Numides, il bat les deux Scipions (212 av. J.-C.) et vient rejoindre son frère en Italie avec de puissants renforts. Il est arrêté dans sa marche, battu et tué lors de la bataille du Métaure, dans le nord de l'Italie, par les consuls Claudius Nero et Livius Salinator (207 av. J.-C.). Les vainqueurs lui coupent la tête et viennent la jeter dans le camp d'Hannibal.

-217         21 juin - Hannibal remporte la victoire contre les romains près du lac de Trasimène.

-217         Fabius Maximus est nommé dictateur. Fabius Maximus, Fabius Maximus Verrucosus Quintus dit Cunctator (le Temporisateur) : homme politique et militaire romain, né à Rome vers 275 avant J.-C. et mort à Rome en 203 avant J.-C. Appartenant à une très ancienne famille patricienne, Fabius Maximus a été nommé deux fois consul, en 233 et 228, et censeur. Le Sénat le nomma dictateur romain en 217 avant J.C. après le désastre du lac Trasimène en juin. En 218, Fabius avait déjà fait partie de l'ambassade romaine à Carthage et c'est lui qui, formellement, avait déclaré la guerre à la cité punique après la prise de Sagonte par Hannibal.

-217         en Égypte - Antiochos III est vaincu à Raphia, à l'issue de la quatrième guerre de Syrie engagée en -219. Antiochos III Mégas (le Grand), né vers -242 et mort en -187, est sans aucun doute le plus important souverain de la dynastie séleucide avec son fondateur Séleucos Ier. Son surnon de Mégas vient du titre de Mégas Basileus (grand roi) qu'il a adopté. Les Séleucides sont une dynastie issue d'un des généraux d'Alexandre le Grand (Séleucos Ier Nicator), général qui à la mort de celui-ci se tailla un royaume composé de la majeure partie de l'empire d'Alexandre, allant de la Méditerranée à l'Indus, en Inde. Ils ont régné de -305 à -64.

-216         Première guerre de Macédoine (jusqu'en -205). Guerres de Macédoine, la défaite contre Rome et la provincialisation : Le règne des deux derniers rois se résume à une lutte acharnée contre Rome, qui devient de plus en plus puissante. Philippe V de Macédoine est un monarque énergique, qui participe tout d'abord à une guerre entre les Étoliens et les Achéens ("la guerre des Alliés"), qui se termine en – 217. La première guerre entre Rome et la Macédoine, durant laquelle Philippe V de Macédoine est allié à Hannibal, se solde par le partage de l'Illyrie entre Rome et la Macédoine (– 205). Les Guerres de Macédoine regroupe quatre conflit entre le Royaume de Macédoine et la Rome antique. Le règne des deux derniers rois macédoiniens se résume à une lutte acharnée contre Rome, qui devient de plus en plus puissante. Philippe V de Macédoine est un monarque énergique, qui participe tout d'abord à une guerre entre les Étoliens et les Achéens ("la guerre des Alliés"), qui se termine en -217. Première Guerre macédonienne, Hannibal emploie la diplomatie, et au printemps 215 noue une alliance avec Philippe V de Macédoine. Informés par hasard par la capture des émissaires macédoniens, les Romains bloquent toute tentative de débarquement macédonien avec une escadre de 50 navires basée à Brindisi. Philippe V de Macédoine, dépourvu de flotte de guerre, est réduit à l'attente d'une intervention navale carthaginoise, qui ne viendra jamais. Cette guerre macédonienne est incise dans la seconde guerre punique. Philippe V de Macédoine ne parvient pas à s'emparer des positions romaines de Dyrrachium et Apollonia sur la côte illyrienne, tandis que les Romains le mettent en difficulté sur ses arrières, en s'alliant avec la ligue étolienne en 212 moyennant un soutien naval romain, puis avec les villes grecques de Sparte, Messène et Elis en 211, et même avec Attale Ier roi de Pergame en 209. Lorsqu'en 205, l'échec carthaginois fut patent, le Sénat romain et Philippe V de Macédoine signèrent la paix.

-216         2 août - Hannibal remporte la victoire contre les armés du Consul Paul-Émile à Cannes (en Apulie, région d'Italie, située au sud est du pays). La bataille de Cannes est une victoire décisive d'Hannibal sur les légions romaines, au cours de la deuxième guerre punique. Le 2 août 216 av. J.-C., le général carthaginois écrase, grâce à une manoeuvre géniale qui est depuis 22 siècles toujours étudiée dans les écoles de guerre, des troupes romaines deux fois et demi plus nombreuses, ce qui lui permet de s'établir durablement dans le sud de l'Italie. C'est l'une des plus grandes défaites des Romains : plus de 50 000 d'entre eux sont tués et près de 10 000 sont faits prisonniers. Malgré cela, la deuxième guerre punique (218-201 avant J.-C.) s'achèvera par la défaite d'Hannibal en -202. Celui-ci s'exilera puis s'empoisonnera pour échapper aux Romains en 183 avant J.-C. La bataille de Cannes est une victoire décisive d'Hannibal sur les légions romaines, au cours de la deuxième guerre punique. Le 2 août 216 av. J.-C., le général carthaginois écrase, grâce à une manoeuvre géniale qui est depuis 22 siècles toujours étudiée dans les écoles de guerre, des troupes romaines deux fois et demi plus nombreuses, ce qui lui permet de s'établir durablement dans le sud de l'Italie.

-216         Capoue se rallie à Hannibal. Capoue est une ville d'Italie du sud, en Campanie. Hannibal y passa l'hiver au cours de la deuxième guerre punique, ce qui a fait naître l'expression proverbiale les délices de Capoue.

-215         Mort de Hiéron II, roi de Syracuse; son successeur, Hiéronyme, brise l'alliance avec Rome. Hiéronyme est le dernier tyran de Syracuse, de 215 à 214 av. J.C. (ou 216 à 215 selon d'autres chronologies). Il succède à son grand-père Hiéron II à l'âge de 15 ans. Quoique Hiéron II ait préparé cette succession par l'accompagnement d'un conseil de tutelle, un des membres de ce conseil Andranodore, oncle du jeune prince, le pousse à la débauche pour exercer le pouvoir à sa place. Cette succession se déroule à un moment crucial de la deuxième guerre punique, lorsque la série de victoires d'Hannibal ébranle la domination romaine. Influencé par le parti anti-romain et par les ambassadeurs carthaginois Hippocratès et Epicydès, Hiéronyme abandonne l'alliance romaine au profit de Carthage. Des troubles confus enflamment Syracuse, et Hiéronyme est massacré avec la famille royale après 15 mois de règne.

-215         Les armées romaines assiègent Syracuse.

-215         Nouvelle écriture chinoise tracée au pinceau.

-214         Prise de Sagonte par les armées romaines. Sagonte, ville de la Communauté autonome de Valence, située à l'est de l'Espagne, 25 km au nord de la ville de Valence.

-213         Hannibal s'empare de Tarente. Tarente, ville italienne, chef-lieu de la province de même nom dans les Pouilles. Tarente est un port du sud de l'Italie construit sur le golfe de Tarente.

-212         Le général romain Marcellus prend la ville de Syracuse après en avoir fait le siège, malgré les inventions militaires d'archimède. La ville est livrée au pillage. Les Carthaginois sont chassés de Sicile.

-212         mort d'Archimède lors de la prise de Syracuse par les armées romaines de Marcellus.

-212         Alliance de Rome avec Pergame et avec les Étoliens. Pergame est une ancienne ville d'Asie mineure, en Mysie. Étolie: dans l'antiquité, l'Étolie était une région du centre de la Grèce, limitée à l'ouest par l'Acarnanie et au sud par le golfe de Corinthe. Sa ville la plus célèbre, près de la côte, était Calydon. Comme sa propre côte était marécageuse et ne possédait pas de port, l'histoire de l'Étolie fut celle d'une puissance terrestre.

-212         Création du denier valant 10 as.

-211         Échec d'Hannibal pour briser le siège de Capoue.

-211         Mort de Publius et Cneius Scipio contre Hasdrubal en Espagne. Publius Cornelius Scipio, appartenait à la famille des Scipions, branche de la gens Cornelia. Il est le père de Scipion l'Africain (Publius Cornelius Scipio Africanus). Consul en -218, il participa à la deuxième guerre punique. Il fut envoyé en Espagne en -218 avec son frère Gnaeus Cornelius Scipio Calvus, consul en -222, à la tête de deux armées. Le soulèvement du roi des Masaesyles de Numidie, Syphax, contre Carthage (-215- -212), retenant les armées puniques en Afrique, permit aux Romains d'étendre leurs conquêtes au sud de l'Èbre. Mais quand Syphax eut fait la paix avec Carthage (-212), les deux armées romaines, qui avaient déjà pénétré en Andalousie, subirent séparément un désastre, où leurs chefs périrent (-211) devant des troupes supérieures en nombre, commandées par Magon et Hasdrubal, frère d'Hannibal.

-210         Cornelius Scipion (fils de Publius) prend la tête de l'armée d'Espagne. Scipion l'Africain (Publius Cornelius Scipio Africanus) est un général et homme d'État Romain, né en -235, et mort en -183, à Liternum en Campanie. Il appartenait à la famille des Scipions, branche de la gens Cornelia. Fils de Publius Cornelius Scipio, le consul de -218, il voit périr son père et son oncle en -211. Il prend part à la bataille de Cannes (Apulie), près de l'actuelle Canossa, en (-216), comme tribun de la seconde légion. Proconsul en Espagne, en -211, à 24 ans, il prend la Nouvelle Carthage (Carthagène), en -209, rallie les Celtibères, triomphe d'Hasdrubal à Bécula, en Andalousie, en -208 et après plusieurs batailles victorieuses, conquiert toute l'Andalousie, en -207. Après la soumission de Gadès (Cadix) et l'alliance avec Massinissa, il rentre à Rome à l'automne -206, couvert d'une gloire immense. Consul en -204, avant l'âge habituel, il reçoit la Sicile, d'où avec 50 vaisseaux de guerre et 400 navires de transport, il passe en Afrique. Après avoir vaincu Hannon, et suite à la grande défaite de Syphax près de Cirta, il occupe Tunis en -203. Proconsul en -203, il vainc définitivement les Carthaginois d'Hannibal, rappelé d'Italie, à la bataille de Zama en octobre -202. Cette bataille mit fin à la deuxième guerre punique et il reçoit le surnom d'Africain (Africanus), celui qui a vaincu les Africains. On précise parfois Africanus major pour le distinguer de Scipion Émilien qui reçut aussi le surnom d'Africain. Censeur en -199, consul pour la deuxième fois en -194, il prend part à la guerre contre Antiochos III de Syrie (-193 à -190) au retour de laquelle, il rencontra l'hostilité des Romains conservateurs, emmenés par Caton l'Ancien, qui lui reprochaient d'avoir gaspillé à son profit des indemnités de guerre. Il choisit alors de se retirer.

-210         Chute de Capoue face aux armées romaines.

-210         18 mars - Incendie du Forum à Rome.

-209         Prise de Carthagène par Cornelius Scipio. Carthagène est une ville de Murcie en Espagne, au bord de la Méditerranée. La ville fut fondée par Hasdrubal en 230 av. J.-C.. Son nom, parfois orthographié Cartagène en français, vient du latin Carthago Nova, "la nouvelle Carthage".

-209         Reprise de Tarente par les armées romaines.

-208         Victoire de Scipion contre Hasdrubal à Baecula.

-207         Hasdrubal passe les Pyrénées à la tête de son armée.

-207         Hasdrubal passe les Alpes par le mont Genèvre.

-207         23 juin - Défaite et mort d'Hasdrubal par les Romains sur les bords du lac Métaure.

-206         Victoire de Scipion contre Magon (frère cadet d'Hannibal) à Ilipa; l'Espagne devient province romaine.

-206         à 220 Dynastie Han. La dynastie Han régna sur la Chine de 202 av. J.-C. à 220 ap. J.-C. Fondée par Liu Bang, paysan révolté contre la dynastie Qin, elle compta vingt-huit empereurs. Première dynastie impériale par sa durée, cette période est traditionnellement divisée en Han occidentaux ou Han antérieurs (202 av. J.-C. - 9), capitale Chang'an, et les Han orientaux ou Han postérieurs, (25 - 220), capitale Luoyang, séparés par la courte dynastie Xin fondée par Wang Mang. Elle compta vingt-huit empereurs et fut fondée par Liu Bang, paysan révolté contre la dynastie Qin. Liu Bang (ou Gaozu) instaura les examens mandarinaux qui demeureront pendant deux mille ans.

-205         On invente points, virgule et tirets en Grèce.

-205         Signature d'un traité de paix de Phoenice avec Philippe V de Macédoine. Rome, en pleine guerre punique, accepte de laisser ses conquêtes à Philippe V de Macédoine. Philippe V de Macédoine, né en 238 av. J.-C. et mort en 179 av. J.-C., roi de Macédoine appartenant à la dynastie des Antigonides. Il prend le pouvoir en 221 à la mort de son cousin Antigone III Doson. En 215, il s'allie avec le carthaginois Hannibal contre Rome, ce qui déclenche la Première guerre macédonienne, laquelle prend fin en 205. Rome et la Ligue étolienne font alliance contre lui en 212. Il fait la paix avec cette dernière en 206. Une autre alliance voit le jour entre Rome, Pergame et Rhodes en 200, ce qui occasionne la Seconde guerre macédonienne de 200 à 197. En 201, il prend Chios. En 200, c'est au tour d'Athènes. Il est défait par le général romain Titus Quinctius Flamininus à Cynoscéphales en 197. Il meurt en 179 à Amphipolis après un règne de 42 ans. Son fils, Persée de Macédoine, lui succède.

-205         à -181 - en Égypte - Règne de Ptolémée V Epiphane, marqué par la révolte de la Thébaïde. Ptolémée V Épiphane, est un pharaon de la période lagide qui gouverna l'Égypte de -204 à -180. Il épousa Cléopâtre Ière, fille d'Antiochos III, qui lui donna Ptolémée VI, Cléopâtre II et Ptolémée VII. Cependant, il ne brille pas par son règne. Fils de Ptolémée IV et de sa soeur Arsinoé III, il est le jouet, comme son père, de ses ministres tels Agatocle, Tlépomène et Sosibe le jeune. Il est vrai qu'il n'a que 5 ans lorsqu'il accède au trône. Le roi Antiochos III l'attaqua, profitant de sa faiblesse, et, vainqueur à Panion en -200 lui enlève des territoires sous domination égyptienne tels la Palestine ou la Coelésyrie (Liban actuel). Il semble que des troubles internes éclatent en Thébaïde (révoltes indigènes), et il doit la reconquérir avec l'aide de mercenaires Grecs et par une sanglante répression. Pour consolider son trône les ministres-régents avaient confié au Sénat romain la tutelle du jeune roi. Il est empoisonné par ses courtisans. Son fils aîné Ptolémée VI lui succède.

-204         Débarquement Romain en Afrique près d'Utique. Utique, était une cité nord-africaine antique fondée par les Phéniciens. Située près de Carthage, au nord-ouest plus précisément; lorsque cette dernière tomba aux mains des Romains lors de la troisième et dernière guerre punique, elle fut érigée en capitale de la province nouvellement conquise. Elle connut alors une période de prospérité jusqu'à ce que l'ensablement du port n'engendre son déclin à partir du IIIe siècle.

-203         Hannibal repasse en Afrique.

-202         29 octobre Scipion remporte la victoire contre Hannibal à Zama près de Carthage. Fin de la deuxième guerre punique. Pendant la conquête de l'Afrique, le général romain Scipion et son allié Masinissa battent Hannibal à Zama, au nord de la Tunisie. Cette victoire romaine marque la fin de la deuxième guerre punique. A son retour à Rome, Scipion prendra le surnom de "Scipion l'Africain".

-201         Traité de paix entre Carthage et Rome mettant fin à la deuxième guerre punique.

-200         vers - invention de la vis (Archimède) et de l'astrolabe (Hipparque (Grèce)). L'astrolabe fut le principal instrument de navigation jusqu'au XVIIIe siècle, au moment où fut inventé le sextant.

-200         Deuxième guerre de Macédoine (jusqu'en -197). La deuxième guerre, pendant laquelle quasiment toute la Grèce est alliée à Rome, voit la déroute de la phalange macédonienne à Cynoscéphales (197 avant J.-C.). L'année suivante, Rome impose la paix à Philippe V de Macédoine, qui renonce à la Grèce et à la Thessalie. Persée de Macédoine, fils de Philippe V de Macédoine, reprend la lutte, mais est loin d'avoir les qualités de son père. Deuxième Guerre macédonienne, cette guerre se déroula de -200 à -197. Elle opposa d'une part l'antigonide Philippe V de Macédoine, et d'autre part les Romains, appelés à l'aide en -201 par Pergame et Rhodes après la bataille de Chios. Philippe V de Macédoine fut défait en -197 à Cynoscéphales par le consul romain Titus Quinctius Flamininus et dut signer la paix à Tempé en -196, aux conditions imposées par Flaminius: abandonner toutes ses places grecques en Europe et en Asie Mineure ; payer une lourde indemnité de guerre ; livrer aux Romains la flotte macédonienne ainsi que son fils ; devenir l'allié de Rome.

-200         Hamilcar, officier carthaginois soulèvent les Ligures, les Boïens, les Insubres et les Cenomans contre les Romains.

-200         Défaite de Hamilcar face aux Romains près de Crémone (ville d'Italie, située en Lombardie)

-200         en Égypte - La cinquième guerre de Syrie entamée en -202 tourne à l'avantage d'Antiochos III, vainqueur à la bataille du Panion. La Coelé-Syrie demeure entre les mains des Séleucides.

-200         La civilisation nazca commence à fleurir au Pérou vers cette époque. La civilisation Nazca (ou Nasca) est une culture pré-incaïque du Sud du Pérou qui se développa entre 300 av. J.-C. et 800 après J.C. Elle est surtout connue pour ses géoglyphes, d'immenses lignes et figures tracées dans le désert proche de la ville actuelle de Nazca, ses aqueducs et par ses magnifiques céramiques polychromes à motifs zoomorphes.

-200         Des Nabatéens nomades commencent à se fixer à Pétra. Les Nabatéens étaient un peuple commerçant d'Arabie, dont les peuplements dans les oasis au temps de Flavius Josèphe ont donné le nom de Nabatène à la région frontalière entre la Syrie et l'Arabie, entre l'Euphrate et la Mer Rouge. Leur capitale était Pétra. Leur commerce se déroulait principalement entre les oasis, sans route précisément définie. Pétra est une ancienne cité troglodyte, capitale des Édomites puis des Nabatéens, peuples aujourd'hui disparus. Elle est située à 250 km au sud d'Amman, la capitale de la Jordanie. Son nom vient du grec signifiant pierre. Créée par les Édomites qui ont dominé la région du VIIIe au Ve siècle av. J.-C., elle est ensuite passée aux mains des Nabatéens. Selon ces derniers, elle était protégée par le dieu Duchara. Mais cela ne l'a pas empêchée de tomber aux mains des Romains en 106 de l'ère chrétienne. Elle atteignit son apogée du Ier siècle av. J.-C. au Ier siècle ap. J.-C. Elle aurait abrité à cette époque jusqu'à 30 000 habitants. Elle a dû sa prospérité à sa position stratégique sur les routes caravanières, entre l'Arabie, la mer Rouge et la Méditerranée. De plus, elle était bien abritée dans une gorge profondément encaissée. L'eau, rare dans cette région, était recueillie lors des crues grâce à un système d'alimentation en eau composé de céramique qui s'étendait jusqu'aux dehors de la cité et approvisionnait un important réseau de citernes souterraines. C'est l'ouverture des routes maritimes à l'époque romaine qui porta un coup fatal à Pétra et aux Nabatéens. Occupée par les Romains, conquise par les Arabes puis par les croisés, elle fut complètement oubliée jusqu'à sa redécouverte en 1812 par un voyageur suisse, Johann Ludwig Burckhardt. On montre surtout de Pétra ses tombeaux creusés à même la roche et qui présentent des façades de type hellénistique (dont le célèbre Khazneh).

-199         Les armées romaines sont en Albanie.

-198         Les armées romaines entrent en Grèce.

-197         Défaite des Insubres face aux Romains.

-197         Victoire romaine de Flamininus contre Philippe V de Macédoine à Cynoscéphales (Région septentrionale de la Grèce)

-197         en Égypte - Ptolémée V se fait couronner à Memphis selon le rite égyptien et accorde de nombreux privilèges au clergé indigène.

-196         1er juin Mort du premier empereur Han. L'empereur Liu Bang meurt dans son palais de Changan (Chine) à 52 ans. Huit ans plus tôt, profitant de la désintégration de l'empire consécutive à la mort du premier empereur chinois, il avait pris le pouvoir et rétabli l'ordre dans le pays. La dynastie des Han (206 avant J.-C - 220 après J.-C) sera la plus longue de la Chine impériale. Elle sera à l'origine de l'espace chinois tel qu'il apparaît aujourd'hui et du système du mandarinat.

-195         Exil d'Hannibal vers Tyr. Tyr (mot qui signifie "pierre") est le nom d'une ville d'origine phénicienne, située sur l'emplacement actuel de Sour au Liban, sur la côte méditerranéenne.

-195         mort de Ératosthène.

-192         Défaite des Boïens face aux Romains marquant la reconquête de la Gaule cisalpine.

-192         Antiochos III débarque en Grèce pour apporter un soutient aux Étoliens.

-191         Antiochos III évacue la Grèce.

-190         Victoire romaine contre Antiochos III à Magnésie (en Grèce).

-190         Marbre de 'La victoire de Samothrace'. Les Grecs représentaient la Victoire sous la forme d'une femme ailée. Le monument de Samothrace constitue la création la plus grandiose de ce type. Charles Champoiseau, vice consul de France à Andrinople (Turquie) découvrira cette oeuvre à Samothrace, île de la mer Egée.

-190         à -120 - naissance de Hipparque. Astronome, géographe et mathématicien grec. Hipparque est né en Nicée, en Bithynie (actuellement en Turquie) ; il est probablement mort face aux côtes turques sur l'île de Rhodes. On sait qu'il a été actif au moins entre 147 et 127 av. J.-C. Hipparque est considéré comme le plus grand astronome d'observation de l'antiquité. Il fut le premier Grec à développer des modèles quantitatifs et précis du mouvement de la Lune et du Soleil. Pour cela, il utilisa les observations et les connaissances accumulées pendant des siècles par les astronomes chaldéens de Babylone. Hipparque est le fondateur de la trigonométrie et emprunta aux Babyloniens le partage du cercle en trois cent soixante parties, habitude qui survit de nos jours. Il fut aussi le premier à compiler une table trigonométrique ; ce qui lui permit de résoudre tous les triangles. Avec ses théories lunaires et solaires et ses tables trigonométriques, il fut probablement le premier à développer une méthode fiable pour prédire les éclipses solaires. Parmi ses autres réalisations, on peut citer la découverte de la précession, la compilation du premier catalogue d'étoiles et probablement l'invention de l'astrolabe. Trois siècles plus tard, Ptolémée dépendit fortement des travaux d'Hipparque. Néanmoins, sa synthèse de l'astronomie surpassa les travaux d'Hipparque : bien que ce dernier ait écrit au moins 14 livres, seul son commentaire sur le poème d'Aratos sur l'astronomie populaire (Toon Aratou kai Eudoxou Fainomenoon exegesis) a été préservé par les copistes. En conséquence, on sait relativement peu sur lui.

-189         Campagne de Hanlius Vulso (jusqu'en -188) contre les Galates sans accord du Sénat.

-183         Sur le point d'être pris par les Romains, Hannibal se donne la mort.

-181         Défaite des pirates ligures face aux Romains.

-181         à -145 - en Égypte - Règne de Ptolémée VI Philometor.

-175         à -145 - en Égypte - Aristarque de Samothrace, élève d'Aristophane de Byzance qui l'a précédé dans ses fonctions, est responsable de la Bibliothèque d'Alexandrie.

-172         Rome déclare la guerre à la Macédoine, début de la troisième guerre de Macédoine (jusqu'en -148.). La troisième guerre entre Rome et la Macédoine se termine par un véritable désastre: définitivement vaincu à Pydna (-168), Persée est capturé par le général romain Paul Émile, qui l'emmène à Rome pour son triomphe. La Macédoine est d'abord divisée en quatre districts, puis est regroupée en une province romaine en 148 avant J.-C. La Troisième guerre de Macédoine avait commencé en 172 av. J.-C. à la suite des initiatives politiques de Persée en Grèce, où il tentait avec un certain succès de présenter la Macédoine comme un utile contrepoids à l'influence romaine toujours plus envahissante : en 174 av. J.-C., il avait ainsi approché la Ligue achéenne et surtout conclu un traité d'alliance avec la Béotie. Sans trahir les clauses du traité de 197 av. J.-C. qui interdisait toute intervention macédonienne en Grèce, cette politique avait suffisamment inquiété le Sénat romain pour qu'il ait envoyé de nombreuses ambassades en Grèce, puis finalement, suite à une plainte formelle de l'allié fidèle Eumène de Pergame en 172 av. J.-C., pour qu'il ait décidé la guerre. Persée est roi de Macédoine de 179 à 167 av. J.-C. Sa défaite à la bataille de Pydna contre les Romains dirigés par Lucius Aemilius Paullus met fin à la troisième guerre de Macédoine. Elle entraîne également la disparition de la dynastie antigonide et l'abolition de la monarchie macédonienne.

-170         à -168 - en Égypte - Sixième guerre de Syrie. Antiochos IV envahit l'Égypte mais Rome exige qu'il en retire ses troupes. Antiochos IV Épiphane (l'Illustre) est le fils d'Antiochos III le Grand, né vers 215 av. J.-C et gouverne le royaume séleucide de 175 av. J.-C à 163 av. J.-C. Il succède, après avoir passé plusieurs années à Rome comme otage, à son frère Séleucos IV, assassiné par son ministre Héliodore qu'il élimine rapidement. C'est un personnage ambigu, bon chef de guerre qui s'empare de l'Égypte en 168 av. J.-C mais qui doit y renoncer sous la pression romaine (fameux cercle de Popilius), et qui représente le dernier règne important de la dynastie.

-169         En Israël - Le souverain séleucide Antiochos IV profane le Temple et interdit la pratique du judaïsme. Révolte juive et affranchissement de la tutelle grecque.

-168         Victoire romaine d'Aemilius Paulus près de Pydna contre Persée (Macédonien).

-167         en Grèce - Le roi séleucide, Antiochos IV de Syrie interdit la religion juive et remplace dans le Temple sacré, l'autel de Yahvé par un autel consacré à Zeus. Le soulèvement juif s'organise sous la direction du prêtre Mattathias et de ses fils, les Maccabées. Les Macchabées (Makabim en hébreu) ont fondé la dynastie des Asmonéens. Le surnom de Macchabée est celui de Juda, troisième fils du prêtre Mattathias.

-167         en Grèce - Avril : édit de persécution : L'athénien Géronte, délégué royal, impose l'hellénisation du culte et des moeurs à Jérusalem comme en Samarie. Le temple de Jérusalem est dédié à Zeus Olympien et celui du mont Garizim à Zeus hospitalier.

-167         en Grèce - En décembre, on inaugure un autel païen dans le temple ("l'abomination de la désolation") en célébrant des sacrifices païens (porcs), et les fêtes dionysiaques. La mort est décrétée contre quiconque observerait les coutumes israélites (sabbat, circoncision, tabous alimentaires). Les livres de la Loi sont déchirés et brûlés. Cette hellénisation systématique est en partie accepté par les Samaritains, en Galilée et en Galaad. En Judée, certains notables et dignitaires, élevés à la grecque, se soumettent. D'autres préfèrent l'exil (le prêtre Onias IV en Égypte). Le peuple accepte par force, pour survivre. D'autres se retirent à la campagne ou se cachent dans des grottes pour observer la Loi. Certains Juifs sont arrêtés et exécutés. D'autre enfin se révoltent et prennent le maquis.

-167         en Grèce - Révolte des Maccabées contre la domination politique des Séleucides et le modèle culturel hellénistique (-167/-142). Avec ses cinq fils, Mattathias l'Hasmonéen, prêtre de la descendance de Yôatrib, refuse de sacrifier devant les envoyés du roi à Modîn. Il égorge un Juif qui allait célébrer un sacrifice païen et tue l'envoyé du roi, donne le signal de la révolte et prend le maquis. Il rassemble autour de lui 6000 hommes fidèles à la Loi. Ses partisans renversent les autels païens, circoncisent de force les enfants et brûlent les villages passés à l'hellénisme.

-166         Rome installe à Délos un port franc et un marché aux esclaves. Délos est l'une des îles des Cyclades, en Grèce.

-154         Les Ligures assiègent Nice.

-154         Défaite des Ligures face à l'armée romaine de Quintus Opimius.

-150         Carthage déclare la guerre à Massinissa (numide) qui occupe une partie de son territoire. Massinissa est le fils du premier roi de Numidie, Gaia. Son reigne dura 54 ans. Il commença en tant que chef tribal, et combattit la première fois au côté de Carthage en Espagne; sa cavalerie contribua en -211 à la défaite des deux armées romaines d'Espagne sous les ordres de Publius Cornelius Scipio et Gnaeus Cornelius Scipio Calvus, père et oncle de Scipion l'Africain. Numidie, La Numidie est une ancienne province de l'Empire romain située entre la province d'Afrique (actuelle Tunisie) et la province de Maurétanie (actuelle côte occidentale de l'Algérie). Elle correspond à la côte orientale de l'Algérie.

-149         Rome apporte son soutien à Massinissa marquant le début de la troisième guerre punique (jusqu'en -146).

-148         Mort de Massinissa.

-147         en Grèce - Rébellion des Achéens. Révolte réprimée par Metellus en Macédoine qui devient province romaine. La Macédoine soumise, Metellus marche en Grèce à la rencontre des Achéens.

-146         Défaite et destruction de Carthage, marquant la fin de la troisième guerre punique.

-146         Rome annexe la Tunisie. Au lendemain de la troisième guerre punique, les Romains s'emparent de la Tunisie. Ils réduisent Carthage en ruines avant d'inclure la région à l'empire romain d'Afrique. Ils développeront d'ingénieuses méthodes agricoles, contribuant ainsi au développement économique et architectural du territoire.

-146         Prise et destruction de Corinthe par les armées romaines. Corinthe, cité grecque mentionnée dans l'Iliade, où elle porte aussi le nom d'Éphyre. C'était l'une des plus importantes cités de la Grèce antique.

-145         à -116 - en Égypte - Règne de Ptolémée VII Évergète II. Frère de Ptolémée VI, il épouse sa veuve et fait assassiner son neveu Ptolémée VIII Eupator.

-135         Première grande révolte servile.

-134         en Judée - Les Pharisiens critiquent le sacerdoce de Jean Hyrcan sous prétexte que sa mère aurait été captive et s'opposent à la prétention à la royauté d'un non-davidide. Cette position rencontre un certain écho dans le peuple et suscite une révolte que Jean Hyrcan réprime durement. Le roi se rallie alors aux positions des Sadducéens, probablement des Assidéens sadocides que le temps et les nécessités des affaires avait ralliés au sacerdoce hasmonéen. Cependant, parmi les Assidéens, des intransigeants forment un groupe, les Esséniens, qui s'organise dans une opposition durable. Jean Hyrcan Ier (règne de -134 à sa mort en -104 av. J.-C.), dit Hyrcanus, est le deuxième fils de Simon Macchabée et grand-prêtre de Jérusalem au IIe siècle av. J.-C.. Il est donc le neveu de Juda Macchabée. Deux de ces fils marquèrent la dynastie Asmonéenne : Aristobule Ier et Antigone Ier Il est membre de la famille des Hasmonéens et occupe le titre d'ethnarque, c'est-à-dire de chef civil d'une communauté juive, de 134 à 104 avant l'ère commune. Sous son règne, la Judée retrouve son indépendance et s'agrandit. Le pharisaïsme est un courant de la pensée juive dont les adeptes sont nommés pharisiens. À l'instar de trois autres courants, les sadducéens, les esséniens et les zélotes, ils sont issus d'un mouvement de résistance à l'hellénisme apparu sous la domination syrienne au IIe siècle av. J.-C.. Les pharisiens, à l'inverse des zélotes, s'impliquent peu dans la politique. Ils sont disposés à accepter une occupation étrangère pour autant que la liberté de culte leur soit garantie mais ils sont intraitables sur ce point et rejoindront la lutte armée chaque fois que cette liberté sera entravée. Parmi leurs autres caractéristiques, les pharisiens manifestent un aussi grand attachement à la tradition orale qu'aux écritures ce qui induira le développement de la synagogue comme lieu où l'on interprète la loi et sera à l'origine du rabbinisme et, plus tard, du Talmud. Les esséniens étaient les membres d'une communauté juive, fondée vers le IIe siècle av. J.-C.. Les principaux groupements s'établirent, semble-t-il, sur les rives de la mer Morte. Les esséniens ont été décrits par les auteurs anciens : Flavius Josèphe, Philon d'Alexandrie et Pline l'Ancien. Les archéologues pensent que le site de Qumrân était un établissement essénien et que ses occupants sont probablement les auteurs des manuscrits de la mer Morte. Le mouvement semble avoir disparu vers 70 après J.-C. Les manuscrits de la mer morte, Manuscrits de Qumrân, également connus sous le nom de "Manuscrits de la mer Morte", les manuscrits de Qumrân sont une série de parchemins et de fragments de papyrus retrouvés, pour une petite partie seulement, dans des jarres disposées dans des grottes se trouvant tout autour du site de Qumrân. La découverte officielle de ces manuscrits date de 1947 par des bédouins mais certains d'entre eux avaient probablement été découverts auparavant. Au printemps 1947, un jeune berger bédouin découvre sur les pentes désertiques de Qumrân, des grottes d'accès difficile, où il trouve de grandes jarres qui, pour la plupart, contenaient des rouleaux de cuir étonnamment bien conservés. Des recherches ultérieures mettront à jour d'autres documents. La découverte majeure de Qumrân est le rouleau d'Isaïe A, devenu mondialement célèbre. C'est le plus ancien manuscrit hébreu complet connu d'un livre biblique : le Livre d'Isaïe. Le texte est écrit en 54 colonnes sur 17 feuilles de cuir cousues ensembles bout à bout, d'une longueur totale d'environ 7,30 m. Il a été confectionné au IIe siècle av. J.-C.. Les manuscrits bibliques hébreux de la Mer Morte sont donc de plus de mille ans antérieurs aux plus anciens textes connus jusqu'alors. Leur intérêt est donc considérable pour la science biblique. L'archéologue israélien Eleazar Sukenik a identifié l'importance des rouleaux de la mer morte et a participé à convaincre l'État israélien de les acheter. En 1948, il a publié un article dans lequel il établissait un lien entre les rouleaux (et leur contenu) et une secte dissidente juive que l'on appelle la communauté des Esséniens. Sa théorie est devenue l'interprétation la plus communément admise quant à l'origine des rouleaux. Cette hypothèse est considérée comme probable, mais aucune preuve formelle n'existe. Elle obtient toujours un large consensus parmi ses disciples, même si elle est parfois remise en question par d'autres chercheurs. Certains ont aussi évoqué la possible appartenance à cette communauté de Jésus ou de Jean-Baptiste, mais ce n'est qu'une hypothèse parmi d'autres. Diverses autres hypothèses ont été émises, parmi lesquelles celle de K. H. RENGSTORF, reprise par N. GOLB, selon laquelle les manuscrits proviendraient de la bibliothèque du temple de Jérusalem, mise à l'abri dans des grottes lors de l'approche des Romains avant 70 avant J.C. Les préceptes véhiculés par ces textes sont très proches de l'enseignement de Jésus. Ils prônent l'amour des autres et la non-violence.

-133         mort de Attale III, roi de Pergame qui lègue son royaume à Rome.

-133         Prise de Numance (Ibère) par les armées romaines.

-133         Lex Sempronia de Tibérius Gracchus, homme d'état romain, accordant les terres du domaine public aux citoyens les plus pauvres. le contenu était le suivant: limitation au droit de possession individuel de l'ager publicus: 500 jugères (125 hectares) par personne; institution d'un triumvirat chargé d'appliquer cette loi, constitué par lui-même, son frère et son beau-père (Appius Claudius Pulcher); redistribution des terres récupérées aux citoyens pauvres à raison de 30 jugères par personne. Les sénateurs furent opposés à cette loi; ils achetèrent un tribun de la plèbe, Octavius, pour que celui-ci fasse usage de son droit d'intercession (droit de veto sur les mesure qui lui semble contraire aux intérêts de la population qu'il représente). Malgré tout la loi fut votée; lorsque Tiberius se représenta à son second tribunat, lors de l'été -133, il fut assassiné par des bandes militaires à la solde des sénateurs; son cadavre fut jeté dans le Tibre.

-133         Veto du Tribun Cneius Octavius contre la Lex Sempronia.

-133         Tibérius Gracchus fait déposer Cneius Octavius par les Comices Tributes. Les comices tributes sont, comme les concilia plebis, une assemblée du peuple romain basée sur le cadre des tribus territoriales, donc sur le domicile du citoyen.

-133         Assassinat du tribun de la Plèbe Tibérius Gracchus par des sénateurs conservateurs.

-129         Création de la province romaine d'Asie.

-125         Les Salyens ravagent les terres de Marseille qui demande l'aide de Rome. Les Salyens ou Salluviens (parfois aussi orthographié Salliens) sont une fédération de peuples du midi de la France, qui réunissait les habitants des Bouches-du-Rhône, d'une partie du Vaucluse, du Var et des Alpes-de-Haute-Provence à la fin de la protohistoire. Cette "alliance" comprenait les Gaulois établis entre le fleuve Var, le Luberon et le Rhône. Elle constituait vraisemblablement l'entité la plus importante de Provence au IIe siècle av. J.-C., jusqu'à la conquête romaine de la Narbonnaise (vers -120).

-125         Intervention de l'armée romaine de Flavius Flaccus près de Marseille.

-125         Sextius Calvinus (consul romain) s'empare d'Entremont (Salyen).

-124         Intervention de l'armée romaine de Sextus Calvinus contre les Voconces et les Salyens. Les Voconces sont un des peuples gaulois. Leur chef-lieu était Vaison-la-Romaine.

-124         Fondation d'Aix.

-123         Alliance entre Rome et les Éduens. Les Éduens étaient un peuple de la Gaule celtique. Les Éduens étaient établis dans les départements actuels de Saône-et-Loire et de la Nièvre, et Bibracte était leur capitale. Ils disposent des riches terres de la vallée de la Saône, et sont voisins (et ennemis) des Séquanes. Alliés des Romains qui les considéraient comme des "frères de sang", ils avaient appelé ceux-ci à leur secours devant la menace des Helvètes. Fournisseurs de contingents militaires à César, ils se rallièrent tardivement (et non sans réticences) à Vercingétorix en -52. L'Aeduie est intégrée dans la Gaule Lyonnaise après la conquête romaine, avec pour nouvelle capitale Autun (Augustodunum). Autun est une commune française, située dans le département de la Saône-et-Loire et la région Bourgogne. Les habitants d'Autun sont appelés les Autunois. Autun est une grande ville d'histoire, elle a en effet conservé de nombreuses traces antiques ou médiévales. C'est durant le règne de l'empereur romain Auguste (27 avant J.-C. / 14 après J.-C.) que naît Autun : son nom antique est Augustodunum qui signifie forteresse d'Auguste. Celui-ci avait la volonté de créer une grande cité en Gaule qui démontrerait la puissance romaine. Augustodunum fut donc dotée de splendides monuments qui font aujourd'hui encore sa renommée. Prise par Julius Sarcovir en l'an 21, elle fut le foyer de la révolte de ce Gaulois (qui se tua aux environs). Au IIIe siècle, elle fut assiégée pendant sept mois, prise et détruite par l'usurpateur Victorinus en 270; rebâtie dans le siècle suivant par Constantin; elle fut saccagée par les Sarrasins en 731, par les Normands en 888. Elle fut depuis le xe siècle le chef-lieu d'un comté dépendant du duché de Bourgogne.

-123         Les Allobroges (peuple de Gaule en Savoie) attaquent les Éduens qui demandent l'aide de Rome.

-123         Caius Gracchus (tribun) initie une série de réforme économique et politique.

-122         Défaite des Allobroges face à l'armée romaine de Domitius Ahenobarbus.

-121         Le Sénat déclare l'état de siège à Rome.

-121         Mort de Caius Gracchus et de ses partisans faces aux troupes du Consul Opimius.

-121         L'armée romaine de Quintus Fabius Maximus bat l'armée Arverne de Bituitos qui se portait au secours des Allobroges. Les Arvernes étaient un peuple gaulois du Massif central, dont la capitale, Gergovie, se trouvait sur un plateau qui domine l'actuelle ville de Clermont-Ferrand. Ils constituèrent une monarchie qui imposa son hégémonie aux peuples du centre et du sud de la Gaule aux IIIe et IIe siècles avant notre ère. Leur puissance fut mise à mal par les victoires romaines liées à la conquête de la Narbonnaise avant d'être anéantie lors de la guerre des Gaules. Les Allobroges, le territoire des Allobroges s'étendait sur la plus grande partie des territoires actuels de la Savoie et de la Haute-Savoie, l'ancienne Sapaudia ("le Pays des Sapins"). Mais, sur ce territoire, la vallée de la Tarentaise et la vallée de l'Arve étaient occupées par les Ceutrons et la vallée de la Maurienne actuelle était occupée par les Médulles.

-120         Débuts de la conquête de la Gaule: commence par la création de la Provincia Narbonensis (future Provence): forte empreinte romaine.

-118         Mort de Micipas, roi de Numidie, allié des romains, son royaume est partagé entre ses héritiers.

-118         Fondation de Narbonne par les Romains.

-117         Création de la voie Domitienne reliant l'Espagne à l'Italie. La Voie Domitienne (Via Domitia) est une voie romaine construite à partir de 118 av. J.-C. pour relier l'Italie à la péninsule ibérique en traversant la Gaule narbonnaise. La Voie Domitienne a été créée à partir de 118 av. J.C à l'instigation du général romain Cneus Domitius Ahenobarbus dont elle portera le nom. Cette route devait assurer les communications avec Rome et permettre la fondation de garnisons protégeant des villes devenues romaines. La première colonie romaine du sud de la Gaule fut Narbo Martius (Narbonne).

-116         à -107 - en Égypte - Règne de Ptolémée X Sôter II (Ptolémée IX Apion était un fils de Ptolémée VII qui fut seulement roi de Cyrène de -117 à -96.) - Cyrène, importante colonie grecque de Libye située à mi-chemin entre le delta du Nil et la Tunisie. Isolée des autres régions d'Afrique par le désert, Cyrène était naturellement tournée vers la Grèce, d'où les premiers colons doriens arrivèrent vers 630. Elle abritait un temple d'Apollon et de Zeus dont les vestiges témoignent de la splendeur passée de la ville.

-115         Les Cimbres arrivent dans la Ruhr. Les Cimbres viennent du Jutland dans le Danemark actuel. On estime que 60 à 80 000 Germains, (Cimbres, Teutons et Ambrons) étaient établis dans le Danemark actuel, dans des centaines de villages dispersés. En -120, les Cimbres, pour une raison encore indéterminée (sûrement la famine), décident de migrer vers le sud. Environ 100 000 personnes prennent la route du sud, attirés par des contrées plus hospitalières. Pour se nourrir en chemin ils commettent des pillages, se battent et d'autres peuples les suivent. Après 7 ans de marche, les Cimbres se heurtent aux romains lors de la bataille de Noreia en -113. C'est une lourde défaite pour les légions romaines. Les Teutons se séparent alors des Cimbres, et Marius réussit a battre ces derniers lors de la bataille d'Aix-en-provence en -102. En -101, les Cimbres arrivent en Italie et se retrouvent face à 10 légions romaines dirigées par Marius. Les Cimbres sont décimés, les derniers survivants (femmes et enfants inclus) se suicident plutôt que de devenir esclave.

-113         Les Cimbres repoussent l'armée romaine de Papirius Carbo à Noreia.

-112         Jugurtha faisant exécuter le dernier héritier devient seul maître de la Numidie. Jugurtha est un roi de Numidie né vers -160, mort vers -104. Il sera une personnalité de valeur qui humiliera durant sept ans la puissance romaine. Il est connu pour avoir lutté contre Rome entre -111 et -105. Jugurtha est le petit fils du roi numide Massinissa. Miscipsa étant le roi de la Numidie à l'époque à voulu se débarraser de Jugurtha en l'envoyant en Espagne combattre en alliance avec l'armée romaine. Jugurtha fût brave et courageux et la victoire était du côté de l'armée numide et romaine. Rome envoya une lettre à Miscipsa qui l'influença et laissa après sa mort le trône à son neveu et fils adoptif Jugurtha. Voulant régner, Jugurtha élimine ses cousins Hiempsal et Adherbal (qui le haïssaient à mort et le méprisaient s'agissant de son côté maternel) et utilise la ruse et de la corruption pour éviter que Rome ne remette en cause son accession au trône. Au terme d'une longue guerre, il est livré aux Romains par son beau-père Bocchus, roi de Maurétanie en -105. Jugurtha meurt en captivité vers -104. Le conflit entre Rome et le roi numide nous est surtout connu grâce à La Guerre de Jugurtha "Bellum Jugurthinum" de l'historien romain Salluste.

-112         Prise de Cirta par Jugurtha provoquant le massacre des Romains de la ville.

-109         Les Romains refusent d'accorder des terres aux Cimbres, qui alliés aux Teutons battent le consul Silanus. Les Teutons sont des Germains occidentaux regroupés en tribus sous le nom d'Alamans avec Hermundures (Hermions), les Juthunges, les Bucinobantes, les Lentienses, les Semmons, les Quades. En -113, avec les Cimbres et les Ambrones, tribus celtes et germaniques, ils s'agitent et forment une menace toujours plus grande pour Rome. En -105, ils remportent une grande victoire sur les Romains à Arausio (Orange) et entrent en Espagne d'où ils sont rapidement expulsés par les Celtibères. Leur invasion des Gaules est arrêtée en -102, à la grande bataille d'Aquae Sextiae (aujourd'hui Aix-en-Provence), par le général romain Marius qui les battit encore à Vercella.

-109         Expédition de Caecilius Metellus contre Jugurtha.

-107         à -88 - en Égypte - Règne de Ptolémée XI Alexandre Ier.

-106         Prise de Cirta par Caius Marius. Marius, Caius Marius le sage, général et homme d'État romain. Consul romain. Tribun de la plèbe en 119 av. J.-C., préteur en 116 av. J.-C., Consul en 107 av. J.-C. et à nouveau consul cinq années de suite de 104 à 100 av. J.-C.. Il épousa Julia, tante de Jules César. Initiateur de grandes réformes, dites 'de Marius' instituant une armée de métier, dont les membres sont des professionnels volontaires tout dévoués à leur chef. Il fut le vainqueur de Jugurtha en Afrique en 105 av. J.-C., puis des Cimbres et des Teutons aux batailles d'Aqua Sextia (Aix-en-Provence), en 102 av. J.-C. et de Vercella. À la suite de ces victoires il jouit d'un prestige considérable à Rome et apparaît à ce titre comme le premier des grands imperatores, ouvrant la voie à des hommes comme Sylla, Pompée, ou César. Marius dut s'enfuir de Rome quand Sylla s'empara du pouvoir. En 87 av. J.-C., profitant de l'absence de Sylla, il revint à Rome et reprit le pouvoir : nombreuses proscriptions. Il mourut le 17 janvier -86, 17 jours après s'être fait nommer une septième et dernière fois consul.

-106         Prise de Toulouse par les armées consulaires de Servilius Caepio.

-106         à -43 - naissance et mort de Cicéron. Homme politique et orateur latin. Fils d'une famille inconnue, Marcus Tulius Cicero dit Cicéron s'impose grâce à son éducation poussée et à ses talents d'orateur. Il se fait remarquer puis aider par l'aristocratie romaine. C'est à la mort de l'Empereur Sylla qu'il entame sa carrière des honneurs (cursus honorum) que la fonction de consul clôt. En effet, il déjoue la conspiration contre Catila, et fait exécuter les conspirateurs. Cet acte condamnable le pousse à l'exil jusqu'en -57. A son retour en -51, il ne parvient plus à s'imposer sur la scène politique et ses prises de position contre Marc-Antoine en font un ennemi mortel du triumvirat que ce dernier constitue avec Octave et Lipide. Il est finalement égorgé. S'il a été reconnu pour la qualité de ses discours, 'Catilinaires' et 'Philippiques', on conserve aussi ses traités politiques d'inspiration platonicienne, qui ont largement inspiré les Lumières, ainsi que ses écrits philosophiques.

-105         Jugurtha est livré à Sylla. Sylla ou Sulla (Lucius Cornelius Sulla en latin) est un homme d'État romain, né en 138 av. J.-C., mort à Cumes en 78 av. J.-C.

-105         octobre - Les Cimbres, les Teutons, les Ambrons et les Helvètes remportent la victoire face aux armées romaines près d'Orange. Helvètes: Les Helvètes sont un ensemble de peuples celtes ou germano-celtiques, établis sur le territoire de la Suisse actuelle et limitrophes des Germains subrhénans.

-105         Les Cimbres et les Teutons attaquent l'Espagne et les Ambrons et les Helvètes le nord de la Gaule.

-104         Le Sénat ordonne la libération d'esclave en Sicile provoquant le début d'une guerre servile (jusqu'en -101).

-102         L'armée de vétérans de Marius détruit les armées Cimbres à Vercelles.

-101         janvier - L'armée romaine de Catulus recule devant l'armée cimbre.

-101         13 juillet - Naissance de Jules César. Caius Julius Caesar voit le jour à Rome. Il est issu d'une famille patricienne se prétendant descendante d'Enée, le fils de Vénus, fondateur indirect de Rome. Il commencera sa carrière politique en prenant part à la bataille qui oppose son oncle Marius, chef du parti populaire, à Sylla, chef du parti sénatorial de Rome. A la mort de ce dernier en -78, Jules César commencera son ascension politique avant de marcher sur Rome en -49, pour y asseoir un pouvoir absolu.

-101         Jules César (Caius Iulius Caesar) était un général, homme politique et écrivain romain, né à Rome le 13 juillet -101 et mort le 15 mars -44, assassiné dans le sénat de Rome, le coup fatal venant de son propre fils adoptif, Brutus. Les derniers mots de César furent pour ce dernier "Tu quoque, fili" ("Toi aussi, mon fils") en grec, langue de prestige à Rome. Il fut dictateur mais jamais empereur, bien qu'il eût la forte intention de le devenir (d'où son assassinat). César affirmait avoir pour ancêtre Iule (ou Ascagne), fils d'Énée et de Créüse, amené en Italie par son père après la chute de Troie. Ce fondateur d'Albe la Longue était considéré comme le créateur de la vieille famille patricienne des Julia. Par ce lignage, César revendiquait une ascendance remontant à Vénus. Homme politique, il a choisi le parti des populares plutôt que de faire carrière dans l'oligarchie sénatoriale, notamment en raison de l'influence de sa tante Julia, qui avait épousé le général et consul Marius, et des liens avec les milieux plébéiens qui s'ensuivirent. Militairement, il a principalement conduit la guerre des Gaules, qui permit l'intégration des trois Gaules au sein de l'Empire romain. Sénateur, il codirigea la république de Rome quand il accéda à la fonction de consul, aux côtés de Pompée et de Crassus (ils avaient formé une alliance secrète qu'on appelle Premier Triumvirat). Utilisant son prestige acquis lors de la guerre des Gaules, et profitant de la disparition de Crassus, tué par les Parthes, il affronta Pompée dans une lutte d'influence pour le pouvoir absolu à la tête de ce qui allait devenir l'Empire romain. Quand Jules César, à la tête de son armée victorieuse en Gaule, revint vers Rome, le sénat voulut l'empêcher d'amener toute son armée dans la ville pour son triomphe. Il n'hésita pas alors à outrepasser ses droits, et il décida de franchir le Rubicon, rivière marquant la frontière entre l'Italie et les provinces et que les consuls en fonction ne pouvaient franchir accompagnés de leur légions, pour s'approcher de Rome. On lui attribue à cette occasion la citation "Alea jacta est" ("le sort en est jeté"), signifiant qu'il prenait ainsi un risque politique qui relevait du jeu de hasard, et qui pourtant lui réussit. La guerre civile qui s'ensuivit entre les partisans de César et les partisans de Pompée s'acheva par la fuite de ce dernier. Au commencement de cette guerre, Jules César put imposer au sénat de le nommer dictateur, ce qui lui donnait les pleins pouvoirs. Il obtint également le praenomen d'Imperator, ce qui inaugura un titre qui allait se transmettre par la suite, créant ainsi des dynasties impériales, et mettant fin à la république dirigée par le Sénat. Ainsi, Jules César, sans avoir été empereur, a été à l'origine de ce titre. Il est mort le 15 mars -44 (Ides de mars, dans le calendrier romain), assassiné de vingt-trois coups de couteau (selon Suétone, Vie de César, LXXXII) par une coalition de sénateurs dont faisait partie Marcus Junius Brutus. Le calendrier romain désigne l'ensemble des calendriers utilisés par les Romains jusqu'à la création du calendrier julien en 45 av. J.-C. Il serait, selon la tradition entre autres rapportée par Ovide dans Les Fastes, l'invention de Romulus, le fondateur de Rome vers 753 av. J.C.. Il semble cependant avoir été basé sur le calendrier lunaire grec. Selon la tradition, ce calendrier comportait à l'origine 10 mois commençant à l'équinoxe vernale, pour un total de 304 (ou 305) jours. Les jours restants auraient été ajoutés à la fin de l'année (entre décembre et mars). Il commençait aux alentours du 1er mars, ce qui explique que le nom du mois de septembre ait la même racine latine que le nombre sept alors qu'il est de nos jours le neuvième mois (même remarque pour octobre, novembre, et décembre).

-101         30 juillet - Défaite des Cimbres près de Verceuil face aux armées de Marius et Catulus.

-100         La vénus de Milo. Milo est une île grecque de la mer Égée appartenant à l'archipel des Cyclades. Elle était connue sous l'Antiquité sous le nom de Mélos. La Vénus de Milo est une célèbre sculpture antique symbolisant l'idéal de la beauté féminine et représentant la déesse Vénus.

-96         Ptolémée Apion, roi de Cyrène lègue son royaume à Rome.

-91         Série de réformes de Marcus Livius Drusus, Tribun de la Plèbe. Marcus Livius Drusus fut tribun de la plèbe à Rome en -91 durant la fin de la République romaine. Ses propositions d'accorder la citoyenneté aux italiens furent repoussées par le Sénat romain, et lui-même assassiné    

-91         octobre Assassinat du Tribun Marcus Livius Drusus.

-90         Début de la guerre sociale; Marses, Samnites, Apuliens et Lucaniens forment une confédération qui s'oppose à Rome. La Guerre sociale, ou Marsique, oppose le Sénat romain et les Italiens entre -90 et -88. Elle éclate suite à l'assassinat de Livius Drusus en octobre -91, alors qu'il tentait de faire obtenir la citoyenneté romaine aux Italiens alliés de Rome. La guerre sociale tire son nom du latin socius, qui signifie allié : elle oppose Rome à ses alliés italiens, qui réclament la citoyenneté romaine. En effet, alors que l'Italie est sous l'autorité romaine depuis la fin de la deuxième guerre punique (-242, soit par alliance, soit par conquête, seuls les Romains ont le droit de citoyenneté : cette différence induit une différence de traitement lors des procès, lors du paiement des impôts, interdit l'accès aux adjudications de terres publiques (ager publicus), etc. Or, les alliés fournissent autant de troupes à Rome que les citoyens, et donc participent aux conquêtes de Rome, qui domine presque sans partage le bassin méditerranéen au début du Ier siècle av. J.-C.. De plus, les soldats alliés n'ont droit à une part de butin moins importante que les légionnaires romains.

-90         Loi Julia proposant le droit de cité aux villes italiennes restées fidèles.

-90         Incursions Belges en (Grande) Bretagne. Les Belges sont un peuple antique, localisé en Europe de l'Ouest peu avant l'ère chrétienne, plus précisément en Gaule septentrionale. Selon Strabon, leurs territoires se situaient entre le Rhin et la Loire et selon Jules César ils sont séparés des Celtes ou Gaulois par la Marne. César signale aussi que ce seraient des Belges qui occupaient à l'époque de la Guerre des Gaules les territoires maritimes de la Bretagne insulaire, ce que confirme Cassius Dio.

-89         Loi Plautia-Papiria proposant le droit de cité aux villes italiennes le demandant.

-89         Loi Pompeia donnant le droit de cité aux villes de la Gaule Cisalpine.

-88         Mithridate VI roi du Pont s'empare de la province romaine d'Asie. - Mithridate VI, 6ème roi du Pont (rive sud de la mer Noire) ennemi de Rome du fait du contrôle qu'elle avait sur ses royaumes vassaux d'Asie Mineure. Ces rois du Pont disaient descendre de Darius, mais leur population était hellénisée. Mithridate, par son courage et sa puissance d'organisation, il fut le plus terrible ennemi de Rome en Orient. Le Pont est un royaume antique situé dans le nord de l'Asie mineure.

-88         Mithridate VI ordonne le massacre de la population romaine d'Asie.

-88         Mithridate VI ravage Délos et massacre la population romaine. Délos est une des îles des Cyclades, en Grèce.

-88         Sylla, consul à la tête de ses armées s'empare de Rome et fait exécuter Sulpicius Rufus (tribun de la plèbe). Sylla, homme d'État romain. Né en -138, mort à Cumes en -78. Sa carrière commence en -105, en Afrique: il mène alors les négociations secrètes qui conduiront son Général, Marius à la victoire sur Jugurtha. Consul en -88, il mène une campagne victorieuse contre les hommes de Mithridate, Roi du Pont, en Grèce (campagne marquée par de nombreuses déprédations). Après la première guerre civile en -81, qui s'achève sur la victoire de Sylla sur les marianistes, il fut nommé dictateur perpétuel. Il restaura le pouvoir du Sénat (-79), dans l'espoir de sauver la République "aristocratique", et limita le pouvoir des Tribuns de la Plèbe. A l'issue de ces réformes, il se retire, en -80, de la vie politique.

-88         à -80 - en Égypte - Règne de Ptolémée XI Alexandre II. Ptolémée XI Alexandre II est un souverain lagide qui règne brièvement sur l'Égypte en -80. Il est le fils de Ptolémée X Alexandre Ier et succède à son oncle Ptolémée IX Sôter II en -80 imposé par Sylla.

-87         Le consul Cinna, déposé par le Sénat s'enfuit de Rome; Lucius Cornélius Merula le remplace. Lucius Cornelius Cinna (mort en 84 av. J.-C.), partisan de Marius est consul sans interruption de 87 av. J.-C. à 84 av. J.-C., et règne par la terreur sur Rome par ses proscriptions.

-87         Départ de Sylla pour une campagne en Orient (jusqu'en -85).

-87         décembre Cinna et Marius prennent Ostie et assiègent Rome.

-87         décembre Purges de Cinna et Marius de retour au pouvoir; exécution du consul Octavius et abolition des réformes de Sylla.

-86         17 janvier - Mort du Consul Marius en cours d'exercice Papirius Carbo est nommé pour le remplacer.

-86         Prise d'Athènes passée sous le contrôle de Mithridate VI par Sylla. Victoire de Sylla à bataille de Chéronée sur Archélaos, général de Mithridate VI, roi du Pont. La bataille de Chéronée est en 86 av. J.-C. la première victoire majeure de L. Cornelius Sulla sur l'armée du Pont en Grèce, lors de la Première guerre de Mithridate. Après la prise et le sac d'Athènes le 1er mars 86 av. J.-C., Sylla contraint le général pontique Archélaos à évacuer le Pirée et à rejoindre la Macédoine où il prend le commandement d'une nouvelle armée pontique. Archélaos conduit alors cette armée à travers la Thessalie jusqu'en Béotie où elle rencontre celle de Sylla venant d'Attique au cours de l'été 86 av. J.-C.

-85         août - Paix de Dardanos entre Sylla et Mithridate VI.

-84         janvier - Assassinat de Cinna par un de ses soldats.

-83         Retour de Sylla à Brindes alors que la guerre civile sévit.

-83         juillet - Les armées de Sylla et Métellus sont devant Rome.

-82         Victoire de Sylla à Sacriport lui ouvrant les portes de Rome.

-82         Victoire de Sylla contre les partisans de Marius à la Porte Colline.

-82         octobre - Mort du consul Marius le jeune assiégé à Pénéstre.

-82         novembre - Les armées de Sylla et Metellus s'emparent de Rome.

-82         Lex Valeria accordant la dictature perpétuelle à Sylla.

-81         Listes de proscriptions de Sylla contre ses ennemis.

-81         Début des réformes de la constitution par Sylla.

-80         Quintus Sertorius, ancien général de Marius depuis l'Espagne se dresse contre Sylla, et met en place un état indépendant. Sertorius, homme d'État et général romain. Il est originaire de Nursie en Sabine.

-80         Sylla installe Ptolémée XI, fils de Ptolémée X sur le trône d'Égypte.

-80         Assassinat de Ptolémée XI, Ptolémée Aulète lui succède au détriment de Rome.

-80         à -51 - en Égypte - Règne de Ptolémée XII Aulète, le "Joueur de flûte". Chassé d'Alexandrie par l'émeute, il se réfugie à Rhodes où la protection de Pompée lui permet de récupérer son trône. Ptolémée XII Aulète (c'est-à-dire Le joueur de flûte), ou Néos Dionysos, est un souverain d'Égypte de la dynastie lagide né en -117 et qui règne de -80 à -58 puis de -55 à -51, date de sa mort.

-79         Abdication de Sylla qui se retire en Campanie (région d'Italie méridionale.) et meurt l'année suivante.

-78         Le consul Aemilius Lepidus provoque l'insurrection en Étrurie et se dirige vers Rome.

-78         Le Sénat charge Pompée de neutraliser Aemilius Lepidus. Pompée (Cnaeus Pompeius Magnus), général et homme d'État romain. Né en -106 dans le Picenum, en Italie, mort en -48 à Péluse, près d'Alexandrie, en Égypte. Il épousa Julia, fille de Jules César. Il est le fils du général romain Gnaeus Pompeius Strabo qui se fit remarquer lors de la Guerre sociale. À 23 ans, il leva une armée et s'institua de son propre chef Général. Il prit le parti de Sylla pour lequel il vainquit les partisans de Marius en Sicile et en Afrique. Il vainquit ensuite Lépide qui fomentait une agitation. À partir de -77 il fut envoyé en Hispanie pour lutter contre les dernier partisans de Marius, et après de nombreux combats, il réussit à vaincre Sertorius en assassinant ce dernier. Il revient en Italie et y disperse les dernières bandes errantes de Spartacus (-71). En -70, il est nommé consul avec Crassus. En -67, il élimine la piraterie de Méditerranée. Il part en campagne en Orient et défait le roi Mithridate, permettant à Rome de s'étendre sur la Bithynie, au Pont et à la Syrie. À son retour, il célèbre un grand triomphe en -61. En -60, il participe au premier triumvirat avec Jules César et Crassus. Il y obtient le contrôle de l'Espagne, de l'Afrique et de Rome. Après la mort de Crassus et alors que César est en Gaule, il se fait nommer consul unique en -52. César marche alors sur Rome, franchissant le Rubicon. Pompée, à court de temps, quitte Rome pour Brundisium, où il est rejoint par les sénateurs et les consuls. Cependant, Pompée préféra aller en Grèce, et pendant que Cesar combattait ses soutiens en Hispanie, Pompée rassembla sous son commandement une grande partie des troupes romaines d'Orient. Après un premier affrontement favorable à Pompée qui laissa l'armée de César fortement affaiblie, il envisagea de retourner en Italie mais finalement préféra tenter d'achever son rival. En -48 le combat décisif eut lieu à Pharsale, en Thessalie; César en sortit victorieux, et Pompée dut fuir. Pompée tenta de se réfugier en Égypte, mais Ptolémée XIII, par crainte de représailles, le fit assassiner dès son arrivée.

-78         Lucius Manilius, proconsul de la Gaule Transalpine échoue dans sa tentative de soumission de Quintus Sertorius, homme d'État et général romain.

-77         Victoire de Pompée aux portes de Rome contre Aemilius Lepidus.

-77         Le Sénat donne à Pompée un Imperium proconsulaire pour l'Espagne.

-76         Début de la campagne de Pompée contre Sertorius.

-75         Jonction des armées de Pompée et de Metellus contre Sertorius.

-73         Début de la guerre servile initié par Spartacus (jusqu'en -71). Spartacus est un esclave et gladiateur d'origine thrace. En -73, suivant les idées de Blossius de Cumes, une idéologie de la violence, la liberté devait être arrachée de force à ceux qui tenaient enchaînés les hommes: "Les derniers seront les premiers". Spartacus déclenche une révolte de gladiateur à l'école de gladiateur qui le possédait à Capoue et s'enfuit sur les pentes du Vésuve. Réussissant à vaincre les unités envoyées réprimer sa révolte, il ne cesse d'attirer non seulement des esclaves mais aussi des petits paysans et des bergers!. Il décide de remonter vers le nord et vainc de nouvelles armées engagées contre lui, dont l'une était dirigée par le consul Gellius Publicola. Les survivants des troupes romaines sont par vengeance contraints de s'entretuer dans un combat de gladiateurs. Puis le mouvement, ayant atteint le Pô, fait demi-tour pour atteindre Regium dans le sud d'où ils essayent d'embarquer pour la Sicile. Nommé proconsul, Marcus Licinus Crassus, qui s'est engagé à le vaincre, le poursuit et le vainc. La répression est sanglante, 6 000 esclaves sont crucifiés sur la Via Appia, la route entre Capoue et Rome. Spartacus et son mouvement sont considérés comme le plus ancien événement de l'histoire du mouvement social.

-72         Quintus Sertorius est assassiné par un de ses officiers.

-72         Marcus Licinus Crassus remporte la victoire contre l'armée de Spartacus en Apulie et ordonne la crucifixion des prisonniers. Crassus (Marcus Licinius Crassus Dives), général et homme d'État romain. Né vers -115, à Rome et mort en -53 à Carrhes (Harran, en Turquie). Lors des proscriptions de Cinna il fut contraint de fuir en Espagne, puis à la mort de ce dernier il revint en Italie en passant par l'Afrique. Ayant écrasé la révolte de Spartacus en -71, il fut élu consul avec Pompée en -70. En -65 il fut censeur. En -60, il participa au premier triumvirat avec Jules César et Pompée. Il fut réélu consul, de nouveau avec Pompée en -55 et une loi lui assigna la province de Syrie pendant cinq ans. Crassus espérait en tirer davantage de richesse et de gloire militaire. En -53, il franchi l'Euphrate pour affronter les Parthes mais fut vaincu à la bataille de Carrhes. Peu de jours après, il fut tué au cours d'une entrevue avec le général parthe, le Surên. Sa tête fut ensuite envoyée au roi parthe, Orodes II. En raison de son immense richesse, il était surnommé Dives ("le Riche"). Sa fortune fut construite avec différentes sources, il pratiqua le trafic d'esclaves, il possédait des mines d'argent et il acquit de nombreuses terres et maisons. Il usa de deux manières pour ces acquisitions: d'une part il fit de nombreuses acquisitions lors des proscriptions de Sylla; d'autre part il rachetait les maisons incendiées à bas prix au moment même de leur incendie avant de faire appel à ses nombreux clients (près de 500) pour stopper l'incendie.

-71         Pompée annexe la Vallée de la Garonne à son retour d'Espagne.

-71         Pompée anéantit les derniers partisans de Spartacus.

-70         Consulat de Marcus Licinus Crassus et de Pompée.

-70         Restauration de la puissance tribunicienne et des censeurs.

-70         à -19 - naissance et mort de Virgile. Poète latin. Contemporain du poète latin Horace et du fondateur de l'histoire romaine, Tite-Live, Publius Virgilius Maro dit Virgile reçut une bonne éducation malgré ses origines modestes et campagnardes. Il vécut les derniers temps, troublés, de la République et vit naître l'époque stable et prospère d'Auguste. Si son oeuvre fut couronnée de succès, il resta très proche de la nature et mena une vie solitaire loin de la vie politique romaine. Sous l'influence de l'alexandrinisme, cette sensibilité artistique mêlant goût de l'érudition et recherche précieuse, puis de Théocrite, il écrivit trois chefs-d'oeuvre, 'Bucoliques', 'Géorgiques' et 'Eneide' qui font de lui le plus grand poète latin. Ses poèmes, éloges de la vie paysanne, de la nature et de l'harmonie avec le cosmos, ont influencé tous les poètes latins mais ont aussi été un modèle pour les romantiques et les poètes pastoraux.

-67         Loi Gabinia confiant la guerre contre les pirates à Pompée.

-67         Metellus s'empare de la Crète. En 69 av JC, le consul romain Metellus débarque en Crète et conquiert une à une toutes les villes. En 67 av JC, la Crète est aux mains des Romains, Mettellus est porté en triomphe à Rome et reçoit le nom de "Crétois".

-66         Loi Manilia confiant à Pompée la direction de la guerre en Asie contre Mithridate. Cicéron prononce le Pro lege Manilia (Pour la loi Manilia) qui propose de confier à Pompée le commandement suprême en Orient contre Mithridate VI.

-66         Campagne de Pompée en Orient (jusqu'en -63).

-66         juillet - Cornélius et Autronius Paetus, partisans de Crassus sont élus consuls.

-66         novembre - Le Sénat annule l'élection consulaire et nomme Torquatus et Cotta pour les remplacer.

-65         à -8 - naissance et mort de Horace. Poète latin d'origine campagnarde, Horace fit de belles études à Rome puis à Athènes. Après s'être battu comme tribun militaire auprès de Brutus, il revient à Rome où il achète une charge de greffier. Il consacre ses heures de repos à l'écriture. Il se lie d'amitié avec Virgile grâce auquel il rencontre Mécène. Ce dernier lui offre plus tard une maison à la campagne où il mena une existence modeste. A sa mort, Auguste le fait enterrer près de Mécène, décédé quelques mois plus tôt. Grand épicurien, Horace défendit le détachement des passions et le juste milieu dans la recherche des plaisirs. Dans ses 'Épîtres' et 'Satires', il offre, sous forme de conversations libres et souvent ironiques, un tableau amusé des moeurs contestables de ses contemporains. Mécène, Caius Cilnius Maecenas, dont le nom francisé est Mécène vécut à Rome dans la deuxième moitié du Ier siècle avant l'ère chrétienne (-70 à -8). Proche de l'empereur Auguste, il consacra sa fortune et son influence à promouvoir les arts et les lettres. Virgile, Properce et Horace lui rendirent en hommages ce qu'ils avaient reçu en bienfaits.

-64         Victoire de Pompée contre Mithridate VI près de Nicopolis.

-64         Pompée occupe l'état Séleucide. Pompée réorganise l'Orient : le Pont, la Syrie et la Cilicie deviennent provinces romaines, l'Arménie, la Cappadoce, la Galatie, la Colchide et la Judée des États vassaux. Fin de l'empire séleucide.

-63         janvier - Début du Consulat de Cicéron.

-63         mars - Jules César est nommé Grand Pontife.

-63         Prise de Jérusalem par Pompée. Pompée arrive à Damas au printemps et prend le parti d'Hyrcan II. Aristobule II, vaincu par Pompée dans Jérusalem (automne), est emprisonné à Rome. L'oncle d'Aristobule, Absalom, résiste pendant trois mois sur le mont du Temple puis est vaincu. Pompée épargne le Temple de Jérusalem et ses trésors. Hyrcan II, confirmé ethnarque et grand-prêtre, perd le titre de roi (fin en -40). La Judée devient un protectorat romain et doit payer un tribut.

-63         22 octobre - Senatus Consulte Ultime donnant plein pouvoir aux Consuls pour rétablir l'ordre.

-63         8 novembre - Discours de Cicéron contre Catilina, qui quitte Rome. Catilina (Lucius Sergius Catilina) (108-62 av. J.-C) était un homme politique romain qui est connu pour ses conjurations pour renverser la République romaine et tout particulièrement son Sénat aristocratique.

-63         3 décembre - Arrestation de 9 conjurés, nouveau discours de Cicéron contre Catilina.

-63         4 décembre - Exécution de 5 conjurés, quatrième catilinaire de Cicéron.

-62         janvier - Défaite et mort de Catilina à la tête de ses troupes à Pistoia face aux armées du Consul Hybrida.

-61         avril - Jules César est nommé propréteur d'Espagne.

-61         Les Séquanes, les Arvernes et les Suèves soumettent les Éduens qui demandent l'aide de Rome. Les Séquanes étaient l'un des peuples gaulois influents de l'est de la Gaule au contact des Helvètes. Ils contrôlaient un vaste territoire correspondant aujourd'hui à la Franche-Comté, entre la Saône, le Rhône, le Jura et les Vosges et s'opposaient à leurs voisins à l'ouest les Éduens. Les Suèves, poussés sans doute par d'autres peuples migrants, ils quittent la rive orientale de l'Elbe au Ier siècle avant notre ère. Ils forment un peuple disparate composé de différentes tribus dont celles entre autres des Quades, des Marcomans et des Semnons. Leur route vers le sud-ouest les amena aux abords de la Gaule sous leur roi Arioviste, dont Jules César, vainqueur d'Arioviste, les éloigne en -58. Dès lors, c'est sur la rive orientale du Rhin qu'ils se fixent, dans une région qui prend plus tard leur nom, la Souabe.

-61         Les Suèves battent les Séquanes qui avaient repoussés leurs exigences.

-61         août - Campagne de Jules César contre les Lusitaniens (jusqu'en septembre). La Lusitanie était une province romaine qui couvrait une large partie de l'actuel Portugal, une partie du Leon et de l'Estrémadure. Elle fut conquise vers -27. Il s'agissait d'une province impériale. Sa capitale était Emerita Augusta (aujourd'hui Mérida).

-61         28-29 Septembre - Triomphe de Pompée à Rome pour sa campagne d'orient.

-60         Les armées suèves d'Arioviste battent les Éduens et les Séquanes. Arioviste était le chef du peuple germanique des Suèves, comme le décrit Jules César dans la Guerre des Gaules. Il passa le Rhin et s'établit en Alsace en -72. Battu et blessé par César en -58, il revint mourir en Germanie. Les peuples germaniques ou Germains (latin germani, d'étymologie incertaine, peut-être celtique) sont des ethnies indo-européennes établies originellement à l'Est du Rhin et du Danube, au-delà du limes romain. Mieux connus dans le monde latin à partir du Ier siècle, principalement à travers l'oeuvre de l'historien Tacite, ces peuples sont agités par des migrations internes importantes à l'époque romaine et sans doute dès le IIIe siècle av. J.-C. : c'est à cette période que la linguistique fait remonter la différenciation entre ces populations en trois grands groupes : les Germains orientaux, les Germains occidentaux et les Germains septentrionaux. À cet effet, l'unité fondamentale des peuples germaniques est linguistique, et non politique, économique ou culturelle.

-60         Alliance de Crassus, Pompée et César, premier Triumvirat. Triumvirat est un terme utilisé pour décrire l'alliance de trois personnalités (politiques ou militaires) de poids égal et qui s'unissent pour diriger. Dans l'histoire de Rome, le terme fait référence au: premier triumvirat qui réunit Jules César, Gnaeus Pompeius Magnus (dit Pompée le Grand) et Marcus Licinius Crassus; second triumvirat qui réunit Octave (Auguste), Marc-Antoine et Lépide. Le Premier triumvirat est une alliance politique rassemblant Jules César, Pompée et Crassus. En -70, sont élus consuls Crassus, richissime et rendu populaire par sa victoire sur Spartacus et ses esclaves (-74) et Pompée, qui a éliminé Sertorius en Espagne. Jules César s'est signalé comme avocat audacieux en attaquant en justice un consul à sa sortie d'exercice. Tous les trois se placent politiquement du coté des populares, opposants à l'aristocratie sénatoriale conservatrice, et démagogues ambitieux. Pompée se couvre de gloire dans ses campagnes contre les pirates Ciliciens et contre Mithridate_VI entre 67 et 63, tandis que César se fait élire en -63 au titre de pontifex maximus par une campagne financée par Crassus. Le 1er triumvirat est conclu entre ces trois ambitieux en -60, secrètement car l'échec du complot de Catilina en -63 est récent. Leur accord, valable pour 5 ans, a pour premier objectif l'élection de Jules César au consulat de -59, objectif réussi grâce à nouveau à la campagne électorale financée par Crassus. Après son consulat, César obtient le proconsulat en Gaule narbonnaise, Gaule cisalpine et Illyrie. Il entame la conquête de la Gaule chevelue dès -58. En -56, l'accord est renouvelé, avec cette fois comme objectif l'élection de Pompée et Crassus à un second consulat, et la prolongation du mandat de César pour la Gaule. Soutenus par les partisans de César, ils sont élus pour l'année -55, et font voter la prolongation du mandat de César jusqu'en 50. A la fin de leur magistrature, chacun reçoit un proconsulat : Crassus en Syrie, Pompée en Hispanie. Mais en -53, Crassus est battu et tué par les Parthes. César et Pompée se brouillent alors pour le pouvoir : en -50, César en fin de son proconsulat refuse de libérer ses légions, tandis que les partisans de Pompée font obstacle à sa candidature à un second consulat pour -49. César battra Pompée à Pharsale en (-48). Ce dernier fuit vers l'Égypte où il est assassiné avant l'arrivée de César. César est nommé dictateur mais il est assassiné le 15 mars -44.

-59         1er janvier - Entrée en fonction de Jules César au consulat avec Marcus Calpurnius Bibulus.

-59         mars - Loi agraire de Jules César en faveur des vétérans de Pompée et des plus pauvres.

-59         avril - Loi Vatinia accordant le proconsulat des Gaules et de l'Illyrie à l'issue de son mandat.

-59         Lex de capite civis Romani de Clodius contre les exécutions capitales de citoyens romains sans procès. Clodius, démagogue romain tribun de la plebe, célèbre pour ses violences, il fit bannir Cicéron, et fut tué par le tribun Milon.

-59         Condamnation de Cicéron, reconnu coupable de l'exécution des complices de Catilina.

-59         Création d'un journal périodique à Rome. Publications régulières des nouvelles (journal) à Rome.

-59         à 17 - naissance et mort de Tite-Live. Historien latin. Fils d'une riche famille, il fait d'abord des études de rhétorique qui l'amènent à s'installer à Rome. Mais il se consacre finalement aux lettres. Malgré ses convictions républicaines, il est très proche d'Auguste qu'il va d'ailleurs aider dans son entreprise de réhabilitation de la grandeur de Rome. En effet, s'il est historien, sa discipline est pour lui un genre littéraire qui doit édifier et idéaliser le passé du monde romain et les vertus du peuple. Dans ses cent quarante-deux livres que composent son 'Histoire de Rome', dont seuls des fragments nous sont parvenus, Tite-Live offre une fresque moralisatrice et oratoire dont Auguste se servit pour asseoir son pouvoir et renforcer l'unité nationale.

-59         en Égypte - Le souverain égyptien est reconnu par le Sénat comme "l'allié et l'ami du peuple romain".

-58         Début de la Guerre des Gaules. Jules César envahit la Gaule (fin en -51). Par la loi Vatinia, le peuple confère à César un commandement militaire. César part à la fin mars pour son proconsulat des Gaules. Il y restera neuf ans. La guerre des Gaules commence en -58 et dure jusqu'en -51. Cette année-là, Jules César vient de recevoir la charge d'administrer la Gaule cisalpine, l'Illyrie et la déjà romaine Gaule transalpine (Provincia en latin). Les relations commerciales et des accords diplomatiques se sont construit entre Rome et les peuples influents de la Gaule indépendante. A cette époque, César venait de finir sa période de consulat, à la suite de quoi il s'était vu confié pour 5 ans le gouvernement des Gaules cisalpine et transalpine, de l'Illyrie et de la Narbonnaise. Son influence à Rome avait alors baissé. Mais César savait qu'une grosse conquête pouvait lui assurer un triomphe à Rome, ce qui lui confèrerait une énorme influence sur la ville et une possibilité de devenir le maître de Rome. En plus, c'est sans doute jaloux envers ses deux compagnons de triumvirat (Crassus et Pompée) qu'il se lança à la conquête de la Gaule. En effet, ces derniers avaient déjà participé à de nombreuses batailles et Pompée venait de recevoir un triomphe à Rome en 61 av. J.-C., alors que César ne s'était jusqu'alors lancé dans aucune conquête. La migration des Helvètes: Les Éduens s'inquiètent de la pression croissante que font subir à leurs voisins les Séquanes et les Helvètes. Ceux-ci subissent eux-mêmes la pression des Germains. Le 24 mars -58, ils se réunissent en assemblée de tout le peuple Helvète à Genève. Devant le danger représenté par les Germains, la décision est prise d'émigrer dans le pays des Santons (l'actuelle Charente-Maritime), donc de traverser toute la Gaule chevelue. La raison de ce choix est inconnue. Elle vient peut-être de l'invasion des Cimbres et des Teutons au IIe siècle av. J.-C.. Un chef Helvète, allié à ces peuples germaniques, avait participé à leur victoire sur les troupes romaines du consul romain Cassius "près de l'Océan", ce qui expliquerait qu'ils aient bien connu cette région. On ignore si les Santons étaient d'accord, et si les peuples dont les territoires devaient être traversés l'étaient aussi. D'autres "peuples" accompagnent les Helvètes en particulier des Boïens en provenance de Pannonie (Bratislava). Toute la Gaule se sent menacée, et notamment les Ambarres, les Allobroges et les Éduens. La province romaine elle-même est menacée, car les Helvètes peuvent passer par le sud du Massif central et Tolosa (Toulouse). Jules César s'y oppose et fortifie les rives du Rhône pour les empêcher de passer par la Provincia. Les Helvètes se retournent alors vers les Séquanes.

-58         Prise de fonction de Jules César comme proconsul de la Gaule cisalpine et transalpine et d'Illyrie.

-58         mars Cicéron se réfugie en Macédoine.

-58         Les Helvètes incendient leurs villes et leurs villages avant de migrer vers l'ouest.

-58         avril Les Helvètes demande à Jules César un droit de passage en Gaule.

-58         9 avril Jules César refuse aux Helvètes le droit de passage dans sa province.

-58         mai Les Éduens demandent l'aide aux romains suite à des pillages helvètes.

-58         6 juin Victoire des armées de César contre les Tigurins (arrière-garde helvète) près de Mâcon.

-58         24 juin Nouvelle victoire de Jules César contre Helvètes près de Bibracte. Bibracte, à Saint-Léger-sous-Beuvray, dans le Morvan, était un oppidum fortifié, capitale du peuple celte des Éduens.

-58         juin César remporte la victoire sur les Helvètes près de Montmort et les oblige à regagner leur terres. Jules César envahit les terres et parvient à affirmer son autorité auprès du peuple helvète. La domination romaine s'étendra peu à peu sur tout le territoire, qui prendra le nom d'Helvétie. Elle appartiendra tout d'abord à la province de Belgique, avant d'être intégrée à la Lyonnaise Iere.

-58         juillet L'assemblée de tous les peuples gaulois décide de demander l'aide de César contre Arioviste.

-58         août Arioviste refuse l'entrevue proposé par César près de Vesontio (Besançon).

-58         5 septembre Rencontre entre Jules César et Arioviste, roi des Germains près de Cernay.

-58         6 septembre Arioviste fait emprisonner les ambassadeurs de Jules César.

-58         13-14 septembre Victoire des armées romaines contre celles d'Arioviste près de Cernay.

-57         Campagne des Romains contre les Belges, qui sont battus sur l'Aisne et sur la Sambre. Crassus, général romain, soumet une partie de l'Armorique. Malgré leurs vives oppositions et leurs rebellions, les peuples de Belgique, d'origines celte et germanique, sont soumis par César. La Belgique romaine comprend alors un bien plus vaste territoire que ce qu'elle deviendra plus tard. Elle est divisée en trois provinces: la Belgique Première, la Germanie seconde et la Belgique Seconde. La région connaîtra un certain développement et d'importantes villes seront fondées (Tournai, Tongres). Au cours des années qui suivront, elle sera marquée au nord par la présence franque germanique (futurs Flamands) et au sud par une population de Francs plus latinisés (futurs Wallons).

-57         Galba prend la tête d'une alliance belge contre César et les Éduens. Galba, roi des Suessons, opposa aux romains une résistance énergique. Mais, après avoir pris part à la grande lutte nationale dans laquelle Vercingétorix succomba (en -52), constatant l'inutilité de ses efforts, il s'allia avec Jules César et lui fournit des troupes. Les Suessions étaient un peuple gaulois. Leur chef-lieu était Soissons.

-57         juin Début de la campagne de Jules César contre les Belges.

-57         juin Victoire de César contre les Belges près de La Miette.

-57         juillet Prise de Noviodunum (Soissons), capitale des Suessions par César, Galba se constitue prisonnier.

-57         Victoire de Jules César contre les Nerviens sur la Sambre. Les Nerviens étaient l'une des tribus de la Gaule belgique. Ils vivaient à l'Est de l'Escaut durant l'époque romaine.

-57         Jules César s'empare de Namur, ville aduatique. Aduatique, peuple germanique installé en Gaule.

-57         août Cicéron est gracié et peut regagner Rome.

-57         septembre Retour triomphal de Cicéron à Rome.

-56         Les Gaulois commencent à organiser la défense générale de leurs territoires. Jules César achève la soumission de la péninsule armoricaine. Crassus soumet l'Aquitaine.

-56         Pacification de toute la Gaule par César et ses lieutenants.

-56         mars Loi Trébonia offrant le gouvernement de la Syrie à Crassus et celui de l'Espagne à Pompée à la fin de leur consulat.

-56         César soumet les Vénètes. Vénètes: peuple gaulois. Il résidait dans le Morbihan actuel et donna son nom à la ville de Vannes.

-56         Crassus le Jeune, légat de César soumet l'Aquitaine achevant la pacification de la Gaule.

-56         Le poète et philosophe latin Lucrèce diffuse son oeuvre De Natura Rerum. Lucrèce est un poète et philosophe latin qui vécut au Ier siècle avant l'ère chrétienne. Les dates exactes de sa naissance et de sa mort ne nous sont pas connues, on les situe généralement entre 98 et 54 av. J.-C. Les circonstances de sa vie et ses principaux événements restent également obscurs.

-55         Les tribus germaniques sont rejetées par les Romains au-delà du Rhin. La plus grande partie des Gaules paraît alors soumise. Les Romains passent en Angleterre dont ils projettent la conquête.

-55         mars Loi Poimpeia-Licinia prolongeant le mandat de Jules César en Gaule pour 5 ans.

-55         15 avril Rencontre entre César, Pompée et Crassus à Lucques prolongeant le Triumvirat.

-55         août Jules César débarque en (Grande) Bretagne.

-55         septembre Répression du soulèvement des Morins par Jules César. Les Morins, peuple gaulois. Leur territoire, la Morinie, avait pour capitale Tarvenna qui deviendra Thérouanne (Pas-de-Calais) et leur port était Bononia 'Boulogne').

-55         Les soldats romains construisent un pont de bois sur le Rhin. Ils le traversent et reviennent en Gaule.

-54         Insurrection de la Gaule-Belgique contre les Romains. Ambiorix, chef des Éburons, massacre une légion romaine. César bat les Nerviens. Labienus, un des lieutenants de César, bat les Trévires. Ambiorix, chef de la tribu belge des Éburons, établis dans le région de Tongres (à l'époque Atuatuca Tungrorum) dans les Ardennes belges. Ambiorix signifie double roi (roi des Éburons et des Atuatuques, fait approuvé par César). Il infligea une cinglante défaite aux légions romaines en 54 avant J.-C. dans la vallée du Geer. Depuis 57 avant J.-C., la région semblait pacifiée par les troupes romaines, mais en -54, l'assassinat, commandité par Jules César du chef gaulois Dumnorix comme les difficultés liées à une récolte de blé désastreuse conduisent à un mécontement gaulois qui se retourne contre l'occupant (alors en quartier d'hiver). C'est le point de départ d'un soulèvement des Éburons, commandés par Ambiorix, ainsi que plusieurs tribus gauloises (Trévires, Nerviens...). Grâce à un stratagème, Ambiorix entraîne la XIVe légion romaine de Cotta et Sabinus dans un guet-apens et l'anéantit. Puis il marche sur le camp de Quintus Cicéron qui est le neveu du célèbre homme d'État du même nom. Les troupes romaines sont assiègées et César doit intervenir lui même pour délivrer ses troupes. Ambiorix arrive à s'enfuir et se réfugie chez les Germains, mais les légions de César se livrent des représailles si importantes (les habitants sont déportés, vendus comme butin de guerre) que le peuple des Éburons disparait de l'Histoire. Ambiorix cours encore, au grand dam de César, qui lui adresse quelques lignes où on sent poindre un profond ressentiment... Ambiorix est devenu un héros national belge dans le deuxième moitié du XIXe siècle, porté par le même mouvement nationaliste et romantico-historique que celui qui toucha Vercingétorix pour les français. Les Éburons étaient une tribu celte de Belgique, établie au nord-est de la Gaule au Ier siècle av. J-C.. Jules César les décrit cependant comme étant d'origine germaine. Leur territoire s'étendait approximativement entre la Meuse et le Rhin. Ambiorix, un chef éburon, est connu pour avoir maté une légion romaine, dans la vallée du Geer en 54 avant J.-C..

-54         Seconde expédition Jules César en (Grande) Bretagne.

-54         Campagne de Crassus contre les Parthes. La Parthie est une région au nord-est du plateau iranien, ancienne satrapie de l'empire des Achéménides, berceau de l'empire Parthe qui contrôla le plateau iranien et par intermittence la Mésopotamie entre -190 et 224. À l'origine, un roi nommé Arsace se rendit indépendant de la domination séleucide dans des zones reculées de l'Iran septentrional vers -250. Antiochos III soumet à nouveau les Parthes à l'empire Séleucide en -206. C'est seulement à partir de la seconde moitié du IIe siècle que les Parthes, descendants des Scythes, profitèrent de la faiblesse croissante des Séleucides pour contrôler progressivement tous les territoires à l'est de la Syrie. À partir du Ier siècle av. J.-C., les Parthes interviennent fréquemment dans la politique de la Méditerranée orientale et s'opposent aux Romains. Ils acquiérent leur respect lorsqu'ils parvinrent à détruire l'armée de Crassus en -53. S'étant emparés de la majeure partie de l'ancien empire perse, les Parthes deviennent les plus grands ennemis de Rome. Cette dernière tenta mais en vain de détruire leur empire par des invasions (par exemple sous Trajan). Elle n'y parvint pas, bien que ces incursions les aient probablement considérablement affaiblis. En 224, Ardachêr, gouverneur de la province achéménide de Fars/Persis, renversa Artaban IV et fonda la dynastie sassanide.

-54         octobre Soulèvement d'Ambiorix (Éburons) qui massacre les 15 cohortes de Sabinus et Cotta près de Tongres. Tongres est une ville située dans la province belge du Limbourg,    

-54         octobre Les Nerviens assiègent la légion de Quintus Cicéron, les Armoricains celle de Roscius.

-54         novembre Intervention de César contre les Morins et les Éburons et de Labienus contre les Trévires. Les Trévires ou Trevériens sont un des peuples celtes. Peuple gaulois de la Gaule belgique dont le vaste territoire s'étendait sur une partie du Luxembourg Belge, le Grand-Duché de Luxembourg, et la Basse-Moselle allemande. Leur roi Indutiomare mena la vie dure à Jules César pendant plusieurs années et il ne furent soumis qu'en -52.

-54         5 novembre Victoire de Jules César contre Ambiorix à Binche.

-53         Les Belges se soulèvent de nouveau sous le commandement d'Ambiorix. Ce dernier est vaincu, mais il échappe aux légions romaines. Une tentative d'invasion des Germains est repoussée par les Romains.

-53         février Trois légions viennent renforcer les sept légions déjà présentes en Gaule.

-53         mars César ravage le territoire des Nerviens en représailles.

-53         avril César convoque l'assemblée des Gaules à Samarobriva (Amiens); Intervention de César contre les Carnutes, les Trévires et les Sénons qui n'ont pas répondu à sa convocation. Les Carnutes sont un peuple de la Gaule celtique. Les Carnutes occupaient la future province de l'Orléanais avec deux villes principales, Chartres - latin Autricum - et Orléans - Cenabum. La forêt des Carnutes était le lieu de rassemblement des druides de la Gaule. Le druide était un personnage omnipotent et omniscient de la société celtique, au point qu'il était à la fois ministre du culte, philosophe, gardien du Savoir et de la Sagesse, historien, juriste et aussi conseiller militaire du roi et de la classe guerrière. Il est en premier lieu l'intermédiaire entre les dieux et les hommes. Druide. Prêtre celte (Gaule, Bretagne et Irlande), le druide est un initié aux secrets des dieux et de la nature. Il a une fonction judiciaire, professorale, médicale et surtout religieuse ; il préside les assemblées des peuples celtes et conseille les rois. Le druidisme disparaît en France après la conquête romaine.

-53         mai Intervention de César en Belgique contre Ambiorix et le poursuit jusque dans les Ardennes sans pouvoir le capturer.

-53         1er juin Désastre de Carrhes face aux Parthes: défaite et mort de Crassus, et anéantissement de ses légions.

-53         septembre César convoque l'assemblée des Gaules et fait condamner les chefs rebelles.

-52         2 janvier Assassinat de Clodius à Rome par les hommes de Milon au cours d'une rixe provoquant de violentes émeutes.

-52         2 janvier Incendie de la Curie (édifice dans lequel se réunissait le Sénat) lors de l'incinération du corps de Clodius.

-52         2 janvier Le Sénat accorde les pleins pouvoirs à Pompée pour rétablir l'ordre. L'anarchie règne à Rome. Des combats de rues opposent des bandes rivales. Pompée s'adresse au Sénat et est nommé sine collega (consul unique) dans le but de rétablir l'ordre. Bagarres sur la voie Sacrée lors des élections. Cicéron manque d'être tué. Alternativement maîtresses du Forum, les bandes de Clodius Pulcher et de Titus Annius Milon en viennent journellement aux mains. Comme les élections consulaires n'ont pu avoir lieu, on nomme un interroi, M. Aemilius Lepidus. Les partisans de Clodius l'assiègent alors dans sa maison, l'empêchent de sortir, et seule l'arrivée des bandes rivales de Milon vient le délivrer. Pompée, de retour à Rome, est chargé de défendre l'État. Il refuse la dictature et prend des mesures pour l'élection des consuls. Calvinus et Messala sont enfin élus après l'arrestation du tribun de la plèbe Q. Pompeius Rufus, responsable du retard des élections, sur ordre du Sénat. Les deux consuls, devant les troubles, font rendre un décret qui interdit aux anciens préteurs ou consuls d'être nommés avant cinq ans au gouvernement d'une province.

-52         18 janvier Révolte des Carnutes et des Sénons.

-52         23 janvier Massacre des résidents romains de Genabum, début de l'insurrection générale des Gaules sous le commandement de Vercingétorix.

-52         30 janvier Vercingétorix est proclamé roi à Gergovie.

-52         8 février Rétablissement de l'ordre à Rome suite au retour de Pompée à la tête de 2 légions.

-52         26 février Pompée est nommé consul unique pour l'année.

-52         mars César prend Vellaunodunum (Montargis), Genabum (Orléans), Noviodunum (Soissons)

-52         25 mars Début du siège de Bourges par César.

-52         avril Milon condamné à mort pour le meurtre de Clodius, s'enfuit à Marseille.

-52         19-20 avril César s'empare d'Avaricum (Bourges) après 25 jours de siège et massacre la population.

-52         mai Les Romains s'emparent de Lutèce. Tenue depuis le IIIe siècle avant Jésus-Christ par des Celtes, Lutèce tombe aux mains des Romains dirigés par le lieutenant Labenius. La ville fortifiée est alors détruite par ses habitants qui refusent de la céder à l'envahisseur. Cette action permettra en fait aux Romains d'y répandre rapidement leur propre architecture. Le nom de Paris sera inspiré par le nom du peuple Gaulois : les Romains nommaient en effet la cité "Civitas Parisorium", la ville des Parisii.

-52         juin Victoire de Vercingétorix contre les armées de César à Gergovie. Le siège de Gergovie, en 52 av. J.-C, est une des batailles principales de la Guerre des Gaules. Elle voit les forces gauloises repousser victorieusement les Romains.

-52         juin Victoire de Labienus sur les Parisii à Lutèce. Les Parisii étaient un peuple gaulois vivant dans l'actuelle région parisienne. Leur nom viendrait peut-être du gaulois kwarisi. Leur ville principale (oppidum) était Lutètia (aujourd'hui Paris)

-52         août Vercingétorix se replie sur Alésia (en Côte-d'Or). Siège d'Alésia, Alésia est un oppidum gaulois avec "arx" (arx : citadelle), comme Vesontio (Besançon) habité par les Mandubiens, dont le site a été le théâtre de la bataille décisive de la Guerre des Gaules qui opposa Jules César à la coalition gauloise menée par l'Arverne Vercingétorix en 52 av. J.-C.. Siège d'Alésia. Défait à Dijon par les armées de César, Vercingétorix se replie sur Alésia avec ses 80 000 hommes et des vivres pour 30 jours. Le terrain en fait une forteresse imprenable de vive force, mais il favorise aussi un blocus. Quand il comprend que ses attaques sont vaines, Vercingétorix renvoie sa cavalerie pour demander aux cités de proclamer la levée en masse : l'armée romaine serait écrasée sous l'avalanche d'hommes qui l'attaqueraient à revers. Mais César se contente de faire édifier une seconde ligne de retranchements dos à dos avec la première. Lorsque l'armée de secours arrive, elle ne peut la forcer. Les assiégés n'ont plus de vivres depuis longtemps, il ne leur reste qu'à se rendre… Le roi des Arvernes dépose ses armes au pied de Jules César. La chute d'Alésia entraîne la soumission des tribus gauloises à l'empire romain.

-52         20-21 septembre L'armée de secours gauloise échoue devant Alésia.

-52         27 septembre Capitulation de Vercingétorix à Alésia.

-52         La Gaule chevelue, vaincue par César, est incorporée à l'Empire romain (conquête déjà commencée pour ce qui est de la Narbonnaise dans les années -125-118 env.). Les Gaulois abandonneront peu à peu leur langue pour prendre celle des vainqueurs.

-52         Les romains s'installent en Gaule en 52 avant JC et provoquent l'évolution en profondeur de la population gauloise : les traits romains et indigènes se mêlent, donnant naissance à une culture "gallo-romaine", qui profite de 3 siècles de paix (relative). Vers le IIIe, les 1ers barbares font des incursions en Gaule en ravageant une partie du territoire : la rencontre des mondes romain et barbare va obliger l'Empire Romain à s'adapter en intégrant progressivement des barbares dans leur organisation et leur armée. Un 2ème flot d'invasions au début du Ve siècle provoqué par un peuple terrifiant venant d'Asie, les huns, aura pour conséquence de pousser tous les peuples barbares situés aux frontières de l'Empire Romain d'Occident telle une partie de billard de peuples : de nombreuses tribus vont pénétrer en Gaule en disloquant définitivement l'Empire Romain et en renforçant dans la population un sentiment de précarité. Il s'agit de ce que les historiens qualifieront de "grandes invasions". Les huns seront par la suite éjectés de Gaule par une coalition "barbaro-romaine" à l'occasion du plus grand choc humain de l'époque (bataille des Champs Catalauniques), confirmant l'incapacité des romains à rester maître de la situation. Les barbares profitent de leur présence sur les terres de l'Empire et vont agir de plus en plus en peuples indépendants : Rome perd ainsi le contrôle du processus de romanisation des barbares, qu'elle avait pourtant souhaité initialement. C'est dans ce contexte qu'un roi barbare va déposer le dernier empereur romain en 476, marquant la fin de l'Antiquité et le début des 10 siècles du Moyen Âge.

-52         “La Gaule ? Un chaos”, écrit l'historien Michelet. Vers 52 avant J.-C., à la veille de la conquête romaine, la Gaule n'est certes pas une nation, au sens moderne du terme. Elle ne forme pas un ensemble politique cohérent. C'est environ quatre-vingt peuplades indépendantes, elles-mêmes divisées en tribus et en clans minés par des conflits perpétuels. Cette poussière de peuples a cependant un point commun. Elle est l'héritière des invasions celtes des Ve-IIIe siècles avant J.-C. Violente, explosive, cette conquête venue du centre de l'Europe s'est introduite par vagues successives dans l'hexagone, en recouvrant peu à peu notre territoire. Nos “ancêtres les Gaulois” sont donc des Celtes, descendants de guerriers intrépides, de cavaliers passionnés, mais aussi d'artisans habiles, porteurs d'une religion et d'une culture originales. Qui sont les Celtes ? Des Indo-Européens dont le trait d'ensemble est qu'ils parlent des langues apparentées entre elles. En quelques siècles, les Celtes se sont mélangés aux populations autochtones conquises, ont imposé leur langue, leurs coutumes et leur façon de vivre, tout en occupant un immense territoire. Au temps de Vercingétorix, on évalue la population à un nombre considérable : dix millions de personnes. Dans ses 'Commentaires', César nomme la Gaule Gallia comata, ou “Gaule chevelue” en raison de l'étendue de ses forêts. Il distingue trois zones. Au centre, ce qu'il appelle la Gaule Celtique (de la Garonne à la Seine), le coeur du pays qu'il s'apprête à coloniser. Au sud-ouest, l'Aquitaine (des Pyrénées à la Garonne). Au nord, la Gaule Belgique (de la Seine au Rhin). Reste la “Provincia” (Provence), ou Narbonnaise qui, dès 121 avant J.-C., est devenue possession romaine. Quel lien réunit les Vénètes, les Redons, les Bituriges, les Éduens, les Volques, Carnutes, Allobroges, Lémovices, Pictons, Cadurques, Bellovaques, Arvernes etc.. ? L'esprit de division et l'individualisme. Ce sont tous des Gaulois, mais déchirés par des guerres endémiques. Des Barbares, disent les chroniqueurs de l'Antiquité qui tracent également leur portrait physique. Ils “ont un corps grand, la peau humide et blanche, les cheveux blonds par nature, relevés des tempes sur le sommet de la tête et de la nuque, de sorte que leur aspect ressemble à ceux des Satyres et des Pans... Certains laissent pousser leur moustache au point que leur bouche est cachée : aussi lorsqu'ils mangent, leur moustache est embarrassée d'aliments, et lorsqu'ils boivent, la boisson circule à travers elle, comme à travers un filtre”. Certes, les Gaulois n'ont pas le raffinement et les bonnes manières des Romains. Guerriers toujours prêts à sauter sur un cheval pour courir l'aventure, ils vivent simplement. Une botte de paille fait l'affaire pour s'asseoir autour de la table où l'on dévore à belles dents quelque cuissot de sanglier et où l'on s'enivre copieusement à la bière, “jus fétide d'orge pourri” selon les propos de Denys. Le jugement sévère des historiens romains sur les Gaulois est forcément partial. Mais ils rapportent sur leur personnalité et leur tempérament de précieuses informations. De caractère, le Gaulois est rebelle à toute discipline. C'est un vantard, prompt à la rixe, un belliqueux jalousant ses voisins et toujours prêt à l'agresser. En tant que guerrier, on reconnaît sa bravoure et son mépris de la mort (certaines tribus ne vont-elles pas dépouillées de tout vêtement au combat?). Mais on rapporte également avec épouvante sa cruauté et sa sauvagerie (ne coupe-t-il pas les têtes de ses ennemis pour les suspendre en trophées au cou de son cheval ou à l'entrée de sa maison ?). Comme citoyen, c'est un individualiste forcené, un mercenaire qui ne reconnaît que l'autorité du plus offrant ; qui veut un courage aveugle et du sang à bon marché, achète un Gaulois. Quant à ses pratiques religieuses, ce sont celles d'un barbare adorateur de divinités mystérieuses auxquelles on sacrifie des humains (prisonniers enfermés dans des mannequins d'osier et brûlés vifs, ou pendus aux arbres). La charge des auteurs anciens est d'autant plus grossière qu'il fallait justifier de la conquête romaine et d'une colonisation qui allait faire profiter de leur brillante civilisation les peuples gaulois. Sans doute moins raffinée, une culture vivante, riche et variée existe cependant bien sur le sol de Gaule, au temps de Vercingétorix. Avec eux, les Celtes ont apporté leur talent de charron (invention du tonneau), de charpentier de navire, de potier, de sellier, leur don du commerce, leur savoir-faire d'agriculteur. Les campagnes que César traverse lors de la guerre des Gaules sont peuplées de paysans experts, en avance sûrement sur les Romains. La réputation des forgerons et des étameurs dépasse largement les limites de la Gaule. Épées, poignards, lances, sont d'une résistance remarquable. Si fiers à juste titre de leur production, les forgerons n'hésitent d'ailleurs pas à frapper leur marque, sous forme d'un poinçon, au sommet de la lame. Tout aussi résistants sont les boucliers souvent sculptés, les casques ornés de cornes de taureaux, d'aigrettes ou d'ailes d'oiseaux. La parure joue un grand rôle chez les Gaulois. Hommes et femmes aiment à porter des bijoux : torques (colliers rigides), bracelets, fibules ou ceintures en bronze. Dans les tombes des grands chefs gaulois - en plus de leur char de guerre, parfois plaqué d'argent - on a retrouvé quantité de bijoux en bronze et en or, et d'objets qui attestent de la qualité des céramistes, des verriers et surtout des émailleurs. Grâce à un excellent outillage et à des techniques performantes, la Gaule fournit en abondance des céréales, plusieurs espèces de blé, d'orge et de millet. La cueillette de baies, la pêche, la chasse, mais aussi la fabrication de laitages et de charcuteries apportent aux banquets le complément alimentaire. Gros consommateurs de viande, les Gaulois pratiquent en grand l'élevage du porc. Dans les forêts, ils élèvent également des boeufs, des moutons et des chèvres. En cas de danger, troupeaux d'animaux et paysans se mettent à l'abri dans les villes fortifiées qui se multiplient sur tout le territoire. Ces oppida, véritables places fortes, peuvent tenir tête à l'ennemi. Souvent bâties sur les hauteurs, elles sont protégées par un fossé profond, entourées d'une muraille de quatre mètres d'épaisseur, le fameux murus Gallicus constitué d'un clayonnage de pierres, de terre et de gros madriers de bois. A l'intérieur de cette enceinte sont aménagés de vastes espaces (135 hectares à Bibracte, 97 à Alésia). Là, trouvent refuge les populations locales, sont stockées les denrées, s'élèvent les maisons de torchis du quartier aristocratique, s'installent des ateliers d'artisans. Ce sont souvent des tisserands qui filent la laine et le lin dont seront faites les braies (pantalons d'homme resserrés aux chevilles), les tuniques longues ou courtes portées par les femmes, les manteaux fixés par des broches ou des clips. Les pièces de tissus sont teintes de couleurs vives, parfois rehaussées de broderies d'or ou d'argent, métaux extraits par les Gaulois au centre de la Gaule. Ville refuge, l'oppidum a également un rôle de centre politique. Dans la cité existe une sorte de conseil où siègent les représentants des familles aristocratiques et les chefs de villages. Un magistrat, le vergobret, est chargé des affaires publiques et élu chaque année par les nobles et les druides. Moins structurée et hiérarchisée que la société romaine, la société gauloise est essentiellement divisée en trois groupes. Les nobles, formant une aristocratie guerrière ; les hommes libres, constituant la classe paysanne et la clientèle des chefs de villages et des grandes familles ; les esclaves, au service des deux premiers. Les druides sont une caste à part et peuvent être appelés en tant qu'arbitres en cas de conflits entre peuples. Loin de l'image du vénérable vieillard coupant le gui avec une faucille d'or, le druide a un rôle social éminent. C'est un prêtre doublé d'un médecin ou plutôt un guérisseur possédant le secret des plantes curatives, un chirurgien pansant et réduisant les fractures. C'est aussi un savant, un maître à penser et un éducateur qui instruit oralement (il n'existe pas de langue écrite) les princes de l'aristocratie. Au temps de Vercingétorix on ne pratique plus de sacrifices humains. Les Gaulois cultivent le culte de la nature et de ses forces mystérieuses. Personnages et animaux fabuleux composent un riche panthéon de divinités, dont le trio principal est constitué par Taranis, dieu du Tonnerre, Esus, dieu des Forêts, Teutatés, dieu de la Richesse, des Chemins et de la Mort. Le druide règle la liturgie des cérémonies religieuses. Arbres, roches, sources et rivières sacrés sont l'objet de rites et d'offrandes. On se réunit dans les forêts mais aussi dans les temples dont certains sont édifiés à l'intérieur des cités. Également centre économique, les oppida, notamment Avaricum (Bourges), Cenabum (Orléans), Noviodunum (Nevers), accueillent les marchands venus de toute la Gaule mais aussi d'Italie, de Grèce et même de Syrie. La monnaie gauloise qui a cours s'est d'abord inspirée du statère macédonien puis chaque peuple a eu son monnayage propre et original. Entre les hameaux, les bourgs et les oppida s'est tissé un réseau étendu de routes et de chemins qui facilite l'intense trafic commercial (routes de l'ambre, de l'étain). Les gros chariots à quatre roues impliquant des attelages et les chars de luxe (légers et rapides, sur le modèle des chars de guerre) circulent sur des routes, témoignant de leur bonne qualité. Des côtes de la Manche à la Méditerranée, le trajet ne durait pas plus d'un mois. Cette densité de communications routières et fluviales va d'ailleurs faciliter la conquête de César. Car il était inévitable qu'un territoire aussi vaste que la Gaule et aussi riche en possibilités attire l'attention de ses puissants voisins romains. Aidé par les dissensions qui opposaient les tribus et les cités gauloises, César va utiliser le premier prétexte pour envahir la Gaule. Malgré un ultime sursaut “national”, la défaite de Vercingétorix (52 av. J.-C.) achève la conquête éclair et sanglante. D'après Plutarque, la guerre des Gaules se soldait par "800 villes prises de force, trois cents peuples soumis, un million d'ennemis tués, un autre million réduit en esclavage". Le fait est que, conquise, la Gaule a aussi vite cédé au vainqueur qu'elle s'est ouverte à la civilisation de l'Italie et de la Méditerranée. Ce faisant, elle a profondément changé son destin en perdant sa langue et sa religion.

-52         "La" langue des gaulois est constituée de dialectes celtiques. Nous avons peu de traces écrites, car la langue écrite était réservée aux druides, qui écrivaient sur des supports fragiles, comme des écorces d'arbres. Les Gaulois possédaient une littérature orale, transmise par les druides ou les bardes. On possède quelques éléments relatifs aux noms propres (dits onomastiques) dans des inscriptions latines ou grecques ; les inscriptions celtes utilisaient un alphabet d'emprunt (latin, grec, + ibère, étrusque, ailleurs qu'en Gaule). On possède aussi un calendrier (situé à Coligny, dans l'Ain), une tablette à Chamalières, une autre dans le Larzac. La conquête romaine. Elle commence dès le 1er siècle avant JC, et est achevée vers -50. Les causes du succès du latin : le latin était apparenté au gaulois, et ne devait pas présenter de difficultés majeures aux celtophones ; le prestige des envahisseurs, celui de la culture latine : le latin était une langue de civilisation ; de même, l'ouverture de nombreuses écoles, accessibles aux gaulois ; Le rôle de l'administration et de la magistrature ; les magistratures impériales, en outre, étaient ouvertes aux Gaulois, ce qui eut du succès dans la noblesse ; Le rôle intégrateur de l'armée romaine : elle utilisait des contingents auxiliaires de mercenaires gaulois, qui devenaient citoyens romains après quelques années de guerre (ceux qui survivaient !) ; ils apprenaient à l'armée la langue et les usages de Rome (Vercingétorix en a fait partie ; et les gaulois s'adaptaient rapidement aux techniques romaines...) ; l'immigration, le commerce ; le latin était une langue véhiculaire ; la christianisation, car au IVe siècle, le latin était la langue liturgique ; la christianisation s'accompagne de romanisation, surtout dans les campagnes. Le latin a touché surtout les nobles, les marchands, les habitants des villes ; au IVe siècle, on parlait encore "gaulois" à la campagne ; aux Vème, VIe siècle, on parlait latin partout. Il faut rappeler qu'il y a 2 variantes du latin : le latin écrit, celui des administrations, des écoles, des écrivains (Cicéron) ; le latin oral, celui des soldats, des marchands entre autres ; le français vient du latin oral.

-52         Campagne de César contre Bituriges et les Carnutes. (peuples gaulois)

-51         Fin de la conquête de la Gaule par Jules César, qui bat successivement les Éburons et les Trévires, et réduit les derniers efforts des Arvernes. La domination romaine est, dès cette année-là, assurée sur toute la Gaule.

-51         à -406 - La Gaule vit, se civilise et prospère sous l'administration romaine.

-51         février Reprise de la pacification de la Gaule par César.

-51         mai César met fin à l'insurrection des Bellovaques près de Compiègne. Les Bellovaques sont un des peuple gaulois de la Gaule belgique. Ils demeuraient dans l'actuel département de l'Oise. Il donnèrent leur noms à Beauvais.

-51         en Égypte - Ptolémée XII laisse son royaume à son fils Ptolémée XIII Dionysos âgé de dix ans et à sa fille Cléopâtre VII. Ptolémée XIII Dionysos, né vers -61, est le fils de Ptolémée XII Neos Dionysos, ou Aulète. Il succède à son père en -51 et règne conjointement avec sa soeur aînée Cléopâtre VII qu'il épouse. Il est en fait le jouet de ses mentors et ministres Achillas et Pothin qui organisent contre Cléopâtre une révolte (fin -49 probablement). Cléopâtre VII est une reine d'Égypte de la famille des Lagides qui gouverne son pays entre 51 av. J-C. et 30 av. J-C., successivement avec ses frères et époux Ptolémée XIII et Ptolémée XIV puis avec le général romain Marc-Antoine. Elle est considérée comme le dernier pharaon de l'Égypte antique avant la conquête romaine. Ptolémée XIV Philopator II (v. -59 / -44) est un pharaon de la dynastie des Ptolémées. Il est le plus jeune frère de Cléopâtre VII, son époux et son associé de -47 à -44. Elle l'aurait fait empoisonner. Son neveu Ptolémée XV, dit Césarion, fils de Cléopâtre VII et de Jules César, lui succède, associé à sa mère Cléopâtre.

-50         La Gaule est entièrement pacifiée.

-50         juin Loi à l'instigation de Pompée demandant la restitution de 2 légions par César.

-50         décembre Vote du Sénat invitant les deux proconsuls à se démettre de leur charge.

-49         1er janvier Message de Jules César au Sénat demandant une destitution de Pompée simultanée à la sienne.

-49         janvier Ahénobarbus est nommé proconsul des Gaules en remplacement de Jules César.

-49         7 janvier Sénatus-consulte demandant le retour de César à Rome.

-49         12 janvier Jules César franchit le Rubicon marquant ainsi le début de la guerre civile. Au commandement de la XIII° légion, Jules César franchit le fleuve Rubicon qui constitue la séparation entre la Gaule cisalpine et l'Italie. Pourtant le Sénat Romain interdisait formellement à tout général en arme de franchir cette frontière sans son autorisation. En transgressant cet ordre, Jules César viole la loi de Rome et déclare la guerre au Sénat. Au moment de traverser le Rubicon, il s'exclame : "Anerrifthô Kubos" qui sera traduit en latin populaire par "Alea jacta est", "le sort en est jeté". Désormais, plus rien ne peut arrêter Jules César : il entrera dans Rome, évincera Pompée et, au terme d'une longue guerre civile, soumettra l'ensemble de l'Empire romain en devenant dictateur à vie. Le Rubicon, Rubico en latin, est une petite rivière du Nord de l'Italie. La rivière avait une résonnance toute particulière dans le droit romain car aucun général n'avait l'autorisation de le franchir avec une armée. À partir de -59, il servit de frontière entre les provinces romaines et la Gaule cisalpine; la loi protégeait ainsi Rome de menaces militaires internes. Il devint célèbre quand Jules César traversa la rivière avec ses légions en armes le 12 janvier -49 sur les traces de Gnaeus Pompeius Magnus (Pompée). Il viola la loi du Sénat romain. Un acte symbolique qui le met en guerre contre le Sénat. Quand César arrive à Rome les Sénateurs ont fui et Pompée aussi. Si l'on en croit Suétone, il lança en franchissant la rivière la célèbre formule: "Le sort en est jeté" ("Alea jacta est"). De cet épisode est née l'expression "franchir le Rubico" qui a survécu jusqu'à nos jours. Elle évoque une personne se lançant irrévocablement dans une entreprise aux conséquences risquées.

-49         17 mars Pompée et ses armées évacuent Brindes devant César pour la Macédoine.

-49         2 août Soumission d'Afranius (légat de Pompée) à Lerida face à César.

-49         août Trébonius (légat de César) s'empare de Marseille.

-49         août Défaite de Curion (légat de César) en Afrique.

-49         septembre Soumission de Varron (légat de Pompée) à Cordoue face à César.

-49         octobre César réprime la mutinerie de la IXeme légion à Plaisance.

-49         novembre César est nommé dictateur pour 6 mois.

-49         décembre César élu consul se démet de ses fonctions de dictateur (11 j.).

-48         janvier César débarque en Macédoine.

-48         César assiège Pompée à Dyrrhachium.

-48         Pompée brise le siège de Dyrrhachium et s'échappe.

-48         9 août Victoire de César à Pharsale contre Pompée qui prend la fuite en Égypte. Jules César poursuit et écrase les troupes de son rival, Pompée, à Pharsale en Thessalie. Un an plus tôt, après que César eut traversé le Rubicon (fleuve séparant la Gaule de l'Italie), Pompée et les sénateurs avaient abandonné Rome et s'étaient embarqués pour la Grèce. Pompée, vaincu par César, cherchera refuge en Égypte auprès de Ptolémée XIII, mais celui-ci, craignant les représailles de César, le fera assassiner.

-48         28 septembre Assassinat de Pompée sur ordre de Ptolémée XIII. Le général romain Pompée, rival de César, est assassiné par les hommes du Pharaon Ptolémée XIII, époux de Cléopâtre. Le souverain égyptien voulait, par ce meurtre, s'attirer les faveurs de César. L'empereur romain ne lui sera guère reconnaissant pour ce geste. Il finira par évincer le pharaon du trône pour y faire monter Cléopâtre, avant d'en devenir l'amant.

-47         1er janvier Jules César rencontre Cléopâtre. Jules César poursuit Pompée en Égypte et apprend son assassinat. L'événement le rend amère vis-à-vis du pharaon, Ptolémée XIII, alors en conflit avec sa soeur-épouse Cléopâtre. Lorsqu'il la rencontre, le général romain est tout de suite séduit par la reine égyptienne. Après que ses armées ont vaincu celles du pharaon, César donne le trône d'Égypte à Cléopâtre. Ils auront un fils.

-47         César réside en Égypte, il triomphe d'une rébellion à Alexandrie, il soumet l'Égypte et règle un différent entre Cléopâtre VII et son frère Ptolémée XIII. Il donne alors le trône à Cléopâtre VII. Lors d'un voyage sur le Nil, il goûte quelques mois de repos auprès d'elle, mais doit rapidement repartir en guerre contre le fils de Mithridate VI nommé Pharnace. La victoire est rapide: "veni, vidi, vici - je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu !"    

-47         mars mort de Ptolémée XIII en rébellion contre César.

-47         23 juin Naissance de Césarion fils de César et Cléopâtre VII. Césarion, Ptolémée XV Philopator Caesar, dit Césarion, est le fils de Cléopâtre VII et présumé de Jules César. Né vers -47, ou vers -44, il gouverne l'Égypte avec sa mère (-44/-30). Ptolémée XV apparaît sur un relief de Dendérah en compagnie de celle-ci. Césarion est assassiné très jeune (15/17 ans) par Auguste, premier empereur de Rome. Selon certaines théories, celui-ci n'aurait pas admis que la descendance mâle de Cléopâtre survive.

-47         juin César quitte l'Égypte.

-47         2 août Victoire de César contre Pharnace.

-47         octobre Retour de César à Rome.

-47         décembre César débarque en Afrique.

-46         6 février Victoire de César à Thapsus contre les partisans de Pompée.

-46         12 février Suicide de Caton (homme d'état romain) à Utique pour ne pas être pris par Jules César. Caton d'Utique (Marcus Porcius Cato Uticencis), ou Caton le Jeune était un homme politique romain. Né en -95 et mort en -46 à Utique (Tunisie actuelle), il se donna la mort en lisant le récit de la mort de Socrate par Platon à l'annonce de la défaite de Thapsus.

-46         14 février Jules César s'empare d'Utique.

-46         mai Retour de Jules César à Rome.

-46         juin Triomphe de Jules César à Rome, exécution de Vercingétorix.

-46         juillet Consécration du temple de Venus Genitrix à Rome par César. César fera le voeu avant la bataille de Pharsale contre Pompée, en 48 avant Jésus-Christ, d'élever un temple à Vénus Genitrix, dont il prétendait descendre par l'intermédiaire d'Enée, fils de la déesse. Jules César introduisit la Vénus Génitrice (Venus Genitrix) comme déesse de la maternité et du foyer, en tant que mère d'Énée (dont il affirmait descendre).

-45         17 mars victoire de César à Munda contre les derniers partisans de Pompée.

-45         13 septembre Jules César fait d'Octave son héritier par testament. (Octave s'appellera Octavien puis l'empereur Auguste). Octave est né à Rome sur le mont Palatin, sous le nom de Caius Octavius Thurinus (famille des Thurii) et porte le même nom que son père Gaius Octavius. Celui-ci appartenait à une famille de l'ordre équestre importante mais peu connue ; il fut gouverneur de la province de Macédoine jusqu'à sa mort en 59 av. J.-C. Sa mère, Atia, est la nièce du grand général romain, César. En 45 av. J.-C., celui-ci, sans descendance légitime, adopte son petit-neveu par testament. Selon l'usage romain en cas d'adoption, Octave est désormais appelé Caius Julius Caesar Octavianus (Octavien).

-45         octobre Triomphe de César à Rome pour sa campagne en Espagne.

-45         César reçoit la dictature pour 10 ans.

-45         Utilistation du calendrier Julien. Calendrier julien, calendrier occidental introduit par Jules César (qui lui donne son nom) en 45 av. J.-C. et remplacé progressivement à partir de 1582 par le calendrier grégorien utilisé actuellement. Le calendrier julien est le calendrier des européens et des chrétiens durant tout le Moyen Âge. Il a perdu tout usage civil durant le XXe siècle, mais est encore utilisé de nos jours comme calendrier liturgique par la majorité des chrétiens orthodoxes. Le calendrier julien a été choisi par Jules César en 46 av. J.-C., en qualité de pontifex maximus, qui lui donnait la responsabilité de fixer le début de chaque année. Ce calendrier fut utilisé à partir de 45 av. J.-C. soit en 709 après la fondation de Rome selon le calendrier romain. Il a été choisi sur les conseils de son astronome Sosigène d'Alexandrie et a été probablement prévu pour refléter une certaine année tropique, avec une année standard de 365 jours divisée en 12 mois et un "jour intercalaire" ajouté tous les 4 ans. Cependant avec ce système, trop d'années bissextiles sont ajoutées en ce qui concerne les saisons astronomiques qui se produisent environ de 11 minutes trop tôt par an. Il paraîtrait que César était au courant de ce décalage, mais n'y accordait que peu d'importance. Au XVIe siècle, le calendrier grégorien fut introduit pour améliorer son exactitude en ce qui concerne la période de l'équinoxe, mais les changements furent relativement mineurs.

-44         14 février La dictature de César devient perpétuelle.

-44         15 mars Assassinat de César aux Ides de Mars, marquant le début de la troisième Guerre Civile. Jules César, qui vient de se faire proclamer dictateur à vie, est assassiné. En pleine séance du Sénat, une cinquantaine de sénateurs partisans de la restauration de la république oligarchique, se jettent sur lui et l'assènent de 23 coups d'épée. César tombe au pied de la statue de son ancien rival, Pompée. Parmi les conspirateurs se trouve Brutus, fils de la maîtresse de César, pour lequel il a une grande estime, et Cassius, général romain. En apercevant Brutus au milieu de ses assassins, Jules César lui aurait lancé en grec: "Kai su teknon", qui pourrait se traduire en latin populaire par "Tu quoque, mi fili" ("Toi aussi, mon fils"). Le corps du tyran sera ramassé par des esclaves et incinéré au Champs de Mars, comme le veut la tradition. Dans son testament, César a désigné pour héritier son fils adoptif, Octave, futur empereur Auguste.

-44         17 mars Vote d'une loi d'amnistie au Sénat pour les meurtriers de César et ratification de tout ses actes.

-44         20 mars Lecture publique du testament de César lors de ses funérailles faisant d'Octave son héritier.

-44         mai Octave accepte officiellement l'héritage de César.

-44         3 juin Loi sénatoriale accordant le gouvernement des provinces pour les consuls à l'issue de leur mandat.

-44         août Rupture entre Brutus, Cassius et Marc-Antoine. Marcus Junius Brutus (vers -85 - -42) rigide républicain romain, fils de Servilia, maîtresse de Jules César, il lui donna le coup fatal, en le poignardant le 15 mars -44. Jules César aurait alors dit en grec kai su teknon (en latin tu quoque fili), "toi aussi, mon fils". Il suivit le parti de Pompée dans la guerre civile, et combattit à la bataille de Pharsale (-48). César, qui l'aimait, et qui, même, disait-on, était son père, l'appela auprès de lui après sa victoire, et le combla de faveurs. Ces caresses ne l'empêchèrent point d'entrer dans la conspiration formée contre le dictateur. Les meneurs de l'assassinat de César attribuèrent à Brutus le rôle de fidèle poursuivant des traditions familiales en dépeignant César comme avide du titre de roi et de l'autorité royale. Après ce meurtre, Brutus, poursuivi par Marc-Antoine, se réunit à Cassius, et livra bataille à Marc-Antoine et à Octave dans les plaines de Philippes en Macédoine. Il fut vaincu, et, avec Cassius, se suicida de désespoir, en l'an 42 avant J.-C. Caius Cassius Longinus (mort en -42) né vraisemblablement vers -87 ou -86, Cassius appartient à la gens Cassia, une famille de la noblesse plébéienne qui a accédé au consulat au début du IIe siècle av. J.-C. Dans les années -50, Cassius, par son mariage avec Junia Tertia, fille de Servilia, semble appartenir au groupe politique des Optimates qui s'est rassemblé autour de la figure de Caton le Jeune. Sa carrière politique ne débute vraiment qu'en -53. Cette année là il est questeur auprès de Crassus dans sa campagne contre les Parthes. Après le désastre de Carrhae il réussit à rassembler les débris de l'armée en Syrie. En -52 et surtout en -51, il réussit à contenir et à repousser des attaques parthes qui visaient Antioche. Tribun de la plèbe en -50, il suit Pompée lors de la guerre civile contre César. Marc-Antoine ou Antoine, né en -83, était un fidèle partisan de César. Il servit sous ses ordres en Gaule, fut l'un de ses lieutenants pendant la guerre Civile (-49 à -45) et revêtit son premier consulat avec lui (-44). À sa mort, Marc-Antoine reçut un "Imperium maius" pour les Gaules (Cisalpine et Transalpine). Après le siège de Mutina et le meurtre des deux consuls (Pansa et Hirtius), il forma le second Triumvirat avec Octave et Lépide et favorisa les proscriptions (mort de Cicéron) (-43). Il fit déifier César en -42 et participa à la bataille de Philippes, où Cassius et Brutus trouvèrent la mort. Antoine, en -41, se rendit en Asie Mineure après l'invasion parthique de l'année précédente en Syrie. Marc-Antoine rencontra pour la première fois Cléopâtre VII à Alexandrie. Après la guerre de Pérouse où son frère fut désavoué, il se réconcilia avec Octave et épousa sa soeur Octavie. La paix de Misène consacra un statu quo avec Sextus Pompée (-39). Le pacte de Tarente, en -37, renouvela le Triumvirat. Marc-Antoine aurait épousé Cléopâtre en -37 ou -36. En -34, il célébra un triomphe à Alexandrie après sa brillante campagne arménienne, suivi par la fameuse "donation d'Alexandrie". Octavie divorça de Marc-Antoine en -32 et Octave publia à Rome le testament de Marc-Antoine. Ceci marqua le début des hostilités ouvertes entre les deux hommes, hostilités qui devaient se terminer par la bataille d'Actium (-31) et les suicides, l'année suivante, de Marc-Antoine et de Cléopâtre. L'Égypte devint une province romaine.

-44         Marc-Antoine assiège Brutus dans Mantoue. Mantoue est une ville de Lombardie,    

-44         septembre Discours de Cicéron contre Marc-Antoine. Philippique, discourt violent contre quelqu'un.

-44         10 octobre Fondation de Lyon. Le lieutenant de César Lucius Munatius Plancus fonde une colonie sur la colline de Lugdunum qu'il baptise "Colonia copia Lugdunum". Elle est destinée à abriter les citoyens romains chassés de Vienne par les Allobroges. La ville deviendra la capitale administrative et religieuse des trois Gaules (Lyonnaise, Aquitaine, Belge) et accueillera chaque année au mois d'août les chefs des 60 tribus gauloises.

-44         Le siège de Mantoue est brisé par les armées d'Octave, fuite de Marc-Antoine.

-44         en Égypte - De retour à Alexandrie après l'assassinat de César, Cléopâtre VII se débarrasse de son frère Ptolémée XV et prend comme co-régent Césarion (Ptolémée XVI), le fils qu'elle a eu de César.

-43         Fondation de la colonie romaine de Lugdunum.

-43         janvier Aulus Hirtius et Vibius Pansa sont nommés consuls.

-43         janvier Dolabella, ex-consul, fait exécuter Trébonius, un des meurtriers de César en Syrie.

-43         février Le Sénat accorde les pleins pouvoirs au deux consuls et proclame Dolabella ennemi public.

-43         14 avril Défaite d'Octave devant Modène. Modène est une ville située actuellement dans la République italienne, dans la région d'Émilie-Romagne.

-43         21 avril Défaite de Marc-Antoine et mort du consul Aulus Hirtius devant Modène.

-43         22 avril Mort du second Consul Vibius Pansa.

-43         26-27 avril Le Sénat déclare Marc-Antoine Ennemi Public.

-43         29 mai Lépide et Marc-Antoine unissent leur force lors de leur rencontre en Narbonnaise.

-43         juin Munatius Plancus et Decimus Brutus unissent leur force lors de leur rencontre près de Grenoble. Lucius Munatius Plancus (né en -87 - mort en -15) était un sénateur romain, consul en -42, et censeur en -22 avec Aemilius Lepidus Paullus. De la même manière que Talleyrand dix-huit siècle plus tard, il est un des exemples historiques classique d'hommes qui ont réussi à survivre à des circonstances dangereuses en changeant constamment d'allégeance. Lépide (Marcus Aemilius Lepidus), général et homme d'État romain, mort en -13. Il fut maître de cavalerie de Jules César. Il fut consul en -46 avec César. Decimus Junius Brutus Albinus, il fut au nombre de ceux qui conspirèrent contre Jules César en -44. Après la mort du dictateur, il s'enferma dans Modène, força Marc-Antoine à lever le siège de cette ville, le chassa de l'Italie, et fut honoré du triomphe; mais il fut vaincu à son tour par le triumvir, et périt assassiné en se retirant dans les Gaules.

-43         août Ralliement des troupes de Asinius Pollion et Munatius Plancus à Marc-Antoine et Lépide. Asinius Pollion, général, homme politique, poète, historien, il a été l'ami de Virgile à l'époque des 'Bucoliques' et Horace lui adresse l'Ode II, 1.

-43         août Octave franchit le Rubicon avec ses armées, le Sénat envoie des troupes pour le stopper.

-43         août Entrée de d'Octave à Rome à la tête de ses troupes, et celles du Sénat qui se sont ralliés à lui.

-43         19 août Quintus Pédius est nommé consul, et la loi d'amnistie est abrogé par le Sénat.

-43         octobre Rencontre entre Marc-Antoine, Octave et Lépide près de Bologne, début du Triumvirat.

-43         27 novembre Le Sénat adopte le Triumvirat (Marc-Antoine en Gaule, Octave en Afrique et Lépide en Espagne). Marc-Antoine, Lépide et Octave sont nommés par le Sénat romain pour exercer un gouvernement à trois. Ce nouveau trumvirat est instauré dans le but d'éviter des batailles de succession entre les prétendants au trône Marc-Antoine, le fidèle lieutenant de César et Octave, son neveu et fils adoptif. L'empire romain sera ainsi partagé en trois. L'Orient reviendra à Marc-Antoine, l'Occident à Octave et l'Afrique à Lépide. Second triumvirat, après l'assassinat de Jules César aux ides de mars -44, la guerre civile reprend à Rome. Le second triumvirat est une alliance politique réunissant Marc-Antoine, consul de l'année -44 et ancien lieutenant de César, Lépide, ancien maître de cavalerie de César et Octave, le futur empereur Auguste, neveu et fils adoptif de Jules César. Cet accord est scellé pour 5 ans à Bologne en novembre -43 à l'initiative de Marc-Antoine et de Lépide. Il représente l'union des héritiers politiques de César face au Sénat romain et aux républicains. Lors de cet entretien les trois hommes se répartissent le gouvernement des provinces et les légions (à Lépide reviennent la Narbonnaise et l'Espagne, à Marc-Antoine la Gaule Chevelue et Cisalpine, à Octave l'Afrique et la Sicile). Ils tentent aussi de régler le problème de la distribution de terres aux vétérans de César. Cet accord permet aussi aux triumvirs d'afficher la liste de leurs ennemis dont les biens sont confisqués et qui peuvent être exécutés sans jugement. C'est la proscription. Cicéron en est notamment victime. Les triumvirs sont victorieux des républicains lors de la bataille de Philippes en -42. Après la mise à l'écart de Lépide, Marc-Antoine et Octave s'affrontent en -31 lors de la bataille d'Actium. Octave en sort vainqueur, mettant ainsi fin à un siècle de guerre civile à Rome et au Second triumvirat.

-43         décembre Début des proscriptions sanglantes du Triumvirat.

-43         17 décembre Cicéron, proscrit, est exécuté. Le sénateur romain, Marcus Tullius Cicero, dit "Cicéron" est égorgé près de sa villa de Formia par les hommes du nouvel homme fort de l'Empire romain, Marc-Antoine. Sa tête et ses mains sont exposées sur la tribune. Depuis son accession au pouvoir avec Octave et Lépide (triumvirat du 11 novembre), Marc-Antoine n'a de cesse de punir ceux qui ont comploté contre César. Une centaine d'orateurs seront assassinés au même titre que Cicéron.

-43         à 17 - naissance et mort de Ovide. Auteur latin. Fils d'une famille riche de chevaliers, il développe très tôt des talents d'écrivains. Après avoir entamé une carrière juridique, il se consacre à la poésie. Ses élégies, sur le thème de l'Amour galant, ont un grand succès et il est rapidement adulé par l'aristocratie. Mais, accusé d'avoir rallié le culte du dieu unique de Pythagore, il est envoyé en exil à Tomes, en Roumanie. Malgré les supplications désespérées faites à l'Empereur; il y reste jusqu'à sa mort. Si on lui a reproché sa frivolité et sa légèreté, son oeuvre est entrée dans la postérité et a inspiré les romantiques européens. On lui doit, entre autres, 'L'art d'Aimer' où il dévoile, non sans humour, les techniques de séduction de l'époque, mais aussi 'Les métamorphoses' long poème épique inspiré des légendes grecques.

-42         Marc-Antoine et Octave allèrent combattre les républicains qui tenaient la Grèce et la Macédoine. Deux batailles eurent lieu près de Philippes. Cassius se tua après la première, Brutus après la seconde. Défaite des Républicains à Philippes. Philippes est une ville de Macédoine orientale, fondée par Philippe II en -356 et abandonnée au XIVe siècle après la conquête ottomane. La ville apparaît dans les sources à l'occasion de la guerre civile romaine qui suit l'assassinat de Jules César: ses héritiers Marc-Antoine (Marcus Antonius) et Octave (Iulius Caesar Octavianus) affrontent les partisans de la République, Junius Brutus et Cassius Longinus, dans une double bataille décisive dans la plaine à l'Ouest de la ville en octobre -42. Vainqueurs, Marc-Antoine et Octave licencient une partie de leurs vétérans, probablement de la légion XXVIII, qu'ils installent dans la ville, refondée comme colonie romaine sous le nom de Colonia Victrix Philippensium.

-42         Marc Antoine rencontre Cléopâtre. Héritier des terres orientales, Marc-Antoine est amené à rencontrer la reine d'Égypte, Cléopâtre. Il en tombe immédiatement amoureux mais doit faire face aux dissensions qu'il partage avec Octave, autre héritier de l'Empire romain. Il décidera donc d'épouser la soeur de ce dernier, afin de mettre fin au conflit familial. Il ne restera pourtant pas longtemps loin de sa reine égyptienne et distribuera finalement ses terres aux enfants qu'il aura avec elle. En réaction à ce qu'il considère comme une trahison, Octave déclarera la guerre à Cléopâtre.

-42         23 octobre Suicide de Brutus.

-42         16 novembre Naissance de Tiberius Claudius Nero. Tibère (Tiberius Claudius Nero), né en -42 et mort en -37, est le deuxième empereur romain. Fils de Livie, il est adopté par son beau-père Auguste qui en fait son héritier. Tibère devient empereur à la mort de ce dernier en -14.

-41         en Égypte - Cléopâtre séduit Marc-Antoine (ou Antoine) rencontré à Tarse. Il la suit à Alexandrie, part ensuite faire campagne contre les Parthes et la retrouve en -37 à Antioche. Marié à Octavie, la soeur de son allié Octave, le futur Auguste, Marc-Antoine décide alors de rompre le pacte conclu à Brindes en septembre -40 avec ce dernier, pacte qui lui réservait le gouvernement de l'Orient. Il décide en effet de réorganiser l'Orient conquis par Rome en faveur de la monarchie lagide qui se voit attribuer Chypre, une partie de la Crète, la Cyrénaïque et une partie de la Cilicie. La Cilicie est un pays situé dans la moitié orientale du sud de l'Asie mineure. Elle était bordée au Nord par la Cappadoce et la Lycaonie, à l'Est par la Pisidie et la Pamphylie, au Sud par la Méditerranée et au Sud-Est par la Syrie.

-41         janvier Retour d'Octave à Rome.

-41         Octave répudie Clodia, son épouse.

-41         Début de la guerre de Pérouse. Pérouse, est une ville de la région Ombrie, près de la rivière Tibre dans le centre de l'Italie. C'est la capitale de la province de Pérouse. Lucius Antonius (frère de Marc-Antoine) vint s'y réfugier avant d'être vaincu par Octave à l'issue d'un long siège.

-41         en Grèce - Marc-Antoine s'installe à Alexandrie avec Cléopâtre VII.

-41         25 décembre Reddition de Lucius Antonius, assiégé depuis plusieurs mois dans Pérouse.

-40         15 mars Octave fait exécuter les notables de Pérouse.

-40         Hérode est nommé roi de Judée. Hérode Ier le Grand, roi de Judée de -37 à -4, fils d'Antipater, né à Ascalon en -73, mort à Jérusalem en -4. Hérode le Grand est l'un des personnages les plus importants de l'histoire juive. Assassin, pervers, mais aussi grand bâtisseur, il fût placé sur le trône de Jérusalem par les Romains. Pour garantir la séparation du culte et de l'État, il retire le pouvoir politique aux prêtres, qui n'ont plus qu'un rôle spirituel. Par peur des complots, sa folie passagère l'amène à faire assassiner son épouse Mariamne ainsi que plusieurs de ses enfants...

-40         Mariage d'Octave avec Scribonia.

-40         Prise de Siponte (Italie) par Marc-Antoine.

-40         Attaque de Sextus Pompée contre la Sardaigne. Sextus Pompée: Fils du grand Pompée. Adversaire des membres du second triumvirat. Maître de la Sicile, il tente de bloquer le ravitaillement de Rome en blé, (il contrôle le Detroit de Messine) et accueille les proscrits et bloque le ravitaillement de Rome en blé. Lépide et Octave lancent contre lui une expédition militaire commandé par Agrippa alors préfet de la flotte. Il est vaincu par Agrippa à la bataille de Nauloque en 36 Avt J.-C.

-40         Marc-Antoine met le siège devant Brindes. Brindes, Brindisi est une ville italienne, chef-lieu de la province du même nom dans les Pouilles.

-40         Défaite des armées d'Octave à Hyria face aux armées de Marc-Antoine.

-40         Prise de la Sardaigne et de la Corse par Sextus Pompée.

-40         octobre Traité de Brindes accordant la Gaule et l'Occident à Octave (deviendra Auguste), l'Orient à Marc-Antoine et Lépide conservant l'Afrique.

-40         Octavie, soeur d'Octave épouse Marc-Antoine.

-40         Triomphe (ovatio) d'Octave à Rome.

-40         Labienus, partisan des meurtriers de César, Brutus et Cassius, entraîne une armée parthe en Asie Mineure qu'il pille jusqu'en Carie, où la résistance des cités décourage les envahisseurs définitivement chassés en -39 par Ventidius Bassus.

-39         Traité de Misène, Sextus Pompée qui dominait la Sicile, récupère la Corse, la Sardaigne et l'Archaïe.

-39         Victoire de Ventidius (général d'une armée romaine) contre Labienus et les Parthes.

-39         Bibliothèque publique à Rome.

-38         janvier Octave répudie Scribonia pour épouser Livie. Livie, née en 68 ou 69 avant J.-C morte en 29 Aprés J.-C. Seconde épouse de l'empereur romain, Auguste. Mère de Tibère, futur empereur et de Drusus, tous deux nés d'un premier mariage avec Tiberius Claudius Nero. Ce mariage consacre l'alliance des Julii (par Auguste) et des Claudii, vieille famille aristocratique. C'est pour cela que les premiers empereurs romain sont appelés les Julio-Claudiens.

-38         18 janvier Mariage d'Octave et Livie.

-38         avril Naissance de Drusus, frère de Tibère. Drusus, (né en 38 av. J.-C, mort en 9 av. J.-C d'une chute de cheval au retour d'une campagne militaire), fils de Livie et de Tiberius Claudius Nero, il fut adopté par Auguste. Général Romain du haut empire, frêre du second empereur romain Tibère. Il épousa Antonia Minor, ils eurent deux fils Germanicus et Claude qui fut empereur de 41 à 54 Aprés J.-C.

-37         juillet Rencontre de Tarente entre Octave et Marc-Antoine qui lui apporte un soutien militaire contre Sextus Pompée.

-37         septembre Renouvellement des pouvoirs des triumvirs pour 5 nouvelles années.

-36         mars Départ de Marc-Antoine pour une expédition contre les Parthes.

-36         juin Attaque parthe contre l'arrière-garde de Marc-Antoine qui perd ses armes de siège.

-36         août Victoire navale d'Agrippa contre Sextus Pompée devant Mylae. Octave et Agrippa sont tous les deux nés en 63 avant J.-C. et sont amis d'enfance. Dès la mort de César en 44 avant J.-C., Agrippa va montrer une fidélité indéfectible à l'héritier du dictateur. Il sera son général et amiral sur les champs de bataille. Il se distingue à Philippes en 42 avant J.-C. avant de remporter les succès maritimes à Nauloque contre Sextus Pompée et à Actium contre Marc-Antoine et Cléopâtre VII. Il est après Octave, l'homme le plus puissant de la Principat. Agrippa, Marcus Vipsanius Agrippa (63 av. J.-C. - 12 av. J.-C.) général et homme politique romain. Il mit ses qualités d'homme de guerre au service de son ami Octave, le futur empereur Auguste dont il épousa la fille Julia. Possible successeur d'Auguste, il mourut avant lui.

-36         août Débarquement et défaite des armées d'Octave en Sicile.

-36         Août Début du siège de Phraaspa (Capitale parthe) par Marc-Antoine.

-36         3 septembre Victoire navale d'Octave à Nauloque contre Sextus Pompée.

-36         4 septembre Prise de Messine par Octave, Sextus Pompée s'enfuit en Orient.

-36         septembre Retour d'Octave à Rome.

-36         septembre Lépide se soulève contre Octave mais ses troupes refusent de le suivre.

-36         novembre Marc-Antoine signe un traité de paix avec les Parthes et lève le siège de Phraaspa.

-36         Lépide est exilé à Circei par Octave.

-35         Exécution de Sextus Pompée à Millet par un lieutenant de Marc-Antoine.

-35         Campagne d'Octave en Dalmatie et en Illyrie (jusqu'en -34). La Dalmatie est une région de Croatie qui va de l'île de Pag, au nord-ouest, à la baie de Kotor au sud-est, non loin du Monténégro.

-34         en Grèce - Marc-Antoine donne Alexandrie à Cléopâtre VII, provoquant la colère d'Octave.

-34         en Égypte - À Alexandrie, Cléopâtre VII est proclamée "Reine des Rois" et les enfants qu'elle a eus de Marc-Antoine se voient attribuer le titre royal et de vastes territoires: l'Arménie et l'Empire parthe, qui restait à conquérir, pour Alexandre Hélios, la Libye et la Cyrénaïque pour sa soeur jumelle Cléopâtre Séléné, les régions situées à l'ouest de l'Euphrate pour le jeune Ptolémée Philadelphe. L'Orient devenait ainsi, selon l'expression d'E. Will, "une sorte d'empire fédéral ptolémaïque, qui avait Alexandrie pour capitale".

-33         1er janvier Octave dénonce les donations faites par Marc-Antoine.

-33         2 janvier Octave remet sa charge de consul à Sosius.

-32         février Mise en cause de Marc-Antoine au Sénat par Octave.

-32         en Grèce - mai Marc-Antoine s'installe à Athènes avec Cléopâtre VII.

-32         octobre Octave déclare la guerre à l'Égypte.

-32         31 décembre Fin légale du triumvirat.

-31         mars Une tempête empêche le débarquement d'Octave à Corcyre. Corcyre, aujourd'hui Corfou, est une île de la mer Ionienne au nord-ouest de la Grèce.

-31         2 septembre Victoire d'Octave sur Marc-Antoine près d'Actium, désormais seul maître de l'empire romain. Octave, le neveu et fils adoptif de Jules César, bat Marc-Antoine et Cléopâtre au large de la Grèce occidentale. Cette victoire marque la fin de la guerre civile dans l'Empire romain. Les deux amants vaincus se suicideront peu après. Octave, alors seul maître de l'Empire, se fera attribuer le titre d'"augustus" (sacré), repris par les empereurs romains qui lui succéderont. Actium (aujourd'hui Punta) est le nom antique d'un promontoire au nord d'Acarnanie (Grèce) à l'embouchure du Sinus Ambracius (golfe d'Arta), où se trouvait un ancien temple d'Apollon Actius, ou actiaque, ainsi qu'une petite ville, ou plutôt village, du nom d'Actium. Actium reste célèbre par la bataille d'Actium, victoire navale qu'Octave y remporta sur Antoine, le 2 septembre -31 (723 de Rome), et qui mit fin à la république romaine. En mémoire de cette bataille, Octave bâtit la ville de Nicopolis (du grec Nikè, la Victoire) en face d'Actium, releva le temple d'Apollon actiaque et renouvela les Jeux actiaques (Ludi Actiaci), en les transférant à Rome : ces jeux, composés d'exercices gymnastiques, de combats équestres et de concerts, se célébraient tous les cinq ans. La victoire d'Actium devint le point de départ d'une ère particulière, dite Ère actiaque (Actiaca Aera).

-31         20 septembre Cléopâtre VII est de retour à Alexandrie.

-30         31 juillet Prise d'Alexandrie par les troupes d'Octave.

-30         1er août Suicide de Marc-Antoine.

-30         10 août Suicide de Cléopâtre VII. La reine d'Égypte, Cléopâtre VII, 39 ans, obtient de se faire livrer un panier de figue avec un aspic (vipère) dedans. Depuis la défaite et le suicide de son amant, Marc-Antoine, elle vit recluse dans son palais d'Alexandrie. Apprenant l'arrivée de son rival Octave, le futur empereur Auguste, elle préfère se suicider. Avec elle s'éteint la dynastie des Lagides. L'Égypte devient une province romaine.

-30         Annexion de l'Égypte à l'Empire Romain. Après la bataille d'Actium qui entraîna les suicides de Marc-Antoine et de Cléopâtre, Auguste fait de l'Égypte une province romaine. Les cultes égyptiens seront maintenus durant les premiers siècles de cette domination romaine et certains temples seront même restaurés. Toutefois, la christianisation du peuple sera inévitable.

-30         en Égypte - Octave entre en vainqueur à Alexandrie. Il accorde son pardon à la ville et aux Égyptiens qui ont soutenu Cléopâtre VII et Marc-Antoine mais prive la capitale des Lagides de son Sénat, la Boulé. L'Égypte devient de fait une province romaine, c'est la fin de la dynastie des Ptolémées. Le changement de régime en Égypte n'entraîne pas de réactions populaires, car les Romains ne font que se substituer aux Ptolémées, en maintenant la langue grecque et des administrateurs grecs pour gouverner le pays. Octave ne laisse que peu de troupes dans un pays en paix, menacé seulement au Sud.

-29         11 janvier Fermeture des portes du temple de Janus, marquant la fin de la guerre.

-29         13 août Triomphe d'Octave (jusqu'au 15).

-29         septembre Campagne de Licinius Crassus contre les Thraces.

-29         à -19 Virgile écrit 'L'Énéide'. 'L'Énéide' est une épopée de Virgile. C'est le plus prestigieux exemple de ce genre littéraire en langue latine ; cet ouvrage, au même titre que l'Iliade et l'Odyssée — dont l'Énéide s'inspire largement —, a suscité l'admiration de générations de lettrés de l'Antiquité jusqu'à nos jours. Cet ouvrage raconte l'histoire d'un rescapé de la guerre de Troie : le Troyen Énée, fils d'Anchise et de la déesse Vénus. Il relate également certains des mythes fondateurs de Rome. Le poème, écrit entre -29 et -19, contient environ 10 000 vers et se divise en douze chants.

-28         janvier Épuration des listes sénatoriales par Octave.

-28         août Octave est nommé Princeps (premier) du Sénat.

-27         13 janvier Le Sénat refuse la démission d'Octave et élargit ses fonctions.

-27         13 janvier Partage des provinces entre le Sénat et Octave.

-27         AUGUSTE (-27 à 14) (Caius Julius Caesar Octavianus)

-27         Auguste (Caius Octavius Thurinus, puis Caius Julius Caesar Octavianus, enfin Imperator Caesar Divi Filius Augustus), d'abord appelé Octave puis Octavien, né en -63 et mort en 14 est le premier empereur romain. Auguste est né à Rome sous le nom de Caius Octavius Thurinus (famille des Thurii), et porte le même nom que son père. Celui-ci appartenait à une famille de l'ordre équestre importante mais peu connue ; il fut gouverneur de la province de Macédoine jusqu'à sa mort en -58. Sa mère, Atia, est la nièce du grand général romain, César. En -46, celui-ci, sans descendance légitime, adopte son petit-neveu par testament. Petit-neveu de Jules César, il est adopté par celui-ci. Selon l'usage romain en cas d'adoption, Octave est désormais appelé Caius Julius Caesar Octavianus (Octavien). Après l'assassinat de son père adoptif, il partage le pouvoir avec Marc-Antoine et Lépide au sein du second triumvirat. Après avoir vaincu Marc-Antoine à la bataille navale d'Actium en -31, il devient seul détenteur du pouvoir et finit par devenir le premier empereur romain en -27 lorsque le Sénat lui confère le titre d'Auguste. Ce titre est assez particulier. Conformément à la tradition romaine, il s'agit d'un surnom qu'on rajouta aux prénoms d'Auguste, tout comme on ajoutait au nom d'un général vainqueur un surnom formé sur le nom du peuple vaincu. Il était décerné au général si le territoire de Rome avait été accru par la victoire. Le terme Augustus est à forte connotation religieuse. Avant d'être décerné à Octave, il n'était employé comme adjectif qu'à l'égard d'un dieu. Il signifie celui qui augmente. Par ce titre, on considère donc qu'Octave est celui qui augmente perpétuellement l'ager publicus. Auguste réforme l'armée, qui devient définitivement une armée de métier. La charte militaire (condito militiae) lui donne son statut légal: service de 12 ans pour les prétoriens, de 16 ans pour les légionnaires (porté plus tard à 16 et 20 ans), solde, libéralités variées, dotation en argent ou en terre le jour de la libération, accompagnée de privilèges juridiques comme la collation de la cité romaine. Les effectifs sont fixés à 28 légions (25 après le désastre de Varus en 9) fortes de 5500 fantassins et de 120 cavaliers, de corps auxiliaires de 500 où 1000 hommes (cavalerie, ailes, infanterie, cohortes), de la garnison de Rome et de l'Italie, formée des neuf cohortes prétoriennes (9000 hommes au total), des trois cohortes urbaines (3000 hommes), des sept cohortes des vigiles (police nocturne, incendies) et de la garde privée de l'empereur, formé de cavaliers espagnols, Bataves ou Germains. Soit 300 000 hommes auquel viennent s'ajouter 50 000 hommes des contingents des alliés, rois vassaux ou Barbares. Auguste crée une marine de guerre, composée de deux flottes à Misène et à Ravenne qui protégent l'Italie, de deux autres flottes de moindre importance en Syrie et en Égypte, et de flottilles fluviales sur le Rhin et le Danube pour la protection des frontières. En -23, Auguste crée un corps de fonctionnaires, nommés et appointés par lui : préfets, procurateurs, membres des grandes commissions exécutives. Les carrières sénatoriales (héritage de la République) et équestre (créée de toutes pièces) fournissent le personnel administratif nécessaire. Les provinces Impériales sont administrées selon le cas par des lieutenants-légats d'ordre sénatorial ou des préfets et des procurateurs d'ordre équestre. L'empereur possède un droit de regard sur les provinces sénatoriales qui se traduit par une intervention administrative, financière et judiciaire, sous la forme de l'appel. Auguste procède à un redressement financier en aménageant les impôts existant et en améliorant l'administration fiscale. Il contrôle sévèrement la gestion des gouverneurs sénatoriaux et met fin au pillage méthodique des provinces pratiqué à l'époque républicaine. En Sicile et en Gaule, il substitue au système de la ferme la perception directe, et dans les cas où il maintient la ferme, il l'entoure de garanties (remplacement des puissantes compagnies financières par des fermiers d'importance sociale plus modeste et contrôle étroit exercé par des gouverneurs ou des procurateurs financiers). Auguste poursuit l'oeuvre de César en matière de recensement et de cadastre, qui servent de base à la fixation de l'impôt. Il dédouble la caisse financière centrale, l'aerarium, qui subsiste pour le Sénat, avec les diverses corbeilles (Fisci) et la caisse de la fortune particulière (patrimonium) pour l'empereur. Les juridictions républicaines traditionnelles - comices, magistratures, Sénat, tribunaux - sont remaniées. Les tribunaux civils et criminels sont réorganisés. Une juridiction impériale est créée, qui se manifeste sous trois formes: l'évocation à l'empereur, l'appel et la délégation de la juridiction aux fonctionnaires. En première instance, par la Cognito Caesaris, l'empereur, partout et toujours, au civil comme au criminel, peut évoquer une affaire à son tribunal. L'appel à l'empereur est généralisé dans tout le monde Romain. Juge suprême de l'empire, l'empereur délègue ses pouvoirs judiciaires à ses fonctionnaires, tant permanents (préfets et commissions exécutives à Rome et en Italie, légats et gouverneurs dans les provinces impériales) qu'extraordinaires (commissaires spéciaux). La réorganisation judiciaire se complète, notamment à Rome, par la création d'une police.

-27         L'EMPIRE - C'est une vaste période qui se divise en deux parties. Le Haut Empire (-27 - 235) et le Bas Empire (284-476). Le Bas Empire, désigne la période la plus proche de nous sans considération péjorative aucune; on l'appelle aussi l'Empire Tardif. Entre les deux, une cinquantaine d'années: les crises du IIIe siècle, période de troubles, d'insécurité, d'instabilité politiques, de menaces extérieures qui voient les empereurs faits et défaits par l'armée. L'Antiquité Tardive est une période de renaissance de l'empire romain jusque vers 395. L'Empire trouve deux empereurs à forte personnalité: Dioclétien qui met en place la tétrarchie et Constantin le Grand. Après la mort de Constantin commence un long déclin, surtout après le partage de l'empire en deux par Théodose le Grand. Ce déclin conduit à la chute de l'empire sous Romulus Augustulus. L'Empire romain d'Orient survivra et se transformera en Empire byzantin jusqu'à la chute de Constantinople en 1453. Haut Empire, cette expression est le corollaire de la précédente. Elle désigne la première période de l'empire romain, elle débute en 27 av. J.-C. avec le principat d'auguste, et inclut le règne idéalisé des Antonins.

-27         16 janvier Octave devient empereur sous le nom d'Auguste.

-27         Lugdunum (Lyon) devient capitale des Gaules.

-27         construction du Panthéon d'Agrippa de Rome. Le Panthéon est un temple que les Grecs et les Romains consacraient à certains de leurs dieux, par exemple le Panthéon de Rome, dédié à tous les dieux. Ce terme désigne aussi l'ensemble des dieux d'une mythologie ou d'une religion. En grec ancien, pan signifie "tout" et theos, "dieu". Par extension, on appelle Panthéon un monument où sont déposés les corps des hommes illustres d'une nation. Exemple : le Panthéon de Paris. Le Panthéon de Rome est un édifice religieux romain qui fut à l'origine le temple de toutes les divinités de la religion officielle de la Rome antique, et qui fut transformé en église chrétienne au VIIe siècle. Le Panthéon original fut construit en l'an 27 av. J.-C. sous la République romaine, pendant le troisième mandat du consul Marcus Vipsanius Agrippa, dont le nom est gravé sur le portique d'entrée. En fait, le Panthéon d'Agrippa fut détruit par un incendie en l'an 80, et fut entièrement reconstruit vers l'an 125, sous le règne de l'empereur Hadrien, comme le révèlent les dates imprimées dans les briques. Il est probable qu'une partie au moins de la façade, y compris l'inscription, remonte au premier Panthéon.

-26         Création de la préfecture de la ville.

-26         Intervention en Espagne.

-25         Mariage de Julie (fille d'Auguste) avec Claudius Marcellus.

-24         Tibère est nommé questeur avant l'âge légal.

-23         1er juillet Auguste est nommé tribun à vie. Octave, le fils adoptif de César et héritier de l'Empire romain, qui a pris le nom d'Auguste signifiant "sacré", se fait attribuer le pouvoir tribunitien à vie. Il obtient ainsi l'immunité et le droit de veto sur toutes les décisions et actions des magistrats. Par la suite, il renforce son imperium proconsulaire en l'étendant sur tout l'Empire, s'octroyant le pouvoir sur tous les organes de l'État. Il peut aussi conserver à Rome des cohortes prétoriennes, unités d'élite de l'armée romaine. Ainsi, Auguste ne cesse d'accumuler les pouvoirs depuis le début de son principat (-27) et acquiert progressivement une autorité absolue.

-23         Mort de Marcelllus, neveu et héritier d'Auguste.

-22         Épidémie de peste à Rome.

-22         Échec d'une conspiration contre Auguste.

-21         Remariage de sa fille Julie avec Agrippa.

-20         Les Parthes restituent à Auguste les aigles (enseignes) de Licinius Crassus.

-20         Flaccus compose le premier dictionnaire. Marcus Verrius Flaccus compile le premier dictionnaire général.

-19         Début de la campagne d'Illyrie.

-19         21 septembre Mort de Virgile.

-19         Lois sur la moralisation des moeurs.

-19         Hérode Ier le Grand initie la rénovation du Temple de Jérusalem, créant le Temple d'Hérode. Le Temple d'Hérode fut une extension massive du second Temple, y compris une rénovation du Mont du Temple. Elle fut initiée par Hérode Ier le Grand vers -19. Ce Temple fut détruit par Titus en 70, il n'en reste aujourd'hui comme vestige que le Mur Occidental dit Mur des lamentations. Le Temple d'Hérode de Jérusalem est le nom donné aux extensions massives du second Temple de Jérusalem et aux rénovations du mont du Temple, réalisées par Hérode Ier le Grand. Ce projet a commencé vers 19 avant l'ère chrétienne. Le Temple a été détruit par les troupes romaines de Titus en 70 de l'ère chrétienne, comme relaté dans la Guerre des Juifs de Flavius Josèphe. Mur des Lamentations ou Mur Occidental est le seul vestige de l'Ancien Temple d'Hérode, érigé par Hérode Ier le Grand à l'emplacement du Temple de Jérusalem initial dont les ruines ont servi à la création de l'esplanade des mosquées. Les Juifs vont prier au Mur occidental, y déposent des voeux, le plus souvent sous la forme de prière et de petits papiers pliés où sont rédigés leurs souhaits, lesquels sont ensuite glissés dans les fentes qui séparent les différentes pierres du mur.

-18         Nouvelle épuration des listes sénatoriales.

-18         Lois Juliennes sur les moeurs.

-18         Agrippa reçoit la puissance tribunicienne.

-17         Auguste adopte ses petits-fils Caius et Lucius.

-16         Tibère est nommé préteur.

-15         Campagne de Tibère et Drusus (frere cadet de Tibère) en Germanie.

-14         Soumission des Ligures.

-13         Tibère et Quintilius Varus sont nommés consuls.

-13         Renouvellement de la puissance tribunicienne accordé à Agrippa.

-13         Abaissement du Cens sénatorial (fortune nécessaire pour être sénateur)

-13         Mort de Lépide.

-12         6 mars Auguste est désigné comme Grand Pontife en remplacement de Lépide.

-12         mars Mort d'Agrippa en Campanie.

-12         Tibère divorce de Vispania pour épouser Julie, fille d'Auguste, veuve d'Agrippa.

-12         Campagne de Drusus contre les Sicambres. Sicambres, peuple germanique établie entre le Rhin et la Rhur.

-12         1er août Drusus réunit une assemblée provinciale des chefs de la Gaule.

-11         Campagne de Drusus contre les Usipètes. Usipètes: peuple germanique qui habitait entre la Lippe et le Rhin.

-10         Naissance de Claude (futur empereur), fils de Drusus. Claude (1er août 10 av. J.-C. – 13 octobre 54), était un empereur romain.

-9         Drusus conquiert le pays des Suèves, des Chattes, des Chérusque et atteint l'Elbe. Les Chattes, un peuple germanique, qui était établi au début de l'ère chrétienne dans la région du cours supérieur de la Weser et de l'Eder (actuelle Hesse). les Chérusques, peuple germain. L'Elbe est un fleuve d'Europe centrale qui prend sa source en République tchèque dans les monts des Géants et se jette dans la mer du Nord après un long estuaire d'une centaine de kilomètres sur lequel se trouve la ville de Hambourg, en Allemagne.

-9         Mort de Drusus au cours de la campagne, son frère Tibère lui succède.

-9         Tibère reçoit un imperium proconsulaire.

-8         mort d'Horace.

-8         Campagne de pacification de Tibère en Germanie.

-7         Second consulat de Tibère avec Pison.

-6         Tibère est nommé Tribun pour cinq ans.

-6         Après avoir choisi Tibère comme héritier, Auguste lui préfère ses petits-fils, Caius et Lucius. Tibère s'exile alors à Rhodes. Caius et Lucius, nés en 20 et 17 avant J.-C., étaient les enfants d'Agrippa et de Julie, les petits-fils d'Auguste qui les avaient adoptés dans la gens Julia. Auguste avait supervisé leur éducation et les destinait à l'Empire. Ils reçurent les titres de "prince de la jeunesse" et de "césar" ainsi que la toge virile. Ils étaient consuls désignés et devaient succéder à leur grand-père. Malheureusement, Lucius mourut en 2 de notre ère à Marseille et son frère en 4 à Limyra en Lycie. Ils ne régnèrent jamais. Auguste en souffrit beaucoup. On accusa sa femme Livie de les avoir assassinés pour offrir la succession à Tibère. Rhodes est une île grecque située en mer Méditerranée à l'est de l'archipel du dodécanèse. Elle est située à 17,7 km à l'ouest de la Turquie, entre la Grèce et l'île de Chypre.

-5         Présentation de Caius (petit-fils d'Auguste) au Sénat.

-4         à 65 - naissance et mort de Sénèque. Philosophe latin. Né à Cordoue dans une famille d'intellectuels, Sénèque rejoint Rome pour poursuivre des études de philosophie. Avocat, il s'illustre par ses talents d'orateur. Il entre au Sénat sous la tyrannie de Caligula. Mais compromis dans une affaire trouble, il est exilé pendant huit ans en Corse. A son retour, il occupe la charge de précepteur auprès de Néron qui deviendra, à la mort de son père adoptif, Claude, le nouvel Empereur. Sénèque reste jusqu'en 65 le conseiller de l'ombre. Mais ses projets de liberté politique et de justice sociale ne plaisent pas et, accusé d'avoir participé à une tentative d'assassinat, il reçoit l'ordre de mourir. On lui doit neuf tragédies, mais c'est surtout ses écrits moraux, sous forme de consolations, de dialogues ou de traités qui ont marqué. Son chef-d'oeuvre, 'Lettres à Lucilius', véritable manuel de vie, a inspiré des penseurs occidentaux comme Saint Augustin et Montaigne.

-2         Loi Fufia Canina limitant les affranchissement à la mort du maître.

-2         5 février Auguste est nommé "père de la patrie" par le Sénat.

-2         mars Présentation de Lucius (petit-fils d'Auguste) au Sénat.

-2         Condamnation et exil de Julie, fille d'Auguste dans l'île de Pandathère en raison de ses moeurs.

-1         Auguste invite Tibère qui souhaitait rentrer à rester à Rhodes.

1         à 33 - naissance et mort de Jésus Christ, dit Jésus de Nazareth. Personne-clef du christianisme ; il est considéré par les croyants comme le Messie et le Fils de Dieu, c'est-à-dire qu'il est non seulement l'envoyé de Dieu mais encore le propre Fils éternel de Dieu, né avant tous les siècles. Les catholiques, les protestants et les orthodoxes le célèbrent religieusement, et même l'adorent. D'autres courants chrétiens le célèbrent religieusement en développant des christologies plus variées. Il est considéré comme un prophète particulier par les musulmans. Le christianisme est issu de la rencontre, commencée sous Alexandre le Grand, de la pensée grecque et du judaïsme. Le nom "christianisme" vient de la traduction du mot hébreu Messie, "Oint", en grec Khristos, soit le Christ. Selon les Actes des apôtres 11 - 26, ce fut à Antioche que, pour la première fois, les croyants en Jésus-Christ furent appelés chrétiens. Le christianisme emprunte au judaïsme des éléments fondamentaux : la croyance en un Dieu unique (monothéisme) qui se montre sur Terre de façon transcendante et immanente ; la croyance en la venue d'un Messie ; la croyance en la Résurrection des morts et dans le Jugement dernier. Mais il modifie ces fondements de la manière suivante : En Jésus, Dieu s'est montré en tant qu'être humain (notons que certains groupes se déclarant chrétiens, comme les Témoins de Jéhovah, ne seront pas d'accord ici). Jésus est le Messie attendu des Juifs ; la résurrection de Jésus a déjà eu lieu et, comme Jésus, les humains morts en ayant foi en Lui ressusciteront. Et il s'oppose au judaïsme sur deux éléments clés : Depuis Jésus, Dieu veut créer une famille d'enfants de Dieu, non limitée aux seuls Juifs ; C'est la foi en Jésus-Christ qui définit cette famille, et non la pratique de la loi mosaïque (oeuvres).

1         à 700 - Hiéroglyphes mayas. La famille linguistique des langues mayas regroupe soixante-neuf langues parlées par plus de deux millions de personnes vivant du sud-est du Mexique jusqu'au Honduras. Leur origine remonte, croit-on, à plus de cinq millénaires. De l'époque dite classique (600-800 ap. J.C.) à la conquête espagnole, ces langues furent écrites sur des bâtiments, de la poterie et des codex, grâce à un système d'écriture très élaboré de hiéroglyphes. Les Mayas ne possédaient ni alphabet, ni écriture syllabique, mais la plupart de leurs mots étaient monosyllabiques. Ils employaient une écriture phonétique que l'on peut considérer comme une forme améliorée de rébus dans le sens où l'image est devenue, au cours du temps, tellement stylisée qu'elle cesse d'être reconnaissable.

1         La population mondiale atteint 170 millions.

2         Auguste autorise le retour de Tibère.

2         août Retour de Tibère à Rome.

2         20 août Mort de Caius César, petit-fils d'Auguste à Marseille.

2         Ovide entreprend les "Métamorphoses". Aux alentours de l'an 2, Ovide se lance dans la rédaction d'une oeuvre d'ampleur : les "Métamorphoses". Poème épique comprenant environ douze milles vers dans une quinzaine de livres, elle apparaîtra comme son oeuvre majeure. Du chaos qui créa le monde jusqu'à la montée au pouvoir de César, Ovide relate de nombreuses fables et légendes de la mythologie dans lesquelles les personnages finissent métamorphosés en objet, plante ou animal. Parfois réalistes, parfois très imagées, les mises en scène du poème respectent toutes une certaine harmonie au sein de l'oeuvre. Exilé en l'an 8, Ovide ne parviendra jamais à terminer son ouvrage.

3         Expédition contre les Parthes qui se sont emparés de l'Arménie.

3         Nouvel imperium proconsulaire accordé à Tibère.

3         9 juillet Lucius est blessé d'un coup de poignard par Lullius.

4         loi Aelia Sentia (minimum 20 ans pour affranchir un esclave). À Rome la loi Lex Aelia Sentia qui régie l'acte privé de libération des esclaves, tandis qu'une autre loi permet de châtier les esclaves par la torture et de leur marquer le visage au fer rouge.

4         21 février Mort de Lucius, petit-fils d'Auguste.

4         26 juin Auguste adopte Tibère (son beau-fils) et Agrippa Postumus (son dernier petit fils). Agrippa Posthumus (12 av. J.-C. - 14), fils posthume de Marcus Vipsanius Agrippa et de sa troisième épouse Julia, fille de l'empereur Auguste. Ses frères aînés, Caius Julius Caesar Vipsanianus et Lucius Julius Caesar Vipsanianus, avaient été adoptés par leur grand-père maternel l'empereur Auguste, mais ils moururent prématurément en l'an 2 et en l'an 4 de notre ère. Auguste adopta du coup son dernier petit-fils vers le 26 ou 27 juin de l'an 4, mais il adoptait en même temps son beau-fils le futur empereur Tibère, dernier mari de sa fille Julia. Pour des raisons inconnues, il est relégué en l'an 7 à Sorrente et dépouillé de ses biens reversés au Trésor militaire. Il fut ensuite envoyé sur l'île de Pianosa entre la Corse et l'Italie.

4         Tibère reçoit la puissance tribunicienne pour dix ans.

4         juillet Tibère reprend ses campagnes en Germanie.

4         juillet Conjuration de Cinna contre Auguste. Cinna, fils d'une fille de Pompée.

5         Nouvelle campagne de Tibère en Germanie, soumission des Chauques et des Lombards. Les Chauques (latin Chauci) sont une peuplade germanique au temps de la Rome antique occupant un vaste territoire côtier s'étendant de la Frise à l'ouest jusqu'à l'Elbe à l'Est. Les Lombards étaient un peuple germanique venu de la baltique, appartenant plus précisément au groupe des Germains de l'Elbe. Ce peuple, conduit par leur roi Alboïn envahit l'Italie en l'an 568. La Frise est une région du littoral de la mer du Nord, composée de plusieurs régions séparées aux Pays-Bas, dans le nord de l'Allemagne, et au Danemark. Les habitants sont des Frisons, un peuple germanique, et la langue le frison. Les Frisons sont un peuple germanique appartenant sur le plan ethnolinguistique au rameau westique. Ce peuple s'est sans doute formé tardivement, au IIe siècle de notre ère, et a pu être confondu, à l'origine, avec ses plus proches voisins : les Angles, les Jutes et les Saxons. Au VIIIe siècle, les Anglo-Saxons de l'île de Bretagne conservaient le souvenir de cette origine commune : elle fut, selon Bède le Vénérable, le facteur qui déclencha l'envoi de missions chrétiennes anglaises sur le continent germanique du VIIe jusqu'au Ixe siècle.

6         Révolte en Pannonie et en Dalmatie. La Pannonie (en latin Pannonia) est une ancienne région de l'Europe centrale, située à l'emplacement de l'actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie.

6         Création des cohortes de vigiles chargées du maintien de l'ordre à Rome la nuit.

7         Campagne de Tibère en Germanie et en Dalmatie.

7         Marcus Julius Agrippa (dit Postumus) est exilé dans l'île de Pianosa.

8         Soumission de la révolte en Pannonie.

9         Prise d'Andretium mettant fin à la révolte en Dalmatie.

9         Les Germains massacrent l'armée de Quintilius Varus en Germanie dans la forêt de Teutoburg.

9         Annexion de la Judée. La Judée est une région de Palestine située au sud de la Samarie. Ces deux régions sont désignées collectivement sous le nom de Cisjordanie.

10         Campagne de Germanicus en Dalmatie et en Réthie. Germanicus, Caius Julius Caesar dit Germanicus (né à Rome en septembre 15 avant J.C., mort près d'Antioche le 10 octobre 19) : général romain, marié à Agrippine l'Aînée. Il est le frêre ainé de Claude, empereur Romain. Sur les 9 enfants de ce mariage, six survécurent : Néron Caesar, Drusus, Caius Julius Caesar (Caligula), Julia Agrippina (Agrippine la jeune), Drusilla et Julia Livilla. Consul en 12. A la mort d'Auguste, il parvient à contrôler 4 légions qui se rebellent en Germanie. Début des campagnes de Germanicus en Germanie (fin en 16). En 16, il remporte une victoire à Idistaviso sur le chef de guerre germain Arminius - d'où son surnom de Germanicus - et capture sa femme Thusnelda. Retour triomphal à Rome le 7ème jour avant les calendes de juin. Il est ensuite envoyé en Orient en 17. En 19, il y meurt brusquement (peut-être empoisonné sur ordre de Tibère).

11         Incursions de Tibère en Germanie.

12         octobre Triomphe de Tibère pour ses victoires en Dalmatie.

13         Auguste associe Tibère au pouvoir (imperium majus).

14         Renouvellement de la puissance tribunicienne de Tibère.

14         Départ de Tibère pour l'Illyrie.

14         19 août Mort d'Auguste à Nola, Tibère devient empereur des romains. A sa mort, l'empereur Auguste est honoré comme un Dieu. Il est le fondateur de l'Empire romain (-27). Fils adoptif de Jules César, il a mis fin à la guerre civile, organisé l'administration des provinces romaines et favorisé le développement religieux et artistique à Rome. Son règne, le plus brillant de l'histoire romaine, sera appelé "siècle d'Auguste". Tibère, son fils adoptif, lui succédera.

14         TIBÈRE (14 à 37) (Tiberius Claudius Nero)

14         Tibère (Tiberius Claudius Nero), né en -42 et mort en 37, est le deuxième empereur romain. Fils de Livie, il est adopté par son beau-père Auguste qui en fait son héritier. Tibère devient empereur à la mort de ce dernier en 14. Il contribue alors à assainir les finances de l'Empire, mais il devient impopulaire après l'empoisonnement de son neveu et fils adoptif, le très respecté Germanicus en 19, assassinat qu'on le soupçonne d'avoir commandité en sous-main. Il continuera d'ailleurs à persécuter la femme et les enfants de Germanicus, famille dont il redoutait sans doute les prétentions dynastiques. Malade et usé, il s'exile à partir de 27 sur l'île de Capri. Rome est alors contrôlé par Séjan, le chef de la Garde Prétorienne. La fin de son règne est marquée par les complots (exécution de Séjan en 31, répression des opposants) et la contestation du Sénat. Tibère meurt le 16 mars 37 ; son neveu Caligula, troisième fils de Germanicus, prend par la suite le pouvoir. Certaines sources anciennes dont Suétone et Tacite prétendent que Tibère fut assassiné, étouffé par Caligula et/ou son garde Macron, mais il mourut peut-être de mort naturelle.

14         août Assassinat d'Agrippa Postumus à Pianosa.

14         août Révolte des légions en Pannonie et en Germanie.

14         4 septembre Lecture du testament d'Auguste devant le Sénat.

14         8 septembre Obsèques d'Auguste.

14         17 septembre Tibère accepte officiellement la charge de l'Empire devant le Sénat.

14         26 septembre Drusus II arrive en Pannonie à la tête d'une armée. Drusus, Julius Caesar Drusus (13 av. J.-C. - 14 septembre 23), fils de Tibère et de Vipsanie, sa deuxième femme, réprima la révolte des légions de Pannonie en l'an 14 et triompha des Alemani. Son père l'éleva au consulat (21) et partagea avec lui la puissance tribunitienne. Mais le jeune prince ayant donné un soufflet à Séjan, celui-ci, pour se venger, le fit empoisonner en l'an 23.

14         Campagne de Germanicus en Germanie, destruction du sanctuaire de Tanfana (déesse)

14         septembre Le Sénat accorde l'impérium proconsulaire à Germanicus en Germanie.

15         Campagne de Germanicus et Cecina en Germanie.

15         Séjan est nommé préfet du prétoire. Séjan (Lucius Aelius Sejanus) (né en -20 et mort en 31), fut le préfet de la garde prétorienne de l'empire romain et le citoyen le plus influent de Rome. Séjan est né à Volsinii en Étrurie. Il devint préfet du prétoire au moment de l'accession de Tibère au trône impérial, grâce à l'amitié que le nouvel empereur portait à son père Séius Strabo. Après la nomination de ce dernier en temps que gouverneur de l'Égypte, il devint commandant unique de la garde prétorienne, et commença à augmenter ses pouvoirs. Séjan était probablement l'amant de Livilla, femme de Drusus II, le fils de Tibère. Après la mort de Drusus II (peut-être empoisonné par son épouse) en 23, il devint plus puissant que le Sénat et regroupa la garde prétorienne dans un seul camp établit au-delà de la porte de Viminal à Rome. Il va tenter de semer la discorde dans la famille impériale, entre autres entre Tibère et Agrippine l'Aînée, ou entre Néron César et Drusus César (deux fils de Germanicus). En 31, après avoir gagné le consulat, Séjan se crût inattaquable, et pensa que la voie lui était ouverte vers le trône impérial. Ses projets furent dénoncé à l'empereur Tibère par la belle-soeur de ce dernier, Antonia, et Macron, préfet des Vigiles, fut chargé d'y mettre un terme. Le 18 octobre, Séjan fut étranglé dans la prison du Tullianum tandis que toute sa famille était massacrée. Après l'exécution de Séjan, Macron prit le commandement de la garde prétorienne.

16         Conjuration de Scribonius Libo.

16         Nouvelle campagne de Germanicus en Germanie.

17         Dernière campagne de Germanicus en Germanie.

17         mai Triomphe de Germanicus pour sa campagne de Germanie.

17         Départ de Germanicus pour l'Orient.

17         Soulèvement de Tacfarinas (chef numide) en Afrique. Début du soulèvement numide (fin en 24). Révolte des Musullames des Hauts-Plateaux en Maurétanie, dirigés par le Numide Tacfarinas, ancien membre des troupes numides auxilliaires et déserteur de l'armée romaine. Les insurgés revendiquent les terres les plus fertiles dont ils sont étés spoliés par la colonisations romaine.

18         Intervention de Germanicus en Arménie, où il installe Zénon sur le trône. Zénon: un fils du roi du Pont dénommé désormais Artaxias III.

18         Strabon écrit sa Géographie. Strabon, né à Amasya, Cappadoce, vers 58 av. J.-C., mort entre 21 et 25, géographe grec. Peu de choses nous sont connues de sa vie. Sa famille habitait à Amasya, une ville dans la région du Pont-Euxin. Strabon lui-même dit qu'il a étudié auprès d'Aristodème, précepteur des enfants de Pompée, en Carie. Ensuite, il s'installa à Rome et étudia auprès d'un certain Tyrannion, géographe de son état. En 25 ou 24 av. J.-C., il voyagea en Égypte, accompagnant le préfet romain Aelius Gallus le long du Nil. Après de nombreux voyages, il retourna à Amasya, où il entreprit de rédiger une Histoire en 43 volumes, qu'il voulait la continuation de l'oeuvre de Polybe. Aucun de ces volumes ne nous est parvenu. Ensuite, il s'attaque à une Géographie, conçue comme complémentaire de l'Histoire, en 17 volumes, que nous avons tous, sauf quelques parties manquantes du livre VII. Son but était d'offrir à un lectorat aussi large que possible un livre agréable et instructif, qui pût être lu d'affilée.

19         Annexion de Palmyre à l'Empire romaine. Palmyre est une oasis du désert de Syrie, 210 km au nord-est de Damas. Une cité éponyme, bâtie selon la Bible par le roi Salomon, se trouvait jadis sur cette oasis, position privilégiée sur la route des caravanes entre la Syrie et la Mésopotamie. Devenue romaine sous Tibère, avec la province romaine de Syrie, elle atteignit son apogée sous Hadrien, qui lui donna son indépendance en 129, ainsi que ses successeurs. C'était alors une ville splendide, chantée par les poètes.

19         10 octobre Germanicus neveu et fils adoptif de Tibère meurt empoisonné à Antioche. Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay.

20         février Début du procès de Pison accusé de l'assassinat de Germanicus. Pison: gouverneur de Syrie,    

20         mai Suicide de Pison.

21         janvier Tibère se retire en Campanie.

21         Révolte de Sacrovir (éduen) et de Florus (trévire) écrasée à Autun par l'armée de Germanie (Silius). Les chefs de tribus gaulois Trévires et Éduens Caius Julius Florus et Caius Julius Sacrovir prennent en otage des fils de chefs gaulois qui recevaient une éducation romaine à Augustodunum (Autun). La rébellion est rapidement matée. Autun est une commune française, située dans le département de la Saône-et-Loire et la région Bourgogne.

22         mars Retour de Tibère à Rome.

22         Le Sénat accorde la puissance tribunitienne à Drusus II à la demande de Tibère.

23         14 septembre Drusus II meurt empoisonné par sa femme à l'instigation de Séjan (ministre de Tibère).

23         Séjan demande l'autorisation d'épouser la veuve de Drusus II à Tibère qui l'en dissuade.

24         Révolte servile à Rome.

25         Séjan protège Tibère lors d'un accident (éboulement).

25         Procès puis suicide de Cremutius Curdus qui avait publiquement montré son hostilité à Séjan.

26         Ponce Pilate est nommé préfet en Judée. Ponce Pilate était préfet (procurateur) de la province romaine de Judée au Ier siècle (de 26 à 36), c'est-à-dire, selon le Nouveau Testament, au moment de la crucifixion de Jésus.

27         Tibère se retire sur l'île de Capri. L'empereur Tibère se retire dans son palais de l'île de Capri, d'où il gouverne l'Empire durant les onze dernières années de son règne. Il ne reviendra plus à Rome, laissant la conduite effective des affaires, et donc un pouvoir immense à son préfet du prétoire, Séjan. Ce dernier ne va pas tarder à en abuser, jusqu'à comploter contre l'empereur, qui ordonne son assassinat, le 18 octobre 31, ainsi que celui de toute sa famille.

29         Mort de Livie, épouse d'Auguste et mère de Tibère.

29         Tibère appelle Caligula auprès de lui. Caligula, Caius Julius Caesar Germanicus, dit Caligula, fils de Germanicus et d'Agrippine l'Aînée, naquit la veille des calendes de septembre en 12, sous le consulat de son père et de C. Fontenius Capito. Il était petit-neveu de l'empereur Tibère et arrière-petit-fils d'Auguste. Enfant, il vécut avec son père dans les camps militaires, et ses botillons adaptés à ses petits pieds lui valurent le surnom de "Caligula" ("petites bottes"), qu'il finit par détester. Tibère avait assigné sa succession conjointement à son propre petit-fils Gemellus et à Caligula; mais celui-ci se fit seul reconnaître par le Sénat (en 37), adoptant d'abord Gemellus, puis le faisant assassiner par la suite.

30         7 avril Condamnation de Jésus en Judée.

30         Arrestation de Drusus III (Drusus Caesar, fils de Germanicus) sur les ordres de Séjan.

30         Procès et condamnation d'Agrippine, de Drusus César et Néron César ses fils. Agrippine l'Aînée, en latin Agrippina maior (vers 14 avant J.-C. - 33 après J.-C. en exil sur l'île de Pandataria), était la fille de Julie (donc la petite fille d'Auguste) et d'Agrippa. Elle épousa Germanicus. Agrippine l'Aînée accompagne son mari en Germanie inférieure, où elle accouchera d'Agrippine la Jeune en 15 ou 16. Après le retour triomphal à Rome en 17, Germanicus est envoyé en Orient : Actium, Athènes, Lesbos, Égypte, Syrie. Germanicus meurt (empoisonné?) en octobre 19 à Antioche lors du voyage en Orient. Agrippine accompagné du futur Caligula et de sa fille cadette, Julia Livilla (née pendant le voyage) raccompagne ses cendres et parcourt le trajet de Brindes à Rome. Le cortège funéraire de Germanicus déclenche un fort mouvement de sympathie populaire à son égard et la suspicion sur le rôle trouble joué par Tibère dans la mort de son fils adoptif. Agrippine et ses enfants sont alors ballotés entre les rivalités personnelles et les affaires d'état : Tibère interdit à Agrippine de se remarier et le préfet du prétoire, Séjan, après s'être débarrassé de Drusus, le fils de Tibère, réussit à brouiller définitivement Agrippine et l'empereur. La disgrâce et l'exécution de Séjan en 31 n'améliore pas le sort d'Agrippine. Exilée par Tibère, d'abord à Pompéi, puis sur l'île de Pandataria, elle finira par y mourir de faim en octobre 33.

31         1er janvier Début du Consulat de Tibère et Séjan.

31         Tibère appelle de nouveau Caligula auprès de lui à Capri (jusqu'en 33).

31         16 octobre Macron, préfet des vigiles, porteur d'une lettre de Tibère arrive à Rome.

31         17 octobre Lecture de la lettre de Tibère hostile à Séjan devant le Sénat.

31         17 octobre Arrestation, condamnation et exécution de Séjan.

31         Macron devient préfet du prétoire en remplacement de Séjan.

31         Condamnation et exécution des enfants de Séjan.

32         Purges de Tibère contre les partisans de Séjan.

33         Tibère fait demi-tour sur le chemin de Rome où il devait assister au mariage de Caligula.

33         Mariage de Caligula et de Junia Claudilla.

33         Mort de Drusus III, frère aîné de Caligula en prison.

33         novembre Mort d'Agrippine l'Aînée en exil sur l'île de Pandantaria.

33         Passion et Crucifixion de Jésus-Christ.

34         Tibère fait demi-tour sur le chemin de Rome où il devait assister aux fêtes données pour le vingtième anniversaire de son accession au pouvoir.

35         Artaban III (Parthe) met son fils sur le trône d'Arménie. Artaban III ou Artabanus III est roi des Parthes de 12 à 38 après J.C. Il fut proclamé roi et son prédécesseur Vononès Ier s'enfuit vers l'Arménie. En 34, il entreprend une action militaire contre les romains. À la mort de Artaxias III (Zeno) d'Arménie, Artaban mit son fils, Arsaces, sur le trône arménien. Deux nobles parthes, refusant l'autorité d'Artaban demandèrent l'aide de Rome pour mettre sur le trône un descendant de Phraatès IV, Tiridate III. Celui-ci devint roi grâce à l'appui du général romain Lucius Vitellius. Artaban reprit le trône un an après. Cette lutte permit à un certain nombre de villes de devenir indépendantes. Vitellius reprit la lutte, Artaban se réfugia chez un vassal, Izates II pendant qu'un certain Cinnamus montait sur le trône. Artaban récupéra celui-ci par la négocation mais mourut peu de temps après.

35         Intervention de Tibère contre Artaban III.

36         Tibère remplace Artaban III par Tiridate sur le trône parthe.

36         Inondation du Tibre et Incendie à Rome.

36         Mort de Junia Claudilla, épouse de Caligula en couches.

36         novembre Tibère fait de nouveau demi-tour sur le chemin de Rome.

37         16 mars Assassinat de Tibère, Caligula fils de Germanicus et Agrippine l'Aînée devient empereur.

37         CALIGULA (37 à 41) (Caius Julius Caesar Germanicus)

37         Caligula, Caius Julius Caesar Germanicus, dit Caligula, fils de Germanicus et d'Agrippine l'Aînée, naquit la veille des calendes de septembre en 12, sous le consulat de son père et de Fontenius Capito. Il était petit-neveu de l'empereur Tibère et arrière-petit-fils d'Auguste. Pendant six mois, les Romains purent se féliciter d'un empereur juste, utile et libéral, qui leur faisait oublier la sinistre fin du règne de Tibère; mais une grave maladie fit changer dramatiquement Caligula. Dès lors il s'achemina comme son grand-oncle vers une odieuse tyrannie, s'adonnant à la débauche (on lui prête entre autres une longue liaison amoureuse avec sa soeur Drusilla), se livrant aux pires extravagances, et dirigeant l'empire en proie à ses lubies. Il ridiculisa le Sénat et l'institution des consuls, fit assassiner ou bannir la plupart de ses proches, et on l'accuse encore de s'être amusé d'horribles tortures en plus de meurtres arbitraires. Sa mégalomanie le poussa à vouloir se faire adorer à l'égal d'un dieu vivant, avec ses attributs, ses honneurs, son culte et ses temples jusque dans Jérusalem. Il se concilia cependant le peuple en es et de jeux du cirque. Une dernière conjuration eut enfin raison du tyran: en 41, après 4 ans de règne, il fut assassiné à l'âge de 29 ans par des soldats de sa garde. Les conjurés, trouvant son oncle Claude tremblant derrière une tenture, l'acclamèrent empereur. Celui-ci épousera plus tard une autre soeur de Caligula, Agrippine la Jeune, qui verra ainsi son fils d'un précédent mariage accéder à l'empire: Néron, le dernier des Julio-Claudiens.

37         18 mars Le Sénat accorde l'imperium à Caligula en évinçant Tiberius Gemellus (petit-fils de Tibère)

37         28 mars Arrivée de Caligula et de la dépouille funèbre de Tibère à Rome.

37         3 avril Éloge funèbre de Tibère par Caligula lors de ses funérailles à Rome.

37         3 avril Lecture du Testament de Tibère, Caius César (Caligula) et Tibérius Gemellus sont ses héritiers.

37         avril Réhabilitation des condamnés ou exilés du règne de Tibère.

37         avril Caligula reçoit la puissance tribunicienne des comices tributes.

37         mai Caligula est nommé Grand Pontife.

37         juin Distribution d'un congiaire au peuple de Rome.

37         1er juillet Discours de Caligula devant le Sénat exposant son programme.

37         juillet Distribution d'un nouveau congiaire au peuple de Rome.

37         31 août Inauguration du temple d'Auguste à Rome par Caligula.

37         21 septembre Le Sénat accorde à Caligula le titre de "père de la patrie".

37         octobre-novembre Maladie de Caligula.

37         Caligula fait exécuter Tiberius Gemellus qu'il soupçonnait de comploter contre lui.

37         Caligula fait exécuter Publius Afranius Potitus qui fait le serment d'offrir sa vie aux dieux pour le rétablissement de l'empereur.

37         Disgrâce et suicide du sénateur Marcus Silanus, beau-père de Caligula.

37         15 décembre Naissance de Néron (futur empereur), fils d'Agrippine la Jeune, soeur de Caligula. Néron, né Lucius Domitius Ahenobarbus le 15 décembre 37 et mort le 9 juin 68, est le cinquième et dernier empereur romain de la dynastie julio-claudienne ; il règna de 54 à 68. Néron devint l'héritier de l'empereur, son grand-oncle et père adoptif Claude (Claudius). Il accède au trône le 13 octobre 54, à la mort de son grand-oncle. En 66, il ajouta le titre Imperator à son nom. Il fut dépossédé de son pouvoir en 68 et se suicida assisté de son scribe Epaphroditos.

38         Caligula demande au Sénat d'exercer un contrôle annuel des comptes de l'état.

38         Caligula rend aux Comices Centuriates le choix des magistrats (supprimé sous Tibère).

38         mai Caligula épouse Livia Orestilla.

38         10 juin Mort de Julia Drusilla, soeur de Caligula.

38         juillet-août Caligula répudie Livia Orestilla.

38         août Macron est nommé préfet en Égypte.

38         23 septembre Funérailles et divinisation de Drusilla.

38         Macron relevé de ses fonctions de préfet du prétoire et mis en accusation se suicide.

38         octobre Caligula épouse Lollia Paulina, femme du gouverneur de Macédoine.

38         21 octobre Grand incendie à Rome.

39         1er janvier Second consulat de Caligula.

39         janvier Procès et condamnations de nombreux citoyens romains.

39         1er février Caligula abandonne son consulat.

39         Construction d'un pont de bateaux (4,6 km) entre Misène et Baïes.

39         Conjuration contre Caligula à l'instigation de ses soeurs, des consuls et du général de l'armée du Rhin.

39         2 septembre Caligula destitue les 2 consuls en exercice.

39         Caligula se rend en Germanie et fait exécuter Gaetulicus, Général de l'armée du Rhin et Lepidus.

39         Galba (futur empereur) est nommé à la tête des armées en Germanie.

39         26 octobre Lettre de Caligula au Sénat exposant la conjuration.

39         Interventions de Galba et Caligula contre les Germains.

40         décembre Caligula de retour de Germanie entre dans Lyon.

40         1er janvier Troisième consulat de Caligula.

40         Caligula fait exécuter Ptolémée, cousin de l'empereur et roi de Maurétanie. Ptolémée de Maurétanie, fils de Juba II de Maurétanie (-52 à 23) et de Cléopâtre Séléné (-40 à 6), Ptolémée règne de 23 à 40. Il est assassiné par son plus proche parent l'empereur Caligula (12 à 41). Sans descendance connue, des recherches récentes font apparaître un mariage morganatique avec Urania, esclave affranchie. La Maurétanie désigne le territoire des Maures dans l'Antiquité. Il s'étendait sur le Maroc et l'ouest algérien actuels. Les Maures: C'est au VIe siècle av. J.-C. que se distingue parmi les ethnies berbères d'Afrique du Nord un peuple débordant largement les frontières de l'actuel Maroc. Ce sont les Maures.

40         Révolte d'Aédémon, second de Ptolémée en Maurétanie.

40         Départ de Caligula pour Boulogne en vue d'une expédition en (Grande) Bretagne.

40         avril-mai Mariage de Caligula avec Milonia Caesonia.

40         mai Retour de Caligula à Rome.

40         juin Instauration de taxes destinées à rétablir les finances publiques.

40         Répression de la révolte et annexion de la Maurétanie.

40         31 août Ovatio de Caligula pour sa victoire sur le complot de Gaetulicus.

40         septembre Complot de Anicius Cerealis, Sextus Papinius et Bassus contre l'empereur.

40         1er janvier Quatrième consulat de Caligula.

41         24 Janvier Assassinat de Caligula par des membres de la garde prétorienne. L'empereur Caligula, arrière petit-fils d'Antoine, est assassiné par des soldats de la garde prétorienne. La folie qui avait frappé l'empereur peu de temps après son avènement (37) l'avait transformé en tyran sanguinaire et mégalomane. Il n'hésitait pas à rabaisser ses sujets en disant d'eux : "Qu'ils me haïssent pourvu qu'ils me craignent", et se considérait comme le "Nouveau Soleil". La légende raconte aussi qu'il avait élevé son cheval favori au rang de consul. Son assassinat est vécu à Rome comme une libération.

41         24 janvier Les Prétoriens choisissent Claude, oncle de Caligula et frère de Germanicus pour empereur.

41         CLAUDE (41 à 54) (Tiberius Claudius Nero Drusus)

41         Claude (Tiberius Claudius Nero Caesar Drusus) était un empereur romain. Né en -10 à Lugdunum, fils de Drusus et frère de Germanicus, il succéda à Caligula en 41 alors qu'il avait déjà 50 ans. Il accéda au pouvoir en comblant de cadeaux (donativa) les cohortes prétoriennes, inaugurant ainsi un malheureux usage, puisque celles-ci réclameront dorénavant de tels cadeaux aux nouveaux empereurs. Il épousa en premières noces Plautia Urgulanilla, dont il eut un fils mort en bas âge et une fille qu'il fit exposer car il la soupçonnait de bâtardise, en secondes Aelia Paetina avec qui il eut une fille Antonia, en troisièmes Messaline qu'il fit exécuter et en quatrièmes noces sa propre nièce Agrippine la Jeune. Claude réussit là où beaucoup avaient échoué : la conquête de la Bretagne (actuelle Grande-Bretagne). Il n'ajouta pas moins de cinq provinces à l'Empire dont la Lycie, la Mauritanie, la Norique et la Thrace. Il étendit la citoyenneté romaine à beaucoup de provinces avec une préférence pour sa patrie natale, la Gaule. Le sud de l'île de Bretagne fut conquis sous son règne (entre 43 et 47). Sensible aux demandes des notables gaulois, il obtint en 48 du Sénat que ceux-ci puissent accéder aux magistratures publiques de Rome. Reconnaissants, les délégués des nations gauloises firent graver son discours sur les Tables Claudiennes, plaques de bronze placées dans le sanctuaire fédéral de Lugdunum. En 49, il bannit les juifs de Rome. Il mourut empoisonné à l'instigation d'Agrippine en 54.

41         Victoire de Galba en Gemanie (Chattes).

42         Rébellion du Général Scribonianus (consul) contre Claude.

42         Galba est nommé proconsul en Afrique.

43         Débarquement de 4 légions romaines sous le commandement d'Aulus Plautius dans le Kent (Richborough).

43         Prise de Camulodunum (Colchester) par les armées romaines.

43         Claude entame la conquête de la (Grande) Bretagne.

43         La (Grande) Bretagne devient province romaine.

43         Fondation de la ville de Londres (Londinium).

44         La Maurétanie (Maroc) devient province romaine.

44         La Judée devient province romaine. A la mort d'Hérode Agrippa Ier, peut-être empoisonné par les Romains, la Judée est gouvernée par des procurateurs romains. D'après Flavius Josèphe, les troupes romaines de Césarée maudissent le souvenir d'agrippa, entrent de force dans sa maison, violent ses filles et célèbrent sa mort publiquement par des fêtes et des libations.

46         La Thrace devient province romaine.

46         à 125 - naissance et mort de Plutarque. Écrivain grec. Plutarque eut une vie calme et responsable, bon père de famille, bon "citoyen" dans sa ville. Il voyagea en Égypte, à Rome et dans le reste de l'Italie avant de suivre des études au collège sacerdotal de Delphes. Il est l'auteur d'un grand nombre d'oeuvres, dont seules 'Vies parallèles' et 'Oeuvres morales' nous sont parvenues. Il y fait preuve d'un grand talent d'écrivain et de conteur mais aussi d'historien et de penseur. Son influence fut immense sur des auteurs occidentaux tels Machiavel, Érasme ou Jean-Jacques Rousseau et, grâce aux anecdotes qui rythment ses écrits, il reste un des auteurs antiques dont la lecture est la plus plaisante.

47         Interventions romaines contre le Icènes (Grande) Bretagne.

48         Conjuration de Messaline et Silius contre Claude. Messaline, Valeria Messalina (probablement née en 25) est la petite-fille d'Antonia Maior et donc l'arrière-petite-fille de Marc-Antoine. Elle est aussi la nièce de Cneius Domitius Ahenobarbus, premier époux d'Agrippine la Jeune et père de Néron. Elle épousa Claude en 39 ou 40 et eut deux enfants avec le futur empereur: Octavie (née en 40, future épouse de Néron) et Britannicus (né en 41).

49         Mariage de Claude et d'Agrippine la Jeune. Agrippine la jeune (née en 15 ou 16 après J.-C. à Ara Ubiorum - morte assassinée à Baules par Néron en mars 59, à l'âge de 43 ou 44 ans).

49         Le Sénat accorde le titre "d'Augustus" à Claude.

49         Expulsion des juifs de Rome.

50         25 février Claude adopte Néron, fils de sa seconde épouse Agrippine.

50         Fondation de Cologne.

50         Une première réunion des apôtres et des anciens, appelée concile de Jérusalem, eut lieu vers 50 au sujet de l'observance des règles traditionnelles du judaïsme. Le concile de Jérusalem est un nom appliqué rétrospectivement à une réunion décrite dans le livre des Actes des Apôtres, quinzième chapitre. Les évènements qui y sont décrits sont généralement datés des environs de l'an 50, une dizaine d'années avant la mort de Jacques le Juste, le frère de Jésus. Le point de débat était celui-ci : la foi en Jésus était-elle suffisante pour être sauvé ou devait-on en plus observer les règles traditionnelles du judaïsme ? Le cas fut amené à Jérusalem qui était l'Église-Mère. Dans cette Église, Pierre représentait le chef des apôtres et Jacques le Juste le chef des Anciens. Même Jacques le Juste, l'hébraïsant par excellence, était d'accord avec Pierre, Paul et Barnabé pour dire que Jésus était le Sauveur de tous et qu'il ne fallait pas imposer les règles judaïques traditionnelles aux chrétiens issus du paganisme. L'Église avait su surmonter cette première difficulté et s'adapter à une nouvelle situation. Jacques, chef de l'Église de Jérusalem, a donné sa décision, connue ultérieurement sous le nom de Lettre apostolique (ou décret apostolique) (Actes 15, 23-29) : "Les apôtres et les anciens, vos frères, aux frères de la gentilité qui sont à Antioche, en Syrie, et en Cilicie, salut ! Ayant appris que, sans mandat de notre part, certaines gens venus de chez nous ont, par leur propos, jeté le trouble parmi vous et bouleverser vos esprits, nous avons décidé d'un commun accord de choisir des délégués et de vous les envoyer avec nos bien-aimés Barnabé et Paul, ces hommes qui ont voué leur vie au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Nous vous avons donc envoyé Jude et Silas, qui vous transmettent de vive voix le même message. L'Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas vous imposer d'autres charges que celles-ci qui sont indispensables : vous abstenir des viandes immolées aux idoles, du sang, des chairs étouffées et des unions illégitimes. Vous ferez bien de vous en garder. Adieu. ". La grande conséquence de ce concile fut l'entrée massive des païens dans l'Église. Jacques le Juste, aussi appelé frère du Seigneur, souvent identifié avec Jacques le Mineur ou bien Jacques d'Alphée, martyrisé en 62, fut d'après la tradition, le premier évêque ou patriarche de Jérusalem, et l'auteur de l'Épître de Jacques du Nouveau Testament.

50         Construction du pont du Gard en Gaule. Le Pont du Gard est un pont romain à trois niveaux situé dans le sud de la France, près de Remoulins, dans le département du Gard. Il enjambe le Gardon et assure la continuité de l'aqueduc romain du même nom et qui conduisait l'eau d'Uzès à Nîmes.

50         à 125 - naissance et mort de Épictète (Hiérapolis, Phrygie, 50–Nicopolis, Épire 125 ou 130) est un philosophe de l'école stoïque. La philosophie d'Épictète se veut pratique, comme un ensemble de règles permettant de mettre en application de grandes valeurs morales. La droiture d'esprit qu'il préconise lui fait rejeter les effets de style des orateurs, les joutes pseudo logiques des sophistes et la recherche effrénée des honneurs. La question principale à laquelle tente de répondre sa philosophie est de savoir comment vivre sa vie. Tous les autres grands questionnements de la philosophie sont de peu d'importance à ses yeux face à cette première interrogation. Une des premières réponses qu'il apporte à ceci est d'apprendre à distinguer les choses qui dépendent de nous de celles qui n'en dépendent pas. Le précepte radical qu'il offre ensuite est de considérer qu'il est impossible de changer les choses qui ne dépendent pas de nous, alors autant les accepter telles quelles pour pouvoir être heureux. "Celles qui en dépendent sont nos opinions, nos mouvements, nos désirs, nos inclinations, nos aversions ; en un mot, toutes nos actions". Ces choses-là sont libres et chacun peut exercer sa volonté entière sur elles. Cette liberté absolue de la volonté ne peut être restreinte ni par la douleur, ni par la mort, ni par quoi que se soit qui est extérieur à elle. Si la volonté s'accommode d'un quelconque fait c'est que d'une certaine manière elle a voulu cette accommodation. Pour le stoïcien rien ne sert de vénérer la nature, les dieux ou d'autres maîtres, seuls des principes rationnels doivent permettre de comprendre – ou simplement accepter - le mouvement du monde et des hommes. C'est par une analyse rationnelle qu'il détermine ce qui ne dépend pas de lui, et c'est grâce à cette même raison qu'il définit ses jugements sur le monde.

50         Apparition du codex. Le codex est une révolution comparable à l'invention de l'écriture. Le livre n'est plus un rouleau continu, mais un ensemble de feuillets reliés au dos. De ce fait, il devient possible d'accéder directement à un endroit précis du texte. Le codex est également plus facile à poser sur une table, ce qui permet au lecteur de prendre des notes en même temps qu'il lit. La forme codex s'améliore avec la séparation des mots, les majuscules et la ponctuation, qui facilitent la lecture silencieuse, puis avec les tables des matières et les index, qui facilitent l'accès direct à l'information. Cette forme est tellement efficace, qu'elle est encore celle du livre, plus de 1500 ans après son apparition. Le papier remplace progressivent le parchemin. Moins cher à produire, il permet une diffusion plus large du livre. Malgré ces défauts, mauvaise résistance au pliage et dégradation à l'humidité, le papyrus resta le support privilégié de l'écriture durant toute l'antiquité. Cependant la légende rapporte dans les écrits des auteurs antiques qu'au IIe siècle avant JC, le souverain égyptien Ptolémée V aurait interdit l'exportation de papyrus vers Pergame (dans l'actuelle Turquie) car la bibliothèque de cette ville rivalisait avec celle d'Alexandrie. Cela aurait favorisé l'apparition d'un nouveau support pour l'écriture : le parchemin, nom venant du latin "pergamena" ou de pergame. L'usage du parchemin découpé en feuilles va permettre la création du Codex, livre tel qu'il se présente de nos jours. Le Codex est composé de feuilles pliées, assemblées en cahier cousus ensemble. Il fait apparaître la notion de page comme un espace séparé, autonome et discontinu. Introduit au IIe siècle après JC en occident, il fût adopté principalement par les premiers chrétiens. Ainsi une religion à vocation universelle rompait avec les formes culturelles établies et lançait un vaste mouvement de diffusion des textes sacrés. Mais son adoption ne se généralisa réellement qu'au début du IVe siècle dans l'Occident romain et au Ve siècle dans l'Empire byzantin, lorsqu'il se libéra complètement de l'organisation du rouleau en devenant plus étroit et plus haut. Les critiques de l'époque trouvaient que ce nouveau support de l'écrit était léger et portatif mais ne représentait pas le sérieux du Volumen. Le codex est un livre de forme parallélépipédique, résultat de l'assemblage de feuillets manuscrits, d'abord en parchemin à partir du Ier-IIe siècle dans l'empire romain puis en papier depuis le XIIIe siècle. Cette présentation des textes a constitué une véritable révolution au début de l'ère chrétienne car à l'inverse du rouleau (volumen), qui impose une lecture continue, le codex permet d'accéder aux chapitres (structure du texte) de manière directe. L'habitude de numéroter les pages (par des lettres) accompagna cette innovation. Son adoption dans la chrétienté est d'autant plus marquée que, support de la Bible, le codex permet de se différencier des rouleaux sur lesquels les juifs écrivent la Torah. Le Codex Vaticanus est un manuscrit de vélin en écriture grecque onciale daté du IVe siècle. Il reprend une grande partie de l'ancien et du Nouveau Testament. Le Codex Sinaiticus est un manuscrit complet du Nouveau Testament datant du IVe siècle. Il contient également des parties de la Septante.

50         Invention du soufflage du verre par les Phéniciens. L'histoire du verre remonte à la préhistoire : en 100 000 avant notre ère, l'obsidienne, un verre volcanique, est déjà taillé par l'homme pour former des pointes de flèches ; les tectites, billes de verre formées par des impacts avec des météorites, servent également de bijoux ; enfin, les fulgurites, petits tubes issus de la fusion du sable atteint par un éclair, sont connus. L'utilisation du verre au quotidien se répand sous l'Empire romain. Inventée en Phénicie (aujourd'hui principalement le Liban), la technique de soufflage du verre date du Ier siècle av. J.-C., et entraîne un grand développement de l'usage du verre dans tout l'Empire, car elle utilise moins de matière vitreuse. Ainsi, l'usage du verre se démocratise largement, pour les récipients et même les vitrages. Le verre entre aussi dans la décoration des demeures (tesselles de mosaïque), la bijouterie (incrustations) ainsi que pour les premiers vitrages de maisons ou d'édifices publics.

51         Burrus est nommé préfet du prétoire. Sextus Afranius Burrus fut nommé préfet du prétoire par l'empereur Claude en 51. Après la mort de Claude en 54, il fut avec Sénèque le Jeune un conseiller de Néron au début de son règne, avec une influence positive pendant les cinq premières années de ce règne. Il décède en 62, de mort naturelle (maladie de la gorge, cancéreuse selon des interprétations modernes).

51         Victoire romaine en (Grande) Bretagne contre Caratacos. Un soulèvement britannique contre Rome échoue sous Caratacos. Il est capturé avec l'aide de la reine des Brigantes, Cartimandua. Caratacos (latinisé en Caratacus), roi et chef militaire celte de l'île de Bretagne qui a dirigé la résistance à la conquête romaine de la Bretagne de l'invasion de Claude Ier en 43 ap. J-C jusqu'à sa capture en 51.

52         Des pèlerins galiléens sont assassinés dans un village de Samarie. Le procurateur Cumanus ne punissant pas les meurtriers, une bande de Zélotes se met à massacrer plusieurs villages samaritains. Ils sont arrêtés et exécutés par les troupes de Cumanus. L'affaire est portée devant le légat Quadratus qui envoie des délégués à Rome, où appuyés par le jeune Hérode Agrippa II (fils d'Hérode Agrippa Ier), les Juifs obtiennent gain de cause. Cumanus est exilé. Claude envoie son favori Antonius Félix, un Grec, comme procurateur en Judée (fin en 60). Il épouse Drusilla, la soeur d'Agrippa. Sa politique maladroite et injuste entraîne le développement du parti Zélote. Félix arrête leur chef Eléazar par trahison puis doit faire face aux Sicaires (assassins), Zélotes armés de poignards qui exécutaient leur compatriotes ralliés aux Romains, comme le grand-prêtre Jonathan. A cette époque paraissent plusieurs prophètes rassemblant les foules et leur promettant la liberté, ce qui entraîne la réaction immédiate des Romains. Félix fait ainsi exécuter les partisans de "l'Égyptien" qui voulaient pénétrer dans Jérusalem. Profitant de l'agitation, les grands-prêtres s'emparent des dîmes dues aux simples prêtres, ce qui accentue les tensions sociales. Les zélotes, sont les groupes qui combattent le pouvoir romain les armes à la main pendant la Première guerre judéo-romaine. Révoltés au départ contre le recensement de Quirinius, qui permet l'impôt "par tête", ils se radicalisent et finissent par s'attaquer aussi bien à leurs compatriotes jugés timorés ou soupçonnés de collaborer avec les Romains, qu'aux païens qui - pensent-ils - souillent la Terre promise par leur seule présence.

53         Mariage de Néron et Octavie, fille de Claude et Messaline.

54         Claude nomme Galba proconsul d'Afrique.

54         13 octobre Assassinat de Claude (empoisonnement) sur ordre d'Agrippine.

54         13 octobre Néron devient empereur.

54         NÉRON (54 à 68) (Lucius Domitius Claudius Nero)

54         Néron (Lucius Domitius Claudius Nero Caesar), né à Antium le 15 décembre 37 et décédé à Rome en 68, il fut empereur de 54 à 68. Il était l'arrière-arrière-petit-fils d'Auguste et le neveu de Caligula, par sa mère Agrippine la Jeune. Il fut adopté par Claude pendant que ce dernier était empereur, qui lui donna Sénèque comme précepteur. Il épousa Octavie et fut déclaré empereur, à la mort de Claude, à l'âge de 17 ans. Claude mourut empoisonné le 13 octobre 54 et Néron fut rapidement nommé empereur à sa place. Il n'avait que 17 ans. Les historiens s'accordent à considérer que Sénèque a joué le rôle de figure de proue au début de son règne. Les décisions importantes étaient probablement laissées entre les mains plus capables de sa mère Agrippine la Jeune (qui pourrait avoir empoisonné Claude elle-même), de son tuteur Lucius Annaeus Seneca, et du praefectus praetorianus Sextus Afranius Burrus. Les cinq premières années du règne de Néron furent connues comme des exemples de bonne administration, suscitant même l'émission d'une série de pièces de monnaie célébrant le quinquennium Neronis. Les affaires de l'empire étaient traitées avec efficacité et le Sénat bénéficiait d'une période d'influence renouvelée dans les affaires de l'État. Les problèmes devaient pourtant bientôt surgir de la vie personnelle de Néron et de la course à l'influence croissante entre Agrippine et les deux conseillers. Tout le monde savait que Néron était déçu de son mariage et trompait Octavie. Il prit pour maîtresse Claudia Acte, une ancienne esclave, en 55. Agrippine tenta d'intervenir en faveur d'Octavie et exigea de son fils le renvoi d'Acte. Burrus et Sénèque, pour leur part, choisirent de soutenir leur protégé. Néron résista à l'intervention de sa mère dans ses affaires personelles. Son influence sur son fils diminuant, Agrippine se tourna vers un candidat au trône plus jeune. Britannicus, à quinze ans, était toujours légalement mineur et sous la responsabilité de Néron, mais il approchait de l'âge de la majorité. Britannicus était un successeur possible de Néron et établir son influence sur lui pouvait renforcer la position d'Agrippine. Mais le jeune homme mourut brutalement le 12 février 55. La proclamation de sa majorité avait été prévue pour le 13 février. La coïncidence des dates laisse penser qu'il a été empoisonné. Burrus est suspecté d'avoir pris part au meurtre. Néron se révoltait de plus en plus contre l'emprise d'Agrippine, et il commençait à envisager le meurtre de sa propre mère. Il justifiait ses intentions en clamant qu'elle complotait contre lui. Le pouvoir d'Agrippine déclinait encore rapidement, tandis que Burrus et Sénèque devenaient les deux hommes les plus influents de Rome. Alors que ses conseillers s'occupaient des affaires de l'État, Néron s'entourait d'un cercle de proches. Les historiens romains rapportent des nuits de débauche et de violence, alors que les affaires plus banales de la politique étaient négligées. Marcus Salvius Otho était au nombre de ces nouveaux favoris. À tous points de vue, Otho était aussi débauché que Néron, mais il devint aussi intime qu'un frère. Certaines sources considèrent même qu'ils ont été amants. Otho aurait présenté à Néron une femme qui aurait d'abord épousé le favori, puis l'empereur. Poppée (Poppaea Sabina) était décrite comme une femme de grande beauté, pleine de charme, et d'intelligence. Les rumeurs d'un triangle amoureux entre Néron, Othon, et Poppée. En 58, Poppée avait assuré sa position de favorite de Néron. L'année suivante (59) fut un tournant dans le règne de Néron. Néron et/ou Poppée auraient organisé le meurtre d'Agrippine. Sénèque eut beau tenter de convaincre le Sénat qu'elle mettait sur pied une conspiration contre son fils, la réputation de l'empereur fut irrémédiablement entachée par ce cas de matricide. Othon fut bientôt chassé de l'entourage impérial, et envoyé en Lusitanie comme gouverneur. Le tournant suivant fut l'année 62, pour plusieurs raisons. La première fut un changement parmi ses conseillers. Burrus décéda et Sénèque demanda à Néron la permission de se retirer des affaires publiques. Leur remplaçant aux postes de préfet prétorien et de conseiller fut Gaius Ofonius Tigellinus. Il avait été banni en 39 par Caligula, accusé d'adultère avec à la fois Agrippine et Livilla. Il avait été rappelé d'exil par Claude, puis avait réussi à devenir un proche de Néron (et peut-être son amant). Avec Poppée, il aurait eu une plus grande influence que Sénèque en eut jamais sur l'empereur. Quelques mois plus tard, Tigellinus épousait Poppée. Une théorie suggère que Poppée tenta, pendant ces quatre ans (58-62) d'éloigner Néron de ses conseillers et de ses amis ; si cela est vrai, ce qui est arrivé à Burrus et Sénèque pourrait ne pas être le fruit du hasard. Le deuxième événement important de l'année fut le divorce de l'empereur. Néron, âgé alors de vingt-cinq ans, avait régné huit ans, et n'avait pas encore d'héritier. Quand Poppée tomba enceinte, Néron décida d'épouser sa maîtresse, mais son mariage avec Octavie devait d'abord être annulé. Il commença par l'accuser d'adultère. Mais Néron avait déjà acquis la réputation d'être infidèle, alors qu'Octavie était connue pour être un parangon de vertu. Il fallait des témoignages contre elle, mais la torture d'un de ses esclaves ne parvint qu'à produire la célèbre déclaration de Pythias, selon laquelle la vulve d'Octavie était plus propre que la bouche de Tigellinus. Néron réussit à obtenir le divorce pour cause d'infertilité, ce qui lui permettait d'épouser Poppée et d'attendre qu'elle donne naissance à un héritier. La mort soudaine d'Octavie, le 9 juin 62 provoqua des émeutes publiques. Un des effets rapides de la nomination de Tigellinus fut la promulgation d'une série de lois contre les trahisons ; de nombreuses peines capitales furent exécutées. Début 63, Poppaea donna naissance à une fille : Claudia Augusta. Néron célébra l'événement mais l'enfant mourut quatre mois plus tard. Néron n'avait toujours pas d'héritier. Le 19 juillet 64, éclata le Grand incendie de Rome. Le feu débuta dans les boutiques des environs du Cirque Maxime. Néron était alors en vacances dans sa ville natale, Antium mais il dut revenir en toute hâte. L'incendie fit rage pendant une semaine. La rumeur circula que Néron aurait joué de la lyre et chanté, au sommet du Quirinal, pendant que la Ville brûlait. Les mêmes récits nous décrivent un empereur ouvrant ses palais pour offrir un toit aux sans-abris et organisant des distributions de nourriture pour éviter la famine parmi les survivants. Mais Néron perdit toute chance de redorer sa réputation en rendant trop vite publics ses projets de reconstruction de Rome dans un style monumental (et moins inflammable). La population désorientée cherchait des boucs émissaires, et bientôt des rumeurs tinrent Néron pour responsable. On lui prêtait pour motivation l'intention d'immortaliser son nom en renommant Rome Neropolis. Il était important pour Néron d'offrir un autre objet à ce besoin de trouver un coupable. Il choisit pour cible une petite secte orientale, celle des chrétiens. Il ordonna que les chrétiens soient jetés aux lions dans les arènes, alors que d'autres étaient crucifiés en grand nombre. Il est possible que certains passages de l'Apocalypse dans le Nouveau Testament décrivent l'Antéchrist sous les traits Néron. L'ouvrage a peut-être été écrit par les chrétiens pour exprimer leur désarroi après la répression sanglante de Néron sur la secte. En 65, Néron fut impliqué dans un autre scandale, pris plus au sérieux par le peuple de cette époque qu'il ne le serait de nos jours. Il était considéré comme dégradant pour un empereur romain d'apparaître comme un amuseur public, jouant la comédie, chantant et jouant de la lyre. De plus, Néron ordonna que Gnaeus Domitius Corbulo, un général populaire et valeureux, se suicidât, pour faire suite à de vagues soupçons de trahison. Cette décision poussa les commandeurs militaires, à Rome et dans les provinces, à envisager l'organisation d'une révolution. C'est également à cette époque, selon la tradition, que Néron a ordonné personnellement la crucifixion de Saint Pierre et, plus tard, la décapitation de Saint Paul. Le Sénat démit Néron, qui se suicida le 6 juin 68. On raconte qu'il prononça ces derniers mots avant de se poignarder à la gorge: "Quel artiste périt en moi !". Avec sa mort, la dynastie julio-claudienne prenait fin. Le chaos s'ensuivit lors de l'année des quatre empereurs.

54         Les Parthes envahissent l'Arménie alors sous contrôle romain.

55         février Assassinat (empoisonnement) de Britannicus, fils de Claude.

55         à 120 - naissance et mort de Tacite. Historien romain. Issu d'une famille prospère et influente, Tacite fait, grâce à ses talents d'orateur, une carrière politique brillante. Il obtient un consulat sous l'Empire de Nerva puis entre au Sénat, même s'il a longtemps critiqué les abus de rhétorique de ses membres. Historien officiel du régime, il fait néanmoins preuve d'un grand sens critique et participe à l'ouverture d'esprit des Romains. En effet, il démontre dans ses oeuvres, 'Vie d'Agricola' pour les Bretons (Anglais) et 'La Germanie' (l'Allemagne), que les peuples (que les Romains appellent uniformément 'Barbares') ont en réalité des cultures très diverses et élaborées. Dans un style que d'aucuns affirment comme le meilleur de tous les auteurs latins, il a aussi su dépeindre avec justesse les hommes et les moeurs de son temps.

57         Campagne de Corbulon (général de Néron) en Arménie contre les Parthes. Début de la campagne d'Arménie (fin en 63). Victoire de Corbulon contre Tiridate Ier d'Arménie et Vologèse Ier, roi des Parthes.

58         Troubles en Arménie, nouvelle campagne de Corbulon pour y rétablir l'ordre.

58         Othon est nommé gouverneur de Lusitanie (jusqu'en 68). Othon fut empereur romain de janvier à avril 69.

58         Prise et incendie d'Artaxata (en Arménie) par les armées romaines sous les ordres de Corbulon.

59         Mars Assassinat d'Agrippine la jeune par ordre de Néron.

59         Prise de Tigranocerte (Arménie) par les Légions de Corbulon.

60         Rome s'empare du territoire des Icènes à la mort de Prasutagus. Le roi icénien, Prasutagus meurt et laisse sa femme Boudicca et ses filles sous la protection de Néron. Le procurateur romain Catus Decianus, s'empare des biens des Icéniens, laisse violer ses filles devant Boudicca qui est flagellée.

60         Révolte de Boudicca (reine des Icéniens) contre l'occupation romaine en (Grande) Bretagne.

60         Prise et massacre de Colchester par les armées de Boudicca.

60         Suetonius Paulinus (gouverneur romain) s'empare de l'île Mona (Anglesey au nord du pays de Galles) servant de refuge à la résistance celtique.

60         Victoire des armées de Boudicca contre la IXème Légion de Petillius Cerealis.

60         Les légions de Suetonius évacuent Londres qu'ils ne peuvent défendre.

60         Prise et massacre de Londres par les armées de Boudicca.

60         Défaite et Suicide de Boudicca contre les armées romaines de Suetonius Paulinus à Lichfield.

60         Écriture de 'l'Évangile selon Matthieu'. L'évangile selon Matthieu est l'un des quatre évangiles du Nouveau Testament. Les évangiles sont traditionnellement imprimés dans l'ordre suivant : Matthieu, suivi par Marc, puis Luc et enfin Jean. Ce livre est traditionnellement attribué à Matthieu, un collecteur d'impôts devenu l'apôtre de Jésus-Christ. Cependant, certains érudits modernes le considèrent comme anonyme. Il a été longtemps considéré comme étant le plus ancien des évangiles. Les hypothèses modernes, en particulier la théorie des deux sources a remis en cause cette antériorité. D'après cette théorie et ses dérivées, l'évangile de Marc lui serait antérieur et aurait été l'une de ses sources, en compagnie de l'hypothétique source Q. Comme les auteurs des autres évangiles, l'auteur écrit ce livre selon ses plans et objectifs, à la fois de son propre point de vue et en empruntant à d'autres sources. Selon l'hypothèse des deux sources, qui est la solution la plus acceptée au problème synoptique, Matthieu s'inspira de Marc et d'une source hypothétique appelée Q par les érudits (initiale de l'allemand Quelle, signifiant "source"). Peu d'indices dans l'évangile lui-même permettent de déterminer sa date de composition. Certains érudits pensent qu'il a été écrit avant la destruction de Jérusalem (Matthieu 24), probablement entre les années 60 et 65 après Jésus-Christ, mais d'autres le datent des années 70, voire de 85. L'étude de cet évangile montre qu'il a été très probablement écrit à l'origine à destination des juifs. En effet, les nombreuses références aux prophéties de l'Ancien Testament ainsi que la généalogie de Jésus indiquent que l'auteur a voulu prouver aux juifs que Jésus était bien le Messie qu'ils attendaient. Par ailleurs, le Sermon sur la Montagne (Matthieu 5 --- 7, où se trouvent les Béatitudes) veut prouver aux juifs que contrairement à ce qu'ils croient, la loi judaïque, dans l'enseignement chrétien, est toujours en vigueur bien qu'elle doive être transcendée. Matthieu, ou saint Matthieu. Pour l'Église catholique, les Églises des deux et trois conciles et pour l'Église orthodoxe, il est l'un des douze apôtres cités par les Évangiles. Dans la tradition chrétienne, il est souvent symbolisé par un homme (souvent ailé) parce que son évangile commence par la généalogie du Christ. Fête le 21 septembre en Occident et le 16 novembre en Orient. Né en Galilée, de son nom Lévi, il était publicain (percepteur des impôts) à Capharnaüm, employé au péage d'Hérode. Il suivit Jésus, devint apôtre et écrivit le premier évangile. Il prêcha aux Hébreux, écrivit pour eux son Évangile en araméen, traduit en grec, et mourut martyr en Ethiopie, en 61. Son corps fut transféré à Salerne. C'est à lui qu'est attribué traditionnellement le premier évangile canonique, bien que le texte ne l'affirme pas et que l'exégèse moderne ne le pense pas.

60         Écriture de 'l'Évangile selon Luc'. L'évangile selon Luc (kata Lukas, où kata signifie selon) a pour auteur Luc (médecin et, selon la légende, peintre, compagnon de saint Paul). Il n'a pas connu lui-même le Christ, durant son ministère public. Il a également composé les Actes des Apôtres, qui sont la suite de son évangile. Les deux livres sont pareillement dédiés à "Théophile" (personnage réel, ou peut-être fictif, figure de l'"ami de Dieu", Théo-phile). Les deux ouvrages ont été rédigés probablement dans les années 60, avant la destruction du Temple (en 70), et avant le martyre des apôtres Pierre et Paul à Rome (en 64 ou 67). Avec l'évangile selon Marc et l'évangile selon Matthieu, il fait partie des évangiles dits synoptiques. C'est le plus long des quatre évangiles, retenus dans le Nouveau Testament. Saint Luc est un médecin syrien parmi les premiers convertis au christianisme et à l'évangélisation de l'Empire romain par l'apôtre évangéliste saint Paul dont il devient le disciple. Il est collecteur de témoignages oculaires de la vie de Jésus Christ qu'il n'a pas connu personnellement et un des quatre évangélistes en grec ancien de la Bible chrétienne. Son évangile selon saint Luc est le troisième du Nouveau Testament qui fait partie des trois évangiles dits "synoptiques" avec l'évangile selon saint Matthieu et l'évangile selon saint Marc. Luc donne le récit le plus détaillé de la naissance et de l'enfance de Jésus de Nazareth et est généralement considéré comme l'auteur du livre des Actes des Apôtres qui suit les quatre évangiles dans le Nouveau Testament.

61         Vologèse Ier, roi des Parthes revendique de nouveau le trône d'Arménie.

61         Caesannius Paetus remplace Corbulon à la tête des troupes d'Arménie.

61         Galba reçoit le gouvernement de l'Espagne.

62         Caesannius Paetus et ses troupes sont assiégés à Rendeia par les Parthes.

62         Caesannius Paetus capitule à Rendeia, trois jours avant l'arrivée de Corbulon.

62         Burrus (ou Burrhus préfet du prétoire, c'est à dire commandant de l'Armée de Néron) meurt, la rumeur veut que Néron l'ait empoisonné, Sénèque perd un appui précieux, le règne va s'enfoncer dans les crimes. La préfecture du prétoire est partagée entre l'incapable Foenius Rufus et Tigellinus, redoutable intrigant, qui flatte les vices du maître. Il utilise de manière abusive la loi de lèse-majesté pour se débarrasser des nobles les plus en vue.

62         Exécution de Rubellius Plautus sur les ordres de Néron.

62         Exécution de Cornellus Sylla sur les ordres de Néron.

62         Vespasien est nommé Proconsul d'Afrique en remplacement de Vitellius. Vespasien (Titus Flavius Sabinus Vespasianus) futur empereur romain de 69 à 79. Vitellius (Aulus Vitellius Germanicus) (24 septembre 15 - 22 décembre 69) est un empereur romain ayant régné du 2 janvier 69 au 22 décembre de la même année.

62         juin Néron répudie Octavie pour stérilité, l'accuse d'adultère et la fait exiler sur l'île de Pandataria.

62         19 juin Octavie est exécuté sur ordre de Néron.

62         Mariage de Néron avec Poppée.

63         21 janvier Naissance de Claudia, fille de Néron et Poppé (elle meurt en mai).

63         Traité de Rhandeia (Cappadoce) fixant la frontière romano-Parthe sur l'Euphrate et L'Arménie revient à la dynastie arsacide d'Iran mais l'investiture de ses rois dépend des empereurs romains. Tiridate Ier, qui s'est rendu à Rome auprès de Néron, peut ainsi devenir roi d'Arménie, inaugurant l'installation d'une dynastie arsacide dans ce pays. Il reconstruit Artachat rebaptisée initialement Néronia. La Cappadoce est un ancien pays d'Asie mineure, actuellement située en Turquie. L'Euphrate est un fleuve d'Asie de 2 780 km de long. Il prend sa source en Arménie turque, puis passe par la Syrie pour arriver en Iraq. Il traverse l'Iraq du nord-ouest vers le sud-est, passant par Fallujah au centre du pays, et puis environ 10 km à l'ouest des ruines de Babylone. Il rejoint le Tigre dans le sud-est du pays environ 100 km au nord-ouest de Bassorah pour former le Chatt-el-Arab et se jeter dans le golfe Persique. La Mésopotamie, du grec "milieu" et "fleuve", entre le Tigre et l'Euphrate, est l'un des berceaux de la civilisation.

63         Pline l'Ancien écrit son 'histoire naturelle' résumant les données botaniques de son époque. Pline l'Ancien, est né en 23 à Novum Comum (Côme) et mort en 79 à Stabies, près de Pompéi lors de l'éruption du Vésuve. Il fut un important auteur et naturaliste romain, notamment auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée 'Histoire naturelle'. Il adopta son neveu Gaius Plinius Caecilius Secundus qui prit le nom de Pline le Jeune en 79. 'Naturalis Historia', qui compte 37 volumes, est le seul ouvrage de Pline l'Ancien qui soit parvenu jusqu'à nous. Ce document fut longtemps la référence en matière de connaissances scientifiques et techniques. Pline compila le savoir de son époque sur des sujets aussi variés que les sciences naturelles, l'astronomie, l'anthropologie, la psychologie ou la métallurgie.

64         Suicide de Torquatus Silanus accusé par Néron sans preuve et probablement faussement, d'inceste, est exilé et se suicide.

64         19 Juillet, le feu a pris dans Rome, et l'on a vu des soldats courir dans la cité avec des torches enflammées. Néron, en apprenant la nouvelle, alors qu'il se reposait au bord de la mer, aurait chanté des extraits du poème d'Homère sur l'incendie de Troie. Il n'en fallait pas plus à Suétone et à Pline pour accuser Néron d'avoir fait incendier Rome. Celà ne semble pas très plausible. Si Néron avait voulu se donner le spectacle d'un gigantesque incendie, il avait les moyens de le faire allumer ailleurs, et surtout pas à proximité du nouveau palais impérial qui renfermait de magniques oeuvres d'art admirées par l'empereur. Voulait-il reconstruire Rome à son goût ? Il aurait alors fallu détruire les quartiers populaires, insalubres. Ce sont ceux qui ont été le moins atteints... Suétone, est un historien romain né dans le milieu des années 70 de notre ère et mort vers 130. Il est issu d'une famille de récente chevalerie, probablement romaine.

64         Construction de l'énorme palais de Néron, la Domus Aurea (Maison Dorée), édifié en l'an 64, après le grand incendie de Rome. La Domus aurea est un immense palais impérial de la Rome antique, construit par Néron, qui couvrait une partie importante de Rome intra muros. Elle comportait plusieurs bâtiments distincts, de vastes jardins, un lac artificiel. Après la mort de Néron, l'espace occupé fut rendu aux Romains : le lac devint par exemple le Colisée, amphithéâtre dédié aux jeux nautiques. La Domus transitoria ayant été détruite par l'incendie de 64 apr. J.-C., l'empereur Néron confie à deux architectes, Severus et Celer (Tacite, Annales, XV, 42), la construction d'un somptueux palais qui doit s'étendre du mont Palatin au mont Caelius (le Celio). Constitué de vastes appartements et de salles d'apparat, l'ensemble comprend en outre des bains, des maisons de campagne, des cryptoportiques et des jardins où se dressent des colonnades qui se reflètent dans des nymphées.

65         avril Échec de la conjuration de Pison, arrestation-exécution des conjurés. Pison, aristocrate jouisseur et débauché issu de la très ancienne famille des Calpurnii, feignait hypocritement la vertu pour séduire ses commensaux, les nobles réactionnaires hostiles à la politique de Néron. Hautain et dédaigneux, il affectait de compatir aux misères du peuple pour séduire une plèbe qu'il méprisait mais dont le soutien était indispensable en cas de coup d'état.

65         Suicide de Pison.

65         Suicide de Sénèque impliqué dans la conjuration de Pison.

65         Mort de Poppée sous les coups de Néron.

66         Début des troubles à Césarée (Judée). La ville de Césarée en Israël est située sur la côte méditerranéenne, au sud de la ville de Dor.

66         Mariage de Néron avec Statilia Messalina.

66         juin Révolte juive à Jérusalem. Première guerre judéo-romaine, Un jour de shabbat, en l'an 66, à Césarée, un homme sacrifie des oiseaux à l'entrée de la synagogue, ce qui provoque la colère des Juifs. Il s'ensuit des batailles de rue entre Juifs et païens. Une délégation de Juifs se rend à Sébaste auprès du procurateur Gessius Florus qui fait la sourde oreille. Les troubles atteignent Jérusalem. Florus choisit ce moment pour prendre 17 talents dans le trésor du Temple, ce qui entraîne une réaction en chaîne de révoltes et de représailles. Après avoir essayé de réprimer la révolte dans le sang, Florus se retire à Césarée tandis que les insurgés s'emparent de l'esplanade du Temple. Un essai de conciliation d'Agrippa II et de Bérénice est rejeté. À l'instigation d'Eléazar, fils du grand-prêtre Ananie, les révoltés s'emparent de Massada et font cesser les sacrifices quotidiens pour l'empereur. Sous la direction d'Agrippa II et des Hérodiens, des familles des grands-prêtres et des notables pharisiens, les partisans de la paix essayent de réduire les révoltés par la force. L'armée d'Agrippa II est battue dans Jérusalem, Ananie est assassiné, les palais royaux sont incendiés et les derniers Romains exécutés. Une rébellion éclate à Césarée. Le mouvement se répand à toute la Palestine où Juifs et Gentils s'affrontent. Plusieurs milliers de Juifs périssent dans les émeutes à Alexandrie.

66         juin Vespasien est envoyé en Judée à la tête de 3 légions pour réprimer la révolte.

66         août Prise de la forteresse Antonia, tenue par les troupes Hérode II, roi de Judée, par les rebelles juifs.

66         août Massacre de la population juive à Césarée.

66         novembre Victoire des rebelles juifs contre les armées de Cestius, gouverneur de Syrie à Bethoron. Le gouverneur de Syrie Cestius Gallus attaque Jérusalem avec la XIIe légion. Il s'empare du faubourg nord mais échoue devant le Temple et se retire, puis tombe dans une embuscade près de Beth-Horon. Il perd plus de cinq mille fantassins et presque quatre cents cavaliers. Cette victoire change la révolte en guerre d'indépendance à laquelle se rallient les autorités traditionnelles : grands-prêtres, leaders pharisiens, sadducéens et esséniens. La révolution s'organise et le pays divisé en sept districts : Joseph ben Gorion et le grand-prêtre Anne sont chargés de Jérusalem, Jésus ben Sapphias et Eléazar ben Ananias de l'Idumée, Joseph fils de Mattathias (Flavius Josèphe) organise la Galilée.

66         septembre Départ de Néron pour la Grèce.

66         Tiridate accepte de recevoir la couronne d'Arménie de Néron. Tiridate Ier fut un roi d'Arménie. Il fut vaincu par le général romain Corbulon. Mais il pris sa revanche, et fut couronné roi par Néron en 66.

67         Martyre des apôtres Pierre et Paul. Pierre, selon les Évangiles et le livre des Actes des Apôtres, Simon de Bethsaïde dit (Képhas) = Pierre [début du Ier siècle (v. 10)/Rome, 29 juin 64, selon une certaine tradition] est l'un des douze apôtres de Jésus. Pierre est considéré comme un saint, entre autres, par l'Église catholique et comme le premier pape. Selon la tradition (catholique et orthodoxe), après avoir évangélisé Antioche et en avoir été l'évêque, Pierre est parti à Rome, en est devenu le premier évêque [v.42/67 (les années de Saint-Pierre)] et est mort en martyr (crucifié la tête en bas par "humilité" vis-à-vis de Jésus - "Croix de Saint-Pierre") à l'emplacement du mont Vatican ou sur les pentes du Janicule (emplacement marqué par Saint-Pierre-in-Montorio). Paul, Paul de Tarse ou saint Paul est considéré comme l'une des figures centrales du christianisme primitif, par le rôle qu'il a joué dans son développement, et par son interprétation de l'enseignement de Jésus. Selon le Nouveau Testament (livre des Actes des Apôtres et les lettres de Paul), Paul se revendique comme l'un des principaux disciples (comme un apôtre) de Jésus-Christ qui lui serait apparu et l'aurait converti, quelques années après sa mort. Il eut un rôle de première importance dans le développement et la diffusion du christianisme primitif, au point que certains théologiens, estimant que Paul donne un enseignement différent de celui de Jésus de Nazareth, le considèrent comme le véritable fondateur du christianisme.

67         mars-avril Arrivée de Vespasien à Antioche. En 67, le général Flavius Vespasien est envoyé par Néron avec trois légions. Il occupe Sepphoris en Galilée (printemps), assiège Flavius Josèphe dans Yotpata qui est prise. Flavius Josèphe se rend. Vespasien fait la jonction avec Agrippa II, s'empare de Tibériade et de Tarichée, puis de Gamala et du mont Thabor. À la fin de l'année, le nord de la Palestine et la région côtière au sud de Jaffa sont soumis.

67         22 mai Prise de Gadara par les armées de Vespasien. Gadara, cité fortement hellénisée (grecque) située dans la Décapolis (actuellement Um Qeis, en Jordanie).

67         1er juillet Prise de Jotapata (Galilée) par les armées de Vespasien.

67         Suicide de Corbulon convoqué à Corinthe par Néron pour lui annoncer sa condamnation.

67         Suicide des deux légats de Germanie en Grèce, convoqués par Néron.

67         22 octobre Prise de Gomala (Judée) par les armées de Vespasien.

68         mars Retour triomphal de Néron à Rome.

68         mars Révolte de Vindex, gouverneur de Lyon qui proclame Galba empereur. Gaius Julius Vindex était un gouverneur romain de la province Gallia Lugdunensis (Bretagne, Normandie actuelles et le pourtour parisien) qui s'est rebellé contre l'Empereur Néron en 68. Il prit rapidement contact avec certains de ses homologues gouverneurs. Tous le dénoncèrent auprès du prince sauf le gouverneur de Taraconnaise et futur empereur Galba. Ce dernier entra bientôt dans la révolte et devint le meneur d'une révolte qui se métamorphosait en guerre civile. Rufus se dirigeant vers Vesontio pour en faire le siège, Vindex dut s'y rendre afin déviter la prise du chef lieu de la capitale des Séquanes. Ils entrèrent tout deux en contact et selon Jean d'Antioche se mirent d'accord afin de se partager le pouvoir. Vindex devait alors recevoir l'Espagne sans avoir obtenu le consulat, Rufus voyait son gouvernement étendu à l'ensemble des Gaules et Galba était reconnu Princeps. Cependant, le sort en voulut autrement. Alors que l'armée des révoltés faisait marche de façon désordonnée, les légions de Germanie prirent l'initiative sans recevoir d'ordre de leur général de les attaquer. Cette affrontement, qui aujourd'hui encore est entouré d'un halo de mystère, vit périr 20 000 Gaulois ce qui mena Vindex à se suicider. Bien qu'il fut défait et tué par le général Lucius Verginius Rufus à la fin mai ou au début juin de l'année 68, la rebellion de Vindex était le début d'une série de soulèvements contre le Princeps. Bien que Vindex se suicida lors d'une bataille qui en toute logique n'aurait pas due avoir lieu, son objectif avoué se réalisa. Néron chuta et fut remplacé par Marcus Sulpicius Galba qui inaugurait une année de troubles durant laquelle se succédèrent quatre empereur. (Galba, Othon, Vitellius, et Vespasien)

68         avril Soulèvement de Galba, gouverneur en Espagne Tarraconaise.

68         avril Défection d'Othon légat commandant les Légions d'Afrique.

68         mai Défaite de Vindex près de Besançon face à Verginius Rufus à la tête de l'armée du Rhin.

68         mai Prise de Jéricho par les armées de Vespasien. La révolte se durcit face à la menace romaine. La guerre civile éclate à Jérusalem où Jean de Gischala et les Zélotes prennent le pouvoir et imposent comme grand-prêtre Pinhas de Habta, probablement sadocide. Appuyés par un groupe d'Iduméens, les Zélotes liquident les notables et les membres des grandes familles sacerdotales. En 68, Vespasien soumet la Pérée (mars), occupe Antipatris, Lydda, Jamnia, Emmaüs, traverse la Samarie et descend sur Jéricho. Il cesse les opérations militaires à l'annonce de la mort de Néron (9 juin). Jéricho est une ville de Cisjordanie (Moyen-Orient), située sur la rive ouest du Jourdain; c'est la ville la plus basse du monde avec une altitude proche de -240 m. Jéricho est une des plus anciennes cités du monde, dont la fondation remonterait au VIIIe millénaire avant JC, donc à une période où le niveau de la Mer Morte était vraisemblablement beaucoup plus élevé qu'aujourd'hui.

68         9 juin Le Sénat déclare Néron ennemi public et reconnaît Galba empereur.

68         GALBA (de 68 à 69) (Servius Sulpicius Galba)

68         Galba. Terracina vers 3 av. J.-C. - Rome 69 apr. J.-C., empereur romain (68-69). Successeur de Néron, il fut assassiné par les partisans d'Othon.

68         11 juin Suicide de Néron, marquant le début d'une nouvelle guerre civile. Déclaré ennemi public par le sénat, Néron fuit Rome et, plutôt que de se suicider, choisit de se faire tuer par un affranchi. L'empereur romain avait sombré dans la folie et la cruauté. Il avait fait assassiner tous ses ennemis politiques, mais aussi sa mère, Agrippine, son frère, Britannicus, et avait tué sa femme, Octavie. Des mouvements de révolte avaient alors éclaté dans l'Empire et le sénat avait désigné Galba, le gouverneur de l'Espagne Tarraconaise, comme le nouvel empereur romain.

68         Vitellius reçoit le commandement de l'armée de Germanie inférieure.

68         octobre les armée de Galba entrent dans Rome.

69         2 janvier Les armées de Germanie Supérieures proclament Vitellius empereur.

69         10 janvier Galba adopte publiquement Pison.

69         15 janvier Assassinat de Galba et Pison par les Prétoriens qui proclament Othon empereur.

69         OTHON (69) (Marcus Salvius Otho)

69         Othon fut empereur romain de janvier à avril 69. Né en 32 à Ferentinum (ou Ferentium) en Étrurie, mort à Bedriacum le 16 avril 69, Marcus Salvius Otho est issu d'une famille de notables (grand-père sénateur, père proconsul d'Afrique sous Tibère, élevé au rang de patricien par l'empereur Claude, etc). Selon Suétone, Othon fut un personnage assez peu recommandable et disposé à tout pour parvenir à ses fins. Il séduisit ainsi une vieille femme dans le seul but d'entrer en contact avec Néron dont il deviendra l'un des favoris. On lui prête une complicité homosexuelle avec l'empereur. Suétone prétend que mis au courant de l'intention de Néron d'assassiner Agrippine sa mère, il lui prête une assistance concrète en organisant un repas le soir du meurtre pour donner le change. Il tombe cependant en disgrâce en refusant de restituer Sabina Poppaea qu'il avait épousée pour complaire à Néron, mais dont il tomba réellement amoureux. En conséquence de quoi, il fut exilé 10 ans en Lusitanie où il officia comme ancien questeur avec une modération et un désintéressement exceptionnels. Cherchant à se venger, il prête son concours à Galba pour se débarrasser de Néron, mais quand il apprend que Galba a adopté Pison, il voit ses rêves d'accession au pouvoir suprême s'écrouler. Criblé de dettes, il n'a d'autre solution que de se débarrasser par le meurtre de Galba et de Pison. La conjuration est passablement improvisée, mais elle réussit. Il se présente aussitôt au Sénat. Sa route est barrée par Vitellius qui vient de se faire proclamer en Germanie. Othon part l'affronter et, après quelques petites victoire dans le nord de l'Italie, finit par être vaincu à Bedriacum. Othon décide alors de se donner la mort avec une dignité qui surprend Suétone.

69         14 mars Othon quitte Rome à la tête de son armée à la rencontre de Vitellius.

69         14 avril Victoire de Vitellius sur Othon à Bedriacum.

69         15 avril Suicide d'Othon.

69         VITELLIUS (69) (Aulus Vitellius)

69         Vitellius (Aulus Vitellius Germanicus) (24 septembre 15 - 22 décembre 69) est un empereur romain ayant régné du 2 janvier 69 au 22 décembre de la même année. Aulus Vitellius est le fils de Lucius Vitellius, consul et gouverneur de Syrie sous Tibère. Vitellius passa sa jeunesse à Capri au milieu des mignons de l'empereur Tibère. Il s'attira ensuite les faveurs de Caligula par ses qualités de conducteur de char et celles de Claude et Néron par ses qualités au jeu de dés. L'amitié de ces empereurs lui permet d'être tout d'abord consul en 48, puis aux alentours de 60-62 proconsul d'Afrique. Après la chute de Néron, il est nommé, à la surprise générale, commandant des légions de Germanie inférieure par Galba. C'est là qu'il réussit à se faire apprécier par ses subalternes et ses soldats, pour son indulgence. Vitellius était loin d'être ambitieux, il était plutôt paresseux et très attiré par la nourriture et la boisson. À la mort de Galba, assassiné par Othon, Vitellius est proclamé empereur, ou plus précisement empereur des armées de Basse et Haute Germanie par ses légions le 2 janvier 69 à Colonia Agrippinensis (Cologne). Au même moment Othon est proclamé empereur à Rome par la garde prétorienne dirigée par Nymphidius Sabinus. Vitellius partage alors ses légions en deux groupes. Il prend le commandement de l'un et envoie l'autre contre Othon. Il doit son accession au trône à ses deux généraux Caecina et Valens qui commandaient les deux légions du Rhin : ceux-ci franchissent les Alpes et battent l'armée d'Othon à la Bataille de Betriac, le 14 avril 69. Othon se suicide deux jours plus tard et Vitellius marche sur Rome en vainqueur. Le 19 avril, le Sénat romain entérine la nomination de Vitellius comme empereur. L'armée de Vitellius se livre sur son chemin au pillage et au massacre, le nouvel empereur fait lui aussi preuve d'une grande cruauté et devient rapidement impopulaire. Le premier juillet, les troupes d'Égypte proclament Vespasien empereur. En apprenant la nouvelle les légions de Mésie, de Pannonie, et de Dalmatie se révoltent aussi et prêtent serment à Vespasien. Celui-ci venait d'écraser la révolte des Juifs et représentait une meilleure stabilité aux yeux des Romains. À Rome les premiers troubles commencent, Vitellius pour étouffer la révolte fait alors tuer, en incendiant le Capitole, Flavius Sabinus, le préfet de la ville et frère de Vespasien. Antonius Primus qui commande les légions du Danube envahit l'Italie du nord et bat l'armée de Vitellius à Crémone à la fin du mois d'octobre 69. Il prend ensuite la direction de Rome. Les uns après les autres les alliés de Vitellius se rallient à Vespasien. Vitellius tente tout pour négocier une paix, sans succès. Alors que les premiers éléments de l'armée de Primus pénètrent dans Rome, il tente de s'enfuir, et se cache dans la loge du portier de son palais. Capturé par les hommmes de Primus il est reconnu et lapidé par la foule romaine, son corps est traîné par un croc et jeté dans le Tibre. Domitien le fils cadet de Vespasien est alors nommé césar en attendant l'arrivée de l'empereur Vespasien à Rome à la fin de l'année 70.

69         19 avril Le Sénat entérine le titre impérial à Vitellius.

69         1er juillet Les légions d'Orient proclament Vespasien empereur.

69         17 juillet Vitellius entre dans Rome.

69         août Les légions du Danube se rallient à Vespasien.

69         3 septembre Antonius (pro-Vespasien) s'empare de Padoue. Padoue est une ville située dans le nord de l'Italie à 40 kilomètres de Venise, sur la rivière Bacchiglione.

69         17 septembre Caecina (général romain) à la tète des armées de Vitellius quitte Rome à la rencontre des armées de Vespasien.

69         24-25 octobre Victoire des armées de Vespasien sur celles de Vitellius près de Crémone.

69         18 décembre Capitulation de Vitellius.

69         20 décembre Antonius Primus, allié de Vespasien s'empare de Rome. Quelques chefs militaires voulurent devenir empereur. Parmi ceux-ci, Vitellius, commandant des légions de Germanie s'empara du pouvoir impérial et Vespasien, en Orient avec ses armées qui le proclamèrent empereur. Antonius Primus prit le parti de Vespasien. Gagnant victoire sur victoire, Antonius Primus se rapprochait de Rome. Voyant cela, Vitellius lui envoya ses meilleures légions en octobre 70 à Crémone. Après une bataille sanglante, Antonius Primus vainquit Vitellius. Il essaya de négocier avec Vitellius pour éviter que le sang des Romains des deux côtés ne coule. Mais Vitellius changea d'avis et assassina le frère de Vespasien, lui aussi partisan de la conciliation. Les hostilités reprirent. Vitellius, abandonné par les siens, fut à son tour assassiné par les fidèles de Vespasien. Arrivé à Rome en pleine gloire, pendant quelques jours, il put penser devenir empereur. Sa fidélité à Vespasien l'en empêcha et Vespasien fut empereur.

69         21 décembre exécution de Vitellius. L'Empereur Vitellius est égorgé en plein coeur de Rome par les partisans du général Titus Flavius Vespasien. Ce dernier avait été proclamé empereur par les légions du Danube et de l'Orient le 1er juillet avant l'assassinat de Vitellius. Vespasien fera une entrée triomphale dans Rome dix mois après la victoire de ses partisans. Le nouvel empereur mettra fin à la grave crise de succession ouverte par la mort de Néron en 68 et règnera sur l'empire pendant 10 ans.

69         VESPASIEN (69 à 79) (Titus Flavius Vespasianus)

69         Vespasien (Titus Flavius Sabinus Vespasianus) (9-79) est un empereur romain. Il fut proclamé Auguste le 1er juillet 69 à Alexandrie par les légions d'Orient, et instaura la dynastie des Flaviens, alors qu'il réprimait la révolte juive. Il partit alors immédiatement pour Rome, laissant son fils Titus achever le siège de Jérusalem. Son règne mit fin à la guerre civile qui suivit la mort de Néron, et il fut le dernier empereur de l'année des quatre empereurs (69). Il se consacra à la restauration politique et économique de Rome. Il ordanne aussi la construction du célèbre "amphithéâtre flavien", plus connu sous le nom de colisée. Ses fils Titus puis Domitien lui succédèrent.

69         22 décembre Le Sénat accorde le titre impérial à Vespasien.

70         août Le général romain Titus, fils de Vespasien, s'empare de Jérusalem et détruit le Second Temple de Jérusalem. Cet évènement, particulièrement douloureux dans l'histoire des Juifs, est commémoré chaque année le 9 Av. Les troupes de Titus attaquent Jérusalem par le nord (30 mai 70), prennent la première puis la seconde muraille. Jean de Gischala défend l'Antonia et le Temple et Simon Bar-Giora la ville haute. Titus renforce le siège (juillet). La famine se fait sentir. Le 6 août, les sacrifices quotidiens dans le Temple cessent. Titus s'empare de l'Antonia et brûle les portes extérieures du Temple, puis attaque le Temple qui est complètement brûlé (28 août). Il s'empare enfin de la ville haute où s'étaient réfugiés Simon Bar-Giora et Jean de Gischala. Jérusalem est rasée, sauf les trois tours du palais d'Hérode (Hippicus, Phasaél et Mariamne) et une partie de la muraille. Les Romains créent la province de Judée, distincte de la Syrie. Le Sanhédrin est dissout. Le culte sacrificiel cesse d'être célébré. À l'automne 70, des centaines de milliers de prisonniers juifs sont tués dans des spectacles publics à Césarée. Titus, Flavius Vespasianus, fils de Vespasien, appartenant à la dynastie des Flaviens, était empereur romain de 79-81.

70         8 septembre Prise et incendie de Jérusalem par les armées romaines.

70         Sabinus devient empereur des Gaulois, soulève la Gaule avant de se faire battre par les Romains. Un Batave Civilis souleva ses troupes en Belgique alors que Vitellius et Vespasien s'affrontaient pour l'Empire. Le Lingon Julius Sabinus, officier gaulois aidé par deux officiers trévires vint à bout de trois légions romaines en garnison sur les bords du Rhin. Il brisa les tables de Lyon et se fit même proclamer "César", mais fut bientôt vaincu par les Séquanes. Pris par les Romains après avoir vécu caché durant neuf années, il finit supplicié avec son épouse. Julius Sabinus est un gaulois du peuple des Lingons. C'est un officier naturalisé romain comme l'indique son nom. En 69, profitant de la période de troubles qui secoue l'Empire romain (année des quatre empereurs et des troubles déclenchés sur le Rhin par les Bataves, il déclenche une révolte en Gaule belgique. Après avoir été vaincu, il est resté caché puis a été découvert, emmené à Rome ainsi que sa femme Eponime et ses deux fils jumeaux.

70         Écriture de 'l'Évangile selon Marc'. L'évangile selon Marc (kata Markon) forme avec les trois autres évangiles, le coeur du Nouveau Testament, la partie la plus récente de la Bible. Le deuxième (par sa place) des quatre évangiles canoniques est aussi le plus bref et probablement le plus ancien ; c'est l'un des évangiles synoptiques. Son auteur est Marc, généralement identifié au Marc compagnon de Paul, puis de Pierre, qui nous est connu par le Nouveau Testament, spécialement les Actes des Apôtres et les épîtres de Paul et de Pierre. Il a probablement été écrit avant la catastrophe de 70 (après Jésus-Christ) car dans le discours eschatologique de Mc 13 il n'est fait aucune distinction entre la ruine de Jérusalem et la fin du monde. Il a certainement été écrit après la catastophe de 70 car il sait que le Temple sera détruit. Or il est écrit dans Ezéchiel (46.15) que les sacrifices du Temple sont éternels. Donc la ruine du Temple doit coïncider avec la fin du monde. Les 'logia' de l'apôtre Matthieu, rédigés en langue hébraïque, dont l'existence nous est connue par la tradition, et qui étaient sans doute plus anciens, n'avaient probablement pas la forme d'un évangile, mais plutôt celle d'un recueil de sentences ou de discours. Marc né Jean surnommé Marcus, est un des premiers convertis au christianisme et à l'évangélisation de l'Empire romain par l'apôtre Pierre. Il est disciple évangéliste des apôtres Pierre et Paul et l'auteur de l'Évangile selon Marc du Nouveau Testament. Il est le fondateur et le premier pape de l'Église chrétienne orthodoxe (Église chrétienne d'Orient et de la partie grecque de l'empire romain). Son Évangile est le second du Nouveau Testament et le premier des trois évangiles dits "synoptiques" avec l'évangile selon Matthieu et l'évangile selon Luc.

71         Les armées romaines mettent le siège devant Massada. Massada, qui signifie forteresse en hébreu. Le site, constitué de plusieurs palais et de fortifications antiques, se trouve en Israël au sommet d'une montagne isolée sur la pente est du désert de Judée, il surplombe la Mer Morte.

71         Vespasien nomme son fils Titus préfet du prétoire.

71         juin Double triomphe de Titus et Vespasien à Rome.

72         Annexion de la Commagène. La Commagène, province antique située au pied du Taurus, sur la rive droite de l'Euphrate.

72         Vespasien ordonne la construction du Colisée. Colisée, est un amphithéâtre de Rome qui pouvait accueillir de 45 000 à 50 000 spectateurs. Il forme une ellipse de 527 m. de circonférence, de 188 m. de long pour 156 m. de large. Les quatre étages culminent de nos jours à 48,5 m. L'arène, quant à elle, mesure 86 m. sur 54 m. Sa construction commença sous le règne de Vespasien aux alentours de l'an 70 et fut terminée par son fils Titus en 80. Le Colisée a été construit sur un site près de l'énorme palais de Néron, la Domus Aurea (Maison Dorée), édifié en l'an 64, après le grand incendie de Rome. Il y avait une grande statue de Néron (Colossus en latin), proche du site, d'où l'amphithéâtre a tiré son nom.

73         Titus est fait censeur avec son père.

73         2 mai Prise de Massada, dernière ville révoltée de Judée par Lucius Flavius Silva.

74         Édit d'expulsion des astrologues et des philosophes de Rome.

74         Conquête des Champs Décumates. Champs décumates, les territoires gagnés par les Romains sur la rive droite du Rhin reçurent le nom de Champs décumates (Agri decumates).

77         Cneius Julius Agricola est nommé Gouverneur de (Grande) Bretagne. Cneius Julius Agricola (13 juillet 40 à Fréjus - 23 août, 93 à Rome) fut un général romain, artisan d'une grande partie de la conquête de la Grande-Bretagne.

79         Début de la campagne d'Agricola en Écosse (jusqu'en 83).

79         24 juin Mort de Vespasien à Aquae Cutiliae, Titus, son fils devient empereur.

79         TITUS (79 à 81) (Titus Flavius Vespasiannus)

79         Titus Flavius Vespasianus, appartenant à la dynastie des Flaviens, était empereur romain de 79-81. Il était le fils aîné de l'empereur Vespasien avec lequel il partagea le pouvoir avant de lui succéder. Il est resté célèbre pour avoir pris Jérusalem, en 70, après un long siège. L'arc de Titus, bien conservé, fut érigé pour commémorer cette victoire par son frère Domitien, devenu empereur. Durant la campagne de Judée, Titus s'était épris de Bérénice, fille du roi Hérode Agrippa Ier, qui assistait son frère Agrippa II dans l'exercice du pouvoir (selon les Actes des Apôtres). Il l'emmena à Rome, mais devant la désapprobation des Romains, dut renoncer à l'épouser. Leur séparation "invitus invitam" est le sujet de deux tragédies de Corneille et de Racine. D'une grande bonté et prodigalité, Titus bénéficia d'une extrême popularité durant son court règne, malgré les grands fléaux qui survinrent alors : l'éruption du Vésuve en 79, puis la peste et un incendie qui anéantit une partie de Rome l'année suivante. C'est sous son règne que fut achevé le Colisée, commencé sous Vespasien, et que furent édifiés les Thermes qui portent son nom.

79         24 août Éruption du Vésuve entraînant la destruction de Pompéi et d'Herculanum. Pompéi, était une ville de Campanie en Italie près de Naples au pied du Vésuve, fondée au VIe siècle av. J.-C. En 79, elle fut entièrement ensevelie avec Herculanum et Stabies, lors d'une éruption plinienne de ce volcan. Oubliée pendant 1 600 ans, elle fut redécouverte par hasard pour devenir aujourd'hui l'un des fleurons de l'archéologie et un extraordinaire témoignage de l'Empire romain.

80         Nouvel incendie à Rome.

80         Le Colisée de Rome est achevé     

80         Dioscoride écrit un traité classant les végétaux selon leurs propriétés alimentaires, médicinales, aromatiques, et vénéneuses. Dioscoride né vers 40 à Anazarba en Turquie et mort vers 90, est un médecin grec dont l'oeuvre a été la source principale de connaissance en matière de plantes médicinales durant l'Antiquité. Elle est encore utilisée jusqu'au XVIe siècle.

80         Invention par Héron d'Alexandrie de l'éolipyle, première machine à vapeur et à réaction. Héron d'Alexandrie ou Héron L'Ancien était un ingénieur, un mécanicien et un mathématicien grec du Ier siècle après J.-C.

80         Écriture de 'l'Évangile selon Jean'. L'évangile selon Jean fut probablement écrit vers la fin du Ier siècle de notre ère, soit après les trois autres évangiles dits "synoptiques" qu'il complète. Clément d'Alexandrie (150 env. -215 env.) l'appelait l'"évangile spirituel". On a concédé à Jean le symbole de l'aigle (parmi les "quatre Vivants" de l'Apocalypse : cf. Ap 4,6-8) : c'est en effet l'animal qui, dit-on, vole le plus haut, et peut regarder le soleil en face... L'évangile selon saint Jean se distingue par son ton et son style, qui est tout sauf prosaïque : il a un caractère solennel qui évoque la liturgie, la poésie. Pourtant, il est parmi les quatre évangiles canoniques celui qui a le vocabulaire le plus pauvre, le plus limité. Son langage est symbolique, figuratif. Le fait qu'un terme (comme "élevé" (3,14), à propos de la crucifixion) pût avoir un sens double, et devenir source d'équivoque était plus qu'une affaire de style : c'était aussi le coeur du drame – "les ténèbres n'ont pas reçu la lumière" (Jn 1,5). Spécialement depuis saint Irénée, qui identifie Jean l'apôtre, Jean l'Ancien (ou le presbytre) et le "disciple bien-aimé", l'ensemble de la littérature johannique (les 3 épîtres, l'Apocalypse, l'évangile) sont attribués à Jean l'apôtre, le fils de Zébédée, qui nous est bien connu par le témoignage des évangiles synoptiques, et celui des Actes des Apôtres. Jean, selon les évangiles et le livre des Actes des Apôtres, Jean est l'un des douze apôtres de Jésus. Son père s'appelle Zébédée. Sa mère est Marie Salomé et il a pour frère un autre apôtre : Jacques le Majeur. On l'appelle Jean l'Apôtre ou Jean l'Évangéliste ou Jean le Théologien pour le distinguer de Jean le Baptiste, précurseur et prophète de Jésus. On lui attribue l'Évangile qui porte son nom, le "Quatrième Évangile", pour le distinguer des trois autres, dits "Évangiles synoptiques" ainsi que le Livre de l'Apocalypse, dit aussi Apocalypse de Jean.

81         13 septembre Mort de Titus à Aquae Cutiliae, Domitien, second fils de Vespasien devient empereur.

81         14 septembre Le Sénat accorde le titre impérial à Domitien.

81         DOMITIEN (81 à 96) (Titus Flavius Dominatius)

81         Domitien (Titus Flavius Domitianus) fut empereur romain de 81 à 96. Domitien est né le 24 octobre 51 (an 804 de Rome), fils cadet de Vespasien et de Domitille, frère et successeur de Titus. Domitien reçut le titre de César en décembre 69, donc d'héritier de l'Empire, en même temps que son frère Titus, mais il était le seul présent à Rome avec son oncle Flavius Sabinus qui périt dans l'incendie du Capitole. Il est proclamé "Princeps Iuventutis" (Prince de la Jeunesse), titre qu'il conserva même après la mort de son père en 79. À la mort de son frère Titus, le 13 septembre 81, que certains disent assassiné à son instigation, Domitien devint empereur. Il se lance dans une politique de conquêtes et fait de nombreuses campagnes en Bretagne et en Germanie. Il réforme l'administration romaine, relève Rome des ruines provoquées par les incendies de 64 et de 80. Pour lui, les grands ennemis de l'Empire sont les Daces, il fait élever un limes (ligne fortifiée) sur la frontière danubienne. En 86, les jeux Capitolins sont organisés pour la première fois. Le palais Flavien est érigé sur le Palatin. En 87, les Jeux Séculaires sont célébrés avec faste. Une première campagne est lancée sur la Dacie qui se termine par une paix de compromis, laissant Décébale maître de la situation. Domitien vient de remporter une brillante campagne contre les Sarmates et les Suèves. Le général Agricola meurt le 23 août 93 en disgrâce. En 95, Domitien fait exécuter Flavius Clemens, son cousin. Il est accusé de faire régner une véritable terreur (persécution des chrétiens et des juifs). Il est assassiné le 18 septembre 96 à 45 ans à l'instigation de sa femme Domitia et du préfet du prétoire. Domitien fut nommé consul dix sept fois, revêtu de la puissance tribunicienne, son orgueil et sa cruauté ont cependant terni sa mémoire. Selon Suétone, à la nouvelle de son assassinat, le Sénat se hâte de faire disparaître toute trace de Domitien.

83         Campagne de Domitien en Germanie.

83         Victoire d'Agricola au mont Graupius marquant l'annexion de l'Écosse à l'Empire. Mont Graupius, lieu des Highlands non localisé, sans doute situé entre Édimbourg et Aberdeen.

85         Les Actes des Apôtres narrent les actes de saint Pierre et de saint Paul. Les Actes des Apôtres sont le cinquième livre du Nouveau Testament. Du même auteur que l'Évangile selon Luc, ils démarrent à l'Ascension suivie ensuite de la Pentecôte et relatent les débuts de l'Église primitive. On peut distinguer deux parties principales dites cycle pétrinien et cycle paulinien. Le premier cycle rapporte des faits où l'apôtre Saint Pierre est le personnage principal; le second ceux où l'apôtre Saint Paul l'est. Le livre intitulé Actes des Apôtres est la deuxième partie d'un ouvrage écrit par Luc à Théophile. La première partie est l'Évangile selon Luc. Les chapitres 1 à 12 rapportent les grandes activités missionnaires des douze apôtres sous la direction de Pierre immédiatement après la mort et la résurrection du Sauveur. Les chapitres 13 à 28 font une brève description des voyages et de l'oeuvre missionnaire de l'apôtre Paul. Saint Pierre, Simon, fils de Jonas, dit Simon-Pierre ou Saint Pierre, né au début de l'ère chrétienne en Galilée et mort vers 65 à Rome, est l'un des douze apôtres du Christ, parmi lesquels il tient une position privilégiée, et l'un des chefs de l'Église primitive. Il est considéré par le catholicisme comme le premier évêque de Rome, ce qui fonderait la primauté épiscopale dont se prévaut le pape. Son personnage a suscité un grand nombre d'oeuvres artistiques, en particulier dans l'Occident latin.

89         Révolte de L. Antonius Saturninus, légat de Germanie supérieur contre Domitien.

89         Traité de paix avec les Daces. La Dacie, dans l'Antiquité, est le pays des Daces - appelés aussi Gètes - une grande région d'Europe centrale, bordée au nord par les Carpathes, au sud par le Danube, à l'ouest par le fleuve Pathissus (Tisza), en Hongrie, à l'est par le Tyras (Dniestr), frontière actuelle entre la Moldavie et l'Ukraine. Elle correspond approximativement à l'actuelle Roumanie. Vers l'ouest, elle s'étendait probablement jusqu'au Danube quand il coule du nord au sud à Waitzen (Vacz). En revanche, Ptolémée place sa frontière orientale sur le fleuve Hierasus (Siret), en Roumanie. Les habitants de cette région faisaient partie de l'ensemble Thrace. En Grèce antique, ils étaient usuellement appelés Gètes, dans l'Empire Romain Daces.

90         à 168 - naissance et mort de Ptolémée. Astronome et astrologue grec qui vécut à Alexandrie (aujourd'hui en Égypte). Ptolémée, Claudius Ptolemaeus. Il est également l'un des précurseurs de la géographie. Ptolémée fut l'auteur de plusieurs traités scientifiques, dont deux ont exercé par la suite une très grande influence sur les sciences islamiques et européenne. L'un est le traité d'astronomie, qui est aujourd'hui connu sous le nom de 'l'Almageste'. L'autre est la 'Géographie', qui est une discussion approfondie sur les connaissances géographiques du monde gréco-romain. 'Almageste' (Al en arabe, suivi d'un superlatif grec signifie "le très grand"), dans ce travail, il a proposé un modèle géocentrique du système solaire, qui fut accepté comme modèle dans les mondes occidentaux et arabes pendant plus de mille trois cent ans. L'almageste contient également un catalogue d'étoiles et une liste de quarante-huit constellations, antérieure au système moderne de constellations bien que ne couvrant pas toute la sphère céleste.

90         Domitien bannit les philosophes de Rome. Après la conjuration de 89, l'empereur Domitien décide de faire tomber des têtes et surtout d'exiler les intellectuels de la ville. Il s'en prend en particulier aux philosophes, n'appréciant guère, lui qui se fait nommer "Maître et Dieu", la possibilité d'une critique. Le stoïcien Épictète, opposant à la tyranie, est ainsi contraint de quitter la ville. Six ans plus tard, Domitien sera assassiné.

93         Persécution contre les Juifs, les Chrétiens et l'opposition sénatoriale.

96         18 septembre Assassinat de Domitien par un de ses affranchis.

96         NERVA (96 à 98) (Marcus Cocceius Nerva)

96         Nerva (Marcus Cocceius Nerva) fut empereur romain de 96 à 98. Bien que son règne fût extrêmement court, il eut le mérite de fonder ce qu'on appelle communément la dynastie des Antonins. Contrairement aux dynasties précédentes, le prince régnant choisissait son successeur parmi les fonctionnaires qui lui paraissant le plus apte à assumer cette tâche. Vieux militaire, il se choisit un excellent général comme successeur, Trajan. Antonins, la dynastie dite des Antonins est la dynastie régnant sur l'Empire romain de 96 à 192 (soit 96 années, la plus longue dynastie impériale). On appelle également ses cinq premiers empereurs les Cinq bons empereurs.

96         18 septembre Le Sénat accorde le titre impérial à Nerva.

96         Mutinerie des légions du Rhin et du Danube.

97         28 octobre Adoption de Trajan, légat de Germanie par Nerva.

98         25 janvier Mort de Nerva, son fils adoptif Trajan devient empereur. Marcus Ulpius Trajanus est proclamé empereur romain à la mort de Nerva. Il entraînera l'Empire dans une politique de conquêtes si intense que le royaume romain atteindra des dimensions jamais égalées. Souverain provincial, Trajan brillera aussi par sa simplicité et sa tolérance. L'empereur Hadrien lui succèdera.

98         TRAJAN (98 à 117) (Marcus Ulpinius Traianus)

98         Trajan, de son nom complet Marcus Ulpius Traianus est un empereur romain né probalement le 18 septembre 53 à Italica (Espagne actuelle) et mort le 7 août 117 à Selinus (Cilicie). Son prédécesseur à la tête de l'empire, Nerva, était un homme assez âgé que les prétoriens pensaient pouvoir manipuler. Ils l'avaient donc placé là "en transition", mais il prend tout le monde de court en adoptant Trajan en octobre 97 et en le désignant comme césar (successeur). À la mort de Nerva début 98, Trajan lui succède donc. C'est le premier empereur non-italien. Son règne commence bien : il rompt avec la violence de Domitien et maintient une politique proche du Sénat, ce qui lui assure rapidement une certaine popularité. Des années 97 à 111, il choisit plutôt une politique pacifique et s'occupe surtout d'affaires civiles. Vu qu'il a été choisi car adopté et non imposé par l'hérédité, il met l'accent sur la nature constitutionnelle de son pouvoir. Le Sénat va jusqu'à lui accorder le titre d'optimus (littéralement, "le meilleur"). Du printemps 101 à l'automne 102, Trajan part pour sa première guerre en tant qu'empereur avec 12 de ses légions. Les Daces sont rapidement vaincus et capitulent en 102 avec la prise de Sarmizegetusa, la capitale de la Dacie, avec un gros butin à la clé. Une fois la première guerre des Daces finie, Trajan ne désarme pas pour autant : il fortifie la frontière Nord au niveau du Danube. La peuplade des Iazyges se juge encerclée par ces fortifications et s'allie au Roi des Daces, Décébale. En 105 débute ainsi la seconde guerre des Daces. Décébale fuit en Transylvanie. En 106, les Daces sont vaincus, Décébale se suicide et la Dacie devient province impériale. Trajan veut égaler Alexandre le Grand et protéger la frontière de l'Euphrate trop vulnérable. En 109-110, le roi des Parthes meurt : son successeur Chosroes place sur le trône arménien Pfartamasiris, qui n'a pas l'agrément des Romains. Considérant que c'est une violation du compromis établi avec Néron, Trajan part en octobre 113. Dès 114 l'Arménie est conquise et annexée officiellement et Pfartamasiris s'enfuit. Trajan en profite pour resserrer les liens avec ses alliés du Caucase. Les années qui suivent sont assez mal connues : on sait que Trajan fait des opérations en Mésopotamie en 114 - 115. En 116, il conquiert l'Assyrie et la Babylonie, et descend avec ses 2 armées jusqu'au golfe Persique. Mais les Parthes s'organisent, et ils soulèvent les peuples soumis à Rome, notamment les Juifs. La révolte gagne vite du terrain, l'Assyrie est rapidement perdue. Trajan tente alors de remettre la Babylonie à un souverain fantoche, Pfartamasphates, mais cela dissimule mal l'échec de l'annexion qu'il projetait. En 117, la révolte se généralise: l'Orient est en feu. Trajan revient vers l'Occident, laissant à son légat le soin de ramener l'armée. Il meurt à Selinus en Cilicie le 7, 8 ou le 9 août 117. Presque immédiatement, toutes ses conquêtes sont perdues.

99         Arrivée de Trajan à Rome.

100         Écriture du premier dictionnaire chinois, le Shuo Wen. Le Shuo Wen Ji Zhi (Dictionnaire des caractères), qui date de l'an 100 et est donc de la dynastie des Han de l'Est, traite de façon systématique l'étymologie et la forme de 9353 caractères chinois.

101         Première guerre de Dacie (jusqu'en 102). Trajan quitte Rome le 25 mars, traverse le Danube et entre dans le Banat au printemps. Il doit se porter au secours des troupes de Mésie inférieures attaqués par les Daces et leurs alliés. Trajan est vainqueur à Tapae, sur la Bistra, en Dobroudja méridionale (automne). La rencontre n'est pas décisive. Le roi des Daces Décébale dispose de 200 000 hommes. L'armée romaine, renforcée au cours de la seconde guerre, dispose de 150 000 à 175 000 hommes. L'expédition à été longuement préparée : percement d'une route à travers la montagne, creusement d'un canal pour contourner les chutes du Danube (100-101), construction d'un pont sur le fleuve, de vingt piles de pierre, long de 1,2Km à Drobeta (103-105). La Dacie est dans l'antiquité un territoire de la région Carpato-Danubiano-Pontique correspondant approximativement à celui de la Roumanie actuelle. La Dacie (du latin Dacia) tire son nom du nom romain de ses occupants principaux, les Daces, qui sont très proches des Thraces. Ils parlaient un dialecte thrace (langue indo-européenne). Décébale, (en latin : Decebalus) (règne de 87 à 106) était un roi dace.

105         Seconde guerre de Dacie (jusqu'en 107). Seconde Guerre de Trajan en Dacie (105-106). Décébale ouvre les hostilités. Trajan quitte Rome le 4 juin, repousse une offensive dace sur le bas Danube, entre en Transylvanie, probablement par le col de Tour-Rouge, tandis que, parti du moyen Danube, ses lieutenants s'avancent simultanément par l'ouest. Trajan assiège Sarmizegetusa en été. La ville tombe, et Décébale est fait prisonnier.

105         invention du papier (Chine). Le papier est apparu au IIIe siècle av. J.-C. en Chine, sous le règne de Qin Shi Huang (fondateur de la dynastie Qin). Les Chinois avaient alors repéré les dépôts blancs d'écume sur les rochers à la suite des crues. Ils ont alors essayé de le reproduire. C'est Tsai Lun, ministre de l'agriculture qui, en 105, codifie pour la première fois l'art de fabriquer du papier. Ils utilisaient du lin, du chanvre, du bambou et de l'écorce de mûrier. Ce secret restera chinois et japonais jusqu'au VIIIe siècle. Lors de la bataille de Talas en 751, les Arabes, victorieux, font prisonniers de nombreux Chinois et récupèrent ainsi le secret. Ils comprennent rapidement l'intérêt de ce nouveau support pour propager l'islam, et Samarkand en sera le tout premier centre de production du monde musulman. Ils essayeront sans résultat d'y incorporer du coton afin d'améliorer sa blancheur. Le papier arrive alors en Occident avec les conquêtes Arabes. On le retrouve à Bagdad en 793, au Caire en 900, à Xàtiva (San Felipe, Espagne) en 1056, en Sicile en 1102, à Fabriano (Italie) en 1276 et enfin en France au début du XIVe siècle. Le papier est alors un bien rare et des édits sur le recyclage du papier sont prononcés. On y incorpore alors des vieux chiffons qui prennent vite de la valeur, d'où l'expression se battre comme des chiffonniers. Samarkand ou Samarcande est une ville d'Ouzbékistan, capitale de la Région de Samarcande (Samarqand Viloyati). Son nom signifie probablement "lieu de la rencontre" ou "lieu du conflit" et illustre bien sa position à la limite des mondes turc et persan.

106         Prise de la capitale dace par les armées romaines.

106         Suicide du roi de Dacie Décébale.

106         Annexion de l'Arabie à l'Empire.

107         Annexion de la Dacie à l'Empire.

112         Création d'un canal entre le Nil et la Mer Rouge.

113         L'architecte Apollodore de Damas termine le nouveau forum de Trajan. Avec les fonds provenant de Dacie, Trajan lance un vaste programme de constructions édilitaires tel la Colonne Trajane, qui commémore les victoires de Trajan contre les Daces (mai), et une grande basilique, édifiées sur le forum de Trajan. Apollodore de Damas, était un architecte de la Grèce antique, né à Damas (Syrie actuelle) entre 50 et 60 après J.-C. et décédé en 129 ou 130. Il fut appelé à Rome par l'empereur Trajan en 92. Il resta ingénieur et architecte de l'empereur jusqu'à la mort de ce dernier en 117. Il était aussi sculpteur et auteur de traités techniques, notamment sur les machines de guerre. Selon la tradition, l'empereur Hadrien l'aurait condamné à mort pour s'être moqué de plans qu'il avait élaborés. Le Forum de Trajan est le splendide symbole du forum impérial dans sa forme la plus achevée. Il fait de tous les fora impériaux un ensemble relativement unitaire. La Colonne Trajane est un monument antique érigé sous le règne de l'empereur Trajan en 113, situé et encore debout de nos jours sur le Forum de Trajan près de la colline du Quirinal à Rome.

114         janvier Arrivée de Trajan à Antioche, début de la campagne contre les Parthes (jusqu'en 117). Antioche est une ville de Turquie.

114         29 avril Trajan reçoit du Sénat le titre d'"Optimus" (le meilleur).

114         Annexion de l'Arménie à l'Empire.

115         Prise de Nisibis par Trajan. Nisibis ville de la Perse ancienne.

116         Prise de Doura-Europos, capitale parthe par Trajan. Le site archéologique de Doura Europos (Salhieh) est situé à l'extrême sud-est de la Syrie sur le moyen Euphrate.

116         20 février Trajan reçoit du Sénat le titre de "Parthicus".

117         Insurrection juive.

117         8 août Trajan adopte publiquement Hadrien.

117         10 août Mort de Trajan à Selinus en Cilicie. La Cilicie est un pays situé dans la moitié orientale du sud de l'Asie mineure.

117         11 août Les légions d'Orient proclament Hadrien, alors gouverneur de Syrie, Empereur.

117         HADRIEN (117 à 138) (Publius Aelius Hadrianus)

117         Hadrien ou Adrien (Publius Aelius Hadrianus), empereur romain, est né en 76 à Italica et mort en 138. Il succède à son père adoptif Trajan en 117. Empereur humaniste, lettré, poète et pacifique, il n'attache pas une grande importance aux conquêtes de Trajan sur l'Euphrate et rompt avec la politique expansionniste de son prédécesseur, s'attachant à pacifier et à organiser l'Empire tout en consolidant les frontières. On lui doit, entre autres, des fortifications continues, appelées limes, destinées à protéger l'empire contre les invasions barbares (mur d'Hadrien au nord de l'Angleterre, par exemple). C'est sous son règne qu'ont eu lieu d'importants soulèvements en Judée, en particulier en 132/135 la révolte de Bar-Kokheba qui donne une éphémère indépendance à la Judée, qui se sont soldés par des répressions et l'une des diasporas du peuple juif parmi les plus lourdes de l'Antiquité. Jérusalem, prise en 134, est ravagée et devient Aelia Capitolina ; la région est désormais appelée Palestine. Amoureux du monde hellénique (grec), il tente de restaurer la religion grecque en restreignant les cultes orientaux. En 127, dans un rescrit au proconsul d'Asie, Minicius Fundanus, il affirme que les chrétiens ne peuvent pas être mis à mort sans procès préalable. Son amour pour le jeune Antinoüs (ou Antinoos), mort en 130, l'a poussé à le faire représenter de nombreuses fois en statues, lesquelles nous sont parfois parvenues et nous permettent de donner un visage au célèbre bithynien, ainsi qu'à fonder la cité d'Antinoupolis en Égypte. Cette relation a servi d'argument à ses ennemis. Marié à Sabine, il n'a pas d'enfant avec elle mais adopte Aurelius Antoninus (plus connu sous le nom d'Antonin le Pieux), qui lui succédera à la tête de l'Empire romain.

117         Révolte en Maurétanie.

118         Arrivée d'Hadrien à Rome.

120         Arrivée d'Hadrien en (Grande) Bretagne.

121         Voyage d'Hadrien en Gaule.

122         Début de la construction du "Mur d'Hadrien". Le mur d'Hadrien est une fortification en pierre et en tourbe construit à partir de 122 par les Romains sur toute la largeur de l'Angleterre pour protéger le Sud de l'île des attaques des tribus de l'actuelle Écosse. Le nom est également parfois employé pour désigner la frontière entre l'Écosse et l'Angleterre, même si la frontière actuelle ne le suit pas. Le mur a marqué le nord de l'empire romain en Grande-Bretagne pendant très longtemps, et c'était également la frontière la plus somptueuse de l'empire. En plus de son utilisation comme fortification militaire, on pense que les portes du mur auraient également servi de postes de contrôle pour la perception de taxes sur les produits importés.

123         Traité de paix avec les Parthes.

125         En Afrique du Nord, la peste tue 500 000 personnes.

125         Reconstruction du Panthéon de Rome (le Panthéon d'Hadrien). Le Panthéon d'Hadrien, le Panthéon d'Agrippa fut détruit par un nouvel incendie en 110 sous Trajan. Il fut entièrement reconstruit sous le règne de l'empereur Hadrien, vers l'an 125, comme le révèlent les dates imprimées dans les briques, comprises entre 123 et 125. On peut supposer que Hadrien l'ait inauguré lors de son séjour prolongé à Rome entre 125 et 128. Il en fit même usage occasionnellement comme tribunal, rendant la justice en compagnie de quelques sénateurs. Le plan du nouvel édifice est exceptionnel, sans précédent dans l'architecture romaine. L'influence d'Hadrien sur la conception du bâtiment est envisageable, si l'on considère l'originalité de l'architecture de la villa qu'il se fit bâtir près de Rome. Le visiteur qui franchit le classique pronaos à colonnes du Panthéon quitte un monde rectiligne et lumineux pour se trouver enveloppé dans la pénombre d'une cella circulaire et non plus rectangulaire, surmontée d'une coupole immense. Des temples à cella ronde furent édifiés à l'époque archaïque, comme le temple de Vesta ou le temple d'Hercule Victor, mais dans des dimensions beaucoup plus modestes, et jamais accolés à un porche classique.

125         mort de Plutarque.

127         Fin de la construction du "Mur d'Hadrien".

128         Hadrien reçoit le titre de "Pater Patriae".

130         mort d'Antinoos favori et amant de l'empereur Hadrien. Antinoos est né en Bithynie (province d'Asie mineure), à Bithynium-Claudiopolis, vers 110. Hadrien le rencontre lors de l'un de ses voyages en Asie, probablement en 123. Il devient rapidement un favori de l'empereur. En 130, il trouve la mort noyé dans le Nil, dans la région d'Hermopolis.

130         30 octobre Fondation de la ville Antinoupolis par Hadrien. Antinoupolis ou Antinoé est une cité antique égyptienne sur la rive orientale du Nil, en face d'Hermopolis. Elle fut créée par l'empereur voyageur Hadrien. Cette cité romaine abritait la mémoire du jeune favori de l'empereur, Antinoos, mort suite à une noyade dans le Nil. Il fut divinisé grâce à une assimilation osirienne. Le culte était pratiqué dans son temple, l'Antinoéion.

131         Édit perpétuel pris par Hadrien et rédigé sous la direction du jurisconsulte Salvius Julianus qui codifie le droit romain et compile tous les édits déjà rédigés. Il est applicable dans tout l'empire.

131         Annexion de la Judée à l'Empire.

131         à 201 - naissance et mort de Claude Galien. Médecin grec de l'Antiquité. Considéré comme l'un des pères de la médecine, il a eu une influence durable sur la médecine musulmane, juive et chrétienne du Moyen Âge. Il quitte Pergame, voyage tout autour du bassin méditerranéen, visite Smyrne, Corinthe et Alexandrie, où se trouve la plus importante école de médecine de l'époque. À 29 ans, il revient à Pergame et devient le médecin de l'école des gladiateurs où il met à profit les blessures survenues lors des combats pour parfaire ses connaissances en anatomie. Très fort en anatomie, dont il pense qu'elle est la base de toute bonne médecine, il fait des démonstrations publiques d'anatomie et de physiologie. Une nombreuse clientèle de notables se dispute ses soins. Il devient le médecin de l'empereur Marc Aurèle. Très jalousé, car peu modeste et critique, il doit quitter Rome en 167. Il y revient deux ans plus tard à la demande de Marc Aurèle (pour des raisons inconnues). Il devient médecin de la cour et s'engage à soigner les deux fils de l'empereur. À la mort de Marc Aurèle, il devient, jusqu'à sa propre mort en 201, le médecin de l'empereur Commode. L'incendie du Temple de la Paix (192) détruit l'essentiel de sa bibliothèque, ses manuscrits et sa collection de "médicaments simples". A plus de 60 ans, Galien tente de récrire tout ce qu'il a perdu. (Entreprise énorme puisque son oeuvre couvre 20 000 pages, publiées en grec mais non totalement traduites dans les langues modernes.). Claude Galien fut sans aucun doute un des fondateurs de la médecine. Il reste avant tout un grand enseignant et écrivain. Il ne laisse pas moins de 500 ouvrages, qu'il a pris la peine de lui-même ordonner dans 'Sur ses ouvrages'. Il s'est efforcé de bâtir une encyclopédie des sciences de son temps, en se plaçant au-dessus des écoles.

132         Début de la révolte en Judée sous l'impulsion de Simon Bar-Kokheba. La réaction des Juifs à l'injure qui leur était faite a conduit à l'une des seules grandes révoltes de l'ère romaine. La révolte de Bar Kokhba (132-135), ou la second guerre judéo-romaine, ou encore la second révolte juive est la seconde insurrection des juifs de la province de Iudaea contre l'empire romain, et la dernière des guerres judéo-romaines. Certaines sources, la mentionne comme la troisième révolte, en prenant en compte les émeutes de 115-117, connues sous le nom de guerre de Kitos, qui ont été écrasées par le général Lusius Quietus qui gouvernait la province à l'époque. Simon Bar-Kokheba anima le soulèvement, qui atteignit son paroxysme en 132. Simon dit Bar-Kokheba, ce qui signifie le fils de l'étoile, est un patriote juif qui, outré par la décision de l'empereur Hadrien de faire construire un temple dédié à Jupiter sur l'emplacement du temple de Jérusalem (détruit en 70 par Titus), prend la tête d'un soulèvement en Judée. Cette révolte prend une grande ampleur, malgré l'opposition d'une partie du clergé, et pendant trois ans les romains doivent déployer de grandes forces pour mettre à mal la rébellion. Jérusalem est reprise en 134, en grande partie détruite et Hadrien change le nom de celle-ci en Aelia Capitolina. Bar-Kokheba mène la guérilla pendant ces trois années mais il est vaincu et trouve la mort (135) dans la forteresse de Betar, au sud-ouest de Jérusalem, où il s'était réfugié.

135         Écrasement de la révolte juive.

136         décembre Adoption d'Aelius Caesar.

138         1er janvier Mort d'Aelius Caesar.

138         25 février l'empereur Hadrien demanda à son fils adoptif, Antonin, d'adopter Marc Aurèle à son tour ainsi que Lucius Verus, le fils de celui qu'Hadrien avait d'abord choisi comme héritier et qui venait de mourir. Marc Aurèle (Marcus Aurelius Antoninus) (121-180) est un empereur et un philosophe stoïcien romain. Lucius Verus (Lucius Aurelius Ceionius Commodus Verus) est empereur romain de 161 à 169 conjointement avec Marc Aurèle bien que celui-ci possède la réalité du pouvoir.

138         10 juillet Mort d'Hadrien à Baïes, Antonin le Pieux devient empereur. A la mort de l'empereur Hadrien, son fils adoptif Antonin (en latin Titus Aelius Fulvius Antoninus Pius) lui succède. Il sera très vite honoré du titre de "pius" (pieux) pour sa piété et son intégrité dans l'administration de l'Empire. Vers 140, Antonin fera édifier entre le Forth et la Clyde (Grande-Bretagne actuelle), le mur de défense qui porte son nom.

138         ANTONIN (138 à 161) (Titus Aurelius Fulvus Boionius Arrius Antoninus)

138         Antonin le Pieux (Titus Aurelius Fulvius Boionius Arrius Antoninus Pius) est né en 86 à Lanuvium, dans le Latium, et fût empereur romain de 138 jusqu'à sa mort en 161. C'est dans l'administration civile qu'Antonin le Pieux débuta sa carrière. Il devînt successivement questeur, prêteur, puis consul en 120. Ensuite il affirma ses talents d'administrateur en dirigeant un district d'Italie, puis comme proconsul d'Asie. Étant marié à la nièce de la femme d'Hadrien, ce dernier l'adopta mais fera de lui son successeur qu'à condition qu'Antonin adopte Marcus Aurelius Antoninus (futur Marc Aurèle) et Lucius Verus, ce qu'il fît. Hadrien pensait qu'il ne régnerait pas longtemps, mais Antonin régna 23 ans. Antonin doit son surnom de "Pieux" au Sénat. Il semblerait que sa dévotion envers son père en soit la raison. Son règne ne fût pas marqué de conquêtes, mais plutôt par une volonté de consolidation de l'état actuel. C'est dans cet esprit qu'il fît ériger le Mur d'Antonin en Grande-Bretagne, entre le Forth of Firth et le Clide, et qui doublait le Mur d'Hadrien. C'est traditionnellement durant son règne qu'on considère que l'Empire Romain était à son apogée, du fait de l'absence de guerre et de révolte majeure en province. C'est pourtant cette politique défensive et attentiste qui annonce les difficultés financières et militaires de l'Empire Romain.

138         5 décembre Antonin nomme Marc Aurèle Questeur du Prince.

139         Marc Aurèle est nommé César. César était l'un des titres des empereurs romains, les situant dans la continuité de Jules César. On désigne communément sous ce nom Jules César et les onze empereurs qui régnèrent après lui : Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron, Galba, Othon, Vitellius, Vespasien, Titus et Domitien, quoique les six derniers de ces princes soient entièrement étrangers à la famille de César. Suétone a écrit la vie des douze Césars. À partir d'Auguste, Caesar est l'un des praenomina (ce qui vient avant le nomen familial - ce n'est pas l'exact équivalent du prénom) des empereurs, en compagnie généralement d'imperator. En 293, l'empereur Dioclétien introduisit la Tétrarchie : deux Césars étaient désignés comme empereurs-adjoints des deux Augustes. Cette organisation ne survécut pas à la ruine de la Tétrarchie à partir de 306, quand Constantin fut proclamé César par les troupes de son père, Constance Chlore. Constantin Ier réutilisa le titre, mais pour donner un statut impérial à ses fils et les installer dans certaines régions de l'empire afin de l'y représenter. Son fils, Constance II, fit Césars ses cousins Gallus, puis Julien. Leur statut était intermédiaire entre celui des Césars de la Tétrarchie et celui des princes héritiers de Constantin : membres de la famille impériale, dotés par là de l'aura plus ou moins magique propre aux empereurs, ils étaient son représentant, disposaient d'un certain pouvoir, mais étaient soumis aussi à un très strict contrôle. Après l'exécution de Gallus pour ses erreurs à Antioche et l'usurpation de Julien, les empereurs suivants n'eurent plus recours à ce dispositif, qu'ils jugeaient sans doute dangereux. Ainsi, quand Théodose Ier voulut élever son fils Arcadius sur une première marche du trône, il le fit directement Auguste.

140         Marc Aurèle est nommé Consul.

141         Construction du mur Antonin en (Grande) Bretagne (jusqu'en 143).

142         Révolte paysanne en Égypte (jusqu'en 144).

144         Soulèvement en Maurétanie (jusqu'en 145).

145         Marc Aurèle épouse la fille d'Antonin, Anna Galeria Faustina junior.

146         Marc Aurèle reçoit la puissance tribunitienne et l'Imperium proconsulaire.

147         Campagne contre les Maures.

147         Marc Aurèle reçoit la puissance tribunitienne et l'imperium proconsulaire.

150         Début de la domination des tribus berbères sur le Soudan. Les Berbères sont une ethnie autochtone d'Afrique du Nord. La question de l'origine des Berbères est un sujet déjà ancien puisque dès l'Antiquité, les historiens se sont penchés sur cette question. Les récits de l'Antiquité et du Moyen Âge donnent à ce peuple une origine perse, égyptienne et sémite. Le nom de "berbère" est issu de barbarus, donné par les gréco-romains à tout ce qui n'était pas de coutumes et de civilisation gréco-romaines. Les Romains n'ont jamais réussi à soumettre ces peuples, même après la prise de Carthage au IIe siècle av. J.-C., d'où leur nom.

150         Ptolémée écrit 'l'Almageste', il présente son système géocentrique: la Terre, fixe, est le centre du monde, autour de laquelle tournent la Lune, le Soleil et au-delà les autres planètes. Les étoiles, accrochées à la dernière sphère céleste, marquent la limite de l'Univers.

152         Révoltes en Égypte (Jusqu'en 153).

152         Construction du mur d'Antonin dans le nord de la (Grande) Bretagne.

154         Lucius Verus est nommé questeur.

156         Expéditions militaires en Dacie (jusqu'en 157).

161         7 mars Mort d'Antonin à Lori, Marc Aurèle, son gendre, devient empereur.

161         MARC AURÈLE & LUCIUS VERUS (161 à 169) (Marcus Aelius Aurelius Verus & Lucius Aelius Aurelius Commodus Verus)

161         Marc Aurèle Né en 121 dans une famille italienne installée en Espagne. Après la mort de son père, alors qu'il n'a que trois ans, l'empereur Hadrien le prit sous sa protection et demanda, en 138, à son fils adoptif, Antonin, de l'adopter à son tour ainsi que Lucius Verus, le fils de celui qu'Hadrien avait d'abord choisi comme héritier et qui venait de mourir. Il échangea avec son maître de rhétorique, Fronton, une correspondance qui s'étendit de 139, époque où Marc Aurèle devint son élève, à 166, année de la mort de Fronton. Cette correspondance est intéressante car elle fournit de précieux détails sur la vie personnelle et familiale de Marc Aurèle et sur la cour d'Antonin. Elle révèle aussi la forte amitié qui lia les deux hommes, amitié parfois ternie par quelques brouilles comme en 146/147 quand Marc Aurèle se "convertit" à la philosophie. En 145, il épousa Faustine la Jeune, la fille d'Antonin, dont il aura de très nombreux enfants. Les historiens antiques se sont plu à évoquer les nombreux adultères supposés de Faustine mais il est certain que Marc Aurèle fut profondement affecté par le décès en 176 à Halala en Cappadoce de celle que les soldats appellaient affectueusement, du fait de sa présence aux côtés de son époux dans les campagnes militaires, Mater castrorum (la Mère des camps). En 161, à la mort d'Antonin, Marc Aurèle devint empereur et associa au pouvoir son frère d'adoption Lucius Verus. Son règne fut marqué par de nombreuses invasions qui menaçaient l'Empire de toute part. L'année de son accession au trône les Parthes envahirent les provinces orientales de l'empire et l'armée romaine connut un premier désastre. Lucius Verus est envoyé en urgence en orient. Si les capacités militaires du co-empereur sont réelles, son amour du luxe et de la débauche lui font vite abandonner la direction des opérations à deux excellents généraux, Statius Priscus et surtout Avidius Cassius. Entre 162 et 166, les Romains reprennent l'avantage et s'emparent des deux grandes villes du royaume parthe, Séleucie et surtout la capitale Ctésiphon. En 165, Marc Aurèle persécute les chrétiens. Justin meurt martyr. Les deux empereurs célèbrent leur triomphe en 166 mais l'armée romaine de retour à Rome ramène dans ses bagages une terrible épidémie qui fait de tels dégâts dans la population que certains historiens en ont fait abusivement la cause décisive de la décadence romaine (survenue deux siècles plus tard). Les conséquences sociales et économiques de cette épidémie furent cependant très graves. Le début du règne connut d'ailleurs de grandes catastrophes naturelles qui marquèrent fortement les esprits, comme les inondations du Tibre en 161 ou le tremblement de terre de Cyzique en 165. À peine la guerre contre les Parthes est-elle terminée qu'une nouvelle menace apparaît aux frontières. Les peuples barbares installés dans les régions danubiennes, les Quades et les Marcomans, menacent directement le nord de l'Italie. La menace est si forte que les deux empereurs se rendent personnellement sur place en 168/169 et passent l'hiver en Aquilée. En janvier 169 Lucius Verus meurt épuisé et malade et laisse ainsi Marc Aurèle comme seul empereur. Il faut plus de cinq années (169/175) à l'empereur pour venir à bout de cette menace. C'est alors qu'une fausse rumeur - réelle ou prétexte? - de la mort de Marc Aurèle conduit Avidius Cassius, gouverneur d'une large partie de l'orient, à se proclamer empereur. La fidélité du gouverneur de Cappadoce, Martius Verus, laisse le temps à l'empereur de lever des troupes et de se préparer à marcher sur le rebelle. Mais en juillet 175 celui-ci est assassiné et sa tête envoyée à Marc Aurèle. Ce dernier juge plus prudent d'effectuer cependant un voyage en orient avec sa femme, qui meurt en chemin, et son fils Commode. Il visite la Cilicie, la Syrie, l'Égypte puis au retour par Smyrne et Athènes où, avec son fils, il est initié aux mystères d'Eleusis. Éphémère triomphe car dès 177 Marc Aurèle doit repartir guerroyer sur la frontière danubienne. Il meurt d'une peste (dont la nature exacte est inconnue) en 180 à Vindobona (aujourd'hui Vienne en Autriche).

161         Invasion des Chattes en Germanie supérieure.

161         Invasion parthe en Syrie et en Arménie.

162         Incursions germaniques repoussées par Anfidius Victorinus légat de Germanie. Victorinus, Marcus Piavonius Victorinus était un officier militaire romain, devenu un temps empereur des Gaules lors des quelques années de séparation de la Gaule d'avec l'Empire de 260 à 274.

162         Défaite romaine à Elegeia face au parthe Vologèse III.

162         Lucius Verus part en campagne contre les Parthes.

162         Offensives parthes repoussées par Avidius Cassius. Caïus Avidius Cassius, né en Syrie et a conduit toute sa carrière militaire en Orient, en s'illustrant en particulier lors de la guerre des Parthes en 161-165. Excellent chef, il sait rétablir la discipline par des méthodes radicales et réprimer une révolte agraire en Égypte en 172. Il est gouverneur de toutes les provinces d'Orient en 175, lorsque court le bruit que Marc Aurèle est mort au combat dans les guerres danubiennes. Avidius se proclame alors empereur, mais son "règne" ne dure que trois mois: la rumeur s'avère fausse, et l'usurpateur est assassiné par l'un de ses soldats.

163         La frontière de (Grande) Bretagne est ramenée au mur d'Hadrien.

164         Destruction de Séleucie par les armées romaines. Syrie séleucide, les frontières physiques de la Syrie séleucide sont définies par sa géographie: la Mer Méditerranée à l'ouest, le désert s'étendant à l'infini vers l'est, le Taurus et l'Amanus au nord et l'Eleutheros au sud. La nature de ces frontières en a de tout temps fait des zones de transit plus que des limites infranchissables.

165         Prise de Ctésiphon, capitale parthe, par les armées romaines.

166         Épidémie de peste (jusqu'en 181).

166         Traité de paix avec les Parthes.

166         Le Sénat accorde le titre de père de la patrie à Lucius Verus et Marc Aurèle.

166         12 octobre Triomphe de Lucius Verus et Marc Aurèle pour leurs victoires contre les Parthes.

166         Commode reçoit le titre de César. Commode (Marcus Aurelius Commodus Antoninus) (31 août, 161 - 31 décembre, 192) est un empereur romain ayant régné de 180 à 192, qui est considéré comme un des pires empereurs romains.

166         Des envoyés de Marc Aurèle partis en 162 arrivent en Chine par la voie maritime et remettent des cadeaux à l'empereur chinois.

167         Incursions quades et marcomanes. (peuples germaniques). Les Quades sont un peuple germanique occidental, peut-être d'origine germano-celtique. Les Marcomans sont un peuple germanique occidental, connu notamment grâce à l'historien romain Tacite qui les situe entre Naristes et Quades, dans l'actuelle Moravie. La Moravie est une région d'Europe centrale, formant aujourd'hui la partie orientale de la République tchèque.

168         Expéditions sur le Danube.

168         mort de Ptolémée.

169         Mort de Lucius Verus.

169         Marc Aurèle (169 à 180) (Marcus Aelius Aurelius Verus)

169         Attaques des Marcomans et des Quades.

171         Intervention de Marc Aurèle au-delà du Danube contre les Marcomans.

172         Soumission des Quades.

173         Soumission des Marcomans.

174         Incursions germaniques repoussées par Didius Severus Julianus dit Julien. Julien, Didius Julianus fut empereur romain du 28 mars au 2 juin 193.

174         Marc Aurèle écrit 'Pensées’

175         avril-mai Révolte d'Avidius Cassius en Orient qui se proclame empereur.

175         7 juillet Commode reçoit le titre de César.

175         août Assassinat d'Avidius Cassius.

176         23 décembre Triomphe de Marc Aurèle et Commode.

177         1er janvier Commode est nommé Auguste (co-empereur) par Marc Aurèle. Auguste est le titre porté par les empereurs romains, par référence à la dignité accordée au premier d'entre eux, Auguste, en particulier à partir de Dioclétien. Titre de noblesse équivalent à celui d'empereur, apparu en 27 av. J.-C. lorsque le sénat romain l'attribua à Octave, qui fut ensuite connu sous le nom d'Auguste. Par la suite, ce titre fut utilisé par presque tous les empereurs romains qui suivirent, particulièrement à l'époque de la Tétrarchie où il y avait 4 empereurs: Deux augustes et deux césars.

177         Martyrs de chrétiens à Lyon (dont Sainte Blandine). Sainte Blandine est une fidèle de la première communauté chrétienne de Lyon. À l'origine esclave romaine, elle se joint à la communauté chrétienne avec d'autres romains qui refusent d'honorer d'autre dieu que le dieu chrétien, renonçant ainsi à célébrer le culte de l'empereur romain. Cette attitude soulève une réprobation dans la communauté gallo-romaine. Marc Aurèle décide alors de lancer une campagne d'arrestation des chrétiens aboutissant au martyre de sainte Blandine et de ses compagnons (dont l'évêque de Lyon, saint Pothin) en 177 à l'amphithéâtre des Trois Gaules. D'après Eusèbe, évêque de Césarée, qui a rapporté les faits dans son Histoire ecclésiastique, les lions refusèrent de dévorer sainte Blandine lors de son martyre. Elle fut finalement égorgée.

178         3 août départ de Marc Aurèle et Commode en campagne en Germanie (jusqu'en 180).

180         17 Mars Mort de Marc Aurèle, son fils Commode devient empereur. Marc-Aurèle meurt à Vienne de la peste au cours d'une campagne pour étendre les frontières de l'Empire Romain vers le nord. Au-delà de son statut d'Empereur, Marc-Aurèle reste dans l'histoire l'homme qui a en quelque sorte accompli les espoirs de Platon d'un "philosophe roi". Grand stoïcien, Marc-Aurèle laisse en effet une oeuvre philosophique imprégnée des théories morales des philosophes du Portique et d'Épictète. Le tyran Domintien avait bannit Épictète et ses idées de Rome. Elle seront finalement parvenues à la tête de Rome quelques dizaines d'années plus tard avec Marc-Aurèle.

180         COMMODE (180 à 192) (Lucius Aelius Aurelius Commodus)

180         Commode (Marcus Aurelius Commodus Antoninus) (31 août, 161 - 31 décembre, 192) est un empereur romain ayant régné de 180 à 192, qui est considéré comme un des pires empereurs romains. Son règne termina l'ère des "cinq bons empereurs", de la dynastie des Antonins. Il est le fils du populaire Marc Aurèle, son accession au trône à la mort de son père a tout d'abord été vu comme un signe heureux par le peuple romain. Mais bien vite, celui-ci, s'attendant au digne successeur du grand Marcus Aurelius, subit les excentricités du nouvel Empereur. Commodus renomma peu à peu toutes les institutions, fit battre monnaie à son effigie et changea le nom des mois et même Rome se transforma en Colonia Lucia Annia Commodiana. Sa mégalomanie lui avait pourtant attiré les faveurs de la Plèbe, lorsque, organisant de nombreuses occasions des jeux, il descendait dans l'arène pour y vaincre des gladiateurs et des fauves. Jamais il ne connut la défaite, et il s'identifia très vite à Hercule, se faisant représenter portant des peaux de lions et une massue. Nombreux furent les attentats à sa vie qui échouèrent, mais en 192, l'esclave Narcisse, l'entrainant au maniement des armes, l'étrangla dans son bain.

180         Victoire de Commode contre les Germains.

180         Retour de Commode à Rome.

180         Échec de l'offensive "barbare" sur le mur d'Hadrien.

182         Commode confie le pouvoir à Tigidius Perennis, préfet du prétoire. Sextus Tigidius Perennis fut d'abord chef du bureau impérial de la correspondance administrative (a epistulis) avant d'être nommé préfet du prétoire par Marc Aurèle. Il eut d'abord comme collègue Tarrutienus Paternus, mais il élimina celui-ci en 182, sous prétexte qu'il aurait favorisé, au moins passivement, une tentative d'assassinat sur la personne de Commode. Perennis, lui, n'était pas issu de l'aristocratie sénatoriale mais de l'ordre équestre, et c'est sans doute pour cela que Commode, de plus en plus soupçonneux à l'égard du Sénat (et pour cause) lui conserva sa confiance. Et ce d'autant plus que le préfet du prétoire l'encourageait à persécuter ces optimates qui, évidemment, voyaient son élévation d'un très mauvais oeil. Comme général, il ne se débrouillait pas trop mal : il mena avec succès des opérations en Dacie, en Grande-Bretagne et en Afrique du Nord. Il "tomba" en 185, victime d'une intrigue assez mystérieuse suite à une cabale montée par le parti sénatorial, qui le haïssait, ainsi que par Cleander, qui visait à le remplacer dans les faveurs de l'empereur.

183         Conspiration de Claudius Pompeianus et Lucilla, soeur de Commode contre lui. L'empereur, retournant un soir à son palais, comme il passait sous un des portiques étroits et obscurs de l'amphithéâtre, un assassin fondit sur lui l'épée à la main. La menace fit manquer le coup; l'assassin fut pris et aussitôt il révéla ses complices. Cette conspiration avait été tramée dans l'enceinte du palais. Lucilla, soeur de Commode, et veuve de Lucius Verus, s'indignait de n'occuper que le second rang. Jalouse de l'impératrice régnante, elle avait armé le meurtrier contre la vie de son frère. Claudius-Pompeianus, son second mari, sénateur distingué par ses talens et par une fidélité inviolable, ignorait ses noirs complots : cette femme ambitieuse n'aurait pas osé les lui découvrir, mais, dans la foule de ses amans (car elle imitait en tout la conduite de Faustine), elle avait trouvé des hommes perdus, déterminés à tout entreprendre, et prêts à servir les mouvemens que lui inspiraient tour à tour la fureur et l'amour. Les conspirateurs éprouvèrent les rigueurs de la justice; Lucilla fut d'abord punie par l'exil et ensuite par la mort.

185         Assassinat de Tigidius par les Prétoriens, Commode confie le pouvoir à Cléandre. Cléandre, Marcus Aurelius Cleander (alias Kleandros) était un ancien esclave phrygien, probablement (du moins si l'on en croit son nom latin) affranchi par Marc Aurèle. Il avait été nutritor (précepteur) de Commode avant de devenir son favori. Grand chambellan et chef de la garde de l'empereur, il gouverna de fait l'Empire romain entre 185 et 190. Il fut aussi préfet du prétoire juste avant sa mort, dans la seconde moitié de l'année 189. Un chambellan est un gentilhomme chargé du service de la chambre d'un monarque. Chambellan. A l'origine valet de chambre des rois mérovingiens et carolingiens, le chambellan gagne progressivement ses lettres de noblesse. Intime du souverain, il devient l'un de ses conseillers privilégiés. Au XIVe siècle, la charge s'orne du titre de "grand chambellan" recherché par les plus illustres familles. La charge abolie par la Révolution réapparaît sous l'Empire et la Restauration. Ainsi, Talleyrand est nommé grand chambellan de Napoléon Ier.

185         Pertinax est nommé légat de (Grande) Bretagne. Pertinax (Publicus Helvius Pertinax, 1er août 126 - 28 mars 193) fut empereur romain de janvier à mars 193.

185         à 254 - naissance de Origène. Père de l'Église. Il naît dans une famille chrétienne. En 202, sous le règne de Septime Sévère, l'Église d'Alexandrie est persécutée et son père Léonidès meurt martyrisé. Selon Eusèbe de Césarée, qui lui consacre le sixième livre de son histoire ecclésiastique, Origène doit alors travailler pour faire vivre ses nombreux frères et soeurs. En 212, il succède à Clément d'Alexandrie à la tête de la didascalée (école catéchétique). Il vend sa bibliothèque pour s'assurer un revenu, et mène une vie ascétique. C'est alors qu'il prend au pied de la lettre certaines paroles de Jésus de l'Évangile selon Matthieu au verset 19:12 ("il y a des eunuques qui se sont faits eux-mêmes eunuques pour le royaume des cieux") et de l'Évangile selon Marc, verset 9:43 ("si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la"), il se castre. Il continue à étudier, notamment auprès d'Ammonios Saccas. En 230, son évêque, Démétrius, lui reproche d'avoir prêché sans avoir été ordonné, et de s'être émasculé (ce qui par ailleurs était un crime au regard du droit romain). En 231, suite à cette querelle, Origène quitte Alexandrie pour Césarée, en Palestine, où il continue. En 250, sous le règne de Dèce, il subit la persécution et meurt en 254, probablement des suites de ses blessures. Selon saint Jérôme, il serait mort à Tyr, et aurait été enterré dans la cathédrale. Selon la tradition, il n'aurait jamais été reconnu comme saint par l'Église à cause de sa mutilation.

186         Soulèvement de Maternus en Gaule. Maternus, simple soldat, mais d'une hardiesse et d'une valeur extraordinaires, rassembla ces bandes de voleurs, et en composa une petite armée. Il ouvrit en même temps les prisons, invita les esclaves à briser leurs fers, et ravagea impunément les villes opulentes et sans défense de la Gaule et de l'Espagne. Les gouverneurs de ces provinces avaient été pendant longtemps spectateurs tranquilles de ces déprédations; peut-être même en avaient-ils profité: ils furent enfin arrachés à leur indolence par les ordres menaçans de l'empereur. Environné de tous côtés, Maternus prévit qu'il ne pouvait échapper; le désespoir était sa dernière ressource: il ordonne tout à coup aux compagnons de sa fortune de se disperser, de passer les Alpes par pelotons et sous différens déguisemens, et de se rassembler à Rome pendant la fête tumultueuse de Cybèle. Il n'aspirait à rien moins qu'à massacrer Commode, et à s'emparer du trône vacant. Une pareille ambition n'est point celle d'un brigand ordinaire. Les mesures étaient si bien prises, que déjà ses troupes cachées remplissaient les rues de Rome: la jalousie d'un complice découvrit cette singulière entreprise, et la fit manquer au moment que tout était prêt pour l'exécution.

188         Pertinax est nommé proconsul d'Afrique.

189         Cléandre est nommé préfet du prétoire.

189         Exécution de Cléandre, Laetus devient préfet du prétoire.

189         Julien devient proconsul d'Afrique en remplacement de Pertinax nommé préfet de Rome.

191         Pescennius Niger est nommé gouverneur de Syrie. Pescennius Niger est légat de Syrie en 193 lorsque les Prétoriens mettent le titre d'Empereur aux enchères. Fatiguées des révolutions de palais à Rome, les légions provinciales l'acclament même temps que Septime Sévère. Les légions de Syrie sont évidemment les premières à soutenir leur chef, mais celles de Palestine et d'Égypte suivent le mouvement. C'est l'Orient qui s'embrase : la ville d'Antioche se rallie, ainsi que les rois parthe et arménien. Mais il ne manque pas d'appuis à Rome parmi les artisans et les petits propriétaires. Septime Sévère, après s'être imposé à Rome, décide de partir en campagne pour éliminer son rival. Il prend Byzance et Antioche, bat Pescennius Niger à Issos en 194. Celui-ci trouve la mort en tentant de se réfugier chez les Parthes.

192         Pertinax est nommé préfet de Rome.

192         31 décembre Assassinat de Commode par un de ses esclaves. L'empereur de Rome, Commode est étranglé dans son bain à l'âge de 31 ans après 12 ans de règne. Le meurtre est organisé par sa concubine, Marcia, et par le préfet du Prétoire, Aemilius Laetus, qui ne supportaient plus ses extravagances et sa cruauté. Marc Aurelius Commodus était le fils de l'empereur Marc Aurèle.

192         PERTINAX (193) (Publius Helvius Pertinax)

192         Pertinax (Publicus Helvius Pertinax, 1er août 126 - 28 mars 193) fut empereur romain de janvier à mars 193. Sa carrière avant de devenir empereur est principalement connue par les Historia Augusta. Né dans la ville d'Alba, d'un père homme libre, il débuta sa carrière comme "grammaticus" (professeur de grammaire), puis, désireux de changer de métier, se fit aider pour devenir officier dans une cohorte. Se distinguant dans la guerre qui suivit, il fut promu plusieurs fois, servit en Grande-Bretagne puis le long du Danube, et devint procurator en Dacie. Victime d'intrigues de cour durant le règne de Marc Aurèle, il fut rapidement rappelé pour aider Claudius Pompeianus dans les guerres germaniques. En 175 il fut nommé suffect consul, et jusqu'en 185 fut gouverneur des provinces de Moesia, Dacie, Syrie, puis de Grande-Bretagne. Durant les années 180, il joua un rôle dans le Sénat, jusqu'à ce que Perennis le force à se retirer. Trois ans plus tard il fut rappelé pour éviter une mutinerie militaire en Grande-Bretagne. Il y acquit une réputation de stricte obédience à la discipline. En 187 il fut obligé de démissionner, officiellement à cause du ressentiment au sein des troupes face à cette discipline. Il était préfet dans la garde prétorienne lorsque Commode fut assassiné. Devenu empereur, il tenta de restreindre le train de vie officiel, comme le fit Marc Aurèle. La garde prétorienne fut déçue du faible "donativum" qui lui fut accordé et tenta de le remplacer par Falco, mais la tentative échoua. Le 28 mars 193, un groupe de soldats, déçus de n'avoir reçu que la moitié de leur paye, fit irruption dans le palais et tua Pertinax. Didius Julianus prit le pouvoir, ce qui déclencha une courte guerre civile pour la succession, finalement remportée par Septime Sévère la même année. Revenu à Rome, ce dernier reconnu Pertinax comme empereur légitime, exécuta ses assassins, et força le Sénat à lui accorder des funérailles d'État. Il organisa également plusieurs années de suite des jeux pour l'anniversaire de sa naissance et de son couronnement.

193         1er janvier Les prétoriens portent Pertinax à la tête de l'empire.

193         28 mars Les prétoriens assassinent Pertinax et portent Didius Julianus dit Julien à la tête de l'empire.

193         9 avril L'armée d'Illyrie proclame Septime Sévère empereur à Carnatum. Septime Sévère (Lucius Septimius Severus) fut empereur romain de 193 à 211. Avec lui commence la dynastie des Sévères.

193         JULIEN (193) (Marcus Didius Julianus)

193         Didius Julianus (Marcus Didius Severus Iulianus) fut empereur romain du 28 mars au 2 juin 193. Fils de Quintus Petronius Didius Julianus et Aemilia Clara, famille noble de Milan, sa date de naissance varie selon les sources : 30 janvier 133 selon Dion Cassius et 2 février 137 selon les Augustes histoires. Élevé par Domitia Lucilla, mère de Marc Aurèle, il devient consul en 175. Lorsque l'empereur Pertinax fut assassiné par la garde prétorienne, il offrit à chaque soldat de celle-ci 25 000 sesterces. Le Sénat, menacé par les militaires, le nomme empereur, et sa femme et sa fille reçoivent le titre d'"Auguste". Mais cette action se révèle très impopulaire, et trois généraux (Pescennius Niger en Syrie, Clodius Albinus en Grande-Bretagne et Septime Sévère en Pannonie) fomentent rapidement une rébellion. Septime Sévère marche sur Rome, le renverse et le fait décapiter. Puis il dissout la garde prétorienne et fait exécuter les assassins de Pertinax. S'ensuit une guerre civile qui dure jusqu'en 197.

193         avril Les légions d'Orient proclament Pescenius Niger, légat de Syrie empereur à Antioche.

193         avril Marche de Septime Sévère sur Rome.

193         1er juin Les légions de Septime Sévère arrivent devant Rome; exécution de Didius Julianus (Julien).

193         SEPTIME SÉVÈRE (193 à 211) (Lucius Septimus Severus)

193         Septime Sévère (Lucius Septimius Severus) fut empereur romain de 193 à 211. Avec lui commence la dynastie des Sévères. Septime Sévère naît le 11 avril 145 à Leptis Magna, une ville située en Tripolitaine sur la côte de la Libye actuelle. Ses parents sont Publius Septimus Geta et Fulvia Pia. Il se marie en secondes noces avec Julia Domna, fille du grand prêtre d'Emèse (Syrie), dont il avait deux fils, Geta et Caracalla. L'historien Dion Cassius le décrit comme un homme de petite taille, maigre, très vif et taciturne. À l'âge de 18 ans il quitte Leptis Magna pour Rome, où il occupe diverses fonctions civiles et militaires. En 191 il accède au poste de légat de Pannonie supérieure, avec le soutien de Aemilius Laetus, le préfet de la garde prétorienne. Lors de son séjour en 193 à Carnuntum, la capitale de la province de Pannonie supérieure, il apprend les meurtres de Commode et Pertinax. Ses légions stationnées sur le Danube l'acclament alors comme empereur. Le 1er juin 193 le Sénat condamne Didius Julianus (Julien) à mort, ce qui ouvre la voie à Septime Sévère, qui entre à la tête de ses légions à Rome le 9 juin 193. Par une ruse il parvient à désarmer les meurtriers de Pertinax, des membres de la garde prétorienne, et les fait exécuter. Durant l'automne et l'hiver 193 Septime Sévère triomphe de son adversaire Pescennius Niger, légat de Syrie, qui avait été proclamé empéreur par ses légions. La bataille finale décisive a lieu au printemps 194 à Issus. Son pouvoir étant ainsi consolidé, il se proclame fils de Marc Aurèle et se crée une généalogie fictive jusqu'à Nerva. En 195 Septime Sévère part en campagne contre les Parthes. Clodius Albinus, nommé César et légat de la province de Bretagne, traverse la Manche en 196 avec ses légions (40 000 hommes). La bataille décisive a lieu en 197 à proximité de Lugdunum (Lyon). Septime Sévère et ses légions sont victorieux. Clodius s'enfuit et se donne la mort. Septime Sévère fait déshabiller la dépouille et la fait piétiner par son cheval ; la tête tranchée est envoyée à Rome, le corps est jeté dans le Rhône. La famille de Clodius n'est d'abord pas inquiétée, mais sa veuve et ses fils seront ultérieurement assassinés. Dans les années 197 à 199 de nouvelles campagnes victorieuses contre les Parthes aboutissent à la création de la province Mésopotamie. Après la conquête de la ville de Ctésiphon, il fait tuer environ 100 000 habitants, hommes, femmes et enfants, et s'empare du trésor des Parthes. Pendant les cinq années suivantes il organise l'administration de la nouvelle province. Il voyage ensuite en Orient : il visite l'Égypte, y rend hommage à la dépouille embaumée d'Alexandre le Grand et remonte le Nil jusqu'à Thèbes. C'est seulement en 202 que Septime Sévère revient à Rome. Il cherche maintenant à consolider sa succession : il marie son fils Caracalla avec Plautilla, la fille de Gaius Fulvius Plautianus, préfet de la garde prétorienne, avec lequel il est lié d'amitié. Les relations au sein du couple se détériorent cependant rapidement. Peut-être sur incitation de Caracalla, Plautianus est accusé de trahison par des centurions en 205. Septime Sévère le fait assassiner et Plautilla est bannie sur l'île de Lipari. En 208, Septime Sévère s'embarque avec ses deux fils Caracalla et Geta vers la province de Bretagne pour combattre les Calédoniens. Plusieurs batailles ont lieu jusqu'en 209, sans victoire décisive. Pour sécuriser la frontière nord de l'empire romain il fait consolider le Mur d'Hadrien sur une longueur d'environ 130 km. Affaibli par la maladie de la goutte il se retire à York où il meurt le 4 février 211 à l'âge de 65 ans.

193         9 juin Septime Sévère entre à Rome.

193         10 juin Discours de Septime Sévère devant le Sénat.

193         Clodius Albinus refuse le titre impérial proposé par ses légions en (Grande) Bretagne.

193         juin Septime Sévère met le siège devant Byzance.

193         Défaite de Septime Sévère à Périnthe (ville de Thrace) face à Pescenius Niger.

194         Dévaluation d'un tiers du Denier.

194         janvier Défaite de Pescennius Niger face à Septime Sévère.

194         mars Nouvelle défaite de Pescennius Niger face à Septime Sévère à Issos (en Turquie).

194         Séptime Sévère nomme Clodius Albinus César. Clodius Albinus est né à Hadrumète en Afrique entre 140 et 150. Il est issu d'une famille romaine qui a émigré en Afrique. Sa carrière suit le cursus classique des provinciaux compétents : commandement de troupes auxiliaires, puis d'une légion sous Marc Aurèle. Avec ce titre, il participe en 175 en Bithynie à la répression de la révolte d'Avidius Cassius, préteur en 180. consul suffect sous Commode vers 190/193, légat en Bretagne avec trois légions. Lorsqu'il apprend début 193 l'usurpation de Didius Julianus (Julien), il se révolte, tout en refusant le titre impérial que lui proposent ses troupes. Septime Sévère, également révolté est reconnu empereur par le Sénat romain. Septime Sévère veut d'abord se débarrasser de Pescinnius Niger, également révolté en Syrie. Il s'entend donc avec Clodius Albinus resté en Bretagne, lui accorde le titre de César en avril 194, puis le prend comme collègue pour le consulat de l'année 194. Une fois débarrassé de Pescinnius Niger, Septime Sévère change d'attitude : en décembre 195, il fait proclamer Clodius Albinus ennemi public par le Sénat. Forcé de réagir, Clodius Albinus se fait proclamer Auguste par ses troupes en janvier 197, et débarque en Gaule. Il s'installe à Lugdunum (Lyon), contrôlant la Bretagne, les Gaules et l'Espagne. L'armée de Septime Sévère penêtre en Gaule par le Jura. Clodius Albinus est battu à Tournus puis une seconde fois près de Lugdunum en février 197. Il se suicide pour ne pas être capturé. N'ayant pas été reconnu par le Sénat romain, il ne figure pas dans la liste des empereurs légitimes.

194         Campagne contre les Parthes qui avaient apporté leur soutient à Pescennius Niger (jusqu'en 195).

195         Capture puis exécution de Pescennius Niger.

195         Expéditions de Septime Sévère en Mésopotamie contre les Parthes.

195         décembre Capitulation de Byzance.

195         Troubles à Lyon (195-197). Clodius Albinus, qui s'était proclamé empereur en Bretagne, entre en Gaule avec ses légions, et lève de nombreuses troupes. Il se trouve bientôt à la tête de 150 000 hommes. Septime Sévère, alors en Orient, accourt.

195         15 décembre Clodius Albinus est déclaré ennemi public.

196         janvier Les légions de (Grande) Bretagne proclame empereur Clodius Albinus.

196         Septime Sévère nomme son fils Caracalla César. Caracalla (186 - 8 avril 217) fut empereur romain de 211 à 217.

196         Septime Sévère s'empare de Byzance et la détruit. Intégrée à l'Empire romain, Byzance essuie la colère de l'empereur Septime Sévère, auquel elle s'oppose. La cité se range en effet du côté de Pescennius Niger, gouverneur de Syrie désireux de monter sur le trône. La ville est pillée, puis rasée. Elle sera reconstruite quelques années plus tard.

196         Clodius Albinus est soutenu par une partie des Sénateur à Rome.

196         Ralliement à Clodius Albinus des légions d'Espagne de Germanie et de Gaule.

196         Nouvel échec d'une offensive "barbare" sur le mur d'Hadrien.

197         19 février Septime Sévère bat Clodius Albinus qui se suicide près de Lyon. Lyon, la capitale des Gaules, est le théâtre d'une bataille sanglante entre deux armées romaines. Septime Sévère, chef de l'armée du Danube, affronte le gouverneur de Bretagne, Clodius Albinus. Tout deux veulent devenir maîtres de l'immense Empire romain. Septime Sévère l'emporte. Pour punir la ville d'avoir pris parti pour son adversaire, il la dévaste et extermine 18 000 chrétiens. Né à Leptis Magna en Afrique, Septime Sévère se retrouve alors à la tête de l'Empire romain.

197         Nouvel échec de l'offensive "barbare" sur le mur d'Hadrien.

197         juin Retour de Septime Sévère à Rome.

197         Exécution de 29 sénateurs partisans de Clodius Albinus.

197         28 août Caracalla est nommé Imperator designatus.

197         Seconde campagne de Septime Sévère contre les Parthes.

197         décembre Prise et pillage de Ctésiphon par les troupes romaines. Ctésiphon est une ville parthe située sur le Tigre à peu de distance de Bagdad, elle fut capitale des perses sous les Sassanides. Julien II dit l'apostat y remporta une bataille décisive en 363 mais il fut tué peu après. En 637, Ctésiphon tomba aux mains des arabes qui en pillèrent les matériaux pour construire Bagdad en 762.

198         28 janvier Geta, second fils de Septime Sévère est élevé au rang de César. Geta (Lucius Publius Septimius Antoninus Geta) fut empereur romain en 211 et 212 de notre ère.

198         Échecs des tentatives romaines pour la prise de Hatra. Hatra, cité antique située au sud-ouest de Mossoul (Irak). La ville a été fondée au Ier siècle av. J.-C. par les Parthes. En raison de sa position stratégique, la ville était au carrefour des routes caravanières, elle connaît une forte croissance et devient la capitale de la province d'Araba, royaume semi-autonome sous influence parthe. Au Ier et IIe siècle apr. J.-C., la ville est dirigée par une dynastie de princes arabes, de langue araméenne. La ville est protégée par une enceinte circulaire de près de 7 km qui comporte 160 tours. Elle supportera ainsi avec succès les sièges romains de Trajan (en 116-117) et de Septime-Sévère (198-199). En 240, Sapor Ier parvient à s'emparer de la cité en bénéficiant, selon la légende, de la complicité d'al-Nadira, la fille du roi d'Hatra, qui lui livre la ville. En récompense, toujours selon la tradition, Sapor épouse al-Nadira avant de la tuer !     

198         Conquête de la Mésopotamie (fin de la campagne contre les Parthes).

198         12 octobre Caracalla, fils aîné de Septime Sévère est nommé Auguste.

200         à 700 - Écriture runique. Employé par des peuples germaniques entre le IIe et le XIVe siècle de notre ère, l'écriture runique a été employée pour un grand nombre d'inscriptions retrouvées sur des poinçons, des anneaux, des fers de lances mais aussi et surtout sur pierre. Il s'agit en général de textes très courts. L'une des inscriptions les plus longues, celle de la pierre d'Eggjum en Norvège, ne compte que 200 signes. La plupart des textes a avoir été conservés ont été rédigés sur des stèles funéraires pour honorer un disparu. Les lettres de l'alphabet runique sont généralement constituées d'un trait vertical auquel on ajoutait un ou plusieurs traits obliques. L'alphabet runique ou Futhark (terme formé à partir du nom des six premières lettres de cet alphabet) était l'alphabet utilisé par les anciens peuples de langues germaniques (comme les Angles et Nordiques (Vieux norrois)), qui étaient appelées runes. Il était aussi utilisé en divination et en magie. Au contraire des lettres de l'alphabet latin, les runes ont des sens intrinsèques. Le fait est, cependant, que l'alphabet latin est le fruit d'une longue et lente évolution, héritage des Étrusques, dont l'alphabet était lui-meme fruit de l'héritage des Phéniciens ; tout alphabet ayant lui-meme pour origine les pictogrammes, qui avaient, eux, une signification symbolique. Il est assez improbable que les peuples germaniques aient pu inventer un alphabet à partir de rien quelques millénaires après la naissance des premiers alphabets.

200         à 400 - L'art des premiers chrétiens. Défini par son style et son iconographie, l'art des premiers chrétiens, dit paléochrétien, est l'expression de la foi tout juste révélée et de la ferveur religieuse d'une société s'affirmant au sein de l'Empire romain en crise.

200         vers - le grammairien Probus dresse la liste des incorrections dans l'usage du latin: appendix probi. l'Appendix Probi, sorte de compilation d'"erreurs" fréquentes relevées par un certain Probus et datant du IIIe siècle de l'ère chrétienne. Ce sont bien ces formes, et non leur équivalent en latin classique, qui sont à l'origine des mots utilisés dans les langues romanes.

202         avril Septime Sévère est de retour à Rome.

202         Édit interdisant le prosélytisme juif et chrétien.

203         Construction de l'Hippodrome de Byzance. Après avoir rasé la cité, Septime Sévère entreprend la construction d'un immense hippodrome, au sommet d'une colline dominant la mer. Il sera agrandi par Constantin Ier et mesurera alors 450 mètres de long, sur 150 de large. Monument central de Byzance, puis de Constantinople, il sera actif jusqu'au pillage des croisés, en avril 1204. L'Hippodrome de Constantinople est l'arène hippique monumentale de la capitale de l'Empire byzantin, dans laquelle se déroulaient des courses de chars et d'autres manifestations. Commencé par Septime Sévère dans la ville qui s'appelait encore Byzance, et achevé par Constantin pour sa nouvelle capitale Constantinople, l'hippodrome a servi jusqu'à la fin du XIIe siècle, avant d'être partiellement incendié par les Croisés en 1203.

205         22 janvier Exécution de Plautien, préfet du Prétoire. Plautien: l'ami et le confident de Septime-Sévère. Caracalla épousa sa fille. la conspiration de Plautien, le père de Plautille, est un échec. Plautien est mis à mort et sa fille, la femme de Caracalla, est exilée aux Iles Lipari.

205         à 270 - naissance et mort de Plotin. Philosophe. Il est considéré comme le fondateur de la pensée néoplatonicienne. Les connaissances que l'on a de la vie de Plotin sont principalement rapportées par Porphyre de Tyr, un de ses disciples. À l'âge de 28 ans, Plotin part étudier la philosophie à Alexandrie, auprès d'Ammonius Saccas, auprès duquel il restera 11 années. À 39 ans, il décide d'étudier les philosophies orientales et indiennes, et rejoint donc l'armée de Gordien III qui marche sur la Perse. Mais cette armée est vaincue et Gordien tué, si bien que Plotin doit, non sans difficultés, se réfugier dans la ville d'Antioche. Il s'installe ensuite à Rome, en 247 sous le règne de Philippe l'Arabe, et y enseigne la philosophie durant de nombreuses années, s'attirant la protection de l'empereur Gallien. Il semble fonder une école philosophique en Campanie, près de Naples. Il meurt à Naples en 270. Le néoplatonisme est une doctrine philosophique élaborée à Alexandrie au IIIe siècle de l'ère chrétienne, par Plotin et son disciple Porphyre de Tyr, qui se développa jusqu'au VIe siècle et qui tentait de concilier la philosophie de Platon avec les doctrines religieuses orientales telles que le christianisme. Cette philosophie a pour but la résolution d'un des problèmes au coeur de la pensée grecque antique, à savoir le problème de l'Un et du multiple. Plus particulièrement, il s'agit de comprendre comment passer de l'Un au Multiple. Nous constatons le Multiple dans la nature, or l'Un est le fondement de l'intelligibilité. Cette philosophie est rattachée au platonisme de par sa volonté de résoudre les apories de la pensée platonicienne, et en particulier celles d'un des dialogues les plus difficiles Parménide. Il y a quatre principes qui commandent cette solution : Toute multiplicité suppose une unité qui lui donne sa structure, principe d'unité systématisante ; Toute unité transcende la multiplicité qu'elle unifie, principe de transcendance ; Toute multiplicité est contenue en quelque manière dans l'unité qui la transcende, principe d'immanence. Toute réalité qui, pour se réaliser, doit sortir de l'unité où elle était contenue, ne peut se réaliser pleinement que par un retour à l'unité dont elle émane, principe de conversion. Le néoplatonisme de Plotin, retient surtout l'idée de l'absolue transcendance du Bien. Contrairement à Platon, qui pense que le philosophe doit redescendre dans la cité, pour y instaurer l'ordre et la justice, Plotin voit la philosophie comme un cheminement de l'âme vers ce principe de transcendance, donnant pour but à ce système, l'union avec le principe premier, originel, Dieu. De ce point de vue, le néo-platonisme comporte une dimension mystique forte. Elle a influencé la philosophie et la science moderne, les grands systèmes de l'idéalisme allemand et même la pensée contemporaine. Porphyre (234-310), philosophe néoplatonicien. Il écrivit un traité 'Contre les chrétiens'. Parmi ses disciples, il semble qu'il faille compter Jamblique. Porphyre pense que le christianisme implique une conception absurde et irrationnelle de la divinité qui le condamnerait, aussi bien du point de vue des religions particulières que du point de vue transcendant de la philosophie. Dans le traité 'Sur le retour de l'âme', il propose une tout autre théorie des rapports entre philosophie et religion : les religions ne s'adresseraient qu'à des dieux inférieurs ou à des démons ; la philosophie les transcenderait, parce qu'elle serait le culte du Dieu suprême, dont le philosophe est le prêtre.

208         Départ de Septime Sévère pour la (Grande) Bretagne.

209         Geta, fils cadet de Septime Sévère est nommé Auguste.

211         4 février Mort de Septime Sévère à York, Caracalla et Geta (ses fils) deviennent empereur.

211         CARACALLA & GETA (211 à 212) (Marcus Aelius Aurelius Bassianus & Publius Septimius Geta)

211         Caracalla (186 - 8 avril 217) fut empereur romain de 211 à 217. Fils de Septime Sévère, il naquit en 186 à Lugdunum (aujourd'hui Lyon), son père étant alors gouverneur des Gaules. Baptisé Lucius Septimius Bassianus, il fut par la suite renommé Marcus Aurelius Antoninus, afin d'être rapproché de la dynastie des Antonins. Son surnom de Caracalla vient d'un type de manteau gaulois qu'il avait coutume de porter dès l'âge de douze ans. Son père devint empereur en 193 et associa Caracalla au trône en 198. À la mort de Septime Sévère en 211, ses soldats tinrent à respecter son testament, obligeant Caracalla à partager le pouvoir avec son frère Geta. Une fois la paix revenue, l'armée démobilisée, et la famille impériale de retour à Rome, il assassina lui-même Geta d'un coup de glaive dans la gorge, sous les yeux de leur propre mère, qui tentait probablement de les réconcilier. Caracalla se livra ensuite à une série de meurtres systématiques, ayant pour cible les amis, les relations et les partisans de Geta. Il interdit même, sous peine des pires supplices, que fut prononcé le nom de son frère en sa présence. Si l'on en croit Cassius Dio, Caracalla fut directement responsable de 20 000 meurtres durant son règne. Lorsque les habitants d'Alexandrie eurent vent des allégations de Caracalla qui prétendait avoir tué Geta pour se défendre, ils tirèrent une satire de son mensonge et de ses autres prétentions. Caracalla, offensé par l'insulte, contre-attaqua en 215 en organisant le massacre de la délégation de citoyens venus l'acclamer à son arrivée à Alexandrie, puis lâcha ses troupes sur la ville, qui la mirent à sac, se livrant à un massacre si épouvantable "que les flots de sang, traversant l'esplanade, allèrent rougir l'embouchure, pourtant très vaste, du Nil" (Hérodien, IV, 9 : 3-8). Lors de sa campagne contre les Parthes, Caracalla demanda en mariage la fille d'Artaban, le roi des Parthes. Il l'obtint et accompagné de toute son armée, se rendit en Mésopotamie pour célébrer les noces impériales. Quand la foule, civils et militaires confondus, fut rassemblée pour la fête, près de Ctésiphon, leur capitale, Caracalla donna un signal et le scénario du massacre d'Alexandrie se reproduisit : les soldats romains se ruèrent sur les Parthes et les égorgèrent en masse. Le roi parthe s'échappa de justesse et ne songea plus qu'à se venger de la duplicité romaine. Il est surtout connu pour l'édit de Caracalla, de 212 (Constitutio Antoniniana), garantissant la citoyenneté romaine aux hommes libres de tout l'Empire (il semble toutefois que cette décision ait été motivée par des raisons fiscales : certains impôts, en particulier sur les successions, n'étant dus que par les citoyens romains); pour avoir déprécié la monnaie romaine en lui retirant 25% de son contenu en argent; et pour la construction de vastes thermes près de Rome qui peuvent encore être vus et sont connus sous le nom de thermes de Caracalla. Caracalla devint au cours de son règne un véritable tyran militaire particulièrement impopulaire (sauf auprès des soldats). Alors qu'il se rendait d'Edessa à Parthia pour y faire la guerre, il fut assassiné près de Harran le 8 avril 217, par Martialis. Le préfet du prétoire Macrin, souvent soupçonné (à raison) d'avoir commandité l'assassinat, lui succéda.

211         Geta (Lucius Publius Septimius Antoninus Geta) fut empereur romain en 211 et 212 de notre ère. Il participa avec son frère aîné Caracalla aux campagnes de son père l'empereur Septime Sévère, lequel, à sa mort, les désigna tous deux pour lui succéder. Comme les deux frères se haïssaient depuis leur enfance, Caracalla assassina lui-même Geta d'un coup de glaive dans la gorge, au bout d'une année de règne commun et fit ensuite effacer son nom et son image de tous les monuments publics (notamment de l'arc de triomphe de Septime Sévère toujours debout au Forum romanum).

211         Caracalla fait la paix avec les Calédoniens ramenant la frontière au mur d'Hadrien.

212         février Carracalla assassine son frère avec qui il partageait le pouvoir.

212         CARACALLA (212 à 217) (Marcus Aelius Aurelius Bassianus)

212         Caracalla. Après l'assassinat de Géta, Caracalla fit décréter la "damnatio memoriae" de son frère. La "Constitution Antoniniana" fut promulguée en 212. Tous les habitants de l'Empire devenaient des citoyens romains. L'année suivante, il entreprit une campagne en Germanie et remporta de nombreuses victoires sur les Germains, les Iapyges et les Goths. Il reçut le titre de "Germanicus". La fin du règne fut marquée en 215 par la Réforme monétaire et la création de l'antoninien. Caracalla entame une ultime campagne contre les Parthes. Il est assassiné après avoir célébré ses vicennalia.

212         Édit de Caracalla accordant la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l'empire. Caracalla promulgue un édit accordant le droit de cité, c'est à dire la citoyenneté romaine à tout habitant libre de l'Empire. Les égyptiens autochtones et les nomades et les tribus montagnardes de Berbérie en sont exclues. L'Édit de Caracalla est un décret, également appelé Constitutio Antoniniana, par lequel l'empereur romain Marcus Aurelius Antoninus Bassianus dit Caracalla (premier fils de Septime Sévère) confère, en 211-212 apr. J.-C., aux pérégrins libres de l'Empire romain, la citoyenneté romaine (droit de cité romaine). Jusqu'alors, la citoyenneté romaine (avec ses privilèges mais aussi ses devoirs fiscaux) n'étaient accordée de façon globale qu'aux habitants de l'Italie et dans les provinces aux municipes ayant le statut de colonie romaine.

212         Macrin devient préfet du prétoire. Macrin (Marcus Opellius Macrinus) (v. 165 - 218) est un empereur romain qui régna de 217 à 218.

213         Campagne sur le Danube (jusqu'en 214).

215         Campagne en Orient (jusqu'en 217).

216         Intervention militaire de Caracalla en territoire Parthe.

216         Inauguration des thermes de Caracalla à Rome. Thermes de Caracalla, les thermes étaient des établissements de bains publics chauds de la Rome Antique. Inaugurés à Rome sous l'empereur romain Caracalla (211-217) en 216 ap. J-C, les thermes de Caracalla, ou Thermae Antoninianae, sont le plus grand et le plus luxueux complexe thermal réalisé jusqu'alors, même s'il sera dépassé par la suite. En plus des équipements concernant directement les bains, ce complexe proposait des activités variées, ce qui explique sa taille gigantesque. Une superficie de plus de 10 ha, de la place pour 1600 baigneurs, 64 citernes de 80 000 litres chacune, ce sont quelques unes des caractéristiques remarquables des Thermes de Caracalla. C'est aujourd'hui l'édifice thermal le mieux conservé de l'époque impériale. Les ruines qui demeurent encore à Rome frappent par leur aspect colossal.

216         à 277 - naissance et mort de Mani, prophète. Né à Ctésiphon, Mésopotamie, en 216, Mani sera le prophète du manichéisme. Il est issu d'un milieu chrétien appartenant au courant gnostique du prophète Alkhasaï. Mani affirme très tôt être en contact avec un ange et être un calque de la vie de Jésus. Il se met à prêcher vers 240 mais c'est sa rencontre avec le roi sassanide Shapur Ier en 250 qui décidera du succès de sa doctrine : le monarque conçoit tout l'intérêt d'une religion nationale pour unifier son empire. La foi nouvelle progresse rapidement et les communautés se multiplient sous son regard bienveillant. Vient le règne de Bahram Ier, en 272, qui favorise un retour au mazdéisme. Persécuté, Mani se réfugie à Khorasan où il fait des adeptes parmi les seigneurs locaux. Inquiété de voir cette influence grandir, Bahram le remet en confiance et le rappelle à Ctésiphon. Mais c'est la prison et les mauvais traitements qui l'attendent, puis la mort d'épuisement, âgé d'environ soixante ans. La passion de Mani sera perçue comme une transposition de la passion du Christ par ses adeptes. Le manichéisme est une religion, aujourd'hui disparue, dont l'initiateur fut le mésopotamien Mani au IIIe siècle. C'est un syncrétisme inspiré du zoroastrisme, du bouddhisme et du christianisme qui le combattirent. Par dérivation et simplification du terme, on qualifie aujourd'hui de manichéenne une pensée ou une action sans nuances, voire simpliste, où le bien et le mal sont clairement définis et séparés. La base du manichéisme est de diviser l'Univers en deux : d'un côté le Bien et le royaume de la Lumière et de l'autre le Mal et le royaume des Ténèbres. Selon le manichéisme, la Lumière et les Ténèbres coexistaient sans jamais se mêler. Mais suite à un évènement catastrophique, les Ténèbres envahirent la Lumière. De ce conflit est né l'Homme, son esprit appartient au royaume de la Lumière et son corps (la matière), appartient au royaume des Ténèbres. Cette lutte entre le Bien et le Mal est le fondement du manichéisme. Pour qu'un Homme puisse une fois sa mort arrivée atteindre le royaume de la Lumière, il faut qu'il abandonne tout ce qui est matériel.

217         8 avril Assassinat de Caracalla à Carrhes sur ordre de Macrin.

217         11 avril Les légions choisissent Macrin pour empereur.

217         MACRIN (217 à 218) (Marcus Opellius Macrinus)

217         Macrin (Marcus Opellius Macrinus) (v. 165 - 218) est un empereur romain qui régna de 217 à 218. Préfet du prétoire sous son prédécesseur Caracalla, il est souvent accusé d'avoir commandité son assassinat. Il fut lui-même assassiné après avoir tenté en vain de s'opposer au soulèvement d'une légion à l'instigation des cousins de Caracalla, dont l'un lui succède sous le nom d'Élagabal. Macrin était originaire de Maurétanie Césarienne, c'est-à-dire de l'actuelle Algérie. D'origine obscure, il gravit petit à petit les échelons de l'administration fiscale, avant d'entrer dans la clientèle d'un des plus riches sénateurs de l'époque. Lui-même fut le premier empereur à n'être que membre de l'ordre équestre. Son règne fut également trop court pour qu'il ait le temps de venir à Rome : il séjourna essentiellement à Antioche, et son principal fait d'arme fut la signature d'un traité de paix avec les Parthes très favorable à ces derniers. Venant de l'administration civile, il se fit également détester de l'armée en envisageant de revenir sur certains avantages accordés par Caracalla, ce qui favorisa la révolte qui causa sa perte.

217         Défaite contre les Parthes près de Nisibe. Nisibe, ville nommée ensuite Antioche de Mygdonie située dans la partie septentrionale de la Mésopotamie, près du mont Masius et sur la rivière Mygdone.

218         Traité de paix avec les Parthes; Rome leur verse une forte indemnité.

218         Soulèvement de la IIIe Légion Gallica fidèle à la dynastie des Sévère à Emèse. Emèse ou Émèse était une ville de la Syrie romaine. C'est l'actuelle Homs.

218         15 mai Élagabal, Grand-Prêtre de Baal à Emèse et petit neveu de Septime Sévère est proclamé empereur par la IIIe Légion Gallica. Élagabal ou Héliogabale (Varius Avitus Bassianus) (205 - 222) fut empereur romain de 218 à 222 sous le nom de (Marcus Aurelius Antoninus).

218         Macrin nomme Diadumenien, son fils empereur.

218         8 juin Défaite de Macrin à Immae face aux partisans des Sévère.

218         Capture puis exécution de Diadumenien.

218         juin-juillet Capture puis exécution de Macrin.

218         ÉLAGABAL (218 à 222) (Varius Avitus Bassianus)

218         Élagabal ou Héliogabale (Varius Avitus Bassianus) (205 - 222) fut empereur romain de 218 à 222 sous le nom de (Marcus Aurelius Antoninus). Né en 205 à Emèse (l'actuelle Homs) en Syrie, de Julia Soemias et de Varius Marcellus, il était par sa mère à la fois l'arrière petit-fils de Julius Bassianus, grand-prêtre du dieu Élagabal d'Emèse, et le petit-neveu par alliance de l'empereur Septime Sévère, qui avait épousé sa grand-tante Julia Domna en secondes noces. Cette alliance lui donnait un autre empereur comme oncle germain, Caracalla. Les femmes, celles qu'on appelaient "les princesses syriennes", sont indissociables du destin d'Héliogabale. Descendant des Bassianides, rois sacerdotaux d'Emèse d'origine phénicienne, Varius Avitus Bassianus devint à 13 ans grand-prêtre héréditaire du dieu Baal. Lorsque Caracalla fut assassiné le 8 avril 217, à la tête des armées dans la plaine voisine de l'Euphrate, toutes les femmes de la branche syrienne de la famille impériale, chassées de Rome, se replièrent dans leur fief d'Émèse. Il y avait là Julia Moesa, grand-mère d'Élagabal, Julia Soaemia, sa mère et Julia Mammaea, sa tante et mère du futur empereur Alexandre Sévère. En raison de sa ressemblance physique avec Caracalla, elles réussirent à convaincre l'armée de proclamer Varius empereur sous le nom usurpé de Marcus Aurelius Antoninus, déjà abusivement porté son père supposé Caracalla. L'empereur Macrin, resté à Antioche, fut pris de court. Piteux stratège, et ayant dressé l'armée contre lui, il fut défait et finalement assassiné en juin 218 : le jeune Varius se retrouvait le seul maître de tout l'Empire romain. Il avait quatorze ans Prêtre oriental plus qu'empereur, Élagabal entreprit la route de Rome par une procession qui transportait la pierre noire sur un char d'or conduit des chevaux blancs qu'il conduisit à reculons jusqu'au Palatin qu'il atteignit durant l'été 219. Par des descriptions violemment contrastées, ils opposèrent un empereur qu'ils voulaient totalement pervers à son cousin et successeur, Sévère Alexandre, qu'ils présentaient (avec tout autant d'exagération) comme le parangon de toutes les vertus. Dans la réalité des faits, Élagabal, fastueuse marionnette, laissa les rênes du gouvernement à sa grand-mère, Julia Moesa et à sa mère, Julia Soaemias. Ce furent cette emprise féminine, la superstition de l'empereur, ses caprices enfantins, ses dépenses inconsidérées, ses mariages homosexuels, et non son tempérament cruel ou sanguinaire, qui horripilèrent les "vieux Romains" et précipitèrent sa chute. En juillet 221, la grand-mère d'Élagabal, Julia Moesa, pressentant que les vices de son petit-fils finiraient par le perdre, lui et sa famille, le convainquit d'adopter son cousin, Alexius Bassanius sous le nom de Sévère Alexandre et de l'associer au pouvoir au titre de "César". Ce jeune homme était la parfaite antithèse d'Élagabal: sévère, Alexandre l'était plutôt deux fois qu'une ! Avisé, vertueux, patient et sage, il parvint à se rendre populaire auprès de la seule force qui comptât réellement dans l'Empire : l'armée. Aussi, quand les soldats apprirent qu'Élagabal cherchait à se débarrasser de son cousin et associé, ils commencèrent à murmurer contre lui. C'était sans doute une rumeur non fondée car, à ce moment, il semble bien qu'Élagabal avait accepté de bon coeur le partage du pouvoir que lui avait proposé sa grand-mère et qui prévoyait qu'il se consacrerait uniquement à ses activités religieuses tandis que son cousin assumerait les contraintes politiques et militaires du pouvoir. Cependant, ayant confondu la foule en se montrant au balcon du Palais en compagnie du jeune prince, il voulut faire arrêter les meneurs: la foule furieuse envahit alors le palais, et l'empereur qui fut massacré dans les latrines du palais. Son corps fut traîné à travers les rues de Rome, puis la populace tenta de jeter le cadavre aux égouts, mais, comme les conduits étaient trop étroits, l'impérial cadavre fut finalement balancé dans le Tibre (11 mars 222). Son cousin, Sévère Alexandre, devenait empereur, et la pierre noire retournait à Emèse.

219         29 septembre Arrivée d'Élagabal à Rome.

220         Le dernier empereur des Han, Xiandi, est détrôné par Cao Pi (Ts'ao P'i), qui fonde la dynastie Wei. Avec la fin de la dynastie Han, la Chine est divisée en trois royaumes : Wei, Shu et Wu. La période dite des Trois Royaumes débute. Le royaume de Wei (220 - 265) était le plus important des trois royaumes qui se formèrent durant la période des Trois Royaumes de Chine. Il fut fondé par Cao Cao (d'où son nom chinois de Cáo Wèi, « Wei des Cao »), ancien ministre des Han, qui avait pris le contrôle du Nord de la Chine, y compris la capitale. Cao Cao créa officiellement le duché de Wei en 213, dont il est promu roi en 216, mais ce n'est pas avant sa mort en 220, et la montée au pouvoir de son fils, Cao Pi, lequel déposséda le dernier empereur des Han que le Wei devient réellement un empire. Cao Pi se proclame empereur du Wei et décerne à son père le titre posthume d'Empereur Wu du Wei. Trois Royaumes de Chine désigne une période de l’histoire chinoise commençant en 220 après la chute de la dynastie Han et se terminant avec l’établissement de la dynastie Jin en 265. Durant cette période, les trois royaumes de Shu, Wei et Wu s'affrontèrent pour la domination de la Chine.

221         26 juin Élagabal adopte son cousin Sévère Alexandre.

222         13 mars Assassinat de Élagabal par les prétoriens, qui nomment Sévère Alexandre empereur.

222         SÉVÈRE ALEXANDRE (222 à 235) (Marcus Aurelius Severus Alexander)

222         Sévère Alexandre (Marcus Aurelius Severus Alexander) est empereur romain de 222 à 235. Né en 208 en Phénicie il est élevé par sa grand-mère Julia Maesa, veuve de Septime Sévère, et par sa mère, Julia Mammaea, et reçoit une éducation soignée. Il est le petit neveu de l'empereur Caracalla et succède à son cousin Élagabal, qui le choisit comme César en 221. Élagabal tente ensuite de revenir sur sa décision mais Julia Mammaea provoque une révolte des prétoriens qui coûte la vie à Élagabal. Aussitôt Sévère Alexandre prend des mesures allant à l'encontre de celles de son prédécesseur, surtout dans le domaine religieux. Ainsi, il renvoie à Emèse la pierre noire du culte solaire, qui était pour les Romains un objet d'indignation. Le nouvel empereur, sous l'influence de sa mère et de sa grand-mère, redonne un rôle important au Sénat dont douze membres vont former un "conseil de régence ou de gouvernement" autour de l'empereur. Il s'entoure de conseillers éminents tels les juristes Ulpien qui devient préfet du prétoire (commandant de la garde impériale), ou Papinien, Herennius, Modestinus. Il lance une politique d'urbanisation avec la construction de thermes qui s'élèvent sur le Champ-de-Mars, installe des paysans-soldats pour protéger les frontières avec obligation pour leurs fils de s'engager dans l'armée. La mort de Julia Maeesa en 223 affaiblit l'empereur, car cette femme avait une influence forte y compris auprès de nombreux officiers. Les militaires, justement, voient d'un assez mauvais oeil le rétablissement d'un régime politique dominé par les civils. La révolte des prétoriens coûte ainsi la vie à Ulpien, tué sous les yeux de l'empereur, et l'ancien gouverneur de Pannonie, l'historien Dion Cassius ne doit la vie sauve qu'à une fuite éperdue en Bythinie sa province natale. En politique étrangère l'empereur est confronté aux Perses. Ceux-ci ont refait leur unité en 227 sous la conduite du roi Ardachir et pillent la Mésopotamie et la Cappadoce en 231. L'empereur à la tête d'une armée considérable est vainqueur des Perses mais est souvent confronté à des révoltes sporadiques de ses troupes qui craignent son irrésolution. De retour à Rome en 233, l'empereur donne des Jeux Persiques qui ne suffisent cependant pas à le rendre populaire. Il lui est souvent reproché l'influence de sa mère. En 234, il se rend à Mayence pour repousser les Germains, en particulier les Alamans, mais hésite à combattre et préfère acheter la paix. Les légions indignées se révoltent (235) et l'empereur est tué sous sa tente ainsi que sa mère. C'est le début de la période d'anarchie militaire qui va durer jusqu'aux règnes d'Aurélien et de Dioclétien.

224         Le roi parthe Artaban V est renversé par le gouverneur perse Ardachir. Artaban V (208-226) dernier roi parthe, fils de Vologèse V, il défit Macrin à Nisibin. Il dut faire face à la fois à l'avancée des Romains à l'ouest et à la révolte des Sassanides. Il fut vaincu et tué dans la plaine d'Hormizdagan en Susiane par Ardachir. Le fils d'Artaban V, Artavasdès, s'était réfugié dans les montagnes avec les débris de l'armée parthe. Il y continua la lutte de 227 à 228 avant d'être capturé et exécuté à Ctésiphon. Ardachir Ier, roi sassanide qui conçut le projet de rétablir l'empire perse. Il vainquit un certain Vologèse, prince du Kirmân, et installa à sa place son propre fils. Les princes de Susiane, d'Ispahan, de la Mésène, de l'Oman furent successivement battus et soumis. Il bat son suzerain Artaban V en Susiane en 224. Deux ans plus tard, Ctésiphon tombe entre ses main ; mais l'Arménie et la Géorgie lui échappent. La présence de Sévère Alexandre à la tête des légions romaines stoppe sa reconquête territoriale. En 237, il parvient à s'emparer de Nisibin et d'Harrân. Les Sassanides régnèrent sur l'Iran de 224 jusqu'à l'invasion musulmane des arabes en 651. Cette période constitue un âge d'or pour l'Iran tant sur le plan artistique que politique et religieux.

230         Ardachir entre en territoire contrôlé par les romains.

232         Campagne contre les Sassanides. Les Sassanides régnèrent sur la Perse de 224 jusqu'à l'invasion musulmane des arabes en 651. Cette période constitue un âge d'or pour l'Iran tant sur le plan artistique que religieux. Les Arabes sont, usuellement, un peuple originaire du Moyen-Orient et plus précisément du Yémen.

233         Incursions Alamanes dans l'Empire. Les Alamans ou Alémans étaient un ensemble de tribus germaniques établies d'abord sur le cours moyen et inférieur de l'Elbe puis le long du Main. Royaume alaman, Les dénominations de Royaume barbare d'Alémanie ou de royaume des Alamans ne désignent pas un territoire unifié dirigé par un seul et unique roi, mais d'une confédération de petits royaumes cohabitant dans un espace géographique dénommé Alémanie (Alamani dans sa forme latine) pour la première fois en l'an 289. La zone correspond à la province romaine de Germanie supérieure, avec des territoires situés dans les actuelles Suisse, pays de Bade, et Alsace. Si ce royaume ne se lance pas dans les Grandes invasions, il y est chronologiquement rattaché de par la période historique.

234         Début d'une nouvelle campagne en Germanie.

235         Sévère Alexandre entame des pourparlers de paix avec les Alamans.

235         18 mars Assassinat de Sévère Alexandre par des soldats à Mayence qui portent Maximin à la tête de l'empire.

235         MAXIMIN Ier le Thrace (235 à 238) (Caius Julius Verus Maximinus)

235         Maximin le Thrace (Caius Julius Verus Maximinus) fut empereur romain de 235 à 238. D'origine illyrienne, Maximin gravit les échelons de l'armée romaine. Préfet des recrues en 235 alors que l'empereur Sévère Alexandre vient réprimer une révolte en Germanie, lorsque qu'un complot assassine l'empereur et sa mère, le 18 mars, et porte Maximin sur le trône impérial. Maximin commença par réprimer la révolte en cours en Germanie. Il doit bientôt se rendre dans les Balkan réprimer affronter les Daces et les Sarmates. Il nomma son fils Maximus césar. Cependant devant l'élévation des impôts l'Afrique proconsulaire désigna son gouverneur, Marcus Antonius Gordianus (Gordien Ier), empereur. Agé de plus de 80 ans, celui-ci s'adjoignit immédiatement son fils, Gordien II. Le Sénat de Rome les reconnus en 238. Cependant le légat de Numidie, fidèle à Maximin, vint de cette province voisine de la Proconsulaire et vainquit les Gordien. À Rome, le Sénat ne tarda pas à trouver deux nouveaux adversaires à opposer à Maximim: Maxime Pupien et Balbin. Mais ceux-ci ne tardèrent pas à se tirailler pendant que le peuple nommait le fils et petit-fils des Gordien, Gordien III. Maximin partit donc en campagne en Italie, lorsqu'au début de l'été 238, lui et son fils Maximus furent massacrés par leurs troupes.

235         Maximin continue la campagne de Germanie.

235         Victoire romaine contre les Alamans.

236         Maximin élève son fils, Maximus, au rang de César.

236         Victoire romaine contre les Daces.

238         mars Révolte en Afrique Proconsulaire.

238         mars Les Révoltés prennent Thysdrus et assassinent le procurateur du fisc. Thysdrus, El Jem, ou El Djem est une ville tunisienne de taille moyenne situé au coeur du Sahel. Fondée sur les ruines de la cité antique Thysdrus, elle est célèbre pour son amphithéâtre, le plus grand de l'empire romain (35 000 spectateurs) après le Colisée de Rome (45 000 spectateurs). La ville abrite également un musée où sont exposées les découvertes archéologiques liées à l'amphithéâtre.

238         22 mars Les révoltés élisent Gordien (proconsul de la province) empereur avec son fils.

238         GORDIEN Ier & GORDIEN II (238) (Marcus Antonius Gordianus Sempronianus Romanus Africanus & Marcus Antonius Gordianus)

238         Gordien Ier (Marcus Antonius Gordianus Sempronianus Romanus Africanus) (v. 157-238) fut empereur romain en 238. En 238, Marcus Antonius Gordianus, âgé de 80 ans, est proconsul de la province romaine d'Afrique proconsulaire, lorsque les propriétaires, lassés des impôts levés par Maximin le Thrace le désignent comme empereur. Immédiatement, du fait de son âge, il s'adjoint son fils Gordien II. Le Sénat romain ne tarde pas à les reconnaître. Cependant en Numidie, province voisine de la Proconsulaire, le légat resté fidèle à Maximin, lèva une légion, affronte le plus jeune des Gordien, qui périt au combat. À la nouvelle de cette mort et cette défaite, Gordien Ier se suicida.

238         avril Le Sénat ratifie l'élection des Gordien et déclare Maximin ennemi d'état.

238         12 avril Assassinat de Gordien II par Capellianus, général de Maximin lors de la bataille de Carthage.

238         Suicide de Gordien trois semaines après son avènement.

238         22 avril Le Sénat nomme empereurs Balbin et Pupien.

238         BALBIN & PUPIEN (238) (Decimus Caelius Calvinus Balbinus & Marcus Clodius Pupienus Maximus)

238         Balbin (Decius Caelius Calvinus Balbinus) fut empereur romain de février-mai 238, conjointement avec Pupien.

238         Maxime Pupien (Marcus Clodius Pupienus Maximus) fut empereur romain de février à mai 238, conjointement avec Balbin. Il naquit dans le courant des années 170. Issu d'une vieille famille praticienne, il exerça la fonction de gouverneur dans diverses provinces de l'Empire, et fut plusieurs fois consul. En 234, Maxime Pupien exerce la fonction de préfet de la ville de Rome. Réputé austère et sévère, il fit preuve d'une autorité acharnée, lui attirant l'hostilité permanente du petit peuple de la ville. Au début de l'année 238, Maximin le Thrace, empereur assez impopulaire et violent, fut sujet à une révolte en Numidie. Des grands propriétaires terriens prirent les armes contre un agent du fisc, le massacrant lui ainsi que les soldats chargés de sa protection. Ils acclamèrent Gordien, un vieux sénateur octogénaire, empereur, qui désigna une fois couronné son fils Gordien II comme co-empereur. Ils s'emparèrent miraculeusement de Carthage. Cependant Capelianus, légat de Numidie, fidèle à l'empereur Maximin, alla écraser la révolte et liquida les usurpateurs. Cependant le sénat et le peuple romain, enthousiasmés de pouvoir déchoir l'empereur Maximin, s'étaient ralliés à la cause de Gordien. A la nouvelle de l'échec de la révolte, une peur panique s'empara de l'ensemble de la population, craignant une répression sanglante très certaine de l'empereur usurpé. C'est dans ce climat qui furent nommés empereurs Maxime Pupien, à la tête des armées, et Balbin, chargé du maintient de l'ordre à Rome. L'impopularité de Maxime Pupien, et les protestations du peuple, imposèrent au sénat d'élever le neveux de Gordien II, le futur Gordien III, au rang de César, et héritier des deux empereurs. Maximin apprit calmement tous ces évènements alors qu'il était sur les rives du Danube. Il décida, bien que ne prenant pas pour sérieuse la menace, de marcher sur Rome avec ses troupes. Il franchit les Alpes sans encombre, pénétra en Italie, et parvint aux remparts de la ville d'Aquilée, que Maxime Pupien avait transformé en véritable forteresse, largement pourvue en hommes et en vivres. A mesure que le siège durait, le moral des troupes de Maximin baissait, voyant les assiégés festoyer sous leur nez alors qu'eux n'avaient que la faim pour repas. La grogne se faisant plus vive, Maximin entreprit de punir ses généraux, les accusant de saboter le moral de troupe, et en fit exécuter quelques-uns pour l'exemple. Cette brutalité injustifiée provoqua la perte de Maximin, une conspiration de ses soldats eu raison de lui et son fils, ces derniers envoyant leurs tête au Sénat en signe de soumission aux nouveaux empereurs. Maxime Pupien et Balbin ne s'entendaient guère, mais c'est la garde prétorienne, mise à l'écart depuis le début des évènements, qui se décida à agir. Alors qu'était fêtée la victoire sur Maximin, les Prétoriens passèrent brusquement à l'action, se saisissant des deux empereurs, les torturèrent de façon acharnée, puis les traînant dans toute la ville jusqu'à leur caserne, où ils les achevèrent. Gordien III, acclamé par tout le monde, leur succéda.

238         avril Maximin et ses armées quittent le Rhin pour Rome.

238         Gordien III est nommé César sous la pression du peuple romain.

238         24 juin Assassinat de Maximin et de son fils par les prétoriens qui font allégeance à Balbin et Pupien.

238         juillet Assassinat de Balbin et Pupien par les Cohortes Prétoriennes.

238         GORDIEN III (238 à 244) (Marcus Antonius Gordianus)

238         Gordien III (Marcus Antonius Gordianus Pius) (v. 224-244) fut empereur romain de 238 à 244. Il est le fils de Gordien II et petit-fils de Gordien Ier, tous deux empereur en 238. Maxime Pupien et Balbin succédèrent à ces dernier mais le peuple demanda à ce que Gordien III leur fut adjoint. Aussi lorsque dans l'été 238, les prétoriens éliminèrent Pupien et Balbin il firent reconnaître Gordien comme empereur. Dans un premier temps il régna sous la direction de sa parenté et de sénateurs proche. Puis en 241, il tomba sous la coupe de Timésithée dont il épousa la fille. De rang équestre et ancien gouverneur, Timésithée devint préfet du prétoire. En Orient, le souverain sassanide Sapor Ier avait conquit la Mésopotamie et s'attaquait à la Syrie. Gordien III mena l'expédition pour le contrer. En passant près du Danube l'expédition rétabli l'ordre sur la frontière. Il est mort au retour d'une expédition menée sur le territoire de l'empire perse, au bord de l'Euphrate. On a longtemps cru qu'il avait été assassiné par son préfet du prétoire Philippe l'Arabe, qui lui succéda. On estime aujourd'hui qu'il avait été blessé au combat ou atteint par une maladie, et que Philippe, au contraire, prouva l'attachement qu'il lui vouait en édifiant pour lui un vaste mausolée.

241         Les Perses de Sapor Ier franchissent les frontières de l'empire. Sapor Ier ou Shapur Ier, le roi sassanide (241-272) vainquit et captura l'empereur romain Valérien en 260. Il ne put cependant étendre sa victoire à la Syrie et l'Anatolie. Conscient de l'intérêt d'une religion nationale pour unifier son empire, il appuya le prophète Mani, initiateur du manichéisme. Son successeur, Bahram Ier, prendra le contre-pied de cette politique.

241         Gordien III part en campagne contre les Perses.

243         octobre Mort de Timésithée, préfet du Prétoire et beau-père de Gordien III, Philippe l'Arabe le remplace. Philippe l'Arabe ou l'Ituréen (Marcus Julius Philippus) fut empereur romain de 244 à 249.

244         février-mars mort de Gordien III.

244         PHILIPPE l'Arabe (244 à 249) (Marcus Julius Philippus)

244         Philippe l'Arabe ou l'Ituréen (Marcus Julius Philippus) fut empereur romain de 244 à 249. Fils d'un cheikh arabe, il devint préfet du prétoire en 243 et fut porté au pouvoir par l'armée de Gordien III, celui-ci étant mort pendant la retraite qui avait suivi une expédition contre la Perse. Il conclut la paix avec le roi sassanide Sapor Ier, moyennant le paiement d'un lourd tribut et lutta contre les barbares sur le Rhin et le Danube. Il semble avoir entrepris d'importantes réformes, en particulier fiscales, mais n'eut sans doute pas le temps de les mener à leur terme. Eusèbe de Césarée, dans son Histoire Ecclésiastique (VI, 34), raconte qu'il voulait devenir chrétien et qu'il se comporta toujours "dans la crainte de Dieu". En réalité, si Philippe semble effectivement s'être intéressé au christianisme, à titre privé ou à quelque fin politique, ce que l'on sait des événements survenus sous son règne le présente comme strictement païen. En 247, il célébra fastueusement les mille ans de Rome. La même année, il nomma son fils, Philippe le Jeune, césar. Le règne de Philippe l'Arabe fut marqué par deux usurpations: Jotapianus: en Cappadoce. Pacatianus: sur le Danube. Philppe chargea Gaius Messius Quintus Trajanus Decius (Trajan Dèce), alors préfet de la Ville, de réprimer ces usurpations. Mais cela fait, les propres soldats de Trajan Dèce l'acclamèrent empereur. Philippe dut à son tour marcher contre son ancien subordonné. En automne 249 ils s'affrontèrent à la bataille de Vérone. Trajan Dèce l'emporta et Philippe fut tué.

244         Traité de paix avec les Perses leur versant un tribut.

244         Incursions Alamanes en Alsace et en Réthie.

244         Les raids du IIIe siècle. Après avoir connu près de trois siècles de paix et de prospérité (grâce à la pax romana, la Paix romaine), l'Empire romain est en proie, au IIIe siècle, à une crise à caractère économique et social. La Gaule est alors secouée par des incursions sporadiques de barbares. Jusqu'ici, l'armée romaine avait réussi à contenir la pression des peuples germaniques situés aux frontières de l'Empire, mais celle-ci se fait de plus en plus forte. En 244, 253 et 276 apr. J.-C., la Gaule, l'Espagne et le Nord de l'Italie sont dévastés par les Francs et les Alamans. Les Saxons font des raids en Bretagne. Rome réussit cependant à les repousser. Pour se défendre, de nombreuses villes élèvent alors des murailles.

246         Philippe élève son fils, Philippe le Jeune, au rang de César.

246         Campagne contre les Carpes et les Quades qui ont envahi la Dacie (jusqu'en 247).

247         21 avril Célébration du premier millénaire de Rome.

247         mai Philippe nomme son fils, Philippe le Jeune, Auguste (co-empereur).

248         Invasion de la Mésie, et incursions Goths et Vandales contre l'empire. La Mésie est une contrée balkanique de l'Europe ancienne, entre le Danube et la Macédoine. Elle recouvre un territoire inclu dans l'actuelle Bulgarie. Initialement peuplée par les Thraces, la région accueille à partir du VIIIe siècle av. J.-C. des colons grecs qui s'installent sur le littoral. Au Ier siècle av. J.-C., les Romains, maîtres de la zone, y fondent la province de Mésie, qui fera partiellement partie de l'empire d'Orient par la suite. Dès le début du VIe siècle av. J.-C., les tribus slaves font leur apparition dans la région, assimilant progressivement les populations locales. À la même époque, les Bulgares, tribus d'origine turco-mongole conduites par le khan Asparuch, s'installent entre le Danube et les Balkans. Les Goths étaient des peuples germaniques, selon leur propres traditions originaires de la Scandinavie. Ils provenaient probablement de l'île de Gotland (terre des Goths) et se fixèrent dans la région de l'Ukraine moderne et de la Biélorussie. Les Goths formaient un seul peuple jusqu'au IIIe siècle, date à laquelle ils se séparèrent en Ostrogoths ou "Goths brillants", à l'Est, et en Wisigoths ou "Goths sages" à l'Ouest.

248         1er avril Les légions du Danube proclament le Général Pacatianus empereur puis l'assassinent quelques semaines plus tard.

248         Trajan Dèce est envoyé sur le Danube pour intervenir contre les Goths et Vandales. Les Vandales sont un peuple germanique oriental. Ils s'illustrèrent en pillant successivement la Gaule, la Galice et la Bétique (en Espagne), l'Afrique du nord et les îles de la Méditerranée occidentale lors des invasions barbares, au Ve siècle de l'ère chrétienne. Ils fondèrent également un éphémère "royaume vandale d'Afrique", ou "royaume de Carthage" (439–533).

248         L'armée du Danube porte à la tête de l'Empire Trajan Dèce.

249         août-septembre Le Sénat ratifie le l'élection de Trajan Dèce.

249         TRAJAN DÈCE (249 à 251) (Caius Messius Quintus Decius)

249         Trajan Dèce, (Gaius Messius Quintus Trajanus Decius) fut empereur romain de 249 à 251. Dèce était un Pannonien de souche romaine. Il était préfet de la Ville de Philippe l'Arabe lorsque celui-ci lui demanda de réprimer des usurpations. Dèce s'acquita de sa tâche. Cependant en fin de campagne ses propres soldats l'acclamèrent empereur. Philippe l'Arabe partit à son tour en campagne contre ce nouvel usurpateur. Ils s'affrontèrent à l'automne 249 lors de la bataille de Vérone qui marqua la fin de Philippe. En 250, il promulga un édit obligeant à sacrifier aux dieux, la désobéissance à cet édit pouvant mener à la peine capitale. Cet édit marque le début des persécutions contre les chrétiens qui refusèrent de sacrifier aux autres dieux. En 251, les Goths envahirent la Mésie et la Thrace. Il mena une expédition contre eux dans la Dobroudja. Après avoir vu son fils Herennius périr au combat, Dèce lui-même fut tué en juin. Trébonien Galle, gouverneur de Mésie éleva le fils survivant de Trajan Dèce, Hostilianus au pouvoir en s'arrangeant pour lui être associé. Hostilianus ne tardant pas à décéder Trébonien Galle devint empereur.

249         août Mort de Philippe l'Arabe lors de la bataille de Vérone contre Trajan Dèce. Vérone est une ancienne ville italienne, dans la province de Vénétie, sur les rives de la rivière Adige, à proximité du lac de Garde.

249         Valérien est chargé du gouvernement intérieur et de la défense militaire de l'Empire. Valérien (Publius Licinius Valerianus) était empereur romain de 253-260.

250         Trajan Dèce élève son fils Herennius au rang de César avec la puissance tribunitienne.

250         Édit de Dèce contre le Christianisme, persécutions de chrétiens. Persécution de Dèce, persécution brève et violente contre les nouvelles religions, en particulier, le christianisme. Elle est la cause de mouvements tels que le schisme novatien. En 249, quand Dèce devient empereur, il promulgue un programme de restauration politique et religieuse pour faire l'unité de tous les habitants de l'empire autour de l'empereur et des dieux de Rome. L'empire affronte en effet des difficultés importantes : menaces croissantes sur les frontières, crise de la légitimité impériale. Aussi, il n'est pas étonnant que cet empereur manifeste le désir de mettre à mal les religions qui s'opposent à la religiosité romaine traditionnelle et notamment le christianisme. Ce dernier peut en effet passer pour une rupture de la paix des dieux (pax deorum) garante de l'ordre universel et du pouvoir romain. Leur refus de sacrifier peut aussi passer comme une offense directe à l'empereur : en période de crise cela ne semble plus acceptable à un pouvoir impérial fragilisé.

250         29 novembre Martyr de Saint Saturnin à Toulouse. Saint Saturnin était le premier évêque chrétien de Toulouse. Saint Saturnin sillonait la région à des fins d'évangélisation. En 250, attribuant le silence des oracles à ses passages fréquents, des prêtres païens lui demandèrent d'honorer Jupiter en lui sacrifiant un taureau. Son refus valut à saint Saturnin d'être attaché au taureau du sacrifice. La légende raconte que le taureau, pris d'une rage folle, descendit à toute allure les marches du Capitole, trainant derrière lui l'évêque. Son cou se brisa dès les premiers mètres. On ne connait aujourd'hui ni l'architecture, ni l'emplacement exact de ce temple païen. Seul cet épisode de La Passion, écrite au Ve siècle, nous apprend qu'il était pourvu d'un escalier monumental. Le taureau aurait rejoint la campagne en passant par la porte nord de la ville, alors protégée par des remparts. Il aurait abandonné saint Saturnin sur la route de Cahors, la rue du Taur, lui donnant ainsi le nom qu'on lui connait aujourd'hui. Le corps sans vie du malheureux fut recueilli par les saintes Puelles, deux jeunes femmes. Elles l'inhumèrent à l'endroit exact où son corps fut trouvé, dans un fossé assez profond pour que les païens ne puissent pas profaner la dépouille. Hilaire, évêque au IVe siècle, fit construire une petite église en bois, un oratoire, sur la tombe du martyr. C'est l'emplacement de l'église du Taur que nous connaissons aujourd'hui. Cette église devint bientôt un important lieu de pèlerinage. En 402, devant l'afflux des fidèles, les reliques du saint furent bientôt transférées dans une nouvelle basilique, construite sous l'épiscopat de saint Exupère, la basilique Saint-Sernin.

250         Le royaume d'Aksoum (Axoum) prend le contrôle du commerce dans la Mer Rouge. Aksoum est une ville d'Éthiopie, dans la province septentrionale du Tigré. Aksoum fut la capitale du royaume du même nom. Fondé au Ier siècle comme simple principauté, celui-ci connaît une croissance rapide et s'étend jusqu'au plateau du Tigré et la vallée du Nil, annexant les petits royaumes voisins. Il atteint son apogée au Ve siècle, il est alors une grande puissance commerciale, et le premier État africain à battre monnaie.

250         Apparition de l'écriture onciale romaine. L'onciale est une graphie particulière des alphabets latin et grec. C'est surtout pour l'alphabet latin que le terme est adapté. En effet, le mot oncial(e) y désigne un type précis de graphie, qui se développe entre le IIIème et le IVe siècle de l'ère chrétienne, à partir de la capitale quadrata et de l'ancienne cursive romaine. L'onciale est restée en vigueur jusqu'au début du IXe siècle, à partir duquel la minuscule caroline tend à la remplacer. Entre le VIIIe et le XIIIe siècle, elle est surtout conservée pour tracer les débuts de livres, de chapitres ou de sections, à la manière de nos majuscules, dans les manuscrits en minuscule caroline ou en gothique, deux graphies qui lui doivent certaines formes, comme celles du d ou du a. Au IIIe siècle après J.C., l'alphabet évolue. Le latin utilise alors l'onciale, une lettre plus petite, plus souple, plus ronde, plus facile à tracer. L'onciale sera utilisée jusqu'à l'époque carolingienne et adoptée dans de très nombreux pays du monde au détriment de leurs écritures traditionnelles.

251         Incursions goths en Mésie.

251         Nouvelle épidémie de peste (jusqu'en 268).

251         mai Trajan Dèce nomme son fils Herennius Augsute et son frère Hostilianus César.

251         juillet août Victoire contre les Goths sur le Plateau de Perven où meurt Herennius.

251         août Mort de Trajan Dèce lors de la bataille d'Aptaat contre les Goths près de la mère noire.

251         TRÉBONIEN GALLE (251 à 253) (Caius Vibius Trebonianus Gallus)

251         Trébonien Galle (Gaius Vibius Trebonianus Gallus) fut empereur romain de 251 à 253. Avant son élévation, Trébonien Galle était gouverneur de Mésie, région où Dèce accomplit sa dernière campagne, contre les Goths. À la mort de Dèce, Trébonien s'associa d'abord au fils de celui-ci, Hostilianus, élevé à l'empire. Mais ce-dernier décédant peut après, Trébonien devint empereur. Trébonien commença par négocier une paix avec les Goths. Cependant cela n'empêcha pas ceux-ci de s'agiter à nouveau en 253. Trébonien envoya son fils Volusianus mener une nouvelle expédition. Sur place, Marcus Aemilius Aemilianus, gouverneur de Mésie connu plusieurs succès militaires et ses hommes le proclamèrent empereur. Trébonien chargea Publius Licinius Valerianus (Valérien) de réprimer cette usurpation. Mais avant de parvenir en Mésie, les soldats de ce dernier le désignèrent empereur. Dans les combats qui suivirent entre les différents prétendant à l'Empire, Trébonien et son fils Volusianus furent tué en 253.

251         15 août L'armée nomme Trébonien Galle, gouverneur de Mésie, empereur.

251         15 août Trébonien Galle nomme Hostilianus Auguste.

251         octobre Hostilianus meurt de la peste.

251         octobre Trébonien Galle nomme son fils Volusien Auguste.

252         Campagne de Trébonien Galle contre les Perses (jusqu'en 253).

252         Incursions des Goths en Asie Mineure.

253         Intervention d'Émilien, gouverneur de Mésie contre les Goths. Émilien (Marcus Aemilius Aemilianus) fut empereur romain d'avril à août 253.

253         24 juillet Émilien est proclamé empereur par ses troupes.

253         Trébonien charge Valérien, chef des armées du Rhin et du Danube d'arrêter Émilien.

253         Valérien est proclamé empereur par ses troupes.

253         août Défaite et mort Trébonien Galle et son fils face aux armées d'Émilien.

253         Émilien est reconnu empereur par le Sénat.

253         ÉMILIEN (253) (Marcus Aemilius Aemilianus)

253         Émilien (Marcus Aemilius Aemilianus) fut empereur romain d'avril à août 253. Émilien avait succédé à Trébonien Galle dans la charge de gouverneur de Mésie. En 253, les Goths s'agitèrent. Les succès d'Émilien contre ses derniers aménèrent ses soldats à l'acclamer empereur. Publius Licinius Valerianus (Valérien) est chargé par Trébonien Galle de réprimer cette usurpation, cependant ce dernier se proclame lui-même empereur avant d'atteindre la Mésie. Dans les combats qui s'ensuivent Trébonien Galle est le premier éliminé mais Émilien ne tarde pas à être tué.

253         Valérien à la tête de ses armées marche contre Émilien.

253         22 octobre Émilien est assassiné par ses soldats qui se rallient à Valérien.

253         VALÉRIEN (253 à 260) (Publius Lucinius Valerianus)

253         Valérien (Publius Licinius Valerianus) était empereur romain de 253-260. Valérien est d'abord connu comme lieutenant de Dèce. En 253, Trébonien Galle, le charge de réprimer l'usurpation d'Émilien, gouverneur de Mésie. En cour de campagne, avant même d'avoir atteint la Mésie, Valérien est acclamé empereur par ses troupes. Dans les combat qui s'ensuivent Valérien reste le seul survivant après l'élimination de Trébonien Galle et son fils Volusianus, puis d'Émilien. Valérien s'adjoignit son fils Gallien. Il est capturé par le perse Sapor Ier en 259 et décéde en captivité.

253         Valérien nomme son fils Gallien Auguste. Gallien fut empereur romain de 253 à 268, partageant le pouvoir avec son père Valérien jusqu'en 260.

253         Incursions de Francs et d'Alamans en Gaule et de Goths en Dacie. Les Francs apparaissent au début du Ier millénaire dans les sources latines. Le nom Franc signifie "les braves", "les hardis" ou "les libres". Les Francs, peuples d'origine Germanique sont constitués de deux familles Francs Saliens dont on voit apparaître le nom dans les écrits romains vers le milieu du IIIe siècle et les Francs que l'on appellera Ripuaires beaucoup plus tard (VIIIe siècle) tentent de pénétrer dans l'Empire Romain (241, 242) mais sont repoussés par Aurélien. Cependant individuellement ou en petits groupes, les Francs pénètrent dans l'empire romain. L'empire romain se disloque, des empires provinciaux autonomes se créent et notamment en Gaule. En 358 l'empereur Julien doit reconnaître l'installation des Francs Saliens en Toxandrie (Belgique entre la Meuse et l'Escaut) et leur accorde le statut de fédérés. De nombreux Barbares sont enrôlés dans l'armée romaine d'autant plus que Rome a renoncé au service militaire obligatoire (aux environs de 395). Les Francs au contact avec les Gallo-Romains acquièrent les connaissances nécessaires pour la conduite et la gestion des troupes. L'expansion des Francs débute vers 406. En 413-428 les Francs rhénans s'établissent dans la région de Cologne. Aetius, Consul et Patrice romain (432-433) défend l'Empire contre les Barbares il bat successivement les Wisigoths, les Burgondes et les Francs mais lorsque les Huns s'approchent, repoussant devant eux de nombreux peuples il doit allier Gallo-Romain et Germains pour repousser l'envahisseur ce qu'il fera avec succès en battant Attila aux champs Catalauniques (que l'on situe souvent aux environs de Châlons sur marne) en 451. A sa mort (454) les Francs rhénans s'avancent jusqu'à Thionville. Les Francs Saliens plus actifs entre 430 et 450 sous leurs premiers chefs connus Clodion puis Mérovée, ils s'emparent de Tournai et Cambrai. Francs saliens. Tribu franque d'origine germanique installée au IVe siècle en Toxandrie, région comprise entre la Meuse et l'Escaut. Avec les Francs rhénans, ils constituent la principale peuplade franque. Ils envahissent la Gaule au Ve siècle sous l'impulsion de leur chef Mérovée, ancêtre des Mérovingiens. Sous le règne de Clovis, ils se rendent maîtres d'une grande partie de la Gaule et rédigent leurs coutumes dans un texte connu sous le nom de loi salique. Loi salique, à l'origine, code civil et pénal de la législation des Francs saliens, la loi salique (508) contenait un article qui excluait les femmes du droit de succession à la terre. Il sera repris sous les derniers Capétiens (1316-1328) pour justifier leur évincement de la couronne de France, le dernier roi étant mort sans héritier mâle.

253         Gallien est chargé défense militaire de l'Occident, Valérien se chargeant de l'Orient.

254         Intervention de Gallien contre les Francs et les Alamans en Gaule (Jusqu'en 256).

256         Attaques des Goths en Asie Mineure.

256         Aurélien repousse les Francs. Aurélien (Lucius Domitrius Aurelianus, 215 - 275), empereur romain de 270 à 275.

256         Attaque de Sapor Ier contre l'Arménie.

256         Défaite romaine à Barbalissos contre les Perses.

256         Prise de Dura-Europos (en Syrie) par les Perses.

256         à 336 - naissance et mort d'Arius. Prêtre alexandrin à l'origine de l'hérésie qui porte son nom : l'arianisme. Comment Dieu peut-il être un et trois à la fois, même s'il apparaît comme tel dans l'Écriture ? Arius, prêtre d'Alexandrie répond que le Verbe (le Christ) n'est qu'une créature, n'ayant reçu le privilège d'être Fils que par adoption. La foi trinitaire n'ayant pas encore reçu de formulation définitive à cette époque, la crise se propage dans tout l'Orient au point que l'empereur Constantin Ier décide d'intervenir en convoquant le concile de Nicée. Arius est exilé et excommunié mais l'arianisme continue de se répandre, même parmi les barbares évangélisés par l'évêque goth et arien Wulfila (311-383). La conception radicalement différente des rapports entre le Père et le Fils se prête à une soumission du spirituel au pouvoir temporel. Les empereurs Constant Ier, un des fils de Constantin Ier, et Valens qui règnent sur l'Orient sont ariens. Lors de la dissolution de l'empire romain, l'arianisme des royaumes barbares s'oppose au christianisme orthodoxe. En 589, le dernier roi arien, Récarède Ier, roi Wisigoth d'Espagne, est le dernier à se convertir. L'arianisme, c'est une hérésie rattachée aux ariens qui dit que le christ n'est pas le fils de dieux mais un être doté de pouvoirs exceptionnels, qu'il n'est pas éternel, ni égal à dieu le père. Ils nient en particulier la consubstantialité du fils avec le père (c'est à dire la désignation de dieu en 3 personnes distincts, égales et en une seule et indivisible nature). L'arianisme fut fondée en 318 par Arius (256-336) prêtre égyptien d'Alexandrie, sa doctrine fut condamnée par le concile de Nicée en 325 réuni sur l'ordre de l'empereur Constantin. Arius fut condamné, exilé et ses idées proclamées hérétiques. Un texte officiel de la croyance catholique fut promulgué "le credo" c'est à dire le "je crois en dieu" le fils Jésus Christ est proclamé "engendré, non pas créer de même nature que le père". Sur son lit de mort Constantin, qui avait rappelé Arius d'exil, le fit baptiser par Eusèbe, un évêque arien de Nicomédie. L'arianisme se développa chez les peuples germaniques orientaux, de l'autre coté du Danube. En effet, naquit vers 311, un petit fils de prisonnier grec, parfaitement assimilé au point de parler le gothique et de porter un nom germanique Ulfila. Il dirigea une ambassade des Goths à Constantinople, capitale de l'Empire Romain d'Orient, puis, en 334, il fut consacré évêque par Eusèbe au concile d'Antioche, évidemment dans l'hérésie arienne. Arianisme. Hérésie chrétienne qui a cours du IVe au VIe siècle sur l'instigation d'Arius, condamné par l'Église en 325 et en 381. Cette doctrine niant la consubstantialité du Fils avec le Père — c'est-à-dire niant l'essence divine de Jésus — se scinde ensuite en plusieurs tendances qui rencontrent un vaste écho dans l'Empire et hors de celui-ci.

257         Édit de Valérien interdisant au chrétiens de tenir réunion dans les cimetières.

258         Nouvelle invasion de la Gaule par les Francs et les Alamans.

258         Ingenuus, gouverneur de Pannonie inférieure se rebelle contre Gallien. Ingenuus était commandant en chef des légions de Pannonie (Hongrie actuelle) et de Mésie (Bulgarie actuelle). Il était aussi chargé de la formation militaire du jeune Valérien II, fils de l'empereur Gallien et héritier présomptif du trône impérial romain.

258         Défaite d'Ingenuus à Mursa, face à Auréolus, général de la cavalerie de Gallien. Auréolus, était un général romain né en Dacie. Il servit d'abord sous les empereurs Valérien et Gallien puis pris la pourpre impériale en 267. Battu par Gallien puis par Claude le Gothique, il périt dans une bataille sous les murs de Milan en 268.

258         Nouvel édit de répression contre les chrétiens.

258         Salonin est nommé César. Salonin, fils de Gallien fut élevé au césarat après la mort de son frère, Valérien. Envoyé en Gaule, sous la protection de Postumus alors simple général, il fut proclamé auguste après la capture de Valérien Ier en juin ou juillet 260. Postumus, proclamé auguste à son tour, assiégea Salonin et le fit mettre à mort.

258         6 août Exécution du Pape Sixte II à Rome. Alors qu'il célèbre l'office dans le cimetière de Calixte à Rome, le pape Sixte II et quatre autres diacres sont arrêtés par les soldats de l'empereur Valérien et décapités. Deux édits interdisant le culte chrétien viennent alors d'être promulgués dans l'Empire romain. Au début du siècle suivant, l'empereur Constantin fera preuve d'une grande tolérance vis-à-vis des chrétiens et mettra ainsi fin aux persécutions.

258         10 août Exécution de Cyprien, évêque de Carthage.

258         24 août Exécution de 300 chrétiens à Utique.

259         Les armées de Valérien s'emparent d'Antioche.

259         Nouvelle incursion des Francs et des Alamans.

259         Les Romains abandonnent les champs décumates.

259         Valérien est fait prisonnier par Sapor Ier et décéde en captivité.

259         GALLIEN (260 à 268) (Publius Licinius Egnatius Gallienus)

259         Gallien fut empereur romain de 253 à 268, partageant le pouvoir avec son père Valérien jusqu'en 260. On fait habituellement de son règne la période la plus difficile de l'Empire romain. Mais cet empereur pâtit de l'image défavorable qu'a donnée de lui l'Histoire Auguste. En réalité, assailli à la fois par des usurpateurs et par des invasions sur presque toutes les frontières, il semble s'en être honorablement sorti et il a une part de responsabilité dans le redressement que connut la fin du siècle. Il remporta quelques victoires et procéda à d'importantes réformes. Par ailleurs, il était un adepte de la philosophie néoplatonicienne. Il mourut assassiné par des partisans de Claude II le Gothique. L'Histoire Auguste est le nom que l'on donne couramment à un recueil de biographies d'empereurs romains composé en latin à la fin de l'antiquité (fin IVe siècle après J-C). Ce recueil commence avec la vie d'Hadrien et s'achève avec celle de Numérien. Il couvre donc la période allant de 117 à 285 de notre ère, avec cependant une lacune de 16 ans, entre 244 et 260.

259         Victoire de Postumus contre les Francs. Postume ou Postumus (220-269), fils de Gallien est un général gaulois qui se fit proclamer empereur en Gaule en 260. Postumus régna de 260 à 269 sur toutes les terres celtes de l'Empire d'Occident (Gaules, Bretagne, Espagne) et mourut assassiné par ses troupes.

259         Gallien nomme son fils Salonin Auguste à Cologne.

259         Postumus assiège Cologne. Le gouverneur des Gaules, M. Cassianus Postumus s'empare de Cologne et y proclame l'empire des Gaules. Les légions d'Espagne et de Bretagne lui apportent leur adhésion. Au cours du IIIe siècle, l'Empire romain connut une grave crise appelée l'Anarchie militaire. Aux invasions barbares s'ajoutèrent une crise économique, qui se traduisit par une dévaluation importante de la monnaie, une grande instabilité politique doublée de guerres civiles, les empereurs étant le plus souvent désignés par les armées, et mourant assassinés ou au combat. De la mort de Sévère Alexandre en 235 à l'avènement de Dioclétien en 285, 64 empereurs ou tyrans se succédèrent ou luttèrent les uns contre les autres. Parmi eux se trouvent quelques généraux qui tentèrent de se tailler un empire en Gaule et s'intitulèrent Empereur des Gaules. * Marcus Cassianus Latinius Postumus ou Postume régna de 260 à 269 ; il régna sur toutes les terres celtes de l'Empire d'Occident (Gaules, Bretagne, Espagne) et mourut assassiné par ses troupes. * Postumus junior, associé en tant que César à son père Postumus, ne régna pas seul. * Caius Ulpius Cornelius Laelianus ou Lélien se révolta contre Postumus en 269, et fut tué par ses soldats. * Marcus Aurelius Marius, régna quelques jours en 269. * Marcus Piauvonius Victorinus régna de 269 à 271. * Caïus Pius Esuvius Tetricus, ou Tetricus régna de 271 à 273, avant de se soumettre à l'empereur Aurélien, son fils Caïus Pius Esuvius Tetricus Junior, Tetricus II le jeune fut proclamé César sans régner.

259         La garnison de Cologne livre Salonin et le général de ce dernier Silvanus à Postumus qui les fait exécuter. Silvanus était un personnage romain du IIIe siècle. Précepteur et conseiller (et peut-être préfet du prétoire) du jeune Salonin, le fils de Gallien, il resta avec lui sur la frontière du Rhin quand son père dut repartir en 258. A l'été 260, le général Postume se rebella, soutenu par l'armée, et assiègea Salonin et Silvanus dans Cologne. La ville fut prise rapidement, peut-être par trahison, et les deux hommes furent tués.

259         Les légions nomme Macrien le Jeune et Quietus, fils de Macrien empereurs.

259         Victoire de Gallien contre les Alamans près de Milan.

260         Troisième campagne du roi perse Sapor Ier contre Rome en Haute Mésopotamie. l'empereur romain Valérien est vaincu et fait prisonnier avec tout son état-major (dont le préfet du prétoire Successianus) et environ 70 000 hommes près d'Édesse, en Osroène. Valérien est supplicié et tué par Sapor Ier. Celui-ci envahit la Syrie, la Cilicie et la Cappadoce mais est arrêté par Ballista et Macrien le père puis attaqué par Odénat de Palmyre.

260         Défaite et mort de Macrien père (ministre des finances de l'empereur Valérien) et fils en Illyrie face à Auréolus, général de la cavalerie de Gallien.

260         Victoire d'Odénat, prince de Palmyre sur Sapor Ier. Odénat (Septimius Odheinat) est le plus célèbre des princes de Palmyre avec sa femme, Zénobie. Il naît vers 220 et meurt assassiné à Emèse en 267. D'origine Nabatéenne, il fait partie de la dynastie de Hairainides, qui acquiert la citoyenneté romaine sous Septime Sévère. Odénat est membre d'une famille ayant le droit de cité, mais restée très arabe dans ses traditions. Il acquiert le statut de sénateur sans doute sous Valérien et devient "vir consularis" (statut d'ancien consul) en 258. C'est sous Gallien qu'il acquiert, de fait, le pouvoir quasi absolu sur les provinces d'Orient à l'exception du Pont-Bithynie: Il est dans un premier temps "Dux Romanorum" (commandeur des romains) et vainc Macrien et ses fils et Ballista, usurpateurs contre Gallien. Il est alors nommé par ce dernier "correcteur de tout l'Orient" et a le commandement de ce qui reste des onze légions romaines de cette partie de l'Empire et de toutes les forces disponibles, et a droit de regard sur l'administration civile et fiscale de toute l'Asie Mineure, la Syrie, la Mésopotamie et l'Arabie Pétrée. Il lance deux grandes campagnes militaires contre les Perses en 263, puis en 266-267 où il les écrase et les poursuit jusqu'à Ctésiphon, qu'il ne prendra toutefois pas, mais il contrôle alors la majeure partie des terres perses occidentales, avec Nisibe et Carrhae. Il se fait appeler "Roi des rois" à la manière perse ainsi que son héritier, Herodes.

260         Odénat créé le royaume indépendant de Palmyre (Syrie, Palestine, Arabie et Anatolie).

260         Défaite et exécution de Quietus, second fils de Macrien face à Odénat, prince de Palmyre.

260         Reprise de la Mésopotamie aux Perses par Odénat.

260         Postumus proclamé empereur par les armées du Rhin fonde "l'Empire Gaulois".

260         Assassinat de Salonin par Postumus, Gallien succède à Salonin.

260         Édit de Gallien mettant provisoirement fin aux persécutions contre les chrétiens.

260         Prise et pillage de Tarragone par les Francs. Tarragone est une ville située dans le nord-est de l'Espagne, en Catalogne.

261         Postumus remporte la victoire contre les Alamans.

261         La (Grande) Bretagne et l'Espagne rejoignent l'empire des Gaules de Postumus.

262         Gallien reprend le contrôle de la Réthie à Postumus.

263         Incursions des Goths en Asie Mineure et en Grèce.

264         Victoire de Odénat, prince de Palmyre contre Sapor Ier près de Carre (Mésopotamie).

265         Gallien tente en vain d'assiéger Postumus en Gaule.

265         La dynastie Wei, de courte durée, est balayée par le général Sima Yan, (Sseu-ma Yen, fils et successeur de Sseu-ma Tchao ou Sima Zhao) qui fonde sa propre dynastie les Jin ou Jin de l'Ouest (fin en 316). La dynastie Jin a succédé au Royaume de Wei (période des Trois Royaumes). Elle a été fondée par Wudi en 265. En 316 l'empire est divisé en deux : au Nord les Seize Royaumes et au Sud la dynastie des Jin orientaux qui prit fin en 420. La dynastie Jin (ensemble de la Chine puis Chine du Sud) compta 15 empereurs.

266         Défaite perse face à Odénat devant Ctésiphon.

267         Victoire de Gallien face au Goths sur le Nestus.

268         Auréolus est proclamé empereur par ses troupes à Milan.

268         mars Victoire de Gallien sur Auréolus sur l'Adda qui se trouve enfermé dans Milan.

268         22 mars Assassinat de Gallien par ses officiers près de Milan, le commandant de la cavalerie est nommé empereur.

268         CLAUDE II le Gothique (268 à 270) (Marcus Aurelius Valerius Claudius)

268         Claude II (Marcus Aurelius Claudius Gothicus), dit Claude le Gothique, fut un empereur romain de 268 à sa mort en 270. Claude II fut nommé maître de cavalerie (magister equitis) après la tentative de putsch d'Auréolus puis participa vraisemblablement à la conspiration des généraux illyriens qui éliminèrent Gallien, son prédécesseur, en septembre 268. Avec l'appui de ces militaires, il prit le pouvoir pour mettre fin à l'anarchie militaire et aux sécessions qui déchiraient l'empire romain. Ayant promis la vie sauve à Auréolus après la mort de Gallien, Claude le laissa néanmoins massacrer par ses troupes après la reddition de Milan où ce dernier s'était réfugié après sa défaite contre Gallien. Claude démontra alors ses qualités de stratège en écrasant près du lac de Garde des Alamans qui menaient des incursions en Italie du nord. Fort de ce succès, il se rendit ensuite à Rome pour recevoir l'investiture du Sénat de la Ville. Cette formalité accomplie, Claude rassembla toutes les forces disponibles et marcha sur les Balkans, menacés par une invasion de Goths qui sévissaient déjà dans les provinces danubiennes. Il remporta en 268 à Naissus en Mésie supérieure (aujourd'hui Nish en Serbie) une victoire très difficilement acquise et peu décisive. Mais elle fut fort habilement exploitée par la propagande impériale, ce qui permit à l'empereur Claude de gagner son glorieux surnom de Gothique. Cependant, il fallut encore aux légions romaines plusieurs mois de dures campagnes et d'escarmouches sanglantes pour liquider les bandes errantes de Barbares et détruire la flotte avec laquelle les Goths ravageaient les côtes de Grèce et d'Asie Mineure. Ce n'est finalement que vers l'année 270 que les Goths furent refoulés à l'est du Danube. Mais au mois d'août de cette année 270, et alors qu'il semblait voué à un règne long et glorieux, l'empereur Claude le Gothique s'éteint à Sirmium (aujourd'hui Mitrovica au Kosovo), victime de l'épidémie de peste qui décimait son armée. Sa mort précoce ne permit pas de régler deux autres graves difficultés qui minaient le pouvoir de Rome : la sécession de l'empire "romain" des Gaules et les velléités indépendantistes du royaume de Palmyre. Il fut divinisé après sa mort et un important monnayage de restitution fut frappé par Aurélien d'abord en 270, puis par Constantin Ier, qui prétendait descendre de Claude II, au début du IVe siècle. L'Église catholique retient de Claude le Gothique qu'il ordonna la décapitation de celui qui devint saint Valentin.

268         avril Reddition puis exécution d'Auréolus par Claude II.

268         Défaites des Alamans près de Milan et près du lac de Garde. Le lac de Garde est un des plus importants lacs italiens. Il est situé dans le nord de l'Italie, à mi-chemin entre Venise et Milan.

268         Postumus est assassiné par ses soldats devant Mayence, Marius prend sa place, empereur en Gaule.

268         Marius est éliminé par Victorinus qui est nommé Auguste.

268         Prise d'Athènes par les Goths et les Hérules. Les Hérules sont un peuple germanique appartenant au groupe ostique, ou groupe des Germains dits "orientaux", issus de Scandinavie, comme les Goths, les Vandales, les Burgondes, et les Gépides entre autres. Peu connus, les Hérules apparaissent comme un peuple mineur mais seront souvent signalés dans les raids gotiques et notamment sur la Mer Noire, où ils se découvrent vite une vocation de pirates. Ils sont mentionnés pour la première fois dans les sources romaines au IIIe siècle lorsqu'en 268 et 269, ils prennent part à une coalition barbare qui réunit les Peucins et les Carpes, petites peuplades germanique, mais également des Gépides, et surtout des Goths. L'armée rassemblée, qui aurait compté plus de 300 000 guerriers (chiffre certainement éxagéré par les chroniqueurs romains et grecs), attaque les forces de l'empereur Claude II le Gothique sur le Danube.

268         Révolte d'Autun qui demande le secours de Claude II.

269         L'Espagne repasse sous le contrôle de Claude II.

269         Victoire de Claude II sur les Goths à Naissos (dans l'ex-Yougoslavie).

269         Chute et sac d'Autun après 7 mois de siège par Victorinus.

269         6 septembre Mort de Claude II, victime de la peste à Sirmium. Son frère Quitille est proclamé empereur par ses troupes à Aquilée. Sirmium était une ville romaine, aujourd'hui la ville de Srijemska Mitrovica ou Sremska Mitrovica en Syrmie, province de Voïvodine, en Serbie. Aquilée, colonie romaine fondée en -181, Aquileia devient cité moins d'un siècle plus tard. Durant le règne d'Auguste (de -31 à 14) elle est proclamée capitale de la dixième région d'Italie (actuellement Vénétie et Istrie). Le développement de la ville à cette époque est tel que sa splendeur lui vaut d'être comparée à une seconde Rome.

269         QUINTILLE (269 à 270) (Marcus Aurelius Claudius Quintillus)

269         Quintille, frère de Claude II, fut proclamé auguste par les troupes à Aquilée après la mort de ce dernier. Au même moment, Aurélien était lui aussi acclamé par les troupes stationnées à Sirmium. Abandonné par ses soldats, Quintille préféra se suicider.

269         3 novembre Les légions de Pannonie proclament Aurélien empereur.

269         23 novembre Suicide De Quintille.

270         Printemps - Aurélien devient empereur.

270         AURÉLIEN (270 à 275) (Lucius Domitius Aurelianus)

270         Aurélien (Lucius Domitrius Aurelianus, 215 - 275), empereur romain de 270 à 275. Aurélien était un soldat brillant qui s'opposa avec succès aux invasions des Goths. C'était un homme d'origine humble qui fut fait empereur par l'armée. Sa campagne la plus célèbre fut celle qu'il livra contre Zénobie, reine de Palmyre. Aurélien se montra indulgent avec les habitants de cette ville. Il ramena un énorme butin, dont une idole du temple du Soleil. Aurélien est aussi le refondateur de la ville gauloise d'Orléans, qui reçut son nom après déformation. En l'honneur de Mithra et de son culte, le 25 décembre (jour du solstice d'hiver) 274, Aurélien proclama que le dieu Soleil était le patron principal de l'Empire Romain. Un temple fut dédié au dieu-soleil au Champ de Mars. Ainsi Aurélien a officiellement déclaré le 25 décembre jour anniversaire du soleil invaincu (Sol Invictus). Mithra ou Mithras est un dieu indo-iranien, fils d'Anahita, dont le culte connut son apogée à Rome vers le IIIe siècle de notre ère. Le mithraïsme était alors une religion concurrente du christianisme. Son culte était surtout très populaire dans les armées, ce qui engagea une rivalité farouche entre les croyants des deux religions, à tel point que l'Église dut faire de nombreuses concessions au culte païen de Mithra. Le mithraïsme ou culte de Mithra est un culte à mystères qui est apparu probablement pendant le IIe siècle av. J.-C. dans la partie orientale de la Méditerranée, d'où il s'est diffusé pendant les siècles suivants dans tout l'Empire romain. Il a atteint son apogée durant les IIIe et IVe siècles, époque pendant laquelle il devint un concurrent important du christianisme. Le culte de Mithra eut une implantation particulière auprès des soldats romains. Comme toutes les religions païennes, il fut déclaré illégal en 391.

270         Mort de Victorinus, Tetricus, sénateur, gouverneur d'Aquitaine, lui succède à la tête de l'empire des Gaules avec le soutient politique et financier de la mère de Victorinus, Victorina. Il donne le titre de César à son jeune fils Tetricus II. Tetricus (Caius Pius Esuvius Tetricus) régna comme empereur en Gaules de 271 à 273, après le meurtre de Victorinus. Il gouverna avec son fils Tetricus II le jeune. Tetricus est un sénateur d'Aquitaine dont l'ascension au pouvoir a été facilitée par Victorine, la mère de Victorinus.

270         Nouvelles incursions des Francs.

270         Intervention d'Aurélien en Pannonie (jusqu'en 271).

271         Construction du mur d'Aurélien autour de Rome.

271         Sécession de l'Égypte, de l'Asie Mineure, la Syrie sous l'impulsion de Zénobie, reine de Palmyre. Zénobie, Septimia Bathzabbai plus connue sous le nom de Zénobie, reine de Palmyre, devint souveraine de ce royaume vers 266 ou 267. Elle fit de Palmyre, le foyer culturel le plus brillant du Proche-Orient. Autoritaire et habile, elle soumit la Syrie, l'Égypte, l'Asie Mineure à l'exception de la Bithynie. C'est lors de sa conquête d'Alexandrie, que la célèbre bibliothèque d'Alexandrie fut incendiée. En 271, Zénobie s'est proclamée impératrice et rompt avec l'Empire romain et donne à son fils Wahballat (Vaballatus) le titre d'Auguste. L'empereur Aurélien décide de mettre un point d'arrêt aux activités de Zénobie et envoie ses troupes en Égypte. En guerre contre l'empire Romain, elle parvient à quelques succès, avant d'être vaincue par l'empereur Aurélien en 272 qui défait ses troupes, s'empare de Palmyre et fait sa reine prisonnière. Emmenée à Rome, elle orne le triomphe de celui-ci. Aurélien se pare de la couronne et du manteau impérial et réintègre le royaume de Palmyre dans l'Empire. Puis exilée à Tibur (aujourd'hui Tivoli), la reine Zénobie mourut en 274.

272         août Prise de Palmyre par les troupes d'Aurélien, capitulation des armées palmyréennes.

272         août Capture de Zénobie et Vaballatus fuyant Palmyre.

272         Insurrection à Palmyre, Antiochos est proclamé roi.

272         Prise de Palmyre et massacre de la population par les armées romaines.

273         Reddition de Tetricus II face à Aurélien dans la plaine de Châlons-sur-Marne marquant la fin de "l'Empire Gaulois" et la restauration de l'unité de l'Empire. Tetricus II le jeune, Tétricus le Jeune est le fils de Tetricus. On ne sait rien de lui sinon qu'il fut associé avec son père au pouvoir dans l'Empire des Gaules et qu'il figura avec lui au triomphe d'Aurélien à la fin de l'année 274.

274         Édit de persécution contre les chrétiens.

275         Évacuation de la Dacie.

275         Nouvelles incursions des Francs jusque dans les vallées du Rhône et de la Saône.

275         23 mars Assassinat d'Aurélien près de Périnthe.

275         25 septembre Le Sénat désigne Tacite comme empereur.

275         TACITE (275 à 276) (Marcus Claudius Tacitus)

275         Tacite. L'interrègne a duré près de deux mois entre fin septembre et le début décembre 275 au maximum. Tacite n'avait pas été élu par le seul Sénat, mais avec le concours de l'armée, au cours d'un ballet diplomatique entre Rome et les armées pannoniennes afin que Tacite accepte la pourpre. La date de son élévation pose problème et la date traditionnelle du 25 septembre peut être remise en cause si l'interrègne a duré jusqu'au mois de décembre. Tacite, au début 276, quitte Rome pour aller combattre les Goths qui ont envahi l'Asie Mineure. Il est finalement assassiné à Tyane en Cappadoce.

275         Tacite nomme son frère Florien préfet du prétoire.

275         Campagne contre les Goths en Asie Mineure (jusqu'en 276).

276         7 juin Assassinat de Tacite, son frère Florien est proclamé empereur par ses troupes.

276         FLORIEN (276) (Marcus Antonius Florianus)

276         Florien, préfet du prétoire de Tacite, n'était certainement pas son frère ou demi-frère car il ne porte pas le même gentilice que lui (Claudius/Annius). Il ne put se maintenir au pouvoir car Probus fut acclamé empereur et il fut assassiné par ses propres soldats à Tarse.

276         juin L'armée d'Orient porte Probus à la tête de l'empire. Probus (Marcus Aurelius Probus) était empereur romain de 276-282.

276         5 septembre Assassinat de Florien par ses soldats qui se rallient à Probus.

276         PROBUS (276 à 282) (Marcus Aurelius Probus)

276         Probus est né le 19 août 232 à Sirmium. Il mène une brillante carrière militaire sous les règnes compris entre Valérien Ier et Tacite. Il est commandant de l'armée d'Orient à la mort de Tacite, est immédiatement proclamé empereur et triomphe facilement de Florien qui est assassiné. L'heure est grave. Le limes rhéno-danubien a cédé sous la pression des invasions germaniques. Probus restaure la paix en Gaule, en Germanie puis en Rhétie où il inflige une sévère défaite aux peuples germains, en Thrace où il écrase les Sarmates et les Scythes, en Asie Mineure qu'il nettoie des pillards et des pirates pamphyliens, enfin en Afrique où il met fin aux incursions des Blemmyes. En 280, il signe la paix avec Vahram II, monarque sassanide. Il doit faire face aux usurpations de Saturnin, Bonose et Proculus. Probus, ayant triomphé de tous ses adversaires, rentre à Rome en 281 et célèbre ses victoires. Avant de préparer une nouvelle expédition contre les Sassanides, il tombe sous les coups de ses propres soldats à Sirmium en 282.

277         Victoire de Probus sur les barbares, il occupe de nouveau la rive droite du Rhin.

277         mort de Mani.

278         Campagne contre les Burgondes, Vandales, Scythes... (Jusqu'en 279). Les Burgondes sont un peuple germanique du rameau ostique, originaire de Scandinavie (peut-être de Norvège), et ayant participé aux invasions et migrations de la fin de l'Antiquité et du haut Moyen Âge, période durant laquelle ils s'établissent durablement en Gaule. Les Scythes sont un ensemble de peuples nomades, dont l'identité exacte est difficile à établir, mais qui sont probablement des peuples turcs originaires du Turkestan et de la Sibérie occidentale.

279         à 280 - Trèves avec Vahram II, roi perse sassanide.

280         Saturninus est proclamé empereur à Alexandrie. Saturninus, citoyen romain originaire d'Afrique du Nord (Maurétanie), était un ami très proche de l'empereur Probus. C'est sans doute en raison de cette fidélité supposée qu'il fut nommé gouverneur de Syrie. Probus parti rétablir en l'ordre en Occident où les usurpateurs Proculus et Bonosus lui faisaient des misères, Saturninus pensa que le moment était venu pour lui de prendre le pouvoir. Il se fit donc proclamer empereur par les légionnaires stationnés à Antioche. Son heure de gloire ne dura guère. Probus avait promptement rétabli la situation dans la partie occidentale de son Empire et liquidé les sécessionnistes gaulois. Même s'il songea un moment à régler également son compte à Saturninus, il n'eut pas le temps de mettre ses projets guerriers à exécution : les soldats des autres garnisons d'Orient, restés fidèles à l'empereur de Rome, marchèrent contre l'usurpateur d'Antioche, s'emparèrent de lui et l'exécutèrent.

280         Saturninus est assassiné alors qu'il est assiégé à Apamée par Probus.

280         Carausius est nommé amiral et chargé de défendre les côtes de (Grande) Bretagne des raids saxons. Carausius, général d'origine ménapienne (tribu belge du Nord des Flandres). Carausius était ambitieux, audacieux et sans scrupules. Nommé par Maximien commandant de la flotte de Bretagne, basée à Boulogne, l'amiral Carausius était surtout censé empêcher les incursions des pirates francs en Gaule et en Bretagne. Pour cela il devait, naturellement, les contenir en Mer du Nord, donc les arrêter avant qu'ils ne pénètrent dans la Manche pour se répandre partout dans les riches provinces gauloises. Mais Carausius adopta une tactique peu commune. En effet, il les laissait passer au large de Boulogne et piller à leur guise les provinces gauloises. Ce n'est qu'au retour qu'il les attaquait, quand, leurs barques alourdies de butin, ils tentaient de regagner leurs repaires. Carausius faisait alors main basse sur tous ces trésors et, ainsi, l'or pillé en Gaule se retrouvait comme par enchantement dans ses insondables coffres. Les Saxons sont un peuple germanique. Une partie d'entre eux, ainsi que des Angles, des Jutes et des Frisons, envahirent la Grande-Bretagne au début du Moyen Âge. Jutes, peuple germanique de la mer du Nord localisé aux premiers siècles de l'ère chrétienne dans la partie méridionale de la péninsule du Jutland (Danemark) auquel ils ont donné leur nom. Les Frisons sont un peuple germanique appartenant sur le plan ethnolinguistique au rameau westique. Ce peuple s'est sans doute formé tardivement, au IIe siècle de notre ère, et a pu être confondu, à l'origine, avec ses plus proches voisins : les Angles, les Jutes et les Saxons. Les Ménapiens étaient un peuple celte de la Gaule belgique. Ils sont mentionnés par César dans le De Bello galico et il situe leur territoire dans des marécages longeant la bande côtière de la mer du Nord.

280         Soulèvement de Bonosus à Cologne. Bonosus, empereur romain en 280. Profitant des troubles, Bonosus, un Breton né en Espagne d'une mère gauloise. Bonosus était un fort bon soldat et avait servi sous Claude II combattant les Goths à ses côtés. C'est à cette occasion qu'il aurait épousé Hunilla la fille d'un chef Goth. L'Empereur Aurélien lui confia le commandement de la flotte du Rhin. Mais les Germains incendièrent les navires de la flottille de Bonosus qui était chargée d'assurer la sécurité maritime de la Grande-Bretagne. Bonosus eut peur de la réaction de l'Empereur Probus et il choisit de réunir ses officiers et de se faire proclamer Empereur à Cologne. Probus ordonna aux commandants des places-fortes qui entouraient la région contrôlée par Bonosus de marcher contre l'usurpateur et de l'éliminer. Bonosus encerclé préféra se suicider.

281         Proculus est proclamé empereur à Lyon. Proculus, empereur romain en 280. Profitant des troubles, Proculus, un Ligure d'Albenga qui s'était installé à Lyon, se proclame Empereur mais il est rapidement éliminé par les troupes de Probus.

281         Fuite de Proculus chez les Francs devant l'avancée des troupes de Probus.

281         Les Francs livrent Proculus à Probus qui le fait exécuter.

282         Départ de Probus en campagne contre les Perses.

282         septembre Carus, préfet du prétoire est proclamé empereur par ses troupes. Carus (Marcus Aurelius Carus) était empereur romain de 282-283.

282         septembre Assassinat de Probus à Sirmium, ses troupes se rallient à Carus.

282         CARUS (282 à 283) (Marcus Aurelius Carus)

282         Carus fut proclamé en Rhétie à la fin août 282. Probus fut assassiné à Sirmium. Carus confia à son fils aîné Carin le rang de césar fin octobre, bientôt suivi de Numérien en décembre. Carus nomma ses fils augustes en mars 283. Au printemps 283, Il entama une brillante campagne contre les Sassanides. Il prit Ctésiphon mais fut foudroyé par un éclair en juillet 283. Numérien, qui l'accompagnait, fut chargé de ramener les troupes.

282         septembre Ses 2 fils Carin et Numérien sont nommés César. Carin (Marcus Aurelius Carinus) était empereur romain de 283-285. Numérien (Marcus Aurelius Numerianus) était empereur romain de 283-284.

282         Carin est nommé Auguste et est chargé de la défense de l'Occident.

282         décembre Départ de Carus et Numérien en campagne contre les Perses.

283         mai Carus nomme Numérien Auguste.

283         Conquête de la Mésopotamie par Carus.

283         juillet Mort de Carus près de Ctésiphon (Perse). Son fils aîné Carin lui succède.

283         CARIN & NUMÉRIEN (283 à 285) (Marcus Aurelius Carinus & Marcus Aurelius Numérianus)

283         Carin, fils aîné de Carus, fut proclamé césar en octobre 282 et reçut le titre de prince de la jeunesse. Il devint auguste en 283.

283         Numérien est le fils cadet de Carus, né vers 253. Il fut nommé César en décembre 282. Il reçut le titre de prince de la jeunesse et fut accepté comme pontife dans les principaux collèges sacerdotaux. Après sa nomination au césarat, il accompagna son père en Orient en décembre 282. Ils atteignirent Antioche en février ou mars de l'année suivante. Numérien se vit élever à l'augustat au mois de mars 283.

283         Numérien signe une trêve avec les Perses.

284         septembre Grand incendie du forum.

284         novembre Assassinat de Numérien à Héraclée par Arrius Aper, son beau père, préfet du prétoire.

284         20 novembre Dioclétien Commandant de la garde exécute Arrius Aper soupçonné d'avoir tué Numérien. Dioclétien: Caius Aurelius Dioclès Diocletianus. Empereur romain (de 284 à 305), né en Dalmatie en 245, mort en 313.

284         20 novembre L'armée d'Orient proclame empereur Dioclétien à Nicomédie. Nicomédie, fondée en 264 avant notre ère en Asie Mineure, Nicomédie, appelée Izmit aujourd'hui, fut capitale du royaume de Bithynie. Dioclétien y établit sa résidence. Au IVe siècle, elle fut un haut lieu de l'arianisme.

285         Carin est assassiné par un de ses soldats après avoir remporté la victoire contre Dioclétien.

285         DIOCLÉTIEN (285 à 286) (Caius Valerius Aurelius Docletianus)

285         Dioclétien : Caius Aurelius Dioclès Diocletianus. Empereur romain (de 284 à 305), né en Dalmatie en 245, mort en 313. Apres avoir gravit les échelons de la hiérarchie, Dioclétien devint officier et se distingua sous les empereurs Probus et Aurélien. Après le meurtre de l'empereur Numérien, en septembre 284, Dioclétien fut proclamé empereur par ses soldats de l'armée de Chalcédoine. L'empereur Carin, le frère de Numérien, contesta ce titre et mit en déroute les forces de Dioclétien à la bataille de Moesia de 285. Cependant, il fut tué par l'un de ses officiers, ce qui assura le pouvoir à Dioclétien. Il dut immédiatement faire face à plusieurs soulèvements au sein de son immense empire et fit alors appel à un officier de Pannonie, Marcus Aurelius Valerius Maximianus, mieux connu sous le nom de Maximien. Il le promut à la dignité de César en 285 puis à celle d'Auguste en 286, lui confiant l'Occident et conservant pour lui-même l'Orient. Pour assurer la défense et l'administration de l'empire, Dioclétien choisit deux collaborateurs supplémentaires en 293, promus à la dignité de César (des sortes de Lieutenant). Il avait adopté l'un d'eux, Gaius Galerius Valerius Maximianus, mieux connu sous le nom de Galère; le second, Flavius Valerius Constantius Chlorus plus connu sous le nom de Constance Ier Chlore, fut adopté par Maximien. L'empire, devenu une tétrarchie (ou gouvernement à quatre), fut divisé en 101 provinces regroupées en 12 diocèses et en 4 grandes régions, chacune d'entre elles étant dirigée par un César ou un Auguste : Dioclétien, l'Orient, Maximien, l'Italie et l'Afrique, Galère, l'Illyrie et les régions du Danube, Constance, la Bretagne, la Gaule et l'Espagne. Chaque décret était signé conjointement par les quatre souverains mais les décisions prises par les Augustes, la plus haute dignité, et par Dioclétien qui conservait la suprématie, prévalaient. Cette division en quatre de l'empire romain facilitait le maintien de l'ordre. Des victoires remportées sur les ennemis de Rome en Afrique et en Perse permirent d'étendre les frontières de l'empire qui s'en trouva ainsi fortifié. La réorganisation administrative permit une centralisation du contrôle, sur une base égale, de tous ses vastes territoires, et mit fin à jamais à la prééminence de l'Italie. Dioclétien introduisit à la cour des cérémonies orientales et adopta l'épithète de Jovius (de Jupiter), tandis que Maximien devenait Herculius (d'Hercule). Les réformes entreprises par Dioclétien furent rigides et oppressives, en particulier dans le domaine économique avec l'institution des diocèces et l'édit sur les prix (301) (édit du Maximum) qui fixait le coût maximal des marchandises et des salaires à travers tout l'empire. Mais cet édit s'avéra inapplicable et fut vite abandonné. Il persécuta les manichéens en 297 car il se méfiait d'une doctrine d'origine persane qui se développait dans son Empire au moment même où il était en guerre contre les Perses, et les Chrétiens à partir de 303, à l'instigation de Galère. Dioclétien abdiqua en 305, et se retira près de Salone, dans un magnifique palais dévoué a Jupiter, qu'il s'était fait construire et dans les ruines duquel s'est édifiée la ville de Spalato (Split). Autour de ce palais, dans lequel figure un sphinx du XVè siècle av. JC que Dioclétien a fait ramener d'Égypte, s'est developpée la ville maintenant croate. Dioclétien instaura la Tetrarchie en 295 dans l'empire romain, qui fut d'une telle confusion que l'empire eut jusqu'a 6 empereurs en meme temps ! Dioclétien, malade, et Maximien, abdiquèrent ensemble en 305 en faveur de leurs Césars. Dioclétien passa ses dernières années dans son palais à Salone. Le système de la tétrarchie sombra dans les guerres qui suivirent ces abdications. Dioclétien mourut en 313.

285         Dioclétien nomme Maximien César. Maximien, Hercule (Marcus Aurelius Valerius Maximianus) était empereur romain de 285-305 et de 306-310.

286         Carausius se fait proclamer empereur par ses troupes en (Grande) Bretagne.

286         1er mars Dioclétien nomme Maximien Auguste en Occident et se réserve l'Orient.

286         DIOCLÉTIEN & MAXIMIEN (286 à 305) (Caius Aurelius Dioclès Docletianus & Marcus Aurelius Valerius Maximianus)

286         Maximien est né à Sirmium vers 250. Il est choisi par Dioclétien pour le seconder. Il est d'abord césar, puis auguste à partir d'avril 286, et c'est la fondation de la Dyarchie. Maximien s'installe à Trèves et doit lutter contre les invasions barbares et l'usurpation de Carausius en Bretagne. En 293, à la création de la Tétrarchie, il est secondé par Constance Chlore. Dioclétien oblige Maximien à abdiquer le 1er mai 305. Il accepte mal la retraite et va soutenir son fils Maxence quand celui-ci s'empare de Rome le 28 octobre 306. Il reprend du service comme auguste en 307 et aide Constantin à qui il donne sa fille Fausta en mariage. Maximien est obligé d'abdiquer à la conférence de Carnuntum le 11 novembre 308. Une dernière fois, il reprend la pourpre au début 310 à Marseille avant de se suicider ou d'être assassiné.

286         Incursion des Burgondes et des Alamans dans le nord.

287         1er janvier Maximien devient consul.

287         janvier Intervention de Maximien contre les Germains.

287         21 juillet Dioclétien prend le surnom de Jovius et donne celui d'Herculianus à Maximien.

288         Campagne de Dioclétien contre les Germains (jusqu'en 289).

290         Rencontre de Dioclétien et Maximien à Milan.

293         1er mars Constance Chlore est nommé César en Gaule et Galère à Nicomédie. (futurs empereurs). Constance Ier, Gaius Flavius Valerius Constantius, dit "Constance Chlore" (Chlorus: le pâle) vers 250-306) fut empereur romain de 293 à 306. Galère (Caius Galerius Valerius Maximianus) est un empereur romain du Bas-Empire. Né à Romuliana (près de l'actuelle Gamzigrad en Serbie) dans la province de Mésie, il est nommé César (empereur adjoint) par Dioclétien en 294 pour la partie européenne de l'Empire romain d'Orient. Il devient Auguste (co-empereur) en 305 pour l'Empire romain d'Orient.

293         1er mars Adoption de Constance Chlore par Maximien.

293         21 mai Adoption de Galère par Dioclétien.

293         Valéria, fille de Dioclétien épouse Galère.

293         Constance s'empare de Boulogne contrôlé par Carausius.

293         Carausius est assassiné par Allectus, son ministre des finances qui lui succède. Allectus, fonctionnaire des finances de Carausius. Après l'avoir assassiné il assura sa succession, soutenu par les marchands de Londres. Afin de sauver ce qui pouvait l'être, il renonça à défendre ses provinces continentales. Il rapatria en Grande-Bretagne les légions les plus combatives ainsi que sa flotte intacte. Mais Constance Chlore décida de bien préparer son invasion car la puissante flotte d'Allectus patrouillait constamment dans la Manche, et de plus, le Nord de la Gaule n'était pas encore pacifié. Le débarquement se fit en 296, opéré à la fois par Constance Chlore et son préfet du prétoire Asclepiodote qui eut la gloire de vaincre les troupes d'Allectus et de le tuer lors des combats.

296         Achilleus se proclame empereur sous le nom de Lucius Domitius Domitianus en Égypte. Achilleus, Lucius Domitius Domitianus, connu aussi sous le nom d'Achilleus, se rebella contre Dioclétien à Alexandrie vers juillet 296. La révolte dura sur deux années alexandrines et Dioclétien dut se rendre en Égypte pour l'écraser.

296         Nouvelles incursions perses contre l'empire.

296         Défaite des armées conduites par Galère contre les Perses.

296         Constance débarque en (Grande) Bretagne.

296         Victoire de Constance Chlore sur Allectus à Woolmer Forest. L'île de Bretagne est reconquise par le César Constance Chlore et de nouveau incorporée à l'Empire romain.

297         Édit de Dioclétien contre le Manichéisme.

298         Trêve de Nibise avec les Perses.

298         Dioclétien s'empare d'Alexandrie où Achilleus se réfugiait après 8 mois de siège.

298         Invasion des Alamans en Alsace et en Suisse, refoulés par Constance.

298         Nouvelle incursion des Alamans de nouveau battus par Constance près de Windisch. Windisch est une commune suisse du canton d'Argovie dans le district de Brugg.

298         Galère s'empare de la Mésopotamie.

299         Victoire de Constance sur les Alamans près de Windisch.

300         essor de la civilasation maya. Les Mayas étaient organisés en centres urbains composés d'un site cérémonial, de palais de dignitaires, de quartiers périphériques d'artisans, de commerçants et de guerriers, et de hameaux dispersés de population rurale. Ils possédaient un calendrier très précis, qui leur permettait de prévoir les éclipses solaires et lunaires, et un système d'écriture hiéroglyphique. Leur civilisation était matriarcale, c'est-à-dire qu'elle était dominé par les femmes (c'était les femmes qui avaient le pouvoir). C'est d'ailleurs elles qui transmettaient le nom de famille. La civilisation maya est une civilisation précolombienne dont l'influence géographique s'est étendue au sud-est du Mexique (péninsule du Yucatan), à l'ouest du Honduras et du Salvador, au nord du Bélize et au Guatemala. Apparue au troisième millénaire avant J.C., elle a connu son apogée du IIIe siècle au xe siècle avant de connaître une décadence progressive et de disparaître au moment de la conquête espagnole au XVIe siècle. Ses principales oeuvres sont de nature architecturales, avec l'édification d'imposants temples et pyramides, astronomiques, comme en témoignent les multiples cycles du calendrier maya, et mathématiques, avec une numération de position en base 20 comprenant le zéro.

301         Édit du maximum de Dioclétien fixant le prix maximum des salaires et des marchandises, rapidement abrogé.

302         L'empereur romain Dioclétien introduit le système de budget annuel.

303         Édit de Dioclétien contre les chrétiens.

304         Dioclétien est gravement malade.

305         Concile de Cirta en Afrique. Les donatistes, dirigés par l'évêque de Numidie Donat, critiquent et condamnent ceux qui ont reniée leur foi pendant les persécutions. Donatiste, de l'évêque Donat, il déniait toute valeur aux sacrements administrés par les évêques indignes ou jugés tels, son principal adversaire fut saint Augustin. Le donatisme, fondé par le chrétien d'Afrique du Nord Donatus, était un courant de pensée chrétien des Ve et VIe siècles. Considéré comme schismatique puis hérétique par l'Église catholique, il s'est localisé dans l'Afrique du Nord romaine. Après le concile de Nicée, l'orthodoxie chrétienne engagea la lutte contre toute forme de déviation et d'hérésie, tandis que la politique des empereurs variait selon leur sympathie religieuse. Le donatisme, quoique non encore taxé d'hérésie, resta après la mort de son inspirateur Donat vers 355 un foyer d'opposition régionale à l'orthodoxie et connut tour à tour tolérance et répression. L'hérésie naît d'un ressentiment de ceux qui se sentent proches des martyrs contre ceux qui ont apostasié (renié leur foi) pour échapper au martyre, ou contre les évêques qui auraient laissé détruire des livres saints des églises (on les appelle les traditores). L'évêque Donat, particulièrement virulent, va donner son nom au mouvement. Lors de l'ordination de l'évêque Cécilien, les schismatiques vont élire Donat à sa place, considérant l'ordination de Cécilien comme non valide car l'un des trois évêques qui l'ont ordonné était présumé "apostat". Le mouvement prend une telle ampleur, avec des doubles nominations d'évêques, des rebaptisassions (les Donatistes considèrent les sacrements comme non valides si l'évêque qui les a donnés est soupçonné de traîtrise), et des actes de violence, que l'empereur Constantin va édicter une loi contre les schismatiques en 317. La répression sera sévère jusqu'en 321 et leur vaudra de nombreux "martyrs". Donat, Donatus Magnus, (mort vers 355), évêque schismatique d'Afrique, évêque de Cellae Nigrae en Numidie, dont les partisans prirent le nom de Donatistes. Il excita un schisme vers 305 en refusant d'admettre à la communion les traditeurs (traditores), c'est-à-dire ceux qui pendant la persécution de Dioclétien avaient livré aux Païens les vases sacrés et les livres saints. Animateur intransigeant de la contestation contre la nomination de l'évêque de Carthage en 307, il est à l'origine du schisme qui porte son nom : le donatisme et qui divisa les chrétiens africains pendant le IVe siècle. Il fit déposer Cécilien, évêque de Carthage, qu'il accusait d'indulgence par rapport aux tradileurs; mais il fut lui-même excommunié par le pape Miltiade (313), et par les conciles de Rome et d'Arles. Cirta est la plus brillante cité de l'Algérie antique. Elle fut numide, romaine et byzantine pour laisser place à la ville actuelle Constantine.

305         Dioclétien est victime d'une attaque.

305         1er mai Dioclétien et Maximien abdiquent. Constance et Galère les remplacent aux titres d'Auguste, Sévère II et Maximin Daia sont nommés César par Dioclétien et Maximien. Sévère II, empereur romain (306-7). Flavius Valerius Severus n'était, avant d'arriver à l'empire, qu'un obscur aventurier. On ne sait rien de sa vie jusqu'à l'année 305. D'origine illyrienne, il s'était probablement attaché de bonne heure à la fortune de l'empereur Galère. Sévère II fut nommé par Galère césar pour l'Occident. Il dut bientôt prendre les armes contre Maxence, fils de Maximien Hercule, qui avait soulevé les prétoriens à Rome, s'était fait proclamer auguste en Italie et avait associé à l'empire son père Maximien, l'obligeant ainsi à sortir de sa retraite. Sévère marcha sur Rome; mais son armée, où les anciens soldats de Maximien étaient nombreux, l'abandonna pour passer du côté de ses ennemis. Sévère prit la fuite et gagna Ravenne, mais il tomba entre les mains de Maximien. Maxence le fit mettre à mort (307). Maximin Daia était empereur romain de 305-313. Ancien berger thrace, neveu de Galère qui le nomma César en 305, il gouverna l'Égypte et la Syrie. Il se fit proclamer Auguste par ses soldats en 307, resta maître de l'Orient à Nicomédie d'où il reprit la persécution contre les Chrétiens. Vaincu par Licinius en 313, il s'empoisonna.

305         CONSTANCE & GALÈRE (305-306) (Caius Flavius Julius Constantius & Caius Galerius Valerius Maximianus)

305         Constance est devenu césar le 1er mars 293 en même temps que Galère. Constance, devenu auguste en 305, passa en Bretagne pour combattre les Pictes. Il mourut à York comme Septime Sévère, le 25 juillet 306. Constantin avait eu le temps de le rejoindre, malgré l'interdiction de Galère.

305         Galère (Caius Galerius Valerius Maximianus) est un empereur romain du Bas-Empire. Né à Romuliana (près de l'actuelle Gamzigrad en Serbie) dans la province de Mésie, il est nommé César (empereur adjoint) par Dioclétien en 294 pour la partie européenne de l'Empire romain d'Orient. Il devient Auguste (co-empereur) en 305 pour l'Empire romain d'Orient. Fils de modestes paysans, il gravit tous les échelons de l'armée sous Aurélien et Probus, avant d'être remarqué par Dioclétien dont il devient le gendre en même temps que le César. Tandis que Dioclétien lutte en Mésopotamie contre l'ennemi séculaire la Perse, il repousse les Barbares menaçants sur le Danube : Goths en 294 et 295, puis Sarmates et Marcomans 296 et 297. Il fait également campagne en Mésopotamie, où il subit une défaite contre les Perses. Enfin, il guerroie longuement contre les Sarmates et les Carpes entre 299 et 305 qu'il repousse finalement au Nord du Danube. Il appliqua strictement les quatre édits de persécution contre les chrétiens en détruisant les lieux de culte. Ayant succédé à Dioclétien en 305, il continua à mener cette politique avant de leur octroyer un édit de tolérance en 311 à Sardique (actuelle Sofia), peu avant sa mort. Son règne fut troublé par la crise de la Tétrarchie. Il mourut au terme d'une terrible maladie (gangrène généralisée, semble-t-il) que les auteurs chrétiens de l'époque ont présentée comme une punition divine. Il fut remplacé par Licinius, qu'il avait fait Auguste dès 308.

306         Constantin, fils de Constance chasse les Francs. Constantin, Caius Flavius Valerius Aurelius Constantinus, né à Naissus (aujourd'hui Nis en Serbie) en 272, proclamé empereur romain en 306 par les légions de Bretagne et mort en 337, est une figure prépondérante du IVe siècle.

306         25 juillet Mort de Constance près de York lors d'une campagne contre les Pictes. Le nom Pictes, peut-être formé à partir d'une épithète latine, signifierait littéralement "hommes peints" (entre autres, selon Bède le Vénérable). Il fut attribué par les Britto-romains, puis par les Anglo-Saxons aux habitants des basses terres de l'Écosse actuelle pour une période allant du IIIe siècle jusqu'au milieu du Ixe siècle environ. Les Pictes correspondaient ainsi vraisemblablement aux Caledonii.

306         Les armées de Constance nomment son fils Constantin Auguste.

306         Galère nomme Sévère II au titre d'Auguste et Constantin César.

306         SÉVÈRE II & GALÈRE (305-308) (Flavius Valerius Severus & Galerius Valerius Maximianus)

306         Sévère II fut nommé césar le 1er mai 305. Après la mort de Constance, il devint automatiquement auguste, mais fut contesté par Constantin et Maxence. Il passa en Italie au début 307, mais fut assiégé dans Ravenne par Maximien Hercule venu secourir son fils Maxence. Il se rendit à Maximien à condition d'avoir la vie sauve et fut ensuite exécuté. Ravenne est une ville d'Italie, capitale de province en Émilie-Romagne. Ravenne était un port important sous l'Empire romain et au début du Moyen Âge.

306         28 octobre Maxence, fils de Maximien est proclamé Princeps par les Prétoriens de Rome. Maxence (Marcus Aurelius Valerius Maxentius) fils de Maximien Hercule, il est un usurpateur qui prit le pouvoir à Rome en 306. Il meurt le 28 octobre 312, lors de la Bataille du pont Milvius, près de Rome.

306         octobre Maximien reprend son titre d'Auguste.

307         Maxence prend le titre d'Auguste.

307         Sévère II à la tête de ses armées marche contre Maximien et Maxence.

307         L'armée de Sévère II se rallie à Maxence et à Maximien, Sévère II s'enferme dans Ravenne.

307         Maximien met le siège devant Ravenne.

307         Maximien capture et fait exécuter Sévère II.

307         21 mars Constantin se proclame Auguste par ses troupes.

307         Maxence chasse son père qui rejoint Constantin.

307         25 décembre Constantin épouse la fille de Maximien.

308         Domitius Alexander, gouverneur d'Afrique se fait proclamer Auguste. Histoire de la Tétrarchie, la première Tétrarchie, dominée par Dioclétien, fonctionna parfaitement. Elle est le résultat d'une approche pragmatique de l'imperium par Dioclétien: l'Empire doit faire face à trop de menaces pour être tenu par un seul homme. La tétrarchie n'est pas un système politique à priori mais bien le résultat d'une expérience convaincante. Quand Dioclétien et Maximien prirent leur retraite 20 ans après leur prise de pouvoir au cours d'un fabuleux triomphe, leurs Césars respectifs, Galère et Constance Chlore, les remplacèrent et deux Césars leur furent à leur tout adjoints, respectivement Maximin Daia et Sévère. Mais c'est bien Dioclétien qui oblige Maximien à abandonner le pouvoir pour redevenir un simple particulier, celui ci refuse au fond cette décision. Après le départ de Dioclétien, le système s'affaisse et l'ancien jupitérien doit réintervenir plusieurs fois pour rétablir l'ordre. Mais le système fut perturbé par la mort de Constance Chlore en 306. Constantin Ier et Maxence prirent d'eux-mêmes le pouvoir, l'un en Bretagne, l'autre à Rome, en violation de toutes les règles: c'est un retour à la transmission familiale. Très vite, ils se déclarèrent tous les deux Augustes. Profitant de la défaite de Sévère face à Maxence, alors qu'il tentait de récupérer la zone de l'empire qui lui était dévolue, Maximien reprit son titre d'Auguste et fit exécuter Sévère. Galère, malade, désigna alors Licinius pour remplacer celui-ci. Enfin, Domitius Alexander se fit proclamer en Afrique du Nord. Il y eut donc à un moment sept empereurs à la fois, tous revendiquant le titre d'Auguste. Par la suite, Constantin élimina Maximien, Maxence lors de la célèbre bataille du pont Milvius puis Domitius Alexander. Pendant ce temps, en Orient, après la mort de Galère, Licinius affronta Maximin Daia et finit par l'abattre. En 324, Constantin Ier vint à bout de Licinius.

308         11 novembre Entrevue de Cornuntum où Dioclétien impose Licinius au titre d'Auguste, Maxence est déclaré usurpateur. Licinius (Flavius Galerius Valerius Licinianus Licinius) fut empereur romain de 308-324. Il résida à Nicomédie et régna sur la partie orientale de l'Empire romain. En 313, il publia en commun avec Constantin Ier l'édit de tolérance religieuse, appelé habituellement édit de Milan.

308         GALÈRE & LICINIUS (308-309) (Galerius Valerius Maximianus & Flavius Licianus Lucinius)

308         Licinius Ier fut proclamé directement auguste à la suite de la conférence de Carnuntum le 11 novembre 308. En 313, après le rescrit de Milan, il épousa la demi-soeur de Constantin, Constantia. En 316 eut lieu une première guerre qui opposa Licinius à Constantin et qui se termina par la mort de Valens et la signature d'une paix entre les deux augustes. Le 1er avril 317 furent créés trois césars: Crispus, Constantin II et Licinius II. Une seconde guerre éclata entre Constantin et Licinius en 321 qui se termina par la défaite décisive de Chrysopolis en 324 et la déposition de Licinius qui fut exilé à Thessalonique avant d'être exécuté l'année suivante.

308         Maximin, César de Galère se fait proclamer Auguste en Orient par ses troupes.

308         Galère donne à Maximin Daia le titre de Filius Augustorum.

309         Incendie à Rome suivi de violentes émeutes.

309         Galère reconnaît à Maximin Daia le titre d'Auguste.

309         MAXIMIN, GALÈRE & LICINIUS (309-310) (Galerius Valerius Maximinus, Galerius Valerius Maximianus & Flavius Licinianus Licinius)

309         Maximin Daia, neveu de Galère, est devenu césar le 1er mai 305. Après la mort de Constance Ier Chlore le 25 juillet 306, il n'est pas devenu auguste et est resté subordonné à Galère. À l'issue de la conférence de Carnuntum en novembre 308, il n'est que Filius Augustorum tandis que Licinius Ier devient directement auguste. Ce n'est que l'année suivante que Maximin II prendra le titre d'auguste, titre reconnu par Galère seulement en 310. Après la mort de Galère en mai 311, il est le plus ancien des tétrarques survivants. Il se brouille avec Licinius et Constantin Ier, tandis qu'il essaye de se rapprocher de Maxence. Après 312, Licinius se retourne contre lui et il est finalement éliminé en 313.

309         L'Espagne se soulève contre Maxence et soutient Constantin.

309         Maximien soulève l'armée contre Constantin.

310         L'Espagne sous contrôle de Maxence rejoint Constantin.

310         Galère reconnaît à Constantin le titre d'Auguste.

310         CONSTANTIN, MAXIMIN, GALÈRE & LICINIUS (310-311) (Flavius Valerius Constantinus, Galerius Valerius Maximinus, Galerius Valerius Maximianus & Flavius Licinianus Licinius)

310         Constantin, Caius Flavius Valerius Aurelius Constantinus, né à Naissus (aujourd'hui Nis en Serbie) en 272, proclamé empereur romain en 306 par les légions de Bretagne et mort en 337, est une figure prépondérante du IVe siècle. Fils du César Constance Chlore et d'Hélène, fille du peuple, il rejoignit son père en Bretagne (Grande-Bretagne actuelle) quand celui-ci devint Auguste après l'abdication de Dioclétien et de Maximien Hercule, en 305. Peu après, à la mort de son père à York, le 25 juillet 306, les troupes le proclamèrent César. La troisième tétrarchie comprit ainsi deux Augustes, Galère et Sévère, et deux Césars, Maximin Daia et Constantin. Quelques mois plus tard, comme Maxence, fils de Maximien, avait pris le contrôle de l'Italie et de l'Afrique du nord sous le titre d'Auguste, Constantin épousa la soeur de Maxence, Fausta, et prit lui aussi ce titre. En 310, après des campagnes victorieuses contre les Francs et les Alamans unis aux Bructères, aux Chamaves, aux Chérusques et aux Tubantes, il déjoua un complot de son beau-père, Maximien, qui fut contraint de se tuer. En 311, à la mort de Galère, régnaient quatre Augustes : Maximin Daia, Constantin, Licinius et Maxence. Le 28 octobre 312, il fut vainqueur de Maxence, en remportant la bataille du pont Milvius. Constantin a affirmé avoir vu dans le ciel un signe lumineux, identifié plus tard comme le chrisme, formé des deux lettres grecques Khi (X) et Rho (P), les initiales du mot Christ. Ce signe est depuis un emblème de la Chrétienté combattante, notamment dans l'Empire d'Orient. Certaines sources chrétiennes affirment qu'il s'est converti à ce moment-là. Il fut reçu comme un libérateur à Rome. En 313, il rencontra à Milan Licinius et conclut avec lui un accord de partage de l'Empire. Parmi les mesures prises en commun figurait un édit de tolérance religieuse, appelé habituellement édit de Milan. Les biens des chrétiens qui leur avaient été confisqués leur étaient rendus, leur culte était autorisé, ils n'étaient plus victimes de discriminations. L'édit de Milan ne constitue pas formellement une officialisation du culte chrétien, qui est mis à égalité avec les autres cultes. Après un premier conflit, assez mal connu, en 316, son beau-frère, Licinius, qui avait vaincu Maximin Daia en 313, perdit presque toutes les provinces d'Europe. En 315, Constantin prit le surnom de Grand. En 317, les empereurs désignèrent comme Césars les deux fils de Constantin, Crispus et Constantin, et le fils de Licinius, Licinius le Jeune. C'est vers cette date que Constantin transféra sa capitale à Sirmium, puis à Serdique. À partir de 320, Constantin entra de nouveau en conflit avec Licinius. Afin de favoriser les chrétiens, il abrogea les lois d'Auguste sur le célibat, imposa le repos dominical, autorisa l'affranchissement des esclaves par déclaration dans les églises (333), interdit (325) que l'on sépare les familles lors des ventes, autorisa l'Église à recevoir des legs et accorda le droit aux plaideurs de choisir entre le tribunal civil et la médiation de l'évêque. De plus, il promulgua des lois contre la prostitution des servantes d'auberges, contre les enlèvements, et sur l'humanisation des prisons (326). Enfin de nombreuses lois furent créées afin de lutter contre les relations extra-maritales, là encore pour renforcer le poids du mariage et des cérémonies religieuses chrétiennes autour de ce sacrement. Ainsi, en 329, une loi punit l'adultère d'une femme avec son esclave, en 331, une autre restreint le droit au divorce. En 336, une loi pénalisa la bâtardise. En 324, Licinius fut vaincu à Andrinople, puis à Chrysopolis et fit sa soumission à Nicomédée. Il fut peu après exécuté, ainsi que son fils. L'unité de l'Empire était rétablie. À partir de 324, Constantin transforma la cité grecque de Byzance en une "Nouvelle Rome", à laquelle il donna son nom : Constantinople. Il y installa la capitale, et l'inaugura en grande pompe après douze ans de travaux, en 330. Constantin vient donc de préparer sans le savoir deux premiers éléments de la chute de l'Empire Romain : la perte de l'unicité de référence en matière de règlement des conflits, et la création de ce qui va devenir la capitale du futur empire romain d'Orient, qui survivra mille ans à celui d'Occident et développera (ou conservera, selon les points de vue) une ligne distincte de celui d'Occident lors du schisme de 1054. Constantin institua une nouvelle monnaie d'or, le solidus dont la stabilité et l'abondance fut assurée aux confiscations qu'il fit des importants stocks d'or des temples païens. Le nom du solidus déformé en sou se maintint jusqu'à la Révolution française. Par contre, la dévaluation des monnaies d'argent et de bronze aggrava l'inflation et l'appauvrissement des couches modestes de la population. Constantin entreprit la construction de nombreuses églises, entre autres la célèbre basilique constantinienne, ou basilique du Latran et l'"Église d'or" à Antioche. Voulant mettre fin à la querelle qui divisait les chrétiens à propos du rapport entre le Fils et le Père, il convoqua et présida un concile oecuménique le 20 mai 325 dans la ville de Nicée, en Bithynie. La conception inspirée par les thèses du prêtre Arius (subordination du Fils au Père) y fut condamnée. La plupart des 250 ou 300 évêques présents signèrent un "symbole" (= un accord) comportant le credo encore en usage aujourd'hui dans la plupart des Églises. Constantin se chargea d'appliquer les décisions du concile de Nicée en faisant chasser de leurs sièges les évêques "ariens" (on dit aussi "homéens" ; ceux qui ont accepté le credo sont appelés "orthodoxes", "nicéens" ou "homoousiens"). Mais, à la fin de sa vie, Constantin se rapprocha des ariens et c'est leur chef, Eusèbe de Nicomédie, qui organisa son baptême, sur son lit de mort. En 326, Constantin fit périr son fils ainé Crispus, puis son épouse Fausta. On ignore les raisons de ces exécutions, qui ne sont peut-être pas liées entre elles, mais on a évoqué un adultère ou une dénonciation calomnieuse de la part de Fausta. Il mena campagne contre les Goths, leur imposa la paix en 332, puis se porta contre les Sarmates du moyen Danube. En 337, il venait de déclencher un conflit avec la Perse Sassanide de Sapor II et s'apprêtait à mener une expédition contre cet empire, quand il mourut subitement près de Nicomédie. Il est considéré comme saint par les orthodoxes et les catholiques, pour avoir fait du christianisme la religion officielle de l'Empire. Son neveu Julien l'Apostat empereur en 361 tentera d'effectuer un retour aux dieux traditionnels, mais qui ne durera pas après sa mort en 363.

310         Maximien reprend son titre d'Auguste.

310         Suicide de Maximien.

311         Maxence s'empare de Carthage et mort de Domitius Alexander (usurpateur depuis 308).

311         30 avril Édit de tolérance de Galère envers les chrétiens.

311         5 mai Mort de Galère, Maximin Daia récupère sa part d'Empire.

311         CONSTANTIN, LICINIUS & MAXIMIN (311-313) (Flavius Valerius Constantinus, Galerius Valerius Maximianus & Flavius Licinianus Licinius)

311         Valéria, fille de Dioclétien et veuve de Galère refuse d'épouser Maximin Daia.

311         Maximin condamne Valéria et sa mère à l'exil en Syrie.

312         Guerre de Maxence contre Licinius et Constantin.

312         Victoire de Constantin à Turin et à Vérone contre Maxence.

312         28 octobre Mort de Maxence lors de la bataille du pont Milvius près de Rome. L'empereur romain Constantin bat son rival Maxence sur le pont de Milvius à trois kilomètres de Rome. La légende veut que Constantin eu la vision d'une croix dans le ciel peu avant la bataille où il y était écrit en grec "en toutô nika", "triomphe par ceci". Cette apparition incita le monarque à placer des chrismes sur les boucliers de ses soldats pour les protéger. La victoire contre Maxence le réconforte dans son idée. Dès lors Constantin choisit de défendre le christianisme. La Bataille du pont Milvius opposa le 28 octobre 312 l'Auguste de l'Ouest Constantin à Maxence. La victoire de celui qui allait devenir l'empereur de Rome Constantin le Grand consacre le début d'une nouvelle ère pour l'empire tout entier. Le conflit prend sa source dans l'opposition entre les deux Césars de l'Ouest qu'étaient Constantin et Maxence. Le premier, fils de l'empereur Constance Chlore, règne depuis la mort de celui-ci en 306 sur les provinces de l'ouest de la Gaule et la Bretagne. Le second est le fils du Tétrarque Maximien et le gendre de Galère. Les deux hommes ont également un lien de parenté direct, puisque Constantin était depuis 307 l'époux de Fausta, soeur de Maxence.

312         Conversion de Constantin au christianisme, qui devient la religion officielle des romains. Il fut vainqueur de Maxence, en remportant la bataille du pont Milvius. Constantin a affirmé avoir vu dans le ciel un signe lumineux, identifié plus tard comme le chrisme, formé des deux lettres grecques Khi (X) et Rho (P), les initiales du mot Christ. Ce signe est depuis un emblème de la Chrétienté combattante, notamment dans l'Empire d'Orient. Certaines sources chrétiennes affirment qu'il s'est converti à ce moment-là. Il fut reçu comme un libérateur à Rome.

312         29 octobre Entrée de Constantin à Rome.

312         Constantin est nommé premier Auguste par le Sénat.

313         février Rencontre de Milan entre Constantin et Licinius.

313         février Mariage de Licinius et Constantia, demi-soeur de Constantin.

313         30 avril Défaite et fuite de Maximin à Tzirallum (Thrace) face à Licinius.

313         13 juin Édit de Milan venant confirmer la liberté de culte pour les chrétiens et la restitution des biens confisqués. L'édit de Milan confirme la liberté de culte pour les chrétiens et la restitution des biens chrétiens confisqués. Il autorise l'exercice public de la religion chrétienne. La liberté religieuse devient totale dans l'Empire romain. C'est la reconnaissance officielle du culte chrétien. Licinius, qui contrôlait déjà les Balkans et qui rêvait de conquérir l'Orient gouverné par Maximin Daia, conclut à Milan un pacte d'alliance avec Constantin. Maximin avait longtemps poursuivi la politique de répression envers les Chrétiens, très nombreux dans la partie orientale de l'Empire. Mais aussi bien lui que son nouvel allié avaient tout intérêt à rallier ces activistes à leur cause. Constantin et Licinius accordèrent donc aux Chrétiens la liberté de célébrer leur culte. On leur rendit également leurs églises et leurs terres. Ce fut ce qu'on appela "l'Édit de Milan", même si, en fait, aucun "édit", de tolérance ou autre, ne fut signé à Milan en 313. Il s'agissait seulement d'une déclaration de principe faite par deux gouvernants païens (Constantin n'était encore ni baptisé ni converti), une arme de propagande, destinée à se procurer des intelligences en territoire ennemi. Édit de Constantin, par l'édit de Milan de 313, promulgué par les empereurs Constantin Ier et Licinius, chacun peut "adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel" ; il accorde la liberté de culte à toutes les religions et aux chrétiens entre autres. Cette légalisation permet aux premières basiliques dans l'Empire Romain de voir le jour. Après l'édit de Milan, les chrétiens constituent en Orient de petites communautés, plus ou moins indépendantes les unes des autres, surtout situées dans les cités. Chaque cité a son évêque, désigné par le peuple chrétien (en fait par le clergé et les notables), son clergé majeur (prêtres, diacres, sous-diacres) et mineur (lecteur, portiers, fossoyeurs), ses femmes consacrées (diaconesse). En Égypte le christianisme a déjà profondément pénétré dans les villages. L'Église calque alors son organisation sur celle de l'Empire (principe d'accommodement) : les cités sont regroupées en provinces ecclésiastiques dirigées par un évêque métropolitain. En Dacie, cet édit a une moindre importance, car la Dacie vie de façon libre le christianisme depuis la retraite romaine de 256. Le grand port de la Mer Noire est nommée Constanţa en hommage à la fille de Constantin Ier, car cette ville possède une activité chrétienne très importante déjà depuis longtemps, plus de 14 Épiscopats (évêques) dans la seule ville Constanta, et la ville fut nommée "mitropolie", c'est-à-dire une éparchie (équivalent d'un Diocèse). Il donne également le nom à la ville Constantinople. Il ne faut donc pas considérer ce fameux "Édit de Milan" comme l'expression du "Triomphe de la Croix" ou encore comme une preuve de la vérité de la Foi victorieuse des ténèbres du paganisme ! Le paganisme désigne l'ensemble des religions des païens. Les chrétiens de la partie occidentale de l'Empire romain ont appelé "païens", tous ceux qui, en dehors des juifs, pratiquaient un autre culte que le leur. Paganisme. Les premiers chrétiens désignent ainsi les religions polythéistes, c'est-à-dire la croyance en plusieurs dieux, à l'instar des civilisations de l'Antiquité. Les adeptes du paganisme sont appelés les païens.

313         août Mort de Maximin.

313         CONSTANTIN & LICINIUS (313-324) (Flavius Valerius Constantinus & Flavius Licinianus Licinius)

314         Valéria et sa mère sont exécutées à Thessalonique sur les ordres de Licinius. Thessalonique ou Salonique est une ville de Grèce, située au fond du golfe Thermaïque.

314         Concile d'Arles des églises chrétiennes. Concile d'Arles de 314, Ayant reconnu la religion catholique (Edit de Milan en 313), Constantin Ier organise en véritable chef de l'église un Concile à Arles, le 1er août 314 pour y faire condamner le donatisme. Ce concile se déroule dans une église construite sur un ancien temple antique dédié à la Bonne Déesse et devenue depuis Sainte Marie Majeure et plus tard Notre Dame de la Major. Les pères conciliaires condamnent le donatisme, et tout en regrettant "l'absence" du pape Sylvestre qui a réussi à se défiler, ils estiment néanmoins utile de lui faire part des nombreuses décisions qu'ils ont prises et lui demandent de tout entériner, même si en l'occurrence, il n'a pas eu voix au chapitre. Comme les évêques réunis à Arles sont assurés du soutien de Constantin, le pape signe le tout. Ceci constitue une preuve évidente qu'à cette époque, l'autorité des conciles est supérieure à celle du pape.

316         Exécution de Bassianus par Constantin, marquant la rupture entre les 2 Augustes. Bassianus, il était le récent beau-frère de Constantin et un ami de Licinius. Début octobre 316, Licinius entra en guerre avec une très grosse armée pour le venger.

316         8 octobre Défaite de Licinius à Vukovar (Pannonie) face à Constantin.

316         octobre Licinius nomme Valens, son général, Auguste pour remplacer Constantin.

316         novembre Défaite de Licinius au Campus Ardiensis (Thrace) face à Constantin. Licinius poussé par son César Valens engage des hostilités contre Constantin. Ce dernier le rencontre près de Philipoppolis et l'oblige à faire exécuter Valens.

316         novembre Exécution de Valens demandée par Constantin à Licinius.

316         Édit de Constantin en faveur des esclaves : il devient interdit de les punir par la crucifixion et de les marquer au fer rouge au visage (ils peuvent être marqués ailleurs ou porter un collier inamovible.

317         1er mars Les fils de Licinius et Constantin sont nommés César.

317         Constantin associe son fils Crispus au trône. Crispus, Crispus Flavius Julius, fils aîné de l'Empereur Constantin et de Minervina.

320         Défaite des Francs sur le Rhin face à Crispus.

320         Chandragupta Ier (319-330) fonde la dynastie des Gupta dans l'Inde du Nord. D'origine scythe, il aurait assassiné le roi de Pataliputra Sundara-varman et exilé son fils. Il épouse la princesse Licchavi Kumâradevî et rétablit l'empire. Des pièces de monnaies sont spécialement frappées pour commémorer l'événement. L'empire de Chandragupta englobe le Magadha et le Kosala (Bihâr actuel et bassin du Gange jusqu'à la Jumnâ). Les Kusana sont refoulés sur le Gandhara. Les Gupta sont une dynastie qui régne sur le nord de l'Inde du milieu du IIIe siècle à 535. Leur origine reste mystérieuse et il est probable qu'ils aient été tout d'abord un clan de râjas à la tête de petits états dans la vallée du Gange et de ses affluents.

321         Constantin accorde à l'église le droit de recevoir des héritages.

321         Adoption du dimanche comme jour de repos. La semaine a pour origine la pratique juive du Shabbat, qui a elle-même pour origine le récit de la Création du monde dans la Genèse. 7 jours correspondent approximativement à un "quartier" de lune. 13 semaines constituent une "saison" de 91 jours ; l'année de 365 jours comprend 4 "saisons" plus un jour, soit 52 semaines plus un jour. Les Égyptiens, les Chinois et les Grecs groupaient les jours en décades. La première mention d'une semaine de sept jours apparaît dans la Bible des Hébreux, qui en attribue elle-même l'origine aux Chaldéens. Cette durée est à peu près celle d'une phase de la Lune. En Mésopotamie, le nombre sept était considéré comme néfaste et il était recommandé de ne rien entreprendre les 7, 14, 21 et 28 du mois. En Occident, l'emploi du découpage en semaines date seulement du IIIe siècle après J. C. L'adoption du dimanche comme jour de repos, quant à lui, est dû à un décret de l'empereur Constantin Ier en 321. Dimanche est le nom du dernier jour de la semaine. Ce mot est issu du latin dies Dominicus, signifiant "jour du Seigneur". Les Romains associaient ce jour au Soleil. L'adoption du dimanche comme jour de repos dans la culture latine remonte à un décret de l'empereur Constantin Ier, le 7 mars 321: "Au jour vénérable du soleil, que les magistrats et les habitants se reposent et que tous les ateliers soient fermés". Prétextant que ce jour est le jour de la résurrection du Christ, "soleil des chrétiens", il l'imposa aussi aux chrétiens de Rome. Par ce décret, il établissait un véritable syncrétisme entre les 2 principales religions de Rome et de l'empire. Ses successeurs, face à la résistance de beaucoup de chrétiens restés fidèles au Sabbat divin, finirent par le rendre obligatoire dans tout l'empire romain. Les persécutions débutaient à présent, entre croyants au même Dieu !     

322         Victoire de Constantin contre les Sarmates à Campona. Les Sarmates sont un ancien peuple scythique de nomades des steppes, appartenant sur le plan ethno-linguistique au rameau iranien septentrional du grand ensemble indo-européen. Ils étaient établis à l'origine entre le Don et l'Oural.

323         Constantin entre sur les terres de Licinius.

324         3 juillet Défaite de Licinius face à Constantin à Andrinople. Licinius se réfugie à Byzance.

324         Défaite navale de Licinius à Byzance qui prend la fuite.

324         18 septembre Défaite de Licinius à Chrysopolis qui se réfugie à Nicomédie.

324         septembre Capitulation de Licinius à Nicomédie, marquant la restauration de l'unité de l'Empire.

324         CONSTANTIN (324-337) (Flavius Valerius Constantinus)

324         Constantin choisit Byzance pour capitale.

324         8 novembre Constantin nomme Constance, son troisième fils, césar.

325         mars Exécution de Licinius sur ordre de Constantin.

325         Constantin Ier convoque et préside le concile oecuménique mondial des évêques à Nicée, en Asie Mineure. Le Concile s'ouvre le 20 mai en présence de 318 évêques et de légats du pape Sylvestre Ier. * Les quatre évangiles de Luc, Marc, Matthieu et Jean sont seuls retenus. Les autres dits évangiles apocryphes sont détruits. Certains d'entre eux, cachés, ne seront redécouverts qu'au XXe siècle. * L'arianisme est déclaré hérétique, l'identité de nature de Dieu et du Christ ayant été reconnue au cours du concile. Arius est exilé provisoirement ainsi qu'Eusèbe de Césarée. * Publication du Symbole de Nicée qui est le texte du Credo. * L'Église catholique fixe définitivement la fête de Pâques au premier dimanche après la pleine lune de printemps. Premier concile de Nicée, à Nicée se tint en 325 le premier concile oecuménique. Cela signifie qu'il réunissait toutes les Églises. En effet, chaque patriarcat était indépendant et disposait de son propre magistère en sorte qu'un excommunié dans un patriarcat pouvait faire lever son excommunication dans le patriarcat voisin, ce qui ne manquait pas de se faire. L'empereur romain Constantin Ier convoque le concile. Il s'agit de réunir un tribunal afin de juger Arius. L'effet en sera la création d'une orthodoxie contre une hérésie conçue comme devant être éradiquée. Après plusieurs mois au cours desquels les évêques ne parvinrent pas à se mettre d'accord sur un texte décidant de la nature de la Trinité, l'empereur menaça les 14 récalcitrants. Trois restèrent fidèles à leur conception des choses dont Arius. Ces trois là furent excommuniés. Nicée est une ville d'Anatolie (Turquie) connue surtout pour deux conciles du début de l'histoire de l'église chrétienne.

326         Arrestation de Crispus à Pola accusé d'avoir voulu abuser de l'impératrice, Fausta.

326         Crispus est empoisonné sur le chemin de Rome.

326         26 juillet Fêtes à Rome pour les vingt ans de règne de Constantin.

326         Adultère de l'impératrice avec un esclave (crime normalement puni de mort).

326         L'impératrice est retrouvée morte, ébouillantée dans son bain.

327         Construction de la Basilique Saint-Pierre à Rome. La basilique Saint-Pierre de Rome ou plus exactement du Vatican se trouve sur la rive droite du Tibre. C'est le plus important édifice religieux du catholicisme, tant en terme de volume que de renommée. Ce n'est pas une cathédrale puisque l'évêque de Rome siège à Saint-Jean de Latran, en revanche, c'est l'église du pape. La basilique est l'oeuvre de plusieurs siècles. Elle commence par être un petit monument commémoratif à l'endroit où Saint Pierre aurait été martyrisé, non loin du cirque de Néron. Puis, à partir de 324, l'empereur Constantin Ier fait bâtir une grande basilique. Au XVe siècle, le monument menace de tomber en ruine, et les papes décident de le raser pour en construire un nouveau. La construction de l'édifice actuel a débuté le 18 avril 1506 sous le règne de Jules II pour s'achever en 1626 sous celui de Paul V.

330         11 mai Fondation de Constantinople sur le site de Byzance. Elle devient officiellement la seconde capitale de l'Empire. Constantinople, fondée en 324 par Constantin le Grand sur le site de l'antique colonie grecque de Byzance, est inaugurée. Elle supplante rapidement Rome par sa richesse et le nombre d'habitants qui y vivent. En 395, elle deviendra la capitale de l'Empire romain d'Orient (ou Empire byzantin) et, à la chute de celui-ci en 1453, celle de l'Empire ottoman. Constantinople est l'ancien nom de l'actuelle ville d'Istanbul en Turquie. Son nom original, Byzance, reste largement utilisé.

331         Incursions de Goths sur le Danube.

333         Constantin donne à son fils Constantin II le gouvernement de la Gaule. Constantin II (né le 7 août 314 à Arles, mort en 340) est le fils de l'empereur Constantin Ier, qui le proclame César en 317, il fut empereur romain de 337 à 340.

333         Constantin donne à son fils Constance II le gouvernement de l'Égypte et l'Asie à Antioche. Constance II, (7 août 317 - 3 novembre 361), empereur romain de 337 à 361. On l'appelle souvent simplement "Constance" : son grand-père, Constance Ier est généralement appelé Constance Chlore.

333         25 décembre Constantin élève Constant au rang de César. Constant fut empereur romain de 337-350.

334         Invasion de l'Arménie par les armées Perses.

335         Constantin, soucieux de régler sa succession, divise l'empire entre ses trois fils et deux de ses neveux, Delmatius et Hanniballianus. Constantin II, l'aîné, devait recevoir la Bretagne, la Gaule et l'Espagne ; Constance, l'Asie, la Syrie et l'Égypte ; Constant, l'Italie, l'Illyricum et l'Afrique ; Delmatius, les Balkans ; Hanniballianus l'asie orientale avec le titre de roi.

337         3 avril Constantin tombe malade lors de la célébration de Pâques.

337         22 mai Mort de Constantin, les 3 fils de Constantin se partagent l'Empire, Constant & Constantin II l'Occident et Constance l'Orient.

337         CONSTANTIN II, CONSTANT & CONSTANCE II (337 à 340) (Flavius Claudius Constantinus, F. Julius Constans & Flavius Julius Constantius)

337         Constantin II naquit le 7 août 314 à Arles. Fils de l'empereur Constantin Ier, qui le proclame César en 317, il fut empereur romain de 337 à 340. En 332, il dirige une expédition militaire victorieuse contre les goths. En 335, son père donne des responsabilités à ses trois fils, Constantin II, Constance II et Constant et à ses deux neveux Dalmatius et Hannibalien. En 337, à la mort de l'empereur Constantin, ses fils massacrent ses neveux et se partagent l'Empire. Le 9 septembre 337 Constantin II est déclaré Auguste par le Sénat, avec ses frères Constance II et Constant. Constantin II avait les provinces de Bretagne, de Gaule et d'Espagne; Constance II, les provinces d'Asie, d'Orient, de Pont et de Thrace et Constant, celles d'Italie, d'Afrique, de Pannonie, de Dacie et de Macédoine. Constantin II et Constant ne purent s'entendre. Voulant prendre l'Italie à Constant, Constantin II fut tué, en avril 340, à la bataille d'Aquilée. Ses provinces passèrent à Constant.

337         Constant était né en 320 et reçut le titre de césar le 25 décembre 333. Auguste après le 9 septembre 337 avec ses deux autres frères, Constantin II et Constance II, il ne tarda pas à se fâcher avec son frère aîné qui périt en avril 340. Après la mort de son frère, Constant récupéra l'héritage de Constantin II et eut en charge l'Occident. Une maiorina fut frappée à l'occasion du 1100ème anniversaire de Rome en 348, rappelé par la légende de revers "le Retour des Temps Heureux". Constant fut assassiné au début de l'année 350. La maiorina est une nouvelle monnaie créée en 348 par les co-empereurs.

337         Constance II est né le 7 août 318 à Sirmium. Il est élevé au césarat le 8 novembre 324 à l'âge de six ans. Il va régner trente-sept ans, l'un des plus longs règnes du IVe siècle. Après avoir écrasé la révolte de Magnence, il est seul auguste avec un césar, Constance Galle, qu'il fait exécuter en 354. Le 6 novembre 355, il élève son cousin Julien au titre de césar. Il se rend à Rome en 357, puis à Sirmium dont il fait sa capitale. Devant le danger sassanide, il quitte cette région en 359 et s'installe à Antioche. Julien est proclamé auguste en février 360. Constance meurt le 3 novembre 361, laissant Julien à la tête de l'Empire.

337         Assassinat de Delmace, et Jules Constance, neveu et demi-frère de Constantin. Jules Constance, Julius Constantius, né entre 294 et 300 fut le père de l'empereur romain Julien et de Gallus. Il était l'un des enfants que Constance Chlore eut de Théodora après avoir répudié sa première épouse, Hélène, mère de Constantin Ier.

337         9 septembre Entrevue de Viminacium entre les trois frères pour le partage de l'empire.

337         Attaques de Sapor II (roi sassanide de Perse) contre l'Empire en Mésopotamie.

339         Saint Martin offre la moitié de son manteau à un pauvre près d'Amiens. Saint Martin, Martin de Tours (né en 315 ou 336 à Sabria en Hongrie, mort à Tours en 397) fait partie des Pères de l'Église. Fils d'un officier romain il s'engage à 15 ans dans la cavalerie impériale romaine. Le partage de son vêtement avec un autre pauvre mendiant ainsi que la vision céleste le menant au baptême sont célèbres. Ayant quitté l'armée il se met sous la direction de saint Hilaire, l'évêque de Poitiers. Après avoir vécu 10 ans en ermite il fonde le premier monastère de la Gaule à Ligugé près de Tours ; nommé évêque de Tours en 372, il fonde un centre monastique à Marmoutier où il passe ses loisirs tout en gouvernant son diocèse avec zèle. Il est l'évêque, qui le premier, évangélise les campagnes, y créant partout des églises. Il meurt le 8 novembre 397.

339         Victoire de Constant contre les Sarmates.

340         Constantin II marche sur Rome (appartenant à son frère Constant).

340         mars-avril Défaite et mort de Constantin II face à Constant qui devient maître de l'Occident.

340         CONSTANT & CONSTANCE II (340 à 350) (Flavius Julius Constans & Flavius Julius Constantius)

340         Constant fut empereur romain de 337-350. Troisième fils de l'empereur Constantin Ier, qui le proclame César, en 323, après la soumission de Licinius à Nicomédie. En 335, son père donne des responsabilités à ses trois fils, Constantin II, Constance II et Constant et à ses deux neveux Dalmatius et Hannibalien. En 337, à la mort de l'empereur Constantin, ses fils massacrent ses neveux et se partagent l'Empire. Le 9 septembre 337, Constant est déclaré Auguste par le Sénat, avec ses frères Constantin II et Constance. Constant, avait les provinces d'Italie, d'Afrique, de Pannonie, de Dacie et de Macédoine; Constantin II avait les provinces de Bretagne, de Gaule et d'Espagne, et Constance II, les provinces d'Asie, d'Orient, de Pont et de Thrace. Constantin II et Constant ne purent s'entendre. Voulant prendre l'Italie à Constant, Constantin II fut tué, en avril 340, à la bataille d'Aquilée. Ses provinces passèrent à Constant. En 341 et 342, Constant entreprit peut-être (le fait est contesté) des campagnes contre les Francs et en 343 contre les Pictes et les Scots. Constant a persécuté les païens et les donatistes. Il interdit en particulier les sacrifices païens et la pratique de la magie en 341 et renouvelle cette interdiction en 346 avec son frère Constance II qui gouverne l'Orient. En janvier 350, Constant fut victime d'une conspiration militaire. À Autun, un officier, Magnence, fut proclamé empereur. Peu après, Constant fut tué par les hommes de Magnence près d'Elne.

340         Constance II, né en 317, empereur romain de 337 à 361. On l'appelle souvent simplement "Constance" : son grand-père, Constance Ier est généralement appelé Constance Chlore, et Constance III est un éphémère empereur romain du Ve siècle. Troisième fils de Constantin Ier (après Crispus et Constantin II), il partagea d'abord le pouvoir avec ses frères Constantin II et Constant, en se chargeant de la part orientale de l'empire. Après la mort de Constantin II en 340, il continua à gouverner à partir d'Antioche cette zone, tout en menant une longue guerre contre la Perse. En 350, Constant fut détrôné par l'usurpateur Magnence et tué peu après dans les environs d'Elne. En 351, Constance II nomma César en Orient son neveu Gallus. Pour arrêter les progrès de Magnence, une fille de Constantin Ier provoqua le soulèvement d'un général pannonien, Vetranio, qui se fit empereur à Mursa. Constance II quitta l'Orient et Vetranio se soumit aussitôt. La rencontre avec Magnence eut lieu au cours de la bataille de Mursa, en septembre 351, bataille qui fut pour Rome un irréparable désastre, toutes ses meilleures forces étant détruites. Magnence battu se suicida. Constance II conquit l'Italie en 352 et la Gaule en 353. L'ensemble de l'empire fut ainsi réuni sous son autorité. En 354, mécontent de la manière de gouverner de son neveu Gallus, il le fit exécuter. En 355, il envoya le demi-frère de Gallus, Julien, le représenter en Gaule, avec le titre de César, pendant que lui-même résidait à Milan, inquiet du danger Alaman. En 357, il vint visiter Rome, qu'il ne connaissait pas, puis conduisit une offensive contre les Sarmates et enfin contre les Perses. Mais en 360, à Lutèce, les troupes de Gaule proclamèrent Julien Auguste, c'est-à-dire empereur à part entière. Constance II dut se porter contre lui, quand, en 361, en cours de route, il mourut subitement, après avoir reçu, comme son père, le baptème d'un prête arien, léguant le trône à son compétiteur. Beaucoup moins connu que Constantin Ier (et que Julien), Constance a eu cependant un long règne. Ce fut sans doute lui qui rendit impossible le retour de l'empire au paganisme. Il organisa soigneusement l'administration et, malgré des déboires, parvint à protéger l'empire contre les attaques qui menaçaient celui-ci sur deux fronts, du côté de la Perse et du côté du Rhin. Sous certains aspects, c'est le premier empereur byzantin.

340         à 397 - naissance et mort de Saint Ambroise. Père et docteur de l'Église. Saint Ambroise, évêque de Milan (de 374 à 397) est l'un des Pères de l'Église latins. Il est connu en tant qu'écrivain et poète, quasi fondateur de l'hymnodie latine chrétienne et lecteur de Cicéron et des Pères grecs, dont il reprend les méthode d'interprétation allégoriques. Il est aussi l'un des protagonistes des débats contre l'arianisme. C'est auprès de lui que saint Augustin se convertit au christianisme.

341         Campagne de Constant contre les Francs sur le Rhin.

348         à 410 - naissance et mort de Prudence. Poète latin chrétien, né à Calahorra (Espagne) en 348. Il remplit diverses fonctions à la cour de l'empereur Honorius, et écrivit contre Symmaque, le dernier militant du paganisme, deux livres qui nous sont parvenus (385 et 388). Il mourut vers 410, sans doute en Espagne. On a de lui, outre les deux ouvrages cités, plusieurs recueils, dont les principaux sont de caractère lyrique (Cathemerinon, hymnes pour les diverses heures du jour; Peristephanon, hymnes en l'honneur des martyrs) et didactique (Apothéose, Hamartigénie). Enfin, dans la Psychomachie, il a créé le poème allégorique, dont la vogue a été si grande au Moyen Âge.

350         18 janvier Une conspiration de Marcellus (agent de Magnence), à Autun porte Magnence au pouvoir, Constant prend la fuite. Magnence, officier d'origine franque par sa mère, proclamé empereur à Autun, soulève une partie de l'armée et renverse l'empereur Constant Ier. Il prend le contrôle de la partie occidentale de l'Empire romain. Constant Ier doit prendre la fuite et est assassiné à Elne, au pied des Pyrénées. Magnence, (Flavius Magnentius), tyran, né en Germanie. Il fut fait prisonnier fort jeune et prit du service chez les Romains où il devint capitaine des gardes de l'empereur Constant. Il se fit proclamer empereur à Augustodunum (Autun) en 349, et battit Constant qui périt dans sa fuite 350. Marchant sur Rome, il y défit et tua Népotien, autre usurpateur, et proposa à Constance II de le reconnaître empereur d'Occident. Celui-ci pour toute réponse marcha contre lui, le battit à Mursa sur la Drave en Illyrie et le contraignit à prendre la fuite. Magnence se donna la mort à Lyon, en 353.

350         27 février Constant est capturé et exécuté à Helena (Elne).

350         CONSTANCE II (350 à 361) (Flavius Julius Constantius)

350         1er mars Le Général Vetranio, chef de la milice se fait proclamer empereur en Pannonie. Vetranio, géneral des légions du Danube, Vetranio se souleva en 350 contre Constance II lors de la révolte de Magnence. Ils firent un pacte et marchèrent sur Constance II. Mais celui-ci fit un "pacte secret" avec Vertanio en lui disant qu'il était prêt à partager l'empire et pour négocier il l'invita en Mésie (actuelle Serbie). Mais les légions de Vetranio furent soudoyées et changèrent de camp. Contraint de se rendre il fut exilé à Prusa en Turquie.

350         1er juin Népotien, petit-neveu de Constantin marche sur Rome. Usurpation de Népotien à Rome pendant 28 jours. Il est le fils d'Eutropia l'une des soeurs de Jules Constance. Népotien est battu et tué par Marcellus, agent de Magnence. Népotien, (Flavius Popilius Nepotianus), neveu de Constantin Ier et consul en 336. Il se fit proclamer empereur en 350 et vainquit Anicet, préfet du prétoire de Magnence. Il fut battu lui-même sous les murs de Rome par Marcellin, général de Magnence, et fut mis à mort après 23 jours de règne.

350         3 juin Népotien se fait proclamer empereur.

350         30 juin Marcellus entre dans Rome et exécute Népotien.

350         25 décembre Les troupes du Général Vetranio se rallient à Constance; Vetranio abdique.

350         Les Huns envahissent la Perse et l'Inde.

351         Magnence élève son frère Decentius au rang de César; il est chargé de défendre la Gaule.

351         Constance II élève Gallus, fils de Jules Constance, au rang de César. Gallus, Flavius Claudius Constantius Gallus (325/326-354) est un empereur romain du IVe siècle.

351         15 mars Constance II confie la direction de l'Orient à Gallus.

351         Départ de Constance II pour lutter contre les usurpateurs.

351         Silvanus trahit Magnence pour rejoindre Constance II. Claudius Silvanus (- 7 septembre 355) était un général romain d'ascendance franque qui a été empereur en Gaule pour 28 jours en 355.

351         28 septembre Constance II remporte la victoire contre Magnence à Mursa (Illyrie).

352         Prise d'Aquilée par Constance II.

352         Affrontement entre Magnence et Constance II en Gaule Cisalpine.

352         Incursion de Francs et d'Alamans en Moselle.

353         Constance remporte la victoire contre Magnence à Mons Seleucus.

353         10-11 août Suicide de Magnence à Lyon.

353         18 août Suicide de Decentius, frère et César de Magnence à Sens.

353         Constance II nomme son cousin Gallus César en Orient.

353         à 431 - naissance et mort de Saint Paulin, évêque de Nole, est un poète latin né à Bordeaux en 353, mort à Rome en 431. Avec Prudence, saint Paulin de Nole est l'un des plus grands poètes latins chrétiens. On a conservé de lui 35 poèmes, très élégants, la plupart en hexamètres dactyliques. Parmi ceux-ci, il y a des "Laudes" annuelles en l'honneur du saint patron de Nole, Félix et trois paraphrases de Psaumes (genre littéraire qui aura une grande postérité). Paulin de Nole est aussi l'auteur d'un ensemble de 49 lettres de forme très ornée, témoignant de sa piété et de sa sensibilité personnelle, ainsi que du goût littéraire de l'époque.

354         Condamnation et exécution de Gallus pour les crimes commis dans l'exercice du pouvoir.

354         à 430 - naissance et mort de Augustin d'Hippone, Saint Augustin. Père de l'Église latine et théologien. Saint Augustin dans 'Les confessions' décrit sa conversion au christianisme avec une sincérité qui vaut plus que beaucoup de biographies. Le jeune Augustin est attiré par la philosophie, et se rapproche des mouvement manichéens, avant de se tourner vers le néoplatonisme, mais c'est sous l'influence de la pensée de Saint Ambroise qu'il décide de devenir prêtre. Écrivain fécond et actif, il déploie une intense activité de prédicateur, d'organisateur des communautés et de lutte contre les hérésies. La doctrine d'Augustin s'appuie sur la foi en Dieu mais ne combat pas la raison. Elle est une méditation de l'intelligence sur la création, le bien et la vertu. Les livres de Saint Augustin sont de nos jours autant lus par les esprits religieux que par les philosophes laïcs.

354         Le pape Libère fixe la date de la naissance du Christ, le 25 décembre. Aucun texte dans les évangiles ne précise la période de l'année où a eu lieu cet événement. C'est le pape Libère qui décide en 354 que Noël sera fêté le 25 décembre et qui codifie les premières célébrations pour pouvoir assimiler les fêtes populaires et païennes célébrées autour du solstice d'hiver. Libère (Liberius) fut évêque de Rome (pape) de 352 à sa mort en 366. Il succédait à Jules Ier et fut élu le 17 mai 352. Il fut le premier a désigner Rome comme le siège apostolique. La Vierge Marie lui apparut dans un rêve dans la nuit du 4 et du 5 août, lui demandant de construire une chapelle. La même nuit, selon l'histoire ecclésiastique, il y eut une chute de neige miraculeuse sur les sept collines de Rome. Il acheva la construction de la basilique Sainte-Marie-Majeure deux années plus tard. Il combattit sans succès l'arianisme de l'empereur Constance, mais dut céder. Il eut à chasser l'antipape Félix II. À sa mort en 366, son trône fut réclamé par Damase Ier et Ursin. C'est Libère qui, selon la tradition, aurait en 354 fixé le jour de la naissance du Christ au 25 décembre.

355         Silvanus est accusé d'avoir fomenté un complot contre Constance II.

355         11 août Le chef franc Silvanus se fait proclamer empereur par ses troupes à Cologne.

355         septembre Assassinat de Silvanus par des hommes de Constance II.

355         Nouvelles invasion germaniques jusqu'en Gaule (Troyes, Lens, Autun...).

355         6 novembre Constance II nomme Julien (son cousin) César en Gaule. Julien : Flavius Claudius Julianus (331 - 363), nommé Julien l'Apostat par la tradition chrétienne, fut César en Gaule (355-361), puis empereur romain à part entière (361-363).

355         novembre Julien épouse Hélène, fille de Constance II.

355         1er décembre Julien quitte Rome pour prendre ses fonctions en Gaule.

356         24 juin Julien disperse les Alamans qui assiégeaient Autun.

356         Julien s'empare de Brumath. Brumath est une commune française, située dans le département du Bas-Rhin et la région Alsace.

356         Julien s'empare de Cologne.

357         Victoire de Julien face aux Germains près de Strasbourg.

357         4 avril Constance II accorde à Julien le commandement suprême des opérations en Gaule.

357         28 avril arrivée de Constance II à Rome.

358         Capitulation des Francs face à Julien en Belgique.

358         Intervention de Julien en Rhénanie. La Rhénanie est une région de l'ouest de l'Allemagne. Elle doit son nom au Rhin, qui la traverse.

359         Campagne de Constance II contre les Perses.

359         Constance II rappelle Julien et ses légions en Orient en renfort contre les Perses.

360         Victoire de Julien contre les Alamans.

360         février Proclamation de Julien au rang d'Auguste par ses troupes à Lutèce.

360         Constance II refuse de reconnaître le titre d'Auguste à Julien.

361         Julien à la tête d'une armée marche contre Constance II.

361         Constance malade désigne Julien comme son successeur.

361         3 novembre Mort de Constance II à Mopsucrenae en Asie Mineure.

361         JULIEN l'Apostat (361 à 363) (Flavius Claudius Julianus)

361         Julien l'Apostat, Flavius Claudius Julianus (331 - 363), nommé Julien l'Apostat par la tradition chrétienne, fut César en Gaule (355-361), puis empereur romain à part entière (361-363). Il doit son surnom à sa tentative de restaurer la religion païenne dans l'empire romain, alors qu'il avait été élevé dans la religion chrétienne (plus exactement dans l'arianisme, sous la direction des évêques Eusèbe de Nicomédie, puis Georges de Cappadoce). Il a produit des écrits critiques contre le christianisme qui, avec le Discours Vrai de Celse, sont le meilleur témoin de l'opposition païenne au christianisme. Neveu de Constantin Ier, qui était le demi-frère de son père Jules Constance, et dernier survivant, avec son demi-frère Gallus, de la branche cadette des descendants de l'empereur Constance Chlore, il fut élevé dans le christianisme et à l'écart de la cour. Il se convertit secrètement à l'ancienne religion et fit des études de lettres et de philosophie, pendant que Gallus était promu césar, puis exécuté. Alors qu'il avait commencé à approfondir ses études de philosophie à Athènes, il fut soudain rappelé à la cour. En 355, après avoir épousé Hélène (dite "la jeune", par opposition à sa grand-mère l'impératrice), soeur de l'empereur Constance II, son cousin, celui-ci l'envoya en Gaule avec le titre de César, c'est-à-dire de vice-empereur. Il voyait cette promotion comme fastidieuse et dangereuse. Il fit de Lutèce (Paris) sa capitale et se révéla bon administrateur et bon soldat, repoussant les invasions des Alamans en 357 et 360 et des Francs en 358. En 360, spontanément ou parce que Julien les y avait poussés, ses soldats le proclamèrent empereur à part entière (Auguste). Constance refusant le fait accompli, Julien marcha contre lui vers l'Orient. Mais il n'y eut pas de bataille, car Constance mourut en 361. Devenu maître de l'empire tout entier, Julien promulgua un édit de tolérance autorisant toutes les religions et il abrogea les mesures prises non seulement contre le paganisme, mais aussi contre les juifs et contre les chrétiens qui ne suivaient pas le credo d'inspiration arienne qui avait la faveur de Constance. Cependant, il révéla bien vite sa préférence pour le paganisme et son hostilité au christianisme (loi interdisant aux chrétiens d'enseigner la poésie classique, parce qu'elle évoque des dieux qu'ils refusent, faveurs aux cités qui restaurent les temples, indifférence devant les cas de vexations causées à des chrétiens). Cependant, il ne prit aucune mesure de persécution, déclarant qu'il souhaitait que les chrétiens reconnaissent eux-mêmes leur erreur et qu'il ne voulait pas les y forcer. Parallèlement, il voulut réformer le paganisme (moralité des prêtres, création d'institutions charitables). Il manifesta son intention de revenir à un empire de forme moins autocratique et plus conforme à la tradition républicaine, mais il régna de manière assez autoritaire. Après avoir réorganisé et assaini l'administration, en réduisant en particulier le personnel du palais et celui qui était affecté à la délation et à l'espionnage, il s'installa à Antioche pour préparer une expédition contre la Perse. Il entra assez vite en conflit avec la population de la ville, d'une part à cause de son paganisme affiché, d'autre part parce que sa rigueur morale s'opposait aux habitudes de vie qui avaient cours dans cette métropole. Au printemps 363, Julien se lança dans une vaste expédition militaire qui le mena victorieusement jusqu'à Ctésiphon, capitale des Perses. Mais il dut entamer une retraite, au cours de laquelle, le 26 juin 363, il fut mortellement blessé au cours d'un combat. L'attention de la tradition historique, chrétienne comme anti-chétienne, a été focalisée sur la politique religieuse de Julien. Mais ce n'était qu'une partie de sa politique et on ne peut dire qu'elle gouvernait tout le reste. Ainsi, en matière administrative, il ne semble pas avoir marqué de préférence religieuse dans le recrutement du personnel.

361         Julien est proclamé empereur à Lutèce.

361         11 décembre entrée de Julien à Constantinople.

361         Julien restaure les anciens cultes.

362         17 juin loi sur l'enseignement excluant les Chrétiens de l'enseignement.

362         Julien s'installe à Antioche.

362         26 octobre Le temple d'Apollon à Daphné est incendié.

363         1er janvier Julien refuse de recevoir une ambassade Perse.

363         5 mars Julien quitte Antioche à la tête d'une armée pour la Perse.

363         4 avril Julien entre en Perse.

363         29 mai Victoire de Julien devant Séleucie contre les Perses.

363         26 juin Blessure au combat de Julien lors d'un accrochage avec les Perses.

363         27 juin Julien meurt de ses blessures, un de ses officiers, Jovien lui succède.

363         JOVIEN (363 à 364) (Flavius Claudius Jovianus)

363         Jovien, Flavius Claudius Jovianus, fut empereur romain de 363-364. À la mort de Julien, une grave opposition éclata dans l'armée, entre les officiers des Gaules et les officiers d'Orient. Jovien, officier illyrien, fut choisi par les officiers de l'armée d'Orient. Il conclut avec les Perses de Sapor II une paix "peu honorable", cédant cinq des neuf satrapies, acquises en 297. Il déclara en outre renoncer à ses anciens droits de protectorat sur le royaume d'Arménie. Chrétien, il abrogea les mesures anti-chrétiennes de son prédécesseur, mais sans revenir pour autant aux lois anti-païennes de Constance II. Il mourut brusquement sur la route d'Ancyre à Constantinople, à Drépane, en Bithynie, dans la nuit du 16 au 17 février 364, à 33 ans environ, soit asphyxié par les vapeurs d'un brasero, soit des suites d'un repas trop bien arrosé.

363         Traité de paix avec les Perses leur rendant les territoires conquis par Dioclétien.

363         octobre Retour de l'armée romaine à Antioche.

363         Jovien nomme son fils Varronien consul.

364         11 janvier Jovien autorise de nouveau l'enseignement au Chrétiens.

364         4 février Confiscation des biens des temples romains restitués par Julien.

364         Jovien confie à son frère Valens l'Orient pour mener des campagnes sur le Rhin et le Danube. Valens, Flavius Julius Valens (328-9 août 378), co-empereur romain de 364 à 378, d'abord avec son frère Valentinien Ier (jusqu'au mois de novembre 375), puis avec son neveu Valentinien II. Son frère lui confia le gouvernement de la partie orientale de l'empire, avec Constantinople pour capitale.

364         Victoire de Jovien contre les Barbares près de Châlon en Champagne.

364         17 février Mort de Jovien entre Nicée et Ancyre, Valentinien est appelé pour lui succéder. Valentinien Ier (Flavius Valentinianus) (321 - 17 novembre 375), co-empereur romain (364-375) avec son frère cadet Valens (364-378).

364         VALENTINIEN & VALENS (364 à 375) (Flavius Valentinius & Flavius Valens)

364         Valentinien Ier, coempereur romain (364-375) avec son frère cadet Valens (364-378). À la mort de l'empereur Jovien (363-364), il ne fut pas question de lui donner pour successeur son fils Varronien, mais comme à la mort de l'empereur Julien, une assemblée de hauts fonctionnaires et d'officiers, à Nicée, délibéra sur le choix de l'empereur (20 février 364). Elle désigna Valentinien (Flavius Valentinianus), fils d'un officier d'origine pannonienne arrivé jusqu'au rang de gouverneur de province, et lui-même, comme naguère Jovien, officier de la maison de l'empereur. L'armée lui demandant de s'adjoindre tout de suite un collègue, il désigna, à Nicomédie, (28 mars 364), son frère cadet Valens (Flavius Valens), simple protector, sous Jovien, qui reçut pour sa part l'Orient avec Constantinople pour capitale, tandis que Valentinien prenait l'Occident avec Milan pour résidence. Le 24 août 367, Valentinien, qui venait d'être gravement malade proclama empereur à Amiens son fils Gratien (Flavius Gratianus), qui devint Auguste à 8 ans. Valentinien délivra la Gaule des Alamans, reconstruisit les fortifications du Rhin et renforça l'armée gauloise. Il prit comme capitale Trèves, en 367. Son grand général Théodose l'Ancien, reprit la province de Bretagne, envahie par les barbares d'Écosse, d'Irlande et germaniques. Il dut faire face à la révolte de Firmus (373-375), qui occupa Césarée et qui fut tué par Théodose l'ancien. On lui doit une loi qui interdit les unions avec les barbares (370), pour la protection de la race. Il ne fut point persécuteur à l'égard des chrétiens. Il entretenait une foi chrétienne sincère, mais avec le souci de maintenir à l'égard du clergé chrétien les droits supérieur de l'État. Il confirma en 373 l'élection d'Ambroise à l'évêché de Milan et intervint dans les troubles qui eurent lieu lors de l'élection du pape Damase Ier (366). Il mourut en Pannonie, où l'avait appelé une guerre contre les Quades et les Sarmates (novembre 375).

364         Flavius Valens (328-378), coempereur romain de 364 à 378, d'abord avec son frère Valentinien Ier (jusqu'au mois de novembre 375), puis avec son neveu Valentinien II. Son frère lui confia le gouvernement de la partie orientale de l'empire, avec Constantinople pour capitale. Il dut au début de son règne faire face à la rébellion de Procope, un cousin de Julien l'Apostat. Alors que Valens était éloigné pour repousser les Perses, Procope vint incognito à Constantinople et des vétérans de Julien l'Apostat qui y étaient stationnés le proclamèrent empereur. Il put ainsi s'emparer de la capitale de l'empire d'Orient et rallier à sa cause les troupes des Balkans. Durant les mois qui suivirent, de nombreuses villes de Thrace et d'Asie Mineure changèrent de camp. Toutefois Valens réussit à battre l'armée de Procope à Nacolea en Phrygie, en 366, après que les généraux de ce dernier eurent fui. Une nouvelle fois trahi, il fut livré à Valens qui le fit décapiter. Il eut à lutter à deux reprises contre les Goths: - contre les Wisigoths d'Athanaric (367-369), qui avaient soutenu la tentative de l'usurpateur Procope; - contre les Ostrogoths (refoulés par les Huns) et les Wisigoths réunis, qui en 375, se présentèrent en masse à la frontière de l'empire. Ne pouvant pas les empêcher d'entrer en Thrace (377), il leur livra, le 9 août 378, la désastreuse bataille d'Andrinople, où il trouva la mort. Valens favorisa les ariens contre les nicéens. Il persécuta aussi les milieux intellectuels païens, auxquels il prêtait des pouvoirs magiques et des intentions hostiles. En revanche, il prit des mesures de protection en faveur des classes inférieures.

364         26 février Valentinien est proclamé empereur à Nicée.

364         1er mars Valentinien nomme son frère Valens tribun des écuries.

364         28 mars Valentinien nomme Auguste son frère Valens.

364         juin Partage de l'empire entre Valentinien (Occident) et Valens (Orient).

364         novembre arrivée de Valentinien à Milan.

365         28 septembre Procope usurpe le pouvoir impérial à Constantinople. Procope, empereur romain en 365. Procope est un cousin de Julien II qui lui avait promis l'Empire en cas de décès. Après la mort de Julien II et après s'être soumis à l'Empereur Jovien, Procope s'était retiré en Cappadoce. Valens et Valentinien Ier, qui se méfiaient de lui, tentèrent d'éliminer ce prétendant potentiel au trône, mais Procope échappa aux tueurs des deux Empereurs et se cacha quelque temps sur les rives de la Mer Noire. En 365, il revint à Constantinople. Là, des légionnaires gaulois, vétérans de Julien II, embrassèrent sa cause et le proclamèrent Empereur. A ce moment, Valens que sa cruauté et sa rapacité avaient rendu impopulaire, se trouvait en Mésopotamie, occupé à repousser une incursion Perse. Procope put donc facilement s'emparer de Constantinople et rallier à sa cause les légions stationnées dans les Balkans, ainsi que ses anciens hôtes, les Goths de la Mer Noire. Bien conseillé par ses ministres, Valens commença par faire un geste en faveur des mécontents : il rétablit dans ses fonctions Salluste, un ancien ministre de Julien II, très populaire et très compétent, mais qu'il avait destitué dès son accession au pouvoir. Le retour aux affaires de cet honnête homme, de ce collaborateur et ami de Julien II, suffit à rallier à la cause de Valens tous les hésitants ainsi que tous ceux qui n'avaient embrassé la cause de Procope que par nostalgie du dernier Empereur. Manquant dorénavant de partisans, Procope fut vaincu dans deux combats, mais il réussit à s'enfuir. Toutefois il fut trahi par ses anciens partisans et livré à Valens qui le fit exécuter le 28 mai 366.

365         octobre Début d'une campagne en Gaule contre les Alamans.

365         novembre Valens assiège Chalcédoine où s'est réfugié Procope. Chalcédoine est une cité grecque de Bithynie (actuellement en Turquie), située sur l'entrée orientale du Pont-Euxin, face à Byzance et au sud de Chrysopolis (Scutari, actuellement Üsküdar).

366         26 mai Les troupes de Procope se rallient à Valens lors de la bataille de Thyatire.

366         27 mai Procope est livré à Valens par deux de ses anciens officiers; tous sont exécutés.

366         Marcellus à la tête d'une armée goth se fait proclamer empereur en Chalcédoine.

366         août Marcellus est capturé et exécuté par Equitius commandant des légions d'Illyrie.

367         Les Pictes et les Scotts (peuples de l'écosse ancienne) franchissent le mur Hadrien et entrent en (Grande) Bretagne.

367         24 août Valentinien fait proclamer son fils Gratien alors âgé de 9 ans Auguste. Gratien - en latin Flavius Gratianus - (Sirmium, 359 - Lyon, 25 août 383) est un empereur romain (367 - 383).

367         octobre Valentinien s'installe à Trêves.

368         septembre Victoire de Valentinien sur les Saxons et les Francs.

368         Raids alamans contre Mayence.

369         Victoire de Valens sur les Goths.

369         Traité de paix avec Anthanaric, chef des Goths.

370         Campagne contre les Perses (jusqu'en 377).

371         Saint Martin devient évêque de Tours.

372         Firmus, prince maure se fait proclamer empereur en Maurétanie. Firmus, général des Maures en Afrique.

373         20 février Interdiction de rebaptiser les chrétiens donatistes.

373         Violente répression du général Théodose en Maurétanie. Théodose Ier (346-395) fut empereur romain et byzantin de 379 à 395. Il était le fils de Théodose l'Ancien.

374         Mariage de Gratien avec Constantia, fille posthume de Constance II.

374         Incursions Quades et Sarmates en Pannonie.

374         Traité de paix avec Macrien, roi des Alamans.

375         Expédition contre les Quades et Sarmates.

375         17 novembre Mort de Valentinien, son fils Gratien lui succède. l'empereur Valentinien Ier vient de Trèves pour soumettre les Quades rebelles en Slovaquie. Il meurt sur le Danube des suites d'une attaque, provoquée par sa colère devant la suffisance des émissaires quades. Valentinien laisse deux fils, Gratien, associé au pouvoir depuis 367, et Valentinien II, âgé de moins de quatre ans. Les soldats, à l'instigation de l'impératrice Justine, contraignent Gratien à prendre Valentinien comme collègue. Les deux frères se partagent l'occident. Début du règne de Valentinien II, empereur romain associé (Illyrie, Afrique, Italie). Début du règne de Gratien, empereur romain associé (Bretagne, Gaule, Espagne).

375         VALENS, GRATIEN & VALENTINIEN II (375 à 379) (Flavius Valens, Flavius Gratianus & Flavius Valentinianus)

375         Gratien - en latin Flavius Gratianus - (Sirmium, 359 - Lyon, 383) est un empereur romain (367 - 383). Le 24 août 367 Valentinien Ier, qui venait d'être gravement malade proclama empereur à Amiens son fils Gratien (Flavius Gratianus), qui devint Auguste à huit ans, sans jamais avoir été César. En 375, Gratien étant absent, les soldats de Pannonie proclamèrent Empereur un autre fils de Valentinien, Valentinien II, âgé de quatre ans. Gratien accepta le partage de l'Empire et concéda à Valentinien II, l'Illyrie. En 377, Gratien vainquit les Alamans. En 378, il amenait des renforts d'Occident à Valens lorsque celui-ci périt au cours de la bataille d'Andrinople. Le 19 janvier 379, Gratien proclama Auguste l'Espagnol Théodose Ier, fils du général Théodose l'Ancien, qui réprima le soulèvement de Firmus, en 375 et qui fut exécuté à Carthage, en 376, probablement sur l'ordre de Gratien. Théodose reçut l'Orient. En 380, Gratien et Théodose arrêtent les Goths en Épire et Dalmatie. En 383, Gratien dut faire face à l'insurrection d'un général espagnol de l'armée de Bretagne, Magnus Clemens Maximus ou Maxime, et fut vaincu et tué en Gaule, à Lyon. Maxime s'étant rendu maître de toute la préfecture des Gaules, Théodose le reconnut empereur en 384. Gratien se montra très bienveillant envers le pape Damase Ier et à partir de 382 combattit le paganisme. Il supprima notamment les immunités dont jouissaient les prêtres et les Vestales. En 381, il avait transporté sa capitale de Trèves à Milan, auprès de l'évêque Ambroise.

375         Valentinien II (371 à Vienne, 392), fils de Valentinien Ier, empereur romain de 375 à 392. En 375, son frère, l'empereur Gratien étant absent, les soldats de Pannonie le proclamèrent empereur alors qu'il n'avait que quatre ans. Gratien accepta le partage de l'empire et concéda à Valentinien II l'Illyrie. En 384, à la mort de son frère Gratien, l'empire comptait trois empereurs : Maxime à Trèves, Valentinien II, sous la tutelle de sa mère Justine, à Milan, Théodose Ier à Constantinople. Justine encouragea l'arianisme et favorisa les païens comme Symmaque ou Prétextat. En 387, Valentinien II fut chassé par Maxime, qui s'empara de Rome et occupa l'Italie. Théodose Ier hésita à s'interposer. Cependant épris de la soeur de Valentinien II, Galla, qu'il épousa, Théodose Ier intervint contre Maxime. Tandis que Valentinien II débarquait à l'embouchure du Tibre, Théodose Ier défaisait Maxime et le prenait dans Aquilée. Valentinien II regagna sa capitale Vienne où en 392, il fut assassiné par un général franc, Arbogast, que Théodose Ier avait chargé de le protéger. Arbogast proclama empereur Eugène.

375         22 novembre Les Armées du Danube proclament Valentinien II Auguste.

375         Justine, mère de Valentinien II et le Général Mérobaud assurent la régence pour Valentinien II. Justine (Flavia Justina Augusta), impératrice romaine, fille de Justus, gouverneur de Picénum. Elle épousa successivement l'usurpateur Magnence, l'empereur Valentinien Ier en 368 et après la mort de ce dernier, elle fit proclamer empereur Valentinien II, avec qui Gratien consentait à partager l'empire. Mérobaud, Flavius Merobaudes, dit Mérobaud fut un officier franc, naturalisé romain, magister equitum (maître de la cavalerie) de Valentinien Ier. A la mort de ce dernier en 375, il s'entend avec l'impératrice Justine pour faire acclamer son fils Valentinien II, âgé de quelques années seulement, mettant ainsi Gratien, frère aîné de Valentinien II, et son entourage, devant le fait accompli. Il est consul ordinaire en 377 et 383.

375         Procope est proclamé empereur par ses troupes à Constantinople.

375         Capture et exécution de Procope.

376         Valens autorise des Wisigoths à s'établir en Thrace. Les Wisigoths, ou Tervinges, étaient un peuple germanique d'origine scandinave, issu de la Suède méridionale et incorporé tardivement dans l'Occident romain. Après la chute officielle de l'Empire romain occidental (476), les Wisigoths ont continué pendant près de 250 ans à jouer un rôle important en Europe occidentale. C'est à coup sûr le peuple barbare le plus prestigieux d'Europe, tant par sa longue histoire et ses origines mythiques, que par ses traces qu'il laissa longtemps dans les esprits. Alors qu'ils occupaient l'ancienne province romaine de Dacie depuis la fin du IIIe siècle, les Wisigoths ont adopté peu à peu l'arianisme, à partir de l'année 341, c'est-à-dire une branche du christianisme qui affirme que Jésus-Christ n'est pas Dieu, mais un être distinct créé directement par ce dernier. Cette croyance était en opposition totale avec la croyance chrétienne qui était majoritaire dans l'empire romain et qui plus tard s'est scindée en catholicisme et orthodoxie. Les Wisigoths sont restés fidèles à l'hérésie arienne officiellement jusqu'en 589, lorsque le roi Récarède Ier (en espagnol : Recaredo) choisit de se convertir publiquement, faisant ainsi joindre officiellement l'Église catholique au royaume wisigothique d'Espagne. Toutefois, après cette date, un fort parti arien demeura fort actif et influent, notamment dans la noblesse. Il en sera encore question au début du VIIIe siècle dans les derniers jours du royaume. Les Wisigoths sont apparus pour la première fois dans l'Histoire en tant que peuple distinct en l'an 235, quand ils envahirent et dévastèrent la Dacie. A partir de 268, ils s'attaquent à l'Empire romain et tentent de s'installer dans la péninsule des Balkans. Cette invasion concerna aussi les provinces romaines de Pannonie et d'Illyrie et menaça même l'Italie. Cependant, les Wisigoths furent battus près des frontières modernes d'Italie et de Slovénie et à la Bataille de Naissus, en septembre 269. Au cours des trois années suivantes, ils furent repoussés au-delà du Danube par une série de campagnes militaires menées par l'empereur Claude II le Gothique, le futur empereur Aurélien étant le commandant de la cavalerie. Cependant, ils purent se maintenir en Dacie, qu'Aurélien fit évacuer en 271, transférant la population vers une nouvelle province créée au sud du Danube sous le nom de Dacia Ripensis. Ils y restèrent établis jusqu'en 376, lorsqu'un de leurs deux chefs, l'arien Fritigern, fit appel à l'empereur romain Valens et lui demanda l'autorisation de pouvoir s'installer sur les berges Sud du Danube, afin de se protéger des Huns, incapables de traverser en force ce large fleuve. Valens accorda sa permission et aida même les Wisigoths à traverser le Danube. En retour, Fritigern dut fournir des mercenaires pour l'armée romaine. Mais, l'année suivante, une famine éclata sur les terres occupées par les Wisigoths et les gouverneurs romains de leurs territoires les traitèrent cruellement. Comme Valens ne répondait pas aux appels à l'aide de Fritigern, celui-ci prit les armes. La guerre qui s'ensuivit se termina le 9 août 378 lors de la bataille d'Andrinople où Valens mourut. Fritigern, victorieux, fut reconnu comme roi par son peuple et les Wisigoths devinrent la principale puissance des Balkans. Le successeur de l'empereur Valens, Théodose Ier, conclut la paix avec Fritigern en 379. Le traité fut respecté jusqu'à la mort de Théodose en 395. Cette même année, Alaric Ier, le plus célèbre des rois Wisigoths, monta sur le trône, alors qu'à l'empereur Théodose succédaient ses deux fils incapables : Arcadius en Orient et Honorius en Occident. Au cours des quinze années suivantes les conflits furent entrecoupés par des années d'une paix vacillante entre Alaric et les puissants généraux germaniques qui commandaient les armées romaines. Mais, après l'assassinat du général d'origine vandale Stilicon (Stillicho) par Honorius en 408 et après le massacre des familles de 30 000 soldats wisigoths servant dans l'armée romaine, Alaric déclara la guerre. Il fut bientôt aux portes de Rome, et devant le refus d'Honorius de négocier, les Wisigoths pillèrent la ville le 24 août 410. Cet événement frappa considérablement les esprits des contemporains, et sert parfois comme événement final de l'Antiquité. Royaume des Wisigoths. Lorsque la paix fut conclue, quelques années plus tard, Honorius accorda aux Wisigoths des terres dans la région de l'actuelle Aquitaine, suivies d'autres en Espagne. L'Espagne, outre les Wisigoths était également aux mains des Vandales et des Alains mais les Wisigoths écrasèrent ces derniers et harcelèrent les Vandales qui finirent par partir vers l'Afrique. Euric, le second grand roi des Wisigoths, unifia les diverses factions et, en 475, força les Romains à leur accorder l'indépendance complète. À sa mort, les Wisigoths formaient le plus puissant des états succédant à l'Empire romain d'Occident. Lors de sa plus grande extension, avant l'année 507, le royaume wisigoth comprenait l'Aquitaine ainsi que toute la péninsule ibérique, mis à part une partie du nord de la péninsule, appartenant aux Basques, les Vascons, les Astures et les Cantabres (populations montagnardes d'origines celtibériques) et le royaume des Suèves dans le nord-ouest. En 507, après la bataille de Vouillé, les Francs prirent le contrôle de l'Aquitaine et, en 554, Grenade et l'Andalousie devinrent des possessions byzantines lors de la "reconquête de l'Ouest" par l'empereur byzantin Justinien Ier. Le Wisigoths annexèrent le royaume des Suèves en 585 et chassèrent en 624 les Byzantins des régions méridionales. Mais le royaume wisigoth disparut en 711, lors du décès du roi Rodéric (Rodrigue/Rodrigo), tué lors de l'invasion du Sud de la péninsule par les Musulmans Omeyyades et leurs troupes de cavaliers berbères islamisés. La majeure partie de l'Espagne actuelle se trouva rapidement sous domination musulmane.

378         30 mai Retour de Valens à Constantinople.

378         juin Valens doit fuir Constantinople menacée par les Goths.

378         Gratien part avec son armée au secours de son oncle Valens menacé par les Wisigoths.

378         Les incursions des Alamans en Alsace provoque le retour de Gratien. Gratien tenta de porter secours à son oncle Valens, l'empereur d'Orient, qui était menacé par la rébellion des Goths, mais il fut retardé. Informés des projets militaires de l'empereur romain, les Alamans avaient en effet franchi le Rhin, histoire de profiter de l'absence de Gratien pour ravager les provinces gauloises. Très mauvais calcul : l'empereur romain était encore dans les parages ! Gratien écrasa les envahisseurs germaniques aux environs de Colmar, mais cette campagne militaire lui fit perdre un temps précieux. Quand il put enfin se diriger vers l'Orient pour aider Valens, il était trop tard : l'armée romaine d'Orient avait déjà été anéantie à Andrinople et Valens avait trouvé la mort dans la bataille.

378         Victoire de Gratien contre les Alamans à la bataille d'argentia (Horbourg). Horbourg-Wihr est une commune française, située dans le département du Haut-Rhin et la région Alsace.

378         9 août Défaite et mort de Valens face aux Wisigoths à Andrinople (Thrace). Bataille d'Andrinople, au cours de laquelle l'empereur Valens est défait par les Wisigoths de Fritigern et tué. La Thrace est pillée, sauf les villes fortifiées, que les barbares ne peuvent prendre. Andrinople et Constantinople résistent. Théodose, un Espagnol envoyé par Gratien, a le temps d'intervenir pour reprendre la situation en main. La bataille d'Andrinople ou d'Adrianople (aujourd'hui Edirne en Turquie européenne) a eu lieu le 9 août 378. Elle désigne l'affrontement entre l'armée romaine, commandée par l'empereur romain Valens et certaines tribus germaniques, principalement des Wisigoths (Goths Thervingues), et des Ostrogoths (Goths Greuthungues), commandées par Fritigern. Il s'agit d'un des plus grands désastres militaires romains du IVe siècle, comparable à la défaite de Cannes. Cette bataille ne résulte pas d'une invasion, mais d'une mutinerie des fédérés Goths établis dans l'empire romain.

378         Édit de tolérance envers les païens de Gratien.

378         Gratien nomme Théodose maître de la cavalerie.

378         Victoire de Gratien sur les Wisigoths en Pannonie.

379         19 janvier Théodose est élevé au rang d'Auguste en Orient par Gratien.

379         GRATIEN, VALENTINIEN II & THÉODOSE (379 à 383) (Flavius Gratianus, Flavius Valentinianus & Flavius Theodosius)

379         Théodose Ier (Flavius Theodosius), 346-395, empereur romain et byzantin de 379 à 395, fils de Théodose l'Ancien. D'origine espagnole, d'une famille chrétienne, il fut proclamé empereur en 379 par Gratien et reçut l'Orient, la Macédoine et la Dacie. En 380, avec Gratien, ils arrêtèrent les Goths en Épire et en Dalmatie. Théodose installa une partie des Ostrogoths en Pannonie, et lui-même s'installa à Constantinople. La même année, il adhéra au symbole de Nicée, devint l'ardent défenseur des chrétiens et à Thessalonique, il publia l'édit suivant : "Tous les peuples doivent se rallier à la foi transmise aux Romains par l'apôtre Pierre, celle que reconnaissent Damase et Pierre d'Alexandrie, c'est-à-dire la Sainte Trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit". Le catholicisme devenait religion d'État. Il condamna l'arianisme lors du second concile oecuménique de Constantinople en 381. En 382, il installa les Wisigoths en Mésie. Entre 383 et 388, il dut faire face à l'usurpation de Maxime (Magnus Clemens Maximus), qui après avoir défait Gratien s'était emparé de toute la préfecture des Gaules et occupait Rome toute l'Italie au détriment de Valentinien II. Théodose vainquit Maxime qui fut tué à Aquilée, en 388. De 388 à 391, Théodose demeura en Occident, presque toujours à Milan. En 390, il réprima une émeute à Thessalonique. En 391, probablement sous l'influence de saint Ambroise, il supprima les dernières manifestations du paganisme "officiel" dans l'Empire (cependant, le culte survécut en clandestinité), fondant ainsi le premier État chrétien orthodoxe. C'est ce qui lui valut le titre de Grand. Entre 392 et 394, il réprima l'usurpation d'Eugène, proclamé empereur, après l'assassinat de Valentinien II. En 393, il fut l'auteur du décret interdisant les Jeux Olympiques accusés de diffuser le paganisme. Il mourut peu après, le 17 janvier 395. À cette date l'Empire est réunifié pour la première fois depuis trente ans. De son premier mariage avec Aelia Flacilla, Théodose avait eu deux fils. Il avait fait Auguste Arcadius dès 383, et Honorius en 393. Il partagea entre eux l'Empire : Honorius (10 ans) reçut l'Occident et Arcadius (18 ans) l'Orient, et il chargea le Vandale Stilicon de veiller sur eux deux. Théodose commit l'erreur d'enrôler dans l'armée romaine des contingents de barbares en leur laissant une organisation autonome; ces fédérés préparèrent l'occupation de l'Empire par les barbares.

379         juin Théodose s'installe à Thessalonique.

379         3 août Abrogation de l'édit de tolérance envers les païens de 378.

380         28 février Édit de Thessalonique faisant du christianisme la religion officielle. Publication de l'Édit de Thessalonique. Théodose Ier convoque le Ier concile oecuménique de Constantinople (deuxième concile oecuménique) (fin en 381). Thessalonique ou Salonique est une ville de Grèce. Édit de Thessalonique le christianisme est déclaré comme religion de l'Empire Romain par l'empereur Théodose. Baptême de Théodose Ier, qui bannit par un édit tous les cultes païens et la doctrine d'Arius. L'empereur opte définitivement pour le dogme de la Trinité. Premier concile de Constantinople, en 380 l'empereur Théodose Ier convoqua un concile à Constantinople qui dura jusqu'en juillet 381. Il s'agit du deuxième concile oecuménique de l'histoire du christianisme. Cent cinquante évêques, tous orientaux, y prirent part. Il fut présidé successivement par Mélèce, patriarche d'Antioche et, à sa mort, par Grégoire de Nazianze, qui donna sa démission de président et d'évêque de Constantinople tant l'assemblée se montra indisciplinée. Le concile de Constantinople compléta celui de Nicée : il affirmait la divinité du Saint-Esprit. Son credo est désigné sous le nom de symbole de Nicée-Constantinople.

380         Rencontre entre Gratien et Théodose à Sirmium, abandon de la Dacie et de la Macédoine.

380         24 novembre Théodose s'installe à Constantinople.

381         20 décembre Édit de Théodose interdisant les cultes païens.

382         Gratien s'installe à Milan.

382         Théodose accorde une parcelle de territoire en Mésie aux Goths.

382         Deuxième concile de Rome qui, sous l'impulsion de saint Jérôme, condamne les apollinaristes. Le concile de Rome fut convoqué dans la ville éponyme par le pape Damase en 382. Trois évêques orientaux seulement y assistèrent. Les autres prenaient part à celui que l'empereur byzantin avait réuni à Constantinople, la même année, pour confirmer les actes du deuxième concile oecuménique.

382         Le Sénat met hors la loi la religion romaine. Les chrétiens qui ne reconnaissent pas le dogme de la Trinité sont persécutés. Trinité chrétienne, dans le christianisme, le mot Trinité désigne Dieu, unique en trois personnes, Père, Fils et Esprit Saint, égales et participant à une même nature. L'énoncé du dogme de la Trinité se présente comme la conséquence de ce qui est dit du mystère de Dieu dans les Écritures. Dans l'Ancien Testament, Dieu a révélé son existence et son unicité ; dans le Nouveau Testament ont été affirmés la divinité de Jésus-Christ et le caractère personnel de l'Esprit-Saint.

382         3 octobre Théodose autorise les Goths à s'installer entre le Danube et les Balkans.

383         19 janvier Théodose élève Arcadius, son fils aîné au rang d'Auguste. Flavius Arcadius (377-408) fut le premier empereur d'Orient (395-408).

383         juin Maxime est proclamé empereur par ses troupes en (Grande) Bretagne. Maxime (335 – 28 août 388) fut un usurpateur du trône de l'empire romain d'Occident de 383 à sa mort en 388, sur l'ordre de l'empereur Théodose Ier.

383         Maxime entre en Gaule à la tête des légions de (Grande) Bretagne.

383         Les armées de Germanie reconnaissent Maxime comme empereur.

383         Les armées de Gratien près de Paris se rallient à Maxime; Gratien s'enfuit.

383         15 août Gratien est capturé par Andragathe, Général de la cavalerie de Maxime près de Lyon.

383         25 août Exécution de Gratien par Maxime près de Lyon.

383         MAXIME, VALENTINIEN II & THÉODOSE (383 à 388) (Magnus Clemens Maximus, Flavius Valentinianus & Flavius Theodosius)

383         Valentininen II et Théodose reconnaissent le titre d'Auguste de Maxime.

383         Justine et Valentinien II arrivent à Milan.

384         Cynégius gouverneur d'Égypte ordonne la fermeture des temples. Cynegius Maternus (mort en 388) est un haut fonctionnaire romain d'origine espagnole faisant partie du cercle des partisans de l'empereur Théodose Ier, auquel il doit sa carrière : il est notamment préfet du prétoire d'Orient de 384 à sa mort le 14 mars 388, année où il fut également consul avec pour collègue l'empereur lui-même. Il est surtout connu pour son christianisme fanatique, son antisémitisme, et son zèle à combattre le paganisme : il fait notamment détruire des temples païens en Syrie et en Égypte en 386.

387         26 février Violentes émeutes à Antioche.

387         Justine et Valentinien font appel à Maxime face aux menaces des Sarmates. Les Sarmates sont un ancien peuple scythique de nomades des steppes, appartenant sur le plan ethno-linguistique au rameau iranien septentrional du grand ensemble indo-européen. Ils étaient établis à l'origine entre le Don et l'Oural.

387         septembre Maxime s'empare de Milan.

387         Maxime se fait reconnaître empereur par le Sénat.

387         Justine et Valentinien II quittent l'Italie et trouvent refuge à Thesalonique.

387         Mariage de Galla, soeur de Valentinien II avec Théodose.

387         Maxime nomme son fils Victor, Auguste et lui confie le commandement de la Gaule.

388         Valentinien II, est nommé Auguste en Illyrie.

388         Théodose marche contre Maxime.

388         28 août Maxime se rend à Théodose et meurt assassiné par un des soldats de Théodose.

388         THÉODOSE & VALENTINIEN II (388 à 392) (Flavius Valentinianus & Flavius Theodosius)

388         Victor, fils de Maxime, est capturé et exécuté par Argobast. Argobast devient par sa valeur et son expérience fort populaire dans l'armée. Valentinien qui supporte mal sa tutelle, le fait révoquer. Argobast refuse d'obéir et fait assassiner Valentinien, puis donne l'empire à l'un de ses amis, Eugène, haut fonctionnaire de la chancellerie impériale. Arbogast (? – 394) fut un officier des armées romaines sous Théodose Ier et Valentinien II. Il est d'origine franque, neveu de Richomer, consul en 384, également franc et tous deux intégrés dans l'empire romain.

388         Incursions des Francs près de Cologne.

388         Valentinien II s'installe à Vienne, préfecture des Gaules, sous la tutelle de d'Argobast.

389         Le Général franc Argobast est nommé gouverneur de Gaule.

390         Traité de Constantinople entre Théodose et la Perse sur le partage de l'Arménie.

390         Massacre de Thessalonique suite au Lynchage du Général Botheric par la foule. Les marchands et artisans de Thessalonique, ruinés, se soulèvent. Le commandant de la garnison et des officiers impériaux sont tués. Ayant ordonné le massacre de 7000 insurgés, l'empereur Théodose Ier se fait excommunier par saint Ambroise à Milan. Il est contraint à une expiation publique. Thessalonique ou Salonique est une ville de Grèce, chef-lieu du nome du même nom, située au fond du golfe Thermaïque.

390         Le 25 décembre, l'évêque Ambroise de Milan force Théodose Ier à faire pénitence publiquement pour le massacre de milliers de civils rebelles en Thessalonique.

391         24 février Loi de Théodose interdisant toute cérémonie païenne à Rome.

392         Intervention d'Argobast et Valentinien contre les Francs. Valentinien II confie la défense de la Gaule au général franc et païen Argobast.

392         L'Italie sous la menace de Barbares fait appel à Valentinien II alors à Vienne.

392         Début de la querelle entre Valentinien II et Argobast.

392         15 mai Valentinien II est retrouvé mort pendu, Argobast fait nommer Eugène empereur. Eugène, Flavius Eugenius (mort le 6 septembre 394), rhéteur et grammairien, proclamé empereur en 392 contre Théodose Ier.

392         THÉODOSE (392 à 395) (Flavius Theodosius)

392         22 août Eugène soutenu par Argobast se proclame Auguste d'Occident.

392         8 novembre Édit de Constantinople interdisant le culte païen.

393         janvier Théodose nomme son second fils Honorius, Auguste pour l'Occident.

393         Eugène marche avec ses armées sur l'Italie.

393         Derniers Jeux olympiques. Théodose Ier supprime les Jeux olympiques et ferme ou détruit les temples de dieux païens.

394         mai Théodose quitte Constantinople avec ses armées à la rencontre d'Eugène.

394         5 septembre Les armées de Théodose se replie lors de la bataille de la rivière froide.

394         6 septembre Défaite d'Eugène et Arbogast lors de la bataille de la rivière froide.

394         8 septembre suicide d'Argobast.

394         Dernier texte hiéroglyphique connu. L'écriture hiéroglyphique est attestée dès la fin du IVe millénaire av. J.-C., à peu près à l'époque où les caractères cunéiformes apparurent en Mésopotamie. Elle fut employée pendant plus de 3 000 ans : la dernière inscription connue à ce jour est datée du 24 août 394, et se trouve dans le temple de Philae.

395         17 janvier Mort de Théodose après avoir placé son fils Honorius à la tête du gouvernement d'Occident, et Arcadius à celui d'Orient. L'empereur romain Théodose Ier s'éteint à Milan, laissant la place à ses deux fils, Arcadius et Honorius. Quelques mois plus tôt, après l'assassinat de Valentinien, il était parvenu à réunifier l'Empire. Il ne régnait auparavant que sur l'Orient. Au lendemain de sa mort, Arcadius prendra les rênes de l'Empire romain d'Orient, ou Empire byzantin, avec pour capitale Constantinople. Son frère, quant à lui, héritera de l'Occident. L'Empire romain ne sera plus jamais unifié.

395         L'Empire romain se divise en deux. Début du règne d'Arcadius, qui devient le premier empereur romain d'Orient (Empire byzantin). (fin en 408). Début du règne d'Honorius, premier empereur romain d'Occident. (fin en 423). Honorius, fils de Théodose Ier, a onze ans. Le vandale Stilicon, maître de la milice et époux de la nièce et la fille adoptive de Théodose Ier, Serena, devient régent de l'empire d'occident pendant treize ans. Empire byzantin, en 395, à la mort de Théodose Ier, l'Empire romain est partagé en deux parties : l'Empire romain d'Occident qui disparaît en 476, et l'Empire romain d'Orient ou Empire byzantin qui durera jusqu'en 1453. Au cours de ces mille ans, les Byzantins se considérèrent "Romains", et ils appelèrent leur empire "l'Empire romain". Un certain nombre de lois et coutumes fut conservé des Romains ainsi que certains aspects culturels comme l'architecture. Ce fut aussi un empire chrétien qui, entre autres, aura défini certains dogmes du christianisme. L'Église officielle fut l'Église chrétienne universelle jusqu'au Grand Schisme d'Orient de 1054, ensuite cette partie de l'Église prit le nom d'Église orthodoxe. Leur religion, leur langue, et leur culture étaient essentiellement grecques plutôt que romaines.

395         Suite à la division de l'Empire romain, l'Égypte tombe sous la domination byzantine. Les croyances coptes s'intensifieront jusqu'à la conversion de tous les Chrétiens égyptiens. Deux siècles plus tard, le temple d'Isis sur l'île de Philae, dernier à vénérer la déesse, sera pris d'assaut. Avec lui s'éteindront définitivement les anciennes croyances égyptiennes.

395         L'EMPIRE ROMAIN D'OCCIDENT (395 à 476)

395         À l'origine l'Empire romain d'Occident couvre l'Afrique du Nord, l'Île de Bretagne, la Gaule, les péninsules ibérique et italienne et la Dalmatie jusqu'au Danube.

395         HONORIUS (395 à 423) (Flavius Honorius)

395         Flavius Honorius (384-423), empereur romain d'Occident. Né à Constantinople en 384, il est le fils de Théodose Ier et d'Aelia Flacilla et le frère cadet d'Arcadius. Il devint le premier monarque de l'Empire d'Occident en 395 à la mort de son père après que celui-ci eut partagé l'empire entre ses deux fils, partage qui sera, pour l'empire romain, définitif. Honorius n'a que 11 ans à la mort de son père. Celui-ci charge Stilicon, général d'origine vandale, époux d'une de ses cousines, Serena, nièce de Théodose Ier, de veiller sur les deux frères. Stilicon est le véritable maître de l'Empire d'Occident jusqu'en 408 et sauve le trône d'Honorius des invasions germaniques à deux reprises par ses victoires militaires de Pollenza en 402 sur Alaric Ier et de Fiesole en 406 sur les Ostrogoths de Radagaise. C'est lui qui décide de transférer la capitale à Ravenne, protégée par une ceinture de marécages, où Honorius installe son palais, sa cour et son administration. De plus il fait épouser à Honorius sa fille Maria puis à la mort de cette dernière une autre de ses filles, Thermantia. Mais Stilicon souhaite intervenir aussi dans les affaires de l'Empire d'Orient. Il élimine le puissant ministre d'Arcadius, Rufin le remplacant par Eutrope (395) mais entre ensuite en conflit avec celui-ci (vers 399) et finit par obtenir son renvoi et son exécution. Des contingents Goths provisoirement alliés à Stilicon pénétrent même dans Constantinople avant d'y être massacrés en 400. En 408 une coalition se forme contre Stilicon au sein de l'armée romaine inquiète des recrutements massifs de mercenaires barbares et reprochant à ce dernier de n'avoir pas réussi à protéger la Gaule de l'invasion des Vandales et des Suèves (406/408). Stilicon est assassiné avec sa famille sur ordre d'Honorius le 23 août 408 et remplacé comme préfet du prétoire par Olympius. L'empire va rapidement succomber sous les coups des différents peuples germaniques. Les Vandales et les Suèves s'installent en Espagne en 409 et Honorius leur donne le statut de fédérés en 412. Surtout les Wisigoths d'Alaric Ier assiègent Rome en 408, 409 et finissent par s'en emparer le 24 août 410. Le sac de la ville symbole de l'empire, bien qu'elle ne soit plus la capitale, accentue la déchéance d'un empire qui ne se réduit qu'à l'Italie et l'Afrique du nord. Honorius ne défend pas Rome et semble dépassé par les évènements. Il réside surtout à Milan ou Ravenne et organise fêtes et plaisirs. Il réussit à se débarasser des Wisigoths, après la mort d'Alaric Ier, en leur donnant l'Aquitaine où ils s'installent en 416 avec le statut de fédérés. Honorius est confronté à un grand nombre d'usurpations comme celles de Jovin, Priscus Attale, en 409/410, Maxime, en 409/411 et surtout celle de Constantin III en 407/411. Le général Flavius Constantius tente un ultime sursaut et réduit Constantin III puis l'autre usurpateur Maxime en 411. Il chasse de Gaule vers 414/415 Athaulf, le successeur d'Alaric Ier à la tête des Wisigoths, et épouse vers 415 Galla Placidia, veuve d'Athaulf et soeur d'Honorius. Il se fait proclamer Auguste en février 421, sous le nom de Constance III, mais Théodose II ne le reconnaît pas, et un conflit va s'ouvrir entre les deux empires, lorsque Constance III meurt en septembre 421. Honorius meurt le 15 août 423. Théodose II aurait voulu rétablir l'unité impérale, mais face à l'usurpation de Jean 423/425, il se résigne à couronner comme César en 424, puis comme Auguste en 425 le neveu d'Honorius, Valentinien III. Le Vandale Stilicon, maître de la Milice assure la régence. Stilichon ou Stilicon (Flavius Stiliccho en latin), né avant 360, est un général et politicien romain d'origine barbare. De naissance vandale, il sert d'abord dans l'armée romaine comme simple auxilliaire mais gravit rapidement les échelons pour devenir chef de la Milice romaine dès 385 et épousera une romaine de haute naissance, la noble Serena tout en devenant citoyen romain. Devenu plus tard le beau-père de Honorius, il en assure la régence. Général énergique, il protége éfficacement l'Italie contre les Invasions barbares et devient vite le véritable homme fort de l'Empire romain d'Occident à partir de 395. Il combat activement les Wisigoths du roi Alaric, menaçant l'Italie, extermine l'invasion de Radagaise près de Florence (406), mais ne peut empêcher la grande invasion de l'hiver 406/407 qui dévaste la Gaule et commençe à s'attirer l'animosité des troupes auxilliaires barbares mais aussi les jalousies des favoris de l'empereur qui persuade ce dernier que l'ambitieux Stilicon complote contre lui pour prendre le pouvoir. En 408, Honorius commandite son assassinat.

395         Les Goths sous la conduite d'Alaric pillent de nombreuses villes romaines. Alaric Ier, roi des Wisigoths (395–390). Il commanda les mercenaires de l'Empereur Théodose, puis ravagea et pilla la Grèce avant d'envahir l'Italie. Il prit Rome en 410 et mourut en tentant de s'emparer de la Sicile.

395         Stilicon revendique la possession du diocèse de Mésie alors rattaché à l'Orient.

395         27 novembre Rufin, préfet du Prétoire d'Orient est assassiné sur les ordres de Stilicon, Eutrope le remplace. Eutrope (?) - (399), eunuque, homme de la plus basse extraction et sans aucun mérite réel qui, à force d'intrigues et de souplesse, était devenu tout-puissant auprès de l'empereur Arcadius. Né en Arménie, cent fois vendu et revendu comme esclave, était parvenu par la protection du général Abundantius à obtenir une place chez les eunuques du palais. Par sa souplesse il avait attiré l'attention de Théodose qui l'honora de quelque confiance. Il fut ensuite au service d'arcadius.

397         11 novembre Mort de Saint Martin à Candes.

398         Arcadius, empereur d'Orient prend Alaric à son service et le nomme général en chef d'Illyrie. Flavius Arcadius (377-408) fut le premier empereur d'Orient (395-408). Fils aîné de Théodose Ier et de Aelia Flacilla, de petite taille et d'aspect chétif, il est associé vers 383 à l'empire, à l'âge de 6 ans, et reçoit le titre d'Auguste. Il est nommé consul à trois reprise en 385, 392 et 394. Instruit dans la religion chrétienne par divers précepteurs de grande renommée comme le rhéteur Thesmistius ou le diacre Arsénius, Arcadius va se révéler un prince faible subissant l'influence des divers membres de son entourage. En 395 son père l'empereur Théodose Ier partage l'empire romain entre ses deux fils. Arcadius reçoit l'Orient avec sa capitale Constantinople et à Honorius revient l'Occident. C'est un partage de plus pour l'empire mais celui-ci est définitif. En fait ces deux souverain inexpérimentés ne sont que des paravents derrières lesquels se cachent les deux véritables maîtres de l'empire, Stilicon à l'ouest et Flavius Rufinus (Rufin) à l'Est en compétition avec le chambellan Eutrope. Ce dernier va marier Arcadius à Eudoxie, la fille du général franc de Théodose Ier Baute (Bauto). Mais la fin de l'année 395 voit la catastrophique invasion des Wisigoths d'Alaric Ier, sans doute appelés par Flavius Rufinus qui souhaitait se protéger de Stilicon, qui pillent la Thessalie et prennent Athènes tandis que les Huns s'emparent de la Syrie et pillent Antioche. Arcadius envisage d'associer Flavius Rufinus à l'empire (sans doute contraint et forcé) quand ce dernier est assassiné, en novembre 395 par un chef Goth nommé Gaïnas probablement à l'instigation de Stilicon. Eutrope devient alors le véritable maître de l'empire d'Orient et se comporte en tyran débauché. Accusé par Stilicon de complot et suscitant la colère populaire, il est exilé par Arcadius à Chypre en 399. Il est exécuté un peu plus tard car Stilicon fait pression sur Arcadius et, s'alliant momentanément avec les Goths qui pénètrent à Constantinople, obtient, outre l'exécution d'Eutrope, le renvoi d'Aurélien le nouveau préfet du prétoire. Mais en 400 les Goths installés à Constantinople sont massacrés et Stilicon ne possède plus de moyen de pression sur Arcadius. Celui-ci règne alors seul et avec l'aide du patriarche de Constantinople Jean-Chrysostome entreprend une politique religieuse virulente contre le paganisme dont il fait détruire de nombreux temples. Hostile à l'arianisme, il doit compter avec son épouse qui, favorable à cette hérésie, réussira à deux reprise à faire exiler le patriarche. Arcadius meurt en 408 à 41 ans, 4 ans après Eudoxie, et laisse un fils, le futur Théodose II, et trois filles dont la fameuse Pulchérie.

401         novembre Alaric venant de l'orient entre en Italie.

401         Stilicon retire des troupes de (Grande) Bretagne pour renforcer la défense de l'Italie.

402         Honorius s'installe avec sa cour à Ravene.

402         février-mars Stilicon force les Goths à lever le siège de Milan.

402         6 avril Victoire de Stilicon contre Alaric.

402         à 403 - Alaric s'empare de Vérone ou Stilicon vient l'assiéger.

403         Alaric s'enfuit en Illyrie.

404         1er janvier Triomphe d'Honorius à Rome.

405         Incursion d'Ostrogoth de Radagaise en Italie. Radagaise est un chef barbare païen d'origine gothique. À la tête d'une nombreuse armée hétéroclite composée entre-autres de Goths, de Vandales, d'Alamans et d'Alains, il entre en force en Italie au début de l'année 406, balayant les défenses frontalières, et commet de nombreux pillages et massacres dans la plaine du Pô. Se dirigeant vers le sud, il est arrêté près de Florence par le général romain Stilicon et est sévèrement battu à Fièsole. Son armée, affaiblie par la famine et manquant d'espace pour combattre et/ou battre en retraite, est exterminée en grande partie, le reste enrôlé de force dans l'armée romaine; Radagaise est capturé et éxécuté avec les principaux chefs (août 408). Alains, peuple scythique, probablement originaire d'Ossétie, les Alains sont des cavaliers nomades apparentés aux Sarmates.

405         Victoire de Stilicon contre les Goths à Fiesole.

405         Jérôme de Stridon traduit la Bible en latin: la Vulgate. Saint Jérôme de Stridon, est surtout connu pour sa traduction de la Bible en latin, la Vulgate. Les chrétiens le considèrent comme un Père de l'Église, et l'Église catholique romaine l'a nommé docteur de l'Église. Né vers 340, à Stridon, à la frontière entre la Pannonie et la Dalmatie, il est mort à Bethléem le 30 septembre 420. La Vulgate est une traduction de la Bible en latin. Cette version repose pour l'essentiel sur le travail de traduction effectué par saint Jérôme au Ve siècle. C'est, sur décision du Concile de Trente (1545), la version officielle de l'Église Catholique.

406         Début des grandes invasions en Gaule à la suite du gel du Rhin.

406         Les grandes invasions du Ve siècle. Au Ve siècle, des peuplades venues d'Asie, les Huns, arrivent en Europe, chassées par les Chinois. Elles poussent à leur tour les Barbares cantonnés aux frontières de l'Empire. C'est ainsi qu'en 406, Vandales, Suèves, Alains, Alamans, Goths, et autres peuples germaniques déferlent à travers la Gaule et l'Espagne. Les Vandales poussent même jusqu'en Afrique du Nord où ils s'établissent en 429. Les Wisigoths s'installent en 412 en Aquitaine, puis en Espagne. En 430, les Francs arrivent en Gaule Belgique. En 437, les Burgondes, installés sur la rive gauche du Rhin, sont chassés par les Huns. Ils s'installent alors autour de Lyon et dans les Alpes. Les Huns arrivent à leur tour en Gaule. Mais une alliance entre les troupes romaines et les peuples barbares permet de les repousser en 451 à la bataille des champs Catalauniques.

406         Commencement des Invasions des Barbares. Les Burgondes (venus du bassin de la Wartha) (Allemagne), puis les Francs (venus d'entre Weser, Main et Rhin) pénètrent successivement par petites bandes armées, dans la Gaule romaine. Après eux viennent les Wisigoths (originaires des bords du Danube). Les grandes invasions. Peu après 400, les tribus germaniques (Wisigoths, Alamans, Francs, Burgondes, Vandales, Angles, Saxons, Ostrogoths et Huns) déferlent sur l'Empire romain qui est coupé en deux. Ces peuples barbares, constitués en sociétés guerrières divisées en clans familiaux, s'approprient la majorité des terres. La période des grandes invasions a bouleversé les bases du monde antique sédentaire et lui a mis un point final : c'est la fin de l'Antiquité. Les peuples barbares se fédèrent au IIIe siècle. L'Empire romain doit composer pour assurer sa survie; il échouera cette fois. Les grandes invasions commencent au IVe siècle, poussées par un peuple dont le seul nom terrifie les populations : Les Huns, guidés par leur célèbre chef Attila. En 375, Après avoir traversé le Danube, Les Wisigoths d'Alaric, pénètrent en Italie à deux reprises en 401 puis en 410 (pillage de Rome) : ils négocient ensuite en 418 leur installation (environ 100 000 personnes dont 20 000 soldats) en Aquitaine, officiellement concédée par les Romains à la suite d'un traité (foedus). Ils choisissent comme capitale Toulouse. Fuyant eux aussi les Huns, les Vandales, les Suèves et les Alains franchissent pendant l'hiver 406 le Rhin, gelé par un froid exeptionnel. Ce sont alors 150 000 hommes qui envahissent l'Empire romain en déclin. Ne sont cités dans cet article que les peuples qui s'établissent sur les terres d'Occident. Leur sédentarisation sur ces terres, et les potentats qu'ils développent constituent le premier acte du Haut Moyen Âge.

406         Stilicon assiège Florence où Radagaise s'est réfugié. Radagaise est un chef barbare païen d'origine gothique. À la tête d'une nombreuse armée hétéroclite composée entre-autres de Goths, de Vandales, d'Alamans et d'Alains, il entre en force en Italie au début de l'année 406, balayant les défenses frontalières, et commet de nombreux pillages et massacres dans la plaine du Pô. Se dirigeant vers le sud, il est arrêté près de Florence par le général romain Stilicon et est sévèrement battu à Fiesole. Son armée, affaiblie par la famine et manquant d'espace pour combattre et/ou battre en retraite, est exterminée en grande partie, le reste enrôlé de force dans l'armée romaine ; Radagaise est capturé et exécuté avec les principaux chefs (août 406).

406         23 août Radagaise est exécuté après sa reddition.

406         31 décembre Des bandes de Vandales, d'Alains et de Suèves franchissent le Rhin gelé près de Mayence. Les barbares poursuivent leur route vers le Sud-ouest et ravagent la Gaule sans rencontrer de résistance notable. L'empire Romain vieillissant est incapable de réagir. Bientôt ils occuperont l'Espagne et le nord de l'Afrique. Dans leurs sillages d'autres groupes de Barbares envahiront l'Europe occidentale: les Alamans, les Burgondes et les Francs. L'Europe devient une mosaïque de royaumes barbares.

407         Accord entre Jovin, les Alamans et les Burgondes. Jovin, usurpateur en Gaule contre l'empereur Honorius de 411 à 412. Aristocrate gaulois, il est élu empereur à Mayence par les aristocrates gaulois en 411, face à l'incapacité d'Honorius et d'un autre usurpateur Constantin III à ramener la sécurité en Gaule après l'invasion de 406. Ses forces se résument à des Burgondes et des Alains enrôlés du côté romain, dans une Gaule dévastée par les barbares. Pour se concilier Athaulf et ses Wisigoths présents en Italie, il les laisse passer les Alpes et entrer en Gaule en 412. Mais Athaulf préfère une alliance avec Constance III, représentant du pouvoir impérial légal qui est mieux à même de lui offrir du ravitaillement. Athaulf capture donc Jovin à Valence et l'exécute, au profit d'Honorius. Cette brève tentative témoigne des effets du désastre de l'invasion de 406 : décomposition de la domination impériale romaine, et velléités autonomistes des élites gallo-romaines, qui iront en s'accentuant.

407         Constantin III est proclamé empereur par l'armée de (Grande) Bretagne. Constantin III, succédant à Marcus et à Gratien, deux autres usurpateurs proclamés et aussitôt assassinés par l'armée de Bretagne, il fut proclamé empereur par ses troupes en 407. Il évacua aussitôt la Bretagne qui, en l'absence de troupes romaines, fut assaillie par les Jutes, les Angles, les Saxons, les Pictes, les Scots et les Frisons. Constantin IIl prit le contrôle des Gaules, et s'établit à Trèves, l'empereur Honorius ne conservant sous son autorité que l'Italie et l'Afrique. En 408, il dut déplacer la capitale des Gaules, de Trèves à Arles, et, après avoir résisté à Sarus, envoyé par Stilicon pour réprimer sa rébellion, au siège de Vienne, il étendit son autorité sur l'Espagne. Fin 409, il ne put cependant arrêter l'invasion des Vandales, des Alains et des Suèves, qui s'installèrent en Espagne. En 410, alors qu'il se rendait en Italie pour secourir Rome des invasions barbares ou pour y assoir son autorité, accompagné de son fils Constant, qu'il avait fait César dès 408, son général, Gerontius, qui gouvernait l'Espagne en son absence, proclama empereur Maxime à Tarragone. Gérontius traversa les Alpes, battit l'armée de Constant devant Vienne et tua celui-ci. Constantin III se réfugia à Arles. Gérontius s'apprêtait à commencer le siège d'Arles lorsque l'armée d'Honorius, dirigée par le général Constantius (futur Constance III) survint. Gerontius prit la fuite et Constantin III, après avoir négocié la reddition d'Arles, fut livré à Honorius qui le fit exécuter en novembre 411.

407         Constantin III débarque en Gaule et rallie quelques garnisons.

408         1er mai Mort d'Arcadius, Théodose II le remplace à la tête du gouvernement d'Orient. Théodose II (401– 28 juillet 450), empereur romain d'Orient (408–450).

408         13 août Rébellion au sein des armées de Stilicon à Ticinium.

408         22 août Exécution de Stilicon sur les ordres d'Honorius à Ravenne.

408         novembre Alaric pose le siège devant Rome. Après avoir pillé Aquilée, Crémone, Alaric parait devant Rome et ne se retire qu'après avoir obtenu une rançon énorme; Honorius lui refusant le titre de maître de la milice, il revient devant Rome qui, désolée par la famine, ouvre ses portes; sur son ordre, le Sénat donne la pourpre au préfet de la ville Attale et nomme Alaric lui-même maître de la milice; puis Honorius, ayant fait attaquer à l'improviste le camp des Goths par leur compatriote Sarus, Alaric, qui avait déposé sa créature Attale, revient une troisième fois sur Rome, la prend et la livre au pillage (410).

408         14 novembre Loi d'Honorius excluant les ennemis des catholiques de l'administration.

408         décembre Alaric s'empare du port de Rome qu'il quitte contre une forte rançon. Stilicon achète le départ des Wisigoths d'alaric d'italie pour 4000 livres d'or et les envoie contre Arcadius en Orient. A la mort d'arcadius en mai, la rumeur se répand que Stilicon veut faire de son fils, Eucher, un empereur. Il se fait assassiner à Ravenne sur ordre de son gendre, Honorius (24 août). Le pouvoir tombe entre les mains des favoris de l'empereur, Olympius, Jovius, Eusèbe, Allobichius. Alaric reprend le chemin de l'italie. Il pille Aquilée et Crémone, puis marche sur Rome (octobre).

409         Vandales, Alains et Suèves envahissent l'Espagne.

409         Constantin III rétablit l'autorité de Rome dans la vallée du Rhin.

409         Le Sénat envoie Attale auprès d'Honorius pour lui demander l'exécution du traité de 408. Attale, haut fonctionnaire romain, comte de largesses sacrées d'Honorius, il fut de 409 à 416 la marionnette politique du bras de fer entre les Wisigoths et le pouvoir impérial romain. Il est mandaté par le sénat de Rome pour servir de négociateur entre Alaric Ier qui menace Rome avec ses Wisigoths et l'empereur Honorius enfermé à Ravenne. En fin 409, Alaric assiège Rome, et force le sénat à décider la déchéance d'Honorius et à proclamer Attale comme Auguste. Comme convenu, Attale satisfait aux exigences d'Alaric, en le nommant chef des armées (magister militium), puis tous deux marchent sur Ravenne. Honorius propose à Attale de partager l'empire, ce dernier refuse, sur de sa force. Ravenne est bien protégée, Honorius reçoit des renforts d'Orient, et le gouverneur d'Afrique Héraclien coupe le ravitaillement vers Rome, où la population affamée finit par se révolter. Alaric cherche encore une voie négociée avec Honorius : il dégrade Attale en été 410 et renvoie son diadème et sa pourpre à Ravenne. En vain. Ne pouvant prendre Ravenne, Alaric se tourne vers Rome, et redonne la pourpre à Attale pour se concilier les habitants de Rome. Malgré celà, les romains ferment les portes de la Ville aux Wisigoths. Attale est de nouveau dégradé par Alaric. Le 24 août 410, les Wisigoths pernètrent dans Rome et la pillent. De potiche, Attale devient bagage, entraîné par Alaric puis Athaulf d'Italie en Gaule, de Gaule en Espagne. Il dirige les chants lors du mariage d'Athaulf et de Galla Placidie ! En 414, Athaulf furieux du blocus alimentaire opéré par Constance, élève Attale au titre d'empereur, pour la troisième fois ! Après l'assassinat d'Athaulf, Wallia le livre au patrice Constance. Attale eut la vie sauve et figura comme captif au triomphe d'Honorius en 416. Il finit ses jours en exil aux îles Lipari, à une date inconnue.

409         Attale repart de Ravenne à la tête d'une armée de 6 000 hommes.

409         L'armée romaine est massacrée au cours d'une embuscade d'Alaric.

409         Alaric assiège de nouveau Rome pour imposer l'exécution du traité de décembre 408.

409         novembre Alaric oblige le Sénat à nommer Attale, préfet de la ville, empereur d'Occident.

409         Attale nomme Alaric commandant des armées.

410         Honorius rappelle les légions romaines en garnison en (Grande) Bretagne pour défendre l'empire.

410         Attale met le siège devant Ravenne.

410         Défaite des troupes d'Attale en Afrique contre Héraclien, gouverneur d'Afrique.

410         Alaric destitue Attale à Rimini et envoie les insignes impériaux à Honorius. Rimini est une commune sur la côte adriatique au Nord de la Méditerranée.

410         Alaric victime d'une tentative d'attentat, redonne le titre d'empereur à Attale.

410         Alaric met le siège devant Rome qui refuse de lui ouvrir ses portes et dégrade Attale.

410         24 août Prise et pillage de Rome par Alaric jusqu'au 27. Alaric Ier, le roi des Wisigoths, après avoir envahi l'Italie, s'empare de Rome et la livre au pillage, avant de partir s'installer en Gaule méridionale. Le dernier empereur, Romulus Augustule sera détrôné par le roi barbare Odoacre en 476. Ce sera la fin de l'Empire romain d'Occident.

410         Alaric, roi des Wisigoths, s'était emparé de Rome qu'il avait livrée au pillage. Il mourut en 412 et eut pour successeur Ataulf son beau-père, qui épousa Placidia, fille de Théodose II le Grand. Les Romains lui accordèrent pour ses hordes, qu'ils espéraient détourner ainsi de leurs projets sur l'Italie, des territoires dans la Gaule méridionale (Aquitaine).

410         Alaric se dirige vers le sud de l'Italie.

411         Jovin se proclame empereur de l'empire romain.

411         Constant, fils de Constantin III est capturé à Vienne.

411         Constantin III assiégé à Arles, est capturé et décapité par Constance III. Constance III, Constantius, proclamé Empereur romain d'Occident en 421. Général de l'Empereur d'Occident Honorius avec le titre de patrice, Flavius Constantius vainquit les usurpateurs apparus dans le sillage des invasions germaniques de 406 : Constantin III en Gaule en 411, Maxime en Espagne en 411 puis en 413 Jovin de nouveau en Gaule. Il parvient tres habilement à ramener les Wisigoths à la paix : en 414, en les affamant par un blocus, il les força à sortir d'Espagne pour revenir en Aquitaine. En 416, il traita avec leur roi Wallia, en échange de livraisons de ravitaillement. Wallia restitua l'usurpateur Priscus Attale et Galla Placidia, ex-otage d'Alaric Ier puis veuve d'Athaulf. Enfin en 418, Constantius accorda aux Wisigoths le statut de fédérés (foedus) en Aquitaine de Toulouse à Poitiers. Les Wisigoths créèrent le royaume de Toulouse, où ils restèrent en paix jusqu'en 456. Constantius épousa en 417 Galla Placidia, soeur d'Honorius. Ils eurent deux enfants, Valentinien III et Honoria. Grâce à ses succès, Constantius fut nommé Auguste en février 421, sous le nom de Constance III, mais Théodose II ne le reconnut pas. Le rattachement religieux de l'Illyrie à Constantinople ouvrit un conflit entre les deux parties d'empire; Constance III mourut de maladie en septembre 421 alors qu'il préparait une expédition contre Théodose II.

412         Les Wisigoths pénètrent dans le sud de la Gaule, mais se cantonnent en Aquitaine dès 418. Athaulf conduit les Wisigoths en Gaule (100 000 personnes) où il s'empare de la Provence et de l'aquitaine. Narbonne, Toulouse et Bordeaux sont ravagées.

413         Installation des Burgondes sur la rive gauche du Rhin à l'appel de Jovin.

413         Athaulf pénètre en Gaule et s'empare de Narbonne, Toulouse et Bordeaux avant d'être battu par Constance. Athaulf est roi des Wisigoths de 410 à 415. Il est le successeur d'Alaric Ier, ainsi que son beau-frère. Il renonce au projet d'Alaric envers l'Afrique du nord et remonte toute l'Italie puis enlève aux usurpateurs Jovin et Sébastien la Provence puis l'Aquitaine. Il épouse Galla Placidia en janvier 414, la soeur de l'empereur légitime Honorius, qui était sa captive. En 415 il se prépare à envahir l'Espagne lorsqu'il est assassiné par l'un de ses officiers. Sigeric lui succède 7 jours avant que Wallia devienne roi.

414         Athaulf alors en Tarraconaise nomme Attale empereur.

415         Assassinat d'Athaulf par Sigéric, qui lui succède. Sigéric est roi des Wisigoths en 415. Porté au pouvoir par la faction hostile à la politique du roi Athaulf qui meurt assassiné, il est assassiné après 15 jours de règne le même mois de son élection (septembre 415) au nom de la faide germanique ("vendetta").

415         Assassinat de Sigéric par Wallia qui lui succède. Wallia, roi des Wisigoths (415-418), En septembre 415, après l'assassinat du roi Sigéric, instigateur du meurtre du roi Athaulf peu de temps avant, Wallia est porté au pouvoir. Il renvoit Galla Placidia en Italie en échange de 600 000 boisseaux de blé fournis par l'Empire aux Wisigoths et est reconnu par Rome comme gouverneur d'Aquitaine. Il est également chargé de combattre les "Barbares" qui infestent la péninsule ibèrique, c'est-à-dire principalement des Vandales, vieux ennemis des Goths, des Suèves et quelques clans alains.

415         Les Wisigoths entrent en Espagne.

415         Le corps du protomartyr Saint Étienne est découvert par un dénommé Lucien, prêtre à Caphar-Gamala, qui avait eu la révélation de son emplacement au cours d'un songe. L'évêque Jean de Jérusalem fait procéder solennellement à la translation du corps du martyr à l'église du Mont-Sion de Jérusalem, le 26 décembre 415. L'évêque Juvénal, successeur de Jean, commence la construction à Jérusalem d'une basilique destinée à recueillir la dépouille de Saint Étienne. Les travaux sont repris en 438 sous l'impulsion de l'impératrice Eudoxie, épouse de Théodose II. Les restes du martyr sont transférés dans la nouvelle basilique, qui ne sera d'ailleurs achevée que vingt ans plus tard, lors de la cérémonie de dédicace par Saint Cyrille, patriarche d'Alexandrie, le 15 mai 439. L'actuelle basilique a été construite à l'emplacement de l'ancien ouvrage par les Dominicains à la fin du XIxe siècle. Saint Étienne, premier martyr de la chrétienté - ou protomartyr, apparaît comme étant à l'origine du culte des saints. L'existence d'Étienne est attestée pour la première fois dans les Actes, au chapitre 6, où il est présenté comme un juif helléniste converti au christianisme, choisi avec six autres "hommes de bonne réputation, d'Esprit Saint et de sagesse" pour devenir les diacres chargés d'assister les apôtres. Étienne devient rapidement un personnage soit admiré, soit fortement haï à Jérusalem. C'est un érudit jamais pris en défaut et un éclatant dialecticien qui confond ses adversaires lorsque ceux-ci l'entreprennent. En outre, il acccomplit des "prodiges et des signes remarquables parmi le peuple"     

416         Traité de paix entre Honorius et Wallia qui lui livre Attale. Les Wisigoths continuent leur invasion de l'Espagne. Leur roi Wallia, payé par l'empereur (600 000 mesures de blé) et à la tête de 100 000 hommes, combat les Alains et les Vandales (416-429). Les Vandales Silingues sont exterminés, tandis que les Alains, les Suèves et les Vandales Asdingues sont regroupés dans le nord-ouest de la péninsule. Les Suèves en profitent pour étendre leur domination vers le sud, mettant en place un état d'une extrême brutalité.

417         1er janvier Galla Placida, fille de Théodose II, épouse Constance III.

418         Installation des Wisigoths en Aquitaine, Toulouse devient leur capitale.

419         Naissance de Valentinien (futur Valentinien III), fils de Constance et de Galla Placidia soeur d'Honorius. Valentinien III (2 juillet 419, Ravenne - 16 mars 455, Rome) fut un empereur romain (de 424 à 455). Il fut le seul fils de Constance III et de Galla Placidia, fille du grand Théodose Ier. Il fut nommé César le 23 octobre 424 à Constantinople, et après une courte guerre en Italie pour éliminer le fonctionnaire Jean installé sur le trône, il fut sacré empereur de l'Empire romain d'Occident à Rome le 23 octobre 425. Galla Placidia est une impératrice romaine née en 390. Elle est la fille de Théodose Ier et la demi-soeur des empereurs Arcadius et Honorius.

420         LES MÉROVINGIENS.

420         Les Mérovingiens constituèrent la première dynastie qui régna sur la majorité des territoires français et belge, du Ve siècle jusqu'au VIIIe siècle, immédiatement après l'occupation romaine de la Gaule. Ils sont issus des Francs Saliens qui étaient établis au Ve siècle dans les régions de Cambrai (Clodion le Chevelu) et de Tournai, en Belgique (Childéric). Le nom mérovingien provient du roi Mérovée, ancêtre légendaire de Clovis. Parmi les Francs qui sont entrés au service de l'Empire depuis la fin du IIIe siècle, se trouvent les Saliens. Leur ancêtre légendaire, sans doute quasi-divin selon les rites germaniques, est pour eux la principale source de légitimité du pouvoir royal. Il se nomme Mérovée. Toutefois, au Ve siècle leur roi est aussi devenu proconsul des Gaules, c'est-à-dire un fonctionnaire romain d'origine germanique mais très bien assimilé (en savoir plus sur cette dynamique d'intégration). Les Francs sont alors solidement établis en Neustrie et leurs fonctions militaires leur confèrent un pouvoir important en ces temps troublés : le jeune Clovis (germ. Hlodowecus, qui donne par la suite les prénoms Ludovic ou Ludwig en Allemagne et Louis en France) devient leur roi à Tournai, probablement en 481. Mais il lui faut plus que le pouvoir d'essence divine que lui confère la mythologie tribale germanique, pour s'imposer face aux évêques, aux patrices ou à la population gallo-romaine en partie christianisée. Installé à Soissons, où il a renversé un général romain nommé Syagrius, Clovis est sans doute d'abord sensible aux conseils de sa femme burgonde, Clothilde, convertie au catholicisme, et à ceux de l'évêque de Reims, Rémi. Peut-être au cours d'une bataille importante contre les Alamans, la bataille de Tolbiac, il promet de se convertir à la religion chrétienne catholique s'il est victorieux. Il tient parole et reçoit le baptême en 496 à Reims, avec 3000 guerriers. Par la suite, il tente d'inculquer les principes chrétiens à son peuple qui demeure largement païen. Après une suite de victoires sur ses rivaux barbares, notamment sur les Burgondes, Clovis apparaît donc comme l'un des premiers rois germains d'Occident à avoir adopté la religion chrétienne dominante, celle de Rome, contrairement aux Wisigoths ou aux Lombards ariens et aux Alamans païens. Il parvient ainsi à gagner le soutien des élites gallo-romaines et à fonder une dynastie durable (laquelle prend le nom de son ascendant germanique) : les Mérovingiens. Établis en Neustrie, les Mérovingiens règnent sur la Gaule jusqu'au milieu du VIIIe siècle. Leurs souverains les plus connus sont : Dagobert Ier et la reine Brunehaut. Il faut noter qu'à cette époque, comme sous la dynastie suivante, il n'est pas question de France, mais bien d'un royaume des Francs : les rois germains, en effet, ne règnent pas sur un territoire, mais sur des sujets.

420         Les Mérovingiens forment une dynastie de rois francs descendants de Mérovée roi d'une tribu de Francs Saliens. Ils portent des cheveux longs on les surnommera les rois chevelus. A cette époque, les rois se comportent comme des propriétaires terriens, à leur mort leurs biens sont partagés entre les héritiers. Toutes les tentatives d'accroissement du domaine royal, notamment par les conquêtes territoriales, sont sans cesse remises en cause. Fréquemment, des conflits éclateront entre les héritiers lorsque l'un d'entre-eux cherchera à reconstituer le domaine à son profit. Après le règne de Dagobert Ier s'amorce une période très troublée annonçant la fin de la dynastie Mérovingienne. Depuis Childebert II, la moyenne de la durée de vie des rois mérovingiens, qui était jusqu'alors de 46 ans, tombe à 28 et l'âge moyen d'accession au trône passe de 18 ans à 9 ans et demi. Il devient évident que ces rois enfants ne vont plus être que des jouets dans les mains de régents plus ou moins officiels. On peut voir que Clotaire II et Dagobert Ier qui font figure d'exception puisqu'ils ont vécu 45 et 35 ans et ont eu un règne personnel tout à fait estimable et même prestigieux. Les maires des Palais deviennent souvent les vrais rois, certains en feront un usage discret d'autres auront beaucoup moins de scrupules. Ils finiront par créer une nouvelle dynastie, les Carolingiens.

420         PHARAMOND (420-428), roi des francs.

420         Pharamond ou Pharamon fut le premier duc des Francs saliens. Traditionnellement, Pharamond est considéré comme le premier monarque mérovingien. Ce fut vers l'an 420, pendant qu'Honorius régnait en Occident, et Théodose le jeune en Orient, qu'il fut élevé sur un bouclier, montré à toute l'Armée, et reconnu chef de toute sa nation. C'était le mode de désignation des anciens rois francs. En l'an 420 il traverse le Rhin près de Cologne en direction de l'ouest. Il divise la tribu des Francs en deux moitiés : les Francs saliens et les Francs rhénans ou "ripuaires". Il aurait eu pour fils Clodion le Chevelu et pour petit-fils Mérovée. Les Francs rhénans ou Francs ripuaires étaient une confédération de tribus d'origine franque. Ils étaient situés autour de Cologne, dans l'actuelle Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Allemagne). La dynastie qui les gouvernait s'appelait les Ripuaires. En l'an 420, le duc Pharamond sépara la tribu en deux groupes, prit la tête de l'un d'entre eux et partit vers l'ouest. Il fonda ainsi la tribu des Francs saliens et la famille des Mérovingiens.

420         La Gaule morcelée. Au Ve siècle, la Gaule est divisée en plusieurs royaumes barbares : Entre la Loire et l'Espagne, se trouve le Royaume Wisigothique de Gaule (419-507). Dans la vallée du Rhône, les Alpes et le Jura, les Burgondes ont établi leur royaume : la Sapaudia (443-534). Les Francs s'installent à partir de 486 en Allemagne (jusqu'à la Hesse actuelle), Belgique et Pays-Bas. Une partie de la Provence est occupée par les Ostrogoths, qui tiennent l'Italie (489-552). Les dernier bastion romain en Gaule est l'espace situé entre Seine et Loire : la Normandie, l'îlede France et une partie du Bassin parisien. La plupart de ces royaumes sont éphémères, du moins en Gaule. A la fin du Ve siècle et au début du VIe, les Francs, menés par Clovis puis ses descendants, vont reconquérir la Gaule et soumettre les différents peuples barbares.

420         Les Francs envahissent en masse le Nord de la Gaule.

421         8 février Constance III est nommé empereur par Honorius.

421         2 septembre mort de Constance III.

423         Honorius chasse Galla Placidia de Ravenne.

423         15 août Mort d'Honorius. A la mort d'Honorius, un usurpateur, le sénateur italien Jean, prend l'empire à Ravenne (20 novembre).

423         Théodose II refuse de nommer un successeur à Honorius gouverner l'Occident.

423         Boniface Ier soutient Galla Placida et menace de bloquer les transports de blé venant d'Afrique. Boniface Ier, 42e pape (419—422). À la mort du pape Zosime, le 26 décembre 418, le parti des diacres élit pour lui succéder l'archidiacre Eulalien, le 27 décembre. Or, le 28, les prêtres choisissent l'un des leurs, qui devient Boniface Ier. Il en résulte que, le 29 décembre les deux hommes sont sacrés chacun de leur côté.

423         La cour de Ravenne nomme Jean empereur d'Occident.

423         Jean envoie Aetius lever une armée chez les Huns. Aetius (né en 390), qui a passé une partie de sa jeunesse comme otage chez les Wisigoths et les Huns, se rallie à sa cause et va recruter une armée chez les Huns. Quand il revient avec une forte armée, Jean a déjà succombé aux attaques de Galla Placidia, fille de Théodose Ier, soutenue par son neveu Théodose II (mai 425). Flavius Aetius (parfois francisé en Aétius) est un général romain qui obtint les titres de "Patrice" en 433 et de "maître de la Milice" pour les Gaules par Galla Placidia, la mère de l'empereur romain Valentinien III. On a dit de lui qu'il fut "le Dernier des Romains" en raison de ses victoires contre les barbares et de l'époque à laquelle il vécut, peu avant que le dernier empereur d'Occident ne soit déposé. Il repoussa les Francs orientaux au-delà du Rhin, vainquit les bagaudes d'Armorique, battit les Francs saliens de Clodion à Helesmes. Ce dernier chef barbare conclut un traité avec le général en 428. Ce traité (foedus) faisait d'eux des "fédérés" combattant pour Rome, et les autorisait à s'installer dans l'Empire, en l'occurrence près du fisc impérial de Tournai. Il s'agissait là des origines du futur royaume franc de Clovis Ier. Aetius battit également les Burgondes de Gunthar qui étaient entrés en Gaule et les força - ou plutôt négocia leur installation en Sapaudia (la future Savoie, précisément les territoires entre Alpes et Jura). Enfin, il chargea le roi des Alains qui étaient établis sur la Loire, Goar, de surveiller les Armoricains. Ainsi, il contribua par sa politique à dessiner certains des traits marquants du territoire français au haut Moyen Âge. Mais la notoriété d'Aetius est surtout due à ce que l'Historiographie a fâcheusement nommé la "bataille des Champs catalauniques". Cette bataille se déroula en réalité au lieu-dit campus mauriacus près de Troyes et marqua la fin de l'invasion des Huns, menés par Attila, en Gaule. Aetius y commanda la coalition romano-barbare aux côtés du roi wisigoth Théodoric Ier et de Burgondes, d'Alains, de Saxons et de Francs qui étaient ses alliés. Triomphant, il fut finalement victime des jalousies que ses victoires lui avaient apportées à Rome. Il mourut, en effet, assassiné sur l'ordre de Valentinien III en 454. Théodoric Ier (? - 451) - roi des Wisigoths (418-451) Véritable fondateur de la monarchie Wisigothique, il établit sa capitale à Toulouse. Il fit trois fois la guerre au Romains, de 425 à 436, mais ne put réussir à s'emparer d'arles, ni de Narbonne. Il mourut au coté d'Aetius, en combattant Attila à la bataille des Champs Catalauniques.

423         Aetius gouverneur de la Gaule restée sous la domination de Rome.

424         23 octobre Valentinien III est nommé César par Théodose II.

425         9 juillet Valentinien III annule les actes pris par Jean.

425         23 octobre Valentinien III est nommé Auguste sous la régence de sa mère Galla Placidia.

425         VALENTINIEN III (425 à 455) (Placidius Valentianus)

425         Valentinien III (2 juillet 419, Ravenne - 16 mars 455, Rome) fut un empereur romain (de 425 à 455). Il fut le seul fils de Constance III et de Galla Placidia, fille du grand Théodose Ier. Il fut nommé César le 23 octobre 424 à Constantinople, et après une courte guerre en Italie, il fut sacré empereur de l'Empire romain d'Occident à Rome le 23 octobre 425. Il avait seulement six ans lorsqu'il eut reçut le titre d'Auguste, c'est donc sa mère qui a régné avec Aetius jusqu'en 433. Son règne fut marqué par l'éclatement de l'Empire romain d'Occident, la conquête de la province de l'Afrique par les Vandales en 439, l'abandon de l'Angleterre en 446, la perte d'une partie des territoires d'Espagne et de la Gaule, où les peuples barbares s'installèrent et enfin les ravages fait en Sicile et sur les côtes orientales de la mer Méditerranée par les flottes de Genséric. Il y eut quand même la victoire d'Aetius sur Attila en 451 près de Châlons et les campagnes successives contre les Wisigoths dans le Sud de la Gaule en 426, 429 et 436, enfin, des envahisseurs venant du Rhin et du Danube furent repoussés de 428 à 431. L'impôt est devenu de plus en plus plus intolérable pour les provinces pendant que la puissance de Rome diminuait ce qui a fait que leur fidélité a été sérieusement altérée. Ravenne était la résidence habituelle de Valentinien mais il s'est sauvé de Rome à l'approche d'Attila, qui, après avoir ravagé le Nord de l'Italie, est mort l'année suivante (453). En 454, le fils d'Aetius devait se marier avec la fille de l'empereur, mais il fut tué sous les ordre de Valentinien. Le 16 mars de l'année suivante, l'empereur fut lui-même assassiné par deux des palpeurs barbares d'Aetius. D'une part, il n'avait pas la capacité de régner sur l'Empire dans un tel moment de crise, d'autre, il n'a jamais été indulgent envers ses victimes.

425         Capture de Jean par les soldats de Théodose II à Ravenne.

425         mai Exécution de Jean à Aquilée.

425         mai Aetius arrive à Ravenne à la tête d'une amée qu'il congédie.

425         23 octobre Valentinien III est nommé Auguste sous la régence de sa mère Galla Placidia.

425         Félix est nommé commandant des armées et Aetius maître de la milice en Gaule.

425         à 450 - Mausolée de Galla Placidia à Ravenne: le plus ancien ensemble de mosaïques. Galla Placidia est une impératrice romaine née en 390. Elle est la fille de Théodose Ier et la demi-soeur des empereurs Arcadius et Honorius. Le Mausolée de Galla Placidia, à Ravenne, en Italie, est un célèbre monument d'époque et de style byzantins. Plus que par son architecture, ce monument est mondialement connu par ses somptueuses mosaïques, les plus anciennes de la ville. Elles marquent la transition entre l'art paléochrétien et l'art byzantin.

428         CLODION (428-455), roi des francs.

428         Avènement de Clodion. Clodion, dit "le Chevelu" (? - 448), fils de Pharamond, était chef des Francs saliens, donc deuxième roi de France de la première dynastie, celle des Mérovingiens.

428         Clodion, roi des francs s'empare de Cambrai et atteint la Somme avant d'être battu par Aetius.

428         L'hérésiarque Nestorius patriarche de Constantinople (428-431). Nestorius ne veut voir dans le Christ qu'un homme en qui le Verbe de Dieu à résidé. Marie n'est pas mère de Dieu (Théotokos), mais mère du Christ (Christotokos). L'évêque de Rome Célestin condamne la doctrine nestorienne. Le patriarche d'alexandrie Cyrille fait aussitôt rédiger par un concile égyptien une mise en demeure qu'il transmet à Nestorius. Nestorius ou Nestorios (né vers 381-mort en 451) fut patriarche de Constantinople du 10 avril 428 au 11 juillet 431. Nestoriens, on appelle nestoriens les chrétiens adeptes du nestorianisme, une des formes historiquement les plus influentes du christianisme dans le monde durant toute la fin de l'Antiquité et du Moyen Âge à partir de ses bases à l'ouest de l'empire perse. Cyrille d'Alexandrie (376-444) devient évêque d'Alexandrie en 412 et est un docteur de l'Église. Patriarche d'Alexandrie en 412, il déploya un grand zèle contre l'hérésie, ferma les églises des Novatiens et chassa les Juifs d'Alexandrie. Ces mesures énergiques l'engagèrent dans de vifs démêlés avec Oreste, préfet d'Égypte, et furent l'occasion de scènes sanglantes (415), dans lesquelles périt Hypatie. S. Cyrille combattit également Nestorius et contribua à le faire condamner par le concile d'Éphèse, 431. Il est le grand défenseur de "Marie, Mère de Dieu" en particulier lors du concile d'Éphèse en 431. Il mourut en 444, méritant le titre de Défenseur de l'Église, que lui décerna Saint Célestin.

429         Raids de Genséric en Afrique depuis l'Espagne. Genséric (v. 389/399 à 477) ou Geiseric était le roi des Vandales lors de leur conquête de l'Afrique en 429-439.

430         juin Genséric met le siège devant Hippone. Hippone, en latin Hippo Regius, est le nom antique de la ville d'Annaba se trouvant au Nord-Est de l'Algérie. Fondée par les Phéniciens, elle devint l'une des principales cités de l'Afrique romaine. Saint Augustin était l'évêque de la ville entre 396 et 430. Hippone est ensuite prise par les Vandales en 431 au terme d'un siège de 18 mois. La ville devient alors leur capitale de 431 à 539, avant de redevenir romaine entre 534 et 698. Elle est alors prise par les Arabes.

430         28 août Mort de Saint Augustin au cours du siège d'Hippone (jusqu'en juillet 431).

430         à 486 - naissance et mort de Sidoine Apollinaire, premier auteur national. Sidoine naquit à Lyon, vers l'an 430, d'une illustre famille arverne des Gaules, où son aïeul et son père furent préfets du prétoire. Il étudia les lettres sous les maîtres les plus habiles, et devint lui-même un des hommes de son temps les plus célèbres dans l'éloquence et la poésie. Gendre de l'empereur Avitus, arverne comme lui (il avait épousé sa fille Papianilla en 452), il l'accompagna à Rome et prononça son panégyrique devant le Sénat. Revenu à Lyon après la chute d'Avitus, il y fut capturé par le nouvel empereur Majorien en 457. En raison de sa réputation, celui-ci le traita avec grand respect, et Sidoine prononça son panégyrique en retour, ce qui lui valut d'avoir une statue de bronze élévée sur le Forum et le titre de comte. En 467, l'empereur Anthémius le récompensa d'un panégyrique composé en son honneur en le nommant préfet urbain de Rome, et par la suite l'éleva à la dignité de patricien et de sénateur. Pour des raisons plus politiques que religieuses, il fut appelé à succéder à Eparchius sur le siège épiscopal d'Arvernum, aujourd'hui Clermont en 471. Lors de la prise de la ville par les Goths en 474, il fut emprisonné car il avait pris une part importante dans la défense de la ville. Il fut restauré dans ses fonctions par Euric, roi des Goths, et gouverna son évêché jusqu'à sa mort. Ses poèmes et ses lettres nous fournissent un témoignage unique et intéressant sur l'Auvergne du Ve siècle.

431         Premier concile oecuménique qui se tient à Éphèse; il condamne le nestorianisme comme une hérésie; il définit Marie comme étant vraiment la "Mère de Dieu". Après son succès sur Nestorius au concile d'Éphèse, le patriarche d'Alexandrie Cyrille est accueilli triomphalement en Égypte, et Alexandrie est considérée pendant un temps comme la capitale de la chrétienté d'Orient. Un grand nombre des partisans de Nestorius se réfugient en Perse, et Nestorius meurt dans le désert de Libye en 440. Le concile d'Éphèse est ouvert le 22 juin 431 par le patriarche Cyrille d'Alexandrie et rassemble près de 200 personnes. Les lettres de convocation sont adressés à tous les évêques métropolitains de l'Empire d'Orient et à très peu d'évêques occidentaux pour la Pentecôte 431. Cyrille n'attend pas les retardataires, pourtant nombreux et souvent favorables à Nestorius. La décision de condamner ce dernier est prise en une journée. À l'inverse des précédents conciles dont les questions théologiques portaient principalement sur l'unicité de Dieu, le concile d'Éphèse marque un tournant en s'interrogeant sur la nature du Christ. Ainsi, le nestorianisme est le centre du débat. Nestorius, niant la tradition de l'unicité de la nature du Christ, s'oppose à la désignation de Marie en tant que "mère de Dieu". Pour lui, elle est au mieux "mère du Christ". Marie serait donc la mère d'un homme dans lequel le Verbe s'est incarné, c'est-à-dire que Dieu serait venu "visiter". Or, si la religion chrétienne a pu s'implanter si rapidement en Asie mineure, c'est que le culte de Marie, très vivant, a pu être identifié au culte d'Artémis, principale déesse de l'ancienne religion. Remettre en cause cette importance de Marie, revient à affaiblir la position de la nouvelle religion notamment en Ionie. C'est la raison pour laquelle le concile se déroule à Éphèse, dans la première église dédiée à la Vierge. Mais derrière ces questions théologiques se cache une rivalité entre les deux patriarcats : celui d'Alexandrie et celui de Constantinople. L'empereur lui-même, Théodose II, intervient pour séparer les protagonistes et ordonner l'emprisonnement de Nestorius et de Cyrille. D'autres divisions s'opérent à la suite de ce concile. Jean d'Antioche condamne Cyrille qui répond en excommuniant ce-même Jean. Il faut attendre 2 ans pour qu'un compromis soit trouvé. Le concile d'Éphèse apparaît alors comme un symbole d'union entre deux courants.

432         Évangélisation de l'Irlande par Saint-Patrick. Saint Patrick (ou Patrice) est un saint catholique fêté le 17 mars. Il est à la fois l'évangélisateur de l'Irlande et le fondateur du christianisme irlandais. Saint Patrick, qui était britto-romain, de son nom païen de naissance Maewyn Succat, serait né aux environs de 389 en Bretagne insulaire dans la région qui correspond à l'actuel le Pays de Galles, ultime refuge celtique des bretons insulaires invaincus par l'occupant germanique, à Bannaven Taberniae de parents britto-romains : Calpurnius et Conchessa. Son père, bien que diacre, n'était pas considéré comme un homme très religieux, sa situation aisée provenant de la collecte de taxes. En 405, saint Patrick est enlevé par des pirates écossais qui le vendent comme esclave. Durant ses six années de captivité, il est berger pour le compte d'un chef de clan irlandais. Peu religieux avant sa capture, il rencontre Dieu et devient un chrétien dévôt. En 409, il parvient à s'échapper après que Dieu lui dit, dans un de ses rêves, de rejoindre le rivage et de s'embarquer sur un bateau. Il rejoint les côtes anglaises et devient prêtre. Il gagne ensuite les îles de Lérins, près de Cannes en France, et s'installe au monastère de Saint-Honorat où il se consacre à des études théologiques pendant deux années. En 411, il retourne en Irlande qu'il commence à évangéliser. La légende raconte que c'est à ce moment-là qu'il chasse tous les serpents du pays, action qui symbolise la conversion du peuple irlandais : les serpents représentent l'"antique ennemi", c'est-à-dire Satan, rendu responsable de l'ignorance du Dieu véritable. Encore selon la tradition, saint Patrick introduit également le concept de Trinité dans le pays en se servant du trèfle pour l'expliquer. Il est ordonné évêque et prend le nom de Patricius (Patrice ou Patrick en latin). Après de longues années d'évangélisation, il se retire à Downpatrick où il meurt le 17 mars 461. Il y est enterré aux côtés de sainte Brigitte et de saint Columcille, tous deux également patrons de l'Irlande.

434         Aetius s'arroge le titre de commandant des armées.

434         Les Huns (des Mongols) atteignent l'Europe. Emmenés par Attila, ils vont conquérir une grande partie du continent. Les Huns sont un peuple asiatique turco-mongol, probablement de langue turque, ou à tout le moins altaïque. mené par Attila est considéré comme étant l'extension occidentale des Huns. L'établissement du premier État hun a été un des premiers aspects bien documentés de la culture de la migration à dos de cheval. Ces tribus nomades surpassèrent leurs rivaux dans la maîtrise du cheval, grâce à la promptitude et la mobilité étonnante de leurs montures, ainsi qu'au talent des cavaliers, initiés dès le plus jeune âge. Cet avantage, couplé à l'arc court qui pouvait être utilisé depuis le dos de la monture, fut crucial dans les nombreuses batailles que livrèrent les Huns. Attila fut le roi des Huns - une peuplade originaire des steppes qui s'était établie dans la plaine danubienne - et régna selon l'historiographie romaine de 434 à 453.

435         11 février Traité avec Genséric lui accordant Maurétanie et Numidie.

435         Victoire d'Aetius sur Gundicaire, roi des Burgondes à Gundaha.

435         L'invasion des Vandales. Les Vandales envahissent l'ancienne région de Mauritanie. Ils occuperont Carthage, la capitale romaine d'Afrique, quatre ans plus tard. En 533, les Vandales seront chassés par l'armée byzantine, envoyée pour conquérir le continent africain.

436         Défaite des Burgondes face aux troupes d'Attila.

437         octobre Valentinien III épouse Licinia Eudoxia, fille de Théodose II à Constantinople.

438         15 février Promulgation du Codex de Théodose rassemblant toutes les lois.

439         Prise de Carthage par les Vandales; l'Afrique du nord passe sous leur contrôle.

439         Avitus est nommé préfet du prétoire des Gaules. Avitus était un noble gaulois d'Auvergne qui devint empereur romain d'Occident (455 - 456).

443         Aetius transfert les Burgondes de la rive gauche du Rhin pour les installer entre Genève et Grenoble.

448         Le chef Franc Mérovée est élevé sur le pavois (est reconnu pour chef par toutes les tribus franques occupant le même territoire dans la Gaule). De lui sortira la Première race des rois de France.

449         Les Jutes, les Angles et les Saxons commencent la conquête de la Grande-Bretagne.

450         27 novembre Mort de Galla Placidia, mère de l'empereur.

451         7 avril Attila met à sac la ville de Metz. Attila, à la tête des Huns, poursuit dans la Gaule qu'il envahit ses sujets Wisigoths qui ont fui l'Ukraine sans son accord et qui ont atteint l'Aquitaine, royaume fondé par Théodoric Ier, roi des Wisigoths, et l'Espagne.

451         14 juin Aetius allié aux Wisigoths délivre Orléans.

451         21 juin Aetius bat les Huns près de Troyes qui quittent la Gaule en direction de l'Italie.

451         Mort de Clodion Mérovée lui succède.

451         MÉROVÉE (451-456)

451         Les Huns, conduits par Attila, envahissent la Gaule, et se répandent jusque dans la région de Lutèce, dont ils s'éloignent devant l'attitude résolue de ses habitants, encouragés par sainte Geneviève. Peu après ils sont battus près de Châlons-sur-Marne par les forces réunies du général romain Aetius et des chefs francs, Mérovée et Théodoric. Attila vaincu, passe avec ses hordes en Italie. Alors qu'Attila menace la ville, Sainte Geneviève exhorte les Parisiens à ne pas quitter la ville et à résister aux Huns. Ceux-ci, aidés par les fortifications de la ville, résistent et font de la religieuse la patronne de la ville. Ses prières auraient contribuée à repousser les Huns. Sainte Geneviève est aussi responsable de l'érection de la première église abbatiale de Saint-Denis, sur le lieu supposé du tombeau du premier évêque de Paris. Sainte Geneviève, de père franc et de mère gallo-romaine, elle se voue très jeune à Dieu et est très vite remarquée par saint Germain d'Auxerre et saint Loup de Troyes, qui passent par Nanterre en 429, à l'occasion de leur voyage vers la Grande-Bretagne. Elle mène une vie consacrée et ascétique, probablement dès ses seize ans. Selon la tradition, en 451, grâce à sa force de caractère, Geneviève convainc les habitants de Paris de ne pas abandonner leur cité aux Huns et elle détourne la colère d'Attila par ses prières, et accessoirement grâce aux solides murailles de la cité. Une autre hypothèse à ce sujet prétend qu'elle aurait averti l'envahisseur d'une épidémie de choléra sévissant dans la région. Enfin, par ses liens avec les Francs, intégrés au dispositif romain, elle aurait pu savoir qu'Attila voulait s'attaquer d'abord aux Wisigoths en Aquitaine, et ne voulait sans doute pas perdre du temps devant Paris.

451         Invasion de la Gaule par Attila. Bataille dite des "Champs catalauniques" remportée par Aetius sur Attila. Les Huns d'Attila sont battus aux champs Catalauniques près de Troyes par une armée romano-barbare. C'est le premier échec militaire d'Attila, surnommé "le Fléau de Dieu". L'Empire des Huns s'étend de la Hongrie à l'Ukraine et de la Pologne à la Serbie. Vêtus de peaux de martres, les joues tailladées pour empêcher la barbe de pousser, ses guerriers sèment la terreur dans toute l'Europe. La défaite en Gaule, n'abattra pas la puissance d'Attila : c'est sa mort, en 453, qui provoquera la désagrégation de son Empire. La bataille des champs Catalauniques, en 451 après J.-C., rassembla les forces coalisées composées de Gallo-romains et de peuples fédérés menées par le patrice Aetius, contre les troupes de Huns emmenées par Attila. Elle fut appelée ainsi parce que les chroniqueurs grecs un siècle plus tard situaient le lieu de cette bataille aux environs de Châlons-en-Champagne (Duro Catalaunum à l'époque gallo-romaine). Aujourd'hui encore, à proximité de "la Grande Romanie", antique voie romaine entre Reims et Toul, reconvertie en chemin départemental rectiligne, on peut rencontrer un terrain bordé de fossés (vestiges d'un antique relais militaire romain ou d'une enceinte celte ?) appelé "le camp d'Attila". Aetius eut l'occasion, comme otage dans sa jeunesse, de côtoyer le peuple Hun et avait à plusieurs reprises enrôlé des Huns comme troupes auxiliaires. Il est dès lors vraisemblable que cette bonne connaissance des us et coutumes, notamment militaires, du peuple nomade lui servit utilement dans le commandement de la bataille. La victoire romaine permit, très temporairement, de maintenir la présence de l'Empire et interdit toute implantation des Huns en Gaule. Elle y conforta, en revanche, la présence des peuples barbares fédérés. La bataille des Champs Catalauniques marque l'avancée occidentale extrême des Huns établis en Pannonie (actuelles les plaines hongroises).

451         8 octobre : Ouverture du concile de Chalcédoine où siègent des représentants du pape. Le concile proclame qu'il existe deux natures en Jésus-Christ ; une nature divine et une nature humaine, qu'il est à la fois vrai Dieu et vrai homme. La doctrine monophysite est condamnée. Les patriarches de Rome et de Constantinople sont placés à égalité, interdiction de la simonie, reconnaissance du monachisme… Le patriarche d'alexandrie Dioscore est déposé et exilé. Sa condamnation attise les luttes religieuses et oppose les monophysites d'alexandrie, d'antioche et d'aksoum aux Grecs orthodoxes de Constantinople, appelés les melkites (de melk :roi). Le concile de Chalcédoine est le quatrième concile oecuménique et a eu lieu dans l'église Sainte-Euphémie de la ville éponyme en 451. Convoqué par l'empereur byzantin Marcien et son épouse l'impératrice Pulchérie il réunit à partir du 8 octobre 451 entre cinq et six cents évêques. Dans la continuité des conciles précédents, il s'intéresse à divers problèmes christologiques et condamne en particulier le monophysisme d'Eutychès et Dioscore sur la base de la lettre du pape Léon Ier intitulé Tome à Flavien de Constantinople (nom du patriarche de Constantinople, destinataire de la lettre du pape). C'est durant ce concile qu'est redéfinie la notion de personne : a) comme le principe de différenciation relationnelle au sein du mystère d'un Dieu à la fois un et trine, b) comme le principe d'unité et d'identité, dans le cas des deux natures, dans la personne unique du Christ. Cependant le pape saint Léon Ier le Grand refuse d'accepter le 28e canon du concile, qui en attribuant à la ville de Constantinople le titre de "Nouvelle Rome", remet en question la primauté du siège apostolique de Rome.

452         juillet Trêve entre Valentinien III et Attila qui quitte l'Italie en contrepartie d'un tribut annuel. Le pape Léon Ier supplie le roi des Huns et ses troupes de renoncer à envahir Rome. Attila, qui a déjà ravagé la Gaule mais a subi une terrible défaite aux champs calauniques (Champagne) en juin, accepte et retourne dans ses steppes. Il mourra peu après sur les bords du Danube et l'empire des Huns s'évanouira. Léon Ier, Saint Léon Ier le Grand, pape de 440 à 461, et docteur de l'Église. Ses origines sont mal connues. Né en Toscane ou à Rome entre 390 et 400, fils d'un dénommé Quintianus, il est archidiacre de Rome sous le pontificat de Célestin Ier (422/432) puis de Sixte III (432/440) dont il est l'homme de confiance. À la mort de ce dernier, le 19 août 440, Léon est en Gaule à la demande de la cour de Ravenne afin d'arbitrer un conflit entre le patrice Aetius et le préfet du prétoire Albinus. Sa réputation et son influence sont si grandes qu'il est élu par le peuple romain pendant son absence en Gaule. Il rentre à Rome en septembre pour être sacré le 29 septembre. Il eut pour conseiller saint Pierre Chrysologue.

453         mort d'Attila en Hongrie.

454         21 septembre Assassinat d'Aetius par Valentinien III à Rome.

455         16 mars Assassinat de Valentinien III par des officiers d'Aetius.

455         PÉTRONE MAXIME (455) (Flavius Anicius Petronius Maximus)

455         Petronius Anicius Maximius dit Pétrone Maxime (né en ?, mort en 455). Empereur romain d'occident en 455. Sénateur très en vue de l'Empire, il se révolte contre Valentinien III qui a violé sa femme, le fait assassiner et se fait proclamer Empereur par ses partisans. Pétrone Maxime sera massacré par la foule, le 2 juin 455, lorsqu'il tenta de s'échapper de Rome envahie par les Vandales de Genséric.

455         17 mars Pétrone Maxime est nommé empereur par l'aristocratie italienne.

455         Pétrone Maxime nomme Avitus maître de la milice des Gaules.

455         Pétrone Maxime épouse la veuve de Valentinien III.

455         31 mai Pétrone Maxime meurt au cours de violentes révoltes à Rome.

455         2 juin Genséric s'empare de Rome et la pille (jusqu'au 16). Les Vandales et leur chef Genséric débarquent à Rome et pillent la ville, sans massacre ni incendie, selon l'accord passé avec le pape Léon Ier. Mais ils emportent avec eux un énorme butin et des milliers de prisonniers. Les invasions barbares provoqueront la chute de l'Empire romain d'Occident. Genséric conquerra les îles de la Méditerranée occidentale et l'Afrique du Nord, puis établira sa capitale à Carthage. Il fondera ainsi un véritable empire, que ses descendants ne sauront pas conserver.

455         AVITUS (455 à 456) (Marcus Maecilius Flavius Eparchius Avitus)

455         Eparchius Avitus était un noble gaulois d'Auvergne qui devint empereur romain d'Occident (455 - 456). Avitus avait été préfet du prétoire des Gaules et avait en 439, conclu une paix avec les Wisigoths. Par ses bonnes relations à la cour wisigothique il avait aidé à la coalition autour d'Aetius contre Attila. Établi maître de la milice (Magister militum) par l'empereur Pétrone Maxime, il fut envoyé en mission diplomatique auprès de son ancien élève, Théodoric II, roi des Wisigoths et se trouvait à Toulouse lorsque Genséric envahit Rome, mettant fin au règne de Pétrone Maxime. Théodoric profita de l'occasion pour lui proposer la pourpre qu'il accepta après l'accord d'une réunion de sénateurs gallo-romains. Le 9 juillet 455, à Arles, il était proclamé empereur et entrait à Rome en septembre. Les Italiens ne le reconnurent pas réellement et lorsque sa campagne contre les Vandales échoua et qu'ils firent le blocus de Rome, sa situation devint difficile. Les difficultés financières l'amenèrent à renvoyer ses gardes du corps goths ; pour payer leur départ il dut même faire fondre des statues de bronze pour frapper de la monnaie. Ricimer, qu'il avait amené au pouvoir, et Majorien, profitèrent de ces difficultés pour fomenter un coup d'État. Avitus parvint à se réfugier à Arles. Ses appels à l'aide à Théodoric ne reçurent aucune réponse, celui-ci étant en Espagne à affronter les Suèves. Il rassembla les forces qu'il parvint à réunir et retourna en Italie. Il fut défait à la bataille de Placientia (Plaisance). Capturé il fut épargné et autorisé à devenir évêque de Piacenza le 17 ou 18 octobre 456. Craignant toujours pour sa vie il chercha refuge en Gaule mais périt en route. Sa fille, Papianelle, épousa Sidoine Appolinaire, issu d'une famille sénatoriale du Lyonnais, qui fut préfet urbain sous Anthémius et plus tard évêque d'Auvergne. Les poèmes et lettres de ce dernier sont les principales sources sur le règne d'Avitus. Le fils d'Avitus, Ecdicius, devint une personnalité politique en Gaule - préfet des Gaules - et en Italie plusieurs décennies plus tard.

455         juillet Avitus est nommé empereur par la noblesse gauloise et Théodoric II à Toulouse. Théodoric II est roi des Wisigoths, fils du roi Théodoric Ier et frère et successeur du roi Thorismond, après l'avoir fait assassiner, en 453. Il porte les frontières du royaume wisigothique presque jusqu'à la Loire (il avait vaincu le roi des Suèves, Réchiaire) et commence la conquête de l'Espagne, terminée par son frère et successeur Euric. Il meurt égorgé par ce-dernier, en 466, qui lui reprochait d'être trop romanisé. Il a aussi élevé Avitus sur le trône d'Occident et obtenu la Narbonnaise de Ricimer après avoir combattu Majorien.

455         9 juillet Avitus reçoit les insignes impériaux à Arles.

456         Victoire de Ricimer (général romain) contre la flotte vandale au large de la Corse.

456         septembre Majorien et Ricimer maître de la milice, lancent un coup d'état contre Avitus. Majorien, empereur d'occident de 457 à 461. Ricimer, fils d'un Suève, Ricimer est par sa mère petit-fils du roi Wisigoth Wallia. Il commande les forces armées d'Italie, une victoire en Corse sur une flotte vandale le rend populaire. De 456 à 472, date de sa mort, sa carrière comme patrice illustre l'impasse de la politique de germanisation totale des armées romaines : pendant 16 ans il contrôle ce qui reste d'empire en Occident, mais son origine barbare lui interdit l'accession au titre impérial et l'oppose aux autres barbares Goths et Burgondes. Et son opportunisme pour maintenir son pouvoir l'amène à faire et défaire les empereurs. Il soutien l'ascension de Majorien en 456, se brouille avec lui en 461. Il impose Libius Severus en 461, et profite à sa mort en 465 d'un interrègne de deux ans en attendant l'arrivée Anthémius, nommé par l'empereur d'Orient. Anthémius reconnait l'importance de Ricimer en lui donnant sa fille en mariage. En 472, Ricimer proclame Olybrius contre Anthémius, assiège Anthémius dans Rome et le tue. Ricimer décéde peu après, de mort naturelle, ayant totalement dévalué le titre impérial.

456         17 octobre Avitus battu à Plaisance est déposé par Ricimer, maître de la milice. Plaisance, est une ville d'Italie.

456         Exécution d'Avitus après s'être échappée.

456         Mort de Mérovée, son fils Childéric lui succède. Childéric Ier (vers 436 - 481, Tournai), roi des Francs Saliens en 456. Certainement le fils de Mérovée, il épousa Basine de Thuringe et eut pour fils Clovis.

456         CHILDÉRIC Ier (456-481)

456         Childéric Ier. Les origines de Childéric ne sont pas certaines on le suppose fils de Mérové (Mére-wig, guerrier de la mer) et peut être petit fils de Chlodion (Clodion le chevelu) tous deux chefs des Francs ou tout au moins de tribus franques. Roi des Francs Saliens, il mène son peuple jusqu'à la Somme et la Loire. Il contribue à protéger Angers des pirates anglo-saxons. Il collabore fréquemment avec Aegidius, lieutenant d'Aetius (général romain) puis avec Syagrius (fils d'Aegidius mort en 464). Bien que païen, il montre une grande bienveillance à l'égard des évêques ce qui montrera le chemin à son fils Clovis Ier. Il donne sa soeur en mariage au roi Wisigoth.

456         Avènement de Childéric Ier.

456         Childéric Ier succède à Mérovée en qualité de chef ou roi des Francs; ses compagnons l'exilent en Thuringe à cause de ses débauches, et offrent le pouvoir au général romain Aegidius, envoyé par Rome comme maître de milice, mais ils ne tardent pas à se lasser d'obéir à un étranger, et ils rappellent leur roi. Il eut pour épouse Basine. La Thuringe au centre de l'Allemagne.

456         Léon Ier empereur d'Orient se considère comme empereur d'Occident. Léon Ier, dit "le grand" est empereur d'Orient de 457 à 474. Son règne est dominé par ses interventions, souvent malheureuses, dans les affaires de l'empire romain d'Occident, dont il se proclame souverain en 461. Il impose en 467 Anthémius sur le trône d'Occident mais celui-ci est tué en 472 par Ricimer.

456         Révoltes en Auvergne et en Narbonnaise suite à la mort d'Avitus.

456         MAJORIEN (456 à 461) (Julius Valerius Maiorianus)

457         27 février Léon Ier empereur d'Orient fait Ricimier patrice et Majorien maître de la milice.

457         1er avril Les armées proclament Majorien empereur d'Occident près de Ravenne.

457         28 décembre Majorien prend le titre d'Auguste.

457         Aegidius restaure l'autorité de l'empire en Gaule. Aegidius, général romain.

458         Installation des Burgondes près de Lyon.

461         2 août Majorien est capturé à Tortone par Ricimier.

461         7 août Ricimer fait exécuter Majorien.

461         SÉVÈRE III (461 à 465) (Libius Severus)

461         Libius Severus Nommé empereur en novembre 461 par le patrice Ricimer, il n'est pas reconnu par l'empereur d'Orient, ni par les romains de Dalmatie ou de Gaule, qui font presque sécession. Tout le pouvoir est exercé par Ricimer. Il meurt en novembre 465, après un règne si inexistant que aucun successeur immédiat ne lui est nommé.

461         19 novembre Ricmier porte Libius Sévère à la tête de l'Empire.

461         Théodoric II, roi des Wisigoths s'empare de Narbonne.

465         Naissance de Clovis, fils de Childéric Ier. Clovis fut roi des Francs de 481 à 511 et considéré anachroniquement comme le premier roi catholique officiel de France.

465         14 novembre Mort de Sévère III à Rome probablement empoisonné.

465         ANTHÉMIUS (465 à 472) (Procopius Athemius)

465         Procopius Anthémius (420 - 11 juillet 472) était un empereur romain d'Occident du 12 avril 467 au 11 juillet 472. C'est l'un des "empereurs d'ombre" du Ve siècle, il était certainement le dernier ayant les capacités nécessaires pour ce poste. Anthémius essaya de résoudre les deux défis militaires principaux, faisant face aux restes de l'Empire romain d'Occident: l'expension des Wisigoths d'Euric, dont le domaine s'étend de part et d'autre des Pyrénées; et les Vandales de Genséric, qui contrôlent l'Afrique du Nord. Anthémius est d'une famille illustre : il descendrait de Procope, cousin de l'empereur Julien. Plus sûrement, son grand-père fut préfet du prétoire entre 408 et 414 et son père général sous Théodose II, et Anthémius a épousé Aelia Marcia Euphemia, fille de l'empereur d'Orient Marcien. Anthémius est général de l'empereur d'Orient Léon Ier et mène campagne en 466-467 en Pannonie contre les Ostrogoths. A cette date, la place d'empereur d'Occident était vacante, et l'Italie dirigée par le patrice Ricimer en lutte contre les Vandales. Léon Ier profita des circonstances et tenta de récupérer l'Italie en accordant le titre de César à Anthémius, qui dirigea son armée vers l'Italie. A son passage, le gouverneur de Dalmatie Marcellinus, devenu quasi indépendant de Ravenne, lui fit allégeance. A son arrivée en Italie, Anthémius est acclamé empereur par ses troupes le 12 avril 467 et s'allie avec Ricimer en lui donnant sa fille Alypia en mariage. Anthémius reçu également en Gaule l'appui de Riothamus et de son armée de Bretons dans une alliance contre Euric. Cependant, Euric pu vaincre non seulement l'armée de Riothamus et les forces romaines dans le Berry, mais aussi annexer des villes gauloises qui étaient restées romaines. En 468, une campagne contre les Vandales de Genséric est entamée coordonnant une flotte venue d'Orient dirigée par Basiliscus et les troupes d'Occident. La campagne contre Genséric se termina en fiasco, le général Marcellinus fut assassiné en Sicile. En 470, à la suite de toutes ces malchances, Anthémius tomba gravement malade. A ces échecs, s'ajoutent les conflits de tempérament entre le colérique Anthémius, traité de "sale gre" et l'ambitieux Ricimer, traité de "Gète vêtu de fourrure", ainsi que l'impopularité d'Anthémius auprès des milieux romains, qui l'accusaient de sympathie païenne. Le chef de l'armée, Ricimer, perdit patience, appelant 6000 hommes qui avaient été enrôlés pour la guerre contre les Vandales, et commença une opposition armée à partir de Milan contre Anthémius qui se trouvait à Rome. Ricimer proclama un empereur concurrent Olybrius. Ce conflit finit cinq mois plus tard par la conquête de Rome par Ricimer en juillet 472 après deux mois de siège, la capture d'Anthémius déguisé en mendiant, puis son exécution.

467         Anthémius, fils de Procope est nommé César par Léon Ier Empereur d'Orient.

467         21 avril Anthémius est proclamé empereur par ses troupes.

467         novembre-décembre Mariage de Alypia, fille d'Anthémius avec Ricimer.

468         août Les armées d'Anthémius et Léon partent en Afrique pour combattre Genséric.

468         La flotte des empereurs est détruite au promontoire de Mercure.

468         Les armées romaines quittent l'Afrique.

470         Ricimer en désaccord avec Anthémius quitte Rome pour Milan.

471         Défaite de l'armée d'Anthémius par Euric. Euric (415 - 484), frère et successeur de Théodoric II, fut roi des Wisigoths, de 466 à 484. Il fit de Toulouse sa capitale. C'est sous son règne que le royaume wisigoth connut sa plus grande extension, incluant la péninsule ibérique après sa victoire sur les Suèves ainsi que le sud de la Gaule après la prise d'Arles en 476 (ou 480). Auteur du code d'Euric, première codification de la loi wisigothe, il décéda de mort naturelle à Arles en 484. Son fils Alaric II lui succéda.

472         avril Ricimer nomme Olybrius, époux de Galla Placida la jeune fille de Valentinien III. Olybrius, empereur romain d'Orient en 472    

472         Ricimer assiège Anthémius à Rome.

472         Prise de Rome après 2 mois de siège.

472         11 juillet Capture et exécution d'Anthémius.

472         OLYBRIUS (472) (Anicius Olybrius)

472         Anicius Olybrius Descendant d'une riche famille sénatoriale, Olybrius épouse Galla Placidia la jeune, fille de l'empereur Valentinien III. En 455, lors du second sac de Rome par les Vandales, Olybrius est emmené par Genséric comme otage avec la veuve de Valentinien III et ses deux filles. Cette captivité ne fut probablement pas très pénible, car Genséric sut apprécier les qualités d'Olybrius, au point qu'il le libéra en 462. Olybrius et son épouse s'installèrent à Constantinople. En 465, à la mort de l'empereur d'Occident Libius Severus, Genséric et l'empereur d'Orient Léon Ier envisagent de le nommer empereur ; finalement Léon Ier lui préféra son général Anthémius. En 472, le patrice Ricimer entre en conflit ouvert avec l'empereur Anthémius. Contre lui, il appelle Olybrius, qui bénéficie d'une certaine légitimité comme ancien gendre de Valentinien III, et dispose de l'appui de la classe sénatoriale et du roi des Vandales Genséric. Olybrius débarque en Italie et est proclamé empereur devant Rome assiégée en avril 472. Mais une fois liquidé Anthémius, Ricimer, qui commandait l'armée d'Italie, décède en août 472. Olybrius le remplace par son neveu, le jeune prince burgonde Gondebaud, avec le titre de patrice. Ce choix pouvait apporter à Olybrius le soutien supplémentaire des Burgondes. Cependant le pouvoir d'Olybrius ne dépasse pas l'Italie, et l'empereur d'Orient Léon Ier ne le reconnaît pas, puisqu'il a détroné son protégé Anthémius. Mais Olybrius n'a pas le temps de régner: il décède à son tour en novembre 472, de mort naturelle. Gondebaud reste seul maître d'Italie, mais son origine barbare lui interdit le titre impérial. Il attendra quatre mois avant de trouver le successeur d'Olybrius: ce sera Glycérius.

472         Ricimer nomme Olybrius empereur d'Occident.

472         19 août Ricimer meurt d'une hémorragie.

472         2 novembre Mort d'Olybrius.

472         GLYCÉRIUS (472 à 474) (Flavius Glycerius)

472         Flavius Glycérius (? - 480) (empereur de mars 473 à juin 474): chef de la garde personnelle de Gondebaud, il fut proclamé empereur à Ravenne par celui-ci. Lorsqu'un groupe d'Ostrogoths pénétra en Italie, Glycérius n'avait aucune force à leur opposer. Il les paya pour qu'ils partent en Gaule, où ils se mêlèrent aux Wisigoths. L'empereur byzantin Léon Ier refusa cependant de le reconnaître et nomma à son tour Julius Nepos, qui débarqua en début 474 à Ravenne avec une petite armée. Glycérius prit la fuite vers Rome, mais le Sénat Romain refusa de le soutenir et lui ferma les portes de la ville. Lorsque Julius Nepos parvint à Rome, Glycérius se rendit sans combattre. Il fut tonsuré et reçut en compensation l'évêché de Salone en Dalmatie, où il mourut en 480. Il est identifié avec l'évêque Glycérius qui commendita l'assassinat de Julius Nepos en 480 près de Salone.

473         5 mars Glycérius est nommé empereur d'Occident par Gondebaud, neveu de Ricimer. Gondebaud (né avant 460, mort en 516) fut roi des Burgondes (territoire des Alpes à la Loire et du Rhin supérieur à la Provence) de 480 à sa mort.

474         Zénon nomme Julius Nepos César et lui ordonne de capturer Glycérius. Zénon Ier est un empereur d'Orient, né vers 430 à Rosoumblada dans le sud est de l'Asie Mineure, qui gouverne l'empire de 474 à 491.

474         Arrivée des troupes de Zénon pour lutter contre Glycérius.

474         Glycérius quitte Ravenne en direction de Rome qui lui refuse l'entrée.

474         Capture de Glycérius à Porto, Julius Nepos le nomme évêque de Salonne.

474         JULIUS NEPOS (474 à 475) (Flavius Julius Nepos)

474         Flavius Julius Nepos (450 - 480) (empereur de juin 474 à août 475) fils de Nepotianus et neveu par alliance de l'impératrice Aelia Verina, épouse de Léon Ier l'empereur d'Orient. Nepos gouverne la Dalmatie à Salone, lorsque en 476 l'empereur d'Orient Zénon le nomme César avec mission de renverser Glycérius, considéré comme illégitime par Zénon. Nepos débarque à Ravenne, poursuit et capture Glycérius au voisinage de Rome. Comme le font souvent les soldats menés au succès, son armée le proclame Empereur d'Occident le 24 juin 474. Mais Nepos manque d'appui en Occident, et est mal vu des Romains qui n'apprécient pas ce grec étranger. En Gaule, Euric, roi des Wisigoths poursuit son expansion par la conquête de l'Auvergne. En 475, Nepos doit conclure un traité par lequel il reconnaît l'autorité d'Euric sur l'Espagne et sur la Gaule jusqu'au Rhône et à la Loire. Nepos donne ordre à son général Oreste de revenir de Gaule en Italie. Oreste en profite pour renverser Nepos le 28 août 476. Nepos ne peut attendre aucun secours de Constantinople, en proie aux révolutions de palais de 475 et 476 ; il rembarque précipitamment et retourne en Dalmatie. En 477, après la destitution de Romulus Augustule, Nepos sollicite l'aide de Zénon pour récupérer son trône à Ravenne, mais Zénon aux prises avec les Ostrogoths ne peut rien pour lui. Nepos meurt assassiné le 9 mai 480 près de Salone, à l'instigation de l'évêque Glycérius qui se venge de sa destitution. Julius Nepos est le dernier empereur romain d'occident à avoir été reconnu par l'Empire romain d'Orient.

474         24 juin Julius Nepos est acclamé empereur par ses troupes.

475         Euric s'empare de l'Auvergne.

475         Traité de Paix avec Euric lui accordant l'Espagne et une partie de la Gaule.

475         28 août Oreste renverse Julius Nepos qui s'enfuit. Oreste, malgré son nom grec, était un Hun. Il fut un très proche collaborateur d'Attila (vraisemblablement son secrétaire), et par la suite, il prit la tête des troupes barbares confédérées qui "protégeaient" (en réalité, occupaient) l'Italie. En 475, il déposa l'empereur régnant Julius Nepos et plaça sur le trône son fils, Romulus Augustule. Tout indique en fait qu'il règna effectivement à sa place ; il s'aliéna notamment une partie des troupes qui l'appuyaient jusqu'alors en refusant de céder à leurs exigences de butin. Il fut tué en 476 durant le siège de Pavie, en faisant face à la sécession du chef barbare Odoacre.

475         ROMULUS AUGUSTULE (475 à 476)

475         Romulus Augustule (461 ? - ???) fut le dernier représentant de l'Empire romain. Fils du chef Hun Oreste, qui fut secrétaire d'Attila puis général au service de l'empereur d'Occident Julius Nepos. En 475, Oreste chassa Nepos, mais au lieu de s'installer sur le trône, il tira probablement la leçon des conflits précédents entre empereurs et chef de l'armée : il plaça son jeune fils sur le trône sous le nom de Romulus Augustus, gardant le contrôle de l'armée et donc le pouvoir réel. La jeunesse de Romulus (il était adolescent) lui valurent le sobriquet d'Augustulus, "petit Auguste". En 476, un officier de la garde, Odoacre, barbare et fils de l'ex roi des Hérules, réclama pour ses soldats le tiers des terres d'Italie. Oreste refusa, provoquant une révolte. Il s'enferma dans Pavie, puis à Plaisance, où il fut fait prisonnier et décapité le 28 août 476. Odoacre déposa Romulus le 4 septembre 476 et l'envoya en exil au cap Mysène, où il finit ses jours avec une riche pension. Aucun empereur romain ne fut proclamé en Occident après Romulus.

475         29 octobre Oreste, fait proclamer son fils, Romulus Augustule empereur par ses troupes.

475         à 526 - naissance et mort de Boèce. Homme d'État, philosophe, mathématicien. Ce chrétien, helléniste d'éducation, obtint la faveur de Théodoric qui le nomma consul, en 510 et 522; il essaya de créer dans la cour du roi barbare, un centre de culture intellectuelle. Il a laissé des traductions de 'l'Isagoge' de Porphyre, de certaines oeuvres d'Aristote, probablement de 'l'Organon' qu'on perdit et qu'on retrouva seulement au XIIe siècle; il publia des 'Commentaires' sur ces ouvrages, des traités personnels sur le syllogisme et autres sujets logiques et des écrits théologiques. Ayant encouru la disgrâce de Théodoric, il fut jeté en prison où il écrivit son traité célèbre: De consolatione philosophioe dont le titre indique bien le sujet: "Boèce dans son infortune cherche le bonheur; la philosophie le console en lui apprenant où et comment il le trouvera". Boèce fut exécuté entre 524 et 526.

476         Odoacre réclame des terres en Italie à Oreste qui refuse. Odoacre (Odovacar), né en Pannonie vers 435, est le fils d'Ederon, chef des Hérules alliés aux Huns et ministre d'Attila. Il est l'auteur principal de la chute finale de l'Empire romain d'Occident en déposant le dernier empereur fantoche d'Occident, Romulus Augustule, et en renvoyant les insignes impériaux à Byzance. Soutenus par ses Hérules et les mercenaires barbares d'Italie qu'il masse surtout dans le nord du pays, il gouverne la péninsule avec le titre de patrice à partir de l'an 476. A la mort de Julius Nepos en 480, il occupe la Dalmatie mais à partir de 488, il doit lutter contre les Ostrogoths et leurs alliés du roi Théodoric, envoyé par Byzance dans le but de le chasser d'Italie. Il est battu à trois reprises par Théodoric, soutenu par les Wisigoths de son gendre, le roi Alaric II ; à Aquilée en 489, à Vérone, puis sur les bords de l'Adda en 490. Obligé de se replier dans Ravenne, sa capitale, il résiste trois ans alors qu'il est assiégé. Théodoric finit par lui proposer un marché et Odoacre accepte de capituler en mars 493. Quinze jours plus tard, il est assassiné en plein banquet par le roi ostrogoth lui-même.

476         23 août Odoacre est proclamé roi d'Italie par ses troupes.

476         août Odoacre s'empare de Pavie; Oreste s'enfuie à Plaisance. Pavie est une commune italienne située sur les rives du Tessin près de son confluent avec le Pô. Plaisance, est une ville italienne, chef-lieu de la province de Plaisance, située sur la rive droite du Pô, en Émilie-Romagne.

476         28 août Odoacre capture et exécute Oreste à Plaisance.

476         4 septembre Prise de Ravenne, capture de Romulus Augustule qui abdique. Le 4 septembre 476 est une date symbolique retenue comme la chute de l'Occident romain : le roi Odoacre, chef germain des Hérules, occupe Rome mettant fin à l'Empire romain d'Occident. À la prise de Ravenne, il dépose le dernier empereur d'Occident, Romulus Augustule, qui est exilé en Campanie, et renvoie les insignes impériaux à Byzance, pour que Zénon le reconnaisse comme patrice. Zénon le renvoie à l'empereur légitime d'Occident, Julius Nepos, alors réfugié en Dalmatie. Odoacre refuse et les choses en restent là. En apparence, Odoacre gouverne au nom du seul empereur, celui d'Orient. En fait, l'Empire d'Occident a cessé d'exister. Fin de la Pax romana. L'empire romain se disloque. Les hordes barbares fondent sur l'empire. Trois siècles de carnages vont suivre. L'armée d'Italie est depuis longtemps composée de Barbares (Rugiens, Hérules, Skires, Turcilinges). Ils demandent, par extension à l'Italie du système de la tercia, le tiers des terres de la péninsule, à l’exemple des autres provinces. Le patrice Flavius Oreste refuse. La révolte, attisée par Odoacre, un Skire chef de l'armée romaine d'Italie, éclate. Oreste s'enferme dans Pavie, qui est prise. Il s'enfuit à Plaisance. Découvert, il a la tête tranchée. Odoacre respecte les traditions romaines, maintient la vie politique dans le cadre des coutumes italiennes et recherche l'appui de la classe sénatoriale. Bien qu'arien, il conserve de bonnes relations avec le clergé catholique. Chute de l'Empire romain d'Occident, le roi Odoacre, chef germain des Hérules, occupe Rome mettant fin à l'Empire romain d'Occident. Il dépose le dernier empereur d'Occident, Romulus Augustule, qui est exilé en Campanie, et renvoie les insignes impériaux à Byzance, pour que Zénon le reconnaisse comme patrice. Zénon le renvoie à l'empereur légitime d'Occident, Julius Nepos, alors réfugié en Dalmatie. Odoacre refuse et les choses en restent là. En apparence, Odoacre gouverne au nom du seul empereur, celui d'Orient. En fait, l'Empire d'Occident a cessé d'exister. Fin de la Pax romana. L'empire romain se disloque. Les hordes barbares fondent sur l'empire. Trois siècles de carnages vont suivre. L'armée d'Italie est depuis longtemps composée de Barbares (Rugiens, Hérules, Skires, Turcilinges). Ils demandent, par extension à l'Italie du système de la tercia, le tiers des terres de la péninsule, à l'exemple des autres provinces. Le patrice Oreste refuse. La révolte, attisée par Odoacre, un Skire chef de l'armée romaine d'Italie, éclate. Oreste s'enferme dans Pavie, qui est prise. Il s'enfuit à Plaisance. Découvert, il a la tête tranchée. Odoacre respecte les traditions romaines, maintient la vie politique dans le cadre des coutumes italiennes et recherche l'appui de la classe sénatoriale. Bien qu'arien, il conserve de bonnes relations avec le clergé catholique. Odoacre, prince de la dynastie torcilingue [ou turcilinge ?!?], est le fils du roi skire Edika, ancien vassal d'Attila.

476         Un chef Hérule, Odoacre, s'empare de Rome, et dépose le dernier empereur, Romulus Augustule. Cet événement met fin à l'empire romain d'Occident (dont la Gaule était une province). Cependant l'autorité romaine continuera quelques années encore à s'exercer dans quelques parties de la Gaule.

476         Odoacre, qui s'est emparé de Rome, dépose le dernier empereur Romulus Augustule et renvoie les insignes du pouvoir à Byzance. Six siècles de domination sur la Gaule s'achèvent. Les royaumes barbares qui se mettent en place, avec les Francs au nord, les Burgondes le long de la Saône et du Rhône, les Wisigoths au sud, renversent les hiérarchies que de la paix romaine avait établies. "Maintenant, en effet, qu'ont été abolis les degrés des dignités grâce auxquelles on avait l'habitude de distinguer les grands des humbles, le seul signe de noblesse sera désormais la connaissance des lettres", écrit en ces temps l'évêque de Clermont Sidoine Apollinaire à l'un de ses amis.

476         Fin de l'Empire romain d'Occident.

476         Conventionnellement, ici finit l'Antiquité et commence le Moyen Âge. En fait, la Romanité ne connaît pas de discontinuité dans la partie orientale de l'Empire. Seul l'Empire romain d'occident a disparu, remplacé par des royaumes barbares qui disparaîtront à leur tour. Des siècles de guerres vont suivre, avant que se dégagent de nouvelles forces : royaumes francs, sédentarisation des peuples germaniques et territoires islamiques (en Occident, voir al-Andalus; pour la province d'Afrique : Ifriqiya). L'unité du monde romain, la Pax Romana deviennent des mythes qui inspireront longtemps le monde occidental, attendant que survienne une forme de résurgence. La date symbolique de 476 a eut un retentissement considérable pour la civilisation occidentale qui se réclame de la culture latine.

476         MOYEN ÂGE.

476         Le Moyen Âge occidental est la période de l'Histoire située entre l'Antiquité et la Renaissance. Traditionnellement, on fait commencer le Moyen Âge en 476, à la déposition du dernier empereur romain d'Occident par un chef barbare et il s'achève en 1453, avec la prise de Constantinople et la chute de l'Empire romain d'Orient, ou en 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et de la fin de la Reconquista en Espagne. Le Moyen Âge est traditionnellement subdivisé entre Haut Moyen Âge et Bas Moyen Âge.

476         Le début du Moyen Âge est marqué par des guerres civiles entre les 4 principales tribus barbares présentes en Gaule qui tentent chacune d'étendre leur territoire : les francs dans l'actuelle Belgique, les wisigoths en Aquitaine, les burgondes dans l'actuelle Bourgogne, les alamans dans l'actuelle Alsace, Suisse et sud de l'Allemagne. A la mort de son père, Clovis, roi des francs, hérite d'un modeste territoire en Belgique. Son baptême à la religion catholique va lui permettre d'être accepté par les gallo-romains et il va progressivement étendre son territoire aux détriments des autres tribus franques, des derniers romains, des Alamans et des Wisigoths. Avec Clovis, fondateur de la 1ère monarchie française, la Gaule devient mérovingienne et tous les habitants du royaume deviennent "Francs" : la Gaule devient le "regnum francorum", ancêtre de la France. A sa mort, ses fils continuent l'extension de son royaume mais des guerres civiles dues au partage des richesses entre les héritiers vont affaiblir la dynastie. Le roi Dagobert réalisera en 632 la dernière unification de la dynastie des Mérovingiens : la population reconquiert des terres abandonnées, peuple de nouvelles villes et surtout bénéficie de la croissance générée par l'ouverture de nouveaux marchés (mer du nord et monde oriental). A la fin du règne de Dagobert, le pouvoir est progressivement contrôlé par de riches familles aristocratiques franques qui, via leur rôle de "Maire du Palais" (sorte de 1er Ministre), vont tenir les rênes de l'état. Les rois mérovingiens perdent donc le pouvoir et sont qualifiés de "rois fainéants". Pépin le Bref, Maire du Palais d'Austrasie et de Neustrie, va ainsi déposer sous le couvert de la papauté le dernier roi mérovingien en 751 : il deviendra ainsi le 1er roi de la dynastie des Carolingiens.

476         Le Moyen Âge occidental est l'époque de l'Histoire située entre l'Antiquité et l'Époque moderne, donc grossièrement entre 500 et 1500 après Jésus Christ. Elle s'étend donc sur une période de 1000 ans. Traditionnellement, on fait commencer le Moyen Âge à la déposition du dernier empereur romain d'Occident Romulus Augustule (* vers 460 – † après 511) par Odoacre en 476. Cependant, beaucoup d'historiens contemporains font perdurer l'Antiquité au-delà de cette date traditionnelle. Il est à noter que tout événement unique ne peut jouer qu'un rôle symbolique dans un changement d'époque, qui en fait est un processus. Certains historiens retiennent aujourd'hui la mort de Clovis Ier au 27 novembre 511 comme date conventionnelle de la fin de l'Antiquité, d'autres retiennent la date de son baptême, soit le 25 décembre 496, par l'évêque de Reims, Saint Rémi. Ainsi, ils font commencer le Moyen Âge symboliquement avec la mort de Sainte Geneviève le 3 janvier 512. La fin du Moyen Âge est généralement située vers 1500 ; plusieurs dates symboliques ont été proposées par les historiens : 1492 qui marque la fin de la Reconquista espagnole, avec le 2 janvier la reprise de Grenade) qui voit Christophe Colomb débarquer en Amérique le 12 octobre, et la France et l'Angleterre signer le traité d'Étaples – qui prépara les Guerres d'Italie menées par la France – le 3 novembre ; 1453, au cours de laquelle Constantinople, l'ancienne Byzance, capitale de l'Empire Romain d'Orient, tombe aux mains des Ottomans, et qui voit la fin de la guerre de cent ans, avec la victoire française sur l'Angleterre (bataille de Castillon). En histoire de France, on utilise souvent 1483, date de la mort de Louis XI. Vers 1440 a lieu l'invention des caractères mobiles de Gutenberg et vers 1450, la mise au point de la première presse. En 1517 a lieu le début de la réforme du protestantisme conduite par l'allemand Martin Luther (elle sera reprise plus tard par le français Jean Calvin). Plus généralement, les grandes découvertes marquent le début de ce qu'on peut déjà appeler la mondialisation (accroissement des échanges entre différents pays distants, permis par de nouvelles inventions et découvertes…). Les limites exactes du Moyen Âge font encore l'objet de débats entre historiens.

476         La philosophie médiévale est la philosophie qui s'est développée dans l'Occident chrétien (Europe de l'ouest actuelle) pendant le Moyen Âge. Le Moyen Âge, qui s'étend de la chute de l'empire romain à la Renaissance, est aussi appelé période médiévale. Les lettrés du Moyen Âge ont posé les fondements intellectuels de la chrétienté (l'occident en particulier), soit par l'héritage direct des auteurs latins, soit par des échanges avec la civilisation islamique, qui ont permis la transmission des oeuvres d'Aristote. La culpabilisation des hébreux par le christianisme médiéval entraîne une mise à l'écart de la pensée de la philosophie juive, stigmatisée par une angoisse de la Cabale. L'occident développe donc sa pensée propre.

476         Science du Moyen Âge, dans le haut Moyen Âge, les sciences se structurent autour des arts libéraux, dont la partie scientifique est constitués par le quadrivium, défini par Boèce au VIe siècle. Bède le Vénérable le reprit (avec le comput), puis Alcuin, principal conseiller de Charlemagne, l'introduisit dans les écoles de l'empire carolingien. Après les invasions viking, arabes, et hongroises, l'occident médiéval (latin) s'approprie ensuite l'héritage grec et arabe. Vers l'an mil, Gerbert d'Aurillac (qui deviendra le pape Sylvestre II) rapporte d'Espagne le système décimal avec son zéro et réintroduit le quadrivium dans les écoles d'occident. Au XIIe siècle, de 1120 à 1190 environ, un travail systématique de traduction des oeuvres des scientifiques et philosophes grecs et arabes est effectué à Tolède et dans quatre villes en Italie (Rome, Pise, Venise, Palerme, voir par exemple Al Idrisi dans cette dernière ville), s'appuyant aussi sur les écrits philosophiques grecs (Platon, Aristote), eux aussi transmis par les arabo-musulmans (sauf Platon qui n'avait pas été perdu). La diffusion progressive de ces connaissances au XIIe siècle dans tout l'occident aboutit à leur intégration par Albert le Grand dans les universités alors en création : Bologne, Paris (Sorbonne), Oxford, Salamanque, etc.), avec les disciplines du droit. Au XIIIe siècle, la théologie de Thomas d'Aquin, à l'université de Paris, s'appuie sur les écrits d'Aristote qui vont longtemps faire autorité en matière de méthode scientifique et philosophique (on ne faisait pas vraiment la différence entre ces deux domaines). Paris acquiert un grand prestige pour son université très réputée, et devient une sorte de capitale de l'occident. On note à cette époque certaines critiques sur les livres de physique d'Aristote (de la part de Roger Bacon notamment), qui cependant ne portent en aucune manière sur la méthode philosophique. La grand peste qui ravage l'occident (1347-1351, qui se répète ensuite par vagues successives) puis la guerre de Cent Ans en France interrompent cette Renaissance, qui néanmoins reprend assez vite en Italie et à Avignon. Le Moyen Âge tardif annonce déjà, aux XIVe et XVe siècles, la Renaissance, et apporte encore beaucoup de connaissances en géographie et cartographie, disciplines où l'occident avait accumulé un grand retard. Pierre d'Ailly, au tournant des XIVe et XVe siècles écrit l'Imago mundi (1410), qui servira à un certain Christophe Colomb, et Fra Mauro alimente en connaissances cartographiques les premiers navigateurs portugais au milieu du XVe siècle. Ils préparèrent les grandes découvertes par les navigateurs européens de la Renaissance.

476         Dès le IIIe siècle, les invasions se multiplient, surtout au Ve, ce qui entraîne la chute de l'Empire Romain ; régions perdues : celles qui correspondent à la Grande Bretagne, à la Yougoslavie, à l'Afrique du Nord. Les conséquences sont importantes sur toute la Romania. Certaines régions se détachent entièrement du latin : soit parce que les parlers antérieurs resurgissent dans les régions mal romanisées : retour du Basque (langue pré-indo-européenne), des parlers celtiques en Armorique (résistance au latin, et arrivée de celtes de Britannia, chassés par des envahisseurs germaniques, les saxons) ; soit parce que les envahisseurs germaniques dominent entièrement certaines régions : à l'Est, les Alamans (invasions Alémaniques), ce qui donnera l'Alsacien ; au Nord (rive gauche du Rhin, région actuellement flamingante), domination du francique (langue des anciens Francs ; et non la francisque, qui est une hache de guerre chez les Francs !). Dès le IIIe siècle, c'est l'arrivée des Francs, venus de régions allant du Rhin à la Mer du Nord (ils sont peut-être originaires des pays de la Baltique). Après 2 expéditions dévastatrices en Gaule, ils reconnaissent la suzeraineté romaine (après une campagne de l'empereur Maximien), et fournissent aux romains des soldats (mercenaires) et des colons. Ils prennent de plus en plus d'importance à mesure que l'Empire Romain s'affaiblit, à la fois sur le plan militaire et dans l'occupation des terres. Ils s'installent et s'assimilent, par des mariages, par la sédentarisation terrienne, par l'adoption de la religion chrétienne (en 496, baptême de Clovis) ; ils constituent 20% de la population, et dominent la moitié Nord du pays, au Nord de la Loire. Ils se fondront dans la population gallo-romaine, beaucoup plus nombreuse, qui adoptera leur nom. Au Sud de la Loire, c'est une région romaine depuis longtemps : la Narbonnaise est une province romaine dès 120 avant JC. Cette région est occupée peu de temps par les Wisigoths et les Burgondes, ce qui a peu d'influence sur la langue. => On aboutit ainsi à une évolution divergente entre le Nord et le Sud ; au VIIIe siècle, on obtient : Au Nord de la Loire, un mélange du "latin" (ou plutôt roman) et du francique, ce qui donne la langue d'Oïl (oil = oui). Le latin n'est plus compris par le peuple. En 813, le Concile de Tours ordonne au clergé de prêcher en langue courante là où c'est nécessaire, car on a constaté que les clercs, formés aux nouvelles études latines, ne se font pas comprendre des fidèles. En 842, les Serments de Strasbourg (prêtés par les fils de Louis le Pieux et leurs armées) sont rédigés en langue courante. On rappellera que Charlemagne, peu avant l'an 800, a fondé l'École du Palais, toute latine (avec l'aide du savant religieux Alcuin, auteur de traités sur le dogme trinitaire) ; on réenseigne en latin aux moines, la langue courante est exclue des écoles pour 1000 ans. Cette période (environ 750 à 850) est appelée la Renaissance carolingienne. Elle sera suivie d'une période de décadence, avec les secondes invasions, celles des Normands. Après le VIe siècle, la Gaule du Nord est appelée France. [au VIe siècle : néologisme Francia = le pays des Francs = les régions rhénanes ; puis, la France, c'est l'empire de Charlemagne, roi des Francs ; puis, les divers royaumes : Francia Orientalis / Media / Occidentalis ; création du duché de France, entre Seine et Loire > Ile-de-France]. Au Sud de la Loire, c'est la langue d'Oc, proche du latin (Bourgogne, Savoie, Dauphiné). Au milieu, une zone intermédiaire, où les deux se mélangent, ce qui donne le Franco-Provençal. Francique, historiquement le terme francique désigne la langue des Francs ou des régions peuplées par les Francs. Aujourd'hui, par extension, francique désigne certaines langues ou dialectes germaniques parlés en Allemagne, en France et au Luxembourg. Historiquement les premiers Francs bien avant Charlemagne parlaient une langue rattachée au groupe linguistique dit bas-allemand, groupe d'origines du néerlandais entre autres. Ce francique-là, bas-allemand, n'avait sans doute pas de forme écrite. En outre, ces Francs ne constituaient pas un peuple bien précis, par conséquent il devait y avoir plusieurs variantes linguistiques. Sous Charlemagne, les Francs s'étaient davantage répandus en Europe et les variantes linguistiques avaient déjà pris le pas sur ce qu'on allait appeler le bas-allemand (Niederdeutsch), le moyen-allemand (Mitteldeutsch) et l'allemand supérieur (Oberdeutsch). Dans les Serments de Strasbourg, datant de 842, peu après la mort de Charlemagne, le texte en theodisca lingua est rédigé dans un francique rhénan de le l'époque, déjà rattaché au moyen-allemand sous-groupe du haut-allemand (Hochdeutsch). Ainsi le francique rhénan était la langue maternelle de Charlemagne, parce que cet empereur Franc avait vécu sur les terres rhénanes, et non parce que depuis l'orogine les Francs auraient parlé le francique rhénan. Par conséquent, déjà à l'époque carolingienne, le terme francique est une notion historique qui ne correspond pas à un groupe linguistique germanique unique, ni même à une zone géographique distincte.

476         à 1453 - Art Byzantin. L'art byzantin s'est développé dans l'empire romain d'Orient entre 476 et la chute de Constantinople en 1453. Byzance, colonie grecque fondée au VIIe siècle avant J-C, est devenue Constantinople, capitale de l'empire romain d'Orient, en 330, sous le règne de l'empereur Constantin. L'empire byzantin durera plus de mille ans, jusqu'en 1453, année où les turcs donnent l'assaut à Constantinople et tuent le dernier empereur, Constantin XII. Byzance a transmis à l'Occident sa brillante civilisation, héritage enrichi de l'Antiquité. L'art byzantin a acquis sa spécificité, mélange de caractéristiques grecques et orientales, au VIe siècle. Alors que les édifices romains ne faisaient usage que de droites et d'angles vifs, étant globalement des parallélépipèdes rectangles, les églises byzantines ont été construites tout en rondeur, avec des cercles et des coupoles, préfigurant l'art carolingien puis roman. La mosaïque est devenue une spécificité byzantine.

480         à 547 - naissance et mort de Saint Benoît de Nursie. Père des moines. Patron de l'Europe, naquit dans une petite ville des montagnes de l'Ombrie, d'une des plus illustres familles de ce pays. Le Pape saint Grégoire assure que le nom de Benoît lui fut providentiellement donné comme gage des bénédictions célestes dont il devait être comblé. Craignant la contagion du monde, il résolut, à l'âge de quatorze ans, de s'enfuir dans un désert pour s'abandonner entièrement au service de Dieu. Il parvint au désert de Subiaco, à quarante milles de Rome, sans savoir comment il y subsisterait; mais Dieu y pourvut par le moyen d'un pieux moine nommé Romain, qui se chargea de lui faire parvenir sa frugale provision de chaque jour. Le jeune solitaire excita bientôt par sa vertu la rage de Satan; celui-ci apparut sous la forme d'un merle et l'obséda d'une si terrible tentation de la chair, que Benoît fut un instant porté à abandonner sa retraite; mais, la grâce prenant le dessus, il chassa le démon d'un signe de la Croix et alla se rouler nu sur un buisson d'épines, tout près de sa grotte sauvage. Le sang qu'il versa affaiblit son corps et guérit son âme pour toujours. Le buisson s'est changé en un rosier qu'on voit encore aujourd'hui: de ce buisson, de ce rosier est sorti l'arbre immense de l'Ordre bénédictin, qui a couvert le monde. Les combats de Benoît n'étaient point finis. Des moines du voisinage l'avaient choisi pour maître malgré lui; bientôt ils cherchèrent à se débarrasser de lui par le poison; le saint bénit la coupe, qui se brisa, à la grande confusion des coupables. Cependant il était dans l'ordre de la Providence que Benoît devînt le Père d'un grand peuple de moines, et il ne put se soustraire à cette mission; de nombreux monastères se fondèrent sous sa direction, se multiplièrent bientôt par toute l'Europe et devinrent une pépinière inépuisable d'évêques, de papes et de saints.

481         Mort de Childéric Ier, son fils Clovis lui succède.

481         Clovis (fils de Childéric Ier et de Basine) succède à Childéric Ier. - A ce moment, six peuples différents dominent sur la Gaule: les Francs en Belgique (et Nord de la France actuelle), les Alamans entre les Vosges et le Rhin, les Burgondes dans les vallées du Rhône et de la Saône, les Wisigoths entre la Loire et les Pyrénées, les Armoricains en Bretagne, Anjou et Maine; enfin, ce qu'il reste des Romains, dans les vallées de la Marne et de l'Oise.

481         CLOVIS Ier (481-511) - Roi des Francs.

481         Clovis Ier. Suivant les scribes de l'époque, le prénom Clovis qui dans sa forme moderne est équivalent à Louis peut se lire Chlodovic, Chlodovicus, Chlodovech, Chlodewig. Il épouse en 493 Clotilde nièce du roi des Burgondes Gondebaud. Ce dernier est monté sur le trône après avoir tué l'ancien roi, son frère, le père de Clotilde, il a aussi noyé sa mère et décapité ses deux frères, sa soeur est entrée au couvent et Clotilde s'est réfugiée à Genève. Gondebaud n'ose pas refuser la main de Clotilde au puissant Clovis, cependant il se méfie de Clovis et de ses ambitions. Clotilde est chrétienne elle fera baptiser ses enfants. Roi des Francs, païen, contrairement aux autres peuplades qui avait épousé l'hérésie Arienne, sa conversion au catholicisme en 496 lui permit d'obtenir l'aide de l'épiscopat. Il détruit le royaume Romain de Syagrius (486) qui avait pour capitale Soisson. Syagrius vaincu s'enfuit et trouve refuge chez le roi des Wisigoths Alaric II mais ceux-ci craignant Clovis lui livrent Syagrius qui le fait décapiter. Clovis s'empare ainsi de tout le pays entre la Somme et la Loire. Il soumet les Alamans, victoire de Tolbiac (496), réduit les Burgondes, victoire de Dijon (500). Après sa victoire sur les Wisigoths à Vouillé en 507, il étend le royaume des Francs (Saliens et Ripuaires) jusqu'à la Garonne et devient maître de toute la Gaule. Les Wisigoths ne conservent plus que la Septimanie (bande côtière autour du golfe du lion) et doivent se retirer en Espagne où il établissent leur capitale à Barcelone d'abord puis à Tolède. C'est, l'intervention de Théodoric le grand roi des Ostrogoths qui l'empêchera d'atteindre la Méditerranée. Clovis avait beaucoup de respect pour Théodoric, il nommera son premier fils Thierry, autre forme de Théodoric en son honneur et lui donnera sa soeur en mariage. Son épouse catholique Clotilde l'aurait converti au cours de la bataille contre les Alamans. A Noël 498 il est baptisé à Reims par Saint Rémi ("Courbe la tête avec humilité, Sicambre; adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré") ainsi que sa soeur Alboflède et 3000 de ses guerriers qui le suivront dans sa démarche. (Les Sicambres sont des peuples germaniques qui se sont fondus dans les Francs au IIIe siècle). Il parviendra à faire l'unité en réunissant Francs Saliens et Ripuaires et en éliminant tous ceux qui pouvaient contester sa suprématie: la famille de Sigibert (Sighebert) chef des Francs de la région de Cologne, Chararic chef salien rival et son fils, Ragnachar chef des Francs de Cambrai ainsi que son frère Righomer etc. A sa mort, en 511, son royaume considéré à l'époque comme une propriété privée est partagé entre ses 4 fils. La première conversion d'un roi barbare est d'importance pour l'église. La Gaule d'alors est essentiellement païenne et les peuples germaniques ont épousé la religion catholique arienne qualifiée d'hérésie. Qu'un jeune roi conquérant se range sous la bannière de l'église catholique ne peut que l'aider à propager sa doctrine. Pour Clovis l'opération ne sera pas sans bénéfice, il se fait d'un coup des alliés dans tous les camps, tous les catholiques en terre ennemie sont autant de ses partisans ce qui, sans nul doute, l'aidera dans ses conquêtes futures. Entre 508 et 511 Clovis édicte le "Pactus Legis Salicae" ou loi salique c'est un ensemble de 64 articles de loi qui doivent éviter les vengeances et les vendettas entre familles. Sainte Geneviève née à Nanterre en 422, sur les conseils de Saint Germain l'Auxerrois se consacra à Dieu, l'histoire dit qu'elle protégea Paris des invasions des Huns par ses prières. Suivant ses conseils, Clovis fit bâtir l'Église Saint Pierre Saint Paul qui s'appellera plus tard Sainte Geneviève (reconstruite, c'est maintenant le Panthéon). Cette Sainte y fut inhumée (3 janvier 513) elle est la patronne de Paris. Clovis sera inhumé sur la Montagne Sainte Geneviève.

481         Avènement de Clovis, qui devient roi des Francs.

481         reconquête de la ville de Soissons, sous la coupe des Romains de Syagrius.

481         La Gaule romaine connaît d'abord une période de prospérité et de stabilité. Mais, dès la fin du siècle des Antonins (192), la vie sociale commence à se disloquer. Cette tendance s'accentue à partir du IIIe siècle avec les incursions des Germains: du IIIe au IVe siècle ils déferlent sur le pays qu'ils se partagent en plusieurs royaumes, wisigoth, burgonde, alaman, franc rhénan et franc salien (tribu franque), tandis que les Gallo-Romains sont cantonnés dans le bassin parisien et la Bretagne. Menés par Clovis, l'un de ces peuples germaniques, les Francs Saliens, occupe le royaume gallo-romain en 486, bat les Wisigoths en 507 et absorbe le royaume des Burgondes, en 534. Il se produit alors un fait linguistique assez rare: contrairement à ce qui s'est passé lors de la colonisation latine, c'est la langue dominée, le latin, qui demeure la langue officielle. Les raisons de son maintien sont religieuses et peut-être politiques: pour se concilier les évêques dans la lutte qu'il voulait entreprendre contre les Wisigoths, de religion arienne ou par conviction personnelle, Clovis se convertit au christianisme, religion officielle des Romains depuis 312. Ce faisant, les Francs obtiennent l'appui des Gallo-Romains, mais ils acceptent aussi le latin comme langue religieuse. Des raisons culturelles expliquent aussi l'adoption du latin. La vieille civilisation latine est supérieure à la civilisation dominante et, malgré les troubles de l'époque, elle se maintient encore: dans les royaumes des Burgondes et des Wisigoths, l'administration romaine subsiste; chez les Francs, les Gallo-Romains conservent leurs biens; au IVe et au Ve siècles, malgré les invasions, il y a encore des écoles et des bibliothèques où l'on continue à lire et à étudier en latin. Ayant adopté la culture et la religion romaine les Francs calquent leur administration sur celle des vaincus et rédigent leurs lois en latin. Pendant une longue période il s'établit dans les zones conquises une sorte de bilinguisme, pour les Francs comme pour certains Gallo-Romains. Les Francs ont transmis une partie de leur lexique à la langue qu'ils ont adoptée (le latin). On compte plus de 400 mots d'origine francique dans le vocabulaire français. Ainsi, la coexistence de deux aristocraties, gallo-romaine et franque, explique le caractère bilingue de la terminologie guerrière et administrative: épée est gallo-roman, mais brand, qui signifiait "épée" et sur lequel est fondé le verbe brandir, est francique; roi, duc, comte sont gallo-roman, mais marquis, baron, chambellan sont franciques. Le reste du lexique d'origine franque concerne la vie rurale - les Francs étaient davantage agriculteurs et chasseurs que citadins: gerbe, blé, jardin, haie, etc. D'autres mots dépeignent les sentiments ou le caractère: orgueil, honte, honnir, hardi... Le bilinguisme entraîna surtout la forte évolution phonétique qui fait la spécificité du français par rapport aux autres langues romanes: réduction du mot, évolution des voyelles, disparition de certaines consonnes intervocaliques. Par exemple un mot latin comme sudare devient suer en français, mais reste sudar en espagnol. Les Gaulois sont responsables du changement de prononciation de la lettre u, et les Francs ont supprimé le d intervocalique et transformé en e le a accentué du latin. La zone de colonisation franque - c'est-à-dire la France du Nord, où les Francs émigrent en nombre important - correspond au français d'oil, tandis que le français d'oc a beaucoup moins évolué. Pendant les deux siècles qui suivent, la civilisation latine s'étiole: le royaume est divisé entre les fils des rois mérovingiens, déchiré par les luttes intestines. Ce morcellement territorial favorise la formation de nombreux dialectes. L'Église perd son rôle conservateur de la civilisation et de la langue: évêques et moines maintiennent des écoles qui forment les religieux, mais on n'y apprend guère que quelques prières et formules liturgiques. Certes il existe encore des lettrés, mais ils emploient volontiers un latin proche du peuple qu'ils appellent la langue "simple", "humble", "inculte". Selon le spécialiste du latin tardif Michel Banniard, le public de langue d'oil comprend ce latin simplifié et populaire, déjà très différent de sa langue parlée, jusqu'aux années 750-780; le public de langue d'oc garde cette compétence plus longtemps.

484         Le pape Félix III refuse l'édit impérial Henotikon qu'il considère comme hérétique et accuse Acace, le patriarche de Constantinople d'en être le véritable auteur. Un schisme sépare les Églises de Rome et de Constantinople. Félix III est un aristocrate romain, veuf et père de famille (il a deux enfants), fils d'un prêtre et bisaïeul du futur saint Grégoire le Grand. Il est élu pape à la succession de Simplice le 13 mars 483. C'est la rupture avec Constantinople qui occupe surtout son pontificat. En effet l'empereur Zénon Ier, sous l'influence du patriarche de Constantinople Acace (ou Acacius), a tenté d'apaiser le conflit monophysite en publiant un texte, l'Henotikon (ou "acte d'union"), supposé trouver un compromis entre monophysisme et catholicisme. Mais Félix III y décèle une trop forte influence du monophysisme et lance l'anathème (484) contre Acace (contre l'empereur cela comportait sans doute plus de risque). Le patriarche réagit en rayant le nom de l'évêque de Rome des diptyques liturgiques, ce qui revient à l'excommunier. Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au Ve siècle dans les écoles théologiques de l'empire byzantin. Cette doctrine tente de résoudre les contradictions de la foi nicéenne concernant la nature du Christ. La doctrine chrétienne s'est construite à l'origine autour du symbole de Nicée, c'est-à-dire la reconnaissance de la consubstantialité du Père et du Fils, tout comme de la nature humaine du Christ. Les monophysites, en revanche, affirment que le Fils n'a qu'une seule nature et qu'elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine. Ils rejettent la nature humaine du Christ. En cela le monophysisme s'oppose au nestorianisme.

486         Clovis bat à Soissons Syagrius, le dernier représentant du pouvoir romain en Gaule. Cet événement marque la fin de la domination romaine en Gaule. Bataille de Soissons, bataille de Soissons contre Syagrius. Syagrius s'intitulait "roi des Romains" et semblait maintenir l'illusion d'une permanence de l'empire romain entre la Meuse et la Loire. La victoire de Soissons permit au royaume de Clovis d'embrasser toute le nord de la Gaule. À la fin de la bataille, il fit égorger Syagrius avant de s'installer dans la résidence de ce dernier, à Soissons : instauration du domaine royal de Soissons. C'est également lors de cette bataille, qu'eut lieu – selon Grégoire de Tours – l'épisode anecdotique du vase de Soissons, où, contre la loi militaire du partage, le roi demanda de soustraire du butin un vase précieux pour le rendre à l'église de Reims, à la demande de l'évêque de cette dernière cité. L'épilogue de l'histoire eut lieu, quant à lui, le 1er mars 487. Syagrius (-430/-486), général romain qui contrôlait une bonne partie de la Gaule (entre la Somme et la Loire), avant d'être vaincu par Clovis à la bataille de Soissons en 486. Il trouva refuge chez Alaric II qui le livra au roi Franc l'année suivante. Celui-ci le fit assassiner. Vase de Soissons, L'épisode légendaire du vase de Soissons nous est parvenu par Grégoire de Tours (dans son Historia Francorum). Il aurait eu lieu peu de temps après une bataille ayant opposé en 481 Clovis Ier, roi des Francs saliens, à Syagrius, "roi des Romains" (selon Grégoire de Tours, il s'agissait en fait d'un aristocrate à la tête d'une coalition de troupes romaines résistant aux Francs) pour la conquête de la ville de Soissons, alors sous la coupe des Romains de Syagrius. La légende raconte qu'au milieu du butin arraché à Syagrius on découvrit un vase (probablement en argent) dont l'évêque de Reims demanda la restitution auprès de Clovis. Toutefois les coutumes franques voulaient que les parts du butin fussent tirées au sort. Le tirage fait, Clovis n'obtint pas le vase mais afin de préserver ses bonnes relations avec le clergé, celui-ci tenta néanmoins de le récupérer ; prétextant un passe-droit, il l'exigea du guerrier désigné par le sort. Le soldat frappa le vase d'un coup de sa francisque en disant : "tu n'auras rien que ce que le sort t'attribuera vraiment". Selon la légende le vase fut brisé, mais selon d'autres sources il fut simplement cabossé. Quelque temps après, Clovis, passant ses guerriers en revue, reconnut le soldat insolent. Prétextant que sa tenue et ses armes laissassent à désirer, il les lui prit et les jetta à terre. Le soldat se baissa alors pour les récupérer et Clovis lui brisa le crâne, disant : "Ainsi as-tu fait au vase de Soissons !"    

486         La fusion entre gallo-romains et barbares. Il semble qu'elle se soit faite facilement et progressivement, et ce pour plusieurs raisons : Déjà, avant les invasions, Romains et Barbares avaient été en contact : un certain nombre de Germains servaient comme mercenaires dans l'armée romaine. Quelques-uns s'étaient installés à l'intérieur des frontières de l'Empire, Rome leur ayant octroyé des terres et accordé un statut de fédérés. Ces peuples avaient donc eu l'occasion de connaître les us et coutumes des Romains. Certains avaient même appris le latin. De plus, bien que les invasions aient laissé des souvenirs terribles, comme en témoignent les écrits de l'époque, les barbares étaient beaucoup moins nombreux que les gallo-romains et il leur fut facile de se fondre dans la population. Enfin, un des grands facteurs d'unification fut la conversion des Francs au christianisme, religion qui gagne toute la Gaule.

490         à 580 - naissance et mort de Cassiodore. Homme politique et érudit latin. Préfet du prétoire sous Théodoric, il voulut faire la somme des connaissance religieuses et profanes dans son encyclopédie, les 'Institutions des lettres divines et séculières', précis des sept arts libéraux, à la base de l'enseignement au Moyen Âge, privilégiant une pédagogie de la pensée sur une rhétorique de la mémoire. Il rapporte le grand nombre de statues à Rome et admet que les arts doivent être motivés par le gain possible d'argent.

490         Mort de Sidoine Apollinaire.

491         Campagne de Clovis contre les Thuringiens. Les Thuringiens: un peuple germain installé près de la Saale. La Saale est une rivière d'Allemagne. Elle est le plus grand affluent de l'Elbe sur le territoire allemand.

493         25 février : Après plus de 2 ans de siège de Ravenne, Théodoric le Grand persuade Odoacre qui dirige l'empire d'Occident de se rendre et de partager le pouvoir avec lui.

493         15 mars : Pendant le banquet qui scelle cet accord, Théodoric assassine Odoacre. La légende dit que au cours du banquet dix mille Hérules et dix mille Goths étaient placés l'un à côté de l'autre. A un signal de Théodoric, avec une parfaite simultanéité, les dix mille Goths plantèrent leurs poignards dans le coeur de leurs voisins de gauche. Ainsi, en un instant, l'armée - et la nation - hérule disparut de l'Histoire au bénéfice des Goths et de Théodoric qui va devenir "le Grand".
Théodoric le Grand, le chef des Ostrogoths est maintenant roi d'Italie.

493         Clovis épouse Clotilde; elle prépare par ses exhortations sa conversion au christianisme.

496         Clovis fait la promesse de se faire baptiser et gagne la bataille face aux Alamans à Tolbiac.

496         Clovis marche contre les Alamans dans le but d'arrêter leurs invasions. Il les bat à Tolbiac. A la suite de cette victoire, il embrasse avec ses compagnons le christianisme, et est baptisé par saint Rémi, évêque de Reims, avec 3 000 de ses guerriers. Bataille de Tolbiac. A l'issue de l'épisode légendaire du "vase de Soissons", Clovis choisit avec intelligence de ne pas poursuivre aussitôt sa conquête vers le sud, mais d'affermir ses positions à l'est. Luttes sanglantes, mais mal connues, pour soumettre les autres tribus franques et les Thuringiens, pour contenir la poussée des Alamans. Ces derniers sont vaincus et dispersés en 496 (ou 506) à la bataille dite de Tolbiac (aujourd'hui Zülpich) et la partie rhénane de leur royaume passe sous protectorat franc. Après cette victoire, il est convenu de situer le baptême de Clovis, avec 3 000 de ses guerriers, par saint Remi, évêque de Reims. Cette conversion place Clovis, le barbare païen, dans l'ordre religieux du côté de ses sujets gallo-romains. Tolbiac est une ville de l'ancienne Gaule, aujourd'hui dénommée Zulpich, près de Cologne. On appelle victoire de Tolbiac, la victoire emportée par Clovis Ier, roi des Francs, sur les Alamans en 496, sur un point non déterminé du cours moyen du Rhin. En remerciement pour cette victoire, Clovis, qui avait épousé une chrétienne catholique du nom de Clotilde, se convertit à la foi de Nicée avec ses soldats. Ce fut l'évêque de Reims Remi qui baptisa Clovis.

498         25 décembre Baptême de Clovis à Reims. A la suite de sa victoire à Tolbiac contre les Alamans, Clovis et trois mille de ses guerriers sont baptisés à Reims par saint Rémi. Saint Remi évêque de Reims, apôtre des Francs (vers 437-13 janvier 533) est considéré comme le convertisseur officiel par baptême de la France au christianisme en baptisant collectivement Clovis, le premier roi mérovingien chrétien de France à Noël 496 avec 3000 guerriers et nobles francs. Ce qui est un des événements clef de l'histoire européenne catholique. La cathédrale de Reims devient alors la cathédrale ou seront sacrés tous les rois et empereurs de France.

500         Clovis marche contre les Burgondes et bat, près de Dijon, à l'Ouche, leur chef Gondebaud, qui est dès lors obligé de lui payer tribut.

502         Prise de Verdun par les troupes de Clovis.

507         Alaric II, roi des Wisigoths, qui était Arien, persécutait les évêques d'Aquitaine. Ceux-ci implorèrent la protection de Clovis, qui marcha contre le roi Wisigoth, le battit à Vouillé, près de Poitiers, et le tua de sa propre main. Cette victoire étendit la domination de Clovis jusqu'aux Pyrénées. Bataille de Vouillé, au printemps 507, l'armée franque franchit la Loire en direction de Poitiers sous le commandement de Clovis et de son fils aîné Thierry. L'armée des Wisigoths marche au nord pour limiter leur progression en espérant que les Ostrogoths les appuieraient : la rencontre a lieu dans la plaine de Vouillé près de Poitiers. Un terrible corps à corps commence, jusqu'à ce que le roi Alaric II soit tué par Clovis en personne. Comme pour la bataille de Tolbiac contre les Alamans, cette mort marque la débandade des Wisigoths qui furent massacrés par les Francs. Cette victoire ouvre pour Clovis la route du midi : il conquiert Toulouse, ancienne capitale des Wisigoths, Narbonne, l'Aquitaine, la Gascogne, le Languedoc et le Limousin. Victoire de Vouillé. Converti et baptisé, Clovis peut exploiter le mouvement d'opinion en sa faveur et sa campagne décisive contre les Wisigoths va apparaître comme une croisade pour la Chrétienté. Plus que la neutralité du royaume des Burgondes, il obtient la participation de quelques contingents de soldats ainsi que celle de troupes rhénanes. Fort d'une puissante armée, et après une étape à Tours où il se met sous la protection de saint Martin, il attaque le royaume wisigoth. A Vouillé, près de Poitiers, il met en déroute l'armée du roi Alaric II. Alaric meurt dans la bataille (507). Son peuple reflue vers l'Espagne, laissant les villes de Bordeaux et de Toulouse aux mains de Clovis, qui s'empare bientôt de toutes les régions situées entre la Loire et les Pyrénées (à l'exception du bas Languedoc, sous protectorat ostrogoth). Revenu à Tours, Clovis y fait une entrée triomphale, à la manière d'un général romain, reçoit les insignes royaux par l'empereur d'Orient, Anastase. Son pouvoir est désormais légitimé.

508         Clovis entre sans combat dans Toulouse alors capitale des Wisigoths.

509         Clovis fait assassiner Sigebert, roi des Francs rhénans par son propre fils Chlodéric et récupère son royaume.

510         Publication de la loi salique. Après la liquidation de ses frères d'armes lui garantissant les pleins pouvoirs, Clovis souhaite donner à son royaume une base législative solide afin de se positionner en refondateur de l'état de droit. C'est ainsi qu'il fait rédiger entre 508 et 510 un ensemble de lois (dites Lois Saliques car Clovis était un franc salien) à partir du Bréviaire du wisigoth Alaric et d'anciennes lois germaniques. Elle consiste essentiellement à régler:* l'égalité entre tous les citoyens, qu'ils soient gallo-romains ou germains, * la liberté de mariage, * les problèmes de procédure concernant les personnes et les biens: en particulier, elle essaie de supprimer la coutume du "droit de vengeance" dans les familles en codifiant, par compensation financière, le dédommagement de la parenté en cas de meurtre ou blessure d'un des siens, * les droits de succession pour les biens fonciers (terres): ceux-ci ne peuvent échoir qu'aux hommes. Les femmes peuvent hériter des autres biens mais pas des propriétés terriennes, ce qui les exclue des partages des royaumes. La loi Salique est le premier code de loi à avoir été rédigé en France : si le code Napoléon n'en garde que peu de trace, la législation médiévale en fut largement imprégnée.

511         27 novembre Mort de Clovis. On l'enterre dans la basilique des Saints-Apôtres à Paris. Sa femme Clotilde se retire dans un monastère à Tours. - Partage de son royaume entre ses quatre fils: Thierry régnera à Metz sur l'Austrasie - l'est; Clodomir à Orléans; Childebert à Paris; Clotaire à Soissons (Neustrie - l'ouest). Austrasie, durant la période mérovingienne, l'Austrasie désignait un territoire franc couvrant le Nord-Est de la France actuelle, des bassins de la Meuse et de la Moselle, jusqu'aux bassins moyen et inférieur du Rhin. La capitale en fut d'abord Reims, puis Metz. Ce royaume est apparu au décès de Clovis (511), lorsque le territoire de celui-ci fut partagé entre ses fils. Berceau de la dynastie carolingienne, l'Austrasie disparut avec le dernier roi mérovingien (751), et fut intégrée dans le grand royaume franc que réunirent Pépin le Bref et Charlemagne. La Neustrie était un royaume de l'époque mérovingienne. Ce territoire couvre la région Nord-Ouest de la France actuelle, et a pour capitale Soissons. La Neustrie est créée à la mort de Clotaire Ier (561), lorsque ses fils se partagent le Regnum Francorum. Néanmoins, le terme de Neustrie (dérivé de Niuster "le plus récent") semble n'être apparu qu'un siècle plus tard. Le triomphe de Clotaire II en 613 fut celui de la Neustrie, à laquelle fut annexée l'Aquitaine. Mais après la mort de Clotaire III, la Neustrie reçut un roi imposé par les Austrasiens et l'Aquitaine se trouva de ce fait indépendante en 670; Ébroïn ne releva la Neustrie que pour peu de temps, car il fut vaincu en 687 à Testry, village de Picardie à 13 km au sud de Péronne, par Pépin duc d'Austrasie. Elle ne fut à partir de ce moment qu'un état vassal de l'Autrasie que dirigeait la maison d'Héristal. Cependant la distinction de Neustrie, Austrasie, Bourgogne subsista, bien que s'effaçant, après le traité de Verdun en 843, le nom de Neustrie ne désigna plus que l'ouest de la Basse Neustrie. Enfin celle-ci perdit son nom pour prendre celui de Northmannie ou Normandie, lorsqu'elle eut été cédée au Normand Rollon en 912.

511         THIERRY, CLODOMIR, CHILDEBERT et CLOTAIRE (515-524) - (Thierry Ier roi de Metz (futur Austrasie) - Clodomir roi d'Orléans - Childebert Ier roi de Paris - Clotaire Ier roi de Neustrie)

511         Thierry Ier. Aîné des fils de Clovis Ier il reçoit à la mort de son père en 511 une partie de son royaume avec comme capitale Reims. Il doit 4 ans après le début de son règne faire face à une incursion des Vikings danois qui pénètrent par l'embouchure de la Meuse, la remontent et commencent à piller l'Austrasie. Il envoie une armée commandée par son jeune fils Théodebert qui taillera en pièce les Danois. Théodebert tuera de sa main leur chef Clochilaïe. Thierry réprime une révolte en Arvernes (Auvergne) en la ravageant mais ne se joint pas à ses frères qui tentent la conquête de la Bourgogne. Il soumet la Thuringe en exécutant son roi Hermanfred, il la réunit à son royaume. Thierry meurt en 534 son fils Théodebert lui succèdera.

511         Clodomir. Second des fils de Clovis Ier, il reçoit à la mort de son père en 511 une partie de son royaume avec comme capitale Orléans. Le roi des Burgondes, Gondebaud meurt en 516, son fils Sigismond lui succède. Les trois fils de Clovis, Clodomir, Childebert et Clotaire décident d'attaquer la Bourgogne. Leur mère, Clotilde, ne les en dissuadera pas, Gondebaud (oncle de Clotilde) ayant assassiné ses parents et ses frères. Clodomir fera subir à Sigismond et sa famille le même sort que celui que Gondebaud avait fait subir aux parents de Clotilde sa mère. Le frère de Sigismond, Godemar, réussit à repousser les Francs. Clodomir reprendra plus tard la lutte et sera tué dans la bataille et sa tête sera promenée au bout d'un pic. Ses deux fils Théobald et Gontaire qui avaient trouvé refuge chez leur grand mère Clotilde sont tués par leurs oncles Childebert Ier et Clotaire Ier qui se partagent son domaine. Le troisième fils parvient à se sauver et deviendra saint Cloud. Clotilde se réfugiera dans la prière le reste de ses jours. Longtemps après Clotaire épousera sa veuve Gundiuque.

511         Childebert Ier. Troisième des fils de Clovis Ier il reçoit à la mort de son père en 511 une partie de son royaume avec comme capitale Paris. Il participe avec son frère Clotaire Ier à l'assassinat des deux fils de son frère défunt, Clodomir, et s'empare de Chartres et d'Orléans en 524. Avec son frère Clotaire Ier et le fils de son frère Thierry Ier, Théodebert Ier il soumet les Burgondes, victoire d'Autun contre Gondemar, frère de Gondebaud assassin des parents de leur mère, en 534, et s'empare d'une partie de leur royaume. Il lutte également contre les Wisigoths il vainc leur chef Amalric II en 531. Outre Paris, il détient alors Lyon, Arles et Orléans qui joueront pendant son règne le rôle de métropoles religieuses du royaume Mérovingien. Il s'y tiendra de 533 à 558 quatre conciles dont trois furent fréquentés par des évêques venus de tout le royaume. Childebert fonde, à Lyon, en 542, le premier hospice ou maison de charité connu en France. La consigne avait été donnée en 325 au concile de Nicée (ville de Turquie actuellement Iznik). Il fonde aux portes de Paris l'église Saint-Vincent qui deviendra par la suite Saint-Germain des prés. Il meurt en 558 sans descendant mâle, son royaume sera rattaché à celui de son frère Clotaire.

511         Clotaire Ier. Quatrième fils de Clovis Ier il reçoit à la mort de son père en 511 une partie de son royaume avec comme capitale Soissons. Il participe avec ses frères à la lutte contre les Burgondes et soumet la Thuringe en 531. Il assassinera les deux enfants de Clodomir à la mort de celui-ci dont il prendra une partie du royaume en 524. A la mort de son petit neveu Théodebald fils de Théodebert roi de Reims et petit-fils de Thierry Ier, il s'empare de son royaume (555). Il en fait de même à la mort de Childebert (558) et devient le seul maître des états Francs. Son fils Chramme s'étant révolté et ayant convaincu à sa cause le comte de basse Bretagne, Conobre il le fait périr ainsi que sa femme et ses filles. L'unité des états Francs ne durera pas longtemps car à sa mort en 561 son royaume sera à nouveau partagé entre ses fils. Le partage de son royaume verra apparaître trois entités, l'Austrasie, la Neustrie et la Bourgogne.

511         Le concile d'Orléans réserve au roi franc la nomination des clercs. Concile des Gaules à Orléans réuni par Clovis afin de régler le sort de l'Aquitaine nouvellement conquise. Le roi impose lui même aux participants les mesures à prendre.

512         Écriture arabe. Apparue avant l'islam, l'écriture arabe se propagera en profitant de la dispersion de la religion musulmane. Elle descend selon toute évidence de l'écriture araméenne, bien qu'il n'y ait aucune certitude sur sa création. Les premières traces remontent en 512 après JC, et la tradition musulmane veut qu'un membre de la famille de Mahomet l'ait inventée. Écriture araméenne, le nom d'araméen désigne plusieurs langues et dialectes sémitiques proches appartenant à la famille des langues afro-asiatiques. Au VIe siècle av. J.-C., l'araméen était la langue administrative de l'empire persan. Du IIIe siècle av. J.-C. jusqu'à 650 ap. J.-C., c'était la principale langue écrite du Proche-Orient. Elle a donné son nom à l'alphabet araméen avec lequel elle était écrite. L'araméen pouvait servir de lingua franca. On estime que Jésus a prêché en araméen, parce que les textes de l'Évangile (qui sont écrits en grec) citent une phrase en araméen célèbre, Eli, Eli, lama sabachthani ? ("Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?"). L'araméen était également la langue employée par les rabbins qui ont participé à l'écriture du Talmud dit "de Babylone" car on retrouve un très grand nombre d'expressions idiomatiques araméennes dans les textes de Mishna et de Gémara. L'Araméen était la langue usuelle de la Palestine du temps de Jésus et le resta dans toute la région puisque le prophète Mani préchait en araméen "comme Jésus". L'histoire de l'alphabet arabe montre que cet abjad ne s'est pas écrit depuis les origines tel qu'on le lit actuellement. On considère que l'alphabet arabe est un dérivé de l'alphabet araméen dans sa variante nabatéenne ou bien syriaque, lui-même descendant du phénicien (alphabet qui, entre autres, donne naissance à l'alphabet hébreu, à l'alphabet grec et, partant, au cyrillique, aux lettres latines, etc.).

515         Les troupes de Thierry repoussent les armées danoises après avoir tué leur roi.

523         Les quatre fils de Clovis concluent une alliance pour faire ensemble la conquête de la Bourgogne.

523         Les fils de Clovis battent Sigismond. Sigismond, roi des Burgondes (516-524). Fils et successeur du roi Gondebaud, il chassa les Wisigoths d'Auvergne, mais fut vaincu par les Francs. Il fonda en 515 le monastère de Saint-Maurice d'Agaune (Valais, Suisse).

524         Dans la conquête de la Bourgogne, Clodomir, roi d'Orléans, est tué au combat de Véséronce. Ses frères Childebert et Clotaire font assassiner ses enfants (dont un leur échappe et deviendra moine sous le nom de saint Cloud), afin de se partager leur héritage.

524         Clotaire épouse Gontheuque, veuve de Clodomir.

524         THIERRY, CHILDEBERT et CLOTAIRE (524-534) - (Thierry Ier roi de Metz (futur Austrasie) - Childebert Ier roi de Paris - Clotaire Ier roi de Neustrie)

525         Denys le Petit calcule l'Anno Domini. Denys le Petit, ou Dionysius Exiguus, (environ 470 - environ 540) est un moine connu pour avoir calculé l'Anno Domini utilisée comme ère par le calendrier grégorien, surnommé le Petit à cause de sa taille. Il est originaire de la province romaine de Scythie mineure (correspondant à l'actuelle région de Dobroudja entre le nord-est de la Bulgarie et le sud-est de la Roumanie et serait d'ascendance arménienne. Il vient à Rome vers 500, y est fait abbé d'un monastère, s'acquiert une grande réputation par ses ouvrages sur la discipline ecclésiastique et la chronologie, et meurt en 540. À cette époque, il était coutumier de compter les années en utilisant le début du règne de l'empereur Dioclétien, connu pour avoir déclenché la dernière persécution de chrétiens dans l'Empire romain. Il introduit l'usage de compter les années à partir de la naissance de Jésus-Christ, qu'il place à l'année 753 de Rome (4 ans trop tard, paraît-il). Il trouve une période de 532 ans qui commence à l'année même de l’incarnation, et qu'on appela, d'après son nom, période dionysienne. Anno Domini, ou plus exactement Anno Domini Nostri Jesu Christi, signifie littéralement An du Seigneur, An de notre Seigneur Jésus-Christ. Ce terme évoque l'année supposée de la naissance de Jésus-Christ telle qu'elle fut évaluée au VIe siècle. Décrétée an 1, cette année inaugure l'ère conventionnelle, système de datation compris — sinon approuvé — par toutes les organisations mondiales. Cette datation a été calculée en se basant sur le Liber de Paschate de Dionysius Exiguus, Denis le Petit, publié vers 525; il avait été chargé par le chancelier papal Bonofacius de concevoir une méthode pour prévoir la date de Pâques selon la "Règle Alexandrine". Jusque là, la date de naissance de Jésus, reposait sur l'indication de l'évangéliste Luc : Jésus avait 30 ans en l'an 15 de Tibère. Clément d'Alexandrie faisait coïncider cette datation avec la 28ème année suivant la prise d'Alexandrie par Auguste, Hippolyte de Rome et l'historien Orose avec l'année 752 ab urbe condita, Eusèbe de Césarée avec la 42ème année d'Auguste. Or Denys le Petit prit pour départ le 25 Mars de l'année suivante, 753 ab urbe condita, parce qu'elle offrait une coïncidence avec la Nouvelle Lune de Printemps. En effet, cette année là - qui correspondait à L'an 1 avant l'ère chrétienne, soit l'an 0 sur l'échelle des astronomes - la nouvelle lune de printemps se produisit le 24 mars à 11h28. Les années proches n'offraient pas cette coïncidence. Ab Urbe condita, ce qui signifie "à partir de la fondation de la Ville (de Rome, le mot Urbs prend ici une majuscule)". Elle était utilisée par les anciens romains comme origine de la datation des années. Cette fondation est placée en l'an 753 av. J.-C., le 21 avril.

527         1er août : Début du règne de Justinien Ier le Grand, seul empereur byzantin (fin en 565). Justinien Ier, (né le 11 mai 483 en Illyrie - mort en 565), fut empereur byzantin de 527 à 565. Il est l'un des plus importants dirigeants de l'Antiquité tardive. Que ce soit au niveau législatif, de l'expansion des frontières de l'empire ou de la politique religieuse, il laisse une oeuvre et une vision impérissables. Empire byzantin, en 395, à la mort de Théodose Ier, l'Empire romain est partagé en deux parties : l'Empire romain d'Occident qui disparaît en 476, et l'Empire romain d'Orient ou Empire byzantin qui durera jusqu'en 1453. Au cours de ces mille ans, les Byzantins se considérèrent "Romains", et ils appelèrent leur empire "l'Empire romain". Un certain nombre de lois et coutumes fut conservé des Romains ainsi que certains aspects culturels comme l'architecture. Ce fut aussi un empire chrétien qui, entre autres, aura défini certains dogmes du christianisme. L'Église officielle fut l'Église chrétienne universelle jusqu'au Grand Schisme d'Orient de 1054, ensuite cette partie de l'Église prit le nom d'Église orthodoxe. Leur religion, leur langue, et leur culture étaient essentiellement grecques plutôt que romaines. Les Perses et les Arabes appelèrent les Byzantins "Romains", mais les Européens les appelèrent toujours "Grecs", et leur Empire "Imperium Graecorum", "Graecia", ou aussi "Terra Graecorum". L'Empire byzantin. Alors que l'Europe est en plain féodalisme, l'Empire byzantin est à son zénith autour de Constantinople. De 527 à 565, l'empereur Justinien rend à son empire unité et grandeur. Il domine la Méditérannée, fait rédiger le code Justinien. Avec Basile II, Byzance devient le plus grand centre commercial et intellectuel du monde.

529         Saint Benoît fonde l'ordre des Bénédictins. Ordre Bénédictin, l'Ordre de Saint Benoît (O.S.B), plus connu sous le nom d'Ordre Bénédictin, a été fondé en 529 par Saint Benoît de Nursie (480-547). Si l'on excepte l'introduction de la laus perennis en 515 à l'Abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, c'est le plus ancien d'Occident ; ses membres prononcent les voeux solennels qui les lient pour leur existence au monastère choisi et qui leur imposent la Règle. Habits monastiques : tunique noire et scapulaire noir à capuchon. Une ceinture noire autour de la tunique. Port de la coule noire pour les profès à vie lors des offices et messes. Bénédictins. Religieux qui suivent la règle de saint Benoît de Nursie (480-547), fondateur de l'abbaye du Mont-Cassin. Sa vie est connue par le récit qu'en fit le pape Grégoire le Grand dans ses Dialogues. Les Bénédictins sont de grands missionnaires ; ils entreprennent notamment en 597 la conversion de l'Angleterre au catholicisme. Le monastère constitue un microcosme autonome où l'on cultive la terre, copie les manuscrits, étudie la théologie et les sciences.

530         à 611 - naissance et mort de Venance Fortunat. Poète et évêque. Troubadour de la région de Ravenne, en Italie, rimant sur tout, rimant sur rien, mais toujours attablé aux meilleures tables. Guéri d'une maladie des yeux après des prières à saint Martin, il voulut partir en pèlerinage au tombeau du saint évêque, choisissant des détours par Metz et l'Austrasie. Mais ses chansons n'obtinrent qu'un demi-succès dans le pays de Brunehaut (reine d'Austrasie). De Tours, il se rend à Poitiers. Et c'est là qu'il se convertit et, ordonné prêtre, devient aumônier du monastère de sainte Radegonde. Il continua de rimer pour la vie des saints. Ses hymnes, qui sont parmi les merveilles de la littérature religieuse latine : le "Pange lingua" et le "Vexilla Regis", sont encore dans la liturgie romaine.. Sa poésie y exprime toute sa vie spirituelle et sa méditation intérieure. Choisi comme évêque de Poitiers, il meurt quelques années plus tard.

530         Saint Brendan part pour une quète de sept ans à la recherche du jardin d'Eden. Saint Brendan de Clonfert ou Bréanainn de Clonfert (né vers 484 à Ciarraight Luachra dans le comté de Kerry, mort en 577 à Enachduin ou Annaghdown/Annadown), surnommé le Navigateur, est l'un de ces saints moines irlandais du Haut Moyen Âge dont la légende a occulté l'histoire. Brendan (aussi orthographié Brandan) se prépare à la vie monastique à l'abbaye de Llancarvan. Parti pour une quète de sept ans à la recherche du jardin d'Eden, il s'aventure sur l'océan Atlantique avec une petite embarcation (peut-être un curragh) et plusieurs moines, probablement vers 530. Il revient en Irlande en affirmant avoir découvert une île qu'il assimile au Paradis ; le récit rapidement propagé de ses aventures attire de nombreux pèlerins à Aldfert, le village d'où il avait prit son départ. En 1976, l'Irlandais Tim Severin construit une barque en peaux de bêtes tendues et en atteignant Terre-Neuve par les îles Féroé et l'Islande, prouve que le voyage de Brendan a pu lui faire découvrir l'Amérique avant les Vikings et Christophe Colomb.

531         Victoire à Tolbiac de Thierry et Clotaire contre Hermanfried, roi de Thuringe qui se tue.

531         Révolte en Auvergne.

532         Clotaire et Childebert attaquent la Bourgogne et s'emparent d'Autun. Les Francs attaquent la Bourgogne : Childebert Ier et Clotaire Ier décident de marcher ensemble une nouvelle fois sur le petit royaume burgonde et écrasent les derniers défenseurs à la bataille d'Autun.

532         11 janvier La sédition de Nika à Constantinople. L'Hippodrome, où se déroulent régulièrement les courses de chars, voit deux factions s'affronter en son sein. D'un côté, ceux que l'on surnomme les "Bleus", issus de l'aristocratie, et de l'autre, les "Verts", partisans de la démocratie. Les deux profitent souvent de l'événement pour montrer leur désaccord sur le gouvernement de l'Empire. Au cours de l'une des ces courses, les Verts s'opposent au préfet actuel, Jean de Cappadoce. Les manifestations violentes éclatent et Cappadoce ordonne qu'on s'empare de quelques hommes pour en faire des otages. Toutefois, par erreur, un Bleu est arrêté, puis exécuté deux jours plus tard. La faction bleue se joint alors aux émeutes, qui redoublent de violence. Durant trois jours, la ville sera ravagée avec pour bruit de fond les cris "Nika ! Nika !", signifiant "Victoire !". Les émeutiers seront finalement massacrés par l'empereur Justinien. La sédition Nika (victoire en grec) à cause de son cri de ralliement est un soulèvement populaire à Constantinople qui fait vaciller le trône de l'empereur Justinien Ier en 532.

532         à 537 Construction de l'église Sainte-Sophie à Constantinople. La basilique Sainte-Sophie, un bijou d'architecture byzantine du début de l'ère byzantine. Elle fut érigée en 532, puis détruite à deux reprises par des incendies. rebâtie sur les cendres de la basilique, Sainte-Sophie fut inaugurée après moins de 6 années de chantier le 26 décembre 537 par l'empereur Justinien, qui la consacra à la sagesse divine (Hagia Sophia en grec). Pour habiller les murs et dresser les colonnes, Justinien fit venir des provinces de l'Empire une grande variété de marbres : marbre blanc de Marmara, marbre vert de l'île d'Eubée, marbre rose des carrières de Synnada et marbre jaune d'Afrique.

532         18 janvier L'empereur Justinien réprime la sédition de Nika. Depuis trois jours, la cité est ravagée par la révolte des factions bleue et verte qui tentent de donner le pouvoir à Hypatios, neveu d'Anastase Ier. Soutenu par son épouse, Théodora et par Bélisaire, commandant de l'armée, Justinien décide de résister et de réprimer les insurgés. Plus de 30 000 hommes sont tués dans l'Hippodrome. Quant à Hypatios, il sera mis à mort le lendemain. Bélisaire né vers l'an 500 aux confins de l'Illyrie et de la Thrace, fut un général de grande valeur. Soutien fidèle de l'empereur Justinien, il maintint l'intégrité de l'empire romain d'Orient et reconquit l'Occident.

533         Conquête byzantine de la Tunisie. Le général Bélisaire s'empare de Carthage et chasse les Vandales. Ces derniers occupaient le territoire depuis 439. La région connaîtra une grande instabilité provoquée par une politique fiscale démesurée.

534         Mort de Thierry, son fils Théodebert lui succède.

534         THÉODEBERT, CHILDEBERT et CLOTAIRE (534-548) - (Théodebert Ier roi d'Austrasie - Childebert Ier roi de Paris - Clotaire Ier roi de Neustrie)

534         Théodebert Ier. Petit fils de Clovis Ier, il succède à son père, Thierry Ier à la mort de celui-ci en 534, comme roi de Reims. Avec ses oncles, il soumet définitivement le royaume des Burgondes. L'Empereur d'Orient disputait aux Ostrogoths la possession de l'Italie, les deux partis firent appel à Théodebert. Celui-ci, accordant son appui aux deux partis il les mit d'accord en "en croquant l'un et l'autre (La Fontaine)". Cependant et afin que la morale soit sauve, les troupes franques furent décimées par les maladies ce qui aura une répercussion importante sur la proportion de Germains en Gaule. C'est à compter de cette date que les Gallo-Romains furent admis (ou contraints) à porter les armes et à combattre dans les armées franques. Quelques années plus tard, il se fait céder la Provence par le roi des Ostrogoths Vitigès. L'abandon de la Provence par les Ostrogoths laisse les Alamans isolés, Théodebert les soumet et annexe leur territoire. Il parvient à soumettre à son control un amalgame de peuples (Lombards, Thuringiens, Alamans, Vètes, Hérules) qui à la demande de Justinien avaient fait mouvement vers l'Italie. Cet amalgame devait constituer le peuple Bavarois. Il se servira de ce territoire comme tête de pont pour conquérir l'Italie du nord en 539. Élevé par des conseillers romains il a probablement souhaité devenir Empereur d'Occident mais il a échoué. A sa mort son fils Théodebald lui succède.

534         Partage du royaume Burgonde entre Théodebert, Childebert et Clotaire.

536         Alliance de Théodebert, Childebert et Clotaire avec les Ostrogoths et Justinien empereur romain d'orient. Les Ostrogoths étaient un peuple germanique. Ils jouèrent un rôle considérable dans les événements de la fin de l'empire romain. Les Goths formaient une tribu unie jusqu'au IIIe siècle, date à laquelle ils se seraient scindés en deux branches : les Ostrogoths et les Wisigoths. Leur histoire écrite commence avec leur indépendance de l'empire des Huns après la mort d'Attila. Alliés à leurs anciens vassaux et rivaux, les Gépides, les Ostrogoths menés par Théodimir écrasèrent les forces hunniques commandées par les fils d'Attila lors de la bataille de Nedao en 454. Les Ostrogoths entrèrent en relation avec l'Empire et s'installèrent en Pannonie. Pendant la majeure partie de la seconde moitié du Ve siècle, les Ostrogoths jouèrent en Europe du Sud-Est un rôle équivalent à celui que jouèrent les Wisigoths au siècle précédent. Ils furent présents dans toutes les relations d'amitié et d'hostilité imaginables avec la puissance romaine orientale, et cela jusqu'à ce que, comme les Wisigoths l'avaient fait avant eux, ils ne passent d'Orient en Occident.

536         10 décembre Le général byzantin Bélisaire prend Rome aux Ostrogoths au nom de l'empereur romain d'Orient, Justinien. Le roi ostrogoth Vitigès s'y opposera et souhaitera reconquérir la ville, mais Bélisaire le vaincra en 540. Finalement, Rome sera reconquise par le roi goth Totila en décembre 546. Vitigès (? - 540) était le roi des Ostrogoths de 536 à 540. Il a hérité du trône de l'Italie au milieu de la guerre gothique, alors que Bélisaire s'était emparé de la Sicile l'année précédente et était alors dans le sud de l'Italie à la tête des forces de Justinien, l'empereur oriental.

537         Conquête de la Provence sous domination Ostrogoth. Ayant assuré ses arrières en concédant la Provence, aux mains des Ostrogoths depuis 508, aux Francs, Vitigès se déplace vers Rome et en fait le siège. Mais il doit se retirer et se retrancher dans Ravenne. Des Byzantins débarquent à Gênes, enlèvent Milan, Novare, Côme et Bergame, rejoignent l'armée de l'Adriatique et encerclent Ravenne.

537         Annexion du royaume des Burgondes (Bourgogne et Provence) et de la Thuringe. Les Francs contrôlent maintenant l'ensemble de la Gaule, hormis la Bretagne et le Languedoc.

539         Victoire de Théodebert à Pavie contre les Ostrogoths et à Ravenne contre les Romains.

540         à 594 - naissance et mort de Saint Grégoire. Pape Grégoire Ier. Il est une des figures majeures de l'Histoire de l'Église. Né dans une famille patricienne de Rome, il est préfet de la ville ; mais il ressent l'appel à la vie monastique : il fonde un couvent qu'il rejoint à 35 ans, abandonnant charge et honneurs. Le pape Pélage II l'ordonne diacre et l'envoie comme légat à Constantinople en 579. A la mort du pape, il est choisi pour lui succéder. Il se dévoue sans compter pendant l'épidémie de peste qui a emporté son prédécesseur, puis se consacre à la réorganisation de l'Église, seule force capable de faire face à la disparition de l'empire romain. Il fait la paix avec les Lombards, envoie plusieurs moines de son abbaye en Angleterre, d'où ils propageront la règle de Saint Benoît dans toute l'Europe. Il est aussi à la base d'un mouvement de renouveau liturgique qui est à la base du chant grégorien. Enfin ses nombreux écrits font autorité et lui valent le titre de docteur de l'Église. Le chant grégorien est le chant liturgique officiel de l'église catholique romaine, qui remonte au moyen âge. Parce qu'il est indissociable du latin, il est aujourd'hui marginalisé dans cet usage liturgique. Il reste cependant utilisé, régulièrement dans certaines communautés religieuses ou traditionnelles, et à titre plus exceptionnel dans les cérémonies particulièrement solennelles. Chant grégorien. Le chant grégorien, appelé également "plain-chant", est à la fois le premier répertoire occidental et le premier exemple de musique métissée, dont les règles ont été établies sous le pontificat de Grégoire Ier (590-604). Le grégorien est une musique où l'unisson est roi (une seule ligne mélodique), une musique dite monophonique. Le rythme en est libre et directement élaboré à partir du texte latin mis en musique. Le plain-chant est presque toujours interprété a capella (sans accompagnement instrumental), parfois doublé à l'orgue. C'est un chant choral, où la voix se fond dans la communauté priant. Les textes religieux mis en musique sont d'ailleurs d'une importance fondamentale pour l'élaboration de la musique. La notation, enfin, est assurée par un système un peu semblable à notre système actuel.

542         Échec de l'expédition de Clotaire et Childéric contre les Wisigoths en Espagne.

542         Constantinople est ravagée par la peste. La capitale de l'empire romain d'Orient est touchée par une épidémie de peste dévastatrice. Particulièrement longue et affectant tout l'Empire byzantin, elle atteindra Rome en 589. On la surnommera plus tard la "peste de Justinien", selon le nom de l'empereur d'Orient qui dut y faire face. Plusieurs centaines de milliers de Constantinopolitains périront.

543         Grande épidémie de peste bubonique.

547         mort de Saint Benoît.

548         Mort de Théodebert, roi d'Austrasie. Son fils Théodebald lui succède.

548         THÉODEBALD, CHILDEBERT et CLOTAIRE (548-555) - (Théodebald Ier roi d'Austrasie - Childebert Ier roi de Paris - Clotaire Ier roi de Neustrie)

548         Théodebald l. succède à son père Théodebert Ier et devient roi de Reims en 548, il a 13 ans. Il abandonne l'Italie du nord. De santé fragile, il ne joue pas un grand rôle et meurt à 20 ans sans descendant. Son royaume est réuni à celui de Clotaire Ier dernier fils vivant de Clovis Ier.

550         'La Getica', de l'historien goth Jordanès, mentionne les Finnois (Scretefennae, les "Finnois qui glissent") et établit que les Danes, venus de Scanie, ont expulsé définitivement les Hérules du Danemark. Jordanès ou Jornandès est un historien du VIe siècle, écrivant en latin. D'origine ostrogothique mais converti à l'arianisme, on sait peu de choses sur lui. Il est un temps notaire d'un prince inconnu, puis, plus tard, il devient peut-être évêque de Crotone en Calabre. Il séjourne à Constantinople en 551, accompagnant le pape Vigile, et à Ravenne, capitale de l'Italie ostrogothique, puis capitale de l'Exarchat de Ravenne à l'époque byzantine. Témoin des violentes “guerres gothiques”, qui finissent par provoquer la défaite définitive des Ostrogoths, ses compatriotes, et leur extermination dans les années 550. Il retraça l'histoire des goths, les tentatives de sédentarisation dans les diverses terres traversées depuis leur migration de la Baltique (terres de Gothie en Europe orientale) ; ses écrits permettent de connaître mieux la période de l'empire hunnique et les guerres de succession qui s'ensuivirent.

553         Victoire des Byzantins contre les Francs.

555         Mort de Théodebald sans héritier, Clotaire épouse sa veuve et annexe le royaume.

555         CHILDEBERT et CLOTAIRE (555-558) - (Childebert Ier roi de Paris - Clotaire Ier roi de Neustrie)

555         Soumission de la Bavière par Clotaire.

555         Clotaire donne le gouvernement de l'Auvergne à Chramne, son fils. Chramne, fils de Clotaire lui donne bien du fil à retordre : poussé par son oncle Childebert, il complote deux fois de suite contre son père ; Clotaire lui accorde une première fois son pardon, mais Chramne récidive en 560. Cette fois, Clotaire est bien décidé d'en finir. Chramne se réfugie auprès du comte de Bretagne Conobre (ou Conomor le Maudit), mais les troupes du comte ne peuvent résister à l'armée de Clotaire : lors de la bataille du Relec, Conobre est vaincu et tué ; Chramne, lui, est capturé et étranglé, puis Clotaire ordonne qu'on l'enferme, avec toute sa famille, dans une cabane à laquelle on met le feu.

556         Soumission de la Saxe par Clotaire. La Saxe est aujourd'hui l'un des 16 Länder composant l'Allemagne.

558         Mort de Childebert, roi de Paris. Héritant de ses trois frères, Clotaire réunit toute la monarchie.

558         CLOTAIRE Ier (558-561) - (Clotaire Ier roi des Francs)

558         Clotaire rassemble l'héritage de Clovis.

559         Révolte de Chramne qui se réfugie en Bretagne.

559         Nouvelle épidémie de Peste.

560         Clotaire s'empare de Chramne et l'exécute avec sa femme et ses enfants.

561         Mort de Clotaire et partage par tirage au sort de la monarchie, entre ses quatre fils: Caribert (Paris), Gontran (Orléans), Sigebert (Metz) et Chilpéric (Soissons).

561         CARIBERT, GONTRAN, SIGEBERT, CHILPÉRIC Ier et FRÉDÉGONDE (561-567) - (Caribert Ier roi de Paris - Gontran Ier roi de Bourgogne - Sigebert Ier roi d'Austrasie - Chilpéric Ier roi de Neustrie)

561         Caribert. Fils aimé de Clotaire Ier, il devient roi de l'ouest de la Gaule avec Paris comme capitale en 561. Excommunié pour bigamie (Mirefleur, Teutegilde étaient deux soeurs servantes d'Ingeberge), il meurt en 567 sans descendant mâle. Son royaume est partagé entre ses frères.

561         Gontran. Second fils de Clotaire Ier, il devient roi d'Orléans et de Bourgogne en 561. Il essaye de freiner les hostilités entre ses frères Sigebert Ier et Chilpéric Ier sans toutefois parvenir à éviter la guerre qui éclate en 570. Il mène des campagnes contre les Bretons, les Basques et les Wisigoths. Pour montrer l'importance des Romains du Rhône il établit sa cour à Châlon dont il fait sa capitale aussi bien politique que religieuse. Sans héritier mâle, il adopte son neveu Childebert II roi d'Austrasie qui devient son successeur en vertu du traité d'Andelot en 587. C'est en 590 qu'arrive d'Irlande le moine Colomban qui va bouleverser les rapports entre les monastères et les évêques. Il se rend à la cour de Gontran qui le reçoit bien et l'autorise à s'installer dans une forteresse ruinée à Annegray dans les Vosges. Plusieurs autres suivront, il restera 30 ans en Bourgogne, s'attirant l'animosité des évêques qu'il tenait à l'écart des ses monastères. Bienfaiteur des églises et des abbayes, il est béatifié.

561         Sigebert Ier. Troisième fils de Clotaire Ier, il devient roi de Reims et d'Austrasie en 561. Il épouse en 566 Brunehaut fille du roi des Wisigoths Athanagil. Jaloux, son frère et rival Chilpéric Ier roi de Neustrie épouse Galswinthe soeur de Brunehaut mais la laisse assassiner par sa maîtresse Frédégonde. Ce crime entraîne une lutte acharnée entre Brunehaut et Frédégonde et la guerre entre les deux frères. Alors que Sigebert est vainqueur, que Chilpéric est enfermé dans Tournai et que les Neustriens (sujets de Chilpéric) s'apprêtent à reconnaître Sigebert comme souverain, Frédégonde le fait assassiner et retourne la situation (575). Son fils Childebert II âgé de 5 ans lui succède sous la tutelle de Brunehaut.

561         Chilpéric Ier. Quatrième fils de Clotaire Ier, il devient roi de Soisson et de Neustrie en 561. Personnage contrasté, lettré, ami des spectacles mais aussi débauché et sans scrupule. Il répudie Audovère son épouse sous l'emprise de Frédégonde suivante d'Audovère. Jaloux du mariage de son frère Sigibert avec Brunehaut il épouse la soeur de celle-ci, Galswinthe. Il la laisse étrangler par Frédégonde et épouse cette dernière. Une guerre sans merci s'engage entre Brunehaut et Frédégonde (et les deux frères). Alors que Sigebert est vainqueur, Frédégonde sauve la situation en le faisant assassiner. Brunehaut est prisonnière à Rouen, son fils est sauvé par un fidèle qui l'emmène en Austrasie où il sera désigné roi. Brunehaut parviendra à se faire libérer en séduisant le fils de la première femme de Chilpéric, Mérovée, ce qui ne lui sera pas pardonné par Frédégonde elle le convaincra au suicide et fera tuer Saint Prétextat évêque de la ville qui avait célébré le mariage. La famine, la peste et le feu de Saint Antoine s'abattirent sur le royaume. Deux enfants de Frédégonde furent atteints par cette dernière maladie. Le couple royal y vit une vengeance de dieu pour toutes ses mauvaises actions. Pour se faire pardonner, ils brûlèrent le registre des impôts qui pesaient lourdement sur le peuple malgré cela, les enfants périrent. Chilpéric mourra assassiné en 584. Le fils de Frédégonde, Clotaire II, qui n'a que quelques mois lui succède sous la tutelle de Frédégonde.

561         Chilpéric est chassé de Paris par ses trois frères.

562         Attaque des Avars contre les Thuringes. Les Avars sont un peuple proto-mongol de cavaliers nomades. les Francs de Charlemagne et de son fils Pépin d'Italie, décidés d'en finir avec ces païens, et les combattent violemment et sans relâche avec leurs troupes franques, bavaroises et lombardes. Leur camp retranché, le Ring avar, est pris en 795 avec un trésor considérable, fruit de plusieurs siècles de pillage pur et simple. Les Avars sont exterminés, ceux qui se soumettent sont convertis de gré mais bien souvent de force, et les derniers rebelles sont vaincus en 805.

566         Sigebert épouse Brunehaut, fille d'Athanagild, roi des Wisigoths d'Espagne, née en 534. Brunehaut ou Brunehilde, née en Espagne à Mérida vers 534 et morte exécutée en 613 à Renève (France) est une princesse wisigothe devenu reine des Francs. Fille d'Athanagild, roi des Wisigoths, elle épouse Sigebert Ier, roi franc mérovingien d'Austrasie, en 566. Athanagild est un roi wisigoth d'Espagne de l'an 554 à sa mort en 567.

567         mars Mariage de Chilpéric avec Galswinthe, fille d'Athanagild, roi des Wisigoths. Galswinthe, née à Tolède vers 540, morte à Soissons (?) en 568 (?), fut reine des Francs en Neustrie. Fille d'Athanagild, roi des Wisigoths, elle épouse le roi mérovingien de Soissons Chilpéric Ier en 567. Elle lui apporte en dot de nombreux trésors (en monnaie et en objets précieux) et une alliance avec le roi wisigoth; ce mariage offre aussi à Chilpéric une certaine tranquillité dans ses possessions d'Aquitaine.

567         Mort de Caribert, causée par ses excès de toute sorte. ses trois frères se partagent son royaume et décident de gouverner conjointement Paris.

568         GONTRAN, SIGEBERT, CHILPÉRIC Ier et FRÉDÉGONDE (568-575) - (Gontran Ier roi de Bourgogne - Sigebert Ier roi d'Austrasie - Chilpéric Ier roi de Neustrie)

568         Raids lombards contre le sud-est de la Gaule. Les Lombards de Pannonie (20 000 hommes), conduits par leur roi Alboin, ébranlés par les Avars, rejoint par des Gépides, Sarmates, Thuringes, Saxons et Bavarois marchent sur le Frioul (1er avril), prennent Aquilée (20 mai) et occupent la Vénétie (sauf les îles où s'est réfugiée la population). Ils attaquent la Provence mais sont rejetés par les Francs. Encombrés par la présence des familles et des bagages, ils avancent lentement. Aux côtés des guerriers, un peuple entier se déplace (200 à 300 000 personnes). Les Lombards occupent une grande partie de l'Italie. La résistance byzantine est très faible, car l'effort principal se porte en Orient et dans les Balkans. Seule les villes résistent. La population, accablé d'impôt et victime d'un système de spoliation discutable, voit arriver les Lombards avec une neutralité bienveillante.

568         Mort de Galswinthe, que la concubine de Chilpéric, Frédégonde, fait étrangler pour prendre sa place. Frédégonde ou Frénégonde, la première femme de Chilpéric Ier, alors roi de Neustrie. Elle séduisit et épousa ce dernier, non sans lui avoir fait d'abord répudier Audevère, puis lui avoir fait assassiner Galswinthe, sa seconde épouse. Elle suscita et commanda alors de nombreux meurtres, tant dans le camp des ennemis de son époux (tel celui du roi Sigebert Ier), que dans les rangs neustriens, parmi les rivaux de son fils, Clotaire II, auquel elle voulait assurer le trône.

568         Guerre entre les héritiers de Clotaire, Neustrie contre Austrasie (568-719) et Brunehaut contre Frédégonde.

568         Commencement de la lutte, qui durera près d'un siècle et demi, entre les Francs de l'est ou Ripuaires, du royaume d'Austrasie, et les Francs de l'ouest, du royaume de Neustrie.

570         à 632 - naissance et mort de Mahomet. Prophète arabe. Mahomet (Mohammed) naît orphelin de père. Sa mère ne pouvant subvenir à ses besoins, il est mis en nourrice auprès d'une tribu bédouine. Mahomet sera ensuite élevé par son grand-père paternel puis par son oncle, riche marchand mecquois et chef de clan. Mahomet opte pour le commerce environnant et devient caravanier. Ses voyages successifs l'amèneront à rencontrer sa future épouse Khadidja, une riche veuve. Ils auront ensemble quatre filles, véritable drame pour les mecquois. Ils adoptent donc le cousin de Mahomet, Ali. Ne pratiquant pas la polygamie, Mahomet subit la moquerie des habitants. Mais Mahomet préfère se recueillir sur le mont Hira. Ses méditations se concrétisent par une révélation de l'ange Gabriel. Il doit vulgariser un message monothéiste. Les Mecquois se soumettront à un dieu unique: Allah, Mahomet serait son prophète, les riches marchands distribueront leur fortune aux pauvres... L'ensemble des révélations est retranscrit et compose le Coran. Mais face aux hostilités des notables, Mahomet doit fuir. Son exil volontaire marque l'Hégire. Arrivé à Médine, il est reconnu comme le médiateur et établit un code de vie. Victoires et défaites se succéderont avant qu'il ne puisse retourner à la Mecque. Les bédouins sont des nomades de culture arabe vivant dans des régions désertiques du Moyen-Orient où ils élèvent des chèvres et des chameaux.

571         Victoire contre les Lombards à Chamousses, près d'Embrun. Embrun est une commune française, située dans le département des Hautes-Alpes de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

571         Nouvelle épidémie de Peste.

572         Victoire contre les Saxons à Estoublon. Estoublon est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

573         Début de la guerre entre Sigebert et Chilpéric.

575         Défaite de Chilpéric face à Sigebert à Vitry. Vitry-en-Artois est un chef-lieu de canton du nord de la France, dans le département du Pas-de-Calais.

575         Assassinat de Sigebert, roi d'Austrasie sur ordre de Frédégonde, sa veuve Brunehaut gouverne à sa place, en attendant que leur fils Childebert II soit en état de régner.

575         GONTRAN, CHILDEBERT II, CHILPÉRIC Ier et FRÉDÉGONDE (575-584) - (Gontran Ier roi de Bourgogne - Childebert II roi d'Austrasie - Chilpéric Ier roi de Neustrie)

575         Childebert II. Fils de Sigebert Ier et de Brunehaut, il hérite du trône à 5 ans, sa mère étant prisonnière de Chilpéric, c'est le maire du Palais Gogon qui assurera sa tutelle. C'est la première fois qu'un maire du palais qui assure une fonction de domestique, de haut rang il est vrai, sera érigé au rang politique (ça ne s'arrête pas là). Adopté par son oncle Gontran roi de Bourgogne, il lui succède en 592 en vertu du traité d'Andelot (587) réunissant ainsi L'Austrasie, la Bourgogne et les régions de Paris et d'Orléans. Il meurt 3 ans après peut être empoisonné par sa femme. Son royaume est partagé entre ses deux fils Théodebert II et Thierry II. Maire du palais, à l'origine intendant général (chargé de diriger les services politiques et domestiques de la maison du roi), le maire du palais apparaît, dès le milieu du VIIe siècle, comme le personnage principal de l'État. C'est lui, de fait, qui exerce la réalité du pouvoir.

575         Frédégonde épouse Mérovée fils de Chilpéric Ier.

575         Grégoire de Tours écrit 'Histoire des francs'. Grégoire de Tours – Georgius Florentius Gregorius c'est-à-dire Georges Florent Grégoire – (né à Riom, près de Clermont v. 538 – † à Tours v. 594), fut évêque de Tours, historien de l'Église, des Francs et de l'Auvergne. 'L'Histoire des Francs', l'oeuvre majeure de Grégoire de Tours a survécu à travers plusieurs manuscrits du Moyen Âge, dans des versions plus ou moins altérées par rapport à l'original. Elle est communément nommée Histoire des Francs. En réalité, il s'agit d'une "Histoire ecclésiastique", originellement intitulée Dix Livres d'Histoire, qui a pour vocation de dresser l'histoire de l'Église universelle dans une perspective chrétienne, eschatologique, depuis la genèse du monde jusqu'au règne des rois francs, en 572. S'y ajoute un ensemble de récits de vies de saints gaulois, réunis sous le nom de Livre(s) des miracles et composés après 570. Évidemment, le récit pris dans son ensemble possède un caractère édifiant. Il fait la part belle à la Gaule mérovingienne que connaît Grégoire : cinq des dix livres et le Livre des miracles concernent le temps de l'auteur. Ce dernier en brosse un portrait plutôt sombre, mettant l'accent sur les conséquences désastreuses du comportement de certains rois par opposition au comportement de leurs aïeux chrétiens, à commencer par Clovis.

577         Alliance de Gontran et Childebert II. Gontran, roi de Bourgogne, n'ayant pas d'héritier, adopte son neveu Childebert, roi d'Austrasie.

578         Mort de Mérovée.

578         Les Bretons s'emparent de Vannes. Bretons insulaires (anciens Bretons, habitants de l'île de Bretagne, ou Grande-Bretagne). Le nom Bretons (en latin Britanni) désigne d'abord les habitants de l'île de Bretagne (en latin Britannia), ou plus exactement habitant la partie de l'île limitée au nord par la rivière Clyde. Les Bretons, c'est-à-dire les anciens habitants de Grande-Bretagne, comprenaient à l'époque située immédiatement avant la conquête romaine de nombreux peuples et tribus dont le caractère celtique est avéré, notamment dans le sud de l'île et à l'embouchure de la Tamise. À partir du milieu du Ve siècle, de nouveaux envahisseurs germaniques, les Anglo-Saxons repoussèrent progressivement les Bretons du sud et de l'est vers l'ouest de l'île de Bretagne tandis que les Irlandais effectuaient des raids sur la côte ouest de la Bretagne (c'est d'ailleurs à cette occassion que saint Patrick qui était breton fut capturé). Ils finirent par fonder de véritables principautés sur les côtes galloises et écossaises. Si les premières furent finalement écrasées, les secondes donnèrent naissance à l'Écosse par la fusion du Dal Radia avec les royaumes britonniques du nord. Durant cette période sur laquelle les sources fiables font défaut (ce sont les "âges sombres" ou Dark Ages de l'historiographie anglaise), des populations celtes peu romanisées établirent de nombreux "royaumes celtiques" dans l'île, notamment dans le pays de Galles et d'autres migrèrent en Irlande. De même, là se trouve probablement la cause première d'une émigration en masse de Bretons vers la péninsule armoricaine, celle-ci prenant alors le nom de Bretagne. Âge sombre en Grande-Bretagne, l'expression désigne la période où l'île de Bretagne fut laissée sans souverain central, à compter du départ des Romains. C'était l'époque du doute et de la perte progressive de l'unité des Celtes britanniques, celle des incursions des violentes tribus du nord, les Pictes et les Scots, que les murs romains d'Hadrien et de Constantin ne retenaient plus ; enfin, celle de l'arrivée successive des Angles, Saxons sur les terres de l'Est, ainsi que des Vikings à York. Dans le monde anglo-saxon, cette définition prévaut ainsi (Dark Age), et est à l'origine de deux lignes de légendes : * la matière de Bretagne, d'origine celtique, fondée sur Historia Regum Britanniae, qui fait d'Arthur l'héritier de Vortigern et de Brutus, aïeul mythique des celtes britanniques ; * la légende anglo-saxonne, basée sur Historia ecclesiastica gentis Anglorum de Bède le Vénérable.

579         Les Bretons s'emparent de Rennes et de Nantes.

579         Révoltes suite à une augmentation des impôts par Chilpéric.

581         Rupture de l'alliance entre Gontran et Childebert II qui se rapproche de Chilpéric.

581         Échec de l'expédition envoyée par Chilpéric contre les Basques. Le Peuple Basque est sûrement le plus ancien d'Europe. Les anthropologues s'accordent à dire que les Basques d'aujourd'hui sont les descendants directs de l'homme de Cro-Magnon. Son ancienneté remonterait donc à 50 000 ans environ. C'est à des gens qui parlaient l'euskara qu'on doit les peintures de Lascaux et d'Altamira. Le basque est la seule langue non indo-européenne connue en Occident. La toponymie prouve que le basque a été parlé sur un territoire qui va au moins de l'Èbre à la Garonne et au val d'Aran. L'arrivée des Celtes n'a pas déplacé la population basque. Les implantations gauloises sont assez faibles en Aquitaine et au Pays Basque, alors que leur présence est massive au nord et à l'ouest du pays. Les romains n'ont jamais conquis le Pays Basque. La présence romaine est pourtant importante dans la vallée de l'Èbre et en Gascogne. Pline, Strabon, Ptolémée, Jules César... fournissent les premiers témoignages écrits sur les coutumes et sur les différentes tribus qui composent ce peuple. Les Basques fournissent des troupes d'élite à la légion romaine, en particulier des cohortes de cavalerie. Les peuples germains qui envahissent toute l'Europe n'arrivent pas à asservir le Peuple Basque. Les Goths, Les Wisigoths et les Francs tentent sans relâche de l'envahir, en vain. Les musulmans traversent le pays pour aller combattre les Francs, mais ils ne l'occupent pas. La vallée de l'Èbre et Pampelune changent plusieurs fois de mains, mais à chaque occasion, les montagnards redescendent sur le plat pour récupérer les territoires perdus.

581         Début de la dynastie Sui de Chine (fin en 618), avec le règne de Sui Wendi, premier empereur chinois de la dynastie Sui (fin en 604). Yang Jian, un militaire, usurpe le trône des Zhou du Nord et crée la dynastie des Sui (581-618) en Chine du Nord, avant de réunifier la Chine en 589 à la chute de la dynastie Chen. La dynastie Sui fut de courte durée et éphémère (581 - 618). Elle n'apporta pas le soulagement espéré par la population, et les lettrés confucéens n'hésitèrent pas à la comparer à la dynastie Qin car Wendi, le fondateur, ne leur accordait guère d'importance. C'est cependant sous cette dynastie que fut construit le « Grand Canal » ainsi que de nouvelles routes pour favoriser l'essor du commerce. Des tronçons de la grande muraille furent également rebâtis.

583         Restauration de l'alliance entre Gontran et Childebert II.

584         Expédition victorieuse de Childebert II en Lombardie.

584         Chilpéric, roi de Soissons, meurt assassiné par ordre de sa femme Frédégonde, qui prend le pouvoir, et gouverne jusqu'à ce que leur fils Clotaire II soit en état de régner. Gondowald (bâtard de Clotaire Ier) revendique le trône. Clotaire II, dit le Jeune, (584 - 18 octobre 629) fut : roi des Francs de 613 à 629, roi de Neustrie de 584 à 613. Il est le fils de Chilpéric Ier et Frédégonde. Il épousa Adaltrude, Bertrude (avec qui il eut Dagobert Ier) et Sichildis (en 618). Il est le père entre autres de Dagobert Ier.

584         GONTRAN, CHILDEBERT II et FRÉDÉGONDE (584-593) - (Gontran Ier roi de Bourgogne - Childebert II roi d'Austrasie - Frédégonde gouverne la Neustrie)

585         Expédition de Childebert II en Italie.

585         Gondowald soulève le sud de la Gaule et s'empare d'Angoulême, Toulouse et Bordeaux.

585         Gontran désigne Childebert II comme unique héritier.

585         Mort de Gondowald dans Comminges où il s'était réfugié, et incendie de la ville par les troupes de Gontran et Childebert.

585         Gontran attaque les Wisigoth de Septimanie et s'empare de Carcassonne. Septimanie est le nom que portait la région Languedoc-Roussillon.

585         L'Église catholique commence à percevoir un impôt de 10%, la dîme. Le concile de Mâcon menace d'excommunication ceux qui ne s'acquitteraient pas de la Dîme. La dîme, redevance religieuse prélevée à l'origine sur tous les bénéfices, y compris commerciaux et artisanaux, mais portant pratiquement uniquement sur les fruits de la terre et sur les troupeaux. Elle est prélevée sur toutes les terres, quels que soient le rang et la religion de leurs possesseurs. En règle générale, les bois, les prés et les produits des étangs ne sont pas sujets à la dîme. Celui qui perçoit les dîmes d'une paroisse s'appelle le décimateur.

587         28 novembre Traité d'Andelot, entre Gontran, roi d'Orléans et Childebert II, fils de Sigebert, roi de Metz. Ce traité est relatif à la possession des fiefs par les leudes (à l'époque mérovingienne, les leudes forment les cadres supérieurs de l'aristocratie); Gontran et Childebert y renouvellent leur alliance, et se font donation de leurs royaumes au dernier survivant. Le traité d'Andelot entre Gontran Ier roi de Bourgogne et d'Orléans et son neveu Childebert II roi d'Austrasie, fut ratifié le 28 novembre 587. C'est l'un des épisode de la lutte entre Frédégonde et Brunehaut. Il stipule que le dernier vivant recevra le domaine de l'autre.

587         Échec de l'expédition envoyée par Gontran contre les Basques.

588         Nouvelle expédition de Childebert II en Italie.

589         Nouvelle expédition de Gontran contre les Wisigoths qui s'empare de nouveau de Carcassonne.

590         Échec de l'expédition de Childebert II en Italie.

590         Fondation du monastère de Luxeuil par saint Colomban, début du monachisme irlandais et apparition de la règle bénédictine qui va le supplanter. Le monastère de Luxeuil fut fondé vers 590 par saint Colomban et le roi d'Austrasie Sigebert. Ce monastère permit la renaissance de Luxovium, ville thermale romaine, aujourd'hui Luxeuil-les-Bains, chef-lieu de canton de la Haute-Saône. Colomban, né en 543 et mort le 21 novembre 615 en Lombardie, fut un moine irlandais qui sillonna l'Europe pour évangéliser les populations campagnardes.

590         à 659 - naissance et mort de Le bon saint Éloi, orfèvre à la cour du roi Clotaire II dont il sera ensuite le trésorier, deviendra le principal conseiller du roi Dagobert lorsque ce dernier succèdera à son père, Clotaire II, en 629. Éloi, devenu prêtre puis évêque de Noyon après du second souverain, consacre sa vie à secourir les pauvres et à racheter les esclaves.

591         Traité de Paix entre Chidebert II et Agilulf, roi des Lombards. Agilulf (ou Agilulphe ou encore Agholphe) futur roi lombard d'Italie. Fils du duc lombard de Turin Ansvald, il est proclamé roi à Milan en mai 591, succèdant au roi Authari dont il épouse la veuve selon la coutume lombarde, la reine catholique Théodelinde. Son long règne fut marqué par une trêve avec la Papauté en 598, mettant provisoirement fin à 30 années de terreur lombarde. Il consolide son pouvoir et la domination lombarde dans son royaume, entretient de bons rapports avec les Francs.

593         Mort de Gontran, conformément au traité d'Andelot, Childebert II hérite du Royaume.

593         CHILDEBERT II et FRÉDÉGONDE (593-596) - (Childebert II roi d'Austrasie et de Bourgogne - Frédégonde gouverne la Neustrie)

596         Victoires de Frédégonde à Driossy et à Latofao sur les Austrasiens.

596         Mort de Childebert II, partage du royaume entre ses deux fils Théodebert (11 ans) et Thierry (9 ans).

596         THÉODEBERT, THIERRY II et FRÉDÉGONDE (596-597) - (Théodebert roi d'Austrasie - Thierry II roi de Bourgogne - Frédégonde gouverne la Neustrie)

596         Théodebert II. Petit Fils de Sigebert Ier et de Brunehaut, et fils de Childebert II. Il reçoit l'Austrasie à la mort de son père en 596. Il a 9 ans, c'est sa grand mère, Brunehaut qui a l'autorité, il s'en délivre en 599 en la chassant, elle se réfugie chez son second petit fils Thierry II. Avec son frère Thierry II ils reprennent la lutte contre le fils de Frédégonde roi de Neustrie. Ils parviennent à s'emparer d'une grande partie de ses territoires en 600-604. Les deux frères se font la guerre, Théodebert est vaincu à Toul et à Tolbiac en 612, il est enfermé dans un monastère. Sa grand mère Brunehaut le fait assassiner ainsi que son fils Mérovée. Son royaume est récupéré par son frère Thierry II.

596         Thierry II. Petit Fils de Sigebert Ier et de Brunehaut, et fils de Childebert II. Il reçoit la Bourgogne à la mort de son père en 595, il a 8 ans. Sa grand mère, Brunehaut qui a été chassée par Théodebert en 599 assure sa tutelle. Avec son frère Théodebert II ils reprennent la lutte contre le fils de Frédégonde, Clotaire II roi de Neustrie. Ils parviennent à s'emparer d'une grande partie de ses territoires en 600-604. Poussé par Brunehaut il fait la guerre à son frère Théodebert qui est vaincu à Toul et à Tolbiac en 612, il est enfermé dans un monastère. Sa grand mère Brunehaut le fait assassiner ainsi que son fils Mérovée. Thierry II annexe l'Austrasie.

597         Mort de Frédégonde, son fils Clotaire II lui succède.

597         THÉODEBERT, THIERRY II et CLOTAIRE II (597-600) - (Théodebert roi d'Austrasie - Thierry II roi de Bourgogne - Clotaire II roi de Neustrie)

597         Clotaire II. Fils de Chilpéric Ier et de Frédégonde, il n'a que quelques mois lorsque son père est assassiné. Sa mère assure la régence jusqu'à sa mort en 597. Elle défend la Neustrie contre Théodebert II et Thierry II, mais Clotaire II est battu en 604 et perd presque tout son territoire. Pourtant ses vainqueurs meurent en 612 et 613, il capture Brunehaut et Sigebert II (il a 12 ans) fils de Thierry II et les fait exécuter. Il s'empare de leurs territoires et réunit le royaume des Francs.

597         En Angleterre, début de l'évangélisation des peuples Angles et Saxons par Augustin, dit Augustin de Cantorbéry, et ses moines, depuis leur premier lieu d'installation dans la ville de Cantorbéry, capitale du Kent. Cet évêché deviendra le premier et le plus important siège épiscopal du pays. Augustin, débarqué à Pâques à l'embouchure de la Tamise, obtient la conversion du roi Ethelred de Kent, chef de la confédération anglo-saxonne. Augustin revient en Arles pour y recevoir la consécration épiscopale qui lui permettra de diriger la nouvelle Église d'Angleterre. Ethelred lui fait don de l'emplacement actuel de la cathédrale de Cantorbéry. Saint Augustin de Cantorbéry est un moine bénédictin du VIIe siècle. Il est envoyé en Angleterre avec 40 moines par le pape Grégoire le Grand dans le but d'amener ce pays à la foi catholique. Sur place, il convertit très vite le roi Anglo-Saxon du Kent, Ethelbert, qui l'installe à Cantorbéry ; mais il ne sait pas s'attirer la faveur des peuples celtes, en lutte avec les récents envahisseurs anglo-saxons. Mort en 604, canonisé, il est considéré comme le fondateur de l'Église d'Angleterre.

599         Nouvelle épidémie de Peste.

600         et 604 - Victoires des Austrasiens sur les Neustriens, à Dormeilles et à Étampes. Étampes est une commune française, située dans le département de l'Essonne et la région Île-de-France.

600         Défaite de Clotaire II face à Théodebert et Thierry II, perdant ainsi une partie de ses possessions.

600         Isidore de Séville écrit 'De Etymologia' (Les Étymologies). Isidore de Séville, né entre 560 et 570 à Carthagène et mort le 4 avril 636, fut évêque métropolitain de Séville, capitale du royaume wisigothique, entre 601 et 636. Il vient d'une famille influente (son frère, Léandre, ami du pape Grégoire le Grand le précède à l'épiscopat de Séville) qui contribue largement à convertir les Wisigoths, majoritairement ariens, au christianisme nicéen.

601         Brunehaut, veuve de Childebert est expulsé d'Austrasie par les grands du royaume avec l'assertiment de son fils Théodert. Elle se réfugie alors en Bourgogne chez Thierry II, son second fils.

602         Expédition de Théodebert et Thierry II contre les Basques.

602         27 novembre L'empereur Byzantin Maurice est décapité. A Chalcédoine en Asie Mineure, l'empereur d'Orient Maurice et ses six fils son assassinés suite à une mutinerie de l'armée mécontentée par la réduction des soldes. Le centurion Phocas, ordonne leur mise à mort après avoir été proclamé empereur.

605         Assassinat de Protade, maire du Palais de Bourgogne par les grands du royaume de Bourgogne lors d'une entrevue avec les grands du royaume d'Austrasie. Protade (? - 605), fut maire du palais de Bourgogne de 603 à 605.

605         Nouvelle épidémie de Peste.

610         3 octobre : Début du règne d'Héraclius Ier, empereur byzantin (fin en 641). Héraclius le Jeune, fils de l'exarque de Carthage, renverse Phocas qui est massacré par la foule. Héraclius fonde une nouvelle dynastie. Les règles de succession au trône sont modifiées : Héraclius cesse de choisir un César, comme le prévoyait le système tétrarchique de Dioclétien, pour associer au trône ses fils Constantin et Héraclonas. Héraclius prend le premier le titre de Basileus. Héraclius Ier ou Hérakleios (né vers 575, règne de 610 à 641) fut un empereur de l'empire romain d'orient et le fondateur de la dynastie des Héraclides.

610         Entrevue de Selz, marquant le début de la guerre entre Théodebert et Thierry II.

611         Le général perse Charbaraz occupe Antioche, puis Damas (612).

611         Incursions des Alamans près d'Avenches.

611         Défaite de Théodebert à Toul par les armées de Thierry II.

612         Défaite de Théodebert allié aux Germains par les armées de Thierry II qui le fait exécuter avec son fils.

612         THIERRY II et CLOTAIRE II (612-613) - (Thierry II roi d'Austrasie - Clotaire II roi de Neustrie)

613         Mort de Thierry II, Brunehaut tente de faire nommer l'aîné, Sigebert II, mais les grand du royaume préfèrent Clotaire II. Sigebert II, fils naturel de Thierry II, il est livré par le maire du palais à Clotaire II de crainte qu'il gouverne sous la tutelle de son arrière grand mère Brunehaut. Clotaire II, fils de Frédégonde, ennemie jurée de Brunehaut, le fait mettre à mort et annexe la Bourgogne et l'Austrasie à la Neustrie réalisant ainsi l'unité du monde Franc.

613         CLOTAIRE II (613-629) - (Clotaire II roi des Francs)

613         Clotaire II. Fils de Chilpéric Ier et de Frédégonde, il n'a que quelques mois lorsque son père est assassiné. Sa mère assure la régence jusqu'à sa mort en 597. Elle défend la Neustrie contre Théodebert II et Thierry II, mais Clotaire II est battu en 604 et perd presque tout son territoire. Pourtant ses vainqueurs meurent en 612 et 613, il capture Brunehaut et Sigebert II (il a 12 ans) fils de Thierry II et les fait exécuter. Il s'empare de leurs territoires et réunit le royaume des Francs. Pour obtenir leur assentiment, il lui fallu composer avec la noblesse. Il réunit à Paris une assemblée des Grands et un concile qui aboutissent à l'Édit de Clotaire, édit de paix, (614). Le roi s'engage à choisir les comtes (fonctionnaires royaux) parmi les propriétaires terriens (abandon du pouvoir à la noblesse terrienne). Les composantes du royaume, l'Austrasie, la Neustrie et la Bourgogne gardent une certaine indépendance sous la domination du maire du palais qui est à la tête de l'administration. Ils deviennent de fait chefs de la noblesse. Son règne est une période de prospérité. On voit l'émergeance d'une aristocratie terrienne. Clotaire II nomme à la tête de chaque territoire, Austrasie, Neustrie, Bourgogne un maire du palais. Il prend comme monétaire (l'homme qui fait frapper la monnaie royale) un excellent orfèvre, Éloi, (qui deviendra évêque de Noyon et Saint Éloi) qui essaie de remettre en ordre les finances publiques et comme référendaire (l'homme qui vérifie que les écrits au nom du roi peuvent être signés et scellés, actuellement le garde des sceaux) et chargé de missions importantes, Ouen évêque de Rouen (futur Saint Ouen). La cour de Clotaire II est une pépinière à responsable, les jeunes de la noblesse et des grandes familles sont envoyés à la cour, ils sont intégrés à la maison royale où ils sont élevés comme les enfants du roi. Ils s'y faisaient connaître du roi et nouaient un réseau d'amitiés ce qui leur permettait d'obtenir des fonction importantes et d'accroître la fortune familiale. Le roi pouvait ainsi placer ces jeunes aux postes importants tout en étant certain de leur fidélité. Ces postes pouvaient être aussi bien civiles -comte- que religieux -évêque-.

613         Clotaire II fait exécuter Sigebert II et Brunehaut.

613         Mort de Brunehaut. - Les Austrasiens, de nouveau vaincus par les Neustriens de Clotaire II, fils de Chilpéric et de Frédégonde, la lui livrent et il la fait périr ignominieusement. Clotaire II réunit toute la monarchie. L'empire des Francs s'étend alors du Weser à la Garonne, comprenant les royaumes d'Austrasie, Bourgogne et Neustrie, qui ont chacun leur administration particulière.

613         Nouvelle unité politique sous Clotaire II et Dagobert (613-639). Saint Éloi et saint Ouen ministres. Saint Éloi (Eligius en latin) (v. 588 - 1er décembre 660), évêque de Noyon, orfèvre et monnayeur, il eut une fonction de ministre des finances auprès de Dagobert Ier. Né à Cadillac près de Limoges en Limousin vers 588, l'orfèvre Éloi devint monétaire de Clotaire II, puis trésorier de Dagobert Ier avant d'être élu évêque de Noyon en 641. Fondateur de monastères à Solignac et à Paris, il accueillit sainte Godeberthe comme moniale à Noyon. Il mourut le 1er décembre 660. Il est aussi considéré comme le fondateur de l'abbaye du mont Saint-Éloi située à l'ouest d'Arras. Saint Ouen (609 à Sancy près de Soissons - 686 à Clichy) vécut à la cour de Clotaire II et de Dagobert Ier, qui lui confia la garde du sceau, et fut étroitement lié avec saint Éloi dont il écrivit la vie. Il ne fut tonsuré qu'à l'âge de 30 ans, et fut un an après sacré évêque de Rouen en 640. Il administra son diocèse avec sagesse, et mourut près de Paris, à Clichy, au lieu où fut depuis bâtie la ville de Saint-Ouen. Son corps fut transporté à Rouen et inhumé dans l'église qui a reçu son nom.

614         5 mai Les Perses s'emparent de la "Vraie Croix". Les Perses de l'empereur Chosroès II prennent Jérusalem, centre de pèlerinage chrétien, et s'emparent de la relique de la "Vraie Croix". 35 000 habitants seront vendus comme esclaves et les églises seront détruites. En 630, l'empereur byzantin Héraclius Ier, vainqueur des Perses à Ninive en 627, ramènera la Vraie Croix à Jérusalem. La ville tombera aux mains des musulmans en 638.

614         10 octobre Concile de Paris. (liberté des élections épiscopales, privilèges du for ecclésiastique, inviolabilité des biens de l'Église).

614         18 octobre Édit de Clotaire sur la liberté des élections épiscopales. Édit de Clotaire II sur l'administration publique, qui reconnaît l'hérédité des maires du Palais et décide que tous les hauts fonctionnaires doivent être originaires du territoire administré. Clotaire tente de rétablir l'ordre et l'équité dans son royaume. Cet édit, par ailleurs : * proclame la liberté des élections épiscopales. * précise qu'en l'absence du roi, l'évêque peut condamner un juge coupable. * intervient contre les abus des comtes qui cherchent à établir de nouveaux tonlieux à leur profit.

615         Clotaire II confirme en faveur des leudes l'inamovibilité de leurs fiefs, et aux évêques l'élection par les fidèles et le droit d'être jugés par leurs égaux.

618         à 907 - Chine - Dynastie des Tang, treizième dynastie chinoise, les Tang ont régné de 618 à 907. Au lendemain d'une longue division entre le Nord et le Sud, cette dynastie fait retrouver à l'empire une taille et une unité qu'il avait perdu après les Han. Il brilla par son extension territoriale, sa civilisation pleine de vigueur et son large rayonnement.

622         15 juin : Le prophète Mahomet quitte la ville de La Mecque dont les habitants voulaient l'assassiner. La Mecque ou La Mekke est une ville de l'ouest de l'Arabie saoudite, située dans le désert du Hedjaz, à 80 km de la mer Rouge.

622         23 juin : Pacte d'Aqaba : les musulmans prêtent un serment de fidélité et d'obéissance à Mahomet. Aqaba ou Akaba est une ville côtière de 62773 habitants (1994) à l'extrémité sud de la Jordanie. Aqaba occupe une position stratégique pour la Jordanie car c'est le seul port du pays. La ville est mitoyenne d'Eilat, en Israël et un poste-frontière permettant de se rendre en Israël. Aqaba et Eilat sont à la pointe nord du Golfe d'Aqaba.

622         16 juillet : Fuite de Mahomet à Yathrib (Médine) : début de l'Hégire (exil). C'est l'Hégire, date de la fuite de Mahomet de La Mecque à Médine, Arabie saoudite, qui marque le point de départ du calendrier musulman, le point zéro de l'Islam. Hégire, le mot hégire signifie en arabe "émigration" ; le sens de "rupture de liens" est parfois rencontré. Il désigne la journée du 16 juillet 622 où se produit le départ des quelques premiers compagnons de Mahomet de La Mecque vers l'oasis de Yathrib, ancien nom de Médine. Médine est une ville d'Arabie saoudite située dans le Hedjaz, à 594 mètres d'altitude. C'est là que vint s'installer Mahomet, le prophète de l'Islam, après qu'il eut reçu, selon le Coran, l'ordre de Dieu de quitter La Mecque. La Mecque ou La Mekke est une ville de l'Ouest de l'Arabie saoudite, située dans le désert du Hedjaz, non loin de la mer Rouge.

622         Haut Moyen Âge (622-987). La fin de l'Antiquité. Du IIIe au VIIe siècle de notre ère, l'empire romain est assailli par les Barbares d'Europe orientale. Il connaît de profondes transformations sociales, culturelles, techniques et politiques qui ne sont pas toutes négatives. D'où le nom d'Antiquité tardive que des historiens comme Henri-Irénée Marrou ou Jacques Le Goff donnent aujourd'hui à cette période. L'avènement d'Héraclius (610) et l'Hégire (622) marquent la fin véritable de l'empire romain et de l'Antiquité. C'est l'époque où la partie orientale de l'empire romain, autour de Constantinople, se transforme en empire grec ou byzantin. Héraclius et ses successeurs renoncent à une illusoire reconquête de l'Occident. Ils concentrent leurs efforts dans la lutte contre les envahisseurs venus d'Orient : Arabes, Turcs,... C'est aussi l'époque où l'Europe occidentale, dominée par les rois barbares, entre dans la période la plus noire de son histoire. En Gaule et sur le Rhin, les rois mérovingiens qui succèdent à Clovis et Dagobert s'avèrent si insignifiants que la postérité les qualifiera de rois fainéants. La péninsule arabe et l'Orient romain et persan sont bouleversés par l'expansion militaire de l'islam. En quelques décennies, la religion de Mahomet se répand des Pyrénées aux portes de la Chine. Cet événement majeur coupe en deux moitiés rivales le monde méditerranéen qu'avaient unifié les Romains. La ruine du commerce maritime accélère la décadence du réseau urbain hérité de Rome. En Occident, les centres de pouvoir se transfèrent du Midi vers le bassin rhénan, berceau de Charles Martel, Pépin le Bref et Charlemagne. Il faut attendre les croisades, un demi-millénaire plus tard, pour que l'Occident rétablisse des liens réguliers avec l'Orient. À l'autre extrémité de l'Eurasie, la Chine se relève d'une longue décadence grâce à un nouvel empereur, Li Che-min, plus connu sous le nom de T'ai Tsong le Grand. Il fonde la dynastie des T'ang et rompt avec le passé. Depuis le XVIIe siècle, les historiens appellent faute de mieux Moyen Âge la longue période de l'Histoire occidentale qui court de la fin de l'Antiquité à la découverte de l'Amérique (1492). Le haut Moyen Âge désigne les siècles les plus obscurs de cette période. Il débouche sur la division de l'ancien empire romain entre trois empires très différents : - l'empire byzantin, resté très proche du modèle antique, - l'empire arabo-musulman, en rupture avec le passé chrétien de l'Occident, - l'empire de Charlemagne, vague réminiscence de l'empire romain, marqué par ses racines germaniques et coupé de l'Orient antique du fait de l'invasion arabe. Le haut Moyen Âge se clôt aux alentours de l'An Mil avec l'émergence des États modernes et l'épanouissement en Europe d'une civilisation originale, la nôtre. La tradition qui désigne l'année 476 comme marquant la fin de l'Antiquité n'a aucune signification historique en-dehors de l'Europe occidentale (l'année 476 se signale seulement par la déposition à Ravenne, en Italie, d'un enfant-empereur sans pouvoir). Cette tradition trouve son origine dans la volonté des historiens français du XIxe siècle de faire remonter les origines de leur pays à Clovis, roi des Francs et fondateur de la dynastie mérovingienne, qui vécut à cette époque (vers 465-511).

623         Dagobert, fils de Clotaire II devient roi d'Austrasie.

627         12 décembre Victoire d'Héraclius sur les Perses. L'empereur byzantin Héraclius écrase l'armée perse du souverain Chosroès devant Ninive en Mésopotamie. Il contraint les Perses sassanides à rendre l'Égypte à l'empire byzantin et entre triomphalement dans la capitale sassanide, Ctésiphon. Héraclius ramènera la relique de la vraie croix, volée par les Perses en 614, à Jérusalem.

629         18 octobre Mort de Clotaire II, son fils Dagobert prend la tête du royaume.

629         DAGOBERT Ier (629-639) - (Dagobert Ier roi des Francs)

629         Dagobert Ier. Fils aîné de Clotaire II et de Bertrude en conformité avec la coutume de l'aristocratie austrasienne, dominée par le maire du palais Pépin de Landen et l'évêque de Metz Arnoul, il fut nommé roi d'Austrasie en 623 (Clotaire ne mourra qu'en 629). Son nom Dagobert vient de Daghe-bert qui veut dire Guerrier Illustre. Il fait de Paris sa capitale et s'y installe. A la mort de son père, il reçoit la Neustrie et la Bourgogne mais doit concéder à son frère Caribert II l'Aquitaine sorte d'avant poste destiné à protéger le royaume contre les Basques réputés "peuple mauvais entre tous" qu'il récupèrera en 632 à la mort de son frère. Suivant la règle il doit concéder l'Austrasie à son fils Sigebert qui a 3 ans et par précaution il attribua la Bourgogne et la Neustrie à son second fils Clovis II. Dagobert Ier est un des rares Mérovingiens à accéder au pouvoir à l'âge adulte. Pendant les 10 années de son règne il a joui d'un pouvoir absolu. Il fera reconnaître son pouvoir par les Saxons, les Basques et les Bretons et intervient dans les affaires wisigothiques. Il conclu en 631 un accord de paix avec l'empereur byzantin Héraclius. Dagobert conserve les hommes de confiance de son père comme Éloi et Ouen. C'est sous son règne que s'unissent les deux familles de Pépin, maire du palais d'Austrasie et d'Arnoul évêque de Metz qui seront à l'origine de la dynastie des Carolingiens. Il crée de grands monastères dans les faubourgs de Paris, Saint-Germain-des-prés, Saint-Denis. L'abbaye de Saint-Denis devient le centre de la religion royale et il inaugurera le rôle de nécropole royale de la basilique qu'elle conservera jusqu'à la révolution. La cour de Dagobert comme de Clotaire II son père, est une pépinière à responsable, les jeunes de la noblesse et des grandes familles sont envoyés à la cour, ils sont intégrés à la maison royale où ils sont élevés comme les enfants du roi. Ils s'y faisaient connaître du roi et nouaient un réseau d'amitiés ce qui leur permettait d'obtenir des fonction importantes et d'accroître la fortune familiale. Le roi pouvait ainsi placer ces jeunes aux postes importants tout en étant certain de leur fidélité. Ces postes pouvaient être aussi bien civiles -comte- que religieux -évêque- Il sera le dernier Mérovingien à régner pleinement par lui même.

629         Caribert II. Fils de Clotaire II et de Bertrude. A la mort de leur père, en 629 son frère Dagobert Ier lui constitue un royaume en Aquitaine. Il y règne pendant 3 ans et meurt ainsi que sa descendance.

629         à 639 - Règne de Dagobert, pendant lequel eurent lieu des expéditions heureuses contre les Saxons et les Bretons, et qui fut marqué par une véritable prospérité à l'intérieur. Dagobert eut pour ministres le célèbre saint Éloi, orfèvre, évêque de Noyon, saint Ouen, évêque de Rouen et Pépin de Landen qui fut la tige des Carolingiens. Fondation du duché d'Aquitaine en faveur de Caribert, frère de Dagobert. Pépin de Landen (vers 580-vers 640) fut maire du palais d'Austrasie sous trois rois mérovingiens mais Dagobert Ier lui retira le poste en 629. Il le reprit à la mort du roi en 639. Par sa fille Begga (620–695), il fut l'ancêtre des Pépinides qui donna naissance à la dynastie carolingienne.

629         Fondation de l'Abbaye de Saint-Denis, qui fut par la suite le lieu de sépulture des rois de France. Abbaye de Saint-Denis, célèbre abbaye construite au VIIème siécle, par le roi mérovingien, Dagobert Ier, qui la fit élever à l'endroit où, d'après la tradition, furent inhumés Saint Denis, le premier évêque de Paris, et ses deux compagnons, le prêtre Rusticus et le diacre Eleuthère, après avoir été décapités à Montmartre. L'abbaye est célèbre au point de vue historique. Non seulement elle contient les tombeaux des anciens rois de France (on y remarque surtout les mausolées de Louis XII, d'Anne de Bretagne, de François Ier et de Henri II), mais elle fût associée aux grands évènements de l'histoire de France; C'est là que les rois allaient prendre l'oriflamme avant de partir en guerre. Saint Denis, Denis de Paris, Denis (Dionysius), venu d'Italie vers 250 ou 270 après J.-C. avec six compagnons pour évangéliser la France, aurait été le premier évêque de Paris (Lutèce), l'apôtre des Gaules.

629         Quelle est la situation de la France en ce début de VIIe siècle ? L'âge d'or de la paix romaine n'est plus qu'un souvenir. Venues de l'est au début du Ve siècle, des populations barbares ont franchi le Rhin. Non pas sur la forme d'une éruption brutale, en masse, mais par infiltrations successives. Progressivement, ces Germains ont envahi tout le territoire et précipité la fin de la civilisation gallo-romaine. Parmi les envahisseurs, les Francs. Issu de ce peuple, un homme d'exception s'est rapidement distingué. Païen, il s'est converti au catholicisme ; petit chef Franc, il s'est fait élire roi. C'est Clovis, fondateur de la dynastie mérovingienne (du nom de son ancêtre plus ou moins légendaire Mérovée). On peut considérer Clovis comme le premier roi de l'Histoire de France. Dernier roi de cette lignée, Dagobert (603-639) est certainement le plus remarquable. Deux siècles seulement séparent l'avènement et la fin de la première dynastie royale en Gaule. Avec ses luttes civiles, ses heures de gloire et son déclin. Depuis Clovis, une lente fusion s'est opérée entre les populations gallo-romaines et franques, fusion qui a donné un nouveau visage à la Gaule. Mais les souverains qui se succèdent n'ont pas les qualités pour s'élever à la notion d'État et de bien public. La loi germanique de partage du royaume entre héritiers a fortement contribué à le morceler. Les rivalités des princes, déchirés par des luttes fratricides sanglantes pour l'accession au trône, ont considérablement miné l'autorité monarchique. A la veille de l'avènement du roi Dagobert, la Gaule est affaiblie, la démographie en régression, l'agriculture en sommeil, le trésor royal dilapidé. Dagobert va redresser la situation. Ce grand roi, administrateur né, va non seulement donner un coup de frein à la décadence mérovingienne mais susciter un véritable regain économique et culturel. A la suite de hasards dynastiques, le roi a réuni sous sa seule autorité une grande partie de la Gaule et de la Germanie. Du Danube à l'Atlantique, à l'exception de l'Armorique et de la Septimanie (Bas Languedoc), il est maître d'un vaste territoire qui comprend quatre entités : l'Austrasie à l'est, la Neustrie et l'Aquitaine à l'ouest, la Bourgogne au centre et jusqu'à la Méditerranée. Unifiée, la Gaule n'en a pas moins des particularismes régionaux très affirmés. Dans le domaine linguistique notamment. De part et d'autre d'une ligne de partage qui serait la Loire, deux espaces géographiques s'opposent. Au nord, les parlers germaniques l'ont finalement emporté. Au sud, les parlers romans, héritiers du latin, ont survécu. Entre les mondes méditerranéens et les mondes germaniques, la Gaule au temps de Dagobert trouve un nouveau souffle et une paix relative. L'Église est le ciment de cet État, constitué d'une grande diversité de populations. Entre paganisme, arianisme et foi catholique, le christianisme a triomphé. Doté par le roi et les grands du royaume qui, en lui accordant domaines et abbayes lui apportent la fortune, le clergé poursuit sa mission pastorale et évangélisatrice. La Gaule vit dans la ferveur religieuse. Tous les actes quotidiens sont empreints de religiosité. Mais certains restes de rites païens qui pourraient contaminer les pratiques chrétiennes sont fermement combattus. Éloi, évêque de Noyon, met en garde ses ouailles : "Que nul chrétien ne croie au bûcher superstitieux... Que nul n'ose faire des cérémonies lustrales, ni enchanter les plantes, ni faire passer les bêtes par des arbres percés de part en part". Cependant, la tradition germanique a la vie dure dans les masses rurales. Pour échapper aux maux physiques et moraux qui les accablent, hommes et femmes portent des amulettes et des talismans d'origine animale ou végétale : défenses de sanglier, canines d'ours, coquillages, morceaux de résines et d'ambre. Évêques et abbés ne refusent pas de protéger et d'entretenir les paysans ou les citadins qui s'adressent à eux. Mais l'Église encourage vivement les fidèles à vénérer les reliques et les tombeaux des saints pour s'assurer leur protection et y trouver le salut de leur âme. Qui mieux que les saints pouvaient être les intercesseurs efficaces entre Ciel et Terre ? Ainsi, les pèlerinages se multiplient au VIIe siècle. De nombreux pèlerins n'hésitent pas à faire le voyage jusqu'à Rome, ce qui contribue à resserrer les liens entre la Gaule et la papauté. A l'intérieur ou hors les murs des villes, églises et basiliques s'élèvent en toutes régions. Parlant de Lyon, l'évêque Avit remarque : "Cette ville est plus efficacement défendue par ses basiliques que par ses remparts". Paris compte dix églises sur sa rive droite et quatre sur sa rive gauche. En plus de sa mission spirituelle, le haut clergé exerce un rôle temporel. L'abbaye ou le monastère est un véritable centre d'exploitation agricole qu'il faut gérer et enrichir. Aux moines qui instruisent les clercs on doit également le défrichement de nombreuses régions. Saint-Denis ou Fleury-en-Loire deviennent des pôles importants de développement économique. Les évêques doivent remplir également une fonction administrative. Ce sont des fonctionnaires, des agents du pouvoir royal au même titre que les comtes. Qu'il soit laïc ou ecclésiastique, le personnel dirigeant du royaume sort généralement de l'aristocratie. Indistinctement le roi emploie l'aristocratie sénatoriale d'origine gallo-romaine, ou l'aristocratie franque composée des amis du prince qui se sont distingués jadis au combat et qui ont reçu des terres au moment du partage selon la tradition germanique. Le roi attire à la cour les fils de bonne famille de tous les coins du royaume. Sans règle précise de recrutement, les jeunes aristocrates viennent au palais (d'où leur nom de palatin), où l'on s'occupe de leur éducation en même temps que de celle des princes pour qui ils seront des compagnons (leudes) et plus tard des serviteurs dévoués aux futurs rois. Mais la cour a une réputation de débauche. Éloignées de leurs enfants, les mères s'inquiètent et écrivent de pieux conseils à leur progéniture : "Choisis avec soin tes compagnons, aime et crains Dieu, garde avant tout la chasteté". A la cour, école de cadres, ils apprennent à être fonctionnaire ou soldat. Ceux qui sont distingués par le souverain pourront diriger la chancellerie et le trésor royal (chambellan), les écuries (connétable) ou l'ensemble de tous les services (maire du palais). Chargé de coordonner les activités des services domestiques et civils de la cour, le maire du palais va devenir un véritable premier ministre, et son pouvoir grandissant ira jusqu'à se substituer à l'autorité du roi. Pour se faire respecter et lever les armées, le roi doit avoir un trésor important. Dans la "chambre" du trésor, l'or s'entasse sous tous ses aspects : monnaies, bijoux, vaisselles, lingots. Le souverain est fier de montrer à un invité de marque ses richesses, cadeaux de l'empereur de Byzance ou biens confisqués aux vaincus. Le produit des amendes, les levées d'impôts directs ou indirects sont un apport non négligeable au trésor royal. Le roi n'a pas de capitale fixe. Avec son entourage il se déplace de domaine en domaine, quittant l'un pour l'autre quand les ressources sont épuisées. Mais ce nomadisme permet au roi d'inspecter son royaume, de recevoir les doléances de ses sujets qui en appellent au tribunal royal, de surveiller les comtes qu'il a nommés dans les provinces et qu'il peut révoquer en cas d'abus. Dans son fief, le comte détient tous les pouvoirs : administratif, financier (levée des impôts), judiciaire et militaire (levée des armées). Tout homme libre est un soldat en puissance qui doit être prêt à prendre les armes au service des grands. Juge équitable ou tyran, le comte a une autorité absolue sur la population rurale ou urbaine. Rare est celui qui n'en abuse pas, oubliant que son devoir, édicté par son suzerain, est d'être “particulièrement le défenseur de la veuve et de l'orphelin” avant de “châtier les larrons et malfaiteurs impitoyablement”. La pitié n'est pas la qualité première des Francs. Au sein de la famille, le père était également un maître absolu ayant droit de vie et de mort sur ses enfants et pratiquant la vengeance privée (faida). Pour la faute d'un membre de la famille ou d'un voisin, on exigeait le "prix du sang". Afin de diminuer les excès, une nouvelle législation royale établit des amendes (wergeld) en manière de dédommagement. Proportionnel à la gravité du délit ou à l'échelon social de la victime, le wergeld est minutieusement tarifé : "Quiconque aura blessé quelqu'un de sorte que le sang coule, devra payer 15 sous d'or. S'il est sorti trois esquilles, 30 sous d'or. Si le cerveau a été mis à découvert, 45 sous d'or". Tuer un noble franc coûte 600 sous d'or, un aristocrate gallo-romain, 300 seulement. Le monde rural n'a guère évolué au temps de Dagobert. La Gaule ne compte pas plus de cinq à six millions d'habitants. Les guerres liées aux invasions des siècles précédents mais aussi les famines, la tuberculose, les épidémies de peste et la mortalité infantile expliquent cette régression démographique. Dans les campagnes, les sols s'épuisent à donner de maigres récoltes. L'arrivée des Barbares n'a pas modifié les méthodes d'exploitation agricole. L'araire reste l'outil médiocre du paysan. Il n'est pas rare de voir une femme attelée, faute d'un animal de trait. Une classe de petits propriétaires cultive directement ses terres. A côté de ces petites exploitations familiales ou manses (du latin manéo, demeure), les aristocrates mettent en valeur d'immenses propriétés, villae, qu'ils ont occupées par la force ou reçues de la générosité des rois. La main-d'oeuvre étant rare, ces grands propriétaires terriens font non seulement appel aux serfs mais aussi à des contingents d'esclaves. Ce sont des débiteurs insolvables ou des prisonniers que l'on a ramené d'expéditions militaires “attachés deux à deux comme on le faisait pour les chiens”. Les grands domaines sont organisés sur le même modèle. Le seigneur des lieux, dominus, vit dans sa maison fortifiée, parfois richement décorée de mosaïques, entourée de thermes, d'une chapelle privée et prolongée par une cour fermée (pouvant atteindre 600 m²) où prennent place les bâtiments agricoles et les ateliers. Entre les villae, la forêt, qui a progressé au détriment des terres cultivées, couvre de très vastes étendues. Ces forêts peuvent former de véritables frontières naturelles entre les différentes parties du royaume. Refuge des hors-la-loi ou des ermites, elles ne sont pas laissées à l'abandon. Grands chasseurs, les rois y ont aménagé des réserves. Eux seuls et l'entourage princier ont le droit de chasser les bêtes fauves : ours, sangliers, aurochs. Pour les paysans, la forêt est une source essentielle à l'alimentation (viande, baies, miel) et un lieu de pacage pour les troupeaux. Pour les citadins, le bois sert à alimenter les fours des "industries" du verre, de la poterie ou du métal. La vie économique reprend un certain élan. On commerce avec la monnaie sortie des ateliers royaux de monnayage et à l'effigie du souverain : sou, tiers de sou ou trientes. Hommes et marchandises circulent mieux sur le réseau ancien des routes gallo-romaines qui a été amélioré. Les syri, marchands syriens et juifs de langue grecque, sont les intermédiaires actifs du grand commerce. Narbonne, Marseille, Bordeaux restent en liaison avec le Levant d'où provient du poivre, des soieries, des épices, des esclaves, des pièces d'or de Byzance. Des bateaux chargés de blé en vrac, de céramiques, de marbre pyrénéen voyagent jusqu'aux ports d'Espagne ou de Constantinople. Tout au long des routes marchandes, les villes repliées sur elles-mêmes à l'abri de leurs remparts au temps des invasions, s'ouvrent à nouveau vers l'extérieur. A la croisée des chemins et des trafics, des bourgs (vici) se sont partout implantés. Des marchés assurent la circulation des produits agricoles, des foires animent et relancent les échanges. Des hospices routiers jalonnent les voies de pèlerinage et la qualité de leur administration témoigne du rôle important des moniales qui les dirigent. Presque entièrement réservée aux nobles dames ou princesses de l'entourage du roi, l'instruction des femmes s'est peu à peu développée. Les femmes lisent et écrivent, sont copistes dans les monastères ou auteurs de poèmes. Un nouveau courant poétique est né, stimulé en particulier par les femmes mais aussi par les évêques. L'un des plus fameux, Loi, évêque de Noyon, orfèvre de métier, a contribué à la renommée de l'orfèvrerie mérovingienne et notamment du damasquinage. Au contact des lettrés ecclésiastiques mais aussi des aristocrates gallo-romains, la haute société franque a été gagnée par l'écrit (actes de vente ou de donation, brevets de nomination, testaments, édits royaux). Cependant les monastères restent le refuge des études au VIIe siècle et les principaux foyers de la vie culturelle. D'Irlande ou d'Italie des moines y viennent, apportant avec eux leur propre culture, échangeant idées et manuscrits, suscitant des embellissements dans l'architecture religieuse, provoquant un renouveau de la vie artistique et intellectuelle. Cet éclat retrouvé au temps de Dagobert va être de courte durée. Après son règne, ceux que l'on nomme les "rois fainéants" seront entièrement livrés à la tutelle des maires du palais qui exerceront le pouvoir effectif. Ces rois enfants dont la plupart sont morts avant d'atteindre la majorité, vont précipiter la fin de la dynastie mérovingienne et permettre à un maire du palais, plus brillant que les autres, Charles Martel, de donner naissance à une nouvelle dynastie : les Carolingiens.

630         Les tribus croates arrivent en Illyrie. Selon la légende, sept tribus croates en provenance de la Haute Vistule (au sud de l'actuelle Pologne) traversent les Carpates pour s'installer au bord de l'Adriatique. Ils intègrent alors l'Empire Byzantin dirigé à cette époque par Héraclius pour lutter contre les Avars. C'est alors que le peuple d'origine Perse va s'installer sur les terres de l'actuelle Croatie. Mais la situation des Croates entre la zone d'influence romaine, les invasions avars et l'Empire Byzantin reste floue pendant le VIIe siècle. A la fois sous influence romaine et byzantine, les Croates seront les premiers slaves convertis au christianisme.

630         Victoire de Caribert contre les Basques. Caribert II, roi d'Aquitaine à partir de 629. Il est le demi-frère de Dagobert Ier. Il devient roi d'Aquitaine en 629 avec un royaume, concédé par Dagobert après un début difficile, qui comprend plusieurs comtés du Sud-Ouest menacés par les incursions des Basques. Il a Toulouse comme capitale. Son fils Childéric lui survivra - certains accuseront cependant Dagobert de l'avoir fait tuer - et reconstituera une principauté aquitaine autour de Toulouse.

631         Paix perpétuelle entre Dagobert et Héraclius. Héraclius Ier (né vers 575, règne de 610 à 641) fut un empereur de l'empire romain d'orient et le fondateur de la dynastie des Héraclides. Les Héraclides sont les soixante fils d'Héraclès, par extension ses descendants qui conquièrent le Péloponnèse, au sens restreint, les fils d'Hyllos, fils du héros et de Déjanire.

632         Mort de Caribert, Dagobert récupère l'Aquitaine.

632         Guerre entre les Slaves de Samo et Dagobert. Samo, un franc, fut roi de Bohême vers 623 à 658. Le règne de Samo est un moment identifié comme initiateur dans l'histoire de la Tchéquie, l'histoire de la Slovaquie et l'histoire de la Slovénie. Le Royaume de Samo (623-658), les Slaves établis sur les territoires des actuelles Moravie, Slovaquie et Autriche, en particulier, souffrirent au VIIe siècle de la domination des Avars sur la région et de la proximité des Francs à l'ouest : en 623, ils se révoltèrent et élirent un commerçant franc nommé Samo comme leur chef. Ce quasi-État disparut à la mort de ce dernier, vers 658, non sans avoir compris depuis les annés 630 la Bohême et la Lusatie.

632         L'alliance entre Dagobert et les Lombards n'empêche pas sa défaite face au Slaves.

632         mort du prophète Mahomet à Médine. Abou Bakr devient le premier calife de l'Islam. Abou Bakr, Abû Bakr “as-Siddîq” ben Abî Quhâfa, Abou Bakr, Abû Bakr ou Aboubéker était le beau-père de Mohammed (père d'Aïcha). Né à La Mecque vers 573, mort à Médine en 634, il fut le premier calife de l'islam, de 632 à 634.

632         La conquête arabe. Après avoir reçu la révélation, Mahomet donne aux Arabes une religion commune, l'islam, et leur impose l'unité politique en même temps que l'unité religieuse. Aussitôt après la mort du Prophète, les Arabes se font conquérants. En moins de dix ans (634-643), ils conquièrent la Syrie sur l'Empire byzantin, la Chaldée et de l'Assyrie sur l'Empire perse, l'Égypte, autre province byzantine, et enfin la Perse elle-même. Arabes, l'identité arabe peut se définir de plusieurs façons : * Définition par l'identité ethnique : est arabe une personne qui se considère elle-même comme arabe (au regard de l'origine ethnique) et qui est reconnue en tant que tel par les autres. * Définition linguistique : est arabe une personne dont la langue maternelle est l'arabe (ou l'une de ses variantes). Cette définition inclut plus de 280 millions de personnes à travers le monde. La langue arabe appartient à la famille des langues sémitiques. * Définition généalogique : est arabe une personne qui établit que figurent parmi ses ancêtres des habitants de la Péninsule arabique. * Définition politique : est arabe une personne citoyenne d'un pays où la langue arabe est langue officielle ou nationale, ou pays membre de la Ligue arabe, ou pays faisant partie de ce qui est défini comme le monde arabe. Cette définition recouvre environ 300 millions de personnes, mais exclut la diaspora. Avant le début de la conquête musulmane, les tribus arabes étaient donc essentiellement nomades, à l'exception notable de quelques régions où les Arabes avaient développé des civilisations urbaines, comme au sud de la péninsule arabique, en Mésopotamie, sur le territoire araméen, où ils avaient créé autant de petits royaumes (Palmyre, Pétra, etc.). Après la conquête de la péninsule arabique par l'Islam, les Arabes ont conquis aux VIIe et VIIIe siècles les régions voisines du Proche-Orient, de l'Afrique du Nord. Après leur conversion à l'islam, les Berbères conquirent l'Espagne où ils se sont maintenus près de huit siècles. Ils ont également occupé une petite partie du Sud de la France où ils se sont maintenus un siècle. La Sicile fut également conquise pour près de 250 ans et à peu près tous ses habitants se convertirent à l'islam jusqu'à ce que les armées chrétiennes et normandes ne récupèrent l'île, fondant le royaume de Sicile. Après avoir fondé al-Andalus, les "maures" ont été repoussés de la péninsule ibérique lors de la Reconquista. Le Proche-Orient et l'Afrique du Nord demeurent aujourd'hui majoritairement peuplés d'arabes.

634         Sous la pression des Austrasiens, Dagobert nomme son fils Sigebert III (2 ans) roi d'Austrasie. Sigebert III, également connu sous le nom de saint Sigisbert, roi d'Austrasie, (631- 1er février 656), est le fils aîné de Dagobert Ier.

635         Naissance de Clovis II, fils de Dagobert. Clovis II, né en 633 ou 634 et mort en 657, il était le fils de Dagobert Ier et de Nanthilde. Il fut : * roi de Neustrie et roi de Burgondie de 638 à 657 ; * roi d'Austrasie de 656 à 657, et roi unique des Francs. Monté sur le trône, à l'âge de trois ans, c'est sa mère qui assure la régence, sous l'influence du maire du palais. Son règne s'est donc en partie déroulé sous l'influence des maires du palais de Neustrie — Ega et Erchinoald (ou Archambaud).

636         20 août : L'armée byzantine est écrasée par les Arabes à la bataille de Yarmouk. Byzance perd la Syrie, occupée par les musulmans jusqu'aux Monts Taurus. Les succès arabes sont favorisés par la négligence du basileus qui a refusé de payer ses mercenaires des marches syriennes, et par l'affaiblissement de l'empire perse qui vient d'être envahie par les Byzantins. La population de la Syrie comprend de nombreux éléments arabes qui se mêlent à l'armée d'occupation et se convertissent. Le pays est divisé en quatre djund dans lesquels les tribus participent à la vie économique. Les gouverneurs décident pour maintenir la stabilité du pays de limiter l'immigration aux clans apparentés aux tribus déjà présentes.

637         Le roi de Perse Yazdgard III tente de reprendre al-Hira. Le général arabe Abu'Obayd traverse l'Euphrate à sa rencontre mais est écrasé sous les pattes d'un éléphant. Al-Mothanna regroupe les forces des musulmans, vainc les Perses devant al-Hira puis retraverse le fleuve vers Ctésiphon. Le Perse Roustan tient bon et les Arabes doivent se regrouper au sud de al-Hira. Renforcés par les troupes de Syrie, ils livrent une bataille décisive de trois jours à Al-Qadisiyya au printemps. Roustan, défait, meurt. Les Arabes prennent Ctésiphon (Mada'in) puis sont victorieux à Jaloula. Yazdgard III s'enfuit dans le Zagros.

638         Février : Conquête de Jérusalem par Omar disciple du prophète Mahomet. Les Juifs de Palestine désertent le pays après la conquête de Jérusalem. Création d'un lieu de prière musulman sur le mont du Temple à Jérusalem (Aelia). Omar, compagnon du prophète Mahomet, devint le second calife de l'Islam en succédant à Abou Bakr en 634. Il fait partie du clan Banu Ad de la tribu Quraych. Omar, Umar Ier, Umar ben al-Khattab ben Nafîl ou Abû Hafs “al-Fârûq” Umar ben al-Khattab (vers 581-644) compagnon du prophète Mahomet il devint le second calife de l'Islam en succédant à Abou Bakr en 634. Il fait partie du clan Banu Ad de la tribu Quraych.

639         19 janvier Mort de Dagobert Ier. Dagobert Ier décède d'une colique à l'âge de trente-six ans après avoir lancé à ses chiens (qu'il préférait aux hommes) : "Il n'est si bonne compagnie qui ne se quitte". Il est inhumé à Saint-Denis. Son fils, Clovis II, devient roi de Neustrie et de Bourgogne. L'Austrasie reste à Sigebert III, son frère.

639         SIGEBERT III et CLOVIS II (639-656) - (Sigebert III roi d'Austrasie - Clovis II roi de Neustrie, de Bourgogne)

639         Sigebert III. Nommé dès l'âge de 3 ans roi d'Austrasie par son père Dagobert Ier, il le reste à la mort de celui-ci en 639 il n'a que 8 ans. Il règne sous la tutelle de Pépin de Landen maire du palais de 639 à 640 date de sa mort puis son fils Grimoald qui lui succèdera. En 643 (il a 12 ans) il adopte le fils de Grimoald, Childebert, mais en 652 il aura un fils Dagobert II. Grimoald exilera le fils de Sigebert au profit de son fils, mais il seront éliminés par les grands de Neustrie en 662.

639         Clovis II. Il succède à son père Dagobert Ier en 639 il a 4 ans, le royaume avait été partagé entre lui et son frère Sigebert du vivant de leur père. Il devient roi de Neustrie et de Bourgogne sous la tutelle de sa mère Nantechilde et des maires du palais successivement Aega et Erchinoald (aristocrates neustriens). Il épouse en 651 Bathilde (future sainte Bathilde). Son fils Clotaire III né l'année suivante, lui succèdera à sa mort en 657.

639         Pépin de Landen, maire du palais en Austrasie, s'empare du pouvoir, le successeur de Dagobert, Sigebert III, étant encore mineur. (Grimoald, fils de Pépin de Landen, lui succède et, à la mort de Sigebert III, tente de faire couronner son propre fils, mais il est assassiné par les Francs fidèles à la famille de Dagobert. Dagobert laissait deux fils: Sigebert III et Clovis II qui furent les premiers rois fainéants, ainsi surnommés parce qu'ils laissaient le gouvernement aux mains des maires du palais. Clovis Il épousa sainte Bathilde. Ces deux princes moururent en 656. Clovis II laissait trois fils: Clotaire III, Childéric II, Thierry III. Rois fainéants, l'appellation de "rois fainéants" a été attribué après coup aux rois francs mérovingiens à partir de 639, fin du règne de Dagobert Ier. Cette fin de dynastie, marquée par des règnes très courts, de souverains souvent très jeunes - conséquences de nombreuses querelles de succession - amena une période d'instabilité politique où le pouvoir fut détourné par l'aristocratie, et notamment par les maires de Palais, dont notamment Charles Martel et Pépin le Bref, qui finira par fonder sa propre dynastie, celle des carolingiens, avec la naissance de son fils Charles (futur Charlemagne). Le brillant et rapide renouveau du royaume français qu'apportera Charlemagne fit paraître, par contraste, la fin de règne des mérovingiens comme une période trouble de l'histoire de France.

639         Début du "règne des maires du palais", Pépin de Landen en Austrasie et Aega en Neustrie.

640         Mort de Pépin de Landen, Otton lui succède.

641         Erchinoald remplace Aega à la tête du palais de Neustrie. Erchinoald, maire du palais de Neustrie de 641 à 658. Il succèda à Aega comme maire du palais. Il offrit au roi Clovis II, Bathilde, une anglo-saxonne achetée, esclave, à York. Le roi l'épousa ce qui renforça la position d'Erchinoald.

641         Rodolphe, duc de Thuringe proclame l'indépendance de son duché.

641         Défaite de Sigebert face à Rodolphe.

642         Les Arabes font la conquête de l'Égypte et fondent la nouvelle capitale, Fostat (Le Caire).

642         Victoire des arabes musulmans sur l'empire sassanide à la bataille de Nahavand. Cette bataille marque la fin de l'empire Sassamide. La bataille de Nahavand a eu lieu en 642 entre les arabes musulmans et l'empire sassanide. Les arabes furent victorieux, ce qui conduisit à la destruction de l'Empire sassanide et à la dispersion de l'Islam en Perse.

643         Grimoald, fils de Pépin de Landen devient maire du palais d'Austrasie après l'assassinat d'Otton. Grimoald Ier (616-†v.662), fils de Pépin de Landen dit le Vieux et Itta, maire du palais d'Austrasie (643-v.662). Assassiné à Paris. Avec la mort de Pépin de Landen en 640, Grimoald, devient le chef du lignage pépinnide. À cette époque, Radulf, duc de Thuringe, s'est rebellé contre Sigebert III. Grimoald participe à l'expédition mené contre ce dernier, expédition qui se solde par un échec. Grimoald sauva la vie du roi et devient son ami. Puis, faisant éliminer le maire du palais en fonction, Otton, par un complice, il devient à son tour maire du palais d'Austrasie. Grimoald convainc le roi, qui n'avait pas d'enfant, d'adopter son fils baptisé Childebert. À la mort de Sigebert, son fils monte sur le trône mais ils ne tardent pas à être tous deux éliminés vers 662 par les Neustriens menés par le roi Clovis II et son maire du palais Erchinoald qui avaient des vues sur l'Austrasie.

651         Écriture du Coran. Première recension écrite du Coran à Médine sous la direction de Zayd. Des recensions concurrentes auraient existés, notamment le récit de Ubayy, un autre secrétaire de Mahomet, dont la recension est à l'honneur à Damas, celle d'Ibn Masud, compagnon du prophète opposé à l'opération d'unification et celle d'ali (chiites). Le Coran est un livre, sacré selon les musulmans orthodoxes, qui regrouperait les paroles divines transmises au prophète Mahomet par l'archange Gabriel. Les croyants de l'islam le considèrent généralement comme incréé. Cette Révélation faite à Mahomet s'est déroulée sur une période de vingt-trois ans. Le Coran est le livre le plus sacré des musulmans, les autres livres sacrés dans l'islam étant les Évangiles, les Psaumes, la Torah et les Feuillets d'Abraham, et est le premier livre à avoir été écrit en langue arabe, qu'il a contribué à fixer. Il regroupe les paroles divines qui, selon la croyance musulmane, ont été transmises au prophète Mahomet fragmentairement par l'archange Gabriel par voie auditive durant une période de vingt-trois ans. Il est parfois également appelé kitâb (livre) ou dhikr (rappel). Les musulmans le considèrent comme la parole incréée de Dieu (Allah) adressée à l'intention de toute l'Humanité.

654         Fondation de l'abbaye de Jumièges. L'abbaye de Jumièges (Seine-Maritime) fut fondée par Saint Philibert, fils d'un comte franc de Gascogne. Saint Philibert (Filibert) (VIIe siècle) a fondé les monastères de Jumièges et Noirmoutier. Il imposait jeûne, flagellation et pénitence. Il avait quitté la cour du roi Dagobert pour se faire moine d'abord à Rebais dans la Brie française. Plus tard il fonda un monastère à Jumièges près de Rouen. Quand il apprit que Ébroïn, le maire du palais, avait fait assassiner Saint Léger d'Autun, il alla reprocher son crime au maire de Neustrie. Ébroïn chargea Saint Ouen de le faire disparaître. L'évêque de Rouen obéit, le fit emprisonner, mais la captivité fut douce et dura peu, car Ébroïn fut assassiné à son tour. Saint Philibert remercia Saint Ouen de son hospitalité, l'assura de sa parfaite amitié et prit le chemin du monastère de Noirmoutier. Mort à Noirmoutier le 20 août 685, à l'âge de 70 ans, son corps a été déposé dans un sarcophage.

656         Mort de Sigebert III, Grimoald après avoir exilé Dagobert II, fils de Sigebert III en Irlande, place son propre fils, Childebert l'Adopté sur le trône. Childebert l'Adopté (?-†662), fils de Grimoald Ier, maire du palais d'Austrasie (656-v.662). Adopté par le roi d'Austrasie Sigebert III, il fut lui-même roi d'Austrasie de 656 à 662.

656         CHILDEBERT l'Adopté et CLOVIS II (656-657) - (Childebert l'Adopté roi d'Austrasie, Clovis II roi de Neustrie, de Bourgogne)

656         Childebert l'Adopté. Fils de Grimoald maire du palais d'Austrasie, il avait été adopté par Sigebert III qui avait 12 ans à cette époque (643) et régnait sous la tutelle de Grimoald. En 652 Sigebert eut un fils Dagobert II qui aurait du régner lorsque son père est mort en 656 mais Grimoald exila Dagobert II (il n'avait que 4 ans à la mort de son père) et plaça son propre fils Childebert sur le trône d'Austrasie. Une fois de plus les grands de Neustrie interviennent en 662 et mettent à mort Grimoald et son fils. Ils mettront sur le trône Childéric II, deuxième fils de Clovis II.

656         Ébroïn est nommé maire du palais de Neustrie.

656         Juin : Ali ibn Abi Talib succède à Uthman, calife à Médine (656-661). Uthman (Othman) voit sa politique de collaboration avec les peuples vaincu pour l'administration de l'Empire contestée en Égypte et en Syrie par les partisans d'Ali. Il est assassiné le 17 juin par le frère d'Aïsha (fille d'Abu Bakr et femme préférée du Prophète). Ali s'impose à Médine comme son successeur. Il obtient rapidement le soutient des trois grandes villes musulmanes (Basra, Kûfa et Fustât). Mais il est soupçonné d'avoir commandité le crime d'Uthman. Ali ibn Abi Talib est le fils d'Abû Tâlib, oncle du prophète Mahomet, qui l'a élevé et protégé comme son propre fils, après la mort de son grand-père Abd al-Mottalib. Il est né vers 600 à la Mecque, dix ans avant le début de la mission prophétique de Mahomet. À l'âge de six ans, il quitta la maison de son père pour se mettre sous la protection du prophète. Il a été à la fois le cousin, le frère spirituel, le disciple et le gendre de Mahomet en épousant sa fille Fâtima née de sa première épouse Khadija en 622. Il a été le quatrième calife "orthodoxe" de l'islam (656-661). Alî a été le premier et le père de tous les imâms. Il fut le père de Hasan et de Hussein. Uthman ben Affan est le troisième calife de l'islam (644-656), successeur d'Abû Bakr et d'Omar. Selon la tradition, il est le premier mecquois converti à l'islam. Il s'est converti avant l'hégire et il a participé au premier exil des musulmans en Abyssinie en 620. Ses relations avec Mahomet sont excellentes.

656         Décembre : Bataille du chameau en Arabie. Muawiya, allié d'Aïcha et leurs partisans (Talha et Zoubayr, de la Mecque) se soulèvent contre Ali mais sont battus à la bataille du Chameau où Aïcha est faite prisonnière. La bataille du chameau est une des batailles entre les premiers musulmans, opposant le clan des quraychites majoritaires à La Mecque aux fidèles d'Ali. Elle a lieu en décembre 656 près de Bassora. À l'issue de cette bataille, Ali est vivant et les deux chefs de l'insurrection morts. Mais personne n'est vraiment vainqueur, le côté légendaire du récit de cette bataille laisse entendre que Dieu a soutenu Aïcha qui en sort confortée dans ses prétentions et son soutien à la famille Omeyyade. Aïcha, fille d'Abou Bakr, née à La Mecque vers 614, morte à Médine en 678, fut la troisième épouse de Mahomet. Muawiya Ier, est né en 603. Il est le fils de l'un des plus farouches adversaires du prophète Mohammed : Abû Sufyân ibn Harb. Il est le premier ommeyyade à porter le titre de calife en 661. Il prend ce titre à Ali à la suite d'une médiation entre Ali et lui après la bataille de Siffin. Il meurt en 680, son fils Yazid Ier lui succéde. Les Omeyyades ou Umayyades sont une dynastie de califes qui gouvernèrent le monde musulman de 661 à 750, établissant leur capitale à Damas. Ils tiennent leur nom d'un de leurs ancêtres, Omayya, grand-oncle de Mahomet. Ils appartenaient à la tribu des Quraychites, tribu dominante à La Mecque au temps du prophète Mohammed. Après s'être opposés à celui-ci, ils l'avaient rejoint au dernier moment. Les Omeyyades étaient liés avec le troisième calife, Uthman. Quand celui-ci fut assassiné par des opposants qui portèrent au pouvoir Ali, cousin et gendre de Mohammed, tous ceux qui étaient liés à Uthman crièrent vengeance, notamment l'Omeyyade Muawiya, qui était alors gouverneur de Syrie. À la suite de quelques combats, Ali fut écarté du pouvoir en Syrie par un arbitrage, et Muawiya fut proclamé calife par les Syriens en 661. Ali ayant été assassiné par les Kharidjites, ses anciens partisans, plus rien ne s'opposa ensuite au règne des califes omeyyades.

657         Mort de Clovis II, son fils aîné Clotaire lui succède sous la régence de sa mère Bathilde.

657         CHILDEBERT l'Adopté et CLOTAIRE III (657-662) - (Childebert l'Adopté roi d'Austrasie, Clotaire III roi de Neustrie, de Bourgogne)

657         Clotaire III. Fils aimé de Clovis II, il n'a que 5 ans lorsque son père meurt. Il devient roi de Neustrie et de Bourgogne et règne sous la tutelle de sa mère Bathilde. Ébroïn, qui est fait maire du palais en 658 prend de fait le pouvoir.

657         à 670 - Règne de Clotaire III en Neustrie. - Ébroïn, maire du palais, gouverne à partir de 659, jusqu'en 681; à la mort de Clotaire, il fait élire pour lui succéder Thierry III, dont l'autorité reste précaire jusqu'en 673.

657         Fondation de l'abbaye de Corbie (fondée par la reine régente Bathilde). Corbie, ville située à 15 km d'Amiens, dans le département de la Somme (80). Bathilde, ou Batilde ou encore Bathylle, est née vers 626 et morte le 30 janvier 680, à Chelles, est une reine des Francs, épouse de Clovis II.

660         Mort de saint Éloi.

660         11 février Naissance de l'Empire du Japon. Après avoir vaincu le royaume Yamato, le prince Jimmu Tennô monte sur le trône du Japon et fonde l'empire japonais. Jimmu Tennô est, selon la légende, un descendant de la déesse solaire Amaterasu Omikami, divinité majeure du culte shintô. Tous les souverains de l'histoire japonaise se réclament de Jimmu Tennô.

660         à 740 - naissance et mort de Saint André de Crète, évêque dans l'île de Lesbos. André naquit dans une famille arabe chrétienne de Damas. La ville est sous domination musulmane depuis une trentaine d'années. Est-ce cette enfance dans une communauté d'autant plus fervente qu'elle est minoritaire, qui lui donne le goût de l'absolu ? A 15 ans, il entend l'appel : "Quitte ton pays et la maison de ton père". Le voilà à Jérusalem, moine au Saint Sépulcre. Au bout de dix ans de vie monastique, il a suffisament manifesté sa valeur pour être envoyé, avec deux autres moines, à Constantinople afin de représenter le patriarche de Jérusalem auprès de l'empereur byzantin. Il s'agit de défendre la légitimité du 6ème concile oecuménique qui reconnaît deux volontés (humaine et divine) dans le Christ. Demeuré à Constantinople, André dirige l'orphelinat de la ville pendant quelque temps. Vers 700, on le nomme évêque de Gortyne en Crète. Il entreprend d'instruire ses fidèles par sa prédication où s'exprime son amour pour la Mère de Dieu. Il s'occupe aussi des enfants (souvenir de l'orphelinat de Constantinople). Durant la crise iconoclaste, il prend la défense des Saintes Images comme son compatriote saint Jean Damascène. André est surtout connu pour son oeuvre liturgique. Il crée la forme du Canon, grande hymne de la liturgie byzantine et compose "le Grand Canon", chanté en Carême dans les églises de rite byzantin: on dit que ce Canon pénitentiel aurait pour origine le repentir d'un acte personnel de lâcheté à Constantinople.

662         Assassinat de Grimoald et de Childebert l'Adopté, Clotaire III reste seul roi.

662         Childéric II, frère de Clotaire III est nommé roi d'Austrasie.

662         CLOTAIRE III (662-673) et CHILDÉRIC II (663-673) - (Clotaire III roi de Neustrie, de Bourgogne - Childéric II roi d'Austrasie)

662         Childéric II. Deuxième fils de Clovis II, il est placé sur le trône d'Austrasie après l'élimination de Childebert l'adopté et de son père Grimoald par les grands de Neustrie. Il n'a que 9 ans et règne sous la tutelle de sa tante, la femme de Sigebert III, Himnechilde. Il chasse le roi de Neustrie, son frère Thierry III et réunit tout les états francs sous son pouvoir, mais assure les nobles que chaque régions gardera une certaine autonomie et que notamment il ne nommerait pas dans chacune des régions des dirigeants d'autres régions. Il ne tint pas sa parole et voulu regrouper les deux régions sous l'autorité d'un seul maire du palais Wulfoald. Une fois de plus les grands de Neustrie interviennent, il est exécuté en 675 en forêt de Lognes ainsi que sa jeune femme enceinte.

662         à 673 - Règne de Childéric II sur l'Austrasie et la Bourgogne. - Seul roi en 673, il eut pour conseiller saint Léger. Il périt assassiné en 673 par un de ses leudes (Bodilon). Saint Léger (616-678) Évêque d'Autun. A la mort de Clovis II, il fut le conseiller de la régente, sainte Bathilde, jusqu'au sacre de son fils. Nommé évêque d'Autun en 659, il s'attacha à réformer la discipline ecclésiale et donna à toutes les abbayes de son diocèse l'ordre de suivre la règle de Saint Benoît. Il fit preuve de grandes qualités d'administrateur, tout en défendant l'autonomie de la Bourgogne. À la mort de Clotaire III, fils de Bathilde, Ébroïn, le maire du palais, décida de donner la couronne de Neustrie à Thierry III, le frère de Clotaire III, sans consulter les aristocrates burgondes. Ceux-ci, mécontents, se révoltèrent sous la conduite de Léger et firent appel à Childéric II, roi d'Austrasie. Thierry fut confié aux moines de Saint-Denis, Ébroïn exilé au monastère de Luxeuil. Le parti burgonde l'ayant emporté, saint Léger devint un temps conseiller du roi Childéric II, avant de tomber à son tour en disgrâce et d'être envoyé au monastère de Luxeuil, où il retrouva son éternel adversaire, Ébroïn. À la mort de Childéric en 675, l'évêque d'Autun et l'ancien maire du palais quittèrent Luxeuil et rejoignirent leurs partisans. Léger fit sortir Thierry III de Saint-Denis et lui donna la couronne de Neustrie. Ébroïn, soutenu par les Austrasiens, s'empara du trésor royal et assiégea Autun. Voyant que la ville allait tomber aux mains de l'ennemi, Léger se rendit. Ébroïn lui fit crever les yeux, arracher les lèvres et la langue, avant de l'exposer sur la place publique. Léger se retira ensuite à l'abbaye de Fécamp d'où Ébroïn le fit sortir pour le juger à nouveau. Accusé du meurtre de Childéric II, Léger fut livré au comte Chrodobert qui le fit décapiter dans la forêt de Sarcing, près d'Arras. Au lendemain de sa mort, il fut considéré comme un martyr.

670         Okba ibn Nafi édifie Kairouan. L'émir Okba Ibn Nafi fonde la cité de Kairouan. Quelques années plus tôt, les Arabes avaient déjà profité de l'instabilité régnante sous les Byzantins pour occuper les terres. Cette édification marque plus concrètement leur domination et provoquera de fortes révoltes berbères. Les combats aboutiront malgré tout à la prise arabe de Carthage en 695.

670         à 1300 - Art de l'Islam. Art islamique, le terme art islamique désigne la production artistique ayant eu lieu depuis l'hégire (622 de l'ère chrétienne) jusqu'au XIxe siècle dans un territoire s'étendant de l'Espagne jusqu'à l'Inde, et habité par des populations de culture islamique. L'art islamique présente une certaine unité stylistique, due aux déplacement des artistes, des commerçants, des commanditaires et des oeuvres. L'emploi d'une écriture commune dans tout le monde islamique, et la mise en valeur particulière de la calligraphie renforce cette idée d'unité. Toutefois, la grande diversité des formes et des décors, selon les pays et les époques, amène souvent à parler plus d'arts de l'Islam que d'un art islamique. L'architecture crée des bâtiments aux fonctions très spécifiques à ces régions, comme des mosquées et des madrasas, celles-ci prenant des formes très variées. S'il n'existe quasiment pas d'art de la sculpture, le travail des objets de métal, d'ivoire ou de céramique atteint fréquemment une grande perfection technique. Il faut aussi souligner la présence d'une peinture et d'une enluminure présentes dans les livres sacrés et profanes. L'art islamique n'est pas un art proprement religieux : l'Islam est ici considéré avec une majuscule, comme une civilisation et non comme une religion. Contrairement à une idée reçue, il y existe des représentations humaines, animales, et même du Prophète : celles-ci ne sont bannies que dans les lieux ou ouvrages religieux (mosquées, madrasas, Corans), en dépit de quelques exceptions.

673         Mort de Clotaire III.

673         CHILDÉRIC II (673-675) - (Childéric II roi d'Austrasie occupe la Neustrie)

673         Ébroïn, maire du palais de Neustrie, porte Thierry III sur le trône, provoquant la colère des grands du royaume. A la mort de Clotaire III, Ébroïn, qui craint l'intervention des Grands, fait monter sur le trône de Neustrie Thierry III, troisième fils de Clovis II et Bathilde, et contraint cette dernière à se retirer dans un couvent. Childéric II, désigné par les Grands, envahit la Neustrie. Ébroïn sera vaincu et interné à Luxeuil par Childéric et une coalition dirigée par Wulfoald et saint Léger. Childéric devient seul roi des Francs. L'autorité des Grands prend un caractère héréditaire. La mairie du palais est supprimée en Neustrie et en Bourgogne.

673         Thierry III est emprisonné à l'abbaye de Saint-Denis, Saint Léger et Ébroïn au Monastère de Luxeuil.

674         Les Arabes assiègent Constantinople. Régnant dans la lignée des Héraclides, l'empereur Constantin IV Pogonat doit faire face aux attaques des Arabes, lesquels se sont lancés dans la conquête de l'Orient au nom de l'islam. Ayant déjà repris la Syrie, la Mésopotamie, l'Arménie et l'Égypte, ils atteignent les murs de Constantinople. Durant quatre ans, les Arabes assiègeront la ville, dont la détermination à résister ne faiblira pas. Constantinople possède, de plus, une arme inégalable : le feu grégeois. Mélange inflammable même sur l'eau, elle lui permettra finalement de mettre ses ennemis en déroute. Mais ces derniers ne s'en tiendront pas là, puisqu'ils assiègeront une nouvelle fois la ville en 717.

675         Assassinat de Childéric II par Bodilon dans la forêt de Chelles. Le roi Childéric II se débarrasse de saint Léger qui est enfermé à Luxeuil, ce qui provoque son assassinat par Bodilon : Childéric et sa femme Bilichilde, enceinte, sont égorgés lors d'une chasse dans la forêt de Bondy, à l'est de Paris, par les nobles révoltés. Ses partisans quittent la Neustrie pour l'Austrasie.

675         Évasion de Léger et Ébroïn du monastère de Luxeuil et ils rétablissent Thierry sur le trône.

675         THIERRY III (675-676) - (Thierry III roi de Neustrie)

675         Thierry III. Nous arrivons dans une période très troublée annonçant la fin de la dynastie Mérovingienne, depuis Childebert II, la moyenne de la durée de vie des rois mérovingiens qui était jusqu'alors de 46 ans tombe à 28 et l'âge d'accession au trône passe de 18 ans à 9 ans et demi. Il devient évident qu'ils ne vont plus être que des jouets dans les mains de régents plus ou moins officiels. On peut voir que Clotaire II et Dagobert Ier font figure d'exception puisqu'ils ont vécu 45 et 35 ans et ont eu un règne personnel. Les maires des Palais deviennent souvent les vrais rois, certains en feront un usage discret d'autres auront beaucoup moins de scrupules. En 658 Ébroïn devient maire du palais de Neustrie pendant le règne de Clotaire III, il gouverne en ses lieux et places ce qui n'est pas du goût de l'aristocratie neustrienne, lorsque Clotaire meurt en 673 Ébroïn place sur le trône le troisième fils de Clovis II, Thierry III. Les grands de Neustrie et Childéric II second fils de Clovis II qui a été mis à la tête de l'Austrasie renversent Thierry III le relègue au monastère de Saint Denis et Ébroïn est enfermé au monastère de Luxeuil. Childéric II devient roi des Francs. En 675 Childéric II meurt, il est remplacé sur le trône d'Austrasie par Dagobert II mais en Neustrie, Clovis III, dont la filiation avec Clotaire III est très incertaine est placé sur le trône. Il n'y restera qu'une année. Ébroïn redevenu puissant réintègre Thierry III sur le trône de Neustrie et de Bourgogne sous sa tutelle évidemment. En Austrasie Dagobert II retrouvé a été replacé sur le trône en 676 mais il meurt en 679. A cette date Thierry III devient roi des Francs mais l'année suivante Pépin de Herstal s'empare de la mairie d'Austrasie. La guerre entre Neustrie et Austrasie est déclenchée, Ébroïn remporte une victoire contre Pépin en 680 mais elle n'est pas décisive. En 683 Ébroïn est assassiné. En 687 Thierry est écrasé par Pépin à Tertry. Pépin de Herstal devient le maître du royaume franc mais laisse Thierry sur le trône. Il mourra en 691     

675         Clovis III. Lorsque Childéric II meurt en 675, le maire du palais Ébroïn, installe sur le trône d'Austrasie, un soit disant fils de Clotaire III, Clovis III mais la filiation avec Clotaire était plus que douteuse. Il n'y restera qu'un an et disparaîtra.

675         Avènement de Thierry III qui réunit toute la monarchie franque, et règne sous la tutelle d'Ébroïn.

675         Thierry III accède à la tête du royaume Franc.

676         Dagobert II est rappelé par les Austrasiens.

676         THIERRY III et DAGOBERT II (676-679) - (Thierry III roi de Neustrie - Dagobert II roi d'Austrasie)

676         Dagobert II. Lorsque son père, Sigebert III meurt, le maire du palais Grimoald qui avait fait adopté son fils Chidebert par le roi, fait disparaître Dagobert qui avait 4 ans afin de mettre son fils sur le trône. Dagobert est envoyé, à l'insu de sa mère, qui le croira mort, à Poitiers chez l'évêque Didon puis il sera recueilli par l'évêque d'York Wilfrid (futur saint) et mis dans le monastère irlandais de Slane. Childebert et son père Grimoald sont assassinés par les grands de Neustrie en 662. Le royaume est attribué à Childeric II, second fils de Clovis II en 673, Clotaire III roi de Neustrie et de Bourgogne meurt, Childéric II devient roi des Francs mais meurt à son tour en 675; Les grands d'Austrasie ont appris que Dagobert II n'est pas mort, ils le font chercher et l'installe sur le trône d'Austrasie (676) pendant que Thierry III est mis sur le trône de Neustrie et de Bourgogne. Dagobert II est assassiné 3 ans plus tard. Pépin de Herstal dit Pépin le jeune prend le pouvoir.

678         Saint Léger est capturé après le siège d'Autun par les armées d'Ébroïn. Ébroïn quitte l'abbaye de Luxeuil, tue Leudesius, met en sécurité le jeune Thierry III. Tout le personnel du palais de Neustrie est transformé. l'évêque d'autun saint Léger est torturé, aveuglé, déposé et assassiné par Ébroïn. Ses partisans se réfugient en Aquitaine.

679         Défaite de l'armée austrasienne devant celle de Thierry III et Ébroïn.

679         décembre Assassinat de Dagobert II.

679         THIERRY III (679-690) (Thierry III roi des Francs (en fait uniquement de Neustrie), l'Austrasie étant aux mains de Pépin de Herstal)

680         à 687 - Ébroïn est assassiné après sa victoire à Latofao, sur le maire du palais d'Austrasie, Pépin de Herstal (petit-fils de Pépin de Landen). Les Neustriens commandés par Berthaire, successeur d'Ébroïn, sont définitivement battus à Testry par Pépin de Herstal; Berthaire y perd la vie (687). - Pépin de Herstal gouverne seul. Pépin de Herstal, Pépin II de Herstal ou Pépin le Jeune est maire du palais d'Austrasie. Il est le fils d'Ansegisèle (lui-même fils de Saint Arnoul) et de Begga, fille de Pépin de Landen.

680         Pépin de Herstal devient maire du palais d'Austrasie.

680         Assassinat d'Ébroïn par Waratton, il le remplace en tant que maire du palais. Waratton, maire du palais de Neustrie (680). Déposé un temps par son fils.

680         Fondation du chiisme par les Alides. Alides est le nom donné aux descendants d'Ali, et plus spécialement aux Imams. Le chiisme qui regroupe environ 10% des musulmans constitue l'une des trois principales branches de l'islam avec le sunnisme et le kharijisme. Le terme "chiisme" vient de l'expression arabe chiat Ali, qui signifie "les partisans d'Ali". Ali ibn Abu Talib était le beau-fils du prophète Mahomet et le quatrième calife de la nouvelle communauté islamique (umma) après la mort de Mahomet. Les sunnites le vénèrent également comme le dernier des "quatre califes vertueux". Ainsi que tous les groupes islamiques, les chiites actuels considèrent leur forme d'islam comme la plus pure représentation de la religion originelle de Mahomet. Les premiers chiites étaient en désaccord avec les principes politiques de la nouvelle religion et notamment avec le mode de succession au califat. Ils étaient simplement liés par le soutien qu'ils apportaient à Ali en sa qualité de dirigeant de la communauté islamique. Après l'assassinat d'Ali en 661, certains chiites ont considéré ses différents fils comme ses successeurs de droit au titre de calife : les descendants d'Ali sont devenus rivaux imités par leurs adeptes chiites qui se sont divisés en fonction de leur choix. Par la suite, les chiites ont commencé à développer des croyances religieuses différentes qui les ont séparés des autres musulmans. Les sunnites et les chiites diffèrent en plusieurs domaines. Leur moindre désaccord concerne la loi et les rituels, et leurs plus grandes divergences concernent leur manière de concevoir l'autorité légitime, la théologie et le génie de leur culture. Les sunnites reconnaissent comme légitimes les trois premiers khalifes Abou Bekr, Omar et Osman, tandis que les chiites les regardent comme des usurpateurs et ne font commencer le khalifat qu'avec Ali, fils d'Abou-Taleb, gendre du Prophète dont il avait épousé la fille Fatimah. Ils acceptent la Sunna comme complément du Coran et comme le seul commentaire qu'on en doive donner; les chiites, au contraire, considèrent la Sunna comme peu importante et croient que l'on peut commenter le texte du livre sacré avec les moyens que l'humain peut puiser dans son intelligence. Sunnisme, courant majoritaire de l'islam. L'autre principale tradition musulmane est le chiisme, considéré par les sunnites comme plus ou moins hérétique. Les sunnites sont ainsi appelés du fait de l'importance qu'ils accordent à la Sunna, l'ensemble des paroles et des actions du prophète Mahomet que tous les croyants doivent s'efforcer d'imiter. La Sunna et le Coran sont considérés comme les deux sources principales de la loi islamique. Les chiites soulignent aussi l'importance de la Sunna, à la différence qu'ils y incluent les paroles et les actions de leurs imams. Les sunnites ayant été les premiers à établir la primauté de la Sunna, il est fort probable qu'ils se soient fait appeler les "gens de la Sunna" pour se distinguer des autres groupes musulmans, et cela avant même que les chiites aient développé leur propre système juridique. Selon la loi sunnite traditionnelle, l'idée existait déjà du vivant de Mahomet de consulter et suivre l'exemple du Prophète en cas de doute sur une question religieuse ou juridique. Les injonctions du Coran appelant à "obéir à Allah (Dieu) et à son Prophète" sont fréquemment citées pour justifier cette idée. D'après cette théorie, les compagnons du Prophète, lorsque celui-ci était encore en vie, s'attachaient particulièrement à se rappeler ses paroles et ses gestes et ils les transmirent après sa mort à la génération suivante, qui la passa à son tour à la suivante, et ainsi de suite. Les anecdotes individuelles par lesquelles étaient transmises les paroles ou les actions du Prophète furent appelées hadiths. Après la mort du Prophète, lorsqu'une question religieuse ou juridique venait à se poser, il était d'usage parmi les hommes pieux d'examiner le Coran et la Sunna pour y trouver une réponse. De cette façon, l'autorité du Prophète se perpétuait même après sa disparition. La sunna est ce que la tradition musulmane rapporte des paroles, actes et préceptes de Mohammed. Ces récits, appelés hadiths, sont au nombre de plusieurs (dizaines de) milliers qui ont fait l'objet de nombreuses compilations. Les sunnites se revendiquent de la sunna, ce que leur contestent les chiites.

681         Pépin de Herstal reconnaît Thierry III comme roi.

683         Défaite austrasienne près de Namur face à l'armée de Thierry III.

686         Mort de Waratton, son beau-fils, Berthaire devient maire du palais de Neustrie.

687         Mort de Berthaire a l'issue de la bataille de Tertry contre Pépin de Herstal qui devient maire du palais de Neustrie.

689         Naissance de Charles Martel, fils de Pépin de Herstal. Charles Martel, maire du Palais (pas de rois pendant cette période) de 737 à 741. Il est le fils de Pépin de Herstal dit le Jeune ou Pépin II et Alpaïde de Bruyères.

690         Mort de Thierry III, son fils Clovis lui succède.

690         CLOVIS IV (690-694) (Clovis IV roi des Francs (en fait uniquement de Neustrie), l'Austrasie étant aux mains de Pépin de Herstal)

690         Clovis IV. Pépin de Herstal avait laissé Thierry III sur le trône malgré sa défaite à Tertry mais en fait gouvernait à sa place. Lorsque Thierry III meurt, il installe son fils aimé Clovis IV sur le trône sans autres changements. Il a 9 ans, il mourra à 13 ans.

691         Début de la construction du Dôme du Rocher à Jérusalem, à l'endroit où Mahomet (Mohammed) et monté au ciel. Elle fait de la ville une cité sainte pour les musulmans. Le dôme du Rocher ou la coupole du Rocher, appelé parfois à tort mosquée d'Omar, est un sanctuaire érigé sur ordre du calife Abd al-Malik ben Marwan à Jérusalem, sur l'esplanade de l'ancien temple d'Hérode, le Haram al-Sharif.

695         Mort de Clovis IV, son frère Childebert III lui succède.

695         CHILDEBERT III (695-711) (Childebert III roi des Francs (en fait uniquement de Neustrie), l'Austrasie étant aux mains de Pépin de Herstal)

695         Childebert III. Pépin de Herstal avait laissé Thierry III sur le trône malgré sa défaite à Tertry mais en fait gouvernait à sa place. Lorsque Thierry III meurt, il installe son fils aimé Clovis IV sur le trône sans autres changements. Il a 9 ans, il mourra à 13 ans. Il installera le second fils Childebert III en 695.

699         à 759 - naissance et mort de Wang Wei. Écrivain chinois. Poète, peintre, musicien et haut fonctionnaire, la nature et le bouddhisme tiennent une place importante dans son oeuvre. Grand poète chinois de la Dynastie Tang, Wang Wei est né vers la fin du VIIe siècle et a été reçu docteur ès lettres en 713, l'année même où Xuan Zong a hérité du pouvoir souverain. Également renommé comme poète et comme médecin, il dut à ce double titre d'être tout à la fois recherché par l'empereur, protecteur éclairé des lettres, et par le fameux rebelle An Lushan, ce Tartare qui demandait quel animal c'était qu'un poète et à quel usage il pouvait servir.

700         La pyramide du temple du Jaguar. Le temple du grand jaguar (Temple I) est une pyramide qui fut construite vers 700 sous les ordres du souverain maya Ha Sawa Chaan K'awil (682–734). Il est situé au centre de l'ancienne cité-état de Tikal, dans la région du Petén, au Guatemala. À 45 mètres de hauteur, elle est l'une des plus imposantes du monde maya. La pyramide supporte, à son sommet, un temple dédié au culte du jaguar. Les archéologues ont découvert, lors des fouilles, une chambre funéraire à six mètres sous terre, dédiée au souverain, de nombreuses offrandes de jade ainsi que des coquillages et des os sculptés.

700         vers - Ibn al-Muqaffa‘, premier grand prosateur de langue arabe, adapte dans cette langue les Kalîla wa Dimna, fables animalières. La Fontaine emprunta les éléments ou la trame de quelques-unes de ses Fables: Le Chat, la Belette et le Petit Lapin, Le Chat et le Rat, Les Deux Pigeons, La Laitière et le Pot au lait.

705         Construction de la grande Mosquée de Damas (Syrie). La grande mosquée, actuellement Grande mosquée des Omeyyades de Damas, a été construite vers 705. C'est la plus ancienne avec le Dôme du Rocher de Jérusalem à être pratiquement dans sont état initial. Fait exceptionnel, la salle de prière contient un tombeau : celui du crâne de Jean-Baptiste, cousin de Jésus. La présence d'un tombeau dans la salle de prière d'une mosquée est un cas pratiquement unique. Les chrétiens du quartier Est de Damas viennent y faire des prières. On voit donc dans cette salle à la fois les prosternations des musulmans, et les signes de croix et les génuflexions des chrétiens. On y vient aussi tout simplement pour y faire la sieste allongé sur le tapis ou adossé à une colonne, car c'est un lieu frais et calme dans le centre de la ville. Le plus haut minaret de cette mosquée est le minaret de Jésus : c'est là que selon la tradition locale Jésus, le Messie, reviendra sur terre au moment du jugement dernier.

709         Début des expéditions de Pépin de Herstal contre les Alamans.

710         Construction de Nara, 1ère capitale japonaise. Nara, ville du Japon située dans la région du Kansai, proche de Kyoto.

711         Invasion arabe en Espagne. Début de l'invasion de l'Espagne par l'armée berbère. Le chef berbère Tariq ibn Ziyad, gouverneur de Tanger nommé par Musa, reçoit par l'intermédiaire de Julien, prince berbère chrétien de Ceuta, un appel du roi Wisigoth Agila II, destitué par Rodéric (Rodrigue). 30 avril : Tariq ibn Ziyad, à la tête de 7000 hommes, prend pied sur les falaises des Colonnes d'Hercule ; il les occupe et fortifie le rocher de Gibraltar, qu'il baptise d'après son propre nom (Djabal-al-Tariq). 19 juillet : Bataille de Guadalete, les Wisigoths de Rodéric sont battus par les musulmans de Tariq ibn Ziyad, qui fait la conquête de l'Espagne en trois années. Tariq prend Cadix, Ecija, Cordoue puis Tolède en octobre. Confusion dans la péninsule : les Juifs d'Espagne, victimes d'une législation anti-judaïque, sont prêts à recevoir tout étranger comme un libérateur. Les esclaves s'enfuient des domaines. Musa Ibn Nosseyr, Mûsâ ben Nusayr fut un gouverneur et général musulman sous les Omeyyades, né dans la région du Yemen (640-716). En 698 il fut nommé Emir de l'Afrique du Nord. Il était responsable de la répression d'une rébellion berbère importante. Il dut aussi gérer les menaces constantes de la flotte de l'Empire Byzantin et construisit une flotte capable de conquérir les îles de Ibiza, Majorque et Minorque. Il a envoyé Tariq ibn Ziyad qui était l'un de ses lieutenant pour conquérir la péninsule ibérique en 711.

711         Mort de Childebert III, son fils Dagobert III (12ans) lui succède.

711         DAGOBERT III (711-715) (Dagobert III roi des Francs (en fait uniquement de Neustrie), l'Austrasie étant aux mains de Pépin de Herstal puis de Charles Martel)

711         Dagobert III. Pépin de Herstal avait laissé Thierry III sur le trône malgré sa défaite à Tertry mais en fait gouvernait à sa place. Lorsque Thierry III meurt, il installe son fils aimé Clovis IV sur le trône sans autres changements. Il a 9 ans, il mourra à 13 ans. Il installera le second fils Childebert III en 695 puis ce sera le tour de Dagobert III lorsque Childebert mourra en 711. Pépin de herstal meurt en 714, c'est son fils illégitime Charles Martel qui le remplacera comme maire du palais d'Austrasie.

712         Soumission des Alamans.

714         Avènement comme maire du palais d'Austrasie, de Charles (Martel), fils de Pépin de Herstal. Il gouvernera seul jusqu'en 737 les États francs (qui ont pour rois Chilpéric II, Clotaire IV, Thierry IV), et pendant l'interrègne, de 737 à 741.

714         Les armées arabes s'emparent de Carcassonne et assiègent Nîmes.

715         Révolte de la Neustrie contre l'Austrasie.

715         31 décembre Mort de Dagobert III, Chilpéric II, fils de Childéric II lui succède.

715         CHILPÉRIC II (715-717) (Chilpéric II roi des Francs (en fait uniquement de Neustrie), l'Austrasie étant aux mains de Charles Martel)

715         Chilpéric II. Fils de Childéric II, Chilpéric II est placé sur le trône à la mort de Dagobert III par le maire du palais de Neustrie, Rainfroi. Depuis la victoire de Pépin de Herstal maire du palais d'Austrasie sur Thierry III à Tertry (687), Pépin garda Thierry III sur le trône mais devint le véritable maître du royaume franc avec le titre de Duc et Prince des Francs (dux et princeps Francorum). Il avait placé son fils ainé Drogon maire du palais de Neustrie, mort en 708, il le remplaça par son second fils Grimoald II qui meurt à son tour la même année que son père en 714. Après leur décès, Charles Martel fils illégitime de Pépin de Herstal, en dépit des enfants de Drogon qui auraient légitimement succédé à leur grand père, se pose en successeur et se fait nommer Duc d'Austrasie. Il lui faudra beaucoup d'énergie pour assurer la succession de son père. Le maire du palais de Neustrie, Rainfroi entreprend avec Chilpéric II de lutter contre Charles Martel mais ils seront battus en 717 puis en 719. Charles Martel place sur le trône d'Austrasie Clotaire IV en 717 pour cantonner Chiperic à la Neustrie, Clotaire meurt l'année suivante sans descendant. En 720 (ou 724) Chilpéric II est obligé d'accepter Charles Martel comme maire du palais de Neustrie et en revanche Charles Martel le reconnaît comme roi des Francs.

715         à 717 - Règne de Chilpéric II sous la tutelle de Charles Martel.

717         28 mars Charles Martel vainqueur des Neustriens à Vincy. Il contraint Plectrude à lui livrer la ville de Cologne et devient ainsi maître de l'Austrasie.

717         Chilpéric II est contraint de céder son trône à son cousin Clotaire IV, fils de Thierry III soutenu par Charles Martel.

717         CLOTAIRE IV (717-719) (Clotaire IV roi d'Austrasie, l'Austrasie étant aux mains de Charles Martel)

717         Clotaire IV. Dans sa lutte pour la succession de Pépin de Herstal, Charles Martel doit se battre contre la Neustrie qui veut retrouver son indépendance. Pour contrer Chilpéric II roi de Neustrie, il place (717) sur le trône d'Austrasie Clotaire IV dont la filiation avec Thierry III est douteuse. Celui-ci mourra l'année suivante.

717         à 720 - Règne de Clotaire IV sous la tutelle de Charles Martel.

717         15 août Nouveau siège arabe à Constantinople. Malgré leur première défaite en 678, les Arabes envoient leur flotte à l'assaut de la capitale byzantine. Cette fois, c'est l'empereur Léon III qui doit faire face à l'attaque. Placés sur la rive occidentale du Bosphore, les Arabes tiendront le siège durant une année. Le feu grégeois leur infligera de nombreux dégâts. Allié à la peste et à la famine, il aura une nouvelle fois raison d'eux.

717         à 843 - Crise iconoclaste: les images saintes sont détruites. L'iconoclasme rejette l'adoration vouée aux représentations du divin dans les icônes en particulier. L'iconoclasme est la destruction de représentations, qu'elle soit due a des considerents religieux ou profanes. L'iconoclasme religieux rejette l'adoration vouée aux représentations du divin, dans les icônes en particulier. L'iconoclaste chretien s'appuie sur le passage suivant de la Bible: Tu ne feras pas d'image taillée.

718         Début de la Reconquista (718 - 1492). La Reconquista (terme espagnol et portugais pour Reconquête) correspond à la conquête des royaumes maures de la péninsule ibérique par les souverains chrétiens. Initiée en 718, elle s'achève le 2 janvier 1492 quand Ferdinand II d'Aragon et Isabelle de Castille, les "Rois Catholiques", chassent le dernier souverain maure de la Péninsule, Boabdil de Grenade, achevant l'unification de l'essentiel de l'actuelle Espagne — excepté la Navarre incorporée en 1512.

719         Les troupes de Al-Samah s'emparent de Narbonne. Al-Samah, gouverneur Sarrasins (Omeyyades). Le terme d'"empire sarrasin" est utilisé dans la littérature historique ancienne pour désigner les califats omeyyade et abbasside. Les Omeyyades (ou Umayyades) sont une dynastie de califes qui gouvernèrent le monde musulman de 661 à 750, établissant leur capitale à Damas. Ils tiennent leur nom d'un de leurs ancêtres, Omayya, grand-oncle de Mahomet. Ils appartenaient à la tribu des Qurayshites, tribu dominante à La Mecque au temps du prophète Muhammed. Après s'être opposés à celui-ci, ils l'avaient rejoint au dernier moment. Les Abbassides sont une dynastie de califes sunnites qui gouvernèrent le monde musulman de 750 à 1258, établissant leur capitale à Bagdad, ville fondée en 762. Cette dynastie arriva au pouvoir à l'issue d'une véritable révolution menée contre les Omeyyades. Les Abbassides tirent leur nom de al-Abbâs, oncle de Mahomet, dont ils sont les descendants, alors que les Omeyyades avaient un lien familial plus lointain avec le Prophète. Ils veulent un État plus profondément musulman, où les Iraniens convertis à l'islam auront une part égale à celle des Arabes.

719         14 octobre Victoire de Charles Martel à Néry contre les troupes de Neustrie.

719         Charles Martel repousse les Saxons.

719         Victoire de Charles Martel sur les Neustriens à Soissons: c'est le dernier acte de la lutte entre l'Austrasie et la Neustrie qui dès lors n'a plus d'existence politique. Eudes d'Aquitaine s'enfuit en emmenant Chilpéric II mais pas son trésor. Ragenfred se retire dans ses domaines autour d'Angers où il meurt en 731. A la mort de Clotaire IV, Charles Martel fait la paix avec Eudes et reconnaît Chilpéric II comme roi de tous les Francs.

719         Mort de Clotaire IV, Chipéric II récupère son trône.

719         CHILPÉRIC II (719-721) (Chilpéric II roi des Francs)

720         Capitulation de Eudes, duc d'Aquitaine, qui livre Chilpéric II à Charles Martel qui le reconnaît comme roi. Eudes, duc d'Aquitaine de 681 à 736, était le fils de Boggis et descendait de Clotaire Ier.

720         Prise de Carcassonne par les Arabes.

720         Invasion sarrasine en Aquitaine et en Provence (720-739)

721         Les troupes de Al-Samah assiègent Toulouse. La bataille de Toulouse vit, en l'an 721, la victoire des Francs de Eudes, duc d'Aquitaine, sur les Sarrasins (Omeyyades) du gouverneur Al-Samah.

721         Eudes, duc d'Aquitaine met fin au siège de Toulouse.

721         Mort de Chilpéric II, Thierry IV, fils de Dagobert III le remplace.

721         THIERRY IV (721-737)

721         Thierry IV. Il succède à Chilpéric II sous la tutelle de Charles Martel qui, secondé par son frère Childebrand déploie une énergie farouche à unifier l'état mérovingien, qui depuis plusieurs années s'effrite. Plusieurs provinces ont acquis une quasi indépendance. Il vainc les Saxons, les Frisons, soumet la Thuringe et la Bavière et surtout il met un point d'arret à l'invasion arabe en 732 à Poitiers à la suite de l'appel au secours du Duc Eudes. A ce moment Charles Martel, qui a reçu un serment de fidélité du duc Eudes après son éclatante victoire sur les armées islamiques, devient le personnage le plus illustre de l'occident. Il entretient de bonnes relation avec l'église et avec le pape. Il s'apprète à soumettre la Bourgogne et la Provence. En 737, Thierry IV meurt, Charles Martel ne prend pas le titre de roi mais c'est un roi de fait.

721         à 737 - Règne de Thierry IV, dirigé comme les précédents par Charles Martel.

725         Expédition de Charles Martel contre la Bavière.

725         Incursion arabes en Avignon, à Valence, à Lyon, à Châlons-sur-Saône, Mâcon, Besançon et Dijon.

725         21 Août Prise et pillage d'Autun. Autun est ravagée par les Sarrasins. La région de la Loire est au mains des Arabes. Les musulmans d'Espagne prennent Carcassonne. Ils occupent tout le pays jusqu'à Nîmes. Le duc d'aquitaine Eudes leur barre le passage. Il les oblige à s'engager dans la vallée du Rhône, qu'ils ravagent, puis ils remontent la vallée de la Saône jusqu'à Autun, qu'ils mettent à sac le 22 août. Ils sont arrêtés à Sens avant de retourner en Espagne avec leur butin. Autun est une commune française, située dans le département de la Saône-et-Loire et la région Bourgogne.

725         Les Musulmans atteignent Luxeuil. Luxeuil-les-Bains est une commune française, située dans le département de la Haute-Saône et la région Franche-Comté.

728         Seconde expédition de Charles Martel contre la Bavière.

730         Soumission du dernier duc Alaman aux Francs.

730         invention de l'imprimerie en Chine (xylographie). La xylographie est un procédé de gravure du bois utilisant une tablette de bois comme matrice. Cette technique est l'art de la fabrication manuelle des caractères servant aux typographes pour la composition de document.

732         Abd el-Rahman, Wali d'Espagne, lance ses troupes au-delà des Pyrénées. Abd al-Rahman (mort en 732), général sarrazin et gouverneur d'Andalousie en 721, puis de 731 à sa mort. En 732, lorsque la puissance croissante des Francs commence à menacer la position des musulmans en Espagne, Abd al-Rahman traverse les Pyrénées à la tête de son armée et pénètre en Aquitaine où il met le duc Eudes en déroute. Arrêté dans sa chevauchée par les troupes de Charles Martel, le général trouve la mort au cours de la bataille de Poitiers.

732         Prise et pillage de Bordeaux par les Musulmans.

732         17 octobre Charles Martel remporte la bataille à Poitiers contre les Musulmans mettant fin à l'invasion sarrasine en France. La sanglante victoire de Poitiers arrête pour toujours les conquêtes des Musulmans et les oblige à se replier jusqu'en Provence. C'est à l'occasion de cette bataille que fut donné à Charles le surnom de Martel, parce qu'il y écrasait les ennemis de sa masse d'armes comme avec un marteau. La bataille de Poitiers est une victoire de Charles Martel, maire du palais du royaume franc, sur les Sarrasins d'abd-er-Rahman. Cette victoire est décrite comme décisive à l'époque par les chroniqueurs.

735         Prise d'Arles et d'Avignon par les troupes musulmanes.

735         à 804 - naissance et mort de Alcuin. Maître de l'école palatine (dans le palais). Le plus éminent "intellectuel" du règne de Charlemagne est né, dans l'île de Bretagne, l'Angleterre actuelle. Comme tous les érudits de son temps, il mène une vie vagabonde jusqu'à ce que Charlemagne l'invite à résider à sa cour. Il devient ainsi, à partir de 782, le "précepteur" du souverain et de ses enfants. C'est le début de "l'Académie palatine" où figurent, à côté de la famille royale, tous les grands savants de l'époque. On y a le goût des énigmes et des pseudonymes, pour imiter les traditions de l'Antiquité. Charlemagne s'appelle David, Alcuin, Horatius Flaccus et Angilbert, l'amant de la princesse Berthe, est Homère, tout simplement ! Outre ce rôle capital de pédagogue, Alcuin assume celui de poète officiel : il célèbre la gloire de l'empereur et les bienfaits de son règne. Retiré à Tours comme abbé de Saint-Martin, il lutte contre "la rusticité des Tourangeaux" et s'efforce de créer sur les bords de la Loire un centre intellectuel. Il meurt en 804.

737         Mort de Thierry IV.

737         CHARLES MARTEL (737-741)

737         Charles Martel n'ayant jamais eu le titre de roi, père de Pépin le Bref, grand père de Charlemagne devrait figurer dans la dynastie Carolingienne ou dans les Pippinides qui sont les ancêtres des Carolingiens. Pépin de Herstal qui à l'origine était maire du palais d'Austrasie avait soumis la Neustrie, fait Thierry IV roi des Francs et s'était fait duc et prince des Francs. Il était le véritable roi. Lorsqu'il meurt en 714, les Neustriens et Aquitains alliés aux Frisons (Hollande du nord) et aux Saxons tentent d'abattre la puissance austrasienne. Charles Martel dernier fils (naturel) vivant de Pépin et en dépit des fils de Drogon, fils aimé de Pépin, prent les choses en main il met 6 ans à reconquérir l'autorité et reprendre le titre de duc et prince des Francs. Bien qu'entretenant de bonnes relations avec Rome, il mène une politique de laïcisation des biens de l'église. Les terres ainsi obtenues, lui servent à se constituer une solide armée qui sera l'instrument de ses reconquêtes. En Germanie, il reconquière la Thuringe et l'Alémanie et rétablit l'autorité Franque sur la Bavière et une partie de la Frise. Il aide les missionnaires à évangéliser la Germanie centrale et méridionale. En Gaule, sa victoire à Poitiers et le serment de fidélité du duc Eudes lui permet de franchir la Loire et de se lancer dans le reconquête de la Bourgogne et de la Provence. Devant ces succès, son pouvoir est tel que lorsque Thierry IV meurt en 737, il disposera du royaume en le partageant avant de mourir (741) entre ses deux fils Carloman et Pépin.

737         à 742 - Interrègne. - Gouvernement de Charles Martel jusqu'en 741, puis de Pépin le Bref, son fils.

737         Charles Martel reprend Avignon et bat les Musulmans près de Narbonne.

739         Attaque musulmane sur Arles.

740         Révolte contre les Arabes dans les zones occupées.

741         22 octobre Mort de Charles Martel. Le maire du palais d'Austrasie et de Neustrie est inhumé dans la basilique Saint Denis, parmi les rois. Pourtant Charles Martel n'a jamais été roi des Francs. Il réussit à s'imposer face à la monarchie mérovingienne en déclin depuis la fin du VII° siècle. Grâce à plusieurs victoires militaires, il put asseoir son pouvoir sur le royaume et, profitant de la faiblesse du roi Thierry IV, il s'installa peu à peu à la place. Ses deux fils Carloman et Pépin le Bref se partagent le royaume Pépin (Neustrie et Bourgogne) et Carloman (Austrasie, Souabe, Thuringe). Sa mort survient à Quierzy. Il sera inhumé à Saint-Denis. S'il n'a pas été roi, Charles Martel, avec son fils Carloman, est à l'origine d'une dynastie : les Carolingiens.

741         CARLOMAN et PÉPIN LE BREF (741-743) - (Pépin le Bref roi de Neustrie - Carloman roi d'Austrasie)

741         Révolte contre les fils de Charles Martel.

741         Soumission des Germains de la rive droite du Rhin par le maire du palais Pépin le Bref.

741         Zacharie devient pape. Zacharie, successeur de Grégoire III, le pape Zacharie, orginaire de Byzance, fut sacré le 10 décembre 741. Le saint pape Zacharie, d'origine grecque, naquit en Calabre où il fut élevé dans la piété et les sciences. Traducteur grec érudit des 'Dialogues' de saint Grégoire le Grand et prédicateur éloquent, il fut admis dans le clergé de Rome sous le pape Grégoire III auquel il succéda alors que le roi des Lombards, Luitprand (712-744), menaçait de s'emparer de Rome (741). Ses familiers aimèrent sa douceur et sa compassion, admirèrent son pouvoir de persuasion et eurent confiance à sa grande habileté politique.

742         Victoire de Carloman et Pépin contre les Alamans.

742         Un premier synode sur sol allemand se tient en présence de Boniface. Pépin le Bref et Carloman entreprennent la réforme de l'église franque par une série de capitulaires : Il faut qu'il y ait un évêque dans chaque ville et que tout le clergé de son diocèse lui obéisse ; il ne faut pas que les moines et les religieuses sortent des monastères sans autorisation ; il faut que les richesse soustraites à l'église lui soient restituées ; il faut que les diacres et les prêtres adultères et fornicateurs soient dégradés et obligé de faire pénitence. Les prêtres sont tenus de se rendre aux synodes annuels de l'évêché. Les métropolites sont rétablis dans leurs fonctions. Saint Boniface, Boniface de Mayence, (680-754), est un saint et martyr anglais. Ordonné prêtre en 710, le bénédictin anglo-saxon Boniface gagne la Frise en 716, où il devient l'assistant de son compatriote saint Willebrord. Puis il évangélise la Hesse, la Thuringe et la Bavière avec succès. Consacré évêque en 722, il établit son archevêché à Mayence. Retourné en Frise, il y est assassiné par des païens. "La méthode missionnaire de Boniface était fondée sur deux points essentiels : il recherchait dans un premier temps à obtenir l'appui des rois et des grands et dans un deuxième temps il conviait les monastères à être de véritables foyers de vie chrétienne authentique et évangélisateur. C'est ainsi que la rechristianisation de l'Allemagne "romaine" débuta. Ses succès vinrent aux oreilles du pape Grégoire II qui le fit venir à lui et il le consacra évêque en 722, dépendant directement du Saint-Siège, Boniface n'eu pas de diocèse particulier".

743         Carloman et Pépin offrent le trône à Childéric III, fils de Chipéric II pour rétablir le calme dans le royaume.

743         Pépin et Carloman sortent Childéric III, le dernier roi mérovingien du monastère où il avait été enfermé par Charles Martel et lui permettent d'occuper le trône duquel leur père l'avait évincé. Son retour est motivé par la coalition formée entre autres par le duc Odilon de Bavière et Hunald, celui d'Aquitaine. Ces derniers réagissent mal à l'élimination politique de Grifon (demi-frère de Pépin et Carloman). En rétablissant Childéric III, Pépin et Carloman trouvent ainsi un moyen de les calmer pendant un moment.

743         CHILDÉRIC III (743-751)

743         Childéric III. Charles Martel avant sa mort avait partagé "son" royaume entre ses deux fils Carloman et Pépin. Lorsqu'il mourut en 741 ses deux fils devinrent maire du palais, Carloman en Austrasie, Pépin en Neustrie et Bourgogne. Devant les difficultés pour se faire admettre ils furent amenés en 743 à installer sur le trône Childéric III qui entre temps était devenu moine. Les deux frères soutinrent énergiquement la réforme de l'église entreprise par Saint Boniface, synode de 742, synode de Lestinnes en 743, concile de Soisson en 744 puis en 747, Carloman se retira dans un monastère laissant Pépin seul maître. Voulant déposer le roi, Pépin sollicita l'avis du pape Zacharie en 750. Celui-ci lui accorda la permission disant que celui qui doit être roi c'est celui qui exerce réellement le pouvoir. Il déposa Childéric III en 751 le faisant enfermer à l'abbaye de Saint Bertin et son fil Thierry à l'abbaye de Fontenelle. Ce fut le dernier des Mérovingiens.

743         à 752 - Règne de Childéric III, avec Pépin le Bref pour maire du palais. Sous ce règne, Pépin (surnommé le Bref à cause de sa petite taille) fit victorieusement la guerre aux Francs de l'est au nord: Saxons, Allemands et Bavarois qu'il contraignit au respect des droits de Childéric III.

744         Expédition franque contre les Saxons.

745         Révolte des Alamans.

746         La révolte des Alamans est écrasée par Carloman à Canstatt.

747         Carloman se retire dans un monastère en faveur de Pépin, fils de Charles Martel.

749         Pépin le Bref épouse Berthe aux Grands Pieds. Berthe au Grand Pied, Bertrade ou Berthe de Laon dite Berthe au Grand Pied (Laon, mai 726 - † Choisy-au-Bac, 12 juillet 783), fille du comte Caribert de Laon. Son surnom serait dû à un pied qu'elle aurait eu plus grand que l'autre. Le nom de sa mère est inconnu, mais on s'accorde pour des raisons onomastiques sur le fait qu'elle se prénommait Gisèle. Le maire du palais Pépin le Bref en fait sa maîtresse vers 741, alors qu'il est marié et a cinq enfants. Elle met au monde Charles en 742, futur Charlemagne, puis Carloman en 747. Pépin répudie sa première femme et épouse Berthe en 743 / 744. Elle est couronnée reine avec son mari, en 751, après la déposition du dernier roi mérovingien Childéric III.

750         Quatre-vingts Omeyyades sont empoisonnés par les Abbassides lors d'un banquet en Syrie. Seul en réchappe le petit fils d'hisham, Abd al-Rahman, qui réussit à gagner le Maroc puis l'espagne (755).

750         15 mai Fondation de l'Émirat de Cordoue. Abd er-Rahman el-Dachil, de la dynastie des Omeyyades, s'empare du pouvoir à Cordoue et se fait nommer émir d'al-Andalous (nom arabe de l'Espagne). L'Espagne devient ainsi le premier état musulman indépendant. Abd er-Rahman Ier dotera le pays d'une administration exemplaire. Mais il n'arrivera pas à soumettre les régions montagneuses du nord, qui resteront chrétiennes. Abd al-Rahman Ier, retranscrit 'Abd al-Rahman Ier ou Abdérame Ier, dit le Juste) né à Damas en 731, mort à Cordoue en 788 était le premier émir omeyyade indépendant de l'émirat de Cordoue (Al-Andalus) fondé en 756. C'était le fils de Muawiya ibn Hisham. Échappé comme par miracle au massacre de sa famille, qui fut exterminée presque tout entière par les Abbassides, il se réfugia en Espagne, où l'appelaient les Maures établis dans ce pays, réduisit sous son pouvoir presque toute cette contrée, fixa sa résidence à Cordoue, et régna paisiblement pendant 31 ans, faisant fleurir les lettres et les arts et cultivant lui-même la poésie. On lui donna le surnom de Juste.

750         Après le massacre du dernier calife omeyyade de Damas, Abû al'Abbas fonde la dynastie des Abbassides à Bagdad. Bagdad, capitale des Abbassides devient le centre du monde musulman au détriment de Damas. Quatre-vingts Omeyyades sont empoisonnés par les Abbassides lors d'un banquet en Syrie. Seul en réchappe le petit fils d'Hisham, Abd al-Rahman, qui réussit à gagner le Maroc puis l'espagne (755). Abû al'Abbas, Al-Saffah (722-754) est un arrière petit fils de Al-Abbâs, l'oncle du prophète Mohammed (Mahomet). Il fut proclamé calife en 750 à Koufa. Il est mort en 754. Les Abbassides sont une dynastie de califes sunnites qui gouvernèrent le monde musulman de 750 à 1258, établissant leur capitale à Bagdad, ville fondée en 762. Cette dynastie arriva au pouvoir à l'issue d'une véritable révolution menée contre les Omeyyades. Les Abbassides tirent leur nom de Al-Abbâs, oncle de Mahomet, dont ils sont les descendants, alors que les Omeyyades avaient un lien familial plus lointain avec le Prophète. Ils veulent un État plus profondément musulman, où les Iraniens convertis à l'islam auront une part égale à celle des Arabes. Au cours de la révolution contre les Omeyyades, leur chef Abû Muslim réunit autour de lui, en plus des Arabes hostiles à la dynastie régnante, des indigènes iraniens, de petites gens, des esclaves enfuis. Il triompha en 750 à la bataille du Grand Zâb, après plus de trois ans de guerre. Le premier calife abbasside fut Abû al-Abbas, dit as-Saffah (750-754).

750         Le Concile de Tours enjoint aux ecclésiastiques de prêcher en langue populaire, donc germanique ou romane. Le concile prouve qu'une proportion notable de ruraux ne maîtrisaient pas la langue latine. L'écart entre le latin et son produit populaire, roman puis ancien français, est tel qu'on les distingue comme deux langues différentes.

751         LES CAROLINGIENS.

751         Les Carolingiens, que l'on appelait couramment Carlovingiens jusqu'à la fin du XIxe siècle, forment une dynastie de rois francs qui régnèrent sur l'Europe occidentale de 750 jusqu'au xe siècle, et dont la généalogie remonte à saint Arnoul (v. 582–640 ?). Les Carolingiens doivent leur nom à leur ancêtre direct, Charles Martel, maire du Palais D'Austrasie, dont la victoire à Poitiers interrompt la progession des Arabes vers le Nord et lui donne une immense renommée dans l'Occident catholique. C'est à tort que l'on se réfère au nom de Charlemagne pour désigner la dynastie. La dynastie des Carolingiens trouve ses origines au sein de la famille des Pippinides, qui détint, pendant plusieurs générations, la charge de "maire du palais" sous le règne des souverains mérovingiens d'Austrasie. Au fur et à mesure de la désagrégation du pouvoir de la dynastie mérovingienne, durant la période dite des "rois fainéants", les maires du palais pépinides accrurent leur pouvoir : déjà Pépin de Herstal, puis Charles Martel dirigeaient de façon quasi autonome la politique du royaume, tels des souverains, mais sans le titre ; ainsi, ils nommaient les ducs et les comtes, négociaient les accords avec les pays voisins, dirigeaient l'armée, étendaient le territoire du royaume (notamment en Frise) et allaient même jusqu'à choisir le roi mérovingien. Dès la fin du VIIe siècle, alors que la politique est marquée par des querelles sanglantes entre les Francs neustriens (à l'ouest) et austrasiens (à l'est), les derniers Mérovingiens sont cantonnés à un rôle de souverain d'apparat. Ils ont un royaume exsangue : le pouvoir émietté est aux mains des aristocrates terriens. La culture latine a progressivement régressé au cours des deux siècles précédents. Une crise économique sans précédent a mis à mal l'ensemble des repères de l'Occident antique : elle est notamment due à la fermeture des routes commerciales avec le monde méditerranéen à cause des conquêtes arabes. C'est dans ce contexte que commence l'ascension d'une nouvelle famille. Parmi les réels détenteurs du pouvoir, les maires du palais austrasiens prennent de facto le contrôle de l'ensemble du royaume des Francs, avant de détrôner publiquement le dernier Mérovingien et de former leur propre dynastie : il s'agit des Pippinides, ultérieurement connus sous le nom de Carolingiens. Soucieux de légitimer leur coup d'État, les Pippinides rattachent quant à eux leur origine à Francus, un Troyen légendaire, et se rattachent par là une nouvelle fois à Rome. Le pouvoir des Carolingiens marque l'entrée réelle dans le Moyen Âge : la Gaule disparaît des sources et devient la Francie, alors que le centre du pouvoir se déplace vers l'est, des cités épiscopales antiques vers les domaines ruraux des comtes carolingiens. Il est remarquable que dans le même temps, les hommes de lettres, conscients de la disparition de la culture antique, tentent de la faire renaître : c'est la Renaissance carolingienne. Charlemagne, le deuxième et plus prestigieux souverain carolingien est lui-même couronné Empereur des Francs et des Romains en l'an 800 à Rome. Mais ces tentatives de restaurer l'Empire d'Occident échouent.

751         La prise de pouvoir des carolingiens s'est en fait préparée dès la fin du VIIe en profitant de l'anarchie mérovingienne des "rois fainéants" : Pépin de Herstal contrôle déjà la Neustrie (est de la France) en 687 en qualité de Maire du Palais, sorte de 1er ministre. Son fils Charles Martel accentue encore sa mainmise sur le royaume et s'illustrera en repoussant les arabes à Poitiers en 732. Le fils de ce dernier, Pépin le Bref, consolide l'acquis en réunissant l'Austrasie et la Neustrie et évince le dernier roi mérovingien avant de se faire sacrer roi des francs en 751 et initialise ainsi la lignée carolingienne. Son fils Charlemagne sera le véritable fondateur de l'empire carolingien et il deviendra en 800 Empereur d'Occident. Son royaume est le plus puissant d'Europe grâce à sa stratégie de conquête : 32 années de guerres lui permettent d'édifier un formidable empire consolidé par une bonne administration et enjolivé par une activité culturelle et artistique brillante. Son successeur Louis le Pieux ne parviendra hélas pas à maintenir l'unité du royaume et le traité de Verdun en 843 marquera l'éclatement du royaume entre ses 3 fils : Lothaire contrôle l'Italie et une partie de la Provence, Louis hérite de la Germanie, Charles le Chauve prend la tête de la Francia Occidentalis. Le péril viking et les prétentions de l'aristocratie féodale vont encore fragiliser l'équilibre précaire.

751         La dynastie Carolingienne trouve son origine dans l'aristocratie austrasienne, Saint Arnoul évêque de Metz et Pépin de Landen maire du palais d'Austrasie. A l'origine, le maire du palais était un serviteur du roi, son intendant, mais les derniers Mérovingiens n'étaient plus aptes à régner aussi les maires du palais prirent de plus en plus de pouvoir jusqu'à supplanter leur maître. Le fils de Saint Arnoul, Anségisel, épousa Begga fille de Pépin de Landen, ils eurent un fils nommé Pépin de Herstal. Le frère de Begga, Grimoald tenta de renverser les Mérovingiens à la mort de Sigebert III en 656 il échoua et fut tué en 662, son fils Childebert qui avait été adopté par le roi d'Austrasie Sigebert III, mourru, probablement la même année. Instruit de cette aventure Pépin de Herstal se posa en restaurateur des Mérovingiens. Maire du palais d'Austrasie, il vainquit les Neustriens à Tertry en 687 et devint ainsi le maître des territoires francs. Son fil, Charles Martel parvint à se faire nommer maire du palais à la fois d'Austrasie et de Neustrie. Sa victoire sur les arabes à Poitiers en 732 lui conféra une autorité qui l'amena sur le trône. C'est de son prénom (Charles, Carolus) ainsi que celui de son petit fils Charlemagne (Carolus Magnus) que vient le nom de Carolingien. Il n'a jamais porté le titre de roi, l'ensemble de la généalogie depuis Pépin Ier (Pépin de Landen) qui n'était que maire du palais jusqu'a Pépin III le bref qui fut le premier à règner avec le titre effectif de roi constitue une famille appelée pipinides.

751         PÉPIN LE BREF (751-768)

751         Pépin le Bref. Carloman fils aîné de Charles Martel s'étant fait moine en 747, c'est Pépin qui prendra la succession de son père. Après avoir, avec l'approbation du pape, déposé le dernier roi mérovingien Childéric III en 751, il se fait élire roi par une assemblée de grands laïcs et d'ecclésiastiques à Soisson en 751 et sacrer par les évêques. Cette cérémonie est renouvelée en 754 par le pape Étienne II à Saint Denis. Ce fait se révèlera extrêmement important dans la reconnaissance de la légitimité d'un souverain. En retour Pépin intervient contre les Lombards qui essaient de faire l'unité de la péninsule à leur profit. Pépin enlève l'exarchat de Ravenne et la Pentapole et les offre au pape (donation de Pépin en 754) ce qui sera à l'origine de l'état pontifical. Le pape interdit aux Francs d'élire un roi d'une autre lignée et concède à Pépin le titre de Patrice des Romains, c'est à dire Exarque de Ravenne ce qui correspond à un titre de vice-roi. En 732 les Arabes avaient été arrêtés dans leur progression mais ils étaient toujours au sud de la gaule, Pépin reprend Narbonne (759) et la Septimanie. Pépin le Bref accorde aux Goths de Septimanie une autonomie politique. Il fait d'eux des alliés contre l'Aquitaine. Pépin soumet l'Aquitaine 760/768. Cependant l'Aquitaine et la Provence ravagées par les armées de Charles et de Pépin cessent d'être des foyers de culture intellectuelle, les laïcs ne savent plus lire et l'écriture devient le monopole des clercs. Du point de vue de la tradition culturelle et de l'identité civique gallo-romaine c'est un désastre, mais Charles et Pépin réussirent ce que personne n'avait réussi jusqu'à présent. Il meurt en 768, son royaume est partagé entre ses deux fils Carloman et Charlemagne.

751         novembre Pépin est élu roi à Soisson par une assemblée de nobles et d'évêques.

751         Pépin le Bref, avec l'assentiment du pape Zacharie, fait déposer par l'assemblée des leudes Childéric III qui se retire dans un monastère où il finira ses jours. C'est le dernier roi mérovingien en même temps que le dernier "roi fainéant". - Pépin le Bref est acclamé comme roi, à Soissons, par l'assemblée des chefs et des évêques et porté sur le pavois. Peu de temps après, il va se faire sacrer à Mayence.

752         5 mars Pépin le Bref est sacré roi à Soissons par saint Boniface. Proclamé roi par l'assemblée des chefs et des évêques, il est porté sur le pavois. Ses fils Charles et Carloman sont également sacrés.

752         26 mars Mort de Zacharie, Étienne II lui succède à la tête de la papauté. Étienne II (en latin Stephanus), consacré pape le 25 mars 752, mort le 26 avril 757. Il succède à Zacharie et précèda Paul Ier.

752         Menacé par les Lombards, le pape fait appel à Pépin le Bref.

753         Nouvelle expédition franque contre les Saxons.

753         14 octobre Délégation de Pépin auprès des Lombards.

753         5 novembre Le pape Étienne II entre en France avec la délégation.

754         à 768 - Pépin le Bref, pour assurer la sécurité du Saint-Siège, fait la guerre à Astolphe, roi des Lombards. Il enlève à ce dernier l'Exarchat de Ravenne et la Pentapole, dont il fait don au Saint-Siège, fondant ainsi la puissance temporelle des Papes. - En outre, après une campagne sans résultat contre les Saxons, il fait la guerre aux Sarrasins encore établis en Provence et dans la Septimanie, et les rejette définitivement au-delà des Pyrénées; enfin, il s'attaque aux Aquitains dont le duc, Waïfre descendant de Caribert II, frère de Dagobert, refuse de se soumettre à lui. - Mort de Waïfre assassiné, croit-on, à l'instigation de Pépin; cette mort ne met pas fin à la lutte opiniâtrement soutenue par les Aquitains. Exarchat: Gouvernement militaire byzantin commandé par un exarque (prélat, ecclésiastique de haute dignité dans l'Église). Exarchat. Province placée sous l'autorité d'un exarque, dignitaire impérial détenant les pouvoirs civils et militaires à l'instar d'un vice-roi. Dès 584, l'Italie est constituée en exarchat.

754         6 janvier Pépin le Bref accueille le Pape à Ponthion.

754         14 avril : Signature du Traité de Quierzy créant les États pontificaux par la donnation de l'exarchat de Ravenne. Le pape reconnaît en contre-partie la dynastie carolingienne. Cette donation sera confirmée en 774, à Rome, par Charlemagne, fils de Pépin. Traité de Quierzy, la donation de Pépin ou traité de Quierzy, en 756, crée les États pontificaux. Lors du voyage en France de 754 du pape Étienne II, Pépin le Bref le reçoit dans sa villa de Quierzy-sur-Oise en janvier. À cette occasion un traité est signé créant les États pontificaux par la donation de l'Exarchat de Ravenne, la Corse, la Sardaigne et la Sicile au pape. Celui-ci reconnaît en contrepartie la dynastie carolingienne et relègue au couvent le roi mérovingien Childéric III. Cette donation est confirmée en 774, à Rome, par Charlemagne, fils de Pépin. Les États pontificaux sont les États qui étaient sous l'autorité temporelle du pape. On parle aussi de patrimoine de saint Pierre. Les États pontificaux n'existent plus de facto en 1870, et sont formellement abolis par les accords de Latran en 1929. Leur origine se fonde sur un faux document appelé donation de Constantin, fabriqué par la chancellerie pontificale. Selon ce document, l'empereur Constantin Ier aurait cédé, en 335, au pape Sylvestre Ier, toutes les provinces de l'Occident. Ce document apparaît (est créé) en 754. Pépin le Bref s'était engagé à céder au pape des terres conquises sur les Lombards, ce dernier révèle cette donation à l'Assemblée de Quierzy-sur-Oise. Elle correspond aux territoires de l'ancien exarchat de Ravenne. Cette donation est confirmée en 774, à Rome, par Charlemagne, fils de Pépin. Le Saint-Siège est l'incarnation du pouvoir spirituel de l'Église catholique romaine, c'est-à-dire du Pape, et de son administration, la Curie romaine. L'État de la Cité du Vatican constitue son support temporel. Le pouvoir temporel et territorial du pape remonte à la donation faite par l'empereur Constantin du palais du Latran — donation qui ne doit pas être confondue avec la "donation de Constantin", document apocryphe prétendant fonder la souveraineté du pape sur Rome et l'Occident. C'est Pépin le Bref qui, battant les Lombards en 754-756, conquiert pour le pape Étienne II le Patrimoine de saint Pierre, ancêtre des États pontificaux. La France obtient à cette occasion le titre de "Fille aînée de l'Église"    

754         28 juillet Pépin le Bref est sacré roi une deuxième fois à Reims, par le pape Étienne II qui était venu en France pour implorer le secours de ses armes contre les Lombards qui menaçaient le Saint-Siège. En l'église de Saint-Denis, le pape Étienne II procède personnellement au renouvellement du sacre de Pépin le Bref, puis au sacre de ses fils Charles (Charlemagne) et Carloman. Il prononce la défense, sous peine d'excommunication, "d'oser jamais choisir un roi issu d'un autre sang que celui de ces princes, que la divine piété avait daigné confirmer et consacrer de la main du bienheureux pontife, leur vicaire".

755         Victoire de Pépin le Bref contre les Lombards.

755         Réforme monétaire, adoption du denier d'argent.

756         1er janvier Les Lombards assiègent Rome.

756         avril La Dîme devient obligatoire.

756         mai Nouvelle expédition de Pépin le Bref contre les Lombards.

756         Nouvelle victoire de Pépin le Bref contre les Lombards.

757         26 avril Mort d'Étienne II, son frère Paul Ier devient pape. Saint Paul Ier, né à Rome vers l'an 700, pape de 757 à 767. Il succède à son frère le pape Étienne II (III)

758         Nouvelle expédition de Pépin le Bref contre les Lombards.

759         Victoire de Pépin le Bref près de Narbonne contre les Arabes qui replient en Espagne.

760         Expédition de Pépin le Bref contre l'Aquitaine.

761         Le duc d'Aquitaine, Waïfre d'Aquitaine, envahit la Bourgogne. Waïfre ou Gaïfier, prince mérovingien, il est le fils du duc Hunald d'Aquitaine à qui il succède quand ce dernier se retire au monastère de l'île de Ré en 745. En 748, Waïfre voulant acquérir son autonomie dans son duché, accueille favorablement Grifon qui vient se réfugier chez lui après s'être révolté contre son demi-frère Pépin le Bref. Ensemble, ils vont lutter contre le roi des Francs qui envahit l'Aquitaine en 760 afin de faire respecter les droits du clergé à Waïfre.

763         Pépin le Bref remporte la victoire contre la duc d'Aquitaine.

768         Conquête de l'Aquitaine par Pépin le Bref.

768         1er août - Étienne III est élu à la tête de la papauté. Saint Étienne III, né en Sicile vers 720, pape du 1er août 768 jusqu'à sa mort le 24 janvier 772.

768         24 septembre Mort de Pépin le Bref. Il est inhumé à Saint-Denis. Avant de mourir il avait partagé ses États entre ses deux fils. A Charles (Charlemagne) vont l'Austrasie, la Neustrie, la Gascogne, la Frise et la Thuringe. Carloman reçoit le Languedoc, la Provence, l'Alsace, l'Alémanie, l'Ile-de-France et le centre de la France. A la mort de Carloman, son frère Charles prend possession de l'ensemble. - Charles entre en possession de ceux qui ne sont pas attribués à son frère, avec lequel il continue la guerre contre les Aquitains. Charlemagne, Charles Ier dit Charles le Grand. Né probablement à La Préalle, aujourd'hui dans la commune de Herstal, Liège, Belgique, le 10 avril 742 ou à Quierzy-sur-Oise, le 2 avril 747 - mort à Aix-la-Chapelle, 28 janvier 814. Roi des Francs de 768 à 814. Empereur d'Occident de 800 à 814. Roi des Lombards de 774 à 814. Il peut être considéré comme le "Père de l'Europe" avant l'heure.

768         CHARLES (CHARLEMAGNE) et CARLOMAN (768-771) (Charlemagne roi d'Austrasie, le nord de la Neustrie et l'Aquitaine maritime, avec pour capitale Noyon. - Carloman roi de Austrasie, Bourgogne et Provence - Carloman roi d'Alémanie, l'Alsace, la Bourgogne, la Hesse, le sud de la Neustrie, la Provence, l'Est de l'aquitaine, avec pour capitale Soissons.)

768         Carloman. En 768, à la mort de Pépin le bref, son père, il règne conjointement avec son frère Charlemagne. Les deux frères ne s'entendent guère, en vain leur mère essaie de les rapprocher. Carloman meurt en 771 ce qui évitera une guerre ouverte entre les deux frères. Charlemagne se saisit de l'ensemble des pouvoirs la femme de Carloman se réfugie chez son père le roi des Lombards. Charlemagne met leurs enfants dans un monastère.

768         Charlemagne. A la mort de Pépin le bref, son père, il règne conjointement avec son frère Carloman. Les deux frères ne s'entendent guère, en vain leur mère essaie de les rapprocher. Pour éviter des problèmes extérieurs, elle négocie le mariage de Charles (Charlemagne) avec la fille de Didier roi des Lombards (Désirée de Lombardie) ce qui isole Carloman et permet à Didier de reprendre ses idées de conquêtes en Italie et notamment contre la papauté. Carloman meurt en 771 ce qui évitera une guerre ouverte entre les deux frères Charlemagne se saisit de l'ensemble des pouvoirs et répudie Désirée. Charlemagne fit des efforts pour organiser son empire, pour le structurer, il le divisa en 250 comtés administrés par un compte et un évêque. Il supprime la fonction de maire du palais. Il promulgue des capitulaires et envoie des inspecteurs pour juger de leur application. Il est très pieux et conscient que la religion est un élément de stabilité. Il la favorisera et fera des conquêtes en son nom. Il passera le plus clair de son temps à faire la guerre: Italie, Saxe, Espagne, Arabes et agrandira considérablement son royaume. Durant ses 46 années de règne, il n'y aura que 2 années sans campagne militaire (790 et 807). Ses motivations essentielles sont: arrêter les pillards qui effectuent des raids régulièrement et apporter la foi chrétienne à ces païens. Pour protéger le territoire, il créera des zones tampon, les Marches, solidement armées, commandées par un margrave (ou marquis). L'ensemble des forces doit pouvoir être évalué à 50 000 hommes dont 2 ou 3 000 à cheval. Ces forces ne seront jamais rassemblées simultanément. Il est couronné Empereur le 25 décembre 800 par le pape Léon III. Il meurt en 814.

769         Soulèvement en Aquitaine rapidement réprimé par Charlemagne.

770         Charlemagne répudie Himiltrude pour épouser Désirée, fille du roi des Lombards. Himiltrude, elle est une reine carolingienne de par son mariage avec Charlemagne. Elle lui donne un fils, Pépin le Bossu. Elle est néanmoins répudiée en 770 en faveur de Désirée de Lombardie. Himiltrude décède dans un couvent. Désirée de Lombardie, fille de Didier de Lombardie et Ansa. répudiée par Charlemagne avant 771. Didier de Lombardie, duc lombard de Toscane, qualifié également quelquefois de "duc d'Istrie", est le dernier roi des Lombards d'Italie (757 - 774).

770         à 840 - naissance et mort de Eginhard. Écrivain. Eginhard est connu pour être le biographe de Charlemagne; il est un grand nom de la renaissance carolingienne. Né vers 770, il fut éduqué à l'abbaye de Fulda puis à la cour de Charlemagne. Il fut envoyé dans l'empire pour plusieurs missions concernant les édifices de l'empereur. Il évolua ensuite à la cour de l'empereur Louis le Pieux, le fils de Charlemagne. Il s'occupa de l'enseignement de son fils aîné Lothaire. En récompense, Louis le Pieux lui confia plusieurs abbatiats laïcs, dont celui de Saint-Wandrille (Fontenelle) en 816-823. Voyant les fils de Louis le Pieux se déchirer, il préféra se retirer de la vie séculière et s'attacha à rédiger la Vita Karoli (vie de Charlemagne), dans la tradition littéraire de la Vie des Douze Césars de Suétone. Il meurt à l'abbaye de Seligenstadt, en 840.

771         4 décembre Mort de Carloman frère de Charlemagne avec qui il partageait le pouvoir, ne laissant que deux enfants en bas âge. Charles usurpe sa succession, au détriment de ses neveux, qui vont se réfugier auprès de Didier, roi des Lombards. Charles (futur Charlemagne) devient seul roi de tous les États sur lesquels avait régné Pépin le Bref. Son long règne est un des plus remplis et des plus glorieux de l'Histoire.

771         CHARLEMAGNE (771-814)

771         à 814 - Le long règne de Charlemagne est aussi glorieux par les institutions qu'il donna à la France que par les guerres dans lesquelles il triompha. Il s'efforça de civiliser les peuples soumis par ses armes. Dans ses États, il introduisit, ou selon le cas, développa l'instruction du peuple, il institua des magistrats qui rendaient la justice à demeure, et d'autres qui pour la rendre faisaient de véritables tournées d'inspection : les missi dominici contrôlaient en même temps les actes des fonctionnaires dont les uns étaient nommés par le pouvoir, les autres à l'élection. Deux fois par an, le roi réunissait dans une assemblée les chefs et les évêques (en automne) et des représentants de toutes les classes de la société (en mai), afin de prendre l'avis des premiers sur les choses du gouvernement, et de permettre aux seconds de délibérer utilement sur leurs intérêts. Les Capitulaires sont un recueil de décrets par lesquels Charles réglementait l'administration de la justice et les choses de la guerre. La grande puissance de Charles incitait tous les autres souverains à rechercher son amitié. C'est ainsi qu'il reçut une ambassade chargée par le calife d'Orient, Haroun-al-Raschid de lui remettre de riches présents et de solliciter son alliance. Le commerce sous ce règne fut florissant, et d'excellentes mesures de police assuraient la tranquillité intérieure de l'État. L'immense Empire carolingien s'étendait entre la mer Baltique, l'Eider, la mer du Nord, l'Océan Atlantique, l'Èbre, la Méditerranée, la Pescara et le Garigliano, l'Adriatique, la Bosna, la Save, la Theiss et l'Oder. La capitale était Aix-la-Chapelle, où se voit encore le tombeau du grand empereur. Les missi dominici (en latin, "envoyés du seigneur") sont des envoyés extraordinaires du roi mérovingien, devenus ordinaires lorsque Charlemagne en fait des agents réguliers de contrôle de l'administration locale (capitulaire de 802). Les missi vont par deux - un comte et un évêque ou abbé - et sont chaque année affectés à la visite d'une région - dite missaticum, pluriel de missatica. Leur compétence est théoriquement collective et universelle. Haroun al-Rachid, calife de Bagdad.

771         Charlemagne répudie Désirée pour épouser Hildegarde. Hildegarde de Wintzgau (758 - Thionville, 783) Fille de Gérold Ier, comte de Wintzgau, et d'Emma d'Alémanie, Hildegarde est une reine caroligienne. Elle est la troisième épouse de Charlemagne, qu'elle épouse en 772 et à qui elle donne huit enfants, dont le futur Louis Ier.

772         Campagne de Charlemagne contre les Saxons. Prise de la ville saxonne d'Eresburg, et destruction du temple et de l'idole d'Irminsul, divinité des Saxons. Irminsul était soit un arbre – plus précisément un chêne – soit un tronc totémique sculpté, dédié à une divinité germanique (teutonique) de la guerre, nommée Irmin. Il est connu chez les anciens Saxons, à la fin du VIIIe siècle.

772         Mort d'Étienne III, Adrien Ier devient pape. Adrien Ier, (né à Rome - mort le 26 décembre 795) fut pape de 772 à 795. Il a été élu pape le 9 février 772 pour succéder à Étienne III, devenant le 95e pape de l'Église catholique romaine. Il mit fin à la première crise iconoclaste. Il se vit inquiété par Didier, roi des Lombards, et fut vengé par Charlemagne, qui lui fit don d'une partie des états de Didier, notamment du Pérugin et du duché de Spolète (774). C'est sous son pontificat que se tint le 2e concile de Nicée, 787.

773         Campagne de Charlemagne en Lombardie.

774         Guerre contre les Lombards. Didier de Lombardie, leur roi, avait recueilli les neveux de Charlemagne, et avec eux, un certain nombre de Francs ennemis du nouveau règne. De plus, il ne cessait d'inquiéter le Saint-Siège. Charlemagne franchit les Alpes, s'empare de Pavie, fait prisonnier Didier qu'il envoie finir ses jours dans un cloître à Corbie, et se proclame lui-même roi des Lombards, à Monza, près de Milan. Didier de Lombardie (v. 710 - † ap. 774), duc lombard de Toscane, qualifié également quelquefois de "duc d'Istrie", est le dernier roi des Lombards d'Italie (757 - 774). Aistolf, roi des Lombards, étant mort sans enfants, Didier rassembla une armée et força Rachis, frère d'Aistolf, à lui céder ses droits, 757. Il attaqua ensuite le pape Étienne II; mais fut repoussé par Pépin le Bref. En 770, il donna sa fille à Charlemagne espérant avoir en ce prince un allié sûr; mais dès l'année suivante, il eut la douleur de voir sa fille répudiée, et en 773 ses propres États furent envahis par son gendre, qu'avait appelé le pape Adrien Ier, menacé par les Lombards. Vaincu par les Francs de Charlemagne, assiégé et pris dans Pavie, capitale lombarde, il capitule en mars 774 avant d'être envoyé au monastère de Corbie (Picardie actuelle) ou de Liège jusqu'à la fin de ses jours, peut-être vers 786.

774         Annexion du royaume lombard d'Italie. Défenseur des intérêts du pape, Charlemagne défait le roi des Lombards à Pavie. Il portera désormais le titre de roi des Francs et des Lombards.

774         Beatus de Liebana rédige son 'Commentarium in Apocalypsim'. Beatus de Liebana, théologien mort au monastère de Val-Gabado (Asturies) le 19 février 798. Il appartenait à l'ordre des bénédictins et fut d'abord moine du monastère de Saint-Martin, dans les montagnes de Liébana, qui devint le foyer de la restauration littéraire dans le nouvel État des Asturies. Il joua un grand rôle dans les discussions théologiques contre les doctrines nestoriennes d'Elipand, archevêque de Tolède, et de Félix, évêque d'Urgel, et écrivit à cette occasion le traité : 'De Adoptione Christi, filii Dei'.

775         Nouvelle campagne de Charlemagne contre les Saxons.

776         Campagne de Charlemagne en Italie et en Saxe.

778         Annexion de la Catalogne et du pays basque.

778         Guerre contre les Arabes d'Espagne, entreprise contre le calife de Cordoue, tant sur la sollicitation de quelques émirs du Nord qui avaient à se plaindre de lui, que dans le but d'améliorer la condition des chrétiens d'Espagne, et de reculer le plus loin possible des Pyrénées, les foyers possibles d'invasions sarrasines en France. Charlemagne porta victorieusement ses armes jusqu'à l'Èbre. - Mais la fin de l'expédition ne fut pas heureuse. Au cours de la retraite qui la couronna, son arrière-garde tomba dans une embuscade, à Roncevaux où périt Roland, neveu de Charlemagne. Roland, allié de Charlemagne, meurt lors d'une attaque surprise des Vascons (Basques), dans le col de Roncevaux (Pyrénées). Il revenait avec son armée d'Espagne où il avait vaincu les Arabes. Ses hauts faits sont contés dans la "La chanson de Roland", qui fera de lui un modèle de vaillance. L'Èbre est le plus puissant des fleuves espagnols. Roncevaux, est une commune située au nord de l'Espagne. Ce modeste village des Pyrénées connaît une renommée. Selon la légende, c'est là que Roland, conduisant l'arrière-garde de l'armée de Charlemagne fut surprise par les Vascons le 15 août 778. Il sonna son cor, trop tard pour que le roi pût lui prêter assistance.

778         à 785 - Les Saxons, en apprenant que Charlemagne vient de subir un grave revers à Roncevaux, violent la trêve qu'ils avaient conclue avec lui à Paderborn et qui avait mis un terme à la première période d'hostilités; ils envahissent le royaume franc et y commettent de grands ravages. Charles (Charlemagne) revient d'Espagne à marches forcées et inflige aux Saxons une sanglante défaite à la suite de laquelle il fait décapiter 4 500 des leurs, prisonniers. Cela détermine Widukind, leur roi, à se soumettre et à venir à Attigny, où réside Charles (Charlemagne), demander le baptême. Widukind est le personnage emblématique de la résistance saxonne face aux Francs. Il fut, en effet, l'un des plus obstinés opposants à la christianisation de son peuple, ce qui fait également de lui l'un des principaux adversaires que Charlemagne rencontra durant ses campagnes pour étendre le royaume des Francs. Voyant qu'il devait gagner son soutien, Charlemagne l'aurait persuadé de se convertir. De fait, Widukind reçut le premier sacrement avec plusieurs de ses hommes, lors d'une cérémonie de baptême collectif en 785, à Attigny. Si la pacification de la Saxe dura encore plusieurs années (elle s'achève à Paderborn, en 799), Widukind ne prit plus part aux combats après cette date.

779         Tassilon III de Bavière, duc de Bavière refuse la souveraineté de Charlemagne. Tassilon est le nom de plusieurs ducs de Bavière de la dynastie des Agilolfing, durant le haut Moyen Âge, Tassilon III (742 – 794) : le plus connu d'entre eux et le dernier du nom, s'opposa à Charlemagne. Tassilon III de Bavière (né en 742 - mort en 794) fut duc de Bavière, ou plus exactement des Bavarois et le dernier héritier de la dynastie bavaroise des Agilolfing. Tassilon apparaît comme une personnalité politique de premier plan à l'époque de Charlemagne. Il était le fils d'Hiltrude, fille naturelle de Charles Martel et épouse du duc Odilon de Bavière. Ce lien de parenté avait permis à sa mère d'être régente du duché bavarois pour son compte, en 748. En 757, Tassilon jura fidélité au roi des Francs à l'assemblée de Compiègne, devenant ainsi le vassal de Pépin le Bref. Néanmoins, il mena par la suite une politique indépendante à l'égard des Francs.

779         Expéditions de Charlemagne contre les Saxons.

780         Réforme monétaire, le denier d'argent devient la seule monnaie. Le Denier, du latin denarius, unité de base du système monétaire de l'Empire romain, a continué à être utilisé à l'époque Carolingienne, puis durant le Moyen Âge. Son nom est resté employé jusqu'à la Révolution française.

780         Apparition de l'écriture liée, connue sous le nom de "minuscule caroline". À l'époque romaine les caractères latins correspondaient aux seules capitales. Au Ier siècle, cependant, apparaît une écriture plus enlevée, la rustica. Petit à petit, l'écriture se fait plus rapide, avec une déformation des traits droits et une simplification. Bientôt se distinguent deux formes pour chacun des caractères, la forme originale (la capitale) et la forme cursive (la minuscule), qui ne tardent pas à avoir des usages spécifiques. Les minuscules s'arrondissent et atteignent leur "perfection" avec l'onciale. Enfin, avec la minuscule caroline, ils acquièrent leur prééminence. Désormais, les capitales ne sont plus employées que pour des usages spécifiques et propres aux langues à écriture latine. Née d'une recherche initiée par Charlemagne, l'écriture carolingienne est plus fine, plus carrée, plus rapide à exécuter que l'onciale. Suite à une volonté de normaliser l'écriture, les moines copistes vont l'adopter dans tout l'Occident jusqu'au XII° siècle. C'est la grande période des livres manuscrits et des enluminures. A l'époque romane, cette écriture va évoluer pour donner l'écriture gothique. La minuscule caroline est une écriture apparue au VIIIe siècle, vers 780 sous l'impulsion de Charlemagne, dans l'école palatine tenue par Alcuin puis elle se répand depuis Saint Martin de Tours où l'érudit s'est retiré à la fin de sa vie. Elle se diffuse ensuite dans tout l'Empire dans les codex, les capitulaires et divers textes religieux avant d'évoluer vers l'écriture gothique au XIIe siècle. Elle présente des formes rondes et régulières qui la rendent plus facile à lire et à écrire que la minuscule mérovingienne, ce qui assure sa renaissance au XVe siècle, sous la forme de l'écriture humanistique lorsque des humanistes florentins l'ont redécouverte et préférée à l'écriture gothique qu'ils jugeaient artificielle et illisible.

780         à 850 - Art carolingien. Architecture carolingienne, on parle aussi de renaissance carolingienne. En effet cet architecture est liée à Charlemagne et à son couronnement, à la suite du quel il réunira à sa cour les plus grands érudits de son Empire carolingien. Le désir premier de Charlemagne et de rebattir un Empire semblable à l'Empire romain et l'architecture deviendra en effet l'art premier chez les carolingiens. C'est donc un retour aux formes de la haute Antiquité qui caractérise l'architecture carolingienne et sa mise au service du souverain. Pourtant l'adaptation des oeuvres antiques reste très originale et ne se contente pas de simple copies. Le plan architecturale des églises est toujours le même et reprend un plan centré et basilical de la haute Antiquité mais avec une certaine adaptation. Le choeur de l'édifice est placé à l'est, conformément à la litturgie romaine, au quel répond un second choeur identique à l'ouest aux quels s'ajoutent deux absides. Le décor des édificés religieux se fait aussi par le rémploi d'éléments de l'architecture Antique. L'architecture carolingienne est aussi le prémice à l'architecture romane et ottomane. L'Art carolingien s'étend sur une période de 120 ans entre 780 et 900 , pendant le règne de Charlemagne et ses héritiers direct, habituellement connu en tant que Renaissance carolingienne. Pour la première fois, les rois d'Europe du Nord ont joué le rôle de mécène pour l'art romain, mélangeant formes classiques et germaniques, et insufflant des inovations dans le dessin des figurines, qui servira de modèle pour l'avènement de l'art roman et gothique dans l'Ouest. L'ère carolingienne est une des périodes de l'art sacré médiéval connue sous le nom de "pré-roman".

781         Victoire de Charlemagne contre Tassilon III de Bavière, duc de Bavière, qu'il fait enfermer dans un monastère.

781         15 avril Baptême et sacre de Pépin second fils de Charlemagne par le pape Hadrien Ier à Rome. Pépin dit le Bossu, fils de Charles Ier dit le Grand, Charlemagne et Himiltrude. Enfermé a l'abbaye de Prüm en 792 après une révolte contre son père Charlemagne en 791.

781         Réorganisation monétaire et fiscale (l'impôt romain disparaît). Le système des "douzaines" de deniers a été défini sous Charlemagne en 781 : L'unité de compte de base était le denier et prenait ses racines dans le régime monétaire romain depuis le IIIe siècle avant J.-C.: le mot denier est dérivé du latin denarius, égale une pièce de 10 as. L'Unité de Compte intermédiaire était le Sou ou Sol, francisation du Solidus, monnaie d'or introduite par Constantin Ier, au IVe siècle de notre ère, afin de mettre un terme à la dégradation du régime monétaire romain, et qui perdurait encore après la dislocation de l'Empire, dans les anciennes provinces romaines. Le Sou/Sol était défini par une valeur de 12 deniers. Une nouvelle unité de compte supérieure, la Livre, était définie par une valeur de 240 deniers ou 20 Sols/Sous. Elle était dérivée d'une des Unités de poids de l'Ancien régime : la livre de poids de marc, équivalente à 489,5 grammes environ. C'est à ce niveau que fut d'ailleurs fixée l'équivalence "Argent – Poids" de la Livre. Le système des "douzaines de deniers" restera le système de compte du régime monétaire de l'Ancien Régime pendant plus d'un millénaire, jusqu'au 18 germinal an III (7 avril 1795), où un nouveau système d'unités de compte plus simple car fondé sur le système décimal, sera défini. Le Denier, une unité de base du système monétaire de l'Empire romain à la Révolution française. La livre est une unité monétaire basée sur l'argent, dont la valeur et les subdivisions ont varié suivant les pays et les époques. De nombreux pays faisant autrefois partie de l'Empire romain, dont la France, ont utilisé une livre divisée en 20 sous, chaque sou étant lui-même divisé en 12 deniers, la livre valant donc 240 deniers. D'abord une livre correspondait vraiment à une livre d'argent (environ 409 grammes) de laquelle on frappait 240 deniers ou 20 sous. Ainsi originalement 240 deniers ou 20 sous avaient exactement le poids d'une telle livre d'argent. Mais avec l'altération perpétuelle des deniers et des sous frappés, la valeur de la livre s'est tellement altérée que, dans les années 1790, la livre valait seulement le dix-huitième de sa valeur de 1266. Naturellement 240 deniers d'une telle livre alterée ne correspondaient plus à une livre de poids. Notons qu'il existait sous l'Ancien Régime différentes livres en France, dont la livre tournois (c'est-à-dire de Tours), la plus couramment utilisée, et la livre parisis (c'est-à-dire de Paris). Quatre livres parisis valaient cinq livres tournois. Sous l'Ancien Régime, le mot "livre", ou parfois "franc", était aussi utilisé pour désigner une simple unité de compte, dont la valeur n'apparaissait sur aucune pièce. Par exemple, il existait des pièces d'un écu, qu'on portait en compte pour une valeur de trois livres.

782         Défaite de l'armée franque contre les Saxons.

782         Les renforts menés par Charlemagne lui permettent de remporter la victoire contre les Saxons.

783         Révolte en Saxe menée par Widukind, duc saxon, contre la domination franque.

785         Nouvelle campagne de Charlemagne contre les Saxons.

786         14 septembre : Début du règne d'Haroun al-Rachid, calife de Bagdad (fin en 809). Apogée de l'empire musulman abbasside. Haroun ar-Rachid, à la mort de son frère al-Hâdî en 786, il devint le Ve calife abbasside. Il est mort et à Tûs dans le Khorasan en 809 et y est enterré.

786         Complot du comte Hardrade contre la vie de Charlemagne en Thuringe et en Franconie. Les conjurés sont arrêtés et enfermés dans des monastères. Leurs biens sont confisqués.

786         Charlemagne intervient à Rome. Il réduit le duc Arichis de Bénévent à l'obéissance. Dès son départ, Arichis conclue une alliance avec Byzance, au terme de laquelle il doit recevoir le titre de patrice et représenter l'empereur d'orient en Italie et à Rome. Charlemagne obtient du pape Paul Ier un sacramentaire grégorien qui lui permet d'introduire la liturgie romaine et d'éliminer les liturgies locales, gallicane, wisigothique ou irlandaise. De là part une révolution musicale avec l'invention de la polyphonie par le biais du neume, signe qui permet de marquer la hauteur d'un son sur une partition, et du trope, syllabe d'un texte placé sous un neume, et de conserver une composition musicale. Ainsi sont posés les bases du contrepoint mélodique.

787         Campagne de Charlemagne contre Tassilon III de Bavière, duc de Bavière.

787         Guerre contre les Bavarois aidés par le duc de Bénévent, Arigis II de Bénévent. Pour prévenir leurs attaques, Charlemagne marcha contre eux. Le duc de Bavière, Tassilon III de Bavière, condamné à mort par les chefs francs, obtint de Charlemagne la vie sauve, mais fut enfermé pour le reste de ses jours à l'abbaye de Jumièges. Charlemagne annexa la Bavière à ses États. Arigis II de Bénévent est duc lombard de Bénévent de 758 à août 788. Il épouse la princesse Adalberge, fille de Didier roi des Lombards, prend le titre de "prince de Bénévent" après la victoire de Charlemagne sur son beau-père Didier et la déposition de ce dernier, et résiste aux attaques franques jusqu'en 787 quand, assiègé dans sa forteresse de Salerne, il doit capituler, se soumettre, et se reconnaître vassal du roi franc. Il doit également livrer en otage son second fils Grimoald, et serait mort de la peste l'année suivante.

787         24 septembre-13 octobre : à Nicée, dans l'empire byzantin, le deuxième concile de Nicée (VIIe concile oecuménique) réuni par Irène condamne l'iconoclasme. Il réglemente la discipline des clercs, des moines et des laïcs. Le deuxième concile de Nicée eu lieu en 787. Il a pour objectif de mettre un terme au conflit politico-religieux à propos de l'iconoclasme. Mais il ne met un terme qu'au premier iconoclasme (726-787) après avoir formulé des distinctions dogmatiques importantes. Le concile de Nicée I contre l'arianisme avait connu au IVe siècle un sort semblable. Le concile affirme la nécessité de vénérer les images et les reliques. Il affirme que l'honneur ne s'adresse pas à l'image, ni aux reliques mais, à travers elles, à la personne qu'elles représentent. Le concile distingue l'adoration due à Dieu seul de la vénération que l'on porte aux saints, aux reliques et aux images.

787         3 octobre Tassilon III de Bavière renouvelle son serment d'allégeance à Charlemagne.

788         à 796 - Cette période fut occupée par une guerre dirigée par Pépin le Bossu, fils de Charlemagne, contre les Avars, descendants des Huns, pour mettre un terme à leurs incursions sur les territoires de la monarchie. Elle fut couronnée du succès que Charlemagne en espérait et rapporta à ses troupes un immense butin.

788         Condamnation de Tassilon III de Bavière pour faux serment.

788         Annexion de la Bavière. Soumission de la Bavière de Tassilon, qui est accusé à l'assemblée générale d'ingelheim par ses vassaux et ses évêques d'avoir trahi la parole donnée et de s'être allié aux Avars pour faire la guerre aux Francs. Sa femme, Liutberge, fille de l'ancien roi des Lombards Didier l'aurait incité à la révolte. Le duc est condamné à mort et destitué, puis enfermé dans un monastère. Le duché des Agilolfinges est réuni à l'empire.

788         30 septembre : Début du règne de Hisham Ier émir de Cordoue (fin en 796). Il s'oppose à ses deux frères pour s'emparer du trône.

789         5 février Idrîs Ier fonde le Maroc. L'imam, chef de la tribu berbère des Awraba, se fait reconnaître comme roi par les Berbères et rejette l'autorité du calife de Bagdad. Il prend le nom d'Idrîs Ier et fonde la ville de Fès. Idrîs Ier se proclame comme étant un descendant direct d'Ali, neveu et gendre du prophète Mahomet. Il sera le premier de la dynastie des Idrissides à l'Ouest du Maghreb. Idrîs Ier mourra assassiné après trois ans de règne laissant la place à son jeune fils Idrîs II. Idrîs Ier appelé Moulay Idrîs : Fondateur du royaume du Maroc il est l'arrière petit fils de Hasan fils de Ali, il a combattu au côté des Alaouites contre les Abassides mais fut battu par ces derniers à la bataille de Fakh près de la mecque, après la défaite il s'est échappé avec son compagnon Rached au Maroc pour fuir le massacre de sa famille par les Abassides en 786, fut accueilli par les berbères de la région de Walili (Volubilis) ville fondée par les romains près de Meknès (788). Il est mort empoisonné par un serviteur envoyé par le Calife Haroun Al-Rachid en 791, laissant sa femme Kenza enceinte, son fils Idrîs II accédera au trône à l'âge de 11 ans. Son tombeau est à Moulay Idrîs Zerhoun, village à flanc de montagne près des ruines de Volubilis.

789         23 mars : Le Capitulaire Admonito generalis de Charlemagne fixe les premières grandes lignes directrices de la réforme carolingienne, qui entend réglementer tous les compartiments de la vie du royaume, décrétant notamment la création d'écoles dans chaque évêché et le baptême des enfants avant l'âge d'un an. Histoire de l'éducation, le terme école est employé au sujet des "écoles philosophiques" de l'Antiquité, plus particulièrement de la Grèce antique. Ainsi, Milet était le siège d'une école de philosophie où se trouvait le célèbre Thalès. Le philosophe Parménide faisait aussi partie d'une école, l'école éléatique, à Élée dans le sud de l'Italie. Platon fonda une école de philosophie, qui s'appelait l'Académie, puis son élève Aristote fonda sa propre école, qui s'appelait le Lycée. Ainsi, deux des termes employés couramment dans l'enseignement en France proviennent d'écoles de philosophie de la Grèce antique. En Occident, l'éducation fut introduite au Moyen Âge par le célèbre Charlemagne. Charlemagne était conseillé sur ce point par Alcuin : les enseignements furent structurés autour des sept arts libéraux (quadrivium et trivium) qui avaient été définis au VIe siècle. Au XIIe siècle se produisit un autre bouleversement dans l'éducation : ce fut l'apparition des universités en Europe, puis l'introduction dans ces universités des savoirs de la civilisation arabo-musulmane, qui véhiculait par ailleurs les sciences grecques (Thalès, Euclide, Archimède, Aristote...) Les universités étaient structurées en collèges (étymologiquement lire ensemble). A la Renaissance, il n'y eut pas fondamentalement de changement, si ce n'est que les facultés de théologie perdirent de leur importance par rapport au droit, à la médecine, et surtout aux arts. A cette époque, à Paris, le recteur de l'université était souvent choisi dans la faculté des arts. Cette situation perdura jusqu'au siècle des Lumières. Pendant la Révolution française, la France fut un cas particulier en Europe, dans la mesure où l'on créa le système des grandes écoles sur le modèle de l'École polytechnique, fondée en 1794. Au cours du XIxe siècle, la plupart des pays occidentaux s'engagent dans l'alphabétisation de la population. Aux États-Unis, dès 1832, l'État du New York instaure l'école élémentaire gratuite et obligatoire. L'alphabétisation se généralise un peu plus tôt dans les pays de religion protestante, où chacun doit être capable de lire la Bible. En France, en 1881, les lois Ferry instituent l'école gratuite et obligatoire.

789         Expédition victorieuse de Charlemagne contre les Wilzes, peuple slave.

791         Septembre-octobre : Début de la guerre des Francs contre les Avars (fin en 799). Première expédition de Charlemagne contre les Avars, qui perdent la Basse-Autriche. Première expédition de Charlemagne contre les Avars, Les Avars, pillards païens, qui se sont sédentarisés dans les plaines de l'actuelle Hongrie, constituent pour les Francs une menace permanente. Ils ont multiplié les incursions dévastatrices en Bavière et dans le Frioul, désormais soumis à Charlemagne, qui décide d'entreprendre une expédition contre eux en 791. Les Avars sont un peuple proto-mongol.

792         Pépin dit le Bossu, fils de Charlemagne est enfermé a l'abbaye de Prüm après une révolte contre son père Charlemagne en 791.

793         8 juin. Premier raid viking dans le nord de l'Angleterre : pillage de l'abbaye de Lindisfarne au Northumberland par les Norvégiens. La "Chronique anglo-saxonne" (manuscrits rédigés entre le IXème et XIIe siècle) relate que le 8 juin 793 "des pillards païens détruisirent l'église de Lindisfarne (île au nord-est de l'Angleterre), ravageant et massacrant tout ce qui passent à leur portée". C'est le premier raid des Vikings, guerriers et navigateurs scandinaves, qui déferleront sur l'Europe occidentale et les plaines russes pour les piller ou s'y installer.

793         Incursion des Arabes dans la région de Narbonne repoussée par Charlemagne.

793         Serment général de fidélité au roi, Instruction de Charlemagne adressée aux missi dominici pour organiser le serment général de fidélité au roi, suite à la conjuration de Pépin le Bossu. En 793, Charlemagne ordonne aux missi de faire jurer d'abord les évêques et les abbés, les comtes et les vassi dominici, les visdomini (les hommes de confiance des évêques), les archidiacres et les chanoines. Viennent ensuite les moines et les clercs qui font vie commune, qui sont exempté du vrai serment mais doivent jurer fidélité en présence de l'abbé, "puis les avocats (qui administrent les terres de l'Église) et les vicaires, les centeniers et les prêtres séculiers". Enfin "l'ensemble du peuple" (les hommes valides âgés d'au moins douze ans) : "les propriétaires indépendants, les hommes des évêques et des abbesses et des comtes, ou encore d'autres seigneurs, et aussi les serfs du fisc royal et de l'Église et les colons, et les esclaves qui sont honorés par leur maître avec des charges et bénéfices : qu'ils jurent tous". Les paysans assujettis, esclaves ou affranchis, sont écartés du serment, à l'exception de ceux qui dépendent directement du roi ou de l'Église. Serment de fidélité. Cet acte de foi est le pilier de la société féodale : chaque sujet, depuis Charlemagne, prête serment dès l'âge de douze ans à son roi, moyen pour ce dernier de fonder l'unité du royaume. Au Moyen Âge, le serment se retrouve dans l'hommage rendu par le vassal à son suzerain.

793         Révolte en Saxe. Insurrection dans les régions septentrionales de la Saxe. Les Saxons brûlent les églises et massacrent les ecclésiastiques.

793         à 805 - Après quelques années de tranquillité relative, les Saxons recommencent la guerre. Pour en finir avec eux, Charlemagne fait enlever 10 500 de leurs familles qu'il dissémine en leur accordant des terres dans le Centre et le Midi de la France.

794         Mise en place d'un prix maximum pour le blé et le pain.

795         Élection de Léon III à la papauté. Léon III (Rome, 750–id., 816), élu pape le 26 décembre 795. Aussitôt après son couronnement, il envoya à Charlemagne une lettre l'informant de son élection, les clefs de la confession (tombe) de Saint-Pierre et le drapeau de Rome. En réponse, Charlemagne rappela qu'il était le défenseur de l'Église, et joignit à son message une partie du trésor pris aux Avars. Des parents du feu pape, mécontents du nouveau, mirent en place une embuscade. Le 25 avril 799, au cours d'une procession, Léon III fut attaqué et battu. Laissé pour mort, il se réfugia dans une abbaye puis auprès de Charlemagne, à Paderborn. À Noël, en 800, Léon III couronna Charlemagne empereur dans la basilique Saint-Pierre. En 801, il tenta de réunir les deux Empires par l'union de Charlemagne et de l'impératrice Irène. La déposition de celle-ci l'année suivante ruina ses plans. Il combattit l'adoptianisme en Espagne. Il accepta le Filioque comme une vérité de foi mais refusa de l'insérer dans la liturgie. Ce fut Charlemagne qui l'ajouta au symbole de Nicée. Léon III mourut en 816. Il fut canonisé en 1673 par Clément X.

795         Prise du Ring Avar en Pannonie par Charlemagne. Les Avars se soumettent et sont convertis par Arn, archevêque de Salzbourg. Leur défaite laisse le pays sans défense. Prise du Ring Avar, vers 794, des dissensions éclatent dans l'Empire Avar, où l'autorité du khagan est ébranlée par des chefs avars qui mènent une politique indépendante. L'un d'eux, portant le titre turc de tudun, envoie des ambassadeurs à Charlemagne pour lui exprimer son intention de se soumettre et de se convertir au christianisme. L'année suivante, le khagan est assassiné par ses rivaux et le duc de Frioul, Erich, organise une expédition contre la capitale avar, le Ring, immense camp fortifié sur la rive gauche du Danube, en Pannonie, qui est pillé sans rencontrer de résistance. Le roi d'Italie Pépin envahit alors le pays avec des forces plus considérables. Le nouveau khagan vient à sa rencontre pour faire sa soumission mais ne peut éviter que le Ring Avar soit pillé une seconde fois. Le tudun se présente alors comme promis à Aix-la-Chapelle où il reçoit le baptême et de riches cadeaux. Il continue à gouverner comme vassal du roi franc jusqu'au Danube. Le Ring Avar est une fortification ronde en terre couverte de palissade dans laquelle les nomades Avars gardent le butin de leurs pillages et du tribut versé dans le passé par Byzance. La prise de ce butin (quinze chars d'or auraient été envoyés à Aix) joue un rôle considérable dans la puissance de Charlemagne et lui permet de récompenser largement ses fidèles.

796         Aix-la-Chapelle est choisie pour capitale.

796         L'invasion scandinave. Les Vikings foulent la terre irlandaise et s'installent le long de la côte est. En empruntant les voies navigables, ils remonteront progressivement au coeur du pays et assureront leur domination sur la totalité des terres. Ils édifieront quelques décennies plus tard de nombreuses villes côtières, dont celle de Dublin.

796         à 805 - Début de la construction d'Aix la Chapelle. Aix-la-Chapelle est une ville d'Allemagne située dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Le roi franc Pépin le Bref bâtit un château à Aix. Le premier document écrit sur la ville (765) la mentionne comme Aquis villa. Son fils Charlemagne apprécia l'endroit et en fit son lieu de résidence et la capitale de l'empire, construisant un palais dont la magnifique chapelle allait devenir la cathédrale.

797         Rétablissement de l'autorité de Charlemagne en Saxe.

797         17 juillet : Suite à un complot de sa mère, Constantin VI (empereur byzantin) est condamné pour bigamie à avoir les yeux crevés dans la chambre pourpre où il était né. Irène se proclame empereur. Irène, impératrice byzantine de 797 à 802, née à Athènes en 752, morte en 803 sur l'île de Lesbos. Au décès de Léon IV, son fils Constantin VI n'étant âgé que de dix ans, Irène parvient à faire écarter ses beaux-frères Nicéphore et Christophore et à se faire reconnaître régente de l'Empire, ce qui n'est pas sans attirer le mécontentement de l'armée. Elle est couronnée en même temps que son fils en 780. Irène profite de l'impopularité croissante de son fils due à ses échecs militaires (défaite en 791 devant les Bulgares) et à sa politique matrimoniale (divorce de Marie l'Arménienne et remariage avec Théodote) pour reprendre le pouvoir, le 15 janvier 792.

798         Construction de la chapelle et du palais d'Aix-la-Chapelle. Le palais d'Aix-la-Chapelle était un ensemble de bâtiments résidentiels, politiques et religieux choisi par Charlemagne pour être le centre du pouvoir carolingien. Le palais était situé dans la ville actuelle d'Aix-la-Chapelle qui se trouve à l'ouest de l'Allemagne, dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. L'essentiel du palais carolingien a été construit dans les années 790, mais les travaux continuèrent jusqu'à la mort de Charlemagne en 814. C'est Eudes de Metz qui dessina les plans du palais qui s'inscrivait dans le programme de rénovation du royaume voulue par le souverain. Aujourd'hui, la majeure partie du palais a été détruite, mais il subsiste la chapelle palatine qui est considérée comme l'un des trésors de l'architecture carolingienne ainsi qu'un exemple d'architecture caractéristique de la Renaissance carolingienne.

799         Soulèvement des Avars.

799         Charlemagne annexe la Dalmatie. Située en frontière de l'Empire d'Orient et du futur nouvel Empire d'Occident, la Croatie a su vaincre les Avars, puissance nomade venue d'Asie. Mais après les avoir repoussé, laissant le soin à Charlemagne de les soumettre, les Croates doivent faire face à un conflit d'influence entre Carolingiens et Byzantins. Les terres croates seront ainsi partagées. La Dalmatie, partie la plus étendue, se retrouve sous la domination des Francs dans le nouvel Empire d'Occident.

799         25 avril Attentat contre le pape Léon III.

799         Incursion de pirates danois en Aquitaine.

799         Soumission des Saxons, les frontières atteignent la Baltique. La Baltique ou mer Baltique est une mer intracontinentale de 432 800 km² située dans le nord de l'Europe, et reliée à l'océan Atlantique par la mer du Nord. Deux golfes principaux intègrent cet espace : le golfe de Botnie au nord et le golfe de Finlande à l'est.

800         Première apparition des Normands (pirates scandinaves) sur les côtes de France. Un viking est un explorateur, commerçant et/ou pillard scandinave au cours de la période 793-1066, selon les dates traditionnellement retenues. Les peuples en contact avec les Vikings leur ont donné différents noms : Normands pour les Francs, Danois pour les Anglais, Rus pour les Slaves, les Arabes et les Byzantins. Ils étaient parfois aussi qualifiés de "païens" ou d'"étrangers". Varègue est le nom donné au viking exerçant sur la route de l'Est. Au sens large, le terme viking désigne parfois l'ensemble des Scandinaves de la période caractérisée par le phénomène viking. Les Vikings. Dès le VIIIe siècle les Vikings lancent leurs premiers raids sur les côtes anglaises et françaises. Un siècle plus tard ils partent à la conquête de l'Islande, du Canada, du Groenland, de la Russie et de l'Europe. Les Normands, "Hommes du Nord", qui, venus de Scandinavie ravagent les côtes de tout l'Occident, s'aventurent jusqu'au coeur de la Méditerranée, pénètrent loin dans les terres de l'Est, poussent jusqu'en Orient, mais traversent également l'Atlantique, découvrent l'Islande, le Groënland, Terre-Neuve, mais aussi les côtes du Canada et d'Amérique du Nord, essentiellement de la fin du VIIIe siècle au XIe siècle. À partir de l'an 896, des bandes vikings s'installent à l'embouchure de la Seine, sous la conduite de Rollon le Marcheur, puis, plus tard, s'implantent solidement en Pays de Caux et en Cotentin surtout, mais également en Bessin, sur tout le littoral, le long des cours d'eau et de la Seine, et dans certaines villes de l'intérieur comme à Harcourt (qui tire son nom de Hariulfi Curtis du nom supposé d'un chef viking, Hariulf) : cette région devient le duché de Normandie après que le jarl viking norvègien Rollon reçoit du roi carolingien Charles le Simple par le traité de Saint-Clair-sur-Epte (911) le comté de Rouen. La population scandinave qui s'implante dans le duché, est majoritairement originaire du Danemark, mais une minorité non négligeable est issue de Norvège, principalement fixée en Cotentin, et même quelques bandes varègues venues de Suède se fixent en Normandie. La colonisation viking se fait sur plus d'un siècle car les dernières bandes scandinaves arrivent dans le duché dans les années 1020 sous le règne du duc Richard l'Irascible. Le duché de Normandie se constitue surtout sous les successeurs de Rollon et c'est seulement au siècle suivant, sous le règne du duc Guillaume le Bâtard que le pouvoir ducal est totalement affirmé (à partir des années 1060). Les Normands du duché font à leur tour la conquête de l'Angleterre sous le duc Guillaume le Bâtard à partir de l'an 1066, mais depuis le début du XIe siècle déjà, des Normands partent s'illustrer et chercher fortune en Espagne en combattant les musulmans aux cotés des rois chrétiens du Nord comme vers 1034 ou en 1064 à la bataille de Barbastro, mais surtout en Méditerranée, en Italie du Sud et en Sicile, jusqu'à Byzance et en Asie Mineure et enfin en Terre-Sainte à l'époque de la Croisade.

800         Capitulaire de Villis sur la gestion des domaines royaux. Le capitulaire De Villis ou plus exactement le Capitulare de villis vel curtis imperii (ou imperialibus) est une ordonnance royale datée de la fin du VIIIe siècle ou du début du IXe. Charlemagne y édicte à l'intention des villici, les gouverneurs de ses domaines (villae, villis) un certain nombre d'observances et de règles. Il ne s'agit pas (comme il est trop souvent dit) de simples recommandations mais de règles strictes à respecter scrupuleusement, sous peine de lourdes sanctions (amendes, révocation, emprisonnement, bannissement…) car ce texte est une ordonnance royale dont l'application concrète sera contrôlée sur le terrain par les missi dominici (les envoyés du seigneur). Par cette longue ordonnance de 120 articles (les fameux capitulae), Charlemagne entendait, huit siècles avant Sully, réformer entièrement l'agriculture et l'administration de ses domaines, immenses puisqu'ils s'étendaient de l'Allemagne à l'Espagne.

800         24 novembre Charlemagne est accueilli à Rome par Léon III.

800         25 décembre Charlemagne est couronné empereur des Romains à Rome par le pape Léon III. A cette occasion, le pape lui met sur la tête la couronne des empereurs romains. Le peuple assemblé ratifie par ses acclamations l'acte du souverain pontife. C'est le pape Léon III qui, en ce jour de Noël, couronne Charles empereur des Romains. Le pape a élu celui qui passe pour être "un chef à l'ombre duquel le peuple chrétien repose en paix et qui, de toutes parts, inspire la terreur aux nations païennes, un guide dont la dévotion ne cesse, par la fermeté évangélique, de fortifier la foi catholique contre les sectateurs de l'hérésie", ainsi que le définit un certain Alcuin. Lors de la cérémonie on acclame le nouvel empereur par ces mots : "A Charles Auguste couronné par Dieu, grand et pacifique empereur des Romains, vie et victoire !"    

800         L'Empire d'Occident et Charlemagne. Charlemagne devient l'empereur d'Occident en 800. Défenseur de la foi chrétienne, ses conquêtes s'accompagnent de la conversion, de gré ou de force, des peuples vaincus. Il restaure une administration unifiée.

800         Au début du IXe siècle, Charlemagne rétablit l'empire d'Occident. Son influence civilisatrice et la renaissance des lettres latines entraînent paradoxalement l'apparition d'une nouvelle langue écrite, qui deviendra le français. Charlemagne tente de redonner à ses peuples la civilisation qu'ils ont perdue. Pour aider les moines qui ne comprennent plus le texte de la Vulgate (traduction latine de la Bible), il fait venir un clerc d'Oxford, Alcuin, qui crée à Tours un enseignement en latin. Il fait ensuite ouvrir de nombreux centres de formation des élites et attire à sa cour les meilleurs intellectuels de son temps. Les nouveaux lettrés, qui ont appris le latin classique, prennent alors conscience de la réalité linguistique du pays: alors que la langue simplifiée de leurs prédécesseurs, pleine de barbarismes à leurs yeux, avait été accessible au peuple, il est devenu impossible de faire comprendre un texte de vrai latin à qui ne l'a pas étudié. C'est pourquoi, en 813, les évêques, réunis en concile à Tours, demandent aux prêtres de faire leurs sermons dans les langues familières, germanique ou romane, les seules désormais comprises par les fidèles. Cette décision, qui apparaît comme la première reconnaissance officielle de la langue française, est considérée comme fondatrice du français; c'est en effet de ce jour que les clercs se sont préoccupés de mettre par écrit - et donc d'élaborer et de fixer - leur langue maternelle. Ainsi, depuis le latin de César jusqu'à la langue parlée au IXe siècle, la même langue a été employée continûment sur le territoire de la France. Pourtant, à la veille de la mort de Charlemagne, un retour au latin classique a mis en évidence l'existence de deux langues: la langue familière, ou maternelle, sert dans la vie courante, tandis que le latin continue à faire fonction de langue officielle, puisqu'il est seul utilisé dans les écrits "sérieux" (histoire, théologie, philosophie), dans l'administration, le culte et l'enseignement. C'est cette langue maternelle que les historiens appellent "langue vernaculaire", pour éviter d'employer le terme de "français" - le concept n'existe pas encore en ce haut Moyen Âge. Les textes latins de l'époque parlent, eux, de rustica romana lingua.

800         vers - Le Livre de Kells. Au VIIIe siècle, la culture latine de l'Irlande est bien supérieure à celles de l'Angleterre anglo-saxonne, de l'Italie lombarde et de la France mérovingienne. Écrit au début du IXe siècle, le Livre de Kells est reconnu comme l'apogée de la production des manuscrits "insulaires". En décorant de manière unique le texte des quatre évangiles, ce chef d'oeuvre nous plonge dans l'histoire comme dans l'imaginaire médiéval. Le Livre de Kells (Book of Kells en anglais), également connu sous le nom de Grand Évangéliaire de saint Colomba, est un manuscrit illustré de motifs ornementaux et réalisé par des moines celtiques vers l'an 800. Chef d'oeuvre du christianisme irlandais et de l'art irlando-saxon, il constitue malgré son inachèvement l'un des plus somptueux manuscrits enluminés ayant pu survivre à l'époque du Moyen Âge. En raison de sa grande beauté et de l'excellence technique de sa finition, le manuscrit est considéré par beaucoup de spécialistes comme l'un des plus remarquables vestiges de l'art religieux médiéval. Rédigé en langue latine, le Livre de Kells contient les quatre Évangiles du Nouveau Testament ainsi que des notes liminaires et explicatives, l'ensemble étant accompagné de nombreuses illustrations et enluminures colorées.

801         Prise de Barcelone par les francs après un siège de deux ans.

802         Charlemagne exige de nouveau un serment de fidélité de tous les hommes libres du royaume.

802         Fondation du royaume du Cambodge par Jayavarman II (fin de règne v. 836). Il fait l'unité des Khmers et fonde la ville d'Angkor. Il rejette la suzeraineté des Çailendra de Java (il a séjourné jusque vers 790 à Java) et inaugure le culte du dieu-roi (devaraja), liant la royauté au pouvoir divin de Siva. Jayavarman II, le roi khmer Jayavarman II est le fondateur du royaume d'Angkor. Angkor est l'ancienne capitale de l'Empire khmer qui prospéra du IXe au XVe siècle.

803         Paix de Salz avec les Saxons. Charlemagne conclut la paix avec la Saxe à Salz.

805         Révolte des Saxons.

805         Charlemagne réaffirme le monopole royale de la frappe de la monnaie.

805         Capitulaire de Thionville sur les obligations militaires des hommes libres.

806         Charlemagne partage son royaume entre ses trois fils Charles le jeune, Louis (Louis Ier) l'Aquitaine) et Pépin d'Italie la Lombardie. Charles, Pépin et Louis se voient attribuer des parts équitables du royaume, mais la mort prématurée des deux premiers laissera Louis le Pieux seul héritier. Charles le Jeune (772-811) Roi des Francs, Roi de Neustrie, et Duc de Mans. Il est le fils de Charlemagne. Louis Ier dit le Pieux ou le Débonnaire, roi d'Aquitaine (781-814) et empereur d'Occident (814-840). Pépin d'Italie (777-† 810), fils de Charles Ier dit le Grand ou Charlemagne et Hildegarde de Vintzgau, roi d'Italie (781). dynastie des Herbertiens.

809         Concile d'Aix-la Chapelle sur le filioque. Filioque (théologie) On appelle "querelle du Filioque" la querelle théologique entre l'Église catholique romaine et l'Église orientale (futures Églises orthodoxes), à propos du dogme de la Trinité, à partir du VIIIe siècle. Cette querelle, ainsi que des différends d'ordre culturels et politiques, conduisit au Grand Schisme d'Orient de 1054, séparant le catholicisme de l'orthodoxie. "L'affaire du "Filioque", a contribué à l'approfondissement du fossé entre l'Orient et l'Occident, et constitue encore aujourd'hui un obstacle à un rapprochement entre Rome et les Églises orthodoxes. En 381, le concile de Constantinople avait complété le Credo de Nicée en ajoutant une référence à l'Esprit Saint. Les fidèles confessaient ainsi, en plus de Dieu et de Jésus-Christ, l'Esprit Saint "qui procède du Père". Or, en Espagne, à la fin du VIe siècle, des théologiens wisigoths avaient proclamé que l'Esprit Saint procède "du Père et du Fils (Filioque)". La formule séduisit les clercs carolingiens qui la considérèrent comme théologiquement correcte. Mais, pour Constantinople, celle de 381 était intangible. Au début du IXe siècle, Charlemagne, en froid avec l'Empire d'Orient, voulut convaincre les Grecs d'erreur et confia à ses théologiens la tâche de justifier le "Filioque". En 809, il fit approuver par un concile la double procession du Saint Esprit. La querelle rebondit en 867, lorsque le patriarche Photius dénonça le "Filioque" comme une doctrine hérétique dans une lettre à ses pairs orientaux. Photius était excédé pour plusieurs raisons. Il avait appris que le clergé romain exigeait l'emploi du "Filioque" en Bulgarie, pays converti par des missionnaires byzantins mais qui avait demandé au pape Nicolas Ier (858-867) la création d'une hiérarchie ecclésiastique. Ce dernier en avait profité pour établir sa juridiction sur le royaume bulgare. Le pape avait aussi refusé de ratifier l'élection de Photius au patriarcat de Constantinople, et excommunié ce dernier. Nicolas Ier souhaitait le rétablissement de l'ancien patriarche Ignace, contraint à la démission en 856. L'ingérence du pape dans les affaires byzantines avait été très mal prise à Constantinople. Bien que la paix fût rétablie dans la chrétienté, la querelle photienne et le "Filioque" ont créé des séquelles profondes dans les relations entre l'Orient et l'Occident. La controverse sur la primauté du pape, toujours actuelle, remonte à cette époque. Schisme entre l'Église d'Orient et d'Occident. Dans l'Europe médiévale se développe une vision du monde qui inclut non seulement la prépondérance de la chrétienté, mais aussi celle de l'Église en tant que puissante institution. La chrétienté est le seul lien reliant les divers états occidentaux et le garant de l'ordre social. Cependant, la chrétienté elle-même était loin d'être unifiée. Entre l'Église orthodoxe originaire de Byzance et l'Église occidentale dirigée de Rome par la papauté, le fossé se creuse rapidement, rendant la séparation inévitable. Le couronnement de Charlemagne en tant qu'empereur du Saint Empire romain par le pape en 800 crée une scission entre les empires rivaux, chacun disposant à sa tête d'un chef spirituel et d'un chef temporel. La crise se durcit en 1054, quand le pape déclare avoir la mainmise sur la Chrétienté toute entière, Église d'Orient comme d'Occident. Les croisés portent le coup de grâce avec le sac de Constantinople en 1204. La haine byzantine pour l'Occident s'intensifie. La querelle entre les deux Églises n'est pas doctrinaire, mais manifeste l'expression d'ambitions politiques rivales. L'Église est une institution puissante et influente, et sa ligne de conduite et ses actions ont de fortes répercussions politiques. La fracture entre les deux Églises reflète l'hégémonie naissante de la chrétienté occidentale face au déclin de sa consoeur orientale. Église orthodoxe, l'Orthodoxie ou Christianisme orthodoxe est une des branches du christianisme. Elle est organisée en de nombreuses Églises territoriales (et non nationales) qui forment ensemble l'"Église orthodoxe" ou "Communion orthodoxe". Les Églises orthodoxes sont nées ou fondées dans l'antique zone de culture grecque, c'est-à-dire dans la zone orientale du bassin de la Méditerranée. Ce groupe d'Églises partage une compréhension, un enseignement et des offices d'une grande similitude avec un fort sentiment de se considérer les unes les autres comme les parties d'une seule Église. La Bible et la Liturgie sont lues dans les langues nationales actuelles ou anciennes. Les Églises orthodoxes représentent dans le monde la deuxième plus grande confession chrétienne en nombre de fidèles après l'Église catholique.

809         L'édification de la ville de Fès. Monté sur le trône à la mort de son père (Idrîs Ier), Idrîs II fonde la ville de Fès el-Bali, dans laquelle il transfère sa capitale. Il y fera bâtir l'université et mosquée de Karouiyine. Particulièrement influente sur le royaume, la ville impériale deviendra le lieu de rencontre des intellectuels et un véritable bastion religieux. Idrîs II est né à Walila (Volubilis) au Maroc deux mois après la mort de son père en 793. Il prit le pouvoir à onze ans. Il est mort en 828.

810         mort de Pépin d'Italie (777-810), fils de Charlemagne, roi d'Italie.

811         Intervention de Charlemagne contre les bretons.

811         4 décembre Mort de Charles le Jeune, fils aîné de Charlemagne.

812         Nouvelle expédition victorieuse de Charlemagne contre les Wilzes.

812         Traité de paix d'Aix-la-Chapelle entre Charlemagne et Byzance.

813         11 septembre Charlemagne couronne son fils Louis Ier. Louis Ier le Pieux, qui est son troisième fils et qui est roi des Aquitains depuis 781, est le seul héritier des dix-neuf enfants que Charlemagne a eus avec ses neuf épouses successives. Le sacre a lieu à Aix-la-Chapelle.

813         5 synodes permettent d'établir une géographie linguistique de la compréhension du latin: - Concile de Tours: les prêches doivent être prononcés en langue romane rustique ou en allemand pour que les fidèles puissent les entendre (le latin n'est plus compris, c'est la reconnaissance de la naissance du français: rusticam romanam linguam: précocité française à se séparer du latin - Concile de Mayence: invite les prêtres à prêcher de façon que le peuple comprenne (donc en germanique) - Concile d'Arles, Concile de Chalon-sur-Saône: recommandations générales sur le prêche (peut toujours être tenu en latin) - Concile de Reims: invitation à faire le prêche dans la langue particulière des fidèles. On nomme langue romane toute langue issue essentiellement du latin vulgaire (au sens étymologique de "populaire"), c'est-à-dire la forme de latin vernaculaire utilisée pour la communication de tous les jours, par opposition au latin classique et littéraire ; ce sont donc des langues indo-européennes, basées sur le latin. Ces langues ont été parlées ou le sont encore dans un ensemble géographique désigné par le terme de Romania, couvrant en grande partie le Nord-Ouest européen de l'ancien Empire romain (l'est étant resté majoritairement de langue grecque – à l'exception des Valaques – et le sud ayant adopté l'arabe après la conquête musulmane). Les mots roman(e) et Romania remontent bien sûr à des dérivés de l'adjectif latin romanus : l'on considérait en effet que leurs locuteurs utilisaient une langue issue de celle des Romains, par opposition à d'autres introduites ultérieurement dans les territoires de l'empire, comme le francique au nord de la France, langue des Francs appartenant à la famille des langues germaniques. La première attestation du terme de roman, sous une forme ou une autre, remonte au synode de Tours, en 813 de l'ère chrétienne ; c'est lors de ce synode que la première langue vulgaire à s'être détachée du latin est ainsi désignée ; il s'agit d'une forme de proto-français, que l'on nomme romana lingua, ou encore roman. L'ancien français est donc la première langue romane attestée à l'écrit (ce qui ne signifie pas que ce soit la première langue à être apparue comme clairement différente du latin). Le premier ouvrage théorique sur les langues romanes est, en latin, le De Vulgari Eloquentia ("De l'éloquence vulgaire") de Dante (XIIIe siècle), où apparaissent pour la première fois les dénominations de langue d'oïl, langue d'oc et de langue de si (pour l'italien et l'espagnol) — en fonction de la forme respective du mot oui dans les différentes langues romanes. L'on date grosso modo l'évolution du latin vulgaire vers les langues romanes ainsi : 1. entre -200 et 400 environ : différentes formes de latin vulgaire ; 2. entre 500 et 600 : ces formes commencent à se différencier plus ou moins nettement ; 3. vers 800 : l'existence de langues romanes est reconnue (synode de Tours) ; 4. 842 : premier texte complet rédigé en une langue romane (le roman, forme de protofrançais), les Serments de Strasbourg. Les langues germaniques sont des langues indo-européennes. Elles furent d'abord parlées par les peuples germaniques, qui vivaient initialement aux frontières nord-est de l'Empire romain. Ces langues partagent plusieurs traits uniques, parmi lesquels d'importantes mutations consonantiques décrites par les lois de Grimm et de Verner (auxquelles on peut ajouter la seconde mutation consonantique pour le vieil haut allemand), ainsi qu'un lexique conséquent composé de radicaux non indo-européens. Langues romanes, on nomme langue romane toute langue issue essentiellement du latin vulgaire (au sens étymologique de "populaire"), c'est-à-dire la forme de latin vernaculaire utilisée pour la communication de tous les jours, par opposition au latin classique et littéraire ; ce sont donc des langues indo-européennes, basées sur le latin. Ces langues ont été parlées ou le sont encore dans un ensemble géographique désigné par le terme de Romania, couvrant en grande partie le Nord-Ouest européen de l'ancien Empire romain (l'est étant resté majoritairement de langue grecque – à l'exception des Valaques – et le sud ayant adopté l'arabe après la conquête musulmane). Les mots roman(e) et Romania remontent bien sûr à des dérivés de l'adjectif latin romanus : l'on considérait en effet que leurs locuteurs utilisaient une langue issue de celle des Romains, par opposition à d'autres introduites ultérieurement dans les territoires de l'empire, comme le francique au nord de la France, langue des Francs appartenant à la famille des langues germaniques.

814         28 janvier Mort de Charles que la postérité a appelé Charlemagne (Charles le Grand) à Aix-la-Chapelle. C'est à 9 heures du matin que s'éteint Charlemagne, emporté par une pleurésie à l'âge de soixante-douze ans. Il est enterré à Aix-la-Chapelle. Partage de l'Empire. - Charlemagne avait fait des rois de ses trois fils, en leur donnant à chacun une partie de son empire. Pépin avait reçu l'Italie et Charles l'Allemagne; Louis, l'Aquitaine. Pépin mourut avant l'empereur et son royaume échut à son fils Bernard d'Italie ; Charles étant mort aussi avant son père eut pour héritier Louis (le Pieux ou le Débonnaire) - Avènement de Louis Ier le Débonnaire. - Ce prince régnait déjà sur les Aquitains et les Allemands, lorsque lui échut l'immense empire de Charlemagne. Bernard d'Italie, né vers 797, mort le 17 avril 818, fut roi des Lombards de 813 à 817. Petit-fils de Charlemagne, il était fils (illégitime) de Pépin, roi des Lombards, et de Chrothais.

814         LOUIS Ier LE PIEUX (814-840) ou Louis le Débonnaire.

814         Louis le Pieux. Charlemagne avait prévu le partage de son empire entre ses 4 fils mais 3 moururent avant lui, Lothaire en 779 (Lothaire (778-779), frère jumeau de Louis), Pépin en 810 et Charles le jeune en 811. Louis hérita donc de l'ensemble du territoire. Il est couronné empereur par le pape Étienne IV en 816 à Reims. Dés 817 (il a 39 ans) il veut régler le problème de sa succession. A l'époque il a trois fils Lothaire né en 795, Pépin en 797 et Louis en 806. Il désigne Lothaire comme héritier du trône, Pépin sera roi d'Aquitaine et Louis roi de Bavière. Ce partage suscite la révolte de son neveu Bernard petit fils de Charlemagne et roi d'Italie et qui s'était déjà révolté. Louis doit intervenir, Bernard est vaincu en 818, on lui crève les yeux, il meurt pendant le supplice, le royaume d'Italie est supprimé. Louis Ier profondément chrétien fait pénitence publique à Attigny en 822 devant les grands de l'empire ce qui diminue son prestige. Alors que tout semblait réglé, son épouse Ermengarde décède en 818, il se remarie avec Judith de Bavière l'année suivante et naît un 4ème fils Charles (futur Charles le Chauve) en 823. Pour donner à ce dernier une part de l'héritage il remanie le règlement de 817 à l'assemblée de Worms en 829. Ses trois fils aimés se révoltent en 830 puis en 833 lorsque Louis le Pieux retire l'Aquitaine à son fils Pépin. Louis le Pieux est vaincu, jugé, condamné et enfermé dans un monastère ainsi que sa femme Judith. Voyant Lothaire prendre trop d'importance, Pépin et Louis le Germanique rétablissent leur père en 834 mais il ne retrouvera pas son autorité. En 838 Pépin meurt, Louis le Pieux entreprend un nouveau partage de l'empire dans lequel Charles le chauve reçoit l'Aquitaine, le fils de Pépin étant dépossèdé. Louis le pieux meurt en 840. Louis le Germanique et Charles le Chauve s'unissent pour lutter contre Lothaire qui est vaincu à la bataille de Fontenoy en 841. Ils confirment leur alliance par le serment de Strasbourg en 842. C'est le premier document officiel en langue vernaculaire (langue courrante) franque et germanique et non pas en latin. L'Empire est à nouveau partagé par le traité de Verdun en 843.

814         Les Arabes adoptent les chiffres indiens. Les chiffres dits "arabes", qui furent d'abord utilisés en France puis dans toute l'Europe et enfin dans le monde entier, sont en réalité des chiffres indiens : ils sont nés en Inde. Les chiffres tels qu'on les connaît aujourd'hui ont été décrits dans un ouvrage d'Al Khawarizmi, et ont été probablement transmis à l'Europe depuis l'Andalousie musulmane vers la fin du Xe siècle grâce à l'enseignement du calcul sur abacus, tel que pratiqué par les Arabes. On en trouve des attestations claires dans le Liber abaci de Fibonacci, datant de 1202. Ce sont des logogrammes. Alors d'emploi très limité, l'utilisation de ces chiffres arabes (que les Arabes nomment "chiffres hindîs") n'a vraiment commencé à se généraliser en Europe et dans le monde arabe qu'au XIIe siècle. Leur tracé définitif est attesté dès le XVe siècle.

816         Mort du pape Léon III, Étienne IV le remplace. Étienne IV, né à Rome, pape de 816 à 817. Il sacra Louis le Débonnaire empereur à Reims.

816         5 octobre Sacre de Louis Ier à Reims par le pape Étienne IV.

817         Trouvant trop lourd pour un seul le gouvernement de tant de peuples différents, Louis le Pieux procéda à un partage de ses territoires entre ses trois fils: Lothaire, Pépin et Louis. Lothaire était associé à l'Empire, à Pépin échut l'Aquitaine, à Louis la Bavière (ce fut Louis le Germanique). Ces deux derniers ne pouvaient entreprendre de guerre, ni conclure de traité, sans l'autorisation de Lothaire. Bernard, leur cousin, fut confirmé dans sa possession de l'Italie, que d'ailleurs Charlemagne lui avait reconnue à la mort de son père; cependant il se crut lésé par ces dispositions; il se révolta contre son oncle, entre les mains duquel il tomba par trahison et qui, pour le punir, lui fit crever les yeux, ce dont il mourut. Louis crut expier ce crime en faisant pénitence publiquement, à Attigny.

817         janvier Mort du pape Étienne IV, Pascal Ier lui succède. Pascal Ier, 98ème pape de 817 à 824. Né à Rome, il avait été auparavant directeur du monastère Saint-Étienne à Rome. Il reçut en don de la part de Louis le Débonnaire, la Corse et la Sardaigne. Il couronna Lothaire Ier empereur en 823, et ouvrit à Rome un refuge pour les Grecs que la persécution des Iconoclastes réduisait à quitter l'Orient.

817         Louis Ier proclame (Ordinatio imperii) son fils Lothaire empereur rompant avec la tradition Franque (Partage).

817         Bernard d'Italie, petit fils de Charlemagne et roi d'Italie, entré en rébellion contre son oncle, Louis le Pieux, doit finalement se rendre à lui.

818         avril Condamnation à mort pour haute trahison de Bernard.

818         Intervention de Louis le Pieux en Bretagne contre les soulèvements.

820         Premier raid normand à l'embouchure de la Seine.

822         Confession publique de Louis Ier lors de la pénitence d'Attigny. Louis le Pieux se confesse publiquement à Attigny d'avoir fait crever les yeux de son neveu Bernard d'italie qui y a succombé. Les conseillers ecclésiastique de Louis le Pieux (Adalhard, Wala, Agobard et Hilduin, l'abbé de Saint-Denis), après avoir obtenu la confession de l'empereur, obtiennent l'envoi de Lothaire comme roi en Italie et son sacre par le pape (823), comme si le couronnement laïc de 817 avait été insuffisant. Lothaire ne s'occupera jamais vraiment du royaume d'italie et s'en servira surtout comme base politique et militaire pour ses raids septentrionaux. Il s'installe dans les grands domaines royaux, en dehors des villes, et ne nomme pas de Lombards à des postes ecclésiastiques ou séculiers.

823         5 Avril Sacre de Lothaire Ier par le pape Pascal Ier à Rome. Lothaire Ier (795-† 855), fils de Louis Ier dit le Pieux et Ermengarde de Hesbaye, empereur d'Occident (840-855). Déjà en 814 son père lui avait confié le gouvernement de la Bavière. Il est déclaré seul héritier et associé à l'Empire en 817. Son père Louis le Pieux s'étant remarié avec Judith, après la mort de sa première épouse, il eut avec celle-ci un fils, Charles qui deviendra par la suite Charles le Chauve. Lothaire à cette époque est envoyé en Italie où il s'installe à Pavie, il est sacré empereur par le pape Pascal Ier, la papauté se soumet à son autorité. Il est également reconnu comme roi de France et prend en 820 le titre de roi des Lombards. Lothaire Ier se révolte contre son pére Louis Ier le Pieux, celui-ci ayant voulu prendre de nouvelles dispositions en faveur de son plus jeune fils Charles. Lothaire entraîne ses deux frères Louis le Germanique et Pépin contre leur père, et le détrône par 2 fois en 830 et 833, mais deux fois il se voit forcé de lui rendre la couronne. Resté seul empereur à la mort de Louis le Débonnaire en 840, il tente d'envahir les États de ses deux frères, qui refusent de le reconnaitre comme empereur, mais ceux-ci se liguent contre lui et le battent à Fontenay-en-Puisaye dans l'Auxerrois en juin 841. Ils lui imposent alors le partage de Verdun en 843, qui lui octroie le titre impérial et une Lotharingie longue et étroite allant de la Mer du Nord à l'Italie, bien fragile entre ses voisines. Peu de temps avant sa mort il abdique, pour aller s'enfermer dans l'abbaye de Prüm. Il eut épousé Ermengarde, fille du comte de Tours, Hugues d'Alsace, avec qui il eut trois fils. Ces derniers se partagent ses États: Louis (Louis II le Jeune), qui reçoit le royaume d'Italie avec le titre d'empereur; Charles, qui reçoit la Provence jusqu'à Lyon, Lothaire (Lothaire II), qui hérite du pays nommé le royaume de Lorraine. Lothaire mourut à Prüm en 855.

823         13 juin Naissance de Charles, fils de Louis le Pieux et Judith. Charles II dit le Chauve (Francfort-sur-le-Main, 13 juin 823 - Avrieux, 6 octobre 877) empereur d'Occident de 875 à 877. Roi de Francie occidentale de 840 à 877     

824         11 février Mort de Pascal Ier, élection de Eugène II sur le trône papal. Eugène II, né à Rome, 99e pape de 824 à 827. Il négocia avec Louis le Débonnaire la Constitutio romana de 824. Il tint un concile à Rome pour la réforme du clergé. Sa charité lui mérita le titre de père des pauvres.

824         11 novembre Constitutio Romana de Louis Ier imposant son autorité au Pape.

825         Raban Maur abbé de Fulda rédige la première encyclopédie médiévale 'De rerum naturis ou De universo'. Raban Maur, né à Mayence en 776, mort en 836, étudia à l'abbaye de Fulda, puis à Saint-Martin de Tours, sous Alcuin, reçut les ordres en 814, visita la Terre-Sainte, prit à son retour la direction de la célèbre école de Fulde, fut élu abbé de Fulda en 822, devint évêque de Mayence en 847, réprima beaucoup d'abus ecclésiastiques, chercha, mais en vain, à réconcilier Louis le Débonnaire et ses fils, composa de sages règlements et présida plusieurs synodes. Il traita Gotescalc avec une grande sévérité, mais aussi il déploya une charité sans bornes lors de la famine de 850.

825         Le mathématicien, astronome et géographe arabe Al-Khawarizmi publie un traité dans lequel il utilise pour la première fois en mathématiques l'expression "al-jabr" (de "jabara", réduire), qui donnera le mot "algèbre" en français. Al-Khawarizmi, né vers 783 à Khiva dans le Khwarezm qui a donné son nom, décédé vers 850 à Bagdad), mathématicien iranien, est l'auteur de l'ouvrage intitulé Al-jabr wa'l-muqabalah, qui signifie "La transposition et la réduction", publié en 825. Le terme al-jabr fut repris par les Européens et devint plus tard le mot algèbre. Son autre ouvrage, disparu, Kitab 'al-jami wa'l-tafriq bi h'isab 'al-Hind, "Livre de l'addition et de la soustraction d'après le calcul indien"), est le premier à parler du système des chiffres indiens.

829         à 830 - De sa seconde femme appelée Judith de Bavière, épousée en 819, Louis Ier eut un fils, Charles (qui plus tard fut surnommé le Chauve), auquel il voulut assurer aussi un royaume, et dans ce but il prétendit remanier le partage fait en 817. Les trois premiers fils, nés d'Ermengarde, la première femme, protestèrent les armes à la main contre cette décision. Vainqueurs de leur père, ils le déposèrent. Cependant cette déposition ne fut pas sanctionnée par l'assemblée des Grands, à Nimègue, et d'ailleurs les trois révoltés étant entrés en composition, Louis Ier reprit possession de son trône.

829         Louis Ier donne à son fils Charles (le Chauve), l'Allemagne et une partie de la Bourgogne.

830         mars Intervention de Louis le Pieux contre la révolte de Bretagne et de son fils Pépin. Pépin Ier d'Aquitaine (797-† 838), roi d'Aquitaine (817-838), fils de Louis Ier dit le Pieux et Ermengarde de Hesbaye.

830         avril Révolte des grands du royaume contre Louis le Pieux.

830         à 912 - naissance et mort de Notker le Bègue. Confesseur. Moine de Saint-Gall en Suisse, il fut surnommé "le Bègue", et mit ses talents poétiques et musicaux en composant de nombreuses séquences liturgiques, malgré ce défaut et peut-être à cause de lui.

831         Nouvelle révolte de Pépin, fils de Louis le Pieux.

832         mai Révolte de Louis le Germanique fils de Louis le Pieux en Bavière qui fini par se soumettre. Louis II dit le Germanique ou de Bavière (v.806-† 876), fils de Louis Ier dit le Pieux et Ermengarde de Hesbaye), roi de Germanie (843-876).

832         septembre Victoire de Louis le Pieux contre son fils Pépin qui le fait emprisonner à Trèves.

832         Création d'un institut officiel de traduction à Bagdad. Sous l'impulsion d'al-Mamun se crée à Bagdad une "maison de la sagesse" (Bayt al-hikma), sur le modèle des bibliothèques hellénistiques, qui attire les savants (astronomes, mathématiciens, penseurs, lettrés, traducteurs). Des textes grecs (philosophie et science), pehlvis et indiens sont traduits et mis à la disposition des musulmans. Les traductions s'accompagnent de réflexions et de commentaire et une forme nouvelle de littérature apparaît. Les maisons de la sagesse étaient des universités fondées par le calife Abbasside Al-Mamun en 832. Ce n'étaient au départ que des bibliothèques sur le modèle hellénistique de la bibliothèque d'Alexandrie, mais le calife Al-Mamun l'améliora considérablement, ainsi ces centres sont devenus à la fois des centres de traductions, d'étude et de recherche en philosophie et en science, et de réunions. Al-Mamun, Abû al-Abbâs “al-Ma'mûn” Abd Allah ben Hârûn ar-Rachîd surnommé Al-Mamûn ou Almanon est né en 786 à Bagdad et mort à Tarse le 10 août 833, à l'âge de quarante-sept ans, était un calife abbasside qui régna de 813 à 833.

833         à 834 - Ces événements n'avaient pas fait renoncer Louis le Pieux à l'idée d'un nouveau partage. A peine rétabli sur le trône, il chercha à déposséder son fils Pépin de l'Aquitaine pour la donner à Charles le Chauve,     

833         Évasion de Pépin.

833         avril Révolte de Pépin, Lothaire et Louis avec l'appui du pape Grégoire IV contre leur père. Lothaire et Louis le Germanique se jugeant menacés par les nouveaux projets de leur père prirent les armes contre lui et l'attaquèrent à Colmar. Grégoire IV, né à Rome, 101ème pape de 827 à 844. Il introduisit la fête de la Toussaint.

833         23-24 juin : Au Rothfeld, lieu de bataille rebaptisé "Champ du Mensonge" (Lügenfeld) entre Colmar et Sigolsheim, Louis le Pieux est trahi par ses fils et doit se constituer prisonnier. Les nobles aussi avaient abandonné l'empereur qui est enfermé quelques semaines durant dans la villa royale de Marlenheim puis transféré à Soissons pour y être jugé, condamné et déposé par ses fils Louis le Germanique, Pépin d'Aquitaine et Lothaire. Le pape Grégoire IV avait tenté en vain d'arbitrer cette querelle sur place.

833         juillet L'empereur et roi franc Louis le Pieux est déposé par ses fils. Abandonné par ses soldats, Louis le Pieux tomba aux mains des révoltés, qui le déposèrent de nouveau en lui infligeant, à Soissons, une sorte de dégradation publique. Cependant la masse de ses sujets lui était restée fidèle et n'apprit qu'avec indignation l'outrage qu'il venait de subir. Les évêques réunis à Thionville condamnèrent solennellement les actes de ses fils et le remirent en possession du trône.

833         7 octobre : Louis le Pieux fait pénitence publique à l'église du monastère de Saint-Médard à Soissons et se retire en laissant l'empire à Lothaire.

834         janvier Louis le Germanique et Pépin s'allient contre leur frère Lothaire.

834         28 février Devant la menace de ses frères Lothaire s'enfuit.

834         1er Mars Louis le Pieux absous de ses péchés retrouve son trône.

834         Lothaire prend Châlons-sur-Saône avant de finalement se rendre à son père.

835         Cérémonie expiatoire lors de l'assemblée de Thionville et de Metz annulant les jugements de 833.

837         Partage du royaume en faveur de Charles le Chauve au détriment de Louis le Germanique et Lothaire.

838         septembre À l'initiative de son père, Charles le Chauve est couronné à Querzy-sur-Oise.

838         novembre Nouvelle révolte de Louis le Germanique contre son père.

838         13 décembre Mort de Pépin, roi d'Aquitaine, fils de Louis le Pieux.

838         Début des raids sarrasins sur la Provence (838-990)

839         Nouveau partage du royaume en faveur de Charles le Chauve et Lothaire au détriment de Louis le Germanique.

839         Expédition de Louis le Pieux contre la révolte de l'Aquitaine et contre son fils Louis.

840         Louis le Germanique exigeant, contre les intentions de son père, une part de l'héritage de Pépin, Louis le Pieux marcha contre lui, mais la mort le surprit au cours de cette campagne. Pendant ce règne, les Normands continuèrent leurs incursions armées en diverses parties du littoral de l'Empire.

840         20 juin Mort de Louis le Pieux près de Mayence. Au moment de mourir à Ingelheim, près de Mayence, de chagrin et d'inanition, le roi murmure à propos de son fils rebelle, Louis le Germanique : “Je lui pardonne, mais dites-lui que Dieu, vengeur des pères, punit dans la colère les enfants rebelles”. Le royaume est partagé entre ses fils.

840         Début du règne de Lothaire Ier, empereur d'occident (fin en 855). Début du règne de Charles II le Chauve, roi de France (fin en 877).

840         Lothaire Ier. Fils aîné de Louis le Pieux et Ermengarde, il est fait roi de Bavière en 815 et en 817 il est associé au trône. En 822 il est fait roi d'Italie et couronné empereur l'année suivante par le pape Pascal Ier. En 817 son père Louis le pieux souhaitant préparer sa succession partage son royaume entre ses trois fils mais l'année suivante c'est sa femme Ermangarde qui meurt. Il se remarie avec Judith de Bavière en 819 et de ce second mariage nait un fils Charles en 823. Louis le Pieux entreprend un second partage de l'empire carolingien, ses trois aînés se révoltent contre lui. Les troupes de Louis le pieux se retournant contre lui Louis est déposé en 833. A la suite de disputes entre les fils, Louis est rétabli sur le trône en 834. Pépin meurt en 838 Louis le Pieux entreprend alors un troisième partage qui avantage Charles et il meurt en 840. A la mort de son père Lothaire reste seul empereur mais doit faire face à la rébellion de ses deux frères Louis le Germanique et Charles le Chauve qui le battent à Fontenoy-en-Puisaye en 841 et lui impose le traité de Verdun en 843. Le traité de Verdun assure aux trois frères le même nombre d'évêchés, de comtés et de domaines et tout ce qui s'y rattache (hommes, terres, droits et revenus). Lothaire ne règnera plus que sur une bande de terre allant de l'Italie à la mer du nord mais conservera le titre d'Empereur. Il meurt en 855 mais auparavant il avait réparti son royaume entre ses 3 fils: Charles, la Provence; Lothaire II, la Lotharingie (pays entre Rhin et Meuse) et Louis II conserve le titre d'empereur d'Occident; Charles meurt en 863, Lothaire II annexe son territoire et meurt à son tour en 869. Louis le Germanique et Charles le Chauve se partageront son territoire.

840         Pépin Ier. Second fils de Louis le Pieux et Ermengarde, lors du partage de son royaume en vue de sa succession Pépin reçoit l'Aquitaine. Lorsque Louis se remarie et que nait Charles, le partage est remis en cause. Les trois fils de la 1ère femme de Louis, Ermengarde, se révoltent en 830. En 833 Louis retire l'Aquitaine à Pépin les fils se révoltent à nouveau les armées de Louis le Pieux passent à ses fils à Colmar au "camp du mensonge". Pépin meurt en 838 son fils Pépin II lui succède mais il sera dépouillé à nouveau par le traité de Verdun. Il luttera contre Charles mais finalement sera vaincu en 852, prisonnier il s'évadera, s'alliera aux Normands. Il sera repris par Charles et finira ses jours dans la prison du monastère de Senlis. Sa lutte obstinée illustrera la résistance de l'Aquitaine au royaume carolingien.

840         Louis le Germanique. Troisième fils de Louis le Pieux et Ermangarde, lors du partage de son royaume en vue de sa succession, Louis reçoit la Bavière et la partie orientale de l'empire (la Germanie). Lorsque Louis le Pieux se remarie et que naît Charles, le partage est remis en cause. Les trois fils de la 1ère femme de Louis le Pieux, Ermangarde, se révoltent en 830. En 833 Louis le Pieux retire l'Aquitaine à Pépin les fils se révoltent à nouveau. Les armées de Louis le pieux passent à ses fils à Colmar au "camp du mensonge". Après la mort de son frère Pépin et de son Père, Louis le germanique s'allie à son demi Frère Charles (futur Charles le Chauve) pour contrer l'égémonie de Lothaire, ils le battent à la bataille de Fontenoy-en-Puisaye en 841 qui conduira au serment de Strasbourg en 842 puis au traité de Verdun 843. C'est dans le traité de Verdun que le terme de Gallia fut remplacé pour la première fois dans un texte officiel par Francia Occidentalis, terre des Francs occidentaux, qui donnera son nom au pays la France. La Francia Orientalis apparait dans le traité sous le nom de Germania. Cependant, ce n'est que vers 1100 que l'on prit vraiment conscience de ce que représentait le mot France. Les Vikings effectuent des offensives contre les royaumes francs, ils établissent des bases à l'embouchure de la Loire (853) et de la Seine (856) Charles le chauve qui règne sur ces territoires charge Robert le Fort (ancêtre des capétiens) de défendre ces territoires. Lothaire II meurt en 869, il s'était auparavant annexé le territoire de Charles son frère à sa mort en 863. Louis le Germanique et Charles le Chauve se partage son territoire par le traité de Meerssen.

840         CHARLES le Chauve (840-877)

840         Charles le Chauve. Fils de Louis le pieux et Judith de Bavière. Lorsque Louis le Pieux fait le premier partage de son royaume en vue de sa succession, Charles n'était pas encore né. La première femme de Louis le Pieux meurt en 818 il se remarie avec Judith l'année suivante et Charles naît en 823. Le partage est remis en cause. Les trois fils de la 1ère femme de Louis le pieux, Ermengarde, se révoltent en 830. Après la mort de son frère Pépin et de son Père, Charles le Chauve s'allie à son demi Frère Louis le Germanique pour contrer l'égémonie de Lothaire ils le battent à Fontenoy-en-Puisaye en 841, renouvellent leur alliance par le serment de Strasbourg en 842 qui aboutit au traité de Verdun 843. C'est dans le traité de Verdun que le terme de Gallia fut remplacé pour la première fois dans un texte officiel par Francia Occidentalis, terre des Francs occidentaux, qui donnera son nom au pays la France. La Francia Orientalis apparait dans le traité sous le nom de Germania qui se changera en Allemagne, pays des Alamans à partir de 1024. Cependant, ce n'est que vers 1100 que l'on prit vraiment conscience de ce que représentait le mot France. Lorsque le second fils de Lothaire, Lothaire II meurt en 869, il s'était auparavant annexe le territoire de Charles son frère à sa mort en 863. Louis le Germanique et Charles le Chauve se partagent son territoire par le traité de Meerssen. Il doit lutter contre les Bretons qui veulent leur indépendance, contre le fils de son frère Pépin II qui revendique l'Aquitaine jusqu'en 864 mais il doit surtout lutter contre les invasions des Normands qui pillent Paris à 3 reprises en 845, 858 et 861 et établissent des bases à l'embouchure de la Loire en 853 et de la Seine en 856. Il charge Robert le Fort (qui sera à l'origine de la dynastie capétienne) de défendre ces territoires. A la mort de Louis II, fils aimé de son frère Lothaire, qui avait reçu en héritage le titre d'empereur de l'occident, le pape Jean VIII lui offre la couronne. Il est sacré empereur en 875. En 876 son frère Louis le Germanique meurt, il veut s'emparer de son territoire mais le fils de celui-ci Louis le jeune le bat à Andernach. En 877 le pape est menacé par les Sarrasins, Charles le Chauve confie son royaume à son fils Louis II le Bègue et aux grands (Capitulaire de Quierzy qui marque un développement de la féodalité) et part pour l'Italie, échoue, et meurt sur la route du retour. Son unique fils vivant Louis II le Bègue prendra sa succession.

840         Louis le Pieux ayant de bonne heure associé à l'Empire son fils Lothaire, celui-ci entendit, après le décès du père, exercer l'autorité impériale et garder ses frères sous son contrôle. Ces derniers se révoltèrent contre ces prétentions et prirent les armes contre leur aîné (c'étaient Charles le Chauve et Louis le Germanique); ils le battirent à la bataille de Fontanet.

840         Lothaire s'empare de terres attribuées à Charles.

840         octobre Lothaire est près de Senlis.

840         novembre Trêves entre Charles le Chauve et Lothaire, qui conserve le bénéfices de ses conquêtes.

840         à 930 - naissance et mort de Hucbald de Saint-Amand. Poète français de langue latine, également appelé Hubaud ou Hucbaldus de Saint-Amand. Il fut une des principales célébrités de l'ordre monastique en France dans la seconde moitié du IXe siècle et au début du Xe. Moine à Saint-Germain d'Auxerre il y dirigea probablement l'école épiscopale. Il enseigna à Saint-Omer et réforma les écoles de Reims. Il mourut nonagénaire le 20 juin 930 à l'abbaye de Saint-Amand ou il exerça ses talents d'écolâtre en prenant la direction de l'école à la mort de son oncle, le poète Milon, en 872.

840         mort d'Eginhard.

840         L'Irlandais Jean Scot Erigène arrive en France. Jean Scot Erigène, philosophe et théologien du XIe siècle. Il fut accusé d'hérésie lors d'un débat sur la prédestination. Traducteur des oeuvres d'un écrivain grec anonyme des Ve et VIe siècles qui fut nommé Pseudo-Denys. Il est également l'auteur d'oeuvres d'inspiration néo-platonicienne.

841         Les Danois s'emparent et pillent Rouen.

841         25 juin Victoire de Charles le Chauve et Louis le Germanique contre Lothaire à Fontenay-en-Puisaye près d'Auxerre. Lothaire, allié à Pépin II d'Aquitaine, est battu par Charles le Chauve et Louis le Germanique. Il se réfugie à Aix-la-Chapelle. La bataille de Fontenoy-en-Puisaye eut lieu le 25 juin 841 entre trois fils de Louis Ier le Pieux (l'aîné Lothaire Ier, Louis le Germanique et Charles II le Chauve) et son petit-fils Pépin II, roi d'Aquitaine héritier de son père Pépin Ier.

841         Invasion viking à Nantes, Bordeaux, Poitiers et Tarbes.

842         14 février Traité de Strasbourg scellant l'alliance de Charles le Chauve et Louis le Germanique. Serment de Strasbourg: partage de l'Empire d'après les espaces linguistiques entre Charles le Chauve et Louis le Germanique. Chacune des parties s'engage dans la langue de l'autre, Louis en lingua teudisca, Charles en lingua romana; attestation initiale du français (mais c'est une exception: il faut attendre plus de trois siècles avant de voir réapparaître des chartes en français). Les Serments de Strasbourg marquent la naissance de la langue française. C'est dans ce serment d'assistance mutuelle prêté le 14 février 842 entre deux petits-fils de Charlemagne, à savoir Charles le Chauve et Louis le Germanique, contre leur frère Lothaire, que l'on trouve la première attestation de l'existence d'une langue parlée en France qui fut clairement séparée du latin, la romana lingua ou roman, ancêtre du français. Les Serments de Strasbourg ont été déclarés et écrits dans ce protofrançais et en teudisca lingua (langue francique) par chacun des deux monarques dans la langue de son frère, puis par leurs troupes, afin que tout le monde se comprît.

842         Le premier écrit entièrement en langue vernaculaire qui nous soit parvenu est la partie française des Serments de Strasbourg. Ce premier document a une double importance, car ces serments sont aussi fondateurs de la nation française. Jusqu'alors, en effet le territoire de la future France ne présentait aucune unité nationale, soit qu'il fût morcelé en petits royaumes gaulois, soit qu'il fit partie d'un empire, romain, franc ou germanique. Du temps de Charlemagne même, le territoire de la France n'était qu'une portion de son empire. Mais à la succession de son unique héritier, Louis le Pieux, ses trois petits-fils, Lothaire, Louis et Charles exigent chacun un royaume d'égale richesse. Pour mettre fin à leurs querelles, les négociateurs découpent l'empire en trois bandes parallèles: la future France est attribuée à Charles le Chauve, la future Allemagne revient à Louis (dit plus tard le Germanique), la région qui les sépare, proposée à Lothaire, reçoit le nom de Lotharingie. Un an avant que cette partition ne soit ratifiée par le traité de Verdun (843), Louis et Charles s'unissent pour faire accepter le partage à Lothaire. Ils se prêtent solennellement assistance, chacun dans la langue de l'autre: Louis en "roman" et Charles en "tudesque". Puis leurs armées prêtent serment, chacune dans sa langue. Le texte de ces engagements nous est parvenu dans un ouvrage historique écrit en latin par Nithard, un clerc contemporain, parent de ces princes. Cette citation de textes en langue vulgaire dans un ouvrage érudit est très surprenante pour l'époque. Selon l'hypothèse de Renée Balibar, historienne de la langue et spécialiste de l'institution du français national, elle reflète la volonté, pour les grands clercs qui négocièrent ces accords, d'asseoir la partition sur une séparation linguistique entre les sujets germaniques et romans. Les engagements solennels ont soigneusement été rédigés par eux dans une langue vernaculaire déjà élaborée, et ont été volontairement retransmis tels quels. Leurs langues se posaient ainsi, dès l'abord, en langue officielle. Ce proto-français, n'était pas, pense-t-on aujourd'hui, la transcription d'un dialecte. C'était plutôt une langue recomposée, très inspirée du latin mérovingien que les clercs érudits du IXe siècle considéraient comme le modèle de la langue vulgaire écrite: leur volonté était de proposer une langue accessible à tous. C'est à partir d'élaborations de ce type, par tous les clercs qui essayèrent de "mettre en roman" leur langue maternelle, que s'est forgé l'ancien français classique, celui de la Chanson de Roland ou des romans de Chrétien de Troyes. Cette langue était fortement marquée de traits provenant d'une région assez étendue, dont le centre était l'Ile-de-France mais elle n'a jamais été, comme on l'a d'abord cru, le dialecte de l'Ile-de-France. Au XVIe siècle cette langue littéraire, sans cesse enrichie par des érudits latinistes, commença à dominer les dialectes, parce qu'elle était devenue la langue officielle du roi. Pourtant, après les serments de Strasbourg, il fallut encore 150 ans et un changement de dynastie pour que les rois de France ne s'expriment plus en germanique: les Chroniques de Rither rapportent que le premier roi de France à avoir besoin d'un traducteur pour s'entretenir avec un roi germanique fut Hugues Capet. Quant au latin, qui cessa d'être la langue de l'administration sous François Ier, il subsista en tant que langue de l'enseignement jusqu'à la Révolution et en tant que langue du culte jusqu'au milieu du XXe siècle. Histoire de la langue française. On estime généralement que les Serments de Strasbourg de 842 sont le premier texte écrit en protofrançais (ou romana lingua ou encore roman). La première mention de l'existence d'une langue romane ne date que de 813, lors du synode de Tours. Il faut attendre entre 880 et 881 pour le premier texte littéraire, la 'Séquence de sainte Eulalie', encore qu'on puisse considérer que la langue de ce texte est plus du picard que du français lui-même. C'est en 1539 que l'ordonnance de Villers-Cotterêts impose le français comme langue du droit et de l'administration. On peut définir à peu près cinq états de la langue, qui est bien sûr passée progressivement de l'un à l'autre ; dans les exemples ci-dessous, l'orthographe est celle des éditeurs et non celle des auteurs. Il ne faut pas oublier que jusqu'au XIXe siècle, l'orthographe normée du français, qui s'établit lentement à partir du XVIe siècle, reste très variable. D'autres découpages sont possibles et ne sont, bien sûr, que des moyens de situer un texte par rapport à l'état de la langue. La manière de classer les états de la langue qui suit ne s'appuie pas seulement sur sa grammaire mais aussi sur son orthographe : Roman : IXe s., Serments de Strasbourg (843) : Pro deo amur et pro christian poblo et nostro commun salvament, d'ist di in avant, in quant deus savir et podir me dunat, si salvarai eo cist meon fradre Karlo et in aiudha et in cadhuna cosa, si cum om per dreit son fradra salvar dist, in o quid il mi altresi fazet, et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai, qui meon vol cist meon fradre Karle in damno sit. Ancien français (Xe-XIIIe s.) : Xe s., Vie de Saint Léger (vers 980) : Domine Deu devemps lauder / Et a sos sancz honor porter. / In su'amor cantomps dels sanz / Quoe por lui augrent granz aanz. XIIe s., Chanson de Roland (vers 1170) : Seignurs baruns, a Carlemagnes irez ; / Il est al siege a Cordres la citet. / Branches d'olives en voz mains porterez, / Ço senefiet pais e humilitet. XIIe s., Alexandre de Bernay, Roman d'Alexandre (vers 1185) : Li mengiers est tous pres, que li quieu l'ont hasté, /Puis sont li siege fait et li tapit geté. / Li chevalier s'assieent qant il orent lavé / Et on lor a le vin en hanas aporté, XIIe-XIIIe s., Jehan Bodel, Brunain la vache au prestre (fabliau ; entre 1165 et 1210) : Nus hom mouteploier ne puet / Sanz grant eür, c'est or del mains. / Par grant eür ot li vilains / Deus vaches, et li prestres nule. / Tels cuide avancier qui recule. Moyen français (XIVe-XVe/XVIe s.) : XIVe s., les Enseignemenz (livre de recettes, entre 1304 et 1314) : Por blanc mengier — Se vos volez fere blanc mengier, prenez les eles e les piez de gelines e metez cuire en eve, e prenez un poi de ris e le destrempez de cele eve, puis le fetes cuire a petit feu, e puis charpez la char bien menu eschevelee e la metez cuire ovec un poi de chucre. XVe s., François Villon, le Lais ou le Petit Testament (vers 1456) : Le regart de celle m'a prins / Qui m'a esté felonne et dure ; / Sans ce qu'en riens j'aye mesprins, / Veult et ordonne que j'endure / La mort, et que plus je ne dure. Français classique (XVIe-XVIIe/XVIIIe s.) ; XVIe s. Louise Labé, Sonnets (entre 1545 et 1555) : Je vis, je meurs : je me brule et me noye. / J'ay chaut estreme en endurant froidure : / La vie m'est et trop molle et trop dure. / J'ay grans ennuis entremeslez de joye, Note : la langue du XVIe siècle est à une période charnière. La considérer comme du français classique peut sembler contestable. Rappelons qu'un tel découpage est forcément arbitraire. XVIIe s., Charles Perrault, Peau d'Âne (1694) : Il était une fois un Roi, / Le plus grand qui fût sur la Terre, / Aimable en Paix, terrible en Guerre, / Seul enfin comparable à soi : / Ses voisins le craignaient, ses États étaient calmes. Français moderne (à partir du XVIIIe s.).

842         18 mars Charles le Chauve et Louis le Germanique s'emparent de Coblence, Lothaire doit fuir. Coblence est une ville et un district d'Allemagne, située au nord du Land de la Rhénanie-Palatinat. Le Land de Rhénanie-Palatinat est l'un des 16 États fédérés composant l'Allemagne. Le Land est frontalier avec trois pays : la Belgique (avec la Région wallonne), le Luxembourg et la France.

842         avril Charles le Chauve et Louis le Germanique s'emparent d'Aix-la-Chapelle.

842         juin Entrevue de Mâcon fixant le partage du royaume entre les trois frères.

843         24 juin Les Normands s'emparent de Nantes.

843         11 août - Traité de Verdun: Par ce traité, le partage de l'empire entre Lothaire, Louis le Germanique et Charles le Chauve est consacré. On s'accorde à y voir la base juridique de l'indépendance du royaume de France. L'attitude résolue de ses frères incita Lothaire à entrer en composition. Entre eux trois intervint le Traité de Verdun par lequel ils se partagèrent l'Empire. Charles le Chauve eut la Gaule comprise entre l'Océan, l'Escaut, la Meuse, la Saône et l'Èbre. Ce vaste territoire, d'un seul tenant, constitua le royaume de France; on peut donc dire que Charles le Chauve a été le premier roi de France. Louis le Germanique conserva la Germanie; Lothaire eut l'Italie et les territoires compris entre les deux autres royaumes (ce fut la Lotharingie, d'où est venu le nom de Lorraine) et conserva le titre d'empereur. les frontières tracées selon les lignes linguistiques sont à l'origine de l'Europe politique telle que nous la connaissons aujourd'hui. Le Traité de Verdun, conclu le 11 août 843 consacre la division de l'empire de Charlemagne entre ses trois petits-fils, les trois fils de Louis le Pieux. À la mort de Louis le Pieux, en 840 son fils aîné Lothaire s'arroge sa succession. Pépin Ier d'Aquitaine, fils de Louis le Pieux ne prend pas part à la succession étant mort en 838. Ses deux cadets, Charles le Chauve et Louis le Germanique, s'allient et battent leur frère à la bataille de Fontenoy-en-Puisaye en 841. En 842 ils renforcent leur alliance par le Serment de Strasbourg. Lothaire finit par céder suite à l'attaque sanglante d'un guerrier viking nommé Varg Vikernes. En 843, les trois petits-fils de Charlemagne se partagent l'empire qu'il avait fondé par le traité dit de Verdun : * Charles le Chauve reçoit la Francie occidentale (qui deviendra la France). * Lothaire Ier, à qui échoit le titre impérial, reçoit la Francie médiane, du centre de l'Italie à la Frise (qui deviendra la Lotharingie). * Louis le Germanique reçoit la Francie orientale (qui deviendra la Germanie noyau du futur Saint Empire romain germanique).

843         Le territoire belge divisé par le traité de Verdun. Au lendemain du traité, le territoire est partagé entre la Francie et la Lotharingie. C'est ainsi que la Flandre, au nord, revient à Charles le Chauve, tandis que la Wallonie s'intègre aux territoires de Lothaire Ier. Ces derniers seront toutefois attribués au Saint Empire romain germanique quelques années plus tard.

844         janvier Mort du Pape Grégoire IV, remplacé par Serge II. Serge II, 102ème pape de 844 à 847, né à Rome.

844         Rencontre de Yutz instaurant le "régime de fraternité" entre les trois frères. Yutz est une commune française, située dans le département de la Moselle et la région Lorraine.

845         en Chine - Édit de l'empereur Tang Wou-tsong contre les manichéens, les bouddhistes et les nestoriens. Plus de 4 600 monastères et 40 000 temples et autels sont détruits, plus de 260 000 moines et moniales bouddhistes sont contraints de retourner à la vie séculaire. Arrêt de l'expansion du bouddhisme en Chine. Prééminence du confucianisme et du taoïsme.

845         Les Normands remontent le cours de la Seine sur leurs barques et pillent les environs de Paris. Les Normands (Vikings) avec à leur tête Ragnar, remontent la Seine au mois de mars et après s'être emparés de Rouen, dévastent Saint-Riquier et pillent les abbayes de Saint-Germain-des-Prés et Sainte-Geneviève, puis mettent le siège devant Paris. Après une victoire facile, ils entrent sans difficultés dans la ville (28 mars). Le roi Charles le Chauve leur verse un tribut de 7000 livres d'argent pour acheter leur départ (premier Danegeld).

845         mars Pillage de Paris par les Normands, Charles le Chauve paye une rançon contre leur départ.

845         juin Traité de Saint-Benoît-sur-Loire où Charles le Chauve reconnaît la souveraineté de son neveu Pépin II sur l'Aquitaine en l'échange d'un serment de fidélité. Pépin II d'Aquitaine (823–864), roi d'Aquitaine (839-852), fils de Pépin Ier d'Aquitaine et Rigarde et donc petit-fils de Louis le Pieux.

845         novembre Attaque bretonne contre Charles le Chauve près du Mans. Le roi de Bretagne Nominoë bat le roi de Francie Charles le Chauve à la bataille de Ballon, près de Redon. La Bretagne ne paiera plus tribut ; elle devient indépendante du royaume et le restera pendant plus de six siècles. Pour Charles le Chauve cette défaite marque l'échec de la conquête de la Bretagne. Celle-ci devient indépendante du royaume. Elle le restera pendant près de 7 siècles. Nominoë, comte de Vannes à partir de juillet 819, Nominoë est désigné missus imperatoris de Louis le Pieux et ducatus ipsius gentis des Bretons à partir de 831. À la mort de ce dernier en 840 il soutient dans un premier temps Charles II le Chauve puis revendique son indépendance, que Charles doit reconnaître vers 846 suite à la bataille de Ballon. Il s'empare de Nantes en 850, lance des raids sur le Bessin et l'Anjou. Nominoë meurt invaincu le 7 mars 851 près de Vendôme, ayant pu conquérir le Maine et l'Anjou.

846         août Prise de Saint-Pierre près de Rome par les Arabes. Les pirates sarrasins d'Afrique du nord pillent Rome : soixante dix navires attaquent Ostie et Porto. Les Sarrasins marchent sur Rome en pillant tout sur leur passage. La garnison de Grégoriopolis ne peut les arrêter. Ils profanent l'Église Saint-Pierre. Guy de Spolète finit par les repousser. Guy de Spolète (?-894), également appelé Guy de Lombardie, fut successivement: duc de Camerino en 876,duc de Spolète en 882, roi d'Italie (889-894) et empereur de l'Empire d'Occident (891-894). Issu de la famille des Widonides, d'origine franque, mais également d'ascendance carolingienne (sa grand-mère était fille de Lothaire Ier), il devient duc de Spolète sous le nom de Guy III en 882 après son neveu Guy II. Il était le fils de Lambert (lui-même fils d'un autre Guy de Spolète qui avait combattu les Sarrazins lorsque ceux-ci attaquèrent Rome en 846). En 882 l'empereur Charles III le Gros le dépossède de ses fiefs pour félonie, mais il les récupère l'année suivante et devient aussi marquis de Camerino. En 885 il bat les Sarrazins au Garigliano.

847         Charles le Chauve rend l'édit de Marron, près de Maestricht, par lequel les seigneurs sont dispensés de suivre le roi à la guerre à moins que ce ne soit contre l'étranger, et les hommes libres ont la faculté de choisir leur suzerain autre que le roi. Vers cette époque, le roi reconnaît la souveraineté du duc de Bretagne, Nominoë ; il constitue le duché de France, dont le premier titulaire est Robert surnommé le Fort; et le comté de Flandre en faveur de son gendre Baudouin Bras-de-Fer. Baudouin Ier de Flandre dit Bras de Fer, (° Laon ? - † abbaye St-Bertin, 879), fut marquis ou comte en Flandre (Belgique seconde) de 863 à 877. D'après la tradition, Baudouin est le fils du forestier Inghelram, appelé aussi Audacer. Il lui succède comme forestier à sa mort (837), et s'illustre comme redoutable guerrier, ce qui lui vaut son surnom. Robert le Fort, marquis de Neustrie, tué le 15 septembre 866) était un membre de la famille des Robertiens (bisaïeul de Hugues Capet). Il est né aux alentours de 820 et est très probablement fils de Robert III, comte de Wormsgau, et de Waldrade, soeur d'Eudes d'Orléans. Lors des luttes de pouvoir entre les fils de Louis Ier le Pieux, il prit parti pour Charles le Chauve, qui était le gendre d'Eudes d'Orléans, et il dut abandonner ses terres, incorporées dans le royaume de Lothaire Ier, pour se réfugier à l'Ouest, dans sa famille maternelle. En 852, Charles le Chauve le fait abbé laïc de Marmoutier, puis l'année suivante missus dominicus des régions de Tours et d'Angers en 853 et probablement comte de Tours. En 858, Charles le Chauve installe son fils Louis II le bègue à la tête du comté du Mans et Robert, inquiet, se révolte en rejoignant Louis le Germanique. Il ne se soumet qu'en 861, en échange du marquisat de Neustrie. À partir de ce moment il fut de sa responsabilité de lutter contre les Bretons et les Normands et il fut finalement tué en combattant ces derniers à la bataille de Brissarthe en 866. Il est le père de Eudes et Robert Ier de France qui furent tous deux rois de France. Par ce dernier, il est l'arrière-grand-père de Hugues Capet et donc l'ancêtre de toute la lignée capétienne.

847         28 février Rencontre en Charles le Chauve, Lothaire et Louis le Germanique à Meerssen. Meerssen, ville des Pays-Bas située à proximité des frontières allemande et belge et voisine de Maastricht.

848         janvier Prise de Bordeaux par les Normands.

849         Incursions Normandes en Gascogne et en Périgord.

850         Apparition de l'artillerie à contrepoids (trébuchet) en Occident. Le trébuchet fait partie des pièces d'artillerie médiévales dites à contrepoids. Introduit en France au courant du XIIe siècle, son utilisation a perduré jusqu'au XVIe siècle. Le trébuchet fut introduit en France au XIIe siècle. Les croisades furent vraisemblablement le moteur qui poussa à développer ce type d'armes de siège. Le trébuchet est une variante du mangonneau en ce sens que son contrepoids, appelé aussi huche, est articulé. Ceci lui confère de nombreux avantages, notamment en ce qui concerne l'équilibrage de l'arme. Le trébuchet nécessite également moins de personnes pour reprendre sa position initiale. L'âge d'or du trébuchet se situe aux XIIIe siècle. Il fut notamment utilisé pendant la croisade des Albigeois, comme l'attestent les fouilles faites à Carcassonne et au château de Montségur par exemple. Il fut appelé le "loup de guerre" sous le règne du roi d'Angleterre Édouard Ier (Édouard l'Ancien) qui en utilisa de nombreux exemplaires pour conquérir le Pays de Galles puis l'Écosse. Édouard l'Ancien (871? - 17 juillet, 924) est un des rois d'Angleterre (899 - 924). Fils d'Alfred le Grand, il devient roi du Wessex à de la mort de son père en 899.

850         Incursions arabes jusqu'à Arles.

850         Les Bretons s'emparent de Nantes. Nominoë, duc de Bretagne, après son ralliement à Charles le Chauve, affirme son indépendance et s'empare de Nantes.

850         à 1519 - L'empire Aztèque. Les Aztèques étaient, à l'époque de l'arrivée des espagnols, les habitants de la région centrale du Mexique, autour de la capitale actuelle, Mexico. Les civilisations précolombiennes se sont développées de façon autonome et certaines au Moyen Âge. Les Olmèques s'étendent sur le Haut Plateau, sur la côte Pacifique. Ils disparaissent vers -300. L'empire Aztèque (850 à 1521) organise l'état, l'empereur Motecuzoma Ier et son frère Tlacaelel inventent une religion nouvelle, synthèse de la tradition tribale nordique et des cultures autochtones précédentes. L'état Inca naît dans les Andes. A partir de l'intronisation de Pachacuti (1440), le triomphe inca est fulgurant. Il impose le quecha comme langue commune à tout l'empire s'étendant sur 900 000 km² et 4 000 km de côtes.

850         Samarra, la plus grande mosquée d'Iraq. Samarra, ville d'Iraq au nord de Bagdad fondée en 836, fut capitale abasside au IX° siècle. Grande mosquée de Samarra fondée par Al-Mutawakkil en 850. C'est une variante de la mosquée de Damas avec des nefs perpendiculaires au mur de la Qibla. L'édifice et ses dépendances sont entourés d'une ziyada (enceinte). La date d'apparition des minarets est inconnue mais celui de la grande mosquée de Samarra appelé Malwiya, de forme hélicoïdale, est l'une des plus anciennes.

852         Les Vikings, avec à leur tête Sydroc, détruisent l'abbaye de Saint-Wandrille de Fontenelle le 9 janvier et pour la première fois hivernent en Basse-Seine jusqu'au 5 juin. Ils s'installent également à l'embouchure de la Charente et dévastent le bas Poitou. Les Normands d'Asgeirr quittent le bassin parisien pour opérer à Bordeaux. Une autre flotte normande, dirigée par Godfredr Haraldson remonte la Seine (8 octobre). Elle est rejointe par les 250 navires de Sydroc, qui vient de remporter d'importants succès sur la côte frisonne. Les Scandinaves sont retranchés dans une petite île de la Seine, Oscellus (sans doute Jeufosse, près des Andelys). Lothaire Ier et Charles le Chauve unissent leurs forces, en vain. Charles le Chauve doit payer de nouveau un tribut (danegeld) pour obtenir le départ des Vikings. Sydroc ne quitte les rives de la Seine que pour mieux piller ailleurs.

853         Repli des Normands.

853         novembre Nouvelle rencontre en Charles le Chauve, Lothaire et Louis le Germanique à Valenciennes.

853         Les Normands s'emparent de Nantes et de Tours.

854         Louis le Germanique décline l'invitation de ses frères pour une rencontre à Liège.

854         mars Louis III de Germanie, fils de Louis le Germanique prend la tête de la révolte en Aquitaine. Louis III de Germanie, dit Louis le Jeune (835-† 882), roi de Germanie (876-882), fils de Louis dit le Germanique et Emma de Bavière.

854         Louis le Germanique rappelle son fils, rétablissant la paix entre les trois frères.

855         29 septembre Mort de Lothaire. Lothaire meurt à Prüm. Charles le Chauve va se consacrer à la guerre contre son frère Louis le Germanique pour s'emparer des restes de son royaume. Son royaume est partagé entre ses trois fils Louis II, Lothaire II, et Charles de Provence. Louis II dit le Jeune (825-† 875), fils de Lothaire Ier et Ermengarde, empereur d'Occident (855-875), roi de Provence (863-875). Lothaire II, roi de Lotharingie, est né vers 825. Il est le deuxième fils de Lothaire Ier et d'Ermengarde d'Alsace. Son royaume est constitué par le tiers du royaume de Lothaire Ier situé au nord de la Bourgogne. C'est ce royaume qui prend le nom de Lotharingie, puis de Lorraine. Charles de Provence (845–864), fils de Lothaire Ier et Ermengarde, Roi de Provence (855-863).

855         Nouvelle victoire pour le fondateur de la dynastie Croate. Trpimir repousse une attaque Bulgare et parvient à maintenir les frontières de son Duché. Ayant lutté avec succès au cours de différentes guerres, Trpimir est le premier dirigeant à prendre le titre de "Prince des Croates" même s'il reconnaît l'autorité du roi d'Italie. Il est le fondateur de la dynastie croate.

855         Début du pontificat supposé de la Papesse Jeanne sous le nom de Benoît III ou d'Anastase III (fin en 857). Benoît III, fut le 104e pape de 855 à 858. Il fut élu malgré l'opposition des empereurs Lothaire II de Lotharingie et Louis II le Jeune, et eut à repousser les agressions de l'antipape Anastase. Il établit en Angleterre le denier de Saint Pierre. C'est entre son règne et celui de son précédeceseur, qu'on place l'histoire fabuleuse de la papesse Jeanne. D'après d'autres sources, il serait la papesse Jeanne. Anastase III dit Anastase le Bibliothécaire, né vers 815 et mort en 880, antipape en 855 contre Benoît III. Il fut nommé par le successeur de Benoît III, Saint Nicolas Ier, à la Chancellerie pontificale dont il devint un des plus brillants rédacteurs. Selon certains, il est possible qu'il soit la papesse Jeanne. Papesse Jeanne, la légende de la papesse Jeanne conte l'histoire d'une femme qui aurait usurpé la papauté catholique en cachant sa véritable identité sexuelle. Le pontificat de la papesse est généralement placé entre 855 et 857, c'est-à-dire entre celui de Léon IV et Benoît III, au moment de l'usurpation d'Anastase le Bibliothécaire.

856         18 avril Les Normands s'emparent d'Orléans.

856         juillet Les grands du royaume se soulèvent contre Charles le Chauve et propose le trône à Louis le Germanique qui refuse.

856         Début des raids danois et norvégiens (appelés Normands) à partir des côtes et cours d'eau.

857         1er Mars Rencontre entre Lothaire II et Charles le Chauve à Saint-Quentin.

857         juillet Rencontre entre Louis le Germanique et Louis II à Trente.

857         Soulèvement de l'Aquitaine sous l'impulsion de Pépin II, roi d'Aquitaine.

857         Les Normands s'emparent de Poitiers.

858         Fondation d'un monastère de moniales (moines féminines) par Girart de Roussillon à Vézelay. Vézelay est une commune française, située dans le département de l'Yonne et la région Bourgogne.

858         Intervention de Charles le Chauve contre les Normands.

858         Entrée de Louis le Germanique sur les terres de Charles le Chauve, les grands du royaume lui jurent fidélité.

859         janvier Charles le Chauve repousse Louis le Germanique.

860         juillet échec de l'entrevue d'Andernach entre Charles le Chauve et Louis le Germanique.

860         10 novembre Les armées de Charles le Chauve et Louis le Germanique se font face à Brienne.

860         13 novembre Charles le Chauve doit battre en retraite, trahi par les siens.

860         Lothaire II apporte son soutien à Louis le Germanique.

860         Nicolas Ier est élu pape. Saint Nicolas Ier, dit le Grand, né à Rome vers l'an 800, 105ème pape de 858 à 867. Sous son pontificat, il secoua la tutelle impériale et permit aux Bulgares l'accès à l'Église romaine.

860         Alphabet cyrillique. L'alphabet cyrillique est un alphabet bicaméral de trente-deux lettres (dans sa version moderne russe), créé au IXe siècle par des disciples du frère Cyrille (peut être Climent Ochrydsky), à partir du grec dans sa graphie onciale ; il est notable que la valeur phonétique des lettres empruntées corresponde à celle qu'elles avaient dans le grec de l'époque. Cyrille et Méthode, deux frères originaires de Salonique, ont entrepris l'évangélisation des peuples slaves dans la langue slave à la demande du prince Rastislav de Grande Moravie, qui voulait diminuer l'influence des ecclésiastiques bavarois en Grande Moravie. Cyrille invente l'alphabet slave glagolitique en 862, ce qui leur permet de traduire la Bible en slave et de poursuivre l'évangélisation la Grande Moravie en 863. Ils établissent la liturgie qui permet la fondation de l'Église bulgare en 865. Cyrille et Méthode, Cyrille ou Constantin le Philosophe, (827-828 à Thessalonique - 14 février 869 à Rome) et Méthode, évêque de Sirmium (Thessalonique 815-820 - 6 avril 885 dans une ville inconnue en Grande Moravie), les Apôtres des Slaves. L'Église catholique fête les deux saints le 14 février. L'Église orthodoxe fête la natalice de Cyrille le 14 février, celle de Méthode le 6 avril et la synaxe des deux saints Égaux aux apôtres le 11 mai.

861         Rencontre de Coblence entre Charles le Chauve et Louis le Germanique scellant la paix. Charles le Chauve échoue dans sa tentative de s'emparer de la Provence, royaume de Charles le Jeune son neveu.

861         Nouvelles attaques normandes contre Paris.

863         24 janvier Mort de Charles de Provence, ses frères (Louis II et Lothaire II) se partagent son royaume.

866         Par faiblesse ou incapacité, Charles le Chauve n'avait organisé aucune défense générale contre les Normands qui devenaient de jour en jour plus audacieux et pénétraient en France par tous les fleuves; il avait pensé suffisant de laisser à chaque seigneur riverain la défense de son territoire. Les pirates s'étaient établis en France en plusieurs endroits, notamment dans l'île d'Oyssel, près de Rouen et dans l'îlee de Noirmoutier d'où ils partaient pour infester les contrées d'alentour et où ils remisaient leur butin. Un de leurs chefs, Hastings, qui avait été serf aux environs de Troyes, était particulièrement redoutable. Robert le Fort, comte d'Anjou et de Blois, marquis de Neustrie, considéré comme l'ancêtre des capétiens, réunit les forces de quelques autres seigneurs pour marcher contre lui; une bataille se livra près de Brissarthe dans l'Anjou, où Hastings fut battu, mais Robert le Fort y perdit la vie. Robert le Fort, (né entre 815 et 820, semble-t-il en Neustrie - tué le 15 septembre 866 à la bataille de Brissarthe, Maine-et-Loire) était un membre important de l'aristocratie franque, issu de la famille des Robertiens, ancêtre de la dynastie capétienne, et marquis de Neustrie à partir de 862.

866         15 septembre Mort de Robert le Fort à Brassarthe contre les Normands.

867         Mort du pape Nicolas Ier, Adrien II lui succède. Adrien II, né à Rome en 792, 106ème pape de 867 à 872.

869         8 août Mort de Lothaire II.

869         6 octobre Mort de la Reine Ermentrude à l'abbaye de Hasnon.

870         8 août Rencontre de Meersen entre Charles le Chauve et Louis le Germanique qui se partagent le royaume de Lothaire II (entre la mer du Nord et la Bourgongne). Le traité de Meerssen (actuellement aux Pays-Bas) fut conclu en 870 entre Charles le Chauve et Louis le Germanique et consacrait le partage de la Lotharingie, le royaume de leur neveu Lothaire II. Le Traité de Verdun, en 843 avait décidé du partage de l'Empire Carolingien entre les trois fils de Louis le Pieux. L'aîné, Lothaire Ier avait reçu la Francie médiane qui fut à son tour divisé à sa mort en 855 entre ses trois fils Louis II, Lothaire II et Charles. Charles mourut en 863, sa part revint à son frère Louis II. Lothaire II mourut à son tour en 869. Son frère Louis II aurait dû hériter de son royaume, mais il était occupé à combattre les musulmans dans le Bénévent (il prit Bari en 871) et ne put recueillir son héritage. Ses deux oncles en profitèrent donc pour s'approprier la Lotharingie et signèrent un traité à Meerssen pour ce faire. Malgré ses protestations et le soutien du pape Adrien II, Louis II ne réussit pas par la suite à obtenir la Lotharingie. Il mourut en 875. En 880, par le traité de Ribemont, les petit-fils de Charles le Chauve cédèrent leur part de la Lotharingie à Louis le Jeune, fils de Louis le Germanique, qui recueillit ainsi toute la Lotharingie.

871         Début du règne d'Alfred le Grand, roi d'Angleterre (fin en 878). Alfred (849? – 26 octobre, 899) est roi d'Angleterre de 871 à 899, sans jamais en contrôler l'ensemble du territoire. Quatrième fils du roi Ethelwulf de Wessex (ou Aethelwulf) et très probablement de la première femme de ce dernier, Osburga, il succède à son frère Ethelred de Wessex en tant que roi du Wessex et de Mercie en 871. Alfred est célèbre pour avoir organisé la défense du royaume contre les Danois (les Vikings), et obtenu en conséquence l'épithète le Grand : il est le seul monarque anglais à être connu comme tel.

871         Al-Kindi développe la philosophie arabe en partant des modèles grecs. Al-kindi, est considéré comme le premier philosophe arabe. Il fut un penseur doué d'une connaissance véritablement encyclopédique qui bénéficia du mécénat de trois califats abbassides. Al-Kindi est un savant complet, dans des domaines très variés : philosophie, mathématiques, médecine, musique, physique, astronomie. Il écrit 241 ouvrages. Al-Kindi adopte la philosophie aristotélicienne, tout en la parant de platonisme. Il s'emploiera à contrecarrer l'aversion de ses correligionnaires envers la réception ou l'assimilation des méthodes et des concepts étrangers. Il sera en quelque sorte le symbole de cette tentative pour amoindrir le choc entre deux cultures totalement différentes, grecque et musulmane. La foi d'Al-Kindi demeurera intacte toute sa vie, aussi sa philosophie reste dans les limites de la religion musulmane. Dans son ouvrage 'Philosophie première', il définit la métaphysique comme "la connaissance de la Réalité Première, Cause de toute réalité". La connaissance de la métaphysique est la connaissance des causes des choses, la connaissance physique étant simplement la connaissance des choses ; ce qui est de l'aristotélisme pur et simple. La philosophie première était, dans le Bas Moyen Âge (XIIe siècle et XIIIe siècles), la métaphysique générale. Aujourd'hui, la philosophie première s'apparente à l'ontologie. Cette philosophie a participé au développement des Histoire des sciences en occident (Europe occidentale actuelle). La philosophie première se fondait sur la philosophie d'Aristote, qui fut étudiée au XIIe siècle à la suite des contacts avec la civilisation arabo-musulmane. Les traités d'Aristote furent traduits de l'arabe en latin, puis directement du grec ancien en latin, à Tolède et dans plusieurs villes d'Italie. La philosophie première a été développée et structurée par l'école scolastique, par les grands philosophes médiévaux, notamment par Thomas d'Aquin, à partir des principaux éléments de la philosophie d'Aristote, en cohérence avec les autres philosophes.

873         Mort du pape Adrien II, Jean VIII est élu pour lui succéder. Jean VIII, né à Rome vers 820, pape de 872 à 882. Il est archidiacre de Rome avant d'être élu pape le 14 décembre 872. Son élection fait l'objet d'une vive opposition de la part de Formose, futur pape. Bien qu'assez âgé au moment de sa montée sur le trône de Pierre, il est un pape énergique, à l'image de Nicolas Ier.

875         12 août Mort de Louis II à Brescia.

875         1er septembre Charles le Chauve pénètre dans le royaume de Louis II.

875         29 septembre Charles le Chauve remporte la victoire face à Carloman de Bavière et Charles le Gros, fils de Louis le Germanique. Carloman de Bavière (830 - 882) fut roi de Bavière de 876 à 882. Il est le fils de Louis le Germanique et Emma. Charles III dit le Gros (Neidingen, 839 - Reichenau, 13 janvier 888) fut empereur d'Occident de 881 à 887 et roi de France de 884 à 887. Il est le fils de Louis II le Germanique et Emma.

875         17 décembre Charles le Chauve arrive à Rome.

875         25 décembre Couronnement de Charles le Chauve par le pape Jean VIII. Soixante-quinze ans après son grand-père Charlemagne, Charles le Chauve est couronné à Rome empereur des Romains par le pape Jean VIII.

876         28 août Mort de Louis le Germanique, son royaume est partagé entre ses trois fils (Carloman de Bavière, Charles le Gros et Louis le jeune).

876         8 octobre Louis le Jeune repousse Charles le Chauve près de Coblence.

877         Boson, beau-frère de Charles le Chauve, fonda à son profit le royaume d'Arles (dit aussi de Provence, ou de Bourgogne cisjurane). Boson V de Provence (avant 855 - 887) fut un grand seigneur féodal ; il épousa en 876 Ermengarde, fille unique de l'empereur Louis II le Jeune. Boson, beau-frère de Charles le Chauve, se fit élire roi de Provence et de Bourgogne, devenant par la même le premier roi non carolingien des États francs.

877         Mort de Lothaire, empereur d'Italie.

877         16 juin. En cette année fut dressé, par Charles le Chauve, le capitulaire de Quierzy qui assurait aux seigneurs l'hérédité des fiefs, charges et dignités qu'ils n'avaient possédés jusqu'alors qu'à titre temporaire. Le capitulaire dit de Quierzy fut promulgué le 16 juin 877 à Quierzy-sur-Oise. Appelé au secours par le pape Jean VIII, menacé par les musulmans, Charles le Chauve entreprend une expédition en Italie. Préalablement il réunit une assemblée à Quierzy pour régler la bonne marche de son empire. Dans cette même assemblée, il promulgue des articles qui n'avaient qu'une portée ponctuelle - l'expédition en Italie et ses conséquences directes - mais qui sont considérés comme les articles fondateurs de la féodalité par l'hérédité des honneurs. Il s'agit des articles qui règlent la question des honneurs laïcs et ecclésiastiques qui viendraient à vaquer pendant cette période. Assemblée de Quierzy-sur-Oise. Avant son départ pour l'Italie, le roi franc Charles le Chauve émet à Quierzy un capitulaire consignant les mesures à prendre durant son absence. Il apparaît ainsi pour la première fois dans un texte officiel le concept d'hérédité des charges et des bénéfices : si un comte vient à mourir lors de la campagne du roi, ses biens doivent être gérés par un tiers jusqu'à la majorité de son fils.

877         juin Régence de Louis le Bègue pendant que Charles le Chauve porte assistance au pape contre les Arabes. Louis II dit le Bègue (846-† 879), roi de France (877-879), fils de Charles II dit le Chauve et Ermentrude d'Orléans. Il fut d'abord couronné roi d'Aquitaine en 867 puis roi de France en 877 mais en cédant la Provence à Boson de Provence.

877         septembre Révolte en France entraînant le retour prématuré de Charles le Chauve.

877         6 octobre Charles le Chauve passe promptement les Alpes dans le but de s'emparer du trône devenu vacant et réussit en effet à se faire couronner empereur à Rome; mais en s'en retournant, il meurt, au pied du mont Colis. Accouru au secours du pape attaqué par les Sarrasins, Charles meurt de dysenterie sur la route du retour à Avrieux, près de Modane. Il est inhumé à Saint-Denis. Louis le Bègue lui succède.

877         LOUIS II le Bègue (877-879)

877         Louis II le Bègue. Fils ainé de Charles le Chauve, il succède à son père en 877 mais a du mal à s'imposer aux Grands du royaume en raison de sa constitution fragile et de son bégaiement. Il ne pourra se faire reconnaître roi qu'en multipliant les concessions. Il meurt en 879 au moment où il allait partir en campagne contre Bernard de Gothie (Septimanie) qui, avec les comtes de Poitiers et du Mans avaient refusé de le reconnaître.

877         à 879 - Règne de Louis II le Bègue, fils de Charles le Chauve (né en 846), qui ne se distingua que par la facilité avec laquelle il se laissa arracher de nouveaux fiefs par les seigneurs de son entourage. Cependant Bernard, duc de Septimanie, région côtière sud-occidentale de la France, s'étant révolté contre son autorité, il allait se mettre en route pour le châtier, lorsqu'il mourut.

877         Promulgation rendant les charges publiques héréditaires.

878         7 septembre Nouveau sacre de Louis II le Bègue lors du concile de Troyes par le pape Jean VIII. Concile de Troyes. En 878, le pape Jean VIII tient un concile à Troyes au cours duquel il couronne le roi Louis le Bègue.

878         1er novembre traité de Fouron entre Louis II le Bègue et Louis le Jeune confirmant les frontières existantes.

879         Louis II le Bègue malade, confie le gouvernement à son fils Louis III.

879         10 avril Mort de Louis II le Bègue. Alors qu'il s'apprêtait à attaquer Bernard de Gothie de Septimanie, il meurt brusquement à Compiègne où il est inhumé. Avec lui, toute autorité va disparaître. Le royaume est partagé entre ses deux fils Carloman et Louis.

879         LOUIS III et CARLOMAN (879-882)

879         Louis III. A la mort de son père Louis II en 879 il a 16 ans et son frère Carloman n'en a que 12. Ils partagent le royaume en 2, Louis III obtient la Francie et la Neustrie. Ils doivent reconnaître la possession de toute la Lotharingie (traité de Ribemont en 880) à Louis le Jeune fils de Louis le Germanique qui avait vaincu Charles le Chauve en 876 alors qu'il voulait s'emparer d'une partie du royaume de Louis le Germanique à la mort de celui-ci. Confirmant la dislocation de l'empire franc, Boson beau frère de Charles le Chauve se fait proclamer roi de Bourgogne-Provence à Mantailles. Louis III, son frère Carloman et Charles le Gros s'unissent et assiègent Boson dans Vienne qui résiste pendant deux ans. Au moment ou Vienne capitule les deux frères doivent abandonner pour faire face à l'envahisseur Normand. Louis III remporte une victoire sur les pirates normands à Saucour en Vimeu en 881. Alors que la Francie occidentale pense avoir trouvé un roi courageux et capable, celui-ci meurt en 882 sans descendant laissant son frère Carloman seul roi.

879         Carloman. A la mort de son père Louis II en 879 il a 12 ans et son frère Louis III, 16. Ils partagent le royaume en 2, Carloman obtient la L'Aquitaine et la Bourgogne. Ils doivent reconnaître la possession de toute la Lotharingie (traité de Ribemont en 880) à Louis le Jeune fils de Louis le germanique qui avait vaincu Charles le Chauve en 876 alors qu'il voulait s'emparer d'une partie du royaume de Louis le germanique à la mort de celui-ci. Confirmant la dislocation de l'empire franc, Boson beau frère de Charles le Chauve se fait proclamer roi de Bourgogne - Provence à Mantailles. Carloman, son frère Louis III et Charles le Gros s'unissent et assiègent Boson dans Vienne qui résiste pendant deux ans. Au moment ou Vienne capitule les deux frères doivent abandonner pour faire face à l'envahisseur Normand. Il doit lutter contre les Normands. Il meurt en 884 dans un accident de chasse. Louis II n'a plus d'héritier, Charles, futur Charles le simple naitra la même année.

879         Louis III et Carloman, fils de Louis le Bègue recueillirent sa succession et régnèrent de concert, bien qu'ils se fussent partagé le royaume de telle sorte que Carloman avait l'Aquitaine et la Bourgogne. Louis III avait dû abandonner une partie de la Lorraine à Louis le jeune dit Louis III de Germanie. Les deux frères dirigèrent une expédition contre leur oncle Boson, roi de Bourgogne et de Provence, se trouvant frustrés des territoires que celui-ci s'était adjugés pour les ériger en royaume; ils s'emparèrent, après un siège de deux ans, de sa ville de Vienne, mais ils durent abandonner cette guerre pour se retourner contre les Normands au nord-ouest de leur royaume. Grâce à cette circonstance, Boson conserva son trône si récemment édifié. - Ils remportèrent quelques succès dans la lutte qu'ils entreprirent contre les pirates, notamment à Saucourten-Nimeu, dans la Somme actuelle; mais Louis III mourut d'un accident en 882.

879         avril Couronnement de Louis III et Carloman au monastère de Ferrières-en-Gâtinais.

879         15 octobre Boson est couronné roi de Provence.

879         Création des duchés de Croatie et de Slavonie. Après une nouvelle offensive de Byzance, le duc de Croatie Branimir (879-892) restaure l'Église soumise à l'autorité de Rome. Branimir est reconnu Prince de Croatie par Jean VIII. Installé sur les rives de l'Adriatique depuis le VIIe siècle, le peuple croate s'est organisé politiquement au cours du IXe siècle. Converti au christianisme, il a formé trois duchés distincts : la Croatie blanche, la Croatie rouge et la Croatie pannonienne. La reconnaissance de Branimir comme le Prince de Croatie est une première étape vers l'indépendance du pays et la fondation du royaume.

880         Nouvelles incursions normandes.

880         février Victoire de Louis III le Jeune contre les Normands près de Charleroi. Charleroi est une ville de Belgique, située dans la province du Hainaut.

880         juin Rencontre de Gondreville entre Charles le Gros, roi de Germanie deviendra roi de France et empereur, Louis III, Carloman et un représentant de Louis-le-Jeune.

880         Traité de Ribemont : L'Escaut devient la frontière entre les royaumes de France et de Germanie. La Lotharingie occidentale est cédée au roi de Germanie Louis III le Jeune. Traité de Ribemont, il fut signé en 880 entre le roi germanique Louis III le Jeune et les rois de France Louis III et Carloman II. En 879, Louis le Jeune, roi germanique en Saxe et en Franconie s'apprétait à faire la guerre à ses cousins les rois de France Louis III et Carloman II. Mais, Boson, un noble qui n'était pas issu de la famille carolingienne, se proclama roi en Bourgogne. De plus, les vikings reprirent leurs offensives. Afin de contrer ces différences menaces, les rois carolingiens décidèrent de mettre de côté leurs différents et de faire front commun. Il se rencontrèrent à Ribemont, actuellement dans l'Aisne.

880         En échange de la neutralité de Louis le Jeune, les rois de France lui donnèrent la partie de la Lotharingie qu'il possédaient depuis le traité de Mersen et purent mener la lutte contre Boson. Les nouvelles limites entre le royaume germanique et le royaume de France perdureront pendant tout le Moyen Âge.

880         vers - 'Séquence de Sainte-Eulalie' : composée à l'abbaye de Saint-Amand (Nord), sa passion fait l'objet de la Cantilène, le plus ancien poème (liturgique) en langue d'oïl conservé. 'Séquence de sainte Eulalie', le premier texte littéraire écrit en français, alors nommé roman (ancêtre de l'ancien français et du français), est vraisemblablement la Séquence (ou Cantilène) de sainte Eulalie. On le date de 880 ou 881 et il est inclus dans une compilation de discours en latin de saint Grégoire, en plus de quatre autres poèmes, trois en latin et un en langue tudesque (langue germanique). Une telle séquence, ou poésie rythmique, était chantée lors de la liturgie grégorienne ; celle-ci l'a vraisemblablement été à l'abbaye de Saint-Amand (près de Valenciennes). La région Nord / Pas de Calais détient un particularisme linguistique. En effet, deux idiomes prédominent : le flamand et le dialecte picard. Ce dialecte dérive de la langue romane. Il s'est formé avant le IXe siècle et nous en conservons une trace ancienne grâce au manuscrit, la cantilène de sainte Eulalie (Xe siècle), conservé à Valenciennes. Il est parlé dans la partie méridionale de la Gaule Belgique, de la Bresle jusqu'au Tournaisis et de Mons à Senlis jusqu'à Gravelines, avec quelques différences. L'autre dialecte, le flamand, dérive de la langue germanique et de la pénétration des Barbares. Il est utilisé dans notre région entre la frontière belge et la mer et entre l'Aa et la Lys. Jadis, cette langue avait une influence géographique un peu plus vaste, mais n'étant plus la seule langue employée après la conquête française, l'idiome a perdu de son rayonnement. Au XIXe siècle, la législation a rendu obligatoire l'utilisation du français dans l'administration, dans les écoles et dans les prêches. Une résistance populaire et intellectuelle a permis la pérennisation du flamand, qui aujourd'hui est de nouveau enseigné. Le flamand désigne un groupe de dialectes du néerlandais. Le flamand est, au sens strict et dans le domaine linguistique, un dénominateur de tout dialecte parlé quelque part en Flandre. Cela s'étend du sud des Pays-Bas (Zélande) au nord de la France. D'ouest en est, il en existe beaucoup de variétés locales dont la plus répandue est sans doute le flamand occidental, qui serait parlé par plus d'un million de personnes dans l'extrême ouest de la Belgique. Le picard est une langue dont les origines sont communes avec celles du français ; c'est donc une langue romane. Il est parlé en France dans le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie, et en Belgique dans l'ouest de la province de Hainaut (plus précisément, à l'ouest d'une ligne Rebecq-Beaumont-Chimay). Dans la région Picardie, on parle de picard, alors qu'on emploie plutôt les sobriquets ch'ti, ch'timi dans le Nord-Pas-de-Calais (et Rouchi dans la région de Valenciennes) même si les Nordistes parlent entre eux simplement de patois. Mais cette dénomination peut avoir quelque chose de dévalorisant. Les linguistes emploient uniquement la désignation de picard. En effet, qu'on l'appelle patois, picard ou "ch'ti", il s'agit de la même langue, et les variétés qui sont parlées en Picardie et dans le Nord-Pas-de-Calais sont assez largement intercompréhensibles.

881         12 février Couronnement de Charles le Gros à Saint-Pierre par le pape Jean VIII.

881         3 août Victoire de Louis III contre les Normands à Saucour-en-Vimeu. La bataille de Saucour-en-Vimeu est une victoire remportée le 3 août 881 par les troupes carolingiennes de Louis III et de Carloman II sur les Vikings. À la suite de la bataille de Thimion la Grande Armée des Vikings recommence ses raids. En novembre 880 elle se trouvait à Courtrai, en décembre, Cambrai et Arras flambèrent. En 881 ce fut au tour d'Amiens et de Corbie d'être saccagées. Mais en août 881 Louis III remporte sur elle une grande première victoire à Saucourt-en-Vimeu.

882         5 août Mort de Louis III le Bègue, Carloman règne désormais seul. Ce dernier ne régna seul que deux ans. Il mourut en 884, victime comme son frère, d'un accident, sans que rien de particulier ait marqué la fin de son règne.

882         CARLOMAN (882-884)

883         Les Normands s'emparent d'Amiens.

884         janvier Carloman verse un tribu aux Normands installés à Amiens.

884         6 décembre Mort de Carloman, Charles le Gros, récupère le royaume.

884         CHARLES II le Gros (884-888)

884         Charles le Gros, arrière petit fils de Charlemagne, roi Alemanie et d'Italie est couronné Empereur d'occident en 881 par le Pape Jean VIII en 885, il reconstitue l'unité de l'Empire carolingien mais pour peu de temps. A la mort de Carloman en 884, le troisième fils de Louis II le Bègue n'a que 5 ans. Les grands du royaume de France font appel à Charles III dit Charles le Gros qui est alors empereur d'occident pour assurer la régence. Les Normands assiègent Paris mais sa faiblesse (il fuit devant les Normands) et son incompétence tant en France qu'en Germanie entraîne sa déposition par la diète de Tibur en 887.

884         Avènement de Charles le Gros, fils de Louis le Germanique et d'Emma de Bavière, né en 839. Le trône laissé par Carloman revenait à son deuxième frère Charles, fils posthume de Louis le Bègue, mais celui-ci n'était encore qu'un enfant de cinq ans. Pour cette raison, les seigneurs élurent Charles, qui se trouva à la tête d'un empire aussi vaste que celui de Charlemagne. Le nouveau roi était paresseux, incapable et lâche. Il laissa les Normands poursuivre leurs ravages et s'enhardir jusqu'à venir mettre le siège devant Paris. La future capitale de la France souffrit cruellement au cours de ce siège, mais fut héroïquement défendue par ses habitants commandés par Eudes, comte de Paris et fils de Robert le Fort et par l'évêque Cozlin. Charles le Gros n'arriva, avec 40 000 hommes d'armes, au secours des Parisiens assiégés depuis onze mois, que pour acheter la retraite des Normands, ce qui permit aux pirates d'aller piller d'autres provinces.

885         juin Serment de fidélité des vassaux de Carloman à Charles II le Gros à Ponthieu.

885         juillet Les Normands s'emparent de Rouen.

885         Grâce à un stratagème, le comte Henri tue Godfried, chef Normand. Assassinat du Normand Godfried, duc de Frise Occidentale, sur ordre de Charles le Gros pour trahison à la parole donnée.

885         24 novembre Début du siège de Paris par les Normands.

885         Siège normand de Paris défendu par le comte Eudes. Depuis la moitié du IXème siècle, les Parisiens doivent faire face aux attaques des Vikings qui n'hésitent pas à brûler la ville, comme ce fut le cas en 856. Cette fois-ci, la stratégie des Normands est différente : il décident de faire le siège de la ville. Paris résistera ainsi pendant près de deux ans notamment grâce à Eudes. Finalement c'est le versement d'une forte rançon par Charles le Gros qui permet aux hostilités de cesser. Eudes Ier de France (v. 860 - 20 juin 898 à La Fère), comte de Paris puis roi des Francs (888-898) Fils de Robert le Fort, il est de la branche des Robertiens. Il est devenu roi des Francs, suite à sa conduite héroïque lors du siège de Paris, en 886, contre les Normands. Charles III le Gros, roi des Francs à l'époque, mais surtout empereur d'Occident, ne se presse pas pour envoyer des troupes. Charles finira par être déchu en 887. Le 29 février 888, Eudes est élu roi des Francs. Charles le Simple, roi légitime luttera pendant tout le règne d'Eudes pour récupérer son trône.

886         28 août Mort du comte Henri près de Paris, face aux Normands.

886         octobre Arrivée de l'armée de Charles II le Gros à Montmartre.

886         octobre Les Normands lèvent le siège en contrepartie d'un tribut de 700 livres, et un droit de passage vers la Bourgogne.

886         octobre Les parisiens refusant le passage des navires, les Normands doivent contourner Paris par terre.

887         Indignés de la lâcheté de Charles le Gros et de son incapacité, les seigneurs, réunis en la diète de Tribur, le déposèrent, et partagèrent son empire en sept royaumes indépendants: 1. France; 2. Provence (Bourgogne cisjurane); 3. Bourgogne transjurane; 4. Italie; 5. Lorraine; 6. Allemagne (Germanie); 7. Navarre. - Eudes fut, à Compiègne, proclamé roi de France par les seigneurs.

887         Soulèvement en Franconie, en Thuringe, en Bavière et en Saxe. Arnulf bâtard de Carloman prend la tête de la révolte. Arnulf de Carinthie (? - 899) est empereur d'Occident de 896 à 899. Descendant de Charlemagne, il est fils naturel de Carloman, roi de Bavière, et petit-fils de Louis le Germanique, et il est d'abord duc de Carinthie. Après la déposition de Charles le Gros, il est élu roi de Germanie à la diète de Tribur en 888. Il se fait ensuite reconnaître à Pavie comme roi d'Italie, puis se rend à Rome, où le pape Formose le couronne empereur en 896. Il combat les Normands et les Moraves, et bat les Scandinaves dans la région de Louvain en 891. Il meurt sans doute empoisonné. Son successeur est son fils Louis IV, dit l'Enfant, le dernier des Carolingiens en Germanie.

887         novembre Charles II est déposé et enfermé dans une abbaye.

888         13 janvier Mort de Charles II le Gros, Eudes, comte de Paris est désigné roi de France par les Grands du Royaume au détriment de Charles le Simple, héritier légitime. Charles III, dit le Simple Roi de France de 893 à 929. Il est le fils de Louis II dit le Bègue et Adélaïde de Frioul.

888         EUDES (888-898) ancêtre des Capétiens, proclamé roi de France contre le candidat carolingien (888-898)

888         Eudes, comte de Paris, fils de Robert le Fort qui avait été chargé par Charles le Chauve de défendre la Neustrie contre les Vikings (mort en 866 au combat contre les Normands) ne fait pas partie de la famille carolingienne, il appartient aux Robertiens, famille d'origine des Capétiens. Eudes s'illustre dans la défense de Paris assiégé par les Normand en 885/886 sans toutefois réussir à faire lever le siège, Charles le gros qui a fui devant les Normands doit finalement acheter leur départ. Devant la faiblesse de Charles le Gros tant en France qu'en Germanie celui-ci est déposé par la diète de Tribur en 887. Eudes est alors élu par les nobles, Roi de france et couronné à Compiègne en 888 au détriment de Charles le Simple dernier héritier de Louis II le Bègue qui n'a que 9 ans. Son règne marque le début d'une longue guerre entre Robertiens et Carolingiens qui durera un siècle. Eudes doit continuer la lutte contre les Normands qu'il vaincra en 888 à Montfaucon en Argonne mais il sera à son tour vaincu en 891.

888         Charles le simple sera sacré roi en 893 après 3 années de lutte avec Eudes, celui-ci lui cèdera une partie du territoire et en fera son héritier (897). Eudes meurt en 898 et laisse le royaume aux Carolingiens.

888         29 février Couronnement de Eudes à Compiègne.

888         24 juin Eudes continua avec succès la lutte contre les Normands, sur lesquels il remporta entre autres victoires, celle de Montfaucon où il leur tua 20 000 hommes.

890         6 juin Louis III l'Aveugle, fils de Boson est sacré roi de Provence. Louis III l'Aveugle est né à Autun (Saône-et-Loire) vers 880 ou 883 - et il est mort le 28 juin 928 à Vienne (Isère). Il était le fils de Boson V de Provence (mort en 887), roi de Provence, et d'Ermengarde, fille de l'empereur d'occident, Louis II le Jeune; par sa mère il est un carolingien, lesquels se fondent dans les bosonides. Il succéda à son père en tant que roi de Provence (887 - 928), et fut empereur d'Occident de 901 à 905.

890         Richard dit Richard le Justicier, comte d'Autun, Mâcon et Châlon agrandit ses possessions puis se fait reconnaître duc de Bourgogne par le roi de France. Richard le Justicier (né en 858 - mort le 1er septembre 921), fut un grand seigneur féodal, à l'origine de la première maison des ducs de Bourgogne.

893         28 janvier Couronnement de Charles le Simple dans la basilique Saint-Rémi.

894         Arnulf se lance à la conquête de l'Italie.

896         Charles III dit le simple, fils posthume de Louis le Bègue, n'avait pas renoncé à la succession de son père. Une ligue se forma entre seigneurs de son entourage pour faire valoir ses droits, et prit les armes contre Eudes. Les amis de Charles furent vaincus, mais Eudes, par esprit de justice et pour éviter de nouvelles réclamations, lui céda les provinces situées entre Seine et Meuse.

896         mai Arnulf est sacré empereur à Rome.

897         Paix entre Eudes et Charles III qui récupérera le royaume à sa mort.

898         1er janvier Mort d'Eudes à la Fère-sur-Oise, Le duché de France passe à son frère Robert. Charles III (le Simple) occupe seul le trône. Robert Ier (865-923), roi des Francs, fut le fils le plus jeune de Robert le Fort, comte d'Anjou, et le frère de Eudes, qui devint roi des Francs de l'Ouest en 888. Nommé par Eudes le chef de plusieurs comtés, y compris le comté de Paris, et abbé in commendam de plusieurs abbayes, Robert obtint aussi le duché des Francs, une dignité militaire très importante. Il ne revendiqua pas la couronne de France quand son frère mourut en 898, mais il reconnut la prétention du roi carolingien, Charles III, qui confirma les dignités de Robert. Robert continua à défendre le nord de la France contre les attaques des Normands. La paix entre Charles III et Robert dura jusqu'à 921. Le clergé et les nobles s'irritèrent avec Charles, en particulier avec la faveur de Charles pour le comte Hagano. Avec l'appui des nobles les plus puissants, Robert attaqua Charles, qui fuit en Lorraine. Robert fut couronné roi des Francs à Reims le 29 juin, 922. Charles rassembla une armée et marcha contre Robert, et le 15 juin, 923, le vainquit à Soissons. Selon certaine tradition, Robert tomba en duel avec Charles.

898         CHARLES III le simple (898-923)

898         Charles III le simple. Fils posthume du roi Louis le Bègue il n'est pas sacré en 884 à la mort de son frère Carloman, les Grands du royaume lui préférant l'empereur Charles le gros. Lorsque Charles le gros est déposé pour incompétence en 887, c'est le comte Eudes qui a défendu Paris assiégé par les Normands qui est élu roi par les grands du royaume. L'élection de Eudes ne satisfait pas les partisans des carolingiens qui font sacrer Charles le simple (le simple signifie en l'occurence sincère et honnête) par l'Archevêque de Reims Foulques le 23 janvier 893. Les hostilité entre Robertiens et Carolingiens ne s'apaiseront qu'en 897 lorsque Eudes fait de Charles le Simple son héritier d'autant plus qu'il meurt l'année suivante. Charles doit lutter contre les Normands, mais personne n'est en mesure de leur opposer une résistance valable, et après la bataille de Chartres, Charles le Simple, par le traité de Saint Clair sur Epte cède en fief le pays de Caux à Rollon chef des Normands en 911 et crée la Normandie. Pour sceller ce traité Charles donne en mariage sa fille Gisèle à Rollon qui s'engage à se convertir au christianisme ce qu'il fera effectivement plus tard. Depuis le début des invasions Normandes et principalement depuis 835 les seigneurs se sont construit des retranchements ce qui a créé des fiefs quasiment indépendants et à diminué l'influence royale, la Normandie ne fera pas exception à la règle d'autant plus que les Normands vont se servir de cette terre pour partir vers de nouvelles conquêtes et notamment se rendre maître de l'Angleterre (1066). Charles doit faire face à une révolte des grands du royaume qui élisent Robert Marquis de Neustrie roi de France en 922. Robert était le frère de Eudes tous les deux fils de Robert le Fort. Dans la bataille qui s'en suit, Robert est tué mais Charles est fait prisonnier par Herbert de Vermandois (Robert avait pour seconde épouse Béatrice de Vermandois). Il mourra en 923 captif.

898         28 décembre Victoire de Charles III à Saucourt-en-Vimeux contre les Normands.

899         décembre Mort d'Arnulf, Louis IV de Germanie devient empereur. Louis IV de Germanie dit l'Enfant (893-911), roi de Francie orientale (Germanie) (906-911), fils d'Arnulf de Carinthie, roi de Francie orientale, et Oda.

901         février Louis III l'Aveugle est sacré empereur à Rome par le pape Benoît IV. Benoît IV, né à Rome, pape du 1er février 900 à juillet 903. Son pontificat aura duré 3 ans et 5 mois. Il gouverna avec beaucoup de sagesse, mais ne put, malgré ses efforts, corriger la dépravation des moeurs.

903         Prise de Saint-Martin-de-Tours par les Normands.

910         11 septembre Fondation du monastère de Cluny par Guillaume Ier d'Aquitaine. C'est Guillaume Ier d'Aquitaine qui en est le fondateur. Bernon, son premier abbé, la dirigera jusqu'en 927. Odon fera de Cluny l'un des centres religieux les plus brillants d'Europe. L'abbaye de Cluny (Saône-et-Loire) est fondée par le duc d'Aquitaine et comte d'Auvergne Guillaume Ier d'Aquitaine, qui la place sous l'autorité immédiate du pape. C'est par cet acte fondateur que naît aussi l'ordre de Cluny. Ordre de Cluny, au début du Xe siècle, naît dans l'Église catholique la volonté de réformer l'ordre monastique. Cette restauration s'appuie sur la Règle de Saint Benoît, un règlement qui régit dans ses moindre détail la vie monastique, pour respecter l'observance. Cette Règle connaît un important développement, notamment grâce à l'action de Benoît d'Aniane. Mais elle est limité par les traditions qui se développent dans les abbayes, et par la méconnaissance de la Règle. Cluny va alors s'imposer en groupant un grand nombre de couvent, et va devenir le plus important Ordre du Moyen Âge, rayonnant sur toute l'Europe. Au XIIe siècle, ce qu'on appelle l'ordre de Cluny compte près de deux mille prieurés, dont quelques-uns sont parmi les plus grands établissements ecclésiastiques du temps : La Charité-sur-Loire, Souvigny, Saint-Martin-des-Champs près de Paris. Si la plupart des monastères sont devenus de simples prieurés en s'intégrant dans l'ordre, un petit nombre y sont entrés en conservant leur rang d'abbaye, mais en acceptant la discipline commune et l'autorité supérieure de l'abbé de Cluny. Directement soumis au Saint-Siège, Cluny est au XIe siècle l'instrument efficace du succès des institutions de paix et de réforme grégorienne. Plusieurs papes et légats pontificaux sortent de Cluny. Le réseau clunisien diffuse les principes de la réforme contre les vices dont souffre l'Église prise dans l'étau des liens féodaux du monde laïc : simonie, nicolaïsme. Accusé à son tour d'un trop grand enrichissement et d'un pouvoir temporel excessif, l'ordre de Cluny perd de son influence spirituelle lors de l'éclosion, à la fin du XIe siècle siècle et au début du XIIe siècle, des nouveaux ordres inspirés d'un idéal de pauvreté et d'austérité : Cîteaux, Prémontrés, la Chartreuse. C'est donc en opposition complète avec ce qui sera l'idéal cisterciens, pour lequel saint Bernard disputera âprement avec Pierre le Vénérable, que Cluny devient l'un des principaux foyers de vie intellectuelle et artistique en Occident. Ordre clunisien. Cluny est une abbaye bénédictine près de Mâcon, fondée par le comte d'Auvergne et duc d'Aquitaine en 909, et démolie par les révolutionnaires de 1789. La charte de l'abbaye stipule qu'elle ne dépend que de Rome. Elle est placée successivement sous l'autorité de grands abbés tels Odon, Odilon, Hugues, Pierre le Vénérable… Le respect de la liturgie et l'importance accordée à la prière jouent un rôle dans le redressement de l'image du clergé initié par le pape Grégoire VII. Guillaume Ier d'Aquitaine dit Le Pieux (né v. 875 - mort le 6 juillet 918 à Brioude) fut marquis de Gothie, comte d'Auvergne, de Berry, de Limousin, de Lyon et de Mâcon, puis duc d'Aquitaine et abbé laïque de Brioude. Guillaume était le fils du comte d'Auvergne Bernard Plantevelue et de son épouse, Ermengarde, et le petit-fils de Bernard de Septimanie. Il était maître de l'Auvergne et du Limousin par son père, et se proclama duc des Aquitains en 909. Ses biens s'étendaient de l'Austrasie au Toulousain en passant par l'Autunois, le Mâconnais et l'Auvergne. Avant 898, il épousa Engelberge, fille du roi de Bourgogne cisjurane Boson de Vienne et d'Ermengarde, elle-même fille unique de l'empereur Louis II le Jeune. Il fonda l'abbaye de Cluny en 909 et y nomma Bernon de Baume comme abbé. Il mourut le 6 juillet 918 à Brioude, où il fut enterré dans l'église.

910         Époque d'architecture préromane. L'art de Pré-roman est une période d'approximativement 400 ans dans l'art de l'Europe occidentale qui va de la Renaissance Carolingienne au VIIIe siècle jusqu'au début de la période Romane du XIIe siècle. Le thème dominant pendant cette période est l'introduction et l'absorption des formes méditerranéennes et chrétiennes classiques avec celles germaniques, créant de nouvelles formes innovatrices, et menant à l'apogée qu'a connue l'Art roman au XIIe siècle. Dans le contexte de l'art médiéval, cette période a été précédée par ce qui s'appelle généralement l'art de période de migration.

911         Le chef Normand Rollon s'empare de Nantes, Angers et Le Mans. Rollon le Marcheur, est né en Norvège en 845. Banni du royaume de Norvège en 874, il prend la tête d'une bande de Vikings, principalement des Danois, s'attaque principalement aux côtes de la Mer du Nord et de la Manche et sert plusieurs fois de mercenaire en Angleterre. Il établit son camp à l'embouchure de la Seine en 896, remonte plusieurs fois le fleuve, prend Rouen et menace Paris qu'il assiègera vainement en 910. En 911, après avoir assiègé Chartres et par le traité de Saint-Clair-sur-Epte, le roi carolingien Charles le Simple lui abandonne une partie de la Neustrie, dont le comté de Rouen qui sera la base de la future Normandie. En échange, Rollon s'engage à empêcher d'autres bandes vikings de piller la Neustrie. Il se fait baptiser en 912 en la cathédrale de Rouen sous le nom de Robert, du nom de Robert duc des Francs (ancêtre des futurs rois capétiens) son parrain de baptême.

911         Robert Ier de France, comte de Paris remporte la victoire sur les Normands près de Chartres.

911         juillet Traité de Saint-Clair-sur-Epte conclu entre Charles III et Rollon, chef des pirates normands établis dans l'ancienne Normandie, dans le but de mettre un terme aux incursions de ces aventuriers dans le haut pays. Charles donnait sa fille Gisèle en mariage à Rollon et abandonnait à ce dernier la Neustrie maritime qui devint de ce fait le duché de Normandie, sous les conditions que Rollon se reconnaissait le vassal du roi de France et embrasserait avec ses compagnons le christianisme, ce qu'ils firent solennellement à Rouen. II est remarquable que les Normands se fixèrent assez facilement au sol et que la Normandie ne tarda pas à devenir une des plus prospères provinces de France. Rollon mourut en 931. Traité de Saint-Clair-sur-Epte entre Rollon et Charles le Simple ; fondation de la Normandie. Traité de Saint-Clair-sur-Epte, traité signé le 11 juillet 911 entre Charles III le Simple et Rollon, chef viking visant à l'établissement des Normands en Neustrie afin de protéger le royaume de Charles III de toute nouvelle invasion des "hommes du Nord". Aucun écrit n'est connu de ce traité qui donne naissance au duché de Normandie. Par ce traité Charles III concède à Rollon la région comprise entre l'Epte et l'Oise, à l'exception du Vexin Français : c'est-à-dire les comtés ou évéchés de Rouen, Évreux et Lisieux. Ce qui correspond à l'actuelle Haute Normandie, augmentée du Pays d'Auge. De plus, Rollon prenait l'engagement de se faire baptiser, acceptait en mariage Gisèle, la fille bâtarde de Charles III, et devait rendre hommage de vassalité au roi. Sur ce dernier point, l'histoire dit que les choses se compliquèrent, Rollon refusant de s'agenouiller devant le roi et de lui baiser le pied. Un compromis fut trouvé et c'est un des proches de Rollon qui prit le pied du roi et sans s'agenouiller le leva si haut que le roi perdit l'équilibre et tomba à terre. Traité de Saint-Clair-sur-Epte. Traité signé en 911, par lequel le roi Charles le Simple octroie la Normandie au chef scandinave Rollon, qui devient ainsi le premier duc de Normandie. En échange, ce dernier rend hommage au roi et se fait baptiser chrétien.

911         24 septembre Mort de Louis IV de Germanie sans postérité, la Lorraine est rattachée à la France.

912         21 janvier Charles se fait proclamer roi de Lotharingie. Le roi de Lotharingie venant de mourir sans héritier, Charles le Simple en revendique la couronne. Il reprend le titre de rex francorum (roi des Francs).

912         14 mai Conrad Ier, roi de Germanie entre en Lorraine. Conrad Ier de Germanie fut roi de Francie Orientale (Germanie) de 911 à 918.

916         Les Khitan sous la conduite d'A-pao-ki imposent leur autorité sur la Mongolie et repoussent les Kirghiz vers la Sibérie. Les Khitans ou Khitai sont un peuple proto-mongol, fondateur en 907 de la dynastie chinoise des Liao. Le kirghiz est une langue appartenant au groupe des langues turques de la famille des langues altaïques. Il est parlé en Asie centrale, principalement en Kirghizstan (où il est la langue nationale), au Tadjikistan, au Xinjiang et en Afghanistan.

917         Incursion Hongroise en Lorraine et en Bourgogne.

919         Nouvelle incursion Hongroise en Lorraine.

919         Henri Ier de Germanie remplace Conrad Ier de Germanie sur le trône de Germanie. Henri Ier de Germanie, dit l'Oiseleur, né en 876 est duc de Saxe depuis 912 et roi de la Francie Orientale (Germanie) de 919 à sa mort en 936.

920         Défaite de Charles III le Simple près de Worms contre Henri Ier de Germanie. Worms est une ville et un district d'allemagne, située dans le Land de Rhénanie-Palatinat, sur la rive gauche du Rhin.

921         Richard le Justicier, duc de Bourgogne meurt son fils Raoul de France lui succède. Richard le Justicier (858 - †921), fut un grand seigneur féodal, à l'origine de la première maison des ducs de Bourgogne. Raoul de France, duc de Bourgogne (921-923), roi de France (923-936),     

922         Révolte de Gilbert de Lorraine, Robert de France, Robert de Bourgogne contre Charles III le Simple. Causé par leur dépit d'avoir vu le roi prendre pour favori et ministre un certain Haganon, auquel ils reprochaient l'obscurité de sa naissance et son esprit d'intrigue. Dans une assemblée, ils le déposèrent et élurent à sa place Robert (frère d'Eudes), qui se fit aussitôt sacrer à Reims. Charles III marcha contre ce rival et lui livra bataille à Soissons.

922         29 juin Les révoltés désignent Robert roi de France contre Charles III le Simple.

922         ROBERT Ier de France, ancêtre des Capétiens, proclamés roi contre Charles III.

922         Robert Ier. Deuxième fils de Robert le fort et frère du roi Eudes, il devient duc de Neustrie en 888 quand son frère monte sur le trône de France. Il fut d'abord fidèle au successeur de son frère, Charles le simple, s'illustra dans la lutte contre les Normands, c'est lui que Charles chargea de négocier le traité de saint Clair sur Epte avec Rollon. En 914 il obtient la survivance de tous ses fiefs pour son fils Hugues. Il isole petit à petit le Carolingien, monte une conspiration proclame sa déchéance et se fait élire et sacrer roi à Reims le 29 juin 922. Il sera tué l'année suivante en livrant bataille à Charles le Simple mais son fils Hugues remporta la victoire et fit prisonnier Charles le simple. C'est son gendre Raoul de Bourgone qui lui succède.

923         15 juin Mort de Robert lors de la bataille de Soisson contre Charles III le Simple. Bataille de Soissons: Robert y est tué, mais Charles le Simple est battu. Charles prend la fuite, va se réfugier auprès du duc Herbert II de Vermandois, est livré quelque temps après par celui-ci à ses ennemis, et enfermé au château de Péronne, où il meurt en 929. Le fils de Robert, Hugues le Grand, ayant rallié ses partisans, achève la victoire de Soissons et ceint la couronne des rois de France. Hugues le Grand, né en 897, mort à Dourdan en 956, comte de Paris, marquis de Neustrie de 923 à 956, puis duc des Francs, comte d'Auxerre de 954 à sa mort. Herbert II, né vers 880, mort le 23 février 943, fut comte de Vermandois et de Meaux de la mort de son père, survenue entre 900 et 907 à sa mort en 943. Il était fils d'Herbert Ier, comte de Vermandois. Il hérite des biens de son père entre 900 et 907 et augmente sa puissance territoriale vers le Vexin et la Champagne. En 922, il participa à la révolte des grands du royaume contre Charles le Simple qu'il captura par traîtrise en 923 et le garda prisonnier comme moyen de pression vis-à-vis du roi Raoul. Il obtint de ce dernier le siège archiépiscopal de Reims pour son fils Hugues. En 926, il s'empara d'Amiens. Il obtint le comté de Laon en 928, mais dut le rendre en 931 et en 938. En 931, il se rapprocha du roi de Germanie Henri l'Oiseleur, mais se soumit au roi de France en 935. Il intervint ensuite plusieurs fois à Reims pour restaurer son fils. À sa mort, Hugues le Grand partagea ses biens entre ses différents fils, afin de mettre fin à la puissance vermandoise.

923         Maître de la couronne, Hugues le Grand l'offrit à son beau-frère Raoul de France (gendre de Robert), duc de Bourgogne, mais sous le nouveau roi, il dirigea les affaires de l'État. Hugues le Grand se fit remarquer par les campagnes heureuses qu'il entreprit contre les Hongrois, descendants des Huns, qui avaient envahi le royaume après avoir ravagé l'Allemagne et qui n'étalent pas moins redoutables que leurs ancêtres.

923         RAOUL (923-936) ancêtre des Capétiens, proclamés roi contre Charles III.

923         Raoul. Duc de Bourgogne à la suite de son père Richard en 921, il participe à la révolte de son beau père Robert contre Charles le simple en 922. A la mort du roi Robert Ier en 923, Hugues le Grand son fils refuse la couronne. Gendre de Robert Ier, il sera élu roi de France et Charles le Simple est destitué par les grands de Neustrie. Pendant son règne il devra lutter contre les incursions hongroises (926/927) et contre les Normands (930) et surtout contre des grands vassaux révoltés et notamment Herbert II de Vermandois oncle de son épouse Emma (frère de Béatrice) et gendre également de Robert Ier (époux de Adèle fille d'un première épouse de Robert). Raoul meurt sans postérité en 936.

923         13 juillet Raoul est élu roi et couronné à Soisson par les révoltés en remplacement de Robert.

923         17 juillet Charles III le Simple est capturé, son épouse et son fils Louis d'Outremer s'enfuient pour l'Angleterre. Louis d'Outremer (921-† 954), roi de France (936-954), fils de Charles III dit le Simple et Edwige de Wessex. Évincé du trône à la mort de son père, c'est après la mort du roi Raoul en 936, qu'il est rappelé d'Angleterre d'où son surnom d'Outremer. Les domaines propres du roi sont essentiellement la région de Laon. Il n'a aucune autorité sur toute les régions au sud de la Loire. C'est Hugues le Grand qui règne sur la Francia et la Bourgogne.

923         juillet Intervention de Rodolphe II, roi de Bourgogne en Italie. Rodolphe II de Bourgogne, né en 880 et mort le 11 juillet 937, est roi de Haute-Bourgogne (912-937), Basse-Bourgogne (Provence, 933-937) et d'Italie (en pratique de 922 à 926, prétention abandonnée en 933). Il est le fils de Rodolphe Ier de Bourgogne.

924         7 avril Assassinat de Bérenger Ier de Frioul, roi d'Italie par son filleul. Bérenger Ier de Frioul († 924), était un des neuf enfants d'Évrard († 866), marquis de Frioul (lui-même fils d'Unroch, comte du Ternois) et de son épouse Gisèle († 874), quant à elle, fille de l'empereur Louis le Pieux. D'abord marquis de Frioul et héritier du domaine royal d'Annapes, Bérenger fut élu roi des Lombards à Pavie, en 888, mais il fut vaincu dès l'année suivante par son compétiteur Guy († 894). Ce dernier, duc de Spolète, fut élu roi à son tour en février 889, puis couronné empereur en 891. Bérenger ne cessa de lutter pour reprendre le pouvoir, ce à quoi il parvint à plusieurs reprises. Il se proclama même empereur des Romains en 915. Finalement, Bérenger Ier mourut assassiné à Vérone le 7 avril 924.

924         12 novembre Rodolphe II est élu roi d'Italie.

925         Attaques normandes en Beauvaisis; Intervention de Raoul.

925         Henri Ier de Germanie s'empare de la Lorraine.

925         Tomislav fonde le royaume de Croatie. Après être parvenu à unir la Croatie blanche et la Croatie Pannonienne, Tomislav se fait proclamer roi et crée le Royaume de Croatie. Jusqu'à l'intégration dans la Hongrie en 1102, la Croatie sera un État médiéval indépendant. Sous l'influence et la menace de l'Europe occidentale et de Byzance, le royaume intégrera les deux cultures, accueillant les rites romains et orthodoxes.

926         Défaite de Raoul à Fauquembergues face au Normands, Incursions hongroises en Champagne et révolte en Aquitaine.

926         Début des raids hongrois.

927         Herbert de Vermandois, comte de Meaux, reconnaît Charles III le Simple comme roi de France, relançant la guerre civile. Herbert de Vermandois, Herbert Ier, né vers 850, mort entre 900 et 907. Il fut seigneur de Péronne et de Saint-Quentin, comte de Soissons, comte de Vermandois et de Meaux de 896 à sa mort. Il était fils de Pépin, fils de Bernard, roi d'Italie. Il apparait en 877 à la cour du roi Charles le Chauve et est cité en 889 comme un fidèle du roi Eudes. Il devient comte de Vermandois en 896, succédant au Nibelungide Théodoric, qui était probablement son grand-père maternel. Dans les années qui suivent, il hérite de plusieurs comtés (Soissons, Meaux et Vexin), tenus par d'autres Nibelungides. Cet ensemble forma une marche militaire créée en 890 pour lutter contre les Normands.

927         Rollon prête hommage à Charles III le Simple.

928         Herbert de Vermandois emprisonne de nouveau Charles III le Simple et se rapproche de Raoul.

929         7 octobre Mort de Charles III le Simple à Péronne, son fils Louis d'Outremer réfugié en Angleterre ne revendique pas le trône.

930         Victoire de Raoul contre le Normands.

931         Raoul attaque Herbert de Vermandois.

933         La Normandie intègre le Cotentin et l'Avranchin. Alors qu'il succède tout juste à son père Rollon avec qui il partageait le pouvoir depuis 927, Guillaume Ier Longue-Épée (Guillaume Ier de Normandie) obtient le Cotentin et l'Avranchin. Cette annexion, précédée par celle du Bessin, permet à la principauté de gagner en puissance et d'acquérir des frontières stables. Mais, fils d'un viking et d'une chrétienne franque, Guillaume accroît la puissance et la richesse de son duché en jouant sur deux plans : reconnaissance du Royaume Franc et apport de culture et de sang viking grâce aux colons. Cette stratégie n'est pas sans risque puisqu'il devra faire face à une rébellion de Normands un an plus tard. Guillaume Ier de Normandie, Guillaume Longue-Épée, fils naturel de Rollon et de Poppa de Bayeux est le deuxième "duc" de Normandie. Il est né à Rouen autour de l'an 905 et meurt assassiné le 17 décembre 942 après une entrevue avec Arnoul, comte de Flandre.

936         15 janvier Mort de Raoul à Auxerre.

936         A la mort de Raoul, il y eut un interrègne de cinq mois, pendant lequel Hugues le Grand continua de gouverner. Il appela au trône un fils de Charles le Simple et d'Odgiwe, né en 921: Louis IV, dit d'Outre-mer, parce qu'il résidait alors en Angleterre où il s'était réfugié après la bataille de Soissons; c'est à lui d'ailleurs que revenait en droit la couronne. Louis IV d'Outremer batailla bravement contre les Hongrois et les Normands, mais il voulut s'affranchir de la tutelle de Hugues le Grand et, fait prisonnier dans un des combats qui se livrèrent à cette occasion, il dut faire abandon de tous ses biens pour se racheter. Sur l'intervention de son beau-frère Otton, empereur d'Allemagne, (disent les uns), du pape, (disent les autres), Hugues lui rendit, avec la liberté, la ville de Laon. Louis d'Outremer mourut en 954.

936         LOUIS IV d'Outremer (936-954)

936         Louis IV d'outremer. Lors de la destitution de son père Charles le Simple, Louis est emmené par sa mère en Angleterre où il sera élevé d'où son surnom Louis d'Outremer. A la mort de Raoul, il est rappelé à l'initiative de Hugues le Grand (Qui avait fait prisonnier Charles le simple lors de la révolte, qui devait amener Robert Ier sur le trône). Il est élu roi en 936. Hugues le Grand pensait pouvoir manoeuvrer à sa guise le jeune souverain. Actif, énergique, intelligent Louis avait l'étoffe d'un grand souverain mais il dut passer une grande partie de son règne à lutter contre Hugues le Grand. Hugues le Grand le laissera faire prisonnier par les Normands et ne le délivrera que par la cession de la ville de Laon. Louis IV d'Outremer fait appel à Otton roi de Germanie pour reprendre le dessus et forcer Hugues le Grand à reconnaître sa souveraineté en 950. Ils concluent une paix définitive en 953 mais il meurt peu après d'une chute de cheval. Son fils Lothaire lui succèdera.

936         janvier Hugues le noir, frère de Raoul devient duc de Bourgogne. Hugues le Noir, duc de Bourgogne est le fils du duc Richard le Justicier et frère du roi Raoul Ier. Il tolère mal l'autorité du duc de France Hugues le Grand, lequel conduit contre lui une expédition qui oblige le duc de Bourgogne à céder au duc de France le comté de Sens. Hugues le Noir se range alors au côté du Carolingien Louis IV d'Outremer, qui réagit contre la protection d'Hugues le Grand. Il lui faut cependant se soumettre devant la coalition nouvelle formée par Othon Ier, Hugues le Grand et Herbert II de Vermandois en 940. Il meurt le 17 décembre 952. Herbert II de Vermandois, Herbert II, né vers 880, mort le 23 février 943, fut comte de Vermandois et de Meaux de la mort de son père, survenue entre 900 et 907 à sa mort en 943. Il était fils d'Herbert Ier, comte de Vermandois.

936         juin Louis IV d'Outremer arrive en France.

936         19 juin Sacre de Louis IV d'Outremer à Laon.

937         Incursions Hongroises en Bourgogne et en Champagne.

939         Mariage de Louis IV avec Gerberge, soeur d'Otton Ier du Saint-Empire. Otton Ier du Saint-Empire (né le 23 novembre 912 à Wallhausen - mort le 7 mai 973) dit Otton le Grand, empereur des Romains (962 – 973), est le fils et successeur du roi Henri Ier de Germanie (mort en 936) dit l'Oiseleur, duc de Saxe.

940         Otton Ier du Saint-Empire entre en Lorraine et en Champagne.

941         naissance de Lothaire, fils de Louis IV. Lothaire de France (941-† 986), roi de France (954-986), fils de Louis dit d'Outremer et Gerberge de Germanie. Il succède immédiatement à son père et est sacré le 12 novembre 954 à Reims, ayant refusé tout partage avec son frère Charles, pourvu en 973 du duché de Basse-Lorraine par son oncle l'empereur Othon Ier de Germanie.

942         novembre Traité de Visé concluant la paix entre Otton Ier du Saint-Empire et Louis IV.

942         17 décembre Assassinat du duc de Normandie, Guillaume Ier de Normandie, Richard Ier de Normandie lui succède et jure fidélité à Louis IV. Par ses différents jeux d'alliances, Guillaume Ier de Normandie, également nommé Guillaume Longue-Épée, s'est mis à dos de nombreux princes francs. Ceux-ci, avec à leur tête le comte de Flandre, voient de surcroît d'un mauvais oeil le développement de la jeune Normandie. Prétextant la signature d'un traité, ceux-ci lui tendent un guet-apens et l'assassinent. Son fils lui succède alors à la tête de la Normandie sous le nom de Richard Ier de Normandie. Richard Ier de Normandie, dit Richard Sans-Peur, fils naturel de Guillaume Ier et de Sprota est le troisième "duc" de Normandie - en fait ses prédécesseurs et lui-même dans un premier temps se qualifient de jarl des Normands ou de comte de Rouen, il est le premier à se qualifier de duc. Il né en 932 et mort en 996.

943         Incursion normandes en Bretagne.

944         juillet Entrée de Louis IV à Rouen, marquant ainsi la soumission des Normands à son autorité.

945         Louis IV est fait prisonnier par les Normands.

945         septembre Intervention d'Otton Ier du Saint-Empire en faveur de Louis IV.

945         La Normandie accroît son indépendance. Après avoir déjoué un guet-apens, Richard Ier de Normandie obtient la reconnaissance de sa puissance et la quasi indépendance de la Normandie lors du traité de Gerberoy. Constamment menacé par les francs lors de son règne, Richard Ier permettra à la Normandie de s'affermir et de poursuivre son développement. Il affirmera notamment son soutien à son beau-frère Hugues Capet, sacré roi de France en 987, soutien qui sera entretenu par ses successeurs.

947         25 janvier : En Chine, les Khitans fondent la dynastie des Liao et s'établissent dans la région de Pékin (Beijing). Le khan Khitan Ye-liu Tö-kouang entre dans Kaifeng, pille la ville et rentre à Pékin avec la cour chinoise prisonnière. La dynastie Liao, 907-1125, aussi connue comme l'empire ou le royaume du Khitan, a été fondée par la famille Yelü de la tribu Khitan dans les dernières années de la dynastie Tang, bien que Yelü Abaoji ne soit pas déclaré comme nom d'ére avant 916. Connu au départ sous le nom d'empire du Khitan, l'empereur Yelü Ruan adopte officiellement le nom de Dynastie Liao en 947.

949         Louis IV s'empare de Laon.

954         Nouvelles incursions Hongroises en Bourgogne et en Champagne.

954         10 septembre Mort de Louis IV d'Outremer à Reims. Le roi meurt en laissant un héritier de treize ans, Lothaire, et un royaume dont le pouvoir effectif est aux mains du puissant Hugues le Grand, duc de France.

954         LOTHAIRE (954-985)

954         Lothaire. Fils ainé de Louis IV d'Outremer, il succède à son père en 954, il n'a que 13 ans. Il subit la tutelle de Hugues le Grand à qui il donne la suzeraineté sur l'Aquitaine puis ce sera celle de Hugues Capet fils de Hugues le Grand et neveu de Otton Ier du Saint-Empire en 956 lorsque meurt Hugues le Grand. Il fait Hugues Capet duc des Francs en 960. En 978 Lothaire s'engage dans une guerre contre le roi de Germanie Otton II du Saint-Empire ce qui n'aura d'autres résultats que de favoriser l'ascension de Hugues Capet. Il meurt en 986 son fils Louis V lui succèdera.

954         Avènement de Lothaire (fils de Louis IV d'Outremer). Ce fut encore Hugues le Grand qui présida à l'avènement de ce nouveau roi, mais en gardant pour lui toute l'autorité. Lothaire eut quelques démêlés avec Otton Ier du Saint-Empire, qui se réglèrent les armes à la main. Complètement dominé par le maire du palais et tenu en suspicion par les seigneurs, il ne put donner la mesure de sa valeur, qui était réelle. Il mourut en 985.

954         12 novembre Élection de Lothaire au trône de France par les Grands du Royaume sous la tutelle de son oncle Brunon et couronnement à Reims. Brunon de Roucy (956 - Langres, 31 janvier 1016) fut évêque de Langres de 980 à 1016. Son père, Renaud de Roucy, portait le titre de comte de Reims, et sa mère était fille de Gislebert de Lotharingie et de Gerberge de Saxe, la mère du roi Lothaire par son remariage avec Louis IV d'Outremer. Brunon était donc un demi-frère utérin du roi Lothaire. D'abord chanoine de Reims, il prit des leçons de Gerbert d'Aurillac, l'écolâtre de cette ville. En 980, à vingt-quatre ans à peine, le roi Lothaire le nomma évêque de Langres. Il fut ordonné l'année suivante par Burchard II, l'archevêque de Lyon. Il établit la réforme de Cluny dans l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon, en lui donnant pour abbé le bienheureux Guillaume de Volpiano, qui réforma par la suite plusieurs autres monastères. Il fit refleurir les études à l'école de Langres, où passèrent deux futurs archevêques de Lyon, Halinard et Odolric.

956         juin Mort d'Hugues le Grand, laissant trois fils, Hugues Capet, Otton de Bourgogne et Eudes-Henri. Son fils aîné Hugues Capet lui succède comme duc de France et maire du palais avec tout le pouvoir qu'il avait eu. Hugues Capet (v. 940 - 24 octobre 996), fut roi des Francs de 987 à 996, fondateur de la dynastie capétienne. Hugues Capet est le fils de Hugues le Grand, duc des Francs, et de Hedwige de Saxe, ou Avoia, fille d'Henri Ier de Saxe, dit Henri Ier l'Oiseleur, roi de Germanie. Otton de Bourgogne, Otton, comte d'Auxerre, duc de Bourgogne, né vers 945, mort le 23 février 965, fils d'Hugues le Grand, duc de France et d'Hedwige de Saxe. Son père lui transmit le comté d'Auxerre et le maria à Liégearde, héritière de Gilbert de Chalon, duc des Bourguignons, comte de Beaune, d'Autun, d'Avallon, de Troyes, de Dijon et de Châlon. Mais à la mort de son père, le roi Lothaire de France, profitant de sa jeunesse, voulut briser sa puissance et rattacha au royaume une partie de la Bourgogne. Il dut ensuite lutter contre le comte de Dijon qui s'empara de Beaune et de sa femme. Son frère Eudes lui succéda. Eudes-Henri, comte d'Autun, d'Avallon et de Beaune, duc de Bourgogne, né vers 948, mort le 15 octobre 1002, fils d'Hugues le Grand, duc de France et d'Hedwige de Saxe. D'abord prénommé Eudes, il était clerc lorsque mourut son frère Otton, duc de Bourgogne (965). Les comtes bourguignons le choisirent alors comme duc et il prit alors le nom d'Henri.

956         Les Mille et Une Nuits, contes arabes qui rassemblent des anecdotes et récits autour d'un thème central unificateur: Shéhérazade différant chaque nuit l'heure de sa mort par un nouveau récit. Les Mille et Une Nuits sont un recueil de contes persans. Texte universellement connu, les Mille et Une Nuits rassemblent des anecdotes et récits autour d'un thème central unificateur : Shéhérazade différant chaque nuit l'heure de sa mort par un nouveau récit. Mentionné pour la première fois au Xe siècle, le recueil anonyme, écrit en arabe, s'est édifié sur un substrat indo-persan, enrichi de deux strates successives, le cycle de Bagdad et les récits égyptiens. Dans les premiers contes, aux noms d'origine persane ou indienne, le merveilleux occupe une place importante. Les seconds se signalent par les nombreuses références liées au calife Harûn al-Rashîd et à la vie de la cour abbasside tandis que les troisièmes, se déroulant en Égypte mamelouke et ottomane, accordent une grande importance aux objets magiques.

960         à 1279 - Dynastie des Song en Chine. La dynastie Song parvint au pouvoir sans même le vouloir. Lors d'une mutinerie, le chef, le général Zhao Kuangyin, fut proclamé empereur. Sous la dynastie Song, les arts en général connurent un grand raffinement et allèrent à des sommets inégalés. Les empereurs Song étaient des mécènes et ils apportèrent beaucoup à tous les aspects pour la dynastie et le pays. Et le commerce ne cessa pas de s'amplifier. On assista pour la première fois à une révolution industrielle. La poudre à canon était désormais utilisée à des fins militaires. Les Chinois. A l'époque des Song (X au XIIIe siècle), la civilisation chinoise atteint son apogée avec une vie artistique atteignant un raffinement extraordinaire. La population double en deux siècles et atteint 100 millions au XIIe. De grands centres commerçants exportent (soieries, porcelaines, papier, céréales) dans toute l'Asie. En 1603 Tokugawa est nommé shõgun, malgré un pays fermé sur l'extérieur c'est un siècle économique puissant.

960         Début du règne de Mieszko Ier, duc de Pologne (fin en 992). Mieszko Ier, considéré comme le fondateur de la dynastie des Piast descend des princes Polane de Gniezno qui avaient déjà uni de vastes territoires (Grande Pologne, Cujavie, Mazovie). Il entretient des relations avec le duc de la marche de Misnie (Saxe) et semble avoir prêter serment à l'empereur. Il entreprend, peut-être avec l'appui d'Othon Ier, une longue guerre contre les Vélètes, slaves de Poméranie. Il annexe la Silésie (990) et la petite Pologne (992). Il se retrouve à la tête d'un vaste État dont la cohésion éthnique favorise la naissance d'un sentiment national. Mieszko Ier de Pologne, fils de Siemomysl, Mieszko Ier (v. 935 – 25 mai 992) est le premier souverain connu de la dynastie des Piasts et premier duc historique de Pologne. Mieszko Ier a hérité de ses prédécesseurs d'un vaste territoire qui englobait la Grande Pologne, la Cujavie, la Mazovie, mais a conquis aussi la Silésie, la Petite Pologne, la Poméranie et a placé la Pologne sous la protection de l'Église afin d'écarter la suzeraineté allemande.

962         Otton Ier du Saint-Empire fonde le Saint Empire romain germanique. Otton Ier Ie Grand, roi de Germanie, roi des Francs, roi des Lombards et roi de Pavie est sacré empereur romain d'occident à Rome par le Pape Jean XII. Ce couronnement marque la naissance du tout puissant Saint Empire Romain Germanique. Otton Ier affirme sa suprématie face à la papauté qu'il place sous tutelle. Désormais, plus aucun pape ne pourra être élu sans lui prêter serment. Le Saint Empire Romain Germanique disparaîtra en 1806 sous la pression de Napoléon. Le Saint Empire romain germanique était un regroupement politique des terres d'Europe occidentale et centrale au Moyen Âge. Cet empire apparaît avec le couronnement impérial d'Otton Ier du Saint-Empire le 2 février 962. En 982, Otton II du Saint-Empire, son fils prend le titre d'Imperator Romanorum ("empereur des Romains"). Henri II du Saint-Empire est sacré Rex Romanorum ("roi des Romains") en 1014. Au XIIe siècle on parle déjà du Saint Empire (terme attesté à partir de 1157) qui devient en 1254 Saint-Empire romain pour aboutir à sa forme finale à la fin du XVe siècle (terme attesté de façon certaine à partir de 1512).

965         10 octobre Mort de Brunon.

966         Mariage entre Lothaire et Emma, fille de l'impératrice Adélaïde.

968         14 mars Mort de Gerberge, mère de Lothaire.

969         L'Égypte est conquise par les Fatimides qui s'installent et font du Caire leur capitale. Le Fatimide al-Mu'izz, après avoir imposé son autorité sur la Tunisie, l'algérie, une partie du Maroc et la Sicile lance le général Jawar à la conquête de l'Égypte à la faveur d'une crise économique. Jawar, à la tête de plus de 100 000 cavaliers, emporte un immense trésor qu'il doit distribuer aux Égyptiens. Il entre en Égypte sans coups férir et est vainqueur au pied des pyramides. Les Fatimides sont une dynastie d'arabes chiites qui établirent leur autorité en Afrique du Nord entre 909 et 1171 et fondèrent un califat dissident des Abbassides de Bagdad.

973         7 mai Mort d'Otton Ier du Saint-Empire, Otton II du Saint-Empire lui succède. Otton II du Saint-Empire (955 - 7 décembre 983) est le fils de Otton le Grand et de sa deuxième épouse la princesse Adélaïde de Bourgogne. Il est couronné empereur du vivant de son père en 967 (il n'a que 12 ans). Il se bat plusieurs fois avec le roi carolingien Lothaire mais son armée subit de très lourdes pertes à Soissons en 978. En Juillet 982, il est aussi sévèrement battu en Calabre par les Sarrasins, au Cap Colonne, défaite qui fragilisa considérablement le pouvoir impérial. Il meurt prématurément à Rome, âgé d'à peine 28 ans, (7 décembre 983) et laissant un très jeune fils âgé de 3 ans, Otton III, qui lui succède, placé sous la tutelle de sa mère puis de sa grand-mère Adélaïde de Bourgogne.

976         à 992 - 1ères utilisations des chiffres arabes en Occident.

977         Rencontre entre Otton II du Saint-Empire et Lothaire qui devient son vassal.

978         Lothaire s'empare d'Aix-la-Chapelle, Otton II du Saint-Empire réussit à s'enfuir.

978         8 juin Sacre de Louis V, fils aîné de Lothaire à Compiègne. Louis V dit le Fainéant (né vers 967- mort le 21 mai 987), roi de France (986-987), fils de Lothaire de France et Emma. Il est le dernier roi carolingien.

978         1er octobre Otton II du Saint-Empire entre en France.

978         Otton II du Saint-Empire arrive à Montmartre tandis que Lothaire s'enfuit.

978         Hugues Capet arrête l'avancée d'Otton.

978         décembre Lothaire s'empare de Laon.

980         juillet Entrevue de Margut-sur-Chiers marquant le début de l'alliance entre Lothaire et Otton II du Saint-Empire.

983         7 décembre Otton II du Saint-Empire meurt, son fils, Otton III du Saint-Empire (3 ans) lui succède. Otton III du Saint-Empire (980 - 23 janvier 1002) est roi de Germanie et empereur de 983 à 1002. Lorsque son père, Otton le Roux meurt en 983, il n'est encore qu'un enfant et est incapable de régner. Le prince Henri le Querelleur profite de cette faiblesse pour l'enlever. Mais l'archevêque de Mayence condamne cette usurpation et impose la régence de sa mère la princesse byzantine Théophano. En 995, Otton III est majeur et prend officiellement le pouvoir.

985         mars Lothaire s'empare de Verdun (Lorraine).

985         Tentative de coup d'état d'Adalbéron, archevêque de Reims contre Lothaire en faveur d'Hugues Capet. Adalbéron de Reims, archevêque de Reims de 969 à 988. Il est le neveu d'Adalbéron de Metz et le frère de Godefroy de Verdun. Fidèle à la dynastie saxonne et à l'empereur Othon Ier, Adalbéron devient archévêque de Reims et archichancelier en 969. Il fait de Reims un foyer de vie intellectuelle et de rayonnement artistique. Il orne sa cathédrale de bronzes et de vitraux. Il choisit pour écolâtre Gerbert d'Aurillac. Il sacre le dernier Carolingien, Louis V, en 978. Très partagé dans le conflit entre les Carolingiens Lothaire et Louis V, le duc Charles de Basse-Lorraine, le Saxon Otton II du Saint-Empire et le duc de France Hugues Capet, il échappe de justesse à un procès pour trahison (Compiègne, 985), puis à un second procès (Compiègne, 987). Définitivement allié à Hugues Capet, il préside à son élection royale et le sacre le 3 juillet 987. Il sacre aussi le futur Robert II. Il meurt le 23 janvier 988.

985         2 mars Mort de Lothaire à Compiègne, son fils, Louis V lui succède. Son fils Louis V, qu'il a pris la précaution de faire sacrer en 979, monte sur le trône. Agé de dix-neuf ans, il meurt d'une chute de cheval l'année suivante. Avec lui s'éteint la dynastie carolingienne, remplacée, à partir de son successeur Hugues Capet, par la dynastie capétienne.

985         LOUIS V (985-987)

985         Louis V le fainéant. Fils de Lothaire, il lui succède en 986 mais règne sous la tutelle de sa mère Emma que la rumeur accusait d'avoir empoisonné son mari. Il dut lutter contre Adalbéron archevêque de Reims allié à Hugues Capet. Il meurt en 987 d'une chute de cheval. Ce fut le dernier roi carolingien.

985         Avènement de Louis V, fils de Lothaire et d'Emma (né en 967). Ce prince ne régna, d'ailleurs sans éclat, que quatorze mois. Il mourut d'un accident de chasse. Ce fut le dernier Carolingien.

987         mars Louis V assiège Reims.

987         27 mars Adalbéron se rend à Louis V.

987         18 mai Ouverture du procès d'Adalbéron à Compiègne.

987         22 mai Mort de Louis V, des suites d'un accident de chasse. C'est un jeune roi âgé de vingt ans qui meurt accidentellement dans une chute de cheval, un an et deux mois après la mort de son père Lothaire qui lui a légué le trône. Avec lui s'éteint la dynastie carolingienne.

987         LES CAPÉTIENS DIRECTS.

987         Les Capétiens (appelés officiellement maison de France) sont une famille originaire des bords du Rhin, au sud de Mayence. Leur généalogie remonte à Robert († avant 764), comte de l'Oberrheingau et du Wormsgau, quadrisaïeul du roi des Francs Eudes Ier († 898). Les Capétiens forment la troisième dynastie française, après les Mérovingiens et les Carolingiens. Le nom (non officiel mais d'usage courant) Capétiens vient du surnom du roi des Francs Hugues Ier, dit Hugues "Capet". Les ancêtres de ce roi sont appelés les Robertiens, d'après le prénom du bisaïeul d'Hugues Capet, Robert le Fort († 866), marquis de Neustrie. Avant Hugues Capet, deux membres de sa famille (Eudes Ier et Robert Ier) ont été rois des Francs, avec des règnes intercalés entre ceux des Carolingiens. À partir de l'élection et du sacre d'Hugues, en juillet 987, la famille dirigea la France sans interruption pendant huit siècles, jusqu'au 10 août 1792. La dynastie capétienne se composa de très nombreuses branches cadettes, qui s'éteignirent progressivement jusqu'à ce qu'à partir de 1768 la seule branche légitime subsistante de la dynastie fût la branche des ducs de Bourbon, issue de Robert de France (1256-1318), le dernier fils de saint Louis, qui hérita par mariage de la seigneurie (futur duché) de Bourbon. C'est pourquoi depuis 1768 la dynastie capétienne est également appelée maison de Bourbon. L'actuel chef de la maison de Bourbon, est le prince Louis de Bourbon (né en 1974), duc d'Anjou. Son héritier présomptif n'est autre que l'actuel roi Juan Carlos Ier.

987         Les premiers capétiens ont fondé une dynastie héréditaire sans avoir osé en proclamer le principe au début : à partir d'une royauté féodale : ils ont constitué une monarchie administrative, ils ont affirmé leur indépendance politique face notamment aux rois d'Angleterre (les Plantagenêts) et au Pape, ils ont créé le sentiment national, mais il faut noter que cette notion n'avait pas la même signification qu'aujourd'hui, ils ont largement accru les terres sous leur contrôle en menant une habile et tenace politique expansionniste. Cette période a donné naissance à 8 croisades, événements majeurs dans l'histoire de l'Occident. Pour accomplir cette oeuvre, dont la logique ne s'est imposée que très progressivement, ces rois ont bénéficié de conditions favorables : un domaine personnel qui a fourni une base solide à la constitution du royaume, une succession de fils qui ont pu assurer sans querelle l'exercice du pouvoir selon le principe de l'hérédité masculine par primogéniture jusqu'au début du XIVe, des appuis fidèles de la part de l'Église et des aristocraties d'origines diverses, et enfin des conditions favorables : richesse de la terre de France et poids démographique du pays. Suivront : les Capétiens-Valois de 1328 à 1498 : suite à un problème de succession (qui donnera naissance à la guerre de Cent Ans), la branche collatérale des Valois va occuper le pouvoir, puis les Valois-Orléans de 1498 à 1515, clôturant le Moyen Âge et marquant le début de la Renaissance. Les Valois-Angoulême régneront ensuite de 1515 à 1589 puis les Bourbons de 1589 à 1792... mais nous sortons du Moyen Âge!    

987         La dynastie capétienne directe tire son nom de Hugues Capet. Elle trouve son origine chez les robertiens succession de plusieurs Robert, famille qui est probablement d'origine saxone transplantée en Gaule par Charlemagne. L'élément principal étant Robert le fort soldat de fortune il s'illustra en combattant les Normand dans la région de la Loire. Il soutient d'abord Pépin d'Aquitaine et Louis le Germanique contre Charles le Chauve puis il se réconcillia avec lui et Charles le fera comte d'Anjou. Fermement établit entre Seine et Loire il étend sa puissance sur la Bourgogne. Il lutte infatigablement contre les Normands. Il y laissera sa vie. Père de Eudes et de Robert Ier dont le règne s'intercale dans la chronologie Carolingienne. Robert Ier eut pour fils Hugues le grand Comte de Paris et Duc des Francs qui est le père de Hugues Ier Capet.

987         HUGUES CAPET (987-996)

987         Hugues Capet. Hugues a hérité d'un domaine sur lequel sont implantées plusieurs abbayes et notamment celles de Saint-Martin de Tours et de Saint-Germain-des-prés. Hugues porte la "chape" d'abbé laïc (manteau éclésiastique sans manche) d'où le nom de "Capet". Petit fils de Robert Ier, marié à une Carolingienne, Adélaïde de Poitou, il bénéficia de l'aide de l'Archevêque de Reims, Adalbéron, à l'élection de 987. Cette aide lui a été apportée pour complaire au roi de Germanie désireux d'écarter du pouvoir l'héritier Carolingien: Charles duc de basse Lorraine oncle de Louis V et frère de Lothaire, Lothaire qui avait attaqué la Germanie en 978. La proclamation de Hugues Capet comme roi marquait la fin de la dynastie carolingienne et l'avènement des Capétiens. Mais toutefois Charles de Lorraine qui avait été élu par ses propres partisans entreprit la lutte pour reconquérir le trône. Celui-ci sera finalement trahi et livré à Hugues Capet qui le fit enfermer en 991 à Orléans. Les invasions et la faiblesse du pouvoir royal, avaient contribué à renforcer le pouvoir féodal. La guerre était l'occupation favorite des seigneurs aussi les luttes entre seigneurs étaient-elles fréquentes. La violence était permanente à chaque fois, c'était des destructions et le pillage des réserves de nourriture aussi bien des villageois que des moines. L'église était seule capable d'atténuer cette violence, elle organise des conciles destinés à fixer un minimum de règles le premier eut lieu à Charroux puis Narbonne et le Puy. Il fait sacrer son fils dés 987 afin de régler sa succession. Il meurt en 996 son fils Robert lui succède sous le nom de Robert II le Pieux.

987         Avènement de Hugues Capet. - A la mort de Louis V, la couronne revenait à son oncle Charles de Lorraine, duc de la Basse-Lorraine, frère de Louis d'Outremer, mais les seigneurs le repoussèrent parce qu'il s'était reconnu vassal d'Otton, empereur d'Allemagne, et offrirent le trône à Hugues Capet, maire du palais, fils de Hugues le Grand. Proclamé roi à Noyon, Hugues Capet alla se faire sacrer à Reims par l'archevêque Adalbéron, et fixa sa résidence à Paris, qui n'a depuis lors cessé d'être la capitale de la France. Hugues Capet n'ayant été élu que par un petit nombre de seigneurs, s'efforça de se faire accepter par ceux qui n'avaient pas participé à son élection, et dans ce but eut recours, avec succès, aux bons offices de l'Église. Il lui fallut cependant imposer son autorité par la force à quelques mécontents. Un des plus irréductibles était Adalbert, comte de Périgueux, qui cependant finit par reconnaître sa suzeraineté. Charles de Lorraine, Charles de Basse-Lorraine, fils de Louis IV dit d'Outremer et de Gerberge de Saxe fille d'Henri Ier, dit l'Oiseleur, duc de Saxe. Otton Ier du Saint-Empire lui donna la Basse-Lorraine. Il mourut en prison, après s'être rebellé contre Hugues Capet (prise de Lens et de Reims à Hugues Capet).

987         Naissance de l'Europe (987-1492). L'An Mil. Aux alentours de l'An 1000, dans une Europe en désarroi après l'effondrement de l'empire carolingien et des derniers vestiges de Rome, des signes discrets préparent l'avènement de ce qui sera la plus grande et la plus belle des civilisations, la nôtre. Le Moyen Âge occidental entre dans une phase d'épanouissement dont les cathédrales conservent le souvenir. Nous lui devons aussi nos institutions, y compris les germes de la démocratie parlementaire, nos lois, y compris un début d'émancipation de la femme et les prémices de la laïcité. Nous lui devons également les bases de notre développement technologique, avec la mise en oeuvre à grande échelle des moulins à vent et à eau, de l'arbre à came, de la charrue à roues, de l'assolement triennal,… Nous lui devons enfin la naissance du capitalisme et des premières entreprises modernes. L'assolement triennal est une technique agricole qui apparaît au Moyen Âge. Elle consiste en la séparation d'un domaine en trois soles.

987         Hugues Capet, premier roi de France à ne plus savoir le germanique (premier roi français pourrait-on dire).

987         En 987, Hugues Capet est élu roi de France (partie Nord, centrée sur l'île de France). C'est le premier roi qui n'ait plus su parler le germanique. La langue du roi est une langue de prestige, qui est utilisée comme langue des affaires. Les parisiens jugent d'ailleurs leur parler supérieur à celui des provinciaux (par exemple, Conon de Béthune, au XIIème siècle, va à la cour du roi et se plaint de ce qu'on se moque de son langage dialectal d'Artois). Cette langue du roi est aussi une langue littéraire, ce qui étend son prestige ; on l'utilise pour la rédaction de poèmes, ou des traductions, ainsi que pour des adaptations en vers ou en prose de textes bibliques. Il y a de nombreux exemples du prestige du français ; certains étrangers composent en français "pour ce que le françois est la langue la plus délectable à ouïr et la plus commune à toutes gens" (Brunetto Latino, poète florentin) ; Marco Polo dicte en français le récit de ses voyages (1298).

987         mai Hugues Capet, comte de Paris et d'Orléans est élu roi à Senlis par les Grands du Royaume. Par la décision d'une assemblée électorale réunie à Noyon par l'archevêque Adalbéron, Hugues Capet est proclamé roi. Il sera sacré à Reims, deux jours plus tard. La dynastie des Capétiens vient de naître.

987         3 juillet Sacre de Hugues Capet à Noyon par Adalbéron.

987         décembre Sacre de Robert, fils de Hugues Capet à Orléans. Robert II de France, dit le Pieux (27 mars 972 - 20 juillet 1031), roi des Francs de 996 à 1031. Il fut le deuxième roi de la dynastie dite des Capétiens directs. Il est le fils d'Hugues Capet et d'Adélaïde de Poitiers. Son père l'associe au trône dès Noël 987.

989         Institution de la Paix de Dieu au concile de Charroux, interdisant de porter atteinte aux non-combattants. Le concile de Charroux, près de Poitiers, décide d'excommunier, avec l'approbation générale, tout individu qui aurait dépouillé un paysan de ses biens ou brutalisé un clerc désarmé. D'autres conciles se tiennent à Narbonne et en Aquitaine, où l'on fait prêter serment de paix aux guerriers féodaux que l'on commence à nommer chevaliers.

989         Essor du style roman (Caen, Cluny, Poitiers, Orcival, Angoulême, Conques, Avignon). L'art roman est le style de l'art de l'Europe occidentale de la période XIème-XIIIe siècle. Il concerne l'architecture des édifices religieux (églises, cathédrales, abbayes, cloîtres), avec les sculptures associées (statues, colonnes et chapiteaux, tympans) ; les vitraux sont peu nombreux, les peintures (fresques, illustrations de livres et de parchemins) et les mosaïques ont disparu en grande partie. Le style roman se reconnaît essentiellement par la forme extérieure massive, la présence de voûtes en pierre, la forme arrondie des ouvertures (partie supérieure en demi-cercle), des édifices de hauteur souvent limitée, des clochers carrés ou polygonaux peu pointus, la présence de nombreuses sculptures.

991         Hugues Capet eut à soutenir une autre guerre contre Charles de Lorraine que son ascension au trône avait évincé. Charles avait pu, grâce à quelque trahison, se rendre maître de Laon où il s'était fait proclamer roi par ses compagnons. Une autre trahison livra la ville et le prétendant à Hugues Capet: Charles fut enfermé à Orléans, où il mourut en 992. Afin d'éviter à son fils Robert les surprises que réservaient alors les successions au trône, et qu'il avait vu si souvent se produire, Hugues voulut de son vivant élever son successeur à la royauté; dans ce but, il l'associa au trône.

991         29 mars Prise de Laon, capture de Charles de Lorraine dernier héritier Carolingien.

996         24 octobre Mort de Hugues Capet. Hugues Capet est inhumé à Saint-Denis. Son fils, Robert le Pieux, a été sacré roi du vivant de son père dès le 30 décembre 987. Le nom de ce premier des Capétiens sera par dérision donné comme un nom de famille roturière à Louis XVI pendant la Révolution.

996         ROBERT II Le Pieux (996-1031)

996         Robert II le Pieux, fils de Hugues Capet a été éduqué par Gerbert d'Aurillac, secrétaire de l'archevêque de Reims Adalbéron un des plus brillants esprits de son temps qui deviendra lui même Archevêque puis pape sous le nom de Sylvestre II. Il est marié très jeune à la veuve du comte d'Italie Rosala qui est beaucoup plus âgée que lui. Il répudie sa première épouse et s'éprend de la belle Berthe épouse du comte de Blois, lorsque celui-ci meurt, il veut épouser la veuve. Ce mariage est interdit par l'église, le premier mariage n'a pas été annulé et Robert et Berthe sont cousins au 4ème degré. A la mort de son père, Robert passe outre et épouse Berthe dés la fin 996. Menacé d'excommunication, il se résout à se séparer de Berthe qui ne lui a pas donné d'enfant et épouse Constance d'Arles. Le premier fils Hugues meurt en 1025, c'est Henri qui est appelé à lui succéder, mais Constance préfère Robert, son aure fils, elle s'entoure d'une cour venue du sud qui intrigue sans cesse contre le roi qui supporte cela avec patience et courage se réfugiant dans sa piété. Constance pousse ses fils à la révolte contre leur père ce qui entretient une ambiance de guerre civile permanente. Robert II doit non seulement lutter contre les seigneurs pillards, il reconquière Auxerre, Avalon et Autun qui entrent dans le domaine royal, mais aussi contre ses fils. Il se retirera à Beaugency et y meurt le 20 juillet 1031. Robert II, comme le Christ en a donné l'exemple, chaque jeudi saint se prosterne à deux genoux devant les pauvres attablés au palais leur lave les pieds et les baise ensuite. Cette coutume se prolongera jusqu'à la révolution. Quelques années après l'an 1000, en Italie comme en Gaule, partout, une véritable émulation apparait, on répare les églises et on en batit de nouvelles. Sur le plan religieux, le culte de la vierge Marie est grandissant la fleur de lys sur les armes royales apparait et le manteau royal empreinte la couleur bleue à la vierge.

996         Avènement de Robert le Pieux, fils de Hugues Capet et d'Adélaïde de Poitiers. Ce roi a laissé une réputation méritée de bonté et de charité. Il cultiva les arts avec succès. Son règne ne vit pas de guerres, mais il eut, à cause de ses femmes, de nombreuses tribulations. Il avait épousé pour des raisons politiques Rosala, fille de Bérenger II, comte d'Italie, qu'il n'aimait pas et qu'il répudia dès qu'il le put pour épouser Berthe de Bourgogne, sa cousine, dont il était épris. Ce mariage scandalisa le Saint-Siège, et Robert fut frappé d'excommunication : cela était alors une chose trop grave pour qu'il passât outre. Il dut se séparer de Berthe, et ne put reprendre Rosala, qui avait embrassé l'état monastique. Il épousa en troisièmes noces Constance, fille d'un comte d'Arles, belle, intelligente, mais impérieuse et hautaine, qui ne tarda pas à s'aliéner toute la noblesse d'origine franque dont son époux était entouré. Bérenger II d'Italie ou Bérenger d'Ivrée marquis et margrave d'Ivrée (900-966), il devint roi de Lombardie (roi d'Italie) par la guerre dans les restes de l'empire français Carolingien de Charlemagne en 950 puis destitué par l'empereur germanique. Il est l'ancêtre des comtes palatins de Bourgogne.

996         Robert répudie son épouse Rosala de Provence pour épouser Berthe.

996         Le savant arabe Ibn al-Haytham ou Alhazen fait la première description anatomique exacte de l'oeil. Alhazen, Ibn al-Haytham, dit Alhazen (Bassorah 965 - Le Caire 1039) est un mathématicien et un physicien arabo-islamique.

999         Annulation du second mariage et excommunication de Robert II par Grégoire V. Grégoire V (Bruno von Kärnten ou Brunon de Carinthie), originaire de Saxe, né en 973, pape du 3 mai 996 au 18 février 999. C'est l'empereur germanique Otton III du Saint-Empire qui l'a fait désigner permettant ainsi au premier pape d'origine allemande d'accéder au Saint-Siège. Après un pontificat de 2 ans et 9 mois et demi, il a été enterré dans l'ancienne basilique Saint-Pierre.

1000         En cette année, selon la croyance superstitieuse du peuple dans presque toute l'Europe, le monde devait finir: on croyait avoir vu cette prédiction dans l'Apocalypse (texte symbolique, incompris à l'époque). Depuis quelques années, le monde était en proie à la terreur; chacun s'ingéniait à détourner de soi, par sa piété et ses bonnes oeuvres, le châtiment qui devait frapper les pécheurs au dernier jour universel, que l'on croyait si proche. L'histoire a gardé le souvenir de l'an mille comme celui du temps où l'âme humaine fut le plus troublée. Mais cette époque ne fut marquée que par une grande famine causée par l'incurie des gens qui, dans l'attente de la mort, avaient cru inutile de cultiver les terres. L'An Mil est une expression pour désigner l'an 1000 de l'ère chrétienne, ou ère dite de l'Incarnation, dont l'origine se situe à la naissance de Jésus-Christ. Si cette période voit une accentuation de la ferveur religieuse elle est surtout marquée par un bond technologique, culturel et démographique qui touche toute l'europe. En raison de quelques erreurs effectuées par le moine Denys le Petit en 527 au VIe siècle, lorsqu'il a calculé le temps le séparant de la naissance du Christ, l'An Mil serait en fait entre 1004 et 1007 après Jésus-Christ. On admet en général que Denys le Petit a fait une erreur sur la date de la naissance de Jésus, qui serait antérieure de 4 à 7 ans à celle qu'il a estimée. Pierre Riché, historien du haut Moyen Âge, décrit la période de l'an mil comme une période de renaissance. Toujours selon Pierre Riché, il est probable que Jules Michelet, historien du XIXe siècle, ait exagéré l'importance des peurs qui auraient été ressenties vers cette époque dans certains monastères de Francie (partie de l'actuelle France). De fait, on ne dispose que de deux témoignages d'une éventuelle "Peur de l'an mil" ; dès 1904, José Ortega y Gasset démontrait dans une thèse l'inexistence de ce phénomène. La croyance selon laquelle l'an de grâce serait une expression apparue à cette époque, en raison de pénitences demandées aux pécheurs suite aux "Terreurs", est donc erronée.

1000         Les sociétés féodales en Europe. Au Moyen Âge central à partir du XIe des sociétés féodales se développent en Europe selon un schéma pyramidal, les habitants sont sous la dépendance du seigneur. L'extension des surfaces cultivables et le meilleur travail de la terre permettent d'obtenir des productions accrues et de mieux nourrir la population. Dès le XIIe, les grandes villes offrent des conditions favorables aux échanges, une nouvelle classe se crée : la bourgeoisie des villes. La construction d'un réseau de route facilite le renouveau du commerce en Europe et la création de foires qui commercent entre l'Europe et l'Orient. Au XIIIe les premières universités se créent en Europe.

1000         En Amérique centrale, les Mayas sont envahis par les Toltèques qui occupent leurs temples. Les Toltèques étaient un peuple qui vécut surtout entre 1000 et 1300 après JC autour de sa capitale Tula près de Teotihuacan au Mexique. Les Aztèques se voudront leurs successeurs.

1000         Première découverte de l'Amérique par le Viking Leif Erikson fils d'Érik le Rouge. Les raids des Vikings et leurs conquêtes concernèrent principalement l'Écosse, l'Irlande, les îles Féroé, l'Islande et le Groenland. Ils menèrent des raids d'exploration jusqu'au Vinland, où un petit avant-poste fut créé, à partir duquel ils pratiquèrent le cabotage le long des côtes américaines. Les conséquences de leurs expéditions se firent ressentir au-delà de l'Europe continentale, sur les routes commerciales qui existaient avec l'Orient : on a ainsi retrouvé une pièce de monnaie viking dans une tombe indienne. À l'opposé, on a découvert un bouddha de jade dans une tombe norvégienne. Leif Erikson a navigué jusqu'à Helluland, le pays de la pierre plate (Terre-Neuve ou le Labrador), Maskland (Nouvelle-Écosse ?) Il a fondé un village à l'Anse aux Méduses, ce qui fait de lui le découvreur pour les Européens de l'Amérique, vers l'an 1000. On suppose que les relations houleuses avec les autochtones ne sont pas étrangères à l'évacuation du village, quelques dizaines d'années plus tard. Leif Ericsson était un explorateur islandais qui fut le premier Européen à découvrir l'amérique du nord, et plus particulierement la région qui deviendra Terre-neuve et par extension, le Canada. Peu après, en se basant sur le récit de l'Islandais Bjarni Herjulfsson qui avait déjà aperçu le Nouveau Monde vers 986, Leif visita et nomma trois contrées, le Helluland, le Markland et le Vinland. Le Helluland était une terre rocheuse et désolée, probablement l'île de Baffin et le nord du Labrador. Le Markland était une côte basse et boisée, presque certainement ce qui est aujourd'hui le sud du Labrador. Le Vinland était une terre de bons pâturages et de bois, que Leif nomma d'après les vignes qu'il y trouva. Lui et son équipage y passèrent l'hiver et rentrèrent au Groenland avec un chargement de raisins et de bois. Il encouragea ensuite d'autres expéditions de ses proches vers l'ouest mais, son père étant décédé, il reprit ses fonctions de chef et ne repartit guère. Il eut cependant encore à s'occuper du cas de sa demi-soeur qui commis des crimes de sang avec son équipage lors d'un dernier voyage au Vinland. Erik le Rouge (de 950 à 1003 ou de 940 à 1010) était norvégien. Il s'appelait Eirikr Thorvaldsson, mais ses comtemporains l'ont appelé "Le Rouge" parce qu'il était roux. Banni de Norvège à la suite d'un meurtre, s'installe au nord-ouest de l'islande. A la suite de plusieurs querelles suivie de condamnations, il est à nouveau banni pour meurtres (il a tué deux Islandais qui avaient battu à mort certains de ses esclaves). Il décide d'explorer la terre que Gunnbjörn Ulfsson avait visitée à l'ouest de l'islande. Vers 982, il doit s'en aller au Groenland avec sa famille et tentera ensuite d'y attirer des colons (vers 985). Quelques années plus tard, le fils d'Érik le rouge, Leif Erikson découvre Terre-Neuve, cinq siècles avant l'arrivée de Christophe Colomb en Amérique.

1000         vers - invention de la poudre à canon (Chine). La poudre à canon ou poudre noire est un mélange déflagrant de salpêtre (du latin salpetrae - sel de pierre), de soufre, de charbon de bois. Vraisemblablement, la poudre apparaît en Chine au Xe siècle. Ainsi, en trouve-t-on les traces chez les Chinois qui, d'après l'Allemand Von Bomocki, utilisaient des flèches incendiaires propulsées par un mélange semblable à la poudre à canon au XIe siècle. La combustion d'un mélange incendiaire de ce type est accélèrée par le confinement, au point qu'elle devient une déflagration et produit un volume important de gaz. La poudre noire arrive en Europe au milieu du XIIIe siècle par l'intermédiaire des Arabes.

1000         Construction des temples de Khajuraho. Khajuraho est un village du Madhya Pradesh en Inde. Les raja Chandela y firent construire un grand complexe de temples qui en compta jusqu'à 85, mais dont 22 seulement subsistent de nos jours. Ils étaient consacré aux cultes hindouiste et jaïn. L'architecture des temples influencera le modèle développé à Bhûbaneshvar, mais ici aucune enceinte n'enferme les bâtiments. Ils sont partagés en trois groupes dits groupe ouest, groupe est et groupe sud. Le premier est quasiment intégré au village.

1000         vers - Musaraki Shikibu écrit le 'Genji Monogatari', le plus célèbre roman de l'ancien Japon. Murasaki Shikubu, dame de la cour du milieu de l'ère Heian (Xe-XIe siècle), est surtout connue pour son roman le 'Dit du Genji' ('Genji monogatari').

1002         15 octobre Mort d'Henri Ier de Bourgogne, duc de Bourgogne et oncle du roi, Robert II le Pieux revendique la succession.

1003         Mariage de Robert II avec Constance d'Arles.

1003         avril Robert II lance ses troupes contre la Bourgogne.

1005         août Début du siège d'Avallon par Robert II le Pieux. Avallon est une commune française, située dans le département de l'Yonne et la région Bourgogne.

1005         octobre Prise d'Avallon par Robert II le Pieux.

1005         novembre Prise d'Auxerre par Robert II le Pieux qui reçoit le titre de duc de Bourgogne.

1008         Assassinat de Hugues de Beauvais, favori du roi, par Foulque Nerra à qui Eudes II de Blois comte de Chartres déclare la guerre. Foulque Nerra, Foulque III d'Anjou, dit Nerra (le Noir), devient comte d'Anjou, le 21 juillet 987. C'est le fondateur de la puissance angevine. A son avènement, Foulques III Nerra, le nouveau comte d'Anjou, est un personnage d'un naturel violent et d'une énergie peu commune, selon la formule d'Achille Luchaire. Il se montre souvent cruel, mais ses remords sont à la hauteur de ses crimes : il multiplie les abbayes dans ses domaines et part, à quatre reprises au moins, pour la Terre sainte. Il combat les prétentions des comtes de Rennes, bat et tue Conan Ier à Conquereuil en 992, puis étend par la force son autorité sur le comté du Maine et la Touraine. Toutes ses entreprises se heurtent à l'ambition, non moins violente, du comte de Blois Eudes II, contre lequel il bénéficie de l'alliance capétienne. Il fut un grand bâtisseur. De 987 à 1040, période où il fut comte d'Anjou, guerroyant contre les Bretons, contre la maison de Blois, protégeant son comté, de Vendôme à Angers en passant par Loches, Montbazon, Langeais ou Montrichard, on lui doit plus d'une centaine de châteaux, donjons, abbayes. En 1007, Foulque Nerra fonde l'abbaye de Beaulieu-lès-Loches. Il meurt en le 21 juin 1040 à Metz. Eudes II de Blois, de Chartres, fut comte de Blois en 1004 à la mort de son frère aîné Thibaut II. Il est le fils du comte Eudes Ier. Conan Ier de Bretagne, dit le Tort, († Conquereuil, 992), le fils de Juhel Bérenger, fut comte de Rennes (970) et de Bretagne. Il met la main sur le comté de Nantes. Le comte d'Anjou s'inquiétant de son ascencion politique, il lui livre combat et est tué dans la défaite. Bien qu'il ne porte pas le titre de comte de Bretagne, il est tenu pour le fondateur de la dynastie de Bretagne issue de la maison des comtes de Rennes.

1009         Destruction de l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem par Al-Hakim. Al-Hakim est né en 985. Il a succédé à son père Nizar al-Azîz bi-llah comme calife et imâm fatimide en 996. Il est mort en 1021. En 1009, Al-Hakîm fit détruire l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. Il persécuta les chrétiens et les autres dhimmis de Palestine. Bien que la situation des chrétiens en Palestine se fût beaucoup améliorée sous ses successeurs, et que l'empereur byzantin Constantin IX l'eût reconstruit en 1048, cette destruction du Saint-Sépulcre fut le prétexte de la première croisade en 1096. Le Saint-Sépulcre est le saint des saints des chrétiens. C'est le sanctuaire édifié autour du lieu de la crucifixion du Christ (Golgotha) et de sa résurrection. La basilique fut construite par l'empereur Constantin Ier sur un lieu déjà très tôt vénéré par les chrétiens, que l'empereur Hadrien occulta en y construisant un temple païen. Cette basilique antique a subi d'importants dommages au cours de l'histoire. Il en demeure certains restes, ainsi que le plan général de l'édifice, largement reconstruit à l'époque des Croisades. En 1009 le calife fatimide du Caire, al-Hakim, fit détruire le Saint-Sépulcre. Son successeur permit à l'Empire byzantin de le rebâtir, et le pèlerinage fut à nouveau autorisé. Elle comporte quatre niveaux, le plus élevé étant la chapelle du Golgotha et le plus bas la chapelle dite de l'"Invention" (découverte) "de la Croix".

1010         Pélerinage de Foulque Nerra en Terre sainte. La Terre sainte est le nom donné par les chrétiens à la région où est né et a vécu Jésus Christ. Durant la vie de Jésus (env. 4 av. J.-C. - 33 ap. J.-C.), la Terre sainte était dans l'orbite romaine, avec des rois (parfois des roitelets) juifs plus ou moins dépendants de Rome. Le territoire comme le pouvoir était l'objet de partages complexes et mouvants. L'histoire a retenu les figures d'Hérode le Grand et de Ponce-Pilate. Pendant le Moyen Âge, les papes incitèrent les rois et les nobles à partir en croisade et faire la conquête de la Terre Sainte pour la prendre aux musulmans. Avant les croisades et bien après, la Terre Sainte est restée une destination de pèlerinage des chrétiens et aussi le lieu d'habitation permanente de communautés chrétiennes (se considérant aujourd'hui comme Palestiniens ; de confession orthodoxe, catholique ou réformée, de rite grec, latin ou arménien, notamment).

1011         De retour de Terre sainte, Foulque Nerra délivre le pape Serge IV assiégé par de brigands.

1014         La Bourgogne passe sous la mouvance française.

1014         23 avril La bataille de Clontarf. D'abord roi du comté de Munster, puis de toute l'Irlande, Brian Boru inflige une lourde défaite aux Danois, à Clontarf. Il mourra le jour même, assassiné alors qu'il se recueillait sous sa tente. Cet épisode marque la fin de la domination viking et le début d'une lutte de pouvoir entre petits rois d'Irlande. La bataille de Clontarf marque une victoire des Irlandais de Brian Boru sur les Vikings, qui met un point final à la conquête de l'Irlande par les Scandinaves.

1015         Annexion du comté de Dreux au domaine royal. Le comté de Dreux est annexé par Robert Ier le Pieux, roi de France. Comté de Dreux, ancien comté de France, ainsi nommé de Dreux, sa capitale, était situé au Nord du Pays Chartrain, sur les confins de la Normandie et de l'Ile-de-France, et dépendait originairement du duché de Normandie.

1015         Création d'Adam et Ève après la chute des portails de bronze de la cathédrale d'Hildesheim. Hildesheim est une ville allemande, située près de Hanovre, Basse-Saxe. La cathédrale Sainte-Marie et l'église Saint-Michel rappellent l'époque du saint évêque Bernward (993-1022). Hildesheim, avec toute la région, était alors le centre de la dynastie des empereurs ottoniens qui aspiraient à la restauration de l'empire romain. Saint Bernward voulait donner à sa résidence, un village de quelques paysans et marchands avec une cathédrale vide, une face "impériale" digne de cette aspiration. Il entoura les édifices épiscopaux d'un mur impressionnant (partiellement conservé), il fit construire Saint Michel, sa "forteresse de Dieu", et il commandat beaucoup d'oeuvres d'art, en particulier la porte et la colonne de bronze dans la cathédrale avec des représentations bibliques de qualité unique.

1016         à 1020 - Réunion à la France du duché de Bourgogne: le dernier duc (Rodolphe III de Bourgogne) étant mort sans héritier, le duché devait faire retour à la couronne; mais en raison de l'opposition manifestée par les grands du duché contre cette solution, il fallut prendre les armes pour faire rentrer cette province dans l'obéissance. La conquête de la Bourgogne, commencée en 1003, est achevée par Robert II le Pieux, roi de France. Rodolphe III de Bourgogne, dit Le Pieux ou Le Fainéant, (né en 970 - mort le 6 septembre 1032) fut le dernier roi de Bourgogne. Le roi Rodolphe III de Bourgogne (dernier roi de Bourgogne par manque d'héritié) reconnait son neveu de la maison des Ottoniens, l'empereur germanique Henri II du Saint-Empire comme suzerain protecteur et héritier de son royaume dont dépend le comté de Bourgogne. Otte-Guillaume et d'autre seigneurs Francais se révoltent alors contre l'autorité de suzeraineté sur le Royaume de Bourgogne et sur le comté de Bourgogne légitimement revendiqué par l'empereur Allemand.

1016         Robert II le pieux donne le duché de Bourgogne à son fils Henri. Henri Ier de France, (né le 4 mai 1008 - mort le 4 août 1060 à Vitry-aux-Loges, près d'Orléans), fut roi des Francs de 1031 à 1060.

1016         Concile de Verdun-sur-le-Doubs pour imposer aux seigneurs la trêve de Dieu. L'Église institue la "paix de Dieu" pour restreindre la guerre privée et protéger prêtres, pèlerins et paysans. Cette mesure entre dans le cadre de la volonté de l'Église de canaliser la violence guerrière des nobles, cause de nombre de désordres. Il s'agissait, en fait, de limiter l'activité guerrière à certains moments précis. La "trève de Dieu" entre également dans ce cadre. La Trêve de Dieu était une suspension de l'activité guerrière durant certaines périodes de l'année organisée pendant le Moyen Âge en Europe par l'Église catholique (historiquement, elle a le plus longtemps pris la forme d'une trêve durant du mercredi soir au lundi matin, ainsi que tout l'Avent, le temps de Noël, le Carême et le Temps pascal). Plus largement, la Paix et la Trève de Dieu était un mouvement de l'Église de tentative de contrôle de la violence féodale par l'application de sanctions religieuses. Ce mouvement a constitué la première tentative organisée de contrôle de la société civile dans l'Europe médiévale par des moyens non-violents.

1017         Sacre de Hugues, fils de Robert II le pieux. Hugues (1007-1025), roi des Francs associé à son père, mais qui meut avant lui.

1020         Concile d'Orléans pour l'instauration de la Trêve de Dieu.

1023         Annexion de la Champagne, Troyes et Meaux par Eudes II comte de Chartres.

1024         Début de la construction de l'abbaye du Mont Saint-Michel. L'abbaye du mont Saint-Michel se trouve sur la commune du Mont-Saint-Michel, qui fait partie du canton de Pontorson, dans le département français de la Manche.

1026         23 août Mort de Richard II de Normandie, duc de Normandie, son fils, Richard III lui succède. Richard II de Normandie, dit l'Irascible ou le Bon, est duc de Normandie de 996 à 1026. Il est le fils de Richard Ier, dit Richard Sans-Peur. Richard III de Normandie, duc de Normandie du 23 août 1026 - au 6 août 1027. Il est le fils de Richard II. Son frère Robert le Magnifique lui succéda.

1027         14 mai Sacre d'Henri à Reims, second fils de Robert II le Pieux.

1027         6 août Mort de Richard III de Normandie, son frère Robert le Magnifique lui succède. Robert le Magnifique, Robert Ier de Normandie, dit Robert le Libéral ou encore, Robert le Magnifique, né autour de l'an 1005, est duc de Normandie. Second fils du duc Richard l'Irascible, il succède à son aîné, le duc Richard III, qu'il aurait fait empoisonné.

1031         20 juillet Mort de Robert II à Melun, son fils Henri Ier lui succède. Robert, dit le Pieux, bien qu'il ait été excommunié en 989, alors qu'à dix-neuf ans, il a répudié sa première femme Rozala, âgée de plus de cinquante ans, meurt aimé de tout son peuple. En particulier, parce que son règne s'est déroulé sans guerre. Pour sa générosité et pour l'attention qui est la sienne pour atténuer les misères de son peuple, il est presque considéré comme un saint. C'est Henri Ier qui lui succède.

1031         HENRI Ier (1031-1060)

1031         Henri Ier. Deuxième fils de Robert II le Pieux et de Constance d'Arles. Henri est associé au trône par son père en 1027 et lui succède à sa mort en 1031. Il doit faire face à l'hostilité de sa mère qui lui a toujours préféré son frère Robert, celui-ci lui dispute la couronne soutenu par les grands vassaux. Après la mort de sa mère en 1032 il reçoit la soumission de son frère mais doit lui donner en apanage le duché de Bourgogne. Il aide le jeune duc de Normandie Guillaume le Bâtard (qui plus tard s'appellera Guillaume le Conquérant) à se défendre contre la rébellion de ses barons, leur soulèvement est écrasé à la bataille de Val-les-Dunes en 1047 mais Guillaume se retourne contre Henri qui est vaincu à deux reprises à Mortemer (1054) et à Varaville (1058). A partir de 1040 la France se couvre de châteaux de pierre. Mathilde sa première femme meurt en 1044, il se remarie avec Anne de Kiev qui lui donnera d'abord un fils Philippe puis deux autres. En 1059 il prépare sa succession, il fait sacrer son fils Philippe et meurt en 1060.

1031         Avènement de Henri Ier, fils de Robert le Pieux et de Constance. Cette dernière avait projeté de faire donner la couronne à son autre fils Robert, et elle le poussa à renverser Henri, qui dut prendre les armes pour se défendre. Robert fut vaincu dans cette lutte, mais Henri, dans un but de pacification, lui céda le duché de Bourgogne (qui resta dans sa famille jusqu'en 1361).

1031         Robert, soutenu par la reine-mère et par Eudes comte de Chartres revendique le trône. Robert Ier de France, dit le Vieux, né en 1011, mort à Fleury sur Ouche le 21 mars 1076, duc de Bourgogne de 1032 à 1076, fils de Robert II le Pieux, roi de France et de Constance d'Arles. En 1031 il se révolta avec son frère Henri Ier contre leur père, lui prirent quelques châteaux puis firent la paix. L'année suivante, après la mort de son mère, soutenu par sa mère, il se révolta contre son frère, revendiquant le trône. La guerre s'ensuivit entre les deux frères et finalement Robert obtint le duché de Bourgogne en échange de sa renonciation à la succession. Robert était d'un caractère violent et farouche. Il tua son beau-frère le seigneur de Sémur dans un accès de colère à la suite d'une querelle au cours d'un repas. Il dut faire un pèlerinage à Rome et fonder un prieuré en pénitence.

1031         Réconciliation entre Henri Ier et Robert Ier de France à qui il cède le duché de Bourgogne. C'est à la fin du IXe siècle que la Bourgogne occidentale est érigée en duché. Passée aux mains de princes capétiens en 956, elle est remise en 1031 par le roi Henri Ier à son frère Robert, qui fonde la deuxième maison capétienne de Bourgogne, mais la moitié lui échappe et devient le comté de Bourgogne.

1031         Début de l'éclatement du califat de Cordoue (fin en 1039). Le pays est partagé entre 23 roitelets indépendants. Leurs gouverneurs se proclament émirs et lient des relations diplomatiques avec les royaumes chrétiens.

1031         La Normandie acquiert le Vexin et Pontoise. Fidèle soutien aux Capétiens comme son père Richard III de Normandie, Robert le Magnifique reçoit le Vexin pour service rendu. Aux côtés de Conrad II du Saint-Empire, il avait en effet soutenu Henri Ier face aux prétentions de son frère Robert, soutenu par une partie des autres vassaux francs.

1032         Année de cruelle famine, conséquence de l'incurie résultant des terreurs vécues dans l'attente de l'an mille.

1033         Rodolphe III de Bourgogne, lègue en mourant son royaume à Conrad II du Saint-Empire, empereur d'Allemagne. Rodolphe III de Bourgogne, dit Le Pieux ou Le Fainéant, (né en 970 - mort le 6 septembre 1032) fut le dernier roi de Bourgogne. Rodolphe III était le fils du roi de Bourgogne Conrad III dit le Pacifique (925-993) et de Mathilde de France (943-980), fille du roi de France Louis IV dit d'Outremer. Conrad II du Saint-Empire, appelé Conrad II le Salique, est né vers 990 et mort le 4 juin 1039 à Utrecht. Il fut empereur allemand, roi des Romains et empereur des Romains. Conrad II le Salique fut élu roi de Germanie à Mayence en 1024, succèdant à Henri II du Saint-Empire. Lointain descendant de Othon Ier, il inaugura la dynastie salienne (ou dynastie franconienne). Le 26 mars 1027, il fut couronné empereur à Rome, des mains du pape Jean XIX. Il fit désigner son fils Henri (futur Henri III) qui fut couronné de son vivant à Aix-la-Chapelle par l'archevêque de Cologne. Il pacifia l'Italie en 1026-1027 puis en 1035-1037 et favorisa la réforme monastique inspirée de l'expérience clunisienne. Il a du faire face à l'affaire de la succession de Bourgogne après le décès du dernier roi de Bourgogne Rodolphe III qui en avait fait son héritier. Il annexa le royaume d'Arles en 1032. Il intervint dans les élections épiscopales en plaçant des candidats allemands à la tête de plusieurs diocèses italiens.

1033         Des aventuriers normands, commandés par les fils de Tancrède de Hauteville, s'emparent de la Pouille (Italie) et l'érigent en comté au bénéfice de leur chef. Cette conquête amena la création du royaume de Sicile, sur lequel régna dès 1130 Roger II de Sicile, fils de Tancrède. Tancrède de Hauteville (seigneur du Cotentin) Petit seigneur normand de la région de Coutances dans le Cotentin, il a par la suite sous son autorité 10 chevaliers normands. Roger II de Sicile, Roger de Hauteville est le second fils du "Grand comte" Roger de Hauteville, 1er comte normand de Sicile et de Adélaïde de Montferrat. Né en décembre 1095, il est le fondateur et le 1er roi normand du royaume de Sicile (1130). La Maison de Hauteville ou la Casa D'Altavilla en italien, est une famille de la petite noblesse normande issu de Hialtt et dont de nombreux membres s'établirent à partir des années 1030 dans le Sud de l'Italie pour en faire petit à petit la conquête, avant de s'attaquer à la Sicile alors sous domination musulmane. Elle est à l'origine du royaume de Sicile. Une branche de cette famille fait également souche en Angleterre après la bataille d'Hastings de 1066, branche issue d'un arrière-petit-fils de Tancrède de Hauteville.

1034         Période de rédaction des Historiae par Raoul Glaber. Raoul Glaber, né en 985 en Bourgogne et mort en 1047, est un moine chroniqueur de son temps (l'époque de l'an Mil) et l'une des sources les plus importantes dont disposent les historiens sur le royaume de France durant cette période.

1035         Mort de Robert le Magnifique, le Libéral, duc de Normandie, son fils Guillaume le Conquérant lui succède. Guillaume le Conquérant, successivement connu sous les noms de Guillaume le Bâtard, Guillaume II de Normandie, Guillaume le Conquérant et enfin Guillaume Ier d'Angleterre, fils illégitime de Herleva (ou "Arlette") et de Robert le Magnifique. Il naquit à Falaise, Normandie. Il appartient à la sixième génération des ducs de Normandie depuis Rollon. Il est marié avec Mathilde de France en 1051. L'année 1066 est une date importante de l'histoire de l'Angleterre. Cette année-la, Guillaume avec 7000 hommes environ conquit l'île, emporte la victoire d'Hastings sur le roi Harold II d'Angleterre. Il devient roi à son tour. Il est connu alors sous le nom de "Guillaume le Conquérant". Bâtard, enfant né hors mariage, d'une concubine ou d'une favorite. Il n'a aucun droit sur l'héritage de son père, à moins d'être reconnu par ce dernier dans une lettre de légitimation. De nombreux rois de France reconnaissent leurs bâtards : Henri IV légitime les enfants qu'il a eus avec sa favorite Gabrielle d'Estrées, Louis XIV ceux de Mademoiselle de La Vallière et de Madame de Montespan, etc. La bâtardise, dont Guillaume le Conquérant ne se cache pas, n'est pas perçue comme une honte.

1035         Avènement au duché de Normandie de Guillaume le Bâtard, plus connu sous le nom de Guillaume le Conquérant, né en 1027, fils du duc Robert le Diable ou le Magnifique.

1035         Quelques seigneurs Normands contestent l'autorité de Guillaume le Conquérant.

1035         12 novembre Les Saxons prennent l'Angleterre aux Danois. Le roi Knud le Grand meurt en Angleterre. Avec lui s'éteint la dynastie danoise qui régnait sur le royaume anglais depuis 1017. Son immense empire, le Danemark, la Norvège et l'Angleterre est partagé en trois. Les Saxons prennent le pouvoir jusqu'à l'arrivée de Guillaume le Conquérant en terre britannique en 1066. Knud Ier le Grand (994/995 - 12 novembre 1035) est roi d'Angleterre, de Danemark et de Norvège, gouverneur et seigneur du Schleswig et de Poméranie.

1037         à 1123 - naissance et mort de Omar Khayyam. Poète et mathématicien persan. Né d'un père fabricant de tentes, Omar Khayyâm, devient célèbre, dès 1074, comme mathématicien en Orient. Il vécut sous l'occupation turque en Perse (Iran actuel) au XIIe siècle, époque où les plus grands érudits en mathématiques et en médecine venaient d'Orient: il eut pour prédécesseurs Al-Khwarizmi et Ibn Sina, dit Avicenne. Ses brillantes études lui permirent de rédiger divers ouvrages d'algèbre, arithmétique et musique qui contribuèrent à sa renommée de son vivant. Entre autres, il est l'auteur d'un traité sur les équations cubiques avec les solutions trouvées géométriquement par l'intersection de sections coniques, et il réussit à approximer la durée d'une année à 365,24219858156 jours. Omar Khayyâm, géomètre de renom, est aussi l'auteur d'un traité de physique sur les métaux précieux.

1040         vers - 'Vie de Saint Alexis'; commencement de l'ancien français. La Vie de saint Alexis, que l'on peut dater des environs de 1040-1045, fut un grand succès de son époque. Elle a été conservée par cinq manuscrits du XIe siècle, qui tous sont altérés, puis a fait l'objet de trois remaniements aux XIIe et XIIIe siècles. Ce poème de 625 vers, soit 120 strophes de 5 décasyllabes assonancés, se caractérise par sa construction très élaborée. Alexis, fils d'un riche romain, quitte la maison de son père et sa femme le soir de ses noces, pour vivre en ermite mendiant. Il vit en Orient pendant de longues années, et revient méconnaissable. Dans sa propre maison, il est logé comme un chien sous l'escalier, en butte aux mauvais traitements des domestiques, et se nourrit de rebuts. Avant de mourir, il rédige son histoire sur un papier que seul le Pape parvient à lui arracher après sa mort. La vérité éclate et provoque miracles et conversions : le poème se termine sur l'affirmation du bonheur céleste de ce saint et l'assurance de son intercession en faveur des siens et de tous les hommes. Ce récit de la légende du "pauvre sous l'escalier" dont la vocation est hagiographique est aussi l'un des premiers textes romanesques de la littérature française : c'est une fiction assez complexe, qui comporte de nombreuses situations narratives, se déroule dans des espaces variés (Rome, l'Orient), et son personnage principal est défini psychologiquement avec soin. Saint Alexis de Rome ou l'Homme de Dieu est mort en 412. Fête le 17 mars en Orient et le 17 février en Occident. (10 juillet). Sa vie est connue par une Vie de saint Alexis, du XIe siècle. Selon la légende, Alexis, fils d'Euphémien et d'Agalé, serait un patricien romain, fiancé à une femme vertueuse qu'il convainc, le soir de ses noces, de renoncer au mariage. Il se serait embarqué vers la Syrie du Nord (actuelle Turquie) pour arriver à la ville d'Édesse (Urfa), où il se fit mendiant. Il revint dix-sept ans plus tard à Rome et fut hébergé par son père qui ne l'avait pas reconnu. Il vécut sous un escalier pendant dix-sept ans, et, à sa mort, ses parents furent prévenus par une voix céleste. Selon une autre version de la légende, il mourut en mendiant à l'hôpital d'Édesse, et révéla, avant de mourir, qu'il était d'une famille noble romaine et qu'il avait fui le mariage pour se consacrer à Dieu.

1041         Établissement, à l'instigation des évêques, de la Trêve de Dieu, instituée dans le but de réduire les guerres privées et de protéger les gens sans défense contre les brutalités et les exactions des hommes de guerre: elle interdisait tout acte de violence entre le mercredi soir et le lundi matin. Inutile de dire que cette généreuse institution ne fut pas toujours appliquée. La Chevalerie fut instituée à la même époque, aussi à l'instigation de l'Église, pour faire respecter la Trêve de Dieu et protéger les faibles. La Trêve de Dieu et la Chevalerie eurent une action indéniablement bienfaisante sur les idées et les moeurs de la féodalité.

1043         Apparition en France du mal des Ardents, fléau épidémique, sorte de lèpre qui sévit pendant deux siècles.

1047         Victoire des troupes de Guillaume le Conquérant et Henri Ier contre les barons rebelles à Val-les-Dunes. Alors qu'il n'est encore surnommé que Guillaume le Bâtard, Guillaume Premier de Normandie profite de son accession à la majorité pour affronter les rebelles ligués contre lui depuis la mort de Robert le Magnifique. Ayant déjà échappé à une tentative d'assassinat, Guillaume reçoit le soutien d'Henri Premier, puis de Raoul Taisson, ancien conjuré, pour défaire les vassaux au Val-de-Dunes. La victoire est sans appel et ne laisse pas de place à la pitié pour les perdants dont nombres se noient dans l'Orne. Le règne du futur Guillaume le Conquérant sur l'ensemble de la Normandie peut alors commencer. La bataille de Val-les-Dunes opposa en 1047 le jeune duc de Normandie Guillaume le Conquérant dit le Bâtard, aidé de son suzerain le roi Henri Ier de France, à une coalition de barons normands rebelles.

1050         Les Chinois inventent l'imprimerie à caractères mobiles (en bois)

1050         17 mai Mort de Guido d'Arezzo. Le théoricien de la musique Guido d'Arezzo s'éteint et lègue à l'occident une notation musicale plus avancée. On lui doit notamment le nom des notes (ut, ré, mi, fa, sol, la, si) fondé sur l'hymne à Saint Jean en latin, ainsi que la portée musicale telle qu'elle est encore en vigueur, etc. Autrement dit, il apparaît comme le véritable initiateur du solfège. Guido d'Arezzo est un moine bénédictin italien, né vers 990 et mort après 1033, d'après certaines sources le 17 mai 1050. Guido d'Arezzo est l'auteur du Micrologus — copié 17 fois jusqu'au XVIe siècle. On lui doit également la main guidonienne sur laquelle sont placées les claves, et qui, dans le domaine du solfège, équivalait à un instrument de musique — elle permettait de visualiser plus facilement les intervalles et de jouer de la musique, même sans instrument. Professeur de musique, il est à l'origine du système occidental de dénomination des notes, basé sur les premiers mots d'un chant religieux latin, l'hymne à saint Jean-Baptiste, attribué à Paolo Diacono (vers 720 - 799)

1053         Les armées du roi entrent en Normandie.

1053         Mariage de Guillaume le Conquérant et de Mathilde de Flandre. Malgré l'opposition du Pape, Guillaume de Normandie et Mathilde de Flandre décident de se marier. Au-delà de l'intérêt politique, Guillaume et Mathilde étaient également mus par l'amour. Toutefois, leur consanguinité au cinquième degré était un facteur discriminant aux yeux du Pape Léon IX. Pour ne pas s'aliéner l'Église, ils construiront à Caen deux superbes abbayes : l'abbaye de la Sainte-Trinité, dite Abbaye aux dames et l'abbaye Saint-Etienne, dite Abbaye aux hommes. Elles recevront respectivement les tombeaux de Mathilde et de Guillaume. Mathilde de Flandre (née vers 1032, décédée le 2 novembre 1083 à Caen), duchesse de Normandie (1052-1087) et reine d'Angleterre (1066-1087). Elle était la fille de Baudouin V (v. 1012-1067), dit Baudouin de Lille, comte de Flandre, et d'Adélaïde de France (1009-1079), comtesse de Corbie, et donc par sa mère, petite-fille du roi de France Robert II.

1054         Défaite de Henri Ier à Mortemer face à Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, mettant fin à sa tentavive de conquête de la Normandie.

1054         14 juillet, le pape Léon IX est excommunié par le patriarche de Constantinople, Michel Cérulaire, qui est lui-même excommunié à Sainte-Sophie par le légat du pape, Humbert de Moyenmoutier. Ces excommunications réciproques consacrent ainsi le Grand Schisme d'Orient ou Schisme Est-Ouest, rupture entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe. Les raisons de cette rupture sont à chercher tant du côté des divergences doctrinales et lithurgiques qui couvaient entre les deux Églises depuis le VIIIe siècle, que du côté des rivalités politiques entre Rome et Constantinople, l'Empire byzantin étant devenu la première puissance du monde médiéval. Jusqu'à ce jour, chacune prétend être l'unique Église catholique, déniant ce titre à l'autre, même si les relations se sont partiellement détendues au XXe siècle dans un effort d'oecuménisme. L'Église catholique romaine est la principale religion du monde et la branche la plus importante du christianisme. Elle se définit comme "une" (en elle substiste l'unique institution fondée par le Christ pour y rassembler le peuple de Dieu), "sainte" (par son lien unique avec Dieu, d'"Épouse du Christ"), "catholique" (répandue par toute la terre et portant l'intégralité du dépôt de la foi) et "apostolique" (fondée par les apôtres et poursuivant leur mission). Les catholiques romains sont les chrétiens baptisés dans cette Église. Un des traits qui les caractérise est la reconnaissance de l'autorité du pape, à la fois en tant qu'évêque de Rome et en tant que successeur direct de Pierre. L'épithète "romain" les distingue d'autres formes de catholicisme apparues au cours de l'histoire récente, même si eux-mêmes se dénomment simplement "catholiques". Les Églises orthodoxes sont les Églises chrétiennes nées ou fondées dans l'antique zone de culture grecque, c'est-à-dire dans la zone orientale du bassin de la Méditerranée. Ce groupe d'Églises partage une compréhension, un enseignement et des offices d'une grande similitude avec un fort sentiment de se considérer les unes les autres comme les parties d'une seule Église. La Bible et la Liturgie sont lues dans les langues nationales actuelles ou anciennes. Le schisme d'Orient est la séparation entre l'Église d'Occident et l'Église d'Orient, traditionnellement placée en 1054. Elle est l'aboutissement de nombreuses décennies de conflits et de réconciliations entre les deux Églises. Le schisme a pour origine le souci de la Papauté d'uniformiser les rites dans la partie sud de l'Italie, récemment conquise par les Normands sur les Byzantins. Il se heurte à l'opposition du patriarche de Constantinople, Michel Cérulaire (Keroularios), tout aussi soucieux de les uniformiser dans le domaine du patriarcat de Constantinople. La pierre d'achoppement est l'usage du pain non levé en Occident, mais notons aussi comme autres points de litige la discipline du jeûne des latins, le baptême réduit par les Latins à une simple immersion (3 pour les grecs), l'absence d'une épiclèse avant le récit de l'institution, la prière eucharistique de la messe latine, le célibat ecclésiastique ainsi que le port de la barbe chez les clercs. Suit un échange de lettres maladroites où est soulevée l'oecuménicité du patriarcat de Constantinople, alors que l'empereur Constantin IX est partisan d'une alliance avec Rome et se veut conciliant. L'oecuménisme, dans son sens actuel, est le mouvement qui préconise l'union de tous les chrétiens en une seule Église, il vise donc la réunion de toutes les Églises chrétiennes.

1055         Rattachement du comté Sens au domaine royal.

1057         15 août : Le roi d'Écosse Macbeth est tué au cours de la bataille de Lumphanan par Malcolm III Canmore, fils du roi Duncan Ier, dont il estimait que Macbeth avait usurpé la couronne. (Fin du règne de Malcolm III en 1093). Macbeth Ier d'Écosse (né v. 1005 - mort le 15 août 1057, à la bataille de Lumphanan) fut roi d'Écosse à partir de 1040 jusqu'à sa mort. Le règne du Picte Macbeth, qui succéda par la force en 1040 au Scot Duncan Ier, avant d'être, dix-sept ans plus tard, vaincu et renversé à son tour par le fils de Duncan, Malcolm III Canmore nous est surtout connu par la tragédie de Shakespeare et l'opéra de Verdi, qui ont rendu célèbre cette histoire, finalement assez anecdotique, avec laquelle, d'ailleurs, Shakespeare a pris de grandes libertés.

1058         Nouvelle défaite d'Henri Ier face à Guillaume le Conquérant, duc de Normandie.

1059         23 mai Henri Ier fait sacrer Philippe son fils, à Reims.

1060         4 août Mort de Henri Ier à Vitry-aux-Loges, son fils Philippe Ier lui succède. Henri Ier meurt à Vitry-aux-Loges. Durant son règne son autorité a été affaiblie par trop de guerres et il a perdu la Bourgogne acquise si chèrement par son père. Son fils Philippe Ier lui succède.

1060         PHILIPPE Ier (1060-1108)

1060         Philippe Ier. Fils ainé de Henri Ier et Anne de Kiev, Philippe est associé au trône en 1059 et devient roi en 1060. Il a 8 ans, c'est son oncle Baudouin V comte de Flandre qui assure la régence sous le nom de Marquis de France. Il épouse tout d'abord Berthe de Hollande (1071) et tombe amoureux de la femme du comte d'Anjou (Bertrade de Montfort, femme de Foulque IV le Réchin), il répudie Berthe en 1091 prétextant un lien de parenté et enlève Bertrade à son mari ce qui lui vaut d'être excommunié par le pape Urbain II en 1094. Il ne se sortira de cette situation, après avoir longtemps fait la sourde oreille, qu'en s'humiliant devant Pascal II en 1105. En 1066, Guillaume le Conquérant duc de Normandie avec la bénédiction du pape, conquiert l'Angleterre. Il a bénéficié de l'aide de nombreux contingents d'autres provinces et notamment de Eudes III comte de Troyes. Ce dernier ne reviendra jamais en France il se verra confié les comtés d'Aumale et de Holderness. Devant le danger que représente la puissance de Guillaume le Conquérant, le roi de France, Philippe Ier, incite le fils de Guillaume, Robert Courteheuse, à se révolter contre son père (1078) mais ils sont vaincus. Guillaume le Conquérant envahit le Vexin mais Philippe Ier est sauvé par la mort de Guillaume en 1087. Malgré les intrigues de sa belle mère Bertrade de Montfort qui le déteste, le premier fils de Philippe Ier, Louis (futur Louis VI le gros), sera adoubé chevalier en 1097 et sera associé au trône en 1100. Louis mène des expéditions victorieuses contre des seigneurs pillards, Bouchard de Montmorency, Mathieu de Beaumond, Ebles de Roucy, Léon de Meung, Humbaut de Sainte Sévère et fait raser le château de Monthléry dont la puissance inquiétait son père. Ses problèmes avec la religion ont empêché Philippe Ier de participer à la première croisade mais il saura jouer des problèmes des participants, (décès, besoins d'argent) pour agrandir le domaine par le Gatinais, le Vexin, Bourge et Corbie. Il meurt en 1108.

1060         Avènement de Philippe Ier, fils de Henri Ier et d'Anne de Russie, né en 1052. Indolent et ami des plaisirs, ce roi ne prit que peu de part aux grandes choses qui s'accomplirent sous son règne. Âgé seulement de huit ans à la mort de son père, il régna d'abord sous la tutelle de Baudouin V, comte de Flandre. Il eut, comme Robert le Pieux, maille à partir avec le Saint-Siège à propos de ses mariages. En effet, il avait épousé Berthe, fille de Florent, comte de Hollande, et il la répudia pour vivre avec Bertrade de Montfort, femme de Foulques, comte d'Anjou, qu'il avait enlevée. Il fut pour ces faits excommunié. Baudouin V de Flandre, dit Baudouin 'le Pieux' ou Baudouin 'de Lille' (vers 1012 à Arras - 1er septembre 1067) est comte de Flandre de 1036 à 1067. Marié à Adèle de France, fille du roi Robert II de France, il est donc beau-frère de Philippe Ier de France.

1060         Construction de l'église Saint-Marc à Venise. La Basilique Saint-Marc est la plus importante église de la ville de Venise. Située sur la place Saint-Marc, adjacente et reliée au Palais des Doges, elle est un remarquable exemple d'architecture byzantine. À partir du XIe siècle, l'église est remodelée sur le modèle de l'église des Saints-Apôtres à Constantinople et adopte le plan en forme de croix grecque.

1061         Les Normands commandés par Robert Guiscard défont les Zirides à Messine et s'installent en Sicile. Robert Guiscard - "l'Avisé" - (Roberto D'Altavilla - il Guiscardo en italien), né vers 1015 (après l'an 1020 selon d'autres sources), est le plus remarquable des aventuriers normands issus du duché de Normandie. A partir de 1057, il commence la conquête de l'Italie du Sud, principalement sur les Byzantins, avant d'entamer celle de la Sicile musulmane à partir de 1061, en compagnie de son frère cadet Roger. Le baronnage italo-normand correspond à la noblesse originaire du duché de Normandie qui s'est implantée d'abord en Italie méridionale à partir de la première moitié du XIe siècle, puis en Sicile, conquise par les Normands de 1061 à 1091, à partir de la seconde moitié du XIe siècle. Si de nombreuses familles de cette noblesse italo-normande sont issues de la noblesse du duché normand, certaines de ces familles sont issues de simples aventuriers normands sans fortune, de cadets de famille sans grand avenir en Normandie, de bannis, de mercenaires, de brigands, etc.

1066         5 janvier Mort d'Édouard le Confesseur, roi d'Angleterre, cousin de Guillaume le Conquérant duc de Normandie. À la mort de son cousin Édouard le Confesseur, roi des Anglo-Saxons, en janvier 1066, Guillaume revendique son trône, affirmant qu'Édouard, sans enfant, l'a désigné comme héritier lors d'une visite que Guillaume lui fait (probablement en 1052), et qu'Harold II d'Angleterre le lui a promis lorsque Guillaume le fait chevalier. Harold s'estime plus tard dégagé de sa promesse, arguant que Guillaume l'a trompé en le faisant jurer sur des reliques d'un saint dissimulées sous un livre. Guillaume, fin politique, profite de ce fait pour obtenir l'excommunication de Harold par le pape Alexandre II. (Ethelred II d'Angleterre se maria avec Emma de Normandie, en 1002, et lui donna trois fils, dont Édouard le Confesseur, qui régna de 1042 à 1066. Le petit-neveu d'Emma de Normandie, Guillaume le Conquérant, utilisera plus tard cette union comme argument lui permettant de prétendre au trône.) Édouard le Confesseur (env. 1004 - 5 janvier 1066), fils d'Ethelred II le Malavisé, fut l'avant-dernier souverain à avoir régné sur l'Angleterre avant la prise du pays par Guillaume le Conquérant. Il mourut sans avoir de descendance. Guillaume le Conquérant (son cousin) - son successeur désigné - et Harold II d'Angleterre (son beau-frère) se firent la guerre pour pouvoir accéder à cette couronne. Il mourut en 1066, à l'abbaye de Westminster, qu'il avait lui-même fondée sur les ruines d'un ancien monastère.

1066         6 janvier Harold se fait proclamer roi d'Angleterre. Harold II d'Angleterre, Harold Goswinson ou Harold II d'Angleterre (1022 - 14 octobre 1066) fut le dernier des rois saxons d'Angleterre. Il régna entre le 5 janvier et le 14 octobre 1066 et fut tué à la bataille de Hastings.

1066         10 septembre La flotte de Guillaume le Conquérant prennent la mer et jettent l'ancre à Saint Valéry.

1066         28 septembre Guillaume le Conquérant quitte la Normandie à la tête de 700 navires et 14 000 hommes.

1066         29 septembre Débarquement des armées normandes sur les côtes d'Angleterre. Les 650 navires de Guillaume duc de Normandie débarquent dans la baie de Penvensey en Angleterre. Après la victoire d'Hastings (le 14 octobre 1066), où l'armée du roi Harold II d'Angleterre sera défaite, Guillaume le Conquérant deviendra roi d'Angleterre.

1066         Conquête de l'Angleterre par les Normands dirigés par Guillaume le Conquérant. Guillaume prétendait avoir des droits sur l'Angleterre en vertu d'un testament d'Édouard le Confesseur. Il prit ce prétexte pour faire une descente en Angleterre. A la bataille d'Hastings, il battit le roi Harold II d'Angleterre, qui fut tué, touché à l'oeil.. Guillaume établit sa souveraineté sur le pays et le distribua en fiefs entre ses compagnons. Cette conquête fut une des causes des longues guerres qui eurent lieu entre l'Angleterre et la France.

1066         14 octobre Guillaume le Conquérant remporte la bataille de Hastings contre Harold II d'Angleterre qui y trouve la mort. Guillaume de Normandie dit le "bâtard" débarque en Angleterre avec 4000 hommes dans le but de détrôner le Roi Harold II d'Angleterre. Il remporte une éclatante victoire et envahi le pays. Guillaume, descendant du viking le Duc Rollon, est un digne héritier du trône d'Angleterre. Il se dispute le titre avec le roi de Norvège et Harold, le comte de Wessex. Celui-ci meurt dans la bataille touché par un archer normand. Guillaume sera alors est proclamé roi d'Angleterre sous le nom de William. Après sa mort il est surnommé Guillaume "le conquérant". La bataille d'Hastings sera immortalisée dans l'une des 58 scènes de la tapisserie de Bayeux réalisée entre 1066 et 1077. Bataille de Hastings, prétendant au trône d'Angleterre, Guillaume le Conquérant dit "le Bâtard", duc de Normandie, débarque à Pevensey le 28 septembre 1066 et prend ses quartiers dans la ville de Hastings. Il attend le résultat des affrontements au nord à York entre les deux autres candidats : Harold Godwinson, comte de Wessex, autoproclamé roi (Harold II d'Angleterre) et Harald Hardraada, roi de Norvège. La victoire de Stamford Bridge est revenue à Harold, qui apprend le 2 octobre le débarquement normand. En catastrophe, il lève le maximum de troupes. Le 11 octobre, il quitte Londres où il avait rassemblé ses forces. Le 13, Guillaume est averti de la proximité d'Harold II d'Angleterre et met ses forces en alerte. Le 14 octobre 1066, les deux armées se mettent en mouvement et les Saxons prennent position sur la colline de Santlache que les Normands rebaptiseront Senlac qui correspond sans doute à la petite ville touristique actuelle de Battle, à six miles au nord de Hastings, loin de la côte. Le baronnage anglo-normand correspond principalement à la noblesse du duché de Normandie qui a reçu des terres en Angleterre à partir du temps de Guillaume le Conquérant après la bataille de Hastings d'octobre 1066. Comme les Varègues dans la Russie kiévienne des IXe au XIe siècles, il s'agit d'une noblesse d'origine étrangère vis-à-vis d'une population autochtone largement majoritaire, anglo-saxonne et danoise notamment en ce qui concerne l'Angleterre. Ses membres ont pour origines, essentiellement les tenants-en-chef de la principauté normande, et souvent des Normands issus de la famille ducale (Rollonides) mais également des nobles issus des contingents mercenaires extérieurs. En effet, en plus des Normands, de nombreuses troupes de mercenaires arrivant de régions même de pays divers participent à la conquête normande de l'Angleterre : des (Bretons, des Flamands, des Picards, des Angevins, des Manceaux, des Poitevins, et des Bourguignons, jusqu'à des Germains et des Normands d'Italie, attirés par l'appât du gain, à la recherche de butin et, pourquoi pas, même de terres pour rester définitivement en pays conquis.

1066         25 décembre Guillaume le Conquérant est couronné roi d'Angleterre à Westminster. Suite à la victoire d'Hasting, Guillaume le Conquérant accède au pouvoir suprême en Angleterre en se faisant couronner à l'abbaye de Westminster. Il introduit ainsi un geste qui va devenir une tradition monarchique anglaise. Cependant, le nouveau royaume anglo-normand doit encore faire face à des difficultés : la conquête de l'Angleterre ne sera achevée qu'en 1070. La situation de ce royaume est de surcroît très particulière : roi d'Angleterre, Guillaume n'en reste pas moins un vassal du roi de France pour les territoires normands. Ce dernier, Philippe Ier, devient alors l'adversaire le plus important de Guillaume, d'autant plus que les Capétiens n'apprécient guère l'avènement du puissant royaume anglo-normand.

1066         conquête de l'Angleterre par les Normands et diffusion de la langue d'oil parmi les élites et particulièrement dans l'administration et le droit (de 1327 à 1485 le français domine largement)

1066         Dernière invasion : aux IXème / XIème siècles, les Vikings, ou Normands (= hommes du Nord : ils viennent de Scandinavie). Ils pillent et détruisent beaucoup [ils ont des techniques supérieures : le drakkar, voilier rapide à faible tirant d'eau ; l'étrier pour la cavalerie ; les princes en place résistent peu et payent beaucoup] ; les germains, eux, avaient pour but de profiter de l'Empire romain plutôt que de le détruire. Les Normands enfin s'installent dans ce qui deviendra le duché de Normandie, et s'assimilent par leurs mariages et leurs descendances, mais en formant une aristocratie turbulente. [à noter qu'aux alentours de l'an 1000, le viking Erik le Rouge aborde au Groenland, donc découvre l'Amérique...] En 1066 (XIème s.), Guillaume le Conquérant part à la conquête de l'Angleterre ; il y implante le "français" dans la noblesse (francien = dialecte de la langue d'Oïl qui deviendra le français ; terme inventé fin XIXème). Le mélange linguistique donne le dialecte anglo-normand, dialecte de langue d'Oïl parlé des deux côtés de la Manche ; ce sera la langue des rois de Grande Bretagne jusqu'à la fin du XIVème, début du XVe siècle (c'est leur langue maternelle !), la langue officielle de la monarchie anglaise, utilisée par l'Administration, les tribunaux, l'Église, l'Université, le Parlement. On trouve par exemple des devises en cette langue : "Dieu et mon droit". Exemples de mots français implantés en Grande Bretagne : charity, council, duke, mutton, rich... En français, on trouve quelques mots d'origine scandinave ; dans le vocabulaire de la mer : turbot, hauban... ; des toponymes en -tot (toft = ferme, puis village) en Normandie (Yvetot). Les Normands envahisseurs et pillards n'avaient pas amené de femmes avec eux, et se francisèrent dès la 2nde génération.

1071         Défaite de Philippe Ier, intervenant dans les affaires de Flandre, à Mont-Cassel face au comte de Flandre. Robert le Frison, comte de Flandre écrase l'armée franco-anglaise du roi Philippe Ier et d'arnoul III de Flandre dans les Flandres à la bataille du mont Cassel avec le soutien de l'empereur germanique. Robert le Frison, Robert Ier de Flandre dit Robert le Frison (vers 1031 - octobre 1093, château de Winendale), fils cadet du comte Baudouin V et d'Adèle de France. Il est comte de Flandre de 1071 à 1093.

1071         19 août La défaite des Byzantins à Manzikert. L'empereur byzantin Romain IV Diogène essuie une cuisante défaite contre les Seldjoukides. Il tentait alors de reconquérir la forteresse de Manzikert, située non loin du lac de Van, en Arménie. Cette défaite permettra aux armées turques de s'emparer de quasiment toute l'Asie Mineure. Sept années plus tard, les Seldjoukides prendront Jérusalem, rendant les pèlerinages chrétiens de plus en plus difficiles. Ce sera sans doute l'une des causes de la première croisade, lancée en 1095. Les Seldjoukides, Seljoukides ou Saljûqides sont les membres d'une tribu d'origine turque qui a émigré du Turkestan vers le Proche-Orient avant de régner sur les actuels Iran et Irak ainsi que sur l'Asie mineure entre le milieu du XIe siècle et la fin du XIIIe siècle.

1071         à 1127 - naissance et mort de Guillaume IX de Poitiers. Poète. Guillaume IX de Poitiers surnommé le Troubadour, comte de Poitiers sous le nom de Guillaume VII et duc d'Aquitaine et de Gascogne de 1086 à sa mort. Il fut également l'un des premiers poètes en langue vernaculaire occitane. Il succède à son père Guillaume VIII à l'âge de 15 ans, ce qui lui vaut le surnom de Guillaume le Jeune au début de son règne.

1073         Début du pontificat de Grégoire VII (fin en 1086). Il succède à Alexandre II. Hildebrand, réformateur est porté au pontificat par la vague populaire (réforme grégorienne). Grégoire VII, Hildebrand (vers 1020/1030–1085), originaire de la Toscane, devient pape sous le nom de Grégoire VII. Hildebrand se trouve dès avant 1050 dans l'entourage des papes réformateurs, qui l'envoient à plusieurs reprises comme légat pour veiller à l'application de leurs décisions. Il est l'un des proches collaborateurs d'Alexandre II et lui succède en juin 1073. Son pontificat est dominé par deux desseins, dont la réalisation constitue la réforme dite grégorienne bien qu'il n'en soit pas le seul artisan : lutter contre le trafic des bénéfices et notamment des évêchés, et mettre fin au scandale dû à la situation des prêtres ou évêques mariés et en mal de pourvoir leurs enfants. S'appuyant sur des princes pourtant simoniaques comme Philippe Ier ou Guillaume le Conquérant, il parvient à réduire les prérogatives de la féodalité et à mettre en place un épiscopat moins étroitement tenu dans le réseau des fidélités séculières.

1073         à 1083 - La broderie de la reine Mathilde à Bayeux. La tapisserie de Bayeux, aussi connue sous le nom de tapisserie de la reine Mathilde, semble avoir été commandée par Odon de Bayeux, demi-frère de Guillaume le Conquérant. Elle décrit les faits relatifs à la conquête de l'Angleterre en 1066. Elle détaille les événements clés de cette conquête, notamment la bataille de Hastings. Il faut toutefois noter que près de la moitié des images relatent des faits antérieurs à l'invasion elle-même. Bien que très favorable à Guillaume le Conquérant, la tapisserie de Bayeux a une valeur documentaire inestimable pour la connaissance du XIe siècle normand et anglais : elle nous renseigne sur les vêtements, les châteaux, les navires, les conditions de vie de cette époque par ailleurs assez obscure.

1075         Par le Dictatus papae, Grégoire VII proclame l'évêque de Rome chef absolu de l'Église ; Décret de Grégoire VII interdisant aux évêques de recevoir leur charge des mains d'un laïc : Un recueil de 27 propositions, les Dictatus papae, définit les pouvoirs du pontife et justifie son programme : seul le pape a, par le Christ, un pouvoir absolu et universel. Maître de l'Église, il est au dessus de tous les princes laïcs qu'il peut déposer s'ils ne respectent pas les droits de Dieu et de l'Église. Le décret n'est publié par les princes, qui y voient une atteinte à leur autorité, ni en Angleterre, ni en Espagne, ni dans le Saint Empire. En France, le légat Hugues de Die peut épurer l'épiscopat, malgré l'opposition de Philippe Ier et de la noblesse. Le Dictatus papae est un ensemble de 27 propositions, publié en 1075 par le pape Grégoire VII, pape qui donna son nom à la Réforme grégorienne. C'est une oeuvre majeure du droit canonique au Moyen Âge, qui vise à établir la monarchie absolue du Christ sur l'ensemble du monde (dominium mundi), et donc celle de son vicaire, le pape. C'est ce qu'on appelle la théocratie.

1076         24 janvier : Synode de Worms à propos de la succession archiépiscopale de Milan, qui dépose le pape Grégoire VII : début de la Querelle des Investitures. La Querelle des Investitures est le nom donné au long conflit qui opposa la papauté et l'Empire entre 1076 et 1122. Elle tire son nom de l'investiture des évêques. Depuis les Othoniens, l'Empire avait le contrôle total sur l'Église, allant même jusqu'à demettre plusieurs papes. Cependant dans la dynamique de la réforme grégorienne, le pape Grégoire VII, élu en 1073, malgré l'opposition impérale, ne tarde pas à revendiquer l'investiture, droit jusqu'alors impérial. En réaction, à la diète de Worms (1076), l'empereur Henri IV du Saint-Empire fait prononcer la déposition du pape. Celui-ci ne se démonte pas et prononce la déchéance et l'excommunication de l'empereur. Des princes allemands, en désaccord avec l'empereur, profitèrent de la situation et s'assemblèrent à Tribur au prétexte de régler la déchéance de l'Empire. Menacé, l'empereur est contraint de demander une entrevue avec le pape à Canossa, il se présente en pénitent, mais les deux premiers jours (26 et 27 janvier 1077), le pape refuse de le recevoir et ne le reçoit que le 28 janvier. Cette entrevue ne règle cependant pas la question. Le 15 mars 1077, des princes allemands, avec l'accord tacite du pape, élisent Rodolphe de Souabe. En 1081, ils éliront Hermann de Salm. De son côté le pape interdit en 1078 toute investiture laïque portant sur des bénéfices et fonctions ecclésiastiques. En 1080, il excommunie à nouveau l'empereur. Ce dernier réunit un synode qui dépose le pape et élit un antipape, Clément III. En 1084, Henri IV du Saint-Empire entre dans Rome et se fait couronner par Clément III. En 1088, à la mort d'Hermann de Salm, aucun antiroi n'est élu pour lui succéder. Henri IV du Saint-Empire n'est cependant pas au bout de ses difficultés, entre 1093 et 1097, son fils Conrad de Basse-Lotharingie lui interdit tout retour en Allemagne, sa femme Praxède, puis son second fils, le futur Henri V du Saint-Empire, l'abandonnent. Il meurt en 1106, étant toujours excommunié il ne recevra une inhumation religieuse qu'en 1111. Après avoir brièvement désigné un nouvel antipape, en 1118, Henri V finit par s'accorder avec la papauté par le Concordat de Worms en 1122, qui décida de la double investiture, réservant l'élection à l'Église.

1076         14 février : Le pape excommunie et dépose l'empereur romain germanique Henri IV du Saint Empire, ce qui déclenche la rébellion de ses vassaux, libérés de leur serment de fidélité.

1077         25-28 janvier : Affaire de Canossa où l'empereur germanique Henri IV du Saint-Empire, isolé, implore son pardon devant le pape Grégoire VII, qui accepte son repentir, après l'avoir fait patienter trois jours dans la cour du château de Mathilde de Toscane. "L'empereur s'est rendu à Canossa sur les genoux". L'expression "aller à Canossa" désigne depuis le fait d'aller s'humilier devant son ennemi. La levée de l'excommunication permet à Henri de triompher des Féodaux révoltés en Allemagne. Mais, il rompt à nouveau avec Grégoire VII, le fait déposer et fait élire l'antipape Clément III (Guibert de Ravenne), qu'il ne réussit pas à imposer hors de l'Empire (1080).

1077         Paix entre Philippe Ier et Guillaume le Conquérant, roi d'Angleterre.

1078         Les Turcs Seldjoukides délogent de Jérusalem les Arabes Abbassides qui y étaient installés depuis 637. Une période de libre accès à Jérusalem par les pèlerins chrétiens se termine alors. Dans le même temps, vaincus à la bataille de Manzikert en 1071, les Byzantins voient les Turcs s'établir à Nicée en 1078 et y fonder un royaume en 1081. A la fin du XIième siècle, l'empereur Alexis Ier Comnène qui voit son Empire Chrétien menacé par les Turcs demande à plusieurs reprises le secours de Rome contre les Seldjoukides. C'est en 1095 que le pape Urbain II, constatant la hargne des chevaliers lors de son séjour estival en France, répond à la demande d'Alexis Ier. Ainsi, il lance un appel à Clermont le 27 novembre 1095 où il prêche le secours à l'empereur Byzantin et la libération de l'Église de Dieu à Jérusalem en promettant aux chevaliers, en l'échange de leur participation à la Croisade, le pardon de leurs pêchés. Il s'agit d'aller au secours des chrétiens d'Orient. Alexis Ier Comnène, né en 1048, mort le 15 août 1118, empereur byzantin de 1081 à 1118, troisième fils du curopalate Jean Comnène et d'Anne Dalassène, neveu de l'empereur Isaac Ier Comnène.

1079         à 1142 - naissance et mort de Pierre Abélard. Poète, philosophe et théologien scolastique, père de la méthode scolastique avec Alexandre de Hales. Philosophe et théologien, Pierre Abélard crée une oeuvre considérable, qui est le développement de la réflexion critique, de la foi en la raison. Son audience est telle qu'il supplante ses mentors, et se voit proposer les chairs de dialectique et d'écriture sacrée au cloître Notre Dame de Paris, alors qu'il n'est même pas homme d'église. En pleine gloire à 35 ans, il tombe amoureux d'Héloise âgée de 16 ans, et la fait enlever de chez son oncle Fulbert pour l'épouser secrètement. Puis il la rend à son oncle qui la brutalise. Il l'enlève à nouveau et pour se venger, Fulbert paie des écorcheurs qui surprennent Pierre Abélard dans son sommeil et le châtre. Les coupables sont arrêtes et mutilés, mais Pierre Abélard se fait moine et oblige Héloise à prendre le voile à Argenteuil. Il rédige un traité de théologie sur la Sainte Trinité qui est condamné par l'église. Pierre Abélard est alors emprisonné, et son livre brûlé. Libéré il reprend son enseignement et est à nouveau condamné 26 ans plus tard en 1140, par Bernard de Clairvaux. Il se voit contraint d'errer de monastère en monastère, accueilli à l'abbaye de Cluny il meurt dans l'anonymat en 1142. Scolastique vient du latin schola, école. Il s'agit d'une philosophie développée et enseignée dans les universités du Moyen Âge, et visant à réconcilier la philosophie antique, et en particulier l'enseignement d'Aristote, avec la théologie chrétienne. Cette réconciliation passe en particulier par la tentative de résoudre les tensions entre philosophie première et théologie (selon Aristote), autrement dit entre une métaphysique générale (philosophie première appelée plus tard ontologie, ou ontosophie) et une science de l'être par excellence (plus tard, métaphysica specialis, la théologie).

1080         vers - Apparition des premiers troubadours et trouvères. Un troubadour est un poète, un chanteur, durant le Moyen Âge, en Occitanie, en Catalogne et en Italie. C'est au XIIe siècle que naquit l'amour courtois ("fin amor" en occitan), genre littéraire dont l'invention est attribuée à Guillaume IX de Poitiers, dit le Troubadour (1071-1127). Il fut un modèle pour des générations de trouvères (troubadour a pour équivalent trouvère en langue d'oïl, et Minnesänger (ménestrel) en allemand). Empreint de valeurs héroïques propres à la chevalerie, son fin amor est souvent réaliste et franchement charnel, n'écarte pas l'adultère, mais évoque aussi des sentiments délicats. L'amour courtois se développa pour répondre à des règles très précises, finalement codifiées par plusieurs arrêts pris à la cour d'Aliénor d'Aquitaine.

1080         vers - Essor de la chanson de geste. La geste ou chanson de geste désigne un récit versifié (un long poème) en décasyllabes ou, plus tardivement, en alexandrins, assonancés regroupés en laisses (longues strophes de taille variable) relatant des épopées légendaires héroïques mettant en scène les exploits guerriers de rois ou de chevaliers, remontant aux siècles antérieurs. Geste (féminin) est ici à comprendre comme "action d'éclat accomplie". Ce type de récit apparaît à l'aube de la littérature française, vers la fin du XIe siècle. Les dernières ont été produites au cours du XVe. Les chansons de geste sont caractéristiques de la littérature médiévale et prennent la suite des grandes épopées de l'Antiquité. Elles sont rédigées en ancien français et, plus précisément dans des dialectes d'oïl. Elles s'opposent à un autre grand genre littéraire médiéval : la poésie lyrique, dont la langue est, cette fois-ci l'occitan. Souvent anonyme, son auteur est un trouvère, qui la destinait à être chantée et accompagnée musicalement, devant un public large, populaire ou noble. Chanson de geste. En latin, gesta signifie exploit. Ainsi, nomme-t-on au Moyen Âge les poèmes épiques relatant les exploits des chevaliers héroïques. La Chanson de Roland en est un admirable exemple.

1084         L'empereur romain germanique Henri IV du Saint-Empire dévaste Rome et installe l'antipape Clément III qui le couronne empereur. Henri IV du Saint-Empire, né le 11 novembre 1050 et mort le 7 août 1106, est le roi des Romains de 1056 à 1084, puis empereur romain germanique jusqu'à sa mort en 1106. Il est le fils de l'empereur Henri III et d'Agnès d'Aquitaine.

1084         24 mars : Sacre de l'antipape Clément III.

1084         Robert Guiscard, normand allié de Grégoire VII reprend Rome, mais les pillages provoquent l'hostilité de la population. Grégoire se réfugie dans le sud et meurt à Palerme en 1085. Apparemment vaincu, il a en fait réussi à rendre la papauté indépendante et à faire appliquer en partie la réforme ecclésiastique.

1084         Fondation de l'ordre des Chartreux pas Saint-Bruno. L'ordre des Chartreux est un ordre religieux à voeux solennels fondé en 1084 par Saint Bruno aidé de six compagnons, et dont le nom vient du massif de la Chartreuse, au nord de Grenoble où ils se sont d'abord établis. Le premier Chapitre de l'Ordre, réunissant toutes les maisons, se tient en 1140 sous le priorat de Saint Anthelme. C'est donc la naissance officielle de l'Ordre des Chartreux qui prend désormais place à côté des grandes institutions monastiques du Moyen Âge. Saint Bruno, fondateur de l'ordre des Chartreux, né à Cologne en 1030, mort en 1101.

1087         Intervention de Philippe Ier dans le différend entre Guillaume le Conquérant et son fils Robert CourteHeuse (en faveur de Robert); il est battu à Mantes. Robert Courteheuse, Robert II de Normandie (vers 1054-1134 emprisonné au château de Cardiff), duc de Normandie de 1087 à 1106. Il était le fils aîné de Guillaume le Conquérant, demandeur sans succès au trône d'Angleterre et participant à la première croisade. Son règne comme duc est notable pour la discorde avec ses frères en Angleterre, qui aboutit finalement à rétablir l'union entre la Normandie et l'Angleterre.

1087         Mort de Guillaume le Conquérant près de Rouen. Le dernier homme de l'histoire qui soit parvenu à envahir l'Angleterre, Guillaume le Conquérant, s'éteint à Rouen des suites d'une blessure accidentelle. Décrit comme obèse, le roi se serait blessé à cheval en rentrant de la bataille de Mantes qui l'opposait à Philippe Ier pour le contrôle du Vexin. La petite histoire raconte que le rapatriement et l'enterrement de Guillaume à l'Abbaye-aux-Hommes de Caen furent bien difficiles. Un homme se serait opposé au convoi faute de reconnaître la légitimité de Guillaume tandis qu'un incendie à Caen aurait perturbé le cortège. Enfin, au sein de l'Église Saint-Étienne de Caen où repose toujours son tombeau, le peu d'hommes venu lui rendre hommage a dû fuir après que le corps se soit éventré lors de sa mise en terre… Son héritage politique est également mis à mal puisque l'Angleterre et la Normandie sont provisoirement séparées.

1090         invention de la boussole (Chine, Arabie). Des boussoles ont été initialement utilisées dans le mysticisme dans l'Antiquité chinoise. L'utilisation du champ magnétique de la Terre fait de cette façon constituait un spectacle. Des flèches ont été fabriquées comme les dés. Ces flèches magnétisées s'alignaient sur le Nord, impressionnant l'assistance. Curieusement, cela a pris un certain temps pour que ce phénomène soit utilisé par les Chinois pour les besoins de la navigation, mais au XIe ou XIIe siècle le procédé était devenu commun. La connaissance de la boussole arrive en Europe au XIIe siècle. Les marins arabes l'ont apparemment apprise des Européens, adoptant son utilisation dans la première moitié du XIIIe siècle.

1090         à 1153 - naissance et mort de Saint-Bernard, propagandiste de la foi cistercienne fondateur de l'abbaye de Clairvaux et prédicateur de la II° croisade à Véselay en 1146; fut séduit par la vocation des Templiers (pauvreté, chasteté, obéissance et protection des pèlerins en Terre Sainte). Il rédigea pour une grande partie leur règle en 1128 et écrivit pour les encourager et diffuser leur idéal "la louange de la nouvelle milice" (De laudae novae militiae ad milites templi).

1091         Philippe Ier répudie sa femme pour épouser la femme d'un vassal.

1092         Philippe Ier épouse Bertrade de Montfort. Bertrade de Montfort (1070-1117). Elle est la fille de Simon Ier de Montfort et d'Agnès d'Évreux. Elle épouse en première noces le comte d'Anjou Foulques IV le Rechin. Mais le roi de France Philippe Ier (fils d'Anne de Kiev et d'Henri Ier) s'éprend d'elle - elle reste en effet célèbre pour sa grande beauté - et répudie sa première femme Berthe de Hollande, pour enlever Bertrade. Elle épouse donc le roi et devient reine en 1092. Ceci crée de vives tensions entre le roi et le pape Urbain II, jusque vers 1104. À la mort de Philippe Ier, en 1108, elle tente de faire monter sur le trône le fils qu'elle a eu de son royal époux et s'oppose ainsi à l'héritier légitime, Louis VI le Gros (fils de Berthe de Hollande). Néanmoins, cette tentative reste vaine et Louis VI accède donc au trône. Les autres enfants de Bertrade ne jouèrent aucun rôle politique.

1093         Saint Anselme, abbé du Bec, est nommé archevêque de Cantorbéry. Il entre en lutte avec Guillaume II le Roux à propos de l'investiture des membres de l'Église conférée par le roi. Il doit s'exiler en Italie. Saint Anselme, Anselme de Cantorbéry ou Saint Anselme est né à Aoste en 1033 (ou 1034 selon les sources) et mort le 21 avril 1109. Il est aussi parfois nommé Anselme d'Aoste, ou Anselme du Bec, selon qu'on veut insister sur son origine italienne ou sur sa longue présence en France. Il devint archevêque de Cantorbéry en 1093 avant d'être forcé à l'exil par le roi. Coloman Viola note qu'il "refuse" d'envoyer des hommes du royaume d'Angleterre en Terre Sainte, tout en conseillant par ailleurs à son beau-frère et à ses neveux de participer à ce que l'on appellera plus tard la "croisade". Il composa un grand nombre d'ouvrages sur la théologie et la métaphysique, et eut une large influence sur la théologie et la philosophie de son époque.

1094         Fondation du royaume de Portugal. Deux chevaliers de Bourgogne, Henri de Bourgogne et Raymond de Bourgogne, ayant été appelés en Espagne par le roi de Castille Alphonse VI, devinrent ses gendres. Le fils de Henri (Alphonse Henriques) fut roi du Portugal (que les deux frères avaient fondé); le fils de Raymond succéda au roi de Castille. Henri de Bourgogne (1066-1112) fut comte de Portugal depuis 1093 jusqu'à sa mort. Il était le fils d'Henri de Bourgogne, héritier de Robert Ier, duc de Bourgogne et frère de Eudes Ier, duc de Bourgogne. Étant le cadet, Henri avait peu de possibilités d'atteindre la fortune et d'obtenir des titres par héritages, et ainsi, il participa à la Reconquista contre les Maures dans la péninsule Ibérique. Il aida le roi Alphonse VI de Castille et Leon à conquérir le royaume de Galice qui comprenait à peu près la Galice moderne et le nord du Portugal. Comme récompense, il reçut la main de la fille d'Alphonse IV, Thérèse de Leon. Il devint ainsi, également, comte de Portugal, un comté qui dépendait à l'époque du royaume de Leon. Raymond de Bourgogne (1059 - 1107) roi de Léon et de Galice en Espagne, fils du comte Guillaume Ier de Bourgogne, frère des comtes Renaud II de Bourgogne, Étienne Ier de Bourgogne et du pape Calixte II... Alphonse VI de Castille, surnommé le Vaillant, né avant juin 1040, mort le 1er juillet 1109, roi de Castille (1065-1109), roi de Leon (1072-1109) à la mort de son frère, roi de Tolède (1085-1109) par conquête et roi de Galice (1090-1109) à la mort de son autre frère. Il était le fils de Ferdinand Ier de Castille, de Leon et Asturies et de Sancha de Leon. La Castille est un ancien royaume du nord de l'Espagne. À la fin du Moyen Âge, le royaume de Castille s'étendait depuis le golfe de Gascogne au nord jusqu'à l'Andalousie au sud et comprenait la majeure partie du centre de la péninsule Ibérique.

1094         Excommunication de Philippe Ier par Urbain II, pape. Au Concile d'Autun, Philippe Ier de France, est excommunié par l'évêque Hugues de Die, au nom du pape Urbain II, pour avoir répudié Berthe de Hollande et épousé sa cousine Bertrade de Montfort (bigamie et inceste).

1095         25 octobre Bénédiction de l'autel de l'abbaye de Cluny par Urbain II. Urbain II, Eudes de Châtillon ou Odon de Lagery, né à Châtillon-sur-Marne en 1042, mort à Rome le 29 juillet 1099, 157e pape sous le nom d'Urbain II (1088–1099).

1095         18 octobre Ouverture du concile de Clermont par Urbain II.

1095         18 novembre-27 novembre : Concile de Clermont. Le pape Urbain II, puis Adhémar de Monteil, consacrent le mouvement de la trêve de Dieu et prêchent la première croisade d'Orient qui détourne l'activité belliqueuse des chevaliers. Le moine Pierre l'Ermite prêche la première croisade au concile de Clermont-Ferrand, présidé par le pape Urbain II. Cet appel aux armes de la chrétienté se justifiait par les mauvais traitements que les musulmans, maîtres de la Palestine, faisaient subir à leurs sujets chrétiens et aux pèlerins qui allaient visiter les Lieux saints. Le but de l'expédition réclamée par Pierre l'Ermite, et des sept autres croisades qui suivirent celle-là, était donc de libérer les chrétiens d'Asie et les Lieux saints du joug des musulmans, et en occupant ces lointains territoires, de prévenir de nouvelles entreprises des sectateurs de Mahomet contre les nations d'Occident. Les croisades échouèrent à ce point de vue, mais elles eurent pour la civilisation de l'Europe des conséquences indéniablement heureuses. Pierre l'Ermite, né au milieu du XIe siècle, Pierre d'Archères, dit l'Ermite, probablement originaire d'Amiens, avait vraisemblablement parcouru ce que le monde chrétien considérait comme la Terre sainte quand Urbain II proclama la première croisade en 1095. Le motif du pape était que les Turcs qui avaient conquis Jérusalem sur les Arabes Abbassides en 1078, en interdisaient désormais l'accès aux pèlerins chrétiens. De Bourges à Cologne, l'éloquence de Pierre souleva l'enthousiasme de milliers de chrétiens qui se mirent en marche en mai 1096 et atteignirent Constantinople dès la fin de juillet où le mouvement prit encore de l'ampleur.

1095         27 novembre Urbain II prêche la première croisade lors du concile de Clermont. Dans son prêche, le pape Urbain II exhorte les chevaliers à partir à la reconquête de la Terre sainte, alors sous le joug des Turcs. La première croisade est lancée.

1096         avril Départ d'une "armée de pèlerins", marquant le début de la première croisade. La première croisade eut lieu de 1096 à 1100, sous le pontificat d'Urbain II : prêchée par Pierre l'Ermite, puis par Urbain lui-même, elle eut pour chefs Godefroy de Bouillon (Les Enfances de Godefroy de Bouillon), Eustache et Baudouin, ses frères; Hugues de Vermandois, Robert II, duc de Normandie, Boémond, prince de Tarente, Tancrède, son neveu, et Raymond de Toulouse. Les faits les plus importants de l'expédition sont la bataille de Dorylée (1097), où les Musulmans furent entièrement défaits; la prise de Nicée, d'Édesse (1097), d'Antioche (1098) et celle de Jérusalem (1099). Les Croisés formèrent à Jérusalem un royaume chrétien, dont ils déférèrent la couronne à Godefroy de Bouillon; et dans les villes voisines plusieurs principautés, où régnèrent les autres chefs des croisés.

1096         15 août Départ des armées régulières pour la Ière Croisade. Une armée bien organisée, avec à sa tête Godefroy de Bouillon, part pour la Terre sainte à l'instigation du pape Urbain II. Ce dernier a assuré : “Et ils deviendront des soldats, ceux qui, jusqu'à ce jour, furent des brigands ; ils combattront légitimement contre les barbares, ceux qui se battaient contre leurs frères et leurs cousins ; et ils mériteront la récompense éternelle, ceux qui se louaient comme mercenaires pour un peu d'argent”. Godefroy de Bouillon, fils d'Ide d'Ardenne, héritière des ducs de Basse-Lorraine et d'Eustache II, comte de Boulogne, au royaume de France, Godefroy de Bouillon est un descendant de Charlemagne et, comme son illustre ancêtre, un personnage de légende. Godefroy est né fils cadet en 1060. Son oncle Godefroy III le Bossu lui lègue en 1076 son duché de Basse-Lorraine, mais l'empereur d'Allemagne le prive de cet héritage et ne lui concède que le marquisat d'Anvers, où se trouve la terre de Bouillon (1076). Godefroy se range néanmoins aux côtés d'Henri IV du Saint-Empire dans la lutte qui oppose l'empereur germanique et le pape Grégoire VII. Touché par le comportement du jeune homme et pour le récompenser de ses fidèles et loyaux services, l'empereur germanique le reconnaît duc de Basse-Lorraine, ou Lothier, en 1089. L'un des premiers à répondre à l'appel d'Urbain II, en 1095, Godefroy de Bouillon devient aussi l'un des principaux chefs de la première croisade. En 1096, pour financer son départ, il vend son domaine de Bouillon à Otbert, prince-évêque de Liège. Les armoiries du duché de Bouillon sont visible dans le blason de la Principauté de Liège. Parti de Vézelay avec une suite nombreuse, il passe par Ratisbonne, Vienne, Belgrade et Sofia, arrive à Constantinople, et se heurte aussitôt à Alexis Comnène... Il est au premier rang lors de la prise de Jérusalem en 1099. La couronne de roi de Jérusalem lui est proposée après la prise de la ville mais il la refuse, arguant que seul le Christ est autorisé a porter ce titre. Il est donc fait Avoué du Saint-Sépulcre. Il meurt l'année suivante et son frère Baudouin, qui avait aussi participé à la croisade, devient roi.

1096         à 1099 - Première croisade : elle comprit deux expéditions: d'abord Pierre l'Ermite et Gautier Sans-Avoir, pauvre gentilhomme bourguignon, partirent à la tête d'une masse confuse, indisciplinée, ignorante et dénuée de tout: ces bandes à peu près désarmées et affamées, traversèrent péniblement l'Europe, trouvèrent à Constantinople un accueil qui les réconforta sans les rendre plus redoutables et passèrent en Asie où le sultan de Nicée, à la bataille de ce nom, les tailla en pièces. La deuxième expédition ne comprenait que des gens aguerris et pourvus, en armes et en approvisionnements, de ce qui leur était nécessaire: c'était une véritable armée, qui marcha en bon ordre sous le commandement de Godefroy de Bouillon, duc de Basse-Lorraine. Cette expédition rencontra en Asie de grandes difficultés; néanmoins, après s'être emparée des villes de Nicée, Tarse, Antioche, elle assiégea et prit Jérusalem. Godefroy de Bouillon en fut proclamé roi (1099), et y promulgua, d'accord avec les seigneurs qui l'accompagnaient, les Assises de Jérusalem, qui instauraient en Asie la féodalité européenne. Le nouvel État dura jusqu'en 1187, époque à laquelle il fut détruit par le sultan Saladin.

1096         21 octobre L'armée "populaire" est anéantie par les Turcs prés de Nicée. “Croisade des pauvres”. Sous la conduite de Pierre l'Ermite et Gautier Sans Avoir, c'est une troupe de gueux qui tente de gagner la Terre sainte, où elle sera mise en pièce. Nicée est une ville d'Anatolie (Turquie)

1096         à 1141 - naissance et mort de Hugues de Saint-Victor. Théologien et philosophe français, auteur du 'Didascalicon' et du 'De sacramentis' qui assure le rayonnement de l'abbaye de Saint-Victor de Paris comme école.

1097         26 juin Les Croisés s'emparent de Nicée.

1097         1er juillet Victoire des Croisés à Dorylée contre les Turcs. La bataille de Dorylee opposa les croisés aux turcs en 1097.

1097         21 octobre Début du siège d'Antioche. Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne. Elle est située au bord du fleuve Oronte.

1098         21 mars Fondation de l'abbaye de Cîteaux. Robert de Molesme fonde l'abbaye pour y prêcher un retour à la doctrine de Saint Benoît : pauvreté, travaux des champs et uniformité. L'ordre de Cîteaux est né. L'ordre de Cîteaux, également connu sous le nom d'ordre cistercien ou encore de saint ordre de Cîteaux est un ordre monastique catholique réformé, fondé en 1098 à l'abbaye de Cîteaux par Robert de Molesme pour suivre la Règle de Saint Benoît. Le plus célèbre des cisterciens n'est autre que saint-Bernard, à qui l'ordre doit son considérable développement de la première moitié du XIIe siècle. Les monastères cisterciens se distinguent par la simplicité et la sobriété de l'architecture et des ornements. La robe est blanche avec un capuchon noir. Le symbole de l'ordre est la feuille d'eau (Cîteaux). Des couvents de religieuses cisterciennes ont été établis ; l'un des plus célèbres est celui de Port-Royal. Robert de Molesme (v.1029–1111), moine et réformateur français, considéré comme saint par l'Église catholique romaine. Règle de Cîteaux. Il s'agit de la règle bénédictine appliquée dans toute sa rigueur par les moines de l'abbaye de Cîteaux, fondée par Robert de Molesme en 1098 : retrait du monde, extrême pauvreté, culture de la terre et copie de manuscrits.

1098         3 juin Les Croisés s'emparent d'Antioche et se retrouvent piégés dans la ville.

1098         28 juin Victoire de Kerbogha, émir de Mossoul, permettant la libération des troupes assiégées dans Antioche. Kerbogha était l'Atabeg de Mossoul. C'était un chef de guerre qui jouissait d'une grande renommée mais il dut subir une cuisante défaite lors de la première croisade. Mossoul, ville d'Iraq sur les deux rives du Tigre.

1098         à 1179 - naissance et mort de Hildegarde von Bingen, Sainte Hildegarde. Sainte allemande, fut l'une des grandes figures du XIIe siècle, voire de tout le Moyen Âge. Hildegard (sainte Hildegard, bien qu'elle ne fut jamais canonisée) écrivit un traité de science et de médecine, qui fait preuve d'un sens de l'objectivité et de l'observation rare dans ces temps-là. Elle écrivait également des poèmes, et de la musique. Sainte Hildegarde de Bingen est confiée aux Bénédictines alors qu'elle n'a que huit ans, en 1105. Elle a des visions qu'elle note méticuleusement dans un petit carnet qui donnera son 'Livre des subtilités et des créatures divines'.

1099         Le roi Philippe Ier associe à la couronne son fils Louis, né de Berthe de Hollande en 1081: ce sera dans l'histoire, Louis VI le Gros, surnommé aussi le Batailleur et l'Éveillé. Louis VI de France, dit Louis le Gros, né le 1er décembre 1081 à Herbst, mort le 1er août 1137. Il fut roi de France de 1108 à 1137, cinquième de la dynastie dite des Capétiens directs.

1099         7 juin Les armées Croisées arrivent devant Jérusalem.

1099         8 juillet Procession autour de Jérusalem.

1099         14 juillet Échec du premier assaut contre Jérusalem.

1099         15 juillet Prise de Jérusalem par les croisés qui vont se livrer au pillage et au massacre de la population. Godefroy de Bouillon prend la ville sainte en ce vendredi, à trois heures de l'après-midi. Son beau-frère Baudouin de Boulogne fonde le royaume latin de Jérusalem. La population musulmane de la ville est massacrée pendant deux jours. Les Juifs sont brûlés vifs dans la synagogue où ils s'étaient réfugiés. Baudouin de Boulogne (v. 1065-2 avril 1118), comte d'Édesse de 1098 à 1100 puis roi de Jérusalem, Baudouin Ier, de 1100 à 1118. Troisième fils d'Eustache II, comte de Boulogne et de Sainte Ide de Boulogne.

1099         Godefroy de Bouillon proclamé roi de Jérusalem. Les croisés, après avoir pris Nicée, Antioche, Tarse, ont pris Jérusalem le 15 juillet précédent. Godefroy de Bouillon, Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, et le légat du pape écrivent au pape Urbain II : “Si vous désirez savoir ce qu'on a fait des ennemis trouvés à Jérusalem, sachez que dans le portique de Salomon et dans le temple, les nôtres chevauchaient dans le sang immonde des Sarrasins et que leurs montures en avaient jusqu'aux genoux”.

1099         12 août Victoire des armées croisées à Ascalon contre les armées égypto-turques. Ascalon site balnéaire en Israël, proche de Gaza, sur la côte méditerranéenne.

1100         15 juillet Mort de Godefroy de Bouillon, avoué du Saint-Sépulcre à Jérusalem, son frère Baudouin lui succède.

1100         Rattachement de Bourges et Dun-le-roi au domaine royal. Eudes Arpin, vicomte de Bourges, partant pour la Croisade, vendit son fief au roi pour 60 000 écus d'or. Depuis cette époque, les pays qui forment le département du Cher demeurèrent directement soumis à l'autorité royale.

1100         à 1200 - Écriture gothique. L'écriture gothique ou lettre noire est une déformation de la minuscule caroline. On écrivait alors avec une plume à pointe coupée. Plus étroite que la caroline, donc prenant moins de place sur les parchemins coûteux, l'écriture gothique apparaît au XII° siècle en Allemagne. Ces caractères seront conservés par ce pays jusqu'au milieu du XX°. Dès la fin du XIX° siècle, les copistes florentins jugent les gothiques illisibles. Ils reprennent la caroline et la modifient. Ils créent l'humanistique (dite aussi l'italique) qui devient la base de nos écritures modernes.

1100         à 1532 - L'empire Inca (Pérou). L'empire inca s'étendait à son apogée de l'actuelle Colombie jusqu'à l'Argentine et au Chili, par delà l'Équateur, le Pérou, la Bolivie. Les Incas formèrent un des trois grands empires de l'Amérique précolombienne. L'empire inca regroupait de nombreux peuples différents et jusqu'à plus de 700 langues différentes furent parlées sur son territoire ; cependant les Incas imposèrent le quechua comme langue officielle. Ils vécurent du XIe siècle au XVIe siècle. La fin de l'empire inca coïncide avec la mort du dernier empereur lors de la conquête espagnole en 1533.

1100         à 1150 - naissance et mort de Marcabru, poète et troubadour. Le troubadour enchanta les cours de France et de Castille. Surtout grâce à un "tube", célèbre dans les années quarante (du XIIe siècle) et intitulé "le chant du lavoir", dont l'air et les paroles sont une exhortation à partir en croisade.

1100         vers - La Chanson de Roland. Elle est célèbre dès le Moyen Âge : il en existe plusieurs versions, ainsi que des remaniements datant de diverses époques. Le récit, inspiré par un référent historique, la bataille de Roncevaux (778), est savamment composé en deux fois deux parties : la mort de Roland (la trahison, la bataille) et la vengeance de l'Empereur (le châtiment des païens, le châtiment de Ganelon), encadrées par une exposition et une double conclusion. L'unité de l'ensemble est renforcée par de nombreux parallélismes, contrastes et échos. Certains passages pourtant très sobres possèdent une grande intensité dramatique et sont restés justement célèbres (la mort de la belle Aude ou celle de Roland). Comme toutes les chansons de geste, la Chanson de Roland comporte une forte charge idéologique, mais c'est également une peinture assez fine des tensions internes de la société féodale (entres vassaux et suzerain, entre l'ambition personnelle et le dévouement), ainsi qu'un drame humain : en dépit du caractère un peu stylisé des personnages, la subtilité des caractères explique et implique le déroulement inéluctable des événements. La Chanson de Roland est un poème épique et une chanson de geste de la fin du XIe siècle attribué à Turold (Ci falt la geste que Turoldus declinet). Neuf manuscrits du texte nous sont parvenus, dont un (manuscrit d'Oxford) est en anglo-normand. Ce dernier, redécouvert par l'abbé de La Rue en 1834, est considéré par les historiens comme étant l'original. La Chanson de Roland comporte environ 4000 vers en ancien français répartis en laisses, transmis et diffusés par voie orale. Elle relate, trois siècles après, le combat fatal du chevalier Roland (ou Hroudland), marquis des marches de Bretagne et de ses fidèles preux contre une puissante armée maure à la bataille de Roncevaux puis la vengeance de Charlemagne.

1100         à 1160 - naissance et mort Pierre Lombard, ou encore Petrus Lombardus, enseignant et religieux. Plus connu sous le nom du Maître des sentences, il est né à la fin du XIe siècle près de Novarre, en Lombardie (d'où son nom). L'Abbé de Cluny le fit admettre à l'école de Reims, puis il se rendit à Paris où il fût d'abord longtemps professeur à l'Université, pour devenir ensuite évêque de Paris. Dans la cadre de son enseignement, il élabora, suite à une originale méthode basée sur les Questions / Discutions, une méthode scolastique aux fins de l'enseignement des Maîtres de l'Université, le "Livre des Sentences" (1152), où pour la première fois, dans l'enseignement universitaire, on faisait la distinction entre l'Écriture et la Théologie ; ce livre, cette Somme, servit de modèle à Thomas d'Aquin.

1102         La Croatie intégrée à la Hongrie. Moins de deux siècles après sa proclamation, le Royaume Croate perd sa souveraineté. Rongé de l'intérieur dès la mort de Tomislav par des guerres intestines en vue de la succession, l'État a progressivement perdu sa puissance militaire ainsi que certains territoires. Ainsi après une lourde défaite en 1097, les Croates passent un accord avec la Hongrie : les "Pacta Conventa". Ainsi, le roi de Hongrie Koloman devient-il le roi de Croatie. Toutefois celle-ci conservera un gouverneur et une assemblée autonomes. L'État autonome croate disparaît ainsi pour près de neuf cent ans. Koloman le Bibliophile Arpad, né entre 1065 et 1070, décédé le 3 février 1116, inhumé à Székesfehérvar, fut roi de Hongrie en 1095 et de Croatie en 1105. Il est le fils de Géza Ier et de Synadena Synadène.

1104         Abrogation de l'excommunication de Philippe Ier par le pape Pascal II. Pascal II, de son vrai nom Rainier de Bieda, est né à Ravenne vers 1050. Il fut pape du 13 août 1099 au 21 janvier 1118, lutta contre les empereurs Henri IV du Saint-Empire et Henri V du Saint-Empire et créa l'Ordre des Chevaliers teutoniques et l'Ordre des Templiers.

1104         Mariage de Louis (futur Louis VI), fils de Philippe Ier avec Lucienne de Rochefort. Lucienne de Rochefort-Monlhéry, appelée aussi Lucianne, est la fille de Guy Ier le Rouge, seigneur de Rochefort et d'Élisabeth de Crécy. La famille des Rochefort étant de plus en plus puissante en Ile-de-France, le roi Philippe Ier compte réduire son influence en s'emparant de leurs seigneuries, mais Bertrade de Montfort, qui compte faire alliance avec les Monlhéry pour placer sur le trône son fils, et ce au détriment de Louis, héritier du trône, propose de marier Louis VI le Gros à Lucienne. Les fiancailles ont donc lieu en 1104, malgré la réticence de l'époux. Pourtant, une autre famille puissante, les Garlande font valoir à Louis VI les desseins de sa belle-mère, et celui-ci décide de casser l'alliance en faisant appel au Pape Pascal II, lors du concile de Troyes en 1107, prétextant des liens de consanguinité. Ce divorce marque la disgrâce définitive des Rochefort, cependant Lucienne aurait eu une fille avec le futur roi, Isabelle de France (v. 1105-apr. 1175) qui épouse av. 1119, un cousin, un certain Guillaume de Vermandois. Plus tard, Lucienne épouse le seigneur Guichard III († 1137), sire de Beaujeu.

1106         28 septembre La Normandie retrouve l'Angleterre à Tinchebray. Après la mort de Guillaume le Conquérant, le royaume anglo-normand fut provisoirement partagé, l'Angleterre revenant à Guillaume le Roux et la Normandie à son frère Robert Courteheuse. Mais après la mort douteuse du souverain anglais, victime d'un accident de chasse, c'est le dernier fils de Guillaume le Conquérant, Henri, qui s'empare de la couronne d'Angleterre, la soufflant à un Robert impopulaire. Cette guerre fratricide se termine lors du combat de Tinchebray, en Normandie. Henri Ier d'Angleterre inflige une sévère défaite à son frère Robert, le fait prisonnier et prend le commandement de la Normandie. Celle-ci est à nouveau rattachée à l'Angleterre. La bataille de Tinchebray a eu lieu le 28 septembre 1106, dans la ville de Tinchebray en Normandie, entre des troupes de l'envahisseur Henri Ier Beauclerc, roi d'Angleterre, et celle du duc de Normandie, son frère aîné Robert Courteheuse. Cette bataille s'est soldée par une victoire décisive d'Henri Beauclerc, qui lui permit de rattacher la Normandie à l'Angleterre, ce qui n'était plus le cas depuis la mort de leur père Guillaume le Conquérant en 1087. La Normandie restera une possession de la couronne d'Angleterre jusqu'en 1204. Henri Ier d'Angleterre (v. 1068 – 1er décembre 1135), appelé Beauclerc à cause de ses intérêts d'études, était le plus jeune fils de Guillaume le Conquérant. Il régna comme roi d'Angleterre de 1100 à 1135, succédant à son frère, Guillaume le Roux. Il était aussi connu comme Lion de Justice. Son règne est connu pour les limitations des pouvoirs de la couronne, ses améliorations dans les rouages du gouvernement, sa réunification des territoires de son père, et sa décision controversée de choisir sa fille comme héritière.

1107         Concile de Troyes annulant le mariage de Louis VI et Lucienne. Lucienne de Rochefort-Monlhéry (dates de vie inconnues), appelée aussi Lucianne, est la fille de Guy Ier le Rouge, seigneur de Rochefort et d'Élisabeth de Crécy.

1108         Les communes étaient les villes qui, ayant obtenu de leur suzerain une charte d'autonomie, sanctionnée par le roi, s'administraient et se gardaient elles-mêmes. Leur émancipation ne pouvait que restreindre le pouvoir féodal, aussi fut-elle toujours favorisée par les rois de France, auquel elles étaient reconnaissantes de leur appui moral. A l'émancipation des communes remonte la naissance de la bourgeoisie et la formation du Tiers État. Les premières communes affranchies furent: Le Mans en 1066, Cambrai en 1076; ensuite, parmi les plus importantes, Laon et Amiens en 1111.

1108         29 juillet Mort de Philippe Ier à Melun, son fils Louis VI le Gros lui succède. Diminué et impotent, le roi Philippe Ier meurt dans son château à Melun. Déjà associé au trône, son fils et successeur Louis VI gouverne seul depuis 1101.

1108         LOUIS VI le Gros (1108-1137)

1108         Louis VI le Gros l'était effectivement ses parents l'étaient déjà et son appétit fit le reste mais ses autres surnoms montrent les qualités de ce roi qu'on appela aussi - le père des communes - le batailleur - le grand - l'éveillé - le justicier. Louis VI le Gros succède à son père en 1108. Il est couronné à Orléans. Il s'attache tout d'abord à fortifier son autorité dans le domaine royal en luttant contre les seigneurs pillards tels que Hugues du Puiset dont il rasera le château en 1118 et Thomas de Marle seigneur de Coucy qui finira par se soumettre. Il interviendra également en dehors de son domaine, dans les affaires de certains fiefs notamment en Bourbonnais (1109) en Auvergne (1122 - 1126) en Flandres (1128). Certains féodaux ont refusé de lui prêter hommage lors du sacre, notamment les ducs de Normandie (Henri Ier d'Angleterre) et d'Aquitaine (Guillaume IX de Poitiers). La guerre contre Henri Ier de Beauclerc duc de Normandie et roi d'Angleterre débute dès 1109 et Louis perd devant le roi d'Angleterre. Il s'en suit une succession de luttes autour de Gisors et du Vexin qui conduisent le roi d'Angleterre à s'allier à son gendre l'empereur du Saint Empire Germanique, Henri V. La menace d'invasion étrangère, suscite un sentiment national français. Louis VI sous l'étendard de Saint Denis à la tête d'une grande armée attend Henri V. Henri V rebrousse chemin et Louis en tire un grand prestige. C'est vers 1112 que Paris prend le pas sur Orléans et devient la capitale du royaume de France. C'est dans l'abbaye de Saint Denis que Louis VI dépose sa couronne. L'armée française adopte son cri de guerre "Montjoie-Saint-Denis". Le duc de Normandie, préparant sa succession, marie sa fille Mathilde au comte d'Anjou Geoffroy le Bel dit Plantagenêt (Geoffroy V d'Anjou). Il meurt en 1135. La guerre qui s'amorce entre les deux prétendants à sa succession Geoffroy V d'Anjou et Étienne de Blois (neveu du Duc) sert les intérêts de Louis VI. C'est à cette période que le duc d'Aquitaine se soumet également. La paix régnant, les progrès de l'agriculture: on ferre les chevaux, le collier permet une meilleur exploitation de la force de l'animal, la charrue, l'outillage métallique, les techniques de culture, améliorent les rendements et assurent une certaine prospérité. Louis VI, conseillé par son ami l'abbé Suger excellent administrateur pressentant un mouvement d'évolution, accorde à certains villages de s'organiser autour d'un maire et de sages. Le village bénéficiera d'une assez large autonomie administrative et judiciaire. En 1110 et les quelques années qui suivent on comptera 82 villages dans le domaine royal à en bénéficier. Paris reçoit sa charte en 1121. La reconstruction de l'abbaye de Saint Denis commandée par l'abbé Suger commence en 1132. Cette date marque le début du style gothique et de la diffusion des vitraux, technique mise au point en Allemagne. Le règne de Louis VI fait apparaître un affermissement du pouvoir des Capétiens Louis VI assure sa succession en faisant couronner son fils Louis (Louis VII) en 1131 (son fils aîné Philippe vient de mourir d'une chute de cheval dans les rues de Paris) et le marie à Aliénor d'Aquitaine ce qui permet d'agrandir le domaine royal jusqu'aux Pyrénées. Louis VI meurt en 1137.

1108         3 août Sacre de Louis VI le Gros. Surnommé ainsi à cause de son obésité et de sa taille de géant, le fils de Philippe Ier est sacré ce jour à Orléans. C'est un roi dans la force de l'âge, qui exerçait déjà une régence de fait sur son père depuis sept ans, qui monte sur le trône.

1108         Avènement de Louis VI. - Ce prince turbulent, mais brave et intelligent, passa son règne à batailler pour agrandir le royaume et affermir la royauté. Tous ses efforts tendirent à réduire, avec l'appui du clergé et des villes, les privilèges des grands vassaux, à faire régner l'ordre dans le royaume, et à établir une administration centralisatrice. Dès son avènement, il partit en guerre contre les seigneurs de Montlhéry et du Puiset qui ravageaient les campagnes à leur portée et détroussaient pèlerins et voyageurs: il s'empara de leurs repaires et les détruisit.

1108         à 1124 - Le règne de Louis VI fut marqué surtout par l'activité que prit le mouvement communal, qu'il favorisa et dont il fit profiter la monarchie, mais sans y prendre directement part.

1113         Le pape érige en ordre indépendant l'hôpital Saint-Jean de Jérusalem (hospitaliers) fondé par Gérard Tencre. Ordre hospitalier, l'Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, plus communément appelé, suivant les époques, Ordre de l'Hôpital, Ordre hospitalier, Ordre de Rhodes, Religion ou Ordre de Malte, est une organisation catholique souveraine à vocation humanitaire, créée au milieu du XIe siècle par des Latins originaires d'Amalfi (Campanie) du monastère Saint-Jean-l'Aumônier à Jérusalem. L'origine de l'Ordre est au monastère Sainte-Marie-des-Latins, fondé à Jérusalem au milieu du XIe siècle par des marchands amalfitains. Vers 1080, Gérard Tenque, supérieur du monastère crée un "hôpital" ou hospice, dédié à saint Jean, à côté du monastère. Le rôle de cet hospice est d'accueillir et de soigner les pèlerins chrétiens venus accomplir le "voyage de Terre Sainte". Jérusalem est alors sous domination musulmane. La première Croisade de 1099 fait passer la ville sous la domination chrétienne, mais renforce l'insécurité dans la région. Les frères hospitaliers, reconnus comme ordre monastique le 15 février 1113 par le pape Pascal II, deviennent vite des chevaliers hospitaliers. C'est le second ordre militaire de Terre Sainte après les Templiers fondés vers 1120. C'est le maître Hospitalier Raymond du Puy (mort vers 1160) qui transforme l'Ordre charitable en ordre militaire. Sur sa demande le pape Innocent II attribue aux Hospitaliers le drapeau à croix blanche en 1130 pour les différencier des Templiers qui portent la croix rouge.

1113         Construction du temple d'Angkor Vat. Angkor Vat est le plus grand et le plus harmonieux des temples du complexe monumental d'Angkor, au Cambodge. C'est un des exemples les mieux conservés d'architecture khmère. Angkor Vat fut construit par le roi Suryavarman II dans la première moitié du XIIe siècle.

1113         Albertus Magnus dans son 'De vegetalis' différencie les plantes à partir de la structure de la tige. Albertus Magnus, Albert le Grand, ou encore Albrecht von Bollstädt est un savant, philosophe et théologien germanique né à Lauingen en Souabe entre 1193 et 1206 et mort à Cologne en 1280. Il a introduit dans les universités d'Europe les sciences grecques et arabes.

1115         Saint Bernard fonde l'abbaye de Clairvaux (fille de Cîteaux), au nord de Dijon, dans l'Aube et en devient le premier abbé. Sous sa direction, l'abbaye se développe considérablement et devient l'abbaye la plus éminente de l'ordre cistercien, essaimant elle-même rapidement en cent soixante monastères. La rumeur selon laquelle il aurait accompli de nombreux miracles et les sermons éloquents de Bernard attirent de nombreux pèlerins. L'abbaye de Clairvaux a été fondée en 1115 par le moine cistercien Bernard de Clairvaux qui a été sanctifié quelques années après son décès. Le terrain dédié à l'implantation de l'abbaye fut choisi avec précaution : il fallait de l'eau et du bois. Ce terrain offert par un proche parent de Bernard comprenait ces éléments essentiels à l'organisation d'une abbaye cistercienne. En effet, les cisterciens se doivent de respecter la règle de Saint Benoît qui stipule la vie en autarcie et le respect du voeu de stabilité (enfermement).

1115         3 août Mariage de Louis VI et Adélaïde de Savoie.

1118         Fondation en Palestine, par Hugues de Payens, de l'ordre militaire et religieux des Templiers. L'Ordre du Temple ou Ordre des Templiers était un ordre religieux et militaire qui fut créé lors des Croisades. Fondé en 1118, il disparaît en 1312. En 1118, neuf chevaliers francs, menés par Hugues de Payns offrent à Baudouin II, roi de Jérusalem de créer un ordre militaire qui protégerait les pèlerins, sous le nom de "Pauvres chevaliers du Christ". Le roi leur accorde une résidence dans son palais situé sur le site de l'ancien Temple de Salomon - aujourd'hui recouvert par la Mosquée Al-Aqsa - et leur nom évolue en "chevaliers du Temple" puis en Templiers. L'ordre est officialisé par la bulle pontificale Omne datum optimum le 29 mars 1139. Ordre des Templiers. Ordre militaire fondé en 1118 par Hugues de Payns et Godefroi de Saint-Amour lors de la première croisade, et qui a apporté son soutien à Philippe IV le Bel lorsqu'il a dû lutter contre le pape Boniface VIII. Mais en ce tout début du XIVe siècle, les caisses de l'État sont vides. Certains des chevaliers font montre avec ostentation de leur puissance financière. On reproche, qui plus est, à ces moines soldats de n'avoir pas su conserver la Terre sainte. Des bruits courent. On soupçonne l'ordre de contraindre ceux qui veulent y entrer à cracher sur un crucifix, à renier la croix. Le 13 octobre 1307, dans tout le royaume, les Templiers sont arrêtés sur ordre du roi. Leurs biens sont confisqués. L'acte d'accusation qui est lu dans toutes les provinces du royaume, et qui dénonce aussi bien l'hérésie que les plus terribles crimes, est l'oeuvre de Guillaume de Nogaret, chancelier du royaume. Commence alors un long procès. Le grand maître Jacques de Molay, comme les autres chevaliers, est accusé et comparaît devant le tribunal de l'Inquisition entre le 19 et le 24 novembre 1307. Exemple de questions posées : "Comment les frères ont-ils été reçus au Temple ? Les a-t-on dévêtus et baisés en bout de l'échine, sous la ceinture, sur le nombril et en la bouche, puis invités à pratiquer la sodomie ?" Pour obtenir des aveux, les chevaliers sont soumis à toutes les tortures. L'un d'entre eux confie : "J'avouerais que j'ai tué Dieu si on me le demandait". Le 3 avril 1312, la Bulle pontificale du pape Clément V, Vox Clamantis, dissout l'ordre des Templiers. Lorsqu'il monte sur le bûcher, le grand maître des Templiers lance, le 19 mars 1314 : "Clément, juge inique et cruel bourreau, je t'ajourne à comparaître dans quarante jours, devant le tribunal du souverain juge". Quarante jours plus tard, le pape Clément V meurt, et le 29 novembre 1314, Philippe IV le Bel meurt à son tour. La Mosquée Al-Aqsa fait partie d'un ensemble de bâtiments religieux situé à Jérusalem. Selon la tradition musulmane, Mahomet est monté au paradis depuis le Mont en 621, raison pour laquelle la mosquée érigée plus tard à cet endroit est considérée comme le troisième lieu saint de l'Islam. Après le Dôme du Rocher (construit vers 690), la première mosquée fut érigée en bois par les Omeyyades et terminée en 710. Certains éléments montrent que la mosquée fut construite sur les ruines du bâtiment annexe (le Chanuyos) de l'ancien Temple. Détruite par des séismes, elle fut reconstruite au moins cinq fois, la dernière reconstruction majeure datant de 1035. La Mosquée Al-Aqsa est la plus grande de Jérusalem.

1118         Campagne de Louis VI contre Thomas de Marle, frappé d'anathème pour pillage d'églises par les conciles de Beauvais et de Soissons. Thomas de Marle (1078 - 1130) était sire de Coucy, seigneur de La Fère. Parti en avril 1096 pour la première croisade, Thomas s'y couvrit de gloire et participa à de nombreuses batailles. Rentré au pays, certainement frustré et déçu du peu de profit d'une si longue expédition en Terre sainte, Thomas de Marle se mit à ravager et dévaster les régions autour de Laon, d'Amiens à Reims. Il fut même excommunié par les évêques lors d'un concile tenu à Beauvais en 1114. En octobre 1130, il fut griévement blessé par le comte de Vermandois Raoul Ier le Vaillant lors du siège de Coucy ordonné par le roi Louis VI qui voulait en finir avec les exactions de son vassal. Thomas de Marle rendait l'âme le 9 novembre 1130. L'anathème est une excommunication dite "majeure", c'est-à-dire avec plus de force et de cérémonie que les autres types d'excommunication.

1119         20 août Défaite de Louis VI à Brémule face à Henri Ier d'Angleterre.

1119         Louis VI ayant excité Robert Courteheuse (fils de Guillaume le Conquérant) à exiger de Henri Ier d'Angleterre, le duché de Normandie, Henri s'empara par vengeance de la place de Gisors, mais il fut ensuite battu à Brenneville. La paix de Gisors mit fin à cette courte guerre.

1120         à 1170 - naissance et mort de Jaufré Rudel. Troubadour occitan, il est le seigneur de Blaye (surnommé le prince de Blaye), mort vers 1170. Il prit part à la deuxième croisade. Troubadour occitan, il écrit des chansons d'amour au cours de la première moitié du XIIe siècle et chante "l'amour lointain", - c'est-à-dire l'amour impossible et sans espoir, – en célébrant peut-être une dame de Tripoli, bien née et inaccessible.

1121         Querelle des universaux. Querelle des universaux, opposant les réalistes, menés par Guillaume de Champeaux, aux nominalistes, représentés par Roscelin, et aux conceptualistes (Pierre Abélard). Le terme "universaux" utilisé comme un nom est une notion métaphysique et plus précisément de la scolastique médiévale. Le philosophe Porphyre, dans son introduction à la Logique d'Aristote définit cinq universaux : le genre l'espèce la différence le propre l'accident. Les universaux sont des types, des propriétés ou des relations et caractérisent ce qui est invariable dans le temps et dans l'espace. Les universaux s'opposent donc aux particuliers, et sont assimilables, en première approche, à des concepts. Ainsi la chevalinité, la circularité,... sont des universaux. À l'inverse, tel cheval, tel cercle sont des particuliers. Au cours du Moyen Âge, les universaux furent l'enjeu d'une querelle demeurée célèbre. Les écoles s'opposaient sur la question de savoir si les universaux sont de pures conceptions de l'esprit, c'est-à-dire de simples concepts, ou, s'ils sont des idées, assimilables à la conception platonicienne des Idées et ont à ce titre une existence propre. Cette opposition traverse de part en part l'histoire de la philosophie. Platon, idéaliste, et Aristote, réaliste, ont présenté des thèses opposées. Pour Platon, les Idées existent et sont même la seule réalité. Si la thèse platonicienne a longtemps été dominante voire exclusive, elle fût remise en cause par le chanoine de Compiègne Roscelin, qui affirma que les universaux sont avant tout des abstractions, qui n'ont d'existence que dans l'esprit de celui qui les forme et aux moyens des mots ou des noms dont on les désigne ; ce qui a donné son nom à cette thèse : le Nominalisme.

1122         Expédition de Louis VII contre le comte d'Auvergne. Le comté d'Auvergne est l'une des plus ancienne seigneuries de France, puisqu'elle a déjà été érigée à la fin de la période romaine. Durant l'ère mérovingienne, il devient même momentanément un duché.

1122         à 1204 - naissance et mort de Éléonore d'Aquitaine ou Aliénor est la fille et héritière de Guillaume X, dernier duc d'Aquitaine. Elle deviendra duchesse à la mort de son père en 1137, la même année elle épousa à l'âge de 15 ans le futur roi de France Louis VII auquel elle apporta le duché d'Aquitaine (qui resta cependant distinct du domaine royal malgré les attentes des conseillers du roi qui, comme Suger, avaient envisagé une assimilation rapide de cette principauté au royaume). Elle va accompagner son époux à la deuxième croisade (1147-1149) et fit scandale en raison de son infidélité présumée (avec son propre oncle Raimond de Poitiers, prince d'Antioche), c'est ce qui aurait poussé Louis VII à ne pas mener une expédition contre Édesse (ville du Sud de l'Anatolie en Turquie) qui aurait soulagé la principauté d'Antioche, ce fut lourd de conséquences puisqu'il aurait pu ainsi lever le principal danger qui pesait sur la Terre sainte et qu'il ne le fit pas). Louis demanda le divorce et l'obtint. Aliénor se remaria avec Henri II d'Angleterre, alors comte d'Anjou et duc de Normandie. (Il deviendra roi d'Angleterre en 1154 sous le nom d'Henri II). Le domaine d'aquitaine passait donc sous la domination des Plantagenêt, Aliénor, dont il semble qu'elle fut peu attachée à son mari continua d'administrer le duché (elle maintenait une cour brillante à Poitiers). Lorsque leurs fils se soulevèrent contre leur père (tantôt Richard coeur de Lion, tantôt Jean sans Terre) elle prit parti pour eux. Henri II la fit emprisonner dans divers châteaux anglais, en particulier à Salisbury. Elle n'en sortit que lorsque Richard devint roi (en 1189), son fils lui confia le gouvernement lorsqu'il partit pour la troisième croisade (1190). Elle joua aussi un rôle prédominant dans l'avènement de Jean sans Terre en 1199 (malgré les droits éventuels d'Arthur de Bretagne, fils de son fils aîné). Elle dirigea ensuite la résistance royale contre la rébellion des grands feudataires du duché, que soutenait Philippe Auguste. Malgré son âge, elle déploya une remarquable énergie dans les derniers soubresauts de l'indépendance aquitaine, qui disparut peu après sa mort (elle mourut en l'abbaye de Fontevrault où se trouve encore son tombeau), grâce à l'habileté de Philippe Auguste qui exploita les erreurs politiques de Jean sans Terre.

1122         23 septembre : Le concordat de Worms, signé entre Henri V et le pape Calixte II, met fin à la Querelle des Investitures entre Église et États au profit de la papauté. L'empereur renonce à l'investiture spirituelle par la crosse et l'anneau et respecte la libre élection des évêques et abbés. Il obtient la présidence de ces élections et de donner ensuite une investiture par le sceptre par laquelle il remet les biens et les fonctions politiques au nouvel évêque, suivie d'un serment de fidélité. Le concordat de Worms est l'accord qui suspendit la Querelle des Investitures en 1122 et marquant ainsi la séparation du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel. L'empereur du Saint-Empire romain Henri V et le Pape Calixte II convinrent des éléments suivants: les évêques seraient élus par leurs chanoines, mais l'empereur aurait le droit d'exercer une influence discrète sur l'élection en y assistant. L'évêque, une fois élu, recevrait l'investiture spirituelle du Pape sous la forme de la crosse et de l'anneau, et l'investiture temporelle de l'empereur sous la forme d'un sceptre. De fait, ce concordat ne satisfit aucune des deux parties et ne suffît pas à effacer les tensions entre elles; plusieurs empereurs furent ainsi excommuniés par la suite.

1122         Pierre le Vénérable devint abbé de Cluny. Pierre le Vénérable, Pierre de Montboissier dit Pierre le Vénérable était un abbé de Cluny dès 1122, né en 1092 et mort en 1157. Lors de son séjour en Espagne, il fait traduire le Coran de l'arabe en latin, afin de pouvoir le réfuter par des arguments écrits, et non par la Croisade, qu'il a condamnée. Il réforme l'abbaye de Cluny, en proie à des difficultés financières. Il réforme le domaine seigneurial pour assurer le train de vie des moines (Dispositio rei familiaris). Les inventaires qui sont constitués (Constitutio expense cluniaci) constitue une précieuse source pour les historiens, avec des données sur les rendements, les semences, les techniques agricoles... A noter le rôle essentiel d'Henri de Blois, évêque de Winchester, dans cet ouvrage.

1123         Ier concile du Latran. Le Ier concile du Latran se déroule du 18 mars 1123 au 11 avril de la même année, sur une convocation du pape Calixte II, à la basilique Saint-Jean de Latran. Considéré comme le neuvième concile oecuménique par l'Église catholique, c'est le premier concile général tenu en Occident. Pandolphe, dans sa biographie de Calixte II, mentionne 997 participants, chiffre qui paraît nettement exagéré : on estime ce nombre plutôt à 200 ou 300. Concile du Latran, en 1123, le Ier concile du Latran se tient dans la basilique du même nom, à Rome, siège épiscopal jusqu'au départ des papes pour Avignon. Lors de ce concile présidé par Calixte II, le concordat de Worms — qui met fin à la querelle des Investitures —est confirmé et vingt-deux canons, dont l'interdiction de la simonie, sont promulgués. La simonie est, pour les chrétiens, l'achat et la vente de biens spirituels, tout particulièrement d'une charge ecclésiastique. Elle doit son nom à un personnage des Actes des Apôtres, Simon le Magicien qui voulut acheter à saint Pierre son pouvoir de faire des miracles (Actes, VIII.9-21), ce qui lui valut la condamnation de l'apôtre : "Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s'acquérait à prix d'argent !". Simonie. Acte désignant la vente ou le trafic des biens ou des charges du clergé. Le mot "simonie" dérive de celui de Simon le Magicien qui tenta de corrompre l'apôtre Pierre. Le Latran est un site de Rome, appartenant aujourd'hui à l'État de la Cité du Vatican. L'Archibasilique Saint-Jean-de-Latran (San Giovanni in Laterano) qui se trouve à Rome sur la place du même nom, est une église cathédrale, siège de l'évêché de Rome, dont l'évêque n'est autre que le pape. Elle est la propriété du Saint-Siège et bénéficie à ce titre du privilège d'exterritorialité. Elle est considérée comme la « mère » de toutes les églises de Rome et du monde.

1124         L'empereur d'Allemagne, Henri V du Saint-Empire, poussé par Henri Ier d'Angleterre, envahit la Champagne. Louis VI se met à la tête des milices communales, porteur de l'oriflamme de Saint-Denis et marche à la rencontre des Allemands, qui ne jugent pas prudent de l'attendre. C'est au cours de cette campagne que devint général pour les Français, le cri de guerre: Montjoie-Saint-Denis. Henri V du Saint-Empire, (1081-1125), roi des Romains 1106 à 1111 puis empereur du Saint-Empire romain germanique de 1111 à 1125. Il épouse en 1114 Mathilde (1103-1167) fille de Henri Ier Beauclerc et de Mathilde d'Écosse. Fils du précédent empereur Henri IV, il contraignit ce dernier à abdiquer en sa faveur, bénéficiant pour ce faire de l'appui du pape Pascal II. Il entra ensuite en conflit avec ce dernier et fit élire contre lui l'antipape Sylvestre IV. Durant son règne, il dut signer le concordat de Worms (1122), mettant fin à la querelle des Investitures, avec le pape Calixte II.

1124         Prise du Vexin par Henri Ier d'Angleterre. Le Vexin est une région du nord-ouest de la France dont l'origine remonte au découpage des premiers temps du royaume de France. En réalité, le Vexin est plus une entité géographique et naturelle que politique et historique.

1124         Février : La flotte vénitienne fait le blocus de Tyr par mer pendant que l'armée franque assiège à nouveau la ville. La ville manque vite d'eau potable. Les Tyriens, n'attendant rien des Égyptiens, leurs protecteurs habituels, se tournent vers Balak d'Alep, alors en train d'assiéger la forteresse de Manbij, où l'un de ses vassaux est entré en rébellion. Tyr est une ville du sud Liban.

1124         7 juillet : Tyr se rend aux Francs. Sa population est épargnée.

1125         à 1180 - naissance et mort de Bernard de Ventadour, grand poète troubadour. Il est l'un des plus célèbres troubadours. Il se démarque d'autres auteurs par l'expression de sentiments plus personnels de façon simple et imagée plutôt que par un travail formel sur la technique poétique ce qui lui valut d'être pleinement reconnu seulement à partir de l'époque romantique.

1126         Nouvelle expédition du roi de France contre le comte de Clermont.

1126         à 1198 - naissance et mort de Averroès, à la fois un philosophe, un théologien islamique, un juriste, un mathématicien et un médecin berbère du XIIe siècle. Son ouverture d'esprit et sa modernité déplaisent aux autorités musulmanes de l'époque qui l'exilent comme hérétique et ordonnent que ses livres soient brûlés. Il demeura profondément méconnu jusqu'au XIIIe siècle où son importance fut cependant minimisée. Ce n'est qu'actuellement que les historiens de la philosophie reconnaissent son importance. Averroès est devenu célèbre notamment au travers de sa conception des vérités métaphysiques. Pour lui, elles pouvaient en effet s'exprimer de deux manières différentes et pas forcément contradictoires : par la philosophie (Aristote, néoplatoniciens) et par la religion. Cette façon de présenter deux catégories de vérités fut perçue de manière hostile par les religieux à l'esprit étroit. Son influence posthume en Islam fut quasi nulle, et c'est à des juifs et des chrétiens qu'on doit la conservation et la traduction de ses oeuvres. Son oeuvre majeure est le 'Tahafut al-Tahafut' (L'Incohérence de l'Incohérence). Ses commentaires des oeuvres d'Aristote figurent parmi les plus fidèles ; ils furent traduits en latin et en hébreu et eurent une grande influence sur la pensée chrétienne et philosophique dans l'Europe médiévale.

1129         13 janvier Concile de Troyes sur la création de l'ordre des Chevaliers du Temple. Le Concile de Troyes est un concile de l'Église catholique, qui s'est ouvert à Troyes le 13 janvier 1129, afin de reconnaître officiellement l'Ordre du Temple. A l'automne 1127, Hugues de Payns voulut faire connaître son ordre, qui traversait une crise de croissance, et qu'il souhaitait étendre vers l'Occident. Il partit pour Rome avec cinq compagnons (dont Geoffroy de St-Omer) afin de solliciter du pape Honorius II une reconnaissance officielle. Celui-ci accepta et convoqua un concile à Troyes. Y étaient présents : le cardinal Matthieu d'Albano (représentant du Pape); l' archevêque de Reims et celui de Sens ; dix évêques; huit abbés cisterciens de Vézelay, Cîteaux, Clairvaux (il s'agit de saint Bernard), Pontigny, Troisfontaines et Molesmes ; et quelques laïcs tels que Thibaut II, le comte de Champagne, André de Baudemont, le sénéchal de Champagne, le comte de Nevers et un croisé de 1095.

1129         Mariage de Mathilde, fille de Henri Ier d'Angleterre, avec Geoffroy V d'Anjou, comte d'Anjou. Geoffroy V d'Anjou, Geoffroy Plantagenêt dit le Bel ou Plantagenêt (1113 – 7 septembre 1151, Le Mans), fut comte d'Anjou et du Maine (1129-1151), et plus tard comte de Mortain (1141–1151) et duc de Normandie (1144-1150). Il est surnommé Plantagenêt à cause du brin de genêt qu'il avait l'habitude de porter à son chapeau. Il était le fils de Foulque V († 1143), comte d'Anjou et roi de Jérusalem, et d'Erembourge du Maine († 1126), héritière du Maine. Il devint le fondateur de la dynastie Plantagenêt des rois anglais par son fils Henri II d'Angleterre. Plantagenêt, surnom d'une dynastie princière dont le premier membre fut Geoffroy V, comte d'Anjou et du Maine (1128-1151) et dont les successeurs régnèrent sur le royaume d'Angleterre de 1154 à 1399. Henri II Plantagenêt (Henri II d'Angleterre) (1151-1189) est peut-être le plus important représentant de cette famille. Fils de Geoffroy, il réussit en l'espace d'une dizaine d'années, à concentrer entre ses mains de nombreux territoires : en 1154, il domine le royaume d'Angleterre, le duché de Normandie, le comté d'Anjou, le comté du Maine le comté de Poitou et le duché d'Aquitaine. Quelques historiens appellent l'ensemble "l'empire Plantagenêt".

1130         Couronnement à Palerme du premier roi normand de Sicile, Roger II qui régnera jusqu'en 1154. Roger II de Sicile, roi de Sicile de 1113 à 1154. Son père était Roger Ier, comte de Sicile, dernier fils du fameux aventurier normand Tancrède de Hauteville et sa mère Adélaïde de Montferrat. Il conquiert la principauté de Salerne, puis les Pouilles, mais, beau-frère de l'anti-pape Anaclet, il devient l'ennemi du pape Innocent II, qui appelle contre lui l'empereur Lothaire III. Vaincu, il fait la paix avec le Saint-Siège, dont il se reconnaît le vassal. Il s'empare ensuite de Corfou et de la Tunisie, réserve de mercenaires. Il marie sa fille Constance à Henri VI du Saint-Empire, empereur d'Allemagne, dont le fils Frédéric II du Saint-Empire se proclamera roi de Sicile.

1131         Mort de Philippe, fils aîné de Louis VI.

1131         25 octobre Sacre du futur Louis VII à Reims par le pape Innocent II. Louis VII de France, dit Louis le Jeune, né en 1120, mort en 1180 à Paris, roi des Francs de 1137 à 1180, sixième de la dynastie des Capétiens directs.

1131         construction de Cathédrale Notre-Dame de Noyon. La cathédrale Notre-Dame de Noyon, construite sur le site d'une église incendiée en 1131, est chronologiquement la première cathédrale construite en France, avant les cathédrales de Laon et Paris. Elle constitue un bel exemple de transition architecturale entre le Roman et le Gothique.

1132         Construction de la basilique de Saint-Denis, un des plus anciens monuments de style "gothique" (1132-1144). Pose de la première pierre du chevet de style gothique de la basilique de Saint-Denis par l'abbé de Saint-Denis Suger. Dans la première moitié du XIIe siècle, l'abbé Suger, conseiller de Louis VI le Gros et de Louis VII le Jeune, détruisit l'église carolingienne et fit édifier une église gothique. Avec lui, l'abbaye devint encore plus importante; elle abrita les regalia (instruments du sacre), devint nécropole royale et plus seulement dynastique. Depuis Hugues Capet, elle est considérée comme la principale nécropole de la monarchie française. La basilique Saint-Denis est une église de style gothique située à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis (93). Elle a le statut de cathédrale depuis 1966. Depuis Hugues Capet, elle abrite les tombeaux des rois de France sauf celui de Philippe Ier (inhumé au monastère de Saint-Benoît-sur-Loire).

1135         A la mort de Henri Ier d'Angleterre, Étienne, comte de Blois, petit-fils par sa mère de Guillaume le Conquérant, s'empare de la couronne au détriment de Mathilde, femme de Geoffroy V d'Anjou. Début du règne d'Étienne de Blois, roi d'Angleterre (fin en 1154). Henri Ier d'Angleterre meurt sans laisser de fils. Son neveu Étienne de Blois parvient à se faire couronner. Mais sa faiblesse et les concessions dont il avait payé l'appuis du clergé et des barons multiplie les révoltes, aggravés par les interventions écossaise. Ses réactions d'une violence excessive permettent à Mathilde, fille d'Henri Ier Beauclerc et épouse de Geoffroy V d'Anjou, spoliée du trône d'Angleterre, d'intervenir et de se faire reconnaître comme reine. Mais un nouveau retour de fortune ramène Étienne sur le trône. Mathilde se maintient en Normandie. Étienne de Blois (1096 - 25 octobre 1154), sire d'Eye, comte de Boulogne et de Mortain, roi d'Angleterre de 1135 à 1154. Il abdiqua peu avant sa mort en faveur de son cousin issu de germain Henri II Plantagenêt.

1135         contruction de la Cathédrale Saint-Étienne de Sens. La cathédrale Saint-Étienne de Sens, est considérée comme la première des cathédrales gothiques. Vers 1135, l'archevêque Henri Sanglier décide de remplacer la cathédrale du Xe siècle, par un édifice grandiose et digne de l'importante métropole sénonaise. Au moment où s'élèvent partout des constructions romanes, Henri Sanglier appelle un architecte novateur qui va proposer une conception révolutionnaire du voûtement, la croisée d'ogives. Naît alors une cathédrale ample, d'un volume simple et continu, constituée d'un vaisseau central et de deux collatéraux. Le chantier ne s'achève à la façade occidentale qu'à la fin du XIIe siècle. Entre 1490 et 1517, on entreprend la construction, dans un gothique flamboyant, d'un grand transept dont les travaux sont confiés à un important maître d'oeuvre parisien, Martin Chambiges.

1135         à 1183 - naissance et mort de Chrétien de Troyes, écrivain français du Moyen Âge. On connaît très peu de choses sur lui. On suppose qu'il est né à Troyes, qu'il est issu de la bourgeoisie et qu'il a effectué des études classiques, il aurait notamment appris le grec. Il est à peu près certain qu'il a vécu à la cour de Marie de Champagne. Il est considéré comme un des premiers auteurs de romans de chevalerie où mythe et folklore s'unissent admirablement pour former des récits de quête. Il est l'initiateur de la littérature courtoise en France : 'Érec et Énide', 'Cligès', 'Lancelot ou Le Chevalier de la Charrette', 'Yvain ou le Chevalier au lion', 'Perceval ou Le Conte du Graal'. Arthur, héros de nombreuses légendes médiévales, est le fils adultérin du roi Uter Pendragon et de la reine Ygerne. Chef militaire des Bretons (Britons), il lutta contre l'envahisseurs saxon vers l'an 500. Devenu légendaire, il représente le roi idéal venu rétablir dans leur puissance les Bretons divisés. Chantée par les bardes gallois puis par divers auteurs de chroniques (Nennius, Geoffrey de Monmouth), sa geste fut développée en France par Wace puis par Chrétien de Troyes qui en fit un portrait moins avantageux que celui de la légende. Le cycle romanesque qui s'achève avec le célèbre roman 'La Mort le roi Artu' (1215/1235) a largement contribué à diffuser l'image traditionnelle du roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde. Arthur est le fils du roi Uter Pendragon et de la duchesse Ygerne de Cornouailles. Sa mère avait été mariée une première fois à Gorlois, duc de Cornouailles et vassal d'Uter. Mais un soir, grâce à Merlin, Uter prend l'apparence du duc et partage la couche d'Ygerne. Pendant cette même nuit le duc meurt dans une escarmouche hors de son château. Uter épouse alors Ygerne.

1135         Geoffroy de Monmouth, évêque de Saint Asaph au Pays de Galles, écrit son 'Histoire des Bretons' (Historia regum Britanniae) source de la légende arthurienne. Geoffroy de Monmouth (Monmouth, vers 1100 - Saint Asaph, 1155), est un évêque et historien gallois, qui a écrit en langue latine. Familier du monastère de Glastonbury. Il est l'auteur de la 'Vita Merlini', 'des Prophetiae Merlini' et 'de Historia regum Britanniae' (1135) qui est l'un des premiers ouvrags de l'histoire britannique et sera la source de la légende arthurienne.

1136         Le célèbre philosophe Pierre Abélard commence à enseigner à l'Université de Paris. Quelques années auparavant (en 1122), ses ouvrages sur la, Trinité avaient été déclarés hérétiques et condamnés par le concile de Soissons.

1137         25 juillet Mariage de Louis, futur Louis VII, fils aîné de Louis VI avec Aliénor d'Aquitaine, héritière du duché. Par cette union, Louis VII annexe la Guyenne, la Gascogne, le Poitou, la Marche, l'Angoumois, la Saintonge et le Périgord. Aliénor d'aquitaine (dite également Éléonore de Guyenne), née en 1122 et morte le 1er avril 1204, à l'abbaye de Fontevraud, près de Saumur, est une femme qui joue un rôle pivot dans l'occident du XIIe siècle : duchesse d'aquitaine, elle épouse successivement le roi de France Louis VII, puis le futur roi d'Angleterre, Henri II d'Angleterre, renversant le rapport des forces en apportant sa dot à l'un puis à l'autre des rois. Elle tient une cour fastueuse dans son domaine aquitain, y jouant un rôle de mécène pour les troubadours.

1137         1er août Mort de Louis VI à Paris. Son fils Louis VII lui succède.

1137         LOUIS VII le Jeune (1137-1180)

1137         Louis VII le Jeune. Deuxième fils de Louis VI le Gros, Louis VII a été éduqué par l'abbé Suger. On le marie à Aliénor d'Aquitaine qui apporte en dot notamment la Guyenne, le Poitou, la Gascogne, mais les noces sont écourtées par la mort de Louis VI. Dés le début de son règne Louis est confronté à une grave crise avec le Pape et avec Thibaud de Champagne à propos de la nomination de l'Archevêque de Bourges (1142-1144). Finalement il devra se soumettre par le traité de Vitry. Pour expier ses fautes et notamment l'incendie de Vitry et de son église dans laquelle périrent de nombreuses victimes, il décide de participer à la seconde croisade en Terre Sainte. Aliénor l'accompagne, Louis va perdre son armée, la croisade est un échec et apparaît un début de mésentente entre les époux. La régence est assurée par Suger. Suger meurt en 1151, et Louis fait annuler son mariage avec Aliénor par le concile de Beaugency en 1152. Aliénor qui reprend sa dot, se remarie avec Henri II de Plantagenêts comte d'Anjou et de Normandie, qui deviendra roi d'Angleterre en 1154 (Henri II d'Angleterre). Louis s'inquiète de la puissance du roi d'Angleterre qui possède la moitié de la France. C'est le début d'une longue lutte entre Capétiens et Plantagenêts. Il soutient les ennemis des Plantagenêts, Thomas Becket archevêque de Cantorbéry, puis ses fils révoltés mais il ne parviendra pas à entamer la puissance de son voisin. Le traité de Gisors (1180) mettra fin à ces hostilités. Grâce à Suger, Louis a contribué au renforcement de l'autorité du roi sur l'administration. C'est de cette époque que datent les premières ordonnances. Louis VII meurt en 1180     

1137         Mort de Louis VI et avènement de Louis VII dit le Jeune (fils de Louis VI et d'Alix de Savoie, né en 1119). Tué en quelque sorte par sa gloutonnerie, qui l'a rendu obèse et lui a valu le surnom de “le Gros”, à cinquante-six ans, Louis VI n'en laisse pas moins le royaume pacifié et bien administré. Sur son lit de mort il dit à son fils, qui va devenir Louis VII : “Souvenez-vous, mon fils, que la royauté n'est qu'une charge publique, dont vous rendrez un compte rigoureux à Dieu, qui seul dispose des sceptres et des couronnes”.

1137         25 décembre Sacre de Louis VII le Jeune à Bourges.

1139         Le concile du Latran II met fin au schisme pontifical (Anaclet), condamne l'usure, la simonie et les tournois. Il proclame que "Rome est la tête du monde" et lance un anathème contre les employeurs d'arbalétriers. Le deuxième concile du Latran, tenu du 4 au 11 avril 1139 sous la présidence d'Innocent II, est considéré comme le dixième concile oecuménique par l'Église catholique romaine. Le concile convoqué au Latran a d'abord pour but de réparer les déchirures crées par le schisme : Innocent II ouvre la réunion en déplorant le trouble causé par Anaclet dans l'Église, et dépose les évêques schismatiques. Ensuite, il s'agit de poursuivre et parachever l'oeuvre du Ier concile du Latran (1129). Dans un même esprit, Innocent II souhaite donner une plus grande solennité aux décrets des synodes qu'il a lui-même tenus auparavant : à Clermont (1130), Reims (1131) et Pise (1135).

1139         25 juillet Victoire portugaise sur les musulmans. Le comte du Portugal Alphonse Henriques remporte une victoire décisive sur les Maures à Ourique. Fort de cette victoire, il prend le titre d'Alphonse Ier, roi du Portugal et déclare son royaume indépendant de celui de Léon. Le premier souverain du Portugal poursuivra la reconquête chrétienne des terres portugaises vers le Sud. La bataille d'Ourique a eut lieu dans la campagne d'Ourique, actuel Alentejo (au sud du Portugal) le 25 juillet 1139. Là s'opposèrent les troupes chrétiennes, commandées par Alphonse-Henriques de Portugal et celles de cinq rois Maures qui étaient affaiblis par des dissidences internes. La victoire chrétienne fut telle qu'Alphonse-Henriques s'auto-proclama roi de Portugal sous le nom d'Alphonse Ier de Portugal avec l'appui total de ses troupes. Alphonse Henriques, Alphonse Ier de Portugal, plus connu par son nom de prince Alphonse Henriques, (né en 1109, traditionnellement le 25 juillet, à Guimarães, mort le 6 décembre 1185 à Coimbra) est le fils d'Henri de Bourgogne et de Thérèse de Leon. Il fut le premier roi de Portugal de 1139 à 1185, et le père entre autres de Sanche Ier de Portugal, son successeur au trône.

1140         Concile de Sens condamnant les idées d'Abélard. Saint Bernard, (Bernard de Clairvaux, abbé de Clairvaux), qui juge dangereuse l'influence de la pensée d'Abélard, demande au concile de Sens et au pape Innocent II de le condamner pour le scepticisme et le rationalisme de ses écrits et de son enseignement. Le concile de Sens fut tenu en 1140. Il fut l'objet de discussions théologiques sur les positions d'Abélard. Celles-ci furent considérées comme approximatives et condamnées à l'instigation de saint Bernard. Abélard avait déjà été condamné au concile de Soissons en 1121 pour ses vues peu orthodoxes, notamment au sujet de la Trinité.

1140         à 1215 - naissance et mort de Bertrand de Born, troubadour périgourdin. Il écrivit des sirventès (genre poétique provençal, traitant de l'actualité, notamment politique, de façon satirique).

1140         Décret de Gratien. Le Décret de Gratien, la papauté n'avait jamais compilé les documents élaborés par l'Église en un millénaire. Vers 1140, Gratien, moine et professeur à Bologne entre 1139 et 1148, rassemble tous les documents qu'il peut trouver, les trie et les classe: c'est le Décret de Gratien, dont le vrai titre est Concordance des canons discordants. Cette mise en ordre du passé de l'Église n'est pas une oeuvre de commande. C'est sur ce socle que va se construire tout le droit canon.

1142         Louis VII incendie l'église de Vitry-sur-Marne (1300†) en représailles contre le pape et le comte de Champagne (Thibaut II de Champagne) s'opposant à la révocation d'un évêque. Louis VII le Jeune se brouille avec le Saint-Siège au sujet du titulaire de l'archevêché de Bourges. Le protégé du pape s'étant réfugié auprès de Thibaut II de Champagne, Louis envahit la Champagne (incendie de l'église de Vitry) mais l'évacue après l'intervention du pape. Thibaut II de Champagne, Thibaud de Blois ou Thibaut IV le Grand, né en 1093, mort le 10 janvier 1151, comte de Blois, de Chartres, de Meaux, de Châteaudun et de Sancerre, seigneur d'Amboise (1102-1151), comte de Troyes et de Champagne (Thibaut II 1125-1151), fils aîné d'Étienne-Henri, comte de Blois, Chartres, Châteaudun, Sancerre et Meaux, seigneur d'Amboise, et d'Adèle d'Angleterre, fille de Guillaume le Conquérant, il hérite en 1102 des domaines de son père, qui se fait tuer à la Bataille de Rama, en Terre-Sainte. En 1125, son oncle Hugues Ier de Champagne se fait templier et lui lègue, le comté de Troyes, ainsi que le titre de comte de Champagne que ce dernier s'était créé, bien que ne possédant pas la totalité de la province.

1142         mort de Pierre Abélard.

1144         19 janvier : Geoffroy V d'Anjou prend Rouen.

1144         20 janvier : Geoffroy V d'Anjou, comte d'Anjou et du Maine est intrônisé duc de Normandie à Rouen.

1144         11 juin : Consécration du chevet et du choeur de la basilique de Saint-Denis devant le roi de France Louis VII et la reine Aliénor : première voûte gothique de vastes dimensions. Début de l'art gothique.

1144         à 1450 - Art gothique. L'architecture gothique est née en Île-de-France dans la deuxième moitié du XIIe siècle, elle se répand rapidement au nord de la Loire et s'impose en Europe jusqu'au milieu du XVIe siècle, où se développe l'architecture classique, sous l'influence de la Renaissance italienne. L'architecture gothique est essentiellement religieuse. Son identité très forte est autant philosophique que technique et elle représente probablement de ces deux points de vue, l'un des plus grands achèvements artistiques du Moyen Âge. Ce nouveau style, d'abord appelé art français sera imité dans toute l'Europe. Au XVIe siècle les Italiens utiliseront le mot "gothique" pour désigner l'architecture imitant cet art français du Moyen Âge. Au XIIe siècle, les architectes découvrent une technique révolutionnaire, la clef de voûte. Elle permet de diviser la poussée et de répartir le poids de la voûte le long des arcs et des piliers. Au lieu de la voûte ronde romane, ces nouvelles églises que l'on appelle gothiques, adoptent la clé de voûte et la voûte brisée en ogive. A l'extérieur de la nef des arcs boutants étaient l'édifice. Il est alors possible d'élever la voûte de plus en plus haut mais aussi de multiplier les fenêtres: les églises deviennent de vrais pièges à lumière. Gothique. L'art gothique commence au milieu du XIIe siècle et se prolonge jusqu'au milieu du XVIe siècle. L'église gothique est plus grande et plus haute, percée de plus hautes baies. En peinture, le style gothique est caractérisé par l'assouplissement du dessin, d'élégance aristocratique, de vivacité naturaliste. En sculpture, le langage des gestes et des vêtements s'assouplit. Le réel prend le pas sur les canons idéaux. Le Gothique Classique correspond à la phase de maturation et d'équilibre des formes (fin XIIe-1230 environ). On construit alors toutes les plus grandes cathédrales : Reims, Bourges, Amiens,... Le rythme et la décoration se simplifient. En réalité, on privilégie le colossal au détriment du raffinement; l'élan vertical est de plus en plus prononcé. L'architecture s'uniformise : on abandonne l'idée de principe de piles alternantes très marqué à Sens. Pour cette période, on commence à connaître le nom des architectes, notamment grâce aux labyrinthes (Reims). Le travail se rationalise. La pierre se standardise. Le monument prototype est Chartres, projet ambitieux avec une élévation à trois niveaux qui a pu être possible grâce au perfectionnement dans le contrebutement. La mise au point des arcs-boutants permet de supprimer les tribunes qui jusqu'alors jouaient ce rôle. Les autres pays d'Europe commencent à s'intéresser à cette nouvelle forme architecturale (Canterbury, Salisbury,...). La cathédrale de Laon qui servit probablement de modèle à d'autres aura 3 niveaux de tribunes. Histoire des cathédrales en France, jusqu'à la fin du XIIe siècle, les cathédrales n'avaient pas les dimensions que nous leur connaissons aujourd'hui ; beaucoup d'églises abbatiales étaient beaucoup plus grandes. Jusqu'à cette époque, le morcellement féodal constituait un obstacle à la constitution civile des populations; l'influence des évêques était limitée par ces grands établissements religieux du XIe siècle. Propriétaires puissants, jouissant de privilèges étendus, seigneurs féodaux protégés par les papes, tenant en main l'éducation de la jeunesse et participant à toutes les décisions politiques, les abbés attiraient tout à eux : richesse et pouvoir, intelligence et activité. Lorsque les populations urbaines, instruites, enrichies, laissèrent paraître les premiers symptômes d'émancipation, s'érigèrent en communes, il y eut une réaction contre la féodalité monastique et séculière dont les évêques, appuyés par la monarchie, profitèrent avec autant de promptitude que d'intelligence. Ils comprirent que le moment était venu de reconquérir le pouvoir et l'influence que leur consentait l'Église, pouvoir concentré dans les établissements religieux. Ce que les abbayes purent faire pendant le XIe siècle, les évêques n'en auraient pas eu le pouvoir. Mais, au XIIe siècle, l'épiscopat entreprit de reconstruire ses cathédrales ; il trouva dans les populations un concours si énergique qu'il pu vérifier la justesse de ses prévisions, comprendre que son temps était venu, et que l'activité développée par les établissements religieux, dont il avait d'ailleurs profité, allait lui venir en aide. Il est difficile aujourd'hui de donner une idée de l'empressement avec lequel les populations urbaines se mirent à élever des cathédrales. La foi avait certes son importance, mais il s'y joignait un instinct très juste d'unité et de constitution civile. Où voyons-nous les grandes cathédrales s'élever à la fin du XIIIe siècle ? A Noyon, Soissons, Laon, Reims, Amiens, Saint-Denis, villes qui toutes avaient, les premières, donné le signal de l'affranchissement des communes; dans la ville-capitale de l'Île-de-France, centre du pouvoir monarchique, Paris; à Rouen, centre de la plus belle province conquise par Philippe Auguste; à Liège, capitale de la principauté de Liège. Mais, du point de vue architectural, c'est de celle de Senlis, l'archétype du genre, que toutes s'inspirent.

1144         24 décembre Prise et massacre d'Édesse par Zengui, Émir de Mossoul. Comté d'Édesse, c'est l'États latins d'Orient le plus avancé dans le monde islamique. Il s'étend de part et d'autre du cours supérieur de l'Euphrate et sur les régions de Marach, Mélitène, du Commagène du Chabakhtan et de l'Osrohène. La capitale est Édesse. Zengui, Imad ed-Din Zengi (également appelé Zangi ou Zengui) (1087-1146) était le fis de Aq Sunqur al-Hajib, Alep sou le Shah Malik I. Il devint l'atabeg de Mossoul en 1127 et d'Alep en 1128, unifiant les deux villes sous son règne personnel. Il fonda la dynastie Zengide.

1145         1er décembre Bulle "Quantum Predecessores" d'Eugène III appelant à la seconde croisade.

1146         31 mars Saint Bernard (Bernard de Clairvaux) prêche la deuxième croisade à Vézelay. Assemblée de Vézelay (1146). Au cours de cette assemblée de Pâques, à laquelle assistent le roi Louis VII, Aliénor d'Aquitaine et les grands vassaux du royaume, saint Bernard de Clairvaux prêche la deuxième croisade. Vézelay est une commune française, située dans le département de l'Yonne et la région Bourgogne.

1147         Le moine Arnaud de Brescia qui avait été le disciple d'Abélard, philosophe et théologien français, ennemi du pouvoir temporel des papes, tente de le renverser et d'établir à Rome le gouvernement républicain. Arnaud de Brescia, réformateur supplicié à Rome, en 1155, à cause de la part qu'il avait prise aux soulèvements du peuple pour se donner un gouvernement indépendant de la papauté.

1147         16 février Assemblée des grands à Étampes. Lors de cette assemblée, on confie à l'abbé Suger la régence du royaume pour toute la durée de l'absence de Louis VII qui part en croisade. Suger, homme d'église et homme d'état français né en 1081, mort à Saint-Denis en 1151. Fils de serf, il a le privilège d'être l'ami de Louis VI durant leur enfance; ce qui lui permettra de devenir moine à l'abbaye de Saint-Denis, puis abbé de Saint-Denis de 1122 à 1151. Ayant toute la confiance de Louis VI, il jouera un rôle proche de celui, aujourd'hui, d'un premier ministre. Chargé de missions diplomatiques à l'étranger, conseiller, notamment pour les opérations militaires et même entremetteur puisqu'il sera à l'origine du mariage de Louis VII, fils du roi et futur roi lui-même, avec Aliénor d'Aquitaine (1137). Il sera régent de la France de 1147 à 1149 lors du départ de Louis VII pour la deuxième croisade.

1147         Deuxième croisade, prêchée par saint-Bernard à Vézelay. Les troupes partent sous le commandement de Louis VII et de Conrad III de Hohenstaufen, empereur d'Allemagne. L'expédition fut malheureuse. Les croisés assiégèrent inutilement Damas (1148) et la discorde s'étant mise entre les deux princes qui les commandaient, Conrad III regagna ses États. La deuxième croisade, de 1147 à 1149, entreprise sous le pontificat d'Eugène III, et prêchée par Saint Bernard (Bernard de Clairvaux), eut pour chefs Louis VII de France, et Conrad, empereur d'Allemagne (1147). Ces deux princes n'éprouvèrent que des revers. Ils étaient cependant sur le point de prendre Damas (1148), lorsque la discorde se mit entre les seigneurs de leurs armées, et les contraignit à revenir en Europe. Deuxième croisade (1147-1149). Prêchée par saint Bernard de Clairvaux à l'instigation du pape Eugène III, la deuxième croisade vise à la reconquête d'Édesse. Elle est menée par le roi de France Louis VII et l'empereur Conrad III de Hohenstaufen. Leur mésentente conduit la croisade à l'échec. Le roi rentre en France en 1149. Conrad III de Hohenstaufen, né en 1093, décédé en 1152, empereur romain germanique de 1138 à 1152. Fils de Frédéric Ier de Hohenstaufen, duc de Souabe et d'Agnès de Germanie. Il épouse Gertrude de Soultzbach (?-1146) et eurent deux enfants.

1147         4 octobre Arrivée des armées croisées françaises à Constantinople.

1148         6 janvier Défaite des armées croisées françaises à Pisidie. Pisidie, région ancienne de l'Asie Mineure.

1149         Louis VII lève le siège de Damas marquant la fin de la seconde croisade. Damas est la capitale de la Syrie.

1149         Retour en France, presque sans armée, et sans gloire, de Louis VII. Pendant son absence, le gouvernement avait été exercé par le moine Suger, abbé de Saint-Denis, qui avait été aussi le premier ministre de Louis VI et mérita par sa sagesse d'être appelé par le peuple, le Père de la patrie.

1150         à 1220 - naissance et mort de Blondel de Nesles, chevalier ou ménestrel picard, est l'un des premiers trouvères courtois. Il compose une vingtaine de chansons savamment versifiées entre 1175 et 1200-1210.

1150         Chanson de Guillaume. L'étrange et superbe Chanson de Guillaume, récit poignant de la grande bataille de Larchamp ou d'Aliscans, est, avec la Chanson de Roland, la plus ancienne chanson de geste. A partir de ce noyau initial, d'autres poèmes ont bientôt chanté les nombreuses aventures de Guillaume d'Orange (Guillaume de Gellone), "le marquis au court nez", ses combats, ses révoltes, ses amours, mais aussi les aventures de ses aïeux, en remontant à son arrière-grand-père Garin de Monglane, celles de ses oncles, celles de son neveu Vivien, celles de son beau-frère, le bon géant Rainouart. Ainsi s'est formé un ensemble considérable de vingt-quatre chansons de geste, certaines fort longues. Guillaume d'Orange, Guillaume de Gellone, dit Guillaume au Court Nez, aussi connu sous le nom de Guillaume d'Orange (v.742 - †812). Il est le petit-fils de Charles Martel par sa mère, Hadeloge (Aude), et donc cousin de Charlemagne. Son père serait un certain comte Théodoric (Thierry), comte d'Autun et descendant des Mérovingiens. Il eut les titres de comte de Toulouse et marquis de Septimanie. Ayant retrouvé son ancien ami d'enfance saint Benoît à l'abbaye Saint-Sauveur d'Aniane, il décide de fonder en 804 l'abbaye bénédictine de Gellone à Saint-Guilhem-le-Désert. C'est dans cette abbaye qu'en 806 il s'y retire à la tête d'une migration de moines. Il meurt le 28 mai 812. Il est canonisé en 1066 et devient alors connu sous le nom de Saint Guilhem. Il entre également dans la légende comme le héros d'un cycle épique sous le nom de Guillaume d'Orange.

1150         Charroi de Nîmes (chansons de gestes) inspiré d'une chanson de geste de Guillaume d'Orange (Guillaume de Gellone). Le Charroi de Nîmes, comme toute chanson de geste, est un texte épique et légendaire qui sert à édifier dames et damoiselles et à conforter les vertus chevaleresques des seigneurs et chevaliers. Il est aussi un témoignage précieux et une invitation à réfléchir sur toute société et sur tous contextes internationaux qu'ils soient médiévaux ou de notre temps.

1150         Traduction latine du Canon d'Avicenne (1150-1180). Avicenne était un philosophe, médecin et mystique Persan et musulman. D'origine iranienne, il naquit en 980 à Afshéna, près de Boukhara, et mourut à Hamadan en 1037.

1150         vers - Développement de la tradition de l'amour courtois (fin'amor). La fin'amor - c'est là que s'épanouit son chant lyrique, en partie influencé par l'ambiance cathare - se veut sublimation du désir, inachèvement de la conquête, idéalisation de l'amour charnel. L'amor, c'est l'éros supérieur qui transcende et élève l'âme. Il suppose chasteté. "E d'amor mou castitaz" ("d'amour vient chasteté"), chante le Toulousain Guilhem Montanhagol, auquel la Dame inspire une véritable exaltation mystique. Ce "jeu subtil avec le désir contrarié" (Pierre Bec) s'appuie sur les leys d'amor, lois d'amour parfaitement codifiées qui reposent sur la joie (extase, allégresse, bonheur, jouissance), la cortezia (qui consiste à courtiser, honorer, se montrer gracieux) et la mezura (mesure, longue patience, ce qui purifie le désir). La courtoisie, c'est d'abord une nouvelle attitude envers les femmes : davantage de respect. Le chevalier courtois accorde une grande place à l'amour, la "fine amor". Cet amour exige du chevalier un dévouement total aux désirs de sa dame: il doit la mériter par son obéissance, sa fidélité et par les prouesses qu'il accomplit pour elle. La courtoisie, c'est est aussi un mode de vie : chevaliers et dames ont du goût pour les riches vêtements (tissus, broderies, fourrures, bijoux...); ils aiment les fêtes où se manifeste la largesse de celui qui les offre. Le chevalier courtois recherche à la fois la gloire personnelle et l'amour de sa dame. Il doit pour cela faire preuve de certaines qualités: le courage : le chevalier doit être "preux" et vaillant. la fidélité à sa parole : il doit être loyal. la générosité, envers son adversaire, envers ceux qui ont besoin de son aide. (De plus, il doit faire preuve de largesse : il n'a pas à épargner !) la maîtrise de soi : il ne doit pas se laisser conduire par la haine ou la colère. Il doit aussi se montrer courtois au sens moderne du mot, c'est-à-dire qu'il doit respecter des règles de vie en société, de politesse. Il doit chercher l'aventure, ce qui en fait souvent un chevalier errant. S'il a toutes ces qualités, le chevalier est un chevalier parfait... mais les chevaliers ne correspondaient pas tous, loin de là, à cet idéal et les romans nous présentent aussi des chevaliers félons !    

1150         vers - Débuts de la grammaire (vers la grammaire modiste ou spéculative: une sorte de grammaire générale qui cherche à étudier le langage en général, ses raisons et ses causes, et qui écarte les spécificités de chaque langue dans la catégorie des 'accidents'): analyse des modes de construction et de signification. Grands auteurs: Guillaume de Conches et Pierre Hélie.

1150         Le chevalier du XIIème siècle, époque où écrit 'Chrétien de Troyes', vit dans la société féodale. Il est lié par serment à son seigneur: le suzerain doit protéger son vassal et lui donner les moyens de vivre. De son côté, le vassal doit aide -en particulier à la guerre- et conseil à son seigneur. D'où l'importance de la fidélité à la parole donnée : le chevalier félon, celui qui ne respecte pas son serment, trouble l'ordre de la société. Les liens personnels entre le chevalier et son seigneur sont très importants: les chevaliers vont rendre visite à leur suzerain, participer à des fêtes. Le seigneur s'occupe de l'éducation du fils de son vassal, entre sept et dix-huit ans environ. Le jeune garçon est alors page, puis écuyer (celui qui porte l'écu). Le chevalier est avant tout un homme de guerre. La force physique, le savoir-faire dans la bataille sont de la plus grande importance. Son cheval et ses armes, qui coûtent fort cher, lui sont remis par son seigneur lors de la cérémonie de l'adoubement. Ensuite, la guerre et les tournois pourront être source de profit: il est par exemple courant de demander une rançon pour libérer un chevalier ennemi capturé. Les loisirs du chevalier sont souvent en rapport avec ses activités guerrières: il aime la chasse - qui prend des formes variées: chasse avec des oiseaux de proie, traque au sanglier... Cette activité, souvent violente et pratiquée en groupe, lui fournit une viande qu'il apprécie, mais lui donne aussi l'occasion de se maintenir en bonne condition physique. Les tournois, qui sont des combats simulés, lui permettent d'établir aux yeux des autres chevaliers, et aussi aux yeux des dames, sa bravoure et sa valeur. Ils développent aussi l'habileté et la force physique nécessaires à la guerre. Dans la grande salle du château, il peut écouter les chansons des jongleurs, les regarder faire des acrobaties, présenter des animaux savants; un lettré, souvent un clerc, lui lit quelques livres. Ces récits - chansons de gestes ou romans- racontent souvent les hauts faits de chevaliers du passé.

1152         21 mars Louis VII fait casser son mariage avec Aliénor d'Aquitaine par le concile de Beaugency. Annulation du mariage entre Louis VII et Aliénor d'Aquitaine. Le divorce est prononcé par le concile de Beaugency. Il sera la cause des guerres qui éclatent peu après entre la France et l'Angleterre dont Aliénor épouse le roi.

1152         Divorce (prononcé par le concile de Beaugency) de Louis VII et d'Aliénor d'Aquitaine; celle-ci porta la même année sa main et son immense dot à Henri Plantagenêt (Déjà comte du Maine, de l'Anjou et de Touraine, et duc de Normandie depuis 1149, il devint roi d'Angleterre, sous le nom de Henri II d'Angleterre, en 1154 et possédait en France un territoire égal à 22 de nos actuels départements). Ce divorce fut la deuxième des causes des guerres qui éclatèrent plus tard entre la France et l'Angleterre. Louis avait déjà indisposé les Anglais en recueillant Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, adversaire déclaré du roi Henri Ier (et qui mourut peu après, assassiné en Angleterre). Enfin Louis VII avait soutenu certaines prétentions des fils de Henri Ier contre leur père. Il était résulté de ce mécontentement quelques conflits armés entre Anglais et Français; les traités de Montmirail en 1169 et de Montlouis en 1174 les firent cesser.

1152         18 mai Aliénor d'Aquitaine épouse Henri Plantagenêt (futur Henri II d'Angleterre), duc de Normandie et comte d'Anjou, qui deviendra roi d'Angleterre. Elle apporte, en dot, la province de Guyenne, actuelle Aquitaine, accroissant considérablement les provinces de l'empire des Plantagenêts. Les vues de la monarchie française sur cette province, et le refus du roi d'Angleterre de considérer le roi de France comme son suzerain seront, entre autres, à l'origine de la première guerre de Cent Ans entre la France et l'Angleterre. Henri II d'Angleterre (5 mars 1133 – 6 juillet 1189), comte d'Anjou et du Maine, duc de Normandie, roi d'Angleterre (1154–1189), dit parfois Henri Court-manteau (Curtmantle) à cause du vêtement court et pratique qu'il affectionnait. Il est le premier roi de la dynastie des Plantagenêt. La Guyenne est une région aux contours variables selon les époques, située dans le sud-ouest de la France. Son nom provient d'une évolution populaire du mot Aquitaine qui est passé par le stade "Aguiaine" aux XIIe et XIIIe siècles, le "A" initial disparaissant peu à peu. Guyenne est la forme du nom Aquitaine qui fut de loin la plus usitée par les populations locales du XIIIe siècle au XVIIIe siècle. Aquitaine apparaissait comme un terme plus archaïsant et plus cultivé quand Guyenne était le nom courant de la province. Cette ancienne province du sud-ouest de la France avait pour capitale Bordeaux et se confond avec l'Aquitaine en tant que région au nord nord-est de la Gascogne.

1155         10 juin Trêve de dix ans dans le royaume. Louis VII a déchu, en 1152, son vassal Henri II d'Angleterre de tous ses fiefs français, parce que celui-ci a osé se marier sans en demander l'autorisation au roi. La chose est d'autant plus grave qu'Henri II épouse Aliénor d'Aquitaine que Louis VII a répudiée et qu'elle apporte pour son mariage la dot qu'elle a reprise. Sans moyen pour imposer que sa sentence soit exécutée, Louis VII proclame la paix du roi. Ce geste constitue la première ordonnance capétienne qui renoue avec la période carolingienne. Dès l'année suivante, Henri II fera allégeance au roi de France pour ses fiefs français.

1155         à 1210 - naissance et mort de Raimbaut de Vaqueiras, poète provençal. Raimbaut de Vaqueiras est né en 1180 ou 1155, il habitait en Italie où il était un des premiers troubadours. Il aimait chanter à propos de l'amour et dans beaucoup de langues différentes, souvent ses chansons avaient plus d'une langue.

1155         à 1220 - naissance et mort de Guiot de Provins, poète lyrique et satirique.

1155         Wace écrit Roman de Brut. Robert Wace (ou Robert de Gacé), né vers 1115 sur l'île de Jersey, est considéré comme un poète "français" ou plus précisément normand. Il est également chanoine de Bayeux et meurt vers 1175 en Angleterre.

1158         Traité de Gisors entre Henri II d'Angleterre et Louis VII.

1159         En juin, Henri II d'Angleterre s'empare de Cahors et Rodez, mais échoue devant Toulouse où s'est enfermé Louis VII, venu au secours du comte Raymond V.

1159         Rivalité entre les Capétiens et les Plantagenêt (1159-1299)

1159         Première Guerre de Cent Ans. Première Guerre de Cent Ans, en 1159, les armées d'Henri II d'Angleterre entrent dans Périgueux. Le roi d'Angleterre avait décidé d'agrandir encore ses possessions dans le Sud-Ouest en annexant le comté de Toulouse qui comprenait, entre autres, le Quercy. C'est l'origine de la première Guerre de Cent Ans qui se déroula de 1159 à 1299. À partir de 1170, Aliénor d'Aquitaine, pourtant toujours épouse d'Henri II, lui dispute territoires et légitimité au trône en soulevant contre lui ses propres fils. Cette guerre est aussi la lente reconquête capétienne de son royaume. En effet, le pouvoir royal est encore peu étendu sur le tout le territoire de France et la faiblesse de Louis VII n'arrange rien, bien au contraire. Mais par la suite, la France a la chance de connaître trois souverains exceptionnels servis par une non moins exceptionnelle longévité.

1159         Jean de Salisbury écrit Polycraticus. Jean de Salisbury (1115-1180) : philosophe scolastique et élève d'Abélard. Il fut évêque de Chartres, secrétaire et ami de Thomas Becket dont il écrivit la vie. Il est aussi l'auteur d'un traité de logique (Metalogicus). Dans son 'Polycraticus' (1159), le corps est l'image métaphorique de la société, dont le roi ou le pape est la tête, et dont artisans et paysans sont les pieds. Jean n'est ni un mystique, ni un théologien; pour lui, le but des études et d'abord l'acquisition d'une sagesse humaine qui doit permettre l'exercice des vertus et la recherche de l'amour de Dieu.

1160         Mort de la reine Constance de Castille. Constance de Castille (v. 1136-4 octobre 1160, à Paris), reine de France, est la fille du roi de Castille Alphonse VIII. Elle est la deuxième épouse de Louis VII, après Aliénor d'Aquitaine. Leur mariage et son sacre eurent lieu à Orléans en 1154. Elle est mère de Marguerite, successivement mariée à Henri le Jeune, fils de Henri II d'Angleterre, puis roi de Hongrie Béla III. Après un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, elle meurt à Paris en accouchant d'une fille, Adélaïde, future comtesse de Vexin. Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle est un pèlerinage chrétien, qui mène à la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice (Espagne), où seraient conservées les reliques de Saint Jacques, apôtre du Christ. Avec celui de Rome (via Francigena) et de Jérusalem, c'est l'un des trois grands pèlerinages de la chrétienté. Traditionnellement, le pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle se fait à pied et en partant de chez soi. Cependant pour des raisons pratiques les pèlerins se sont rapidement rassemblés sur des voies précises. Des chemins de pèlerinage partent de la plupart des régions d'Europe, au départ entre autres de Liège, Paris, Vézelay, Le Puy-en-Velay. S'il est parcouru depuis le VIIIe siècle par des chrétiens faisant étape dans des monastères qui jalonnent les chemins de Compostelle, le pèlerinage de Saint-Jacques est également devenu une randonnée célèbre, où les marcheurs croisent les amateurs d'art roman.

1160         13 novembre Mariage de Louis VII avec Alix de Champagne. Alix de Champagne, Adèle, Alix ou Alice de Champagne (vers 1140 - 4 juin 1206, au Palais de la Cité, à Paris), reine de France, est la fille du comte de Champagne et de Blois Thibaut II le Grand et de Mahaut de Carinthie. Elle est la troisième épouse de Louis VII, veuf de Constance de Castille, le 13 novembre 1160 à Paris et sacrée le jour-même. Elle en profite pour jouer une grand rôle dans la vie politique du royaume et pour mettre en avant ses frères le comte de Champagne Henri le Libéral, le comte de Blois Thibaut V et l'archevêque de Reims Guillaume aux Blanches Mains - en lui obtenant son premier siège, l'évêché de Chartres. Elle marie les deux premiers aux filles qu'a eues Louis VII d'Aliénor d'Aquitaine. Écartée du pouvoir par Philippe Auguste en 1180, elle est cependant régente du royaume, en 1190, lors de la troisième croisade. Au retour du roi, en 1192, la reine Adèle rentre de nouveau dans l'ombre et participe à la fondation d'abbayes.

1160         à 1205 - naissance et mort de Peire Vidal, le troubadour le plus original de cette période. Il accepte et se fait passer lui-même pour un peu fou. C'est un grand voyageur.

1162         Henri II s'empare du Vexin.

1163         Début de la construction de Notre-Dame de Paris. Notre-Dame de Paris, est l'église cathédrale de Paris, d'architecture gothique située sur l'île de la Cité. Elle est située sur la place du parvis Notre-Dame. Elle possède des caractères du gothique primitif (voûtes sexpartites de la nef) et du gothique rayonnant : on remarque particulièrement l'audace des arcs-boutants du choeur. Sa façade occidentale est un chef d'oeuvre d'équilibre architectural. La construction, commencée sous le règne de Louis VII par l'évêque Maurice de Sully, a duré de 1163 à 1345. À cette époque, Paris n'était qu'un évêché, suffragant de l'archevêque de Sens. Une cathédrale s'entend comme une église dans laquelle est placé le trône de l'évêque du diocèse. Ce sont les "commune" qui, à partir de 1160, vont ériger les cathédrales gothiques, émanations de leur indépendance, de leur foi et de leur communauté : Lille, Beauvais, Amiens, Reims, Arras, Laon, Chartres, Rouen, etc. Et aussi Paris, ville royale depuis Philippe Auguste. Tout à la fois édifice religieux et lieu d'accueil, la cathédrale est, au Moyen Âge, l'espace de sociabilité par excellence. Les fidèles entrent, sortent, bavardent, font de la musique, ce qui ne les empêche pas d'écouter la parole de l'évêque.

1163         Concile de Tours où l'on commence à s'inquiéter de l'hérésie cathare. Hérésie. Elle est le fait de chrétiens qui renient un ou plusieurs dogmes de la foi, et proposent leur vision comme seule conception authentique du catholicisme. En ce sens, l'hérésie a toujours paniqué l'Église car elle est naît à l'intérieur de ses rangs, à l'initiative de chrétiens baptisés. La chasse intransigeante aux hérétiques atteint son paroxysme avec l'instauration de l'Inquisition. Inquisition. "Et pourtant, elle tourne !" s'exclame Galilée à l'issue de son procès devant le tribunal de l'Inquisition (1633), qui l'a sommé de renier sa conception héliocentrique de l'univers. Établie pour lutter contre l'hérésie cathare, l'Inquisition est un organisme judiciaire ecclésiastique qui fonctionne par la dénonciation et l'enquête. Elle fait la chasse aux sorcières et aux hérétiques, les arrête, et les menace du bûcher s'ils n'abjurent pas. Après une mise à la question en rigueur, le degré de culpabilité est établi et la peine prononcée. Les pénitences varient du port d'insignes infamants à la prison. Ceux qui n'abjurent pas sont brûlés vifs. L'Espagnol Torquemada reste sans doute l'inquisiteur le plus tristement célèbre.

1164         Thomas Becket, l'archevêque de Canterbury se réfugie en France suite au conflit qui l'oppose à Henri II d'angleterre. Thomas Becket (21 décembre 1117 - 29 décembre 1170) fut archevêque de Canturbery de 1162 à 1170. Il engagea un conflit avec le roi Henri II sur les droits et privilèges de l'église catholique romaine et fut assassiné par les partisans du roi. Ami, conseiller et chancelier du roi Henri II d'Angleterre, il devient archevêque de Cantorbéry (Canterbury) et chef de l'église d'Angleterre en 1162. Il s'oppose au roi, qui veut diriger l'Église. Menacé, il se réfugie en France pendant sept ans ; à son retour en Angleterre, des soldats du roi l'assassinent dans la cathédrale de Cantorbéry en 1170.

1164         Pierre Le Mangeur écrit 'Historia scholastica'. Pierre Le Mangeur ainsi surnommé en raison de son appétit pour la lecture. Théologien français (Troyes vers 1100 - Paris, vers 1179). Chanoine et chancelier de Paris en 1164. Il a laissé un manuel d'histoire religieuse, 'Histoire scolastique', qui connut un grand succès.

1165         Gengis Khan premier empereur mongol. Il utilisa son génie politique et militaire pour unifier les tribus turques et mongoles de l'Asie centrale et ainsi fonder son Empire. Il mena pour cela la conquête de la majeure partie de l'Asie, incluant la Chine, la Russie, la Perse, le Moyen-Orient et l'Europe de l'Est. Son petit-fils, Kubilai Khan, fut le premier empereur de la dynastie Yuan en Chine. Gengis Khan, conquérant mongol. Gengis Khan, Khan des Mongols étendit sa puissance sur l'Asie centrale, la Chine septentrionale et le Turkestan russe. Fondateur d'une lignée de dominateurs, il est l'un des personnages les moins bien connus, mais aussi l'un des plus célèbres, de l'histoire des hommes. Après avoir unifié la Mongolie (l'Ulus mongol) sous son autorité, Gengis Khan organise son empire sur lequel il fait régner une discipline sévère.

1165         à 1210 - naissance et mort de Jehan Bodel, écrivain et rédigea entre 1197 et 1200 une chanson de geste romanesque: "La chanson des Saines (Saxon)". C'est un des derniers poèmes épiques qui raconte les péripéties de la guerre victorieuse de Charlemagne contre Guitelin. Puis, il écrit une pièce de théâtre de type bouffon: "Le jeu de Saint Nicolas" entre Mars et Octobre 1200. La première représentation de cette pièce eut lieu le 5 Décembre 1200.

1165         Benoît de Sainte-Maure écrit 'Roman de Troie'. Benoît de Sainte-Maure, qui dédie le 'Roman de Troie' à Éléonor, composera entre 1173 et 1185, une 'Estoire des Ducs de Normandie', commandée par le roi d'Angleterre, s'inspirant des chroniques de Guillaume de Jumièges, Guillaume de Poitiers et Dudon de Saint-Quentin. De ce dernier, il adopte et théorise la tripartition de la société féodale, thème qui sera repris par son proche Étienne de Fougères.

1165         Bernard de Ventadour écrit 'Cansos'.

1170         29 décembre Assassinat de Thomas Becket. L'archevêque de Cantorbéry Thomas Becket est assassiné au sein même de sa cathédrale par quatre chevaliers anglo-normands fidèles d'Henri II. Bien que ceux-ci agissent sans ordre royal, l'histoire veut qu'ils aient pris cette initiative après qu'Henri II ait prononcé de colère la phrase : "N'y aura-t-il donc personne pour me débarrasser de ce clerc outrecuidant ?". Nommé par son ancien ami le roi, Thomas Becket s'aliéna ce dernier lorsqu'il commença à opposer une résistance intransigeante aux Constitutions de Clarendon. Celles-ci prévoyaient en fait de réduire le pouvoir de l'Église et de la faire dépendre du pouvoir royal. Après un exil en France et une série d'excommunications contre les prêtres qui ne le soutenaient pas, Thomas Becket avait pu revenir en Angleterre. Cet assassinat provoqua la colère de l'Église et des croyants, forçant Henri II à faire pénitence publiquement. Thomas Becket sera sanctifié trois ans plus tard.

1170         Marie de France écrit 'Lais'. Marie de France est une poète médiévale célèbre pour ses lais - sortes de poèmes - rédigés en ancien français. Elle a vécu pendant la seconde moitié du XIIe siècle, en France puis en Angleterre, où on la suppose abbesse d'un monastère, peut-être celui de Reading. Son oeuvre examine l'amour courtois et relève de la matière de Bretagne.

1170         Chrétien de Troyes, Romancier médiéval français, écrit 'Lancelot ou le Chevalier à la charrette', 'Érec et Énide'.

1170         Composition du 'Tristan et Iseut' de Béroul. Tristan et Iseut, l'histoire de Tristan et Iseut a traversé les siècles pour intégrer la littérature. D'origine celtique, ce sont les poètes normands qui en ont fait les premières rédactions qui nous sont conservées. Issue de la tradition orale, la très populaire histoire de Tristan et Iseut fait son entrée dans la littérature écrite au XIIe siècle. Plusieurs textes différents ont vu le jour, dont les célèbres versions de Béroul et de Thomas d'Angleterre, certains ont été malheureusement perdus comme celui de Chrétien de Troyes, aucun de ceux qui nous sont parvenus ne sont intégraux. Béroul est un jongleur et conteur de métier normand du XIIe siècle. Il a écrit une version de la légende de Tristan et Iseut dans un dialecte normand dont on a conservé un certain nombre de fragments (environ 3000 vers).

1171         Début du règne de Saladin (Salah al-Din al-Ayyubi) (fin en 1193). Il renverse la dynastie Fatimide à la tête de l'Égypte, restaure la légitimité des Abbassides et le rite sunnite. Il se proclame sultan d'Égypte et fonde la dynastie Ayyoubides. Au même moment, le calife de Bagdad accorde à Nur ad-Din l'investiture de la Syrie et de l'Égypte. Apprenant la fin de la dynastie Fatimide, le chef de la secte des Assassins, Rachideddin Sinan ("le vieux de la montagne") envoie un message à Amaury Ier de Jérusalem pour lui annoncer qu'il est prêt, avec tous ses partisans, à se convertir au christianisme. Les Assassins possèdent alors plusieurs forteresses et villages en Syrie centrale. Beaucoup d'adeptes de la secte, devenus de paisibles paysans, versent un tribut régulier aux Templiers. En promettant de se convertir, le "vieux" espère exempter ses fidèles du tribut, que seul les non-chrétiens sont tenus de payer. Saladin (1137-1193) fonda la dynastie ayyoubide, d'origine ethnique kurde en Égypte et en Syrie. Il est également connu pour s'être battu contre les croisés et l'honneur avec lequel il traitait les vaincus.

1173         23 juin Siège de Verneuil. Révoltés contre leur père, Henri II d'Angleterre, Henri le Jeune, Richard et Geoffroy, soutenus par Louis VII de France, mettent le siège devant Verneuil. Révolte de 1173-1174 en Angleterrre et Normandie. Les fils d'Henri II se rebellent contre leur père : Révolte de Richard Coeur de Lion en Aquitaine contre son père Henri II d'Angleterre avec l'appui d'Aliénor d'Aquitaine (fin en 1183). En novembre, Aliénor est capturée par son mari alors que, vêtue d'un habit masculin, elle tentait de se réfugier auprès du roi de France. La reine est enfermée au château de Chinon (fin en 1189). Révolte des barons en Angleterre et en Normandie (fin en 1174). Guillaume le Lion, roi d'Écosse, fait la guerre à l'Angleterre, mais est capturé et emprisonné à Falaise par Henri II. Il ne sera libéré que contre rançon et reconnaissance de souveraineté. La révolte de 1173-1174 est la rébellion contre Henri II d'Angleterre de trois de ses fils, de son épouse Aliénor d'Aquitaine et de barons qui les soutenaient. Elle dura 18 mois, et fut un échec. Les membres rebelles de sa famille durent se résigner face à sa puissance, et se réconcilièrent avec lui.

1174         30 septembre Paix de Montlouis. Elle est signée entre Louis VII et Henri II d'Angleterre, roi d'Angleterre. On y réalise le partage des domaines des Plantagenêts entre le roi Henri et ses fils rebelles. Pour sceller la paix, la fille de Louis VII, Adélaïde, doit épouser le fils d'Henri II d'Angleterre, Richard Coeur de Lion. Richard Coeur de Lion, Richard Ier d'Angleterre de 1189 à 1199, duc d'Aquitaine, comte du Maine, comte d'Anjou, né le 8 septembre 1157 au palais de Beaumont à Oxford (Angleterre), mort le 6 avril 1199 lors du siège de Châlus (France). Fils de Henri II d'Angleterre, ou Plantagenêt, et d'Aliénor d'Aquitaine, Richard est élevé en France à la cour de sa mère, dont il devient l'héritier à l'âge de onze ans. Après la mort de son frère aîné, il devient aussi l'héritier de la couronne d'Angleterre, mais aussi de l'Anjou, la Normandie, le Maine. Pendant son règne, il ne passera que quelques mois dans le royaume d'Angleterre et utilisera toutes ses ressources pour partir en croisade, puis défendre ses territoires français contre le roi de France, Philippe Auguste, auquel il s'était pourtant auparavant allié contre son propre père. Ces territoires, pour lesquels il avait prêté allégeance à Philippe, constituaient la plus grande partie de son héritage Plantagenêt. Avant d'être roi d'Angleterre, Richard fut donc surtout un prince du continent, surtout désireux d'entrer dans la légende par de hauts faits d'armes.

1175         Bertrand de Born écrit Cansos. Bertrand de Born (v.1140 - v.1215), seigneur de Hautefort en Limousin, troubadour qui célèbre l'amour et la guerre. Il fut mêlé aux luttes des fils de Henri II d'Angleterre, et prit parti contre Richard Coeur de Lion pour Henri le Jeune. À la mort de celui-ci, il se réconcilia avec Richard, qu'il soutint à son tour contre Philippe Auguste.

1175         à 1221 - naissance et mort de Dominique de Guzman, dit Saint Dominique. Religieux catholique, le fondateur de l'ordre des dominicains. Canonisé par l'Église catholique.

1176         Chrétien de Troyes compose "Yvain ou le Chevalier au lion". Grand poète de la littérature courtoise, Chrétien de Troyes s'attelle à la rédaction d'un des plus grands ouvrages du genre. Inspiré des mythes bretons du roi Arthur et de la Table ronde, il donne vie à Yvain, un chevalier qui a choisi l'aventure à l'amour. Il ne pourra reconquérir la main de la belle Laudine qu'en accomplissant de grandes prouesses. "Yvain ou le Chevalier au lion" est l'un des trois romans de Chrétien de Troyes - avec "Lancelot ou le Chevalier de la charrette" et "Perceval ou le conte du Graal" - qui traversera les siècles.

1177         à 1236 - naissance et mort de Gautier de Coinci. Bénédictin français, Grand prieur à l'abbaye Saint Médard de Soissons en 1236, il fut un dignitaire ecclésiastique important de la région parisienne. On lui doit des discours édifiants, des récits hagiographiques et surtout un recueil de 58 Miracles de Nostre Dame d'environ 30 000 vers, répartis en deux livres, dont il commença la rédaction vers 1218.

1179         1er novembre Louis VII fait sacrer son fils Philippe (futur Philippe Auguste) à Reims à qui il laisse le pouvoir. Philippe Auguste, Philippe II, dit Philippe Auguste, né le 21 août 1165 à Gonesse Val-d'Oise, mort à Mantes-la-Jolie Yvelines, France le 14 juillet 1223, fut roi de France de 1180 à 1223, septième roi de la dynastie dite des Capétiens directs.

1179         Troisième concile oecuménique du Latran présidé par Alexandre III. Il tente de résorber le schisme. Innocent III, antipape contre Alexandre III, se le fait enfermer. Il impose l'élection du pape par la majorité des deux tiers du collège des cardinaux. Le pape oblige tout les Juifs à porter la rouelle jaune. L'hérésie cathare est condamnée. Le concile jette l'anathème sur les mercenaires (routiers). Le pape interdit le commerce avec les musulmans. Le concile menace d'excommunication ceux qui créeront de nouveaux péages ou augmenteront les tarifs des anciens sans autorisation. Le troisème concile du Latran se tient à Rome en mars 1179, suite à la paix de Venise conclue entre l'empereur Frédéric Barberousse et la Ligue lombarde fomentée par le pape Alexandre III. Il est le XIe concile oecuménique.

1179         Fondation de la secte des Vaudois à Lyon. Églises vaudoises, elles sont apparues avec Pierre Valdo ou Valdès, en 1179 dans la paroisse Saint-Nizier à Lyon. Pierre Valdès était un riche marchand. on raconte qu'il vendit ses biens pour suivre l'idéal de pauvreté apostolique, c'est-à-dire en imiter la vie des apôtres. Selon la tradition vaudoise, il se serait fait traduire des passages de la Bible du latin en langue vulgaire, et les aurait appris par coeur. Il commença à prêcher dans les rues de Lyon, acte qui était alors interdit par l'Église catholique. Seuls les prêtres et les clercs, en effet, étaient autorisés à le faire. L'Église toléra dans un premier temps la présence de Valdès et de ses disciples à condition qu'ils ne prêchent plus. Mais, ayant bravé cet interdit, ces derniers furent chassés de Lyon. Ils constituèrent dès lors les premiers vaudois, qui se nommaient eux-même "Pauvres de Lyon". Pierre Valdo (également Pierre Valdès ou Pierre Vaudès selon les sources) dit Pierre de Vaux (1140-1206) est un riche marchand de Lyon. Passant par une crise religieuse, à la suite de laquelle il fit traduire le Nouveau Testament en langue vulgaire, il vendit tous ses biens et devint prédicateur itinérant. D'autres en firent autant. Ce mouvement appelé la fraternité des Pauvres de Lyon rencontra tout de suite de l'hostilité. Ils durent expliquer leur vision de la foi devant un collège de trois ecclésiastiques et notamment des points qui faisaient alors débat au sein de l'Église comme le sacerdoce universel, L'évangile en langue vulgaire, une plus grande pauvreté de l'Institution. Persécutés, chassés de Lyon, Valdo et ses disciples s'installèrent dans les hautes vallées du Piémont, puis, en France, dans le Luberon : l'Église vaudoise est née. Excommuniés par le Concile de Vérone en 1184, sa doctrine fut condamnée par le Concile de Latran en 1215.

1180         Au Cambodge, apogée de l'empire d'Angkor. Angkor est l'ancienne capitale de l'Empire khmer qui prospéra du IXe au XVe siècle.

1180         invention du gouvernail (Arabie)

1180         15 Février Édit d'expulsion des juifs.

1180         28 avril Mariage de Philippe (futur Philippe Auguste), fils de Louis VII avec Isabelle de Hainaut. Isabelle de Hainaut est la nièce de Philippe d'Alsace, comte de Flandre. Elle apporte en dot l'Artois. Philippe d'Alsace, Philippe Ier dit Philippe d'Alsace (° 1143 - † St-Jean d'Acre, 1er juin 1191), fils de Thierry d'Alsace, comte de Flandre, et de Sibylle d'Anjou (†1165). Comte de Flandre 1157 - 1191. Comte de Vermandois par mariage v. 1168 - 1186, à titre viager 1186 - 1191. Son règne correspond à l'apogée et au début du déclin de la puissance féodale flamande. Il lutta avec les visées de Philippe Auguste sur la Flandre, l'Artois et la Picardie. Le problème de sa succession fut au coeur de la politique de la fin de sa vie.

1180         29 mai Couronnement de Philippe Auguste à Saint-Denis.

1180         28 juin Traité de Gisors entre Henri II d'Angleterre et Louis VII le Jeune.

1180         18 septembre Mort de Louis VII à Paris. Au retour d'un pèlerinage, Louis VII prend froid et est terrassé par une hémiplégie. Il meurt paralysé à l'abbaye de Saint-Port. - Avènement de Philippe II (Philippe Auguste) né en 1165, fils de Louis VII et d'Adèle de Champagne, que celui-ci avait épousée après la répudiation d'Aliénor.

1180         PHILIPPE II Auguste (1180-1223)

1180         Philippe Auguste. Philippe n'a que 15 ans à la mort de son père. Cette même année, avant le décès de son père il épouse Isabelle de Hainaut fille du comte de Flandre. Cela n'empêchera pas celui-ci de comploter avec les comtes de Champagne et de Bourgogne. Malgré sa parenté, Isabelle n'hérite pas de sa tante Isabelle de Vermandois, décédée en 1182. Philippe parvient à faire respecter ses droits et à la suite d'une expédition militaire contre les coalisés (comtes de Champagne et de Bourgogne) obtient par le traité de Boves (1185) le Vermandois, l'Artois et Amiens. Il reprend la lutte contre Henri II d'Angleterre en soutenant Richard Coeur de Lion révolté contre son père (1187-1189). En 1189 Henri II meurt et Richard lui succède. A la demande du pape, il part pour la troisième croisade avec Richard Coeur de Lion pour délivrer Jérusalem tombée aux mains de Saladin. C'est l'Archevêque Guilaume de Reims qui sera régent en son absence. En 1190, Philippe rencontre des succès devant Saint Jean d'Acre et décide de rentrer. Il quitte la Terre Sainte le 31 juillet 1191. Richard qui n'a pas eu son content de gloire poursuit sa lutte au cours de laquelle il conquiert son surnom, Coeur de Lion. Ayant obtenu de Saladin un accord d'accès aux lieux saints et quelques concessions territoriales Il décide de rentrer en octobre 1192. A son retour, son bateau est jeté par la tempête sur la côte dalmate (Croatie) il est fait prisonnier par le duc d'Autriche avec lequel il était en hostilité qui le remet aux mains de l'Empereur d'Allemagne. Pendant ce temps le frère de Richard, Jean sans Terre, personnage à demi fou, a pris le pouvoir. Philippe continuant à jouer la division dans le camp anglais le soutient, en retour Jean lui fait des concessions territoriales. Il mène également une action auprès de l'empereur d'Allemagne pour qu'il garde Richard le plus longtemps possible. Au retour de Richard qui récupère son trône la guerre reprend, il fait construire une forteresse sur la Seine, clé de la Normandie (Chateau Gaillard). Elle sera achevée en 1198 et entreprend des expéditions mais il se fait tuer au siège de Chalus en Limousin. Jean lui succède. Au cours de la bataille de Fréteval remportée par Richard, tous les bagages de Philppe Auguste tomberont aux mains des Anglais. Ceux-ci comprenaient notamment tous les documents constituant l'histoire du royaume et notamment les chartes qui suivaient le roi dans tous ses déplacements. Richard Coeur de Lion meurt le 6 avril 1199. Il avait été blessé au siège de Châlus en Limousin le 26 mars d'un carreau d'arbalète. La succession de Richard qui n'a pas de descendance est revendiquée par le petit-fils de Henry II, Arthur de Bretagne fils de Geoffroi l'ainé et Jean sans Terre frère cadet de Richard. Jean soutenu par sa mère, Aliénor d'Aquitaine, finit par être couronné Roi d'Angleterre le 27 mai 1199. Philippe Auguste conformément à sa technique qui consiste à créer des dissensions chez les Anglais, s'empresse de soutenir Arthur. Pour être reconnu comme roi d'Angleterre par Philippe Auguste, Jean sans Terre conclut le traité du Goulet avec Philippe Auguste lui cèdant le Vexin normand, Évreux et des possessions en Auvergne et en Berry. Malgré cela, Philippe fidèle à sa politique soutient Arthur neveu de Richard contre Jean. Le comte d'Angoulême (vassal de Jean sans terre) voulant marier sa fille, Isabelle d'Angoulême, à Hugues de Luzignan (vassal de Philippe Auguste) le Poitou risquait alors de devenir français coupant ainsi la continuité des possessions anglaises en France (Normandie - Aquitaine). Jean déclare alors qu'il veut épouser la fille en question et le comte son père qui est le vassal de Jean est bien obligé d'accepter (Août 1200). Hugues de Luzignan frustré se plaint au roi de France. Heureux de cela Philippe décide de traduire Jean en Cour de France. Jean ne se présente pas et Philippe lui confisque la Normandie et les autres possessions anglaises en France et les attribue à Arthur de Bretagne. Plus difficile est de faire appliquer ces décisions. Arthur est vaincu par Jean qui le fait prisonnier et le met à mort. Philippe en profite pour juger à nouveau Jean et lui confisque la plupart de ses biens en France. En 1206 les anglais ne possèdent plus sur le continent que la Guyenne (nom anglais de l'Aquitaine). Jean se coalise avec Othon Ier Empereur Germanique et avec le comte de Flandre contre Philippe. Les troupes françaises prises entre deux feux doivent se scinder en deux l'une menée par le futur Louis VIII, fils de Philippe qui vainc Jean à La Roche aux Moines le 2 juillet 1214 coupant ainsi toute possibilité d'unification des forces coalisées. Louis poursuit les Anglais jusqu'à Londres qu'il occupe sans problème. Philippe commande l'autre armée qui est renforcée par des milices populaires constituées par les villes affranchies qui craignaient une invasion. Philippe vainc les coalisés à Bouvines contraignant Othon à s'enfuir et à reconnaître les possessions françaises. Le comte de Flandre est fait prisonnier, enfermé au Louvre et ses états rattachés à la couronne. Philippe Auguste fait de Paris sa capitale. Il favorise le commerce. A Paris, il fait construire la tour du Louvre pour protèger la Seine et ses marchands, il fait paver les voies de communication et construire une enceinte autour de la ville. Il favorise l'évolution de la Bougeoisie. Lorsqu'il part en croisade il confie à 6 bourgeois de Paris la garde du trésor et du sceau royal pendant son absence. Paris bénéficie alors d'un renom internationnal, des étudiants de partout viennent à l'Université française à laquelle Philippe accorde des privilèges. Il fait régner la justice favorisant souvent le petit contre le grand, il est considéré comme le protecteur des villes. L'extension du commerce, la France est maintenant le chemin naturel entre le sud et le nord, entre l'Italie et la Flandre ce qui crée un afflux monétaire, les prix montent et les agriculteurs vendent mieux leurs produits. Grâce à ces revenus supplémentaires ils peuvent acheter leur liberté. On peut constater un reflux de la féodalité favorisé par le roi. La France est en Europe le pays le plus riche et le plus peuplé. Dans le sud de la France l'hérésie cathare se développe. Le pape Innocent III appelle à la croisade. Les barons du nord viennent en nombre attirés par les terres du midi et la soif de pillage. Ils sont menés par Simon de Montfort (Simon IV le Fort Comte de Montfort). Bientôt ils assiègent Toulouse et vainquent les princes cathares. En 1215 ils font leur entrée dans Toulouse qu'ils pillent. Les Languedociens se révolteront rapidement, Simon le pillard sera tué, son fils s'enfermera dans Carcassonne et fera appel à Philippe Auguste promettant le rattachement des terres du Midi à la couronne. Philippe refusera ne voulant pas faire la guerre au peuple mais surtout ne voulant pas laisser le royaume sans défense face à l'Anglais. En 1193 Philippe Auguste épouse Ingeburge de Danemark le 15 août dans la cathédrale d'Amiens, le lendemain ils sont couronnés par l'Archevêque de Reims et le surlendemain Philippe annonce sa volonté de se séparer de Ingeburge. Il la séquestre dans le monastère de Saint-Maur-des-Fossés. Le 5 novembre une assemblée présidée par l'Archevêque de Reims conclut à la nullité du mariage. C'est dans la période de 1194-1196 qu'apparaît dans les écrits la cérémonie de l'adoubement. En 1215 se tient le troisième concil du Latran (palais romain résidence des papes à cette époque) au cours duquel il est décidé la publication des bans afin d'éviter les mariages consanguins. Philippe Auguste meurt en 1223 il laisse le domaine royal quintuplé.

1180         Lorsque Philippe II monte sur le trône (1180-1223), des forces nouvelles sont en place, dont il saura diriger l'élan pour consolider définitivement la royauté française. Par une succession d'alliances matrimoniales éminemment politiques, la monarchie a réalisé une synthèse entre les trois dynasties : mérovingienne, carolingienne et capétienne. Les racines de la maison capétienne plongent solidement dans un passé fabuleux. La gloire de Charlemagne et de Roland, toujours chantée par les trouvères dans les manoirs ou sur les places de village, rejaillit sur la maison royale. L'éclatante victoire de Bouvines (27 juillet 1214) sur la coalition anglo-allemande, suivie par quelques grands feudataires du royaume, a suscité une immense liesse populaire. Auréolé de gloire, Philippe prend le titre d'"Augustus". Il est considéré comme le sauveur du pays contre l'ennemi anglais. Les conquêtes réalisées sur l'empire "angevin" des Plantagenêts semblent définitivement acquises. En moins de trente années, la monarchie a atteint les rivages de la Manche, de l'Atlantique et de la Méditerranée. Le domaine royal a quadruplé, avec en son centre l'Ile-de-France, la région des plus grasses terres du royaume. Plus qu'aucun de ses grands vassaux, le roi est désormais riche et puissant. A l'extérieur de ce que l'on commence à appeler la France, la puissance capétienne en Occident est respectée et son prestige reconnu. A l'intérieur du royaume le souverain détient l'autorité suprême. Le pape Innocent III déclare : "De notoriété publique le roi de France ne reconnaît au temporel aucune autorité supérieure à la sienne". Extension du territoire et unification du pays sont les tâches majeures accomplies par Philippe Auguste. Les grands barons, dont nombre se livraient au pillage ou fomentaient des guerre civiles, sont enfin soumis. Le roi, que la cérémonie du sacre place au-dessus de tous, ne doit l'hommage à personne, mais ses sujets sont obligés de respecter les rites et les obligations de la vassalité. De bas en haut de l'échelle sociale les hommes vivent sous le régime de la féodalité. Seigneurs, hommes libres ou serfs sont assujettis à des lois de subordination créant des droits et des devoirs entre eux. Une stricte hiérarchie existe également entre seigneurs eux-mêmes (ducs, marquis, comtes, châtelains). Par le contrat vassalique, suzerain et vassal s'engagent par "l'hommage" et le "serment de fidélité". Le vassal doit à son seigneur "aide" et "conseil". L'aide, ou "ost", c'est avant tout le service militaire. C'est aussi une contribution financière, dont la plus courante consiste à réunir la rançon d'un seigneur fait prisonnier. Le conseil oblige le vassal à siéger à la cour seigneuriale ("plaid" de justice). En retour le seigneur doit au vassal "protection" et "entretien", ce qui se traduit par la concession gratuite de terres. Ce fief, concédé à l'origine de manière viagère, est devenu progressivement un bien héréditaire. Si les seigneurs, maîtres en leur domaine, peuvent exercer le pouvoir de commander et de punir, tous, du plus petit au plus grand, doivent rendre un hommage prioritaire au seigneur-lige, c'est à dire au roi. Dans les structures médiévales la chevalerie est une caste à part. Née au début du XIe siècle en Occident, elle se développe considérablement au XIIe siècle. Qu'il appartienne à la haute aristocratie ou à un lignage de moindre importance, le chevalier doit être suffisamment riche pour acquérir un équipement très coûteux (heaume, haubert, lance, épée, baudrier) et un cheval de combat. Car le chevalier est avant tout un homme de guerre. Dès l'enfance il apprend à manier des armes et à supporter le port de l'armure. Très tôt la chevalerie prend un caractère sacré que lui confère le rite de l'adoubement, au cours duquel un jeune écuyer est intronisé chevalier. En même temps qu'il jure de sa foi chrétienne, de défendre l'Église, de protéger son seigneur et les pauvres, il reçoit ses armes et des éperons bénis par un prêtre. Faire partie de la chevalerie c'est partager un même idéal (valeur militaire) et respecter un même code moral (loyauté au combat, mépris du profit, idéalisation de l'amour humain). A la suite des différentes croisades, les chevaliers, engagés dans la lutte contre les Infidèles, sont devenu de redoutables "Soldats du Christ", ce qui conduira à la création d'ordres religieux militaires (Templiers). Constituée à l'origine par des éléments issus de la noblesse, la chevalerie a progressivement ouvert ses rangs à des gentilshommes de plus modeste naissance, petits hobereaux ou seigneurs de village. Une nouvelle classe est née de paysans qui se sont considérablement enrichis, ont acquis des terres, puis, pour les plus entreprenants, une châtellenie. Quelques uns ont ainsi pu accéder à la chevalerie. Les exemples sont encore très rares d'une spectaculaire promotion sociale en ce début du XIIIe siècle. Mais une prospérité générale et un formidable dynamisme dans tous les domaines marquent le règne de Philippe Auguste et la fin du siècle. Tout d'abord l'expansion démographique fait un bond et se poursuit sans désemparer. Cette montée de la population est un facteur essentiel de la croissance économique. Entre population et ressources du sol, l'équilibre est atteint. On pioche, on laboure, on sème, on multiplie les rendements. On arrache à une nature hostile des terres nourricières au détriment des forêts, des landes, des marécages. Nourrir une population en progression et exploiter ce nouvel espace agricole nécessitent des améliorations décisives. L'outillage se perfectionne (charrue à soc métallique), les bêtes de trait se généralisent (le cheval supplante le boeuf), les labours s'organisent (assolement triennal), des cultures plus lucratives que les céréales s'étendent (vigne, lin, chanvre et plantes tinctoriales), les moulins hydrauliques et les fours à pain couvrent les campagnes. Dans le même temps les rapports entre seigneurs et paysans se modifient. Le système des corvées, ou “tailles”, dues au maître est progressivement remplacé par le salariat et des manoeuvres agricoles se louent de domaine en domaine. A force de lutte et à renfort de deniers, l'émancipation paysanne se réalise par l'institution de “franchises” passées entre seigneur et paysans et dont les chartes fixent et limitent les exigences seigneuriales. Sur les tenures ou concessions de terre louées aux maîtres, les hommes libres peuvent disposer du fruit de leur travail et s'enrichir ; les serfs s'affranchissent plus progressivement. Le “vilain” (de “villa”, qui désigne le domaine rural), bénéficie en premier des surplus de l'agriculture. La famille paysanne qui s'accroît mange désormais régulièrement à sa faim et un sensible mieux-être se manifeste dans les conditions d'existence. Dans la maison où le récent usage du verre à vitre apporte de la clarté, on prend le temps de s'asseoir et d'échanger entre voisins des nouvelles autour du tout nouveau foyer de la cheminée ; foyer où règne la femme et dont le rôle au sein de la communauté familiale et rurale s'est fortement affirmé. Les plus riches demeures paysannes s'équipent en meubles, encore grossièrement façonnés mais plus nombreux, en toutes sortes d'ustensiles de cuisine ; dans les coffres de bois sont enfermés des vêtements taillés dans un drap plus fin et rendus plus pratiques depuis l'invention du bouton ; on montre avec fierté l'acquisition d'un miroir de verre et non plus de métal poli. La paysannerie se regroupe en paroisses rurales, encadrées par le clergé et sous l'autorité d'un maire, où jouent pleinement la solidarité et le travail collectif. Mais souvent le prix de la liberté à payer au seigneur (le “ cens ”, redevance foncière) était trop cher, comme étaient lourds les impôts dus au clergé (la dîme). Aussi de nombreux paysans ruinés vont rejoindre les bandes de mendiants aux portes des villes, ou verser dans le brigandage sur le chemin des forêts. L'espace forestier, malgré les progrès du défrichement, occupe la majeure partie du royaume. Les grandes voies qui le traversent ne suffisent plus aux échanges commerciaux qui se sont beaucoup développés. Parallèlement, un réseau nouveau de routes se constitue, qui relie villages, châteaux, bourgs, abbayes, ports et grandes cités. Ponts, digues et embarcadères sur les rivières sont partout construits et facilitent encore le trafic. Des chariots aux roues renforcées par des lames métalliques et tirés par des chevaux ferrés assurent mieux l'acheminement des marchandises. La sécurité des caravanes marchandes qui sillonnent le territoire est assurée par les marchands eux-mêmes, regroupés en "gildes" ou "frairies" et armés contre d'éventuels concurrents pillards ou seigneurs avides. Les foires sont les lieux privilégiés des rencontres marchandes et les centres de commerce entre le monde nordique et le monde méditerranéen. D'une durée de une à six semaines, les foires se tiennent à proximité immédiate de la ville et se succèdent tout au long de l'année. Champagne et Brie sont les deux pôles de l'activité la plus intense. De tout le royaume, et de l'étranger, on vient commercer à Provins, Troyes, Bar-sur-Aube ou Lagny-sur-Marne où l'on trouve quantité de marchandises : laines, draps de luxe, ustensiles en métal, épices, cuir travaillé, soieries, fourrures, produits tinctoriaux. L'essor de la circulation et des échanges a déterminé la montée spectaculaire des villes. A aucune autre époque les créations urbaines n'ont été aussi nombreuses qu'alors. Ces “ville-neuves” ou “ville-franches”, qui se sont gonflées du trop plein des campagnes surpeuplées, sont les centres nerveux de la vie régionale. Des bourgades ont grandi et peuvent abriter quelques milliers d'habitants. Au coeur des cités, des maisons à étages se disputent la moindre parcelle d'espace vide. Au delà des enceintes, des faubourgs grossissent démesurément. Les "gens du bourg", d'où vient leur nom de bourgeois, exercent presque tous un "métier" : ce mot est du temps et désigne une activité économique spécialisée, distincte du labeur commun, celui de la terre. Les gens d'un même métier se regroupent en corporations qui réglementent leur professions et dont le pouvoir va s'étendre fortement au Moyen Âge. Les villes abritent autour de leurs marchands une très grande diversité d'entreprises artisanales. Les industries du vêtement, du cuir, des métaux ou du bois ont chacune leurs nombreux spécialistes. Petites manufactures, ateliers groupés dans une même rue, échoppes et comptoirs marchands occupent une grande partie de la cité. Si la plupart de ces activités sont encore pauvres en moyens et en capitaux, ce n'est pas le cas de la draperie. Activité de pointe du monde occidental, la "grande draperie" va s'implanter dans les villes de Rouen, Amiens, Beauvais, Châlons-sur-Marne et Reims. Elle va également susciter une quantité d'emplois : fileurs, peigneurs, tisserands, foulons, tendeurs et teinturiers, tous dépendants du marchand drapier qui fournit la matière première et fixe le prix du travail. Riche de ses nombreuses activités, forte d'un négoce et d'un artisanat florissants, la ville va s'émanciper à son tour. Cette liberté, arrachée à prix d'argent à la tutelle des seigneurs locaux par les bourgeois, trouve son expression dans le mouvement "communal". La commune résulte d'une association jurée entre les habitants d'une ville pour la défense de leurs intérêts collectifs, le droit de s'administrer elle-même et de rendre justice. Plus ou moins suivie selon les régions, l'émancipation urbaine se développe cependant rapidement. De nombreuses villes moyennes et grandes ont acquis le statut de commune. A l'exception de Paris. A Paris, comme dans tout le royaume, Philippe Auguste est maître. Paris est la ville où il est né, dont il a fait sa capitale. Le roi y séjourne désormais quand il ne chasse pas sur les terres de son domaine d'Ile-de-France. Plus qu'aucune autre, la ville subit le dynamisme général, se transforme et s'embellit. L'expansion est désordonnée, le roi l'organise. Une nouvelle muraille entoure le quartier marchand et cerne celui des écoles. La grosse tour du Louvre est édifiée pour défendre le passage de la Seine. Les rues principales sont pavées, les nouvelles halles fortifiées. Gonflés par l'afflux de nouvelles populations, les faubourgs hier disséminés ne forment plus qu'un bloc. Combien sont-ils ces Parisiens ? Sans doute plus de 50 000, et Paris est sans conteste la ville la plus vaste et la plus peuplée d'Occident. Autour de la toute neuve cathédrale Notre-Dame (achevée en 1230), et de chaque coté de la Seine, apparaissent paroisses et églises. L'île de la Cité abrite le palais du roi, dont les bâtiments et les écuries prennent place parmi les jardins et les vergers. Dans le palais sans cesse agrandi s'installent à demeure les nouveaux services de la royauté, les clercs et les officiers du roi. Ce centre du pouvoir, enfin fixe, facilite les tâches du gouvernement et de l'administration. Dans ses méthodes et son esprit, l'administration royale s'est totalement transformée. Elle s'est rendue singulièrement efficace par l'institution des "baillis". Ces baillis ou sénéchaux sont des agents gagés par le roi, fréquemment mutés et révocables. Ils sont issus de la noblesse, mais doivent leur fortune au roi qui les emploie, et dont ils deviennent naturellement les plus ardents défenseurs. Les baillis ont pour mission d'administrer les provinces, de surveiller les vassaux, le clergé et les communes, de faire exécuter les décrets royaux. Ils président aux tribunaux, sont chefs de police, et surtout gestionnaires des finances royales dont ils rendent compte devant la cour plusieurs fois l'an. Pour remplir leurs multiples fonctions ils ont acquis des rudiments de comptabilité et des connaissances juridiques. Ils sont secondés par un personnel spécialisé et par des clercs, tous conscients de leur valeur et séduits par le pouvoir qu'ils servent. Et tous apportent au roi une arme redoutable : l'écrit. Les actes émanant de l'Administration se comptent maintenant par milliers et constituent de précieuses archives, enfermées au Temple comme l'est également le trésor royal. La capitale agit comme un aimant sur les grands vassaux qui construisent des hôtels pour y séjourner et profiter des agréments de la ville. La présence de la cour, le passage des barons et des évêques stimulent l'artisanat de luxe et intensifient le commerce. Le système monétaire s'est stabilisé et adapté aux réalités commerciales nouvelles. La forte monnaie royale, "parisis" ou "tournois", se substitue aux "deniers" locaux frappés dans des dizaines d'ateliers seigneuriaux. Sur le Grand Pont, l'activité est intense autour des boutiques de changeurs qui s'y sont installées. Paris est devenu le plus grand centre artisanal du royaume : une centaine d'associations professionnelles réunit près de cinq mille maîtres artisans. L'aménagement des berges de la Seine et les nombreux débarcadères développent encore les liaisons avec les grandes foires marchandes de Champagne. Bien que très puissant, le prévôt des marchands est contrôlé par le prévôt royal qui gère la ville au nom du roi. Philippe Auguste a cependant associé des riches bourgeois à la gestion de Paris et même appelé certains à faire partie de son Conseil de régence, à l'égal des barons. Capitale royale, centre politique et foyer économique, Paris est aussi le carrefour de la culture. Ses activités intellectuelles y ont une place essentielle. Paris a ses cercles poétiques, ses écoles, son milieu cultivé, ses tournois philosophiques. L'enseignement se dispense partout, dans des locaux loués par des maîtres (fondations religieuses, cloîtres, églises) mais aussi dans les rues et sur les places. Animés par la passion de la connaissance, les étudiants viennent de l'Europe entière. Issus de toutes origines sociales, Scandinaves, Anglais, Italiens, Espagnols, Allemands se mêlent aux Français venus de toutes les régions du royaume. Les plus pauvres s'engagent comme serviteurs ou répétiteurs pour gagner quelques deniers dans leurs moments de liberté. Les plus fortunés trouvent à se loger dans le quartier de la Montagne Sainte-Geneviève où s'est déplacé le foyer d'études et où se multiplient les logeurs, les fabricants de livres et d'encre. Maîtres et étudiants combattent ensemble pour établir leurs statuts : définir les disciplines d'études et défendre leurs intérêts. Ils se sont regroupés en une association semblable aux corporations professionnelles des villes et ont formé une "conjuration" qu'on appelle dès 1208 l'Université. Dans les bagarres, le sang et les grèves prolongées, l'Université a enfin pu naître, gagner sa reconnaissance officielle et son autonomie. Elle s'ordonne autour de quatre facultés : Théologie, Droit, Médecine, Arts (enseignement de la rhétorique, la dialectique, la littérature et avant tout la philosophie). Bientôt l'Université va introduire l'étude révolutionnaire de la logique formelle d'Aristote, de ce qu'on tient alors pour "science" et qui va provoquer une autre façon de vivre et de comprendre le monde. Grâce au prestige de ses maîtres, Paris est considérée comme le "grand atelier d'Occident" d'où rayonne la culture. Comme la culture est de Paris, l'art en architecture est de l'Ile-de-France. Après avoir assimilé les découvertes artistiques des pays du sud, L'Ile-de-France voit l'éclosion d'un style nouveau : le gothique. L'innovation de l'arc-boutant permet d'ériger des églises et des cathédrales aux voûtes vertigineuses. La nef de Notre-Dame peut ainsi s'élever d'un élan inouï, jusqu'à 32 mètres. De "l'obscurité" romane, l'édifice religieux passe à la "lumière" gothique. Les architectes s'attachent à percer de fenêtres les façades des églises ou des abbatiales pour laisser couler la lumière qui est le lien parfait entre l'homme et Dieu, "pour éclairer les esprits et les mener par les vraies lumières à la lumière véritable du Christ". L'abbatiale de Saint-Denis est le modèle de cet art gothique nouveau et de toute la lignée des cathédrales qui sortent de terre, comme Noyon, Senlis, Laôn, Chartres. Pour les faire "resplendir d'une merveilleuse lumière ininterrompue" les maîtres verriers font des prodiges. Pour orner l'intérieur de ces murs, peintres et sculpteurs travaillent à un nouveau thème : la nativité. Pour y louer le Seigneur, la musique polyphonique emplit tout l'espace architectural d'une étonnante floraison. Comme se propage partout dans le royaume l'art gothique, se diffuse une nouvelle littérature à la cour du roi et à celle de fastueux et lettrés seigneurs de province. Les "chansons de geste", ces longs poèmes épiques célébrant les exploits de héros associés à l'histoire de la France royale, sont peu à peu remplacées par un nouveau genre : le roman "courtois". A la Chanson de Roland se substitue le Roman de la Rose de Guillaume de Lorris ou le Lancelot ou le Perceval de Chrétien de Troyes. Les troubadours y exaltent les valeurs de la "courtoisie": le culte de la femme, la fidélité dans les relations amoureuses, un art nouveau de savoir-vivre, une forme d'élégance morale et l'idéal de la chevalerie qui reflète au plus haut degré la société féodale du XIIIe siècle.

1180         à 1189 - Les premières années du règne furent employées par le jeune roi à lutter pour le rabaissement de Henri II d'Angleterre, qui mourut en 1189 et eut pour successeur Richard Ier, Coeur de Lion. A l'intérieur, il fortifia les institutions sur lesquelles reposait la monarchie et amorça les réformes heureuses et les créations qui ont fait de lui un des rois auxquels la France doit le plus.

1181         Coalition de la Flandre et de la Champagne contre Philippe Auguste.

1181         Intervention de Henri II en faveur de Philippe Auguste.

1182         Édit d'expulsion et de confiscation des biens juifs du royaume.

1182         Chrétien de Troyes écrit 'Perceval ou le Conte du Graal'.

1182         vers - Poète Conon de Béthune se plaint (dans poème Moult me semont Amors que je m'envoise) que la Reine Adèle de Champagne se moque de son parler picard - ses 'mots d'Artois' - alors qu'ils étaient très compréhensibles en français. Conon de Béthune est un trouvère né vers 1150 en Artois, et mort en 1220 à Constantinople. Il est le fils de Robert V de Béthune. Renommé pour ses chansons d'amour et de croisade, il participe à la IIIe et IVe croisade dans lesquelles il tient un rôle politique important. Il écrit aussi une satire attaquant ceux qui s'approprient les fonds rassemblés pour financer ces croisades.

1182         à 1226 - naissance et mort de François d'Assise, de son nom véritable Francesco Bernardone, fondateur de l'ordre franciscain (ou ordre des frères mineurs, o.f.m.), considéré comme saint par l'Église catholique romaine. Religieux italien. Personnage majeur du Moyen Âge occidental, François d'Assise a proposé à la chrétienté un modèle de pauvreté, de simplicité évangélique et de contestation de l'ordre social fondé sur les privilèges et l'argent. Fils d'un riche marchand, il rompt avec le monde en 1206 pour se vouer au renoncement total et à la pauvreté. Il fonde avec ses disciples la fraternité des Pénitents d'Assise vénérant le Christ crucifié. L'ordre des franciscains s'étend alors sur toute l'Italie du Centre et du Nord mais aussi en Allemagne, en France, en Hongrie, en Angleterre, au Maroc. François d'Assise ira jusqu'en Égypte. A la fin de sa vie, il se consacre à la prédication, à la prière et à la vie d'ermite. Déjà malade et presque aveugle, il compose le 'Cantique au soleil', louange joyeuse et sublime de Dieu. Il meurt en 1226, après avoir dicté son testament. Canonisé en 1228. Sa légende revit dans les Fioretti et dans les fresques de Giotto à Assise.

1183         mort de Chrétien de Troyes.

1183         Marie de France écrit Wace.

1184         Les Vaudois sont reconnus comme hérétiques.

1185         juillet Traité de Boves avec le comte de Flandre (Philippe d'Alsace) annexant les comtés d'Amiens et de Mondidier au domaine royal. Philippe d'Alsace (° 1143 - † Saint-Jean-d'Acre, 1er août 1191), fils du comte Thierry d'Alsace (dit Thierry III de Lorraine) et de Sibylle d'Anjou (†1165). Comte de Flandre 1157 - 1191. Comte de Vermandois par mariage v. 1168 - 1186, à titre viager 1186 - 1191. Son règne correspond à l'apogée et au début du déclin de la puissance féodale flamande. Il lutta avec les visées de Philippe Auguste sur la Flandre, l'Artois et la Picardie. Le problème de sa succession fut au coeur de la politique de la fin de sa vie.

1185         Fondation de l'Ordre du Carmel. Ordre du Carmel ou Carmes, ordre religieux. Les Carmes vivaient cloîtrés, observaient le silence et se livraient au jeûne et à la prière. Ils portaient une robe brune et une chape blanche avec des barres de couleur brune, d'où le nom de Barrés qu'on leur donnait aussi. Les Carmélites sont une congrégation de religieuses qui suivaient la règle des Carmes. Cette congrégation, introduite en France dès 1452; fut réformée par Thérèse d'Avila en 1562 : le cardinal de Bérulle et Madame Acarie firent adopter cette réforme en France. C'est dans un couvent de Carmélites de Paris (rue d'Enfer) que se retira Mademoiselle de La Vallière. Ordre des Carmélites. L'ordre des Carmes est un ordre religieux mendiant fondé en 1185 par le croisé Berthold de Calabre sur le mont Carmel, où il prône la vie érémitique. Au XVe siècle, la branche féminine dite ordre des Carmélites est créée par le carme Jean Soreth. Dans les années 1560, Thérèse d'Avila et saint Jean de Croix, en quête d'une discipline plus rigoureuse, réforment l'ordre. Ils fondent les carmes déchaussés (port de sandales) fidèles à la règle primitive dominée par la solitude, la pauvreté extrême, la prière et les travaux manuels.

1186         Alliance de Philippe Auguste et Geoffroy de Bretagne contre Richard Coeur de Lion. Geoffroy II de Bretagne, (1158 - 1186), le troisième fils d'Henri II d'Angleterre et d'Aliénor d'Aquitaine, fut duc de Bretagne. Fiancé à Constance, fille du duc Conan IV et héritière du duché de Bretagne, il devient duc de Bretagne dès 1175, après la mort de Conan, donc avant même la célébration de son mariage en 1181. Il trouve la mort dans un tournoi et laisse une femme enceinte de celui qui sera Arthur de Bretagne.

1187         5 juillet Saladin écrase les armées chrétiennes à Hattin.

1187         2 octobre Prise de Jérusalem par Saladin. Le roi de Jérusalem, Guy de Lusignan, est vaincu à Tibériade par Saladin qui, magnanime, le libère. Cet épisode est l'un de ceux qui ponctuent le temps des Croisades, entre la première prêchée par Urbain II en 1095 et la dernière au cours de laquelle meurt Louis IX en 1270. Guy de Lusignan (1159 † 1194), roi de Jérusalem (1186-1192), puis roi à Chypre (1192-1194), fils de Hugues VIII le Vieux, seigneur de Lusignan et comte de la Marche, et de Bourgogne de Rançon.

1187         Reprise des hostilités entre la France et l'Angleterre.

1188         Traité de paix de Gisors entre Philippe Auguste et Henri II. Au départ de la 3e croisade à Gisors, en Normandie, Philippe Auguste, Henri II d'Angleterre et le comte de Flandre (Philippe d'Alsace) conviennent de distinguer leurs hommes par couleurs. La croix de gueules (rouge) est attribuée aux Français, d'argent (blanc) aux Anglais et de sinople (vert) aux Flamands.

1189         4 juillet Paix d'Azay-le-Rideau. Par cette paix humiliante, le roi Henri II d'Angleterre désigne son fils Richard Coeur de Lion comme nouveau roi et abandonne à Philippe Auguste l'Auvergne, Issoudun et Châteauroux. Il meurt quelques jours plus tard. Azay-le-Rideau est une commune française du département d'Indre-et-Loire, dans la région Centre.

1189         6 juillet Mort du premier souverain Plantagenêt d'Angleterre. Après dix ans de conflit de pouvoir avec ses fils Jean Sans Terre et Richard Coeur de Lion, Henri II d'Angleterre s'éteint à Chinon. Il a alors cédé le pouvoir à celui qui va devenir Richard Coeur de Lion lors d'un traité signé à Azay-le-Rideau. En constante lutte avec le roi de France Philippe Auguste lors de la fin de son règne, Henri II donna une place centrale à la Normandie et fut à l'origine de nombreuses réformes qui ont modernisé le royaume anglo-normand. Il est également connu pour l'assassinat de Thomas Becket. Jean Sans Terre (24 décembre, 1166-18 octobre, 1216), seul roi d'Angleterre ainsi nommé, était le fils le plus jeune du roi Henri II d'Angleterre. Son sobriquet, Jean Sans Terre (en anglais, John Lackland) venait du fait que son père n'avait pas de terres à lui donner jusqu'à la mort de ses frères ainés. Isabelle d'Angoulême était la fiancée de Hugues IX de Lusignan quand Jean sans Terre la lui ravit. Hugues IX de Lusignan fit appel au roi de France qui se servit du refus de Jean sans Terre de paraître devant lui pour prononcer la commise - confiscation - de ses biens continentaux. Veuve de Jean sans Terre, Isabelle épousera Hugues X de Lusignan, fils de Hugues IX. Jean, contraint et forcé, accorde la Magna Carta en 1215, une charte limitant les pouvoirs royaux. La royauté en Angleterre n'est dorénavant plus absolue. Pour le bonheur des Anglais, ce prince cruel décède après avoir ingurgité une pêche trempée dans de la bière à moins que ce ne soit du vin...

1189         Après la mort d'Henri II, le 6 juillet 1189, Aliénor d'Aquitaine est libérée par le nouveau roi, Richard Coeur de Lion, qui est sur le point de partir pour la Troisième croisade.

1189         18 juillet Philippe Auguste restitue les conquêtes d'Henri II. Pour le remercier, Philippe Auguste redonne à Richard Coeur de Lion, qui monte sur le trône d'Angleterre, les territoires enlevés à son père.

1189         3 septembre Richard Coeur de Lion est couronné roi d'Angleterre. Roi le 6 juillet 1189 après la mort d'Henri II, Richard Ier Coeur de Lion est couronné à Westminster le 3 septembre. Mais Richard Coeur de Lion est surtout préoccupé par les faits d'armes et décide un an plus tard de partir à la conquête de Chypre. Couronné de succès lors des Croisades notamment à Saint-Jean d'Acre, il subit aussi des revers comme à Jérusalem et se fait emprisonné lors de son retour en Europe par le duc Léopold V d'Autriche.

1189         Début de la troisième croisade. La troisième croisade, de 1189 à 1193, fut entreprise sous le pontificat de Clément III, et prêchée par Guillaume, archevêque de Tyr. Il s'agissait de reconquérir Jérusalem, retombée au pouvoir des musulmans en 1187. Trois souverains partirent avec de nombreuses armées pour la Terre-Sainte : Philippe Auguste, roi de France, Richard Coeur de Lion, roi d'Angleterre, et Frédéric-Barberousse, empereur d'Allemagne. Mais le succès ne répondit point à l'espérance générale : l'armée de Frédéric fut presque entièrement détruite en Asie, et lui-même il périt en Cilicie (1190); les deux autres princes s'emparèrent de St-Jean-d'Acre, mais, une fâcheuse rivalité s'étant établie entre eux, Philippe revint bientôt en France (1191), et tout le courage de Richard n'aboutit qu'à obtenir de Saladin une trêve de 3 ans.

1189         à 1192 - Troisième croisade. - Le sultan Saladin venait en 1187, en remportant sur Guy de Lusignan la victoire de Tibériade, de détruire le royaume français de Jérusalem et de s'emparer de cette ville. Guillaume, archevêque de Tyr, vint réclamer le secours des princes d'Occident en faveur des chrétientés d'Asie menacées dans leur existence par le triomphe des musulmans. C'est à Gisors, en France, que ce prélat prêcha la croisade ; le départ eut lieu en 1189 : Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion se mirent à sa tête. De son côté, l'empereur d'Allemagne Frédéric Barberousse, prit la croix et partit pour les rejoindre avec une armée nombreuse. Frédéric s'empara de la ville d'Iconium et quelque temps après se noya en Cilicie. Les croisés français et anglais s'emparèrent de Saint-Jean-d'Acre. Des différents ayant surgi entre les chefs, Philippe rompit avec Richard et rentra en France en 1191, le laissant continuer seul la croisade (jusqu'en 1192). La troisième croisade, qui débuta en 1189 et s'acheva en 1194, fut menée par les rois de France, d'Angleterre et l'empereur d'Allemagne, dans le but de reprendre la Terre Sainte à Saladin. Frédéric Barberousse, Frédéric Ier (1122/25-1190), dit Frédéric Barberousse fut élu roi d'Allemagne le 4 mars 1152 en succédant à son oncle Conrad III de Hohenstaufen, et couronné empereur romain germanique en 1155. Prélat, membre du haut clergé investi par le Saint-Siège. Les cardinaux et les archevêques sont des prélats.

1190         15 mars Mort d'Isabelle de Hainaut, reine de France.

1190         10 juin Barberousse meurt noyé. L'empereur d'Allemagne Frédéric de Hohenstaufen, dit Barberousse, se noie en voulant se baigner dans un torrent glacé de Cilicie, au sud de l'actuelle Turquie. Il s'en allait rejoindre la troisième croisade avec son armée. Durant son règne, il tenta de consolider la position impériale en Germanie et en Italie. Il deviendra le symbole des espérances populaires et nationales du peuple allemand.

1190         24 juin Testament de Philippe Auguste. Sur le point de partir avec Richard Coeur de Lion pour la troisième croisade, Philippe Auguste organise par un testament ce que doit être le gouvernement pendant son absence.

1190         4 juillet La troisième croisade. Symboliquement, c'est sur la colline de Vézelay d'où est partie la première croisade après l'appel du pape Urbain II en 1095, c'est dans cette basilique où Pierre l'Ermite a prêché pour les pauvres en 1096, que se retrouvent Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion avant de partir pour la troisième croisade. Celle-ci est décidée en raison de la prise de Jérusalem par Saladin, le 2 octobre 1187. L'empereur Frédéric Barberousse a déjà pris la route.

1190         Fondation de l'ordre Teutonique. Ordre teutonique, l'ordre de la Maison de sainte Marie des Teutoniques, plus connu sous le nom d'ordre des Chevaliers teutoniques ou maison des chevaliers de l'hôpital de sainte Marie des Teutoniques à Jérusalem, est un Ordre militaire. Il fut fondé à Saint-Jean-d'Acre en 1190, lors de la troisième croisade, après la prise de Jérusalem par Saladin. il fut dénommé ainsi parceque composé pour l'essentiel de chevaliers allemands ou teutons. A l'origine simple communauté charitable venant en aide aux pélerins chrétiens, il fut réorganisé en ordre militaire vers 1192 et obtint la reconnaissance officielle du pape Innocent III en 1198. Le premier grand-maître Heinrich Walpot fut élu en terre sainte où il fit bâtir une église et un hôpital. Un siècle plus tard, en 1291, la prise d'Acre par les Mamelouks obligea les croisés à quitter la Terre sainte et contraignit l'ordre à reconsidérer sa mission.

1190         à 1253 - naissance et mort de Uc de Saint-Circ poète, jongleur troubadour.

1190         à 1262 - naissance et mort de Gilles Le Vinier. Trouvère appartenant au puy d'Arras.

1190         Début de la construction du Louvre à Paris. À l'origine du Louvre il y a un château fort, la Grosse tour du Louvre, érigé par le roi Philippe Auguste, en 1190. L'une de ses principales missions est la surveillance de l'aval de la Seine, qui constitue l'une des voies traditionnelles des invasions et razzias depuis l'époque des Vikings.

1191         8 juin Arrivée de Richard Coeur de Lion, devant Saint-Jean-d'Acre. Saint-Jean-d'Acre est une ville d'israël, située au nord de la baie de Haïfa, sur un promontoire et doté d'un port en eaux profondes.

1191         13 juillet Prise de Saint-Jean-d'Acre par les croisés. Malgré leur mésentente, les deux rois croisés Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion qui ont entrepris cette troisième croisade pour délivrer Jérusalem des mains des infidèles, combattent au côté l'un de l'autre. Ils reprennent au sultan Saladin Saint-Jean-d'Acre, grâce au courage de Richard. Après cette victoire, le roi de France laisse seul en Terre sainte le roi d'Angleterre et rentre.

1191         Retour de Philippe Auguste en France.

1191         De retour en France, Philippe Auguste voulut profiter de l'éloignement de Richard Coeur de Lion et de leur rupture, pour mettre la main sur les provinces que le roi d'Angleterre possédait en France.

1192         Ayant conclu la paix avec Saladin, Richard s'achemina vers l'Europe; mais il fut jeté par un naufrage sur la côte de Dalmatie où il fut reconnu pour avoir, pendant la croisade, insulté la bannière d'un seigneur du pays. Retenu prisonnier par le duc d'Autriche (Léopold V d'Autriche) il recouvra la liberté en payant une rançon et vint prendre en France la direction de la résistance contre Philippe Auguste. La Dalmatie est une région de Croatie qui va de l'île de Pag, au nord-ouest, à la baie de Kotor au sud-est, non loin du Monténégro. Elle s'étend sur 350 km sur la côte est de la mer Adriatique sur environ 60 km de large.

1192         à 1199 - Philippe Auguste avait été aidé dans ses projets contre Henri II, puis contre Richard Coeur de Lion, par le frère de celui-ci, Jean sans Terre. En apprenant le retour de Richard; pour se faire pardonner de l'avoir trahi, Jean trahit le roi de France et fit massacrer par des Anglais la garnison d'Évreux. Cependant, la lutte entre les deux souverains restant indécise, un accord intervint entre eux, qui mettait fin pour le moment aux hostilités. Mais Richard voulut avoir raison de quelques seigneurs qui avaient déserté sa cause. Il alla dans ce but assiéger le château de Chalus en Limousin, et fut tué pendant cette opération (1199), laissant pour héritier de la couronne, son neveu Arthur de Bretagne, fils posthume de Geoffroy V d'Anjou. Le déloyal Jean sans Terre fit enfermer et plus tard (1203) assassiner dans la Tour de Rouen le prétendant Arthur, afin de monter sur le trône à sa place. Arthur Ier de Bretagne, (30 avril 1187 - 3 avril 1203), le fils posthume de Geoffroy V d'Anjou, fut proclamé duc de Bretagne par les grands en 1196. Il est élevé à la cour de Philippe Auguste, qui le protège des convoitises de Richard Coeur de Lion. Sous Jean sans Terre, il devient le chef nominal des barons bretons qui tendent vers l'indépendance. Vaincu et pris par Jean sans Terre à Mirabeau en 1202, il meurt en prison à Rouen, assassiné par son oncle.

1192         21 août Création du shogunat. Conscient de l'incapacité de l'empereur à prendre le pays en main, le samouraï Minamoto-no-Yoritomo adopte le titre de shogun ("général" en japonais). Sans supprimer le gouvernement impérial, qui reste en place à Kyoto, il édifie à Kamakura (au sud de la ville actuelle de Tokyo) un gouvernement militaire qui exercera le vrai pouvoir. Le shogunat sera le régime officiel du Japon de 1192 à 1867. Minamoto no Yoritomo (9 mai 1147 - 9 février, 1199) est le fondateur et le premier shogun du shogunat de Kamakura au Japon, il a régné de 1192 à 1199. Shogun, signifie "général", c'est la contraction de seiitaishōgun, qui veut dire "le grand général qui triomphe des sauvages". Néanmoins, après qu'il fut attribué à Minamoto no Yoritomo, il devint un titre héréditaire de la lignée Minamoto, indiquant le dirigeant de facto du Japon (dictateur militaire), alors même que l'empereur restait le dirigeant de jure (en quelque sorte le gardien des traditions). L'équivalent français serait les Cardinaux Mazarin et Richelieu du pouvoir consulaire (potestas) par rapport à l'autorité (auctoritas) royale. Dans la tradition du droit romain, auctoritas est le pouvoir sénatorial des auteurs de la loi, potestas est le pouvoir consulaire des grands commis de l'État et potentas le pouvoir administratif de l'exécution des détails. Samouraï est un mot japonais désignant un membre de la classe guerrière qui a dirigé le Japon féodal durant près de 700 ans.

1192         Philippe Auguste s'empare de l'Artois et du Vermandois, dot d'Isabelle de Hainaut.

1192         2 septembre Traité entre Saladin et Richard Coeur de Lion instaurant une trêve.

1192         Gautier Map écrit 'Nugiae curalium'. Gautier Map, connu par le tout dernier passage de son livre, 'La Queste del Saint Graal', se dit de Salebieres. les poêtes du Graal: On connaît l'oeuvre de Chrétien de Troyes: elle a été souvent traduite, reprise, mise en scène parfois. Celle de Robert de Boron n'était connue jusque récemment que de ceux qui manient avec une suffisante dextérité le français médiéval pour pouvoir l'aborder dans le texte. Gerbert de Montreuil n'est quant à lui, jamais traduit, sinon pour de courts extraits. Gautier Map est le seul des quatre grands conteurs du Graal à avoir écrit en prose, ce qui ne nuit en rien à la poésie de son récit. Il a souvent été traduit pour les passages qui se rapportent à Galaad, personnage qui n'apparaît pas chez les autres auteurs.

1193         février Capture de Richard Coeur de Lion. Sur le chemin de retour de la croisade, le roi Richard coeur de Lion est pris en otage par le duc Léopold V d'Autriche et livré à l'empereur Henri VI.

1193         14 août Mariage de Philippe Auguste avec Ingeburge de Danemark. Philippe Auguste épouse Ingeburge, soeur de Knut VI de Danemark, scellant l'alliance anti-anglaise. Il la répudie dès le lendemain du mariage (il n'aurait pas pu la déflorer) et l'accuse de sorcellerie. Ingeburge est mise dans un couvent. Philippe Auguste la reprendra en 1213.

1193         5 novembre Philippe Auguste répudie Ingeburge de Danemark. Ingeburge de Danemark ou encore Ingeborg ou Isambour, reine de France, née vers 1175, est la fille de Waldemar Ier. Philippe Auguste, désireux d'une alliance danoise contre l'Angleterre et veuf d'Isabelle de Hainaut, épouse Ingeburge le 14 août 1193. Les témoins s'accordent de parler de la beauté de la princesse. Néanmoins, à la fin de la nuit de noces, le roi manifeste une vive aversion pour sa jeune femme et s'enfuit. Une assemblée d'évêques et de barons, tenue à Compiègne à la fin de l'année, casse le mariage, ce que n'accepte pas le pape Innocent III, fort heureux de pouvoir se mêler des affaires du royaume.

1194         Conquête de la Normandie par Philippe Auguste.

1194         mars Libération de Richard Coeur de Lion.

1195         Averroès en exil. Le philosophe islamique est contraint à l'exil pour avoir exposé ses conceptions. Grand commentateur d'Aristote, il s'est également appuyé sur le néoplatonisme pour établir que la matière est éternelle. Le monde n'a ni début, ni fin. Dieu agit alors comme celui qui concrétise et donne un souffle aux éléments déjà existants. Au travers de ces considérations, Averroès tend à distinguer la raison de la foi, ce qui lui vaut cet exil. Il sera toutefois gracié peu de temps avant sa mort. On lui attribuera plus tard la théorie de la double vérité (révélée et rationnelle). Ses pensées influenceront fortement l'Occident médiéval et la scolastique chrétienne.

1196         Construction de Château-Gaillard (Normandie) par Richard Coeur de Lion. Château-Gaillard est une forteresse médiévale en ruine qui situe au coeur du Vexin normand, à 100 km de Paris sur la commune des Andelys (Eure). Il constitue un morceau d'histoire de France qui domine la vallée de la Seine, mêlant Richard Coeur de Lion et les rois maudits en haut d'une falaise de calcaire. Château-Gaillard a plus de 800 ans. Sa construction a coûté environ 50 000 livres.

1196         13 mars Le pape Celestin III casse l'annulation du mariage de Philippe Auguste et Ingeburge.

1196         14 août Mariage de Philippe Auguste avec Agnès de Méranie. Agnès de Méranie ou de Meran (1172--1201), reine de France, est la fille du duc de Méranie Berthold IV. C'est elle qu'épouse Philippe Auguste en juin 1196 après avoir répudié sa deuxième femme Ingeburge de Danemark au terme de la nuit de noces. Le mariage avec Ingeburge ayant été annulé par une assemblée d'évêques complaisants, Innocent III casse la décision des évêques, somme le roi de reprendre Ingeburge et met le royaume en interdit en janvier 1200, ce qui suspend toute vie sacrementelle et liturgique. La mesure étant de nature à soulever contre le roi ses sujets privés de sacrements et de sépultures, Philippe Auguste feint de céder, envoie Agnès au couvent de Poissy et rend à Ingeburge un rang à la cour, mais sans reprendre avec elle la vie conjugale. En revanche, le roi, inquiet d'une succession mal assurée par le seul fils qu'il a eu de sa première femme, Isabelle de Hainaut, négocie avec le pape la reconnaissance des deux enfants qu'il a d'Agnès, Philippe Hurepel, qui épouse Mathilde de Dammartin, héritière du comté de Boulogne, et Marie, qui épouse Philippe Ier de Namur puis Henri Ier de Brabant.

1197         Coalition des comtés de Flandre, Boulogne, Blois et Toulouse avec Richard Coeur de Lion contre Philippe Auguste.

1198         Le pape Innocent III lance un Interdit contre le royaume de France et menace Philippe Auguste d'excommunication.

1198         Défaite de Philippe Auguste à Gisors contre Richard Coeur de Lion.

1198         août Le pape Innocent III appelle à délivrer Jérusalem.

1199         janvier Trêve de Vernon entre Richard Coeur de Lion et Philippe Auguste.

1199         6 avril Mort de Richard Coeur de Lion. Libéré après le versement d'une rançon qui met l'Angleterre au bord de la faillite, Richard Coeur de Lion n'aura eu l'occasion de retourner dans son pays. Luttant contre le roi de France Philippe Auguste, notamment en Normandie où il construit sa forteresse de Château Gaillard, il est blessé lors du siège de Chalus dans le Limousin. Il meurt alors quelques jours plus tard sur les mêmes terres que son père, dix ans plus tard, à Chinon.

1199         25 mai Jean Sans Terre est couronné roi d'Angleterre.

1199         6 décembre Concile de Dijon; interdit contre Philippe Auguste (mariage irrégulier).

1199         novembre Thibaud de Champagne, comte de Champagne, prend la tête d'une prochaine croisade. Thibault de Champagne, né le 30 mai 1201, mort le 14 Juillet 1253 fut comte de Champagne de 1201 à 1253 (sous le nom de Thibault IV de Champagne), et roi de Navarre de 1234 à 1253 (sous le nom de Thibault Ier de Navarre).

1200         15 janvier Innocent III jette l'interdit sur le royaume. Le légat du pape Innocent III lance l'interdit sur le royaume. Philippe Auguste s'incline et reconnaît Ingeburge de Danemark pour épouse.

1200         22 mai Traité du Goulet entre Philippe Auguste et Jean sans Terre sur les possessions anglaises. Conclu entre Philippe Auguste et Jean sans Terre. Philippe garde Évreux et le Berry mais renonce à ses droits sur la Bretagne. Le traité du Goulet date du 22 mai 1200. C'est un traité entre Philippe Auguste et Jean sans Terre, réconciliés aux dépens d'Arthur de Bretagne, après l'invasion de la Normandie par le roi de France et à la suite de la trêve de Vernon (janvier 1199). Le Capétien y gagne le comté d'Évreux et le Berry, mais il abandonne au Plantagenêt ses droits sur la Bretagne. Arthur doit renoncer à ses prétentions sur la Normandie, l'Anjou et l'Aquitaine, et fait hommage à son oncle Jean sans Terre pour le duché de Bretagne. Le roi d'Angleterre renonce à son alliance avec Otton IV du Saint-Empire. Un mariage scelle l'entente : le futur Louis VIII est fiancé à Blanche de Castille, nièce de Jean sans Terre. Blanche apporte en dot Châteauroux, Issoudun et Graçay.

1200         23 mai Mariage de Louis, futur Louis VIII, fils de Philippe Auguste et Blanche de Castille. Pour sceller le traité du Goulet qui a été signé la veille, Louis, fils de Philippe Auguste, épouse la nièce de Jean sans Terre, Blanche de Castille qui apporte Évreux en dot. Louis VIII de France, dit Louis le Lion, né le 5 septembre 1187 à Paris, mort le 8 novembre 1226 à Montpensier (Auvergne), fut roi de France de 1223 à 1226, huitième de la dynastie dite des Capétiens directs. Blanche de Castille, (née le 4 mars 1188 à Palencia, Espagne - morte le 27 novembre 1252 à Melun), reine de France, était la fille d'Alphonse VIII de Castille et d'Aliénor d'Angleterre, elle-même fille d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II d'Angleterre, roi d'Angleterre. Elle fut mariée en 1200 au futur Louis VIII, fils de Philippe Auguste.

1200         30 août Jean sans Terre enlève et épouse Isabelle d'Angoulême. Promise à Hugues X de Lusignan, comte de la Marche, la fille unique du comte d'Angoulême est conduite à l'autel le 24 août 1200 par le roi d'Angleterre, Jean sans Terre, qui la soustrait à son fiancé et l'épouse le 30 août à Chinon. La jeune Isabelle d'Angoulême devient donc reine d'Angleterre à l'âge de 14 ans. A la mort de Jean sans Terre, en 1216, elle épousera Hugues X de Lusignan, tandis que leur fils aîné deviendra roi d'Angleterre sous le nom d'Henri III.

1200         'Prise d'Orange' (chanson de geste). Dès la fin du XIIe siècle, des trouvères ou simplement des copistes eurent l'idée de regrouper dans un même manuscrit des poèmes épiques d'époques et d'auteurs différents, dont l'unité était cependant sauvegardée par un héros principal ou par plusieurs personnages du même lignage. Ainsi apparurent les cycles. C'est à l'un des plus célèbres d'entre eux, le cycle de Guillaume d'Orange (Guillaume de Gellone), qu'appartient 'La Prise d'Orange'.

1200         Robert de Boron écrit 'Le Roman de l'histoire du Graal'. Robert de Boron, son oeuvre, s'appuyant sur celle de Chrétien de Troyes et de Robert Wace, marque une évolution du mythe du roi Arthur principalement par sa christianisation. C'est lui qui fait du Graal une relique chrétienne.

1200         vers - Essor du fabliau. Le fabliau est la forme picarde du mot français fableau, dérivé de fable. Le fabliau est essentiellement un conte du XIIIe ou du XIVe siècle destiné à faire rire. Parmi les fabliaux, beaucoup ne sont que des récits plaisants, souvent grossiers parfois même à la limite de la pornographie. La satire vise le plus souvent les nobles, les gens de guerre, le clergé, les moines, les femmes, etc. Le comique repose sur des jeux de mots, sur des quiproquos. D'autres fabliaux, cependant, ne sont que des ingénieuses intrigues destinées à satisfaire la curiosité et à émettre un enseignement moral. Il nous est parvenu environ 150 fabliaux.

1200         vers - Jean Bodel écrit le Jeu de saint Nicolas, Congés. Jean Bodel (1165-1210) fut un trouvère ayant vécu vers la fin du XIIe siècle à Arras. Ce poète a écrit un certain nombre de chansons de geste en ancien français.

1200         Le monde paysan. Le paysan libre et sa famille sont installés sur une terre louée à un seigneur, la tenure. Les menaces de guerre l'obligent régulièrement à se réfugier au château. Durant les mois d'hiver, les paysans restent dans leurs chaumières, faites de pierres et de bois, et recouvertes d'un toit de chaume. En général, elles ne sont constituées que d'une pièce. On se tient la plupart du temps près de la cheminée, source de chaleur et de lumière. Dans le fond, une grande paillasse fait office de lit unique. Les bêtes sont parquées dans une salle attenante, la chaleur animale s'ajoutant ainsi à celle du foyer. Le pain est la base de l'alimentation. Cuit dans le four du seigneur, il est bis, mêlé de froment et de son - ce qui lui donne une couleur brune, peu appréciée par la noblesse. Quotidiennement une soupe de légumes, souvent de chou, mijote dans la marmite, laissée dans l'âtre. Manger de la viande est rare. Parfois du Lard vient améliorer l'ordinaire. Le cochon est une véritable richesse. Engraissé de glands à l'automne dans les forêts du seigneur, il sera tué entre la Toussaint et Mardi gras. L'absence de mouches à cette période est la garantie d'un meilleur début de conservation dans le sel. Les travaux des mois. Avec le retour des beaux jours, les paysans peuvent de nouveau s'occuper du jardin potager et préparer les semailles. Le moment est venu de tondre les moutons. Le berger leur fait traverser plusieurs fois la rivière pour bien nettoyer leur toison avant de couper la laine à l'aide de gros ciseaux à ressort, les forces. En juin ou juillet, l'herbe a bien poussé et les paysans commencent les foins. L'herbe coupée, bien séchée au soleil puis engrangée, nourrira les bêtes durant tout l'hiver. Septembre est le mois des vendanges. C'est un dur travail mais aussi une grande fête. Les raisins sont rassemblés dans une grande cuve en bois. Hommes et femmes, pieds nus, les foulent en dansant pour en extraire le jus qui, quelques mois plus tard, donnera un bon vin. Les champs ne sont pas tous cultivés. Un sur trois est laissé en jachère. Les blés, coupés à la faucille, sont battus sur l'aire du village, pour faire tomber les grains des épis. Une partie est réservée aux futures semailles, l'autre, portée au moulin du seigneur, donnera de la farine. Mais les menaces de guerre incitent les paysans à ne semer que le minimum et à partir à la première alerte se réfugier en un lieu sûr, fortifié le château, l'abbaye ou la ville. Les récoltes restent médiocres, sensibles aux variations climatiques. A plusieurs reprises des disettes ravagent le pays.

1200         Vivre à Paris. La ville s'est beaucoup développée depuis le XIIIe siècle. Elle représente une forte puissance économique et abrite de nombreux intellectuels. De nouvelles fortifications la protègent. La ville s'agrandit. Charles V fait construire autour de Paris une nouvelle enceinte plus grande qui protège les faubourgs. Aux portes de la ville la circulation des hommes et des marchandises est contrôlée. La nuit, les entrées sont closes et de lourdes chaînes sont tendues en travers de la Seine. Certaines portes sont plus célèbres que d'autres. Au nord, celle de Saint-Denis s'ouvre sur la route de l'abbaye du même nom. À l'est, celle de la Bastille est une vraie forteresse. Elle peut contenir une garnison utile en cas de révolte urbaine, et le roi peut y trouver refuge s'il fuit discrètement vers Vincennes. La rive gauche de la Seine est occupée par les lettrés, c'est le quartier Latin. Les étudiants viennent de loin, bien souvent de l'étranger, pour recevoir l'enseignement de l'université de Paris. Son diplôme est le gage d'un avenir brillant au service de l'Église ou d'un prince. On y professe le droit, la médecine, la théologie, et les sept arts libéraux : la grammaire, la rhétorique ou art de bien parler, la dialectique ou art de la discussion, l'arithmétique, la musique, la géométrie et l'astronomie. Comme les chambres chez l'habitant reviennent très cher, les étudiants les plus modestes s'installent dans des collèges fondés par les ordres religieux. La vie et la discipline y sont très strictes. La rive droite de Paris appartient aux artisans et aux marchands. Certains sont très puissants. Ils fournissent au roi et à sa cour les produits nécessaires à une vie luxueuse : viandes, épices, vins, draps, tapisseries, pièces d'orfèvrerie... Pour se défendre auprès de l'administration royale, ils élisent un prévôt des marchands. Les membres d'une même profession sont regroupés en "métiers". Ces associations organisent le travail entre maîtres, compagnons et apprentis. Elles assurent une solidarité entre tous. Chaque métier a sa propre juridiction et son saint protecteur : saint Éloi est le patron des orfèvres, saint Luc celui des peintres et des sculpteurs, appelés "les imagiers". L'atelier des artisans fait aussi office de boutique ouverte sur la rue - ce qui facilite les contrôles et garantit un travail honnête.

1200         Des divertissements violents. En ces temps mouvementés, les seigneurs restent avant tout des guerriers et aiment les jeux physiques et dangereux. Les codes de la chevalerie régissent les rapports entre joueurs. Les seigneurs cherchent à s'illustrer dans les tournois. Ces jeux militaires contribuent à l'apprentissage puis à l'entraînement à la guerre. Ce sont de grandes fêtes organisées sur deux ou trois jours. Le sol de la lice est constitué de terre et de sable, arrosé d'eau pour limiter la poussière. Les dames sont à l'honneur. Annoncée par les hérauts, chacune conduit son chevalier, revêtu d'une armure de parade et portant ses couleurs, dans la lice. Dans Le combat à la lance, les adversaires doivent se désarçonner et ensuite s'affronter à pied à l'épée ou à la hache. Les jeux de stratégie font partie de l'éducation du jeune noble. On s'affronte aux dames, au trictrac, à la marelle, mais surtout aux échecs. Les plateaux sont, la plupart du temps, faits de bois de couleur, les pions et les figurines sculptés dans l'os ou l'ivoire. Pour les plus riches, ces jeux peuvent être taillés dans des pierres de couleur ou dans du cristal de roche. Lors d'une partie, chacun doit se comporter noblement, avec modération et galanterie. Les jeux d'argent et de hasard, comme les dés, n'ont pas bonne réputation, mais suscitent un grand engouement. Sport princier par excellence, les chasses à courre ont lieu dans les vastes forêts royales de Vincennes et de Compiègne. Il y est interdit de braconner. On y trouve des cerfs, des renards, des sangliers et même des loups. L'animal est poursuivi par la meute et les piqueurs, qui guident les chasseurs en sonnant du cor. Le sanglier est particulièrement dangereux, car il peut faire soudain volte-face et attaquer ses poursuivants à coups de boutoir mortels. Le cavalier, muni d'une courte épée, doit le tuer, tout en protégeant son cheval. La chasse au vol a la préférence des dames. Dressés pour s'envoler du poing, les faucons fondent sur des pigeons ou des la pins.

1200         Les grands banquets. Le roi et musique, décoration et mets raffinés doivent éblouir les invités. Les grandes dates du calendrier chrétien (Noël, Pâques, la Pentecôte...) ou les événements familiaux (mariage, baptême...) fournissent de nombreuses occasions d'organiser un banquet. Le roi et les princes en profitent pour impressionner leurs invités par un étalage de luxe. Les murs de la salle choisie pour la réception sont parés des plus belles tapisseries. Dans un coin, un dressoir accueille les plus somptueuses pièces d'orfèvrerie du service de la boisson: gourdes, aiguières et bassins. À table! On dresse la table devant la cheminée, en posant une planche sur des tréteaux, le tout recouvert d'une nappe blanche. Les invités prennent place du même côté. Le plus noble d'entre eux s'assoit dans une chaire surmontée d'un dais orné de ses armoiries. S'il est roi ou prince, une nef de table sera posée devant lui. Cet objet en forme de bateau conserve un couvert personnel à l'abri des poisons. Il s'agit d'un couteau, d'une cuillère et d'un gobelet ou d'un hanap. Il n'y a pas d'assiette. La viande est piquée avec un couteau à lame pointue puis découpée sur un tranchoir que l'on se partage à deux. Les maîtres queux ont préparé des plats extraordinaires présentés avec art pour éblouir les convives. Les volailles, par exemple, ont le bec et les pattes dorés. Les mets sont accompagnés de sauces relevées par des épices coûteuses rapportées d'Orient comme le poivre, Le gingembre, la cannelle ou encore le safran. L'écuyer tranchant, muni de son bâton, ordonne aux pages d'apporter les plats qui seront tous disposés sur la table. Les invités ne peuvent goûter à tout. Ils ne doivent se servir que dans les plats situés devant eux. Les officiers de bouche coupent la viande avecart, tandis que l'échanson, responsable du service de la boisson, choisit le vin du maître. Il le coupe avec de l'eau et vérifie qu'il n'a pas été empoisonné. Régulièrement des acteurs et des musiciens viendront divertir l'assistance.

1200         Une grande piété. La futilité de la mode et des divertissements cache une grande ferveur chrétienne. Le temps est aux épreuves et les hommes se tournent vers Dieu pour trouver du réconfort. La religion fait partie de la vie quotidienne. Dans chaque demeure, un espace est dédié à la prière. Les plus pauvres se recueillent simplement autour d'une image pieuse ou d'une croix, les plus riches dans une chapelle ou un oratoire. Tableaux, statuettes ou objets d'orfèvrerie à caractère religieux sont eux aussi autant de supports à la prière. Le seigneur comme te bourgeois peut en emporter dans ses déplacements. Le fidèle fortuné se tourne vers Dieu plusieurs fois par jour et trouve dans son livre d'heures une prière adaptée à chaque moment. Cet ouvrage est illustré de scènes de la vie du Christ et des saints. En ces temps de guerre, d'épidémies de peste et de famines, les hommes se tournent vers la religion avec l'espoir que Dieu entendra leurs prières. L'art religieux met l'accent sur les souffrances et la douleur de son fils Jésus-Christ dans les scènes de la Passion. Elles rappellent le fondement de ta foi : le Christ est Dieu fait homme, descendu sur ta Terre pour racheter les péchés des hommes. Chacun doit se repentir de ses fautes s'il veut entrer au paradis après sa mort. Les reliques, conservées dans des reliquaires, sont tout particulièrement vénérées. Ce sont des parties du corps d'un saint, un objet lui ayant appartenu, ou ayant servi à son supplice. Les fidèles trouvent dans ces reliques une aide à la prière. Depuis le règne du roi Saint Louis, Paris possède les plus sacrées : la couronne d'épines du Christ et un morceau de la croix sur laquelle il fut crucifié. Elles sont abritées au sein de la Sainte-Chapelle construite dans l'île de la Cité dans ce but. Le pèlerinage est un voyage, à pied ou à cheval, seul ou en groupe, vers un lieu sacré dans lequel sont conservées des reliques. Le pèlerinage n'est pas obligatoire mais permet d'affirmer sa foi. Les motivations diffèrent d'un individu à l'autre demande de guérison ou d'un pardon à Dieu, remerciement pour un heureux événement... Ces pèlerins partent peu chargés : un manteau, une besace en bandoulière, un bâton et un grand chapeau suffisent. Ils se rendent en France à Saint-Denis, Tours, Vézelay, Conques, Toulouse... Certains vont même à Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, à Rome, ou à Jérusalem.

1200         invention de la loupe par Robert Grossetête. Robert Grossetête ou Grosseteste est un érudit anglais, franciscain, évêque de Lincoln, né vers 1175 et mort en 1253. Dans son ouvrage De luce, Robert Grossetête présente la lumière (lux) comme à l'origine de toute chose: la lumière visible (lumen), la chaleur, la matière. Il développe la théorie selon laquelle tout le monde physique peut se décrire par de la géométrie. S'appuyant sur les traités d'optique d'Ibn al-Haytham, il étudie les rayons directs, les rayons réfléchis, les rayons déviés. Il s'intéresse à la formation de l'arc-en-ciel (De iride) et travaille sur les lentilles et les miroirs. Il découvre ainsi que les lentilles, non seulement ont la propriété de pouvoir mettre le feu, mais aussi peuvent servir plus simplement de loupe. Il étudie la réfraction de la lumière à travers un récipient sphérique rempli d'eau (De natura locorum). Il est à l'origine d'une règle (imparfaite) sur la notion de réfraction : "l'angle de réfraction est égal à la moitié de l'angle d'incidence".

1201         Philippe Auguste accepte de se séparer d'Agnès de Méranie, qu'il envoie à Senlis.

1201         20 juillet Mort d'Agnès de Méranie.

1202         Début de la quatrième croisade (Jusqu'en 1204). La quatrième croisade, de 1202 à 1204, prêchée par Foulques de Neuilly sous le pontificat d'Innocent III, fut dirigée par Baudouin IX, comte de Flandre, Villehardouin, sénéchal de Champagne Boniface II, marquis de Montferrat, et Enrico Dandolo, doge de Venise. L'armée des chrétiens n'alla pas plus loin que Constantinople. Elle en chassa d'abord l'usurpateur Alexis l'Ange (1203), et plaça sur le trône Alexis le Jeune; l'année suivante, elle reprit Constantinople sur un nouvel usurpateur, Ducas Murtzuphle, mais cette fois ses chefs se partagèrent l'empire grec : Baudouin eut le titre d'empereur; les Vénitiens s'emparèrent des plus belles stations maritimes.

1202         à 1204 - Quatrième croisade, qui fut prêchée par Foulques de Neuilly, curé de Neuilly-sur-Marne. La couronne n'y prit pas une part active. Elle eut pour chefs Baudouin IX, comte de Flandre, Boniface, marquis de Montferrat et Simon de Montfort. Baudouin comptait sur la marine vénitienne pour le transport de ses troupes, mais le doge Dandolo exigea pour prix de son aide que Baudouin fasse au profit des Vénitiens la conquête de Zara, en Dalmatie. Une deuxième cause le détourna de sa route. Isaac II Ange, empereur d'Orient, que son frère Alexis III venait de détrôner en 1195, sollicita son appui pour reprendre le trône. La croisade se dirigea donc sur Constantinople dont elle s'empara, et rétablit Isaac (1203). Celui-ci ayant été assassiné quelques mois après, Baudouin fut proclamé par ses troupes, empereur de Constantinople (1204). Ce fut l'empire latin de Constantinople qui dura jusqu'en 1261, époque à laquelle les princes byzantins de la famille des Comnène recouvrèrent le trône; ce nouvel empire durera cinquante-sept ans. Pendant ce temps, de nombreux seigneurs croisés avaient reçu en fiefs des territoires situés en Grèce, en Bulgarie et en Roumanie, et qui restèrent longtemps dans la famille de certains d'entre eux. Un des croisés, Geoffroi de Villehardouin, s'est immortalisé par le récit qu'il a laissé de la conquête de Constantinople par les croisés, et qui est un des plus anciens monuments de la prose française. Il avait reçu de grands biens en Roumanie. L'empire latin de Constantinople a été instauré suite à la quatrième croisade en 1204 et dure jusqu'en 1261.

1202         avril Confiscation de l'Aquitaine à Jean Sans Terre par Philippe Auguste.

1202         juin Philippe Auguste envahit la Normandie.

1202         juin Arrivée des troupes croisées à Venise.

1202         Le doge de Venise demande aux Croisés de l'aider à reprendre Zara. Zara, port de l'Adriatique appartenant au roi de Hongrie.

1202         1er octobre Départ des armées croisées de Venise.

1202         24 novembre Prise et Pillage de Zara (hongroise) par les Croisés.

1202         Le pape excommunie les Vénitiens pour la prise de Zara.

1202         Alexis IV demande de l'aide aux Croisés pour récupérer le trône de Constantinople aux mains d'Alexis III. Alexis IV Ange, né vers 1182, mort en 1204 à Constantinople, empereur byzantin (1203-1204), fils d'Isaac II. Il est enfermé par son oncle Alexis III, qui a détrôné son père. Il réussit à s'évader et conclut une alliance avec les chefs de la quatrième croisade, pour rétablir son père sur le trône. En échange de l'aide des Croisés, il promet de rétablir l'union religieuse avec Rome et d'aide les Latins dans leur lutte contre les Turcs. Après le siège de Constantinople en 1203 et la prise de la ville, Isaac II est rétabli sur son trône et Alexis IV devient co-empereur. Il heurte l'opposition du peuple byzantin en pratiquant une politique favorable aux Latins. Il est renversé par Alexis V Doukas, gendre d'Alexis III. Emprisonné, il périt étranglé.

1202         Fibonacci utilise les chiffres arabes dont le zéro. Fibonacci, Leonardo Pisano (Léonard de Pise) plus connu sous le surnom de Fibonacci (v.1170-v.1250) est né en Italie à Pise mais a été éduqué en Afrique du Nord. Son père gérait les marchés de la république de Pise en Algérie, Tunisie, Maroc,... Il introduit par la suite en Europe le système de notation Arabo-Indien. Ce système est bien plus puissant que la notation romaine et Fibonacci en est pleinement conscient. Cependant, ce système a eu de la peine à s'imposer avant plusieurs siècles.

1203         Jean sans Terre capture Arthur Ier de Bretagne et l'assassine. A la nouvelle de l'assassinat d'Arthur, fils posthume de Geoffroy V d'Anjou, les Bretons, ses sujets, se soulevèrent. Philippe Auguste cita Jean Sans Terre à comparaître devant sa cour pour être jugé.

1203         16 avril Entrée de Philippe Auguste dans Rouen.

1203         24 juin Arrivée des armées croisées devant Byzance.

1203         17 juillet Prise de Byzance par les Croisés.

1204         janvier Alexis V rejette l'ultimatum croisé, concernant leur promesse de rétribution. Alexis V Doukas, surnommé Murzuphle est un empereur byzantin mort en 1204. Il épouse Eudoxie Ange, troisième fille d'Alexis III. Il renverse Isaac II et Alexis IV en février 1204. Mais, il ne peut défendre Constantinople contre les croisés de la quatrième croisade, qui s'emparent une deuxième fois de la ville le 12 avril 1204. Alexis V s'enfuit et rejoint son beau père Alexis III. Après l'avoir bien accueilli, celui-ci lui fait crever les yeux et l'emmène avec lui en Asie Mineure. C'est là qu'en novembre 1204, il est prit par les Latins et amené à Constantinople, ou l'on le précipite du haut de la colonne de Théodose.

1204         6 mars Philippe Auguste s'empare de Château-Gaillard.

1204         31 mars Mort d'Aliénor d'Aquitaine. C'est à l'abbaye de Fontevraux, où elle s'est retirée, que meurt la reine de France et d'Angleterre, épouse successive de Louis VII le Jeune et de Henri II d'Angleterre.

1204         12 avril Début de l'assaut des Croisés contre Constantinople.

1204         13 avril Prise et pillage de Constantinople par les Croisés marquant la fin de la quatrième croisade. L'empire byzantin est partagé : un quart pour le nouvel empereur, trois quarts pour Venise et les chevaliers. Isaac II Ange à nouveau renversé, les Croisés prennent Constantinople et la mettent à sac. Démembrement de l'Empire : Fondation de l'Empire latin de Constantinople. Baudouin Ier, empereur; La Morée française; Le duché d'Athènes à Othon de la Roche; Le royaume de Thessalonique à Boniface de Montferrat; L'Ionie à Venise; Le despotat d'Épire à Michel-Ange Comnène; L'Empire grec de Trébizonde à Alexis Comnène. Début du règne de Théodore Lascaris, empereur grec de Nicée (Bithynie, Lydie, Phrygie, Archipel (fin en 1222). Venise fonde un empire maritime en Crète, Messénie, mer Noire et s'empare de l'île de Samothrace. La mer Noire est ouverte au commerce occidental. Constantinople, pillé et brûlée, est désertée par sa population qui ne reviendra qu'en 1261. Isaac II Ange (1155 † 1204) est un empereur byzantin (1185-1195 et 1203-1204), fils d'andronic Ange et d'euphrosyne Kastamonides. C'est un arrière petit-fils d'alexis Ier Comnène.

1204         18 juin La Normandie redevient française. Philippe Auguste, roi de France, vainc à Rouen le souverain anglais Jean sans Terre et peut ainsi prendre possession de la Normandie. Dès 1202, Philippe Auguste avait confisqué les terres de Jean, ce qui avait donné naissance à ce sobriquet peu flatteur. Le roi de France avait frappé un grand coup en prenant le célèbre Château Gaillard construit par Richard Coeur de Lion. Philippe Auguste s'emparera ensuite par les armes de l'Anjou et de la Touraine.

1205         La Cour prononça la confiscation des biens de la couronne d'Angleterre en France: Normandie, Maine, Anjou, Touraine, Poitou, pendant que le pape Innocent III frappait Jean Sans Terre de déchéance et chargeait Philippe d'exécuter sa sentence et de s'emparer de la personne dit criminel. Philippe Auguste faisait ses préparatifs de guerre dans ce but, lorsque Jean Sans Terre fit acte de soumission envers le pape, qui ordonna à Philippe Auguste de s'en tenir là. Mais des troupes anglaises, en France, n'en continuaient pas moins à désoler les campagnes.

1205         Conquête de la Touraine et de l'Anjou par Philippe Auguste.

1206         Annexion de la Touraine, du Maine et de l'Anjou sur les Plantagenêt.

1206         Qûtb ud-Dîn Aibak fonde le sultanat de Dehli. Gouverneur du territoire de Delhi depuis sa conquête par Muhammad Ghûrî, Qûtb ud-Dîn Aibak se proclame le Sultan et fonde la dynastie des esclaves. Ancien esclave passé au service de Ghûrî, il avait connu une ascension fulgurante et son talent de colonel lui avait donné toute la confiance de ce dernier. Le sultanat de Delhi règnera sur l'Inde pendant un peu plus de trois siècles. Qutb ud-Dîn Aibak est un gouverneur de l'Inde musulmane, puis premier sultan de Delhi (1206-1210) et fondateur de la dynastie des Esclaves, également connue sous le nom de dynastie de Muizzî.

1207         Raymond VI, comte de Toulouse est excommunié pour sa passivité à l'égard des Cathares. Raymond VI de Toulouse, né en 1156, il est le descendant Raymond IV, principal acteur de la première Croisade en Terre Sainte, et a été de manière involontaire le personnage central de cette période. Comte de Toulouse, dès 1194, duc de Narbonne, marquis de Provence, suzerain de comté de foix, du vicomté de Bézier et de Carcassonne, c'est avec indépendance qu'il "régna" sur ses états du Midi. Marié cinq fois, il avait des liens de parenté, non seuleument avec la France, mais aussi avec l'Aragon en Espagne et en Angleterre. Cathare, il ne l'était pas, pas plus que juif ou musulman. A l'image du Languedoc, il cultivait la tolérance, acceptait la diversité, ca qui lui vaudra le reproche de protéger les cathares. Il mourut excommunié en août 1222.

1207         Geoffroi de Villehardouin écrit 'Conquête de Constantinople'. Geoffroi de Villehardouin était un historien et chevalier croisé du moyen âge. De 1207 à 1213 il rédige ses Mémoires intitulées 'Histoire de la conquête de Constantinople' ou 'Chronique des empereurs Baudouin et Henri de Constantinople' y décrivant les événements survenus entre 1198 et 1207. Il y expose en français et non en latin, les événements de la croisade dans un style remarquable. Néanmoins, son point de vue est partial car il a pour objectif de faire l'apologie des chefs croisés. Il laisse donc de côté certains détails dont les raisons du détournement des objectifs initiaux de l'expédition.

1208         janvier Assassinat du légat du pape Pierre de Castelnau par un écuyer du comte de Toulouse. Pierre de Castelnau, cistercien français, légat du pape Innocent III en Languedoc, il tenta vainement d'endiguer l'hérésie cathare. Son assassinat, sur l'ordre Raymond V de Toulouse qu'il avait excommunié, fut la cause du début de la Croisade des Albigeois.

1208         Le pape ordonne la croisade contre les Albigeois sous la conduite de Simon de Montfort.

1208         Robert de Clari écrit Chronique. Robert De Clari, chroniqueur de la conquête de Constantinople.

1209         Commencement de la croisade contre les Albigeois (qui ne prendra fin qu'en 1229). Les Albigeois étaient une secte hérétique, fondée aux environs d'Albi et dont les doctrines se propageaient rapidement dans tout le Midi de la France : on les appelait aussi cathares, d'un mot grec qui signifie purifiés. Les Albigeois comptaient parmi leurs plus puissants protecteurs Raymond VI, comte de Toulouse, Roger, vicomte de Béziers et le propre roi d'Aragon, Pierre. En 1208, quelques-uns de ces hérétiques assassinèrent, sur les terres de Raymond VI, un moine de Cîteaux, légat du pape, nommé Pierre de Castelnau ; chargé d'enquêter sur leurs doctrines qui d'ailleurs étaient jugées hérétiques et dangereuses pour l'État. Le pape Innocent III ordonna une croisade contre eux. Ce fut surtout le Nord qui fournit le personnel volontaire de l'expédition ; l'antipathie des gens de langue d'oil contre ceux de langue d'oc vint renforcer le sentiment religieux des rudes barons du Nord. La croisade avait à sa tête Simon de Montfort, un des hommes de guerre les plus cruels de son temps, et son fils Amaury. Les croisés s'emparèrent de Béziers dont les habitants furent passés au fil de l'épée, saccagèrent Carcassonne, battirent les Albigeois à Muret (1213) et mirent le siège devant Toulouse; Simon de Montfort y fut tué d'une pierre lancée du haut des remparts par une femme, et qui lui enleva le sommet du crâne. Les femmes en effet contribuèrent vaillamment à la défense, en accablant de pierres les assiégeants (1218). Son fils Amaury lui succéda et continua la guerre; plus tard, il céda ses droits et ses conquêtes à Louis VIII, fils de Philippe Auguste, qui vit là une occasion de réunir effectivement sous son sceptre des provinces qui jusqu'alors ne tenaient à la couronne que par un lien assez lâche de vassalité. Cette guerre ne se termina que pendant la régence de Blanche de Castille. Cathares, adeptes d'un mouvement religieux dualiste médiéval. Les adeptes de ce mouvement se nommaient eux-mêmes "Bons Hommes", "Bonnes Femmes" ou "Bons Chrétiens", mais étaient appelés "Parfaits" par l'Inquisition, qui désignait ainsi les "parfaits hérétiques", c'est-à-dire ceux qui étaient ordonnés et faisaient la prédication, par opposition aux simples "fidèles" hérétiques. Principalement concentré dans le Midi de la France, le catharisme subit une violente répression armée à partir de 1209 lors de la croisade contre les Albigeois puis, durant un siècle, la répression judiciaire de l'Inquisition. La théologie cathare n'est qu'un travail de recherche scripturaire, centré sur l'Évangile selon Jean, dont les rapports avec la gnose et le docétisme sont manifestes. Les cathares poussent à l'extrême le sens du message des Écritures. Ils formulent la croyance dans l'existence de deux mondes, l'un bon et l'autre mauvais. Le premier, le monde invisible, attribué aux créatures éternelles, est l'oeuvre de Dieu le Père ; le second, visible et corruptible, est l'oeuvre du diable. Désirant exempter Dieu du mal constaté dans le monde matériel, les cathares échafaudent leur propre système de croyances, variable selon les périodes et les aires culturelles d'implantation. Catharisme. Doctrine des cathares. Dualiste, elle oppose le Bien (Dieu) et le Mal (la matière). L'homme, soumis à une vie chaste et austère, doit se détacher des biens matériels pour se rapprocher de Dieu. Cette doctrine apparue au XIe siècle dans le Limousin se diffuse bientôt dans le midi de la France. Jugé hérétique au XIIIe siècle, le catharisme est âprement combattu et décimé lors de la "croisade des Albigeois" (1208-1244). Croisade des Albigeois. Cathares de la région d'Albi — d'où leur nom —, les Albigeois prônent une vie austère détachée des biens matériels, ce qui, au début du XIIIe siècle, tranche avec l'opulence du clergé catholique. En 1208, le pape Innocent III prend prétexte de l'assassinat du légat Pierre de Castelnau par un officier de Raymond VI, comte de Toulouse, pour prêcher la croisade contre les Albigeois. Simon de Montfort en prend la tête. Les massacres se multiplient : sac de Bézier (1209), tuerie de Pujols (1213), bataille de Muret (1213)… Après la mort de Raymond VI à Muret et celle de Simon de Montfort en 1218, leurs fils reprennent le flambeau. Il faudra l'intervention du roi Louis VIII et le traité de Paris en 1226 pour pacifier le Languedoc. Les terres conquises par Simon de Montfort sont rattachées à la Couronne, tandis que l'hérésie est neutralisée par la prise de Montségur en 1244. Simon de Montfort, né en 1150, Simon IV le Fort, second fils de Simon III, se distingua en 1202 lors de la quatrième Croisade et, à la demande du pape Innocent III, il partit à la croisade contre les Albigeois, croisade dont il devint le chef en 1209. Il reçut du pape les domaines attenants à Carcassone et à Béziers qui appartenaient alors à Raymond Roger, vicomte de Carcassonne et de Béziers. En 1212, à Castelnaudary, il battit Raymond VI, comte de Toulouse. En 1213, il gagna la célèbre bataille de Muret. Le 30 novembre 1215, le concile de Latran, décida la destitution de raymond VI à son profit, le déclarant à cette occasion comte de Toulouse. C'est lors du siège de Toulouse que Simon de Montfort mourut en juin 1218 dont le flambeau fut repris par son fils Amaury de Montfort.

1209         22 juillet Prise de Béziers et de Carcassonne par les croisés. Massacre de Béziers. L'immense armée, conduite par Simon de Montfort pour réduire l'hérésie cathare, est devant la ville depuis la veille. Les croisés ont exigé de l'évêque Renaud de Montpeyroux que 222 bourgeois hérétiques leur soient livrés pour que la ville soit épargnée. La ville refuse ces conditions. En ce 22 juillet, jour de la Madeleine, quelques soldats catholiques parviennent à forcer une porte. Les chevaliers se précipitent dans la brèche. Le massacre commence dans la ville que, selon un témoin, Pierre des Vaux-de-Cernay “rien ne peut sauver, ni croix ni autel, pas un seul en soit réchappé”. Aux croisés qui s'inquiètent de ne pouvoir distinguer les hérétiques de ceux qui ne le sont pas, Arnaud Amaury, abbé de Cîteaux, crie : “Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens”. Il y a au soir 7 000 morts dans Béziers.

1210         Raoul de Houdenc écrit 'Méraugis de Portlesguez'. Raoul de Houdenc, trouvère probablement originaire du village de Houdenc en Bray, près de Beauvais. Disciple et imitateur de Chrétien de Troyes, il est semble-t-il devenu moine après une vie mondaine de jongleur. D'autres sources lui attribuent une vie pauvre et errante après des études de clerc. Connu à son époque comme moraliste, il est l'auteur de 'Méraugis de Portlesguez', roman arthurien qui marque le passage du roman épique au roman allégorique dont il contribua à faire le succès.

1210         Fondation de l'Ordre des Franciscains. L'ordre franciscain, ou ordre des frères mineurs (o.f.m. - ordo fratrum minorum), est né en Italie sous l'impulsion de François d'Assise en 1210. Franciscains. Moines de l'ordre mineur de frères laïcs mendiants fondé par saint François d'Assise en 1210, sur les principes rigoureux de l'humilité totale et de la pauvreté extrême. Les franciscains ont une mission de prédication itinérante. Au XIIIe siècle, l'ordre se divise, malgré les tentatives de conciliation de saint Bonaventure, entre les adeptes de la règle de pauvreté originelle et les spirituels, qui jugent la mission d'enseignement incompatible avec la misère matérielle. Malgré ces dissensions, et les diverses branches qui en découlent, les franciscains poursuivent une lutte active contre les hérésies et se répandent rapidement au travers de la chrétienté.

1211         Début du siège de Toulouse par les armées de Simon de Montfort.

1211         Coalition des comtes de Flandre, de Boulogne et Jean Sans Terre contre Philippe Auguste.

1212         Victoire des armées catholiques contre le comte de Toulouse, Raymond VI, à Castelnaudary. Castelnaudary, commune française, située dans le département de l'Aude et la région Languedoc-Roussillon.

1212         Croisade des enfants français et allemands qui précède la cinquième croisade proprement dite. Des milliers de jeunes gens, qui suivent Étienne de Cloyes et le jeune Allemand Nicolas, affluent à Marseille. Ils sont dispersés ou vendus comme esclaves dans les pays musulmans du Maghreb. La Croisade des enfants est une croisade organisée en 1212. Deux croisades des enfants existent, une partie de Cloyes-sur-le-Loir en France sous la direction d'un adolescent d'origine modeste appelé Étienne et l'autre de Cologne sous la direction d'un jeune adolescent de 14 ans nommé Nicolas. La croisade est composée d'adolescents d'origine paysanne qui ont suivi les deux jeunes Étienne et Nicolas qu'ils prenaient pour des prophètes.

1213         mai Soumission de Jean Sans Terre au Pape. Abandon du projet d'invasion de l'Angleterre.

1213         12 septembre Victoire des armées catholiques contre le comte de Toulouse, Raymond VI, et le roi d'Aragon, Pierre II d'Aragon, lors de la bataille du Muret. Bataille de Muret eut lieu dans la plaine à 25 km au sud de Toulouse dans le cadre de la croisade des Albigeois entre les troupes du comte Raymond VI de Toulouse et ses alliés occitans comme Raymond-Roger de Foix avec son beau-frère Pierre II d'Aragon, comte de Barcelone opposés à l'ost des chevaliers du nord de la France sous les ordres de Simon IV de Montfort pour le compte de Philippe Auguste. L'Aragon était l'un des royaumes chrétiens qui se partagèrent la Péninsule ibérique lors de la Reconquista. La première émanation de l'Aragon, le comté d'Aragon naquit dans les ruines de la Marche d'Espagne carolingienne, sous la dépendance du royaume de Navarre. Il devint au XIe siècle un royaume rassemblant outre l'Aragon proprement dit, les comtés de Sobrarbe et de Ribagorza. Les rois d'Aragon, participant à la Reconquista, développèrent le royaume hors de son réduit pyrénéen pour le porter sur l'Èbre. Le roi Alphonse Ier le Batailleur conquit Saragosse qui devint la capitale du royaume. L'Aragon atteignit alors ses frontières actuelles, qui sont celles de l'actuelle communauté d'Aragon. Avec le mariage de la reine Pétronille d'Aragon et du comte Raymond Bérenger IV de Barcelone, il devint l'un des royaumes composant la Couronne d'Aragon. Il faut signaler à cet égard que le titre de "roi d'Aragon" désigne souvent non seulement le souverain du royaume d'Aragon, mais aussi et surtout le souverain de la couronne d'Aragon. L'Aragon conserva toutefois son particularisme à l'intérieur de la couronne d'Aragon, grâce à ses cortès (parlement général) et aux pouvoirs étendus de sa noblesse. De plus, l'Aragon était le seul royaume à l'intérieur de la couronne à parler le castillan et non le catalan.

1214         Obligé de suspendre ses préparatifs contre Jean sans Terre, Philippe Auguste s'était retourné contre le comte Ferrand de Flandre qui, quoique étant son vassal, s'était déclaré pour le roi d'Angleterre; Philippe arma pour cette campagne les milices communales grâce auxquelles il devait en sortir victorieux. Ferrand était soutenu par les Anglais et par l'empereur d'Allemagne Otton IV. Malgré ces alliés, Philippe remporta sur lui la célèbre victoire de Bouvines. Les Anglais avaient été, la veille même de ce jour, battus à la Roche-aux-Moines par le fils de Philippe Auguste. Ferrand de Flandre ou Ferdinand de Portugal ou de Bourgogne, dit Ferrand de Flandre (° 1188 - † Noyon, 27 juillet 1233). Comte de Flandre 1215 - 1233 par son mariage avec le comtesse Jeanne de Constantinople. Otton IV du Saint-Empire, Othon IV de Brunswick, né en Normandie en 1174 ou 1182, décédé à Harzburg en Saxe en 1218, empereur romain germanique de 1198 à 1218. Fils d'Henri le Lion duc de Bavière et de Saxe. En 1212, il épouse Béatrice de Hohenstaufen (1198-1212). En 1208, il assassine son rival Philippe de Souabe et se fait couronner par le pape Innocent III. Excommunié par Innocent III (1210), qui soutenait la candidature de Frédéric II du Saint-Empire, il fut défait à Bouvines (27 juillet 1214) par Philippe Auguste et ne conserva que le Brunswick.

1214         25 avril : naissance de Louis IX dit saint Louis, futur roi de France. Louis IX de France, plus connu sous le nom de saint Louis, est né le 25 avril 1214 ou 1215 à Poissy Yvelines, et meurt le 25 août 1270 à Tunis. Il fut roi de France de 1226 à 1270, neuvième de la dynastie des Capétiens directs.

1214         2 juillet Victoire de Philippe Auguste sur Jean Sans Terre à la Roche-aux-Moines. Le prince Louis (futur Louis VIII), fils du roi de France Philippe Auguste pousse le roi d'Angleterre Jean sans Terre à une retraite précipitée. Quelques jours plus tard, une nouvelle victoire française à Bouvines sonne la fin du conflit entre le roi de France et son vassal anglais. Bataille de la Roche-aux-Moines, en 1214, Jean sans Terre, alors roi d'Angleterre, allié à l'empereur du Saint-Empire romain germanique Otton IV du Saint-Empire, attaque le royaume de France. Ils ont pour objectif Paris. Pendant que les Anglais attireraient les Français au sud, les impériaux auraient le champ libre et pourraient attaquer la capitale par le nord.

1214         27 juillet Victoire de Philippe Auguste à Bouvines sur la coalition Boulogne-Flandre-Othon. “Il est interdit d'assaillir son ennemi depuis la neuvième heure du samedi jusqu'à la première heure du lundi”, a décrété le concile d'Elne en 1027. En dépit de cet interdit, en ce dimanche 27 juillet 1214, Otton IV du Saint-Empire, empereur du Saint Empire romain germanique attaque. Combat violent, acharné, intense. Philippe II de France, qui veut une victoire absolue s'engage lui-même dans la mêlée au risque d'être pris, blessé, tué peut-être. Sa fougue redouble l'ardeur de ses hommes. En trois heures, tout est joué. La victoire est sans appel. Dans les rangs des chevaliers français, seuls dix sont morts. Le rex christiannissimus, le roi très chrétien Philippe II qui vient de l'emporter à Bouvines prend le titre de Augustus, Philippe Auguste. Elle opposa les troupes royales françaises de Philippe Auguste, renforcées par les milices communales soutenues par Frédéric II du Saint-Empire, rival d'Othon IV pour la couronne impériale aux troupes coalisées d'Othon IV et les comtes de Flandre, Ferrand - fils cadet du roi de Portugal - et de Boulogne, Renaud de Dammartin et le comte de Frise Guillaume le Velu. Les coalisés étaient principalement financés par l'Angleterre. Pourtant, le roi d'Angleterre Jean sans Terre était absent lors la bataille. Il avait été mis en déroute à La Roche-aux-Moines près d'Angers le 2 juillet 1214 par le prince Louis, fils du roi de France (futur Louis VIII). La bataille de Bouvines eut lieu le dimanche 27 juillet 1214. Elle opposa les troupes royales françaises de Philippe Auguste, renforcées par les milices communales soutenues par Frédéric II de Hohenstaufen, rival d'Othon IV pour la couronne impériale aux troupes coalisées d'Othon IV et les comtes de Flandre, Ferrand - fils cadet du roi de Portugal - et de Boulogne, Renaud de Dammartin et le comte de Frise Guillaume Ier, dit le Velu. Les coalisés étaient principalement financés par l'Angleterre. Pourtant, le roi d'Angleterre Jean sans Terre était absent lors la bataille. Il avait été mis en déroute à la bataille de la Roche-aux-Moines près d'Angers le 2 juillet 1214 par le prince Louis, fils du roi de France. Selon Jean Favier, Bouvines est "l'une des batailles décisives et symboliques de l'histoire de France". Pour Philippe Contamine, "la bataille de Bouvines eut à la fois d'importantes conséquences et un grand retentissement". Othon s'enfuit et perd sa couronne ; le Saint Empire romain germanique éclate en morceaux. Ferrand de Portugal passa quinze ans en prison au Louvre. Dépossédé de la Normandie, du Maine, de l'Anjou de la Touraine et de la Bretagne depuis 1206, Jean Sans Terre cesse les hostilités contre la France, et regagne l'Angleterre. Pour sauver sa couronne, Jean sans Terre est contraint d'accorder à ses barons la Grande Charte (1215). Du côté français, la dynastie capétienne sort renforcée tandis que les récentes acquisitions de Philippe Auguste sur Jean sans Terre sont consolidées. Contrairement à Jean sans Terre, Philippe Auguste est désormais l'arbitre incontesté au-dessus de ses barons. Le retour de Philippe Auguste à Paris est triomphal; ces festivités seront exploitées par la monarchie pour en faire, non sans abus, l'une des premières manifestations de l'unité nationale. Après Bouvines, la paix dure en France jusqu'en 1337 ; C'est la "grande paix du XIIIe siècle". Frédéric II du Saint-Empire, Frédéric II de Hohenstaufen (26 décembre 1194 à Jesi près d'Ancône - † 13 décembre 1250 à Fiorentino près de San Severo) régna sur le Saint Empire romain germanique de 1220 à 1250. Son règne fut marqué par les conflits avec la papauté et il fut excommunié deux fois. Le pape Grégoire IX alla même jusqu'à l'appeler l'Antéchrist.

1214         18 septembre Traité de Chinon. Les possessions anglaises du nord passent au domaine royal. Bouvines, où le 27 juillet Philippe Auguste a défait les troupes d'Otton IV du Saint-Empire et du comte Ferrand de Flandre alliées à Jean sans Terre, permet la signature de cette paix. Le roi d'Angleterre paye 60 000 livres au roi de France et renonce à l'Anjou, au Maine, à la Touraine, au Poitou. Il garde l'Aquitaine. Un chroniqueur déclare : “Jamais depuis ne fut personne qui osa faire la guerre au roi Philippe, mais il vécut depuis en grande paix et toute la Terre fut en grande paix un grand moment”. Le traité de Chinon est un traité signé entre le roi de France Philippe Auguste et le roi d'Angleterre Jean sans Terre le 18 septembre 1214 à Chinon, après la défaite des coalisés le 27 juillet à Bouvines. Lors de cette bataille, Philippe Auguste brisa une terrible coalition (Angleterre, Flandre, Allemagne), et remporta une victoire décisive sur l'Empereur germanique Otton IV du Saint-Empire, allié au roi d'Angleterre Jean sans Terre, et au comte de Flandre Ferrand. Cette victoire va entraîner l'éclatement de l'empire angevin des Plantagenêts. Jean sans Terre dut évacuer le territoire français et fut contraint par le pape Innocent III d'accepter le traité de Chinon qui consacrait la perte de ses possessions au nord de la Loire : le Berry et la Touraine, avec le Maine et l'Anjou retournaient dans le domaine royal, qui couvrait désormais le tiers du territoire de la France actuelle. Il dut en outre payer 60 000 livres au roi de France. Il ne conservait que l'Aquitaine.

1214         Annexion du Poitou, la Bretagne passe dans le giron français.

1215         Juin : Simon IV de Montfort et Louis le Lion prennent Montpellier, Narbonne et Toulouse. Montfort est institué comte de Toulouse par le concile du Latran IV le 11 novembre. La garde du marquisat de Provence est confiée au pape pour le comte mineur, Raymond VII de Toulouse. Raymond VII de Toulouse, Raymond VII (IX) de Saint-Gilles, (né en juillet 1197 à Beaucaire - mort le 27 septembre 1249 à Millau), comte de Toulouse, duc de Narbonne et marquis de Provence.

1215         15 juin La Magna Carta. Les barons anglais imposent au roi d'Angleterre Jean sans Terre un traité appelé Magna Carta ou Grande Charte. Par ce traité, la noblesse anglaise s'assure le respect des coutumes et des droits féodaux. Le roi s'engage notamment à ne pas lever d'impôts extraordinaires sans l'accord du Grand Conseil. La Grande Charte, première limitation imposée au pouvoir monarchique, est à la base de la tradition constitutionnelle anglaise. Magna Carta, La Grande Charte est une charte de 63 articles arrachée par le baronnage anglais au roi Jean sans Terre le 15 juin 1215 après une courte guerre civile notamment marquée par la prise de Londres, le 17 mai, par les rebelles. Les barons étaient excédés des exigences militaires et financières du roi et de ses échecs répétés en France à Bouvines et à La Roche-aux-Moines. Ce texte limite l'arbitraire royal et établit en droit l'habeas corpus qui empêche, entre autres, l'emprisonnement arbitraire. Il garantit les droits féodaux, les libertés des villes contre l’arbitraire royal et institue le contrôle de l’impôt par le Grand Conseil du Royaume. L'archevêque de Cantorbéry, Langton défend ardemment les barons, son nom restant le premier à avoir été apposé en qualité de témoin de la Grande Charte.

1215         1er novembre : Ouverture du concile du Latran IV après 2 ans et demi de préparation. Ce concile du Latran IV organise la cinquième croisade, impose aux chrétiens de se confesser et de communier une fois l'an et impose le port d'un vêtement particulier aux juifs et aux musulmans et leur interdit toutes charges publiques. Il consacre aussi la suzeraineté pontificale sur la Sicile et l'Angleterre et décrète la centralisation de l'administration de la papauté dont le prestige est à son zénith. Le quatrième concile oecuménique du Latran (souvent surnommé Latran IV) est le douzième concile oecuménique de l'Église catholique. Il est tenu à Latran en 1215 sur l'initiative du pape Innocent III.

1215         Fondation de l'Ordre des Dominicains. Dominicain, l'Ordre des Prêcheurs, plus connu sous le nom d'Ordre dominicain est né sous l'impulsion de Dominique de Guzman (saint Dominique) en 1215. Cet ordre catholique appartient, comme l'ordre franciscain, à la catégorie des ordres mendiants. Suivant en partie la règle d'Augustin d'Hippone, héritée des Prémontrés, il s'est donné pour mission l'apostolat et la contemplation. Sa devise est Veritas (la vérité). Une autre de ses devises, issue des Actes des Apôtres, et reprise par Thomas d'Aquin, est "annoncer ce que nous avons contemplé". Les dominicains ne sont pas des moines mais des religieux : ils font voeu de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, mais non de stabilité. Ils vivent dans des couvents et non dans des abbayes. Leur vocation étant de prêcher au monde, leurs couvents sont souvent dans des grandes villes. Dominicains. Frères prêcheurs de l'ordre catholique mendiant fondé par saint Dominique en 1215. Leur mission première est l'apostolat, par la prédication et l'enseignement, et, en ces temps d'hérésie, ils participent à l'Inquisition et à la lutte contre les Cathares. Au XIIIe siècle, saint Thomas d'Aquin, frère dominicain, élabore la doctrine de l'ordre. Supprimé par la Révolution, il est rétabli en 1843 par Lacordaire.

1216         19 octobre Mort de Jean sans Terre et début du règne de Henri III d'Angleterre (fin en 1272). Le prince héritier du trône de France, Louis (futur Louis VIII), débarque en Angleterre et essuie une défaite à Lincoln. Lincoln est une cité et chef-lieu du comté de Lincolnshire, en Angleterre.

1216         Henri III est couronné roi d'Angleterre. Henri III d'Angleterre, Henri III ou Henri III Plantagenêt (1207 - 1272), fils aîné du roi Jean-sans-Terre et d'Isabelle d'Angoulême fut un roi d'Angleterre au règne long, agité et peu glorieux. Il faut cependant rappeler qu'à cette époque, Louis, fils de Philippe Auguste et futur Louis VIII le Lion, avait été appelé en Angleterre par les barons anglais, qui ne reconnaissaient plus l'autorité de Jean sans Terre. Mais, comme ce dernier mourut, les Anglais se rallièrent au jeune Henri III d'Angleterre. Henri III fut donc couronné à Westminster, en 1216, par les derniers fidèles des Plantagenêt.

1216         Guerre de Succession de Champagne. La guerre de succession de Champagne est un conflit qui opposa au XIIIème siècle deux nobles champenois, partagea la noblesse champenoise et déborda sur les duchés frontaliers. En 1190, le comte de Champagne Henri II quitta son comté pour partir en croisade avec ses deux oncles Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion (sa mère est en effet fille de Louis VII de France et d'Aliénor d'Aquitaine, donc soeur de Philippe par son père et de Richard par sa mère). Il fit jurer aux barons de Champagne de rendre hommage à son frère Thibaud au cas où il mourait pendant la croisade. En Terre Sainte, Henri fut couronné roi de Jérusalem et pour asseoir sa légitimité, épousa la reine Isabelle, veuve de Conrad de Montferrat son second mari, mais son premier mari, duquelle elle avait été contrainte de ses séparer, vivait toujours. Henri II mourut en 1197, après avoir eu trois filles, et son frère devint le comte Thibaud III de Champagne. Ce dernier mourut en 1201 sans enfant, laissant sa veuve Blanche de Navarre, enceinte d'un fils posthume, Thibaut IV. De son côté, un noble champenois vivant en Terre Sainte, Erard de Brienne, seigneur de Ramerupt, cousin de Jean de Brienne, roi de Jérusalem, épousa en 1215 Philippine de Champagne, la troisième fille d'Henri II de Champagne. Il se mit en tête de réclamer le comté de Champagne. Erard et Philippine débarquent en France au début de l'année 1216. De passage au Puy-en-Velay, il est mis en arrestation par les agent du roi de France, mais parvient à s'échapper et se rend en Champagne. Tout de suite, le duc de Lorraine Thiébaud Ier prit fait et cause pour lui. Blanche de Navarre assiège Noyers en avril 1216, où Erard et ses partisans se sont retranchés. Erard accepte la trêve et s'en remet à l'arbitrage du roi de France. Celui-ci ordonne en octobre d'attendre la majorité de Thibaud IV pour faire valoir ses droits. Mais la guerre reprit peu de temps après, et les barons champenois, tous plus ou moins apparentés aux Brienne, abandonnent Blanche pour se rallier à Erard. Il fallu l'intervention du roi de France Philippe Auguste, du duc de Bourgogne Eudes III et de l'empereur Frédéric II du Saint-Empire, pour ramener la paix en Champagne. Frédéric II envahit la Lorraine, prend et incendie Nancy en 1218, fait prisonnier le duc de Lorraine, et l'oblige à retirer son soutient envers Erard de Brienne. Erard renonça à la Champagne le 2 novembre 1221 et Philipine en avril 1222. Henri II de Champagne, (° 29 juillet 1166 † 10 septembre 1197), comte de Champagne (Henri II 1181-1197) et roi de Jérusalem (1192-1197), fils d'Henri Ier, comte de Champagne et de Marie de France.

1217         Simon de Montfort, devenu comte de Toulouse est chassé de la ville par une révolte.

1217         24 août Défaite de la flotte de Louis (futur Louis VIII). Vaincu et pris par les Anglais lors de la Bataille de Sandwich (encore appelée Bataille de South-Foreland), près de Douvres, au cours de laquelle la flotte anglaise battit la flotte française, Eustache le moine, l'un des plus célèbres pirates du XIIIe siècle, eut la tête tranchée.

1217         1er septembre Traité de Kingston. Quelques mois plus tôt, Blanche de Castille est intervenue auprès de son beau-père pour lui demander les sommes nécessaires au Dauphin, son mari Louis VIII, auquel des barons anglais en révolte contre Jean sans Terre ont proposé le trône d'Angleterre. Elle en est presque arrivée au chantage en lui lançant cette menace : “J'ai de beaux enfants, par la Sainte Mère de Dieu ! Je les mettrai en gage, car je trouverai bien quelqu'un qui me prêtera dessus”. Ce à quoi Philippe Auguste a répondu : “Gardez vos enfants et puisez à votre gré dans mon trésor”. Par le traité signé ce jour, Louis (futur Louis VIII), dauphin de France, fils de Philippe Auguste, renonce au trône d'Angleterre contre la somme de 10 000 marcs.

1217         11 septembre Traité de Lambeth mettant fin aux prétentions de Louis (futur Louis VIII) sur le trône d'angleterre.

1217         à 1221 - Cinquième croisade, à laquelle le roi de France resta étranger. Jean de Brienne, héritier du titre de roi de Jérusalem et André II de Hongrie, menèrent contre les Sarrasins d'Égypte une expédition sans résultat. La cinquième croisade, entreprise sous le pontificat d'Honorius III (1217-1221), eut pour chefs Jean de Brienne, roi titulaire de Jérusalem, et André, roi de Hongrie. André fut rappelé dans ses États par la révolte de ses magnais; Jean de Brienne prit Damiette, qu'il fut bientôt forcé de rendre. Jean de Brienne, né vers 1148, décédé vers 1237, roi de Jérusalem (1210-1225), empereur latin de Constantinople (1229-1237), fils cadet d'Erard IV, comte de Brienne et d'Agnès de Nevers (fille de Guillaume III de Nevers). André II de Hongrie, roi de Hongrie (né en 1176– mort le 21 octobre 1235), de la dynastie d'Arpad. Il anima la Ve croisade en 1217. Il s'est autoproclammé roi de Galicie-Volhynie. Un de ses enfants est sainte Élisabeth de Hongrie née en 1207.

1218         25 juin Mort de Simon de Montfort, lors du second siège de Toulouse.

1220         Sacre de Frédéric II du Saint-Empire. Frédéric II du Saint-Empire, Frédéric II Hohenstaufen (26 décembre 1194 à Iesi près d'Ancône - † 13 décembre 1250 à Fiorentino près de Lucera) régna sur le Saint Empire romain germanique de 1220 à 1250. Son règne fut marqué par les conflits avec la papauté et il fut excommunié deux fois. Le pape Grégoire IX alla même jusqu'à l'appeler l'Antéchrist. Il fut le dernier empereur de la famille des Hohenstaufen et après sa mort, il devint légendaire, la stupor mundi (l'émerveillement du monde), au point qu'on attendait même son retour après sa mort (son personnage était alors confondu avec celui de son grand-père Frédéric Barberousse).

1220         Trouvère inconnu écrit 'Huon de Bordeaux'. Chanson de geste qui fait partie des romans carolingiens. Elle a été composée par un trouvère dont on ne connaît ni le nom ni le pays, à une époque où la veine héroïque commençait à s'épuiser, où les contes bretons s'emparaient de la faveur jusque-là réservée aux oeuvres françaises, et où les poèmes d'aventures allaient remplacer. les poèmes dits historiques ou chansons de geste.

1222         à 1282 - naissance et mort de Nichiren, fondateur de la religion bouddhisme japonais, Zennichi-maro dit Nichiren est né le 16 février 1222 dans le village de pêcheurs de Kominato, dans l'actuelle préfecture de Chiba au Japon. Ordonné moine Tendaï à l'âge de 16 ans, il prend le nom de Zesho-bo Renchô. Son voeu d'alors est de devenir la personne la plus sage du Japon. Par ses idées, il est le fondateur du bouddhisme Nichiren appellé aussi parfois école du lotus. Dans un texte célèbre le Risho Ankuko Ron, il envoie des remontrances au gouvernement, lui demandant de supprimer si besoin par la force les nouvelles sectes bouddhistes amidistes et zen, responsables selon lui de la dégénérescence et des calamités survenus au Japon. La loi s'enseigne selon le temps et les capacités des auditeurs, et Renchô estima en cet période de Mappo (dégénérescence de la loi) qu'il fallait revenir à la vénération du sutra du lotus pour donner un enseignement valable pour les périodes modernes. Il mit en avant la seule pratique invocatoire du titre du Sutra du lotus le Daimoku sur le modèle de l'amidisme qui repète le nom du Boudha Amida inlassablement, dans le meme temps il fit un objet de vénération le Gohonzon mandala créé sur le modèle de l'ésoterisme. Le Sutra du Lotus ou Sutra sur le Lotus Blanc du Dharma Sublime est l'un des sutras Mahayana les plus populaires et influents en Extrême-Orient ; il est le fondement des écoles bouddhistes Tiantai et Nichiren. Comme tous les textes bouddhiques, il fut écrit plusieurs siècles après la mort du Bouddha. Selon le traducteur Burton Watson, le Sutra du Lotus pourrait avoir été à l'origine écrit dans un dialecte prâkrit avant d'être plus tard traduit en sanskrit pour lui accorder une plus grande respectabilité.

1222         Proclamation de la Charte du Manden. La Charte du Manden a été conçue par la confrérie des chasseurs du Mandé (au sud de Bamako). Cette déclaration, solennellement proclamée le jour de l'intronisation de Sundjata Keïta comme empereur du Mali, à la fin de l'année 1222. Elle affirme l'opposition totale de la confrérie des chasseurs à l'esclavage qui était devenu courant en Afrique de l'ouest. L'abolition de l'esclavage fût une oeuvre maîtresse de Soudjata Keïta et de l'Empire du Mali. Cette charte peut être considérée comme la première déclaration des Droits de l'Homme.

1223         14 juillet Mort de Philippe Auguste à Mantes. Accablé de fièvres tenaces depuis près d'un an, le roi, âgé de quarante-trois ans, prend, parce qu'il se sent mieux, un copieux repas. Le lendemain, il est au plus mal. On lui administre les derniers sacrements. Le roi veux mourir à Paris. Il meurt sur la route, à Mantes. Pour la première fois dans l'histoire de la royauté, de grandes funérailles sont faites au roi qui vient de mourir. Cet excellent roi avait considérablement fortifié la monarchie; il agrandit le domaine royal de sept provinces: Normandie, Maine, Anjou, Touraine, Poitou, Valois et Vermandois. Il établit en France, divisée par lui dans ce but en bailliages et prévôtés, l'administration directe par la couronne; il adoucit les moeurs violentes du temps, en instituant la trêve appelée quarantaine-le-roi, en vertu de laquelle on ne pouvait tirer vengeance d'une injure avant quarante jours écoulés; il embellit Paris, dont il bâtit les premiers remparts, bâtit l'Hôtel-Dieu et acheva Notre-Dame. Philippe Auguste fut marié trois fois: 1° avec Isabelle de Hainaut; 2° avec Ingeburge de Danemark qu'il répudia pour épouser; 3° Agnès de Méranie, ce qui le fit excommunier.

1223         Louis VIII succède à son père Philippe Auguste qui l'a eu en 1187 d'Isabelle de Hainaut. Il avait guerroyé en Angleterre contre Jean sans Terre, au profit des barons de ce pays, qui l'avaient élu pour leur roi. Mais il fut ensuite défait et rentra en France. Roi de France, il conquit sur les Anglais un certain nombre de places, et prit part à la croisade contre les Albigeois. Il fut surnommé le Lion et mourut en 1226    

1223         LOUIS VIII le Lion (1223-1226)

1223         Louis VIII le Lion. Avant d'accéder au trône, il participe à la lutte contre les Plantagenêts. Il remporte sur Jean sans Terre une victoire à La Roche Aux Moines en 1214. Il poursuit celui-ci jusqu'en Angleterre (1216) où il se voit offrir la couronne par les barons révoltés. Vaincu à Lincoln (1217) il renonce à ses prétentions par le traité de Kingston et se retire avec une forte somme. Il succède à son père, Philippe Auguste, en 1223 et poursuit la lutte contre les Plantagenêts auxquels il enlève le Poitou et une partie de la Gascogne. Après la mort de Simon de Montfort (1218) et la renaissance du Catharisme, il reprend la croisade contre les Albigeois, il s'empare d'Avignon mais ne va pas jusqu'à Toulouse. Malade il meurt sur le chemin du retour.

1223         6 août Louis VIII le Lion est couronné à Reims.

1224         15 juillet Siège de La Rochelle par Louis VIII. Louis VIII, soutenu par Hugues de Lusignac, répond à la demande du roi Henri III d'Angleterre qui exigeait la restitution des biens Plantagenêts en envahissant le Poitou, en prenant Niort, et en assiégeant La Rochelle qu'il va prendre le 3 août.

1224         Louis VIII conquiert le Poitou et le Saintonge.

1225         à 1274 - naissance et mort de Saint Thomas d'Aquin. Théologien italien est le plus connu des philosophes de l'époque médiévale. Alors qu'à la suite des croisades, l'Occident retrouve les oeuvres perdues d'Aristote qu'avaient conservées la civilisation arabe, le chrétien Thomas d'Aquin va tenter de faire la synthèse de la philosophie d'Aristote et du christianisme. Il influencera profondément la scolastique, doctrine qui dominera la philosophie occidentale jusqu'au XVII° siècle, époque où le système s'effondrera avec la naissance des sciences expérimentales. Considéré comme l'un des principaux maîtres de la scolastique et de la théologie catholique, il a été proclamé docteur de l'Église en 1568. Il est aussi appelé "Docteur Angélique" par le clergé. Après saint Augustin (354-430) - et en filiale continuité avec la pensée de l'évêque d'Hippone - Thomas d'Aquin a réalisé au XIIIe siècle la grande synthèse de la raison et de la foi, tentant de concilier la philosophie d'Aristote et la pensée chrétienne. Pour concilier les contradictions entre la philosophie aristotélicienne et la doctrine chrétienne, il sépare les vérités de la raison de celles de la foi, définie comme une adhésion inconditionnelle à la parole de Dieu. La philosophie doit cependant demeurer la servante de la théologie. De son nom dérivent thomisme et thomiste, qualifiant, entre autres, sa philosophie. Le thomisme est devenu la doctrine officielle de l'Église. Le thomisme est un courant philosophique faisant référence à Saint Thomas d'Aquin. Thèses philosophiques défendues par les thomistes : Dieu est acte pur ; l'homme peut saisir l'existence de Dieu à partir des choses visibles ; En philosophie de matière et de forme ; une seule forme substantielle actualise chaque corps physique ; l'individualisation d'un corps est réalisée par une matière déterminée ; les substances séparées sont dépourvues de tout principe d'individuation ; chaque créature est divisée en existence et essence ; Conception de l'homme : distinction dans les substances crées entre nature essentielle et activités de l'étant ; l'âme rationnelle est l'unique forme substantielle de l'être humain individuel. Ces thèses forment un réalisme métaphysique qui s'oppose nettement à l'idéalisme et au positivisme.

1226         9 septembre Louis VIII prend Avignon, et conquit le Languedoc. Avignon, assiégée depuis trois mois par les troupes du roi de France Louis VIII capitule. Le roi reçoit la soumission du Languedoc.

1226         8 novembre Mort de Louis VIII à Montpensier (Auvergne), son fils Louis IX (12 ans) lui succède. C'est une dysenterie aiguë qui emporte le roi en ce jour à Montpensier. Il rentre de la troisième croisade des albigeois. Les médecins, convaincus qu'une trop longue continence sexuelle est la cause du mal du roi, resté fidèle à la reine Blanche de Castille, mettent dans son lit une jeune fille. Lorsqu'au réveil il la découvre, il lui dit : “Non, ma fille, j'aime mieux mourir que de sauver ma vie par un péché mortel”. Louis IX est son successeur.

1226         LOUIS IX (Saint Louis) (1226-1270)

1226         Saint Louis. Louis IX accède au trône à la mort de son père Louis VIII à l'âge de 12 ans. C'est sa mère Blanche de Castille qui assure sa tutelle. Souhaitant mettre fin à la guerre contre les Albigeois elle signe le traité de Paris en 1229 avec le comte de Toulouse. Elle prépare la réunion à la couronne du comté de Toulouse en mariant son fils Alphonse à la fille du comte, Jeanne, fille de Raymond VII de Toulouse. En 1234 la majorité de Louis est déclarée, Blanche, toujours guidée par l'intérêt du royaume, le marie à Marguerite de Provence jeune fille intelligente et d'une grande beauté dont le roi est très amoureux. Elle en devient très jalouse. En 1241 Louis IX doit fait face à la révolte de Hugues de Luzignan soutenu par Henri III d'Angleterre qui débarque sur le continent en 1242. Louis IX le bat à Taillebourg et à Saintes. Une trêve est conclue l'année suivante qui débouchera sur le traité de Paris en 1258 par lequel chacun fera des concessions territoriales. Le roi d'Angleterre renonce aux terres conquises par Philippe Auguste et Louis renonce au Limousin, au Quercy et au Périgord. Il en fera de même avec Jacques Ier d'Aragon la même année à Corbeil, Louis IX renonce aux comtés de Barcelone et du Roussillon et Jacques à tout ce qui est au dessus des Pyrénées (excepté Montpellier dont il était seigneur par son mariage avec la fille de Guilhem VIII). A la suite d'une grave maladie Louis IX fait la promesse de se croiser. La septième croisade est provoquée par la perte de Jérusalem et la défaite des Latins en 1245. Blanche assurera la régence. Marguerite accompagne Louis et embarque à Aiguemorte enceinte, elle refuse de retarder le départ. Après plusieurs mois de préparation à Chypre en vue de l'action sur l'Égypte, les Croisés prennent Damiette en juin 1249 puis ils marchent sur Le Caire ils battent les Musulmans à Mansourah en février 1250 mais son armée est ravagée par la peste. Louis IX couvrant la retraite est fait prisonnier. Il faudra verser une forte somme pour sa libération et restituer Damiette ou son fils Jean Tristan est né. Louis IX et Marguerite se rendront en Palestine et y resteront plusieurs années pendant lesquelles Louis IX fortifiera les villes franques. Une fille, Blanche, naîtra à Jaffa en 1252. Louis IX retourne en France fatigué et malade en 1254. Tout le long du trajet français, de Hyères à Paris il est acclamé par la foule. Louis repart en Croisade, la huitième, en 1270, pour la Tunisie. On ne sait pas réellement l'objectif de Saint Louis, on suppose qu'il voulait convertir le Sultan de Tunis et ainsi se ménager une base arrière pour retourner en Égypte. A peine débarquée son armée est décimée par la peste (ou le typhus?). Louis IX laissera sa vie sous les murs de Tunis ainsi que son fils Jean de Damiette et 3 autres membres de la famille royale. Sur le plan intérieur, Louis IX organisa la justice royale en créant le "Parlement" corps de légistes et les grands "Bailliages" qui avaient le droit d'appel sur la justice seigneuriale et qui relevaient eux même du parlement. Il crée un embryon de "Cour des comptes". Il place un fonctionnaire royal à la tête de Paris (Étienne Boileau). Paris devient un très grand centre marchand. Il fait édifier la Sainte Chapelle, dentelle de pierres, pour abriter la couronne d'épines du Christ qu'il a achetée en 1239. La chapelle sera terminée en 1248. Il crée l'hôpital des Quinze-Vingts (façon de compter à l'époque, l'hôpital était construit pour accueillir 15x20 = 300 malades) pour accueillir les aveugles fait construire l'Abbaye de Royaumont, aménage le Louvre qui était alors une austère forteresse. C'est le sommet de la civilisation française du moyen âge Louis IX favorise l'éducation, la Sorbonne reçoit sa charte de fondation en 1257 et de toute l'Europe les étudiants affluent vers l'université de Paris.

1226         Avènement de Louis IX (saint Louis), fils de Louis VIII et de Blanche de Castille, âgé seulement de 11 ans (né en 1214). La reine Blanche de Castille prend la régence (qu'elle exercera avec fermeté et habileté). Les principaux faits de la régence se rapportent à la lutte que la régente eut à soutenir (et dont elle sortit victorieuse) contre les grands vassaux désireux de profiter de la minorité de Louis IX pour recouvrer des privilèges et acquérir des avantages matériels. Blanche de Castille détache de leur parti le plus puissant, Thibaut, comte de Champagne, dont la défection amène la soumission du duc de Bretagne et la cessation de l'hostilité des autres vassaux.

1226         29 novembre Louis IX est sacré à Reims. Le jeune roi n'est âgé que de onze ans lorsque sa mère, Blanche de Castille, en raison d'une révolte des vassaux qui menace la couronne, précipite le sacre de son fils. La cathédrale est en chantier et le siège épiscopal de Reims est vacant. C'est à l'évêque de Soissons qu'il est fait appel. Seul Thibaud IV de Champagne apporte son soutien à la régente pour l'organisation de ce sacre, auquel elle a voulu qu'assistent tous les vassaux qui remettent en cause la puissance du pouvoir royal. Régence de Blanche de Castille (jusqu'en 1236). Louis IX n'a que douze ans. Son père, Louis VIII, est au plus mal. Blanche de Castille devient régente du royaume. Une tâche difficile pour la reine : la rébellion couve. Les grands seigneurs, vassaux du roi de France, sont certains qu'une femme ne peut leur tenir tête et qu'ils vont pouvoir reprendre tout ce qu'ils ont dû céder à la couronne.

1226         Coalition des barons avec l'aide de Henri III d'Angleterre contre Blanche de Castille.

1226         Révision du texte latin de la vulgate à l'Université de Paris.

1227         16 mars Traité de Vendôme mettant fin à la révolte des barons. Révolte des grands vassaux contre Blanche de Castille (fin en 1234) : Le trouvère Thibaud IV de Champagne, Pierre Mauclerc, duc de Bretagne, Philippe Hurepel, comte de Boulogne, Enguerrand III, sire de Coucy. Ils tentent d'enlever le jeune roi qui est sauvé par l'énergie de la régente, appuyée par l'église et les villes. Les comtes de Bretagne et de la Marche se soumettent lors du traité de Vendôme.

1227         18 août La mort de Gengis Khan. Le chef des Mongols, Gengis Khan (du chinois Chêng-Sze "guerrier précieux" et du turc Khan "seigneur"), meurt à environ 60 ans, au soir de sa victoire contre le royaume des Tangoutes (au nord-ouest de la Chine). A la tête d'une armée de nomades, il a conquis un immense empire allant des confins orientaux de la Chine à la mer Caspienne. L'Empire mongol sera divisé entre ses trois fils.

1228         à 1229 - sixième croisade sans la participation des Français: elle était conduite par Frédéric II, empereur d'Allemagne, héritier de Jean de Brienne, roi nominal de Jérusalem, qui, ayant réussi à se faire livrer sans combat Jérusalem par le sultan d'Égypte, s'en fit proclamer roi, mais comme il était excommunié, des légats du pape défendirent aux chrétiens de lui obéir. La sixième croisade commençée en 1228 et terminée en 1229, fut lancée par l'empereur romain germanique Frédéric II du Saint-Empire pour conquérir le royaume de Jérusalem. Elle fut victorieuse sans aval du pape et sans soutien militaire, créant un précédent qui influencera les prochaines croisades.

1229         26 février Traité de Paris. Celui-ci met un terme aux troubles religieux du Languedoc par l'annexion au domaine royal des terres de Nîmes, Beaucaire, Béziers et Carcassonne. Le mariage d'Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX, avec Jeanne, fille de Raymond VII de Toulouse, est décidé. Le traité de Paris de 1229 met fin au conflit albigeois opposant le Royaume de France au comté de Toulouse. Il scelle aussi le sort de l'autonomie occitane vis à vis du Royaume de France. Alphonse de Poitiers (11 novembre 1220-21 août 1271), frère du roi Louis IX de France dit Saint Louis, comte de Poitiers de 1241 à 1271, de Toulouse de 1249 à 1271. Fils du roi Louis VIII et de Blanche de Castille, il reçu en 1225, par testament de son père, le comté de Poitou et une partie de l'Auvergne en apanage. Conformément au traité de Paris en 1229, il épouse Jeanne, fille de Raymond VII de Toulouse, comte de Toulouse. À la mort de ce dernier, en 1249, il hérite du comté de Toulouse. Jeanne de Toulouse, née en 1220, morte le 25 août 1271, était la fille et l'héritière de Raymond VII de Toulouse, comte de Toulouse et de Jeanne d'Angleterre. Elle fut comtesse de Toulouse de 1249 à 1271.

1229         12 avril Traité de Meaux (dit aussi Traité de Paris) qui met fin à la croisade ou guerre contre les Albigeois. Beaucaire, Nîmes et Carcassonne sont rattachés au royaume. Le traité de Paris de 1229 met fin au conflit albigeois opposant le Royaume de France au comté de Toulouse. Il scelle aussi le sort de l'autonomie occitane vis à vis du Royaume de France. Appelé aussi Traité de Meaux-Paris, il fut ratifié le 12 avril 1229 par Blanche de Castille, alors régente du Royaume de France pour son fils Louis IX et par Raymond VII de Toulouse. Ce dernier, dans une situation politique très incomfortable (il est en effet excommunié et dépossédé des terres dont il est l'héritier légitime par la croisade royale), n'a d'autre choix que d'accepter ce traité. Pour ce faire, il se rend à Paris en pélerin, va chercher l'absolution en pénitent sur les marches de Notre-Dame de Paris où il sera flagellé après sa déclaration publique de repentir et enfin il signera le traité. Ceci lui permet de voir sa situation régularisée auprès de l'Église et du Royaume de France, au prix d'un traité dont les conditions sont très dures. Raymond VII de Toulouse, comte de Toulouse se voit contraint de prêter allégeance au roi de France Louis IX. De plus, il doit céder près de la moitié de son territoire, principalement les anciennes vicomtés de Trencavel. Les sénéchaussées de Beaucaire et de Carcassonne seront données au Royaume de France et le marquisat de Provence (connu plus tard sous le nom de Comtat Venaissin) sera cédé au Saint-Siège. Le comté de Toulouse perd ainsi les territoires actuels du Gard, de l'Hérault, de la Drôme, du Vaucluse et de l'Aude. Il conserve l'Agenais, le Rouergue, le nord de l'Albigeois et le bas Quercy (ce qui représente actuellement la Haute-Garonne, l'Aveyron, le Tarn et le Tarn-et-Garonne). Ce traité prévoit également le mariage de Jeanne de Toulouse (fille et seule héritière de Raymond VII de Toulouse) avec l'un des frères du roi, Alphonse de Poitiers, ce qui permet à plus ou moins brève échéance de rattacher les territoires restants du comté de Toulouse au royaume de France.

1229         Annexion du Languedoc.

1230         à 1286 - naissance et mort de Adam de La Halle est un poète et un musicien remarquable. Il a composé de nombreuses pièces courtes (chansons, jeux-partis, rondets de carole, motets, rondeaux polyphoniques), un dit, un congé, et surtout une importante oeuvre théâtrale, qui marque l'éclosion des premiers textes du théâtre profane français. Un motet est une composition musicale apparue au XIIIe siècle, à une ou plusieurs voix, avec ou sans accompagnement musical, généralement religieuse, courte, et écrite sur un texte en latin. Motet. Oeuvre polyphonique (le plus souvent sacrée) sur des textes latins, chantée par le choeur. La tradition du motet s'étend de 1200 à 1750. A l'origine, le motet est composé à l'occasion d'une fête, souvent religieuse. Le motet médiéval est issu du développement de la "clausule", forme empruntant en partie ses textes et sa musique au chant grégorien. Il existe un continuum d'une forme à l'autre. La clausule monodique (une seule ligne mélodique) devient polyphonique, et les rythmes libres du grégorien sont remplacés par des rythmes définis et notés, fondés sur les "modes rythmiques" en vigueur à l'époque. Ceux-ci sont au nombre de six, ils sont à trois temps et ont présidé à la fondation de la clausule comme du motet du XIIIe siècle. L'âge d'or du motet exclusivement polyphonique est le XVIe siècle. Il devient une forme à part entière, d'une polyphonie luxuriante, à quatre voix et souvent plus. Josquin des Prés en est l'un des plus brillants représentants. La dernière époque du motet est le "Chapelle Royale" de la cour de Versailles connaît une brillante floraison d'oeuvres intimes ("petits motets") et grandioses ("grands motets"), genres que structure l'omniprésent Lully — que reprennent tous les compositeurs jusqu'à la Révolution. Le dit est un poème narratif à la première personne, destiné à être récité. Il peut cependant contenir des poèmes lyriques en musique, comme 'Le Remède' de Fortune de Guillaume de Machaut, qui intègre sept chansons. Le congé est un genre poétique médiéval né au tout début du XIIIe siècle. Façon poétique de se séparer d'une femme ou bien du monde en général, ces oeuvres lyriques sont souvent rédigées à la première personne, conférant aux vers un aspect autobiographique (avec lequel il faut savoir distance garder cependant).

1230         apparition de 'La Mort le Roi Artu', auteur inconnu. Le cycle romanesque s'achève avec le célèbre roman La Mort le roi Artu a largement contribué à diffuser l'image traditionnelle du roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde.

1230         Auteur inconnu écrit Aucassin et Nicolette. Aucassin et Nicolette, roman d'amour que Roquefort fait remonter au XIIe siècle, et qui est une des plus charmantes productions du moyen âge. Ce roman, d'un auteur inconnu, est plein de naïveté, de pureté et de grâce. Il est écrit alternativement en prose et en vers de 7 ou 8 syllabes. Les couplets sont monorimes; ils étaient chantés, comme l'indiquent, sur le manuscrit, des notes de musique sur des portées de quatre lignes; chaque portée est précédée d'un signe qui ressemble à la clé d'ut.

1230         apparition de 'Le Roman de Renart'. 'Le Roman de Renart' est un recueil de récits médiévaux français des XIIe et XIIIe siècles ayant pour héros des animaux agissant comme des humains.

1230         Barthélemy L'Anglais écrit Liber de proprietatibus rerum. Barthélemy l'Anglais fut, avec Thomas de Cantimpré et Vincent de Beauvais, l'un des trois encyclopédistes majeurs du XIIIe siècle, véritable âge d'or de l'encyclopédisme médiéval selon Jacques Le Goff. La vie de ce franciscain anglais, qui enseigna à Paris et à Magdebourg, nous est fort mal connue. Sa notoriété lui vient de l'écriture d'une célèbre encyclopédie sur la nature, en 19 livres, intitulée De proprietatibus rerum ou Livre des propriétés des choses, authentique best-seller de la fin du Moyen Âge et des premiers temps de l'imprimerie.

1230         Gerbert de Montreuil et Manessier écrit Continuation du Conte du Graal.

1231         Organisation par Grégoire IX de l'Inquisition, chargée de poursuivre les erreurs contre la foi catholique. Grégoire IX, né vers 1145, prénommé Ugolino, il appartient à la famille des comtes de Segni. En 1198, il fut fait cardinal par son oncle, le pape Innocent III. En 1206 il fut nommé cardinal-évêque d'Ostie avant d'être élu pape en 1227 sous le nom de Grégoire IX. Ami de Saint-François d'Assise, il joua un rôle, avant son pontificat, dans la création de l'Ordre des Frères mineurs ou Franciscains. Le faisant nommer cardinal protecteur de l'ordre, il l'entraîna alors vers un idéal qui n'était pas le sien, le mettant ainsi au service de l'Église romaine pour l'aider dans ses tâches. Mais l'oeuvre principale de Grégoire IX, troublé par l'hérésie en Albigeois, fut l'organisation de l'Inquisition. Il publia en effet en 1231 la contitution Excommunicamus qui plaçait la poursuite des hérétiques sous la direction papale et établissait l'Inquisition. En 1234 il ordonna le rassemblement des Décrétales qui constituèrent alors une étape dans la codification du droit canon. L'Inquisition était une juridiction spéciale de l'Église catholique romaine chargée de lutter contre l'hérésie. Elle fut fondée en 1231 par Grégoire IX. L'Inquisition eut pour but de pallier les déficiences des tribunaux épiscopaux. C'était une juridiction spéciale et permanente. Elle était affranchie de l'autorité des évêques. Son seul but était la défense de la foi catholique. Créée pour lutter contre les Vaudois et les Cathares, elle s'étendit ensuite aux autres hérésies, puis à la sorcellerie en tant que survivance du paganisme et au blasphème.

1231         L'abbé de Saint-Denis Eudes Clément poursuit les travaux de reconstruction de la basilique entrepris par Suger en 1140. Apogée de l'art gothique et début du gothique rayonnant. Le gothique rayonnant, encore une fois, ce style est né à Saint-Denis avec la réfection du choeur de l'abbatiale en 1231. Le rayonnant va se développer peu à peu jusqu'en 1350 environ. Les églises deviennent de plus en plus hautes, dépassant parfois les limites comme à Beauvais, construction trop ambitieuse : en 1272 une partie des voûtes du choeur de la cathédrale s'effondrèrent; les voûtes étaient trop hautes et les piliers trop espacés. Les principales caractéristiques de cette architecture sont la virtuosité des remplages, la verticalité toujours plus importante, des piliers fasciculés, et les surfaces vitrées qui deviennent de plus en plus grandes (Cathédrale Saint-Étienne de Metz avec 6496 m²) ; les églises deviennent de véritables squelettes de pierre, le reste étant de verre, laissant pénétrer une lumière abondante. Le gothique rayonnant s'impose réellement à partir des années 1240. Les édifices alors en chantier prennent immédiatement en compte cette nouvelle "mode" et changent partiellement leur plan. C'est à cette époque que la rose devient vraiment un élément incontournable du décor, même si elle était déjà très utilisée avant (Notre-Dame de Paris, transept). La multiplication des chapelles latérales permet aussi d'agrandir l'espace de la cathédrale. L'abbatiale Saint-Ouen de Rouen est un excellent exemple d'édifice rayonnant.

1234         27 mai Mariage de Louis IX avec Marguerite de Provence (née en 1221 et qui mourut en 1295).

1235         Trêve de cinq ans entre Louis IX et Henri III d'angleterre.

1235         à 1315 - naissance et mort de Raymond Lulle, est considéré comme l'un des plus grands philosophes, théologiens et mystiques de son époque. Raymond Lulle, bien que marié, mène une vie dissipée jusqu'à l'âge de trente ans où il se convertit et prêche le christianisme aux infidèles. Surnommé le "Docteur illuminé", il fonde un monastère à Miramar, où les moines étudient les langues orientales à des fins missionnaires, puis il parcourt les pays méditerranéens et africains, écrit, étudie, enseigne à Montpellier, Naples et Paris. Lapidé dans le port africain de Bougie, il meurt des suites de ses blessures en 1316 à Majorque.

1237         Guillaume de Lorris écrit 'Roman de la Rose'. Le Roman de la Rose est un travail de 22000 vers octosyllabiques sous la forme d'un rêve allégorique. Il a été écrit en deux temps: Guillaume de Lorris écrivit la première partie (4058 vers) en 1237, puis l'ouvrage fut complété par Jean de Meung (18000 vers) entre 1275 et 1280. Une traduction en vers et en français contemporain en a été effectuée par Bordas. Celle-ci est introuvable aujourd'hui, mais on peut en lire un extrait dans l'Anthologie de la poésie française de Pierre Seghers. Le texte d'époque, quant à lui, est à peu près illisible aujourd'hui par un non spécialiste, hormis quelques mots identifiables de ci, de là.

1238         9 octobre : Jacques Ier d'Aragon reprend Valence aux Maures. Les musulmans ne tiennent plus que le royaume Nasride de Grenade (fin en 1492). Muhammad al-Ghalib Billah, fondateur de la dynastie nasride, choisit Grenade comme siège du gouvernement. Il commence la construction du palais de l'Alhambra. L'Alhambra de Grenade est un des monuments majeurs de l'architecture islamique. C'est avec la Grande mosquée de Cordoue le plus prestigieux témoin de la présence musulmane en Espagne du VIIIe au XVe siècle (voir péninsule Ibérique ou Al-Andalus). Leurs caractères sont d'ailleurs opposés : à la sobriété grandiose du monument religieux représentatif de la première architecture islamique (voir Art des Omeyyades d'Espagne), s'oppose l'exubérance de la dernière manière hispano-mauresque : celle-ci s'exprime en effet dans les palais des derniers souverains nasrides, alors en pleine décadence, et qui disparaîtront bientôt lors derniers assauts de la Reconquista.

1239         Saint Louis achète le comté de Mâcon.

1239         11 août : Le roi Saint Louis accueille à Villeneuve-l'Archevêque la Couronne d'épines du Christ, pour la conservation de laquelle il a entrepris la construction de la Sainte-Chapelle.

1241         Soulèvement des barons Poitevins avec l'appui de Henri III d'Angleterre contre Louis IX. Révolte contre le roi de France Louis IX du comte de la Marche, Hugues de Lusignan, du comte de Toulouse, Raymond VII de Toulouse, avec le soutien du roi d'Angleterre, Henri III. Hugues X de Lusignan († le 5 juin 1249 devant Damiette), dit Le Brun, sire de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, fils d'Hugues IX de Lusignan et de Mahaut d'Angoulême.

1241         11 avril Écrasante victoire Mongole en Hongrie. Les Mongols conduits par le petit-fils de Gengis Khan, Batû Khan, écrasent les troupes hongroises du roi Bela IV à Mohi. Depuis 1237 la "Horde d'Or" mongole a entrepris de s'emparer de l'Europe. Avant la Hongrie, elle a ravagé l'Ukraine, la Pologne et une partie de la Russie. L'Europe occidentale échappera à la terrible invasion mongole. La bataille de Mohi (également appelée bataille de la rivière Sajo) le 11 avril 1241 est la principale bataille entre les Mongols (menés par Batû-Khan, petit-fils de Gengis Khan) et le Royaume de Hongrie pendant l'invasion mongole de l'europe.

1242         A la majorité de Louis IX, un des grands vassaux, le comte de La Marche, Hugues de Lusignan, avait formé, avec l'aide de Henri III d'Angleterre, une nouvelle ligue contre lui. Le roi de France marcha contre ces ennemis et battit le roi d'Angleterre (Plantagenêt et leur allié poitevin) à Taillebourg et à Saintes. Ces victoires marquent la fin de la lutte des grands vassaux contre la Couronne. Louis IX fait accepter le principe que les seigneurs possédant des fiefs en France et en Angleterre devront désormais choisir celui des deux suzerains auquel ils entendent s'attacher; il rend à Henri III certains territoires en France, à condition qu'il renonce à ses prétentions sur toutes autres provinces qui lui auraient été précédemment enlevées. Bataille de Taillebourg, opposa, en 1242, les troupes capétiennes du roi de France Saint Louis et de son frère le comte de Poitiers Alphonse à celles de leurs vassaux révoltés, Henri III d'Angleterre et Hugues X de Lusignan. Le départ de ce dernier épisode de la première guerre de Cent Ans entre Français et Anglais se trouve dans la révolte d'un baron poitevin, Hugues X, seigneur de Lusignan.

1243         janvier Traité de Lorris entre Louis IX et Raymond VII de Toulouse, comte de Toulouse. La paix de Lorris est signée par le roi de France et Raymond VII, comte de Toulouse. Elle confirme globalement le traité de Paris de 1229 qui prépare l'annexion du comté de Toulouse au domaine royal.

1243         7 avril Trêve de cinq ans entre Saint Louis et Henri III d'Angleterre. Henri III d'Angleterre, en guerre avec la France depuis de nombreuses années, conclut avec Louis IX une trêve de cinq ans. Mais il faudra attendre 1258, soit quinze ans plus tard, pour que le traité de Paris mette fin à la guerre et que le roi d'angleterre reconnaisse être le vassal du roi de France pour ses possessions françaises que sont l'Anjou, la Normandie, la Touraine, le Maine et le Poitou.

1244         20 mars Capitulation de la forteresse cathare de Montségur. Le 1er mars 1244, Pierre-Roger de Mirepoix se voit contraint de négocier la reddition de la place forte. Les termes en seront les suivants : la vie des soldats et des laïcs sera épargnée, les parfaits qui renient leur foi seront sauvés, une trêve de 15 jours est accordée pour les cathares qui veulent se préparer et recevoir les derniers sacrements. 16 mars, la forteresse s'ouvre à nouveau. Tous les cathares qui n'avaient pas abjurés leur foi périrent sur le bûcher qui engloutit ainsi un peu plus de 200 suppliciés (le nombre varie légèrement suivant les sources) dont la femme, la fille et la belle-mère de Raymond de Péreille. La tradition veut que le bûcher soit monté à 200 m du castrum dans le "Prat dels Cremats" (le champs des brûlés) où une stèle fut érigée par la contemporaine Société du souvenir et des études cathares. Sur cette dernière figure l'inscription : "Als cathars, als martirs del pur amor crestian. 16 mars 1244". Il semblerait que le lieu réel du bûcher soit situé sur la colline au-dessus du parking à droite du col en se rendant sur Montferrier.

1244         mort de Jeanne de Constantinople, début de Guerre de Succession de Flandre et du Hainaut. Guerre de Succession de Flandre et du Hainaut, une série de conflits qui opposèrent les enfants de Marguerite de Flandre au milieu de XIIIe siècle. Baudouin IX, comte de Flandre et de Hainaut était parti à la quatrième croisade en laissant ses comtés à sa fille aîné Jeanne Celle-ci mourut en 1244, sans héritier malgré deux mariages, et sa soeur Marguerite lui succéda. Elle avait épousé en premières noces, un chevalier de modeste condition Bouchard d'Avesnes (1182 †1244), et dont elle dut se séparer en 1221 par ordre de sa soeur et parce que Bouchard avait été excommunié. Elle avait eu trois fils, dont Jean d'Avesnes. En 1223, elle s'était remariée avec Guillaume (†1231), seigneur de Dampierre, et avait eu trois enfants, dont Guillaume et Guy. Un premier conflit éclata en 1244 entre Jean d'Avesnes et Guillaume de Dampierre pour savoir qui hériterait des comtés. Les demi-frères se combattirent, jusqu'à ce que Saint Louis intervienne et décide que le Hainaut reviendrait à Jean d'Avesnes et la Flandre à Guillaume de Dampierre. Fort de ce jugement, Marguerite laissa le gouvernement de la Flandre à Guillaume de Dampierre dès 1247, mais ne manifesta pas l'intention d'en faire autant avec le Hainaut. Lorsque Guillaume meurt en 1251, elle laisse la Flandre à Guy de Dampierre, qui devient à son tour comte de Flandre. Le second conflit : en 1250, Saint-Louis est parti en Croisade, et y restera quatre ans. Jean d'Avesnes ne tarde pas à comprendre que sa mère n'a pas l'intention de lui laisse le Hainaut, et attaque Guy et Marguerite. Différent combats opposent les demi-frères, jusqu'à la bataille de West-Capelle, le 4 juillet 1253, où les Avesnes remportent une éclatante victoire contre les Dampierre, et les obligent à respecter l'arbitrage de Saint-Louis et à renoncer définitivement au Hainaut. Le troisième conflit : Marguerite de Flandre ne s'avoue pas vaincu, et ne voulant toujours pas laisser le comté de Hainaut à Jean d'Avesnes, le donne à Charles d'Anjou, frère de Saint Louis, qui est revenu de la Croisade avant son frère. Charles entreprend de conquérir le comté, mais échoue à prendre Valenciennes, et manque d'être tué au cours d'une escarmouche. Enfin Saint Louis revient de Terre Sainte et oblige son frère à renoncer au Hainaut. Jean d'Avesnes pourra enfin recevoir son héritage.

1244         vers - Rédaction de l'encyclopédie 'Speculum majus' par Vincent de Beauvais (av. 1244-1258). Vincent de Beauvais (vers 1190-1267) fut un dominicain célèbre pour avoir écrit une encyclopédie. On pense qu'il fait partie des Dominicains de Paris entre 1215 et 1220, et à Beauvais, lorsqu'un monastère dominicain y est fondé par Louis IX. Il est plus certain qu'il occupe le poste de lecteur à l'abbaye de Royaumont dans l'Oise, fondée également par Louis IX entre 1228 et 1235. Le roi, comme la reine Margaret, son fils Philip et son beau-frère Theobald V de Champagne et Navarre, lui commandent la réalisation de nombreuses oeuvres. La grande oeuvre de Vincent est son 'Speculum Majus', grande compilation de la connaissance du Moyen Âge. Elle est constituée de trois parties : Speculum Naturale, le Speculum Doctrinale et le Speculum Historiale. Ces ouvrages seront abondamment réédités jusqu'à la Renaissance.

1248         12 juin Départ de Saint Louis pour la septième croisade. A Aigues-Mortes, Louis IX embarque pour respecter le voeu fait lors d'une maladie qui l'a presque amené à mourir, en 1244. 25 000 soldats montent à bord de navires génois. Sa femme, Marguerite de Provence, l'accompagne.

1248         28 août Saint Louis quitte Aigues-Mortes pour Chypre.

1248         Construction de la Sainte-Chapelle. La Sainte-Chapelle fut édifiée sur l'île de la Cité, à Paris, à la demande de Saint Louis afin d'abriter la Sainte Couronne, un morceau de la Sainte-Croix ainsi que diverses autres reliques qu'il avait acquises. Ce bâtiment est un petit chef d'oeuvre de l'art gothique, certains auteurs considérant qu'il marque l'apogée de cet art. Conçue comme une chasse précieuse devant mettre en valeur les reliques y étant conservées, elle devait également servir de chapelle royale, étant construite dans le palais royal de l'île de la Cité. Elle superpose deux chapelles, l'inférieure pour les gens du commun, la supérieure pour l'entourage du roi, selon un usage courant dans la construction des palais royaux du Moyen Âge. Dans les premiers temps, la chapelle haute n'était d'ailleurs accessible que par les galeries supérieures du Palais, Saint Louis n'ayant pas fait construire d'escalier public.

1248         apparition du Psautier de saint Louis. Réalisé pour le roi de France Louis IX (1214-1270) entre 1253 et 1270, ce psautier de grand luxe, dit Psautier de saint Louis était destiné à l'usage des chanoines de la Sainte-Chapelle, construite à Paris en 1248 pour abriter les reliques de la Passion. Un psautier comporte traditionnellement trois parties: un calendrier qui signale les fêtes liturgiques particulières à l'église à laquelle il est destiné, ainsi que les fêtes de certains défunts; une histoire sainte en images; le texte latin des cent cinquante psaumes, tirés de la Bible.

1249         à 1254 - Septième croisade. Louis IX, au cours d'une grave maladie, avait fait voeu d'entreprendre une croisade, s'il en guérissait. Il était prévenu d'ailleurs que les musulmans avaient repris la Palestine, et menaçaient l'Empire latin de Constantinople, qui était en pleine décadence. Il réunit donc des troupes et s'embarqua pour la Terre Sainte à Aigues-Mortes, emmenant sa femme Marguerite. Il débarqua en 1249 à Damiette et s'empara de cette ville après avoir livré bataille. La septième croisade fut dirigée contre l'Égypte : le roi de France prit Damiette, et remporta même un avantage à la Massoure (1250); mais, la peste s'étant mise dans son armée, il fut contraint de reculer devant l'ennemi, et fut lui-même fait prisonnier. Il racheta chèrement sa liberté, passa 4 ans en Palestine, occupé à fortifier quelques places, et revint en France en 1254, après la mort de la reine Blanche, sa mère, qu'il avait instituée régente.

1249         5 juin Débarquement des armées de Saint Louis devant Damiette. Damiette est un port du Dimyat, en Égypte, dans le delta du Nil, à environ 200 kilomètres au Nord-Est du Caire.

1249         6 juin Les armées de Saint Louis entrent dans Damiette que les armées du sultan ont évacués dans la nuit. En ce jour, Louis IX, qui vient de débarquer en Égypte où commence la septième croisade, prend cette ville de Damiette qui, sur la rive droite du Nil, est censée ouvrir la route de Jérusalem que les croisés se sont promis de reprendre aux infidèles.

1249         27 septembre Mort de Raymond VII de Toulouse, le frère de Louis IX, Alphonse de Poitiers récupère le titre. Alphonse de Poitiers (11 novembre 1220-21 août 1271), frère du roi Louis IX de France dit Saint Louis, comte de Poitiers de 1241 à 1271, de Toulouse de 1249 à 1271. Fils du roi Louis VIII et de Blanche de Castille, il reçu en 1225, par testament de son père, le comté de Poitou et une partie de l'Auvergne en apanage. Conformément au traité de Paris en 1229, il épouse Jeanne, fille de Raymond VII de Toulouse, comte de Toulouse. À la mort de ce dernier, en 1249, il hérite du comté de Toulouse.

1250         8 février Défaite de La Mansourah, Saint Louis échappe de justesse aux Mamelouks, et son frère (Robert Ier d'Artois) meurt au combat. Gênés par les crues du Nil, les croisés ont livré bataille à Mansourah dans de mauvaises conditions. Robert Ier d'Artois, frère préféré du roi, est tué. Louis IX tombe lui-même aux mains des mamelouks. Mansourah est une ville du nord-est de l'Égypte dans l'est du Delta du Nil, à 120 Km du Caire, chef-lieu du gouvernorat de Dakhalieh, sur le bras oriental (Damiette) du Nil. Les mamelouks sont les membres d'une milice formée d'esclaves (affranchis), au service des califes musulmans et de l'Empire ottoman, qui à de nombreuses reprises a occupé le pouvoir par elle-même. Robert Ier d'Artois, né en 1216, mort à Mansourah en 1250, est comte d'Artois (1237-1250), fils de Louis VIII et de Blanche de Castille et frère de Saint Louis. Conformément à la volonté de son père, il reçut en 1237 le comté d'Artois. En 1240, il refusa de prétendre à l'empire, comme le souhaitait le pape Grégoire IX. Il prit part à la septième croisade de Saint Louis et trouva la mort dans un assaut inconsidéré contre Mansourah en 1250. Les mamelouks sont les membres d'une milice formée d'esclaves (affranchis), au service des califes musulmans et de l'Empire ottoman, qui à de nombreuses reprises, a occupé le pouvoir par elle-même. En Égypte, ils sont issus de la garde servile du sultan ayyoubide qu'ils renversèrent à l'occasion de la IXe croisade (Mansura, dans le Delta égyptien, en 1249). L'histoire de cette dynastie non héréditaire se divise en deux lignées, les Bahrites (1250-1382) et les Burjites (1382-1517)Ils régnèrent sur l'Égypte, la Syrie et le Hedjaz, vainquirent les Mongols à Aïn Jalut (1260), devinrent les protecteurs des Abbassides rescapés, dont ils recueillirent un descendant à qui ils donnèrent le titre de calife. Ils conquirent les dernières possessions des Francs au Levant. Les Ottomans mirent fin à cette dynastie en 1517.

1250         6 avril Saint Louis et son armée sont capturés et fait prisonniers. Louis IX, qui a été défait à Mansourah où son frère préféré Robert Ier d'Artois a été tué, est fait prisonnier par le sultan qui, par les égards qu'il a pour lui, témoigne du respect qu'il porte à celui qu'il appelle le “sultan juste”. Traité avec égards par les musulmans, il put se racheter moyennant l'abandon de Damiette, et racheter ses compagnons en payant une rançon de 400 000 besants, monnaie byzantine, (d'autres auteurs disent un million de besants). Cependant, les maladies et la famine décimaient ses troupes; d'autre part, il apprit la mort de sa mère qui exerçait de nouveau la régence en son absence; il se rembarqua donc avec son armée et rentra en France en 1254. Il avait mis à profit son séjour en Palestine, après sa libération, pour parcourir ce pays, et fortifier les dernières places qu'y possédaient encore les chrétiens. Il laissait parmi les musulmans la réputation d'un prince brave, généreux et vertueux.

1250         2 mai Le sultan est reversé par les Mamelouks, une rançon est exigé pour la libération de Saint Louis. Le roi, prisonnier des musulmans depuis le 6 avril, signe une convention avec le sultan qui le libère ainsi que ses compagnons contre une somme de 400 000 besants et la restitution de la ville de Damiette conquise par les croisés, l'année précédente.

1250         6 mai Saint Louis et les survivants de son armée rejoignent Saint-Jean d'Âcre.

1250         Vincent de Beauvais écrit 'le Speculus Majus’

1250         vers - Langue française commence à concurrencer le latin: elle acquiert un véritable prestige en France comme à l'étranger avec de nouveaux domaines de compétence (savoir, droit, etc.) Développement du pouvoir royal sur le territoire (administration apporte le français); multiplication des actes en français, rôle des notaires; ce français est peu marqué régionalement.

1250         vers - Le français (anglo-normand) perd du terrain en Angleterre; la noblesse est généralement bilingue.

1251         Sous prétexte d'aller libérer Saint Louis des bandes de paysans pillards se constituent, c'est la croisade des Pastoureaux. La croisade des Pastoureaux fait partie des croisades populaires initiées sans l'appui des puissants et même souvent contre eux. L'appel solennel aurait eu lieu pour Pâques. Des milliers de bergers et de paysans prennent la croix, et marchent vers Paris, armés de haches, de couteaux et de bâtons. Ils sont 50 000 à Paris, où Blanche de Castille les reçoit. Dans un premier temps elle donne son appui, le mouvement est trop dangereux sur le plan social et religieux pour être accepté par les puissants: il accuse abbés et prélats de cupidité et d'orgueil, et s'en prend même à la Chevalerie, accusée de mépriser les pauvres et de tirer profit de la croisade. Des conflits s'ensuivent avec le clergé dans plusieurs villes. Lorsque les villes ne veulent pas les nourrir, des pillages ont lieu en France, par exemple à Bordeaux, où Simon de Montfort réprime les Pastouraux. Le mouvement s'étend en Rhénanie et dans le nord de l'Italie. La répression est de plus en plus féroce et seuls quelques rescapés parviennent jusqu'à Marseille et s'embarquent pour Saint Jean d'Acre, où ils rejoignent les croisés. Croisade des Pastoureaux. En avril 1250, Louis IX est fait prisonnier à Mansourah lors de la septième croisade. Des bandes de paysans, que l'on nomme les Pastoureaux, se forment pour aller délivrer le roi. Bientôt, des éléments subversifs se mêlent à l'équipée qui dégénère en une bande de pillards. En 1251, la reine Blanche de Castille met fin à la croisade des Pastoureaux.

1252         à 1270 - Cette période fut consacrée par Louis IX à l'organisation de ses États. Il fit régner en France l'ordre et la sécurité; d'excellentes institutions fortifièrent la monarchie (enquêteurs qui visitaient les provinces pour réprimer les abus, confirmation et extension de la Quarantaine-le-Roi, abolition du duel judiciaire, établissement d'une sorte de Cour royale de Justice, formation d'un corps de Légistes, mesures propres à établir en France l'unité monétaire, garanties assurées au Clergé par la Pragmatique Sanction de 1269, etc.). Louis IX bâtit la Sainte-Chapelle pour y placer la Couronne d'épines rapportée de Terre Sainte, fonda la Sorbonne, centre d'études universitaires, et les Quinze-Vingts, destinés à hospitaliser les chevaliers revenus aveugles ou blessés de Palestine. Il se montra un souverain éclairé et passionné pour le bien public.

1252         27 novembre Mort de Blanche de Castille, mère de Saint Louis qui assurait la régence. La mère du roi s'éteint, épuisée par les épreuves successives : la mort de son fils Robert Ier d'Artois, la défaite de Mansourah et la captivité de Louis IX.

1254         25 avril Saint Louis quitte Saint Jean d'Acre pour la France. Après avoir consolidé des forteresses, apaisé des conflits, versé une rançon pour ses chevaliers et rendu Damiette au sultan, Louis IX s'embarque pour la France. C'est la fin de la septième et avant-dernière croisade.

1254         17 juillet Saint Louis débarque en Provence.

1254         juillet Saint Louis édicte les premières ordonnances de réforme administrative. "Grande ordonnance" pour la réforme du royaume (1254-1270). Louis IX de France (Saint Louis) codifie le rôle des baillis pour améliorer l'administration. Les baillis se voient attribuer une circonscription bailliagère fixe où il jugent en appel, encaissent les recettes royales, lèvent l'ost et transmettent les ordres du roi. Les sénéchaux installés dans le midi et dans l'ouest du royaume ont des attributions semblables. Le bailli était dans l'Ancien Régime français le représentant de l'autorité du roi ou du prince, chargé de faire appliquer la justice et de contrôler l'administration en son nom. Il était à l'origine porté par des commissaires royaux qui rendaient la justice, percevaient les impôts et recevaient, au nom de la couronne, les plaintes du peuple contre les seigneurs. Leur juridiction, régularisée avec les Capétiens fut d'abord très étendue ; mais l'abus qu'ils firent de leur puissance obligea les rois à la réduire, et vers le XVIe siècle, ils n'étaient plus que des officiers de justice.

1257         Fondation du collège de la Sorbonne à Paris. La Sorbonne est une des plus anciennes universités d'Europe fondée par Robert de Sorbon à Paris en 1257. On y enseignait principalement la théologie aux étudiants pauvres et elle s'est développée rapidement. Paris devint un grand centre culturel et scientifique en Europe dès le XIIIe siècle avec plus de 20 000 étudiants. Robert de Sorbon (9 octobre 1201 à Sorbon - 15 août 1274 à Paris) est un théologien français. Chapelain et confesseur du roi Saint Louis IX, il créa le Collège de Sorbonne à Paris pour "seize pauvres maîtres ès arts, aspirants au doctorat en théologie" en 1257. Le Collège devint par la suite la maison la plus célèbre de l'Université de Paris.

1258         11 mai Traité de Corbeil entre Louis IX et Jacques Ier d'Aragon où ils renoncent mutuellement à leur prétention sur la Catalogne et le Languedoc. Jacques Ier dit le Conquérant, né le 2 février 1208 à Montpellier, mort le 27 juillet 1276 à Valence (Espagne), roi d'Aragon, comte de Barcelone et seigneur de Montpellier à partir de 1213, roi de royaume de Majorque à partir de 1229 et de Valence à partir de 1232. Traité de Corbeil, traité passé en 1258 à Corbeil (Essonne) entre les représentants du roi Jacques Ier d'Aragon (dont Guillaume de Roquefeuil) et du roi de France Louis IX, dans lequel le roi de France cède ses droits sur la Catalogne et le roi d'Aragon cède ses droits sur le Languedoc (sauf Montpellier). Ce traité fixe la frontière du royaume de France au sud des Corbières gardée, côté français par les forteresses de Termes, Aguilar, Quéribus, Peyrepertuse et Puylaurens. Les chevaliers Olivier de Termes et Raimond Gaucelm de Lunel sont sans doute les principaux artisans de ce traité. Traité de Corbeil. Saint Louis renonce, par ce traité signé en 1258, à ses prétentions sur la Cerdagne et le Roussillon au profit du roi d'Aragon ; il rend au roi d'Angleterre les terres au sud de la Charente, mais s'assure de la possession de la Touraine et de la Normandie.

1258         10 février : Les Mongols de Houlagou Khan mettent Bagdad à sac (la ville compte un million d'habitants) et mettent fin au califat abbasside. Les combattants musulmans, malgré l'intervention du calife, sont exterminés dès qu'ils ont déposé les armes. La ville est pillée, ses monuments détruits, ses quartiers incendiés, sa population massacrée (près de 80 000 personnes). Seule la communauté chrétienne de la cité est épargnée grâce à l'intercession de la femme du khan.

1258         28 mai : Le roi de France Saint Louis signe le traité de Paris avec Henri III d'Angleterre qui renonce à l'Anjou, la Normandie, la Touraine, le Maine et le Poitou en échange de domaines dans les diocèses de Limoges, Cahors et Périgueux.

1259         La Guyenne passe sous le giron français. La Guyenne est une ancienne province du sud-ouest de la France. Elle avait pour capitale Bordeaux et correspondait approximativement à l'actuelle Aquitaine. C'était une province royale représentée et administrée, dans un premier temps, par un Lieutenant général pour le roi, puis par un gouverneur, détenant l'autorité militaire, politique et administrative. Le nom de duché de Guyenne fut donné à l'ancien duché d'Aquitaine amoindri par les conquêtes des souverains français. Il succéda à celui d'Aquitaine au moment du Traité de Paris conclu le 12 avril 1229 entre Saint Louis et Raymond VII comte de Toulouse, qui cédait la plus grande partie du Languedoc à la France et mettait fin au conflit albigeois. Possession des rois d'Angleterre de 1188 à 1453, la Guyenne est réunie au domaine du roi de France après la bataille de Castillon, qui mit fin à la guerre de Cent Ans. Donné en apanage à son frère Charles de Valois, par Louis XI en 1469, le duché revint définitivement à la couronne à la mort de celui-ci en 1472. C'est en 1561 que la province est érigée en gouvernement de Guyenne avec pour siège Bordeaux.

1259         4 décembre Traité de Paris sur la restitution d'une partie des possessions anglaises par Saint Louis, Henri III d'Angleterre devient vassal du roi de France. Traité de Paris, le 4 décembre 1259, le roi d'Angleterre Henri III Plantagenêt signe avec Louis IX, le futur Saint Louis, le traité de Paris (aussi appelé traité d'Abbeville). Louis IX rétrocède à Henri III, le Limousin, le Périgord, la Guyenne, le Quercy, l'Agenais et la Saintonge. Mais le roi d'Angleterre s'engage, pour ces possessions, à rendre au roi de France l'hommage féodal dû au suzerain. Le roi de France conserve par ailleurs la Normandie et les pays de Loire (Touraine, Anjou, Poitou et Maine). Ces riches provinces ont été confisquées par son aïeul Philippe Auguste au père de Henri III, le roi Jean sans Terre. Par ce traité équitable, tissé de concessions réciproques et appuyé par les victoires des armées françaises à Saintes et Taillebourg, le roi de France devient le monarque le plus puissant d'Occident. Le traité de Paris met fin à ce que l'on appelle parfois la première Guerre de Cent Ans. Ce conflit entre la France et l'Angleterre avait débuté au siècle précédent avec le mariage d'Aliénor d'Aquitaine et du futur roi d'Angleterre Henri II d'Angleterre.

1260         Rutebeuf écrit 'Poèmes de l'infortune'. Rutebeuf (v.1230 - v.1285), probablement du surnom "boeuf vigoureux", serait originaire de Champagne (il a décrit les conflits à Troyes en 1249) mais a vécu adulte à Paris. On ne sait quasiment rien de sa vie sauf qu'il était probablement un jongleur avec une formation de clerc (il connaissait le latin). Son oeuvre, très diversifiée, qui rompit avec la tradition de la poésie courtoise des trouvères, comprend des hagiographies, du théâtre, des poèmes polémiques et des poèmes satiriques.

1260         vers - Brunetto Latini, florentin, compose à Paris son 'Livres dou trésor' (en français): 'Et se aucuns demandoit pour quoi cis livres est escris en roumanç, selonc le raison de France, puis ke nous somes italien, je diroie que c'est pour ii raisons, l'une ke nous somes en France, l'autre por çou que la parleure est plus delitable et plus commune à tous langages (gens)'.

1261         13 mars : traité de Nymphaeon. Gênes et Byzance font alliance. Michel VIII Paléologue octroie à Gênes des privilèges commerciaux important à Smyrne et à Constantinople (Pera et Galata) au détriment de Venise, qui perd le monopole du commerce avec la mer Noire. Michel VIII Paléologue (1224 † 1282) est un empereur byzantin du XIIIe siècle qui régna entre 1261 et 1282.

1261         25 juillet : le basileus Michel VIII Paléologue, aidé par Gênes, vainc Guillaume de Villehardouin et le despote d'epire et entre triomphalement dans sa capitale, Constantinople (le général Alexios Stratigopoulos reprend la ville presque sans combats en l'absence de la flotte vénitienne). Michel VIII Paléologue prend Constantinople aux croisés. Alors capitale de l'Empire latin de Constantinople fondé par les croisés, Constantinople ne résiste pas à l'armée de Michel VIII Paléologue. Après avoir subi des années de ravages et de pillages en tout genre, la cité n'est plus qu'un amas de ruines presque sans valeur. Difficile, dans ce cas, de faire retrouver à l'ancienne capitale byzantine son rayonnement et sa puissance d'autrefois. Michel VIII sera proclamé empereur et fondera la dynastie des Paléologues mais ne pourra enrayer le déclin de la ville.

1261         15 août : l'empereur byzantin Michel VIII Paléologue refonde l'Empire byzantin. Fin de l'Empire latin de Constantinople. Il renverse, emprisonne et aveugle Jean IV Lascaris, l'héritier légitime mineur et fonde la dynastie Paléologue. Les Paléologue sont une famille noble de Byzance datant du XIIe siècle qui régna sur l'Empire Byzantin et originaire de Macédoine. Jean IV Lascaris, Jean IV Doukas Lascaris fut empereur byzantin de Nicée de 1258 à 1261, né en 1250, mort en 1305, fils de Théodore II, empereur de Nicée, et d'Hélène de Bulgarie.

1261         29 août Élection du pape Urbain IV. Urbain IV, Jacques Pantaléon, devient pape sous le nom d'Urbain IV. Évêque de Verdun en 1253, puis patriarche de Jérusalem en 1255. Il est élu pape le 29 août 1261. Il est le premier pape français depuis Sylvestre II - le savant Gerbert - et Urbain II. Empêché de gagner Rome par les gibelins de Manfred, il prend délibérément le parti guelfe et offre la Couronne de Sicile à Saint Louis, qui refuse, puis à Charles d'Anjou, en faveur duquel il prêche la Croisade contre Manfred. Manfred Ier de Sicile (vers 1232-1266), roi de Sicile en 1258, souvent désigné sous le nom de Manfred de Hohenstaufen, était le fils illégitime de l'empereur Frédéric II du Saint-Empire (empereur) et de Bianca Lancia, ou Lanzia, qui semble avoir été mariée à l'empereur juste avant sa mort. Les Guelfes tirent leur nom de l'allemand Welf, désignant la dynastie rivale des Hohenstaufen. Plus tard, lorsqu'eut lieu l'opposition entre Papauté et Empire, les partisans du pape se nommèrent naturellement "guelfes", par référence aux opposants aux Hohenstaufen en Allemagne. Le conflit fut particulièrement violent dans la ville de Florence, en Toscane, où il avait pour base la querelle entre deux familles, les Buondelmonte et les Arrighi, qui s'identifièrent vite respectivement aux Gibelins et aux Guelfes.

1261         Jacques de Voragine écrit Légende dorée. Jacques de Voragine, frère prêcheur, archevêque de Gênes (1298) Originaire de Varase en Italie, d'où son nom, dans la région de Savone, il entra dans l'Ordre de saint Dominique dont il devint le provincial pendant 19 ans. Devenu évêque de Gênes, il écrivit une compilation des "Légendes dorées des saints", riche d'enseignement moral mais aussi accompagnée souvent de récits étranges et légendaires. Il a été béatifié en 1816.

1262         28 mai Mariage de Philippe (futur Philippe III de France), fils de Louis IX avec Isabelle d'aragon. Philippe III de France, dit Philippe le Hardi, né le 30 avril 1245 à Poissy, mort le 5 octobre 1285 à Perpignan, fut roi de France de 1270 à 1285, le dixième de la dynastie dite des Capétiens directs. Isabelle d'Aragon, née en 1247, morte de 28 janvier 1271 à Cosenza (Calabre), infante d'Aragon, fut, par mariage, reine de France (1270-1271). Elle était la fille de Jacques Ier d'Aragon "le Conquérant" (v. 1207-1276), roi d'Aragon, de Valence et de Majorque, et de sa deuxième femme Yolande de Hongrie (v. 1215-1251), dite Yolande arpad. Le 28 mai 1262 à Clermont-Ferrand, elle épousa le futur Philippe III (1245-1285), fils du roi de France Louis IX dit saint Louis (1214-1270) et de Marguerite de Provence (1221-1295).

1265         Le pape Clément IV propose la couronne de Sicile à Charles d'Anjou, frère du roi de France. Charles d'Anjou, Charles Ier de Sicile, couramment appelé Charles Ier d'Anjou (mars 1227 - 7 janvier 1285) Il est le fils de Louis VIII le Lion et Blanche de Castille.

1265         5 mars Prise de Césarée par les Mamelouks. Le sultan mamelouk Baïbars qui avait pris le pouvoir en Égypte s'empare de Césarée tenue par les croisés, ce qui décide Louis IX à partir à nouveau pour une huitième croisade. Celui-ci quitte Aigues-Mortes le 2 juillet 1270. Césarée de Palestine, la ville de Césarée en Israël est située sur la côte méditerranéenne, au sud de la ville de Dor (20 km).

1265         à 1321 - naissance et mort de Dante à Florence dans la famille guelfe d'Alighiero, d'où son nom: Dante di Alighiero ou Dante Alighieri (Divine comédie). Poète italien. A la naissance de Dante Alighieri, Florence est sur le point de devenir la cité la plus puissante d'Italie, bien qu'elle soit rongée par des luttes intestines concernant la légitimité du pouvoir temporel du Pape. Après des études de philosophie et de théologie, Dante est élu à la charge de prieur. Il fait partie des six hauts magistrats dirigeant la ville en 1300. Mais les partisans de l'extension du pouvoir papal l'évincent de ses fonctions et le condamnent à l'exil. S'ensuit une longue errance, à Ravenne, puis à Venise en tant qu'ambassadeur. Marié depuis l'âge de vingt ans, c'est néanmoins d'une autre femme - Béatrice - dont il est amoureux. En dépit de sa mort prématurée qui le laisse fou de douleur, elle demeure la source d'inspiration de sa poésie, et notamment de 'La divine comédie', chef-d'oeuvre qui le place aujourd'hui au rang de fondateur de la poésie italienne du Moyen Age.

1266         Prise de la forteresse des Templiers à Safed par les Mamelouks. Safed, située dans le nord d'Israël à une altitude de 900 mètres au dessus du niveau de la mer.

1266         Brunetto Latini écrit Trésor. Brunetto Latini (Brunet Latin), naissance: Florence, 1210 - Décès: 1294. notaire et rhétoricien de Florence, rédigera le Livre du Trésor - témoignage de la tradition scientifique médiévale héritée du savoir antique (Galien, Pline l'Ancien, Aristote...) - en français. Ce poème encyclopédique fera de son auteur le premier encyclopédiste en prose de la littérature. Membre du parti guelfe, il trouvera refuge à Paris. Dante sera son élève, comme en témoigne le chant XII de l'Enfer.

1267         24 et 27 juillet : Traités de Viterbe : Charles Ier d'Anjou est reconnu par l'empereur titulaire de Constantinople pour suzerain de la Morée et du tiers des territoires à reconquérir sur Michel VIII Paléologue. Il obtient la vassalité de Guillaume de Villehardouin. La principauté de Morée passe sous la suzeraineté des Angevins de Naples. Elle recule au cours du XIVe siècle devant la reconquête byzantine partie de Mistra.

1267         à 1337 - naissance et mort de Giotto. Ce peintre et architecte toscan de la fin du Moyen Âge, auteur de fresques de la vie de saint François à Assise, sera l'un des précurseurs de la Renaissance. Peintre, sculpteur et architecte italien du Trecento, dont les oeuvres sont à l'origine du renouveau de la peinture occidentale. C'est l'influence de sa peinture qui va provoquer le vaste mouvement de la Renaissance à partir du siècle suivant. Giotto se rattache au courant artistique de la Pré-Renaissance, dont il est l'un des maîtres, qui se manifeste en Italie, au début du XIVe siècle. En cette fin du Moyen Âge, Giotto est le premier artiste dont la pensée et la nouvelle vision du monde aidèrent à construire ce mouvement, l'humanisme, qui place l'homme à la place centrale de l'univers et le rend maître de son propre destin. Les fresques que Giotto a peintes à Florence (église Santa Croce de Florence), à Assise (basilique Saint-François d'Assise) et à Padoue (chapelle des Scrovegni ou chapelle Santa Maria dell'Arena dans l'église de l'Arena de Padoue) figurent parmi les sommets de l'art chrétien.

1268         Prise de Jaffa et Antioche par les Mamelouks. Jaffa ou Yaffo est une ville située en Israël, dont l'existence est attestée au moins depuis 3 500 ans (elle fut prise par les Égyptiens vers -1465) et qui a fusionné en 1950 avec Tel-Aviv. Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne. Elle est située au bord du fleuve Oronte.

1268         Roger Bacon: opus majus; favorable à apprentissage des langues (contre monopole du latin et risques de la traduction): promotion de la grammaire (il a écrit une gramm. du grec). Roger Bacon (1214 - 1294), surnommé le doctor mirabilis (docteur admirable) en raison de sa science prodigieuse, philosophe et alchimiste anglais, considéré comme le père de la méthode scientifique. Roger Bacon est né à Ilchester, dans le Somerset en Angleterre, en 1214. Il entra chez les Franciscains en 1240. Ayant étudié à Oxford et à Paris, il se fixa à Oxford, enseignant en particulier Aristote. Il se livra avec ardeur à l'étude de toutes les sciences connues de son temps, surtout de la physique et acquit bientôt une instruction fort supérieure à son siècle. Quelques-uns de ses confrères, jaloux de son mérite et irrités de ce qu'il avait censuré leurs moeurs dissolues, l'accusèrent de sorcellerie : quoiqu'il eût écrit lui-même contre la magie, il fut condamné et passa dans les cachots la plus grande partie de sa longue vie. À l'avènement du pape Clément IV, qui l'avait en grande estime, il retrouva la liberté en 1265, mais après la mort de ce pape éclairé, il resta en butte à de nouvelles persécutions et fut enfermé à Paris, pendant dix ans, dans le couvent des Franciscains. Il ne sortit de prison que peu d'années avant sa mort. On lui doit d'ingénieuses observations sur l'optique (il eût l'idée de la trichromie) et la réfraction de la lumière; une réflexion sur l'arc-en-ciel - dont il mesure l'ouverture angulaire : 42° et recense les variantes : rosée, fontaines, prismes - qui prend position pour la vision de Robert Grossetête plutôt que celle d'Ibn al-Haytham, ainsi qu'une description de la chambre noire. On lui a parfois attribué l'invention de la poudre à canon, celle des verres grossissants, du télescope, de la pompe à air et d'une substance combustible analogue au phosphore ; on trouve en tout cas dans ses écrits des passages où ces diverses inventions sont assez exactement décrites. Il proposa dès 1267 la réforme du calendrier, sans avoir eu connaissance des travaux antérieurs d'Omar Khayyam. Son plus grand mérite enfin est d'avoir renoncé à la méthode purement spéculative et d'avoir conseillé et pratiqué lui-même l'expérience. Cependant, il ne fut pas exempt des erreurs de son temps, et crut à l'alchimie et à l'astrologie, ou du moins le laissa-t-il penser.

1269         La dynastie des Mérinides. Le peuple berbère des Mérinides s'empare du pouvoir et établit sa capitale à Fès, en édifiant Fès Djedid (1276). L'empire, déjà morcelé par la reprise de l'indépendance des Hafsides de Tunisie, sera affaibli par la progression de la Reconquête espagnole. Les Mérinides se replieront finalement au Maroc et ne pourront empêcher les Portugais et les Espagnols d'envahir le littoral. Les Mérinides ou Marinides ou Banû Marin ou Bénî Marin (1258-1465) dynastie de berbères appartenant au groupe des Zénètes (nomades originaires du bassin de la haute Moulouya), qui régna pendant deux siècles sur les diverses régions du Maroc et qui imposa temporairement son pouvoir à l'ensemble du Maghreb. À l'origine ce sont des nomades du nord Sahara. La désertification progressive de la région et l'avancée des tribus berbères Hafsides en Libye et en Tunisie les repoussèrent vers le Maroc.

1270         Huitième croisade. - A l'instigation de Charles d'Anjou, son frère, Louis IX prépara une nouvelle croisade (ce fut la dernière de ces expéditions). Cette fois, il allait attaquer les musulmans sur les rivages de l'Afrique, peut-être pour attirer leurs forces de ce côté, et ainsi soulager les dernières villes chrétiennes de Palestine qu'ils ne cessaient d'attaquer. Louis IX porta donc son armée près de Tunis, sur l'emplacement de l'ancienne Carthage. Il remporta d'abord quelques succès, mais la peste se mit dans son armée, lui-même fut frappé du fléau et y succomba devant Tunis (1270). Le reste de l'armée se distingua encore par quelques faits d'armes et Philippe III qui succédait à saint Louis la ramena en France. La huitième croisade (1270), Saint Louis était accompagné de ses 3 fils et du prince Édouard d'Angleterre; il se dirigea sur Tunis, espérant, disent quelques historiens, convertir le maître de cette ville, Mohammed Mostanser; mais, à peine arrivé sous les murs de Tunis, il fut enlevé par une maladie contagieuse. Charles d'Anjou, son frère, qui était venu le rejoindre, se mit à la tête des troupes, remporta quelques avantages et revint en France après avoir forcé Mohammed à payer les frais de la guerre. Huitième croisade. 2 juillet 1270 : Louis IX quitte Aigues-Mortes pour la croisade. Le sultan mamelouk Baïbars qui avait pris le pouvoir en Égypte s'est emparé de Césarée, tenue par les croisés en mars 1265, ce qui décide Louis IX à partir à nouveau pour une huitième croisade. 18 juillet 1270 : Débarquement à Tunis de la huitième croisade. "Grand péché firent ceux qui lui conseillèrent la croisade, vu la grande faiblesse de son corps". C'est de Louis IX (épuisé par une dysenterie qui ne cesse pas) que parle Joinville, Louis IX qui, le 14 mars, s'est croisé à Saint-Denis. En ce jour, ce roi qui ne peut même plus tenir à cheval, débarque dans la plaine à côté de la ville de Tunis. Mais là, au-delà du scorbut qui a déjà commencé d'atteindre ses hommes depuis leur départ d'Aigues-Mortes, c'est la peste qui est le premier ennemi du roi. 25 août 1270 : Mort de Louis IX à Tunis. "O Jérusalem ! Jérusalem ! Beau sera, Dieu, que tu aies merci de ce peuple qui ici demeure ! Qu'il ne tombe en la main de ses ennemis et ne sois pas contraint de renier ton saint nom". C'est à Tunis que Louis IX, qui va mourir, en ce 25 août, alors qu'il vient d'entamer la huitième croisade, prononce ces mots. Il murmure encore : "Mon Dieu, je remets mon esprit entre tes mains". Philippe III le Hardi, son fils, rapporte en France les os de son père pour les inhumer à Saint-Denis. La chair, le coeur et les entrailles du roi sont déposés par Charles d'Anjou, son frère, à l'abbaye de Monreale en Sicile.

1270         16 mars Départ de Saint Louis pour la huitième croisade.

1270         1er juillet Saint Louis quitte Aigues-Mortes en direction de Tunis. Aigues-Mortes est une commune française, située dans le département du Gard et la région Languedoc-Roussillon.

1270         18 juillet Débarquement à Tunis de la huitième croisade. “Grand péché firent ceux qui lui conseillèrent la croisade, vu la grande faiblesse de son corps”. C'est de Louis IX épuisé par une dysenterie qui ne cesse pas, que parle Joinville, Louis IX qui, le 14 mars, s'est croisé à Saint-Denis. En ce jour, ce roi qui ne peut même plus tenir à cheval, débarque dans la plaine à côté de la ville de Tunis. Mais là, au-delà du scorbut qui a déjà commencé d'atteindre ses hommes depuis leur départ d'aigues-Mortes, c'est la peste qui est le premier ennemi du roi.

1270         3 août Mort de Jean Tristan comte de Nevers, fils du roi Saint Louis, de la dysenterie, à Tunis. Jean Tristan, né à Damiette le 8 avril 1250, mort à Tunis le 3 août 1270, comte consort de Nevers (1265-1270) et de comte de Valois (1268-1270), fils de Saint Louis, roi de France et de Marguerite de Provence.

1270         25 août Mort de Saint Louis à Tunis son fils Philippe III le Hardi lui succède. “O Jérusalem ! Jérusalem ! Beau sera, Dieu, que tu aies merci de ce peuple qui ici demeure ! Qu'il ne tombe en la main de ses ennemis et ne sois pas contraint de renier ton saint nom”. C'est à Tunis que Louis IX, qui va mourir, en ce 25 août, alors qu'il vient d'entamer la huitième croisade, prononce ces mots. Il murmure encore : “Mon Dieu, je remets mon esprit entre tes mains”. Philippe III le Hardi, son fils, rapporte en France les os de son père pour les inhumer à Saint-Denis. La chair, le coeur et les entrailles du roi sont déposés par Charles d'anjou, son frère, à l'abbaye de Monreale en Sicile.

1270         PHILIPPE III le Hardi (1270-1285)

1270         Philippe III le Hardi. Fils de Louis IX il avait accompagné son père à la croisade où Louis IX mourut du typhus. Il est proclamé roi sous les murs de Tunis en 1270. Son frère Jean Tristan meurt également et il est lui même ainsi que son épouse Isabelle atteint. C'est son oncle Charles d'Anjou qui prend le commandement. Il conclut une trève de 10 ans avec le Calife al-Mostancer qui fait libérer les prisonniers, assure la sécurité pour les voyageurs et les commerçants francs, permet aux missionnaires de célébrer leur culte et de prêcher ce qui ouvre la voie à une politique de rapprochement entre l'Orient et l'Occident. De retour en Sicile, Charles d'Anjou était roi de Naples et de Sicile, Philippe voit mourir son beau frère Thibaud roi de Navarre et sur le chemin du retour, en Italie c'est Isabelle qui décède ainsi que son oncle Alphonse de Poitiers. Charles d'Anjou qui avait été fait roi de Sicile par le pape Clément IV en 1265 à la suite d'une croisade prêchée par Urbain IV contre Manfred qui s'était fait roi et qui était en hostilité avec le pape. Manfred fut tué et certains de ses partisans trouvèrent refuge auprès du roi d'Aragon, Pierre III qui avait épousé la fille de Manfred. Charles d'Anjou n'était pas populaire, il avait restreint les libertés et pressurait le peuple pour payer ses ambitions méditerranéennes. Pierre III d'Aragon soutenait la résistance à la domination française, la révolte éclata en Sicile le 30 mars 1282 à l'heure des Vèpres, les Français furent égorgés (cette révolte prendra le nom de Vèpres Siciliennes) les Angevins durent abandonner la Sicile et Pierre III y pris le pouvoir. Le pape excommunia Pierre III et donna son royaume à Charles de Valois, fils de Philippe le Hardi. Ce dernier engagea donc la guerre contre l'Aragon mais échoua, l'armée de Philippe vaincue fait retraite à Perpignan où il mourra du paludisme le 5 octobre 1285. Pierre III d'Aragon le suivra en Novembre. Philippe III hérita de son oncle Alphonse de Poitiers du comté de Toulouse, le Poitou et l'Auvergne qu'il incorpore au domaine royal ainsi que le Perche et le comté d'Alençon hérités de son frère Pierre (1283) et les comtés de Nemours et de Chartres achetés. Par contre il cèda au pape le comtat Venaissin (région au nord est d'Avignon).

1270         Avènement de Philippe III le Hardi, fils de Louis IX et de Marguerite de Provence, né en 1245, proclamé roi devant Tunis. En 1271, il hérita de son oncle Alphonse de Poitiers, recueillant ainsi le Poitou, l'Auvergne et le Comté de Toulouse, qui furent incorporés au domaine royal.

1270         4 septembre Victoire des Croisés contre les armées musulmanes.

1270         20 octobre Victoire des Croisés contre les armées musulmanes.

1270         5 novembre Traité de paix avec les Hafsides mettant fin à la huitième croisade. Les Hafsides sont une dynastie berbère qui a commencé par être l'alliée des Almohades. Elle s'en est séparé pour devenir la dynastie régnante en Tunisie de 1230 à 1574.

1270         Raymond Lulle écrit 'Libro del gentile e e dei tre savi'.

1271         Marco Polo quitte Venise pour accomplir son extraordinaire voyage en Chine. Marco Polo était un voyageur et explorateur italien. Il est né en 1254 à Venise et est mort en 1324, également à Venise. Il est surtout connu pour son voyage en Chine, entrepris quand il avait 17 ans en compagnie de son père et de son oncle qui étaient marchands. Il y entra au service de Kubilai Khan. Il y est resté 12 ans et fut l'un des premiers occidentaux à se rendre en Extrême-Orient et à emprunter la Route de la soie. Rentré à Venise 24 ans après en être parti, il participe ensuite à la guerre avec Gênes, où il est fait prisonnier. Les récits qu'il a fait à Rusticello de Pise, un compagnon de détention, permirent à celui-ci de rédiger le Livre des merveilles du monde, écrit en français, un ouvrage qui a par la suite inspiré notamment Christophe Colomb. Kubilai Khan, (1215–1294), mongol Xubilaï, khan mongol puis empereur de Chine, fondateur de la dynastie Yuan. Petit-fils de Gengis Khan, il est né en 1215, durant l'année de la prise de Pékin par Gengis Khan, qui la détruira complètement ; il succède à Möngke, son frère, comme grand khan des Mongols en 1260. Il achève la conquête de la Chine en renversant les derniers empereurs de la dynastie Song en 1279. En 1280, il se proclame empereur de Chine, fondant ainsi la dynastie Yuan. Il échoue pourtant à conquérir le Japon et le Viêt Nam. En Chine, c'est un souverain éclairé. Il rénove et étend le réseau de routes, fait rebâtir les édifices publics et creuser le Grand canal. Il introduit la monnaie papier, protège les arts et se montre tolérant à l'égard des différentes religions, accueillant des prêtres nestoriens et des lamas tibétains — en revanche, il fait preuve de méfiance à l'égard du taoïsme. À sa cour, Marco Polo est un fonctionnaire important.

1271         28 janvier Mort de la reine Isabelle d'Aragon.

1271         mai Arrivée à Paris de Philippe III de retour de la huitième croisade.

1271         15 août Sacre de Philippe III le Hardi à Reims.

1271         Annexion du Comté de Toulouse. Raymond VII de Toulouse choisit alors de transiger : le bas Languedoc est annexé au domaine royal et Raymond VII de Toulouse garde le Toulousain - de même que son marquisat de Provence - mais il doit donner sa fille Jeanne en mariage à un frère de Saint Louis, Alphonse de Poitiers, le comté de Toulouse revenant au domaine royal si Jeanne meurt sans enfant. C'est ce qui se produit en 1271. Entre-temps, Alphonse aura réorganisé l'administration du comté et assaini la situation financière de villes souvent touchées par les troubles sociaux.

1274         7 mars Mort de Saint Thomas d'Aquin.

1274         21 août Mariage de Philippe III avec Marie de Brabant. Marie de Brabant, née à Louvain le 13 mai 1254, morte le 10 janvier 1321, près de Meulan, reine de France, fille du duc de Brabant Henri III le Débonnaire et de Adélaïde de Bourgogne. Ellle devint, à vingt ans, la deuxième épouse de Philippe III le Hardi, de neuf ans son aîné, le 21 août 1274, à Vincennes. Elle fut couronnée le 24 juin 1275 à la Sainte-Chapelle. Le Duché de Brabant est un ancien duché situé à cheval sur les Pays-Bas et la Belgique actuels. Son étendue couvrait l'actuelle province néerlandaise du Brabant septentrional, les actuelles provinces belges d'Anvers, du Brabant wallon, du Brabant flamand, ainsi que la région de Bruxelles.

1274         Première rédaction en français des 'Grandes Chroniques' de Primat de Saint-Denis. Primat de Saint-Denis, auteur, compilateur de la première version des 'Grandes Chroniques de France'. 'Les Grandes Chroniques de France', est une compilation d'oeuvres historiques élaborées remarquablement enluminé, d'après des modèles latins, entre les XIIIe et XIVe siècles. Elles retracent l'histoire des rois de France depuis leur origine jusqu'en 1461. Il s'agit d'une chronique commandée par Saint Louis, qui fait remonter l'origine des rois de France aux Troyens de l'Antiquité.

1275         Guerre de la vache (Wallonie) (1275-1278). La Guerre de la vache est le nom donné à une guerre qui mit à feu et à sang une soixantaine de villages du Condroz de 1275 à 1278 faisant environ 15 000 morts. Les Liégeois, Namurois, Brabançons et Luxembourgeois y étaient engagés, soutenant soit le comte de Namur, soit le prince-évêque de Liège, tous deux en dispute à cause d'une vache volée à Ciney (alors Pays de Liège) et retrouvée sur une foire à Andenne (dépendant du comté de Namur). Cet incident futile n'est en fait qu'un prétexte à vider une querelle qui met aux prises le duc de Brabant et les comtes de Namur et de Luxembourg, contre l'évêque de Liège, de qui la cité cinacienne dépend depuis l'an 1000.

1275         Rédaction de la suite du 'Roman de la rose' de Guillaume de Lorris par Jean de Meung. Jean de Meung, Jean de Meun ou Jean Chopinel, Jean Clopinel (v.1240 à Meung - v.1305 à Paris) est un poète français du XIIIe siècle. Il est surtout connu comme auteur de la seconde partie du 'Roman de la rose', continuation du travail de Guillaume de Lorris tout en lui donnant un ton plus proche du débat d'idées. Comme beaucoup de poète de la fin du XIIIe siècle, il écrit sur ton satirique démontrant une bonne connaissance des faiblesses de son époque. Ce ton sarcastique, devenant parfois excessif, provoque une célèbre polémique, à propos de ses positions antiféministes, lancé par Christine de Pisan dans ce qui est considéré comme une des premières querelles féministes.

1275         Guillaume de Moerbeke traduit en latin le corpus des commentaires d'Aristote (1275-1300). Guillaume de Moerbeke, savant dominicain, né à Moërbeka (Flandre) au XIIIe siècle, mort archevêque de Corinthe à un âge avancé. Il fut missionnaire en Orient. Il a laissé un Traité de la géomancie (Divination), qui est demeuré inédit, une traduction d'une partie des oeuvres d'Aristote et les traductions partielles de Galien et d'Hippocrate, ainsi que de plusieurs ouvrages de Proclus.

1276         Adam de la Halle écrit 'Le jeu de la feuillée' (1276-1277).

1277         Étienne Tempier condamne l'aristotélisme averroïsant. La connaissance des ouvrages d'Aristote provoque une crise, dans la mesure où deux aspects de son oeuvre, la question de l'éternité du monde et le problème de l'immortalité de l'âme, sont contradictoire avec l'enseignement de l'Église. La première réaction est l'interdiction de l'enseignement de la Physique et de la Métaphysique d'Aristote (1210, 1215, 1228). Mais dès 1229 l'université de Toulouse signale que ces oeuvres seront enseignées. Les interdictions restent lettre morte, les oeuvres interdites figurent dans les programmes. La construction thomiste semble avoir réglé le problème, mais la crise avérroïste va tout remettre en question. Dès 1270, Étienne Tempier, évêque de Paris, condamne les averroïstes, en interdisant l'enseignement de 13 propositions d'Averroès. En 1273, un statut de l'université de Paris interdit l'étude de textes théologiques dans le cadre de la faculté des arts. Enfin, en 1277, à la demande de Jean XXI, Étienne Tempier condamne 219 propositions, qui sont plutôt un amalgame de diverses "déviations".

1278         Exécution de Pierre de la Brosse, conseiller du roi. Marie de Brabant fut accusée par le conseiller et ministre royal Pierre de la Brosse d'avoir empoisonné Louis le fils aîné d'Isabelle d'Aragon (Louis de France). On invoqua le célèbre jugement de Dieu et un chevalier fut envoyé par le frère de Marie pour défendre la vie et l'honneur de la reine. Ce chevalier étant maître en armes, il innocenta la reine et Pierre de la Brosse fut pendu au gibet.

1278         Les Habsbourg prennent la tête de l'Autriche. Habsbourg, la Dynastie des Habsbourg ne régne plus sur aucun pays depuis 1918. Elle régna sur plusieurs pays d'Europe : dirigeants de l'Autriche, comme ducs 1282-1453 puis archiducs 1453-1806, souverains des Espagnes (1516-1700), du Saint Empire romain germanique pour plusieurs siècles jusqu'en 1806, ils devinrent Empereur d'Autriche 1806-1918, roi de Hongrie et de Bohême jusqu'en 1918. Le nom Habsbourg dérive d'un lieu suisse Habichtsburg (Château des autours, bâti vers 1020 dans le canton d'Argovie), siège de la famille aux XIIe et XIIIe siècles. Depuis le sud-ouest de l'Allemagne, la famille étendit son influence vers l'est, contrôlant le Saint Empire romain germanique dès 1273, l'étendant jusqu'à l'actuelle Autriche (1278-1382).

1278         Rodolphe Ier du Saint-Empire cède à Nicolas III l'exarchat, la Marche d'Ancône et le duché de Spolète qui forment les contours définitifs de l'État pontifical. Rodolphe Ier du Saint-Empire, il fut roi des Romains de 1273 à sa mort. Il est le fils de Albert IV (-1240) comte de Habsbourg et de Heilwige de Kybourg (-1260). Durant son règne, il agrandit ses terres avec l'Autriche, la Styrie et la Carniole au détriment d'Ottokar II de Bohême. C'est grâce à Rodolphe Ier que les Habsbourg ont pu fonder leur puissance. Nicolas III, de son vrai nom Giovanni Gaetano Orsini est né à Rome entre 1210 et 1220 et mort à Soriano près de Viterbe le 22 août 1280, probablement d'une attaque d'apoplexie. Il fut pape de 1277 à 1280. "Rosa composita" dans la prophétie de Saint Malachie. Il était membre de la célèbre famille Orsini. Il fut le premier pape à vivre régulièrement à Rome, où il établit la résidence pontificale. Les États pontificaux sont les États qui étaient sous l'autorité temporelle du pape. On parle aussi de patrimoine de saint Pierre. Les États pontificaux n'existent plus de facto en 1870, et sont formellement abolis par les accords de Latran en 1929.

1279         23 mai Traité d'Amiens entre Philippe III et Édouard Ier d'Angleterre. Édouard Ier d'Angleterre (17 juin 1239 – 7 juillet 1307), fut roi d'Angleterre de 1272 à 1307. Il est connu comme le conquérant du Pays de Galles et de l'Écosse.

1279         Début du règne de la dynastie Yuan en Chine, instituée par Koubilaï Khan (Qubilai Khan) (jusqu'en 1368). Kubilai conserve les institutions et tente de rallier les fonctionnaires chinois. La Chine entre dans une période de paix et de tolérance religieuse. En quelques décennies, l’aristocratie mongole établie en Chine assimile la civilisation chinoise. La dynastie Yuan a régné sur la Chine de 1271 à 1368. Elle fut fondée par Kubilai Khan et succède à la dynastie Song qui a régné sur la Chine entre 960 et 1279.

1279         Gilles de Rome (1243-1316) dédie son 'De regimine principum' à Philippe le Bel. Gilles de Rome écrit pour son élève le futur Philippe IV le Bel, petit-fils de saint Louis, un De Regimine principum ("Du gouvernement des Princes"), où il propose le modèle d'un roi-clerc omniscient qui maîtrise une culture encyclopédique bâtie sur les arts libéraux, la théologie, la métaphysique et les sciences morales. Cet ouvrage, marqué par l'influence aristotélicienne, reflète la volonté de former une intelligentsia royale. Il connaîtra un succès extraordinaire : copié, adapté, traduit dans plusieurs langues, il sera ensuite imprimé et réimprimé jusqu'en 1617. Gilles de Rome, surnommé doctor fundatissimus et theologorum princeps (né à Rome en 1247, mort en 1316). Disciple de Thomas d'Aquin, il enseigna avec éclat dans l'université de Paris, devint général des Augustins et archevêque de Bourges en 1295. Il fut chargé en 1278 de l'éducation de Philippe le Bel, et composa pour ce prince le traité 'De regimine principum'.

1280         Le philosophe juif espagnol Rashba (Rabbi Shlomo ben Adret) tranche la "question de Maïmonide" qui divise la communauté juive : les jeunes juifs doivent pratiquer le Talmud et ses commentaires autorisés de la tradition tosafiste (ceux "qui ajoutent" des commentaires au Talmud), puis après l'âge de vingt ans, sous la surveillance d'un maître, ils peuvent lire Maïmonide, voire Aristote et Averroès. En réaction avec la diffusion des idées rationalistes de Maïmonide, les Cabalistes, suivis par le petit peuple juif, propagent une doctrine mystique en faveur de la foi, de la vie intérieure, de l'adhésion de l'âme et non de l'intelligence à la croyance divine (Josef ha-Cohen de Soria, Josef Gikatila d'Aragon, Todros de Tolède, Abraham Abulafia de Tudela). Le livre le plus célèbre est le Zohar ("Le Livre des Splendeurs") écrit en araméen tardif, anonyme, se référant à simon bar Yohaï, maître de Méron en Haute-Galilée au début de l'ère talmudique, l'un des premiers prédicateurs de l'extase et de l'adhésion mystique. Le Zohar serait en fait l'oeuvre du castillan Mossé de León (vers 1280-1300). La Kabbale est une tradition mystique, philosophique. Elle est présentée comme la Loi orale secrète, donnée par YHWH à Moïse sur le Mont Sinaï en même temps que la Torah (ou Loi écrite). Ashlag connu sous le nom de Baal HaSoulam, kabbaliste, et commentateur du Zohar, en donne la définition suivante : "Cette sagesse n'est ni plus ni moins que l'ordre des racines, descendant à la manière d'une cause et de sa conséquence, selon des règles fixes et déterminées, s'unissant au nom d'un but unique et exalté, décrit par le nom "révélation de Sa Divinité à Ses Créatures en ce monde" ". Selon ses adhérents, la compréhension intime et la maîtrise de la Kabbale rapproche spirituellement l'homme de Dieu, ce qui confère à l'homme un plus grand discernement sur l'oeuvre de la Création par Dieu. Zohar, Le Sefer Ha Zohar ("Livre de la Splendeur"), aussi appelé Zohar, est un des ouvrages majeurs de la Kabbale. Rédigé en araméen par Moïse de Leon entre 1270 et 1280, il s'agit d'une exégèse ésotérique et mystique de la Torah ou Pentateuque (principalement de la Genèse) attribuée à un rabbin du IIe siècle, Shimon Bar Yochaï. L'importance de ce maître livre justifie la tendance que l'on a souvent à confondre la doctrine entière avec cette oeuvre particulière. Moïse de Leon (1240 -1305) est le nom d'un rabbin espagnol que l'on évoque souvent comme étant l'auteur ou le compilateur du Sefer HaZohar, l'ouvrage le plus important de la mystique kabbaliste juive.

1280         invention du canon (Chine)

1280         Cimabue peint 'La vierge et l'enfant'. Cimabue est un peintre italien de la pré-Renaissance. Il assure le renouvellement de la peinture byzantine en introduisant des éléments de l'art gothique, tels que le réalisme des expressions des personnages. Giotto fut son élève.

1280         vers - Développement de la langue juridique, particulièrement à l'écrit, est un vecteur d'unification et de standardisation de la langue française dans une scripta (diminution des traits dialectologiques indentifiables comme tels).

1280         vers - invention des lunettes correctrices. Les "lunettes à nez" ou "lunettes d'yeux" ont été inventées en Toscane, entre 1280 et 1285. Suite à des expériences sur la réfraction de la lumière le physicien florentin Salvino degli armati (1245-1317) mit au point en 1280 deux verres qui, à un certain degré de courbure grossissaient les objets. On peut logiquement lui attribuer l'invention des lunettes. (L'invention de la loupe arrive au XIe siècle).

1281         En 1281, une ordonnance royale permet le développement de bureaux d'écriture juridique et laïque, dont le personnel est en relation avec la cour et avec les bureaux parisiens, et est amené à éliminer les traits dialectaux des écrits. Fin XIIIème, début XIVème, le français se développe de plus en plus (par rapport au latin) dans tous les actes juridiques, comme les plaidoiries ou les jugements. A cette époque, le français de Paris est incontestablement diffusé dans l'ensemble des provinces. Le français de Paris, c'est-à-dire celui de la cour et des parlements (au XVIIème, on considérera que c'est le seul bon). On notera qu'au XIVème siècle débute la guerre de Cent ans (1346, Crécy), entre deux rois de langue française, pour la conquête du Royaume de France. En Angleterre, le français recule, on commence à l'apprendre comme une langue étrangère. Avec Jeanne d'Arc (. 1431), la guerre prend un caractère national, et les destinées des deux pays se séparent définitivement, le règne du français se termine en Angleterre.

1282         Charles d'Anjou (le même qui avait provoqué la huitième croisade), régnait sur la Sicile, où ses hommes d'armes passaient pour terroriser et dépouiller la population. A l'instigation de Pierre III d'Aragon, à Palerme et dans quelques autres villes, elle se souleva en masse, le lundi de Pâques, au moment où les cloches appelaient aux vêpres, et massacra traîtreusement tous les Français qui purent être atteints: il en périt huit mille et deux seulement s'échappèrent. C'est à cette journée que l'on a donné le nom de Vêpres siciliennes. Un médecin nommé Jean de Procida avait été le principal agent de Pierre d'Aragon dans cette affaire. Pierre III d'Aragon, Pierre III le Grand (1239 - 11 novembre 1285), fut roi d'Aragon (Pierre III) et de Valence (Pierre Ier), et comte de Barcelone (Pierre II) de 1276 à 1285.

1282         30-31 mars "Vêpres Siciliennes"; révolte contre les Français en Sicile. En ce lundi de Pâques, à Palerme comme dans quelques autres villes de Sicile, les cloches sonnent pour les vêpres. Elles donnent le signal du massacre. Les 8 000 Français qui occupent l'île pour y soutenir les prétentions de Charles Ier d'Anjou (oncle du roi de France Philippe III le Hardi) au trône de Sicile sont passés au fil de l'épée par les Siciliens soutenus par Pierre III d'Aragon. Deux parviennent à s'échapper... Les Vêpres siciliennes sont un soulèvement populaire de l'île de Sicile contre la tutelle du roi français Charles d'Anjou. À la suite de ce soulèvement, le roi d'Aragon Pierre III met la main sur l'île.

1282         8 mai Charles de Valois nommé roi d'Aragon. Le pape Martin IV, qui a excommunié le roi Pierre III d'Aragon pour avoir soutenu les Siciliens, lors du massacre des Vêpres siciliennes du 30 mars 1282, lui confisque son royaume. Il donne ce dernier à Charles de Valois, fils de Philippe III le Hardi. Charles de Valois (1270 - 16 décembre 1325), fils du roi Philippe le Hardi et Isabelle d'Aragon. Moyennement intelligent, démesurément ambitieux et passablement avide, Charles de Valois collectionne les principautés. Il eut en apanage les comtés de Valois et d'Alençon (1285). Il devint en 1290 comte d'Anjou, du Maine et du Perche, par son mariage avec Marguerite, fille aînée de Charles II d'Anjou, roi nominal de Sicile ; par un deuxième mariage, contracté avec l'héritière de Baudouin II de Courtenay, dernier roi latin de Constantinople, il avait aussi des prétentions sur ce trône. Mais il est fils, frère, beau-frère et gendre de rois ou de reines (de France, de Navarre, d'Angleterre et de Naples), en attendant d'être de surcroît, après sa mort, père de roi (Philippe VI).

1283         Philippe de Beaumanoir écrit Coutumes de Beauvaisis. Philippe de Beaumanoir fut comme son père bailli et écrivain, mais son oeuvre est d'une toute autre nature. Il est l'auteur d'un ouvrage juridique très célèbre écrit en 1283. "Les Coutumes de Clermont en Beauvaisis" est parmi les écrits juridiques de l'époque, le plus complet, le mieux rédigé et le plus personnel. Il est composé de 70 chapitres qui représentent plus de 1000 pages d'impression !    

1284         16 août Mariage du futur Philippe IV avec Jeanne de Navarre. Philippe IV de France, dit Philippe le Bel, né en 1268, mort le 29 novembre 1314 à Fontainebleau, fut roi de France de 1285 à 1314, le onzième de la dynastie dite des Capétiens directs. Jeanne de Navarre, Jeanne Ière de Navarre (née le 17 Avril 1271 à Bar-sur-Seine, Aube - morte le 4 avril 1305 à Vincennes, France), princesse de la maison de Champagne, fut reine de Navarre de 1274 à 1305 et reine de France de 1285 à 1305. Jeanne Ière était la fille du roi Henri Ier de Navarre et de Blanche d'Artois de lignée capétienne. Elle épousa, en 1284, l'héritier de la couronne de France, Philippe, qui devint le roi de Navarre Philippe Ier (1284-1305) et le roi Philippe IV le Bel (1285-1314).

1284         Philippe III intervient en Aragon.

1284         28 novembre Effondrement de la voûte du coeur de la cathédrale de Beauvais. La cathédrale Saint-Pierre de Beauvais est un chef-d'oeuvre de l'architecture gothique. Elle est renommée pour ne pas avoir de nef -seule la première travée a été construite- et posséder le plus haut choeur gothique au monde (47 mètres). C'est après un incendie dans la "Basse Oeuvre" qu'a commencé, en 1247, la construction de la cathédrale. En 1284, les voûtes du choeur s'effondrent. À l'intérieur, les dégâts sont considérables, mais le chevet ne semble pas avoir été touché. On décide donc de reconstruire en doublant les piliers avec d'autres, intermédiaires, moins larges. Les réparations se terminent aux alentours de 1347. La guerre de Cent Ans passe et marque une période de pause dans la construction de la cathédrale. C'est seulement 150 ans après l'édification du choeur que le transept va être construit sous la direction de Martin Chambiges. Celui-ci ne connaitra pas la fin des travaux : il meurt en 1532 le 29 août. Une fois le transept érigé (entre 1500 et 1548), on décide de construire la flèche la plus haute de toute la chrétienté. "Nous construirons une flèche si haute, qu'une fois terminée, ceux qui la verront penseront que nous étions fous". Les travaux commencent en avril 1563 et se terminent en 1569, elle atteint alors 150m de hauteur. Le 30 avril 1573 est un jour noir dans l'histoire de la cathédrale, alors que les fidèles sortent de la célébration de l'Ascension, la flèche et les trois étages du clocher s'effondrent. La reconstuction prive la cathédrale des fonds nécessaires pour édifier la nef. La cathédrale reste depuis inachevée.

1284         à 1344 - naissance et mort de Simone Martini. Cet artiste peindra de nombreuses fresques. Il introduira cette discipline au sein de l'école de Sienne dont il sera l'un des maîtres. 'Sa Maesta', réalisée en 1315 pour le palais public de Sienne, constitue la plus ancienne de ces oeuvres connues à ce jour.

1285         Philippe le Hardi soutint la politique sicilienne de son oncle Charles d'Anjou, après les massacres des Vêpres Siciliennes en 1282, le pape excommunia Pierre III d'Aragon considéré comme l'instigateur du massacre et donna son royaume à Charles de Valois, fils de Philippe le Hardi. Philippe III engagea la croisade d'Aragon, attaqua sans succès la Catalogne (siège de Gérone du 26 juin au 7 septembre 1285), il mourut à Perpignan suite à une retraite désastreuse, causée par les épidémies et le manque de ravitaillement.

1285         Échec de l'opération de Philippe III en Aragon.

1285         5 octobre Mort de Philippe III à Perpignan. C'est sur la route des croisades que la malaria atteint l'armée de 20 000 cavaliers et 80 000 fantassins que le roi Philippe III le Hardi commande. Lui-même, âgé de quarante ans, trouve la mort à Perpignan. Son fils, Philippe IV le Bel, lui succède.

1285         PHILIPPE IV le Bel (1285-1314)

1285         Philippe IV le Bel monte sur le trône en 1285 et met fin à la croisade contre l'Aragon par le traité de Tarascon en 1291 donnant le royaume de Naples à la maison d'Anjou et la Sicile à l'Aragon. Le palais de la citée à Paris subit de grandes réfections. Le parlement qui avait été créé par son grand-père Saint Louis et la chambre des comptes se réuniront à Vincennes. Il s'entoure de légistes, Pierre Flote, Enguerran de Marigny, Guillaume de Nogaret. Le rôle du parlement est précisé. Philippe réunit fréquemment les trois ordres (préfiguration des états généraux) pour faire approuver sa politique. Pour Philippe le roi est le maître dans l'ordre temporel et ne peut accepter de limitations à son pouvoir et notamment il ne peut admettre la suprématie pontificale dans son domaine. La guerre avec l'Angleterre reprend en 1293. En 1294 l'armée anglaise prend Blaye et Bayonne. Philippe joue l'atout maritime fait construire des navires et fait le blocus de l'Angleterre. L'armée du roi conquière la Guyenne, possession anglaise en 1296. La guerre se termine par le traité de Montreuil en 1299 prévoyant notamment le mariage de la soeur du roi (Marguerite de France) avec Édouard Ier d'Angleterre (le roi d'Angleterre) et celui de sa fille (Isabelle de France) avec l'héritier du trône d'Angleterre (Édouard II d'Angleterre). Cependant, la Flandre, dont le comte Guy de Dampierre est vassal du roi de France, qui commerçait principalement avec l'Angleterre était entrée dans le conflit alliée aux Anglais. Le roi organise une expédition punitive contre le félon, les Français occupent la Flandre en 1300 mais le 18 mai 1302 une révolte les chasse de Bruges et Philippe subit une défaite écrasante à Courtrai en juillet 1302 il prendra sa revanche en 1304 à Mons-en-Pévèle et imposera la paix à la Flandre. Le traité de Paris (1303) conclu entre Édouard Ier et Philippe le Bel restitue les terres confisquées par le roi de France aux Anglais. Philippe le Bel qui entend que le pape ne lui impose pas ses vues en politique et qui veut une église de France à ses ordres (gallicanisme) entre en conflit avec le pape Boniface VIII d'autant plus que, ayant besoin d'argent il impose une taxe au clergé. Une lutte s'ouvre le roi réunit les états généraux pour faire approuver sa politique. Il envoie de partout des messagers expliquer en quoi le pape se rend coupable. Il envoie une délégation en Italie qui, rencontrant également des ennemis du pape, arrêtent le pape à Agnani où il est gardé à résidence dans son palais. Il sera rapidement délivré mais il ne survivra pas au choc moral subit. Philippe le Bel fera élire un pape Français : Clément V, élu en 1305, est couronné à Lyon. La population de Rome étant très agitée, il s'installe à Avignon et convoque un concile à Vienne sur le Rhône en 1312. Après ces événements, les autres papes n'interviendront plus dans les affaires intérieures des royaumes. En 1367 Urbain V quittera Avignon pour Rome, mais les troubles subsistant, il devra revenir en Avignon en 1370. Son successeur Grégoire XI effectuera un retour définitif en 1378. Les régimes d'imposition sont très anarchiques, à chaque fois que le roi à besoin d'argent, il lève un impôt plus ou moins bien organisé, souvent peu réfléchi, injuste quelques fois, ces impôts sont mal acceptés, des révoltes ont lieu, or l'organisation de l'état qui s'étoffe et les guerres, grêvent lourdement le budget royal. Philippe à dévalué la monnaie en faisant incorporer moins d'or dans les pièces de monnaie, mais c'est une arme à double tranchant qui fait perdre la confiance des marchands et nuit au commerce. Philippe décide de prendre l'argent où il est, c'est à dire d'abord chez les marchands Juifs et les Lombards, qui alors ont tendance à quitter la France, ce qui aggrave les problèmes. Alors il décide de s'attaquer aux Templiers qui sont très riches et qui, depuis leur repli de Palestine, sont de véritables banquiers. Ils sont accusés d'hérésie en 1312, l'ordre est supprimé par Clément V et en 1314 condamné pour hérésie. De nombreux Templiers mourront sur le bûcher dont le grand maître Jacques de Molay le 19 mars 1314. Le roi contracte la typhoïde à Fontainebleau et meurt le 29 novembre 1314. Son conseiller Guillaume de Nogaret l'avait précédé d'une année (1313) et Enguerran de Marigny le suivra l'année suivante (1315).

1285         Avènement de Philippe IV le Bel, fils de Philippe III de France et d'Isabelle d'Aragon, né en 1288. C'est une des personnalités les plus curieuses de la monarchie française et un des rois qui ont fait le plus pour la France, bien qu'en usant souvent de moyens critiquables. En 1284, Philippe avait épousé Jeanne de Navarre, qui lui apporta la Champagne et la Navarre, et pris le titre de roi de Navarre. La Champagne rentra de ce fait dans le domaine royal.

1285         10 novembre Mort de Pierre III d'Aragon, roi d'Aragon.

1285         Philippe le Bel acquiert la Champagne. Comté depuis le début du XIIe siècle, la Champagne fut réunie à la couronne de France grâce à un mariage : celui de Jeanne de Champagne avec Philippe de France, qui devint roi en 1285 sous le nom de Philippe IV le Bel. Cependant la Champagne garda son autonomie jusqu'à sa mort en 1314 et c'est son fils Louis X le Hutin qui la rattacha définitivement à la France.

1286         6 janvier Sacre de Philippe IV le Bel. Philippe est sacré à Reims avec la reine Jeanne. Bien qu'il n'ait que dix-sept ans à la mort de son père Philippe III le Hardi, il sait aussitôt s'imposer.

1286         Guillaume Durand écrit 'Rationale divinorum officiorum'. Guillaume Durand, il fut évêque de Mende. Ce fut également un juriste, canoniste et liturgiste très renommé. Ses écrits ont servi de guide à l'application de la liturgie dans toute la chrétienté.

1289         4 octobre Naissance de Louis (futur Louis X), fils de Philippe IV. Louis X de France, dit Louis le Hutin (c'est-à-dire le Querelleur), né le 4 octobre 1289 à Paris, mort le 5 juin 1316 à Vincennes, fut roi de Navarre de 1305 à 1316 (sous le nom de Louis Ier) et roi de France de 1314 à 1316 (sous le nom de Louis X), douzième de la dynastie dite des Capétiens directs.

1291         Traité de Tarascon, qui met fin à la guerre entreprise par Philippe III contre l'Espagne. En vertu de ce traité, le royaume de Naples reste à la maison d'Anjou et la Sicile est attribuée à l'Aragon. Le traité de Tarascon, fut signé le 19 février 1291. Philippe IV le Bel et le pape Nicolas IV désirant empêcher la domination de l'Aragon-Catalogne sur la Sicile, mais dans l'incapacité de battre par les armes la résistance de Jacques II, roi de Sicile, entamèrent des négociations avec son frère Alphonse III d'Aragon-Catalogne qui aboutirent à la signature du traité de Tarascon entre le roi d'Aragon-Catalogne, d'une part, et Charles de Salerne et le Pape, de l'autre.

1291         18 mai Entrée des armées musulmanes à Saint-Jean-d'Acre.

1291         28 mai Chute de Saint-Jean-d'Acre.

1291         1er août Serment du Grütli. Walter Fürst, Arnold de Melchtal et Werner Stauffacher, les représentants des trois cantons alpins, concluent un pacte de défense mutuelle contre les Habsbourg. Ce serment est considéré comme l'acte de naissance de la Confédération helvétique (Suisse). En 1315, la victoire sur Léopold Ier d'Autriche à Morgaten, renforcera la cohésion des cantons. Le Serment du Grütli est un mythe fondateur suisse. Il se déroule sur la prairie du Grütli dominant le lac des Quatre-Cantons, et rassemble les hommes libres des vallées d'Uri, de Schwytz et d'Unterwald. Cet accord entre trois communautés situées dans ce qui forme de nos jours la Suisse centrale, a été considéré jusqu'au XIXe siècle comme l'acte fondateur de la Confédération suisse. Léopold Ier du Saint Empire (né à Vienne en 1640 - Décédé à Vienne en 1705), roi de Hongrie-Croatie, et roi de Bohême (1656), puis archiduc d'Autriche et empereur germanique (1658). Fils de Ferdinand III de Habsbourg (1608-1657) et de Marie Anne d'Espagne (1606-1646).

1291         Fin des royaumes croisés en Terre sainte.

1292         Rixe à Bayonne entre matelots français et anglais, origine de la guerre qui éclatera peu après entre la France (alliée à l'Écosse) et l'Angleterre (alliée à la Flandre).

1292         Philippe IV ordonne la saisie des biens Lombards.

1292         Dante écrit 'La Vita Nova'.

1293         Au Japon, un séisme tue 30 000 personnes.

1293         Naissance de Philippe (futur Philippe V), second fils de Philippe IV. Philippe V de France, dit Philippe le Long, né vers 1293, mort le 3 janvier 1322 à Longchamp (Paris), fut roi de France de 1316 à 1322, le quatorzième de la dynastie dite des Capétiens directs. Il fut aussi roi de Navarre sous le nom de Philippe II.

1293         Naissance de Philippe (futur Philippe VI). Philippe VI de France, dit Philippe de Valois ou le "roi trouvé", (né en 1293 - mort le 22 août 1350 à Nogent-le-Roi, Eure-et-Loir), fut roi de France de 1328 à 1350, premier de la branche dite de Valois de la dynastie capétienne. Il était le fils de Charles de Valois, frère cadet de Philippe IV dit Philippe le Bel, et donc cousin des trois fils de ce dernier qui se succédèrent sur le trône de France. À la mort de son cousin germain Charles IV dit Charles le Bel, en 1328, et en l'absence d'héritier mâle survivant, il fut reconnu roi de France. Cette succession, contestée par le roi d'Angleterre Édouard III d'Angleterre, lui-même petit-fils de Philippe IV le Bel par sa mère Isabelle, fut la principale cause de la guerre de Cent Ans.

1294         19 mai Début de la guerre franco-anglaise pour la Guyenne (jusqu'en 1297). Philippe le Bel prend la Gascogne (1294-1303).

1294         Arrivée en Chine du missionnaire franciscain Jean de Montecorvino. Parti d'Europe en 1289, il meurt à Pékin en 1330. Il reste pendant de longues années sans nouvelle de Rome à qui il réussit à faire parvenir deux lettres par des marchands occidentaux. Jean de Montecorvino (ou de Montecorvin), né en 1246 à Montecorvino dans le sud de l'Italie et mort à Beijing (Pékin) en 1328 est un Franciscain fondateur de la mission catholique de Chine. Des "nestoriens" étaient disséminés dans toute l'Asie et en particulier en Chine. Ils n'étaient pas forcémment des disciples de Nestorius, mais des chrétiens descendants de l'Église de Perse et complètement coupés de Rome depuis des siècle. On trouvait plus particulièrement de nestoriens chez les öngüt, une ethnie turque bien représentée à la cour de Kubilaï. Pour répondre aux demandes de Kubilaï, le pape Nicolas IV envoya en mission d'abord deux dominicains qui ne dépassèrent pas l'Arménie, puis Jean de Montecorvino qui quitta Rome en 1289. Il était accompagné de deux compagnons, le Dominicain Nicolas de Pistoia et le marchand Pierre de Lucalongo. Il navigua du Golfe Persique jusqu'en Inde où il débarqua en 1291, y prêcha pendant 13 mois et y baptisa une centaine de personnes. Il s'embarqua pour la Chine à Meliapur, sans Nicolas de Pistoia qui était mort. C'est en 1294 qu'il arrive en Chine, au port de Zaïton (Tsiuan-Tchéou) dans le Fo-kien. De là, il gagne Khanbaliq où on lui dit que Kubilaï vient de mourir. Chengzong, son fils, qui lui succède, ne fait aucun obstacle à l'apostolat missionnaire.

1295         Début des altérations monétaires de Philippe IV le Bel.

1295         Naissance de Charles (futur Charles IV), troisième fils de Philippe IV. Charles IV de France, dit Charles le Bel, né vers 1295, mort le 1er février 1328 à Vincennes, fut, de 1322 à 1328, roi de France, le quinzième et dernier de la dynastie dite des Capétiens directs, et roi de Navarre (sous le nom de Charles Ier).

1296         Création de la décime (taxe perçue par le roi sur les revenus du clergé).

1296         Bulle "Clericis Laicos" interdisant le paiement du décime sans accord du Saint-Siège.

1296         Formation d'une coalition autour de Édouard Ier d'Angleterre contre Philippe IV.

1297         à 1305 - premières hostilités de la guerre France-Angleterre, dont les faits principaux sont : les victoires remportées par les Français sur les Anglais à Furnes (1297) et à Comines (1299). Ces succès et l'intervention du pape Boniface VIII amènent les Anglais à signer la paix (traité de Montreuil, 1299). La fille de Philippe IV, Isabelle de France, fut mariée en vertu de cet arrangement au fils du roi d'Angleterre. Cependant la guerre, un moment interrompue avec la Flandre, se ralluma par suite du massacre, à Bruges, de 3 000 Français par les Flamands outrés de la déloyauté de Philippe qui, ayant attiré à Paris le comte de Flandre, Guy de Dampierre, l'y retenait prisonnier (il mourut de cette captivité en 1305). En 1302, les Flamands infligent une sanglante défaite aux Français commandés par Robert II d'Artois (cousin de Philippe IV) à Courtrai; mais en 1304 les Français battent les Flamands à Mons-en-Pévèle. Cette guerre se termine en 1305: la Flandre française reste à la France. Robert II d'Artois, fils posthume de Robert Ier et de Mathilde de Brabant, devient comte d'Artois en 1250. Il prit part à la croisade de Tunis en 1270, et se montra un farouche combattant, voulant venger son père qui avait été tué à la précédente croisade. Sa soeur Blanche d'Artois, épouse d'Henri Ier de Navarre, mort en 1274 en laissant une fille de trois ans, se réfugia en France afin d'échapper aux luttes pour le pouvoir et la régence. Philippe III le Hardi confia à son cousin Robert d'Artois le soin de rétablir la paix. Il assiégea et prit Pampelune et rétablit l'autorité de la reine. A la suite des Vêpres Siciliennes (1282), il se rendit en Italie pour secourir son oncle Charles Ier d'Anjou. A la mort de ce dernier, il fut nommé régent du royaume de Naples, Charles II étant prisonnier du roi d'Aragon. Mais Charles II, redevenu libre, conclut un arrangement avec le rois d'Aragon et Robert, courroucé, quitta l'Italie en 1287. Philippe IV le Bel l'envoya combattre les Anglais en Guyenne (1296), puis en Flandre. Robert battit les Flamands à Furnes en 1297, mais son fils Philippe qui combattait à ses côtés y fut gravement blessé et mourut un an après. Robert fut tué à la bataille de Courtrai le 11 juillet 1302. La Flandre était autrefois un comté, créé en 866. Plus vaste que la Flandre belge actuelle, il était situé géographiquement plus à l'ouest (le Brabant et le Limbourg n'en faisaient pas partie). La Flandre historique s'étend sur : deux des cinq provinces flamandes de la Belgique : la Flandre occidentale (Bruges) et la Flandre orientale (Gand), plus le pays de Waes (partie de la province d'Anvers située sur la rive gauche de l'Escaut), et quelques communes aujourd'hui rattachées à la province de Hainaut; la partie nord-ouest du département français du Nord où l'on distingue la Flandre maritime (Dunkerque), la Flandre intérieure ou Coeur de Flandre (Hazebrouck, Armentières) et la Flandre méridionale (Lille, Douai) ; aux Pays-Bas, la Flandre zélandaise, en néerlandais Zeeuws-Vlaanderen, une petite zone coincée entre l'Escaut et la Belgique, dans le sud de la province de Zélande. L'Artois, au sud, en fut détaché en 1237. À la mort du dernier comte de Flandre, Louis de Male à Saint-Omer en 1384, le comté de Flandre cessa d'être un fief direct de la couronne de France et fut intégré aux Pays-Bas bourguignons suite au mariage de Marguerite de Male avec le duc de Bourgogne Philippe le Hardi, fils cadet du roi de France Jean II le Bon. Pendant les siècles suivants, des liens de plus en plus importants se sont tissées entre les populations du comté de Flandre et des territoires néerlandophones du duché de Brabant et de la principauté de Liège. Cette évolution s'est accélérée au sein des Pays-Bas espagnols, suite à la scission des Provinces-Unies, et plus tard, après l'indépendance de la Belgique. C'est ainsi que les provinces néerlandophones ou "flamandes" de la Belgique font aujourd'hui partie de l'entité politique et culturelle "Flandre". Parallèlement, la partie sud de l'ancien comté a été annexée par la France après le siège de Lille par Louis XIV. Elle forme aujourd'hui la partie nord-ouest du département du Nord, à laquelle il faut ajouter le reste de la Flandre française, anciennement de culture flamande, au nord de la Lys. On distinguait ainsi en France la Flandre gallicane parlant le français, et Flandre flamingante (ancienne Flandre néerlandophone), parlant le flamand.

1297         7 février Le pape Boniface VIII accorde à Philippe IV le droit d'imposer le clergé en cas de nécessité. Par cette bulle pontificale, le roi se voit conférer par le pape même le droit de lever des subsides sur le clergé sans son autorisation, en cas de nécessité urgente.

1297         juin Les troupes de Philippe IV le Bel entrent en Flandre.

1297         9 août Canonisation de Saint Louis par Boniface VIII qui cherche à se réconcilier avec le roi. Pour apaiser le conflit qui l'oppose au roi de France Philippe IV le Bel, le pape Boniface VIII autorise le clergé à verser le décime au roi de France, et canonise Louis IX, qui devient saint Louis. La canonisation est un rituel suivi par l'Église catholique et les Églises orthodoxes, permettant d'ajouter une personne au nombre des saints. Canonisation. Acte par lequel un homme dont la vie fut irréprochable aux yeux de la religion chrétienne, généralement un martyr, acquiert après sa mort le statut de saint. A partir de 1170, seul le Saint-Siège a le pouvoir de canoniser un défunt. Une enquête est menée pour s'assurer de la réelle sainteté du personnage durant sa vie, qui aboutit au procès en canonisation, où des contemporains viennent témoigner de la droiture du candidat.

1297         13 août Victoire de Philippe IV à Furnes contre les troupes allemandes et flamandes. La bataille de Furnes opposa les troupes françaises aux troupes flamandes le 20 août 1297. Les Français, conduits par Robert II d'Artois, en ressortirent victorieux.

1298         Marco Polo dicte à Rusticien de Pise le récit de ses voyages en français.

1299         19 juin Accord de Montreuil-sur-mer entre Philippe IV le Bel et Édouard Ier d'Angleterre. Par ce traité, Philippe IV le Bel rend au roi d'Angleterre Édouard Ier la Guyenne mais conserve la ville de Bordeaux. Pour sceller leur accord, il lui offre d'épouser sa soeur Marguerite et promet le mariage de sa fille Isabelle de France avec celui qui sera le roi Édouard II d'Angleterre.

1300         La population mondiale atteint 360 millions.

1300         La formation des grands États d'Europe. Au Moyen Âge tardif au XIVe - XVe siècles, le développement du commerce européen se développe. Indice de vitalité économique, la monnaie pénètre toutes les activités économiques, les techniques commerciales se répandent et se complexifient. Le commerce international s'organise d'abord à partir de deux pôles: les Pays-Bas et les villes italiennes. La guerre de Cent ans (1328-1453) a lieu entre l'Angleterre et la France. L'Italie favorise un renouveau artistique, l'art se transforme il est moins marqué par la religion. Après deux siècles d'expansion vont succéder aux XIVe et XVe siècles de crise profonde, famines, la peste, des guerres et le pillage des campagnes. C'est également la naissance des États moderne en France, au Royaume-Uni, en Espagne, au Portugal en Germanie et en Suisse.

1300         janvier Reprise des hostilité, et occupation de la Flandre par les troupes françaises.

1300         Le pape Boniface VIII commande à Giotto des oeuvres, aujourd'hui disparues, pour célébrer le premier jubilé. Un jubilé est une fête qui célèbre le n-ième anniversaire d'un événement qui dure dans le temps (règne, mariage, etc.). Dans l'Église catholique romaine, un jubilé est, depuis l'année 1300, une fête ayant lieu tous les 25 ans, consacrée à la pénitence. On appelle aussi ces jubilés des "années saintes". Le premier jubilé formellement organisé fut celui décrété en 1300 par le pape Boniface VIII. À cette époque, des rumeurs couraient selon lesquelles une indulgence générale était accordée tous les cent ans. Le mot de "jubilé" était déjà dans l'air du temps. Le dominicain Humbert de Romans, dans un sermon de 1367, déclarait ainsi : "Voici maintenant le jubilé, non pas celui des Juifs mais des chrétiens, tellement meilleur". De même, dans la Chronique d'Albéric des Trois-Fontaines, le mot fut utilisé pour désigner la croisade d'Innocent III contre les Albigeois. Le 22 février 1300, fête de la chaire de saint Pierre, Boniface VIII promulgua la bulle d'indiction Antiquorum fida relatio. Il y institua l'année sainte et précisa les conditions de l'indulgence : être en état de pénitence (après confession et absolution), avoir visité les basiliques de Rome. Les chiffres donnés par les chroniqueurs médiévaux sont extravagants : ils s'échelonnent de 200 000 personnes à deux millions. Dante nota néanmoins que la densité de la foule obligea à aménager un sens unique sur le pont Saint-Ange, près du Vatican.

1300         Le parti guelfe à Florence se sépare en deux factions rivales, Noirs (ultras) et Blancs (modérés). Les Blancs sont menés par la famille de Cerchi, désireuse de répondre aux aspirations du popolo, et les Noirs, alliés du pape, dirigés par Corso Donati, refusant tout compromis avec le peuple. Afin de préserver la paix dans la cité, le Conseil décide d'exiler les dirigeants des deux partis. Mais, par l'entremise du pape Boniface VIII, les chefs des Noirs peuvent regagner Florence à la fin de 1301, et s'emparer du pouvoir. Guelfes et gibelins, au Moyen Âge, les guelfes et les gibelins sont des factions qui soutenaient la papauté ou le Saint Empire romain germanique et qui s'affrontèrent en Italie aux XIIe et XIIIe siècles.À la fin du XIIIe siècle, le parti guelfe se divise en deux factions : les blancs et les noirs. À l'origine de cette division est encore une querelle de clans, celle qui oppose les Vieri dei Cerchi (blancs) aux Donati (noirs). Cette division est également sociale, les Cerchi étant proches du peuple et les Donati de l'élite florentine. Ces derniers entendent s'opposer aux Ordonnances de Justice émises par Giano della Bella. En 1300, sur la Place de la Sainte Trinité à Florence, éclate une bataille qui marquera un clivage définitif entre les deux partis. Les Guelfes noirs, très proches de Boniface VIII vont prévaloir sur les blancs incapables de se défendre convenablement, et Charles de Valois, venu de France en appui du pape, investira Florence sans rencontrer aucune résistance. Dès janvier 1302, on commence à exiler les blancs, dont Dante Alighieri. C'est le comte de Gabrieli de Gubbio qui règne alors sur la ville.

1300         à 1377 - naissance et mort de Guillaume de Machaut. Célébré comme un maître et un chef de file par tous les poètes des XIVe et XVe siècles, il compose environ 400 pièces lyriques d'inspiration courtoise. Il reprend des formes anciennes, les raffine, en explore les possibles, en définit les règles, et fait leur succès. Son 'Remède de Fortune' (v. 1340), un dit narratif, contient ainsi neuf pièces lyriques qui sont considérées comme des modèles de chacun des genres. A la fin de sa vie il rédige un Prologue à ses oeuvres qui, sous la forme d'une fiction allégorique, constitue un véritable art poétique. Il écrit aussi une dizaine de dits narratifs en octosyllabes avec insertions lyriques, souvent consacrés à des débats de casuistique amoureuse où le narrateur est soit témoin soit confident soit partie.

1301         mai Visite de Philippe IV le Bel et Jeanne de Navarre en Flandre.

1301         12 Juillet L'évêque Bernard Saisset accuse Philippe IV d'être un faux-monnayeur. Bernard Saisset est un prélat français, mort en 1314. Évêque de Pamiers, il est célèbre par ses démêlés avec Philippe le Bel. Bernard Saisset conteste haut et fort la légitimité du roi de France. Il suggère au comte de Foix et au comte de Comminges de se libérer de la tutelle capétienne. Philippe le Bel ouvre une enquête et met les biens de l'évêque sous sequestre. Dans la nuit du 12 au 13 juillet 1301, Bernard Saisset est arrêté.

1301         24 octobre Arrestation de Bernard Saisset, évêque de Senlis.

1301         5 décembre Bulle Ausculta fili exigeant la libération de Bernard Saisset.

1301         Traité de Bruges: abandon par Albert de Habsbourg du Barrois à Philippe IV le Bel. Albert Ier de Habsbourg, né en juillet 1255, mort le 1er mai 1308, fut, duc d'Autriche et de Styrie, d'abord conjointement avec son frère Rodolphe II, de 1282 à 1283, puis seul, de 1283 à sa mort. Le Barrois fait partie de la Haute Lorraine.

1301         Début du différend entre Philippe IV et le pape Boniface VIII.

1302         Pour satisfaire aux grands besoins d'argent du Trésor, Philippe altérait les monnaies et, de plus, avait fait saisir les revenus des églises. Un évêque de Pamiers, Bernard Saisset, refusant d'obéir aux injonctions royales, Philippe le fit arrêter et prétendit le faire juger par une cour laïque. Le pape s'interposa, réclamant l'évêque comme n'étant justiciable que de lui seul. Une première bulle, lancée contre le roi, demeura sans effet; Philippe fit même emprisonner le légat du pape. Ce dernier adressa au monarque un nouvel avertissement, la bulle Ausculta filii. Philippe voulut faire la nation entière juge du différend et pour la première fois convoqua les États généraux (trois ordres), afin de leur soumettre la bulle (dont il avait d'ailleurs eu la précaution de dénaturer le texte). Les États réunis à Paris donnèrent raison à Philippe le Bel contre Boniface VIII.

1302         12 mars Discours de Guillaume de Nogaret contre Boniface VIII devant le Conseil Royal. Guillaume de Nogaret (né vers 1260 à Saint-Félix de Lauragais - mort le 27 avril 1314) était un juriste français, originaire du Languedoc, qui devint conseiller du roi de France Philippe IV le Bel, son Garde du Sceau, et fut à partir de 1306 le véritable maître d'oeuvre de la politique royale. La part la plus importante de son action politique est peut-être l'oeuvre quotidienne pour la défense, la préservation, la définition, voire l'extension des droits du roi à l'intérieur de son propre royaume. C'est là qu'il est, entre autres, le "légiste" du roi. Il s'y montra intransigeant et efficace, mais n'y conquit guère la popularité. On connaît davantage son rôle dans la lutte contre Boniface VIII et dans l'affaire des Templiers. Contre le pape, il infléchit la ligne politique de Flote, qui défendait contre le Saint-Siège le droit du roi à être maître dans son royaume, donc maître de son clergé ; pour Nogaret, il s'agit surtout de défendre l'Église et le royaume contre un pape indigne ; venu à la curie pour notifier à Boniface VIII un appel devant le futur concile - qui annulait toute sentence que pourrait rendre le pape contre le roi - et placer la personne du pape sous l'autorité de l'appelant, Nogaret se trouva mêlé au tumulte déclenché par une faction romaine (Anagni, 7 sept. 1303) et, par là, compromis avec les fauteurs de violence. Le pape mort, il entretint une lutte de plus en plus vaine contre la mémoire de celui-là ; il multiplia les écrits pour se justifier, ce qui contribua à associer son nom au souvenir de l'attentat d'Anagni. Il fut implicitement inclus dans l'absolution négociée en 1311. L'affaire du Temple lui avait également servi de moyen de pression sur la papauté. Nogaret fut le premier homme d'État français qui fit appel à l'opinion publique, convoqua systématiquement des assemblées, fit répandre des pamphlets et lança une campagne de pétitions. L'offensive de 1303 contre Boniface est un modèle du genre. Mais Nogaret demeura souvent à l'arrière-plan, faisant parler ses hommes de confiance, parmi lesquels Guillaume de Plaisians. C'est ce dernier qui harangua la foule dans les jardins du palais et qui prit part à l'interrogatoire des Templiers. Nogaret mourut alors que la prépondérance dans la gestion de la politique royale était déjà passée au très réaliste Enguerrand de Marigny.

1302         17-18 mai "Matines brugeoises" contre les troupes du gouverneur français en Flandre. Outrés par la déloyauté de Philippe le Bel qui retient prisonnier le comte de Flandre, Guy de Dampierre, les Flamands massacrent dans Bruges quelque trois mille Français. L'armée, envoyée en renfort par le roi de France, est défaite à Courtrai. Matines brugeoises, au petit matin du 18 mai 1302, à Bruges, en Flandre, des insurgés en armes pénètrent dans les maisons et abordent les occupants en leur demandant de répéter après eux : "Schild en vriend !" (Bouclier et ami !). Il est impossible à qui n'est pas natif des Flandres de prononcer correctement cette expression. C'est ainsi que les soldats de la garnison française sont démasqués les uns après les autres et assassinés au pied de leur lit. On compte un millier de morts. Cette journée a été appelée "Matines de Bruges" (on dit aussi "Matines brugeoises") par analogie avec les "Vêpres siciliennes" qui chassèrent 20 ans plus tôt les Français de Sicile. Elle réduit à néant le rêve des rois capétiens d'annexer les Flandres. Guy de Dampierre, ou Gui, né vers 1226, mort à Compiègne le 7 mars 1305, fut proclamé Comte de Flandre en 1253 par sa mère et devint comte effectif à la mort de cette dernière en 1279 jusqu'en 1305. Il fut également comte de Namur de 1264 à 1305. Il était le second fils de Guillaume II de Dampierre et de Marguerite de Constantinople.

1302         18 mai Début de la révolte en Flandre contre l'occupation française.

1302         10 avril Les États Généraux confirme l'indépendance du roi face au pape. Philippe IV le Bel, qui est en conflit avec le pape, a fait arrêter l'évêque de Pamiers qui l'avait critiqué et l'accuse d'intelligence avec les Anglais, ses ennemis. Pour obtenir sa libération, le pape convoque un concile. Le roi de France réagit en réunissant à Notre-Dame de Paris des États généraux qui reconnaissent sa supériorité dans le domaine temporel. La France signifie ainsi au pape qu'elle ne peut admettre que le pouvoir spirituel qui est le sien empiète sur la conduite des affaires politiques. États généraux, créés en 1302 et réunis vingt-deux fois en 487 ans, les États généraux étaient une assemblée d'exception convoquée par le roi de France soit pour connaître l'opinion de ses sujets, soit pour consolider une décision, en particulier en matière d'impôts. Elle réunissait les représentants des trois États ou Ordres : le clergé, la noblesse et le tiers état. Les membres étaient élus par leurs pairs à Paris et dans les provinces. Chaque Ordre disposait d'une seule voix aux États généraux, ce qui donnait au clergé et à la noblesse - représentant à peine 2% à 4% de la population - une influence considérable : comparé à leur nombre réel, la représentativité du clergé et de la noblesse était multipliée par 30, tandis que celle du Tiers État était divisée par 3. Les requêtes du peuple et des autorités locales et provinciales étaient exprimées sous forme de doléances inscrites dans les carnets de doléances. Tiers État, sous l'Ancien Régime, la population de la France était divisée en trois ordres : le clergé, la noblesse et le Tiers État. Le "Tiers" tire son nom de la tenue des États, assemblée représentative convoquée par le prince à partir du début du XIVe siècle en France. Cette division en trois ordres, héritée du Moyen Âge, est supprimée lors de la Révolution française par le principe de l'Égalité.États généraux. Assemblée politique de la monarchie, réunie par le roi dans les moments critiques, notamment pour obtenir la levée d'impôts exceptionnels. Des représentants des trois ordres (noblesse, clergé, tiers état) siègent aux États généraux. Les premiers sont convoqués par Philippe le Bel en 1302, les derniers par Louis XVI en 1789.

1302         14 juin Accusations de Guillaume de Plaisians contre le pape.

1302         Excommunication de Philippe IV par Boniface VIII.

1302         11 juillet : Bataille de Courtrai dite aussi bataille des Éperons d'Or : défaite de la chevalerie française devant les fantassins des communes flamandes révoltées. Défaite de la chevalerie française contre les Flamands révoltés à Courtrai. Philippe le Bel, en guerre avec la Flandre, assiste impuissant au massacre de ses chevaliers, parmi lesquels il y a Pierre Flotte, Raoul de Nesle et Robert II d'Artois, qui se sont enlisés dans les marais des environs de la ville de Courtrai. Ils sont taillés en pièces par les milices flamandes. Une chronique artésienne rapporte : “Là, on put voir toute la noblesse de France gésir en de profonds fossés, la gueule bée et les grands destriers, les pieds amont et les chevaliers dessous”. Philippe IV le Bel n'oubliera pas cette humiliation. Deux ans plus tard, il prendra sa revanche en particulier lors de la bataille de Mons-en-Pévèle. La bataille de Courtrai opposa le roi de France aux milices communales flamandes le 11 juillet 1302, près de Courtrai, appelée également bataille des éperons d'or. L'industrie textile faisait la prospérité de la Flandre, province du nord du royaume de France. Elle utilisait la laine, essentiellement importée de Grande-Bretagne. Les artisans tisserands et commerçants estimaient que les taxes levées par le roi Philippe le Bel pour gêner l'Angleterre étaient trop élevées. Guy de Dampierre, Comte de Flandre, qui avait pris le parti de ses tisserands, foulons et autres drapiers, a été attiré et emprisonné à Paris. Après les "Matines de Bruges" les rebelles tenaient le pays sauf deux places fortes importantes, Cassel et Courtrai.

1302         18 novembre Bulle "Unam Sanctam" du pape rappelant sa supériorité.

1302         États Généraux de Paris affirmant l'indépendance du roi face au pape.

1302         Dante Alighieri est condamné à mort par les autorités de Florence. Dante finit ses jours en exil. En 1302, alors qu'il est en mission diplomatique auprès du pape, Dante, en tant que guelfe blanc, est condamné à un exil de deux ans et à une forte amende. Comme il est dans l'impossibilité de payer celle-ci, il est condamné à mort s'il rentre à Florence, ce qui équivaut à un exil définitif.

1303         18 mars Premières Ordonnances de réforme du royaume.

1303         20 mai Traité de Paris restituant la Guyenne à l'Angleterre. Traité de Paris, entre Philippe IV le Bel et Édouard Ier d'Angleterre. La France restitue l'Aquitaine (la Guyenne), à condition que le roi d'Angleterre rende hommage pour ses possessions continentales. Le traité de Paris de 1303 est conclu entre le roi de France Philippe IV le Bel et le roi d'angleterre Édouard Ier d'Angleterre. Il est signé à Paris le 20 mai 1303, et met un terme définitif à la guerre avec l'angleterre, déclenchée en 1292, à la suite d'une rixe entre des marins français et anglais à Bayonne. Il confirme les dispositions arrêtées dans le traité de Montreuil, signé le 19 juin 1299, qui instaurait une trêve entre les belligérants.

1303         14 juin Les États Généraux chargent Guillaume de Nogaret d'organiser un concile pour juger le pape.

1303         Des envoyés de Philippe IV, Nogaret et Sciarra Colonna, chargés de notifier à Boniface VIII le résultat de la tenue des États généraux, insultent gravement à Anagni le souverain pontife, d'où résulte une rupture entre la France et le Saint-Siège.

1303         7 septembre Attentat d'Anagni de Guillaume de Nogaret contre Boniface VIII.

1303         9 septembre Les habitants d'Agnani libère le pape captif des Français.

1303         11 octobre Mort du pape Boniface VIII.

1304         10-11 août Victoire navale de Philippe IV contre les Flamands.

1304         14-16 août Échec des négociations entre Philippe IV et les Flamands.

1304         18 août Victoire de Mons-en-Pévèle de Philippe IV contre les Flamands. En Flandre, Philippe IV le Bel est venu venger la défaite de Courtrai dont il a été humilié. Il remporte sur les Flamands la victoire de Mons-en-Pévèle.

1304         septembre Prise de Lille par les armées du roi de France.

1304         à 1374 - naissance et mort de Pétrarque. Poète et humaniste italien, Francesco Petrarqua est né à Arezzo en 1304 et mort à Arqua, près de Padoue, en 1374. Ce sont ses démêlées avec la faction des Guelfes qui pousse la famille de Pétrarque à fuir Florence pour la Provence. Elle arrive à Avignon en 1311, mais les problèmes de logement sont tels à l'époque où la présence du Pape attire une énorme population, qu'elle ne peut s'y installer et part à Carpentras. Pétrarque effectue des études de Droit à Montpellier et à Bologne, il s'impreigne alors des textes des auteurs antiques et des poètes contemporains. En 1325, il retourne à Avignon, attiré par la cour papale, abandonne le Droit et entre dans les ordres mineurs. Il cotoya alors des personnages éminents auprès desquels sa culture faisait impression, car bien qu'il reprochait aux papes d'avoir quitté Rome, la cour l'attirait. Il rencontra aussi Laure de Noves, en 1327, qui inspira dans le coeur du poète, une passion folle et impossible, symbole de la perfection divine. Il entra au service du Cardinal Giovanni Colonna, voyagea en Europe, écrivit, ('De viris illustribus' notamment) et lut beaucoup. Il se retire alors une première fois à Vaucluse loin des agitations et des fastes des grandes villes, pour méditer. En 1341, il est couronné poète des poètes au Capitole, à Rome -Il est à noter que Paris lui avait offert la même distinction, remerciant ainsi celui qui permettait la renaissance des lettres, la redécouverte les textes anciens oubliés et ouvrait la voie aux humanistes-. Pétrarque songe alors à se fixer en Italie mais l'agitation politique le fait retourner à Avignon. C'est à ce moment qu'il écrit le Canzoniere, plus de 300 poèmes, pour la plupart des sonnets, regroupés en Rimes et Triomphes où l'on retrouve l'amour idéal, platonique inspiré par Laure. En 1347, Cola di Rienzo, qui avait été en exil dans la cité des Papes se fait élire Tribun. Pétrarque, partisan des gouvernements populaires et de celui de di Rienzo depuis longtemps, quitte le cardinal Colonna et part pour Rome, le soutenir. La mort de di Rienzo dans une émeute interrompt son voyage, en 1354. Pétrarque s'établit à Milan jusqu'à ce que la peste l'oblige à fuir. Il ira successivement à Venise, Padoue puis, finalement, Arqua, où il mourra en 1374.

1304         Dante écrit 'La divine comédie'. Les deux premières parties intitulées 'L'enfer' et 'Le purgatoire' furent divulguées de son vivant. En 1321, à peine quelques heures après avoir terminé la troisième partie, Le paradis, Dante succombe à l'âge de 56 ans des suites de la malaria à Ravenne. 'Le paradis' sera publié après sa mort.

1304         Le latin classique est appelé grammatica par Dante (mais aussi en vieux français: 'gramaire')

1305         Bertrand de Got, évêque de Bordeaux, est élu pape sous le nom de Clément V en remplacement de Boniface VIII, grâce au concours de Philippe le Bel. Clément V, Bertrand de Got naquit vers 1264 près de Villandraut en Gironde, et décéda le 20 avril 1314, à Roquemaure (Gard). Son tombeau se trouve dans l'église collégiale (qu'il avait fait bâtir) à Uzeste, en Gironde. Il fut évêque de Saint-Bertrand-de-Comminges puis archevêque de Bordeaux avant de devenir pape sous le nom de Clément V.

1305         2 avril Mort de la reine Jeanne de Navarre à Vincennes.

1305         23 juin Traité d'Athis-sur-Orge entre Philippe le Bel et Guy de Dampierre, comte de Flandre. Par le traité d'Athis-sur-Orge qu'il conclut avec le comte de Flandre (Guy de Dampierre), Philippe le Bel obtient les châtellenies de Lille, Douai et Orchies. Le traité d'Athis-sur-Orge, actuellement Athis-Mons, a été signe entre la France et la Flandre le 23 juin 1305 après la bataille de Mons-en-Pévèle. La 'paix' permettra au roi d'annexer Lille, Douai et Béthune.

1305         23 août Exécution de William Wallace. Le nationaliste écossais William Wallace est écartelé à Londres pour s'être opposé au roi d'Angleterre Édouard Ier d'Angleterre. Celui-ci annexé l'Écosse en 1296, après la mort d'Alexandre III d'Écosse sans héritier. qui avait annexé l'Écosse en 1296. La victoire du roi écossais Robert Ier d'Écosse sur les Anglais à la bataille de Bannockburn le 24 juin 1314, assurera l'indépendance de l'Écosse. Sir William Wallace (v. 1270-1305) fut un patriote écossais qui emmena son pays contre l'invasion de l'Écosse par les Anglais (Normands) et contre le roi Édouard Ier d'Angleterre, plus connu sous le nom de Edward Longshanks ou Édouard le Sec, pendant une partie des guerres d'indépendance de l'Écosse. Il est aussi connu sous son surnom de Bruce Braveheart Wallace. Son histoire a eu des similitudes avec celle de Jeanne d'Arc ou encore de Spartacus.

1305         23 septembre Mariage du futur Louis X avec Marguerite de Bourgogne. Marguerite de Bourgogne, née en 1290, morte en 1315 est une princesse de la première branche bourguignonne de la dynastie capétienne. Elle était la fille de Robert II (1248-1306), duc de Bourgogne (1272-1306), et d'Agnès de France (1260-1325), fille du roi Louis IX.

1305         Giotto peint 'Lamentation sur le corps du Christ’

1306         22 juillet Expulsion des juifs du royaume, et confiscation de leurs biens.

1307         14 septembre Philippe IV décide l'arrestation des Templiers. Les caisses de l'état sont vides et les chevaliers des Templiers font montre d'une richesse ostentatoire. Il n'en faut pas plus pour que le roi Philippe le Bel mette la main sur ce “trésor”. Sous prétexte d'hérésie, il donne l'ordre en ce jour d'arrêter tous les Templiers du royaume. Leurs biens sont confisqués et l'acte d'accusation, oeuvre de Guillaume de Nogaret, est affiché sur tous les murs.

1307         13 octobre Arrestation des Templiers en France.

1308         24 mars États Généraux de Tours. Pour la première fois dans l'histoire de la monarchie, un roi de France convoque une assemblée formée de représentants des trois ordres, le clergé, la noblesse et la bourgeoisie des villes. Philippe IV le Bel veut ainsi obtenir un soutien plus large que celui que peut lui accorder un conseil. Cette assemblée annonce ce que deviendront les États généraux. États généraux de 1308, réunion des états généraux du royaume de France, convoqués par Philippe IV le Bel, à Tours. L'assemblée fut convoquée au sujet de l'abolition des Templiers.

1308         12 août Le pape Clément V accepte le principe d'un procès contre son prédécesseur.

1308         Édouard II d'Angleterre épouse Isabelle de France, fille de Philippe le Bel. Édouard II d'Angleterre (25 avril 1284, château de Caernarfon, Pays de Galles – 21 septembre 1327), fut roi d'Angleterre de 1307 à 1327. Il était le fils du roi Édouard Ier d'Angleterre et d'Aliénor de Castille. Isabelle de France (vers 1292 à Paris - 1358), reine d'Angleterre, était la fille du roi de France Philippe IV le Bel et de la reine Jeanne Ière de Navarre et surnommée la Louve de France pour son tempérament particulièrement violent.

1309         Le nouveau pape Clément V, afin de témoigner sa gratitude au roi de France (qui l'a fait élire) transporte le siège de la papauté en France, à Avignon (où il demeurera jusqu'en 1378).

1309         Les papes à Avignon (1309-1417). Papauté d'Avignon, l'histoire de la papauté d'Avignon débute lorsqu'après un long conclave d'un an, le français Bertrand de Got est élu pape le 20 avril 1314 sous le nom de Clément V à Pérouse. L'usage voulait à l'époque que le conclave ait lieu dans la ville où était mort le précédent pape. Le prédécesseur de Clément V, Benoît XI, était mort en exil à Pérouse. La guerre civile à Rome empêche Clément V d'y retourner. Il doit se faire couronner à Lyon, puis s'installe à Poitiers et finalement dans la campagne autour d'Avignon qui appartenait aux États pontificaux. C'est ainsi que la papauté s'installe durablement à Avignon. Dès lors, la plupart des cardinaux nommés par le pape et ses successeurs seront français ou espagnols. Les successeurs immédiats de Clément V restent à Avignon et sont tous français. Ce sont Jean XXII, Benoît XII, Clément VI, Innocent VI, Urbain V et Grégoire XI. Urbain V prendra la décision de retourner à Rome mais la situation chaotique qu'il y trouve l'empêche de s'y maintenir. Il doit retourner en France pour arbitrer un conflit entre les Français et les Anglais et, de fait, il se réinstalle à Avignon. Il meurt très peu de temps après. Son successeur Grégoire XI décide à son tour de rentrer à Rome, ce qui met fin à la première période de la papauté d'Avignon. Siège de la papauté en Avignon (1309-1376). En 1309, Clément V, pape français, décide d'installer le siège de la papauté en Avignon. Débute alors pour la cité une période de prospérité sans précédent. La cour pontificale accueille les poètes, les princes, les savants et les artistes européens. Après le retour du Saint-Siège à Rome (1377), deux antipapes maintiennent successivement leur fonction en Avignon. Conclave. Étymologiquement "chambre fermée à clef", le conclave est le lieu où se réunissent les cardinaux pour élire un nouveau pape. Il a été institué en 1271 par saint Bonaventure pour mettre fin à une vacance de trois ans du Saint-Siège après le décès de Clément IV, mort en 1268. Il est stipulé que le conclave doit se réunir le 10ème jour après la mort du pape dans une pièce fermée. Chaque jour passé, les portions de repas diminuent afin d'inciter les cardinaux à faire un choix rapide.

1309         Jean de Joinville écrit Vie et miracles de Saint Louis. Jean de Joinville (1224 - 24 décembre 1317), noble champenois et biographe de saint Louis.

1310         Procès des Templiers (1310-1314)

1310         12 mai Premières exécutions des Templiers. La chute de Saint-Jean-d'acre avait ramené en France 2 000 templiers. Leur ordre s'avère très riche et le roi qui n'admet pas que cet ordre du Temple, fondé en 1119 par Hugues de Payns et Godefroi de Saint-Amour, puisse ne dépendre que du pape, fait arrêter un premier groupe de cinquante-quatre templiers qu'il fait supplicier et mettre à mort, après avoir obtenu des aveux invraisemblables. Leur ordre sera supprimé par ordre du pape Clément V et leur chef, Jacques de Molay, brûlé, le 19 mars 1314. Jacques de Molay, né en 1243, fut le 23e et dernier maître de l'ordre des Templiers. Le dernier maître des Templiers s'est distingué par sa valeur au combat en Terre Sainte. Mais, en France, il se montrera piètre politique face à Philippe IV le Bel et à Enguerrand de Marigny, et il ne pourra empêcher la chute de son Ordre. Arrêté le 13 octobre 1307, en même temps que la plupart des templiers de France, il est brûlé vif sur l'île de la Cité à Paris le 11 ou 18 mars 1314 en compagnie de Geoffroy de Charnay, qui portait le titre de "précepteur de Normandie".

1310         17 juin Les Templiers sont reconnus innocents à Ravenne. Ravenne est une ville d'Italie, capitale de province en Émilie-Romagne. Ravenne était un port important sous l'Empire romain et au début du Moyen Âge.

1310         1er juillet Les Templiers sont reconnus innocents à Mayence. Mayence, ville d'Allemagne, capitale et plus grande ville du Land de Rhénanie-Palatinat. Entourée de vignoble, elle est sur la rive gauche du Rhin, en face de l'embouchure du Main. C'est une ancienne cité romaine.

1310         21 octobre Les Templiers sont reconnus innocents à Salamanque. Salamanque est une ville, capitale de la Province de Salamanque en Espagne. Elle est célèbre pour son activité estudiantine. En effet, une grande université forme quelques milliers d'étudiants chaque année.

1311         16 octobre Ouverture du concile de Vienne sur les Templiers en présence de Clément V et Philippe IV le Bel.

1311         Apparition des premiers portulans, cartes marines donnant le tracé des côtes. Un portulan était une sorte de carte nautique servant essentiellement à repérer les ports et connaître les dangers qui pouvaient les entourer : courants, bas-fonds... Les portulans étaient grossièrement dessinés, les détails ne s'attachant qu'à ce qui avait de l'importance pour la navigation.

1312         Concile de Vienne, dans lequel Clément V prononce l'abolition de l'ordre des Templiers. Philippe le Bel ne réussissant toujours pas à équilibrer les finances du royaume par des expédients, songeait depuis longtemps à s'emparer des immenses richesses que les Templiers possédaient en France. Cet ordre était accusé par la rumeur publique de pratiquer, sous le couvert du catholicisme, une hérésie rapportée d'Asie, le manichéisme ; on les accusait aussi de se livrer entre eux à la sodomie. Philippe prit acte de ces bruits pour réunir de nouveau, en 1308, les États généraux, afin de faire déclarer par eux que les Templiers, par leurs crimes, avaient mérité la mort. Armé de cette décision, Philippe ordonna la confiscation de leurs biens et exigea de Clément V (qui ne pouvait rien lui refuser) l'abolition de l'ordre, contre lequel d'autre part était ouverte une instruction qui ne pouvait pas ne pas donner les résultats que le roi en attendait. Reconnus donc coupables à tort ou à raison, un grand nombre de Templiers furent emprisonnés. En 1310, 54 d'entre eux périrent sur le bûcher. En 1314, leur grand-maître, Jacques Molay, et les trois derniers dignitaires de l'ordre, montèrent à leur tour sur le bûcher. Le concile de Vienne, convoqué par le pape Clément V, se réunit entre octobre 1311 et mai 1312 pour discuter de l'avenir de l'Ordre du Temple. Tout commence le 13 octobre 1307 lorsque le roi de France Philippe le Bel fait arrêter lors d'un vaste coup de filet tous les Templiers du royaume. Lors des premiers interrogatoires, ils avouent sous la torture tout ce qu'on veut leur faire avouer : reniement du Christ, crachat sur la croix, idolâtrie, sodomie. Tout cela se fait sans en référer au pape de qui ils dépendent. Clément V, surpris par les arrestations mais ébranlé par les aveux, décrète la bulle Pastoralis praeminentiae qui ordonne l'arrestation de tous les Templiers de la Chrétienté. Seul le pape a le pouvoir de décider de leur sort. Par la bulle Faciens misericordiam du 12 août 1308, il crée des commissions diocésaines, chargées d'enquêter sur les agissements des Templiers, et des commissions pontificales, chargées de juger l'Ordre du Temple comme tel. Ces dernières livreront leurs rapports lors d'un concile oecuménique convoqué à Vienne en 1310, qui discutera de son sort.

1312         3 avril Bulle pontificale Vox Clamantis mettant fin à l'ordre des Templiers.

1312         12 avril Lyon est rattaché au domaine royal. A la fin du Xe siècle, l'archevêque de Lyon s'empara du pouvoir temporel. Cette autorité, contestée par les bourgeois de Lyon en 1274, entraîna le rattachement de la ville à la France en 1312 avec création d'un consulat par Philippe le Bel.

1313         à 1375 - naissance et mort de Jean Boccace. Écrivain italien. Célèbre auteur du 'Décaméron' composé entre 1350 et 1353. Né en 1313 à Certaldo ou à Florence, mort le 21 décembre 1375 à Certaldo. Fils illégitime d'un marchand et d'une Française, il fit ses études de droit canon à Naples où il fut largement intégré à la cour du roi de Naples. Il y vécut une passion pour une dame qu'il surnomma Fiammetta. A la fin de l'année 1340, il rentre à Florence où il se lie d'amitié avec Pétrarque. En 1362, il subit une profonde crise religieuse pendant laquelle il voulut même détruire tous ses manuscrits. Pétrarque l'en dissuada. Retiré à Certaldo, il vécut la fin de sa vie dans la misère. Enfin, en 1373-1374, il fut invité par la ville de Florence à faire la lecture publique de la "divine comédie" de Dante dans l'église San Stefano di Badia, ce qu'il fit jusqu'à sa mort. Si Dante est considéré comme le fondateur de la poésie italienne, Boccace est généralement admis comme le créateur de la prose italienne.

1314         Robert Ier d'Écosse, roi d'Écosse défait les Anglais à Bannockburn. Robert Ier d'Écosse, Robert Bruce, Robert De Brus (en normand), Roibert a Briuis (en Écossais méd.), Robert the Bruce ou Robert Bruce (en anglais moderne), né le 11 juillet 1274 et mort le 7 juin 1329), est un roi d'Écosse de 1306 à 1329, de la dynastie Bruce, fils de Robert Bruce VIIcomte de Carrick. La bataille de Bannockburn fut une écrasante victoire de l'armée écossaise menée par Robert Bruce sur les troupes anglaises menées par Édouard II d'Angleterre. Cette victoire, due à la stratégie de génie de Robert Bruce, paracheva l'indépendance du pays. Il restera indépendant jusqu'en 1603, quand Jacques VI d'Écosse, descendant de Bruce, devint à la fois roi d'Angleterre et d'Écosse sous le nom de Jacques Ier d'Angleterre.

1314         18 mars Exécution de Jacques de Molay et Hugues de Pairaud.

1314         On dit que Jacques Molay, en montant sur le bûcher, avait prédit à Philippe le Bel et à Clément V qu'ils ne tarderaient pas à comparaître eux-mêmes devant le Souverain Juge. Cette prédiction se réalisa la même année : les deux persécuteurs de l'ordre du Temple moururent en effet en 1314. Philippe le Bel laissait le souvenir d'un prince habile mais fourbe ; mais il a créé des institutions qui ont été heureuses pour la France ; on lui doit la réorganisation du Parlement, qu'il divisa en trois sections : le Parlement proprement dit qui était une Cour de justice, le Grand-Conseil qui était chargé de préparer les lois, et la Chambre des Comptes qui avait à s'occuper des finances du royaume. Il établit les premières douanes et permit aux serfs, du moins dans le Midi, d'acheter leur libération à prix d'argent. Par contre, afin de remplir les coffres de l'État, il expulsa les juifs de France après avoir confisqué leurs biens, et il pressura toutes les classes de la société afin de tirer d'elles de l'argent, avec le concours des légistes (hommes de loi dont les décisions étaient censées justifier ses exactions). Ceux-ci s'étant attiré, par leur servilité à l'égard du roi et l'iniquité de leurs sentences, l'animadversion de la population, une révolte éclata contre eux: le plus puissant, Enguerrand de Marigny, surintendant des finances, qui était peut-être le moins coupable, fut pendu en 1315 au gibet de Montfaucon. Enfin, Philippe le Bel avait agrandi par son mariage le domaine royal, et il lutta pendant tout son règne pour la consolidation des droits de la couronne (c'est-à-dire alors de l'État) à l'encontre de la noblesse et de la papauté. Philippe le Bel laissait trois fils qui lui succédèrent à tour de rôle.

1314         avril Adultère des belles-filles de Philippe le Bel à la tour de Nesle : leurs amants sont châtrés, écorchés vifs. Les princesses coupables sont enfermées à Château-Gaillard. Marguerite de Bourgogne est répudiée. Louis X la fera étrangler (1315). Jeanne de Bourgogne sera reprise par son mari Philippe le Long. En avril 1314, année même de la mort de Philippe le Bel, un grand scandale éclate : Marguerite de Bourgogne, épouse de Louis X déjà roi de Navarre (par sa mère, Jeanne de Champagne et de Navarre) et Blanche de Bourgogne, femme de Charles (futur Charles IV le Bel, sont dénoncées par Isabelle, fille de Philippe le Bel et reine d'Angleterre. Elles auraient trompé leur mari sans honte avec deux frères : Philippe et Gautier d'Aunai, tous deux chevaliers de l'hôtel royal. Les deux amants sont jugés et condamnés pour crime de lèse majesté, ils sont exécutés sur le champ en place publique à Pontoise : dépecés vivants, leur sexe tranché et jeté aux chiens, ils sont finalement décapités, leurs corps traînés puis pendus par les aisselles au gibet. Une telle cruauté s'explique par l'affront fait à la famille royale, mais aussi une atteinte aux institutions du royaume : cet acte met en péril la dynastie capétienne. Les implications politiques sont si graves que le châtiment se doit d'être exemplaire. Marguerite de Bourgogne est condamnée à être tondue et est conduite dans un chariot couvert de draps noirs à Château-Gaillard. Occupant une cellule ouverte à tous vents au sommet du donjon, elle y mourra en 1315 (certains disent qu'elle fut étranglée, ses conditions d'incarcération ne mettent pas en doute une mort d'usure...). Blanche de Bourgogne est aussi tondue mais bénéficie d'un "traitement de faveur" : elle est emprisonnée sous terre pendant sept ans, puis obtiendra l'autorisation de prendre l'habit de religieuse. Femme du cadet, et non pas du futur roi de France (du moins c'est ce que l'on croit, puisque son époux deviendra roi en 1322), Blanche a donc un traitement moins cruel que sa soeur. Quant à la troisième, Jeanne de Bourgogne, femme du futur Philippe V, elle est enfermée à Dourdan pour avoir gardé ce secret. Soutenue par sa mère Mahaut d'Artois, elle se réconciliera avec Philippe le Long. Mahaut d'artois, née vers 1270 et morte en 1329, était une princesse de la maison capétienne d'artois, comtesse d'artois et paire de France.

1314         Louis X répudie sa femme, Marguerite de Bourgogne pour adultère, la fait emprisonner Chàteau-Gaillard.

1314         20 avril Mort du pape Clément V. Il faudra au conclave vingt-sept mois de délibération pour choisir un nouveau pape en la personne de Jean XXII, candidat du roi de France. Jamais la vacance du siège pontifical n'aura été aussi longue.

1314         29 novembre Mort de Philippe IV le Bel son fils Louis X le Hutin lui succède. Lorsqu'il monte sur le bûcher, Jacques de Molay, grand maître des Templiers, ordre dissous par Philippe le Bel lance : “Clément, juge inique et cruel bourreau, je t'ajourne à comparaître dans quarante jours, devant le tribunal du souverain juge”. Quarante jours plus tard, le pape Clément V meurt, et le 29 novembre, c'est le roi qui disparaît.

1314         LOUIS X le Hutin (1314-1316)

1314         Louis X le Hutin. Il succède à son père Philippe le Bel en 1314, il doit faire face à une puissante réaction féodale dont le chef de file est son oncle Charles de Valois. C'est une opposition à la politique de Philippe le Bel et particulièrement contre ses légistes. Un procès est intenté contre Enguérrand de Marigny, qui, abadonné de tous finira au gibet de Montfaucon. Cependant, Charles est pris de remords, il se repend et le réhabilite publiquement. Louis le Hutin (ce qui signifie le bagareur) réussit alors qu'il n'est pas encore roi, en 1312, par la négociation, le rattachement de la ville de Lyon au royaume. Dés le printemps 1315, les hostilités qui étaient apparues contre son père renaissent, Louis réussira à calmer le jeu pacifiquement en accordant des chartes. Mais le comte de Flandre (Robert III de Flandre) refuse de prêter hommage au roi qui doit lancer une campagne contre l'opposant, il réunit les états généraux à Bourges en 1316. Des pluies dilluviennes s'abattent sur la Flandre et des torrents de boues font cesser les hostilités. Jeanne de Navarre, sa mére, est morte en 1305, Philippe le Bel, ce qui est très rare, ne s'est pas remarié, mais elle n'est plus là pour veiller à ce que la cour se comporte correctement et notamment les femmes de ses 3 fils qui font de la cour un lieu de plaisir. Convaincu d'adultère, les trois jeunes femmes seront arrêtées elles ne subiront pas toutes le même sort, Louis X répudie Maguerite de Bourgogne en 1314, elle meurt en 1315. Remarié à Clémence de Hongrie celle-ci est enceinte lorsque le roi meurt subitement de problèmes respiratoires. C'est son frère Philippe V, le Long qui assure la régence, le fils de Louis X le Hutin, Jean Ier, nait roi le 14 novembre 1316 mais ne vit que 5 jours, son règne aura été de courte durée. Pour la première fois depuis Hugues Capet il n'y a pas d'héritier mâle direct c'est le frère de Louis, Philippe V le Long, qui sera désigné roi. Jeanne, fille de Marguerite qui sera écartée du trône en vertue de la loi salique conservera la Navarre qui avait été amenée à la couronne par sa grand mère Jeanne de Navarre épouse de Philippe le Bel.

1314         Avènement de Louis X le Hutin, né en 1289, fils aîné de Philippe le Bel et de Jeanne de Navarre. Ce surnom lui fut donné à cause de son caractère querelleur. Son court règne fut marqué par le triomphe de la réaction de la bourgeoisie contre les agissements de la noblesse, réaction dont fut victime Enguerrand de Marigny (1315). Toujours à court d'argent, comme son père dont il imita les procédés, Louis X affranchit les serfs de ses domaines moyennant finance. Une expédition militaire qu'il entreprit contre les Flamands n'eut pas de résultat. Louis X avait épousé Marguerite de Bourgogne, qu'il fit étrangler en 1315, à cause des scandales de sa conduite. II mourut en 1316.

1315         Création de la gabelle (impôt sur le sel). La gabelle, bien qu'il y ait localement des gabelles sur d'autres produits (comme le vin), la gabelle sert essentiellement à qualifier l'impôt sur le sel organisé au XIVe siècle. Après les guerres de religion, une compagnie unique obtient la ferme des greniers à sel de 11 généralités. Par la suite, le bail des gabelles est incorporé dans la ferme générale. Le Trésor royal prélève donc un droit fiscal et contrôle strictement, amis sans les prendre en charge, l'exploitation et la vente du sel. Gabelle. Impôt indirect sur le sel, en usage en France jusqu'en 1790.

1315         19 mars La Charte aux Normands. Suite aux différentes révoltes nées des pressions fiscales, Louis X le Hutin est contraint d'octroyer la Charte aux Normands. Cette exception rappelle la puissance de la Normandie dans les siècles qui ont précédé et sera par la suite perçue comme l'expression du particularisme normand dans l'histoire de France. Elle confère une plus grande indépendance au duché concernant ces lois et garantit l'absence d'impôts extraordinaires. Charte aux Normands est un texte octroyé le 19 mars 1315, par le roi de France Louis le Hutin, qui fait écho à la Grande Charte des Anglais. Pour apaiser les révoltes périodiques des Normands, le roi a dû reconnaître la spécificité de la Normandie, et cette charte, ainsi que la seconde de 1339, sera considérée jusqu'en 1789 comme le symbole du particularisme normand.

1315         30 avril : Le grand argentier de Philippe le Bel, Enguerrand de Marigny, est pendu au gibet de Montfaucon sous la pression des nobles. Enguerrand de Marigny (né vers 1260 - mort le 30 avril 1315) était chambellan et ministre du roi Philippe IV le Bel. Né à Lyons-la-Forêt en Normandie, d'une vieille famille de petit baronnage appelé "Le Portier". La famille n'avait pris le nom de Marigny que vers 1200, lors du mariage d'Hugues Le Portier avec Mahaut de Marigny. La mort de Philippe le Bel, le 29 novembre 1314, fut le signal de la réaction contre sa politique. Le parti féodal, dont le roi avait essayé de limiter le pouvoir, se retourna contre ses ministres et surtout contre son chambellan. Enguerrand fut arrêté sur l'ordre de Louis X, répondant à la demande de Charles de Valois ; on porta sur lui vingt-huit articles d'accusation y compris celle d'avoir reçu des pots-de-vin.

1315         11 juillet Affranchissement des serfs du domaine royal. Comme son père Philippe IV le Bel, Louis X le Hutin ne cesse pas d'être à court d'argent. Pour remplir ses caisses, il affranchit ses serfs… moyennant finances.

1315         14 août Assassinat sur les ordres de Louis X de Marguerite de Bourgogne à Château-Gaillard. Au début de l'année 1314, Philippe IV le Bel, alors roi de France, fit arrêter ses trois belles-filles Marguerite de Bourgogne, Jeanne de Bourgogne et Blanche de Bourgogne, sur dénonciation de sa fille Isabelle d'Angleterre, selon un chroniqueur, parce qu'elles auraient été prises en flagrant délit d'adultère avec deux jeunes chevaliers, Philippe et Gautier d'Aunay. Sous la torture, ceux-ci auraient avoué leurs relations avec les princesses, qui duraient depuis trois ans, avant d'être, à Pontoise, écorchés vifs, écartelés, châtrés, décapités, puis suspendus à un gibet. Marguerite, enfermée dans la forteresse de Château-Gaillard aurait reconnu son adultère et fut tenue au secret dans sa prison. Elle devint reine de France à la mort de son beau-père Philippe IV le Bel, survenue le 29 novembre 1314. Le 15 août 1315, elle fut retrouvée étranglée ou étouffée à l'aide de ses cheveux.

1315         19 août Louis X épouse Clémence de Hongrie. Clémence de Hongrie, (née en 1293 - morte le 12 octobre 1328 à Paris), reine de France et de Navarre, fut la fille de Charles-Martel d'Anjou, roi titulaire de Hongrie et de Clémence de Habsbourg, fille de l'empereur Rodolphe Ier.

1315         24 août Couronnement de Louis X le Hutin.

1315         15 novembre La bataille de Morgarten. Se sentant menacé par la Confédération suisse, Léopold Ier de Habsbourg tente de réaffirmer son autorité, accompagné d'une importante armée. Les confédérés n'ont cependant aucun mal à remporter la victoire à Morgarten. Cet événement consolidera le pacte signé en 1291 et permettra d'enrichir l'union avec l'adhésion des cantons de Zurich, Lucerne, Glaris, Zoug et Berne. Multipliant les défaites, les Habsbourgs finiront par reconnaître l'indépendance de la Confédération et établiront un traité de paix en 1389. La bataille de Morgarten eut lieu le 15 novembre 1315, au sud de Zurich où quelque 1500 montagnards suisses (avec des troupes de la vallée de Dompierre-Ducry) repoussèrent les troupes (entre 3000 et 5000 soldats professionnels) du duc Léopold Ier d'Autriche, seigneur de Habsbourg. C'est l'une des rares occasions, au Moyen Âge, où des communautés paysannes réussirent à s'émanciper de leur suzerain féodal. Confirmée quelques années après le célèbre serment du Grütli (Rütli en allemand), la victoire de Morgarten renforca la cohésion des cantons alpins. Elle leur rallia les cantons environnants et surtout les villes de Zurich, Bâle et Berne.

1315         mort de Raymond Lulle.

1316         5 juin Mort de Louis X. Régence de Philippe V le Long frère de Louis X. Louis X le Hutin a vingt-sept ans, lorsqu'il rend son dernier soupir. Son épouse, Clémence de Hongrie, est enceinte de cinq mois. Elle accouchera le 15 novembre de la même année d'un fils, Jean Ier qui meurt quatre jours plus tard. Le frère cadet du roi défunt, Philippe de Poitiers, monte sur le trône et devient Philippe V le Long.

1316         15 novembre Naissance de Jean, fils posthume de Louis X.

1316         Jean Ier.

1316         20 novembre Mort de Jean Ier (4j), le régent, Philippe V le Long, devient roi.

1316         Jean Ier (fils de Louis X) ne règne pas (mort en bas âge). Avènement de Philippe V le Long (deuxième fils de Philippe le Bel et de Jeanne de Navarre) né en 1294. Louis X laissait deux enfants: Jean (Jean Ier) et Jeanne, tous deux en bas âge. Philippe V prit la régence et sur ces entrefaites, Jean mourut; Philippe V se fit reconnaître pour roi. La couronne fut réclamée au nom de Jeanne. Philippe réunit les États généraux (1317) en leur demandant de se prononcer sur l'application dans ce cas de la loi salique. (Cette loi établie par les Francs Saliens et qui se rapportait aux diverses circonstances de leur vie sociale, contenait une clause en vertu de laquelle, chez eux, les femmes étaient exclues du partage de la terre conquise. Étant donné l'origine de la monarchie française, on pouvait regarder la loi salique comme l'un de ses fondements.) Les États généraux interprétèrent la vieille loi franque dans le sens des prétentions de Philippe, et déclarèrent les femmes incapables de succéder au trône de France. Philippe V eut à réprimer un soulèvement des pastoureaux du Midi qui, fanatisés par quelques meneurs, se croyaient appelés à entreprendre une nouvelle croisade; il persécuta les juifs, prit des mesures contre la libre circulation des lépreux qui constituaient un danger public, et amorça l'unification dans le royaume des poids et mesures. Il organisa une Cour des Comptes. Il épousa Jeanne de Bourgogne qui lui survécut de trois ans. II mourut en 1322.

1316         PHILIPPE V le Long (1316-1322)

1316         Philippe V le Long. Désigné régent à la mort de son frère Louis X, il attend la naissance de l'enfant que porte Clémence de Hongrie, ce sera un garçon mais qui ne vivra que 5 jours. Il se rend à Lyon où se tient le conclave des cardinaux qui cherchent depuis 2 ans un successeur à Clément V mort en 1314. Il fait fermer les portes du couvent des dominicains dans lequel ils sont réunis et menace de faire enlever le toit. Efficace un nouveau pape Français est élu Jean XXII. Philippe est marié à Jeanne d'Artois en 1307, ils ont cinq enfants lorsqu'éclate le scandale de l'adultère de Marguerite de Bourgogne et de Blanche d'Artois, les femmes de ses deux frères. Jeanne est soupçonnées, enfermée à Dourdan mais réussira à faire reconnaitre son innocence qui sera proclamée par le Parlement de Paris. Sa seule faute était de ne pas avoir dénoncé sa soeur. Il se fait nommer roi et tuteur de sa nièce Jeanne de Navarre (fille de Louis X) ce qui le fait également roi de Navarre. Pour officialiser cela il réunit les états généraux en 1317 pour leur faire déclarer "Femme ne succède pas à la couronne de France" (loi salique) cette loi se retournera contre ses propres filles. Il met fin à la guerre contre la Flandre en 1320 et son règne ne sera plus troublé que par la révolte des pastouraux du midi. Les pastoureaux étaient des bandes de paysans et de vagabonds qui avaient été créées sous Louis IX pour aller le délivrer alors prisonnier en Égypte (vers 1250) et qui dégénéra en jacquerie. Disparu on le voit réaparaitre dans la région de la Garonne et du Languedoc pour s'attaquer aux juifs. Il se consacre au renforcement de l'administration intérieure, réorganisation du conseil du roi (1318) et statut définitif de la Chambre des comptes (1320). Il développe les milices urbaines et place à leur tête des officiers royaux, règle la fabrication des monnaies et amorce l'unification des poids et mesures. Il déclare inaliénable le domaine de la couronne. Il prend des mesures sévères contre les juifs, restreint la circulation des lèpreux qu'on accusait d'empoisonner les fontaines et favorise l'inquisition dans le midi. Il meurt en 1322 sans descendant mâle, c'est son frère Charles, troisième fils de Philippe le Bel qui prendra sa succession.

1316         Jean Maillart écrit 'Roman du comte d'Anjou'. Ce roman du XIVe siècle se présente comme une des premières versions de Peau d'Âne. Une jeune fille y est poursuivie par le désir incestueux de son père, s'enfuit, subit calomnies et infortunes, jusqu'au châtiment des coupables et au bonheur de l'innocente. Il s'agit d'un roman de formation, où une adolescente devient adulte à travers de cruelles épreuves, y compris une condamnation à mort. Le récit a, certes, un caractère fabuleux et mythique. Mais il a aussi le dessein de servir d'exemple : l'héroïne se conforme à un modèle religieux, figure de la Vierge Marie. Elle est environnée de pauvres, qui forment un contrepoint à la richesse. Le monde courtois cache des réalités moins brillantes : la société médiévale est en pleine mutation. Un des premiers romans réalistes incarne ici ce tournant historique.

1317         9 janvier Sacre de Philippe V le Long à Reims.

1317         Les Grands du royaume, confirment le principe de loi salique.

1319         Naissance de Jean, futur Jean II de France. Jean II de France, dit Jean le Bon, (né le 16 avril 1319 à Château de Gué-Maulin - mort à Londres le 8 avril 1364), fut roi de France de 1350 à 1364, le deuxième de la branche dite de Valois de la dynastie capétienne.

1320         Fin de la guerre de Flandre. Bon stratège, Philippe le Long arrive à vaincre les oppositions grâce à son esprit de décision, ce qui lui permet de résoudre les problèmes flamands par la diplomatie (paix du 2 juin 1320).

1320         à 1391 - naissance et mort du poète persan Hafiz. Né à Shiraz aux environs de 1320, Khodja Shams-eddine Muhammad, plus connu sous le pseudonyme de Hafiz (celui qui connaît le Coran par coeur), est, avec Saadi, Firdousi et Khayyâm, un des quatre poètes unanimement reconnus en Iran. Le père de Hafiz aurait émigré d'Ispahan à Shiraz où il serait mort durant la petite enfance du poète, laissant sa famille dans la plus grande gêne. Dans un centre de civilisation islamique aussi florissant que le Shiraz de cette époque, d'humbles débuts n'étaient qu'un désavantage relatif et il est plausible qu'Hafiz ait reçu une éducation classique achevée. Ses vers portent témoignage de sa connaissance de l'arabe, des sciences islamiques et de la littérature persane.

1320         à 1382 - naissance et mort de Nicolas Oresme, fut évêque de Lisieux de 1377 à 1382. Ce philosophe, écrivain et érudit exerça une influence considérable sur le futur Charles V. Il fut son précepteur et conseiller. A sa demande, il traduisit Aristote. Il étudia aussi la physique et l'astronomie, préfigurant les intuitions ou démonstrations relatives à la loi de la chute des corps ou au mouvement de la terre autour du soleil. Les idées d'Oresme en matière de politique économique ont inspiré la pensée et l'action du Dauphin, qui assura la régence pendant l'emprisonnement de Jean II le Bon, puis du roi. Le retour d'une relative stabilité monétaire sous le règne de Charles V est à mettre au crédit d'un de ceux dont le roi reconnut : "Nous avons, pour donner des conseils à la majesté royale, des hommes illustres et super-illustres, lettrés, sages et savants dont les pensées et les actions sont l'honneur du monde".

1321         Traité "Ars Nova" de Philippe de Vitry. Le compositeur et théoricien de la musique Philippe de Vitry écrit son traité "Ars Nova". Par l'importance des innovations qu'elle présente au XIVe siècle, cette oeuvre voit désormais son nom désigner une époque musicale. Ces innovations concernent avant tout la notation. Ars nova est une période dans la musique médiévale occidentale. Philippe de Vitry, Philippe de Vitry, évêque de Meaux, considéré par ses contemporains comme un esprit brillant, loué pour ses connaissances en mathématiques, philosophie, poésie, rhétorique et musique, fut une figure emblématique du Moyen Âge. Bien que ses compositions musicales — hormis quelques motets — aient disparu, ses traités de musique ont pu nous parvenir. Vers 1320, il publia son fameux traité Ars Nova, dans lequel il proposait une notation musicale novatrice, utilisant des signes inconnus. Il encouragea l'emploi de nouvelles règles de composition, notamment des arrangements rythmiques novateurs, ce qui permit l'émergence d'un style polyphonique plus harmonieux et moins dépendant des contraintes de l'art liturgique, l'Ars antiqua.

1321         mort de Dante.

1322         3 janvier Mort de Philippe V, son frère Charles IV le Bel lui succède. Atteint de dysenterie, Philippe V succombe après cinq mois de lutte acharnée contre le mal. Sans enfant, il laisse le royaume à son frère, Charles IV le Bel.

1322         CHARLES IV le Bel (1322-1328)

1322         Charles IV le Bel. Troisième fils de Philippe le Bel, il succède à son frère Philippe V, mort sans héritier mâle. Il sera confronté à la suspicion d'adultère de Blanche (1314) mais à un degré moindre que Marguerite femme de Louis X son frère aîné, plus jeune elle aurait été entraînée. Répudiée, elle sera enfermée pendant 8 années dans Château Gaillard. Le mariage sera annulé par le pape Jean XXII (pour parenté au 4ème degré, pour adultère l'église aurait prôné le pardon) après quoi elle sera autorisée à prendre le voile, elle meurt en 1326. Il se remarie avec Marie de Luxembourg qui n'a que 17 ans deux ans après elle meurt en mettant au monde un garçon qui ne vivra pas. Il se marie à nouveau en 1326 Jeanne d'Évreux qui lui donnera 3 filles mais lui mourra en 1328 sans héritier mâle. Charles devra faire face à nouveau à une révolte de la Flandre en 1323 qui se terminera par la paix d'Arques en 1326. Les tensions avec l'Angleterre reprennent, Charles prononce à nouveau la confiscation de la Guyenne, son oncle, Charles de Valois (frère de Philippe le Bel) commande les troupes qui la conquièrent en 1324. Un arrangement sera trouvé entre les deux rois Charles IV de France et Édouard II d'Angleterre. Édouard II cède son titre de duc de Guyenne à son fils Édouard III d'Angleterre. En 1326 sa soeur Isabelle d'Angleterre vient se réfugier accompagnée de son fils Édouard III d'Angleterre auprès de son frère Charles IV le Bel fuyant son mari Édouard II qui préfère les hommes. Elle recontrera un autre réfugié Anglais Mortimer qui deviendra son favori et avec lequel elle parviendra à faire prononcer la déchéance de son époux (1327) qui sera assassiné peu de temps après dans son cachot de la Tour de Londres. Son fils Édouard succèdera au roi déchu sous le nom de Édouard III. Charles étant mort sans héritier mâle, il y a trois prétendants au trône de France : le fils de Charles de Valois mort en 1325, Philippe (futur Philippe VI) qui est cousin germain des trois derniers rois de France, Philippe d'Évreux lui aussi petit fils de Philippe III le Hardi mais par les femmes et Édouard III (roi d'Angleterre) neveu de Charles IV. C'est Philippe (futur Philippe VI) qui sera choisi. La branche des Capétiens directs s'éteint et s'ouvre une nouvelle branche les Capétiens Valois. Suite à ce choix, les hostilités avec l'Angleterre qui étaient fréquentes vont redoubler de gravité, ici va commencer la guerre de cent ans.

1322         Avènement de Charles IV le Bel, troisième fils de Philippe IV et de Jeanne de Navarre, né en 1294. Le seul fait vraiment intéressant de ce règne de six ans fut l'érection en duché-pairie de la baronnie de Bourbon, en faveur de Louis Ier de Bourbon, comte de Clermont, fils de Robert de France, petit-fils de Louis IX le Saint (qui devait être l'origine de la maison royale de Bourbon). Charles IV fut le dernier des Capétiens directs. Il mourut en 1328.

1322         11 février Sacre de Charles IV le Bel.

1322         21 septembre Mariage de Charles IV avec Marie de Luxembourg. Marie de Luxembourg, née vers 1305, morte le 21 mars 1324 à Issoudun, fille de l'empereur Henri VII de Luxembourg et de Marguerite de Brabant. Le mariage du roi de France Charles IV le Bel et de Blanche de Bourgogne ayant été annulé, le 19 mai 1322 par le pape Jean XXII, le roi épousa, en secondes noces, Marie de Luxembourg. Le mariage fut célébré à Provins, le 21 septembre 1322. Marie mit au monde un premier enfant, une fille. Alors qu'elle était de nouveau enceinte, elle fut grièvement blessée dans un accident de voiture. Elle accoucha prématurément d'un fils qui mourrut quelques heures plus tard. Marie ne survécut pas à cet accident et succomba à son tour le 21 mars 1324 à l'âge de 19 ans. Elle fut inhumée à Montargis, dans l'église des dominicaines.

1323         Révolte des Karls en Flandre maritime (fin en 1328). Ce soulèvement, mené par les riches paysans, gagne les villes de Bruges et d'ypres. La révolte des Karls s'explique par les récoltes médiocres de 1323, une soudure difficile, le refus de payer la dîme et l'impôt comtal, la haine envers la noblesse et l'autorité, mais surtout par l'action des paysans qui possèdent une belle exploitation et poussent à la révolte leurs chefs (Jacques Peyte, Nicholas Zannekin). Des membres de la petite noblesse les rejoignent, comme le chef de la révolte, Guillaume de Deken.

1323         Création de la Compagnie du Gai Savoir (future Académie des Jeux Floraux) à Toulouse: née pour défendre la tradition poétique des troubadours et la langue d'oc, elle deviendra au XVIIe siècle un agent de propagation de la langue française.

1324         21 mars Mort de Marie de Luxembourg et de son fils.

1324         1er juillet Charles IV envahit la Guyenne. Prétextant du fait qu'Édouard II n'ait pas encore rendu l'hommage pour la Guyenne, Charles IV de France décide la confiscation du duché. Les troupes royales, menées par Charles de Valois, occupent le terrain sans trop de résistance.

1325         13 juillet Mariage de Charles IV avec Jeanne d'Évreux. Jeanne d'Évreux, née vers 1307, décédée le 4 mars 1371 à Brie-Comte-Robert, reine de France, fille de Louis d'Évreux et de Marguerite d'Artois, petite-fille du roi Philippe III et de Marie de Brabant. Étant la cousine germaine du roi, elle bénéficie de la complaisance du pape français Jean XXII, qui délivre la dispense nécessaire à Charles IV, pour qu'elle puisse devenir, le 13 juillet 1325, sa troisième épouse. Elle est sacrée reine le 11 mai 1326 à la Sainte-Chapelle.

1325         Ibn Battuta part de Tanger pour son pèlerinage à La Mecque. Ibn Battuta, né le 24 février 1304 à Tanger (Maroc) et décédé entre 1368 et 1377 (ses dernières années restant obscures), était un voyageur marocain. Il termina sa vie au Maroc comme juge appartenant à l'école malikite. C'est le "Marco Polo" (Venise 1254-Venise 1324) de l'islam. Ibn Battuta parcourut 120 000 km en 28 ans de voyages. Ses récits sont plus précis et moins fabulateurs que ceux de Marco Polo.

1326         19 avril Traité d'Arques mettant fin à la révolte en Flandre.

1326         11 mai Couronnement de Jeanne d'Évreux.

1327         Le Bourbonnais est érigé en duché. Louis Ier de Bourbon (1279-1342) devient le premier duc de Bourbon. Le Bourbonnais est une province historique du centre de la France, qui correspond à l'actuel département de l'Allier, ainsi qu'à une partie du département du Cher (vers Saint-Amand-Montrond). Duché de Bourbon, province historique du centre de la France, le Bourbonnais correspondait à l'actuel département de l'Allier, ainsi qu'à une partie du département du Cher. Les Bourbon avaient conclu une alliance avec le pouvoir royal. Ils avaient mis leurs forces au service du roi, profitant ainsi de la position géographique du Bourbonnais situé entre le domaine royal et les duchés d'Aquitaine et d'Auvergne. Cette alliance, ainsi que le mariage de Béatrix de Bourgogne et Robert de France, facilitèrent l'essor et la prospérité du Bourbonnais. En 1327, il fut d'ailleurs érigé en duché-pairie par le roi Charles le Bel. Louis Ier de Bourbon, dit le Grand ou le Boiteux (v. 1280-1342) était un prince de sang royal français, fils aîné de Robert, comte de Clermont-en-Beauvaisis (ancêtre par les mâles du roi Henri IV) et de Béatrice de Bourgogne, dame de Bourbon. Il était donc un petit-fils de saint Louis. Louis de Bourbon fut Sire de Bourbon, comte de Clermont-en-Beauvaisis (1310), grand chambrier de France (1312), comte de la Marche et de Castres (1322), premier duc de Bourbon et pair de France (1327).

1327         Pétrarque (Francesco Petrarca), aperçoit une belle femme, mariée, dans l'église de Santa Clara à Avignon. Au cours de sa vie, il lui écrit 366 poèmes, l'appelant Laura pour protéger son identité. Dans l'église Sainte-Claire d'Avignon, Francesco Petrarca fait la connaissance de celle qui inspirera toute son oeuvre poétique : Laure de Noves. L'amour platonique que lui inspire la jeune femme inspirera de très nombreux poèmes dont le Canzoniere (le Chansonnier), publié en 1470.

1328         1er février Mort de Charles IV. Fin des Capétiens directs. Philippe VI petit-fils de Philippe III lui succède. Charles a trente-quatre ans lors de sa mort. Il laisse une femme sur le point d'accoucher mais c'est à une fille qu'elle donnera naissance. La dynastie des Capétiens s'éteint.

1328         LES VALOIS - DIRECTS.

1328         La maison de Valois est la branche de la dynastie Capétienne qui régna sur la France de 1328 à 1589. Elle succède aux Capétiens directs et précède les Bourbons. Elle tire son nom de l'apanage donné à Charles, fils de Philippe III le Hardi et père du roi Philippe VI. La branche aînée s'est éteinte en 1498, mais elle compte plusieurs rameaux cadets : celui des ducs d'Alençon, éteint en 1549, issus de Charles II, second fils de Charles de Valois ; celui des ducs d'Anjou, éteint en 1481, issu de Louis, second fils de Jean II le bon ; celui des ducs de Berry, éteint en 1416, issu de Jean, troisième fils de Jean II le bon ; celui des ducs de Bourgogne, éteint en 1477, issu de Philippe le hardi, quatrième fils de Jean II le bon. Ce rameau eut lui-même deux autres sous-rameaux : les ducs de Brabant, éteint en 1430, et issu d'Antoine, fils de Philippe le Hardi ; les comtes de Nevers, éteint en 1491, et issu de Philippe, fils de Philippe le Hardi ; celui des ducs d'Orléans, éteint en 1515 après avoir accédé au trône et issu de Louis, second fils de Charles V. Ce rameau eut lui-même un autre sous-rameau : les comtes d'Angoulême, éteint en 1589 après avoir accédé au trône et issu de Jean, second fils de Louis. Les Valois directs : Charles, comte de Valois et frère de Philippe IV le Bel. Il est le fondateur de la branche, mais n'a pas régné ; Philippe VI de Valois, son fils aîné, comte de Valois, puis roi de France (1328-1350) ; Jean II le Bon son fils (1350-1364) ; Charles V le Sage fils aîné du précédent (1364-1380) ; Charles VI le Fou fils du précédent (1380-1422) ; Charles VII le Victorieux fils du précédent (1422-1461) ; Louix XI le Prudent fils du précédent (1461-1483) ; Charles VIII l'Affable fils du précédent (1483-1498).

1328         PHILIPPE VI (1328-1350)

1328         Philippe VI de Valois. Charles IV le Bel étant mort sans héritier mâle, il y a trois prétendants au trône de France le fils de Philippe III de France, Charles de Valois mort en 1325, Philippe (futur Philippe VI) qui est cousin germain des trois derniers rois de France, Philippe d'Évreux lui aussi petit fils de Philippe III le Hardi mais par les femmes et Édouard III d'Angleterre neveu de Charles IV. C'est Philippe VI qui sera choisi. La branche des Capétiens directs s'éteint et s'ouvre une nouvelle branche les Capétiens Valois. Suite à ce choix, les hostilités avec l'Angleterre qui étaient fréquentes vont redoubler de gravité, ici va commencer la guerre de cent ans. Depuis fort longtemps, la Flandre est spécialisée dans le filage de la laine et cette laine vient principalement d'Angleterre. C'est pour cette raison que la Flandre est souvent plus liée à l'Angleterre qu'à la France. Lorsque Édouard III décide d'arrêter les exportations de laine vers la France il sait qu'il va provoquer une nouvelle révolte de celle-ci contre le roi de France. Philippe VI vainc les Flamands à Cassel en 1328. En 1337 il décide à nouveau la confiscation de la Guyenne. Édouard III d'Angleterre envahit la Flandre et se proclame roi de France en 1340. La flotte française subit la même année une grave défaite. Édouard débarque avec ses troupes dans le Cotentin et ravage la Normandie jusqu'à Poissy en passant par Caen. Philippe répugne au combat mais il s'y voit contraint notamment par sa chevalerie qui rêve de gloire, et de combat. Il prend donc la route mais le commandement est déplorable. Les troupes arrivent épuisées devant l'ennemi, en forêt de Crécy, les cordes des arbalètes sont mouillées ce qui les rend inutilisables. En face, en infériorité numérique, les Anglais rompant avec les règles de la chevalerie de l'époque, gardent les chevaliers en réserve et place l'infanterie et les archers en première ligne derrière des retranchements de fortune. Lorsque les chevaliers français chargent beaucoup sont tués, c'est la débacle. La guerre de 100 ans est commencée, mal commencée. La fine fleur de la chevalerie française, 1500 noms y laissent la vie. C'était le 26 août 1346. L'année suivante les Anglais s'emparent de Calais après un siège de 11 mois pendant lequel le roi de France ne sera pas intervenu son prestige s'en ressentira gravement. Édouard exigera que les clefs de la ville lui soient remises par 6 bourgeois en costume de pénitent. Ils obtiendront sa grace. Une terrible épidémie de peste noire s'abat sur l'Europe occidentale. Elle arrive en France par Marseille sur une population affaiblie, depuis plusieurs années le temps est froid et humide et les récoltes mauvaises. L'emploi de mercenaires dans les armées crée une insécurité grave, mal payés ou irrégulièrement ils vivent sur l'habitant, des bandes désorganisent la production agricole, les paysans se réfugient dans les villes. La famine fait son apparition en 1315-1317, l'hygiène est inexistante la peste tue 40% de la population. L'Angleterre n'est pas épargnée une trève est conclue en 1348. Le roi Philippe VI de Valois meurt en 1350. Malgré les vissicitudes, Philippe laisse un domaine de la couronne agrandi, d'une part, par ses propres terres, les comtés de Valois, de Chartres, d'Anjou et du Maine d'autre part par transaction avec Jeanne de Navarre et Philippe d'Évreux, la Champagne et la Brie et avec le roi de Majorque Jacques II, la seigneurerie de Montpellier.

1328         Règne de Philippe VI (1328-1350), cousin germain de Charles IV, début de la dynastie capétienne des Valois (1328-1589). En ce 1er avril, Jeanne d'Évreux, la femme de Charles IV qui vient de mourir le 1er février à l'âge de trente-trois ans, accouche. On espère un fils. Une fille naît. La succession au trône de France se trouve ouverte. Des trois prétendants, Philippe, comte d'Évreux, Édouard III d'Angleterre et Philippe de Valois, c'est ce dernier, l'actuel régent, qui est proclamé roi le 8 avril. Il est désormais Philippe VI.

1328         Avènement de Philippe VI de Valois ou le Hardi. - Charles IV ne laissait pas d'héritiers du trône. A sa mort, la couronne fut revendiquée par trois prétendants : Philippe de Valois, fils de Charles de Valois (frère de Philippe IV) et de Marguerite de Sicile (né en 1293) ; Édouard III d'Angleterre, qui était fils d'Isabelle, fille de Philippe IV ; et Philippe d'Évreux, gendre de Louis X le Hutin. Les États généraux (réduits à la réunion des pairs et des barons) furent convoqués pour se prononcer entre eux, et écartèrent Édouard III d'Angleterre et Philippe d'Évreux par application de la loi salique (ces deux prétendants ne postulant la couronne qu'en vertu du droit que pouvaient y avoir leurs femmes, nièce et petite-fille de Philippe IV). Dès le début de son règne, Philippe VI prit fait et cause pour Louis Ier de Flandre dans le différend qui mettait celui-ci aux prises avec ses sujets, Flamands révoltés, et vainquit ces derniers à Cassel. Louis Ier de Flandre, Louis de Dampierre dit Louis de Nevers ou Louis de Crécy, (°Nevers, vers 1304 - † Crécy, 26 août 1346), comte de Flandre (Louis Ier, de 1322 à 1346), de Nevers et de de Rethel (Louis II, de 1322 à 1346), fils de Louis Ier de Dampierre, comte de Nevers, et de Jeanne, comtesse de Rethel.

1328         29 mai Sacre de Philippe VI à Reims.

1328         24 août Victoire de Cassel sur les Flamands. A l'appel du comte de Nevers, Philippe VI apporte son concours pour écraser les Flamands qui se sont révoltés contre leur suzerain. La ville prise, toute la population est passée au fil de l'épée. Les chevaliers français reviennent enrichis du butin qu'ils se sont partagé et que la vengeance du désastre de Courtrai justifie. Bataille de Cassel s'est déroulée le 23 août 1328 à proximité de la ville de Cassel dans le nord de la France entre l'armée du roi de France Philippe VI de Valois et les milices flamandes menées par Nicolaas Zannekin, petit propriétaire foncier de Lampernisse dans la châtellenie de Furnes (Belgique actuelle). Le roi de France, Philippe VI de Valois, après son sacre à Reims, dans le but de tenter de consolider son autorité, décide de partir en guerre contre les Flamands révoltés (bourgeois de Bruges, artisans et paysans du Franc de Bruges, artisans et ouvriers de Courtrai), insurgés contre leur seigneur, le comte de Flandre Louis Ier de Flandre.

1328         Première rédaction des 'Leys d'amor'. 'Leys d'Amor', nom d'un des premiers ouvrages qui présentait, au début du XIVe siècle, la somme la plus complète des connaissances touchant la grammaire, la rhétorique et la poétique de la langue d'oc. Les "Leys d'Amor" faisaient déjà préssentir une sorte d'Humanisme tout de bon sens et de logique.

1329         à 1337 - La victoire de Cassel donnait à Philippe VI un prestige qu'il jugea suffisant pour exiger d'Édouard III d'Angleterre que celui-ci vînt lui rendre hommage comme son vassal pour la Guyenne et la Gascogne. Lié par la loi féodale, Édouard se soumit à cette exigence, en venant faire hommage à son suzerain, à Amiens; mais il prédit qu'il se vengerait de cette humiliation. En effet, il s'assura le concours du comte de Hainaut, Guillaume Ier de Hainaut, de l'empereur Louis de Bavière, du duc de Brabant et de Jacques van Artevelde, échevin de Gand et des communes de Flandre. Puis, à l'instigation de Robert II d'Artois (beau-frère de Philippe), il réclama de nouveau le trône de France. Prévenu de la naissance de cette coalition, Philippe crut bon de prendre les devants en faisant saisir quelques places en Guyenne et en Flandre. Ce furent les premiers faits de guerre de la longue période qui devait être appelée guerre de Cent ans (1337-1453). Rappelons que les causes lointaines de ce long conflit furent: la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant; le divorce de Louis VII avec Aliénor d'Aquitaine (ou de Guyenne) qui épousa ensuite Henri Plantagenêt (futur roi d'Angleterre Henri II d'Angleterre) et lui apporta en dot une grande partie de la France; enfin, en tout dernier lieu, les prétentions d'Édouard III d'Angleterre à la couronne de France. La province de Hainaut, couramment appelée le Hainaut, est une province du sud-ouest de la Belgique qui a pour chef-lieu Mons. Elle se situe en Wallonie dont elle en constitue la partie la plus importante en population. Louis IV de Bavière (v.1286-1347), empereur allemand de 1314 à 1347. Fils de Louis II le Sévère, duc de Bavière et de Mathilde de Habsbourg. Le Duché de Brabant est un ancien duché situé à cheval sur les Pays-Bas et la Belgique actuels. Son étendue couvrait l'actuelle province néerlandaise du Brabant septentrional, les actuelles provinces belges d'Anvers, du Brabant wallon, du Brabant flamand, ainsi que la région de Bruxelles. Un échevin, en Belgique, est un élu adjoint au bourgmestre. Les tâches des échevins varient en fonction des communes. Une commune aura ainsi par exemple un échevin des travaux publics, un échevin de l'enseignement, etc. Ils sont élus par le conseil communal en son sein. leur nombre varie en fonction de la population de la commune (entre 2 et 10). Robert III d'Artois, né en 1287, seigneur de Domfront, reçoit en 1310 le comté de Beaumont-le-Roger en dédommagement du comté d'Artois auquel il prétendait. Il est le fils du Capétien Philippe d'Artois, seigneur de Conches-en-Ouche et de la Capétienne Blanche, fille du duc Jean II de Bretagne. La mort prématurée de son père Philippe d'Artois va écarter Robert III de la succession du comté d'Artois. À la mort de Robert II, le grand-père de Robert III, c'est sa fille Mahaut d'Artois qui prend possession de l'héritage, et le jeune Robert III ne peut songer à faire valoir une représentation des droits de son père qu'ignore la coutume d'Artois. La rancoeur et les intrigues entre Mahaut d'Artois (appelée parfois Mathilde) et Robert vont émailler toute la période et finir par mettre le feu aux poudres entre la France et l'Angleterre et déboucher sur la guerre de Cent Ans.

1329         6 juin Édouard III d'Angleterre rend hommage à Philippe VI pour la Guyenne.

1332         28 juillet Mariage du futur Jean II avec Bonne de Luxembourg. Bonne de Luxembourg, née le 20 mai 1315, morte le 11 septembre 1349 à l'abbaye de Maubuisson, fut l'épouse de Jean II dit le Bon. Fille de Jean Ier l'Aveugle, comte de Luxembourg et roi de Bohême, et d'Élisabeth de Bohême, elle épouse le dauphin Jean le 28 juillet 1332 à Melun.

1333         Simone Martini écrit Portement de la croix.

1335         Construction du premier palais pontifical d'Avignon, le palais des papes, par Benoît XII. Benoît XII, Jacques de Novelles, dit Fournier (vers 1285-1342), issu d'une famille modeste du comté de Foix devient pape sous le nom de Benoît XII. Élu pape le 20 décembre 1334 à la mort de Jean XXII, il entreprend de vastes réformes. Il assainit le système de collation des bénéfices et sa conséquence, la fiscalité pontificale. Il rétablit dans plusieurs ordres religieux les bases de la discipline ecclésiastique et favorise les universités (Toulouse, 1337; Grenoble, 1339). En vue d'une éventuelle croisade, il oeuvre pour la paix entre les royaumes chrétiens, notamment entre la France et l'Angleterre, et tente une reconciliation avec l'empereur excommunié Louis de Bavière. Tenté de gagner Rome en 1335, il s'accommode en définitive de demeurer à Avignon et construit le premier palais pontifical, dont l'austérité architecturale est un bon reflet de sa personnalité. Il ne refuse cependant pas un certain décor, et c'est lui qui fait appel au peintre siennois Simone Martini. Le Palais des papes, à Avignon en France, est la plus grande des constructions gothiques du Moyen Âge du monde. Avignon devient la résidence des papes en 1309, et le palais est construit entre 1335 et 1352 sur une protubérance rocheuse au nord de la ville, surplombant le Rhône, sous les pontificats de Benoît XII et Clément VI.

1337         24 mai Philippe VI confisque le duché de Guyenne à Édouard III d'Angleterre. La Guyenne est une possession anglaise. La victoire remportée à Cassel confère à Philippe VI un prestige qui lui permet d'exiger d'Édouard III d'Angleterre qu'il devienne son vassal. L'anglais se soumet. Humilié, il se venge en formant une coalition. Il est condamné par défaut et son fief est saisi. Cette saisie provoque la guerre de Cent Ans.

1337         7 octobre Édouard III d'Angleterre revendique le trône de France.

1337         1er novembre Lettre de défi d'Édouard III d'Angleterre.

1337         Début de la guerre de Cent Ans.

1337         à 1453 - Guerre de Cent ans. La guerre de Cent ans n'a pas consisté en une suite ininterrompue de batailles; elle a été une longue série d'actes hostiles de part et d'autre, entre lesquels s'écoulent des pauses plus ou moins longues de paix armée. On la divise en quatre périodes: la première est malheureuse pour la France (Philippe VI et Jean le Bon); la deuxième est marquée par les succès des Français (Charles V); la troisième voit revenir, pour les Français, les revers de toute sorte: la France est à moitié conquise par les Anglais (Charles VI); la quatrième et dernière est la période de revanche glorieuse dont Jeanne d'Arc est le plus éclatant personnage (Charles VII). La guerre de Cent ans, en réalité de cent seize ans, se termine par les victoires françaises de Formigny en 1450 et de Castillon en 1453, par lesquelles les Anglais sont définitivement expulsés de France. La guerre de Cent Ans décrit la période de 116 ans (1337 à 1453) pendant laquelle s'affrontent la France et l'Angleterre lors de nombreux conflits, entrecoupés de trêves plus ou moins longues. La guerre commence lorsque Édouard III d'Angleterre envoie un défi (déclaration de guerre) au roi de France Philippe VI de Valois. Le traité de paix définitif qui en marque la fin est signé le 29 août 1475 à Picquigny, en Picardie. Il a débouché sur la constitution de deux nations européennes indépendantes : la France et l'Angleterre qui, jusqu'alors, étaient imbriquées légalement et culturellement et étaient en lutte pour le contrôle territorial de l'Ouest de la France. Pour le contrôle de ce territoire, les Plantagenêts (dynastie royale anglaise) et les Capétiens avaient déjà lutté près de 140 ans, entre 1160 et 1299. Cette première période avait vu évoluer les deux royaumes d'une organisation féodale très morcelée à une structure d'État centralisé. Le problème posé par le duché de Guyenne n'ayant pas été résolu, (le roi d'Angleterre étant théoriquement vassal du roi de France en tant que duc d'Aquitaine) à la fin du dernier conflit, est largement à l'origine du déclenchement des hostilités. Guerre de Cent Ans (1337-1453). En 1337, Philippe VI prononce la saisie de la Guyenne (Aquitaine). Cette dernière est une possession anglaise. La victoire remportée à Cassel lui confère un prestige qui lui permet d'exiger d'Édouard III d'Angleterre qu'il devienne son vassal. L'Anglais se soumet. Humilié, il se venge en formant une coalition. Il est condamné par défaut et son fief est saisi. Cette saisie provoque la guerre de Cent Ans. La France, en mauvaise posture au début, perd plusieurs batailles (L'Écluse, Crécy) et les villes de Calais (1347) et de Poitiers (1356). Cependant, un regain intervient sous Charles V où elle récupère la plupart des possessions anglaises, hormis Calais, Bordeaux et Cherbourg. L'affaiblissement intérieur et militaire des deux pays provoque une trêve jusqu'au début du XVe siècle. En 1415, Henri V d'Angleterre allié à Jean sans Peur remporte la bataille d'Azincourt et contraint ses rivaux à le reconnaître par le traité de Troyes (1420) roi de France et d'Angleterre. C'est à ce moment qu'intervient Jeanne d'Arc. Grâce à ses victoires sur les Anglais, elle fait renaître l'espoir des troupes françaises et parvient à faire couronner Charles VII à Reims. La France souveraine à nouveau, malgré la mort sur le bûcher de la "pucelle d'Orléans" (1431), regagne patiemment du terrain sur les Anglais, qui ne possèdent plus, en 1453, que la ville de Calais. Le traité de paix entre Louis XI et Édouard IV d'Angleterre sera signé en 1475 à Picquigny.

1338         décembre Les Flamands reconnaissent Édouard III d'Angleterre roi de France.

1338         naissance de Charles, futur Charles V. Charles V de France, dit Charles le Sage (né à Vincennes, le 31 janvier 1338 - mort à Beauté-sur-Marne, le 16 septembre 1380) fut Roi de France de 1364 à 1380. Il est le fils de Jean II le Bon et de Bonne de Luxembourg. Il est le troisième roi de la branche dite de Valois de la dynastie capétienne. Il est le premier héritier à utiliser le titre dauphin, après que son grand-père Philippe VI acquit la province du Dauphiné. Dauphin est un titre de noblesse français, assez rare. Dauphin était d'abord le surnom, puis le titre des seigneurs du Dauphiné, comtes de Viennois, qui s'intitulaient "dauphins de Viennois et comtes d'Albon". En imitation des dauphins de Viennois, une branche des comtes d'Auvergne prit le titre de "dauphin d'Auvergne", qui subsista jusqu'à la Révolution. Les héritiers du trône de France portaient le titre de dauphin, depuis que, en 1349, Humbert II avait vendu sa seigneurie du Dauphiné au roi de France Philippe VI, à la condition que l'héritier portât le titre de dauphin. Pour avoir le titre de dauphin, il fallait non seulement être l'héritier du trône, mais aussi descendre du roi régnant. Ainsi François Ier, cousin de son prédécesseur Louis XII ne fut jamais titré "dauphin". Jusqu'au règne de Louis XIV, on parlait de "dauphin de Viennois", après lui de "dauphin de France". Le premier prince français surnommé le Dauphin fut Jean II, qui succéda à Philippe VI. Le dernier fut le duc d'Angoulême (Louis Antoine d'Artois, duc d'Angoulême, devenu Louis Antoine de France, dauphin de France, puis Louis de France), fils de Charles X, qui renonça au titre en 1830.

1339         20 septembre Édouard III d'Angleterre entre dans le Cambraisis avec son armée.

1339         9 octobre Édouard III d'Angleterre entre en France avec son armée.

1339         24 octobre Édouard III d'Angleterre se retire avec son armée.

1339         Apparition des 'Miracles de Notre-Dame' (1339-1382). Les formes théâtrales se développent considérablement au XIVe et au XVe siècles. les miracles par personnages, sont l'occasion de mettre en scène des personnages et des situations variées (le motif de la femme injustement accusée revient souvent). Composés d'une succession de tirades en octosyllabes dont la fin est signalée par un quadrisyllabe, entre lesquelles sont parfois insérés des rondeaux chantés signalant par exemple les apparitions de la Vierge, ce sont souvent des commandes des confréries, religieuses ou non, à l'occasion de la fête de leur saint patron. On a ainsi conservé une collection de quarante 'Miracles de Notre-Dame' par personnages représentés presque chaque année entre 1339 et 1382 lors de la réunion annuelle de la confrérie Saint-Éloi des orfèvres de Paris. Le miracle est une petite narration (500 à 3000 vers) relatant une action humaine où l'élément divin apparaît dans le dénouement. Le plus souvent, c'est une intervention de la Vierge, parfois des Saints. Les miracles se jouent au XIIIe et XIVe siècles. Le plus célèbre recueil de miracles est celui de Gautier de Coinci, mort en 1236, et qui comprend 30 000 vers.

1340         Les hostilités, commencées par Philippe VI par la saisie de villes en Guyenne et en Flandre, eurent pour second acte la bataille navale de l'Écluse, dans laquelle la flotte française fut anéantie par les flottes conjuguées de l'Angleterre et de Flandre.

1340         24 juin Destruction de la flotte française lors de la bataille de l'Écluse (près de Bruges). Parce que Jacques Van Artevelde a reconnu Édouard III d'Angleterre comme roi de France légitime, Philippe VI, qui a à sa disposition une puissante flotte, veut engager une bataille navale contre les Zélandais. Ses amiraux sont ancrés dans le port de l'Écluse près de Bruges. Les bateaux sont pris à l'abordage par les archers anglais. La flotte française est presque totalement détruite. Bataille de l'Écluse, le 24 juin 1340, lors de la bataille navale de l'Écluse (ou de Sluys), le roi anglais Édouard III, prétendant à la couronne de France, anéantit la flotte de son rival, le roi de France Philippe VI de Valois, devant l'estuaire du Zwin, ce bras de mer (de nos jours ensablé) qui mène à Bruges. C'est la première bataille d'importance de la guerre de Cent Ans. Jacques Van Artevelde, ou Jacob Van Artevelde, né à Gand vers 1287, est un membre de la haute bourgeoisie gantoise qui a fait fortune dans l'industrie drapière au début du XIVème siècle. Ses différents contacts avec le pouvoir comtal en ont fait l'un des porte-paroles de sa ville d'abord, des communes flamandes ensuite, dans les diverses négociations avec le comte de Flandre Louis de Nevers.

1340         23 septembre Trêve d'Esplechin-sur-Escaut entre Français et Anglais. La trêve d'Esplechin-sur-Escaut fut signée le 25 septembre 1340 malgré la bataille de l'Écluse remportée par Édouard III d'Angleterre le 24 juin 1340 sur l'armée royale conduite par Philippe VI de France. En effet le roi d'Angleterre se trouvait dans une situation très incommode. Le souverain anglais faisait le siège devant Tournai, tandis que Robert III d'Artois assiégeait Saint-Omer. En outre, les troupes anglaises connaissaient de sérieux revers en Guyenne et les Écossais en l'absence d'Édouard III d'Angleterre s'étaient révoltés. Cette situation obligea le roi d'Angleterre à négocier avec la France. Le monarque anglais et Philippe VI de Valois se rencontrèrent à Esplechin-sur-Escaut où fut signée une trêve d'un an. Grâce à cette dernière le roi de France put sauver Tournai et Saint-Omer assiégées.

1340         Guillaume de Machaut écrit 'Remède de Fortune'.

1341         Mort de Jean III de Bretagne. Jean III de Bretagne, dit le Bon, né le 8 mars 1286, mort le 30 avril 1341, duc de Bretagne de 1312 à 1341, fils de Arthur II de Bretagne, duc de Bretagne, et de Marie, vicomtesse de Limoges, sa première épouse. Dès son avènement, il essaya de contester la légitimité du mariage entre son père et Yolande de Montfort. En 1315, il participa à une campagne de Louis X le hutin contre la Frandre. Il fut fidèles aux rois de France et combattit au côté de Philippe VI de Valois à la bataille de Cassel (1328), où il fut blessé. Édouard III d'Angleterre lui confisqua le comté de Richemont en raison de son alliance avec la France. Il tenta de léguer à sa mort le duché de Bretagne à la France, mais ses sujets s'y opposèrent, et il maria alors sa nièce Jeanne de Penthièvre avec Charles de Blois, neveu de Philippe VI. En 1338, il envoya sa flotte à l'Écluse en soutien de celle du roi de France, mais celles ci furent détruite par les anglais. Il mourut à Caen en 1341 en revenant de Flandre. Sa succession provoqua la guerre de succession de Bretagne.

1341         à 1385 - Guerre des Deux Jeanne ou de Bretagne. - Jeanne de Penthièvre (femme de Charles de Blois) et son oncle Jean de Montfort (mari de Jeanne de Flandre) se disputent le duché de Bretagne dont le dernier duc leur oncle, vient de mourir sans héritier direct. Philippe VI prend le parti de Jeanne de Penthièvre, Édouard III d'Angleterre celui de Jean de Montfort (Jeanne de Flandre). Tous les deux en appellent aux armes: cette guerre de quatorze ans a pris le nom des femmes des prétendants à cause du rôle actif qu'elles y jouèrent; elle se termina par le traité de Guérande, en vertu duquel la Bretagne restait à la maison de Montfort, la maison de Penthièvre recevant en compensation la vicomté de Limoges. La guerre de Succession de Bretagne (1341-1364) — ou guerre des deux Jeanne — est l'une des guerres secondaires qui eurent lieu au cours de la guerre de Cent Ans. Le 30 avril 1341, meurt le duc Jean III de Bretagne. Malgré trois mariages, avec Isabelle de Valois, Isabelle de Castille et Jeanne de Savoie, Jean III n'a pas eu le moindre enfant. Et il n'est jamais parvenu à se décider à désigner l'un des deux candidats à sa succession. Il y a d'une part Jeanne de Penthièvre, fille de son frère Guy de Penthièvre, mariée depuis 1377 à Charles de Blois, parent du roi, d'autre part son demi-frère Jean de Montfort, comte de Montfort-l'Amaury, fils du second mariage d'Arthur II de Bretagne avec Yolande de Dreux, comtesse de Montfort-l'Amaury. Par sa naissance, Charles de Blois est le neveu du nouveau roi, Philippe VI de Valois, choisi pour roi aux dépends des prétentions d'Édouard III d'Angleterre, en vertu de la loi salique. Charles de Blois a en outre hérité des prétentions de la maison de Penthièvre sur le duché de Bretagne. En réaction, Édouard III se rappproche du Montfort qui sait avoir peu à attendre du roi. Cette alliance est assortie du comté de Richemont, fief anglais entré dans le patrimoine des ducs de Bretagne. Par sa naissance, Charles de Blois est le neveu du nouveau roi, Philippe VI de Valois, choisi pour roi aux dépends des prétentions d'Édouard III d'Angleterre, en vertu de la loi salique. Charles de Blois a en outre hérité des prétentions de la maison de Penthièvre sur le duché de Bretagne. En réaction, Édouard III se rappproche du Montfort qui sait avoir peu à attendre du roi. Cette alliance est assortie du comté de Richemont, fief anglais entré dans le patrimoine des ducs de Bretagne. Jeanne de Penthièvre, elle est duchesse de Bretagne, Dame d'Avaugour, l'Aigle et Châtel-Audren, Comtesse de Penthièvre et Goëllo, Vicomtesse de Limoges. Nièce de Jean III, duc de Bretagne, et femme de Charles de Blois. Elle fit valoir par les armes ses droits à la succession de Bretagne contre Jean IV de Bretagne, son oncle, époux de Jeanne de Flandre ; mais en 1365, elle dut y renoncer par le traité de Guérande. Charles de Blois, aussi appelé Charles Ier de Bretagne, est né en 1319 à Blois. Il a été canonisé comme Charles de Blois (bienheureux). Il est Baron de Mayenne, comte de Penthièvre, seigneur de Guise, et duc de Bretagne. Il est devenu duc de Bretagne en 1341, ayant épousé Jeanne de Penthièvre (dite la Boiteuse), nièce du duc Jean III de Bretagne et petite-file d'Arthur III de Bretagne le 4 juin 1337 à Paris, ce qui a déclenché la guerre de Succession de Bretagne lorsque par l'arrêt de Conflans, le roi Philippe VI de France le reconnaît Charles de Blois duc de Bretagne. Jean de Montfort ou Jean de Bretagne, comte de Montfort-l'Amaury, né vers 1294 à Hennebont, mort le 26 septembre 1345 à Hennebont, fils d'Arthur II, duc de Bretagne et de Yolande de Dreux, comtesse de Montfort l'Amaury. Son demi-frère Jean III de Bretagne, duc de Bretagne, avait désigné sa nièce Jeanne de Penthièvre pour lui succéder, l'écartant. Cependant, à la mort de Jean III, il se trouvait à Nantes et se fit proclamer duc de Bretagne, s'emparant du trésor ducal. Charles de Blois en appela à la Cour des Pairs, qui trancha en sa faveur. Un certain nombre de barons bretons se rallièrent à Charles de Blois, le mari de Jeanne de Penthièvre. Une guerre s'ensuivit durant vingt ans, appelée guerre de Succession de Bretagne ou guerre des deux Jeanne, du nom des deux duchesses en compétition. Jean de Montfort était soutenu par le roi d'Angleterre, et Charles par le roi de France. Jeanne de Flandre, duchesse de Bretagne, épouse de Jean IV de Bretagne. Elle disputa le duché de Bretagne à Jeanne de Penthièvre, ce qui fit donner le nom de guerre des Deux Jeannes à la guerre de succession de Bretagne.

1342         juin Intervention d'Édouard III d'Angleterre en Bretagne.

1342         18 août Arrivée de renforts anglais à Brest, Charles de Blois lève le siège.

1342         30 septembre Défaite des armées de Charles de Blois contre les Anglais devant Morlaix.

1343         19 janvier Seconde trêve dans la Guerre de Cent Ans. Celle-ci est conclue à Malestroit grâce à l'intervention du Pape. Trêve de Malestroit signée en 1343 entre Édouard III d'Angleterre et Philippe VI de France. Après la signature de cette trêve le souverain anglais et ses troupes quittèrent la Bretagne pour l'Angleterre. Malestroit est une commune du département du Morbihan, dans la région Bretagne,     

1343         août Ouverture des États Généraux pour la levée de nouveaux impôts.

1344         Le Dauphiné échoit aux héritiers du trône de France. Le Dauphiné est une ancienne province française, qui correspond approximativement aux départements de l'Isère, de la Drôme et des Hautes-Alpes.

1345         26 septembre Mort de Jean de Montfort, son fils Jean IV de Bretagne, hérite du duché de Bretagne. Jean IV de Bretagne, né en 1339, mort le 9 novembre 1399 à Nantes, duc de Bretagne de 1364 à 1399, comte de Montfort (1345-1399) et duc de Bretagne (1364-1399), fils de Jean de Montfort et de Jeanne de Flandre. Son père mourut en pleine lutte contre Charles de Blois pour la succession de Bretagne et alors qu'il n'avait que six ans. Ce fut sa mère qui poursuivit la guerre, remportant des succès. Il commença à prendre parts aux opérations militaires en 1357.

1346         février Les États Généraux votent des aides (impôts exceptionnels).

1346         7 juin Édouard III d'Angleterre débarque en Normandie.

1346         Édouard III d'Angleterre, conseillé et dirigé par le traître Geoffroy d'Harcourt, seigneur de Saint-Sauveur-le-Vicomte, envahit la France. Philippe VI marcha à sa rencontre et lui livra bataille à Crécy, où les Anglais firent, pour la première fois en Europe, usage de la poudre et des canons; les Français y furent complètement défaits. C'est à cette bataille que fit ses premières armes le fils aîné d'Édouard III qu'on surnomma le Prince Noir, à cause de la couleur de son armure. Geoffroy d'Harcourt, dit "le Boîteux", baron de Saint-Sauveur-le-Vicomte, mort à Coutances en novembre 1356, fut l'instigateur de la première invasion anglaise de la Normandie lors de la guerre de Cent Ans. Il était l'un des plus puissants seigneurs de Normandie. Le Prince Noir, Édouard de Woodstock, dit le Prince Noir, prince de Galles et duc de Cornouailles (Woodstock, 1330 - Westminster, 1376), était le fils aîné d'Édouard III d'Angleterre et de Philippa de Hainaut. Il a été choyé par son père, ne négligeant ni son éducation ni son instruction de prince. Son père l'appelait "The Boy".

1346         21 juillet Prise de Caen.

1346         26 août Défaite des armées françaises à Crécy face aux Anglais. Débarqué quelque temps plus tôt à Saint-Vaast-la-Hougue, dans le Cotentin, Édouard III d'Angleterre ravage la Normandie puis remonte vers la Flandre. Ses troupes se composent de 10 000 hommes à pied et de seulement 4 000 chevaliers. Qui plus est, il a à sa disposition trois bouches à feu (canons). De leur côté, les Français ne doutent pas de leur puissance. Pressés, les chevaliers veulent aussitôt en découdre. Selon le chroniqueur Froissart les “arbalétriers génois crièrent pour faire peur à l'Anglais”. Indifférence anglaise. Si les cordes mouillées des Génois les empêchent de tirer, en revanche les Anglais “firent voler leurs flèches : elles descendirent et entrèrent si uniment dans les Génois qu'il semblait que ce fut neige”. Le roi de France, outré que ses mercenaires génois refluent, lance à ses chevaliers : “Tuez la piétaille !” Il reste aux Anglais à tirer à nouveau sur ces chevaliers qui déciment les Génois et à lancer dans la mêlée des soldats qui coupent au couteau les jarrets des chevaux. C’est la débandade. Quelque 5 000 chevaliers français meurent. Philippe VI, qui a fui au cours des combats, ignore le lendemain encore l'ampleur du désastre. Pour leur part, les Anglais n'ont perdu qu'une centaine d'hommes.

1346         États Généraux conjointement à Paris et Toulouse.

1347         juin Charles de Blois prétendant au duché de Bretagne est capturé à la Roche-Derrien par les Anglais.

1347         En 1346 et 1347, Édouard III d'Angleterre fit le siège de Calais, dont la population lui résista pendant onze mois. Exaspéré par cette résistance, il jura de la passer au fil de l'épée; la famine ayant obligé les habitants à capituler, il eût mis sa menace à exécution, sans les instances de sa femme, Philippa de Hainaut, qui obtint non seulement la grâce des Calaisiens, mais encore celle de cinq notables qui, conduits par Eustache de Saint-Pierre, venaient se livrer à lui, ayant offert leur vie pour sauver celle de leurs concitoyens. La ville de Calais devait rester deux cent dix ans aux mains des Anglais, auxquels elle ne fut reprise qu'en 1558 par le duc de Guise.

1347         4 août Prise de Calais par Édouard III d'Angleterre. Calais se rend à Édouard III d'Angleterre. Après un siège de onze mois qui a excité la colère du roi d'Angleterre, Édouard III d'Angleterre, la ville a signifié qu'elle est prête à se rendre. Le roi a songé à un massacre, mais il s'est ravisé et a fait savoir sa volonté : “Six des bourgeois les plus notables, nu-pieds et nu chef, en chemise et la hart (corde) au col, apporteront les clefs de la ville et du château, et de ceux-ci je ferai ma volonté”. En ce 4 août, les bourgeois attendus sont aux pieds du roi. Ils lui déclarent : “Noble sire et noble roi, nous voici tous les six… Veuillez donc avoir de nous pitié et merci dans votre très haute magnanimité”. Édouard III, selon Froissart qui le rapporte dans ses chroniques, grâce à l'intervention de la reine Philippine de Hainaut, “durement enceinte”, qui lui demande “de bien vouloir prendre ces six hommes en pitié”, accorde leur grâce. Le roi lui déclare : “Tenez, je vous les donne : faites-en ce qu'il vous plaira”.

1347         28 septembre Trêve (Jusqu'en sept 1355). Trêve générale entre Philippe VI et Édouard III d'Angleterre. La France est épuisée après la perte de Calais, le 4 août, et la défaite de Crécy, un mois plus tôt, à la suite de laquelle le roi a dû frapper à la porte du château de Broye et répondre à celui qui s'inquiétait de savoir qui pouvait “heurter” à une pareille heure : “Ouvrez, châtelain, c'est l'infortuné roi de France”. Le pays accepte sur les instances du pape Clément VI la trêve proposée, qui va durer jusqu'en 1355. Pendant la durée de celle-ci une autre fatalité accable l'europe : la peste noire. Un chroniqueur rapporte : “Le nombre des personnes ensevelies est plus grand que le nombre même des vivants. Les villes sont dépeuplées : mille maisons sont fermées à clef, mille ont leur porte ouverte et sont vides d'habitants et remplies de pourriture”. La peste noire est une pandémie de peste bubonique qui a affecté toute l'Europe entre 1346 et 1350. Ce n'est ni la première ni la dernière épidémie de ce type, mais c'est la seule à porter ce nom. Par contre c'est la première épidémie de l'histoire à être bien décrite par les chroniqueurs contemporains. On estime que la peste noire a provoqué la mort d'au moins un tiers de la population européenne, soit autour de 25 millions de victimes, et probablement le même nombre en Asie. La peste noire eut des conséquences durables sur la civilisation européenne, d'autant qu'après cette première vague, la maladie refait ensuite régulièrement son apparition dans les différents pays touchés (par exemple entre 1353 et 1355 en France, en 1360 et 1369 en Angleterre, etc.)

1347         novembre Nouvelle réunion des États Généraux à Paris.

1348         9 juin Le pape Clément VI achète Avignon à la reine de Naples.

1348         Édouard III d'Angleterre fonde l'ordre de la Jarretière. L'Ordre très Noble de la Jarretière (The Most Noble Order of the Garter) est un ordre de chevalerie anglais, fondé par Édouard III d'Angleterre en 1348. Selon la légende, la comtesse de Salibury, maîtresse d'Édouard III, laissera tomber sa jarretière lors d'un bal de la cour. Le roi la ramassera vivement et la rendra à la comtesse. Devant les plaisanteries des courtisans, il s'écriera : "Honni soit qui mal y pense". Il promettra à sa favorite de faire de ce ruban bleu un insigne si prestigieux que les courtisans les plus fiers s'estimeraient trop heureux de le porter. Les premiers membres seront Édouard III d'Angleterre lui même, le prince de Galles (Édouard, le Prince Noir), ainsi que 24 compagnons. Ces "chevaliers fondateurs" étaient des hommes d'armes, dont certains n'avaient pas plus de vingt ans. L'ordre de la Jarretière est le plus important ordre de chevalerie britannique, et l'un des plus prestigieux au monde. L'admission en son sein donne à ses membres le droit au titre de "Sir". Les bannières et armoiries des compagnons chevaliers sont suspendus dans la chapelle la chapelle Saint-George à Windsor. Chaque stalle est dotée d'une plaque indiquant le nom et les armes de l'occupant. Les bannières et armoiries, suspendues en permanence au dessus de la stalle du chevalier, ne sont retirées qu'à sa mort.

1349         Philippe VI acquiert de Humbert II, le Dauphiné, à la condition que dans l'avenir, le fils aîné du roi de France portera le titre de dauphin; par la suite, le titre passa aux fils aînés des dauphins, lorsque ceux-ci mouraient sans avoir régné.

1349         Mort de Jeanne II de Navarre, reine de Navarre, fille de Louis le Hutin. Son fils, Charles le Mauvais, lui succède. La Navarre, ancien État des basques, a été indépendante jusqu'en 1512, année de sa conquête militaire par le Duc de Alba. Jeanne II de Navarre, reine de Navarre, née en 1311, morte en 1349, était la fille du roi de France et de Navarre Louis X dit le Hutin et de Marguerite de Bourgogne. Elle fut reine de Navarre de 1328 à 1349. Charles le Mauvais, Charles II de Navarre, dit Charles le Mauvais (1332 - 1387) fut roi de Navarre de 1349 à 1387 et comte d'Évreux de 1343 à 1378. Il est le fils de Philippe III et Jeanne II. En plus de ses titres officiels, et grâce aux tractations de sa mère, il détient également des droits en Champagne, le comté de Mortain, une partie du Cotentin, et dans le Vexin : Pontoise, Beaumont-sur-Oise et Asnières-sur-Oise. Il espéra longtemps une hypothétique restauration de ses droits éventuels à la couronne de France (à laquelle sa mère avait pourtant renoncé en 1328, avant sa naissance) et intrigua beaucoup dans ce but, allant jusqu'à épouser Jeanne de France, fille de Jean le Bon.

1349         30 mars Le Dauphiné est rattaché au royaume. Humbert II du Viennois, en mauvaise posture financière et politique, cède le Dauphiné au roi de France au traité de Romans. Le prince héritier du trône de France, Charles, petit-fils du roi, prend le titre de dauphin. Humbert II du Viennois, Humbert II de la Tour-du-Pin, né en 1312, mort en 1355, fut un dauphin du Viennois de 1333 à 1349. Le dernier Dauphin a été sévèrement jugé par ses contemporains comme un incapable et un dépensier : il n'avait pas l'ardeur guerrière de son frère et se rangeait plutôt dans le camp des pacifiques. Il avait passé sa jeunesse à la cour de Naples où il avait pris goût pour le faste et les plaisirs du "quattrocento" italien. Il entretenait une cour fastueuse à Beauvoir-en-Royans qui est mal perçue par ses frustes contemporains. A la différence de ses prédécesseurs, Humbert ne mène plus cette vie itinérante d'un château delphinal à l'autre et préfère rester à Beauvoir. Il avait vidé les caisses de son Trésor pour organiser une vaine Croisade en Terre Sainte, quarante ans après le départ des derniers chrétiens de Saint Jean d'Acre. Après la perte de son fils unique André, Humbert abandonne vite l'espoir d'avoir une descendance et projette dès 1337 de céder son héritage. Les difficultés financières s'accumulant, Humbert fait procéder à l'inventaire de ses biens en 1339 dans le but de vendre sa principauté au pape Benoît XII. La transaction avec le Pape ayant échoué, c'est finalement au roi de France Philippe VI de Valois que le Dauphiné est cédé en 1349. Pour sauver les apparences, la cession est appelée Transport. Le traité de Romans a été signé le 30 mars 1349 entre le Dauphin Humbert II et le royaume de France. Le Dauphin vendait sa principauté à la France, qui faisait alors un grand bond territorial à l'est du Rhône. Le traité prévoit également : que le Dauphiné serait le fief du fils aîné du roi de France, qui porte désormais le titre de Dauphin ; que le Dauphiné bénéficierait d'un statut fiscal particulier, le statut delphinal. Le Dauphiné de Viennois est une ancienne province française, qui correspond approximativement aux départements de l'Isère, de la Drôme et des Hautes-Alpes.

1349         avril Philippe VI achète Montpellier au roi de Majorque (Pierre IV d'Aragon). Pierre IV d'Aragon (1319-1387), roi d'Aragon (1336-1387), le Cérémonieux ou el del punyalet (celui avec une petite dague). Il déposa Jacques III de Majorque et joignit les Iles baléares et le Roussillon sous la couronne d'Aragon. Il a écrit les Chroniques de son nom.

1349         11 septembre Mort de Bonne de Luxembourg, épouse de Jean II. Bonne de Luxembourg, née le 20 mai 1315, morte le 11 septembre 1349, fut l'épouse du futur roi de France, Jean II dit le Bon. Fille de Jean Ier l'Aveugle, comte de Luxembourg et roi de Bohême, et d'Élisabeth de Bohême, elle épouse le dauphin Jean le 28 juillet 1332. De cette union naquirent 9 enfants dont les futurs Charles V et Philippe le Hardi, ainsi que Jean Ier de Berry, Jeanne de France, Marie, Agnès de France, Marguerite de France, Isabelle de France et Louis Ier d'Anjou. La réapparition de la peste en Occident entraîna son décès.

1349         Première implantation chinoise à Singapour. La République de Singapour est un pays d'asie situé à 137 km au nord de l'équateur.

1350         11 janvier Mariage de Philippe VI avec Blanche de Navarre. Blanche de Navarre (1333-1398). Elle est la fille de Philippe III de Navarre et de Jeanne de France. D'abord destinée à une alliance avec la Castille, Blanche est ensuite promise au futur Jean II, mais c'est le père de celui-ci, Philippe VI de Valois - veuf de Jeanne de Bourgogne - qui l'épouse le 29 janvier 1349.

1350         19 février Jean II le Bon se remarie avec Jeanne d'Auvergne (1326-1361) fille de Guillaume comte d'Auvergne. Jeanne d'Auvergne, comtesse d'Auvergne et reine de France, est la fille et héritière de Guillaume XII d'Auvergne et de Marguerite d'Evreux. Mariée une première fois à Philippe de Bourgogne, fils du duc Eudes, elle est la mère du dernier duc capétien de Bourgogne, Philippe de Rouvre. Elle épouse en secondes noces le roi Jean le Bon, veuf de Bonne de Luxembourg ; elle en a trois enfants, qui ne vécurent pas.

1350         8 avril Mariage du futur Charles V avec Jeanne de Bourbon. Jeanne de Bourbon, née le 3 février 1337 à Vincennes, morte le 6 février 1378 à Paris. Elle était fille du duc de Bourbon Pierre Ier de Bourbon, mort à la bataille de Poitiers en 1356, et d'Isabelle de Valois (1313-1383). Par son mariage (8 avril 1350 à Tain-l'Hermitage) avec le futur Charles V (1337-1380), roi de France (1364-1380), elle devint reine de France de 1364 à 1378.

1350         22 août Mort de Philippe VI à Nogent-le-Roi, son fils Jean II le Bon lui succède.

1350         Mort de Philippe VI. - Il avait épousé en premières noces Jeanne de Bourgogne, fille du duc Robert II; en secondes noces, Blanche, fille de Philippe d'Évreux, roi de Navarre. Tant par ses mariages que par son accession au trône et ses négociations, il ajouta au domaine royal, outre le Dauphiné, la seigneurie de Montpellier, les duchés de Valois, d'Anjou et du Maine. Philippe VI laissait le souvenir d'un souverain incapable et d'un prince hautain: il imita à plusieurs reprises Philippe le Bel en altérant les monnaies et institua sur le sel l'impôt dit de la Gabelle.

1350         JEAN II le Bon (1350-1364)

1350         Jean II le Bon fut un bon chevalier mais un piètre roi. Mal conseillé, il dilapide le trésor royal et entre en conflit avec Charles le Mauvais roi de Navarre qui prétend secrètement au trône de France. Ce dernier était le fils de Philippe d'Évreux un des trois prétendants au trône lors de la succession de Charles IV. Il aurait donc pu prétendre au trône de France au cas ou Jean le Bon mourrait sans descendance aussi il ne cessa de fomenter des troubles dans le royaume. Malgré son mariage avec Jeanne, fille de Jean le Bon en 1352, il persévère dans ses actions de sape et est emprisonné en 1356. Profitant des troubles le roi d'Angleterre Édouard III attaque la France. Son fils, le Prince Noir à la tête des troupes chevauche en Gascogne et en Languedoc. Le duc de Lancastre (Henry de Grosmont) débarque en Normandie. Jean le bon tente d'arrêter le prince Noir qui remonte vers la Normandie. Alors qu'il aurait pu vaincre, des erreurs tactiques vont lui faire perdre la bataille et sa liberté. Les Anglais en mauvaise posture se réfugient dans des vignes empêchant les chevaliers de charger, ceux-ci doivent mettre pied à terre mais leurs lourdes armures les rendent vulnérables. La bataille fait rage, Jean met à l'abri deux de ses fils mais en garde un près de lui et c'est le fameux "père gardez-vous à droite, père gardez-vous à gauche". Jean perd la bataille, il est fait prisonnier avec son fils et emmené en Angleterre. C'était près de Poitiers le 19 septembre 1356. C'est son fils Charles futur Charles V qui assure la régence. Il devra faire face à une situation très dégradée. C'est la plus grave crise qu'ait connu la monarchie française. Les états généraux tentent d'imposer au régent une réforme profonde du système de gouvernement avec un contrôle de leur part, c'est la grande ordonnance de 1357. Accéder à leurs demandes reviendrait à instaurer une monarchie parlementaire. Les campagnes se révoltent (jacqueries). Charles le Mauvais qui s'est évadé traite avec Édouard III d'Angleterre pour se partager la France. Des bandes à la solde de Charles le Mauvais ravagent le royaume, et de connivence avec Étienne Marcel (prévôt des marchands de Paris) ils organisent des manifestations. Étienne Marcel sera tué par le peuple de Paris accusé de vouloir livrer Paris à l'Anglais. Charles parviendra à surmonter toutes ces difficultés. Deux traités de Londres 1358 et 1359 permettent à Jean le Bon de revenir en France mais les conditions sont exorbitantes. Abandon de toute la façade atlantique du royaume à l'Angleterre et une forte rançon, plusieurs millions d'écus d'or. Deux fils du roi son pris en otage en attendant le paiement de la rançon. Les états généraux refusent les conditions. La guerre reprend. En 1363 l'un des otages, Louis duc d'Anjou (futur Louis Ier de Naples, fils de Jean le Bon), s'évade. Le roi n'écoutant que les lois de l'honneur retourne en Angleterre. Il y mourra quelques mois plus tard.

1350         à 1355 - Avènement en 1350 de Jean II le Bon (fils de Philippe VI de France). il régnait depuis peu de temps lorsqu'il fit exécuter sans jugement le connétable Raoul, comte d'Eu, parce qu'il le soupçonnait d'intelligences avec la cour d'Angleterre : il donna la charge devenue ainsi vacante à son favori Lacerda que, peu après, Charles le Mauvais fit assassiner. Par représailles, Jean profita de l'occasion d'un banquet à Rouen pour faire saisir Charles le Mauvais qui fut emprisonné, et un certain nombre de ses compagnons que l'on décapita séance tenante. Le mécontentement que cet événement causa aux Anglais, dont Charles était l'allié, s'aggrava de l'échec subi dans le Combat des Trente par les champions anglais. On a donné ce nom à un combat que livrèrent en 1351, près de Ploërmel, trente chevaliers français, tenants de Charles de Blois, commandés par Beaumanoir de Josselin, à trente chevaliers anglais commandés par Richard Benborough, qui furent vaincus. La reprise de la guerre avec l'Angleterre devenait inévitable. En 1355, Jean le Bon convoqua les États généraux pour leur demander des subsides pour la soutenir. Le Prince Noir débarqua à Bordeaux à la tête d'une armée.

1350         26 septembre Sacre de Jean II le Bon à Reims.

1350         vers - Épanouissement de la ballade et du rondeau, avec Guillaume de Machaut et Eustache Deschamps, genres portés à leur perfection au XVe siècle par Christine de Pisan, Charles d'Orléans et François Villon.

1350         Gothique flamboyant (Rouen, Paris, Lisieux). Le gothique flamboyant, appelé aussi gothique tardif, il naît dans les années 1350 et se développe jusqu'à la fin du XVe siècle, et parfois même dans certaines régions, telle la Lorraine, durant la première partie du XVIe siècle telle la Basilique de Saint-Nicolas-de-Port. Durant cette période, les innovations sont rares. La structure des édifices reste la même, mais leur décor évolue vers un ornement exubérant, "flamboyant", qui forme des sortes de flammes que l'on peut remarquer dans les remplages des baies ou sur les gâbles par exemple. L'élévation se simplifie quelque peu avec souvent une élévation à deux niveaux (Saint-Germain l'Auxerrois), ou bien avec une élévation à trois niveaux mais avec un triforium aveugle. La voûte d'ogive se fait plus complexe, devenant dans certains édifices, décorative ; c'est le cas à la cathédrale Saint-Guy de Prague. La clef pendante ou cul-de-lampe, véritable prouesse technique, se fait plus fréquente (Saint-Ouen de Rouen, portail des Marmousets). Exemples d'édifices flamboyants : l'église Saint-Maclou et le Parlement de Rouen, la basilique Saint-Urbain de Troyes, l'église de Louviers, l'église de Brou, près de Bourg-en-Bresse, dans l'Ain.

1350         vers - Le français perd progressivement le statut de langue dominante en Europe. En Angleterre, où le français est de moins en moins maternelle et où elle doit être soutenue par un enseignement spécifique, cela se traduit notamment par l'augmentation du nombre de traités didactiques (et souvent juridiques ou épistolaires, le français devenant une langue spécialisée) visant à professer le français (qui sera nécessaire pour les postes importants jusque tard: XVIe siècle grosso modo: les lois sont en français ou en anglais jusque 1487 et imprègnera longtemps le domaine juridique: 'law french')

1351         Nouvelle convocation des États Généraux pour la levée d'impôts.

1351         Création de l'ordre de l'Étoile par Jean II. Sur le modèle anglais, le roi de France Jean II le Bon, crée le premier ordre de chevalerie français. La célébration de l'instauration de l'ordre de l'Étoile se déroule à Saint-Ouen. L'ordre de l'Étoile est un ordre de chevalerie fondé le 6 novembre 1351 par Jean le Bon, roi de France. La cérémonie inaugurale a lieu à Saint-Ouen le 6 janvier 1352. Il le crée pour s'attirer une nouvelle fidélité auprès des chevaliers français, et afin de les discipliner, pour éviter de renouveler le désastre de Crécy. Pour y être admis, seuls les mérites personnels sur le champ de bataille comptaient ; la valeur lors des tournois n'était pas prise en compte. Une solde était versée aux chevaliers membres. Ses statuts prévoyaient que ses membres ne devaient jamais tourner le dos à l'ennemi. Lors de la bataille de Poitiers, cette disposition provoqua la mort ou la capture de plusieurs membres, dont le grand-maître, le roi en personne. L'ordre tomba ainsi rapidement en désuétude. Ordre de l'Étoile. Ordre français de chevalerie — l'un des tous premiers — créé par Jean le Bon en 1351. Sa devise "les astres montrent la voie aux rois" est symbolisée par une étoile blanche sur fond rouge.

1351         25 mars Combat de chevaliers français et anglais à Ploermël. Trente chevaliers français “tenants” de Charles de Blois et commandés par Beaumanoir de Josselin se battent contre trente chevaliers anglais commandés par Richard Benborough et les défont. La reprise de la guerre avec l'Angleterre, alors que Jean II le Bon règne depuis 1350, est inévitable. Combat des Trente, pendant la guerre de Succession de Bretagne, Josselin était aux mains de Jean de Beaumanoir, partisan de Charles de Blois. Ploërmel, en revanche, était tenu par l'Anglais Richard de Brandenburg (ou Bembro) partisan des ducs de Bretagne de la maison de Montfort. Les deux garnisons s'affrontant continuellement, Beaumanoir proposa à Brandenburg un duel entre soldats pour régler l'attribution du territoire. Le 26 mars 1351 le combat épique se déroula près du "chêne de Mi-Voie", entre Ploërmel et Josselin. Les trente Bretons de Jean de Beaumanoir s'immortalisèrent en luttant contre les trente Anglais commandés par Brandenburg. Huit Anglais furent tués et les autres se rendirent. On raconte que, dans l'ardeur du combat, le chef des Bretons, épuisé de chaleur et de fatigue, demanda à boire; l'un de ses compagnons lui répondit "Bois ton sang, Beaumanoir, la soif te passera". Malheureusement l'issue du combat ne règla rien et les garnisons anglaises continuèrent à traiter la région en pays conquis, l'exploitant et la rançonnant durement.

1354         8 janvier : Assassinat du connétable de France, Charles de la Cerda par des hommes de Charles II dit le Mauvais, roi de Navarre et comte d'Évreux. Charles de la Cerda, favori du roi Jean II le Bon, s'était vu offrir le comté d'Anjou que le roi avait promis à Charles de Navarre. Celui-ci, par vengeance, fait assassiner le favori, revendique son crime devant les plus hautes autorités, y compris le pape, et ses droits sont reconnus. Charles de la Cerda était le favori de Jean II le Bon. Il fut assassiné le 8 janvier 1354 à l'auberge de la "Truie-qui-File" par les hommes de main de Charles le Mauvais, roi de Navarre. Il est aussi connu sous le titre de comte Charles d'Angoulême ou Charles de la Cerda d'Angoulême.

1354         22 février Traité de Mantes entre Jean II le Bon et Charles II de Navarre, à l'avantage de ce dernier. Traité de Mantes, ce traité fut signé le 22 février 1354 à Mantes par Jean II de France et Charles II de Navarre. Par ce traité, Charles II le Mauvais, roi de Navarre accepta de perdre Asnières, Pontoise et Beaumont. En contrepartie il reçut le comté de Beaumont-le-Roger, les châteaux de Breteuil, Conches et de Pont-Audemer, le clos du Cotentin avec la ville de Cherbourg, les vicomtés de Carentan, Coutances et Valognes en Normandie. Ce traité lui donnait également la permission de tenir chaque année un échiquier, prérogative ducale. De plus ce traité lui donna l'assurance de percevoir rapidement la dot de son épouse Jeanne de France (1343-1373), dot qui s'élevait à 60 000 deniers or. Lorsque l'on étudie ce traité, on se rend compte que le roi de Navarre fut largement gagnant, malgré la perte des châtellenies du Vexin et de l'Île-de-France, ce traité fut pour Charles II de Navarre très avantageux.

1354         Les Turcs ottomans acquièrent Gallipoli, sur la rive des Dardanelles, leur première possession en Europe. Gallipoli, ou Gelibolu est une ville turque située près du détroit des Dardanelles.

1355         10 septembre Traité de Valogne avec Charles le Mauvais. Par ce traité, Charles de Navarre, qui vient d'assassiner le connétable Charles d'Espagne, obtient du roi Jean II le Bon une totale amnistie pour son crime. Le traité de Valognes fut signé après moult plaintes du roi de Navarre auprès du pape. En effet Charles II de Navarre se plaignait des mauvais traitements que lui infligeait Jean II de France. Le roi de Navarre réussit à apitoyer le pape Innocent VI et le Conseil royal, ceux-ci demandèrent la clémence pour Charles II le Mauvais. Le roi de France se méfiait des Anglais, mais malgré tout Jean II le Bon accepta avec regret de traiter avec son gendre le roi de Navarre. Le traité qui fut signé à Valognes le 10 septembre 1355 confirmait le traité de Mantes. En outre, le roi de France rendait à Charles II de Navarre tous ses biens et privilèges. Par son changement d'attitude, le roi de Navarre anéantissait les projets qu'Édouard III d'Angleterre avait échafaudés pour l'avenir.

1355         octobre Reprise de la guerre. Le Prince Noir, fils d'Édouard III d'Angleterre, lance l'offensive dans le Languedoc.

1355         2 décembre Les États généraux accordent une subvention exceptionnelle.

1355         28 décembre Les États généraux votent la Grande Ordonnance limitant les pouvoirs royaux.

1356         10 janvier : L'empereur Charles IV du Saint-Empire promulgue la Bulle d'or, qui fixe les conditions d'élection à la tête du Saint Empire : Trois électeurs ecclésiastiques (les archevêques de Mayence, Trèves et Cologne), et quatre électeurs laïques (le roi de Bohême, le comte palatin du Rhin, le duc de Saxe et le margrave de Brandebourg) réunis à Francfort choisissent le souverain, couronné à Aix-la-Chapelle. La désignation du souverain échappe à la papauté, mais son pouvoir est réduit à néant. Les grandes principautés peuvent préserver l'indépendance totale qu'elles ont acquise et les Électeurs prennent soin de choisir des candidats sans prestige et sans autorité. Cette politique entraîne le recul du germanisme vers l'Est et compromet la cohésion allemande. Charles IV du Saint-Empire, Charles IV de Luxembourg (14 mai 1316 - 29 novembre 1378) est roi des Romains (1346-1378), empereur du Saint-Empire (1355-1378), roi de Bohème (1346-1378), comte de Luxembourg (1346-1353) et margrave de Brandebourg (1373-1378). Fils de Jean de Luxembourg, roi de Bohême et empereur du Saint-Empire et d'Élisabeth Premyslovna, héritière par son père Venceslas II de la couronne de Bohème. Il reçoit le titre de Margrave de Moravie dès 1333 et, en 1346, il accède au trône de Bohème. Il est élu en 1355 empereur du Saint-Empire. La Bulle d'or, parfois appelée Bulle d'Or de Metz, était la charte de constitution du Saint Empire Romain Germanique, promulguée par l'empereur Charles IV le 10 janvier 1356. Elle donne sa forme constitutionnelle à l'Empire et attribue le choix du roi aux princes-électeurs. Les Princes-Électeurs - ou Électeurs - étaient les sept princes allemands qui élisaient l'empereur romain germanique, dont le statut fut défini par la Bulle d'Or de 1356. Il fallait la majorité des voix pour être élu Empereur. Les Électeurs disposaient de privilèges très étendus dont la souveraineté territoriale ("Landeshoheit") qui les rendaient quasi indépendants de l'Empereur.

1356         5 avril Jean II le Bon fait emprisonner Charles le Mauvais à Rouen. Charles le Mauvais, roi de Navarre et gendre du roi de France, complote avec le roi d'Angleterre et tente de dresser le Dauphin contre son père, Jean II le Bon. Excédé, le roi vient lui-même à Rouen où il fait enfermer son gendre.

1356         19 septembre : bataille de Poitiers : Édouard de Woodstock dit le Prince Noir, défait les Français à Poitiers et capture le roi Jean II le Bon ainsi que de nombreux chevaliers. Bataille de Poitiers en 1356 (livrée à Maupertuis), dans laquelle les Français furent battus par les Anglais et le roi Jean fait prisonnier et emmené à Londres. Le dauphin Charles (futur Charles V), régent pendant la captivité de son père, réunit à deux reprises (1358-1357) les États généraux pour leur demander de nouveaux subsides destinés à entretenir une armée pour défendre le territoire pendant la captivité du roi. Les États, dirigés par Robert Le Coq, évêque de Laon et Étienne Marcel, prévôt des marchands, firent preuve d'une vive hostilité envers la couronne: ils accordèrent néanmoins les subsides demandés; mais à la condition qu'une commission de trente-six membres, nommée dans leur rein, aurait le contrôle de leur emploi. Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris et homme politique français né vers 1315, mort à Paris en 1358, Étienne Marcel joua un rôle considérable aux États généraux de 1355 et 1357. Devant l'opposition du dauphin (futur Charles V) il organisa le 22 février 1358 la première journée révolutionnaire parisienne. Avec ses partisans, il envahit le palais et obligea le dauphin à renouveler l'ordonnance de 1357 qui prévoyait le contrôle des subsides par les États généraux, un conseil adjoint au dauphin. Devenu maître de Paris, il s'efforça de gagner la province à sa cause, mais le dauphin ayant pu s'enfuir bloqua Paris. Étienne Marcel se compromis par son alliance avec Charles II le Mauvais; alors qu'il essayait de faire entrer ce dernier dans Paris au milieu de la nuit, il fut surpris par l'échevin Jean Maillard, partisan du dauphin, qui l'éxecuta.

1356         Régence du futur Charles V.

1357         3 mars Grande Ordonnance sur la réforme du royaume. Les États généraux contraignent le dauphin Charles, futur Charles V le Sage, à promulguer la Grande Ordonnance qui vise à établir une sorte de monarchie constitutionnelle sur le modèle de la Grande Charte anglaise.

1357         23 mars Trêve de Bordeaux entre la France et l'Angleterre. Après la bataille de Poitiers où il a été fait prisonnier le 17 septembre 1356, Jean II le Bon signe une trêve de deux ans avec le Prince Noir. Il est envoyé en Angleterre où il demeurera en captivité pendant trois ans.

1357         9 novembre Évasion de Charles le mauvais.

1357         apparition du linceul de Turin à Lirey. Le Suaire de Turin est un drap en lin ancien qui montre l'image d'un homme qui présente, semble-t-il, les traces de tortures physiques correspondant à une crucifixion. Il est conservé dans la chapelle royale de la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin, Italie. Les partisans de l'authenticité pensent que c'est le linceul, qui a recouvert Jésus de Nazareth quand il fut mis au tombeau : son image fut, d'une certaine manière, imprimée en négatif sur les fibres, à un moment qui correspondrait, peu ou prou, l'époque de la proclamation de la résurrection de Jésus. Pour les sceptiques, le suaire est un faux : ou une contrefaçon médiévale ou l'oeuvre réaliste d'un artiste, à des fins de dévotions. Le Saint-Suaire désigne, dans le langage courant, un linge qui a recouvert le visage du Christ, ou bien le linceul qui a servi à envelopper son corps après la mort, selon le mode de sépulture en usage chez les Juifs, avant de le déposer au tombeau selon le Nouveau Testament. Très tôt, des linges assimilés à cet événement sont devenus l'objet d'un culte. Dans l'Histoire, l'Église n'a pas toujours reconnu l'authenticité de ces reliques, cela fut fonction des époques et des personnalités concernées. Depuis une vingtaine d'années, le linceul de Turin a fait l'objet de nouvelles études scientifiques.

1358         janvier Signature du traité de Londres entre Jean II et Édouard III d'Angleterre. Premier traité de Londres (janvier 1358), ce premier traité de Londres fut signé en janvier 1358, par Édouard III d'Angleterre et Jean II de France. Ce traité concernait la libération du roi de France. Édouard III obtient : Les anciennes possessions d'Aquitaine des Plantagenêts : La Guyenne (qui a été confisquée par Philippe VI en début de conflit), la Saintonge, la Poitou, le Limousin, le Quercy, le Périgord, le Rouergue et la Bigorre; Une rançon de 4 millions d'écus; Il ne renonce pas à la couronne de France.

1358         22 février Étienne Marcel soulève Paris avec l'aide de Charles le Mauvais. Étienne Marcel à la tête d'insurgés parisiens force les portes du Louvre et assassine devant le Dauphin, futur Charles V, le maréchal de Champagne et le maréchal de Normandie qui sont les conseillers du roi. A la tête d'un mouvement insurrectionnel, le chef de la municipalité de Paris, Etienne Marcel pénètre dans l'hôtel du dauphin. Il fait assassiner sous ses yeux les maréchaux de Champagne et de Normandie. En l'absence du roi Jean II, prisonnier des anglais depuis septembre 1356, le dauphin, futur Charles V, se soumet aux exigences d'Etienne Marcel. Il accepte de renouveler l'ordonnance de réforme de mars 1357 associant les bourgeois à la gestion du royaume et prend le titre de régent dans l'attente de la libération de son père.

1358         Tentative de coup d'État d'Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris. Prévôt, au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, le prévôt est un agent d'administration domaniale. Il existe également des prévôts dans l'administration sous l'Ancien Régime, comme le prévôt de Paris (mort en 1789), le prévôt des maréchaux de France, le prévôt général et les prévôts royaux. Prévôt. Officier du roi ou du seigneur chargé à partir du XIe siècle de rendre la justice et d'administrer les domaines. A Paris, le prévôt des marchands est le chef de la municipalité. Il gère l'arrivée des marchandises par voie d'eau, juge les officiers de la ville, exerce la justice entre les marchands et les commis, répartit la capitation, administre les dépenses relatives aux édifices, etc. Après la révolte d'Étienne Marcel, le roi limite les pouvoirs du prévôt dans la capitale.

1358         14 mars Le dauphin Charles devient régent.

1358         mars Le dauphin, régent quitte Paris pour Compiègne.

1358         21 mai Grande jacquerie contre les seigneurs. Des paysans du Beauvaisis (nord du Bassin parisien) se révoltent contre les taxations royales et seigneuriales (il faut alors payer la rançon du roi Jean le Bon, prisonnier des Anglais). Ils se regroupent en bande, pillent et incendient les châteaux, tuent les nobles. La révolte s'étend, menée par Etienne Marcel, le prévôt des marchands de Paris. Mais le roi de Navarre, Charles le Mauvais, écrasera les "Jacques" à Mello le 10 juin. Le mot "jacquerie" vient de "Jacques" le surnom des paysans, des vilains.

1358         28 mai Début du mouvement de la Jacquerie. Cette révolte des paysans de Picardie, d'Ile-de-France et de Champagne commence ce jour par une rixe entre paysans armés et les habitants de Saint-Leu-d'Esserent. L'émeute des Jacques, paysans riches qui soutiennent le roi de France, prisonnier en Angleterre, qui ont coupé l'approvisionnement de Paris où Étienne Marcel se dresse contre le Dauphin, futur Charles V, sera violemment écrasée par Charles de Navarre, le 10 juin suivant à Mello. La Jacquerie, éclata le mouvement populaire appelé la Jacquerie, du nom de Jacques sous lequel on désignait par dérision les paysans. Ceux-ci, exaspérés par les longues misères résultant de l'invasion de la France par les bandes anglaises, se soulevèrent contre l'autorité royale et contre leurs seigneurs, dont ils pillèrent et brûlèrent les châteaux. Cette révolte fut durement réprimée et échoua misérablement. Pendant ce temps, le pays était dévasté par les Grandes Compagnies, bandes formées, pour la plus grande partie, des mercenaires étrangers qui avaient fait partie de l'armée du roi Jean, défaite à Poitiers, et avaient été licenciés sur place, et probablement sans solde. Gens de sac et de corde, ils ne vivaient que de pillage dans les pays qu'ils parcouraient en tous sens jusqu'à ce qu'ils n'en pussent plus rien tirer. Les méfaits de ces bandes, en révélant le danger qu'il y avait à faire défendre le territoire national par des mercenaires étrangers dont on ne pouvait plus ensuite se débarrasser, furent sans doute une des raisons pour lesquelles les États généraux de 1357 votèrent la création d'une armée permanente de 30 000 hommes. Cette année 1358 fut encore marquée par une insurrection des habitants de Paris contre le dauphin Charles, qui faisait percevoir des impôts sans l'autorisation des États généraux.

1358         10 juin Écrasement de la révolte paysanne par Charles le Mauvais et Étienne Marcel. Charles le Mauvais écrase les jacques. Charles le Mauvais qu'Étienne Marcel a fait sortir de prison, achève de tailler en pièce, à Meaux, les jacques qu'entraîne un certain Guillaume Carle et qui se sont révoltés en Picardie, en Champagne et en Beauvaisis, depuis le 28 mai, contre les nobles et les propriétaires.

1358         31 juillet Étienne Marcel est exécuté par les partisans du dauphin (futur Charles V). Troublés que le prévôt des marchands de leur ville, capitale du royaume de France, puisse espérer le secours des armées de l'Angleterre et de la Navarre, et inquiets qu'il nomme capitaine de la ville, Charles le Mauvais qui prétend au trône de France avec le soutien des Anglais, les Parisiens, en ce 31 juillet 1358, exécutent Étienne Marcel et ses partisans.

1358         2 août Le dauphin (futur Charles V) regagne Paris.

1359         24 mars Jean II signe le second traité de Londres. Deuxième traité de Londres (l'endenture mars 1359), Ce second traité de Londres appelé également l'Endenture fut signé par Édouard III d'Angleterre et Jean II de France le 24 mars 1359. En France, le pouvoir de la noblesse est discréditée par les défaites militaires. Les Jacqueries sont exploitées par des opportunistes qui font sombrer le pays dans la guerre civile. Etienne Marcel le prévôt des marchands de Paris et chef du tiers état tente de prendre le pouvoir à la faveur des états généraux. Charles le Mauvais tente de profiter de la situation pour revendiquer la couronne alors que ses parents y avaient renoncé. Profitant des troubles, Édouard III d'Angleterre impose un second traité encore plus contraignant. Par ce traité Jean II le Bon accordait au roi d'Angleterre les anciennes possessions d'Aquitaine des Plantagenêts: La Guyenne (qui a été confisquée par Philippe VI en début de conflit), la Saintonge, le Poitou, le Limousin, le Quercy, le Périgord, les comtés de Gaure et de Bigorre, l'Angoumois, l'Agenais, Calais, le Ponthieu et la Gascogne. Il accordait également toutes les terres qui ont un jour appartenu à l'Angleterre : le Maine, la Touraine, l'Anjou et la Normandie. Le roi d'Angleterre reçois l'hommage du duc de Bretagne. Ce qui permet de régler la guerre de succession de Bretagne en faveur de Jean de Montfort allié des Anglais. De plus il accordait la suprématie du duché de Bretagne au souverain anglais. Il s'agissait d'un véritable dépeçage du royaume de France. Quelles furent les menaces utilisées par le roi d'Angleterre, quelles furent les serments faits par Édouard III d'Angleterre, quelle rouerie, quelle perfidie le souverain anglais a t-il employé pour amener Jean II le Bon à céder autant de terres françaises au souverain anglais. Le montant exhorbitant de la rançon pour la libération de Jean II le Bon (4 millions d'écus) devait être versé aux Anglais avant le 24 juin 1360. Cela représente plus de la moitié du territoire et plusieurs années de recettes fiscales. Accepter ces conditions discréditerait définitivement les Valois et risqueraient de faire ressombrer le Royaume dans la guerre civile offrant à Édouard III d'Angleterre la couronne sur un plateau. Lorsque ce second traité de Londres se trouva entre les mains des conseillers royaux, d'une seule voix ceux-ci refusèrent ce traité déshonorant, humiliant et dangereux pour le royaume de France.

1359         18 juin Bertrand du Guesclin prend Melun à Charles le Mauvais. Bertrand du Guesclin, né en 1320 à la Motte-Broons près de Dinan, mort en juillet 1380 devant Châteauneuf-de-Randon, est un connétable de France. il gagne le respect de la noblesse à la pointe de son épée. Engagé dans l'armée française à l'âge vingt ans et ne la quittera plus par la suite, il conduira de nombreuses attaques contre les Anglais dans les forêts bretonnes entre 1342 et 1360, à la tête d'une bande de partisans. Il participera à la défense de Rennes, assiégé par le duc de Lancaster, en 1356, avant d'être nommé lieutenant l'année suivante. Il rendra part alors à plusieurs batailles contre les Anglais et les Navarrais, jusqu'en 1364. Victorieux à Cocherel, il sera nommé capitaine général des pays situés entre la Seine et la Loire, puis partira pour l'Espagne à la tête d'une armée de mercenaires. Il détrônera le roi de Castille Pierre le Cruel pour le remplacer par son demi-frère, Henri de Trastamare, allié des Français. Cette campagne durera cinq ans. Promu connétable de France en 1370, Du Guesclin entreprendra la conquête du Périgord, du Poitou, de l'Angoumois, d'Aunis, et de la Normandie. Il luttera contre les Grandes Compagnies (pilleurs) qui sévissaient en Auvergne, à partir de 1379. Du Guesclin décédera pendant le siège de Châteauneuf-de Randon et aura droit à quatre sépultures : une à la basilique Saint-Denis, près du roi de France, une au Puy, une à Clermont-Ferrand et la dernière à Dinan, la seule demeurée inviolée. Le cénotaphe où repose son coeur, se trouve à l'église Saint-Sauveur de Dinan.

1359         25 juin Rejet du traité de Londres par le régent et les États Généraux.

1360         1er mai Ouverture des négociations du traité de Brétigny. Les négociations commencent. L'Angleterre envisage de libérer le roi Jean II le Bon moyennant une rançon de 3 millions d'écus et des avantages en droit sur la Guyenne, le Ponthieu, Calais et Guines. Jean le Bon, le traité signé, rentrera en France, laissant en otage son fils le duc d'Anjou (futur Louis Ier de Naples). Mais, parce que ce dernier s'évade, par respect pour sa parole donnée, le roi revient à Londres. Louis Ier de Naples, Louis Ier, comte, puis duc d'Anjou, roi titulaire de Naples, (né à Vincennes le 23 juillet 1339 - mort au château de Biseglia, près de Bari, Italie, le 20 septembre 1384) est le deuxième fils de Jean le Bon et de Bonne de Luxembourg. Il est fait comte de Poitiers en 1350, comte d'Anjou et du Maine en 1356 ainsi que lieutenant du royaume la même année et enfin duc d'Anjou en 1360. Il est empereur titulaire de Constantinople (1383-1384), roi titulaire de Naples (1382-1384), duc d'Anjou, comte de Provence et de Forcalquier (1381-1384) et roi titulaire de Jérusalem.

1360         8 mai Traité de Brétigny. Édouard III d'Angleterre renonce au trône de France en échange de l'Aquitaine. l'Angleterre rendait la liberté au roi Jean II moyennant une rançon de trois millions d'écus d'or; et la France renonçait à tous droits sur la Guyenne, le Ponthieu et les villes de Guînes et de Calais. Jean le Bon rentra en France, laissant son second fils, le duc d'Anjou (Louis Ier de Naples), en otage à Calais, jusqu'au paiement de la rançon, mais le jeune prince s'étant évadé, le roi vint reprendre à Londres sa captivité, par respect dit-il de sa parole, et surtout, disait-on, parce que la captivité lui était douce. Le traité de Brétigny est signé le 8 mai 1360, à Brétigny, (un village près de Chartres), entre Édouard III d'Angleterre et Jean II le Bon, à la fin d'une chevauchée, interrompue après un terrible orage de grêle. Il ne fut pas durable, mais permis une trève de neuf ans pendant la Guerre de Cent Ans (1337-1453), dont il marque la fin de la première phase. Le traité met un terme aux quatre années de captivité à Londres de Jean II le Bon, prisonnier à la bataille de Poitiers le 19 septembre 1356, libéré contre une rançon de 3 000 000 de livres. Des otages sont livrés pour garantir le paiement, dont le plus important est sans doute son ambassadeur et conseiller : Bonabes IV, sire de Rougé et de Derval. Durant cette captivité le Dauphin, futur Charles V avait du faire face à une révolte d'Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, et à une jacquerie paysanne qui avaient affaibli le pouvoir de négociation français. L'Anglais obtient la Guyenne et la Gascogne en toute souveraineté ainsi que Calais, le Ponthieu et le comté de Guines. Il obtient également le Poitou - dont l'un des fils de Jean II, Jean, est pourtant comte -, le Périgord, le Limousin, l'Angoumois et la Saintonge. Enfin, il devient souverain de toutes les terres du comte d'Armagnac (Jean Ier d'Armagnac) en recevant l'Agenais, le Quercy, le Rouergue, la Bigorre et le comté de Gaure. Les années suivantes, l'armée française commandée par Bertrand Du Guesclin, bat le roi de Navarre Charles le Mauvais et ses alliés anglais à Cocherel le 16 mai 1364, mais sera vaincu à la bataille d'Auray et fait prisonnier. Traité de Brétigny. Nous sommes en pleine guerre de Cent Ans. L'Angleterre envisage de libérer le roi Jean II le Bon moyennant une rançon de 3 millions d'écus et des avantages en droit sur la Guyenne, le Ponthieu, Calais et Guines. Jean le Bon, le traité de Brétigny signé (3 mai 1360), rentre en France, laissant en otage son fils le duc d'Anjou (Louis Ier de Naples). Mais, parce que ce dernier s'évade, par respect pour sa parole donnée, le roi revient à Londres.

1360         24 octobre Paix de Calais, ratification du traité de Brétigny. Édouard III d'Angleterre a déjà compris qu'il lui sera impossible de monter sur le trône de France. Le traité de Brétigny signé le 9 mai précédent était le premier signe de cette acceptation. En ce jour, il a renoncé à sa prétention à la couronne de France et libéré, en contrepartie d'une rançon de trois millions d'écus, le roi Jean II le Bon, prisonnier à Londres. En échange, la France reconnaît sa suzeraineté sur la Guyenne, la Gascogne, la Saintonge, l'angoumois, le Périgord, le Rouergue, l'agennais, le Poitou, le Limousin, le Ponthieu et Calais.

1360         8 juillet Jean II rentre en France.

1360         5 décembre Ordonnance de Compiègne instaurant l'impôt et le franc. C'est la guerre qui a convaincu les Français de se résigner à l'impôt. En 1356, le roi Jean le Bon est battu et fait, prisonnier par les Anglo-Gascons à Poitiers. Après quatre années noires, la paix est conclue et le roi libéré, mais il faut payer sa rançon, ou du moins, la première échéance, même si elle est un peu réduite. En conséquence, l'ordonnance de Compiègne, du 5 décembre 1360, met en place un système fiscal qui repose sur l'impôt indirect. Franc, la première monnaie ainsi désignée est le franc à cheval, frappée en 1360. Le franc à cheval est le premier franc français, monnaie d'or à 24 carats pesant 3,88 grammes, émise pour financer la rançon du roi Jean II le Bon (1350-1364), prisonnier des Anglais. Crée le 5 décembre 1360, et mis en circulation en février 1361 jusqu'en 1364. Le nom "franc" signifiant "libre". Le franc fut émis à la valeur d'une livre tournois, et le mot franc devint vite synonyme de livre.

1360         Retour de captivité du roi Jean II.

1361         21 novembre Philippe Ier de Bourgogne meurt de la peste à Rouvres sans postérité.

1361         Jean le Bon fonda la deuxième maison de Bourgogne, en donnant cette province en apanage à son quatrième fils, Philippe II de Bourgogne (dit Philippe le Hardi), qui avait bravement combattu à ses côtés à Poitiers. Cette maison, qui devait s'éteindre en 1477, fut successivement représentée, après Philippe le Hardi, par Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire. La première maison de Bourgogne était issue de Robert le Pieux. Philippe II de Bourgogne, Philippe de France, duc de Bourgogne sous le nom de Philippe II, dit le Hardi, né à Pontoise le 17 janvier 1342, est le quatrième fils du roi de France Jean le Bon et de Bonne de Luxembourg. Il gagne son surnom au côté de son père à la bataille de Poitiers en 1356. Il reçoit le duché de Bourgogne en 1363. Il épouse en 1369 Marguerite de Flandre, veuve de Philippe de Rouvre, et se trouve ainsi à la tête des deux principautés quand meurt en 1384 le comte de Flandre Louis II de Male. Le duché de Bourgogne prend forme en 888 lorsque que Richard le Justicier se voit autorisé par le roi Eudes de réunir les comtés d'Autun, de Sens, d'Auxerre et de Troyes. Il prend alors le titre de marquis (marchio) puis celui de duc (dux). En 1361 le duc Philippe de Rouvre meurt sans héritier, le roi de France Jean II le Bon récupère le duché et l'octroie à son fils Philippe le Hardi. Les descendants de ce dernier s'attachent à en faire une grande principauté, tendant à l'indépendance. Conquêtes et alliances matrimoniales mettent les ducs de Bourgogne à la tête de vastes et riches domaines en Flandre et aux Pays-Bas, faisant d'eux de redoutables compétiteurs des rois de France au moment ou ceux-ci affrontent l'ennemi anglais. Philippe le Bon se fait reconnaître indépendant par le roi français Charles VII avec le traité d'Arras en 1435. En 1471, Charles le Téméraire proclame l'indépendance, cependant il ne tarde pas à mourir et le roi Louis XI s'empare alors du duché de Bourgogne. Charles Quint, héritier des ducs de Bourgogne n'aura de cesse de faire reconnaître ses droits au duché de Bourgogne auprès de son adversaire François Ier, sans aucun succès.

1362         Édouard III d'Angleterre donne à son fils, le Prince Noir, le duché d'Aquitaine, avec Bordeaux pour capitale.

1362         6 avril Défaite de Jean II le Bon à Brignais. La bataille de Brignais oppose les Grandes compagnies et l'armée royale française commandée par Jean de Melun, comte de Tancarville. Le 6 avril 1362, les Grandes compagnies bénéficiant de l'effet de surprise, taillèrent en pièce l'armée royale. Plusieurs barons trouvèrent la mort, parmi lesquels Jacques de Bourbon, comte de La Marche, connétable de France et Louis Ier d'Albon, comte de Forez. En outre, beaucoup de seigneurs furent capturés. Cette défaite fut provoquée par le manque de discipline des chevaliers, qui progressaient sans la protection indispensable des éclaireurs et des flanqueurs (éclaireurs disposés sur les flancs d'une armée) et ne disposaient pas de piétaille (infanterie). Brignais est une commune française, située dans le département du Rhône et la région Rhône-Alpes.

1362         Édouard III d'Angleterre permet que l'on plaide en anglais devant le parlement anglais. / Statute of Pleading qui encourage l'anglais est rédigé en français.

1363         27 juin Jean II nomme son fils Philippe le Hardi gouverneur de Bourgogne.

1363         6 septembre Jean II donne le duché de Bourgogne en apanage à son fils Philippe le Hardi.

1363         à 1431 - naissance et mort de Christine de Pisan. Femme de lettres italienne, elle est une des rares figures féminines de la littérature française du Moyen Âge. Elle est aussi la première femme à avoir fait de son goût pour les lettres un métier, considérée d'ailleurs de ce fait avec sévérité par les critiques du XIXe siècle. Grâce à ses propres oeuvres, riche en confidences autobiographiques, son existence passablement mouvementée et son parcours littéraire sont relativement bien connus.

1363         Session du Parlement anglais s'ouvre par discours en anglais.

1364         2 janvier Jean II retourne en Angleterre se constituer prisonnier à la place de son fils qui s'est échappé.

1364         7 avril Bertrand du Guesclin prend Mantes.

1364         8 avril Mort de Jean le Bon à Londres, en captivité. On ne sait de quoi, à cinquante-cinq ans, meurt le roi à nouveau prisonnier. Par respect pour sa parole donnée, il est revenu se constituer prisonnier après l'évasion de son fils, le duc d'Anjou (Louis Ier de Naples). A Londres, on le dit mort d'apoplexie mais, parce qu'on le sait mauvais joueur, on est prêt à croire qu'il aurait pris un mauvais coup au cours d'une partie d'échecs. Il avait épousé Bonne de Luxembourg, dont il eut Charles V qui lui succéda, et Philippe le Hardi qu'il fit duc de Bourgogne. - Avènement de Charles V (né en 1337) surnommé le Sage, tant à cause de son savoir que de la prudence avec laquelle il gouverna. Le règne s'ouvrait dans de mauvaises conditions. Charles V sut s'entourer d'hommes de valeur et arriva à surmonter toutes les difficultés résultant des règnes précédents. Il eut surtout à lutter contre Charles le Mauvais, roi de Navarre, Pierre le Cruel, roi de Castille, les Grandes Compagnies et les Anglais. Son meilleur général fut le Breton Du Guesclin. Il laissa la France relativement prospère.

1364         Premiers établissements français à la Côte d'Afrique (les Dieppois en Guinée et au Sénégal).

1364         16 mai Victoire de Bertrand du Guesclin en Normandie à la bataille de Cocherel. Charles le Mauvais s'est rebellé en raison de la succession de Bourgogne à laquelle il prétend. Les troupes du captal de Buch qu'il envoie sont taillées en pièces par un chevalier “d'une laideur à faire peur aux dames” aussi fort qu'illettré, Bertrand du Guesclin. Victoire de Du Guesclin, sur Jean de Grailly, Captal de Buch, qui commandait les troupes de Charles le Mauvais. Captal de Buch, Jean III de Grailly, dit le Captal de Buch, mort à Paris en 1377, est l'un des principaux capitaines de la guerre de Cent Ans. À l'instar de ses ancêtres, il épouse avec ardeur la querelle anglaise contre la maison de France. La bataille de Cocherel a lieu le 16 mai 1364 entre Charles V de France dont l'armée est commandée par Bertrand du Guesclin et Charles II de Navarre dont les troupes sont sous les ordres du captal de Buch (Jean de Grailly) ainsi que des archers anglais sous Blancbourg et Joüel et des routiers tels que Arnaud-Amanieu d'Albret.

1364         CHARLES V le Sage (1364-1380)

1364         Charles V le Sage. Lorsque Jean le Bon est fait prisonnier par les Anglais de 1356 à 1360, c'est son fils Charles futur Charles V qui assure la régence. Il devra faire face à une situation très dégradée. C'est la plus grave crise qu'ait connu la monarchie française. Les états généraux tentent d'imposer au régent une réforme profonde du système de gouvernement avec un contrôle de leur part, c'est la grande ordonnance de 1357. Accèder à leurs demandes reviendrait à instaurer une monarchie parlementaire. Les campagnes se révoltent (jacqueries). Le roi de Navarre, Charles le Mauvais qui était prisonnier pour avoir semé des troubles, s'est évadé et traite avec Édouard III d'Angleterre pour se partager la France. Des bandes à la solde de Charles le Mauvais ravagent le royaume, et de conivence avec Étienne Marcel (prévôt des marchands de Paris) ils organisent des manifestations. Étienne Marcel est tué par le peuple de Paris accusé de vouloir livrer Paris à l'Anglais. Charles V parvient à surmonter toutes ces difficultés. Le 8 avril 1364 Charles V devient roi de France. Charles V confie le commandement de ses armées au chevalier Bertrand du Guesclin. Il doit tout d'abord faire face à la révolte de Charles le Mauvais qu'il bat à Cocherel en 1364. En suite il doit résoudre le problème des grandes compagnies, ces bandes de soldats ou de mercenaires qui pillent les campagnes. En Espagne un conflit nait entre Pierre le Cruel (il à déjà fait assassiner un de ses frères) roi de Castille et son autre frère Henri de Trastamar qui est réfugié en France, pour le trône de Castille. C'est l'occasion pour du Guesclin de regrouper ces compagnies et de les envoyer se battre en Castille afin de placer Henri de Trastamar sur le trône. Pierre le cruel s'alliera au Prince Noir (fils du roi Édouard III d'Angleterre) gouverneur de Guyenne. Du Guesclin est battu à Najera le 3 avril 1367 mais dégouté du comportement de Pierre le Cruel, le Prince Noir l'abandonne. Cette fois Du Guesclin sera vainqueur à Montiel le 14 mars 1369, Pierre le Cruel meurt le 23 mars de la même année. Charles V et Du Guesclin se consacrent ensuite à reconquérir les territoires aux mains des Anglais, non pas par de grandes batailles mais par la technique du harcèlement, une guerre d'usure. Elle sera payante, le Rouergue, le Quercy et le Périgord sont récupérés en 1369, puis ce sont le Limousin et le Poitou en 1372 l'Aunis et la Saintonge en 1373. En 1375 les Anglais ne possèdent plus en France que la Guyenne et Calais. Du Guesclin qui avait été fait Conètable de France en 1370 meurt le 13 juillet 1380 au siège de Châteauneuf de Randon. Le roi le fait inhumer à Saint Denis et il l'y rejoint deux mois après, le 16 septembre 1380. Tout en déployant une activité militaire, Charles V a redressé le royaume, il a renforcé l'autorité royale et rétablit la monnaie. Dépourvu de tout fanatisme religieux il a protégé les Juifs et s'est efforcé de freiner l'activité religieuse dans le Languedoc. Ce fut un roi lettré aimant à s'entourer d'hommes savants et un roi batisseur, il crée une nouvelle enceinte de Paris, modifie la forteresse du Louvre, fait construire la Bastide Saint Antoine dite Bastille, fait construire le donjon de Vincennes et le fortifie.

1364         19 mai Sacre de Charles V à Reims.

1364         2 juin Lettres de patentes constituant le duché de Bourgogne en apanage pour Philippe le Hardi. Lettres patentes. Actes royaux, scellés du sceau de la monarchie, dans lesquels le souverain s'adresse en législateur aux diverses cours de justice du royaume.

1364         29 septembre Bataille d'Auray (épisode de la guerre de Bretagne ou des Deux Jeanne), dans laquelle Jean de Montfort battit son rival Charles de Blois qui y fut tué, et fit prisonnier Du Guesclin qui d'ailleurs racheta peu après sa liberté. Depuis la mort de Jean II le Bon, la guerre de Succession de Bretagne oppose l'épouse de Charles de Blois, Jeanne de Penthièvre, nièce du défunt, à celui qui fut son demi-frère, Jean de Montfort. Le roi de France, Charles V, soutient les prétentions de la première, le roi d'Angleterre celles du second. En ce jour, les armées anglaises et bretonnes sont commandées par Olivier de Clisson. Les armées des Français (et des Bretons) sont commandées par Charles de Blois. Auprès de lui, Bertrand du Guesclin. Au cours de la bataille, si Olivier de Clisson a un oeil crevé, Charles de Blois est tué, et Bertrand du Guesclin, se battant encore avec une épée brisée, est fait prisonnier par un conseiller du Prince Noir, qui lui lance : “Vous serez plus heureux une autre fois, messire Bertrand”. Ce sont 40 000 florins d'or que du Guesclin fixe pour sa rançon. Si les Anglais alliés aux Bretons l'emportent et imposent que Jean de Montfort devienne duc de Bretagne sous le nom de Jean IV de Bretagne, le roi de France obtient qu'à ce titre il lui rende hommage. Charles de Blois, aussi appelé Charles Ier de Bretagne, est né en 1319 à Blois. Il a été canonisé comme Charles de Blois (bienheureux). Il est Baron de Mayenne, Comte de Penthièvre, Seigneur de Guise, et duc de Bretagne. La bataille d'Auray (29 septembre 1364) est la dernière bataille de la guerre de Succession de Bretagne. Elle joue un rôle dans la guerre de Cent Ans.

1364         Giovanni de Dondi (1318-1389) vient d'achever l'astrarium, une horloge astronomique, après seize années de labeur. L'ensemble de son travail est relaté dans deux traités l'Opus Planetarium et le Tractatus Astrarium. Ces traités sont si précis qu'ils ont même permis la reproduction de l'horloge. C'est le début de l'horlogerie de précision.

1364         Messe de Notre-Dame de Guillaume de Machaut. Probablement à l'occasion du sacre de Charles V, Guillaume de Machaut compose la Messe de Notre-Dame. Cette oeuvre est la première messe polyphonique à être composée par un seul homme. Elle représente l'apogée de l'Ars Nova dont Machaut fut le principal représentant.

1365         mars Traité d'Avignon : Après sa défaite à la bataille de Cocherel, Charles le Mauvais signe le traité d'Avignon où il abandonne ses possessions de Basse-Seine en Normandie contre la ville de Montpellier. La trêve d'avignon est une interruption des combats de la guerre de Cent Ans, ignée par les plénipotentiaires navarrais et français tous réunis à Avignon sur la demande du pape Urbain VI qui présidait les négociations. Cette trêve ordonnait que les armes soient déposés le 6 mars 1365.

1365         12 avril Traité de Guérande: Après la victoire d'Auray en septembre 1364 où Charles de Blois a été tué et Bertrand du Guesclin fait prisonnier, Jean de Monfort se fait reconnaître le titre de duc de Bretagne par Charles V le Sage, roi de France. Cette décision met fin à ce que l'on a appelé la guerre des Jeanne, Jeanne de Penthièvre, nièce de Jean III de Bretagne et Jeanne de Flandre. La Bretagne était attribuée à la maison de Montfort qui se reconnaissait vassale du roi de France et la maison de Blois (soutenue dans cette guerre par la France) recevait le comté de Penthièvre et la vicomté de Limoges. Le premier traité de Guérande est signé en 1365. Il met fin à la première guerre de Succession de Bretagne qui opposait Jeanne de Penthièvre, nièce du dernier duc Jean III de Bretagne, soutenue par son époux Charles de Blois, à Jean de Montfort, demi-frère du précédent. Après sa mort, son fils Jean IV de Bretagne reprend sa revendication et finit par triompher à la bataille d'Auray. Le traité établit Jean IV de Bretagne comme héritier légitime. Il ne repousse pas totalement les prétentions des Penthièvre, puisqu'il établit ainsi la loi successorale en Bretagne : le duché se transmettra de mâle en mâle dans la famille des Montfort ; si l'héritage tombe en quenouille, il passera aux mâles de la famille de Penthièvre.

1365         Traité de Saint-Denis, qui mit fin à la guerre entre la France et la Navarre. Charles le Mauvais renonçait à ses prétentions au trône de France et abandonnait le duché de Normandie; il recevait par contre la seigneurie de Montpellier.

1366         à 1369 - Les Grandes Compagnies infestaient la France de leurs déprédations. Pour en débarrasser le pays, Charles V chargea Du Guesclin de les conduire en Espagne, au service d'Henri de Transtamare, révolté contre son frère, Pierre le Cruel, roi de Castille, qui avait fait étrangler leur mère. Du Guesclin pénétra avec ces bandes en Castille et fit couronner Henri de Transtamare à Burgos. Pierre le Cruel se réfugia à Bordeaux auprès du Prince Noir, avec l'appui duquel il ne tarda pas à recommencer la lutte. Les grandes compagnies de mercenaires durant la guerre de Cent Ans, pendant les périodes de paix, se regroupaient en Grandes Compagnies ou routes - on parle aussi de routiers - et vivaient sur le pays environnant. Pierre le Cruel, Pierre Ier de Castille, (né le 30 août 1334 à Burgos mort le 23 mars 1369 à Montiel), seul fils légitime du roi Alphonse XI et de Marie de Portugal (fille du roi Alphonse IV de Portugal), connu comme Pierre le Cruel, fut roi de Castille et Leon (1350 – 1369). Henri de Trastamare (13 janvier 1334 Séville - 29 mai 1379 Santo Domingo de la Calzada), fut le fils bâtard d'Alphonse XI de Castille et Éléonore de Guzman, le demi-frère de Pierre Ier de Castille le cruel.

1366         janvier-mars Intervention française en Espagne.

1367         3 avril Bataille de Navarette. Du Guesclin, qui mène campagne pour le roi Charles V, tente de renverser depuis le début de 1366 Pierre le Cruel, roi de Castille, pour imposer sur le trône de Castille Henri de Trastamare. En ce jour, il est battu à Najera par les alliés de Pierre le Cruel : le Prince Noir et Chandos. Ces derniers le monnaient contre une rançon.

1367         16 octobre Le pape Urbain V quitte Avignon pour s'installer à Rome.

1368         3 septembre Naissance de Charles (futur Charles VI), fils de Charles V. Charles VI de France, dit Charles le Bien Aimé, puis Charles le Fol, (né à Paris, le 3 décembre 1368 - mort à Paris, le 21 octobre 1422) fut roi de France de 1380 à 1422. Il est le fils de Charles V et Jeanne de Bourbon.

1368         à 1644 - La dynastie mongole Yuan est renversée en Chine et est remplacée par la dynastie chinoise Ming (1368-1644). La dynastie Ming, 1368-1644, fut une lignée d'empereurs de Chine. Au milieu du XIVe siècle, après plus d'un siècle de domination mongole sous les Yuan, la population chinoise rejeta le "règne des étrangers". Ce mouvement, qui pris la forme d'une suite de révoltes paysannes, repoussa la dynastie Yuan dans les steppes mongoles et établit la dynastie Ming en 1368. La dynastie Ming s'ouvrit sur une renaissance culturelle : les arts, particulièrement l'industrie de la porcelaine, se développèrent comme jamais auparavant. Hongwu, de son nom personnel Zhu Yuanzhang, fut l'empereur fondateur de la dynastie Ming. Il régna en Chine de 1368 à 1398. Paysan dans la province de l'Anhui, il dut se faire moine pour échapper à la famine qui résulta de l'incapacité à régner de la dynastie tombante des Yuan. Puis, à Gwongjau, il rejoint la secte du lotus blanc qui fomenta des troubles contre la dynastie régnante. Il en vint à combattre les Mongols de l'empereur Shundi. C'était un excellent général et, scrupuleux, il interdit à ses hommes tout pillage, ce qui lui valut le soutien des populations qu'il conquit. Il eut également la sagesse d'éclipser la plupart des autres chefs rebelles. Puis, quand il arriva à Khanbalik (Pékin) avec ses troupes, les Mongols avaient déjà fui. L'année 1368 marqua la fin de la dynastie Yuan en Chine. Il se proclama empereur la même année. Il installa sa capitale à Nanjing et s'y fit bâtir un palais et commença même à y faire construire son grandiose mausolée. C'était un homme particulièrement méfiant, et il était convaincu qu'un complot mettant en scène des fonctionnaires et des eunuques le menaçait. Ainsi, il en fit condamner nombre d'entre eux pour écrits subversifs. Il prit tout le pouvoir dans ses mains, l'autocratie montait. Il reboisa les endroits qui se déboisaient pour ainsi éviter les glissements de terrains. Il recommença à faire irriguer les terrains agraires. Le but était de renouveler et de faire prospérer une économie ruinée par les Mongols. Finalement, l'économie en revint à prospérer. Il mourut à Nanjing à 70 ans.

1368         Charles V reprend l'avantage sur les Anglais avec l'aide de Du Guesclin et des nombreuses régions du Sud-Ouest soulevées contre le Prince noir (1368-1380).

1368         Le roi Charles V installe sa librairie au Louvre, elle compte 900 manuscrits (début de la Bibliothèque nationale de France). Charles est un patron des arts, et il reconstruit le Louvre en 1367 et y fonde la première Bibliothèque royale de France qui deviendra quelques siècles plus tard la Bibliothèque nationale. Charles V fit aménager dans la Tour de la Fauconnerie des pièces où il transféra une partie de ses livres (à l'époque de 965 livres), il confia cette bibliothèque à Gilles de Malet (1368). La légende veut que Charles V les ait tous lus, ce qui ne serait pas étonnant, son surnom de Sage incluant sa grande culture et ses connaissances variées, un fait exceptionnel pour son époque. La Bibliothèque nationale de France tire son origine de la bibliothèque du roi, constituée au Louvre par Charles V au XIVe siècle. Le premier libraire du roi s'appelait Gilles Mallet. Toutefois, c'est seulement à partir de Charles VIII (fin du XVe siècle) que la bibliothèque du roi connaît une certaine continuité, sans dispersion des collections.

1369         15 janvier Victoire française à Montalzat contre Édouard III d'Angleterre.

1369         19 juin Bataille de Montiel, gagnée sur les Anglais et les partisans de Pierre par Du Guesclin. Pierre le Cruel est tué peu après dans une rixe par son frère, Henri de Transtamare, qui prend la couronne de Castille.

1369         à 1380 - Sur les plaintes des seigneurs gascons, causées par les exactions du Prince Noir, Charles V cita ce dernier à comparaître devant la Cour de Paris, mais il se déroba, et Du Guesclin reprit les armes contre lui, secondé par Olivier de Clisson et par Boucicaut. Dans cette guerre, sur les instructions de Du Guesclin, les chefs français évitèrent les grandes rencontres, s'attachant surtout à réduire les Anglais en détail. Cette tactique réussit pleinement; les Anglais furent peu à peu chassés des territoires qu'ils occupaient. A la mort de Charles V, ils ne tenaient plus que les places de Calais, Cherbourg, Brest, Bordeaux et Bayonne. Olivier V de Clisson est né le 23 avril 1336 au château de Clisson. Son existence fut jalonnée de multiples retournements. Il fit preuve d'une exceptionnelle valeur militaire, mais sa position de grand féodal qui le plongea au coeur des antagonismes de la guerre de Cent ans en fait un personnage-clé de l'Histoire de France. Boucicaut, Jean II Le Meingre, surnommé Boucicaut deuxième du nom, (né en 1364, Tours - mort en Angleterre, dans le Yorkshire, le 21 juin 1421), maréchal de France.

1369         30 novembre Charles V confisque l'Aquitaine aux Anglais.

1369         décembre Convocation des États Généraux pour la levée de nouveaux impôts.

1369         Philippe le Hardi, frère du roi, devient duc de Bourgogne.

1370         11 août Charles V prend Limoges.

1370         19 septembre : Sac de Limoges par le Prince Noir qui reprend la ville : massacre de la garnison "française".

1370         27 septembre retour du pape Urbain V en Avignon. Urbain V, Guillaume de Grimoard (1310-1370) devint pape sous le nom de Urbain V. La papauté à Avignon, les papes d'Avignon sont tous français selon le territoire actuel. En réalité, ce sont des papes de langues d'oc dont la région d'origine dépendait, soit directement du roi de France, soit du roi d'Angleterre (pour ses terres relevant du roi de France), soit du comté de Provence (qui relevait du saint Empire romain germanique. Ce sont Clément V, Jean XXII, Benoît XII, Clément VI, Innocent VI, Urbain V et Grégoire XI. Urbain V prendra la décision de retourner à Rome mais la situation chaotique qu'il y trouve l'empêche de s'y maintenir. Il doit retourner en France pour arbitrer un conflit entre les Français et les Anglais et, de fait, il se réinstalle en Avignon. Il meurt très peu de temps après. Son successeur Grégoire XI décide à son tour de rentrer à Rome, ce qui met fin à la première période de la papauté d'Avignon.

1370         2 octobre Du Guesclin devient connétable. Connétable (du latin comes stabuli, le comte de l'étable, comprendre comte chargé des écuries et donc, à l'origine, de la cavalerie de guerre) était une haute dignité de nombreux royaumes médiévaux. Selon les pays son rôle était généralement de commander l'armée et de régler les problèmes entre chevaliers ou nobles, via un tribunal spécial, comme la court of Chivalry anglaise ou la juridiction du point d'honneur française. Parfois, il avait aussi un pouvoir de police. Le connétable était secondé par un ou plusieurs maréchaux. Connétable. Tirant son nom de son origine de "comte de l'étable", le connétable a, au Moyen Âge, la charge de l'écurie et de l'organisation des voyages du roi. Au XIVe siècle, sa fonction évolue vers le commandement de l'armée en temps de guerre et le conseil militaire du roi en temps de paix. Du Guesclin, Clisson, Bourbon… font partie des grands connétables de France. Supprimée en 1627, la charge de connétable est rétablie par Napoléon Ier en 1804 pour son frère Louis.

1370         4 décembre Victoire de du Guesclin à Pontvallin sur les Anglais.

1370         Jean Froissart écrit 'Chroniques'. Ce célèbre chroniqueur, auquel on doit le plus de renseignements sur la guerre de Cent ans et dont les écrits ont beaucoup contribué à nous faire connaître le Moyen Âge, vécut sous ce règne (1325-1400). Jean Froissart (vers 1337, Valenciennes - après 1404) est l'un plus importants des chroniqueurs de la France médiévale. Pendant des siècles, les chroniques de Froissart ont été reconnues comme l'expression majeure de la renaissance chevaleresque dans l'Angleterre et de la France du 14e siècle. Il s'agit également d'une des sources les plus importantes sur la première moitié de la guerre de Cent Ans.

1370         Traduction en français pour Charles V du corpus d'Aristote par Nicolas Oresme (1370-1374). Un corpus est un ensemble de documents, artistiques ou non (textes, images, vidéos, etc.), regroupés dans une optique précise. On peut utiliser des corpus dans plusieurs domaines : études littéraires, linguistiques, scientifiques, etc.

1370         Nicolas Oresme: Traduction de 'l'Éthique à Nicomaque' et de la 'Politique' d'Aristote : enrichissement de la langue avec lexique mais aussi et surtout grande réflexion sur la langue française dans texte joint : 'Excusacion et commendacion de ceste oeuvre' : dans ce texte Oresme est le premier à avoir une vue à long terme sur les progrès de la langue française, conscient de ses défauts, il est convaincu que le travail des traducteurs la rendra plus précise (perfectibilité du français); il s'inspire de Cicéron face au grec. Il développe également le thème de la translatio studii, le savoir est passé de la Grèce à Rome, il doit passer de Rome à Paris. Il remet totalement en question la situation du latin.

1370         vers - Enrichissement du français (nombreuses traductions, aux importantes conséquences sur la langue française, sous Philippe le Bel et particulièrement Charles V, ce dernier étant le premier à vouloir réaliser une bibliothèque d'État).

1371         mars Traité de Vernon entre Charles V et Charles le Mauvais, roi de Navarre. Le traité de Vernon fut signé le 29 mars 1371 par Charles V de France et Charles II de Navarre. Ce traité consistait à confirmer celui de Pampelune (3 mars 1365). Toutefois grâce à ce traité Charles II le Mauvais prêta pour la première fois hommage à son beau-frère le roi de France pour ses possessions normandes. De plus Charles II de Navarre bénéficiait de la pleine possession de la baronnie de Montpellier mais toutefois le roi de France conservait un droit de souveraineté sur cette possession du roi de Navarre.

1371         septembre Le duc de Bretagne, Jean IV de Bretagne, s'allie au roi d'Angleterre.

1372         23 juin Les Castillans (Castille) détruisent la flotte anglaise au large de La Rochelle.

1372         13 août Du Guesclin prend Poitiers.

1372         23 août Du Guesclin prend La Rochelle.

1373         21 mars Victoire de Du Guesclin à Chizé. Chizé est une commune française, située dans le département des Deux-Sèvres et la région Poitou-Charentes.

1373         25 juillet Débarquement anglais à Calais.

1374         mort du poète italien Pétrarque à Arquà en Toscagne, un jour avant son 70ème anniversaire.

1375         1er juillet Trêves de Bruges entre la France et l'Angleterre. La trêve de Bruges fut signée le 27 juin 1376. Le roi Charles V de France gardait tous les territoires conquis lors de ses diverses opérations militaires. Le duché de Bretagne fut rendu à la France, hormis Brest, Auray et Berval qui demeuraient les possessions de Jean IV de Bretagne.

1376         Mort d'Édouard de Woodstock, prince de Galles, dit le Prince Noir, (Woodstock, 1330 - Westminster, 1376).

1377         17 janvier Grégoire XI réinstalle la papauté à Rome. Grégoire XI, Pierre-Roger de Beaufort (château de Maumont, diocèse de Limoges, France (1329 ou 1331 - Rome, 27 mars 1378) fut le 201ème pape du 30 décembre 1370 à sa mort sous le nom de Grégoire XI.

1377         21 juin Mort d'Édouard III d'Angleterre son petit-fils Richard II lui succède. Richard II d'Angleterre, né le 6 janvier 1367 à Bordeaux et mort le 17 février (?) 1400), est roi d'Angleterre de 1377 à sa mort. Il succède à Édouard III, son grand-père. Richard naît à Bordeaux, où ses parents, Édouard le Prince Noir et Jeanne de Kent, résident en tant que prince et princesse d'Aquitaine. Il devient l'héritier du trône d'Angleterre à la mort du Prince Noir en 1376 et roi le 22 juin 1377 à l'âge de dix ans lorsque son grand-père Édouard III d'Angleterre meurt.

1377         juin Reprise des hostilités avec l'Angleterre.

1377         à 1446 - naissance et mort de Brunelleschi. Sculpteur et architecte italien. Brunelleschi puise sa vigueur créatrice aux sources antiques pour rationaliser l'espace de la cité moderne et invente la perspective, opposant ainsi au gothique tardif un nouveau système de représentation du monde. Tenu pour un novateur par ses propres contemporains, Brunelleschi laisse une oeuvre architecturale - réalisée pour l'essentiel à Florence, pendant la première moitié du Quattrocento, puis complétée par des élèves comme Michelozzo et Alberti - qui fait de lui un brillant initiateur de la Renaissance.

1378         8 avril Urbain VI est élu pape. Urbain VI, premier pape italien, élu à Rome, depuis le retour du Saint-Siège dans cette ville le 17 janvier 1377. Né Bartolemeo Prignano, à Naples en 1318, élu pape au printemps 1378, il se rendra tellement odieux auprès des cardinaux français que ceux-ci, six mois plus tard, éliront un pape "avignonais", Clément VII. Ce sera le début du Grand Schisme d'Occident, qui verra deux (et même parfois trois) papes sur le trône de Saint-Pierre. Urbain VI mourra, à Rome en 1389.

1378         25 avril Capture de Charles le Mauvais par Charles V.

1378         20 septembre L'élection de Clément VII à la papauté marque le début du Grand Schisme. Grand Schisme (1378-1418), deux papes règnent, un à Rome et un autre en Avignon (jusqu'en 1415). Début du pontificat d'Urbain VI (jusqu'en 1389). Début du pontificat de l'antipape Clément VII (jusqu'en 1394). L'événement fondateur de la crise papale d'alors fut l'accession au titre de pape d'Urbain VI (1378–1389), successeur à Rome de Grégoire XI (qui avait résidé un temps en Avignon). Urbain VI serait devenu fou en prenant sa charge, c'est pourquoi le royaume de Naples déclara que Clément VII (1378–1394) serait le nouveau pape et régnerait en Avignon. Lors du concile de Pise (1409), on déclara qu'Alexandre V (1409–1410) était lui aussi pape. C'est le concile de Constance (1414), présidé par Jean Allarmet de Brogny qui résolu ce problème d'Église tricéphale. En effet, Jean XXIII fut déposé et Grégoire XII fut poussé à abdiquer. Cependant, Benoît XIII était exilé à Peniscola, au Royaume d'Aragon, qui était le dernier État à le reconnaître. Ne voulant pas abdiquer, dépourvu de presque tout appui, il continuait à se déclarer pape. Il mourut seul (1423) mais avec la certitude d'être toujours le seul pape légitime. Trois de ses quatre derniers cardinaux élirent tout de même, à Peniscola, l'antipape Clément VIII, qui finit par renoncer, quand le roi d'Aragon lui-même se rallia à Martin V. Martin V, élu le 11 novembre 1417 par ce conclave composé de cardinaux et de représentants de l'Allemagne, de l'Angleterre, de l'Espagne, de la France et de l'Italie, prit la suite et s'installa à Rome en 1418, mettant ainsi un terme au Schisme. Martin V avait eu la bonne idée d'annoncer au préalable qu'il ne remettrait pas en cause les nominations de cardinaux effectuées par les deux autres papes, ce qui facilita probablement le consensus à son sujet. La papauté d'Avignon en compétition avec celle de Rome, la deuxième période de la papauté d'Avignon débute quand les cardinaux, en conflit avec Urbain VI, qu'ils venaient d'élire à Rome après la mort de Grégoire XI, se révoltent contre lui, se réunissent à Fondi, le déposent, et élisent à la place le cardinal français Robert de Genève qui prend le nom de Clément VII. Soutenu par de nombreux États, dont la France, c'est naturellement à Avignon qu'il se réinstalle avec sa cour, tandis qu'Urbain VI et la sienne restent à Rome (les détails de cette période sont donnés à l'article Grand Schisme d'Occident). À Clément VII succédera à Avignon l'Aragonais Benoît XIII : tous deux sont aujourd'hui considérés comme antipapes par l'Église catholique. Le concile de Pise échoue en 1409 à résoudre le schisme. Il élit un troisième pape (dit pape de Pise bien qu'il ne réside pas à Pise), en la personne d'Alexandre V, très vite remplacé par Jean XXIII. Cependant, le pape de Pise reçoit de nombreux soutiens d'États jusqu'ici fidèles à l'un ou l'autre pape. Le pape Benoît XIII d'Avignon perd ainsi le soutien français et doit s'exiler en Aragon, dernier pays à le soutenir. Il y restera jusqu'à sa mort, aura même des successeurs qui sombreront peu à peu dans l'oubli, mais le départ de Benoît XIII marque la fin définitive de la papauté d'Avignon.

1378         18 décembre Charles V confisque la Bretagne à Jean IV allié aux Anglais. Jean IV de Bretagne, né en 1339, mort le 9 novembre 1399 à Nantes, duc de Bretagne de 1364 à 1399, fils de Jean de Montfort et de Jeanne de Flandre. Son père mourut en pleine lutte contre Charles de Blois pour la succession de Bretagne et alors qu'il n'avait que six ans. Ce fut sa mère qui poursuivit la guerre, remportant des succès. Il commença à prendre parts aux opérations militaires en 1357. En 1364, il assiégeait Auray quand il apprit que Charles de Blois se préparait à l'attaquer. Aidé par des renforts envoyés par le Prince Noir, il écrasa Charles de Blois à Auray. Il négocia avec Jeanne de Penthièvre, la veuve de Charles de Blois, le traité de Guérande en 1365, qui le reconnaissait comme duc de Bretagne. Allié à l'Angleterre (il avait épousé une soeur puis une belle-fille du Prince Noir), il se vit attaqué par Charles V qui lui confisqua le duché en 1378. Appuyé sur le nationalisme breton et sur la volonté d'indépendance des barons, Jean IV réagit fortement. Réconcilié avec Charles VI, il gouverne en paix son duché mais doit faire face à la rébellion d'Olivier de Clisson. Il parvient à racheter aux Anglais la place de Brest en 1397.

1378         Le 'Songe du Verger' texte anonyme. Le règne de Charles V le Sage est marqué par les progrès du pouvoir royal. Ce roi lettré, qui passait des heures dans sa "librairie" du Louvre, a puisé dans Aristote, qu'il fit traduire, quelques principes de gouvernement exposés en partie dans le 'Songe du verger' : le roi n'est pas seulement l'oint du Seigneur, mais il est encore le gardien de la "République", dont les actes, guidés par la raison, doivent se conformer à certaines règles.

1379         3 août Jean IV de Bretagne et Richard II d'Angleterre débarquent en France.

1380         1er mars Le duc de Bretagne s'allie au roi d'Angleterre.

1380         13 juillet Mort de du Guesclin devant la forteresse de Châteauneuf-Randon tenue par les Anglais et dont il faisait le siège. Charles V voulut qu'il fût inhumé auprès des rois de France, dans l'abbaye de Saint-Denis.

1380         19 juillet Débarquement anglais à Calais.

1380         16 septembre Mort de Charles V - Charles le Sage a quarante-quatre ans. Souvent on l'a appelé Charles le Maladif. Une maladie singulière lui a fait perdre ses cheveux et ses ongles. Au moment de mourir, après avoir aboli un impôt qui pesait sur son peuple, il se fait apporter la couronne royale. C'est à elle qu'il s'adresse : “Ah ! précieuse couronne, à cette heure si impuissante et si humble, précieuse par le mystère de justice renfermé en toi, mais vile à cause du fardeau du travail, des angoisses, des tourments, des périls de conscience que tu donnes à ceux qui te portent, s'ils pouvaient le savoir d'avance, ils te laisseraient plutôt tomber en boue que de te placer sur leur tête”. Le règne de Charles V doit être regardé comme un des meilleurs que la France ail connus. II vit la réalisation de réformes heureuses el de grands progrès. Citons : l'agrandissement et la consolidation du domaine royal; la restauration des finances (vide à l'avènement, le Trésor contenait plusieurs millions à la mort de Charles V); l'économie instaurée dans les services publics, notamment dans la perception des impôts ; la substitution dans le Parlement des légistes aux barons ; la création, sous le nom de Librairie royale, de la Bibliothèque Nationale, dont le premier siège fut dans la Tour du Louvre (commencée avec 20 volumes, elle en contenait 900 quand mourut le roi) ; l'établissement du Palais de justice (dans l'ancien château de saint Louis) ; la fondation de la Bastille (qui ne fut du reste achevée que plus tard), etc. De plus, Charles V fixa à 13 ans révolus la majorité des rois de France. Charles V avait épousé Jeanne de Bourbon, dont il eut Charles VI (né en 1368) qui lui succéda. A la mort de Charles V son fils (né en 1368 de Jeanne de Bourbon) lui succède sous le nom de Charles VI, mais il est mineur et ne gouverne d'abord que sous la tutelle de ses oncles, les ducs d'Anjou, de Bourgogne et de Berry, qui mettent au pillage le trésor royal, lentement constitué par Charles V, et mécontentent la population par leur attitude hautaine et arrogante.

1380         CHARLES VI le Fou (1380-1422)

1380         Charles VI le fou. Lorsque Charles V meurt, Charles VI n'a que 12 ans. Il est placé sous l'autorité d'un conseil de régence. Il est constitué de ses oncles, les ducs d'Anjou (Louis Ier de Naples, Louis II d'Anjou), de Bourgogne (Philippe le Hardi) et de Berry (Jean Ier de Berry) ainsi que le duc de Bourbon (Louis II de Bourbon) son oncle maternel qui se disputent l'autorité. Sa minorité est marquée par des troubles sociaux les Maillotins à Paris, de la Harelle à Rouen, des Tuchins en Auvergne et par l'insurrection des villes de Flandre ce qui oblige l'armée à intervenir et qui réveille la lutte avec l'Angleterre. A sa majorité Charles VI renvoie ses oncles et rappelle les anciens conseillers de son père "les marmousets" par dérision et en 1389 Charles VI le bien aimé (appellation d'alors) fait entrer dans Paris Isabeau de Bavière qu'il avait épousée en 1385. Il gouverne avec sagesse conclut des accords avec Gaston Phébus comte de Foix, et Jean duc de Bretagne. Il entreprend des discussions avec Richard II d'Angleterre mais cette négociation échoue à Amiens en 1392. C'est au cours d'une opération contre l'Anglais que les troubles mentaux de Charles VI apparaissent. Il aura des crises plus ou moins espacées d'abattement et de démence. Encouragés par la folie du roi, les oncles reviennent et se disputent à nouveau le pouvoir. Le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi meurt, son fils Jean Sans Peur prend sa succession. On s'aperçoit vite que Jean Sans Peur, duc de Bourgogne, mène une politique d'intérêt personnel alors que Louis Ier d'Orléans menait une politique Française. En 1407 Jean Sans Peur fait assassiner le duc d'Orléans (Louis Ier d'Orléans). Soutenu par l'université et la puissante corporation des bouchers, les Bourguignons massacrent les partisans du duc d'Orléans à Paris. Les Bourguignons gouvernent la France. Pour mettre fin à la guerre avec l'Angleterre on conclut un contrat de mariage entre la fille de Charles VI, Isabelle, et Richard II d'Angleterre, une trêve de 28 ans est signée. Mais voici que des troubles surviennent en Angleterre et Richard II est détrôné par Henri de Lancastre qui règne sous le nom de Henri IV (1399). Il meurt en 1413 son fils hérite du trône. Il règne sous le nom de Henri V et revendique à son tour le trône de France. La guerre reprend. Bernard VII duc d'Armagnac dont la fille a épousé le fils du duc d'Orléans (1410) s'arme. En 1413 en réaction aux exactions causées par les Cabochiens, qu'on appelait aussi les écorcheurs et dont le Chef Simon Caboche règne en dictateur à Paris, une révolte des parisiens las des violences font appel aux Armagnac. Bernard VII parvient à chasser les Bourguignons de Paris et est fait connétable (chef des armées royales et régent de fait) par la Reine Isabeau de Bavière en 1415. Les armées anglaises débarquent en Normandie avec pour mission de prendre Harfleur qui servira de tête de pont pour les prochaines incursions. L'objectif atteint elles sont sur le point de repartir. Mais il avait été décidé du coté Français d'attaquer, mais que le roi ne devait pas être présent, bien que lucide, souvenir cuisant de Jean le Bon mais de ce fait il n'y avait personne dont la stature était suffisante pour commander. Un noble ne reçoit d'ordres que du roi. Lorsque les Français attaquent (25 octobre 1415) dans la plaine d'Azincourt, il a plu pendant plusieurs jours, dans la boue les chevaux glissent les cavaliers doivent mettre pied à terre, les flancs sont mal disposés, c'est un massacre. 1500 Anglais et 5000 Français ont péri. Toute la fine fleur de l'aristocratie française est décimée. C'est toute l'administration civile et militaire qui vient de disparaître. De plus Bernard VII qui a un comportement odieux et tyrannique, est détesté par le peuple de Paris. Abandonné par la Reine il est massacré ainsi que plusieurs milliers de ses partisans par les Parisiens (1418). A nouveau ce sont les Bourguignons qui reviennent au pouvoir, qui concluent une alliance avec l'Angleterre (1419) et avec la complicité de la reine Isabeau de Bavière concluent le traité de Troyes (1420) qui fait du roi d'Angleterre l'héritier du trône de France au détriment du fils de Charles VI. Les Armagnacs deviennent alors le parti de la France. Une entrevue entre le Jean Sans Peur et le dauphin (Charles VII de France) est organisée le 10 septembre 1419 sur la pont de l'Yonne à Montereau mais le duc y est assassiné par un Armagnac Tanneguy Duchatel qui voulait venger l'Assassinat du duc d'Orléans (1407). En 1422, la même année Henri V roi d'Angleterre qui a 34 ans et le roi Charles VI, délaissé par tous meurent. Le successeur de Henri V, son fils Henri VI d'Angleterre, n'a qu'un an, c'est le duc de Bedford (Jean de Lancastre) qui devient son tuteur. Charles VII qui s'était réfugié à Bourges lorsque les Bourguignons occupèrent Paris (1418) déshérité par sa mère en 1420 n'est pas vraiment le roi de France.

1380         Le palais du roi. Charles VI possède plusieurs palais, transformés par son père, dans Paris. La capitale compte également des demeures princières très luxueuses. Chartes VI délaisse le palais royal. Le palais royal au coeur de l'île de la Cité symbolise le pouvoir. Les événements importants y sont marqués par des réceptions officielles. L'administration royale et le Parlement y siègent, mais Charles VI préfère vivre dans trois autres résidences plus vastes, aménagées de manière somptueuse par son père. Vincennes en chantier. Le château de Vincennes, à une demi-journée de cheval de Paris, fut construit par Philippe VI, Jean le Bon puis Charles V. C'est une véritable petite ville, protégée par une enceinte rectangulaire et des fossés en eau. Les appartements royaux sont dans le donjon. Poursuivant L'oeuvre de son père, Charles VI achève la réalisation d'une sainte-chapelle comme celle du palais de la Cité. Ses murs sont percés de fenêtres élancées, ornées de dentelles de pierre. Ces longs travaux ne seront pas terminés sous son règne. L'hôtel Saint-Pol a la préférence du roi. De joyeuses fêtes y sont organisées. Ce palais est situé sur la rive nord de la Seine, près de la Bastille. Il est composé de plusieurs bâtiments reliés par des galeries couvertes. Le roi, la reine et leurs enfants y ont chacun un hôtel indépendant. Les jardins sont célèbres dans toute l'Europe. Ils abritent une ménagerie et ses lions ravissent les visiteurs. Le Louvre se transforme. Le palais du Louvre situé à l'ouest, sur la rive nord de la Seine, fut construit par Philippe Auguste à l'extérieur des murs de la ville. La nouvelle enceinte de Charles V inclut le château qui perd tout intérêt défensif. Le roi décide alors de le transformer en palais. En cette fin du XIVe siècle, ses façades sont percées de nombreuses fenêtres, les toits hérissés de hautes cheminées. La Cour aime à se promener dans le jardin du roi, composé de parterres de fleurs, de petits pavillons de treillages et d'un verger. Les demeures princières. Les grands princes, qui doivent rester proches du roi, occupent ou se font construire à Paris une résidence digne de leur rang. Le duc de Berry possède l'hôtel de Nesle sur la rive gauche. Celui des ducs de Bourgogne et l'hôtel de Bohême occupé par Louis Ier d'Orléans sont sur la rive droite, non loin du Louvre. Ces palais, presque aussi luxueux que celui du souverain, accueillent de véritables Cours.

1380         16 septembre Le duc d'Anjou, Louis Ier de Naples (frère de Charles V) assure la régence. Louis Ier de Naples, comte, puis duc d'Anjou, roi titulaire de Naples, (né à Vincennes le 23 juillet 1339 - mort au château de Biseglia, près de Bari, Italie, le 20 septembre 1384) est le deuxième fils de Jean le Bon et de Bonne de Luxembourg. Il est fait comte de Poitiers en 1350, comte d'Anjou et du Maine en 1356 ainsi que lieutenant du royaume la même année et enfin duc d'Anjou en 1360. Il est empereur titulaire de Constantinople (1383-1384), roi titulaire de Naples (1360-1384), duc d'Anjou, comte de Provence et de Forcalquier (1381-1384) et roi titulaire de Jérusalem.

1380         30 novembre Charles VI est sacré à Reims. Le roi n'a pas douze ans encore en ce jour où il est sacré à Reims. L'ordonnance qu'a signée son père en 1374 établissant la majorité du roi à quatorze ans ne saurait lui être appliquée. Les quatre oncles du roi assurent le conseil de régence. Parce qu'ils viennent d'apprendre que la suppression des fouages, décidée par feu le roi Charles V le Sage, est maintenue, les habitants de Reims saluent le sacre par les cris de : “Vive le roi de France ! Montjoie Saint Denis !”     

1380         Le roi d'Angleterre ne conserve que Calais, Cherbourg, Brest, Bordeaux et Bayonne.

1381         4 avril Second traité de Guérande rétablissant Jean IV de Bretagne. Le duc de Bretagne, Jean IV de Bretagne renonce à son alliance anglaise, sollicite et obtient le pardon du roi de France moyennant un nouvel hommage et la promesse de verser une indemnité de guerre de 200 000 livres. Il doit encore accepter le principe d'une amnistie générale, renvoyer chez eux les capitaines et ses conseillers anglais, récupérer les places fortes tenues par des mains étrangères, y compris Brest. Un article secret, absent du texte officiel, dispense le duc de Bretagne de participer en personne à la lutte contre ses anciens alliés. Dépitées, les troupes britanniques évacuent le duché, sauf Brest. Une brouille s'installe entre Bretagne et Angleterre, qui confisque le comté de Richemont. Le second traité de Guérande est signé le 4 août 1381. Le duc Jean IV de Bretagne recouvre ses biens, contre l'hommage prêté au roi de France, le versement d'une indemnité et le renvoi des conseillers anglais.

1381         1er septembre Émeutes de Béziers. Bien que le roi Charles VI le Fou ait atteint sa majorité, ses oncles les ducs d'Anjou (Louis II d'Anjou), de Bourgogne (Philippe le Hardi) et de Bourbon (Louis II de Bourbon) continuent d'assumer la régence. Ce qui leur permet de vider les caisses royales. Ils ont créé de nouvelles taxes, dont les fouages. Cet impôt provoque des troubles et des émeutes dans tout le royaume. Les bourgeois de Béziers se révoltent eux aussi. Ils sont réprimés par les "tuchins" (autrement dit par les “tue-chiens” !), qui pillent, violent et volent. En dépit de cette répression, l'agitation gagne dans tout le Languedoc. La révolte des Tuchins ou tuchinat est une révolte languedocienne survenue entre 1381 et 1384 contre les prélévements fiscaux et la présence des mercenaires. C'est aussi une organisation de défense active contre les garnisons anglo-gascones. Elle est menées par de bandes armées composées de paysans et d'artisans et soutenues par certains grands seigneurs et l'élite urbaine de la province. Elle toucha aussi l'Auvergne entre 1384 et 1389.

1382         Les régents font annoncer qu'ils rétablissent des taxes qui avaient été abolies par le feu roi. A cette nouvelle, le peuple de Paris se révolte, massacre un collecteur d'impôts et s'empare des armes qui étaient tenues en réserve à l'Hôtel de Ville, notamment de maillets de plomb fabriqués autrefois pour être distribués en cas de besoin aux défenseurs des remparts : de là le surnom de Maillotins donné à ces insurgés qui, maîtres de la ville, y font régner la terreur et y commettent toute sorte d'excès. En même temps, des troubles analogues éclatent dans plusieurs villes, telles que Reims, Sens, Compiègne, Amiens et Rouen, et jusque dans le Languedoc, où les révoltés prennent le nom de Tuchins. Pendant ces troubles, les Flamands se sont, de leur côté, soulevés contre leur comte, et se sont donné pour chef Philippe van Artevelde (fils de Jacques van Artevelde que les Français ont combattu sous le règne de Philippe VI). Le comte de Flandre étant le beau-père du duc de Bourgogne (l'un des régents de France), celui-ci pousse Charles VI à prendre les armes en sa faveur. La chevalerie française obéit d'autant plus volontiers en cette circonstance à Charles VI, que le mouvement qui se produit dans les Flandres est en réalité une révolte des artisans et des bourgeois contre les seigneurs. Les Français sont commandés par un ancien compagnon d'armes de Du Guesclin, le connétable Olivier de Clisson. La rencontre a lieu le 17 novembre 1382 à Roosebecke; les Flamands y sont complètement battus par les Français et leur chef Artevelde y est tué. A la suite de cette victoire, Charles VI entre à Gand et y fait décapiter plusieurs bourgeois regardés comme les chefs du mouvement. Après quoi il rentre à Paris pour réduire la révolte des Maillotins. Révolte des maillotins. Insurrection de Parisiens en mars 1382. Ayant pillé l'Arsenal où ils s'arment de maillets de plomb — d'où leur nom —, ils sèment la terreur en tuant de nombreux percepteurs. Leur révolte a en effet pour origine l'annonce de la collecte d'une taxe indirecte sur les comestibles, en dépit de promesses contraires. La révolte n'est écrasée qu'en novembre 1382, par les troupes royales de retour de guerre.

1382         27 novembre : Charles VI remporte la bataille de Roosebeke sur les Flamands, à l'issue d'une véritable expédition militaire menée à la suite de la révolte des tisserands de Gand, menée par Philippe van Artevelde, qui sera pendu sans procès au lendemain de la victoire. La bataille de Roosebecke se déroula près du village de Roosebecke, actuellement Westrozebeke en Flandre-Occidentale, le 27 novembre 1382. Les chefs furent d'une part Philippe van Artevelde pour les Flamands, d'autre part Charles VI de France conduisant l'armée française commandée par Olivier IV de Clisson. Philippe van Artevelde né en 1340, fut tué à la bataille de Roosebecke le 27 novembre 1382. Fils de Jacob Van Artevelde. Lors de la bataille qui l'opposa à Louis Ier de Flandre, comte de Flandre, Philippe van Artevelde capitaine des Gantois fut victorieux. Mais il subit une cuisante défaite à la bataille de Roosebecke le 27 novembre 1382. Charles VI de France écrasa l'armée flamande commandée par Philippe van Artevelde à Roosebecke. Au cours de cette bataille, Philippe van Artevelde mourut par étouffement au milieu de ses soldats aissaillis par les troupes françaises.

1382         mort de Nicolas d'Oresme.

1383         29 février Exécution du dernier prévôt des marchands. En janvier, le roi Charles VI le Fol a mis fin à la prévôté des marchands de Paris, il a supprimé les maîtrises des métiers et interdit les assemblées. Pour signifier sa volonté, il fait exécuter le dernier des prévôts des marchands, des Marès.

1383         mars Débarquement des Anglais à Calais qui occupent la Flandre.

1384         14 septembre Trêve entre la France et l'Angleterre.

1384         La Flandre devient bourguignonne. Le dernier comte de Flandre trouve la mort. Son gendre, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne obtient le territoire flamand. C'est ainsi que naissent les Pays-Bas bourguignons. Par la suite, Philippe le Bon annexera au territoire le comté de Namur, le duché de Brabant-Limbourg, les comtés de Hainaut, Zellande, Hollande et Frise. Il y ajoutera encore le duché de Luxembourg et la principauté de Liège. Bourguignons, lors de la guerre de Cent Ans, les Bourguignons sont un des partis, qui s'oppose aux Armagnacs dans la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. L'histoire du parti des Bourguignons s'inscrit dans celle de la guerre de Cent Ans. En 1361 le duc Philippe de Rouvre meurt sans héritier, le roi de France Jean II le Bon récupère le duché et l'octroie en apanage à son fils Philippe le Hardi en 1363. Celui-ci et ses descendants s'attachent à en faire une grande principauté, tendant à l'indépendance. Les Armagnacs furent au XVe siècle l'un des deux partis qui s'opposèrent dans une guerre civile en France. Leurs adversaires étaient les Bourguignons. À l'origine le conflit oppposait le duc de Bourgogne, Jean sans Peur à Louis Ier d'Orléans. Suite à la folie de Charles VI, la France est gouvernée par un conseil de régence présidé par la reine Isabeau depuis 1393. La reine est piètre politique, et le membre le plus influent du conseil est le duc de Bourgogne (Philippe le Hardi) qui est l'oncle du roi.

1385         17 juillet Charles VI épouse Isabeau de Bavière, qui est restée célèbre par les scandales de sa vie privée et publique. Dans le but d'obtenir de l'aide de certains États du Saint Empire romain germanique contre l'angleterre, Charles VI le Fol épouse Isabeau de Bavière, fille du duc Étienne II de Bavière-Ingolstadt. Isabeau de Bavière, Élisabeth avant son mariage (1371-29 août 1435) est la fille d'Étienne II, duc de Bavière-Ingolstadt et de Thadée Visconti. Elle se marie le 17 juillet 1385, à Amiens, avec Charles VI de France (dit le Bien-Aimé) et devient reine de France.

1385         à 1433 - naissance et mort de Alain Chartier, écrivain et diplomate français du Moyen Âge, étudia à l'université de Paris, fut secrétaire de Charles VI et de Charles VII, et exerça comme ambassadeur en Allemagne, à Venise et en Écosse. L'oeuvre de ce grand poète de la fin du Moyen Âge reste injustement négligée: il a pourtant laissé une marque profonde et subtile dans la littérature française. Clément Marot dit de ses vers qu'ils étaient un honneur pour toute la Normandie et sa province natale. Le grand humaniste Étienne Pasquier (1529-1615) prolongea cet éloge, nommant Chartier le "grand poète de son temps".

1386         à 1466 - naissance et mort de Donatello. Sculpteur italien. Il est né à Florence en 1386. Il commença à pratiquer la sculpture à l'âge de 20 ans et travailla dans le magasin de Lorenzo Ghiberti. Plus tard dans sa vie il étudia les ruines romaines et devint un humaniste. Il eut également un atelier à Florence où il créa plusieurs de ses chefs d'oeuvre. Parmi ceux-ci ont peu citer son: 'Saint Pierre', 'Saint Georges et le dragon', 'Saint Jean l'Évangéliste', 'Saint Antoine' et une statue équestre appelée 'Gattamelata'. Beaucoup de ses sculptures annonçaient la Renaissance. Son 'David' fut la première statue nue de la Renaissance, et sa 'Gattamelata', a été considérée comme une des meilleures sculptures la mieux proportionnées. Il a employé un réalisme puissant qui donna à ses statues un regard distinct. Donatello a eu un immense impact sur l'art et les artistes de la Renaissance. Il caractérisa chacune de ses figures. Il fit également la première sculpture en bronze. Il créa les premières statues libres de la Renaissance, indépendantes de l'architecture ou de la décoration. Un de ses premiers ouvrages pour la cathédrale de Florence fut son 'Saint Michel'. A cette occasion il défini un type de statuaire monumental dont les concepts sont demeurés incontesté jusqu'au début du XXème siècle. Les cinq statues des prophètes faits entre 1418 et 1435 ont fixé ces concepts définitivement. Dès le début, Donatello était sensible à la physionomie et il eu le talent d'exprimer des émotions dans ses oeuvres notamment avec le plissement des fronts, les regards fixes. Il fut un des artistes les plus admirés et les plus respectés de son temps. Le sens tactile de la profondeur et de la récession était un des dispositifs constants de l'art de Donatello. Le meilleur éclairage à cet égard est son 'Pazzi Madonna' considéré comme un de ses premiers travaux, précédant son 'Saint Georges'. Dans son oeuvre postérieure connu sous le nom de Madone des nuages, Donatello a recourt, comme dans son 'saint Georges', à des effets plus imagés. Il est souvent associé à l'épanouissement de Florence. Mais sa renommée se fait dans toute l'Italie. Il réussit à présenter une grande diversité dans son oeuvre, dans un domaine plutôt restreint - la sculpture - et cela en fait un créateur incomparable à d'autres artistes de son époque. Il travaille la sculpture sous plusieurs aspects comme la statue, le relief, tabernacle, statue équestre. Il exploite plusieurs matériaux comme le marbre, le bronze, le stuc, la terre cuite et le bois.

1387         Gaston Phébus écrit 'Livre de Chasse'. Gaston Phébus, Gaston III de Foix-Béarn, comte de Foix, vicomte de Béarn, né le 30 avril 1331 à Orthez et mort en 1391 est un écrivain et un seigneur féodal du Midi de la France. Il est le fils de Gaston II de Foix-Béarn, comte de Foix-Béarn et d'Aliénor de Comminges.

1387         Le père de la poésie anglaise, Geoffrey Chaucer, écrit ses 'Contes de Cantorbéry'. Geoffrey Chaucer (Londres vers 1343 - 1400) fut un auteur, philosophe, diplomate et poète anglais, mieux connu comme l'auteur des "Canterbury tales" (Contes de Cantorbéry). Il est parfois considéré comme le premier auteur à démontrer la légitimité artistique de la langue anglaise.

1388         3 novembre Charles VI, décidé à gouverner seul, renvoie ses oncles dont l'action a été si funeste, et rappelle les anciens conseillers de son père, gens de petite noblesse, et même de mince origine (et que pour cette raison on appela les Marmousets), mais sages et prévoyants. L'administration prudente et économe des Marmousets ramène quelque prospérité dans le pays. Les marmousets furent entre autres : Jean de Montagu, Olivier IV de Clisson, Bureau de la Rivière, Jean Le Mercier. Ils n'étaient pas issus du peuple, il n'étaient pas des princes, ni des fonctionnaires, ils étaient tout simplement très proches du roi Charles VI de France. C'est grâce à cette position qu'ils ont pu accéder aux plus hautes fonctions de l'État. Ces hommes étaient dotés d'une autre qualité, la solidarité entre eux. Choisis par Charles VI en 1388, ils firent le serment de rester unis et amis, solidaires l'un envers l'autre.

1388         18 août Trêve de Leulinghem entre la France et l'Angleterre.

1389         Louis Ier d'Orléans, duc d'Orléans, frère de Charles VI, épouse Valentine Visconti, qui reçoit en dot des droits sur le Milanais (cause des futures guerres d'Italie). Louis Ier d'Orléans (1372 - Orléans, 1407) fut duc d'Orléans. Fils du roi de France Charles V, et frère de Charles VI, il était le chef de la faction des Armagnacs et fut assassiné sur l'instigation du chef des Bourguignons, Jean sans Peur. Il épouse en 1389 Valentine Visconti (1368 † 1408), fille de Jean-Galéas Ier Visconti, seigneur de Milan, et d'Isabelle de France. C'est ce mariage qui seront à l'origine des prétentions des rois Louis XII et François Ier sur le duché de Milan. Duc d'Orléans, le titre de duc d'Orléans est un titre de noblesse présent dans la famille royale française depuis 1344. Il était traditionnellement réservé au deuxième fils du roi. C'est donc un apanage de la couronne.

1389         Les Turcs ottomans battent les croisés et les Serbes à la bataille de Kosovo Polje le 28 juin et annexent la Serbie. Le prince de Serbie Lazare est tué. Le Serbe Miloc Kobilovic poignarde le sultan Murat Ier. Le grand vizir ottoman écrase les Bulgares à Nicopolis. Les Ottomans occupent en Europe la Macédoine, la Thrace orientale et la Bulgarie. La bataille de Kosovo Polje eut lieu le 28 juin 1389 au Kosovo sur le "champ des Merles" entre l'empire Ottoman et les Serbes. Cette bataille est particulièrement chère au coeur de la plupart des serbes, qui aiment à se rappeler cette date particulière, qui marqua la fin de leur indépendance, pour près de cinq siècles et leur passage sous la domination ottomane.

1389         Pierre d'Ailly devient chancelier de l'Université de Paris. Pierre d'Ailly, né en 1351 et mort en 1420, est un prélat français fort influent de son temps et un auteur universitaire prolixe. Né à Compiègne en 1351 dans une famille bourgeoise aisée (son père était un boucher prospère), Pierre d'Ailly étudie à Paris au Collège de Navarre à partir de 1364 et devient maître en théologie en 1381, puis recteur du collège en 1384. Il devient aumônier du roi Charles VI en 1389 et, la même année, il est nommé chancelier de l'université de Paris. Il est alors le maître de Jean Gerson qui sera son disciple préféré et deviendra son ami et successeur en tant que chancelier de l'université.

1390         à 1441 - naissance et mort de Jan van Eyck. Déjà considéré en son temps comme le plus grands des peintres, Jan van Eyck est resté le plus célèbre des primitifs flamands. Depuis le XVIe siècle, la tradition lui attribue l'invention de la peinture à l'huile. Même si cette technique existait bien avant lui, il est certainement celui qui a le plus contribué à son amélioration et son expansion (l'utilisation de l'huile de térébenthine, c'est lui). Obsédé par le réalisme et guidé par un perfectionnisme ambitieux, il est devenu inégalable dans le rendu des surfaces, matières, textures (brocards, fourrures, velours, pierres précieuses, métaux, armures, marbres, verre, chair...) et de tous leurs effets de lumière, reflets et transparences. Le même souci d'exactitude se retrouve dans ses portraits, dont il peint chaque détail avec acuité. Il ne nous est parvenu que 9 tableaux signés et datés par Van Eyck et une dizaine dont l'attribution est à peu près certaine. Sa devise était 'Als ich kan' (Comme je peux).

1392         Attentat à Paris de Pierre de Craon contre Olivier de Clisson, qui est laissé pour mort, mais réchappe de ses blessures. Cette tentative de meurtre a eu lieu à l'instigation du duc de Bretagne, Jean IV de Bretagne, ennemi mortel du connétable. Charles VI exige la remise du meurtrier qui s'est réfugié à la cour du duc, et que celui-ci refuse de livrer. Le roi de France, pour venger son fidèle lieutenant auquel il doit la victoire de Roosebecke (1382) ainsi que le rétablissement du prestige royal et qui est du reste un personnage considérable, prépare une expédition contre le duc, et entre en campagne. Le 5 août, comme l'armée, au sortir de la forêt du Mans, débouchait en plaine par une chaleur torride, Charles VI, déjà troublé par l'apparition soudaine d'un individu qui, sous bois, lui avait crié d'arrêter parce qu'il était trahi, devient subitement fou en entendant le bruit d'armes qu'un soldat laissait par négligence s'entrechoquer. Il se jette l'épée haute sur son entourage, tue quatre hommes de son escorte et n'est maîtrisé qu'à grand-peine. Ses oncles reprennent le pouvoir concurremment avec son frère Louis Ier d'Orléans. Sa folie cependant n'est pas absolue, et on le voit pendant trente-cinq ans que dure encore son règne, s'occuper fréquemment des affaires de l'État. Pierre de Craon, ce digne chambellan, est encore connu par l'assassinat d'Olivier de Clisson, qu'il fit attaquer la nuit, à Paris, au sortir de l'hôtel Saint-Pol, par plusieurs hommes armés. Olivier de Clisson, laissé pour mort, guérit de ses blessures. Ce fut en se dirigeant vers l'Anjou pour tirer vengeance de ce crime que le roi Charles VI fut atteint de cette démence fatale qui livra la France aux fureurs rivales de ses parents et aux dévastations des étrangers. Condamné par le parlement, enfermé dans la tour du Louvre, Pierre de Craon, dont les biens devaient être confisqués, obtint du roi des lettres d'abolition pour son double crime. Le parlement, indigné, refusa l'entérinement des lettres de grâce et confirma son premier arrêt par un autre plus sévère, mais qui ne fut pas plus exécuté que le premier.

1392         5 août, le roi Charles VI de France est victime, dans la forêt du Mans, de la première crise de la folie qui va marquer tout le reste de son règne. Après avoir tué quatre hommes et tenté de tuer son frère Louis Ier d'Orléans, il s'enfuit. Ses suivants mettront une heure à le retrouver et à le maîtriser. C'est le début d'une alternance entre crises de folie et périodes de lucidité qui va durer trente ans et avoir des conséquences terribles pour le royaume de France. Ses retours intermittents à la raison empêchent l'établissement d'une régence solide.

1393         28 janvier Son frère Louis Ier d'Orléans devient régent avec les ducs de Berry (Jean Ier de Berry) et de Bourgogne (Philippe le Hardi). Jean Ier de Berry, Jean de France, né le 30 novembre 1340 à Vincennes, mort en 1416 à Paris, est un prince français de la branche Valois de la dynastie capétienne, Duc de Berry de 1360 à sa mort.

1393         Début de la rivalité entre le régent Orléans et le duc de Bourgogne.

1394         17 septembre Ordonnance sur l'expulsion des Juifs. Par ordre du roi, Charles VI le Fol, tous les Juifs de France perdent l'autorisation de résider dans le royaume.

1395         à 1455 - naissance et mort de Fra Angelico (Guido di Piero). Peintre italien. Considéré dès son vivant comme l'un des peintres les plus importants de la première moitié du Quattrocento, Fra Angelico a, pendant des siècles, fasciné les mémoires pour ce trait supplémentaire, mais essentiel, d'avoir été "saint homme", prêtre et frère dominicain. De cette mémoire, une mythologie est née, faisant du peintre ce personnage "angélique" qui n'aurait, dit-on, jamais pris ses pinceaux avant d'avoir fait une prière... L'histoire de l'art cherchant, quant à elle, l'apport spécifique de l'artiste - ou, au contraire, ses résistances - aux grands bouleversements stylistiques de la Renaissance. Mais l'art de Fra Angelico exige une approche médiane, ou plutôt dialectique. Dépositaire d'un immense savoir - théologique, exégétique, liturgique -, l'artiste aura dû forger une poétique singulière qui utilisait, voire détournait les formes "humanistes" aux fins d'une pensée ancrée dans le Moyen Âge. Et une telle poétique démontre toute sa génialité dans le jeu qu'elle instaure, souvent paradoxal, d'une intense matérialité colorée aux effets toujours "anagogiques": signe d'une peinture constamment en quête de son au-delà.

1396         Naissance de Philippe le Bon, futur duc de Bourgogne. Philippe le Bon, Philippe III de Bourgogne, dit Philippe le Bon, né en 1396, mort en 1467, était un prince français de la deuxième branche bourguignonne de la dynastie capétienne. Il fut duc de Bourgogne de 1419 à 1467. Il était le fils unique de Jean sans Peur. Son fils Charles le Téméraire lui succéda.

1396         Jean sans Peur, fils du duc de Bourgogne, conduit une expédition de chevaliers français à la défense de la Hongrie contre les Turcs; il est battu à Nicopolis par le sultan Bayezid Ier. Jean sans Peur, Jean Ier de Bourgogne, dit Jean sans Peur, duc de Bourgogne est né le 28 mai 1371 à Dijon. Il est le fils aîné de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, et de Marguerite III de Flandre. Il est d'abord comte de Nevers en 1384, comté qu'il abandonne en 1404 à son frère Philippe. La Bataille de Nicopolis eut lieu le 25 septembre 1396 sur la rive droite (sud) du Danube (aujourd'hui Nikopol en Bulgarie). Le Sultan ottoman Bayezid Ier ("Bajazet" en français, fils de Mourad Ier) et le Prince Stefan Lazarevic de Serbie défirent une croisade d'ampleur sans précédent menée par Sigismond de Luxembourg, Roi de Hongrie-Croatie. C'est la cavalerie serbe de Stefan Lazarevic, vassal et beau-frère du Sultan qui, en attaquant l'armée hongroise sur son flanc droit, assura la défaite de la coalition chrétienne. Bayezid conquiert ensuite la Thessalie sur ce qui reste de Byzance. Cependant l'irruption en Europe de Tamerlan, qui écrase Bayezid à la Bataille d'Angora en 1402, retarde la chute des Balkans aux mains des Ottomans. Bayezid Ier est né à Edirne en 1360. Désigné par testament, il succéda à son père Murad Ier en 1389. À peine eut-il pris le pouvoir qu'il fit étrangler son frère aîné Yakub Çelebi. Son caractère emporté, et la rapidité de ses décisions lui valurent son surnom de "Foudroyant". Il est fait prisonnier en 1402 par Tamerlan et est mort en captivité.

1396         Trêve anglo-française signée pour 28 ans (1396-1415)

1396         Jean Gerson devient chancelier de l'Université de Paris. Jean Gerson (1363-1429) : Né à Gerson, de son vrai nom Jean Charlier. Élève de Pierre d'Ailly au collège de Navarre, docteur en 1392, chancelier de l'Université en remplacement de D'Ailly. Doyen de Notre-Dame de Bruges de 1397 à 1401, il est en contact avec les Frères de la Vie Commune et lit les 'Noces Spirituelles' de Ruysbroeck, mais il les trouve trop proches des Beghards. Il tenta de participer aux solutions diplomatiques du grand Schisme, puis prôna énergiquement les réformes : il écrit le 'De Auferibilitate papae ab ecclesia' pour défendre le concile de Pise, puis assiste au concile de Constance et y compose en 1417 son 'De Potestate ecclesia'. Menacé par Jean sans Peur, il s'exile pendant deux ans dans le Tyrol et en Autriche, puis rentre à Paris en 1419 avant de se retirer chez les Célestins à Lyon. Il y mourra. Nicolas de Clémanges est un de ses plus célèbres élèves.

1397         à 1475 - naissance et mort de Paolo Uccello, est un peintre, mosaïste et marqueteur italien, qui travailla notamment à la basilique Saint-Marc de Venise. On lui doit deux "Saint Georges et le dragon".

1398         17 décembre Victoire de Tamerlan en Inde. Le conquérant tuco-moghol Tamerlan, vainc les troupes du sultanat et parachève sa conquête avec la destruction de Delhi. La ville est pillée et les habitants massacrés par les armées de Tamerlan. Il abandonne ensuite la région à la famine et reprend la route pour d'autres conquêtes. Le sultanat de Delhi se reformera pour encore 150 ans. Tamerlan, parent éloigné de Gengis Khan, se considéra comme son fils spirituel. Son prénom, Timur, signifie "fer" en turco-mongol et se rapproche de celui de Gengis Khan, Temüdjin. On l'appelle aussi Amir Timur (Émir de fer). Né près de Samarcande en Ouzbékistan en 1336 et devenu émir de Transoxiane, il se révéla un redoutable chef de guerre, bâtissant un immense empire reposant sur la force et la terreur. Il se montra cependant aussi protecteur des arts et des lettres qui firent la grandeur de sa capitale, Samarcande. Apres la mort de Tamerlan en 1405 son empire, gouverné par ses descendants (les Timourides), fut grignoté par les puissances voisines jusqu'à l'assaut final des Ouzbeks de la dynastie des Chaybanides.

1399         Henri IV d'Angleterre: premier roi de langue maternelle anglaise.

1400         Enguerrand de Monstrelet, 'Chroniques' (1400-1444). Enguerrand de Monstrelet, chroniqueur né sans doute à Montrelet (Somme) vers 1390, mort vers le 15 juillet 1453. il a écrit en français, pour continuer Froissart, une Chronique qui s'étend de 1400 à 1444 en deux livres.

1400         à 1456 - naissance et mort de Jacques Coeur. Jacques Coeur, l'argentier du roi. Homme d'affaires audacieux, Jacques Coeur devint en quelques années un personnage puissant et incontournable du royaume de France. Anobli par Charles VII, il est chargé de combler les moindres exigences du roi et de la cour, une fonction domestique qui va lui permettre de s'enrichir. Jacques Coeur est l'ami des rois, des papes et des princes. Grand Argentier du roi Charles VII, c'est avec l'argent prêté au roi qu'il permet au "Petit Roi de Bourges de bouter les Anglais hors de France". Il fut un homme d'affaires remarquable. Sa vie dans les honneurs et sa fin tragique font de cette existence un véritable roman. Argentier, surintendant ou ministre des Finances.

1401         à 1428 - naissance et mort de Masaccio (Tommaso di Ser Giovanni) eut une influence déterminante sur les artistes de la Renaissance, dont on peut considérer qu'il est l'un des premiers avec Brunelleschi et Donatello. Masaccio se rend à Florence, où, en 1422, il s'inscrit à la corporation des médecins et des pharmaciens. Il entre dans le cercle de Masolino da Panicale et des peintres florentins. On ne sait exactement si Masolino (bien plus âgé que lui) fut son maître, ou si la position de Masaccio était plus indépendante. Masaccio est en fait le continuateur de Giotto par la force de ses sentiments, le calme de sa composition, la mise en valeur des volumes. Léonard de Vinci, dans son Traité de la peinture, a défini, avec justesse, la nouveauté de Masaccio: "Après Giotto, l'art retomba en décadence pendant plus d'un siècle, parce que les peintres commencèrent à imiter les oeuvres de Giotto. Puis vint le Florentin Tommaso (Masaccio); il prouva, par la perfection de ses oeuvres picturales, que tous ceux qui ne prennent pas comme modèle la nature, cette éducatrice de tous les maîtres, s'efforcent vainement de faire de l'art."       

1401         Jean Gerson écrit 'Sermons' (1401-1413)

1402         20 juillet : Tamerlan (Timour lenk) défait les Turcs Ottomans à Ankara et s'empare du sultan Bayezid Ier. Les Ottomans perdent des émirats turcs d'anatolie. Brousse est occupée et pillée. Smyrne, ville chrétienne, est prise et détruite par Tamerlan. A Sivas, Tamerlan fait enterrer vivant 4000 guerriers arméniens et fait écraser sous les sabots de ses chevaux tous les enfants de la cité. Tamerlan, parent éloigné de Gengis Khan, se considéra comme son fils spirituel. Il se révéla un redoutable chef de guerre, bâtissant un immense empire reposant sur la force et la terreur. Il se montra cependant aussi protecteur des arts et des lettres qui firent la grandeur de sa capitale, Samarkand. Brousse, ville de Turquie, appelée Bursa en turc.

1402         Querelle du 'Roman de la Rose'. La seconde partie a provoqué des polémiques sur la vision de la femme par Jean de Meung, en particulier la réponse de Christine de Pisan sur ses positions conduisant à une des premières querelles féministes. Elle a été impliqué dans la première querelle littéraire française que certains considèrent comme un manifeste, sous une forme primitive, du mouvement féministe. En effet 'Epistre au Dieu d'Amours' 1399 et son 'Dit de la Rose' 1402, critique de la seconde partie du Roman de la rose écrite par Jean de Meun, provoquèrent des remous considérables dans l'intelligentsia de l'époque.

1403         Naissance de Charles (futur Charles VII), cinquième fils de Charles VI et Isabeau de Bavière. Charles VII de France, dit Charles le Victorieux ou encore Charles le Bien Servi (né à Paris le 22 février 1403 - Mehun-sur-Yèvre, 22 juillet 1461). Roi de France de 1422 à 1461. Il mit fin en 1453 à la guerre de Cent Ans sur une victoire française. Son nom reste principalement attaché à l'épopée de Jeanne d'Arc, qui lui permit de renverser une situation compromise et d'être sacré à Reims (17 juillet 1429).

1403         26 avril 1403 Ordonnance concernant la régence. Une ordonnance est créée qui institue la régence et le gouvernement pendant “les absences” du roi Charles VI le Fol, faible mot pour parler des crises de démence du souverain.

1404         janvier Reprise des hostilités entre la France et l'Angleterre.

1404         26 avril Mort de Philippe le Hardi, son fils Jean sans Peur devient duc de Bourgogne.

1404         à 1472 - naissance et mort de Léon Battista Alberti. Humaniste et architecte florentin. L'architecte est mêlé à l'édification d'un monument en 1454; c'est après cette date qu'il laisse dans l'histoire de l'architecture une marque profonde qui lui vaut sa réputation universelle, concevant plusieurs édifices qui vont ouvrir des voies radicalement nouvelles à cet art. Mais de l'âge de vingt ans à l'âge de cinquante ans (et au-delà), les résultats prodigieux qu'il réussit à atteindre en particulier comme écrivain, en latin et en italien, comme philosophe ou comme ingénieur - et que ce livre se fixe aussi comme objectif d'illustrer - ne peuvent que surprendre et fasciner. Sa devise était d'ailleurs Quid tum et son symbole un oeil ailé, signes de cette volonté d'aller toujours de l'avant, de ne jamais répéter ce que les autres ont fait ou de ne jamais se répéter lui-même. Son jeune contemporain Landino parlera plus tard de lui comme d'un caméléon, qui s'adapte sans cesse à de nouveaux domaines au point que son esprit polymorphe est impossible à classer. Ce qui fait de lui, sans conteste, le génie le plus universel du XVe siècle.

1404         Christine de Pisan écrit 'Livre des fais de Charles V’

1405         juin Débarquement anglais dans le Cotentin. Le Cotentin est un pays de la Normandie autrefois appelé Pagus Constantiensis (pays de Coutances).

1405         Début des voyages de l'amiral chinois eunuque Zheng He vers l'Indonésie, l'Inde, l'Arabie et la côte Est de l'Afrique (jusqu'en 1433). Il mène sept expéditions qui conduisent à l'hégémonie navale de la Chine sur les mers de la Sonde et sur l'océan indien (1405-1424) : Champa, Cambodge, Siam, Malacca, Java, Sumatra, Ceylan, Bengale et Inde méridionale. Les escadres chinoises sont présentes à Ormuz, à Aden et à Djedda. A deux reprises, la flotte touche la côte orientale de l'Afrique. Zheng He était un eunuque chinois et un explorateur maritime célèbre. Zheng He, surnomé "l'Eunuque aux trois joyaux", né en 1371 et mort en 1433, était un eunuque chinois et un explorateur maritime célèbre.

1406         Début de la construction de la Cité interdite à Pékin. La Cité Interdite est le Palais impérial de Pékin dont la construction fut ordonnée par Yongle, troisième empereur Ming. Ce palais, d'une envergure inégalée, fait partie des palais les plus anciens et les mieux conservés. Le nom "cité interdite" vient du fait que son accès était interdit au "peuple" à l'époque des grands empereurs chinois. Comme résidence de ces grands empereurs, elle est devenue symbole d'interdit. Son nom complet est "cité interdite pourpre", en référence à l'étoile "sacrée", l'étoile polaire, de couleur pourpre pour les Chinois.

1407         La mésintelligence règne entre les régents du royaume au nombre desquels se place la reine Isabeau de Bavière: elle est particulièrement vive entre le duc d'Orléans (Louis Ier d'Orléans), et le duc de Bourgogne (Jean sans Peur), qui, pour se débarrasser de son rival, le fait assassiner à Paris dans un guet-apens.

1407         23 novembre : L'assassinat à Paris de Louis Ier d'Orléans, frère cadet du roi Charles VI le Fou, par les hommes de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, déguisés en une bande de malfrats masqués et dirigés par Raoul d'Octonville. Le Duc de Bourgogne avait pour dessein d'unir l'Artois et la Flandre à son duché. Mais son cousin, Louis Ier d'Orléans, fils du roi de France Charles VI, s'opposait à son projet. Cet assassinat entraîne la guerre civile en France entre Armagnacs et Bourguignons. Jean sans Peur quitte Paris après avoir fait assassiner Louis Ier d'Orléans. C'est alors que Louis Ier d'Orléans sort de l'hôtel Barbette, où réside sa belle-soeur la reine Isabeau de Bavière, à laquelle il vient de rendre visite, qu'il est poignardé par des sbires de Jean sans Peur, duc de Bourgogne. La haine que celui-ci porte à Louis dure depuis des années. Trois jours plus tôt, le duc de Bourgogne avait feint de se réconcilier avec son cousin…     

1407         à 1435 - guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. - Charles d'Orléans, fils de Louis Ier d'Orléans qui vient d'être assassiné, épouse la fille du comte d'Armagnac (Bonne d'Armagnac, fille du comte Bernard VII d'Armagnac) et rallie autour de lui tous les partisans de sa maison, auxquels on donne le nom d'Armagnacs; il entre en lutte armée avec les partisans du duc de Bourgogne, appelés les Bourguignons. Cette querelle, qui partage la France en deux camps, dégénère en une véritable guerre civile; les deux factions rivalisent d'atrocités. Les Bourguignons dominent d'abord dans Paris, où ils s'appuient sur la corporation des bouchers dirigés par Caboche et Capeluche, et surnommés les Cabochiens. Ceux-ci poussent les excès si loin que la population appelle les Armagnacs à son secours (1413), et l'on voit les fureurs des Armagnacs succéder à celles des Bourguignons. La lutte continue entre ces irréconciliables adversaires. Le parti Armagnac s'aliène les sympathies du peuple en sollicitant le concours des Anglais. En 1414, Charles VI marche contre le duc de Bourgogne qu'il va assiéger à Arras. C'est au cours de ce siège qu'il est fait pour la première fois usage des arquebuses que l'on appelait alors les canons à mains. Cette expédition n'a pas de suites: Charles VI accorde la paix au duc. Les Armagnacs furent au XVe siècle l'un des deux partis qui s'opposèrent dans une guerre civile en France. Leurs adversaires étaient les Bourguignons. À l'origine le conflit oppposait le duc de Bourgogne, Jean sans Peur à Louis Ier d'Orléans. Suite à l'assassinat de ce dernier en 1407, ses partisans se rallièrent à Bernard VII d'Armagnac, comte d'Armagnac, beau-père de son successeur Charles d'Orléans. Les Bourguignons sont les habitants de la Bourgogne. En 1411 un conflit ouvert éclate entre les Armagnacs, partisan de Louis Ier d'Orléans puis de Bernard VII d'Armagnac, comte d'Armagnac et les Bourguignons partisans de Jean sans Peur, duc de Bourgogne. Les Armagnac sont proches du pouvoir royal, notamment du Dauphin, tandis que les Bourguignons s'allient aux Anglais en France. La guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons est un conflit qui ravagea la France, déjà en lutte avec l'Angleterre pendant la guerre de Cent Ans. Le conflit trouve ses racines sous le règne de Charles VI. Pendant la minorité de ce dernier, son oncle Philippe le Hardi fut régent. Puis lorsque la folie de Charles VI se révela, les princes de Bourgogne et d'Orléans se partagèrent le pouvoir, tandis que Jean Ier de Berry servait de médiateur. En 1407, craignant de se voir écarter du pouvoir, le duc de Bourgogne fait éliminer son concurrent, déclenchant la guerre civile. Le 19 septembre 1419, l'assassinat de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, sur le pont de Montereau-Fault-Yonne empêche tout apaisement. Charles d'Orléans (24 novembre 1394, Paris- 5 janvier 1465, à Amboise), duc d'Orléans est surtout connu par son oeuvre poétique réalisée lors de sa longue captivité anglaise. Son enfance est marquée par le conflit qui oppose son père à Jean sans Peur, duc de Bourgogne, conflit qui est à l'origine de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Son père est tué sur l'ordre du duc de Bourgogne le 23 novembre 1407. En sa qualité d'aîné, il recueille la plus grande part de l'héritage dont le duché d'Orléans, les comtés de Valois et de Blois, et les seigneuries de Coucy et de Chauny.

1409         9 mars Paix de Chartres. Jean sans Peur a le pardon du roi. Paix de Chartres signée le 9 mars 1409 comportait 21 articles rédigés par Jean de Montaigu. Dans ces articles on peut y lire entre autres : l'aveu de Jean sans Peur, duc de Bourgogne concernant le meurtre de Louis Ier d'Orléans "Par sa volonté et par ses ordres, pour le bien du royaume". des excuses aux enfants du duc d'Orléans. Il fut prévu une cérémonie en la cathédrale de Chartres le 9 mars 1409. Cette cérémonie de réconciliation fut une véritable crève-coeur pour Charles d'Orléans (1394-1465) et son frère Philippe d'Orléans (1396-1420), comte de Vertus. En effet, en larmes ils accordèrent leur pardon à Jean sans Peur l'assassin de leur père. Puis, ils prêtèrent le serment sur les Évangiles de respecter cette paix qui venait d'être signée.

1409         26 juin Concile de Pise élit un nouveau pape Alexandre V, mais Grégoire XII et Benoît XIII refusent d'abdiquer. Alexandre V (antipape) (né en 1340 et mort le 3 mai 1410) a été élu pape à Pise sous le nom d'Alexandre V durant le Grand Schisme d'Occident. Comme tous les papes d'Avignon et les papes de Pise de cette époque, il est aujourd'hui considéré par l'Église catholique romaine comme un antipape. Grégoire XII, né à Venise en 1325, pape de 1406 à 1415. Benoît XIII (antipape) Pedro de Luna (1329 - 1423), originaire d'Aragon, devient pape sous le nom de Benoît XIII. Le concile de Pise a été convoqué en 1409 pour tenter de régler le sérieux problème du Grand Schisme d'Occident. Depuis 1378, deux papes rivaux se trouvent à la tête de la Chrétienté. Celui de Rome a l'appui de l'Italie du nord, de l'Angleterre, de l'Allemagne, de la Pologne et de la Hongrie. Derrière son adversaire, installé à Avignon, se rangent la France, la Castille, l'Aragon, le Portugal, le royaume de Sicile, la Savoie et le royaume de Chypre. En 1394, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne et véritable maître de la France (Charles VI est devenu fou), demande à l'Université de Paris de le conseiller sur les moyens de mettre fin au schisme. Celle-ci présente trois solutions: la voie de compromis (laisser aux pontifes le soin de mettre fin eux-mêmes au schisme), la voie de cession (il faut les obliger à abdiquer simultanément puis en faire élire un autre), et la réunion d'un concile qui tenterait de régler lui-même le problème. Philippe le Hardi a pris d'abord parti pour la voie de cession. En 1398, lors d'un concile tenu à Paris, les évêques français décident de retirer au pape d'Avignon les fonds venant des bénéfices et des revenus ecclésiastiques dans le but de l'obliger à se démettre. Seule l'autorité spirituelle lui est reconnue. C'est ce que l'on appela la soustraction d'obédience. Appauvri, assiégé dans sa ville d'Avignon, le pape Benoît XIII tient cependant bon. En 1403, il parvient à se réfugier en Provence où l'accueille Louis II d'Anjou, hostile à la soustraction d'obédience. Devant l'échec de cette politique, le Conseil du roi de France la lui restitue en 1403. À mesure que les années passent, on s'aperçoit que seule la tenue d'un concile, troisième solution envisagée par l'Université de Paris, peut mettre fin au schisme. Réunis à Livourne en juin 1408, 8 cardinaux romains et 5 avignonnais décident d'en convoquer un à Pise pour mars 1409. Le concile de Pise réunit 24 cardinaux (14 romains et 10 avignonnais), 300 hauts prélats et des ambassadeurs venus de toutes les parties de la Chrétienté. À cette époque, Benoît XIII est toujours pape d'Avignon; Grégoire XII est pape de Rome depuis 1406. Les deux pontifes ne s'entendent que sur une seule chose: le concile de Pise est illégal. Les pères conciliaires se réunissent de mars à août. Ils décrètent des mesures radicales. Ils accusent les deux papes d'hérésie et de sorcellerie et les assignent à comparaître. Ceux-ci, abandonnés par la majorité de leurs cardinaux et réfugiés, l'un en Aragon et l'autre dans la région de Naples, refusent de se rendre à Pise sous la contrainte. Le concile décide donc de les déposer et, réuni en conclave, élit pape l'archevêque de Milan, le Grec Petros Filargis, qui prend le nom d'Alexandre V. Le concile de Pise n'a réussi qu'à envenimer la situation puisqu'il y a maintenant trois papes au lieu de deux sur le trône de St Pierre. Benoît XIII, pape d'Avignon, a derrière lui l'Espagne, le Portugal, la France et l'Écosse. Grégoire XII, pape de Rome, garde pour lui le sud de l'Italie et une partie de l'Allemagne. Tout le reste de la Chrétienté se range derrière le pape de Pise, Alexandre V. Il faudra attendre le concile de Constance, réuni à partir de 1414 pour que se règle le problème du Grand Schisme.

1410         15 avril Pacte de Gien contre Jean sans Peur. Jean Sans Peur (Jean de Bourgogne) fait assassiner le frère de Charles VI, Louis Ier d'Orléans. Son fils Charles d'Orléans lui succède et c'est le début d'une guerre civile qui oppose Orléans et Bourgogne. Le 28 novembre 1408 les partisans de Jean l'accueillent à Paris où il établit sa propre régence. Pour la légitimer, il n'hésite pas à se "réconcilier" avec Charles d'Orléans le 9 mars 1409. Cette trêve sera de courte durée car le pacte de Gien (15 avril 1410) "unira" contre Jean sans Peur, tous les princes : le duc de Bourbon (oncle du roi par sa mère), le duc d'Orléans et son frère (petits-fils de Jean le Bon), les comtes d'Alençon et de Clermont (parents plus éloignés), le duc de Bretagne et Bernard d'Armagnac. Comme ce dernier prend la tête de la coalition, on appellera cela le parti des Armagnacs. Le roi est totalement impuissant. Il remaniera son conseil et on profitera de ses brefs instants de lucidité pour le faire signer tel ou tel acte. Il sait que ses moments de clairvoyance sont chronométrés et s'en remet totalement à ses conseillers.

1410         23 mai Élection de Jean XXIII par le concile de Pise. Jean XXIII (antipape) Baldassarre Cossa (Procida, province de Naples, v. 1360–Florence, 27 décembre 1419), élu pape par le concile de Pise en 1410 sous le nom de Jean XXIII, déposé par le concile de Constance en 1415, reconnu comme antipape par l'Église catholique romaine.

1410         Début du travail sur les 'Très Riches Heures du duc de Berry' par les frères Limbourg, illustrateurs flamands (fin en 1416). Ce document constitue l'une des plus beaux exemples de l'art du manuscrit et de l'enluminure au Moyen Âge et une source importante pour les médiévistes.

1410         écriture d''Imago mundi', de Pierre d'Ailly, ouvrage qui le fait apparaître comme un précurseur de Copernic. 'L'Imago mundi' est un ouvrage de cosmographie rédigé par Pierre d'Ailly, théologien français. C'est une représentation typique pour le Moyen Âge en forme de TO. Il faut ajouter que ces cartes on TO sont largement influencées par les pensées religieuses, et c'est par ce fait que dans ces cartes il n'existe souvent pas de distinction entre le monde réel et spirituel. Car ladite distinction était brouillée par l'influence religieuse, importante à l'époque.

1411         23 octobre Jean sans Peur revient à Paris.

1412         6 janvier Naissance de Jeanne d'Arc à Domrémy. Domrémy, ville de Lorraine, dans le département des Vosges, près de Neufchâteau, à une cinquantaine de kilomètres de Nancy.

1412         8 mai Traité d'alliance entre les Armagnacs et Henri IV d'Angleterre. les Armagnacs signent une alliance avec l'Angleterre qui n'en demandait pas temps. Ils font ainsi entrer le loup dans la bergerie et la guerre anglo-française se superpose à la guerre civile. Le 10 août, c'est la chevauchée du duc de Clarence qui part de la Normandie et qui se termine à Bordeaux.

1412         22 août Traité d'Auxerre. La "Paix d'Auxerre" entre les princes. Le conflit entre les Armagnacs et les Bourguignons est un de ceux qui ont le plus touché l'Auxerrois à la fin du Moyen Âge. En mai 1412, Charles VI de France, passe à Auxerre à la tête d'un long convoi de munitions, des chariots transportant des bombardes et autres instruments de tir, pour se rendre au siège de Bourges, ville tenue par les Armagnacs. La situation militaire en France est périlleuse, tant pour le parti du roi que pour le parti du duc de Berry, Jean Ier de Berry. Les troupes royales, qui assiègent la capitale du Berry, sont victimes de la dysenterie et d'une véritable épidémie de peste, qui fait des ravages considérables dans le royaume de 1411 à 1413. Les assiégés, quant à eux, essaient de ne pas mourir de faim dans une ville exsangue mutilée par les machines de guerre royales. Un élément de poids intervient le 8 mai 1412 ; les ducs Jean Ier de Berry et Charles d'Orléans signent avec Henri IV de Lancastre, roi d'Angleterre, le traité d'Eltham. Ce pacte de guerre prévoit qu'en échange de l'aide militaire britannique accordée aux Armagnacs contre le parti de Bourgogne, un duché d'Aquitaine sera reconstitué sous souveraineté anglaise.

1413         20 mars Mort du roi Henri IV d'angleterre, Henri V qui lui succède revendique le trône de France. Henri V (9 août ou 16 septembre 1387 - 31 août 1422), roi d'Angleterre, fils du roi Henri IV et de Marie de Bohun, est né à Monmouth au Pays de Galles.

1413         27 avril Début des émeutes contre les Armagnacs à Paris.

1413         28 avril Révolte des cabochiens. Pendant 1 mois, les "cabochiens" (du nom du meneur Simon Caboche), bouchers ou écorcheurs, remplissent Paris de leurs violences. Le royaume de France est alors divisé entre les factions du duc de Bourgogne, les "Bourguignons" et celles du duc d'Orléans, les "Armagnacs". Le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, impose un temps sa domination sur Paris, soulève le peuple et réussit à faire passer une réforme administrative appelé "ordonnance des cabochiens". Mais les Armagnacs reprendront vite le dessus. La révolte des Cabochiens est un épisode de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Au printemps 1413, Jean sans Peur, duc de Bourgogne parvient à soulever le peuple de Paris et à imposer une réforme appelé ordonnance des cabochiens. Mais après quelques mois les Parisiens aspirent à un retour à l'ordre et les Armagnacs reprennent l'ascendant. Simon Caboche ou Simonet Caboche, de son véritable nom Simon le Coutelier, est le chef populaire de la révolte des Cabochiens, une insurrection parisienne favorable au duc de Bourgogne Jean sans Peur au début du XVe siècle.

1413         28 juillet Paix de Pontoise entre les Armagnacs et les Bourguignons. La paix de Pontoise fut conclue entre le 28 juillet 1413 et le 8 août 1413. En août 1413, Jean Ier de Berry et son neveu Jean sans Peur, duc de Bourgogne entrent dans Pontoise. Cette paix ne peut en aucun cas être signée sans l'accord de Paris, en effet la capitale retient prisonniers le roi Charles VI de France, son épouse Isabeau de Bavière et son fils le dauphin de France Louis de Guyenne otages des Cabochiens. Ceux-ci après délibération dans chaque quartier de la capitale accepteront la paix proposée par Charles VI, à l'exception du quartier des Halles où l'on trouve une forte concentration de Cabochiens et l'Hôtel d'Artois (résidence des ducs de Bourgogne à Paris). Cette paix permettra la libération de Louis de Bavière (futur Louis VII de Bavière-Ingolstadt) et d'Édouard III de Bar détenus au Louvre.

1413         28 août : Les Armagnacs chassent le duc de Bourgogne de Paris et gouvernent par la terreur contre les cabochiens. Les ordonnances cabochiennes sont abrogées.

1414         23 mai : Henri V d'Angleterre conclut une alliance offensive et défensive avec Jean sans Peur, duc de Bourgogne.

1414         1er novembre Concile de Constance pour mettre fin au Grand Schisme d'Occident. En cette période de Grand Schisme de l'église d'occident s'ouvre la concile de Constance, qui s'achèvera quatre ans plus tard après avoir mis fin à la crise. L'église tente d'adopter des réformes pour museler les hérésies et affirmer la supériorité du concile sur le pape. Trois papes sont déposés avant que l'élection de Martin V ne réunifie le clergé. Le concile de Constance est, pour l'Église catholique romaine, le XVIe concile oecuménique, convoqué par l'empereur Sigismond Ier et l'antipape Jean XXIII. Présidé par Jean Allarmet de Brogny, il mit fin au Grand Schisme d'Occident. Le concile de Constance (1414-1418) est, pour l'Église catholique romaine, le XVIe concile oecuménique, convoqué par l'empereur Sigismond Ier et l'antipape Jean XXIII. Présidé par le cardinal Jean Allarmet de Brogny, il mit fin au Grand Schisme d'Occident. À la suite du concile de Pise de 1408, l'Église catholique se retrouvait avec trois papes à sa tête : Alexandre V, Benoît XIII et Grégoire XII. Dans la confusion générale, l'Empereur choisit de se substituer au Sacré Collège défaillant, comme certains canonistes lui en conféraient le droit. Jean XXIII, successeur d'Alexandre V, lui en fournit l'occasion : il fut vaincu par le roi de Naples, Ladislas Ier, partisan de Grégoire XII, et dut se réfugier à la cour impériale. Sigismond accepta à condition qu'un concile fût tenu dans une ville d'Empire. Il put donc annoncer que le 1er novembre 1414, le concile se réunirait à Constance. Sigismond s'assura ensuite du succès du futur concile. Devant la résistance de Jean XXIII et de ses partisans italiens, il modifia le mode de scrutin. Le vote par nation remplaça le vote par tête, ne laissant à l'Italie qu'une seule voix. Comprenant son échec, Jean XXIII s'enfuit le 20 mars 1415. Les Pères conciliaires adoptèrent le 6 avril le décret Haec sancta, affirmant la supériorité du concile sur le pape. Jean XXIII et Grégoire XII s'inclinèrent et se démirent. Sigismond fit avancer ses troupes en Espagne et au Portugal, écrasant les partisans de Benoît XIII. Avant de procéder à une nouvelle élection, les Pères conciliaires s'assurèrent de leur indépendance en votant le 30 octobre 1417 le décret Frequens. Celui-ci disposait que le concile se réunirait de nouveau en 1423, puis en 1430, puis tous les dix ans à compter de cette date. Dès lors, le concile n'était plus soumis au bon vouloir du pape. ceci fait, le concile élu le 11 novembre, jour de la saint Martin, le Romain Oddone Colonna, qui prit le nom de Martin V. Celui-ci, rejetant les appels de la France à gagner Avignon, et ceux de l'Empereur à choisir une ville d'Empire, choisit de partir pour Rome, où il entra le 16 mai 1418. Le concile prit alors fin.

1415         23 février Paix d'Arras entre les Armagnac et les Bourguignons. La paix d'Arras est signée entre les envoyés de Jean sans Peur, duc de Bourgogne et Louis de Guyenne représentant son père Charles VI de France qui de nouveau, avait sombré dans un crise de démence. C'est une trêve dans la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Concernant l'unité du royaume et la paix, les pensées de Louis de Guyenne allaient dans le même sens que celles de son père. Le 4 septembre 1414, il signe la paix et fait prêter serment aux prélats, aux grands seigneurs de l'armée royale de respecter cette paix. Le port de la croix de Saint-André et la bande blanche portées respectivement par les Bourguignons et les Armagnacs fut interdit. Sur l'ordre de Louis de Guyenne les mots Bourguignons et Armagnacs furent bannis du royaume, il était formellement interdit de les prononcer.

1415         4 juillet le pape Grégoire XII abdique.

1415         13 août Henri V débarque en Normandie.

1415         21 août Les Portugais prennent Ceuta. Le roi du Portugal Jean Ier s'empare de la ville de Ceuta, sur la côte méditerranéenne du Maroc. Cette conquête marque le début de l'expansion outre-mer des Européens. Cette politique d'expansion stimulera les explorations maritimes pour s'enrichir, mais aussi, pour s'attaquer aux "infidèles" musulmans. Ceuta sera annexée par les Espagnoles en 1580. Ceuta (Sebta) est une ville autonome espagnole enclavée sur la côte nord-est du Rif oriental Marocain. Elle est l'une des deux enclaves de ce pays en Afrique du Nord avec Melilla, sur la Méditerranée. Avec Tanger et Tetouan, elle est la porte d'entrée du Nord-ouest-Afrique vers l'Europe.

1415         22 septembre Henri V prend Harfleur.

1415         Les Anglais ont cherché à profiter du désordre où se trouve la France pour débarquer des troupes à l'embouchure de la Seine. Un grand nombre d'Armagnacs et de Bourguignons font trêve à leur querelle pour marcher ensemble contre eux sous le commandement du connétable d'Albret; le duc de Bourgogne ne se joint pas à eux. Les Français livrent bataille aux Anglais à Azincourt où la chevalerie française subit un désastre sans précédent.

1415         25 octobre : L'armée française composée de 50 000 hommes est écrasée par les troupes de 15 000 hommes d'Henri V d'Angleterre à la bataille d'Azincourt. Les pertes s'élèvent à près de 10 000 hommes contre 1 600 du côté anglais, montrant la supériorité de la stratégie anglaise basée sur l'utilisation des archers contre la lourde cavalerie des chevaliers français. À la suite de la bataille, Charles d'Orléans échappe à l'égorgement, contrairement à ses compagnons d'armes, et devient prisonnier du roi d'Angleterre - il le restera 25 ans - et commence son oeuvre poétique. Jean II Boucicaut, maréchal de France, est également fait prisonnier. La bataille d'Azincourt se déroule le 25 octobre 1415 pendant la guerre de Cent Ans. Elle oppose les troupes françaises (entre 25 000 et 45 000 hommes) au contingent anglais fort d'approximativement 10 000 hommes (entre 6 000 et 15 000, selon les sources). Cette bataille est une défaite importante pour le camp français ; la cavalerie lourde, rendue moins efficace par un terrain boueux et les retranchements anglais, est transpercée par les archers en majorité gallois, équipés de grands arcs (long bows) à très longue portée. Cette bataille, où la chevalerie française est mise en déroute par des soldats anglais inférieurs en nombre, sera souvent considérée comme la fin de l'ère de la chevalerie et le début de la suprématie des armes à distance sur la mêlée, suprématie qui ne fera que se renforcer par la suite grâce à l'invention des armes à feu. Elle sera, en réaction, une cause majeure de l'épopée de Jeanne d'Arc, puis de l'investissement dans l'artillerie qui deviendra une spécialité française.

1415         Début de la captivité de Charles d'Orléans. Charles d'Orléans fait partie de l'armée française poursuivant Henri V retraitant dans le nord de la France. À la débacle d'Azincourt, le 25 octobre 1415, Charles d'Orléans est fait prisonnier et emmené en Angleterre. Sa libération est conditionnée au paiement d'une rançon. Il restera 25 ans en Angleterre. Il est surtout connu par son oeuvre poétique réalisée lors de sa longue captivité anglaise.

1415         à 1492: naissance et mort de Piero della Francesca, ce peintre et mathématicien du début de la Renaissance italienne. Moins d'une trentaine d'oeuvres nous est parvenue, à des degrés divers de conservation mais qui suffit pourtant à témoigner de ses apports: introduction d'une lumière neuve, éclat des couleurs, maîtrise parfaite des perspectives. Ce qu'on peut voir aussi dans ses tableaux, c'est que Piero della Francesca, qui peignait pour l'esprit autant que pour l'oeil, avait tout de l'humaniste progressiste: simple, sincère, intelligent, érudit, ouvert.

1417         1er août Henri V débarque à Trouville.

1417         4 septembre Henri V s'empare de Caen.

1417         11 novembre L'élection au concile de Constance du pape Martin V marque la fin du Schisme. Martin V, Oddone Colonna (Genazzano, 1368–Rome, 1431), 204ème pape (1417-1431) sous le nom de Martin V. Il fut élu pape lors du concile de Constance le 11 novembre 1417 et prit le nom de Martin V en hommage à Martin de Tours, dont la fête était célébrée le jour de son élection. Consacré le 21 novembre par le président du Concile, Jean Allarmet de Brogny, il mit fin au grand schisme d'Occident. Il concentra tous les pouvoirs et réunit le concile de Pavie-Sienne en 1423, puis celui de Bâle en 1431.

1418         28 mai Les Parisiens ouvrent les portes de la capitale aux Bourguignons.

1418         29 mai Le dauphin, Charles VII, quitte Paris.

1418         Henri V d'Angleterre profite de sa victoire pour continuer la conquête de la Normandie; Caen et Rouen se défendent héroïquement. Jean sans Peur exploite cet événement en soulevant le peuple de Paris contre les Armagnacs dont le chef, Jean d'Armagnac, vient d'être fait connétable. Les Bourguignons entrent dans la ville avec l'aide des Cabochiens, se saisissent de tous les Armagnacs qu'ils peuvent trouver et les massacrent. Le dauphin Charles VII (fils aîné de Charles VI et d'Isabeau de Bavière) n'échappe à la mort que grâce au dévouement de Tanneguy Duchâtel, prévôt des marchands, qui l'emporte couvert d'un manteau et réussit à le faire sortir de Paris. Le dauphin prend le titre de régent et transfère à Poitiers le siège du gouvernement et ce qui, du Parlement et de l'Université, s'attache à sa fortune. Henri V d'Angleterre (9 août 1387, Monmouth, Pays de Galles – 31 août 1422), duc de Cornouailles et de Lancastre, fut roi d'Angleterre de 1413 à 1422. Vainqueur de la bataille d'Azincourt le 25 octobre 1415, il parvint à se faire reconnaître comme héritier du trône de France au traité de Troyes (1420), mais mourut prématurément avant son beau-père Charles VI de France, sans avoir pu ceindre une seconde couronne.

1418         12 juin Massacre des Armagnacs à Paris.

1418         29 mai : Prise de Paris par Jean sans Peur, duc de Bourgogne. Dans la nuit du 28 au 29 mai, un certain Perrinet Le Clair, fils d'un marchand de fer, ouvre à Jean de Villiers de L'Isle-Adam, capitaine bourguignon, la porte Saint-Germain-des-Prés.

1418         Le 12 juin, les bouchers forcent les portes des prisons et égorgent tous les Armagnacs détenus, dont Bernard VII d'Armagnac. Bernard VII d'Armagnac, né vers 1360 à Paris, mort le 12 juin 1418, fut comte de Charolais (1384-1391), puis comte d'Armagnac, de Fézensac, de Rodez (1391-1418), comte de Pardiac (1402-1418) et connétable de France. Il était le fils de Jean II, comte d'Armagnac, de Fézensac, de Rodez et de Charolais, et de Jeanne de Périgord.

1418         29 juin : Les Anglais entament le siège de Rouen qui s'achèvera le 19 janvier 1419. Le siège de Rouen en 1418-1419 par les Anglais a lieu durant la guerre de Cent Ans. Au moment du siège de Rouen (juillet 1418-janvier 1419), la ville compte environ 70 000 habitants, ce qui en fait une des plus grandes villes de France. La prise de cette ville est cruciale pour s'emparer du duché de Normandie, point d'orgue de la guerre de Cent Ans.

1418         26 décembre Le dauphin devient régent. Le dauphin, de sa propre autorité, prend le titre de régent du royaume. Il institue par lettres patentes le parlement à Poitiers.

1418         Régence du futur Charles VII.

1418         Le prince portugais Henri le Navigateur, fils cadet du roi Jean de Portugal, lance les premiers voyages d'exploration portugais. Il décide de découvrir et d'évangéliser les populations noires du Sahara. Installé à Sagres, il engage plusieurs navigateurs chargés d'explorer le littoral occidental de l'Afrique. La noblesse s'oppose à cette politique, qui est soutenue par la bourgeoisie. Henri le Navigateur, Infante Dom Henrique (4 mars 1394 - 13 novembre 1460) fut un prince du Portugal, souvent regardé comme le personnage le plus important du début de l'expansion coloniale européenne, et le troisième fils de Jean Ier de Portugal, le fondateur de la dynastie d'Aviz. Sa mère est Philippa de Lancastre, la fille de Jean de Gand.

1419         19 janvier La capitulation de Rouen marque la fin de la conquête de la Normandie par Henri V.

1419         13 juillet Paix de Pouilly-le-Fort entre Jean sans Peur et le dauphin, Charles VII de France.

1419         Les amis du dauphin, feignant de désirer une réconciliation avec le duc de Bourgogne Jean sans Peur, attirent ce dernier à Montereau, où il est assassiné par Tanneguy Duchâtel.

1419         10 septembre Assassinat de Jean sans Peur au pont de Montereau, son fils Philippe le Bon lui succède. Face à face sur le pont de Montereau, le dauphin Charles (futur Charles VII) qui a seize ans, et Jean sans Peur, duc de Bourgogne. Cette rencontre, qui doit permettre une réconciliation entre Bourguignons et Armagnacs, se tend lorsque le Dauphin accuse le duc de ne pas tenir ses engagements et de se rapprocher des Anglais. Offensé, le duc porte la main à son épée. Des chevaliers ne doivent en aucun cas faire un tel geste devant le roi de France ou devant son fils, qui le représente. Robert de Loire lance au duc : “Mettez-vous la main à votre épée en la présence de monseigneur le Dauphin ?”. A cause de cette offense, Tanneguy du Chastel frappe le duc d'un coup de hache. Les chevaliers qui entourent le Dauphin l'achèvent. Ce meurtre rejette la Bourgogne dans le camp anglais.

1419         2 décembre Alliance entre Philippe le Bon, duc de Bourgogne et Henri V d'Angleterre.

1419         Georges Chastellain écrit 'Chroniques' (1419-1475). Georges Chastellain, après d'excellentes études à l'université de Louvain vers 1430, il devint historiographe officiel de Philippe le Bon dont il fut écuyer puis membre du conseil privé. Il servira ensuite Charles le Téméraire, fils de Philippe le Bon. Il résida souvent à Valenciennes où il mourut et donna son nom à une rue de la ville. il servit pendant dix ans (1435-1446) à la cour de France. Considéré comme étant le plus grand des chroniqueurs bourguignons, Michelet le qualifia de "grand et éloquent historien". Il établira des chroniques qui couvrent la période 1420 - 1474 : Chroniques des choses de ce temps, qui s'ouvrent sur l'assassinat de Jean sans Peur, père de Philippe le Bon, à Montereau. Il est également l'auteur de 'Récollection des merveilles advenues en nostre temps' (vers 1462). Georges Chastellain a laissé de nombreuses oeuvres poétiques (l'Outré d'amour) avec des ballades, des complaintes, des panégyriques, un mémoire justificatif adressé au roi Charles VII et des épitaphes.

1420         21 mai Traité de Troyes, négocié par Isabeau de Bavière et Philippe le Bon, duc de Bourgogne (fils de Jean sans Peur) avec les Anglais, et qu'on fait signer à Charles VI malgré sa débilité mentale. Par ce traité, le dauphin est déshérité au profit de Henri V d'Angleterre qui est déclaré régent, et héritier de la couronne de France. Henri se marie avec Catherine de Valois, fille de Charles VI. Henri V fait son entrée à Paris et se fait remettre le Louvre, la Bastille, Vincennes, Sens, Montereau et Melun, que ses troupes occupent. Le dauphin Charles se voit renié et déshérité par Charles VI le Fol qui ne s'oppose pas à ce traité “honteux” par lequel il donne sa fille Catherine en mariage à Henri V d'Angleterre dont il fait le régent et l'héritier du royaume de France. Le dauphin Charles ne deviendra Charles VII que grâce à l'intervention de Jeanne d'Arc. Le traité de Troyes est le traité marquant la suprématie anglaise au cours de la Guerre de Cent Ans. Il a été signé le 21 mai 1420 dans la cathédrale de Troyes et prévoit que Charles VI de France après sa mort serait succédé par Henry VI. Dans ce traité, Philippe le Bon, Charles VI et Henri V d'Angleterre forment une alliance contre le dauphin Charles VII. La légitimité du dauphin est mise en doute, le soi-disant dauphin, en remettant en question son droit à la couronne. Ils poussent Charles VI et Isabeau de Bavière à renier et déshériter leur propre fils. Ils conviennent par ailleurs qu'Henri V épousera Catherine, la fille de Charles VI de Valois et d'Isabeau de Bavière. Il sera à ce titre le seul héritier de la couronne. Le 1er décembre 1420, Henri V fait une entrée triomphale à Paris en compagnie du roi Charles VI et de Philippe le Bon. L'Université et les États généraux de langue d'oïl lui apportent leur soutien en enregistrant le traité de Troyes. Les juristes casseront le traité de Troyes en disant que la Couronne de France n'appartenant pas au roi de France celui-ci ne peut donc en disposer. C'est un argument similaire qui est à l'origine de la Guerre de Cent Ans. Deux ans après la signature du traité, Henri puis Charles VI meurent. Le fils d'Henri, âgé de dix mois, est proclamé roi des deux royaumes, dont Paris, sous le nom d'Henri VI. Le duc de Bedford assure la régence en France et met le siège devant Orléans, la dernière ville au nord de la Loire, qui reste fidèle à Charles VII.

1420         1er décembre Entrée triomphale de Henri V, Philippe le Bon et Charles VI à Paris.

1420         12 décembre : Réunis à Paris France par Henri V d'Angleterre et Charles VI de France, les États généraux approuvent la paix avec l'angleterre et accordent la couronne au roi d'Angleterre à égalité avec le roi de France.

1420         En ce début du XVe siècle l'État français n'est plus. La France est "anglaise". Depuis le traité de Troyes (21 mai 1420) qui a suivi le désastre d'Azincourt où la chevalerie française s'est enlisée dans la boue "jusque au gros des jambes", et littéralement étouffée elle-même sous le poids de ses armures. Une hécatombe dans les rangs de la noblesse du royaume qui "fut là tuée et découpée têtes et visages". Selon les clauses du traité "honteux", Charles VI renie et déshérite son fils le dauphin Charles et reconnaît le roi d'Angleterre Henri V comme héritier du royaume de France. A la mort de ce dernier (1422), son fils Henri VI lui succède. C'est un bébé de six mois. Aussi son oncle le duc de Bedford exerce-t-il en son nom la régence en France. Quelle France ? En fait il en existe trois. La France "anglaise" : elle comprend la Normandie, la Guyenne et une partie des régions situées au nord de la Loire. La France du "royaume de Bourges" : en gros la moitié méridionale du pays dans laquelle s'est réfugié le dauphin Charles avec des partisans fidèles, qui l'ont reconnu roi après le décès de son père. Enfin la France de "l'État bourguignon" : donné en apanage au duc de Bourgogne, ce vaste territoire s'est agrandi de l'Artois, la Flandre, le Brabant et les Pays-Bas. De Philippe III le Hardi à Jean sans Peur et au dernier duc Philippe le Bon, tous ont contribué à consolider leur puissance en faisant de leur apanage un véritable État indépendant. Restée à l'écart des opérations militaires, la France bourguignonne est la plus riche et, malgré les malheurs des temps, la cour des ducs brille par son faste et sa magnificence. Qui gouverne la France ? Le régent anglais le duc de Bedford ? Le petit roi de Bourges ? Le duc de Bourgogne Philippe le Bon ? Cette situation politique extrêmement confuse ajoute encore à l'état pitoyable de la France. Mais les difficultés ne datent pas d'hier. Elles sont le résultat de plusieurs facteurs conjugués : la crise dynastique, les ravages des épidémies et de la guerre, le marasme économique qui en est la conséquence. Depuis Hugues Capet, la belle continuité monarchique a été brisée. Quand le dernier roi capétien meurt sans laisser d'héritier mâle, les évêques et les barons du royaume sont alors contraints d'élire un neveu du souverain, Philippe VI de Valois. Avec lui naissait une nouvelle dynastie. Mais ce changement ne fait pas l'adhésion de tous. En France, il sert de prétexte aux prétendants évincés pour se rebeller, pour former des partis hostiles, pour faire de leurs apanages des états dans l'État, bafouant ainsi l'autorité royale. En Angleterre, le roi qui se considère également comme un prétendant possible au trône, entre en conflit avec le nouveau roi de France. C'est le début de la guerre de Cent Ans (1337-1453) ou plus exactement de cent ans d'hostilités entre les deux royaumes. Cette longue période de conflits intermittents (en moyenne une année de guerre sur cinq), coupée de trêves et de négociations est cependant désastreuse pour le pays. Bien que n'affectant que quelques cantons successivement, la guerre est profonde et destructrice. Les campagnes sont dévastées, soit par le pillage des troupes anglaises qui vivent dans le pays, soit par les destructions tactiques des Français qui visent à priver l'ennemi de ravitaillement. De plus la guerre a changé dans ses techniques et dans la mentalité des guerriers. Les armes à poudre sont de plus en plus employées, et l'artillerie seconde les toujours redoutables archers et les nouveaux arbalétriers. Pour s'en protéger, les chevaliers endossent une armure complète, exagérément lourde (de 20 à 60 kg) qui les entrave et rend le combat à cheval quasiment impraticable. La chevalerie anglaise s'adapte mieux. Elle a introduit la lutte au sol avec des armes courtes, des poignards qui se glissent facilement dans les jointures des armures. A l'inverse des chevaliers français qui dédaignent leur aide, les Anglais s'entourent d'archers montés, donc très mobiles. Tactique qui va leur apporter une supériorité décisive et tous les succès militaires. Nouveaux moyens, nouvel esprit. Les guerriers sont désormais des spécialistes qui traitent la guerre en hommes de métier et non plus comme une joute réglée par un code de courtoisie et des gestes "chevaleresques". Rares sont les batailles rangées où deux blocs s'affrontent toutes lances dehors. La guerre est faite d'embuscades, d'escarmouches, de chevauchées rapides. La ruse et la surprise priment. L'ennemi est harcelé par des petites bandes bien armées et d'une grande mobilité. Ce sont exclusivement des entrepreneurs de combats. Le roi traite avec ses mercenaires, aventuriers de toutes origines (Allemands, Bretons, Comtois, Basques, Espagnols etc.). Moyennant une rémunération substantielle, ces capitaines, issus pour la plupart de la noblesse, mettent à la disposition du roi leurs "compagnies ou routes", d'où leur nom de "routiers". Le groupe d'une quinzaine ou trentaine d'hommes au plus est fortement solidaire sous l'autorité du chef. Mais quand viennent les trêves les compagnies se dissolvent. Dès lors les hommes astreints au chômage pillent, attaquent les caravanes, exigent tribut aux villes en échange de leur "protection". Mais ceux que les citadins et les villageois appellent les "écorcheurs" ou "retordeurs" grossiront bientôt les rangs des compagnons de Jeanne d'Arc. Jamais terminée malgré des trêves, la guerre est coûteuse, dévoreuse de monnaie, ruineuse pour le trésor royal. Où trouver de nouvelles ressources pour la financer ? Le temps féodal n'est plus où l'on pouvait lever une armée sans la payer, où nobles vassaux et simples soldats devaient aide au souverain. Les soldats comme les routiers ont désormais une solde. La gabelle (taxe sur le sel), la taille (impôt sur chaque feu c'est à dire sur chaque famille paysanne) ne suffisent plus. Des levées "extraordinaires", les maltôtes, constituent des ponctions supplémentaires dans l'épargne privée des bourgeois ou dans celle des paysans. Le coût insupportable de la guerre frappe également la noblesse qui doit réunir l'argent de rançons énormes pour délivrer un seigneur prisonnier. Elle n'en a souvent plus les moyens et le combattant captif peut rester des années aux mains de l'ennemi. Par dizaines des lignages se sont ainsi éteints. Par domaines entiers les terres ont été laissées à un abandon forcé. Poussés par la guerre, les paysans se sont enfuis à l'abri des murailles des cités. Car à moins d'une ruse ou d'une trahison, la ville fortifiée demeure imprenable. Le siège, interminable pour les deux parties, est souvent abandonné. Mais les terres environnantes gardent longtemps les empreintes des exactions ennemies. Après le passage des hommes en armes, la campagne ressemble à un désert. Les bâtiments de ferme sont brûlés, les récoltes saccagées, les outils volés, les vignes, fours et moulins anéantis pour longtemps. Pour les paysans c'est le début de l'exode. En quête de sécurité ou de conditions de vie moins misérables, ils abandonnent derrière eux la terre laissée en friche, qui retourne vite à la forêt, au taillis ou en "épines". Pour les contemporains de Charles VII le bon temps était l'époque où tous avaient toujours de quoi manger. Ce temps est révolu. Mais l'occupant anglais et la guerre n'en sont pas les seuls responsables. Après un formidable essor, la France comme toute l'Europe subit une crise massive. Recul des espaces cultivés, mais aussi stagnation des rendements, pas d'amélioration dans l'outillage, régression de la production vivrière. Avant les méfaits de la guerre, c'était déjà le déclin des campagnes et leur dépeuplement : la courbe démographique a chuté. Les intempéries répétées et les famines qui s'ensuivent en sont les causes premières. Durant des décennies la hantise de la faim va obséder le paysan comme l'homme de la ville. Cependant le fléau majeur reste la Peste noire. Apparue au milieu du XIVe siècle, se prolongeant par poussées intermittentes au XVe siècle, la peste a traversé la France du sud au nord. Souffrant d'une sous-alimentation chronique, la population résiste mal aux chocs de l'épidémie. Selon les régions, le quart, le tiers, la moitié, parfois 80% de la population disparaît. De 1330 à 1450, le pays passe de 20 millions à 10 millions d'habitants ! Le mal a gagné partout en dépit des cordons sanitaires aux portes des villes, des feux d'herbes aromatiques dites “désinfectantes de l'air”, des pénitences collectives, des processions de flagellants, du massacre des Juifs rendus responsables de la calamité ou des recherches nombreuses de la Faculté de médecine. La mort qui fauche pareillement chevaliers ou vilains, pauvres ou riches, faibles ou forts, hante toute la population. La religion constitue un recours et devient plus individuelle. On appelle au repentir. Des prêcheurs haranguent les foules des villes. Pour leur édification on multiplie la représentation des Passions, des Mystères à grand renfort de machineries et de figurants. L'image de la mort est partout, dans les livres d'Heures ou ornant tombeaux et sépultures de macabres squelettes rongés par les vers. On se prépare à la mort en pratiquant une religion plus profonde, moins tournée vers la contemplation de Dieu que fondée sur l'idée du péché et de la crainte de l'Enfer. Aux malheurs des temps s'ajoute l'effondrement économique. L'économie d'échanges n'est plus regroupée autour de l'axe routier Flandre-Italie. Traversant les pays français, cet axe avait fait leur étonnante prospérité aux siècles précédents. Jadis carrefour commercial, la France se situe maintenant un peu à l'écart, dans une Europe qui a créé de nouveaux foyers économiques et des itinéraires marchands par mer, en Angleterre, aux Pays-Bas, en Italie ou en Espagne. Bruges, Gand, Anvers, Gènes, Barcelone, Londres ont remplacé les foires grouillantes de marchandises de la Champagne et de la Brie. La pénurie du numéraire, les désordres monétaires, l'abaissement très net du pouvoir d'achat du haut clergé comme des seigneurs ruraux, expliquent la paralysie de l'activité commerciale autant que les déplacements des grands circuits marchands. Comme celle des campagnes, l'activité urbaine a beaucoup décliné. Ruines, maisons branlantes, quartiers désertés attestent de l'appauvrissement général. Comme en milieu rural, le nombre des habitants a parfois diminué de moitié (de 40 000 à 20 000 à Toulouse). Les associations de métiers se durcissent et se sclérosent. Comparé à son confrère italien, le marchand des cités provinciales paraît singulièrement retardataire. Il vend un peu de tout (produits de première nécessité) sans pouvoir se spécialiser. En temps de disette, il est essentiellement pourvoyeur de grain. Symptôme des temps difficiles, la grande industrie drapière elle-même entre en décadence. Arras résiste cependant grâce à la fabrication nouvelle de la tapisserie de haute lisse, très à la mode dans les demeures nobles. Car le marasme n'est pas absolument général. En dépit du commun fléchissement de la fortune, quelques hommes s'enrichissent. Des entrepreneurs de guerre placent leurs immenses profits dans des seigneuries foncières. Des familiers du prince ou du souverain, directement branchés sur la fiscalité, font de prodigieuses ascensions. Tel Jacques Coeur, fils d'un pelletier de Bourges devenant l'homme le plus riche du royaume, maître des monnaies, grand argentier de Charles VII et anobli par lui. Construit en moins de dix ans, son hôtel particulier à Bourges a coûté la somme folle pour l'époque de 100 000 écus d'or. Quelques îlots exceptionnels de prospérité subsistent donc dans un pays politiquement cloisonné. Ainsi par exemple les capitales politiques comme Bourges mais aussi Paris ou Dijon. Les villes où résident les cours royales ou princières sont devenues des places de commerce ou d'argent. Là converge tout l'or des impôts. Levées sous prétexte de guerre, des sommes fabuleuses sont dépensées dans le luxe et les fêtes par les princes. La cour de Bourgogne est la plus brillante. Son palais de Dijon et ses châteaux de campagne regorgent d'objets et d'oeuvres d'art commandés aux Pays-Bas ou en Italie. On fait appel aux meilleurs compositeurs pour élaborer un nouveau style musical ; on charge les plus habiles artistes d'éclairer de vitraux les chapelles privées. Les tournois sont des spectacles réglés comme des ballets dont les livrets sont tirés des romans courtois. Les tombeaux des ducs de Bourgogne, avec à leurs pieds un cortège sculpté des princes du sang et des grands vassaux, ont vite fait école hors du duché. Moins fastueuse à Bourges, la cour de Charles VII va néanmoins retrouver tout son éclat à Paris, après qu'une petite paysanne entre en scène, triomphe de l'Anglais et permet le sacre du roi à Reims, le 17 juillet 1429. La France a à nouveau un vrai souverain, oint du Seigneur. En le sortant de son “exil”, Jeanne d'Arc semble avoir insufflé au roi l'énergie de se battre, et redonné aux Français la force de relever la tête. Ceux qui vivaient encore dans les territoires occupés ont compris que les Anglais “ne recherchaient qu'à les accabler et à les faire périr sous le poids des misères”. Le sursaut est général, enflammé par le revirement de la fortune des armes. Les soulèvements se multiplient, villes et places fortes tombent successivement aux mains des Français. Sagement conseillé, totalement transformé par ses succès, Charles VII se réconcilie avec le duc de Bourgogne qui reconnaît enfin sa légitimité. Grâce à la réorganisation complète de l'armée et son institution en corps permanent, l'Ile-de-France est reconquise. Paris est libéré, puis en quelques années toute la Normandie et la Guyenne. La France en a fini avec la présence anglaise et la guerre de Cent Ans. Dès lors elle peut reprendre haleine, se reconstruire. C'est ce à quoi toute la nation s'emploie durant les vingt dernières années du règne de Charles VII. Le roi est le principal acteur de cette rénovation. Secondé par des conseillers énergiques, nobles et bourgeois, il restaure l'autorité royale en mettant fin aux intrigues de cour et aux derniers États princiers. Mais ce triomphe de la royauté ne peut être durable que par l'union de toutes les régions au domaine de la couronne. Par confiscations, par la diplomatie, la rigueur ou par héritage, le domaine finira par s'élargir au-delà des limites du royaume. Bien administrer ce vaste territoire exige des réformes. Les "gens du roi" (agents de justice, sergents d'arme et de police, auxiliaires de tous rangs, clercs et laïcs) ont considérablement gonflé l'appareil administratif. C'est une lourde machine mais capable de fonctionner par elle-même, de gouverner efficacement avec son Parlement, sa Chancellerie, sa Chambre des comptes. Voulue par le souverain, la puissance publique se met en place de façon progressive mais profonde. L'ordre est rétabli dans la justice. Nomination des magistrats, exercice de leurs fonctions, règles de procédures sont fixées. La rédaction du droit coutumier, jusqu'alors oral, est inaugurée. En province, Grenoble, Toulouse, Bordeaux, Perpignan sont également dotés d'un Parlement. Des assemblées d'état répartissent les taxes. A force d'être sans cesse renouvelés pour l'effort de guerre, les impôts "extraordinaires" sont devenus réguliers. Sans violence, presque subrepticement, une transformation essentielle s'est produite dans la fiscalité : la monarchie a instauré un système d'imposition permanent qui remplit régulièrement les caisses de l'État. Pour faciliter la perception des impôts, on crée un corps de fonctionnaires spécialisés : généraux des finances et receveurs. Priorité est donnée aux campagnes. Toutes initiatives individuelles pour repeupler et remettre en culture les terres sont fortement encouragées. Des ordonnances royales favorisent la renaissance de l'activité économique : exemption d'impôt pour les paysans revenus cultiver les terrains en friches. Le roi offre également des primes à tous ceux qui débarrasseraient les campagnes et les abords des villes des hordes de loups, qui menacent jusqu'aux portes de Paris. Dans les champs, dans les vignes, dans les bois on travaille avec une ardeur redoublée. Les progrès de l'agriculture commencent à porter leurs fruits. Des villages nouveaux surgissent. Les cités relèvent leurs ruines. On constate une sensible reprise industrielle. Les fabrications se raniment, des industries nouvelles se développent. Jean Gobelin pratique à Paris la teinture de tapisseries auxquelles il a légué son nom. L'imprimerie est introduite à Lyon et dans la capitale. Les gisements de plomb argentifère sont relancés. Le système monétaire est enfin assaini. Mais sans “le support de la conscience nationale”, la reconstruction de la France serait fragile. L'unité de la langue devient un élément de l'unité française. De la Bretagne aux pays occitans, le français est langue officielle. Il se substitue partout au latin dans les actes de Chancellerie et tous les actes publics dans les parlements régionaux. Un véritable élan créateur prend son départ vers 1440. Né du gothique, l'art flamboyant transfigure le décor architectural. En même temps est née la grande peinture. Aux enluminures des livres, les amateurs préfèrent maintenant le tableau peint sur panneaux de bois. Il connaît son épanouissement dans l'oeuvre de Jean Fouquet, peintre du roi et de quelques grands personnages du royaume tel le Chancelier de France Guillaume Jouvenel des Ursins. Revenus à la cour à Paris avec Charles VII, les artistes, peintres, sculpteurs et maîtres verriers contribuent également à une vraie renaissance artistique. La capitale s'embellit de nombreux hôtels particuliers en pierre, de fontaines richement décorées. Les églises sont parées d'une exubérante floraison sculpturale de feuillages et d'arabesques qui expriment l'opulence et la joie de vivre retrouvées. Paris qui a survécu au désastre de la guerre de Cent Ans est plus que jamais au XVe siècle et bien au-delà, "le foyer où s'élabore les modes, où s'inventent les rites sociaux, où se définit le style de vie, où se forme le goût de tous ceux qui en Europe prétendent vivre noblement".

1420         Robert Campin peint 'La Madone à l'écran d'osier'. Robert Campin (vers 1378-1445), peintre, dit le "Maître de Flémalle" Issu d'une famille de Valenciennes, il fait une partie de son apprentissage à Dijon. Sa première apparition en tant que peintre se situe à Tournai où plusieurs acquisitions immobilières sont à son nom, ce qui dénote une certaine réussite matérielle. Entre 1418 et 1432, il devient chef d'atelier à Tournai et a comme élève Rogier van der Weyden. Il y rencontre probablement Jan van Eyck durant ses visites dans cette ville. Il va par la suite s'engager intellectuellement du côté des Français contre les pro-Bourguignons, ce qui lui occasionne plusieurs condamnations en justice.

1420         Robert Campin peint 'Nativité’

1420         à 1481 - naissance et mort de Jean Fouquet. Peintre et enlumineur, portraitiste réputé, Jean Fouquet est aujourd'hui reconnu comme l'un des plus grands créateurs de son temps. Au confluent des influences flamandes et toscanes qui dominent la peinture européenne de l'époque, son art renouvela profondément la peinture française du XVe siècle.

1420         vers - renaissance italienne. Mouvement humaniste, qui rejetant les valeurs médiévales tend à renouer avec la tradition gréco-romaine. Un des aspects essentiel de la Renaissance en tant que période est le renouvellement des thèmes et de l'esthétique en Europe. Donner des bornes chronologiques précises pour ce mouvement artistique est difficile. Il est couramment admis que la Renaissance artistique commence en Italie au XVe siècle siècle puis se diffuse dans le reste du continent, à des rythmes et des degrés différents selon la géographie. Elle se prolonge au XVIe siècle siècle et atteint alors dans de nombreux pays son apogée. La Renaissance ne constitue pas un retour en arrière : les techniques nouvelles, le nouveau contexte politique, social et scientifique permettent aux artistes d'innover. Pour la première fois, l'art pénètre dans la sphère du privé : les oeuvres ne sont plus seulement commandées par le pouvoir religieux ou séculier, mais entre dans les maisons bourgeoises. Régulier et Séculier sont des termes qui fréquemment dans la rhétorique religieuse sont opposés ; leur emploi est associé à la cosmologie percue par les sacerdotes. Séculier : qui vit dans le siècle. Désigne le pouvoir temporel, la justice de l'État, par opposition à spirituel. Par extension : laïc, non soumis à l'autorité et/ou l'influence religieuse. Clergé séculier: clergé non régulier; le clergé séculier regroupe donc les prêtres en paroisse, les diacres, les évêques, les cardinaux, etc. Régulier : soumis à une règle de vie, telle que celle des moines. Clergé régulier, obéissant à la règle d'un ordre monastique;  Renaissance artistique, la Renaissance, Rinascimento en Italien, est une période de renouveau littéraire, artistique, et scientifique, qui se produisit en Europe par la diffusion de connaissances nouvelles parmi un milieu lettré. Un des aspects essentiels de la Renaissance en tant que période est le renouvellement des thèmes et de l'art en Europe après le Moyen Âge. Donner des bornes chronologiques précises pour ce mouvement artistique est difficile. Il est couramment admis que la Renaissance artistique commence en Italie au XVe siècle puis se diffuse dans le reste du continent, à des rythmes et des degrés différents selon la géographie. Elle se prolonge au XVIe siècle et atteint alors dans de nombreux pays son apogée. La Renaissance ne constitue pas un retour en arrière : les techniques nouvelles, le nouveau contexte politique, social et scientifique permettent aux artistes d'innover. Pour la première fois, l'art pénètre dans la sphère du privé : les oeuvres ne sont plus seulement commandées par le pouvoir religieux ou séculier, mais entre dans les maisons bourgeoises.

1420         Sciences en Europe durant la Renaissance, la Renaissance en Europe (qui commença en Italie), fut une période qui se termina par une véritable révolution scientifique. Des théories tout à fait nouvelles sont apparues, remettant en cause la façon dont l'homme voyait le monde et sa place dans ce dernier. En fait, ce que l'on appelle couramment la Renaissance commença beaucoup plus tôt en Italie et à Avignon, que dans le reste de l'Europe (ce mot commença seulement à se répandre), et surtout en France, qui resta longtemps affectée par les soubresauts de la guerre de Cent Ans. Dès le XIVe siècle (Trecento), on vit des foyers de Renaissance apparaître à Venise, Sienne, Florence, Rome et encore davantage au XVe siècle (Bruges et les cités flamandes, Rhénanie, Alsace, Bourgogne, Portugal, Castille, Bourges, etc.). Les raisons de cette Renaissance sont multiples, comme : la redécouverte dès le XIIe siècle des textes anciens (Aristote) conservés et enrichis par les Arabes, l'invention du papier (importé de Chine), l'invention de l'imprimerie (1453) (également importée et améliorée par Gutenberg) qui permit de diffuser en plus grand nombre des livres (les copies sur manuscrit prenaient du temps) et surtout de publier des livres en langues vernaculaires à la place du latin, donc de propager la culture, les progrès en géographie et en cartographie (Pierre d'Ailly et l'Imago mundi de 1410, cartes de Fra Mauro en 1457), les progrès techniques autour de la navigation (caravelle) et du positionnement (boussole, sextant, etc.), l'expansion de l'exploration maritime autour du continent africain (Portugais), puis vers le nouveau monde, la naissance du protestantisme et de l'hermétisme qui força l'Église catholique romaine à se remettre en cause, amorçant ce qui sera une séparation de la science et de la religion. Copernic vécut pendant la Renaissance, mais les possibilités de diffusion de l'information n'étaient pas encore telles que ses idées, pas toujours si mal acceptées au départ, pussent être diffusées largement. On ne peut pas parler de révolution copernicienne au sens propre pour la Renaissance (elle fut un peu postérieure). Toutefois, il y eut bien un changement radical de vision du monde, qui portait davantage sur la prise de conscience par le plus grand nombre de la rotondité de la Terre (on le savait depuis le XIIe siècle au moins dans les milieux cultivés), dès l'instant que les navigateurs eurent traversé l'Atlantique. En particulier, les voyages de Christophe Colomb eurent un retentissement considérable. Les progrès scientifiques et techniques de la Renaissance, ainsi que le renouveau dans les autres domaines (art) furent l'une des causes de l'extraordinaire période d'explorations par les navigateurs européens, d'abord portugais, et italiens, puis espagnols et français, qualifiée de grandes découvertes, qui permit à l'Europe de s'assurer la suprématie mondiale.

1421         Le dauphin Charles VII n'a pas cessé de guerroyer contre les Anglais. Sept mille Écossais sont venus se mettre à sa solde, mais en général le sort des armes ne lui est pas favorable.

1421         3 janvier Le dauphin Charles VII est banni du royaume.

1421         22 mars Victoire du dauphin Charles VII et des Écossais sur les Anglais à Baugé. Bataille de Baugé, le 21 mars 1421, la bataille de Baugé voit la défaite de l'armée anglaise du duc de Clarence (environ 3000 hommes) face à l'armée franco-écossaise de Motier de la Fayette et du comte écossais John Stuart de Buchan. Cette bataille est la première défaite anglaise en bataille rangée depuis 1415.

1422         2 juin Mariage du Dauphin Charles VII avec Marie d'Anjou. Marie d'Anjou (1404-1463). Fille de Louis II d'Anjou, duc d'Anjou et roi titulaire de Naples, et de Yolande d'Aragon, Marie est née le 14 octobre 1404 à Angers. Elévée auprès de son futur époux, ils furent mariés en avril 1422 à Bourges. Elle est couronnée reine de France en 1422 avec son époux, Charles VII de France - fils de Charles VI et d'Isabeau de Bavière.

1422         31 août Mort de Henri V, son fils Henri VI d'Angleterre (10 mois) lui succède. Henri VI d'Angleterre (6 décembre 1421 - 27 mai 1471), roi d'Angleterre, était le seul enfant du roi Henri V d'Angleterre. Sa mère était Catherine de Valois. Henri fut déposé le 4 mars 1461, par Édouard IV. Restauré sur le trône le 30 octobre 1470, il fut à nouveau déposé le 11 avril 1471. Il fut mis à mort, en secret, à la Tour de Londres.

1422         21 octobre Mort de Charles VI et de Henri V d'Angleterre; On ne sait quelle affection emporte le roi, qui meurt à cinquante-quatre ans. Alors qu'il a perdu la raison des années plus tôt, le roi est lucide au moment de mourir. Peu avant de rendre l'âme, il dit à sa fille Marguerite : “Ma fille, je te donne… Mais j'oublie que le roi de France ne possède plus rien !… Il ne peut plus donner que sa bénédiction”. A l'annonce de la mort du roi, Jean-Juvénal des Ursins rapporte : “Les François-Anglois commencèrent à crier : vive le roi Henri de France et d'Angleterre, et criaient Noël comme si Dieu fut descendu du ciel”. En dépit de leur joie, c'est Charles VII, surnommé quelques années plus tard “le Victorieux”, qui lui succède. Henri VI, qu'Henri V a eu de la fille de Charles VI, âgé seulement de dix mois, est proclamé à Paris roi de France et d'Angleterre, tandis que le dauphin Charles se proclame roi de France à Mehun-sur-Yèvre (en Berry), sous le nom de Charles VII. La règne de Charles VI a été désastreux pour la France. Pendant que le pays était livré aux horreurs de la guerre civile, ceux qui prétendaient le gouverner au nom du roi fou l'exploitaient indignement, et finalement en vendaient aux Anglais la plus grande partie. La reine Isabeau, qui a marqué ce long règne de ses débauches et de ses exactions, survit à son complice Henri V d'Angleterre jusqu'en 1435. Charles VI passa presque toutes les années de sa folie dans une sorte d'internement, livré aux soins d'une compagne, Odette de Champdivers, qui inventa pour le distraire, dit-on, les cartes à jouer. Lors de la mort de Charles VI, les Armagnacs et les Bourguignons étaient encore en guerre : les premiers représentaient le parti du dauphin, les Bourguignons étaient inféodés aux Anglais.

1422         Avènement de Charles VII (né en 1403). - A ce moment, il ne possède que la Touraine, l'Orléanais, le Berry, l'Auvergne et le Dauphiné: il a fixé sa capitale à Bourges, aussi les Anglais l'appellent-ils par dérision le roi de Bourges. Tout le reste du royaume, tel qu'il était à l'avènement de Charles VI, est entre les mains des Anglais qui, tout au moins, en occupent les points les plus importants, et gouverné par leur duc de Bedford; celui-ci, allié avec le duc de Bourgogne, continue la conquête de la France. Charles VII est entouré de capitaines braves et dévoués, tels que La Hire, Xaintrailles, le connétable de Richemond, mais il manque de ressources pour soutenir efficacement la lutte. D'ailleurs, bien qu'il ait donné à l'occasion des preuves de bravoure, il est indolent et prodigue et sacrifie tout au plaisir.

1422         CHARLES VII (1422-1461)

1422         Charles VII le Victorieux. Lorsque Charles VI meurt abandonné de tous, Charles VII, qui avait fui les Bourguignons et sa mère (Isabeau de Bavière), s'était réfugié à Bourges en 1418 déshérité par sa mère en 1420 il n'est pas vraiment le roi de France. La reconquête du royaume est sa tâche primordiale, mais les premières années sont difficiles, l'armée royale est battue à Cravant en 1423 puis à Verneuil-sur-Avre en 1424 par les Anglo-Bourguignons qui font le siège d'Orléans en 1428. Progressivement un élan de résistance nationale s'incarne dans la personne de Jeanne d'Arc à partir de 1429. Les états du Languedoc votent des subsides pour le roi de Bourges, Charles VII peut ainsi lever une armée, tous les états du midi repondent à son appel. Les occupants commencent à avoir des problèmes des troubles éclatent un peu partout. Dans certaines régions de France les occupants avaient été accueillis favorablement, Flandres, Normandie, Paris, parce qu'ils promettaient l'ordre et la prospérité mais ils n'apportèrent que la guerre et la famine. Les Anglais réagissent avec vigueur mais les effectifs manquent. Lorsque les Anglais commandés par le duc de Bedford (Jean de Lancastre) font le siège d'Orléans, le Dauphin se sent perdu. C'est à ce moment qu'il reçoit la visite de Jeanne d'Arc une petite paysanne de Donrémy à qui dieu avait donné la mission de faire couronner le roi à Reims et de bouter l'Anglais hors de France. Le roi lui confie une petite armée commandée par Dunois pour porter main forte aux assiégés d'Orléans. Lorsqu'elle se présente sous les murs d'Orléans, les Anglais sont déconcertés et les assiègés réconfortés. Le 8 mai 1429 les Anglais lèvent le siège. Elle accomplit la première partie de sa mission divine le 17 juillet 1429 le roi est sacré à Reims. Toute la France apprend alors qu'elle a un roi guidé par la pucelle. La foi de Jeanne se communique dans toute la France. La contre offensive est pour les Anglais et les Bourguignons de la faire passer pour une sorcière, surtout auprès du clergé du nord favorable aux occupants. Jeanne échoue dans la libération de Paris, car les Parisiens lui sont hostiles. Un coup de main des Bourguignons leur permet de capturer Jeanne qui est aussitôt remise aux Anglais qui font une grande opération "médiatique" de son procès la faisant condamner par des juges français et brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431. Jeanne avait réveillé contre l'occupant anglais la conscience nationale, son martyre allait faciliter la réconcilliation des Français. Le roi bénéficie alors d'hommes de guerre valeureux comme Lahire, Xaintrailles ou le connètable Richemond. Mais la France comme l'Angleterre et la Bourgogne est exangue. L'initiative vient du duc de Bourgogne qui propose une trève, les Anglais refusent mais Charles VII accepte. C'est la paix d'Arras en 1435. Des concessions importantes sont faites aux Bourguignons mais elles brisent l'alliance des Bourguignons avec l'Angleterre ce qui permet au roi de reprendre Paris et d'y faire son entrée en 1437. En 1438 le roi publie la pragmatique sanction de Bourges dans laquelle le clergé français est placé sous la coupe du roi et non du pape. Il peut notamment, intervenir dans les élections des prélats. L'année suivante le clergé français accepte ce texte, il a choisi son maître. En 1440 a la suite d'une réforme de l'armée, une révolte seigneuriale visant à renverser le roi et placer sur le trône le dauphin, futur Louis XI, éclate. Elle sera appelée Praguerie. Le meneur est cousu dans un sac et jeté à l'eau, le dauphin est exilé dans le Dauphiné. En 1444 les Anglais acceptent une trêve de 5 ans que Charles VII utilise à réorganiser l'armée, créant des compagnies d'ordonnances et d'archers, ainsi que les finances, la taille est devenue depuis 1439 un impôt permanent. La reprise de la guerre en 1449 marque la fin de la reconquête du sol national. La Victoire de Formigny en 1450 ramène la Normandie dans le giron français puis la victoire de Castillon-la-Bataille la Guyenne et Bordeau en 1453. La guerre de 100 ans se termine les Anglais ne possèdent plus en France que Calais. Charles VII introduisit dans les moeurs de la royauté française un nouveau personnage celui de la favorite officielle du roi en la personne de Agnès Sorel. Elle lui donna 4 filles que le roi reconnut. Elle mourut en 1450 et fut rapidement remplacée par sa cousine Antoinette de Maignelais.

1422         30 octobre Le dauphin se proclame roi à Bourges.

1422         Le duc de Bedford (Jean de Lancastre) gouverne au Nord de la Loire au nom de Henri VI d'Angleterre. Jean de Lancastre, duc de Bedford (1389-Rouen 1435), parent des souverains anglais, il fut régent du royaume de France à partir de 1422. Troisième fils d'Henri IV et de Marie de Bohun. Il est le frère d'Henri V et l'oncle d'Henri VI. En 1423 Jean duc de Bedford épouse Anne de Bourgogne (?-3 novembre 1432) fille de Jean sans Peur, duc de Bourgogne et de Marguerite de Bavière-Hainaut. En 1433 il épouse Jacquette de Saint-Pol (1416?-1472). Il fut duc de Bedford, comte de Richemont, connétable d'Angleterre, et se fit nommer duc d'Anjou et comte du Maine.

1423         à 1429 - Au cours de la lutte contre les Anglais, les Français et les Écossais, qui combattent avec eux, sont battus dans toutes les rencontres: à Cravan (1423), à Verneuil (1424), à Rouvray (1429) où ils ont la satisfaction platonique de détruire un convoi de harengs destiné au ravitaillement des Anglais, ce qui a fait donner à cette affaire le nom de Journée des Harengs. Aussi les Anglais ont-ils pu descendre jusqu'à Orléans, qu'ils assiègent et autour de laquelle ils ont élevé des bastilles. Une bastille (de l'ancien provençal bastida, qui a donné aussi "bastide") est un ouvrage de fortification, bâti pour défendre une place. Il revêt souvent la forme d'un château fort à l'entrée d'une ville. Par extension, le terme peut désigner une ville neuve fortifiée, dans le Midi de la France.

1423         3 juillet Naissance de Louis (futur Louis XI) à Bourges. Louis XI de France, né le 3 juillet 1423 à Bourges, mort le 3 août 1483 au Château de Plessis-lez-Tours (commune de La Riche, Indre-et-Loire), fut roi de France de 1461 à 1483, sixième roi de la branche dite de Valois de la dynastie capétienne.

1423         30 juillet Victoire des Bourguignons et des Anglais sur Charles VII à Cravan.

1423         Le Français est encore utilisé dans institutions officielles en Angleterre.

1424         17 août Défaite des Français et des Écossais à Verneuil contre les Anglais. La situation de Charles VII est presque désespérée. Les Anglais, auxquels Isabeau de Bavière, mère du Dauphin, a donné le royaume de France lors du traité de Troyes, sont à Paris. En ce 17 août, ce sont des troupes disparates qui au nom du Dauphin font face à celles du duc de Bedford : auprès des bandes d'Étienne de Vignolles, qu'on appelle La Hire, du comte d'Aumale, il y a là des Lombards, des Piémontais et qui plus est quelques Écossais, des Anglais même et des Normands. A peine la bataille s'engage-t-elle que les Lombards et les Piémontais se débandent. Les flèches des archers anglais pleuvent. Les Écossais sont massacrés. Aumale est tué. En quelques heures, l'armée du roi de France n'est plus rien.

1425         13 mai Jeanne d'arc est conduite devant Robert de Baudricourt, gouverneur de Vancouleurs qui la renvoie. Robert de Baudricourt, Seigneur du lieu, de Blaise, Buxy et Sorcy. Capitaine de Vaucouleurs depuis 1415, châtellenie du duché de Bar, dont relevait le village de Domrémy. Conseiller et chambellan de René d'Anjou. Mort entre février et août 1454.

1425         7 octobre Traité de Saumur. Quoiqu'il ne soit encore que le Dauphin et que son royaume soit dérisoirement appelé le royaume de Bourges, Charles VII, dit bientôt “le Victorieux” reçoit l'hommage du duc de Bretagne Jean V de Bretagne.

1426         à 1516 - naissance et mort de Giovanni Bellini, peintre italien de la Renaissance, considéré comme le précurseur de l'école vénitienne (Titien, Tintoret, Tiepolo, Veronèse, etc.). Bellini marque la rupture définitive avec le style gothique, par son attachement à la rigueur géométrique, et par ses oeuvres qui effacent la différence entre monde sacré et profane.

1427         Masaccio peint 'Adam et Eve chassés du paradis'.

1428         12 octobre Début du siège d'Orléans par les Anglais.

1428         Sièges du Mont-Saint-Michel et d'Orléans par les Anglais.

1429         12 février : À la bataille de Rouvray, dite "journée des Harengs", de nombreux défenseurs de la ville d'Orléans meurent dans une expédition pour s'emparer d'un convoi de ravitaillement - des harengs - destinés aux Anglais. Orléans cesse de recevoir des secours.

1429         13 février Après avoir convaincu Robert de Baudricourt, Jeanne d'Arc part à la rencontre du Roi.

1429         à 1431 - Mission et actes de Jeanne d'Arc. - Jeanne d'Arc, fille de pauvres gens de Domrémy (village de Lorraine), est née en 1412. Vers l'âge de treize ans, elle a commencé à avoir des visions au cours desquelles, dit-elle, l'archange saint Michel et des saintes lui sont apparues, et lui ont ordonné de délivrer la France des Anglais. Elle se défend pendant cinq ans, que durent ces manifestations de l'au-delà, d'accepter cette mission pour laquelle elle ne se voit pas faite. Cependant, dans sa province reculée, les gens souffrent cruellement de l'état de guerre permanent ; le bruit des défaites des compagnons du roi de France est parvenu jusqu'à eux ; ils n'ignorent pas qu'Orléans qui est le dernier rempart de la monarchie est dans une position précaire. Ces dernières nouvelles emportent le consentement de Jeanne. Elle va raconter ses visions au capitaine du pays pour le roi, le sire de Baudricourt, et le somme de la faire conduire auprès de Charles VII ; Baudricourt commence par la rebuter, et enfin ébranlé par la conviction de la jeune "pastoure", il consent à son départ, lui facilite l'achat d'un cheval et de vêtements masculins, lui donne une épée et une escorte de six hommes d'armes. Après un voyage de vingt jours, Jeanne arrive à Chinon où se tient la Cour. Charles VII ne la laisse que trois jours plus tard pénétrer auprès de lui, encore s'est-il mêlé à la foule des courtisans pour voir si elle le reconnaîtra, mais elle va à lui sans hésitation. Le roi des cieux, lui dit-elle, vous mande par moi, gentil dauphin, que vous serez sacré et couronné à Reims. Après divers incidents, le roi, gagné lui aussi, ainsi que son entourage, par l'assurance de celle qui se dit envoyée de Dieu, consent à lui confier quelques troupes avec lesquelles elle part pour faire lever le siège d'Orléans. Jeanne d'Arc réussit à pénétrer le 20 avril dans Orléans où les assiégés, confiants dans sa mission et subjugués par son ascendant, se rangent sous ses ordres : en quelques jours, elle rétablit la discipline, réorganise la défense et dirige de sa personne plusieurs coups de main hors des murs, au cours desquels différentes bastilles sont enlevées aux Anglais. Le 7 mai, malgré l'avis des capitaines, elle ordonne une grande sortie qui donne lieu à un violent combat où elle est blessée, mais les Français, après avoir été sur le point de lâcher pied, sur ses exhortations reprennent vigoureusement l'offensive et remportent la victoire. Le lendemain, les Anglais épouvantés lèvent le siège. C'est cet événement que la ville d'Orléans en particulier, et la France en général, commémorent par de grandes fêtes le 8 mai. Les Français, électrisés par ce succès magnifique, suivent dès lors aveuglément Jeanne d'Arc. Sous ses ordres, ils pourchassent les Anglais en retraite, leur reprennent Jargeau, Beaugency et Meung. Enfin, le 18 juin, elle remporte à Patay une nouvelle grande victoire qui lui ouvre la route de Reims ; Troyes et Châlons lui font leur soumission. Le gouverneur bourguignon de Reims est contraint par l'enthousiasme populaire d'ouvrir les portes de la ville à Jeanne et à Charles VII. Le 17 juillet, en présence de Jeanne d'Arc, des capitaines et de l'armée, a lieu dans la cathédrale le sacre solennel de Charles VII par l'archevêque Regnault de Chartres, que le retour des Français a remis en possession de son siège. Jeanne est décidée à poursuivre sans autre répit les Anglais, mais les chefs de l'armée, jaloux sans doute de l'ascendant qu'elle pourrait prendre sur le roi, ne la secondent que mollement. Cependant elle vient attaquer Paris (fin août 1429), et bien qu'elle manque des moyens nécessaires pour une aussi grosse entreprise, elle tente de forcer l'entrée de la ville par la porte Saint-Honoré. La ville est sur le point d'être prise, lorsque Jeanne est blessée : ses troupes l'entraînent en arrière, et les Anglais restent maîtres de la place. Jeanne continue de tenir la campagne, mais le mauvais vouloir des chefs des troupes paralyse ses efforts et elle ne remporte plus que des succès sans conséquence. En 1430, le duc de Bourgogne étant venu mettre le siège devant Compiègne, qui tenait pour le roi de France, les habitants demandent le secours de Jeanne ; tout ce que l'héroïne peut obtenir de Charles VII est un renfort de 70 hommes, avec lequel elle essaye de bousculer dans une sortie les assiégeants (24 mai). La sortie est malheureuse; d'ailleurs les Français n'étaient pas en force ; en rentrant en désordre et précipitamment dans la ville, ils abandonnent Jeanne qui vient d'être blessée, et tombe aux mains des Bourguignons, dont le chef, Jean de Luxembourg, la vend aux Anglais (novembre 1430). Conduite à Rouen où elle est emprisonnée, Jeanne expie par toute sorte de mauvais traitements ses victoires sur les Anglais : ceux-ci l'accusent de sorcellerie pour se débarrasser plus facilement d'elle en se réservant les apparences du bon droit. Un tribunal est formé soi-disant pour la juger, mais qui a en réalité pour mission de la condamner. En effet, après diverses péripéties où se révélèrent manifestement la duplicité et la rancune des Anglais, Jeanne est condamnée à être brûlée vive et subit héroïquement le dernier supplice le 30 mai 1431. L'histoire a gardé le nom, à jamais souillé, du personnage qui, pour complaire aux Anglais, dirigea ce procès inique de manière à le faire aboutir à la condamnation de Jeanne d'Arc: c'était Cauchon, évêque de Beauvais.

1429         23 février Jeanne d'arc est à Chinon. Chinon est une commune française, située dans le département d'Indre-et-Loire et la région Centre.

1429         6 mars Rencontre entre Jeanne d'arc et Charles VII à Chinon. Cette jeune paysanne lorraine convaincue de sa mission, bouter les Anglais hors de France et conduire jusqu'au trône celui qui n'est encore que le “roi de Bourges” ­ rencontre enfin celui qu'elle appelle son “Gentil Dauphin”, qu'elle reconnaît bien qu'il se soit mêlé aux personnages de sa cour. Elle le convainc de sa légitimité et obtient de lui les moyens militaires qu'elle demande.

1429         29 avril L'armée de Jeanne d'arc arrive devant Orléans.

1429         8 mai Jeanne d'Arc délivre Orléans. Le 28 avril, Jeanne d'Arc a quitté Blois avec une armée. Le lendemain, elle est à Orléans. Elle reprend aussitôt deux bastides. En ce 8 mai, les Anglais défaits lèvent le siège.

1429         12 juin Victoire de Jeanne d'Arc à Jargeau. Jargeau est une commune française, située dans le département du Loiret et la région Centre. Elle est située sur la rive gauche de la Loire, en face de la commune de Saint-Denis de l'Hôtel et à une vingtaine de kilomètres en amont d'Orléans.

1429         15 juin Prise de Meung par Jeanne d'Arc. Meung-sur-Loire est une commune française, située dans le département du Loiret et la région Centre.

1429         17 juin Prise de Beaugency par Jeanne d'Arc. Beaugency est une commune française, située dans le département du Loiret et la région Centre.

1429         18 juin Jeanne d'Arc emporte la victoire à Patay. Patay est une commune française, située dans le département du Loiret et la région Centre.

1429         10 juillet Prise de Troyes.

1429         16 juillet Charles VII entre à Reims.

1429         17 juillet Sacre de Charles VII à Reims. Sous l'influence de Jeanne d'Arc, Charles VII se fait sacrer à Reims et commence la reconquête de son royaume. C'est en hâte que, la veille, on a décoré la cathédrale pour le sacre du roi qui, avec sa petite troupe, a traversé des terres peu sûres occupées encore par la soldatesque anglaise et bourguignonne. En présence de Jeanne d'Arc qui l'a convaincu de venir à Reims malgré les avis contraires de certains de ses conseillers, le roi est enfin, à vingt-six ans, définitivement légitimé par ce sacre. Lors de l'un de ses interrogatoires, en mars 1431, on demande à Jeanne : “Pourquoi votre étendard fut-il porté en l'église de Reims, au sacre, plutôt que ceux des autres capitaines ?” “Il avait été à la peine, c'était bien raison qu'il fut à l'honneur”.

1429         8 septembre Jeanne d'Arc blessée échoue devant Paris.

1430         16 mai Début du siège de Compiègne par les Bourguignons.

1430         22 mai Jeanne d'Arc entre dans Compiègne.

1430         23 mai Jeanne d'Arc est capturée par les Bourguignons devant Compiègne. Jeanne d'Arc entre dans la ville à l'aube. Le soir, au cours d'une sortie, elle est faite prisonnière. Elle est vendue aux Anglais par un Bourguignon du nom de Jean de Luxembourg pour la somme de 10 000 livres tournoi.

1430         21 novembre Jeanne d'Arc est livrée aux Anglais.

1430         à 1479 - naissance et mort de Antonello de Messine, est sans doute un des plus méconnus du grand public: moins de cinquante oeuvres dispersées de Dresde à New York, Paris ou Venise. Incomparable portraitiste, il introduit la lumière du Nord dans les perspectives apprises de Piero della Francesca. Et marie le tracé gothique à la sensualité de Giovanni Bellini: mais on ne se trompe jamais sur sa manière. Il peint des personnages inquiétants, et un Christ au tombeau soutenu par les anges qui paraît presque adolescent. Ses Vierges sont parmi les plus belles de l'iconographie chrétienne, son saint Sébastien presque païen dans un savant décor de songe.

1431         3 janvier Henri VI d'Angleterre charge Pierre Cauchon, évêque de Beauvais du procès de Jeanne d'Arc. Pierre Cauchon est né vers 1371 à Reims ou dans les environs. Il est l'un des membres actifs du parti réformiste, gallican et bourguignon. En 1420, sur la recommandation de Henri V, duc de Bourgogne, il devient évêque de Beauvais et à ce titre est le principal animateur du procès de Jeanne d'Arc puisque cette dernière a été prise dans son diocèse, à Compiègne. Après sa mort, il est nommé, en 1431, évêque de Lisieux. Il meurt à Rouen en 1442.

1431         9 janvier Début du procès de Jeanne d'Arc.

1431         13 février des délégués de l'université de Paris arrive pour le procès de Jeanne d'Arc.

1431         13 mai Jeanne d'Arc est reconnue coupable et condamnée à abjurer.

1431         14 mai L'université de Paris apporte sa caution au procès de Jeanne d'Arc.

1431         24 mai Jeanne d'Arc abjure et évite la condamnation à mort.

1431         29 mai Jeanne d'Arc est déclarée relapse et condamnée à mort. Relaps est le terme sous lequel l'autorité religieuse désigne un adepte retombé dans ce qu'elle considère comme une hérésie après qu'il y avait solennellement renoncé. Jacques de Molay, dernier Grand-Maître de l'Ordre du Temple fut exécuté comme relaps après être revenu sur les aveux qu'il avait consentis sous la torture. Et Jeanne d'Arc fut exécutée comme relaps pour avoir malgré sa promesse porté des vêtements d'homme, bien que ses vêtements féminins lui avaient été retirés. D'une façon générale, tout suspect de l'inquisition (nouveau converti, marranes) était d'abord soupçonné d'être un relap

1431         30 mai Exécution de Jeanne d'Arc place du vieux marché à Rouen. Elle a dix-neuf ans. Sur la place du marché où elle est conduite pour être brûlée, un panneau rappelle que Jeanne est, selon le tribunal qui vient de la juger pour la seconde fois, “menteresse, pernicieuse, abuseresse du peuple, devineresse, superstitieuse, blasphématrice de Dieu, présomptueuse, mal créante de la foi de Jésus-Christ, venteresse, idolâtre… hérétique”. Alors que les flammes commencent à s'élever autour d'elle, Jeanne crie : “De l'eau ! Jésus !” Ses cendres seront jetées dans la Seine.

1431         à 1435 - Charles VII n'avait tenté que peu d'efforts pour sauver celle à qui il devait d'avoir pu recouvrer une grande partie de son royaume. Cependant, la mort de l'héroïne provoqua une réaction favorable dans les esprits. Le roi se mit sérieusement au travail; tandis que ses capitaines continuaient à batailler contre les Anglais et les Bourguignons, il réorganisait le pays et entamait des négociations avec le duc de Bourgogne en vue d'une réconciliation avec celui-ci.

1431         13 décembre Trêve entre Charles VII et Philippe le Bon, duc de Bourgogne.

1431         16 décembre Henri VI d'Angleterre est sacré roi de France à Paris. Pour légitimer ses droits à la couronne de France, Henri VI d'angleterre se fait couronner roi à Paris. Mais Charles VII, parce qu'il avait été sacré à Reims le 17 juillet précédent, est seul reconnu pour roi légitime.

1431         à 1506 - naissance et mort de Andrea Mantegna. Dès sa première oeuvre, Mantegna est considéré comme le peintre le plus doué de sa génération en Italie du Nord, ce qui lui vaut la commande d'un retable pour l'Église Saint Zénon à Vérone. La Crucifixion du Louvre constitue la pièce centrale de la prédelle de ce retable, ramené par Napoléon Bonaparte et partiellement restitué depuis. Plusieurs innovations caractérisent ce retable, dont le thème principal est une Vierge à l'enfant entourée de saints (sainte conversation): la pièce centrale est unifiée alors qu'auparavant on avait plutôt à faire à des polyptyques. Mantegna utilise des éléments d'architecture tant à l'extérieur (dans l'encadrement) qu'à l'intérieur de la toile (loggia dont la profondeur est créée par des pilastres. Il fait également apparaître un élément décoratif dont il est le premier à faire usage: la guirlande avec fruits.

1431         Fondation de l'ordre de la Toison d'or. L'Ordre de la Toison d'or est un ordre de chevalerie autrefois prestigieux fondé à Bruges par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, à l'occasion de son mariage avec Isabelle de Portugal. Philippe le Bon portant le collier de l'Ordre de la Toison d'or. Cet ordre était destiné à rapprocher la noblesse bourguignonne de Philippe le Bon, ainsi que lui permettre d'honorer ses proches. Le premier chevalier fut Guillaume de Vienne. À la mort de Philippe le Bon en 1467, son fils Charles le Téméraire devint grand-maître de l'ordre, puis à la mort de ce dernier en 1477, son gendre Maximilien Ier du Saint Empire qui avait épousé Marie de Bourgogne. En effet, l'ordre ne se transmettait que par les hommes, ou, à défaut d'héritier mâle, à l'époux de l'héritière jusqu'à majorité du fils de celle-ci. Ainsi l'ordre arriva t il à Charles Quint qui en fit l'ordre le plus important de la monarchie habsbourgeoise. À l'abdication de l'empereur, la Toison passa à la branche espagnole jusqu'à la Guerre de Succession d'Espagne. Philippe V d'Espagne, petit-fils de Louis XIV, et nouveau roi d'Espagne continua à conférer l'ordre, mais la branche des Habsbourgs d'Autriche décida de reprendre l'ordre à son compte. Le droit international n'ayant jamais tranché la question il existe depuis lors deux Ordre de la Toison d'or, l'ordre autrichien et l'ordre espagnol (seul reconnu par la République Française).

1431         à 1463 - naissance et mort de poète François de Montcorbier, dit François Villon. Poète français. Né en 1431 ou 1432, orphelin de père, il est confié à maître Guillaume de Villon, chanoine et chapelain de Saint-Benoît-le-Bétourné, qui l'envoie faire des études à la faculté des arts. Mais, après avoir obtenu une maîtrise, il néglige l'étude pour aller courir l'aventure. À partir de cette époque, sa vie a pour toile de fond le lendemain de la guerre de Cent Ans et son cortège de brutalités, de famines et d'épidémies. Accusé du meurtre du prêtre Philippe Sermoise, son rival en amour, il est obligé de fuir Paris. Mais il obtient des lettres de rémission en janvier 1456. Peu après, il participe à un vol au collège de Navarre. De 1456 à 1461, il poursuit ses pérégrinations dans la vallée de la Loire, est emprisonné durant l'été 1461, mais libéré quelques mois plus tard à l'occasion d'une visite de Louis XI dans cette ville. De retour à Paris, il écrit le 'Testament' mais est encore arrêté en 1462. Il est alors torturé et condamné à la potence, mais le jugement sera cassé en appel en janvier 1463. La peine est commuée en dix ans de bannissement de Paris. On perd sa trace après ce dernier épisode.

1431         L'humaniste Lorenzo Valla publie 'De voluptate' et prend position dans une série d'écrits contre le pouvoir temporel du pape. Lorenzo Valla, dit aussi Laurentius della Vale (Rome, 1407–1457), humaniste, philosophe et polémiste italien. Valla enseigna à Pavie, Naples et Rome. Dans ses premiers travaux, il se présenta comme un porte-parole ardent d'un nouvel humanisme devant réformer la langue et l'éducation. Il rechercha des textes oubliés de l'Antiquité classique, pensant que l'esprit gréco-romain qui avait été perdu au Moyen Âge devait être rétabli. Connaissant aussi bien le grec que le latin, il fut choisi par le pape Nicolas V pour traduire 'Hérodote et Thucydide' en latin. Par sa focalisation sur des disciplines humanistes, c'est-à-dire la poésie, la rhétorique, l'éthique, l'histoire et la politique, il accorda une dignité spéciale à la vie et à la conduite de l'homme. Dans un travail exemplaire, Valla démontra que le long texte nommé 'Donation de Constantin' n'était qu'une contrefaçon grossière puisque le texte latin avait été écrit très vraisemblablement en 754, soit quatre siècles après la mort de Constantin Ier en 315. À 26 ans, il écrivit 'De Voluptate', un dialogue en trois livres qui analyse le plaisir et opte pour une condamnation humaniste de la scolastique et de l'ascétisme monastique. Agressif dans sa tonalité, cet ouvrage a été reçu avec hostilité. Dans 'l'Arbitrio de libero' il démontra que le conflit entre la prescience divine (la grâce) et la volonté du libre arbitre ne pourront jamais être résolus. Mais ce sont les six livres des 'Latinae de linguae Elegantiae' (1444) qui constituent son oeuvre maitresse. Il y présente une défense philologique brillante du latin classique dans laquelle il met en contraste l'élégance des travaux de la Rome antique (particulièrement ceux de Cicéron, Sénèque et Quintilien) avec la maladresse du latin d'Église médiéval. Ce travail eut une énorme influence et a connu 60 (ré)éditions dès avant 1537. Les recherches de Valla sur les erreurs textuelles dans la Vulgate ont conduit des érudits, Érasme entre autres, à étudier les Évangiles dans le texte grec originel.

1431         mort de Christine de Pisan.

1432         5 mars Ralliement du duc de Bretagne (Jean V de Bretagne), à Charles VII. Jean V de Bretagne, né le 24 décembre 1389, mort le 29 août 1442 à Nantes, au manoir de la Touche, duc de Bretagne de 1399 à 1442, fils de Jean IV, duc de Bretagne, et de sa troisième épouse Jeanne de Navarre.

1432         Jan van Eyck peint 'L'agneau mystique’

1433         Jan van Eyck peint 'La Vierge au chancelier Rolin’

1433         mort d'Alain Chartier.

1434         Premières expéditions portugaises vers l'Afrique. Le navigateur portugais Gil Eanes passe le cap Bojador au Maroc, limite sud du monde connu alors. Une tradition y voyait la limite symbolique et infranchissable entre Création et Chaos. Quinze expéditions envoyées par Henri le Navigateur ont échouées à le doubler depuis 1424. Eanes avance de cinquante lieux et trouve des traces d'hommes et de chameaux. Gil Eanes ou Gil Eannes était un navigateur et explorateur portugais du XVe siècle. Eanes était au service du prince portugais Henri le Navigateur. Il réalisa un nombre inconnu de voyages le long de la côte africaine. Lors d'une expédition en 1433, il atteint les îles Canaries. Il fut le premier européen à parvenir jusqu'au cap Bojador (aujourd'hui cap Boujdour, au Sahara occidental), en 1434. La découverte d'une possible route maritime au-delà du cap Bojador marqua le début des explorations portugaises de l'Afrique. Avant cette expédition, il existait une légende sur une mer des Ténèbres s'étendant après le cap Bojador, qui jusque là était le point le plus méridional de l'Afrique, connu des Européens. Gil Eanes réalisa un autre trajet, avec Alfonso Goncalves Baldaya, en 1435. Ils naviguèrent à environ 200 kilomètres au sud du cap Bojador, le long des côtes africaines. Cap Bojador, appelé aujourd'hui cap Boujdour, ce cap est situé au Sahara Occidental. Longtemps considéré comme la limite méridionale du monde, une légende disait qu'une mer des Ténèbres s'étendait après le cap Bojador, il était le point le plus méridional de l'Afrique, connu des Européens. Réputé infranchissable, il a été passé en 1434 par le navigateur portugais Gil Eanes, ouvrant la voie aux explorations portugaises de l'Afrique. Sous l'impulsion d'Henri le Navigateur en effet, les Portugais cherchaient une voie maritimes pour l'accès aux Indes. La progression vers le Sud, initiée entre autre par le passage de ce Cap, eut pour achèvement le voyage de Vasco de Gama aux Indes en 1497    

1434         Jan van Eyck peint 'L'Annonciation’

1435         21 septembre Traité d'Arras entre Charles VII et Philippe le Bon. Charles VII de France, et Philippe le Bon, duc de Bourgogne, signent la paix. Charles cède les comtés de Mâcon et d'Auxerre, la châtellenie de Bar-sur-Seine et les villes de la Somme au duc, qu'il dispense de tout hommage qu'un vassal doit à son suzerain pour toute la durée de sa vie. Au prix de concessions territoriales importantes, Charles VII réussit à détacher le duc de Bourgogne de ses alliés les Anglais, il abandonnait à Philippe le Bon les comtés de Mâcon et d'Auxerre, ainsi que quelques villes de la Somme: Abbeville, Amiens, Corbie, Péronne et Saint-Quentin que, d'ailleurs, il se réservait la faculté de racheter; mais ce sacrifice mettait fin à la lutte entre Armagnacs et Bourguignons. Traité d'Arras (1435). Par le traité d'Arras signé le 21 septembre 1435 le roi Charles VII cède les villes de la Somme, le comté de Mâcon et le comté d'Auxerre et à Philippe le Bon. Les villes de la Somme seront rachetés par Louis XI à Philippe le Bon.

1435         Fra Angelico peint 'L'annonciation’

1435         à 1494 - naissance et mort de Hans Memling. Peintre allemand, puis flamand. Considéré comme un grand maître dans sa ville d'accueil, Memling n'entre jamais dans la guilde, préférant rester indépendant. Il peint aussi bien pour une clientèle bourgeoise et relativement cultivée (sensible à la mode italienne) que pour la cour ducale. Son oeuvre est importante. On dénombre 30 portraits, 20 retables, 15 Vierges, 20 autres oeuvres sur divers sujets.

1435         à 1505 - naissance et mort de Jean Molinet. Chroniqueur et poète français. Son oeuvre poétique est très diverse. Outre les poèmes ampoulés dits de circonstance, il écrit des poésies religieuses, oeuvres peu originales, mais comportant des interprétations symboliques inattendues. D'autre part, il s'amuse à composer des parodies de textes sacrés, de prières liturgiques ou de sermons. Enfin, il écrit des poésies familières, genre auquel appartient Nymphes des bois. Si par sa mentalité, Jean Molinet n'appartient pas à la Renaissance naissante, mais encore au Moyen Âge, il s'intéresse au mouvement artistique de son temps. Il est l'ami de peintres et c'est un fin mélomane. Il connaît tous les termes techniques musicaux et fait souvent l'éloge de cet art : "Car la musique est la ressource des cieulx, la voix des angeles, la joye de paradis, l'esperit de l'aer, l'organe de l'église, le chant des oyselets, la recreation de tous coeurs tristes et desolés, la persecution et enchassement des diables..."    

1435         Olivier de La Marche écrit 'Mémoires' (1435-1488). Olivier de la Marche, le premier en date des poètes franc-comtois, né en 1426, au bailliage de Saint-Laurent, mourut en 1502. Il était connu surtout comme chroniqueur. Plus vrai que Froissard, au dire des auteurs du temps, il n'en avait cependant ni la légèreté ni le brillant.

1435         Début du Quattrocento. Le Quattrocento, contraction de mille quattrocento en Italien, correspond au XVe siècle italien ; s'y déroule le mouvement appelé Première Renaissance. Au Quattrocento, un profond changement s'opère en Italie. Une nouvelle ère fleurit, une ère qui rompt avec le Moyen Âge qualifié généralement d'ère de l'ignorance, c'est le début de la Renaissance.

1435         Van der Weyden peint 'Descente de croix'. Rogier Van der Weyden (Tournai, v. 1400 - Bruxelles, 1464) (en français Rogier de la Pasture) est un peintre belge. Apprenti de Jan Van Eyck, ses premières oeuvres reflètent l'influence de son maître, puis il s'en affranchit en introduisant un réalisme dans l'expression de ses personnages, êtres de chair et de sang. A côté des oeuvres à caractères religieux, il a réalisé de magnifiques portraits comme par exemple le portrait d'une jeune femme vers 1432.

1436         Prise de Paris par le Connétable de Richemont. Paris était toujours occupé par les Anglais. Les notables se concertèrent pour mettre fin à la domination étrangère. Dans ce but, à l'instigation de l'un d'eux, Michel Laillier, ils ouvrirent clandestinement les portes au connétable de Richemond qui reprit promptement possession de la ville. La garnison anglaise se retira dans la Bastille, d'où il lui fut permis plus tard de sortir sans dommage pour quitter la capitale. Connétable de Richemont : Arthur III de Bretagne (1393-1458), duc de Bretagne de septembre 1457 à décembre 1458, également connu sous le nom de connétable de Richemont. Il fut également duc de Touraine, comte de Richemond, de Dreux, d'Étampes, de Montfort et d'Ivry et baron de Parthenay. Second fils du duc Jean IV et de Jeanne de Navarre, il succèda à son frère Jean V de Bretagne. Il combat les Anglais avec son frère dès son plus jeune âge. Blessé et fait prisonnier à la bataille d'Azincourt en 1415, il reste cinq ans prisonnier en Angleterre. Il épouse en 1423, Marguerite de Bourgogne, fille de Jean sans Peur. Le 7 mars 1425, il fut nommé connétable de France par Charles VII. Ayant à ses côtés Jeanne d'Arc et Dunois, il commande l'armée française en 1429 et bat les Anglais à Beaugency et à Patay. De 1429 à 1457, il chasse les Anglais de Normandie et d'une partie de la Guyenne. C'est lui qui rétablit la discipline dans l'armée et crée les Compagnies d'Ordonnance (aujourd'hui gendarmes). Il devient Duc de Bretagne à la mort de son frère, mais ne règne qu'un an de 1457 à 1458. Il meurt à Nantes, sans postérité, le 24 décembre 1458.

1436         13 avril Libération de Paris du joug anglais. Ce sont les troupes du connétable de Richemont qui entrent dans Paris. Les Anglais n'abandonnent la ville que deux jours plus tard. Ce n'est que le 12 novembre 1437 que le roi lui-même pourra enfin faire une entrée solennelle dans sa capitale.

1436         24 juin Mariage du dauphin Louis (futur Louis XI) avec Marguerite d'Écosse. Marguerite d'Écosse (1424-1445), fille du roi Jacques Ier d'Écosse et de Joan Beaufort; mariée en 1436 avec le dauphin Louis, futur Louis XI; sans postérité connue.

1437         12 novembre Charles VII entre à Paris.

1437         Charles d'Orléans écrit 'La departie d'Amour’

1438         Une violente épidémie de peste désole Paris et une partie de la France.

1438         7 juillet Sanction de Bourges de Charles VII affranchissant l'église de la tutelle du pape. Le concile de Bourges édicte la Pragmatique Sanction qui règle les rapports du clergé de France avec le Saint-Siège et établit l'Église gallicane. La Pragmatique Sanction de Bourges est une ordonnance qui fut promulguée le 7 juillet 1438, par le roi de France Charles VII, avec l'accord du clergé réuni en assemblée à Bourges. Le roi s'affirme comme le gardien des droits de l'Église de France. Pragmatique sanction. Il s'agit d'un édit promulgué par un souverain pour régler définitivement une question importante. Ainsi, l'empereur d'Allemagne Charles VI du Saint-Empire règle sa succession en 1713 par une pragmatique sanction qui décide de la transmission de la couronne à l'héritier direct, quel que soit son sexe. Sa fille Marie-Thérèse Ière d'Autriche pourra ainsi lui succéder. Le gallicanisme est une doctrine religieuse et politique qui sous-tendait l'organisation d'une Église catholique de France largement autonome du pape. Le gallicanisme affirme la spécificité française, et rejette une trop grande intervention du Pape dans les affaires françaises. Il reconnaissait au Pape une primauté d'honneur et de juridiction, mais contestait sa toute-puissance, au bénéfice des conciles généraux dans l'Église et des souverains dans leurs États. En pratique cela se traduisit surtout par une mainmise étroite du souverain français (roi ou empereur) sur les nominations et les décisions des évêques. Bien que respectueuse de la papauté, cette doctrine posait néanmoins certaines limites à sa puissance ; elle enseignait en particulier que le pouvoir des évêques réunis en concile était plus grand que celui du pape. Au XVe siècle la France fit une première tentative de gallicanisme. En 1438, le roi Charles VII par la Pragmatique Sanction de Bourges, limite les prérogatives papales et affime la supériorité des décisions des conciles de Bâle et de Constance sur celles du pape.

1439         mai Le dauphin, Louis XI, est nommé gouverneur général du Languedoc.

1439         Il s'était formé un peu partout des bandes de malfaiteurs, hommes de guerre renvoyés sans solde, mercenaires étrangers sans emploi, gens sans aveu de toute sorte qui, sous le nom d'Écorcheurs, ravageaient la France. Charles VII convoqua en 1439 les États généraux à Orléans et obtint d'eux, sous le nom de taille permanente, les fonds nécessaires pour la création de troupes permanentes qui devaient rétablir partout l'ordre et la sécurité. La création de cette force royale inquiéta les seigneurs, qui y virent (non sans raison) un instrument à l'aide duquel la monarchie pourrait les dépouiller de leurs privilèges féodaux ; ils se révoltèrent contre le roi : ce mouvement fut appelé la Praguerie parce qu'il coïncidait avec une manifestation analogue qui avait lieu en Bohême ; Charles VII en vint à bout facilement. Charles VII conclut une trêve avec l'Angleterre et en profita pour persuader les Écorcheurs d'aller se battre pour le compte d'autres princes en Lorraine et en Suisse : il en enrôla cependant un certain nombre des plus braves dans ses troupes de récente création. La taille, c'est une imposition sur les personnes ou sur les biens, longtemps perçue par les seigneurs sur leurs serfs et censitaires, mais levée aussi parfois par eux pour le compte du roi : c'est jusqu'en 1695 le seul impôt direct. Noblesse et clergé sont exemptés de la taille. La taille personnelle est assise sur les facultés des taillables, qu'apprécient les collecteurs. La taille réelle porte sur les biens, par exemple sur la terre roturière, même si elle appartient à des privilégiés. La taille royale, établie en 1439 pour pourvoir aux besoins de l'armée permanente, ne pèse que sur les roturiers. Le roi fixe chaque année en son conseil le brevet de la taille, c'est-à-dire le montant global, réparti ensuite entre les généralités. Puis elle est répartie entre les élections par la commission de la taille, enfin entre les paroisses où la cote est faite par les asséeurs dans le rôle de taille. Les asséeurs sont des habitants élus dans le cadre de chaque paroisse pour établir, sous leur propre responsabilité, les rôles de la taille, qui est ensuite levée par les collecteurs. Par l'édit de mars 1600, les deux fonctions sont confondues. Pour éviter les inégalités et les abus de la taille personnelle, on s'efforce au XVIIIe siècle de mettre en place une taxation des revenus d'après un tarif fixé préalablement : c'est la taille tarifée. Taille. Impôt de l'Ancien Régime. La taille seigneuriale comme son nom l'indique est payée au seigneur par tous les sujets roturiers de son domaine, en particulier les serfs, en échange de la protection et de la sécurité assurées. La taille royale se substitue au XVe siècle à la taille seigneuriale. Le montant de cet impôt indirect, fixé par le Conseil du roi est réparti entre les diverses communautés, qui la prélèvent sur les roturiers. L'Ancien Régime désigne la période qui va du Moyen Âge à la Révolution française (XVIe - XVIIIe siècle).

1439         2 novembre Réunion des État Généraux à Orléans.

1439         novembre Ordonnance sur l'armée et la taille désormais monopole royal.

1439         Suppression des armées féodales, les troupes relèvent désormais du roi.

1440         invention de la presse à imprimer à caractères mobiles par Gutenberg. Gutenberg, Johannes Gensfleisch, imprimeur allemand plus connu sous le surnom de Gutenberg, vraisemblablement né à Mayence vers 1400, mort le 3 février 1468 dans sa ville natale, après un séjour de 1439 à 1444 à Strasbourg. Novateur dans l'usage des caractères mobiles, il est reconnu comme le premier imprimeur à avoir utilisé les caractères métalliques amovibles.

1440         février Révolte du dauphin et d'une partie de la noblesse contre Charles VII. Praguerie de la noblesse contre la suppression des armées seigneuriales. La Praguerie (1440) fut une révolte menée par les grands vassaux de France contre les réformes militaires du roi Charles VII. Le dauphin, futur Louis XI, fit partie des révoltés. La fronde fut nommée "praguerie" en allusion à la révolte des Hussites à Prague, au début du XVe siècle.

1440         27 octobre Exécution du maréchal de France Gilles de Rais. L'homme qui est aujourd'hui pendu et brûlé à Nantes a été le fidèle compagnon d'armes de Jeanne d'arc. C'est pour apostasie, hérésie, crime contre nature qu'il fut condamné ; en fait son procès semble avoir été aussi politique que l'avait été celui de Jeanne d'arc. (La légende a fait de cet homme une sorte de Barbe-Bleue qui aurait torturé, violé et égorgé des enfants.) Gilles de Rais, compagnon de Jeanne d'Arc, Baron de Rais, appelé Gilles de Rais (ou Gilles de Retz), surnommé Barbe-bleue (1404 - 26 octobre 1440), maréchal de France, exécuté pour meutres et sorcellerie. Il est apparenté à la famille de Montmorency. Il est seigneur de Rais, d'Ingrandes et de Champtocé. Crime d'apostasie, on nomme ainsi le fait d'abjurer sa croyance et d'abandonner sa vie chrétienne.

1441         19 septembre Charles VII reprend Pontoise.

1441         Début de la traite des Noirs au Portugal. Deux cent quarante esclaves sont vendus à Lagos. Pendant la seconde moitié du siècle, le Portugal aurait importé 140 000 esclaves Noirs. Traite des Noirs, pour reprendre les termes exacts de la définition du Dictionnaire de l'Académie française, la traite des noirs est "le commerce d'esclaves noirs". L'historien Olivier Pétré-Grenouilleau, dans son livre 'Les Traites négrières'. Essai d'histoire globale, estime à environ 42 millions le nombre d'esclaves qui furent déportés lors des trois grandes traites qu'il propose: la traite orientale, faite par les musulmans: 17 millions de personnes. la traite intra-africaine, faite par les royaumes Africains : 14 millions de personnes. la traite atlantique, faite par les Européens et les Américains : 11 millions de personnes. La motivation en aurait été avant tout économique, les esclaves servant principalement de main-d'oeuvre à bas coût. Le racisme a aussi servi à justifier la mise en esclavage. La traite atlantique, la plus connue et la plus intense, est celle qui a été pratiquée par les Européens (Anglais, Français, Hollandais, Portugais, etc.) et ensuite par les Américains. Cette traite est la plus connue car la plus récente et la mieux documentée. La traite atlantique commença en 1441, lorsque des Portugais ramènent dans leur pays les premiers esclaves noirs. En 1452, Le Pape Nicolas V autorisa le roi Alphonse V du Portugal à conquérir des terres africaines et à réduire des noirs en servitude perpétuelle, en les expropriant. Malgré les interdictions de l'esclavage par les papes Pie II dès 1462, Paul III en 1537, Pie V en 1568, Urbain VIII en 1639 et Benoît XIV en 1741, elle connut un important développement, notamment après la controverse de Valladolid, qui interdisait l'esclavage des Indiens. Les Indiens, qui servaient jusqu'alors de main d'oeuvre coloniale, avaient été décimés par les abus des européens, les conditions de travail et de vie, et n'étaient plus assez nombreux pour satisfaire le besoin européen en main d'oeuvre. Traite des Noirs. L'ère des grandes découvertes est aussi celle du grand esclavage. Ces nouveaux territoires conquis doivent être peuplés de travailleurs capables de mettre en valeur leurs richesses. Ainsi la chrétienté organise, à partir du début du XVIe siècle, la traite des Noirs. Il est stipulé en 1517 que chaque colon espagnol d'Haïti a le droit d'importer d'Afrique une douzaine d'esclaves. Les Anglais, cent ans plus tard, peuplent leurs colonies américaines et antillaises à grand renfort de bateaux chargés d'Africains, véritables "marchandises" que l'on peut vendre, acheter, céder, voire tuer. Vers 1790, l'ensemble de la traite des Noirs représente annuellement le transfert de 70 000 esclaves vers les diverses colonies européennes outre-atlantique. Il faudra attendre la déclaration des droits de l'homme pour que les premières voix abolitionnistes parviennent à se faire entendre. La traite orientale a concerné un territoire qui déborde de l'aire arabe ; les négriers n'étaient ni exclusivement musulmans, ni arabes : Persans, Berbères, Indiens, Chinois et Noirs ont participé à ces entreprises, à des degrés plus ou moins grands. D'un point de vue centré sur l'Occident, le sujet s'assimile à la traite orientale. Celle-ci a suivi deux types d'itinéraires au Moyen Âge : les routes terrestres à travers les déserts du Maghreb et du Machrek d'une part (itinéraire transsaharien) ; les routes maritimes à l'est de l'Afrique (Mer Rouge et Océan Indien) d'autre part (itinéraire oriental). Elle n'a pas eu les mêmes destinations que la traite transatlantique : elle a alimenté en esclaves noirs le monde musulman qui, à son apogée, s'étend sur trois continents, de l'océan Atlantique (Maroc, Espagne) à l'Inde et l'est de la Chine. Elle a été plus étalée dans le temps : elle commence dès le Moyen Âge et s'arrête au début du XXe siècle : le dernier marché aux esclaves est fermé au Maroc en 1920 ; environ 1/3 des Éthiopiens étaient des esclaves en 1923. La traite intra-africaine, la traite africaine aurait touché, tout comme la traite orientale, les femmes principalement. Certains hommes noirs importants les auraient achetées pour en faire leur femme et avoir des enfants avec elles. Selon Olivier Pétré-Grenouilleau, principal tenant de cette thèse en France, cette traite aurait fait environ 14 millions de victimes. La traite transatlantique, le Commerce triangulaire est l'une des formes de la traite des noirs. La traite consistait à transporter des marchandises d'un point à un autre. Cela s'appliquait tout aussi bien au blé, au vin, qu'aux esclaves noirs qui n'étaient que des "outils vivants". - Le Commerce triangulaire était une forme de traite, liée à l'exploitation du sol américain par les pays européens. Des navires partaient d'Europe avec divers articles de pacotille destinés au troc. Ils se rendaient dans les comptoirs côtiers d'Afrique où ils échangeaient leur marchandise contre des captifs. Les négriers transportaient ceux-ci dans les colonies d'Amérique pour qu'ils travaillent comme esclaves à l'exploitation des ressources du continent. Les négriers retournaient ensuite en Europe avec à bord les produits de cette exploitation. - Les estimations relatives au nombre de noirs déportés sur le sol américain sont assez variables et pas toujours objectives. Elles se situent entre 6 et 50 millions de personnes entre la fin du XVe et le milieu du XIXe siècle.

1441         mort de Jan van Eyck.

1444         28 mai Traité de Tours instaurant une trêve de deux ans entre la France et l'Angleterre. La trêve de Tours fut conclue au château de Montils-les-Tours entre les Anglais conduit par William de la Pole, comte de Suffolk. la France quant à elle était représentée par Jean de Dunois, comte de Longueville et Louis II de Bourbon, ceux-ci conduisaient la délégation française. Jean Dunois, comte de Longueville et Louis II de Bourbon représentant Charles VII de France à ses négociations acceptèrent de remettre aux Anglais la Guyenne, le Quercy, les villes de Calais et de Guînes sous une seule condition Henri IV d'Angleterre était tenu de se reconnaître vassal du souverain français pour ses possessions détenues en France. Les conditions anglaises étaient les suivantes : l'abandon par la France de la Guyenne et de la Normandie et la jouissance de la souveraineté anglaise sur ces deux possessions. Ne pouvant parvenir à un accord, ils décidèrent de conclure une trêve et d'unir Henri VI d'Angleterre à Marguerite d'Anjou. Les divers arrangements concernant ce mariage conclus, l'acte connu sous le nom de traité de Tours fut signé par les deux partis le 28 mai 1444. A vrai dire, il ne s'agissait que d'une trêve commençant le 1er juin 1444 et se terminant le 1er avril 1446. Cette trêve comportait une clause où il était mentionné que Charles d'Anjou recouvrait les places du Maine détenues par les Anglais.

1444         Konrad Witz peint 'La pêche miraculeuse'. Konrad Witz, peintre allemand. Il arriva en 1431 à Bâle, où il réalisa le Polyptyque du Miroir du salut. Appelé à Genève par l'évêque F. de Mies, il y exécuta en 1444 le Retable de Saint Pierre pour la cathédrale du même nom. De cette oeuvre on conserve quatre panneaux dont la fameuse "Pêche miraculeuse", premier paysage réaliste de la peinture de chevalet européenne. Witz, auquel on attribue avec certitude une vingtaine de tableaux et qui semble avoir connu la peinture flamande, rompt avec les conceptions médiévales; l'usage de la lumière, la plasticité des figures et des innovations dans la manière de traiter l'espace annoncent les préoccupations de la Renaissance.

1445         Création par des Compagnies d'ordonnance (15 de 600 hommes à cheval) qui furent le noyau de la cavalerie française. Le Connétable Arthur de Richemont réorganise l'armée française en créant les Compagnies de l'Ordonnance, payées à l'année (alors que l'état des finances anglaises rend pénible le paiement de la solde aux Anglais, encourageant la tendance à se servir sur le pays occupé). Les frères Bureau ont mis en état le parc de canons et le génois Louis Giribaut invente un chariot pour les couleuvrines ; c'est la première artillerie de campagne.

1445         Ordonnance de Louppy-le-Châtel sur la permanence d'une armée de métier.

1445         à 1510 - naissance et mort de Sandro Botticelli. Peintre de la renaissance italienne, peintre fort apprécié par le milieu officiel, on lui confie notamment la représentation, vers 1476-1477, de Côme et se famille en Rois Mages à Santa Maria Novella. On considérera toutefois comme infiniment plus révélatrice la position qu'il occupait dans le milieu florentin à la suite de tableaux allégoriques qui lui furent commandés pour la décoration des villa médicéennes : 'le Printemps' (1478 environ) et la 'Naissance de Vénus'. Il lui manquait la consécration des peintures murales. En 1481, il est appelé avec d'autres peintres florentins par Sixte IV pour exécuter une fresque d'essai dans la chapelle Sixtine à Rome. Sa part fut importante avec les scènes de la vie du Christ et de la vie de Moïse. De retour en Toscane, il participe à la décoration de la villa de Laurent de Médicis. Il reçoit ensuite la commande d'un grand nombre de tableaux religieux comme 'l'Annonciation'. Il réalise ensuite les illustrations de la 'Divine Comédie' de Dante. Ses dernières années sont plus difficiles, les commandes se raréfient, son style a passé de mode. De plus, au début du XVIe siècle arrivent à Florence les trois génies de ce siècle: Leonard de Vinci, Michel-Ange et Raphaël. Botticelli s'isole de plus en plus en refusant tout ce qui lui était apparu comme un progrès dans l'art: la mythologie classique renaissante et la perspective. Ses dernières oeuvres sont peintes volontairement de manière classique, sans respect des proportions. Le 17 mai 1510, il est enseveli à Ognisanti.

1447         janvier Le dauphin, futur Louis XI, est envoyé en exil dans le Dauphiné pour avoir comploté contre son père. Il était frustré de n'avoir retiré que le Dauphiné de la Praguerie. En 1446, il fut accusé d'avoir assassiné le favori du roi, Pierre de Brézé. Il fut chassé de la Cour et se réfugia dans son gouvernement.

1447         Début du pontificat de Nicolas V (fin en 1455). Nicolas V, né Tommaso Parentucelli à Sarzana vers 1398, pape du 8 mars 1447 à 1455. Il mit fin au schisme de l'antipape Félix V et il fonda la Bibliothèque vaticane. Nicolas V met en place à Rome de nouveaux équilibres politiques et internationaux. Reconnu comme seul souverain pontife (1449), il stabilise ses rapports avec Naples, et garde une position de neutralité en Italie, jusqu'à la paix de Lodi (1454). Il remet sur pied une armée efficace et augmente les rentrés fiscales. Il accorde aux dirigeants municipaux un certain nombre de privilèges tout en gardant fermement le contrôle de la commune. La bulle papale de Nicolas V commanda aux puissances européennes de combattre, déposséder, exproprier et soumettre les peuples d'afrique noire, par tous les moyens possibles, au nom de l'église et de la supériorité blanche sur les sarrasins.

1448         Création de l'infanterie régulière française dont les premières unités sont les francs-archers. Perfectionnement et extension de l'artillerie, sous la direction des frères Bureau. Les bombardes du temps de Crécy font place à de véritables canons. Jean Bureau, seigneur de Montglat (ou Montglas), Grand-Maître de l'Artillerie du Roi Charles VII qui, en utilisant massivement l'artillerie pour la première fois en Occident, a remporté la victoire contre les Anglais à la bataille de Castillon, mettant ainsi un terme à la guerre de Cent Ans. Gaspard Bureau, seigneur de Villemomble. En 1444, il succéda à Pierre Bessonneau comme maître d'artillerie du roi. Illustre grand capitaine de Charles VII, il développa avec son frère Jean Bureau l'artillerie de campagne qui permit de prendre un avantage décisif sur les anglais et de mettre fin a la guerre de Cent Ans.

1448         Réorganisation des finances sous la direction de Jacques Coeur, qui mit sa grande fortune personnelle à la disposition du roi pour lui permettre de réaliser ses projets.

1449         24 mars Les Anglais s'emparent de Fougères. Fougères est une commune française, située dans le département d'Ille-et-Vilaine et la région Bretagne.

1449         juillet Début de la reconquête de la Normandie.

1449         29 octobre Prise de Rouen par les troupes anglaises.

1449         à 1450 - Charles VII put reprendre sur une grande échelle la lutte contre les Anglais qui possédaient toujours la Normandie et la Guyenne. La Normandie leur fut d'abord reprise. Rouen ouvrit ses portes et les Anglais furent chassés peu à peu de la province; ayant tenté de débarquer une armée à Cherbourg pour s'opposer aux progrès de Charles VII, ils subirent à Formigny une défaite qui débarrassa d'eux définitivement la Normandie (1450). Le roi d'Angleterre ne conservait dans cette région que les îles dites anglo-normandes qui depuis lors sont restées anglaises.

1449         10 novembre Charles VII reprend Rouen.

1450         11 février Décès d'Agnès Sorel, favorite du roi. Agnès Sorel est née au début du XVe siècle, fort probablement dans les années 1420. Sa jeunesse et sa beauté vont très rapidement la faire remarquer par le roi de France, Charles VII, le petit roi de Bourges, ce dauphin sans beauté, sans grande intelligence et sans fortune, fils d'un roi fou et d'Isabeau de Bavière, considérée par nombre de ses contemporains comme une ogresse. Elle a le statut de favorite officielle, ce qui est une nouveauté : les rois de France avaient jusque là des maîtresses mais elles devaient rester dans l'ombre. Charles VII a d'ailleurs eu d'autres maîtresses, mais elles n'ont pas eu l'importance d'Agnès Sorel. Le dauphin, futur Louis XI, ne supporte pas la relation d'Agnès avec son père le roi Charles VII. Il estime que sa mère est bafouée et a de plus en plus de mal à l'accepter. Un jour il laisse éclater sa rancoeur et poursuit, l'épée à la main, l'infortunée Agnès dans les pièces de la maison royale. Pour lui échapper, elle se réfugie dans le lit du roi. Charles VII, courroucé par tant d'impertinence, chasse son fils de la Cour et l'envoie gouverner le Dauphiné.

1450         15 avril Victoire de Charles VII à Formigny contre les Anglais. L'arrivée du duc de Bretagne et du connétable de Richemont ont sauvé Charles VII lors de cette bataille décisive qui lui permet d'occuper toute la basse Seine. La bataille de Formigny est une bataille de la guerre de Cent Ans qui s'est déroulée le 15 avril 1450 à Formigny en Normandie entre les Anglais et les Français.

1450         24 juin Charles VII reprend Caen.

1450         12 août Charles VII reprend Cherbourg.

1450         Fin de la reconquête de la Normandie.

1450         Construction de Machu Picchu (Pérou): la citadelle inca. Le Machu Picchu est une ancienne cité inca perchée sur les hauteurs de la Cordillère des Andes. On pense aujourd'hui que la ville a été construite sous le règne de l'empereur Pachacuti qui débuta en 1440. La ville a été habitée jusqu'à l'invasion espagnole en 1532. D'après les recherches archéologiques effectuées sur le site, le Machu Picchu n'était pas une ville traditionnelle, mais plutôt une forteresse utilisée comme palais secondaire par l'empereur et sa cour. On estime que le lieu ne comptait pas plus de 750 personnes à la fois.

1451         9 mars Mariage du dauphin (futur Louis XI) avec Charlotte de Savoie contre la volonté de Charles VII. Charlotte de Savoie (1440-1483), fille de Louis Ier, duc de Savoie et prince de Piémont et d'Anne de Chypre-Lusignan, elle épouse le dauphin Louis de France, futur Louis XI, le 14 novembre 1451, qui malgré ses vertus la négligea. Elle lui donne cinq enfants dont le futur Charles VIII, et les princesses Anne de France - future Anne de Beaujeu et régente du royaume - et Jeanne de France - future épouse de Louis XII.

1451         23 juin Capitulation de Bordeaux devant les armées de Charles VII.

1451         Fin de la reconquête de la Guyenne.

1451         31 juillet Arrestation de Jacques Coeur accusé de conspiration et malversation. Jacques Coeur étant très jalousé pour sa grande fortune, ses ennemis et ses envieux parvinrent à le perdre. Après la mort d'Agnès Sorel qui le protégeait, Charles oublia ses services et l'abandonna à l'avidité des courtisans, qui se partagèrent ses dépouilles. Accusé de crimes imaginaires, lavé d'une accusation d'empoisonnement, il est arrêté pour malversation en 1451, condamné à la prison, et ses biens sont confisqués ; un arrêt lui épargne la peine de mort, pour services rendus.

1451         à 1506 - naissance et mort de Christophe Colomb. Explorateur italien. Né à Gênes. Marin très tôt. Fait partie en 1476 d'un convoi en partance pour Lisbonne et l'Angleterre. Le convoi es attaqué par des français. Colomb se réfugie à Lagos puis retrouve son frère, un cartographe, à Lisbonne (Portugal) où vit une grande colonie de génois. Il épouse en 1479 la fille d'un des premiers colonisateurs de Madeire, Filipa Perestrelo e Moniz, qui lui donnera un fils et mourra peu de temps après. Colomb se perfectionne à la science de la navigation. Voyage en Afrique et peut-être en Islande. À partir de 1484, environ, il devient possédé par l'idée que l'on peut éviter le long et couteux voyage vers les Indes par l'Afrique, en coupant par l'Atlantique. Était-ce possible?. À vrai dire, il n'est pas le premier à penser une telle chose. Les savants de l'époque concevaient en effet comme possible un tel voyage, grâce aux écrits de Ptolémée qui donne même un chiffre pour cette distance: 16.090 km. En fait, la distance est largement sous-estimée mais personne ne le savait à l'époque. Colomb se persuade en lisant différents auteurs que la distance donnée par Ptolémée est surestimée et qu'elle se réduit à 2414 km. La lecture de Marco Polo, notamment, lui donne l'espoir d'atteindre les riches territoires du Cipangu (Japon). Un comité d'experts de Jean II du Portugal rejette son projet. Furieux, Colomb décide de le présenter à des chefs d'états désireux de rivaliser avec le Portugal. En 1486, il est finalement reçu par Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille. Un comité d'experts se réunit et rend un verdict négatif en 1490. En 1491, le comité est prêt d'accepter, mais les exigences démesurées de Colomb (titre de noblesse, amiral de l'océan, gouverneur et vice-roi de toutes les terres à découvrir) font échouer à nouveau le projet. C'est finalement le conseiller du roi Ferdinand qui convaint la Reine que la somme à investir est dérisoire comparée aux possibles retombées. Colomb part donc avec trois navires et 90 membres d'équipage de Palos le 3 août 1492. Arrêt aux Canaris et après une période de tension toujours de plus en plus vive entre Colomb et ses marins, le 10 Octobre, les premiers signes indirectes de terre se montrent. Le 12, la terre est en vue. C'est une île, Guanahami (San Salvador). Les "indiens", puisque Colomb n'hésite pas à les appeler ainsi dans ses descriptions, lui assurent qu'il faut aller plus à l'ouest pour trouver de l'or. Le 28 octobre, il est à Cuba. Colomb est persuadé d'avoir atteint le continent asiatique et de connaître sa position exacte sur le continent. La flotille se dirige alors vers l'est le long de la côte cubaine. Le capitaine de la Pinta déserte à la poursuite de l'or vers l'ouest. À Hispaniola, une grande île à l'est de Cuba, il trouve enfin de l'or en quantité. La santa-Maria s'échoue et devient inutilisable. Colomb laisse 39 hommes dans un fort et rentre au plus vite vers l'Espagne. Sur le chemin du retour, il croise la Pinta. À peine arrivé, Colomb pense déjà à un second voyage encore plus ambitieux. Il repart de Cadiz en septembre 1493 avec une flotte de 17 navires et 1500 hommes avec l'idée de fonder une colonie. Il retrouve le fort détruit par les indiens et installe la colonie sur un autre emplacement appelé Isabela. Colomb repart avec trois caravelles vers l'ouest et explore la côte sud de Cuba. Son enthousiasme d'avoir trouvé l'Asie n'est pas diminué. Ce n'est qu'en 1498 qu'il assemble une flotte de 8 navires pour un troisième voyage. Le 31 juillet, il arrive avec trois navires (le reste des navires est détourné vers Hispaniola pour soulager la colonie où sévit une dure pénurie de produits de première nécéssité) à l'île de Trinidad, juste en face de la côte sud américaine. Enfin, devant la masse d'eau fraîche se déversant dans la mer, il déduit que la côte à l'ouest ne peut être qu'un continent mais préfère revenir régler les affaires de plus en plus désorganisées de la colonie. Devant les plaintes et rumeurs contre Colomb, Ferdinand et Isabelle dépêche Bodadilla vers la nouvelle colonie. Celui-ci fait arrêter les frères Colomb et les renvoie en Espagne pour être jugés. En Espagne, les choses s'arrangent. Colomb peut repartir en 1502 mais il a été écarté des affaires de la nouvelle colonie. Colomb reprend donc son rôle d'explorateur. Il arrive aux côtes du Honduras et descend vers le sud à la recherche d'un passage vers l'ouest. L'or abonde au Panama et provoque des incidents avec les indiens. Colomb apprend qu'il est en face d'un isthme qu'il prend pour l'isthme malaisien. Les quatre navires de Colomb sont un à un perdus. Colomb doit dépêcher quelques hommes sur un canot pour réclamer de l'aide à la colonie d'Hispaniola qui ne se presse pas pour venir en aide à son fondateur. Colomb revient piteusement en 1504 en Espagne. Aigri et frustré par tous les privilèges qu'il avait obtenu au départ et qui lui ont été un à un retirés, Colomb finit sa vie à Séville et mourut en 1506 à Valladolid, toujours persuadé d'avoir atteint les Indes, et certainement pas dans la pauvreté.

1452         à 1519 - naissance et mort de Léonard de Vinci (Leonardo da Vinci), peintre, sculpteur, architecte et homme de science italien (Vinci, 1452 - Amboise, 1519). Homme d'esprit universel, à la fois artiste, scientifique, inventeur et philosophe, Léonard incarna l'esprit universaliste de la Renaissance et demeure l'un des grands hommes de cette époque. Fils naturel d'un riche notaire florentin et d'une paysanne, élevé dans un village de Toscane qui porte désormais son nom, Léonard de Vinci s'est formé dans les ateliers de Verrocchio et d'Uccello avant d'intégrer la compagnie de Saint-Luc, la guilde des peintres. On lui doit 'La Cène', 'La Joconde', 'La Vierge aux rochers', et la fresque de 'La bataille d'Anghiari' au Palazzo Vecchio. Selon lui, l'art est intimement lié aux sciences et techniques. A-t-il peint pour mener des réflexions de type mathématique ou a-t-il développé ses connaissances scientifiques en autodidacte pour apporter davantage de grandeur à son oeuvre ? Toujours est-il qu'il a montré des talents d'ingénieur militaire, d'urbaniste, de biologiste et de physicien, pressentant souvent les grandes découvertes des siècles suivants (concernant les lois du mouvement et de la gravité par exemple). En quête de mécènes et de commandes comme tous les artistes de la Renaissance, il a commencé "Maître des arts et ordonnateur des fêtes" de Ludovic Sforza à Milan, et a achevé sa vie auprès de François Ier. Sa dépouille repose dans la chapelle Saint Hubert d'Amboise.

1452         François Villon reçu maître ès arts à la Sorbonne.

1453         29 mai La peine de mort de Jacques Coeur est commué en bannissement. Charles VII est particulièrement ingrat à l'égard de ce conseiller que protège cependant sa maîtresse, Agnès Sorel. Il a pourtant restauré et administré sagement les finances du royaume. Il n'a pas hésité à contribuer par ses propres deniers au redressement de la monarchie et du pays. Le roi le sacrifie à ses ennemis. Le jugement le condamne à la confiscation de ses biens et à l'exil.

1453         29 mai En cette année se produit un événement capital dans l'histoire du monde. La prise de Constantinople par les Turcs (ottomans) précipite l'effondrement de l'empire d'Orient ou Bas-Empire ou empire Byzantin, et marque la fin du Moyen Âge et le commencement des temps modernes. La chute de Constantinople a lieu le 29 mai 1453 et marque la fin de l'empire byzantin et une nouvelle ère d'expansion pour l'empire ottoman. Les historiens considèrent quelques fois que cette date marque aussi la fin du Moyen Âge et le début de la Renaissance. L'Empire ottoman, l'un des nombreux États fondés par les Turcs, exista entre 1299 et 1922 (soit 623 ans). Fondé par une tribu turque oghouze en Anatolie occidentale, l'Empire ottoman s'étendait au faîte de sa puissance sur toute l'Anatolie, les Balkans, le pourtour de la Mer Noire, la Syrie, la Palestine, la Mésopotamie, la péninsule arabique et l'Afrique du Nord. La chute de Constantinople a eu lieu le 29 mai 1453 et marqua la fin de l'empire byzantin, ainsi qu'une nouvelle ère d'expansion pour l'empire ottoman. Les historiens considèrent parfois que cette date marque aussi la fin du Moyen Âge et le début de la Renaissance. La chute de Constantinople en 1453 est un moment clé de l'histoire. Cette date peut-être considérée logiquement comme marquant la fin du Moyen Âge. En effet, la disparition de l'empire byzantin marque le début d'une nouvelle ère. Malgré leur désintéressement complet pour l'état de Constantinople, sa chute provoque un grand vide en Occident. L'empire byzantin avait depuis sa création été un rempart aux invasions arabes, protégeant ainsi la plus grande part de l'Europe chrétienne. Cet empire était continuellement en guerre et il est étonnant de se dire qu'il a résisté pendant plus de 1000 ans à l'assaut de 20 peuples et que sa capitale eut à subir le nombre incroyable de 30 sièges. Constantinople avait pendant des siècles été une des villes les plus riches et la plus populeuses au monde. L'empire byzantin avait perpétué l'héritage de l'empire romain qui, lui, croûlait sous l'assaut des barbares. Cet héritage fut perpétué au travers des siècles et enrichi. Constantinople marqua l'histoire des peuples d'une manière indélébile. La capitale de cet empire était de plus située à un carrefour stratégique de première importance entre l'Orient et l'Occident, l'Asie et l'Europe. Toutes les principales routes de commerces y convergeaient. Mais l'empire fut ruiné par les croisades et par la prise de Constantinople par les Latins. Il fut ruiné inutilement car jamais les croisés ne purent s'installer durablement en Orient. Bien sûr l'empire avait su se relever sous l'impulsion des Comnène et des Paléologue, mais l'Occident l'en empêcha et plus particulièrement Gênes et Venise qui, voulant s'attribuer les points stratégiques de l'Empire lui ravirent sa principale source de richesse, à l'image des génois de Galata qui, attirant les bateaux du monde entier, les avaient fait déserter le port constantinopolitain. De plus, les guerres entre les deux puissances maritimes ruina définitivement l'Empire. Les Turcs n'avaient fait que sa conquête territoriale, l'Occident l'avait ruiné au niveau commercial. Cependant la chute de Constantinople ouvre une ère nouvelle en Occident : tous les savants grecs après la chute du dernier état grec qu'était Trébizonde se réfugient en Italie où ils amènent le reste de leur bibliothèque et leur savoir. Ce mouvement conduit à la Renaissance.

1453         L'ÉPOQUE MODERNE ou RENAISSANCE.

1453         L'Époque moderne couvre la période historique allant de la fin du Moyen Âge à la Révolution française. Cette période couvre les XVIe siècle, XVIIe siècle et XVIIIe siècle. La Renaissance, terme qui désigne un courant artistique et idéologique qui a trait à la redécouverte du savoir antique, et les grandes découvertes marquent les débuts de l'époque moderne et post-moderne. Sur le plan religieux, la Réforme protestante et son pendant, la Contre-Réforme, marquent la fin de l'emprise sans limites de l'Église catholique romaine sur la vie spirituelle en Europe occidentale. À la fin des guerres de religion qui ensanglantent l'Europe, s'instaure l'Ancien Régime, marqué par l'"absolutisme" de sa monarchie. Les XVIIe siècle et XVIIIe siècle sont également marqués par les guerres européennes puis par la rivalité franco-anglaise pour la domination du monde. Ainsi, le théâtre de la guerre se mondialise, tandis que s'affirme la domination européenne sur le reste du monde. Au XVIIIe siècle, caractérisé par les philosophes des "Lumières" et le "despotisme éclairé", la monarchie absolue a atteint ses limites. Elle s'effondre en France, avec la Révolution. La fin de l'époque moderne coïncide avec la fin de l'Ancien Régime et les débuts de la domination de l'empire colonial britannique. À l'échelle de la France, la date finale de l'époque moderne pose problème, selon qu'on y intègre les différents régimes issus de la Révolution et précédant le Premier Empire (Directoire, Consulat) ou non. La Renaissance est une période de rénovation littéraire, artistique, et scientifique, qui se produisit en Europe par la diffusion de connaissances nouvelles parmi un milieu lettré. Ce mouvement eut comme origine la Renaissance italienne : une Pré-Renaissance se produisit dans plusieurs villes d'Italie dès le XIVe siècle (Trecento), se propagea au XVe siècle dans la plus grande partie de l'Italie, en Espagne, dans certaines régions d'Europe du Nord et d'Allemagne, sous la forme de ce que l'on appelle la première Renaissance (Quattrocento) , puis gagna l'ensemble de l'Europe au XVIe siècle (Cinquecento). Dans le courant du XVe siècle et au XVIe siècle, ce mouvement permit à l'Europe de se lancer dans des expéditions maritimes d'envergure mondiale, connues sous le nom de grandes découvertes. La Renaissance s'accompagna aussi d'un ensemble de réformes religieuses.

1453         17 juillet Victoire de Charles VII à Castillon-la-Bataille contre l'Angleterre. Bataille de Castillon : l'armée française l'emporte sur les Anglais, et met fin à la Guerre de Cent Ans (1337 - 1453). La bataille de Castillon eu lieu le 17 juillet 1453 entre les armées de Henri VI d'Angleterre et Charles VII de France. C'est une victoire décisive pour les Français.

1453         19 octobre La capitulation de Bordeaux marque la fin de la guerre de Cent Ans et le retour de la Guyenne sous domination française.

1453         à 1461 - Les dernières années du règne virent s'accomplir encore d'autres réformes et créations utiles. Charles VIl crée le Parlement de Toulouse et celui de Grenoble et fait commencer la rédaction des diverses Coutumes qui régissaient la vie civile. On doit reprocher à ce souverain son ingratitude envers Jacques Coeur qui avait restauré et administré sagement les finances du royaume, et qui avait puissamment aidé de ses deniers au relèvement de la monarchie et du pays. Le grand argentier fut sacrifié à ses ennemis, ses biens furent confisqués et il alla mourir en exil. La favorite de Charles VII, Agnès Sorel, dame de Beauté (nom d'une seigneurie qu'elle possédait) née en 1422 (morte en 1450) fut mêlée de très près aux affaires de la monarchie, mais elle eut sur l'esprit du roi et sur la marche des événements une heureuse influence. Au contraire, le dauphin Louis (plus tard Louis XI) fut pour Charles VII son père un ennemi infatigable. Né en 1423 (fils de Marie d'Anjou), il s'était dès 1440 joint à la Praguerie. En 1455, il fomenta une nouvelle révolte contre Charles VII: celui-ci châtia rudement les révoltés et le dauphin dut chercher un refuge auprès du duc de Bourgogne (1456). Ces derniers événements altérèrent la santé de Charles VII qui d'ailleurs vivait dans la crainte continuelle d'être empoisonné à l'instigation du dauphin ; il mourut en 1481. Le règne de Charles VII a vu la France réduite à la dernière extrémité, puis sauvée par une intervention miraculeuse et finalement relevée de ses ruines. On peut reprocher à Charles VII son indolence, sa négligence de ses devoirs pendant ses premières années de règne ; mais on doit reconnaître que, par la suite, il fit preuve d'énergie et de grands talents d'administrateur. Malheureusement, l'ingratitude dont il fit preuve envers Jeanne d'Arc et Jacques Coeur a jeté une ombre défavorable sur sa mémoire. Les circonstances de son règne lui ont fait donner par les historiens les surnoms de l'Indolent, puis le Bien-Servi, puis le Victorieux.

1453         à 1516 - naissance et mort de Jérôme Bosch. Peintre flamand au génie singulier, célèbre pour son iconographie fantastique au sens narratif inépuisable, tantôt attribuée à une tradition populaire, tantôt à l'alchimie, mais jamais éloignée des préoccupations morales et religieuses.

1453         Début de l'Humanisme. L'humanisme est un mouvement européen et une philosophie qui met l'homme et les valeurs humaines au dessus de tout. Il englobe les XIVe, XVe et XVIe siècles. Il se caractérise par un retour aux textes antiques, et par la modification des modèles de vie, de l'écriture, et de la pensée. Mouvement intellectuel de la Renaissance, né en Italie au XIVème siècle, qui s'étendit progressivement en Europe et s'épanouissant au XVIème siècle. Il est marqué par le retour aux textes antiques qui servirent de modèle de vie, d'écriture et de pensée. Pétrarque, Ficin, Pic de la Mirandole, Érasme en furent les principaux représentants. Le terme désigne donc un courant culturel, scientifique, philosophique et, par bien des aspects, politique qui propose un "modèle humain" défini comme synthèse des qualités intellectuelles, sociales, affectives, caractéristiques de la "nature humaine". L'humanisme est un courant de pensée idéaliste et optimiste qui place l'Homme au centre du monde, et honore les valeurs humaines.

1454         15 avril Ordonnance de Montil-les-Tours sur la rédaction des usages coutumiers. Promulguée par Charles VII, il avait obligé que l'on rédigeât les coutumes orales, qui tenaient lieu de droit ; ces rédactions se sont faites en langues vulgaires, que ce soient des langues d'oïl au nord, d'oc au sud. D'autres édits royaux préconisaient les langues vulgaires, sans rendre obligatoire le français.

1454         François Villon écrit 'Lais’

1455         31 mai : Début de la Guerre des Deux-Roses crise de succession en Angleterre (1455-1485). Richard d'York, devenu protecteur du royaume, s'oppose à Henry VI de Lancastre, roi légitime. La Guerre des Deux-Roses désigne une série de guerres civiles qui eurent lieu en Angleterre entre la maison royale de Lancastre et la maison royale d'York. La guerre prit fin en 1485, quand le dernier des rois Plantagenêt Richard III d'Angleterre mourut au champ d'honneur, et qu'Henri VII devint roi. La maison de Lancastre descendait de Jean de Gand, duc de Lancastre et fils du roi Édouard III d'Angleterre. Celle de York descendait de Lionel d'Anvers, fils du même roi. L'emblème de la maison de Lancastre était la rose rouge, tandis que celui des York était la rose blanche, ce qui est à l'origine du nom donné a posteriori à ce conflit. Richard d'York, Richard Plantagenêt ou Richard d'York (21 septembre 1411 – 30 décembre 1460), comte de March, de Cambridge et d'Ulster, puis 3e duc d'York. Il était membre de la famille royale anglaise. Par la guerre des Deux-Roses, il disputa le trône d'Angleterre au roi Henri VI (de la maison de Lancastre), trône auquel sa propre maison (la maison d'York) accéda après sa mort, par l'entremise de ses fils Édouard IV d'Angleterre (1461 – 1483) et Richard III d'Angleterre (1483 – 1485), de son petit-fils Édouard V d'Angleterre (qui régna très brièvement en 1483), et de son arrière-petit-fils le roi Henri VIII d'Angleterre (1509 – 1547). Richard III d'Angleterre (2 octobre 1452 - 22 août 1485), duc de Gloucester, fut le dernier des rois Plantagenêt d'Angleterre (1483-1485). Fils de Richard Plantagenêt, duc d'York et de Cécile Neville (1415-1495). C'est le plus jeune frère du roi Édouard IV. La mort soudaine de son frère donne à Richard l'occasion de s'emparer du trône après avoir évincé son neveu, le roi Édouard V, dont il est nommé tuteur. Le jeune Édouard et son frère Richard sont envoyés à la Tour de Londres. Personne ne les revoit après l'été 1483, et on suppose qu'ils y sont assassinés. C'est là le sujet d'une grande controverse. Il est perçu plus tard comme un monstre, un homme méchant, assassin de tous ceux qu'il voyait comme ses ennemis. C'est en effet un homme ambitieux, mais probablement innocent de la plupart des crimes dont il est accusé. Une grande partie de cette réputation est due à la pièce de Shakespeare qui porte son nom. Henri VII d'Angleterre, Henri Tudor (28 janvier 1457 - 21 avril 1509), fut comte de Richmond (1456-1461), puis roi d'Angleterre à partir de 1485 sous le nom de Henri VII, premier souverain de la dynastie Tudor. La famille Tudor renvoie à la période de l'histoire anglaise située entre 1485 et 1603 pendant laquelle la dynastie régna sur le trone et qui marqua l'irruption de l'Angleterre comme une puissance européenne majeure. La dynastie Tudor ou la Maison Tudor voit son origine remontée au XIIIe siècle. Elle comprend une suite de cinq monarques d'origine galloise qui régna sur le royaume d'Angleterre et le Royaume d'Irlande de 1485 jusqu'à 1603. Les trois principaux monarques les rois Henri VII d'Angleterre, Henri VIII d'Angleterre et la Reine Élisabeth Ière d'Angleterre jouèrent chacun une part fondamentale dans la mutation de l'Angleterre d'une arrière cour européenne toujours plongée dans le Moyen Âge en un puissant État de la Renaissance qui allait dominer la plus gande partie du monde connu. Elle acquit sa puissance lorsque Henri Tudor (1457-1509), ayant battu le roi Richard III à la bataille de Bosworth, devint Roi d'Angleterre prenant le nom d'Henri VII. Henri Tudor, par sa mère, une Plantagenêt, descendait du roi Édouard III d'Angleterre ; et en outre il se maria en 1486 avec la fille aînée du roi Édouard IV, Élisabeth Plantagenêt (1466-1503).

1455         François Villon écrit 'La Ballade des Pendus’

1455         mort de Fra Angelico.

1456         mort de Jacques Coeur.

1456         7 juillet Réhabilitation de Jeanne d'Arc.

1456         Charles VII envoie une armée contre son fils en Dauphiné.

1456         30 août Le Dauphin quitte le Dauphiné pour se réfugier en Franche-Comté, puis à Louvain, en territoire bourguignon. Il y fut bien reçu, et en octobre, Philippe le Bon lui rendit hommage.

1456         François Villon écrit 'Les Testaments’

1456         La Bible de Gutenberg, le premier livre à être imprimé mécaniquement, est publié à Mayence. En 1456, Gutenberg termina l'impression, sur une presse de sa fabrication, d'une Bible en latin connue aujourd'hui sous le nom de Bible de Gutenberg. La mise en pages de cette Bible a la particularité de comporter quarante-deux lignes, d'où son autre nom Bible à quarante-deux lignes. Mayence, ville d'Allemagne, capitale, arrondissement et plus grande ville du Land de Rhénanie-Palatinat. Entourée de vignobles, elle est située sur la rive gauche du Rhin, en face de l'embouchure du Main.

1457         août Le Dauphiné est annexé au domaine royal.

1457         René d'Anjou écrit 'Livre du cuer d'Amour espris'. René d'Anjou, René Ier de Naples né en 1409, fut seigneur puis comte de Guise (1417-1425), duc de Bar (1430-1480) de fait dès 1420, duc consort de Lorraine (1431-1453) roi de Naples (1435-1442), duc d'Anjou (1434-1480), comte de Provence et de Forcalquier (1434-1480), et roi titulaire de Jérusalem (1435-1480) et d'Aragon (1466-1480). On parle encore de René d'Anjou, ou de René de Sicile. À Aix-en-Provence et à Angers, il entretint une cour littéraire et savante et ne dédaigna pas lui-même composer plusieurs ouvrages ('Traité de la forme et devis comme on fait les tournois', 1451-1452 ; 'le Livre du coeur d'amour épris', 1457).

1460         20 septembre Mort de Gilles Binchois. Le plus célèbre représentant de l'école franco-flamande, Gilles Binchois, laisse au monde une oeuvre profane et audacieuse. Influencé par l'Ars Nova mais aussi par la musique plus sobre de John Dunstable, le musicien belge vivant au service de Philippe le Bon à la cour de Bourgogne a composé de nombreuses chansons dont "Je ne vis oncques la pareille". Mais il a aussi laissé des oeuvres de musique sacrée. Gilles Binchois, compositeur franco-flamand. Il est né à Mons (Belgique) vers 1400 et mort à Soignies le 20 septembre 1460. Bien qu'il ait été d'abord connu comme auteur de musique religieuse — tel son Te Deum, ouvrage polyphonique le plus ancien qui nous soit parvenu —, on le connaît surtout pour ses oeuvres profanes, chantant l'amour courtois. La cinquantaine de chansons connues — des rondeaux et quelques ballades —, souvent mélancoliques, se sont inspirées de poèmes d'auteurs plus ou moins célèbres, tels Alain Chartier ou Charles d'Orléans.

1461         Henri VI d'Angleterre est déposé par Édouard IV d'Angleterre. (Henri VI d'Angleterre sera restauré sur le trône le 30 octobre 1470, il est à nouveau déposé le 11 avril 1471). Début du premier règne de Édouard IV d'Angleterre, fils de Richard d'York (fin en 1470, puis 1471-1483). Édouard IV d'Angleterre (28 avril 1442 – 9 avril 1483), fut roi d'Angleterre de 1471 à 1483. Il était le fils aîné de Richard Plantagenêt, comte de Rutland, March, Ulster et Cambridge, duc d'York († 1460) et de Cécile Neville († 1495).

1461         17 juillet Le Dauphin s'installe à Avesne pour se rapprocher du royaume de France.

1461         22 juillet Mort de Charles VII. A cinquante-huit ans, c'est d'inanition que meurt le roi. Il redoute depuis une semaine que son fils Louis XI l'empoisonne. “Par saint Jean, nous ne mangerons plus”. Épuisé, le roi demande aux religieux qui l'entourent “Quel jour est-il ? - Il est le jour de la glorieuse Madeleine. - Ah, je loue mon Dieu de ce qu'il lui plaît que le plus grand pécheur du monde meure le jour de la pécheresse !”. Louis XI devient roi de France.

1461         LOUIS XI l'Aragne (1461-1483)

1461         Louis XI. Impatient de règner il n'a cessé de comploter contre son père. Dés 1440 (il a 17 ans) il se joint à la praguerie. Son père lui pardonne et lui confit le gouvernement du Dauphiné. Louis XI réorganise remarquablement cette région mais il se lance dans une nouvelle révolte en 1455. A l'approche des armées du roi il se réfugie chez le duc de Bourgogne Philippe le Bon. Charles VII, son père, vécu dans la hantise d'être empoisonné par son fils. En 1461 il a 38 ans il succède enfin à son père. Il s'entoure de gens d'origine modeste. Il oppose à ces adversaires la diplomatie et la ruse plutôt que la force. En 1465 se forme une coalition féodale dite "ligue du bien public", augmentation des impôts, rejet de la noblesse au profit des bourgeois, ce qui fait dire à Louis XI "si j'avais voulu augmenter leur pension et leur permettre de fouler leurs vassaux comme par le passé, ils n'auraient jamais penser au bien public". Cependant une armée de 60 000 hommes converge vers Paris. Une bataille indécise se déroule à Montlhéry le 16 juillet 1465. Les armées de la ligue campe sous les murs de Paris. Louis XI juge plus prudent de négocier le "traité de Conflans - l'Archevêque" 5 octobre 1465, dans lequel dit Commynes (auteur des mémoires sur Louis XI et Charles VIII); "Les princes butinèrent le monarque et le mirent au pillage. Chacun emporta sa pièce". Louis XI entreprent aussitôt de récupérer ce qu'il avait du abandonner. En 1466 il reprend la Normandie que son frère (Charles de Berry) avait prise. Il doit combattre principalement la maison de Bourgogne d'abord, en la personne de Philippe le Bon, puis ensuite Charles le Téméraire qui le retient prisonnier lors des entretiens de Péronne en octobre 1468. Louis XI voulait récupérer les concessions faites précédemment. Il entreprit des discussions avec Charles le Téméraire tout en incitant les Liégeois à se révolter contre le duc. Au cours de l'entrevue, Le Téméraire apprit l'origine des troubles, ne pouvant l'avouer, Louis XI fut dans l'obligation d'aider le Téméraire à réprimer la révolte alors que les Liègeois attendaient son aide. La mort du Téméraire au siège de Nancy en 1477 met fin à cette rivalité et à la maison de Bourgogne, dont la majeure partie fut annèxée à la France (traité d'Arras 1482). L'agrandissement du royaume fut complèté par l'héritage de l'Anjou, du Maine et de la Provence. Louis XI établit les premières postes, améliora les routes, se soucia du développement industriel et commercial. Il créa de nouveaux parlements pour améliorer la justice et oeuvra à l'unification du royaume.

1461         Avènement de Louis XI (né en 1423, fils de Charles VII et de Marie d'Anjou). - Il a épousé, étant encore dauphin, Marguerite d'Écosse (née en 1424). Il monte sur le trône dans des conditions de sécurité que n'ont pas connues beaucoup de ses prédécesseurs. La monarchie est affermie, la grande féodalité très ébranlée, les finances sont mieux réglées, une armée permanente permet au roi d'imposer ses décisions; enfin des institutions administratives et judiciaires assurent un certain ordre dans le pays. Mais Louis XI n'entend pas suivre toutes les voies ouvertes par Charles VII; à peine sacré à Reims, il entame avec le Saint-Siège des négociations en vue de l'abandon de la Pragmatique Sanction.

1461         15 août Louis XI est sacré à Reims. Louis XI a déjà trente-huit ans lors de son sacre. Depuis l'avènement d'Hugues Capet, aucun roi de France n'est monté sur le trône aussi âgé. C'est le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, qui a dirigé et payé tous les frais de la cérémonie. Depuis 1457, le Dauphin qui est aujourd'hui sacré a été son protégé. Charles VII de France, en apprenant que le duc de Bourgogne protégeait son fils, auquel il était opposé, avait commenté : “Monseigneur de Bourgogne reçoit en sa maison un renard qui lui mangera ses poules”.

1461         31 août Entrée triomphale de Louis XI à Paris.

1461         2 octobre “Micquemacque” de Reims. Les impôts que sont les aides et les gabelles mécontentent le peuple de Reims, alors que Louis XI commence de régner depuis quelques mois. Si les révoltes qui éclatent alors ont le nom de “micquemacque”, c'est qu'en français on dénomme encore une rébellion par le mot “mutemacque”. Ce terme est un héritage du néerlandais, de l'expression “muyte maken” qui se traduit par “faire émeute”.

1461         Jean de Bueil écrit 'Le jouvencel'. Jean de Bueil, un ancien compagnon de Jeanne d'Arc, Jean de Bueil, reçoit la charge d'amiral de France. Cette charge était unique. Il s'agissait d'une dignité et non d'un grade dans la marine. Mais l'amiral possédait des pouvoirs étendus, tant sur la marine de guerre que sur le commerce maritime, de même que le droit de justice sur sa juridiction que constituait l'amirauté. Il a laissé un récit à clefs du siège d'Orléans – où cette ville est appelée Crathor – dans un ouvrage ayant pour titre : 'Le Jouvencel'.

1462         27 juin Naissance de Louis II d'Orléans (futur Louis XII) fils de Charles d'Orléans, le prince poête. Louis XII, né le 27 juin 1462 au château de Blois, mort le 1er janvier 1515 à Paris, surnommé le Père du peuple par les états généraux de 1506, fut roi de France, de 1498 à 1515.

1462         9 mai Traité de Bayonne entre Jean II d'Aragon et Louis XI qui récupère le Roussillon et la Cerdagne. La Cerdagne est un fossé d'effondrement situé dans l'est du massif des Pyrénées. D'une supérficie de 1 086,07 km² cette région naturelle est partagée par l'Espagne et par la France.

1462         Naissance d'Anne de Beaujeu, fille de Louis XI. Anne de Beaujeu, Anne de France dite Anne de Beaujeu (avril 1461 à Genappe - 14 novembre 1522 à Saint-Vincent-de-Salers, au château de Chanterelle) fut une princesse et régente. Fille aînée de Louis XI elle épouse à l'âge de 12 ans Pierre de Beaujeu, qui devient duc de Bourbon. Pendant la minorité de Charles VIII, son frère, elle exerce la régence de 1483 à 1491 avec son mari. Contrairement aux attentes des princes du royaume, elle maintient fermement contre les Orléanistes, l'autorité royale et l'unité française en mettant un terme à la Guerre folle en 1485 à Saint-Aubin-du-Cormier. Conséquence de la Guerre folle, elle marie son frère Charles VIII à Anne de Bretagne, ce qui lie le sort du duché au royaume français.

1463         5 janvier François Villon banni de Paris. D'abord condamné à mort, le poète François de Montcorbier, ou des Loges, connu sous le nom de son professeur Guillaume de Villon, est condamné au bannissement. A 44 ans, François Villon a déjà été gracié plusieurs fois par le roi Louis XI et Marie d'Orléans et notamment pour le meurtre du prêtre Philippe Sermoise. Dans l'attente de la sentence des jurés, François Villon écrit "La Ballade des pendus" où il donne voix aux condamnés qui vont mourir sur le gibet. Sa peine de mort sera transformée en exil forcé pendant 10 ans. François Villon disparaît sans laisser aucune trace.

1463         12 septembre Louis XI achète Abbeville, Amiens et Saint-Quentin à Philippe le Bon. Louis XI rachète cinq villes d'Artois. C'est à Philippe le Bon, duc de Bourgogne, qui a institué l'ordre de la Toison d'or, que Louis XI achète cinq villes d'Artois. Lorsque le roi de France entre dans Abbeville aux côtés du duc, les habitants déçus par la mise pauvre du souverain s'étonnent : “Est-ce là un roi de France, le plus grand roi du monde ! Ce semble mieux un valet qu'un chevalier. Tout ne vaut pas vingt francs, cheval et habillement de son corps”.

1464         Louis XI ne cache pas son intention de poursuivre la lutte contre les derniers représentants de la féodalité. - Formation de la Ligue du Bien public, entre les grands seigneurs féodaux (ducs de Bourgogne, de Nemours, de Bourbon, de Bretagne et comte d'Armagnac) contre Louis XI, qui les a tous mécontentés et surtout alarmés par quelques réformes précipitées, ainsi que par l'annonce de ses projets de leur abaissement. Bien que l'intérêt de ces princes soit entièrement opposé à celui de la population, ils n'hésitent pas à qualifier leur alliance Ligue du Bien public. Ligue du Bien Public, révolte des princes contre la politique de Louis XI qui veut briser leur volonté d'indépendance, la Ligue du Bien Public est une révolte féodale contre l'autorité royale, obligeant le roi à s'engager à la tête d'une armée de fidèles pour ramener ses vassaux dans le droit chemin. Avec à leur tête Charles, comte de Charolais (futur Charles Le Téméraire) rendu furieux par la vente à Louis XI des villes de la Somme par son père Philippe le Bon, la haute noblesse rejette les décisions royales qui réduisent ses prérogatives. Avec à leur tête Charles, comte de Charolais (futur Charles Le Téméraire) rendu furieux par la vente à Louis XI des villes de la Somme par son père Philippe le Bon, la haute noblesse rejette les décisions royales qui réduisent ses prérogatives.

1465         10 mars Publication du "manifeste du Bien public", base de la Ligue du Bien public, révolte nobiliaire contre le roi de France Louis XI. Les grands (Jean II de Bourbon, Charles de Berry, René d'Anjou, Jean II d'Alençon, François II de Bretagne, Albret, Jean V d'Armagnac), dirigés par Charles le Téméraire, comte de Charolais, et sous la direction nominale du frère du roi, Charles de Berry, souhaitent la mainmise sur les finances royales, sur la distribution des offices, sur l'armée, sur la personne royale (qu'on envisage de limoger) et sur son gouvernement. Début de la guerre de Louis XI contre la Ligue du Bien Public de Charles le Téméraire et Charles de Berry. Guerre du Bien public. Insurrection féodale d'une coalition de seigneurs, menée par le frère du roi, Charles de Berry, qui tente de s'opposer en mars 1465 à la politique de renforcement du pouvoir royal entreprise par Louis XI. La victoire (indécise) de la ligue du Bien public, qui s'est alliée à Charles le Téméraire, à la bataille de Montlhéry (juillet 1465) contraint le roi à restituer les villes de la Somme à Charles le Téméraire, et la Normandie à son frère. Charles le Téméraire, Charles de Bourgogne, habituellement appelé Charles le Téméraire, est un prince français de la deuxième branche bourguignonne de la dynastie des Capétiens. Il est le troisième fils (les deux premiers sont morts en bas âge) de Philippe le Bon (1396-1467), duc de Bourgogne, et de sa troisième épouse l'infante Isabelle de Portugal (1397-*1471), elle-même Capétienne. Charles naît à Dijon en 1433. Il sera élevé aux Pays-Bas.

1465         17 juin Alliance de Louis XI avec les Liégeois.

1465         16 juillet Bataille de Montlhéry. La forteresse de Montlhéry, dont le donjon se dresse à 32 mètres de hauteur, est le théâtre d'une bataille qui oppose Louis XI à la coalition de la Ligue du bien public qui s'est alliée à Charles le Téméraire. La bataille est violente et l'issue en est indécise. Reste que, dans la panique, selon Philippe de Commynes “un seigneur du roi s'enfuit à Lusignan en Poitou et un seigneur de la Ligue jusqu'à Quesnoy-en-Hainaut”. L'un et l'autre de ces seigneurs se sont, dans leur fuite, simplement trompés de direction… Louis XI se hâte de rentrer dans Paris et de le mettre en état de défense; pour s'assurer la bienveillance des bourgeois, il leur rend leurs privilèges et pendant ce temps, il noue des négociations avec les chefs de la ligue. Ces démarches réussissent à les désunir. Il fait alors avec eux les traités de Conflans et de Saint-Maur par lesquels la ligue est dissoute. Il cède la Normandie à son frère, Charles de Berry. Mais il est bien résolu à n'exécuter aucune des clauses qu'il vient de signer. Charles de Berry, Charles de France, 1446-1472, était le plus jeune frère du roi de France Louis XI, son aîné de 23 ans, contre lequel il ne cessa de comploter dès l'accession de celui-ci au trône de France le 22 juillet 1461.

1465         5 octobre Traités de Conflans et de Saint-Maur. Comme il s'est révolté contre son père, Louis XI voit se lever contre lui et le pouvoir ferme qu'il impose son frère Charles, duc de Berry, dit “Monsieur Charles” ou Charles de Berry. Les ducs de Bretagne et de Bourbon ainsi que Charles le Téméraire se sont alliés à lui. Leur coalition forme la ligue du Bien public. Après l'indécise bataille de Montlhéry, le roi est contraint de négocier. Par des paix séparées, il doit rendre des villes de la Somme au Téméraire, et donner la Normandie à son frère Charles (Charles de Berry), qui lui cède le Berry.

1465         29 octobre Traité de Saint-Maur. Charles le Téméraire récupère les villes vendues par son père.

1465         12 décembre Le frère du roi, Charles de Berry, reçoit le duché de Normandie en apanage.

1465         mort du poète Charles d'Orléans.

1466         Louis XI de France reprend la Normandie à son frère Charles de Berry, ce qui déclenche une nouvelle révolte féodale dirigée par Charles le Téméraire et François II de Bretagne. François II de Bretagne, né le 23 juin 1435 au château de Clisson et mort à Couëron le 9 septembre 1488, est le dernier duc de la Bretagne indépendante. Fils aîné de Richard d'Étampes, il est comte titulaire d'Étampes et vit à la cour de France lorsqu'il hérite du duché de Bretagne et des comtés de Richemont et de Vertus. L'ordre de succession au trône de Bretagne ayant été modifié par le premier traité de Guérande en 1365, pour éviter toute contestation, voire une crise de succession, le duc François Ier lui fait épouser sa fille aînée Marguerite, héritière selon la tradition antérieure au traité de Guérande. Il accède au trône en 1458 après la mort de ses cousins François Ier et Pierre II et de son oncle Arthur III, le connétable de Richemont.

1466         à 1536 - naissance et mort de Desiderius Erasmus (Érasme). Humaniste hollandais d'expression latine. Son activité intellectuelle est intense. Il achève l'édition des Adages, "arsenal de Minerve", élargie de 4151 proverbes et sentences. Il traduit Plutarque, Platon, Pindare et s'initie à l'hébreu. En traversant les Alpes, il compose, "à cheval", 'l'Éloge de la folie' (1509), qu'il dédie à Thomas More. Ayant conçu de bonne heure une profonde répulsion à l'égard de la théologie scolastique, Érasme veut compléter humanisme et christianisme en conciliant les études religieuses et l'étude des lettres classiques. Il approuve les premières prises de position luthériennes, mais il souhaite aussi sauvegarder l'unité du monde chrétien, et se prononce bientôt contre Luther en défendant, contre lui, le libre arbitre et la tolérance. Cette position de conciliateur lui vaut un rayonnement européen, mais aussi les attaques de tous les esprits partisans, réformés comme catholiques. Il quitte définitivement les Pays-Bas et s'installe à Bâle, où il publie en 1524 son 'Essai sur le libre arbitre', auquel Luther répond par le 'De servo arbitrio' ("Du serf arbitr"). L'humaniste réplique par 'l'Hyperaspistes' (1527). Correspondant avec toute l'Europe, il compose en 1534 un Traité sur la concorde de l'Église et assure le pape de son entier dévouement à la cause de l'unité de l'Église.

1467         15 juin Mort du duc de Bourgogne Philippe le Bon. Son fils Charles le Téméraire lui succède. Gand et Liège se révoltent contre lui et Louis XI leur donne clandestinement son appui. A l'intérieur, Louis XI déclare les offices inamovibles et organise militairement les corps de métiers de Paris. Cependant, les traités que Louis XI a signés ne s'exécutant pas, une deuxième ligue se forme contre lui, cette fois entre Charles le Téméraire, son beau-frère, Édouard IV d'Angleterre et le duc de Bretagne (François II de Bretagne). Louis XI fait tête d'abord contre ce dernier; il lui inflige une défaite et lui impose le traité d'Ancenis. Puis il se retourne vers les deux autres, mais n'étant pas suffisamment fort pour les attaquer, il cherche à agir de ruse contre le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. Charles le Téméraire, Charles de Valois-Bourgogne, dit Charles le Téméraire, vécut au XVe siècle. Il est (après Philippe II le Hardi, Jean sans Peur et Philippe III le Bon) le quatrième et dernier duc de Bourgogne de la branche des Capétiens-Valois. Ce surnom de Téméraire ne lui fut donné qu'à l'époque romantique. Ses contemporains le qualifièrent de Grand Lion, de Guerrier, de Travaillant, de Terrible ou encore de Hardi (Dijon 10 novembre 1433 – Nancy 5 janvier 1477). Charles le Téméraire était un prince français, descendant et héritier direct de 4ème génération du roi de France Jean II le Bon et du duché de Bourgogne. Il est le père de la duchesse Marie de Bourgogne (1457-1482), qui, à la mort de son père en 1477, allie un état bourguignon en grand danger (d'être entièrement dépecé par Louis XI) à la maison des Habsbourg d'Autriche par son mariage avec le futur empereur germanique, Maximilien Ier du Saint Empire (1459-1519). François II de Bretagne, né en 1435 au château de Clisson et mort à Couëron en 1488, est le dernier duc de la Bretagne indépendante. Fils aîné de Richard d'Étampes, il est comte titulaire d'Étampes et vit à la cour de France lorsqu'il hérite du duché de Bretagne et des comtés de Richemont et de Vertu.

1468         1er avril : Réunion des États généraux, à Tours, par Louis XI, qui obtient une condamnation de la Ligue du Bien public. Les États affirment l'inaliénabilité de la Normandie, qui appartient à la couronne. Ils agissent par loyalisme monarchique mais aussi par solidarité avec les contribuables, la création d'un apanage normand ayant signifié un manque à gagner pour le trésor. États généraux de 1468, réunion des états généraux du royaume de France, à Tours. Ils s'opposèrent à ce que la Normandie fut démembrée pour le frère du roi, et décidèrent que l'apanage des princes ne consisterait désormais qu'en un revenu fixe de rente.

1468         Louis XI fait déclarer par les États généraux réunis à Tours, la Normandie inaliénable, comme faisant partie du domaine de la couronne : elle ne pourra donc être attribuée à son frère ; après quoi il sollicite une entrevue avec Charles le Téméraire à Péronne, où devront être débattues et, promet-il sans doute, résolues les questions qui les divisent. Mais en même temps, afin de créer à Charles des embarras qui le rendront de composition plus facile, il pousse les Liégeois à une nouvelle révolte, cette fois contre leur évêque, parent de Charles, qu'ils chassent de son siège. Charles apprend cette traîtrise et retient Louis prisonnier dans le château de Péronne. Louis XI, cependant, désarme son redoutable adversaire par sa soumission affectée, et consent à signer le traité qu'il lui impose. Aux termes de ce traité, dit de Péronne, le frère de Louis XI, Charles de Berry, (qui est l'allié du Téméraire et qui a été frustré de la Normandie) recevra les provinces de Champagne et de Brie (qui relient les possessions du duc de Bourgogne en Bourgogne et en Flandre) et Louis XI devra assister à la campagne contre les Liégeois. A cette occasion, Louis XI détache du service du duc, Charles le Téméraire, par ses promesses et sa duplicité, le célèbre Philippe de Commines, qui après avoir été le meilleur conseiller de Charles le Téméraire sera l'ami, le confident et l'historiographe du roi de France. Après quoi, Louis XI part avec Charles contre les villes flamandes dont ses intrigues ont provoqué la révolte, et assiste au sac de Liège par les Bourguignons. Une fois rentré à Paris, Louis XI s'efforce de ne pas tenir les engagements qu'il vient de prendre; il commence par attribuer à son frère la Guyenne au lieu de la Champagne qui lui a été promise par traité, mais qui, à son gré, est trop voisine de Paris pour être possédée par un seigneur aussi turbulent et qui, d'ailleurs, reste l'allié du duc de Bourgogne. Philippe de Commines (ou de Commynes ou "Philip de Comines") (1447-1511) est un homme politique, écrivain et historien francophone flamand. Il fut attaché à dix-sept ans au comte de Charolais, futur duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. Il quitta ce seigneur en 1472 pour s'attacher à Louis XI, qui le combla de richesses et d'honneur. Il fut nommé sénéchal du Poitou. Louis XI en fit son confident et son ministre. Après la mort de Charles le Téméraire sur l'ordre du roi il prit possession de la Bourgogne et essaya de réunir la Flandre à la France.

1468         Louis XI fait enfermer dans une cage de fer son conseiller, le cardinal La Balue, qu'il accuse de l'avoir trahi. Cardinal Jean de La Balue, il gravit rapidement les degrés de la gloire: évêque d'Évreux et d'Angers avant d'être cardinal, aumônier du roi, intendant des finances, il devient Secrétaire d'État du roi Louis XI. Complotant contre celui-ci avec Charles Le Téméraire, et reconnu coupable, il fut enfermé de 1469 à 1480 dans une cage de fer, au château d'Auzain près de Blois. Le Pape Sixte IV le fit libérer et le prit sous sa protection. Le Cardinal La Balue mourut en Italie près d'Ancôme en 1491. Cardinal, les cardinaux sont de hauts dignitaires de l'Église catholique chargés d'assister le pape. Ils forment le Collège des cardinaux.

1468         3 juillet Le mariage de Charles le Téméraire avec Marguerite d'York (1446-1503), soeur du roi Édouard IV d'Angleterre, marquant l'alliance anglo-bourguignone. Marguerite d'York ou Margaret Plantagenêt ou Marguerite de Bourgogne (3 mai 1446 - 23 novembre 1503), fille du 3e duc d'York Richard de Plantagenêt (Richard d'York) et de Cécile Neville. Elle était l'une des soeurs des rois Édouard IV d'Angleterre et Richard III d'Angleterre et la troisième épouse du puissant duc de Bourgogne Charles le Téméraire. Elle est la duchesse la plus élégante, la plus riche et la plus puissante d'Europe du XVe siècle.

1468         10 septembre Traité d'Ancenis entre François II de Bretagne et Louis XI de France. Le duc de Bretagne s'engage à rompre ses alliances avec le duc de Bourgogne Charles et le roi d'Angleterre Édouard IV d'Angleterre, tandis que le roi de France promet une pension de 60 000 livres à son frère Charles de Berry ainsi que la concession d'un apanage restant à définir.

1468         9 octobre Début de l'entrevue de Péronne. C'est Louis XI lui-même qui a proposé à Charles le Téméraire qu'ils se rencontrent à Péronne. Il veut négocier seul à seul avec lui alors que, pour la deuxième fois, une coalition se dresse contre lui. Charles de Berry (son propre frère), le duc François II de Bretagne et Jean II d'Alençon sont les alliés du Téméraire. Contre toute attente, l'entrevue vire à l'humiliation pour le roi de France. Charles le Téméraire, qui redoute la duplicité du roi.“Il n'est venu là que pour me trahir” ­, ordonne que l'on ferme les portes de la ville, rompt les négociations, et fait le roi prisonnier. Les conseillers du duc de Bourgogne lui disent alors : “Profitez des circonstances pour tirer du roi ce qu'il vous plaira”. Jean II d'Alençon, Jean II de Valois, né à Argentan le 2 mars 1409, exécuté à Paris en 1476, duc d'Alençon, comte de Perche, fils de Jean Ier et de Marie de Bretagne.

1468         14 octobre Louis XI accepte les conditions de Charles le Téméraire qui le retient prisonnier à Péronne. Louis XI de France et Charles le Téméraire ont une entrevue et signent le traité de Péronne. Louis XI cherche à négocier avec Charles contre la Bretagne. Charles le Téméraire retient le roi de France et ne le libère qu'après qu'il ait donné la Champagne à son frère Charles de Berry et assisté à la répression de la révolte de Liège (30 octobre).

1469         à 1539 - naissance et mort de Nanak, instructeur spirituel indien, il fonde la religion sikhisme. Les Sikhs reconnaissent onze gurûs, dix ayant vécus en chair et en os, et le dernier incarnant l'âme des dix précédents et prenant la forme d'un livre saint, le Siri Gurû Granth Sahîb.

1469         26 avril Charles de Berry reçoit en apanage la Guyenne en remplacement de la Normandie.

1469         1er août Création de l'ordre de Saint-Michel par Louis XI. Les souverains s'en serviront pour récompenser les nobles. Il encadre la haute noblesse dans l'intérêt du pouvoir central. L'Ordre de Saint-Michel est un ordre de chevalerie, fondé à Amboise le 1er août 1469 par Louis XI. Il fut fondé en réplique à la fondation de l'ordre bourguignon de la Toison d'Or. Le roi de France le dirigeait et les chevaliers, au nombre de trente-six, devaient lui prêter serment. Le siège était l'abbaye du Mont-Saint-Michel, transféré ensuite à la Sainte Chapelle de Vincennes, puis par Louis XIV aux Cordeliers de Paris. Ordre de Saint-Michel. Ordre militaire créé à Amboise le 1er août 1469 par le roi Louis XI. Sous Louis XIV, il s'élargit aux artistes et écrivains, à qui il conférait des lettres de noblesse. L'ordre disparaît en 1830.

1469         à 1527 - naissance et mort de Nicolas Machiavel. Homme politique et philosophe italien. Entré en 1498 au service de la République florentine, Nicolas Machiavel exerce la fonction de secrétaire de la Chancellerie des Dix. Ce poste le conduit à mener de nombreuses missions diplomatiques, missions dont la délicatesse est à la mesure des incessants renversements d'alliances. Il se rend ainsi en France, auprès du Saint-Siège, auprès de César Borgia, dont il mesure alors toute la fourberie. Mais la république s'effondre bientôt, et le retour des Médicis au pouvoir sonne aussi le glas de sa carrière. Torturé, jeté en prison, il est contraint à l'exil. C'est alors qu'il écrit 'Le prince', dans l'espoir d'un retour en grâce dans sa ville natale, ce qui se produit effectivement. Contrairement aux idées reçues, Machiavel était loin d'être un cynique ayant rédigé un "manuel à l'usage des tyrans". Son but est de dévoiler le pouvoir dans sa nudité, et de s'interroger, non pas sur ce qu'un État devrait être, sur des Idées à l'instar de Platon, mais sur ce qu'il est en vérité, ce qui constitue à l'époque une innovation. Brillant historien, diplomate de talent, républicain convaincu, quelle ironie d'entendre actuellement son nom comme synonyme d'un acte de manipulation perverse !    

1470         30 juin Naissance de Charles (futur Charles VIII), fils de Louis XI et Charlotte de Savoie à Amboise. Charles VIII de France, né le 30 juin 1470 au château d'Amboise, de Louis XI et de Charlotte de Savoie, mort le 7 avril 1498 au même endroit, fut roi de France de 1483 à 1498, septième et dernier roi de la succession directe de la branche dite de Valois de la dynastie capétienne.

1470         Formation d'une nouvelle ligue à l'instigation du nouveau duc de Guyenne, qui a encore pour alliés Charles le Téméraire et Édouard IV d'Angleterre. De même qu'il la déjà fait, Louis XI n'oppose d'abord à ses ennemis que des ruses dilatoires par lesquelles il espère les diviser.

1470         6 octobre Henri VI d'Angleterre récupère son trône avec l'appui de Louis XI.

1470         novembre Louis XI convoque à Tours, l'Assemblée des Notables, par laquelle il fait annuler le traité de Péronne. Se prévalant de cette décision (qui est beaucoup son ouvrage), il fait saisir les villes de la Somme: Saint-Quentin, Roye, Montdidier, Amiens, qu'il avait rachetées au duc de Bourgogne et que celui-ci lui avait reprises. L'Assemblée des notables est, en France, une assemblée consultée par le roi au sujet de questions concernant le royaume et dont les membres sont désignés par lui. Elle a porté de nombreux noms et l'expression "notables" apparaît avec l'Assemblée réunie à Rouen en 1596. Elle diffère des États généraux par le mode de désignation des députés : les personnages éminents qui la composent, membres du clergé, de la noblesse, des corps de ville, voire délégués des cours souveraines, ne sont pas élus mais désignés par le roi. De plus, ils sont invités à émettre un avis et non à rédiger des doléances.

1470         Hugo van der Goes peint 'Le péché'. Hugo van der Goes est un peintre belge. Ce peintre influencé par Jan Van Eyck et Roger Van der Weyden, qui collaborera, à Bruges, à la décoration des fêtes en l'honneur des noces du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, exécutera pour Tommaso Portinari, représentant des Médicis dans la cité des Flandres, le grand triptyque Portinari. Atteint de maladie mentale, l'artiste se retirera comme frère convers dans un couvent près de Bruxelles en 1477. Il y peindra la 'Mort de la Vierge'.

1470         Installation des premières presses d'imprimerie à Paris.

1471         mars Édouard IV d'Angleterre reprend le trône à Henri VI avec l'appui de Charles le Téméraire. Restauré sur le trône en 1470, Henri VI fut à nouveau déposé le 11 avril 1471. Il fut mis à mort, en secret, à la Tour de Londres.

1471         à 1528 - naissance et mort de Albrecht Dürer. Peintre allemand, peintre Issu de la tradition du gothique flamboyant de l'Europe du Nord et influencé par les oeuvres italiennes de la Renaissance, Albrecht Dürer abordera de nombreux thèmes parmi lesquels la compositions religieuses, les allégories profanes, le paysage les animaux et les portraits. Dürer sera l'artiste allemand du passage entre la tradition plastique médiévale et l'art moderne.

1472         à 1475 - La trêve de Senlis n'empêche pas Louis XI de reprendre les villes de la Somme que Charles le Téméraire lui a récemment enlevées et de débarrasser peu à peu la région des forces bourguignonnes qui pouvaient s'y trouver encore, tandis que le duc de Lorraine bataille en Lorraine, en Allemagne, avec l'espoir d'arrondir et de souder les unes aux autres ses possessions dont il rêve de former un royaume. Sur la demande du duc, Édouard IV d'Angleterre lui amène des troupes en France, mais les finasseries de Louis XI, une fois de plus, font avorter le projet des deux alliés. Charles, d'ailleurs, ne peut rejoindre Édouard IV dans les délais prévus pour le déclenchement de leur action commune ; Louis XI obtient d'Édouard la signature d'un traité de paix, à Pecquigny (1475). Lorsque le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, arrive enfin, il se trouve seul pour engager la lutte, et à son tour signe un traité avec Louis XI, ce qui d'ailleurs lui permettra de se retourner vers les Suisses et vers la Lorraine, qu'il cherche à asservir, et contre lesquels il fera deux expéditions malheureuses, dans la dernière desquelles il trouvera la mort (1477).

1472         24 mai La mort de Charles de Berry, duc de Guyenne, marque le retour de la Guyenne au domaine royal.

1472         Mort du duc de Guyenne, Charles de Berry, frère de Louis XI. Cette mort survient trop opportunément pour qu'on ne soupçonne pas Louis XI d'en être l'instigateur: cela ne l'empêche pas de saisir la Guyenne. Charles le Téméraire, en proie à la fureur, accuse Louis XI d'empoisonnement, et jette des troupes contre les villes de Picardie que le roi vient de lui reprendre. Nesle et Roye sont saccagées; mais les Bourguignons échouent devant Beauvais, grâce surtout à l'héroïsme d'une jeune fille: Jeanne Lainé, dite Jeanne Hachette. Pour se dédommager de cet échec, Charles le Téméraire ravage la Normandie, espérant que, par la possession de cette province, il pourra faire sa jonction avec le duc de Bretagne. Mais entre temps, Louis XI, tant par force que par ruse, a imposé à ce dernier une trêve; Charles réduit à ses propres moyens, se voit lui-même contraint d'en signer une, à Senlis. Jeanne Laisné, connue sous le nom de Jeanne Hachette, figure emblématique de la résistance française face à Charles le Téméraire. En 1472, Charles le Téméraire envahit le nord du royaume de France, aidé par Jean II d'Alençon. Après avoir tout balayé sur son passage, il mit le siège devant Beauvais. Selon la tradition, Jeanne Laisné, une jeune habitante de la ville, saisit une hache pour repousser un Bourguignon qui sautait de son échelle d'assaut. Les défenseurs de la ville, galvanisés par son courage, repoussèrent alors le Téméraire, dont l'avance en France fut stoppée net.

1472         22 juillet Charles le Téméraire échoue devant Beauvais.

1472         31 octobre Signature du Concordat entre Louis IX et Sixte IV. En ce 31 octobre, Louis XI arrête par édit la formule qui signifie sa volonté : “Car tel est notre plaisir”. C'est à la même formule, à peine modifiée en “Car tel est notre bon plaisir”, qu'aura recours encore Louis XVI. Par ce concordat Sixte IV, voulant pacifier les dissensions qui subsistaient entre la cour de Rome et la France, à l'occasion de la pragmatique sanction, donna aux collateurs ordinaires six mois libres pour conferer les bénéfices; à savoir, Février, Avril, Juin, Août, Octobre et Décembre, au lieu de quatre mois libres, pendant lesquels ils n'étaient pas sujets aux graces expectatives; il se réserva néanmoins la faculté d'accorder six graces; il se réserva aussi jusqu'à un certain temps la disposition des bénéfices de France, possedés par les cardinaux et par leurs familiers; il fit aussi quelques réglements sur le jugement des causes et appellations, et ordonna que les taxes faites par Jean XXII pour les bénéfices seroient observées; mais ce concordat ne fut pas exécuté: le procureur général de Saint-Romain s'y opposa comme étant contraire aux decrets des conciles de Constance et de Basle. Sixte IV, Francesco della Rovere, né le 21 juillet 1414 à Celle Ligure, près de Savone, mort le 12 août 1484 à Rome, couronné pape le 25 août 1471 sous le nom de Sixte IV. Ses contemporains baptisent son oeuvre restauratio Urbis : la restauration de la Ville. Il fait aménager la chapelle Sixtine. Il se montre également un mécène humaniste, en partie pour des fins politiques. Il reconstitue l'Académie romaine, embauche des chanteurs pour la chapelle pontificale, accroît les fonds de la Bibliothèque vaticane. La chapelle Sixtine est l'une des salles des palais pontificaux du Vatican. À l'heure actuelle, elle fait partie des musées du Vatican. C'est dans la chapelle Sixtine que les cardinaux, réunis en conclave, élisent chaque nouveau pape. La chapelle doit son nom de "sixtine" au pape Sixte IV, qui la fit bâtir de 1477 à 1483. Elle est située à l'angle sud-ouest du palais et communique avec les chambres de Raphaël et ce qui est actuellement la collection d'art religieux moderne. Son architecte est Giovanni de' Dolci. Elle comprend un souterrain, un entresol et la chapelle à proprement parler, bordée en hauteur d'un chemin de garde : la chapelle devait servir à un but religieux, mais aussi pouvoir assurer la défense du palais. Elle doit sa célébrité au fait que sa décoration a été réalisée par les plus grands artistes de la Renaissance : Michel-Ange, Le Pérugin, Sandro Botticelli, Domenico Ghirlandaio, Cosimo Rosselli, Pinturicchio, notamment.

1473         30 septembre Rencontre à Trèves entre Frédéric III du Saint-Empire et Charles le Téméraire. Frédéric III du Saint-Empire, Frédéric de Habsbourg (né à Innsbruck en 1415, décédé à Linz en 1493). Roi des Romains (1440) puis empereur romain germanique sous le nom de Frédéric III de 1452 à 1493.

1473         à 1543 - naissance et mort de Nicolas Copernic. Astronome polonais. Nicolas Copernic doit être considéré comme l'un des plus grands génies de son époque. Il a conquis une gloire universelle grâce à sa théorie du mouvement de la Terre et des planètes. Dans son système héliocentrique (connu, depuis lors, sous le nom de système de Copernic), toutes les planètes tournent autour du Soleil, et la Terre n'est plus qu'une planète comme les autres, dont la rotation sur elle-même donne l'alternance du jour et de la nuit. Malgré la grande simplicité de son système, Copernic ne réussit pas à faire admettre ses idées à ses contemporains. À côté de son intérêt astronomique, l'oeuvre de Copernic eut une portée philosophique immense. Elle marqua l'un des tournants essentiels de la pensée, ébranlant la vision médiévale du monde, qui plaçait l'homme au centre d'un univers fait pour lui. Cela explique les réactions violentes qu'elle souleva pendant plus de deux siècles.

1474         Incorporation du Roussillon au domaine royal. - Le roi d'Aragon, Jean II d'Aragon, avait engagé le Roussillon au roi de France pour 200 000 écus. Cette somme n'ayant pas été remboursée, Louis XI fit saisir Perpignan et occuper la province qui depuis lors est restée française. Jean II d'Aragon, né le 29 juin 1398 à Medina del Campo, mort le 19 janvier 1479 à Barcelone, fut roi de Navarre par mariage entre 1425 et 1441 puis par usurpation entre 1441 et 1479), et enfin roi d'Aragon, de Majorque, de Sardaigne et de Sicile (sous le nom de Jean Ier), comte de Barcelone, de Roussillon et de Cerdagne entre 1458 et 1479.

1474         L'imprimeur anglais William Caxton publie à Bruges le premier livre imprimé en anglais. William Caxton (v. 1422 dans le comté de Kent - v. 1491) imprimeur anglais. Après avoir séjourné quelque temps en Hollande, et y avoir fait le commerce avec succès, il y apprit l'art d'imprimer, et l'introduisit en Angleterre vers 1472; il publia en 1474 son premier livre, le 'Jeu d'échecs moralisé' (en angl.) ; il donna en 1481 le 'Miroir du Monde', avec gravures. Ses éditions sont fort recherchées des bibliophiles.

1475         à 1477 - Louis XI se donne tout entier à la lutte contre la féodalité. Prenant acte de l'hostilité que lui ont témoignée la plupart de ses grands chefs et des perfidies dont, il faut bien le dire, ils s'étaient rendus coupables envers lui, Louis XI fait agir contre eux, selon le cas, son Parlement ou ses troupes, et leur fait expier les actes qu'il leur reproche. Ainsi périssent le duc d'Alençon (Jean II d'Alençon), et son fils le comte d'Armagnac (René d'Alençon), le comte de Saint-Pol (Louis de Luxembourg-Saint-Pol), le duc de Nemours (Jacques d'Armagnac-Nemours). Leurs domaines, confisqués, sont incorporés au domaine royal. La féodalité est ainsi décapitée, et l'unité territoriale de la France presque réalisée.

1475         juin Échec de Charles le Téméraire devant Cologne.

1475         Alliance entre Frédéric III du Saint-Empire et Louis XI.

1475         juin Édouard IV d'Angleterre débarque à Calais.

1475         29 août Rencontre de Picquigny entre Louis XI et Édouard IV d'Angleterre. 1er document officiel mettant fin à la guerre de Cent ans. Le traité de Picquigny est signé à Picquigny (actuellement, département de la Somme) le 29 août 1475 entre Louis XI et Édouard IV. Il met définitivement fin à la Guerre de Cent Ans qui s'était "endormie" en 1453 après la Bataille de Castillon. Édouard IV, contre une somme de 75 000 couronnes d'or et une pension annuelle de 50 000 couronnes d'or, retournait en Angleterre avec son armée et renonça à son alliance avec le duc de Bourgogne Charles le Téméraire. Ce traité contenta les deux parties: Édouard IV d'Angleterre prétendit recevoir ainsi un tribut de la France, tandis que Louis XI de France affirmait fournir une pension à son sujet le roi d'Angleterre. Grâce aux talents de négociateurs de Louis XI, l'invasion anglaise se termine sans aucune victime et les deux armées festoient ensemble pendant toute une journée dans la campagne de Picquigny.

1475         13 septembre Trève de Soleuvre entre Charles le Téméraire et Louis XI.

1475         29 septembre Paix de Senlis entre Louis XI et François II de Bretagne.

1475         19 décembre Exécution du connétable de France, Louis de Luxembourg, pour trahison. Supplice du connétable de Saint-Pol. Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, fut connétable de France, sous le règne de Louis XI, dans un temps de troubles continuels. Général de Louis XI par sa place, il traitait par esprit d'intrigue avec tous les partis. Il voulait se rendre indépendant, et jouer un rôle principal au milieu des troubles. Il s'était emparé de Saint-Quentin au nom du roi, et le gardait pour lui-même. Fier de la possession de cette importante place, qu'il promettait tour à tour de remettre au roi de France, au roi d'Angleterre, au duc de Bourgogne, il se faisait rechercher et redouter de tous ces princes. Louis XI, dans une entrevue avec le roi d'Angleterre, Édouard IV d'Angleterre, sur le mont de Picquigny, eut l'adresse de tirer de lui les instructions dont il avait besoin sur les projets et les démarches du connétable : celui-ci n'avait fait que les trahir tous deux. Édouard l'abandonna sans peine, et le duc de Bourgogne, instruit à son tour par les deux rois, des fourberies du connétable, le livra lui-même à Louis XI, qui lui fit trancher ce jour la tête à Paris, place de Grève.

1475         à 1564 - naissance et mort de Michel-Ange. Sculpteur, architecte, peintre et poète italien. Michelangelo Buonarotti, dit Michel-Ange, fut au même titre que Léonard de Vinci une légende de l'histoire de l'art, un génie de la Renaissance qui influença ses contemporains et de nombreux artistes bien après sa mort survenue en 1564 à l'âge canonique de 89 ans. Michel-Ange, qui fut également ingénieur militaire et poète, se révéla comme la véritable incarnation de la Renaissance et de l'humanisme qu'elle engendra. Plus que tout autre grande figure de l'histoire de l'art, il s'affirma comme un artiste au talent colossal, incomparable comme sculpteur, extraordinaire dans la mise en scène, étonnant comme dessinateur et comme peintre. On considère aujourd'hui que Michel-Ange, qui était également un fin lettré, n'eut pour rival que Léonard de Vinci, qui produisit cependant peu d'oeuvres, pour lui contester sa place de plus grand génie de l'histoire de l'art. Plus encore que tout autre géant de la peinture, cet artiste, à la fois patriote, indépendant, orgueilleux, irascible, exigeant et inflexible, fut le premier depuis l'antiquité à glorifier l'homme avec une audace extraordinaire, bousculant ainsi de nombreux principes en matière de représentation picturale et marquant profondément son époque de son empreinte.

1475         Jean Fouquet peintre du roi, il illustrera les 'Grandes chroniques de France et les Antiquités judaïques'.

1476         2 mars : Bataille de Grandson, victoire des Suisses sur Charles le Téméraire. Bataille de Grandson, en 1475, les Suisses s'étaient emparés de la place de Grandson. Au matin du 2 mars, des éclaireurs suisses attaquent un camp avancé bourguignon déclenchant la bataille.

1476         22 juin Défaite de Charles le Téméraire contre les Suisses à Morat. La bataille de Morat est une victoire des Suisses, alliés de Louis XI de France, sur Charles le Téméraire, le 22 juin 1476. Bataille de Morat. Conflit opposant les Suisses et le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. Ce dernier, vaincu une première fois à Grandson, reconstitue son armée et marche sur Berne. Arrêté à Morat par une garnison petite mais tenace, il est définitivement vaincu à l'arrivée des renforts suisses. De cette défaite meurtrière et cuisante, Charles le Téméraire ne se remettra jamais. Il meurt quelques mois plus tard.

1477         5 janvier Mort de Charles le Téméraire devant Nancy. Le corps du duc de Bourgogne, nu, percé de deux coups de pique, défiguré par les loups, n'est retrouvé que trois jours après la bataille de Nancy, enfoui sous la neige.

1477         à 1482 - A la mort de Charles le Téméraire qui ne laisse qu'une fille, Marie de Bourgogne, Louis XI essaye de mettre la main sur les possessions du duc. Pour y parvenir, il affiche le projet de marier Marie, qui a vingt ans, avec le dauphin, son fils (futur Charles VIII), qui en a huit: d'ailleurs il fait envahir les États de Bourgogne par ses troupes, dont les exactions mécontentent les populations. Pour se débarrasser de ses prétentions, Marie donne sa main à l'archiduc Maximilien Ier du Saint Empire. Celui-ci prend les armes pour recouvrer l'héritage de sa femme. En 1479, il gagne sur les Français la bataille de Guinegatte; l'Artois se révolte contre Louis XI, mais ce mouvement est vite réprimé. Une révolte des Flamands arrive à point pour empêcher Maximilien de pousser les hostilités contre le roi de France ; l'archiduc est amené à signer le traité d'Arras (en 1482) qui donne à la France, l'Artois, les villes de la Somme et le duché de Bourgogne. Les Pays-Bas restent à la maison d'Autriche et sont attribués au fils de Maximilien et de Marie (qui entre temps est morte prématurément) : Philippe le Beau (lequel sera le père de Charles Quint). Philippe Ier de Castille, le Beau (22 juillet 1478 à Bruges, Belgique - 25 septembre 1506), roi de Castille et de Leon, fils de l'empereur germanique Maximilien Ier du Saint Empire, et époux de Jeanne la Folle, fille de Ferdinand et Isabelle, fut le fondateur de la dynastie Habsbourg en Espagne.

1477         18 août Les Pays-Bas sous les Habsbourg. Mariage de la fille de Charles le Téméraire, Marie de Bourgogne, avec le fils de Frédéric III du Saint-Empire, Maximilien Ier du Saint Empire. Fille et héritière de Charles le Téméraire, Marie de Bourgogne épouse Maximilien de Habsbourg (futur Maximilien Ier du Saint Empire), auquel reviendront les Pays-Bas et donc, les terres de la future Belgique. Plus tard, Charles Quint, leur petit-fils héritier, y ajoutera de nouveaux territoires, donnant naissance aux Dix-Sept Provinces unies des Pays-Bas. Marie de Bourgogne, née à Bruxelles le 13 février 1457, décédée en Flandre en 1482, princesse de la branche bourguignonne de la dynastie capétienne fut duchesse de Bourgogne (1477-1482), comtesse de Bourgogne (1477-1482) (et autres titres). Maximilien Ier du Saint Empire, Maximilien Ier de Habsbourg, (°22 mars 1459 à Wiener Neustadt, †12 janvier 1519 à Wels fut empereur romain germanique de 1508 à sa mort. Fils de l'empereur Frédéric III du Saint-Empire et d'Aliénor du Portugal, il épouse l'héritière de la Bourgogne, la duchesse Marie, seule enfant de Charles le Téméraire. Par ce mariage Maximilien obtint les Pays-Bas bourguignons et la Franche-Comté, pendant que la France prit la Bourgogne. Les Dix-sept Provinces, elles désignent les territoires relevant aujourd'hui principalement de la Belgique, du Luxembourg, du Nord de la France et des Pays-Bas actuels, qui, du XIVe siècle au XVIe siècle appartenaient aux ducs de Bourgogne.

1477         à 1528 - naissance et mort de Giorgione, peintre italien. Giorgione est le nom familier de Giorgio Barbarelli da Castelfranco, un peintre vénitien. Il était l'une des figures les plus importantes de la haute Renaissance vénitienne. Giorgione est connu pour la qualité romantique de son travail, et pour le fait que très peu de peintures (autour de six) soient reconnues comme étant de sa main. Il ne signait pas ses oeuvres. À sa mort soudaine de la peste, il a probablement laissé quelques travaux non finis, qui ont pu avoir été terminés par ses élèves Titien ou Sebastiano del Piombo. L'incertitude résultante de la difficulté à identifier ses oeuvres et de la signification de son art a fait de Giorgione la figure la plus mystérieuse dans la peinture occidentale.

1477         Dislocation des territoires de Charles le Téméraire, annexion de la Bourgogne.

1478         Ivan III de Russie réunit Novgorod à l'état moscovite. De nombreuses familles sont exilées. Ivan III confisque le patrimoine des boyards de Novgorod et leur concède le bénéfice de terres (pomestie) dans la région de Moscou en échange de leurs services militaires et de leur loyauté. Ivan III de Russie (22 janvier 1440-27 octobre 1505), grand prince de Vladimir et de Moscou de 1462 à 1505. Fils de Vassili II. Il épouse Zoé (Sophie Paléologue). Il est le père de Vassili III (1479-1533), André (1490-1533), Youri (1480-1533). Son règne est important car il marque une étape cruciale de l'unification de l'État russe. C'est sur les marches de la cathédrale de l'Assomption que Ivan III déchira le traité qui soumettait Moscou au pouvoir Mongol et déclara ainsi l'indépendance de la Russie. Novgorod, est une cité du nord-ouest de la Russie, située sur le fleuve Volkhov, à six Kms du lac Ilmen.

1478         Sandro Botticelli peint 'le Printemps’

1478         26 avril La conjuration des Pazzi. Une échauffourée dans la cathédrale de Florence, pendant la messe, se solde par la mort de Julien de Médicis. Les frères Médicis, Julien 25 ans et Laurent 29 ans, dirigent la République de Florence. La famille rivale des Pazzi, mécontente d'avoir été privée de certaines fonctions rémunératrices, organise la conspiration avec le soutien du pape Sixte IV. Laurent de Médicis qui en réchappe gagnera le soutien du peuple et fera pendre les conspirateurs aux fenêtres de son palais. Laurent de Médicis dit aussi Laurent Le Magnifique, Lorenzo di Piero de' Medici fut un homme d'État italien et le dirigeant de facto de la république florentine durant la Renaissance italienne. Laurent le Magnifique, fut un grand mécène. Il accueillit par exemple Michel-Ange à ses débuts, fasciné par ses sculptures à l'antique. Il mourut en 1492, provoquant deux ans plus tard la chute (provisoire) de la famille Médicis. Sa mort marque également la fin des succès artistiques de Florence, période dite première Renaissance. Les Médicis (Medici en italien) est une puissante famille florentine de la Renaissance italienne entre les XVe siècle et XVIIIe siècle; leur pouvoir se consolide aux Quattrocento et Cinquecento. Leur richesse, leur pouvoir et leur influence proviennent initialement du commerce et de la transformation de la laine et de leur action au sein de la guilde des lainiers Arte della Lana. D'abord banquiers, puis politiciens, membres du clergé et nobles, les Médicis ont atteint leur prééminence la plus grande comme figures de premier plan de Florence autant que d'Italie, et d'Europe. La famille donna 3 papes, un grand-duc à la Toscane, et 2 reines à la France. La famille de Médicis compta jusqu'à dix filiales bancaires: à Venise, Rome, Naples, Milan, Pise, Genève, Lyon, Avignon, Bruges et Londres. En 1378, Salvestro propose une réforme démocratique, attirant la sympathie du petit peuple pour sa famille. La branche aînée descend de Pierre Ier de Médicis et Laurent le Magnifique, son fils pour s'achever par l'assassinat d'Alexandre le Maure en 1537. Le pouvoir passa alors à la branche cadette descendant de Laurent l'Ancien, alors représentée par Cosme Ier de Médicis qui accède au pouvoir en 1537. La ligne directe mâle de la descendance s'est éteinte en 1737. Dans les Arts, Les Médicis étaient une dynastie adepte du mécénat et du collectionnisme; la dernière des Médicis légua sa collection à la ville de Florence, sous la condition que les trésors restent dans la ville, ce qui la transforma en une gloire du Monde, regroupant plus de 50 musées. L'histoire de la Maison des Médicis a le mérite d'être riche et complexe mais le bilan que l'on dresse de la famille florentine doit être nuancé.

1479         7 août Défaite de Louis XI face à Frédéric III du Saint-Empire à Guinegatte. Maximilien Ier du Saint Empire veut récupérer l'héritage de sa femme, Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire, mort à Nancy le 5 janvier 1577. Les troupes du roi de France sont défaites. Ce que les armes ne lui permettent pas d'obtenir en ce jour, la rouerie du roi le lui accordera trois ans plus tard.

1480         10 juillet Mort de René d'Anjou. l'Anjou passe au domaine royal.

1480         La Provence échoit au futur Charles VIII (avec l'héritage italien, Naples notamment)

1480         Domenico Ghirlandaio peint 'La dernière cène'. Domenico Ghirlandaio est un peintre italien, né à Florence (1449-1494), il entrera dans l'atelier du peintre Baldovinetti, plus tard avec l'aide de ses frères il formera son propre atelier repris par son frère David, à sa mort dans lequel Michel-Ange étudiera. Bien que très attaché aux exigences de son métier, il saura y ajouter une part de sensibilité qui rendra son art unique.

1481         Entre temps, Louis XI a hérité des possessions du duc d'Anjou, René, qui lui a volontairement légué l'Anjou, le Maine, la Provence. Louis XI règne maintenant sur un vaste royaume d'un seul tenant. La Lorraine ainsi que les droits sur le royaume de Naples restent à René II de Lorraine, petit-fils du duc d'Anjou. René II de Lorraine, né en 1451, fut duc de Lorraine et de Bar. Le fils de Ferry II de Vaudémont et de Yolande d'Anjou, la fille du roi René, devient duc de Lorraine en 1473.

1482         Le prédicateur Savonarole sème l'agitation dans Florence par une vive critique des moeurs de ses contemporains. Jérôme Savonarole, en italien Girolamo Savonarola, né à Ferrare, le 21 ou le 24 septembre 1452 et mort sur le bûcher à Florence, le 23 mai 1498, est un frère dominicain et prédicateur italien, qui dirige Florence de 1494 à 1498. Également appelé Hieronymus Savonarola ou encore Girolamo Savonarole, il est connu pour ses réformes religieuses, ses prêches anti-Renaissance, son bûcher des vanités où disparurent de nombreuses oeuvres d'art. Il prêcha de façon véhémente contre la corruption morale du clergé, ce qui en fait un des précurseurs de la Réforme protestante, bien qu'il soit resté catholique romain toute sa vie ; les Florentins lui rendent un culte, à l'égal d'un saint.

1482         27 mars Mort de Marie de Bourgogne.

1482         23 décembre Traité d'Arras entre Frédéric III du Saint-Empire et Louis XI qui récupère la Picardie et la Bourgogne. Le roi de France et l'empereur d'Autriche signent le traité d'Arras. Il stipule que les duchés de Bourgogne et de Picardie reviennent à Louis XI et prévoit l'union du dauphin Charles VIII avec la fille de Maximilien Ier du Saint Empire, Marguerite d'Autriche. Par cette union, l'Autriche apportera en dot la Franche-Comté et l'Artois. Le traité d'Arras a été conclu le 23 décembre 1482 et concerne le partage de l'État bourguignon, à la mort de Marie de Bourgogne, entre Louis XI et Maximilien de Habsbourg (futur Maximilien Ier du Saint Empire). Le roi de France garde la Bourgogne et la Picardie, qu'il a fait occuper dès janvier 1477. Maximilien garde les Pays-Bas. La fille de Maximilien et de Marie de Bourgogne, Marguerite d'Autriche (1480-1530), est promise en mariage au futur Charles VIII. Le mariage ne sera pas célébré car Charles épousera Anne de Bretagne, et le traité de Senlis de 1493 rendra au Habsbourg l'Artois et la Franche-Comté.

1483         30 août Mort de Louis XI. Une hémorragie cérébrale emporte le roi, âgé de soixante ans, à Plessis-lez-Tours. La mort lui faisait depuis si longtemps peur qu'il avait interdit que le mot “mort” soit seulement prononcé et qu'il s'était entouré de reliques, espérant qu'elles seraient en mesure de repousser la fatale échéance. A son chapelain qui priait pour le salut de son âme comme pour son rétablissement, le roi ordonna : “N'en demandez pas tant. Vous troublez le saint. Priez seulement pour la santé du corps”. Il voulut enfin qu'on lui annonça l'imminence de la mort par ces seuls mots : “Parlez peu”. - L'histoire a gardé le souvenir de ses fourberies et on peut dire aussi de ses crimes ; mais elle lui tient compte de son patriotisme inlassable. Si ce roi montra peu de scrupules dans la poursuite de ses desseins, peu d'honnêteté dans sa manière de gouverner, on doit reconnaître que tous ses actes eurent pour but la consolidation du pouvoir royal et l'extension du domaine de la couronne, c'est-à-dire la grandeur de la France. Peu estimable comme homme, il n'en fut pas moins un grand roi par ses conceptions politiques et les conséquences de leur réalisation. Louis XI créa les parlements de Bordeaux et de Dijon. Il encouragea le commerce et facilita l'accès de la France aux négociants étrangers ; il améliora les routes, établit les premières postes (qui, à vrai dire, ne servirent d'abord qu'à la transmission de ses ordres) ; il favorisa l'établissement de l'imprimerie à Paris et grâce à lui se fondèrent, à Tours, les premières manufactures de soieries.

1483         CHARLES VIII l'Affable (1483-1498)

1483         Charles VIII. Lorsque Louis XI meurt en 1483, Charles VIII n'a que 13 ans, selon la volonté de Louis XI c'est Anne, sa soeur, agée de 23 ans mariée à Pierre de Beaujeu duc de Bourbon qui assurera la régence. Anne de Beaujeu (Anne de France) doit affronter une révolte du duc Louis II d'Orléans (futur Louis XII) allié aux barons bretons : "la guerre folle", la victoire des troupes royales conduites par Louis II de la Trémoille à Saint-Aubin-du-Cormier (au cours de la bataille, François II de Bretagne, partisan de l'indépendance, meurt) puis le traité du Verger en 1488 y mettent fin. Louis II d'Orléans est emprisonné. Elle arrange le mariage de son frère avec Anne de Bretagne (fille de François II) celle-ci étant promise à Maximilien Ier du Saint Empire, elle doit négocier. Maximilien était veuf de Marie de Bourgogne, il avait donc hérité d'une partie de la maison de Bourgogne, une alliance avec la Bretagne eut été dangereuse pour la France prise en tenaille. Le contrat de mariage prévoit que si l'union reste stérile, Anne devra épouser le prochain roi. Charles VIII met fin à la régence de sa soeur en 1491 il a 21 ans et, nourri de récits de chevalerie, il ne rêve que d'expéditions lointaines et de croisades contre les Turcs. Il libère Louis II d'Orléans et lui accorde son pardon. Il voulu faire valoir ses droits, qui avaient été légués par la maison d'Anjou au roi de France, sur le royaume de Naples. Il entreprend une expédition qui le mène jusqu'à Naples sans grandes difficultés, Louis II d'Orléans (Louis XII) commande son armée et le chevalier Bayard est à son service. Rapidement, il se heurte à une ligue formée de Ferdinand d'Aragon, le pape Alexandre VI, Milan et Venise. Il doit abandonner ses conquêtes napolitaines et parvient difficilement à s'ouvrir la route du retour en France par la victoire de Fornoue en juillet 1495 où Bayard se distingue par sa bravoure. Ce sera la fin de ses rêves italiens mais déjà, ils auront permis aux Français de découvrir les lumières d'Italie et d'accueillir les courants artistiques de la renaissance italienne. Charles VIII meurt peu après son retour en se heurtant la tête au linteau d'une porte basse du château d'Amboise en 1498, il n'a pas de descendant mâle, son fils Charles-Orland étant mort de la rougeole à 3 ans et les autres morts à la naissance. C'est son cousin Louis II d'Orléans qui prendra la succession et qui épousera Anne de Bretagne. Ce qui met fin à la branche des Capétiens Valois direct.

1483         Avènement de Charles VIII; âgé seulement de treize ans et d'ailleurs débile et maladif, il est trop jeune pour régner. Selon le voeu de Louis XI, la tutelle du jeune prince et la régence seront exercées par sa soeur aînée Anne, mariée au sire de Beaujeu. Cette princesse, douée d'une haute raison et de brillantes qualités, tout entière à ses devoirs, a laissé un grand renom dans l'Histoire. Cependant, les seigneurs que Louis XI avait tenus en respect, jugent le moment propice pour renverser l'oeuvre du feu roi, reconquérir leurs privilèges perdus et imposer l'un d'eux comme régent: une ère de troubles se prépare. Anne de Beaujeu réunit les États généraux pour la première fois au grand complet (paysans compris). Elle fait régler la question de la régence, de manière que Louis II, duc d'Orléans (futur Louis XII), dont on doit redouter la frivolité, en soit exclu, et elle se fait attribuer, à défaut du titre, les pouvoirs de régente; enfin, elle obtient d'eux les subsides nécessaires pour faire face à l'orage qui menace.

1483         14 mai Sacre de Charles VIII.

1483         à 1520 - naissance et mort de Raphaël. Peintre et architecte italien. Formé par le Pérugin, Raffaello Sanzio - dit Raphaël - se fait connaître grâce à l'exécution de commandes de Jules II, et notamment grâce à la décoration des Chambres et de la galerie des Loges du Vatican. Ses compositions comme ses madones surprennent par leur équilibre et la pureté de leurs lignes. Citons à ce titre 'La belle jardinière' exposée au Louvre, ou encore la 'Madone à la chaise' de Florence. Architecte, il réalise les plans du palais Pandolfini ; dessinateur, il trace une histoire de Psyché et fournit les cartons pour les tapisseries des Actes des Apôtres. Les oeuvres de Raphaël frappent les esprits de ses contemporains et ont largement influencé la production artistique occidentale des siècles suivants. La mesure et la grâce de ses tableaux - ce rapprochement qu'il effectue entre amour terrestre et amour céleste - ont ainsi été érigées en canons académiques dans la sphère artistique. Raphaël au nom d'ange, beau comme un ange, peint des anges, comme les célèbres anges rêveurs de "La Vierge Sixtine" (1512), abondamment reproduits. Il décore les chambres privées de Jules II au Vatican, devient son peintre officiel puis architecte en chef de la basilique Saint-Pierre.

1483         à 1546 - naissance et mort de Martin Luther. Théologien et réformateur allemand. Moine augustin (ordre mendiant) du couvent de Wittenberg en Saxe, Martin Luther fait l'expérience d'une libération intérieure vis à vis de ses angoisses de salut, à la lecture de Saint Paul et de Saint Augustin, et acquiert la conviction que seule la foi peut rendre l'homme juste et le sauver. "Jusqu'au jour où je compris enfin que la justice de Dieu, c'est celle par laquelle Dieu, dans sa miséricorde et dans sa grâce, nous justifie par la foi" (Préface de Luther). Cette prise de position publiquement affichée en 1517 lui vaut d'être excommunié en 1521 par le pape Léon X. Ses idées se diffusent en Allemagne et seront encouragées par de nombreux princes : elles coïncident avec la prise de conscience de l'identité nationale. La protestation des princes en 1520 contre un compromis signé par Charles Quint vaudra à ce mouvement le nom de protestantisme. Le luthéranisme est la théologie fondée à partir des écrits et des pensées de Martin Luther. C'est ensuite devenu le regroupement des Églises protestantes luthériennes se rattachant à cette doctrine. C'est pourquoi, on parle de luthérien, d'Églises luthériennes ou de théologie luthérienne. Il est à noter que la théologie de Luther est le bien commun de l'ensemble de la Réforme protestante. Il existe par ailleurs des courants théologiques se référant plus spécialement à lui, y compris dans les Églises réformées. Luthériens. Adeptes de la doctrine religieuse du réformateur Martin Luther (1483-1546). Les luthériens sont des protestants qui reconnaissent la Bible comme seul guide et autorité en matière de foi. Ils n'acceptent que le baptême et l'eucharistie comme sacrement et critiquent sévèrement le clergé et sa hiérarchie.

1484         15 janvier Ouverture des États Généraux à Tours (jusqu'au 14 mars). Anne de Beaujeu, régente du royaume, réunit les États généraux au grand complet, paysans compris. Elle fait débouter Louis II d'Orléans, de ses prétentions à la régence et obtient les subsides dont elle a besoin. Les états généraux de 1484 sont convoqués par la régente Anne de Beaujeu à Tours, afin de désigner qui doit occuper la régence après la mort de Louis XI (30 août 1483) et pendant la minorité de Charles VIII. Bien que le roi défunt l'ait désignée, elle et son mari Pierre de Beaujeu, le successeur de Charles VIII, Louis II d'Orléans, lui conteste ce titre. La convocation des États généraux est une première victoire pour le prince.

1484         à 1531 - naissance et mort de Huldrych Zwingli. Réformateur religieux suisse. Dès 1516, il se plonge dans le texte grec du Nouveau testament qu'Érasme vient de publier. Il y découvre que la bonne nouvelle est la miséricorde. Devenu curé de la collégiale de Zurich (1519), à la suite d'une recherche personnelle devient un Réformateur et expose sa pensée en soixante sept thèses, reconnaissant la Bible comme seul fondement de la loi et rejetant l'autorité de Rome dont il critique la corruption. Sa réforme s'appuie sur une étude systématique de la Bible qu'il lit avec les méthodes humanistes. Il reconnaît en Luther un esprit voisin du sien tout en gardant son originalité. Les paroissiens et le conseil de Zurich prennent son parti et Zwingli entreprend la réforme de la ville (1522). Il se marie (1524) et abolit la messe (1525). Il développe ses positions sociales dans La justice divine et de la justice humaine.

1484         Sandro Botticelli peint 'La naissance de Venus’

1485         22 août : Le roi d'Angleterre, l'impopulaire Richard III d'Angleterre est tué à la bataille de Bosworth ; sa mort et la défaite de son camp met fin à la Guerre des Deux-Roses, et a pour conséquence l'avènement de Henri VII d'Angleterre, qui consacre la victoire des Tudor. (fin du règne en 1509).

1485         22 septembre Création du parlement de Rennes par François II de Bretagne. Informé du fonctionnement des structures administratives d'un grand état comme la France, il obtient finalement du Saint-Siège la création de l'Université de Nantes dans les années 1460, donnant ainsi à la Bretagne le moyen de former ses prélats, officiers, cadres et magistrats à la maison. Suite logique, il transforme en 1485 la "Cour de interlocutoires" et les sessions saisonnières de justice des États en un Parlement sédentarisé à Vannes. Cette cour de justice étant souveraine, aucun appel au Parlement de Paris ne sera plus possible.

1485         à 1488 - Le duc d'Orléans, futur Louis XII, s'associe avec le duc de Bretagne, François II, et quelques seigneurs mécontents, et prend les armes en 1485, puis en 1487 contre la régente, mais ces tentatives, quoique vivement poussées, n'ont aucun résultat. Anne de Beaujeu a confié le commandement de l'armée royale à Louis II de la Trémoille. Celui-ci conduit énergiquement la guerre. En 1488, il bat les alliés, et fait le duc d'Orléans prisonnier à Saint-Aubin-du-Cormier. Le duc de Bretagne, François II, est obligé de signer le traité de Sablé. On a appelé cette guerre la guerre folle, à cause de l'imprudence que montrèrent les seigneurs en s'attaquant au pouvoir royal déjà assez fort pour résister à toute révolte. Guerre folle, c'est en 1485 que commence la Guerre folle qui oppose Louis II d'Orléans (futur Louis XII de France) et François II de Bretagne à la régente d'Anne de Beaujeu après la mort de Louis XI et en attendant la majorité de Charles VIII. Au départ simple révolte contre l'autorité royale, elle met fin à l'ébauche d'État indépendant en Bretagne. Les premiers sont battus à Saint-Aubin-du-Cormier le 28 juillet 1488, ce qui met fin à la guerre. Louis II d'Orléans est enfermé en forteresse puis gracié par Charles VIII à sa majorité, trois ans plus tard. La Guerre folle oppose à la fin du Moyen Âge une coalition de princes apanagistes et féodaux à Anne de Beaujeu, régente après la mort de Louis XI et en attendant la majorité du jeune roi Charles VIII. Elle commence en 1485 et se termine en 1488. Du côté des princes, on trouve le cousin du roi Louis II d'Orléans — futur Louis XII de France -, le duc René II de Lorraine, François II de Bretagne, Alain d'Albret, Jean de Châlon, prince d'Orange, le comte Charles d'Angoulême. Jean de Lescun, bâtard d'Armagnac, comte de Comminges et gouverneur de Guyenne, et Commines, soutiennent la révolte de leurs conseils. Enfin, cette révolte contre l'autorité royale est soutenue par les ennemis étrangers du roi de France, Angleterre, Espagne et Autriche, et elle est à l'origine de la fin de l'indépendance de la Bretagne. Louis II de la Trémoille, ou de La Trimouille, né à Bommiers le 29 septembre 1460, mort à Pavie en 1525, est un homme d'État et un chef de guerre français de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, qui a servi les rois Charles VIII, Louis XII et François Ier.

1486         Invasion autrichienne stoppée en Picardie.

1487         février Soulèvement en Guyenne.

1488         28 juillet Défaite de François II de Bretagne et Louis II d'Orléans à Saint-Aubin-du-Cormier par l'armée royale. La bataille de Saint-Aubin-du-Cormier a lieu le 28 juillet 1488 entre d'une part, les troupes du roi de France, et d'autre part, celles du duc de Bretagne François II de Bretagne et de ses alliés. La défaite de ces derniers clôt la guerre folle, guerre féodale qui voit quelques princes français profiter d'une période de régence pour se révolter contre la puissance royale, défendue par la régente Anne de Beaujeu pour son frère mineur Charles VIII. Bataille de Saint-Aubin-du-Cormier. Épisode de la Guerre folle (révolte de nobles contre la régence d'Anne de France), où Louis II de Louis II de la Trémoille l'emporte sur François II de Bretagne et le duc d'Orléans (futur Louis XII).

1488         20 août Traité du verger ou de Sablé marquant la soumission de François II. Le Traité du Verger, le traité de Sablé dit "traité du Verger" est signé par Charles VIII de France, et François II de Bretagne le 19 août 1488. Il stipule que l'héritière du duché ne peut se marier sans l'accord du roi de France. Louis XI avait mené une politique visant à soumettre la noblesse agitée du royaume, dont le duc de Bretagne, et d'éviter un encerclement de la France par la réunion de la Bretagne à l'Ouest et des possessions bourguignonnes à l'Est. À sa mort, c'est Anne de Beaujeu qui tient la régence. Les grands féodaux du royaume tentent de profiter de cette période de supposée faiblesse de la royauté pour récupérer ses prérogatives et déclenchent la guerre folle en 1485. En 1487, l'armée royale entame sa marche vers l'ouest, elle est accueillie favorablement à Châteaubriant, Vitré, Ancenis et Clisson, toutes villes acquises au parti français. Ploërmel, fidèle au duc est saccagée par la troupe qui compte jusqu'à 12 000 hommes. Nantes est assiégée, mais des Bretons de Cornouaille aidés de mercenaires étrangers, brisent l'encerclement ; Vannes est libérée en mars 1488. La guerre se poursuit avec notamment la prise de Fougères par les troupes royales, jusqu'à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier près de Rennes, le 28 juillet, où 6 000 soldats du parti princier trouvent la mort, contre 1 500 morts pour leurs ennemis conduits par Louis II de la Trémoille. Louis II d'Orléans, futur Louis XII, qui avait pris parti pour les révoltés, est également fait prisonnier. Le 19 août 1488, c'est la signature du traité du Verger, à Sablé-sur-Sarthe, non loin d'Angers. Le duc de Bretagne, François II doit l'hommage lige au roi de France et consent l'appel des cours de justice au Parlement de Paris. En outre, il ne peut marier sa fille sans l'accord de Charles VIII. Le 9 septembre, François II fait une chute de cheval mortelle. Sa fille, Anne lui succède. Elle décide d'épouser Maximilien Ier du Saint Empire ; la cérémonie a lieu par procuration en décembre 1490 en violation du traité.

1488         9 septembre Mort de François II de Bretagne, sa fille, Anne de Bretagne, lui succède. Anne de Bretagne, née le 25 janvier 1477 (1476 ancien calendrier) à Nantes, morte le 9 janvier 1514 à Blois, est duchesse de Bretagne, de 1488 à 1514 et, par mariages successifs, archiduchesse d'Autriche et reine de Romains (1490-1491), reine de France (1491-1498) et reine de Sicile et de Jérusalem dans la foulée, puis de nouveau reine de France (1499-1514) et duchesse de Milan.

1488         à 1576 : naissance et mort de Le Titien. Peintre et graveur italien. Comme chez tous les grands maîtres italiens (Raphaël, Michel-Ange...), c'est le prénom du peintre qui a été retenu pour le dénommer et non son nom de famille. Le Titien est né à côté de Venise (sur la terre ferme et non dans la lagune), autour de 1488. Il est mort à environ 90 ans. Sa carrière est indissociable de la ville de Venise, alors à son apogée. Issu d'une famille de notables, il reçoit tout d'abord une formation chez un mosaïste. Il entre ensuite dans l'atelier des Bellini. Le père, Jacopo, est un peintre et théoricien, qui a introduit à Venise la perspective découverte à Florence. L'atelier appartient à son fils aîné, Gentile, mais Titien s'inspire surtout du plus talentueux des trois fils, Giovanni, qui accorde, dans sa peinture, la primauté à la couleur. Enfin, le Titien reçoit une dernière influence, celle de Giorgione (mort en 1510), qui établit dans ses oeuvres une sorte de synthèse entre les clair-obscur de Vinci et la couleur de Bellini.

1489         Philippe de Commynes écrit 'Mémoires' (1489-1498)

1489         Impression des 'Testaments' du poète français François Villon, une des premières oeuvres imprimées en France.

1490         19 décembre Anne de Bretagne épouse Maximilien Ier du Saint Empire par procuration.

1490         Après la mort du duc de Bretagne, François II - Il ne laisse qu'une fille, Anne de Bretagne, qui est promise à Maximilien Ier du Saint Empire (veuf de Marie de Bourgogne). Mais celui-ci ne se presse pas de réaliser ce mariage. Charles VIII se rend en Bretagne, dont sa soeur a fait saisir entre temps les principales villes et se fait agréer pour époux par Anne, d'où résulte l'incorporation au royaume du duché de Bretagne.

1490         Geertgen Tot Sint Jans peint 'Saint Jean Baptiste dans le désert'. Geertgen Tot Sint, né à Leyde, dans ce nord des Pays-Bas qui devait plus tard devenir Hollande, Gérard de Saint-Jean (Geertgen tot Sint Jans) tire son nom de la confrérie de Saint-Jean, où il passa ses dernières années.

1490         28 décembre - Ordonnance de Moulins prescrit, article 101, que les dépositions des témoins soient faites 'en langage françois ou maternel': le choix linguistique est possible.

1491         20 mars Prise de Nantes par les troupes Royales.

1491         15 novembre Traité de Rennes, capitulation d'Anne de Bretagne à Rennes.

1491         6 décembre Mariage de Charles VIII avec Anne de Bretagne. Elle s'engage à se remarier avec son héritier s'il n'y a pas postérité. Anne est soucieuse de préserver l'indépendance de son duché. Elle a épousé par procuration Maximilien de Habsbourg (futur Maximilien Ier du Saint Empire) en 1490. Mais ce mariage est intolérable à la couronne de France, qui oppose qu'avant de mourir François II de Bretagne a donné au roi de France un droit de regard sur le mariage de ses filles. Après le siège de Rennes par les troupes royales, Anne se résigne à épouser le roi de France Charles VIII. Par cette union, la Bretagne devient fief français, mais seulement en droit.

1492         à 1493 - Charles VIII se croyant appelé à une carrière militaire glorieuse projette de revendiquer les droits de la maison d'Anjou sur le royaume de Naples et, de là, de porter la guerre en Orient pour briser la puissance des Turcs et rétablir, à son profit, le trône de Jérusalem. Afin de se rendre les mains libres pour ces expéditions, il rétrocède, par le traité de Narbonne, le Roussillon à Ferdinand le Catholique (Ferdinand II d'Aragon) et, par le traité de Senlis (1493), la Franche-Comté et l'Artois à la maison d'Autriche. Il convient de dire d'ailleurs que ces deux dernières provinces étaient réservées par le traité d'Arras, pour servir de dot à la fille de Maximilien (Marguerite), que Charles VIII devait épouser, et qui était élevée à la cour de France, mais qu'il renvoya pour se marier avec Anne de Bretagne. Ferdinand le Catholique, Ferdinand II d'Aragon, né le 10 mars 1452 (ou 10 mai ?) à Saragosse, mort le 23 juin 1516 à Madrigalejo, dit Ferdinand le Catholique, fut, par mariage, roi de Castille et Leon de 1474 à 1504 (sous le nom de Ferdinand V) puis, de son propre chef, roi d'Aragon, de Valence, de Majorque et de Sicile et comte de Barcelone de 1479 à 1516, comte de Roussillon et de Cerdagne de 1493 à 1516 et roi des Deux-Siciles en 1504. Marguerite d'Autriche, archiduchesse d'Autriche, (née le 10 janvier 1480 à Bruxelles, morte le 1er décembre 1530 à Malines) était duchesse de Savoie et gouvernante des Pays-Bas. Elle était la seule fille de Marie de Bourgogne (1457-1482) et de l'empereur Maximilien Ier et la petite-fille du duc de Bourgogne Charles le Téméraire. Marguerite fut fiancée en 1483 au dauphin, le futur roi Charles VIII de France, qui la renvoya en 1489, avant d'épouser deux ans plus tard la duchesse Anne de Bretagne.

1492         2 janvier Les Espagnols s'emparent de Grenade dernier bastion musulman en Espagne. Cette année voit, en Espagne, la fin d'un processus de reconquête qui dura sept siècles, ce qui scelle son Moyen Âge. Ce même pays inaugure la même année la découverte d'un continent, sacrant la réunion de l'humanité au niveau mondial. 1492 projette donc le Royaume de Castille et ses alliés, "Les Espagnes", dans les temps modernes, à l'avant-scène européenne. L'Année cruciale est un terme employé de l'historiographie espagnole pour désigner le fameux an de grâce 1492. C'est l'année de la prise de Grenade en Andalousie. Cette année voit, en Espagne, la fin d'un processus de reconquête qui dura sept siècles, ce qui scelle son Moyen Âge. Ce même pays inaugure la même année la découverte d'un continent, sacrant la réunion de l'humanité au niveau mondial. 1492 projette donc le Royaume de Castille et ses alliés, "Les Espagnes", dans les temps modernes, à l'avant-scène européenne. Pour affirmer son programme politique et démographique (Limpieza de sangre), la mainmise de l'Église catholique au travers de la mission de la Sainte Inquisition lui donne des pouvoirs obscurantistes, à la fois temporels et spirituels : les conséquences seront lourdes pour l'Espagne dans la compétition européenne du concert des nations; expulsion des Sépharades d'Espagne, certains vont contribuer à l'essor financier des Pays-Bas, alors sous domination espagnole, d'autres iront dans le Maghreb; expulsion des Morisques et des non convertis (conséquence ultérieure: 1502 ou 1525 selon leur localisation); autodafés des livres en arabe accumulés à Grenade, point focal de la Reconquista, par l'évêque nouvellement nommé : ce sont huit siècles de culture islamique qui partent en fumée, y compris des tomes retranscrits du grec ancien et provenant des textes des penseurs de l'Antiquité grecque. C'est aussi l'année de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb au nom des rois chrétiens et du royaume d'Espagne, bien que à l'époque, il ne pensaient que seulement avoir découvert une nouvelle route vers les Indes.

1492         8 février Sacre d'Anne de Bretagne à Saint-Denis.

1492         31 mars : Décret d'Alhambra, portant l'expulsion des Juifs d'Espagne par les Rois Catholiques, Isabelle la Catholique et Ferdinand II d'Aragon, qui leur laissent jusqu'au 31 juillet pour se convertir au christianisme ou quitter le pays. 150 000 choisissent la conversion, 150 000 à 200 000 l'exil en Navarre, au Portugal, en Italie, en Afrique du Nord ou en Méditerranée orientale. Ce décret resta officiellement en vigueur jusqu'en 1967. Isabelle la Catholique, Isabelle Ière de Castille, dite Isabelle la Catholique, née le 22 avril 1451 à Madrigal de las Altas Torres, morte le 26 novembre 1504 à Medina del Campo, fut, de son propre chef, reine de Castille et Leon de 1474 à 1504 et, par mariage, reine d'Aragon, de Sicile et autres terres (1479-1504).

1492         mai Alliance de Charles VIII avec Ludovic Sforza, duc de Milan, contre le roi de Naples, Ferdinand le Catholique. Lodovico Sforza dit Ludovic le More (27. juillet, 1452 -27. mai, 1508), était un duc de Milan de la dynastie de Sforza de Milan, Italie. Il était le deuxième fils de François Ier Sforza et de Blanche-Marie Visconti, et était célèbre comme patron de Léonard de Vinci, Bramante et d'autres artistes.

1492         6 octobre Les Anglais assiègent Boulogne.

1492         11 octobre - Découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. Au bout de 65 jours de navigation, pendant lesquels il eut souvent à lutter contre les terreurs et l'insubordination de son équipage, il découvrit la terre, le 12 octobre 1492 : il croyait être parvenu aux extrémités orientales de l'Asie, ce qui fit donner à ces nouvelles contrées le nom d'Indes orientales. Il aborda d'abord dans une des Lucayes, qu'il appela San Salvador, découvrit ensuite Cuba et Haïti, à laquelle il donna le nom d'Hispaniola, et revint en Espagne en mars 1493. Il fut nommé vice-roi des pays qu'il avait découverts. En septembre 1493, il entreprit un 2ème voyage, découvrit la plupart des Petites Antilles, soumit Haïti et y fonda la ville de Saint-Domingue (Haïti). Dans un 3ème voyage, exécuté en 1498, il découvrit le continent et parcourut la côte de l'Amérique méridionale depuis l'embouchure de l'Orénoque jusqu'à Caracas; enfin, dans une 4° et dernière expédition, en 1502, il poussa jusqu'au golfe de Darien (La Découverte de l'Amérique). Colomb eut plusieurs fois à réprimer des révoltes parmi ses compagnons; il eut aussi cruellement à souffrir de l'envie. Accusé après son premier voyage par ceux qu'il avait châtiés, il les confondit aisément; mais pendant sa 3ème expédition, il devint la victime de la calomnie, fut dépouillé de son commandement, et remplacé par Bobadilla qui le renvoya en Espagne chargé de fers. Il obtint facilement sa liberté, mais il ne put recouvrer son crédit, et après son 4ème voyage, il se vit négligé par le roi Ferdinand. Il mourut en 1506, accablé d'infirmités et de chagrins.

1492         Arrivée de Christophe Colomb, parti de Palos le 3 août en compagnie des frères Martin et Vincent Pinzon à bord de la Pinta, de la Nina et de la Santa Maria. Le 12 octobre, ils atteignent l'île de Guanahani (Bahamas), baptisée San Salvador, puis les grandes Antilles, Cuba (28 octobre) et Haïti qu'ils appellent Juana et Espanola. A Haïti, ils laissent une garnison de 39 hommes au fort de Navidad construit le 25 décembre avec les débris de la Santa Maria échouée, avec pour mission de découvrir et d'entreposer l'or. Aux Bahamas, Colomb rencontre les Indiens Arawak. Ils vivent dans des communautés villageoises et pratiquent la culture du maïs, de l'igname et du manioc. Ils savent filer et tisser mais ne connaissent pas le cheval et n'utilisent pas d'animaux pour le labour. Ils ignorent l'acier, mais portent de petits bijoux en or aux oreilles. Il les appelle les Indiens, car il voulait aller en Inde. Dès qu'il arrive, il envoie une lettre à son roi, disant "les gens d'ici sont bons à aller dans les mines ou pour aller couper du bois, ils ne demandent rien en échange, et ne mangent pas beaucoup."    

1492         Les Grandes Découvertes. L'Espagne, le Portugal, la France, les Pays-Bas et l'Angleterre forment des puissances économiques, maritimes et militaires qui recouvrent le globe. Colomb découvre l'Amérique en 1492. Le commerce maritime se déploie, les échanges entre l'Europe, l'Asie et l'Amérique se multiplient. Dès les années 1500, les Européens partent à la conquête du monde à la recherche de nouvelles voies maritimes (Colomb, Vespucci, Magellan).

1492         Renaissance et Réforme (1492-1688). L'Europe décolle. Les historiens clôturent le Moyen Âge en 1453, avec la prise de Constantinople par les Turcs qui met fin au dernier vestige de l'empire romain, ou en 1492, avec l'arrivée de Christophe Colomb en Amérique. À ces dates-là, du Japon à l'Angleterre, tous les vieux pays sont à peu près au même niveau de développement économique. Par leur taille, les États chrétiens font piètre figure en regard des empires musulmans : l'empire ottoman, l'empire perse et le sultanat de Delhi. Qui plus est, leur unité fondée sur la référence au catholicisme est brisée par la Réforme protestante. Mais l'Europe est saisie d'une telle effervescence intellectuelle, artistique et scientifique que très vite elle se distingue du reste du monde. Cette effervescence s'accompagne d'un retour aux modèles de l'Antiquité gréco-latine. C'est l'humanisme. L'époque a été pour cela qualifiée de Renaissance. Le terme, sous sa forme italienne Rinascita, est pour la première fois employé par le peintre Giorgio Vasari vers 1550 pour qualifier un mouvement littéraire et artistique. Il est repris au XIXe siècle par l'historien suisse Jacob Burckhardt dans le titre d'un ouvrage : Civilisation de la Renaissance pour qualifier cette fois une époque historique, les XVe et XVIe siècles (mais des historiens contemporains considèrent cette définition très restrictive, estimant que depuis l'époque de Charlemagne jusqu'au siècle des Lumières, l'Europe est allée de "renaissance" en "renaissance"). L'Europe consolide son avance avec la colonisation de l'Amérique. C'est l'aboutissement d'un gigantesque effort de recherche et le début d'une prodigieuse aventure.

1492         La Renaissance. Aux XVe et XVIe, un puissant élan intellectuel s'étend à toute l'Europe. Des savants remettent en question les idées et les croyances traditionnelles (Copernic, Galilée, Léonard de Vinci, Érasme, etc). Gutenberg met au point l'imprimerie (1450). La Renaissance qui débute en Italie s'étend en Europe, ce renouveau artistique coïncide avec une reprise économique. La Renaissance est la période de l'Histoire qui commence, d'un point de vue académique français, après la fin du Moyen Âge, en 1492 et se termine à la mort de Charles Quint en 1558. Le terme a été inventé en 1860 par l'historien de l'art suisse Jacob Burckhardt (1818-1897) dans son livre 'Civilisation de la Renaissance en Italie'. Durant la Renaissance, on s'intéressa de nouveau à l'Antiquité grecque et romaine, ce qui accompagna le mouvement intellectuel de l'humanisme ; ce mouvement eut comme source l'Italie, en particulier dans la région de Toscane sous le règne des Médicis. Le terme de renaissance peut désigner d'autres périodes de l'Histoire que la période ci-dessus : la renaissance carolingienne (les lettrés de cette époque parlaient de renovatio), la renaissance du XIIe siècle (appelée "romane" au XIXe siècle)... On remarquera aussi que la renaissance qui a eu lieu en France au XVIe siècle a débuté plus tard que dans d'autres régions d'Europe : l'Italie (Quattrocento), les Flandres (primitifs flamands,...), la Bourgogne, le nord de la France et l'Angleterre (polyphonies...) ont connu des mouvements de renouveau antérieurs à la France.

1492         Henri VII d'Angleterre a préparé une guerre contre la France; pour l'éviter, Charles VIII renouvelle à Étaples le traité par lequel Louis XI payait un tribut aux Anglais.

1492         3 novembre Traité d'Étaples, les Anglais lèvent le siège contre 745 000 écus. Charles VIII et Henri VII d'Angleterre signent un traité par lequel les Anglais acceptent de se retirer de France en échange de la somme de 745 000 écus d'or. Le traité d'Étaples est signé le 3 novembre 1492 entre le royaume de France et celui d'angleterre. Philippe de Crèvecoeur d'Esquerdes l'a négocié du côté français. Le traité met fin à l'attaque anglaise du nord de la France (siège de Boulogne), lancée en représailles au soutien du roi de France au prétendant Perkin Warbeck. Le roi de France expulse Warbeck et paie une indemnité de 159 000 £. Le traité est ratifié en décembre.

1493         19 janvier Traité de Barcelone, Charles VIII restitue le Roussillon et la Cerdagne à l'Aragon. Charles VIII et le roi d'Espagne (Ferdinand le Catholique) signent ce traité par lequel le roi de France rend à l'Aragon le Roussillon et la Cerdagne. Traité de Barcelone (1493), par le traité de Barcelone du 19 janvier 1493, Charles VIII, arrière petit-fils de Yolande d'Anjou, abandonne à Ferdinand d'Aragon le Roussillon et la Cerdagne afin d'avoir sa pleine liberté pour concrétiser ses prétentions, qu'il tenait de la maison d'Anjou, sur le royaume de Naples, sur Chypre et sur Jérusalem.

1493         23 mai Traité de Senlis avec Maximilien Ier du Saint Empire qui récupère sa fille et sa dot. Ce traité est conclu entre Charles VIII, Maximilien Ier du Saint Empire et Philippe le Beau. Charles VIII rend à Maximilien le Charolais l'Artois et la Franche-Comté, ces deux dernières provinces ayant été cédées à Louis XI par le traité d'Arras. En outre, ces deux mêmes provinces ont tenu lieu de dot pour Marguerite d'Autriche, qui a été fiancée à Charles VIII et élevée à la cour de France, mais que le roi s'est refusé à épouser… La couronne de France n'en continuera pas moins à être suzeraine de l'Artois. Le traité de Senlis a été conclu le 23 mai 1493. Il a pour but de répartir l'héritage des anciens États bourguignons entre le royaume de France et la famille des Habsbourg, apparentée à la descendance des ducs Valois de Bourgogne par le mariage de Maximilien Ier du Saint Empire avec Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire. Ce traité permet à Maximilien de récupérer la dot de sa fille Marguerite d'Autriche, (ex-fiancée de Charles VIII), c'est-à-dire l'Artois et le comté de Bourgogne (Franche-Comté) et rentrer en possession du Charolais et de Noyon.

1493         Alde Manuce fonde son imprimerie à Venise. Alde Manuce est, avec Johann Gutenberg et William Caxton, l'un des trois seuls imprimeurs-éditeurs du XVe siècle à avoir acquis une notoriété mondiale. Autant les deux derniers évoquent la première génération de l'imprimerie et la révolution, à la fois technique et culturelle, qu'elle imposa à l'Occident, autant Alde Manuce a, de tous temps, été synonyme de la Renaissance, de l'humanisme en expansion, de l'universalisme, bref de la glorieuse Venise, capitale européenne de la liberté de pensée au tournant du XVe siècle.

1493         à 1541 - naissance et mort de Paracelse. Alchimiste et médecin suisse. Il joue un rôle considérable dans l'histoire de la médecine, de la philosophie, des religions, entre le Moyen Âge et l'époque moderne. Il incarne les contradictions, les invraisemblances, les intuitions géniales de la Renaissance. S'il ouvre des voies nouvelles à la science, il est également alchimiste et théologien. Penseur qui réfléchit sur son art, il est, selon les mots de Giordano Bruno, "le premier qui ait de nouveau considéré la médecine comme une philosophie". Considérée généralement comme synthèse médicale, l'oeuvre paracelsienne mérite tout autant d'être tenue pour une synthèse philosophique. Pourquoi les théories de Paracelse s'imposent-elles, malgré la personnalité de l'homme? Les historiens en débattent encore, mais l'avènement de la distillation semble avoir contribué au changement. La technique s'est imposée à la fin du Moyen Âge dans la communauté des chimistes, et de nombreux produits naturels ont été testés. À partir des substances naturelles comestibles, tels le fenouil, la noix de muscade et les clous de girofle, les chimistes obtiennent toujours trois types de produits : un fluide volatil, ou "esprit" ; une substance huileuse et un résidu solide. Sur cette base, les chimistes proposent trois nouveaux éléments pour remplacer ceux d'Aristote : le mercure (c'est-à-dire l'essence des fluides vaporeux, et non pas l'élément chimique qui porte aujourd'hui ce nom), qui donne l'arôme à l'aliment ; le soufre (l'essence des substances huileuses, sans relation non plus avec l'élément chimique), qui véhicule l'humidité et le goût sucré ; le sel (l'essence des solides, différente du sel de table), qui détermine le goût et la consistance, et qui lie les deux autres éléments, normalement antagonistes. Les médecins se convainquent alors que la digestion n'est pas une cuisson, comme ils l'avaient soutenu précédemment, mais une fermentation.

1494         Institutions des foires de Lyon et de Nantes.

1494         25 janvier Suite à la mort de Ferdinand Ier d'Aragon, Charles VIII se proclame roi de Naples. Ferdinand Ier d'Aragon, né en 1423, mort en 1494, roi de Sicile péninsulaire (roi de Naples) (1458-1494), fils illégitime d'Alphonse V, roi d'Aragon et de Sicile, et de Giraldona Carlino.

1494         Charles VIII prend le titre de roi de Naples, premèreère guerre d'Italie (1494-1497). Les guerres d'Italie sont une suite de conflits menés par les souverains français en Italie au cours du XVIe siècle pour faire valoir leurs droits héréditaires sur le royaume de Naples, puis sur le duché de Milan. Le royaume de Naples, jusqu'en 1442, est aux mains des Anjou. À cette date, l'Aragon en prend le contrôle. La famille d'Anjou essaye alors sans relâche d'en reprendre possession. Son dernier représentant, René d'Anjou meurt en 1481 : ses droits sur le royaume de Naples passent alors à la France, sur le trône de laquelle règne, dès 1483, Charles VIII. En 1486, certains barons du royaume de Naples, restés fidèles aux Anjou, se révoltent. Vaincus ils se réfugient en France. Les monarques français vont alors essayer de faire valoir leurs droits pendant près de 60 ans.

1494         à 1495 - Malgré des débuts brillants, l'expédition de Charles VIII échoue. Plusieurs princes italiens l'avaient encouragé à l'entreprendre, espérant chacun profiter de ses succès. II entra en triomphateur à Rome (31 décembre 1494), puis à Naples (22 février 1495). Mais sa rapide fortune qui avait d'abord ébloui ses nouveaux amis, ne tarde pas à les inquiéter. Ils redoutent de s'être donné un maître, là où ils ne cherchaient qu'un appui ou un instrument les uns contre les autres. A peine est-il entré à Naples qu'une ligue se forme derrière lui entre le pape Alexandre VI, l'empereur d'Autriche (Maximilien Ier du Saint Empire), la République de Venise, Ferdinand le Catholique (roi d'Espagne) et Ludovic le More (Sforza, qui entre temps a vu son ambition se réaliser en devenant duc de Milan). A cette nouvelle, Charles VIII reprend le chemin de la France avec l'armée très peu nombreuse qu'il a amenée. Les confédérés au nombre de 40 000 essaient de lui barrer le passage. Mais le 8 juillet, bien que n'ayant que 9 000 hommes (car il a laissé une partie de son monde à Naples), Charles écrase à Fornoue les Vénitiens et les Milanais, dans une grande bataille où se montrent tout particulièrement le courage et la fougue des Français que les Italiens reconnaissent en lui donnant le nom de furia francese. Au cours de cette campagne, d'ailleurs, s'est imposée la supériorité de l'artillerie française. Après sa victoire de Fornoue, qu'il ne sut pas exploiter, Charles VIII rentre en France. Quant aux troupes laissées à la garde du royaume de Naples, elles eurent à se défendre contre les anciens maîtres du pays: après quelques succès dont le plus connu est celui de Seminara, en 1503, elles durent capituler à Atella et obtinrent leur retour en France.

1494         7 juin : L'Espagne et le Portugal signent, contraint par le pape Alexandre VI, le traité de Tordesillas, par lequel, ces deux puissances s'entendent sur le partage des territoires du Nouveau Monde. La ligne de 1493 est repoussée à 370 lieux plus à l'ouest. Tout ce qui serait découvert à l'ouest de la longitude 50° appartiendrait à l'Espagne, et tout ce qui serait à l'est (Afrique comprise) appartiendrait au Portugal. En fait la papauté avait attribué non pas des zones de colonisation, mais des zones d'évangélisation, distinction subtile qui ne résista pas aux appétits de ces deux puissances européennes. Le traité de Tordesillas, signé à Tordesillas (Valladolid) en Castille le 7 juin 1494, établit le partage du Nouveau Monde entre l'Espagne et le Portugal. Ce traité établi un partage entre les seuls deux États signataires avec pour ligne de partage un méridien nord-sud localisé à 370 lieues (1770 km) à l'ouest des îles du Cap-Vert — méridien qui se situerait aujourd'hui à 46° 37' ouest. Ce traîté fut ratifié par l'Espagne le 2 juillet et par le Portugal le 5 septembre de la même année.

1494         12 septembre naissance de François d'Angoulême (futur François Ier), fils de Charles d'Orléans. François Ier de France, appartient à la branche de Valois-Angoulême de la dynastie capétienne. Il est né le 12 septembre 1494 à Cognac (Charente). Il est le fils de Charles d'Angoulême (1459 - 1er janvier 1496) et de Louise de Savoie (11 septembre 1476 - 22 septembre 1531).

1494         31 décembre Charles VIII entre dans Rome. C'est par la Porte du peuple que Charles VIII entre dans Rome. Il est acclamé tout au long du parcours qui le mène au palais San Marco. Selon les témoins entourant Louis II d'Orléans (Louis XII), qui accompagne le roi, celui-ci “entra dans Rome plus triomphalement et mieux accompagné que ne fit aucun prince qui soit en la mémoire de ceux qui sont vivants”. Sur les étendards du roi, les mots “Voluntas dei. Missus a Deo” : “Volonté de Dieu. Envoyé de Dieu”. Le pape Alexandre Borgia se terre dans son palais…     

1494         à 1553 - naissance et mort de François Rabelais. Écrivain français. Né d'un père avocat à Chinon, François Rabelais étudie le latin, le grec, et correspond avec le célèbre humaniste Guillaume Budé. Il a d'abord été moine et traducteur avant d'exercer les fonctions de médecin puis d'écrivain. Homme de la Renaissance, il a allié, sa vie durant, foi en Dieu, discours anticléricaux, pensée humaniste et sens de la farce. Ses deux principaux héros littéraires, des géants, père et fils, sont issus de la littérature du Moyen Âge. Dans ses deux oeuvres majeures, 'Gargantua' et 'Pantagruel', il fait preuve d'un style hors du commun, d'une richesse de vocabulaire exceptionnelle et associe des opinions "éclairées" sur l'éducation, l'extension des savoirs ou la guerre, à une technique littéraire où le récit historique se mêle aux inventions fantastiques. Virtuose du langage et grand créateur de mots, polémiste, savant, précurseur dans de nombreux domaines, François Rabelais réalise la synthèse entre la tradition comique carnavalesque du Moyen Âge et les nouveaux savoirs de la Renaissance. Sa vie et son oeuvre polymorphe, qui donne à rire et à penser, qui échappe à tout classement, sont le triomphe de la liberté d'esprit. "Polémiste, encyclopédiste, savant, grand voyageur épris de tolérance, moraliste sans morale, éducateur, ivrogne, humaniste camouflant son humanisme sous des torrents d'obscénités, romancier se servant du réalisme au seul bénéfice de l'imagination, linguiste maître du langage et créateur de mots, Rabelais est un précurseur dans tous les domaines et la plus comique de nos énigmes". Jean d'Ormesson.

1494         Le goût de l'innovation de Léonard de Vinci n'est pas toujours récompensé. De 1494 à 1498, De Vinci peint 'La Cène', une fresque située sur le mur du fond du réfectoire de Sainte-Marie-des-Grâces (Italie). L'oeuvre, considérée comme le premier travail de la Haute Renaissance, s'écaille malheureusement très rapidement. De Vinci a en effet utilisé un enduit expérimental qui résistera mal à l'atmosphère humide des lieux.

1495         à 1498 - Charles VIII emploie ces deux années, d'une part à réorganiser le Parlement (fixation du Grand Conseil) et à poursuivre quelques réformes intéressantes; d'autre part, à préparer une nouvelle expédition contre l'Italie.

1495         22 février Charles VIII entre dans Naples. C'est vêtu en empereur romain que Charles VIII fait une entrée solennelle dans la ville. Les troupes de celui qui, roi de France, monte sur le trône du royaume de Naples commencent de piller la ville.

1495         1er mars Création de la ligue de Venise contre Charles VIII.

1495         20 mai Charles VIII repart pour la France.

1495         6 juillet : bataille de Fornoue, victoire de la France sur la Sainte Ligue. Dans une "furieuse" charge, 9 000 royaux enfoncent 30 000 adversaires et laissent des milliers de morts. Charles doit néanmoins rapatrier ses troupes et rentre en France à l'automne. Naples est reprise par l'armée de Gonzalve de Cordoue (1496). Bataille de Fornoue, lors de la première guerre d'Italie, Charles VIII a réussi à s'emparer du royaume de Naples sans rencontrer beaucoup de résistance. Cependant l'hostilité grandissante face à l'occupation et surtout la formation de la ligue de Venise contre les Français, l'obligent à écourter son séjour à Naples et à faire retraite vers la France afin de ne pas se retrouver pris au piège. Ses ennemis lui bloquent le passage à Fornoue l'obligeant à livrer bataille. Bataille de Fornoue. Charles VIII est contraint de battre en retraite et d'abandonner Naples. Le 6 juillet 1495, il se retrouve à Fornoue face aux troupes coalisées de la Sainte Ligue (Venise, Milan, Maximilien Ier du Saint Empire, Ferdinand d'Aragon et le pape) qui tentent de l'empêcher de rentrer en France. S'engage alors une bataille acharnée, dont la "furie française" (furia francese) sort vainqueur.

1495         15 octobre Retour de Charles VIII en France.

1495         Albrecht Dürer peint 'L'étang dans la forêt’

1495         Construction du château d'Amboise. Le château d'Amboise surplombe la Loire à Amboise dans le département de l'Indre-et-Loire. Charles VIII, né à Amboise, y fit les premières constructions marquantes. Louis XII y fait construire une seconde aile, perpendiculaire à l'aile Charles VIII, dans un style renaissance. François Ier y passa son enfance et y réaménagea l'aile Louis XII. Il invita Léonard de Vinci à séjourner à Amboise dans le Clos Lucé, situé près du château. Un souterrain, permettant la communication entre les deux sites, fut percé. Le grand peintre mourut en 1519 à Amboise et fut inhumé secondairement dans la chapelle Saint-Hubert. Le château fut le théâtre de la conjuration d'Amboise en 1560, prélude aux guerres de religion. À partir d'Henri III, les séjours royaux se firent plus rares. Une grande partie du château fut démolie lors du premier Empire. Louis-Philippe Ier hérita du château par sa mère. Il dégagea les anciens remparts en faisant détruire les maisons attenantes et redécora l'aile Louis XII.

1496         17 décembre Les Espagnols attaquent Naples.

1496         à 1544 - naissance et mort de Clément Marot. Écrivain français. En plus d'être un grand poète, Clément Marot a beaucoup oeuvré pour faire connaître les poètes qu'il aimait. C'est à lui que nous devons en grande partie de pouvoir lire les poèmes de François Villon, dont il a réalisé une adaptation en 1533. Peut-être, ayant eu lui aussi à subir des démêlés avec la justice, se sentait-il une fraternité particulière avec l'auteur de la Ballade des pendus. Emprisonné pour ne pas avoir respecté le jeûne prescrit par l'Église durant le Carême, accusé plus tard d'avoir participé à l'évasion d'un prisonnier, inquiété pour l'insouciance de sa façon de vivre, il ne se reconnaissait qu'un seul maître: l'Amour.

1497         15 février Naples capitule.

1497         25 février Capitulation de Tarente, perte du royaume de Naples. Charles VIII part de Lyon le 27 juillet 1494 et entre à Rome le 31 décembre. Ferdinand d'Aragon, roi de Naples, est mort le 25 janvier 1494, laissant le trône vacant. Charles VIII entre à Naples le 22 février 1495. Une ligue anti-française est formée par Venise, Milan, l'Aragon et la Castille. Charles VIII écrase les coalisés à Fornoue le 5 juillet et rentre en France en Décembre. Après sa défaite à Tarente et la capitulation de Gaète en 1497, le royaume de Naples est définitivement perdu. Tarente est une ville et un port du sud de l'Italie, c'est le chef-lieu de la province de Tarente dans la région des Pouilles construite sur le golfe de Tarente. Charles VIII va intervenir en Italie à partir de mai 1492. Il s'allie avec Ludovic le More, duc de Milan, contre le roi de Naples.

1497         à 1543 - naissance et mort de Hans Holbein. Peintre et graveur allemand. L'artiste peignit les portraits des plus grands dignitaires de la cour du roi d'Angleterre et retourna à Bâle en 1528. Hans Holbein y resta trois ans et repartit pour Londres. Là, sa renommée s'établit rapidement à travers les merveilleux portraits qu'il réalisa. Thomas Cromwell, le joaillier du roi, le présenta croit-on à Henri VIII d'Angleterre. En 1536, il devint peintre du souverain et son portraitiste préféré. Cet artiste dont l'influence fut considérable sur ses suivants se signala en introduisant le réalisme dans les portraits, en n'idéalisant pas ses modèles mais en présentant sous leur véritable jour.

1498         7 avril Charles VIII meurt à Amboise, des suites d'un accident (il s'était frappé le front en passant sous une porte trop basse). Charles VIII ne laisse pas d'enfants. Son règne a appauvri le Trésor, mais a imposé à l'étranger le respect du nom français, et mieux, a vu s'affirmer l'existence d'une nationalité française. Louis II d'Orléans lui succède.

1498         Louis II d'Orléans, petit-neveu de Charles V, petit-fils du duc d'Orléans (Louis Ier d'Orléans assassiné par Jean sans Peur en 1407), fils de Charles d'Orléans et de Marie de Clèves, né en 1462, succède à Charles VIII sous le nom de Louis XII. C'est lui qui avait été fait prisonnier à Saint-Aubin-du-Cormier. Il avait épousé la fille de Louis XI, Jeanne de France, mais pour conserver la Bretagne, il répudia cette princesse, pour épouser en 1499 la veuve de Charles VIII, Anne de Bretagne, née en 1477. Il avait combattu glorieusement en Italie pendant l'expédition de Charles VIII. Il avait lui-même des droits sur le royaume de Naples en tant que successeur de ce dernier, et sur le Milanais comme héritier de son aïeule Valentine Visconti. Valentine Visconti, née en 1361, morte avant 1393, fille de Barnabé Ier Visconti, seigneur de Milan, et de Béatrice della Scalla. Elle est membre de la famille Visconti. Elle épouse en 1378 Pierre II de Lusignan (1354 † 1382), roi de Chypre mais n'eut pas d'enfants. Veuve, elle se remarie après 1383 avec Galéas, comte de Virtu. Elle meurt avant 1393    

1498         LES VALOIS - ORLÉANS.

1498         Le rameau d'Orléans : Louis Ier, duc d'Orléans et comte de Valois, fils du roi Charles V ; Charles d'Orléans ; Louis XII le Père du Peuple, duc d'Orléans et comte de Valois sous le nom de Louis II, puis roi de France (1498-1515)

1498         LOUIS XII le Père du peuple (1498-1515)

1498         Louis XII. Charles VIII meurt sans descendance mâle son cousin Louis II d'Orléans est appelé à règner sous le nom de Louis XII. Il est le petit fils de Louis Ier d'Orléans frère de Charles VI et le fils du poète Charles d'Orléans et de Marie de Clèves. Son premier acte est de faire annuler son mariage avec Jeanne de France (fille de Louis XI) qui lui avait été imposée par Louis XI (il avait 14 ans et Jeanne 12) et d'épouser Anne de Bretagne, (1499) veuve de Charles VIII qui à l'époque n'a que 23 ans, (elle avait épousé Charles VIII à 16 ans) afin que la Bretagne entre dans le royaume. Il avait conduit l'armée de Charles VIII en Italie et le retour n'avait pas été triomphal. Il ajoute la revendication du Milanais, il est le petit fils de Valentine Visconti. En 1499 il engage une campagne militaire en Italie qui lui assure le contrôle du Milanais en 1500 puis du royaume de Naples en 1501 mais, trahi par son allié Ferdinand d'Aragon, il en est chassé en 1504. C'est dans ces aventures qu'a eu lieu le fameux exploit du chevalier Bayard qui réussit seul à contenir 200 ennemis sur le pont de Garigliano (1503). Charles VIII ne peut rétablir la situation malgré la victoire de Ravenne en 1512 et les campagnes qu'il mène de 1509 à 1513. Devant ces guerres le pape Jules II crée la sainte ligue contre la France qui regroupe l'Espagne, l'Angleterre et la Suisse. Les Anglais débarquent dans le nord de la France et l'armée française est battue à Guinegatte en 1513 au cours de laquelle Bayard est fait prisonnier ayant refusé de fuir avec le reste de l'armée (il sera libéré sans rançon peu après ayant refusé d'entrer au service de Henri VIII d'Angleterre) et les Suisses conquièrent la Bourgogne. En 1514 Anne de Bretagne meurt et Louis XII rétablit la paix avec l'Angleterre et épouse Marie d'Angleterre soeur du roi Henri VIII d'Angleterre. Mais il mourra après quelques mois de ce nouveau mariage sans descendant mâle c'est son cousin François d'Angoulême qui prendra sa succession sous le nom de François Ier. Louis XII est considéré comme "père de son peuple". Les guerres d'Italie ont détourné les ardeurs des chevaliers et le royaume de France a connu la paix. Il s'est occupé du bon fonctionnement des administrations, par l'organisation du grand conseil (1498), meilleure gestion des impôts.

1498         27 Mai Sacre de Louis XII à Reims. Fils du poète Charles d'Orléans et de Marie de Clèves, Louis II d'Orléans a trente-six ans, lorsqu'il entre dans la basilique. Il succède à Charles VII dont il est le cousin au cinquième degré sous le nom de Louis XII.

1498         17 décembre Annulation du mariage de Louis XII et de Jeanne de France.

1498         Vasco de Gama arrive aux Indes par le sud de l'Afrique. Vasco de Gama (v. 1469, Sines, Portugal - 24 décembre 1524, Cochin, Inde) navigateur portugais, premier européen à arriver en Inde en contournant le Cap de Bonne Espérance. Lorsque Vasco de Gama s'embarque en 1497 à la tête de quatre navires, cela fait environ un siècle que les Portugais, à la suite des expéditions lancées par le prince Henri le Navigateur, explorent méthodiquement les côtes africaines. En particulier, Bartolomeu Dias a doublé en 1488 le Cap de Bonne Espérance, et l'étape suivante consiste à rallier l'Inde et ses richesses. Au passage, on espère trouver le mythique royaume du prêtre Jean, et conclure avec lui une alliance contre les ottomans, mais cet espoir sera déçu. En revanche, Vasco de Gama arrivera en Inde, à Calicut, après environ un an de navigation. Sur le plan commercial cette expédition sera toutefois un échec : les marchands arabes sont implantés depuis longtemps dans la région, et font ce qu'il faut pour évincer des concurrents potentiels. En 1502, le nouvel "amiral des Indes" reprend la mer, avec une flotte conséquente (une vingtaine de navires de guerre). Cette expédition marque les débuts de l'empire colonial portugais, et rapportera à la couronne un butin conséquent ainsi que des privilèges commerciaux importants.... Couvert d'honneurs, Vasco de Gama va pourtant être laissé dans une semi-retraite pendant 20 ans, avant d'être nommé vice-roi des Indes en 1524. Il meurt cependant peu de temps après y être arrivé. Ses restes seront ramenés au Portugal en 1538. Bartolomeu Dias est un explorateur portugais, né vers 1450 en Algarve, mort en 1500 au large du Cap de Bonne Espérance. Il fut chargé par le roi Jean II de Portugal de poursuivre les explorations de Diogo Cao le long de l'Afrique, ce qui le conduisit à être le premier occidental à doubler le Cap de Bonne Espérance. Il accompagna Vasco de Gama lors de son voyage en Inde en 1497, et périt lors d'une expédition dirigée par Pedro Alvares Cabral, en 1500. Royaume du prêtre Jean, au Moyen Âge, des rumeurs venues d'Arménie et de Venise faisaient état d'un mystérieux royaume chrétien, celui du Prêtre Jean, que l'on ne savait situer, en Afrique ou en Inde, tant les données géopolitiques étaient confuses. La perspective d'une terre chrétienne au-delà des terres musulmanes est pour les occidentaux, une possibilité de prendre les infidèles en tenaille. L'existence du royaume va alors servir de prétexte aux européens pour avancer vers la destination mystérieuse que sont les Indes, persuadés d'y trouver un soutien chrétien. Les Portugais ne cesseront plus d'essayer de découvrir l'accès au royaume du Prêtre Jean.

1498         Albrecht Dürer peint 'Autoportrait au paysage’

1498         Sébastien Brant écrit 'La Nef des fous'. Sébastien Brant (Strasbourg, 1458 - idem, 1521) est un poète satirique et humaniste strasbourgeois, auteur notamment de La Nef des fous (Das Narrenschiff), illustrée par Albrecht Dürer et qui fut, avant les Souffrances du jeune Werther de Goethe, l'ouvrage populaire le plus souvent imprimé. Il crée un nouveau genre littéraire, celui de la Narrenliteratur, le genre bouffon, en publiant son oeuvre majeure, La Nef des fous, critique de la faiblesse et de la folie de ses contemporains. Son succès est immédiat, au point qu'il est alors traduit en plusieurs langues (traduit en latin en 1496 par Badius Ascensius, et mis en rimes françaises par Pierre Rivière, 1497), dont une version française éditée entre 1497 et 1499.

1499         deuxième guerre d'Italie (1499-1500), invasion du Milanais.

1499         Installation à Paris du lyonnais Josse Bade, imprimeur et humaniste. Josse Bade, imprimeur et humaniste flamand (Asch, 1462 – Paris, 1535). Il fut en France le premier dont les éditions valaient autant par l'exécution typographique que par la correction du texte et les commentaires savants. Après avoir étudié en Italie, il professa le grec et le latin à Lyon où il travaille comme correcteur et conseiller littéraire chez l'imprimeur Trechsel dont il épouse la belle-fille. Jean Petit, qui apprécie la qualité des travaux de Bade, l'emploie et finit par installer pour lui une imprimerie à laquelle il confie les travaux dont il souhaite soigner tout spécialement la correction. Dès 1500, Josse Bade se met à imprimer pour son compte et fait paraître près de 400 volumes (Érasme, Budé, Ange Politien), des classiques grecs et latins qu'il a lui-même annotés, ainsi que quelques ouvrages originaux (notamment le 'Navis stultarum', 'La Nef des fous'). Pendant ses trente-deux ans de carrière, Bade édita et commenta personnellement environ 110 textes.

1499         8 janvier Mariage de Louis XII avec Anne de Bretagne, veuve de Charles VIII. Le roi, après l'annulation de son mariage avec Jeanne, fille bossue de Louis XI, épouse Anne de Bretagne, veuve de Charles VIII, dont il a toujours été amoureux. En dépit de ce mariage, le duché reste indépendant.

1499         9 février Alliance entre Louis XII et Venise.

1499         Pietro de Crescenzi écrit 'Jardin médiéval'. Pietro de Crescenzi, agronome né à Bologne en 1230, mort en 1310. Il fut podesta de sa ville natale, puis banni; après trente ans de voyage, il rentra à Bologne où il fut élu sénateur. Il a publié un ouvrage capital sur l'agronomie, qui eut au Moyen âge et jusqu'au XVIIe siècle une grande réputation.

1499         octobre La conquête du Milanais, dirigée pour le compte de Louis XII par Trivulce, avec le concours de troupes vénitiennes et suisses, s'effectue en vingt jours. Théodor Trivulce était le neveu du Maréchal Jean-Jacques de Trivulce, issu d'une noble famille milanaise. Il prit part à la guerre d'Italie sous le Roi Louis XII.

1500         La population milanaise, durement opprimée par Trivulce, se révolte et il faut au condottiere de Louis XII une nouvelle campagne pour reconquérir le pays. Le duc Ludovic le More, duc de Milan, qui a profité du soulèvement populaire pour reprendre son trône, est abandonné par ses mercenaires suisses; livré au général français Louis II de la Trémoille, il est envoyé prisonnier en France et enfermé au château de Loches (où il mourra après dix ans de captivité). Les Génois se placent volontairement sous la domination de Louis XII. Condottière, nés en Italie au Moyen Âge, les condottières, sont des chefs d'armées de mercenaires. Soldats réguliers démobilisés ou nobles en mal de gloire, ils mettent leur art de la guerre au services d'États. Rémunérés le plus souvent en espèces sonnantes et trébuchantes, ils ne rechignent pas à accepter des terres et titres en échange de leurs services.

1500         troisième guerre d'Italie (1500-1504) contre l'Espagne dans le royaume de Naples.

1500         9 mars : Départ de l'escadre de Pedro alvares Cabral du port de Lisbonne, à destination du Brésil. Il passe aux Canaries, puis aux îles du Cap-Vert.

1500         à 1590 - Écoles Rajpoutes du Rajasthan et du haut Pendjab: Art précieux de la miniature en Inde. Les Rajputs ou Rajpoutes - fils de prince, de râja, prince et putra, fils - forment la majorité des habitants du Rajasthan, autrefois le Râjputâna, et une partie de celle du Goujerat. Le Pendjab désigne des subdivisions de l'Inde et du Pakistan.

1500         22 avril : Pedro alvares Cabral, amiral portugais, profitant des alizés, débarque sur le site de Porto Seguro (au sud de l'actuelle Salvador de Bahia), prend possession du territoire au nom du Portugal et le baptise Terra da Vera Cruz (Terre de la Vraie croix). Il s'y établira en 1503. Parce que la végétation offrait quelques variétés de brésil, arbre connu aux Indes orientales pour la production de teinture rouge, on surnomme l'île de Santa Cruz "terre du brésil".

1500         14 mai : Pedro alvares Cabral prend officiellement possession du Brésil au nom du roi du Portugal.

1500         à 1590 - Apogée de l'art du Bénin: Ivoire et bronze: L'art dogon. Ancienne tradition du bronze remontant au XIVe siècle avec le royaume d'Ifé situé dans l'actuel Nigeria. Cet Art royal nous a laissé de véritables oeuvres d'art. Perpétuant la civilisation d'Ifé, le royaume du Bénin, même s'il ne domina jamais un vaste territoire atteignit l'apogée de sa gloire en 1500. L'art du Bénin connut son expression la plus élevée dans les sculptures en bronze, dont beaucoup étaient fondues selon la technique de la cire perdue, parmi lesquelles se distinguent les plateaux à bordure ajourée et les têtes massives. Ils gardèrent leurs croyances ancestrales où tous les êtres et les choses étaient dotées d'un esprit. Au Bénin, les rites comprenaient des sacrifices humains.

1500         11 novembre Traité de Grenade entre Louis XII et Ferdinand d'Aragon pour le partage du royaume de Naples. Par ce traité, les rois que sont Louis XII et Ferdinand d'Aragon se partagent le royaume de Naples. Le Traité de Grenade signé le 11 novembre 1500, par Louis XII et Ferdinand II d'Aragon prévoyaient d'agir de concert pour attaquer le royaume de Naples, puis, après la victoire, de se le partager, autant que possible à parts égales. Le roi de France devait recevoir Naples, la Campanie, Gaète, Labour, les Abruzzes et la province de Campobasso avec les titres de roi de Naples et de Jérusalem. Le roi et la reine d'Espagne se réservaient l'extrême sud du pays, les Pouilles avec les titres de roi de Sicile, de duc de Calabre et d'Apulie. Deux provinces avaient été oubliées dans ce partage : la Basilicate et la Capitanate. Elles devinrent la cause du litige qui allait opposer les anciens alliés lorsque La Palice les occupa.

1500         Giovanni Bellini peint 'La madone au pré’

1500         vers - la langue française se constitue au point de vue linguistique et institutionnel.

1501         à 1503 - Louis XII s'allie avec Ferdinand le Catholique, roi d'Espagne, pour faire la conquête du royaume de Naples dont il lui promet une part, par le traité de Grenade. Les deux souverains ont respectivement pour généraux le duc de Nemours (Louis d'Armagnac-Nemours) et Gonsalve de Cordoue. Le royaume de Naples (où restaient çà et là des éléments français depuis l'expédition de Charles VIII) est rapidement conquis. Cependant les Espagnols soulèvent des difficultés à propos de la délimitation de leur part de la conquête : ils sont plus nombreux que les Français et en profitent pour chasser du midi de l'Italie leurs alliés de la veille : ils restent maîtres du royaume. C'est pour faire sauter les forts de Naples occupés par les Français, que l'on fait pour la première fois usage de la mine. Les faits d'armes les plus remarquables qui résultent de ces événements sont les défaites des Français à Seminara, Cérignole et sur le Garigliano. Dans cette campagne, se distinguèrent particulièrement les capitaines français: La Palice, le chevalier Bayard, le duc de Nemours (Louis d'Armagnac-Nemours) et Louis d'Ars. Ce dernier ayant été bloqué dans la ville de Venouse qu'il commandait, y soutint un siège d'une année, et ne l'abandonna qu'en 1504 sur l'ordre formel de Louis XII: il traversa alors toute l'Italie avec toute sa petite troupe, et ses armes et bagages, pour rentrer en France. Jacques de La Palice, Jacques II de Chabannes dit Jacques de la Palice, seigneur de la Palice, de Pacy, de Chauverothe, de Bort-le-Comte et de Héron, est né en 1470 et mort en 1525. En 1511, il accède au titre de Grand maître de France. Maréchal de France, il sert François Ier et meurt pendant la bataille de Pavie (en 1525) qui l'oppose aux armées italiennes. Une chanson chantée par ses soldats après sa mort disait : "s'il n'était pas mort il ferait envie", mais elle fut déformée en "s'il n'était pas mort il ƒerait - serait - envie" ; de cette phrase est sortie le mot lapalissade qui designe une évidence ou tautologie. Chevalier Bayard, Pierre Terrail, seigneur de Bayard (Château de Bayard, Pontcharra (Isère) 1475 - Romagnano Sesia (ou Rovasenda), Milanais 1524) Plus connu sous le surnom de Bayard ou chevalier Bayard, était un noble dauphinois, né à Pontcharra en 1476, mort à Romagnano en 1524, qui s'illustra notamment comme chevalier dans les guerres d'Italie (XVe – XVIe siècle).

1501         Le gouvernement portugais envoie l'italien Amerigo Vespucci pour effectuer la reconnaissance des côtes du Brésil, de l'Uruguay et de l'Argentine. Il rapporte en Europe le bois de brasil (bois de brésillet) qui produit une teinture rouge qui sera très prisée et qui donnera son nom au nouveau territoire. Il prend conscience que le continent n'est pas l'Asie. Amerigo Vespucci (9 mars 1454–22 février 1512) était un marchand et navigateur originaire de Gênes en Italie. Il fut le premier à penser que la côte est de l'Amérique du Sud constituait un nouveau continent alors que tous les navigateurs de l'époque, y compris Christophe Colomb, pensaient débarquer en Asie. Le rôle de Vespucci a beaucoup donné lieu à controverses, en particulier, en raison de deux lettres dont l'authenticité a été mise en doute : Mundus Novus (Nouveau monde) et la "Lettera" (des "quatre voyages"). Certains pensent que Vespucci a exagéré son rôle, d'autres pensent que ces deux lettres sont des faux écrits par d'autres à la même période. Il est probable que c'est la publication de ces lettres qui a poussé Martin Waldseemüller à nommer le nouveau continent "America" sur sa carte du monde de 1507. Vespucci se surnommait lui-même Americus Vespucius dans ses écrits en Latin. Waldseemüller prit donc la forme féminine du prénom de Vespucci et nomme alors le continent America.

1502         Léonard de Vinci peint 'La Joconde'. 'La Joconde' (ou Portrait de Mona Lisa) est l'un des seuls tableaux attribués à Léonard pour lequel il est sans conteste reconnu être l'auteur. La Joconde est le portrait d'une jeune femme, sur fond d'un paysage montagneux aux horizons lointains et brumeux. Le flou du tableau est caractéristique de la technique du sfumato. Le sfumato, de l'italien enfumé, est un effet vaporeux, obtenu par la superposition de plusieurs couches de peinture extrêmement délicates qui donne au tableau des contours imprécis. Le modèle s'appelle Lisa Gherardini, née en 1479 à Florence. La Joconde ne quitta jamais Léonard de son vivant. Il l'emporta probablement à Amboise où François Ier le fit venir. Ce dernier en fit l'acquisition - à Léonard lui même ou à ses héritiers après sa mort - et l'installa à Fontainebleau. Plus tard, Louis XIV en fit l'un des tableaux les plus en vue à Versailles, et l'exposait dans le Cabinet du Roi. Bonaparte, l'installa aux Tuileries en 1800 dans les appartements de Joséphine, puis l'offrit au Louvre en 1804. 'La Joconde' est devenue un tableau mythique car à toutes les époques les artistes l'ont prise comme référence. Elle constitue en effet l'aboutissement des recherches du XVe siècle sur la représentation du portrait. A l'époque romantique, les artistes ont été fascinés par l'énigme de la Joconde et ont contribué à développer le mythe qui l'entoure, en faisant de nos jours l'une des oeuvres d'art les plus célèbres du monde.

1502         Parution d'un Dictionnaire latin-italien de Ambrogio Calepino. Ambrogio Calepino, ou Ambroise Calepin savant et religieux augustin italien (1435, Bergame - 1511). Savant de l'ordre des Augustins, issu de la famille des comtes de Calepio, il consacra toute sa vie à la composition d'un Dictionnaire latin-italien, qui a eu une vogue immense (répandu dans toute l'Europe) et qui est vulgairement connu sous le nom de Calepin. Ce dictionnaire parut pour la première fois en 1502, in-folio ; l'auteur le compléta en 1509. Il en a été fait de nombreuses éditions et on y a ajouté la traduction des mots latins en huit, et même en onze langues. Le mot calepin désigna d'abord un dictionnaire, puis plus récemment un agenda et par extension un petit carnet. On a étendu depuis le nom de calepin à tous les registres de notes et de renseignements.

1503         18 août Mort du pape Alexandre IV.

1503         1er novembre : Élection au pontificat de Jules II (fin en 1513). Jules II, Giuliano della Rovere naquit à Albissola près de Savonne en 1443 et mourut à Rome en 1513. Il fut légat de France et cardinal d'Ostie et devient pape en 1503. Il réannexe la Romagne et les autres possessions de César Borgia, soumet Pérouse et Bologne. Prince temporel plutôt que guide des âmes, il restaure la puissance politique des papes en Italie. Le cinquième Concile du Latran qu'il réunit en 1512 ne réussit guère à réformer l'Église. En 1510 il signe la paix avec Venise pour se consacrer à ce qui devait être la grande pensée de son pontificat : la libération de l'Italie des "barbares du nord" c'est à dire des Français. Jules II fut un fastueux mécène et sut utiliser le génie de Michel-Ange, Raphaël et Bramante. Il pose en 1506 la première pierre de la nouvelle basilique Saint-Pierre en faveur de laquelle il lança la campagne d'indulgences qui fut plus tard le prétexte de la révolte de Luther. César Borgia (1475-1507), prince de la Renaissance.

1503         Jérôme Bosch peint 'le jardin des délices’

1503         Albrecht Dürer peint 'Herbes’

1504         1er janvier Capitulation de Gaète.

1504         31 Mars Trêve de Lyon avec L'Espagne.

1504         22 septembre Traités de Blois, qui consacrent la ruine des espérances des Français en Italie. Le royaume de Naples étant complètement perdu pour Louis XII, il lui reste le Milanais, sous réserve d'une redevance à payer à Maximilien Ier du Saint Empire. Il décide alors de fiancer sa fille Claude de France, née en 1499, à Charles d'Autriche (futur Charles Quint, petit-fils de l'empereur d'Allemagne, Maximilien Ier du Saint Empire, et du roi d'Espagne, Ferdinand le Catholique) ; Claude de France recevra en dot le Milanais et les duchés de Bourgogne et de Bretagne. Par un autre traité, est arrêté le mariage de Germaine de Foix, nièce de Louis XII, avec le roi d'Espagne, Ferdinand le Catholique, veuf de Isabelle de Castille. Claude de France, (13 octobre 1499 - 20 juillet 1524). Duchesse de Bretagne, reine de France en 1515, comtesse de Soissons, Blois, Coucy, Étampes et Montfort. Fille du roi Louis XII et d'Anne de Bretagne, elle épouse le 8 mai 1514, François d'Angoulême, futur François Ier de France.

1504         Albrecht Dürer peint 'Adam et Eve’

1504         Lucas Cranach peint 'Le repos de la Sainte Famille'. Lucas Cranach l'Ancien est un peintre et graveur de la Renaissance allemande, né à Kronach en 1472 et décédé à Weimar en 1553.

1504         Jean Lemaire de Belges écrit 'Le Temple d'honneur et de vertu'. Jean Lemaire de Belges, après des études auprès de Jean Molinet, Jean Lemaire de Belges est tour à tour au service de Pierre de Bourbon, Louis de Luxembourg, Anne de Bretagne puis de Marguerite d'Autriche, pour laquelle il compose Les Épîtres de l'amant vert sur la mort de son perroquet. En 1508, il est "indiciaire" de la Maison de Bourgogne et écrit 'Les Illustrations de Gaules et singularités de Troie' (1511), fresque où il inscrit la Gaule dans la descendance d'Hercule de Lydie, père des Troyens et des Gaulois. Mais c'est avec 'La Concorde des deux langages' entrepris la même année qu'il donne un texte décisif pour cette période. Art poétique qui milite pour la langue française, cet ouvrage est souvent considéré comme l'une des "ouvertures" de la Renaissance française.

1505         31 mai Louis XII revient sur sa décision et décide de marier Claude de France à François d'Angoulême (futur François Ier).

1505         Raphaël peint 'La vierge dans la prairie’

1505         mort de Jean Molinet.

1506         18 avril : La première pierre de la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican est posé par le pape Jules II. La construction de l'édifice actuel a débuté le 18 avril 1506 sous le règne de Jules II pour s'achever en 1626 sous celui de Paul V. De nombreux architectes et artistes prestigieux ont contribué à cette réalisation dont Michel-Ange pour le dôme ; le Bernin, concepteur de la place et ses fameuses colonnades ; Giacomo della Porta pour la calotte ou encore Carlo Maderno pour la façade. Bramante, Raphaël et Sangallo le Jeune ont également participé au dessin des plans. Bramante (1444-1514) est un architecte italien de la Renaissance. Il est né près d'Urbin en Italie. Ses premières commandes en tant qu'architecte datent de 1479, alors au service de Ludovic Sforza, à Milan, où il travaille fréquemment avec Léonard de Vinci. Il part à Rome en 1500 et y dévoile sa conception du style classique avec le Tempieto de San Pietro in Montorio (1502-1510). Cet édifice propose une synthèse entre art antique et art de la Renaissance : surélévation de 3 marches, composé d'une salle centrale circulaire, entouré d'un péristyle composé de colonnes toscanes qui sont surmontées d'une frise. Son oeuvre la plus célèbre est sans aucun doute la Basilique Saint-Pierre (commencée en 1506) à Rome, réalisée sur la demande du Pape Jules II. Il en traça le plan, en jeta les fondements (1513) et l'éleva jusqu'à l'entablement, mais il n'eut pas le temps de l'achever. L'édifice fut, après sa mort, continué et perfectionné par Michel-Ange.

1506         14 mai Louis XII proclamé “Père du Peuple”. Ce sont les États généraux qui se sont ouverts à Plessis-lez-Tours qui proclament Louis XII “Père de son peuple”. Ce titre lui est donné parce qu'il a diminué les tailles, impôts qui sont payés essentiellement par les roturiers. Les "états généraux" de Tours, réunis en mai 1506, proclament Louis XII "Père du Peuple". Ils annulent, à la demande du roi, toutes les clauses du traité de Blois qui concernent le mariage projeté de sa fille Claude de France avec Charles de Luxembourg, le futur Charles Quint. Il fiance alors Claude de France à François d'Angoulême, l'héritier présomptif. L'intégrité du royaume de France est sauvegardée.

1506         Jacques Lefèvre d'Étaples écrit 'Poétique d'Aristote'. Jacques Lefèvre d'Étaples, humaniste et théologien français, fut l'un des pères de la Réforme française et un des plus grands philologues de la Renaissance. Persécuté par les "docteurs" de la Sorbonne, il trouva chez la reine de Navarre, Marguerite d'Angoulême, une protectrice qui l'accueillit à Nérac de 1530 jusqu'à sa mort en 1536. Il fit paraître la première bible en français en 1534.

1506         Johannes Reuchlin écrit 'Rudimenta linguae hebraïcae'. Johannes Reuchlin, grand philosophe et philologue allemand, kabbaliste et homme de grand savoir. Né à Pforzheim (Allemagne) en 1455, il fut diplomate alors qu'il était encore jeune. À une certaine période de sa vie, il reçut la haute charge de juge au tribunal de Tübingen, où il resta onze ans. Il fut aussi le précepteur de Mélanchton. Le clergé [dominicain] le harcela de persécutions pour sa glorification de la Kabbale juive, tandis qu'en même temps il était appelé le "Père de la Réforme". II mourut en 1522, dans un grand dénuement - sort commun réservé à tous ceux qui, à l'époque, s'élevaient contre la lettre morte de l'Église.

1506         mort de Christophe Colomb.

1507         Raphaël peint 'La vierge à l'enfant dite la belle jardinière’

1508         États généraux de Tours. - Convoqués par Louis XII, ils annulent le traité de Blois (de 1504) relatif au mariage de Claude de France, qu'ils supplient Louis XII de donner de préférence pour femme à François d'Angoulême (lequel doit être son héritier). Ainsi le Milanais peut-être, et en tout cas sûrement la Bourgogne et la Bretagne resteront à la Couronne de France. Pour témoigner à Louis XII la gratitude de la Nation pour sa bonté, et pour les réductions d'impôts qu'il a ordonnées, les États lui décernent le titre de Père du Peuple.

1508         quatrième guerre d'Italie (1508-1513) contre Venise puis la Sainte Ligue en Italie du Nord.

1508         10 décembre Paix de Cambrai. Louis XII et Maximilien Ier du Saint Empire s'allient contre Venise. En ce jour se constitue à Cambrai une ligue qui réunit Louis XII, le pape, Maximilien Ier du Saint Empire, Ferdinand d'Aragon et Henri VII d'Angleterre contre la sérénissime république de Venise. Marguerite d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas, signe pour son père Maximilien. Un contemporain décrit la ligue par ces mots : “Les grands veneurs lâchés contre le lion de saint Marc”. C'est au printemps suivant que la guerre éclate, et seule la France aura alors à en supporter le poids.

1508         Formation entre Louis XII, Maximilien Ier du Saint Empire, Ferdinand le Catholique et le pape Jules II de la Ligue de Cambrai contre la république de Venise dont les empiétements les inquiètent et dont les procédés équivoques les ont tous plus ou moins lésés. Louis XII est à la tête des Français. Ligue de Cambrai est la conséquence du traité de Cambrai du 10 décembre 1508. C'est une coalition militaire, regroupant Louis XII, l'empereur Maximilien Ier du Saint Empire et Ferdinand II d'Aragon, contre Venise destinée à lui enlever certains territoires. Le pape Jules II y adhéra en mars 1509. La ligue ouvre les hostilités le 1er avril 1509. Les Vénitiens sont défaits à Agnadel, le 14 mai 1509, par les Français, grâce à l'audace de Bayard. En 1510, inquiet des progrès de Louis XII, le pape Jules II se rallie à Venise et s'engage militairement à ses côtés. Le 4 octobre 1511, il constitue la Sainte Ligue contre la France.

1508         à 1512 - Michel-Ange peint le plafond de la chapelle Sixtine à Rome. La chapelle Sixtine est l'une des salles des palais pontificaux du Vatican. À l'heure actuelle, elle fait partie des musées du Vatican. C'est dans la chapelle Sixtine que les cardinaux, réunis en conclave, élisent chaque nouveau pape. La chapelle doit son nom de "sixtine" au pape Sixte IV, qui la fit bâtir de 1477 à 1483. La voûte était autrefois peinte en bleu et constellée d'étoiles. En 1508, Jules II demanda à Michel-Ange, qui pourtant ne pratiquait pas à l'époque la peinture à fresque, de la recouvrir. Le travail dura quatre ans, dans des conditions particulièrement éprouvantes pour le peintre. La voûte est désormais divisée en 9 panneaux représentant la création du monde. Le centre est consacré aux scènes de la Genèse, dont la très célèbre "création de l'homme", où Dieu effleure la main tendue d'Adam pour lui donner la vie.

1508         Giorgione peint 'La tempête’

1509         14 mai Victoire des Français commandés par Louis XII, à Agnadel, sur les Vénitiens. Ceux-ci, après leur défaite, retirent dans leur territoire propre, toutes leurs troupes de la terre ferme qu'elles occupaient et ouvrent une campagne diplomatique dans le but de désunir les nouveaux alliés.

1509         à 1564 - naissance et mort de Jean Calvin. Réformateur et théologien français. Il est, avec Martin Luther, l'un des initiateurs de la Réforme protestante, en opposition à certains dogmes et rites de l'Église catholique romaine. Il développe une doctrine relativement différente de celle de Luther, doctrine qu'il expose dans son Institution de la religion chrétienne, mais c'est surtout par la pratique du culte que le calvinisme se distingue du luthéranisme. On considère généralement la doctrine de Calvin comme une radicalisation de celle de Luther. Une génération après Luther, Jean Calvin est l'organisateur de la Réforme : organisateur de l'Église, de la doctrine, du rôle de l'Église dans l'État. Il est un grand théologien protestant. Il reçoit une formation d'humaniste et adhère à la Réforme vers 1533, condamnée en France comme hérésie. Réfugié à Bâle, il publie son ouvrage majeur, 'l'Institution de la religion chrétienne'. Nommé pasteur à Genève, la place politique décisive qu'il donne à l'Église le fait bannir de la ville. Il part pour Strasbourg en 1538 et devient pasteur des réfugiés français. Rappelé à Genève en 1541 où il demeure jusqu'à sa mort, il organise théologiquement la nouvelle Église, lui donnant une image d'austérité. Calvin recourt parfois à la force pour réduire les opposants à l'exil ou au bûcher. Il est aussi l'un des premiers écrivains en français, langue qu'il choisit pour faciliter la propagation de ses idées caractérisées par la rigueur, la logique et la clarté. En 1559, son effort d'organisation religieuse aboutit au synode de Paris qui publia quarante articles résumant la doctrine réformée.

1509         Construction du château de Gaillon. Georges d'Amboise entreprit, entre 1502 et 1509, la réalisation d'un palais, l'une des premières merveilles de la Renaissance en France. Vastes bâtiments accompagnés de galeries et de jardins dont le lydieu est alors la perle. Ces lieux paradisiaques reçoivent en 1508 la visite du roi Louis XII et de sa femme Anne de Bretagne. Gaillon ville dans l'Eure en Normandie. Georges d'Amboise, (1460-1510), cardinal en 1498 fut premier ministre de Louis XII. Né au château de Chaumont-sur-Loire, près d'Amboise, d'une famille d'ancienne extraction, il devint l'un des aumôniers de Louis, duc d'Orléans.

1510         24 février Le pape, Jules II, lève l'interdit de Venise. Jules II veut faire de l'État pontifical une grande puissance, ce qui lui vaut le surnom de Jules César II pour ses admirateurs. Dans un premier temps (1503-1509), il rétablit son autorité sur les États de l'Église, oblige César Borgia à restituer ses forteresses, à se réfugier en France. Il enlève Pérouse aux Bagloni et Bologne à Bentivoglio. Dès 1509, il adhère à la ligue, formée contre Venise par le traité de Cambrai. Il fulmine une bulle d'excommunication contre Venise, le 27 avril 1509. Les Français sont victorieux à Agnadel, le 14 mai 1509. Inquiet des progrès de Louis XII, le pape, Jules II, manifeste sa volonté de chasser d'Italie les étrangers. Il se réconcilie avec Venise après la restitution de Faenza et de Ravenne, en février 1510 ; s'allie avec le cardinal de Sion, Mathieu Schiner, adversaire des Français, qui agit sur les cantons suisses. Louis XII commence la lutte contre Jules II en suscitant contre lui toute une campagne de pamphlets et en convoquant un concile à Pise destiné à destituer le pape. Matthieu Schiner (né en 1465 à Mühlebach, près d'Aragnon dans le Valais, mort le 1er octobre 1522 à Rome) fut un évêque de Sion, cardinal et important homme politique de son temps. L'évêché de Sion est un des évêchés catholiques suisses. Le diocèse correspond plus ou moins au canton du Valais.

1510         25 novembre Les Portugais prennent Goa. Le navigateur portugais Alfonso de Albuquerque prend possession de la cité de Goa, à 400 km au sud de Bombay. La ville devient la capitale de l'empire portugais des Indes orientales jusqu'à sa restitution à l'Inde de Nehru 12 décembre 1961. Goa est un État de l'Inde, située sur la côte de sud-ouest. La région fut une colonie portugaise connue, avec Daman et Diu, sous le nom de État Portugais de l'Inde. La capitale régionale est Panaji, également appelé Panjim. Après 450 ans de présence portugaise, Goa a été envahie par les troupes de Jawaharlal Nehru le 19 décembre 1961.

1510         juin - ordonnance de Louis XII prescrivant le déroulement de certains actes judiciaires en 'vulgaire et langage des pays' (et non plus en latin, mais une alternative existe): 'Ordonnons [...] que doresnavant tous les procez criminels et lesdites enquestes, en quelque maniere que ce soit, seront faites en vulgaire et langage du pais [...] autrement ne seront d'aucun effet ni valeur'.

1510         Peter Henlein invente la montre de poche.

1510         Le Titien peint 'Le concert champêtre’

1510         Jérôme Bosch peint 'L'enfer et le paradis’

1510         Érasme écrit 'Éloge de la Folie’

1510         à 1590 - naissance et mort de Ambroise Paré, chirurgien des champs de bataille, père de la chirurgie moderne, il est l'inventeur de nombreux instruments. Il sera entre autre le chirurgien de Henri II et de ses descendants: François II, Charles IX et Henri III. L'usage nouveau des armes à feu conduit à de nouvelles plaies que l'on cautérise au fer rouge ou à l'huile bouillante au risque de tuer le blessé. Il met au point la ligature des artères, qu'il substitue à la cautérisation, dans les amputations.

1510         mort de Sandro Botticelli.

1511         à 1513 - La nouvelle campagne d'Italie est pour l'armée française et ses chefs une suite de faits glorieux, mais le résultat en est déplorable. Gaston de Foix (neveu de Louis XII) s'illustre à Bologne, à Brescia, à Ravenne. Bayard renouvelle ses exploits. Mais les Français sont battus à Novare entre Turin et Milan. Entre temps les Anglais avaient envahi la France au nord, et infligeaient à la chevalerie française une sévère défaite à Guinegatte en une rencontre qui fut appelée "Journée des Éperons", à cause de la rapidité avec laquelle les français se sauvèrent du champ de bataille. La France était envahie aussi dans le sud, en Navarre, et dans l'est, par les Suisses qui s'avancèrent jusqu'à Dijon. La guerre se faisait aussi contre les Anglais sur mer : la marine française, encore bien peu nombreuse, y perdit la Belle Cordelière, vaisseau d'un modèle alors tout nouveau, et que son capitaine Primoguet, fit sauter plutôt que de le rendre à la flotte ennemie supérieure en force.

1511         Le pape Jules II, à qui les Vénitiens ont restitué les villes qu'ils lui avaient prises dans la Romagne (région d'Italie), se réconcilie avec la République et se retourne contre Louis XII. Il noue à son tour une ligue dans laquelle ne tardent pas à entrer ceux qui hier encore étaient les alliés du roi de France, puis Henri VIII d'Angleterre. Le but de cette ligue est de chasser complètement les Français d'Italie. Henri VIII d'Angleterre (28 juin, 1491 - 28 janvier, 1547), roi d'Angleterre, était le fils du roi Henri VII et de Élisabeth. Henri devint l'héritier du trône après la mort de son frère aîné, Arthur Tudor, en 1502. Il devint roi en 1509, à l'âge de dix-sept ans. Il est connu pour sa prodigalité, et pour ses six mariages. L'acte politique peut-être le plus important de son règne fut le passage de l'Acte d'Union de 1536, par laquelle le Pays de Galles devint une partie constituante de l'Angleterre. Il fut aussi le fondateur de la première flotte permanente de l'Angleterre, la Navy Royal. Henri crut que son mariage avec Catherine d'Aragon ne produisait pas de fils parce qu'elle avait été mariée d'abord à son frère ; il essaya donc de divorcer. Le pape refusant, il en résulta une séparation de l'église d'Angleterre de celle de Rome, événement à l'origine de l'anglicanisme, dénoncé par Elizabeth Barton. Mais son mariage avec Anne Boleyn fut également malheureux. Seul son mariage avec Jeanne Seymour fut heureux et vit la naissance d'un héritier, Édouard, qui lui succéda.

1511         mort de Commines, chroniqueur français, auteur de 'Mémoires’

1511         4 octobre Le pape Jules II crée la Sainte Ligue contre la France. Excommunication de Louis XII. Sainte Ligue, la Ligue catholique ou Sainte Ligue est une coalition ouvertement dirigée contre la France de Louis XII, constituée le 4 octobre 1511 par le pape Jules II. Elle regroupait, outre le Saint-Siège, l'Espagne de Ferdinand d'Aragon, la République de Venise et les cantons suisses, tout en étant ouverte à l'Empereur Maximilien, resté l'allié théorique des Français, qui y fait son entrée le 17 mai 1512. L'Angleterre d'Henri VIII Tudor, rejoint la Saint Ligue le 13 novembre 1511. Sainte Ligue. Alliance militaire formée en 1511 par le pape Jules II, Ferdinand d'Aragon, Venise, les Suisses et Henri VIII d'Angleterre contre le roi de France Louis XII. Cette vaste coalition parvient à chasser les Français d'Italie.

1511         1er novembre Louis XII réunit un concile à Pise qui suspend Jules II. Ouverture du concile schismatique profrançais de Pise, dont l'objectif est de déposer le pape Jules II et de brider l'"omnipotence" du Saint-Siège. Le pape réplique en rappelant le droit exclusif des papes à convoquer les conciles, excommunie les prélats qui ont accepté de se rendre à Pise et convoque un concile pour avril 1512. Cette politique crée un danger de schisme et éloigne la réforme de l'Église.

1511         13 novembre Henri VII d'Angleterre rejoint la Sainte Ligue.

1512         15 février Victoire de Gaston de Foix contre les Vénitiens à Vallegio. Gaston de Foix (1489-1512) comte de Foix et de Bigorre, Duc de Nemours et Pair de France, Comte d'Étampes et Pair de France, Comte de Beaufort, Vicomte de Narbonne, Baron de Puisserguier. A la mort de Gaston de Foix, le Comté fait retour à la Couronne et le Roi Louis XII le donne à son épouse, Anne, Duchesse de Bretagne. La pairie de France est un groupe de grands féodaux, vassaux directs de la couronne de France. Il y avait à l'origine douze pairs : six pairs ecclésiastiques et six pairs laïques. Ils avaient le privilège de ne pouvoir être jugés que par la cour des pairs. Ils avaient en contrepartie l'obligation d'un hommage lige au roi de France. À partir de 1180, ils furent associés à la cérémonie du sacre. Leur rôle devint cérémoniel à partir de la fin du XIIIe siècle. La pairie, qui est un office de la couronne et non un titre de noblesse, devint un moyen pour les rois de distinguer les nobles les plus importants du royaume. Le mouvement s'accéléra au XVIe siècle : le roi nomma alors de simples gentilshommes à la pairie, les hissant au sommet de la pyramide des titres en France. Il fallait, pour être pair, jouir d'un fief auquel était attachée une pairie et descendre de la personne à qui la première avait été attribué l'office. Le rôle des pairs de France, à l'époque de l'Ancien Régime, à la différence des pairs britanniques, était seulement honorifique. Néanmoins, les pairs conservaient d'importants privilèges, comme celui de siéger au Parlement de Paris, plus grande cour de justice du royaume. En 1814, Louis XVIII créa sur le modèle anglais une chambre des pairs, participant au pouvoir législatif. Lors des Cent-Jours, Napoléon nomme lui aussi des pairs de France. La seconde Restauration de 1815 rétablit la chambre des pairs, qui sont nommés à titre héréditaire. Après la Révolution de Juillet en 1830, le roi Louis-Philippe conserve la chambre des pairs, mais supprime l'hérédité de la pairie.

1512         19 février Prise de Ravenne par les Français.

1512         11 avril Victoire française à Ravenne contre la Sainte-Ligue.

1512         6 juin Défaite française à Ravenne.

1512         3 mai Le pape réunit un concile à Latran annulant les décisions de celui de Pise. 3 mai : ouverture du concile du Latran (XVIIIe concile oecuménique et Ve du Latran), convoqué par le pape Jules II pour faire face aux initiatives gallicanes des conciles de Pise (1409 et 1511). Il frappe le royaume de France d'interdit. Il ne prend que des décisions de détail et échoue dans sa tentative de réforme de l'Église catholique. La suprématie romaine est réaffirmée (fin en 1517). Le Ve concile du Latran se tient du 3 mai 1512 au 16 mars 1517 dans la basilique Saint-Jean de Latran, à Rome. Au terme de douze sessions, le concile condamne le schisme, soumet la parution des livres imprimés à l'autorité de l'Église et réforme la Curie romaine et le clergé. Le Ve concile du Latran est convoqué par Jules II (1503–1513) pour faire pièce à celui de Pise, tenu en 1511 sur l'initiative de Louis XII de France, soutenu par l'Empereur. La Curie romaine est l'ensemble des organismes administratifs du Saint-Siège, assistant le pape dans sa mission de gouvernement de l'Église catholique romaine. Curie romaine. On désigne ainsi l'ensemble des administrations et des organismes judiciaires par l'intermédiaire desquelles le pape gouverne l'Église catholique. Cette institution remonte au IVe siècle. Remaniée plusieurs fois au cours de l'histoire, elle comprenait au Moyen Âge la Chambre apostolique (finances), la Chancellerie (lettres papales), l'administration judiciaire et la Pénitencerie. Aujourd'hui, la curie romaine compte vingt et un organismes différents.

1512         17 mai Maximilien Ier du Saint Empire rejoint la Sainte Ligue.

1513         20 février Mort du pape Jules II.

1513         11 mars Avènement du pape Léon X. Léon X, Jean de Médicis, second fils de Laurent de Médicis et de Clarisse Orsini, Jean de Médicis naquit le 11 décembre 1475 à Florence et mourut à Rome le 1er décembre 1521. Il fut pape sous le nom de Léon X de 1513 à 1521.

1513         6 juin Défaite française à Novare; évacuation de l'armée française d'Italie. Novare est une ville d'Italie, située dans le Piémont.

1513         16 août : Bataille de Guinegatte (Journée des Éperons), près de Saint-Omer : la cavallerie française s'enfuit devant les forces de Henry VIII d'Angleterre au cours de la "journée des Eperons" où le maréchal de La Palice est fait prisonnier. La Bataille de Guinegatte eut lieu le 16 août 1513 près de Saint-Omer dans l'actuel Pas-de-Calais et opposa les troupes françaises dirigées par Louis XII à la coalision anglo-germanique dirigée par Henri VIII d'Angleterre et par Maximilien Ier du Saint Empire réunis sous la bannière de la Ligue catholique. Suite à la funeste bataille de Novare du 6 juin 1513, Louis XII dut evacuer son armée d'Italie et songer à défendre le territoire français. Henri VIII d'Angleterre, débarqua le 30 juin 1513 à Calais et se joignit aux troupes menées par Maximilien Ier de Prusse. Six semaines plus tard, les français (duc de Longueville (Louis de Longueville), le maréchal La Palice et leurs troupes) se laissèrent surprendre et se faire écraser par cette coalition de la Sainte Ligue à la Guinegatte ce 16 août 1513. Cette bataille fut aussi appelée Journée de éperons car la cavalerie française se servit plus de ces éperons pour manoeuvrer que de ces armes. Au cours de cette bataille, le maréchal La Palice fut fait prisonnier mais il put s'échapper et prendre part plus tard à la prise de Villefranche et à la bataille de Marignan (1515).

1513         septembre Les Suisses envahissent la Bourgogne.

1513         14 septembre Traité de Dijon, perte de Milan et d'Asti, Louis XII ne le ratifiera pas. Le traité de Dijon du 14 septembre 1513 mis fin à la tentative de conquête par les Allemands, Suisses et Franc-comtois du Duché de Bourgogne, et fut signé du côté suisse par Jacques de Watteville, avoué de Berne et du côté français par Louis II de la Trémoille qui réalisa une habile négociation. Le traité prévoyait que: Le Roi de France rendrait ses terres italiennes au Pape (Ce qui était déjà fait avant la signature); Le Roi de France aurait à payer aux Suisses de Zurich, en deux termes, la somme de 400 000 écus d'or, dont 20 000 comptant, au moment où le siège serait levé. Le Roi de France s'engageait à régler les nombreuses dettes de la couronne de France auprès des Suisses. Louis XII renonçait solennellement à tous ses droits sur le duché de Milan, sur la seigneurie de Gênes, sur le comté d'Asti, et abandonnait le tout à Maximilien Sforza. Il désavouait formellement le concile de Pise et adhérait sans réticence au concile de Latran. Louis XII refusa de ratifier ce traité, sous prétexte que le Général La Trémoille avait agi sans avoir reçu les pouvoirs suffisants (ce qui était faux) et que certaines clauses étaient attentatoires à sa royale majesté : l'abandon du duché de Milan et du comté d'Asti était tout à fait inacceptable. En fait il semble que Louis II de la Trémoille ait signé ce traité pour mettre fin au siège de Dijon en ayant bien conscience qu'il ne serait jamais ratifié par le roi mais en estimant que c'était la seule façon d'éviter la prise de la ville. Les Suisses, les Allemands et les Franc-Comtois levèrent le siège en emmenant 5 otages (dont Philippe de Maizière neveu de Louis de la Trémoille qui attendirent en vain et dans de piètres conditions le versement des sommes promises. Leurs familles durent finalement payer elles-mêmes une rançon de 13 900 écus pour obtenir leur libération le 3 Octobre 1514.

1513         26 septembre Découverte de l'Océan Pacifique. L'espagnol Vasco Nunez de Balboa est le premier européen à voir l'océan Pacifique et à le faire savoir. Parti pour le nouveau monde en 1500, l'aventurier découvre depuis le sommet d'une montagne une mer inconnue qu'il nomme "mer du sud". Balboa, qui a franchi à pied l'isthme de Panama, prend possession de cette nouvelle mer au nom de la couronne espagnole. C'est le portugais Fernand de Magellan qui la baptisera "pacifique" en 1520, afin de rendre hommage à la clémence de ses eaux. Vasco Nunez Balboa (Jerez de Los Caballera, 1475 - Acla 1519). Explorateur espagnol. Balboa voyage avec Rodiguo de Bastidas en 1501 vers l'Amérique du Sud. Ils comptent faire du commerce de perles selon les indications de Christophe Colomb. Ils atteignent et explorent le continent puis s'en retournent vers Saint Domingue. Balboa débarque et y passe plusieurs années, puis s'embarque à nouveau vers le continent sur un navire qui emporte des vivres à la colonie fondée par Ojeda. Le navire rencontre les rescapés de la colonie (parmi eux Pizarro) et Balboa en prend le commandement. Ils s'enfoncent alors dans le golfe d'Uraba vers l'ouest et fondent une ville, Santa Maria de la Antigua del Darien. Là, Balboa s'allie avec le roi indien de la région en prenant pour femme une de ses filles. L'aventure reprend en 1513 lorsqu'un des fils du roi indien conduit les espagnols au travers de la jungle combattre un royaume ennemi de son père en échange de promesses d'un riche butin. La petite troupe espagnol et les indiens alliés défont et massacrent l'ennemi. Après cette victoire, Balboa montre sur une hauteur voisine et découvre émerveillé le Pacifique s'étendant à ses pieds. Il est le premier Européen à jeter son regard sur l'océan appeler ainsi pour son tranquilité. Deux jours plus tard, lui et ses compagnons (dont Pizarro) mettent pied sur le sable. Au retour, Balboa soumet d'autres chefs locaux, et une fois rentrée à Darien, il n'aura pas perdu un de ses soldats espagnols (nous ne pouvons hélas en espérer autant de ses alliés). L'exploit n'apportera pas le gloire attendu. Bien au contraire, le nouveau gouverneur de la région, De Avila, nommé par le roi Ferdinand en 1514 fait arrêter l'explorateur par Pizarro, le fait juger et condamner à mort.

1513         Publication du 'Prince' de Nicolas Machiavel, traité de philosophie politique où il analyse la manière de garder le pouvoir.

1514         9 janvier Mort d'Anne de Bretagne.

1514         avril Fin des hostilités en Italie.

1514         18 mai Mariage de Claude de France et de François d'Angoulême (futur François Ier).

1514         7 août Traité de Londres prévoyant le mariage de Louis XII et Marie d'Angleterre. Marie d'Angleterre (18 mars1496 - 24 juin1533) : fille cadette d'Henri VII Tudor et d'Élisabeth d'York. D'abord promise en mariage à Charles (futur empereur romain germanique), elle épousa finalement Louis XII de France, qui la laissa veuve après quelques mois de mariage. Elle épousa en secondes noces Charles Brandon, duc de Suffolk, dont elle eut trois enfants : Henry, Frances et Eléanor.

1514         Louis XII se réconcilie avec Henri VIII, dont il épousa la soeur (Traité de Londres). Cessation des hostilités contre la France par suite d'accords entre Louis XII et les confédérés encore agissants. II est remarquable que les revers militaires et diplomatiques essuyés par Louis XII n'ont pas nui à la prospérité intérieure de la France. La Couronne s'est vue à plusieurs reprises dans de grands embarras financiers, néanmoins au cours du règne, la population s'est accrue, le commerce s'est développé, le bien-être s'est étendu - et le roi est resté populaire. Louis XII a été puissamment aidé dans la bonne conduite des affaires intérieures par son premier ministre, le cardinal Georges d'Amboise, auquel la population garde autant de reconnaissance qu'à lui-même. Le Cardinal Georges d'Amboise (issu de l'ancienne famille des Seigneurs d'Amboise) fut l'ami, le confident et le conseiller du Roi Louis XII. A l'avènement de ce dernier il devient le personnage le plus important du royaume après le Roi et le resta jusqu'à sa mort en 1510.

1514         9 octobre Mariage de Louis XII et Marie d'Angleterre à Abbeville. Louis XII a cinquante-deux ans. Il est veuf. Et sans héritier direct. Il épouse en ce jour la belle, blonde et sensuelle soeur du roi Henri VIII d'angleterre. Elle n'a guère que dix-sept ans.

1514         Guillaume Budé écrit 'De Asse et partibus ejus'. Guillaume Budé (26 janvier 1468, Paris -1540), humaniste français né à Paris, est également connu sous le nom latin de Budaeus. Il est issu d'une grande famille de fonctionnaires royaux anoblie par Charles VI de France. Dès le début du règne de François Ier, il se rapproche de la cour royale pour y plaider la cause des belles-lettres et de la philologie. Il est le père du Collège de France, en militant pour la création d'un collège où seraient enseignées les langues de l'antiquité, le latin, le grec, l'hébreu, fondé en 1530 par François Ier. C'est à la requête d'Érasme qu'il entreprend une compilation de notes lexicographiques sur la langue grecque qui fut pendant longtemps en France, l'ouvrage de référence pour celui qui voulait se lancer dans l'étude du grec. Il porte le titre de Maître de la Librairie du Roy. Il est lié avec Thomas More, Bembo, Étienne Dolet, Rabelais et surtout Érasme.

1515         1er janvier Mort de Louis XII à Paris. La couronne passe au gendre de Louis XII, François d'Angoulême, fils de Charles d'Orléans et de Louise de Savoie, né en 1494, qui prend le nom de François Ier. L'année même de son avènement, impatient de venger les échecs militaires que la France vient de subir, et de reprendre le Milanais, François Ier rassemble en hâte une armée de près de 35 000 combattants, franchit hardiment les Alpes au col de l'Argentière et fond sur le Milanais où, la première surprise passée, les troupes suisses ennemies lui opposent une résistance héroïque. Néanmoins, elles sont taillées en pièces à Marignan (environs de Milan) dans une bataille de deux jours (13 et 14 septembre). Après cette victoire, François se fait armer chevalier par Bayard. La victoire de Marignan rend François Ier maître du Milanais et décide le doge de Gênes à lui faire la remise du territoire de cet État.

1515         VALOIS - ANGOULÊME.

1515         Le rameau d'Angoulême : Jean, comte d'Angoulême, fils de Louis Ier d'Orléans ; Charles, comte d'Angoulême ; François Ier de France (1515-1547) ; Henri II de France (1547-1559) ; François II de France (1559-1560) ; Charles IX de France (1560-1574) ; Henri III de France (1574-1589) ; Henri III est le dernier roi de la maison de Valois. Henri IV lui succède et amène sur le trône de France la maison de Bourbon.

1515         FRANÇOIS Ier, le Père et Restaurateur des Lettres (1515-1547)

1515         François Ier. Louis XII meurt sans descendance mâle son petit cousin et gendre François est appelé à règner sous le nom de François Ier. Il est l'arrière petit fils de Louis Ier d'Orléans frère de Charles VI et le fils de Charles comte d'Angoulême et de Louise de Savoie. Il brûle de reconquérir Milan, il s'assure l'alliance avec les Vénitiens et le duc de Milan celle des Suisses, l'armée franchit les Alpes au col d'Argentière et marche sur Milan. La bataille décisive se livre non loin de Milan à Marignan, le tir nourri de l'artillerie, la charge des gendarmes dirigée par le roi, la participation décisive du chevalier Bayard, l'arrivée des Vénitiens qui prennent les Suisses à revers assure la victoire (13 et 14 septembre 1515). A la suite de cette bataille François Ier se fera armer chevalier par Bayard en signe de reconnaissance. Le nouveau pape Léon X signe avec lui le concordat de 1516 (le pape nomme les évêques français sur proposition du roi). Les Suisses concluent une paix perpétuelle et le roi de France à le droit de lever des soldats dans les cantons suisses. Le roi d'Espagne Charles Ier (futur empereur Charles Quint) garde le royaume de Naples et François Ier le Milanais. En 1519 Charles Quint est désigné empereur et devient maître de l'Allemagne. François Ier candidat n'a pas été élu mais de ce fait la France est prise en tenaille entre l'Allemagne et l'Espagne. François Ier souhaite conclure une alliance avec l'Angleterre, c'est l'entrevue du camp du drap d'or au cours de laquelle François reçoit Henri VIII d'Angleterre dans un tel luxe que celui-ci est vexé et c'est un échec diplomatique. L'Angleterre s'allie à Charles Quint. Cette fois ci la France est encerclée. La guerre entre Charles Quint et François Ier durera tout le règne de celui-ci. La première guerre à partir de 1521 conduit à l'abandon du Milanais, Bayard est tué, François fait prisonnier au cours de la défaite de Pavie en 1525. Il n'est libéré qu'en laissant ses deux fils ainés en otage, et en signant le traité de Madrid en 1526 par lequel il s'engage à cèder la Bourgogne à Charles Quint et à renoncer à ses prétentions italiennes. Une fois libre il refuse d'appliquer le traité et met sur pied une nouvelle expédition italienne qui ne donne rien. Une paix est signée en 1529, François Ier renonce à l'Italie et épouse la soeur de Charles Quint (Éléonore de Habsbourg) en 1530 alors que celui-ci laisse la Bourgogne à la France. Mais ses ambitions sur le Milanais sont toujours là, il se rapproche des princes protestants allemands et même du Turc Soliman. La guerre reprend, elle ne donne rien une trève est signée en 1538. Une dernière confrontation à lieu à partir de 1542, les Français seront vainqueurs à Cérisoles en 1544 et cette fois le traité de Crépy-en-Laonnais mettra fin définitivement à sa période belliciste mais renonce à l'Artois, la Flandre et au Milanais. Sur le plan intérieur son règne marque l'avènement de l'absolutisme royal. La noblesse n'est plus qu'une noblesse de cour pensionnée par le roi. Par l'ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539 il fait du français la langue officielle (abandon du latin pour les textes officiels) ce qui fera beaucoup pour l'unification du royaume, il institue les registres paroissiaux ancêtres de l'état civil. Il encourage les arts et les lettres, il fonde le collège des lecteurs royaux en 1530 (futur Collège de France) et l'imprimerie royale en 1539. Il attire et protège des artistes réputés: Léonard de Vinci, Della Robia, Benvenuto Cellini... Il fait ouvrir de nombreux chantiers, châteaux de Blois, de Chambord, de Fontainebleau, de Saint-Germain-en-Laye, Hotel de ville de Paris, nouvelles ailes du Louvre. Il fonde le port du Havre. Sur le plan religieux, le protestantisme fait son entrée en France à partir de 1520. Il faut comprendre l'importance de la religion catholique de l'époque, c'est le ciment de la nation. Lorsque Jeanne d'Arc fait sacrer Charles VII à Reims elle amorce un retournement complet de la situation, se diviser sur le plan religieux c'est diviser le royaume. Au début François Ier se montre tolérant mais pendant qu'il est prisonnier, c'est sa mère Louise de Savoie qui assure la régence (sa femme Claude est morte l'année précédente) sous la pression du parlement, elle prend les premières mesures répressives, le prètre, Jacques Pauvent et l'humaniste Berquin périssent sur le bûcher. Les protestants trouvent une plus grande bienveillance auprès de Maguerite de Navarre soeur du roi. Mais en 1534 les protestants affichent des textes que le roi ne peut admettre traitant notamment le pape d'antechrist, c'est l'affaire des Placards (du verbe placarder, afficher) et il décide de sévir il y aura 66 exécutions pendant le règne de François Ier. François Ier meurt en 1547, c'est son fils Henri II qui lui succèdera.

1515         La France du roi François Ier compte sans doute 16 millions d'habitants en 1515, et 17 millions lorsque s'achève le règne de celui qui porte (comme aucun de ceux qui l'ont précédé) le titre de Majesté. Elle est le pays le plus peuplé d'Europe. Et malgré les années de guerres, malgré les invasions, malgré les impôts — celui de la taille qui triple entre 1515 et 1559, celui de la gabelle qui taxe le sel et qui ne cesse d'augmenter —, la France est riche. Elle l'est malgré des prix qui croissent, en partie à cause de l'afflux de l'or et de l'argent, rapportés des Amériques par les Espagnols, elle l'est malgré l'écart qui se creuse entre ceux qui s'enrichissent et les humbles, les compagnons et les ouvriers. Leurs salaires ne suivent pas l'augmentation des prix et ces derniers se révoltent à Lyon, en 1529, à cause du prix du blé. Autour des villages qui se repeuplent, les friches et les landes commencent d'être changées en terre à céréales, les forêts sont défrichées. De nouveaux fruits et de nouveaux légumes, pour la plupart importés d'Italie, apparaissent dans les champs et les vergers. Si le melon et l'artichaut ne sont encore destinés qu'aux seigneurs, le sarrasin, le maïs, les choux-fleurs et les haricots commencent d'être cultivés. D'aucuns, rares, se singularisent en portant tel ou tel de ces légumes à leur bouche avec un instrument qui vient de faire son apparition et qui épargne que l'on mange avec ses doigts : la fourchette... Certaines sont sans doute forgées dans l'une des 460 forges que compte le royaume. En dépit du manque d'argent, de cuivre ou de plomb qu'il faut importer, l'industrie prospère. L'accroissement de la population dans les villes, l'enrichissement de celles-ci permettent le développement du luxe. Lyon, qui est à la frontière du royaume et qui accueille des foires, devient la capitale de l'imprimerie comme de la banque. Nombreuses sont les sociétés financières qui se créent et dont les filiales vendent des créances, comme elles spéculent sur le change. Elles ne se privent pas de répondre aux emprunts d'État. Le premier d'entre eux, en 1522, gagé sur les impôts de l'Hôtel de Ville de Paris, propose 8% d'intérêt. La soie, produite à Lyon à partir de 1536, par plusieurs milliers de métiers, comme auparavant à Tours, ne suffit pas à satisfaire les exigences de la cour... Angoulême est célèbre pour ses papeteries. A Saint-Étienne, c'est une fabrique de mousquets qui est fondée en 1516. Mais les routes pour aller de l'une à l'autre de ces villes sont loin d'être ce qu'elles devraient être. Les ports, en revanche, prennent plus d'ampleur. Le Havre est créé en 1517. Des navires sont armés pour Terre-Neuve à La Rochelle dès 1533. Rouen, grâce à son port, est devenue la deuxième ville de France. Et Marseille ouvre la route vers le Levant. A Dieppe, où l'on dresse et où l'on corrige les cartes de mondes nouveaux que l'on découvre, l'armateur Jean Ango arme des navires qui atteignent Sumatra. C'est de Saint-Malo qu'à trois reprises Jacques Cartier part pour le Canada. L'iroquois, qu'il présente au roi à son retour, change moins la conscience que la France a alors du monde que les lectures et les études, faites par certains, des auteurs de l'Antiquité. Sur l'ordre du roi, Jacques Amyot traduit Plutarque. En dépit des réticences de la Sorbonne, le roi crée en 1530 le Collège royal qui compte cinq chaires : deux d'hébreu, deux de grec et une de mathématiques. Dès les années qui suivent l'éloquence latine, la médecine, la philosophie sont enseignées dans ce collège que l'on dit “des trois langues”. Et c'est la langue française qui prend un autre essor. En 1539 l'ordonnance de Villers-Cotterêts impose que les actes judiciaires soient désormais écrits en français et non plus en latin. Dix ans plus tard, le titre seul de Défense et illustration de la langue française de Joaquim du Bellay, publié en 1549, suffit à montrer que les écrivains ont désormais foi dans leur langue. Les oeuvres des poètes de la Pléiade comme le succès du Pantagruel de Rabelais, publié en 1532, démontrent en quelques années que le français peut être la langue de l'élégance comme celle de la truculence, celle de la grâce et celle de l'invention. Comme il donne à la langue française un nouveau statut, le roi impose une nouvelle architecture en France. Les châteaux d'Azay-le-Rideau, de Chenonceaux, de Blois, de Chambord, de Fontainebleau... plus tard ceux de Madrid, construit dans le Bois de Boulogne à côté de Paris, de Saint-Germain, d'Anet ou encore le Louvre mettent en évidence la singularité de la Renaissance française. L'équilibre et la symétrie des façades s'allient aux charmes et aux surprises de galeries, couvertes de fresques et de stucs, élaborées par des artistes venus d'Italie. La reconnaissance de la beauté, de l'intelligence, de l'invention, le soutien aux artistes constituent l'ultime argument d'un roi qui, en dépit des défaites et de la captivité, est conscient des changements d'une nouvelle époque et veut affermir son pouvoir. Mais ce roi, en dépit d'un concordat signé en 1516 avec le pape Léon X, concordat qui lui accorde le droit de désigner les évêques, commence à perdre un pouvoir, jusqu'alors incontesté, sur la conscience de ses sujets. Dès 1512, le 'Commentaire sur les épîtres de Saint Paul' de Lefèvre d'Étaples assure que la doctrine du Christ est tout entière dans les Saintes Écritures. Il remet en cause les dogmes et affirme que nos oeuvres ne sont rien sans la grâce. Il devient vicaire général de Guillaume Briconnet, évêque de Meaux, qui commence en 1516 d'épurer les moeurs des prêtres de son diocèse, de mettre fin à la concussion. La Sorbonne est exaspérée par les thèses des biblistes de Meaux. Mais les colères de Luther, qui a affiché ses 95 thèses sur les murs de l'église de Wittenberg en 1517, ses diatribes et ses invectives contre l'Église romaine sont autrement graves. Dès 1523, un autodafé de ses livres est ordonné. “On commence par brûler les livres, on finit par brûler les personnes !” Cette certitude d'Érasme de Rotterdam ne tarde pas à devenir une réalité. Dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534, une affiche, “Articles véritables sur les horribles, grands et insupportables abus de la messe papale, inventée directement contre la Sainte Cène de Notre Seigneur”, est placardée sur la porte même de la chambre du roi à Amboise. Cette “affaire des placards” détermine le roi, qui jusqu'alors hésitait, à réprimer la réforme qui commence de diviser l'Europe autant que son royaume. Henri VIII d'Angleterre, excommunié en 1534 parce que le pape a refusé d'annuler son mariage, fait le choix de la Réforme comme d'autres en Suisse, aux Pays-Bas, comme les princes allemands de la ligue de Smalkalde. A la voix de Luther se joint celle de Jean Calvin qui a fait ses études à Paris, à Bourges et à Orléans. En 1536, à vingt-cinq ans, il publie à Bâle (où il a dû se réfugier) l'institution chrétienne, qui sera publiée en français en 1541. Un an plus tôt le roi a fait publier une ordonnance dans laquelle il fait le voeu que "en son royaume très chrestien soit toujours continue, gardée, entretenue intégrité et sincérité de la foy catholique, qui est le principal fondement du royaume”. En dépit des bûchers, des massacres, des guerres, la vérité religieuse de la France ne sera plus jamais celle qu'espère le roi.

1515         25 janvier Sacre de François Ier à Reims. Le sacre du roi qui est âgé de dix-neuf ans a lieu en l'absence de la reine qui est sur le point d'accoucher. Elle sera couronnée en 1517.

1515         4 mars Alliance avec Venise pour reprendre le Milanais.

1515         24 mars Traité de Paris avec Charles Quint, roi d'Espagne, roi de Sicile puis empereur germanique, prévoyant son mariage avec Renée de France. Charles Quint, Charles de Habsbourg ou Charles Quint, (né le 25 février 1500 à Gand - mort le 25 septembre 1558 au monastère de Yuste (Espagne) fut empereur germanique (1519-1555) sous le nom de Charles V d'Espagne officiellement sous le nom de Charles Ier mais surtout connu sous le nom de Carlos Quinto en Espagne et en Amérique latine et roi de Sicile sous le nom de Charles IV (1516-1558). Charles était le fils de Philippe le Beau et de Jeanne la Folle et, par celle-ci, petit-fils de Ferdinand le Catholique et d'Isabelle Ière de Castille. Charles Quint hérite successivement du royaume de Bourgogne à la mort de son père, Philippe Ier, roi de Castille en 1506, du royaume d'Espagne à la mort de son grand-père maternel Ferdinand V en 1516, et des possessions des Habsbourg en Europe centrale en 1519, à la mort de son grand-père paternel, l'empereur Romain-Germanique Maximilien Ier. Élu à la tête du Saint-Empire en 1519, il gouverne sur un immense territoire comprenant les royaumes espagnols d'Aragon et de Castille, les Pays-Bas, les États italiens de Naples, de Sicile et de Sardaigne, les territoires conquis en Amérique et en Afrique, ainsi que l'ensemble des possessions des Habsbourg. Rival de François Ier, qui avait brigué la couronne impériale, il mène contre lui trois guerres (1521-29, 1536-38, 1539-44). Son accession au trône impérial coïncide avec la montée en puissance du luthéranisme. Il se consacre à la lutte contre le protestantisme et à la défense de l'Empire contre les Turcs qui, après avoir soumis la péninsule balkanique, ont déclaré la guerre à la Hongrie et assiégé Vienne. La période d'anarchie qui accompagne l'essor de la Réforme pousse les princes allemands à réclamer l'autonomie de leurs États. Les paysans profitent des troubles pour se révolter. En 1530, Charles réunit la diète d'Augsbourg pour tenter de régler le problème religieux, mais les princes protestants lui opposent la Confession d'Augsbourg, qu'il juge inacceptable. Puis il poursuit la guerre contre la France sous Henri II. Épuisé par ces luttes constantes, Charles Quint cède entre 1555 et 1556 les Pays-Bas et l'Espagne à son fils Philippe II, abdique en 1556 en faveur de son frère Ferdinand Ier, pour se retirer dans un monastère en Espagne, où il meurt en 1558.

1515         9 août L'armée française passe les Alpes.

1515         14 septembre Victoire de François Ier (en partie grâce à l'aide de Venise) à Marignan contre les mercenaires Suisses des États italiens, et prise de Milan. La neutralité perpétuelle des Suisses date de cette époque. Le Milanais est ouvert et François Ier bénéficie d'une alliance avec les Suisses (engagement de mercenaires). La bataille fait 30 000 victimes. En ce 13 septembre commence une bataille décisive dans la reconquête du Milanais par un roi de France qui a vingt et un ans. François Ier, que le chevalier Bayard adoube avant la bataille, lance à ses soldats : “Je suis votre roi et votre prince… Je suis délibéré de vivre et mourir avec vous. Voici la fin de notre voyage, car tout sera gagné ou perdu”. Le lendemain soir tout est gagné. A sa mère, Louise de Savoie, le roi écrit : “Et tout bien débattu, depuis deux mille ans n'a point été vue une si fière ni si cruelle bataille”. Au cours de ce que les chroniqueurs ont appelé une “bataille de géants”, 14 000 Suisses et 2 500 Français et Vénitiens sont morts. Victoire de François Ier à Marignan contre les mercenaires Suisses des États italiens, et prise de Milan. La neutralité perpétuelle des Suisses date de cette époque. La bataille de Marignan, eut lieu pendant les guerres d'Italie, les 13 et 14 septembre 1515 et opposa François Ier de France et ses alliés Vénitiens aux Suisses qui défendaient le Milanais. La bataille de Marignan, à l'aube du règne de François Ier, est devenue un symbole de la gloire du roi. La défaite des Suisses est un évènement, car ceux-ci ont acquis, par leur discipline, une réputation d'invincibilité. Elle évoque un autre grand chef de l'Antiquité, Jules César, qui fût l'un des rares à battre les Suisses. Elle s'inscrit ainsi dans le début de la Renaissance, avec pour la première fois l'utilisation décisive de l'artillerie. Les artistes italiens, dont Léonard de Vinci, vont alors s'ouvrir à la France.

1515         13 octobre Traité de Viterbe, le pape accorde Milan à François Ier en contrepartie de sa protection. Viterbe est une ville italienne.

1515         11 décembre Entrevue de Bologne entre François Ier et Léon X. La victoire que François Ier vient de remporter à Marignan lui assure un prestige incomparable dans toute l'Europe. Le pape Léon X préfère conclure une alliance avec lui. Il annule la pragmatique sanction, et la remplace par un concordat qui met fin à tous les différends entre la France et le Vatican. Concordat de Bologne supprimant la Pragmatique sanction de Bourges : le pape retrouve son influence sur la nomination des évêques de France.

1515         Joachim Patinir peint 'La tentation de Saint Antoine'. Joachim Patinir (vers 1480-1524) peintre flamand, l'un des premiers grands maîtres européens de la peinture de paysage. Joachim Patinir se forme dans la riche ville d'Anvers, où il passera l'essentiel de sa carrière. Il travaille aux côtés de Quentin Metsys et Joos van Cleve et connaît rapidement une très grande renommée et la reconnaissance de ses contemporains, tel Albrecht Dürer.

1515         Clément Marot écrit 'Le Temple de Cupido’

1516         13 août Traité de Noyon prévoyant le mariage de Louise de France (1515 - 1517) avec Charles Quint et la France obtient le Milanais mais abandonne Naples. François Ier renonce à Naples. Charles Quint renonce à la Bourgogne. La victoire de Marignan a permis cet accord. Le Traité de Noyon est signé en 1516, à Noyon, entre Charles Quint et François Ier. La paix est renouvelée, par la restitution de la Navarre à Henri d'Albret. On convient aussi que Charles épouse la princesse Louise, fille du roi, âgée d'un an. Maximilien Ier du Saint Empire rend Vérone au roi d'Espagne pour la remettre au roi, qui la restitue aux Vénitiens. Les deux princes Charles et François se donne mutuellement, l'ordre de la Toison pour François, celui de Saint-Michel pour Charles.

1516         18 août Concordat de Bologne entre François Ier et Léon X, le clergé français cesse d'être un corps pour devenir un ordre et un rouage de la monarchie absolue. Léon X et François Ier signent un traité par lequel le pape obtient un droit de regard sur les élections canoniques majeures. le roi quant à lui obtient le droit de contrôler le haut clergé et de nommer les évêques. Ils espèrent ainsi disposer de moyens leur permettant de juguler l'hérésie protestante qui vient de naître. Le concordat de Bologne est signé le 18 août 1516, lors du Ve concile du Latran, entre le pape Léon X et le chancelier Duprat qui représentait le Roi de France, François Ier. Ce concordat mit fin à la Pragmatique Sanction de Bourges et fonda le gallicanisme. Il permit la mise en place dans le Royaume de France du Régime de la commende. Les évêques et abbés ne sont plus élus comme il était coutume avant, mais choisis par le roi de France. Le pape investit ensuite spirituellement les candidats du monarque français. Les nommés jurent ensuite fidélité au roi de France qui leur donne leur charge temporelle. Le concordat de Bologne permet au roi de fidéliser la noblesse.

1516         29 novembre Paix perpétuelle entre François Ier et les cantons suisses. Paix de Fribourg. C'est une paix “perpétuelle” que le roi de France François Ier signe avec les Suisses. Ceux-ci reçoivent près de 300 000 écus d'or pour leurs frais. Les Suisses s'engagent à ne plus apporter leur concours à des adversaires de la France.

1516         à 1517 - Débuts de la Réforme religieuse; en 1516, Zwingle, curé de Zurich, prêche en Suisse contre l'adoration des reliques, les moeurs des moines et le luxe de la cour de Borne; en 1517, Luther, en Allemagne, prêche contre le trafic que fait des indulgences la cour de Rome pour remplir son trésor. L'indulgence, dans la religion catholique, l'indulgence est une rémission ou relaxation des peines temporelles, dues pour les péchés actuels, par l'application des satisfactions surabondantes de Jésus-Christ, de la Sainte Vierge et de tous les saints, qui sont renfermées dans les trésors de l'Église. Au Moyen Âge, le clergé avait établi un véritable barème de ces bonnes actions, échangeant par exemple une participation aux croisades contre l'accès au paradis sous les réserves sus-nommées. On monnayait également des dispenses à diverses obligations, les sommes ainsi récoltées finançant des édifices religieux... ou permettant à certains prélats de mener grand train. Ainsi la Tour de beurre de la cathédrale Notre-Dame de Rouen doit son surnom à la vente des dérogations accordées pour consommer des matières grasses pendant le carême. Le caractère particulièrement injuste de ces pratiques conduisit Martin Luther à se révolter contre la hiérarchie ecclésiastique de l'époque. C'est donc une des causes du schisme entre catholiques et protestants. Réforme, Le Moyen Âge a cédé sa place à l'époque moderne à la suite de deux révolutions. La première fut une révolution intellectuelle caractérisée par l'arrivée de l'humanisme et celle de la Renaissance. À l'intérieur de cette révolution, une nouvelle vision du monde et de l'homme est apparue. C'est avec cette révolution qu'un retour à l'Antiquité est survenu. La deuxième révolution fut une réforme religieuse. Celle-ci a eu un impact considérable sur l'avenir de la religion. Historiquement, la Réforme est le nom donné à la remise en cause de l'Église catholique romaine par de nombreux théologiens tels que : Théodore de Bèze, Martin Bucer, Jean Calvin, Guillaume Farel, John Knox, Martin Luther et Ulrich Zwingli. Elle avait été préparée par d'autres théologiens comme : Jan Hus et John Wyclif. Elle a donné naissance au protestantisme. La tradition veut qu'elle ait commencé avec l'affichage par Martin Luther de 95 thèses contre les travers de l'Église, sur la porte de l'église du château de Wittenberg, le 31 octobre 1517. Mais c'est sa nouvelle compréhension de l'Évangile qui en définit le contenu : un salut donné gratuitement à cause de Jésus-Christ, connaissable par la seule Bible mise à la disposition de tous sans intermédiaires humains. La Réforme. On utilise ce mot pour décrire le bouleversement majeur de la chrétienté, initié par Martin Luther au XVIe siècle, mais le mouvement s'apparente plus à une révolution religieuse qu'à une simple réforme. Elle débouche sur la création d'un nouvel ordre religieux qui divise l'Europe entre protestants et catholiques (qui restent fidèles au pape). Pour lever des fonds, le pape a favorisé la vente d'indulgences, promettant la rémission des péchés et du temps de purgatoire contre un simple paiement. Luther, docteur en théologie à l'université de Wittenberg, s'élève contre le trafic des indulgences, puis contre leur principe même, dans ses 95 thèses (1517). Il est parfaitement sincère dans sa remise en question des pratiques de l'Église et a lui-même passé plusieurs années dans un monastère, tourmenté par le salut de son âme. Il refuse de se rétracter, brûle en public la bulle papale notifiant son excommunication et fonde une nouvelle Église qui reconnaît la Bible comme seule autorité sur la doctrine chrétienne, et le baptême et l'eucharistie comme seuls sacrements. Rapidement, les enseignements de Luther trouvent un écho important en Allemagne et ailleurs, notamment en France et en Suisse avec Calvin. L'Europe se divise alors sur la question religieuse, chacun étant fermement convaincu que le salut de son âme dépend de sa loyauté envers l'une ou l'autre des Églises.

1516         à 1520 - En 1516, Charles d'Autriche est devenu roi d'Espagne par suite de la mort de son aïeul maternel Ferdinand : il a pris le nom de Charles V (Charles Quint). Ce prince devient le plus puissant de la chrétienté lorsque, en 1519, il succède à son aïeul paternel dans la possession des duchés d'Autriche : il possède alors les Pays-Bas, les Flandres, l'Espagne, le royaume de Naples et l'Autriche ; il a été élu empereur d'Allemagne, enfin il joint à ses possessions les immenses et riches territoires de l'Amérique dont on ne connaît pas encore à cette époque l'étendue. La puissance de Charles Quint, sans égale au monde, est une menace permanente pour la France et pour le reste de l'Europe ; l'équilibre européen est rompu à son profit. C'est pour rétablir cet équilibre que vont s'engager de nouvelles guerres, premiers résultats de la rivalité entre la Maison de France et la Maison d'Autriche. François Ier ne soutiendra pas moins de quatre de ces guerres.

1516         Thomas More écrit 'Utopia'. Thomas More (1478-1535), homme politique, surnommé "le Socrate chrétien", était le plus illustre représentant de l'Humanisme anglais. Philanthrope, son ouvrage majeur, Utopia, prône la tolérance et la discipline au service de la liberté, à travers un monde imaginaire et merveilleux, représentation du monde idéal de l'auteur. Mais ce fut aussi un homme politique, devint chancelier.

1516         Érasme écrit 'Novum Instrumentum’

1516         Raphaël peint 'Baldassare Castiglione’

1516         François Ier accueille Léonard de Vinci.

1516         Léonard de Vinci, un soupçon opportuniste, se place au service du roi de France. Après avoir passé deux ans à Rome, De Vinci quitte l'Italie pour la France. Il s'établit près d'Amboise, sous la protection du Roi de France, François Ier, qui le nomme "Premier peintre, architecte, et ingénieur du Roi" et l'installe au manoir du Clos-Lucé où il participe à des projets d'urbanisme.

1516         mort de Jérôme Bosch.

1516         mort Giovanni Bellini.

1517         11 mars Traité de Cambrai entre François Ier, Maximilien Ier du Saint Empire et Charles Quint.

1517         21 mars Réforme de la monnaie. Désormais, dans tout le royaume sur lequel François Ier règne depuis deux ans, les pièces que l'on dit de “mauvais aloi” sont interdites. Les pièces ainsi appelées sont celles dont l'alliage des métaux ne correspond pas à la valeur annoncée.

1517         Fondation de l'ordre des capucins par Matteo da Bascio. Les Frères mineurs capucins forment un ordre religieux de la famille franciscaine, approuvé comme véritable Ordre de Saint-François en 1517 par le pape Léon X. De nombreux frères provenant presque tous de la branche de l'Observance et séparée de celle des Conventuels ont rallié ce nouvel ordre. Ils sont ainsi nommés du capuce ou capuchon dont ils couvraient leur tête. Capucins. Moines franciscains. L'ordre est fondé au XVIe siècle par Matteo da Bascio qui souhaite restaurer la règle de saint François dans ses valeurs originelles : austérité, pauvreté et ardeur apostolique.

1517         Thèses de l'allemand Martin Luther contre certaines pratiques de l'Église (critique des indulgences). Présentation sur les portes de l'église du château de Wittenberg des 95 thèses de Luther, à l'origine du Protestantisme. Aboutissement de son cheminement spirituel, elles lancent le mouvement de la réforme qui s'attaque au pouvoir pontifical. Les thèses suscitent l'enthousiasme chez les chrétiens allemands, mais la hiérarchie catholique réagit vivement. Sommé de se rétracter (mission de Cajetan), Luther refuse. D'un point de vue religieux, cet évènement à l'origine de la Réforme marque le passage à l'Époque moderne.

1517         La Réforme et les guerres de religion. Martin Luther et Jean Calvin créent la Réforme au début du XVIe. En quelques années, l'Europe du Nord devient protestante, tandis que l'Europe du Sud reste catholique. Des guerres de religions meurtrières diviseront la France (Saint-Barthélemy), puis l'Europe. Entre 1562 et 1598, les guerres de Religion ensanglantèrent la plupart des provinces du royaume français; elles constituent l'un des épisodes les plus tragiques de l'histoire de France.

1518         22 mars 1518 Enregistrement du Concordat. Les négociations pour l'élaboration de ce Concordat qui donne au roi François Ier le droit de nommer les évêques ont duré des mois. Le Parlement met plus d'un an à l'accepter. En ce 22 mars, enfin, un lit de justice l'enregistre avec la mention : “De l'ordre exprès et réitéré du roi”. De ce conflit entre le Parlement et le roi, l'autorité et le prestige royal sortent grandis. Le lit de justice, en France, sous l'Ancien Régime, le lit de justice est une séance particulière du Parlement, en présence du roi. Lit de justice. On nomme ainsi la présence exceptionnelle et solennelle du roi au parlement, où il se déplace pour enregistrer lui-même un édit ou une ordonnance que les députés réprouvent. Ainsi, c'est par un lit de justice que Henri IV fait adopter l'édit de Nantes. La plupart du temps, le roi utilise ce moyen pour faire proclamer sa majorité ou limiter les pouvoirs du parlement.

1518         à 1594 - naissance et mort de Le Tintoret. C'est grâce à une absence de Titien, en 1548, que Tintoret réussit à pénétrer dans la chasse gardée des peintres de la Sérénissime. Tintoret fut un grand créateur d'images, il sut inventer des effets visuels et donner au geste du peintre une ampleur et une rapidité complètement nouvelles. Sur des toiles gigantesques, qui seront les premières à décorer les murs d'une église, la spiritualité incandescente de Tintoret se déploie jusqu'au vertige.

1519         L'explorateur Hernan Cortés rapporte en Espagne le chocolat mexicain. Hernan Cortés est originaire de Medellin en Espagne. Fils d'un capitaine d'infanterie de famille noble, le gouverneur de Cuba lui confia la mission d'explorer l'Amérique centrale. C'est avec une flotte de 11 navires, d'une centaine d'hommes d'équipage et de 500 soldats qu'il appareilla le 18 février 1519. Il fonda sur la côte du golfe du Mexique la Villa Rica de la Vera Cruz, l'actuelle Veracruz qui est donc le 1er port colonial du Mexique. Beaucoup des hommes qui accompagnaient Cortés voulu reprendre la mer après avoir reçu de riches présents des envoyés du chef aztèque, Moctezuma II. Mais Cortés fit brûler 10 de ses 11 navires et engagea ses troupes vers l'intérieur du pays. Il entra dans Tenochtitlan le 13 novembre 1519 où il obtint la soumission de Moctezuma II. Ce dernier voyait en effet en lui le dieu Quetzalcoatl réincarné. En mai 1520, Cortés quitta la capitale pour affronter et vaincre les troupes du gouverneur de Cuba, lancées en raison de la désobéissance de Cortés. A son retour, il vit que la population s'était soulevée contre lui après avoir massacrée les Espagnols restés sur place. Il dut attendre le 13 août 1521 pour reconquérir la cité et la détruire complètement. En 1522, Cortés fut nommé gouverneur et capitaine général de la Nouvelle-Espagne par l'empereur Charles Quint. Ses troupes parvinrent ensuite à soumettre la presque totalité des États indiens. De 1528 à 1532, Cortés séjourna en Espagne où il perd son poste de gouverneur mais obtient le titre de Marqués del Valle de Oaxaca à son retour au Mexique. Il entreprit alors encore quelques expéditions qui le menèrent entre autres en Honduras et sur la presqu'île de Californie. Il mourut en Espagne près de Séville après avoir pris part à la campagne d'Alger.

1519         11 janvier Mort de Maximilien Ier du Saint Empire.

1519         31 mars Naissance de Henri II à Saint-Germain-en-Laye. Henri II de France, (Saint-Germain-en-Laye, 31 mars 1519 - 10 juillet 1559), deuxième fils de François Ier et de Claude de France fut reconnu duc de Bretagne en 1536 (sans couronnement), puis couronné roi de France en 1547 à Reims.

1519         2 mai Léonard De Vinci, qui incarne le génie universel, s'éteint. Décès de Léonard De Vinci au manoir du Clos-Lucé, à l'âge de 67 ans.

1519         28 juin à la mort de son grand-père Maximilien Ier du Saint Empire, Charles Quint hérita des territoires des Habsbourg en Autriche, Charles Quint est élu empereur du Saint Empire romain germanique au détriment de François Ier. Le 28 juin 1519, Charles Quint est élu à la tête du Saint Empire romain de la nation germanique par la Diète germanique. Il succède dans cette fonction à son grand-père Maximilien Ier du Saint Empire. Le destin extraordinaire de Charles Quint tient à une succession étonnante de successions et de mariages. C'est le résultat d'une habile politique matrimoniale conduite au siècle précédent par son grand-père, l'archiduc d'Autriche Maximilien Ier du Saint Empire, par ailleurs titulaire du Saint Empire Romain Germanique (ou empire d'Allemagne). La mort de son grand-père paternel Maximilien Ier du Saint Empire lui apporte les domaines héréditaires des Habsbourg et le met en situation de concourir pour le titre électif d'empereur, devenu vacant. Les immenses héritages de Charles Quint relèvent de deux règles de succession : celle de son père, d'inspiration germanique, et celle de sa mère, d'inspiration latine. Son père Philippe le Beau appartient à la dynastie des Habsbourg. Il est le fils de Maximilien Ier du Saint Empire et de Marie de Bourgogne, fille unique du duc Charles le Téméraire. Il a hérité de son père les États autrichiens des Habsbourg (capitale : Vienne) et de sa mère la Franche-Comté et les Pays-Bas. Selon la tradition d'héritage collectif en vigueur dans le Saint Empire romain germanique, l'héritage des Habsbourg doit être géré en commun par Charles Quint et son frère cadet Ferdinand (celui-ci en héritera après l'abdication de son frère). - Les parents de Jeanne la Folle, mère de Charles Quint, ne sont autres que les Rois Catholiques d'Espagne, Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille. Ils déposent dans la corbeille de naissance de Charles les Espagnes (Castille et Aragon) et le royaume des Deux-Siciles. Grâce aux Grandes découvertes, ils lui assurent aussi la promesse d'"un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais", du Mexique aux Philippines en passant par le Pérou. Selon la règle de primogéniture en vigueur à l'ouest, Charles Quint pourra transmettre l'héritage des "Reyes catolicos" à son fils Philippe, futur Philippe II d'Espagne. L'élection du successeur de Maximilien Ier du Saint Empire oppose au petit-fils de celui-ci le roi d'Angleterre Henri VIII d'Angleterre, le duc de Saxe Frédéric et surtout le roi de France François Ier (25 ans), qui se pique au jeu bien qu'il n'eût aucun motif politique de conquérir le titre essentiellement symbolique d'empereur d'Allemagne. Charles l'emporte essentiellement grâce à l'or des Fugger, marchands d'Augsbourg, qui lui permet d'acheter les votes des Grands Électeurs. Il prend ainsi le nom de Charles V ou Charles Quint. S'étant fait couronner empereur à Aix-la-Chapelle, l'heureux élu cultive le rêve illusoire de restaurer l'empire de Charlemagne. Hélas, il sera loin du compte et les conséquences de son duel avec François Ier s'avèreront désastreuses à moyen comme à long terme pour les Français, les Autrichiens et les Allemands. Occupés à se combattre sur le champ de bataille, les deux rivaux vont laisser se développer le schisme protestant, d'où une rupture de l'unité religieuse de l'Occident. La rivalité entre la France et la maison des Habsbourg ne va pas pour autant s'éteindre avec Charles et François. Elle va durer très exactement quatre siècles, jusqu'aux traités de Versailles et de Saint-Germain-en-Laye, par lesquels les Français détruiront à jamais l'héritage des Habsbourg.

1519         à 1522 - Magellan fait le premier tour du monde. Ferdinand de Magellan était un navigateur portugais d'une famille de petite noblesse. Il combattit en Inde, sous Albuquerque, de 1505 à 1512, puis fut envoyé au Maroc mais il vit ses services mal récompensés et alla se mettre à la disposition de Charles Quint (1517). Comme l'arbitrage pontifical avait attribué à l'Espagne tous les territoires situés à l'est, Magellan proposa à Charles Quint de démontrer qu'on pouvait atteindre les riches îles des épices en prenant la route de l'or et ainsi ces îles pouvaient être légitimement revendiquées par l'Espagne. Charles Quint ayant approuvé ce projet, Magellan partit de Sanluar de Barmeda le 20 septembre 1519 sur le navire Trinidad avec quatre autres vaisseaux afin de chercher, à l'extrémité méridionale de l'Amérique une entrée dans l'océan pacifique. Après avoir longé la côte orientale de l'Amérique du Sud, il découvrit, le 21 octobre, le détroit qui porte son nom. Il mit un peu plus de trois mois et demi à le traverser, fit escale à Guam et le 16 mars 1521, il découvrit les Philippines. Le mois suivant, il devait trouver la mort dans un combat avec les indigènes. Deux de ses navires atteignirent les Moluques. Un seul, le Victoria, sous le commandement de Sébastien Elcano, réussit après avoir fait le tour de l'Afrique, à rentrer en Espagne, le 6 septembre 1522. Ce fut le premier voyage maritime autour du monde. L'expédition de Magellan eut des conséquences scientifiques très importantes. Elle démontra que la terre était ronde et que l'Amérique était un continent distinct de l'Asie. Le récit complet de l'expédition dont Magellan fut l'initiateur devait être rédigé par l'italien Antonio Pigafetta qui revint en Europe avec Elcano.

1519         Dispute de Leipzig (Luther rompt avec Rome)

1519         Début des travaux de Chambord (1519-1537). Le château de Chambord est le plus vaste des châteaux de la Loire. Construit entre 1519 et 1547 sur une courbe du Cosson, petit affluent de la Loire. Le nom de l'architecte nous est inconnu, mais des analyses montrent l'influence de Léonard de Vinci, qui travaillait alors comme architecte de la cour de François Ier, mais qui décéda quelques mois avant le début du chantier, ainsi que celle de Domenico da Cortona. En 1516, François Ier, revient d'Italie avec Léonard de Vinci et le désir de réaliser un grand édifice dans le style de la Renaissance italienne. En 1519, le site de Chambord est choisi pour ouvrir le chantier d'une résidence de chasse sur l'emplacement d'un ancien château fort.

1520         2 mai Création à la Sorbonne d'une commission chargée d'examiner les thèses de Luther.

1520         7-24 juin Entrevue du Camp du Drap d'Or. Henri VIII d'Angleterre reste neutre Face à Charles Quint. Dans le but de contracter alliance avec Henri VIII d'Angleterre, François Ier l'invite à une entrevue près de Gaines, et le reçoit dans un camp magnifique, qui fut appelé Camp du Drap d'or à cause de la magnificence qu'y déployèrent les seigneurs français. Ce déploiement de luxe froisse Henri VIII qui s'en retourne sans avoir conclu l'alliance désirée; mais peu après, il accorde à Charles Quint ce que n'a pas pu obtenir François Ier. Le camp du Drap d'Or est un campement établi dans une vaste plaine des Flandres par François Ier, entre Ardres et Guines. Il accueille une entrevue célèbre entre François Ier de France, et Henri VIII d'Angleterre (1520) ; il était situé en Flandre, entre les châteaux d'Ardres et de Guines, dont le 1er appartenait à la France, et le 2ème à l'Angleterre. Son nom lui fut donné à cause du faste que les deux cours rivales y déployèrent à l'envi. François Ier, dont le but était de gagner le roi d'Angleterre et de déjouer les intrigues de Charles Quint, obtint par un traité la confirmation du mariage du Dauphin de France avec Marie d'Angleterre ; mais le cardinal Thomas Wolsey, ministre du roi d'Angleterre, acheté par Charles Quint, prévint les effets de cette entrevue. L'entrevue fut un échec pour François Ier, qui ne parvient pas à l'alliance souhaitée. La démonstration de puissance de François Ier y est sans doute pour quelque chose.

1520         14 juillet Traité entre Charles Quint et Henri VIII d'Angleterre.

1520         Luther rompt avec le pape: La Réforme - Condamnation de Luther par Léon X puis par la Faculté de Théologie de Paris (1521)

1520         Joachim Patinir peint 'la vierge et l'enfant endormi dans un paysage’

1520         à 1530 - Premiers ouvrages qui traitent de l'orthographe: coïncide avec la parution des premiers textes imprimés français: G. Tory, correcteur et premier imprimeur royal, est aussi le premier réformateur de l'orthographe.

1520         mort de Raphaël.

1521         sixième guerre d'Italie (1521-1526) contre Charles Quint. La sixième guerre d'Italie, parfois appelée la guerre de quatre ans, est un conflit qui opposa la France de François Ier et son alliée la république de Venise à une coalition rassemblant l'empereur Charles Quint, Henri VIII d'Angleterre et les États pontificaux. Cette guerre, qui s'inscrit dans le contexte plus large des grandes guerres d'Italie du début du XVIe siècle, résulte des tensions suscitées par l'accession de Charles au trône impérial, mais aussi du besoin du pape Léon X de s'allier avec l'empereur pour contrer la montée en puissance du luthéranisme.

1521         3 janvier Excommunication de Luther par le pape Léon X.

1521         mars Début des hostilités entre François Ier et Charles Quint. - François Ier avait posé sa candidature à l'empire d'Allemagne, mais les électeurs lui avaient préféré Charles Quint. Autant par dépit de cet échec que pour ruiner la puissance impériale en Italie, François Ier arme contre son puissant voisin. Mais les Impériaux (troupes de toute origine au service de l'Empereur) envahissent la Champagne. Bayard les arrête par sa belle défense de Mézières. La lutte s'établit aussi sur la frontière du Nord et les Pyrénées. Les Français commandés par Lautrec ont envahi l'Italie ; Lautrec se fait battre à La Bicoque en 1522. En 1523, le connétable français duc de Bourbon (Charles III de Bourbon), pour assouvir sa rancune contre Louise de Savoie, mère de François Ier et en ce moment régente du royaume, passe au service de Charles Quint et s'entend avec lui pour démembrer la France. Mais il faut d'abord la conquérir. Les Impériaux et autres troupes de Charles Quint envahissent la Guyenne, la Franche-Comté, la Champagne, mais sont repoussés partout. En Italie, le commandement de Lautrec a été donné à un protégé de la régente, Bonnivet, aussi incapable que lui ; en effet, il est battu à Biagrasso en 1524 et obligé de battre en retraite, pendant laquelle il subit deux nouvelles défaites, à la Sesia et à Romagnano. Blessé, il donne le commandement à Bayard, qui assure la retraite mais est lui-même atteint mortellement. Les Impériaux, menés par le connétable de Bourbon, poussant vivement devant eux les restes de l'armée française, envahissent la Provence et viennent assiéger Marseille. Le siège dure depuis quarante jours lorsque François Ier, arrivant à la tête de troupes fraîches, force les assiégeants à se retirer; il les poursuit jusqu'en Italie, s'empare de Milan, et met le siège devant Pavie, mais il commet l'imprudence de se séparer d'une partie de son armée qu'il envoie faire la conquête du royaume de Naples. Sur ces entrefaites, les Impériaux reçoivent des renforts et l'attaquent vigoureusement : c'est la bataille de Pavie (fév. 1525) que François Ier perd par son excès de témérité, et où, ayant eu son cheval tué sous lui, il est fait prisonnier. C'est un désastre pour les Français qui perdent là un grand nombre d'hommes et leurs meilleurs capitaines. François Ier est emmené à Madrid où, pendant une année de captivité, Charles Quint essaie vainement à plusieurs reprises de lui imposer un traité dont le résultat serait le démembrement de la France. Il ne se résigne à le signer (Traité de Madrid, janvier 1526) que ne voyant aucun autre moyen de rentrer en France, mais avec l'intention de ne pas l'exécuter. Ce traité portait renonciation de François Ier à toute prétention sur l'Italie, la Flandre, l'Artois; la Bourgogne était rendue à la maison de Charles le Téméraire, le connétable de Bourbon était amnistié et François Ier (devenu veuf de Claude de France) devait épouser la soeur de Charles Quint.

1521         17 avril : Martin Luther, convoqué par l'empereur Charles Quint, comparaît devant la diète de Worms pour être jugé. Il refuse de rétracter sa doctrine. Laissé libre, malgré sa condamnation par l'Église, il pourra poursuivre son activité réformatrice. La diète de Worms est une assemblée générale (une diète) des États du Saint-Empire romain germanique s'étant tenu à Worms, petite ville bordée par le Rhin et située en Allemagne. Elle se déroula du 28 janvier au 25 mai 1521, sous la présidence de l'empereur Charles Quint. Bien que beaucoup de thèmes y aient été traités, la diète est surtout restée célèbre pour avoir abordé le cas de Martin Luther et les effets de la Réforme protestante.

1521         24 novembre Alliance entre Charles Quint, le pape et Henri VIII d'Angleterre.

1522         27 avril Défaite de François Ier face à Charles Quint à La Bicoque, perte du Milanais. La bataille de la Bicoque (27 avril 1522), du nom d'un lieu-dit appelé Bicocca à 5km au nord du centre de Milan, est une bataille où s'affrontèrent les armées de François Ier, parti à la reconquête du Milanais, et celles de Charles Quint. L'empereur Charles Quint en sortit vainqueur. Bataille de la Bicoque. Dans ce village de Lombardie, les Français commandés par Lautrec sont battus le 27 avril 1522 par les armées impériales de Frundsberg. Cette défaite entraîne la perte définitive de Milan et de sa région. Lautrec, Odet de Foix (1485-1528), vicomte de Lautrec, maréchal de France en 1511.

1522         29 mai L'Angleterre déclare la guerre à la France.

1522         novembre L'Angleterre envahit la Picardie.

1522         Guillaume Briçonnet rassemble les meilleurs prédicateurs à Meaux (Lefèvre d'Étaples, Guillaume Farel, etc.). C'est autour de Guillaume Briçonnet (1470-1534), évêque de Meaux, que se réunit un cercle composé de Guillaume Farel, François Vatable, Roussel, Mazurier, Caroli et Lefèvre d'Étaples. Le cénacle, qui vise une réforme évangélique et la traduction du Nouveau Testament, exercera une grande influence sur les humanistes et les écrivains de cette génération (Marot, Rabelais). D'autant que la même année, Guillaume Briçonnet devient le directeur spirituel de Marguerite de Navarre, avec laquelle il entretiendra une importante correspondance. Foi et charité domine cet évangélisme, qui inquiète les autorités ecclésiastiques. Car la Sorbonne et les théologiens constituent un milieu réactif à ce programme. Attachés à la scolastique, veillant à l'orthodoxie des textes sacrés, ils useront de leur pouvoir de censure dès la diffusion des idées luthériennes, et mettent fin au cercle de Meaux en 1525.

1522         Érasme écrit 'Colloques' (Bâle)

1522         à 1560 - naissance et mort de Joachim Du Bellay. Poète français. Joachim du Bellay appartenait à une illustre famille angevine. Il étudia à Poitiers où il fit la connaissance des milieux humanistes et rencontra Ronsard en 1547, ce qui décida de sa vocation poétique. En 1549, il fit paraître 'Défense et illustration de la langue française' qui prenait le parti du mouvement de la Pléiade regroupé autour de Ronsard. En avril 1553, du Bellay qui était d'une santé fragile, partit pour Rome afin de devenir le secrétaire de son oncle, le cardinal Jean Du Bellay. Ce séjour qui dura quatre ans fut un choix malheureux. Le poète s'ennuya et souffrit de l'éloignement de son pays et des membres de la Pléiade, de même qu'il ne s'accommoda pas de son emploi ni des moeurs de la cour pontificale. Il écrivit pour en témoigner 'Les regrets', beau recueil mélancolique. Il mourut à Paris à 37 ans, et fut enseveli à l'église Notre-Dame.

1523         6 juin Gustave Ier Vasa roi d'une Suède indépendante. A la tête de la rébellion contre les Danois, Gustav Vasa est élu roi d'une Suède qui a retrouvée son entière souveraineté. Depuis l'Union de Kalmar, en 1397, la Suède dépendait de la couronne du Danemark mais les Suédois n'était guère enclins à admettre cette domination. Le paroxysme de la crise fut atteint en 1520 quand le Danemark envahit la Suède. C'est alors à la tête d'une armée de paysans que Gustav Vasa repousse en 1523 les ennemis. La date du 6 juin reste inscrit dans les esprits puisque la première constitution libérale du pays fut proclamée le 6 juin 1806. C'est pourquoi cette date est depuis 1983 le jour de la fête nationale. Gustave Ier Vasa ou Gustav Vasa (né le 12 mai 1496 et mort le 29 septembre 1560) fut roi de Suède de 1523 jusqu'à sa mort.

1523         9 octobre Charles III de Bourbon, connétable de France passe au service de Charles Quint. Charles III de Bourbon, né le 17 février 1490, mort à Rome en 1527, fut comte de Montpensier, de Clermont et dauphin d'Auvergne de 1501 à 1523, puis duc de Bourbon, d'Auvergne, comte de Forez, de la Marche et sire de Beaujeu de 1505 à 1521. Il fut également connétable de France de 1515 à 1521. On le nomme également le connétable de Bourbon. En 1521, sa femme mourut et Louise de Savoie, mère de François Ier, revendiqua les fiefs des Bourbons, en tant que petite-fille du duc Charles Ier de Bourbon. Le procès qui s'ensuivit lui donna raison. Les affronts envers le connétable se multipliaient également. Le connétable engagea des négociation avec Charles Quint, mais le complot échoua et le connétable dut s'enfuir (1523). Ses biens furent confisqués et rattachés au domaine royal. Nommé lieutenant général de l'Empereur en Italie, il combattit les Français, remporta la bataille de Sésia où fut tué Bayard. Il envahit ensuite la Provence et assiégea Marseille, mais une armée de secours l'obligea à lever le siège. Il battit et fit prisonnier François Ier à Pavie en 1525. Abandonné par l'empereur, qui ne voulait pas satisfaire ses ambitions, il résolut de se créer une principauté en Italie, mit le siège devant Rome qu'il prit et fit piller, mais il mourut pendant l'assaut.

1523         Annexion du Bourbonnais et de la majeure partie de l'Auvergne.

1523         Réforme de Zwingli à Zurich. Le canton de Zurich est le premier État à se séparer de l'Église de Rome. À la demande du Conseil de ville, le prédicateur Ulrich Zwingli soutient 67 thèses en présence de plusieurs centaines de personnes et du vicaire général de Constance (29 janvier). Le Conseil de ville approuve ses idées (refus de la doctrine de la transsubstantiation et caractère strictement symbolique du pain et du vin dans la Cène) et décide la suppression des images dans les lieux de culte puis la sécularisation des biens du clergé. Ulrich Zwingli (1484-1531) est un réformateur religieux suisse. En étudiant la Bible, indépendamment de Martin Luther, il arrive à des conclusions analogues.

1523         Lefèvre d'Étaples, suivant l'exemple de Luther, publie une traduction du 'Nouvreau Testament' en français (avec introduction insistant sur importance de développer l'enseignement religieux en langue vulgaire). Il sera suivi dans cette voie par Guillaume Farel.

1524         Mort de Claude de France. Première femme de François Ier.

1524         30 avril Mort de Pierre Thérail, Seigneur de Bayard près de La Sésia.

1524         Guerre des Paysans (Révolte des rustauds) en Allemagne (1524-1525) est une jacquerie qui enflamma le Saint Empire romain germanique entre 1524 et 1526. On estime généralement qu'environ 300 000 paysans se révoltèrent, et que 100 000 furent tués. Cette révolte a eu des causes religieuses, liées à la réforme protestante, et sociales. La révolte, touche l'Alsace a la mi-avril 1525. Rapidement les insurgés contrôlent une grande partie du territoire alsacien. La révolte s'étend ensuite en Lorraine. Des la fin avril le duc Antoine de Lorraine met en place une expédition militaire pour mater l'insurrection. Le 16 et 17 mai, les troupes du duc tuent environ 20 000 personnes à Lupstein, Saverne et Neuwiller. Le 20 mai, la bataille de Scherwiller fait plus 4 000 morts parmi les paysans. Le 24 mai, les troupes du Duc sont de retour à Nancy ou il est accueilli triomphalement. La repression se poursuit dans le sud de l'Alsace. A la fin de l'année 1525, la révolte est matée en Allemagne, puis en 1526 en Autriche.

1524         à 1585 - naissance et mort de Pierre de Ronsard. Poète français. Il se tourne vers une carrière ecclésiastique pour s'assurer un revenu constant. Cela lui permet de se consacrer à la poésie. En 1544, il fonde avec d'autres amis poètes le groupe de la Pléiade afin de définir de nouvelles règles poétiques. Celles-ci sont énoncées dans le manifeste 'Défense et illustration de la langue française' rédigé par Joachim Du Bellay. Se conformant à ces nouveaux principes, Ronsard, grand humaniste, compose des oeuvres inspirées des formes antiques telles que les 'Odes' (5 volumes, publiés en 1550 et 1552) et les élégies dans les recueils dédiés aux femmes ('Les Amours de Cassandre', les 'Sonnets pour Hélène'). En même temps, il participe activement à la vie de cour sous Charles IX, à l'activité des premiers salons et à l'académie de poésie et de musique avec Baïf. Il partage sa vie entre Paris et la Touraine où il décède en 1585.

1525         24 février Défaite de Pavie, François Ier est fait prisonnier. Les troupes de François Ier, qui tente de reconquérir l'italie, sont sévèrement défaites par les Impériaux. Le roi de France, François Ier, est fait prisonnier à Pavie par l'empereur Charles Quint (V), et est embarqué pour l'Espagne à Villefranche près de Nice. Durant sa détention, la régence du royaume est confiée à sa mère, Louise de Savoie. Le siège de Pavie verra la mort de nombreux cadres de l'armée française, dont Jacques de La Palice et aussi le duc d'Alençon (Charles IV d'Alençon). Pavie est une commune italienne située sur les rives du Tessin près de son confluent avec le Pô. La bataille de Pavie (24 février 1525) est un événement décisif de la sixième guerre d'Italie (1521-1526). Elle marque la défaite des rois de France dans leur tentative de domination du nord de l'Italie. La déroute est totale. Les Français perdent environ 10 000 hommes (certaines sources donnent même des nombres très supérieurs); une grande partie des cadres de l'armée, dont Guillaume Gouffier de Bonnivet ou Jacques de La Palice, sont tués dans la bataille. Clément Marot y est blessé au bras. François Ier est fait prisonnier grâce à l'intervention d'un chevalier italien, de la ville de Forlì, César Hercolani, qui sera nommé le "vainqueur de Pavie". Le prisonnier royal est embarqué à Villefranche près de Nice pour l'Espagne, où il sera détenu pendant un an en attente du versement d'une rançon par la France et la signature d'un traité l'engageant à abandonner la revendication de l'Artois, la Bourgogne et la Flandre et à renoncer à ses prétentions sur l'Italie.

1525         Apparition du mousquet. Un mousquet est une arme à feu portative à canon long, crosse d'épaule et âme lisse, employée du XVIe au XIXe siècle. C'est l'ancêtre de notre fusil actuel. Introduit en France après la bataille de Pavie (1525), le mousquet était jusqu'en 1650 appuyé sur une fourche pour le tir. Les fantassins armés d'un mousquet étaient nommés mousquetaires.

1525         à 1569 - naissance et mort de Pieter Bruegel l'ancien. Peintre flamand, est le peintre le plus authentique représentant de l'humanisme de la Renaissance Nordique sous son aspect érudit et sous son aspect social. De tous les artistes du XVIe siècle il a le mieux senti et utilisé les fécondes innovations italiennes et les leçons de l'antiquité. Alors que les peintres du XVIe siècle analysent les articulations, la musculature d'un corps, les nuances d'un mouvement, Bruegel, s'attache à la forme globale, à la ligne qui brièvement exprime une masse, suggère du mouvement la force dominante.

1525         à 1590 - Le Maniérisme. Mouvement né en Italie qui s'inspire de la "Manière" des artistes de la Renaissance et se caractérise par un grand raffinement des formes et de la composition. D'abord symbole d'une rupture brutale avec les objectifs de la Renaissance, elle désignait une décadence et une dégénérescence en contradiction avec les idéaux d'harmonie des générations antérieures. De nos jours, le maniérisme apparaît davantage comme une continuation et une poursuite des recherches mises en oeuvre à l'époque de la Renaissance. Le maniérisme, aussi nommé Renaissance tardive, est un mouvement artistique de la période de la Renaissance allant de 1520 (mort du peintre Raphaël) à 1580. Il constitue une réaction face aux conventions artistiques de la Haute Renaissance, réaction amorcée par le sac de Rome de 1527 qui ébranla l'idéal humaniste de la Renaissance. Contrairement aux précédents mouvements artistiques, la diffusion s'amorçant, il n'est plus circonscrit à l'Italie. Le terme maniérisme vient de l'italien maniera, style dans le sens de la touche caractéristique d'un peintre, c'est-à-dire de sa manière de peindre, et non pas de l'adjectif maniéré. Il fait partie des rares dénominations de courant artistique qui ait été forgé et employé par ses contemporains. En réaction à la perfection atteinte durant la Haute Renaissance dans la représentation du corps humain et dans la maîtrise de l'art de la perspective, certains artistes, autour de Jules Romain et des élèves d'Andrea del Sarto, ont cherché à rompre délibérément avec l'exactitude des proportions, l'harmonie des couleurs ou la réalité de l'espace, de manière à atteindre un nouvel effet émotionnel et artistique. Maniérisme. Considéré longtemps comme un art décadent, le maniérisme se caractérise par l'élégance raffinée des formes, le goût de l'exagération, l'exaltation de la sensibilité de l'artiste. Ce terme est employé par la critique moderne pour désigner l'école de peinture de la seconde moitié du XVIe siècle, développée principalement en Italie et France (École de Fontainebleau). Se détournant de l'esprit normatif de leurs prédécesseurs, les maniéristes créent une notion du Beau qui ne réside plus dans la vérité des formes imitées de la nature, mais dans une réinterprétation artistique personnelle. Leur sensibilité est davantage guidée par des exigences d'harmonie de rythme : éloignés des normes du réel, les personnages sont considérablement déformés ; la forme prime sur le fond, qui se réduit souvent à des éléments accessoires ; le nerf l'emporte sur le muscle comme chez leur précurseur Michel-Ange. Placé sous le signe de la subjectivité, le maniérisme reconstruit de l'intérieur, en toute liberté et au gré de la sensibilité du peintre.

1526         septième guerre d'Italie (1526-1529) contre Charles Quint. La septième guerre d'Italie (1526-1530), également appelée guerre de la ligue de Cognac, vit s'affronter les territoires sous domination habsbourgeoise - en particulier l'Espagne et le Saint-Empire romain germanique - et les États coalisés de la ligue de Cognac, une alliance comprenant la France, le pape Clément VII, la République de Venise, l'Angleterre, le duché de Milan et Florence. Elle s'inscrit dans le contexte plus vaste des grandes guerres d'Italie du début du XVIe siècle. Le conflit, tout comme la sixième guerre d'Italie, se solda par la victoire du vaste empire de Charles Quint.

1526         13 janvier Traité de Madrid prévoyant la libération de François Ier au prix de fortes concessions territoriales. Le traité de Madrid est un traité signé en 1526 le 13 janvier, par le roi François Ier alors qu'il est prisonnier de l'empereur Charles Quint suite à la défaite de la bataille de Pavie. Selon ce traité, François Ier devait ceder le Duché de Bourgogne et le Charolais, renoncer à toutes revendications sur Naples, le Milanais, Gènes, Asti, les Flandres et l'Artois, et épouser Éléonore de Habsbourg, soeur de Charles Quint. Mais, tombé malade pendant son emprisonement, et ayant peur de sa faiblesse, il demande le 16 août 1525 à Gilbert Bayard, notaire et secretaire du Roi de France, de rediger un texte selon lequel toutes les concessions faites en vue de retrouver sa liberté seraient considérées comme nulles. Ainsi, à son retour en France après sa liberation (le 17 Mars 1926), François rejette le traité.

1526         17 mars Libération de François Ier en échange de ses deux fils. Fait prisonnier à Pavie où tout fut perdu fors l'honneur le 24 février 1525, transféré à Madrid où il est tombé malade, François Ier est enfin libéré par Charles Quint auquel il promet la signature d'un traité et donne en gage ses deux fils dont le Dauphin.

1526         Fondation de l'Empire moghol en Inde: influence persane. L'Empire moghol est fondé par Bâbur, un descendant de Tamerlan, en 1526, lorsqu'il défait Ibrahim Lodi, le dernier sultan de Delhi à la bataille de Pânipat. Le qualificatif de Moghol semble avoir été donné à l'empire au cours du XIXe siècle et dérive de mongol, une autre partie de l'héritage de Bâbur.

1526         à 1594 - naissance et mort de Giovanni Pierluigi da Palestrina. Compositeur italien, l'un des plus grands compositeurs de la Renaissance.

1526         Pontormo peint 'Déposition de croix'. Pontormo, Jacopo Carrucci, connu sous le nom de Jacopo da Pontormo, ou plus simplement il Pontormo, était un peintre florentin et un des représentants les plus importants du mouvement maniériste dans la peinture du XVIe siècle.

1527         à 1529 - Deuxième guerre avec Charles Quint. - Le traité de Madrid constitue un danger non seulement pour la France, mais pour l'Europe. D'ailleurs, deux grandes assemblées : Assemblée de Cognac et États de Bourgogne en délient le roi, en proclamant qu'il n'était pas maître d'aliéner aucune province du royaume. Henri VIII d'Angleterre rompt son alliance avec Charles Quint pour se ranger à côté de François Ier, et les républiques italiennes, menacées dans leur indépendance par la puissance de l'Empereur, font cause commune avec eux. La guerre recommence. Charles Quint jette en Italie des bandes de lansquenets allemands contre lesquelles les Italiens, mal organisés, ne peuvent se défendre. L'Italie est ravagée par ces pillards que commande l'ex-connétable de Bourbon. Ils mettent à sac la ville de Milan, et marchent sur Rome, qu'ils prennent d'assaut le 6 mai 1527. Le duc de Bourbon est tué en montant à l'assaut; mais sa mort n'arrête pas les Allemands, et la ville, livrée pendant huit jours au pillage, est complètement vidée des richesses artistiques et mobilières qu'elle renfermait. En apprenant ces événements, François Ier envoie en hâte en Italie une armée commandée par Lautrec. Les Allemands se retirent devant elle jusqu'à Naples où ils s'enferment, tandis que les Français occupent le royaume. Lautrec assiège la ville et la fait bloquer par mer par l'amiral génois André Doria. Mais ce dernier, prenant acte de quelques vexations subies du fait de la cour de France par la république de Gênes, se retire avec sa flotte. D'ailleurs la peste se met dans les rangs des Français, Lautrec meurt. Le siège de Naples est levé et les troupes de François Ier regagnent la haute Italie (1528). L'année suivante, une autre armée française est battue et détruite en Lombardie (à Landriano). L'Italie, cette fois, est définitivement perdue pour la France. François Ier est contraint de conclure la paix de Cambrai (dite Paix des Dames), parce qu'elle fut négociée par la mère du roi de France (Louise de Savoie) et la tante de Charles Quint (Marguerite d'Autriche). François Ier devra payer à Charles Quint deux millions d'écus d'or, et épouser Éléonore de Portugal (soeur de Charles Quint, mariage qui a lieu en 1530). Il conserve la Bourgogne et Charles lui rend ses fils (qu'il avait dû faire venir en Espagne comme otages, lors de la signature du traité de Madrid). L'Italie tout entière reste sous la domination de Charles Quint, lequel se fait couronner en 1531 à Bologne, empereur d'Allemagne et roi d'Italie. Entre temps, François Ier a fait alliance avec le sultan des Turcs, Soliman le Magnifique et s'est ménagé le bon vouloir des protestants de Suisse et d'Allemagne. Les lansquenets étaient des mercenaires suisses opérant du XVe siècle au XVIIe siècle. Soliman le Magnifique est né le 27 avril 1495 à Trébizonde (Trabzon) et mort le 7 septembre 1566 à Zigetvar. Il est le neuvième sultan de la dynastie ottomane. Seul fils survivant de Selim Ier Yavuz, Soliman, monta sur le trône en 1520. Avec l'aide de son grand vizir il imposa les réformes qui lui valurent son surnom turc de "Législateur" (Kanûnî). Sous son règne l'Empire ottoman devint une grande puissance mondiale, mais il continua à s'étendre pendant encore un siècle avant de commencer une longue phase de déclin. L'Empire ottoman. L'Empire ottoman s'étend de la Méditerranée aux rives de la mer Noire. Sa civilisation, expression d'un équilibre subtil entre différentes religions et cultures, est alors l'une des plus importantes au monde. Cependant, après le règne de Soliman le Magnifique, l'Empire, en butte à des difficultés intérieures, s'affaiblit et pose à la diplomatie européenne la "question d'Orient".

1527         6 juin Capitulation du pape face à Charles Quint.

1527         24 juillet Les attributions du Parlement sont réduites aux seules affaires de justice.

1527         10 décembre Le Parlement annule la clause du traité de Madrid prévoyant la cession de la Bourgogne.

1527         à 1593 - naissance et mort de Giuseppe Arcimboldo, peintre maniériste italien, mondialement connu pour ses portraits allégoriques composés de végétaux ou de minéraux. Cet aristocrate milanais (formé par son père) commença comme dessinateur de cartons, de tapisseries et de vitraux (notamment ceux de le cathédrale de Milan) avant de mettre ses talents au service des princes de Habsbourg, à la cour de Vienne, entre 1565 et 1587. Il se spécialisa dans les caprices picturaux. En effet, il fut l'inventeur d'un type de portrait bien précis : les "têtes composées". Ce nouveau genre de peinture fantastique fut élaboré à partir d'assemblages d'animaux, de fleurs, de fruits ou d'objets, étudiés avec soin afin de suggérer des formes humaines en rapport avec des sujets précis ou des types de caractères. Parfois satiriques, toujours très décoratifs, ses tableaux à la fois ludiques et étranges, furent considérés comme de véritables curiosités. Les surréalistes redécouvrirent d'une part le jeu de mots visuels et d'autre part Arcimboldo.

1527         Condamnation de l'usage de la langue vulgaire par la Sorbonne. L'Église catholique a condamné l'usage de la langue vulgaire par la Sorbonne, et s'est obstinée dans son latin ; la lecture de la Bible en français a été interdite.

1528         22 janvier François Ier déclare la guerre à Charles Quint. Une fois encore François Ier déclare la guerre à son éternel rival, l'empereur Charles Quint. Cette guerre prendra fin en 1529 avec la Paix des Dames.

1528         à 1588 - naissance et mort de Véronèse. Peintre classique, l'un des plus grands avec Le Titien et Le Tintoret. Il s'installe dans la lagune en 1557. Il reçoit sa première grande commande du Conseil des 10, pour décorer le palais des doges. Il peint par la suite de nombreuses toiles pour des congrégations bénédictines dont plusieurs ont pour thème le banquet biblique. En 1573, l'Inquisition le condamne pour les licences qu'il prend dans le traitement des scènes religieuses (notamment le 'Repas chez Levi'). Cependant cette condamnation ne concerne pas 'Les noces de Cana'. 'Les noces de Cana' sont peintes pour le réfectoire des bénédictins de Saint Giorgio (en face du palais des doges) en 1563, alors que Véronèse à 35 ans. Le couvent est un haut lieu intellectuel disposant de gros moyens financiers. Le tableau est commandé dans le cadre d'une reconstruction de le couvent. Dans le réfectoire, il surplombait la chaire d'où l'abbé faisait la lecture pendant le repas, ce qui obligeait les regard à converger vers lui. Il est peint sur toiles car les fresques se conservait très mal à Venise en raison du haut degré de salinité. La représentation d'un banquet semble tout à fait logique dans le cadre d'un réfectoire.

1528         mort de Giorgione.

1528         mort d'Albrecht Dürer.

1529         3 août : Paix de Cambrai ou paix des Dames, négociée par Louise de Savoie et Marguerite d'Autriche. François Ier doit épouser Éléonore de Habsbourg (juillet 1530), céder le Tournésis et le bailliage de Hesdin, abandonner sa suzeraineté sur la Flandre et l'Artois et renoncer à ses droits sur l'Italie tandis que Charles Quint rend les enfants de France retenus en otage contre rançon, renonce à la Bourgogne, aux comtés d'Auxerre et de Mâcon, à la seigneurie de Bar-sur-Seine et aux villes de la Somme. La Paix des Dames, ou Paix de Cambrai, met fin à la deuxième guerre entre les deux souverains François Ier et Charles Quint. Elle est signée à Cambrai le 5 août 1529 en l'Hôtel Saint-Pol. François Ier renonce à ses prétentions italiennes et récupère la Bourgogne, mais il cède l'Artois et les Flandres. La Paix des Dames est signée par Louise de Savoie (mère du roi François Ier) et Marguerite d'Autriche (tante de l'empereur Charles Quint). Ce traité négotie également la libération des enfants royaux, François et Henri (futur Henri II), qui étaient emprisonnés à Madrid. Louise de Savoie, née en 1476 à Pont-d'Ain, morte en 1531 à Grez-sur-Loing, princesse de la maison ducale de Savoie. Elle était la fille duc de Savoie Philippe dit sans Terre (1438-1497) et de Marguerite de Bourbon (1438-1483). Elle épousa, en 1490, Charles de Valois (1460-1496), comte d'Angoulême, dont elle eut deux enfants : Marguerite d'Angoulême (1492-1549), x 1527 Henri II d'Albret, roi de Navarre, mère de Jeanne III d'Albret et grand-mère du roi de France Henri IV ; François Ier (1494-1547), roi de France (1515-1547). Après son veuvage, elle se consacra à leur éducation, aidée par son confesseur, Cristoforo Numai de Forlì. Elle fut titrée duchesse d'Angoulême, duchesse d'Anjou et comtesse du Maine après l'accession de son fils au trône de France en 1515. Elle fut deux fois régente de France pendant les campagnes italiennes de son fils : en 1515 puis à nouveau en 1525-1526, ce qui fut de première importance après la capture du roi lors de la bataille de Pavie. Elle organisa la continuité de l'État et une contre-offensive contre Charles Quint. Elle eut encore l'occasion de s'illustrer en négociant, au nom de son fils, avec Marguerite d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas, tante de Charles Quint, la paix des Dames, signée à Cambrai le 5 août 1529, qui ne fut toutefois qu'une accalmie dans l'affrontement (1521-1546) entre François Ier et Charles Quint. Marguerite d'Autriche, Marguerite, archiduchesse d'Autriche, (née le 10 janvier 1480 à Bruxelles, morte le 1er décembre 1530 à Malines) était duchesse de Savoie et gouvernante des Pays-Bas. Elle était le second enfant (venue au monde après un garçon, le futur Philippe le Beau) de Marie de Bourgogne (1457-1482) et de l'empereur Maximilien Ier du Saint Empire et la petite-fille du duc de Bourgogne Charles le Téméraire.

1529         Geoffroy Tory écrit 'Champ fleury'. Art et science de la proportion des lettres. Geoffroy Tory, sa vie et son oeuvre s'intègrent une Renaissance qui donne un élan incroyable aux activités culturelles et artistiques. La mise au point de l'imprimerie impliqua les imprimeurs dans ce mouvement irrésistible. Tory est un homme de culture au sens large : d'abord imprimeur ou libraire, il est aussi un penseur de la langue française et un artiste de talent. Deux voyages en Italie, des activités variées font de lui un personnage important de son époque, qui est malgré tout, assez peu connu. Il fut pourtant, en son temps, l'un des précurseurs de la grammaire et de l'orthographe de la langue française.

1529         Guillaume Budé écrit 'Commentaires sur la langue grecque’

1529         Albrecht Altdorfer peint 'La Bataille d'Alexandre'. Albrecht Altdorfer (*vers 1480 à Ratisbonne (?), † le 12 Février 1538 à Ratisbonne, Allemagne) est un peintre et graveur allemand de l'époque de la Renaissance, contemporain d'Albrecht Dürer. Il est considéré comme le plus important représentant de l'école du Danube. Altdorfer fut l'un des premiers peintres européens à placer le paysage comme thème autonome au centre de son travail. En entremêlant les plans, les figures humaines et le décor, Altdorfer donne une perspective cosmique à ses peintures. 'La Bataille d'Alexandre' (1529, Alte Pinakothek de Munich) est considérée comme l'un de ses chef-d'oeuvres. Le prétexte de la victoire d'Alexandre sur Darius illustre une vision du monde radicalement neuve. Les peintures d'Altdorfer datant de cette période, faisant écho aux découvertes de Nicolas Copernic qui lui sont contemporaines, présentent pour la première fois un monde convexe, où le centre de l'Univers n'est plus la Terre, mais le Soleil.

1530         25 juin : La Confession d'Augsbourg, rédigée par Philippe Melanchthon (qui remplace Luther) et Camerarius, est présentée à Charles Quint à la diète d'augsbourg, mais elle est rejetée par les théologiens catholiques (Confessio tetrapolitana). La confession d'Augsbourg est le texte fondateur du luthéranisme. C'est une profession de foi que les Protestants présentèrent à la diète d'Augsbourg en 1530. Martin Luther, qui l'avait préparée, était alors au ban de l'empire et ne put se trouver à la diète; Philippe Melanchthon son disciple y fut le principal représentant de la religion nouvelle. Elle fut présentée à l'empereur Charles Quint à Augsbourg le 25 juin 1530.

1530         1er juillet Libération des princes. A la suite de la défaite de Pavie (1525), François Ier fut emprisonné en Espagne. Un an plus tard, le traité de Madrid lui rendit la liberté en échange de celle de ses deux fils aînés. Le 17 mars 1526, sur la Bidassoa, eut lieu l'échange du roi contre ses deux enfants. Les débuts de la captivité furent conformes au mode d'existence d'enfants royaux, mais François Ier ayant dénoncé le traité de Madrid, qu'il considérait n'avoir accepté que sous la contrainte, Charles Quint fit renforcer les conditions de détention du dauphin et de son frère. Leurs proches français furent incarcérés et les enfants eux-mêmes se retrouvèrent en forteresse. Ils ne furent libérés qu'après les négociations de la paix des Dames (1529) et le paiement d'une rançon de deux millions d'écus d'or, soit environ quatre tonnes et demie de métal. Henri (futur Henri II) et son frère (François de France) rentrèrent en France le 1er juillet 1530, au terme de plus de quatre ans de captivité. François de France, né au château d'Amboise en 1517, mort à Lyon en 1536, dauphin de France, duc de Bretagne (François III), fils aîné de François Ier de France, et de Claude de France, duchesse de Bretagne.

1530         7 août Mariage de François Ier avec Éléonore de Habsbourg. Éléonore de Habsbourg, née à Louvain le 15 novembre 1498, morte à Talavera en février 1558 (le 13, 18 ou 25), fut une infante d'Espagne, puis reine de Portugal de 1518 à 1521, reine de France de 1530 à 1549, et duchesse de Touraine de 1547 à 1558.

1530         François Ier crée l'Institution des lecteurs royaux (deviendra le Collège de France). Collège de France. A l'initiative de Guillaume Budé, François Ier fonde en 1530 le Collège des trois langues consacré à l'enseignement du latin, du grec et de l'hébreu. Quinze ans plus tard, de nouvelles chaires sont créées en sciences, mathématiques, littérature… et l'institution prend le nom de Collège royal. Au gré des révolutions, il sera tour à tour Collège national, Collège impérial et finalement, sous la Restauration, Collège de France. Les programmes et les cours, dispensés par des personnalités éminentes en chacune des matières, sont libres. Aucun examen ni diplôme ne les sanctionne. Parmi les grands professeurs, tous nommés par le gouvernement, on trouve des figures aussi diverses que Cuvier, Ampère, Bergson, Paul Valéry ou Merleau-Ponty.

1530         Fondation, sans doute sous l'influence de Budé et malgré le refus d'Érasme, du futur Collège de France (Collège des Trois langues [latin, grec, hébreu] puis Collège Royal), indépendant de la Sorbonne, où l'enseignement pouvait se faire en français (Louis le Roy, Forcadel, Ramus). C'est le signe d'un rapprochement entre le pouvoir politique et le pouvoir intellectuel.

1530         Lucas Cranach peint 'Cupidon se plaigant à Venus’

1530         le Parmesan peint 'La conversion de Saint Paul'. Le Parmesan (Parme 1503-1540), de son vrai nom Francesco Mazzola, était un peintre et un alchimiste italien de la renaissance.

1531         27 février Ligue de Smalkalde des princes protestants contre Charles Quint. Smalkalde, ville d'Allemagne, les protestants y formèrent une ligue contre la politique catholique de Charles Quint. Malgré les succés qui permirent de dissoudre la ligue en 1547, l'empereur ne put imposer un accord durable sur les problèmes religieux.

1531         Francisco Pizarro, explorateur et conquérant espagnol, conquiert l'Empire inca. Francisco Pizarro est un conquistador espagnol, né vers 1475 ou 1478 à Trujillo, province espagnole de Caceres et mort à Lima, capitale du Pérou, en 1541. Il fut un des plus fameux conquistadors venus d'Espagne, pour le compte de laquelle il parvint à soumettre et conquérir le Pérou des Incas. Fils naturel, analphabète, du navigateur Gonzalo Pizarro, il s'engagea dans l'armée, avec son père, et fit la campagne d'Italie puis gagna l'Amérique avec Nicolas de Ovando en 1502. Nommé lieutenant de Alonso de Ojeda à San Sebastian de Uraba en 1510, il accompagnait Balboa dans l'expédition qui découvrit l'océan Pacifique en 1513.

1531         Marguerite de Navarre écrit 'Le Miroir de l'âme pécheresse'. Marguerite de Navarre, Marguerite de France, surnommée aussi Marguerite de Navarre ou encore Marguerite d'Angoulême, née Marguerite d'Orléans le 11 avril 1492 à Angoulême, morte en 1549 à Odos (Hautes-Pyrénées, France), était une princesse de la première branche d'Orléans de la dynastie capétienne. En 1509, elle épousa en premières noces le duc d'Alençon, Charles IV d'Alençon. En 1527, après son veuvage, elle se remarie à Henri II d'Albret, roi de Navarre, dont elle aura une fille, Jeanne III d'Albret, reine de Navarre et mère du roi de France Henri IV. Elle est également renommée pour le bon accueil qu'elle fit aux premières vagues de la Réforme. Un poème : 'Miroir de l'âme pêcheresse' (1531), qui sera attaqué par la Sorbonne lors de sa réédition en 1533, et nécessitera l'intervention de François Ier. Le livre est empreint des idées évangélistes qui font de la foi et de la charité les voies du salut. Il sera suivi par de nombreux autres poèmes dont les 'Chansons spirituelles' où Marguerite de Navarre utilise la structure poétique de chansons profanes en leur substituant des textes religieux.

1531         André Alciat écrit 'Emblematum'. Avec la parution de l''Emblematum liber' d'André Alciat à Augsbourg (traduit en français dès 1536), le livre d'emblèmes, tant en latin qu'en langue vulgaire, va connaître un destin européen jusqu'au siècle suivant. A l'origine, l'emblème réunit un intitulé (notion à illustrer), une image souvent allégorique et un bref commentaire. De nombreux auteurs publieront à la suite d'Alciat des livrets d'emblèmes réduisant souvent ce dispositif à deux éléments. André Alciat ou Andrea Alciato, aussi connu comme Alciati (8 mai 1492 – 1550, Pavie) est un jurisconsulte et écrivain italien, émule d'Ulrich Zasius (1461-1535) et de Guillaume Budé (1467 - 1540). Il compte parmi les humanistes influents de la renaissance.

1532         François Ier apporte son soutient à la Ligue de Smalkalde, ligue de protestants contre la politique catholique de Charles Quint. La ligue de Smalkade ou Ligue de Schmalkalden est une union militaire, contre Charles Quint, de prince protestant allemand du Nord avec principalement Philippe de Hesse et de l'électeur Jean Frédéric de Saxe en 1531. Elle demande l'aide du grand rival de l'Empereur, le roi de France François Ier. La ligue est écrasée par Charles Quint à Mühlberg le 24 avril 1547.

1532         8 décembre Rattachement de la Bretagne à la France. Le duché subit des défaites militaires face au puissant royaume de France en 1488 et 1491, qui menèrent à l'union en deux étapes. D'abord une union personnelle entre souverains (3 mariages entre souverains bretons & français) puis en 1532 l'union perpétuelle entre le duché et le royaume est sollicitée à Vannes par des États de Bretagne sous forte pression et sanctionnée par l'édit royal signé dans la foulée au Plessis-Macé. Édit du Plessis-Macé, c'est au Plessis-Macé (autrefois appelé Plessix-Macé) qu'eut lieu la signature du dernier des trois documents unissant la Bretagne et la France en 1532.

1532         François Rabelais édite "Gargantua". Le premier livre de François Rabelais paraît sous le titre entier des "Horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel". L'ouvrage porte le pseudonyme anagramme Alcofribas Nasier, ce qui ne suffira pas à éviter une condamnation de la Sorbonne. C'est ainsi que vient au monde le célèbre géant, dans un roman où se mêlent traditions populaires et langages savants. Deux ans plus tard, Rabelais publiera la "Vie inestimable du grand Gargantua", où il raconte la vie du père de Gargantua. Sous couvert d'humour, ces deux oeuvres révèlent un certain sérieux dans leur composition (langage et allusions savants). L'auteur apportera de nouvelles aventures de Pantagruel dans "Tiers livre" (1546), "Quart Livre" (1552) et le "Cinquième livre" (1564).

1532         Clément Marot introduit le sonnet italien dans la poésie française.

1533         25 janvier : Henry VIII d'Angleterre épouse Anne Boleyn. Anne Boleyn (~1507 - 19 mai 1536) est la seconde femme d'Henry VIII et certainement l'une des reines les plus connues de l'histoire d'Angleterre. Le roi s'en éprit et, sa femme Catherine d'Aragon ne lui ayant pas donné d'enfant mâle, demanda au Pape Clément VII l'annulation de son mariage. Devant le refus de celui-ci, le roi abandonna la religion catholique et se déclara chef de l'Église d'Angleterre. Ce schisme est à l'origine de l'Église anglicane. L'anglicanisme, ou Communion anglicane, est un corps ecclésial chrétien épiscopal, dont l'identité est issue au XVIe siècle, en Angleterre, lorsque le roi Henri VIII a rompu avec le pape de Rome, donc avec le catholicisme romain. L'Église anglicane se dit à la fois catholique et réformée : catholique, parce qu'elle a conservé la succession apostolique, et réformée parce qu'elle s'est renouvelée selon la réforme protestante. Des anglicans sont souvent réticents à se voir appelés "protestants".

1533         7 septembre Naissance d'Élisabeth Ière d'Angleterre. Henri VIII d'Angleterre, désireux d'avoir un héritier mâle, épousa en grande hâte Anne Boleyn. L'année suivante, le 7 septembre, Anne met au monde un enfant. À la grande déception de Henri, c'est une fille, Élisabeth. Trois ans plus tard, sa mère est victime des intrigues de Cromwell : accusée sans preuves d'adultère et d'inceste, elle est exécutée et sa fille Élisabeth déclarée illégitime. Dix ans plus tard, l'Acte de succession la placera au troisième rang, derrière son demi-frère Édouard (fils de Henri VIII et de sa troisième femme) et sa demi-soeur Marie Tudor. Vive et intelligente, élevée dans la religion protestante, Élisabeth bénéficie néanmoins d'une excellente éducation. En 1558, après la mort d'Édouard VI d'Angleterre puis de Marie Ière dite "la sanglante", Élisabeth est rétablie dans ses droits et proclamée reine d'Angleterre. Son règne dure 44 ans, jusqu'en 1602. Élisabeth Ière d'Angleterre (1533-1603) est la reine - et peut-être le monarque - la plus connue de toutes celles qui régnèrent en Angleterre. Fille du roi Henri VIII d'Angleterre par son mariage avec Anne Boleyn, Élisabeth était la troisième de ses enfants dans l'ordre de succession, à la mort du roi Henri. Les morts successives de son frère, Édouard, et de sa soeur aînée, Marie, l'amenèrent à accéder au trône en novembre 1558 - commencement d'une époque majeure dans l'histoire anglaise. Élisabeth, qui avait été élevée protestante, tenta de suivre une via media dans la religion. Mais elle rencontra des ennemis dans le royaume lui-même, les partisans de sa cousine et héritière, la catholique Marie Stuart, reine d'Écosse, qu'elle fit mettre à mort. Ce fut pourtant le fils de Marie Stuart, le roi Jacques VI d'Écosse, qui lui succéda sous le nom de Jacques Ier d'Angleterre.

1533         Catherine de Médicis épouse Henri II; elle sera régente de 1560 à 1580 : la cour marquée par l'influence italienne. Catherine de Médicis, née le 13 avril 1519 à Florence, morte le 5 janvier 1589 à Blois, fut, par mariage, reine de France. Elle était fille de Laurent II de Médicis (1492-1519), duc d'Urbino, et de Madeleine de la Tour d'Auvergne (1495-1519), comtesse d'Auvergne (1501-1519), morte quinze jours après sa naissance. Catherine de Médicis fut elle-même, jusqu'à sa mort, comtesse d'Auvergne. En 1533, elle épousa Henri II (1519-1559), second fils du roi de France François Ier (1494-1547) et de Claude de France (1499-1524), duchesse de Bretagne. Par ce mariage, elle fut successivement titrée duchesse d'Orléans (1533-1536) puis, après la mort de son beau-frère, dauphine de Viennois et duchesse titulaire de Bretagne (1536-1547) et enfin, après la mort du roi, reine de France (1547-1559). Elle vécut d'abord dans l'ombre de la maîtresse de son mari Henri II, Diane de Poitiers, puis après la mort de celui-ci, devint régente de François II, et continua d'exercer un pouvoir important sous les règnes de ses autres fils Charles IX et Henri III. Sur le plan religieux, elle tenta de concilier les catholiques et les protestants, notamment par le mariage de sa fille Margot avec le prince bourbon Henri de Navarre (futur Henri IV). Mais devant l'intransigeance des deux camps, elle se résolut à faire abattre les principaux chefs huguenots montés à Paris pour les noces. Le massacre, dit de la Saint-Barthélemy, commença dans la nuit du 24 au 25 août 1572. Huguenot, ancienne appellation donnée aux protestants français d'obédience calviniste pendant les guerres de religion. Le plus célèbre des huguenots est certainement Henri de Navarre, fils de Jeanne d'Albret et futur Henri IV. Il fut forcé d'abjurer pour sauver sa vie lors du massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572), puis son trône en 1593. Huguenot. Nom dérivé du terme suisse signifiant "confédérés" (Eidgenossen) et sans doute rapproché plus tard du "roi Hugon", fantôme de légendes populaires. Ce terme est utilisé en France à partir de 1550 pour désigner de manière péjorative les protestants calvinistes.

1533         à 1592 - naissance et mort de Michel de Montaigne. Écrivain français Michel. Eyquem de Montaigne est magistrat à Bordeaux lorsqu'il fait la rencontre d'Étienne de La Boétie, avec qui il se lie d'une profonde amitié et dont il gardera toute sa vie le souvenir. En 1571, il prend la décision de se retirer du monde et commence à composer une première mouture des 'Essais'. Affaibli et sans doute malade, il part en voyage et prend les eaux dans diverses villes d'Europe. Élu maire de Bordeaux en 1581, Montaigne révise les 'Essais', et en fait publier une seconde édition. Une quatrième édition augmentée paraîtra en 1588. A l'âge de cinquante neuf ans, Montaigne meurt au cours d'une messe. Il est enterré dans l'église des Feuillants à Bordeaux.

1533         Hans Holbein peint 'Les Ambassadeurs'. 'Les Ambassadeurs' - le tableau s'appelle en réalité 'Jean de Dinteville et Georges de Selve' - est une peinture de Hans Holbein le Jeune, actuellement à la National Gallery de Londres. C'est un des chefs-d'oeuvre du peintre et de la peinture en général. Triplement important, par ses résonances historiques, par sa richesse symbolique et par son excellence plastique, il comporte un étrange objet au premier plan resté longtemps mystérieux. Ce n'est qu'au XXe siècle qu'un historien de l'art, Jurgis Baltrusaitis, redécouvrira que cette forme qui occupe le premier plan de la peinture, et que l'on nommait souvent os de seiche, était en fait l'anamorphose d'un crâne humain : cette peinture est une vanité.

1534         20 avril Première expédition de Jacques Cartier au Canada. Encouragé par François Ier, Jacques Cartier part pour la première de ses expéditions qu'il mènera dans le Saint-Laurent au Canada jusqu'en 1542. Jacques Cartier (31 décembre 1491, Saint-Malo France - 19 janvier 1557) est le premier explorateur français en Amérique du Nord. Il est à l'origine de la découverte de la Nouvelle-Angoulême (région de New York). En 1532, il est présenté à François Ier par Jean Le Veneur, abbé du Mont-Saint-Michel. Bientôt, le roi le choisit afin de trouver "certaines îles et pays où l'on dit qu'il se doit trouver grande quantité d'or et autres riches choses". Il effectue trois voyages vers l'Amérique du Nord entre 1534 et 1542, espérant trouver un passage du Nord-Ouest pour l'Asie.

1534         24 juillet Ordonnance prévoyant la création d'une infanterie permanente.

1534         24 juillet Prise de possession du Canada. Jacques Cartier vient de découvrir le golfe du Saint-Laurent, il prend officiellement, au nom du roi François Ier qui a commandité l'expédition, possession des terres de ce qu'il appelle la Nouvelle-France.

1534         5 septembre Le retour de Jacques Cartier. L'explorateur jette l'ancre à Saint-Malo après un voyage de cent trente-sept jours. Il revient du Canada avec deux Hurons-Iroquois, “preuves vivantes” de sa découverte d'une nouvelle terre. Les Hurons ou Wendat (souvent appelés aux États-Unis les Wyandots) sont une Première Nation de langue iroquoienne, originaire du sud de l'Ontario, au Canada. Le nom Huron leur a été donné par les premiers arrivants français à cause de la coiffure des hommes, semblable à celle des Mohawks, qui rappelait la "hure" du sanglier.

1534         18 octobre Affaire des placards. Dans la nuit des protestants français placardent des proclamations contre la messe en différents lieux du pays et jusque sur la porte de la chambre de François Ier, à Amboise. “Articles véritables sur les horribles, grands et insupportables abus de la messe papale inventée directement contre la Sainte Cène de Notre Seigneur”. C'est ce texte qu'au matin du 18 octobre le roi de France François Ier découvre “placardé” sur la porte même de sa chambre au château d'Amboise. L'affiche a aussi été apposée sur les murs de plusieurs villes de France. Mais ce qui est intolérable au roi, qui jusque-là n'a pas voulu devenir l'ennemi des huguenots, c'est ce placard posé sur la porte de sa chambre qui le met en cause. Le roi ne peut tolérer cet affront et se doit d'être le roi très catholique qui devra réduire l'hérésie. L'affaire des Placards, qui éclate en ce jour, marque le début d'implacables guerres de religion. A la suite de laquelle François Ier prend position contre la Réforme.

1534         Les Turcs prennent Tunis. Barberousse pénètre les terres tunisiennes et envahit la capitale. Le roi hafside Moulay Hassan est secouru par Charles Quint qui en profite pour imposer son autorité sur lui et sur la région. Toutefois, les Turcs ne s'en tiendront pas là, ils prendront le dessus sur les Espagnols et récupèreront Tunis, asseyant ainsi leur domination sur le pays. Arudj Barberousse, Arudj Reïs (1474, Mételin - 1518) (ou Horuk) dit Baba-Oruç (turc : baba, père prononcé baba-oroutch) qui par déformation donna Barberousse.

1534         Martin Luther traduit la Bible en Allemand.

1534         Le Parmesan commence "la Vierge au long cou". Le peintre italien surnommé Le Parmesan entreprend l'une de ses principales réalisations picturales. Il s'agit en fait d'un retable commandé par Elena Baiardi pour l'église Santa Maria de Servi, à Parme. Intitulée "la Vierge au long cou", la toile marque par son raffinement et par l'irréalisme des proportions utilisées. Elle s'inscrit ainsi dans la forme artistique du maniérisme, souvent caractérisée par l'élongation élégante des membres et du corps. Le Parmesan y travaillera jusqu'en 1540, mais n'achèvera jamais son oeuvre. La toile sera plus tard exposée à Florence.

1535         13 janvier François Ier censure les livres. Se sentant menacé par les idéologies luthériennes, le roi de France fait interdire toute impression de livres. Il annule sa décision quelques jours plus tard mais conserve le principe de la censure qu'il confie à une commission du parlement de Paris.

1535         21 janvier Premières exécutions d'hérétique. Une journée d'expiation solennelle se clôt par la mort sur le bûcher de six nouveaux hérétiques protestants.

1535         mai Seconde expédition de Jacques Cartier au Canada.

1535         Thomas More, auteur de 'L'utopie', est décapité pour avoir refusé de reconnaître Henri VIII d'Angleterre comme le chef suprême de l'église. Utopie est un terme inventé en 1516 par Thomas More dans son livre 'Utopia', provenant du grec : le préfixe ou (de sens privatif et noté à la latine, au moyen de la seule lettre u, prononcée comme ou) et topos (lieu) et signifiant donc "qui n'est en aucun lieu". Il est aussi possible d'y voir un préfixe eu, "bon" c'est à dire "bon lieu". Cependant, cette interprétation reste minoritaire. On peut considérer l'Utopie de More comme l'origine du genre littéraire du même nom. L'une de ses sources d'inspiration est Platon, et notamment La République. En un sens plus général, l'utopie désigne tout projet d'une société idéale et parfaite ; laquelle est tenue par ses auteurs pour chimérique ou, au contaire, contient le principe de progrès réels, un ferment et un stimulant pour un avenir meilleur. Il existe aussi des contre-utopies ou dystopies mais ce terme d'origine anglaise est peu utilisé en français. De nos jours, l'utopie a un caractère social très marqué. Cependant, de façon marginale, par le passé, l'utopie a pu également englober le champ de la science, de la médecine…    

1535         15 juin - Impression de la Bible de Neufchâtel de Robert Olivétan (en français): s'appuie sur la version de Lefèvre d'Étaples.

1536         François Ier s'allie avec les Ottomans de Soliman le Magnifique pour combattre son ennemi Charles Quint. Aucun traité n'est signé entre la France et les Ottomans, mais une coopération étroite permet aux deux puissances de combattre efficacement la flotte espagnole en Méditerranée.

1536         huitième guerre d'Italie (1536-1542)

1536         à 1538 - Troisième guerre avec Charles Quint. - Celle-là eut pour prétexte l'assassinat à Milan d'un agent politique que le roi de France y entretenait secrètement. La vraie raison en fut, comme pour les précédentes, la nécessité de combattre l'extension de la puissance de Charles Quint. Une armée française s'empare sans coup férir du Piémont, mais doit bientôt se retirer devant les Impériaux qui, en la poursuivant, envahissent la Provence. Partout les populations se défendent bravement, et poussent l'abnégation jusqu'à aider les troupes royales à ravager le pays, afin que les ennemis n'y trouvent pas de quoi vivre. En effet, celles-ci ne pouvant subsister dans les campagnes où tout a été détruit, abandonnent le pays. Pendant ce temps, une armée allemande a échoué dans sa tentative d'envahir la Picardie. Enfin, Soliman le Magnifique en envahissant la Hongrie, a créé de nouveaux embarras à Charles Quint. L'Empereur est bien aise de pouvoir signer avec François Ier une trêve de dix ans (trêve de Nice, 1538). La Région du Piémont est une région d'Italie du nord. Le Piémont tire son nom de sa situation, au pied des Alpes. Il est traversé par le Pô.

1536         19 mai Henri VIII fait décapiter son épouse. Le roi d'Angleterre Henri VIII d'Angleterre, ne supportant plus les soupçons d'adultère qui portent sur sa deuxième épouse, Anne Boleyn, l'a fait décapiter. Le roi aura quatre autres épouses, dont Catherine Howard qui sera exécutée en 1542 pour infidélité. La fille d'Anne Boleyn et d'Henri VIII d'Angleterre régnera tout de même sur le pays à partir de 1558 sous le nom d'Élisabeth Ière d'Angleterre.

1536         2 juin Charles Quint attaque la Provence. Dès le début de l'année 1536, la guerre entre Charles Quint et François Ier a repris. Les populations de Provence où les troupes impériales pénètrent, ce 2 juin, pour apporter leur soutien au roi de France, opposent une résistance acharnée et vont jusqu'à ravager elles-mêmes leur pays, pour que les troupes de Charles Quint ne puissent trouver de quoi vivre. Ce n'est qu'en juin 1538 qu'une trêve conclue à Nice mettra fin aux affrontements.

1536         10 août Mort du Dauphin François de France.

1536         Victoire de François Ier sur Charles III de Savoie.

1536         Oronce Finé écrit 'Commentaires sur la géométrie d'Euclide'. Oronce Fine (1494 - 1555) était un mathématicien et cartographe français qui réalisa la première carte de France imprimée dans ce pays. Sa protomathésis est un cours de mathématiques pures et appliquées.

1536         Décès à Basel en Suisse de Desiderius Erasmus (dit Érasme) à l'âge de 69 ans.

1537         29 mai : publication de la bulle pontificale Sublimus Dei condamnant l'esclavage. Sublimis Deus est une bulle pontificale de Paul III, du 29 mai 1537, qui interdit l'esclavage des Indiens d'Amérique. Paul III, Alexandre Farnèse, né à Rome ou à Canino, le 29 février 1468, élu le pape 12 octobre 1534. Il prend le nom de Paul III (en latin Paulus III, en italien Paolo III) et règne jusqu'à sa mort, à Rome, le 10 novembre 1549.

1537         Traduction en français du 'Courtisan' de Baldassare Castiglione. Baldassare Castiglione, comte de Novellata est un écrivain et diplomate italien né le 6 décembre 1478 à Mantoue, mort le 8 février 1529 à Tolède (Espagne). En 1528, l'année précédant sa mort, son livre le plus célèbre, le 'Livre du courtisan' est publié à Venise. Il décrit la cour d'Urbin, au temps du duc Guidobaldo de Montefeltro et son courtisan idéal, au travers de dialogues philosophiques et culturels dont il a été le témoin. Son livre est traduit en français dès 1537, puis en espagnol, en anglais, en allemand et en latin. Ce livre deviendra vite un manuel de savoir-vivre dans les cours européennes.

1537         Décret à l'origine du dépôt légal imposant le dépôt d'un exemplaire à la Bibliothèque royale de toutes les publications imprimées en France.

1537         Bonaventure des Périers écrit 'Cymbalum mundi'. Bonaventure des Périers, né vers 1510, mort vers 1544, écrivain français. Bonaventure des Périers était secrétaire de Marguerite de Navarre ou de Valois. Il travailla en 1534 à la traduction de la Bible de Lefèvre d'Étaples, et écrivit de nombreux vers. Son oeuvre la plus connue est le 'Cymbalum mundi' (Carillon du monde), en français, avec quatre dialogues poétiques, faits antiques, joyeux et facétieux. Publié à Lyon, en 1537, cet ouvrage fut saisi par ordre du Parlement, et détruit. Le Cymbalum était supposé adressé par Thomas du Clénier (l'incrédule) à Pierre Tryocan (anagramme de Croyant) ; dans une série d'allégories, des Périers ridiculisait à la fois catholiques et protestants. Des Périers est un conteur au style charmant, plein d'esprit et de finesse.

1538         18 juin Le pape Paul III fait signer une trêve à Nice entre François Ier de France, installé au château de Villeneuve et Charles Quint (Charles V) qui se tient dans une galère dans la rade de Villefranche-sur-Mer. Il les encourage à lancer une croisade contre l'Angleterre et les Turcs. Trêve de Nice de dix ans entre François Ier et Charles Quint. Celle-ci, signée entre Charles Quint et François Ier, conclut une trêve de dix ans et sera suivie par le traité d'aigues-Mortes qui garde la Savoie au roi de France et donne le Milanais à l'empereur.

1538         14-15 juillet Rencontre de François Ier et Charles Quint à Aigues-Mortes. Charles Quint et François Ier ont conclu une trêve de dix ans. En ce jour, à Aigues-Mortes, ils se réconcilient et signent un traité qui garde la Savoie au roi de France et donne le Milanais à l'empereur. Charles Quint obtient du roi de France l'autorisation de traverser ses États pour réprimer la révolte de Gand.

1538         François Ier crée l'Imprimerie du Roi.

1538         Hans Holbein peint 'Anne de Clèves’

1539         10 août Édit de Villers-Cotterêts instituant le français comme langue officielle du royaume. Dans un pays où les clercs et les érudits pétrarquisent, latinisent et pindarisent (parler, écrire d'une manière recherchée), l'ordonnance du roi François Ier impose l'usage de la langue française pour tous les arrêts judiciaires du royaume, qui doivent désormais être “prononcés, enregistrés et délivrés aux parties en langage maternel françois et non autrement”. La même ordonnance intime aux curés l'obligation de tenir un registre des baptêmes et des sépultures. L'état civil est né. L'Édit de Villers-Cotterêts, promulgué par François Ier, fait du français la langue officielle de l'État. Il n'est nullement dirigé contre les autres langues ou dialectes du royaume, mais contre le latin qui était jusque-là la langue principale des lois et de la chancellerie royale. C'est l'acte de consécration du français comme langue officielle de la France. L'ordonnance de Villers-Cotterêts est un document signé à Villers-Cotterêts entre le 10 et le 15 août 1539 par le roi de France François Ier. Forte de 192 articles, elle porte réforme de la juridiction ecclésiastique, réduit certaines prérogatives des villes et rend obligatoire la tenue des registres de baptêmes. Elle est surtout connue pour être l'acte fondateur de la primauté et de l'exclusivité du français dans les documents relatifs à la vie publique ; en effet, pour faciliter la bonne compréhension des actes de l'administration et de la justice, elle leur impose d'être rédigés dans cette langue. Le français devient ainsi la langue officielle du droit et de l'administration, en lieu et place du latin et des autres langues du pays. Cette ordonnance, intitulée exactement "Ordonnance générale sur le fait de la justice, police et finances" a été rédigée par le chancelier Guillaume Poyet, avocat et membre du Conseil Privé du roi. Elle s'est longtemps appelée Guillemine ou Guilelmine en référence à son auteur. Hors des Archives nationales, il n'existe que deux exemplaires originaux sur parchemin : l'un aux Archives d'Aix-en-Provence, l'autre aux Archives départementales de l'Isère.

1539         Robert Estienne écrit 'Dictionnaire françois-latin' (il avait publié en 1531 un Dictionarium Latino-gallicum complété en 1538). Révisé et augmenté jusqu'en 1607. C'est le premier dictionnaire de la langue française, mais le latin est encore présent (le premier dictionnaire vraiment français sera celui de Nicot en 1606). Robert Estienne (Paris 1503 - Genève 7 septembre 1559) était un grand imprimeur français du XVIe siècle.

1540         Révolte de Gand. Révolte des Gantois, accablés d'impôts par Charles Quint. La couronne y perd ses privilèges. Charles Quint entre dans Gand avec une armée, supprime les privilèges de la ville et les jurandes, détruit les fortifications.

1540         Création de la Compagnie de Jésus d'Ignace de Loyola. Ignace de Loyola (1491 en Espagne- 1556), né dans une famille de la petite noblesse basque. Jusqu'à l'âge de trente ans, il vécut la vie d'un homme comme les autres. Mais, en 1521, lors du siège de Pampelune, il fut blessé ; et, pendant sa convalescence, se "convertit". Il mena alors une vie d'ermite de 1522 à 1523, au cours de laquelle il commença la rédaction des 'Exercices spirituels'. Puis, pendant onze ans, il parcourut le monde comme "pélerin de Dieu", se rendant à Jérusalem en 1523 et fréquentant les universités espagnoles d'Alcala et Salamanque, et celle de Paris. En France, Ignace de Loyola regroupa autour de lui des étudiants de qualité, issus d'horizons divers, comme Pierre Favre, François Xavier, Jacques Lainez ; bientôt, les nouveaux amis décidèrent de ne plus se séparer et s'engagèrent, par le voeu de Montmartre du 15 août 1534, à demeurer pauvres et chastes et à se rendre à Jérusalem pour y convertir les infidèles ou, si le voyage n'était pas possible, à se mettre à la disposition du pape. Ignace de Loyola fut en 1537 ordonné prêtre à Venise. Dès lors, commença l'ébauche de la Compagnie de Jésus ou Ordre des jésuites. En 1539, il écrira la Formula instituti, esquisse des constitutions finales de la Compagnie, dont la création sera acceptée par le pape Paul III en septembre 1540. À sa mort, le 31 juillet 1556 à Rome, la Compagnie de Jésus comptait plus de mille membres, soixante-douze résidences et soixante-dix-neuf maisons et collèges ; Saint-Joseph de Tivoli (Bordeaux), Caousou (Toulouse), Provence (Marseille) et Saint-Joseph (Avignon) sont les actuels établissements fondés par la compagnie de Jésus. Ignace de Loyola a été canonisé le 12 mars 1622, en même temps que François-Xavier et Thérèse d'Avila. Jésuites ou La Compagnie de Jésus est un ordre catholique fondé par Ignace de Loyola et reconnu depuis 1540. On appelle ses membres les jésuites. Tous les membres de la Compagnie professent les trois voeus habituels des religieux catholiques : ceux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance à leur supérieur. À cela, les profès prononcent un quatrième voeu, celui d'obéissance au pape. Jésuites. Membres de la Compagnie de Jésus fondée par Ignace de Loyola en 1540. Cet ordre, très hiérarchisé, devient au XVIe siècle un foyer actif de la Contre-Réforme, se présentant comme "une véritable équipe volante au service de la chrétienté menacée". Après des voeux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance au pape, le jésuite suit une formation d'une dizaine d'années et part exercer sa mission d'évangélisation et d'enseignement dans le monde entier.

1540         Traduction d''Amadis de Gaule' par Herberay des Essarts. Amadis de Gaule, dit le Chevalier du Lion, le Beau Brun, le Beau ténébreux, héros des romans de chevalerie, était fils de Périon, roi fabuleux de France. Amadis joue en Espagne un rôle analogue à celui du roi Arthur en Angleterre et de Charlemagne en France. Les aventures de ce prince n'ont rien d'historique; on ne sait même précisément à quelle époque les rapporter.

1540         Gilles Corrozet écrit 'Blasons domestiques'. Gilles Corrozet (1510-1568), important libraire parisien, fut aussi un auteur prolifique et à succès, qui occupa par là une place tout à fait exceptionnelle dans le monde de l'édition parisienne du XVIe siècle. Compilateur et chroniqueur inlassable, il se passionna pour les "antiquitez" des villes de France. Son ouvrage le plus connu reste aujourd'hui son livre sur Paris, oeuvre multiforme qu'il remania tout au long de sa vie et qui est à la fois un éloge des origines mythiques de la ville, une description historique et monumentale et un exemple précoce de guide "touristique".

1540         Étienne Dolet écrit 'Traité de la ponctuation de la langue françoise plus des accents d'ycelle; préconise usage des accents et de l'apostrophe'. Étienne Dolet est un écrivain, poète, imprimeur et humaniste français (Orléans, 3 août 1509–Paris, 3 août 1546). En 1535, il participe aux listes contre Érasme dans la controverse de Cicéron en publiant grâce à l'imprimeur Sébastien Gryphe le 'Dialogus de imitatione Ciceroniana'; et dans les années qui suivent les deux volumes de 'Commentariorum linguae Latinae'. Ce travail est dédicacé à François Ier qui lui donne le privilège d'imprimer pour 10 ans tout travail de sa propre plume ou avec sa supervision. Il obtient aussi une grâce pour son homicide accidentel du peintre Compaing qui dit-il voulait l'assassiner. Il peut ainsi commencer son travail et édite Galien, Rabelais, Marot. Il n'ignore pas les dangers auxquels il est exposé à cause de la bigoterie de son temps. On le voit non seulement par le ton de ses textes mais également par le fait qu'il a essayé d'abord de se concilier ses adversaires en éditant un christianus de Caton, dans lequel il faisait se profession de foi. Cette catholicité de façade, malgré son ultra-ciceronisme, transparaît à travers les travaux sortis de ses presses, antiques et modernes, sacrés et séculiers, du Nouveau Testament en latin aux textes français de Rabelais. Mais avant que son autorisation d'imprimer n'expire, son travail est interrompu par ses ennemis qui réussissent à l'emprisonner en 1542 sous la charge d'athéisme. Après un premier emprisonnement de 15 mois il est relâché grâce à l'intervention de l'évêque de Tulle Pierre Duchatel. Remis en prison une seconde fois en 1544, il s'échappe par ses propres moyens et fuit dans le Piémont, en Italie. Cependant, il revient imprudemment en France en pensant qu'il pourrait imprimer à Lyon des lettres pour appeler à la justice du roi de France, de la reine de Navarre et du Parlement de Paris. Il est à nouveau arrêté et jugé athée évadé par la faculté de théologie de la Sorbonne et ramené à Paris. Le 3 août 1546, il est torturé, étranglé et brûlé avec ses livres sur la Place Maubert.

1541         13 mai Nouvelle expédition de Jacques Cartier au Canada.

1541         Jean Calvin s'installe à Genève.

1541         à 1614 - naissance et mort de Le Greco (Domenikos Theotokopoulos). Peintre grec. Avant la découverte de La dormition de la Vierge, les premiers travaux du Greco étaient complètement inconnus. Ils suivent le modèle byzantin médiéval tardif, avec ses figures stylisées peintes dans des couleurs brillantes sur un fond d'or. Les peintres d'icône avaient pour but d'incarner le monde de l'esprit dans leur art, et cette approche sera celle du Greco dans toute sa carrière. Le Greco était fier de son héritage grec et durant toute sa vie il a signé ses peintures en Grec: Domenikos Theotokopoulos.

1541         25 décembre Inauguration de la fresque du Jugement dernier de la chapelle Sixtine. La Fresque du "Jugement dernier" de la chapelle Sixtine est inaugurée. Mesurant environ 13 mètres sur 12 et réalisée par Michel-Ange, l'oeuvre tourmentée donne une vision dramatique et douloureuse du jugement dernier et rompt ainsi avec la tradition. La représentation de plus de quatre cents personnages, tous nus, provoque de vives critiques. Certains personnages seront même "habillés" en 1566.

1541         Réédition en français de 'Institution de la religion chrétienne' de Jean Calvin (écrit d'abord en latin), doctrine du calvinisme. Le calvinisme est une doctrine théologique chrétienne, protestante, élaborée par Jean Calvin dans son Institution de la religion chrétienne, et développée par Théodore de Bèze. Le Calvinisme prit naissance vers 1536 à Genève, où il n'a pas cessé de dominer jusqu'au XIXe siècle. Il se répandit bientôt dans plusieurs cantons de la Suisse, en France, en Hollande, en Angleterre, en Écosse, aux États-Unis, etc. Calvinisme. Doctrine du réformateur Calvin, qui s'inspire de l'oeuvre de son prédécesseur Luther, père du protestantisme. Ses grands principes religieux reposent sur la reconnaissance de la Bible comme seule source de la foi, l'admission de certains dogmes originels (prédestination, grâce) et du baptême et de la communion comme seuls sacrements. Le calvinisme reconnaît en outre la valeur du travail et autorise le prêt d'argent, ce qui permettra aux huguenots (calvinistes français) d'exercer des métiers interdits aux chrétiens.

1541         La Réforme adopte la langue française: publication à Genève de l'Institution de la religion chrétienne du picard Jean Calvin, 'composée en latin [Christianae religionis institutio, 1536] par Jean Calvin, et 'translatée en françois, par luysmesme'.

1542         12 février Exécution de la cinquième femme d'Henri VIII d'Angleterre. Trompé par sa cinquième épouse, Catherine Howard, le roi d'Angleterre Henri VIII d'Angleterre la fait décapiter. En 1536, il avait aussi fait exécuter sa première femme Anne Boleyn, accusée d'inceste. En 1543, Henri VIII d'Angleterre épousera la protestante Catherine Parr. Elle sera sa dernière épouse.

1542         12 juillet François Ier déclare la guerre à Charles Quint.

1542         à 1544 - Quatrième guerre avec Charles Quint. - En 1540, la ville de Gand se révolte contre Charles Quint qui, pour aller la châtier, est obligé de traverser le territoire de la France. Il en obtient l'autorisation de François Ier qui, d'autre part, donne de grandes fêtes en son honneur, mais lui demande en échange le Milanais pour son fils. Charles Quint promet tout ce qu'on lui demande, tant qu'il est en territoire français, mais une fois rentré dans ses États, refuse de tenir ses promesses. Du reste, il essuie un grave revers en s'attaquant aux pirates barbaresques. Un envoyé du roi de France au sultan est assassiné à point pour justifier la reprise de la guerre. François Ier prend l'offensive, sur toutes les frontières de France à la fois, pendant qu'une flotte turque vient aider la flotte française à bombarder Nice (1544). En Italie, l'armée française du comte d'Enghien couronne une série de succès partiels, par la victoire de Cérisoles. Mais Charles Quint a proclamé une sorte de croisade contre François Ier, coupable de faire la guerre avec l'appui des mahométans à un prince chrétien, et Henri VIII d'Angleterre, bien qu'il ait rompu avec le pape et qu'il soit un chrétien des plus tièdes, se découvre des convictions qui l'entraînent dans le parti de l'Empereur. Pendant que ce dernier envahit la Picardie et la Champagne où il s'avance jusqu'à Château-Thierry, le roi d'Angleterre fait une descente sur les côtes du Pas-de-Calais; il s'empare de Boulogne, mais se borne ensuite à guerroyer dans le pays. Cependant les Impériaux ont été arrêtés en Champagne par une partie des troupes rappelées d'Italie, et aussi par l'éclosion de troubles suscités en Allemagne par les protestants, troubles que Charles Quint juge assez menaçants pour lui faire abandonner la partie en France. En effet, il consent à signer avec François Ier le traité de Crépy-en-Laonnois qui termine (sept. 1544) cette quatrième guerre dont la France ne recueille aucun avantage. Quant à Henri VIII d'Angleterre, il continue à occuper le Boulonnais sans faire de grands efforts pour élargir sa conquête momentanée: cette situation prend fin en 1546 par le Traité d'Ardres.

1542         21 juillet Le Saint-Office succède à l'Inquisition médiévale. Face à la diffusion du protestantisme, Paul III décide de mettre en place la congrégation de la Suprême et Universelle Inquisition. Le Saint-Office naît sur les cendres d'une Inquisition médiévale qui n'a pas résisté au XVème siècle. Sa mission est de veiller au respect de la doctrine et de la foi catholiques, même chez les évêques. Cette nouvelle Inquisition, moins virulente et moins puissante que son ancêtre médiéval, marquera les esprits avec quelques procès, comme celui de Galilée et grâce aussi à l'Index, repertoire de livres interdits. Saint-Office, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi est la plus ancienne des neuf congrégations de la curie romaine. Elle a été fondée sous le nom de Sacrée Congrégation de l'Inquisition romaine et universelle par le pape Paul III dans la bulle Licet ab initio, le 21 juillet 1542. Elle avait pour mission de lutter contre les hérésies. Elle était donc responsable de l'inquisition.

1542         30 août Nouvel édit contre les Luthériens.

1542         Antoine Héroët écrit 'La Parfaite amie'. Antoine Héroët, évêque de Digne, pensionné de Marguerite de Navarre, a connu dans l'entourage de la reine les poètes du temps, surtout Clément Marot. Poète lui-même et fin lettré, il a publié en France l''Androgyne' de Platon traduit par Marsile Ficin : on le considère souvent comme l'introducteur du platonisme en France.

1542         Clément Marot écrit 'L'Enfer’

1542         Marguerite de Navarre écrit l''Heptaméron'. Il a pour modèle les dix journées du 'Décaméron' de Boccace, texte traduit en France dès 1414. Mais, interrompu en 1549 par la mort de Marguerite, l''Heptaméron' ne rassemble que 72 nouvelles se déroulant en sept journées. Comme dans l'ouvrage de Jean Boccace, les nouvelles s'inscrivent dans une histoire-cadre. Dix voyageurs sont réunis dans une abbaye, alors qu'un violent orage a coupé toute communication. Pour passer le temps, cette société écoute des histoires vraies dans des registres divers. La réussite de cet ouvrage tient au fait qu'il privilégie aussi la conversation, car chaque nouvelle est suivie des commentaires tenus par l'ensemble des auditeurs.

1543         neuvième guerre d'Italie (1543-1545)

1543         24 mai, Révolution copernicienne : Andreas Osiander publie les théories de l'astronome polonais Nicolas Copernic 'Des révolutions des sphères célestes' (De revolutionibus orbium coelestium) et montre que la théorie héliocentrique simplifie les calculs astronomique. Cet ouvrage ne sera accepté que cent ans plus tard. Révolution copernicienne, on désigne sous l'expression révolution copernicienne la transformation des méthodes scientifiques et des idées philosophiques qui a accompagné le changement de représentation de l'univers du XVIe au XVIIIe siècle, faisant passer les représentations sociales accompagnant les représentations mentales de l'univers, d'un modèle géocentrique, selon Ptolémée (IIe siècle, déjà adopté au IVe siècle av. J.-C. par la plupart des Grecs), au modèle héliocentrique défendu par Nicolas Copernic, perfectionné par Johannes Kepler, Galilée, et Isaac Newton. La révolution copernicienne, au sens propre, consistait à expliquer le monde, et les objets qui le composent, par la gravitation, appelée loi universelle de la gravitation en raison de son caractère considéré comme général à l'époque.

1543         6 septembre Prise de Nice. Siège de Nice par les troupes françaises du duc d'Enghien (François de Bourbon-Condé) et la flotte turque de Barberousse, bey de Tunis. La ville se rend sauf la citadelle. Suivant la tradition niçoise, l'héroine et lavandière Catherine Ségurane repousse les Turcs en levant sa robe et montrant ses fesses.

1543         Traduction de 'Roland furieux' de Ludovico Ariosto. Ludovico Ariosto, dit L'Arioste est un poète italien né le 8 septembre 1474 à Reggio d'Émilie et mort le 6 juillet 1533 à Ferrare. Auteur notamment de 'Roland furieux'.

1543         André Vésale écrit 'De humani corporis fabrica, libri VII'. André Vésale (31 décembre 1514, Bruxelles - 1564, île de Zante) était un anatomiste belge considéré par de nombreux historiens des sciences comme le plus grand anatomiste de la Renaissance, voire le plus grand de l'histoire de la médecine. Ses travaux, outre qu'ils feront entrer l'anatomie dans la modernité, mettront fin au dogme du galénisme (de Claude Galien) qui bloquait l'évolution scientifique depuis plus de mille ans aussi bien en Europe que dans l'Islam. André Vésale est né le 31 décembre 1514 à Bruxelles (alors sous la dépendance de l'Espagne). Sa maison se situait juste en face de la colline des exécutions, ce qui l'a amené à voir de nombreux cadavres et des squelettes nettoyés par les oiseaux durant son enfance. Ce fait a dû jouer un grand rôle dans sa vocation. En 1530, il s'inscrit à l'université de Louvain, puis continue ses études à Paris sous la direction du grand Jacques Dubois (Jacobus Sylvius), un des médecins les plus réputés de l'époque, mais également farouche partisan du galénisme. De fait Sylvius sera le plus farouche adversaire de Vésale lorsqu'il publiera ses oeuvres. La guerre entre la France et le Saint-Empire oblige Vésale à s'exiler au bout de trois ans. Après un court service dans l'armée impériale, il rentre à Louvain où il passe sa thèse en 1537. Puis il se rend à l'université de Padoue, l'école de médecine la plus réputée d'Europe. Au bout de deux jours d'examen, l'université de Padoue lui offre un poste de lecteur en chirurgie, preuve de ses capacités intellectuelles hors du commun. Le rôle de lecteur consistait à lire les oeuvres de Galien en direct tandis qu'un barbier effectuait la dissection et montrait aux élèves les organes décrits par Galien. Vésale préfèrera effectuer la dissection lui-même. Par ailleurs, n'ayant pas toujours de cadavres à disposition pour ses cours, il fera faire six grandes planches anatomiques représentant le squelette et les organes internes. Pour faire face au risque de plagiat, il publie ces planches en 1538 (Tabulae anatomicae sex). Dès 1539, la célébrité de Vésale est telle que le juge Marcantonio met à sa disposition les cadavres des condamnés à mort allant même jusqu'à retarder leur exécution de façon à ce que les corps soient frais lorsqu'il en aurait besoin. Dès lors, Vésale constate rapidement des erreurs dans les descriptions de Galien et comprend qu'elles s'appliquent au singe et non à l'homme. Il va entreprendre la rédaction d'un traité d'anatomie destiné à corriger les erreurs. En 1540, il confirme son hypothèse en disséquant à Bologne le cadavre d'un singe et d'un homme et montre que l'appendice tel que le décrit Galien n'existe que chez le singe. En 1543, après quatre ans de travaux incessants, il publie ses découvertes dans 'De humani corporis fabrica', couramment appelé la 'fabrica' le plus grand traité d'anatomie (663 pages) depuis Galien, l'année-même ou Copernic publie son 'De revolutionibus' qui devait révolutionner l'astronomie. Les déchaînements des galénistes l'écoeurent et en 1546, il abandonne l'étude de l'anatomie pour devenir médecin personnel de l'empereur Charles Quint puis de Philippe II d'Espagne. Pour le reste de sa vie, il deviendra le médecin des grands, il tentera même de soigner le roi de France Henri II, blessé à l'oeil par une lance lors d'un tournoi. En 1563, pour échapper à des problèmes judiciaires, il quitte Madrid pour effectuer un pèlerinage à Jérusalem. Lors du voyage de retour son bateau fait naufrage, il mourra d'épuisement sur les côtes de l'île de Zante le 2 octobre 1564. Ambroise Paré reconnaît avoir largement puisé dans l'ouvrage de Vésale dans ses travaux.

1543         Robert Estienne écrit 'Dictionnaire français-latin'. Robert Estienne (Paris 1503 - Genève 7 septembre 1559) était un grand imprimeur français du XVIe siècle. Son nom a été donné à l'École Supérieure Estienne des Arts et des Industries Graphique, à Paris, spécialisée dans les arts graphiques et l'imprimerie. En 1550, il fuit à Genève, son frère Charles Estienne doit reprendre la direction de l'imprimerie familiale.

1543         mort de Nicolas Copernic.

1544         19 janvier Naissance de François (futur François II), fils de Henri II et Catherine de Médicis. François II de France (Fontainebleau, le 19 janvier 1544 - Orléans, le 5 décembre 1560), roi de France de 1559 à 1560. François II est le fils aîné d'Henri II de France et de Catherine de Médicis.

1544         14 avril Victoire française contre les Impériaux à Cérisoles (Italie). La bataille de Cérisoles eut lieu le 11 avril 1544 près de la ville italienne de Cérisoles (Ceresole Alba). Elle opposa les français aux troupes de Charles Quint commandées par Alfonso de Avalos. Ce fut une victoire française.

1544         18 septembre Signature d'un Traité de Paix avec Charles Quint à Crépy-en-Laonnois. Charles Quint récupère la Flandre, l'Artois, le Piémont et la Savoie. Pour sa part, François Ier obtient que l'empereur reconnaisse ses droits sur la Bourgogne. Tous deux s'allient contre les Turcs. Ce traité termina la dernière de ces guerres, François Ier abandonna le Milanais à Charles Quint, mais non sans contrepartie. Contre son dangereux adversaire, il avait réussi jusqu'au bout, et ce n'est pas un médiocre succès, à sauvegarder l'intégrité de son royaume. Mieux encore, il le laissait agrandi.

1544         Maurice Scève écrit 'Délie, object de plus haulte vertu'. Maurice Scève, né vers 1501 à Lyon et mort vers 1560, Maurice Scève fut docteur en droit, et reconnu poète officiel. Humaniste passionné par l'Antiquité, l'Italie, Platon, Pétrarque. Auteur de 'Délie, objet de plus haute vertu'.

1544         mort de Clément Marot.

1545         13 décembre : Début du Concile de Trente (1545 - 1563) qui rappelle la nécessité du respect de la règle de Saint Benoît. L'Église romaine y tente, sans succès, de rétablir l'unité de la chrétienté. Contre-Réforme : le concile de Trente redéfinit la plupart des points du dogme catholique, réaffirme les pratiques du culte, prend de nombreux décrets disciplinaires, prépare une version officielle de la Bible (Vulgate), un Catéchisme (1566), un Bréviaire (1568), un Missel romain (1570)... De nombreux théologiens espagnols (Francisco de Vitoria, Melchor Cano, Domingo de Soto, Bartolome Carranza, Diego Laynez, Alfonso Salmeron) participent aux travaux. Sessions 1 à 8 du 13 décembre 1545 au 3 mars 1547 : les Pères précisent le texte du symbole de la Foi, déterminent les livres canoniques de l'Ancien et du Nouveau Testament, les règles à suivre pour éditer des textes canoniques, et imposent l'usage obligatoire de l'édition latine de Saint Jérôme (Vulgate). Ils établissent la doctrine de la justification, rappellent que l'Église reconnaît sept sacrements. Ils précisent les conditions de choix des évêques, rappellent l'interdiction du cumul des évêchés et des cures, précisent les règles de sacre des prélats, les règles d'établissement et d'entretien des institutions scolaires, et celles de la désignation des prédicateurs. Le concile de Trente est le 19ème concile oecuménique reconnu par l'Église catholique romaine. Il est convoqué par le pape Paul III en 1542, en réponse aux demandes formulées par Martin Luther dans le cadre de la Réforme protestante. Il se déroule en 18 ans, sur 25 sessions, quatre pontificats et trois villes. Contre les thèses protestantes, il définit l'autorité de la Bible, le péché originel et la justification et confirme les sept sacrements, le culte des saints et des reliques ainsi que le dogme de la transsubstantiation. Sur le plan disciplinaire, il créée les séminaires diocésains, destinés à former les prêtres. Trente est l'un des conciles les plus importants de l'histoire du catholicisme ; il est le plus abondamment cité par le concile Vatican II. Le concile de Trente organise la contre-Réforme. 220 prélats signent l'acte final. La Contre-Réforme est un mouvement de réaction de l'Église catholique romaine, amorcée dès le XVe siècle dont Anna Bijns fut le fer de lance et accélérée par la Réforme protestante. L'expression vient de l'historiographie allemande du XIXe siècle. Les historiens lui préfèrent désormais le terme de "Réforme catholique". Le concile de Trente (1545–1563) mit fin aux abus les plus criants, comme les trafics d'indulgences ou la vie dissolue d'une partie du clergé (décrets rappelant le célibat des prêtres ou le devoir de résidence des évêques). Il réorganisa la Curie romaine. Par ailleurs, il redéfinit et renforça les positions traditionnelles de l'Église catholique concernant la théologie et l'organisation de l'Église. Il fixa définitivement le canon de la Bible catholique. Il répandit la doctrine ainsi réaffirmée par le biais d'un Catéchisme (1566), d'un bréviaire (1568) et d'un Missel romain (1570). La nouvelle liturgie conçue par le concile (messe tridentine, dite "messe de saint Pie V") dura jusqu'à Vatican II. La Réforme ainsi conçue fut répandue dans l'Église par des personnalités comme Robert Bellarmin, Charles Borromée, Ignace de Loyola, Philippe Néri ou encore François de Sales. Paul III, Alexandre Farnèse, né à Rome ou à Canino, le 29 février 1468, élu le pape 12 octobre 1534. Il prend le nom de Paul III et règne jusqu'à sa mort, à Rome, le 10 novembre 1549. Lorsque, âgé de 66 ans, Alessandro Farnèse fut élu au pontificat à l'unanimité, il était cardinal et évêque d'Ostie (1524). Né dans une ancienne et puissante famille, ce prince humaniste de la Renaissance, père de deux enfants, amateur des fastes et du luxe, mécène des lettres et des arts - il fut le protecteur de Michel-Ange, à qui il confia la direction des travaux de la basilique Saint-Pierre et l'exécution de la fresque du Jugement dernier dans la chapelle Sixtine. Il fut aussi le souverain pontife qui donna l'impulsion à la Contre-Réforme catholique : après avoir renouvelé la Curie par l'élection de cardinaux acquis au renouveau de l'Église romaine, et créé une commission pontificale chargée de proposer et de mettre en oeuvre cette réforme, il approuva la création d'ordres nouveaux et de congrégations missionnaires - entre autres, les barnabites et la Compagnie de Jésus - qui devaient rapidement apporter un concours décisif dans la propagation de la Réforme catholique. L'apogée de son pontificat, marqué en Italie par le rétablissement de l'Inquisition (1542) et, en politique extérieure, par la neutralité de l'Église dans les conflits territoriaux, fut la convocation d'un concile qui, après plusieurs tentatives (Mantoue, 1536 ; Vicence, 1537) parvint à s'ouvrir à Trente (1545), avant de se poursuivre à Bologne en 1547. Anna Bijns est une écrivain néerlandaise, né à Anvers en 1493 et décédée dans cette ville en 1575. Considérée comme le fer de lance de la Contre-Réforme aux Pays-Bas, elle fut comparée à Philippe de Marnix de Sainte-Aldegonde.

1545         avril Destruction de villages Vaudois. Le Parlement d'Aix-en-Provence ordonne le massacre des Vaudois de Provence, les déclarant hérétiques. Plusieurs villages sont détruit (Mérindol, Cabrières…).

1545         Ambroise Paré écrit 'La methode de traicter les playes faictes par hacquebutes, et autres bastons à feu... ‘

1545         Jacques Cartier écrit 'Bref récit et succincte narration de la navigation faites ès îles de Canada’

1545         Pernette du Guillet écrit 'Rimes'. Pernette du Guillet reçoit une éducation soignée, parlant l'italien et l'espagnol. A seize ans, elle est l'élève de Maurice Scève et l'inspiratrice de son recueil 'Délie, objet de plus haute vertu'. Mais l'amour entre eux se révèle impossible, Pernette étant promise à M. du Guillet qu'elle épouse en 1538. Elle meurt à 25 ans, le 7 juillet 1545, emportée par une épidémie de peste. A la demande de son mari, l'érudit Antoine du Moulin examine les feuillets où elle consignait ses poésies et les fait éditer dans leur confusion originelle.

1545         Traduction du 'Décaméron' de Jean Boccace par Antoine Le Maçon.

1546         7 juin Traité d'Adres entre François Ier et Henri VIII d'Angleterre restituant Boulogne-sur-Mer.

1546         3 août Exécution d'Étienne Dolet. En ce 3 août, Dolet monte sur le bûcher. Humaniste, il fait un jeu de mots en latin, “Non dolet ipse Dolet, sed pia turba dolet”, autrement dit “Ce n'est pas Dolet qui s'afflige mais la foule généreuse”. Il ajoute encore à l'adresse du bourreau avant d'être étranglé puis brûlé : “Ma chair vous appartient, mais ma pensée inviolable vous échappe. Entre nous, la postérité décidera”. L'imprimeur, qui n'a que trente-sept ans, vient d'être victime d'un arrêt du Parlement de Paris, qui interdit d'introduire, d'imprimer ou de vendre des livres de Calvin, quand bien même ils auraient été imprimés à Genève. Son procès a duré deux ans, après une perquisition au cours de laquelle on a trouvé, entre autres, une traduction de l'Axiochus de Platon. A la phrase “Après la mort tu ne seras plus rien”, Dolet avait rajouté pour plus de clarté “du tout”. Ces seuls mots, jugés hérétiques, lui ont été fatals.

1546         Épidémie de peste.

1546         Début de la reconstruction du Louvre. Pierre Lescot est chargé par François Ier de France des travaux du nouveau Louvre. C'est en 1546 que le projet de l'architecte Pierre Lescot moins ambitieux mais plus concret que les autres présentés, est adopté. Le plan consiste en une cour quadrangulaire (l'actuelle cour carrée), l'aile principale séparée par un escalier monumental au centre, et les deux ailes des côtés ne comportant qu'un étage. La mort de François Ier interrompt cependant le projet. Pierre Lescot est un architecte français né à Paris en 1515 et mort dans cette même ville le 10 septembre 1578. Il eut comme ami le poète Pierre de Ronsard. Il reste fidèle au style de la Renaissance, mais il représente la transition vers le classicisme français.

1546         François Rabelais écrit 'Le Tiers Livre des Faits' et 'Dits Héroïques de Pantagruel’

1546         à 1601 - naissance et mort de Tycho Brahé. Astronome danois. Tycho Brahé vient d'un famille noble danoise qui le destinait à la diplomatie mais Tycho préfèra les sciences. Ces intérêts allaient des mathématiques, à l'astronomie en passant par l'alchimie et l'astrologie. La couronne danoise lui fournit l'appuie financier nécéssaire pour construire un laboratoire d'alchimie et un observatoire (vers 1580). En 1599, il devint mathématicien attitré du Saint Empire Germanique et résida à Prague. Képler fut alors son assistant. Il mit au point dans ces années son système astronomique avec la Terre au centre avec la lune et le soleil tournant autour d'elle. Les autres planètes étaient des satellites du soleil. Son système avait l'avantage de satisfaire à la plupart des observations de l'époque et de laisser la terre immobile, ce qui allait aussi de soi à l'époque. Son système s'opposait donc au système de Copernic, antérieur de près d'un demi-siècle.

1546         mort de Martin Luther.

1547         16 janvier Sacre d'Ivan le Terrible. A 16 ans, le prince de Moscou Ivan IV est sacré tsar de toutes les Russies dans la cathédrale de l'Assomption, à Moscou. Le titre de tsar, déformation de "César", était utilisé autrefois pour désigner les empereurs byzantins et tartares. La politique d'Ivan IV sera marquée par de nombreuses réformes et par un affaiblissement de la puissance des princes russes. Quand son régime et la répression se feront de plus en plus durs à la fin de son règne, Ivan sera surnommé "le Terrible" ou "le Redoutable". Ivan le Terrible, Ivan IV Vassiliévitch, dit Ivan le Terrible (Иван Грозный), né le 25 août 1530 à Kolomenskoïe, mort le 18 mars 1584 à Moscou, grand-prince de Vladimir et Moscou de 1533 à 1584, premier tsar de Russie de 1547 à 1584.

1547         28 janvier Mort de Henri VIII d'Angleterre alias "Barbe-bleue". Le roi d'Angleterre Henri VIII d'Angleterre meurt dans son palais de Westminster après 38 ans de règne et 6 mariages. Son époque aura été marquée par l'exécution de deux de ses épouses pour adultère, Anne Boleyn et Catherine Howard, par le rattachement à la couronne d'Angleterre du pays de Galles et enfin par la Réforme anglicane et le schisme avec l'église catholique romaine. Agé de 9 ans, le fils qu'il a eu avec sa quatrième femme Jeanne Seymour lui succède sur le trône sous le nom de Édouard VI.

1547         dizième guerre d'Italie (1547-1556)

1547         Mort de François Ier (mars) et de Henri VIII d'Angleterre (janvier). “J'ai vécu ma part et, maintenant que je sais que je laisse pour mon successeur un prince aussi sage que vous l'êtes, je meurs l'homme le plus content du monde”, confie, au château de Rambouillet, le roi François Ier à son fils, le futur Henri II, juste avant de rendre l'âme à cinquante-deux ans. Le règne de François Ier a été marqué par deux grands et considérables événements, qui intéressaient l'ensemble du monde civilisé : la Réforme et la Renaissance. Bien que presque continuellement occupé par les nombreuses guerres qu'il a soutenues, François Ier donna aux Lettres et aux Arts un essor considérable. Il réorganisa et disciplina l'armée : on lui doit la création du Havre, et le développement de la marine ; il encouragea les découvertes maritimes et favorisa le commerce ; de son règne date l'établissement de l'état civil. Les guerres qu'il entreprit étaient nécessaires et sauvèrent l'Europe de la domination de Charles Quint. Ses victoires, et même ses défaites, qui furent toujours glorieuses, intimidèrent l'Europe et lui imposèrent le respect du nom français. Sous le règne de François Ier, les divers éléments de la nationalité française achevèrent de se souder, si bien que la France était le seul grand État de l'Europe dont les populations étaient complètement unifiées. François Ier se montra habile politique dans ses alliances et par l'encouragement qu'il donna (pour créer des difficultés à Charles Quint) au protestantisme naissant. Par contre, il se montra à l'intérieur intolérant, en permettant le massacre des Vaudois, secte hérétique, mais inoffensive, qui habitait le versant des Alpes. De Claude de France, François Ier eut plusieurs enfants : François, dauphin, qui mourut empoisonné vers l'âge de vingt ans ; Henri, duc d'Orléans, qui lui succéda sous le nom de Henri II ; Charles, duc d'Orléans à l'avènement de son père, et qui mourut sans enfants ; Madeleine, qui épousa Jacques V, roi d'Écosse, et Marguerite, duchesse de Berry, qui épousa Emmanuel-Philibert, duc de Savoie. - Avènement de Henri II, fils de François Ier et de Claude de France, né en 1519. Il a épousé en 1533 Catherine de Médicis (née aussi en 1519), fille de Laurent de Médicis, duc d'Urbin et de Madeleine de La Tour d'Auvergne (princesse française).

1547         HENRI II (1547-1559)

1547         Henri II. Deuxième fils de François Ier et de Claude de France, il est prisonnier en Espagne à l'âge de 7 ans pendant 3 ans, gage pour la libération de son père. En 1536 son frère aîné meurt, il devient le Dauphin. En 1536, il a 17 ans, il doit épouser Catherine de Médicis alors qu'il aime une jeune veuve Diane de Poitiers (de 19 ans son aînée quand même). En 1547 il succède à son père et poursuit sa politique contre Charles Quint et l'Angleterre. Le duc François de Guise (maison de Lorraine) assiège Boulogne aux mains des Anglais ce qui permet à Henri II de négocier sa restitution (1550) puis il se rapproche des princes allemands luthériens (alors qu'il les combats en France), renforce l'alliance avec les Turcs puis il engage la guerre contre Charles Quint en 1552 occupant les trois évêchés Metz, Toul et Verdun, qui défendus par François de Guise résiste victorieusement aux assauts de Charles Quint qui échouera aussi en Artois en 1554. Mais les Français capituleront à Sienne en Italie en 1555. Une trêve est signée à Vaucelles en 1556. En 1556 Charles Quint abdique son autorité sur l'Espagne en faveur de son fils Philippe II et de son titre d'Empereur en faveur de son frère Ferdinand Ier. Henri II reprend la guerre contre Philippe II qui est allié à l'Angleterre par son mariage avec la reine Marie Tudor. Cette dernière, mariée au roi d'Espagne et ayant exercé une répression contre les protestants en Angleterre avait comme surnom Marie la Sanglante, elle était peu appréciée de son peuple. Quand elle déclare la guerre à Henri II et que François de Guise, qui commande l'armée française, reprend Calais en 1558, son prestige tombe complètement, elle meurt l'année suivante. En septembre 1558 Henri II pressé d'en finir avec cette guerre, poussé par les problèmes intérieurs causés par les protestants, accepte l'ouverture de négociations avec l'Espagne. Les négociations traînent en longueur mais à la cour de France le clan de la paix (Montmorency, Diane de Poitiers) l'emporte sur celui de la guerre (les Guises et la reine Catherine de Médicis). Les négociations finalement aboutissent au traité de Cateau-Cambrésie en 1559 dans lequel la France conserve les trois évêchés (Metz, Toul et Verdun) et Calais et renonce au Milanais. Ceci mettra fin définitivement aux guerres d'Italie. Le roi peut alors se consacrer à la lutte contre les protestants, il avait déjà promulgué l'édit de Chateaubriant en 1551, il promulgue l'édit d'Ecouen en 1559 qui est plus répressif, il condamne de mort l'exercice du culte protestant. Il y aura 88 exécutions de protestant sous le règne d'Henri II. Mais la réforme continue à s'étendre et pas seulement dans le petit peuple. Sur le plan intérieur Henri II crée une juridiction intermédiaire, les présidiaux. Il instaure les secrétariats d'état au nombre de quatre, le conseil des affaires. Catherine de Médicis sa femme n'eut pas une très grande influence sur Henri II. Il n'en fut pas de même de sa favorite Diane de Poitiers à laquelle le roi donna le château de Chenonceau et fit construire le château d'Anet, il la fit duchesse de Valentinois. Pour sceller la paix avec l'alliance Espagne-Angleterre, deux mariages sont décidés, la fille du roi Henri II (Élisabeth de France) avec Philippe II d'Espagne et la soeur du roi Henri II (Marguerite de France, duchesse de Berry) avec Emmanuel-Philibert de Savoie. Au cour de réjouissances organisées à l'occasion de ces deux mariages, des joutes sont organisées, Henri II est blessé à l'oeil par la lance cassée de son adversaire Montgomery capitaine de la garde écossaise. Le roi meurt 10 jours après, le 10 juillet 1559. C'est son fils François II qui lui succèdera. Un an après, Henri de Bourbon (Roi de Navarre et père du futur Henri IV) sera également victime d'un tournois, l'ardeur des nobles avait été refroidie par la mort de Henri II mais cette fois les tournois cessèrent définitivement en France. Catherine de Médicis fera rendre les bijoux de la couronne qu'Henri II avait donnés à Diane de Poitiers, elle lui laissera le château d'Anet ou Diane s'exilera, elle mourra en 1566. Le Présidial est un tribunal de justice de l'Ancien Régime créé au XVIe siècle. C'est en janvier 1552 que le roi Henri II de France, désireux de renforcer son système judiciaire, a institué par édit royal les présidiaux. Il en créait un par bailliage et sénéchaussée. Selon l'édit de mars 1552, 60 présidaux étaient créés, dont 32 du ressort du Parlement de Paris. En fonction des besoins et des nécessités (ressources du Trésor, annexion de nouveau territoire, etc.), le nombre des présidiaux a atteint le nombre de 100 en 1764.

1547         2 avril Henri II limoge les conseillers de son père.

1547         Coup de Jarnac, duel judiciaire célèbre s'étant déroulé à Saint-Germain-en-Laye, opposant Guy Chabot de Saint-Gelais, baron de Jarnac à François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraie. Le Dauphin Henri II a tenu des propos injurieux à l'égard de Guy Chabot, sire de Jarnac. La Châtaigneraie, une fois les paroles répétées au vieux roi François Ier, a repris à son compte les médisances. Le “jugement de Dieu” a été différé. En ce 10 juillet, en présence du roi Henri II qu'accompagnent la reine Catherine de Médicis et Diane de Poitiers, la maîtresse du roi, le duel oppose enfin La Châtaigneraie à Chabot. Tous deux sont réputés pour être d'excellents bretteurs. Tout à coup, Chabot porte à La Châtaigneraie un coup inédit. La Châtaigneraie, le jarret coupé, s'écroule. Ce “coup de Jarnac” qui, malgré la mort quelques jours plus tard de La Châtaigneraie, n'est pas puni, est le dernier duel autorisé. Coup de Jarnac se dit en référence à un coup violent, imprévu et considéré, à tort, comme déloyal ou pernicieux. Dans son sens premier et d’escrime, il s’agit d’un coup à l’arrière du genou ou de la cuisse. A l'époque où il devint célèbre, le coup était imprévu et c'est ce qui lui a donné sa signification. Guy Chabot de Saint-Gelais, septième baron de Jarnac, s'était marié en mars 1540 à Louise de Pisseleu, soeur de la duchesse d'Étampes, maîtresse de Francois Ier. Le dauphin, le futur Henri II, avait fait courir le bruit, à l'instigation sans doute de sa maîtresse Diane de Poitiers, que Chabot devait à sa belle-soeur des faveurs de toutes sortes. La duchesse d'Étampes, outragée, demanda à son royal amant justice de ces bruits calomnieux, et Francois Ier ne put qu'accéder à sa demande. Le coupable, le dauphin, craignait la colère de son père, et ce fut La Châtaigneraie, ami du dauphin et redoutable bretteur, qui se dévoua pour dire que c'était lui l'auteur de ces bruits, et qu'il n'avait d'ailleurs fait que répéter ce que Guy Chabot lui avait dit. Chabot ne put, à son tour, que demander au roi la permission de venger son honneur, mais Francois Ier la refusa toute sa vie, bien conscient qu'il ne s'agissait là que de "querelles de femmes jalouses". En 1547, à l'avènement de Henri II, Chabot renouvela sa demande, qui fut alors accueillie favorablement. Mais la réputation de La Châtaigneraie en tant qu'escrimeur était telle que Chabot prit dans l'intervalle des leçons avec un spadassin italien qui lui enseigna un coup de revers inconnu jusque-là (Jarnac n'est donc pas l'inventeur du coup qui porte son nom). Ce maître d'escrime avait également prévu d'exploiter une faiblesse de La Châtaigneraie : une vieille blessure reçue au genou, en choisissant une arme lourde, l'épée à deux mains, afin de le fatiguer, et de le ralentir dans ses déplacements. Le duel eu lieu le 10 juillet 1547. Le début de la rencontre fut en faveur de La Châtaigneraie, grand favori, jusqu'au moment où Chabot put placer ce coup de revers, qui fendit le jarret de son adversaire. Le coup était régulier, et, à la surprise générale, Chabot fut déclaré vainqueur. On dit que La Châtaigneraie, s'attendant à remporter facilement le duel, avait prévu de donner un superbe repas le jour même du duel. En tout cas, il fut tellement humilié de cette défaite qu'il arracha le soir venu les pansements de sa blessure, et il mourut dans la nuit.

1547         26 juillet Sacre de Henri II à Reims. Second fils de François Ier, Henri II que son père a marié à Catherine de Médicis en 1533, est sacré à Reims par le Charles de Guise, cardinal de Lorraine et frère de François de Guise, chef de la Ligue catholique. Pendant la cérémonie du sacre, il engage le roi qui a vingt-huit ans à combattre l'hérésie. Un engagement que le roi confirmera en octobre suivant par la création d'une Chambre ardente qui rendra plus de cinq cents arrêts contre l'hérésie en trois ans. Exclamation du président du tribunal chargé des affaires calvinistes : “Jésus ! Jésus ! qu'a donc cette jeunesse pour vouloir ainsi se faire brûler pour rien ?”. Une Chambre ardente était une cour de justice investie d'un pouvoir extraordinaire pour juger des faits exceptionnels. La salle des audiences était tendue de noir et éclairée par des flambeaux, même de jour. Chambre ardente. Nom de plusieurs cours de justice extraordinaires réunies à certains moments de l'histoire pour juger des faits exceptionnels. Ces commissions officient dans des lieux tendus de noir et éclairés de flambeaux, d'où l'adjectif "ardente". Les empoisonneuses La Brinvilliers et La Voisin ou les opérations de la banque de Law ont été jugées par une chambre ardente. Charles de Guise, Charles de Lorraine, (17 février 1524, Joinville - 26 décembre 1574, Avignon), duc de Chevreuse, archevêque de Reims, évêque de Metz de 1550 à 1551, puis cardinal de Lorraine. Il est le second fils de Claude de Lorraine, premier duc de Guise et Seigneur de Joinville, qui se distingua sous François Ier dans les guerres contre Charles Quint, et d'Antoinette de Bourbon-Vendôme. Archevêque de Reims à l'âge de quatorze ans par la démission de son oncle Jean (1538), il prit le titre de cardinal de Lorraine après la mort de son oncle (1547). Il sut, avec son frère aîné, François de Guise, gagner la faveur d'Henri II. Lui et ses frères exercèrent une grande influence et jouèrent un grand rôle dans les affaires du pays.

1547         25 septembre : Ivan IV, dit Ivan le Terrible est sacré tsar (caesar) et inaugure son règne personnel. Ivan IV Vassiliévitch, né le 25 août 1530 à Kolomenskoïe, mort le 18 mars 1584 à Moscou, grand-prince de Vladimir et Moscou de 1533 à 1584, premier tsar de Russie de 1547 à 1584.

1547         8 octobre Le Parlement institue la Chambre Ardente pour lutter contre l'hérésie. Henri II renforcera les pouvoirs des secrétaires d'État afin d'asseoir son autorité. Il imposera une stricte observance de la religion catholique à tous ses sujets de crainte de voir son pouvoir s'affaiblir. Il créera la "Chambre ardente" en 1547, afin de punir les Réformés du ressort du Parlement de Paris. Douze habitants de Langres seront brûlés en 1548 et sept parisiens en 1549. L'Édit de Châteaubriant instaurera la création d'une "Chambre ardente" dans tous les Parlements de Province. Les Édits de Compiègne (1557) et celui d'Écouen (1559) ordonneront d'envoyer au bûcher les hérétiques qui ne pourront présenter des certificats d'orthodoxie.

1547         à 1616 - naissance et mort de Miguel de Cervantes. Écrivain espagnol, celui qui allait rester dans l'Histoire de la littérature universelle comme l'auteur du célèbre 'Don Quichotte de la Manche' : Miguel de Cervantes y Saavedra. Ancien soldat qui avait cherché fortune dans le métier des armes, il finit par se consacrer à la littérature. Si Cervantes est un mythe, Don Quichotte est à lui seul une vaste littérature. Un auteur dont la reconnaissance ne fut pas immédiate - il a 57 ans lorsque paraît la première partie de Don Quichotte -, qui publia des romans et des nouvelles, mais aussi des poèmes, et se risqua au théâtre. Né avec le Siècle d'or, Cervantes a consacré les dernières années de sa vie à l'écriture après avoir combattu au nom du Catholicisme et avoir servi en tant que commissionnaire. Il eut une longue vie errante. Il fréquenta l'université, accompagna à Rome le cardinal Acquaviva, légat du pape. Puis il devint soldat. Il participa à la bataille de Lépante (1571) au cours de laquelle la flotte de la Sainte-Ligue (Espagne, Venise, Saint-Siège) battit les Turcs, mettant fin à la légende de l'invincibilité ottomane. Il y perdit un bras. Il fut fait prisonnier et passa cinq ans au bagne d'Alger. De retour en Espagne, il se maria et trouva un emploi de fonctionnaire. Il se lança ensuite dans différents trafics qui le conduisirent en prison. Il commença sa carrière littéraire en 1585 avec un roman pastoral dans le goût du temps. S'il n'a pas été totalement reconnu en son temps, il est, des auteurs de l'époque, celui qui eut le plus d'influence sur la littérature. Poète, dramaturge et romancier il a réinventé la nouvelle, créé le roman moderne et donné naissance au héros problématique. Son 'Don Quichotte de la Mancha' a ouvert les voies de l'absurde et reste un modèle de littérature burlesque.

1547         Guillaume Budé écrit 'De l'Institution du Prince’

1547         Marguerite de Navarre écrit 'Les Marguerites de la Marguerite des Princesses’

1547         Noël du Fail écrit 'Propos rustiques'. Noël du Fail, seigneur de La Hérissaye (1520-1591), écrivain français : 'Les Propos rustiques' (1547) et 'Les Baliverneries d'Eutrapel' (1548).

1547         Traduction de Vitruve, 'l'Architecture' par Jean Martin. Vitruve (Marcus Vitruvius Pollo) est un architecte romain qui vécut au Ier siècle av. J.-C. Après avoir été soldat en Gaule, en Espagne et en Grèce, il enseigne l'architecture à Rome. On lui doit l'invention du module quinaire dans la construction des aqueducs. Il est l'auteur d'un célèbre traité d'architecture, 'De Architectura' (Dix livres d'architecture en français), probablement écrit entre -27 et -23 et qu'il dédie à l'empereur Auguste. C'est le seul écrit d'architecture qui nous soit parvenu de l'Antiquité, et les architectes de la Renaissance artistique comme l'italien Palladio s'en inspirent beaucoup, jusqu'à l'architecture classique et baroque, où Claude Perrault (1613-1688) commence à remettre en question l'interpétation de ses principes. Il y met en évidence la remarquable harmonie de la proportion basée sur le Nombre d'or. Selon lui, l'architecture est science qui s'acquiert par la pratique et la théorie. L'architecte doit avoir de nombreuses connaissances en géométrie, en dessin, en histoire, en mathématiques, en optique.

1548         Marie Stuart, fille du roi d'Écosse, Jacques V et de Marie de Guise, est envoyée en France et fiancée au dauphin, fils de Henri II (futur François II). Marie Stuart, Marie Ière d'Écosse (8 décembre 1542 - 8 février 1587) fut reine d'Écosse du 14 décembre 1542 au 24 juillet 1567. Elle est probablement la mieux connue des souverains écossais, en partie à cause de la tragédie de sa vie. Elle se maria 3 fois : le 24 avril 1558, elle épousa à Paris François de France qui devint le 10 juillet 1559, François II roi de France ; le 29 juillet 1565, elle épousa à Edimbourg Henry Stuart, Lord Darnley qui devint par son mariage duc d'Albany et roi consort d'Écosse ; le 14 mai 1567, elle s'unit à James Hepburn, comte de Bothwell qui devient duc d'Orkney.

1548         Mariage de Jeanne d'Albret, fille de Henri II, roi de Navarre, avec Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, descendant de Robert de Clermont, cinquième fils de saint Louis; de ce mariage naîtra Henri IV. Jeanne d'Albret, Jeanne III de Navarre, couramment appelée Jeanne d'Albret, née le 7 janvier 1528 à Pau, morte le 9 juin 1572 à Paris, fut reine de Navarre de 1555 à 1572. Elle était fille d'Henri II (1503-1555) dit Henri d'Albret, roi de Navarre (1517-1555) et de Marguerite de France (1492-1549), dite Marguerite d'Angoulême, soeur aînée du roi de France François Ier. Antoine de Bourbon, (1518 † 1562), fils de Charles, duc de Vendôme, et de Françoise d'Alençon. De l'héritage paternel : duc de Vendôme et de Bourbon (1537-1562). Par son mariage avec Jeanne d'Albret : roi de Navarre, comte de Foix, de Bigorre, d'Armagnac et de Périgord, vicomte de Béarn (1555-1562).

1548         C'est à partir de cette année que les monnaies en France portent l'effigie du souverain (jusqu'alors, elles étaient marquées d'une croix, ce qui en rendait l'imitation trop facile).

1548         François Rabelais écrit 'Le Quart Livre’

1548         Joachim du Bellay écrit 'L'Olive’

1549         8 août Henri II déclare la guerre à l'Angleterre. Parce qu'il veut que Marie Stuart épouse son fils le dauphin François, Henri II a envoyé François de Guise en Écosse avec 6 000 hommes afin de ramener sa nièce à peine âgée de huit ans Marie Stuart, fille de Jacques V d'Écosse et de Marie de Lorraine, qui, depuis la mort de son mari, assure la régence. Le régent d'Angleterre a le même projet. Il veut que la même Marie Stuart épouse son neveu, le futur Édouard VI d'Angleterre. Ces projets contradictoires amènent le roi de France à déclarer la guerre à l'Angleterre. François de Guise, François Ier de Lorraine, (24 février 1519, Bar-le-Duc - 18 février 1563, Orléans), 2e Duc de Guise (1520-1563), comte, puis Duc d'Aumale et Pair de France, Marquis de Mayenne, baron, puis Prince de Joinville, grand chambellan et grand veneur.

1549         Début de La Brigade (devient La Pléiade): Du Bellay, Ronsard, Jodelle, Antoine de Baïf, Guillaume des Autelz, Étienne Jodelle, Belleau, Pontus de Tyard, Jean de la Péruse. La Pléiade (d'abord nommée "la Brigade") est un groupe de sept poètes français du XVIe siècle rassemblés autour de Ronsard. Le nom du groupe est emprunté à sept autres poètes d'Alexandrie qui avaient choisi, au IIIème siècle, le nom de cette constellation pour se désigner. Les membres de la Pléïade entrent dans une logique de rupture avec leurs prédécesseurs, ils rompent avec la poésie médiévale et cherchent à éxercer leur art en francais ("la poésie doit parler la langue du poête"). Il constatent cependant que la langue française est pauvre et non adaptée à l'expression poétique. Ils décident donc d'enrichir la langue par la creation de néologismes issus du latin, du grec et des langues regionnales. Ils défendent en même temps l'imitation des auteurs gréco-latins dans le but de s'en inspirer pour pouvoir les dépasser. Ils imposent l'alexandrin, l'ode et le sonnet comme des formes poétiques majeures. À la demande de François Ier, ils participent au développement et à la standardisation du français. La Pléiade. Nom donné aux groupes de sept poètes (par allusion aux sept filles d'Atlas, les Pléiades) qui ont jalonné l'histoire littéraire, de la Grèce antique au XVIe siècle. La Pléiade la plus célèbre — d'abord appelée la Brigade — est celle constituée au XVIe siècle par les poètes Ronsard, Joachim du Bellay, Pontus de Tyard, Jean Antoine de Baïf, Étienne Jodelle, Rémi Beleau et Jacques Pelletier du Mans (auquel se substitua Jean Dorat).

1549         Joachim du Bellay écrit 'défense et Illustration de la langue française' (devient le manifeste de la Pléiade).

1549         Pontus de Tyard écrit 'Les Erreurs amoureuses'. Pontus de Tyard (1531-1603) Poète français lyonnais, ou plus précisément du Maconnais. Son modèle est plutôt Maurice de Scève et Pétrarque bien que Ronsard l'inclut dans la Pléiade. Il publie les "Erreurs amoureuses" (1549). Tyard apporte une certaine "fureur poétique" dans la poésie française.

1550         Bernard Palissy perfectionne les techniques de la céramique. Bernard Palissy, ce polémiste, autodidacte, céramiste, potier, écrivain apprendra la technique de cuisson des glaçures à partir de 1530. De 1536 à 1556, il consacrera vingt ans de sa vie à découvrir le secret des émaux. Sa vie géniale et tumulteuse est à l'origine d'un véritable "mythe palisséen". Les Lumières et les révolutionnaires verront en lui le type même "du génie persécuté par l'Église". Si Palissy est mentionné dans de nombreux documents du XVIe siècle ; aucun de ses confrères, scientifiques et artisans, ne formulera un quelquonque avis sur son travail.

1550         24 mars Traité entre la France et l'Angleterre restituant Boulogne contre 400 000 écus.

1550         27 juin Naissance de Charles (futur Charles IX), second fils de Henri II et Catherine de Médicis. Charles IX de France, né Charles-Maximilien de France, né le 27 juin 1550 au château royal de Saint-Germain-en-Laye, mort le 30 mai 1574 au château de Vincennes, fut roi de France de 1560 à 1574, quatrième roi du rameau dit de Valois-Angoulême de la branche dite de Valois de la dynastie capétienne.

1550         août : Controverse de Valladolid qui porta sur le statut des Indiens d'Amérique (appartiennent-ils à l'humanité ? Quel traitement leur accorder ?) et qui opposa Bartolomé de Las Casas et le théologien Sepulveda devant l'empereur Charles Quint. Sepulveda fait valoir que la guerre aux Indiens est non seulement licite mais recommandable car elle est légitime au regard de quatre arguments : la gravité des délits des Indiens (idolâtrie, péchés contre nature), la grossièreté de leur intelligence, les besoins de la foi, leur sujétion facilitant la prédication, les maux qu'ils s'infligent les uns aux autres (sacrifices). La controverse tourne à l'avantage de Las Casas (ses arguments sont dans l'intérêt du monarque qui souhaite dessaisir les conquérants de la capacité de traiter les Indiens à leur guise, pour pouvoir les soumettre directement, au nom de l'Église). Les rois d'Espagne ne veulent plus qu'on appelle les découvertes "conquêtes". A la tête du Conseil des Indes, ils placent des hommes qui doivent conduire les populations "pacifiquement et charitablement". Controverse de Valladolid, Charles Quint, après avoir autorisé cet esclavage en 1517, l'avait interdit en 1526 sur une recommandation du Conseil des Indes, institué par lui en 1524. Rome avait déjà soutenu cette seconde position le 2 juin 1537 (Veritas ipsa) et le 9 juin 1537 (Sublimis Deus) sous l'autorité du pape Paul III. Elle condamnait l'esclavage des Indiens et affirmait leur droit en tant qu'êtres humains à la liberté et à la propriété. Mais Charles Quint, en pleine expansion de la Réforme en Europe, ne souhaitait pas s'en remettre à l'autorité de Rome sur un tel sujet. Le verdict du Légat du Pape est très finement énoncé. En déclarant qu'il est décidé (tel est le terme utilisé, distinct de "reconnu" ou "admis") que les amérindiens ont une âme, le visage de Sepulveda s'obscurcit, signe de la victoire d'une Église humaniste. Mais la décision est immédiatement suivie d'une solution au problème économique de la nature humaine des autochtones : un homme ayant une âme ne peut être exploité sans rémunération ou tué sans raison. L'envoyé du Pape ouvre alors une perspective qui fera ses preuves : la main d'oeuvre gratuite doit être recherchée parmi les noirs d'Afrique qui eux n'auraient pas d'âme de par leur absence de civilisation. Sepulveda et Las Casas sont tous deux vaincus. Bartolomé de Las Casas (Séville, 1474–Madrid, 1566), théologien dominicain espagnol, évêque de Chiapas (Mexique), écrivain et voyageur, il est considéré comme l'un des premiers défenseurs des droits des peuples originaires d'Amérique et une figure historique de la lutte pour les droits de l'Homme. Juan Ginés de Sepulveda (Cordoue, v. 1490 - id., 1573) est un théologien espagnol. Lors de la controverse de Valladolid, il s'opposa aux théories humanitaires du moine Bartolomé de Las Casas visant à limiter l'utilisation des Amérindiens comme esclaves. Plutôt calme et posé, il s'oppose au caractère tumultueux du moine dominicain lors de la Controverse de Valladolid. Maîtrisant la logique du philosophe grec Aristote, il réussit à mener qui l'entend sur "le chemin brumeux de la compréhension" qui devient alors claire comme de l'eau de roche.

1550         à 1557 - Construction de la mosquée Süleymaniye. La plus grande mosquée d'Istambul fut érigée de 1550 à 1557 pour le plus grand des sultans, Soliman le Magnifique, sur la troisième colline du vieux Stamboul d'où elle domine majestueusement la Corne d'or. Mosquée Süleymaniye, pour Soliman le Magnifique, l'architecte Sinan construisit notamment, entre 1550 et 1557, la mosquée Süleymaniye (Süleymaniye Camii) d'Istanbul, tenue par les poètes turcs comme la sublime expression de la "splendeur et de la joie". Cette mosquée "selatin" (pluriel de "sultan") — on appelle ainsi les mosquées à plusieurs minarets uniquement construites par les sultans ou leurs familles — est incontestablement l'une de ses plus grandes réussites et est considérée comme la plus belle des mosquées impériales d'Istanbul. Chaque détail contribue à la rendre exceptionnelle : ses proportions harmonieuses — les dimensions intérieures de la mosquée sont de 70 m de long sur 61 m de large ; la lumière qui pénètre par les 138 fenêtres ; le dôme en cascade — de 27,5 m de diamètre et de 47,75 m de hauteur depuis le sol jusqu'à la clé de voûte —, percé de 32 fenêtres, supporté sur les côtés par des demi-coupoles. La mosquée est dotée d'un parvis à portiques couronnés de 28 dômes supportés par 24 colonnes monolithes antiques (2 en porphyre, 10 en marbre blanc et 12 en granit). Au centre de la cour se trouve un "şadırvan" (fontaine d'ablutions).

1550         Théodore de Bèze écrit 'Abraham sacrifiant', tragédie françoise. Théodore de Bèze, né en 1519 à Vézelay et décédé en 1605 à Genève, fut un théologien protestant du XVIe siècle. Réformateur français, converti au calvinisme en 1548, il devient l'adjoint de Jean Calvin à Genève en 1558, qu'il remplace à la tête de la Compagnie des pasteurs après sa mort en 1564. Il dirigea également la délégation protestante au colloque de Poissy en 1561 et fut recteur de l'Académie de Genève.

1550         Pierre de Ronsard écrit 'Les quatre premiers livres des Odes’

1550         Barthélémy Aneau écrit 'Le Quintil Horatian'. Barthélémy Aneau (1500-1561) fut ami de Marot, principal du collège de la Trinité, suspecté d'appartenance à la religion réformée et assassiné par des catholiques extrémistes. Il avait traduit la République d'Utopie de Thomas More.

1550         Ambroise Paré écrit 'La briesve collection de l'administration anatomique’

1551         Henri II a fait sienne la politique de son père à l'égard de la maison d'Autriche. Il est du plus haut intérêt pour la France d'empêcher cette monarchie de consolider sa puissance en Europe. Dans cette vue, Henri II entre dans une ligue formée contre Charles Quint par les protestants d'Allemagne (il est à remarquer d'ailleurs que cela ne l'empêche pas de se montrer fort intolérant envers les protestants français).

1551         17 juin Édit de Châteaubriant contre les hérétiques. Châteaubriant est une commune française, située dans le département de Loire-Atlantique et la région Pays de la Loire. Elle fait partie de la Bretagne historique.

1551         19 septembre Naissance de Henri (futur Henri III), troisième fils de Henri II et Catherine de Médicis. Henri III de France (1551-1589) fut roi de Pologne quelques mois sous le nom d'Henri de Valois, avant de prendre le titre de roi de France. Le 11 mai (jour de la Pentecôte) 1573, il est élu roi de Pologne. Il règne sur la Pologne du 24 janvier au 18 juin 1574. Le 30 mai 1574, Charles IX étant mort, il quitte la Pologne en catimini pour le trône de France. Il est sacré à Reims le 13 février 1575 sous le nom d'Henri III et le 15 février il épouse Louise de Lorraine.

1551         Guillaume Postel écrit 'Les Raisons de la monarchie'. Guillaume Postel, visionnaire et philologue né à Dolerie (Manche) en 1510, mort à Paris en 1581. D'une famille très pauvre, il apprit seul le grec, l'hébreu et l'arabe; Marguerite de Valois (Marguerite de France) décida François Ier à l'envoyer en Orient pour chercher des manuscrits, et à son retour on le nomma professeur au Collège de France (1539). Cependant l'idée lui était venue de travailler à la conversion des musulmans en répandant chez eux une traduction arabe du Nouveau Testament; on préparerait ainsi l'union de tous les humains sous la monarchie universelle, qui devait appartenir an roi de France; Postel se rendit à Rome pour exposer ses vues à Ignace de Loyola, mais après un long noviciat on refusa de le recevoir dans la Compagnie de Jésus.

1552         Hostilités contre Charles Quint. - Une armée française, pénétrant à l'improviste sur les terres soumises à l'Empereur, s'empare successivement de Metz, Toul et Verdun: les Trois Évêchés. Comme conséquence de ce succès, elle occupe la Lorraine et le Luxembourg. - Henri II avait profité, pour mener cette attaque, des difficultés que suscitaient les protestants d'Allemagne à Charles Quint. Ce dernier, en apprenant la perte des Trois Évêchés, se hâte de composer avec ses sujets, et jette en France une armée de 60 000 hommes, pourvue de 100 canons; les Impériaux viennent mettre le siège devant Metz, qui est défendu par François de Guise. François de Guise, François de Lorraine, duc de Guise, François Ier de Lorraine, (1519, Bar-le-Duc - 18 février 1563, Orléans) 2ème duc de Guise (1519-1563), fils aîné de Claude de Guise. Né au château de Bar en 1519. Il prend part en 1545 au siège de Boulogne contre les Anglais, au cours duquel il est grièvement blessé. Chef de guerre d'une grande audace, nommé gouverneur de Metz par Henri II de France, il résiste victorieusement dans Metz assiégée à Charles Quint empereur du Saint Empire romain germanique et l'oblige à lever le siège de Metz en 1552. En 1556-1557, il prend la tête de l'expédition qui, en Italie, essaie vainement de reprendre Naples aux Espagnols. À son retour, il est nommé lieutenant général du royaume et reprend Calais aux Anglais en 1559. À la mort d'Henri II de France, François II de France, époux de sa nièce, Marie Stuart, fille de Marie de Guise, monte sur le trône : mais François de Guise et son frère, le Cardinal de Lorraine (Charles de Guise) véritable tête politique de la famille, deviennent les maîtres du royaume. Fervent défenseur du catholicisme, il fait réprimer dans un bain de sang, en 1560, la conjuration protestante d'Amboise, soutenue par Louis Ier de Bourbon, prince de Condé, et encouragée secrètement par l'Angleterre. Mais la mort de François II, en décembre 1560, l'écarte de la cour et du pouvoir. Violemment opposé à la nouvelle politique de tolérance menée par Catherine de Médicis, autorisant officiellement le culte réformé, il provoque un massacre en Champagne, au cours duquel 80 protestants qui célébraient leur culte dans une grange sont exterminés par ses gens. Vainqueur des huguenots à Rouen, en octobre 1562, et à Dreux, en décembre de la même année, il tente de reprendre Orléans lorsqu'il est assassiné le 18 février 1563 d'un coup de pistolet par un gentilhomme protestant, Jean de Poltrot de Méré, sans doute commandité par Gaspard de Coligny, un chef influent du parti protestant. Après sa mort, le calme revient pour quelque temps sur le royaume.

1552         15 janvier Traité de Chambord entre Henri II et les princes allemands contre Charles Quint. Par le traité de Chambord (15 janvier 1552), les princes allemands s'engagèrent à attaquer Charles Quint et à tenter de le faire prisonnier, pendant qu'Henri II se porterait sur les Pays-Bas. Henri II déclara la guerre en février 1552 ; la campagne militaire fut d'abord dirigée vers l'Allemagne puis vers les Pays-Bas ; la France remporta d'importants succès initiaux, qui lui permirent d'occuper la Lorraine et les Trois-Évêchés ; Charles Quint échoua à reprendre Metz, défendue par le duc de Guise. Traité de Chambord, le 15 janvier 1552, Henri II roi de France, conclut une alliance avec les Turcs et les protestants allemands contre Charles Quint. Les princes allemands s'engagèrent à attaquer Charles Quint et à tenter de le faire prisonnier, pendant qu'Henri II se porterait sur les Pays-Bas. Henri II déclara la guerre en février 1552 ; la campagne militaire fut d'abord dirigée vers l'Allemagne puis vers les Pays-Bas ; la France remporta d'importants succès initiaux, qui lui permirent d'occuper la Lorraine et les Trois-Évêchés. Les Trois-Évêchés désigne collectivement les territoires relevant des évêques de Metz, de Toul et de Verdun qui, alors appartenant au Saint Empire romain germanique, furent occupés par Henri II en 1552 et placés sous tutelle française jusqu'à leur annexion définitive par la France en 1648 en vertu des Traités de Westphalie. Ces territoires et les duchés de Bar et de de Lorraine formaient une mosaïque territoriale source de conflit.

1552         Alliance de la France et des princes allemands protestants en échange de l'annexion de Toul, Metz et Verdun.

1552         11 novembre Gaspard de Coligny nommé amiral de France. Gaspard de Coligny, Gaspard de Châtillon, comte de Coligny, baron de Beaupont & Beauvoir, Montjuif, Roissiat, Chevignat & autres lieux, plus connu sous le nom de Gaspard de Coligny (Châtillon-sur-Loing, 16 février 1519–Paris, 24 août 1572), amiral de France. Neveu du connétable Anne de Montmorency, Coligny doit sa fortune à son illustre oncle. Quand Henri II rappelle ce dernier de l'exil où l'avait confiné François Ier, Coligny reçoit la charge de colonel général de l'infanterie, puis d'amiral de France, et devient gouverneur de Picardie.

1552         Pontus de Tyard écrit 'Solitaire premier’

1552         Pierre de Ronsard écrit 'les Odes, les Amours'.

1552         à 1630 - naissance et mort de Agrippa d'Aubigné. Poète et diplomate français, témoigne d'une précoce intelligence. Il apprend le latin, le grec et l'hébreu. Très jeune, il est témoin du martyre des suppliciés d'Amboise et des atrocités du siège d'Orléans et, après des études à Genève et Lyon, s'enrôle à quinze ans dans les troupes protestantes. Écuyer d'Henri de Navarre (futur Henri IV), il le sert jusqu'à ce qu'il abjure le calvinisme. D'Aubigné se retire ensuite sur ses terres, avant de se réfugier à Genève au moment de la conspiration contre Luynes (1620). Considéré comme le grand poète de la période baroque, Agrippa d'Aubigné débute en poésie sous l'influence de la poétique de la Pléiade. Il compose 'le Printemps' inspiré par Diane Salvati, nièce de la Cassandre de Ronsard. Mais ce recueil imprégné de pétrarquisme et d'une certaine violence ne sera édité qu'au XIXe siècle. Dès 1577, il entreprend la rédaction des Tragiques, dont la première édition ne paraîtra qu'en 1616. Composée en sept livres: "Misères", "Princes", "Chambre dorée", "Feux", "Fers", "Vengeances", "Jugement", l'oeuvre renvoie aux sept sceaux de l'Apocalypse. Un violent réquisitoire retrace les persécutions subies par les protestants. Suit une mise en accusation de leurs responsables, la cour et le Palais de justice de Paris, l'évocation des martyrs protestants, la fresque des massacres des guerres de religion et l'ouvrage se referme sur le jugement dernier. Prosateur abondant, d'Aubigné a publié une ample 'Histoire universelle' (1619-1620) et de nombreux pamphlets, notamment 'Les Aventures du baron de Faeneste'.

1553         Naissance de Henri (futur Henri IV) à Pau. Henri IV de France, né Henri de Bourbon (°13 décembre 1553 à Pau /-14 mai 1610 à Paris) fut roi de Navarre (1572-1610) puis roi de France (1589-1610), premier roi de la branche dite de Bourbon de la dynastie capétienne. Contemporain d'un siècle ravagé par les Guerres de religion, il y fut d'abord impliqué en tant que protestant avant d'accéder au trône de France. En tant que roi, il se convertit au catholicisme, et signa l'Édit de Nantes, qui autorisa la liberté de culte pour les protestants et mit fin aux guerres de religion. Bien qu'aimé par une grande partie de la population, il fut assassiné en 1610 par un fanatique, Ravaillac.

1553         Olivier de Magny écrit 'Les Amours'. Olivier de Magny est un poète français (1529-1561) né à Cahors. Il fut un ami de Joachim Du Bellay qu'il rencontra à Rome lorsqu'il y accompagna en tant que secrétaire, le cardinal d'Avençon. Son oeuvre poétique est importante mais oubliée.

1553         Naissance de la tragédie humaniste avec 'la Cléopâtre captive' d'Étienne Jodelle. Étienne Jodelle (1532-1573) Poète français. Bien que faisant partie de la Pléiade, il est surtout l'homme d'une pièce qui fit scandale, 'Cléoparte' (1554). C'est un ardent révolté contre le courant paganiste de certains poètes et contre le pétrarquisme. Après sa mort, un de ses amis publie ses "Oeuvres et mélanges poétiques" (1574). La tragédie humaniste est une déploration passive d'une catastrophe. Le personnage est une victime, cette tragédie est essentiellement statique et linéaire voire pathétique. La tragédie met en scène des passions nobles et fortes. Elle a des principales règles en point de départ qui sont : - la division en cinq règles ; - pas plus de trois personnages parlant en même temps ; - le début de la pièce doit être le plus près possible du dénouement.

1553         Décès à Paris de l'écrivain François Rabelais.

1554         François de Guise bat les troupes de Charles Quint à Renty en Artois.

1554         Les Chérifs saadiens, maîtres du Maroc. Les Saadiens, peuple arabe descendant du Prophète, prennent le pouvoir. Ils parviendront à reconquérir quelques comptoirs portugais et choisiront Marrakech pour établir leur capitale. Après la victoire de Ksar el-Kébir au Portugal, le territoire rayonnera à nouveau sous le sultan Ahmed al-Mansour. Ce dernier prendra Tombouctou en 1591 et apportera richesse et prospérité au royaume. Lors de sa mort, en 1603, le pays sera à nouveau affaibli par les querelles de succession. Saadiens, dirigeants des tribus venus de la vallée du Draâ, exaspérés par les offensives chrétiennes, se révoltent contre les wattassides et chassent ceux-ci du pouvoir. Fondant leur propre dynastie, ils entament une guerre sainte contre les Portugais. C'est ainsi qu'Agadir est reprise en 1541… Dans le même temps, les Saadiens s'allient aux Espagnols pour faire face à la menace turque !    

1554         25 juillet : le futur Philippe II d'Espagne épouse Marie Tudor, reine d'Angleterre (1553-1558). Il reste en Angleterre de juillet 1554 à août 1555. L'Angleterre est entraînée dans la guerre des Habsbourg contre les Valois. Marie Tudor, Marie Ière ou Marie Tudor (18 février 1516 - 17 novembre 1558), reine d'Angleterre, est aussi connue sous le nom de "la Sanglante" (Bloody Mary), à cause des persécutions envers les protestants pendant son règne de 1553 à 1558. Elle naquit au Palais de Greenwich, près de Londres, fille du roi Henri VIII d'Angleterre et de sa femme, Catherine d'Aragon. Après le divorce de ses parents, elle perdit sa place dans la succession, et fut déclarée illégitime. Mais la mort de son père en 1547 la laissa encore en faveur et, après la mort prématurée de son frère Édouard VI d'Angleterre, elle devint reine. Il fut d'abord nécessaire d'évincer sa cousine lady Jeanne Grey, soutenue par les protestants. En 1554, elle épouse Philippe II d'Espagne (1527-1598), mais ce ne fut pas un mariage populaire. Avec l'aide des Espagnols, elle tenta de restaurer la religion de sa mère, et beaucoup de protestants furent mis à mort. Marie n'ayant pas eu d'enfants, c'est sa demie soeur, Élisabeth Ière d'Angleterre, qui lui succéda.

1554         8 décembre Ambroise Paré nommé docteur en chirurgie.

1554         André Thevet écrit 'Cosmographie du Levant'. Frère André Thévet, voyageur et écrivain né à Angoulême en 1502, mort à Paris le 23 novembre 1590. Entré jeune dans l'ordre des cordeliers, il obtint de ses supérieurs, en 1549, l'autorisation de visiter l'Italie, passa à Constantinople, puis parcourut l'Asie Mineure, la Grèce, la Terre Sainte, et, de retour en France en 1554, repartit dès l'année suivante pour le Brésil, où il ne demeura que quelques mois. II devint par la suite aumônier de Catherine de Médicis, puis fut nommé, avec des appointements considérables, historiographe et cosmographe du roi.

1555         Expédition de Villegagnon au Brésil. Les Portugais ayant fondé la capitale du Brésil à Salvador de Bahia en 1549, ce sont les Français, qui en 1555, menés par l'Amiral Villegagnon, fondèrent les premières fortification sur le site. Le site sera disputé entre Français, Espagnols et Portugais, qui finalement gagneront en 1564. Nicolas Durand de Villegagnon (1510, Provins - 9 janvier 1571) fut un militaire et explorateur français.

1555         17 avril Capitulation des armées françaises à Sienne devant les Impériaux. 2 août 1554, les français sont battus à Marciano en Toscane et le 17 avril 1555, ceux qui défendent la ville de Sienne capitulent. Pendant l'été 1555, les français connaissent des succès dans le Piémont.

1555         14 octobre Alliance entre Paul IV et Henri II contre Charles Quint. Paul IV, Pietro Carafa, né à Sant'Angelo della Scala en 1476, pape de 1555 à 1559 sous le nom de Paul IV. Il est le fondateur de l'ordre des Théatins.

1555         26 septembre Signature de la Paix de Augsbourg. Le Saint-Empire romain germanique est partagé en deux confessions, catholique et luthérienne. Chaque prince a dorénavant le droit de faire appliquer la religion de son choix dans ses États ("cujus regio, ejus religio" : "la religion du prince est la religion des sujets"). Les habitants doivent accepter de se soumettre à la confession choisie par leur souverain sans quoi ils sont contraints de quitter l'état et ils perdent tous leurs biens. Cette paix est signée au terme du conflit religieux et politique opposant l'empereur Charles Quint, catholique, aux princes protestants d'Allemagne. Paix d'Augsbourg, pour combattre la Réforme, Charles Quint promulgue en 1521 l'édit de Worms qui interdit strictement l'exercice de la religion protestante. Il recommence en 1529 en réunissant une diète à Spire qui décide que la messe doit être célébrée selon le rite catholique même dans les territoires protestants, les partisans de Luther protestèrent. Depuis, ils portent le nom de Protestants. En 1546, l'Empereur opte pour l'action militaire, combattant les princes luthériens unis dans la ligue dite de Schmalkalden. Malgré une victoire militaire, une négociation s'impose: Les protestants comptent trop d'adeptes parmi les puissants princes allemands. Une négociation commence à Augsbourg. Le 25 septembre 1555, la Paix d'Augsbourg suspend les hostilités entre les États luthériens et les États catholiques en Allemagne. C'est un compromis qui n'a pu voir le jour qu'en éludant un grand nombre de questions litigieuses. Elle repose sur un principe fondamental : cuius regio, eius religio soit tel prince, telle religion. Les princes et les seigneurs étaient désormais libres de choisir, pour eux et leurs vassaux, entre les deux religions chrétiennes. Les sujets en désaccord avec la religion de leur suzerain avaient le droit d'émigrer. Elle permet aux princes protestants de conserver les biens de l'Église qu'ils ont sécularisés. Le luthérianisme en tire d'importants avantages et se retrouve à égalité avec les catholiques. Cette paix relative prendra fin en 1618 avec la défenestration de Prague qui est à l'origine de la guerre de Trente Ans.

1555         Nostradamus écrit 'Vraies Centuries et Prophéties'. Nostradamus, Michel de Nostredame plus connu sous le nom de Nostradamus était un médecin de la Renaissance, pratiquant l'astrologie comme tous ses confrères du XVIe siècle. Il est né le 14 décembre 1503, vers midi, à Saint-Rémy-de-Provence. Souffrant d'épilepsie psychique, de la goutte et d'insuffisance cardiaque, il mourut le 2 juillet 1566 à Salon-de-Provence d'un oedème cardio-pulmonaire. 'Les Propheties' (comprenant dix Centuries – ensembles de cent quatrains) seront rééditées plusieurs fois de son vivant, avec, jusqu'à sa mort, de nouveaux ajouts. La première édition compte trois cent cinquante-trois quatrains, la dernière neuf cent quarante... Il est très possible qu'avec cet ouvrage particulièrement soigné et rempli de références savantes Nostradamus escomptait toucher un public cultivé, formé d'humanistes, de lettrés et de puissants. 'Les centuries' de Nostradamus ont donné lieu à près de dix mille ouvrages ! Aujourd'hui encore, malgré des travaux sérieux, nul ne peut dire exactement ce qu'elles signifient... Comme toujours avec Nostradamus, il faut faire preuve d'une certaine réserve. Son style obscur et son vocabulaire, mélange de vieux français, de latin, de provençal et (selon certains) d'hébreu donne aux exégètes une grande liberté d'interprétation. Nostradamus est un "virtuose de l'ambiguïté", qui a multiplié les anagrammes, les symboles, les références mythologiques, crypté tous ses quatrains à l'aide de figures de style.

1555         Guillaume Le Testu écrit 'Cosmographie universelle selon les navigateurs tant anciens que modernes'. Guillaume Le Testu (1509-1573) était un explorateur et cartographe français, né au Havre. Il explore le littoral brésilien en 1551. Il est l'auteur d'un atlas de 56 cartes ('Cosmographie Universelle selon les navigateurs, tant anciens que modernes', 1555 -1556).

1555         Louise Labé écrit 'Les Sonnets et Les Soupirs'. Louise Labé (1525 à Lyon, France - 25 avril 1566 à Parcieux-en-Dombes, France). Surnommée "La Belle Cordière", elle fait partie des poètes fameux en activité à Lyon à la Renaissance.

1555         Ramus écrit 'Dialectique'. Ramus, Pierre de La Ramée, dit Ramus, érudit et logicien, né à Cuth, en Vermandois, vers 1515. Humaniste français, professeur de philosophie et de mathématiques au collège du Mans, puis de l'Ave Maria, et enfin au Collège Royal à partir de 1551; il est condamné par la Sorbonne en 1544, à cause de son hostilité à la tradition aristotélicienne et scolastique; ayant embrassé la Réforme, il est persécuté et assassiné après la Saint-Barthélemy.

1555         à 1628 - naissance et mort de François de Malherbe. Poète français. On a dit de nos jours avec un grain de malice et un coin de vérité: "La poésie française, au temps de Henri IV, était comme une demoiselle de trente ans qui avait déjà manqué deux ou trois mariages, lorsque, pour ne pas rester fille, elle se décida à faire un mariage de raison avec M. Malherbe, lequel avait la cinquantaine". Mais ce ne fut pas seulement un mariage de raison que la poésie française contracta alors avec Malherbe, ce fut un mariage d'honneur. Elle trouvait un honnête homme et sensé, et qui, s'il ne lui donna pas tous les agréments, la mit hors d'état désormais de déchoir et l'ennoblit.

1556         onzième guerre d'Italie (1556-1559)

1556         Charles Quint, aigri par les revers qu'il ne cesse d'essuyer depuis quelque temps, fatigué du pouvoir, abdique en faveur de son fils, Philippe II et de son frère Ferdinand d'Allemagne. Philippe II régnera sur l'Espagne, les Pays-Bas, le Nouveau-Monde ; Ferdinand a en partage l'Allemagne et les possessions de la Maison d'Autriche. Cette abdication et ce partage réalisés, Charles Quint, âgé seulement de cinquante-six ans, se retire dans le monastère de Juste (ou saint Juste, Estrémadure), où il prend le froc (il y mourra en 1558). - Philippe II a épousé Marie Tudor, reine d'Angleterre. Il n'est pas moins menaçant pour le repos de l'Europe et de la France que son père. Aussi la lutte engagée par la France contre Charles Quint se poursuit-elle contre lui. - Henri II entre dans une ligue formée avec le pape Paul IV et le duc de Ferrare, Hercule II, gendre de Louis XII et beau-père du duc de Guise, contre Philippe II. Il s'agit de libérer l'Italie du joug des Impériaux. Malheureusement les conjurés d'Italie ne sont pas en état de tenir tête au représentant de Philippe II, le duc d'Albe. Philippe II d'Espagne, (né en 1527 à Valladolid - mort en 1598 au palais de l'Escurial), était un prince espagnol de la maison de Habsbourg. Il était le fils de Charles Quint (1500-1558), roi de Castille et de Leon (1506-1555) et roi d'Aragon (1516-1556), sous le nom de Charles Ier, et empereur romain germanique (1519-1556), sous le nom de Charles V, et d'Isabelle de Portugal (1503-1539). Ferdinand Ier de Habsbourg (1503-1564), élu roi des Romains en 1531, puis empereur romain germanique de 1558 à 1564, archiduc d'Autriche et terres adjacentes. Frère cadet de l'empereur Charles Quint, il prend la succession de ce dernier dans les possessions héréditaires des Habsbourgs (Autriche, Styrie, Hongrie, etc) et à la tête de l'empire germanique. Il est à l'origine de la branche des Habsbourgs d'Autriche dits aussi Habsbourgs de Vienne.

1556         16 janvier Abdication de Charles Quint pour l'Espagne en faveur de son fils Philippe II. Après l'abdication de son père et sa retraite au monastère de Juste, Philippe devint roi d'Espagne (1558-1598), sans compter de nombreux autres titres, tandis que les princes-électeurs du Saint Empire romain germanique portaient à leur tête le frère cadet de Charles Quint, Ferdinand Ier (1503-1564).

1556         15 février Traité de Vaucelles entre Henri II et Charles Quint instituant une trêves de cinq ans.

1557         François de Guise, lieutenant général, invoquant des droits sur le royaume de Naples, pénètre en Italie à la tète d'une armée française; mais il ne reçoit pas (et pour cause) de secours appréciable des associés de Henri II, pour lesquels il ne peut rien d'utile. Sa campagne contre Naples avorte. Il est rappelé en France. - Les Anglais s'allient aux Espagnols et envahissent la Picardie et l'Artois sous la conduite du duc de Savoie, Emmanuel-Philibert ; ils battent les Français devant Saint-Quentin où le chef français (Henri Ier de Montmorency, connétable) est fait prisonnier, et s'emparent de la ville, défendue par Gaspard de Coligny, après un siège de quelques jours. François de Guise prend le commandement des troupes françaises et les réorganise rapidement. Emmanuel-Philibert, né à Chambéry en 1528 et mort à Turin en 1580, est le 10ème duc de Savoie. Il accède au trône en 1553 et épouse en 1559, Marguerite de Valois, fille de François Ier de France (Marguerite de France). En 1653, il transfère sa capitale de Chambéry à Turin. Son fils Charles-Emmanuel lui succède à sa mort. Henri Ier de Montmorency, né le 15 juin 1534, mort le 2 avril 1614, duc de Montmorency, fils du connétable Anne de Montmorency et de Madeleine de Savoie, était un militaire français de la fin du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle. Il fut Connétable de France.

1557         3 janvier Henri II déclare la guerre à Philippe II d'Espagne.

1557         23 mai l'amiral de Gaspard de Coligny s'empare de Lens.

1557         7 juin Philippe II d'Espagne déclare la guerre à la France.

1557         24 juillet L'édit de Compiègne décrète la peine de mort contre les hérétiques. Le roi Henri II, ennemi implacable des protestants, renforce les pouvoirs de la juridiction laïque par des édits où il est stipulé que le jugement des hérétiques est réservé aux tribunaux du roi. Il prévoit leur condamnation à mort.

1557         10 août Défaite des troupes françaises à Saint-Quentin. Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, allié de Philippe II d'Espagne, vient de commencer le siège de Saint-Quentin. En ce 10 août, le connétable de Montmorency tente de porter secours à l'amiral Gaspard de Coligny, qui est enfermé dans la ville avec seulement sept cents hommes. Les munitions, que l'on cherche à porter par bateaux jusqu'à la ville, s'enlisent dans la boue des marais de la Somme. Une charge brutale de la cavalerie espagnole écrase devant les murs les troupes du connétable, qui est blessé et fait prisonnier par les impériaux. Malgré ce désastre, Coligny tient encore plus de deux semaines. Le 27 août, la ville est prise. Pillage, viols, massacres. Coligny est fait prisonnier. Si la route de Paris lui est ouverte, le roi d'Espagne Philippe II doute de ses forces et préfère se retirer à Bruxelles.

1557         27 août Reddition de Saint-Quentin, Gaspard de Coligny est fait prisonnier. La bataille de Saint-Quentin (Août 1557) est une victoire espagnole sur la France. La résistance des habitants Saint-Quentinois sous la conduite du héros immortel Gaspard de Coligny, comte de Coligny, seigneur de Chastillon-sur-Loing, chevalier de l'ordre du roi, gouverneur et lieutenant-général de la ville de Paris, de l'Isle de France, de Picardie et d'Artois, colonel général de l'infanterie et Amiral de France (on l'appelait aussi Gaspard II de Coligny), parvenu dans la ville dans la nuit du 2 au 3 aôut 1557, avec 500 hommes armés et avec l'aide du baron d'Armerval, Monsieur Théligny, Monsieur de Gibercourt et de Jean V, duc de Caulaincourt et avec l'aide des habitants, ils résistèrent dix-sept jours et dix-sept nuits.

1557         septembre Tentative d'assassinat de Henri II.

1557         André Thevet écrit 'Les singularitez de la France Antarctique’

1558         François de Guise a porté ses troupes devant Calais pendant que les Espagnols s'attardaient au siège de Saint-Quentin. En huit jours, il reprend aux Anglais cette ville, qui était leur dernière possession sur le sol français et la seule base qu'ils eussent pour des opérations contre la France. La perte de Calais rend l'alliance anglo-espagnole inopérante. Marie Tudor, reine d'Angletrre, meurt du chagrin que lui cause cet événement.

1558         8 janvier François de Guise s'empare de Calais. Investie par les Anglais durant la guerre de Cent Ans, en 1347, le port retombe dans le royaume français de Henri II après un siège de six jours mené par François de Guise.

1558         21 janvier François de Guise s'empare de Guines puis de Ham.

1558         24 avril Mariage du Dauphin François (futur François II) avec Marie Stuart, reine d'Écosse et de France.

1558         mai François de Guise s'empare de Thionville.

1558         13 juillet Défaite française à Gravelines face aux Espagnols.

1558         22 septembre Mort de Charles Quint. A la fois Empereur d'Allemagne, Prince des Pays-Bas et Roi d'Espagne, Charles Quint s'éteint à 58 ans à Yuste en Espagne. Depuis son abdication en faveur de son fils Philippe II, il vivait reclus dans le couvent de l'ordre de Saint-Jérôme en Estrémadure. Fils de Philippe le Beau et de Jeanne la Folle, il hérita de l'Espagne et de l'Amérique Latine par sa mère et des territoires du Saint Empire Romain Germanique par son père. Il régna de 1519 jusqu'à 1556 sur cet immense empire "où le soleil ne se couchait jamais" tout en menant des luttes incessantes pour imposer son hégémonie et assurer le triomphe de la catholicité.

1558         17 novembre Élisabeth Ière accède au trône. Après la mort de sa demi-soeur Marie Ière Tudor, Élisabeth arrive sur le trône et fait rentrer l'Angleterre dans une nouvelle ère. Anglicane et prônant la tolérance religieuse au début de son règne, elle devient progressivement un monarque absolu et s'attire les foudres des pays catholiques, ce qui amène notamment l'épisode de "l'Invincible Armada". Dernière des Tudor, son règne coïncidera avec une prospérité économique ainsi qu'une littérature et un théâtre resplendissant, dont la meilleure illustration reste Shakespeare.

1558         Joachim Du Bellay écrit Le Premier livre des Antiquités de Rome ; 'Les Regrets’

1558         La nouvelle (alors appelée "conte") accède au rang de genre littéraire. Une nouvelle est un genre littéraire basé sur un récit de fiction court en prose, pouvant aller jusqu'à une trentaine de pages (mais il n'y a pas de règle absolue). Contrairement au roman, il est centré sur un seul événement. Les personnages sont peu nombreux et sont doués de réalité psychologique bien que celle-ci soit moins développée que dans le roman. La fin du récit ou chute, souvent inattendue ou surprenante, est en général particulièrement mise en relief, voire dramatique. La nouvelle naît en France à la fin du Moyen Âge. Elle vient s'ajouter, et en partie se substituer, à une multitude des récits brefs : fabliaux, lais, dits, devis, exempla, contes, etc. Directement inspiré du 'Décaméron' (1349-1353) de l'Italien Boccace, le premier recueil de nouvelles françaises, anonyme, 'Les Cent Nouvelles Nouvelles', date de 1456-1457. Mais c'est le XVIe siècle qui verra le véritable essor du genre. En 1558, avec son Heptaméron, Marguerite de Navarre, soeur de François Ier, donne au genre ses premières lettres de noblesse.

1558         Jules César Scaliger écrit 'Poetices libri septem'. Jules César Scaliger, célèbre érudit né en 1484 à Vérone, mort en 1558, était fils de Benoît Bordoni, peintre en miniature, mais prétendait descendre de la noble maison della Scala (d'où le nom qu'il prit). Après avoir beaucoup voyagé, il suivit en France Antoine de La Rovère, évêque d'Agen (1525), se fixa auprès de lui comme médecin, et obtint des lettres de naturalisation. Il écrivit d'abord contre les savants les plus illustres de son siècle, et commença ainsi à se faire une réputation que sa science réelle et ses nombreux travaux classiques augmentèrent bientôt. Il visait au renom d'homme universel, et effectivement il savait de tout, mais c'est principalement comme grammairien qu'il mérite sa célébrité.

1559         3 avril Traité de Cateau-Cambrésis entre Henri II et Philippe II d'Espagne ; ce traité met fin aux Guerres d'Italie. Il laisse à la France les conquêtes de Henri II, et par conséquent les Trois Evêchés et Calais; mais il lui enlève la Savoie et les principales places fortes du Piémont. Comme conséquence de cette paix, le duc de Savoie (Emmanuel-Philibert de Savoie, qui commandait à Saint-Quentin), rentre en possession de ses États; il épouse Marguerite, soeur de Henri II; et Philippe II, veuf de Marie Tudor, épouse Élisabeth de Valois, fille de Henri II et de Catherine de Médicis, née en 1545. Ainsi se terminent ces guerres d'Italie. Elle n'auront que peu de résultats politiques positifs. Dernière aventure moyenâgeuse, elle verra évoluer au cours des différents conflits les techniques de guerre, avec notamment l'apparition des armes à feu. C'est dans le domaine des arts que ses apports seront le plus bénéfiques. En effet, que ce soit en peinture, sculpture, architecture ou littérature, l'esprit de la Renaissance va souffler sur la France. Mais pas toujours pour le meilleur, la France allant connaître dans les années qui suivent bien des tourments qui ont failli provoquer sa perte. Traités du Cateau-Cambrésis, le premier traité du Cateau-Cambrésis, fut conclu en deux temps, les 12 mars et 2 avril 1559, entre Henri II de France, et Élisabeth Ière, reine d'Angleterre. Il permit notamment à la France, en contrepartie dun versement de 500 000 écus, de conserver Calais, reprise sur les Anglais le 8 janvier 1558, après un siège de seulement 8 jours (Édouard III d'Angleterre avait mis 11 mois à prendre la ville, en 1347) par des forces françaises sous les ordres du lieutenant-général du royaume François de Guise. Le second traité, également appelé paix du Cateau-Cambrésis, fut signé le 3 avril 1559 entre le roi de France Henri II et Philippe II d'Espagne. Elle mit fin à 65 années de conflit pour le contrôle de l'Italie (les guerres d'Italie). Elle était devenue nécessaire aux deux parties qui s'étaient épuisées financièrement et en particulier pour la France qui, déjà affaiblie par les défaites de Saint-Quentin (1557) et Gravelines (1558) était aussi en proie à des troubles religieux entre partisans de l'Église romaine et Huguenots. La France put conserver les Trois-Évêchés : Metz, Toul et Verdun qu'elle avait conquit en 1552, mais elle dut rendre la Savoie et les principales places du Piémont, le Charolais, le Bugey et la Bresse à Emmanuel-Philibert de Savoie, allié de l'Espagne. Elle dut aussi rendre la Corse à Gênes et renoncer à ses prétentions sur le Milanais. L'Espagne retrouva sa position dominante sur l'Italie, même si elle laissa à la France cinq forteresses, dont Turin. Le traité prévoyait aussi le mariage de la soeur d'Henri II (Marguerite de France), avec le duc de Savoie (Emmanuel-Philibert de Savoie) et celui de sa fille aînée Élisabeth de France avec le roi d'Espagne Philippe II d'Espagne, veuf depuis la mort de Marie Tudor.

1559         26 mai Les églises réformées tiennent leur premier synode national secret à Paris, organisé par Jean Calvin.

1559         2 juin Édit d'Écouen ordonnant l'expulsion des Huguenots. le roi signe l'édit d'Écouen pour dit-il "extirper l'hérésie". Cet édit interdit d'appliquer aux hérétiques d'autres peines que le feu. Deux conseillers au Parlement, Anne du Bourg et Laporte sont arrêtés, ils seront exécutés quelques mois plus tard.

1559         30 juin : Tournoi pendant la fête des noces de la soeur du roi, Marguerite de France avec le duc Emmanuel-Philibert de Savoie, et de la princesse Élisabeth de France avec Philippe II d'Espagne. Le roi Henri II de France est blessé à l'oeil par Gabriel de Montgomery. Montgommery, Gabriel de Lorges, comte de Montgommery (Calvados), seigneur de Ducey (Manche) (Lorges, Beauce ou Ducey, Normandie, 1526 ou 1530 - Paris, 1574) était un homme de guerre français. Fils de Jacques Ier de Lorges, comte de Montgommery, originaire d'Écosse, capitaine distingué de la Garde écossaise attachée au service de François Ier et de Claude de La Bouxière, dame de Ducey, il est l'auteur du coup fatal à l'oeil qui coûta la vie à Henri II le 1er juillet 1559. Bien qu'Henri II l'ait absous de tout blâme sur son lit de mort, Catherine de Médicis ne cessa jamais de le pourchasser de sa vindicte : banni de la cour dès le lendemain, il dut s'enfuir en Angleterre, où il adhéra à la Réforme dont il devint, de retour en France, l'un des fers de lance en Normandie ainsi que l'un des commandants les plus capables de l'amiral de Coligny.

1559         10 juillet Mort de Henri II, A l'occasion des fêtes auxquelles donne lieu à Paris les noces de la soeur du roi, Marguerite de France avec le duc Emmanuel-Philibert de Savoie, et de la princesse Élisabeth avec Philippe II d'Espagne et pour célébrer la paix du Cateau-Cambrésis et le mariage de sa fille au roi d'Espagne, le roi a organisé de grandes fêtes. Lui-même, en ce 10 juillet, malgré le rêve prémonitoire de la reine Catherine de Médicis, monte en selle pour le tournoi. Son cheval porte le nom de Malheureux. En face du roi, âgé de quarante ans, trois adversaires : le duc de Savoie, le duc de Guise et le jeune Gabriel de Montmorency. Quoique les trois assauts aient été des victoires du roi, celui-ci invite Montmorency à une dernière joute. Les chevaux se mettent en place. Le roi s'élance sans rabattre sa visière. La lance de Montmorency se brise sur l'armure du roi et la pointe qui glisse sur l'acier entre dans l'oeil droit du roi. Le roi est désarçonné et tombe sans connaissance. En dépit des essais qu'Ambroise Paré a été autorisé à faire sur les têtes de quatre condamnés décapités en hâte, le roi agonise pendant dix jours, puis meurt. François II, qui ne régnera que quelques mois, lui succède. L'adversaire du roi, devenu malgré lui son assassin, est emprisonné, puis libéré. Une mort accidentelle au cours d'un tournoi qui oppose des chevaliers ne saurait être considérée comme un meurtre. Gabriel de Montmorency n'est pas régicide. En 1574, alors que, huguenot, il est fait prisonnier, Catherine de Médicis le fait, en dépit des règles, condamner à mort. Sous le règne de Henri II, la Renaissance a continué à s'affirmer ; la France occupe avec l'Italie le premier rang entre les nations de l'Europe au point de vue des arts, des lettres et des sciences. Les succès des Français sur les Espagnols ont accru leur prestige ; d'ailleurs, l'armée aguerrie, reconstituée, réorganisée est maintenant la première de l'Europe. Par contre, l'administration financière de Henri II a été médiocre et s'il laisse la France brillante, il ne la laisse pas riche. - Avènement de François II (fils de Henri II et de Catherine de Médicis), né en 1544. Les oncles de sa femme Marie Stuart (duc et cardinal de Guise) s'imposent comme régents en attendant sa majorité. Prince sans valeur, sans énergie, il est complètement dominé par les Guise. En ce court règne s'annoncent les Guerres de religion qui désoleront la France jusqu'en 1598. Les principaux personnages dont le nom reste attaché à l'histoire de ce temps appartiennent à la famille de Guise, à celle de Bourbon et à celle de Châtillon. Famille de Guise : François de Guise (duc de Guise), Charles de Guise (cardinal de Lorraine et frère de François de Guise), Marie Stuart (reine de France et d'Écosse et cousine de François de Guise). François de Guise a trois fils, qui seront célèbres sous les noms de Henri Ier de Guise dit le Balafré, Charles de Guise, duc de Mayenne et Louis II de Lorraine de Guise, dit le cardinal de Guise. Branche cadette de la branche de Vaudémont de la maison de Lorraine, la famille des ducs de Guise descend de la maison de Vaudémont des ducs de Lorraine. Elle fut particulièrement impliquée dans les guerres de religion, prenant la tête du parti ultra-catholique et de la Sainte Ligue. Leurs ambitions constituant une menace pour son pouvoir, Henri III les combattit et fit assassiner Henri Ier dit le Balafré. La famille de Bourbon : Antoine de Bourbon, (roi de Navarre et père de Henri IV) qui a été un moment calviniste, mais mourra catholique, sa femme Jeanne d'Albret (qui a embrassé la Réforme), Louis Ier de Bourbon-Condé (prince de Condé et frère de Antoine de Bourbon) qui se fera calviniste par haine des Guise, Charles Ier de Bourbon (cardinal de Bourbon). La maison de Bourbon est la famille qui dirigea la seigneurie de Bourbon-l'Archambault jusqu'à ce que cette dernière passe par mariage à la maison de Dampierre (v.1227) puis à la maison de France (en 1287 à la branche de Bourgogne, puis en 1310 à la branche de Clermont, branche qui reprendra dès lors le nom de Bourbon, jusqu'à son accession au trône de Navarre en 1555). La famille Châtillon : les neveux du connétable Anne de Montmorency, à savoir: le cardinal de Châtillon (Odet), l'amiral de Gaspard de Coligny, et François de Coligny (François d'Andelot). Cette dernière famille sera le plus ferme soutien de la Réforme.

1559         FRANÇOIS II (1559-1560) qui charge sa mère Catherine de Médicis du gouvernement avec les Guise.

1559         François II. Il succède à l'âge de 15 ans à son père mort accidentellement. L'année précédente il avait épousé Marie Stuart reine d'Écosse nièce des Ducs de Guise. En raison des troubles en Écosse causés par les protestants, elle avait été élevée à la cour de France. François II règne sous la tutelle de sa mère Catherine de Médicis mais ce sont surtout les Guises qui gouvernent. Très fortement catholiques, ils mènent une politique répressive à l'égard des protestants. En réponse, les Protestants décident de soustraire le roi de cette influence néfaste. Une conjuration, conjuration d'Amboise, est montée par Antoine de Bourbon, roi de Navarre (époux de Jeanne d'Albret et père du futur Henri IV), le prince de Condé, son frère (Louis Ier de Bourbon-Condé) et les Coligny. Le chef avoué de la conjuration était Georges Barré de la Renaudie, trahis par l'un des leurs, La Renaudie fut tué ainsi que de nombreux participants, Condé n'eut la vie sauve qu'en désavouant les conjurés. Craignant la guerre civile, la reine mère qui essayait de maintenir un équilibre entre catholiques et protestants nomme Michel de l'Hospital chancelier et promulgue l'édit de Romorantin qui atténue les peines. Devant la volonté des Guises de résoudre le problème dans le sang, elle envisage de réunir les états généraux. Atteint d'une grave affection des oreilles d'origine tuberculeuse, François II meurt sans descendant le 5 décembre 1560, il a 16 ans. C'est son frère Charles IX qui sera son successeur. Quelques mois plus tard Marie Stuart qui n'aura été reine de France que 2 ans (1559-1560) quitte la France pour tenter de reconquérir son royaume d'Écosse.

1559         18 septembre Sacre de François II à Reims.

1559         Le pape Paul IV, par l'Index, interdit les écrits hostiles à l'Église. La congrégation de l'Index publie la liste des ouvrages interdits.

1559         Jacques Amyot, traduction des 'Vies des Hommes illustres' de Plutarque. Jacques Amyot, dès la fondation du Collège des Lecteurs Royaux, il reçoit les leçons de l'helléniste Danes. Grace à l'appui de Marguerite de Navarre, soeur de François Ier, il devient ensuite professeur à l'université de Bourges. Mais depuis longtemps, il rêvait de consulter les manuscrits de la bibliothèque du Vatican. Il se rend à Venise, à Rome... Un an plus tard, il retourne en Italie chargé de porter au Concile de Trente une lettre de François Ier, qui s'élevait contre les prétentions temporelles du Saint-Siège. Sur la recommandation de Michel de l'Hospital, Henri II le choisit comme précepteur de ses fils, les futurs Charles IX et Henri III. Jacques Amyot devient en 1560, grand aumônier de France, et en 1570 évêque d'Auxerre. Il fait de sa ville épiscopale un centre important d'Humanisme. Mais son attitude pacifique, en ces temps de guerre de religion, lui vaut en 1588 de pénibles déboires; une émeute, fomentée par les ligueurs, éclate; on lui reproche d'avoir approuvé l'assassinat du duc de Guise, et il est contraint de s'enfuir d'Auxerre. Dès que les passions se calment un peu, il y revient et se consacre désormais à des travaux sur la Bible et les Pères de l'Église.

1560         8 mars Édit d'Amboise suspendant les poursuites pour cause de religion. L'édit d'Amboise rapportait l'édit d'Écouen (1559) et accordait le pardon royal aux protestants. Quelques jours plus tard se produisait la conjuration d'Amboise.

1560         17 mars Échec de conjuration d'Amboise. - Elle est nouée par les protestants dans le but d'enlever Charles IX afin de le soustraire à l'influence (catholique) des Guise. L'âme de cette conjuration est le prince de Condé, mais il a pris un "homme de paille", un gentilhomme périgourdin nommé La Renaudie. Les Guise, prévenus à temps, font avorter le complot, dont les chefs sont arrêtés. La conjuration d'Amboise (mars 1560) est un coup de force manqué par les protestants pour s'emparer de la personne du roi, François II et le délivrer de la tutelle des Guise. Il s'agit du premier épisode sanglant et tragique des guerres de Religion. Il prélude le terrible conflit qui se déroulera en France de 1562 à 1598. Prince de Condé, Louis Ier de Bourbon, prince de Condé (Vendôme, 1530 – Jarnac, 1569) est à l'origine de la maison de Condé. C'était le frère du roi de Navarre (Antoine de Bourbon) et donc l'oncle d'Henri IV. Converti au protestantisme, il s'imposa comme le chef du parti calviniste pendant les guerres de religion. Condamné à mort après la conjuration d'Ambroise, il fut sauvé in extremis par la mort du roi François II. Il fut l'un des initiateurs des deux premières guerres de religion. Il fut vaincu à Dreux puis à Jarnac, où il fut assassiné par le capitaine de Montesquiou. La maison de Condé est une branche de la maison de Bourbon, issue de Louis Ier de Bourbon, prince de Condé, cinquième fils de Charles IV de Bourbon. Il était le frère d'Antoine de Bourbon, roi consort de Navarre et père du futur Henri IV.

1560         19 mars Exécution des responsables de la conjuration.

1560         7 mai Michel de L'Hospital proclame l'Édit de Romorantin qui arrête l'installation de l'inquisition en France. Les assemblées de protestants sont proscrites. Les calvinistes continuent à s'assembler et se saisissent d'édifices pour célébrer leurs cérémonies. A l'automne, l'armée royale entre en campagne pour les empêcher de s'assembler et les forcer à restituer les édifices : le comte de Villars, lieutenant-général du gouverneur, opère en Languedoc. Il force les ministres à fuir dans la montagne, rétablit le culte catholique et frappe de lourdes amendes ceux qui participent aux réunions. C'est dans son souci d'établir une forme de tolérance religieuse, notamment à l'égard des protestants que Michel de l'Hospital conseille au roi François II cet édit qui empêche l'instauration des tribunaux de l'Inquisition en France. Les procès en hérésie sont jugés directement par les évêques.

1560         5 juin Massacre de protestants à Lyon.

1560         30 juin Michel de l'Hospital nommé chancelier par Catherine de Médicis. La place de chancelier du royaume est vacante depuis que François Olivier est mort de chagrin ; en effet, il avait dû juger les conjurés d'Amboise qui avaient voulu soustraire le roi à l'influence du très catholique François de Guise. Les partisans de Condé qui ont participé à cette conjuration ont été pendus, décapités, noyés dans la Loire. Catherine de Médicis, parce qu'il est temps d'apaiser les esprits, impose à son fils, François II, Michel de L'Hospital pour cette charge. Il est catholique. Il est modéré. Il est humaniste. Il ne tarde pas à en faire la preuve. Lors des États généraux qui se tiennent à Orléans en décembre 1561 il déclare : “Otons ces mots diaboliques, noms de partis, de factions, de séditions, luthériens, huguenots, papistes : ne gardons que le nom de chrétiens”. Michel de l'Hospital est un écrivain et homme politique français, né à Aigueperse, Puy-de-Dôme, vers 1505, mort à Vignay, près d'Étampes, en 1573. Conseiller au parlement de Paris, ambassadeur au concile de Trente, surintendant des finances et enfin chancelier de France. Il s'employa de toutes ses forces à calmer les haines religieuses et arrêter l'effussion du sang. Le Chancelier de France est un important personnage de l'Ancien Régime, le premier des grands officiers de la monarchie, depuis la suppression en 1627 du connétable et de l'amiral de France. Le Chancelier garde les sceaux de France et les offices royaux. Il exerce la surintendance de la justice du royaume.

1560         21-30 août Réunion à Fontainebleau à l'instigation de Michel de l'Hospital des catholiques et des protestants. Il revient à cette assemblée, à la demande de la reine Catherine de Médicis, de rechercher les possibles conciliations entre catholiques et huguenots. L'assistance approuve, en dépit de la colère du cardinal de Lorraine (Charles de Guise), la proposition de Gaspard de Coligny, qui a demandé la libre pratique de la religion réformée. Michel de l'Hospital préconise en outre des mesures pacifiques. Propos de tolérance de ce dernier : “Qu'y a-t-il besoin de tant de bûchers et de tortures ? C'est avec les armes de la charité qu'il faut aller à tel combat. Le couteau vaut peu contre l'esprit”.

1560         31 octobre Arrestation du Prince de Condé, Louis Ier de Bourbon, à Orléans.

1560         26 novembre Condamnation à mort du Prince de Condé, Louis Ier de Bourbon.

1560         5 décembre Mort de François II. C'est un roi âgé de seize ans, amoureux de son épouse et cousine Marie Stuart, qui meurt en ce jour à Orléans d'une infection à l'oreille. Charles IX lui succède. Commentaire de Calvin qui apprend la mort du roi de France : “Dieu, qui avait frappé le père à l'oeil, a frappé le fils à l'oreille”. - Sa veuve retourne en Écosse (où elle trouvera plus tard une mort tragique). Le règne qui vient de s'écouler ne laisse dans l'Histoire d'autre souvenir que celui des orages d'où sont sorties les Guerres de religion. Son frère Charles lui succède.

1560         CHARLES IX (1560-1574) régence de Catherine de Médicis.

1560         Charles IX. Il n'a que 10 ans lorsque son frère meurt en 1560. Sa mère, Catherine de Médicis, assurera la régence jusqu'en 1563 mais son influence restera prépondérante pendant tout le règne de Charles IX. Catherine chercha toujours, aidée de Michel de l'Hospital, à concilier les uns avec les autres. Elle tenta de concillier les deux églises en organisant le colloque de Poissy (septembre 1561) mais celà ne fit qu'empirer les choses. Pour les "Guise", la France ne pouvait être que catholique. En mars 1562 le hasard fit tomber les Guises et leur escorte sur une grange dans laquelle les protestants étaient réunis pour célébrer leur culte dans le village de Wassy en Champagne. Ils les passèrent au fil de l'épée (plusieurs dizaines de morts et cent blessés). Cet évènement inaugure une période de 36 années de guerre de religion. Au massacre de Wassy les protestants répondent par l'assassinat du duc François de Guise en 1563, ce qui suscita des troubles. Lorsqu'ils se calmèrent, Catherine de Médicis promulgue l'édit d'Amboise en 1563. Cet édit accorde aux nobles la liberté de culte dans leur domaine mais la refuse toujours aux gens du peuple. La majorité de Charles IX est proclamée le 17 août 1563. Le 13 mars 1564, Catherine de Médicis et le roi Charles IX accompagnés d'une suite de mille personnes, entreprennent un tour de France qui durera plus de 2 ans pour tenter de renforcer la cohésion du royaume. En 1567 les protestants tentent de s'emparer du roi, la guerre reprend, les catholiques en sortent vainqueurs à Saint Denis et la paix est signée à Longjumeau en 1568. Le renvoi de Michel de l'Hospital rallume la guerre, les protestants sont battus à Jarnac et Moncontour en 1569. Au cours de ces batailles, Condé est tué. Catherine de Médicis traite avec les protestants en 1570 elle leur accorde des "places de sûreté": Montauban, La Rochelle, Cognac, La Charité-sur-Loire et l'on prépare le mariage de Henri de Navarre et Marguerite soeur du roi. C'en est trop pour les catholiques, ils préparent une riposte elle viendra en août 1572 à la faveur du mariage le jour de la saint Barthélémy que le roi ne put empêcher et que Catherine de Médicis laissa faire. Le massacre se propagea à la province. Le nombre des victimes est probablement situé entre 20 à 30 000. Ceci eut pour effet d'insiter les protestants à fortifier leurs places. Les catholiques essayèrent de s'emparer de La Rochelle en vain. L'édit de Boulogne met fin à cette guerre en juillet 1573. Le roi Charles IX atteint par la tuberculose meurt en 1574. C'est son frère Henri III qui prendra sa succession.

1560         Avènement de Charles IX (frère de François II) né en 1550. - Il est trop jeune pour occuper le trône; sa mère Catherine de Médicis prend la régence. Le premier acte de la régente est de bonne politique: croyant travailler à l'apaisement du pays, elle remet en liberté le prince de Condé, Louis Ier de Bourbon, et fait la paix avec le roi de Navarre (Antoine de Bourbon) qu'elle nomme lieutenant général du royaume. En réalité, elle cherche à contrebalancer l'influence menaçante des Guise en leur opposant les Bourbons. D'ailleurs les Guise, en France, sont peu populaires: on les regarde comme des étrangers et on les appelle les princes lorrains. Les Bourbons, au contraire, sont du sang royal de France.

1560         13 décembre 1560 - 31 janvier 1561 : réunion des États généraux, à Orléans, qui confient la régence à Catherine de Médicis pendant la minorité de Charles IX, au détriment d'Antoine de Bourbon. Les partisans de la répression de l'hérésie et ceux de la tolérance s'opposent. Catherine veut éviter la guerre civile en tenant la balance égale entre les partis. Elle s'appuie sur des officiers tolérants, comme le chancelier Michel de L'Hospital. États généraux de 1560, les états généraux s'ouvrent à Orléans, le 13 décembre 1560, dans une salle construite à cet effet sur la place de l'Etat. Le Chancelier Michel de l'Hospital va alors obtenir que les questions religieuses soient débattues lors d'un prochain Concile. La reine va, quant à elle, empêcher la noblesse et le tiers de discuter des limites du pouvoir royal en leur ordonnant. Ils préparèrent aussi des lois commerciales qui furent en vigueur jusqu'en 1789.

1560         21 décembre Catherine de Médicis et Antoine de Bourbon sont nommés régents par le Conseil d'État.

1560         Étienne Pasquier écrit 'Des Recherches de la France'. Étienne Pasquier (1529-1615), écrivain. Fait rare, on publia du vivant même d'Estienne Pasquier plusieurs éditions de sa correspondance. La première en 1586. Ces lettres traitent de sujets très variés mais surtout des affaires du temps (mort du Roi, colloque de Pontoise, protestantisme.) De littérature aussi et d'histoire de la langue. Elles sont adressées à Ronsard, Taboureau, Belleau, de Thou, Ramus. Pour Luce Giard (En français dans le texte) : "Sa plume est ferme, son style alerte, sa langue sûre. Pasquier se place au tout premier rang des grands prosateurs qui ont forgé la capacité de la langue française à l'analyse historique et politique, au maniement des idées".

1560         mort de Joachim Du Bellay.

1561         31 janvier Fermeture des États Généraux d'Orléans.

1561         5 mai Sacre de Charles IX à Reims. Le roi n'a que onze ans le jour de son sacre. Sa mère, Catherine de Médicis, s'arroge le sceau royal et se déclare non régente mais “reine de France et mère du roi”.

1561         8 mai Le prince de Condé, Louis Ier de Bourbon, est officiellement innocenté des accusations d'instigation de la conjuration d'Amboise.

1561         13 juillet Un édit du Conseil d'État interdits assemblées et prédications des protestants.

1561         1er Août Ouverture de nouveaux États Généraux à Pontoise qui donneront naissance au colloque de Poissy.

1561         9 septembre Ouverture du colloque de Poissy. Le chancelier Michel de L'Hospital intervient au colloque de Poissy. D'après lui, la tolérance n'est pas une fin en soi mais le meilleur moyen pour rétablir la concorde entre les sujets en attendant la réconciliation des chrétiens. Colloque de Poissy, on a donné ce nom à un débat qui eut lieu entre dirigeants catholiques et protestants à l'instigation du chancelier Michel de l'Hospital, lequel espérait qu'il aboutirait à une entente entre ces deux grands partis, et par-là à la pacification des esprits dans le royaume. Le cardinal de Lorraine (Charles de Guise) y était l'un des principaux représentants des catholiques; le théologien Théodore de Bèze, celui des protestants. - Cette conférence eut un résultat contraire à celui qu'en attendait son instigateur; elle ne fit qu'envenimer les haines religieuses. Colloque de Poissy (9 septembre-9 octobre 1561). Catherine de Médicis et Michel de l'Hospital réunissent une assemblée composée de théologiens catholiques (cardinal de Lorraine) et protestants (Théodore de Bèze) dans le dessein de parvenir à une conciliation. Si le colloque est un échec, il prépare néanmoins l'édit de tolérance accordant la liberté de culte, qui sera publié en janvier 1562. Charles de Guise, Charles de Lorraine, 1524-1574, cardinal de Guise, duc de Chevreuse, et archevêque de Reims, plus connu sous le nom du cardinal de Lorraine. Il était le second fils de Claude de Lorraine, premier duc de Guise et grand veneur de France, qui se distingua sous François Ier dans les guerres contre Charles Quint. Archevêque de Reims à l'âge de quatorze ans par la démission de son oncle Jean (1538), il prit le titre de cardinal de Lorraine après son oncle (1547). Il sut, avec son frère aîné, François de Guise, gagner la faveur d'Henri II, qui mit le pouvoir dans leurs mains. Ils exercèrent une grande influence et jouèrent un grand rôle dans les affaires du pays. François était un grand capitaine, d'une force d'âme extraordinaire, capable de générosité dans la victoire. Charles, au contraire, était lâche dans le péril et insolent dans le succès, sans foi et sans moeurs, mais adroit, éloquent, plein de ressources et de séductions. Sous François II, il eut entièrement l'administration des finances et joua un rôle important lors du colloque de Poissy et du concile de Trente. Il négocia aussi le mariage de Charles IX et d'Élisabeth d'Autriche (1569).

1561         18 octobre Échec de la tentative de réconciliation du colloque de Poissy.

1561         à 1626 - naissance et mort de Francis Bacon. Philosophe et homme d'État anglais. La philosophie de Bacon représente une des grandes ruptures avec la scolastique. Après Thomas More et Montaigne, qu'il admire, avant Descartes qui le lira et reprendra plusieurs de ses idées, Bacon cherche à dégager la connaissance humaine de l'autorité accordée à Aristote par les universités : "Le savoir dérivé d'Aristote, s'il est soustrait au libre examen, ne montera pas plus haut que le savoir qu'Aristote avait". Il reproche aux hommes de l'École de s'être enfermés à la fois dans des cellules de monastères et dans l'étude d'un tout petit nombre d'auteurs, en tout état de cause, dans un savoir livresque, au lieu d'explorer et étudier la nature. Francis Bacon étudie la philosophie et le droit à Cambridge et entame une carrière diplomatique. Il devient avocat à la mort de son père pour faire face à des problèmes financiers et est élu à la chambre des communes en 1524. Il publie des 'Essais de morale et de politique' en 1597, puis se dirige vers la politique après la mort de la reine Élisabeth en 1603. Il poursuit son ascension, acquiert des privilèges et écrit. Mais la corruption serait à l'origine de sa fortune et c'est le chef d'accusation qui sera retenu contre lui en 1621. Il évite la prison, se retire de la Cour et profite de cet échec pour se consacrer au projet philosophique de sa vie: la 'Grande Restauration'.

1562         17 janvier Édit de Saint-Germain, qui permet aux protestants l'exercice public de leur religion, hors de l'enceinte des villes. Rédigé par Michel de l'hospital, cet "édit de janvier" autorise la liberté de culte en France, notamment pour les protestants, hors des enceintes des villes et de jour. Mais le parlement de Paris refuse de le signer, ce qui entraîne le massacre des huguenots à Wassy et le début de sanglantes guerres de religion.

1562         18 janvier 1562 - 4 décembre 1563 : Troisième session (17 à 25) du concile de Trente. Les décrets et canon pris par les Pères concernent les pouvoirs des évêques, le caractère de la messe sacrifice (dite en latin avec explications en langue vulgaire, le canon de la secrète doit être dit à voix basse). Le concile organise la collation du sacrement de l'ordre et organise les séminaires pour l'éducation des jeunes clercs. Le concile remet au Saint-Siège le pouvoir de procéder à la publication du missel, du bréviaire et du catéchisme préparés par les congrégations du concile.

1562         1er mars Massacre de Wassy - Le duc de Guise passant par cette ville un dimanche, avec ses gens, entend des protestants, réunis dans une grange, célébrer en chantant leur office ; une rixe s'engage entre les gens du duc et les protestants dont 650 de ceux-ci sont massacrés et 200 blessés. Le duc lui-même reçoit une blessure. Cette affaire est le premier acte des Guerres de religion. De part et d'autre, on s'arme et on s'organise. Les protestants mettent à leur tête le prince de Condé, Louis Ier de Bourbon : d'ailleurs il y a dans chaque parti autant de chefs que de groupes. La guerre civile s'étend bientôt à tout le territoire, et les belligérants s'y signalent par une égale cruauté. - Commencement des Guerres de religion, qui dureront jusqu'au règne de Henri IV ; elles sont divisées dans l'Histoire en huit guerres distinctes. Wassy est une commune française, située dans le département de la Haute-Marne et la région Champagne-Ardenne. Les guerres de religion sont une série de huit conflits -opposant catholiques et protestants - qui ont ravagé la France dans la seconde moitié du XVIe siècle. Le développement de l'humanisme à la Renaissance, d'une pensée à la fois critique et individualiste, provoque la naissance d'un courant de Réforme qui a remis en cause les principes traditionnels de la religion chrétienne enseignée par l'Église de Rome. Au catholicisme traditionnel s'oppose ainsi le protestantisme, opposition qui débouche sur une terrible guerre civile. Les premières persécutions contre les protestants commencent dans les années 1520, et la discorde débute dans les années 1540 et 1550 autour des destructions iconoclastes commises par les protestants sur les objets du rituel romain considérés comme sacrés par les catholiques ; reliques, Saint-Sacrement et statues de dévotion. À la fin du règne d'Henri II, le conflit se politise et à la mort du roi en 1559, les partis religieux s'organisent pour mettre à point leur réseau militaire. Les guerres de religion commencent en 1562 et se poursuivent entrecoupées de périodes de paix jusqu'en 1599, avec la mise en place de l'Édit de Nantes. Les guerres de religion trouvent un prolongement aux XVIIe (siège de La Rochelle, révocation de l'Édit de Nantes) et XVIIIe siècles (guerre des Camisards), jusqu'à l'arrêt des persécutions sous Louis XVI (Édit de tolérance en 1788). Ces guerres sont particulièremment difficiles à étudier, du fait de leur complexité. Aux affrontements religieux se superposent des ambitions politiques, des différends culturels et enfin des interventions étrangères. Ces troubles coïncident à un affaiblissement de l'autorité royale. Les rois François Ier et Henri II n'avaient permis aucune contestation de leur pouvoir. Lorsque ce dernier meurt accidentellement le 10 juillet 1559, les rois François II et Charles IX sont trop jeunes pour pouvoir régner par eux-mêmes. Les différents camps politiques tentent donc de s'imposer pour contrôler le pouvoir royal. Trois grandes familles vont s'opposer: les Montmorency et Châtillon ; les Guise, meneurs du parti catholique ; les Bourbons, meneurs du parti protestant. Des leaders s'illustrent, Henri Ier de Guise, chef de la Ligue, association de catholiques intransigeants, les princes de Condé, Gaspard de Coligny et Henri de Navarre (le futur Henri IV) du côté protestant. Chacun profite de l'affaiblissement du pouvoir royal en France, pour s'imposer tant les nobles et les bourgeois que les souverains étrangers. L'Angleterre soutient les protestants, l'Espagne les catholiques. Entre ces deux camps, quelques-uns essaient de maintenir la continuité de l'État par la mise en place de la tolérance religieuse notamment Catherine de Médicis, mère de Charles IX et d'Henri III, et son chancelier Michel de l'Hospital. Les rois étant trop jeunes pour régner, différents camps politiques tentent de s'imposer pour contrôler le pouvoir royal. Ce sont trois grands clans familiaux qui vont ainsi s'opposer :* les Montmorency : il s'agit d'une des familles les plus anciennes et les plus puissantes de France. La raison en est l'extraordinaire fortune du connétable Anne de Montmorency qui exerçait une influence très importante sur le roi Henri II. Dans cette famille, s'illustrent François de Montmorency et les frères Châtillon (le cardinal de Châtillon, François d'Andelot, Gaspard de Coligny). Partagés entre catholiques et protestants, les Montmorency s'unissent contre l'influence croissante des Guise, leurs rivaux. Leur concurrence dans la course au pouvoir, font des guerres de religion une guerre privée entre ces deux familles. Celle de Montmorency est la grande perdante du conflit (ses membres sont morts au combat, assassinés, embastillés et exilés). Elle connaît cependant une renaissance au côté d'Henri IV avec Montmorency-Damville.* les Guise : ce sont les meneurs du parti catholique. Cousins du duc de Lorraine, ils connaissent leur ascension politique grâce à Claude de Lorraine et François de Lorraine, les deux premiers ducs de Guise et aussi grâce à Marie Stuart qui devient reine de France de 1559 à 1560. Dans cette famille s'illustrent également le cardinal de Lorraine (Charles de Guise), Henri Ier de Guise et Charles de Mayenne. Très souvent mis à l'écart par la reine-mère, à cause de leur intransigeance les Guise reviennent triomphalement sur le devant scène par leur popularité. Ils sont les grands gagnants des guerres de religion. En 1588, ils parviennent à chasser le roi Henri III de la capitale et à le destituer l'année suivante. Malgré leur défaite et leur soumission à Henri IV, leur puissance est assez importante pour obliger le roi à les ménager.* les Bourbon : descendant de Saint Louis en ligne direct, ce sont des princes de la maison de France. C'est une famille dont certains membres sont les meneurs du parti protestant parmi lesquels Louis de Condé et son fils Henri de Condé et Antoine de Bourbon et son fils Henri IV. C'est une famille divisée qui a du mal à se trouver un chef véritable. Face à ses cousins et à son oncle le cardinal de Bourbon, Henri IV parvient péniblement à s'imposer. La mort du dernier des Valois l'amène à prendre la couronne de France.

1562         première phase (1562-1563) des guerres de Religion (1562-1598). Du massacre de Wassy à la paix d'Amboise. Première guerre de religion (1562–1563), la rupture est consommée le 18 mars 1562, lorsque le duc François de Guise, revenant de négociations en Alsace, affronte et tue à Wassy, dans des circonstances peu claires, 37 protestants regroupés dans une grange pour célébrer leur culte. Ce sont les protestants qui passent les premiers à l'offensive. La lutte s'organise pour le contrôle de l'espace urbain. L'attaque protestante est fulgurante. Au bout d'un mois, les protestants parviennent à s'emparer d'un grand nombre de villes dont de très importantes comme Lyon, Orléans ou encore Rouen la deuxième ville du pays. A chaque prise, les protestants passent méthodiquement au saccage des églises, voir à leur destruction. Les pertes sont immenses mais les protestants échouent à Toulouse et à Bordeaux. Pour l'armée catholique commence la longue campagne de siège qu'il faut mettre en place pour récupérer les villes prises.

1562         Manifeste de Condé. Le chef des huguenots, Louis Ier de Bourbon, appelle les protestants à prendre les armes et à venger les villageois de Wassy. Le conflit prendra fin en mars 1563 quand catholiques et protestants signeront la Paix d'Amboise.

1562         12 avril Massacre de protestants à Sens. Sens est une commune française, située dans le département de l'Yonne et la région Bourgogne.

1562         mai Révolte de protestants à Toulouse sévèrement réprimée.

1562         6 mai Prise d'Orange par les catholiques. Orange est une commune française de Vaucluse.

1562         juillet Prise de Beaugency par les protestants. Beaugency est une commune française, située dans le département du Loiret et la région Centre.

1562         4 juillet Prise de Blois par les catholiques.

1562         1er août L'armée royale (catholiques) prend Bourges.

1562         août Prise de Monségur, Bazas et Marmande par les Espagnols. Monségur est une commune française, située dans le département des Pyrénées-Atlantiques et la région Aquitaine. Bazas est une commune française, située dans le département de la Gironde et la région Aquitaine. Marmande est une commune française, située dans le département de Lot-et-Garonne et en région Aquitaine sur la Garonne.

1562         20 septembre Traité de Hampton Court : Élisabeth Ière d'Angleterre accorde une aide financière à la France en contrepartie du Havre. Jean de Ferrières, seigneur de Maligny, vidame de Chartres, et son beau-frère Jean de La Fin, seigneur de Beauvoir, furent accrédités par le prince de Condé (Louis Ier de Bourbon-Condé) pour obtenir l'aide militaire et financière de la reine Élisabeth d'Angleterre lors de la première guerre de religion. Les négociations des réformés français aboutirent le 20 septembre 1562 au traité de Hampton Court qui prévoyait que l'Angleterre leur fournirait 6000 hommes et la somme de 100 000 couronnes contre le port du Havre que Condé devrait livrer à l'Angleterre qui pourrait le tenir comme gage d'un futur échange avec Calais. Le Havre fut repris par l'armée royale le 28 juillet 1563 et le traité de Hampton Court annulé par celui de Troyes signé le 11 avril 1564. Le traité d'Hampton Court est un traité signé entre les Huguenots et la reine Élisabeth Ière le 20 septembre 1562.

1562         6 octobre Siège de Rouen par l'armée royale (30 000 hommes) qui veut empêcher la jonction des calvinistes avec les Britanniques. Antoine de Bourbon y est mortellement blessé. Rouen est prise par les catholiques le 26 octobre. Antoine de Bourbon, roi de Navarre est blessé.

1562         17 novembre Mort d'Antoine de Bourbon.

1562         19 décembre Bataille de Dreux entre catholiques et protestants. La guerre de religion entre catholiques et protestants, déclenchée par le massacre des huguenots à Wassy, fait rage. Après avoir pris Rouen en octobre, les catholiques sont vainqueurs à Dreux. Dreux est une commune française, située dans le département d'Eure-et-Loir et la région Centre. Bataille de Dreux, le 19 décembre 1562, le sud de la ville de Dreux est le théâtre du premier choc véritable de la guerre de religion entre les troupes protestantes du prince de Condé (Louis Ier de Bourbon-Condé) et de l'amiral de Coligny et l'armée catholique et royale dirigée par le "triumvirat" composé du connétable de Montmorency, du duc de Guise et de Jacques d'Albon de Saint-André, favori d'Henri II, maréchal de France et premier gentilhomme de la chambre. À l'issue de cet affrontement particulièrement sanglant qui laissa plus de 8 000 victimes sur le terrain, les Catholiques l'emportèrent sur les Protestants par une ruse qui, selon certains historiens, inspira Napoléon dans sa conquête de la Russie. La bataille rompit également le "triumvirat" lorsque Jacques d'Albon de Saint-André, tombé aux mains des Protestants lors de la bataille, fut assassiné par un Catholique.

1562         Pierre de Ronsard écrit 'Discours des misères de ce temps’

1562         à 1635 - naissance et mort de Lope de Vega. Écrivain et poète espagnol. Il aurait écrit environ 2000 pièces, mais seules 425 sont parvenues jusqu'à nous, parmi lesquelles 'El Perro del Hortelano'.

1562         Paul Véronèse peint 'Les Noces de Cana'. Les Noces de Cana est un tableau de Paul Véronèse actuellement situé au musée du Louvre, à Paris. Commandé le 6 juin 1562 par les bénédictins de San Giorgio Maggiore, à Venise, qui voulaient voir le tableau égayer leur réfectoire, les Noces de Cana firent scandale en leur temps. Insistant sur la fête que constituent des noces plus que sur la lourde symbolique qu'impose l'illustration de textes issus de l'évangile, Véronèse semble se complaire dans une ivresse toute vénitienne (on disait des Vénitiens qu'ils croyaient ;énormément en saint Marc, assez en Dieu et peu ou pas du tout au pape"), ultra-moderne (certains éléments d'architecture sont empruntés à des bâtiments crées par Palladio l'année même) et cosmopolite (sont mêlés vêtements orientaux et occidentaux).

1563         Orléans qui s'est donnée aux protestants est assiégée par l'armée royale (catholique). Pendant le siège, le duc François de Guise (chef des catholiques) est assassiné par Poltrot de Méré (protestant). Catherine de Médicis, la régente conclut avec les protestants la paix d'Amboise (mars 1563) en vertu de laquelle Orléans est rendue au roi. Peu après, l'armée royale reprend Le Havre aux Anglais.

1563         24 février Assassinat de François de Guise par Poltrot de Méré. Un fanatique protestant, Poltrot de Méré, frappe à plusieurs reprises François de Guise pendant le siège d'Orléans. Le duc meurt des coups de couteau qui lui ont été portés. Son assassin est écartelé. Jean de Poltrot (1537-1563), seigneur de Méré or Mérey, était un gentilhomme de l'Angoumois. Il est celui qui a assassiné François, duc de Guise, chef de l'armée catholique royale durant les guerres de religion. Poltrot a vécu un certain temps en Espagne dont il est connaissait la langue. Il sert alors comme espion dans le contexte de la guerre contre l'Espagne. Devenu un protestant zélé, il se décide à tuer le duc de Guise. Il déserte alors son camp pour rejoindre celui des Catholiques occupés à assiéger Orléans. Dans la soirée du 18 février 1563, il se cache derrière le long d'une route par lequel doit passer le duc de Guise, tire avec un pistolet et s'enfuit. Il est capturé le jour suivant. Torturé, il est condamné à être écartelé. Il agonise le 18 mars 1563. Mis à la torture, Poltrot aurait déclaré avoir eu pour commettre son assassinat le soutien et la complicité de l'amiral de Coligny chef des huguenots. La controverse va animer la cour pendant de très longues années car Coligny a toujours protesté contre l'accusation.

1563         19 mars Paix d'Amboise accordant liberté de culte et de conscience aux protestants chez eux. L'édit de paix d'Amboise que publie Catherine de Médicis reconnaît aux protestants la liberté de conscience et une liberté de culte limitée à leurs demeures et à une seule ville par territoire, à l'exception de Paris.

1563         28 juillet Les français prennent Le Havre aux Anglais.

1563         17 août Charles IX est déclaré majeur par le Parlement de Rouen.

1564         Catherine de Médicis éloigne les Guise (ultra-catholiques) et les Châtillon-Coligny (huguenots) du Conseil au début de l'année. Elle s'entoure de fidèles modérées (Michel de L'Hospital, les évêques Monluc et Morvilliers) renforcé par de grands seigneurs (le cardinal de Bourbon, Montmorency).

1564         24 janvier : Voyage de la Cour à travers la France (fin en juillet 1566) ; Troyes, Bar-le-Duc, vallée du Rhône, Montpellier, Carcassonne, Toulouse (hiver 1565), Bayonne, Charente, Vallée de la Loire, Bourbonnais.

1564         11 avril Traité de Troyes entre la France et l'Angleterre qui renonce à Calais. Signature du traité de Troyes entre la France et l'Angleterre, cette dernière renonce à toute prétention territoriale sur le continent.

1564         27 mai Calvin meurt à Genève. Il dispose alors d'une puissance spirituelle rare. Modeste sous des dehors autoritaires, il ne veut, jusqu'au bout, connaître d'autre gloire que celle de ce Dieu à qui il n'a cessé de rapporter l'ensemble de son oeuvre. Il a été le principal promoteur du protestantisme en France (né à Noyon en 1509). Les protestants sont aussi appelés calvinistes, du nom de cet apôtre.

1564         20 juin Déclaration de Lyon interdisant aux protestants l'exercice de leur culte dans les lieux où se trouve le roi.

1564         24 août Édit de Roussillon instituant le début de l'année au 1er janvier. Édit de Roussillon est un édit de 1564 qui fait débuter l'année en France le 1er janvier. Lors d'un voyage dans différentes parties de son royaume, le roi de France Charles IX constata que selon les diocèses, l'année débutait soit à Noël (à Lyon par exemple), soit le 25 mars (à Vienne par exemple), soit le 1er mars ou encore à Pâques. Afin d'uniformiser l'année dans tout le royaume, il ajouta un article à un édit donné à Paris en début janvier 1563 qu'il promulgua à Roussillon le 9 août 1564. Les 42 articles qui composaient cet édit concernaient la justice exceptés les 4 derniers, ajoutés lors du séjour du roi à Roussillon. L'article 39 annonce que l'année commencerait désormais le 1er janvier.

1564         à 1642 - naissance et mort de Galilée. Physicien et astronome italien, né d'un fils de musicien, à Pise en 1564. Il y étudia la médecine et les mathématiques, puis devint professeur de mathématique à l'université de Pise puis de Padoue en 1592. Son apport à la physique fut majeur et à biens des égards, il peut être considéré comme le père de la physique moderne. Ses grandes découvertes seront fondamentales pour la compréhension de la gravitation. Elles se répartissent en deux champs: - L'observation du ciel avec la première lunette astronomique de l'histoire lui fait découvrir les richesses insoupçonnées du monde "céleste", et lui donne l'intuition de la profonde unité du monde terrestre et céleste. - L'étude du mouvement des corps à l'aide d'expériences avec des plans inclinés lui fait découvrir la notion de Force et surtout lui permet la première formulation du principe d'inertie. Ces deux contributions révolutionneront totalement la physique et l'astronomie, elle feront basculer la vision du monde Aristotélicienne et imposeront finalement le système Copernicien. Il défend les idées de Copernic et de l'héliocentrisme (c'est le soleil qui est au centre de l'univers, et non la terre), ce qui lui vaut d'être attaqué par l'Église. Son 'Dialogue concernant les deux principaux systèmes du monde', ceux de Ptolémée et de Copernic, le fait condamner pour hérésie par l'Inquisition. Il passera alors neuf ans en résidence surveillée, jusqu'à sa mort. Galilée apparaît comme le fondateur de la physique moderne puisque pour lui les lois physiques doivent être établies sur des expériences. Il inventa notamment la lunette astronomique et le thermomètre...

1564         à 1616 - naissance et mort de William Shakespeare. Poète et dramaturge anglais. Fils d'un gantier devenu bailli de Stratford, Shakespeare put étudier, mais des revers de fortune familiaux et un jeune mariage semble l'avoir conduit à arrêter. On le suppose établi à Londres dès 1588, mais sa réputation dramaturgique naît en 1592. Son premier mécène est le comte de Southampton à qui il dédie des poèmes, genre dans lequel il excelle au vu de ses 'Sonnets' (1609). Il joue ses pièces à la cour d'Élisabeth Ière d'Angleterre, puis de Jacques Ier d'Angleterre, ensuite il devient successivement actionnaire du théâtre du Globe et du Blackfriars (1608). En 1612, il rentre à Stratford. Auteur d'une oeuvre unique et intemporelle, il s'attacha à décrire les jeux du pouvoir et les passions humaines, mêlant joie et douleur, emprisonnant la vie dans ses vers. Les premières oeuvres furent marquées par leur caractère historique ('Richard III'). A partir de 1594, il développa ses comédies ('Beaucoup de bruit pour rien') et délivre sa première tragédie majeure, 'Roméo et Juliette', qu'il fera suivre d''Hamlet', d''Othello' et du 'Roi Lear'. Sa dernière pièce, 'La tempête', est une oeuvre remarquable, baignée d'ésotérisme.

1564         à 1638 - naissance et mort de Pieter Bruegel le Jeune. Peintre flamand. Né à Bruxelles, mort à Anvers, était un peintre flamand de la Renaissance, fils de Pieter Bruegel l'Ancien et frère de Jan Bruegel. Il était surnommé "Bruegel d'Enfer" à cause d'un de ses thèmes favoris (thèmes d'incendie). Il se forme à Anvers ou il est reçu franc-maître en 1585. Il se retrouve vite à la tête d'un atelier très productif et a de nombreux élèves (dont son fils Pieter III). Il est imitateur de l'oeuvre de son père, dont il réalise nombre de copie pour répondre à la demande des collectionneurs (pas moins de 13 dénombrements répertoriés). C'est d'ailleurs à travers les excellentes copies du fils que l'on connaît certains originaux disparus du père. Il conserva tout sa vie le style du réalisme flamand.

1564         Commencement de la construction du palais des Tuileries. Le palais des Tuileries est un palais dont la construction commença en 1564 sous l'impulsion de Catherine de Médicis, à l'emplacement occupé auparavant par des fabriques de tuiles. Ses plans furent sans doute confiés à Philibert Delorme, toutefois Catherine de Médicis laissa la construction inachevée. Philibert Delorme (1515-1570) architecte, il éleva les Tuileries et le Château d'Anet, qui est son oeuvre la plus remarquable. Le palais des Tuileries fut incendié pendant la Commune les 23 et 24 mai 1871. Après maintes tergiversations, le Parlement décida de démolir les ruines, qui furent rasées en 1880; ne subsistèrent que deux pavillons, les pavillons de Flore (côté Seine) et de Marsan (côté rue de Rivoli), ainsi que deux ailes jusqu'aux guichets du Louvre.

1564         mort de Michel-Ange.

1565         Pierre de Ronsard écrit 'Abrégé de l'Art Poétique français’

1566         7 janvier L'inquisiteur Ghisleri est élu pape sous le nom de Pie V. Pie V, Michele Ghislieri, né à Bosco Marengo (Lombardie) le 17 janvier 1504, mort le 1er mai 1572 à Rome, 223ème pape, de 1566 à 1572, sous le nom de Pie V.

1566         Grande ordonnance de Moulins par Michel de L'Hospital, qui réorganise l'administration. Grande Ordonnance de Moulins, visant à réformer la justice et à étendre les pouvoirs du roi.

1566         6 septembre Décès de Soliman le Magnifique à 72 ans. Sûleyman ou Soliman dit "le Magnifique" meurt à Szigetvar, à 72 ans pendant une campagne militaire en Hongrie. Il était monté sur le trône ottoman à 26 ans, déjà à la tête d'un vaste empire. Il a entrepris pourtant une grande politique de conquêtes. En 1521, le jeune sultan prend Belgrade, puis Rhodes. En 1529, il attaque l'Autriche et assiège Vienne, sans succès. Il se retourne alors contre la Perse. En 1562, la puissance navale ottomane devient très importante. Les corsaires, dont Khayr al-Din dit Barberousse, occupent Tunis, Djerba, Nice et Aden. C'est sous Soliman, protecteur des arts et des lettres, que l'empire ottoman a connu la période la plus riche de son histoire. A la fin de son règne, ses fils entrèrent en conflit pour prendre sa succession. Il en fit exécuter deux et désigna le troisième comme héritier.

1566         Jean Bodin écrit 'Méthode pour la facile connaissance de l'histoire'. Jean Bodin (né en 1529 à Angers, dans le Maine-et-Loire - mort en 1596, à Laon, dans l'Aisne) était un économiste, un juriste, un philosophe et un théoricien politique français, qui influença l'histoire intellectuelle de l'Europe par la formulation de ses théories économiques et de ses principes du "bon gouvernement". Il est considéré comme l'initiateur du concept moderne de souveraineté. En outre, il se fit l'avocat de la tolérance religieuse dans une époque particulièrement intolérante.

1567         10 septembre Condé et Gaspard de Coligny attaquent Paris.

1567         2 septembre Retour du roi à Paris.

1567         à 1568 - Deuxième guerre de religion. - Les protestants, alarmés de projets que la cour laisse deviner contre eux, tentent d'enlever à Meaux, le jeune roi Charles IX (qui a été déclaré majeur en 1563) dans le but de s'en faire un otage. De nouveau, les hostilités éclatent. Les catholiques sont commandés par le connétable de Montmorency, Anne de Montmorency; il livre bataille aux protestants à Saint-Denis (1587) et est victorieux, mais il y périt assassiné. La paix est signée une fois de plus par Catherine de Médicis, à Longjumeau (1568). Deuxième guerre de religion, après avoir connu la paix pendant quatre ans, le royaume est de nouveau la proie des armes. La reprise des hostilités en 1567 s'explique pour trois raisons : l'échec de l'Édit d'Amboise dans les provinces, le contexte international tendu et la rivalité de cour entre le prince de Condé (Louis Ier de Bourbon-Condé) et le jeune frère du roi, Henri duc d'Anjou (futur Henri III de France), à peine âgé de seize ans. L'ascension du jeune prince a rendu jaloux, l'ambitieux Condé qui a quitté la cour pour manifester son mécontentement. À l'extérieur du pays, la situation est plus grave. En 1566, une violente vague iconoclaste a deferlé sur les églises et les couvents de Flandre. Cette ample émeute populaire connue sous le nom de révolte des gueux a été très rapidement maîtrisé par les espagnols qui gouvernent les Pays-Bas, mais la noblesse du pays en a profité pour réclamer au roi d'Espagne davantage de liberté. Bien que le calme soit revenu en 1567 et que la situation ait été rétablie à la normale, le roi d'Espagne Philippe II a expedié une armée pour punir ses sujets rebelles. L'armée espagnole envoyée depuis le Milanais se dirige vers les Pays-Bas en longeant la frontière française. La proximité de cette armée catholique ravive les craintes des protestants français, mais aussi celle du roi de France qui pour se protéger d'une éventuelle attaque espagnole fait lever plusieurs bataillons suisses. La deuxième guerre éclate précisément le 28 septembre 1567 lorsque le prince de Condé (Louis Ier de Bourbon-Condé) tente de s'emparer de la famille royale (Surprise de Meaux). Cette cassure dans la politique de concorde est une surprise et l'attaque du prince de Condé (Louis Ier de Bourbon-Condé), en qui Catherine de Médicis avait placé ses espoirs de conciliation, est une trahison. C'est à la suite de cet événement que la régente du royaume se résout à faire usage de la violence pour le maintien de la paix. Deux armées s'affrontent à nouveau et les calvinistes connaissent une nouvelle défaite cuisante le 10 novembre 1567. L'affaiblissement de leurs troupes conduit à la signature d'une nouvelle paix à Longjumeau le 22 mars 1568. Anne de Montmorency est né à Chantilly le 15 mars 1492 et meurt à Paris, le 12 novembre 1567. Sa participation à plusieurs batailles dont celles de Ravenne (1512), Marignan (1515); Mézières (1521) lui valut le titre de maréchal de France. La surprise de Meaux (1567-1568). Sentant monter les périls, Condé décida de monter une action préventive malgrè les réserves de Coligny. Prenant prétexte que le roi de France était menacé par les Italiens qui envisageaient de le capturer, il fit investir, le 28 septembre 1567 le château de Montceaux en Brie, près de Meaux pour s'emparer de la personne du roi. Celui-ci et sa mère ne parvinrent à échapper aux protestants que d'extrême justesse et purent s'enfuir à Meaux puis gagner Paris.

1567         30 septembre Émeutes protestantes à Nîmes.

1567         7 octobre Rencontre à Saint-Denis entre le roi et les chefs protestants.

1567         10 novembre Les troupes royales chassent les troupes protestantes de Saint-Denis. Bataille de Saint-Denis, le 10 novembre 1567 eu lieu la bataille de Saint-Denis entre catholiques et protestants. Ces derniers furent vaincus mais eurent le temps de dépouiller les châsses de leurs joyaux et profanèrent les sépultures ; le connétable Anne de Montmorency y trouva la mort.

1567         à 1643 - naissance et mort de Claudio Monteverdi. Compositeur italien, figure la plus importante de la transition de la Renaissance au baroque, dont l'oeuvre influença l'évolution de l'histoire de l'opéra. Monteverdi se situe à la croisée de deux siècles, de deux mondes musicaux, dont il hérita une écriture polyphonique et contrapuntique complexe qui annonçait l'harmonie tonale et la monodie accompagnée.

1567         Philibert Delorme écrit 'Premier tome de l'Architecture'.

1568         Aux Pays-Bas, amorce de la guerre de Quatre-Vingts Ans : exécution par le duc d'Albe des comtes de Hoorne et d'Egmond, alliés de Guillaume le Taciturne, pour leur trop grande tolérance. 1er juin : Louis de Nassau délivre des lettres de marque à des équipages pour leur permettre d'attaquer légalement les vaisseaux espagnols. La guerre de Quatre-Vingts Ans, aussi appelée révolte des Pays-Bas, fut le soulèvement armé mené de 1568 à 1648 - sauf pendant une trève de 12 ans de 1609 à 1621 - contre la monarchie espagnole par les provinces s'étendant aujourd'hui sur les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, le nord de la France. Au terme de ce soulèvement, les sept provinces septentrionales gagnèrent leur indépendance sous le nom de Provinces-Unies, indépendance actée en 1581 par l'Acte de La Haye et reconnue par l'Espagne par un traité signé en 1648 en marge des traités de Westphalie. Durant le règne de Charles Quint, les Pays-Bas espagnols virent disparaître quelques-unes de leurs libertés économiques. Avec l'apparition et l'essor du protestantisme dans les Provinces, celles-ci souffrirent de l'Inquisition. La violence et les abus des pouvoirs espagnols créa des tensions non seulement avec les protestants persécutés mais aussi avec les catholiques. À noter également, la présence de nombreuses armées espagnoles dans la région, suite aux conflits opposant leur roi à la France, entre autres ennemis.

1568         9 janvier Soulèvement protestant contre les Catholiques à La Rochelle.

1568         11 février La Rochelle ouvre ses portes aux Protestants.

1568         23 mars Paix de Longjumeau mettant fin à la deuxième guerre de religion en confirmant l'édit d'Amboise. Cette paix est signée après la victoire que le duc de Guise a remporté à Calais sur les Anglais, pendant le règne de Charles IX.

1568         24 mai Catherine de Médicis limoge Michel de l'Hospital.

1568         23 août Les protestants reprennent les armes, début de la troisième guerre de religion.

1568         à 1570 - Troisième guerre de religion. - Elle est déchaînée par la disgrâce du chancelier Michel de l'Hospital qui s'opposait à l'application, par la cour, d'un régime de rigueur aux protestants. Cette guerre, bien plus acharnée que les deux précédentes, a pour principaux épisodes: la défaite des protestants à Jarnac (1569) et en même temps l'assassinat de leur chef, le prince de Condé, Louis Ier de Bourbon, par un officier catholique, Montesquiou ; l'adoption des protestants, pour leur chef, à La Rochelle, de Henri de Béarn (le futur Henri IV, fils d'Antoine de Bourbon, roi de Navarre, et de Jeanne d'Albret) ; un succès des protestants commandés par Gaspard de Coligny, à la Roche-Abeille ; enfin une nouvelle défaite des protestants à Moncontour. Elle se termine par la paix de Saint-Germain (1570), par laquelle la couronne reconnaît aux protestants, comme places de sûreté, les quatre villes de La Rochelle, Cognac, Montauban et La Charité ; les protestants sont admis aux fonctions publiques et Catherine de Médicis donne en mariage sa fille Marguerite de Valois (la reine Margot) à Henri de Béarn (futur Henri IV). Troisième guerre de Religion, la paix de Longumeau est fragile car le pouvoir royal ne fait plus confiance au prince de Condé. Quelques mois après le début de cette nouvelle trêve, ce sont les catholiques qui vont anticiper sur une nouvelle surprise en tentant de capturer le prince de Condé (Louis Ier de Bourbon-Condé), au château de Noyers, le 29 juillet 1568. Les armées protestantes sont de nouveau mises à mal et subissent de lourdes pertes à la bataille de Jarnac, le 15 mars 1569. Le prince de Condé est exécuté et un autre dirigeant émerge dans l'organisation calviniste, l'amiral de Coligny. Celui-ci reprend les lambeaux de l'armée, descend dans le sud à la rencontre de nouvelles troupes et remonte sur Paris. Les troupes de Coligny menaçant la ville mènent à la signature d'une nouvelle trêve, l'édit de Saint-Germain, le 8 août 1570. Ce traité garantit 4 places de sûreté aux protestants.

1568         27 septembre Suppression des libertés du Traité de Longjumeau. C'est le 23 mars que le traité de Longjumeau a été signé. Les libertés qu'il garantissait aux huguenots sont remises en cause par Catherine de Médicis en ce jour.

1568         Palladio construit la villa Rotonda. Andrea Palladio, né à Padoue le 8 novembre 1508, mort à Vicence en 1580, est un architecte de la Renaissance italienne. Son père l'inscrit, à l'âge de 13 ans, pour six ans dans l'atelier de l'architecte et sculpteur Bartolomeo Cavazza da Sossano à Padoue. En avril 1523 Palladio s'enfuit à Vicence, mais est contraint de revenir pour rupture de contrat. Un an plus tard il s'inscrit à la corporation des sculpteurs de Vicence. Lors de plusieurs séjours à Rome, il étudie les édifices antiques et les écrits de Vitruve. Ces études de l'antiquité ont eu une influence déterminante sur ses propres édifices. Son art a eu un impact considérable. Sous le nom de Palladianisme il contribua à l'élaboration du Néoclassicisme. Le palladianisme est un style architectural qui s'inspire des oeuvres et du style de l'architecte italien Andrea Palladio. Le palladianisme naît au XVIIIe siècle en Angleterre sous l'impulsion de l'architecte Christopher Wren. Il succède au baroque et s'inscrit dans le renouveau des formes de l'Antiquité dans les constructions appelé néoclassicisme. Le palladianisme privilégie les formes géométriques et cherchent à créer une harmonie des volumes tout en utilisant le vocabulaire antique et plus spécifiquement romain : construction de portiques, emploi de la coupole, galerie de colonnes. On a souvent critiqué sa froideur et son manque de fantaisie. D'autres y ont vu un style international et rationaliste. Il s'applique en particulier aux villas rurales des pays anglo-saxons.

1568         Jean Bodin énonce la théorie quantitative de la monnaie. Il est, de ce fait, considéré comme un précurseur du mercantilisme. Le mercantilisme est une conception de l'économie qui prévaut entre le XVIe siècle et le milieu du XVIIIe siècle en Europe. Les penseurs mercantilistes prônent le développement économique par l'enrichissement des nations grâce au commerce extérieur qui permet de dégager un excédent de la balance commerciale. L'État a un rôle primordial dans le développement de la richesse nationale, en adoptant des politiques protectionnistes établissant notamment des barrières tarifaires et encourageant les exportations. La doctrine mercantiliste est l'une des toutes premières écoles de pensée en économie. Elle marque la fin de la prééminence de l'idéologie économique de l'Église (la chrématistique), inspirée d'Aristote et Platon et condamnant l'accumulation des richesses et le prêt. Le mercantilisme apparaît à une époque où les rois souhaitent obtenir un maximum d'or. Les théories mercantilistes sous-tendent cet objectif et développent une problématique basée sur l'enrichissement. Ce courant se fonde sur un système d'analyse des flux économiques très simplifiée où par exemple le rôle du système social n'est pas pris en compte.

1569         13 mars Défaite protestante à Jarnac où le prince de Condé, Louis Ier de Bourbon est exécuté. Catholiques et protestants s'affrontent. A la tête des premiers, le duc d'Anjou, futur Henri III. En face de lui, Louis Ier de Condé, premier prince du nom. Les protestants sont défaits. Contre toutes les lois de l'honneur et de la chevalerie, le prince de Condé, blessé et prisonnier, est achevé d'un coup de pistolet tiré par le baron de Montesquiou, capitaine des gardes du duc d'Anjou. Bataille de Jarnac entre l'armée royale et les Huguenots français conduit par Condé qui est assassiné à la fin de la bataille, sans doute à l'instigation du duc d'Anjou. Son cadavre est promené à dos d'ânesse par les royaux et exposé sur une table pendant deux jours au château de Jarnac.

1569         3 septembre Le Parlement condamne à mort Gaspard de Coligny.

1569         3 octobre Défaite protestante à Montcontour. Le duc d'Anjou (futur Henri III de France), qui a déjà battu les protestants à Jarnac le 13 mars, remporte à Montcontour une nouvelle victoire. L'amiral de Coligny, à la tête des huguenots, redoutant que les mercenaires qui n'ont pas été payés se révoltent ou désertent, engage le combat. Parce que ses lansquenets allemands tardent, parce que, lorsqu'il est blessé, sa cavalerie prend la fuite, et qu'au centre du champ de bataille son infanterie est prise en tenaille par les Suisses de l'armée royale qui la massacre, la défaite est sans appel. Agé de dix-huit ans, celui qui sera bientôt le roi Henri III déclare au soir de la bataille à l'attention de Coligny : “Qu'il se souvienne qu'il est périlleux de heurter contre la fureur française !”. Bataille de Moncontour, en 1569 durant les guerres de religion, dans la plaine de Moncontour, les troupes huguenotes de Gaspard de Coligny affrontent l'armée royale du duc d'Anjou. L'amiral de Coligny, venant du sud, avait mis le siège devant Poitiers. Près de prendre la ville, il doit lever le siège devant l'avance de l'armée royale, qu'il rencontre au nord-ouest de Poitiers. Son armée est battue, et les catholiques triomphent.

1569         Le géographe flamand Gerardus Mercator produit la première carte avec la projection qui porte son nom; il publie aussi la première section de son Atlas. Gerardus Mercator (souvent traduit en français par Gérard Mercator), est un mathématicien et géographe flamand (Rupelmonde, 1512 - 1594). Mercator, de son vrai nom Gérard de Cremere (ou Kremer), est à l'origine de la première projection du globe pour les navigateurs qui révolutionna la cartographie. Mathématicien et géographe, Mercator commence ses études à l'Université de Louvain en 1530 sous la direction de l'astronome Frisius qui l'initie à la construction et représentation du globe. En 1538, il fait paraître sa première carte du monde après celle de la Terre Sainte, sortie l'année précédente. À partir de 1552, il travaille à l'élaboration d'une projection de la Terre qui le conduit à publier en 1569, les 18 feuilles de "La projection de Mercator" qui fournit enfin aux navigateurs une réelle description des contours des terres. L'originalité de Mercator repose sur la projection de la surface terrestre sur un cylindre tangent à l'équateur ce qui présente l'avantage de ne pas déformer les angles. On parle aussi de représentation cylindrique tangente, où les méridiens sont espacés régulièrement tandis que la distance entre les parallèles augmente avec la latitude. Ce qui exagère beaucoup les surfaces au fur et à mesure qu'on s'éloigne de l'équateur. À la fin du XVIe siècle, la géographie du monde est enfin exprimée dans sa forme et ses proportions véritables. Avec l'imprimerie, l'europe devient un centre d'information et de diffusion de cartes géographiques fiables, utilisant des critères rationnels.

1569         mort Pieter Bruegel l'ancien.

1570         27 juin Bataille d'Arnay-le-Duc. Henri de Navarre, futur Henri IV, alors âgé de seize ans, remporta sa première victoire sur les catholiques du maréchal de Cossé-Brissac. Alors qu'il n'était encore qu'Henri de Navarre, un jeune homme de 17 ans affrontait pour la première fois la mitraille au pied d'Arnay-le-Duc. C'était en 1570 et "le bon roi Henri" ne devait jamais oublier son baptême du feu en terre bourguignonne.

1570         8 août Paix de Saint-Germain mettant fin à la troisième guerre de religion et accordant des places fortes aux protestants. Cette “paix” est un édit royal de Charles IX, qui ramène la paix civile. Pour la première fois, il autorise sans restriction le culte réformé en France. Cognac, La Rochelle, Montauban, et La Charité-sur-Loire sont consenties comme places de sûreté aux huguenots. Paix de Saint-Germain-en-Laye, après une troisième guerre entre catholiques et protestants de 1568 à 1570, qui voit la défaite des protestants à Jarnac, l'assassinat de leur chef, le prince de Condé (Louis Ier de Bourbon-Condé), en 1569 et la nomination d'Henri de Bourbon (futur Henri IV) comme chef des protestants, la Paix de Saint-Germain, signée entre le roi Charles IX et l'amiral Gaspard de Coligny, octroie aux protestants quatre places fortes que sont La Rochelle, Cognac, Montauban et La Charité. De plus, les protestants sont admis aux fonctions publiques et Catherine de Médicis, mère de Charles IX, donne en mariage sa fille Marguerite de Valois (la Reine Margot) à Henri de Navarre (futur roi de France Henri IV). Elle fut signée le 5 août 1570 au château royal de Saint-Germain-en-Laye. Cette paix sera de courte durée puisque deux ans plus tard a lieu le massacre de la Saint-Barthélemy qui y met un terme.

1570         27 novembre Charles IX épouse Élisabeth d'Autriche. Élisabeth d'Autriche (1554, Vienne - 1592, Vienne) est la fille de l'empereur Maximilien II et de Marie d'Autriche.

1570         Création de l'Académie et Compagnie de Poésie et de musique par Jean Antoine de Baïf et Thibaud de Courville. Jean Antoine de Baïf, né à Venise en 1532 et décédé à Paris en 1589, était un poète français. Membre de la Pléiade, tente d'acclimater en France le vers de la poésie antique et de réformer l'orthographe.

1570         Publication de l'Atlas d'Ortelius ('Theatrum Orbid Terrarum'), premier atlas moderne. Abraham Ortelius (° 1528 - † 1598). Cartographe des Pays-Bas (Dix-sept Provinces). Ortelius est avec Gerardus Mercator le grand fondateur de la cartographie flamande. Après avoir étudié le grec, le latin et les mathématiques, il s'établit à Anvers, le grand port des Dix-Sept Provinces, en tant que libraire et cartographe. Il voyagea beaucoup et publia en 1564 une carte du Monde en 8 feuilles, qui connut un grand succès. Sa façon de travailler était sensiblement différente de son rival et ami Mercator : Ortelius rassemblait des cartes issues de contacts professionnels ou amicaux parmi les cartographes européens. Vingt-cinq ans avant l'Atlas de Mercator, il fit graver par Hogenberg sa collection de cartes à une même échelle (1570), qui fut publiée sous le titre de 'Theatrum Orbis Terrarum', qui constitue en fait le premier "atlas". Au cours des dix premières années suivant la parution, il connut quatre réimpressions. Au total, le Theatrum a été publié en sept langues au cours de trente-six éditions. Ortelius fut également le premier à citer ses sources par carte, mentionnant les noms des cartographes à l'origine des informations cartographiées. Ortelius publia également plusieurs cartes historiques, dont certaines firent également partie du Theatrum. Entre 1579 et 1606 fut publié son Parergon Theatri, contenant notamment une reproduction de la Table de Peutinger. En 1570 Ortelius obtint le monopole pour les "atlas", ce qui empêcha notamment Gerard de Jode (qui avait publié la carte du monde de 1564) de publier son propre atlas avant 1578.

1570         Le Titien peint 'Le supplice de Marsyas’

1571         2-15 février Massacre de protestants à Orange.

1571         7 octobre Victoire de la Ligue à Lépante contre les Turcs. Bataille de Lépante, le 7 octobre 1571, une grande bataille navale se déroule près de Lépante, à proximité du golfe de Patras en Grèce. Elle fut l'occasion de l'affrontement des forces navales ottomanes et des flottes combinées du Pape, de l'Espagne et de Venise avec des contributions mineures de Gênes, d'autres États italiens, les États de Savoie y envoyèrent les trois galère de Nice, et les chevaliers de Malte sous le nom de Sainte Ligue. La flotte européenne était dirigée efficacement par Don Juan d'Autriche, fils naturel de Charles Quint. Ali Pacha, aidé des corsaires Scirrocco et Euldj Ali (qui dirige l'aile gauche), commandait les Ottomans. L'Infant Don Juan d'Autriche, (né en 1545 à Ratisbonne, Allemagne - mort le 1er octobre 1578 à Namur, Belgique), fut un prince espagnol de la famille des Habsbourg – fils illégitime de Charles Quint – qui fit une carrière militaire dans les armées de son demi-frère Philippe II et fut gouverneur des Pays-Bas de 1576 à 1578.

1572         11 avril Signature d'un contrat prévoyant le mariage de Henri de Navarre et de Marguerite de Valois (la reine Margot). Pour tenter une réconciliation entre protestants et catholiques, Jeanne d'Albret et Catherine de Médicis décident de marier leurs enfants, Henri de Navarre et Marguerite de Valois (Reine Margot). Reine Margot, Marguerite de France, couramment appelée Marguerite de Valois ou la Reine Margot, née le 14 mai 1553, morte le 27 mai 1615, était une princesse française de la branche dite de Valois-Angoulême de la dynastie capétienne. Par son mariage avec le roi Henri de Navarre (futur roi de France Henri IV), elle devint reine de Navarre puis reine de France.

1572         19 avril Alliance franco-anglaise contre l'Espagne.

1572         4 juin Mort de Jeanne d'Albret, reine de Navarre, son fils Henri (futur Henri IV) lui succède.

1572         10 août Massacre de protestants à Troyes.

1572         18 août Mariage de Henri de Navarre (futur Henri IV) avec Marguerite de Valois (la reine Margot), soeur du Roi, à Notre-Dame. Dans l'espoir de réconcilier les catholiques et les protestants, le huguenot Henri de Navarre (futur Henri IV) épouse la soeur du roi, fille d'henri II et de Catherine de Médicis, qui sera connue sous le nom de la reine Margot. Loin d'apaiser les esprits, cette union envenime le climat et déclenche la Saint-Barthélemy.

1572         22 août La régente et Henri Ier de Guise obtiennent l'assentiment de Charles IX au projet qu'ils ont formé de profiter de cette circonstance pour faire tuer l'amiral de Gaspard de Coligny et les principaux chefs protestants. (Le massacre a sans doute outrepassé les projets de Catherine de Médicis). Henri de Navarre (futur Henri IV) et le jeune prince de Condé, Henri Ier de Bourbon, ne sauvent leur vie qu'en abjurant le protestantisme. Henri est retenu presque captif par la Cour. Henri Ier de Guise, dit le Balafré (né le 31 décembre 1550 - mort le 23 décembre 1588 au château de Blois), prince de Joinville, puis duc de Guise (1563) et Pair de France, comte d'Eu et pair de France Grand Maître de France. Henri de Guise était le fils aîné de François de Guise, deuxième duc de Guise, assassiné en 1563 par un gentilhomme protestant. Il fut placé sous le tutelle de son oncle Charles de Guise, cardinal de Lorraine. Henri Ier de Bourbon, deuxième prince de Condé (La Ferté-sous-Jouarre, 1552 - Saint-Jean-d'Angély, 1588), fut un des chefs protestants pendant les guerres de religion, aux côtés d'Henri de Navarre, futur Henri IV.

1572         24 août Massacre de la Saint-Barthélemy, en faisant aux protestants de larges concessions, Catherine de Médicis n'a eu pour but que de les amadouer. Le mariage de sa fille (Marguerite de France ou Marguerite de Valois, surnommée la Reine Margot) avec Henri de Navarre (Henri de Béarn, devenu roi de Navarre en juin par suite de la mort de Jeanne d'Albret, et futur Henri IV) a attiré à Paris la fleur de la noblesse protestante. Les catholiques profiteront du rassemblement des protestants pour les noces à Paris, pour ordonner le massacre de la Saint-Barthélemy. Le massacre de la Saint-Barthélemy est une suite de massacres des protestants (huguenots) par les catholiques. Charles IX ordonne après avoir été convaincu par sa mère, Catherine de Médicis, qu'un complot huguenot le menace : “Tuez-les tous ! Mais tuez-les tous, pour qu'il n'en reste pas un pour me le reprocher”. La liste de ceux qui doivent mourir est dressée. Henri de Navarre (futur Henri IV), qui vient quelques jours plus tôt, le 18 août, d'épouser Marguerite de Valois (la Reine Margot), doit être, comme Condé, épargné. Ils peuvent revenir au catholicisme. Les portes de Paris sont fermées. Des bateaux enchaînés barrent la Seine. Aux premières heures du 24 août, les cloches de Saint-Germain-l'auxerrois sonnent. C'est le signal. La tuerie commence. Il y a au soir dans les rues de Paris 3 000 morts peut-être, peut-être 7 000… Dans les jours qui suivent, 10 000 huguenots encore sont tués en province. La tuerie commença le 24 août 1572 à Paris, puis elle s'étendit dans toute la France dans les mois suivants. Il s'agit d'un évènement dramatique qui fut dans le déroulement des guerres de religion d'une importance capitale. Le massacre de la Saint-Barthélemy se place à la suite d'une série d'évènements dont il est la conséquence: la paix de Saint-Germain qui met fin à la troisième guerre de religion, le 8 août 1570 ; le mariage de de Henri de Navarre (futur roi de France Henri IV), et de Marguerite de Valois (la Reine Margot), le 18 août 1572 ; l'assassinat raté de l'amiral de Coligny, le 22 août 1572.

1572         Quatrième guerre de religion (1572–1573). Cette quatrième guerre s'ouvre par l'affreux massacre de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572. L'échec du siège de la Rochelle, par l'armée royale met un terme très rapide à cette guerre. Quatrième guerre de religion, cette quatrième guerre s'ouvre par l'affreux massacre de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572. L'échec du siège de la Rochelle, par l'armée royale met un terme très rapide à cette guerre.

1572         28 août Déclaration royale interdisant l'exercice du culte réformé dans tout le royaume.

1572         30 août Fin des massacres de la Saint-Barthélemy.

1572         3 octobre Massacre des protestants à Toulouse.

1572         François de Belleforest écrit 'Histoire universelle du monde'. François de Belleforest (1530-1583), auteur majeur de la littérature française de la fin du XVIe siècle. Il est connu par la variété de ses domaines d'intérêts : cosmographie, classicisme. Il traduit en français les pensées de Cicéron et Démosthène.

1572         à 1631 - naissance et mort de John Donne. Poète anglais. Poète et prédicateur anglais du règne de Jacques Ier d'Angleterre, considéré comme le chef de file de la poésie métaphysique, a produit une oeuvre, variée comprenant des sonnets, des poèmes religieux, des traductions du latin, des épigrammes, des élégies, des chansons et des sermons. Les poètes métaphysiques sont un groupe assez hétérogène de poètes lyriques britanniques de la première moitié du XVIIe siècle, qui partageaient le même intérêt pour les grandes questions métaphysiques et avaient la même manière de les traiter. Leurs poèmes rigoureux et énergiques font davantage appel à l'intellect du lecteur plutôt qu'à ses émotions, rejettant ainsi l'intuition ou le mysticisme au profit d'un discours rationalisé.

1573         Les Espagnols rapportent du Pérou un légume nouveau, la tomate.

1573         Février-juillet : siège de La Rochelle par les catholiques, sans succès. Le siège de La Rochelle, ordonné par Charles IX et commandé par le duc d'Anjou, (le futur Henri III) commence le 11 février 1573 et se termine par la suspension des armes le 26 juin 1573. Le Massacre de la Saint-Barthélemy a porté un coup fatal au protestantisme. C'est pour profiter du désarroi qui règne chez les protestants, que le roi et la reine-mère Catherine de Médicis entendent soumettre définitivement les protestants à leur autorité. Leur cible est La Rochelle, ville de tête du protestantisme français, dont la chute entraînerait automatiquement celle des autres villes protestantes. Le roi espère y parvenir par des négociations, mais les protestants ayant refusés de se soumettre, le siège fut décidé.

1573         11 mai Élection de Henri d'Anjou (futur Henri III), frère du roi (Charles IX) au trône de Pologne.

1573         6 juillet Levé du siège de La Rochelle.

1573         11 juillet : Paix de Boulogne où sont remises en vigueur les clauses d'Amboise. Les protestants obtiennent La Rochelle, Montauban et Nîmes, perdent Cognac et La Charité.

1573         à 1610 - naissance et mort de Le Caravage. Peintre italien. La vie de Michelangelo Merisi, dit il Caravaggio, reste obscure. On ignore, par exemple, s'il est né à Caravaggio (Lombardie) ou à Milan, car bien qu'il ait passé son enfance dans la première de ces villes, son père (contremaître aisé) travaillait dans la seconde à l'époque où il est né, le 29 septembre 1571. Entré en 1584 à l'atelier Pertanzano, le jeune peintre part à Rome et reçoit plusieurs commandes, pour décorer notamment l'Église Saint-Louis des Français (chapelle Cantarelli) par un ensemble de tableaux illustrant la vie de Saint Matthieu. En 1607, accusé d'avoir tué un certain Tomasi au cours d'une rixe, il est condamné à mort et doit fuir Rome. Il part pour Malte, où il est fait chevalier de grâce de l'ordre de Malte. Mais sa réputation le rattrape, il est emprisonné et radié de l'ordre, et il fuit en Sicile. Dès lors, il cherche à obtenir la grâce papale. Il meurt sur une plage italienne. Il a fallu attendre les travaux de Roberto Longhi à la fin du XIXe pour redécouvrir en lui un des grands réformateurs de la peinture. Initiateur du clair-obscur, il donna son nom à un mouvement, le caravagisme, qui s'étendit à l'ensemble de l'Europe, particulièrement en Espagne et dans les Pays-Bas.

1573         Ambroise Paré écrit 'Traité des monstres et des prodiges’

1573         Jean Antoine de Baïf écrit 'Oeuvres en rimes’

1573         Philippe Desportes ecrit 'Premières oeuvres'. Philippe Desportes (1546 - 1606) est un poète français né à Chartres. L'abbé, Philippe Desportes, poète renommé et très bien en cours sous les règnes de Charles IX et Henri III, fut pourvu de bonne heure de bénéfices écclésiastiques importants. Il était abbé de l'abbaye bénédictine de Bonport en Normandie, de Tiron, de Josaphat, des Vaux de Cernay et d'Aurillac, chanoine de la cathédrale de Chartres et de la Sainte Chappelle. Il fut remarqué pour ses sonnets, ses élégies, ses chansons. Henri III en fit son poète officiel, en le préférant à Ronsard. Il fut surtout remarquable, par la clarté de sa langue.

1574         20 février Sacre de Henri III au trône de Pologne.

1574         10 avril Arrestation de la Molle (Joseph de Boniface). Joseph de Boniface, sr de La Molle, et Annibal, comte de Coconnat, gentilshommes de François duc d'Alençon, avaient été en mars et avril 1574, les principaux artisans d'une conspiration visant à faire évader leurs maîtres, le roi de Navarre (futur Henri IV) et le prince de Condé (Henri Ier de Bourbon-Condé), retenus à la cour depuis la Saint-Barthélémy. Arrêtés, ils furent condamnés à mort et décapités le 30 avril 1574.

1574         30 avril Exécution de La Molle.

1574         30 mai Mort de Charles IX, son frère Henri lui succède. Il a vingt-quatre ans et meurt d'une broncho-pneumonie tuberculeuse au château de Vincennes, après s'être livré à des excès de toutes sortes qui ont précipité sa fin. Il avait ordonné la Saint-Barthélemy et s'en souvient au moment de mourir, lorsqu'il dit à sa vieille nourrice huguenote : “Ah ! ma nourrice ! Que de sang ! Que de meurtres ! Ah ! que j'ai suivi un mauvais conseil !” Henri III lui succède.

1574         Mort de Charles IX. - Le règne de ce souverain est un des plus tristes que la France ait subis: les guerres civiles l'ont presque entièrement occupé. On y relève cependant quelques actes intéressants pour l'avenir du royaume: création du corps des gardes françaises (1563), réforme de l'administration de la justice (1584-1566); l'assemblée des notables à Moulins déclare le domaine royal inaliénable (1586). C'est sous ce règne que les architectes Philibert Delorme et Jean Bullan commencent les Tuileries. - Avènement de Henri III (troisième fils de Henri II, né en 1519). Il était déjà élu roi de Pologne depuis l'année précédente. En apprenant que la mort de son frère le fait héritier de la couronne de France, il quitte clandestinement la Pologne et vient prendre possession du trône: durant le court interrègne, sa mère Catherine de Médicis gouverne. Henri III n'apporte aucune des qualités d'un souverain; par contre, il est débauché et cruel.

1574         HENRI III (1574-1589)

1574         Henri III. Troisième fils de Henri II et de Catherine de Médicis, il fut d'abord duc d'Anjou et participa aux batailles de Jarnac et de Moncontour. Il fut "élu" roi de Pologne en 1573. Lorsque son frère meurt en 1574, il devient roi de France. Alors que dans sa jeunesse il eut de nombreuses conquêtes, en septembre 1574, il apprend le décès de Marie de Clèves qu'il aimait profondément. A partir de ce jour il se détourna des femmes et vira à l'homosexualité. Il se maria cependant avec Louise de Vaudémont-Lorraine en février 1575 le lendemain de son sacre. La guerre entre catholiques et protestants reprend dés le début de son règne. Les catholiques sont vainqueurs à Dormans en octobre 1575, mais le roi par la paix de Beaulieu en mai 1576 accorde des avantages aux protestants ce qui entraîne la formation d'une ligue des catholiques menée par les Guises. Le roi en prend la tête pour mieux la contrôler mais les états généraux de Blois l'oblige à reprendre la lutte c'est la sixième guerre de religions en 1577 les catholiques sont vainqueurs à la Charité sur Loire et à Issoire la paix de Bergerac limite le culte des protestants, la ligue est dissoute. Mais les protestants reprennent les hostilités en 1580 dans le Languedoc où Henri de Navarre (futur Henri IV) prend Cahors, la paix de Fleix confirme la paix de Bergerac. En 1584 le plus jeune fils de Henri II, François meurt, ce qui fait que, comme Henri III n'a pas d'enfant, l'héritier de la couronne devient Henri de Navarre. Ceci est insupportable pour les catholiques en général et les Guises en particulier. Les catholiques font une nouvelle ligue, s'allient au roi d'Espagne et forcent Henri III à annuler toutes les concessions faites aux protestants. C'est la guerre des trois Henri, Henri III, Henri Ier de Guise et Henri de Navarre (futur Henri IV). Elle tourne à la confusion, Henri de Navarre bat les catholiques à Coutras en 1587, Henri Ier de Guise bat les renforts allemands des protestants et fait une entrée triomphale à Paris. Une émeute oblige le roi à quitter Paris. Les états généraux réunis à Blois sont dominés par les Guises mais Henri III les fait assassiner (décembre 1588). Les ligueurs maîtres de Paris prononcent la déchéance du roi. Henri III s'allie alors à Henri de Navarre et assiège Paris en juillet 1589. Quelques jours plus tard le moine fanatique Jacques Clément assassine le Roi. C'est le dernier roi de la dynastie capétienne Valois. Sur le plan intérieur il installe dans tout le royaume des bureaux des finances, réorganise le conseil royal et promulgue la grande ordonnance de Blois en 1579 (363 articles). Il lance le projet de construction du Pont Neuf sur la Seine.

1574         18 juin Henri III s'enfuit de Pologne.

1574         Cinquième guerre de religion (1574–1576). Cinquième guerre de religion, ouverte par l'évasion des leaders protestants (Condé et Henri de Navarre) de la Cour où ils étaient en résidence surveillée depuis la Saint-Barthélemy, cette cinquième guerre s'achève par l'édit de Beaulieu, qui accorde une plus grande liberté de culte aux protestants.

1574         Théodore de Bèze écrit 'Du droit des magistrats'.

1574         François Hotman écrit 'Franco Gallia' (traduction française). François Hotman, né en 1524 (Paris), mort en 1590 (Bâle, Suisse) à l'âge de 66 ans. Sa première oeuvre a été publiée en 1574 (il avait 50 ans). Il a été et s'est occupé de : justice, professeur de droit civil et de droit Romain, conseiller d'État, agent politique à Heidelberg, historiographe du Roi. François Hotman, l'un des plus savants jurisconsultes du XVIe siècle, fut attiré à la religion réformée par la vue de l'héroïque fermeté des luthériens qui subirent à Paris le supplice du feu. Il entra de bonne heure en relation intime avec les chefs du parti protestant, et adopta leurs principes politiques, mélange des vieilles traditions d'indépendance de l'aristocratie française avec l'esprit démocratique de la Bible et l'esprit républicain de la Grèce et de Rome. Hotman se passionna pour ces doctrines comme pour la foi nouvelle, et répudia les théories de droit public que les hommes de sa profession puisaient dans l'étude journalière des lois romaines impériales.

1574         André Thevet écrit 'La cosmographie universelle'.

1574         Amadis Jamyn écrit 'oeuvres poétiques'. Amadis Jamyn (1540-1585), ami de Ronsard et traducteur d'Homère, fut un spécialiste des poèmes d'amours.

1574         Pierre de Ronsard écrit 'Les Sonnets à Hélène’

1574         Blaise de Montluc écrit 'Commentaires'. Blaise de Montluc, Blaise de Lasseran de Massencome, seigneur de Montluc, dit Blaise de Montluc, né à Saint-Puy, près de Condom, vers 1500 et décédé à Estillac, près d'Agen, le 26 juillet 1577 est une figure française de l'époque des guerres de religion, à la fois homme de guerre et homme de lettres. Maréchal de France et gouverneur de la Guyenne, il exécutera pour le compte du roi une féroce répression des huguenots.

1574         à 1637 - naissance et mort de Robert Fludd. Éminent rosicrucien, physicien paracelsien, astrologue, et mystique anglais. Il est considéré comme un des plus grands hommes de la Renaissance. C'était un vrai humaniste : ses connaissances portaient sur l'ensemble des sciences humaines. Ses écrits volumineux furent consacrés à défendre la réfome des sciences. En tant que médecin et alchimiste, il s'intéresse aux idées de Paracelse. En matière de médecine, Fludd est reconnu comme un précurseur. On lui doit la description du premier baromètre et des découvertes sur la circulation du sang, formulées plus tard avec plus d'exactitude par son confrère William Harvey. Ces livres sont de véritables chefs-d'oeuvre, magnifiquement ornés de gravures qui en résument le propos. Fludd était avant tout spiritualiste, établissant une distinction entre la partie physique mortelle et la partie animique immortelle de l'homme. Pour lui, l'âme est liée à Dieu, tandis que le corps physique est une partie de la nature. L'esprit de la vie, la force essentielle de la vie ou force vitale, éthérée et reliée à l'âme, constitue à la fois la conscience et l'esprit animal en nous. Cette force vitale est la cause de toutes les fonctions vitales. Fludd pratiquait la guérison à distance avec l'aide d'un système décrit auparavant par Paracelse et que Fludd nomme dans ses traités l'onguent de sympathie. Cette méthode était utilisée par divers médecins rosicruciens de l'époque, notamment Jan Baptist van Helmont et Kenelm Digby. Dans ses livres, Robert Fludd s'attache aussi à présenter l'harmonie entre le macrocosme (le monde) et le microcosme (l'homme). Poursuivant une connaissance universelle, il s'intéresse aux correspondances harmoniques qui existent entre les planètes, les anges, les parties du corps humain, la musique.

1575         13 février Sacre de Henri III à Reims. Henri III succède à son frère Charles IX, mort sans descendance mâle. Le sacre a lieu la veille de son mariage avec Louise de Lorraine.

1575         15 février : Mariage, dans la cathédrale de Reims du roi de France Henri III avec Louise de Vaudémont, princesse lorraine. Louise de Lorraine-Vaudémont (née le 30 avril 1553 au château de Nomeny - décédée à Moulins le 29 janvier 1601), est issue de la branche de Vaudémont, branche cadette de la prolifique maison de Lorraine et est cousine des Guise. Elle fut reine de France de 1575 à 1589, à la suite de son mariage avec Henri III de France.

1575         15 septembre Le duc d'Alençon, François de France, s'enfuit du Louvre. En 1575, François continue d'être à la cour le chef du parti d'opposition. Il subit les brimades et les moqueries dont il fait l'objet de la part des mignons de son frère. Catherine de Médicis tente de calmer le jeu mais en vain car un soir de bal, François se fait directement insulter et prend la résolution de s'enfuir. Il s'échappe à travers un trou creusé dans les remparts de Paris. Sa fuite crée la stupeur. Les mécontents de la politique royale et les protestants s'unissent derrière lui. En septembre, il est rejoint par le roi de Navarre qui est parvenu lui aussi à s'enfuir. La guerre qui s'ouvre est prometteuse pour François. Henri III doit baisser les armes. François reçoit l'Anjou en apanage et une indemnité extraodinaire. Il se réconcilie avec le roi et reprend triomphalement sa place à la cour. Mignon est le nom donné au XVIe siècle aux favoris des rois de France. C'est un terme dont le sens est devenu péjoratif et rabaissant. Au XIXe et XXe siècle, il désigne plus particulièrement les favoris d'Henri III (1551-1589). Henri III écarte des affaires de l'État les nobles des grandes familles qui n'ont cessé, depuis le début des guerres de religion, de se quereller pour le pouvoir. Il va au contraire promouvoir à la cour des hommes de petite noblesse, à qui il va donner de très hautes responsabilités. Il entend s'appuyer sur ces hommes neufs pour gouverner. Sa cour voit donc apparaître un cercle très restreint de favoris qui connaissent, grâce à leur protecteur, une fortune fulgurante. On va les appeler ironiquement "les mignons". François de France (1555-1584), duc d'Alençon et d'Anjou, est un fils de Henri II et de Catherine de Médicis. Presque nain à la naissance, il fut pourtant baptisé Hercule. On le débarassa ensuite de ce prénom. On lui donna celui de son frère ainé le roi François II. Il joua un rôle considérable, au début du règne de son frère Henri III, provoquant des troubles à la cour et dans le royaume. François est un prince revêche, taciturne et ambitieux. Il est le dernier de la famille royale et souffre des grands égards qu'on porte à son frère ainé, le duc d'Anjou (le futur Henri III). François jalouse à l'extrême ce frère, à l'ombre duquel il a grandi. Sa mort le 10 juin 1584 à Château-Thierry de la tuberculose permet à Henri de Navarre (futur Henri IV) de devenir roi de France à la mort d'Henri III.

1575         10 octobre Victoire du duc de Henri Ier de Guise à Dormans sur les Impériaux. La bataille de Dormans eut lieu autour du village de Dormans, dans la Marne, plus précisément entre Tréloup et Verneuil, le 10 octobre 1575, au cours de la cinquième guerre de religion en France. Elle oppose les troupes de la première Ligue pour le compte d'Henri III commandées par le 3ème duc de Guise (Henri Ier de Guise), à un corps de reîtres allemands recrutés par les protestants notamment anglais et les Malcontents (de François de France, duc d'Alençon) dirigés par Thoré, le frère cadet du maréchal de Montmorency (François de Montmorency) et de Henri comte de Damille (Henri Ier de Montmorency). De Guise mit en déroute les protestants, capturant Philippe de Mornay parmi d'autres. Henri de Guise y reçut le surnom de "Balafré", comme son père, suite à une blessure par un coup d'arquebuse qu'il reçut à la joue droite. Les conséquences de cette victoire furent réduites à néant avec l'attaque du fils du comte palatin qui vint menacer Paris. Philippe de Mornay, Seigneur du Plessis–Marly, également appelé Philippe Mornay Du Plessis (né le 5 novembre 1549 à Buhy, dans le Val-d'Oise - décédé le 11 novembre 1623 à La Forêt-sur-Sèvre, près de Cerizay, dans les Deux-Sèvres) était un théologien réformé, un écrivain et un homme d'État français, ami d'Henri IV, qui fut l'un des hommes les plus éminents du parti protestant à la fin du XVIe siècle.

1575         21 novembre Trêve de Champigny entre Catherine de Médicis et François d'Alençon dit François de France.

1576         25 février Henri de Navarre s'enfuit du Louvre. Le futur Henri IV s'évade et abjure le catholicisme qui lui a été imposé à la Saint-Barthélemy.

1576         7 mai Paix de Monsieur à Beaulieu accordant des facilités de cultes et 8 places fortes aux protestants. C'est la fin de la cinquième guerre de religion. Henri III se voit contraint d'accorder aux protestants de larges concessions par l'édit de Beaulieu. Parmi celles-ci, outre des places de sûreté et des Chambres mi-parties dans les parlements, la liberté de culte. Ces concessions exaspèrent la colère des catholiques qui fondent une ligue catholique. Monsieur, sous l'Ancien Régime, on désignait communément le frère cadet du roi de France sous le nom de Monsieur, avec une majuscule. L'édit de Beaulieu est une paix signée par Henri III de France durant les guerres de religion françaises. Le 6 mai 1576, mettant fin à la cinquième guerre de religion, l'édit accorde aux protestants une plus grande liberté de culte dans le royaume de France. Inacceptable pour les ultra-catholiques, ceux-ci s'organisèrent en une Ligue pour faire front commun contre Condé et Henri de Navarre. La paix ne dure pas et dans la même année, la Ligue force la reprise des combats dans la sixième guerre de religion.

1576         13 juin Henri de Navarre (futur Henri IV) abjure le catholicisme et reprend la tête du parti protestant.

1576         8 juin Création de la Sainte Ligue. La première Ligue se constitue à la suite du refus de voir s'installer en Picardie un gouverneur protestant, le prince de Condé (Henri Ier de Bourbon-Condé). La Sainte Ligue choisit pour chef Henri de Guise, dit le Balafré. Henri III règne sur un royaume que déchirent des fois chrétiennes. La Cour avait dû faire aux protestants, par la paix de Beaulieu, des concessions dont s'indignèrent les catholiques qui se décident à s'unir, en une ligue pour la défense de la religion. La Ligue, née en Picardie, à Péronne, recrute bientôt dans tout le royaume des adhérents. Les Guise, en particulier Henri le Balafré (Henri Ier de Guise), en sont les dirigeants. Plus tard, il se formera à Paris, dans le sein de la Ligue, un comité, dit des Seize. Ces seize seront les plus ardents ligueurs. En 1576, les États Généraux de Blois provoquent une nouvelle rupture entre catholiques et protestants, et déclarent le roi chef de la Ligue. La Ligue catholique ou Sainte Ligue ou Sainte Union est le nom donné à un regroupement de catholiques, créé en France par Henri de Guise, en 1576. Il est appuyé par le pape Sixte V, les Jésuites, Catherine de Médicis et Philippe II d'Espagne. Ce parti ultra-catholique se forme en réaction à l'Édit de Saint-Germain (1570) et à l'Édit de Beaulieu (6 mai 1576) jugés trop favorables aux protestants ; il a pour but d'extirper définitivement le protestantisme de France. Ligue ou Sainte Ligue. Confédération de catholiques français formée par Henri Ier de Guise pour lutter contre les avantages accordés aux protestants par la "paix de Monsieur" en 1576. Si la guerre religieuse, inspirée spirituellement par le cardinal de Lorraine (Charles de Guise), réunit les ligueurs, certains poursuivent le but politique de renverser le roi Henri III. Lorsque le protestant Henri IV devient l'héritier du trône, la Ligue entre en guerre contre la famille royale, appuyée par les Espagnols et le pape Grégoire XIII. Malgré les manoeuvres d'Henri III pour se rapprocher des ligueurs, il est chassé de Paris lors de la journée des Barricades (12 mai 1588). Sept mois plus tard, il fait assassiner le duc de Guise, provoquant un soulèvement général. Henri III lui-même est tué, tandis que le duc de Mayenne (Charles de Mayenne), nouveau chef de la Ligue, poursuit le combat contre Henri IV ; le cardinal de Bourbon est proclamé roi sous le nom de Charles X. La guerre de religion entre la Ligue catholique et le roi cesse suite à l'abjuration d'Henri IV (1593) et à son entrée dans Paris soumis (1594).

1576         La Ligue ouvre la sixième guerre, qui s'achève par l'édit de Poitiers, qui restreint les conditions du culte protestant.

1576         13 août Le prince de Condé, Henri Ier de Bourbon, nommé gouverneur de Peronne s'empare de la ville qui lui resistait.

1576         novembre Nouvelle réunion des États Généraux à Blois. États généraux de 1576-1577, les états généraux se tiennent à Blois : l'édit de pacification accordé par Henri III aux Huguenots fut révoqué, et le roi, après avoir inutilement tenté de s'opposer à la Ligue, s'en déclara lui-même le chef.

1576         Jean Bodin écrit 'Les Six livres de la République'.

1576         Bernard du Haillan écrit 'Histoire de France'. Bernard du Haillan, Bernard de Girard, Sieur du Haillan (1535-1610) Historiographe et Généalogiste. Deuxième fils de Louis, Bernard naît à Bordeaux en 1535, étudie au collège de Guienne sous la direction d'Élie Vinet et en compagnie de son cousin Pierre de Brach. Très bien introduit dans la haute bourgeoisie bordelaise, grâce à ce cousin, Bernard fréquente les meilleurs salons et cercles poétiques où il fait la connaissance de Montaigne et La Boétie. En 1555 il abjure le protestantisme et remarqué par la famille de Noailles apparentée aux de Brach, devient secrétaire de François de Noailles, évêque de Dax, qu'il accompagna à Londres (1556) et à Venise (1557). Il fut, par la suite, secrétaire des finances du duc d'Anjou, François de France, frère du roi, et historiographe de France en 1571.

1576         27 août Mort de Titien. Au terme d'une longue et riche carrière, le peintre Titien s'éteint à Venise, âgé de près de 90 ans. Certains diront qu'il a été emporté par la peste, et d'autres qu'il est simplement mort de vieillesse. Peintre à la renommée européenne, il a placé ses talents au service des plus grands noms de l'époque. Les maisons d'Este, de Gonzague et de Ferrare, mais aussi Charles Quint, le pape Paul III ou encore Philippe II d'Espagne lui ont passé commande. Des siècles après sa mort, ce formidable portraitiste et artiste de la Haute Renaissance apparaîtra comme le maître du Cinquecento vénitien.

1577         1er mai Victoire de la Ligue sur les protestants à La Charité, début de la sixième guerre de religion. La Charité-sur-Loire, place protestante, est prise et saccagée par les troupes de Monsieur (François de France, duc d'Alençon et d'Anjou).

1577         Sixième guerre. - Elle résulte de l'inobservation de la paix de Beaulieu. Succès des catholiques à La Charité et à Issoire. La guerre se termine par la paix de Bergerac (dite aussi de Poitiers). Sixième guerre de religion, la Ligue ouvre la sixième guerre, qui s'achève par l'édit de Poitiers, qui restreint les conditions du culte protestant.

1577         12 juin Victoire de la ligue sur les protestants à Issoire.

1577         17 septembre Paix de Bergerac restreignants les concessions faites aux protestants. Signature de la paix de Bergerac. La liberté de culte est limitée aux faubourgs d'une seule ville par bailliage.

1577         à 1640 - naissance et mort de Pierre Paul Rubens, peintre baroque flamand, était l'artiste européen nordique le plus renommé de son jour; il est maintenant largement reconnu en tant qu'un des premiers peintres dans l'histoire de l'art occidental. En accomplissant la fusion de la tradition réaliste de la peinture flamande avec la liberté imaginative et les thèmes classiques de la peinture italienne de la Renaissance, il a fondamentalemt. Rubens est le plus grand peintre européen de la première moitié du XVIIe siècle. Né en Allemagne, formé en Flandres, puis en Italie, il a travaillé non seulement pour les Pays-Bas du Sud, mais pour l'Allemagne, la France, l'Espagne, l'Angleterre. Son oeuvre immense n'aurait pu se concevoir sans l'existence d'un vaste atelier, et son talent fut de gérer cet atelier de sorte que chaque tableau pût apparaître comme un chef-d'oeuvre unique.

1578         Création par Henri III de l'ordre du Saint-Esprit. L'Ordre du Saint-Esprit fut pendant les deux siècles et demi de son existence, l'Ordre de chevalerie le plus prestigieux de la monarchie française, et l'un des plus brillants d'Europe. C'est le 31 décembre 1578, en pleine guerre de religions, qu'Henri III fonda l'Ordre du Saint-Esprit, dont le but était de protéger le Roi de France, en tant que personne sacrée. Le monarque choisit le nom de Saint-Esprit pour cet Ordre, en référence à sa propre naissance, à son couronnement sur le trône de Pologne et plus tard sur celui de France, tous trois survenus le jour de la Pentecôte.

1578         Henri III interdit les combats en champ clos.

1578         à 1657 - naissance mort de William Harvey. Médecin anglais. Il fut le premier à décrire de façon exacte la grande circulation sanguine dans 'Exercitatio Anatomica de Motu Cordis et Sanguinis in Animalibus' (1628). Il fut également l'un des premiers à mettre en doute la théorie de la génération spontanée dans 'Exercitationes de Generatione Animalium' (1651)

1578         Début de la construction du Pont-Neuf. Lettres patentes du roi de France Henri III autorisant la construction du Pont Neuf sur la Seine à Paris. Le roi Henri III pose la première pierre du Pont Neuf à Paris, en présence de la reine-mère Catherine de Médicis. Le Pont Neuf est, malgré son nom, le plus ancien pont de Paris qui traverse la Seine et qui soit toujours intact. Il est classé monument historique. Son nom vient du fait que c'est le premier pont en pierres de Paris (auparavant les ponts étaient construits en bois). C'est un pont en arc construit en pierres. Sa construction a été décidée en 1577, et le 2 novembre de cette année-là, Henri III désigne une commission chargée d'assurer la bonne construction du pont et le suivi des travaux. La construction est autorisée par lettres patentes du roi le 16 mars 1578. Lettre patente, dans le domaine de la diplomatique, une lettre patente est un document officiel attestant d'un droit, d'un état, ou d'un privilège.

1579         Ordonnance de Blois, par laquelle la possession d'un fief ne suffit plus pour créer l'état de noble. A la suite des États Généraux assemblés à Blois en 1576, le roi Henri III allait rendre à Paris, en mai 1579, une ordonnance de 363 articles relative à la police générale du royaume, dite ordonnance de Blois.

1579         28 février Traité de Nérac entre Catherine de Médicis et Henri de Navarre, moins favorable aux huguenots que la paix de Monsieur. Les protestants obtiennent quinze places de sûreté pour six mois. Six mois plus tard, ils refusent de les rendre. La guerre éclate. Nérac, centre du duché d'Albret, rattaché à la France seulement en 1607, est une des grandes capitales du protestantisme. Marguerite d'Angoulême devenue reine de Navarre y établit sa cour. Elle y meurt en 1549. Dans le château dont subsiste l'aile Nord, elle accueille Lefèvre d'Étaples qui y meurt en 1536. Elle accorde asile à d'illustres réformateurs qui ne pouvaient plus résider en France sans danger. C'est à Nérac qu'en 1579 Henri III de Navarre, futur Henri IV, signera avec Catherine de Médicis le traité de paix mettant fin à la sixième guerre de religion.

1579         Septième guerre. - Elle est marquée par les succès de Henri de Navarre (le Béarnais, futur Henri IV), l'un des chefs des protestants: il s'empare de Cahors; mais les catholiques s'emparent de La Fère. La paix est signée cette même année au Fleix. Septième guerre de religion, déclarée par une minorité de protestants, cette guerre fut l'une des plus courtes et des moins suivies. Elle se finit dans l'indifférence avec la prise de Cahors par Henri de Navarre et la paix de Fleix (près de Bergerac) accordant des baux de six ans aux places de sûreté protestantes. Cette guerre est aussi appelée guerre des Amoureux en raison des intrigues de galanterie qui y donnèrent lieu. En effet, le protestant Henri de Navarre (futur Henri IV) et sa femme Marguerite de Valois (la reine Margot) menèrent joyeuse vie à Nérac au milieu d'une cour composée de jeunes seigneurs frivoles, et que leurs continuelles galanteries avaient fait surnommer les Amoureux.

1579         29 novembre le prince de Condé, Henri Ier de Bourbon, prend La Fère, début de la septième guerre de religion. La Fère est une commune française, située dans le département de l'Aisne et la région Picardie.

1580         29 mai Victoire de Henri de Navarre à Cahors sur les catholiques.

1580         19 septembre Les États Généraux des Pays-Bas propose leur trône à François duc d'Anjou et d'Alençon, dit François de France.

1580         26 novembre Paix de Fleix, négociée par François-Hercule, frère du roi, qui confirme les concessions de Nérac. Les quinze places de sûreté sont conservées pour six ans. L'autorité royale est réduite face aux gouverneurs : Henri de Navarre, roi en Navarre, seigneur en Rouergue et en Quercy, est gouverneur de Guyenne. Condé est gouverneur en Picardie. Les Guise contrôlent la Bretagne (Mercoeur), la Bourgogne (Mayenne), la Champagne (Guise), la Normandie (Elbeuf) et la Picardie, en concurrence avec Condé (Aumale). En Provence, les deux lieutenants du roi animent chacun un parti : le comte de Suze (les razats, huguenots et anti-seigneuriaux) et le comte de Carces (les carsistes, catholiques et seigneuriaux). En Languedoc, le gouverneur Henri de Montmorency-Damville est catholique politique, allié au protestants et contrôle le Bas-Languedoc. Joyeuse, catholique royal, contrôle le Haut-Languedoc. Luynes, chef des troupes royales, tient Pont-Saint-Esprit, clé du Languedoc. Les protestants ont désigné Châtillon comme chef militaire en Languedoc. La Paix du Fleix, connue aussi sous le nom de convention ou conférence du Fleix, qui fut signée le 26 novembre 1580 a mis fin à la septième guerre de Religion. Le nom lui vient du village du Fleix en Périgord où le traité fut signé dans le château du marquis de Trans Germain Gaston de Foy (cousin du roi de Navarre), en présence notamment du frère du roi de France, François, duc d'Anjou, représentant les intérêts de son frère le roi Henri III, et de Henri roi de Navarre (futur Henri IV) représentant du parti des huguenots.

1580         Michel de Montaigne écrit 'Essais' (1580-1595): inauguration d'un nouveau genre littéraire, l'essai. Un essai est une oeuvre débattant d'un sujet donné selon le point de vue de l'auteur. Contrairement à l'étude, l'essai peut être polémique ou partisan. L'auteur d'un essai est appelé essayiste. Mais plus concrétement, un essai est une réflexion sur soi-même ou sur le monde extérieur par lequel vit l'essayiste. Le genre des essais a été inventé (rendu célèbre) par Michel de Montaigne. Dans "Les Essais", il aborde de nombreux sujets d'étude du point de vue strictement personnel. On a souvent remarqué qu'il accordait une telle importance à cet angle d'approche qu'il y décrit par le détail ses propres sensations, perceptions et, parfois, ses maladies. Mais cette approche lui permet de fonder une réflexion philosophique extrêmement féconde.

1581         26 juillet Acte de La Haye. L'Acte de la Haye, aussi appelé l'Abjuration de la Haye est un acte rédigé par les États généraux des Pays-Bas le 26 juillet 1581, proclamant formellement l'indépendance des Provinces-Unies. Il suivit l'Union d'Utrecht de 1579. Au cours de la guerre de Quatre-Vingts ans, la Flandre fut presque entièrement reconquise par les espagnols, ainsi qu'une grande partie du Brabant et une petite partie de la Gueldre. Les Provinces-Unies sont le nom que prirent les sept provinces du nord des Dix-sept Provinces ou Pays-Bas espagnols en 1581 jusqu'à la création par les français de la République batave (1795) et du Royaume de Hollande (1806). Le 2 juillet 1581, par l'Acte de La Haye, ces provinces, alors sous l'autorité du roi d'Espagne, prenaient leur indépendance et constituaient une fédération. Les causes de cette sécession étaient la volonté d'autonomie à l'égard du roi et le problème religieux, les habitants de ces provinces ayant majoritairement choisi la Réforme protestante. Depuis 1586 les États généraux des Pays-Bas ont cessé de chercher un nouveau souverain et l'union confédérale est pratiquement devenue une république.

1582         Bulle Inter Gravissimas du pape Grégoire XIII sur la réforme du calendrier Julien. Grégoire XIII, Ugo Boncompagni, né à Bologne le 7 janvier 1502, mort à Rome le 10 avril 1585. Il succède au pape Pie V le 14 mai 1572 sous le nom de Grégoire XIII. Son oeuvre principale est l'institution du calendrier grégorien par la bulle Inter gravissimas, en 1582, fixant le premier jour de l'année au 1er janvier. Le calendrier grégorien (du nom du pape Grégoire XIII qui l'introduisit en 1582) est le calendrier actuellement utilisé en Europe, ses anciennes colonies et dans une bonne partie du reste du monde. La structure du calendrier grégorien est analogue à celle du calendrier julien de la Rome antique. C'est un calendrier solaire, se basant sur la révolution de la Terre autour du Soleil en 365,2422 jours de 24 heures de 60 minutes de 60 secondes métriques. Le calendrier grégorien donne un temps moyen de l'an de 365,2425 jours ; pour assurer un nombre entier de jours par année, on y ajoute régulièrement un jour bissextile, le 29 février. Le cycle complet du calendrier grégorien dure 400 ans : trois siècles constitués de 24 cycles juliens (trois ans de 365 jours, puis une année de 366 jours) suivis de 4 années de 365 jours, puis un siècle constitué de 25 cycles juliens. Le passage du calendrier julien au calendrier grégorien n'eut pas lieu au même moment partout dans le monde, ce qui n'a pas manqué de causer des confusions. En 1582, le pape Grégoire XIII décida dans la bulle Inter gravissimas que le jeudi 4 octobre 1582 serait immédiatement suivi par le vendredi 15 octobre pour compenser le décalage accumulé au fil des siècles. Imposé par le pape Grégoire XIII dans les États dont il était le souverain, le calendrier grégorien fut aussi immédiatement adopté par l'Espagne, l'Italie, le Portugal et la Pologne. En France, Henri III enlèvera ces jours en décembre. La Grande-Bretagne et les pays protestants n'adoptèrent le calendrier grégorien qu'au XVIIIe siècle, préférant, selon l'astronome Johannes Kepler, "être en désaccord avec le soleil, plutôt qu'en accord avec le pape". L'adoption du nouveau calendrier en Grande-Bretagne en 1752 fut prétexte à des émeutes car certains prétendaient qu'on devrait payer un loyer mensuel complet avec seulement 21 jours ouvrés réels. Les pays de tradition orthodoxe ne l'adoptèrent qu'au début du XXe siècle. En Russie, il faudra passer la Révolution d'octobre de 1917, qui selon le calendrier grégorien s'est déroulée en novembre, pour que la toute jeune URSS adopte le calendrier grégorien en 1918.

1583         Matteo Ricci entre en Chine. Matteo Ricci (Macerata 1552- Pékin 1610), est un prêtre et missionnaire jésuite italien ayant inspiré la réalisation du dictionnaire de sinogrammes 'le Grand Ricci'. Il est ordonné novice jésuite à Rome en 1578 puis prêtre à Cochin (en Inde) en 1580. Il entre en Chine en 1583 et s'installe à Zhaoqing près de Canton et parvient à se mettre en contact avec des mandarins grâce à ses grandes connaissances en mathématiques et en astronomie. Il reste dix-huit ans dans le sud de la Chine à proximité de Macao et apprend à lire et écrire le chinois. En 1601 il se fait inviter a la cour impériale de Pékin, en tant qu'ambassadeur des Portugais auprès de l'empereur Wanli, porteur d'une épinette, d'une mappemonde et de deux horloges à sonnerie. Premier missionnaire chrétien à entrer en contact aussi proche avec l'empereur depuis les nestoriens, il parvient à fonder l'Église chinoise, mais ses efforts sont partiellement ruinés, plus tard, lors de la querelle des Rites chinois. Il est enterré à proximité de la Cité interdite.

1583         Joseph Juste Scaliger imaginé une "période julienne" (Ainsi nommée par analogie avec le calendrier julien. Étant protestant, il refuse l'adoption du calendrier grégorien instauré le 24 février de l'année précédente par... un pape : Grégoire XIII). Joseph Juste Scaliger, fils de Jules César Scaliger, est né en 1540 à Agen, et mort en 1609. Il surpassa de loin son père comme philologue, et se fit en outre un nom comme chronologiste et historien. Il fut quelque temps précepteur dans une famille noble près de Tours, puis parcourut la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Écosse, et embrassa la religion réformée (1562); il fut appelé à l'Académie de Leyde en 1593, comme successeur de Juste-Lipse. On le regarde comme le véritable créateur de la science chronologique. Plein de vanité comme son père, il prétendit, dans une lettre intitulée : De vestutate gentis Scaligerae, faire remonter sa noblesse jusqu'aux rois Alains. Il eut aussi, comme son père, de vives querelles avec plusieurs de ses contemporains, notamment avec Scioppius.

1583         Robert Garnier écrit "Les Juives". Dans un contexte de Renaissance tournée vers l'art grec et l'apparition de la langue française, Robert Garnier donne, avec "les Juives", les premières lettres de noblesse à un genre dramatique qui va devenir essentiel en France : la tragédie. Si Garnier a souvent repris les mythes grecs, il s'inspire ici de l'Ancien Testament et retrouve tout le sens religieux et politique du registre tragique. La réalité des guerres de religion transparaît en effet dans une oeuvre qui pose la question des responsabilités face aux massacres religieux. Robert Garnier est un poète et dramaturge français né en 1545 à La Ferté-Bernard (Sarthe) et mort en 1590.

1584         10 juin Mort de François d'Anjou et d'Alençon, dit François de France, quatrième fils de Henri II, frère puîné de Henri III. Il était devenu duc d'Anjou à l'avènement de Henri III; il avait porté jusqu'alors le titre de duc d'Alençon. Henri III n'ayant pas d'héritiers, le droit à la couronne passe à Henri de Navarre (futur Henri IV). Les Ligueurs considérèrent Charles Ier de Bourbon comme l'héritier du trône de France, excluant de la succession tous les protestants. Charles Ier de Bourbon, archevêque de Rouen (1523 † 1590), fils de Charles IV de Bourbon et de Françoise d'Alençon, également cardinal, frère puîné d'Antoine de Bourbon, père d'Henri IV. Evêque de Nevers à l'âge de 17 ans (1540-1545), il est par la suite archevêque de Rouen de 1550 à 1590, évêque de Nantes de 1550 à 1554 et légat du pape en Avignon de 1565 à 1590. En 1584, à la mort du duc d'Alençon, les Ligueurs le considérèrent comme l'héritier du trône de France, excluant de la succession tous les protestants. Henri III le fit arrêter et, en 1589, lorsque les Ligueurs le proclamèrent roi de France sous le nom de Charles X, il était toujours emprisonné à Fontenay-le-Comte. Il finit par renoncer lui-même à cette royauté, et reconnut la légitimité de son neveu Henri IV. C'est là qu'il mourut l'année suivante.

1584         31 décembre Traité de Joinville scellant l'alliance des Guises avec Philippe II d'Espagne. Philippe II d'Espagne, (né en 1527 à Valladolid - mort en 1598 au palais de l'Escurial), était un prince espagnol de la maison de Habsbourg. Il était le fils de Charles Quint ((1500-1558), roi de Castille et de Leon (1506-1555) et roi d'Aragon (1516-1556), sous le nom de Charles Ier, et empereur romain germanique (1519-1556), sous le nom de Charles V, et d'Isabelle de Portugal (1503-1539)). En 1556, après l'abdication de son père et sa retraite au monastère de Yuste, Philippe devint roi d'Espagne (1558-1598), sans compter de nombreux autres titres, tandis que les princes-électeurs du Saint Empire romain germanique portaient à leur tête le frère cadet de Charles Quint, Ferdinand Ier (1503-1564). En 1580, après la mort du roi de Portugal Henri Ier (1512-1580), dit Henri le Cardinal, Philippe II d'Espagne devint à son tour roi de Portugal (1580-1598) sous le nom de Philippe Ier. Son règne représente le sommet de la puissance de l'Espagne, pour laquelle il est le siècle d'or. Les richesses affluent d'Amérique.

1585         30 mars Déclaration de Péronne. Elle est faite par le cardinal Charles Ier de Bourbon, oncle d'Henri de Navarre, et constitue un manifeste qui dénie au Béarnais (futur Henri IV) tout espoir de succéder à Henri III. Formation de la Ligue catholique sous le patronage des Guise. La Ligue veut faire adopter la catholicité comme condition de légitimité. Les Guise, d'ascendance carolingienne, voient le moyen d'accéder au trône.

1585         à 1598 - Huitième et dernière guerre de religion dite aussi Guerre des Trois Henri (Henri III, Henri de Navarre, Henri Ier de Guise). Cette dernière guerre a été la plus longue des guerres de religion. Commencée sous Henri III, elle se poursuit jusqu'à l'abjuration de Henri IV. En 1585, Henri III a révoqué tous privilèges accordés jusqu'alors aux protestants. Toutefois, il regarde Henri de Navarre comme l'héritier de la couronne et ne se cache pas d'éprouver de la sympathie pour lui. La noblesse catholique est indignée à la pensée que le trône pourrait être occupé par un prince hérétique : elle oppose au Béarnais (futur Henri IV) Henri Ier de Guise et conclut avec le roi d'Espagne, Philippe II, le traité de Joinville par lequel ce souverain s'engage à soutenir Henri Ier de Guise et la Ligue. Cette époque se marque par une recrudescence du fanatisme catholique contre les protestants. Une nouvelle guerre éclate, au cours de laquelle Henri III, dominé par la Ligue, combattra à son corps défendant son futur successeur. Huitième guerre de religion, l'affrontement entre catholiques et protestants prend une tournure plus importante avec l'alliance des Protestants aux Néerlandais en révolte contre l'Espagne et celle des Catholiques de la Ligue avec Philippe II d'Espagne. Détesté par les Ligueurs, Henri III ne peut maintenir son autorité et est chassé de Paris lors de la "Journée des Barricades" en 1588. Il tente d'éliminer la Ligue en faisant assassiner ses chefs, le duc de Guise (Henri Ier de Guise) et son frère le cardinal de Lorraine (Louis de Lorraine) à Blois en 1588. Il est assassiné l'année suivante par un moine fanatique, faisant ainsi de Henri de Navarre, chef des Protestants, le roi de France sous le nom d'Henri IV. Henri IV doit lutter pour reconquérir son royaume tenu par la Ligue, qui refuse de reconnaître un roi protestant ; mais le ralliement des personnes fidèles à la dignité royale, et surtout sa conversion au catholicisme en 1593 lui ouvrent les portes de Paris. Henri IV éloigne les ambitions de Philippe II d'Espagne par une guerre entre 1595 et 1598 qui aboutit à la paix de Vervins. Le problème religieux est réglé par l'adoption d'un édit de tolérance, l'Édit de Nantes en 1598.

1585         10 juin Le duc de Guise, Henri Ier de Guise, et Charles Ier de Bourbon (cardinal de Bourbon) envoient un ultimatum au roi.

1585         7 juillet Henri III signe la paix de Nemours avec les ligueurs accordant pensions, places fortes et gouvernements.

1585         18 juillet Henri III interdit le culte réformé. Le roi de France Henri III est contraint de signer avec les Guise la Paix de Nemours, qui annule toutes les mesures de tolérance à l'égard des Protestants, et prend la tête des armées catholiques. Navarre et Condé sont déclarés inapte à la succession.

1585         9 septembre Le pape Sixte V excommunie Henri de Navarre (futur Henri IV) et le prince de Condé (Henri Ier de Bourbon). Sixte V, Felice Peretti, né à Montalto le 13 décembre 1520, mort à Rome le 27 août 1590, élu pape le 1er mai 1585 sous le nom de Sixte V.

1585         9 octobre Les Espagnols prennent Cambrai.

1585         à 1672: naissance et mort de Heinrich Schütz, compositeur allemand. Il est, avec Claudio Monteverdi, l'un des plus grands musiciens de tous les temps. Né exactement un siècle avant Bach, élève de Gabrieli puis de Monteverdi, il va concilier les éléments du génie allemand et italien dans une synthèse jamais réalisée avant et, en dépit de Bach, que l'on a plus revue depuis.

1585         à 1638 - naissance et mort de Cornelius Jansen, Corneelius Jansen, plus connu sous le nom de Jansenius (28 octobre 1585 - 6 mai 1638) était prêtre à Ypres et est le père du Jansénisme. Le jansénisme s'inspire de la pensée de Saint Augustin. Il a été développé par Cornélius Jansen (1585-1638) dit Jansénius, évêque d'Ypres dans l'Augustinus, publié en 1640. Le jansénisme s'inscrit en réaction contre l'humanisme et le molinisme. Le jansénisme se diffusa en France grâce à Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran, disciple de Jansénius. Il se développa d'abord au couvent de Port-Royal. Il se répandit ensuite dans d'autres milieux ecclésiastiques et gagna les villes de province. Le jansénisme revêt une forme doctrinale, celle de Jansénius, et une forme appliquée, celle de Port-Royal, et en cela il fait partie de la Réforme catholique française. L'homme est totalement déchu par suite du péché originel, il tend vers le Mal de façon naturelle. Cette vision de l'homme est proche de celle du calvinisme. Seule la grâce de Dieu peut le pousser vers le Bien et le détourner de la "délectation terrestre". Cette grâce exige de ceux qui la reçoivent, une foi à toute épreuve et un combat quotidien contre le Mal : "à la morale de l'honnête homme, les jansénistes opposent celle de la sainteté" (René Taveneaux). Les jansénistes exigent de leurs pénitents, une contrition parfaite pour leur donner l'absolution. On retrouve ici l'idéal d'intransigeance de Calvin, dans la pratique de la foi. Néanmoins le jansénisme n'est pas une doctrine statique, il s'est uni à des influences diverses. Il existe, en fait non pas un jansénisme mais des jansénismes. Jansénisme. Mouvement religieux animé par la doctrine de Jansénius, évêque hollandais qui prône au début du XVIIe siècle la conception de la grâce (toute-puissante devant l'incapacité de l'homme à mériter son salut) exposée par saint Augustin. En France, les jansénistes dispensent leur enseignement à l'abbaye de Port-Royal, fréquentée notamment par Pascal et Racine. Au-delà des querelles dogmatiques, les jansénistes forment un groupe hostile à l'arbitraire royal et à la morale mondaine des jésuites, idées qui séduisent la bourgeoisie parlementaire. Face à ce danger, Louis XIV entreprend de les soumettre par la signature d'un formulaire par lequel ils reconnaissent les condamnations de certaines de leurs propositions par l'Église. Les religieuses de Port-Royal, qui refusent de signer, assistent en 1661 à l'expulsion de leurs novices. Elles finissent par accepter la "paix clémentine" de 1669. De nouvelles agitations politiques mettant en conflit le Saint-Siège et la royauté aboutissent à l'expulsion des religieuses (1709) et à la destruction de l'abbaye de Port-Royal-des-Champs (1711).

1585         mort Pierre de Ronsard. Pierre de Ronsard, poète devenu sourd et “perclus dedans un lit” depuis dix mois, meurt à Saint-Cosme dont il est prieur, tout près du lieu de sa naissance.

1586         25 octobre Marie Stuart condamnée à mort. Au terme de 18 ans de prison, la reine d'Écosse est reconnue coupable de conspiration contre la reine d'Angleterre, Élisabeth Ière et condamnée à mort. La reine mettra plusieurs mois avant de signer son acte d'exécution qui aura finalement lieu le 8 février 1587. Épouse du roi de France François II, Marie Stuart est rentrée en Écosse à la mort de son mari en 1560. Profondément catholique, elle ne peut accepter que le protestantisme devienne la religion d'état en Écosse. Prétendante au trône d'Angleterre, elle complota un assassinat contre la reine avec son page, Anthony Babington.

1586         Le Greco peint 'L'enterrement du conte d'Orgaz’

1586         Simon Stevin publie 'Statique et hydrostatique' (De Beghinselen der Weeghconst) dans lequel il expose le théorème du triangle des forces. Simon Stevin (1548/49 à Bruges - 1620) fut un mathématicien hollandais. On connait peu de choses sur sa vie sauf qu'il a laissé une veuve et deux enfants. Il semble qu'il ait commençé sa vie comme commis d'un marchand à Anvers. Il voyagea en Pologne, au Danemark et en d'autres lieux du nord de l'Europe et fut un intime du prince Maurice de Nassau, qui le consulta souvent et en fit un officier public — le premier directeur des affaires hydrauliques — puis un quartier-maître. Stevin fut le premier à montrer comment modeler un polyèdre en définissant ses bords dans un plan. Il distingua aussi un équilibre stable et instable. Il prouva la loi de l'équilibre sur un plan incliné. Il démontra avant Pierre Varignon la résolution de forces, laquelle, simple conséquence de la loi de cette composition, n'avait pas été remarquée précédemment. Il découvrit le paradoxe hydrostatique : la pression vers le bas d'un liquide est indépendante de la forme du vaisseau, et dépend seulement de son poids à la base. Il donna aussi la mesure de la pression sur n'importe quelle portion d'un côté d'un vaisseau. Il eut l'idée d'expliquer les marées par l'attraction de la lune. En 1506, il démontra que deux objets de poids différents tombaient avec la même vitesse. Stevin semble avoir été le premier qui fit un axiome de la défense des forteresses par l'artillerie. Auparavant elle se basait surtout sur les armes de petit calibre. Il fut l'inventeur de la défense par un système d'écluses, ce qui fut de la plus haute importance pour les Pays-Bas.

1587         20 octobre L'armée royale (catholique) commandée par le duc de Joyeuse (Anne de Joyeuse) est battue à Coutras par Henri de Navarre. Mais Henri Ier de Guise bat à Montargis et à Anneau des troupes suisses et allemandes qui cherchent à faire leur jonction avec celles du roi de Navarre à l'aide duquel elles sont destinées. Anne de Joyeuse, baron d'Arques, vicomte puis duc de Joyeuse fut l'un des mignons du roi Henri III.

1587         Élisabeth Ière d'Angleterre ordonne l'exécution de Marie Stuart pour complot.

1587         26 octobre : Bataille de Vimory, lors de la huitième guerre de religion, au cours de laquelle Henri de Lorraine duc de Guise (Henri Ier de Guise), dit le Balafré, à la tête des troupes catholiques, vainquit les protestants aidés de mercenaires allemands calvinistes.

1587         24 novembre : Bataille d'Auneau, pendant la huitième guerre de religion, qui voit la victoire des troupes catholiques, menées par Henri Ier de Guise, dit le Balafré, 3ème duc de Guise, sur les protestants.

1588         mars Mort du prince de Condé, Henri Ier de Bourbon.

1588         8 mai Entrée triomphale du duc de Guise (Henri de Guise) à Paris malgré l'interdiction du roi.

1588         12 mai Journée des barricades, insurrection des Parisiens. Le duc de Guise (Henri de Guise), chef de la Ligue catholique, est entré dans Paris le 8 mai, malgré l'interdiction du roi. Paris reproche à Henri III d'avoir laissé s'enfuir ceux des protestants qui ont réussi à échapper à Guise, à Vimory et à Auneau à la fin de l'année précédente, comme elle reproche au roi la cherté du pain, comme le clergé raille les prières et les pénitences du roi. Le roi reçoit Henri de Guise avec froideur. Le lendemain, Henri de Guise revient avec 400 amis armés. Pour se protéger, le roi fait appel à 4 000 Suisses et à 2 000 gardes français. Paris, dont seule la municipalité a le droit de lever des troupes dans la ville, ne tolère pas cet affront et se couvre de barricades. Seul Guise qui répond à ceux qui le saluent d'un “Vive Guise !” par “Criez aussi vive le roi !” parvient à ramener le calme. Il passe pour être le maître de Paris. Le lendemain le roi s'enfuit. Journée des Barricades, le 12 mai 1588 éclate à Paris un soulèvement populaire mené par le "Conseil des Seize" (censé représenter les seize arrondissement du Paris de l'époque) ainsi que par le Duc de Guise (Henri Ier de Guise). Ce soulèvement a pour cause principale l'animosité du peuple à l'égard du roi Henri III, soupçonné de vouloir désigner comme son successeur Henri de Navarre (futur Henri IV), un protestant. Dès lors, le peuple de Paris se range derrière le duc de Guise (Henri de Guise), chef de la Sainte Ligue. Celui-çi est en effet, malgré l'interdiction royale, revenu à Paris. Dès lors, méfiant, Henri III fait venir dans la capitale plusieurs régiments de garde suisse et de garde française. Le roi ayant violé un privilège qui veut qu'aucune troupe étrangère n'ait le droit de séjourner à Paris, et les Parisiens craignant de voir les chefs catholiques arrétés, les esprits s'échauffent et, le 12 mai, des barricades sont montées au coeur du Quartier Latin (du mot barrique, principal objet utilisé pour les constituer). La journée se termine par la mort d'une soixantaine de soldats, la victoire du duc de Guise qui prend possession de Paris, et la fuite du roi Henri III au château de Blois. Dès lors en position de force, Henri Ier de Guise en profite pour faire signer l'édit d'union à Henri III (par lequel ce dernier s'engage à ne jamais conclure "aucune paix ou trêve avec les hérétiques") et se faire nommer lieutenant général du royaume. Le roi convoque les États Généraux à Blois.

1588         13 mai Henri III s'enfuit de Paris.

1588         21 juillet Édit de l'Union exigeant que le roi soit catholique. Henri III est contraint de signer à Rouen avec la Ligue l'édit d'Union, par lequel il nomme Henri de Lorraine, dit le Balafré (Henri de Guise), lieutenant général des armées du royaume et le cardinal de Bourbon (Charles Ier de Bourbon) l'héritier présomptif du trône sous le nom de Charles X.

1588         4 août Henri III nomme le duc de Guise (Henri de Guise) lieutenant-général du royaume.

1588         22 décembre Henri III démissionne le duc de Guise (Henri Ier de Guise).

1588         23 décembre Henri III fait assassiner le duc de Guise (Henri Ier de Guise) et son frère (Louis II de Guise) par le capitaine du Guast. Depuis plusieurs jours, les partisans du duc de Guise redoutent que l'on attente à sa vie. “Il n'oserait” leur répond le balafré (Henri Ier de Guise) âgé de trente-huit ans, certain que le roi Henri III ne fera rien. A 7 heures du matin en ce 23 décembre, le duc se rend au Conseil du roi. Il entre dans la chambre du roi en picorant des raisins de Damas. Des mignons du roi, dont M. de Montsériac, saluent cet homme qui mesure un peu plus de deux mètres, puis le suivent à distance comme par respect. Tout à coup, Montsériac se jette sur lui et lui enfonce son poignard dans la poitrine. Le duc crie : “Mon Dieu, mes péchés sont en cause, ayez pitié de moi”. Puis le sang sort de sa bouche. Il murmure encore : “Miserere mei, deus”. Il s'écroule sur le sol. Henri III s'avance alors. Il contemple le corps du duc et murmure “Dieu qu'il est grand ! Plus grand encore mort que vivant”. Louis II de Guise, dit le cardinal de Guise (né le 6 juillet 1555 à Dampierre - mort le 24 décembre 1588, au château de Blois), appartenait à la célèbre maison de Guise, branche cadette de la maison de Lorraine, qui joua un rôle de premier plan dans la vie politique française au XVIe siècle. Il était le deuxième fils de François Ier de Lorraine, duc de Guise, et d'Anne d'Este-Ferrare, comtesse de Gisors (1531 - 1607). Il fut archevêque-duc de Reims de 1574 à 1588.

1588         L'Angleterre soutient les Pays-Bas contre l'Espagne. L'Espagne arme l'Invincible Armada contre l'Angleterre. La flotte est détruite dans le Pas-de-Calais par la flotte anglaise. Philippe II d'Espagne envoie son "Invincible Armada" pour débarquer l'armée de 19 000 hommes d'Alexandre Farnèse (Pays-Bas), en Angleterre afin de punir la reine Élisabeth Ière d'Angleterre de l'exécution de Marie Stuart sa cousine et de rétablir le catholicisme. La flotte quitte Lisbonne le 18 juin. La mort de son comandant, le marquis de Santa Cruz la laisse aux mains de l'incompétent duc de Medina Sidonia (départ de La Corogne, le 12 juillet). Elle entre en Manche le 28 juillet et jette l'ancre au large de Dunkerque et de Calais. Tempêtes, harcèlement des marins anglais (Drake, Hawkins, Frobisher, Raleigh) qui refusent l'affrontement direct, en dirigeant sur l'Armada des navires enflammés, retard des renforts d'Alexandre Farnèse, font échouer l'expédition qui ne peut débarquer (30 juillet-7 août). Un fort coup de vent du Sud la force à lever l'ancre le 10 août et à entamer la circumnavigation des Iles Britanniques. La flotte a perdu 11 000 hommes et soixante-trois vaisseaux sur cent trente retourneront à Lisbonne (15 septembre). L'Espagne perd sa suprématie maritime.

1588         mort de Véronèse.

1589         5 janvier Mort de Catherine de Médicis (à Blois). La reine a soixante-dix ans, lorsqu'elle s'éteint tranquillement à Blois. Six mois plus tard, son fils bien-aimé Henri III sera assassiné.

1589         Henri III a fixé provisoirement sa résidence à Tours. Il s'allie avec Henri de Navarre (futur Henri IV) pour tâcher de recouvrer Paris et le pouvoir effectif ; leurs troupes réunies viennent attaquer la capitale ; à Saint-Cloud, où elles stationnent en vue de cette opération.

1589         12 février Le duc de Mayenne (Charles de Guise), frère du duc de Guise (Henri de Guise) entre à Paris. Charles de Guise, duc de Mayenne, (né en 1554 à Alençon, Orne - mort en 1611 à Soissons, Aisne) Charles de Guise est le fils de François Ier de Lorraine de Guise et donc le frère d'Henri Ier de Guise. Il fut premier chambellan et gouverneur de Bourgogne. Il prit Brouage lors de la sixième guerre de religion (1577), et enleva La Mure aux protestants du Dauphiné lors de la prise d'armes suivante. Il fut amiral de France jusqu'en 1582, poste qu'il perdit au profit du duc de Joyeuse, l'un des deux "archimignons" d'Henri III de France. Il devient chef de la Ligue après l'assassinat de son frère Henri de Guise en 1588 ; à la mort de Henri III de France, il fait vainement proclamer roi le cardinal de Bourbon (Charles Ier de Bourbon). Il fut vaincu à Arques (1589) et à Ivry (1590) par Henri IV de France. En 1591, il fit pendre les dirigeants de la Ligue parisienne qui, eux, venaient de faire pendre Barnabé Brisson, premier président du parlement de Paris, scellant ainsi la rupture entre la Ligue nobiliaire et la Ligue urbaine. Il échoua à se faire élire roi par les états généraux qu'il avait convoqué à Paris en 1593. Il fit acte de soumission solennelle à Henri IV de France en novembre 1595, en échange de 3 580 000 livres et de trois places de sûreté en Bourgogne, dont il perdit le gouvernement.

1589         13 mars Les ligueurs nomme le duc de Mayenne lieutenant-général du royaume.

1589         30 avril Réconciliation de Henri III et Henri de Navarre (futur Henri IV) a Plessis-lès-Tours.

1589         3 juillet Henri III et Henri de Navarre prennent Étampes.

1589         26 juillet Henri III et Henri de Navarre prennent Pontoise.

1589         Siège de Paris par Henri III et le futur Henri IV, alors protestant. Assassinat de Henri III, fin de la dynastie capétienne des Valois.

1589         1er août Attentat du moine Jacques Clément à Saint-Cloud contre Henri III. Le roi est à Saint-Cloud lorsqu'un moine demande à le voir pour lui communiquer d'importantes informations. Alors qu'il est agenouillé devant le roi, qui le reçoit, le moine Jacques Clément le frappe au bas-ventre d'un coup de couteau. “Ah ! le méchant moine, il m'a tué !”, s'écrie le roi, qui retire le couteau de son ventre et réussit à frapper au front son agresseur. Les mignons du roi se précipitent sur le moine et le lardent de coups de dagues. Ils jettent le cadavre par la fenêtre. Quelques heures plus tard, malgré des soins que le roi devine vains, Henri III, qui n'a pas eu d'enfants de Louise de Lorraine, désigne son cousin Henri de Navarre (bientôt Henri IV) comme son successeur et exige qu'on le reconnaisse pour tel. Devant l'hésitation de ceux qui l'entourent, le roi se redresse sur son lit et leur dit : “Je vous l'ordonne”. Jacques Clément (1567-1589) est un religieux dominicain qui a assassiné le roi Henri III le 1er août 1589.

1589         2 août Mort de Henri III, Henri de Navarre lui succède.

1589         Par suite de la mort de Henri III, Henri de Navarre devient roi de France sous le nom de Henri IV; mais les catholiques de l'armée de Henri IV refusent de le reconnaître à cause de sa religion et l'abandonnent. Henri IV ne pouvant continuer le siège de Paris porte ses troupes en Normandie et gagne la bataille d'Arqués sur le duc de Mayenne (Charles de Mayenne, Charles de Guise). Les catholiques lui opposent la candidature au trône du Charles Ier de Bourbon (cardinal de Bourbon et oncle d'Henri IV) et de son côté Philippe II aspire à faire passer la couronne de France sur la tête de sa fille Isabelle d'Espagne, qu'il a eue d'Élisabeth de France, fille de Henri II.

1589         LES BOURBONS.

1589         Maison capétienne de Bourbon. cette branche de la dynastie capétienne est issue de Robert de France, comte de Clermont (et par mariage seigneur de Bourbon), dernier fils de saint Louis. Elle régna sur plusieurs pays d'Europe (Navarre, France, Espagne, Deux-Siciles, Luxembourg, Andorre, Lucques, Parme...), se scindant en de nombreuses branches. Henri IV le Grand, 1553 - 1610, Roi de France 1589-1610 ; Louis XIII le Juste, 1601 - 1643, Roi de France 1610-1643 ; Louis XIV le Grand, 1638 - 1715, Roi de France 1643-1715 ; Louis de France, 1661 - 1711, Grand Dauphin ; Louis de France, 1682 - 1712, Dauphin ; Louis XV le Bien-Aimé, 1710 - 1774, Roi de France 1715-1774 ; Louis de France, 1729 - 1765, Dauphin ; Louis XVI, 1754 - 1793, Roi de France 1774-1791, roi des Français 1791-1792 ; Louis XVIII, 1755 - 1824, Roi de France 1814-1815 et 1815-1824 ; Charles X, 1757 - 1836, Roi de France 1824-1830.

1589         Henri IV (1589-1610)

1589         Henri IV. Fils d'Antoine de Bourbon descendant de Saint Louis et de Jeanne d'Albret reine de Navarre, il devient chef du parti calviniste à la mort de Condé (Louis Ier de Bourbon prince de Condé oncle du futur Henri IV) en 1569. Roi de Navarre à la mort de son père en 1572, la même année il est marié à Marguerite de Valois (future reine Margot) soeur du roi Henri III, il échappe au massacre de la Saint Barthélemy. En 1576, il reprend la tête de l'armée protestante. La guerre des religions se poursuit et le 14 septembre 1577 c'est la paix de Bergerac qui est sanctionnée par l'Édit de Poitiers le 17. Cette paix fait apparaître la montée en puissance du parti des "politiques" qui se veut ni catholique ni protestant. Pendant la visite des provinces françaises (du 2 août 1578 au 18 novembre 1579) de Catherine de Médicis la guerre reprend. Le 10 juin 1584 François d'Anjou (François de France) l'héritier du Trône, quatrième fils de Henri II, meurt de tuberculose. L'héritier maintenant est Henri de Navarre. Henri III envoie des émissaires auprès d'Henri de Navarre pour le persuader d'abjurer. Les Ligueurs et des représentants de Philippe II d'Espagne désigne le cardinal Charles Ier de Bourbon l'oncle de Henri de Navarre successeur d'Henri III. Sous la pression des ligueurs, Henri III interdit le culte protestant en juillet 1585, cet édit est agravé le 7 octobre puis à nouveau le 26 avril 1586. En juillet 1587 des émeutes ont lieu dans Paris, les émeutes de la faim en juin le setier de blé est passé de 22 à 30 francs, Paris grouille de mendiants. Le 20 octobre 1587 les troupes huguenotes commandées par le Béarnais battent les troupes de la ligue à Coutras, Anne de Joyeuse qui les commandait et son frère sont tués ainsi que 2000 hommes et 400 nobles catholiques. C'est la première grande victoire de Henri de Navarre (Henri IV). Le 9 mai 1588 malgré les ordres du roi, Henri Ier de Guise entre dans la capitale où il est acclamé. Le roi devant cette popularité n'ose pas le faire arreter. Le 12 mai suite à un malentendu survenu dans un climat de tension savamment entretenu par la ligue, Paris se couvre de barricades, le lendemain Henri III est obligé de quitter Paris, haï qu'il est des Ligueurs et se rapproche de Henri de Navarre. En septembre 1588, Henri III convoque les états généraux à Blois au cours desquels il fait assassiner Henri Ier de Guise et son frère Louis cardinal de Lorraine (Louis de Lorraine). Le 2 Août 1589, Henri III est, à son tour, assassiné par le moine ligueur Jacques Clément. Henri III avait avant sa mort reconnu Henri de Navarre (Henri IV) comme héritier de la couronne. Mais la Ligue ne pouvait accepter un Huguenot comme roi. Les ligueurs proclament le cardinal Charles Ier de Bourbon roi sous le nom de Charles X, il est alors captif de son neveu (il mourra le 9 mai 1590). Mayenne reprend l'offensive, et va affronter Henri de Navarre qui est retranché dans Dieppe où il attend des renforts anglais. Mayenne est d'abord battu, malgré sa supériorité numérique, à Arques près de Dieppe le 21 septembre 1589 puis à Ivry (Ivry la bataille) 14 mars 1590. En mai Henri engage le siège de Paris tenu par la ligue commandée par le duc de Nemours, frère de Mayenne (Charles de Mayenne). Le 6 août la situation des Parisiens est très critique les Ligueurs entament des négociations mais les font traîner en longueur jusqu'à l'arrivée de renforts qui brisent le siège. Le 30 août 1590 le siège est levé, il a fait 45 000 morts dans la capitale soit 20% de la population. Les campagnes aussi sont épuisées des révoltes éclatent un peu partout, l'autorité de la ligue s'effrite. Sur les conseils de son compagnon d'arme Maximilien de Béthune futur Sully, Henry IV s'instruit à la religion catholique et se convertit le 25 juillet 1593 a Saint Denis. Une trêve est signée, les Parisiens marchent en foule à Saint Denis. Le 27 février 1594, Henri IV est sacré à Chartres (Reims est toujours tenu par la ligue) il entre dans Paris en mars 1594. Il doit cependant continuer la lutte contre la ligue et Philippe II d'Espagne vainqueur en 1595 à Fontaine Française, les combats continueront jusqu'en 1598 dans le nord de la France. A partir de 1598 il se consacre à la reconstruction de la France et à rétablir l'autorité royale. Il est aidé de Sully qu'il nomme surintendant des finances et Grand voyer. Barthélemy de Laffemas est nommé Contrôleur Général du Commerce et des Manufactures, il favorise l'installation de manufactures à Lyon, Tours, Paris en Poitou et en Béarn et exportation de soies, tapisseries, cuirs. Avec la paix, l'autorité se rétablit, la prospérité économique renaît. Les campagnes qui avaient été ravagées par 36 années de guerre civile retrouve leur dynamisme, les marais de Saintonge sont asséchés. Henri IV crée le collège de La Flèche qu'il confie aux Jésuites, il fait achever le Pont Neuf (premier pont de Paris dépourvu d'échoppes et d'habitations) qu'il inaugure en 1603. Il fait achever la place royale (actuelle place des Vosges) puis la place Dauphine, la pointe de l'ile de la cité. Reprenant un projet de François Ier il fonde l'hôpital Saint-Louis. Il fait réaliser le canal de Briare assurant la jonction entre Seine et Loire. Après Jacques Cartier qui découvre le Saint-Laurent en 1534, Samuel Champlain prend possession de Terre Neuve en 1603, remonte le Saint-Laurent et fonde la colonie française de Québec en 1608. En 1599 Henri IV fait annuler son mariage avec Marguerite et épouse Marie de Médicis en 1600. Il fera une courte guerre contre le duc de Savoie en 1600 qui agrandira le royaume de la Bresse, du Bugey, du Valromey et du pays de Gex. Il promulgue l'édit de Nantes en 1598 permettant aux protestants la liberté de culte. La France est toujours prise en tenaille par l'empereur germanique également roi d'Espagne et Henri IV se prépare à attaquer l'Allemagne en confiant la régence à la reine Marie de Médicis. Son ami Sully souffrant, Henri IV se rend à son chevet lorsqu'il se fait assassiner par Ravaillac le 14 mai 1610. Il avait auparavant échappé à de nombreux attentats perpétrés par des ligueurs fanatiques (au moins 7). Henri IV fut amoureux fou de Gabrielle d'Estrées très jolie femme qui pensait surtout aux bénéfices que pouvait tirer sa famille de cette liaison en 1591 et 1592 la conduite du roi fut motivée par cet amour plus que par la raison d'état. Henri IV songeait à l'épouser quand elle mourut brusquement en avril 1599. Elle laissera trois enfants légitimés dont César chef de la maison de Vendôme. Le titre de roi de France et de Navarre est un double titre royal que portèrent les rois de France et les rois de Navarre pendant deux siècles, à compter d'Henri IV de France (qui était aussi Henri III de Navarre), jusqu'à la prise du titre de roi des Français par Louis XVI de France en 1789. Le titre de roi de France et de Navarre fut repris de 1814 à 1830 par Louis XVIII de France puis Charles X de France, sans que la Navarre retrouve son indépendance, perdue lors de son incorporation dans le département français des Pyrénées-Atlantiques en 1790.

1589         29 septembre Charles de Mayenne est vaincu lors de la Bataille d'Arques, en Normandie, par Henri IV, qui bénéficie de renforts anglais débarqués à Dieppe. Henri IV, qui, avant de remonter vers Paris, a décidé de s'assurer de la Normandie que la Ligue catholique, contestant sa légitimité, tient, après avoir été refoulé de Rouen, a été accueilli à Dieppe. A quelques lieues de la ville, apprenant l'arrivée du duc de Mayenne à la tête de 35 000 hommes, parce que ses troupes sont moins nombreuses, Henri IV installe un camp retranché à l'entour du château d'Arques. Les troupes du duc s'acharnent en vain pendant deux semaines à prendre la place pour ramener à Paris le Béarnais “bien ligoté”. Enfin les troupes anglaises qu'attend Henri IV arrivent. Un certain Maximilien de Béthune, bientôt duc de Sully, se distingue par sa vaillance pendant la bataille qui contraint le duc de Mayenne à la retraite. La bataille d'Arques eut lieu du 15 au 29 septembre 1589 entre les troupes royales de Henri IV et les Ligueurs dirigés par Charles de Mayenne. Suite au décès de Henri III, le roi de Navarre protestant Henri de Bourbon est appelé à régner sous le nom d'Henri IV. Il déclare très vite vouloir "maintenir et conserver la religion catholique, apostolique et romaine", cependant les grandes villes françaises se rangent derrière la Ligue et son chef, Charles de Mayenne, frère cadet du défunt duc de Guise. Charles de Mayenne, dit aussi Charles de Lorraine ou Charles de Guise, était un noble français né le 26 mars 1554 à Alençon et mort le 4 octobre 1611 à Soissons. Il fut duc de Mayenne de 1573 à 1611. Il est celui que l'histoire a retenu sous le nom de Duc de Mayenne ou plus simplement Mayenne, tel qu'Henri IV l'appelait. Il était le fils de François Ier, duc de Guise, et d'Anne d'Este, et donc le frère d'Henri Ier de Guise le Balafré. Il fut premier chambellan et gouverneur de Bourgogne. Sully, de son nom complet Maximilien de Béthune, duc de Sully, Pair de France, Prince Souverain d'Henrichemont, Marquis de Rosny, etc (1560-1641), est un ministre d'Henri IV de France et de Navarre.

1589         4 août Déclaration de Saint-Cloud: Henri IV promet de maintenir et conserver dans son royaume le catholiscime. Henri IV proclame son intention de conserver la religion catholique en France et se faire instruire dans la religion catholique.

1589         8 août Henri IV prend Dieppe.

1589         13 septembre Le duc de Savoie, Charles-Emmanuel Ier de Savoie, revendique la couronne de France. Charles-Emmanuel Ier de Savoie, né à Rivoli en 1562 d'Emmanuel-Philibert et de Marguerite de Valois (Marguerite de France). Successeur de son père en 1580, 11° duc. Il épouse à Saragosse en 1585 sa cousine Catherine d'Autriche (1567-1597) fille de Philippe II d'Espagne et d'Élisabeth de France (fille d'henri II). Ce prince intelligent, bien éduqué, ami des arts, des lettres et du faste fut en fait un piètre politique qui compromit l'oeuvre de son père et inaugura une période négative de déclin et de catastrophes pour ses États.

1590         5 janvier Le Parlement de Bordeaux reconnaît Henri IV comme roi de France.

1590         14 mars Victoire de Henri IV à Ivry contre la ligue. Charles de Mayenne, vaincu, fait sa soumission à Henri IV. La bataille d'Ivry est une bataille ayant eu lieu le 14 mars 1590 dans le cadre des guerres de religion. Elle se déroula dans la plaine Saint-André entre la ville de Nonancourt et la ville d'Ivry désormais nommé Ivry-la-Bataille en l'honneur de ce combat. C'est aussi lors de ce combat que fut prononcé le célèbre "Mes compagnons, Dieu est pour nous ! Voici ses ennemis et les nôtres ! Si vos cornettes vous manquent, ralliez vous à mon panache blanc, vous le trouverez toujours sur le chemin de l'honneur et de la gloire" par Henri IV en référence aux grandes plumes blanches que le roi avait fait poser sur son chapeau pour être plus facilement repérable pendant la bataille.

1590         mai Début du siège de Paris.

1590         8 mai Mort du cardinal de Bourbon (Charles Ier de Bourbon), prétendant au trône de France.

1590         30 août Henri IV est contraint par les armées espagnoles de lever le siège de Paris.

1590         Henri IV bat la Ligue à Ivry-la-Bataille.

1590         invention du microscope par Janssen (Hollande). Zacharias Janssen (v.1588- v.1631) est un fabriquant de lentilles hollandais du XVIe siècle. Certains pensent qu'il fut le premier à créer un nouvel appareil optique : le microscope optique, mais ce point reste contesté. Le microscope est un instrument permettant d'avoir une image d'un objet ou d'un phénomène de dimensions trop petites pour être visible à l'oeil nu. Le premier microscope optique fut inventé à la fin du XVIe siècle par le hollandais Zacharias Janssen.

1591         février Henri IV assiège Chartres.

1591         19 avril Chartres capitule.

1591         août Henri IV s'empare de Noyon.

1591         15 novembre À Paris, désaccord et scission entre les chefs de la Ligue catholique : Brisson, nommé premier président du tribunal de Paris par les Seize est assassiné par ceux-ci à cause de sa modération. Mayenne soumet les Seize par la force et fait pendre quatre d'entre eux. Barnabé Brisson, magistrat français, né en 1531, mort en 1591 Il fut nommé par Henri III, avocat général au Parlement de Paris, puis président à mortier, et fut employé par ce prince dans plusieurs négociations importantes. Il tint une conduite fort équivoque dans la guerre civile : lorsque Henri III eut quitté Paris (1589), le Conseil des Seize, restés maîtres de la ville, donnèrent à Brisson la charge de premier président, en remplacement d'Achille de Harlay, qu'ils avaient mis à la Bastille ; mais peu après ; mécontents de ce nouveau président, qui conservait encore de l'attachement pour l'autorité royale, ils le pendirent dans la chambre même du conseil (1591).

1591         Guillaume du Vair traduit 'Le Manuel' d'Épictète. 'Manuel', traduit en français par Guillaume du Vair. L'indispensable manuel stoïcien ou l'on découvre ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas... Une essentielle leçon de sagesse. Guillaume du Vair (7 mars 1556 - 3 août 1621), garde des sceaux sous Louis XIII Il était ecclésiastique. Il remplit avec distinction plusieurs hauts emplois dans la magistrature, embrassa le parti des Politiques dans les discordes civiles françaises, et reçut les sceaux en 1616 sans les avoir sollicités'. Il eut à lutter contre les intrigues des courtisans. Il fut fait comte et évoque de Lisieux en 1620.

1592         Continuation des hostilités entre Henri IV et les armées de la Ligue. Les Seize détiennent toujours le pouvoir à Paris.

1592         mars Le duc de Mayenne, Charles de Guise, demande à Henri IV d'abjurer le protestantisme ce qu'il refuse.

1592         24 mai Victoire du duc de Mercoeur (Philippe-Emmanuel de Lorraine) à Craon sur l'armée du roi. Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercoeur et de Penthièvre, né à Nomeny (Lorraine) le 9 septembre 1558, mort à Nuremberg le 19 février 1602, a été duc de Mercoeur et gouverneur de Bretagne. Il est connu pour être le dernier grand ligueur rallié à Henri IV. Il est le fils de Nicolas de Lorraine, duc de Mercoeur, et de Jeanne de Savoie.

1592         mort de Michel de Montaigne. Il s'éteint dans son château, au milieu des siens, de la “maladie de la pierre” (colique néphrétique), juste au moment de l'élévation de la messe qu'il a fait donner dans sa chambre, sentant sa mort toute proche.

1593         26 janvier Le duc de Mayenne ouvre les États Généraux pour élire un roi. Le Conseil de la Ligue convoque les États généraux à Paris avec comme ordre du jour la réception des décisions du concile de Trente et l'élection d'un souverain catholique, quitte à remettre en cause la loi salique. Claire-Isabelle d'Espagne, le duc de Savoie, le duc de lorraine et deux Bourbons catholiques sont candidats. Henri IV prend de court les députés en annonçant son intention de revenir à la religion catholique le 17 mai. Les États généraux de 1593, en France, sont convoqués à l'initiative du duc de Mayenne (alors en guerre contre Henri IV) dans le but de voter pour un nouveau roi. En effet, son adversaire, désigné par Henri III à sa succession n'est pas catholique, ce que la loi salique réprouve. Les États généraux s'ouvrent le 26 janvier 1593. Plusieurs prétendants se proposent au trône : le cardinal de Bourbon, le duc de Mayenne (Charles de Guise), et Isabelle, fille de Philippe II d'Espagne. Mais le 25 juillet, Henri IV abjure le protestantisme en la basilique Saint-Denis (la citation "Paris vaut bien une messe" lui est pour cela attribuée). Cette conversion au catholicisme entraîne le ralliement des parisiens à sa cause, et les États généraux se ferment le 8 août sans que soit élu l'un de ses rivaux.

1593         Brouille entre les Seize et le duc de Mayenne (Charles de Guise). - Les États généraux de la Ligue ne parviennent pas à se mettre d'accord sur le choix du roi que l'on veut élire à la place de Henri IV. Ce dernier constatant que sa religion est le seul obstacle qui reste debout entre lui et le trône, décide d'abjurer le protestantisme, ce qu'il fait à Saint-Denis.

1593         17 mai Henri IV fait annoncer sa conversion. Henri IV est réaliste. “Paris vaut bien une messe, lui a dit son fidèle ministre Sully, lors des États généraux qui ont posé au roi la condition de sa conversion pour sa légitimation au trône de France. Deux mois plus tard, dans la basilique de Saint-Denis, Henri abjure la religion réformée.

1593         30 mai Christopher Marlowe meurt dans une bagarre. Le poète anglais Christopher Marlowe, 29 ans, est poignardé lors d'une bagarre dans une taverne de la banlieue londonienne. Les circonstances exactes de sa mort restent un mystère. Les moralistes puritains présenteront sa mort comme le jugement de Dieu s'abattant sur un poète "obscène". Certains documents montreront que Marlowe était en conversation avec trois hommes liées à des affaires d'espionnage et qu'il était lui-même employé par les services secrets du gouvernement. Marlowe et son contemporain Shakespeare sont les plus grands auteurs de tragédies de la littérature anglaise. Christopher Marlowe (baptisé le 26 février 1564 - assassiné le 30 mai 1593), dramaturge anglais, poète et traducteur de l'ère élisabéthaine.

1593         28 juin Le Parlement déclare la loi salique inviolable.

1593         25 juillet Henri IV abjure le protestantisme à Saint Denis. Devant une foule enthousiaste, Henri IV abjure solennellement le protestantisme à Saint-Denis. Quelques jours plus tôt, le roi a écrit à sa maîtresse Gabrielle d'estrées : “Ce sera dimanche que je ferai le saut périlleux”. Colère des protestants : “Tu fais le catholique/Mais c'est pour nous piper/Et comme un hypocrite/Tâche à nous attraper/Puis, sous bonne mine/Nous mettre en ruine”.

1593         31 juillet Trêve de trois ans entre Henri IV et le duc de Mayenne (Charles de Guise).

1593         Marie de Gournay écrit 'Le Promenoir de Michel de Montaigne'. Marie de Gournay, c'est grâce aux mouvements féministes de la fin du XXe siècle que cette femme remarquable, féministe avant l'heure, est sortie de son rôle de "fille d'alliance" de Montaigne pour être enfin reconnue comme écrivain, philologue, traductrice, poète et philosophe à part entière.

1593         à 1652 - naissance et mort de Georges de La Tour, peintre. Sa technique est particulière, ses oeuvres représentent des personnes en action dans un milieu obscur, éclairé par une fine lumière mais on ne voit pas d'où elle provient. Il décrit chaque ride de la peau, chaque usure du costume. Ses oeuvres représentent la vie quotidienne du Moyen Âge. Il s'inspire de scènes religieuses.

1593         mort de Giuseppe Arcimboldo.

1594         Par suite de l'abjuration de Henri IV, plusieurs villes le reconnaissent. Il se fait alors sacrer à Chartres. Le gouverneur de Paris, puis ceux de Rouen et du Havre, font ou vendent leur soumission. Henri IV fait son entrée à Paris en mars. En possession du pouvoir, il fait la paix avec les derniers ligueurs, et d'ailleurs il recevra du pape (l'année suivante) l'absolution qui lui ralliera les derniers dissidents catholiques.

1594         27 février Henri IV est sacré à Chartres. Le roi est sacré à Chartres parce que la Ligue catholique tient Reims. Le 22 mars, il entre à Paris qui non seulement vaut une messe, mais dont il lui faut encore acheter le gouverneur.

1594         22 mars Henri IV entre à Paris, onze provinces se rallie à lui. Après avoir abjuré le calvinisme et soumis onze provinces, le roi, sacré deux mois plus tôt à Chartres, fait son entrée dans Paris. Il lui reste à régner sur un peuple déchiré et ruiné par près de quinze ans de guerres civiles.

1594         22 juillet Capitulation de Laon occupée par les Espagnols.

1594         27 décembre Jean Châtel, élève des jésuites, tente d'assassiner Henri IV. Jean Chatel étant un élève des jésuites, le lendemain, ces derniers furent expulsés de France par une décision du parlement de Paris du 29 décembre 1594. Jean Châtel (en Français Moyen Jean Chastel) (1575 - 29 décembre 1594 à Paris) est un jeune homme qui tenta d'assassiner Henri IV le 27 décembre 1594. Il fut exécuté le 29 décembre.

1594         Henri IV décide d'unir le palais du Louvre au palais des Tuileries construit par Catherine de Médicis : c'est le "Grand Dessein", dont la première étape est la Grande Galerie. Arrivé à la tête d'un pays ruiné, Henri IV aidé de son ministre Sully prend des mesures immédiates pour apaiser le conflit religieux qui ensanglante la France. En reprenant en main les affaires politiques, le nouveau souverain donne du même coup un nouvel élan au chantier du Louvre, dans sa volonté de relance économique par de grands travaux édilitaires. Cette volonté d'agrandir le Louvre, qui prend le nom de Grand Dessein s'accompagne d'ailleurs d'un assainissement du quartier environnant. Le Grand Dessein poursuit plusieurs objectifs : la suppression des vestiges du Louvre médiéval; la construction d'une cour carrée sur la base de l'aile Lescot déjà édifiée (surface multipliée par quatre par rapport à celle de la cour médiévale); la réunion du Louvre aux Tuileries; l'expropriation des quartiers entre le Louvre et les Tuileries.

1594         à 1665 - naissance et mort de Nicolas Poussin. Peintre français. Les parents de Nicolas Poussin n'acceptent pas la carrière de peintre que celui-ci aspire à embrasser. Le jeune homme les quitte alors, ainsi que sa Normandie natale, à l'âge de dix-huit ans. S'ensuivent de douloureuses années d'errance, ponctuées de brefs passages dans plusieurs ateliers. Décorant le palais du Luxembourg avec Philippe de Champaigne, c'est cependant avec sa série de six tableaux sur la 'Vie de Saint-Ignace de Loyola' qu'il se fait remarquer. Puis il rejoint Rome et se place sous la protection du cardinal Barberini. Il y réalise ses plus grandes oeuvres : 'Le martyre de Saint-Erasme' pour la basilique Saint-Pierre, 'L'enlèvement des Sabines'... Traitant de sujets le plus souvent historiques et religieux, il s'impose comme le maître classique du XVIIe siècle. Il passera le reste de sa vie en Italie, après un bref retour à Paris durant lequel il participe à la rénovation du Louvre, suivant la commande de Louis XIII et de Richelieu.

1594         mort de Le Tintoret.

1595         17 janvier La France déclare la guerre à l'Espagne.

1595         29 janvier Première présentation de "Roméo et Juliette". Shakespeare fait représenter pour la première fois la tragédie amoureuse "Roméo et Juliette". L'histoire, devenue aussi universelle que Tristan et Iseult, est inspirée d'une nouvelle de Matteo Brandello, écrivain italien du XVIIème. Comme dans les tragédies grecques, deux familles sont soumises à un destin de haine, sans que chacun en connaisse les raisons et ne cherche à les comprendre. Ainsi, l'inimitié entre Capulet et Montaigu apparaît comme une fatalité qui aboutit à la mort des deux amants. Mais ce dénouement dramatique permet aussi la réconciliation des deux familles. L'histoire inspirera de nombreux compositeurs, comme Berlioz ou Bellini, mais aussi des cinéastes.

1595         5 juin Victoire de Henri IV sur les Espagnols à Fontaine-Française. Les Espagnols sont maîtres de la Bourgogne où leur présence constitue un danger permanent pour la France. Henri IV fait marcher une armée contre eux et ils sont battus dans le combat de Fontaine-Française. La Bourgogne est délivrée de l'étranger. A la suite de ce revers, le duc de Mayenne (Charles de Guise) fait sa soumission. La Bataille de Fontaine-Française se déroula le 5 juin 1595 et opposa d'un côté les troupes françaises commandées par Henri IV de France, aux troupes espagnoles de Ferdinand de Velasco et les Ligueurs dirigés par Charles de Mayenne. Fontaine-Française est une commune française, située dans le département de la Côte-d'Or et la région Bourgogne.

1595         7 octobre Les Espagnols prennent Cambrai.

1595         18 septembre Le pape lève l'excommunication de Henri IV.

1595         Le pape absout Henri IV à qui se rallient la plupart des catholiques.

1595         Le Greco peint 'Vue de Tolède’

1595         invention de la chasse d'eau par John Harrington. John Harrington, en 1595, le poète anglais John Harington(1561-1612), filleul de la reine Elizabeth et ancien étudiant du collège Eton, inventa un système de chasse d'eau pour nettoyer les toilettes de sa maison de Kelston. C'était l'époque où les gens utilisaient des pots de chambre. Cette première chasse d'eau était rudimentaire, c'est-à-dire qu'il avait installé une chaudière d'eau sur le toit de la résidence et un long tube reliait la chaudière à la toilette. Il suffisait d'actionner un robinet pour laisser couler l'eau dans la toilette pour ensuite évacuer les excréments dans une fosse septique.

1596         avril Les Espagnols prennent Calais.

1596         24 juin La France s'allie à l'Angleterre et aux Provinces Unies contre l'Espagne.

1596         à 1650 - naissance et mort de René Descartes. Mathématicien et philosophe français. Fils d'un membre du parlement de Rennes, René Descartes fait ses études chez les jésuites. En 1616, diplômé d'une licence de droit, il s'enrôle dans l'armée tandis que débute la guerre de Trente Ans. C'est lors des sièges en Hollande qu'il décide de se consacrer à l'étude et aux sciences. Il parcourt alors l'Europe en spectateur et se mêle aux cercles savants. En 1628, il s'exile en Hollande où il s'attelle à la rédaction de ses réflexions philosophiques et mathématiques. Convaincu d'une unité du savoir, réunie en une 'Mathématique universelle', il bâtit le raisonnement logique de la pensée : la déduction et l'intuition évidente pour seules guides de la raison, devenu postulat de base avec l'énonciation évidente du 'je pense, donc je suis'. Avec ses 'Discours métaphysiques', il tente de prouver l'existence de Dieu et affirme que toutes les vérités découlent de lui. Insistant sur la notion de libre arbitre, il redéfinit la morale et ses applications éthiques. Convié à s'établir à la cour de Christine de Suède, René Descartes meurt peu de temps après son arrivée.

1597         Les Espagnols, chassés de Bourgogne, tentent un coup de main en Picardie; ils s'emparent d'Amiens. Henri IV accourt et après une lutte acharnée leur reprend cette ville. Dans le même temps, le dernier représentant de la Ligue, le duc de Mercoeur (Philippe-Emmanuel de Lorraine), qui détenait la Bretagne, se soumet à son tour. La France est alors entièrement sous la domination de Henri IV.

1597         11 mars Chute d'Amiens. Les Espagnols prennent Amiens et menacent Paris. Il faudra six mois de siège pour que la ville retourne dans le giron du royaume de France du roi Henri IV.

1597         25 septembre Biron, maréchal de France, reprend Amiens. Amiens a été prise par les Espagnols le 13 mars, puis reconquise par Henri IV après six mois de siège, le 25 septembre. Biron, Arnaud de Gontaut, baron de Biron, dit "Biron le Boiteux" grand-maître de l'artillerie et Maréchal de France. Le maréchal de Biron, gouverneur de Bourgogne, qui avait été l'un des plus proches compagnons d'armes du roi, déçu malgré les honneurs reçus, qu'il jugeait insuffisants, commença à comploter contre Henri IV dès 1596. Il se rapprocha de l'Espagne et du duc de Savoie, et entraîna avec lui le vicomte de Turenne (duc de Bouillon) protestant irrité par la politique royale et qui, comme lui, croyait encore à une politique d'indépendance des grands seigneurs. Ils cherchèrent peut-être à assassiner le roi, et furent trahis par un aventurier, La Nocle. Le roi mena lui-même l'enquête en juin 1602, et, devant les négations du maréchal, décida de le faire exécuter, tandis que le duc de Bouillon parvenait à s'enfuir et qu'un autre conjuré d'importance, Charles d'Angoulême, fils bâtard de Charles IX, était embastillé. Condamné à mort le 29 juillet, le maréchal de Biron fut décapité le surlendemain, tandis que Charles d'Angoulême était libéré dès le mois d'octobre. Le duc de Bouillon (Turenne) fit sa soumission au roi en 1605.

1598         7 janvier Boris Godounov tsar de Russie. Le régent Boris Fiodorovitch Godounov, beau-frère du tsar Fédor Ier, s'empare du pouvoir à la mort de ce dernier. Boris Godounov sera officiellement élu tsar de Russie à l'unanimité par les 500 délégués des états généraux, le 17 février. Boris Fedorovitch Godounov (v.1551–Moscou, 13 avril 1605), tsar de Russie (1598–1605).

1598         1 février Jacopo Peri présente le premier opéra de l'histoire. Membre de la Camerata Florentine, Jacopo Peri joue son oeuvre "Daphne" au Palazzo de Jacopo Corsi. Cette oeuvre est considérée comme le véritable premier opéra, suivant les objectifs que s'est fixée la Camerata. Il s'agit en fait de faire renaître le théâtre grec en proposant une musique insistant sur la clarté de la diction. Cet objectif qui évoque l'influence des idées de la Grèce Antique lors de la Renaissance va pourtant à l'encontre de la musique d'alors restée polyphonique.

1598         26 mars Le duc de Mercoeur (Philippe-Emmanuel de Lorraine), chef de la ligue, se soumet au roi.

1598         13 avril Édit de Nantes. Après la soumission du duc de Mercoeur (Philippe-Emmanuel de Lorraine), le roi Henri IV, présent à Nantes, y signe un édit de pacification pour rassurer ses anciens alliés protestants qui s'inquiètent depuis son abjuration. Le catholicisme est religion d'état et le protestantisme minorité reconnue. Il assurait aux protestants le libre exercice de leur culte dans les villes où il était établi, les admettait au même titre que les catholiques dans les écoles et dans les fonctions publiques, leur assurait des "places de sûreté", le droit de tenir des assemblées, et leur représentation dans les parlements. L'Édit de Nantes mettait fin officiellement aux guerres de religion qui en fait avaient cessé depuis l'abjuration de Henri IV. L'édit de Nantes est un édit (loi) signé à Nantes le 13 avril 1598 par le roi de France Henri IV, autorisant la liberté de culte aux protestants dans certaines limites, et leur accordant certaines places fortes militaires. Henri IV lui-même était un ancien protestant et avait choisi de se convertir au catholicisme pour pouvoir accéder au trône. La promulgation de cet édit mit fin aux guerres de religion qui ont ravagé la France au XVIe siècle, avec comme point d'orgue le massacre de la Saint-Barthélemy. Le premier article est un article d'amnistie mettant fin à la guerre civile.

1598         2 mai Traité de Vervins entre Henri IV et Philippe II d'Espagne. Pour ce traité, le pape, par l'intermédiaire de son légat Alexandre de Médicis (futur Léon XI), tient lieu d'arbitre entre Henri IV et Philippe II d'Espagne. La France revient au statu quo du traité de Cateau-Cambrésis, signé le 3 avril 1559 et qui conservait Calais à la France mais mettait fin à toutes ses prétentions en Italie. La paix de Vervins fut signée, le 2 mai, à Vervins (actuelle Aisne) entre les rois Henri IV de France et Philippe II d'Espagne. Ce traité confirma notamment les clauses précédemment signées lors du traité franco-espagnol du Cateau-Cambrésis (3 avril 1559) entre le même Philippe II et le roi Henri II, en y ajoutant diverses clauses nouvelles. Aux termes de ce traité, * l'Espagne restitua à la France le Vermandois, une partie de la Picardie, la ville de Calais et Le Blavet (Port-Louis, Bretagne), * tandis que la France rendait à l'Espagne le Charolais et diverses place fortes dont la France s'était emparée depuis le précédent traité et renonçait à la suzeraineté sur la Flandre et l'Artois (lointaines séquelles de la querelle entre Louis XI et Charles le Téméraire, duc de Bourgogne). Henri IV se refusa toutefois à entériner l'annexion de la Navarre "espagnole", réalisée en 1512 par Ferdinand II d'Aragon, arrière-grand-père de Philippe II.

1598         Sully surintendant des finances.

1599         25 février Le Parlement enregistre l'édit de Nantes.

1599         17 décembre 1599, Henri IV obtint l'annulation de son mariage avec la reine Marguerite (la Reine Margot), et épousa, en décembre 1600, Marie de Médicis (°26 avril 1573 /-3 juillet 1642), fille de François de Médicis grand-duc de Toscane et de Jeanne de Habsbourg. Ils eurent six enfants. Marie de Médicis, 26 avril 1573 à Florence - 3 juillet 1642 à Cologne, reine de France (1600-1610). Sixième enfant de François Ier de Médicis (1541–1587), grand-duc de Toscane, et de Jeanne (1548–1578), archiduchesse d'Autriche, Marie de Médicis épousa le roi Henri IV en 1600. Son arrivée à Marseille pour épouser Henri IV fut retentissante avec les 2000 personnes qui constituaient sa suite. C'est une femme de lettres, interprète de ballets, collectionneuse, formée au dessin par Jacopo Ligozzi, proche des artistes de sa Florence natale.

1599         à 1660 - naissance et mort de Diego Vélasquez. Peintre espagnol. Figure majeure du XVIIe siècle, qui exerça une influence importante, au XIXe siècle, sur les impressionnistes et Manet en particulier. En 1618, il obtient sa licence de peintre. Dés lors dans un style hérité du Caravage, et dans une veine naturaliste, Vélazquez crée plusieurs chefs d'oeuvres dont le fameux "Aguador de Sevilla" ou l'adoration des Mages. En 1623, il est remarqué par le favori du roi Philippe IV d'Espagne, le Comte Duc d'Olivares, après un portrait du souverain très apprécié, il est nommé Peintre du roi le 6 novembre 1623. Il se lance alors dans des portraits royaux magnifiques. En 1628, la rencontre avec Rubens sera décisive: il décide, sur les conseils du maître flamand de partir en Italie. Il s'embarque donc pour un court séjour de deux ans pendant lequel il découvrira les vénitiens (Titien le Tintoret, Véronèse). De retour à Madrid, sa palette s'est éclaircie. Il est sollicité pour décorer les palais royaux: le Buon Retiro et la Torre de la Parada, tout en peignant des oeuvres religieuses dont l'extraordinaire Christ en croix. Diego Vélasquez continue son ascension: bientôt il sera nommé valet de la Garde-Robe, il obtiendra le titre de Valet de la Chambre en 1643. Tout cela ne l'empêche pas de peindre les portraits de nains, de bouffons et de rois... En 1649, il repart en Italie pour acheter des tableaux pour le roi Philippe IV d'Espagne et c'est à ce moment là qu'il peint la magnifique "Vénus au miroir", un des seuls nus de la peinture espagnole. De retour à Madrid, il entame une décennie triomphale, durant cette période, il peint les portraits de l'infante Marguerite et de la reine Marie-Anne. Mais c'est surtout, en 1656, le moment de la création des "Menines", chef oeuvre incomparable, véritable résumé des peintres sur la couleur, le mouvement, le temps, l'espace... Le 7 Août 1660 Vélasquez s'éteint chez lui à Madrid des suites sans doute du choléra. Oublié au XVIIIéme siècle, il sera de nouveau redécouvert par les impressionnistes dont Manet qui dira de lui qu'il est le peintre des peintres...

1600         Sciences au XVIIe siècle, dans l'Antiquité et jusqu'au XVIIIe siècle, la science est indissociable de la philosophie (on nommait d'ailleurs la science, la philosophie naturelle) et étroitement contrôlée par les religions. Sous la pression du savoir qui s'accumule est vient sans cesse heurter les dogmes religieux. Le contrôle de la religion sur les sciences va progressivement diminuer avec l'apparition de l'astronomie et de la physique modernes, faisant des sciences un domaine autonome et indépendant. La transition entre les sciences médiévales et la Renaissance est souvent confondue avec la révolution copernicienne. En réalité, la révolution copernicienne, au sens propre, correspond plutôt à la transition entre la Renaissance et le siècle des Lumières, car il fallut un certain laps de temps pour que la découverte de l'héliocentrisme soit partagée et acceptée. Du point de vue scientifique, c'est en effet l'astronomie qui déclenche le changement à cette époque. Après Copernic qui vécut avant la guerre de Trente Ans (l'année 1543 correspond à la parution de son principal traité), d'autres astronomes reprirent les observations astronomiques : Tycho Brahé, puis Kepler, qui effectua un travail considérable sur l'observation des planètes du système solaire, et énonça les trois lois sur le mouvement des planètes (lois de Kepler). On parlait depuis quelques décennies de l'héliocentrisme, mais on cherchait à la concilier avec l'ancienne théorie. Cependant, il manquait encore à Kepler l'instrument, la lunette, qui, inventée en Hollande en 1608 à des fins de lunette d'approche simple, et perfectionnée par Galilée en 1609 pour des usages en astronomie, permit à ce dernier de réaliser des observations qui confirmaient une fois de plus que la théorie géocentrique était réfutable. L'apport de Galilée fut aussi très important en sciences (cinématique, observations astronomiques, etc.). Il était moins porté sur la scolastique, et considéra que, d'un point de vue épistémologique, il était nécessaire d'expliquer en quoi l'héliocentrisme expliquait mieux le monde que la théorie des anciens (dialogue sur les deux grands systèmes du monde, 1633). Il eut des cas de conscience au sujet de l'interprétation de la Bible (lettre à Christine de Lorraine). Son traité de 1633 lui valut le fameux procès avec les autorités religieuses (juin 1633), qui reçurent mal la théorie, jugée incompatible avec le texte de la Bible. Condamné à mort, son ami Urbain VIII commua sa peine en assignation à résidence. René Descartes fit d'abord une carrière de scientifique (travaux en analyse, géométrie, optique). Apprenant l'issue du procès de Galilée (novembre 1633), il renonça à publier un traité du monde et de la lumière (1634), et se lança dans la carrière philosophique que l'on connaît (discours de la méthode, 1637), cherchant à définir une méthode permettant d'acquérir une science juste et exacte, son principe de base étant le doute et le cogito. Critiquant la scolastique, il poussa par la suite le doute jusqu'à remettre en cause les fondements mêmes de la philosophie de son époque (méditations sur la philosophie première, 1641). L'héliocentrisme fut confirmé par les modèles mathématiques de Newton (1687), et d'autres observations le firent finalement accepter par l'Église catholique (Benoît XIV) en 1714 et 1741, écrits de Galilée retirés de l'Index). Blaise Pascal fit des découvertes en mathématiques (probabilités), et en mécanique des fluides (expériences sur l'atmosphère). D'autres scientifiques marquèrent cette époque : Leibniz est considéré, avec Newton, comme l'inventeur du calcul infinitésimal et intégral, qui fonde la mécanique classique. Francis Bacon est considéré, avec le physicien et chimiste irlandais Robert Boyle, comme le fondateur de la méthode expérimentale. En outre, Robert Boyle est considéré comme le fondateur de la philosophie de la nature. Quoique empirique, la méthode expérimentale est extrêmement importante pour valider des théories, elle constitue l'un des fondements de la méthode scientifique moderne.

1600         La population mondiale atteint 545 millions.

1600         11 août Henri IV déclare la guerre à la Savoie.

1600         12 août Henri IV prend Bourg-en-Bresse.

1600         23 août Henri IV s'empare de Chambéry.

1600         5 octobre Mariage par procuration de Henri IV avec Marie de Médicis à Florence.

1600         17 décembre Mariage de Henri IV avec Marie de Médicis à Lyon. Dans la cathédrale Saint-Jean de Lyon est béni en ce jour le mariage d'Henri IV et de Marie de Médicis. Dès la fin du mois de septembre, le 27 pour être précis, naîtra le dauphin Louis (futur Louis XIII). Mais quelque temps plus tard, Henri IV écrira à son ministre Sully : “Je ne trouve ni agréable compagnie, ni réjouissance, ni satisfaction chez ma femme…”. Le roi précise encore : “… je suis contraint de dépit de la quitter là et de m'en aller chercher quelque récréation ailleurs”.

1600         à 1682 - naissance et mort de Le Lorrain (Claude Gellée), il est né en Lorraine, mais vécu toute sa vie en Italie. Les paysages italiens sont donc souvent présents dans ses tableaux. Le soleil du sud reflète une lumière froide sur une mer d'huile sans fin avec des rivages de port à l'architecture monumentale. Les voiliers-galions qui tanguent sur la mer, les marchands et pêcheurs qui s'activent au premier plan baignent dans la brume matinale ; atmosphère caractéristique que l'on retrouve fréquemment dans les peintures de Le Lorrain. Il est resté l'un des peintres les plus célèbres du XVIIe siècle. Avec Poussin, son aîné de quatre ans et son ami, il forme un de ces couples qui en France scandent toute l'histoire de l'art et de la littérature : on dit Le Lorrain et Poussin comme on dit Rabelais et Montaigne, Corneille et Racine, Boucher et Fragonard, Voltaire et Rousseau, Ingres et Delacroix, Braque et Picasso...

1600         vers - art baroque. Mouvement né en Italie en réaction au maniérisme. Il privélégie l'expression de l'émotion. Par la suite il se développera en France. Le mot baroque dont l'étymologie portugais signifie "bizarre" (barrocco désignant des perles aux formes irrégulières) est compris aujourd'hui comme qualifiant l'art de la période qui commence en Italie lors de la Contre-Réforme (milieu du XVIe siècle) et qui se diffuse dans une grande partie de l'Europe et de ses dépendances - Amérique latine - jusqu'au XVIIIe siècle. Le qualificatif s'applique à toutes les formes d'art, et principalement l'architecture, mais aussi à la peinture, la sculpture, la littérature et la musique. Le style baroque laisse libre cours à la sensibilité et exprime souvent l'angoisse, l'exubérance, etc., par des jeux de style exagérés et parfois parodiques. Le baroque désigne le style qui nait à Rome, Mantoue, Venise et Florence à la charnière des XVIe et XVIIe siècles et se répand rapidement dans la plupart des pays d'Europe. Il touche tous les domaines artistiques, sculpture, peinture, littérature, architecture et musique et se caractérise par l'exagération du mouvement, la surcharge décorative, les effets dramatiques, la tension, l'exubérance et de la grandeur parfois pompeuse. Il poursuit le mouvement artistique de la Renaissance et le néoclassicisme lui succède à partir de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Baroque. Le baroque est "le changement, l'inconstance, le trompe-l'oeil et la parure, le spectacle funèbre, la vie fugitive et le monde en instabilité (...) la métamorphose et l'ostentation, le mouvement et le décor". (Rousset). Il atteint son apogée dans l'Italie du XVIIe siècle, s'éloignant des canons de pureté de l'Antiquité. A l'origine, le terme provient du portugais "barroco", qui désignait une perle de forme irrégulière. Cette acception permet des dérivations péjoratives. Ainsi, le Dictionnaire de l'Académie de 1740 le définit comme "irrégulier, bizarre, inégal". Dans tous les arts, les artistes privilégient les éléments susceptibles de sensibiliser, d'émouvoir le spectateur : mouvement, abus des contrastes de couleurs, foisonnement du détail, composition irrationnelle. Les peintres tentent de faire éclater les limites du cadre, à "trouer le mur" par le jeu de perspectives tournantes. En littérature, la sensibilité baroque a le goût des antithèses et des images pour traduire l'impression d'instabilité et de contradiction. Leurs thèmes de prédilection sont l'eau, la fuite du temps, l'inconstance amoureuse, la métamorphose, le pathétique. Le courant baroque recherche le pittoresque par des effets de langage qui exaltent la passion, la sensualité et les extrêmes. Le baroque est une grande époque créatrice de nouvelles formes. Son esprit continue à influencer l'art du XXe siècle.

1600         Olivier de Serres publie en 1600 'Le théâtre d'agriculture et mesnage des champs', Paris, Jamet-Métayer, ouvrage qui peut-être considéré comme le premier cours d'agriculture et d'économie rurale et scientifique écrit en France. Olivier de Serres (1539-1619) est un autodidacte français qui fut un des premier à étudier de manière scientifique les techniques agricoles et à en rechercher l'amélioration de manière expérimentale. De ce point de vue on peut le considérer comme le père de l'agronomie.

1601         Cette année se marque par une courte guerre contre le duc de Savoie (Charles-Emmanuel Ier de Savoie) que Henri IV contraint à lui céder le Bugey et la Bresse, provinces françaises de langue et de moeurs. La Bresse est une région naturelle de France, située entre la Bourgogne et le Jura. Le Bugey est une région historique située dans le sud-est de la France, entre Lyon et Genève. Charles-Emmanuel Ier de Savoie, dit le Grand, né au château de Rivoli le 12 janvier 1562, mort à Savigliano le 26 juillet 1630, fut duc de Savoie et prince de Piémont de 1580 à 1630. Il était fils de Emmanuel-Philibert, duc de Savoie et prince de Piémont, et de Marguerite de France. Allié à l'Espagne par son mariage, il profita des troubles religieux pour s'emparer du marquisat de Saluces (1588) et reçut des Ligueurs le titre de comte de Provence (1590). Henri IV, après avoir envahit la Savoie et le Piémont, se fit céder le Bugey, le Valromey et le pays de Gex par le traité de Lyon en 1601.

1601         17 janvier Traité de Lyon mettant fin à la guerre avec la Savoie. Traité de Lyon avec Charles-Emmanuel Ier de Savoie, négocié par le diplomate Pierre Jeannin : il met Lyon à l'abri d'éventuelles incursions de la Savoie, la France acquiert la Bresse, le Bugey, le Valromey et le Pays de Gex, intégrés à la Bourgogne. La Savoie acquiert le Marquisat de Saluces. Nice reste à la Savoie. Les Français font miroiter à la Savoie le Milanais espagnol et garantissent l'indépendance de Genève.

1601         à 1610 - Ces années du règne de Henri IV ne sont troublées que par deux conspirations qui sont découvertes à temps et ne peuvent aboutir. Admirablement secondé par le ministre Sully, Henri IV se consacra avec ardeur à la pacification du royaume et à sa prospérité. En 1603, on rappelle les jésuites qui devront toujours avoir l'un d'eux à la Cour, en quelque sorte comme otage ; en 1603, des Français établis en Acadie prennent possession du Canada. En 1604 est rendu l'édit de la Paulette en vertu duquel les charges du Parlement peuvent être achetées; en 1605, commence à se construire le canal de Briare. En 1607, réunion du Béarn (patrimoine de Henri IV) à la couronne de France. Henri IV d'autre part, mûrit de grands projets, entre autres, celui de reprendre la lutte contre la Maison d'Autriche dont il importe, dans l'intérêt de la France, de ne pas laisser grandir la puissance. Henri IV rêve d'une redistribution politique de l'Europe selon le "principe des nationalités" et de manière que l'équilibre européen soit assuré pour toujours.

1601         27 septembre Naissance de Louis, (futur Louis XIII), fils de Henri IV et Marie de Médicis à Fontainebleau. Louis XIII de France (27 septembre 1601, Fontainebleau-14 mai 1643, Saint-Germain-en-Laye), roi de France et de Navarre (1610-1643).

1601         Shakespeare présente "Hamlet". Shakespeare fait représenter pour la première fois son célèbre drame "Hamlet", connu de tous pour son vers "être ou ne pas être, là est la question". Elle y met en scène le destin tragique d'un jeune prince Danois, Hamlet, qui doit venger son père. Le héros est marqué par son irrésolution face au destin qui doit pourtant s'accomplir. Le pourrissement de la morale féodale et l'ironie face à la mort font d'Hamlet une des tragédies les plus universelles de la littérature.

1601         Pierre Charron écrit 'De la Sagesse'. Pierre Charron, (1541-16 novembre 1603 à Paris), est un théologien et un philosophe célèbre en son temps. Il suit des études de philosophie et de droit. Il abandonne ses études de droit pour la théologie, entre dans les ordres et devient prédicateur itinérant. Marguerite de Navarre en fait son prédicateur.

1601         Antoine de Montchrestien écrit 'Sophonisbe'. Antoine de Montchrestien, sieur de Watteville (Falaise, 1575 – Tourailles, 1621) fut un poète et économiste. Antoine de Montchrestien est considéré comme le père de l'économie politique. Il eut une vie fort aventureuse d'abord consacrée à la poésie puis à l'économie politique.

1601         Le Caravage peint "la Conversion de saint Paul". Après une première version refusée car peu orthodoxe malgré son classicisme, Caravage peint la "Conversion de Saint-Paul". La simple mise en scène d'un soldat à terre et de son serviteur sur un fond très obscur modifie les normes de la peinture. Maître du clair-obscur, le Caravage révèle la divinité par un intense contraste lumineux. L'absence de symbole religieux autre et le réalisme du dessin confèrent au tableau ses caractéristiques baroques : goût du contraste, de la mise en scène, importance du sujet humain.

1602         29 janvier Henri IV renouvelle l'alliance avec les cantons suisses.

1602         29 juillet Le parlement condamne à mort Biron, maréchal de France, se croyant mal récompensé par ses services, il conspira contre la France. Biron, Charles de Gontaut, duc de Biron, gouverneur de Bourgogne, maréchal de France, l'un des plus fidèles compagnons d'Henri IV, est soupçonné de s'être laissé entraîner dans une conspiration contre le roi au profit de l'Espagne. Il proteste depuis des jours de son innocence. Le roi, qui l'a fait arrêter, juger et condamner à mort, lui a lancé : “Adieu, baron de Biron !” Dans la cour de la Bastille, où il va être décapité, le maréchal dit au bourreau avant de poser le tête sur le billot : “Ah ! que le roi fait aujourd'hui du bien au roi d'Espagne de lui ôter un si grand ennemi que moi”.

1602         31 juillet Exécution de Biron.

1602         12 novembre Sully est nommé surintendant des bâtiments royaux.

1602         Étienne Pasquier écrit 'Catéchisme des Jésuites’

1602         à 1875 Période Edo au Japon. La période Edo ou ère Edo désigne une des 14 subdivisions traditionnelles de l'histoire du Japon. Cette période débute vers 1600, avec la prise de pouvoir de Tokugawa Ieyasu et se termine vers 1868, avec la restauration Meiji. Elle est dominée par le shogunat des Tokugawa dont Edo est la capitale. Cette période se caractérise notamment par une fermeture du pays sur lui-même. En effet, le Japon n'a conservé que certains liens diplomatiques avec la Corée. De plus, seules la Chine et la Hollande ont eu le privilège d'entretenir des relations commerciales. Les autres européens, qui n'étaient pas admis sur le sol du Japon, risquaient la peine de mort.

1602         Création du Conseil du Commerce pour favoriser les manufactures et le commerce : l'économiste mercantiliste Barthélemy de Laffemas est nommé contrôleur général du commerce. Barthélemy de Laffemas (Beausemblant (Drôme), 1545 - Paris, 1612) était un économiste français. Issu de la petite noblesse protestante et valet de chambre d'Henri IV, il devint Contrôleur général du commerce en 1602. Il prônait le mercantilisme et encouragea le développement du commerce et de l'industrie (manufactures), s'opposant en cela au ministre Sully, qui privilégiait l'agriculture.

1602         Achèvement de l''Histoire universelle' d'Agrippa d'Aubigné.

1603         27 février Début d'une guerre commerciale entre la France et l'Espagne. Philippe III d'Espagne frappe d'un droit de 30% les marchandises à l'import ou à l'export, inaugurant une "guerre des tarifs" avec la France.

1603         25 juillet : Jacques Ier d'Angleterre, fils de Marie Stuart et de lord Darnley, roi d'Écosse, seul héritier légitime, est couronné à Westminster roi de Grande-Bretagne (fin en 1625). Jacques Ier d'Angleterre, Jacques Stuart (James Stuart ou Stewart ou Seumas Stiubhart en Écossais) (18 juin 1566- 27 mars 1625), d'abord roi d'Écosse sous le nom de Jacques VI d'Écosse à partir de 1567, il fut également roi d'Angleterre et d'Irlande sous le nom de Jacques Ier à partir de 1603, succèdant ainsi à Élisabeth Ière. Il est le fils de Marie Stuart, reine des Écossais et de son second mari Henri Stuart, lord Darnley (1545-1567), fils de Mathieu Stuart. Il se montre aussitôt désireux d'unir les deux couronnes.

1603         Samuel de Champlain prend possession de Terre-Neuve et de l'Acadie. Création de la compagnie de la Nouvelle-France. Début de la colonisation française en Amérique du Nord, Terre-Neuve, Nova Scotia et Nouvelle-France. La Nouvelle-France est le nom de l'immense territoire qui comprenait toutes les colonies françaises de l'Amérique du Nord, de l'embouchure du fleuve Saint-Laurent au delta du fleuve Mississippi, en passant par le territoire de la vallée de l'Ohio qui barrait l'expansion vers l'Ouest des treize colonies anglaises / britanniques côtières, ce qui a occasionné une guerre contre les Français et les Indiens dans laquelle s'est illustré le colonel britannique George Washington de l'"Armée continentale" avant de devenir le premier président de la jeune république des États Unis d'Amérique. Samuel de Champlain, né entre 1567 et 1570, mort le 25 décembre 1635 à Québec, était un explorateur, géographe, dessinateur français, fondateur de la ville de Québec, le 3 juillet 1608 et explorateur des Indes Occidentales (Nouvelle-France), en particulier des Grands Lacs.

1603         Inauguration du Pont Neuf à Paris.

1604         7-12 décembre Création de la paulette instituant l'hérédité des charges contre le paiement d'une taxe. La Paulette, du nom du financier Paulet, encore appelée droit annuel, est instaurée le 12 décembre 1604. Elle institue la vénalité des offices, les officiers sont tenus de payer le soixantième du prix de leur charge chaque année. Ils échappaient ainsi à la clause des quarantes jours. Ainsi, la résignation d'un office était sans effet si l'officier résignant mourait avant quarante jours. La Paulette favorise ainsi l'hérédité des offices. Édit de la Paulette. Ordonnance promulguée par Henri IV en 1604 et qui institue l'hérédité des offices, moyennant une taxe annuelle égale au 60ème de la valeur présumée de la charge. Elle doit son nom à son instigateur, le financier Charles Paulet. La paulette connaît un succès immédiat et reste en vigueur jusqu'à la Révolution. La tentative de l'abroger, faite en 1648, sera à l'origine de la Fronde parlementaire. Vénalité des offices. Pratique qui consiste à pouvoir vendre et acheter une fonction publique. Ces charges sont mises en vente par des particuliers ou par l'État lui-même. La vénalité des offices, source de ressources pour le roi, devient monnaie courante en France sous Louis XII et François Ier (XVIe siècle). Ainsi, nombreux sont les bourgeois enrichis qui s'achètent un titre de noblesse. Les abus nés de cette pratique contribuent, sous Louis XVI, à discréditer la monarchie.

1604         12 octobre Traité mettant fin à la guerre commerciale entre la France et l'Espagne. Traité de commerce entre l'Espagne et la France.

1604         Pierre de Mons et Samuel Champlain fondent une colonie en Acadie (Nouvelle-Écosse actuelle). Pierre Dugua de Mons, premier colonisateur du Canada, est né vers 1560 au château de Mons, à Royan, il meurt en 1628. L'Acadie est le nom d'une des anciennes colonies de la France en Amérique du Nord, voisine de la Nouvelle-France. Le territoire est définitivement cédé à la Grande-Bretagne lors de la signature du traité d'Utrecht en 1713. Aujourd'hui, le territoire correspondrait à celui occupé par les trois provinces maritimes du Canada (Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick et Île-du-Prince-Édouard) ainsi qu'à une partie du Québec (sud de la péninsule gaspésienne et îles de la Madeleine) et des États-Unis. Colonisation, le Premier espace colonial français est l'espace colonial issu des conquêtes monarchiques. Il est également appelé "premier empire colonial" ou "empire royal" ou encore "empire monarchique" car il a été créé majoritairement des régimes monarchiques (Ancien régime, I'empire, la Restauration). Le mouvement de colonisation français est très long à démarrer. On peut citer au XVe siècle Jean de Béthencourt aux Canaries, Jacques Cartier engagé par François Ier au XVIe siècle, mais pas de territoire occupé durablement. Au XVIe siècle la France occupe le Canada. Pendant les guerres de religion l'amiral de Coligny envoie des protestants français coloniser l'Amérique avec pour but de s'y installer.

1605         2 février Condamnation à mort du marquis d'Entragues. Suite à une conspiration menée par François d'Entragues, père de la favorite du roi, Henriette.

1605         12 février Traité commercial entre Henri IV et Jacques Ier d'Angleterre.

1605         20 septembre Le duc de Bouillon (Henri de la Tour d'Auvergne) fait sa soumission au roi et demande son retour en grâce, apres le complot avec François d'Entragues. Henri de La Tour d'Auvergne vicomte de Turenne, duc de Bouillon naquit au château de Joze en Auvergne, le 28 septembre 1555. Sa famille descend des anciens ducs d'Aquitaine. Il est le fils de François III vicomte de Turenne et d'Eléonore, fille aînée du connétable Anne de Montmorency. Sa mère mourut en 1556 et son père fut tué l'année suivante lors de la bataille de Saint-Quentin, son grand-père est également fait prisonnier lors de cette bataille.

1605         Construction du canal de Briare (1605-1612). Le canal de Briare est un des plus anciens canaux de France. Il fut commandé par Sully, afin de développer le commerce des grains entre provinces, et de réduire les disettes. Sa construction commença en 1605 et ne fut achevée qu'en 1642. Entre six et douze mille ouvriers travaillaient sur ce chantier qui relie les bassins de la Loire et de la Seine (mais il s'achève dans le Loing).

1605         5 novembre Échec d'une conspiration catholique en Angleterre, "la conspiration des poudres", menée par Guy Fawkes, dans laquelle d'anciens officiers catholiques, en relation avec le gouvernement espagnol et peut-être les jésuites, envisagaient de faire sauter le Parlement de Westminster le jour même de la séance inaugurale, en présence du roi et de ses ministres. Sa découverte permet au roi de renforcer sa lutte contre catholiques et protestants. Conjuration des poudres en Angleterre. Le jour de la séance inaugurale du Parlement de Westminster à Londres, l'officier catholique Guy Fawkes est arrêté alors qu'il tentait de mettre le feu à l'assemblée avec 36 barils de poudre. Les catholiques reprochent au roi anglican, Jacques Ier d'Angleterre, son intolérance à l'égard de leur religion. La conspiration sera déjouée avant que le roi et ses ministres n'entrent au parlement. Fawkes sera condamné à mort. La Conspiration des poudres de 1605, préparée par un groupe de catholiques sous la conduite de Robert Catesby, visait à tuer d'un seul coup le roi d'angleterre protestant Jacques Ier d'Angleterre, sa famille et une grande partie de l'aristocratie en faisant exploser une bombe au Palais de Westminster à Londres au cours de la cérémonie d'ouverture du Parlement le 5 novembre 1605. Le complot semble avoir bénéficié de la complicité du gouvernement espagnol, et peut-être de celle des jésuites.

1605         Publication de la première partie de "Don Quichotte". Parfaite illustration d'une Espagne alors sans lumière, l'oeuvre de Cervantès tourne également en dérision le goût des habitants pour le récit chevaleresque et l'héroïsme. Le personnage de Don Quichotte n'est autre qu'un homme d'un certain âge, en quête de justice et de vérité. Accompagné de son écuyer très censé Sancho Pança, il part affronter le monde. Mais ces illusions idéalistes lui voilent la vérité, malgré les avertissements incessants de son compagnon. Par la suite, Don Quichotte est de plus en plus confronté au réel et finit par renoncer à ses ambitions chevaleresques. La seconde partie de l'oeuvre de Cervantès sera publiée en 1615 et le personnage traversera les siècles par le biais de diverses réinterprétations.

1606         12 avril Le Royaume-Uni adopte "l'Union Jack". Le roi Jacques Ier, fils de Marie Stuart, instaure "L'Union Jack" comme drapeau officiel du royaume d'Écosse et d'Angleterre. Il est composé des croix de Saint-Georges, patron de l'Angleterre, et de Saint-André, patron de l'Écosse. La croix de Saint-Patrick sera rajoutée lorsque l'Irlande rejoindra le royaume en 1800. Le drapeau du Royaume-Uni a été créé en 1603, lors réunion des couronnes d'Angleterre et d'Écosse sous le sceptre du roi Jacques Ier d'Angleterre. Ils réunit les croix de : Saint-Georges (médiane rouge sur fond blanc ; saint Georges est le saint patron de l'Angleterre), Saint-André (obliques blanches sur fond bleu outremer ; saint André est le patron de l'Écosse) ; Saint-Patrick (obliques rouges sur fond blanc ; saint Patrick est le patron de l'Irlande). Cette croix — d'invention tardive et inusitée d'ailleurs en Irlande même — n'a été rajoutée qu'en 1801 lors de l'union avec l'Irlande.

1606         à 1669 - naissance et mort de Rembrandt. Peintre néerlandais. Né dans une famille modeste, son père Harmen Gerritszoon étant meunier sur le Rhin, Rembrandt a 14 ans quand il entre à l'université de Leyde. Le jeune homme étudie par la suite la peinture auprès d'artistes comme Pieter Lastman, Jacob Van Swanenburgh et Jan Lievens. Dès 1631, fort de sa notoriété, il s'installe dans un atelier à Leyde où il reçoit de jeunes élèves. Fin 1631 Rembrandt s'installe à Amsterdam chez le peintre et marchand de tableaux Hendrick Van Uylenburgh, ce qui lui ouvre les portes vers de riches mécènes qui lui commandent de nombreux portraits. Sa carrière artistique est plutôt prospère alors que sa vie privée est malheureuse : Saskia, sa femme, meurt à l'âge de 30 ans en 1642. De 1643 à 1649, Rembrandt vit avec Geertje Dirx puis épouse Hendrickje Stoffels qui lui servira souvent de modèle. Son célèbre 'Ronde de nuit' est l'un des chefs oeuvre de cette époque. L'influence du classicisme se reflète dans de nombreux tableaux des années 1640. Mais en 1656, ses dettes le mettent en faillite, sa collection et ses oeuvres sont mises aux enchères. Le chagrin marque sa vie privée.

1606         Jean Nicot écrit 'Trésor de la langue française'. Jean Nicot (1530-1600) de Nîmes a donné son nom à la nicotine. Il est l'ambassadeur de France à Lisbonne parlant l'espagnol et l'italien. Il introduit le tabac (surnommé l'herbe à Nicot) à la cour du roi. Le plant de tabac Nicotiana (que lui dédie Linné) ainsi que la nicotine, ont été nommés d'après son nom. Il se mit en devoir de compléter les notes lexicales amassées par son ami le président Aimar de Ranconnet, mort en 1559. Son dictionnaire par ordre alphabétique 'Thresor de la langue françoyse tant ancienne que moderne', fut publié en 1606 par les soins d'un autre homme de loi qui en confia l'impression à un libraire nommé Douceur !    

1606         Pierre Charron écrit 'Discours chrétiens'.

1606         à 1684 - naissance et mort de Pierre Corneille. Poète dramatique français. Fils de la haute bourgeoisie de robe, Pierre Corneille fait de brillantes études chez les Jésuites et exerce la charge d'avocat général à la table de marbre du Palais pendant vingt ans. Il se fait d'abord connaître et apprécier grâce à ses comédies tel 'Mélite' en 1628. Il est ensuite remarqué par Richelieu qui lui verse une pension. Cette association s'achève avec 'Le cid' qui vaut à Corneille la gloire nationale et inaugure une série de chefs-d'oeuvre. Si Corneille a été plus tard délaissé au profit de son rival Racine, et qu'il mourut dans l'indifférence et le plus grand dénuement, il est aujourd'hui considéré comme le fondateur du théâtre classique français. Ses oeuvres au style oratoire et limpide rassemblent des personnages héroïques exceptionnels confrontés à des situations tout aussi exceptionnelles. C'est parce que Corneille croyait en la responsabilité de l'homme que ses personnages ne sont jamais submergés par la passion mais guidés par leur raison.

1606         Shakespeare achève sa dernière grande tragédie : "Macbeth". Après les révélations de trois sorcières qui ne sont pas sans rappeler les oracles de la tragédie grecque, Macbeth devient rongé par l'ambition. Il monte sur le trône après une série de meurtres et devient un tyran sanguinaire. Cette dernière tragédie du crime et de l'ironie de l'existence influencera beaucoup les romantiques.

1606         invention du thermomètre par Galilée. Galilée construit son premier thermoscope, premier appareil de l'histoire à mesurer la température. Cette même année, Galilée et deux de ses amis tombent malades le même jour d'une même maladie infectieuse. Seul Galilée survit, mais il restera perclus de rhumatismes pour le restant de ses jours.

1607         26 avril : Première colonie anglaise fondée par le capitaine Newport de la Compagnie de Londres, à Jamestown, en Virginie. La ville est édifiée sur le territoire d'une confédération indienne conduite par le chef Powhatan, qui laisse les colons s'installer en paix. Les 104 colons de Jamestown seront décimés par le paludisme, les famines, minés par leurs querelles et attaqués par les Indiens. L'aventurier John Smith, fait prisonnier en décembre, ne devra la vie selon lui qu'à la supplication de la fille d'un chef de tribu âgée de douze ans, Pocahontas.

1607         juillet Le roi incorpore ses possessions (Navarre et Béarn) à la couronne, par héritage maternel.

1607         Honoré d'Urfé écrit 'L'Astrée' (1607-1627). Honoré d'Urfé est un écrivain français né en 1567, mort en 1625. Il est surtout connu pour son roman L'Astrée paru en 1632 - 1633    

1607         Abel Grimmer peint 'Le printemps'. Abel Grimmer (Anvers, Belgique 1570-1619 Anvers) Fils de Jacob Grimmer ce peintre flamand adopta le même style de peinture que son illustre père. Il peignit à Anvers des paysages, des scènes de la vie quotidienne dans un style attrayant. Il appartint au groupe d'artistes flamands de la Renaissance du groupe de Bruegel. Contrairement à ses confrères il ne quitta pas ses Flandres natales.

1607         Claudio Monteverdi présente l'Orfeo. C'est à l'occasion d'une commande pour le carnaval annuel de Mantoue que Monteverdi compose "Orfeo" et, à défaut de faire naître l'opéra, le rend populaire. La beauté du texte d'Alessandro Striggio et la richesse musicale de l'oeuvre contribuent tant au succès d'Orpheo qu'au succès de l'opéra en général. Le public et les auteurs s'intéressent désormais à cette forme caractéristique du Baroque et qui, par ces enjeux, prolonge le projet de la Renaissance : fait renaître la beauté des représentations grecques.

1608         23 janvier Henri IV apporte son soutien au Provinces Unies contre l'Espagne.

1608         3 juillet Samuel de Champlain fonde Québec. C'est pour la première fois le 15 mars 1603 que Samuel de Champlain a quitté Honfleur pour le golfe du Saint-Laurent dont il a remonté le cours. Un an plus tard, il est revenu encore. Il est repassé par la France encore en 1607. En ce 3 juillet 1608, il fonde la ville de Québec dont il devient le gouverneur.

1608         Mathurin Régnier écrit 'Satires'. Mathurin Régnier, écrivain français (Chartres 1575 / Rouen 1613) Mathurin Régnier, l'un des écrivains les plus originaux du XVIe siècle, naquit à Chartres le 21 décembre 1575. A l'époque on reproche à Régnier sa vie de débauche et de bohème, ce qui l'empèchera d'avoir la célébrité qu'il méritait.

1608         François de Sales écrit 'Introduction à la vie dévote'. François de Sales (1567–1662) est né au château de Sales près de Thorens-Glières, à une vingtaine de kilomètres au nord d'Annecy, le 21 août 1567. Sa mère choisit le prénom "françois" en vénération pour François d'Assise. C'était un écrivain remarquable et le premier à utiliser le français contemporain afin de se rapprocher de ses lecteurs. En 1607 avec le juriste Antoine Favre, président du Sénat de Savoie, il fonde l'académie florimontane qui regroupe depuis l'élite intellectuelle et artistique de la région, 28 ans avant d'inspirer la création de l'Académie française. Il est le saint patron des journalistes et des écrivains.

1608         invention de la lunette astronomique (télescope) par Hans Lippershey (Hollande). Une lunette astronomique (ou lunette terrestre) est un instrument optique qui permet d'augmenter la taille apparente des objets observés ainsi que leur luminosité. Les lunettes sont dénommées lunettes terrestres comme les longues-vues quand on les utilise pour regarder des objets terrestres, ce sont des lunettes astronomiques quand on les utilise pour observer des objets du ciel. C'est Galilée qui eut le premier l'idée de pointer cet instrument vers le ciel et les objets célestes en août 1609. Précurseur du télescope, la lunette astronomique a été conçue en Hollande vers 1608. On en attribue l'invention à l'opticien hollandais Hans Lippershey. Mais c'est en 1609 que l'astronome italien Galilée présenta la première lunette astronomique. Son confrère allemand Johannes Kepler en perfectionna le principe, en proposant une formule optique à deux lentilles convexes. Hans Lippershey est un opticien hollandais né en 1570 et décédé en 1619. Il aurait inventé la première lunette astronomique (ancêtre du télescope) en 1608.

1609         9 avril L'Espagne reconnaît l'indépendance des Provinces Unies. La trêve de douze ans entre l'Espagne et les Provinces-Unies permet aux dernières de s'assurer le contrôle de l'Asie du sud-est face aux Anglais. La Compagnie hollandaise a acquit des positions importantes : îles Amboine et Banda occupées, comptoir à Banten, traités d'amitiés avec de nombreux princes locaux, dont celui de Macassar, des agents à Bornéo (diamants). La trêve garantie la paix dans les mers d'Europe et libère une partie de la flotte pour le contrôle des îles à épices. Les actionnaires touchent des dividendes substantiels (17% en 1605, 75% en 1606, 40% en 1607, 20% en 1609, 50% en 1610). Trêve de douze ans. Statu quo signé en 1609 entre l'Espagne et les Provinces-Unies, marquant la reconnaissance de l'indépendance des Provinces-Unies.

1609         Réforme de Port-Royal. Le 25 septembre 1609, émotion à l'abbaye de Port-Royal. Jacqueline Arnauld (Mère Angélique pour les religieuses) refuse de recevoir son père et son frère au guichet du couvent. Cette journée dite "Journée du Guichet" marque le début d'une querelle religieuse et intellectuelle qui parcourut tout le XVIIe siècle français, que l'on qualifie parfois de "Siècle des Saints" (François de Sales, Vincent de Paul,...) tant il est en rupture avec la vague de déchristianisation et de doute du siècle précédent. L'Abbaye de Port Royal, monastère de moniales fondé en 1204, sur les conseils d'Eudes de Sully, évêque de Paris, en vallée de Chevreuse, au Sud de Paris. Le monastère fut placé sous la juridiction du monastère cistercien des Vaulx de Cernay. Dans ses premières années, le monastère attira des vocations sérieuses et devint une communauté prospère et nombreuse. La Commende fit à Port-Royal les mêmes dégâts que dans biens d'autres monastères au XVIème et XVIIème siècles. Ainsi, en 1599, comme il n'était pas rare sous Henri IV, une fillette de sept ans fut nommée assistante de l'abbesse âgée, Jeanne de Boulehart. Cette fillette était Jacqueline Arnauld (1591-1661), seconde fille et troisième enfant d'un riche avocat de Paris. Suite à un sermon donné par un capucin à Port-Royal, l'abbesse, âgée alors de 18 ans, se convertit. Elle inaugura sa réforme par la scène rendue célèbre par ses futurs admirateurs et connue sous le nom de "la journée du guichet". Le 25 septembre 1609 elle ferma les portes du monastère à sa famille, et rétablit ainsi la règle de la clôture. Elle restaura également, dans la lignée des réformateurs cisterciens de l'époque, le silence, l'abstinence, la pauvreté et le chant de l'Office divin à des heures régulières de jour comme de nuit. La réputation de Port-Royal grandit et les vocations affluèrent. En plus des moniales, il faut mentionner les "solitaires de Port-Royal", un groupe de disciples de Saint-Cyran. Une partie de leur vie était consacrée au travail et grâce à leurs efforts, le monastère et ses environs qui avaient été très négligés et envahis par les roseaux, furent remis en état. Ces solitaires étaient en même temps les conseillers et confesseurs des soeurs. Angélique Arnauld, soeur du grand Arnauld et troisième des vingt enfants d'Antoine Arnauld, Jacqueline Marie Arnauld (1591-6 août 1661), en religion Mère Angélique Arnauld, religieuse française, abbesse et réformatrice de Port-Royal, et figure majeure du jansénisme. Antoine Arnauld, né à Paris en 1612, décédé à Bruxelles, le 8 août 1694, surnommé le Grand Arnauld par ses contemporains pour le distinguer de son père, est un prêtre, théologien, philosophe et mathématicien français, l'un des principaux chefs de file des jansénistes et un opposant des jésuites au XVIIe siècle.

1609         Kepler écrit 'Astronomia nova'. Johannes Kepler (ou Keppler), né le 27 décembre 1571 à Weil-der-Stadt, près de Stuttgart (Allemagne) et mort le 15 novembre 1630 à Ratisbonne, est un astronome célèbre pour avoir étudié et confirmé l'hypothèse héliocentrique (la Terre tourne autour du Soleil) de Nicolas Copernic mais surtout pour avoir découvert que les planètes ne tournaient pas en cercle parfait autour du Soleil mais plutôt, en ellipse. Il a découvert les relations mathématiques (dites Lois de Kepler) qui régissent les mouvements des planètes sur leurs orbites - relations de la première importance car elles furent plus tard exploitées par Isaac Newton pour élaborer la théorie de la gravitation universelle. Notons que si Képler avait vu juste, il expliquait les mouvements des planètes non pas par la gravité mais par le magnétisme.

1610         25 avril Traité de Brusol scellant l'alliance entre la France et la Savoie contre l'Espagne.

1610         13 mai Sacre de Marie de Médicis à Saint-Denis. Curieusement c'est à la veille de sa mort qu'Henri IV se décide enfin à confier la régence du royaume à sa femme Marie de Médicis et à la faire couronner reine de France.

1610         14 mai Mort de Henri IV : le 14 mai il est assassiné à Paris par un fanatique nommé Ravaillac. Le roi quitte le Louvre pour rendre visite à son ministre Sully qui est malade. Alors que le carrosse royal est pris dans un embouteillage rue de la Ferronnerie, devant une auberge qui porte l'enseigne Au coeur percé d'une flèche, un homme saute sur le marchepied et, par la fenêtre ouverte, frappe le roi entre la cinquième et la sixième côte. “Je suis blessé”, s'écrie Henri IV. François Ravaillac, maître d'école, frappe encore deux coups. Ce dix-neuvième attentat contre le roi vient de réussir. Le roi meurt, quelques heures plus tard, au Louvre. Henri IV a été le roi le plus populaire de France. S'il eût vécu quelques années de plus, il eût certainement porté la puissance politique et commerciale de la France à un très haut degré. La fin de son règne vit la renaissance du commerce et de l'industrie ; la marine s'augmenta ; les finances s'améliorèrent considérablement. Enfin l'agriculture connut une prospérité à laquelle elle n'avait encore pas atteint. Les personnalités qui ont le plus fortement marqué dans ce règne sont : le ministre Sully, Olivier de Serres, Malherbe et Mathurin Régnier. Avènement de Louis XIII, fils de Henri IV et de Marie de Médicis, né en 1601. - Henri IV laisse trois autres enfants: Isabelle (qui épousera Philippe IV d'Espagne), Gaston d'Orléans et Henriette (qui épousera Charles Ier d'Angleterre). A peine Henri IV a-t-il rendu le dernier soupir, que le Parlement déclare régente la reine Marie de Médicis, sur les instances du duc d'Epernon (Jean Louis de Nogaret). Gaston d'Orléans, Gaston Jean Baptiste de France, fils de France, duc d'Orléans, parfois surnommé Gaston d'Orléans, né en 1608 à Fontainebleau, mort en 1660 à Blois, est un prince français de la branche issue des ducs de Bourbon (devenue aînée) de la dynastie capétienne. Cultivé et raffiné mais velléitaire et paresseux, il passa sa vie à intriguer, d'abord contre le cardinal de Richelieu, puis contre le cardinal Mazarin. Ces conspirations échouèrent toujours, faute de volonté politique de Gaston, qui dénonça souvent ses complices, puis les vit exécuter. Jean Louis de Nogaret, seigneur de La Valette et de Caumont, duc d'Épernon (château de Caumont, 1554 - Loches, 13 janvier 1642), militaire français, il fut l'un des mignons du roi Henri III de France, surnommé "le Demi roi". François Ravaillac (né en 1578 et exécuté 27 mai 1610) assassina Henri IV de France, le 14 mai 1610.

1610         Si Henri IV a été un bon roi, il n'a pas été un mari modèle: ses nombreuses liaisons extraconjugales ont gravement indisposé contre lui Marie de Médicis. Aussi celle-ci prendra-t-elle, lui mort, le contrepied de tout ce dont il a poursuivi la réalisation. Elle commence par renvoyer l'intègre Sully qui est remplacé par un aventurier florentin, Concini, lequel, par sa femme Léonora Galigaï, la domine complètement. Autour de la régente se rallient les mécontents du précédent règne, qui profitent de sa faiblesse pour mettre le Trésor au pillage, et devenus de plus en plus exigeants réclament la convocation des États généraux desquels ils espèrent obtenir de nouvelles ressources.

1610         LOUIS XIII, le Juste (1610-1643)

1610         Louis XIII n'a que 9 ans lorsque son père Henri IV meurt. Sa mère Marie de Médicis devient régente et gouverne avec son favori Concini. Ce dernier a pour épouse Léonora Galigaï la femme de chambre que Marie de Médicis a amenée avec elle lors de son mariage. Il achète le marquisat d'Ancre puis en accèdant au pouvoir avec la régence s'enrichit très rapidement en titres et en biens. Louis XIII déclaré majeur en 1614 (il a 13 ans) laisse sa mère gouverner avec Concini. Les nobles sont las des intrigues et de la tyranie de l'Italien, ils se révoltent en 1614 -1616. Le roi décide alors d'en finir avec la régence. En 1617, il fait arrêter Concini qui est tué lors de son arrestation. Galigaï est jugée comme sorcière décapitée et brûlée. Marie de Médicis se retire à Blois. Louis XIII qui n'a que 16 ans laisse son ami Luynes, qui sait si bien dresser les faucons, gouverner. Il ne sera pas meilleur que Concini. Il pense surtout à s'enrichir et essaie de s'attirer les bonnes graces des grands, il veut rétablir de force le catholicisme en Béarn (1620), nommé connétable en 1621, il marche contre les Huguenots du Midi. Il subit un échec honteux devant Montauban ce qui soulève l'indignation de tous, le roi commençait à se lasser, lorsque Luynes meurt emporté par une épidémie. En 1624 commençe une longue collaboration entre le roi et un homme, un évêque qui avait été secrétaire d'état à la guerre du temps de Concini: Armand-Jean du Plessis dit Richelieu. Les deux hommes se complètent bien, le roi laisse Richelieu gouverner. Il a trois objectifs, à l'intérieur ruiner le parti huguenot et ramener à l'obeissance les nobles et à l'extérieur lutter contre la maison d'Autriche. Depuis 1618 l'Allemagne connait une guerre entre les princes protestants et la maison d'Autriche "les Habsbourg". Ceux-ci, catholiques, règnent sur un empire immense qui comprend l'Autriche, la Bohême, la Hongrie, une grande partie de l'Italie, l'Espagne et les Pays Bas espagnols. Une telle puissance constitue une menace pour les pays voisins et notamment la France. Au cours de cette guerre, guerre de trente ans, c'est l'Allemagne qui en subira tous les frais, elle sera ravagée et perdra le tiers de sa population. Richelieu n'est pas faché de ce conflit il aide matériellement les protestants, mais lorsque ceux-ci auront tous été vaincus par l'Autriche, il devra finir le travail (1635), au début la situation ne sera pas brillante, cela commence par une défaite à Corbie en 1636, l'ennemi viendra jusqu'à 50 km de Paris mais faisant appel au sentiment nationnal, il rétablira la situation. La France prendra Arras occupera l'Artois et Louis XIII prendra Perpignan et annèxera le Roussillon à la France. Les protestants, avec les Places de Sureté étaient un état dans l'état, Richelieu entreprend la lutte et en 1627-1628 fait le siège et prend La Rochelle, port par lequel les protestants recevaient des renforts d'Angleterre. Pour cela il fera creuser sur terre une tranchée de 12 kilomètres armée de 11 forts et de 18 redoutes, sur mer une digue en fermera l'accès aux navires anglais, 1400 mètres de long, 23 m. à la base et 7 au sommet et 200 navires la protègeront. Les assiègés tiendront 15 mois. Dés le mois de mai la famine commençe à faire des ravages, ils ne se rendront qu'en octobre. Cette lutte s'achève en 1629 par la paix d'Alès qui permet la liberté du culte aux protestants mais supprime leurs places fortes. Marié en 1615 Louis XIII n'aura son premier enfant, le futur Louis XIV qu'en 1638. Dans l'esprit de nombreux nobles, l'héritier du trône de Louis XIII qui était de santé fragile, était son jeune frère Gaston d'Orléans. Ce dernier est l'instigateur de nombreux complots visant à renverser Richelieu et faire la paix avec l'Espagne. Richelieu qui a des espions partout réprime tous ces complots sévèrement. Plusieurs nobles y laissent la vie, Chalais (Henri de Talleyrand) en 1626, Montmorency (Henri II de Montmorency) en 1632, Cinq-Mars qui était le favori du roi et De Thou en 1642. La France s'engage de la guerre de trente ans en 1635, ce qui lui permettra d'occuper l'Artois et le Roussillon, la victoire est en vue lorsque à quelques mois d'écart Richelieu, Marie de Médicis et le roi Louis XIII meurent, ce dernier le 14 mai 1643 à Saint-Germain. Impôts écrasants, hivers très rigoureux, mauvaises récoltes, la peste endèmique, font règner un fort mécontentement parmi le peuple et suscitent des révoltes populaires.

1610         Le style Louis XIII voit en fait le jour dès le début du règne de Henri IV (1589) pour ne s'achever qu'à l'avènement de Louis XIV (1661). Complexe, se nourrissant d'abord de l'esthétique de la Renaissance puis d'influences étrangères (flamandes, italiennes, espagnoles), ce style manque de spécificité. La distribution et l'aménagement des pièces commencent à être conçus en fonction de leur destination, et si l'on reçoit encore dans la chambre, le salon fait son apparition, avec un mobilier approprié. Les pieds de table – réunis par une traverse dont le centre est quelquefois occupé par une "toupie" – et de siège sont tournés en spirale ou en chapelets de boules, souvent aplaties. Les accotoirs, parfois incurvés, se terminent par une boule, une volute ou une tête humaine ou animale. Chaises à bras, chaises à dos et tabourets sont désormais agrémentés d'une garniture : un rembourrage de crin est recouvert de cuir, de velours ou de tapisserie, souvent au "point de Hongrie", c'est-à-dire ornée d'un motif à chevrons, que l'on retrouve sur les tentures des lits à colonnes. Au lit "en housse" déjà connu s'ajoute le lit "en tombeau", dont les courtines sont divisées par une flèche fixée dans le mur. Dans le domaine des arts décoratifs, Louis XIII et Richelieu favorisèrent l'essor des ateliers de tapisserie, de céramique, d'émaillerie et d'orfèvrerie.

1610         27 mai Exécution de Ravaillac place de grève. Place de grève, la place de l'Hôtel-de-Ville, ancienne place de Grève jusqu'en 1803, est une place de Paris, en France. Cette place est située sur les berges de la Seine, d'où son ancien nom (grève : terrain plat composé de graviers ou de sable en bord de mer ou de cours d'eau).

1610         17 octobre Sacre de Louis XIII à Reims.

1610         17 octobre Le Parlement accorde la régence à Marie de Médicis.

1610         Naissance de la préciosité (l'adjectif "précieuse" n'apparaît toutefois que vers 1650). La préciosité est le mouvement intellectuel et sentimental qui naquit et se développa dans les salons. Ouverture des premiers salons littéraires, en particulier l'hôtel de Rambouillet. La Préciosité est un des courants littéraires du XVIIe siècle. Vers la seconde moitié du XVIIe siècle, un nouveau mode de vie, une nouvelle philosophie naît, c'est la préciosité. Les femmes, principalement, mais on compte aussi des hommes, s'opposant aux manières rustres du XVIe siècle, et plus particulièrement de la cour d'Henri IV (que l'on surnommait le "Vert Galant" à cause du grand nombre de ses aventures amoureuses), s'opposant aussi à la violence baroque, vont créer ce mouvement pudique et se voulant raffiné à l'extrême.

1610         mort de Le Caravage.

1611         26 janvier Démission de Sully. Maximilien de Béthune, duc de Sully, ancien Premier ministre du roi Henri IV, démissionne de sa charge de surintendant des Finances. Protestant, il se sent menacé par le comité de régence présidé par la reine mère Marie de Médicis. De plus, il est en total désaccord avec sa politique pro-espagnole. A 52 ans, Sully qui était à la tête des finances de la France depuis 1538, conserve son titre de gouverneur du Poitou et reçoit une indemnité de 300 000 livres. Concini lui succèdera dès l'annonce de sa démission. Sully démissionne pour protester contre l'influence de Concino Concini et sa femme et parce qu'il est protestant, Sully, Premier ministre du roi Henri IV, n'est guère aimé à la cour. Devenu suspect à l'entourage de Marie de Médicis, il doit démissionner et abandonner ses charges. Concino Concini, maréchal d'Ancre, né à Florence vers 1575, mort à Paris le 24 avril 1617. Favori de Marie de Médicis. Issu de la petite noblesse italienne, portant le titre de Comte della Penna, Concino Concini étudia à l'université de Pise avant de faire partie de la suite de Marie de Médicis. Il y rencontra Léonora Galigaï, soeur de lait de la reine, qu'il épousa le 12 juin 1601. Devenue Régente, Marie de Médicis en fit son favori. Concini acheta le marquisat d'Ancre et se fit nommer premier gentilhomme de la chambre, surintendant de la maison de la reine, gouverneur de Péronne, Roye, Montdidier, avant d'être finalement élevé à la dignité de maréchal de France en 1613. Détesté par la noblesse et le peuple, il vit néanmoins grandir son influence politique. Ainsi, en 1616, il obtint la disgrâce du chancelier Brulart de Sillery et fit nommer ministre Richelieu, Mangot et Barbin.

1611         30 avril Traité secret avec l'Espagne prévoyant le mariage des héritiers des deux couronnes. Après la mort d'Henri IV, Marie de Médicis décida de renverser les alliances et signa un traité secret avec l'Espagne le 30 avril 1611 afin de faire épouser à Louis XIII l'infante d'Espagne Anne d'Autriche (1601-1666) et de fiancer Élisabeth de Bourbon (1602-1644) avec l'infant Philippe (1605-1665), futur Philippe IV d'Espagne. Les fiançailles officielles sont décidées le 26 janvier 1612. Philippe IV d'Espagne (Valladolid, Castille-et-Leon, 8 avril 1605 - Madrid, 17 septembre 1665), roi des Espagnes et des Indes. Il est l'aîné des fils du roi Philippe III d'Espagne et de son épouse l'archiduchesse Marguerite d'Autriche (1584-1611). Il épouse en 1615 Élisabeth de France (1602-1644), aînée des filles du roi Henri IV de France et de son épouse Marie de Médicis. Il épouse en secondes noces en 1649 sa nièce l'archiduchesse Marie-Anne d'Autriche (1634-1696), fille de l'empereur des Romains Ferdinand III et de son épouse l'infante Marie Anne d'Espagne (sœur puînée de Philippe IV). Il est le père de Marie-Thérèse d'Autriche (1638-1683) épouse de Louis XIV et de Charles II qui lui succéda.

1611         27 mai Assemblée protestante à Saumur.

1611         Parution des premiers scénarios de la commedia dell'arte. Commedia dell'arte, le terme italien commedia dell'arte, utilisé dans de nombreuses langues dont le français, signifie théâtre interprété par des gens de l'art, des comédiens professionnels. Ce type de théâtre populaire italien est apparu vers 1545 avec les premières troupes de comédie avec masque. Les représentations ont alors lieu sur des tréteaux, les acteurs improvisant leur texte à partir d'un canevas (scénario réglé d'avance).

1611         Pierre de Bérulle fonde la congrégation de l'Oratoire de France. La Congrégation de l'Oratoire est une congrégation catholique fondée à Rome par saint Philippe Néri au XVIe siècle. Le petit oratoire du fondateur où se réunissait le groupe d'origine avait donné son nom à la congrégation. Elle fut érigée de manière canonique par le pape Grégoire XIII le 15 juillet 1575, en tant que congrégation de prêtres séculiers, sans voeux, mais vivant en commun, dans le but de travailler à la sanctification de ses membres et à celle de son prochain par la prédication et l'enseignement. Sa règle fut approuvée par Paul V en 1612. L'Oratoire fut introduit en France par le futur cardinal Pierre de Bérulle en 1611 puis supprimé lors de la Révolution en 1792. Restauré en 1852, avant d'être à nouveau dispersé en 1880 et en 1903, il est reconsitué en 1920 par le père Courcoux. Congrégation de l'Oratoire. A l'origine, groupe de prêtres qui se réunissent dans l'oratoire de l'église de San Girolamo della Carita à Rome pour écouter la parole de saint Philippe Neri (1515-1595). En 1575, la congrégation de l'Oratoire est fondée, approuvée par le pape en 1612. Les oratoriens vivent en communauté, sans prononcer de voeux. Chacun subvient à ses propres besoins et participe financièrement au budget de la communauté. Les prêtres sont de grands prédicateurs et musiciens. La congrégation se répand en Europe. L'Oratoire de France est fondé à Paris en 1611 par Pierre de Bérulle. Voué à l'enseignement, il dispose bientôt de plusieurs collèges destinés à former les adolescents, à l'instar des jésuites. C'est à l'Oratoire que l'on enseigne pour la première fois le français (XVIIe siècle).

1611         Guido Reni peint 'Le Massacre des Innocents'. Guido Reni est un peintre et décorateur italien né à Calvenzano en 1575 et mort à Bologne en 1642 ; il appartient à l'école de Bologne. Proche de Caravage puis de Raphaël, sa peinture est avant tout celle d'une sensualité élégante, qui n'exclut pas la religiosité : en effet, le Vatican lui passa plusieurs commandes, dont les fresques du palais Quirinal. Son style est celui du baroque évoluant vers le classicisme.

1611         Rubens peint l''Érection de la Croix'. L'exécution du triptyque "l'Erection de la croix" donne à Rubens le statut de véritable maître de la peinture flamande de son époque. Rubens a en effet atteint une maturité dans sa création qui se traduit par l'harmonie des couleurs, le travail sur la lumière et le mouvement. Peignant jusqu'à sa mort sans que son talent ne décline, Rubens sera le principal représentant du Baroque flamand.

1612         26 janvier Annonce officielle des fiançailles de Louis XIII avec Anne d'Autriche et de celles d'Élisabeth, soeur du roi (Élisabeth de France) avec Philippe, prince des Asturies (Philippe IV d'Espagne). Élisabeth de France, également appelée Élisabeth de Bourbon (22 novembre 1602 à Fontainebleau - 6 octobre 1644 à Madrid) est la fille de Henri IV et de Marie de Médicis. Élisabeth épousa le roi Philippe IV d'Espagne à Bordeaux le 25 novembre 1615. Elle donna à son mari huit enfants, dont l'héritier au trône Baltasar Carlos. Parmi eux, seule sa plus jeune fille, la future Marie-Thérèse d'Autriche et femme de Louis XIV, parvint à l'âge adulte.

1613         21 février La cathédrale de l'Assomption au Kremlin rassemble le Zemski Sobor (les états généraux) pour l'élection du nouveau souverain de la Russie. Un jeune homme de 16 ans est désigné, Michel Romanov. Il est le petit-neveu de la tsarine Anastasie et le fils de Philarète qui a évincé l'usurpateur Boris Goudonov. Le 2 mai, Michel Romanov fera son entrée dans Moscou et sera couronné tsar sous le nom de Michel Ier. Sa dynastie règnera sur la Russie jusqu'à la révolution de 1917. Début du règne de Michel III de Russie, tsar de Russie (fin en 1645) fondateur de la dynastie des Romanov. Michel III Romanov, petit-neveu d'Anastasia Romanovna Zakharine, la veuve d'Ivan le Terrible, est élu tsar à 17 ans par le zemski Sobor (États généraux) avec lequel il gouverne jusqu'en 1619. Il est couronné par Cyril de Rostov à Moscou le 11 mai. Le Sobor décide d'écarter du trône toutes les candidatures étrangères. Les Romanov régneront jusqu'en 1917.

1613         19 novembre Concini est nommé maréchal de France.

1613         à 1700 - naissance et mort de André le Nôtre, architecte et paysagiste français à qui l'on doit la création du jardin à la française. Il fut jardinier du roi Louis XIV de 1645 à 1700 et eut notamment pour tâche de concevoir l'aménagement du parc du palais de Versailles, mais aussi celui de Vaux-le-Vicomte. Il était un très fameux courtisan et réussit à se lier d'amitié avec Louis XIV. Il était l'auteur des plans de nombreux jardins à la française.

1613         à 1680 - naissance et mort de François de La Rochefoucauld. Moraliste et homme politique français. Appartenant à l'une des plus illustres familles de la noblesse française, le prince de Marcillac prend, très jeune, part au complot de Madame de Chevreuse contre Richelieu. Sa vie se voit dès lors ponctuée de disgrâces; embastillé, il opte pour l'exil et se retire sur ses terres. A la mort de Richelieu, il revient à la cour. Mazarin succède à Richelieu, mais l'animosité ne s'étiole pas. Blessé à plusieurs reprises au combat, il évitera de peu la cécité. Jouissant de la faveur de Louis XIV, il se consacre à la réflexion. Après la mort de son père, il prend le titre de duc de La Rochefoucauld. Il rédige alors ses 'Mémoires' qu'il consacre à la régence d'Anne d'Autriche, mais le scandale le pousse à désavouer son oeuvre. Il fréquente dès lors les salons des "honnêtes gens" et se lie d'amitié avec la marquise de Sévigné, Madame de Sablé et plus particulièrement avec Madame de La Fayette. Ses réflexions successives l'amèneront à publier un ouvrage inédit: les 'Maximes', ponctué d'aphorismes philosophiques. La Rochefoucauld s'éteindra après avoir reçu l'extrême-onction des mains de Bossuet.

1614         Révolte du prince de Condé (Henri II de Bourbon) contre Concini. Henri II de Bourbon, troisième prince de Condé (Saint-Jean-d'Angély, 1588–Paris, 1646), prince du sang français. Il fut marié à la belle Charlotte de Montmorency. Henri IV, déja âgé la poursuivit avec tant d'assiduité que le prince dut fuir à Bruxelles, provoquant le début des tensions entre la France et l'Espagne. Henri revient en France sous la régence de Marie de Médicis et formente des coalitions princières contre le gouvernement corrompus. Pour le calmer, la régente accepte en 1615 son entrée dans le conseil royal mais quelques semaines plus tard il est arrété et conduit à la Bastille où il y reste quelques années. Libéré par Louis XIII, il se conduit comme un fidèle serviteur du roi, participant aux nombreuses campagnes menées par celui-ci. Il est le père de Louis II de Bourbon-Condé (dit le Grand Condé), vainqueur à Rocroi.

1614         15 mai Traité de Sainte-Menehould. Par ce traité, Marie de Médicis promet aux princes rebelles, dont Condé a pris la tête et qui réclament la réunion des États généraux, d'énormes avantages (450 000 livres et le gouvernement d'Amboise pour Condé). Elle s'engage à convoquer les États généraux qui seront les derniers avant ceux de 1789.

1614         2 octobre Louis XIII est déclaré majeur.

1614         17 octobre Sacre de Louis XIII. Né le 27 septembre 1601, le roi à treize ans est majeur. En ce jour, entouré de sa mère Marie de Médicis, régente du royaume, et de Concini, dont elle a fait son conseiller malgré les jalousies qu'il provoque chez les grands, le roi est sacré à Reims. Reste qu'il lui faut attendre jusqu'à l'assassinat de ce Concini par le capitaine des gardes qu'est le baron de Vitry le 24 avril 1617 pour qu'enfin le roi dise ces mots : “Loué soit Dieu ! Me voilà roi !”     

1614         27 octobre Ouverture des États Généraux. Le jeune évêque Armand du Plessis de Richelieu est membre du clergé. Il fait son apparition dans la bousculade qui ouvre en ce jour, dans la grande salle de l'Hôtel de Bourbon, les États généraux convoqués par la régente Marie de Médicis. Le roi, qui a treize ans et qui est à peine majeur, est présent. Assis à la gauche de la reine, son frère Gaston d'Orléans. Au cours de la séance, confuse, dont les débats ne semblent pas permettre qu'on aboutisse à une quelconque décision, on a entendu l'évêque de Richelieu conseiller au roi de faire, plus qu'à tout autre, appel au Conseil des ecclésiastiques, “à cause des vertus de capacité et de prudence auxquelles les obligeait leur profession, outre que le célibat les dépouillait plus que les autres d'intérêt particulier”. On remarque en outre un autre orateur, du tiers état, le prévôt des marchands Miron, qui s'exclame : “Nous représentons Votre Majesté en nos charges, et qui nous outrage viole votre autorité, voire commet en certains cas le crime de lèse-majesté”. La lutte y est vive entre le Tiers État et la noblesse, celui-là critique sévèrement l'avidité et les prétentions de celle-ci. Cette session se passe en débats passionnés, mais qui n'aboutissent à rien. (Les États généraux ne seront plus réunis qu'en 1789.)

1614         Traduction de Miguel de Cervantes, 'Don Quichotte' par César Houdin (1ère partie)

1614         Parution à Kassel (Allemagne) d'un document anonyme : 'Fama fraternitatis ou confrérie du célèbre ordre des R.-C.' racontant la vie de Christian Rosenkreutz (Chrétien Rose-Croix). Ce personnage mythique serait le fondateur de l'Ordre de la Rose-Croix. Christian Rosenkreutz ou Christian Rose-Croix ("le Chrétien à la Rose et à la Croix") est le fondateur mythique de la Rose-Croix. À ce titre, il est à l'origine de l'histoire et de l'enseignement des rosicruciens. De nationalité allemande, il serait né en 1378 et mort en 1484. La Rose-Croix est un ordre hermétiste chrétien légendaire, relevant de la "tradition ésotérique" et "initiatique", dont les premières mentions remontent au début du XVIIe siècle en Allemagne. L'existence de l'ordre, et celle de son fondateur Christian Rosenkreutz, sont controversées. Quoi qu'il en soit, à partir du XVIIIe siècle, de nombreux mouvements se sont réclamés de l'ordre de la Rose-Croix, ou se sont référés à la "tradition rosicrucienne" ou à l' "héritage de Christian Rose-Croix". Leurs membres sont appelés les rosicruciens. Le terme "Rose-Croix" désigne, dans leur langage, un état de perfection spirituelle et morale. Enfin, comme archétype de société secrète, mystique, immémoriale et toute puissante, les Rose-Croix apparaissent dans une certaine littérature ésotérique, souvent comme successeurs des Chevaliers du Graal et des Templiers.

1614         mort de Le Greco.

1615         23 février : Fermeture des États généraux, les derniers avant 1789. Le pouvoir de Marie de Médicis est renforcé. Les derniers états généraux d'avant 1789 s'achèvent sur un constat d'échec. Après des années de guerre de Religion et l'assassinat d'Henri IV, la monarchie française est fortement affectée et en proie à la division. Cependant, un délégué du Poitou pour le Clergé se fait remarquer par la régente Marie de Médicis et Concini : l'évêque Armand du Plessis. Plus connu sous le nom de cardinal de Richelieu, c'est l'homme qui au cours des prochaines années redressera l'État pour le mettre sur la voie de l'absolutisme. Nommé par la régente au Conseil un an plus tard, il subira rapidement un échec auprès du roi en 1617 avant un retour en grâce en 1624.

1615         27 mars Mort de la reine Margot (Marguerite de Valois) à Paris.

1615         22 mai Remontrance du Parlement à Marie de Médicis sur son gouvernement.

1615         9 août Manifeste du Prince de Condé, Henri II de Bourbon, contre le gouvernement.

1615         18 octobre Mariage par procuration de Louis XIII à Anne d'Autriche (infante d'Espagne). Anne d'Autriche, Anne de Habsbourg, universellement appelée Anne d'Autriche, née le 22 septembre 1601 à Valladolid, morte le 20 janvier 1666 à Paris. Par sa naissance, elle était infante d'Espagne, infante de Portugal, archiduchesse d'Autriche, princesse de Bourgogne et princesse des Pays-Bas, et devint, par mariage, reine de France et reine de Navarre (1615-1643). Elle était la fille du roi Philippe III (1578-1621), roi d'Espagne (et autres terres) (1598-1621) et de l'archiduchesse Marguerite d'Autriche (1584-1611).

1615         2 novembre Le parti protestant s'allie au prince de Condé, Henri II de Bourbon.

1615         28 novembre Mariage de Louis XIII avec Anne d'Autriche, infante d'Espagne, fille de Philippe III d'Espagne, née en 1601. La régente Marie de Médicis a voulu ce mariage avec la fille du très catholique roi d'Espagne Philippe III, qui est pour elle un signe de sa détermination à continuer la lutte contre les huguenots. La nuit de noces des mariés, qui n'ont pas même quatorze ans, se passe devant quelques membres de la Cour comme il convient. Si le poète Malherbe écrit “Certes c'est à l'Espagne à produire des reines/Comme c'est à la France à produire des rois”, le dégoût qu'aura éprouvé le roi rendra leur couple stérile pendant vingt-trois ans. La noblesse, mécontente de ce mariage, se soulève. Marie de Médicis fait avec les révoltés le traité de Loudun en leur achetant à gros deniers leur neutralité. Philippe III d'Espagne, Philippe de Habsbourg, appelé Philippe III, né le 14 avril 1578 à Madrid, mort le 31 mars 1621 à Madrid, était infant d'Espagne, infant de Portugal, prince des Asturies et archiduc d'Autriche avant son accession au trône le 13 septembre 1598.

1615         Antoine de Montchrestien écrit 'Traité de l'Économie politique’

1616         3 mai Traité de Loudun entre Marie de Médicis et le prince de Condé, Henri II de Bourbon, nommé chef du Conseil.

1616         1er septembre Arrestation de Condé, Henri II de Bourbon, alors qu'il se rendait au Conseil.

1616         25 novembre Richelieu est nommé secrétaire d'État pour la guerre et les affaires étrangères. A la suite du traité de Loudun, la régente Marie de Médicis, pour se concilier les grands, décide de se séparer des “barbons” qui forment son conseil. Elle refuse en revanche de se défaire de Concini, qu'elle charge de réformer ce Conseil même. C'est à l'un de ses jeunes protégés devenu l'aumônier de la régente quelque temps plus tôt, l'évêque de Luçon Armand Jean du Plessis, âgé de trente et un ans, que le maréchal d'Ancre confie en ce jour le secrétariat d'État aux Affaires étrangères. En 1631, cet évêque fera l'acquisition de la terre de Richelieu ; en 1622, il reçoit le chapeau de cardinal. Le chapeau et la terre lui donneront le seul nom dont la postérité se souvienne : cardinal de Richelieu. Richelieu, Armand Jean du Plessis de Richelieu, cardinal, duc et pair de France, ministre de Louis XIII. Né à Paris le 9 septembre 1585, il meurt le 4 décembre 1642.

1616         Issu d'une maison noble du Poitou, il avait pour père François du Plessis, capitaine des gardes de Henri IV. Bien que vêtu d'un rouge cardinal, ce fut l'éminence grise du Roi de France.

1616         Agrippa d'Aubigné écrit 'Les Tragiques, Histoire universelle' (1616-1626)

1616         Décès de l'écrivain espagnol Miguel de Cervantes le 23 avril, le même jour que William Shakespeare.

1617         Louis XIII, bien que déclaré majeur depuis 1614, ne se presse pas de prendre le pouvoir, qui continue d'être exercé sous le nom de la régente, par son favori Concini, au grand scandale de la noblesse et du peuple. Auprès du jeune roi est un gentilhomme nommé Albert de Luynes, compagnon assidu de ses chasses et de ses rares plaisirs. De Luynes finit par pousser Louis XIII à secouer son apathie, et par lui inspirer le désir de régner: il faut pour cela se débarrasser du tout-puissant Concini. On en charge le capitaine des gardes du roi, le baron de Vitry (Nicolas de L'Hospital) qui tue le favori italien d'un coup de pistolet, comme il entrait au Louvre. Marie de Médicis se retire à Blois. Louis XIII, en possession du pouvoir, prend pour premier ministre de Luynes, qui est fait duc et pair. Luynes, Charles, marquis d'Albert, duc de Luynes (5 août 1578 à Pont-Saint-Esprit - 15 décembre 1621 à Longueville près d'Agen) fut un homme d'État français. Maître de fauconnerie, favori de Louis XIII, il complota l'assassinat de Concino Concini.

1617         à 1624 - Cette période est marquée par de nombreux troubles. Une partie de la noblesse qui est restée fidèle à Marie de Médicis, se soulève à deux reprises en sa faveur: cette agitation donne lieu au combat des Ponts-de-Cé (1620). D'autre part, les protestants du Midi ont profité de leur supériorité numérique dans quelques provinces pour se donner une organisation grâce à laquelle ils forment dans l'État comme un État indépendant. Une expédition pour les faire rentrer dans le devoir est confiée à de Luynes qui emmène Louis XIII avec lui. La Guyenne et la Gascogne sont soulevées. De Luynes met le siège devant Montauban, centre de la révolte, mais il meurt pendant ces opérations, et Louis XIII n'arrive pas à prendre la ville (1621). En 1622, Louis XIII impose la paix aux protestants, et ne leur laisse que les deux places de Montpellier et La Rochelle.

1617         24 avril Assassinat de Concini, mari de Léonora Galigaï sur ordre du roi. L'assassinat de Concini signifie à la mère du roi Louis XIII sa disgrâce. Le roi se venge du mépris et de l'humiliation dans lesquels il avait été tenu par la régente, sa mère, et le maréchal d'Ancre (Concino Concini). Une pancarte est accrochée au cou du cadavre : “Traître au roi”. En apprenant la mort de Concini, Louis XIII dit : “Grand merci à vous. A cette heure, je suis roi”. Sous la régence de Marie de Médicis, Léonora Galigaï a presque gouverné la France. Tapie dans sa chambre du Louvre, entourée de médecins et d'exorcistes, avalant des potions amères et se nourrissant de bave de crapaud, elle vivait le plus possible retirée de la cour. Plus fine, plus habile, plus perverse que quiconque, elle a formé un couple tout puissant et rapidement très impopulaire avec son mari, l'intrigant et arrogant Concino Concini. Celui-ci, menant grand train, âpre au gain et assoiffé d'honneurs, se crut tout permis. Jusqu'au jour où Louis XIII, désireux de s'emparer du pouvoir qui lui revenait, se résolut enfin à exercer une terrible vengeance. Léonara Dori dite Galigaï, était la soeur de lait de Marie de Médicis sur laquelle elle avait une forte influence malgré sa laideur. Elle était la femme de Concino Concini. Capricieuse et cupide, atteinte d'épilepsie que la médecine de l'époque ne comprenait pas elle se tourna d'abord vers la religion avec des exorcismes puis des pratiques chamaniques de désenvoutement. Elle fut enveloppée dans la disgrâce de son mari et brûlée comme sorcière en 1617. Ses juges, lui ayant demandé de quel charme elle s'était servie pour dominer l'esprit de Marie de Médicis : "Mon charme, dit-elle, fut celui des âmes fortes sur les esprits faibles".

1617         3 mai Louis XIII exile sa mère à Blois et renvoi Richelieu. L'assassinat de Concino Concini, favori de Marie de Médicis dont Louis XIII est l'instigateur entraîne la mise à l'écart de celle-ci de l'entourage du roi. Richelieu suivit en 1617 la reine mère à Blois, alors en disgrâce, puis il fut confiné dans son évêché.

1617         8 juillet Exécution de Léonora Galigaï pour sorcellerie.

1617         Agrippa d'Aubigné écrit 'Les Aventures du baron de Faeneste’

1617         à 1682 - naissance et mort de Bartolomé Estebàn Murillo, il est un peintre sévillan, dont l'oeuvre est dans un premier temps marquée par l'influence de Ribera et Zurbaran. C'est l'exécution d'un cycle de onze tableaux pour les franciscains de Séville qui le rend célèbre.

1618         7 avril Exil de Richelieu à Avignon sur Ordre de duc de Luynes (Albert de Luynes).

1618         23 mai : Défenestration de Prague : les nobles bohêmiens défenestrent les gouverneurs impériaux : début de la guerre de Trente Ans. Défenestration de Prague, le 23 mai 1618, en réaction à la fermeture de deux temples protestants à Broumov et Hrob, une délégation de protestants de Bohême, menée par le comte de Thurn, se rend à la résidence du roi Matthias à Prague, le château de Prague ou Hradshin. Successeur de son frère Rodolphe II de Habsbourg, lequel avait garanti en 1609 par un édit royal (Majestätsbrief) le droit aux protestants de pratiquer leur religion, Matthias, sans héritier direct, a choisi son cousin Ferdinand, archiduc de Styrie, pour reprendre le trône. Or Ferdinand est un fervent catholique et milite pour la Contre-Réforme. La réunion s'envenime entre les représentants du roi et la délégation protestante. Deux gouverneurs habsbourgeois, Wilhelm Slavata et Jaroslav Martinic, ainsi que l'un de leur domestique nommé Fabricius, sont jetés par une fenêtre du palais. Ces derniers s'en tirent sans grand mal, tombant sur un tas de fumier. Quoique événement bénin et cocasse, la défenestration de Prague va, de fil en aiguille, conduire l'Europe dans la guerre de Trente Ans.

1618         Guerre de Trente ans (1618-1648). La guerre de Trente Ans est une suite de conflits armés qui ont déchiré l'Europe de 1618 à 1648. Les combats se déroulent initialement et principalement dans les territoires d'Europe centrale dépendant du Saint Empire romain germanique, mais impliquent la plupart des puissances européennes, à l'exception notable de l'Angleterre et de la Russie. Dans la seconde partie de la période, les combats se portent aussi en France, dans les Pays-Bas, en Italie du nord, en Catalogne, etc. Pendant ces trente années, la guerre change progressivement de nature et d'objet : commencée en tant que conflit religieux, elle se termine en lutte politique entre la France et la Maison d'Autriche. Ses origines sont multiples, même si la première est l'opposition religieuse et politique entre catholiques et protestants lutheriens ou calvinistes ; mais cette confrontation eut aussi d'autres ressorts : tentations hégémoniques ou d'indépendance, rivalités commerciales, ambitions personnelles, jalousies familiales y trouvent leur exutoire. Guerre de Trente Ans (1618-1648). Il s'agit d'un conflit ravageur, essentiellement localisé dans le Saint Empire ; il naît de l'opposition des catholiques et des protestants, la Réforme — à laquelle se sont ralliés certains princes allemands — menaçant la donne politique. Peu à peu, toutes les puissances européennes y participent, dont la France de Richelieu. L'Empire, vaincu, sort affaibli du traité de Westphalie et l'Allemagne morcelée.

1618         François de Rosset traduit 'Don Quichotte' de Miguel de Cervantes (2ème partie).

1618         Lope de Vega édite "Fuente ovejuna". Félix Lope de Vega, grand dramaturge du Siècle d'or espagnol, édite une pièce baroque intitulée "Fuente ovejuna" ("Font-aux-Cabres"). Il y met en scène la révolte de vassaux contre leur seigneur tyrannique. Méprisant, violent et dénué d'honneur, ce dernier est assassiné. Mais la pièce se clôt sur une réconciliation entre le pouvoir souverain et les villageois, auxquels on attribuera un nouveau seigneur. Ainsi, Lope de Vega semble chercher à valoriser le "lien social" et la solidarité entre les plus faibles. La pièce traversera les siècles et beaucoup s'accorderont à dire qu'elle peut être sujette à différentes interprétations.

1618         Roelandt Savery peint 'Paysage avec Orphée charmant les animaux'. Roelandt Savery (1576-1639) est un peintre flamand.

1619         8 février Vincent de Paul, prêtre français, nommé aumonier général des galères. Saint Vincent de Paul, (naissance : Landes, 1581 - Décès : 1660), Vincent de Paul expérimente dès son enfance les conditions d'existence des plus démunies. Ordonné prêtre en 1600, après avoir étudié à Dax et à Toulouse, il est capturé en 1605 par des pirates en se rendant de Marseille à Narbonne. Il s'évade de Tunis à l'issue de deux années d'emprisonnement, puis devient prêtre de paroisse et précepteur dans la famille d'Emmanuel de Gondi. Vincent établit une mission auprès des paysans de ses domaines, le 17 avril 1625. Une congrégation de prêtres exerçant leur apostolat en milieu rural est établie à Paris en 1625, au Collège des Bons-Enfants, dont Vincent sera le supérieur. Elle prend le nom de Lazaristes lorsqu'elle s'installe dans l'ancien prieuré Saint-Lazare à Paris, en 1632. Vincent fonde l'ordre des Filles de la Charité (dites "Soeurs de Saint-Vincent-de-Paul") avec sainte Louise de Marillac (1591-1660), en 1634. Cette institution est à l'origine de l'hôpital des Enfants-Trouvés de Paris.

1619         21-22 février Marie de Médicis s'enfuit de Blois. Retenue par son fils Louis XIII à Blois après qu'il ait pris le pouvoir, Marie de Médicis, sa mère, trouve le moyen, en dépit de son embonpoint et de son âge, elle a alors quarante-six ans ­, de descendre une échelle de corde de 40 mètres le long de la façade du château, son coffret à bijoux sous le bras, pour rejoindre les grands à Angoulême. La reine s'échappa de sa prison et provoqua un soulèvement contre le roi son fils ("guerre de la mère et du fils"). Un premier traité, le traité d'Angoulême, négocié par Richelieu, apaisa ce conflit. Mais la reine-mère n'étant pas satisfaite, relança la guerre en ralliant à sa cause les Grands du royaume ("deuxième guerre de la mère et du fils"). La coalition nobiliaire fut rapidement défaite à la bataille des Ponts-de-Cé par le roi qui pardonna à sa mère et aux princes. Conscient qu'il ne pouvait éviter la formation de complots si Marie de Médicis restait en exil, le roi accepta son retour à la cour. Marie de Médicis revint alors à Paris, où elle s'attacha à la construction de son Palais du Luxembourg. A la mort de Luynes en 1622, elle effectua peu à peu son retour politique. Richelieu joua un rôle important dans la réconciliation de Marie avec le roi. Il parvint même à faire revenir la reine-mère au Conseil du roi.

1619         Première guerre de la mère et du fils. Richelieu quitte Avignon pour Angoulême (7-27 mars). Louis XIII défait les partisans de sa mère.

1619         30 avril Traité d'Angoulême entre Luynes et les grands révoltés : Marie, pardonnée par son fils, reçoit la charge du gouvernement de l'Anjou.

1619         28 mai : Les Hollandais établissent une base à Batavia, dans les Indes orientales. Batavia, Jakarta est la capitale de la République d'Indonésie. Au temps des Indes néerlandaises, elle se nommait Batavia et était la capitale de la colonie.

1619         5 septembre Réconcililation publique de Louis XIII et Marie de Médicis à Tours.

1619         20 octobre Libération du prince de Condé, Henri II de Bourbon. Libéré par Louis XIII, il se conduit comme un fidèle serviteur du roi, participant aux nombreuses campagnes menées par celui-ci. Il est le père de Louis II de Bourbon-Condé (dit Le Grand Condé), vainqueur à Rocroi.

1619         10 novembre Les trois songes de Descartes. En cette nuit d'automne, le philosophe fait des rêves exaltants et, “plein d'enthousiasme”, il croit découvrir “les fondements d'une science admirable”. Il relatera ses songes dans les Olympica.

1619         Marin Le Roy de Gomberville écrit 'Polexandre'. Marin Le Roy de Gomberville est un poète et écrivain français né en 1600, à Paris.

1619         Salomon de Caus écrit 'le jardin palatin'. Salomon de Caus, ingénieur français (pays de Caux, 1576 - Paris, 1626). Dans son ouvrage les 'Raisons des forces mouvantes, avec diverses machines tant utiles que plaisantes' (1615), il développa une théorie relative à l'expansion et à la condensation de la vapeur, qui le fait considérer comme le pionnier de l'utilisation pratique de la force motrice de celle-ci.

1620         30 juin La reine mère, en désaccord avec Louis XIII, quitte Paris. Deuxième guerre de la mère et du fils.

1620         7 août "Drôlerie des Ponts-de-Cé": les partisans de Marie de Médicis sont dispersés par les armées du Roi. Se déroula près d'Angers la "drôlerie des Ponts-de-Cé", au cours de laquelle les armées du roi défirent facilement celles de la reine-mère.

1620         8 novembre : Bataille de la Montagne Blanche, près de Prague. Les forces de la Ligue Catholique sous le commandement de Tilly sont victorieux sur les forces de Bohême menées par Frédéric V. Les deux armées comprennent environ 20 000 hommes chacune. En deux heures, tout est terminé et 1600 hommes restent sur le champs de bataille. La bataille de la Montagne Blanche se déroula le 8 novembre 1620, non loin de Prague. C'est l'une des premières et des plus importantes de la guerre de Trente Ans. Elle oppose une armée d'environ 15 000 hommes commandée par Christian Ier d'Anhalt-Bernburg pour le compte de Frédéric V, aux forces du Saint-Empire placées sous les ordres de Bucquoy, combinées aux forces de la Ligue catholique, sous les ordres de Tilly, regroupant ainsi 25 000 hommes qui obtiennent une victoire écrasante. Cette bataille marque la fin de la première période (période bohémienne) de la guerre de Trente Ans.

1620         21 décembre : Arrivés sur le Mayflower, pris dans la tempête, les Pilgrim Fathers, 102 puritains anglais débarquent en Amérique (Nouvelle-Angleterre), à Cap Cod et fondent la colonie de Plymouth, première ville du Massachusetts, hors de la concession octroyée par le roi (1622). Ces Pilgrim's fathers (35 en tout) ont dû fuir Nottingham (1608), pour s'établir à Leyde dans les Provinces-Unies. Ils signent un accord, le Compact du Mayflower, qui est à la base d'une démocratie calvinienne. Le Mayflower (ou “Fleur de Mai”) est un vaisseau marchand de 90 pieds (27.4m) et 180 tonneaux. Il a transporté une centaine d'immigrants anglais ("The Pilgrim fathers" ou "Pères Pélerins") en 1620, entre Plymouth, en Angleterre et la colonie de Plymouth, dans le Massachusetts. Le Mayflower quitta Plymouth le 16 septembre 1620, pour jeter l'ancre à Cap Cod le 11 novembre. Parmi eux, 35 pèlerins protestants très pieux qui fuient les persécutions de Jacques Ier d'Angleterre à la recherche d'un lieu pour pratiquer librement leur religion et 67 “étrangers”.

1620         24 décembre Les protestants décident, lors de l'assemblée de La Rochelle, de prendre les armes.

1620         Expédition militaire contre les Protestants (1620-1622).

1620         Cercle de Marie de Gournay (1620-1640).

1620         Traduction de Mateo Aleman, 'Guzman de Alfarache' par Jean Chapelain. Mateo Aleman, écrivain espagnol. Né à Séville en 1547, décédé à Mexique en 1614 Après une formation de médecin suivie à Salamanque, Mateo Aleman se consacre au commerce et à la finance. Il est incarcéré un temps pour des affaires de dettes. A sa sortie, il se consacre à l'écriture, notamment à la traduction des 'Odes' d'Horace. Il est l'auteur d'un grand roman picaresque, 'Guzman de Alfarache', publié en deux parties, en 1598 et en 1604. Jean Chapelain (né le 4 décembre 1595 à Paris - décédé le 22 février 1674), est un poète français du XVIIe siècle. Précepteur des fils du grand prévôt de France, M. de La Trousse, Chapelain jouissait déjà d'une certaine autorité littéraire, alors même qu'il n'avait encore rien produit. Après avoir publié quelques odes et une traduction du 'Guzman d'Alfarache', il devint un véritable oracle. Le cardinal de Richelieu l'appela à l'Académie française dès la fondation de cette compagnie, lui accorda une pension de 3000 livres, le chargea de dresser le plan du Dictionnaire et de la Grammaire de l'Académie et de rédiger la critique du 'Cid' de Pierre Corneille. Chapelain fut dès lors un homme à la mode. Jean-Baptiste Colbert le chargea de dresser la liste des écrivains et savants dignes de recevoir des gratifications du roi.

1620         à 1640 - Salon de la marquise de Rambouillet: mondain, grande influence sur les lettres; fréquenté par tous les grands noms littéraires de l'époque: Richelieu, Malherbe, Vaugelas, Conrart, Voiture, Chapelain, Scudéry, Ménage, Cotin, etc. Centre de la préciosité: raffinement de la langue, exclusion des mots 'bas', interventionnisme des femmes sur la langue; mouvement capital qui trouve son opposé dans le style burlesque qui se développe à la même époque.

1620         invention de la règle à calcul par E Gunter. La règle à calcul (ou règle à calculer) est un instrument de calcul qui permet, par simple déplacement longitudinal d'échelles graduées, d'effectuer des opérations arithmétiques de base, multiplication et division, mais pas les additions. Une règle à calcul peut aussi servir à exécuter des opérations plus complexes, telles que le calcul de racines carrées ou cubiques, des calculs logarithmiques ou bien trigonométriques. Edmund Gunter (1581-1626) enseignait l'astronomie au collège de Gresham. On lui doit l'invention de plusieurs instruments géométriques, tels que le secteur à l'aide duquel on trace les lignes parfaites des cadrans solaires. Il inventa l'échelle dite de Gunter ou règle logarithmique en 1620, qui simplifie les opérations de calcul.

1621         31 mars Le duc de Luynes (Charles d'Albert) est nommé connétable de France.

1621         25 avril Traité de Madrid entre Louis XIII et Philippe III. Traité de Madrid entre la France et l'Espagne, qui rend la Valteline à la suzeraineté grisonne mais les Espagnols réoccuppent Chiavenna. La Valteline est une région d'Italie du nord, limitrophe de la Suisse, qui correspond approximativement à la vallée de la rivière Adda et de ses affluents. Les Grisons sont un canton suisse.

1621         10 novembre : Echec de Luynes devant Montauban contre les protestants. Il meurt avant d'être disgracié (15 décembre). Le siège de Montauban opposa, d'août à novembre 1621, les armées royales commandées par Louis XIII aux protestants montalbanais.

1621         Théophile de Viau écrit 'oeuvres poétiques'. Théophile de Viau (né entre mars et mai 1590 à Clairac-en-Agenois–mort le 25 septembre 1626) Poète et écrivain français, il est connu pour ses poèmes licencieux et son athéisme. Sa tragédie 'Pyrame et Thisbé' est restée involontairement célèbre pour contenir l'expression "il en rougit, le traître !" - phrase en fait prononcée par l'infortunée Thisbé, contemplant le poignard avec lequel vient de se suicider Pyrame, son amant.

1621         à 1695 - naissance et mort de Jean de La Fontaine. Poète français. Issu d'une famille relativement bourgeoise, La Fontaine passe toute son enfance et son adolescence en Champagne. Après avoir suivi, sans vraiment s'y intéresser, des études de théologie et de droit, il hérite de la charge de maître des Eaux et Forêts de son père. Il s'installe ensuite à Paris, où il fait la connaissance de Nicolas Fouquet - alors surintendant des Finances de Louis XIV - qui le prend sous sa protection et lui accorde une pension. La Fontaine prendra d'ailleurs la défense de son protecteur quelques années plus tard dans une 'Elégie aux nymphes de Vaux', adressée au roi. La Fontaine publie ensuite des 'Contes et nouvelles', d'inspiration libertine, qui lui valent ses premiers grands succès, mais qu'il reniera pourtant à la fin de sa vie. Il fréquente les salons parisiens, est élu à l'Académie française. Alors que la querelle des Anciens et des Modernes débute, il se range du côté des Anciens. Entre temps, il publiera ses recueils de 'Fables', grâce auxquels il passera à la postérité. Inspirée principalement d'Ésope, mais aussi d'Épicure et des Stoïciens, La Fontaine donnera ses lettres de noblesse à la fable, genre populaire et rustique par excellence car "plaire" et "instruire", telle est sa devise. Ésope (VIIe siècle av. J.-C. - VIe siècle av. J.-C.), écrivain grec à qui on attribue la paternité de la fable.

1622         Marie de Médicis qui était en exil à Blois est autorisée à rentrer dans Paris et reprend place dans les conseils de l'État. Elle amène avec elle un ecclésiastique, Armand de Richelieu, évêque de Luçon, qui a été dans les jours d'exil son conseiller avisé, et obtient pour lui le chapeau de cardinal.

1622         5 septembre Richelieu est nommé Cardinal.

1622         18 octobre Traité de Montpellier confirmant l'édit de Nantes. les Protestants ne gardent que deux villes fortifiées : La Rochelle et Montauban.

1622         Défaite de Mansfeld à la bataille de Fleurus par les Espagnols. La bataille de Fleurus marque un moment important de la guerre de Trente Ans. Elle oppose les troupes de Christian de Brunswick et Ernst von Mansfeld à l'armée espagnole menée par Gonzalo Fernandez de Cordoba. Les protestants étaient en route pour contrer le siège de Bergen op Zoom. Le 29 août 1622, ils furent confrontés aux Espagnols. Les deux partis se livrèrent une bataille sanglante, pendant laquelle Christian de Brunswick perdit le bras gauche (il devait se faire faire, par la suite, une prothèse en argent). Malgré les lourdes pertes, quelque 6 000 hommes de Christian de Brunswick parvinrent à se frayer une route vers Bergen op Zoom et à forcer la levée du siège de la ville.

1622         à 1673 - naissance et mort de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière. Acteur, dramaturge, metteur en scène français. Fils du tapissier du roi, licencié en droit, Jean-Baptiste Poquelin renonce à reprendre l'affaire paternelle, et fonde l'Illustre-Théâtre. Sous le nom de Molière, et en compagnie de sa maîtresse, Madeleine Béjart, il vit treize années de pérégrinations en province, avant que la troupe ne décide de regagner Paris en 1658. C'est alors qu'il épouse Armande Béjart (fille de Madeleine), qui lui donne un fils, Louis. Talentueux dramaturge, Molière écrit toutes sortes de pièces, de la farce à la comédie-ballet en collaboration avec Lully. Mais il excelle dans la mise en scène de comédies grinçantes et féroces, dans lesquelles il épingle les travers de la société. Molière utilise en effet le rire comme une arme avec laquelle il foudroie nombre de ses contemporains. Malgré son génie et la protection du roi, 'Tartuffe' et 'Don Juan' sont interdites de représentation. S'il résiste aux cabales, sa santé défaillante a finalement raison de lui; il meurt quasiment sur scène. Sept ans plus tard, la troupe de Molière, qui avait fusionné avec celles de l'Hotel de Bourgogne et du Marais, donne naissance à la Comédie-Française.

1623         7 février Traité d'alliance avec Venise et la Savoie contre Philippe IV d'Espagne : traité de Paris. Par ce traité, signé pendant le règne de Louis XIII, la France s'allie avec la Savoie et Venise contre l'occupation de la Valteline par les soldats du pape qui sont pro-espagnols.

1623         Charles Sorel écrit 'Histoire comique de Francion'. Charles Sorel, sieur de Souvigny (vers 1582 - 8 mars 1674) est un romancier et écrivain libertin français de l'âge baroque. Il fut très peu connu de son temps, même s'il fut historiographe du roi en 1635. Il écrivit sur la science, l'histoire et la religion, mais seuls ses romans sont passés à la postérité. Il essaya de mettre à bas le roman pastoral, très populaire à l'époque, en écrivant le premier roman picaresque français, 'La vraie histoire comique de Francion' (1623). Pourtant, même si les aventures picaresques de Francion touchèrent un large public, celui-ci continua d'admirer 'L'Astrée' de Honoré d'Urfé, dont Francion est une parodie.

1623         Théophile de Viau écrit 'Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé’

1623         à 1662 - naissance et mort de Blaise Pascal. Philosophe et mathématicien français. Blaise Pascal, marqué par la mort prématurée de sa mère, a été élevé aux côtés de ses deux soeurs : c'est un enfant surdoué, de santé très fragile mais d'une précocité étonnante, d'une grande curiosité et d'une intelligence hors du commun. Il est d'abord un jeune savant connu pour ses travaux mathématiques et physiques, et publie à 17 ans un traité de géométrie, Essai sur les coniques (1640). Il est également l'inventeur de la machine à calculer, de la montre bracelet ou de la presse hydraulique. Son expérience religieuse de la nuit du 23 novembre 1654 (relatée dans son 'Mémorial') va le conduire à s'engager aux côtés des jansénistes et infléchir son oeuvre. À la demande du janséniste Antoine Arnauld, Pascal jette toute la force de son esprit et de sa rhétorique dans cette bataille, utilisant le genre de la lettre, alors à la mode dans la polémique religieuse :  'Les Provinciales' (janvier 1656-1657) regroupent 18 lettres publiées au jour le jour sur les subtilités théologiques et morales alors en débat. Ces lettres sont l'un des premiers chefs-d'oeuvre de la prose française classique. Une grande rigueur argumentative y est soutenue par une rhétorique de la sincérité et du naturel ("la vraie éloquence se moque de l'éloquence"), dont la clarté est le premier impératif, ainsi que le refus du pédantisme (artifices oratoires, citations, spécialisation du discours). Pascal y fait également preuve de beaucoup de drôlerie et d'ironie ainsi que d'un talent dramatique certain dans de nombreux dialogues pleins d'esprit et de complicité ironique. Le chef-d'oeuvre de Pascal est un livre inachevé, inclassable, unique ("les papiers d'un mort", Le Guern). 'Les Pensées' sont les plans et fragments d'un ample projet apologétique dont la rédaction a sans doute été entreprise dès 1656, mais dont la mort a empêché l'achèvement : 800 à 900 feuillets ou fragments de papier manuscrits, classés en 27 liasses, contenant parfois des notes très brèves, parfois des développements de plusieurs pages. Ces textes, sélectionnés, revus et corrigés, font l'objet d'une première publication (posthume) en 1670 par les "Messieurs de Port Royal". Le propos de l'écrivain est de faire une "Apologie de la religion chrétienne", mais sa description de la "Misère de l'homme sans Dieu" demeure aujourd'hui encore l'une des descriptions les plus abouties et les plus poignantes de la condition des hommes, notamment de la manière dont, incapables de supporter une réflexion lucide sur leur néant, ils préfèrent perdre leur vie dans des divertissements, futiles ou élevés. De tout cela, Pascal parle, là encore, avec simplicité et naturel, dans une prose poétique, rythmée, qui recourt à une grande diversité de registres, et s'appuie sur des antithèses et des comparaisons précises et souvent nouvelles, importées du domaine scientifique par exemple.

1623         Début de la Construction d'un château de chasse à Versailles. Versailles n'est qu'un modeste logis construit par Louis XIII, au milieu des forêts. C'est son rendez-vous de chasse favori.

1623         invention de la machine à calculer par Wilhelm Schickard (addition+multiplication). Wilhelm Schickard (1592 - 1635) est un savant allemand qui conçut la première machine à calculer. En 1623, Wilhelm Schickard inventa pour Kepler ce qu'il appela une "horloge calculante" qui était destinée à calculer les éphémérides. Il utilisait des roues dentées et avait déjà abordé le problème du report de retenue.

1624         10 juin Traité de Compiègne entre la France et les Provinces-Unies contre l'Espagne.

1624         13 août Arrestation de La Vieuville. Le marquis de La Vieuville, surintendant des Finances, qui a fait entrer Richelieu au Conseil, est accusé de malversation et arrêté. Ainsi le cardinal Armand Jean du Plessis de Richelieu devient le premier des ministres de Louis XIII. Richelieu est nommé chef du Conseil. Le cardinal de Richelieu avait su habilement manoeuvrer pour devenir indispensable à la fois à la reine-mère et à son fils. La disgrâce qui frappa les Brûlart - le père était chancelier et son fils, le marquis de Puisieux, secrétaire d'État aux affaires étrangères - en janvier-février 1624 laissa la place à La Vieuville, qui mena une politique plus active, notamment dans l'affaire de la Valteline et avec l'alliance de la France aux Provinces-Unies par le traité de Compiègne (10 juin 1624). Mais Louis XIII résolut de se défaire de son ministre, qu'il accusa de ne pas tenir compte de ses décisions, et le fit emprisonner à Amboise, ce qui ouvrit la voie au cardinal de Richelieu, qui entra au Conseil le 13 août 1624. Bientôt, le cardinal dut affronter une noblesse mécontente de l'autorité qu'il avait sur le roi. Ses principaux grands projets, dont il poursuivra énergiquement la réalisation, sont: miner le parti politique protestant, détruire le pouvoir de la noblesse au profit de la consolidation de la monarchie; abaisser la Maison d'Autriche.

1624         Richelieu entre au Conseil du roi et en prend la tête (1624-1642).

1624         Alliance des Protestants et des Anglais.

1625         Une expédition française enlève aux Espagnols la Valteline, province du territoire helvétique, qui est, par le traité de Monçon, incorporée à la République des Grisons (canton suisse).

1625         6 février Le duc protestant de Rohan-Soubise (Henri II de Rohan) s'empare de l'île d'Oléron. Henri II de Rohan (25 août 1579, Blain - 28 février 1638) est un prince de la famille de Rohan qui est l'une des grandes familles princières bretonnes, protestantes et françaises.

1625         11 mai Charles Ier d'Angleterre épouse par procuration Henriette de France, soeur du roi. Charles Ier d'Angleterre, Charles Ier Stuart (19 novembre 1600, Dunfermline – 30 janvier 1649) fut roi d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande de 1625 à 1649. Il était le fils du roi Jacques Ier d'Angleterre (également Jacques VI d'Écosse). Il avait épousé le 11 mai 1625 Henriette-Marie de France, fille d'Henri IV et de Marie de Médicis. Après la mort de son frère aîné, Henri Stuart, il devient l'héritier et prince de Galles. Partisan d'un pouvoir absolu, Charles Ier doit faire face à une guerre civile, et est victime de la première révolution anglaise. Il est décapité et remplacé par Olivier Cromwell, qui instaure bientôt une dictature personnelle. Henriette de France, fille du roi de France Henri IV et de la reine Marie de Médicis, elle épousa le prince Charles Stuart, futur roi Charles Ier d'Angleterre et d'Écosse.

1625         Sir Francis Bacon écrit 'Essais’

1625         Honorat Bueil de Racan écrit 'Les Bergeries'. Honorat de Bueil, marquis de Racan, né au château de Champmarin, à Aubigné, 1589 - Paris, 1670. Poète français. On le disait timide, gauche et maladroit, et de surcroît il souffrait de begaiement. Trouvant pour toutes ces raisons peu de succès auprès des femmes, il composa néanmoins des vers élégiaques pour la comtesse de Moret, alias Cloris. En 1618 il écrivit ses belles 'Stances sur la retraite'. A nouveau, en 1619, épris cette fois de Catherine de Thermes, alias Arthénice, il compose sa pastorale 'Arthénice ou les Bergeries', ou transparaît l'influence italienne.

1625         invention de la transfusion sanguine par Jean Baptiste Denis . Jean Baptiste Denis est un médecin français, né en 1643 et mort en 1704. Après des études de médecine à Montpellier, il s'installe à Paris en 1665. Il devient le médecin de Louis XIV. Il est notamment l'auteur du 'Discours sur les comètes' (1665), de 'Lettres' (1667-1668) portant sur la transfusion sanguine.

1626         Conspiration contre Richelieu: le maréchal d'Ornano et le comte de Chalais (Henri de Talleyrand) sont arrêtés pour ce crime : ce dernier est décapité. Le frère du roi, Gaston d'Orléans, était du complot. Jean-Baptiste d'Ornano (1581-1626), comte de Montlor, maréchal de France (1626), est un militaire issu d'une famille d'origine corse. Mêlé à la première conspiration du jeune Gaston contre Richelieu ("conspiration de Chalais") et resté opposé au mariage de Gaston avec Mademoiselle de Montpensier, il fut emprisonné à Vincennes; la monarchie était bien embarrassée du sort de ce prisonnier encombrant, haut personnage, lorsqu'il mourut de maladie dans son cachot insalubre. Après le comte de Chalais, bouc émissaire de la conspiration, d'Ornano tombait lui aussi victime de la versatilité de Gaston qui décima les rangs de ses complices successifs. Chalais, Henri de Talleyrand-Périgord, comte de Chalais (1599-1626), servait auprès du roi Louis XIII. Romanesque et un peu brouillon, il se laissa entraîner à l'été 1626 par sa maîtresse la duchesse de Chevreuse dans la première des nombreuses conspirations que Richelieu eut à réprimer, et qui prit le nom du malheureux. Mal organisée, trahie, la conspiration tourna court. Chalais fut arrêté et, seul conjuré à ne pas jouir d'un prestige familial qui vaille immunité, il fut jugé à Nantes et condamné à la décapitation. Par une louable solidarité, ses anciens complices dissuadèrent le bourreau de faire son office.

1626         5 février Paix entre Louis XIII et La Rochelle. Paix de La Rochelle. Cette paix garantit celle de Montpellier. La Rochelle fait partie des places fortes qu'henri IV a concédé aux protestants pour leur sécurité. Si Richelieu peut tolérer que les protestants tiennent tête à son pouvoir il ne pourra plus, un an plus tard, admettre le pacte liant La Rochelle à l'Angleterre qui déclare la guerre à la France.

1626         6 février Édit défendant les duels dont la noblesse se faisait un jeu. Pour restaurer l'autorité royale, Richelieu fait un édit qui interdit les duels. En effet, les nobles en ont fait un jeu de l'honneur qui saigne à blanc la noblesse française.

1626         Jean Mairet écrit 'La Sylvie'. Jean Mairet, né en 1604 (Besançon, Doubs), mort en 1686 (Besançon, Doubs) à l'âge de 82 ans. Sa première oeuvre a été publiée en 1628 (il avait 24 ans).

1626         à 1696 - naissance et mort de Madame de Sévigné. Femme de lettres française. Veuve à 26 ans du Marquis de Sévigné, tué en duel, elle vécut entre la Bretagne dans sa propriété des Rochers, et Paris dont elle fréquentait la cour et les salons. Ces contemporains furent nombreux à être séduits par son charme, dont le style de ses Lettres garde la trace. Cet hommage de Madame de La Fayette est représentatif de l'admiration qu'on lui portait: "Votre esprit pare et embellit si fort votre personne qu'il n'y en a point sur terre de si charmante". Cependant, elle se refusa aux hommes qui la courtisèrent, et rejetta même les avances de Fouquet, le surintendant du roi. On sait qu'elle adorait sa fille, et c'est pour elle qu'elle écrivit quotidiennement ses lettres qui sont un irremplaçable document sur la vie de l'époque.

1626         mort de Francis Bacon.

1627         Poursuites contre des duellistes qui ont enfreint l'édit: deux grands seigneurs sont exécutés en place de Grève.

1627         Richelieu n'est l'adversaire des protestants que sur le terrain politique, mais il entend ne pas les laisser se donner une organisation, qui serait une menace pour la sécurité de l'État. Ils ont fait de La Rochelle une place forte de premier ordre où ils peuvent braver l'autorité royale et où d'ailleurs il leur est facile de recevoir des secours de l'étranger. Louis XIII et Richelieu viennent l'assiéger et Richelieu fait construire en dehors du port une digue qui empêche les vaisseaux d'y entrer. La Rochelle est ainsi coupée de ses communication avec l'Angleterre et réduite à ses seules ressources. Le siège dure un an; et les habitants sont soutenus dans leur longue résistance par leur maire, l'intrépide Guiton. Jean Guiton (La Rochelle, 2 juillet 1585 – 1654) fut baptisé au Temple Saint Yon. Il exerça la profession d'armateur, puis devint maire de La Rochelle. Lors du siège de cette ville, il oppose une résistance énergique sinon héroïque aux troupes de Louis XIII jusqu'à la capitulation de la ville en 1628, après laquelle il dut s'exiler. Par la suite, Richelieu lui donna un commandement dans la flotte royale et il combattit les Espagnols.

1627         30 juin : Guerre entre l'Angleterre et la France. Les Anglais, soucieux de protéger les calvinistes de La Rochelle, débarquent dans l'île de Ré (juillet). Il établissent par les Rohan-Soubise, une alliance active avec les Rochelais.

1627         10 septembre : Richelieu prend prétexte du pacte entre La Rochelle et l'Angleterre pour assiéger la ville et détruire la puissance protestante. Début de la guerre contre les huguenots (1627-1629) et siège de La Rochelle. Parmi les facteurs de troubles à l'intérieur du royaume de France, les protestants tiennent une bonne place selon Louis XIII et Richelieu. Ces derniers décident donc de faire le siège de la ville afin d'infliger une défaite aux Huguenots et de détruire le pouvoir politique des protestants. Grâce à des moyens importants, avec notamment la construction d'une digue limitant le passage des navires vers la ville, et malgré la résistance des habitants, La Rochelle tombera, affamée, quinze mois plus tard. Le siège de La Rochelle, ordonné par Louis XIII et commandé par Richelieu, commence le 10 septembre 1627 et se termine par la capitulation de la cité, le 28 octobre 1628. Le siège de La Rochelle, ordonné par Louis XIII et commandé par Richelieu, commence le 10 septembre 1627 et se termine par la capitulation de la cité, le 28 octobre 1628. Si l'Édit de Nantes ramena la paix dans le royaume de France, il eut aussi comme effet de créer un État dans l'État. La menace vis-à-vis du pouvoir royal est bien réelle, et Richelieu entend bien la réduire à néant. Grâce à l'édit d'Henri IV, La Rochelle est devenu un haut lieu de la religion réformée en France. Ce port, dernière place de sûreté des Huguenots, reçoit de mer l'aide des Anglais, prompts à intervenir lorsqu'il s'agit de mettre en péril le pouvoir de leur grand rival. La principale crainte de Richelieu est que cette place forte devienne une sorte de seconde capitale, bastion d'où les protestants, aidés financièrement par l'Angleterre, pourraient s'emparer de l'ensemble du territoire. Sa décision est donc prise : il faut prendre sans tarder la Rochelle.

1627         à 1705 - naissance et mort de John Ray. Naturaliste anglais. Parfois surnommé le père de l'histoire naturelle britannique. Jusqu'en 1670, il signe John Wray. Contrairement aux autres naturalistes de son époque, il n'est pas médecin. Il ne s'intéresse donc pas aux plantes pour la pharmacologie mais pour des raisons plus scientifiques. Ray est le fondateur de la botanique moderne.

1627         Guez de Balzac écrit 'La Querelle des Lettres'. Jean-Louis Guez de Balzac (1597-1654) Écrivain français. Né à Angoulême, le 31 mai 1597. Conseiller du roi en ses conseils; admis à l'Académie en mars 1634. À cette époque il répondit par des railleries aux lettres que lui écrivirent Chapelain et Boisrobert pour qu'il fit partie de l'Académie, où il semble avoir été inscrit d'office ; d'ailleurs, il est probable qu'il n'y vint jamais, car son état de santé l'obligeait à vivre dans l'Angoumois et il fut dispensé de la résidence. Il fut l'oracle de l'hôtel de Rambouillet et, en son temps, l'un des plus considérables académiciens. Il a été en quelque sorte le réformateur de la prose française, il a laissé des Lettres, des oeuvres diverses en prose, des vers et des lettres en latin. Lorsque l'Académie décida que des discours seraient prononcés tout à tour par chacun de ses membres, Balzac se contenta de faire donner lecture d'une de ses oeuvres. Il fonda, en 1654, le prix d'éloquence, le premier que l'académie fut appelée à distribuer. Il était d'une valeur de deux cents livres, consistait en une médaille et devait être donné tous les deux ans ; il fut distribué pour la première fois en 1671 et par l'accumulation des intérêts, il eut une valeur de trois cents livres. Il connaissait l'italien et l'espagnol ; il souleva des critiques passionnées et eut de zélés défenseurs.

1627         Charles Sorel écrit 'Le Berger extravagant'.

1627         à 1704 - naissance et mort de Jacques-Bénigne Bossuet. Prédicateur et écrivain français, développe très tôt un talent d'orateur. D'abord prêtre, il est rapidement nommé évêque à Paris où la profondeur et le lyrisme de ses sermons et 'oraisons funèbres' lui assurent un grand succès auprès du roi. En 1670, il est nommé précepteur du fils de Louis XIV, le Grand Dauphin. Et en 1671, il entre à l'Académie française. Son dogmatisme et son orthodoxie en matière de foi l'ont souvent mené au conflit avec les protestants et les jansénistes ainsi qu'avec le monde du théâtre qu'il a toujours combattu.

1628         mort de François de Malherbe.

1628         28 octobre - Chute de La Rochelle par suite surtout de la famine. La ville voit ses fortifications rasées, et perd ses privilèges. Les gens de guerre protestants qui avaient défendu la ville, dispersés, se reforment dans le Midi et continuent la guerre sous la conduite du duc de Rohan (Henri II de Rohan). Henri II de Rohan (1579 - 28 février 1638) est un prince de la famille de Rohan qui est l'une des grandes familles princières bretonnes, protestantes et françaises.

1628         29 octobre Capitulation de La Rochelle. En ce jour, le cardinal de Richelieu entre dans la ville qu'il a assiégée pendant quelque quinze mois. Les Anglais ont renoncé à apporter leur soutien et leur secours aux habitants affamés. La veille, contre la promesse de vie sauve et celle de pouvoir pratiquer leur culte réformé, les Rochelais ont signifié qu'ils étaient prêts à se rendre. Jean Guiton, armateur à la tête de la ville rebelle, se résigne : “Pourvu qu'il reste un homme pour fermer les portes, c'est assez”. Le siège de La Rochelle, ordonné par Louis XIII et commandé par Richelieu, commence le 10 septembre 1627 et se termine par la capitulation de la cité, le 28 octobre 1628.

1628         1er novembre Louis XIII entre dans La Rochelle. C'est le jour de la Toussaint qu'a choisi Louis XIII pour faire son entrée solennelle dans la ville. Il y est accueilli par le cardinal de Richelieu, entré trois jours plus tôt, qui est en compagnie de l'archevêque de Bordeaux. Le roi a tenu à interdire le pillage accompagnant d'ordinaire la prise d'une ville longtemps assiégée. Ce qui fait dire à l'un des Rochelais catholiques désappointés : “Sire, ne soyez point courtois. A ces rebelles Rochelais point de pardon : il faut tout pendre ! Vous m'avez donné la maison d'un parpaillot. S'il faut la rendre, je serai sot comme un oison”.

1628         à 1703 - naissance et mort de Charles Perrault. Écrivain français. Issu d'une famille aisée de la bourgeoisie d'offices, Charles Perrault est le dernier d'une famille de quatre frères. Après des études de droit et une première oeuvre burlesque, 'Les murs de Troie', il entre en 1654 comme commis chez son frère aîné Pierre, receveur général. Ses poèmes, notamment les 'Odes au Roi' le font remarquer. Nommé commis auprès de Colbert, conseiller de Louis XIV, il devient Premier commis des bâtiments du Roi en 1665. Élu en 1671 à l'Académie française, il s'oppose à Boileau dans la célèbre querelle des Anciens contre les Modernes en 1687. Les Modernes refusent en effet de considérer les auteurs antiques (grecs et latins) comme des modèles insurpassables. Chancelier de l'Académie, il en devient le bibliothécaire en 1673. Son oeuvre la plus célèbre tient aujourd'hui dans ses contes, nourris de l'imaginaire médiéval légendaire, chevaleresque et courtois. Perrault reprend dans une prose faussement naïve des histoires transmises traditionnellement par voie orale, encore considérées comme une influence majeure dans l'inconscient collectif.

1629         15 janvier Code Michau : Enregistrement forcé par le Parlement d'une grande ordonnance de réformation du royaume due au garde des Sceaux Michel de Marillac. Grande Ordonnance dite “code Michau”. Le code, qui vise à renforcer l'autorité monarchique — et donc celle de Louis XIII qui règne alors — remet à l'ordre du jour la restriction du droit de remontrance et prétend soumettre au roi toutes les terres sans titre. Il tient son nom du garde des sceaux Michel de Marillac. Remontrance, droit revendiqué par le parlement de discuter une ordonnance ou un édit avant son enregistrement. Le roi pouvait répondre par une lettre dite de "jussion" ordonnant au parlement de procéder à l'enregistrement. Par contre, en cas de renouvellement des remontrances, le monarque imposait sa décision en se rendant personnellement au parlement. Droit de remontrance. A partir du XIVe siècle, le parlement enregistre les édits et les ordonnances royales. Il prend l'habitude, avant cet enregistrement, de faire part au roi de son avis sur telle ou telle mesure, par écrit et secrètement. Cette procédure prend le nom de remontrance. En cas de désaccord, le roi se rend en personne au parlement, y tient un lit de justice, et enregistre d'autorité l'arrêt.

1629         13 janvier - Richelieu décide Louis XIII à intervenir dans les affaires du duché de Mantoue, dans le but d'y imposer comme prince le duc de Nevers (Charles Ier de Mantoue). Une expédition française (avec le cardinal et le roi) passe en Italie en forçant le passage des Alpes au Pas-de-Suse, défendu par le duc de Savoie (Victor-Amédée Ier de Savoie). En 1630, le duc de Montmorency (Henri II de Montmorency) gagne la bataille de Veillane sur les Espagnols; les Français dégagent Casal assiégé, et imposent la paix. La France sera représentée sur le trône ducal de Mantoue par le duc de Nevers, et conservera la forteresse de Pignerol. (Cette paix est négociée par un futur premier ministre de France, un abbé italien, Jules Mazarin). Charles Ier de Mantoue, Charles Ier Gonzague, en italien Carlo I Gonzaga, était un noble franco-italien né le 6 mai 1580 à Paris (France) et décédé le 14 juin 1637 à Mantoue (Italie), à l'âge de 57 ans. Il a été : duc de Nevers sous le titre de Charles III de Nevers en 1595 à la mort de son père, duc de Rethel sous le titre de Charles III de Rethel en 1595 à la mort de son père, prince d'Arches-Charleville sous le titre de Prince Charles Ier d'Arches en 1608, duc de Mantoue sous le titre de Charles Ier de Mantoue en 1627 à la mort de son petit-cousin Vincent II de Mantoue, duc de Montferrat sous le titre de Charles Ier de Montferrat, en même temps. Henri II de Montmorency (*1595 †1632) fils d'henri Ier de Montmorency, filleul du roi de France Henri IV, il fut amiral de France à 17 ans, vice-roi de la Nouvelle-France et gouverneur du Languedoc.

1629         Guerre de succession de Mantoue (1629-1632). Mantoue fut le centre d'un duché entre les mains de la famille Gonzaga (Gonzague, Charles Ier de Mantoue). La disparition de la lignée ducale fut la cause au XVIIe siècle de la guerre de Succession de Mantoue, épisode périphérique de la guerre de Trente Ans. La Guerre de Succession de Mantoue est un conflit périphérique qui se déroula dans le cadre plus large de la guerre de Trente Ans, de 1628 à 1631. Elle opposa la France aux Habsbourg à la suite de l'extinction de la branche régnante des Gonzague en 1627.

1629         9 juin Capitulation d'Alès. Louis XIII assiégea la ville, alors haut lieu de la résistance protestante, qui capitula après neuf jours. Le dimanche 17 juin 1629 au matin, Alès se rend, les quelques 2300 hommes présent en ses murs ne purent rien devant l'armée du roi. Louis XIII fait son entrée à la tête de ses troupes par la Porte de la Roque, accompagné par Richelieu en habit militaire. Les huguenots furent autorisés par le roi à partir pour Anduze avec la promesse expresse de ne plus porter les armes contre le roi. Le 28 juin 1629, Richelieu accorda aux protestant la paix d'Alès. Cet édit qui leur retirait les places fortes mais leur confirmait les garanties religieuses de l'édit de Nantes a été signée par Richelieu dans la tour du Coq Hardy. Alès est une commune française, située dans le département du Gard et la région Languedoc-Roussillon.

1629         28 juin Édit de grâce de Louis XIII en faveur des protestants. La paix d'Alès, ou édit de grâce d'Alès, fut promulguée par le roi Louis XIII le 28 juin 1629. La signature de l'édit intervient après la reddition de la Rochelle, dernière place de sûreté protestante en France, après un siège de plus d'un an qui s'achève en 1628. En 1629, Louis XIII assiège Alès, alors haut lieu de la résistance protestante, qui capitule après neuf jours. Le 17 juin 1629 au matin, la ville se rend, les quelque 2300 hommes présents en ses murs ne pouvant rien devant l'armée du roi. Louis XIII fait son entrée à la tête de ses troupes par la porte de la Roque, accompagné par Richelieu en habit militaire. Les huguenots sont alors autorisés par le roi à partir pour Anduze avec la promesse expresse de ne plus porter les armes contre le roi. Le 28 juin 1629, Richelieu accorde aux protestants la paix d'Alès. Cet édit a été signé par le roi au camp de Lédignan, près d'Alès. Un tableau peint par Cabannes, exposé dans le hall de la mairie, représente la scène comme se passant en ville, en présence du duc de Rohan, chef du parti protestant. Ceci ne correspond sans doute pas à la réalité historique. Paix d'Alès. Celle-ci confirme l'édit de Nantes, voulu par Henri IV. Les libertés de conscience et de culte sont maintenues mais les places protestantes sont démantelées et les assemblées politiques désormais interdites. Suite à la capitulation de la ville protestante d'Alès face à l'armée du roi et de Richelieu, ce dernier signe le traité d'Alès qui met fin aux hostilités. Reconduisant l'Édit de Nantes, ce texte a toutefois pour objectif de réduire au minimum le pouvoir politique des protestants déjà affaiblis après le siège de La Rochelle. Ainsi, si la liberté de culte est conservée et l'égalité civique assurée, les places fortes et le pouvoir militaire des protestants sont anéantis.

1629         Les protestants de Rohan ne pouvant plus lutter, acceptent la paix d'Alès et un peu plus tard l'édit de Nîmes leur laisse la liberté de leur culte et l'égalité civile avec les catholiques, mais ils cessent d'exister comme parti politique. La chute de Montauban, que quelques forces protestantes occupaient encore, est le dernier acte de cette lutte entre Richelieu et les Réformés.

1629         Édit de Nîmes : Il supprime les privilèges politiques et militaires des Huguenots.

1629         Cercle de Valentin Conrart, il réunit régulièrement chez lui, une fois par semaine, des hommes de lettres: c'est ce que l'on a appelé le "cercle Conrart".: Chapelain, Gombauld, Godeau, les frères Habert, Sérisay, Malleville. Ce cercle deviendra l'Académie française. Valentin Conrart était un littérateur français, né et mort à Paris (1603-1675). Initiateur du projet de l'Académie française, il en fut élu secrétaire perpétuel en 1635. Jean Ogier de Gombauld (1576 en Saintonge - 1666) était un poète, auteur dramatique et romancier français. Il fut le premier titulaire du cinquième fauteuil à l'Académie française à partir de 1634. Antoine Godeau (1605 à Dreux - 1672), dit le Nain de Julie, évêque de Grasse et de Vence, avocat au parlement, il fut l'un des premiers membres de l'Académie française en 1634. Claude de Malleville était un poéte français né et mort à Paris (1597-1647). Membre de l'Académie française en 1634 et ami de Valentin Conrart.

1629         Saint-Amant écrit 'oeuvres'. Marc-Antoine Girard de Saint-Amant (Quevilly, 1594 – Paris, 1661) est un poète libertin français. Il s'est converti au protestantisme.

1629         invention de la turbine à vapeur par Giovanni Branca. Les premiers travaux sur la vapeur d'eau et son utilisation remontent à l'Antiquité : Héron d'Alexandrie conçut et construisit au Ier siècle av. J.-C. l'Éolipyle, qui bien que considéré comme un jouet du fait de sa faible puissance, n'en était pas moins un moteur à vapeur, à réaction. Il fallut attendre le XVIIe siècle, pour que l'idée d'utiliser la puissance de la vapeur d'eau réapparaisse. En 1601, Giovanni Battista della Porta, puis en 1615 Salomon de Caus décrivent une pompe capable de chasser l'eau d'un récipient. Puis en 1629, Giovanni Branca, suggère l'idée de moulins, mus par la vapeur.

1630         23 mars Les armées françaises s'emparent de Pignerol. Pignerol est un ville du Piémont en Italie.

1630         18 avril Gaston d'Orléans, frère du roi, est nommé lieutenant-général de Paris.

1630         13 octobre Traité de Ratisbonne instaurant la paix entre Louis XIII et l'empereur, Ferdinand II. Ferdinand II de Habsbourg (9 juillet 1578 - 15 février 1637) fut Archiduc d'Autriche, roi de Bohême (1617-1619, 1620-1627), roi de Hongrie (1618-1625) puis empereur du Saint Empire romain germanique (1619-1637). La totalité de son règne est occupée par la guerre de Trente Ans qu'il a contribué à déclencher.

1630         10 novembre Marie de Médicis demande au roi la disgrâce de Richelieu. Marie de Médicis, Gaston d'Orléans et Anne d'Autriche, devant l'influence grandissante de Richelieu, tentent de le faire disgracier. Louis XIII, malade, leur promet le renvoi du ministre, mais se ravise, après une entrevue avec lui à Versailles et lui livre ses ennemis. Marie de Médicis doit s'exiler (Bruxelles, Londres, Cologne). Le garde des Sceaux Marillac, partisan de la paix catholique et de la remise en ordre du royaume, choisi par la reine mère pour succéder à Richelieu est arrêté à Foglizzo (12 novembre). Son frère, le maréchal de Marillac sera exécuté (mai 1632). Louis XIII, en choisissant Richelieu, choisit le parti de la guerre. Le parti dévot, favorable à l'Espagne, est éliminé.

1630         11 novembre Journée des dupes; le roi confirme Richelieu dans ses fonctions. Au retour de cette expédition relative à Mantoue, Louis XIII tombe malade à Lyon. Les ennemis de Richelieu profitent de sa faiblesse et de l'absence du cardinal pour monter contre ce dernier une cabale en vue d'obtenir son renvoi par le roi. Ils se croient assurés du succès, lorsque le cardinal revient et en quelques heures retrouve tout son ascendant sur Louis XIII. Les conjurés, qui se voyaient déjà au pouvoir, sont déçus. La reine mère, Marie de Médicis, qui avait été l'âme du complot, est exilée à Compiègne, d'où elle réussit peu après à s'enfuir en Belgique, où elle mourra bientôt, pauvre et abandonnée de tous. Plusieurs grands personnages compromis dans cette affaire furent emprisonnés. La journée des Dupes de l'Histoire de France est en référence celle du 11 novembre 1630 à Paris mais bien sûr c'est un classique de la politique et de la diplomatie lorsqu'il s'agit de choisir vers quel maître porter son allégeance. Après avoir réduit l'indépendance des Huguenots français le cardinal de Richelieu veut s'allier aux protestants allemands pour lutter contre les Habsbourg catholiques. Ce qui déplait au parti dévot de la Cour mené par la reine-mère Marie de Médicis et de Gaston d'Orléans, frère cadet du roi.

1630         Nicolas Faret écrit 'L'Honnête Homme ou l'Art de Plaire à la cour'. Nicolas Faret (1600-1646) Poète Né à Bourg-en-Bresse vers 1600. Secrétaire, puis intendant du comte d'Harcourt, secrétaire de l'armée navale, de l'armée d'Italie, conseiller secrétaire du Roi. Poète et écrivain médiocre, Pellisson a dit de lui : "Il avait l'esprit bien fait, beaucoup de génie pour la langue et pour l'éloquence. Son principal ouvrage est 'l'Honnête Homme', qu'il fit environ en 1633, et qui a été traduit en espagnol". C'est ce livre dont il leur donna lecture qui le fit admettre dans la Société des amis de Conrart où il fut introduit par Malleville. Il rédigea le projet de constitution de l'Académie qu'il présenta au cardinal, et prit part à la rédaction des statuts. Il fréquentait les cabarets littéraires et le parti des "barbares" ; il appartint à l'académie de Bourg ; il a laissé une traduction d'Eutropius et s'occupa d'histoire ; on connaît aussi de lui une Ode à Richelieu et un sonnet.

1630         mort d'Agrippa d'Aubigné    

1630         Publication des oeuvres de Malherbe. Les poèmes de François de Malherbe sont regroupés dans un même recueil et publiés à titre posthume ("les oeuvres de François Malherve"). Poète officiel de la cour d'Henri IV dès 1605, il s'appliqua à donner à la poésie une structure nette et précise, recourant à des sujets inébranlables dans le temps. Précurseur du genre classique, il recevra, toujours à titre posthume, l'hommage de Boileau, dans "l'Art poètique" (1674).

1631         23 janvier Traité de Bärwald scellant l'alliance entre la France et la Suède. Traité de Bärwald assure à Gustave II Adolphe de Suède non seulement un soutien politique mais aussi une aide financière importante. Gustave II Adolphe, dit le Grand ou le lion du Nord est un roi de Suède né le 9 décembre 1594 à Stockholm et mort tué lors de la bataille de Lützen le 6 novembre 1632.

1631         31 mars Traité d'alliance secret entre Louis XIII et le duc de Savoie (Victor-Amédée Ier de Savoie). Paix de Cherasco : Concession de Pignerol à la France et des duchés de Mantoue et de Montferrat à Charles III de Nevers qui succède aux Gonzague mantouans comme Charles Ier de Mantoue. Le Traité de Cherasco dans le Piémont a été signé le 6 avril 1631 (ou le 19 juin selon d'autres sources) entre la France, l'Empereur Ferdinand II et la Savoie en règlement de la question italienne dans la Valteline (Charles Ier de Mantoue reçoit Mantoue, l'Empereur renonce à Mantoue et au Montferrat et les Français évacuent les Grisons qu'ils occupaient. Victor-Amédée Ier de Savoie, né à Turin le 8 mai 1587, mort à Vercelli le 7 octobre 1637, fut duc de Savoie et prince de Piémont de 1630 à 1637. Il était fils de Charles-Emmanuel Ier de Savoie, duc de Savoie et prince de Piémont, et de Catherine Michelle d'Espagne. Bien que beau-frère du roi de France, il lui fit la guerre. Vaincu, il dut signer le traité de Cherasco (1632). Quatre ans après, il s'allia par le traité de Rivoli à la France contre l'Autriche et remporta sur le marquis de Léganès deux batailles à Fornavento (1636) et à Mombaldone (1637). Il mourut peu de jours après.

1631         18 juillet Marie de Médicis quitte la France pour les Pays-Bas.

1631         17 septembre : Victoire du roi (luthérien) Gustave II Adolphe de Suède à Breitenfeld, au nord de Leipzig, où il écrase l'armée de la Ligue catholique, commandée par les généraux Impériaux, les comtes de Tilly et de Pappenheim. La Bataille de Breitenfeld (17 septembre 1631) fut la première victoire majeure des protestants lors de la Guerre de Trente Ans, elle incita les États protestants à s'unir. Pour la première fois, la mobilité et la puissance de feu (utilisation des cartouches et pratique du feu de salve) l'ont emporté sur le nombre et la force des piques. Gustave II Adolphe dit le Grand ou le lion du Nord est un roi de Suède né le 9 décembre 1594 à Stockholm et mort tué lors de la bataille de Lützen le 6 novembre 1632.

1631         Pierre Paul Rubens peint 'L'artiste et sa femme au jardin’

1631         Nicolas Poussin peint 'L'empire de Flore’

1631         30 mai: Premiers numéros de la 'Gazette' de Théophraste Renaudot (1586-1653). Journal hebdomadaire, la Gazette paraissait le samedi et donnait des nouvelles des grandes villes d'Europe. Théophraste Renaudot, né en 1586 à Loudun (actuel département de la Vienne), mort en 1653. Journaliste français, médecin et philanthrope, il est le fondateur de la publicité et de la presse française par ses deux créations du 'Bureau d'adresse' (1630) et de 'La Gazette', journal hebdomadaire (30 mai 1631), créée au départ pour publier les annonces de recrutement parvenues au bureau d'adresse, puis dans laquelle il inséra des actualités.

1632         à 1636 - Années remplies par les luttes que Richelieu a à soutenir contre le parti des grands seigneurs à la tête desquels est Gaston d'Orléans, frère du roi.

1632         29 mars Traité de Saint-Germain, confirmation du traité de Cherasco qui reconnaît Pignerol à la France. Pignerol est une ville italienne de la province de Turin dans le Piémont.

1632         Nouvelle conspiration et soulèvement contre l'autorité royale. Les fauteurs en sont le frère du roi (Gaston d'Orléans), le duc de Lorraine (Charles IV de Lorraine) et le duc de Montmorency (Henri II de Montmorency) : ils arment des partisans en Languedoc. Cette révolte, dirigée en réalité surtout contre Richelieu, échoue après quelques combats. Henri II de Montmorency est pris, et condamné à mort par le Parlement de Toulouse. Charles IV de Lorraine, Charles IV de Vaudémont, né le 5 avril 1604, mort à Bernkastel le 18 septembre 1675, fut duc de Lorraine et duc de Bar en droit de 1625 à 1675 et en fait de 1625 à 1634, en 1641 et de 1659 à 1670. Il était fils de François II de Lorraine, comte de Vaudémont et de Christine de Salm.

1632         26 juin Traité de Liverdun entre Louis XIII et Charles IV, duc de Lorraine. Traité franco-lorrain de Liverdun où Louis XIII monnaie l'évacuation du Barrois.

1632         30 octobre Exécution de Henri II de Montmorency à Toulouse pour s'être révolté contre le roi. Henri II de Montmorency, maréchal de France, a voulu que Gaston d'Orléans, frère du roi Louis XIII, monte sur le trône. En dépit des dix-sept blessures qu'il a reçues lors des combats de Castelnaudary, vivant, il a été fait prisonnier. En ce jour, à Toulouse, où il a été jugé et condamné à mort pour crime de lèse-majesté, il est conduit à l'échafaud. Il a refusé d'être pansé : “Non, l'heure est venue de guérir toutes mes plaies par une seule”. Malgré l'ordre du roi qui dispensait qu'on lui lie les mains, il demande à ce qu'on les lui attache : “Je ne saurai mourir avec assez de honte”.

1632         6 novembre : Gustave-Adolphe se retourne contre Wallenstein qu'il bat à Lützen mais trouve la mort pendant la bataille. La bataille de Lützen fut l'une des plus décisives de la guerre de Trente Ans. L'armée protestante avait atteint son but principal de la campagne : sauver la Saxe de l'impact impérial. Cependant Gustave Adolphe étant mort, l'unification des protestants allemands, se trouvaient sans leader. Les troupes catholiques eurent du temps pour récupérer de leurs pertes et pour retrouver leur équilibre. Les bruits de la guerre ont continués à gronder encore pendant 16 années jusqu'à la paix de la Westphalie en 1648.

1632         à 1643 - Construction du Taj Mahal à Agra. Le Taj Mahal, situé à Âgrâ, au bord de la rivière Yamunâ dans l'Inde du nord, est un mausolée construit par l'empereur moghol Shâh Jahân en mémoire de son épouse Arjumand Bânu Begam, plus connue sous le nom de de Mumtaz Mahal, qui en persan signifie "la lumière du palais". Elle meurt le 17 juin 1631 en donnant naissance à leur quatorzième enfant alors qu'elle l'accompagnait en campagne et trouve une première sépulture temporaire sur place dans le jardin Zainabad à Burhampur. La construction commence en 1632. Il existe cependant une polèmique sur la date exacte de la fin des travaux.

1632         à 1675 - naissance et mort de Johannes Vermeer. Peintre néerlandais, qui excellait dans l'art de peindre des scènes d'intérieurs confortables, composées avec une précision mathématique et baignées d'une lumière argentée, douce. L'univers de Vermeer, fleuron de la période baroque, ses peintures empreintes de poésie et l'atmosphère qu'elles dégagent sont en tout point fascinants et remarquables. Ce peintre est entouré malgré lui de mystère, tant les informations que l'on possède sur sa vie sont minimes. A sa mort, il laisse derrière lui ses onze enfants et il est alors complètement oublié. Ce n'est qu'en 1842 qu'un critique et historien, Joseph Théophile Thoré, ressucite l'ensemble de l'oeuvre de Vermeer.

1632         Rembrandt réalise "la Leçon d'anatomie du Dr. Nicolaes Tulp". Installé à Amsterdam depuis à peine un an, Rembrandt reçoit une commande d'ampleur. Il est chargé de réaliser un portrait de groupe, représentant le Dr. Tulp offrant une leçon d'anatomie à sept notables. La scène s'est réellement déroulée la même année, le cadavre disséqué étant celui d'un condamné à mort. Le but est alors d'accentuer le prestige de chacun des hommes et, pour cela, Rembrandt parvient à dépeindre une expression de curiosité et de forte concentration dans le regard de chacun. Une fois encore, il joue sur l'obscurité et la lumière pour atteindre ses objectifs et donner à son oeuvre une impression de mouvement et de scène prise sur le vif.

1632         à 1677 - naissance et mort de Spinoza. Philosophe hollandais d'origine juive et portugaise. Côtoyant des milieux chrétiens libéraux et libres penseurs, Baruch Spinoza est séduit par la philosophie cartésienne et se montre avide de connaissance. Pour pouvoir se consacrer à ses activités intellectuelles, il gagne sa vie en polissant des verres de microscope. Il est excommunié en 1656 à cause de son attitude trop libre par rapport aux pratiques du judaïsme et vit alors en homme libre sans attache religieuse. Spinoza est considéré comme l'une des figures les plus importantes de la philosophie classique à cause de sa rigueur, de son sens critique qui lui vaut d'être poursuivi et persécuté (il reçoit un coup de couteau). Par son rationalisme, il ouvre la voie qui conduira à l'athéisme du XVIIIe siècle.

1632         à 1687 - naissance et mort de Jean-Baptiste Lully. Compositeur et musicien français. Fils de meunier florentin, Jean-Baptiste Lully, né Giovanni Battista Lulli, quitte l'Italie pour la France à l'âge de quatorze ans. Il devient le garçon de chambre de Mademoiselle de Montpensier pendant sept ans. Grâce aux nombreuses festivités données à la Cour, il goûte à la musique et à l'art du spectacle. Il devient compositeur, très grand danseur, et violoniste pour Louis XIV et danse même avec lui 'Le Ballet de la nuit'. Favori de la Cour, il est le compositeur officiel de la musique instrumentale du Roi et écrit des ballets de cour. Après la mort de Mazarin, Jean-Baptiste Lulli est nommé surintendant de la musique, se fait naturaliser et change son nom en 'Lully'. Après avoir épousé Madeleine Lambert, il travaille avec Molière, pour la première fois sur la comédie 'La Princesse d'Élide', une collaboration qui dure jusqu'en 1671. Créateur du genre de la comédie-ballet, il compose notamment 'Le mariage forcé' et 'L'amour médecin'. Mais il n'abandonne pas pour autant les ballets de cour et écrit, entre autres, 'La naissance de Vénus'. A partir de 1672 et jusqu'à sa mort en 1687, il rédige une oeuvre impressionnante, presque un opéra par an et obtient le monopole sur les productions musicale en France. En 1881, le grand Jean-Baptiste Lully devient secrétaire du Roi et meurt six ans après.

1632         à 1704 - naissance et mort de John Locke. Philosophe, humaniste et médecin anglais. Théoricien d'une science postcartésienne fondée sur la méthode expérimentale, promoteur d'une philosophie politique qui concilie droit naturel et révélation biblique et pose les bases du libéralisme, Locke fut le modèle des philosophes français du siècle des Lumières. John Locke est né en 1632 à Wrington, dans le Somerset, d'un père juriste. Il fait ses études à Oxford où il s'intéresse à la théologie, à la physique, à la chimie, à la médecine et au droit. Il est ensuite le médecin et secrétaire de Lord Ashley, qui deviendra Comte de Shaftesbury. Ce dernier, hostile à l'absolutisme monarchique des rois "catholiques" et plutôt favorable au protestant Guillaume III d'Orange (futur Guillaume III d'Angleterre), s'exile en Hollande. Locke s'y réfugie aussi et rédige son ouvrage fondamental pour la philosophie du droit, 'Essai sur le pouvoir civil'. A l'issue de la guerre civile, la victoire des protestants anglicans légitime l'accession au trône de Guillaume III d'Orange (futur Guillaume III d'Angleterre) et rend le retour de Locke possible. Après différentes fonctions publiques au sein du gouvernement, il passe les dernières années de sa vie à Oates et compose de nouveaux ouvrages pédagogiques, philosophiques et politiques tels que les 'Lettres sur la tolérance' (1689), l''Essai philosophique concernant l'entendement humain' (1690), et les 'Deux traités sur le gouvernement' (1690).

1632         à 1707 - naissance et mort de Dom Jean Mabillon, il n'est pas un inconnu et certains de ses ouvrages (le 'De Re Diplomatica' de 1681 et le 'Traité des Études Monastiques' de 1691 par exemple) sont devenus des emblèmes de l'histoire de l'érudition française. Plus encore, ce bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur a été promu par les siens dès la fin du XVIIe siècle et le début du XVIIIe siècle comme l'idéal et le modèle d'un monachisme réformé, Si les mauristes eux-mêmes ont contribué à l'ériger en statue, l'historiographie du XIXe siècle et la restauration bénédictine en ont fait une sorte de mythe.

1632         Publication de 'Dialogue sur les deux grands systèmes du monde' de Galilée. Le 'Dialogue sur les deux grands systèmes du monde' est à la fois une révolution et un vrai scandale. Le livre est en effet ouvertement pro-copernicien, bafouant hardiment l'interdit de 1616 (qui ne sera levé qu'en 1812). Le Dialogue se déroule à Venise sur quatre journées entre trois interlocuteurs : un Florentin partisan de Copernic, un Vénitien éclairé mais sans a priori, et Simplicio, un piètre défenseur de la physique aristotélicienne. Mais, lorsqu'on lui reprocha le caractère ostensiblement péjoratif du nom, Galilée répondit qu'il s'agissait de Simplicius de Cilicie. Le pape lui-même se range donc vite à l'avis des adversaires de Galilée : il lui avait demandé une présentation objective des deux théories, pas un plaidoyer pour Copernic. Galilée est donc à nouveau convoqué par le Saint-Office, le 1er octobre 1632. Malade, il ne peut se rendre à Rome qu'en février 1633. Le 22 juin 1633, au couvent dominicain de Santa-Maria, la sentence est rendue : Galilée est condamné à la prison à vie et l'ouvrage est interdit.

1633         23 février Arrestation du garde des Sceaux, Charles de l'Aubespine pour complot. Charles de l'Aubespine, marquis de Châteauneuf (1580-1653), petit fils de Claude de l'Aubespine, baron de Châteauneuf fut ambassadeur de France en Hollande (1609), à Valtellina (1626), et en Angleterre (1629) puis fut fait garde des sceaux par Richelieu en 1630. Il servit la vengeance du cardinal en votant la mort des maréchaux : Louis de Marillac et de Henri II de Montmorency. Néanmoins, Richelieu lui ôta les sceaux en 1633, et le fit jeter dans une prison du château d'Angoulême où il resta jusqu'à la mort de Louis XIII. Dés sa libération en 1643, il participe à la cabale des Importants menée par la duchesse de Chevreuse contre Mazarin (1633).

1633         Richelieu fait alliance avec le duc de Parme (Édouard Farnese) contre les Espagnols. Édouard Ier de Parme, duc de Parme et de Plaisance (1622–1646)

1633         Publication de "la Vie est un songe". Pedro Calderon de la Barca publie un drame philosophique et religieux intitulé "la Vie est un songe". Cette oeuvre sera considérée comme un véritable joyau de la dramaturgie espagnole du Siècle d'or. Elle met en scène le personnage de Sigismond. Se fiant à des prédictions malheureuses, Basile, son père, l'emprisonne dans une tour. Mais le remord le pousse à le libérer. Pour cela, il l'endort et le fait mener dans une chambre du palais. À son réveil, le prince cherche à évincer son père et finit une fois de plus emprisonné. Une révolte le propulse au pouvoir, lui donnant une nouvelle chance et lui permettant de retrouver le chemin du pardon et de la bienveillance. Au travers de cette aventure, Calderon cherche à analyser la destinée humaine et le libre-arbitre. Pedro Calderon de la Barca, né le 17 janvier 1600 à Madrid et décédé le 25 mai 1681 dans la même ville, fut un auteur dramatique et un poète dramatique espagnol. Extraordinairement prolifique, auteur de plus de deux cent textes dramatiques, son nom est avant tout célèbre pour sa pièce 'La Vie est un songe'.

1634         19 janvier Charles IV de Lorraine abdique en faveur de son frère Nicolas François. Au mois de juin 1632, Louis XIII envahit et occupa la Lorraine, et Charles fut contraint de signer un traité qu'il ne respecta pas. En septembre 1633, les troupes françaises envahissent de nouveau la Lorraine et Charles jugea plus favorable aux intérêts de la Lorraine d'abdiquer le 19 janvier 1634 en faveur de son frère Nicolas François, et alla prendre un commandement dans les troupes impériales. Il combattit les suédois, puis les français, sur qui il remporta plusieurs succès. Nicolas François de Lorraine, Nicolas François de Vaudémont, né le 6 décembre 1609, mort le 25 janvier 1670, fut cardinal et évêque de Toul de 1624 à 1634, puis renonça à ses voeux et devint duc de Lorraine et de Bar du 19 janvier au 1er avril 1634. Il était fils de François II de Lorraine, comte de Vaudémont et de Christine de Salm.

1634         28 septembre Arrêt royal sur la fonction d'intendant dans les provinces.

1634         Procès et supplice d'Urbain Grandier, curé de Loudun, pour crime de sorcellerie. Urbain Grandier, (v. 1590, Bouère (Mayenne) - 18 avril 1634, Loudun), ecclésiastique mondain et libertin. Il était fils d'un notaire royal de Sablé. Suite à la publication d'une satire contre Richelieu qu'on lui attribua, ce dernier implacable contre les satires qu'on faisait contre lui, chargea de sa vengeance Pierre-Martin de Laubardemeont, conseiller d'état. Ce juge inique et complaisant fit condamner Urbain Grandier. Il est accusé d'envoûtement par les Ursulines de Loudun atteintes d'une hystérie passionnelle à son égard, condamné à être brûlé comme sorcier en 1634. Il est défendu par son ami Claude Quillet.

1634         Diego Vélasquez peint 'Le prince Baltasar Carlos’

1634         à 1693 - naissance et mort de Madame de La Fayette. Femme de lettres française. Marie-Madeleine Pioche de la Vergne, comtesse de La Fayette, plus connue sous le nom de Madame de La Fayette, est une écrivaine française, née le 18 mars 1634 à Paris, morte le 26 mai 1693.

1635         25 janvier Fondation de l'Académie Française. Richelieu ne prise guère les assemblées qu'il ne domine pas. Pour tenir en son pouvoir “les amis des lettres françaises” et en tirer un nouveau prestige, il érige le petit groupe en une académie dont il devient le protecteur. Le nombre d'académiciens est fixé à quarante. Parmi les plus influents : Vaugelas, Séguier, Voiture… L'Académie française fondée en 1635 sous le règne du roi Louis XIII par le Cardinal de Richelieu est l'une des plus anciennes institutions de France. La première mission lui a été conférée dès l'origine par ses statuts. Pour s'en acquitter, l'Académie a travaillé dans le passé à fixer la langue, pour en faire un patrimoine commun à tous les Français et à tous ceux qui pratiquent la langue française. Aujourd'hui, elle agit pour en maintenir les qualités et en suivre les évolutions nécessaires. Elle en définit le bon usage. Elle le fait en élaborant le Dictionnaire de l'Académie française qui fixe l'usage de la langue, mais aussi par ses recommandations et par sa participation aux différentes commissions de terminologie. Académie française. A partir de 1629, un cercle de lettrés se réunit régulièrement chez le secrétaire du roi, Valentin Conrart. Parmi eux, se trouvent Godeau, Malleville et François Le Metel, secrétaire du cardinal de Richelieu. Le Metel informe le Cardinal de l'existence de ces réunions où l'on devise sur l'actualité, les affaires, la littérature. C'est ainsi que le 13 mars 1634, sous la protection de Richelieu, l'Académie française tient sa première séance. Les lettres patentes, rédigées par Conrart, sont scellées le 4 décembre 1635. L'Académie est officiellement constituée. Le nombre des académiciens est fixé à quarante. Leur mission est de faire de la langue française un outil culturel et administratif de portée nationale, voire internationale. En 1672, Louis XIV en devient le protecteur, titre qui sera ensuite dévolu à tous les rois et chefs d'État. Dissoute à la Révolution, elle est reconstituée le 23 janvier 1803 comme une classe de littérature et de langue française de l'Institut national. Elle ne retrouve son vrai nom qu'en 1815. Élus à vie à partir de 1672, les académiciens élisent eux-mêmes leurs membres, dont le choix est soumis à l'approbation du chef d'État. Julien Green, élu en 1971, en sera le premier étranger. Il faudra attendre 1980 pour y voir siéger une femme : Marguerite Yourcenar. L'Académie compte des écrivains, mais aussi des historiens, des philosophes, des politiciens et même des médecins (Jean Bernard).

1635         25 janvier - L'Académie française, fondée pendant le règne de Louis XIII sous le patronnage de Richelieu qui 'nationalisa' le salon privé de Conrart, reçoit - malgré les réticences du Parlement (enregistrement en juillet 1637) - ses lettres patentes. D'abord hébergée dans l'hôtel du chancelier Séguier, elle sera hébergée au Louvre à partir 1672. Son objet est de 'travailler à la pureté de la langue et la rendre capable de la plus haute éloquence', 'donner des règles certaines à notre langue', 'la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences'. Un motif non avoué de sa création aurait été le désir de confier à un organisme collégial les décisions en matière linguistique (éviter le despotisme d'un seul). Travaille lentement et mal au dictionnaire qui n'avance pas ; raillée par le public, mécontentement officiel. Première édition en 1694.

1635         12 février Création de la compagnie de îles d'Amérique, colonisation de la Guadeloupe et de la Martinique. Les Français colonisèrent la Guadeloupe vers 1635 et décimèrent les Indiens Caraïbes après l'échec de leurs tentatives pour les exploiter. Ils installèrent des esclaves africains utilisés dans les cultures de la canne à sucre qui devint la principale ressource économique de la Guadeloupe. Pierre Belain d'Esnambuc installe en Martinique la première colonie (Saint-Pierre), pour le compte de la couronne de France et de la Compagnie des Iles de l'Amérique.

1635         28 avril Traité d'alliance avec la Suède.

1635         19 mai La France déclare la guerre à l'Espagne. En s'engageant dans cette guerre, Louis XIII entraîne la France dans ce que l'on nommera plus tard la guerre de Trente Ans.

1635         à 1648 - Depuis 1618 est commencée la guerre connue dans l'Histoire sous le nom de Guerre de Trente ans, engagée entre les États protestants et quelques princes de l'Allemagne du Nord contre la Maison d'Autriche qui tend par ses actes à imposer sa domination sur toute l'Allemagne. Cette guerre a aussi pour but d'assurer à l'Allemagne non catholique la liberté religieuse. La Guerre de Trente ans se divise en quatre périodes: Ier période, palatine; 2ème période, danoise; 3ème période, suédoise, suivant la nationalité des princes qui l'ont dirigée, sans d'ailleurs y trouver de succès décisif. Enfin la quatrième période est la période française. Richelieu déclare la guerre à l'Espagne (alliée de l'Autriche) parce que les Espagnols se sont emparés de la ville de Trèves placée sous le protectorat français. Le véritable but de Richelieu est de continuer contre les deux branches de la Maison d'Autriche (Autriche et Espagne) la lutte que n'ont pas encore fait aboutir les trois premières périodes de la guerre commencée en 1618. La France a pour alliés le duc de Savoie, le duc de Parme, une partie de la Suisse, les Suédois, quelques princes allemands et les Provinces Unies (Hollande). La guerre se fait à la fois sur toutes les frontières de France.

1635         11 juillet Traité d'alliance avec les princes italiens.

1635         26 octobre Traité d'alliance (traité de Saint-Germain-en-Laye) avec les princes protestants d'Allemagne, les Suisses et le prince de Saxe-Weimar. Le traité de Saint-Germain, signé les 26 et 27 octobre 1635 au cours de la Guerre de Trente ans (1618-1648), engage Louis XIII à fournir au duc Bernard de Saxe-Weimar commandant les armées suédoises et protestantes d'Allemagne les moyens d'entretenir une armée de 18 000 hommes contre les Impériaux catholiques, ainsi que les droits et possessions des Habsbourg en Alsace à titre personnel (dont le grand baillage de Haguenau duquel dépendent les dix villes impériales de la Décapole).

1635         Victoire des Français à Avein (Belgique) sur les Impériaux. Elle permet aux Français de faire leur jonction avec les Hollandais, mais ceux-ci secondent mal les troupes, et les Impériaux en profitent pour envahir la Picardie (1636). Ils prennent Corbie, mais un vigoureux retour des Français les en chasse. Le duc de Rohan (Henri II de Rohan), qui commande les troupes des Grisons, remporte plusieurs succès sur les Espagnols (1635). Le prince de Condé (Henri II de Bourbon) qui s'est mis au service de l'Espagne, en haine de Richelieu, échoue dans une tentative contre Dôle (1636). Le duc de Parme, Édouard Ier de Parme, allié de la France voit ses États envahis et dévastés par les Espagnols (1636). Les Français et les Hollandais enlèvent aux Espagnols la ville de Breda (1637). Les alliances nouées par Richelieu se rompent : le duc de Parme se rallie aux Espagnols, le duc de Mantoue (Charles Ier de Mantoue) meurt, de même le duc de Savoie et leurs successeurs sont pas, ou sont peu favorables aux français. Les Grisons abandonnent les français (1635-1637).

1635         Cercle du Père Mersenne (Academia parisiensis). Marin Mersenne (1588-1648) était un prêtre français appartenant à l'ordre des Minimes, mathématicien et philosophe. On affirme souvent à tort qu'il était jésuite: il a bien été éduqué par un jésuite, mais n'a jamais rejoint la Compagnie de Jésus. Il enseigna la théologie et la philosophie à Nevers et à Paris. Mersenne est resté célèbre grâce à son travail sur les nombres premiers de Mersenne. Cependant, les mathématiques n'étaient pas son unique centre d'intérêt, il écrivit sur la théorie de la musique et autres sujets. Il publia les oeuvres d'Euclide, d'Archimède et d'autres mathématiciens grecs. Sa contribution la plus importante au progrès de la connaissance fut sans doute sa volumineuse correspondance (en latin) avec d'autre mathématiciens et scientifiques de nombreux pays comme Descartes, Pascal, Fermat ou Torricelli. À une époque où la presse scientifique n'existait pas encore, il fut le centre d'un réseau d'échange d'informations, prémisse de la future académie des Sciences. Les Minimes, c'est à dire les petits, forment un ordre religieux créé par Saint François de Paule, (1436 en Calabre-1507), lui même ermite, frère mineur franciscain recherchant le dépouillement absolu, une humilité radicale. S'étant retiré pour une vie d'ermite, il attire des disciples qu'il regroupe en leur donnant en 1493 le nom le plus modeste possible, les Minimes, dont la règle est d'une extrême austérité. Ils se répandirent dans la Calabre et dans la Sicile. Ils s'imposaient une vie rigoureuse en ajoutant aux trois voeux franciscains celui du jeûne perpétuel. L'Ordre a été approuvé par le pape Sixte IV en 1474, avec tous les "privilèges" des ordres mendiants. Ils se propagèrent en France et en Espagne. Dans les années 1990, ils étaient environ 200. En 2006, un recensement exhaustif donne le chiffre de 178.

1635         Pierre Paul Rubens peint 'la Kermesse' (baroque)

1636         22 juin Le Japon se ferme. Un décret du shogun (général en chef) Tokugawa Iemitsu interdit aux Japonais de quitter l'île et de construire des bateaux. Le Japon se ferme aux influences étrangères. La classe des marchands et les villes se développeront. Aux XIXe siècle, les Occidentaux interviendront militairement pour obliger le Japon à s'ouvrir au commerce international.

1636         15 août Les Espagnols progressent en Picardie, passent la Somme (4 août) et prennent Corbie (15 août). Ils menacent la capitale, dont les habitants réagissent derrière Richelieu en fournissant de l'argent et des hommes pour mettre sur pied une armée de contre intervention. Corbie, ville située à 15 km d'Amiens, dans le département de la Somme (80), chef lieu de canton.

1636         14 novembre Les armées françaises reprennent Corbie. Dans la guerre entre la France et l'Espagne, la fortune change de camp. La ville de Corbie a dû se rendre à l'ennemi au début du mois de juillet. La nouvelle a provoqué de terribles inquiétudes dans la capitale. On redoute que les 35 000 hommes du cardinal-infant d'Espagne ne déferlent sur Paris. On a commencé à creuser des tranchées autour de la ville. Au lieu de prendre la direction de Paris, les Espagnols ont choisi d'assaillir Saint-Jean-de-Losne. Louis XIII a repris dès septembre l'initiative des combats. Il s'est dirigé avec son armée vers Corbie. Le siège a duré six semaines. Les Espagnols enfin capitulent. La honte des troupes françaises qui ont dû se rendre est effacée : au son des tambours et des fifres, derrière leurs bannières déployées, les vaincus d'hier défilent devant le roi qui vient de les libérer et de prouver ses vertus militaires.

1636         Marin Mersenne écrit 'Harmonie universelle’

1636         Pierre Paul Rubens peint 'Paysage d'automne’

1636         Première représentation du 'Cid' de Pierre Corneille (1606-1684). La représentation du "Cid" de Corneille est un véritable succès. Le dramaturge y met en scène Rodrigue, très épris de la belle Chimène. Les conflits qui sévissent entre leurs parents l'amène à choisir entre son honneur et son amour. Il optera finalement pour la première solution, tuant en duel le père de Chimène. La pièce donnera naissance à la querelle du "Cid", où les rivaux de Corneille dénonceront le non respect des règles du théâtre classique.

1636         à 1711 - naissance et mort de Nicolas Boileau. Poète et critique français. Fils d'une famille bourgeoise de quinze enfants, Nicolas Boileau fait des études de théologie puis de droit. Bien qu'il n'aspire pas à une carrière juridique, il devient avocat en 1656. La mort de son père lui permet de se consacrer à sa passion pour les lettres. Il est alors introduit par son frère Gilles Boileau dans des cercles mondains et distingués où il fait ses premières armes en littérature. Nicolas Boileau est l'auteur de 'Satires' et 'Epîtres', véritables tableaux de moeurs satiriques. En 1684, il est élu à l'Académie française. Mais il est plus connu comme théoricien de l'esthétique classique et pour le soutien décisif qu'il apporta à ses amis Racine et Molière.

1637         1er juin Répression contre les croquants du Périgord. Pour financer ses guerres, Richelieu augmenta considérablement la pression fiscale (augmentation de la taille, taxes à la consommation, etc.), provoquant un mécontentement croissant du peuple, souvent attisé par la noblesse. De nombreuses révoltes éclatèrent dans les provinces (la Guyenne en 1635, l'Angoumois et la Saintonge en 1636, le Périgord en 1637). Les soulèvements des "croquants" du Sud-Ouest et des "nu-pieds" de Normandie furent impitoyablement réprimés (châtiment de Rouen). Croquants, on appelle jacqueries des croquants diverses révoltes populaires du Sud-Ouest de la France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les principales causes de ces révoltes ont été d'ordre fiscal.

1637         15 juin Échec des Espagnols devant Saint-Tropez.

1637         28 septembre Échec des Espagnols devant Leucate. Leucate est une commune française, située dans le département de l'Aude et la région Languedoc-Roussillon.

1637         Querelle du Cid. Cette querelle littéraire qui ne dura que quelques mois en 1637, se termina par l'arbitrage de l'Académie Française, que Richelieu avait chargée de mettre fin au débat: c'est Chapelain qui écrivit Les Sentiments de l'Académie sur "Le Cid", où les critiques sont compensées par quelques éloges. Le succès que le pièce a conservé au cours des siècles prouve la valeur d'une oeuvre qui, par la puissance dramatique et par la grandeur les sentiments, est la premier chef-d'oeuvre du théâtre français moderne. La Querelle du Cid, en 1636, Corneille fait jouer le Cid. La pièce remporte un énorme succès. Richelieu protège Corneille, et le fait anoblir par le roi en 1637. Cependant, Mairet et Scudéry, deux dramaturges vont attaquer Corneille, en l'accusant entre autres de ne pas respecter la règle des trois unités, règle instaurée en 1630 à la demande de Richelieu. Ils l'accusent également de poignarder dans le dos la France en guerre contre l'Espagne, en produisant une pièce dont le sujet, les personnages et les décors sont espagnols. Richelieu demande à l'Académie française son opinion. Il y voit en effet l'occasion pour l'Académie, qu'il avait fondé deux ans plus tôt, de paraître comme le tribunal suprême des lettres, de se faire connaître du public et d'obtenir ainsi l'enregistrement de son acte de fondation par le Parlement de Paris. A la fin de l'année 1637, l'Académie présente un texte mis au point par Jean Chapelain : Les Sentiments de l'Académie sur la tragi-comédie du Cid, qui contient un certain nombre d'observations de style. Toutefois, Corneille n'accepte pas ces critiques. Dans le même temps, ses adversaires le réattaquent et la querelle est relancée. Après quelques semaines, Richelieu donne l'ordre d'en finir : il exige des adversaires de Corneille qu'ils mettent fin à la querelle.

1637         Jean Chapelain écrit 'Les Sentiments de l'Académie sur le Cid’

1637         8 juin - publication du 'Discours de la méthode', de Descartes - Pour la première fois, un ouvrage savant paraît en langue française. En publiant en langue vulgaire un ouvrage philosophique, Descartes entendait marquer qu'il se désolidarisait des savants de son époque, si respectueux de la tradition aristotélicienne qu'ils n'osaient pas interroger directement leur propre raison ni aborder sans intermédiaire l'étude du monde. Ce n'est pas à eux que Descartes s'est adressé, mais au public curieux, aux gens éclairés capables de juger son oeuvre sans recourir à Aristote, en se référant à leur seul bon sens. ('Et si j'écris en français, qui est la langue de mon pays, plutôt qu'en latin, qui est celle de mes précepteurs, c'est à cause que j'espère que ceux qui ne se servent que de leur raison naturelle toute pure jugeront mieux de mes opinions que ceux qui ne croient qu'aux livres anciens; et pour ceux qui joignent le bon sens avec l'étude, lesquels seuls je souhaite pour mes juges, ils ne seront point, je m'assure, si partiaux pour le latin, qu'ils refusent d'entendre mes raisons pource que je les explique en langue vulgaire').

1638         Invasion française en Alsace à travers la Lorraine occupée.

1638         14 mai Richelieu fait arrêter l'abbé de Saint-Cyran (Jean Duvergier de Hauranne). Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran, (Bayonne, 1581 - Paris, 1643) était un religieux français qui introduisit le jansénisme en France. Il fut directeur de conscience et confesseur de l'abbaye de Port-Royal, devenue sous son influence le centre du jansénisme, de 1633 à 1636. Il avait étudié la religion avec Jansenius à Paris, puis correspondit avec lui, l'incitant à rédiger l'Augustinus qui exposa la doctrine janséniste. Devenu après la mort de son ami Bérulle le chef du parti dévot, lié au Parlement, il entra en conflit avec le cardinal de Richelieu qui le fit emprisonner à Vincennes en 1638. Il ne fut libéré qu'après la mort du cardinal et le suivit dans la tombe quelques mois après.

1638         5 septembre Naissance de Louis (futur Louis XIV) fils de Louis XIII et d'Anne d'Autriche à Saint-Germain-en-Laye. Louis XIV (5 septembre 1638–1er septembre 1715) fut, du 14 mai 1643 jusqu'à sa mort, roi de France et de Navarre, le troisième de la maison de Bourbon de la dynastie capétienne. Il reste le chef d'État qui a régné le plus longtemps sur la France.

1638         Nicolas Poussin peint 'Moïse sauvé des eaux’

1638         Nicolas Poussin peint 'Les Bergers d'Arcadie’

1638         à 1715 - naissance et mort de Nicolas Malebranche. Oratorien et métaphysicien français. Sa vocation philosophique trouve son origine dans la lecture du 'Traité de l'homme' de René Descartes. Cette rencontre fondamentale avec la philosophie cartésienne donnera naissance, entre autres, à la 'De la recherche de la vérité où l'on traite de la nature de l'esprit de l'homme et de l'usage qu'il en doît faire pour éviter l'erreur dans la science' (Paris 1674-1675), ainsi qu'à son oeuvre majeure, 'Entretiens sur la métaphysique et sur la religion' (Rotterdam 1688, Paris 1711). Il mène, d'autre part, une intense activité de polémiste notamment avec Antoine Arnauld concernant l'interprétation de la philosophie cartésienne et prend part à la polémique sur la religion des chinois provoquée par l'activité missionnaire des jésuites ('Entretiens d'un philosophe chrétien et d'un philosophe chinois sur l'existence et nature de dieu' - Paris 1708). Reconnu également pour ses travaux de mathématiques et de philosophie naturelle, il devient membre de l'Académie des Sciences en 1699.

1639         29 juin Les armées françaises s'empare de Hesdin.

1639         31 octobre : Victoire des Hollandais de l'amiral Maarten Tromp sur la flotte espagnole commandée par l'amiral Oquendo au large de Douvres. Les Pays-Bas espagnols sont isolés. La bataille des Dunes fut livrée le 31 octobre 1639 pendant la guerre de Quatre-Vingts Ans, qui se confond, à partir de 1618 avec la guerre de Trente Ans. La flotte hollandaise, commandée par l'amiral Maarten Tromp, y remporta une victoire décisive sur les Espagnols, commandés par l'amiral Antonio de Oquendo.

1639         Jean Duvergier de Hauranne écrit 'Théologie familière’

1639         Pierre Corneille écrit 'L'Illusion comique’

1639         Gabriel Naudé écrit 'Considérations politiques sur les coups d'État'. Gabriel Naudé, (né le 2 février 1600 à Paris et mort le 10 juillet 1653 à Abbeville), est un bibliothécaire français. Bien qu'ayant suivi des études de lettres, de philosophie et de médecine, Gabriel Naudé exerce principalement la profession de bibliothécaire.

1639         à 1699 - naissance et mort de Jean Racine. Poète français. Orphelin dès son plus jeune âge, Jean Racine est recueilli par sa tante, religieuse à Port-Royal. Il y reçoit une riche formation intellectuelle faisant de lui l'un des rares grands écrivains du XVIIe siècle à pouvoir lire dans le texte original les auteurs tragiques grecs qui furent pour lui une source d'inspiration. À vingt-sept ans, en 1667, il affirme sa maîtrise avec ‘Andromaque', il signe ensuite ‘Britannicus' en 1669 et ‘Berenice' en 1670. En janvier 1677, il donne à la scène sa tragédie la plus parfaite et la plus émouvante, ‘Phèdre'. Une représentation d'une tragédie à sujet biblique, ‘Esther', a lieu en 1689 devant la Cour. Pour les jansénistes, alors persécutés, il rédige un Abrégé de l'Histoire de Port-Royal. Sa fidélité à la pensée janséniste aurait pu lui attirer quelque disgrâce. Louis XIV se trouva toutefois assez affecté par la mort du poète, et autorisa son inhumation dans le cimetière de Port-Royal-des-Champs.

1640         31 mars Création du louis qui remplace le franc. Louis XIII réforme la monnaie et crée le louis d'or. Cette refonte du système monétaire voulue par Louis XIII crée une pièce d'or nouvelle pesant 619 milligrammes d'or pur qui vaut 10 livres et que l'on appellera le louis. Le louis, monnaie d'or française. C'est en 1640 que Louis XIII décide de réformer le système monétaire français sur base de trois pièces : le louis d'or qui remplaça le franc en circulation depuis l'époque de Jean II le bon (1360); le louis d'argent ou écu; le liard, monnaie de cuivre, à partir de 1656. Ce système monétaire va durer jusqu'à la révolution française.

1640         10 mai Prise de Turin. La France envahit la Savoie et le Piémont avec la prise de Turin. Les Français prennent Arras le 10 août. Les Catalans révoltés contre Philippe IV d'Espagne se placent sous la protection de Louis XIII.

1640         10 août Prise d'Arras par les armées de Louis XIII. “Quand les Français prendront Arras, les souris mangeront les chats”. Ces vers sont inscrits sur l'une des portes de la ville par les Espagnols. En juin, le siège de la plus importante place forte de l'Artois a commencé. Louis XIII en personne vient encourager ses troupes, que dirigent les maréchaux de La Meilleraye, de Châtillon et Chaulnes. Tout à coup, des Français se voient eux-mêmes assiégés par les troupes du cardinal-infant d'Espagne, qui les prennent à revers. Les vivres viennent bientôt à manquer aux assiégeants assiégés. Par les ruses les plus extravagantes, les Français parviennent à faire passer des vivres au travers des lignes ennemies. Le 9 un combat violent éclate. Il contraint d'un côté les Espagnols encerclés à se rendre, et de l'autre les Espagnols qui encerclent à fuir. La ville tombe. Au soir les soldats français corrigent l'inscription en enlevant une seule lettre, le p. Désormais, sur la porte de la capitale de l'Artois française, on lit “Quand les Français rendront Arras, les souris mangeront les chats”.

1640         5 septembre Naissance de Philippe d'Anjou fils de Louis XIII et d'Anne d'Autriche. Philippe de France (°21 septembre 1640 Saint-Germain-en-Laye, †9 juin 1701 Saint-Cloud) dit Monsieur, fils de France, duc d'Orléans, de Chartres, de Valois, de Nemours et de Montpensier, prince de Joinville, etc. Ses descendants directs forment la branche des Orléans.

1640         16 décembre Les révoltés catalans s'allient à Louis XIII contre l'Espagne.

1640         Blaise Pascal écrit 'Essai sur les coniques’

1640         mort de Pierre Paul Rubens.

1641         Échec d'une occupation française de la Catalogne révoltée.

1641         1er février La France s'allie avec le Portugal contre l'Espagne.

1641         21 février Édit royal limitant les droits du Parlement. Louis XIII retire toute compétence au Parlement en ce qui concerne les affaires de l'État et limite son droit de remontrance.

1641         22 décembre Mort de Sully. A Sully-sur-Loire, où il s'est retiré et où il impose une étiquette stricte à son entourage, le ministre qu'il a été, disgracié il y a trente ans, demeure un exemple pour les huguenots parce qu'il s'est toujours refusé à renoncer à sa foi. Il meurt à quatre-vingt deux ans.

1641         Pierre Corneille écrit 'Horace' et 'Cinna'. 'Horace' est l'une des plus grandes tragédies cornéliennes, avec "Cinna" et "Polyeucte". Corneille s'est inspiré de Tite-Live pour la produire et met en scène l'un de ses thèmes de prédilection : l'héroïsme face au pouvoir royal. Dans "Cinna", inspiré par Sénèque, Corneille reprendra ce thème du pardon. Au bout de vaines tentatives de complots contre Auguste, les personnages d'Émilie et de Cinna seront confrontés au jugement de ce dernier, qui leur accordera le pardon pour préserver son image.

1641         René Descartes écrit 'Méditations métaphysiques'. 'Je pense donc je suis'. Descartes publie ses "Méditations métaphysiques" dans lesquelles il reprend des arguments esquissés dans le "Discours de la méthode". L'ouvrage présente les principales thèses de Descartes et la réponse aux objections. Il cherche à établir une vérité absolue qu'il dit trouver dans la phrase "je pense donc je suis", a priori irréfutable. Pour y parvenir, il a mis en place une méthode du doute qui aboutit au rejet de tout ce qui ne pas être absolument certain, comme le corps, l'existence du monde… Parvenu à cette vérité, le philosophe tente ensuite de prouver incontestablement l'existence de Dieu : c'est l'argument ontologique.

1642         La compagnie de l'Orient fonde Fort-Dauphin (actuelle Toalagnaro) à Madagascar. Fort-Dauphin, Tôlanaro (ou Tolagnaro, ou Fort-Dauphin) est une ville de la province de Toliara (Tuléar), chef-lieu de la région d'Anosy, située dans le sud-est de l'île de Madagascar.

1642         Complot contre Richelieu, ourdi sur les conseils de Cinq-Mars (favori de Louis XIII) entre l'Espagne, Gaston d'Orléans et le duc de Bouillon. Le complot découvert, le duc de Bouillon (Turenne) est dépouillé de Sedan et Cinq-Mars est exécuté ainsi que son ami de Thou qui n'avait pas voulu le dénoncer. Gaston d'Orléans doit faire amende honorable. Cinq-Mars, Henri Coiffier de Ruzé, Marquis de Cinq-Mars (1620 - 12 septembre 1642) fut un "favori" du roi Louis XIII qui mena la dernière et presque avec succès des nombreuses conspirations contre le puissant premier ministre, le cardinal Richelieu. Cinq-Mars s'entendit avec François de Thou et Gaston d'Orléans pour comploter avec les Espagnols. Ce plan prévoyait le renvoi ou l'assassinat de Richelieu, la signature de la paix avec l'Espagne avec une restitution des territoires réciproques. les espagnols massèrent une armée de 18 000 hommes dans la région de Sedan pour intervenir aux côtés des conjurés. Une correspondance secrète du marquis fut interceptée par la police de Richelieu. Trahis dans leur confiance, Louis XIII et Richelieu le firent juger puis décapiter à Lyon, avec François de Thou, le 12 septembre 1642. Gaston d'Orléans, fils de France, duc d'Orléans, parfois surnommé Gaston de France, né en 1608 à Fontainebleau, mort en 1660 à Blois, est un prince français de la branche issue des ducs de Bourbon (devenue aînée) de la dynastie capétienne. Il était le troisième fils d'Henri IV et de Marie de Médicis, et benjamin du roi Louis XIII. Il fut d'abord titré duc d'Anjou après la mort de Nicolas de France, deuxième fils d'Henri IV (1607-1611). Il fut fait ensuite comte d'Eu, comte de Blois, duc d'Orléans et duc de Chartres (1626).

1642         8 mai Paul de Maisonneuve fonde Ville-Marie. Le royaume de Louis XIII compte une ville de plus. En ce jour, Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, et les sulpiciens fondent Ville-Marie. Cette ville du Canada va porter bientôt le nom de Montréal.

1642         13 juin Arrestation de Cinq-Mars pour complot contre le roi.

1642         Début de la Première guerre civile (fin en 1649) (Première révolution anglaise) : Le conflit mobilisera jusqu'à 110 000 hommes (10% de la population masculine). La guerre provoque aussi une forte augmentation de la pression fiscale. 22 août : le roi Charles Ier qualifie le Parlement et ses soldats de traîtres. En août, le roi prend les armes à Nottingham (environ 10 000 Cavaliers). Il s'installe à York, puis à Oxford. Le Parlement lève une armée contre le roi. Il dispose de la flotte et contrôle Londres, avec l'appui des comtés les plus riches du sud et de l'est. Succès des royalistes d'octobre 1642 à octobre 1643, qui s'emparent de Bristol, du Yorkshire (à l'exception de Hull) et de la Cornouaille. 23 octobre : Victoire de Charles Ier à Edgehill, dans le Warwickshire. La première révolution anglaise (appelée English Civil War par les historiens britanniques), dont les épisodes se déroulèrent entre 1642 et 1649, aboutit à la mise en jugement du roi Charles Ier d'Angleterre puis à sa décapitation le 30 janvier 1649 à Whitehall près de Westminster. Révolution modèle, la révolution anglaise ne s'est cependant pas faite sans heurts : de 1642 à 1660, les îles Britanniques ont été soumises à un déferlement de violence, ponctué d'idées utopiques où le sectarisme le disputa à l'inspiration, où la générosité sociale des Niveleurs se heurta à la défense de la propriété. En ce sens, il y a donc bien deux révolutions, la radicale et la modérée: l'une accouche d'une république, transmuée en dictature par Cromwell ; l'autre, sans feu ni sang, pose les jalons d'un régime modéré. En tout, deux révolutions sans égales et sans suite dans une histoire insulaire plus réformiste que révolutionnaire depuis maintenant trois siècles. La guerre civile s'est déclarée moins de 40 ans après la mort de la populaire reine Élisabeth Ière d'Angleterre en 1603. Régnant, Charles Ier désire réaliser le rêve de son père Jacques Stuart : unifier l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande dans un même royaume. Les Parliamentarians se méfiaient de ces intentions parce qu'elles étaient dangereuses pour les traditions anglaises. De fait, Charles Ier en appelait au droit divin quand venait le temps de justifier ses décisions, ce qui mène à des désaccords avec le Parlement de l'Angleterre, puis à la guerre civile. Oliver Cromwell (Huntingdon, 25 avril 1599 – Londres, 3 septembre 1658) est un militaire anglais qui a régné sur l'Angleterre, sous le titre de Lord Protecteur, pendant les années 1640 jusqu'à sa mort en 1658. Né dans une famille d'origine galloise, Oliver Cromwell est éduqué par Thomas Beard, un puritain particulièrement intolérant à l'égard des catholiques. Après avoir étudié le droit à l'université de Cambridge, il retourne dans sa ville natale pour gérer la fortune colossale de son père. Il entre en politique en devenant membre du Parlement de 1628 à 1629. Il accuse le roi Charles Ier et l'Eglise protestante de soutenir les catholiques. Lorsque la guerre civile éclate, il crée en 1643, avec la fortune familiale, une armée, au service du Parlement, qu'il nomme les 'Ironside' (les 'Côtes de fer'). Promu lieutenant-général, il remporte la bataille de Marston-Moor et de Naseby où il bat les troupes royalistes. En 1648, il approuve la purge du Parlement et souhaite que le Roi soit condamné. Celui-ci est exécuté et la République est proclamée. Il s'empare de l'Irlande à Drogheda et de l'Ecosse à Dunbar puis à Worcester. Il se fait nommer Lord Protecteur de la République et instaure un véritable dictature. Oliver Cromwell gouverne l'Angleterre d'une main de fer de 1653 à 1658, date de sa mort.

1642         3 Juillet Mort de Marie de Médicis à Cologne.

1642         12 septembre Exécution de Cinq-Mars pour complot contre Richelieu. Favori du roi Louis XIII, Cinq-Mars, pour avoir comploté contre le cardinal de Richelieu et avoir poussé Monsieur, frère du roi (Gaston d'Orléans), à s'allier à l'Espagne, a été condamné à mort. En ce 12 septembre, il monte sur l'échafaud dans un habit couleur de noisette que couvre une dentelle d'or. Tandis qu'un jésuite lui coupe les cheveux, il se taille lui-même la moustache. Comme lors de son arrestation il a répondu au cardinal “Je me rends parce que je veux mourir, mais je ne suis pas vaincu”, avec morgue il demande au bourreau “Suis-je bien ?” ; le bourreau acquiesce. Alors, posant la tête sur le billot, ce jeune homme de vingt-deux ans lui ordonne : “Frappe !” Au moment de l'exécution le roi, à Paris, rêveur, demande : “Je voudrais bien voir la grimace que Monsieur le Grand doit faire à cette heure”.

1642         1er décembre Édit excluant Gaston d'Orléans de toute éventuelle régence.

1642         4 décembre Entrée des armées françaises à Barcelone.

1642         4 décembre Mort de Richelieu. Depuis le Languedoc, où il est tombé malade, c'est dans une litière que l'on ramène vers Paris le cardinal. Il a fallu à son passage abattre les portes trop étroites, les maisons qui interdisaient le passage de la litière du ministre. En dépit des saignées, des lavements, du crottin de cheval qu'on lui a fait boire dans du vin blanc, sa pleurésie n'est pas conjurée. A son confesseur, qui le somme de pardonner à ses ennemis, le cardinal rétorque : “Je n'en ai jamais eu d'autres que ceux de l'État”. Dans les instants qui suivent sa mort, que l'on vient d'annoncer au roi Louis XIII, le Gascon Troisville murmure : “Si l'âme de Richelieu va au Ciel, par ma foi, sire, c'est que le diable se sera fait dévaliser en chemin !” Quant à lui, le pape Urbain VIII fera cette étrange remarque : “S'il y a un Dieu, il va payer ! Mais vraiment, s'il n'y a pas de Dieu, le fameux homme !” Son despotisme, qui lui a suscité de son vivant tant et de si puissants ennemis, a cependant triomphé de la résistance des grands et a définitivement unifié la France sous l'autorité de la monarchie. Son génie a valu à la France une grande extension territoriale et a imposé à l'étranger le respect du nom français. - Mazarin est choisi par Louis XIII pour lui succéder à la tête du gouvernement. Jules Mazarin, (1602 - 1661), mieux connu sous le nom de Cardinal Mazarin fut un habile diplomate et homme politique, d'abord au service de la Papauté, puis des Rois de France. Il succéda à Richelieu.

1642         9 septembre Les armées françaises s'emparent de Perpignan.

1642         François Mansart dessine Le château de Maisons-Laffite. François Mansart (Paris, 1598-1666) est un architecte français. Il est considéré comme le principal précurseur de l'architecture classique en France. Il est issu d'une famille modeste et bénéficie d'un apprentissage précoce auprès de son beau-frère, sculpteur et architecte. Puis travaille avec son oncle à Toulouse. À 25 ans, il réalise ses premiers travaux remarqués, sur la façade de l'église des Feuillants à Paris notamment, ce qui lui vaudra le "brevet d'architecte du Roi pour le service de ses bâtiments".

1642         Rembrandt peint 'La ronde de nuit'. Après "la Leçon d'anatomie du Dr. Tulp" (1632), Rembrandt réalise un nouveau portrait de groupe, cette fois en dépeignant la garde nationale. La technique du clair-obscur y est une fois de plus utilisée, accentuant les personnages importants et donnant un effet de mouvement à la scène. La pénombre y est telle que l'action semble se dérouler de nuit alors qu'elle est initialement diurne. Parfaitement représentative du style baroque de l'époque, cette toile sera considérée comme l'une des oeuvres majeures du peintre.

1642         à 1727 - naissance et mort de Isaac Newton. Savant et philosophe anglais. La pérennité de sa découverte majeure, la gravitation universelle, est à l'image de sa vie : longue, infatigable, efficace. Isaac Newton, faible enfant nouveau-né, faisait pourtant dire à son entourage qu'il était condamné. Mais dès l'adolescence et jusqu'à 85 ans, il s'appliquera à faire de sa vie un défi permanent, tant physique qu'intellectuel, à cette malédiction native. Ce physicien anglais est connu pour sa théorie de la gravitation illustrée par "l'histoire de la pomme" : "tous les corps s'attirent avec une force proportionnelle à leur masse respective et inversement proportionnelle au carré de la distance qui les sépare". Mais il travailla dans d'autres domaines comme l'astronomie, en perfectionnant le télescope à réflexion, et en optique avec sa théorie selon laquelle la lumière blanche est produite par l'addition de lumières colorées. Son oeuvre maîtresse, 'Principes mathématiques de la philosophie naturelle' est publiée en 1687.

1642         à 1708 - naissance et mort de Seki Kowa. Mathématicien japonais. Alors que le Japon était coupé de l'Occident depuis quelques décennies, il établit un certain nombre de résultats de première importance, qui sont découverts à peu près simultanément par ses contemporains européens, notamment Gottfried Leibniz. Les deux savants introduisent ainsi les prémisses de la théorie des déterminants. Seki obtient des résultats plus forts que ceux de Leibniz puisqu'il donne une formule valable pour des déterminants de taille 3 et 4. Il a l'idée de la notion plus générale de déterminant, mais formule une règle des signes incorrecte pour leur calcul. Seki effectue également des calculs de rectification du cercle ; on lui doit une valeur de pi exacte jusqu'à la dixième décimale. On attribue traditionnellement à Seki de nombreux résultats. Cependant, son école ayant une certaine tradition de secret, il est difficile d'identifier le découvreur exact de chaque résultat.

1642         mort de Galilée.

1642         invention de la machine à additionner (La Pascaline) par Blaise Pascal. La Pascaline est une des premières calculatrices mécaniques. Elle a été inventée par Blaise Pascal. Elle ne pouvait effectuer que des additions. Les soustractions sont obtenues par une technique de complément à 9 pour les effectuer grâce à des additions. La complémentation utilise un système de double affichage qui permet de sélectionner un nombre ou son complément à 9. La Pascaline était destiné à résoudre des problèmes d'arithmétique commerciale. Plusieurs versions sont fabriquées et au moins cinquante exemplaires construits. Sa commercialisation fut à l'époque un échec à cause de son prix de 100 livres.

1643         13 mai Louis XIII a institué un conseil de régence présidé par Anne d'Autriche.

1643         14 mai Mort de Louis XIII. Trente-trois ans, jour pour jour, après l'assassinat de son père Henri IV, Louis XIII meurt à l'âge de quarante-deux ans d'une entérite tuberculeuse aggravée par de mauvais traitements. A son fils de cinq ans, il demande : “Comment vous appelez-vous mon fils ?” “Louis XIV, mon papa”. “Pas encore, mon enfant, pas encore. Mais priez Dieu que ce soit bientôt”. Ce prince, d'une santé précaire, d'un caractère taciturne et d'un esprit irrésolu, eut le bon esprit, on pourrait dire le mérite de résister à toutes les intrigues, à toutes les cabales qui eurent pour but de le détacher de son premier ministre dont il appréciait la grande valeur et qu'il voyait faire passer en toutes choses, avant tout, l'intérêt de la France. Si le règne de Louis XIII a été en grande partie rempli par des guerres (dont les conséquences ont été heureuses pour le pays), il a vu aussi s'accomplir dans le domaine économique des actes importants. La marine, par exemple, reçut un grand développement et favorisa la création de plusieurs de ces colonies. La Guerre de Trente ans qui durait encore à la mort de Louis XIII, touchait cependant à sa fin.

1643         Régence d'Anne d'Autriche. - Le fils de Louis XIII (Louis XIV) n'étant âgé que de cinq ans, le Parlement nomme régente sa mère Anne d'Autriche: elle garde pour premier ministre Mazarin. - Cette même année, quelques mois seulement après la mort de Louis XIII, le duc d'Enghien (qui sera plus tard le grand Condé), âgé seulement de vingt et un ans, inflige aux Espagnols, à Rocroi, une défaite dans laquelle ils perdent presque complètement l'infanterie qui formait le fond de leur armée. Grand Condé, Louis II de Bourbon-Condé (Paris, 8 septembre 1621–Fontainebleau, 11 novembre 1686), prince de Condé (dit le Grand Condé), duc de Bourbon, duc d'Enghien, duc de Montmorency, duc de Châteauroux, duc de Bellegarde, duc de Fronsac, premier prince du sang, etc. était un prince du sang et général français au temps de la guerre de Trente Ans et de la Fronde. Les trois premiers fils d'Henri de Bourbon et de Charlotte Marguerite de Montmorency, étant morts en bas âge, Louis reçut le titre de "duc d'Enghien". Il fit de solides études chez les Jésuites, à Bourges et à l'âge de 17 ans, gouverna la Bourgogne pour son père.

1643         LOUIS XIV, le Grand (1643-1715)

1643         Louis XIV. En mourant, Richelieu recommanda Mazarin à Louis XIII celui-ci mouru l'année suivante. Son successeur, son fils ainé Louis n'ayant que 5 ans il mit Mazarin dans le conseil de régence. Anne d'Autriche et Mazarin assurèrent donc la régence. Guerre de Trente-ans: Mazarin poursuit la guerre contre la maison d'Autriche. Condé (Louis II de Bourbon, prince de Condé dit le Grand Condé 1621-1686) écrasa les Espagnols à Rocroi en 1643, ce qui porta un coup terrible à l'Espagne dont l'infanterie était considérée comme la meilleure d'Europe, puis sa victoire à Lens en 1648 ouvrit la route des Pays Bas espagnols. Pendant ce temps Turenne (Henri de la Tour d'Auvergne vicomte de Turenne) remporte les victoires de Nörtlinden, Trêves, Zusmarshausen, s'empare de Munich et s'avance sur Vienne, et les Suèdois envahirent la Bohème et la Bavière. L'empereur Philippe IV d'Espagne dut se résoudre à la paix et signer le traité de Westphalie en 1648 qui mit fin à la guerre de trente ans. Louis XIV à alors 10 ans. Sur le plan intérieur, la situation est difficile, l'augmentation des impôts, réduction des rentes, difficultés de subsistance rendait Mazarin après Richelieu très impopulaire. Profitant de la jeunesse du roi, ce fut d'abord la Fronde parlementaire, les parlements s'érrigeaient en organes politiques. La cour dut se déplacer à Saint-Germain-en-Laye (5 janvier 1649) Louis XIV qui n'a que 11 ans gardera toute sa vie un très mauvais souvenir de cette fuite nocturne. Puis ce fut la Fronde des princes comprenant notamment Condé, le cardinal de Reitz, la Rochefoucauld, le duc et la duchesse de Longueville et Turenne (parce qu'il est amoureux de la duchesse de Longueville) et Gaston d'Orléans l'éternel comploteur. Après quelques temps, Turenne revint dans le droit chemin et livra bataille contre Condé dans Paris. Le résultat fut incertain mais Condé exaspéra tellement les Parisiens qu'ils le chassèrent. Pour manoeuvrer, Anne d'Autriche dut demander à plusieurs reprises à Mazarin de s'exiler. Elle montra beaucoup d'adresse et de capacité politique le 21 octobre 1652 elle rentrait à Paris avec le jeune roi et en février 1653, Mazarin revenait. L'Espagne malgré le traité de Westphalie continua à harceler la France. Les troupes françaises emportent une victoire décisive, la bataille des dunes (1658) qui conduit au traité des Pyrénées en 1659. Ce traité donne à la France définitivement le Roussillon, la Cerdagne, l'Artois et de nombreuses places en Flandres. Il prévoit également le mariage de Louis XIV avec l'infante d'Espagne, Marie-Thérèse (Marie-Thérèse d'Autriche). Ce mariage à lieu en 1660. L'année suivante Mazarin meurt. En 1661 commence le règne personnel de Louis XIV qui durera 54 ans. Il commence par supprimer la fonction de premier ministre. Nicolas Fouquet surintendant des finances depuis 1653, qui avait réussit à redresser les finances de la France est dénoncé par Colbert qui briguait sa place, est emprisonné. Il s'était constitué une fortune personnelle et l'étalait, construction du château de Vaux le Vicomte. Le roi s'entoure de ministres, Colbert aux finances, Tellier et Louvois à la guerre, Lionne à la politique extérieure. Les parlements sont réduits à des chambres d'enregistrement et les nobles au rang de courtisans surtout après la construction du château de Versailles en 1682. En Europe, c'est la décadence de l'Espagne (Habsbourg branche espagnole) et des Habsbourg d'Autriche, Vienne est assiègée par les Turcs. En France, Louis XIV est au zénith, la situation financière est redressée, les armées puissantes et bien commandées (Condé, Turenne). La France de Louis XIV est le pays le plus puissant d'Europe. La politique française d'agrandissement du royaume entraîne d'abord la guerre de dévolution contre l'Espagne (1667-1668) et permet la conquête de places fortes dont Lille. La guerre de Hollande (1672-1678) prend sa source dans les mesures de rétorsion qu'avait prises la Hollande contre la politique protectionniste de Colbert. Au cours de cette guerre les Hollandais prirent la décision héroïque de rompre les digues innondant de vastes étendues qui arrètèrent les envahisseurs, il permet par le traité de Nimègue de récupérer la totalité de la Franche-Comté et de l'Artois mais a vu naître une coalition contre la France. Au cours du siège de Maastrich, Vauban, sous les yeux de Louis XIV, applique sa technique d'attaque des places fortes. Louis XIV lui demande alors de fortifier les places fortes françaises. En 1678, Vauban est nommé commissaire général des fortifications. En 1683, Vauban permettra la prise de Luxembourg par une magnifique manoeuvre militaire. Il est nommé Lieutenant général en 1688. Louis XIV décide unilatéralement l'annexion de territoires dont Strasbourg en 1681, en réaction une coalition se forme Ligue de Augsbourg (1688-1697) qu'il sera difficile à Louis XIV de contenir. A la paix de Ryswick, Louis XIV ne pourra conserver que Strasbourg. La guerre de succession d'Espagne (1701-1714) dans laquelle Louis XIV s'engagea avec réticence mais son petit fils étant pressenti pour succèder à Charles II d'Espagne il y fut bien forcé. La France connut plusieurs défaites notamment celle de Malplaquet en 1709 où Villars (Claude Louis Hector, duc de Villars) en infériorité numérique devant Marlborough put se replier en bon ordre, les Anglais qui subirent de lourdes pertes, 20 000 hommes, renoncent à poursuivre. Villars avait été nommé Maréchal de France par sa troupe, ce qui fut confirmé par Louis XIV en 1702, la victoire de Denain remporté par Villars en 1712 lui permis de signer la paix de Rastadt. Philippe, petit fils de Louis XIV, duc d'Anjou (futur Philippe V d'Espagne) devenait roi d'une Espagne réduite à la péninsule et ses colonies. La France sortait de toutes ces guerres ruinée. Sur le plan religieux l'église catholique fut sous la coupe du roi, les Jansenistes (doctrine qui cherchait à introduire dans la religion catholique certains conceptes du protestantisme) furent persécutés ainsi que les protestants (révocation de l'Édit de Nantes en 1685). Dans le domaine culturel, Louis XIV fut un mécène des lettres et des arts. Il accordera sa protection à de nombreux artistes (Molière, Boileau, Racine, Lully), construction du château de Versailles. Louis XIV verra mourrir ses enfants, ses petits enfants à l'exception de Philippe V d'Espagne roi d'Espagne. C'est son arrière petit fils qui lui succèdera à sa mort en 1715. Il eut plusieurs favorites Mademoiselle de La Vallière, Madame de Montespan dont il eut plusieurs enfants qu'il fit légitimer. Après la mort de la reine en 1683, il se remarie secrètement avec Madame de Maintenon.

1643         Le style Louis XIV se caractérise par le triomphe du classicisme. Comme en peinture et en sculpture, arts auxquels il impose sa marque en créant l'Académie, le Roi-Soleil entend qu'il y ait un style décoratif qui porte l'empreinte de son règne. Le style Louis XIV se distingue par la recherche du grandiose jusqu'à l'emphase, par la symétrie parfaite des motifs, par l'emploi dans l'ameublement du bois doré, des marqueteries de cuivre, d'étain et d'écaille (dans lesquelles excelle André Charles Boulle, qui en recouvre commodes – meubles apparus vers 1690 et dont il est peut-être l'inventeur –, armoires, cabinets et bureaux), par l'application de bronzes ciselés et dorés, par une profusion de trophées antiques disposés comme un butin de guerre. Tous les détails de l'ornementation concourent à donner une impression de richesse : cornes d'abondance généreusement ouvertes, lourdes guirlandes de fruits et de fleurs, puissants rinceaux, acanthes fortes et nourries. Et au centre de cette iconographie puissante, le motif royal, le soleil, se retrouve sur l'or des boiseries, des linteaux, des encadrements de glaces – lesquelles deviennent un important élément de décor –, sur les bronzes des horloges et du mobilier de Versailles à Marly. Tandis que le cabinet se fait encore plus luxueux (incrustations de lapis-lazuli, d'obsidienne et d'autres gemmes, cariatides et incrustations dues à Boulle, ou revêtement de laque de Coromandel), le meuble d'apparat par excellence est le lit (les cérémonies du petit et du grand lever étant des moments très importants du protocole versaillais) : il est recouvert de soieries brodées, qui étoffent également le ciel de lit, lequel n'est plus soutenu par des colonnes, mais est fixé au plafond ou au mur. Les "tables de milieu" sont supportées par des piétements sculptés, les "piédestals en gaines" de Boulle portent bustes, flambeaux ou vases de Chine. Le cérémonial de la cour impose toute une gamme des sièges, du fauteuil à bras d'accotoir terminés en crosse à la chaise à dos sans bras ou au simple "carreau", en passant par le fameux tabouret, la plupart du temps en X, qui fait la fierté ou le dépit des dames titrées suivant qu'elles y ont droit ou non.

1643         Les monarques absolus. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, des souverains européens se réclamant de "la philosophie des lumières" s'efforcent de mieux organiser leurs états et d'améliorer le sort de leurs peuples. Louis XIV en France, Charles Ier au Royaume-Uni, Pierre le Grand en Russie, Frédéric II en Prusse et Joseph II en Autriche. En Asie, c'est les Qing (dynastie mandchoue en Chine) et l'ère des Tokugawa au Japon.

1643         18 mai Anne d'Autriche fait casser le testament du roi. Louis XIV, âgé de cinq ans, se présente au Parlement. A la mort de Louis XIII, Louis XIV a cinq ans et son premier geste est de se rendre au Parlement pour lui demander de casser en lit de justice le testament illégal de son père, ce qui revient à écarter Anne d'Autriche, sa mère, du conseil de régence.

1643         19 mai Victoire du Grand Condé (Louis II de Bourbon-Condé) sur les Espagnols à Rocroi. Les Espagnols sont surpris tout à coup par l'arrivée des troupes françaises à la sortie d'un défilé, conduites par Louis II d'Enghien. Une charge de cavalerie qu'il mène avec Gassion enfonce l'aile gauche espagnole. De son côté, L'Hospital détruit l'aile droite. Enfin les trois tercios de Fuentès, que l'on croit invincibles, arquebusiers, piquiers et hommes armés d'épée succombent. 15 000 Espagnols sont tués. Louis II d'Enghien, prince de Condé, devient le grand Condé. Cette victoire inaugure le règne de Louis XIV, dont le père Louis XIII est mort le 14 mai précédent. La bataille de Rocroi eut lieu le 19 mai 1643 dans le cadre de la guerre de Trente Ans, opposant les armées du roi de France sous les ordres de Louis de Bourbon, duc d'Enghien (le futur Grand Condé) et celles de l'Espagne commandées par Francisco de Melo. Rocroi est une commune française, située dans le département des Ardennes et la région Champagne-Ardenne.

1643         mai : La cabale des Importants, dirigé par Marie de Rohan-Montbazon, duchesse de Chevreuse, tente de remplacer Mazarin par Châteauneuf (Charles de L'Aubespine). Mazarin l'emporte, fait enfermer à Vincennes le duc de Beaufort (septembre) et exiler en province les principaux membres de la cabale, dont Madame de Chevreuse, l'évêque de Beauvais Potier ou Saint-Ibar (novembre). La "cabale des Importants" est le nom donné à un complot organisé en mai 1643 par François de Vendôme, Duc de Beaufort et Marie de Rohan-Montbazon, Duchesse de Chevreuse avec l'aide de nombreux "Grands" de l'époque : Claude de Bourdeille, comte de Montrésor ; Charles de l'Aubespine, marquis de Châteauneuf ; Henri II de Guise, Duc de Guise. Les comploteurs voulaient dépouiller les partisans de Richelieu, la Maison Condé notamment, de tous leurs biens et privilèges et récupérer leur charge perdu du temps de Richelieu. En effet, l'éminence rouge avait, par exemple, forcé César de Vendôme à abandonner ses terres de Bretagne en 1630. La cabale visait d'une part à éloigner Anne d'Autriche de son nouveau premier ministre, Mazarin, jugé trop hostile à la noblesse et d'autre part, signer une paix séparée avec Philippe IV d'Espagne. Ils avaient pour cela prévu de faire assassiner Mazarin puis de le remplacer par un proche, Augustin Potier, l'évêque de Beauvais. Mazarin eut rapidement vent de la conspiration; Beaufort fut arrêté le 2 septembre et emprisonné au donjon de Vincennes, où il resta cinq ans. Cabale des Importants (1643). Au lendemain de la mort de Louis XIII, certains nobles bridés sous son règne par la toute-puissance de Richelieu, comptent bien asseoir leur influence auprès du nouveau roi. Il faut pour cela éliminer Mazarin, choisi pour successeur par Richelieu. La cabale rassemble le duc de Beaufort, les Guise, les Vendôme, le duc d'Epernon, les duchesses de Chevreuse et de Montbazon. Ils tentent d'évincer Mazarin au profit de Châteauneuf, ancien garde des Sceaux. En vain. Le Cardinal fait enfermer le duc de Beaufort et contraint les Importants à un exil en province. La plupart d'entre eux participeront activement à la Fronde, quelques années plus tard.

1643         23 septembre Une rencontre au sommet ; Descartes, de passage en France, rencontre le jeune Blaise Pascal. Il prétendra lui avoir alors suggéré ses célèbres expériences comparées sur le vide en plaine et en montagne.

1643         24 novembre Turenne est nommé maréchal de France et commandant des armées. Turenne, Henri de la Tour d'Auvergne-Bouillon, vicomte de Turenne, généralement connu sous le nom Turenne (Sedan, 11 septembre 1611 - Sassbach, 27 juillet 1675), il est nommé maréchal de France en 1660, maréchal général des camps et armées du roi. Né au château de Sedan dans une grande famille aristocratique, il est l'un des meilleurs généraux de Louis XIV. Protestant, il se convertit sous l'influence de Bossuet (et la pression royale !) et accède aux plus hautes dignités : il est fait prince étranger en 1651, maréchal de France et maréchal général. D'abord proche des Frondeurs en 1648, il se rallie à Mazarin et devient le chef des armées royales. Il meurt en 1675, tué par un boulet de canon.

1643         René Descartes écrit 'Principes de Philosophie'.

1643         François Eudes de Mézeray écrit 'Histoire de France' (1643-1651). François-Eudes de Mézeray naquit à Ri, en Normandie, en 1610. Commissaire des guerres et historiographe, il est l'auteur d'une importante Histoire de France en trois volumes et d'une Histoire des Turcs. Il entra à l'Académie française en 1648 et devint, à la mort de Conrart, en 1675, le secrétaire perpétuel de la compagnie. Sa nouvelle fonction fit de lui le nouveau responsable du Dictionnaire, dont il s'était occupé en réalité dès la mort de Vaugelas, en 1650. Il conçut le premier l'idée d'un journal littéraire et scientifique, idée qui fut reprise par les fondateurs du Journal des Savants. Ennemi, comme Patru, de toute étiquette, il mourut à Paris le 10 juillet 1683.

1643         Tristan L'Hermite écrit 'Le Page disgracié'. Tristan L'Hermite est le nom de plume de François L'Hermite, sieur du Soliers (1601 - 1655), qui est un poète et dramaturge français. Il était pauvre et maladif, mais servit de page à la court de Henri IV jusqu'à ce qu'il dut s'enfuir de France après une séries de duels. Il revint en France en 1620 et conta ses aventures dans son "Le page discracié" (1645). Son oeuvre comprend aussi des tragédies, parmi lesquelles "La Marianne" (1636), "La mort de Sénèque" (1644), "La mort de Crispe" (1645), "Osman" (1650), et la farce "Le parasite" (1654).

1643         Nicolas Poussin peint 'paysage avec Saint Mathieu’

1643         à 1737 - naissance et mort de Antonio Stradivari dit Stradivarius. Luthier italien. Il naquit et vécut à Crémone, où il se forma auprès de N. Amati, chez qui il resta jusqu'en 1680, bien qu'il eût commencé à signer ses propres oeuvres quinze ans avant cette date. Son activité s'étendit sur soixante-dix ans environ et sa meilleure période se situe entre 1700 et 1720. Il construisit 1 100 instruments, en majeure partie des violons, dont il reste environ 500 exemplaires. La perfection atteinte par Stradivarius ne réside pas dans quelque secret qui se serait perdu avec lui (son vernis, en particulier, ne recèle aucun autre pouvoir que les vernis de son époque), mais dans un harmonieux équilibre des divers éléments qui concourent à la qualité du son (dimensions de la caisse, courbure et épaisseur de la table et du fond, grandeur et emplacement des ouïes, etc.).

1643         Molière fonde l'Illustre-Théâtre et impose le genre jusqu'alors délaissé et méprisé de la comédie. Jean-Baptiste Poquelin, le futur Molière, fonde avec quelques amis, dont la comédienne Madeleine Béjart, une troupe de théâtre. Installé d'abord à Paris, "L'Illustre-Théâtre" fera faillite en 1645. La troupe ira se rôder en province et, de retour à Paris en 1659, elle triomphera avec "Les Précieuses ridicules". Protégé de Louis XIV, Molière donnera de nombreuses comédies pour la Cour et du public parisien.

1643         invention du baromètre par Evangelista Torricelli. Evangelista Torricelli (15 octobre 1608 - 25 octobre 1647) est un physicien et mathématicien italien. Torricelli est connu pour avoir mis en évidence, en 1644, la pression atmosphérique, en étudiant la pompe à eau de Galilée, ce qui lui permis d'inventer le baromètre à tube de mercure qui porte son nom. Une unité de pression, le torr lui fut dédiée. Elle correspond à la pression d'un millimètre de mercure. Mais c'est le pascal qui sera retenu comme unité du système international en hommage à Blaise Pascal qui poursuivit et développa les recherches dans ce domaine (1646-1648). Le baromètre à mercure : la pression atmosphérique est équilibrée par une colonne de mercure surmontée d'un espace clos et vide. Il a été inventé par Evangelista Torricelli en 1643.

1643         mort de Claudio Monteverdi.

1644         Victoire du Grand Condé sur les Impériaux, à Fribourg. Turenne et d'Enghien sont difficilement victorieux des impériaux de Mercy à Fribourg-en-Brisgau. Fribourg-en-Brisgau est une ville d'Allemagne de 215 000 habitants (2005) (Fribourgeois), située dans le land de Bade-Wurtemberg.

1644         à 1912 - Suicide du dernier empereur Ming en Chine. Incapable de contenir la révolte Mandchoue qui gronde en Chine depuis plus de 10 ans, le souverain Tchouang-lie-ti se pend dans la Cité Interdite à Pékin. Les eunuques de la ville impériale ouvrent immédiatement les portes de la Cité aux troupes rebelles Mandchoue qui prennent le pouvoir. La nouvelle dynastie, les Ts'ing, régnera près de 250 ans, jusqu'à la proclamation de la République chinoise en 1911. Chine: Dynastie Qing. La dynastie Qing, 1644-1911 est la dernière dynastie à avoir régné sur la Chine. Elle n'est pas d'origine chinoise mais mandchoue. Elle succède à la dernière dynastie d'origine chinoise Ming. Elle a été fondée par Aisin Giorio Nurhachi. La classe dirigeante des Qing parlait mandchou, une langue toungouse. Les nobles mandchous étaient appelés "hommes de bannières", par référence aux huit bannières, les armées de la confédération mandchoue. La langue mandchoue est une langue de la famille toungouse des langues altaïques, aujourd'hui presque éteinte (moins de cent locuteurs). Elle a eu une grande importance historique puisqu'elle a été la langue officielle de la dynastie mandchoue (Qing) qui règnait en Chine. Elle est aussi parlée par une population non-mandchoue déplacée par un empereur de la dynastie Qing.

1644         Le Bernin sculpte 'L'extase de sainte' Thérèse. Le Bernin, Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin (1598 – 1680). Sculpteur, architecte et peintre italien. Son père, Pietro Bernini, lui-même sculpteur maniériste d'origine florentine, présente son fils Gian Lorenzo, dit le Bernin ou Cavaliere Bernini, au cardinal Scipion Borghèse, pour qui il travaille déjà. Très tôt remarqué, il fournit à la villa Borghèse 'Priape et Flore' en 1616 et un groupe décoratif des 'Quatre Saisons' pour Leone Strozzi. Pendant cinq ans, les groupes Borghèse l'occuperont et ses créations affirmeront sa renommée. 'Énée, Anchise et Ascagne' (1619), 'Le Rapt de Proserpine' (1622), 'David' (1624), 'Apollon et Daphné' (1625) dénotent l'influence maniériste et classique de ses débuts. Mais sa capacité à représenter le mouvement le distingue de Michel Ange, au style moins baroque. S'ensuivent les commandes d'Urbain VIII Barberini, pièces monumentales usant des références de l'Ancien Testament pour asseoir l'Eglise catholique. Il se mesure à nouveau à Michel Ange avec le tombeau du pape en 1627. Le pontificat d'Innocent X est plus austère ; le prince Ludovisi fait construire la 'fontaine des Quatre-Fleuves'. l'Extase de sainte Thérèse (1647-1652), pour Federico Cornaro, illustre au mieux l'emphase baroque et Saint Andrea al Qurinale est son chef d'oeuvre. Il crée la colonnade de la place Saint-Pierre et le tombeau du pape Alexandre VII. Mais ses projets sont refusés à Versailles. Gian Lorenzo Bernini est la figure de proue de l'art baroque en Italie et dans toute l'Europe.

1645         3 août : Victoire des troupes combinées de Suède, Hesse et France (Turenne, le duc d'Enghien) à la Bataille d'Alerheim, en Saxe sur le général bavarois Mercy qui est tué au combat. Le duc d'Enghien en sort malade, il délire pendant de longs jours et est ramené à Chantilly : on craint pour sa vie et sa raison. Le marquis de Pisani (Léon d'Angennes, fils unique de la marquise de Rambouillet, La Châtre, celui de la cabale des Importants sont tués. 4 000 hommes perdus, morts ou blessés. La bataille d'Alerheim, aussi appelée seconde bataille de Nördlingen (ou Norlingue), épisode de la guerre de Trente Ans, a eu lieu le 3 août 1645 entre les forces du Saint-Empire et la France. Elle est gagnée par les Français.

1645         Salomon van Ruysdael peint 'paysage fluviale'. Salomon van Ruysdael est un des premiers grands peintres de paysages et de marines hollandais. Ruysdael a laissé une production abondante de tableaux presque toujours signés et souvent datés, et quelques dessins. Il fut en partie influencé par les oeuvres de Van de Velde et de Van Goyen.

1645         à 1696 - naissance et mort de Jean de La Bruyère. Écrivain français. Né en 1645, La Bruyère étudie le droit et pratique le barreau pendant quelques années. Pour s'assurer une rente, il s'achète une charge de trésorier à Caen, toujours proche de Paris. En outre, il reçoit la responsabilité d'éduquer le jeune Condé. Sa fréquentation quotidienne des "Grands" donne matière à la rédaction des 'Caractères', dans la veine moraliste. La première édition (1688) cache, derrière une traduction de Théophraste, quelques remarques personnelles qui sont appréciées du public. Dès lors, en 8 ans, 9 éditions se succèdent, dont une posthume. Il entre à l'Académie française en 1693. L'année suivante il avait déjà livré quelques 1120 portraits et maximes. Les "traits" de caractère de La Bruyère sont le fruit d'un esprit sagace, critique et indépendant. Ses observations, impitoyables envers la nature humaine, conservent une valeur intemporelle, même après sa disparition en 1696.

1646         Le Grand Condé s'empare de Dunkerque.

1646         à 1716 - naissance et mort de Gottfried Wilhelm von Leibniz. Philosophe et mathématicien allemand. Leibniz est dès son jeune âge un lecteur. Il apprend seul le latin et étudie par goût les philosophes scolastiques et les mathématiques. Comme c'était l'habitude en Allemagne, devenu bachelier il voyage pour se mettre au service de différents maîtres. Installé à Nüremberg, il fréquente des confréries ésotériques qui lui permettent de faire la connaissance d'un politicien influent qui l'incite à travailler sur un projet d'unification du droit allemand. Il mène dès lors une double carrière, de diplomate et de penseur, vient vivre cinq ans à Paris et rencontre des savants, des philosophes, des courtisans et des théologiens. Sa vie mondaine s'étant ralentie, il rédige plusieurs traités dont le 'Discours de la métaphysique' qui résume les thèses de son système philosophique. Il ne cesse de travailler, accepte de lourdes commandes de la cour, et cumule les charges d'historien, de mathématicien, de penseur. Il déploie une insatiable activité qui se conclue par l'écriture de son dernier ouvrage 'La monadologie'. Leibniz fut le grand esprit encyclopédique de son temps.

1646         Le Lorrain peint 'Paysage avec Tobias et un ange’

1647         13 mars Trêve entre la France et la Bavière. Armistice d'Ulm entre la France, la Suède et la Bavière suite aux succès de Turenne sur le Rhin : l'électeur de Bavière se retire du parti impérial et déclare sa neutralité. La France lui reconnaît la dignité électorale.

1647         4 juin Défaite française devant Armentières face aux Espagnols. Armentières est une commune française, située dans le département du Nord et la région Nord-Pas-de-Calais.

1647         7 juillet Début de la révolte de Naples contre l'Espagne.

1647         28 juillet Défaite française devant Landrecies face aux Espagnols. Landrecies est une commune française, située dans le département du Nord et la région Nord-Pas-de-Calais.

1647         novembre Mazarin envoie des troupes soutenir les insurgés Napolitains.

1647         Pierre Corneille écrit 'Rodogune’

1648         15 janvier, Anne d'Autriche vint au Parlement tenir un lit de justice. Il s'agissait de forcer l'enregistrement d'édits fiscaux. Le lendemain, le Parlement annula le lit de justice. Devant les manoeuvres de Mazarin pour les subjuguer, les Cours rendirent le 13 mai "l'arrêt d'union", réunissant les cours en une seule assemblée, qui se rassembla dans la chambre Saint-Louis du Palais de justice. Les magistrats y rédigèrent une liste de 27 articles, exigeant le renvoi des intendants, la soumission obligatoire des levées d'impôts à l'approbation des cours, ou encore des garanties de libertés individuelles. La régente céda tout d'abord. Pourtant, le 20 août, après la victoire du Grand Condé à Lens, Mazarin se sentit en position de frapper un grand coup. Le 26 août, il fit arrêter les meneurs de la Chambre Saint-Louis, y compris le vieux président Broussel, qui était très populaire. La nouvelle de l'arrestation enflamma Paris. Le lendemain, les Parisiens édifièrent des barricades. Le chancelier Séguier fut poursuivi par la foule, qui mit le feu à l'hôtel de Luynes où il s'était réfugié. Les milices bourgeoises patrouillèrent près du Palais-Royal (alors appelé Palais-Cardinal, car il appartenait au cardinal Mazarin). Mazarin fut contraint de libérer Broussel. Anne d'Autriche déménagea prudemment avec la Cour, le 12 septembre, au château de Rueil. Le 24, elle dut céder et accepter les articles de la Chambre, ramenés à une quinzaine. Le roi rentra à Paris.

1648         30 janvier Traité de Münster. Ce traité signé entre la France (sur laquelle règne Louis XIV et dont Anne d'Autriche est la régente), l'Allemagne et la Suède met fin à la guerre de Trente Ans et permet à la France de prendre possession de l'Alsace. Paix séparée hispano-hollandaise signée à Münster. Le roi d'Espagne reconnaît l'indépendance des Provinces-Unies (achèvement de la Guerre de Quatre-Vingts Ans), accepte la fermeture de l'Escaut au trafic (asphyxie d'Anvers) et cède aux états généraux les territoires conquis par Frédéric-Henri de Nassau.

1648         13 mai : Sous l'influence de Gondi et de Broussel, le Parlement, le Grand Conseil, la chambre des comptes et la cour des aides se réunissent (arrêt d'union) pour tenter de limiter le pouvoir royal, et adoptent une déclaration contre l'absolutisme.

1648         17 mai Victoire de Turenne à Zusmarshausen contre les Impériaux. La bataille de Zusmarshausen, qui eut lieu le 17 mai 1648 est l'une des dernières grandes batailles de la guerre de Trente Ans et la dernière en territoire allemand.

1648         18 juin Évasion du duc de Beaufort (François de Vendôme) qui se lance dans de nouvelles intrigues. François de Vendôme, duc de Beaufort, deuxième fils de César de Vendôme, il est né en janvier 1616 à Paris, il ne s'est jamais marié. Ce fut un des principaux acteurs de la Fronde. En 1643, il fut le chef d'une des principales actions contre Mazarin appelée la Cabale des Importants. Les Parisiens l'avaient surnommé le Roi des Halles. Il commence sa carrière militaire très tôt puisqu'en 1628 il participe à l'expédition de Savoie (il n'a que douze ans). Il suit l'exemple de son père et conspire contre le cardinal de Richelieu, il doit s'exiler en Angleterre et n'en revient qu'à la mort du cardinal en 1642. Ensuite François continue à conspirer mais cette fois contre Mazarin, la régente Anne d'Autriche le fait arrêter en 1643 et enfermer dans le fort de Vincennes. Cinq ans plus tard, en 1648, il s'en évade, se refugie d'abord au château de Chenonceau puis se cache dans le Vendômois afin d'échapper aux agents de Mazarin. En 1649 c'est un des acteurs principaux des troubles de la Fronde, le peuple de Paris le surnomme le Roi des Halles. Il fait la paix avec la Cour du Roi en 1653 et à partir de là reste fidèle à la cause royale. En 1662 il commande la flotte française et remporte de nombreux succès sur les Turcs en Méditerrannée. C'est en combattant ceux-ci sur l'île de Crête qu'il meurt au siège de Candie en 1669.

1648         2 juillet Déclaration de la Chambre Saint-Louis. Devant le Parlement réuni, on donne lecture d'un texte voulu par le roi Louis XIV. Les membres du Parlement sont étonnés par les vingt-sept articles dont le contenu peut passer pour être révolutionnaire. Les impôts sont diminués. Les intendants sont rappelés. L'habeas corpus est établi à l'exemple de l'Angleterre. La chambre Saint-Louis a été créée en juin 1648 par l'arrêt d'Union. Elle se voulait quasiment l'équivalent du Parlement d'Angleterre. La Chambre Saint-Louis, en fait le Parlement de Paris aurait eu un droit de veto sur les nouveaux impôts et les créations des offices royaux. Elle interdisait la monarchie absolue. Le 26 août Mazarin fait arrêter les trois "leaders" du parlement, Blancmesnil, Charton et Broussel. Les Parisiens ripostent par la journée des barricades. Le 9 juillet, le surintendant des finances Particelli d'Emery est sacrifié pour calmer la capitale. Le gouvernement recule mais entend bien venir à bout de la Fronde parlementaire.

1648         13 juillet Abolitions des intendants. A la suite de la déclaration de la Chambre Saint-Louis, Mazarin révoque par une déclaration royale la plupart des intendants du royaume.

1648         20 août Victoire du Grand Condé sur les Espagnols à Lens. Les Autrichiens et les Espagnols conduits par l'archiduc Léopold ont, après leur victoire à Courtrai, commencé le siège de Lens. A cette nouvelle, le Grand Condé (Louis II de Bourbon-Condé), auquel Mazarin a confié la défense du nord du royaume, arrive devant la ville à marche forcée, et défait en une heure les armées ennemies. Il leur prend des centaines d'étendards et cent vingt canons. Un Te Deum est chanté à Notre-Dame de Paris le 26 août pour célébrer cette victoire. La bataille de Lens est la dernière des batailles de la guerre de Trente Ans, une victoire française sur les troupes espagnoles de Flandre, après la prise de Lens par l'archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg le 17 août 1648. La rencontre a lieu dans une plaine à l'ouest de Lens, entre Grenay et Liévin, le 20 août 1648.

1648         26 août Mazarin ordonne l'arrestation du conseiller Pierre Broussel. Alors qu'un Te Deum est chanté à Notre-Dame de Paris pour marquer la victoire de Lens, on arrête à son domicile, sur l'ordre d'Anne d'Autriche, l'un des plus anciens conseillers de la grande chambre du Parlement, Pierre Broussel. La régente n'admet pas les vingt-sept articles élaborés en commun par les trois cours souveraines que sont la Cour des comptes, la Cour des aides et le Grand Conseil, qui ont proclamé, entre autres, un droit de regard sur les finances de l'État et la liberté des personnes et des biens. Ils portent atteinte à l'absolutisme royal. Cette arrogance relève presque de la lèse-majesté. Le Te Deum ne suffit pas à ce que l'arrestation de Broussel passe inaperçue. A Paul de Gondi de Retz, coadjuteur de l'archevêque de Paris qui vient conseiller à la régente d'élargir Broussel, celle-ci rétorque : “Je l'étranglerais plutôt de mes propres mains”. Pierre Broussel, un des plus anciens conseiller de la Grande Chambre, est à l'origine d'un manifeste élaboré par les trois cours souveraines que sont la Cour des Comptes, la Cour des Aides et le Grand Conseil, qui proclame un droit de regard sur les finances de l'état et réclame la liberté des personnes et des biens. Dans la nuit, des barricades se dressent à Paris. La libération de Broussel et celle d'autres conseillers, le 29, ne changent plus rien : la Fronde, qui est d'abord parlementaire, a commencé.

1648         Insurrection à Paris, causée par l'arrestation, sur l'ordre de Mazarin, de deux conseillers au Parlement qui combattaient son autorité au sein de cette assemblée. C'est la Journée des Barricades par laquelle commencèrent les troubles de la Fronde, dite Fronde parlementaire ou Vieille Fronde. La Fronde (1648–1652/1653) fut la dernière guerre menée contre le roi de France par les Grands du royaume. Elle se divise en deux parties : la Fronde parlementaire ou "vieille Fronde" qui la commence ; la Fronde des princes, qui la continue, l'amplifie et lui succède avant d'être vaincue, victime de son mode de fonctionnement : complots, alliances, revirements. La Cour dut relâcher les parlementaires. La Fronde naquit tout d'abord d'un mécontentement général. Celui-ci prenait sa source dans la crise économique et l'augmentation de la pression fiscale, pour faire face aux dépenses de la guerre de Trente Ans. Sa cause la plus directe doit pourtant être cherchée dans les moyens utilisés par la monarchie pour lever l'impôt. L'avènement de la régence avait fait espérer un allègement des taxes, il n'en fut rien : le cardinal Mazarin pensait que la France pouvait supporter la guerre, et ne desserra pas l'étreinte. Le surintendant des finances, Particelli d'Émery, élargit l'assiette de nombreux impôts. Ainsi, il força Paris, qui en était exemptée, à payer la taille. Il créa de nouveaux offices pendant que de son côté, Mazarin se disposait à faire du chantage au renouvellement de la paulette (droit annuel assurant l'hérédité des offices). La Fronde (1648-1652). Le cardinal de Mazarin, à la tête du gouvernement durant la minorité du roi Louis XIV, se rend fort impopulaire par ses mesures financières. Le parlement de Paris, hostile, se regroupe derrière Gondi (cardinal de Retz) et Broussel pour tenter de limiter le pouvoir royal. Cette première Fronde parlementaire (1648-1649) provoque la journée insurrectionnelle des Barricades à Paris et la fuite de la cour à Saint-Germain ; elle s'achève par l'arrestation de ses principaux protagonistes et la signature de la paix de Rueil. Le second soulèvement contre l'autorité de Mazarin, la Fronde des Princes, débute lorsque Condé (emprisonné puis libéré par Mazarin sous la pression de l'aristocratie) et ses amis d'un jour — le prince de Conti, la duchesse de Longueville, La Rochefoucauld, Turenne — tentent de s'allier secrètement à l'Espagne pour engager le combat contre les armées du roi (bataille de Bléneau). Mais les dissensions entre les seigneurs de la Fronde (notamment le ralliement de Turenne à la cause royale) font échouer la rébellion, qui se solde par un renforcement du pouvoir de Mazarin et de la royauté.

1648         28 août Libération de Pierre Broussel.

1648         12 septembre La cour quitte Paris pour le château de Rueil.

1648         22 octobre La cour revient à Paris.

1648         24 octobre : Paix de Westphalie. Deux traités sont signés à Münster (catholiques) et à Osnabrück (protestants). La France gagne Pignerol, Metz, Toul, Verdun et l'Alsace sauf Strasbourg et Mulhouse. L'empereur lui abandonne les Trois-Évêchés, occupés depuis 1552. La France devient, principalement aux dépens des Habsbourg d'Autriche, la principale puissance en Europe. La Suède conserve les conquêtes de Gustave-Adolphe, la Livonie, l'Ingrie, la Carélie, la (Poméranie occidentale, l'archevêché de Brême et l'évêché de Verden, les villes de Szczecin, Wismar et les îles de Rügen et Poe). Le Brandebourg s'agrandit (Magdebourg, Poméranie orientale, évêché de Minden). Les Provinces-Unies et la Suisse deviennent indépendantes. Le duc de Wurtemberg et l'électeur de Trèves retrouvent leurs terres. Le fils de Frédéric V, Charles-Louis, récupère le Bas-Palatinat et la dignité d'électeur. L'Allemagne, grande perdante, est épuisée par la guerre. Le pouvoir impérial est affaibli (la Diète devient perpétuelle, les princes et les États ont la possibilité de conclure des alliances entre eux et avec des souverains étrangers, mais jamais contre l'Empereur), et le pays est divisé en 350 états souverains, dont 8, puis 9 sont électeurs (le droit de vote à la Diète du Saint Empire est reconnu à la France et à la Suède). Il lui faudra plus d'un siècle pour se relever. Sur le plan religieux, les diplomates reviennent aux principes de la paix d'Augsbourg de 1555 : évangéliques et catholiques doivent délibérer à part pour certaines questions. Une seule Église est maintenue dans chaque État. Le calvinisme est reconnu comme troisième confession et les sécularisations effectuées avant 1624 sont confirmées. Les traités de Westphalie conclurent la guerre de Trente Ans et la guerre de Quatre-Vingts ans le 24 octobre 1648. Catholiques et protestants ayant refusé de se rencontrer, les négociations se tinrent à partir de décembre 1644 à Münster pour les premiers et à partir de 1645 à Osnabrück pour les seconds. Cette solution avait été proposée par la Suède et préférée à l'alternative française qui suggérait Hambourg et Cologne. Les pourparlers de Münster opposaient les Provinces-Unies (les Pays-Bas) à l'Espagne et la France au Saint Empire romain germanique. Ceux d'Osnabrück, la Suède à l'Empire. Les principaux bénéficiaires furent la Suède, les Pays-Bas et la France. Côté français, la diplomatie initiée par Mazarin fut décisive. Les décisions allaient remodeler l'Europe pour de longues années. Les grandes lignes en étaient : * attribution à la France des Trois-Évêchés, Metz, Toul et Verdun, de l'Alsace, excepté Strasbourg et Mulhouse, de Brisach (Allemagne) et de Pignerol, ville du Piémont. * indépendance des Provinces-Unies (Pays-Bas). * annexion par la Suède de la Poméranie occidentale et d'autres territoires lui donnant le contrôle des bouches de l'Oder, de l'Elbe et de la Weser. * annexion par le Brandebourg de la Poméranie orientale. * attribution du Haut-Palatinat à la Bavière. * reconnaissance de l'indépendance des Cantons suisses. L'Empire se trouva morcelé en 350 petits États, sonnant le glas de la puissance des Habsbourg. Les traités reconnaissaient les trois confessions, catholique, luthérienne et calviniste dans le Saint-Empire, les princes conservant le droit d'imposer leur religion à leurs sujets. Les contestations les plus virulentes vinrent du Saint-Siège, qui perdait là une grande partie de son influence sur la politique européenne, et de l'Espagne qui poursuivit la lutte contre la France jusqu'au traité des Pyrénées en 1659. La Poméranie est une région côtière au sud de la mer Baltique, située en Allemagne (Pommern) et en Pologne (Pomorze) entre et sur les rives des fleuves Vistule et Oder atteignant la rivière Reknitz à l'ouest.

1648         Paul Scarron écrit 'Virgile travesti'. Paul Scarron, né le 4 juillet 1610 à Paris, mort le 6 octobre 1660 à Paris, écrivain français.

1648         Jacques-Bénigne Bossuet écrit 'Méditation sur la brièveté de la vie'.

1648         Nicolas Poussin peint 'Paysage avec les cendres de Phocion’

1649         5-6 janvier La cour s'enfuit à Saint-Germain, Grand Condé assiège Paris. Pendant la Fronde qui menace la personne du roi, la régente Anne d'Autriche et Mazarin fuient avec Louis XIV, âgé de onze ans, vers Saint-Germain, dans la nuit du 5 au 6, épreuve et humiliation qu'il n'oubliera jamais. Fuite de la régente à Saint-Germain, suivie d'un accord conclu à Rueil avec le Parlement, et par suite duquel la Cour rentre à Paris. Entre temps le Grand Condé, mis à la tète des troupes royales, avait établi un blocus autour de Paris et il en était résulté quelques engagements sans importance entre ses soldats et la population. - Les exigences du Grand Condé, qui cherchait à s'imposer à la régente, déterminent Mazarin à le faire enfermer en compagnie de son frère, le prince de Conti (Armand de Bourbon-Conti) et de son beau-frère, le duc de Longueville (Henri II d'Orléans). Armand de Bourbon, prince de Conti, né à Paris le 11 octobre 1629 et mort au château de la Grange-des-Prés près de Pézenas le 21 février 1666, était le plus jeune des trois enfants et le deuxième fils d'Henri II de Bourbon, prince de Condé ; il était le frère de Louis II de Bourbon-Condé, prince de Condé, dit le "Grand Condé", et d'Anne Geneviève de Bourbon-Condé, duchesse de Longueville. Baptisé le 23 décembre 1630 en l'église Saint-Sulpice, Armand de Bourbon-Conti a pour parrain le cardinal de Richelieu et pour marraine la duchesse de Montmorency. Le titre de prince de Conti est établi en sa faveur en 1629. Henri II d'Orléans (aussi appelé Henri II de Valois-Longueville), de la maison Orléans-Longueville, (6 avril 1595– 11 mai 1663), prince de France, pair de France, duc de Longueville, d'Estouteville et de Coulommiers, prince et souverain de Neuchâtel et de Valangin, prince de Châtellaillon, comte de Dunois, gouverneur de Picardie puis de Normandie. Descendant des Hochberg, fils d'Henri Ier d'Orléans-Longueville et de Catherine de Gonzague, il ne connut pas son père qui mourut à Amiens deux jours après sa naissance. Le roi Henri IV de France fut son parrain.

1649         12 janvier Les frondeurs s'emparent de l'Arsenal et la Bastille contrôlant ainsi la capitale.

1649         11 mars Paix de Rueil scellant la réconciliation entre la cour et le Parlement. Après le siège de Paris par Condé, la reine Anne d'Autriche, régente du royaume, signe la paix de Rueil qui, sur la base de concessions réciproques, met fin à la Fronde parlementaire. La paix de Rueil, du 11 mars 1649, est un compromis qui met fin à la Fronde parlementaire qui depuis 1644 oppose le parlement de Paris à la royauté. Les négociations sont menées avec brio par le président du parlement de Paris, Mathieu Molé. Le parlement obtient, entre autre, l'amnistie pour les parlementaires, la suppression des intendants et l'interdiction pour le roi de créer de nouveaux offices. En échange, le parlement annule l'arrêté d'expulsion de Mazarin pris en janvier et promet de ne plus tenir d'assemblée "pour quelques causes et quelques prétextes et occasions que ce soit". Le parlement s'engage ainsi à renoncer à s'imposer comme un contre-pouvoir indépendant. Anne d'Autriche et Mazarin n'attendent qu'une occasion plus favorable pour revenir sur ses concessions très importantes.

1649         1er avril Paix de Saint-Germain entre Mazarin et les Frondeurs.

1649         18 août Retour de la cour à Paris.

1649         Madame de Scudéry écrit 'Artamène ou Le Grand Cyrus'. Madeleine de Scudéry (°1607-1701), "Sapho" était son surnom selon la mode du temps, est un auteur du XVIIe siècle proche du courant de la Préciosité, dont elle animait un des salons les plus célèbres. Étant restée célibataire, on la désigne le plus souvent par Mademoiselle de Scudéry.

1649         René Descartes écrit 'Traité des passions de l'âme’

1650         18 janvier Arrestation des princes de Grand Condé (Louis II de Bourbon-Condé), de Conti (Armand de Bourbon-Conti) et du duc de Longueville (Henri II d'Orléans), début de la fronde des princes. La Fronde des Princes qui se dresse contre Louis XIV, Anne d'Autriche et Mazarin, vient de commencer. Le prince de Condé, son frère Conti et son beau-frère Longueville sont arrêtés. Leurs partisans soulèvent les provinces. La guerre civile se rallume.

1650         5 février Entrée de la cour à Rouen.

1650         5 septembre L'armée royale bat les troupes de la fronde.

1650         1er octobre Paix de Bordeaux entre la cour et les princes. Mazarin conclut la paix Paix de Bordeaux à Bourg-sur-Gironde avec les Bordelais. Déclaration du Roi au Parlement de Bordeaux portant amnistie générale de ce qui a été fait depuis les dernières déclarations (du 26 décembre 1649). La princesse de Condé, les ducs de Bouillon et de La Rochefoucauld sont amnistiés. L'approche des vendanges a mis les Bordelais dans l'obligation de traiter. Pourtant, à cette date, on devrait avoir passé les vendanges ou alors s'agit-il d'opérations subséquentes.

1650         15 décembre Victoire de l'armée royale contre Turenne à Sommepy. Sommepy-Tahure est une commune française, située dans le département de la Marne et la région Champagne-Ardenne.

1650         Diego Vélasquez peint 'vue au jardin de la villa Médicis’

1650         Le Parlement anglais abolit l'usage du français dans les tribunaux.

1650         mort de René Descartes.

1651         7 février Devant l'union des Frondes, Mazarin s'enfuit et libéra les princes. Mazarin se réfugie auprès de l'Archevêque de Cologne.

1651         Afin d'enrayer les progrès de la Fronde dans les provinces, Mazarin fait remettre le Grand Condé et ses compagnons en liberté; il se retire à Cologne, d'où il revient avec une petite armée levée à ses frais pour lutter contre la Fronde et dont il donne le commandement à Turenne, rentré dans le devoir.

1651         7 septembre Louis XIV est officiellement reconnu majeur.

1651         29 décembre Le Parlement met à prix la tête de Mazarin.

1651         Paul Scarron écrit 'Le Roman Comique’

1651         à 1715 - naissance et mort de François de Salignac de la Motte Fénelon. Prélat et écrivain français. Ordonné prêtre en 1675, François Fénelon fut recommandé par Bossuet à Louis XIV. Il servit de médiateur en Saintonge et en Poitou entre les protestants et les catholiques, et réprouva l'emploi de la force. Sa prudence et sa diplomatie l'aidèrent dans son entreprise de pacification des fanatismes. Suite à ce succès, Louis XIV le nomma précepteur de son petit-fils, le duc de Bourgogne pour lequel il écrivit le 'Dialogue des morts', les 'Fables' et 'Les aventures de Télémaque'. Mais Fénelon fut disgracié, parce que converti au quiétisme, ce qui lui valut l'inimitié de son ancien protecteur, Bossuet. En outre, 'Télémaque' qui venait de paraître déplut au roi. Retourné dans son diocèse, il reprit ses activités de pasteur. Personnalité séduisante et changeante, homme nerveux, sentimental et lettré, Fénelon influença fortement le jeune Jean-Jacques Rousseau. Le quiétisme est une doctrine mystique consistant en un itinéraire spirituel de "cheminement vers Dieu" et visant à la perfection chrétienne, consistant en un état de quiétude passive et confiante de l'âme. Cet itinéraire passe par un état continuel de quiétude et d'union avec Dieu aboutissant à une sorte d'indifférence mystique qui va jusqu'à négliger les pratiques et les liturgies communes de la religion traditionnelle. Opposé à toute forme de spiritualisme, le quiétisme apparaît comme une réaction au jansénisme par la recherche d'un Dieu plus accessible que celui des hôtes de Port-Royal, qui ne parviennent à la communion divine que par une ascèse rigoureuse. Cette doctrine qui prend naissance en Italie vers la fin du XVIIe siècle, prêchée par un théologien espagnol, Miguel de Molinos (1628-1696), est condamnée par le pape Innocent XI dans la bulle Coelestis Pastor (1687). Quiétisme. Doctrine qui apparaît au XVIIe siècle en réaction contre la rigueur janséniste. Elle prône le "pur amour" de Dieu, allant jusqu'au désintérêt pour son propre sort, voire le salut de son âme. Le quiétisme, exposé par l'Espagnol Molinos, et condamné par la papauté, trouve un écho en France en la personne de Madame Guyon, puis de Fénelon. Une polémique naît alors entre ce dernier et Bossuet, qui désapprouve vivement la passivité induite par la doctrine mystique.

1651         Thomas Hobbes publie 'le Leviathan'. Thomas Hobbes publie son ouvrage majeur : "le Léviathan". Il définit la société comme résultant d'un accord entre les hommes pour dominer les passions de chacun. Les hommes, naturellement nuisibles les uns pour les autres, se seraient associés afin de limiter le pouvoir du libre-arbitre. A ce propos, l'expression de Hobbes : "l'homme est un loup pour l'homme" est restée célèbre. Jean-Jacques Rousseau s'attaquera à cette vision tout en conservant et repensant cette idée de contrat social. Thomas Hobbes (5 avril 1588 à Westport, Angleterre – 4 décembre 1679 à Hardwick, Angleterre) est un philosophe matérialiste-nominaliste anglais, considéré comme l'un des plus importants philosophes politiques.

1652         Le Grand Condé remporte le succès de Bléneau, mais est ensuite battu par Turenne (troupe royale) à Gien. - Bataille du faubourg Saint-Antoine, entre les troupes royales commandées par Turenne, et les Espagnols de Condé: ce dernier allait succomber lorsque Mademoiselle, fille de Gaston d'Orléans, lui ouvrit les portes de Paris et fit, pour dégager ses troupes, tirer le canon de la Bastille contre celles de la couronne. - Grand Condé rejoint les Espagnols dans les Pays-Bas. - La Cour qui s'était entre temps retirée à Poitiers, rentre à Paris. Mademoiselle, Anne Marie Louise d'Orléans, née en 1627, morte en 1693, petite fille du roi Henri IV, cousine germaine de Louis XIV, elle est la fille de Gaston d'Orléans et de Marie de Bourbon, duchesse de Montpensier. Anne Marie Louise de Bourbon-Orléans - l'Histoire la désigne sous le vocable de la Grande Mademoiselle - est Petite-fille de France, duchesse de Montpensier, de Saint-Fargeau et de Châtellerault, Dauphine d'Auvergne.

1652         28 janvier Mazarin rejoint la cour à Poitiers.

1652         2 juillet Grand Condé entre à Paris grâce à l'intervention de la duchesse de Montpensier, dit Mademoiselle, qui fait tirer contre l'armée royale.

1652         4 juillet Massacre de l'Hôtel de ville par Grand Condé.

1652         18 août Mazarin part de nouveau en exil.

1652         16 septembre Prise de Dunkerque par les Espagnols.

1652         21 octobre Retour du roi et de la cour à Paris, amnistie des fondeurs sauf le Grand Condé. Condé a pris la fuite quelques jours plus tôt. Après des années troublées par la Fronde, le roi et sa cour peuvent enfin rentrer dans Paris. Des années plus tard, le roi ne pourra oublier “… ces agitations terribles avant et après ma majorité, une guerre étrangère où les troubles domestiques firent perdre à la France mille et mille avantages, un prince de mon sang et d'un très grand nom à la tête de mes ennemis”.

1652         19 décembre Arrestation du cardinal de Retz, il joua un rôle important dans les troubles de la fronde. Cardinal de Retz, Jean-François Paul de Gondi, plus connu sous le nom du cardinal de Retz (Montmirail, 20 septembre 1613–Paris, 24 août 1679), homme d'État et mémorialiste français. Né Jean François-Paul de Gondi, ce jeune homme de bonne famille est appelé à succéder à son oncle, archevêque de Paris : il fait de brillantes études théologiques, tout en cultivant son penchant pour les histoires de conspirateurs et de héros qui le fascinent bien plus que les saints hommes. Il s'engage sur une voie différente de celle que ses pères avaient tracée pour lui, et participe à différents complots : il conspire contre Richelieu aux côtés du comte de Soissons en 1636, se place au premier rang des frondeurs contre Mazarin en 1648, et s'allie à la reine contre le Grand Condé en 1650. Nommé entre-temps coadjuteur de l'archevêque de Paris en 1643, il est nommé cardinal au début des années 1650, mais le retour de Mazarin sonne le glas de ses belles années. Il est désavoué et emprisonné, s'évade en Espagne, puis en Italie et en Flandres avant d'accepter de démissionner du siège d'archevêque - qui lui revenait en droit depuis la mort de son oncle - contre l'abbaye de Saint-Denis et l'autorisation de revenir en France. Reclus dans son château de Commercy, il prend part aux conclaves en 1662, 1665, 1668, 1670 puis se consacre à l'écriture de ses Mémoires, qui forment un témoignage historique important malgré les dérapages enjoliveurs de leur auteur.

1652         Les Hollandais fondent la colonie du Cap de Bonne Espérance en Afrique du Sud. Le Cap est la cité-mère d'Afrique du Sud et la capitale provinciale du Cap-Occidental.

1652         Cyrano de Bergerac écrit 'Les États et Empires du Soleil'. Savinien de Cyrano de Bergerac (Paris, 6 mars 1619 - Sannois, 28 juillet 1655) est un écrivain français contemporain de Boileau et Molière, poète et libre penseur, Il signe ses écrits de noms plus ou moins imaginaires qu'il rattache au sien. C'est de 1638 que daterait l'ajout de Bergerac, du nom d'une terre qu'aurait possédée sa famille. Il inspira Edmond Rostand pour créer le personnage principal de sa pièce de théâtre 'Cyrano de Bergerac'.

1652         Paul Pellisson écrit 'Histoire de l'Académie française'. Paul Pellisson, Conseiller du roi en ses conseils, maître des requêtes ordinaires de son hôtel, historiographe du roi en 1668. Ami de Mademoiselle de Scudéry ; confident de Fouquet, sa fidélité dans la disgrâce du surintendant lui valut d'être pendant plus de quatre ans enfermé à la Bastille (1661-1666), sa captivité fut pleine d'incidents ; il apprivoisa une araignée aux sons d'une musique qui était un moyen de communication avec l'extérieur. Quatre années après son élargissement, il abjura le protestantisme, le 8 octobre 1670, entra dans les ordres et devint abbé de Gimont et prieur de Saint-Orens, d'Auch.

1653         Fin de la Fronde. - Retour à Paris de Mazarin, qui en était parti dans la crainte de voir Grand Condé s'emparer de la capitale. Le cardinal de Retz qui avait été un des fauteurs de la rébellion est emprisonné. - Exil à Blois de Mademoiselle et de Gaston d'Orléans.

1653         3 février Mazarin est de retour à Paris, marquant la fin de la Fronde.

1653         7 février Nicolas Fouquet et Abel Servien sont nommés surintendant des finances. Nicolas Fouquet ou Foucquet (Paris, 27 janvier 1615–Pignerol, 3 avril 1680), un homme d'État français. Tout-puissant surintendant des finances de Louis XIV, protecteur des écrivains et des artistes, il est disgracié en 1661 par le jeune monarque et jeté en prison, où il meurt dans des circonstances mystérieuses. Abel Servien (Grenoble 1593–Meudon 1659), marquis de Sablé et de Boisdauphin, homme d'État et diplomate français. Il fut secrétaire d'État à la Guerre (1630–1636) et surintendant des finances (1653–1659) sous les ministérats successifs du cardinal de Richelieu et du cardinal Mazarin. Il participa à la négociation des traités de Westphalie. En 1634, il avait été élu à l'Académie française, au fauteuil n°27.

1653         31 mai Le pape condamne le jansénisme. (Bulle Augustinus)

1653         8 juillet Turenne remporte la victoire sur le Grand Condé à Rethel.

1653         3 août Seconde capitulation de Bordeaux.

1653         Parution posthume de la traduction par Vaugelas de 'Quinte-Curce'. Vaugelas, Claude Favre, baron de Pérouges, seigneur de Vaugelas, habituellement appelé Vaugelas, né le 6 janvier 1585 à Meximieux (Ain), mort le 26 février 1650 à Paris, est un grammairien et académicien français. Fils d'Antoine Favre, président du Sénat de Savoie, à Chambéry et baron de Pérouges, il naquit au Clos Vaugelas, paroisse de Meximieux, en Bresse qui, à l'époque, faisait partie des États de Savoie. Parlant le français, l'italien et l'espagnol, il travailla comme interprète à la cour du roi de France Louis XIII. En 1624, à la mort de son père, il devint baron de Pérouges. Outre ses travaux au sein de l'Académie française, Vaugelas participa également à ceux de l'Académie Florimontane à Annecy. Son principal ouvrage, publié en 1647 s'intitule 'Remarques sur la langue française, utiles à ceux qui veulent bien parler et bien écrire'. Vaugelas cherche à y définir et à codifier le bon usage du français, en s'inspirant de la langue parlée à la cour du roi, dans la lignée de Malherbe.

1654         27 mars Le Parlement condamne à mort le prince de Condé (le Grand Condé, Louis II de Bourbon-Condé).

1654         7 juin Louis XIV est sacré à Reims. Louis XIV a un peu plus de quinze ans, lorsqu'il entre dans la basilique de Reims. Il est fait roi dans une France que la Fronde vient d'ébranler. Pour éviter au roi de traverser des campagnes ruinées et peu sûres, Mazarin a fait porter à Reims la chasse, le coffre qui contient les reliques du saint devant lequel, traditionnellement, le roi se recueille à l'abbaye de Coberny.

1654         août Évasion du cardinal de Retz qui se réfugie à Rome.

1654         25 août Défaite du prince de Grand Condé face aux armées royales à Arras.

1654         3 novembre Traité entre la France et Cromwell (Angleterre) scellant leur alliance contre l'Espagne.

1654         Madame de Scudéry écrit 'Clélie’

1655         Début de la Première Guerre du Nord (fin en 1660). Invasion de la Pologne par les Suédois qui s'emparent de Varsovie et de Cracovie. Jean II Casimir Vasa se réfugie en Silésie. Charles X Gustave de Suède assiège Czestochowa mais échoue devant le monastère des Paulins (réputé miraculeux, cet évènement alimente la propagande de la Contre-Réforme). Une partie des magnats, parmi lesquels Jean Sobieski, futur roi), se prononcent pour l'élection au trône de Pologne de Charles X Gustave. Mais excédée par les brutalités des troupes suédoises, la population polonaise organise la résistance. La Première Guerre du Nord est le nom que prit la phase terminale de la guerre de succession entre la Suède et la Pologne entre 1655 et 1660. Elle eut comme prétexte que le roi de Pologne Jean II Casimir Vasa refusait de reconnaître le roi de Suède Charles X. La vrai raison est la volonté suédoise d'agrandir son territoire. Charles X envahit la Pologne et celle-ci fut soutenu par l'Autriche, la Russie et le Danemark. Cette guerre se termina lorsque le roi polonais renonça définitivement à ses prétentions sur le trone de Suède. Le Danemark lui céda Skane (Traité de Roskilde). La Silésie est une région située pour l'essentiel au sud-ouest de la Pologne, une partie se trouvant au-delà de la frontière avec la République tchèque.

1655         20 mars Louis XIV fait enregistrer des édits financiers par lit de justice.

1656         22 avril Création de l'hôpital général à Paris. Une déclaration organise l'institution des hôpitaux généraux, à l'origine du grand "renfermement des pauvres" et des vagabonds. Hôpital général, la Fronde engendra une crise économique et un développement de la pauvreté lors du règne de Louis XIV. Le 27 avril 1656, le pouvoir royal créait l'hôpital général qui avait pour objectif de dispenser des soins aux pauvres, aux filles-mères... mais aussi servir de lieu d'"enfermement" pour les mendiants. Il permet de regrouper différents établissements parisiens créés sous Henri IV (Hôpital de la Charité et Hôpital Saint-Louis), sous Louis XIII (Hôpital de la Pitié, Hôpîtal des Convalescents, Hôpital Laënnec) et au début du règne de Louis XIV (Hôpital du Saint-Nom de Jésus-Christ). En 1670, il intégrera la Maison de Couche de Paris qui devient l'Hôpital des Enfants-Trouvés. A côté de l'Hôpital Général existe de nombreux établissements relevant de l'Hôtel-Dieu de Paris.

1656         24 mars Dispersion des solitaires à Port-Royal, miracle de la Sainte-Épine. Miracle dit "de la Sainte-Épine", un événement intervint qui bouleversa Pascal : la guérison miraculeuse de sa nièce, Marguerite Périer, dans la chapelle de Port-Royal de Paris. La jeune fille était atteinte d'une fistule lacrymale qui la défigurait et faisait pourrir l'os de son nez ; alors que les médecins désespéraient de la sauver et songeaient à lui appliquer le fer rouge, elle fut guérie au contact d'une relique de la couronne d'épines du Christ. Ce miracle dit "de la Sainte-Épine", bientôt reconnu comme tel par les autorités ecclésiastiques, fut considéré par Pascal et par tout Port-Royal comme un signe de Dieu en faveur du monastère injustement persécuté. Pascal médita à cette occasion sur le rôle des miracles dans la religion chrétienne, et eut à ce moment l'idée de rédiger une apologie du christianisme dont il ne reste que des brouillons préparatoires, les Pensées.

1656         27 juillet Spinoza est excommunié. S'intéressant aux philosophies de Descartes et Hobbes et fréquentant des Chrétiens, le jeune Baruch de Spinoza s'attire les foudres des fanatiques juifs. Les rabbins d'Amsterdam décident de l'excommunier. Libre penseur ne se souciant guère des traditions, Spinoza poursuivra sa route et développera seul son système philosophique panthéiste, à côté de son travail alimentaire : le polissage du verre. Toutefois, il subit également une tentative de meurtre et ne pourra jamais diffuser librement son savoir. Son oeuvre majeure, "l'Ethique", ne sera publiée qu'après sa mort sans mention de son nom et il faudra attendre un siècle pour qu'un apaisement religieux permette de lire ses oeuvres.

1656         Abbé de Pure écrit 'La Précieuse ou les mystères des ruelles'. Abbé de Pure, de son vrai nom Michel de Pure. Né en 1620 (Lyon, Rhône), mort en 1680 (Paris) à l'âge de 60 ans. Sa première oeuvre a été publiée en 1656 (il avait 36 ans). Il a été et s'est occupé de : Aumonier, clergé, Histographe du Roi, pensionné.

1656         Jean Chapelain écrit 'La Pucelle’

1656         Blaise Pascal écrit 'Les Provinciales’

1656         Diego Vélasquez peint 'Les Ménines'. Velazquez peint son chef-d'oeuvre, "Les Ménines". Par un jeu de perspectives et de reflet, le tableau donne le sentiment au spectateur d'en être le sujet. En effet, Velazquez est représenté le pinceau à la main devant son pupitre. Il regarde dans la direction du spectateur, tandis qu'un miroir au "fond" du tableau suggère que les sujets du peintre sont le roi et la reine. Le tableau doit son titre à la présence de l'infante Marguerite et deux ménines, c'est-à-dire ses demoiselles d'honneur. Les Ménines, connue également sous le nom 'La famille de Philippe IV', est l'une des peintures les plus célèbres de Diego Vélasquez. Achevée en 1656, elle représente l'infante Marguerite, fille de Philippe IV d'Espagne, Marianne d'Autriche et leurs dames d'honneur. Au fond de la pièce apparaît le couple royal dans le reflet d'un miroir (on pensera au miroir convexe se trouvant sur le mur du fond dans le tableau 'Les époux Arnolfini' de Jan van Eyck). À la gauche du tableau, Vélasquez s'est représenté peignant. Tout le mystère de ce tableau réside dans la présence du peintre et du reflet des monarques.

1656         invention du balancier d'horloge (pendule) par Christiaan Huygens. Christiaan Huygens (14 avril 1629, La Haye — 8 juillet 1695) était un mathématicien, un astronome et un physicien néerlandais. Il est généralement associé à la révolution scientifique. Huygens contribua beaucoup dans de divers domaines. Les premières publications de Huygens considérèrent des problèmes de dénombrement, d'intégration ainsi que la carrification du cercle. Il écrivit en 1654 'De circuli magnitudi inventa' grace auquel il établit sa réputation de mathématicien. Bientot Huygens s'intéressa au meulage et polissage des lentilles et à la construction de télescopes. La définition plus fine obetnue grace à une de ses propres lentilles lui permit de découvrir un satellite de Saturne et de fournir la première description précise des anneaux de Saturne. La nécessité de disposer d'une mesure exacte du temps pour l'observation du ciel l'amena à appliquer les lois du pendule composé pour régler les mouvements des horloges et des montres. Huygens inveta en 1656 la première horloge à balance, ce qui augmenta considérablement la précison en mesure du temps. Ses nombreuses découvertes scientifiques lui valurent une large reconnaissance et les honneurs parmi les scientifiques du XVIIe siècle.

1657         23 mars Traité de Paris scellant l'alliance franco-anglaise contre l'Espagne. Traité accordant la remise par la France des places maritimes de Flandres entre les mains des Anglais. Par ce traité, Mazarin promettait à Cromwell, en échange de son appui militaire, de remettre à l'Angleterre la ville de Dunkerque, une fois celle-ci prise aux Espagnols. En attendant, les Anglais pourraient occuper Mardyck ou Gravelines. Ce faisant, Mazarin n'hésitait pas à placer des villes catholiques sous la domination d'une puissance protestante. Belle occasion pour Retz de clouer Mazarin de vitupérer, sans sotte honte, contre cette politique machiavélique.

1657         Abbé d'Aubignac écrit 'Pratique du théâtre'. François Hédelin, abbé d'Aubignac (Paris, 4 août 1604 - Nemours, 25 juillet 1676), est un dramaturge et théoricien français du théâtre. Fils d'avocat et petit fils d'Ambroise Paré par sa mère, François Hédelin est d'abord destiné au barreau, mais il se tourne rapidement vers une carrière ecclésiastique en devenant le précepteur du neveu de Richelieu. Il obtient alors l'abbaye d'Aubignac et celle de Mainac.

1657         Guez de Balzac écrit 'Entretiens’

1657         Nicolas Boileau écrit 'Les Satires' (réd.)

1657         Johannes Vermeer peint 'Une jeune fille assoupie'. Une jeune fille assoupie est un tableau de Johannes Vermeer peint vers 1657. Le thème pourrait être la désillusion amoureuse: la position de la jeune femme se rapproche en effet des sculptures attiques funéraires (IVe siècle av. J.-C.) et des miniatures gothiques. Entre la rêverie amoureuse et l'alcoolisme, impossible de trancher : Johannes Vermeer joue avant tout avec l'ombre et la lumière dans un espace clos pour créer une atmosphère dans laquelle chacun trouve ce qu'il veut.

1658         14 juin Turenne remporte la bataille des Dunes sur Grand Condé (Louis II de Bourbon-Condé) et les Espagnols. Près de Dunkerque, les Français commandés par Turenne remportent une victoire décisive sur les Espagnols menés par le prince de Condé (le Grand Condé, Louis II de Bourbon-Condé) et don Juan d'Autriche. La bataille des Dunes le 23 mai 1658, est une victoire des armées française et anglaise (alliées depuis peu), commandées par le vicomte de Turenne, sur l'armée espagnole des Flandres commandée par prince de Condé et Don Juan d'Autriche.

1658         15 juin Les Anglais arrache Dunkerque aux Espagnols.

1658         La troupe de Molière s'installe à Paris.

1658         24 octobre Représentation de Molière devant le roi et la cour au Louvre.

1658         Antoine Furetière écrit 'Histoire des derniers troubles arrivé au royaume d'éloquence'. Antoine Furetière, né le 28 décembre 1619 à Paris, mort le 14 mai 1688 à Paris, est un lexicographe et membre de l'Académie française. Né dans une famille de la petite bourgeoisie parisienne, Antoine Furetière se destina de prime abord à faire carrière dans le droit, tout en s'intéressant vivement à l'histoire antique et aux langues orientales. Il fut reçu au barreau de Paris en 1645 et s'acheta une charge de procureur fiscal auprès de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, ce qui le conduisit rapidement à vouloir entrer dans les ordres. Il deviendra d'ailleurs, en 1662, abbé de Chalivoy, dans le diocèse de Bourges (actuelle commune de Chalivoy-Milon, Cher) et prieur de Pruines (actuel Aveyron). Parallèlement, il commença à s'intéresser à la littérature, publiant divers romans, fables et poésies, ce qui lui valut l'attention de l'Académie française.

1659         Saint-Louis (au Sénégal) est fondée. Saint-Louis est la deuxième ville du Sénégal. Elle est souvent appelé "Saint-Louis du Sénégal". Elle fut fondée en 1659, dans une île du fleuve Sénégal, longue de 2 kilomètres et large de 300 m, par des marins de Dieppe (Normandie) et fut baptisée ainsi en l'honneur du roi de France Saint Louis et aussi, au travers du saint roi son ancêtre et homonyme, le souverain régnant Louis XIV. Elle fut la première ville fondée par les Européens en Afrique occidentale et devint la capitale politique de la colonie française et de l'Afrique occidentale française, jusqu'en 1902, puis capitale du Sénégal et de la Mauritanie. Elle resta un comptoir de commerce français important jusqu'en 1957.

1659         1er octobre Mémoire de Colbert dénonçant les malversations de Fouquet. Depuis plusieurs années il dénonçait les pratiques de Nicolas Fouquet, le surintendant des finances, il parvient à obtenir sa disgrâce. Fouquet est arrêté à Nantes le 15 septembre 1661 et Colbert lui succède à la tête de l'administration des finances d'abord en tant qu'intendant des finances puis comme contrôleur général.

1659         7 novembre Traité des Pyrénées négocié par Mazarin et Luis de Haro, et qui met fin aux hostilités entre la France et l'Espagne. Il porte que Louis XIV épousera la fille de Philippe IV d'Espagne, Marie-Thérèse, et renoncera à tous ses droits sur la couronne d'Espagne, moyennant le versement par cette puissance d'une dot de 500 000 écus d'or à Marie-Thérèse; Mazarin n'ignorait pas que l'Espagne devant être pour longtemps hors d'état de verser cette dot, Louis XIV conservait ipso facto ses droits éventuels à la succession de Charles II d'Espagne. Le Grand Condé sollicite sa rentrée en grâce et est remis en possession de son commandement. Le traité des Pyrénées est une paix conclue entre le royaume d'Espagne et celui de France à l'issue d'une partie de la guerre de Trente Ans : la guerre franco-espagnole commencé en 1635, et qui s'est continuée pendant la Fronde. Il est signé le 7 novembre 1659 sur l'île des Faisans, sur le fleuve Bidassoa qui marque la frontière entre les deux royaumes dans les Pyrénées-Atlantiques. Philippe IV d'Espagne y est représenté par don Luis de Haro et Louis XIV de France par Hugues de Lionne.

1659         Présentation des 'Précieuses ridicules' par Molière et sa troupe. La comédie de Molière est représentée pour la première fois sur la scène du théâtre du Petit-Bourbon à Paris.

1659         invention de la pompe à air par Robert Boyle. La pompe à air, mise au point en 1659 par Robert Boyle, est un instrument qui permet de créer le "vide" (baisse de pression) dans une cloche en verre. Robert Boyle est un physicien et chimiste irlandais (1627-1691). Robert Boyle naquit dans une famille riche et noble. Deux passions régirent sa vie : le christianisme et la science expérimentale.

1660         9 juin Mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne. La paix des Pyrénées avec l'Espagne a été signée le 7 novembre précédent et comportait en clause spéciale le mariage de Louis XIV avec l'infante d'Espagne, Marie-Thérèse. La rencontre des deux cours se fait à Fontarabie où une île artificielle a été mise en place sur la Bidassoa. C'est le peintre Diego Vélasquez et le premier peintre du roi de France, Charles Le Brun, qui en ont assuré la décoration. La cérémonie du mariage a lieu dans la petite église de Saint-Jean-de-Luz. Marie-Thérèse d'Autriche (Madrid, 1638 - Versailles, 1683), Reine de France. Fille du roi d'Espagne Philippe IV d'Espagne et d'Élisabeth de France, Marie-Thérèse naquit le 10 septembre 1638 à Madrid. Son éducation a été étroite, rigide, et profondément dévote. Depuis son plus jeune âge, Marie-Thérèse vécut dans l'intime conviction d'épouser Louis XIV, son cousin doublement germain. Plus tard, après son mariage, on demanda un jour à Marie-Thérèse si elle avait éprouvé quelque penchant de jeune fille lorsqu'elle était encore en Espagne. "Mais non bien sûr, répondit-elle naïvement, il n'y avait qu'un seul roi et c'était mon père !".

1660         26 août Entrée solennelle du roi et de la reine à Paris.

1660         29 août Charles II d'Angleterre rentre à Londres. Charles II, proclamé roi d'Angleterre, fait son entrée à Londres. Fils de Charles Ier, qui avait provoqué une guerre civile dans le royaume à l'issu de laquelle il avait été décapité, s'était exilé en 1649. Entre 1649 et 1658, Olivier Cromwell exerça un pouvoir personnel. Son fils, Richard Cromwell, ayant démissionné, la dynastie des Stuart est restaurée. Charles II d'Angleterre (29 mai 1630, Londres – 6 février 1685, Whitehall), devient roi d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande le 29 mai 1660. Il était le fils de Charles Ier et d'Henriette Marie de France, fille d'Henri IV de France, et soeur de Louis XIII.

1660         Début de l'apogée du classicisme (1660-1680). Le classicisme est un mouvement artistique du XVIIe siècle. Il s'exprima dans tous les domaines de l'art, de l'architecture à la musique, en passant par la peinture et la littérature. Contrairement aux autres courants qui le précèdent, le Classicisme touche principalement la France. Le but premier de ce mouvement littéraire est de concevoir une harmonie dans les textes, les écrits. À cette époque, les écrivains doivent se plier à des règles strictes car il ne faut pas oublier que le Classicisme atteint son apogée avec le règne de Louis XIV, le "Roi-soleil". Pourquoi ? Tout simplement parce qu'après les excès du Baroque, il fallait remettre un peu d'ordre et que le désir du roi de laisser sa trace dans l'histoire était très élevé. Cette littérature sert également à représenter la gloire du Roi et à montrer la beauté du peuple français. On y retrouve l'idéal de l'honnête homme qui se doit d'agir comme s'il était à la cour du Roi (cultivé, humble, courtois). Elle se doit, de plus, d'être réaliste sans toutefois manquer de respecter les règles de la bienséance, ce qui modère grandement l'aspect de réalisme mais qui conserve la noblesse. C'est une période où on retrouve un climat religieux, moralisateur comme avec les 'Fables' de La Fontaine. On y retrouve aussi un retour aux textes antiques et l'ajout de trois règles fondamentales dans les grands drames théâtraux : unité de lieu (un seul lieu), d'action (fil conducteur) et de temps (généralement une seule journée). On peut observer ces caractéristiques dans 'Andromaque' de Jean Racine. Le classicisme en peinture est mis en forme par Nicolas Poussin et Claude Lorrain, tous les deux peintres français travaillant a Rome. Il sera repris par Charles Le Brun qui grâce a son contrôle de l'Académie royale de peinture et de sculpture et aux commandes du roi Louis XIV pour la décoration du château de Versailles en fera le mouvement officiel en France et influencera grandement toute une génération de peintres français et le reste de l'Europe. Comme dans les autres disciplines, le classicisme en peinture tend vers un idéal de perfection et de beauté, inspiré de ce que l'on croit alors être les vertus de l'Antiquité. Des règles précises et strictes peuvent et doivent exprimer la représentation de la nature. Classicisme. Fondé sur l'imitation des Anciens, l'idéal esthétique du classicisme se caractérise par une grandeur dans la clarté, le naturel et par une rationalité interne, exprimée par des règles. Au XVIIe siècle, il s'applique aux oeuvres artistiques et littéraires françaises, la France étant le pays le moins marqué par le baroque. L'esthétique classique se répand peu à peu en Europe et sera le modèle du "beau" au XVIIIe siècle. Le goût classique se manifeste d'abord dans la littérature, puis rapidement dans les arts plastiques. Les écrivains et poètes recherchent, avant tout, la clarté dans la langue et la rhétorique, la simplicité, l'équilibre et l'harmonie. Il existe un lyrisme personnel comme chez Pascal, mais les considérations générales sur l'homme priment sur la subjectivité de l'auteur. Le théâtre est dominé par la règle des unités (de lieu, de temps, d'action), reprise au nom des Anciens. En peinture, la beauté classique est liée à une composition qui repose sur l'opposition rigoureuse des verticales et des horizontales. Dans la recherche du "naturel", la prééminence du dessin, le respect du clair-obscur et l'harmonie des couleurs sont de rigueur, pour exalter le style noble à visée intemporelle.

1660         Fondation de la Royal Society. Royal Society, la Royal Society of London for the Improvement of Natural Knowledge de Londres connue plus simplement sous le nom de Royal Society (soit en français, Société royale de Londres) est une institution destinée à la promotion des sciences fondée en 1660. Elle est l'équivalent de l'Académie des sciences en France.

1660         mort de Velasquez.

1661         9 mars Mort du cardinal de Mazarin. Mazarin a cinquante-neuf ans, quand, atteint d'un oedème pulmonaire et d'une néphrite chronique, il est emporté par une crise d'urémie. Avant de mourir, il confie au roi Louis XIV : “Sire, je vous dois tout. Mais je crois m'acquitter en quelque manière en vous laissant Colbert”. Première année du gouvernement personnel de Louis XIV. - Il conserve les ministres dont s'était entouré Mazarin : Séguier, garde des sceaux et chancelier; Le Tellier, chargé du département de la guerre; Lionne, de la marine et des affaires étrangères; Fouquet, des finances. François Michel Le Tellier, marquis de Louvois (18 janvier 1641 à Paris - 16 juillet 1691 à Versailles) fut un homme d'État français. Pour obtenir des conversions forcées, il organise des dragonnades où la soldatesque a la mission d'agir pour imposer la terreur. La méthode brutale obtient des résultats mais il s'attire notamment la haine de Madame de Maintenon, qui obtient sa disgrâce en 1689.

1661         10 mars Louis XIV annonce qu'il gouvernera seul.

1661         "Non seulement il s'est fait des grandes choses sous son règne, mais c'est lui qui les faisait". Ainsi Voltaire a célébré le siècle de Louis XIV dans les années 1750. Ainsi il est convenu d'appeler aussi Grand Siècle la période de ce long règne de cinquante-quatre années (1661-1715) sous la domination d'un monarque qui tout à la fois incarne et dirige la nation. Quelle est cette nation française qui a suscité une si grande admiration auprès des générations suivantes et marqué de sa suprématie l'Europe de son temps ? La France compte environ 20 millions d'habitants qui, dans les premiers temps du règne (1661-1685), ont offert le spectacle d'un rassemblement de toutes les forces du pays autour de son roi. Après les troubles sanglants de la Fronde, la population entière aspire à l'ordre et à la stabilité. Louis XIV va répondre aux voeux de ses sujets : en monarque absolu, il concentre tous les pouvoirs gouvernementaux autour de sa personne. L'État, c'est lui. Le pouvoir, il l'exerce désormais sans partage sur des sujets, grands ou petits, qui lui doivent obéissance “sans discernement”. D'ailleurs, un texte déjà ancien ne précise-t-il pas que la puissance souveraine du roi "est un rayon et l'éclat de la toute puissance de Dieu ?". La comparaison avec le soleil vient d'elle-même et Louis XIV ne manquera pas de l'adopter pour emblème dès 1662. Roi Soleil, lieutenant de Dieu sur terre, le monarque absolu ne faiblira jamais, dans les années de gloire comme dans les heures sombres de la fin du règne, pour imprimer sa prééminence, à l'étranger comme en son royaume. Tutelle sur ses sujets d'abord. Comme va se raidir jusqu'à l'excès l'étiquette de la Cour, la société française va se durcir dans sa hiérarchie et ses cloisonnements. Trois ordres composent cette société : le clergé, la noblesse, le tiers état. Le clergé est en principe le premier ordre du royaume. Sa fonction sociale étant la prière, l'assistance et l'instruction, il est exempt d'impôt. Comme tous ses prédécesseurs, Louis XIV va tenter d'accroître l'emprise de la royauté sur le clergé. Le concordat de Bologne lui a généreusement accordé la nomination des évêques et des abbés. Mais il voudrait plus. Bien que soutenu dans ses efforts par Bossuet qui, en publiant La politique tirée des propres paroles de l'Écriture sainte, fait une théorie de la monarchie de droit divin, le roi échoue à tenir L'Église sous sa domination absolue. Le clergé résiste en créant ses propres organes de représentation et la toute puissante Assemblée générale du clergé de France. La religion chrétienne, catholique, apostolique et romaine est religion d'État. Sujet du royaume, on naît "Français et chrétien" comme l'écrit La Bruyère. L'état civil est d'ailleurs tenu par le clergé. La pratique religieuse revêt un caractère obligatoire pour tous. Processions dans les villes et les villages, culte des reliques, pèlerinages exercent un grand attrait. Suivant l'exemple de leur roi, très croyant et pieux, les hommes n'en sont pas pour autant toujours vertueux. Les superstitions subsistent, même dans les milieux sociaux les plus élevés. Ainsi les "messes noires", les faiseuses de sortilèges ou les prêtres défroqués, fabricants de philtres d'amour, connaissent-ils de nombreux adeptes qui vont contaminer jusqu'à l'entourage du monarque. Quand le crime se mêle à la messe noire, ou que madame de Montespan, la maîtresse de Louis XIV, est impliquée, cela devient une affaire d'État que l'on s'empresse d'étouffer pour que le scandale n'éclabousse pas le roi. Mais le plus souvent la chasse aux sorcières est impitoyable. On brûle les prêtresses de ces agissements hérétiques, les "empoisonneuses" comme la Voisin, ou on les décapite en place de Grève, comme la marquise de Brinvilliers. Bien qu'ayant défrayé la chronique, l'Affaire des poisons n'a cependant jamais menacé l'autorité de l'Église catholique. Beaucoup plus inquiétants restent ces "îlots de dissidence" que forment les protestants au sein de la chrétienté. Les quelques 900 000 protestants ou huguenots que compte le pays ne peuvent longtemps être tolérés par Louis XIV dont la formule "un roi, une loi, une foi" résume la politique d'unité nationale et religieuse. La révocation de l'édit de Nantes (18 octobre 1685) en sera le terrible aboutissement "logique". Cette mesure de combat est favorablement accueillie par la majorité du peuple français, qui pense comme le roi qu'une pluralité de confessions "défigure l'État". Mais ni les dragonnades, ni les brimades, ni la force ne réussissent à contraindre de nombreux protestants à embrasser la religion catholique. Plus de 300 000 d'entre eux préfèrent l'exil à l'abandon de leur foi. C'est une hémorragie de l'élite française. Avec eux, les protestants emportent des talents et des compétences inestimables qui vont faire la fortune de villes comme Genève, Berlin, La Haye et de nombreuses petites principautés allemandes. Jusqu'en 1787, le protestantisme n'a plus d'existence légale en France. Autres révoltés, autres victimes que la politique royale n'a pu totalement réduire : les jansénistes. Au sein du catholicisme, ces réformateurs, ces "hommes de cabale" osent se dresser contre l'absolutisme monarchique. En jetant les protestants sur les routes, Louis XIV s'est attiré des haines tenaces et l'indignation d'une grande partie de l'Europe. En persécutant la "secte janséniste", il s'aliène une partie de l'opinion publique et du clergé urbain français. Car les doctrines développées par l'évêque d'Ypres, Jansen (et relayées par les écrits du philosophe Blaise Pascal) séduisent aussi bien des gens d'Église que de simples particuliers. Dans les ouvrages théologiques de Jansen ou dans 'Les Provinciales' de Pascal (opposant la morale “relâchée” des jésuites à la rigueur mystique des jansénistes), la bourgeoisie parisienne et parlementaire trouve son pain spirituel quotidien et le rigorisme auquel elle aspire. Pour le roi, cette rigidité de moeurs proclamée est d'autant moins admissible qu'elle peut apparaître comme une condamnation silencieuse du luxe et du libertinage de la cour. Après quelques années de trêve et de compromis, les persécutions de jansénistes reprennent et redoublent dès 1679, pour s'achever sur la déportation, à tous les bouts du royaume, des vingt-cinq dernières religieuses, toutes très âgées, de l'abbaye de Port-Royal (1708). Comme nombre de Parisiens et de curés indignés s'y rendent encore en manière de pèlerinage, il est ordonné de raser les bâtiments de l'abbaye et les Petites Écoles attenantes, où Jean Racine fut élève. Le couvent de Port-Royal anéanti, les temples protestants détruits font la satisfaction de l'Église mais aussi des jésuites qui voient exclure à la fois des ennemis doctrinaires et des rivaux possibles dans l'enseignement. Car l'enseignement est l'un des rôles essentiels des congrégations religieuses. Avec 150 collèges et près de 60 000 élèves en 1700, la Compagnie de Jésus reste néanmoins la première à former les jeunes Français qui font des études secondaires ou supérieures. Cette formation, qui façonne si fortement les esprits, va d'ailleurs attirer l'attention sur le contenu de l'enseignement des jésuites. On a remarqué que nombre de "déistes" notoires sont sortis de leurs collèges. Or qui sont ces déistes ? Des disciples de Descartes, des rationalistes portés par la pensée critique, l'esprit de doute et de libre examen. Pour eux, Dieu existe, mais est indifférent au sort des hommes ; par conséquent il n'y a aucune raison de lui rendre un culte. A Versailles ou au sein de l'autorité ecclésiastique, on ne peut admettre ces théories considérées comme "anti-religieuses" : la philosophie cartésienne est officiellement interdite dans l'enseignement. Néanmoins, hors des écoles, on prend des "leçons de cartésianisme" en petites assemblées discrètes et Descartes est l'objet d'un véritable engouement, poursuivant ses conquêtes dans les milieux lettrés et scientifiques. L'Église ne se borne pas à faire respecter le dogme ou à en interdire les déviations. A son rôle d'enseigner, d'assurer le culte et de diriger la vie spirituelle des fidèles, s'ajoute celui d'assumer la lourde tâche de l'assistance publique. Ainsi les communautés religieuses administrent les hôpitaux dont le réseau est développé par l'édit de 1662, qui prescrit l'ouverture d'un établissement hospitalier dans toutes les grandes villes. Comme s'accroît également le nombre des séminaires, s'élèvent la valeur des prêtres et la spiritualité dans les couvents et les monastères. En droit, n'importe qui peut parcourir toute la carrière dans l'ordre du clergé, sans considération de naissance ou de fortune. Mais rarissime reste l'exemple d'un humble roturier qui accède à la direction des grandes abbayes et des archevêchés ou puisse prétendre au cardinalat. Aussi, deuxième ordre juridique, la noblesse est en fait le premier ordre social. Elle se définit comme un corps dont la fonction est la guerre et le commandement. Par les armes, elle assure la sécurité contre l'étranger, l'ordre intérieur et exerce les offices publiques correspondants. Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, maréchal de France, en est le glorieux représentant. Le corps de la noblesse se recrute par la naissance et une mésalliance est l'équivalent du péché originel. La noblesse a ses marques extérieures : seul le noble a droit à la qualité de gentilhomme, seul il peut porter l'épée, jusque dans la chambre du roi. Puisqu'il paye l'impôt du sang, le gentilhomme est aussi exempt de l'impôt direct, en argent. Il vit de ses rentes, le plus souvent du revenu de ses terres. S'il peut pratiquer une activité, il ne peut en tirer profit : le gain est vil et méprisable mais le hobby n'est pas défendu. On a même vu des rois s'essayer aux travaux manuels, tel Louis XIII à l'imprimerie, ou Louis XVI à la serrurerie. Louis XIV leur préfère les jeux de l'esprit et les plaisirs de la musique : il sera meilleur guitariste que compositeur et versificateur. Tous les nobles n'ont pas les talents du roi mais se doivent de dépenser sans compter, d'éblouir leurs amis par la splendeur de leur train de vie. Attirer tous les regards sur soi en étalant un luxe inouï risque néanmoins d'être dangereux. Ainsi le surintendant Nicolas Fouquet en fit l'amère expérience. La fête donnée dans son château de Vaux-le-Vicomte en l'honneur de Louis XIV atteignit une telle magnificence qu'elle en parut ternir l'éclat du Roi Soleil. Peu après, un certain mousquetaire nommé d'Artagnan sera chargé d'arrêter l'impudent qui mourra en prison. La leçon est comprise : gare à celui qui oserait faire de l'ombre au souverain. D'ailleurs, quelle fortune peut rivaliser dès 1682 avec les fastes et les fêtes de Versailles ? En dépit de son inachèvement, la nouvelle résidence royale fait l'admiration de toutes les cours d'Europe qui voudront l'imiter. Le roi a le goût sincère des beaux-arts. Mais il pense surtout “qu'au défaut des actions éclatantes de la guerre, rien ne marque davantage la grandeur et l'esprit des princes que les bâtiments”. Pour agrandir le modeste pavillon de chasse qui avait appartenu à son père et qu'il veut conserver, Louis XIV fait appel aux maîtres d'oeuvre dont le surintendant Fouquet s'était lui-même entouré. L'architecte Le Vau, le peintre Le Brun, le jardinier Le Nôtre, l'ingénieur des eaux Francine. L'architecte Hardouin-Mansart intervient plus tard au château mais aménage à Paris la place Vendôme et la place des Victoires, destinées à servir de cadre aux statues équestres du roi. Il réalise aussi le dôme de l'hôtel des Invalides, doré à l'or fin, qui va couronner les bâtiments édifiés par l'architecte Libéral Bruant, créateur également de l'église de la Salpêtrière. D'autres hommes de talent vont travailler à l'ameublement des grandioses appartements princiers de Versailles, dont l'ébéniste Boulle qui s'est rendu célèbre par un mobilier ornementé de bronze doré sur fond d'écaille incrusté d'arabesques de cuivre. Les meilleurs artistes du temps vont s'employer à réaliser "la plus grande réussite artistique des Temps Modernes" qui imposera pour un siècle à l'Europe "la supériorité de l'art et du style français". Ainsi, pendant des décennies, le château est remanié et embelli d'une décoration somptueuse pour laquelle le mécénat royal ne va pas lésiner. En tant que surintendant des Bâtiments, Colbert est chaque jour pressé par le roi qui surveille personnellement l'avancement des travaux. Pas moins de 30 000 hommes s'y consacrent, sans parler de la centaine de morts ou de blessés au cours des travaux. Également contrôleur général des Finances, Colbert se ruine la santé pour dégager les sommes fabuleuses (3 à 5 millions par an jusqu'en 1683, sur un budget d'environ 120 millions) que la construction de Versailles exige ou pour payer les commandes qui pleuvent sur les artistes des académies de peinture et de sculpture. Le souverain a ses goûts esthétiques, et les impose. Un temps, le style baroque venu d'Italie avec Le Bernin a séduit. Puis cet art du mouvement a été rejeté en faveur d'un style plus mesuré et équilibré. A Versailles, c'est l'idéal classique qui triomphe. Pour et par Versailles, l'académisme, ce culte exclusif de l'antique, est né. Premier peintre du roi, Le Brun (puis à sa suite, Mignard), veille à ce que les artistes qui travaillent sous ses ordres respectent cette inspiration de l'antiquité. L'Académie de France à Rome est créée pour que de jeunes plasticiens étudient les chefs-d'oeuvre des Anciens et s'en imprègnent. Parmi la foule des talents qui se révèlent, Le Brun comme Colbert doivent discerner ceux qui ajouteront par leurs oeuvres un lustre nouveau au prestige royal. Mais Versailles n'est pas seulement un décor magnifique, avec sa galerie des glaces de soixante-dix mètres de long, ses plafonds peints, les admirables perspectives et ordonnancement de ses jardins, ses théâtres de verdure, ses bassins et ses fêtes nautiques. Versailles, c'est avant tout le cadre monumental où se déroule quotidiennement une sorte de culte monarchique. La pompe du cérémonial et de l'étiquette est un spectacle permanent organisé autour du roi et dont les acteurs et les figurants sont les quelques quatre ou cinq mille nobles qui s'empressent d'en devenir aussi les plus zélés serviteurs. La noblesse tapageuse et turbulente, autrefois même dangereuse pour l'autorité royale, est ainsi domestiquée, attentive au moindre geste ou désir du souverain. Avec Versailles, la profession de courtisan est née. Décrit par La Bruyère, le courtisan est un professionnel qui “sourit à ses ennemis, contraint son humeur, déguise ses passions, dément son coeur” ; ou comme l'écrit Madame de Sévigné, c'est un caméléon qui “rampe, par coutume, aux pieds des ministres et des favoris”. Être le favori du monarque est la principale préoccupation du courtisan ; se tenir au plus près du Soleil qui, contre un mauvais logement au palais, réchauffe les carrières, dispense les pensions, fait ou défait les fortunes. Hormis les rivalités de coteries, l'argent est la seconde préoccupation de la noblesse. Peu de nobles ont suffisamment de ressources pour suivre le train de vie imposé à la Cour. Généreux entre tous, le roi y pourvoit en multipliant faveurs et charges (chambellans, échansons, écuyers) qui asservissent encore la haute noblesse et l'enferme dans une cage dorée. Les nobles et surtout belles dames ne sont pas les dernières à profiter de la bonté du roi. Versailles, c'est aussi le temps des grandes favorites, Mademoislle de La Vallière, Madame de Fontanges, Madame de Montespan... Pour elles, mais aussi pour célébrer ses éclatants succès diplomatiques et militaires, Louis XIV ordonne des fêtes éblouissantes. Il fait appel à Francine pour présider à la machinerie des grandes eaux et au lancement des feux d'artifice. Il commande à Molière une comédie, à Corneille ou Racine une tragédie. Couperin écrit une messe, Lully compose à la hâte un opéra ballet au cours duquel sa Majesté ne dédaignera pas de danser, travesti en Apollon. Protégés et pensionnés par le prince, les artistes, comme les nobles, sont les serviteurs obligés de sa gloire. Durant les vingt premières années du règne, les louanges du roi sous le pinceau des artistes ou sous la plume des plus grands auteurs sont pour la plupart sincères. Ils encensent à la fois le héros conquérant, la France de Louis le Grand, et expriment la reconnaissance qu'ils doivent au protecteur des arts et des lettres. Les Français commencent à se persuader que le siècle n'a rien à envier à ceux de Périclès ou des Médicis. C'est dans “un climat de juste fierté nationale” que sont nés, entre 1660 et 1680, les grands chefs-d'oeuvre de Racine, Molière et Boileau, les 'Maximes' de La Rochefoucauld, 'La Princesse de Clève' de Madame de La Fayette, la presque totalité des 'Fables' de La Fontaine. Jeune, victorieux sur la scène européenne, admiré et craint par les cours étrangères, le roi peut faire preuve d'une certaine tolérance envers les audaces des artistes qu'il protège. Sans sa protection, les intrigues des dévots auraient sans doute brisé la carrière d'un Molière. Après 1685, les choses changent. En conflit avec la plupart des États voisins, subissant l'influence dévote de Madame de Maintenon, le roi vieillissant impose à la cour un style plus austère. Les moeurs tournées en ridicule, la satire du libertinage ou du despotisme des grands ne sont plus de mise. La période des fêtes et des bals fait place à celle des guerres improbables et ruineuses. La célébration des victoires par les arcs de triomphe des portes Saint-Martin et Saint-Denis est loin. Le temps n'est plus aux Plaisirs de l'île enchantée, aux joutes littéraires où l'on se passionnait de savoir qui, dans la querelle des Anciens et des Modernes, soutiendrait Racine contre Charles Perrault. Endeuillée par les morts successives des princes du sang, la cour se revêt de noir. La gravité ambiante n'autorise plus l'étalage d'un luxe voyant. Les tables de jeu qui brassaient des fortunes en pièces d'or se font plus discrètes. A l'image de la simplicité de Madame de Maintenon, les futiles outrances de la mode vestimentaire sont réfrénées. Les nobles dames modèrent leur goût pour les somptueux brocarts, les excès de dentelles et les flots de rubans, les longues traînes de lourd velours ou de fine soie, les décolletés largement dévoilés ou les extravagantes coiffures à la "hurluberlu". Les gentilshommes renoncent aux chausses à la rhingrave (larges jupes descendant jusqu'aux genoux qui évoquaient le costume des empereurs romains), pour adopter le long justaucorps à basques sur une culotte à pont. Mais l'austère monotonie de la cour à la fin du règne ne rebute pas les courtisans. Ni les incommodités du château toujours en chantier, le froid glacial l'hiver ou la rigueur accrue de l'étiquette. On se dispute toujours aussi âprement l'honneur d'assister aux interminables cérémonies du lever, du souper ou du coucher du roi. Derrière les grilles de Versailles, on sait tout de la vie à la cour. Les quelque dix mille domestiques employés au service du château sont autant de colporteurs de nouvelles vers l'extérieur. Elles sont relayées par la domesticité des nobles, logée dans la toute neuve ville de Versailles. Ainsi à Paris on n'ignore rien des faits et gestes du roi. Mais en sens inverse, de la ville au roi, il n'y a pas de communication. Ce qui se passe dans le pays, ce que le commun pense de lui, Louis XIV n'en sait pas grand chose. De l'immense majorité des Français, le tiers état, il ne connaît que ce que les dépêches des intendants ou les rapports du lieutenant général de police La Reynie veulent bien dire. Troisième ordre du royaume, le tiers état ne compte cependant pas moins de 19 500 000 roturiers, si l'on y soustrait les cinq cent mille personnes des deux premiers ordres constitués, par le clergé et la noblesse. Le tiers état est composé de tous ceux qui produisent et échangent les biens matériels. Mais une hiérarchie stricte en distingue différentes catégories. Du sommet au plus bas, des officiers royaux aux gens "sans aveu", l'écart social est immense. Au-dessus de tous, les hommes qui ont un rapport avec la fonction militaire, capitaines et lieutenants que Louvois va s'appliquer à discipliner en créant une armée permanente. En dessous des hommes d'armes viennent les rentiers vivant noblement, sans "faire métier" ou "marchandises". A Paris, Bordeaux, Lyon ou quelque autre ville d'importance, ils ont obtenu la qualification juridique de "bourgeois". C'est dans les rangs de la bourgeoisie que Louis XIV va d'ailleurs recruter la plupart de ses secrétaires d'État ou ministres (Colbert, Le Tellier) ou les membres de ses Conseils. Il préfère ces serviteurs zélés et travailleurs à une noblesse imbue d'elle-même et contestataire. Le roi va tout particulièrement appeler auprès de lui des hommes issus de la bourgeoisie de Robe (d'où leur nom de robins) qui sont généralement des officiers de finances et de justice. Dans la haute bourgeoisie, on trouve aussi ceux que l'État emploie à son administration, les intendants, et les fermiers généraux qui afferment les impôts indirects en empochant un bénéfice sur les contribuables. Dans ces temps de difficultés financières, les banquiers et les hommes d'argent nés de la bourgeoisie vont prendre une importance croissante. Les nobles, mais aussi le roi, sont contraints de s'adresser fréquemment à eux et d'accepter leurs exigences. Ils accumulent ainsi, par des pratiques souvent usurières, des fortunes immenses. On hait ces "nouveaux riches", ces roturiers qui maintenant peuvent marier leurs filles bien dotées à des gentilshommes pauvres. La noblesse d'épée affecte de mépriser ces "vils bourgeois" qui, en recevant titre et nom de terre, "altèrent" l'ordre social traditionnel. Aucun homme de mérite n'a grâce aux yeux des gentilshommes. Ils toisent avec le même dédain cet "ours mal léché" de Jean Bart, corsaire anobli par le roi, qui a pourtant sauvé le royaume de la famine en protégeant de l'agression hollandaise un convoi de 120 navires chargés de blé. La plupart des grands bourgeois sont également propriétaires terriens. Quand un noble ou un paysan endetté vend sa terre, c'est un riche bourgeois qui en fait l'acquisition. Plus que la noblesse, ce sont désormais, avec le clergé, les Parlementaires et les financiers qui sont les possesseurs du sol. Les capitaux investis pour mettre en valeur leurs nouveaux domaines vont cruellement manquer aux entreprises commerciales que Colbert s'acharne à encourager en développant les manufactures "royales", pour apporter des emplois et concurrencer les produits étrangers. Ce défaut de moyens est, pour une part, la raison de la faillite du système mercantiliste de Colbert. Il avantage néanmoins les grands négociants qui commercent au loin, créent des comptoirs nouveaux en Amérique du Sud et investissent dans les puissantes compagnies maritimes, dont les villes de Saint-Malo, Nantes, Bordeaux, Sète ou Marseille sont les importants centres du trafic par mer. Compagnies des Indes Orientales pour l'océan Indien, et des Indes occidentales pour l'Atlantique, du Levant pour la Méditerranée, exigent des vaisseaux en nombre suffisant pour se mesurer aux navires hollandais omniprésents sur les mers. Aussi, des primes et des avantages fiscaux incitent les armateurs à multiplier la flotte marchande. Les denrées rares arrivent de l'Ouest : café et sucre des Antilles françaises, cacao et surtout or et argent des côtes du Pérou et du Chili. Les épices, les soies, les plantes tinctoriales, le coton, etc., viennent de l'Est, des comptoirs de Pondichéry entre autres. Au sud, à partir des côtes de Guinée et du Sénégal, s'organise la traite des Noirs, dont les contingents d'esclaves sont envoyés à la Martinique, la Guadeloupe et l'île de Saint-Domingue, occupée en 1665. Mais les efforts pour réanimer le commerce n'enraye pas la stagnation économique, générale en Europe et consécutive aux reflux de la masse d'argent en circulation. Elle frappe en particulier les petits marchands, artisans et boutiquiers qui ont envahi les cités et vivent médiocrement. Seuls les artisans de luxe établis à Paris (orfèvres, joailliers, armuriers) font de juteuses affaires en fournissant la cour qui se ruine en folles dépenses de bijoux et pierres précieuses. Plus durement que tous, les paysans sont affectés par la crise économique et accablés par les charges fiscales. Ils forment environ 80% de la population. Certains paysans propriétaires vivent de leurs revenus : laboureurs, plus favorisés, ou haricotiers qui exploitent péniblement des terres de moindre importance. Mais il reste peu d'argent pour vivre, une fois prélevés les droits seigneuriaux (champart, corvée), la dîme au clergé, les loyers et la taille royale. Encore plus précaire est la situation des fermiers ou des métayers travaillant sur la terre du seigneur, lui devant la moitié des récoltes quand ils ne sont pas arrachés à leur champ pour servir à l'armée. Au bas de l'échelle survivent les domestiques de ferme et les ouvriers agricoles. Mal logée, mal vêtue, peu nourrie, la moitié de la population paysanne n'atteint pas vingt et un ans. A l'inverse de la Hollande ou de l'Angleterre, on ne note aucune amélioration dans les techniques agraires, les rendements, ou l'élevage du bétail. Hormis la culture du maïs venue d'Espagne et implantée en Aquitaine, il n'y a pas d'innovation qui pourrait relancer l'agriculture. Quand le blé manque, quand les intempéries se succèdent viennent les disettes calamiteuses (onze famines "générales" au XVIIe siècle, dont les plus graves en 1662, 1693-1694, 1709-1710) "Dans les provinces les hommes meurent de faim, on mange de l'herbe". La rareté du pain, la brusque montée des prix attisent les révoltes paysannes. Elles sont atrocement réprimées par la maréchaussée qui, aux millions de morts par famine, additionne les milliers de pendus par la répression. Pour s'en sortir, certains paysans ajoutent à leur activité agricole le travail artisanal à domicile pour la multitude de petites fabriques disséminées en France. D'autres abandonnent la terre pour s'engager comme manoeuvres sur les nombreux chantiers de construction qui demandent toujours plus de bras : réseau routier, canal du Midi, arsenaux, ports et surtout fortifications militaires emprises par Vauban à Rochefort, Lorient, Sète, etc. Enfin, il reste aux paysans le recours à l'exil dans les territoires de l'empire colonial : îles Maurice ou de la Réunion, Guyane, Sénégal, Madagascar, concessions du Canada (où quatre mille d'entre eux vont immigrer). Les plus aventureux s'embarqueront à la suite de Cavelier de La Salle pour explorer des territoires nouveaux en Amérique, descendre le Mississippi jusqu'à son embouchure, prendre possession de la vaste plaine qui l'entoure et à laquelle on donnera le nom de Louisiane en l'honneur du roi de France. Quand Louis XIV meurt, le 1er septembre 1715, le peuple ne pleure guère le héros qu'il avait autrefois vénéré comme un dieu. Le peuple a le ventre vide, comme est vide le Trésor royal. Aux temps glorieux du début du règne, la France au seuil du XVIIIe siècle donne l'image d'une nation meurtrie par la défaite des armes et la faillite économique. Pourtant, une reprise s'esquisse qui va porter ses fruits durant le règne de Louis XV. Pourtant, en dépit de la persistante adversité, une classe va prospérer, la bourgeoisie, et continuer son irrésistible ascension aux siècles suivants.

1661         Le règne de Louis XIV marqua l'apogée de la construction séculaire d'un absolutisme royal de droit divin. Louis XIV vit son autorité absolue bénéfier de la fin historique des grandes révoltes nobiliaires, parlementaires, protestantes et paysannes, qui marquaient la vie du royaume depuis plus d'un siècle au moins. Absolutisme, au milieu du XVIIe siècle, la France est en position de s'arroger une suprématie incontestée en Europe. Elle a vaincu ses principaux ennemis, triomphé de la domination des Habsbourg et négocié un accord démantelant l'alliance entre l'Allemagne et l'Espagne. Le nouvel équilibre des forces qui émerge en Europe tourne clairement en sa faveur. Avec ses 18 millions d'habitants, la France est le pays le plus peuplé du continent ; son agriculture lui permet de vivre en autarcie, et son industrie prospère. Stimulé par la position de force de la France, Louis XIV affirme son autorité : il se considère comme un monarque de droit divin, détenant son pouvoir absolu de Dieu. Il se réserve le droit de décision sur toutes les affaires de l'État et exige l'obéissance totale de ses sujets. La noblesse, appelée à la cour son service personnel, perd son pouvoir dans les provinces au profit des Intendants, qui se font fort de contrôler l'obéissance au roi. Les hautes classes sociales sont nivelées ; les bourgeois se voient octroyer, à l'instar de la noblesse, des postes de faveur ou de responsabilité. Roi "par la grâce de Dieu", Louis XIV s'arroge même le contrôle de l'Église en France. Pour s'assurer que les protestants ne pourront échapper à son autorité, il révoque l'Édit de Nantes (1685) et ferme les écoles et églises réformées, poussant à l'exil près de 200 000 protestants. Enfin, la production artistique et littéraire doit respecter le classicisme défini par les académies, c'est-à-dire par le goût du roi : splendeur et gloire, comme en témoigne le château de Versailles. Droit divin, théorie qui affirme que le roi tient son pouvoir directement de Dieu, dont il est le lieutenant sur terre. Aucune autorité, ni populaire ni ecclésiastique ne lui est donc supérieure. A l'origine, cette doctrine a été formulée par les légistes de Philippe le Bel pour asseoir son autorité face à celle du puissant Saint-Siège.

1661         23 avril Obligation des membres du clergé de signer un formulaire antijanséniste, refus des solitaires et des religieuses de Port-Royal.

1661         17 août Fouquet reçoit le roi dans son château de Vaux-le-Vicomte. Elle est somptueuse, avec jets d'eaux, feux d'artifice, ambigu (buffet) donné pour plus de 1000 couverts et supervisé par François Vatel, pièce de Molière (création des Fâcheux). Louis XIV est furieux de voir tant de splendeur alors que ses propres demeures sont vides. L'origine de tant d'argent lui paraît suspecte. L'offre de Fouquet de lui donner Vaux ne fait que l'irriter davantage. La fête extravagante de Vaux ne cause pas l'arrestation de Fouquet, contrairement à l'historiographie traditionnelle. En effet, la décision de l'arrestation a déjà été prise. Néanmoins, elle explique l'acharnement de Louis XIV à anéantir ce ministre qui lui fait de l'ombre.

1661         4 septembre Louis XIV ordonne à d'Artagnan l'arrestation de Fouquet pour le lendemain. Dans la nuit du 16 au 17 août 1661, Louis XIV entouré de ses mousquetaires, quitte blanc de rage le château de Vaux-le-Vicomte, où Fouquet venait de lui offrir une fête trop royale, et regagne Fontainebleau. Le luxe inouï, les "insolentes acquisitions" de son surintendant lui font cruellement ressentir combien le Louvre et de manière générale les palais royaux ne sont plus à la hauteur de la grandeur royale, de la magnificence que le jeune roi imagine pour son règne. Cette fête a précipité la chute de Fouquet, en effet depuis le mois de mai, Colbert met sous les yeux du roi les comptes qui établissent les malversations du surintendant, qui semble confondre les deniers de l'État et les siens; ce qui pourtant est une pratique courant à l'époque... Fouquet, grâce à la protection de Mazarin et d'Anne d'Autriche avait pu atteindre le sommet des honneurs, la suprême faveur. Richement marié, procureur général du roi au Parlement de Paris, surintendant des Finances ordinaires et extraordinaires, Fouquet était encore en 1659 après Mazarin l'homme le plus puissant de France. Erreur de calcul ou naïveté ? Fouquet a vendu la seule charge qui le rendait presque inviolable, celle de procureur général du roi, il a ainsi contribué à sa propre perte... se douterait-il de quelque chose ? il a fait fortifié Belle-Île (qu'il a achetée) pour pouvoir s'y réfugier en cas de disgrâce. Le roi cependant ne lui en laissera pas le temps, il le fait arrêter à Nantes par d'Artagnan ; son procès durera trois ans, il est condamné en décembre 1664 à la confiscation de ses biens et au bannissement perpétuel. Jugeant la sentence trop clémente, Louis XIV, commue la peine en détention à vie. Emprisonné à Pignerol, Fouquet victime de la raison d'État y meurt en 1680. D'Artagnan, De son vrai nom Charles de Batz-Castelmore, d'Artagnan est un homme de guerre français né entre 1611 et 1615 au château de Castelmore, près de Lupiac, en Gascogne (dans le département actuel du Gers) et mort au siège de Maastricht le 25 juin 1673. Le 5 septembre 1661, c'est à d'Artagnan que le roi confie la délicate tâche d'arrêter Nicolas Fouquet, lors de la tenue du Conseil à Nantes. Commence alors une longue période où le mousquetaire, transformé en geôlier, accompagne son prisonnier dans ses lieux d'incarcération successifs : trois mois au château d'Angers, puis au donjon de Vincennes, le 20 juin de l'année suivante à la Bastille et enfin à Pignerol. Pendant ces longs mois, geôlier vigilant, il s'occupe personnellement de son prisonnier, filtrant ses visiteurs et rendant compte scrupuleusement en haut lieu de tous les détails de la vie du prisonnier avec lequel, malgré les rigueurs de la détention, il conserve des relations presque amicales. Madame de Sévigné rapportera avec quelle diligence d'Artagnan a rendu le transfert et la détention de Fouquet la moins pénible possible. D'Artagnan devient gouverneur de Lille, gagné par la France en 1667. Il était un gouverneur impopulaire et ne songeait qu'à retourner sur le champ de bataille. Il en eut l'occasion lorsque Louis XIV entama la Guerre de Hollande en 1672 contre les Provinces Unies. Il y trouva la mort en 1673, lors du siège de Maastricht, tué par une balle de mousquet reçue en pleine gorge alors qu'il combattait un jour de relâche... La légende peut commencer. Le mousquetaire était autrefois un fantassin armé d'un mousquet. Le corps des mousquetaires de la maison du roi de France a été créé en 1622 lorsque le roi Louis XIII dota de mousquets (armes d'infanterie) une compagnie de carabins (cavalerie légère), elle même créée par son père, Henri IV. Ces mousquetaires avaient la particularité de combattre indifféremment à pied ou à cheval. Ils formaient la garde habituelle du roi à l'extérieur, la garde à l'intérieur des appartements royaux étant celle des gardes du corps et des gardes suisses. Peu après, fut créée une compagnie de mousquetaires pour le cardinal de Richelieu, compagnie qui passa, à la mort de celui-ci en 1642, à son successeur Mazarin. Ce dernier, n'appréciant guère les turbulents mousquetaires du roi, fit dissoudre leur compagnie en 1646. Elle ne reparut qu'en 1657, comptant alors 150 hommes. À la mort de Mazarin en 1661, la compagnie des mousquetaires du cardinal passa au roi Louis XIV. Elle fut réorganisée sur le modèle de la première compagnie en 1664 et reçut le surnom de "mousquetaires gris" dû à la robe de ses chevaux, alors que la deuxième compagnie fut appelée "mousquetaires noirs".

1661         5 septembre Arrestation de Fouquet à Nantes, accusé de détournement de fonds.

1661         7 septembre Fouquet est emprisonné à Angers.

1661         15 septembre La charge de Surintendant des finances est remplacée par un Conseil royal des finances. Le Conseil que Louis XIV met en place est un héritage de l'époque féodale, lorsque le roi réunissait ses vassaux pour leur demander conseil. A la différence de ce conseil ancien, le Conseil royal tient au roi seul et à ceux qu'il choisit pour ministres ou secrétaires d'état. Qui plus est, dans ce conseil que le roi réunit quatre fois par semaine, les grands n'ont plus leur place et ce sont des hommes d'origine bourgeoise qui les remplacent. En ce jour, Jean-Baptiste Colbert est nommé, à quarante-deux ans, ministre d'état.

1661         1er novembre Naissance de Louis, le "Grand Dauphin". Le Grand Dauphin, Louis de France, dit le Grand Dauphin est né à Fontainebleau le 1er novembre 1661 et mort au château de Meudon le 14 avril 1711. Fils aîné de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche, il eut pour gouverneur le duc de Montausier et pour précepteur Bossuet. Il fut un élève appliqué, mais apparemment peu doué.

1661         15 novembre Décret instituant la Chambre de justice destinée aux abus et malversations depuis 1635. Le roi et Colbert instituent la Chambre de Justice, qui taxera lourdement les financiers accusés d'avoir récupéré jadis à leur profit une provende excessive dans les revenus monarchiques. Les partisans de Colbert (Bauyn, Berthelot, Daliès de la Tour, Riquet…) procèdent ainsi à une épuration à leur profit.

1662         27 octobre Traité de Londres sur le rachat de Dunkerque à l'Angleterre.

1662         Colbert devient contrôleur général des finances (1662-1683). Jean-Baptiste Colbert, homme de Mazarin, Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) entre à la mort de son protecteur au service du roi de France Louis XIV. Dénonçant ses pratiques aux finances, il contribue à la disgrâce de Fouquet et prend sa place. Né dans une famille de drapiers, Colbert achète la charge de 'commissaire des guerres' et entre ainsi au service du roi. En 1651, Mazarin le prend sous son aile et le recommande au monarque à la veille de sa mort : l'habile gestionnaire est engagé et intrigue pour conduire Fouquet à sa perte. C'est chose faite en 1661, lorsque le surintendant des finances est arrêté et jeté en prison. Colbert lui succède et devient bientôt contrôleur général : détenant les rênes de l'économie française, il s'emploie à assainir le pays tout en faisant face aux multiples dépenses royales. Déterminé à favoriser le commerce, il inaugure le Secrétariat d'Etat à la marine en 1669, crée bon nombre de manufactures, développe les infrastructures et institue les Compagnies Commerciales. Obsédé par son idée d'une France indépendante, il fait tout pour stimuler les exportations et réduire les importations, plongeant le pays dans l'autarcie. Austère, peu loquace, vêtu de noir, en poste dès 5h00 du matin, Colbert est peu aimé du peuple français qui voit en lui le responsable de la hausse des impôts.

1662         Le Lorrain peint 'Paysage avec le père de Psyché sacrifiant au temple d'Apollon’

1662         Madame de La Fayette écrit 'La Princesse de Montpensier’

1662         Pierre Corneille écrit 'Sertorius’

1662         Molière écrit 'l'École des femmes'. Jean-Baptiste Poquelin achève la création de sa dernière comédie en 5 actes au Palais-Royal à Paris. "L'Ecole des femmes" remportera un immense succès et sera vite considérée comme la première comédie de la maturité pour Molière. Cependant, la morale et le comique de la pièce agaceront ses rivaux tels que Corneille et les consciences traditionnelles. Molière devra faire face à une vague de critiques qui alimenteront la polémique jusqu'en 1663.

1662         mort à Paris de Blaise Pascal à l'âge de 39 ans. 'Ses Pensées' seront trouvées et publiées après sa mort. Blaise Pascal s'éteint à l'âge de trente neuf ans et laisse inachevée son oeuvre philosophique la plus importante : les "Pensées". Grand mathématicien et physicien, Pascal s'était détourné de la science après une expérience mystique. Outre l'invention d'une machine à calculer (la pascaline), Pascal a fait des travaux importants sur les probabilités. Sa pensée, imprégnée de Jansénisme, met l'accent sur la supériorité de la Foi.

1663         Fondation de La Petite Académie dans la bibliothèque de Colbert (Académie des Inscriptions). L'Académie des inscriptions et belle-lettres a été fondée par Colbert en 1663. Sa mission était initialement d'établir les inscriptions et devises des monuments et médailles en l'honneur du roi Louis XIV.

1663         Pierre Corneille écrit 'Sophonisbe’

1663         Molière écrit 'La Critique de L'École des Femmes’

1664         27 août Fondation de la Compagnie des Indes orientales et des Indes occidentales. C'est pour stimuler le commerce que Colbert crée la Compagnie des Indes occidentales qui comprend les Antilles, la Guadeloupe, la Martinique et la partie occidentale de Saint-Domingue. Il va encore créer quatre autres compagnies, celle des Indes orientales, celle du Nord, celle du Levant et celle du Sénégal. La Compagnie des Indes orientales - ou Compagnie françoise pour le commerce des Indes orientales de son vrai nom - est une entreprise commerciale, fondée en 1664 pour concurrencer la Compagnie anglaise des Indes orientales et la Compagnie hollandaise des Indes orientales. Imaginée par Colbert, elle est créée par une déclaration royale de Louis XIV, enregistrée par le Parlement de Paris et complétée par des statuts qui en font une manufacture royale avec tous les privilèges associés, en particulier exemption de taxes, monopole exclusif du commerce dans l'hémisphère oriental. La Compagnie se voit définir des objectifs plus vastes que le suggère son nom et qui sont de trois ordres : le commerce, évidemment, et la lutte contre les produits anglais et hollandais ; la politique, en contribuant au développement d'une marine nationale et en affirmant la présence française sur les mers ; la culture et la religion : en propageant la civilisation française et en évangélisant les païens. La Compagnie des Indes Occidentales Françaises, à été crée par Colbert pour faire du commerce avec l'outre-mer. Ce commerce se faisait surtout avec les colonies fondées à l'Ouest; Louisiane (Nouvelle-Orléans), Saint-Domingue,...

1664         18 septembre Colbert fait établir un tarif douanier général contre les marchands hollandais.

1664         20 septembre Création d'un Conseil de commerce pour assister le Conseil des finances.

1664         14 novembre Début du procès de Fouquet devant la Chambre de justice.

1664         20 décembre Fouquet est condamné à la confiscation de ses biens et au bannissement. Louis XIV le fait enfermer à Pignerol. On n'éblouit pas impunément le Soleil. Le roi n'a pas toléré l'hommage fastueux que son surintendant à voulu donner au roi lors d'une fête donnée le 17 août 1661 au château de Vaux-le-Vicomte. Le 5 septembre 1661, d'Artagnan et ses mousquetaires ont arrêté Nicolas Fouquet à Nantes, où le roi a présidé les États de Bretagne. Le procès qui s'achève a duré trois ans. Fouquet est condamné en ce jour pour abus, malversations et lèse-majesté à la confiscation de ses biens au bénéfice de la couronne et au bannissement à vie. Louis XIV aggrave la peine en faisant une détention perpétuelle. La forteresse de Pignerol est la première prison de Fouquet. On ignore où et quand il termina ses jours.

1664         Molière écrit le 'Tartuffe' (première version)

1664         Interdiction de 'Tartuffe'. La pièce présentée en mai 1664, en avant première, devant le roi, est une pièce inachevée en 3 actes. Mais son contenu déjà soulève l'indignation du parti des dévots. La Compagnie du Saint Sacrement usa de son influence pour faire interdire la pièce. Ils y voyaient une attaque en règle de la religion et des valeurs qu'ils véhiculaient. En effet, derrière la critique de l'hypocrisie thème principal de la pièce, se cache aussi une attaque du rôle très influent de certains dévots directeurs de conscience, capteurs d'héritage.

1664         Jean de la Fontaine écrit 'Nouvelles’

1664         François de La Rochefoucauld écrit 'Maximes' (première version).

1664         Robert Hooke publie 'Micrographia'. Robert Hooke, né le 18 juillet 1635 à Freshwater et mort le 3 mars 1703, est un des plus grands scientifiques expérimentaux du XVIIème siècle et donc une des figures clés de la révolution scientifique de l'époque moderne. En 1653, Hooke entra à Oxford où il rencontré Robert Boyle dont il devient l'assistant. En 1660, il découvre la loi de Hooke d'élasticité, qui décrit la variation linéaire de tension avec l'extension. En 1662, Hooke est nommé démonstrateur à la Société Royale récemment fondée, il est responsable des expériences exécutées lors des réunions. En septembre 1664, il publie son livre, 'Micrographia', qui contient de nombreuses observations réalisées à l'aide de microscopes et de télescopes. Son apport en biologie est très important. On lui attribue ainsi la première description d'une cellule biologique faite à partir de l'observation de végétaux. En 1665, il est nommé professeur de géométrie à l'Université de Gresham.

1665         Septembre : Début du règne de Charles II d'Espagne (fin en 1700). Régence de Marie-Anne d'Autriche, mère de Charles II qui se heurte à l'ambition du populaire don Juan d'Autriche, bâtard de Philippe IV d'Espagne. Ses ministres, le jésuite allemand Johan Eberhad Nithard (1665-1673) puis l'aventurier Fernando de Valenzuela (1673-1677) seront successivement chassés du pouvoir par don Juan. Charles II d'Espagne (né à Madrid, le 6 novembre 1661 - mort à Madrid, le 1er novembre 1700) fut le dernier roi espagnol de la maison des Habsbourgs. Fils de Philippe IV et de Marie-Anne d'Autriche, il hérita du trône à la mort de son père en 1665, constamment sous la régence de sa mère jusqu'à sa majorité en 1675. Les mariages consanguins successifs de la famille avaient produit une telle dégénérescence que Charles était rachitique, maladif et débile, en sus de son impotence, il eut à affronter un conflit sur sa succession.

1665         15 février 'Don Juan' de Molière fait scandale. Cette pièce de Molière suscita à sa création une levée de bouclier de la part de la Cabale. Écrite juste après Tartuffe, où Molière fustigeait l'hypocrisie de certains dévots, elle semble aux yeux des religieux de l'époque une apologie du libertinage. Le seul défenseur de la religion semble être Sganarelle pour lequel la religion ressemble fort à de la superstition et dont le rôle comique est indéniable. Elle va donc subir, dès sa deuxième représentation une attaque en règle. On demandera à Molière de supprimer certaines scènes (scène du pauvre) et certaines répliques (mes gages, mes gages) qui semblaient tourner en dérision la religion. Elle ne sera éditée qu'en 1682 dans des versions souvent mutilées et ce n'est qu'en 1884 qu'elle sera rejouée pour la première fois dans sa version originale.

1665         La Troupe de Molière devient Troupe du Roi.

1665         Création du Journal des savants, en français (langue française capable de traiter la science). Le Journal des savants était un célèbre recueil littéraire. Il fut fondé à Paris en 1665 par M. de Sallo, conseiller au Parlement. Ce fut la première publication de ce genre que l'Europe ait possédée. Redigé par les membres de l'Institut et imprimé à l'Imprimerie nationale, ce journal publie un grand nombre de travaux d'érudition et de comptes rendus critiques de premier ordre.

1665         Johannes Vermeer peint 'La Jeune Fille à la perle'. La Jeune Fille à la perle ou la Jeune Fille au turban est un tableau de Johannes Vermeer peint vers 1665. Vermeer a travaillé avec des éléments chromatiques simples; quelques glacis du même pigment expriment les ombres. Le turban, mélange d'outremer et de blanc, est surmonté d'un tissu jaune éclatant ; la veste modelée avec un ocre plus clair fait ressortir le blanc du col qui se reflète dans la perle. L'art de la carnation tient dans un glacis mince, de couleur chair, sur un sous-modelage transparent. Éclatante sur fond de néant, la jeune fille ne se laisse pas oublier facilement.

1665         mort de Nicolas Poussin.

1666         20 janvier Mort de la reine-mère Anne d'Autriche. C'est d'un cancer du sein apparu deux ans plus tôt que la reine, à soixante-cinq ans, meurt au Louvre. Une opération vaine n'a pas empêché la gangrène de progresser. Elle est inhumée à Saint-Denis. Son coeur est au Val-de-Grâce.

1666         Commencement par l'ingénieur Riquet des travaux du creusement du canal du Midi, destiné à joindre l'Atlantique à la Méditerranée (sera achevé en 1681). Le canal du Midi est un canal français qui relie la Garonne à la Méditerranée. Il fournit avec le canal latéral à la Garonne une voie navigable (le canal des deux mers) de l'Atlantique à la Méditerranée. C'est le commerce du blé qui motiva sa construction. Construit au XVIIe siècle, de 1666 à 1681, sous le règne de Louis XIV, sous la supervision de Pierre-Paul Riquet, le canal du Midi est le plus ancien canal d'Europe encore en fonctionnement. Pierre-Paul Riquet, baron de Bonrepos, est l'ingénieur qui a permis la réalisation du Canal du Midi. Il est né a Béziers, probablement le 29 Juin 1609.

1666         Septembre : Grand incendie de Londres qui détruit la ville à 80% mais met fin à l'épidémie de peste qui avait commencé l'année précédente. Le grand incendie de Londres est une catastrophe qui ravagea la ville de Londres (Angleterre) en septembre 1666 et la détruisit presque entièrement.

1666         4 juin Première du 'Misanthrope' de Molière. La seizième pièce de Molière est représentée pour la première fois au théâtre du Palais-Royal à Paris. "Le Misanthrope ou l'atrabilaire amoureux", l'une des meilleures comédies de Molière, n'a que peu de succès. L'auteur interprète lui-même le rôle d'Alceste qui, avec sa franchise brutale et son mépris des conventions, représente le véritable homme libre dans une société hypocrite. Grâce à ses multiples facettes, Alceste se prête à de nombreuses interprétations : naïf au temps de Molière, il s'est transformé en honnête homme au siècle des Lumières, puis en victime romantique au XIXe siècle.

1666         Fondation de l'Académie des Sciences. L'Académie des sciences doit son origine au projet de Colbert de créer une académie générale. Elle s'inscrit également dans la lignée des divers cercles de savants qui se réunissaient au XVIIe siècle, autour d'un mécène ou d'une personnalité érudite. Colbert choisit un petit groupe de savants qui s'assemblèrent le 22 décembre 1666 dans la bibliothèque du roi, nouvellement installée rue Vivienne, et y tinrent désormais des séances de travail bi-hebdomadaires. Les trente premières années d'existence de l'Académie furent relativement informelles, la nouvelle institution n'ayant pas reçu de statuts. Le 20 janvier 1699, Louis XIV donnait à la compagnie son premier règlement. L'Académie reçut le titre d'Académie royale et fut installée au Louvre. Composée de 70 membres, elle contribua au XVIIIe siècle au mouvement scientifique de son temps par ses publications et joua un rôle de conseil auprès du pouvoir.

1666         Bussy-Rabutin écrit 'Histoire amoureuse des Gaules'. Bussy-Rabutin, Roger de Rabutin, comte de Bussy était un écrivain français né à Epiry en 1618 et mort à Autun en 1693. Il débuta une carrière militaire sur les traces de son père, jusqu'au grade de lieutenant du roi. Il participa au siège de Mardick. Durant la Fronde il reçu ses ordres de Turenne et gagna la bataille des Dunes. Embastillé pour des écarts de conduite (orgies), il fut chassé vers ses terres de Bourgogne. Durant son exil, il réalisa des peintures, écrivit de nombreux textes et entretint une correspondance avec Madame de Sévigné. Membre de l'Académie française en 1665.

1667         15 mars Création de la charge de lieutenant de police de Paris, Nicolas de La Reynie est nommé à sa tête. Gabriel Nicolas de la Reynie (1625 à Limoges, France - 1709 à Paris, France) fut le premier lieutenant général de police de Paris. À cette époque, quatre "polices" se concurrencent à Paris : les commissaires, les archers et exempts du guet, la compagnie du lieutenant criminel et la prévôté de l'Île. Il réorganise ces polices et les prend sous sa coupe. Elles sont chargées d'assurer la sécurité des rues de Paris, de surveiller le milieu parisien d'alors et de le truffer d'indicateurs. La Reynie réprime l'impression et le colportage des écrits séditieux, crimes qu'il juge lui-même directement et très sévèrement. Chargé de l'exécution des lettres de cachet, il participe à la haute politique quand il assure le ravitaillement en blé de Paris, ou quand il dirige les persécutions contre les protestants. C'est aussi grâce à ses méthodes musclées que Paris devient la ville la plus propre de l'Europe de cette époque et qu'il éradique les cours des miracles. On lui doit l'éclairage public (d'où l'expression de "Paris ville lumière"), qui servit à rendre les rues plus sûres, les premières règles de circulation et de stationnement, le pavage des rues et l'adduction d'eau.

1667         avril Ordonnance de réforme de la justice ("Code Louis"). Le Code Louis est le nom donné aux "ordonnances sur la réformation de la justice civile et criminelle" de 1666 et 1670, et ce en l'honneur du roi Louis XIV. C'est la mise en ordre des lois et juridictions du royaume, dont le sud était de droit "romain" et le nord de droit coutumier. Il a été élaboré sous la direction de Colbert à partir de 1661. En 1667, c'est la justice civile. Les trente cinq articles traitent surtout de la hiérarchisation des différents tribunaux, de la discipline des magistrats et toilettent la procédure. En 1670, c'est la justice criminelle. On maintient, selon l'esprit de l'époque, la question, les galères et la peine de mort.

1667         à 1668 - Guerre de Flandre (ou guerre de Dévolution) entreprise par Louis XIV pour faire valoir, lors de la mort de Philippe IV d'Espagne, les titres que lui donnait son mariage avec Marie-Thérèse, en vertu du droit de dévolution, à la possession du Brabant, de la Flandre et de la Franche-Comté. - Les principaux faits de cette guerre sont l'occupation de la Franche-Comté et le siège de Dôle par les Français. - Elle se termina par le traité d'Aix-la-Chapelle qui donnait la Flandre à la France (1668). La Guerre de Dévolution (1667-1668), déclenchée à la suite de la mort du roi d'Espagne le 17 septembre 1665, est la première guerre de Louis XIV. À la mort de Philippe IV d'Espagne, Louis XIV de France, réclame des villes du Nord-Est : Mons, le Luxembourg, Anvers, Cambrai, le Brabant, Malines, Namur, la Franche-Comté, la Haute-Gueldre et le Limbourg, sur les possessions d'Espagne. Ces revendications ont pour origine le mariage entre le Roi de France et Marie-Thérèse, infante d'Espagne, fille aînée de Philippe IV d'Espagne. La dot de 500 000 écus n'ayant pas été payée, en vertu du droit de dévolution, coutume ancestrale originaire du Brabant, le roi de France prend la tête de l'armée.

1667         24 mai Louis XIV revendique la couronne espagnole, début de la guerre de dévolution.

1667         14 juillet L'Espagne déclare la guerre à la France.

1667         31 juillet Paix de Breda. Louis XIV a voulu faire respecter les droits de sa femme, Marie-Thérèse, sur les Pays-Bas. Elle y avait renoncé en raison de son mariage avec le roi, mais en échange d'une dot de 500 000 écus d'or, qui n'a toujours pas été payée. Inquiets, les Pays-Bas, qui redoutent la puissance de la France, signent en ce jour avec l'Angleterre la Paix de Breda. La guerre de Dévolution s'engage. Redoutant de retrouver les champs de bataille, Turenne murmure : “Tu trembles, carcasse, mais tu tremblerais bien davantage si tu savais où je vais te mener”. Le Traité de Breda a été signé dans la ville néerlandaise de Breda, le 23 juillet 1667, par l'Angleterre, la République des Provinces-Unies, la France et le Danemark. De façon précipitée, il mit un terme à la deuxième guerre anglo-hollandaise (1665-1667), alors que les forces de Louis XIV commençaient à envahir les Pays-Bas espagnols, mais laissa de nombreuses querelles territoriales non résolues. Durant les étapes précédentes de la guerre, les Néerlandais se trouvaient en position favorable. L'amiral de Ruyter contrôlait presque toutes les mers au sud de l'Angleterre depuis sa victoire à la bataille de Chatham, et sa présence incita les délégués anglais à signer la paix.

1667         28 août Prise de Lille.

1667         18 novembre Représentation d''Andromaque' de Racine à l'hôtel de Bourgogne à Paris. Le poète Jean Racine offre à la Cour de Louis XIV la première représentation "d'Andromaque". Il enlève à Molière l'une de ses meilleures actrices, la Du Parc, pour lui offrir le rôle-titre. La pièce est caractéristique de son oeuvre par la modification d'une trame narrative connue (ici l'Andromaque d'Euripide) pour décrire les passions malheureuses qui atteignent leur paroxysme dans le dénouement tragique. Il entrera à l'Académie française en 1773.

1667         Pierre Corneille écrit 'Attila’

1667         John Milton écrit 'Le Paradis perdu'. John Milton est né le 9 décembre 1608 à Londres. Son père était un notaire puritain, qui écrivait des madrigals pour la reine Élisabeth Ière. John Milton a commencé à écrire à l'âge de dix ans. Il fit ses études à Oxford, mais il était sujet à de violents maux de tête. Il refuse de rentrer dans les ordres, comme le voulait son père, car il détestait le clergé. Après ses études, il décide de voyager, en France et en Italie. Puis il rentre à Londres et devient le précepteur de ses neveux. En 1643, il se marie avec Marie Powell, 17 ans, avec laquelle il aura trois enfants. Au moment de la Guerre civile qui oppose les royalistes et les parlementaires, il devient partisan de Cromwell et écrit des pamphlets défendant l'exécution du roi Charles Ier. En 1649, il devient secrétaire latin du Conseil d'État jusqu'à ce qu'il perde la vue, vers 1650. Sa femme meurt en mai 1652, et se remarie quatre ans plus tard. Sa seconde femme et sa fille mourront un an après. John commence à travailler sur 'le paradis perdu'. En 1660, il est emprisonné à cause d'un groupe radical royaliste, Les fils de Bélial, puis grâcié.

1667         à 1745 - naissance et mort de Jonathan Swift. Romancier et poète irlandais. Auteur de pamphlets satiriques sur la religion et la politique, il doit sa célébrité à ses fameux Voyages de Gulliver (1726)

1668         23 janvier La Suède, l'Angleterre et les Provinces-Unies s'allient contre la France à La Haye.

1668         2 mai Traité d'aix-la-Chapelle. Il met fin à la guerre de Dévolution qui faisait valoir les droits de la reine de France, Marie-Thérèse d'Autriche, ancienne infante d'Espagne, sur les Pays-Bas espagnols. Par ce traité, la France restitue à l'Espagne la Franche-Comté mais Louis XIV garde les places fortes des Flandres dont Lille, Tournai et Douai. Le traité d'Aix-la-Chapelle met fin à la guerre de Dévolution : la France enlève à l'Espagne les villes de Lille, Armentières, Douai et éloigne ainsi de Paris la frontière nord du royaume. La France rend à l'Espagne la Franche-Comté qu'elle occupait.

1668         18 juillet Le Nôtre achève les jardins de Versailles. Jardins baroques (ou jardins à la française) créés par André Le Nôtre pour le roi Louis XIV, le parc de Versailles mélange bassins, bosquets, canaux, et statues au pied du château. L'ensemble est à la gloire du roi Soleil. Un jardin à la française est un jardin à ambition esthétique ou symbolique qui impose sa symétrie à une nature domestiquée.

1668         Du Cange édite 'l'Histoire de saint Louis' par Joinville. Du Cange, Charles du Fresne, sieur du Cange ou Du Cange est né le 18 décembre 1610 à Amiens et est mort le 23 octobre 1688 à Paris. Il étudia le droit à Orléans et devint avocat au barreau de Paris en 1631. Il revint à Amiens où il acquit la charge notariale de son beau-père. Il est passé à la postérité non comme juriste mais comme linguiste philologue, laissant plusieurs dictionnaires et glossaires latins et grecs que l'on trouve aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale. Son oeuvre permit de comprendre comment nos ancêtres passèrent du latin classique au latin impérial, puis au latin médiéval et finalement au français.

1668         Dom Mabillon écrit 'Acta sanctorum' (1668-1701). Le Père Mabillon, bénédictin de la Congrégation de Saint- Maur, auteur des 'Acta Sanctorum ordinis sancti Benedicti' (Saints de l'Ordre de Saint Benoît) et fondateur de la science diplomatique (étude des "diplômes" et chartes...) mort en 1707    

1668         Jean de la Fontaine écrit 'Les Fables'. La Fontaine publie son premier recueil de Fables, illustré par François Chauveau. L'ouvrage est dédié au dauphin, Louis de France, âgé de seulement 8 ans. Il contient 124 fables didactiques dont "Le Corbeau et le Renard", "Le Chêne et le Roseau", ou encore "Le Lièvre et la Tortue". Le recueil connaît un succès immédiat.

1668         Antoni van Leeuwenhoek réalise son premier microscope vers 1668 et commence ses observations. Antoine van Leeuwenhoek (24 octobre 1632, Delft - 27 août 1723, Delft) était un commerçant et savant de Delft aux Pays-Bas. Van Leeuwenhoek est surtout connu pour ses améliorations du microscope et comme l'un des précurseurs de ce que l'on appellera plus tard la biologie cellulaire et la microbiologie. Il a ainsi poursuivi l'oeuvre de Jan Swammerdam. C'est un peu par hasard qu'il est le premier à faire des observations étonnantes avec un microscope de sa fabrication. Devenu correspondant de la Royal Society of London, il en devient membre en 1680. De 1674 à sa mort il fait de nombreuses découvertes.

1668         Molière écrit 'l'Avare’

1668         à 1733 - naissance et mort de François Couperin. Compositeur, organiste et claveciniste français. François Couperin, dit "le Grand" était un des principaux compositeurs français de l'époque "baroque". Il doit sa renommée principalement à son oeuvre de clavecin, la plus importante et une des plus remarquables de toute l'école française.

1669         7 mars Colbert est nommé secrétaire d'État à la Marine. Louis XIV qui a écarté les grands de la politique leur préfère des hommes d'origine modeste et bourgeoise, tel Colbert qu'il nomme secrétaire d'état à la Marine. Celui-ci fera construire une flotte de guerre de 276 bâtiments.

1669         Guilleragues écrit 'Lettres portugaises'. Gabriel de Guilleragues, Gabriel Joseph de Lavergne, comte de Guilleragues, né le 18 novembre 1628 à Bordeaux et mort le 15 mars 1685 à Constantinople, est un diplomate et écrivain français. En 1669, Guilleragues a publié les célèbres Lettres portugaises en les présentant comme la traduction de cinq lettres d'une religieuse portugaise à un officier français. Le nom de l'officier circula vite dans les milieux mondains : il s'agissait du chevalier de Chamilly, qui alla au Portugal pour des raisons de service.

1669         Création de 'Britannicus' de l'écrivain français Jean Racine. La tragédie romaine de Racine est présentée pour la première fois à la Comédie Française. Le rival de Racine, Corneille, est présent dans la salle. Il fera l'éloge de la pièce à l'Académie quelques jours plus tard mais omettra de mentionner le nom de son auteur, ce qui provoquera une querelle entre les deux hommes. Bien que jouée 1 258 fois (jusqu'en septembre 1680), "Britannicus" n'aura qu'un succès mitigé, notamment à cause des partisans de Corneille qui monteront une cabale contre la pièce de Racine.

1669         Les Lettres portugaises lancent la vogue du roman épistolaire. Le roman épistolaire est une oeuvre rédigée sous la forme d'une correspondance écrite entre deux ou plusieurs personnages. Les différents chapitres du livres étant souvent organisés par les lettres écrites entre les personnages (à chaque chapitre une lettre). Un exemple très célèbre de ce genre littéraire en France est le roman de Choderlos de Laclos: 'Les Liaisons dangereuses'.

1669         Frances Moore, fille du pasteur Thomas Moore et femme du pasteur John Brooke publie à Londres 'The History of Emily Montague', le premier roman écrit en Amérique du Nord. Le roman comprend 228 lettres, écrites par un groupe d'amis au Canada et en Angleterre, qui racontent l'histoire d'amour d'Emily Montague et le Colonel Ed. Rivers. Une partie de l'action se déroule à Sillery. Les lettres renferment beaucoup de détails sur la vie quotidienne de cette époque.

1669         Création de l'Académie royale de Musique à Paris. L'Académie royale de Musique est fondée en 1669 à l'instigation de Colbert et en réponse à l'Académie royale de Danse. Chargée de diffuser l'opéra français auprès du public, non seulement à Paris mais aussi dans d'autres villes du royaume, on prend l'habitude de l'appeler simplement "l'Opéra".

1669         mort de Rembrandt.

1670         Traité de Madrid entre l'Angleterre et l'Espagne fixant la frontière au sud de Charleston, en Caroline (38° de latitude). Le traité de Madrid, signé en 1670, était un traité entre l'Angleterre et l'Espagne. Selon les termes du traité, l'Espagne reconnaissait les possessions britanniques de la mer des Caraïbes: "toutes les terres, îles, colonies et autres lieux situês dans les Antilles". La Grande-Bretagne prit formellement le contrôle de la Jamaïque et des Îles Caïmanes après la signature du traité. L'Espagne accepta aussi de permettre aux bateaux anglais de se déplacer librement dans les Caraïbes. En outre, chacun des deux pays accepta de ne pas faire de commerce sur le territoire de l'autre.

1670         Affaire des poisons (trente-quatre exécutions de 1670 à 1680). L'affaire des poisons est un évènement survenu à Paris et qui secoua Paris et la Cour. La Cour du roi Soleil est parcourue par d'inquiétantes rumeurs qui concernent toute l'affaire des poisons. Derrière de nombreux aristocrates qui ont eu recours à ses services se profile le personnage diabolique de La Voisin, aventurière spécialisée dans les philtres toxiques et "bouillons de onze heure...". A l'orée des Lumières, la France est encore hantée par la sorcellerie et la magie noire. Affaire des poisons. De 1670 à 1680, une série d'affaires occultes secoue la cour. Quand le crime se mêle à la messe noire, ou que madame de Montespan, la maîtresse de Louis XIV, est impliquée, cela devient une affaire d'État que l'on s'empresse d'étouffer pour que le scandale n'éclabousse pas le roi. Mais le plus souvent la chasse aux sorcières est impitoyable. On brûle les prêtresses de ces agissements hérétiques, les "empoisonneuses" comme la Voisin, ou on les décapite en place de Grève, comme la marquise de Brinvilliers. Bien qu'ayant défrayé la chronique, l'Affaire des poisons n'a cependant jamais menacé l'autorité de l'Église catholique. La Voisin, Catherine Deshayes, veuve Montvoisin, dite la Voisin (Paris, v. 1640–Paris, 1680), aventurière française. Chiromancienne, avorteuse, se livrant à la pratique des messes noires, elle fut mêlée à l'affaire des poisons. Elle aurait agi pour le compte de Madame de Montespan, qui était alors délaissée par Louis XIV pour Mademoiselle de Fontanges et voulait revenir en faveur par ses sortilèges. Jugée avec 36 complices, elle fut condamnée à mort et brûlée en place de Grève le 22 février 1680. Quant à Madame de Montespan, elle ne fut pas inquiétée, par protection du roi, et continua à fréquenter la Cour.

1670         à 1742 - naissance et mort de Jean-Baptiste Dubos. Diplomate et historien, il a laissé des écrits politiques et de critique esthétique. Le 8 janvier 1720, il remplaça à l'Académie l'abbé Genest, et fut reçu le 3 février 1720 par le marquis de Sainte-Aulaire; il reçut Boivin et Alary; fut nommé secrétaire perpétuel, le 19 novembre 1722, le sixième depuis la fondation de l'Académie, à la mort de Dacier, et fut remplacé lui-même par l'abbé Houtteville. Sans être de ses familiers, il fréquenta le salon de Madame de Lambert.

1670         Molière écrit le 'Bourgeois gentilhomme'. A Versailles devant Louis XIV et sa cour, Molière donne la première représentation du "Bourgeois gentilhomme". Satyre de la bourgeoisie française de l'époque, la pièce dépeint un personnage délirant d'imagination, qui se prend à son jeu de grand seigneur. La pièce est une "comédie-ballet", comme beaucoup d'oeuvres de Molière. La musique est signée par son fidèle compagnon, le compositeur Lully. A 47 ans "Le Bourgeois gentilhomme", est une des dernières de Molière. Il mourra trois ans plus tard sur scène, lors d'une ultime interprétation du "Malade imaginaire".

1670         Jean Racine écrit 'Bérénice'.

1670         Publication posthume des 'Pensées' de Blaise Pascal. Pensées, oeuvre posthume publiée en 1670, Blaise Pascal réunit des notes qu'il destinait à l'élaboration d'une apologie de la religion chrétienne. L'oeuvre restée à l'état d'ébauche affichait donc un caractère fragmentaire après sa mort. En ont découlé deux façons différentes d'éditer le texte après sa mort. La première consiste à organiser les fragments selon un ordre supposé voulu par l'auteur, c'est le cas par exemple de l'édition Brunschwig, qui va jusqu'à proposer des titres de chapitre sous lesquels il réunit des fragments. Mais on peut aussi effectuer un travail sur la genèse de l'oeuvre. Dès lors on s'aperçoit que Pascal procédait en réunissant les différents fragments dans différentes "liasses", suivant un plan de travail non plus chronologique mais thématique. Sellier, en examinant par exemple les origines des papiers, propose donc une édition dans laquelle il vise à reconstituer ces différentes liasses telles qu'elles devaient être au moment de la mort de Pascal.

1670         Début de la querelle des Anciens et des Modernes. Querelle des Anciens et des Modernes, querelle des Anciens (Boileau, Ménage, Huet, Dacier, Racine, La Bruyère) et des Modernes (Perrault). Controverse sur les mérites respectifs des écrivains de l'Antiquité et de ceux du siècle du Louis XIV, qui divisa le monde littéraire français à partir des années 1670. Elle reprend un débat déjà agité au XVIe siècle, celui qui oppose les imitateurs des Anciens à ceux qui prônent le rejet des modèles antiques et l'invention de formes modernes. Suivant l'exemple de Descartes et de Pascal, les Modernes (Perrault, Quinault, Saint-Évremond, Fontenelle, Houdar de La Motte) critiquent l'Antiquité parce qu'ils contestent le principe d'autorité, en raison du progrès des techniques et des sciences, et en raison de l'ennui que les auteurs anciens peuvent susciter auprès d'un public mondain et féminin : la permanence des lois de la nature interdit, selon eux, de considérer les Modernes comme inférieurs à leurs ancêtres. Les Anciens (Boileau, Racine, Bossuet, La Bruyère, La Fontaine) ne peuvent répondre sur le terrain de la théorie, mais invoquent le génie des écrivains antiques, d'Homère et de Virgile, pour expliquer qu'ils doivent rester des modèles dans la pratique des arts. La querelle des Anciens et des Modernes est une polémique littéraire et artistique qui agita l'Académie française à la fin du XVIIe siècle, opposant deux courants : les Anciens menés par Boileau, soutenaient une conception très particulière de la création littéraire, comme simple imitation des auteurs de l'Antiquité ; cette thèse était fondée sur l'idée que l'Antiquité grecque et romaine avait atteint une fois pour toutes la perfection artistique. Le choix par Racine pour ses tragédies de sujets antiques déjà traités par les tragédiens grecs illustre cette conception de la littérature. Les Modernes représentés par Charles Perrault, affirmaient au contraire que les auteurs de l'Antiquité n'étaient pas indépassables, et que la création littéraire devait innover ; ils prônaient une littérature adaptée à l'époque contemporaine et des formes artistiques nouvelles. Marivaux est au début du XVIIIème siècle un des représentants importants de ce courant. Querelle des Anciens et des Modernes. Une importante bataille littéraire oppose la fine fleur des intellectuels français : la querelle des Anciens et des Modernes. Elle ouvrira la voie au romantisme. L'idée que les arts doivent progresser au même titre que les sciences se développe au début du XVIIe siècle. L'écrivain Desmarets de Saint-Sorlin (1595-1676) prend parti en faveur des sujets chrétiens, jugés plus modernes que les sujets païens, conception à laquelle s'opposent vivement Boileau, Corneille et Saint-Evremond. Avant de mourir, Desmarets confie à Perrault la lourde tâche de libérer la littérature de l'influence antique. Celui-ci présente à l'Académie française, le 27 janvier 1687, un poème dans lequel il proclame la supériorité des Modernes sur les Anciens : 'Le Siècle de Louis le Grand'. Une querelle toute littéraire éclate : épigrammes indignées de Boileau, défense des Anciens de La Fontaine dans 'l'Epître à Huet' et de La Bruyère dans ses 'Caractères'. Sept ans plus tard, Boileau prend la défense des Anciens et de sa doctrine de l'imitation dans 'L'Ode pindarique sur la prise de Namur'. Il écrit aussi la 'Satire X contre les Femmes' (qui soutiennent les Modernes). Perrault contre-attaque avec 'l'Apologie des Femmes'. Finalement, grâce à l'aide du théologien et écrivain Arnaud, les deux camps s'apaisent. Ceci ne sera qu'une trêve. La querelle rebondit vingt ans plus tard au sujet d'une traduction de 'l'Iliade' qui oppose l'helléniste Madame Dacier à Houdar de La Motte. Fénelon parvient à enterrer définitivement la hache de guerre dans une Lettre à l'Académie où, dans un parfait esprit de conciliation, il loue les Modernes tout en exprimant sa vive admiration pour les Anciens !    

1670         Construction de l'Hôtel des invalides par Bruant. L'hôtel national des Invalides est un monument parisien dont la construction fut ordonnée par Louis XIV par l'ordonnance du 24 février 1670, pour abriter les invalides de ses armées. Aujourd'hui, il accueille toujours des invalides, mais également plusieurs musées et une nécropole militaire. Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri III et Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que "ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (...) passent le reste de leur jours dans la tranquillité", dit l'édit royal de 1670.

1670         invention de la balance à plateaux par Gilles Personne de Roberval. Gilles Personne de Roberval est un mathématicien et physicien français (Roberval Beauvaisis 1602-Paris 1675). Il aurait ainsi mis au point la méthode des indivisibles et on lui doit certainement une méthode simple et générale pour trouver la tangente. Reliant la détermination des tangentes au calcul des aires, il aurait découvert les quadratrices (1645). De même, il aurait réalisé le premier l'expérience décisive qui prouve l'existence de la pression et de la pesanteur de l'air (1647). Il démontra la règle de composition des forces et mit au point une balance à plateaux découverts et à fléaux composés (1670).

1671         1er septembre Arnauld de Pomponne est nommé secrétaire d'État aux affaires étrangères. Simon Arnauld de Pomponne, secrétaire d'État des affaires étrangères en 1671, homme savant et de beaucoup d'esprit, ainsi que presque tous les Arnauld, chéri dans la société, et préférant quelquefois les agréments de cette société aux affaires, renvoyé en 1679, et remplacé par le marquis de Croissi. Il ne fut point secrétaire d'État toute sa vie, comme le disent les nouveaux Dictionnaires historiques; mais le roi lui conserva le titre de ministre d'État, avec la permission d'entrer au conseil, permission dont il n'usa pas. Mort en 1699.

1671         Dominique Bouhours écrit 'Entretiens d'Ariste et d'Eugène'. Dominique Bouhours, jésuite, littérateur (1623-1702) fut chargé de l'éducation des princes de Longueville et du marquis de Seignelay, fils de Colbert.

1671         Jean Racine écrit 'Britannicus’

1671         Pierre Corneille écrit 'Tite et Bérénice’

1671         Molière écrit 'Les Fourberies de Scapin’

1671         Madame de Sévigné écrit 'premières Lettres'. Madame de Sévigné, Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (5 février 1626, Paris - 17 avril 1696, Grignan) est une femme de lettres française. Fille d'un gentilhomme bourguignon et de la descendante d'une famille de financiers, elle se trouva très vite orpheline. Jeanne de Chantal, fondatrice de l'ordre de la Visitation, la confia à sa famille maternelle. Elle reçut une bonne éducation, bien que Ménage et Chapelain n'y eurent point part, contrairement à ce que rapporta ensuite la légende. À l'âge de dix-huit ans, le 4 août 1644, elle épousa Henri de Sévigné.

1672         11 mars 'Les femmes savantes' de Molière remporte un succès.

1672         à 1678 - Guerre de Hollande. - Elle eut pour causes l'attitude offensante que le peuple et les dirigeants hollandais avaient envers Louis XIV, et l'élévation injustifiée des droits que les vins et eaux-de-vie de France payaient pour entrer en Hollande. Cette guerre débuta par le passage du Rhin célébré par les artistes du temps. Les Français envahirent la Hollande, mais ils furent arrêtés par l'inondation du pays, que les Hollandais provoquèrent en détruisant les digues qui avaient jusqu'alors retenu les eaux de la mer. La guerre de Hollande se déroula de 1672 à 1678. Elle opposa la France et ses alliés (Angleterre, Bavière, Suède) à la Quadruple-Alliance comprenant les Provinces-Unies, le Saint-Empire, le Brandebourg et l'Espagne. Après la guerre de Dévolution, et malgré des finances françaises difficiles, Louis XIV chercha à étendre son territoire et à venger ses revers face à la Triple-alliance. Le 28 mars 1672, Charles II d'Angleterre déclara la guerre aux Provinces-Unies. Rapidement, l'allié anglais s'avéra inefficace face à la puissante flotte hollandaise de l'amiral Ruyter. Au contraire, la campagne terrestre fut couronnée de succès pour Louis XIV. Guerre de Hollande (1672-1678). Conflit déclenché par les mesures protectionnistes de Colbert et la volonté de Louis XIV à s'attaquer à la grande puissance protestante hollandaise. Malgré un habile jeu d'alliances et de promesses de neutralité, Louis XIV se trouve bientôt confronté à une vaste coalition montée par Guillaume III d'Orange (futur Guillaume III d'Angleterre). Malgré tout, c'est seul contre l'Europe que Louis XIV parvient à imposer le paix de Nimègue, d'où la France sort renforcée.

1673         17 février Décès à Paris de Molière à l'âge de 51 ans, quelques heures après avoir tenu le premier rôle dans 'Le malade imaginaire'. Une semaine après la première du 'Malade imaginaire' au théâtre du Palais-Royal, Molière éprouve un malaise en scène. A 10 heures du soir, il meurt chez lui. Sa femme, Armande Béjart, obtient du roi que l'archevêque de Paris autorise le lendemain l'inhumation de celui qui n'a pu, avant de mourir, abjurer sa profession de comédien.

1673         24 février Suppression du droit de remontrances aux parlements.

1673         30 juin Les Français s'emparent de Maastricht. Vauban conduit le siège en présence du roi Louis XIV. Les Hollandais résistent dans cette ville qu'ils ont annexée en 1632. Mais Louis XIV veut venir à bout de “cette république de marchands de fromages”. Au cours de l'un des assauts, d'Artagnan meurt. Vauban, Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban (1633 - 1707) était un architecte militaire français, nommé maréchal de France par Louis XIV. Expert en poliorcétique, il donna au royaume de France "une ceinture de fer". Il naquit à Saint-Léger-de-Foucherets (aujourd'hui Saint-Léger-Vauban), dans le Morvan, et fut baptisé le 15 mai 1633. À l'âge de 22 ans il devint "ingénieur militaire responsable des fortifications". Il perfectionna la défense des villes (le pré carré) et dirigea lui-même de nombreux sièges dont celui de Lille en 1667, celui de Maastricht en 1673 et celui de Philippsburg en 1688. C'est la victoire de Maastricht qui poussa le roi à lui offrir une forte dotation (qui lui permit d'acheter le château de Bazoches en 1675) et à le nommer "commissaire des fortifications" en 1678. Suite à un désaccord avec le roi, il perdit sa grâce et mourut à Paris le 30 mars 1707 d'une inflammation des poumons. Son corps repose en l'église de Bazoches-du-Morvan et son coeur est conservé à l'Hôtel des Invalides de Paris. Au total, Vauban a créé ou élargi plus de 160 forteresses et donné son nom à un type d'architecture. Le pré carré est une double ligne de villes fortifiées qui protège les nouvelles frontières du Royaume de France contre les Pays-Bas espagnols. Le pré carré a été conçu par Vauban au XVIIe siècle après la conquête du Nord de l'actuelle France.

1673         Guillaume III d'Orange (futur Guillaume III d'Angleterre), stathouder de Hollande, noue une coalition contre la France entre son pays, l'empire d'Allemagne, l'Espagne et le Danemark. Guillaume III d'Angleterre, Guillaume III, Prince d'Orange (° 14 novembre 1650 - † 8 mars 1702), aussi connu comme le roi Guillaume III d'Angleterre, Guillaume II d'Écosse et d'Irlande.

1673         30 août Première coalition (Provinces-Unies, Espagne, l'Empire allemand et la Lorraine) contre la France.

1673         Le Lorrain peint 'Paysage classique’

1674         Abandon de Madagascar et installation sur l'île Bourbon (actuelle île de la Réunion) ainsi que sur l'île de France (île Maurice actuelle).

1674         2 août Naissance de Philippe II d'Orléans futur régent. Philippe d'Orléans, petit-fils de France, duc de Chartres, duc d'Orléans (1701), duc de Valois, duc de Nemours et duc de Montpensier, régent du royaume de France pendant la minorité de Louis XV, dit le Régent, est né le 2 août 1674 à Saint-Cloud et mort le 2 décembre 1723 à Versailles.

1674         11 août Victoire française à Seneffe contre les Impériaux, les Espagnols et les Hollandais. Seneffe est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut.

1674         Louis Moréri écrit 'Le grand dictionnaire historique'. Louis Moréri (25 mars 1643 - 10 juillet 1680) est un encyclopédiste français. Son encyclopédie, 'Le grand Dictionnaire historique', ou mélange curieux de l'histoire sacrée et profane a été la première fois éditée à Lyon en 1671. L'encyclopédie est concentrée en particulier sur les articles historiques et biographiques. Moréri a consacré son encyclopédie à Gaillard de Longjumeau, évêque d'Apt, où il fut nommé aumônier. Le travail de Moréri a été modifié un certain nombre de fois par d'autres après sa mort et a été traduit en anglais, allemand, italien et espagnol. Un total de vingt éditions ont été publiées entre 1671 et 1759. Moréri a étudié les sciences humaines à Draguignan et plus tard la rhétorique à l'université jésuite d'Aix-en-Provence. Il a alors étudié la théologie puis fut ordonné prêtre à Lyon. Il est né à Bargemon, (diocèse de Fréjus) et est mort à Paris.

1674         René Rapin écrit 'Réflexions sur la Poétique d'Aristote'. René Rapin, né en 1621 (Tours, Indre-et-Loire), mort en 1687 (Paris) à l'âge de 66 ans. Sa première oeuvre a été publiée en 1671 (il avait 50 ans). Il a été et s'est occupé de : Prêtre jésuite (1639-1687), Professeur de réthorique (1648-1657).

1674         Nicolas Boileau écrit 'Art poétique'.

1674         Jean Racine écrit 'Mithridate'.

1674         Dominique Bouhours écrit 'Doutes sur la langue française’

1675         5 janvier Victoire française à Turkheim sur les Impériaux. La bataille de Turckheim oppose le 5 janvier 1675, Frédéric Guillaume, électeur de Brandebourg commandant une armée austro-brandebourgeoise, au maréchal de Turenne, commandant une armée française. La stratégie adoptée par Turenne fut de prendre l'ennemi par surprise, en l'attaquant depuis le massif des Vosges. Après avoir pris des informations du côté vosgien, plusieurs semaines avant, sur la situation de l'ennemi, Turenne fit passer son armée par la montagne. Il déboucha sur Turckheim par la montagne. Turenne réussit son plus beau succès. Il inflige une défaite cuisante et le combat est relativement peu meurtrier (300 Brandebourgeois tués).

1675         27 juillet Mort de Turenne devant Salzbach. La bataille de Salzbach ou de Sasbach est un épisode de la Guerre de Hollande qui s'est déroulée le 27 juillet 1675, où s'opposèrent les troupes françaises, commandée par le maréchal Turenne, aux troupes impériales sous les ordres de Raimondo Montecuccoli. Turenne y trouva la mort, emporté par un boulet de canon.

1675         Louvois succède à son père Michel Le Tellier au secrétariat d'état à la Guerre. Seul maître des armées à la mort de Turenne, il en réorganise l'entretient et le recrutement. L'ordre du tableau ouvre le commandement aux roturiers, des milices provinciales sont instituées, portant l'effectif à 300 000 hommes, des écoles militaires sont créées. Louvois, François Michel Le Tellier, marquis de Louvois (18 janvier 1641 à Paris - 16 juillet 1691 à Versailles) fut un homme d'État français. Fils de Michel Le Tellier, marquis de Barbezieux et d'Élisabeth Turpin, il épouse Anne de Souvré, marquise de Courtenvaux.

1675         Pierre Corneille écrit 'Suréna’

1675         Cardinal de Retz écrit 'Mémoires' (réd.)

1675         Jean Racine écrit 'Iphigénie’

1675         Dominique Bouhours écrit 'Remarques nouvelles sur la langue françoise’

1675         à 1755 - naissance et mort de Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, écrivain né à Paris le 15 janvier 1675, mort en 1755. C'est le fils de Claude de Rouvroy, duc de Saint-Simon et de sa seconde femme, Charlotte de L'Aubespine. C'est son cousin Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon (1760-1825) qui est le philosophe et industriel français fondateur du saint-simonisme.

1675         mort de Johannes Vermeer.

1676         Le Français Abraham Duquesne est vainqueur de l'amiral hollandais De Ruyter près des îles Lipari (8 janvier), à Agosta, au nord de Syracuse où De Ruyter est tué (22 avril) et dans le golfe de Palerme (2 juin). Les soldats français occupent Messine et une partie des côtes siciliennes. Abraham Duquesne est l'un des grands officiers de la marine de guerre française du XVIIe siècle. Il servit sous Louis XIII et Louis XIV. Michiel de Ruyter, Michiel Adriaenszoon de Ruyter (° 24 mars 1607, † 29 avril 1676) est l'amiral le plus célèbre de l'histoire hollandaise.

1676         22 avril Victoire navale française contre les Hollandais à Agosta. Le Français Abraham Duquesne est vainqueur de l'amiral hollandais De Ruyter près des îles Lipari (8 janvier), à Agosta, au nord de Syracuse où De Ruyter est tué (22 avril) et dans le golfe de Palerme (2 juin). Les soldats français occupent Messine et une partie des côtes siciliennes.

1676         2 juin Victoire navale française contre les Espagnols à Palerme.

1676         17 juillet Exécution de la marquise de Brinvilliers reconnue coupable dans l'affaire des poisons. La chose se fait si prestement qu'on ne voit point passer la lame ; et la tête tranchée (la marquise se tient droite) reste un moment sans tomber. Le bourreau, content : “N'est-ce pas là un beau coup ?” et il vide une chopine. Du corps mis au bûcher le peuple se dispute les reliques, évoquant Marie Stuart, murmurant même qu'ils ont brûlé une sainte. Madame de Sévigné en rend compte à sa fille : “La Brinvilliers est en l'air : son pauvre petit corps a été jeté, après l'exécution, dans un fort grand feu, et les cendres au vent ; de sorte que nous la respirerons...” Marquise de Brinvilliers, rendue célèbre par l'Affaire des poisons, Marie Marguerite d'Aubray, Marquise de Brinvilliers, fut jugée et éxécutée pour empoisonnement en 1676. Fille d'Antoine de Dreux d'Aubray, lieutenant civil du Châtelet de Paris à l'époque de la Fronde.

1677         3 janvier Première de 'Phèdre' de Racine. Racine présente sa dernière tragédie profane : "Phèdre". L'histoire s'inspire d'Euripide pour traiter du destin tragique de Phèdre, amoureuse d'Hyppolite et qui le fait condamner par le roi. Extrêmement aboutie d'un point de vue formel, cette pièce est connue pour la musicalité de ses vers. Mêlant cette perfection du vers aux grands thèmes de la tragédie, elle est une des plus grandes réussites du classicisme. Elle a pourtant souffert de sa concurrence avec la pièce de Nicolas Pradon qui respectait absolument les règles instituées par l'Académie. Première représentation du Phèdre de Racine. C'est un échec cuisant face à son rival Pradon, pour lequel la duchesse de Bouillon a loué deux salles pour le même soir. Les acteurs de Racine jouent devant une salle vide ; à 37 ans, il renonce au théâtre. Nicolas Pradon (dit parfois Jacques Pradon), né à Rouen en 1632 et décédé à Paris le 14 janvier 1698, était un dramaturge français. Tôt dans sa carrière, Nicolas Pradon a reçu l'aide de Pierre Corneille et de Madame Deshoulières qui l'a présenté dans les salons de l'Hôtel de Nevers et de l'Hôtel de Bouillon. Pradon est l'auteur de huit tragédies qui ont joui d'un succès modéré, mais qui ont été sévèrement jugées par Boileau et son rival Racine qui a également produit des tragédies reposant sur les histoires de Bajazet et de Phèdre. "La seule différence entre Pradon et moi est que moi je sais écrire" aurait-il dit. Cette rivalité a été particulièrement intense lorsque Pradon a publié 'Phèdre' et 'Hippolyte' au moment où Racine sortait sa propre 'Phèdre'.

1677         11 avril Victoire française à Cassel sur les Hollandais. Bataille de la Peene, aussi appelée bataille de Cassel, Philippe de France et Luxembourg défont Guillaume III d'Orange (futur Guillaume III d'Angleterre). La bataille de la Peene, appelée aussi bataille de Cassel, opposa l'armée de Louis XIV aux troupes coalisées des Pays-Bas, de l'Espagne et de l'Angleterre. Elle a été livrée le 11 avril 1677 entre Noordpeene et Zuytpeene, deux villages situés entre Saint-Omer et Cassel sur la rive droite de la rivière Peene Becque en Flandre française.

1677         Prise de Valenciennes par Louis XIV.

1677         mort de Spinoza.

1678         Victoire navale de Stromboli remportée par l'amiral français Duquesne sur le célèbre amiral hollandais Ruyter, qui mourut dans cette bataille.

1678         4 janvier Vauban est nommé commissaire général des fortifications.

1678         12 mars Louis XIV s'empare de Gand.

1678         10 août Traité de Nimègue entre la France et les Provinces-Unies. Celui-ci est le premier des trois traités de Nimègue. Le 15 septembre, c'est avec l'Espagne qu'un traité sera signé. Le 5 février 1679, ce sera avec le Saint Empire romain germanique. A la Hollande, avec laquelle Louis XIV signe en ce jour, Maastricht et la principauté d'Orange sont restituées. Traité de Nimègue qui met fin à la guerre, et en vertu duquel la Franche-Comté reste à la France qui acquiert en outre diverses villes des Pays-Bas, et rend Maestricht à la Hollande. Le traité de Nimègue fut signé le 10 août 1678 à Nimègue (actuels Pays-Bas) entre les Provinces-Unies et la France. Il mit fin à la guerre de Hollande. Louis XIV se débarrasse des enclaves en territoires étrangers et rend : à la Hollande, la ville de Maastricht, la principauté d'Orange, occupée par les Français depuis 1672, est rendue à Guillaume III d'Orange (Guillaume III d'Angleterre). De plus, les Provinces-Unies bénéficient de la suppression du tarif douanier français de 1667 et de celle du droit d'aubaine. à l'Espagne, des places-fortes telles que Charleroi, Binche, Ath, Audenarde et Courtrai. Le grand perdant de la guerre est l'Espagne qui céde à la France : la Franche-Comté, l'Artois, les places-fortes flamandes de Cassel, Bailleul, Ypres, Wervick et Warneton, ainsi que Cambrai, Bouchain, Condé-sur-l'Escaut et Bavay, dans le Hainaut. Au total, la frontière du Nord de la France est lissée, et comprend moins d'enclaves. Et la Franche-Comté relie la France à la Basse-Alsace (traité du 17 septembre 1678)

1678         15 septembre Traité de paix franco-espagnol.

1678         Constitution des "Chambres de réunion", groupes d'experts en droit chargés d'étendre les prétentions françaises au-delà des acquis frontaliers faits depuis 1648. Louis XIV constitue des "Chambres de réunion" dont la mission est de rechercher les dépendances (géographiques, ethnographiques, etc.) des territoires concédés à la France par les traités de Westphalie, Aix-la-Chapelle et Nimègue.

1678         à 1741 - naissance et mort de Antonio Vivaldi, compositeur italien. C'est grâce à son père qu'Antonio Vivaldi apprend très jeune le violon. C'est également lui qui le pousse à se tourner vers une carrière ecclésiastique. Il reçoit ainsi la tonsure à l'âge de quinze ans et il est ordonné prêtre en 1703. Il devient par ailleurs professeur de violon, puis maître de concerts à l'Ospedale della Pietà ("hospice de la Piété" qui accueillait les jeunes filles orphelines déshéritées). Il y trouve d'excellentes interprètes pour produire ses nombreux concertos et ses oeuvres religieuses. Vivaldi mène également une carrière mouvementée de compositeur d'opéra et d'imprésario au théâtre Sant'Angelo. Ce prêtre surtout musicien se fait connaître à travers l'Europe et s'occupe de la publication de sa musique. Il quitte Venise en 1740 pour Vienne où il meurt l'année d'après. Il est surtout célèbre pour ses 'Quatre saisons' même s'il a été l'auteur de nombreux oratorios, cantates, opéras et concertos.

1678         Madame de La Fayette écrit 'La Princesse de Clèves'.

1679         5 février Traité de Nimègue avec les Impériaux marquant la fin de la guerre de Hollande. La France a acquis la Franche-Comté, Cambrai, Valenciennes, l'Alsace, le Sénégal et la Guyane. La paix de Nimègue est complétée par le traité signé le 5 février 1679 entre Louis XIV et l'Empereur. Le traité est humiliant pour l'empire qui céde Fribourg-en-Brisgau et doit reconnaitre la validité des dispositions des traités de Westphalie de 1648. Le duc de Lorraine refuse les conditions humiliantes du traité. Il devait récupérer son duché sauf Nancy mais devait accepter la création de quatre routes de quatre lieues de large à travers son duché. En conséquence, Louis XIV continue d'occuper la Lorraine et annexe la place-forte de Longwy.

1680         23 mars Mort de Fouquet, ancien surintendant des Finances, à la forteresse de Pignerol, après dix-neuf ans de détention.

1680         17 mars La Rochefoucauld s'éteint après une longue maladie. Trois jours après avoir assisté à sa fin, son amie Madame de Sévigné écrit : “Nous sommes mercredi, et Monsieur de La Rochefoucauld est toujours mort”.

1680         10 octobre Déclaration interdisant les synodes protestants sans autorisation royale.

1680         22 octobre Création de la Comédie-Française. Par décret, Louis XIV crée "la Comédie-Française". La société de comédiens à pour mission première de concurrencer la "comédie-italienne" très en vogue en France depuis le milieu du XVI° siècle. La Comédie-Française regroupe plusieurs troupes de théâtre rivales. L'Illustre Théâtre de Molière, le théâtre du Marais et le théâtre de l'hôtel de Bourgogne. La Comédie-Française a été fondée par décret de Louis XIV pour fusioner les deux seules troupes parisiennes de l'époque, la troupe de l'Hôtel Guénégaud et celle de l'Hôtel de Bourgogne. Le répertoire d'alors se compose de l'ensemble des pièces de théâtre de Molière et de Jean Racine, ainsi que de quelques pièces de Pierre Corneille, Paul Scarron et Jean Rotrou. La Comédie-Française, ou Théâtre-Français, est le seul théâtre d'État de France, et un des rares disposant d'une troupe permanente de comédiens. Comédie-Française. L'origine de la Comédie-Française repose sur une longue histoire de fusions. Depuis 1628, la troupe de l'Hôtel de Bourgogne est officiellement nommée "Troupe Royale". Celle de Molière reçoit, à la suite d'une représentation faite devant le roi, le titre de "Troupe de Monsieur". A la mort du grand maître, celle-ci s'installe à l'Hôtel de Guénégaud, rue Mazarine, et fusionne avec une autre troupe, celle du Théâtre du Marais. En 1680, Louis XIV regroupe les troupes de Guénégaud et de l'Hôtel de Bourgogne, leur donne le titre de Comédiens-Français et les installe dans l'actuelle rue de l'Ancienne Comédie. Les Comédiens-Français y présentent 'Phèdre' et le 'Médecin malgré lui'. Ils sont au nombre de 27 et comptent dans leurs rangs la grande tragédienne de Racine, La Champmeslé. En 1771, les Comédiens-Français déménagent aux Tuileries puis ils intègrent l'Odéon. La troupe est démantelée à la Révolution et reconstituée grâce à Bonaparte, en 1812. Elle s'installe alors au Palais Royal où elle demeure encore actuellement. Depuis les années 70, la Comédie-Française réunit une trentaine de sociétaires et une vingtaine de pensionnaires.

1680         Pierre Richelet écrit 'Dictionnaire françois contenant les mots et les choses' ; orthographe simplifiée. Pierre Richelet (1631-1694) publie en 1680 le premier dictionnaire monolingue de langue française, le 'Dictionnaire français contenant les mots et les choses', dictionnaire destiné à "l'honnête homme". Il y définit les mots en homme de goût et de raison, volontiers puriste. Il s'agit d'un dictionnaire descriptif du bel usage, avec des exemples choisis dans l'oeuvre de Boileau, Molière, Pascal, Vaugelas, sans oublier les collaborateurs de Richelet, Patin et Bouhours qui n'hésitent pas à se citer, un bon moyen de passer à la postérité... Ce dictionnaire préfigure l'ouvrage de Littré et de Paul Robert : le grand dictionnaire de langue s'appuyant sur des citations d'auteurs est né.

1680         mort de François de La Rochefoucauld.

1681         18 mars Les “dragonnades” commencent dans le Poitou. Louvois est l'initiateur de ces expéditions vexatoires, souvent odieuses et cruelles, exercées avec le concours des troupes et qui visent à contraindre les huguenots à abjurer leur foi protestante. Commencement des dragonnades, mesures vexatoires, odieuses et souvent inhumaines qui furent exercées officiellement avec le concours de la force armée, pendant plus de dix ans, contre les protestants, dans le but de provoquer leur abjuration. Louvois en fut l'initiateur, et elles eurent pour théâtre le Languedoc, les Cévennes, la Guyenne, l'Aunis et la Saintonge. Dragonnades, c'est lors d'une sédition contre l'impôt à Rennes en 1636, que Richelieu recourut pour la première fois à une dragonnade qui ne consiste en fait qu'à permettre à la troupe toutes les exactions qu'elle s'autorise habituellement en territoire conquis : pillage, viol, etc. Louvois la remit à l'honneur en 1681 aux dépens des adeptes de ce que les catholiques appelaient la RPR (Religion Prétendument Réformée).

1681         9 juillet Fermeture de l'académie protestante de Sedan.

1681         28 septembre Occupation du port de Strasbourg par les troupes françaises.

1681         30 septembre Les français s'emparent de Strasbourg.

1681         23 octobre Louis XIV entre dans Strasbourg.

1681         Dom Mabillon écrit 'De re diplomatica'.

1681         Jacques-Bénigne Bossuet écrit 'Discours sur l'histoire universelle'.

1682         Bombardement d'Alger par Duquesne, en punition des méfaits de ses corsaires sur les côtes méditerranéennes de France.

1682         19 mars Bossuet fait adopter par l'assemblé de clergé la déclaration sur la puissance ecclésiastique reconnaissant le roi comme maître de l'église de France. Déclaration des “Quatre Articles”. Bossuet, que Louis XIV a voulu pour précepteur du Dauphin, rédige les textes des “Quatre Articles” que vote l'assemblée du clergé. Ils définissent les principes du gallicanisme et place l'église de France sous l'autorité du roi, niant par ailleurs l'infaillibilité papale.

1682         9 avril Robert Cavelier de La Salle explore les bouches du Mississippi et fonde la Louisiane. René Robert Cavelier de La Salle est né à Rouen le 22 novembre 1643 et mort le 19 mars 1687 dans le sud de la colonie française de Louisiane, actuellement l'état américain du Texas. Explorateur-voyageur, il a exploré la région des Grands Lacs des États-Unis et du Canada, puis le fleuve Mississippi et a ainsi découvert les territoires situés entre le Québec et le delta du Mississippi.

1682         6 mai Installation de la cour à Versailles. Pendant tout le temps de la construction de Versailles, la cour n'a pas cessé d'aller de Saint-Germain à Vincennes ou aux Tuileries. Les travaux ont commencé en 1661 sous la direction de Le Vau puis, après 1676, sous celle de Jules Hardouin-Mansart. Le Brun, premier peintre du roi, assure la décoration. Le Nôtre ordonnance les jardins. La noblesse, qui suit Louis XIV à Versailles, commence à considérer comme un honneur et un privilège que le roi lui accorde des chambres pareilles à celles où elle loge ses gens. Charles Le Brun (1619-1690), est un peintre et décorateur français du XVIIe siècle, qui s'est surtout illustré dans la décoration du château de Versailles et de la galerie des Glaces.

1682         6 août Naissance de Louis (Louis de France), duc de Bourgogne, fils du Grand Dauphin. Louis de France (6 août 1682 † 18 février 1712), duc de Bourgogne puis dauphin de France. Fils de Louis de France, le grand dauphin et de Marie-Anne-Christine de Bavière. père de Louis de France (futur Louis XV).

1682         mort de Le lorrain.

1683         30 juillet Mort de la reine Marie-Thérèse d'Autriche, femme de Louis XIV.

1683         6 septembre Mort de Colbert. “Si j'avais fait pour Dieu la moitié de ce que j'ai fait pour cet homme, je serais sûr du salut de mon âme”, crie Colbert, auquel Louis XIV vient de faire porter un message lui souhaitant un prochain rétablissement. A soixante-quatre ans, Colbert qui souffre de la “pierre” (des coliques néphrétiques) ne songe plus, après s'être dédié à son roi, qu'à devoir rendre des comptes “au Roi des rois”. Son fils (Jean-Baptiste Colbert, Marquis de Seignelay) devient secrétaire d'État à la Marine et Louvois aux Bâtiments et aux Manufactures. Le Peletier est nommé contrôleur général des finances. Chargé en premier lieu de veiller à la gestion des finances de l'état sous Louis XIV, Colbert, qui meurt à 64 ans, avait exercé peu à peu son pouvoir dans tous les domaines. Travailleur infatigable, il réforma l'administration publique, favorisa l'industrie et le commerce, multiplia les manufactures de l'État. Il réorganisa la justice et la marine et fit notamment construire une flotte de guerre de 276 bâtiments, transforma Brest et Cherbourg en de grands ports. Il acheta Dunkerque aux Anglais. Son combat pour maîtriser les finances de l'État fut de plus en plus vain car les dépenses de guerre engagées par le roi étaient sans cesse plus importantes. Le crédit de Colbert baissa peu à peu au profit de celui de Louvois, le ministre de la Guerre. Jean-Baptiste Colbert, Marquis de Seignelay, le fils et homonyme du grand Colbert, Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, est mort si jeune et après un ministère si bref que longtemps son oeuvre est restée confondue avec celle de son illustre père. Les historiens de notre marine commencent cependant de lui rendre justice et lui attribuent désormais le mérite de la constitution et de la modernisation de la flotte louis-quatorzienne. Claude Le Peletier (1675, Paris - 1711, Paris). En 1683, il succéde à Colbert, comme contrôleur général des finances sous Louis XIV pour se retirer en 1689. Il deviendra surintendant des Postes de 1691 à 1697.

1683         6 octobre Le roi ordonne l'expulsion des juifs du royaume.

1683         9 octobre Louis XIV épouse secrètement Madame de Maintenon, veuve du poète Scarron, née en 1635, et qui avait supplanté depuis longtemps Madame de Montespan dans la faveur royale. C'est secrètement que Louis XIV, qui est veuf de Marie-Thérèse depuis le 30 juillet 1683, épouse en ce jour Françoise d'Aubigné, veuve Scarron. Depuis plusieurs années, gouvernante des enfants que le roi a eus avec Madame de Montespan, elle est devenue son amie, sa confidente, sa maîtresse. Quelques jours plus tôt, le roi s'est entendu répondre par Louvois, auquel il annonçait dans le secret son projet de mariage : “Le plus grand roi du monde, couvert de gloire, épouser la veuve Scarron ? Voulez-vous vous déshonorer ?”  Madame de Maintenon, Françoise d'Aubigné, (1635, Niort - 1719, Saint-Cyr-l'École), plus connue comme Madame de Maintenon, fut secrètement l'épouse de Louis XIV (1683–1715), roi de France et de Navarre. Elle était la petite-fille d'Agrippa d'Aubigné. Après une enfance passée à la Martinique où elle gagne le surnom de "Belle Indienne", elle revint en France en 1645 après la disparition de son père, puis abjura la foi calviniste. Madame de Montespan, Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, née en 1640 au château de Lussac-les-Châteaux, morte le 26 mai 1707 à Bourbon-l'Archambault, plus connue comme Madame de Montespan. Elle fut, de 1667 à 1679, la favorite en titre de Louis XIV (1638-1715) roi de France et de Navarre, dont elle eut sept enfants, dont cinq furent légitimés et quatre atteignirent l'âge adulte.

1683         26 octobre Louis XIV assiège Luxembourg. L'Espagne déclare la guerre à la France.

1683         19 décembre Naissance de Philippe (Philippe V d'Espagne), second fils du Grand Dauphin, futur roi d'Espagne. Philippe V d'Espagne (Versailles, 19 décembre 1683–Madrid, 9 juillet 1746), roi des Espagnes et des Indes (1700–1746). Né Philippe de France, prince et fils de France. Deuxième fils du Grand Dauphin et petit-fils de Louis XIV, il est d'abord titré duc d'Anjou. Il est baptisé en 1687 et il reçoit en 1689 le duc de Saint-Aignan comme gouverneur. En 1690, il perd la dauphine sa mère, née Marie-Christine de Wittelsbach (1660-1690).

1683         à 1764 - naissance et mort de Jean-Philippe Rameau. Compositeur à la Chambre du Roi: France de 1745 à 1764. L'influence des théories de Rameau sera considérable dans le domaine de l'harmonie, dont il a fondé les bases de l'enseignement.

1683         Création des Globes terrestres de Coronelli. Vincenzo Maria Coronelli (16 août 1650 - Venise, 9 décembre 1718) est un moine franciscain Italien cartographe, cosmographe, fabricant de globes et encyclopédiste. Les Globes de Coronelli ou Globes de Marly sont une paire de globes (terrestre et céleste) de grande dimension (387 cm de diamètre) réalisée par Vincenzo Coronelli et offerte à Louis XIV. Le globe terrestre présente l'état des connaissances géographiques alors connues tandis que globe céleste figure l'état du ciel à la naissance de Louis XIV.

1684         Bombardement de Gènes par Duquesne. Le doge est obligé de venir s'humilier devant Louis XIV à Versailles. Doge était le titre porté par le plus haut dignitaire de deux anciennes républiques du nord de l'Italie : Venise et Gènes.

1684         5 mars Louis XIV refuse d'adhérer à la création d'une sainte ligue contre les Turcs auxquels il est allié.

1684         4 juin Prise de Luxembourg par les armées françaises.

1684         16 août Traité de Ratisbonne entre Louis XIV, Léoplod Ier d'Auriche et Charles II d'Espagne accordant à la France les villes et territoires conquis. Traité de Ratisbonne entre la France, L'Espagne et la Hollande. Une trève est signée pour 20 ans. Ratisbonne, est une ville allemande, située dans le Land de Bavière.

1684         Pierre Bayle crée 'Les Nouvelles de la République des Lettres'. Pierre Bayle (18 novembre, 1647 - 28 décembre, 1706) fut un philosophe et écrivain français. Il est né à Carla-le-Comte, près de Pamiers en Ariège. Instruit par son père, ministre protestant, il apprend le grec et le latin puis sera envoyé étudier à l'académie de Puylaurens. En 1684, Pierre Bayle commence la publication de son journal de critique littéraire 'Nouvelles de la république des lettres'.

1684         Jean de La Fontaine écrit 'Discours à Madame de La Sablière’

1684         à 1721 - naissance et mort de Watteau, il fut avant tout le peintre d'un nouveau genre au début du XVIIIe siècle, celui des fêtes galantes qui charmèrent ses contemporains et influencèrent tant d'artistes au Siècle des Lumières.

1684         Décès à Paris de Pierre Corneille à l'âge de 78 ans. Le poète et dramaturge français meurt à Paris à 78 ans. D'abord avocat à Rouen, sa ville natale, il écrit sa première comédie, "Mélite", en 1629. Il vient s'installer à Paris pour y écrire. Richelieu le remarque et l'intègre dans un groupe de cinq auteurs chargés de rédiger des tragédies et des comédies imaginées par le cardinal lui-même. Grâce à lui, Corneille perçoit une pension. Son oeuvre la plus connue est la tragi-comédie "Le Cid", écrite en 1637. Pierre Corneille, pauvre, affaibli par une maladie qui dure depuis des mois, n'a plus guère la force que d'aller prier à l'église Saint-Roch. C'est le christ du maître-autel qui lui inspire ces derniers vers : “Pêcheur, tu vois ici le Dieu qui t'a fait naître ; Sa mort est ton ouvrage et devient ton appui. Dans cet excès d'amour, tu dois au moins connaître Que s'il est mort pour toi, tu dois vivre pour Lui”.

1684         Antoine Furetière écrit 'Essai d'un dictionnaire universel contenant généralement tous les mots françois tant vieux que modernes, et les termes de toutes les sciences et des arts' ; va déclencher une lutte intense et très violente avec l'Académie française qui refuse la concurrence. Le dictionnaire projeté par Furetière, à dimension encyclopédique, annonciateur du XVIIIe siècle, ouvert aux mots techniques, est pourtant très différent de celui de l'Académie qui s'attache à la langue commune et générale de la bonne société. Mais l'Académie avait obtenu le 28 juin 1674 auprès du chancelier d'Aligre un privilège exorbitant portant défense de publier aucun dictionnaire avant que le sien fût au jour ni pendant les 20 années qui suivraient sa publication.

1685         18 octobre Édit de Fontainebleau révoquant l'édit de Nantes. L'édit de Fontainebleau, voulu par Louis XIV, réduit à néant l'édit de Nantes accordé par Henri IV. Les principales dispositions ordonnent la démolition des temples, l'interdiction du culte protestant, et rendent obligatoires le baptême et l'instruction catholique. Cette mesure dictée à Louis XIV, dit-on, par Madame de Maintenon, devait avoir des conséquences funestes pour la France, en ce qu'elle obligea à s'expatrier un très grand nombre d'artisans, d'industriels, de commerçants qui constituaient le fond de la société protestante, et qui portèrent à l'étranger, avec leur ressentiment contre Louis XIV, leurs industries, leur savoir professionnel, leurs aptitudes pratiques de toute sorte et leur probité. Édit de Fontainebleau, le 18 octobre 1685, l'Édit de Fontainebleau, signé par Louis XIV, révoque l'Édit de Nantes. Dès le début de son règne, Louis XIV cherche donc à réduire le protestantisme. Il prend d'abord des mesures vexatoires: il fait supprimer des écoles protestantes, interdit aux protestants d'acheter des offices, augmente leurs impôts....

1685         à 1732 - naissance et mort de John Gay, poète et dramaturge anglais. Il est surtout connu pour avoir écrit le livret de 'L'Opéra des gueux' (1728), sur une musique de Johann Christoph Pepusch. Les personnages de cet opéra, dont Captain Macheath et Polly Peachum, ont inspiré Bertolt Brecht et Kurt Weill pour leur Opéra de quat'sous.

1685         à 1750 - naissance et mort de Johann Sebastian Bach. Compositeur allemand. L'oeuvre de Jean-Sébastien Bach s'inspire des traditions musicales d'Allemagne du Nord et du Sud, de France et d'Italie. Autodidacte de la composition, sa principale méthode d'apprentissage consiste à copier sur des cahiers la musique de différents artistes. Son oeuvre est reconnue comme un aboutissement des traditions musicales éprouvées en son temps (en particulier celle de la composition polyphonique et du contrepoint). La profonde foi de Bach se manifeste dans l'ensemble de ses formes musicales sacrées destinées à être jouées lors des différents offices : chorales, cantates et passions. Ainsi considéré grand Maître du Baroque, du contrepoint, de la fugue, de l'écriture vocale, de la composition de chambre, du répertoire pour intrument solo... ses oeuvres pour clavier révèlent une habileté de combiner une structure musicale compliquée avec une pure force spirituelle. La pièce maîtresse de son oeuvre pour clavier, par ailleurs la plus importante en volume, reste le 'Clavier bien tempéré' (1722-1744), où se révèle tout l'art du compositeur. Y sont réunis deux fois 24 Préludes et Fugues dans les 24 tonalités majeures et mineures de la gamme tempérée. A retenir également parmi ses oeuvres les trois recueils de 'Suites françaises' (1722), anglaises (1724-1725) et allemandes (1726-1731), plus connues sous le titre de 'Partitas', un Concerto italien (1735), 16 Concertos transcrits d'après Vivaldi (1710) et les Variations Goldberg où Bach y joue de la modulation à l'infini. Il a dit... J'ai beaucoup travaillé. Quiconque travaillera comme moi pourra faire ce que j'ai fait. !    

1686         9 juillet Formation de la Ligue de Augsbourg par le Saint Empire, l'Espagne, la Suède, la Saxe, la Bavière et le Palatinat contre la France. La brutalité avec laquelle Louis XIV a fait occuper le Palatinat et l'électorat de Cologne pour que soient respectés les droits de sa belle-soeur, la princesse Palatine, dresse contre le royaume de France toutes les colères. Les États du Saint Empire romain germanique, l'Espagne, la Savoie, les Provinces-Unies, la Suède (comme l'Angleterre encore à la mort de Jacques II), qui ont toutes les raisons politiques, religieuses, économiques ou commerciales de s'opposer à la France, forment la ligue d'Augsbourg. La ligue d'Augsbourg en 1686, est une alliance de la plus grande partie de l'Europe contre la France de Louis XIV alors au sommet de sa puissance. La politique des Réunions (de 1678 à 1681), l'agression française contre les Pays-Bas espagnols (1683-1684), le bombardement de Gênes (1684) par les Français, le soutien de Louis XIV à sa belle-soeur, la princesse Palatine lors de la succession de l'électeur Palatin en 1685, inquiètent les princes européens. La politique anti-protestante menée avec acharnement depuis 1676 et qui aboutit à la révocation de l'Édit de Nantes en 1685, soude le front des princes et des populations protestantes d'Europe. Guillaume III d'Orange (futur Guillaume III d'Angleterre) qui vise le trône d'Angleterre de son beau-père Jacques II désire occuper Louis XIV sur le continent. En 1686, la Hollande et la Suède renouvellent leur alliance défensive. Le 7 mai 1686, l'empereur et l'électeur de Brandebourg en font de même pour défendre les acquis du traité de Westphalie. Le 9 juillet à Augsbourg, en Bavière, Guillaume III d'Angleterre, l'Empereur (Léopold Ier du Saint-Empire), l'Espagne, la Suède, la Bavière, les ducs de Saxe, s'allient contre la France. En septembre l'électeur Palatin et le duc de Holstein-Gothorp rejoignent la ligue. En 1689, la ligue se renforce par l'alliance de l'empereur avec les Provinces-Unies (traité de Vienne) auxquels se joignent le Danemark, la Savoie, l'Angleterre du nouveau roi Guillaume III et l'Espagne. L'échec de la tentative d'imposer au pape la nomination d'un archevêque pro-français à Cologne, débouche sur l'occupation militaire de la ville par les Français (juin 1688). C'est le début de la guerre de la ligue d'Augsbourg qui dure jusqu'en 1697. Un palatinat désigne le territoire ou l'office d'un comte palatin. Le comte palatin est un titre de comte impérial carolingien ou du Saint-Empire romain germanique. Le comté palatin ou palatinat correspond au domaine associé. L'origine de ce titre vient des comtes du palais palatins qui habitaient dans des palais impériaux établis par les empereurs Carolingiens et les empereurs du Saint Empire romain germanique dans chaque duché de leur empire, pour y représenter l'autorité impériale.

1686         11 décembre Mort du Grand Condé.

1686         Bernard Le Bouyer de Fontenelle écrit 'Entretiens sur la pluralité des mondes'. Bernard Le Bouyer de Fontenelle est un écrivain français né à Rouen le 11 février 1657 et est mort, presque centenaire, le 9 janvier 1757. C'est un neveu de Corneille. Élu à l'Académie française en 1691, il prend nettement parti, dans la querelle des Anciens et des Modernes en prenant position pour ces derniers. Il fut secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences. Ses 'Entretiens sur la pluralité des mondes', oeuvre de vulgarisation scientifique, eurent un vif succès.

1687         10 mars Oraison funèbre du Grand Condé (Louis II de Bourbon-Condé) par Bossuet. C'est sur l'ordre du roi, que Bossuet donna l'Oraison Funèbre du prince de Condé, le 10 mars 1687, à Notre-Dame de Paris. La décoration de la Cathédrale qui fut réalisée pour cette cérémonie passa pour la plus belle et la plus considérable qu'on eût jamais vue.

1687         Dominique Bouhours écrit 'De la Manière de bien penser dans les ouvrages de l'esprit’

1687         Charles Perrault écrit 'Le Siècle de Louis le Grand'. Charles Perrault, surtout célèbre par ses Contes de Perrault issus de la tradition populaire, Charles Perrault est un auteur né et mort à Paris (12 janvier 1628 - 16 mai 1703. Son frère est l'architecte et scientifique Claude Perrault (1613-1688). Collaborateur de Colbert, chargé de la politique artistique et littéraire de Louis XIV en 1663, puis contrôleur général de la surintendance des Bâtiments, il entre à l'Académie française en 1671, où il participe à la querelle des Anciens et des Modernes, du côté des Modernes ; dans ce cadre, il écrivit 'Le Siècle de Louis le Grand' (1687) et 'Parallèle des Anciens et des Modernes' (1688-1692), deux oeuvres fortement critiquées par Boileau.

1687         invention du principe d'une machine à vapeur à piston par Denis Papin. Denis Papin est né à Blois en France, le 22 août 1647. Il a effectué maints travaux fondateurs sur la machine à vapeur. Denis Papin construisit sa première machine à vapeur : un bateau à vapeur en 1707. Mais cette superbe invention apporta beaucoup de controverse auprès des bateliers, qui détruisirent le navire.

1687         Mort de Jean-Baptiste Lully. Lully meurt de la gangrène des suites d'une malencontreuse blessure avec sa canne de chef d'orchestre. D'origine italienne, le compositeur fut l'artisan de la naissance de l'opéra français, un grand compositeur de ballet mais aussi un fin courtisan. Par ses talents, et ses manoeuvres, il a su obtenir la confiance de Louis XIV pour devenir Surintendant de la musique.

1688         Les Révolutions anglaises et française. Révolution modèle, les Révolutions anglaises ne se sont cependant pas faites sans heurts: de 1642 à 1660, les îles Britanniques ont été soumises à un déferlement de violence, ponctué d'idées utopiques où le sectarisme le disputa à l'inspiration, où la générosité sociale des "partageux" se heurta à la défense de la propriété. Entre 1789 et 1799, la France a connu un bouleversement dont les conséquences et la mémoire ne cessent d'influer sur le quotidien du XXe siècle: la Révolution française a proclamé les droits de l'homme, institué l'égalité civique et le système métrique, créé les départements, supprimé - un temps - l'esclavage, donné au pays un panthéon de héros et de martyrs.

1688         21 juin : Jacques II d'Angleterre, remarié avec une princesse italienne, Marie de Modène, a un fils, Jacques Édouard, qui est baptisé par un prêtre catholique. Jacques Édouard Stuart dit le chevalier de Saint-George (20 juin 1688, palais Saint-Jacques de Londres – 1er janvier 1766, palais Balestra, Rome), fut prince de Galles de 1688 à 1689. Fils du roi Jacques II d'Angleterre et d'Irlande et VII d'Écosse (1633-1701) et de sa 2e épouse, la princesse Marie de Modène (1658-1718).

1688         à 1689 - 'Glorieuse Révolution' en Angleterre. Novembre : Devant le risque de voir une dynastie catholique se perpétuer, les whigs organisent une révolution ("Glorieuse Révolution") avec l'aide des Provinces-Unies. Sept évêques anglicans (les "Sept Immortels") font appel au prince protestant Guillaume III d'Orange (futur Guillaume III d'Angleterre), époux de la fille aînée de Jacques II, Marie, qui débarque à Torbay dans le Devon le 5 novembre, avec 600 vaisseaux, 20 000 soldats et 12 000 chevaux. Son beau-père Jacques II s'enfuit en France (23 décembre). Guillaume III d'Orange est accueilli à Londres en triomphateur (28 décembre). La Glorieuse Révolution d'Angleterre (en anglais Glorious Revolution, aussi appelé Seconde Révolution anglaise par certains historiens français) fut une révolution pacifique (1688-1689) qui renversa le roi Jacques II (Jacques VII d'Écosse) et provoqua l'avènement de la fille de celui-ci, Marie II et de son époux, Guillaume III d'Orange (futur Guillaume III d'Angleterre). La révolution aboutit à l'instauration d'une monarchie constitutionnelle et parlementaire à la place du gouvernement autocratique des Stuarts. Succédant à son frère Charles II en 1685, le catholique Jacques II s'aliéna rapidement l'opinion par des mesures impopulaires : brutalité de la répression contre la rébellion du duc de Monmouth, création d'une armée permanente, entrée de catholiques au gouvernement, dans l'armée et dans les universités, ainsi que le rapprochement avec la papauté (venue d'un nonce apostolique à Londres). En 1687, il ordonna qu'une déclaration d'indulgence, accordant la liberté de culte aux catholiques et aux dissidents, soit lue dans toutes les églises. Cette décision, ajoutée à la naissance de son fils en juin 1688 d'un second mariage avec une catholique, qui garantissait une succession catholique, incita les opposants au roi à agir, mais le souvenir encore frais de la guerre civile, assorti d'un certain loyalisme, dissuadaient tout mouvement violent. Le gendre de Jacques II d'Angleterre, Guillaume III d'Orange (futur Guillaume III d'Angleterre), stathouder des Pays-Bas, époux de la princesse Marie, voyant s'éloigner la perspective d'accéder indirectement au trône, déclencha les hostilités en débarquant avec une petite armée anglo-hollandaise le 5 novembre 1688, à Torkay. Pris de panique, le roi Jacques II s'enfuit en France, ce dont profita Guillaume III d'Orange qui, dès son arrivée à Londres le 28 décembre 1688, fit valoir que la fuite du roi équivalait à une abdication. S'emparant de fait du gouvernement, Guillaume III d'Orange, en accord avec le Parlement, fit réunir une convention qui proclama la déchéance du roi et offrit conjointement le trône au prince Guillaume et à la princesse Marie. En contre-partie, ceux-ci devaient contresigner, en février 1689, la Déclaration des droits (Bill of Rights) laquelle inscrivit dans la loi les acquis du Commonwealth d'Angleterre et du règne de Charles II. La Déclaration interdisait l'accession au trône d'un catholique, assurait des élections libres et le renouvellement du Parlement, rendait illégale la présence d'une armée en temps de paix. Les partisans de Jacques II qui refusèrent l'allégeance à Guillaume et Marie furent appelés les non-jureurs ou jacobites. Nombreux parmi les catholiques irlandais et écossais, ils furent écrasés à la bataille de la Boyne, en Irlande en 1690 et, à Glencoe, en Écosse en 1692.

1688         LE SIÈCLE DES LUMIÈRES.

1688         Le siècle des Lumières correspond fondamentalement au XVIIIe siècle en Europe, même si son début est considéré comme partant de la révolution anglaise de 1688. La philosophie des Lumières désigne le mouvement intellectuel qui s'est développé à cette période autour d'idées pré-démocratiques, telles que l'établissement d'une éthique, d'une esthétique et d'un savoir fondé sur la "raison éclairée" de l'homme. Les inspirateurs de ce mouvement se voyaient comme une élite courageuse d'intellectuels oeuvrant pour un progrès du monde, transcendant les siècles d'irrationalité, de superstition et de tyrannie passés. L'ensemble de ce mouvement doit être rapproché des révolutions américaine et française, de la montée du capitalisme. Artistiquement, il correspond à la période néo-classique. On parle aussi des Lumières pour désigner les intellectuels, écrivains, philosophes emblématiques de ce mouvement de pensée.

1688         Les Lumières. Elles symbolisent le triomphe de la raison sur l'ignorance et la superstition. Pour Kant, les "Lumières" marquent l'époque privilégiée où l'homme émerge de l'immaturité dans laquelle il marnait, non par défaut d'intelligence, mais par manque de courage et de détermination à user de sa raison. "Osez savoir ! Ayez le courage d'utiliser votre propre intelligence !" telle est l'exhortation adressée à ses lecteurs. Cette volonté de déchirer le voile de tradition et d'autorité recouvrant la politique, la religion et la philosophie est la motivation profonde des penseurs du XVIIIe siècle, notamment Voltaire et Montesquieu. Inspirés par la révolution scientifique et par les lois universelles de Newton, ils réalisent que la connaissance de l'univers et de son fonctionnement est accessible à l'esprit humain. Dieu n'est pas pour autant éliminé de leur système de pensée, mais il est désormais réduit au rôle de créateur d'un univers mécanique qui, une fois en place, continue à fonctionner selon des lois naturelles pouvant être déchiffrées par le biais de l'expérience scientifique. La principale barrière aux Lumières est l'ignorance. Il suffit d'éduquer les gens pour parvenir à éliminer un grand nombre de maux et d'inégalités de la société. Les connaissances scientifiques modernes doivent être plus largement répandues dans le public : on crée 'l'Encyclopédie'. De 1750 à 1780, Paris est la capitale des Lumières et les salons intellectuels attirent des écrivains venus de toute l'Europe. Dans les années 1780, on assiste à l'avènement d'une nouvelle génération de réformateurs, tels que Marat et Robespierre, qui concrétisent les idées radicales formulées dans les salons français en s'attaquant avec virulence aux privilèges dont jouissent l'Église et l'aristocratie et en réclamant l'égalité. La révolution française est en marche.

1688         Début du Siècle des lumières. Le siècle des Lumières est, en Europe, une période de grand essor scientifique et d'épanouissement de la raison critique. Les philosophes français, comme Rousseau, Diderot et Voltaire, énoncent des principes généreux sur le droit naturel, l'égalité entre les hommes, et disent la nécessité d'améliorer la société, de libérer les opprimés, d'instruire les pauvres.

1688         à 1690 - Insuccès d'une expédition militaire française en Angleterre ayant pour but de soutenir le roi Jacques II, détrôné par une révolution au profit de son gendre Guillaume III d'Orange (futur Guillaume III d'Angleterre), qui malgré cette intervention et les efforts des partisans de Jacques II, conserva le trône d'Angleterre, tout en restant stathouder de Hollande. Jacques II d'Angleterre, Jacques Stuart, né le 14 octobre 1633 au Palais de Saint-James (Londres), mort le 16 septembre 1701 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines, France), fut roi d'Angleterre (Jacques II d'Angleterre) et d'Écosse (Jacques VII d'Écosse) de 1685 à 1689. Sa conversion au catholicisme (à une date non connue, et sans être imité par les deux filles survivantes de son premier lit), puis, après son avènement, les faveurs accordées aux Églises minoritaires (dont l'Église catholique), l'accueil d'un nonce apostolique à Londres et la naissance d'un héritier mâle en 1688 (avec la perspective d'une dynastie catholique) achevèrent de lui aliéner la sympathie d'une partie de ses sujets (il fut accusé d'avoir substituer un fils, Jacques François Stuart, pour un enfant mort). Les grands seigneurs se tournèrent alors vers sa fille Marie et son époux Guillaume III d'Orange (futur Guillaume III d'Angleterre), chef des armées hollandaises. Ils débarquèrent en 1688, entrainant la fuite de Jacques II, sans combattre, le 11 décembre 1688 puis sa déposition formelle le mois suivant. Il trouva refuge auprès de son cousin germain Louis XIV, comme nombre de ses partisans (les "Jacobites"). Pour contrer la Ligue d'Augsbourg (Angleterre, Provinces-Unies, Autriche, états d'Allemagne, Espagne), Louis XIV tenta de replacer Jacques II sur le trône et ainsi de déplacer la guerre en Angleterre, sans succès.

1688         à 1697 - Guerre de la Ligue d'Augsbourg, formée par Guillaume III d'Orange (futur Guillaume III d'Angleterre) qui, entre autres griefs contre la France, ne pardonnait pas à Louis XIV son intervention en faveur de Jacques II. Dans cette nouvelle guerre, l'Europe tout entière, sauf le Danemark et la Turquie, étaient contre la France. La guerre de la ligue d'Augsbourg, également appelée guerre de Neuf Ans, eut lieu de 1688 à 1697. Elle opposa la France sous la monarchie absolue de Louis XIV, alliée au Danemark et à l'empire Ottoman, à une grande coalition, d'abord défensive. Celle-ci comptait principalement l'Angleterre sous la monarchie constitutionelle de Guillaume III d'Angleterre (Guillaume III d'Orange), l'empereur d'Allemagne (Léopold Ier du Saint-Empire) et plusieurs Électeurs, l'Espagne, les Pays-Bas, la Savoie et la Suède. Elle se plaçait dans le contexte de l'opposition entre les Bourbons et les Habsbourgs, notamment pour le contrôle de l'Espagne. Guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697). Conflit entre Louis XIV et une coalition de puissances européennes irritées par la politique agressive et anti-protestante de la France. Au terme d'une guerre sur le sol européen et dans les colonies, la paix intervient suite à l'épuisement des belligérants. Elle met fin aux prétentions hégémoniques de Louis XIV.

1688         26 novembre La France déclare la guerre à la Hollande, début de la guerre contre la ligue d'Augsbourg.

1688         11 décembre L'empereur allemand déclare la guerre à la France.

1688         28 décembre Guillaume III d'Orange (futur Guillaume III d'Angleterre) est accueilli à Londres en triomphateur.

1688         Le temps des Révolutions (1688-1848). La France en vedette. Cent ans avant la prise de la Bastille, c'était déjà la Révolution, mais à Londres cette fois (1689). Et cette "Glorieuse Révolution" sans effusion de sang allait inspirer tous les mouvements démocratiques à venir. Dans les salons français, on cultive l'art de la conversation et l'on brasse des idées nouvelles sur la liberté individuelle et les droits naturels des hommes. On remet aussi en cause l'autorité du clergé et du roi. De Paris, ces idées gagnent toute l'Europe et même traversent l'Atlantique. Les insurgés américains s'en réclament. Dans leur Déclaration d'indépendance, ils proclament le droit de chacun à la recherche du bonheur ! Toute les élites communient dans une même foi dans le progrès et la bonté du genre humain. Et de Philadelphie à Saint-Pétersbourg, c'est en français que s'exprime cette foi. Le XVIIIe siècle est le siècle français par excellence. Ce succès s'appuie sur un dynamisme démographique qui fait du pays le plus peuplé d'Europe avec une jeunesse nombreuse. Les premières années de la Révolution française semblent confirmer cette prééminence de la France. Mais quelques dérapages antireligieux ont vite fait d'entraîner le pays dans deux décennies de guerres qui vont la saigner à blanc. C'est un pays profondément vieilli que quitte Napoléon en partance pour l'exil de Sainte-Hélène. La France, désormais, doit se contenter d'une seconde place derrière l'Angleterre. La démocratie anglaise se trouve particulièrement à l'aise pour tirer parti des progrès techniques de l'heure et engager la Révolution industrielle. Quand une vague de révolutions éclatent sur le Continent en 1848, faut-il s'étonner qu'elles échouent en quelques mois ? Romantiques et idéalistes dans un siècle ouvrier et industriel, elles se trompent d'époque.

1688         Jean de La Bruyère écrit 'Les Caractères'. Jean de la Bruyère publie "les Caractères", un recueil de maximes et de portraits qui s'inspire de l'oeuvre de Théophraste. Le but est alors d'exposer les moeurs et surtout les défauts des êtres humains de l'époque. C'est dans le cadre de son poste de précepteur du duc de Bourbon qu'il a eut le temps et le loisir d'observer les gens de la cour. Aucun nom précis n'est donné. Par cette oeuvre esthétique, philosophique et moraliste, il espère pouvoir amener l'humanité à corriger ses défauts.

1688         Bernard Le Bouyer de Fontenelle écrit 'Digressions sur les Anciens et les Modernes’

1688         Charles Perrault écrit 'Parallèles des Anciens et des Modernes' (1688-1697).

1688         Dom d'Achery écrit 'Acta sanctorum' (1688-1701). Luc d'Achery (1609 - 1685) était un bénédictin français, bibliothécaire de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Il écrivit une histoire ecclésiastique médiévale, Spicilegium.

1688         Du Cange écrit 'Glossarium ad scriptores mediae et infimae graecitatis’

1688         à 1763 - naissance et mort de Marivaux. Écrivain français. Élevé en province, Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux suit des études de droit à Paris. Devenu avocat, il n'exercera pourtant jamais cette fonction. Il s'essaie au roman burlesque et débute au Théâtre Italien et au Théâtre Français. Ses pièces empruntent leurs conventions à "la commedia dell'Arte". Ses oeuvres multiples révèlent un certain utopisme et traitent souvent de la "métaphysique du coeur" plus connue sous l'appellation "marivaudage". Et c'est le thème de l'amour que Marivaux décline dans ses pièces tragi-comiques. L'auteur se sert du travestissement et du grotesque des situations pour détourner les règles morales de l'époque. Il lance, comme unique rédacteur, le 'Spectateur français', un hebdomadaire aux accents moralistes qui comprendra 25 numéros. Il se veut aussi philosophe dans 'L'Indigent Philosophe', une autre de ses parutions. Très attaché à la vie mondaine, Marivaux fréquente de nombreux salons littéraires, notamment celui de Madame de Lambert et de Madame de Tencin.

1689         15 avril La France déclare la guerre à l'Espagne.

1689         17 mai L'Angleterre déclare la guerre à la France. Guillaume III d'Orange (futur Guillaume III d'Angleterre) déclare la guerre à la France suite à un incident naval. En décembre, la "Grande Alliance" contre la France rassemble l'Empire, la Hollande, l'Espagne, la Savoie et l'Angleterre. La Grande Alliance est le nom d'une alliance contre la France aux alentours des années 1700.

1689         à 1755 - naissance et mort de Montesquieu. Écrivain français. Né Baron de la Brède et de Montesquieu, Charles de Secondat, dit Montesquieu, étudie le droit et devient avocat puis conseiller au Parlement de Bordeaux. Nommé président du Parlement de Guyenne en 1716, il se consacre à l'écriture et effectue de nombreux voyages en Europe, particulièrement en Angleterre et en Italie, qui viennent nourrir ses réflexions politiques, philosophiques et sociales. Pétri de philosophie classique, féru d'Histoire, admirateur de la pensée scientifique et de la logique, il se livre à une critique des formes de pouvoirs dans 'Les lettres persanes' (1721). Dans 'De l'esprit des Lois' (1748), il envisage une réflexion sur les constitutions civiques à travers le prisme des lois naturelles adaptées aux gouvernements. Il est l'un des premiers à songer à la séparation des pouvoirs en trois domaines : l'exécutif, le législatif et le judiciaire. Critiqué par l'église, Montesquieu n'est pas pour autant hostile au système monarchique. Annonciateur du courant des Lumières françaises, il participe à la fin de sa vie à l'aventure de l'encyclopédie et meurt aveugle.

1689         Jean Racine écrit 'Esther’

1689         Henry Purcell présente 'Didon et Enée'. Purcell présente son chef-d'oeuvre de l'opéra baroque "Didon et Enée" à la Boarding School for Girls à Londres. L'auteur anglais, par la suite spécialiste des musiques pour théâtre, s'inspire pour cette oeuvre de Virgile. Il parvient alors sublimement à lier l'influence francaise à un travail sur le rythme pour mettre en valeur les intonations propre à la langue anglaise. Henry Purcell (10 septembre 1659 - 21 novembre 1695) est un musicien et compositeur de musique baroque, né à Westminster et mort à Londres. On admet généralement que Purcell a été le plus grand compositeur anglais de naissance (Haendel ayant été anglais par naturalisation). Purcell a incorporé à sa musique des éléments des styles français et italien, mais a développé un style anglais particulier.

1690         20 mai Prise de Port-Royal par les Anglais.

1690         1er juillet Victoire du maréchal de Luxembourg sur la Grande Alliance à Fleurus. Les troupes françaises de Louis XIV gagnent contre les troupes hollando-autrichiennes. La bataille de Fleurus a eu lieu le 1er juillet, 1690. Ce fut une victoire pour l'armée française commandée par le maréchal de Luxembourg contre les armées d'une coalition européenne Pays-Bas, Allemagne, Espagne et Grande-Bretagne commandées par le général allemand Waldeck. La France a perdu 3 000 hommes, alors que les alliés ont perdus 9 000 hommes. Les artilleurs français avaient tiré sur leurs régiments d'infanterie dont ils n'avaient pas identifié les couleurs. Tous les drapeaux reçurent, comme signe distinctif commun, une écharpe blanche nouée au sommet de la hampe. Les troupes françaises étaient sous le commandement du duc de Luxembourg (François-Henri de Montmorency-Luxembourg), du duc de Boufflers (Louis François de Boufflers), du duc du Maine (Louis Auguste de Bourbon), du duc de Choiseul (Claude de Choiseul-Francières), du Grand-Prieur de Vendôme (Philippe de Vendôme), et du Prince de Conti (François Louis de Bourbon-Conti). Fleurus est une commune de Belgique située dans le province de Hainaut au Nord-Est de Charleroi. François-Henri de Montmorency-Luxembourg, François-Henri de Montmorency-Bouteville comte de Bouteville et duc de Piney-Luxembourg, pair et maréchal de France, plus connu sous le nom de maréchal de Luxembourg ou celui de tapissier de Notre-Dame (8 janvier 1628 à Paris - 4 janvier 1695), est un général français du XVIIe siècle.

1690         10 juillet Victoire navale française contre les Anglais et les Hollandais à Béveziers. Victoire navale française de Tourville sur les flottes anglaises et hollandaise à Béveziers (Sussex). Elle permet le débarquement jacobite en Irlande. Tourville, Anne Hilarion de Costentin (ou Cotentin), comte de Tourville, est un vice-amiral et Maréchal de France, né en novembre 1642 (à Paris ou au château de Tourville-sur-Sienne) et mort en mai 1701 à Paris.

1690         18 août Victoire de Nicolas Catinat sur l'Espagne et la Savoie à Staffarde. Le maréchal de Catinat bat le duc de Savoie à Staffarde, prend Saluce (19 août) puis Suze (12 novembre). Nicolas de Catinat, maréchal de France, est un militaire français du XVIIe siècle, né à Paris le 1er septembre 1637 et mort à Saint-Gratien le 22 février 1712.

1690         24 août : En Inde, l'Anglais Job Charnock, (? -1693), un agent de la East India Company, responsable de l'usine anglaise de Cassim Bazar installe une nouvelle usine à Sutanati (Fort William en 1696). Cette date est généralement considérée comme la date de fondation de la moderne Calcutta.

1691         8 avril Louis XIV s'empare de Mons.

1691         16 juillet Mort du marquis de Louvois (François Michel Le Tellier), son fils, marquis de Barbésieux (Louis-François-Marie Le Tellier) lui succède à ses charges. Louis-François-Marie Le Tellier, marquis de Barbésieux, fils du marquis de Louvois, secrétaire d'État de la guerre, après la mort de son père, jeune homme qui commença par préférer les plaisirs et le faste au travail. Mort à trente-trois ans, en 1701.

1691         Jean Racine écrit 'Athalie’

1691         Charles Perrault écrit 'Contes' (1691-1695)

1692         29 mai Bataille de Barfleur contre les navires anglo-hollandais. La Bataille de Barfleur est une bataille navale qui opposa le 29 mai 1692 au large du Cotentin, la marine de guerre française à la flotte anglaise. Louis XIV soutient une seconde tentative de Jacques II pour reprendre le pouvoir en Angleterre. Un corps expéditionnaire est concentré à Saint-Vaast-la-Hougue, dans le nord-Cotentin. Un flotte de protection et de transport basée à Brest doit venir à Saint-Vaast pour embarquer les troupes.

1692         2 juin Défaite navale de Louis XIV devant les Anglais à La Hougue. Les Français perdent là un quart de leurs vaisseaux. Bataille de la Hougue, faute de fortification sur la côte normande, Tourville prévoit de rejoindre Brest ou Saint-Malo. Une majorité des navires parvient à franchir le Cap de la Hague, mais treize ne peuvent franchir des courants du Raz Blanchard. Ils sont alors contraints de revenir vers l'ennemi en se réfugiant dans la baie de la Hougue. Le 1er juin, trois navires fortement touchés s'échouent au large de Cherbourg. L'artillerie des fortifications de la ville tient pour quelques temps l'ennemi à distance. Le stock de poudre de l'un des navires échoués, le Soleil Royal, en s'embrasant, explose et les projections provoquent de gros dégâts matériels et humains dans la ville. Les 2 et 3 juin, les Anglais incendient l'un après l'autre les navires en rade de la Hougue. Jacques II regarde sur les hauteurs de Quinéville, ce spectacle qui signifie la fin de ses ambitions. Cette sévère défaite révèle la nécessité de consolider la défense de la baie, avec deux tours similaires, l'une sur le fort de la Hougue et l'autre sur Tatihou. Elle révèle aussi amèrement l'erreur commise par les adversaires de Vauban, qui ont convaincu le roi d'arrêter les travaux du port de Cherbourg et même de détruire ses fortifications.

1692         30 juin Louis XIV s'empare de Namur.

1692         3 août Victoire du maréchal de Luxembourg sur les Anglais à Steinkerque. Bataille de Steinkerque, 3 août 1692 : Victoire du maréchal de Luxembourg sur les Anglais et les Hollandais, commandés par le Roi d'Angleterre Guillaume III d'Orange (Guillaume III d'Angleterre).

1692         Procès des 'sorcières de Salem'. Le procès des sorcières de Salem est un épisode fameux de l'histoire coloniale des États-Unis qui entraine la condamnation et l'exécution de personnes accusées de sorcellerie en 1692 dans le Massachusetts. Généralement analysé comme découlant d'une période de luttes intestines et de paranoïa puritaine, ce procès cause la mort de 25 personnes et l'emprisonnement d'un bien plus grand nombre.

1693         28 juin Victoire navale de la France sur les Anglais au large du Portugal. Tourville disperse et détruit en partie une flotte anglo-hollandaise au large de Lagos (Portugal), escortant des navires de commerce chargés de grains venus du Levant pour ravitailler l'Europe du Nord en pleine disette.

1693         29 juillet Victoire du maréchal de Luxembourg sur les Anglais à Neerwinden. La bataille de Neerwinden ou de Landen eut lieu dans le cadre de la guerre de la ligue d'Augsbourg le 29 juillet 1693 entre l'armée française sous le commandement du maréchal de Luxembourg et les forces alliées sous les ordres de Guillaume III d'Orange (futur Guillaume III d'Angleterre).

1693         8 septembre Les Hollandais occupent Pondichéry. François Martin, son gouverneur, trouve refuge à Chandernagor. Pondichéry est une ville dans le sud-est de l'Inde. Pondichéry entre dans l'histoire de France lorsque la Compagnie française des Indes orientales achète en 1673 un petit village côtier au sultan de Bijapur. Pondichery devient ainsi la tête de pont des intérêts commerciaux de la France en Inde. Il faut cependant attendre 1685 pour que François Martin, nommé "directeur de la côte de Coromandel", mette Pondichéry sur la voie de la prospérité. François Martin (1634-1706), navigateur français. En 1601, la "Compagnie des marchands de Saint-Malo, Laval et Vitré" qui rêve des Moluques arme deux navires, le "Corbin" et le "Croissant" qui font une longue escale dans la baie de Saint Augustin à Madagascar. Chandernagor est une ville du Bengale occidental située sur les rives du Gange, à une trentaine de kilomètres de Calcutta. Le nom actuel de Chandernagor est Chandannagar. C'est l'un des anciens Établissements français de l'Inde. Les Moluques sont un archipel appartenant à l'Indonésie.

1693         15 septembre Louis XIV récuse la déclaration sur la puissance ecclésiatique.

1693         4 octobre Victoire de Nicolas Catinat sur le duc de Savoie (Victor-Amédée II de Sardaigne) à La Marsaille. En Italie, Catinat remportait les victoires de Staffarde (18 août 1690) et de La Marsaille (4 octobre 1693) sur le duc de Savoie, Victor-Amédée II, qui laissait une partie du Piémont aux Français. La bataille de la Marsaille, ou bataille de Marsaglia, est une bataille victorieuse livrée le 4 octobre 1693 par une armée française commandée par Nicolas de Catinat face à une armée hispano-savoyarde commandée par le duc de Savoie Victor-Amédée pendant la guerre de la ligue d'Augsbourg. Victor-Amédée II de Sardaigne, Victor-Amédée II (en italien Vittorio Amedeo II), né à Turin le 14 mai 1666, mort à Moncalieri le 31 octobre 1732, fut prince de Piémont et duc de Savoie de 1675 à 1730, roi de Sicile de 1713 à 1720, puis roi de Sardaigne de 1720 à 1730. Il était fils de Charles-Emmanuel II, duc de Savoie et prince de Piémont, et de Marie Jeanne Baptiste de Savoie-Nemours, duchesse de Genève et d'Aumale.

1693         Salon de Madame de Lambert. La marquise de Lambert (1647 1733) Femme de lettres française dont le célèbre salon était fréquenté par Fontenelle, Fénelon, Houdar de la Motte, Montesquieu et Marivaux.

1694         18 juin : Echec anglais à la pointe de Camaret. Camaret-sur-Mer est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Ses habitants sont appelés les Camarétois, Camarétoises.

1694         Marcello Malpighi, fondateur de l'histologie. Marcello Malpighi (* 10 mars 1628 à Crevalcore, dans les environs de Bologne ; † 29 novembre 1694 à Rome) est le père de l'anatomie microscopique ou histologie. Son nom est aujourd'hui attaché à des dizaines de structures dans le corps humain et chez les insectes. Malpighi naît l'année même où William Harvey publie ses découvertes sur la circulation sanguine. Harvey restera toute sa vie le modèle que celui-ci cherchera à atteindre. Après des études à l'université de Bologne, il devient professeur titulaire de la chaire de médecine théorique à Pise en 1656. Il n'y restera que trois ans, sa santé précaire le poussant à rentrer à Bologne parmi les siens. En 1669, Malpighi devient membre de la Royal Society de Londres. Après être devenu médecin du pape Innocent XII en 1691, il meurt d'apoplexie le 29 novembre 1694 à Rome. L'histologie est la branche de la biologie qui étudie les tissus. Par son centre d'étude, elle se situe entre la cytologie et la physiologie. Son objectif est d'explorer la composition, la structure, le renouvellement des tissus, ainsi que les échanges cellulaires en leur sein.

1694         à 1778 - naissance et mort de Voltaire (de son vrai nom François-Marie Arouet), écrivain et philosophe français, né à Paris, fut, au point de vue du talent littéraire et des idées, le vrai roi du XVIIIe siècle. Dans sa jeunesse, il connut et fréquenta les derniers "Libertins" du règne de Louis XIV. D'un séjour forcé en Angleterre, il rapporte ses célèbres 'Lettres Philosophiques', qui firent scandale et l'obligèrent à quitter Paris. Dès lors, Voltaire voyagea. Il se fixa quelque temps à Berlin, auprès du roi de Prusse, Frédéric II, avec lequel il se brouilla. Finalement, après avoir séjourné prés de Genève, le philosophe s'établie à Ferney, non loin de la frontière suisse, d'où il pouvait braver impunément le Pouvoir. C'est de ce village, dont il était seigneur, que Voltaire dirigea la lutte contre l'Église et le Christianisme, devenue sa principale affaire. Plus qu'aucun autre philosophe, il avait travaillé efficacement à ébranler à la fois l'Ancien Régime et L'Église par sa critique audacieuse, unie à l'esprit le plus spirituellement moqueur et le plus effrontément menteur, qui ait jamais été. Sa vie entière oscille entre succès mondains et littéraires, exils en Angleterre et en Prusse et séjours à la Bastille. En effet, derrière l'habile dramaturge et l'homme d'affaires fortuné, travaillait le philosophe épris de tolérance qui lutta avec détermination et humour contre l'intolérance et le fanatisme religieux. Les écrits de Voltaire, comme le fameux 'Candide', ont influencé les Lumières et restent encore aujourd'hui un modèle d'humanisme. Mort en 1778, il est porté en 1791, après la Révolution, au Panthéon.

1694         Madame de Sévigné écrit 'Correspondance'.

1695         4 janvier Mort du maréchal de Luxembourg.

1695         18 janvier Création de la capitation, impôt de quotité. La capitation est un impôt direct de l'Ancien Régime. Il est mis en place le 18 janvier 1695 à la suite de la crise économique de 1692 à 1694. Impôt sur les personnes, il touche l'ensemble des Français, y compris les privilégiés. Toutefois le clergé en est exempt. La population est répartie en 22 classes basée sur les rangs des personnes. A l'intérieur d'une classe, chaque personne doit payer le même montant. On compte 2000 livres pour la première classe et 1 livre pour la dernière. Elle est supprimée en 1697 à la suite de la paix de Ryswick.

1695         mort de Jean de La Fontaine. Mort du plus grand des fabulistes. Jean de La Fontaine, décède à l'âge de 74 ans. Il laisse derrière lui un héritage littéraire comptant près de 250 fables, de nombreux recueils de contes et bien d'autres poèmes, textes en prose ou en vers. Il sera reconnu par les générations à venir comme le plus grand fabuliste français.

1696         17 avril Mort de Madame de Sévigné. Madame de Grignan, sa fille qu'elle adore, est malade. Sa mère n'admet pas que les lois de la nature, qui voudraient qu'une mère meure avant sa fille, ne soient pas suivies, “c'est la règle et la raison, ma bonne, que je parte la première”, elle s'épuise à la soigner. Elle le fait avec tant de soins que “la règle et la raison” sont respectées. Madame de Sévigné meurt et sa fille vivra neuf ans encore.

1696         juin Jean Bart remporte la victoire sur les navires anglais à Dogger Bank. Jean Bart, né le 21 octobre 1650 et mort le 27 avril 1702, fils de Cornil Bart et de Catherine Janser, était un corsaire dunkerquois.

1696         29 juin Traité secret entre la France et la Savoie. Traité secret de Turin entre Victor-Amédée Ier de Savoie et Louis XIV pour la conquête du Milanais.

1696         Jean Racine écrit 'Abrégé de l'Histoire de Port-Royal’

1696         mort de Jean de La Bruyère.

1696         mort de Madame de Sévigné    

1697         30 octobre Traité de Ryswick mettant fin à la guerre de la ligue d'Augsbourg où Louis XIV est contraint à de fortes concessions. mais il est peu avantageux pour Louis XIV, malgré la gloire dont ses armées se sont couvertes (de ses précédentes conquêtes, il ne conserve que Strasbourg), et il reconnaît Guillaume III d'Orange comme roi d'Angleterre (Guillaume III d'Angleterre). Traité de Ryswick, les traités signés en 1697 à Ryswick, ville hollandaise des faubourgs de La Haye, mirent fin à la guerre de la ligue d'Augsbourg entre Louis XIV et la Grande Alliance. La France signa un premier traité le 20 septembre avec les Provinces-Unies, l'Angleterre et l'Espagne, puis un second avec le Saint Empire romain germanique, le 30 octobre. Louis XIV accepta de reconnaître Guillaume III d'Orange-Nassau comme roi d'Angleterre sous le nom de Guillaume III d'Angleterre ; il dut, par ailleurs, rendre la plus grande partie des territoires annexés pendant la guerre. Il restitua son duché au duc de Lorraine ; le Palatinat et Trèves, entre autres, à l'empereur germanique ; la Catalogne et Barcelone à la Couronne espagnole. Les Provinces-Unies signèrent des accords commerciaux avantageux avec la France et conservèrent certaines forteresses des Pays-Bas espagnols.

1697         Charles Perrault écrit 'Contes de ma mère l'Oye'.

1697         à 1763 - naissance et mort de l'abbé Prévost. Écrivain français. L'enfance d'Antoine-François Prévost est dramatiquement marquée du deuil de sa mère et de sa soeur. Rapidement s'y ajoute le conflit avec le père, au sujet de l'école des Jésuites où il est envoyé contre son gré d'abord, puis au sujet d'une maîtresse. Instable, il tente l'armée puis les mondanités de Londres et d'Amsterdam, deux villes dont il est expulsé pour inconduite. Il prononce enfin ses voeux en 1721. Devenu bénédictin, il se distrait par l'écriture, avant de se défroquer. Peu après la parution de son 'Histoire de Monsieur Cleveland' et de son 'Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut', il lance un périodique littéraire 'Le Pour et le Contre'. Emprisonné pour dettes, le voilà réduit à solliciter la grâce papale et à reprendre la soutane, sans cesser pour autant d'écrire et de fréquenter les philosophes. Ses ouvrages, aussi rocambolesques que son existence, ont suscité le scandale de par les portraits qu'il y trace, souvent ceux d'hommes que l'amour a menés à la déchéance. Ils ont aussi fondé une nouvelle sensibilité, axée sur le drame et le pathos.

1698         13 octobre : Traité de La Haye pour le partage de la succession d'Espagne entre la France, l'Angleterre et les Provinces-Unies.

1698         Nicolas Malebranche écrit 'Traité de l'amour de Dieu’

1698         à 1782 - naissance et mort de Pietro Metastasio, il est considéré comme le plus grand auteur dramatique italien de la première moitié du XVIII°, il a été très tôt remarqué pour ses talents poétiques. Il écrivit une série de mélodrames mettant en scène des personnages de l'antiquité dont les plus connus sont "Demetrio", "Olimpiade", "La Clemenza di Tito", "Achille en Sciro", "Temistocle"...

1699         à 1779 - naissance et mort de Jean-Baptiste Siméon Chardin, il a été célébré de son vivant comme l'un des plus grands peintres de son temps. Sa réputation a toujours dépassé les frontières, puisqu'on lui a acheté, voire commandé des peintures en Prusse comme en Russie ou au Bade-Wurtemberg, en Suède comme au Liechtenstein; et la critique de son temps, Cochin et Diderot en tête, l'a porté aux nues. Cette admiration ne s'est pas démentie et, depuis la seconde moitié du XIXe siècle jusqu'à nos jours, critiques, théoriciens, peintres, écrivains célèbrent à qui mieux mieux ses sujets comme sa façon de peindre.

1699         François Fénelon écrit 'Les Aventures de Télémaque’

1699         mort de Jean Racine. Sa dernière volonté est un acte en faveur de Port-Royal. Un acte audacieux qui ne "faisait pas sa cour" auprès de Louis XIV : il demande à être enterré à Port-Royal-des-Champs, aux pieds de son maître Hamon. Cela vaut un dernier trait, qui dépeint l'esprit extraordinaire de Paris. On s'exclame : "Il ne s'y serait pas fait enterrer de son vivant !"    

1700         Sciences au XVIIIe siècle, au XVIIIe siècle, les sciences de la vie et de la terre connurent aussi un grand développement à la suite des voyages en Afrique et dans le Pacifique : on doit citer Georges Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788), Carl von Linné (1707-1778), Jean-Baptiste Lamarck (1744-1829).

1700         La population mondiale atteint 610 millions.

1700         Début de la Seconde Guerre du Nord (fin en 1721) contre Charles XII de Suède déclenchée par la coalition de la Pologne, du Danemark et de la Russie. Grande guerre du Nord, de 1700 à 1721, la grande guerre du Nord ou seconde guerre du Nord vit l'affrontement de la Suède et d'une coalition réunissant la Russie, le Danemark-Norvège et la Saxe-Pologne (auxquels se joignirent aussi la Prusse et Hanovre, à partir de 1715). La Suède fit des prodiges mais finalement la Russie devint le pouvoir dominant sur la mer Baltique et un participant majeur dans le concert des nations européennes.

1700         1er novembre Mort de Charles II d'Espagne qui désigne Philippe, duc d'Anjou (futur Philippe V d'Espagne), deuxième fils du Grand Dauphin comme son successeur. Philippe V d'Espagne (Versailles, 19 décembre 1683–Madrid, 9 juillet 1746), roi des Espagnes et des Indes (1700–1746). Né Philippe de France, prince et fils de France. Deuxième fils du Grand Dauphin et petit-fils de Louis XIV, il est d'abord titré duc d'Anjou. Il est baptisé en 1687 et reçoit en 1689 le duc de Saint-Aignan comme gouverneur. En 1690, il perd la dauphine sa mère, née Marie-Christine de Wittelsbach (1660-1690).

1700         Gatien de Sandras écrit 'Mémoires de M. d'Artagnan'. Gatien de Sandras, auteur fécond et imprudent (il a été emprisonné plusieurs fois à la Bastille), Courtilz de Sandras (1644–1712) a servi dans l'armée avant de devenir polygraphe. Il a écrit les célèbres 'Mémoires de M. d'Artagnan' dont Alexandre Dumas s'est inspiré pour 'Les Trois Mousquetaires' et pour 'Vingt Ans après'. À plusieurs reprises d'ailleurs, il a écrit à la première personne les mémoires des autres, ceux du marquis de Montbrun ou ceux de M. de Rochefort. On a beaucoup dénigré son style qui paraît pourtant vif et picaresque.

1700         Étienne Allegrain peint 'Vue du château et de l'orangerie de Versailles'. Étienne Allegrain, au XVIIe siècle, il fut considéré comme le meilleur peintre paysagiste. Inspiré par Millet et Poussin, les critique n'en furent pas moins sévères. En effet son fils Christophe-Gabriel qui peignit également avait comme son père l'habitude de ne pas signer ses toiles. Les toiles d'Allegrain père peintes dans les couleurs éteintes furent le fruit d'un grand sens de la composition et de la perspective. Il privilégia l'évocation des ambiances et des atmosphères calmes accompagnées d'un profond jeu de lumière.

1701         18 janvier Naissance du royaume de Prusse. Après avoir reçu l'Empereur Léopold Ier, Frédéric III, alors prince-électeur de Prusse, se fait couronner à Königsberg et établit sa capitale à Berlin. C'est la naissance du Royaume de Prusse au sein du Saint Empire Romain Germanique. Lorsque l'Empire tombera sous les coups de Napoléon, c'est ce Royaume de Prusse qui croîtra pour atteindre son apogée à la fin du XIXème siècle et réaliser l'unité Allemande. Frédéric Ier de Prusse, prince-électeur (Kurfürst) de Brandebourg, 11 juillet 1657 à Königsberg – 25 février 1713 à Berlin, Hohenzollern, fut le premier roi de Prusse le 18 janvier 1701, en échange à son soutien à l'empereur Léopold Ier du Saint-Empire dans la guerre de Succession d'Espagne contre la France. La Prusse était un territoire de l'Est de l'Europe qui, de 1701 à 1918, constitua le noyau d'un royaume qui pesa sur l'histoire de l'Europe puis fut de 1918 à 1947 une partie de l'Allemagne. Aujourd'hui divisée en plusieurs Länder, la Prusse évoque le souvenir d'un État fortement militarisé.

1701         21 février Les Provinces-Unies reconnaissent Philippe V d'Espagne comme roi d'Espagne.

1701         7 septembre Traité de La Haye entre l'Empire, les Provinces-Unies et l'Angleterre à l'encontre de la France et l'Espagne.

1701         à 1713 - Coup d'envoi de la Guerre de Succession d'Espagne avec la signature de la "Grande Alliance" contre la France à La Haye. Les membres de cette coalition sont les Provinces-Unies, l'Angleterre, l'Empire allemand, rejoints ensuite par le Portugal et la Savoie. Guerre de la succession d'Espagne. - Elle a une double cause: 1: l'émotion suscitée dans les Cours d'Europe par le testament de Charles II d'Espagne; celui-ci, en mourant en 1700 sans postérité, léguait tous ses États au duc d'Anjou, Philippe, petit-fils de Louis XIV (futur Philippe V d'Espagne), à la condition toutefois que la monarchie espagnole ne subirait aucun amoindrissement territorial, et ne serait en aucun cas réunie à la France; 2: malgré le traité de Ryswick, Louis XIV reconnaissait, comme roi d'Angleterre, le fils de Jacques II (Jacques François Stuart), et, à l'encontre du testament de Charles II, il réservait au duc d'Anjou (devenu roi d'Espagne sous le nom de Philippe V d'Espagne) ses droits à la succession au trône de France pour le cas où la branche aînée des Bourbons viendrait à s'éteindre. Dans cette guerre, la France eut à lutter contre l'Angleterre, la Hollande, l'Autriche, le Portugal et la Savoie, que l'infatigable Guillaume III d'Angleterre avait réunis en une Ligue contre elle: la Ligue de La Haye. L'Espagne et la Bavière étaient ses seules alliées. (La Bavière cependant prétendait, comme l'Autriche, avoir des droits dans la succession d'Espagne). La guerre de Succession d'Espagne a opposé de 1701 à 1714, la France et l'Espagne à une coalition européenne. L'enjeu en était le trône d'Espagne et, à travers lui, la domination en Europe. Dernière grande guerre de Louis XIV, elle a contribué à la ruine économique de la France, qui n'a évité l'invasion que de justesse. En 1700, Charles II d'Espagne, meurt sans successeur. Les deux principales familles régnantes d'Europe, celle de France (Bourbons) et celle d'Autriche (Habsbourgs), et toutes deux très apparentées à Charles II, revendiquent alors le trône. Guerre de la Succession d'Espagne (1701-1714). Conflit européen pour la succession du trône d'Espagne à la mort du roi Charles II. Il oppose Louis XIV et l'empereur Léopold Ier, qui prétendent tous deux à la succession (ils ont chacun épousé une soeur de Charles II et sont les petits-fils de Philippe III d'Espagne). Avant de mourir, Charles II a désigné Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV, pour héritier. Il est couronné sous le nom de Philippe V d'Espagne en 1701, mais l'ouverture des colonies espagnoles au commerce français révolte l'Angleterre et les Provinces-Unies qui entrent en guerre contre la France aux côtés de l'empereur. A l'issue de cette guerre longue et épuisante qui se conclut par les traités d'Utrecht et de Rastadt, Philippe V conserve le trône d'Espagne, mais l'empereur et l'Angleterre héritent de places fortes espagnoles en Europe (Naples, Sicile, Gibraltar, Minorque…). Jacques François Stuart, Jacques François Édouard Stuart, dit le chevalier de Saint-Georges, né au palais Saint-Jacques (Saint James) à Londres le 20 juin 1688, décédé au palais Balestra à Rome le 1er janvier 1766. Fils du roi Jacques II d'Angleterre (1633-1701) et de sa 2ème épouse, la princesse Marie de Modène (1658-1718). Héritier à la mort de son père des droits des Stuarts aux trônes anglais, écossais et irlandais, il fut proclamé roi le 16 septembre 1701 au château de Saint-Germain-en-Laye, et fut reconnu comme tel par la France, l'Espagne, Modène, ainsi que par le Saint-Siège. Il reçut le soutien de Louis XIV pour reprendre le pouvoir outre-Manche (bataille de Malplaquet en 1709). Mais par la suite le vieux roi Bourbon fut contraint de lui retirer son appui, à cause du traité d'Utrecht.

1701         16 septembre Louis XIV reconnaît Jacques III, fils de Jacques II d'Angleterre (Jacques François Stuart), comme roi d'Angleterre ce qui provoque la rupture diplomatique avec Guillaume III d'Angleterre.

1701         invention du semoir par Jethro Tull. Un semoir est une machine agricole employée pour réaliser les semis de graines. Il a été inventé par Tull en 1701. Les semoirs sont généralement pour semer les graines en lignes régulièrement espacées, à une profondeur réglable, avec une certaine densité, régulée par des organes de distribution. Jethro Tull (1674-1741), agronome anglais, précurseur d'une agriculture "scientifique".

1702         29 octobre Marlborough s'en va t'en guerre. Le général anglais John Marlborough s'empare de la ville de Liège qui appartenait aux espagnols. C'est le début de la guerre de succession d'Espagne : l'Angleterre, l'Autriche et la Hollande soutiennent Charles d'Autriche, le prétendant au trône. Une chanson populaire française rendit le nom du général anglais légendaire. Marlborough, John Churchill, premier duc de Marlborough, général pendant la guerre de succession d'Espagne. Durant la guerre de Succession d'Espagne il remporta les victoires de Höchstädt (1704) sur les Bavarois, de Ramillies (1706) sur le maréchal de Villeroy, d'Audenarde (1708) sur le duc de Vendôme, de Malplaquet (1709) sur le maréchal de Villars. Lié au parti Whig, il tomba en disgrâce en 1710. Il est le héros de la chanson populaire française Marlbrough s'en va-t-en guerre.

1702         3 décembre Les armées françaises occupent Nancy.

1702         Guerre des Camisards (1702-1704). Camisard, de simples artisans et paysans tiennent tête à deux maréchaux de France et mettent en échec pendant près de trois ans les troupes de Louis XIV, venus les forcer à se convertir ou les exterminer. Troupes qui forment pourtant une des meilleures armées d'Europe. Voilà qui est incompréhensible pour le roi et les puissances étrangères.

1702         14 décembre Vengeance des 47 ronins. Les 47 vassaux du samouraï Asano Naganori assaillent la résidence du shogun Kira Kozukenosuke et le décapitent. Par ce geste, les ronins, "samouraïs sans maître", veulent venger la mort de leur maître, condamné à se suicider par seppuku pour avoir dégainé son sabre dans le palais, deux ans auparavant. En accomplissant leur vengeance, les 47 rônins ont respecté le code des samouraïs et sont élevés au rang de héros nationaux. Les autorités leur permettront de se suicider à leur tour selon la tradition. Terasaka Kichiemon sera le seul ronin à rester en vie pour accomplir les offrandes rituelles aux esprits des condamnés. Les 47 rônins seront enterrés au temple de Sengakuji. Leur histoire nourrira pendant plusieurs siècles la culture et les arts du Japon.

1703         12 janvier Victoire des camisards sur les troupes royales près de Nîmes.

1703         16 mai Le Portugal rompt son alliance avec la France pour s'allier à l'Angleterre.

1703         16 mai Fondation de Saint-Pétersbourg: la Russie s'ouvre à l'Occident. Saint-Pétersbourg, fondée le 16 mai 1703 par Pierre le Grand, tsar de Russie qui en fit sa capitale, Saint-Pétersbourg est la deuxième plus grande ville du pays.

1703         7 septembre : Coup d'envoi de la Guerre de Succession d'Espagne avec la signature de la "Grande Alliance" contre la France. Les membres de cette coalition sont les Provinces-Unies, l'Angleterre, l'Empire allemand, rejoints ensuite par le Portugal et la Savoie.

1703         20 septembre : Victoire de Villars et de Maximilien II Emmanuel de Bavière sur les impériaux du comte de Limbourg-Stirum à Scheveningen.

1703         8 novembre La Savoie rompt son alliance avec la France pour s'allier à l'Autriche.

1703         15 novembre Défaite des Impériaux à Spire.

1703         19 novembre Mort du Masque de fer. Un prisonnier dont personne ne connaît l'identité meurt à la Bastille où il est enfermé depuis 1698. Il n'a cessé d'être emprisonné, d'abord à Pignerol puis à Sainte-Marguerite et enfin à Paris depuis près de 25 ans. Il gardera l'anonymat tout au long de sa captivité grâce à un masque de velours qui lui cache le visage. Ce déguisement lui vaudra d'être surnommé le "masque de fer". De nombreuses rumeurs concernant sa véritable identité circulent, certains parlent du frère jumeau du roi Louis XIV ou encore de son fils illégitime. L'homme au masque de fer sera enterré sous le nom de Marchiali. Il avait 45 ans. L'Homme au masque de fer est l'un des prisonniers les plus fameux de l'histoire française. Le mystère entourant son existence, ainsi que les différents films et romans dont il a fait l'objet n'ont cessé d'exciter les imaginations. Le point de départ de l'affaire est la mort, le 19 novembre 1703 à la Bastille, au terme d'une longue captivité, d'un prisonnier dont nul ne connaissait le nom ni le motif de son incarcération. Sur cette base, l'histoire a été considérablement amplifiée, la légende y a ajouté force détails, et la politique s'en est emparée, l'Homme au masque de fer devenant, sous la plume de Voltaire, un symbole de l'absolutisme monarchique.

1703         Pour avoir écrit 'Le moyen le plus rapide d'en finir avec les dissidents', un pamphlet contre la haute église anglicane, Daniel Defoe est mis au pilori. Au lieu de boue, une foule sympathisante le couvre de fleurs. Daniel Defoe, de son vrai nom Daniel Foe, était un écrivain anglais, né le 3 avril 1660 à Stoke Newington (près de Londres), mort le 21 avril 1731 à Ropemaker's Alley, Moorfields (près de Londres). Après avoir été mis en prison (pilori) pour un pamphlet sur les conservateurs, il sera relâché en devenant un informateur pour la police. Son roman célèbre, que certains disent être le premier en anglais 'Robinson Crusoé' (1719), raconte la survie d'un naufragé sur une île déserte. Il se serait inspiré de l'aventure d'Alexandre Selkirk aux îles Galapagos.

1703         mort de Charles Perrault.

1704         9 mars L'archiduc Charles (futur Charles VI du Saint-Empire), fils de l'empereur Léopold Ier débarque à Lisbonne. Charles VI du Saint-Empire, Charles de Habsbourg (Karl von Habsburg), (né en 1685 à Vienne - mort en 1740 à Vienne) est empereur romain germanique sous le nom de Charles VI et roi de Hongrie sous le nom de Charles III (1711-1740).

1704         16 mai Le Portugal rompt son alliance avec la France.

1704         13 août Défaite franco-bavaroise contre les Impériaux à Blenheim. Les généraux français Marsin et Tallard, sont battus par Marlborough (Anglais) et le prince Eugène de Savoie, à Blenheim. Par suite de leur défaite, les Français se voient contraints d'évacuer l'Allemagne. Eugène de Savoie, Prince Eugène, Eugène de Savoie (Paris 1663- Vienne 1736), connu sous le nom de Prince Eugène, célèbre général des armées impériales, fils du comte de Soissons et d'Olympe Mancini. Grand stratège, il quitte la France du roi Louis XIV qui ne veut pas lui accorder un commandement. Il jure de ne revenir en France que les armes à la main. La Bataille de Blenheim, également connue comme la Bataille de Höchstädt, eut lieu le 13 août 1704. Ce fut un combat décisif de la guerre de Succession d'Espagne. Une armée franco-bavaroise sous le comte Camille de Tallard et Maximilien II Emanuel, électeur de Bavière, avançait vers la capitale autrichienne, Vienne. Pour contrer cette menace le commandant autrichien Eugène de Savoie se déplaça vers le nord tandis que ses alliés britanniques et hollandais allaient vers le sud à partir de la Flandre. Une fois réunis ils rencontrèrent leurs opposants dans le petit village bavarois de Blenheim, près d'Höchstädt. Les britanno-hollando-autrichiens obtinrent une victoire décisive et les Français furent repoussés de l'autre côté du Rhin tandis que la Bavière était occupée. Les alliés de la France, la Savoie et le Portugal changèrent rapidement de camp.

1704         17 mai Traité de paix entre Jean Cavalier, chef des camisards et les troupes royales. Jean Cavalier (1681 - 1740) est le plus célèbre des chefs camisards. En 1701, repéré dans des assemblées protestantes interdites, il part pour Genève. Il en revient en 1702, et après le meurtre de l'abbé du Chayla rejoint dans les Cévennes le groupe des insurgés (qui s'opposent aux persécutions subies par les Protestants) avec quelques jeunes gens de la plaine ; il redescend en septembre, et de coup de mains en coups de mains, sa troupe s'équipe, s'aguerrit et s'agrandit. Seul ou en association avec Rolland, il dévaste les villages catholiques et brûle des églises. Il n'hésite pas à attaquer les troupes royales (les dragons de Louis XIV), leur imposant parfois de cuisantes défaites comme celle du Mas de Cauvi, aux portes d'Alès, en décembre 1702, ou celle du Devois de Martignargues, près de Vézenobre, en mars 1704. Peu après cependant, en avril 1704, sa troupe est durement défaite à Nages (près de Nîmes), ses "magasins" d'Euzet découverts et pillés. Il entame alors des négociations avec le maréchal de Villars, dépose les armes et part avec une poignée de fidèles.

1704         Traduction par Antoine Galland des 'Mille et Une nuits'. Antoine Galland est né à Rollot en Picardie vers 1646. Orientaliste, spécialiste d'histoire, de manuscrits anciens, de langues orientales et de monnaies, habitué de la Bibliothèque royale, antiquaire du roi, académicien et, pour finir, lecteur au Collège royal. En 1701, il se fait rapporter un recueil de contes du Liban pour la plupart d'origine persane, traduits en arabe à la fin du VIIe siècle, et en débute la traduction. Il y adjoindra d'autres récits comme celui de Sindbad, et en rédigera d'autres comme celui d'Ali Baba.

1704         mort de Jacques-Bénigne Bossuet.

1704         mort de John Locke.

1705         16 août Victoire de Cassano. Depuis deux ans, dans cette guerre de Succession d'Espagne, les armées du roi de France qu'est Louis XIV vont d'échecs en défaites. Le duc de Vendôme, quand bien même il n'est pas l'un des favoris du roi, permet par son habileté et son courage de remporter une victoire contre le prince Eugène de Savoie. L'année précédente, ce dernier avait défait les armées françaises à Höchstädt. La bataille de Cassano eut lieu le 16 août 1705 pendant la guerre de Succession d'Espagne à Cassano en Lombardie (nord de l'Italie). Les deux camps subirent de fortes pertes, mais les Français en sortirent victorieux.

1705         9 octobre L'archiduc Charles se fait couronner roi d'Espagne à Barcelone sous le nom de Charles III (futur Charles VI du Saint-Empire)

1705         première machine à vapeur de Newcomen et Savery. La machine de Denis Papin était difficilement exploitable. Pour que la machine à vapeur devienne véritablement utilisable par les compagnies et les industries, il fallut attendre Thomas Savery dont, malheureusement, les machines n'eurent aucun succès à cause de leur rendement très faible et de leur risque d'explosion. Ce fut un artisan, Thomas Newcomen, qui fut l'un des premiers à comprendre le bénéfice que l'on pouvait tirer des machines de Papin et de Savery. Newcomen construisit en 1705 une pompe à feu, une machine atmosphérique qui servait à faire fonctionner les pompes. Cette machine, plus performante que les machines à vapeur de Papin, avait le désaventage de nécéssiter beaucoup de combustible.

1705         Edmond Halley écrit 'Synopsis d'astronomie cométaire'. Edmond Halley (29 octobre 1656, Haggerston - 14 janvier 1742, Greenwich) est un astronome britannique. Il observa en 1682 la comète qui porte maintenant son nom : la comète de Halley. Il en détermina la périodicité (à peu près 76 ans) et prédit qu'elle serait de nouveau visible en 1758. Il fut le premier à comprendre que certaines comètes sont périodiques et d'autres ne le sont pas. Il vécut pendant 18 mois sur l'île de Sainte-Hélène, où il put dresser une carte astonomique de l'hémisphère sud.

1705         à 1782 - naissance et mort de Carlo Farinelli - Broschi (Carlo), surnommé Farinelli, chanteur, né à Naples le 24 janvier 1705, mort à Bologne le 15 juillet 1782. Il fut châtré dans son enfance, à la suite d'un accident; on le fit alors instruire par Porpora, qui développa chez son élève la plus belle voix de soprano. Il débuta à Rome, en 1722, dans Eomène; il obtint le plus vif succès; il chanta ensuite à Vienne (1724), à Venise, à Naples, à Milan (1726), à Rome, à Bologne, où il rivalisa avec Bernacchi, dont les conseils ne lui furent pas inutiles, d'autant plus que l'empereur Charles VI, lui-même bon musicien, lui en donna d'analogues. Broschi abusait des traits, de toutes ces virtuosités d'exécution qui nuisent à l'émotion. Il modifia sa manière à la suite de son troisième séjour à Vienne (1731); il avait continué de faire des tournées en Italie. En 1734, Carlo Broschi passa à Londres et chanta au théâtre de Lincolns Inn Field, que dirigeait Porpora. Sa vogue fut immense; son revenu pendant les trois ans qu'il passa en Angleterre dépassait 5000 livres sterling. Parti pour un voyage en Espagne, il y resta de 1736 à 1761. Sa voix fit un tel effet sur le mélancolique Philippe V d'Espagne, que ce souverain ne voulut plus se séparer du chanteur; il se l'attacha avec un traitement de 2000 ducats, lui demandant seulement de ne plus chanter en public. Le chanteur vit son importance croître encore à l'avènement de Ferdinand VI d'Espagne, qui le nomma grand d'Espagne, chevalier de Calatrava; Broschi-Farinelli, favori du monarque, exerça sur la cour, et même sur la politique, une grande influence. Choyé par tous, comblé de cadeaux, flatté par les diplomates adversaires de la France, il conserva cette haute situation jusqu'à l'avènement de Charles VI. Il se retira alors à Bologne.

1706         23 mai Défaite française à Ramillies contre les Anglais. Bataille de Ramillies, le 23 mai 1706, au cours de la Guerre de Succession d'Espagne, la bataille de Ramillies oppose deux armées fortes chacune d'environ 60 000 hommes sur le territoire du village de Ramillies (Belgique). Elle consacre le génie stratégique de John Churchill, premier duc de Marlborough, commandant des forces alliées qui inflige une lourde défaite aux troupes franco-espagnoles de Louis XIV dirigées par le maréchal de Villeroy.
Sommaire.

1706         28 juin Charles III entre dans Madrid.

1706         7 septembre Défaite française devant Turin contre les Impériaux et les Savoyards. Eugène de Savoie défait les Français, les Espagnols et les Bavarois au siège de Turin. Dès l'annonce de ce revers, Louis XIV ordonne (trop rapidement) le retrait de ses troupes d'Italie et tente de négocier une paix, sans succès.

1707         Projet de Vauban d'une dîme royale, réclamant un impôt unique pour tous, est saisi sur ordre du roi. Disgrace de Vauban.

1707         8 janvier Naissance de Louis, duc de Bretagne, arrière-petit-fils de Louis XIV. Louis de France, né le 8 janvier 1707, mort le 8 mars 1712, fils de Louis de France, duc de Bourgogne puis dauphin de France, et de Marie-Adélaïde de Savoie. C'est un arrière-petit-fils de Louis XIV. À sa naissance, il fut titré duc de Bretagne, puis devient dauphin de France à la mort de son père le 18 février 1712. Il ne lui survivra que peu de temps, et son frère Louis, le futur Louis XV, lui succède.

1707         30 mars Mort de Vauban.

1707         25 avril Victoire du Duc de Berwick contre les armées anglo-hollandaises à Almanza. Bataille d'Almanza, Almansa est une ville d'Espagne, dans la province d'Albacete. Lors de la guerre de Succession d'Espagne, Berwick à la tête d'une armée franco-espagnole y remporta le 25 avril 1707 sur les troupes luso-britannico-hollandaise de l'archiduc Charles, commandées par lord Galloway, comte de Ruvigny et le Marquis de las Minas, une grande victoire, qui rendit le trône à Philippe V d'Espagne. La Bataille d'Almansa fut décisive pour la guerre, mais n'a pas signifié la reddition du royaume de Valence. L'armée des Bourbons dut conquérir les villes et les villages qui résistaient. Jativa a été la première cité assiégée. Jativa fut finalement occupée et le roi ordonna sa destruction; elle fut alors incendiée; plus tard on changea son nom par celui de San Felipe et on procéda à son repeuplement par des personnes fidèles à l'armée des Bourbons. A la suite furent conquises Denia, Alcoy et finalement Alicante. Duc de Berwick, Jacques Fitz-James, duc de Berwick est né de la liaison du roi détrôné d'Angleterre Jacques II et d'Arabella Churchill, soeur du duc de Malborough. En exil en France depuis la chute de son père (1688), Berwick est lieutenant général depuis 1693. Naturalisé français en 1703, l'année suivante il est capitaine général des armées de Philippe V d'Espagne. Mais l'hostilité de la reine le fait rappeler en France.

1707         1er mai : Union Act : Les royaumes d'Angleterre et d'Écosse sont unis dans le "Royaume-Uni de Grande-Bretagne" par la reine Anne Stuart. Les Écossais gagnent des avantages économiques et politiques qui contribuent à souder les deux royaumes. Une députation représente l'Écosse au Parlement de Londres (45 députés au Communes et 16 lords). L'Écosse conserve sa justice et son Église presbytérienne. Elle obtient un système fiscal particulier qui prend en compte un niveau de vie plus bas qu'en Angleterre. Le pays s'ouvre à l'espace économique anglais et participe au commerce d'outre-mer. Les Actes d'Union (The Acts of Union), sont des actes parlementaires Anglais et Écossais passés respectivement en 1706 et 1707, portant sur l'association de l'Écosse et de l'Angleterre qui deviennent ensemble le Royaume de Grande-Bretagne. Cela se solde donc par la dissolution des parlements respectifs de l'Angleterre et de l'Écosse au profit de la création d'un parlement commun, le parlement du Royaume de Grande-Bretagne. Leur somme est incluse dans le Traité (ou Acte) d'Union en 1707, et constitue une réalisation concrète de l'union entre deux pays déjà rapprochés en 1603, lorsque le roi Jacques VI d'Écosse devint également Jacques Ier d'Angleterre et d'Irlande.

1707         22 mai Victoire de Villars à Stalhofen, près de Strasbourg. Victoire franco-espagnole de Villars sur les troupes de la Grande Alliance lors de la Bataille de Stalhofen (Stollhofen). Villars force les lignes alliées et lève ensuite des contributions en Wurtemberg et en Franconie. Villars, Claude Louis Hector de Villars (1653-1734) est l'un des généraux les plus brillants du règne de Louis XIV.

1707         à 1793 - naissance et mort de Carlo Goldoni, né à Venise. Auteur de théâtre italien, de langue italienne et de langue française. Goldoni est révélé en France en 1751 avec son Piccolo Teatro.

1708         20 février Nicolas Desmarets, neveu de Colbert est nommé contrôleur général des Finances. Nicolas Desmarets, seigneur de Maillebois, est un haut fonctionnaire français né à Paris en 1648 et mort en 1721. Nicolas Desmarets fut d'abord employé comme commis de son oncle Jean-Baptiste Colbert avant de devenir maître des requêtes puis intendant des finances (1674-1683). Après une longue disgrâce, à la cause mal éclaircie, il est nommé directeur des finances en 1703, puis contrôleur général des finances le 20 février 1708, succédant à Michel Chamillart. Il trouve une situation financière très difficile, avec la nécessité de financer la Guerre de Succession d'Espagne au moment où sévit la grande famine de 1709. Il parvient à obtenir du financier Samuel Bernard un prêt de 6 millions et à réduire le montant des tailles. En 1710, il organise avec succès la levée de l'impôt du dixième, frappant tous les revenus.

1708         11 juillet Vendôme et le duc de Bourgogne (Louis de France) sont battus à Audenarde par Marlborough et Eugène de Savoie. - Par suite de ces défaites, les Français se sont vu contraints d'évacuer l'Italie et la Belgique. La bataille d'Audenarde eut lieu aux abords de la ville flamande du même nom, en Belgique, le 11 juillet 1708. L'armée française du duc de Vendôme y fut battue par les Impériaux du Prince Eugène et les Anglais du duc de Marlborough. Vendôme, Louis Joseph de Vendôme, dit le Grand Vendôme, (1er juillet 1654 à Paris † 11 juin 1712 à Vinaros en Espagne), duc de Vendôme (Louis III 1669-1712) et d'Étampes, comte de Penthièvre, fils ainé de Louis II, duc de Mercoeur et de Vendôme, et de Laure Mancini. Arrière petit fils du roi Henri IV et de Gabrielle d'Estrées. Il passa sa vie à combattre et eut une carrière militaire exceptionnelle. Malgré une grossièreté soldatesque et des moeurs dissolues, il fut l'un des meilleurs généraux de Louis XIV. À sa mort en 1712 en à Vinaros en Espagne, Philippe V d'Espagne fit porter le deuil à tout son royaume; ses restes reposent à l'Escurial (Madrid). Audenarde est une ville de Belgique, chef-lieu d'arrondissement, située en Flandre orientale sur les rives de l'Escaut.

1708         22 octobre Prise de Lille par la Coalition.

1708         9 décembre Capitulation de Lille.

1708         Dom Bernard de Montfaucon écrit 'Paleographia graeca'. Dom Bernard de Montfaucon, religieux et érudit français. Né en 1655, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, il publia des éditions des oeuvres des pères de l'Église grecque : saint Athanase et saint Jean Chrysostome. Sa 'Palaeographia graeca' fait de lui le fondateur de la paléographie - mot qu'il a inventé - grecque.

1709         La rigueur de l'hiver, cette année-là en France, est restée légendaire.

1709         27 juin : Victoire décisive des Russes face à Charles XII de Suède et à l'hetman des cosaques Mazeppa à la Bataille de Poltava. Charles XII de Suède dont l'armée est détruite, doit se réfugier à Bender en Turquie (1709-1714) où il convaincra le Sultan ottoman à déclarer la guerre à la Russie (1710-1712). Les Russes établissent leur suprématie sur la Baltique.

1709         11 septembre Défaite française lors de la bataille de Malplaquet face aux Anglais et aux Impériaux. La bataille de Malplaquet eut lieu le 11 septembre 1709 dans le cadre de la guerre de Succession d'Espagne au sud de Mons en Belgique entre les forces commandées par le général John Churchill, duc de Marlborough, pour l'Angleterre, le prince Eugène de Savoie pour les Pays-Bas et des renforts portugais contre les franco-espagnols sous le maréchal de Villars.

1709         23 octobre Dispersion des religieuses de Port-Royal. En ce jour les religieuses de l'abbaye de Port-Royal, conduites par leur abbesse, sont dispersées dans diverses institutions religieuses. Le philosophe Blaise Pascal écrit dans 'Les Provinciales' à propos des jansénistes persécutés par le pouvoir royal : “C'est une étrange et longue guerre que celle où la violence essaie d'opprimer la vérité. Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité et ne servent qu'à la relever davantage. Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence, et ne font que l'irriter encore plus”.

1710         15 février Naissance de Louis (futur Louis XV), arrière-petit-fils de Louis XIV à Versailles. Louis XV de France (1er septembre 1715– 10 mai 1774). Louis XV naquit le 15 février 1710 à Versailles. Fils de Louis, duc de Bourgogne et de Marie-Adélaïde de Savoie, petit-fils du Grand Dauphin, arrière-petit-fils de Louis XIV, il fut titré à sa naissance duc d'Anjou. Conformément à la coutume, il fut élevé jusqu'à ses 7 ans par une femme, la gouvernante des Enfants de France, depuis 1704, la duchesse de Ventadour.

1710         28 avril Destruction de Port-Royal des Champs. Parce que les religieuses de Port-Royal avaient refusé en 1664 de signer le formulaire royal imposé à tous les ordres religieux, formulaire qui affirmait la suprématie du roi sur le pape, Louis XIV fit dissoudre l'ordre en 1709 et, en ce 28 avril, il fait raser les bâtiments conventuels de leur abbaye de Port-Royal des Champs.

1710         28 septembre Les Anglais s'emparent de Madrid.

1710         14 octobre Création du "dixième" sur tous les revenus pour financer la guerre. L'impôt du dixième est perçu sur tous les revenus à titre provisoire pour financer l'effort de guerre qu'implique la guerre de Succession d'Autriche.

1710         10 décembre Victoire de Villaviciosa remportée par Vendôme. La situation de Philippe V d'Espagne, un moment compromise, est rétablie par cette victoire, et il régnera désormais sans encombre jusqu'en 1746. Bataille de Villaviciosa, ou Monte Claro (17 juin 1665) est une victoire portugaise sur l'Espagne. Le 10 décembre 1710 : Le maréchal de Vendôme gagne la bataille de Villaviciosa durant la guerre de succession d'Espagne.

1710         invention du piano par Bartolomeo Cristofori. Bartolomeo Cristofori (4 mai 1655 - 27 janvier 1731) est un facteur d'instruments à clavier italien, facteur de clavecins, de clavicordes à l'esprit extrêmement inventif. Il a été un facteur de clavecins réputé, mais doit surtout sa célébrité au piano-forte (précédant le piano du XIXe siècle) dont il fut l'inventeur à la suite des recherches et expériences qu'il effectua pour doter le clavicorde de possibilités expressives accrues. Il choisit une caisse de clavecin pour y installer son nouveau mécanisme.

1711         14 avril Mort du Grand Dauphin. La mort du Grand Dauphin âgé de cinquante ans, celle du duc de Bourgogne puis celle du duc de Bretagne posent le problème de la succession de Louis XIV. Agé de cinq ans, de santé fragile, le dernier fils du duc de Bourgogne, arrière-petit-fils du roi Louis XIV devient l'unique héritier de la couronne. Louis XV est déclaré majeur, en 1723, à treize ans.

1711         17 avril L'Angleterre quitte la coalition.

1711         3 septembre Les Anglais échouent devant Québec.

1711         8 octobre Premiers pourparlers de paix à Londres. Paix avec l'Angleterre, qui abandonne la lutte et demande la paix par suite de la mort de l'empereur Joseph Ier du Saint-Empire, les succès contre la France ne pouvant dès lors servir qu'à fortifier et à unir l'Espagne et l'Autriche, ce qui eût été reconstituer la puissance de Charles Quint. Joseph Ier du Saint-Empire, Joseph de Habsbourg (né à Vienne le 26 juillet 1678 - décédé à Vienne le 17 avril 1711), était le fils de l'empereur germanique Léopold Ier et d'Éléonore de Neubourg, roi des Romains en 1690, puis roi de Hongrie, archiduc d'Autriche et enfin empereur germanique en 1705, sous le nom de Joseph Ier.

1711         12 octobre Début du règne de Charles VI du Saint-Empire, élu empereur romain germanique (fin en 1740).

1711         Alexander Pope écrit 'Essay'. Alexander Pope (mort en 1744) Le plus grand poête classique anglais a vu le jour à Londres, dans une famille de commerçants fortunés. Petit, bossu, il est atteint du mal de Pott et se réfugie dans une vie studieuse. A Seize ans, il écrit les "Pastorals" qui le lancent dans le monde littéraire et, en 1711, il publie son "Essay on Criticism" qui le fait pénétrer dans le cercle des plus grands. Dès lors, sa carrière ne sera qu'une suite de succés entrecoupés de querelles avec ses confrères et rivaux. La grande oeuvre de la vie de Pope est la traduction d'Homère. "L'Iliade" paraît de 1715 à 1721, "L'Odyssée" de 1725 à 1726. Après avoir mené à bien cette tâche, le poête a publié de sombreux pamphlets contre ses ennemis littéraires et politiques puis des satires à la manière d'Horace et de Swift. Pope passera la fin de sa vie à mettre au point sa correspondance tout en feignant de s'indigner de la voir publiée. Il mourra à Twickenham en 1744.

1711         mort de Nicolas Boileau.

1712         29 janvier Ouverture du congrès d'Utrecht. Le Congrès d'Utrecht, le Congrès débute en décembre 1712. La France de Louis XIV est alors au plus mal, et cède irrémédiablement du terrain face aux troupes de la Grande-Alliance (qui regroupe l'ensemble de l'Europe, sauf l'Espagne). La victoire du maréchal de Villars à la bataille de Denain lui permet de négocier in extremis des conditions moins défavorables. Le traité est le premier rédigé en français : il inaugure la primauté du français comme langue diplomatique, jusqu'au Traité de Versailles, en 1919.

1712         18 février Mort de Louis, duc de Bourgogne, second dauphin.

1712         8 mars Mort de Louis, duc de Bretagne, troisième dauphin.

1712         24 juillet Villars remporte à Denain, sur Eugène de Savoie, une grande victoire qui hâte la conclusion de la paix avec les autres membres de la Ligue. Bataille de Denain, le 21 juillet 1712, les troupes françaises commandées par le Maréchal-Duc de Villars, remportent la bataille de Denain face aux Austro-Hollandais du Prince Eugène de Savoie. Cette victoire est une étape décisive dans le règlement de la guerre de Succession d'Espagne où le petit-fils de Louis XIV, Philippe V d'Espagne et l'empereur Charles VI, empereur romain germanique se disputent le trône d'Espagne. Villars, Claude Louis Hector duc de Villars (8 mai 1653 à Moulins (Allier) - 19 juin 1734 à Turin) est l'un des généraux les plus brillants du règne de Louis XIV.

1712         5 novembre Le roi d'Espagne Philippe V d'Espagne renonce à ses droits sur la Couronne de France.

1712         7 novembre Signature du traité de paix entre la France et le Portugal.

1712         Antoine Watteau peint 'Perspective’

1712         à 1778 - naissance et mort de Jean-Jacques Rousseau. Écrivain et philosophe suisse. Plus influent encore que Voltaire fut le Génevois Jean-Jacques Rousseau. D'esprit aventureux et inquiet, Jean-Jacques, après un séjour en Savoie et en Piémont, un essai de conversion au Catholicisme et nombre d'aventures sentimentales, vint échouer à Paris. Le contact de ce déclassé, ambitieux et aigri, avec l'aristocratie de la capitale, lui inspira son "grand système" comme il a écrit : 'La Nature a fait l'homme bon et heureux : c'est la société qui l'a rendu mauvais et malheureux, en créant l'inégalité sociale et la propriété'. Rousseau a développé ces idées dans : 'La Discours sur les Sciences et les Arts; Le Discours de l'Inégalité'. Après cette critique de la société, le philosophe essaya de la réformer dans deux autres ouvrages : 'L'Émile', où il tente de refaire l'homme, par une éducation raisonnable; 'Le Contrat Social', qui vise à réformer Les Peuples et leurs Gouvernements. C'est dans le 'Contrat Social' que Rousseau a formulé le principe de la Démocratie, c'est à dire du gouvernement du peuple par lui-même. Pendant la Révolution, les Jacobins, en particulier Robespierre, tenteront d'appliquer les principes du 'Contrat Social'. Quant à Rousseau, dont 'l'Émile' avait été condamné et saisi par le Parlement de Paris, il recommença une vie errant qui le conduisit en Suisse et en Angleterre. Revenu à Paris, atteint de la folie de la persécution, il finit ses jours à Ermenonville (Oise), deux mois après Voltaire (1778).

1713         15 mars Signature du traité de paix entre la France et la Savoie.

1713         11 avril Traité d'Utrecht mettant fin à la guerre de succession d'Espagne. Ce congrès élabore un traité qui met fin à la guerre de Succession d'Espagne. Louis XIV cède aux Anglais Terre-Neuve, la baie d'Hudson et l'Acadie. Philippe V d'Espagne, bien que le second fils du Grand Dauphin, fils de Louis XIV, conserve ses colonies et renonce enfin, le 5 novembre, à ses droits au trône de France. Traités d'Utrecht entre France et Grande-Bretagne, France et Brandebourg (Prusse), France et Portugal, France et Savoie (1713-1715), négociés pour la France par Polignac, Huxelles et Mesnager : Philippe V d'Espagne conserve la couronne d'Espagne mais cède à l'empire les possessions espagnoles en Italie et aux Pays-Bas. La Gueldre espagnole passe à la Prusse. La France conserve ses conquêtes (elle renonce à ses garnisons au-delà des cols à la frontière avec la Savoie mais reçoit la région de Barcelonnette (vallée de l'Ubaye)). La France s'engage à démilitariser Dunkerque et reconnaît Anne Stuart, veuve de Guillaume III d'Angleterre, comme reine. Le prétendant Jacques III Stuart est expulsé de France. La Grande-Bretagne reçoit de précieux avantages outre-mer (Acadie, asiento noir) et devient la maîtresse des mers. La Hollande, épuisé par la guerre ne peut plus lutter contre elle.

1713         19 avril : Pragmatique sanction de l'empereur Charles VI, réglant sa succession, assurée à sa fille Marie-Thérèse (née en 1717) au détriment de la lignée de son frère aîné Joseph Ier. Les Ecossais réclament l'abrogation de l'Acte d'Union de 1707, qui leur est refusé. La Pragmatique Sanction, pour l'Histoire de l'Autriche, est la décision de Charles VI prise en 1713 réglant la dévolution de sa succession. Selon la règle qu'il crée, les possessions héréditaires (Autriche, Hongrie, Bohême, territoirs italiens et Pays-Bas) de l'Archiduc d'Autriche se transmettront à l'aîné de ses enfants, garçon ou fille. Cette mesure écarte du trône les filles du frère aîné de Charles VI et fait de Marie-Thérèse son héritière. Notons que cette dernière ne naît qu'en 1717. Dire que par la Pragmatique Charles VI désigne Marie-Thérèse pour héritière est un racourci trompeur. Charles VI déploya de nombreux efforts pour faire accepter sa mesure par les Cours d'Europe. Seules la Saxe et la Bavière ne l'ont pas accepté car sans cette mesure, leurs femmes pouvaient prétendre à la succession. * La France l'accepte contre cession de la Lorraine, * L'Angleterre contre cessation des activités de la Compagnie d'Oostende qui lui faisait concurrence aux Indes, * La Prusse de Frederic-Guilllaume Ier par fidélité à l'Empereur. Ceci n'empêchera pas les grandes puissances de la contester une fois Charles VI décédé provoquant la Guerre de Succession d'Autriche.

1713         Traité d'Utrecht (1713-1715). Louis XIV cède à l'Angleterre Terre-Neuve, l'Acadie, la baie d'Hudson, déclare abandonner la cause des Stuarts, et s'engage à combler le port de Dunkerque. Philippe V d'Espagne conserve toutes ses colonies, mais renonce pour lui et sa postérité au trône de France. Il abandonne à l'Angleterre Gibraltar et l'île Minorque. L'Empereur d'Autriche (Charles VI du Saint-Empire) obtient les Pays-Pas, le Milanais, le royaume de Naples, la Sardaigne. Le duc de Savoie (Victor-Amédée II) reçoit la Sicile. Enfin, l'électeur de Brandebourg (Frédéric-Guillaume Ier de Prusse) est reconnu roi de Prusse. Les Traités d'Utrecht sont deux traités de paix qui mirent fin à la guerre de Succession d'Espagne. Le premier fut signé à Utrecht le 11 avril 1713 entre la France et la Grande-Bretagne, le second fut signé à Utrecht le 13 juillet 1713 entre l'Espagne et la Grande-Bretagne. Le Congrès débute en décembre 1712. La France de Louis XIV est alors au plus mal, et cède irrémédiablement du terrain face aux troupes de la Grande-Alliance (qui regroupe l'ensemble de l'Europe, sauf l'Espagne). La victoire du maréchal de Villars à la bataille de Denain lui permet de négocier in extremis des conditions moins défavorables. Frédéric-Guillaume Ier de Prusse, fils de Frédéric Ier de Prusse il hérite de son Père d'un vaste royaume. Il est surnommé le Roi-Sergent car sa politique principale fut de renforcer et de moderniser son armée et de faire de la Prusse la première puissance de l'empire.

1713         20 août Les armées françaises s'emparent de Landau.

1713         8 septembre Bulle Unigenitus condamnant le jansénisme.

1713         13 juillet : Traité d'Utrecht entre Espagne et Grande-Bretagne, Espagne et Savoie. Philippe V d'Espagne conserve l'Espagne et les colonies, mais doit céder en dédommagement Milan, Naples, la Sardaigne et les Pays-Bas à Charles de Habsbourg devenu l'empereur Charles IV. La Savoie obtient la Sicile, la Grande-Bretagne Gibraltar et Minorque. Charles IV quitte la Catalogne (juillet) où les Barcelonais résistent jusqu'en septembre 1714. Les Bourbons d'Espagne adoptent la loi salique.

1713         30 octobre Les armées françaises s'emparent de Fribourg-en-Brisgau. Fribourg-en-Brisgau est une ville d'Allemagne.

1713         à 1784 - naissance et mort de Denis Diderot. Écrivain et philosophe français. Initialement destiné à la prêtrise, Denis Diderot fait ses études chez les Jésuites. En 1732, diplômé Maître ès arts, il mène une vie bohème et littéraire faite de petits métiers. Il traduit des ouvrages anglais de médecine et de philosophie, qui le poussent à rédiger ses 'Pensées philosophiques' en 1746, où il démontre déjà son caractère athée. Ami de Rousseau et d'Alembert, il accepte de se charger avec ce dernier de l'élaboration de 'L'Encyclopédie' en 1747. Ce travail occupera vingt ans de sa vie, mais ne l'empêchera pas d'écrire ses propres réflexions. La publication en 1749 de sa 'Lettre aux aveugles', lui vaut d'être condamné par l'église et emprisonné à Vincennes durant trois mois. Cette arrestation, si elle le rend méfiant, affermit son caractère. Tour à tour critique d'art, romancier, auteur de théâtre, défenseur de la raison critique, Diderot s'affirme comme le chef de file des Lumières françaises. Incarnation de l'honnête homme, ses ouvrages n'en sont pas moins interdits, y compris 'L'Encyclopédie'.

1714         15 février Louis XIV impose la ratification de la bulle Unigenitus au Parlement. Louis XIV contraint le Parlement à enregistrer cette bulle qui condamne les jansénistes et en particulier les 101 propositions de Quesnel et plus encore qui divise le clergé français en “acceptants” et en “appelants”. Les premiers sont ceux qui, autour du cardinal de Noailles, font appel au pape pour qu'il retire un texte jugé trop vague et les seconds sont ceux qui l'acceptent. Cardinal de Noailles, Louis Antoine, cardinal de Noailles, est un prélat français, né au château de Peynières à Cros-de-Montvert (Cantal) le 27 mai 1651 et mort à Paris le 4 mai 1729. Il fut archevêque de Paris de 1695 à 1729.

1714         6 mars Traité Rastadt entre la France et l'Empire. Il complète celui d'Utrecht et met fin à la guerre de Succession d'Espagne dont Philippe V d'Espagne, petit-fils de Louis XIV, conserve la couronne. Perte de Terre-Neuve et de l'Acadie, signé entre Louis XIV et Charles VI consacre l'emploi du français comme langue diplomatique. Confirmé par l'usage du français pour les préliminaires du traité de Vienne (1735), la convention de Vienne (1736) et le traité d'Aix-la-Chapelle (1748). Le traité de Rastadt, le 6 mars 1714, met fin à la guerre de succession d'Espagne. Il est signé entre la France et l'Autriche à la suite de négociations menées depuis novembre 1713 entre le Prince Eugène de Savoie et Villars. Charles VI du Saint-Empire, Charles de Habsbourg (Karl von Habsburg), (né en 1685 à Vienne - mort en 1740 à Vienne) est empereur romain germanique sous le nom de Charles VI et roi de Hongrie sous le nom de Charles III (1711-1740). Deuxième fils de l'empereur Léopold Ier et d'Éléonore de Neubourg, il tente de succéder comme roi des Espagnes à Charles II en 1700, ce qui déclenche un conflit avec Louis XIV et son petit-fils Philippe, duc d'Anjou (futur Philippe V d'Espagne), conflit connu comme la guerre de Succession d'Espagne. Il doit renoncer à ses prétentions au trône d'Espagne en 1714 par le traité de Rastadt et n'arrive qu'à s'approprier le royaume de Naples (1714), le royaume de Sicile (1720), deux royaumes qu'il perd en 1738) et les Pays-Bas espagnols.

1714         2 août Louis XIV rédige son testament, et prévoit Philippe d'Orléans, dit Le Régent, son neveu, pour la régence restreint par une collègialité. Philippe d'Orléans dit le Régent, petit-fils de France, duc d'Orléans, duc de Valois, duc de Chartres, duc de Nemours et duc de Montpensier, né le 2 août 1674 à Saint-Cloud, mort à Versailles le 2 décembre 1723, régent du royaume de France pendant la minorité de Louis XV.

1714         invention du thermomètre à mercure par Daniel Gabriel Fahrenheit. Daniel Gabriel Fahrenheit (24 mai 1686 à Dantzig, aujourd'hui Gdansk en Pologne - 16 septembre 1736), est un physicien allemand à l'origine de l'échelle de température qui porte son nom. Fahrenheit a aussi inventé un hygromètre amélioré.

1714         Loi dite Longitude Act. La mesure de la longitude est fondamentale pour la navigation, elle donne la position Est-Ouest du navire et permet de le situer sur les cartes. La recherche de la meilleure technique pour son calcul fut donc l'une des plus acharnées et importantes du XVIIIe siècle. Devant le nombre d'accidents maritimes dus à l'absence de méthode suffisamment précise pour déterminer la position est-ouest des navires, le parlement britannique, sous la pression des commerçants et armateurs, vota une loi. Dans cette loi dite Longitude Act de 1714, l'Angleterre offrait un prix de 10 000 livres sterling (plusieurs millions d'euros d'aujourd'hui) à toute personne capable de concevoir un moyen de déterminer la longitude de façon pratique, fiable, en toute circonstance à bord d'un bâtiment en mer. Les astronomes anglais étaient persuadés que la solution ne pouvait se trouver que dans l'observation et la connaissance de la mécanique céleste, celle-ci étant d'une redoutable précision. Tous les astronomes cherchèrent longuement, se basant sur l'observation de différents astres, planètes et leurs satellites, déterminant des tables de prévision de position de ces objets célestes. Mais ces méthodes basées sur l'observation des objets célestes, ont toutes le même point faible pour un marin : elles réclament des conditions difficiles à réunir sur les bâtiments en haute mer. Entre les mouvements imprévisibles des bateaux, les conditions atmosphériques idéales rares et une complexité des différentes mesures et calculs. Aucune ne satisfaisait donc aux conditions édictées par la commission du Longitude act chargée d'examiner les différents projets et réalisations en compétition pour gagner les 10 000£.

1715         1er septembre Mort de Louis XIV. Le roi est âgé. Il a soixante-seize ans. La gangrène sénile qui a atteint sa jambe gauche tachée n'a cessé de progresser. Le roi, qui, le 25, a reçu Madame de Maintenon, son épouse morganatique, lui a dit : “Quoi madame, vous vous affligez de me voir en l'état de bientôt mourir ? N'ai-je pas assez vécu ? M'avez-vous cru immortel ?” Le lendemain, c'est son arrière-petit-fils le Dauphin qu'il a reçu : “Mon cher enfant, vous allez être le plus grand roi du monde… Tachez de soulager vos peuples, ce que je suis assez malheureux de n'avoir pu faire”. A des courtisans il a dit encore, ce même jour : “Je m'en vais messieurs, mais l'État demeurera toujours”. Le 28 août, il confia à Madame de Maintenon : “J'ai toujours ouï dire qu'il est difficile de mourir ; pour moi qui suis sur le point de ce moment si redoutable aux hommes, je ne trouve pas que cela soit difficile”. Le 31 août, le roi a récité le Pater d'une voix si forte qu'on l'a entendu de la pièce voisine. Puis il a perdu connaissance. En ce matin, à 8h15, le roi vient de s'éteindre. A ce moment, la France est complètement épuisée par les guerres incessantes qu'elle a soutenues; les conséquences du terrible hiver de 1709 pèsent encore sur l'agriculture et le commerce; la France a perdu une grande partie de ses colonies, l'industrie a été arrêtée dans son essor par la révocation de l'Édit de Nantes; le trésor public est vide. Ce règne pourtant a été glorieux, et fécond pour la civilisation, par le grand nombre de savants, d'écrivains et d'artistes qui l'ont illustré; il fut grand pour la France par le prestige qu'il donna à la nation, et par les acquisitions territoriales qui étendirent ses limites. - La Régence. - Le trône de France revenait à Louis XV qui était fils du duc de Bourgogne et par conséquent arrière-petit-fils de Louis XIV, mais ce prince n'était encore âgé que de cinq ans.

1715         Louis XIV avait prévu par son testament la composition du Conseil de régence qui devrait gouverner en attendant la majorité de Louis XV. Mais le neveu de Louis XIV, Philippe d'Orléans, dit Le Régent, intervint; il fit casser le testament de Louis XIV par le Parlement, qui lui déféra la régence sans conditions. On ne désigne généralement ce personnage que sous le nom de Régent: de même, la période pendant laquelle il a gouverné est la seule de l'histoire à laquelle on donne couramment le nom de Régence sans autre désignation. Le duc d'Orléans était d'une intelligence supérieure, et connu pour sa bravoure: mais la légèreté de son esprit, son amour du plaisir et sa faiblesse de caractère furent la cause de grands malheurs pour la France. Le Régent s'adjoignit l'abbé Dubois comme premier ministre. Philippe d'Orléans, le Régent, à la mort de Louis XIV, il fait casser le testament par le Parlement (septembre 1715) qui le reconnaît comme seul régent, ce qui lui permet de réorganiser le Conseil à son gré, de ménager le Parlement (polysynodie), de séduire les Français par une politique nouvelle : la paix est rétablie. Il soutient les jansénistes, abandonne la cause des Stuarts, tente de rétablir les finances et l'économie avec les audaces de Law. Mais il s'impose aux parlements et aux légitimés (septembre 1718), prend les armes contre l'Espagne dans une alliance avec Londres et Vienne (janvier 1719). Le régent n'a rien changé à sa vie frivole. Le Palais-Royal est le théâtre de ses abandons à la paresse et à la débauche en compagnie de ses "roués" (méritant le supplice de la roue), "fanfarons d'incrédulité et de crimes" ; les petits soupers y tournent à l'orgie. La complicité de Dubois, son ancien précepteur, devenu archevêque, cardinal et ministre, est entière dans ce mépris des vertus publiques et privées.

1715         LOUIS XV le Bien-Aimé (1715-1774) Régence de Philippe d'Orléans (1715-1723)

1715         Louis XV. Lorsque Louis XIV meurt en 1715, son fils le grand dauphin est mort en 1711, les autres étaient morts jeunes, sur ses 3 petits fils seul un est encore vivant et il est roi d'Espagne (Philippe V d'Espagne), les deux autres Louis l'ainé est mort en 1712 et Charles le plus jeune en 1714. C'est son arrière petit fils qui sera son successeur sous le nom de Louis XV. Louis XV à la mort de son arrière grand père n'a que 5 ans. C'est le neveu de Louis XIV, Philippe d'Orléans, qui assurera la régence assisté par l'abbé Dubois. Philippe d'Orléans mourra en 1723 il sera remplacé jusqu'en 1726 par le duc de Bourbon (Louis IV Henri de Bourbon-Condé), arrière petit fils du grand Condé. Les dernières années du règne de Louis XIV, monarque absolu, qui voit mourir son fils et ses petits fils en quelques années n'ont pas été drôles, pour la cour aussi c'est la détente. Le régent réforme les conseils et instaure la polysynodie (c'est à dire que les ministres sont remplacés par des assemblées) le parlement retrouve son droit de remontrance, le régent réside à Paris et les moeurs se libèrent. Dés 1718 le régent est obligé de revenir en arrière en raison des difficultés financières et de l'incurie des conseils. En 1716 le régent autorise le banquier écossais Law à créer une banque privée émettant des billets acceptés comme espèces dans toutes les caisses publiques. Il fonde la compagnie d'occident pour l'exploitation et la mise en valeur de la Louisiane et lie sa banque à cette compagnie qui émet des actions. La banque doit être en mesure, de par ses avoirs, de rembourser les billets à leur valeur d'émission et la compagnie de racheter les actions au cours du jour. En 1718 la banque privée devient banque d'état, la compagnie d'occident devient la compagnie des Indes, la demande est attisée par la perspective de gain, la compagnie émet trop d'actions. Devant la spéculation effrénée les actions prennent une valeur démentielle, les porteurs sont pris de panique et demandent en masse le rachat, les avoirs de la banque et de la compagnie ne peuvent suffir et le système s'effondre en 1720. Law s'exile et meurt dans l'indigence et les Français sont traumatisés ce qui retardera l'instauration du système bancaire français. Philippe V d'Espagne, roi d'Espagne et petit fils de Louis XIV, revendique le trône de France, le régent se coalise avec l'Angleterre, la Hollande et l'Autriche et lui déclare la guerre, l'Espagne est vaincue en 1720, Philippe V d'Espagne renonce au trône. Le régent meurt en 1723. Bien qu'il vienne d'être déclaré majeur (il a 13 ans) Louis XV laisse le duc de Bourbon ((Louis IV Henri de Bourbon-Condé)) gouverner. Celui-ci arrange le mariage de Louis XV avec Marie Leszczynska fille du roi de Pologne détrôné, mais qui a reçu la Lorraine en échange. En 1726 Louis XV décide de gouverner et prend le cardinal Fleury (il a 73 ans et assumera ses fonctions jusqu'à sa mort en 1743 à 90 ans) comme premier ministre qui dirigera les affaires de l'état jusqu'en 1743. Il mènera une politique de stricte économie et parviendra à redresser les finances du royaume et ramener la prospérité. A la mort de Fleury en 1743 Louis décide de gouverner seul. Contrairement à la légende, Louis XV fut un véritable homme d'état. Son règne est une grande époque de vitalité économique, intellectuelle et artistique. Mais l'organisation sociale reste fondée sur les privilèges d'une minorité, noblesse et haut clergé. Il voulut créer un impôt basé sur la propriété foncière mais il le présenta mal, de façon autoritaire et se mit à dos les privilégiés et les opposants de l'absolutisme. Il s'entoure d'une équipe ministérielle cohérente, Maupeou, l'abbé Terray aux finances et le duc d'Aiguillon (Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis) aux affaires étrangères. En Pologne, suite au décès de Auguste II en 1733, Stanislas Leszczynski, beau père de Louis XV tente de monter sur le trône, il a pour lui les nobles mais la Russie et l'empereur Charles VI du Saint-Empire soutiennent le fils d'Auguste II. Fleury ne pourra éviter la guerre de succession de Pologne mais elle sera limitée pour ne pas inquiéter l'Angleterre. La paix de Vienne en 1738 attribue le trône à Charles III. Stanislas se voit attribuer la Lorraine, celle-ci sera rattachée au trône de France en 1766. L'Empereur Charles VI (celui qui avait été opposé au petit-fils de Louis XIV pour le trône d'Espagne) n'a que des filles dans sa descendance. Alors qu'en Europe, la loi salique (succession par les mâles) s'applique en général, il émet en 1713 une pragmatique sanction (édit royal tranchant un problème important) qui rend indivisible l'empire des Habsbourg et fait comme successeur l'enfant vivant le plus agé homme ou femme. Il s'évertu de son vivant à faire accepter la pragmatique sanction par toute l'Europe. A sa mort sa fille ainée Marie-Thérèse (Marie-Thérèse Ière d'Autriche) revendique le trône, mais elle est contestée par l'Électeur de Bavière (Charles-Albert de Bavière, futur Charles VII du Saint-Empire), Philippe V d'Espagne, Auguste III de Pologne et Frédérique II de Prusse. La France soutient l'Electeur de Bavière (Charles-Albert de Bavière, futur Charles VII du Saint-Empire). C'est la guerre de succession d'Autriche en 1740-1748. Après de nombreuses péripéties, de lutte et de réconciliations, Marie-Thérèse Ire d'Autriche prit le deçu et la France se trouva en facheuse position. Heureusement le Maréchal de Saxe (Maurice de Saxe) victorieux à Fontenoy ("tirez les premiers messieurs les Anglais") envahit les Pays-Bas autrichiens puis les Provinces Unies. Cela conduit au traité d'Aix la Chapelle le 11 mai 1748, la France dut rendre toutes ses conquêtes, la Prusse gagna des territoires, d'où l'expression populaire "travailler pour le roi de Prusse". Il fut entraîné dans la guerre de 7 ans, l'Angleterre ayant pris l'initiative des hostilités. La France en perdra la plus part des ses colonies américaines. En 1756 Montcalm arrive à Quebec mais il n'est pas réellement soutenu par la France et en 1759 et 1760 les Anglais se rendent maître de Quebec et Montréal. Par le traité de Paris en 1763 la France cède le Canada et toutes ses colonies à l'est du Mississipi à l'Angleterre. Cependant le roi aura le souci d'améliorer les infrastructures et notamment les routes. Création de l'École des Ponts et Chaussées en 1747.

1715         Le style Régence assure la transition entre les styles Louis XIV et Louis XV, et voit son épanouissement au temps de la régence de Philippe d'Orléans (1715-1723). La mort de Louis XIV (1715) n'entraîne pas une rupture brutale dans l'évolution des formes et du goût (le Régent maintient le duc d'Antin dans ses fonctions de directeur des Bâtiments) ; cependant, sitôt la disparition du roi, certaines modifications stylistiques importantes interviennent, que pouvait laisser pressentir, dès 1700, l'influence de plus en plus forte des milieux artistiques parisiens et de Watteau. Au style pompeux et raide du Versailles de Louis XIV répond l'aimable intimité du style rocaille, aux lignes assouplies, dont le style Régence est le premier stade, et qui atteindra son apogée avec le style Louis XV. La coquille, aux bords festonnés, associée à d'autres motifs issus de la nature, marque le sommet des miroirs et des boiseries et orne les meubles. Ceux -ci, en bois massif ou plaqués de palissandre, de bois de rose (commodes, fauteuils à garniture fixe et dossier cintré, secrétaires à abattant, chaises cannées), sont désormais moins lourds, plus élégants et plus confortables. Charles Cressent (1685 -1768), l'ébéniste le plus représentatif du style rocaille, innove avec le profil chantourné de ses commodes ventrues à pieds courts, "en tombeau", et avec les mascarons faunesques et les "espagnolettes" (petits bustes de femmes gracieuses) en bronze ciselé dont il orne les angles de ses tables et de ses bureaux. Dans les intérieurs, les cheminées sont discrètement enjolivées de miroirs, encadrés dans des trumeaux, les tapisseries de soies claires présentent leurs thèmes champêtres (pâtres et bergères poudrés et enrubannés), les horloges en bronze doré reposent souvent sur des pieds en forme de tronc d'arbre. L'orfèvrerie suit le goût du jour : les vases précieux d'onyx et de bronze, les bijoux, les miroirs à main, les boîtes à mouches ou à poudre reflètent une préoccupation de coquetterie. Carrosses et chaises à porteurs, ornés de fines sculptures et peints, sont douillettement capitonnés.

1715         “Miraculé” d'une longue série de décès parmi les princes du sang, qui a failli éteindre la dynastie, Louis XV a cinq ans lorsqu'il succède à son bisaïeul Louis XIV. Au jour même de la mort du vieux roi, Voltaire raconte qu'il a vu des feux de joie s'allumer tout au long de la route de Saint-Denis. Cette explosion libératrice donne aussi le ton de la Régence assurée par le duc Philippe d'Orléans durant la minorité de Louis XV. Jusqu'en 1723, la période de la Régence est encore marquée par une violente réaction à tout ce qui avait caractérisé la fin du règne précédent. Le palais de Versailles, cadre de la monarchie absolue, est délaissé et la Cour s'établit de nouveau à Paris, au Palais Royal. Lassée du carcan de la pompe royale et de la rigidité des moeurs imposée par un Louis XIV tombé en dévotion, la noblesse aspire à la gaieté et à l'insouciance. L'exemple du libertinage affiché par le Régent encourage cette libération. Écartés du pouvoir, poursuivis ou interdits hier, hommes et idées sont maintenant les bienvenus. Les jansénistes sortent des prisons, les nobles sont rappelés aux hautes fonctions gouvernementales, le Parlement recouvre son droit de remontrances. Mais, pour à nouveau s'étourdir de fêtes et de fastes, le Régent et la cour ont besoin d'argent. Le Trésor est vide. La dette publique dépasse 3 milliards de livres. Le financier écossais John Law va un temps y remédier en introduisant la monnaie de papier, en fondant une banque privée, puis la Banque d'État. Toutefois, les emprunts publics qu'elle émet et les infimes dividendes qu'elle produit ruinent pour longtemps la confiance que des milliers de personnes, nobles ou bourgeois, possesseurs de petits ou de gros capitaux avaient mis en elle. Law est contraint de s'enfuir. Louis XV, majeur, accède peu après au trône. La banqueroute de Law n'a cependant pas terni l'image du jeune souverain auprès de son peuple qui l'a surnommé Le Bien Aimé. Comme la société toute entière est portée par un nouvel esprit de liberté, l'économie française est relancée par un nouveau souffle qui va apporter un bien-être général. Au delà d'une sensible poussée démographique, la vie matérielle devient plus facile. Le taux de mortalité infantile baisse sensiblement, l'espérance moyenne de vie s'allonge. Tragiquement appauvris à la fin du XVIIe siècle, les milieux ruraux rattrapent peu à peu leur retard. Le temps des grandes disettes semble passé. Du moins la France ne connaîtra plus ces effroyables hécatombes dues à la famine qui, en 1709, avaient fait plusieurs millions de morts. A la tête d'une trentaine d'hectares, les paysans propriétaires les plus favorisés peuvent maintenant participer à l'essor commercial, trafiquer régulièrement aux foires, acheter en échange de leurs ventes. Les journaliers gagnent mieux leur vie. Le paysage rural et la mentalité paysanne évoluent : les terres se regroupent d'un seul tenant, se protègent d'enclos, et l'individualisme agraire se substitue aux servitudes collectives. Rendements et production globale s'améliorent. Influencé par la rénovation de l'agriculture anglaise, on s'essaie à l'économie rurale, on expérimente de nouvelles méthodes pour labourer et semer, on abandonne la jachère. Après la moisson, la terre est maintenant ensemencée pour produire des cultures fourragères, trèfle sainfoin, luzerne, qui fournissent d'importants appoints de nourriture aux cheptels. L'aisance que la culture du maïs a apporté aux paysans du Midi de la France, où elle s'est implantée, marque une véritable frontière avec le nord du pays moins riche. A l'exception de quelques régions, Basse-Bretagne, Sologne, Quercy, la vie rurale dans son ensemble s'est sortie du marasme du siècle précédent et la paysannerie, malgré ses charges, passe le seuil de la simple subsistance. Elle se trouve même avec un surplus agricole en fin d'année et les plus cossus "rentrent" de l'argent. Mais la grande majorité des paysans ne rentre pas encore dans les vastes circuits commerciaux, tel le riche maquignon, le viticulteur réputé, ou le grand laboureur (paysan propriétaire), marchand de grain. Le pain blanc, le lard et le vin sont rares sur la table du petit paysan qui craint à tout moment le gabelou qui viendra lui réclamer la gabelle, impôt sur le sel. Toujours mal logé, dans une maison sans air et sombre parce que les vitres sont un luxe inutile, le paysan n'est pas non plus à l'abri de "mauvaises" années, qui rallument çà et là l'agitation dans les campagnes. Mais, l'aisance croissante du monde rural est une réalité, spécialement pour les rentiers du sol, seigneurs, clergé, et riches bourgeois sans cesse plus nombreux ayant acquis des biens fonciers. Cette prospérité fait également celle des villes et des marchés urbains bien fournis en produits agricoles et redistribuant des denrées de toutes sortes venues des ports de France. Les cités font un bond dans l'accroissement de leur population et de leurs activités. Délaissant leurs châteaux souvent incommodes, les nobles résident maintenant comme les bourgeois dans les villes. Enrichis des bons profits de leur terre, ils se font construire d'élégants hôtels particuliers qui embellissent de leur nouveau quartier des villes comme Dijon, Bordeaux, Nantes, Aix-en-Provence ou Paris. Ces grands propriétaires terriens dépensent sans trop compter en mobilier, en vin pour leur cave, en nombreuse domesticité pour les servir. Car ce que l'on demande à cette nouvelle résidence urbaine, c'est de se trouver bien chez soi et de pouvoir recevoir. Les hôtels, ouvrant sur des jardins "à la française", sont construits pour y mener une vie confortable, plus intime, plus "familiale", où les salons, encore de belles proportions, ne jouent plus "la Galerie des Glace en réduction", où les appartements sont réduits pour être mieux chauffés. Sans doute c'est à Paris que "tout se passe", mais les petites capitales de province ne sont pas les dernières à ouvrir de brillants salons mondains où se presse "la bonne société" et où l'on fait de la musique, on chante l'opéra et surtout on s'adonne à la philosophie, cette passion du temps. Chaque ville de quelque importante se doit d'avoir une bibliothèque publique pour assouvir son appétit de connaissance, avec un cabinet de lecture où l'on peut dévorer le 'Journal des Savants' et les gazettes littéraires qui prolifèrent. Toute proche, un salle de conversation réunit les bavards qui discutent sans fin et commentent les nouvelles politiques quand ils ne se retrouvent pas au café ou dans un club à l'anglaise, comme le fameux 'L'Entresol' à Paris. Les grandes villes ont également ouvert des académies et des sociétés scientifiques, dont certaines sont de véritables succursales de l'Académie des Sciences fondée par Colbert. Mais c'est principalement dans les salons qu'il faut se rendre, se faire connaître ou pour briller, se mêler de politique, tenir des discussions savantes ou lancer des mots d'esprit. Si on a quelque ambition et des revenus suffisants on ouvre salon, on a "son jour", et la maîtresse de maison est le plus souvent meneur de jeu dans ces réceptions brillantes où se mêlent et s'affrontent les clans littéraire, scientifiques et politiques, après 1750. Qui n'a été invité chez Madame Geoffrin, Madame de Tencin ou Mademoiselle de Lespinasse, qui n'y a rencontré le vieux philosophe Fontenelle, le hautain Montesquieu ou l'étincelant Voltaire, les encyclopédistes Diderot, Jean-Jacques Rousseau ou d'Alembert, qui n'y a écouté le célèbre Rameau que Mozart même admire, qui n'y a frôlé Marivaux, ou Choderlos de Laclos... ne peut se targuer d'avoir approché l'esprit des "Lumières". Mais cette société vouée aux plaisirs de l'esprit et des fêtes galantes exigent un cadre à sa mesure. L'hôtel particulier de la haute noblesse, mais aussi d'un puissant banquier, d'un richissime négociant, se parent de scènes charmantes et gracieuses qui évoquent la danse et l'amour ou les joies champêtres sous le pinceau d'un Watteau, d'un Boucher ou d'un Chardin. Dans les salons de province la vie intellectuelle, mondaine et artistique n'a pas le même éclat que dans la capitale. Du moins on y pratique ce même "esprit de liberté" si cher à Diderot et cette même "belle galanterie" dont la marquise de Pompadour puis la comtesse Du Barry, maîtresses de Louis XV, vont être à Versailles où la cour s'est réinstallée les plus exquises ambassadrices. En province se sont également implantées ces nouvelles sociétés de pensée que sont les loges maçonniques, introduites d'Angleterre en France à partir de 1721. Nullement anti-cléricales à leur création, les loges adoptent la liberté de propos commune au temps mais un régime égalitaire de recrutement encore peu admis. Par la diversité de leurs préoccupations et des courants qui les traversent, les loges ressemblent aux académies ; elles seront pour une part responsables de la diffusion des idées philosophiques. Ainsi chaque ville vit au rythme de ces réunions intellectuelles, devient un centre de culture actif et animé auquel participent bourgeois, nobles et membre du clergé. Dès lors la noblesse n'est plus seule à donner le ton de la vie urbaine, à imposer la mode, le goût et les manières. Les choses évoluent aussi à l'intérieur des trois ordres qui officiellement divisent la société française. A l'intérieur de chacun d'eux, c'est l'argent qui devient le critère majeur de différenciation. Ainsi, la haute aristocratie du XVIIIe siècle qui ne peut plus vivre de sa seule rente foncière, s'allie par mariage à la noblesse de moindre rang mais fortunée, descend dans l'arène économique où elle trouve de nouvelles sources de revenus. Dans cette course à l'argent, elle va se mettre en compétition avec la haute bourgeoisie, et plus tard se heurter, d'une manière sourde mais résolue, à la paysannerie qui va être la première à l'abattre, après 1789. Bourgeoisie et aristocratie irriguent essentiellement la vie commerciale par des acquisitions de biens de consommation dont la vie artisanale sera la grande bénéficiaire. Bâtiment et textile sont les principales "industries" de l'époque et les agents de la prospérité urbaine. Couvreurs, charpentiers, tisserands, ébénistes travaillent à ne plus y suffire et les Compagnons du Devoir accélèrent leur tour de France. Pour satisfaire aux commandes, les ateliers artisanaux renouvellent et rajeunissent leurs matériels. Mais, la révolution des techniques ne se fait pas encore sentir en France. Cette carence va d'ailleurs creuser un profond écart avec l'Angleterre qui, au XVIIIe siècle, prend le pas sur tous les pays européens, en matière industrielle aussi bien qu'agricole. Ce retard en équipement n'empêche pas une fabrication de qualité, celle des métiers jurés (corporations), celle des manufactures privilégiées ou royales, sur laquelle le gouvernement veille en distribuant protection et avantages. Aussi, avec également l'essor de la Finance (la Bourse de Paris prend consistance à partir de 1724), la vie commerciale et industrielle semble sortie des vicissitudes du siècle précédent.

1715         2 septembre Philippe d'Orléans fait annuler le testament de Louis XIV pour s'arroger tous les pouvoirs. La veille, le roi Louis XIV est mort. Un testament fait de Philippe d'orléans le régent du royaume. Louis XIV lui a dit : “Mon neveu, je vous fait régent du royaume. Vous allez voir un roi dans le tombeau et un autre dans le berceau. Souvenez-vous toujours de la mémoire de l'un et des intérêts de l'autre”. Mais il a subordonné son pouvoir à celui du duc du Maine (Louis Auguste de Bourbon). Philippe s'élève lors de la lecture du testament contre cette clause. Le Parlement consent à le casser, en échange de la restitution du droit de remontrance, supprimé soixante ans plus tôt. Pour qu'aucune contestation soit possible, le Régent demande au roi, qui n'a guère que cinq ans, de le désigner pour seul régent lors d'un lit de justice devant le Parlement le 12 septembre suivant. Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine, duc d'Aumale, prince de Dombes, comte d'Eu est un fils légitimé de Louis XIV et de Madame de Montespan, né à Saint-Germain-en-Laye le 31 mars 1670 et mort à Sceaux, 21 mai 1736. La duchesse du Maine faisait partie des conspirateurs, et y entraîna son mari. En décembre, le complot fut éventé, Cellamare renvoyé, le duc et la duchesse du Maine arrêtés. Le duc fut enfermé à la forteresse de Doullens, et sa femme exilée à Dijon. Libéré en 1720, il se tint ensuite à l'écart de la vie politique, se retirant dans sa propriété de Sceaux où il mourut le 21 mai 1736.

1715         12 septembre Le Parlement casse le testament de Louis XIV. Dès le 2 septembre, Philippe d'Orléans a obtenu les pleins pouvoirs. En ce 12 septembre, pour légitimer ce coup de force, il a organisé un lit de justice au Parlement de Paris. Là, Louis XV lui-même, qui a cinq ans, proclame son oncle seul régent du royaume, et lui remet les pleins pouvoirs et la garde de sa personne. Le testament de Louis XIV, qui soumettait la régence du duc d'Orléans à la surveillance du duc du Maine (Louis Auguste de Bourbon), est cassé par le Parlement.

1715         15 septembre Création de la Polysynodie remplaçant les ministères et secrétariats d'État. La Polysynodie est un système de gouvernement par conseil instauré en France de 1715 à 1718 par Philippe d'Orléans, régent du royaume. Chaque domaine, et question sujette à un domaine, est discuté par le conseil approprié.

1715         Alain-René Lesage écrit 'Gil Blas'. Alain-René Lesage (ou Le Sage), né à Sarzeau dans le Morbihan le 8 mai 1668, décédé à Boulogne-sur-Mer le 17 novembre 1747, est un auteur dramatique. Fils d'un notaire royal, orphelin dès l'âge de 14 ans, Lesage est mis en pension chez les Jésuites à Vannes. Il étudie ensuite la philosophie et le droit à Paris. Pour subvenir à ses besoins, il effectue des travaux de traductions. Il connaît ses premiers succès en 1707 grâce à une pièce en un acte : 'Crispin rival de son maître' et un roman : 'Le Diable boiteux'. De 1712 à 1735 il écrit une centaine de pièces plus ou moins bonnes, principalement pour les théâtres de Foire. C'est 'Gil Blas de Santillane' qui, en 1715, lui assure la notoriété.

1715         mort de Fénelon.

1716         2 mai John Law obtient l'autorisation d'ouvrir une banque. Pour mettre fin à la crise financière que cause la dette publique et le manque de numéraire, le régent Philippe d'Orléans fait appel à ce banquier écossais aventureux. En ce 2 mai, Law ouvre une banque de dépôts, de charge et d'escompte qui émet des billets acceptés par les caisses royales. L'Écossais John Law, habile financier, crut qu'il pourrait rétablir la situation financière de la France au moyen de la circulation d'une sorte de papier-monnaie. La banque fondée par Law avec l'autorisation du Régent était au capital de 6 millions, divisé en 1 200 actions; elle émettait des billets payables à vue en espèces invariables de poids et de titre (ce qui était appréciable, surtout à cette époque où les monnaies étaient fréquemment altérées par l'État). De plus, la banque escomptait à taux modéré, et par-là était utile au commerce. La banque fut déclarée Banque royale en 1718. John Law (21 avril 1671, Édimbourg - 21 mars 1729, Venise) fut un économiste écossais inventeur du billet de banque. Son idée économique est que l'argent est un moyen d'échange et ne constitue pas une richesse en soi. La richesse nationale dépend du commerce. Il est le père de la finance et de l'utilisation du papier-monnaie à la place du métal et des factures.

1716         mort de Leibnitz.

1717         Création de la Compagnie Commerciale pour exploiter les richesses naturelles du Mississipi et qui, ayant absorbé les autres compagnies, devient la Compagnie des Indes.

1717         4 janvier Traité de La Haye scellant la triple-alliance entre la France, l'Angleterre et les Provinces Unies. La Triple Alliance est le nom donnée à l'alliance signée à la Haye en 1717, conclue entre les États généraux des Pays-Bas, Georges Ier roi de Grande-Bretagne, et le régent Philippe d'Orléans. Cette alliance a été scellée contre les projets ambitieux du ministre d'Espagne Albéroni, qui voulait revenir sur les traités d'Utrecht, de Bade et de Rastatt et rendre à l'Espagne la totalité de ses anciennes possessions.

1717         à 1720 - Quadruple-alliance (entre France, Angleterre, Hollande, Autriche) formée par l'abbé Dubois, pour tenir en respect le roi d'Espagne Philippe V, lequel avait comploté par le moyen de son ambassadeur Cellamare, avec la duchesse du Maine (Anne-Louise Bénédicte de Bourbon-Condé), d'enlever la régence au duc d'Orléans et de se faire rendre les territoires que le traité d'Utrecht lui avait enlevés. Une armée française entra en Espagne, et Philippe V d'Espagne, effrayé, demanda la paix. L'abbé Dubois, cardinal Dubois, Guillaume Dubois, appelé plus souvent l'abbé Dubois, né le 6 septembre 1656 à Brive-la-Gaillarde, décédé le 10 août 1723 à Versailles est un homme politique français. Sous la régence du duc Philippe d'Orléans, il devient secrétaire d'État aux Affaires Étrangères. Il est le promoteur de la Quadruple-Alliance (France-Angleterre-Hollande-Empereur), formée contre les prétentions du roi d'Espagne Philippe V d'Espagne sur le trône de son aïeul Louis XIV. Il fait échouer la conspiration d'Antonio Cellamare, qu'il fait arrêter avec le duc et la duchesse du Maine, et impose à l'Espagne la disgrâce de son ministre, le cardinal italien Giulio Alberoni, en 1719. Le Prince de Cellamare, ambassadeur d'Espagne à Paris. À l'instigation d'Alberoni, se forma en effet un petit groupe de conspirateurs visant à installer Philippe V d'Espagne, ou l'un de ses fils, sur le trône de France, en cas de décès de Louis XV.

1717         21 avril Pierre le Grand reçu à Versailles par le Régent. Le tsar Pierre le Grand (Pierre Ier de Russie) qui fait un voyage en Europe est reçu en grandes pompes par le régent Philippe d'Orléans et Louis XV. Pierre Ier de Russie, appelé aussi Pierre le Grand, est né le 9 juin 1672 et est mort le 8 février 1725. Il naquit d'Alexis Ier dit "le tsar très paisible" (1629-1676) et de Natalia Narichkina (1651-1694). Il fut le tsar de Russie dès 1682 et le premier empereur de l'empire russe de 1721 à 1725.

1717         16 mai Lettre de cachet contre Voltaire pour des vers irrévérencieux envers le régent. Dernier enfant d'un riche notaire, François-Marie Arouet (Voltaire) fait ses études au collège des Jésuites, futur lycée Louis-le-Grand, et fréquente la haute société libertine. Accusé d'avoir rédigé des pamphlets contre le régent Philippe III d'Orléans, il est emprisonné à la Bastille pendant près d'un an en 1717 et 1718. C'est là qu'il adopte le nom de Voltaire et qu'il achève 'Oedipe', sa première pièce, qui rencontrera le succès quelques mois après sa sortie de prison. Une lettre de cachet est, sous l'Ancien Régime en France, une lettre servant à la transmission d'un ordre du roi. Dans un sens général, il s'agit d'une sorte de lettre close (par oppositions aux lettres patentes, c'est-à-dire ouvertes), scellée par le sceau du secret. Les lettres adressées au Parlement pour lui mander d'enregistrer un édit portaient ainsi ce nom. Lettre de cachet. A l'origine, la lettre de cachet est un ordre signé du roi, adressé sous pli cacheté de son sceau privé. Ce message officiel peut aussi bien concerner la commande d'une cérémonie que l'envoi en exil ou à la Bastille d'un indésirable. Ce sont ces lettres de cachet qui ont marqué les esprits comme le symbole de l'absolutisme royal. En règle générale, la détention d'un individu embastillé par lettre de cachet ne dépasse pas quinze jours, mais Louis XIV et Louis XV ont quelque peu abusé de cette procédure expéditive. La lettre de cachet disparaît à la Révolution.

1717         24 juin : Création de la Grande Loge de Londres par quatre confréries maçonniques unifiées. Anthony Sayer en est élu grand-maître. La Loge est dépouillée de tout caractère professionnel. Une Grande Loge est une fédération de loges maçonniques. Elle est destinée à développer et harmoniser les rapports entre elles. La Grande Loge de Londres, fondée par quatre loges en 1717, est la plus ancienne. Elle s'est dotée en 1723 d'une règle connue sous le nom de Constitutions d'Anderson. C'est cet acte qui marque le départ de la maçonnerie moderne. La Franc-maçonnerie est une forme d'organisation associative, qui recrute ses membres par cooptation et pratique des rituels initiatiques faisant référence à un secret maçonnique et à l'art de bâtir. Apparue en Écosse puis en Angleterre au XVIIe siècle, elle se décrit, suivant les époques, les pays et les formes, comme une "association essentiellement philosophique et philanthropique", comme un "système de morale illustré par des symboles" ou comme un "ordre initiatique". Organisée en obédiences depuis 1717 à Londres, la franc-maçonnerie dite spéculative - c'est à dire philosophique - fait référence aux Anciens Devoirs de la maçonnerie dite opérative formée par les corporations de bâtisseurs qui édifièrent, entre autres, les cathédrales. Elle prodigue un enseignement ésotérique, adogmatique et progressif à l'aide de symboles et de rituels. Elle encourage ses membres à oeuvrer pour le progrès de l'Humanité, tout en laissant à chacun de ses membres le soin de préciser à sa convenance le sens de ces mots. La bienfaisance est l'un de ses moyens d'action. Sa vocation se veut universelle bien que ses pratiques et ses modes d'organisation soient extrêmements variables selon les pays et les époques. Elle réunit, dans de nombreux pays répartis sur toute la surface du globe, des personnes qui se sont donné pour but de travailler à leur amélioration spirituelle et morale. Elle s'est structurée au fil des siècles autour d'un grand nombre de rites et de traditions, ce qui a entraîné la création d'une multitude d'obédiences qui ne se reconnaissent pas toutes entre elles.

1717         23 août Law fonde la Compagnie d'Occident détenant le monopole du commerce avec la Louisiane.

1717         6 septembre Fondation de la compagnie d'Occident pour l'exploitation de la Louisiane.

1717         à 1783 - naissance et mort de Jean le Rond d'Alembert. Philosophe et mathématicien français. Il fut l'un des mathématiciens et physiciens les plus renommés du XVIIIe siècle, et fut aussi un philosophe marquant des Lumières. Codirecteur avec Diderot de l'Encyclopédie, dont il rédigea beaucoup d'articles, ami de Voltaire, il fut un des protagonistes les plus éminents de la lutte des Lumières contre l'absolutisme religieux et politique. Remarqué dès ses premiers travaux, il entra à l'Académie des sciences comme "associé astronome adjoint" à vingt-quatre ans (1741). Treize ans plus tard, en 1754, il accéda à l'Académie française, dont il fut le secrétaire perpétuel en 1772 (à la mort de Charles Duclos, à qui il succéda). Sa jeune célébrité lui ouvrit les salons parisiens. Il fréquenta ceux de Madame Geoffrin, de la marquise du Deffand, puis celui de Mademoiselle de Lespinasse, dont il devint l'habitué le plus assidu.

1717         à 1768 - naissance et mort de Johann Joachim Winckelmann. Peut être considéré comme le fondateur de l'histoire de l'art et l'un des fondateurs de l'archéologie en tant que disciplines modernes. Né à Stendal dans l'est de l'Allemagne, de milieu modeste (son père est cordonnier), il devient l'expert mondial en architecture de l'Antiquité et le principal théoricien du mouvement néoclassique. Sa carrière commence de manière tout à fait modeste. Il passe plusieurs années comme précepteur auprès d'enfants de familles nobles. Puis, en 1748, il se fait engager comme bibliothécaire d'un comte allemand. Grâce à ce dernier, les portes de la fabuleuse collection d'art du duc de Saxe lui sont ouvertes. Il publie alors en 1755 son ouvrage 'Réflexions sur l'imitation des artistes grecs' qui aura un retentissement international. Il n'a désormais qu'une passion : se rendre à Rome pour étudier les oeuvres d'art de l'Antiquité in situ. Il se convertit au catholicisme et réussit à se faire inviter à travailler sur la collection des oeuvres d'Antiquité à la cour pontificale. Au cours des années suivantes, il publie de nombreux ouvrages qui marquent les théories esthétiques de l'époque. Adversaire acharné du baroque et du rococo, il est convaincu que le "beau idéal" constitue une réalité objective qui peut être découverte en fréquentant les grandes oeuvres de l'Antiquité, surtout grecques. Sa connaissance intime et prodigieuse des oeuvres, acquise notamment lorsqu'il travaillait au Vatican et lors des fouilles de Pompéi, est mise au service de ce qu'il considère comme sa mission : former le goût de l'élite intellectuelle de l'Occident. La formule qu'il trouve pour caractériser l'essence de l'art grec, "calme serein et grandeur tranquille", va inspirer des générations d'artistes et d'architectes après lui comme Benjamin West et Jacques-Louis David. Se basant sur les travaux du Comte de Caylus en qui il reconnut une influence importance, il contribua à faire de l'archéologie une science plutôt qu'un passe-temps de riche collectionneur.

1717         Georg Friedrich Haendel présente "Water music". Lors d'une soirée du roi sur la Tamise entre Whitehall et Chelsea, "Water music" est créée pour la première fois. L'oeuvre de Haendel a certainement été composée pour cette occasion, comme le montre le choix des instruments, parfaits pour les concerts de plein air. Composée de trois suites, en fa, ré et sol, cette pièce deviendra un des plus grands succès de la musique baroque. Georg Friedrich Haendel (23 février 1685, Halle - 14 avril 1759, Londres) est un compositeur d'origine allemande, naturalisé britannique.

1718         2 août Traité de Cockpit faisant entrer l'empereur d'Autriche, Charles VI, dans l'alliance. L'Espagne n'a pas accepté les décisions prisent à Utrecht en 1713, qui avaient entériné la perte de ses territoires italiens. Philippe V d'Espagne et sa femme, l'Italienne Élisabeth Farnèse, voulaient Parme et la Toscane pour y établir leurs deux fils. Contrairement à son attente, c'est en France que le roi a rencontré le principal obstacle à son projet : le régent s'est allié à l'Angleterre et à la Hollande par le traité de La Haye. A son tour, l'empereur d'Autriche Charles VI a adhéré à cette alliance par le traité de Cockpit. Vaincu et isolé le roi négocie. Le 26 janvier 1720, il signe le traité de Madrid et adhère à la Quadruple-Alliance. Il abandonne ses ambitions italiennes, ses vues sur Gibraltar et renonce alors à la succession au trône de France. Traité de Cockpit : formation de la Quadruple-Alliance composée de la France, de l'Angleterre, de la Hollande et de l'Empereur, qui déclare la guerre à l'Espagne. Quadruple-Alliance de 1718, traité conclu à Londres le 2 août 1718 entre la France, les Provinces-Unies, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et le Saint Empire contre l'Espagne pour le maintien du traité d'Utrecht, de celui de Bade et la pacification de l'Italie. Par ce traité, l'empereur consentit à reconnaître le roi d'Espagne, à condition qu'on lui remettrait la Sicile, et que la Sardaigne serait donnée au duc de Savoie. On y convint aussi d'assurer à don Carlos la succession des duchés de Parme et de Plaisance et du grand-duché de Toscane. L'Espagne accepta ces conditions et rejoignit finalement l'Alliance en 1720 en renonçant à ses possessions en Italie.

1718         24 septembre Nomination de l'abbé Dubois au poste de secrétaire d'État aux affaires étrangères.

1718         4 décembre La banque de Law devient banque royale. Le système du crédit mis en place par la Banque générale de l'Écossais John Law donne des résultats au-delà des plus folles espérances. Des fortunes colossales se sont faites en quelques heures. On a vu un abbé gagner dix-huit millions de livres. On a même vu un mendiant en gagner soixante-dix. Depuis 1716, le commerce et l'industrie profitent de cette manne. La Compagnie d'Occident et du Mississipi créée en 1717, qui a reçu le monopole du commerce avec la Louisiane, est une autre garantie du succès de la Banque générale, qui en ce jour devient, grâce au soutien du régent, Banque royale.

1718         29 décembre Arrestation du duc et de la duchesse du Maine (Louis Auguste de Bourbon et Anne-Louise Bénédicte de Bourbon-Condé) impliqués dans le complot du prince de Cellamare, ambassadeur d'Espagne en France. La conspiration de Cellamare est un complot ourdi par l'Espagne en 1718 pour retirer la Régence du royaume de France à Philippe d'Orléans. Elle tire son nom d'Antonio del Giudice (1657-1733), prince de Cellamare, ambassadeur en France du roi d'Espagne Philippe V d'Espagne.

1718         Jean Antoine Watteau peint 'Gilles’

1718         Jean Antoine Watteau peint 'Les Musiciens’

1718         Antoine de Jussieu écrit 'Mémoires de l'Académie des sciences'. Antoine de Jussieu (6 juillet 1686, Lyon - 22 avril 1758, Paris) est un botaniste français. Antoine de Jussieu, frère de Bernard et de Joseph de Jussieu, entreprend d'abord des études de théologie avant de découvrir la botanique. Ce sont ses recherches qui le font remarquer par Guy Fagon, médecin du roi et surintendant du Jardin du roi. Fagon le recommande pour le poste de professeur de botanique du Jardin du roi, laissé vacant par la mort de Tournefort, en 1709 dont Antoine de Jussieu était un grand admirateur. En 1716, Fagon lui confit une mission en Espagne et au Portugal afin d'y recueillir des plantes. Antoine de Jussieu demandera à son frère Bernard de l'accompagner. À son retour, Antoine fait paraître dans les 'Mémoires de l'Académie des sciences' la relation de son voyage. Peu de temps après, il est chargé du cours de matière médicale à la Faculté de médecine de Paris. Son enseignement fera l'objet d'une publication posthume, en 1772, intitulé le 'Traité des vertus des plantes'. C'est Antoine de Jussieu qui, en 1720, permet l'introduction du caféier dans les Antilles.

1719         9 janvier La France et ses alliés déclarent la guerre à Philippe V d'Espagne qui cherche à renverser le régent. Guerre franco-espagnole. Le roi Philippe V d'Espagne a des prétentions au trône de France. Pour les déjouer, le régent Philippe d'Orléans met en scène un attentat contre sa personne. L'attentat aurait été fomenté dans l'entourage de l'ambassadeur d'Espagne, ce qui tient lieu de prétexte à l'entrée en guerre.

1719         15 avril Mort de Madame de Maintenon. Elle s'éteint à Saint-Cyr, qu'elle a créé et où elle s'est retirée à la mort de Louis XIV.

1719         Antoine Watteau peint 'Divertissements champêtres’

1719         à 1797 - naissance et mort de Michel Jean Sedaine. Dramaturge français. Il fut tailleur de pierres; l'architecte David, frappé de son intelligence et de ses aptitudes, le protégea et lui facilita son entrée dans les lettres; plus tard, par reconnaissance, Sedaine éleva comme son propre fils le petit-fils de son protecteur, qui est devenu le célèbre peintre David. Poète, auteur dramatique, il écrivit des comédies dont la meilleure est le 'Philosophe sans le savoir', et des opéras comiques dont Grétry et Monsigny composèrent la musique; Sedaine est considéré comme le créateur de l'opéra comique; ses oeuvres les plus célèbres de ce genre sont 'Rose et Colas' et 'Richard Coeur de Lion'.

1719         Jean-Baptiste Du Bos écrit 'Réflexions sur la poésie et la peinture'. Jean-Baptiste Du Bos, né en 1670 à Beauvais, mort en 1742 à Paris. Après des études de théologie, ne trouvant pas de débouchés dans la carrière religieuse, il se tourne vers Paris et la diplomatie. Il débute comme secrétaire du maréchal d'Huxelles, aux Affaires étrangères. Il est ensuite employé par Monsieur de Torcy. Il est élu à l'Académie royale des Inscriptions et Belles Lettres en 1719, l'année de la parution des "Réflexions”. Le propos de l'Abbé Du Bos est de faire des peintres les égaux des poètes. Ses efforts en matière de théorie de l'art tendront vers l'affirmation de tout ce qui permet au peintre d'être autre chose qu'un décorateur. ll privilégie la peinture d'histoire qui représente, à ses yeux, le seul genre qui donne au peintre la possibilité de mettre en oeuvre ses qualités d'invention et son art de la composition.

1719         L'écrivain britannique Daniel Defoe publie Robinson Crusoé, roman non signé inspiré par l'aventure du marin britannique, Alexander Selkirk.

1720         Peste de Marseille. - Dans cette ville et en Provence, plus de 85000 personnes périrent, victimes du fléau. A cette occasion l'évêque de Marseille, Belzunce et le magistrat municipal Rose, ainsi que de nombreux échevins, firent preuve d'un dévouement héroïque. Monseigneur Belsunce (Belzunce) (1670-1755) était l'évêque de la ville de Marseille durant la peste de 1720 puis évêque-duc de Laon en 1723 et Pair de France. Né dans le Pays Basque en 1670, il s'installe en 1710 à Marseille où il sera nommé évêque. En 1720, pendant la peste, Belsunce se montra particulièrement charitable avec les marseillais et plaça la ville sous la protection du Sacré Coeur de Jésus lors d'une messe célébrée le 1er novembre 1720.

1720         5 janvier Nomination de John Law, contrôleur général des finances.

1720         Le système de Law, pratiqué sans ménagement, avait d'abord favorisé un immense développement des affaires; mais les émissions de papier se succédèrent, sans être dès lors garanties par quoi que ce fût, et lorsque les porteurs des dix milliards de papier émis voulurent réaliser, on s'aperçut que tout le numéraire qui existait alors en France ne dépassait pas un milliard. De là une banqueroute sans précédent. Law dut s'enfuir pour n'être pas lapidé.

1720         24 mars Banqueroute de Law.

1720         17 juillet Violentes émeutes au siège de la banque de Law à Paris.

1720         22 juin Traité de Madrid, Philippe V d'Espagne renonce à toute prétention à la couronne de France et adhère à l'alliance.

1720         1er novembre L'État ne couvre plus les billets émis par la banque royale.

1721         27 mars Réconciliation franco-espagnole et projet de mariage entre Louis XV et Marie-Anne (Marie-Anne-Victoire de Bourbon), infante d'Espagne. Marie-Anne Victoire de Bourbon (ou Mariana Victoria de Borbon), née à Madrid le 31 mars 1718, morte à Lisbonne le 15 janvier 1781, surnommée l'Infante-reine, était fille de Philippe V d'Espagne et d'Élisabeth Farnèse. Elle fut fiancée à l'âge de 3 ans à Louis XV alors âgé de 11 ans. Elle fut renvoyée à son père en 1725, qui prit ce renvoi comme une insulte alors qu'il s'agissait pour la France d'assurer le plus vite possible une descendance au jeune roi, déjà pubère alors que sa fiancée n'avait, elle, que 6 ans. Elle épousa le 19 janvier 1729 Joseph Ier (1714-1777), roi de Portugal.

1721         13 juin Traité de Madrid scellant l'alliance entre la France, l'Angleterre et l'Espagne.

1721         Jean-Sébastien Bach compose 'Concertos brandebourgeois’

1721         Montesquieu écrit 'Lettres persanes'.

1721         vers - rococo Mouvement né en France privilégiant la légèreté et l'élégance stylistique. Il se développe ensuite dans les pays germaniques. Le rococo est un mouvement artistique touchant principalement la peinture et l'architecture, dérivé du baroque et qui se caractérise par un enrichissement décoratif particulièrement chargé. Apparu en France, le style se propage en Europe tout au long du XVIIIe siècle. Il trouve son apogée sous la Régence et surtout sous le règne de Louis XV, après l'austérité des dernières années du règne de Louis XIV. Il sera remplacé à partir de 1760 par le Néoclassicisme qui est, comme par un mouvement de pendule, un retour à l'austérité.

1722         6 avril : Après avoir découvert les îles Samoa, l'explorateur hollandais Jacob Roggeveen découvre l'Île de Pâques. Jakob Roggeveen (1er février 1659 à Middelburg au 31 janvier 1729) était un explorateur hollandais qui a été envoyé trouver la Terra australis, mais qui a à la place trouvé l'île de Pâques par hasard en 1722. L'île de Pâques est une île isolée dans le sud-est de l'Océan Pacifique, particulièrement connue pour ses statues monumentales, les Moaïs. Moaï, localement moai, est le nom des statues monumentales en basalte de l'île de Pâques. Leur taille varie de 2,5 à 9 mètres, pour un poids moyen de 14 tonnes. Toutes sont des monolithes tournés vers l'intérieur de l'île. On ne sait à peu près rien des raisons qui ont poussé les Pascuans à les ériger à un rythme de plus en plus frénétique et en taille de plus en plus colossale, épuisant sans doute une partie significative des ressources de "l'île la plus isolée du monde" dans cette pénible industrie. Pratiquement rien non plus des rites qu'ils pratiquaient. Les statues sont cependant liées à un ancien "culte des ancêtres" selon les archéologues.

1722         22 août Majorité de Louis XV. A 10h30 du matin, Philippe d'Orléans, régent du royaume, commence l'éducation de Louis XV, qui vient d'atteindre la majorité : “Je supplie Votre Majesté de ne pas être effrayée de ce qu'elle n'entendra pas d'abord… Chaque chose se développera l'une après l'autre d'elle-même, et sans qu'elle s'en aperçoive, les affaires où elle croira n'entendre rien lui deviendront insensiblement familières”.

1722         22 août L'abbé Dubois devient Premier Ministre.

1722         25 octobre Sacre de Louis XV. Le roi est sacré pour sa majorité, à treize ans. La cérémonie du sacre témoigne par son faste de l'attachement d'un peuple qui a donné à son roi le surnom de “Bien-Aimé”. Le marquis d'Argenson rapporte : “On se souviendra longtemps qu'il ressemblait à l'amour”.

1722         Début du contrôle la tribu afghane Ghilzai sur la Perse (fin en 1736). Les Afghans sunnites se révoltent, prennent Ispahan et usurpent la royauté. l'émir afghan Mir Mahmoud se proclame roi de Perse (fin en 1725).

1722         Marivaux écrit 'La Surprise de l'amour’

1722         Jean-Sébastien Bach compose le premier livre du clavier bien tempéré. Jean-Sébastien Bach compose la première partie d'une des oeuvres majeures de l'histoire de la musique occidentale : "Le clavier bien tempéré". Le titre fait référence à une recherche sur le tempérament, c'est-à-dire sur les intervalles d'une gamme. L'oeuvre est composée de 24 préludes et fugues (24 autres suivront en 1744) et représente aujourd'hui encore un accomplissement de l'architecture, de la complexité musicale et du contrepoint.

1722         Jean-Philippe Rameau publie son 'Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels'. Jean-Philippe Rameau publie une oeuvre théorique sur la musique qui va marquer la tradition française : le "Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels". Il y développe une vision mathématique de l'harmonie, fortement influencée par Pythagore. La musique qu'il composera par la suite provoquera une querelle avec les partisans des principes à l'oeuvre chez Lully, puis avec ceux de la nouvelle musique italienne lors de la Querelle des bouffons. Ses pièces lyriques, riches et complexes, connaîtront toutefois un véritable succès.

1723         Majorité de Louis XV. - Il prend les rênes du gouvernement. - Mort de l'abbé Dubois et du duc d'Orléans (Philippe d'Orléans). Le nouveau roi prit pour premier ministre le duc de Bourbon (Louis IV Henri de Bourbon-Condé), petit-fils du grand Condé. Le premier acte de celui-ci fut de répudier la politique de Louis XIV à l'égard de l'Espagne, en froissant cette puissance. En effet, il renvoya à la Cour d'Espagne une infante espagnole qui était élevée à la Cour de France et qui était fiancée à Louis XV, rompant ainsi l'union projetée, dans le but de faire épouser au jeune roi une personne qui ne dût qu'à lui-même son élévation et sa fortune. Il avait arrêté son choix sur la fille de Stanislas Leszczynski (Marie Leszczynska), roi détrôné de Pologne fixé en France, qu'il fit en effet épouser à Louis XV (1725). Marie Leszczynska, née en 1703, plus âgée par conséquent de sept ans que Louis XV, eut de ce dernier dix enfants, dont deux garçons.

1723         Style Louis XV, sous le règne de Louis XV (1710 - 1774), la modification de la conception de l'aménagement intérieur de la demeure est le fait essentiel de l'époque. Le goût de l'intimité et de l'agrément, voire du confort, prédomine. La distribution des pièces change. On renonce aux enfilades, auxquelles on préfère l'indépendance de pièces desservies par des corridors. La famille royale possède ses "petits appartements" doublant les pièces d'apparat. On commence à assigner une fonction déterminée à chaque pièce. L'ornementation s'allège de plus en plus : plafonds blancs, boiseries finement sculptées alternent avec de petits panneaux peints. Exotisme et rocaille sont les traits caractéristiques de cette décoration. La mode en a été lancée par Watteau au château de la Muette. La scène mythologique revêt un aspect tout pastoral : paysages, scènes galantes, scènes exotiques, chinoiseries, turqueries, faune vivante et réaliste – traités dans un style anecdotique – se partagent la mode avec les lambris sculptés de motifs rocaille et peints de couleurs claires ou de blanc et or. La mode des petits appartements entraîne le renouvellement du mobilier, dont les formes diffèrent notablement de celles de la Régence. L'échelle se réduit : petits meubles légers, aux lignes chantournées, d'un raffinement extrême et d'une ornementation qui va parfois jusqu'au bizarre. Les ébénistes (Oeben, Cressent, Criaerdt, Migeon, Avisse, Tilliard, Delanois, Jacques Dubois) donnent libre cours à leur fantaisie. Les façades des commodes, des coiffeuses, des secrétaires s'incurvent et ondulent. De nouveaux types de sièges apparaissent, reflétant l'importance de la vie mondaine et le souci nouveau du confort. Ils ont des pieds cambrés très affinés vers la base, des sièges et dossiers rembourrés, couverts de soieries brodées ou de fine tapisserie (les décors figuratifs de Beauvais sont très appréciés). À côté de la série distribuée selon la hiérarchie de l'étiquette (fauteuil à bras, chaise, tabouret), les sièges non hiérarchisés prennent un grand développement : bergères, marquises, causeuses, canapés à bras détachés, ottomanes à dossier enveloppant, sofas (réservés aux dames). L'argenterie Louis XV est restée célèbre. Les formules de la rocaille, lignes tourmentées galbées, côtes spiralées, se prêtent admirablement au travail de l'argent. Les orfèvres Germain et Roettiers travaillent pour toutes les cours européennes. Dans la céramique, l'invention du petit feu, en 1721, à Strasbourg, permet de varier la polychromie en utilisant les rouges et les roses. À partir de 1740, les productions de Paul Hannong la rendent célèbre par les deux décors typiques Fleurs des Indes et Fleurs du pays chatironnées. Rouen est spécialisé dans les décors dits "orientaux" (polychromes) et "à la Bérain" (bleu clair). Mais l'étape essentielle franchie alors est la fabrication d'une porcelaine semblable à celle de Chine. Après avoir longtemps fabriqué des pâtes tendres, à Saint-Cloud, Chantilly, Mennecy, Vincennes, on découvre le secret de la vraie porcelaine au kaolin qui fera la gloire de la manufacture de Vincennes, bientôt transférée à Sèvres. Expression d'un mode de vie raffiné, le style Louis XV eut un vif succès à l'étranger.

1723         15 février Louis XV est déclaré majeur, fin de la régence.

1723         2 décembre Nomination du duc de Bourbon (Louis IV Henri de Bourbon-Condé) Premier Ministre. Louis IV Henri de Bourbon-Condé, duc de Bourbon (né à Versailles le 18 août 1692 et mort à Chantilly le 27 janvier 1740) Duc de Bourbon, 7e Prince de Condé (1710), duc de Bourbon, duc d'Enghien et Duc de Guise, Pair de France, duc de Bellegarde. Même après qu'il est devenu prince de Condé en 1710, on l'appelle "Monsieur le Duc", la maison de Condé ayant perdu le titre de "Monsieur le Prince". Fils de Louis III de Condé, il devint aîné de sa branche en 1710. En 1713, il épousa Marie Anne de Bourbon-Conti (1689-1720), fille du Grand Conti. Il n'eut pas d'enfants de ce premier mariage. Le 23 juillet 1728 à Sarry, il épousa Caroline von Hessen-Rheinfels-Rotenburg (1714-1741) dont il eut entre autres Louis V Joseph de Bourbon-Condé (1736-1818), 8e prince de Condé.

1723         2 décembre Mort de Philippe d'Orléans. Un an après la proclamation de la majorité de Louis XV, le régent Philippe d'Orléans, devenu Premier ministre, s'éteint. D'aucuns prétendent que cette mort est due à ses excès de débauche, le prince ayant été un grand libertin.

1723         à 1799 - naissance et mort de Jean-François Marmontel. Écrivain français. Éduqué chez les Jésuites, Jean-François Marmontel s'apprête à entrer dans les ordres. Il participe au concours de poésie de l'Académie des Arts Floraux mais ne remporte pas le prix. Il écrit alors à Voltaire pour faire part de son mécontentement et en devient le disciple. En 1744, il est lauréat d'un prix de poésie et un an plus tard, Voltaire encourage son arrivée à Paris. Le jeune poète se lance alors dans l'écriture de tragédies. Sa première pièce 'Denys le tyran' est un succès retentissant. Il obtient la protection de Madame de Pompadour, devient académicien et loge désormais à Versailles. Son temps libre lui permet de fréquenter les salons et de rencontrer entre autre Diderot, Rousseau et d'Alembert et de participer à la rédaction de 'L'Encyclopédie'. Il publie également dans le 'Mercure de France' dès 1754. Tour à tour historiographe, professeur au Lycée et membre de l'Institut, Marmontel n'hésite pas à s'engager dans différents domaines pour faire avancer ses opinions.

1723         à 1790 - naissance et mort de Adam Smith. Philosophe et économiste écossais. Adam Smith est l'un des pères du libéralisme et de l'économie moderne. Il est le fondateur de l'école classique anglaise dite optimiste qui s'oppose aux physiocrates. Sa principale théorie est celle du libéralisme qui se résume par les expressions "laisser faire" et "laisser passer". L'État ne doit intervenir ni dans les rapports économiques, sous peine d'en perturber l'équilibre, ni dans les échanges internationaux, pour permettre à chaque pays de se spécialiser dans la production où il détient un "avantage comparatif". L'État doit cependant conserver son rôle de gendarme. Toutes ces idées sont développées dans 'Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations' (1776). Elles influenceront le second grand théoricien du capitalisme libéral : David Ricardo. Adam Smith travaille également sur la division du travail et la théorie de la "main invisible" selon laquelle la recherche de l'intérêt individuel concourt à l'intérêt général. Physiocratie (étymologiquement : gouvernement de la nature) est une idéologie économique prétendant que la richesse des pays provient exclusivement de l'agriculture, seule "création" annuelle de richesse. L'école des Physiocrates est originaire de France et a eu son apogée au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle siècle. La physiocratie est probablement la première théorie économique. Physiocrates, économistes français du XVIIIe siècle qui prônent la confiance dans les "lois naturelles" et privilégient une société où l'agriculture est prépondérante, car seule créatrice de véritables richesses nettes. Ils préconisent également un libéralisme économique favorisant le développement de la production agricole. Leur théorie est à la base de la loi sur la liberté du commerce des grains. Les grands physiocrates sont Quesnay, Mirabeau, Condorcet, Dupont de Nemours et Turgot. Le libéralisme économique est la thèse selon laquelle la liberté d'action individuelle la plus complète (liberté d'entreprendre, libre choix de consommation, de travail, etc.) serait souhaitable en matière économique, et l'intervention de l'État doit y être aussi limitée que possible. Les partisans du libéralisme économique se rangent en deux grandes familles. Pour les uns, leur position découle d'un raisonnement de nature philosophique partant de principes généraux applicables à tous, en tous temps, en tous lieux et à toutes les activités humaines. Pour eux, le libéralisme économique n'est que l'application en économie du libéralisme philosophique. Ils contestent à la fois la légitimité et l'efficacité de l'action étendue de l'État, et s'opposent à la plupart de ses interventions économiques, voire à toutes. Cette tendance, qui a vu le jour au XVIIIe siècle avec les philosophes des Lumières, est souvent appelée "libéralisme classique". Pour les autres, le libéralisme économique relève d'un raisonnement de nature purement économique portant sur les conséquences de l'application des thèses libérales. Leur position repose le plus souvent sur la théorie de l'équilibre général et est souvent appelée "libéralisme néoclassique". Ils ne contestent que l'efficacité des actions de l'État et sont donc plus sensibles que les libéraux classiques aux critiques partant des "défaillances du marché". De ce fait, ils diffèrent quant aux limites exactes à fixer aux interventions de l'État.

1723         Marivaux écrit 'La Double inconstance’

1724         14 mai Déclaration contre les protestants. La déclaration du 5 mars 1715 affirme qu'il n'y a plus de Protestants dans le Royaume, c'était faire preuve de beaucoup d'optimisme puisque la déclaration du 14 mai 1724 revient aux rigueurs de la Révocation. Preuve s'il en était besoin que les Protestants n'ont pas été éradiqués.

1724         18 juillet Ordonnance sur la mendicité. Dans la France sur laquelle règne Louis XV le Bien-Aimé âgé de vingt-quatre ans, une ordonnance royale prescrit l'enfermement des pauvres qui sont invalides et la mise au travail de ceux qui ne le sont pas.

1724         27 septembre Création de la bourse de Paris. La faillite de Law a permis de mettre l'accent sur l'importance de la Bourse dans l'économie du pays. Pour éviter que de tels problèmes ne surviennent, un arrêt du 27 septembre 1724 crée la "Bourse de Paris". Les agents de change obtiennent le monopole des négociations et seront rassemblés en plein coeur de Paris, rue Vivienne.

1724         29 octobre Renvoi de l'infante d'Espagne, Marie-Anne-Victoire de Bourbon, surnommée l'Infante-Reine, fille de Philippe V d'Espagne.

1724         Club de l'Entresol (fin en 1731) réunion organisée par l'abbé de Longuerue, chez l'abbé Alari, place Vendôme. Club de l'entresol, une société de pensée dans laquelle des gens de qualité se réunissent pour examiner les grands problèmes de l'heure, dont fit partie notamment Montesquieu.

1724         à 1804 - naissance et mort de Emmanuel Kant. Philosophe allemand. Philosophe majeur du XVIIIe siècle, Emmanuel Kant est, avec Platon et Descartes, un des trois piliers de la philosophie occidentale. D'abord disciple de David Hume, philosophe anglais prônant l'empirisme, il prend ses distances avec cette théorie qui place la sensibilité à l'origine de la connaissance. Kant opère ce qu'il appelle "une révolution copernicienne" de la théorie de la connaissance avec la 'Critique de la Raison Pure' (1781). Il considère que c'est le sujet qui construit l'objet de sa connaissance. Il réfléchit aussi au fondement de la moralité dans le 'Fondements de la métaphysique des moeurs' (1785) puis vers la fin de sa vie au jugement de goût. La période d'activité de Kant coïncide avec la Révolution française dont le philosophe était un grand admirateur. Il voua sa vie à son travail et tente de répondre à ces questions fondamentales : Que puis-je connaître? Que dois-je faire? Que m'est-il permis d'espérer? Qu'est-ce que l'homme? Depuis Kant (XVIIIe siècle), il est d'usage de distinguer déisme et théisme. En effet, ce dernier veut déterminer par la raison la nature de Dieu, alors que le déisme se contente d'affirmer son existence, sans prétendre pouvoir la comprendre. Le déisme, du latin deus (: dieu) est la croyance en un Dieu créateur, mais pas en son instrumentalisation religieuse. Les déistes ne croient ni aux prêtres, ni à une "Église", ni à des textes sacrés ou des messies. Le déisme consiste donc en l'affirmation, hors de toute révélation religieuse, de l'existence d'un être suprême dont la nature et les propriétés restent inconnaissables. Selon certains auteurs athées, le déisme serait un athéisme non abouti, ce que nient les déistes. C'est dès le XVIe siècle qu'apparaît cette notion intermédiaire entre le théisme chrétien et l'athéisme. Il ne s'agit plus ici de transcendance divine mais d'immanence. L'authenticité historique de la Révélation dans les Écritures est contestée : l'Être suprême devient directement perceptible aux facultés de l'Homme. Parce que le déisme prétend se passer des dogmes révélés de la religion, et même les contester, il fut, dès le XVIIe siècle, l'une des cibles privilégiées du christianisme, au même titre que l'athéisme. Le théisme est une option spirituelle personnelle ou partagée plus ou moins strictement par d'autres, sans être forcément une doctrine, qui admet l'existence d'un dieu unique et personnel comme cause transcendante du monde. Option ou doctrine opposée à l'athéisme, au panthéisme et au polythéisme. A la différence des déistes qui se contentent de croire à l'existence d'un Dieu, les théistes y ajoutent l'obligation de lui rendre un culte, d'obéir à la "loi naturelle".

1725         30 avril Traité de Vienne scellant l'alliance entre l'Espagne et l'Autriche.

1725         5 juin Création du cinquantième sur tous les revenus. Dodun, contrôleur des Finances, émet l'idée d'un impôt qui serait perçu sur l'ensemble des biens, le cinquantième. La noblesse et le Parlement y sont hostiles.

1725         3 août Création de la ligue de Hanovre entre la France, la Prusse et l'Angleterre. La ligue de Hanovre formée le 3 août 1725, constituée par la France, la Prusse, l'Angleterre, le Danemark, la Suède et les Provinces-Unies contre l'Autriche et l'Espagne.

1725         15 août Mariage de Louis XV et de Marie Leszczynska. En ce jour, c'est un mariage par procuration qui est célébré dans la cathédrale de Strasbourg, où le duc de Bourbon (Louis IV Henri de Bourbon-Condé) représente le roi. Marie ne le rencontre que le 4 septembre près du château de Fontainebleau. Là, cette princesse pauvre dont le père, roi, ne règne pas sur son royaume de Pologne, croit vivre une manière de conte de fées quand elle découvre enfin un bel époux et un château somptueux. Dès le lendemain, 5 septembre, le mariage a lieu dans la chapelle du château.

1725         5 septembre Mariage de Louis XV avec Marie Leszczynska, fille de l'ex-roi de Pologne à Fontainebleau. C'est la veille, le 4 septembre, près du château de Fontainebleau, que Marie Leszczynska a rencontré celui qu'elle a épousé par procuration à Strasbourg, le 15 août. En ce jour, le mariage est célébré dans la chapelle du château.

1725         Marivaux écrit 'L'île des Esclaves’

1725         à 1798 - naissance et mort de Giacomo Casanova. Écrivain et séducteur italien. Si sa profession officielle est écrivain, Casanova n'a pas marqué l'histoire pour ses écrits mais plutôt pour ses talents de Don Juan. Pour la postérité, être un Casanova, c'est être un séducteur invétéré. Né de parents comédiens, Casanova commence une carrière ecclésiastique puis entame une vie d'aventures, exerçant de nombreuses activités - joueur professionnel, financier, espion, bibliothécaire... - et sillonnant l'Europe en passant des prisons aux cours de souverains. Ce perpétuel écart social lui permet de brosser toute une société pré-révolutionnaire et d'offrir ainsi un témoignage de premier plan sur une époque charnière au cours de laquelle il rencontre, entre autres, Voltaire et Jean-Jacques Rousseau. Libertin dans l'âme, Casanova refuse plusieurs fois de se marier et cherche avant tout à assouvir ses désirs, quelque en soit le prix. Ses frasques, aussi bien amoureuses que financières et ses opinions tranchées le conduisent à être Incarcéré deux ans. Casanova, à force de courage, parvient à s'évader et gagne Paris. En éternel insatisfait, il ne cessa jamais de voyager et termina sa vie en bibliothécaire.

1725         Jean Siméon Chardin peint 'La Raie'. Jean Siméon Chardin - prénommé à tort, et même de son vivant, Jean-Baptiste Siméon - (Paris, 2 novembre 1699 – Paris, 6 décembre 1779) est considéré comme l'un des plus grands peintres du XVIIIe siècle. Il est surtout reconnu pour ses natures mortes, ses peintures de genre et ses pastels.

1725         Antonio Vivaldi compose "les Quatre Saisons". Antonio Vivaldi réalise son plus célèbre concerto pour violon. Cette composition, issue du recueil "Il Cimenta dell'armonia", évoque avec poésie et imagination les quatre saisons de l'année. Découverte tardivement, elle restera l'une des oeuvres baroques les plus interprétées.

1726         Le cardinal Fleury, ancien précepteur du roi, devient premier ministre, à l'âge de 73 ans, et conservera jusqu'à 81 ans cette charge, dans laquelle il rendit de grands services par son bon sens, son honnêteté, sa bonne entente des affaires. Il ne put cependant éviter la guerre, qui eut lieu deux fois pendant son ministère. Le cardinal Fleury, André-Hercule de Fleury (Lodève le 28 juin 1653–Issy-les-Moulineaux le 29 janvier 1743), homme d'État français, principal conseiller de Louis XV (1716–1743). Le 1er avril 1716, il est nommé par le duc d'Orléans (Philippe d'Orléans), régent du royaume, précepteur du jeune Louis XV, conformément au deuxième codicille du testament de Louis XIV. En 1717, le régent lui accorde le droit exhorbitant de monter dans le carrosse du roi. Il sera élu cette même année à l'Académie française. En 1722, au moment du sacre, il tient le rôle d'un pair ecclésiastique. En 1726, il est appelé par Louis XV, dont il a gagné la confiance et l'affection, pour remplacer le duc de Bourbon. "M. de Fréjus", comme on l'appelle, devient premier ministre. En septembre de la même année, sur la demande du roi, il est nommé cardinal. Le cardinal de Fleury gouverne avec prudence et sagesse : à l'intérieur, il rétablit le budget de l'État, stabilise la monnaie, reprend la politique de Colbert, pacifie dans la mesure du possible le problème janséniste. En revanche, il ne parvient pas à entraver la montée de l'opposition parlementaire. Sa politique extérieure est marquée par une recherche de la paix et de la stabilité européenne. Entraîné par le roi dans la guerre de Succession de Pologne, il la conclut rapidement par le traité de Vienne de 1738. Il se distingue également par la modération de son train de vie : contrairement à un cardinal de Richelieu ou Mazarin, il n'amasse pas une fortune immense. Il dépense ses revenus commendataires en aumônes et se contente de ses appointements de ministre (20 000 livres). Son acharnement à conserver son pouvoir jusqu'à sa mort en 1743 lui valut le surnom de "Son Éternité". Le ministère de Fleury est la partie du règne de Louis XV la plus heureuse.

1726         12 juin L'abbé Fleury remplace le duc de Bourbon au poste de Premier Ministre. Le duc de Bourbon (Louis IV Henri de Bourbon-Condé) est disgracié. Louis XV fait de celui qui fut, des années plus tôt, son précepteur et qui a soixante-seize ans, le cardinal André Hercule de Fleury, son Premier ministre. Saint-Simon juge “l'homme le plus superbe au-dedans et le plus implacable”.

1726         19 août Stabilisation de la monnaie, rétablissement de la ferme générale et suppression du cinquantième. Rétablissement de la Ferme générale. La Ferme générale est réorganisée. Le bail Carlier confie pour six ans à quarante fermiers généraux le recouvrement de quatre-vingts millions de livres d'impôts indirects par an. Les fermiers construisent un mur autour de Paris pour percevoir l'octroi. Commentaire des Parisiens : “Le mur murant Paris rend Paris murmurant”.

1726         Alain-René Lesage écrit 'Le Diable boiteux’

1727         1er mai Mort du diacre janséniste de Paris François Paris, très populaire. Diacre François Paris, il était fils aîné d'un conseiller au parlement. Il devait naturellement succéder à sa charge, mais il aima mieux embrasser l'état ecclésiastique. Après la mort de son père, il abandonna tous ses biens à son frère. Il fit pendant quelque temps des catéchismes à la paroisse de Saint-Côme, se chargea de la conduite des clercs, et leur fit des conférences. Le cardinal de Noailles, à la cause duquel il était attaché, voulut le faire nommer curé de cette paroisse ; mais le diacre Paris, voulant se consacrer entièrement à la retraite, se confina dans une maison du faubourg Saint-Marcel, où il se livrait sans réserve à la prière, aux pratiques les plus rigoureuses de la pénitence et au travail des mains, faisant des bas au métier pour les pauvres qu'il regardait comme ses frères. Il mourut en 1727, à trente-sept ans, et ce fut alors qu'il commença à être connu et à devenir célèbre. Diacre, fonction créée par les Apôtres pour se décharger des soucis matériels. Ainsi, le diacre est chargé de distribuer les aumônes à leur place. Peu à peu, il assiste le prêtre dans des tâches spirituelles telles que la distribution de l'eucharistie et le baptême. Saint Étienne a été le premier diacre.

1727         à 1788 - naissance et mort de Thomas Gainsborough. Portraitiste et paysagiste anglais. Fils d'instituteur, Thomas Gainsborough est certainement, avec Joshua Reynolds, le plus célèbre portraitiste du XVIIIè siècle en Grande Bretagne. Parmi ses plus célèbres toiles, 'Les filles du peintre', 'Promenade matinale' ou encore 'Blue Boy' sont exposées partout à travers le monde. Dès 14 ans, le jeune homme impressionne son père par ses talents de dessinateur et est envoyé à Londres afin d'y étudier l'art. Il rejoint l'école de William Hogarth. Marié à Margaret Burr, il vit de la rente versée par son beau père alors que ses paysages ne se vendent pas bien. De retour à Sudbury en 1748, il se lance dans le portrait. Ses clients, des marchands et des propriétaires terriens, sont plus nombreux mais ne lui assurent toujours pas un revenu suffisant. Il déménage alors pour Bath où il étudie les oeuvres du peintre Van Dyck. La haute société commence alors à s'intéresser à son travail. En 1761, il commence à exposer à la Society of Arts exhibition et devient l'un des membres fondateurs de la Royal Academy en 1769. Sa renommée grandit mais il entretient des relations difficiles avec les instances de l'académie et cesse d'y exposer entre 1773 et 1777. En 1780 il accède à la consécration en peignant le roi George III et la reine. Il reçoit ensuite de nombreuses commandes royales qui lui donnent plus d'influence à la Royal Academy. Il reprend cependant ses toiles en 1983. Gainsborough meurt d'un cancer à 62 ans.

1727         mort d'Isaac Newton.

1728         Le Danois Vitus Béring explore l'alaska et découvre l'océan Arctique. Vitus Jonassen Béring (parfois écrit Behring) (août 1681, dans le Jutland – 19 décembre, 1741) était un explorateur danois au service de la marine russe, un capitaine-komandor connu parmi les marins russes sous le nom de Ivan Ivanovich. Il naquit dans la ville de Horsens au Danemark et mourut sur l'île Béring, près de la péninsule du Kamtchatka.

1728         Voltaire écrit 'La Henriade’

1729         Révolte des Indiens Iroquois et Natchez contre les Français en Louisiane. Les Iroquois (ou Haudenosaunee) connus aussi par l'expression Cinq-Nations comprennent effectivement cinq et puis plus tard six, nations amérindiennes de langues iroquoises vivant historiquement dans le nord de l'État de New York, États-Unis, au sud du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent.

1729         4 septembre Naissance du dauphin, Louis de France. Louis de France, dauphin de France (né le 4 septembre 1729 au château de Versailles – mort le 20 décembre 1765 au château de Fontainebleau) est l'aîné des fils du roi Louis XV de France et de Navarre, et de son épouse Marie Leszczynska. Sa naissance prive son grand-oncle Philippe V d'Espagne de sa position d'héritier présomptif du trône de France. Il meurt huit ans avant son père et trois ans avant sa mère.

1729         9 novembre Alliance entre la France, l'Espagne et l'Angleterre.

1730         invention du sextant par Hadley. Le sextant est un instrument permettant de relever la hauteur angulaire du soleil au-dessus de l'horizon. Il est utilisé pour se situer sur la planète Terre. Le relèvement peut aussi s'opérer sur la lune ou sur une étoile. En connaissant cet angle ainsi que l'heure, généralement midi pour le Soleil, on peut calculer la latitude de l'observateur. Le sextant fut inventé dans les années 1730 par deux personnes indépendamment l'une de l'autre : John Hadley (1682-1744), un mathématicien anglais, et Thomas Godfrey (1704-1749), un inventeur américain. Il remplaça rapidement l'astrolabe et l'octant comme instrument principal pour la navigation.

1730         Marivaux écrit le 'Jeu de l'amour et du hasard’

1731         Marivaux écrit 'La Vie de Marianne’

1731         L'abbé Prévost écrit 'Manon Lescaut'.

1731         Décès à Londres du romancier anglais Daniel Defoe (auteur de 'Robinson Crusoé').

1732         29 janvier Fermeture du cimetière Saint-Médard suite aux miracles ayant eu lieu sur la tombe du diacre. Une ordonnance décide la fermeture du cimetière Saint-Médard abritant le tombeau du diacre François Paris. Devenu si célèbre après sa mort par les merveilles opérées à son tombeau. Son frère lui ayant fait ériger un tombeau dans le petit cimetière Saint-Médard, les pauvres que le pieux diacre avait secourus, quelques riches qu'il avait édifiés, plusieurs femmes qu'il avait instruites, quelques jansénistes qui le regardaient comme un saint, allèrent faire leurs prières à son tombeau. L'exaltation monta, et on commença à parler de miracles. La foule s'y pressait jour et nuit. Le premier cas fut un fripier qui se déclara guéri de ses ulcères à la jambe. D'autres guérisons dites miraculeuses suivirent. Tant et si bien que tous les malades et estropiés de Paris et de province accoururent vers la dalle noire de Saint-Médard dans l'espoir de trouver la guérison à leurs maux. La plupart d'entre eux, en voyant et en touchant la tombe, étaient pris de convulsions et prétendaient voir des choses extraordinaires. Cherchant à provoquer des sensations et des visions, certaines personnes parvinrent à des excentricités incroyables : elles mangeaient la terre du cimetière et avalaient des cailloux ; d'autres se faisaient littéralement piétiner par de solides garçons qu'on appelait "les secouristes". Des sectes se formaient, il y avait les Sauteuses, les Aboyeuses, les Miauleuses. Chacune avait son chef et même son trésor. Les rassemblements devenant de plus en plus violents - ils duraient depuis cinq années - la police décida d'intervenir et fit fermer le cimetière. Les portes furent même murées. Le soir même de cette intervention, un plaisantin accrochait une petite pancarte sur le mur de Saint-Médard avec ces mots : 'De par le Roi, défense à Dieu de faire miracle en ce lieu'. La fermeture du cimetière, ce 29 janvier 1732, n'empêcha nullement certains de poursuivre leurs réunions dans des maisons privées.

1732         à 1806 - naissance et mort de Jean-Honoré Fragonard. Peintre Français reconnu, par son habileté dans le traitement des scènes courtoises, par son goût pour les virtuosités chromatiques, comme l'un des maîtres de l'esprit français.

1732         Cantillon écrit 'Essai sur la nature du commerce en général'. Richard Cantillon (1680 Ballyheigue, Irlande – 1734 Londres) fut un disciple de John Law et précurseur de la physiocratie. Il décrit un des premiers circuits économiques, en améliorant un modèle de Boisguilbert. Il écrit son 'Essai sur la nature du commerce en général' en 1730. Inspirant les physiocrates, il fait de la terre un étalon de valeur. Il est assassiné à Londres en 1734.

1732         à 1799 - naissance et mort de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais. Dramaturge français. Pierre-Augustin Caron, fils d'horloger, est tour à tour musicien, auteur dramatique, éditeur, courtisan, agent secret, trafiquant et se mêle de politique étrangère. Il prend, dès 1756, le nom de Beaumarchais, du nom d'une terre de sa première épouse. Suivant les idées développées par Diderot sur le drame bourgeois, il écrit 'Eugénie', puis 'les Deux Amis' (1770) : deux échecs. La Comédie-Française reçoit en 1773 'le Barbier de Séville', qui remporte peu à peu un certain succès. Ne négligeant aucun genre, il donne en 1787 le livret d'un opéra, 'Tarare', dont la musique est confiée à Salieri. Il compose la suite au 'Barbier de Séville' avec 'Le Mariage de Figaro'. Des affaires plus ou moins claires discréditent un peu, au début de la Révolution, ce défenseur des opprimés promu le champion de la tolérance. Presque oublié, il meurt en 1799. Brillant, dilettante, impécunieux et intrigant, Beaumarchais est, à l'image de Figaro, "ambitieux par vanité, laborieux par nécessité, mais paresseux... avec délices ! Orateur selon le danger; poète par délassement; musicien par occasion...". A travers ses comédies, c'est l'émergence des libertés populaires qui se fait jour, dans un monde où l'aristocratie vacille au contact des idées philosophiques.

1733         Mort du roi de Pologne et électeur de Saxe, Auguste II le Fort (Auguste II de Pologne). Stanislas Leszczynski est réélu roi de Pologne par la diète de Varsovie avec l'appui de son beau-fils, Louis XV. La Russie envahit la Pologne. Auguste III de Pologne, fils d'Auguste II est élu roi de Pologne avec l'appui de la Russie et de l'Autriche, ce qui déclenche la guerre de succession de Pologne entre la France, l'Espagne, la Sardaigne et la Bavière contre la Russie, la Saxe et l'Autriche (fin en 1738). Stanislas Leszczynski doit se réfugier à Dantzig. La France rompt avec l'Autriche à l'instigation du ministre Germain Louis Chauvelin. Auguste II de Pologne, Auguste II dit le Fort (12 mai 1670 - 1er février 1733), électeur de Saxe (sous le nom de Frédéric-Auguste), roi de Pologne de 1697 à 1706, puis de 1709 à 1733. Auguste est né à Dresde en Saxe, c'est le fils de Jean-Georges III et de la princesse Anne de Danemark. En 1694, à la mort de son frère ainé Jean-Georges IV, il devient Électeur de Saxe, comte palatin de Saxe, margrave de Misnie. A la mort de Jean III Sobieski Frédéric-Auguste Ier de Saxe se présenta comme candidat au trône de Pologne. En 1697 il est élu roi de Pologne et succéda donc sur le trône de Pologne à Jean III Sobieski. Il régna jusqu'en 1706. Il régna de nouveau sur la Pologne de 1709 jusqu'à sa mort le 1er février 1733. Stanislas Leszczynski est né à Lwow en Pologne, le 20 octobre 1677 et mort à Lunéville, le 23 février 1766. Il fut roi de Pologne de 1704 à 1709 et de 1733 à 1736 sous le nom de Stanislas Ier (Stanislaw I). C'est en 1737 qu'il devint duc de Lorraine et de Bar et ce jusqu'à sa mort. Auguste III de Pologne, Auguste III de Saxe (17 octobre 1696 à Dresde - 3 octobre 1763 à Dresde) est un roi de Pologne d'origine allemande, fils d'Auguste II le Fort, électeur de Saxe et roi de Pologne, et d'Eberhardine de Brandebourg-Bayreuth. Roi de Pologne et Grand-Duc de Lituanie, Électeur de Saxe (Frédéric II de Saxe), comte palatin de Saxe et margrave de Misnie. Il se marie en 1719 avec Marie-Josèphe d'Autriche, fille de l'empereur Joseph Ier. La guerre de Succession de Pologne eut lieu de 1733 à 1735. Elle opposa, à la suite d'une crise de succession au trône de Pologne, Auguste III, soutenu par la Russie et le l'Autriche, et le Saint Empire, à Stanislas Leszczynski, soutenu par la France, la Bavière, la Savoie, l'Espagne et la Sardaigne. La guerre de succession de Pologne commença à la mort d'Auguste II en 1733, lorsque son fils, Auguste III, et Stanislas Ier se disputèrent le trône. Ce dernier s'était fait réélire roi, mais la tsarine Anna Ivanova envoya une armée de 20 000 hommes pour mettre Auguste III sur le trône. Ladislas avait été élu à l'aide d'une armée de 2 000 hommes faisant pression sur les nobles. Étaient favorables à Stanislas : la Bavière, la Savoie, la France, car son gendre était Louis XV. La France déclara aussi la guerre à l'empereur germanique, influencée par le parti anti-autrichien qui était mécontent du soutien de Vienne à Auguste III. L'Espagne et la Sardaigne s'y joignirent aussi dans l'espoir de remporter des terres aux dépends de l'Autriche. Auguste III était soutenu par la Russie, l'Autriche, et le Saint Empire par Charles VI de Habsbourg car celui-ci voulait que la France signe la Pragmatique Sanction, prévoyant que les territoires des Habsbourg (grand-duché d'Autriche et royaumes de Bohème et de Hongrie) reviendraient à sa fille, Marie-Thérèse.

1733         10 octobre Louis XV déclare la guerre à l'empereur autrichien (Charles VI du Saint-Empire).

1733         7 novembre Signature du Traité de l'Escurial entre la France et l'Espagne contre l'Angleterre. Louis XV et son oncle Philippe V d'Espagne signaient le premier pacte de famille par lequel ils se promettaient mutuelle assistance et assuraient à l'Infant Charles, fils de Philippe V d'Espagne, les successions de Parme et de Plaisance ainsi que les conquêtes qu'il réaliserait en Italie. Nommé par son père généralissime des armées espagnoles en Italie, l'Infant et ses troupes écrasèrent les impériaux (1734) et il fut reconnu roi à Naples. En 1736, il renonça cependant à Parme et Plaisance en faveur de l'empereur Charles VI du Saint-Empire.

1733         17 novembre Rétablissement du dixième (impôt).

1733         12 septembre Mort du compositeur François Couperin. Le musicien décède a Paris dans l'indifférence générale à 45 ans. Le claveciniste du roi Louis XV est un des compositeurs les plus prolixes pour cet instrument. Son oeuvre restera pourtant oubliée pendant près d'un siècle.

1734         1er avril L'Empereur d'Autriche déclare la guerre à la France. A cause de ses liens familiaux avec Stanislas Leszczynski, Louis XV s'est investi dans la guerre de Succession de Pologne. Pour cette raison, l'Autriche lui déclare la guerre.

1734         Montesquieu écrit 'Grandeur et décadence des Romains’

1734         Publication des 'Lettres anglaises' de Voltaire qui fait l'éloge de l'Angleterre. Ces lettres seront brûlées par ordre du Parlement de Paris.

1734         Réaumur écrit 'Histoire naturelle des insectes'. Réaumur, René-Antoine Ferchault de Réaumur, né le 28 février 1683 à La Rochelle et mort le 17 octobre 1757 à Saint-Julien-du-Terroux (Mayenne), est un scientifique français qui s'intéressa à des sujets très variés tels que la métallurgie, la température, la porcelaine et particulièrement l'entomologie.

1734         à 1806 - naissance et mort de Nicolas Restif de la Bretonne. Écrivain français. Ayant un poste dans diverses imprimeries, il déménage régulièrement pour fuir ses créanciers. Il va accepter un rôle de mouchard (filature notamment, il était surnommé le hiboux de l'île Saint-Louis) pour la police royale ce qui lui offrira outre un remboursement de dépenses de la matière première pour l'écriture de ses nombreux romans décrivant avec sincérité, imitant Rousseau, mais dans un style écoeurant. Ses livres érotiques sont le plus souvent illustrés avec des femmes aux pieds minuscules et la bouche ronde. Celui sur les filles du Palais-Royal est présenté comme un guide mais est plutôt une série d'entretiens comme un journaliste. A la révolution, bien que ses déclarations soient orientées avec ostentation comme le nouveau pouvoir, ses amitiées aristocratiques et sa réputation le font tomber en disgrâce et la misère.

1735         18 mai Départ d'une expédition scientifique vers l'Équateur. La première du genre à être financée par le gouvernement français, elle quitte La Rochelle, avec la mission d'y mesurer la longitude d'un arc d'un degré du méridien. Elle est dirigée par La Condamine, de l'académie des Sciences.

1735         Mesure d'un méridien par La Condamine. Charles Marie de La Condamine, né le 28 janvier 1701 à Paris et mort le 4 février 1774 à Paris, est un célèbre explorateur français. Après des études suivies à Paris au lycée Louis-le-Grand, Charles-Marie de La Condamine se tourne vers une carrière militaire. Il quitte néanmoins l'armée dès 1719 et se consacre aux études scientifiques et 1730 participe aux travaux de l'Académie des sciences. Passionné par les voyages, il fait de nombreuses expéditions en Afrique du nord et au Proche-Orient (1731) qui lui permettent de publier ses observations scientifiques. Il est chargé en avril 1735, par l'Académie des sciences, de conduire une expédition au Pérou afin de mesurer la longueur d'un arc de méridien d'un degré à proximité de l'équateur. La partie scientifique est placée sous la responsabilité de Louis Godin et Pierre Bouguer. L'expédition se déroule dans un climat difficile et les trois hommes se séparent. La Condamine atteint Quito, descend l'Amazone et finit par rejoindre Cayenne. Il est le premier scientifique à avoir descendu l'Amazone.

1735         3 octobre Signature des préliminaires de paix entre la France et l'Autriche à Vienne. La guerre de succession de Pologne prit fin par le traité de paix de Vienne négocié en secret en 1735 et ratifié en 1738. Eurent lieux alors des échanges de territoire. Stanislas renonçait au trône et devenait duc de Lorraine et de Bar, duchés qui reviendraient à la France à sa mort, car celle-ci avait conquis ces territoires durant la guerre.

1735         Gresset écrit 'Vert-vert'. Jean-Baptiste-Louis Gresset est un écrivain français du XVIe siècle. Il est né à Amiens dans la Somme le 29 août 1709. Il disparut le 16 juin 1777 (Amiens, Somme), à l'âge de 68 ans. Jean-Baptiste-Louis Gresset débuta comme professeur chez les jésuites. Sa première oeuvre a été publiée en 1734 (il avait 24 ans). Il se fit alors remarquer en écrivant 'Vert-Vert'. Jean-Baptiste Rousseau (1671-1741) qualifia ce poème publié de phénomène littéraire, à la fois pour l'époque et le talent. Pourtant cette composition valut à son auteur d'être relégué dans la petite ville de La Flèche. La postérité lui doit, c'est vrai, des poésies satyriques, mais aussi des tragédies et des contes en vers, dont le 'Carême impromptu', 'le Lutrin vivant', 'la Chartreuse', des comédies, dont la meilleure, 'le Méchant', lui ouvrit finalement les portes de l'Académie.

1735         invention du haut-fourneau industriel par Darby. Abraham Darby commença son activité commerciale à Bristol. Il développa une activité de fonderie pour le cuivre et l'acier en utilisant des moules à la Baptist mills brass works. Il quitta Bristol en 1709. Il devint alors un maître de forge à Coalbrookdale, dans le Shropshire. A Coalbrookdale, Abraham Darby tenta de développer la coulée au coke. Il y avait eu des tentatives infructueuses auparavant. La qualité de charbon qu'il utilisa avait un faible taux de soufre. À la surprise générale, ses tentatives furent un succès. Il découvrit également que le coke pouvait être utilisé en bloc alors que le charbon ne pouvait brûler qu'en fine feuille. En empilant le coke et le minerai de fer dans un grand four, il pouvait obtenir des quantités beaucoup plus importantes de matière. Le développement de cette méthode déboucha sur la création du haut fourneau au coke. Un haut-fourneau est un four à combustion interne, destiné à la fabrication de la fonte à partir du minerai de fer. Cette fonte est par la suite affinée par chauffage (décarburation) ce qui permet de produire de l'acier et des dérivés ferreux.

1736         Voltaire écrit 'Le Mondain’

1736         Crébillon fils écrit 'Les Égarements du coeur et de l'esprit'. Claude Prosper Jolyot de Crébillon est un écrivan français né en 1707 à Paris et décédé en 1777, également à Paris. On l'appelle souvent Crébillon fils puisqu'il est le fils de Prosper Jolyot de Crébillon, dit Crébillon père. Après d'excellentes études chez les Jésuites, il fréquente les théâtres et milieux libertins. Crébillon, dans ses oeuvres, s'attache surtout à décrire la psychologie de ses personnages, ce qui le conduit souvent à ne même pas achever son récit.

1736         Leonhard Euler écrit 'Traité complet de mécanique'. Leonhard Euler (15 avril 1707 - 18 septembre 1783) était un mathématicien et un physicien suisse. Il est né en Suisse, à Bâle, en 1707, et il y étudia les mathématiques; puis il travailla en tant que professeur de mathématiques à Saint-Pétersbourg, et plus tard à Berlin, puis retourna à Saint-Petersbourg. Il est considéré comme le mathématicien le plus prolifique de tous les temps. Il domina les mathématiques du XVIIIe siècle et développa très largement ce qui s'appelait alors la nouvelle analyse. Il était complètement aveugle pendant les dix-sept dernières années de sa vie, et pendant cette période, il produisit presque la moitié de la totalité de son travail.

1736         Le naturaliste français Charles Marie de La Condamine découvre les propriétés du caoutchouc naturel au Pérou.

1737         20 février Disgrâce de Chauvelin. Chauvelin, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, est tenu responsable par Fleury, ministre de Louis XV, de l'engagement de la France dans la guerre de Succession de Pologne qui se révèle ruineuse ; il est écarté du pouvoir et exilé.

1737         Jean-Philippe Rameau écrit 'Castor et Pollux’

1737         Décès d'Antonio Stradivarius. Le célèbre luthier Antonio Stradivarius meurt à Crémone (Italie) à l'âge de 93 ans. Il laisse derrière lui environ 1 100 instruments de musique à la sonorité incomparable, dont il reste aujourd'hui 500 exemplaires. Il avait été formé dans l'atelier de la famille Amati, dont l'ancêtre Andrea avait inventé le violon vers 1560 en développant une variante de la viole médiévale.

1737         Marivaux écrit les 'Fausses Confidences'.

1737         Voltaire écrit 'Lettres philosophiques' (édition définitive).

1737         à 1814 - naissance et mort de Henri Bernardin de Saint-Pierre. Écrivain français. Nommé en 1760 ingénieur surnuméraire des armées, il fait quelques campagnes, puis perd son grade pour insubordination. Il parcourt alors la Russie, la Pologne, l'Allemagne, la Hollande, l'île de Malte, en quête d'un métier. En 1768, il est envoyé à l'île de France, comme ingénieur du roi. Il rentre à Paris en 1771 et y vit d'expédients. 'Le Voyage à l'île de France', qu'il publie en 1773 n'eût qu'un succès limité. Mais ses 'Études de la nature' (3 volumes, 1784) inspirées par son ami Jean-Jacques Rousseau, remportent un grand succès, et lui apportent la gloire et l'argent. Il est particulièrement célèbre pour être l'auteur du roman 'Paul et Virginie' (1787). Ce roman ne rencontra pas l'accueil espéré, et sans l'intervention du peintre Joseph Vernet, Bernardin de Saint-Pierre l'aurait certainement détruit. En 1791, Bernardin de Saint-Pierre est nommé intendant du Jardin des Plantes en remplacement de Buffon. Il est élu en 1795 membre de l'Institut de France, qui deviendra en 1816 l'Académie française.

1738         13 juin Création de la corvée royale pour l'entretien des routes. La corvée royale est un impôt assez tardif de l'Ancien Régime. Elle ne devient effective que sous le règne de Louis XV. Son but essentiel est la création et l'entretien des voies de communication et des ouvrages d'art nécessaires. Elle a permis de construire en France un réseau de routes royales unique en Europe. Corvée royale. Généralisée en 1738 par Orry, la corvée royale oblige les paysans à travailler gratuitement à la construction et à l'entretien des routes et des édifices publics, un certain nombre de jours par an. Sous Louis XVI, on peut s'abstenir de rendre ce service obligatoire moyennant le paiement d'une taxe. La corvée royale est définitivement supprimée la nuit de l'abolition des privilèges, le 4 août 1789.

1738         Le traité de Vienne, signé cette année-là, mit fin à la guerre de la succession de Pologne. Auguste III de Saxe était reconnu roi de ce pays. Stanislas Leszczynski, en dédommagement de son trône perdu, était fait duc de Lorraine; la Lorraine et le Barrois, érigés à cette occasion en royaume devaient, à sa mort, faire retour à la France: il mourut en 1766. Don Carlos (ou Charles III), deuxième fils de Philippe V d'Espagne, recevait le royaume des Deux-Siciles, fondant ainsi la maison des Bourbons de Naples. Charles III d'Espagne (Madrid, 20 janvier 1716 - Madrid, 14 décembre 1788) fut roi des Espagnes et des Indes de 1759 à 1788, à la mort de son demi-frère Ferdinand VI d'Espagne. Fils de Philippe V d'Espagne et de sa seconde épouse la princesse Élisabeth de Parme, il fut d'abord duc de Parme et de Plaisance sous le nom de Charles Ier en 1731 (à la mort de son grand-oncle le duc Antoine Ier de Parme), puis roi des Deux-Siciles en 1734 (par conquête du royaume de Naples et du royaume de Sicile). Il fut sacré et couronné roi des Deux-Siciles à Palerme le 3 juillet 1735. En devenant roi des Espagnes il céda les Deux-Siciles en 1759 à son troisième fils Ferdinand.

1738         18 novembre Traité de Vienne mettant fin à la guerre de succession de Pologne. C'est au bout de trois ans de négociations que la France, qui a soutenu la cause du roi de Pologne Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV, accepte enfin de signer ce traité. Leszczynski renonce au trône de Pologne ; il reçoit les duchés de Lorraine et de Bar, qui reviendront à sa mort au roi de France. François de Lorraine (futur François Ier du Saint-Empire) reçoit Parme et la Toscane. L'infant don Carlos d'Espagne (futur Charles III d'Espagne) obtient la Sicile et Naples, qui formeront le royaume des Deux-Siciles. Le traité de Vienne de 1738 rattache la Lorraine à la France. Le duché de Lorraine est une partie de l'ancienne Lotharingie (créée au IXeme siècle). Depuis le Haut Moyen Âge il relève du Saint Empire. Au XVeme siècle les ducs de Bourgogne ont vainement tenter de s'en emparer. Depuis le traité de Cateau-Cambrésis de 1558, la France s'est installée dans les trois évêchés lorrains de Metz, Toul et Verdun qui ne lui seront définitivement assurés qu'au traité de Westphalie en 1648. A partir de 1634, Louis XIII occupe militairement le duché. Louis XIV fait de même, car le duc de Lorraine fait partie des coalitions contre la France (guerre de Trente Ans, guerre de Dévolution, guerre de Hollande). Au traité de Vienne du 18 novembre 1738, le duc de Lorraine François Ier (futur François Ier du Saint-Empire), qui vient de se fiancer à l'archiduchesse d'Autriche Marie-Thérèse Ière d'Autriche, fille de l'empereur Charles VI, échange son duché contre le duché de Toscane. La Lorraine est remise en viager à l'ex-roi de Pologne Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV roi de France. Stanislas confie à la France l'administration financière de son nouveau duché qui est assurée par l'intendant La Galaizière. Quand Stanislas meurt le 23 février 1766, les duchés de Lorraine et de Bar sont annexés par la France.

1738         première machine outil de Vaucanson, il manifesta tout enfant des dispositions extraordinaires pour la mécanique et, dès qu'il put concevoir le mécanisme des horloges, en exécuta une en bois qui marquait les heures assez exactement. Vers 1735, il vint à Paris, après une courte résidence à Lyon, et, en 1738, présenta à l'Académie des sciences son célèbre joueur de flûte, bientôt suivi d'une série d'autres automates des plus ingénieux, qui excitèrent l'admiration générale. Jacques de Vaucanson (24 février 1709, Grenoble - 21 novembre 1782, Paris) est un inventeur et mécanicien français. Il est connu pour sa production d'automates, dont un canard qui donnait l'illusion de manger, digérer et éliminer la nourriture et l'eau qu'il ingérait.

1739         29 août Buffon est nommé intendant du jardin royal des plantes. Buffon, Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (7 septembre 1707 - 16 avril 1788), naturaliste, mathématicien, biologiste, cosmologiste et écrivain français. Ses théories influencèrent les deux générations suivantes de naturalistes, notamment Jean-Baptiste Lamarck et Charles Darwin. Buffon est surtout célèbre pour son oeuvre majeure, 'l'Histoire naturelle, générale et particulière', en 36 volumes parus de 1749 à 1789, dont 8 après sa mort grâce à Bernard Lacépède. Il y a inclus tout le savoir de l'époque dans le domaine des sciences naturelles. C'est dans cet ouvrage que Buffon a relevé les ressemblances entre l'homme et le singe et la possibilité d'une généalogie commune. L'attention que Buffon accorde à l'anatomie interne le place parmi les initiateurs de l'anatomie comparative. L'intérieur, dans les êtres vivants, est le fond du dessin de la nature écrit Buffon dans les 'Quadrupèdes'.

1739         Publication des 'Mémoires' de Saint-Simon (1739-1751, publication posthume en 1829).

1739         David Hume écrit 'Traité sur la nature humaine'. David Hume (26 avril 1711 – 25 août 1776), philosophe, économiste et historien fut l'un des plus importants penseurs des Lumières écossaises, avec entre autres Adam Smith et Thomas Reid. Il fut l'un des fondateurs de l'empirisme moderne et l'un des plus radicaux (avec Locke et Berkeley), en réaction à Descartes ; il eut également une influence profonde sur Kant et sur la phénoménologie. Le scepticisme est souvent ce qui est retenu de sa philosophie, notamment lorsqu'elle est comparée au criticisme.

1740         20 octobre Mort de Charles VI du Saint-Empire, sa fille Marie-Thérèse (Marie-Thérèse Ière d'Autriche) lui succède posant le problème de la succession. Marie-Thérèse Ière d'Autriche, Marie-Thérèse Ière de Hongrie, Marie-Thérèse de Habsbourg, née à Vienne, le 13 mai 1717, décédée à Vienne, le 29 novembre 1780. Archiduchesse d'Autriche et "roi" de Hongrie (1740 à 1780) et reine de Bohême de 1743 à 1780, Impératrice des Romains en 1745. Fille de Charles VI. L'impératrice Marie-Thérèse descendait directement de Louis XIII. En effet, elle était l'arrière-petite-fille de Philippe de France (1640-1701), duc d'Orléans, frère de Louis XIV, dont la fille Élisabeth Charlotte d'Orléans (1676-1744) avait épousé Léopold (1679-1729), duc de Lorraine et de Bar, père de François Ier, qu'elle épousa le 12 février 1736. Par la Pragmatique sanction de 1713, elle devait recevoir la totalité des États des Habsbourg. Cependant, elle dut mener la Guerre de Succession d'Autriche (1740-1748) contre la Prusse, la Bavière, la Saxe ainsi que la France et l'Espagne. Cette guerre lui fit perdre la Silésie. En 1745, elle fit élire son époux François Ier, Empereur germanique. Elle porta ainsi son titre d'impératrice. Elle fit la guerre contre Frédéric II de Prusse, dans la Guerre de Sept Ans (1756-1763) afin de récupérer la Silésie, mais elle échoua. Durant son règne, elle a entreprit diverses réformes centralisatrices, notamment grâce à l'aide de son chancelier, Kaunitz. Elle fut aussi une adepte du mercantillisme. Dès 1765, elle s'associa à son fils Joseph II.

1740         à 1748 - Guerre de la succession d'Autriche. - L'empereur d'Allemagne Charles VI laissait ses biens héréditaires à sa fille Marie-Thérèse (Marie-Thérèse Ière d'Autriche), mais les droits de cette princesse furent contestés par les rois de Pologne, de Prusse et d'Espagne et le duc de Bavière. Les prétentions de ce dernier étaient soutenues par Louis XV. L'Angleterre, la Hollande et la Russie prirent le parti de Marie-Thérèse. Il s'ensuivit une guerre dans laquelle les armées françaises s'illustrèrent, d'ailleurs sans profit. La Guerre de succession d'Autriche (1740–1748, traité d'Aix-la-Chapelle) est un conflit européen né de la Pragmatique Sanction, par laquelle l'empereur Charles VI lègue à sa fille Marie-Thérèse Ière d'Autriche le Saint Empire romain germanique. Le 20 octobre 1740, Marie-Thérèse Ière d'Autriche, de la maison de Habsbourg, succède à son père Charles VI du Saint-Empire, en accord avec la Pragmatique Sanction. Âgée de seulement 23 ans, et en tant que femme, elle est considérée comme un chef fragile. D'autres princes aspirent à la remplacer sur le trône. Guerre de la Succession d'Autriche (1740-1748). Conflit européen pour la succession de l'empereur Charles VI d'Autriche. S'il a pris soin d'assurer le couronnement de sa fille Marie-Thérèse, celle-ci est contestée par les grands princes européens. En 1740, Charles-Albert de Bavière se fait élire empereur contre elle sous le nom de Charles VII. La guerre éclate entre les partisans des deux souverains : sous l'égide anti-autrichienne se coalisent la France (Louis XV de France), la Prusse (Frédéric II de Prusse), la Bavière (Charles-Albert de Bavière, futur Charles VII du Saint-Empire), la Saxe (Frédéric-Auguste II de Saxe, Auguste III de Pologne) et l'Espagne (Philippe V d'Espagne), tandis que Marie-Thérèse gagne l'appui de l'Angleterre (George II de Grande-Bretagne) et des Pays-Bas. En dépit de cette faiblesse apparente, l'héritière du trône d'Autriche obtient la victoire et le trône, auquel elle associe son époux François de Lorraine, sacré empereur sous le nom de François Ier du Saint-Empire. Charles VII du Saint-Empire, (Bruxelles 6 août 1697 - Munich 20 janvier 1745), fils de Maximilien-Emmanuel de Bavière, électeur de Bavière, il épouse en 1722 Marie-Amélie (1701-1756) fille de Joseph Ier. Empereur allemand de 1742 à 1745. Il succéda en 1726 à son père dans l'électorat de Bavière. Après la mort de l'empereur Charles VI du Saint-Empire (1740), il refusa de reconnaître Marie-Thérèse, fille de Charles VI, pour héritière des États d'Autriche, et prétendit avoir droit à la couronne en vertu d'un testament de Ferdinand Ier. Il fut soutenu par la France, et les troupes de Louis XV parvinrent à le faire couronner duc d'Autriche à Lintz, roi de Bohême à Prague, et enfin empereur à Francfort en 1742. Mais la fortune ne tarda pas à l'abandonner : il perdit en peu de temps toutes ses conquêtes et fut même chassé de ses États héréditaires. Cependant en 1744, le roi de Prusse Frédéric II de Prusse ayant fait dans la Bohême une diversion qui occupa l'armée impériale, Charles en profita pour recouvrer ses États et rentra enfin dans Munich. Il y mourut en 1745.

1740         Crébillon fils écrit 'Le Sopha’

1740         à 1814 - naissance et mort du marquis de Sade. Romancier français. Élevé et éduqué chez les jésuites et au collège de la cavalerie royale, Donatien Alphonse François dit Sade a passé une grande partie de sa vie en prison où il mourra. Ses moeurs et ses écrits - 'Les cent vingt jours de Gomore ou l'école du libertinage'; 'Justine ou les infortunes de la vertu' - étaient autant de provocations libertines et révolutionnaires que la société napoléonienne ne pouvait que réprimer. Héritier de Diderot et de Rousseau, il fait de la renaissance philosophique de l'individu une apologie de la débauche, de la cruauté et de la satisfaction systématique de tous les vices. En projetant les fantasmes de l'homme, il a influencé les surréalistes dans leur dénonciation des interdits culturels.

1741         Invasion de la Bohême par les Français; siège et prise de Prague, puis les Français, commandés par le lieutenant-colonel Chevert, sont contraints d'abandonner la ville. François de Chevert, l'illustre homme de guerre qui, engagé à quinze ans, conquit tous ses grades par des actions d'éclat, notamment au siège de Prague, et mourut lieutenant général et grand-croix de Saint-Louis en 1769.

1741         à 1753 - La puissance de la France dans l'Inde se développa, atteignit son apogée et commença à décliner pendant la guerre de la succession d'Autriche. Les Français avaient depuis longtemps (XVIe siècle) des établissements de commerce dans cette contrée, mais on n'en envisagea sérieusement l'organisation que lorsque la Compagnie des Indes engloba, en 1719, toutes les autres compagnies françaises qui y avaient des intérêts. Dupleix et La Bourdonnais firent la conquête d'une partie de la péninsule et s'y couvrirent de gloire; malheureusement, de graves dissentiments éclatèrent entre eux. Dupleix fut rappelé. Joseph François Dupleix (1er janvier 1697 à Landrecies - 10 novembre 1763) fut gouverneur général des comptoirs français en Inde, et le grand rival de Robert Clive. Il fit plusieurs déplacements dans les Amériques et en Inde, et en 1720 fut nommé un membre du conseil supérieur de Pondichéry. Il fit preuve d'un grand sens des affaires, et en addition à ses devoirs officiels fit de grandes spéculations pour son compte et acquit une fortune. En 1730 il fut fait superintendant des affaires françaises à Chandernagor, la ville prospérant sous son administration énergique et grossit pour devenir d'une grande importance. Sa réputation lui procura en 1742 le poste de gouverneur général de tous les établissements français de l'Inde. Son ambition désormais était d'acquérir pour la France de vastes territoires en Inde, et à cet effet il entra en relations avec les princes locaux, et adopta un style de splendeur orientale dans son costume et son cadre de vie. Les Britanniques en prirent ombrage. Mais le danger pour leur expansion et leur pouvoir en Inde était partiellement évité du fait de la jalousie amère réciproque qui existait entre Dupleix et La Bourdonnais, gouverneur de l'île de Bourbon (de nos jours la Réunion). La Bourdonnais, Bertrand François Mahé, comte de La Bourdonnais est né à Saint-Malo le 11 février 1699 et mort à Paris le 10 novembre 1753. Marin français, il s'illustra dans divers conflits menés contre les anglais dans l'océan Indien. Notamment en Inde la prise de Mahé ou en septembre 1747 celle de Madras pratiquement sans un coup de feu. Mais ce coup d'éclat lui vaudra l'inimitié de Joseph François Dupleix qui mènera La Bourdonnais à la Bastille.

1741         28 mars Traité de Nymphenburg scellant l'alliance de la France, l'Espagne, la Bavière, la Saxe et la Pologne contre Marie-Thérèse Ière d'Autriche. La Saxe est aujourd'hui l'un des 16 Länder allemands composant l'Allemagne.

1741         Bien que désirant rester en dehors du conflit (Marie-Thérèse avait proposé de céder les Pays-Bas autrichiens en échange de la neutralité de la France), Louis XV et Fleury sont contraint par le parti anti-autrichien du maréchal de Belle-Isle et la pression de l'opinion de soutenir l'électeur de Bavière (Charles-Albert de Bavière) et de signer des accords avec l'Espagne (Philippe V d'Espagne) et avec Frédéric II de Prusse.

1741         29 août Rétablissement de l'impôt du dixième. La guerre de Succession d'Autriche coûte cher à la couronne de Louis XV. Il faut de l'argent. Philibert Orry, contrôleur général des Finances, se voit contraint de rétablir l'impôt du dixième. Philibert Orry, comte de Vignory, seigneur de La Chapelle-Godefroy, est un homme d'État français né à Troyes le 22 janvier 1689 et mort à La Chapelle-Godefroy le 9 novembre 1747.

1741         à 1803 - naissance et mort de Pierre Choderlos de Laclos. Officier et écrivain français. Capitaine d'artillerie à la carrière honorable, Pierre Choderlos de Laclos est tout à fait méconnu avant la parution de son chef-d'oeuvre, 'Les liaisons dangereuses'. Né au hasard de ses garnisons à Besançon, à l'île d'Aix, puis à Paris, l'ouvrage suscite un vif scandale lors de sa sortie. Mettant en scène des aristocrates aux moeurs plus que libertines, Laclos reprend un genre à la mode, celui du roman épistolaire, exploitant pour la première fois toutes ses ressources : multiplication des points de vue, liberté de ton, ironie cruelle de la chronologie, et surtout distanciation vis-à-vis des personnages. La Révolution éclate, et Laclos, épris de liberté, rejoint le club des Jacobins. Commissaire aux armées, il prépare largement la victoire de Valmy. Mais il est bientôt arrêté... C'est la chute de Robespierre qui le sauve de l'échafaud. Réintégré dans l'armée par Bonaparte, il continue de produire quelques poèmes, mais meurt avant d'avoir achevé son second roman.

1742         24 janvier Charles-Albert de Bavière (Charles VII du Saint-Empire) est élu empereur germanique. Charles VII du Saint-Empire (Bruxelles 6 août 1697 - Munich 20 janvier 1745), fils de l'électeur de Bavière, il épouse en 1722 Marie-Amélie (1701-1756) fille de Joseph Ier. Empereur allemand de 1742 à 1745.

1742         20 avril Les armées françaises s'emparent d'Eger (ville d'Hongrie)

1742         décembre Marie-Thérèse Ière d'Autriche reconquiert la Bohême occupée par les Français.

1742         à 1793 - naissance et mort de Marc-Antoine Désaugiers acteur, metteur en scène, musicien et chansonnier du Caveau (académie de chanteurs de l'époque), dessine à grands traits réalistes un "Tableau de Paris à cinq heures du matin" sur l'air de "La Rosière", une contredanse du XVIIIe siècle. Il ouvre ainsi la voie à une grande lignée de portraitistes de la capitale. Cette description quasi documentaire de la ville s'attarde sur les petits métiers, notamment des halles, mettant en lumière toute l'effervescence de la ville. Desaugiers écrira également le pendant vespéral de cette chanson: "Tableau de Paris à cinq heures du soir".

1742         Louis Racine écrit 'La Religion'. Louis Racine est un poète français né à Paris le 6 novembre 1692 et mort à Paris le 29 janvier 1763, second fils de l'illustre dramaturge Jean Racine. Louis Racine perdit son père à l'âge de 7 ans. Il fit ses études au Collège de Beauvais sous la direction de Rollin, puis fit son droit et devint avocat. Puis, se tournant vers la carrière ecclésiastique, il entra chez les Oratoriens. Le chancelier d'Aguesseau le prit sous sa protection. Chez celui-ci, à Fresnes, il composa son poème de 'La Grâce' (publié en 1720). Outre ses deux poèmes didactiques 'La Grâce' et 'La Religion', Louis Racine a composé une traduction du 'Paradis Perdu' de Milton (1755), 'une Ode sur l'harmonie' (1736), 'une Ode sur la paix' (1736). Il a publié de très intéressants Mémoires sur la vie de Jean Racine, souvent reproduits dans les éditions anciennes des oeuvres de Racine. Il est également l'auteur de 'Réflexions sur la poésie' (1747).

1742         François Boucher peint 'Diane sortant du bain'. François Boucher (1703 - 1770) est un peintre français du XVIIIe siècle. Il est l'exemple type du style rococo.

1742         "Le Messie" de Georg Friedrich Haendel présenté pour la première fois. Écrit l'été précédent en seulement trois semaines, "le Messie" de Haendel est présenté pour la première fois à Dublin, au profit d'institutions de charité. Frustré par ses échecs à l'opéra, Haendel en utilise certains ressorts pour donner à son oratorio une dimension nouvelle, même si le caractère sacré du genre ne permet pas toutes les excentricités. Le succès de cette oeuvre, qui deviendra la plus connue du compositeur, sera pourtant tardive et essentiellement posthume.

1743         29 janvier Mort du cardinal de Fleury, Louis XV décide de gouverner seul.

1743         mai L'Angleterre s'allie à l'Autriche contre la France.

1743         27 juin Défaite française à Dettingen face aux anglo-hollandais. C'est la guerre de Succession d'Autriche. Les Anglais débarquent à Hanovre. George III d'Angleterre, défait Adrien Maurice, comte d'Ayen, et troisième duc de Noailles (Adrien Maurice de Noailles). La bataille de Dettingen se déroula le 16 juin 1743 à Dettingen en Bavière pendant la guerre de Succession d'Autriche.

1743         24 octobre Pacte de Fontainebleau d'alliance entre la France et l'Espagne.

1743         Bernard Le Bouyer de Fontenelle écrit le recueil 'Nouvelles libertés de penser' (contient "Le Philosophe") Anonyme. Le 'Traité de la liberté de l'âme' passa au XVIIIe siècle pour être un des plus fameux monuments du fatalisme moderne. Cet opuscule aurait paru en 1700 pour être aussitôt interdit, lacéré et brûlé par ordre du Parlement. Il reparut en 1743 dans les 'Nouvelles Libertés de penser', recueil de pièces libertines qui fit sa notoriété. Lelarge de Lignac leva en 1760 l'anonymat de cette pièce en l'attribuant à Fontenelle, décédé trois ans auparavant, et elle figure depuis lors dans les Oeuvres complètes de ce philosophe.

1743         à 1793 - naissance et mort de Lavoisier. Chimiste français, il n'a en rien enrichi l'inventaire des choses naturelles, ni découvert quelque phénomène qui eût été inconnu avant lui. Mais on lui doit, en revanche, d'avoir conçu et mis à l'épreuve une méthode de penser la représentation de l'univers matériel. Grâce à lui, le rapport de la substance au substantif sera désormais pensé au moyen de pesées. L'analytique doit trouver son image exacte dans le dénotatif, et celui-ci rend compte par la composition vocalique de la structure associative des combinaisons. La consistance de son système repose sur le principe newtonien d'économie:"Rien ne se crée, ni dans les opérations de l'art, ni dans celles de la nature, et l'on peut poser en principe que, dans toute opération, il y a une égale quantité de matière avant et après l'opération; que la qualité et la quantité des principes sont les mêmes et qu'il n'y a que des changements, des modifications". Dès lors, le champ matériel des transformations est réductible en droit aux équations qui décrivent les occurrences des combinaisons, ce qui entraîne l'obligation corrélative de clore tout système expérimental, afin d'en tenir l'exacte définition quantitative.

1744         15 mars Louis XV déclare la guerre à l'Angleterre et à l'Autriche. La France, parce que les droits à la succession de l'empereur Charles VI du Saint-Empire sont déniés à Marie-Thérèse Ière d'Autriche, sa fille, par les rois de Pologne, de Prusse, d'Espagne et par le duc de Bavière, entre en guerre contre l'Angleterre et l'Autriche qui les soutiennent. Le roi lui-même prend la tête des armées.

1744         5 juin Nouveau traité d'alliance entre franco-prussien.

1745         23 février Mariage du dauphin Louis de France avec Marie-Thérèse d'Espagne infante d'Espagne. Louis de France, dauphin de France (né le 4 septembre 1729 au château de Versailles – mort le 20 décembre 1765 au château de Fontainebleau) est l'aîné des fils du roi Louis XV de France et de Navarre, et de son épouse Marie Leszczynska. Sa naissance prive son grand-oncle Philippe V d'Espagne de sa position d'héritier présomptif du trône de France. Louis épouse le 23 février 1745 au château de Versailles sa cousine (tante à la mode de Bretagne) l'infante d'Espagne Marie-Thérèse-Raphaëlle de Bourbon (deuxième fille de Philippe V d'Espagne), qui lui donne une fille (morte à l'âge de vingt et un mois) mais meurt trois jours après l'accouchement. Marie-Thérèse d'Espagne, Marie-Thérèse-Raphaëlle de Bourbon, née le 11 juin 1726, elle était fille de Philippe V d'Espagne et d'Élisabeth Farnèse. Son mariage avec le dauphin Louis-Ferdinand de France marquait la réconciliation entre la France et l'Espagne, suite aux fiançailles ratées de Louis XV et de Marie-Anne-Victoire, soeur de Marie-Thérèse. Cette dernière épousa le dauphin de France Louis, fils de Louis XV, le 23 février 1745.

1745         29 mars Voltaire est nommé historiographe du roi.

1745         11 mai Maurice de Saxe bat les Anglais à Fontenoy. Elle oppose les armées françaises conduites par le maréchal Maurice de Saxe aux Anglais et à leurs alliés, Hollandais et Autrichiens. Au cours de cette bataille, Louis XV s'illustre par son courage. Pour remercier le maréchal de la victoire, le roi lui fait don du château de Chambord. Maurice de Saxe (28 octobre 1696, Goslar, Saxe–30 novembre 1750, Chambord), condottiere, maréchal de France. Fontenoy, ancienne commune belge du Hainaut, à présent simple entité de la commune d'Antoing. Bataille de Fontenoy, dans le cadre de la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), l'armée du roi Louis XV, menée par le maréchal Adrien Maurice de Noailles, envahit en mai 1744 les Pays-Bas autrichiens et s'empara rapidement des places de Menin, Ypres, Knokke et Furnes.

1746         21 février Les Français s'emparent de Bruxelles.

1746         11 octobre Victoire de Rocourt. Une fois encore dans le cours de cette guerre de Succession d'Autriche, le maréchal de France Maurice de Saxe remporte une victoire sur les Autrichiens, pour le roi Louis XV. Bataille de Rocourt, qui voit l'armée française, placée sous le commandement du Maréchal Maurice de Saxe, remporter une victoire sur les armées britannique, autrichienne et hollandaise aux ordres du prince Charles de Lorraine, général et prince Autrichien. Prise d'Anvers par les Français. La Saxe se détache de l'alliance anti-française.

1746         Thomas Gainsborough peint 'Conversation dans un parc’

1746         à 1828 - naissance et mort de Francisco Goya. Peintre et graveur espagnol. En 1763, le jeune Francisco, qui a commencé son apprentissage artistique dans l'atelier de José Luzan, part pour Madrid en vue d'entrer à l'Académie San Fernando. Il échoue mais persiste dans cette voie et rencontre le peintre Francisco Bayeu qui lui met le pied à l'étrier. Premières oeuvres, et entrée remarquée dans le milieu artistique. Les commandes se multiplient. De 1799 à 1807, Goya atteint les sommets en peignant des portraits de la famille royale. Mais à partir de 1808, Napoléon occupe Madrid et chasse le roi, le peuple se révolte. Goya s'engage contre la guerre et grave notamment une série d'estampes pour dénoncer l'horreur du combat ('Les Désastres de la guerre'). Il reste néanmoins attiré par le libéralisme français. Pacifiste, il s'attaque autant aux envahisseurs français qu'aux guérilleros espagnols. En 1819, gravement malade, il échappe de peu à la mort. Il continue de peindre : autoportraits, estampes énigmatiques ('Disparates'). En 1824, craignant pour sa vie et celle de sa famille, Goya le libéral s'exile en France, d'abord à Paris puis à Bordeaux, où il peint jusqu'à sa mort l'année suivante. D'abord peintre talentueux et frivole, Goya devient ensuite un témoin engagé des événements de son époque : son style et ses thèmes auront constamment évolué au fil de sa vie. Pionnier de l'art moderne, sa proximité avec le peuple en a fait l'un des artistes les plus populaires en Espagne.

1746         Vauvenargues écrit 'Introduction à la connaissance de l'esprit humain' ; 'Réflexions et Maximes'. Vauvenargues, Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues, (6 août 1715 – 28 mai 1747) écrivain français, moraliste, essayiste.

1746         Denis Diderot écrit 'Pensées philosophiques’

1746         Étienne Bonnot de Condillac écrit 'Essai sur l'origine des connaissances humaines'. Étienne Bonnot de Condillac (30 septembre 1715 - 3 août 1780), est un philosophe français. il s'affirma en tant que psychologue et pour avoir établi de façon systématique en France les principes de Locke, que Voltaire mit à la mode assez tardivement. Condillac montre la plupart des grandes qualités de son âge et de son époque : lucidité, brièveté, modération et une honnêteté même dans la controverse, et une grande logique.

1747         9 février Le dauphin Louis de France épouse Marie-Josèphe de Saxe en seconde noce. Marie-Josèphe de Saxe (Maria Josepha Carolina von Sachsen, 1731 - 1767), fille d'Auguste III de Saxe et de Marie-Josèphe d'Autriche. Elle épousa en 1747 le Dauphin Louis, fils de Louis XV, veuf depuis peu de l'infante d'Espagne Marie-Thérèse Raphaëlle de Bourbon.

1747         14 février Fondation de l'école des ponts et chaussés. L'école nationale des ponts et chaussées, créée en 1747, est l'une des grandes écoles françaises, dont la vocation est essentiellement de former les cadres de l'ingénierie et du génie civil. Suite à la création du corps des Ponts et Chaussées en 1716, un arrêt du conseil du Roi décide en 1747 de la mise en place d'une formation spécifique des ingénieurs d'État, fondement de la future École nationale des Ponts et Chaussées. Il s'agit alors du début du contrôle progressif et efficace par l'État de la construction des routes, ponts et canaux et de la formation des ingénieurs du génie civil. Auparavant, seigneurs, guildes et ordres monastiques partageaient avec l'État cette compétence et le recrutement des techniciens se faisait au coup par coup.

1747         2 juillet Victoire française à Lawfeld (village de Belgique) sur les Anglais. Le 2 juillet, à Lawfeld, l'armée Française, placée sous le commandement du maréchal et Maurice de Saxe, remporte une victoire sur les armées britannique et autrichienne aux ordres du duc de Cumberland, général britannique et troisième fils du Roi Georges Ier de Grande-Bretagne.

1747         23 août Création du Concours Général. Le concours général est un concours destiné à récompenser chaque année les meilleurs élèves des classes de Première et de Terminale dans le concours général des lycées et des apprentis dans le concours général des métiers. Les premiers prix furent décernés en 1747 à la Sorbonne. Le concours général s'adressait alors aux garçons des lycées parisiens. Il s'est ouvert aux élèves de province et aux filles en 1924.

1747         16 septembre Les Français s'emparent de Bergen-op-Zoom (Flandre).

1748         27 septembre Suppression des galères. Les galères sont l'institution dans laquelle étaient envoyés les galériens ou les forçats. La peine la plus sévère, après la peine de mort, était, au XVIIe siècle, la condamnation aux galères. Le roi de France recrutait ses galériens auprès des Tribunaux qui condamnaient, dans un premier temps, les criminels et, par la suite les petits délinquants, les faux-sauniers, les contrebandiers, les déserteurs, les mendiants, les vagabonds, les protestants, les révoltés contre les nouveaux impôts. Colbert intervenait auprès des juges : "Le Roi m'a commandé de vous écrire ces lignes de sa part pour vous dire que, Sa Majesté désirant rétablir le corps des galères et en fortifier la chiourme par toutes sortes de moyens, est que vous teniez la main à ce que votre compagnie y condamne le plus grand nombre de coupables qu'il se pourra et que l'on convertisse même la peine de mort en celle des galères". Par une ordonnance signée par Louis XV le 27 septembre 1748 une partie des personnes condamnées aux galères sont dirigées vers des bagnes. On crée alors ceux de Toulon et de Brest, celui de Cayenne ne sera créé qu'en 1854 par Napoléon III.

1748         18 octobre Traité d'Aix-la-Chapelle qui met fin à la guerre de succession d'Autriche. Les droits de Marie-Thérèse sont reconnus et son époux, François de Lorraine (François Ier du Saint-Empire), est proclamé empereur d'Allemagne. Frédéric II de Prusse, par deux fois, s'était retiré de la lutte, laissant ses alliés dans l'embarras et compromettant la cause commune; cependant il se voit attribuer la Silésie que d'ailleurs ses soldats avaient conquise, ce qui commença la fortune du royaume de Prusse. Louis XV n'ayant rien demandé se retire de la guerre qu'il a gagnée sans aucune compensation: "Nous ne faisons pas la guerre, dit-il, en marchand, mais en roi". Le second traité d'Aix-la-Chapelle fut signé à l'issue d'un congrès qui y fut assemblé pour terminer la guerre de succession d'Autriche, et dont les négociations durèrent du 24 avril au 18 octobre 1748. La France et la Grande Bretagne furent les principales puissances qui influencèrent sur les négociations du traité, les autres puissances impliquées suivant leurs décisions. Les termes du traité sont : * la restitution générale des conquêtes, incluant la forteresse de Louisbourg à la France, Madras à l'Angleterre et les places fortes de la Barrière aux Pays-Bas ; * à l'Autriche les possessions de Marie-Thérèse sauf celles de Parme, Placenza et Guastalla qui allèrent au roi d'Espagne ; * la restauration du duc de Modène et la république de Gênes dans leur situation précédente ; * la reconduction en faveur de la Grande Bretagne du contrat d'asiento (le droit d'envoyer un vaisseau chaque année dans les colonies espagnoles) ; * la reconnaissance de la possession du duché de Silésie et le comté de Glatz par le royaume de Prusse. Dans la lutte commerciale entre l'Angleterre et la France dans les Indes occidentales, en Afrique et en Inde rien n'était réglé ; le traité n'établissait pas une paix stable. L'Espagne émit plus tard des objections aux clauses concernant l'asiento, et le traité de Madrid traita ce point, la Grande Bretagne y renonçant pour la somme de 100 000 livres. François Ier du Saint-Empire (né le 8 décembre 1708 à Lunéville - mort le 18 août 1765 à Innsbruck), élu roi de Germanie et empereur des Romains (1745 – 1765), grand-duc François II de Toscane (1737 – 1765), duc François III de Lorraine et de Bar (1729 – 1737), duc de Teschem en 1724, vice-roi de Hongrie en 1732. Frédéric II de Prusse, dit Frédéric le Grand, (24 janvier 1712, Berlin - 17 août 1786, Potsdam), de la dynastie des Hohenzollern, fut simultanément ou successivement 14ème prince-électeur de Brandebourg (1740-1786) - Frédéric IV -, 3ème roi en Prusse (1740-1772) - Frédéric II - puis 1er roi de Prusse (1772-1786) - numérotation identique. La Silésie est une région située pour l'essentiel au sud-ouest de la Pologne.

1748         Découverte des ruines de Pompéi. un paysan découvre un vase de bronze en labourant son champ. Sans le savoir, l'homme vient d'exhumer les premiers vestiges de Pompéi, cité engloutie il y a plus de 18 siècles, lors d'une éruption du Vésuve en août 79. Pompéi est une ville de Campanie en Italie près de Naples au pied du Vésuve, fondée au VIe siècle av. J.-C.. En 79, elle a été entièrement ensevelie avec Herculanum et Stabies, lors d'une éruption de ce volcan.

1748         Thomas Gainsborough peint 'Mr and Mrs Andrews’

1748         à 1825 - naissance et mort de Jacques-Louis David. Peintre français. Fils d'un marchand mercier et d'une mère originaire d'une famille de maçons et d'entrepreneurs, Jacques-Louis David est très vite pris en charge par la famille de sa mère après le décès de son père, tué en duel en 1757. Il étudie la peinture sous la direction de Vien, l'un des plus grands peintres d'Histoire de l'époque et initiateur du renouveau antique dans la peinture. Il fréquente les cours de l'académie et tente trois fois de remporter le prix de Rome. Il l'obtient en 1774 avec 'Erasistrate' et part en séjour pour cinq ans dans la ville éternelle. A son retour, il ouvre son atelier, rentre à l'académie et reçoit une commande du Roi, 'Le serment des Horaces'. Inspiré par les récits romains, ses tableaux valorisent l'amour de la patrie et l'héroïsme individuel. Il devient le peintre officiel de la Révolution et membre de la Convention, organisateur des fêtes révolutionnaires. Proche de Robespierre, le tableau 'La mort de Marat' est une dénonciation du crime contre-révolutionnaire et illustre l'engagement du peintre qui le mènera en prison après le 9 thermidor. Admirateur du général Bonaparte, il devient le peintre officiel de l'Empire, chargé de commémorer les grandes fêtes organisées par l'Empereur. Fidèle à Napoléon, il s'exile au retour des Bourbons et s'installe à Bruxelles en 1816. Chef de l'école néo-classique, sa peinture reste jusqu'à sa mort influencée par l'Antiquité. Il sera le maître de toute une génération d'artistes, de Gros à Ingres en passant par Girodet.

1748         Denis Diderot écrit 'Les Bijoux indiscrets’

1748         La Mettrie écrit 'L'Homme-machine'. Julien Offray de La Mettrie, né à Saint-Malo en 1709 et décédé en 1751 à Potsdam, Julien Jean Offray de La Mettrie était philosophe, médecin et matérialiste français. La Mettrie considère que tous les philosophes passés se sont trompés par leur raisonnement sur l'homme a priori. Seule la méthode empirique Helvétius lui paraît légitime. L'esprit doit être matérialisé et l'homme n'est qu'un animal supérieur. Dans "l'Homme-machine", il étend à l'homme le principe de l'animal-machine de Descartes et rejette par là toute forme de dualisme corps - âme. Son déterminisme mécaniste l'amène naturellement à rejeter toute idée de Dieu, même celui des déistes avec lequel il ne faut pas confondre la nature.

1748         Montesquieu écrit 'De l'esprit des lois'. A partir de son expérience des différents pays européens et de nombreux témoignages, Charles de Montesquieu élabore sur près de vingt ans une comparaison poussée des systèmes politiques. Il en tire une synthèse dans "l'Esprit des lois". Face aux attaques qu'il déclenche, notamment de la part des jésuites et des jansénistes, Montesquieu répondra en publiant "Défense de l'Esprit des lois" en 1750. Certains éléments de son ouvrage seront repris lors de la rédaction de la nouvelle Constitution, au moment de la Révolution.

1748         Voltaire écrit 'Zadig ou la Destinée'.

1749         mai Machault d'Arnouville instaure le vingtième sur tous les revenus pour remplacer le dixième. Pour rétablir l'équilibre du budget, soutenu par Louis XV malgré les protestations des privilégiés, le contrôleur général Machault d'Arnouville crée l'impôt du vingtième, prélèvement de 5% sur tous les revenus, sans limitation de durée, pour mettre en place une plus grande égalité devant l'impôt. Le Parlement de Paris enregistre l'impôt. Jean Baptiste Machault d'Arnouville, homme politique français né à Paris en 1701, décédé à Paris en 1794. Issu d'une famille de noble, il devint contrôleur général des Finances en 1745. Dans son effort pour développer la fiscalité directe en réduisant les privilèges, il se heurta à l'opposition de l'aristocratie et celle du clergé. Le roi ayant cédé devant la pression de l'opinion, Mauchault quitta le contrôle des Finances pour la marine en 1754. Il favorisa le renversement des alliances, tout en essayant de maintenir la France hors d'un nouveau conflit. Mais il perdit la faveur de Madame de Pompadour et fut disgracié en 1757. Arrêté pendant la Terreur il mourut en prison. Le vingtième, en mai 1749, le dixième est supprimé. À sa place est établi le vingtième, prélèvement d'un vingtième sur tous les revenus, privilégiés ou non. Il s'agit essentiellement du vingtième des biens-fonds, des offices et droits, d'industrie. Le produit doit en être versé dans une caisse d'amortissement, distincte du Trésor royal et uniquement destinée au remboursement des dettes de l'État. L'impôt est établi selon les déclarations de chacun, vérifiées par les contrôleurs royaux, même dans les pays à assemblées d'État. Devant cette atteinte aux privilèges, l'opposition se déclare aussitôt, menée par le clergé. Finalement, en décembre 1751, Louis XV suspend l'application du vingtième pour les propriétés ecclésiastiques. Par contre, les parlements et états provinciaux doivent céder. Un second vingtième est prélevé à partir de 1756 (début de la guerre de 7 Ans), mais comme le précédent, il est faussé et amenuisé par les abonnements qu'il faut bientôt accorder (comme à la Franche-Comté). En 1760, la situation est telle qu'il faut bientôt instituer, malgré une forte hostilité, un troisième vingtième. La fin de la guerre ne met pas fin aux embarras financiers, mais amène en 1763 la suppression du 3ème vingtième. Il réapparaît de 1782 à 1785 (guerre d'Amérique). Il est levé uniquement sur tous les revenus imposés pour les autres vingtièmes, mais on y excepte les offices et droits, et l'industrie. Il est supprimé en 1786. Madame de Pompadour, Jeanne-Antoinette Poisson, par son mariage Madame Le Normant d'Étiolles, marquise de Pompadour, fut une maîtresse célèbre du roi Louis XV, née le 29 décembre 1721 à Paris et morte le 15 avril 1764 à Versailles. La marquise de Pompadour favorise le projet d'encyclopédie de Diderot. Elle fait travailler de nombreux artisans et la manufacture de porcelaine de Sèvres. Elle apprend à danser, graver et à jouer de la guitare. Elle supervise la construction de monuments comme la place de la Concorde et le Petit Trianon.

1749         23 juillet Denis Diderot est arrêté puis emprisonné à Vincennes suite à sa 'lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient'. Dans cette lettre, Diderot affirme son athéisme et sa "foi" en le matérialisme. Le monde n'est que matière et les notions de Bien et de Mal sont naturelles et la vertu est indépendante de l'idée de Dieu. La morale dépend des sens et selon que l'on voit ou que l'on ne voit pas, la morale sera différente.

1749         30 avril Disgrâce de Maurepas. Jean-Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas, secrétaire d'État à la Maison du roi est soupçonné d'être complice de l'une de ces “poissonnades” qui portent atteinte à l'honneur de Madame de Pompadour, dont le premier nom est Jeanne-Antoinette Poisson. Celle-ci, ulcérée, demande au roi le renvoi de son ministre et l'obtient. Maurepas, Jean Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas est un homme politique français né à Versailles le 9 juillet 1701 et mort à Versailles le 21 novembre 1781.

1749         2 août Édit de Machault d'Arnouville taxant toutes les nouvelles acquisition du clergé. Machault invite un certain nombre d'évêques à faire parvenir au autorités une déclaration des biens, revenus et propriétés du clergé. La résistance vient du "clergé réputé étranger" (évêchés réunis au royaume après la fin du XVIe siècle). Ce clergé n'étant pas représenté dans les assemblées du clergé, Machault pense en venir à bout facilement. L'évêque de Verdun refuse par mandement l'application de l'édit. Machault réplique par l'Edit de mainmorte (août), qui empêche l'extension de la propriété ecclésiastique.

1749         Parution de l''Histoire Naturelle' de Buffon (1749-1789).

1749         à 1791 - naissance et mort de Honoré-Gabriel Mirabeau. Homme politique français. Issu d'une famille de la noblesse provençale d'origine italienne, Mirabeau est élévé par son père avec une extrême dureté. Il le fait plusieurs fois enfermer au fort de Vincennes, et finalement exiler au château de Joux, dans le Jura, d'où il s'enfuit en Hollande avec Sophie de Ruffey. Mirabeau est condamné à mort par contumace, emprisonné au donjon de Vincennes. Dès sa sortie de prison, il entreprend des voyages un peu partout en Europe, à l'occasion pour des missions d'espionnage. En 1789, il est élu aux États généraux par le Tiers État d'Aix-en-Provence. D'apparence physique difficile, marqué par la petite vérole, Mirabeau est doté d'une voix de stentor et se montre un très grand orateur. Le 17 juin 1789, Mirabeau va aider l'abbé Emmanuel Sieyès à transformer les États généraux en Assemblée nationale. Membre d'une loge maçonnique, il défend les droits de liberté de la presse avec la publication de son 'Courrier de Provence', participa à la rédaction de la 'Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen' et soutint la réquisition des biens du clergé. Partisan d'une monarchie constitutionnelle, il essaye de concilier ses théories avec les principes révolutionnaires. Malgré ce double jeu et quelques animosités parmi les députés, Mirabeau est élu président de l'assemblée nationale le 30 janvier 1791. Il ne profite pas longtemps de cette présidence en mourant le 2 avril 1791. Son décès est ressenti comme un deuil national.

1749         à 1832 - naissance et mort de Johann Wolfgang von Goethe. Écrivain et savant allemand. Fils d'une famille bourgeoise fortunée, Johann Wolfgang Von Goethe reçoit une éducation approfondie: il lit à trois ans et connaît le latin et le grec à sept ans. Sa vie est ponctuée de rencontres féminines qui furent souvent à l'origine de créations poétiques. Il se passionne pour la musique et fait la connaissance de Mozart et Beethoven. Ce dernier compose la musique pour accompagner une des oeuvres de l'écrivain: 'Egmont'. Maîtrisant tous les genres: poésie, théâtre, roman... son oeuvre immense a placé l'Allemagne, pendant plus d'un demi-siècle, au premier plan littéraire. Ses deux chefs-d'oeuvre universels, 'Faust' et 'Les souffrances du jeune Werther' ont influencé toute l'Europe et ont traversé les générations en conservant intact tout leur génie.

1750         La population mondiale atteint 720 millions.

1750         17 janvier : Traité de Madrid, prévoyant des rectifications de frontières entre Portugal et Espagne en Amérique du Sud : la Colônia de Sacramento devait être échangé contre les sept missions jésuites de l'Uruguay. Les indiens des réductions jésuites, soutenus et armés par les religieux, refusent l'incorporation au Portugal, au point qu'il faudra réviser le traité en 1761. Le traité de Madrid est un document signé par l'Espagne et le Portugal au sujet de leurs empires coloniaux, et en particulier des plantations du Brésil actuel. Par des traité antérieurs, les deux pays avaient établi que l'empire portugais en Amérique du Sud ne pourrait dépasser le 46e méridien. Le traité de Madrid autorise l'expansion de l'empire portugais au détriment de l'empire espagnol ; dans les faits, il s'est traduit par la formation de l'empire du Brésil.

1750         Malesherbes, directeur de la Librairie (1750-1763). Malesherbes, Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes (6 décembre 1721, Paris - 22 avril 1794, Paris) est un juriste et homme d'État français. Issu d'une importante famille de la noblesse de robe parisienne, il devint en 1741 substitut du procureur général du parlement de Paris, puis conseiller en 1744. Il étudie les sciences naturelles et entra en 1750 à l'Académie des sciences il fut nommé directeur de la Librairie. Il devint plus tard premier président de la cour des aides de Paris, c'est-à-dire responsable de la censure royale sur les imprimés. Dans ce poste clé il put aider l'Encyclopédie en accordant une autorisation informelle de publication. En 1775 il devint secrétaire d'État à la Maison du roi, ce qui comporte la police mais démissione en 1776. La même année il est élu à l'Académie française. En 1785, il publie un mémoire sur le mariage des protestants qui contribue à leur faire instituer un état-civil par le garde des sceaux de Basville, son cousin. De 1787 à 1788, il est membre du conseil d'en haut, il propose de réformes mais il n'est pas écouté.

1750         Jean-Jacques Rousseau écrit 'Discours sur les sciences et les arts'.

1750         mort de Jean-Sébastien Bach. Le prolifique et génial compositeur Jean-Sébastien Bach s'éteint à Leipzig et laisse derrière lui un ensemble d'oeuvres majeures pour la musique occidentale. De la musique sacrée, avec la "Passion selon Saint-Matthieu", aux pièces instrumentales comme "Le clavier Bien Tempéré", Bach a manifesté une parfaite maîtrise dans toutes les configurations et fut un des maîtres du baroque.

1751         28 juin Parution du premier tome de 'l'Encyclopédie' de Diderot et d'Alembert. 'L'Encyclopédie' ou 'Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers' paraît en France, de 1751 à 1758, sous la direction commune de Denis Diderot et Jean d'Alembert, puis sous la seule direction de Diderot jusqu'en 1772. Cette oeuvre est la Bible des Lumières : elle compte alors vingt-huit volumes (tomes I à XVII et onze volumes de planches), et 71 818 articles. Les Encyclopédistes. 'L'Encyclopédie' ou 'Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers' de Diderot et d'Alembert, imprimée en 1772, résume à elle seule toute la philosophie des Lumières. C'est un projet complètement fou qui aura demandé vingt-sept ans de travail. 'L'Encyclopédie' de Chambers qu'un libraire, Le Breton, envisage de faire traduire en 1745 est à l'origine de cette aventure. S'apercevant rapidement qu'elle n'est plus d'actualité, il demande à Diderot et à Le Rond d'Alembert d'en réécrire une. Diderot, qui en sera le directeur et l'homme-orchestre rédige de nombreux articles philosophiques, historiques, mais son domaine de prédilection reste celui des sciences appliquées. Le Rond d'Alembert, en revanche, apporte au projet sa caution scientifique. Excellent mathématicien, il est par ailleurs mondain et fréquente les salons. Il sera nommé secrétaire perpétuel de l'Académie française en 1754. Les deux hommes s'entourent de collaborateurs ; c'est ainsi que se côtoient les articles de Voltaire, de Montesquieu, de philosophes comme Condillac ou encore de spécialistes de l'Histoire Naturelle comme Daubenton, collaborateur de Buffon. 'L'Encyclopédie', financée par des souscriptions, paraît en volumes. Après la publication du second tome en 1751, l'ouvrage est interdit, en raison d'articles théologiques peu orthodoxes. Le travail reprend, mais sous le contrôle de censeurs. D'autres crises surgiront : polémiques, départ de d'Alembert, pression des souscripteurs. En 1772, l'Encyclopédie composée de trente-deux volumes, dont onze de planches, est enfin imprimée. Derrière les sujets traités par ordre alphabétique et touchant à tous les domaines (esthétique, sciences techniques, etc.) se cache toute la philosophie des Lumières : indépendance intellectuelle reposant sur la raison, le sens, l'expérience, la foi infinie dans le devenir de l'homme grâce au progrès et à la connaissance. Ephraïm Chambers, écrivain anglais, Encyclopédiste, né à Kendal, Westmorland, en 1680 et décédé dans la banlieue de Londres, à Islington en 1740. Il publia à Londres en 1728, sous le titre de 'Cyclopaedia or Universal Dictionary of Arts and Sciences' ('Encyclopédie ou Dictionnaire des arts et des sciences'), en 2 vol. in-fol., un ouvrage qui obtint un plein succès, et qui le fit admettre à la Société royale de Londres. André-François Le Breton, éditeur à Paris, chargea Diderot de traduire cet ouvrage qui n'avait pas d'équivalent en France. Cet ouvrage, qui donna l'idée de 'l'Encyclopédie' française, a eu un grand nombre d'éditions. Diderot et ses collaborateurs se lanceront dans un projet bien plus vaste que ce dictionnaire des arts et métiers : 'l'Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers !’

1751         22 décembre Louis XV dispense le clergé du vingtième. Devant la pression du lobby clérical le roi Louis XV suspend la levée du vingtième sur les biens ecclésiastiques. D'autres exemptions sont accordées aux états provinciaux et aux corps privilégiés.

1751         La Caille et Lalande calculent indépendamment la distance Terre-Lune. Lalande et La Caille choisirent deux lieux d'observation éloignés, Berlin et le cap de Bonne Espérance, situés sur le même méridien approximativement. Ils observèrent la Lune simultanément et déterminèrent les directions de visée ainsi que les angles correspondant par rapport à la verticale.

1751         Voltaire écrit 'Le Siècle de Louis XIV’

1752         Représentation à Paris de 'La Serva padrona' de Pergolèse, par une troupe d'opéra comique italien, qui va déclencher la "Querelle des Bouffons". (1752-1754). La Querelle des Bouffons ou Guerre des coins est une controverse qui a opposé au cours des années 1752 - 1754 les défenseurs de la musique française groupés derrière Jean-Philippe Rameau (coin du Roi) et les partisans d'une ouverture vers d'autres horizons musicaux, réunis autour du philosophe et musicologue Jean-Jacques Rousseau (coin de la Reine), partisans d'"italianiser" l'opéra français. Querelle des Bouffons. Conflit qui éclate dans le monde musical parisien au XVIIIe siècle, après la représentation de La Servante maîtresse de Pergolèse, donnée par la troupe italienne des Bouffons. La querelle oppose les partisans de la musique italienne et les défenseurs de la musique française. Pergolèse, Giovanni Battista Pergolesi (en français "Jean-Baptiste Pergolèse"), né le 4 janvier 1710 à Jesi près d'Ancône et mort le 17 mars 1736 à Pouzzoles près de Naples, est un compositeur italien. Plusieurs années après la disparition de son créateur, le 1er août 1752, très juste la représentation à Paris de 'La Serva padrona' par une troupe d'opéra comique italien déclenchera la fameuse "Querelle des Bouffons" opposant les défenseurs de la musique française ramistes (coin du Roi) et les rousseauistes (coin de la Reine), partisans d'"italianiser" l'opéra français. On peut dire que cette querelle aura été un grand moment d'ouverture à des valeurs esthétiques nouvelles.

1752         7 février Le Parlement condamne l'Encyclopédie. L'affaire de la thèse de l'abbé de Prades, un des rédacteurs de l'encyclopédie, accusé par les autorités ecclésiastiques de favoriser le matérialisme athée, donne des arguments aux adversaires de l'entreprise. Un arrêt du Conseil du roi interdit et condamne au pilon les deux premiers tomes déjà parus. Grâce à l'appui de Malesherbes, alors directeur de la Librairie (équivalent du ministère de la culture), la publication reprend en novembre 1753. D'Alembert démissionne de la codirection, mais revient quelques mois plus tard pour se consacrer uniquement aux articles de physique et de mathématiques (il abandonnera définitivement, à la suite de dissensions avec Diderot, au début de 1758).

1752         Voltaire écrit 'Micromégas’

1753         Buffon écrit 'Discours sur le style’

1753         William Herbert écrit 'Discours sur la police générale des grains'. William Herbert est un naturaliste britannique, né le 12 janvier 1778 et mort le 28 mai 1847 à Londres. Il obtient un Bachelor of Arts en 1798 à l'exeter College d'oxford, puis un Master of Arts en 1802 au Morton College, puis, en 1808, des diplômes en droit pénal et en droit civil. Parallèlement à ses activités de juristes, il fait paraître de nombreux ouvrages de botanique, notamment : 'Amaryllidacae' (1837), 'Crocuses' ((1847), 'History of the Species of Crocus'. Il s'intéresse particulièrement à l'hybridation des plantes à bulbes.

1753         Composition de 'La locandièra' de l'auteur comique vénitien Carlo Goldoni. Carlo Goldoni (25 février 1707, Venise - 6 février 1793, Paris), auteur de théâtre italien, de langue italienne et de langue française.

1753         invention du paratonnerre par Benjamin Franklin. Benjamin Franklin (17 janvier 1706 à Boston - 17 avril 1790 à Philadelphie) est, entre autres, un écrivain et physicien américain. C'est aussi le premier ambassadeur des États-Unis. Il est devenu très connu dans le monde scientifique en Europe grâce à ses travaux sur l'électricité. Il a aussi commencé une longue carrière politique. En 1752, il fit une expérience célèbre sur la foudre en attachant une clef à un cerf-volant. Ceci mena à l'invention du paratonnerre. Le paratonnerre est un dispositif inventé en 1753 par Benjamin Franklin. Il était conçu à l'origine afin d'"écouler à la terre le fluide électrique contenu dans le nuage orageux et ainsi empêcher la foudre de tomber".

1754         23 août Naissance de Louis, duc de Berry (futur Louis XVI), fils du dauphin à Versailles. Louis XVI de France et de Navarre (1774–1789) puis roi des Français (1789–1792). Né le 23 août 1754 à Versailles, mort le 2 Pluviôse an I (21 janvier 1793) à Paris. Il est le fils du dauphin Louis de France (1729-1765) et de sa seconde épouse Marie-Josèphe de Saxe (1731–1767), et le petit-fils de Louis XV. Il est d'abord titré duc de Berry jusqu'au 20 décembre 1765, date de la mort de son père, à partir de laquelle il devient dauphin, son frère aîné Louis Joseph Xavier (1751-1761), duc de Bourgogne, étant mort. Il devient roi le 10 mai 1774. Sacré à Reims le dimanche 11 juin 1775 par l'archevêque de Reims, Mgr de La Roche-Aymon. Louis Joseph Xavier (né le 13 septembre 1751 à Versailles - décédé le 22 mars 1761) était un prince de sang royal français de la dynastie des Bourbons. Troisième enfant et fils aîné du Dauphin Louis et de Marie-Josèphe de Saxe, Louis de France était donc le frère des futurs rois Louis XVI, Louis XVIII et Charles X. Il avait été titré duc de Bourgogne par son grand-père, Louis XV.

1754         16 octobre Attaque de Louis Mandrin au Puy. Louis Mandrin (1724-1755) est un célèbre "brigand" dauphinois de l'Ancien régime. Mandrin entre dans une bande qui fait du trafic de contrebande, en particulier de tabac, entre les cantons Suisses et Genève et la France et les États de Savoie, alors souverains. Il en devient vite le chef. Il a 300 personnes sous ses ordres et organise sa bande comme un véritable régiment militaire. C'est en Savoie (duché autonome, à l'époque) qu'il a ses dépôts d'armes et de marchandises, se pensant ainsi hors d'atteinte des français. Dans l'année 1754 il organise 6 campagnes. Ne s'attaquant qu'aux impopulaires fermiers généraux, il reçoit rapidement le soutien de la population. Il achète en Suisse des marchandises (tissus, peaux, tabac, toiles et épices) qu'il vend dans les villes françaises sans qu'elles soient soumises aux taxes des fermiers généraux. La population est enchantée. Bien vite une interdiction est faite d'acheter ses produits de contrebande. Mais à Rodez, il provoque les fermiers généraux en obligeant, sous la menace des armes, leurs propres employés à acheter ses marchandises.

1754         20 décembre Louis Mandrin doit fuir Gueunand (près d'Autun) devant les troupes royales.

1754         Élie Fréron écrit 'L'Année Littéraire'. Élie Fréron, polémiste et critique d'art. Élie-Catherine Fréron (1718-1776), celui que le XVIIIe siècle appelait "l'illustre Fréron" est mal connu, méconnu, quand il ne suscite pas la risée : c'est l'ennemi de Voltaire, l'homme au serpent de l'épigramme anthologique ! Une seconde raison de notre méconnaissance, colorée cette fois de dédain, vient de son choix idéologique : Fréron s'est mis du mauvais côté, à contre-courant. Il est rangé dans la catégorie des antiphilosophes, donc des réactionnaires. Une épigramme est une inscription sur un objet ou un monument. À partir du IVe siècle av. J.-C., l'épigramme devient un court poème, imitant par sa brièveté les inscriptions. Enfin, à partir du XVIe siècle, le genre se spécialise dans le mot d'esprit : l'épigramme renferme généralement une pointe grivoise ou assassine. À partir du IVe siècle av. J.-C., l'épigramme devient un genre littéraire, que nous connaissons principalement par le biais d'anthologies. La célèbre épigramme suivante est due à Voltaire : "L'autre jour au fond d'un vallon, Un serpent mordit Jean Fréron. Que croyez-vous qu'il arriva ? Ce fut le serpent qui creva".

1754         Début de la construction de la place Louis XV à Paris (place de la Concorde). La place de la Concorde est située au pied de l'avenue des Champs-Élysées. Longtemps simple terre battue, sans fonction, sans dessin, elle est sous le règne de Louis XV, inscrite dans un vaste projet des places royales qui vont théâtraliser la représentation équestre de Louis XV. Valorisée par les façades dessinées par Gabriel, la place Louis XV devient un intermède architecturale entre les frondaisons des Tuileries et l'échappée verte des Champs-Élysées. En 1792, elle deviendra place de la Révolution pour adopter le nom de place de la Concorde en 1795.

1755         Lally-Tollendal continua la lutte, mais avec peu de ressources, et sans succès, les Anglais chassèrent toutes les positions françaises et restèrent maîtres de territoires immenses. La Grande-Bretagne reprend la guerre maritime contre la France. Au cours de l'été, les Britanniques saisissent 300 navires de commerce français avec 8000 hommes d'équipage. Cette perte en tonnage et en hommes porte un coup très dur à la flotte française. La France, qui possède 45 vaisseaux de ligne, ne peut en armer que 30 faute de matériel et d'équipage. Lally-Tollendal, Thomas de Lally (Thomas, baron de Tollendal, comte de Lally, 1702-1766), officier français d'origine irlandaise, rendu responsable de la défaite française à Pondichéry (janvier 1761), condamné à mort par le parlement de Paris et exécuté.

1755         mai Arrestation de Mandrin en Savoie par des soldats français.

1755         24 mai Mandrin est condamné à mort.

1755         26 mai Exécution de Mandrin.

1755         10 juin L'Angleterre attaque par surprise la flotte française du Canada.

1755         8 juillet La France rompt les relations diplomatiques avec l'Angleterre.

1755         1er novembre : Tremblement de terre de Lisbonne au Portugal, un des plus puissants de l'histoire : 6 minutes, 9 000 bâtiment détruits, 100 000 morts. Un tremblement de terre suivit d'un violent raz de marée détruit Lisbonne. On estime à 100 000 le nombre des victimes, sur une population de 250 000 habitants. Sur 20 000 maisons, 3000 seulement restent habitables ; sur 56 églises, cinq peuvent être réutilisées. À cette occasion, le ministre Pombal révèle son énergie et son esprit de décision. Devant les risques d'épidémie, il fait jeter les cadavres à la mer. Il prend des mesures énergiques contre les pillards, force la population à rester sur place, en assurant l'approvisionnement et en obligeant le clergé à assurer le culte. Les jésuites portugais expliquent le malheur par l'impiété des hommes, et entretiennent un climat de ferveur fanatique dans les semaines suivant la catastrophe. Pombal sévit contre les plus exaltés, comme le père Malagrida, exilé à Setubal, qui fulminait contre les impies projetant la reconstruction de la ville. Un mois après la catastrophe, l'ingénieur militaire Manuel da Maia, chargé de proposer des solutions en vue de la reconstruction de Lisbonne, choisit de raser les décombres du quartier de la ville basse (Baixa), le plus touché, pour le reconstruire entièrement selon les plans de l'architecte Eugenio dos Santos. Le tremblement de terre de Lisbonne de 1755 est un tremblement de terre qui eut lieu à Lisbonne (Portugal) le 1er novembre 1755 à 9h40 du matin. Il s'agit d'un des tremblements de terre les plus destructeurs et les plus meurtriers de l'histoire. Selon les sources, on dénombre entre 50 000 et 100 000 victimes. La secousse fut suivie par un tsunami et des incendies, qui détruisirent la ville de Lisbonne dans sa quasi-totalité.

1755         17 novembre Naissance de Louis (futur Louis XVIII), comte de Provence, fils du dauphin, à Versailles. Louis XVIII de France de 1814 à sa mort en 1824. Né le 17 novembre 1755 à Versailles, mort le 14 septembre 1824 à Paris. Il est un petit-fils de Louis XV, le troisième fils du dauphin Louis et de Marie-Josèphe de Saxe. Fils de France, il est d'abord titré "comte de Provence". Tout comme son frère aîné, le futur Louis XVI, il passe son enfance au château de Versailles. Il y reçoit une éducation solide, comme le veut son rang.

1755         Jean-Jacques Rousseau écrit 'Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes'. C'est à l'occasion d'un concours de l'Académie de Dijon que Jean-Jacques Rousseau compose son premier véritable ouvrage philosophique. A partir du sujet "Quelle est l'origine de l'inégalité parmi les hommes et est-elle autorisée par la loi naturelle ?", il développe une nouvelle théorie de l'état de nature et du contrat social. Opposé à Hobbes, il ne présente pas le contrat social comme facteur de paix mais comme moyen de pérenniser des inégalités injustes.

1755         mort de Montesquieu. En ce jour disparaît l'auteur de deux ou trois chefs-d'oeuvre du siècle des Lumières dont les 'Lettres persanes' et 'L'Esprit des lois'.

1756         Création de la Manufacture de Sèvres. La manufacture de Vincennes reçoit du roi le privilège de la fabrication de la porcelaine en 1745. Elle est transférée à Sèvres en 1756 et devient manufacture royale en 1759. Malgré ce monopole, elle subit la concurrence de nombreuses manufactures établies après 1768 à Limoges près des gisements de kaolin, puis dans la France entière. Les manufactures parisiennes se placèrent sous la protection de la famille royale : la reine, les deux frères du roi, le comte de Provence (futur Louis XVIII de France) et le comte d'Artois (futur Charles X de France) et le fils de ce dernier, le comte d'Angoulême (Louis Antoine d'Artois, duc d'Angoulême, devenu Louis Antoine de France, dauphin de France, puis Louis de France). Sèvres se spécialisa dans les pièces d'apparat et les autres manufactures dans les pièces d'usage.

1756         1er mai-25 mai : Traité d'alliance de Versailles signé à Jouy-en-Josas entre la France et l'Autriche, qui manifeste la politique dite "de renversement des alliances" : pour la première fois depuis 1498, le Roi de France est allié avec la maison de Habsbourg. Le traité de Versailles (1756) : signé le 1er mai 1756 scelle l'alliance franco-autrichienne au début de la guerre de Sept Ans.

1756         15 mai : Début de la guerre de Sept Ans (fin en 1763). La France, l'Autriche, la Russie, la Saxe, la Suède et l'Espagne s'opposent à la Grande-Bretagne, la Prusse et le Hanovre. La guerre de Sept Ans (1756-1763). Dès 1754, des hostilités coloniales interviennent entre armées française et anglaise des Amériques, avec la guerre de Sept Ans (Amérique du Nord) (1754-1763). Tandis que l'impératrice Marie-Thérèse Ière d'Autriche cherche à reprendre la Silésie - perdue en 1742 - à Frédéric II de Prusse, Louis XV répond aux provocations de la Grande-Bretagne sur mer (capture de navires de commerce français) et sollicite l'alliance autrichienne (consacrée par le mariage du futur Louis XVI avec Marie-Antoinette). Ils se trouvent des alliés avec l'Espagne, la Suède et la Russie. En 1757, les Prussiens défont les Français à Rossbach et les Autrichiens à Leuthen. Une offensive russe sur Berlin est interrompue par le décès de la tsarine Élisabeth Ière de Russie (en 1762). La Russie change alors d'alliance en s'alliant à la Prusse (le tsar Pierre III de Russie était un admirateur de Frédéric II de Prusse). Mais ce tsar est bientôt détrôné par sa femme Catherine II de Russie (1762), et la Russie quittera définitivement le conflit. Ailleurs dans le monde : Montcalm, commandant les troupes françaises au Canada est tué au combat en 1759. Les Français sont alliés à la majorité des tribus indiennes. Québec et Montréal tombent. En Inde, Pondichéry passe également aux mains des Britanniques. Le traité de Paris du 10 février 1763 met fin à ce conflit à la suite duquel la France perd la quasi-totalité de ses colonies en Amérique du Nord (Canada, une partie de la Louisiane, un grand nombre d'îles, ainsi que de la plupart de ses territoires de l'Inde, à l'exception de cinq comptoirs). Le traité de Hubertusburg du 13 février 1763 confirme la possession de la Silésie par la Prusse. Cette guerre qui fit plus de 100 000 morts, est considérée par certains comme étant la véritable Première Guerre mondiale.

1756         à 1763 - Guerre de Sept ans. - La prospérité de la marine marchande française et les succès de Dupleix et de La Bourdonnais dans l'Inde avaient alarmé l'Angleterre, qui appréhenda de voir le commerce de la France concurrencer victorieusement le sien. Les Anglais se livrèrent, sans provocation de les nationaux, à de véritables actes de piraterie : en 1755 et 1756, ils saisirent, dans différents ports, trois cents vaisseaux de commerce et deux grands bâtiments de guerre, et un diplomate français fut assassiné. Louis XV leur déclara la guerre. Aussitôt une expédition française, sous les ordres du duc de Richelieu, débarqua à Minorque (possession anglaise) et enleva la citadelle de Port-Mahon (1756). En cette même année, Louis XV, à l'instigation de sa funeste favorite, la marquise de Pompadour, fit alliance avec l'Autriche contre la Prusse (qui avait été l'alliée de France royalement récompensée dans la précédente guerre). C'était la donner pour alliée aux Anglais et compromettre toutes les chances qu'avaient les français d'en venir à bout. La France a perdu l'essentiel de ses colonies lors de la guerre de Sept Ans (notamment l'Inde et le Québec). En 1802, Napoléon Ier avait vendu la Louisiane, la France n'avait dès lors plus de vastes territoires coloniaux : elle ne conservait que quelques comptoirs et îles des Antilles. La conquête de l'Algérie en 1830 représentait un premier pas vers un renouveau de l'empire colonial français, mais la conquête coloniale fut surtout le fait de la troisième république qui permit de prétendre à un second espace colonial français. Le Port Mahon, site naturel de l'île de Minorque, très convoité car il pouvait contenir de nombreux vaisseaux, fut assiégé à plusieurs reprises par les puissances européennes. Possession espagnole jusqu'en 1708, Minorque devint la base de la flotte anglaise jusqu'en 1756, date à laquelle elle fut prise par les Français.

1756         20 mai Prise de Minorque par les Français de La Galissonière. L'amiral Byng, qui défendait l'île, passe en cours martiale. Condamné à mort (27 janvier 1757), il est fusillé le 14 mars 1757. Minorque est une île de l'archipel espagnol des Baléares, en mer Méditerranée.

1756         9 juin Louis XV déclare la guerre à l'Angleterre. L'entente franco-prussienne a été rompue. La France s'allie à l'Autriche et se lance dans une guerre contre l'Angleterre et la Prusse. Cette guerre qui commence et qui ne va pas cesser d'être désastreuse et coûteuse portera, quelques années plus tard, le nom de guerre de Sept Ans…     

1756         7 juillet Création d'un second vingtième.

1756         août L'armée prussienne envahit la Saxe dont le roi doit capituler à la bataille de Pirna malgré l'intervention des Russes.

1756         14 août Les Français prennent Port-Mahon aux Anglais.

1756         à 1791 - naissance et mort de Wolfgang Amadeus Mozart. Compositeur autrichien. Doté de dons musicaux exceptionnels, Wolfgang Amadeus Mozart compose dès l'âge de six ans. Son père, musicien renommé, lui fait faire le tour des capitales d'Europe : le petit prodige étonne, la tournée dure neuf ans ! Employé par le Conte Colloredo de Salzbourg, Mozart se sent enfermé dans un cadre réglé par les commandes. Après un bref passage à Paris, il s'installe à Mannheim. Sa mère meurt en 1778 et Mozart rentre chez lui où il est nommé organiste. Mais ses dissensions avec Colloredo le poussent à démissionner. Il s'installe ensuite à Vienne avec son épouse, Constance Weber. Après 1782, il connaît une période faste : il va de concerts en compositions et Vienne l'acclame. Affecté par la mort de son père en 1787, il compose le sombre opéra 'Don Giovanni' qui n'est pas compris du public viennois. La santé de sa femme s'affaiblit et le couple est endetté. Mozart, dont le génie ne sera jamais vraiment reconnu de son vivant, meurt dans l'indifférence à 35 ans en laissant une oeuvre considérable dont un requiem inachevé chargé d'émotions.

1756         Voltaire écrit 'Le Désastre de Lisbonne’

1756         Honoré-Gabriel Mirabeau écrit 'L'Ami des hommes’

1757         5 janvier Tentative d'assassinat de Louis XV par Damiens. Vers 18 heures, Robert-François Damiens tente d'assassiner le roi dans les jardins du château de Versailles avec un canif mais Louis XV n'est que légèrement blessé à l'épaule. Le meurtrier ne donnera aucune explication justifiant son acte malgré la torture. Condamné à la mort par écartèlement, il sera supplicié en place de grève durant toute la journée du 28 mars. Robert François Damiens, né en 1715 à La Thieuloye, près d'Arras (Pas-de-Calais) et mort en 1757 à Paris, auteur d'une tentative d'assassinat de Louis XV.

1757         28 mars Exécution de Damiens place de Grève.

1757         1er mai La Suède, la Saxe et la Russie rejoignent l'alliance franco-autrichienne.

1757         2 août Les Français prennent Fort William Henry aux Anglais (Canada).

1757         Victoires des Français : dans le nord de l'Allemagne, sur les Anglais, en Hanovre, à Hastenbeck (maréchal d'Estrées : Louis Le Tellier, duc d'Estrées) et à Kloster Zeven (maréchal de Richelieu : Louis du Plessis, duc de Richelieu). La bataille de Hastenbeck a lieu pendant la guerre de Sept Ans, le 26 juillet 1757 près du village de Hastenbeck (près de Hamelin). Les forces alliées de Hanovre, Hesse et Brunswick doivent concéder la victoire à une armée française, victoire qui débouche sur la convention de Klosterzeven et l'occupation de Hanovre.

1757         9 octobre Naissance de Charles (futur Charles X), comte d'Artois, fils du dauphin. Charles X (château de Versailles, 9 octobre 1757–Gorizia, 6 novembre 1836) fut roi de France et coprince d'Andorre de 1824 à 1830. Il était le cinquième fils du dauphin Louis de France (1729-1765) et de Marie Josèphe de Saxe (1731-1767), petit-fils de Louis XV, et donc le frère de Louis XVI de France et du comte de Provence, futur Louis XVIII. Il fut d'abord titré fils de France et comte d'Artois.

1757         5 novembre Défaite française face à Frédéric II de Prusse devant Rossbach. Les Prussiens (Frédéric II de Prusse) firent face d'abord avec succès aux Autrichiens alliés avec les Russes, puis ils se retournèrent et battirent le général, l'incapable, Soubise, à Rossbach. Bataille de Rossbach, Près du village de Rossbach, aujourd'hui dans le Land Saxe-Anhalt, en Allemagne, eut lieu la bataille de Rossbach, le 5 novembre 1757. Elle opposa l'armée du Roi Frédéric II de Prusse aux troupes franco-impériales. Malgré un avantage numérique important (42 000 contre 21 000 hommes), l'armée franco-impériale commandée par le prince de Soubise fut défaite, notamment en raison de l'assaut de la cavalerie dirigée par le général Seydlitz. Monseigneur le prince de Soubise, Pair et maréchal de France, aide-de-camp de Louis XV puis gouverneur de Flandre et de Hainaut, il est battu à Rossbach en 1757. Nommé pourtant maréchal de France, il est un courtisan habile dans l'entourage de Madame de Pompadour puis de la comtesse du Barry, ce qui lui attire toutes les faveurs royales et aussi toutes les intrigues de cour.

1757         5 décembre : Bataille de Leuthen, l'armée prussienne bat les Autrichiens. Bataille de Leuthen, en 1756, un retournement majeur intervient : la France s'allie avec l'Autriche. Conscient que sa position est plus que précaire, Frederick décide de prendre les devant et envahit la Saxe puis la Bohème en Septembre 1756. Frédéric possède un atout dans sa manche : le soutien de l'Angleterre. En effet, celle-ci verrait d'un très bon oeil la France empêtrée dans une guerre européenne, ce qui lui permettrait d'avoir les mains libres outremer pour prendre possession des colonies françaises. Pour les prussiens, la guerre commence difficilement : le 18 Juin 1757, une armée autrichienne commandée par Daun défait les troupes de Frédéric à la bataille de Kolin. La menace la plus pressante devient alors l'armée franco-impériale venant de l'ouest, que Frédéric va écraser lors de la bataille de Rossbach, le 5 Novembre 1757. Cette menace supprimée, il se tourne une nouvelle fois vers l'armée autrichienne qui est en train d'envahir la Silésie. Revenant à marche forcée de Saxe, il fonce vers l'armée commandée par le prince Charles de Lorraine et le maréchal Daun.

1757         Denis Diderot écrit 'Le Fils naturel’

1758         Les Anglais tentèrent d'établir le blocus de des principaux ports français et de détruire Saint-Malo; ils incendièrent Cherbourg. Ils tentèrent ensuite un débarquement dans la baie de Saint-Brieuc, mais les habitants les tinrent en respect jusqu'à l'arrivée de troupes de secours qui les culbutèrent à Saint-Cast. Saint-Brieuc est une commune française, située dans le département des Côtes-d'Armor et la région Bretagne. La bataille de Saint-Cast fut livrée en 1758, autour de Saint-Malo. Elle vit une tentative de débarquement anglaise repoussée grâce aux fortifications de Vauban.

1758         27 avril Perte de Fort Frontenac et de Fort Duquesne (Canada). On assiste a un début victorieux pour les français avec la prise du Fort Duquesne, Edward, Oswego et William-Henri entre 1754 et 1757. Mais les Anglais ripostent et c'est une fin désastreuse pour les Français: Louisbourg, Fort Frontenac, Fort Duquesne, Québec et Montréal tombent aux mains des Anglais entre 1758 et 1760. Fort Frontenac, ancien nom de la ville de Kingston, en Ontario, Canada. Établissement fondé par René Robert Cavelier de La Salle en 1674. Il s'agissait des prémices d'une entreprise de commerce de peaux et de fourrures, principalement de bisons. Ce fort a été baptisé ainsi en l'honneur de Louis de Buade de Frontenac, gouverneur de la Nouvelle-France. Fort Duquesne était un fort français situé près de la rivière Monongahela qui subit plusieurs assauts des Britanniques. La forteresse est située a l'endroit d'un ancien fort britannique qui fut pris en 1753 avant la Guerre de Sept ans. Les officiers français décidèrent de le détruire mais jugeant sa position éminemment statégique, ils en érigèrent un nouveau. En 1755, le général Edward Braddock mena une expédition pour prendre tous les forts se trouvant sur la frontière de l'Ohio. Parti sous l'ordre du gouverneur de la Virginie, on compte parmi ses rangs Horatio Gates et plus d'un milliers d'hommes. Il arrive au printemps 1755 près de la Monongahela et aperçoit Fort Duquesne. Il franchit avec l'avant garde le fleuve, ne se doutant pas que les Français (et la milice canadienne jumelée aux alliés amérindiens les attendaient. Les flèches des Indiens et les tirs précis des Français eurent raison de l'armée britannique qui, désordonnée, laissa Braddock seul devant. Celui-ci voyant la déroute de ses troupes fit demi-tour et il fut même blessé.

1758         23 juin Victoire anglo-prussienne contre les Français à Crefeld. Crefeld est une ville allemande en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

1758         à 1759 - Les Français (prince de Clermont) sont de nouveau battus à Crefeld (par le duc de Brunswick) et un peu plus tard à Minden (par le maréchal de Contades). Entre temps, le duc de Broglie (Français) avait remporté la victoire de Bergen.

1758         27 juillet Prise de Louisbourg (Canada) par les Anglais. Louisbourg, ville de Nouvelle-Écosse au Canada. Port de pêche à la morue fondé en 1713, Louisbourg a vécu paisiblement pendant trois décennies en qualité de port de mer de la colonie française. Les troupes de la Nouvelle-Angleterre aidées par la Marine Royale anglaise se sont emparée de la ville en 1745 après 6 semaines de siège. Après 3 ans sous gouvernance britannique, Louisbourg est rendue par traité à la France (traité d'Aix-la-Chapelle). La paix fut de courte durée et, en 1758, après 6 nouvelles semaines de siège, le gouverneur français Drucourt rend les clés de la ville aux anglais de Edward Boscawen à la suite du plus grand assaut de l'histoire coloniale canadienne.

1758         3 décembre : le duc Choiseul (Étienne François de Choiseul) inaugure sa politique comme ministre des Affaires étrangères (fin en décembre 1770). Durant les douze années de l'administration de Choiseul, la France connaît à la fois une période de grande prospérité économique et un climat de démission politique progressive. Homme complet, ami des philosophes, tolérant, Choiseul s'appuie à la Cour sur la Pompadour et s'oppose au parti dévot représenté par le Dauphin et La Vauguyon, chargé de l'éducation du futur Louis XVI. Il prône un gallicanisme nationaliste et semi-libéral, teinté de hargne antijésuitique et de sympathies pro-parlementaires. Étienne François de Choiseul, Choiseul, Étienne-François, comte de Stainville puis duc de Choiseul, né le 28 juin 1719 et mort le 8 mai 1785, ambassadeur puis secrétaire d'État de Louis XV.

1758         à 1794 - naissance et mort de Maximilien de Robespierre. Homme politique français. Il est issu d'une lignée d'hommes de loi de la petite bourgeoisie artésienne. Maximilien perd rapidement sa mère qui s'éteint, victime de la tuberculose, en mettant au monde une dernière petite fille qui succombe également. Le jeune Maximilien, sensible, est très marqué par la perte de sa mère et le départ de son père. Il choisit de se réfugier dans le travail et se consacre essentiellement aux études. c'est ainsi qu'il obtient une bourse au lycée Louis le Grand à Paris où il allait passer douze années. Grâce à la qualité de son travail, il fut cité par trois fois à l'ordre de l'Université. Après de brillantes études passées à Paris, Maximilien de Robespierre s'en retourne dans sa ville natale où il devient avocat et intègre le Barreau d'Arras. c'est un jeune homme brillant, bien intégré à la bonne société provinciale de son temps. Robespierre entre en politique à l'annonce de la convocation des États Généraux en 1789. La campagne électorale est dure en Artois où s'opposent les élites traditionnelles et les tenants des réformes et du changement. Élu député, il milite sans trêve au club des Jacobins. Élu par la suite à la Convention par plusieurs départements (dont celui du Pas-de-Calais), Robespierre choisira d'être l'élu du peuple parisien. Mis hors la loi après la chute du régime de la Terreur dont il n'est pas l'unique responsable, il refusa de patronner l'insurrection populaire, fut arrêté et guillotiné.

1758         Helvétius écrit 'De l'Esprit'. Claude-Adrien Helvétius est un philosophe français du XVIIIe siècle. Il est né à Paris en 1715 et mort à Versailles en 1771. Au sein des encyclopédistes et matérialistes de son siècle, il développe un sensualisme matérialiste, où l'intérêt seul dirige les jugements, et considère l'éducation comme l'élément constitutif principal de l'esprit des humains, qui sont, selon lui, tous susceptibles de s'instruire également. Il est fortement inspiré par Locke, dont il lit très tôt 'l'Essai sur l'entendement humain'. Ses idées sur la constitution de l'esprit humain en seront nettement influencées. Il abandonne cependant toute idée de Dieu, et défend un athéisme absolu avec de nombreux encyclopédistes. Il considère la croyance en Dieu et en l'âme comme le résultat de notre incapacité à comprendre le fonctionnement de la nature, et voit dans les religions, notamment la religion Catholique, un despotisme n'ayant comme but que le maintien de l'ignorance pour une meilleure exploitation des hommes.

1758         François Quesnay écrit 'Le Tableau économique'. François Quesnay (1694-1774) était un économiste français et l'un des fondateurs de l'école des Physiocrates. La notion de physiocratie (étymologiquement : gouvernement de la nature) est une idéologie économique prétendant que la richesse des pays provient exclusivement de l'agriculture, seule "création" annuelle de richesse. L'école des Physiocratie est originaire de France et a eu son apogée au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle siècle. La physiocratie est probablement la première théorie économique.

1758         Carl von Linné écrit 'Systema naturae' (classification moderne des plantes et des animaux). Carl von Linné (23 mai 1707 à Södra, dans la province de Rashult en Suède - 10 janvier 1778 à Uppsala) est un naturaliste suédois qui posa les fondations de la systématique moderne. Il est l'auteur d'une classification dont les grands principes furent la base de la systématique scientifique. Linné met au point un système qui permet de dénommer précisément toutes les espèces animales et végétales (il étend même ce système aux minéraux) grâce à deux noms : le Genre (écrit avec une majuscule) et l'espèce (écrite avec une minuscule), tous deux en général d'origine latine, voire grecque ou autre (si l'origine n'est pas latine, le nom utilisé est "latinisé"). Ce système binominal permet d'éviter l'imprécision des noms vernaculaires qui changent d'un pays à l'autre, voire d'une région à l'autre.

1758         à 1843 - naissance et mort du lexicographe Noah Webster à West Hartford au Connecticut. Il publie 'l'American Dictionary of the English Language' en 1828. Le nom de Webster est devenu aux États-Unis synonyme de "dictionnaire national".

1759         4 mars Étienne de Silhouette est nommé contrôleur général des finances. Étienne de Silhouette, homme politique français né à Limoges en 1709 et décédé dans le château qu'il s'était fait construire à Bry-sur-Marne en 1767. Il fut entre autre contrôleur général des Finances de Louis XV en 1759. C'est lui qui inventa l'impôt sur les signes extérieurs de richesse. Il voulut restaurer les finances en taxant les privilégiés et les riches. C'est ce qui lui vallu de voir son nom passer dans le langage courant. (Il n'était plus necessaire aux riches d'avoir aucun accessoire dans leurs vêtements). Il a également traduit différents ouvrages de l'anglais au français.

1759         13 septembre Capitulation de Québec face au troupes anglaises. Bataille des plaines d'Abraham, les Britanniques sous le commandement du général James Wolfe défont les Français sous le commandement du général Louis-Joseph de Montcalm devant la ville de Québec au Canada. Wolfe meurt au combat et Montcalm est mortellement blessé.

1759         Perte du Canada et de l'Inde. - Pendant que Lally-Tollendal luttait pour essayer de conserver au moins Pondichéry à la France, Louis-Joseph de Montcalm et le marquis de Vaudreuil (Pierre de Rigaud de Vaudreuil) se débattaient désespérément au Canada contre les Anglais auxquels ils ne pouvaient opposer que des forces insuffisantes. Malgré leurs supplications, la Cour n'envoyant pas de renforts, Montcalm livra devant Québec une dernière bataille, qu'il perdit. Louis Joseph de Montcalm-Gozon, marquis de Saint-Véran (12 février 1712 - 14 septembre 1759) fut un militaire français. Il est mortellement blessé dans la bataille de Québec, perdue devant les forces britanniques commandées par James Wolfe. Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, marquis de Vaudreuil, officier de la Marine ; dernier gouverneur général de la Nouvelle-France. Né à Québec le 22 novembre 1698. Mort à Paris le 4 août 1778. Parmi les gouverneurs français de la Nouvelle-France, il s'agit du seul à être né au pays. Il fut le dernier intendant de Louisiane pour le roi de France. Il signa la reddition de Montréal en 1760 contre les troupes britanniques à la veille d'assiéger la ville, après que Louis-Joseph de Montcalm ait péri à la bataille de Québec en 1759. La France le condamnera d'abord, ensuite l'acquittera de ses torts.

1759         20 novembre Défaite navale française de Belle-Île face aux Anglais. Bataille des Cardinaux, la flotte britannique défait l'escadre de Brest qui subit de lourdes pertes dans la baie de Quiberon en Bretagne. La bataille des Cardinaux est une bataille navale ayant opposé les flottes française et britannique qui eut lieu lors de la guerre de Sept Ans, le 20 novembre 1759, dans la baie de Quiberon. La flotte française se saborda, laissant la victoire à la flotte britannique.

1759         21 novembre Bertin remplace Étienne de Silhouette au poste de contrôleur général des finances. Henri-Léonard Bertin, né en 1719, avait été intendant de la généralité de Lyon de 1754 à 1757, il était devenu contrôleur général des finances en 1759 et avait su dans cette haute situation s'attirer la confiance de Louis XV.

1759         Jean-Jacques Rousseau écrit 'La Nouvelle Héloïse’

1759         à 1796 - naissance et mort de Robert Burns, poète et barde écossais, né le 25 janvier 1759 à Alloway (South Ayrshire, Écosse) et mort le 21 juillet 1796 à Dumfries (Dumfries and Galloway, Écosse). Auteur passionné et romantique de nombreux poèmes et chansons d'inspiration folklorique écossaise, dont 'Auld Lang Syne'. Il s'agit du plus grand auteur en langue scots. Son oeuvre, inspirée de la vie à la campagne, de la nature et de culture populaire et sa poésie d'une grande sensibilité a contribué à l'éclosion du romantisme anglo-saxon. Il inspira la production de littérature dialectale dans d'autres pays de l'Europe.

1759         Denis Diderott écrit 'Les Salons' (1759-1781)

1759         à 1805 - naissance et mort de Friedrich von Schiller, poète et dramaturge allemand. Schiller est né en 1759 à Marbach am Neckar, d'un père chirurgien des armées du Wurtemberg.

1759         Publication de 'Candide' de l'écrivain français Voltaire, un conte picaresque et polémique où Voltaire démontre que tout n'est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

1760         Création d'un troisième vingtième.

1760         8 septembre Capitulation de Montréal qui passe sous contrôle anglais. C'est la fin de la domination française en Amérique.

1760         16 octobre Victoire des Français à Clostercamp, où s'illustrèrent, par leur dévouement héroïque, le chevalier d'Assas. Le chevalier d'Assas, capitaine au régiment d'Auvergne, a immortalisé le nom de sa famille à l'action de Clostercamp, le 16 octobre 1760. Étant près d'un bois pendant la nuit, il y entra seul pour le fouiller. A peine eut-il avancé quelques pas, qu'il se sentit environné d'une troupe d'ennemis qui lui mirent la baïonnette sur la poitrine, en menaçant de le tuer s'il disait un mot. Mais loin d'hésiter, d'Assas s'écrie : A moi, Auvergne, ce sont les ennemis! A ces mots, il tombe percé de coups. Pour récompenser ce dévouement héroïque, Louis XVI accorda, par lettres du mois d'octobre 1777, une pension perpétuelle de mille francs aux aînés de cette famille, garantie par la loi du 22 août 1790. Sous le gouvernement impérial une colonne a été élevée sur le lieu où d'Assas succomba. La statue du chevalier d'Assas orne une des places de la ville du Vigan (Gard).

1760         à 1840 Néoclassicisme. Mouvement né en rejet du rococo, qui privilégie les valeurs morales. Il puise ses sources, au niveau formel, dans l'Antiquité classique. Le néoclassicisme est un mouvement artistique qui s'est développé dans la peinture, l'architecture et la littérature du XVIIIe et XIXe siècle. Né à Rome alors que l'on redécouvre Pompéi et Herculanum, le mouvement se propage rapidement en France par l'intermédiaire des élèves peintres et sculpteurs de l'Académie de France à Rome, en Angleterre grâce à la pratique du Grand Tour de la jeunesse noble britannique, et dans le reste du monde. Basé sur les principes de Winckelmann, il préconise un retour aux valeurs vertueuses et simples de l'Antiquité après les excès du rococo et du baroque des années précédentes. Le Grand Tour, orthographié de la même façon en anglais, était un long voyage effectué par les jeunes gens des plus hautes classes de la société britannique en Europe continentale à partir du XVIIe siècle et surtout au XVIIIe siècle, destiné à parfaire leur éducation, juste après, ou pendant leurs études. Les destinations principales étaient la France, les Pays-Bas, l'Allemagne, la Suisse et surtout l'Italie, puis plus tard la Grèce et l'Asie mineure. Ces voyages duraient parfois plus d'un an, souvent en compagnie d'un tuteur et devinrent une pratique normale voir obligatoire pour une bonne éducation. Elle eut pour effets de mettre en contact la haute société britannique avec l'art européen et aida à la diffusion du Palladianisme et du Néoclassicisme.

1760         Jean-Honoré Fragonard peint 'Jardins de la villa d'Este' (dessins à la sanguine sur papier)

1760         Le style Transition se distingue en juxtaposant les attributs et les ornements spécifiques du style Louis XV "rocaille" aux lignes devenues droites du style Louis XVI. Les commodes présentent une caisse droite Louis XVI aux angles en "pans coupés" dont le panneau central de la façade se détache en légère avancée : "ressaut" sur des pieds galbés Louis XV. L'ensemble des meubles comportent moins de modèles. Les marqueteries sont encore claires, plus géométriques. Toujours les fleurs dans des vases et des paniers. Les "ruines", les panneaux de laque de Coromandel sont à la mode. Les bronzes sont plus sobres, réservés aux poignées de tirage, entrées de serrures, chutes d'angles, sabots et galeries. Tous les bois précieux de l'époque précédente se retrouvent, ainsi que laque, bronze doré, dans les mêmes techniques de placage et de marquetage.

1760         Denis Diderot commence la rédaction de la 'Religieuse' (publication posthume en 1796).

1761         Mars : Affaire La Valette : le père jésuite Antoine de La Valette, qui menait depuis 1741 de fructueuses affaires à la Martinique, est ruiné par la saisie de ses navires par les Britanniques en 1755. Il ne peut pas honorer une grosse créance due à une société commerciale marseillaise. L'avocat janséniste des Marseillais fait remonter l'affaire au Parlement de Paris, qui condamne l'ordre des jésuites à verser un million et demi de livres tournois aux plaignants (mai), qui n'en verront pas la couleur. Au cours du procès, l'abbé Chauvelin dénonce le despotisme jésuitique et réclame que les constitutions de l'ordre soient soumises au Parlement (avril). Après l'échec de diverses tentatives de conciliation du Conseil d'en haut, le Parlement adopte les conclusions du conseiller janséniste L'Averdy (arrêt d'août) : elles interdisent aux jésuites le recrutement des novices et la prononciation de nouveaux voeux ; leurs congrégations et groupements sont dissout ; leurs collèges devront fermer dans un délais d'un an.

1761         13 octobre Suicide de Marc-Antoine Calas à Toulouse. L'affaire Calas est une affaire judiciaire au milieu du XVIIIe siècle (ordonnance de 1670 qui insiste sur l'aveu) dans une ville, Toulouse, influencée par l'Espagne. Cet épisode révélateur du traitement d'un suspect puis accusé, sans appui d'un avocat (remplacé par des libelles nommés factums), une hierarchie des preuves (adminicule), le secret de l'instruction, et d'une procédure inquisitoriale. Jean Calas, modeste commerçant, habitait 16 rue des Filatiers à Toulouse. Le 13 octobre 1761, son fils aîné, Marc-Antoine, se pendit dans la boutique familiale. Ne voulant pas qu'il soit considéré comme suicidé et subisse des obsèques infamantes, la famille Calas n'indiqua pas d'abord aux autorités les circonstances exactes de sa découverte et prétendirent avoir trouvé le malheureux étranglé. Mais les Calas étaient protestants et cela suffit pour que le capitoul David de Beaudrigue, convaincu par des rumeurs de voisinage alléguant la volonté de Marc-Antoine de se convertir au catholicisme, exige un complément d'enquête et fasse soumettre Jean Calas à la question. Sous la torture, le vieil homme avoua d'abord puis se rétracta. Le Parlement de Toulouse le condamna à mort le 9 mars 1762 sans être motivé. Roué (rompu) vif place Saint-Georges, Jean Calas est étranglé deux heures plus tard. Exilés, les autres fils de Jean Calas allèrent à la capitale calviniste Genève où ils rencontrèrent Voltaire qu'un marchand marseillais avait déjà informé de l'affaire. Le philosophe flaira tout de suite la bavure due à la perversité du système et utilisa son ironie corosive pour que justice soit faite.

1761         17 janvier Capitulation de Pondichéry (Inde) face aux Anglais. Pondichéry entre dans l'histoire de France lorsque la Compagnie française des Indes orientales achète en 1673 un petit village côtier au sultan de Bijapur. Pondichery devient ainsi la tête de pont des intérêts commerciaux de la France en Inde. Il faut cependant attendre 1685 pour que François Martin, nommé "directeur de la côte de Coromandel", mette Pondichéry sur la voie de la prospérité. Malheureusement, les frictions avec les Hollandais déjà bien implantés dans la région et la mort de Martin en 1706 ralentissent le développement de la ville. Il faut attendre 1726 et l'arrivée de Lenoir pour que les affaires reprennent. La ville est ensuite dirigée par Dumas en 1735 et puis par Joseph François Dupleix en 1742. C'est sous le mandat de ce dernier, et grâce à lui, que Pondichéry connaît son apogée. Grâce à ses victoire militaires contre les Anglais, il étend le territoire autour de la ville, et a beaucoup d'influence dans les affaires indiennes. Mais les actionnaires de la Compagnie française des Indes, soucieux de leurs intérêts commerciaux, et voyant d'un mauvais oeil les guerres incessantes avec les Anglais, décident de le remplacer. Dupleix quitte l'Inde le 14 octobre 1754 emportant avec lui ses rêves d'une Inde française. Son remplaçant, Godeheu, est chargé de traiter avec les Anglais. Mais la paix ne dure pas, et, malgré les victoires initiales de Lally-Tollendal, Pondichéry est prise et rasée par les Anglais le 16 janvier 1761. La France ne récupère son comptoir qu'après la signature d'un traité en 1765. Les Français en récupèrent le contrôle total seulement en 1816, sans jamais cependant y retrouver la gloire d'antan. Pondichéry n'est plus alors qu'une escale vers les colonies d'Extrême-Orient.

1761         15 août "Pacte de la famille" entre la France et l'Espagne contre l'Angleterre. le duc de Choiseul (Étienne François de Choiseul), mis à la tête des affaires en 1758, ardent patriote et habile diplomate, reprit la tradition de Louis XIV et réussit, en concluant le Pacte de Famille, à renouer l'alliance entre tous les Bourbons qui régnaient alors en Europe. L'Espagne joignit sa flotte à la flotte française, et bien que les Anglais profitèrent de cette occasion pour attaquer quelques colonies espagnoles, ils craignirent néanmoins de voir la nouvelle alliance s'augmenter et devenir plus puissante qu'eux. La paix devenait pour eux une nécessité aussi bien que pour Frédéric II de Prusse, que ses succès contre l'Autriche avaient affaibli. Le pacte de famille désigne, dans l'histoire française, l'alliance entre différentes branches des Bourbons. On peut noter l'alliance France-Espagne, traditionnelle, mais aussi des pactes de famille élargis aux Bourbons italiens. C'est aussi le traité signé le 15 août 1761, à l'instigation du duc de Choiseul (Étienne François de Choiseul), entre les rois de France, d'Espagne et le duc de Parme, et ainsi nommé parce que tous les contractants appartenaient à la famille des Bourbons, avait pour but de prévenir, par l'union des forces françaises, espagnoles et parmesanes, la supériorité de la marine anglaise. Ce traité n'eut pas tous les résultats qu'on en espérait : le roi des Deux-Siciles refusa d'y accéder. Du reste, les événements de 1789 le rompirent.

1761         Jean-Jacques Rousseau écrit 'Julie ou la Nouvelle Héloïse'.

1762         à 1765 - Durant cette période, le Parlement et la Cour s'attachèrent à préparer l'expulsion des jésuites, dont les agissements et les intentions étaient en opposition avec les intérêts du royaume. Le Parlement de Paris les condamna en 1762 et le duc de Choiseul (Étienne François de Choiseul) fit rendre contre eux en 1765 un édit de bannissement.

1762         Pierre III de Russie, débile physiquement et intellectuellement, succède à sa tante Élisabeth en janvier. Il abolit la Chancellerie secrète et supprime la torture (janvier). Les nobles sont libérés du service militaire (18 janvier). Pierre III de Russie, Pierre III Fiodorovitch est né le 21 février 1728 à Kiel. Il est le fils de Charles-Frédéric, duc de Holstein-Gottorp (de la maison d'Oldenbourg) et de son épouse la grande-duchesse Anna Petrovna Romanova, fille de Pierre Ier le Grand.

1762         10 mars Exécution de Jean Calas accusé de l'assassinat de son fils.

1762         Admirateur de Frédéric II de Prusse, Pierre III de Russie signe la paix avec la Prusse. Pierre III de Russie signe la paix avec la Prusse et renonce aux conquêtes de la Poméranie et de la Prusse orientale. Juin : Alliance entre la Russie et la Prusse. La Suède, isolée au nord, se retire de la coalition. La France doit choisir le retour à la paix.

1762         14 juin : Pierre III de Russie inaugure une Eglise luthérienne à Oranienbaum et proclame l'égalité des droits entre les Eglises protestantes et l'Eglise orthodoxe. Sa politique intérieure favorise le complot militaire (Alexis et Grégoire Orlov, N. I. Panine) qui porte sa femme Sophie d'Anhalt-Zerbst, une princesse d'origine allemande, au pouvoir sous le nom de Catherine II de Russie le 28 juin (9 juillet du calendrier grégorien). Pierre III de Russie abdique puis sera assassiné peu après, peut être par Alexis Orlov dans des circonstances mystérieuses.

1762         9 juillet : Accession au pouvoir de la tsarine Catherine II de Russie (Catherine la Grande). Catherine II de Russie (21 avril 1729 à Stettin en Poméranie - 6 novembre 1796 à Saint-Pétersbourg), née Sophie Augusta Fredericka d'Anhalt-Zerbst, surnommée Figchen, est impératrice de Russie à partir du 28 juin 1762.

1762         3 novembre Traité de Fontainebleau cédant la Louisiane à l'Espagne. Traité de Fontainebleau signé le 3 novembre 1762, par ce traité les territoires de la Louisiane situés à sur la rive droite du Mississippi (avec La Nouvelle-Orléans) sont cédés secrètement à l'Espagne par Louis XV, suite à la défaite de la France dans la Guerre de 7 Ans. Cette portion du territoire sera rétrocédée par l'Espagne à la France en 1800. Mais Napoléon la jugera indéfendable et la vendra en 1803 aux États-Unis. La partie orientale sera cédée à l'Angleterre par le Traité de Paris de 1763.

1762         Denis Diderot écrit 'Le Neveu de Rameau'.

1762         Jean-Jacques Rousseau écrit 'Du contrat social'. Rousseau publie "Du contrat social" mais est immédiatement censuré à Genève comme en France. Approfondissant ses thèses sur l'état de nature de l'homme, il s'attache dans cet ouvrage à réconcilier contrat social et liberté de chacun. Pour être juste, la société doit être gouvernée par tous, chacun doit pouvoir participer au pouvoir. Le contrat doit donc être l'expression de la volonté générale, et Rousseau en appelle en fait à une sorte de démocratie participative. Si les principes développés dans le "Contrat social" de Rousseau ne seront jamais appliqués à la lettre, ils deviendront la base de la pensée politique moderne.

1763         10 février Le Traité de Paris mit donc fin à la guerre dite de Sept ans. La France perdait au profit de l'Angleterre, l'Acadie, le Canada, le golfe de Saint-Laurent, plusieurs des Antilles, le Sénégal et presque toutes ses possessions de l'Inde. La Louisiane était abandonnée à l'Espagne. C'est de cet événement que date la puissance coloniale de l'Angleterre. Le traité de Paris de 1763 met fin à la guerre de Sept Ans et réconcilie, après trois ans de négociations, la France, la Grande-Bretagne et l'Espagne. Il est signé le 10 février 1763. En prélude à ce traité, le 8 septembre 1760, le gouverneur Vaudreuil cédait la Nouvelle-France face à la force d'invasion britannique à Montréal. Mais les alliés autochtones des Français avaient conclu une entente avec les Britanniques à Oswegatchie (25 août), tout comme l'avaient fait à Longueuil les Hurons de Lorette (5 septembre) et la colonie demeurait donc sous occupation et sous régime militaires (1760-1763) jusqu'à la négociation d'un traité de paix définitif. Aux termes du traité, la Grande-Bretagne obtient de la France l'île Royale (île du Cap-Breton) et le Canada, y compris le bassin des Grands Lacs et la rive gauche du Mississippi. L'Espagne lui cède, quant à elle, la Floride. La France conserve des droits de pêche à Terre-Neuve et dans le Golfe du Saint-Laurent. Elle acquiert Saint-Pierre-et-Miquelon et recouvre ses lucratives possessions dans les Antilles, ses comptoirs en Inde (Pondichéry) et son poste de traite des esclaves sur l'île de Gorée (Sénégal). Conformément à la capitulation conditionnelle de 1760, la Grande-Bretagne garantit une liberté de religion limitée aux Canadiens. Le bilan de ce traité est très positif pour la Grande-Bretagne qui acquiert un grand empire ; presque honorable pour la France qui demeure en mesure de défier la flotte anglaise ; mais décevant pour l'Espagne qui n'atteint aucun de ses objectifs.

1763         13 février : Traité de Hubertusburg, en Saxe, entre l'Autriche, la Saxe et la Prusse. Retour au statu quo ante. Marie-Thérèse confirme la possession de la Silésie par la Prusse contre la promesse d'obtenir la voix de Frédéric II de Prusse pour son fils lors de l'élection impériale. L'électeur de Saxe retrouve son territoire et son électorat. Le traité de Hubertusburg, en français Hubertsbourg, fut signé le 16 décembre 1763 entre Frédéric II de Prusse et Marie-Thérèse Ière d'Autriche et mit fin à la troisième guerre de Silésie. Par ce traité, la Prusse garda la Silésie mais dut rendre la Saxe. Il fut signé signé cinq jours après le traité de Paris qui mit fin à la Guerre de Sept Ans.

1763         29 octobre Sade est emprisonné à Vincennes. A 24 ans le Marquis Donatien Alphonse François de Sade est incarcéré sur ordre royal, au donjon de Vincennes. Cet emprisonnement sera le premier d'une longue série. Il sera accusé de "débauche outrée" à plusieurs reprises et ses libertinages lui voudront 30 années de prison tout au long de sa vie.

1763         James Watt perfectionne la machine à vapeur (1763-1800). James Watt (19 janvier 1736 - 19 août 1819) était un mathématicien et ingénieur écossais dont les améliorations à la machine à vapeur furent une étape clé dans la révolution industrielle.

1763         mort de l'abbé Prévost.

1763         mort de Marivaux.

1764         15 avril Mort de Madame de Pompadour. La marquise de Pompadour meurt à quarante-deux ans d'une maladie indéterminée. Au curé venu la confesser et qui vient de lui donner l'absolution, la marquise dit, alors qu'il se lève pour partir : “Un moment, monsieur le curé, nous partirons ensemble”. Avec une exquise politesse, elle ne le fit pas attendre. Le roi, voyant passer le convoi sous une pluie battante, dit : “La marquise n'aura pas beau temps pour son voyage”.

1764         A la suite de l'affaire La Valette (1761), les parlements, exprimant leurs sympathies jansénistes, gallicanes et régalistes, réussissent à imposer au roi la suppression de la Compagnie de Jésus. Dissolution de la Compagnie de Jésus en France. Les Jésuites furent chassés du Portugal en 1759, de France en 1764, d'Espagne en 1767 et suscitèrent une telle opposition que le pape Clément XIV supprima l'ordre en 1773. La bulle débutait par la clause ad perpetuam rei memoriam et on pouvait y lire: "Il est à peu près impossible que, la société des Jésuites subsistant, l'Église puisse jouir d'une paix véritable et permanente". L'Ordre sera cependant rétabli en 1814, mais les attaques continuèrent tout au long du XIXe siècle.

1764         Construction du Panthéon et de la Madeleine à Paris. Le Panthéon de Paris est un bâtiment situé sur la montagne Sainte-Geneviève, dans le Ve arrondissement de Paris, en plein quartier latin. En 1744, Louis XV, souffrant d'une grave maladie, fit le voeu de créer une église dédiée à sainte Geneviève s'il survivait. Rétabli, il chargea le marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments, de l'édification de l'église en lieu et place de l'ancienne abbaye de Sainte-Geneviève, alors en ruine. En 1755, le marquis de Marigny confia la responsabilité des plans à l'architecte Jacques-Germain Soufflot. L'Assemblée nationale décida d'utiliser l'édifice qui vient d'être achevé et n'est pas encore consacré comme église afin qu'il serve de nécropole aux grands hommes de France. Le bâtiment fut modifié en ce sens, et au fronton est placé l'inscription "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante". L'église de la Madeleine dans le VIIIe arrondissement de Paris, a connu une construction qui s'est étalée sur 85 ans en raison des troubles politiques en France à la fin du XVIIIe siècle, et au début du XIXe siècle. Sous l'Ancien Régime : la première pierre fut posée sous le règne de Louis XV, le 3 août 1763, par le roi en personne. Le projet de l'architecte Pierre Contant d'Ivry (1698-1777) prévoyait une croix latine, dominée par un dôme analogue à celui du Panthéon de Paris. Les changements politiques intempestifs de l'époque en modifièrent les plans, ce qui ne l'empêcha pas de devenir une parfaite illustration du style architectural néoclassique. Conçu par Napoléon Ier comme un temple à la gloire de sa Grande Armée en 1806, le bâtiment faillit être transformé en 1837 en gare ferroviaire, la première de Paris, avant de devenir une église en 1845. Jacques-Germain Soufflot (22 juillet 1713, Irancy - 29 août 1780, Paris) est un grand architecte français. Son oeuvre la plus connue n'est autre que l'église Sainte-Geneviève à Paris (qui lui fut bien entendu commandée par le marquis de Marigny), nommée Panthéon à partir 1791, et où il repose depuis 1829. Soufflot a été l'un des principaux artisans du retour au "grand goût" dans les années 1750, mouvement qui s'opposait à l'art rocaille. Son architecture reprend des principes de l'architecture gothique adaptés à un vocabulaire antique et classique comparable à celui de Claude Perrault (architecte de la colonnade du Louvre).

1764         Voltaire écrit 'Dictionnaire philosophique'.

1765         9 mars Jean Calas est innocenté par le Conseil d'État. Calas, négociant protestant accusé sans preuves d'avoir étranglé son fils, avait été soumis à la question puis exécuté à la suite d'un procès qui s'était déroulé dans un climat de haine. Il est réhabilité à titre posthume, en grande partie grâce à l'intervention de Voltaire.

1765         25 mars Réforme militaire de Gribeauval. Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval (15 septembre 1715 - 9 mai 1789 à Paris) est un officier et ingénieur français. Il est promu maréchal de camp. En 1764 il est nommé inspecteur de l'artillerie. En 1764, il devient lieutenant général et commandeur de l'ordre de Saint-Louis. Dès 1765, il participe à la modernisation du corps des mines et de l'artillerie. Tombé en disgrâce en 1774, il est rappelé en 1776 par le ministre de la Guerre, Saint-Germain (Claude-Louis, comte de Saint-Germain), qui lui demande de poursuivre l'oeuvre de rénovation entreprise. Impressionné par les réformes opérées dans l'artillerie Prussienne et autrichienne, il s'attache à rationaliser l'artillerie et à la rendre à la fois plus résistante et plus mobile sur le champ de bataille. Avec son collègue Vallière il standardise et diminue le nombre des calibres de canons. On lui doit le fameux canon Gribeauval, qui donnera à l'artillerie française une supériorité manifeste sur celles des autres armées européennes sous la Révolution, notamment lors de la bataille de Valmy (1792) gagnée sur la Prusse grâce à l'artillerie. Claude-Louis, comte de Saint-Germain est un militaire et un homme d'Etat français, né le 15 avril 1707 au château de Vertamboz (Jura) et décédé le 15 janvier 1778 à Paris.

1765         11 novembre Arrestation de La Chalotais (procureur général du Parlement de Bretagne). A l'instigation du procureur général Caradeuc de La Chalotais, les magistrats bretons s'opposent au gouverneur de la province, le jeune duc d'Aiguillon (Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis), qui désire lever un impôt supplémentaire. Ils démissionnent en bloc le 12 mai 1765. Mais le roi fait arrêter La Chalotais, ennemi des Jésuites et acquis aux idées "philosophiques", et réduit le Parlement à l'obéissance. Comme le Parlement de Paris rejoint celui de Rennes, il lui impose à son tour le silence. De sa prison, La Chalotais continue d'agiter les esprits. Le duc de Choiseul (Étienne François de Choiseul), qui est arrivé à la tête du gouvernement grâce à l'appui de l'ancienne favorite du roi, hésite à sévir contre les empiètements des parlementaires sur le pouvoir royal. Favorable aux "philosophes", aux Encyclopédistes et sensible à l'esprit des "Lumières" comme son ancienne protectrice, la marquise de Pompadour, morte quelques mois plus tôt, il plaide la clémence auprès du roi. La Chalotais, Jacques Raoul de Caradeuc, marquis de Chalotais (1728-1794) fut un des principaux adversaires du duc d'Aiguillon (Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis) dans l'Affaire de Bretagne.

1765         20 décembre Mort du dauphin, Louis de France (père de Louis XVI). Le Dauphin (Louis de France), qui, âgé de trente-six ans, meurt en ce jour, il venait de remettre quelques jours plus tôt au roi Louis XV, son père, un mémoire où il l'invitait à se défier de la prétention au pouvoir des parlements : “Une fermeté inébranlable est le seul moyen de conserver et vos jours et votre autorité ; il est triste de se faire craindre, mais il est encore plus triste d'avoir à craindre”. A son médecin qui se désole de ne pas trouver le remède qui viendrait à bout du mal qui le conduit à la mort, le Dauphin confie : “Rassurez-vous, vous savez que je ne crains pas la mort”. Et à sa femme enfin, il dit : “Que je suis aise de te voir et que je t'aime”.

1765         Nicolas Baudeau écrit 'Idées d'un citoyen sur les besoins, les droits et les devoirs des vrais pauvres'. Nicolas Baudeau, théologien et économiste de la deuxième moitié du XVIIIe siècle est entré dans les manuels d'histoire de la pensée économique grâce notamment à sa position de fondateur de la première revue d'économie en France : 'Les éphémérides du citoyen' qu'il créa en 1765. Bien connu aussi pour avoir pris position contre la doctrine des physiocrates puis pour s'être ensuite rallié à cette même pensée, cet esprit libre et éclairé mena une carrière d'ecclésiastique et d'historien, avant d'être reconnu comme "économiste".

1766         23 février Mort de Stanislas Leszczynski, roi de Pologne, qui lègue la Lorraine et Bar à la France. Dans la chambre de son château de Lunéville, le vieux roi Stanislas, âgé de quatre-vingt-huit ans et qui n'y voit plus guère, se penche sur le foyer pour ranimer le feu. Il ne voit pas que sa robe de chambre s'enflamme. En raison du protocole qui lui interdit de rentrer, un garde ne pousse pas la porte en dépit de l'odeur de chair brûlée. Avant de mourir, Leszczynski confie à la reine de France, Marie Leszczynska, sa fille : “Vous m'aviez conseillé de me garder du froid, vous auriez mieux fait de me dire de me préserver du chaud”. A sa mort, la Lorraine revient à la couronne de France.

1766         3 mars Louis XV rappelle au Parlement qu'il est maître du pouvoir législatif ce qui provoque la colère des parlementaires.

1766         1er juillet Exécution du chevalier de La Barre pour sacrilège à Abbeville. Chevalier de la Barre, François Jean Lefebvre, dit Chevalier de la Barre, issu d'une famille noble, né en 1746 au château à Férolles-en-Brie. Vers 16 ans il fut, ainsi que son frère Jean-Baptiste, envoyé à Abbeville chez sa tante Anne Marguerite Feydeau, abbesse de Willancourt. Parce qu'Abbeville était une ville pieuse et conservatrice, les deux fils de La Barre, d'esprit anticléricaux, furent mal vus dès leur arrivée. François Jean sera impliqué dans deux affaires au départ distinctes : mutilation du crucifix du Pont-Neuf et perturbation d'une procession religieuse. Il aurait couru au sein de la procession et n'aurait pas ôté son chapeau.

1766         Décembre : Début du tour du monde de Bougainville (fin en mars 1769). Il parcourt l'Atlantique et découvre dans le Pacifique Tahiti (1768), les Samoa, les Salomon. Louis Antoine de Bougainville né à Paris le 11 novembre 1729, mort à Paris le 31 août 1811, fut un navigateur et explorateur français.

1766         Jean-Jacques Rousseau achève la rédaction des "Confessions". Il avait débuté trois ans plus tôt cette autobiographie, après la parution du pamphlet "Le sentiment des citoyens". Publié anonymement, ce texte de Voltaire attaquait violemment Rousseau, notamment à propos de l'abandon de ses enfants. Ce dernier y répond en se mettant à nu dans "une entreprise qui n'eut jamais d'exemple et dont l'exécution n'aura point d'imitateur". Le texte, avant de devenir une référence de la littérature française, n'aura aucun écho lors des lectures que Rousseau en fera et ne serat publié qu'à titre posthume.

1766         Turgot écrit 'Réflexions sur la formation et la distribution des richesses'. Turgot, Anne Robert Jacques Turgot, baron de Laune, souvent appelé Turgot (Paris 10 mai 1727–18 mars 1781), homme politique et économiste français. Ami des philosophes et collaborateur de 'l'Encyclopédie', c'est un économiste libéral ; intendant de Limoges de 1761 à 1774, il transforme le Limousin grâce à ses réformes économiques et financières. Il devient secrétaire d'État à la Marine en juillet 1774, puis Contrôleur général des Finances au mois d'août suivant. Pratiquant une politique très stricte, il parvient à rembourser une partie des dettes du royaume, mais s'attire l'hostilité des privilégiés ; il institue ensuite la liberté du commerce et de la circulation des grains, mais il doit faire face à des émeutes qui éclatent, suite à une mauvaise récolte, au printemps de 1775. En 1776, il supprime les corporations et remplace la corvée royale par une taxe en argent. Sous la pression des privilégiés, il est renvoyé le 12 mai 1776.

1766         à 1817 - naissance et mort de Anne Louise, Baronne de Stael. Femme de lettres française. Fille de Necker, Madame de Stael reçoit une excellente éducation, et épouse à vingt ans l'ambassadeur de Suède. Dans le salon de sa mère, elle croise Buffon, Grimm et Gibbon. On a dit d'elle qu'elle valait plus que son oeuvre, et que ses fréquentations lui donnaient un crédit. C'est en partie vrai, du moins pour ses débuts d'écrivain. Malgré un mariage malheureux, elle s'épanouit et s'ouvre aux sentiments de la justice. 'De la littérature considérées dans ses rapports avec les institutions sociales' qui paraît en 1800 est unaniment critiqué mais défendu par Chateaubriand. En 1802, son mari décède et elle publie 'Delphine'. Elle voyage alors en Allemagne, s'enthousiasme pour Goethe et Schiller. Consignée à résidence par Napoléon, lequel s'inquietait que son salon reçoive les mécontents du régime, elle écrit 'Corinne ou l'Italie', fêté par les romantiques qui y voient l'idéal de l'amour. Elle est morte en 1817 à Paris.

1766         à 1844 - naissance et mort de John Dalton. Chimiste et physicien britannique. Fils d'un tisserand, il devint instituteur et plus tard professeur de mathématiques et physiques à Manchester. Sa vie fut dominée par ses conceptions religieuses et par la science. Un riche ami l'initia à la météorologie. En 1787, il commença à noter quotidiennement les circonstances atmosphériques avec une grande précision, jusqu'à sa mort. En 1793, il publia un livre très complet sur la météorologie. Il écrivit également un traité sur la dyschromatopsie (daltonisme), maladie dont il souffrait. Il fit de nombreuses expériences sur les gaz qui lui permirent plus tard d'élaborer la théorie des atomes. En 1800, il quitta son poste de professeur pour se consacrer uniquement à la recherche scientifique. Entre 1808 et 1827 il publia son célèbre ouvrage : 'A new system of chemical philosophy'. La théorie qui y était développéé se fondait sur trois suppositions : 1- Tous les corps sont constitués de particules minuscules, indivisibles et indestructibles, qu'on appelle atomes. 2- Les atomes d'un élément déterminé sont égaux les uns aux autres, également en poids, mais ils diffèrent des atomes des autres éléments. 3- Lorsque différents éléments s'associent pour former des corps composés, les atomes s'assemblent toujours selon une proportion numérique simple, comme 1 sur un, 2 sur un ou 3 sur 4. Grâce au style clair et simple de Dalton, sa théorie des atomes fut acceptée par les autres savants sans aucune opposition. Etant quaker, Dalton était toujours très modeste et indifférent à sa réputation et aux honneurs dont on le comblait de partout. En 1832, on parvint à le convaincre d'accepter le titre de docteur honoris causa de l'université d'Oxford. Dalton était embêté car ses amis insistaient pour le présenter au roi. En effet, l'habit était rouge écarlate et les quakers ne devaient pas porter cette couleur. Ne voulant pas décevoir ses amis, il leur dit que pour lui la robe était grise pour un daltonien. Cet homme illustre mais très simple mourut le 27 juillet 1844 à Manchester.

1767         Jean-Honoré Fragonard peint 'L'Escarpolette’

1767         Voltaire écrit 'L'Ingénu’

1768         Le duc de Choiseul (Étienne François de Choiseul), qui fut un excellent ministre, s'employa activement au relèvement de la France, par le commerce, la marine et l'industrie. Il conclut de nombreux traités avantageux pour la France. En 1768, il se fit céder par la République de Gênes l'île de Corse. La Corse est une île en mer Méditerranée et une région française. Elle est rattachée à la France depuis 1768 et fait partie de la métropole.

1768         15 mai Traité de Versailles portant sur l'achat de la Corse à Gênes. Gênes cède l'île de la Corse contre 40 000 000 livres. L'édit de réunion est signé par Louis XV, mais c'est son ministre Choiseul qui a mené les négociations. Le traité de Versailles du 15 mai 1768, rattache la Corse à la France. Depuis 1284, la Corse est sous domination de la république de Gênes. Au XVIIIe siècle les Corses luttent contre les Génois. Un aventurier allemand Théodore de Neuhoff, se proclame roi de Corse, avec la complicité des Provinces-Unies et de l'Angleterre (qui en mer Méditerranée possède déjà Minorque et Gibraltar). Le duc de Choiseul (César Gabriel de Choiseul-Praslin), secrétaire d'État aux Affaires étrangères de Louis XV, rachète à Gênes ses droits sur l'île (en résignant les créances que la France a sur Gênes). Ce n'est qu'après une difficile expédition militaire contre les Corses soulevés que la France se rend maîtresse de l'île (mai 1769).

1768         24 juin Mort de Marie Leszczynska, reine de France.

1768         16 septembre Maupeou est nommé chancelier. Maupeou, René Nicolas Charles Augustin de Maupeou, homme politique français né à Montpellier en 1714, mort à Le Thuit en 1792, Maupeou est le premier président du parlement de Paris de 1743 à 1757, garde des Sceaux de 1763 à 1768. Nommé chancelier de France en 1768 (le dernier sous l'Ancien Régime), il contribue à la disgrâce de Choiseul (César Gabriel de Choiseul-Praslin). Aidé de l'abbé Terray aux Finances et du duc d'Aiguillon (Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis) aux Affaires étrangères, il entame la lutte contre l'opposition parlementaire. Appuyé de Louis XV, Maupeou devant la résistance des parlements aux réformes financières de l'abbé Terray, condamne l'unité de corps des parlements, puis, devant leur refus de se soumettre à l'autorité royale, il les exile et confisque leurs charges aux parlementaires (1770-1771). Il crée alors un nouveau parlement, dont les membres seront appointés et révocables. Malgré les protestations des anciens parlementaires et de l'aristocratie, la réforme est maintenue jusqu'à la mort de Louis XV. Louis XVI, dès son avènement en 1774 renvoi Maupeou et rappelle les parlements.

1768         Le chimiste suédois Scheele (1742-1786) isole l'hydrogène, puis de nombreux composés. Il observera en outre le noircissement du chlorure d'argent à la lumière et l'absorption des gaz par le charbon de bois. Carl Wilhelm Scheele (1742-1786) était un chimiste suédois. Il découvre l'oxygène en 1772, un peu avant le chimiste Joseph Priestley à qui l'on attribua cette découverte. Scheele a découvert d'autres éléments chimiques : le baryum, le chlore et le manganèse en 1774, le molybdène en 1778 et le tungstène en 1781, et des composés chimiques : l'acide citrique, le cyanure d'hydrogène, le fluorure d'hydrogène et l'hydrogène sulfuré. En 1783, il obtient de la glycérine en faisant bouillir de l'huile d'olive avec de l'oxyde de plomb.

1768         26 août James Cook quitte le port de Plymouth à bord d'une petite frégate, l'Endeavour, qu'il rendra célèbre. James Cook est né le 27 octobre 1728 à Marton-in-Cleveland, dans une famille d'ouvriers agricoles du Yorkshire. Ayant appris le métier de marin avec des pêcheurs de sa région, il se révèle un navigateur hors pair et également un excellent cartographe. C'est ainsi que le gouvernement britannique lui confie la mission d'explorer les terres australes et l'océan Pacifique. Il aborde à Tahiti, découvre les îles de la Société, fait le tour de la Nouvelle-Zélande et explore la côte de l'Australie. Il regagne l'Angleterre au bout de deux ans avec 30 000 spécimens de la flore et de la faune océaniennes. Il repart à la recherche d'un éventuel continent austral, franchit le cercle polaire antarctique et acquiert la preuve de son inexistence. Au cours d'un troisième voyage, il découvre le 18 janvier 1778 les îles Hawaii, tente de remonter vers le détroit de Béring, à la recherche d'un hypothétique passage du Nord-Ouest et doit rebrousser chemin. Il est tué par les indigènes des îles Hawaii le 14 février 1779. Cultivé et humain, James Cook témoigne dans ses expéditions d'une nature généreuse digne de l'époque des Lumières.

1768         Dupont de Nemours économiste et homme politique français écrit 'Physiocratie ou Constitution naturelle du gouvernement le plus avantageux au genre humain'. Pierre Samuel du Pont de Nemours (né 1739 à Paris - mort en 1817 à Eleutherian Mills aux États-Unis) était un entrepreneur français. Son nom était à l'origine Dupont mais il y ajouta le nom de la ville au sud de Paris.

1768         à 1848 - naissance et mort de François René, vicomte de Chateaubriand. Homme politique et écrivain français. François René de Chateaubriand a vécu quatre-vingt ans de l'histoire de France, a traversé les régimes politiques, a voyagé sur tous les continents, et a réussi à allier à ces expériences le temps de la réflexion et de l'écriture. Ne pouvant faire un choix entre l'Église et la marine, il y renonce et fuit la Révolution française en gagnant l'Amérique. A son retour, le double deuil de sa mère et de sa soeur l'incite à écrire 'Le génie du christianisme'. Chateaubriand décide alors de consacrer sa vie à la littérature et à la politique. Ainsi, il est nommé secrétaire d'ambassade par Napoléon Bonaparte. Mais il prend peu à peu des distances avec la vie politique et se remet à l'écriture. Ses écrits regroupent des oeuvres de voyages, des essais sur le catholicisme, des récits, et ses mémoires, 'Mémoires d'outre-tombe' dans lesquelles il se révèle être le grand précurseur du romantisme français.

1768         Nicolas Restif de la Bretonne écrit 'Glossographe de la langue réformée’

1769         L'agronome Parmentier use d'un stratagème, grâce auquel la culture et la consommation de la pomme de terre se généralisent désormais en France. Il faut savoir que ce légume était rendu coupable de tous les maux, et plus particulièrement on l'accusait de transmettre la lèpre. Antoine Augustin Parmentier est un agronome, nutritionniste et hygiéniste français (Montdidier 17 août 1737 - Paris 17 décembre 1813). Il est pharmacien aux armées pendant la guerre de Sept Ans, contre l'Angleterre et la Prusse. Au cours de son incarcération en Allemagne, il découvre la qualité nutritive d'une plante de la famille des solanacées, la pomme de terre. À son retour en France, il participe en 1771 à un concours ouvert par l'académie de Besançon sur le remplacement du blé dans la fabrication du pain et rédige un mémoire sur la pomme de terre, qui le rend célèbre. Il essaye, avec l'appui du roi Louis XVI, de développer la culture de la pomme de terre en créant une plantation de ce tubercule dans la plaine des Sablons, à Neuilly.

1769         13 août Suppression du monopole de la compagnie des Indes.

1769         13 août naissance de Napoléon Bonaparte. Napoléon Bonaparte (Ajaccio, 15 août 1769 – Sainte-Hélène, 5 mai 1821), général de la Révolution, dirigea la France à partir de la fin 1799 et fut Empereur des Français, sous le nom de Napoléon Ier, de 1804 à 1814, puis à nouveau en 1815. Il conquit et gouverna la plus grande partie de l'Europe continentale et plaça ses maréchaux et ses frères sur les trônes de plusieurs royaumes européens : Espagne, Naples, Westphalie, Hollande, et Suède.

1769         29 décembre L'abbé Terray est nommé contrôleur général des finances. L'abbé Joseph Marie Terray (1715-1778), dernier contrôleur général des Finances de Louis XV et très bref directeur des Bâtiments du Roi avant l'avènement de Louis XVI en 1774.

1769         invention du fardier de Cugnot par Joseph Cugnot. France Joseph Cugnot est le premier à appliquer le principe de la machine à vapeur perfectionnée par James Watt à la locomotion. Il propose au ministre de la Guerre, le duc de Choiseul (Étienne François de Choiseul), une traction remplaçant avantageusement le cheval, 'l'automobile'. Lors de son essai, il ne put être arreté avant de défoncer un mur en brique. Cela et des difficultés budgétaires bloquèrent le projet. Nicolas-Joseph Cugnot (25 septembre 1725 - 2 octobre 1804) est un ingénieur militaire français connu pour avoir créé la première automobile.

1769         Denis Diderot écrit 'Le Rêve de d'Alembert’

1769         invention du métier à filer (hydraulique) par Richard Arkwright. Sir Richard Arkwright (1732-1792), mécanicien et inventeur anglais, il met au point une machine à vapeur permettant de filer le coton.

1770         En cette année, le duc de Choiseul (César Gabriel de Choiseul-Praslin), combattu par la favorite de Louis XV, la comtesse du Barry, fut disgracié. Le prétexte de son renvoi fut l'appui qu'il donnait au Parlement, lequel était en lutte avec la Cour. Comtesse du Barry, Jeanne du Barry (19 août 1743 - 8 décembre 1793) était une courtisane qui devint la maîtresse de Louis XV de France, et fut titrée comtesse du Barry. Jeanne ne cherche pas à jouer de rôle politique ; elle égaie le roi en digne remplaçante de la Pompadour. Elle bénéficie d'une rente mirifique et reçoit des bijoux somptueux et des domaines (Louveciennes, non loin de Marly-le-Roi, et Saint-Vrain). Jeanne obtient le renvoi de Choiseul et le fait remplacer par le duc d'Aiguillon (Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis).

1770         16 mai Le futur Louis XVI épouse Marie-Antoinette d'Autriche. Marie-Antoinette d'Autriche, Marie-Antoinette Josèphe Jeanne de Habsbourg-Lorraine (Vienne, 2 novembre 1755–†Paris, 16 octobre 1793), princesse royale de Hongrie et de Bohême, archiduchesse d'Autriche, reine de France et de Navarre (1774–1793), plus connue sous le nom de Marie-Antoinette d'Autriche.

1770         7 décembre Édit de discipline de Maupeou contre le Parlement ce qui provoque la colère des parlementaires.

1770         24 décembre Le duc d'Aiguillon (Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis) remplace le duc de Choiseul (César Gabriel de Choiseul-Praslin) au secrétariat d'État aux affaires étrangères. L'abbé Terray, le duc d'Aiguillon et le chancelier Maupeou ont comploté contre Choiseul, qui tombe en disgrâce. L'appui que Choiseul a donné au Parlement tient lieu de prétexte. Ordre lui est intimé de quitter la Cour à l'instant. Comme il se doit, ceux qui ont provoqué sa chute se partagent sa place. Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis de Richelieu, duc d'Aiguillon, (1720-1788), homme d'État français, ministre de Louis XV. Emmanuel Armand est maréchal de camp (1748) puis duc et pair de France (1750) avant de devenir gouverneur de Bretagne en 1753. Suscitant dans ces états un mécontentement général, bien que soutenu par le parti dévot, il entre alors en conflit avec le procureur général, La Chalotais. En 1764, le duc d'Aiguillon est accusé d'abus de pouvoir devant le parlement de Bretagne et est révoqué par Choiseul et le parlement de Paris, solidaire, en 1768. Deux ans plus tard, Louis XV le disculpe. Le duc d'Aiguillon (Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis) contribue à la chute du duc de Choiseul (César Gabriel de Choiseul-Praslin) et, en 1771, forme avec Maupeou et l'abbé Terray un "triumvirat" aux visées absolutistes. Ministre des Affaires étrangères (1771) et de la Guerre (1774), il est destitué de ses fonctions à l'avènement de Louis XVI (1774).

1770         Jean-Honoré Fragonard peint 'les baigneuses’

1770         à 1827 - naissance et mort de Ludwig van Beethoven. Compositeur allemand, il est une des figures les plus marquantes de toute l'histoire de la musique classique. Tout d'abord, il est le seul génie de sa génération. Il a sacrifié toute sa vie à la musique car il aimait par dessus tout son art. Cette musique, il l'a composée à l'identique de sa personnalité. Après lui, personne n'écrira comme on n'écrivait avant lui. L'influence qu'il a eue sur les compositeurs venus après lui est considérable. Beethoven détiendra longtemps le titre officiel du plus grand compositeur. Après la seconde guerre mondiale, c'est Wolfgang Amadeus Mozart qui commencera à le lui disputer. Mais Beethoven est le seul parmi tous les plus grand compositeurs a avoir occupé le rang suprême depuis sa mort. Ludwig van Beethoven a composé un grand nombre d'oeuvres pour le piano : cinq concertos, trente deux sonates pour piano seul et dix pour piano et violon, cinq pour piano et violoncelle, de nombreuses séries de variations pour piano... La musique de Ludwig van Beethoven est souvent classée à la frontière de la musique classique et de la musique romantique, mais c'est le mot expressive qui lui conviendrait mieux car sa musique est empreinte de la douleur de son existence. On dit qu'il a fait accomplir à l'écriture du piano un pas de géant notamment par sa conception quasi symphonique du clavier, à suggestions orchestrales. Sa relation à la musique fut douloureuse dans le sens où, contrairement à Mozart, la composition ne lui fut pas facile, devant se "morfondre" pour arriver à créer, son inspiration n'étant pas immédiate.

1770         à 1831 - naissance et mort de Friedrich Hegel. Philosophe allemand. La jeunesse de Hegel est marquée par la patience et le labeur. L'enfant lit beaucoup mais ne fait pas preuve de dons particuliers, le déclic aura lieu en 1788 alors qu'il suit les cours de la faculté de Thubingen, qu'il s'interesse aux thèses de la révolution française, et qu'il fait la rencontre d'Hölderlin et de Schelling. Appellé à enseigner à Iéna, Hegel publie plusieurs articles et développe son système, qu'il expliquera dans 'La phénoménologie de l'esprit'. Pourtant il doit accepter le poste ingrat de directeur d'un quotidien provincial et se morfond dans l'amertume. Il en est tiré par une proposition d'enseignement à Heidelberg, où il commence à fonder son école. La publication de 'L'encyclopédie des sciences philosophiques' lui vaut une renommée immédiate et des étudiants accourent de toute l'Allemagne pour suivre ses cours. Il meurt en 1931, des suites d'une épidémie de choléra. Rappelons qu'une faible partie de son oeuvre avait été publiée de son vivant, et qu'il fallut attendre la publication des notes de cours de ses élèves pour que soit connu l'essentiel de son système.

1770         Abbé Raynal écrit la première édition de 'L'Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes'. L'Abbé Raynal, Guillaume Raynal, né en 1713 dans l'Aveyron, est souvent appelé l'abbé Raynal, nom qu'il doit à son appartenance momentanée à la Compagnie de Jésus. Il publie de nombreux ouvrages historiques ou philosophiques d'intérêt médiocre avant la sortie, en 1770, de son 'Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes' qui sera plusieurs fois rééditée dans la décennie suivante et condamnée en 1781. Il s'agit d'un de ces voyages philosophiques à la mode à l'époque, faiblement documenté mais prétexte à réflexions sur la loi naturelle et dénonciations du despotisme et du clergé ainsi que du colonialisme. Certains passages réussis qui le doivent parfois à d'Holbach ou Diderot le feront avantageusement comparer à Voltaire ou Rousseau.

1771         20 janvier Exil du Parlement de Paris. A la suite du coup de force du garde des sceaux de Louis XV, Maupeou, contre le Parlement, cent trente magistrats qui refusent de se soumettre sont démis de leur fonction et exilés. Le chancelier de Maupeou, créature du parti ennemi du duc de Choiseul (Étienne François de Choiseul), prit la place de ce dernier. Incapable, corrompu et vindicatif, Maupeou fit expier au Parlement ses velléités d'indépendance: les meilleurs de ses membres furent exilés, et le ministre forma un parlement de son choix (le Parlement Maupeou), dont la composition le fit tourner en dérision. Pendant ce temps, l'abbé Terray que Maupeou s'était adjoint pour les finances, gaspillait les deniers publics et laissait la concussion et la spéculation achever la ruine de l'État. Le duc d'Aiguillon (Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis), chargé des affaires étrangères, mais médiocre diplomate, complétait ce triumvirat dont l'administration acheva de consommer le discrédit et l'appauvrissement de la France..

1771         à 1832 - naissance et mort de Walter Scott (14 août 1771 à Édimbourg - 21 septembre 1832) à Abbotsford fut un poète et un écrivain. Il est l'auteur d''Ivanhoé' qui met en scène Richard Coeur de Lion et Robin Hood. Il fut à l'origine de la mode du roman historique en Europe (Hugo, etc.).

1772         Partage (sans protestation de Louis XV) de la Pologne par la Prusse, la Russie et l'Autriche. Premier partage (démembrement) de la Pologne entre la Russie, l'Autriche et la Prusse : par le traité de Saint-Pétersbourg, la tsarine Catherine II de Russie s'entend avec le roi de Prusse Frédéric II de Prusse et l'archiduchesse d'Autriche Marie-Thérèse pour enlever à la Pologne un tiers de son territoire. Partitions de la Pologne, les termes partages de la Pologne sont habituellement employés en français pour désigner les divisions successives de la Pologne au XVIIIe siècle (1772, 1793, 1795) entre la Russie, la Prusse et l'Autriche. Il s'agit là de la période la plus sombre de l'histoire de la Pologne car des structures de gouvernement rigides ont amené le pays à disparaître. Première partition de la Pologne (1772), cette première division est survenue après des victoires successives de la Russie contre les possessions européennes de l'Empire Ottoman. Après ces succès, l'Autriche se sentit menacée par la montée de la puissance russe et menaçait d'entrer en guerre contre celle-ci. Frédéric II de Prusse pour éviter un tel conflit réussit à détourner l'expansionnisme russe vers la Pologne dont le gouvernement était structurellement faible et qu'une guerre civile ravageait depuis 1768. Le roi Friedrich II a écrit (catholiques) à l'impératrice Maria Thersia dans une lettre sur la participation à la première division de la Pologne : "Des Katharina et moi-même sont des voleurs simples. Je ne saurais que volontiers comment l'impératrice a calmé ses Beichtvater ? Elle a pleuré, quand elle a pris ; plus elle a pleuré, plus elle a pris !". Le 5 août 1772, la Russie, la Prusse et l'Autriche signaient un traité, ratifié le 30 septembre par le parlement polonais, qui amputait la Pologne de 40% de sa population et du tiers de son territoire: La Russie recevait les territoires à l'est de la ligne formait par les rivières Dvina, Drut, et Dnieper. La Prusse obtenait la riche région de la Prusse royale avec Dantzig, Torun et la partie nord de la Grande Pologne. L'Autriche obtenait la Petite Pologne (Malopolska), le sud de la rivière Vistule et l'ouest de la Podolie.

1773         Fondation du Grand Orient de France. Le Grand Orient de France (GODF) est une obédience maçonnique dite libérale, ou adogmatique, par opposition à la Franc-Maçonnerie Régulière et Traditionnelle qui, elle, respecte les préceptes dits de régularité créés par la Grande Loge Unie d'Angleterre en 1927. Elle s'est scindée en 1913, créant la Grande Loge nationale française. Elle est né en 1773 d'une scission de la Grande Loge de France de l'époque. La Grande Loge nationale française (GLNF) est une obédience maçonnique née en 1913 d'une scission du Grand Orient de France (GODF) et revendique 32 000 membres. De nombreux membres de la Grande Loge de France (GLDF) l'ont rejointe à l'époque en quête de reconnaissance par la Grande Loge Unie d'Angleterre (UGLE). La GLNF est en effet la seule obédience française à être reconnue comme régulière par la Grande Loge unie d'Angleterre parce qu'elle pratique le rite dit "régulier" et théiste. La Grande Loge de France de 1728, fut la première Grande Loge de France, fondée en 1728. En 1773, une scission donna naissance au Grand Orient de France qui est aujourd'hui le chef de file de la franc-Maçonnerie libérale et adogmatique. Cette première Grande Loge fut dissoute, le Grand Orient étant la seule puissance maçonnique autorisée sous l'Empire. C'est ainsi que le Grand Orient de France place sa naissance en 1728.

1773         6 octobre Naissance de Louis-Philippe d'Orléans, futur Louis-Philippe Ier. Louis-Philippe (6 octobre 1773 - 26 août 1850), roi des Français de 1830 à 1848.

1773         Denis Diderot écrit 'Paradoxe sur le Comédien’

1773         Denis Diderot écrit 'Jacques le Fataliste' (publication posthume en 1796).

1774         10 mai Mort de Louis XV. Louis XV a soixante-cinq ans lorsqu'il meurt de la petite vérole, après une agonie où il croit voir les flammes de l'enfer ; agonie à laquelle la cour n'assiste pas, tant le corps du roi couvert de croûtes empeste. Il est devenu si impopulaire qu'il faut l'enterrer de nuit pour éviter les émeutes. Certains crient sur le passage du convoi : “Voilà le plaisir, mesdames, voilà le plaisir !” - Si ce règne de cinquante-neuf ans ne profita pas à la prospérité matérielle et à la grandeur politique de la France, il fut cependant un de ceux pendant lesquels la France a le plus brillé dans le domaine des lettres, des arts et des sciences. Les idées philosophiques qui s'éveillèrent à partir de la seconde moitié de cette période et se répandirent plus ou moins dans les diverses classes de la société, émancipèrent les esprits et préparèrent les voies à la Révolution de 1789. Parmi les personnalités qui illustrèrent cette époque hors des camps, on peut citer Diderot et d'Alembert, fondateurs de 'l'Encyclopédie', immense recueil qui présentait le tableau complet des connaissances humaines à la fin du règne ; Jean-Jacques Rousseau, Montesquieu, Voltaire, plus une foule de conteurs, de poètes, d'auteurs dramatiques de talent. Dans le domaine des sciences : Linné, Buffon, De Jussieu, Lavoisier. Nombreux furent sous ce règne les artistes: peintres, sculpteurs, graveurs, les plus fameux de l'Europe; les beaux-arts et le luxe sous toutes ses formes et l'élégance, y arrivèrent à leur plus haute expression: la manufacture de Sèvres. Entre beaucoup d'autres noms de ce temps que l'Histoire a gardés, il en est malheureusement beaucoup qui s'accompagnent d'une renommée moins flatteuse, tels ceux des favorites: la marquise de Pompadour et la comtesse du Barry. Encore la première fit-elle excuser ses prodigalités et sa mauvaise influence sur le roi par la protection qu'elle donna aux écrivains et aux artistes, tandis que la seconde n'a laissé que le souvenir du mal qu'elle fit. Avènement de Louis XVI, né en 1745, petit-fils de Louis XV. (Son père était le dauphin Louis, fils de Louis XV; sa mère, Marie-Josèphe de Saxe). Il avait épousé en 1770 Marie-Antoinette d'Autriche, née en 1755. Animé des meilleures intentions, mais faible, d'intelligence assez courte, et irrésolu, il était mal armé pour prendre le pouvoir dans les circonstances difficiles que traversait le pays. Bien qu'il fit ce qu'il put pour réparer les fautes de son prédécesseur, il était destiné à expier les erreurs et les abus du règne auquel il n'avait pas pris part.

1774         LOUIS XVI (1774-1792)

1774         Louis XVI. Son grand-père (Louis XV) le marie à 16 ans (1770) à l'archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche. Il hérite d'une situation difficile et il n'est pas l'homme de la situation, timide, gauche, indécis, il peut passer pour fourbe. Son action politique est une longue série de bévues, d'incohérences et d'occasions manquées. Il se sépare des ministres de Louis XV et s'entoure de ministres compétents et désintéressés: Vergennes, diplomate d'envergure, aux affaires étrangères, Malesherbes, ami de Jean-Jacques Rousseau qui favorisa la publication de l'encyclopédie alors que ses fonctions l'obligeaient à l'interdire, à la maison du roi, le comte Saint-Germain, qui avait combattu dans toute l'Europe, à la guerre, Maurepas seule ombre au tableau ne sera pas de bon conseil pour le roi, premier ministre, Turgot, qui avait contribué à l'encyclopédie, contrôleur général des finances aidé des économistes Dupont de Nemours et Condorcet. Une équipe ministérielle qui émerveillait les bourgeois. L'idée de Turgot était de rétablir la circulation des grains afin de créer un grand marché, car depuis quelques années, des récoltes abondantes avaient rendues la vente des grains difficile et les prix avaient chutés, puis de mauvaises années avaient entraînées des spéculations locales et des famines. Hélas la récolte de 1776 fut particulièrement mauvaise et Turgot qui n'était pas suffisamment attentif aux bons usages, blessa le roi en lui adressant la mise en garde prémonitoire "N'oubliez pas, sire, que c'est la faiblesse qui a mis la tête de Charles Ier sur le billot". Il est révoqué sur le champ avec interdiction de remettre les pieds à la cours. Turgot ne put mener à bien ses idées, créer partout des municipalités élues, rétablir l'assiette de l'impôt (supprimer les privilèges). Il est remplacé par Necker banquier genevois volontiers démagogue et soucieux surtout d'éviter les troubles. Il poursuit certaines réformes engagées par Turgot. Ne pouvant augmenter les recettes, il procède à des emprunts très coûteux pour le royaume. Attaqué, il publie les comptes du pays "compte rendu au roi" dans lequel apparaissent les rentes énormes faites aux courtisans. Il devra démissionner (19 mai 1781). Il est remplacé par Calonne en 1783 qui est confronté à une situation catastrophique 80 millions de déficit, 300 millions de dettes... En 1786 il propose la création d'assemblées municipales et provinciales élues, la création d'un impôt sur les propriétés, liberté du commerce, suppression des douanes intérieures. Les propriétaires lui sont opposés, le parlement jaloux de ses prérogatives, refuse les assemblées qui pourraient le concurrencer. Tous les privilégiés bloquent toute évolution, le royaume est dans l'impasse. Une assemblée de notables créée par Calonne pour examiner ses réformes s'y oppose et demande la réunion des états généraux. Le roi renvoie Calonne en avril 1787 et le remplace par l'archevêque de Toulouse, Loménie de Brienne à la demande de la Reine (tout comme Calonne) qui ne pourra faire admettre un impôt sur les privilégiés. La confiance, depuis le début du règne de Louis XVI était absente, toutes les décisions étaient mal accueillies et les privilégiés étaient aveugles. Le 8 août 1788 Brienne convoque les états généraux pour le 1er mai 1789 et il démissionne le 25 août. Il est remplacé par Necker qui était resté très populaire (août 1788) et accepte le doublement des membres du tiers état mais maintient le vote par ordre, ce qui signifie chaque ordre, Nobles, Clergé, Tiers État possède une voix, ce qui lui fait perdre le bénéfice de sa décision, les intérets des Nobles et du Clergé étant souvent convergents. Le conflit qui en découlera à sa réunion à Versailles le 5 mai 1789 entraîne celui-ci à se doter de pouvoirs constituants. L'attitude ambiguë de Louis XVI, renvoie du ministre Necker, l'arrivée de troupes dans Paris, entraîne la révolte et la prise de la Bastille le 14 juillet 1789. L'assemblée constituante établit une monarchie constitutionnelle et met fin au système social ancien abolition des privilèges le 4 août et vote la déclaration de l'homme et du citoyen le 26 août 1789 ainsi que la constitution civile du clergé en juillet 1790. Louis XVI décide de s'enfuir en juin 1791 rattrapé à Varennes, il est rétabli par une assemblée modérée mais il perd progressivement tous ses soutiens, il jure fidélité à la Constitution de septembre 1791, ceci aboutit à des conflits répétés entre l'assemblée et le roi, qui dispose du droit de veto. Le déclenchement de la guerre avec l'Autriche en avril 1792 lui donne l'espoir de se rétablir dans le cas d'une défaite française. Les Parisiens voient une connivence entre le roi et les souverains étrangers, ils s'insurgent le 10 août 1792. Louis XVI est destitué et enfermé à la prison du temple. La Convention Nationale réunie en septembre 1792 abolit la royauté et proclame la République. Elle décide de juger le roi. Il sera défendu par Malesherbes (qui sera guillotiné en avril 94 avec sa fille et ses petits enfants). Reconnu coupable de conspiration et de trahison, Louis XVI est condamné à mort et décapité le 21 janvier 1793. Vergennes (secrétaire d'État aux affaires étrangères) signe avec Benjamin Franklin, envoyé par les républicains américains en révolte contre l'Angleterre, un pacte contre les Anglais. La Fayette avait rejoint clandestinement les insurgés en 1777 et 1779, Rochambeau débarque avec 7500 hommes. Les amiraux De Grace, Charles Henri d'Estaing, La Motte-Picquet, Guichen et le bailli Suffren décimaient les escadres anglaises. L'humiliation du traité de Paris de 1763 était vengée.

1774         Le style Louis XVI débute vers 1755, avec la vogue du retour à l'antique, qui s'explique en partie par les découvertes de Pompéi et d'Herculanum et par les théories de Winckelmann, fondements du néoclassicisme. Tandis que l'architecture est dominée par l'emploi des ordres colossaux, qu'en sculpture la tendance antique conduit à une certaine austérité et qu'en peinture le goût des ruines d'un Hubert Robert préfigure le romantisme, les arts décoratifs renoncent à la rocaille mais conservent un très important répertoire ornemental : noeud de rubans – qui remplace la coquille –, perles, oves, ondes, grecques, masques de béliers, lions, bucranes, sphinx grecs, figures drapées, lyre, rosaces, carquois, corbeilles fleuries, trophées, cannelures, balustres, médaillons ovales, etc... Le mobilier, sous l'impulsion d'ébénistes comme Riesener ou Jacob, adopte les lignes droites et les formes simples. Les sièges sont à pieds droits tournés et cannelés, raccordés à l'assise par des dés caractéristiques ornés d'une rosace, tandis que les montants des dossiers se terminent par une pomme de pin sculptée. Le lit d'ange subsiste, tandis que disparaît définitivement le lit à colonnes et qu'apparaît une sorte de canapé avec dais et rideaux, le lit "à trois dossiers". Les commodes, sobres, sont à pans coupés, comme les semainiers et les secrétaires à abattants. Le bonheur-du-jour est un petit bureau féminin, à porte et à tiroirs, tiroir de ceinture et tablette d'entre-jambe. La marqueterie reste très employée, tant dans les meubles à secret, dont Roentgen se fait une spécialité, que dans les bureaux à cylindre, dont le plateau supérieur, comme celui de nombreux meubles, est souvent bordé d'une petite galerie de cuivre ajouré. Grâce à l'activité des grandes manufactures (Aubusson, Beauvais, les Gobelins, Sèvres, Jouy), les arts décoratifs donnèrent naissance à de belles pièces.

1774         à 1776 - Dès son accession au trône, Louis XVI fit remise au peuple du "don de joyeux avènement" ; il prit pour ministres deux hommes recommandables par leur probité et leurs lumières, Malesherbes et Turgot ; malheureusement, il avait donné sa faveur à Maurepas dont la frivolité devait empêcher les efforts de ses collègues de produire les bons effets qu'il en espérait. Malesherbes, jurisconsulte éminent, projetait des réformes dont l'acceptation immédiate eût peut-être sauvé la monarchie : faculté pour les accusés d'être défendus devant les tribunaux, liberté de conscience et de la presse, rétablissement de l'édit de Nantes, suppression des lettres de cachet, abolition de la torture, convocation des États généraux, etc : Turgot, ancien intendant de la province de Limousin, supprima les maîtrises et les corporations, qui ne permettaient qu'à quelques ouvriers de devenir patrons ; il abolit la corvée, améliora la navigation intérieure, amorça les mesures destinées à assurer la liberté du commerce, principalement de celui des grains. Il eût voulu constituer un système d'assemblées provinciales où se fussent débattus les intérêts locaux; il remplaça les impôts arbitraires existants par un impôt territorial qui pesait également sur toutes les classes. Malheureusement son bon vouloir échoua contre l'obstination des classes privilégiées qui entendaient ne faire aucune concession au bien-être général, et même du peuple qui ne comprit pas tout ce qu'il avait à gagner aux réformes accomplies ou projetées. Bref, Malesherbes et Turgot durent se retirer du ministère. Le banquier genevois Necker fut appelé par le roi à la direction des finances. Don de joyeux avènement, don que l'on faisait au roi lorsqu'il montait sur le trône. Le roi octroya des remises de peine en don de joyeux avènement.

1774         13 mai Louis XVI nomme Maurepas comme conseiller. Maurepas, Jean Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas est un homme politique français né à Versailles le 9 juillet 1701 et mort à Versailles le 21 novembre 1781. Fils de Jérôme Phélypeaux, comte de Pontchartrain, Secrétaire d'État à la marine et à la maison du Roi, Maurepas succéda à son père à l'âge de quatorze ans et prit ses fonctions à la Maison du Roi, avec supervision des affaires du Clergé et de Paris, à dix-sept ans en 1718. Il devint également Secrétaire d'État à la Marine le 16 août 1723 et le resta jusqu'au 23 avril 1749. Bien que de caractère frivole, Maurepas était authentiquement intéressé par les questions scientifiques et fit travailler les meilleurs esprits pour améliorer les techniques de navigation et de construction navale. A la suite d'une épigramme contre Madame de Pompadour, il fut disgrâcié en 1749 et exilé de Paris. A l'accession de Louis XVI en 1774, vingt-cinq ans plus tard, il devint ministre d'État et principal ministre, et resta à ce poste jusqu'en 1781. Il fit nommer Turgot contrôleur général des finances, Lamoignon-Malesherbes à la Maison du Roi et Vergennes ministre des Affaires étrangères.

1774         24 août Turgot, contrôleur général des finances, lance une réforme économique libérale.

1774         13 septembre Rétablissement de liberté de circulation des grains. Turgot, contrôleur général des Finances du roi Louis XVI, publie un édit par lequel il établit la liberté du commerce des grains à l'intérieur du royaume. Contrairement à ses espoirs, loin de favoriser les paysans auxquels il voulait donner accès à de nouveaux marchés car les récoltes des années précédentes avaient été fort mauvaises, et en particulier celle qui a eu lieu quelques mois plus tôt, la spéculation l'emporte et provoque une flambée des prix du pain. Celle-ci provoque les émeutes que l'on nomme la “guerre des farines”.

1774         12 novembre Louis XVI rétablit le Parlement.

1774         à 1779 - Claude-Nicolas Ledoux construit les salines d'Arc et Senans dans le Jura. Claude-Nicolas Ledoux (Dormans, 21 mars 1736 - Paris, 18 novembre 1806) est un architecte et urbaniste français, de style néoclassique. Considéré comme l'un des précurseurs, avec Étienne-Louis Boullée, du courant utopiste, Ledoux pense qu'une société peut être rendue meilleure par un urbanisme et une architecture aux conceptions innovantes. Il songe à la Cité idéale. Il expérimente, entre 1774 et 1779, ce projet dans ce qui sera son chef-d'oeuvre (inachevé) : la Saline royale de Chaux à Arc-et-Senans, en Franche-Comté. Chauffée au bois, la saline peine à entrer dans une phase de production industrielle et rentable.

1775         Batailles de Lexington (les Minute Men, milices clandestines américaines harcèlent une colonne britannique engagée dans une opération de police) et de Concord (Massachusetts). Début de la guerre d'indépendance américaine des États-Unis (fin en 1783). La Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique est le conflit qui opposa la Grande-Bretagne, appelée "métropole" à ses 13 colonies d'Amérique du Nord (que les Anglais appelaient les insurgés), qui voulaient leur indépendance. Ce conflit débuta en juin 1775 et s'acheva avec le traité de Paris (1783). Les treize colonies britanniques d'Amérique du Nord ou Treize colonies, issues de l'Empire britannique, sont les colonies fondatrices des États-Unis d'Amérique. Elles sont situées entre la Nouvelle-Écosse et la Floride et entre l'Atlantique et les Appalaches. Unies en 1775, elles signent la déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique en 1776 et se séparent de la Grande-Bretagne. Cet évènement entraîne la Guerre d'Indépendance des États-Unis d'Amérique et mènent à l'Indépendance des États-Unis d'Amérique. L'histoire des Treize colonies est partie liée avec celle des colonies européennes et plus particulièrement britanniques de la côte atlantique. Différenciées quant à leur statut et leur origine politique, elle sont marquées par une grande hétérogénéité.

1775         2 mai Émeute alimentaire à Versailles. Guerre des farines. Les récoltes de blé de 1773 et de 1774 ayant été désastreuses, le prix du pain augmente tout à coup brutalement dans le royaume sur lequel Louis XVI règne depuis à peine un an. Des émeutes éclatent dans Paris. Elles dureront deux jours. La guerre des farines désigne une vague d'émeutes survenues d'avril à mai 1775 dans les parties nord, est et ouest du royaume de France. Elle fait suite à une hausse des prix des grains et consécutivement du pain du fait des mauvaises récoltes des étés 1773 - 1774. L'expression, contemporaine des événements, fut retenue par l'historiographie. Mais au-delà de la révolte frumentaire d'Ancien Régime se manifeste une crise sociale et politique. Ainsi, ces événements peuvent se lire comme une réaction envers l'édit de Turgot qui établit la libéralisation du commerce des grains le 13 septembre 1774. Au-delà, la guerre des Farines apparaît comme une manifestation de la défense d'une économie morale : le gouvernement est accusé de rompre le pacte implicite entre roi et population, pacte qui exige du roi de veiller à la sécurité de ses sujets et à leur approvisionnement en denrées. Les analyses récentes tendent à révéler que loin de représenter une révolte de la faim, cet événement témoigne de l'apparition d'une maturité révolutionnaire voire d'un prélude au débat sur le Maximum révolutionnaire. La guerre des Farines s'inscrit dans un mouvement frumentaire plus ancien et annonce les révoltes frumentaires de l'An II. Elle peut être considérée à ce titre comme un événement prérévolutionnaire ou comme un signe avant-coureur de la Révolution. Cette révolte singulière par son échelle fut réglée par la chute du prix du blé, par l'intervention de la troupe.

1775         Jean-Honoré Fragonard peint 'Fête à Saint-Cloud’

1775         Nicolas Restif de la Bretonne écrit 'Le Paysan perverti’

1775         Beaumarchais écrit le 'Barbier de Séville'. Pierre Augustin Caron de Beaumarchais présente sa pièce "le Barbier de Séville"pour la première fois sur les planches de la Salle des Spectacles des Tuileries. Après maintes et maintes modifications ordonnées par la censure, elle remporte un important succès auprès du public. Beaumarchais apportera une suite à son oeuvre dans "le Mariage de Figaro" (1784) puis dans "la Mère coupable" (1792).

1775         à 1836 - naissance et mort de André-Marie Ampère. Mathématicien et physicien français. Physicien et mathématicien français, les travaux d'André Marie Ampère portent tout d'abord sur les mathématiques et la chimie. Mais c'est pour ses découvertes en physique qu'il est le plus reconnu, notamment avec la loi d'Ampère. Il crée plusieurs appareils comme le galvomètre, le télégraphe électrique et l'électroaimant. Il est également l'inventeur du vocabulaire de l'électricité (exemple: courant, tension...). Il synthétise ses découvertes dans 'Théorie mathématique des phénomènes électro-dynamiques uniquement déduite de l'experience’

1776         5 janvier : Turgot propose au conseil du roi un projet de six édits abolissant la corvée, supprimant les privilèges commerciaux et les jurandes, imposant la noblesse. Édit de suppression de la corvée et des corporations. La corvée est un travail non rémunéré imposé par un maître à ses dépendants, qu'ils soient de statut libre ou non. Elle est un rouage essentiel du système politico-économique médiéval et tire son existence de la rareté de la monnaie à cette époque. La corporation au Moyen Âge est le mode de groupement professionnel des professions artisanales qui rassemble les artisans d'une même profession. Cela n'inclut que les milieux de la production matérielle.

1776         4 mars Le Parlement refuse d'enregistrer l'édit royale du 5 janvier.

1776         12 mars Lit de justice imposant le décret supprimant la corvée et les corporations. Un édit supprime les corporations qui entravent la liberté d'entreprendre et l'initiative. Dans les semaines qui suivent, d'autres édits abolissent les corvées qui pèsent sur les paysans. Turgot prévoit de remplacer ces corvées destinées à l'accomplissement des travaux d'utilité publique par un impôt sur tous les propriétaires, la "subvention territoriale". C'est un tollé chez les privilégiés qui ne supportent pas les Six Édits présentés au Conseil du Roi et en particulier le projet de subvention territoriale. C'est ainsi que Louis XVI cède à leur pression et prend le parti de renvoyer son ministre.

1776         10 mai Louis XVI refuse de recevoir Turgot.

1776         12 mai Renvoi de Turgot sous la pression populaire. Turgot, à qui le Parlement avait refusé l'enregistrement des édits qu'il lui avait présentés le 4 mars précédent, est disgracié. Les édits de Turgot qui demandaient la réduction des dépenses de la cour et l'abolition de la corvée royale ne pouvaient avoir l'heur de plaire.

1776         6 juin Vergennes est nommé Ministre des Affaires Étrangères. Vergennes (1719-1787) - Ministre des Affaires Étrangères de Louis XVI, il soutient les indépendantistes américains en leur faisant fournir des armes, puis des troupes et des fonds, et en faisant alliance avec les Espagnols contre les Anglais. Il sera un des principaux artisans de la paix de Versailles en favorisant les négociations entre Américains et Anglais, malgré sa mise à l'écart dans les négociations finales.

1776         4 juillet : Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique. Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique, est un texte politique par lequel les Treize Colonies britanniques d'Amérique du Nord ont fait sécession du Royaume-Uni.

1776         11 août Rétablissement de la corvée et des corporations. Au début de l'année, Jacques Turgot, alors contrôleur général des finances, avait demandé au Conseil l'abolition de la corvée royale des paysans, qu'il voulut remplacer par une taxe payable par tous les propriétaires terriens. Louis XVI a tenu le 12 mars à soutenir ce projet devant le Parlement de Paris, qui refusait d'enregistrer les édits : “Je vois qu'il n'y a que M. Turgot et moi qui aimions le peuple”. Mais, en ce 11 août, c'est Clugny qui est à la place de Turgot. Et le roi ne fait rien pour l'empêcher de revenir sur les édits de son prédécesseur. Clugny, Jean Étienne Bernard Ogier de Clugny, baron de Nuits, est un homme d'État français né à la Guadeloupe le 20 octobre 1729 et mort à Paris le 18 octobre 1776.

1776         31 décembre Benjamin Franklin demande au nom des "Insurgents" une aide à la France contre l'Angleterre. Insurgents, signifie les colonies et les hommes politiques américains révoltés, puis, en guerre contre leur métropole britannique durant la guerre d'Indépendance.

1776         à 1837 - naissance et mort de John Constable, l'un des principaux peintre de paysage du XIX siècle. Delacroix et Gericault ont admiré son art et il a influencé les maîtres de Barbizon et même les Impressionnistes. Il n'a pourtant rencontré que peu de gloire et d'honneur durant sa vie dans son Angleterre natale.

1776         L'historien anglais Edward Gibbon termine son ouvrage monumental : 'Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain'. Edward Gibbon (1737 † 1794) fut un historien britannique. Son oeuvre la plus connue, 'Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain', reste une référence pour les historiens romains et byzantinistes.

1776         Parution du 'Sens commun' de l'homme politique du pamphlétaire américain Thomas Paine. Ce livre joua le rôle de détonateur intellectuel dans le déclenchement de la Révolution américaine. Thomas Paine (29 janvier 1737 - 8 juin 1809). Né en Angleterre, il émigre en Amérique en 1774, prend parti pour les insurgents américains dans son Common Sense (1776) qui remporte un vif succès. Il est un intellectuel considéré comme l'un des pères fondateurs des États-Unis d'Amérique. Son livre le 'sens commun' ('Common Sense') est un plaidoyer pour la rupture avec la Grande-Bretagne et aurait inspiré George Washington. Revenu en Angleterre en 1787, il salue avec enthousisasme la Révolution française. Poursuivi par le gouvernement anglais, il se réfugie en France où il est proclamé citoyen français et est élu député à la Convention le 6 septembre 1792. Il ne vote pas la mort du roi mais son exil en Amérique. Mais amis des Girondins, il est arrêté le 28 décembre 1793 et demeure dix mois en prison où il écrit 'The Age of Reason'. En juillet 1795, Thomas Paine est réadmis comme député à la Convention.

1776         L'économiste écossais Adam Smith publie 'Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations'. 'Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations', ou plus simplement 'Richesse des nations', est le plus célèbre ouvrage d'Adam Smith. Publié en 1776, c'est le premier livre moderne d'économie. Il reste à ce jour un des ouvrages les plus importants de cette discipline, et c'est sans aucun doute le document fondateur du libéralisme économique comme de la théorie classique. Adam Smith développe des théories économiques sur la division du travail, le marché, la monnaie, les "prix des marchandises en travail", les salaires, les profits et l'accumulation du capital. Il examine les "progrès de l'opulence entre les diverses nations" et les différents "systèmes d'économie politique". Il développe l'idée d'un ordre naturel résultant de l'intérêt individuel se résolvant en intérêt général par le jeu de la libre entreprise, de la libre concurrence et de la liberté des échanges. Quand l'essai, qui est aussi un manifeste contre le mercantilisme, paraît en 1776, l'idée de libre-échange fait son chemin en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Cependant, tout le monde n'est pas convaincu des avantages du libre échange. 'La Richesse des Nations' rejette aussi les idées de l'école physiocratique, qui voit la terre comme seule source de richesse ; au contraire, selon Smith, la richesse ne provient que de la division du travail. Il prône le développement de l'industrie à travers le célèbre exemple de la manufacture d'épingles.

1776         invention du sous-marin par David Bushnell. David Bushnell (1742-1824) est l'inventeur du premier sous-marin de combat, le Turtle, en 1776. La guerre d'indépendance a commencé. La marine anglaise impose un blocus sur les ports américains. Bushnell réfléchit à de nouvelles armes dans le domaine maritime. S'inspirant de dessins et de descriptions antérieurs (comme ceux de William Bourne, de Cornelius Drebbel ou de Nathaniel Symons), y compris des représentations de la machine submersible d'Alexandre le Grand décrite par Aristote, il conçoit le premier véritable sous-marin opérationnel. Avec l'aide de son frère Ezra, il va mettre au point "The Turtle", une sorte de petit navire submersible (longueur 2.30 m, largeur 1.80 m).

1777         Cette année vit deux événements intéressants, quoique de peu d'importance en regard de ceux qui se préparaient: la création du Mont-de-piété et l'apparition du premier quotidien (Journal de Paris). Le Mont-de-piété, Exaspéré par les pratiques malhonnêtes des usuriers, Louis XVI rétabli le système du Mont-de-piété en France, sur le principe du prêt sur gage à faible intérêt. A vocation sociale, le Mont-de-piété n'a qu'un très faible taux d'intérêt, 10% environ. Framboisier de Beaunay qui est à la tête de ce projet, est nommé directeur de l'établissement. En 1918 le Mont-de-piété deviendra le Crédit Municipal de Paris. Le Mont-de-piété fut crée en Italie par le moine Barnabé de Terni en 1462. Il fait son apparition en France en 1637, puis est fermé en 1644 par les opposants à Richelieu. Mont-de-piété. Établissement de prêts sur gage mobilier, ancêtre du Crédit municipal. Apparu en 1477, ce système est encouragé par le clergé et la royauté pour éviter le développement de l'usure. En 1626, le roi Louis XIII ordonne par un décret (peu appliqué) la création d'un mont-de-pitié dans toutes les grandes villes. Le mont-de-pitié parisien établi par lettres patentes de Louis XV en 1777 est pillé par la Révolution. Les établissements de prêts sur gage sont restaurés au 8 thermidor an XIII. Journal de Paris, premier journal quotidien français lancé par la place en janvier 1777, inspiré du quotidien anglais London Evening Post, il offrait des nouvelles variées sur la littérature, le théâtre, la musique, les sciences, la vie à la cour et à Paris. Par certains articles, il annonçait les nouvelles tendances politiques sociales. La période révolutionnaire le vit d'abord favorable aux aristocrates, puis il représenta les idées du Club des Feuillants, et fut dirigé par Condorcet,. Il échappa aux suppressions de l'Empire et absorba plusieurs journaux dont le Courrier de l'Europe en 1811, puis lébiral durant la première Restauration, il traversa avec habilité les Cent-Jours pour devenir le porte-parole officiel du gouvernement de Charles X sous la direction de Decazes. En difficultés de trésorerie, il dut disparaitre en 1840.

1777         13 mars Vergennes présente au roi les députés américains.

1777         26 avril La Fayette embarque sur "La Victoire" en direction de l'Amérique. La Fayette, Marie-Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, marquis de la Fayette (6 septembre 1757 - 20 mai 1834), Général et homme politique français. Mousquetaire en 1771, il épousa une fille du Duc d'Agen. Lié avec Benjamin Franklin des 1777 il prit une part active à la guerre de l'indépendance en Amérique aux côtés des insurgeants. Député aux états généraux de 1789, commandant de la garde nationale, au lendemain du 14 juillet il fit adopter la cocarde tricolore le 17 juillet, il apparut comme le chef de la noblesse libérale, désireuse de réconcilier la royauté avec la Révolution émigré de 1792 à 1800, il refusa tout poste officiel sous l'empire. Député libéral sous la restauration, mis à la tête de la garde nationale en juillet 1830, il fut l'un des fondateurs de la monarchie de juillet, dont il se détacha bientôt.

1777         29 juin Necker est nommé directeur général des finances. Jacques Necker (30 septembre 1732 - 9 avril 1804) était un homme politique français d'origine anglaise et né à Genève. Il fait fortune en devenant banquier. Il fut ministre des Finances de Louis XVI de 1776 à 1781 et de 1787 à 1790. Jacques Necker fut à l'origine d'une importante levée de fonds en vue de soutenir la guerre d'indépendance des États-Unis. Mais cela lui valut bien des adversaires dans les rangs de l'artistocratie (y compris Marie-Antoinette elle-même). Forcé à la démission en 1781 à cause de l'affaire du "Conte Bleu", il fut rappelé aux affaires en 1788 pour essayer de sauver le royaume de la banqueroute qui le menaçait. En 1789, ses discours auprès des États Généraux qui préparaient la Révolution française le font apparaître comme un libéral (sans doute pas un révolutionnaire extrémiste) ouvert à une monarchie constitutionnelle à la mode anglaise et relancent l'opposition de l'aristocratie. Le 11 juillet il est renvoyé par le roi, mais il ne faudra que quelques jours pour qu'il soit rappelé face à la déroute financière du gouvernemant révolutionnaire.

1777         27 juillet La Fayette débarque en Amérique.

1777         31 juillet Les Insurgents nomment La Fayette "Major général".

1777         à 1855 - naissance et mort de Karl Friedrich Gauss, mathématicien né à Brunswick. Il trouva dès l'âge de 18 ans la méthode des moindres carrés, devint en 1807 professeur d'astronomie et de mathématiques à l'Université de Göttingue et directeur de l'Observatoire de cette ville, sur la recommandation d'Olbers. En 1810, il obtint le prix Lalande et devint correspondant de l'Académie des Sciences de Berlin; il fut élu en 1803 correspondant et en 1820 associé étranger de celle de Paris. Il s'est acquis une grande renommée par des découvertes en mathématiques supérieures. Ajoutons que Gauss et Burckhardt ont calculé l'orbite et les perturbations de la petite planète Cérès. On lui doit par ailleurs de nouvelles méthodes pour calculer la révolution des planètes, l'invention du magnétomètre, celle de l'héliotrope, instrument propre à rendre visibles les stations les plus éloignés au moyen de la réflexion de la lumière solaire des travaux estimés sur la géodésie, la physique, du globe, etc...

1777         Denis Diderot écrit le 'Neveu de Rameau'. 'Le Neveu de Rameau' ou 'La Satire seconde' est une conversation philosophique imaginée et écrite par Denis Diderot entre Lui (Jean-François Rameau, neveu du célèbre musicien) et Moi. Les thèmes récurrents de la discussion sont l'éducation des enfants, le génie, l'argent... La conversation à batons rompus évoque ou égratigne çà et là des personnages de l'époque, tels le dramaturge Palissot, Bertin et sa maîtresse Mlle Hus, la comédienne Mlle Clairon. Dans le prologue qui précède l'entretien, Moi présente Lui comme un original, excentrique et extravagant, plein de contradictions, "composé de hauteur et de bassesse, de bon sens et de déraison". Effectivement provocateur, Lui prône le vol, le crime, et élève l'or - qu'il adore - au rang de religion. Moi semble avoir un rôle didactique ; c'est parfois le neveu qui parvient à imposer une vision peut-être immorale mais cynique de la vérité.

1777         invention du briquet à gaz par Volta. Alessandro Volta, Le comte Alessandro Giuseppe Antonio Anastasio Volta (18 février 1745 - 5 mars 1827) était un physicien italien. Il est connu pour ses travaux sur l'électricité, et pour l'invention de la pile électrique.

1778         à 1783 - La guerre d'Amérique avait relevé le prestige de la France et lui avait rendu ses colonies, sauf le Canada, mais n'avait pas enrichi le Trésor. Les financiers se succédaient au ministère sans pouvoir faire aboutir les réformes, même les plus utiles. Necker fut renvoyé pour avoir rendu public l'état des recettes et des dépenses de la nation. La Cour, c'est-à-dire la reine et quelques favoris, ainsi que la noblesse, soutenaient le premier ministre Maurepas, ennemi de tout ce qui comportait la suppression ou l'atténuation des abus; il mourut heureusement en 1781. Il y eut après Necker, Joly de Fleury, d'Ormesson, Calonne, dont chacun, dominé par les circonstances, creusa un peu plus le déficit. A la fin de 1780, le total des emprunts de l'État atteignait près d'un milliard.

1778         6 février Traité de commerce et d'alliance entre la France et les États-Unis.

1778         20 Mars Benjamin Franklin est reçu à Versailles.

1778         30 mai Mort de Voltaire.

1778         2 juillet Mort de Jean-Jacques Rousseau. Le philosophe s'éteint dans la propriété de son ami le marquis de Girardin à Ermenonville. Ses restes seront transférés au Panthéon en 1794.

1778         10 juillet La France déclare la guerre à l'Angleterre. Entrée en guerre de la France et la Hollande aux côtés des insurgés américains. La France envoi des volontaires de La Fayette pour soutenir les insurgés.

1778         Les colonies anglaises d'Amérique du Nord s'étaient, dès 1776, soulevées contre la métropole et déclarées indépendantes; sous la présidence de Washington, elles s'étaient réunies en une "confédération" des États-Unis. Mais elles avaient à se défendre contre l'Angleterre qui prétendait les faire rentrer sous sa domination. Un homme d'État américain, Franklin, traversa l'Océan pour venir demander à Louis XVI l'appui de la France. Une expédition de volontaires se forma pour porter secours aux Américains, sous la conduite de La Fayette. Louis XVI signa un traité avec les États-Unis, les reconnaissant ainsi comme puissance indépendante. La guerre éclata ouvertement entre la France et l'Angleterre. La flotte française connut de nouveau la victoire; une partie des vaisseaux avait passé en Amérique où elle soutenait avec succès la marine de la jeune république. Sur les côtes françaises et un peu partout, les capitaines français attaquaient victorieusement les Anglais, notamment à Ouessant (d'Orvilliers). Enfin, un corps d'armée français commandé par Rochambeau alla aider sur terre les Américains. La marine espagnole se joignit à la marine française en 1779. Rochambeau, Jean Baptiste Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau (1er juillet 1725 - 10 mai 1807), maréchal de France, originaire de Vendôme (Loir-et-Cher). La France dans la guerre d'indépendance américaine est l'attitude du royaume de France dans la guerre d'indépendance des Treize colonies britanniques en Amérique du Nord. Le royaume de France - malgré sa situation financière plus que délicate - utilise l'occasion de la guerre d'indépendance américaine (1776-1783) pour prendre sa revanche sur la Grande-Bretagne et le Traité de Paris de 1763. Entrée en guerre en 1778, et permettant la victoire des insurgés (traité de Paris (1783)), elle se réaffirme comme grande puissance moderne, satisfait son désir de revanche, récupère des territoires perdus, mais dégrade ses finances, et félicite l'esprit républicain et démocrate (théorique des Lumières, et réel des Américains). Même si les destructions matérielles sont nulles dans la métropole - ce qui est déjà, en soit, une victoire dans une guerre contre la Grande-Bretagne -, les exploits tels que la décisive bataille de Yorktown ont leur prix, un coût militaire faramineux : 1 milliard de livre tournois dégradant sévèrement les finances fragiles de la France : son déficit s'est encore accru. Pire : l'espoir commercial de devenir le premier partenaire des nouveaux United States of America est déçu, la Grande-Bretagne redevenant immédiatement le partenaire officiel, seul reste à la France l'éternelle reconnaissance du peuple libéré, reconnaissance dont Rochambeau et La Fayette sont les brillants symboles, mais les symboles ne font pas la santé économique d'un État. L'espoir de retrouver la Nouvelle-France jadis perdue est lui aussi finalement ruiné. L'affaiblissement de l'État français, et la montée et mise en lumière d'une alternative viable à la royauté sont considérés comme les prémisses de l'idée révolutionnaire française.

1778         27 juillet Victoire navale française contre les Anglais devant Plouescat.

1778         3 août Ouverture de Scala de Milan. Le théâtre lyrique de Milan, La Scala, donne son premier opéra :"L'Europa riconosciuta", d'Antonio Salieri. La Scala a été construite par l'architecte Giuseppe Piermarini, à l'initiative de l'impératrice Marie-Thérèse Ière d'Autriche, pour remplacer le théâtre ducal détruit par un incendie. Il tient son nom de celui de la femme du duc, Regina della Scala. Les plus grands opéras italiens, de Rossini, Verdi, Puccini, etc., y seront créé. La Scala de Milan, en italien Teatro alla Scala (litt. théâtre à l'échelle) est un bâtiment abritant un opéra à Milan, en Italie. Il a été construit en deux ans par l'architecte Giuseppe Piermarini sur la commande de Marie-Thérèse Ière d'Autriche après la destruction par le feu de l'ancien théâtre ducal. Il a été inauguré le 3 août 1778 avec l'opéra 'l'Europa riconosciuta' d'Antonio Salieri.

1778         Buffon écrit 'Époques de la Nature’

1778         Publication de 'Recherches et considérations sur la population de la France' de J.-B. Moheau, considéré comme un des pionniers de la démographie, en l'occurrence à caractère populationniste.

1778         à 1827 - naissance et mort de Ugo Foscolo, écrivain italien, le seul grand prosateur du début du XIXe siècle.

1779         Premier pont métallique (Iron Bridge sur la Severn, Angleterre). L'Ironbridge (littéralement le pont de fer) est une construction sur le fleuve Severn dans le Shropshire, en Angleterre. Il se dresse à plus de 30 mètres (100 pieds) au dessus des flots. Le pont fut érigé par delà le fleuve en 1779. Il est le premier pont métallique jamais construit. Il est toujours debout. Le pont fut construit par l'architecte Thomas Pritchard, en imitant les assemblages de charpentier, et construit par le forgeron Abraham Darby.

1779         Lagrange calcule la masse de Vénus. Lagrange, Joseph Louis, comte de Lagrange (25 janvier 1736, Turin - 10 avril 1813, Paris) est un mathématicien et astronome Italien.

1779         Suppression du servage dans les domaines royaux.

1779         12 avril Traité d'Aranjuez entre la France et l'Espagne contre l'Angleterre. Par le traité d'Aranjuez, l'Espagne se joint à la France dans la guerre contre la Grande-Bretagne. Le gouvernement espagnol refuse toutefois de reconnaître les insurgents, craignant la contamination du mouvement d'indépendance dans ses propres colonies.

1779         Frédéric-Antoine Mesme écrit 'Mémoire sur la découverte du magnétisme animal'. Frédéric-Antoine Mesmer (1733-1815), médecin allemand, fondateur de la théorie du magnétisme animal connue sous le nom de mesmérisme.

1780         à 1783 - l'Angleterre s'était arrogé le droit de faire la police des mers et ses vaisseaux empêchaient la marine des neutres de commercer librement. Presque toutes les Cours d'Europe s'insurgèrent contre ces prétentions: une ligne de neutralité se dressa contre la Grande-Bretagne. Celle-ci riposta en faisant jeter des troupes dans les îles hollandaises des Antilles. L'amiral de Grasse fut envoyé dans ces mers avec une flotte française, qui coupa toutes les communications de la marine et des troupes anglaises avec l'Angleterre. Cette action énergique assura le triomphe définitif des Américains (capitulation anglaise de Yorktown, 1781). L'année suivante, un autre marin français célèbre, le bailli de Suffren, réduisait à presque rien, par quatre victoires navales, la puissance britannique dans la mer des Indes. Les Anglais n'étaient pas, en général, plus heureux dans les différentes Antilles où les flottes alliées leur faisaient bientôt expier les maigres succès qu'ils pouvaient remporter ici ou là en des débarquements furtifs. En Europe, la garnison de Gibraltar restait assiégée depuis 1779 par des forces franco-espagnoles. Outre les personnages que nous venons de citer, on remarqua dans cette guerre Du Couédic, La Touche-Tréville, La Motte-Picquet, de Guichen, etc. La Motte Picquet, Toussaint-Guillaume Picquet, comte de la Motte, dit La Motte Picquet, (1er novembre 1720, Rennes - 10 juin 1791, Brest) était un marin français qui se distingua lors de la Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique. Guichen, Luc Urbain de Bouexic, comte de Guichen (Fougères, 21 juin 1712 - Morlaix, 13 janvier 1790), amiral français. Suffren, Pierre André de Suffren, dit le Bailli de Suffren 17 juillet 1729 près d'Aix-en-Provence et mort le 8 décembre 1788 à Paris est un marin français.

1780         2 mai Départ d'un corps expéditionnaire français du Général Rochambeau pour l'Amérique.

1780         24 août Abolition de la question préparatoire (lors de l'instruction), qui permettait d'obtenir les aveux du prévenu. Necker, qui est directeur des Finances depuis un peu plus de deux ans, et que l'esprit des philosophes guide, est déjà parvenu à faire abolir le servage dans le domaine royal en 1779. En ce jour, il convainc le roi d'en finir avec la torture qu'est la question préparatoire infligée aux accusés pour les contraindre à avouer. Modifiant le système pénal, Louis XVI supprime la "question préparatoire" (torture des prisonniers avant le jugement, pour les faire avouer) et la "question préalable" (torture après le jugement, pour que les prisonniers dénoncent d'éventuels complices).

1780         Plantes à parfum à Grasse. Le parfum acquiert alors ses lettres de noblesse en Occident. On l'utilise notamment pour parfumer les vêtements, en particulier les gants, le métier de parfumeur étant alors associé à celui de gantier. La ville de Grasse devient la capitale du parfum, on y met au point de nouvelles techniques permettant de mieux recueillir l'essence des fleurs fragiles. Au XVIIIe siècle, on parfume tout, depuis le corps jusqu'aux vêtements et aux divers accessoires, notamment les cuirs. Grasse est une commune française, située dans le département des Alpes-Maritimes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. la Capitale mondiale du Parfum.

1780         Thomas Gainsborough peint 'Scène champêtre’

1780         à 1867 - naissance et mort de Dominique Ingres. Peintre français. Fils d'Anne Moulet et de Jean-Marie Joseph Ingres, peintre et musicien, Jean-Auguste Ingres baigne tout jeune dans l'art. Doué pour le dessin, il part étudier en 1791 la peinture à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Toulouse dans les ateliers de Roques, Vigan et Briand. Cinq ans plus tard, il s'installe à Paris et travaille dans l'atelier de David qui devient son professeur. Pour gagner sa vie, il devient violoniste dans l'orchestre d'un théâtre. En 1800, il reçoit le second Prix de Rome, et un an plus tard le premier Grand Prix de Rome pour son tableau intitulé 'Achille recevant les ambassadeurs d'Agamemnon'. Il exécute sur commande le portrait de Napoléon Bonaparte, alors premier consul, et celui d'un bourgeois nommé Rivière en compagnie de sa famille. Avec sa bourse obtenue grâce au Grand prix, il part en 1806 à Rome et s'installe à la villa Médicis. Il réalise ses premiers grands tableaux : 'La grande odalisque', 'La baigneuse vue de dos', et 'Oedipe et le sphinx'. Il s'installe à Florence et étudie l'oeuvre du peintre Raphaël. De retour à Paris en 1824, il est très bien accueilli dans les Salons et forme de nombreux élèves. Sa toile 'Le martyre de saint symphorien' est quant à elle très mal perçue. Il repart donc à Rome et devient directeur de la villa Médicis, puis de l'Académie de France à Rome. En 1841, de retour à Paris, Jean-Auguste Ingres devient membre de l'Académie Royale des Beaux-Arts d'Anvers.

1781         Découverte d'Uranus par William Herschel. Uranus est la septième planète du système solaire, une géante gazeuse et la troisième en taille. Elle fut découverte le 13 mars 1781 par William Herschel. Son nom vient du dieu Uranus, dieu romain du ciel, équivalent du dieu grec Ouranos. William Herschel (15 novembre 1738 - 25 août 1822) est un compositeur et astronome allemand né à Hanovre. Il decouvre la planète Uranus et les rayonnements infrarouges.

1781         février Publication du "Compte-rendu au roi" (le conte bleu) de Necker dénonçant les dépenses de la cour. Conte Bleu, Ce Compte-rendu au Roi de Necker à Louis XVI, rendu public en février 1781 fait l'état des lieux des dépenses de l'État français en 1781. Dans le contexte délicat de la Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique, la situation financière française y est tronquée pour l'améliorer. Le fait exceptionnel à propos de ce compte-rendu est pourtant davantage le fait qu'il fut rendu public par Necker, dévoilant ainsi des listes de pensions, avec noms et montants des sommes versées par l'État a certains nobles. La noblesse exige la démission de Necker, qui présente finalement sa démission le 19 mai 1781.

1781         19 mai Démission de Necker, Joly de Fleury (directeur général des finances) le remplace. En février, Necker a publié un Compte rendu au roi sur l'administration des finances. Il ne se contentait pas de vanter sa propre gestion, il révélait le détail des pensions versées aux courtisans. L'opinion en a été scandalisée. Lorsque Necker demande au roi un titre de ministre d'état, Louis XVI le disgracie… Jean-François Joly de Fleury est un homme d'État français né à Paris le 7 juin 1718 et mort à Paris le 12 décembre 1802.

1781         3 septembre Victoire navale française contre les Anglais à Chesapeake. Bataille de la baie de Chesapeake combat maritime entre Thomas Graves et le comte de Grasse : aucun navire coulé, mais le dispositif franco-américain est renforcé, tandis que la flotte britannique ne peut apporter de renfort au général Cornwallis. La Bataille de la baie de Chesapeake, aussi connue sous le nom de Bataille des caps de Virginie, est une bataille cruciale de la Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique qui eut lieu près de l'embouchure de la Baie de Chesapeake le 5 septembre 1781 entre la flotte du Contre-amiral britannique Thomas Graves et celle du Contre-amiral français de Grasse. La précision du tir français endommage suffisamment six vaisseaux britanniques pour forcer Graves à rompre le combat et à s'esquiver. Elle est la seule défaite majeure de la Royal Navy aux XVIIIe et XIXe siècles.

1781         19 octobre Prise de Yorktown (Virginie) par les troupes franco-américaines. Victoire franco-américaine de Yorktown sur les Britanniques. La petite armée britannique est capturée. La bataille de Yorktown se déroule lors de la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique du 26 septembre au 19 octobre 1781. Elle confronte les insurgés américains et leurs alliés français du marquis de La Fayette aux Britanniques commandés par Lord Cornwallis.

1781         20 octobre Capitulation des troupes anglaises à Yorktown.

1781         27 mars Naissance du premier fils de louis XVI et de Marie-Antoinette (Louis de France). Louis de France, Louis Joseph Xavier François de France (22 octobre 1781 - 4 juin 1789), fils aîné de Louis XVI et de Marie-Antoinette, deuxième enfant du couple royal, est le premier dauphin avant Louis XVII. Orgueilleux comme sa soeur aînée Madame Royale, enfant très intelligent mais de santé fragile, il meurt à l'âge de sept ans et demi à Meudon, le 4 juin 1789, pendant les États généraux.

1781         Emmanuel Kant écrit 'Critrique de la raison pure'. Souhaitant rompre avec la métaphysique classique, Kant publie un ouvrage qui va profondément modifier la philosophie : "Critique de la raison pure". Kant souhaite réconcilier la raison et la sensibilité tout en délimitant fermement le domaine de connaissance et en différenciant les facultés de l'homme. Il montre que les existants ne sont pas perçus en soi mais comme des phénomènes, autrement dit, que nous appréhendons les objets via nos facultés et que cela nous interdit de les percevoir tels qu'ils sont en soi. Il donne ainsi naissance à l'idéalisme allemand.

1782         12 avril début des pourparlers de paix entre l'Angleterre, la France et les États-Unis à Paris.

1782         30 novembre Signature de préliminaires de paix entre Américains et Anglais.

1782         Publication posthume de 'Rêveries du promeneur solitaire' de Jean-Jacques Rousseau.

1782         Jacques Delille écrit 'Les Jardins'. Jacques Delille (22 juin 1738-2 mai 1813) fut un homme d'église et un poète français. Il a été élu en 1774 à L'Académie française (fauteil 23). 'Les jardins ou l'art d'embellir les paysages', poème en 8 chants, 1782 : Ce poème eut encore plus de succès que la traduction des Géorgiques. Pourtant, si la versification en est tout aussi ingénieuse, sinon davantage, il pèche gravement par l'absence de plan, et même d'idées. C'est une succession de tableaux dont chacun est uniquement un prétexte à faire des vers, lâchement cousus entre eux par de maladroites transitions.

1782         Panckoucke écrit 'Encyclopédie méthodique' (1782-1832). Charles-Joseph Panckoucke est un écrivain et un éditeur français, né le 26 novembre 1736 à Lille et mort le 19 décembre 1798.

1782         Choderlos de Laclos écrit 'les Liaisons dangereuses'. Pierre Ambroise Choderlos de Laclos (Amiens, 1741 - Tarente, 1803) est un écrivain et officier militaire français. Il est un cas unique dans la littérature française, et fut longtemps considéré comme un écrivain aussi scandaleux que le marquis de Sade ou Restif de la Bretonne. 'Les Liaisons dangereuses' est un célèbre roman épistolaire, écrit par Pierre Choderlos de Laclos (1782) et narrant le duel pervers et libertin de deux membres de la noblesse française du XVIIIe siècle. Cette oeuvre littéraire majeure du XVIIIe siècle est considérée comme un chef d'oeuvre de la littérature classique française.

1783         Fondation de l'École des Mines de Paris. L'École nationale supérieure des mines de Paris est une école d'ingénieurs généraliste française. Fondée en 1783 sur ordonnance du roi Louis XVI, dans le but de former des "directeurs des mines intelligents", l'École royale des Mines s'est tout d'abord établie à l'Hôtel de la Monnaie de Paris, avant de s'installer définitivement dans l'Hôtel de Vendôme (longeant le jardin du Luxembourg). Sa vocation première de former des ingénieurs des mines a évolué au cours du temps, des progrès technologiques et des transformations de la société pour devenir aujourd'hui une école dite généraliste à composante transverse et pluridisciplinaire.

1783         à 1784 - Long et très rigoureux hiver qui crée, en aggravant la misère, de lourdes charges à l'État.

1783         20 janvier Signature de préliminaires de paix entre la France et l'Angleterre.

1783         4 juin Les frères Montgolfier lancent le premier ballon à air chaud (inhabité) à Annonay. Joseph et Étienne Montgolfier ont inventé un ballon à air chaud qu'ils nommeront montgolfière. En ce jour, ils effectuent leur première ascension à Annonay. Le ballon qui s'élève a 11,37 mètres de diamètre, 33,52 mètres de circonférence. Il pèse 154 kilogrammes. Il est lesté encore de 181,5 kilogrammes. Ce premier vol qui s'effectue devant les États du Vivarais assemblés permet de faire quelque 4 kilomètres. Ce n'est pourtant que le 21 novembre 1783 que, pour la première fois dans l'histoire de humanité, des hommes enfin volent : Pilâtre de Rozier et le marquis d'Arlandes quittent le château de la Muette et, vingt-six minutes plus tard, se posent à la Butte aux Cailles. La montgolfière est un moyen de transport aérien, un aéronef plus léger que l'air aussi appelé aérostat. Le concept est simple, on gonfle une enveloppe grâce à de l'air chaud. L'air chaud étant plus léger que l'air environnant, le ballon s'élève donc dans les airs. Les frères Montgolfier, on entend par frères Montgolfier, Joseph-Michel Montgolfier, appelé souvent Joseph, et Jacques-Étienne Montgolfier, appelé souvent Étienne, son cadet de cinq ans, tous deux fils de Pierre Montgolfier, papetier à Viladon-lès-Annonay, (1700-1793), père de seize enfants.

1783         3 septembre Traité franco-anglais de Versailles reconnaissant l'indépendance des États-unis. Ce traité met fin à la guerre d'Indépendance des États-Unis, à laquelle la France et l'Espagne ont apporté leur soutien. L'Angleterre est contrainte de reconnaître l'indépendance des treize anciennes colonies britanniques. La France recouvrait, dans l'Inde, les possessions qui lui étaient restées après la chute de la Compagnie (Pondichéry, etc.); les îles de Tabago et Sainte-Lucie; Saint-Pierre et Miquelon et le droit de pêche à Terre-Neuve; Gorée et le Sénégal. A l'Éspagne était rendue Minorque. Le Traité de Paris de 1783, signé le 3 septembre, met un terme à la guerre d'indépendance des États-Unis. Il est signé entre les représentants des treize colonies américaines et les représentants anglais. La Grande-Bretagne reconnaît l'indépendance des États-Unis d'Amérique. Le traité de Versailles fut signé en 1783 entre la France, l'Espagne et le Royaume-Uni. La province de Québec perd donc la partie sud des Grands Lacs qu'elle avait obtenu par l'Acte de Québec de 1774. Les marchands de Montréal qui avaient des comptoirs de traite dans cette région, devaient les évacuer dans les deux ans suivant le traité. La question des frontières n'était pas complètement réglée. On s'était entendu pour faire passer la fontière comme on peut la voir aujourd'hui, soit au milieu des Grands Lacs, le lac Michigan étant entièrement en territoire américain. Cependant, à l'ouest du Lac Supérieur et entre le Québec, le Nouveau Brunswick et le Maine, la question sera réglée plus tard. Le traité de Versailles de 1783, a été signé par la France, l'Espagne et le Royaume-Uni. Il complète donc le traité de Paris (1783) signé par l'Angleterre et les représentants des treize colonies américaines qui met un terme à la guerre d'indépendance des États-Unis. Lors de ce traité la souveraineté de l'Espagne sur la Floride fut reconnu. La France récupéra certaines colonies comme le Sénégal qu'elle avait perdu lors du traité de Paris de 1763.

1783         19 septembre Premier essai public de la montgolfière. L'aérostat de Montgolfier est amené dans la cour de Versailles devant la famille royale et les Parisiens. Il effectue un vol réussi et gracieux, avec dans sa nacelle un mouton, un canard et un coq.

1783         10 novembre Nomination de Calonne au poste de contrôleur général des finances. Charles Alexandre de Calonne (20 janvier 1734 - 30 octobre 1802) fut un homme politique français. Il semble avoir été un homme de grande capacité d'affaires et le tempérament insouciant, mais au fond sans scrupules dans l'action politique. Dans la crise épouvantable précédant la Révolution française, quand plusieurs ministres ont essayé en vain de remplir de nouveau le trésor royal épuisé, Calonne a été appelé pour prendre le contrôle général. Il est entré en charge le 3 novembre 1783. Il succède à Lefèbvre d'Ormesson grâce à de solides appuis au sein des milieux financiers, avec lesquels il était lié par sa défunte femme et par sa maîtresse. A la cour, le clan Polignac, très lié à la reine, le soutient; au sein du gouvernement, il est recommandé au roi par Vergennes; mais il n'est pas aimé du souverain et, selon l'ambassadeur d'Autriche, son image publique était extrêmement mauvaise. Lors de son entrée en fonction il a trouvé des dettes de 600 millions et aucun moyen de paiement. D'abord il a essayé d'obtenir le crédit et soutenir le gouvernement au moyen des prêts afin de maintenir la confiance publique en sa solvabilité. En octobre 1785 il a à nouveau rogné la monnaie d'or et a développé la "caisse d'escompte".

1783         21 novembre : Joseph et Étienne Montgolfier réalisent la première ascension aérienne d'une montgolfière (gonflée à l'air chaud) pilotée par Jean-François Pilâtre de Rozier et François Laurent Marquis d'Arlandes.

1783         à 1842 - naissance et mort de Henri Beyle, dit Stendhal. Écrivain français. Fils d'une famille de la bourgeoisie aisée, Henri Beyle, dit Stendhal, mena une vie de dilettante, entre ses nombreux amours et ses voyages en Italie. Après des études à l'École Centrale de Grenoble, il s'engage dans l'armée italienne. De retour en France, il devient intendant de l'Empereur et mène une vie mondaine. Avec la chute de Napoléon, sa carrière est brisée. Il rejoint l'Italie où il sera consul avant de mourir d'apoplexie en 1842. Sa passion pour l'Italie est présente dans l'ensemble de son oeuvre, tant dans ses impressions de voyage tel 'Mémoires d'un touriste' que dans ses romans. Il est surtout l'auteur de deux chefs-d'oeuvre du romantisme, 'Le rouge et le noir', et 'La chartreuse de Parme' dont les personnages en quête du bonheur doivent affronter la société que Stendhal juge médiocre, ainsi que leurs propres faiblesses.

1783         invention du bateau à vapeur par Claude Fr. Jouffroy d'Abbans. Jouffroy d'Abbans est un ingénieur français né à Roches-sur-Rognon (Champagne) en 1751, mort à Paris en 1832. Il fut le réalisateur du premier bateau à vapeur ayant effectivement navigué (1776), dont les essais se sont déroulés sur le Doubs. En 1780, après avoir perfectionné son bateau de 46m de long, il fit une spectaculaire démonstration publique, remontant la Saône.

1783         mort de de Jean le Rond d'Alembert.

1784         Necker écrit 'De l'Administration de la France’

1784         Beaumarchais écrit 'le Mariage de Figaro'. 'Le Mariage de Figaro' ou la 'Folle Journée' est une comédie en cinq actes de Beaumarchais écrite en 1778, dont la première représentation officielle eut lieu le 27 avril 1784, après plusieurs années de censure. Chef d'oeuvre du théâtre français et international, la pièce est considérée, par sa dénonciation des privilèges archaïques de la noblesse, comme l'un des signes avant-coureurs de la Révolution française.

1784         invention de la batteuse par Andrew Meikle. Le batteur Mécanique Écossais d'Andrew Meikle. Entraînée par les moulins à eaux, les premiers batteurs étaient des fléaux attachés sur un axe, qui tournait à grande vitesse. Le rendement augmenta encore (et le danger aussi). C'est à un Écossais, Andrew Meikle que revient l'honneur d'avoir inventé le batteur moderne. Charpentier de métier, il élabora comme principe que la culture ne doit pas être frappée mais frottée.

1784         mort de Denis Diderot. Mort du père de l'encyclopédie. Diderot est emporté par le syndrome cardio-rénal vers ce qu'il appelait lui-même les “Champs-Élysées”. Il refuse le prête envoyé au dernier moment en lui disant : “Monsieur le curé, convenez que je ferais un impudent mensonge”.

1784         Jacques-Louis David peint 'Le serment des Horaces'. 'Le Serment des Horaces' est un tableau de Jacques-Louis David, peint en 1784. Ce tableau est considéré comme un des chefs-d'oeuvre du néoclassicisme tant dans son style que dans sa description austère du devoir. Bien que les études en fussent commencées à Paris sur une commande du roi, David choisit de le peindre à Rome, ce qu'il ne put se permettre que grâce au soutien financier de son beau-père. Il fut aidé en partie par son élève Jean-Germain Drouais. Dans ce tableau, David brise les règles habituelles de composition en décentrant les sujets principaux. Il oublie aussi les principes de l'Académie en traitant ses couleurs et reliefs de manière relativement plate.

1784         Boullée dessine 'Cénotaphe à Newton'. Étienne-Louis Boullée (12 février 1728 - 4 février 1799) est un architecte français qui a vécu à l'époque de la Révolution française. Il a suivi l'enseignement de Jacques François Blondel. Il a créé des édifices de rêves qui combinent : la philosophie des lumières, son amour pour la géométrie (formes géométriques simples) et une échelle gigantesque (accumulation de masses).

1785         27 mars Naissance du second fils de louis XVI et de Marie-Antoinette (futur Louis XVII). Louis XVII de France est le nom donné par les royalistes à Louis Charles de France (27 mars 1785 - 8 juin 1795, fils de France, duc de Normandie puis dauphin de France. Suivant l'ordre dynastique, il est reconnu comme Roi par toutes les puissances étrangères à la mort de Louis XVI le 21 janvier 1793, et ce jusqu'à ce que la nouvelle de sa mort à la Prison du Temple soit connue. Il était le second fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette.

1785         1er août Départ de l'expédition de La Pérouse. A la tête de la 'Boussole', il quitte Brest en direction de la Polynésie. Il s'aventure bientôt vers le Pacifique septentrional où l'attendent, de l'aveu de Fleurieu “les seules parties vraiment neuves dont il ait à faire la reconnaissance”. Expédition de La Pérouse, après le traité de Paris, La Pérouse est choisi par le marquis de Castries, ministre de la Marine et par Louis XVI pour diriger une expédition autour du monde visant à compléter les découvertes de James Cook dans l'océan Pacifique. Le roi Louis XVI lança une des plus grandes expéditions de découverte de son époque. Il souhaitait rectifier et achever la cartographie de la planète, établir de nouveaux comptoirs commerciaux, ouvrir de nouvelles routes maritimes autour du monde, enrichir les connaissances et les collections scientifiques. Tous les savants furent invités à faire connaître l'espèce de recherches les plus propres à hâter les progrès des connaissanes humaines ; et plusieurs d'entre eux s'embarquèrent sur les bâtiments de la Pérouse, avec la mission expresse de s'occuper de celles qui avaient été désignées. Ainsi, pendant près de trois années, La Boussole, vaisseau commandé par La Pérouse à qui le commandement de l'expédition fut confié, et l'Astrolabe, parcoururent tous les océans du globe (Île de Pâques, Îles Sandwich, Philippines, Japon, Brésil, Chili, Australie...). La Pérouse, Jean François de Galaup, comte de Lapérouse (ou de La Pérouse) (23 août 1741 près d'Albi - 1788) est un officier de marine et explorateur français. L'expédition maritime autour du monde, qu'il commandait, disparut corps et biens à Vanikoro, îles Salomon, en 1788. Jean-François de Lapérouse, Jean François de Galaup, comte de Lapérouse (ou de La Pérouse) (23 août 1741 près d'Albi - 1788) est un officier de marine et explorateur français. L'expédition maritime autour du monde, qu'il commandait, disparut corps et biens à Vanikoro, îles Salomon, en 1788.

1785         Affaire du collier : arrestation du cardinal de Rohan. - Le cardinal cherchait le moyen de se concilier les bonnes grâces de Marie-Antoinette. Une intrigante, la comtesse de La Motte, lui raconta que la reine désirait posséder un collier estimé 1 600 000 fr. et que le roi, eu égard aux embarras du Trésor, refusait de lui donner. Le cardinal acheta le collier, à crédit, aux joailliers Boehmer et Bossange qui le remirent, chez la comtesse, à un personnage qu'on leur dit être un serviteur de la reine et qui n'était que le complice ou l'amant de la comtesse. Le collier ne parvint naturellement pas à destination : le cardinal ne put payer le premier terme de ses engagements et les joailliers ébruitèrent l'affaire. Louis XVI fit enfermer le cardinal à la Bastille. Un procès s'ouvrit devant le Parlement ; la politique fit, de ce qui n'était qu'une escroquerie vulgaire, une affaire d'État : les nombreux ennemis de la reine y ayant vu une bonne occasion de ternir sa réputation de femme et sa respectabilité de souveraine. Rohan fut acquitté par le Parlement, mais exilé en Auvergne; la comtesse condamnée à être fouettée, marquée au fer rouge et enfermée à la Salpêtrière; son mari fut lui-même l'objet d'une condamnation: ils avaient volé le collier et vendu les diamants. Les joailliers ne furent qu'en partie payés. Cette affaire, dans laquelle la reine n'avait certainement rien à se reprocher, fut néanmoins le prétexte de vives attaques contre elle, et indirectement, contre la monarchie.

1785         15 août Arrestation du Cardinal de Rohan impliqué dans l'affaire du collier de la reine.

1785         à 1873 - naissance et mort de Alessandro Manzoni, écrivain italien. Homme de lettres italien qui vécut à Paris à l'apogée de l'Empire et fut l'auteur d'une Ode à Napoléon en 1821.

1785         invention du métier à tisser mécanique par Edmund Cartwright. Edmond Cartwright (1743 à Marham, Nottinghamshire, Angleterre - 1823) était ingénieur et inventa en 1785 le métier à tisser mécanique.

1786         Mort de Frédéric II de Prusse.

1786         Première ascension du Mont-Blanc. La première ascension du sommet connue de l'histoire remonte au 8 août 1786 par Jacques Balmat et le docteur Michel Paccard, sur l'instigation d'Horace-Bénédict de Saussure, lequel offrit une récompense pour sa première ascension. Cet exploit, pour l'époque, a marqué les débuts de l'alpinisme que l'on connaît aujourd'hui.

1786         20 août Calonne propose au roi son "plan d'amélioration des finances".

1786         21 août Louis XVI accepte de soumettre le plan de Calonne à une assemblée de Notables.

1786         26 septembre Traité d'Eden diminuant les droits de douanes entre la France et l'Angleterre. L'Angleterre signe avec la France un traité de commerce et de navigation. C'est Charles de Vergennes, ministre de Louis XVI, qui en a négocié les clauses. Mais ce traité de libre-échange mécontente les industriels français… Le traité Eden-Rayneval est un accord commercial signé entre la France et la Grande-Bretagne en 1786. Les signataires sont William Eden d'Auckland et Mathias Joseph Gérard de Rayneval. Il met fin à la guerre économique entre ces deux pays, et instaure un système de réduction progressive des droits de douane. En Grande-Bretagne, il est inspiré par la sécession des États-Unis, et par la publication de la Richesse des nations. Le premier ministre britannique, William Pitt le Jeune, est fortement marqué par les idées d'Adam Smith, et est l'inspirateur majeur du traité. Les britanniques réussissent à négocier très favorablement, et l'abaissement de la protection de certaines industries françaises les frappe rapidement. Le traité fait partie des griefs cités au départ de la Révolution française.

1786         à 1859 - naissance et mort de Wilhelm Grimm, co-auteur avec son frère Jacob de Blanche Neige et les sept nains et d'Hänsel et Gretel. vec son frère Jacob, Wilhelm Grimm fait ses études à l'université de Marbourg tout en étant critique littéraire. Puis il travaille dans la diplomatie ainsi que dans diverses bibliothèques. En 1830, il est engagé en tant que bibliothécaire à l'Université de Göttingen, qu'il quitte pour des motifs politiques 7 ans plus tard. Invité avec son frère par Frédéric-Guillaume IV de Prusse, il s'installe définitivement à Berlin à partir de 1841 où il exerce la fonction de professeur. Il est l'auteur de plusieurs livres sur la littérature et sur les traditions populaires allemandes. En particulier, il réunit une collection de contes populaires à l'aide de son frère dans un recueil baptisé 'Contes de Grimm'. Ils entament aussi la rédaction d'un dictionnaire allemand, qui sera achevé par d'autres érudits après la mort des frères Grimm.

1786         Wolfgang Amadeus Mozart compose 'les Noces de Figaro', un opéra buffa en 4 actes. Lorenzo da Ponte qui en signe le livret parvient à convaincre l'empereur Joseph II de la laisser jouer. L'oeuvre, tirée de la pièce subversive de Beaumarchais, sera très rapidement retirée de l'affiche. Lorenzo da Ponte (né Emmanuele Conegliano à Ceneda, près de Venise, le 10 mars 1749 et mort à New York, le 17 août 1838) était librettiste à l'Opéra de Vienne. Il a écrit des livrets pour de nombreux compositeurs, mais il est surtout célèbre pour sa collaboration avec Mozart pour trois de ses opéras : Les Noces de Figaro, Così fan tutte et Don Giovanni.

1787         22 février Réunion de l'assemblée des Notables pour approuver les réformes.

1787         Le ministère propose à l'Assemblée des Notables une répartition plus équitable des charges publiques, qui augmenterait les revenus: cette proposition qui menaçait les biens du clergé est rejetée. Le ministre Calonne se retire; il est remplacé par Loménie de Brienne qui ne fera pas mieux que lui, bien que Louis XVI essaie d'imposer, par des édits, les mesures qu'il préconise. Le Parlement, lui refusait d'enregistrer ces édits, Calonne est exilé à Troyes, et peu après rappelé. - Le Parlement ne s'oppose pas à la création de nouveaux impôts jusqu'à concurrence de 420 millions, non plus qu'à la concession de tous droits civils et politiques aux protestants, que Malesherbes réclamait depuis 1771. - Louis XVI confie à Montmorin le ministère des affaires étrangères. Assemblée des notables. Conseil extraordinaire constitué de membres privilégiés choisis par le roi et réunit dans les moments difficiles. En 1786, une assemblée des notables est convoquée par Louis XVI sur le conseil de Calonne pour conjurer la crise financière traversée par la monarchie. Les 144 notables se réunissent à Versailles le 22 février 1787. Ils sont hostiles aux réformes de la fiscalité proposées par Calonne (suppression des corvées, liberté du commerce des grains, suppression des douanes intérieures…) et obtiennent son renvoi. Une seconde assemblée sera convoquée en 1788, avant les États généraux de 1789. Montmorin, Armand Marc, comte de Montmorin Saint-Hérem est un homme politique français, né à Paris le 13 octobre 1745, et mort à Paris, dans la prison de l'Abbaye, le 2 septembre 1792 lors des Massacres de septembre (1792). Monarchiste, c'est à dire un contre-révolutionnaire très modéré, convaincu qu'il faut accepter un nombre de réformes pour sauver la monarchie. Après avoir été ambassadeur de France en Espagne, il fut nommé par Louis XVI de France ministre des Affaires étrangères le 14 février 1787. Renvoyé le 12 juillet 1789, il fut rappelé après la journée du 14 juillet 1789. Sous son ministère avec Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau il mettra sur pied le "fameux atelier de police" dont Georges Jacques Danton sera l'un des agents. Sorti du ministère le 20 novembre 1791, il forma avec Pierre-Victor, baron Malouet, Antoine François Bertrand de Molleville et quelques autres une sorte de conseil privé que Jean-Louis Carra dénonça dans son journal sous le nom de Comité autrichien. Il essaya de se cacher après le 10 août 1792, mais fut découvert, envoyé en prison, et massacré le 2 septembre 1792 lors des Massacres de Septembre 1792.

1787         31 mars Manifeste de Calonne dénonçant l'opposition des Notables aux réformes.

1787         8 avril Renvoi de Calonne, Bouvard de Fourqueux lui succède. Bouvard de Fourqueux, contrôleur Général des Finances 2 mai 1787.

1787         1er mai Loménie de Brienne nommé chef du Conseil royal des finances. Étienne-Charles de Loménie de Brienne, 9 octobre 1727 à Paris - 19 février 1794 à Paris. Cardinal et homme politique français. Évêque de Condom de 1760 à 1763 puis évêque de Toulouse en 1763, il entreprend de grands travaux publics qui transforment la ville de Toulouse. Abbé du Mont Saint-Michel de 1766 à 1769. En 1770 il est élu à l'académie française. Préside l'assemblée des notables en 1787, il y est dans l'opposition et il est appelé pour succéder à Charles Alexandre de Calonne au contrôle général des finances (ministre des Finances) (1787) avec l'appui de Marie-Antoinette. Il est un habile intrigant, et avide d'honneurs. Sa politique d'expédients et ses nombreux démêlés avec les parlements le contraignent en août 1788, de convoquer les États généraux pour le 1er mai 1789. Le 25 août 1788, il se démet de ses fonctions.

1787         21 mai La Fayette membre de l'assemblée des Notables en appelle aux États Généraux.

1787         25 mai Renvoi de l'assemblée des Notables.

1787         22 juin Édit sur la création des assemblées provinciales.

1787         16 juillet Le Parlement de Paris rejette les réformes fiscales et réclame des États Généraux.

1787         6 août Lit de justice de Louis XVI imposant l'enregistrement de l'impôt sur le timbre.

1787         7 août Le Parlement déclare nul et illégal l'enregistrement.

1787         14 août Louis XVI exile le Parlement à Troyes.

1787         15-17 août émeutes à Paris.

1787         4 septembre Rappel du Parlement qui enregistre le rétablissement des vingtièmes.

1787         19 novembre Louis XVI impose au Parlement l'enregistrement par lit de justice d'une série d'emprunts.

1787         Wolfgang Amadeus Mozart compose 'La petite musique de nuit'. 'La Petite Musique de Nuit' K. 525 en sol majeur (Eine kleine Nachtmusik en allemand) est une sérénade pour quintette à cordes (violon I & II, alto, violoncelle et contrebasse), composée par Wolfgang Amadeus Mozart en 1787. Son premier mouvement comporte l'un des thèmes les plus connus de la musique classique. L'oeuvre est contemporaine de la mort de Leopold Mozart, père du musicien, ainsi que de la création de son opéra Don Giovanni. Elle est datée du 10 août 1787 et était à l'origine composée de 5 mouvements, avec un premier menuet, après l'allegro ; celui-ci a manifestement été arraché de la partition initiale et n'a jamais été retrouvé. La partition n'a été éditée qu'en 1827 et le manuscrit autographe n'a été redécouvert qu'en 1943. Même si elle est écrite pour un quintette à cordes, la partition ne comporte en fait que quatre parties, la contrebasse doublant à l'octave inférieure le violoncelle sur l'intégralité de la pièce. Cette sérénade a souvent été reprise, a posteriori, pour orchestre à cordes.

1787         Jean-François Marmontel écrit 'Éléments de littérature’

1788         4 janvier Remontrances du Parlement à Louis XVI contre les lettres de cachet. Au début de l'année 1788, Louis XVI est en conflit avec le parlement qui a refusé d'enregistrer un nouvel impôt : la subvention territoriale. Dans son arrêté du 4 janvier 1788, le parlement condamne sans appel la procédure des lettres de noblesse permettant au monarque d'emprisonner arbitrairement ses sujets indésirables. Quant à Marie-antoinette, elle n'est plus la jeune femme assoiffée de plaisir courant les fêtes et les bals, c'est une mère attentive à la santé de son jeune fils de santé fragile. Cependant, le peuple la déteste et l'appelle Madame Déficit, on continue à lui attribuer des penchants saphiques et des conquêtes nombreuses..

1788         19 février Brissot créa la Société des amis des Noirs; mais il ne put obtenir l'abolition de l'esclavage auprès de la Constituante. Jacques Pierre Brissot (1754-1793). Il devient secrétaire de Louis-Philippe d'Orléans (Philippe Égalité). En 1788, il part pour les États-Unis où il passe quatre mois pour une affaire d'achat de terrain. Il passe ensuite en Belgique où il assiste à la Révolution branbançonne. Rentré en France, lors de la réunion des États généraux (1789), il lance un journal le Patriote français, qui connaît un grand succès. Élu à la première municipalité de Paris, il fonde la Société des Amis des Noirs pour abolir l'esclavage. Après la fuite de Louis XVI en juin 1791, il demande la proclamation de la République. Élu à l'Assemblée législative en 1791, il s'oppose à Maximilien de Robespierre sur la question de la guerre. Réélu à la Convention (1792) par le département d'Eure et Loire, il devient le chef de file des "Brissotins", bientôt les Girondins. Mis en arrestation avec eux le 2 juin 1793, il peut s'enfuir, mais est arrêté à Moulins, condamné à mort et guillotiné le 31 octobre 1793. La Société des amis des Noirs est une société créée le 19 février 1788 qui avait pour but l'abolition immédiate de l'esclavage. Cette association fut dirigée par Jacques Pierre Brissot et présidée par Étienne Clavière.

1788         1er mai Abolition de la question préalable. Un lit de justice qui se tient à Versailles enregistre, à la demande du roi Louis XVI, un édit qui abolit, en matière pénale, la question préalable, autrement dit les tortures qui étaient infligées aux suspects.

1788         3 mai Le Parlement proclame les "lois fondamentales du royaume".

1788         5 mai Réunion de l'assemblée du clergé (jusqu'au 5 juin).

1788         8 mai Réforme de Lamoignon transférant l'enregistrement des édits à une cour plénière et supprimant la question ordinaire. Le roi enregistre d'autorité les Édits de son garde des Sceaux (Lamoignon) qui ont subi un rejet du parlement. Pour contrer la Fronde parlementaire, le roi décide l'arrestation d'Eprémesnil et Goislard considérés comme les meneurs de la révolte parlementaire. Ces deux conseillers réussissent à échapper à la Police et trouvent refuge au Palais de Justice pour se mettre sous la protection des autres parlementaires... Mais la foule parisienne elle-même vient faire rempart autour du Palais pour le protéger d'éventuels assauts... Après une nuit, d'Eprémesnil et Goislard se rendront à l'autorité. Mais la fronde parlementaire s'étend à l'ensemble des provinces où l'on critique les Ministres du Roi. Plénier (ère) se dit d'une assemblée où tous les membres sont convoqués.

1788         Conflit entre le ministère Loménie de Brienne (premier ministre et Lamoignon, garde des sceaux) et le Parlement, les ministres émettant la prétention de réduire les attributions de celui-ci à la connaissance des affaires privées, et de confier la connaissance des affaires de l'État à une cour plénière recrutée dans les classes privilégiées. - Le conseiller Duval d'Eprémesnil est arrêté pour avoir dénoncé publiquement ce projet; un mouvement populaire en sa faveur fait différer la réunion de la cour plénière projetée : le mécontentement populaire est général et se traduit un peu partout par une vive agitation. - Le roi rend un édit de convocation des États généraux, pour l'ouverture en avoir lieu le 1er mai 1789. - Loménie de Brienne, de plus en plus impopulaire, se retire (25 août) et Necker est rappelé au ministère des finances (27 août). Lamoignon se retire à son tour le 1er septembre - La fin de l'année est remplie d'incidents où continue à s'affirmer la tension entre la Cour et la Nation. Chrétien François de Lamoignon de Basville (1735-1789), homme d'État français, membre du mouvement des Lumières. Fils de Nicolas de Lamoignon de Basville, petit-fils de Guillaume de Lamoignon de Basville, conseillers au parlement de Paris, neveu du chancelier de Lamoignon et du ministre Malesherbes, il devient aussi magistrat au parlement de Paris en 1755. Nommé garde des Sceaux le 13 avril 1787, il s'efforce en vain de réformer l'organisation de la justice. Il ne réussit qu'à abolir la torture (question préalable). Par "l'édit de tolérance", il restitue un état civil aux protestants. Jean-Jacques Duval d'Eprémesnil, né en 1746 à Pondichéry, mort en 1794 à Paris. Magistrat français et polémiste pré-révolutionnaire. Avocat au Châtelet de Paris en 1766, il est exilé en 1771 lors de la réforme Maupeou.

1788         mai Révolte des Parlements, émeutes à Besançon, Toulouse, et Rennes.

1788         20 mai Réunion du Parlement de Grenoble malgré sa mise en vacances.

1788         7 juin Violentes émeutes à Grenoble; "journée des tuiles". Le 7 juin, le peuple s'associe aux magistrats que les soldats royaux viennent chercher pour avoir critiqué ouvertement la réforme judiciaire. Les troupes royales devront rebrousser chemin. Journée des Tuiles, le 7 juin 1788 des émeutes à Grenoble marquent le début de la Révolution française. Grenoble vit dans une agitation extrême qui a pour origine une récolte qui s'annonce mauvaise en raison de la pluie et qui provoque une hausse du prix du pain. Plusieurs familles protestent contre la hausse des prix d'aliments de première nécessité et chargent les membres du parlement du Dauphiné de faire remonter leurs revendications auprès du Roi de France Louis XVI. Mais ces parlementaires progressistes qui acceptent de faire remonter les doléances du peuple se font sévèrement semoncer par les ministres parisiens. Ils sont ainsi forcés de quitter la ville de Grenoble sur ordre d'un chancelier royal. L'agitation du peuple grenoblois ne fait qu'augmenter progressivement jusqu'à atteindre son paroxysme le 7 Juin 1788. Ce jour-là, l'agitation est telle que le gouverneur du Dauphiné est obligé d'envoyer sa garnison pour réprimer les débordements. Une partie des émeutiers grenoblois monte sur les toits et c'est une pluie de tuiles qui s'abbat sur les soldats aux abords du collège Jésuite dans l'actuelle rue Raoul Blanchard. La journée des Tuiles sera suivie de l'assemblée de Vizille (près de Grenoble); elle répandra l'idée que le tiers état est un ordre aussi important que le clergé et la noblesse.

1788         7 juin Réunion du Parlement de Paris.

1788         11 juin Violentes émeutes à Dijon.

1788         12-13 juin Exil du Parlement du Dauphiné.

1788         14 juin "L'assemblée de Grenoble" demande le rappel des magistrats et la convocation des États de la province et des États généraux.

1788         15 juin Le Clergé s'associe lui aussi à la révolte à propos du projet de réforme de Loménie de Brienne qui envisage d'estimer les biens écclésiastiques... Traditionnellement c'est l'Église qui décide du montant de "don gratuit" (l'impôt).

1788         19 juin L'intendant rétablit le Parlement de Pau sous la pression populaire.

1788         5 juillet Arrêté du Conseil d'État annonçant la convocation des États Généraux.

1788         6 juillet Plus de vingt mille ouvriers du Faubourg Saint-Antoine sont sans travail et le prix du pain ne cesse d'augmenter... Pour prévenir la révolte, une troupe de 10 000 hommes est aux portes de Paris.

1788         21 juillet Assemblée de Vizille près de Grenoble reprennant les revendications de "l'assemblée de Grenoble".

1788         8 août Édit prévoyant la convocation des États Généraux pour le 1er mai. L'impossibilité de la monarchie à faire face à la crise financière, amène Louis XVI à convoquer les états généraux. Ceux-ci n'avaient pas été réunis depuis 1614. Sous la pression de l'opinion publique, le roi accepte le doublement des représentants du tiers état. Les 1 150 députés des trois ordres se réuniront à Versailles en mai 1789 et, bien qu'ils n'aient pas les mêmes objectifs, ils parviendront à former la première Assemblée nationale. Le Roi, après moultes hésitations, se décide à la réunion des États Généraux prévue initialement pour 1792. Louis XVI nourrit le secret espoir de briser la fronde parlementaire au cours de ces États généraux mais il espère avant tout redonner confiance aux banquiers afin de financer les Fonds du Trésor en manque de 240 millions de livres.

1788         16 août Suspension des paiements de l'état pour 6 semaines. L'État suspend ses paiements : la caisse du Trésor est vide. Les remboursements de titres d'emprunts royaux ne sont possibles que pour les petites sommes, les 2/5 èmes de ces sommes sont remboursés et les 3/5 èmes restant sont converties en emprunt obligatoire. Cette manoeuvre permet une économie de 140 millions de Livres pour le Trésor mais ruine définitivement la confiance des financiers...

1788         24 août Démission de Loménie de Brienne.

1788         26 août Le Roi rappelle Necker, banquier, financier hors pair, ancien ministre du trésor... Il a conservé l'estime du peuple et des financiers...

1788         14 septembre Abandon de la réforme Lamoignon.

1788         21 septembre Rappel du Parlement qui fixe les modalités des États Généraux à celles de 1614. Le parlement obtient gain de cause : le Roi décide d'abandonner les réformes judiciaires de ses ministres dont il se débarasse, il rétablit également les fonctions traditionnelles du Parlement.

1788         25 septembre Le Parlement exige le vote par ordre pour les États Généraux.

1788         6 octobre L'assemblée des notables soutient le vote par ordre.

1788         5 décembre Le Parlement accepte le principe du doublement de la représentation du Tiers État. Le Roi consent à doubler le nombre de représentants aux États généraux, ainsi pour un représentant du clergé et un représentant de la noblesse, il y aura deux représentants du Tiers États. C'est Necker qui est à l'origine de cet arbitrage du Roi: la noblesse s'inquiète...

1788         27 décembre Le Conseil royal décide de la double représentation du Tiers État. Necker a fini par convaincre Louis XVI. Le tiers état sera doublé lors des prochains États généraux. La noblesse s'inquiète : “Votre Majesté pourrait-elle sacrifier, humilier, sa brave, antique et respectable noblesse ?”.

1788         29 décembre Réunion des États provinciaux de Bretagne. Dans le temps de la préparation des États généraux convoqués par Louis XVI, à l'ouverture des États de Bretagne, à Rennes, les cinquante-quatre délégués du tiers annoncent qu'ils refusent de délibérer avec les deux ordres que sont la noblesse et le clergé tant que l'on n'aura pas entendu leurs propres revendications. Le tiers état commence à découvrir la force qui peut être la sienne.

1788         Bernardin de Saint-Pierre écrit 'Paul et Virginie'. 'Paul et Virginie', est un roman pastoral de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, publié en 1788 dans le quatrième tome de ses Études de la nature (comme illustration romanesque de ce vaste traité de philosophie), puis en volume séparé en 1789, avec des figures de Moreau le Jeune et de Claude Joseph Vernet.

1788         Nicolas Restif de la Bretonne écrit 'Les Nuits de Paris’

1788         à 1865 - naissance et mort de Christian Jürgensen Thomsen. Archéologue danois et premier conservateur (1819) du Oldnordisk Museum précurseur de ce qui allait devenir le musée national du Danemark (Nationalmuseet) à Copenhague. Comme en témoigne le guide du musée publié en 1836, il est le premier à ordonner ses collections archéologiques d'après la théorie des trois âges, soit en classant les artefacts selon la succession chronologique suivante : âge de la pierre, Âge de bronze et Âge de fer. Cette division élémentaire demeure à la base du classement des cultures de la préhistoire.

1788         à 1824 - naissance et mort de lord Byron, Poète anglais. Son père ayant dilapidé la fortune familiale, George Gordon Byron passe une enfance taciturne auprès d'une mère blessée. A dix ans, il hérite d'un grand-oncle paternel le titre de lord et le domaine de Newstead Abbey. Il fait ses études à Dulwich, puis à la public school de Harrow. En 1805, il va à l'Université de Cambridge où il côtoie la jeunesse aisée et commence à s'endetter. Son premier recueil, 'Les heures d'oisiveté', est publié avant la fin de ses études. Il traverse l'Europe en pleines guerres napoléoniennes et gagne la Grèce. En 1811, il revient en Angleterre, publie les deux premiers chants du 'Chevalier Harold' avec succès et prononce son premier discours remarqué à la Chambre des Lords. Sincère, il ne s'inquiète pas de choquer et aime à être satyrique. Libéral, il ne hait que l'hypocrisie et la tyrannie. Sa vie est rythmée entre l'écriture, les voyages et les femmes. En 1823, il est élu au Comité grec de libération contre la domination turque. Il s'engage pour cette cause avec ardeur et sa santé s'en voit irrémédiablement affectée.

1788         à 1860 - naissance et mort de Arthur Schopenhauer. Philosophe allemand. Dès 27 ans, Schopenhauer avait conçu les principes de son système philosophique, qu'il définira dans 'Le monde comme volonté et comme représentation', paru trois ans plus tard dans l'incompréhension générale. Oeuvre d'une vie, dont la pensée pessimiste donne le primat à la volonté, au point de créer une métaphysique du vouloir, livre énigmatique, qui définit le monde comme une volonté active dont les manifestations ne peuvent être comprises par ceux qui sont livrés aux représentations et aux apparences. Ainsi l'entreprise de Schopenhauer pouvait difficilement être entendue par un monde qu'il s'acharnait à vouloir ruiner. Pour autant, sa pensée n'est pas que pure négativité, mais doit conduire à l'ascétisme et à la contemplation, principes mystiques qu'il avait découverts dans les upanishad (livre sacré hindou). Malgré une carrière parsemée d'échecs, Schopenhauer connaîtra un succès tardif et la seconde édition allégée du 'Monde comme volonté et comme représentation' le fera connaître à l'Europe entière.

1788         mort de Thomas Gainsborough.

1789         LA RÉVOLUTION.

1789         La Révolution française est un ensemble d'événements et de changements qui marque dans l'historiographie française le tournant entre l'"Époque moderne" et l'"Époque contemporaine". C'est aussi la première fois, dans l'histoire de l'Europe depuis l'Antiquité, que le principe du régime monarchique a été renversé, et non simplement le monarque lui-même comme lors de la première révolution anglaise de Cromwell. Son impact est également dû aux guerres de la Révolution et de l'Empire qui ont touché une large partie de l'Europe continentale avec la création de "républiques soeurs" ou la fin du Saint Empire romain germanique. La période révolutionnaire commence en 1789, avec la réunion des États généraux et la prise de la Bastille, et se termine en l'an VIII du calendrier républicain (1799) avec le coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) de Napoléon Bonaparte. On peut distinguer plusieurs causes profondes à la Révolution française : La crise des finances : le budget de l'État est déficitaire à cause des dépenses engendrées par les guerres du XVIIIe siècle et par le train de vie de la cour royale. La contestation de la société d'ordres et des privilèges : les deux premiers ordres de la société française (clergé et noblesse) ne paient pratiquement pas d'impôts. L'essentiel de la charge fiscale repose sur le tiers état. Les idées des Lumières, diffusées dans certains groupes sociaux favorisés (noblesse, bourgeoisie), posent les principes de liberté et d'égalité. Elles contestent la monarchie absolue. Le roi cède à l'immobilisme des ordres privilégiés et refuse les réformes nécessaires. Les révolutions anglaises du XVIIe siècle et américaine du XVIIIe siècle donnent des modèles aux élites françaises (La Fayette notamment). Les mauvaises récoltes de 1788 provoquent la hausse des prix et la spéculation qui déclenchent le mécontentement de la population.

1789         On a tendance à faire coïncider la situation insurrectionnelle de Paris des 12 et 13 juillet 1789, puis de la prise de la Bastille, le 14, avec le commencement de la Révolution. En fait, quand elle a éclaté, la tempête révolutionnaire se préparait depuis longtemps. Trente ans plus tôt, les idées nouvelles de la philosophie et des sciences, réunies dans 'L'Encyclopédie' sous la direction de Diderot, avaient préparé le terrain de la contestation. Déjà les philosophes, qui avaient pour cible commune l'absolutisme despotique de la monarchie et de l'Église catholique, s'étaient fait des alliés dans toutes les classes de la société. De la bourgeoisie aux plus humbles curés de campagne et maîtres d'école, et jusqu'à la noblesse parlementaire, l'esprit des Lumières avait "contaminé" le pays, d'une façon irréversible. Plus proche, la participation de la France à la guerre d'indépendance américaine avait ranimé un vent de liberté. Mais, bien avant les exploits de La Fayette, un Voltaire prémonitoire avait écrit : "Tout ce que je vois jette les semences d'une révolution qui arrivera immanquablement et dont je n'aurai pas le plaisir d'être témoin". Révolution annoncée, donc, et pourtant ignorée. Louis XVI ne mesure pas toute la gravité de "la crise de régime" dont il a héritée à la mort de Louis XV. Le nouveau roi, faible, hésitant et velléitaire, balance entre rénovation et réaction, nomme un temps puis révoque des ministres libéraux (Turgot, Necker) qui auraient pu engager les réformes politiques indispensables. Le roi ne discerne pas mieux dans le climat social les espoirs déçus et les tensions qui sont les signes avant-coureurs d'un éclatement. Car la société refuse d'attendre plus longtemps une mutation profonde. Une nation de près de 27 millions d'habitants est sur le point d'exploser, et le roi va à la chasse. Dans son agenda, à la date des 12, 13 et 14 juillet, il note ces simples mots : "rien, rien, rien". Ce n'est pas rien pourtant un Parlement qui brûle de prendre le pouvoir, une bourgeoisie qui prône des principes égalitaires quand ce ne sont pas ceux de la République. Ce n'est pas rien que les neuf dixième de la population, les paysans hier encore victimes silencieuses des droits féodaux, commencent à s'agiter. Car le peuple des campagnes n'en peut plus des inégalités, des abus seigneuriaux, de la pression fiscale. Dans les milieux ruraux, la misère est grande, augmentée par des accidents climatiques alternant sécheresse, rigueur exceptionnelle des hivers et inondations. C'est l'hécatombe dans le cheptel, le blé manque, les prix montent en flèche, le pain est rare. Dans le secteur industriel, la situation économique est toutefois sensiblement meilleure, grâce à la modernisation des équipements (les forges du Creusot sont l'exemple d'un remarquable progrès). Mais les conditions de travail du monde ouvrier restent très pénibles, les salaires très faibles et le chômage important (à Paris, il y a au moins 120 000 indigents). Plus grave que jamais, le déficit des finances royales écrase de toujours plus d'impôts les classes laborieuses. Tous les facteurs sont réunis pour que se produise l'événement qui va voir un monde s'écrouler et un autre naître : la Révolution française. 1789 en est la date charnière, 1799 en est la fin. Dix années séparent l'ouverture des États généraux du coup d'état du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799). Dix ans pendant lesquels les Français ont vécu la formation de l'Assemblée nationale et l'élaboration d'une Constitution, la Déclaration des Droits de l'Homme et l'abolition des privilèges, la naissance de la République et l'exécution du roi, le culte de l'Être suprême et l'institution de la Terreur, la guerre civile et les expéditions militaires victorieuses, le Directoire et la prise du pouvoir par un général ambitieux, Bonaparte. A voir la suite des événements qui ont traversé cette décennie, il est plus juste de parler de plusieurs révolutions dans la Révolution. Cependant, ce qui en fait l'unité c'est sa volonté de détruire l'Ancien Régime, sa foi dans la raison et dans les sciences. C'est le temps où la suprématie des savants est incontestée. Les mathématiciens comme Laplace et Monge, les chimistes comme Lavoisier et Berthollet, les naturalistes comme Lacépède et Cuvier ou le botaniste Parmentier reçoivent tous les honneurs. De ce magnifique épanouissement intellectuel subsiste d'ailleurs le témoignage d'une oeuvre collective : la création du système métrique, adopté par la Convention en août 1793. C'est aussi le temps où les gouvernants comme le public suivent avec passion les expéditions des explorateurs, couvrent de lauriers le vieux navigateur Bougainville, tremblent pour La Pérouse et les frégates l'Astrolabe et la Boussole, “portés disparus”. Cette foi en les sciences et en l'homme, qui anime les révolutionnaires, va naturellement les pousser à se montrer méfiants à l'égard de la religion. L'instruction, l'assistance publique, l'état civil sont laïcisés, le divorce admis. La conséquence logique en sera la séparation de l'Église et de l'État, en 1795. Dans le souci permanent de resserrer l'unité de la nation, les assemblées révolutionnaires privilégient l'éducation civique, créent une administration uniforme, suppriment les douanes intérieures, généralisent le système unique des poids et mesures, fondent une armée nationale et, pour que tous ensemble les citoyens s'unissent dans la joie patriotique, inventent la Fête de la Fédération. A Paris, 100 000 fédérés venus de toutes les régions de France se pressent à la première cérémonie organisée le 14 juillet 1790, au Champ de Mars, dans une fervente fraternité et malgré la pluie. Dans ces rassemblements patriotiques, on entendra plus tard la Marseillaise. A l'origine Chant de guerre pour l'armée du Rhin composé à Strasbourg par le capitaine du génie Rouget de Lisle, ce chant sera repris et entonné tout au long de la route qui mènent les fédérés marseillais jusqu'à Paris, en juillet 1792, avant de devenir l'hymne national en 1795. Mais l'unité du peuple ne serait pas parfaite sans ce lien également fédérateur qu'est une langue commune à tous. Les maîtres d'école ont pour mission de faire pénétrer le français dans les provinces les plus reculées qui, pour la plupart, s'expriment encore en patois. L'amour de la Patrie est la règle et les héros de l'Antiquité sont le modèle. Les écrivains comme les artistes s'engagent en répondant à l'enthousiasme du public pour les idées républicaines et en mettant l'art à son service. Le tableau de David, 'Les Licteurs rapportant à Brutus le corps de ses fils' en est la meilleure illustration. A l'exemple des athlètes grecs, les hommes se passionnent pour le sport : course à pied au Champ de Mars, natation sur les bords de Seine. Gagnées par la mode de l'art néo-classique, les femmes, nouvelles reines de Paris et égéries des salons, adoptent une longue tunique fluide, resserrée sous la poitrine. On se bouscule chez Madame Roland et chez Madame de Staël, on admire la "tête politique" d'Olympe de Gouges qui propose et rédige les Droits de la Femme. Sans prétendre comme Olympe à l'égalité totale entre les sexes, les femmes se sont libérées du carcan où les siècles précédents les avaient enfermées. Elles ne sont pas seulement ces "tricoteuses" bavardes qui perturbent les débats des Assemblées, ou qui commentent haut et fort le comportement des condamnés menés à l'échafaud. Les femmes créent leurs propres clubs où l'on discute politique autour de la lecture du journal Le Moniteur et il n'est plus rare de voir des femmes d'affaires et des femmes chefs d'entreprise. Les plus délurées, les "amazones", dépassent souvent la mesure dans leurs provocations, aussi la "vertu" républicaine tente de les remettre au pas. Car la vertu, comme la morale, est érigée en dogme. Ce qui amène d'ailleurs à des excès, avec leur corollaire de fanatisme. Des chefs-d'oeuvre élevés jadis à la gloire des “tyrans” ou de la “superstition” doivent être protégés de la vindicte populaire. De fait, nombre d'entre eux sont mutilés. Des oeuvres d'art, dispersées lors des pillages des châteaux et des églises sont heureusement sauvées par décret de la Convention. Ainsi sont épargnés les portraits que Madame Vigée Le Brun a peint de la reine Marie-Antoinette et de ses enfants. Ainsi le peintre Lenoir réunit en un Musée des monuments français, les restes des sculptures médiévales qu'il a pu trouver. Qu'ils soient freinés pour leur “excès de zèle” dans l'ivresse de la revanche, les citoyens le comprennent plus ou moins bien. Ce qu'ils acceptent plus mal, c'est qu'on leur confisque la parole et qu'on ne réponde pas à leur aspiration de liberté. Naïfs ou très élaborés, les “cahiers de doléances” rédigés lors de la réunion des États généraux sont remplis de cet espoir de liberté et de cette soif d'équité. La Révolution ne pourra y répondre totalement, mais elle donne naissance à la 'déclaration des droits de l'homme' du 26 août 1789, qui consacre la majorité de ses dix-sept articles à cet espoir de liberté et d'égalité, en proclamant la liberté individuelle, la liberté d'opinion et la liberté d'expression. Elles s'expriment entre autres dans les mesures très symboliques que sont la suppression des lettres de cachet (qui donnaient au roi le pouvoir d'embastiller qui bon lui semblait), le droit à l'existence pour les protestants, la liberté de la presse (qui voit une extraordinaire prolifération de journaux : 'L'Ami du Peuple', 'Le Père Duchesne', 'La Sentinelle'...). Après liberté et fraternité, égalité est le maître mot des temps révolutionnaires. Comme première tâche, l'Assemblée se devait d'abattre la hiérarchie des classes sociales constituée par les trois ordres monarchiques : clergé, noblesse, tiers état. Des deux premiers, le clergé est le plus atteint. Ses biens immenses sont "mis à la disposition de la nation". Le clergé n'a plus de privilèges financiers et juridiques, les ordres religieux sont abolis. Une Constitution civile du clergé oblige les prêtres à lui prêter serment : 300 000 d'entre eux sont bannis de France pour avoir refusé. En 1794, les "assermentés" cessent d'être fonctionnaires et ne reçoivent plus de traitement. Après 1795, l'Église catholique de France n'est plus qu'une association privée, entourée de méfiance et parfois en butte aux persécutions. Très durement est également touchée la noblesse : plus de prérogatives honorifiques, plus d'hérédité des charges, plus de droits féodaux ; les titres sont brûlés en présence du Conseil municipal et de tous les citoyens. Les nobles qui n'ont pas émigré conservent leur terre mais sont frappés par les réquisitions en temps de guerre et les emprunts forcés. Ils peuvent remplir des fonctions publiques mais sont soumis à une constante suspicion. Ils ne sont d'ailleurs pas les derniers à monter à l'échafaud. A la suite du roi, de la reine Marie-Antoinette, de Philippe Égalité, et de milliers d'autres "suspects", les têtes nobles tombent nombreuses sous le couperet de la guillotine. Quand la lame de la machine à tuer du docteur Guillotin, imaginée pour rendre les exécutions "moins barbares", a épargné le noble, il peut vivre sur son domaine une existence plutôt paisible. Loin de la fièvre de Paris, la vie est plus facile pour le hobereau de province. En bon citoyen, il peut participer aux activités de la commune ou, comme c'est le hobby de la noblesse "éclairée", s'adonner à sa passion des expériences scientifiques : faire voler une montgolfière, concevoir une machine à vapeur. Pour le noble qui est sincèrement acquis aux idées révolutionnaires, il est apprécié qu'il prenne à sa charge l'ouverture d'une école de village. L'instruction reste la question majeure du temps, et les assemblées révolutionnaires se sont passionnées pour le problème de l'enseignement. Mirabeau sous la Constituante, Condorcet sous la Législative, l'abbé Grégoire sous la Convention demandent expressément une Instruction Publique. A la tribune, Danton s'écrit : "Après le pain, l'éducation est le premier besoin du peuple". Dans son immense majorité, le peuple ne sait ni lire ni écrire. Qui va l'éduquer ? Les ordres ecclésiastiques qui s'en chargeaient jusque-là ont été dissous. Après de très nombreux travaux la Convention vote une loi en 1795 : il y aura au moins une école primaire par canton, mais elle ne sera gratuite que pour les indigents (pauvres) ; l'enseignement secondaire sera dispensé dans les nouvelles Écoles Centrales de département avec pour disciples, en plus des lettres et des mathématiques, les sciences expérimentales, l'histoire, la géographie, les langues vivantes, le dessin et l'étude des lois des différentes nations. L'intérêt plus grand encore que porte la Convention à l'éducation supérieure, l'amène à créer ou à réorganiser les Grandes Écoles : Polytechnique, Mines, Ponts et Chaussées, Arts et Métiers. Dans l'idéal, chaque chef-lieu de département doit avoir sa bibliothèque et un dépôt d'archives. Les Archives Nationales sont fondées, les tableaux du roi réunis au Musée du Louvre. Avec les sciences physiques et mathématiques, les sciences morales et politiques, la littérature et les beaux-arts, le nouvel Institut doit, selon l'expression de Daunou, donner “ l'abrégé du monde savant ”. Tant de culture est encore bien loin d'être à la portée du monde rural et des ouvriers. La Révolution n'a pas négligé le sort des masses populaires. Mais parmi les paysans, seuls les plus aisés, les propriétaires terriens, sont réellement favorisés par les mesures révolutionnaires. On en voit même qui se hissent au niveau de la bourgeoisie après avoir fait fortune en achetant des biens nationaux aux enchères. Cependant, l'abolition des impôts indirects de l'Ancien Régime (octrois, traites, gabelles, aides, etc.) et plus encore l'établissement d'un régime fiscal unique et l'application des mêmes lois pour tous, dans toutes les provinces de France, vont dans le sens du principe égalitaire. Mais les lois de ventôse, d'une hardiesse inouïe (égalité des biens, redistribution des terres) ne seront jamais appliquées. Un peu mieux traités, les ouvriers peuvent maintenant choisir leur métier. Les plus entreprenants s'établissent à leur compte grâce à la suppression des corps et des communautés à privilèges (corporations, jurandes). Enfin, l'ouverture à tous des emplois anciennement réservés aux nobles (armée, fonctions administratives et judiciaires) profite surtout à la bourgeoisie, riche et instruite. La bourgeoisie, c'est la grande bénéficiaire de la Révolution. Ce sont les “notables” qui légifèrent, sont membres des clubs politiques décisionnaires, gouvernent et administrent la France. Ce sont eux aussi, banquiers et industriels, qui vont permettre la relance de l'économie. Enfin c'est dans les rangs de la bourgeoisie que se présentent les plus gros acheteurs de biens nationaux. Qui a quelque ressource profite de l'immense transfert de biens qui est l'un des traits majeurs de l'oeuvre de la Révolution. Parmi les “gens du peuple”, chez les artisans et les marchands, une partie réussit également à s'enrichir notablement par la spéculation (qui s'est partout généralisée) et la vente des fournitures à l'État. Certains roulent en buggy, rachètent des hôtels particuliers ou des terres à quelque petit noble ruiné. Mais ces “nouveaux riches” n'ont quand même pas les moyens de se mesurer à la haute bourgeoisie qui accourt pour acheter les meubles du château de Versailles, mis aux enchères le 25 août 1793. Les créations en bois de rose ou d'acajou des ébénistes Georges Jacob, Jean-Baptiste Sené ou Jean-Henri Riesener sont encore hors de portée de la plupart des intérieurs bourgeois. Mais qu'importe, il reste la griserie des plaisirs qui s'est emparée des Parisiens. Ni la Terreur, ni la menace permanente d'être arrêté ou exécuté ne semble pouvoir arrêter ce tourbillon de vie. Haut cravaté, le monocle à la main, portant longue redingote sur culotte collante et bas de soie, on se mêle à la foule qui se presse dans les théâtres pour applaudir Talma à la Comédie-Française. Pour oublier la dépréciation constante des assignats, monnaie-papier remise en service, on s'étourdit de quadrilles dans les bals bourgeois ou on s'encanaille avec les sans-culottes dans les "bastringues d'été" et les bals populaires. Parce que c'est la mode, on se bouscule pour écouter un opéra-comique de Grétry. Mais surtout, on flâne sous les portiques de la galerie du Palais-Royal récemment construite. On y fait de folles dépenses dans les boutiques, on s'y rend pour "être vu" ou voir les extravagants costumes des "incroyables", des muscadins aux cheveux longs et poudrés, des "merveilleuses" frissonnant dans leur robe impudemment transparente, ou encore, on se glisse dans les tripots de jeux, la passion des nantis du temps. Rien ne semble pouvoir gâcher ce bonheur. La farandole de liberté qui est la leur ne peut plus être entravée, mais quelques années plus tard, un glorieux général nommé Bonaparte arrête la danse.

1789         1789 - Le 5 mai 1789, le roi Louis XVI et Necker ouvrent solennellement les états généraux. Louis XVI n'a plus d'argent en caisse et il a absolument besoin de l'accord des représentants des trois états pour lever de nouveaux impôts ou réformer ceux qui existent. Les représentants du tiers état dénoncent la division de l'assemblée en trois états qui les met automatiquement en minorité face aux représentants des ordres privilégiés, le clergé et la noblesse, qui ne représentent qu'une toute petite partie de la population française. Le 17 juin, les députés du tiers état et beaucoup de curés qui représentent le clergé aux états généraux se réunissent à part. Sur proposition de l'abbé Sieyès, qui constate que ladite assemblée représente les "quatre vingt seize centièmes de la Nation", ils se transforment en Assemblée nationale. Peu à peu, la plupart des autres députés vont les rejoindre. Le 20 juin, dans la salle du Jeu de Paume où elle s'est réunie, près du palais de Versailles, bafouant la volonté du roi, l'Assemblée nationale fait serment de ne pas se séparer. Trois jours plus tard, le marquis de Dreux-Brézé leur demande de cesser leur fronde. Mirabeau l'envoie paître par une magnifique harangue. L'Assemblée désobéit ouvertement au roi. C'est un acte grave. Constatant que les maux du gouvernement appellent davantage qu'une réforme de l'impôt, les députés projettent de remettre à plat les institutions et de définir par écrit, dans une constitution, de nouvelles règles de fonctionnement, selon l'exemple américain. Le 9 juillet, l'assemblée se proclame donc Assemblée nationale constituante. Le 11 juillet 1789, Louis XVI, vexé, renvoie son ministre Necker, une fripouille qui n'a fait que creuser le déficit mais est restée pour cela très populaire parmi les petites gens. A Paris, le peuple s'irrite et s'inquiète. On dit en plus que le roi, irrité par la désobéissance des députés, voudrait les renvoyer chez eux. Des rumeurs font craindre une intervention des troupes contre la capitale. Au Palais-Royal, un orateur, Camille Desmoulins, harangue la foule. Le 14 juillet, des badauds s'attroupent, pillent une armurerie et s'en vont prendre d'assaut la Bastille, une vieille forteresse royale datant de Charles V et de la guerre de Cent Ans, qui sert de prison à quelques lascars de mauvaise vie. Surplombant de sa masse sombre le quartier populaire de Saint-Antoine, elle n'est gardée que par 82 invalides et 32 gardes suisses. Élie et Hulin, des soldats des gardes françaises, rejoignent les assiégeants en traînant avec eux des canons. Le gouverneur de la Bastille, de Launay, capitule contre la vie sauve. Cette journée mémorable voit les premiers morts de la Révolution. Parmi eux une centaine d'assiégeants ainsi que quelques invalides et le gouverneur de la Bastille, de Launay, dont la tête est promenée au bout d'une pique. Sous l'effet de la surprise, à Versailles, le roi se retient de dissoudre l'Assemblée. Son propre frère, le comte d'Artois, futur Charles X, prend la mesure de l'événement et quitte la France sans attendre. Il est suivi dans l'émigration de quelques autres nobles, dont le prince de Condé (Louis V Joseph de Bourbon-Condé) et Madame de Polignac. A Paris, le comité des électeurs désigne un maire, Bailly, et un commandant de la garde nationale, La Fayette, en remplacement de l'administration royale. Les autres villes imitent la capitale. Une "Grande peur" s'étend dans les campagnes. Les paysans craignent que les seigneurs n'augmentent les taxes qui pèsent sur eux. Sans manquer d'afficher leur loyauté à la monarchie, ils pillent les châteaux et brûlent les "terriers", c'est-à-dire les documents qui contiennent les droits seigneuriaux. Quelques familles de hobereaux (petits seigneurs) sont battues, voire massacrées. C'est au tour des députés d'avoir peur. Dans la nuit du 4 août, pour calmer les paysans, ils votent l'abolition des droits seigneuriaux. Le 26 août 1789 est votée la 'Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen'. C'est l'acte le plus remarquable de la Révolution. Les députés, inspirés par les philosophes français et anglais du passé (Hobbes, Locke, Montesquieu, Rousseau,...) votent dans l'enthousiasme une Déclaration qui définit les droits de chacun en 17 articles. L'article 1 est très beau : "Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits...". Le rêve ne dure pas. À Paris, le peuple s'indigne de l'opposition du roi à l'abolition des droits seigneuriaux. Le 5 octobre, une foule de Parisiennes va chercher Louis XVI à Versailles. La Fayette, un général très populaire, convainc le roi de quitter le palais de Versailles pour celui des Tuileries, au coeur de Paris, afin de dissiper une bonne fois pour toutes la méfiance des Parisiens... et des Parisiennes à son égard. Le roi s'exécute. Le lendemain, le 6 octobre, il quitte Versailles pour le palais des Tuileries, au coeur de la capitale. L'assemblée constituante fait de même et s'installe dans la salle du Manège, à côté des Tuileries. Le gouvernement de la France se met désormais à la merci des Parisiens. Il suffira qu'un groupe d'émeutiers envahisse la Chambre des députés pour qu'un gouvernement soit renversé.

1789         janvier Sieyès écrit 'Qu'est-ce que le Tiers État ?'. Pour lui, le Tiers État représente tout : 96% de la population, c'est la Nation. L'abbé critique amplement la noblesse sur ses privilèges sans égratigner l'église. Il rêve tout haut d'une monarchie constitutionnelle laissant une part moins belle à la noblesse qu'en Angleterre.

1789         3 janvier Le roi suspend les États provinciaux de Bretagne suite aux désaccords: noblesse - Tiers État.

1789         24 janvier Lettre de convocation des États Généraux.

1789         26 janvier Manifestation à Rennes contre le prix du pain: "journée des Bricoles".

1789         27 janvier Fusillade entre nobles et étudiants devant le couvent des Cordeliers à Rennes (2†).

1789         30 janvier Mirabeau défenseur du Tiers État ! 'Est-il juste que les ordres qui ne sont pas la Nation l'emportent sur la nation ?' déclare t-il près d'Aix en provence... le peuple l'acclame.

1789         La noblesse exclut Mirabeau de ses rangs sous prétexte qu'il ne possède pas de fief, il leur réplique en lançant un appel à la Nation Provençale !      

1789         mars Les Français ont pour la première fois la fièvre électorale, à Paris, comme dans tous les villages de France, des réunions se tiennent pour désigner les représentants des États généraux. Des cahiers de doléances s'ouvrent partout. Dans les cahiers de doléances, on trouve les revendications des Français de tout le royaume. Ces revendications s'accordent sur certains points: - la noblesse refuse l'affaiblissement de ses privilèges provinciaux hérités de l'époque médiévale. Elle est cependant parfois prête à accepter l'égalité devant l'impôt. - le Clergé : les doléances sont extrêmements différentes entre le haut et le bas clergé, le haut étant nettement plus proche de la noblesse et de la souveraineté royale que le bas... - le Tiers État : l'essentiel des revendications porte sur le régime fiscal et le comportement des fermiers généraux et intendants accusés de corruption. (A l'époque, les collecteurs d'impôts payaient le droit de collecter l'impôt pour le Trésor et les contrôles étaient pour le moins succincts…     

1789         11-12 mars Émeutes frumentaires à Reims. Frumentaire, relatif au blé ou aux ressources alimentaires.

1789         23 mars Émeutes frumentaires à Marseille.

1789         24 mars Émeutes frumentaires à Aix.

1789         avril Fondation du club des Jacobins. Le Club des Jacobins (sa raison sociale était en fait Société des amis de la Constitution) est une société politique fondée à Versailles en avril 1789. Ce club est issu du Club Breton qui s'était donné pour but de ne pas se séparer avant d'avoir doté la France d'une constitution. Ayant attiré des députés de bien d'autres horizons géographiques que la Bretagne seule, le club a pris le nom de Société des amis de la Constitution et migre à Paris en octobre 1789 dans le couvent des jacobins de Paris auquel on doit le nom sous lequel on connaît ce club aujourd'hui. Le club des Jacobins cependant se divisa après l'arrestation de Louis XVI (21 juin 1793), les plus modérés fondèrent le club des Feuillants (16 juillet 1791), tandis que les autres optaient pour la République. Les Jacobins dominèrent la Convention nationale grâce aux députés montagnards. Après l'éviction des Hébertistes, le pouvoir fut monopolisé par Maximilien Robespierre et ses amis, et le Club devint le principal auxilliaire du Comité de Salut public. Après le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) et la chute de Maximilien Robespierre, le Club fut fermé en novembre 1794, puis tenta de se reconstituer sous le Directoire. Le mot a servi depuis à désigner en France les républicains partisans d'une démocratie centralisée et d'un pouvoir exécutif fort. Les Jacobins. Révolutionnaires membres de la Société des amis de la Constitution (Club des jacobins) créée en 1789, ils rassemblent au départ des hommes d'opinions diverses, allant des modérés tels que La Fayette ou Sieyès aux intransigeants tels que Robespierre ou Brissot. Après la fuite du roi en 1791, les partisans d'une monarchie constitutionnelle forment le club des Feuillants, tandis que les partisans de la déchéance du roi se réunissent sous la houlette de Robespierre dans le club rebaptisé Société des amis de la Liberté et de l'Égalité. Après les massacres de septembre 1792 et leur éviction de la Convention, les jacobins adoptent des positions révolutionnaires radicales, à l'instar de la Montagne, dont ils deviennent l'organe directeur. Fermé après la chute de Robespierre (1794), le club disparaît définitivement en 1799.

1789         17 avril La fayette décide de se faire élire aux États généraux dans les rangs de la noblesse mais ses idées ne s'accordent pas au groupe, il est en effet très partisan du vote par tête.

1789         26 avril Maximilien de Robespierre est élu député du Tiers État d'Artois. Maximilien de Robespierre, né le 6 mai 1758 à Arras (Pas-de-Calais), guillotiné le 10 thermidor an II (28 juillet 1794) à Paris place de la Révolution (aujourd'hui place de la Concorde), était un homme politique français. Chef des Montagnards, il incarna la tendance démocratique de la Révolution française, mais aussi ses méthodes terroristes, "Incorruptible" pour les uns, "dictateur sanguinaire" pour les autres, il reste un personnage très controversé de l'Histoire.

1789         27-28 avril Émeute des ouvriers de la manufacture royale de papiers-peints Réveillon. Quelques jours avant que s'ouvrent les États généraux convoqués par Louis XVI à Versailles, le bruit court que Réveillon, ancien mercier devenu un riche industriel et dont la fabrique de papier peint emploie quelque quatre cents ouvriers, baisserait de 15 sous les salaires. Les ouvriers qui viennent de passer un hiver très dur se révoltent et saccagent la maison, le parc et les ateliers. Les Suisses et les hommes du Royal Cravate viennent à bout de l'émeute en abattant ceux qui font pleuvoir des tuiles sur la troupe depuis les toits. On compte au soir quelque trois cents morts.

1789         30 avril Première réunion du Club breton à Versailles.

1789         30 avril La foule s'empare de trois forts à Marseille.

1789         2 mai Les députés des États généraux sont présentés au roi. Les mille députés des trois ordres sont reçus à Versailles par le Roi.

1789         4 mai "Procession des États" à Versailles.

1789         5 mai Ouverture des États Généraux à Versailles. Ce sont 1200 députés venus de toute la France qui sont appelés nominativement du vestibule pour entrer dans la salle des Menus-Plaisirs où vont se tenir ces États généraux devant plus de 2000 spectateurs. Cet appel dure plus de trois heures et c'est une population assez hétéroclite qui fait son entrée. Les 300 représentants du Clergé, les 300 de la Noblesse et les 600 représentants portent une tenue bien différente. Il convient de remarquer que les représentants du Tiers État ne sont en aucun cas issus de milieux pauvres ou indigents, la plupart sont des bourgeois : médecins, commerçants ou industriels. Ainsi, sur six cent représentants du Tiers État on ne trouve qu'un seul paysan. Tout commence avec le Discours royal largement applaudi mais qui ne laisse pas supposer une volonté de réforme : Le discours du Roi se veut conciliateur mais délibérément conservateur. Barentin, le Garde des Sceaux prend ensuite la parole mais la foule attend avec impatience Necker qui devrait trancher le problème du vote par tête plutôt que par ordre. En fait, le discours de Necker ne sera qu'un cours magistral de financier qui ennuie tout le monde et le vrai problème du vote par tête est repoussé à plus tard. Le Roi se lève ensuite mettant ainsi un terme à la séance. Aucun des trois ordres n'a pu s'exprimer, sans doute craignait-on l'impertinence du Tiers État. Les réunions qui se tiennent le soir même entre représentants des divers ordres conduisent à former trois groupes distincts au sein de l'assemblée. Le premier jour les représentants des divers ordres étaient placés selon les régions et non selon l'ordre représenté. Cette décision a une grande importance puisqu'elle détermine les débats contradictoires qui vont avoir lieu ensuite. Les États généraux de 1789 sont les derniers de l'Ancien Régime français. Le 8 août 1788, le marasme financier amène Louis XVI à convoquer les États généraux du royaume pour le 1er mai 1789. L'élection des représentants a lieu en janvier 1789 et suscite une participation très variable. Les représentants du Tiers état sont désignés de façon indirecte. Seuls les hommes de plus de 25 ans et payant l'impôt ont le droit de voter. L'ouverture des États généraux a lieu le 5 mai dans la salle des Menus-Plaisirs à Versailles, rebaptisée pour la circonstance salle des trois ordres. Cette date marque le début de la Révolution française. Sur 1139 députés, 291 appartiennent au clergé et 270 à la noblesse. La première séance, le 5 mai, est présidée par Louis XVI en personne, le clergé s'assied à la droite du trône, la noblesse à gauche, le Tiers État en face. Les orateurs sont le roi, le garde des sceaux, Barentin, et le ministre des finances, Jacques Necker. Des dissensions éclatent très rapidement sur la manière de voter. Le clergé et la noblesse souhaitent que le vote ait lieu par ordre, ce qui leur assure la majorité ; le Tiers État réclame le vote par tête, ce qui lui assurerait l'égalité et que les débats aient lieu en commun. Le tiers fait valoir qu'il représente à lui seul la Nation, et refuse ainsi de quitter la place. Le 17 juin, le tiers état invite les députés des deux autres ordres à les rejoindre. Certains d'entre eux, des nobles libéraux (La Fayette) et des clercs proches du peuple, s'unissent au troisième ordre. On assiste ainsi à une révolution à caractère juridique : la suppression des ordres face au roi, auxquels se substitue une représentation nationale en une seule assemblée. Le groupe ainsi constitué se proclame donc Assemblée nationale, sur la motion de l'abbé Sieyès. Devant ce premier acte révolutionnaire, Louis XVI, contre l'avis de Necker, fait fermer la salle des États, que préside Bailly. La nouvelle Assemblée nationale trouve un autre lieu de réunion à Versailles, une salle de jeu de paume, sur la proposition du Dr Guillotin. Lors de la séance dite du Serment du Jeu de Paume, le 20 juin 1789, les députés promettent de ne pas se séparer avant d'avoir rédigé une constitution pour le pays : l'Assemblée nationale constituante siègera ainsi jusqu'au 30 septembre 1791 et exerçera en même temps le pouvoir législatif. Lors de la séance royale du 23 juin 1789, le roi ordonna la dispersion de l'Assemblée. Le grand maître des cérémonies alla porter l'ordre à Bailly, doyen du Tiers. Mirabeau aurait alors, selon la légende, prononcé cette phrase célèbre : "Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes". Des citoyens français appelèrent aussi à la convocation d'un "quatrième ordre : celui des pauvres journaliers, des infirmes, des indigents", etc., ou l'ordre sacré des infortunés, ce qui, à l'époque, était constitué d'un nombre important de personnes. Une révolution bourgeoise et pacifique venait ainsi de s'accomplir, une monarchie constitutionnelle se substituant à l'absolutisme royal de l'Ancien Régime.

1789         6 mai Les représentants du Tiers État prennent le titre de députés des Communes.

1789         11 mai Les députés de la noblesse refusent le vote par tête.

1789         12 mai Bailly est élu député du Tiers État pour Paris. Jean Sylvain Bailly (15 septembre 1736, Paris - 12 novembre 1793, Paris) est homme politique et académicien français. Il fut élu 1er député de Paris le 12 mai 1789, sur le contingent du tiers état, aux États généraux. Le 3 juin suivant, il était élu président du tiers état et, le 17 juin, président de l'Assemblée nationale. Le 20 juin, lors du serment du Jeu de Paume, il fut le premier à prêter serment et, trois jours plus tard, lors de la séance où Louis XVI exigeait la dispersion de l'Assemblée, a refusé d'obtempérer. Le 15 juillet 1789, il fut élu maire de Paris et, à ce titre, remit la cocarde tricolore au roi lors de la visite que celui-ci fit à l'Hôtel de Ville le 17 juillet. Dans sa fonction de maire, il est attaqué comme trop conservateur, par Camille Desmoulins et par Jean-Paul Marat. Après l'évasion manquée des 20 et 21 juin 1791, il voulut contenir l'agitation républicaine qui visait à obtenir la déchéance du roi et, à la demande de l'Assemblée, proclama la loi martiale et ordonna à la Garde nationale de tirer sur la foule des émeutiers le 17 juillet 1791. Sa popularité, jusque-là à peu près intacte, tomba en flèche. Le 12 novembre 1791, il démissionna de toutes ses fonctions politiques, et se retira à Nantes. Il fut mis en état d'arrestation en juillet 1793, alors qu'il se trouvait à Melun, et placé en détention. Appelé à témoigner lors du procès de Marie-Antoinette, il refusa de témoigner à charge et fit une déposition en sa faveur, ce qui le condamnait implicitement. Son procès fut expédié le 11 novembre 1793, et la sentence exécutée le lendemain, la guillotine ayant été symboliquement transportée sur l'esplanade du Champ-de-Mars à l'endroit même où les troupes avaient tiré sur le peuple, le 17 juillet 1791.

1789         19 mai Sieyès est élu député du Tiers État pour Paris. Emmanuel Joseph Sieyès, né le 3 mai 1748 à Fréjus, mort le 20 juin 1836 Il prit une part active à la Révolution française de son début (par la publication de 'Qu'est-ce que le tiers état ?') qui obtient un grand retentissement, à sa fin (par sa participation au coup d'État de Brumaire). En 1789, il est élu député du tiers état aux États généraux et c'est lui qui propose, le 17 juin 1789 la transformation de la Chambre du Tiers état en assemblée nationale. Il rédigea le serment du Jeu de paume et travailla à la rédaction de la Constitution. Élu dans trois départements à la Convention, il vota la mort du roi et se "déprêtisa" selon le rite officiel. En 1795, il refuse le poste de Directeur auquel il est élu. En 1798, il est envoyé comme ambassadeur à Berlin. En 1799 il se résoud à entrer au Directoire, puis prépara le coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) et devint président du Sénat sous l'Empire. De 1815 à 1830, il fut exilé comme régicide à Bruxelles. Il rentre en France en 1830.

1789         22 mai L'assemblée des électeurs du Tiers État rejette la demande d'annulation de l'élection de Sieyès (abbé).

1789         27 mai Le Tiers État appelle les deux autres ordres à le rejoindre.

1789         3 juin Bailly est élu président de l'assemblée des Communes.

1789         4 juin Mort du dauphin (Louis de France, Louis Joseph Xavier François de France, fils aîné de Louis XVI) à Meudon.

1789         juin Les délibérations des États généraux n'ont toujours pas commencé, les trois ordres devaient vérifier chacun de leur côté les mandats de leur députés. Mais le Tiers refuse, les députés du Tiers veulent que cette vérification se fasse en commun. L'objectif est de donner une légitimité à tous les députés vis à vis de toute l'assemblée. Cette légitimité permettrait de revendiquer le vote par tête.

1789         11 juin Adoption de la mention Sieyès demandant la réunion des trois ordres.

1789         13 juin Trois curés du Poitou rejoignent le Tiers État. Déjà trois députés du Clergé se sont joints au Tiers État, Sieyes propose que l'assemblée du Tiers "somme les deux ordres de se réunir à elle pour la vérification des pouvoirs des représentants de la Nation". Et le Tiers commence l'appel sans attendre l'accord des deux autres ordres.

1789         14 juin Le Tiers État rejete la demande d'invalidation de l'élection de Sieyès.

1789         15 juin Assemblée nationale. L'abbé Sieyès propose au tiers état qui vient d'achever la vérification des pouvoirs les mots “Assemblée nationale” pour en finir avec l'appellation États généraux.

1789         17 juin Le Tiers État se proclame assemblée nationale. Sur proposition de Sieyes, le Tiers État décide à 481 voix contre 119 de se proclamer Assemblée nationale. Le Tiers représentant 96 pour cent de la population doit remplir "les voeux de la Nation". L'Assemblée Nationale prend tout de suite des décisions capitales : - refus du droit de légiférer pour les deux autres ordres. - refus du droit de véto au Roi. - l'Assemblée Nationale est seule compétente pour consentir la levée de l'impôt. - l'Assemblée assure la garantie des dettes de l'État. L'Assemblée Nationale a l'aval du Clergé qui vient d'admettre sa réunion au Tiers par 3 cinquièmes des voix. La Noblesse est elle-même sur le point de vaciller et de se joindre au Tiers. Assemblée nationale, les députés du Tiers État constituent la première Assemblée nationale le 17 juin 1789. Louis XVI s'oppose à ses décisions, mais le 9 juillet elle se constitue en Assemblée nationale constituante.

1789         19 juin Le clergé se prononce pour le rattachement au Tiers État.

1789         19 juin Protestation des députés de la noblesse auprès du roi.

1789         20 juin La salle des Menus-Plaisirs est fermée à l'Assemblée Nationale. Ce matin là, les députés du Tiers ont été surpris de trouver la porte de la salle des Menus plaisirs fermée; présumant la volonté du Roi de dissoudre l'Assemblée, les députés se réunissent suite à la proposition de Guillotin à la salle du Jeu de paume. Mounier propose alors de prêter le serment écrit par Target et lu par Bailly: de ne jamais se séparer et de se rassembler partout où les circonstances l'exigeront, jusqu'à ce que la constitution du royaume soit établie et affermie. Tous les représentants du Tiers signent le serment et scellent ainsi l'unité de l'Assemblée Nationale. Serment du jeu de paume: l'Assemblée Nationale se proclame Assemblée Nationale Constituante. Le Serment du Jeu de paume est un engagement d'union prêté le 20 juin 1789 entre les 577 députés du tiers état face aux pressions du roi Louis XVI jusqu'à l'écriture de la Constitution. Sous prétexte de réparations à faire pour la prochaine séance les gardes empêchent aux députés du tiers état l'accès à la salle des Menus-Plaisirs, où se tenaient les États généraux, le 20 juin 1789. Les députés se réunissent alors dans la salle du jeu de paume à Versailles. Cet événement est considéré comme la naissance de la Révolution française. Il est suivi par la séance royale du 23 juin 1789.

1789         22 juin 150 députés du clergé et 2 de la noblesse rejoignent l'Assemblée.

1789         22 juin Réunion extraordinaire du Conseil du Roi : malgré les conseils de Necker, le Roi persiste dans son programme conservateur : - égalité devant l'impôt, - maintien des privilèges de la noblesse, - rétablissement du vote par ordre.

1789         23 juin Nous ne sortirons que par la force des baïonnettes. Au cours d'une séance des États généraux ouverte le 4 mai 1789, le marquis de Dreux-Brézé, grand maître des cérémonies du roi, veut faire sortir le tiers-état de la salle. Le comte de Mirabeau, député du tiers état d'Aix-en-Provence, lui rétorque : "Allez dire au roi que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes". Mirabeau s'impose dès lors comme l'un des principaux orateurs du tiers état, puis de l'Assemblée nationale.

1789         23 juin La séance royale: discours de Louis XVI devant tous les députés déclarant nulles les délibérations du 17 juin. La séance royale du 23 juin 1789 se déroule pendant les États généraux de 1789, dans la salle des Menus-Plaisirs de Versailles, suite au serment du Jeu de paume. Elle marque un tournant dans les préludes de la Révolution française. Les membres du Tiers État refusent de quitter la salle des Menus-Plaisirs. 'Nous ne quitterons nos places que par la force des baionnettes !' lance Mirabeau dans la salle du Jeu de Paume devant la volonté du Roi de dissoudre l'Assemblée et de déclarer nulles ses délibérations.

1789         24 juin La majorité des députés du clergé rejoignent l'Assemblée Nationale.

1789         25 juin 47 députés de la noblesse rejoignent l'Assemblée Nationale.

1789         25 juin Réunion de l'assemblée des électeurs du Tiers État de Paris.

1789         26 juin Louis XVI appelle 20 000 hommes de troupes à Paris et à Versailles.

1789         27 juin Le roi appelle la noblesse et le clergé à se joindre au Tiers État. Capitulation du roi devant le tiers. Le 23 juin, les députés du tiers, sommés de se séparer, ont refusé. En ce 27, le roi cède et se résigne à inviter les députés de la noblesse et du clergé à se joindre au tiers. “La famille est complète”, commente le doyen du tiers, Jean-Sylvain Bailly. L'acceptation par Louis XVI provoque la liesse de la foule qui envahit les cours du château de Versailles. La reine Marie-Antoinette, sur la Terrasse de Midi, lui présente le Dauphin (Louis Charles de France, Louis XVII) qui est acclamé.

1789         2 juillet Le marquis de Sade quitte la Bastille pour Charenton. Enfermé à la Bastille pour ses écrits et ses actes de violence sexuelle, le marquis de Sade parvient à ameuter la foule sur le sort des prisonniers. Il est transféré à Charenton, quelques jours avant la prise de la Bastille.

1789         6 juillet Les Parisiens manquent de pain. Qu'est devenu le délicieux pain de Gonesse ? Il est introuvable… Le pain-ballet, quoique de qualité inférieure, manque aussi. Jusqu'au pain d'alise, pétri avec les restes de pâte, qui manque tout autant. Ce sont les compagnons boulangers et les artisans qui accusent les autorités municipales d'être responsables de cette situation. Les blés de printemps ont gelé. Et l'approvisionnement est irrégulier. La foule gronde devant les boulangeries de Paris qui doivent nourrir 600 000 bouches. Le peuple de Paris, pour lequel le pain est le fondement de la nourriture quotidienne, crie : “Vivre, c'est mordre dans son pain”. On commence de colporter que la reine Marie-Antoinette aurait avec mépris conseillé au peuple de manger de la brioche…     

1789         7 juillet Création du comité de constitution (30 membres).

1789         juillet Le Roi entoure Paris de trente mille hommes de troupe en vue de rétablir l'autorité de la monarchie absolue.

1789         9 juillet Une délégation de députés demande au roi le retrait des troupes concentrées autour de Paris.

1789         ASSEMBLÉE CONSTITUANTE (1789-1791)

1789         9 juillet Proclamation de la Constituante. Le rêve des députés du tiers, “donner une Constitution à la France”, prend corps aujourd'hui. C'est Mounier qui présente à l'assemblée le programme du comité de constitution. Celui-ci prévoit la proclamation d'une Déclaration des droits de l'homme et un texte qui définisse les principes d'une monarchie rénovée. Une assemblée constituante est une institution collégiale avec pour tâche la rédaction, ou l'adoption, d'une constitution, c'est-à-dire le texte fondamental d'organisation des pouvoirs publics d'un pays. La première assemblée constituante fut fondée par des députés des états généraux lorsqu'ils s'érigèrent d'eux-mêmes en une "Assemblée nationale constituante" en juin 1789. Cette assemblée devient le 9 juillet 1789 l'Assemblée nationale constituante. Rédigée au profit des citoyens les plus aisés, et prévue pour dix ans, cette Constitution ne survécut pas à l'insurrection du 10 août 1792.

1789         10 juillet L'assemblée des électeurs du Tiers État demande la création d'une milice bourgeoise.

1789         11 juillet Le garde des sceaux répond à l'assemblée que les troupes ne sont là que pour prévenir de nouveaux désordres.

1789         11 juillet Renvoi de Necker, le baron de Breteuil lui succède. Le baron de Necker, directeur général des finances, est limogé par le roi de France qui le juge trop libéral. Il est aussitôt remplacé par Breteuil. La décision royale provoque une insurrection dans la capitale car Necker est fortement apprécié des Français. L'agitation parisienne conduira à la prise de la Bastille le 14 juillet et au rappel de Necker. “Rendez-vous aux cris de la France : rappelez Necker à votre cour !”, a chanté Paris en août 1788. Le roi Louis XVI l'a sans doute oublié, lorsqu'il a signifié à Necker son second renvoi. Le ministre, un des hommes les plus populaires du royaume, écrit au roi avant de partir : “Votre Majesté perd l'homme du monde qui lui était le plus tendrement dévoué”. Ces mots écrits, il est contraint, parce que la cour redoute des émeutes, de partir en secret pour la Belgique. La cour n'a pas eu tort d'avoir peur des réactions du peuple de Paris. Selon Camille Desmoulins, ce renvoi de Necker sonne le “tocsin d'une Saint-Barthélemy des patriotes”. Le baron de Breteuil, Louis Charles Auguste Le Tonnelier, baron de Breteuil, baron de Preuilly, est un diplomate et homme politique français né à Azay-le-Ferron (Indre) le 7 mars 1730 et mort à Paris le 2 novembre 1807. Ayant conservé la confiance du roi, le baron de Breteuil fut consulté par celui-ci sur l'évolution de la situation à la veille de la Révolution française. Il s'opposa à la convocation des états généraux et conseilla à Louis XVI une série de mesures répressives énergiques pour venir à bout de l'agitation de juin et juillet 1789. Lors du renvoi de Jacques Necker et des ministres libéraux le 11 juillet 1789, Louis XVI nomme le baron de Breteuil pour lui succéder comme principal ministre, cent heures à peine avant la prise de la Bastille. Dès le 16 juillet, Louis XVI doit toutefois rappeler Necker et Breteuil émigre le 17 ou 18 juillet 1789 en Allemagne puis en Suisse.

1789         11 juillet Arrestation de M. de la Vauguyon (ministre des affaires étrangères) sur le chemin de l'Angleterre.

1789         12 juillet Manifestions en faveur de Necker à Paris. Apprenant la nouvelle du renvoi de Necker, de la nomination de Breteuil, et de l'opposition du Roi à toute réforme du régime monarchique, le Peuple est en colère. A compter de ce jour, le soulèvement populaire embrase Paris et conduira le peuple à : la prise de la Bastille.

1789         12 juillet Le régiment Royal Allemand charge contre des manifestants dans les jardins des Tuileries. Émeutes du dimanche 12 juillet 1789, Camille Desmoulins, un avocat et journaliste encore peu connu harangue la foule au Palais-Royal et l'appelle aux armes contre le gouvernement royal. Nombreuses manisfestations rue de Paris et dans le jardin des Tuileries, les bustes de Jacques Necker et de Philippe, duc d'Orléans (1747-1793) sont portés en cortège. Le Royal-Allemand, régiment de cavalerie, charge la foule aux Tuileries. Plusieurs blessés, peut-être des tués. Pierre-Victor de Besenval, commandant les troupes massées à Paris, se décide à faire intervenir les régiments suisses cantonnés au Champ-de-Mars.

1789         13 juillet L'assemblée déclare que Necker et ses ministres emportent son estime et ses regrets. Émeutes du lundi 13 juillet 1789, incendie de quarante des cinquante-quatre barrières donnant accès sur Paris : les émeutiers veulent ainsi faire baisser le prix des grains et du pain - qui est à son niveau le plus élevé du siècle -. Pillage du couvent Saint-Lazare où on dit que les grains seraient stockés. Les "électeurs" de Paris (c'est à dire ceux qui, au deuxième degré, ont élu les députés aux États généraux se réunissent à l'Hôtel de Ville de Paris. Ils forment un "comité permanent" et décident de crééer une "milice bourgeoise" de 48 000 hommes. Ils porteront une marque distinctive, une cocarde aux couleurs de la ville de Paris (rouge et bleu). Pour les armer la foule pille le garde-meuble où sont conservées des armes, mais anciennes et de collection. Une délégation des "électeurs" parisiens se rend aux Invalides pour demander les armes de guerre qui y sont stockées. Refus du gouverneur. Le lendemain se déroulera la prise de la Bastille.

1789         13 juillet Création du Comité permanent et de sa milice. Création d'une garde bourgeoise pour assurer l'ordre dans la capitale, avec un effectif de 48 000 hommes. Les officiers sont élus. Dès le lendemain, 14 juillet, elle participe à la prise de la Bastille, et le 15, elle est placée sous le commandement du général de La Fayette et prend le nom de Garde nationale. La garde nationale est le nom donné lors de la Révolution française à la milice de citoyens formée dans chaque ville, à l'instar de la garde nationale créée à Paris. Les désordres et les pillages proliférant dans Paris, le 13 juillet 1789, les électeurs de la capitale se réunissent à l'hôtel de ville et optent pour la création d'une milice composée de bourgeois pour assurer le maintien de l'ordre et la défense des droits constitutionnels. Le 15 juillet 1789, La Fayette est élu par des citoyens actifs au poste de commandant en chef de cette milice qu'il nomma garde nationale.

1789         13 juillet Violentes émeutes à Paris.

1789         14 juillet La veille, 28 000 fusils et 20 canons ont été pris par le peuple de Paris aux Invalides. Il manque de la poudre et des munitions. Certains pensent que l'on peut en trouver à la Bastille, qui est le symbole de l'arbitraire royal : Richelieu a fait de cette forteresse, construite en 1370 par Charles V le Sage, une prison d'État. De Launay, gouverneur de la prison, refuse au peuple l'accès aux magasins. Le combat s'engage. En début d'après-midi, la Bastille tombe aux mains des insurgés. Les prisonniers, un aristocrate fou, un complice du régicide Damiens qui est là depuis trente ans, quatre faussaires et un dernier criminel sont libérés et portés en triomphe. On pille, on détruit les archives. De Launay est assassiné. Sa tête est plantée sur une pique. Le soir, le duc de La Rochefoucauld-Liancourt fait réveiller le roi et lui annonce la prise de la forteresse. “C'est une révolte ?” “Non, Sire, c'est une révolution”. Quelques heures plus tôt, le roi a noté dans son journal à la date du 14 juillet : “Rien”. Prise de la Bastille, 14 juillet 1789. Elle est le symbole du début de la Révolution française. Elle fut prise le 14 juillet 1789 par des révolutionnaires qui y cherchaient de la poudre. Les Parisiens excédés par les restrictions et l'immobilisme du roi Louis XVI, se révoltent. A la recherche d'armes ils envahissent d'abord l'Hôtel des Invalides puis se ruent vers la prison de la Bastille. Le gouverneur de Launay qui détient les clés de la forteresse est sommé de les remettre aux insurgés. Mais certains révolutionnaires réussissent à pénétrer dans l'enceinte et De Launay ordonne d'ouvrir le feu. Plus de 80 Parisiens sont tués. En fin d'après-midi le gouverneur capitule, il est tué une heure plus tard. La prise de la Bastille marque le point de départ du mouvement révolutionnaire français. Le symbole de l'arbitraire royal est tombé, l'Ancien régime touche à sa fin. La Bastille, ou plus spécialement Bastille Saint-Antoine, était une forteresse élevée sur l'actuelle place de la Bastille à Paris. Destinée à défendre la porte Saint-Antoine, elle fut bâtie sous Charles V, de 1370 à 1383, par Hugues Aubriot sur le modèle à 4 tours courant à l'époque.

1789         15 juillet Le Comité permanent devient Commune de Paris dont Bailly est le maire. 1789-1795. Les électeurs de l'hôtel de ville se sont érigés en "commune de Paris", La Fayette et Bailly, en tête de la délégation de l'Assemblée nationale sont accueillis sous les cris de : Vive la nation et vive les députés ! La Fayette est nommé commandant général de la milice bourgeoise baptisée Garde nationale, Bailly est nommé prévôt des marchands. La Commune de Paris, ce nom fut donné au gouvernement révolutionnaire de Paris établi après la prise de la Bastille (14 juillet 1789). Son premier maire fut Jean-Sylvain Bailly et tint ses séances à l'Hôtel de Ville. Devenu commune insurrectionnelle après le 10 août 1792, porte-parole des éléments révolutionnaires du mouvement parisien, elle s'illustra dans les mouvements les plus dramatiques de la Révolution. Par la loi du 21 mai 1790, le gouvernement révolutionnaire devint un organisme régulier. Le Comité général de la Commune de Paris dont les membres étaient élus par les citoyens des 48 sections de la ville de Paris. Après le remplacement de Jean-Sylvain Bailly par Jérôme Pétion (13 novembre 1791). La Commune eût pour maires succesifs Joseph Chambon, Jérôme Pache et Jean-Baptiste Fleuriot-Lescot qui garda sa fonction jusqu'au 9 thermidor an II (27 juillet 1794).

1789         15 juillet La milice devient la Garde Nationale sous le commandement de La Fayette. La garde nationale est le nom donné lors de la Révolution française à la milice de citoyens formée dans chaque ville, à l'instar de la garde nationale créée à Paris. Les désordres et les pillages proliférant dans Paris, le 13 juillet 1789, les électeurs de la capitale se réunissent à l'hôtel de ville et optent pour la création d'une milice composée de bourgeois pour assurer le maintien de l'ordre et la défense des droits constitutionnels. Le 15 juillet 1789, La Fayette est élu par des citoyens actifs au poste de commandant en chef de cette milice qu'il nomma garde nationale. Chaque ville de France désire posséder sa propre garde nationale.

1789         15 juillet Louis XVI annonce à la tribune de l'assemblée le retrait des troupes.

1789         16 juillet Le roi rappelle Necker.

1789         16 juillet Les Parisiens démolissent La Bastille, ainsi en a décidé l'assemblée des électeurs de Paris.

1789         16-17 juillet Fuite de membres de la haute-noblesse à l'étranger.

1789         17 juillet Berthier de Sauvigny, intendant de Paris est lynché par la foule. Louis Bénigne François Berthier de Sauvigny 1737-1789, intendant de Paris en 1789. Adjoint à son père, intendant de la généralité de Paris, en 1768, il lui succède en 1776. L'année précédente, il réprime avec sévérité "la guerre des farines". Devenu impopulaire dès le début de la Révolution française, il est arrêté à Compiègne et massacré devant l'Hôtel de Ville de Paris en compagnie de son beau-père Joseph Foullon de Doué, le 22 juillet 1789.

1789         17 juillet Louis XVI reçoit de La Fayette la cocarde tricolore à l'hôtel de ville. Le Roi traverse Paris dans un climat hostile, le peuple est armé, il se rend à la Bastille pour constater la victoire des Parisiens. Arrivé à l'hôtel de ville on lui remet une cocarde qu'il fixe à son chapeau. Ce geste est tout aussi humiliant pour la monarchie que les récents événements. La foule éclate de "Notre Roi, notre père !". Louis XVI effrayé ne saisit pas l'occasion de profiter de cette soudaine manifestation d'affection populaire.

1789         20 juillet Début de la "Grande Peur". Les grands du royaume (Le prince de Condé, Louis V Joseph de Bourbon-Condé et le comte d'Artois, futur Charles X de France) quittent la France : c'est le début de l'émigration et le commencement de la Grande Peur (autour du Mans le 15 juillet, en Franche-Comté le 19, à Nantes et à Estrées le 20, à Ruffec le 28), marquée par des émeutes en Province et la formation de milices bourgeoises par les électeurs qui s'emparent du pouvoir dans les principales villes (Rennes le 16 juillet, Saint-Malo le 17, à Grenoble le 16, à Nîmes le 20, etc.) avant la fin du mois. La Grande peur est un mouvement populaire qui a lieu en France du 20 juillet au 4 août 1789. Il trouve son origine en province en raison des rumeurs de complot aristocratique et de l'émotion provoquée chez les paysans par les nouvelles en provenance de Paris. Le bruit se répandait que des brigands étaient recrutés par l'aristocratie pour parcourir les campagnes afin de couper les blés vert et anéantir la récolte. C'est l'idée du "complot aristocratique". De plus ils pensent que les propriétaires nobles "accaparent" les grains pour les vendre au plus haut prix au moment de la "soudure". La peur des brigands se répandit à peu près simultanément, six paniques éclatent en Franche-Comté, à l'explosion d'une réserve de poudre au château de Quincey, près de Vesoul ; en Champagne, où la poussière soulevée par un troupeau de moutons est prise pour celle d'une troupe de soldats en marche ; dans le Beauvaisis, dans le Maine ; dans la région de Nantes et dans celle de Ruffec où les moines mendiants sont pris pour des bandits. Partout pillages, émeutes, attentats, incendies éclataient : à Marseille, à Lyon, à Grenoble, à Strasbourg, à Rennes, à Saint-Malo, au Havre, à Dijon, mais aussi dans les bourgades et les villages campagnards. Les paysans s'arment et forment des milices pour se défendre contre les brigands, mais aussi pour investir les châteaux et les abbayes, emportant les grains et brûlant les archives. Ainsi la "peur" de Ruffec se répand très vite. Commencée le 28 juillet 1789, elle gagne vers le Nord, Civray et Châtellerault, vers l'Ouest, Saintes, vers l'Est, Confolens et Montluçon, et vers le Sud, Angoulême, Limoges, Cahors, Brive le 30 juillet, Montauban le 31 juillet, Toulouse et Rodez le 1er août, Lombez le 2 août, Pamiers, Saint-Girons, Saint-Gaudens le 3 août, Foix et Tarbes le 5 août. Des régions entières restèrent cependant à l'abri de cette grande peur : la Bretagne, l'Alsace, le Languedoc et le Bordelais. Les paysans une fois armés ne rencontrent pas de "brigands". Ils s'en prennent aux châteaux et réclament, pour les brûler, les vieilles chartes sur lesquelles étaient inscrits les droits féodaux dont ils avaient demandé la suppression dans les cahiers de doléances. Quand on leur résiste, ils vont parfois jusqu'à incendier les vieilles demeures seigneuriales. Les insurgés se font peur mutuellement et font peur aux "aristocrates". Georges Lefebvre en décrit cinq courants dans son livre 'La Grande peur de 1789'. Il semble n'y avoir eu aucune concertation entre ces divers courants qui ne furent animés que par des causes et des buts communs. La Grande peur engendra une révolte armée anti-féodale. En brûlant les châteaux et en détruisant les terriers, les paysans envoyèrent à l'assemblée le symbole de leur souhait : la suppression de la féodalité. C'est pour mettre fin à cette révolte que l'assemblée nationale décréta l'abolition des privilèges le 4 août 1789.

1789         26 juillet Soulèvement populaire à Verdun.

1789         28 juillet L'assemblée ordonne la création des comités des Rapports et des Recherches.

1789         1er août Thouret est élu président de l'Assemblée Nationale. Jacques Guillaume Thouret, avocat au Parlement de Normandie, député du Tiers État de Rouen aux États Généraux de 1789. Il déploya beaucoup de talent, en qualité de rapporteur, lors de la discussion de la Constitution. Adversaire violent du clergé, il fit déclarer l'expropriation immédiate de ses biens, malgré la proposition de Mirabeau de lui en laisser provisoirement l'administration. Son éloquence méthodique, précise, nerveuse, eut beaucoup d'influence sur le changement du système judiciaire (jury) dont il fut un des promoteurs, sur la division de la France en départements qu'il fit décréter (sur une idée de Sieyés ?), le 5ème article de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (Tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché), etc... Dès 1789, Thouret fut élu président de l'Assemblée, honneur qu'il eut 4 fois au cours de sa carrière. Une foule de ses motions, entre autres la suppression des ordres religieux, l'abolition de tous les droits et privilèges ecclésiastiques, etc., devinrent des lois. Il fut de ceux qui contribuèrent le plus à l'affaiblissement de l'autorité royale et qui préparèrent, à leur insu, la république. Après la dissolution de l'Assemblée constituante, il devint juge au tribunal de cassation et le présida. Comme il partageait les principes des Girondins, il fut traduit au tribunal révolutionnaire et périt sur l'échafaud.

1789         3 août Le Chapelier est élu président de l'Assemblée Nationale. Isaac-René-Guy Le Chapelier, né le 12 juin 1754 à Rennes, guillotiné le 22 avril 1794 à Paris Avocat à Rennes, il se fit remarquer en combattant les ordres privilégiés. Élu député du tiers état, il se montra un orateur brillant. Avec Lanjuinais, Defermon et Coroller, il fut un des fondateurs du Club breton, ancêtre du Club des jacobins, où, quelques jours avant l'ouverture des États généraux, les députés de Bretagne se réunirent pour débattre ensemble de leur attitude, avant d'être rejoints par des députés d'autres provinces. Lorsque, après les journées d'octobre 1789, le club se transporta à Paris, s'installant au couvent des Jacobins et prit le nom de Société des Amis de la Constitution, Le Chapelier en devint le premier président. Le Chapelier fut un de ceux qui réclamèrent la transformation des biens du clergé en biens nationaux et se consacra à la préparation des lois les plus importantes. Il fut notamment l'auteur de la loi qui porte son nom (Loi Le Chapelier) du 14 juin 1791, interdisant les corporations, le compagnonnage, les coalitions ouvrières et le droit de grève. Certaines amitiés qu'il contracta au Club des Feuillants le rendirent suspect aux Jacobins, qui l'accusèrent de vouloir rétablir l'autorité royale. Se sentant menacé, il s'enfuit en Angleterre, mais rentra pour empêcher la confiscation de ses biens. Retiré à Forges-les-Eaux, il eut la mauvaise idée de provoquer Robespierre, qui le fit arrêter. Traduit devant le tribunal révolutionnaire, Le Chapelier fut condamné à mort et guillotiné le même jour que Malesherbes.

1789         4 août L'assemblée adopte le principe d'une déclaration préalable à la constitution.

1789         4 août L'assemblée vote l'abolition des privilèges. Les privilèges sont abolis dans l'enthousiasme, l'Ancien Régime n'est plus. Les députés se sont rassemblés sous la présidence de Le Chapelier : l'ordre du jour devait être le rappel à l'ordre de tous les citoyens qui doivent continuer à payer leurs impôts et respecter les règles de propriétés. Le comte de Noailles (Louis de Noailles, membre de la plus haute noblesse française) se lève après le premier discours en ce sens et propose pour assurer la sécurité publique que l'on supprime en plus des privilèges fiscaux les droits féodaux contre le rachat des terres pas les paysans ainsi que toutes les servitudes personnelles. Un autre député se lève : le duc d'Aiguillon (Emmanuel Armand de Vignerot du Plessis), il approuve les propos de Noailles et propose "d'établir cette égalité de droits qui doit exister entre tous les hommes". Les députés l'acclament. La séance devait s'arrêter là : on avait déjà reconnu le principe d'égalité fiscale, le rachat des droits pesant sur les biens et l'abolition de certains droits féodaux. Le vote devait être fait quand le marquis Foucauld Lardimalie fait une autre proposition : supprimer les avantages des courtisans de la cour qui bénéficient de fonctions inutiles et coûteuses pour l'État. L'Assemblée redouble d'applaudissements, puis tout s'emballe, c'est à celui qui renoncera au plus grand privilège : - sacrifice du droit de chasse, - rachat de la dîme et transformation en taxe, - augmentation des revenus du bas Clergé, - égalité des peines, - égalité d'accès aux emplois publics, - extinction des mains mortes. Tous les privilèges de l'Ancien régime y passent, il n'en restera rien le lendemain matin. Cette nuit constitue l'avènement du principe de l'égalité entre tous les Français. Nuit du 4 août, le 3 août 1789 le duc d'Aiguillon lança l'idée au Club Breton d'une abolition des droits seigneuriaux. Le lendemain, en fin de soirée, Le Vicomte de Noailles propose à l'Assemblée Nationale de supprimer les privilèges pour ramener le calme dans les provinces. Le Duc d'Aiguillon proposa l'égalité de tous devant l'impôt et le rachat des droits féodaux. Dans une ambiance indescriptible tour à tour, Le Guen de Kerangal, Le vicomte de Beauharnais, Lubersac, l'évêque de La Fare vont surenchérir en supprimant les banalités, les pensions sans titre, les juridictions seigneuriales, le droit de chasse, l'abolition des privilèges ecclésiastiques. Le duc du Châtelet proposa le rachat de la dîme. Enfin Lally-Tollendal termina la séance en apothéose en proclamant Louis XVI "restaurateur de la liberté française". En une nuit les fondements du système par ordres s'effondrèrent. Les jours suivants le clergé essaya de revenir sur la suppression de la dîme mais le président de l'assemblée Le Chapelier n'ayant accepté que des discussions sur la forme, les décrets du 4 août furent définitivement rédigés le 11.

1789         9 août L'assemblée décide d'un emprunt de 30 millions.

1789         11 août L'assemblée vote l'abolition des droits féodaux.

1789         26 août Adoption de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen. Après six jours de discussion, le texte définitif de "La Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen" est voté par Assemblée nationale constituante. L'article 1 proclame : "les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit". Puis le texte définit les droits naturels et imprescriptibles de l'homme : liberté, propriété, sûreté, résistance à l'oppression. Avec cette Déclaration, la liberté n'a d'autre limite que celle des intérêts d'autrui. "Les hommes naissent libres et égaux en droit". Cet article est le premier des dix-sept que compte la Déclaration des droits de l'homme, votée par l'Assemblée en ce jour. Ces droits définissent la liberté qui "consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui”. Elle affirme encore les principes fondamentaux de la démocratie qui distinguent les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Le préambule, rédigé par Mounier et Mirabeau, stipule : “L'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements”. La Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen est un des textes fondateurs de la démocratie et de la liberté en France. Citée dans le préambule de la Constitution du 4 octobre 1958, elle a valeur constitutionnelle dans la Cinquième République. Elle a été proposée à la Assemblée nationale française par le Marquis de La Fayette. Elle a pour fondement, énoncés dès son préambule et avant tout autre article, les quatre droits suivants : la liberté, la propriété, la sûreté, la résistance à l'oppression.

1789         27 août L'assemblée décide d'un second emprunt de 80 millions.

1789         9 septembre Adoption du principe de permanence de l'Assemblée.

1789         10 septembre Adoption du principe de la chambre unique.

1789         11 septembre L'Assemblée décide d'accorder au roi un veto suspensif pendant deux législatures. La mesure a été adoptée par 575 voix contre 325. C'est là une concession importante obtenue notamment sur l'initiative des députés Barnave, Alexandre et Charles de Lameth, et surtout La Fayette. En échange, on espère bien que le roi consentira à sanctionner les décrets du mois d'août consacrant l'abolition des privilèges. Robespierre, refusant toute ingérence du roi dans la législation, qualifie le veto suspensif de "monstre impensable aussi bien moralement que politiquement". L'assemblée, réunie pour délibérer sur le droit de veto accordé au roi Louis XVI, se répartit spontanément de part et d'autre du président. À gauche, les opposants au veto, à droite les partisans du roi. De ce jour date la division politique dans toutes les démocraties parlementaires entre une droite (réputée conservatrice) et une gauche (réputée révolutionnaire ou réformiste).

1789         12 septembre Marat lance le premier numéro de son journal "Publiciste parisien, journal politique, libre et impartial“. C'est surtout sous ce vocable du journal d'"Ami du peuple" que Marat passera à la postérité. Jean-Paul Marat, est un révolutionnaire français né à Boudry (principauté de Neuchâtel), le 24 mai 1743, mort assassiné à Paris, le 13 juillet 1793 par Charlotte Corday. Adulé par les sans-culottes, craint et haï par les modérés, porté aux nues après sa mort, puis voué aux gémonies lors de la réaction thermidorienne, ce polémiste, né le 24 mai 1743 à Boudry (Suisse) d'un père sarde et d'une mère genevoise, étudia la médecine en France et en Grande-Bretagne avant de s'établir à Paris comme médecin des gardes du corps du comte d'Artois (futur Charles X). Il avait déjà publié quelques mémoires sur des sujets scientifiques ainsi que diverses brochures dans lesquelles il développait ses théories favorite sur l'insolence des riches et le despotisme de l'État. La Révolution survenue, il se jeta dans la mêlée et fonda un journal, L''Ami du Peuple', afin de démasquer les fripons et les traîtres. Mais ses attaques contre certaines personnalités, en particulier Necker et La Fayette, lui valurent des poursuites judiciaires ; il dut se cacher et même s'exiler en Angleterre. Inscrit aux Cordeliers, sa passion républicaine se déchaîna après la fuite de Varennes et la fusillade du Champ-de-Mars. Il continua à vaticiner contre les nobles et les prêtres, mais sa pitié pour les déshérités lui attira la reconnaissance populaire. La chute des Tuileries (10 août 1792), à laquelle il avait travaillé, l'exalta. Ses furieuses diatribes contribuèrent alors à créer la climat de haine dans lequel baignait la capitale lors des massacres de Septembre. Élu député de Paris à la Convention, il soutint la Commune et la Montagne contre les girondins. Mais sa violence verbale comme son apparence débraillée déplaisaient même à ceux qui partageaient ses idées. Les grands "Montagnards" le tenaient à l'écart. 'L'Ami du Peuple' avait alors fait place au 'Journal de la République française', qui allait devenir lui-même le 'Publiciste de la République française'. Après la condamnation du roi, la lutte de Marat contre les girondins continua avec plus de violence. A la suite d'un de ses appels à l'insurrection, ses adversaires le firent décréter d'accusation, mais l'immense popularité dont il jouissait à Paris lui permit d'être acquitté par le tribunal révolutionnaire et il fut ramené en triomphe à la Convention. Il s'acharna alors contre ses adversaires. La proscription des girondins incité une de leurs admiratrices, Charlotte Corday (1768-1793), à venir à Paris assassiner celui qu'elle jugeait responsable de toutes les atrocités de la Révolution (13 juillet 1793). Elle fut décapitée.

1789         14 septembre Le roi rappelle sur Paris le régiment de Flandre alors à Douai.

1789         18 septembre Le roi refuse de promulguer les arrêts abolissant les droits féodaux.

1789         22 septembre L'assemblée déclare que le gouvernement est monarchique.

1789         23 septembre Arrivée du régiment de Flandre à Paris.

1789         29 septembre L'assemblée ordonne que l'argenterie des églises qui n'est pas nécessaire pour la décence du culte soit portée aux hôtels des monnaies, au profit de la nation.

1789         1er octobre La cocarde tricolore est piétinée lors d'un banquet. A versailles, lors d'une soirée organisée en l'honneur des gardes du corps du roi, les officiers quelque peu éméchés ont foulé au pied la cocarde. Ces soldats rêvent de voir restaurer l'Ancien Régime. Dans Paris, on soupçonne un complot aristocratique destiné à renverser l'Assemblée nationale.

1789         5 octobre Marche des Parisiennes sur l'hôtel de ville de Paris puis sur Versailles. Devant le risque de disette de l'hiver prochain et les rumeurs de complots aristocratiques, les Parisiennes décident d'aller demander le pain au Roi. Et c'est plusieurs milliers de femmes qui se rendent à Versailles. Arrivées sur les lieux elles envoient une délégation de femmes accompagnées de députés de l'Assemblée chez le Roi. Suite à la réunion où le Roi domine par le prestige qu'il peut imposer à des femmes du peuple, il ne fait que des promesses. Le lendemain matin, c'est une attaque en règle qui est dirigée contre Versailles, les gardes sont massacrés et La Fayette arrive tout juste à calmer l'ardeur de la foule pour sauver le Roi, la Reine et le Dauphin. Ceux-ci sont contraints de se soumettre à la volonté des Parisiennes : quitter versailles (lieu de tous les complots) et loger à Paris. Le Roi part donc pour Paris dans un carosse précédé d'un cortège d'hommes portant des piques sur lesquels sont plantés les têtes des gardes royaux… A son passage, les Français chantent : "Le boulanger, la boulangère et le petit mitron". Dorénavant, le Roi devra loger aux Tuileries.

1789         5 octobre Le roi accepte la constitution et la déclaration des droits de l'Homme.

1789         6 octobre Instauration de la contribution patriotique du quart du revenu.

1789         6 octobre La foule envahit le château de Versailles et massacre les gardes du roi. Depuis la veille, la révolte gronde à Paris, où l'on exige le retour de Louis XVI, réfugié dans son palais de Versailles. En ce jour, un cortège populaire mené par La Fayette ramène de force le roi dans la capitale. Prisonnière aux Tuileries, la famille royale est désormais à la merci des actes de la Constituante.

1789         6 octobre La famille royale est présentée à la foule par La Fayette.

1789         6 octobre Le roi accepte de retourner à Paris.

1789         8 octobre Le titre roi de France et de Navarre est remplacé par roi des Français.

1789         10 octobre Talleyrand, évêque d'Autun propose de mettre les biens du clergé à la disposition de la nation. Talleyrand, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, communément appelé Talleyrand, est un homme politique et diplomate français, né le 2 février 1754 à Paris, mort à Paris 17 mai 1838. Le 14 juillet 1789, Talleyrand est nommé membre du comité de constitution de l'Assemblée Nationale où il joue un rôle très important. Il est d'ailleurs signataire de la constitution présentée au roi et acceptée par celui-ci le 14 septembre 1791 ; il est l'auteur de l'article VI de la déclaration des droits de l'Homme qui lui sert de préambule : "La loi est l'expression de la volonté générale. [...] Elle doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse [...]". Le 14 juillet 1790, il célèbre la messe qui a lieu sur le Champ de Mars lors de la Fête de la Fédération. Il suggère et participe activement à la confiscation des biens de l'Église par la Révolution en 1790. C'est la principale accusation de trahison qui lui est portée. En 1791, il prête serment à la constitution civile du clergé bien qu'ayant démissionné de son poste d'évêque, le 13 janvier de la même année. Il est chargé de sacrer les deux premiers évêques constitutionnels, aussi appelés "talleyrandistes".

1789         10 octobre Le député Guillotin propose d'humaniser la peine de mort et de mettre fin aux exécutions par la potence, le carcan, la roue et l'écartèlement.

1789         12 octobre L'Assemblée Nationale Constituante s'installe à Paris.

1789         21 octobre La commune de Paris ordonne la création d'un comité des Recherches.

1789         21 octobre La Constituante adopte la loi martiale autorisant le recours à la force.

1789         21 octobre Lynchage du boulanger François par la foule à Paris. Le boulanger François sera pendu haut et court par une foule affamée, excédée de manquer de pain. Quelques années plus tard les boulangers soupçonnés de spéculer sur les blés seront guillotinés.

1789         22 octobre Robespierre défend le suffrage universel devant l'Assemblée Nationale. Le suffrage universel est le principe d'expression de la volonté populaire. Le corps électoral est constitué de tous les citoyens et citoyennes en âge de voter à condition qu'ils ne soient pas privés de leurs droits civiques. La locution suffrage universel est apparue en 1765 pour l'expression et en 1792 pour sa mise en oeuvre. Suffrage universel. Le principe du suffrage universel est le droit de vote pour tous les citoyens, sans distinction de revenu ni de statut social. En France, tous les citoyens masculins obtiennent le droit de vote à l'issue de la révolution de 1848. Les femmes devront attendre le 21 avril 1944 pour avoir le droit de voter.

1789         29 octobre "décret du marc d'argent" exigeant une contribution minimum pour être éligible.

1789         2 novembre Confiscation des biens du clergé. Le domaine foncier de l'Église est estimé à dix milliards de Livres et sa revente permettrait de renflouer les caisses de la Nation. Par 508 voix contre 346, l'assemblée décrète la mise à disposition de la nation des biens ecclésiastiques. L'état prendra en charge les fondations pieuses et les salaires des curés. C'est sur la proposition de l'évêque d'Autun, Talleyrand, que cette loi a été adoptée. L'abbé Maury s'est indigné : “Si nous sommes dépouillés, vous le serez à votre tour”. L'avocat Thouret lui a répliqué que seules les personnes et non les corps constitués ont un droit inaliénable à la propriété.

1789         3 novembre Thouret propose un plan de découpage géométrique de la France en départements.

1789         7 novembre L'Assemblée Nationale décrète qu'aucun député ne peut devenir ministre.

1789         9 novembre Décrets sur la présentation des lois au roi et à leur promulgation.

1789         12 novembre L'Assemblée décide que dans toutes les "communes" de France, il y aurait des conseils municipaux élus.

1789         30 novembre La Corse devient française. A l'Assemblé Constituante, le député corse Antoine-Christophe Salicetti déclare: "La Corse fait partie intégrante de l'empire français". L'île qui était jusqu'alors une province autonome, est rattachée à la France. En 1790, la Corse deviendra un département.

1789         12 décembre Rejet de la proposition de Dubois-Crancé sur la conscription nationale. Edmond Dubois-Crancé, ancien mousquetaire du roi, Dubois-Crancé est élu député aux États Généraux par le tiers état de Vitry-le-François dont il a en grande partie rédigé le cahier de doléances. Il joue un rôle important au Comité des Finances et au Comité militaire.

1789         14 décembre Loi sur l'organisation administrative des communes.

1789         19 décembre Marat rejoint le club des Cordeliers présidé par Danton. Dans son journal l''Ami du peuple', il accuse Necker de "sacrifier le bonheur de la nation aux banquiers". Pour tenter de résoudre le déficit financier, l'État émet des assignats portant un intérêt de 5% et gagés sur les biens de l'Église. L'assignat était une monnaie sous la Révolution française. Quelques mois après la Révolution, les finances de l'État sont catastrophiques. Si rien n'est fait, la France sera en faillite. Pour régler ce problème, le député Talleyrand à l'idée de confisquer les biens du clergé. C'est ainsi que le 2 novembre 1789, l'Assemblée nationale constituante décide que tous les biens du clergé seront "mis à disposition de la nation". Ces biens seront dorénavant des biens nationaux, destinés à être mis aux enchères pour remplir les caisses de l'État. Cet apport de patrimoine, évalué à environ 3 milliards de livres est une grande réserve, qui fera du bien aux finances publiques. La mise en vente est confiée à la Caisse extraordinaire, créée le 19 décembre. Le problème est que la vente de tant de biens prend du temps, au minimum un an. C'est un délai beaucoup trop long, les caisses de l'État sont alors vides et la faillite arrivera bien avant que tout ne soit vendu. C'est ainsi qu'est décidé de créer, le jour même de la création de la Caisse extraordinaire, des billets dont la valeur est assignée, sur les biens du clergé.

1789         22 décembre Loi sur l'organisation administrative des départements.

1789         22 décembre Les "citoyens passifs" sont exclus du droit du vote. Les citoyens "passifs" ne jouissent que de leurs droits civils, les droits politiques étant réservés aux citoyens "actifs". C'est-à-dire à ceux qui acquittent une contribution directe au moins égale à la valeur de trois journées de travail. homme bénéficieront du droit de vote, mais de façon indirecte.

1789         24 décembre L'Assemblée reconnaît la citoyenneté aux Protestants.

1789         24 décembre Arrestation du marquis de Favras ayant projeté l'enlèvement du roi. Le marquis de Favras, impliqué dans un complot pour l'enlèvement de Louis XVI et de vouloir assassiner Bailly, Necker et La Fayette, il fut condamné à être pendu.

1789         Marie-Joseph Chénier écrit 'Charles IX'. Marie-Joseph Blaise de Chénier était un homme politique et écrivain français, né à Constantinople le 28 août 1764 et mort à Paris le 10 janvier 1811. Fils de Louis Chénier, diplomate et historien, et frère cadet du poète André Chénier. Il débuta à la Comédie-Française en 1785. Sa tragédie 'Charles IX, ou la Saint-Barthélemy', rebaptisée quelques années plus tard 'Charles IX, ou l'école des rois', mettait en scène, à l'époque des guerres de Religion, le fanatisme aux prises avec l'esprit de liberté.

1789         invention de l'homéopathie par Hahnemann. L'homéopathie ou homoeopathie est une méthode thérapeutique basée sur le "principe de similitude". L'homéopathie trouve ses racines dès Hippocrate (460-377 av. JC), père de la médecine, qui enseignait qu'il y a deux manières de soigner : par les contraires et par les semblables. Il soignait le choléra par de très faibles doses d'hellébore, plante qui, à fortes doses provoque une diarrhée semblable à celle du choléra. Selon ce principe qui date donc de l'antiquité, la détermination des symptômes provoqués chez le sujet sain par une substance quelconque (d'origine végétale, minérale ou animale) permettrait de soigner un sujet malade qui présente un ensemble de symptômes semblable. Samuel Hahnemann (né le 10 avril 1755 à Meissen (Saxe, Allemagne), mort en 1843 à Paris) était un médecin qui lors d'un article, publié en allemand en 1796, inventa l'homéopathie.

1789         Création du 'Journal des Débats'. 'Le Journal des débats' est un journal français qui a paru de 1789 à 1944 avec quelques changements de titre. Créé peu après les premières réunions des États généraux de 1789, il était le procès-verbal officiel mot pour mot des débats de l'Assemblée nationale sous le titre de 'Journal des débats et des décrets'. Le 29 août 1789, Baudoin en fit l'acquisition. Les frères Bertin l'achetèrent en 1799. Sous la forme d'un hebdomadaire, puis d'un quotidien, il fut dirigé pendant près de quarante années par Bertin l'Aîné et a longtemps appartenu à la famille Bertin. Sous l'Empire, il était assez opposé à Napoléon Ier, qui lui imposa un nouveau titre, 'Journal de l'Empire' (1805 à 1814). Au moment de la Première Restauration, le journal prit le titre de 'Journal des débats politiques et littéraires' (1814 à 1864). Sous la Seconde Restauration, 'le Journal des débats' faisait partie des journaux conservateurs mais n'était pas réactionnaire. Devant l'attitude de Charles X et de son entourage ultra-royaliste, 'le Journal des débats' passa, dans les années 1827-1829, vers l'opposition libérale. Pendant la Restauration et le début de la Monarchie de juillet, le 'Journal des débats' resta le plus diffusé, avant de laisser la place à La Presse d'Émile de Girardin puis au 'Petit Journal'. Pendant l'Occupation, le 'Journal des débats' a continué de paraître. C'est ce qui lui a valu d'être supprimé à la Libération en 1944.

1790         1790 - Les Parisiens se prennent de passion pour les affaires politiques. Les journaux se multiplient ainsi que les clubs où débattent avec passion les sans-culottes (on appelle ainsi les gens modestes qui portent un pantalon et non une culotte de soie comme les bourgeois et les aristocrates). Le plus célèbre est le club des Jacobins, dont un certain Robespierre devient président le 31 mars 1790. L'Assemblée constituante ne se contente pas de préparer une Constitution. Elle réforme en profondeur les institutions du pays, plutôt en bien. C'est ainsi qu'elle crée les départements pour remédier à la confusion des anciennes provinces. Elle unifie les poids et mesures et crée une nouvelle unité de longueur appelée à un grand succès mondial : le mètre. Elle instaure l'état civil, introduit le divorce et le mariage civil, supprime le privilège d'aînesse dans les héritages,... Elle n'oublie pas qu'elle doit résoudre en urgence la crise fiscale. Les caisses de l'État sont vides. Alors, les députés ont l'idée de saisir les terres et les biens qui appartiennent à l'Église catholique. Mais le clergé a besoin d'argent pour vivre et aussi financer ses innombrables oeuvres sociales et éducatives. Qu'à cela ne tienne. Le 12 juillet 1790, les députés votent la Constitution civile du clergé qui garantit un revenu à chaque prêtre.

1790         janvier Le prix du pain est exorbitant et les Parisiens ont faim. La Fayette demande à l'Assemblée de diminuer le pouvoir de la presse ressentie comme trop contestatrice et responsable d'émeutes ou de complots. On soupçonne La Fayette, commandant de la Garde nationale, d'être trop proche de Necker et du Roi.

1790         15 janvier Décret de l'Assemblée divisant la France en 83 départements. Un décret de l'Assemblée Constituante fixe à 83 le nombre de départements. Cette nouvelle division du royaume vient remplacer les 34 généralités ou provinces en vigueur sous l'Ancien Régime. La taille des départements est définie de telle façon que chaque citoyen peut se rendre à son chef-lieu en une journée de cheval au maximum. Les députés projetaient en premier lieu d'établir des circonscriptions géométriques à l'image des États américains, mais l'idée sera abandonnée et les limites des départements seront fixées selon celles des anciennes provinces.

1790         22 janvier Au club des Cordeliers tenu par Danton, on protège Marat des gardes républicains qui ont aujourd'hui mandat pour l'arrêter. Celui-ci aurait trop sévèrement critiqué Necker. Le tribunal du Chatelet l'a condamné mais Danton demande un arbitrage de l'Assemblée.

1790         25 janvier Robespierre a créé une véritable tempête à l'Assemblée losqu'il a réclamé le suffrage universel. Il souhaiterait que l'on supprime le décret du "Marc d'argent" (l'impôt minimum à payer) qui réserve le droit de vote aux plus riches. La grande majorité des députés s'y est opposée avec fermeté !     

1790         28 janvier L'Assemblée reconnaît la citoyenneté aux Juifs du midi de la France.

1790         4 février Le Roi prétend "je maintiendrai la liberté constitutionnelle" devant l'Assemblée. Il souhaite se poser en chef de la Révolution. Mais la plupart des députés le suspectent d'entretenir des relations avec les contre-révolutionnaires. Serment du roi. Devant l'assemblée nationale réunie au grand complet, le roi Louis XVI jure solennellement fidélité à la Constitution qui est la première de l'histoire de la France.

1790         13 février Suppression des ordres religieux ni enseignant ni hospitalier et interdiction des voeux monastiques.

1790         18 février Le marquis de Favras est reconnu coupable et condamné à mort.

1790         19 février Exécution du marquis de Favras.

1790         23 février Les prêtres doivent lire les décrets de l'assemblée dans leur église.

1790         26 février Création de 83 départements français. L'Assemblée Constituante vote un décret récapitulant les noms et les limites des départements. Il est décidé que la France sera divisée en 83 départements et que le chef-lieu de chacun d'entre eux se situera en leur milieu afin qu'il soit accessible à tous les habitants.

1790         15 mars Loi sur le rachat des droits féodaux. Les droits seigneuriaux personnels sont supprimés. L'assemblée soumet au rachat les redevances foncières (rentes, qui sont alors le revenu de la productivité naturelle d'une terre ­, cens, redevance fixe qui doit être payée par le propriétaire d'une terre à son seigneur ­, champarts, droit féodal du seigneur de lever une partie de la récolte).

1790         15 mars Loi supprimant le droit d'aînesse, de masculinité et des héritages inégaux.

1790         21 mars L'Assemblée nationale abolit : - la gabelle (l'impôt sur le sel), - le privilège de "masculinité" et le droit d'ainesse, - suppression des droits seigneuriaux abolis dans la nuit du 4 août mais dont les modalités de rachat n'avaient pas été définies.

1790         29 mars Pie VI condamne la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen devant le consistoire. Pape Pie VI (1717-1799), successeur de Clément XIV, Giannangelo, comte de Braschi, naquit à Cesena, en Romagne, et devint pape en 1775     

1790         31 mars Robespierre est élu président du Club des Jacobins.

1790         3 avril Suppression du monopole de la compagnie des Indes orientales.

1790         13 avril L'assemblée refuse de reconnaître le catholicisme religion d'État.

1790         20 avril L'administration de ses biens est retirée à l'église.

1790         27 avril Fondation du club des Cordeliers. Le Club des Cordeliers ou Société des Amis des droits de l'homme et du citoyen est une société politique fondée à Paris le 27 avril 1790 et qui s'établit dans l'ancienne chapelle du Couvent des Cordeliers (aujourd'hui musée Dupuytren). Le club se pose en véritable surveillant de l'assemblée et porte un regard critique sur celle-ci. Le club se propose également d'aider les indigents : contrairement aux jacobins, l'entrée y est libre. On entre au club sans avoir à verser de cotisation : un drapeau tendu à la sortie se charge de recueillir les dons. Plus radical que le club des Jacobins, ses membres prirent une part très active aux mouvements insurrectionnels qui se produisirent sous l'Assemblée constituante, l'Assemblée législative et la Convention nationale. C'est lui qui organisa la manifestation du Champ-de-Mars, le 17 juillet 1791 ; c'est lui qui repoussa la Constitution de 1791 et demanda la déchéance du roi après sa fuite et son arrestation à Varennes ; c'est encore lui qui fut l'artisan de la journée du 10 août 1792, qui amena la chute de la royauté en France. C'est de nouveau lui qui le 22 mai 1793 fomenta une insurrection qui amena la chute des girondins à la Convention nationale. Après la chute des girondins, le club se divisa en Indulgents (les Dantonistes) et Enragés (les Hébertistes), auteurs de la loi des suspects et partisans d'une dictature de la Commune. Les uns et les autres périrent sur l'échafaud le 24 mars et 5 avril 1794 ; Marat fut assassiné par Charlotte Corday le 13 juillet 1793. Le Club des Cordeliers vaincu par le Club des Jacobins devint une dépendance de celui-ci mais subsista plus longtemps que lui, n'étant fermé qu'en avril 1795. Club des Cordeliers. Le Société des amis des droits de l'homme et du citoyen est l'autre nom de ce club révolutionnaire extrémiste créé par Danton en avril 1790. Avec ses amis Fabre d'Eglantine, Marat, Camille Desmoulins… il prône lors des réunions au couvent des Cordeliers, à Paris, la déchéance du roi. Celle-ci acquise en 1792, le club devint le porte-parole des hébertistes et des sans-culottes avant d'être supprimé au profit du Club des Jacobins.

1790         3 mai Loi fixant le rachat à 20 annualités pour les droits féodaux en argent et 25 pour ceux en nature. Décret qui fixe la valeur du rachat des redevances annuelles (droits féodaux) à vingt fois la rente si le droit était payable en argent, et à vingt cinq fois si il était fixé en nature.

1790         10 mai Troubles entre royalistes catholiques et révolutionnaires protestants à Montauban.

1790         14 mai Décret sur la mise en vente des biens du clergé. Les biens nationaux sont vendus en bloc et non fractionnés, ce qui les rend inaccessibles aux pauvres.

1790         22 mai La guerre ne pourra être déclarée que par un décret du corps législatif rendu sur la proposition formelle du Roi décide l'Assemblée nationale. C'est Mirabeau qui est à l'origine de ce décret pour satisfaire les deux parties qui s'affrontaient : les conservateurs voulaient laisser cette prérogative au roi contrairement aux démocrates qui voulaient la donner au parlement.

1790         6 juin Sieyès est élu président de l'Assemblée.

1790         12 juin Avignon vote pour son rattachement à la France.

1790         13 juin Troubles entre royalistes catholiques et révolutionnaires protestants à Nîmes.

1790         19 juin Abolition de la noblesse et des titres héréditaires.

1790         21 juin Le Pelletier de Saint-Fargeau est élu président de l'Assemblée. Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau (1760-1793). Président à mortier du Parlement de Paris avant 1789, il est élu député de la noblesse de Paris aux États généraux de 1789 et réélu à la Convention par le département de l'Yonne. Il se joint aux Montagnards et vote la mort de Louis XVI (20 janvier 1793), raison pour laquelle il est assassiné par le garde du corps de Louis XVI, Pâris, le 20 janvier 1793. Considéré comme le "premier martyr de la Révolution", il est inhumé au Panthéon de Paris.

1790         21 juin Le pape confirme son refus de reconnaître la déclaration des droits de l'Homme.

1790         12 juillet Adoption de la Constitution civile du clergé. L'assemblée exige du clergé un serment à la Constitution. Ceux qui se refuseront à prêter serment seront révoqués. En échange de ce serment les prêtres, considérés comme des fonctionnaires, reçoivent un traitement assez confortable, en particulier pour le bas clergé. Les diocèses passent de 139 à 83. La loi sur la constitution civile du clergé votée le 12 juillet 1790 par l'Assemblée nationale constituante, devait remplacer le Concordat de 1516. Elle visait à réorganiser en profondeur l'Église de France, transformant les prêtres paroissiaux en "fonctionnaires publics ecclésiastiques". Selon l'historien américain Timothy Tackett, cette constitution introduisit une fracture profonde et durable dans le pays. La loi sur l'abolition des voeux monastiques du 13 février 1790, supprimant 100 000 membres du clergé non rattachés à une paroisse (soit les deux tiers du clergé de cette époque considérés comme non "utiles") fut aussi une cause de cette fracture. Les critères d'"utilité" étaient les sacrements et le soin des âmes.

1790         14 juillet La Fayette est nommé général en chef de toutes les gardes nationales.

1790         14 juillet Fête de la fédération au champ-de-mars, Louis XVI prête serment à la constitution. Un an plus tôt, le peuple de Paris a pris la Bastille. Pour marquer ce premier anniversaire, toutes les provinces ont envoyé à Paris des délégations de la garde nationale. Au cours de la fête qu'organise le marquis de La Fayette sur le Champ-de-Mars, l'évêque d'Autun, Talleyrand, prononce une messe. Sous la pluie battante qui tombe depuis le matin sur les 14 000 provinciaux et les quelque 200 000 Parisiens réunis, Louis XVI proclame après la messe : “Moi, roi des Français, je jure d'employer le pouvoir qui m'a été délégué par la loi constitutionnelle de l'État à maintenir et à faire exécuter les lois”. Marie-Antoinette prend le dauphin dans ses bras et le montre à la foule qui crie “Vive le roi ! Vive la reine ! Vive le dauphin !” Vingt-deux mille convives dont la plupart sont des délégués des fédérations départementales sont invités par le roi à un dîner dans les jardins de la Muette. Dans la nuit, on danse encore sur la place de la Bastille que l'on a commencé de détruire. Fête de la Fédération, on désigne particulièrement sous le nom de Fête de la Fédération la fête qui fut célébrée au Champ de Mars de Paris, le 14 juillet 1790, premier anniversaire de la prise de la Bastille. On y vit réunis, au nombre de 60 000, les députés des 83 départements ; Louis XVI assista à cette fête, et y jura la Constitution. L'enthousiasme y fut porté à son comble. Une seconde fédération eut lieu le 14 juillet 1792 ; mais l'union et l'entraînement qui avaient signalé la première avaient déjà fait place aux méfiances. Pendant les Cent-Jours (1815), on tenta de renouveler les anciennes fédérations à Paris et dans la Bretagne, mais sans aucun résultat.

1790         fin juillet Les monarchies européennes s'inquiètent du risque de contagion révolutionnaire et les monarques de Prusse, Hollande, Angleterre et Autriche se réunissent pour mettre en commun leurs points de vues et les modalités d'action possibles.

1790         16 août L'Assemblée vient de voter une loi qui réforme totalement la justice. La réorganisation est la suivante : - les juges sont désormais élus. - les juridictions seigneuriales n'existeront plus, - des jurys populaires seront tirés au sort pour les procès criminels.

1790         18 août Création du camp de Jalès par les royalistes. Camp de Jalès, premier rassemblement contre-révolutionnaire au camp de Jalès en Vivarais. Le Vivarais était, avant 1789, une province appartenant à la province de Languedoc. Elle s'étendait sur un territoire correspondant approximativement au département de l'Ardèche.

1790         27 août L'assignat devient billet de banque. Créé le 14 décembre 1789, l'assignat a d'abord été gagé ou “assigné” sur la vente des biens du clergé. Il portait intérêt à 5%. Ces “assignats” ne sont plus aujourd'hui qu'une simple monnaie de papier. Dans quelques jours, parce qu'il devient urgent de récupérer tous les métaux possible pour battre monnaie, on descendra les cloches des églises pour les fondre, ce qui provoque de vives polémiques. Remarque d'un chroniqueur : “Les cloches n'ont jamais fait plus de bruit que depuis qu'on les a fait taire”.

1790         31 août Répression du soulèvement de la garnison de Nancy par la marquis de Bouillé (François-Claude-Amour). Les soldats de la garnison de Nancy n'avaient pas été payés depuis plusieurs mois. Devant l'attitude de leur hiérarchie, les hommes prirent de force la cassette de la garnison et leur chef en otage. Pour régler le problème La Fayette fait prendre un décret de "terreur salutaire" à l'Assemblée; ce décret autorisait la condamnation à mort pour simple appel à la révolte. Le Marquis partit alors pour Nancy et massacra 300 gardes suisses. Seul Robespierre s'opposa à ce décret mais l'Assemblée resta solidaire de La Fayette et Mirabeau. François-Claude-Amour, marquis de Bouillé, membre de l'Assemblée des notables de 1787 à 1788, il y défend les privilèges. En 1789, il est nommé commandant des Trois-Évêchés (Toul, Verdun, Metz), puis de l'Alsace, de la Lorraine et de la Franche-Comté. Il réprime sévèrement la mutinerie de la garnison de Nancy, le 31 août 1790 (33 condamnations à mort, 41 aux galères). Les patriotes le détestent, la famille royale compte sur lui pour le sauver, le charge d'organiser sa fuite le 20 juin 1791. Mais les dispositions qu'il prend sont éventées, et Louis XVI est arrêté à Varennes. Le marquis Claude-François-Amour de Bouillé émigre. Il est dans l'armée de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé en 1792, puis se retire en Angleterre où il meurt le 14 novembre 1800.

1790         4 septembre Démission de Necker. Necker est contraint de démissionner, l'affaire de Nancy et l'échec des assignats pour combler le déficit du trésor lui sont reprochés.

1790         21 octobre L'assemblée nationale adopte le drapeau tricolore en remplacement de celui de la monarchie. Le drapeau français sera tricolore ! Comme la cocarde. L'assemblée constituante décrète officiellement le drapeau tricolore, drapeau français, en substitution au drapeau blanc. Le drapeau tricolore apparaît dans la toute jeune république française. Il est largement inspiré par la cocarde que les révolutionnaires arborent depuis 1789. Il reprend le bleu et le rouge, couleurs de la ville de Paris, et le blanc, couleur royale. Le drapeau de la France ou drapeau tricolore bleu, blanc, rouge, est l'emblème national de la France conformément à l'article 2 de la constitution du 4 octobre 1958. Composé de trois bandes verticales de même largeur, sa création remonte à la Révolution française. En juillet 1789, La Fayette a créé la cocarde tricolore, en réunissant, comme le prétend une légende non confirmée par de nombreux vexillologues, les couleurs de la ville de Paris (bleu et rouge) au blanc de la royauté. En réalité, ces mêmes couleurs qui sont bien dues à La Fayette reprennent les couleurs de la cocarde bleu-blanc-rouge américaine qu'il avait ramenée de son séjour et de sa participation à la Révolution américaine. Mais cette version historique qui n'est plus guère contestée n'était pas conforme aux visions nationales des historiens notamment français.

1790         30 octobre Exposition sur les principes de la Constitution civile du clergé la subordonnant à l'approbation du pape.

1790         31 octobre Suppression des traites et des douanes intérieures.

1790         12 novembre L'assemblée décide la création d'une commune par ville, village et bourg. Une commune est une division administrative, formée d'une zone clairement définie, qui se réfère généralement à une ville ou un village. la commune fait partie d'un département. Le canton et l'arrondissement sont des subdivisions administratives intermédiaires entre la commune et le département.

1790         23 novembre Instauration de la contribution foncière sur les terres.

1790         25 novembre Soulèvement des esclaves à Saint-Domingue. Les mulâtres libres avaient décidé de défendre les armes à la main la reconnaissance des droits de citoyens que le décret du 8 mars précédent leur avait accordé, à tous sans distinction de couleur de peau. En ce jour, ce sont les esclaves noirs des plantations qui se révoltent et massacrent plusieurs propriétaires terriens.

1790         27 novembre Adoption de la loi rendant obligatoire le serment à la Constitution civile du clergé. L'Assemblée Constituante vote l'adoption d'un décret réformant le statut du clergé. Chacun de ses membres devra dorénavant porter serment de fidélité à la nation, à la loi et au roi. Un refus de leur part engendrera leur révocation. L'Assemblée avait déjà décidé de l'élection des évêques et des curés par tous. Le pape condamnera ces lois tandis qu'environ 45% des ecclésiastiques refuseront de s'y plier.

1790         27 novembre Loi de l'assemblée organisant le tribunal de cassation. La Cour de cassation est la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire. La Cour ne juge pas des faits qui ont été établis en première instance et en appel mais seulement du droit, c'est-à-dire de la cohérence entre les faits retenus, le droit applicable et la décision rendue.

1790         décembre Le Roi Louis XVI écrit à Frédéric-Guillaume II de Prusse pour sauver le royaume de France. Il lui suggère une alliance avec les autres monarchies européennes afin de s'opposer à la révolution française. S'il ne souhaite pas une invasion, il espère un soutien aux émigrés (les nobles ayant quitté la France) et la création d'une armée de coalition. Liste des émigrés. Les émigrés sont les aristocrates et les ecclésiastiques qui ont fui à l'étranger au lendemain de la prise de la Bastille. Le 28 mars 1793, après avoir confisqué leurs biens et prononcé leur bannissement à perpétuité, la Convention publie une liste de 30 000 noms au premier rang desquels se trouve le chef des émigrés, le prince de Condé (Louis V Joseph de Bourbon-Condé). Il est défendu, sous peine de mort, d'assister ou de rentrer en contact avec les émigrés. Par le sénatus-consulte du 6 floréal an X, Bonaparte amnistie les émigrés et les indemnise partiellement sur les biens confisqués par la Révolution. Louis V Joseph de Bourbon-Condé, 8e prince de Condé (1740), prince du sang, est né à Paris le 9 août 1736 et mort à Chantilly le 13 mai 1818.

1790         'Le Mercure national' publie en ce jour un article qui propose que désormais tous les citoyens aient recours au seul tutoiement. “Le vous était à l'origine adressé au seigneur et signifiait “toi et tes vassaux”. Cette expression s'est étendue du possesseur de fief au possesseur de biens : “toi et tes Louis d'or”. Voilà donc une survivance féodale. Disons donc tu à tout le monde, même au roi. Puisque personne n'est plus maître de personne, remplaçons monsieur et madame par citoyen et citoyenne”. Le 12 novembre 1793, ce qui n'était là qu'une suggestion deviendra un ordre et une interdiction définitive du "vous"…     

1790         Edmund Burke écrit 'Réflexions sur la Révolution Française'. Edmund Burke, né en 1729 et mort en 1797 était un homme politique et philosophe Irlandais, avocat, il se fait connaître par des écrits philosophiques, entre en politique en 1758 et devient un des principaux chefs des Whigs. En 1790 il publie 'Reflexions on the Revolution in France', dans lequel il soutient que l'oeuvre législative française est fondée sur des idées théoriques et intemporelles alors que les réformes doivent toujours être particulières au contexte spatio-temporel. Il prédit la dérive dictatoriale de la Révolution française.

1790         à 1869 - naissance et mort de Alphonse de Lamartine. Poète français. Après une enfance passée dans la région de Mâcon, Alphonse de Lamartine entame une carrière littéraire après quelques années de désoeuvrement. Il entre à l'Académie française en 1829 et, à la suite d'un voyage effectué en Orient, il se lance dans la politique. D'abord monarchiste, il se rallie ensuite à la République de 1848. Mais après un échec retentissant aux élections présidentielles, il met définitivement fin à sa carrière. Si Lamartine meurt dans la pauvreté et oublié de tous, il est aujourd'hui reconnu pour ses poèmes lyriques, 'Méditations poétiques' et 'Nouvelles méditations', dont est extrait le fameux poème 'Le Lac'.

1791         1791 - Le roi et le clergé attendent l'avis du pape avant d'approuver la Constitution civile du clergé. L'avis tarde à venir et quand il arrive, il est négatif. Le 13 avril 1791, le pape condamne le texte car il craint une dérive à l'anglaise de l'Église de France vers une totale indépendance. Il menace rien moins que de suspendre les prêtres "jureurs" qui ont prêté serment à la Constitution. Le roi, très pieux, se met dès lors en retrait de la Révolution et utilise son droit de veto pour paralyser le travail législatif. Le 21 juin 1791, Louis XVI tente avec sa famille de rejoindre des troupes fidèles à Montmédy mais il est rattrapé à Varennes. Dès lors, la ferveur monarchiste des Français commence à s'effriter. Le 17 juillet 1791, sur le Champ de Mars, à Paris, les gardes de La Fayette fusillent des républicains qui demandaient la déposition du roi. Le 1er octobre 1791, la première Constitution française entre en application (L'Assemblée législative). Elle inaugure une monarchie constitutionnelle à l'anglaise où le pouvoir législatif (rédiger les lois) est confié à une Assemblée du même nom. Louis XVI troque son titre de roi de France pour celui, plus humble, de roi des Français. Il dispose du pouvoir exécutif et d'un droit de veto qui lui permet de repousser ou retarder les textes de l'Assemblée. Le fossé se creuse entre le roi et l'Assemblée législative. Le roi a le soutien d'une bonne partie du clergé qui refuse de prêter serment sur la Constitution civile. Par ailleurs, les députés de la Constituante n'ayant pas été autorisés à se faire élire et à siéger à la Législative, beaucoup choisissent de militer dans les clubs révolutionnaires de Paris. Ils entretiennent l'agitation révolutionnaire.

1791         3 janvier L'Assemblée Nationale impose aux ecclésiastiques de prêter serment à la constitution civile du clergé.

1791         3 janvier La Gendarmerie Nationale est créée par un décret de l'Assemblée nationale. Ce sont plus de 7000 hommes qui seront chargés d'assurer l'ordre et la sécurité. La gendarmerie nationale est l'héritière d'un corps de militaires chargés de l'ordre public. Ce corps, créé en 1337, était placé sous les ordres du connétable de France, puis après la suppression de cet office en 1626, des maréchaux de France, il portait donc le nom de connétablie, puis de maréchaussée. En 1536 l'édit de Paris précisa ses missions, notamment la surveillance des grands chemins. Les membres de la maréchaussée portaient le titre de "prévôt des maréchaux" et étaient organisés en brigades (4 à 5 hommes tous les 15 à 20 km) à partir de 1720. Le terme de gendarmerie vient de gens d'arme, synonyme d'homme d'armes et qui désigne à la fin du Moyen Âge et au début de l'époque moderne la cavalerie lourde. Avec le déclin de la cavalerie, la Gendarmerie de France devint un corps de l'armée assimilé à la maison militaire du roi. En 1720 la maréchaussée fut placée sous l'autorité administrative de la gendarmerie de France, ce qui explique qu'en 1791 la maréchaussée fut renommée "gendarmerie nationale".

1791         13 janvier Instauration de la contribution mobilière sur les revenus du foyer ou la valeur locative de l'habitation.

1791         18 janvier Libération du commerce avec le Sénégal.

1791         20 janvier Décret organisant la justice dans les communes, cantons et départements.

1791         24 février La Convention ordonne la libération des tantes du roi.

1791         27 février L'armée dissous le camp royaliste de Jalès en Vivarais.

1791         2 mars Loi d'Allarde abolissant les corporations. Loi d'Allarde, en France, le 2 mars 1791, sous le règne constitutionnel de Louis XVI, la loi d'Allarde est promulguée, ayant pour but l'abolition des maîtrises et des jurandes, c'est-à-dire toute sorte de corporation. Une dizaine d'années auparavant Turgot initiait le mouvement vers une économie plus libre en proposant un édit, qui prévoyait de supprimer les corvées, les maîtrises et les jurandes. Mais son édit est rejeté et il est disgracié le 13 mai 1776. Ce n'est donc que 15 ans après que cette réforme aboutit. Mais il aura tout de même fallu attendre la Révolution française pour cela. Il est également intéressant de noter que cette volonté de supprimer la liberté d'association professionnelle est à l'origine de l'interdiction syndicale, qui ne sera rétablie véritablement qu'avec la loi de 1884.

1791         2 mars Suppression des aides, des octrois et création des patentes. L'octroi est une contribution indirecte perçue autrefois par les communes à l'importation de marchandises sur leur territoire. Appelée du même nom, l'administration chargée de le prélever contrôlait chaque porte de la ville - ceinte de murs par ailleurs - à l'aide de barrières souvent disposées entre des pavillons symétriques. Patente, ancien nom de taxe professionnelle.

1791         7 mars La reine marie-Antoinette (dîtes l'Autrichienne) a adressé une correspondance à son frère l'Empereur (Léopold II du Saint-Empire) afin qu'il mette fin à la révolution et qu'il rétablisse la monarchie en menaçant la France. Ce message a été intercepté et lu à l'Assemblée nationale.

1791         10 mars "Quod aliquantum" du pape condamnant la Constitution civile du clergé. Quod aliquantum, le Pape considère le texte des droits de l'homme, voté par l'Assemblée nationale en août 1789 comme un péché et la condamne. Le prêtre, l'agitateur et quelques autres font alors voeu de continuer à se battre pour que les droits de l'homme soient appliqués.

1791         27 mars Création du comité de trésorerie national chargé des dépenses de l'État.

1791         mars La France est encerclée de toutes parts, les monarques européens se sont associés pour mettre fin à la peste révolutionnaire et remettre Louis XVI sur le trône. En France, l'Assemblée compte sur une armée active de 150 000 hommes et un surplus de volontaires estimé à 100 000 hommes.

1791         2 avril Mort de Honoré-Gabriel Mirabeau. Ce gros buveur et amateur de femmes, âgé de quarante-deux ans, avait tendance à consommer un peu trop de pilules de cantharide à la rescousse de sa virilité ; il meurt d'une angine de poitrine. “Soutiens cette tête, la plus forte de France”, dit-il à son domestique avant d'expirer.

1791         3 avril L'église Sainte-Geneviève (Panthéon) est consacré à la sépulture des Grands Hommes. L'Assemblée nationale décida d'utiliser l'édifice qui vient d'être achevé et n'est pas encore consacré comme église afin qu'il serve de nécropole aux grands hommes de France. Le bâtiment fut modifié en ce sens, et au fronton est placé l'inscription "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante".

1791         4 avril Les cendres de Mirabeau sont déposées au Panthéon.

1791         7 avril Décret rendant incompatible les fonctions de député et ministre.

1791         13 avril Le pape renouvelle sa condamnation de la Constitution civile du clergé.

1791         17 avril La foule empèche la famille royale de se rendre à Saint-Cloud.

1791         7 mai L'assemblée autorise l'exercice du culte réfractaire. Culte réfractaire, prêtres "non-conformistes" qui célébrent la messe dans les paroisses.

1791         16 mai Robespierre demande la non-rééligibilité des membres de l'Assemblée nationale constituante à la législative.

1791         30 mai Discours de Robespierre contre la peine de mort. Robespierre propose à l'Assemblée de mettre fin à la peine de mort. Le législateur doit respecter la dignité humaine. Son discours ne sera que partiellement entendu et la loi autorise encore la peine de mort pour les chefs de partis décrétés rebelles par le corps législatif.

1791         2 juin Robespierre est élu accusateur et Duport président du tribunal criminel de Paris. Adrien Duport, de vieille noblesse de robe, conseiller au Parlement de Paris, Adrien Jean François Duport (1759-1798) s'y montre partisan des réformes. Il fait partie du "Comité des Trente" qui prépare les élections aux États généraux, où il est élu par la noblesse de Paris. Il s'oppose à la création de deux chambres et joue un rôle important dans la rédaction des lois relatives au droit et à la justice. Avec Antoine Barnave et Charles Alexandre de Lameth, il forme le "triumvirat" qui s'efforce de modérer la Révolution. Ainsi, il est l'un des fondateurs du Club des Feuillants. Après la dissolution de l'assemblée constituante, il est élu président du tribunal criminel de Paris. À la suite de la journée du 10 août 1792, il quitte Paris et émigre en Angleterre, puis en Suisse où il meurt.

1791         14 juin Loi Le Chapelier interdisant les associations patronales et ouvrières. Cette loi qui doit son nom à Isaac René Guy Le Chapelier qui fut député du Tiers état aux États généraux et fonda le Club breton, plus tard Club des Jacobins, interdit le droit de grève, le droit de coalition et le droit d'association aux ouvriers. Jugement de Marat : “Nous sommes à Paris vingt mille ouvriers qui ne nous laisserons pas endormir par la bourgeoisie”. La loi Le Chapelier interdit l'action collective (et donc les corporations) parce qu'elle porte atteinte à la libre contractualité entre individus égaux. La loi d'Allarde complètera celle-ci par la suppression des maîtrises et corporations et de toutes possibilités d'organisation collective quelqu'elle soit. L'origine de ces lois peut être recherchée dans l'idéologie rousseauiste dominante d'alors, qui stipule la bonté native de l'homme et en déduit par l'intermédiation du "Contrat Social" que la Société et donc l'État sont naturellement bons. Ces lois marqueront tout le XIXème siècle et expliquent les difficultés d'implantation du syndicalisme en France, il faudra attendre 1901 pour que la loi sur les associations les supprime complètement. La Loi Le Chapelier (du nom de l'avocat breton jacobin, Isaac Le Chapelier), promulguée en France en 14 juin 1791 est une loi instaurant la liberté d'entreprendre et qui proscrit les coalitions, en particulier les corporations, mais également les rassemblements paysans et ouvriers, ainsi que le compagnonnage. Son but premier était de favoriser une concurrence saine et d'éviter les ententes illicites sur les prix. Elle eut pour effet d'interdire les syndicats et les grèves. Elle suit de très près le décret d'Allarde des 2 et 17 mars 1791, à la fois dans ses objectifs et par sa proximité historique. Le décret d'Allarde contribuera aussi à établir la liberté d'exercer une activité professionnelle en affirmant le principe suivant : "Il sera libre à toute personne de faire tel négoce ou d'exercer telle profession, art ou métier qu'elle trouve bon".

1791         20 juin Fuite de la famille royale. Depuis le mois d'octobre 1790, l'évasion du Roi a été soigneusement préparée mais le Roi ne s'est décidé à partir que sous la pression de Marie-antoinette. L'évasion manquée des 20 et 21 juin 1791 est un épisode à première vue mineur, mais en réalité symbolique et déterminant, dans le cours de la Révolution française. La fuite de la famille royale à laquelle certains conseillers avaient pensé dés le 6 octobre 1789, et à plusieurs reprises depuis, est cette fois minutieusement préparée par Hans Axel de Fersen. L'entourage de Louis XVI et de Marie-Antoinette d'Autriche avec au premier rang Axel de Fersen, favori de la reine, tenta d'organiser la fuite de la famille royale vers Metz, pour y rejoindre le marquis de Bouillé, général en chef des troupes de la Meuse, Sarre et Moselle, co-organisateur du plan d'évasion. Hans Axel de Fersen, Hans Axel von Fersen, appelé aussi Axel von Fersen le Jeune ou encore Axel de Fersen (4 septembre 1755 à Stockholm – 20 juin 1810 à Stockholm), comte suédois, est célèbre surtout pour sa liaison avec la reine Marie-Antoinette.

1791         21 juin Arrestation de la famille royale à Varennes. Louis XVI déguisé en valet de chambre, Marie-Antoinette, leurs deux enfants (Marie Thérèse de France et Louis Charles de France, futur Louis XVII) et la gouvernante sont arrêtés dans la bourgade champenoise de Varennes-en-Argonne. Ils avaient fuit le palais des Tuileries la veille afin de rejoindre l'armée du marquis de Bouillé à Metz dans l'espoir de reconquérir le royaume. Mais le cortège royal est reconnu et le maître de poste de Drouet donne l'alerte. Le peuple se sentira trahi par la fuite du roi, mais l'Assemblée ne prendra aucune sanction. La famille royale est arrêtée à Varennes, dans la nuit du 20 au 21 juin, la famille royale est montée dans la lourde berline que le comte de Fersen a fait préparer. Louis XVI veut rejoindre les armées de Bouillé qui, à Metz, lui sont restées fidèles. D'étape en étape, la berline prend du retard. Au soir, à Sainte-Menehould, la berline s'arrête encore. On change les chevaux. Celui qui veut passer pour un boulanger, accompagné de sa femme et de ses enfants les mitrons, tend au maître du relais de poste un louis pour payer les chevaux. Jean-Baptiste Drouet s'étonne. Celui qui vient de lui donner cette pièce ressemble extraordinairement au roi Louis XVI qui figure sur le côté face de la pièce. La berline repart vers Metz. Drouet part à bride abattue vers Varennes et se précipite chez le procureur-syndic de la commune. Il lui fait part de ses soupçons. Lorsque la berline arrive, la garde nationale barre la route. Le procureur, un certain Sauce, épicier, fait descendre la famille et la fait entrer dans sa boutique. Peu après minuit, le juge Destez que l'on a appelé parce qu'il a vécu à Versailles, reconnaît sans le moindre doute le roi qui est arrêté. Malgré l'arrivée, à la tête d'un détachement de cavaliers du duc de Choiseul qui s'impatientait de ne pas voir arriver la berline, le roi refuse le recours à la force. Il craint que l'un ou l'autre des membres de sa famille ne soit blessé. A 6 heures du matin, des émissaires de l'Assemblée nationale arrivent. A 8 heures, on reprend la route de Paris. La monarchie n'est plus. Varennes-en-Argonne est une commune française, située dans le département de la Meuse et la région Lorraine. La ville s'est rendue célèbre par l'épisode de l'arrestation de Louis XVI et de sa famille, le 21 juin 1791 au soir. Ceux-ci voulaient rejoindre des troupes restées fidèles à la monarchie à Montmédy. Le roi y fut arrêté grâce à Jean-Baptiste Drouet, maître de poste de Sainte-Menehould, qui l'avait reconnu lors de son passage dans sa ville, et qui réussit à précéder les voitures royales à Varennes pour alerter la population locale.

1791         25 juin Retour de la famille royale à Paris. La fuite du Roi sème le désordre à l'Assemblée ! Quel sort doit-on lui réserver ? Alors que la constitution est quasiment terminée, les députés de droite sont opposés à l'institution d'une république où le Roi n'aurait plus sa place; ils soutiennent la thèse de l'enlèvement de la famille royale. Mais les députés de gauche et plus particulièrement les Jacobins affirment leur désir d'instaurer une véritable démocratie (les députés partisans du veto royal se regroupèrent à droite du président, les opposants à ce veto se rassemblant à gauche sous l'étiquette de patriotes) : il n'est plus question de faire confiance à un roi qui joue un double jeu ! Danton, du club des Cordeliers, dit du Roi qu'étant soit un traître, soit un imbécile il ne peut plus régner. L'Assemblée se contente donc de suspendre momentanément les fonctions du Roi. Le peuple est en colère contre le Roi et contre le parlement qui ne sait pas trancher. Le retour aux Tuileries allait, dans les faits, sceller le destin tragique de la famille royale. Le ralliement de Louis XVI à la Constitution, et son serment de fidélité, ayant peu de poids face à de supposées trahisons, dont la tentative de fuite constituait un symbole éclatant. Quinze mois après la fin "tragi-comique" de l'équipée le 21 juin 1791, le roi était déchu de son titre royal avec la proclamation de la République (21 septembre 1792), puis jugé devant la Convention nationale, condamné à mort et guillotiné le 21 janvier 1793, sort partagé ultérieurement par Marie-Antoinette et par Madame Élisabeth, soeur du roi, tandis que jeune dauphin, "Louis XVII", mourait de maladie, faute de soins, dans sa prison du Temple le 8 juin 1795.

1791         Le duc d'Orléans (Louis Philippe d'Orléans, Philippe Égalité) renonce à la régence. Louis XVI est déchu depuis son retour de Varennes. Parce que les frères du roi (appellé Louis XVIII, futur Charles X) sont émigrés, la Constitution permet que le duc d'Orléans assume la régence jusqu'à la majorité du Dauphin Louis (Louis Charles de France, Louis XVII). Danton et Laclos poussent le duc à faire état de ses droits. L'influence de la maîtresse du duc, Madame de Genlis, l'emporte. Il fait insérer une profession de foi dans plusieurs journaux révolutionnaires par laquelle il renonce à la régence et déclare qu'il préfère rester un simple citoyen. Philippe Égalité, Louis Philippe d'Orléans (1747-1793), Louis Philippe II Joseph d'Orléans, duc de Chartres, puis duc d'Orléans (1785-1792), connu sous le surnom de Philippe Égalité après 1792, est né au château de Saint-Cloud le 13 avril 1747 et guillotiné à Paris le 6 novembre 1793. Fils de Louis Philippe d'Orléans (1725-1785), duc d'Orléans, dit "le Gros", et de Louise Henriette de Bourbon-Conti († 1759), il fut titré duc de Montpensier à sa naissance (1747-1752), puis porta le titre de duc de Chartres de la mort de son grand-père à celle de son père (1752-1785). Il devint alors duc d'Orléans et premier prince du sang.

1791         11 juillet Décret ordonnant le retour des émigrés.

1791         11 juillet Les cendres de Voltaire sont transférées au Panthéon. Treize ans après sa mort (30 mai 1778), la dépouille de Voltaire est transférée au Panthéon. Une foule immense accompagne le cortège composé d'acteurs, d'ouvriers, de membres de l'Assemblée nationale, de magistrats, etc. Le clergé ne participe pas à la cérémonie. Après avoir été exposé à la Bastille, symbole de la révolution survenue deux ans auparavant, le cercueil de Voltaire est conduit au Panthéon. L'épitaphe porte ces mots: "Il combattit les athées et les fanatiques. Il inspira la tolérance, il réclama les droits de l'homme contre la servitude de la féodalité. Poète, historien, philosophe, il agrandit l'esprit humain, et lui apprit à être libre".

1791         15 juillet L'Assemblée Nationale confirme l'inviolabilité du roi. L'Assemblée décrète que le Roi est innocent, il est dit irresponsable, seul Bouillé est coupable de "l'enlèvement". Le clud des Cordeliers mené par Danton ne tarde pas à réagir : une pétition circule pour que la Nation juge le Roi. Le Club des Jacobins hésite encore à dénoncer ce décret de l'Assemblée. Cette décision va fractionner quelque jours plus tard le club des Jacobins, les partisans du maintien de la monarchie quittent les Jacobins et rejoignent "les Feuillants". La foule, quant à elle, a pris parti pour le procès et le 15 juillet, plusieurs milliers de manifestants sont sur le Champs de Mars où la veille était fêtée la prise de la Bastille.

1791         15 juillet Bouillé est déféré par contumace devant la Haute-Cour pour le prétendu enlèvement du roi.

1791         16 juillet Scission au sein des Jacobins, formation des Feuillants auxquels adhèrent La Fayette, Barnave. Le Club des Feuillants est issu d'une scission du Club des Jacobins le 16 juillet 1791, après la fuite du roi et son arrestation à Varennes. Ses premières séances se tiennent au Palais-Royal, puis dans l'ancien couvent des Feuillants, situé près des Tuileries, qui est à l'origine de son nom. Ses membres, qui varient entre 160 et 264, regroupent les modérés, qui sont favorables à une monarchie constitutionnelle et à la Constitution de 1791. Parmi eux, Bailly, Barnave, Duport, La Fayette, Lameth, Sieyès, Louis Ramond (1755-1827), Paul Henri Marron, pasteur protestant. Le Club des Feuillants, de tendance monarchiste constitutionnelle est issu, en mai 1790, des restes d'une scission de la partie modérée du Club des Jacobins, le Club de 1789, le 16 juillet 1791, après la fuite du roi et son arrestation à Varennes. Ce club a été à l'origine fondé afin de balancer l'influence de plus en plus grande des Jacobins radicaux. Ses premières séances se tiennent au Palais-Royal, puis dans l'ancien couvent des Feuillants, situé près des Tuileries, qui est à l'origine de son nom.

1791         17 juillet Fusillade du Champ-de-Mars contre les pétitionnaires demandant la déchéance du roi (50†). Le massacre des pétitionnaires au Champ de Mars. Les Parisiens étaient invités par les Cordeliers et les Jacobins pour signer les pétitions demandant le jugement du Roi par la Nation et sa déchéance. Les députés qui craignaient une émeute chargent la garde nationale de veiller à l'ordre public. Cependant, sous l'autel de la patrie où les pétitions ont été entreposées, les pétitonnaires découvrent deux hommes et, les prenant pour des provocateurs royalistes et des traîtres, les égorgent. L'Assemblée, mise au courant de ces troubles, déclare les pétitionnaires "criminels de lèse-nation" et dépêche La Fayette et ses troupes sur les lieux. Un coup de feu est tiré à leur arrivée mais La Fayette garde son calme et tente d'éviter un bain de sang. Cependant, ce drame affole les députés qui demandent à Bailly de l'Hôtel de ville d'intervenir avec ses troupes; celles-ci arrivent sur le Champs de Mars, drapeau rouge en tête; un nouveau coup de feu part de la foule et, sans sommations, les bataillons chargent la foule de toutes parts… Lorsque tout est fini, on découvre des dizaines de cadavres, femmes et enfants compris. Le nombre de morts n'a pu être déterminé.

1791         19 juillet Décret organisant la police municipale et correctionnelle.

1791         22 juillet L'Assemblée nationale réitère sa proclamation de la liberté absolue des ventes et menace de destitution les officiers municipaux qui taxeraient les grains et le vin.

1791         28 juillet Décret sur l'organisation de la Garde Nationale.

1791         juillet La publication du livre de Saint-Just, 'l'Esprit de la Révolution et de la Constitution de la France' ne passe pas inaperçu et on se l'arrache dans tout Paris. Saint-Just prend un parti radical pour les Jacobins avec à leur tête Robespierre. Saint-Just, Louis Antoine Léon de Saint-Just est un homme politique français, né à Decize (Nièvre) le 25 août 1767 et mort guillotiné à Paris le 28 juillet 1794. Il fut surnommé l'"archange de la Terreur". Cet épisode eut probablement de l'influence sur son poème Organt, critique de la monarchie absolue et de la noblesse. Il assiste aux débuts de la Révolution à Paris, puis part rejoindre sa famille à Blérancourt, où il devient lieutenant-colonel de la garde nationale en juillet 1789. Révolutionnaire exalté, il participe à la Fête de la Fédération en 1790, fait partie du cortège qui escorte Louis XVI au retour de sa tentative de fuite. Il fait la connaissance de Robespierre. Député en 1791 à l'Assemblée législative, on lui refuse le droit de siéger en raison de son âge. Il est élu de l'Aisne en 1792 à la Convention, et rejoint les Montagnards. Il y est immédiatement un des principaux orateurs, aussi bien lors du procès de Louis XVI (lors duquel il prononce ces phrases selon une rhétorique implacable inspirée de Rousseau : "On ne peut régner innocemment", "Tout roi est un rebelle ou un usurpateur") que lors de la rédaction de la Constitution. Sa férocité se déchaîne contre ses adversaires girondins. Plusieurs fois membre du Comité de salut public, qui l'envoie comme représentant aux armées d'octobre 1793 à janvier 1794, à l'armée du Rhin. Il y rétablit la discipline, se faisant aimer des soldats, mais aussi par d'impitoyables exécutions, fait prendre Bitche et délivrer Landau. De retour à Paris, il est l'un des acteurs de la chute des dantonistes et des hébertistes. Il repart en mission le 28 avril, partisan de l'offensive à outrance, couronnée par les victoires de Courtrai et de Fleurus.

1791         14 septembre Rattachement d'Avignon à la France. Clément V, élu pape en 1305, s'installe à Avignon en 1309 ; quoique le dernier antipape se soit en 1429 soumis au souverain pontife de Rome, le Comtat Venaissin et même Avignon, abandonnée par les papes, n'ont pas cessé d'être administrés par leurs légats. En ce jour, l'assemblée nationale vote un décret par lequel la ville d'Avignon et le Comtat Venaissin sont rattachés à la France.

1791         14 septembre Louis XVI jure fidélité à la Constitution. Douze membres accueillent le roi de France et de Navarre, qui arrive à l'assemblée en carrosse. Lorsqu'il entre, les députés se lèvent. Faute d'avoir prévu un trône, on invite le roi à prendre place dans un fauteuil. Il se lève pour prononcer le serment constitutionnel, qui fait désormais de lui le “roi des Français”, et par lequel il reconnaît la souveraineté nationale. Lorsqu'il commence à parler, les membres de l'assemblée se rassoient. Humilié, le roi lui-même finit de prononcer son serment après s'être rassis. Désormais “le royaume est un et indivisible”.

1791         21 août Jourdan disperse les membres de la municipalité d'Avignon. Jean-Baptiste Jourdan (né à Limoges (France) en 1762 et mort à Paris le 23 novembre 1833, fut un Maréchal d'Empire, vainqueur de la bataille de Fleurus (26 juin 1794). Député au Conseil des Cinq-Cents, il est à l'origine de la loi du 5 septembre 1798, qui rend le service militaire obligatoire. L'article premier de la loi énonce : "Tout Français est soldat et se doit à la défense de la patrie". Tous les français de 20 à 25 ans, doivent effectuer un service militaire de 5 ans. (Loi Debrel-Jourdan). En octobre 1798, il est nommé commandant de l'armée de Mayence, mais il est battu à Stockach le 25 mars 1799. Réélu au Conseil des Cinq-Cents, il tente en vain de s'opposer au coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799). Napoléon Bonaparte le nomme néammoins inspecteur de l'infanterie et de la cavalerie, puis ambassadeur en république Cisalpine, administrateur général du Piémont, conseiller d'État. En 1804, il est promu maréchal et commande l'armée d'Italie, en 1807, un corps d'armée en Espagne. En 1814, il se rallie à Louis XVIII et devient pair de France. Il meurt à Paris le 23 novembre 1833.

1791         22-23 août Début de la révolte servile à Saint-Domingue. Saint-Domingue est le terme utilisé entre le XVIIIe et le XIXe siècle pour désigner l'actuelle Haïti alors colonisée par la France. Les révolutionnaires français ayant décrété l'égalité de tous les hommes, les Noirs se révoltèrent et les planteurs durent s'enfuir. Les réfugiés de Saint-Domingue se réunirent dans l'hôtel de Massiac. Les plus actifs d'entre eux furent incarcérés dans l'hôtel de Talaru transformé en prison.

1791         27 août Déclaration de Pillnitz où l'Autriche et la Prusse menacent la France d'une intervention militaire. le roi de Prusse (Frédéric-Guillaume II de Prusse), l'empereur allemand Léopold II d'Autriche et l'Électeur de Saxe (Frédéric-Auguste Ier de Saxe) ont une entrevue à Pillnitz, en Saxe. À la suite de celle-ci, l'empereur exige des révolutionnaires français qu'ils rétablissent le roi de France dans la plénitude de ses droits. Depuis la fuite à Varennes, en effet, Louis XVI, beau-frère de l'empereur, avait été suspendu de ses droits. La déclaration de Pillnitz est rédigée au château de Pillnitz en Saxe à la fin d'une conférence (du 25 au 27 août 1791) entre l'Empereur Léopold II et le roi Frédéric-Guillaume II de Prusse. La conférence traitait de la question polonaise et de la guerre entre l'Autriche et l'Empire ottoman. En dernière minute, le comte d'Artois, frère du roi de France (futur Charles X), non invité, arrachait la déclaration des deux monarques, après la fuite manquée de Louis XVI de France arrêté à Varennes et ramené de force à Paris (juin 1791). Les souverains demandaient le rétablissement du roi sur son trône et de ne pas porter atteinte à ses droits. Ils attiraient l'attention de tous les souverains européens et les invitaient à "agir d'urgence au cas où ils seraient prêts". L'empereur Léopold menaca, à titre personnel, la France d'une guerre. Elle enthousiasma les émigrés qui y virent le signal d'une prochaine coalition européenne contre la France. Elle participa au commencement des guerres de la Révolution française. Bien que simple signe de solidarité avec les émigrés français et le roi de France, elle était sans contenu, parce que toute action était liée à un accord préalable des grandes puissances, et l'Angleterre (Pitt) était contre une guerre contre-révolutionnaire. Cependant, en France, la propagande de l'aile gauche des révolutionnaires (dont Brissot) faisait de la déclaration de Pillnitz une vraie déclaration de guerre, dans le désir de radicaliser la révolution moyennant une guerre extérieure. Léopold II d'Autriche (né au château de Schönbrunn (près de Vienne) le 5 mai 1747, et mort à Vienne le 1er mars 1792), empereur élu des Romains, roi apostolique de Hongrie, roi de Bohême, archiduc souverain d'Autriche (1790–1792), grand-duc Léopold Ier de Toscane (1765–1790). Il était le troisième fils de François Ier, empereur des Romains, grand-duc François II de Toscane, ex-duc François III de Lorraine et de Bar, et de son épouse Marie-Thérèse Ière, reine de Hongrie et de Bohême, archiduchesse souveraine d'Autriche. Frédéric-Guillaume II de Prusse (25 septembre 1744 à Berlin - 16 novembre 1797), fut un roi de Prusse.

1791         3 septembre L'Assemblée Nationale adopte le texte définitif de la nouvelle constitution. La France a sa première constitution. Toutes les lois votées depuis 1789 y sont inscrites ainsi que l'organisation de l'État qui en découle. L'essentiel: - le Roi ne dispose plus que d'un pouvoir de véto suspensif de trois ans sur les décrets de l'Assemblée, - le droit de déclarer la guerre et de conclure des traités est dévolu à l'Assemblée, - les députés sont élus par une partie des citoyens : les citoyens actifs (qui payent plus de trois jours de travail d'impôt). La Constitution de 1791 est votée par l'Assemblée constituante du 3 au 14 septembre 1791. Ce texte, première constitution écrite qui transfert la souveraineté du Roi à la nation. Les prérogatives du roi deviennent les prérogatives de la nation que le Roi exerce au nom de la nation. Fondée sur le principe de la souveraineté du peuple et la séparation des pouvoirs, elle institua en France une monarchie constitutionnelle.

1791         10 septembre - Assemblée Nationale, important rapport; Talleyrand pose le premier la question de la langue et de la nation. Une singularité frappante de l'état dont les français se sont affranchis, est sans doute que la langue nationale, qui chaque jour étendait ses conquêtes au-delà des limites de la France, soit restée au milieu des français comme inaccessible à un si grand nombre de ses habitants, et que le premier lien de communication ait pu paraître, pour plusieurs des contrées une barrière insurmontable. Une telle bizarrerie doit, il est vrai, son existence à diverses causes agissant fortuitement et sans dessein ; mais c'est avec réflexion, c'est avec suite que les effets en ont été tournés contre les peuples. Les Écoles primaires vont mettre fin à cette étrange inégalité : la langue de la Constitution et des lois y sera enseignée à tous ; et cette foule de dialectes corrompus, derniers restes de la féodalité, sera contrainte de disparaître : la force des choses le commande.

1791         13 septembre Une délégation de députés présente la nouvelle constitution au Roi.

1791         14 septembre Le roi prête serment à la constitution devant l'assemblée.

1791         14 septembre L'assemblée vote le rattachement d'Avignon à la France. L'Assemblée constituante vote la réunion à la France d'Avignon et du Comtat venaissin. La "ville des Papes", industrielle et marchande, avait choisi dès les premiers évènements de la révolution française de s'opposer à la papauté, contrairement aux autres cités du Comtat, plus rurales et plus conservatrices. Le décret du 14 septembre met un terme au débat. Avignon, capitale du Comtat Venaissin, est donc restée possession pontificale jusqu'au rattachement du Comtat à la France le 14 septembre 1791. À la création du département de Vaucluse le 12 août 1793, la ville en devient le chef-lieu.

1791         16 septembre Décret sur la police de sûreté la justice criminelle et les jurys.

1791         28 septembre Abolition de l'esclavage en France mais pas dans les colonies.

1791         30 septembre Louis XVI renouvelle son serment lors de la dernière séance de l'Assemblée nationale.

1791         30 septembre : Dissolution de l'Assemblée constituante. Élections législatives en septembre (60 à 75% d'abstentions).

1791         30 septembre Wolfgang Amadeus Mozart compose 'la flûte enchantée'. Mozart achève La flûte enchantée qui est considérée comme l'opéra maçonnique par excellence. Cet opéra en deux actes et en allemand reçoit un bel accueil lors de sa première à Vienne. Les représentations dans les mois et les années qui suivirent furent nombreuses. Malheureusement, Mozart meurt en décembre 1791 avant d'avoir pu goûter tout le succès de son oeuvre. 'La Flûte enchantée' (titre original allemand : Die Zauberflöte) est un opéra en deux actes de Wolfgang Amadeus Mozart, sur un livret de Emanuel Schikaneder. La première représentation eut lieu à Vienne, le 30 septembre 1791 au Theater an der Wien.

1791         ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE (1791-1792)

1791         1er octobre Ouverture de l'Assemblée législative et première réunion (fin le 20 septembre 1792). Elle est composée de députés assez jeunes (les membres de la Constituante ne sont pas autorisés à se représenter), riches (régime électoral du marc d'argent). La droite est formée par le groupe des Feuillants (250 députés), qui suivent les triumvirs (Barnave, Duport, Lameth) et La Fayette. À gauche, les Jacobins (150 députés) sont dirigés par Brissot, Condorcet, Vergniaud, Guadet, Gensonné. Les discutions au Club des Jacobins influencent les débats à l'Assemblée (influence de Robespierre qui n'est pas député). Au centre, une majorité (350 députés) très attachée à la Constitution et à la Révolution, se présente comme indépendante, puisque non affiliée à un club. Début de l'Assemblée législative et de la monarchie constitutionnelle. La nouvelle Asssemblée nationale législative a pris la place de l'Assemblée Constituante. Les députés de la précédente ne pouvant se représenter, ce sont des personnages nouveaux en politique qui les remplacent. Les aristocrates contre-révolutionnaires ont disparu au profit des monarchistes constitutionnels. L'Assemblée se compose d'environ 160 monarchistes constitutionnels (les Feuillants), 250 députés prêts à se ranger d'un côté ou d'un autre, 300 députés proches des Jacobins et des purs Jacobins. A le première réunion de l'Assemblée, Louis XVI impose son autorité face à ces jeunes députés et espère reprendre en main l'Assemblée. L'Assemblée législative (1er octobre 1791 - 21 septembre 1792) fut créée par la constitution de 1791, elle succéda à l'Assemblée constituante. Formée d'hommes nouveaux, l'Assemblé constituante ayant décidé qu'aucun de ses membres ne pourrait être éligible, elle représentait en majorité la bourgeoisie aisée, le suffrage étant censitaire. L'Assemblée législative eut à faire face aux difficultés économiques, financières, à l'agitation religieuse et contre-révolutionnaire animée par le clergé réfractaire. Voulue aussi par la cour -Louis XVI comptait sur les échecs militaires pour reprendre en main le pays-, la déclaration de guerre à l'Autriche (20 avril 1792), votée à l'unanimité moins sept voix (dont celle de Maximilien de Robespierre) inaugura sous l'Assemblée législative un conflit qui devait durer, avec de courts répits, 23 ans, jusqu'à la bataille de Waterloo (18 juin 1815). Après les journées révolutionnaires du 20 juin 1792 et surtout le 10 août 1792, l'Assemblée législative vota la suspension du roi. La mise en place d'une nouvelle Assemblée élue au suffrage universel, la Convention fut décidée. Une monarchie constitutionnelle est un type de régime politique qui reconnaît un monarque élu ou héréditaire comme chef de l'État, mais où une constitution (série de lois fondamentale) limite les pouvoirs du monarque. Les monarchies constitutionnelles modernes ont le plus souvent un système de séparation des pouvoirs et le monarque est le chef (symbolique) de la branche exécutive.

1791         Partout en France, l'ordre public est en danger: - les Vendéens sont à la limite de la guerre civile, le soutien au clergé et à l'ordre monarchique est très puissant, - des massacres sont perpétrés en Avignon par des patriotes extrêmistes. Le conflit entre monarchistes constitutionnels (proches du clergé) et les patriotes extrêmistes redouble de violence partout en France.

1791         4 octobre Les nouveaux députés prêtent serment à la constitution.

1791         7 octobre Le roi est reçu par l'Assemblée Législative.

1791         16 octobre Mort du secrétaire-greffier de la commune, Lescuyer, lors du soulèvement à Avignon. Un notaire patriote, Nicolas Lescuyer, est traîné dans la nef et assassiné sur les marches de l'autel. Cet événement déclenche, en représailles, les effroyables massacres de la prison de la Glacière.

1791         16 octobre Massacre dans la prison de La Glacière par des révolutionnaires en représailles. Émeute contre-révolutionnaire à Avignon. A la suite de la mort du secrétaire-greffier de la commune, Lescuyer, massacre des détenus de la prison de la Glacière par une bande de révolutionnaires sour les ordres de Jourdan, dit "Coupe-Têtes". Massacres de la Glacière, qui se sont produits à Avignon les 16 et 17 octobre 1791 sont un drame bien connu des historiens de la Révolution mais il leur est difficile de l'intégrer dans le déroulement et l'enchaînement des événements au plan national. En France, en 1791, on n'en est pas encore aux violences de la période de la Terreur qui s'ouvre avec les massacres de septembre 1792. Une soixantaine de personnes sont sommairement exécutées à Avignon dans une tour du Palais des Papes, après le lynchage par la foule d'un administrateur municipal soupçonné à tort de vouloir saisir les biens des églises.

1791         31 octobre Décret sommant le comte de Provence (futur Louis XVIII de France) de rentrer en France sous peine d'être déchu de ses droits au trône.

1791         9 novembre Décret sommant les émigrés de rentrer en France sous peine d'être déclarés suspects de conjuration.

1791         11 novembre Veto du roi contre les décrets sur les émigrés. Le Roi oppose par trois fois son veto aux décrets de l'Assemblée nationale. C'est le seul droit que lui autorise la Constitution : les décrets ne sont pas applicables s'ils ne sont pas signés du Roi et il sait en jouer. Aussi refuse-t-il de signer le décret qui ordonne aux émigrés de regagner la France. Et celui relatif aux prêtres réfractaires (qui refusent de prêter le serment civique...).

1791         16 novembre Pétion est élu maire de Paris. Jérôme Pétion de Villeneuve (1756-1794), révolutionnaire français. Élu de Chartres du Tiers état aux États généraux. Un des chefs de file des jacobins, il siégea à gauche à l'Assemblée constituante. Lors de la fuite à Varennes (juin 1791), il est chargé avec Antoine Barnave et Charles César de Fay, comte de Latour-Maubourg, de ramener à Paris la famille royale. Monarchiste constitutionnel, il est élu maire de Paris en novembre 1791 face à La Fayette. Par son absence de réaction il facilita la manifestation antiroyaliste du 20 juin 1792 contre Louis XVI et demanda la déchéance du roi le 3 août 1792. Élu à la Convention par l'Eure et Loire : il en est le premier président (20 septembre 1792), il se heurte à Robespierre et s'allie aux Girondins. Aussi est-il proscrit le 2 juin 1793, il tente de soulever la Normandie contre la Convention, mais il échoue. Son arrestation fut ordonnée mais il parvint à s'échapper, se cachant dans les environs de Bordeaux où il se donna la mort.

1791         25 novembre Les prêtres réfractaires sont astreints au serment. Les prêtres réfractaires ne sont plus tolérés. Ceux d'entre eux qui s'entêteront à refuser de prêter le serment civique ne recevront plus l'indemnité à laquelle ils avaient jusqu'alors droit. La résistance obligerait qui plus est à les éloigner par la force de leur église. Il leur est interdit d'acheter, ou même de louer, un édifice pour y célébrer le culte.

1791         29 novembre Décret demandant aux électeurs de Trèves et de Mayence la dispersion des émigrés.

1791         29 novembre Décret demandant aux prêtres un nouveau serment civique sous peine d'être déclarés suspects.

1791         3 décembre Rupture des relations diplomatiques entre la France révolutionnaire et l'Autriche. Vienne envoie à Paris le conclusum de la Diète de Ratisbonne du 6 août 1791, qui subordonne l'affaire des princes possessionnés à la politique autrichienne. La lettre de Léopold II d'Autriche qui accompagne l'envoi de ce conclusum est interprété comme une rupture diplomatique définitive entre les princes possessionnés et Louis XVI, chargé par Merlin de Douai, le 28 novembre 1790, de mener les négociations. Princes possessionnés, la France révolutionnaire face à l'affaire des princes possessionnés en Alsace. A l'Assemblée nationale, entre 1789 et 1792, les débats à propos de l'Alsace sont dominés par une question d'ordre diplomatique : l'affaire des princes possessionnés, c'est-à-dire des princes d'Empire qui possèdent dans cette province des propriétés, souvent d'importantes seigneuries, et qui voient d'un très mauvais oeil les initiatives révolutionnaires. Diète de Ratisbonne, assemblée du Saint Empire romain germanique composée de représentant des villes, de nobles et d'ecclésiastiques. La diète, réunie par l'empereur, devient permanente au XVIIe siècle et se fixe à Ratisbonne. Elle est remplacée en 1815 par le Bundesrat, lui-même transformé en Reichstag en 1871. Aujourd'hui, l'Assemblée allemande se nomme le Bundestag.

1791